Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

La Révolution des Oeillets au Portugal (25 avril 1974)

La Révolution des Oeillets au Portugal (25 avril 1974) dans Histoire 25-abril-300x192

La date du 9 septembre 1973 ne dit sans doute rien à personne.

Elle fut pourtant le point de départ d’un événement qui allait secouer toute l’Europe: la révolution portugaise de 1974-1975. Ce jour-là, cent trente-six officiers de l’armée portugaise se réunissent. Ils discutent de revendications professionnelles, dans un esprit de corporation menacée. Mais les circonstances de la guerre coloniale (le Portugal s’essoufflait à défendre un vaste empire colonial contre les guerres de libération au Mozambique et en Angola, notamment) et de la dictature allaient les pousser beaucoup plus loin. Deux mois plus tard ils préparaient un coup d’État contre la dictature du général Caetano. C’était un secret de polichinelle: le commandant de la région militaire d’Evora avait pris note des numéros d’immatriculation des voitures qui avaient amené les participants à la réunion. Mais la police secrète du régime, la Pide, n’avait pas l’habitude d’agir contre ses propres alliés, les militaires, ce deuxième pilier du régime…

La dictature s’efface

Le l4 mars 1974, les généraux jurent fidélité aux chefs de la dictature. Une révolte militaire devait éclater deux jours plus tard. Elle est annulée, mais le contre-ordre tarde à parvenir à Calda da Rainha, de sorte que des militaires marchent sur Lisbonne, où tout se résout sans grandes émotions. La « révolution des oeillets » triomphe. Le dictateur Caetano? Il était déjà en train de tomber, convaincu de l’inévitabilité d’un coup d’État militaire contre son régime. La police secrète mise à part, la dictature s’effaça donc sans grande résistance. Elle était isolée de la population, sans volonté ni initiative, comme dégoûtée de sa propre répression et du machiavélisme jésuitique de son fondateur, le fasciste Salazar. Cette chute allait plonger la société portugaise, atomisée, dépendante, subordonnée dans une crise pré-révolutionnaire que l’on peut découper en trois grandes périodes.

La période des généraux

La première période fut celle des généraux. Le général Spinola, qui avait énoncé ses projets dans un livre, « Le Portugal est l’avenir », occupa le pouvoir comme si celui-ci lui était naturellement destiné. Les capitaines se soumirent, fidèles au sens de la discipline et de la hiérarchie. Mais les discussions sur le programme du Mouvement des Forces Année, le MFA, allaient être rapidement dépassées par les événements.

Très vite, la mobilisation populaire entame en effet la libération de tous les prisonniers politiques et exige la fin des hostilités dans les colonies et le rapatriement des troupes d’outre-mer. Le projet de Spinola était tout différent. Le général voulait barrer la route à un pouvoir multipolaire dans lequel les rapports de forces se seraient décidés entre la junte, le MFA, les initiatives populaires et celles des partis. Son projet était un projet de continuité organique du régime. il visait seulement, par une ouverture temporaire, à lâcher une partie de la pression sociale et politique.

Le discours de Spinola lors de la prise du pouvoir était très clair à ce sujet: le général déclara en effet que « le destin des territoires d’Outre-mer devrait être décidé par tous ceux qui considéraient ces territoires comme les nôtres » et que la présidence allait garantir « la survie de la Nation souveraine comme un tout pluricontinenta1″. Mais ce projet d’État fort échoua, faute de légitimité. Spinola se réfugia en Espagne, d’où il lança une campagne terroriste. Aujourd’hui il est maréchal tandis que son compère Mellos est banquier…

La période des capitaines

Mais n’anticipons pas, la deuxième période fut celle des capitaines. Après l’échec de Spinola, on vit se constituer une étrange pouvoir militaire à géométrie variable. il s’adapta avec souplesse aux accords entre partis, prit des mesures économiques d’urgence, élabora des réponses aux pressions sociales qui se focalisaient autour des occupations de terres par les paysans pauvres et des occupations de fabriques par les ouvriers.  Il prit même des mesures défensives contre le sabotage économique d’un patronat rétrograde, pour pouvoir résister à la montée impétueuse des revendications et des actions populaires. C’est de cette époque que datent toute une série d’acquis tels que les nationalisations de terres et d’entreprises, que les gouvernement ultérieurs s’acharnèrent à démanteler, sous la houlette de la social-démocratie.

La fragilité des structures sociales était le fait dominant dans cette situation sans précédent. Comme le dictateur déchu devait l’expliquer lui-même, dans un livre publié au Brésil où il s’était réfugié: « La bourgeoisie portugaise, habituée à jouir d’un climat de paix durant plus d’un demi-siècle, sous la protection des nombreuses institutions qui lui servaient de tuteur, n’avait pas d’esprit combatif et ne semblait pas agir pour défendre les principes qu’elle disait professer ». Les spinolistes financèrent et impulsèrent des partis bourgeois, le PPD (Parti Populaire Démocratique) et le CDS (Centre démocratique et Social), mais ces partis étaient si marginaux et si mal articulés sur le pouvoir politique qu’ils n’avaient guère de capacité de manoeuvre sociale. De l’autre côté, les partis de la gauche institutionnelle ne canalisaient pas non plus les mobilisations et ne contrôlaient pas la dynamique sociale. Cette déshérence permanente des partis conféra une grande autorité au Mouvement des Forces Armées (MFA) qui, auréolé du prestige du coup d’État, put jouer un rôle de premier plan pour tenter de canaliser les multiples pressions sociales en s’y adaptant.

Le phénomène MFA

Minoritaire au sein de la hiérarchie militaire, sans projet cohérent, le mouvement des capitaines vivait de ses propres illusions. Il ambitionnait de créer « un appareil d’État à base populaire ». Son document programmatique détaillait une véritable géographie des pouvoirs populaires, de la base au sommet, à laquelle aucun signataire ne croyait évidemment. Le MF A discuta en profondeur ces thèses, totalement inédites pour des militaires. A telle enseigne que le conflit social finit par éclater au sein de l’armée.

La période des soldats

Ainsi s’ouvrit la troisième période de la révolution portugaise, celle des soldats. Ce fut la période la plus courte, qui dura l’espace d’un printemps au cours duquel les soldats se manifestèrent tandis que le MFA se dissolvait en diverses fractions. Le Président décréta l’État de siège à Lisbonne. Des centaines de soldats bouclèrent la ville, des centaines d’ordres furent donnés pour tenter de contrôler une armée dans laquelle plus personne ne savait quoi faire.

Mais la bataille pour un changement social en profondeur était déjà perdue, et la stabilisation du Portugal capitaliste sous un régime « démocratique » était déjà en bonne voie. La chance a été manquée par manque de capacité de mobiliser un front uni des travailleurs, et aussi parce qu’il aurait été nécessaire de développer et d’approfondir un processus de mobilisation populaire condensant les expériences concrètes de démocratie directe, de participation et d’action immédiate des habitants des quartiers et des organisations de travailleurs.

Le 25 novembre 1975 marque le point final de la montée pré-révolutionnaire et la victoire de la contre-révolution « démocratique ». La question centrale de la période ouverte par le 25 avril 1974 fut la désynchronisation entre les rythmes de développement de la crise des appareils d’État et de la mobilisation/organisation des classes sociales. Cette distance a marqué tous les conflits, mais elle a aussi donné une légitimité au conflit: la fragilité des appareils de répression et la contradiction entre les organes de décision, décentralisés du fait des luttes de tendance au sein du MFA, a ouvert tout un champ d’action aux mouvements populaires et, dans certains cas, a stimulé les initiatives. Mais elle a aussi aggravé les illusions sur l’appareil d’État, notamment sur certains secteurs des forces années.

Leçons stratégiques

Le problème que cette réalité nous pose aujourd’hui est de comprendre que l’augmentation de la marge d’autonomie réelle de l’État face à la société dans une situation de confrontation généralisée peut être un instrument efficace pour l’absorption des conflits. De la sorte, l’expérience portugaise s’inscrit en faux contre les théories de la gauche réformiste institutionnelle, qui voit l’occupation de parties de l’appareil d’État comme stratégie de la transformation sociale. Elle s’inscrit en faux aussi contre des théories plus sophistiquées, prétendant que l’État, au sens marxiste et léniniste du terme, c’est-à-dire en tant qu’instrument de coercition au service de la dictature plus ou moins ouverte du capital, n’existait plus pendant la révolution portugaise.

L’État portugais n’était certes plus capable de jouer son rôle de coercition et de répression, mais il gardait son hégémonie sur la société, et cette hégémonie faisait barrage à une organisation populaire alternative. Cet État délabré, divisé, n’en montra pas moins sa capacité d’initiative, de résorption des conflits, d’absorption des fractures sociales. Le 25 novembre 1975, qui marque la fin de la période pré-révolutionnaire dans le pays et la victoire de la « contre-révolution démocratique », est la démonstration chimiquement pure du pouvoir propre de la superstructure étatique, et de son rôle décisif dans le maintien du système capitaliste.

Les crises révolutionnaires ne durent pas éternellement. Tant que la classe dominante garde son appareil d’État, et si délabré que soit celui-ci, elle garde en même temps la possibilité de rasseoir son pouvoir dès que la mobilisation de la classe ouvrière s’essouffle. Du coup, elle garde aussi la possibilité de récupérer tous les acquis qu’elle a dû concéder aux masses pour éviter l’irréparable. C’est ce que la classe dominante portugaise s’est employée à faire à partir de l’automne 1975,  jusqu’au jour d’aujourd’hui. Sous la houlette de la social-démocratie d’abord, en se passant des services de celle-ci ensuite.

Par Francisco Louça le Mardi, 04 Juillet 2006

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Rassemblement 18H30 vendredi à Brest

Rassemblement 18H30 vendredi à Brest dans Brest et région sans-papiers-300x199

Vendredi dernier, un rassemblement d’une trentaine de personnes a eu lieu devant la mairie de Brest afin de dénoncer le non-hébergement des
personnes demandeuses d’asile à Brest. Cette action dénonçait aussi la répression qu’elles et leurs soutiens ont subi le 5 avril, alors qu’elles
occupaient la mairie afin de demander des logements.

Une prise de parole, du côté de l’entrée principale et en direction de la mairie, rappelait la situation et exigeait des logements pour ces personnes.
Comme rien n’a changé ce week-end,

un nouveau rassemblement aura lieu:
vendredi prochain 26 avril à 18h30, place de la Liberté.
Soyons encore plus nombreux-ses à être présent-e-s !
La lutte continue !

Le Cass’ papier

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Filles garçons : rapport en tous genres

Filles garçons : rapport en tous genres dans Féminisme petite-fille-garcon-manque-10407901vymyj-297x300

Les stéréotypes de genre débutent dès la crèche. Tel est le constat révélé par le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), remis récemment à Najat Vallaud-Belkacem.


Il révèle en effet que l’éducation est sexuée dés la petite enfance, et rappelle que les professionnels de la petite enfance (0-3 ans) sont quasi exclusivement des femmes, donnant déjà une influence à l’apprentissage. Le rapport énumère aussi les différences observées au niveau des sports, des jouets, des habits ou des livres :
–  Les jouets de garçons sont plus nombreux et diversifiés. Associés à l’extérieur, ils favorisent l’exploration et sont une occasion de développer des compétences spatiales, mathématiques et analytiques, alors que les filles restent à l’intérieur avec des jouets domestiques ou maternels.
– Les vêtements et les activités des filles sont cantonnés à la destination d’être jolie et plaire, tandis que les garçons ont des vêtements confortables et pratiques et sont orientés vers le sport de compétition et d’équipe.

– On habitue plus les filles à parler de leurs émotions, alors que les garçons ont plus d’interactions verbales et sont moins interrompus.
–  78 % des couvertures de livres pour enfants présentent un personnage masculin et les hommes sont plus souvent le héros de l’histoire. Les familles sont mixtes (maman et papa). Les mamans le sont à plein temps et ne travaillent pas à côté. Les papas arrivent, eux, à concilier vie de père et travail (trop forts !). Les garçons sont décrits par leurs qualités intellectuelles, les filles par leur physique et émotions (jolies et câlines !).
Ce n’est pas un problème individuel
Ce rapport est déjà un bon point car il met en valeur l’éducation sexuée des enfants, cependant il dispose de nombreuses limites, notamment en terme d’analyse de fond et de solutions proposées.
Pourquoi les enfants de 0 à 3 ans ? Parce que selon le rapport, c’est dès la naissance et à la crèche exclusivement que ces apprentissages se font. Comme si le conditionnement sociétal auquel les enfants font face par la suite n’a aucune influence. La solution pour déconstruire serait donc de « bien » éduquer les enfants dès la crèche et hop, le sexisme disparaîtrait ? Pour cela, il suffirait donc de sensibiliser les professionnels de la petite enfance afin d’accueillir les enfants de manière neutre… Et les parents ­aussi sembleraient soumis à cette formation. Tout serait donc la faute de ces travailleurs qui reproduisent malgré eux, sans y prêter attention, ces différences. Le rapport, évoquant aussi un peu le rôle de la publicité, ne propose pourtant aucune solution concernant ce média social de masse. Serait-il trop sacré pour notre société de surconsommation ?
Il serait illusoire de croire que c’est aux personnes de s’émanciper elles-mêmes. Le sexisme existe car c’est un des fondements du patriarcat rattaché au capitalisme actuel, qui prône ces différences afin d’assurer une reproduction hétérosexuelle éternelle. Ce n’est qu’en sortant du système que l’on pourra s’émanciper. En attendant, c’est à chacunE d’éduquer ses enfants ou ceux des autres, de manière antisexiste.


Pauline Jité et Anastasia Damamme

Dimanche 21 avril 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 191 (18/04/13)

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Argentine : une alliance anti-impérialiste et antilibérale pour reprendre l’offensive

Argentine : une alliance anti-impérialiste et antilibérale pour reprendre l'offensive dans International mexico-300x241

Entretien. Alejandro Bodart est député du Mouvement socialiste des travailleurs (MST) d’Argentine.

Arrivé deuxième aux élections avec 25 % des voix, il siège à la legislatura de la ville de Buenos Aires. Il y représente une alliance de plusieurs forces anti-impérialistes dans un regroupement appelé Proyecto Sur. Le MST est observateur permanent au secrétariat de la IVe Internationale au même titre que le NPA.
La tonalité du discours à la nation de Kirchner à l’ouverture de la session parlementaire fédérale était très antilibérale ? Quelle est votre analyse de la politique de Kirchner ?
En Argentine, depuis la crise de 2001, il n’existe pas réellement d’espace pour un discours qui ne soit pas dans une tonalité antilibérale et anti-impérialiste. La bourgeoisie s’est donc adaptée au nouveau rapport de forces local et Kirchner, qui est issue du même parti que tous les responsables de la crise de 2001, le parti péroniste, a changé son discours du tout au tout.
Elle est arrivée au pouvoir avec l’appui de la bureaucratie syndicale, complètement corrompue et inféodée au péronisme, qui n’a pas participé aux mobilisations de 2001. Depuis dix ans, elle a réussi par cooptation et corruption à récupérer plusieurs composantes importantes du mouvement social comme les mères de la Place de Mai ou une partie du mouvement pour l’égalité des droits, de façon à faire taire la contestation. Par ailleurs, contrairement au Venezuela ou à la Bolivie, il n’y a eu aucun changement de structure dans le pays, y compris dans la représentation politique.
Plutôt que le discours, il est donc fondamental de s’intéresser aux actes. Des lois qui prétendaient s’attaquer à l’impérialisme, au capitalisme, n’ont en réalité rien changé du tout. La loi qui est censé avoir nationalisé l’industrie pétrolière, n’en a en fait nationalisé que 51 % de l’entreprise YPF, qui représente 30 % du secteur… On est loin d’un coup porté au capitalisme ! Kirchner pratique en permanence un populisme éhonté, n’hésitant pas à récupérer à son compte la lutte pour la reconnaissance des crimes de la dictature, prétendant s’attaquer à une oligarchie dont elle fait en réalité partie.

Face à cela, quelle est la politique développée par le MST ?
Depuis plusieurs années, le choix stratégique du MST a été de reconstruire à la gauche de Kirchner sur des bases larges. Nous considérons en effet que, dans la période, une alliance sur des bases anti-impérialistes et antilibérales sont la meilleure solution pour répondre aussi bien aux attaques du capitalisme qu’à la nécessité de reprendre l’offensive.  Ainsi, nous faisons alliance avec Pino Solada qui est le symbole de celles et ceux qui ont choisi de rompre par la gauche avec le kirchnerisme sans pour autant s’affirmer comme anticapitaliste ou révolutionnaire. Notre priorité est d’être connecté avec les mouvements de masse et gagner de l’audience pour peser électoralement et dans les luttes afin de reprendre l’offensive.

Et donc quelles sont vos campagnes ?
Nous portons cinq principaux combats. Il y a d’abord les luttes écologiques principalement autour des projets de mines géantes et de l’extraction des gaz de schiste. Véritable scandale écologique et économique, nous sommes partie prenante d’une campagne où notre slogan est « notre eau vaut plus que votre or ». Ensuite,  il y a une grande lutte sur le développement du transport ferroviaire, sur la reconstruction et le développement de ce mode de transport qui a été complètement détruit par les politiques libérales de Menem dans les années 90. Nous nous battons également contre l’impérialisme et pour l’indépendance énergétique en réclamant notamment la nationalisation et le contrôle total de nos ressources naturelles qui ne doivent appartenir ni aux entreprises étrangères ni à l’oligarchie argentine extrêmement présente dans le secteur agricole qui représente à lui seul 50 % des exportations argentines.
Pour faire face à la crise économique avec une inflation d’environ 30 % par an à laquelle le gouvernement n’apporte pas de réponse, nous menons de campagnes sur les salaires et le niveau de vie. Enfin, un de nos axes fondamentaux de lutte consiste à acquérir de nouveaux droits démocratiques, se battre contre la corruption, et à obtenir la vérité mais surtout la justice sur les crimes commis pendant la dictature.

Quels sont les objectifs concrets pour le MST et Proyecto Sur dans les mois à venir ?
Clairement, nous pensons pouvoir devenir une alternative au kirchnerisme. Sur le plan électoral, nous pensons pouvoir contester son hégémonie actuelle. Loin d’être un obstacle, les différences qui s’expriment dans notre regroupement sont une force si elles restent centrées autour d’un programme de rupture. Le développement de notre alliance et, en son sein, de notre parti est donc essentiel pour redonner l’espoir aux masses qu’un changement, qu’une alternative est possible.

Propos recueillis par Antoine Chauvel

Dimanche 21 avril 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 191 (18/04/13)

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Elections italiennes : ni rire, ni pleurer, comprendre

Elections italiennes : ni rire, ni pleurer, comprendre dans Europe ad2def-300x141

Les élections italiennes ont suscité des réactions allant de l’ironie à la désolation.

Du côté du rire, les commentaires du type « les deux comiques ont gagné ». Sont ainsi désignés Beppe Grillo (26, 5 % des voix) et Berlusconi (29, 2 %) par opposition aux deux candidats « sérieux » : l’ex-premier ministre Monti (qui s’est ramassé une veste avec 10, 5 %) et le candidat de la gauche sociale-libérale Bersani du Parti démocrate, issu de l’ancien PC italien (29, 5 %). Ces deux candidats sérieux que Bruxelles, et plus globalement la finance internationale, auraient bien vu gouverner ensemble pour donner une assise électorale incontestable à la politique d’austérité et de casse des acquis sociaux poursuivie depuis novembre 2011 par « Super-Mario », ancien de la Commission européenne et de Goldman Sachs. Côté désolation, ce sont les tirades sur les « deux populismes », la victoire de ceux qui donnent des illusions aux peuples, toujours par rapport aux « gens sérieux ».

Un résultat qui vient de loin

Au-delà de ces caricatures, il faut rappeler quelques vérités. Beppe Grillo a pu capitaliser l’écœurement d’une grande partie des Italiens face à une classe politique qui a, dans son ensemble, soutenu à un moment ou un autre le démantèlement des droits sociaux et l’austérité, pendant qu’une partie de ses membres s’en mettait plein les poches, quel que soit le parti. Par ailleurs, les directions syndicales majoritaires, divisées et globalement sur une orientation peu combative (avec des nuances du côté de la CGIL – équivalent de la CGT française), n’ont pas empêché une précarisation du salariat qui atteint un degré dont la France est encore loin. Le mouvement « Cinq étoiles » arrive en première position parmi les ouvriers et les indépendants (entrepreneurs, artisans), avec 40 % des votants de ces catégories, et parmi les chômeurs (43 %).

Un autre échec (à 2, 25 % des voix) doit être signalé, celui de la coalition « Révolution civile » associant pêle-mêle des centristes, les Verts et des débris de la gauche de l’ancien PCI. Parmi ceux-ci, le parti de la Refondation communiste qui avait représenté un réel espoir. Fondé en 1991, par un rapprochement entre une minorité du PCI (celle qui avait refusé sa transformation en parti démocrate) et des courants d’extrême-gauche, il s’était inséré dans le mouvement altermondialiste et avait manifesté une réelle indépendance par rapport aux combinaisons politiciennes. Mais la majorité de sa direction a opéré en 2006-2008 un tournant opportuniste, allant jusqu’à soutenir l’ancien président de la Commission européenne, Prodi, au nom du « Tout sauf Berlusconi ». C’est à ce moment que ce parti a été abandonné par ses militants les plus à gauche, qui obtenaient environ 30 % des mandats dans les congrès, mais n’avaient pas réussi à casser définitivement un certain nombre de réflexes hérités de l’ancien PCI.

La vieille gauche italienne est donc morte. Enfoncée dans un social-libéralisme sans rivage ou réduite à des groupes sans perspective qui viennent de subir un nouvel échec électoral.

Il y a dans le vote pour la coalition de Beppe Grillo une volonté positive d’indépendance par rapport aux partis installés, des revendications radicales (réduction du temps de travail, revenu de citoyenneté, remise en cause de la dette) et une exigence de contrôle de la construction européenne. Mais aussi une coupure vis-à-vis des mouvements sociaux et une hostilité envers les syndicats, quelle que soit leur orientation. On trouve également des déclarations très problématiques de Grillo sur l’immigration et vis-à-vis du mouvement néofasciste CasaPound Italia. Par ailleurs, derrière la « démocratie internet » se cache une concentration du pouvoir autour de Beppe Grillo.

Dans le clair-obscur

Autant on peut comprendre le vote Beppe Grillo (avec le désir de hurler « A casa tutti ! »), autant ce mouvement n’offre aucune perspective pour un projet émancipateur. Le« grillisme » est un des indices de l’extension de la crise économique à la sphère politique et de la recherche de raccourcis face à la difficulté d’une coordination offensive des mouvements de résistance. Le théoricien communiste italien Antonio Gramsci a écrit en son temps : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».Nous sommes bien dans une situation de désorientation, de « clair-obscur » mais les monstres du présent, ce sont l’Aube dorée en Grèce, Marine Le Pen, le Jobbik hongrois, etc., pas les électeurs « grillini »aux aspirations confuses !

Après les élections, les enjeux demeurent les mêmes en Italie : unifier les résistances éparses, renforcer le syndicalisme de classe et donner une perspective politique pour battre cette offensive sans fin contre les droits sociaux. De ce point de vue, le mouvement de Beppe Grillo est une impasse mais se contenter de la dénonciation serait une erreur : une politique offensive par rapport aux aspirations de ses électeurs sera nécessaire.

Par Henri Wilno Lundi 22 avril 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 42 (avril 2013)

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

IVG et contraception : poudre aux yeux

IVG et contraception : poudre aux yeux dans Féminisme arton170

Fin mars paraissait le décret répondant aux promesses du candidat Hollande :

gratuité de la contraception pour les mineurs et remboursement à 100 % de l’avortement. Seulement, une fois au pouvoir, ce qui est mis en place répond assez mal aux besoins. Ce décret ne résout en effet que très partiellement les problèmes auxquels les femmes sont confrontées.

Rembourser l’avortement, c’est bien… Mais ce que nous exigeons, c’est la gratuité, sinon le problème reste entier : l’avance des frais ! De plus, le nouveau décret ne prévoit pas le remboursement de l’échographie de datation ainsi que tous les actes médicaux liés à l’IVG. La situation actuelle rend toujours moins réel le droit des femmes à disposer de leur corps. L’information, l’accès à la contraception sont faibles. Le nombre de gynécologues baisse, les délais pour avorter restent trop courts, les centres d’IVG ferment… La clause de conscience permettant aux médecins de ne pas pratiquer l’avortement est maintenu, et la formation du personnel médical sur ces sujets reste minimale quand elle n’est pas tout simplement inexistante…
Rien de nouveau sous le soleil…
La contraception des mineures est gratuite et anonyme dans les Plannings familiaux depuis 1974. Hélas, il en reste peu.  Dans les autres lieux, la gratuité sauce Hollande s’applique seulement aux filles, de 15 à 18 ans, et uniquement pour les pilules de 1re et 2e génération, le stérilet et l’implant, alors qu’ils sont peu prescrits aux mineures. Le décret exclut le préservatif, pourtant contraceptif le plus usité car protégeant des infections sexuellement transmissibles et du VIH.  Le décret introduit la notion d’âge « plancher » à 15 ans qui sème la confusion avec celle de majorité sexuelle, qui a été abolie. Et il impose de présenter la carte Vitale des parents en pharmacie… Vous avez dit anonymat ?
La lutte pour la gratuité et le libre accès à la contraception et à l’avortement doit donc plus que jamais continuer.
Naouel Peel

Dimanche 21 avril 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 191 (18/04/13)

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Cahuzac : un cas ordinaire, un puissant révélateur

Cahuzac : un cas ordinaire, un puissant révélateur dans Economie banksters-tucker-300x171

*
Le scandale Cahuzac est une boîte de Pandore.

Ouverte, il en sort toutes les turpitudes du système : la fraude et l’évasion fiscales, le conflit d’intérêts d’un responsable politique travaillant pour des firmes pharmaceutiques, d’un ministre du Budget fraudeur chargé de lutter contre la fraude, la symbiose entre la classe politique, y compris socialiste, et les milieux d’affaires, et même le copinage avec l’extrême droite.
Cette affaire illustre, non seulement la corruption d’une grande partie de la classe politique, mais aussi ce qui, pour les riches, est parfaitement banal : échapper à l’impôt, par des moyens aussi bien légaux qu’illégaux. Car, avant d’être un politicien ripoux, Cahuzac est un riche ordinaire. L’enquête a même, semble-t-il, établi que la banque suisse qui a accueilli ses fonds aurait d’abord hésité, car c’est une « personnalité exposée » par ses activités politiques. Sinon, à part ça, tout était normal, la routine !
Cette normalité de la fraude, au cœur du capitalisme, est confirmée par les révélations des journalistes de l’opération « offshore leaks » (« fuites des paradis fiscaux »). La liste des évadés fiscaux (un tout petit échantillon) va de l’armateur grec au dentiste américain, de l’oligarque russe… au bourgeois français ordinaire. S’y ajoutent des grandes entreprises. Les plus grandes banques, BNP Paribas, Crédit agricole, la Société générale, organisent l’évasion fiscale. N’en seraient-elles d’ailleurs pas elles-mêmes bénéficiaires ? Au fond, les multinationales sont aujourd’hui des grands groupes financiers possédant, aussi, des actifs industriels. Elles gèrent leur trésorerie par l’intermédiaire de filiales établies « offshore », qui centralisent les crédits et emprunts, et la répartition mondiale des profits.
La pratique est d’ailleurs ancienne, et peut être légale. La famille Peugeot est la première fortune française… de Suisse, estimée à 4, 4 milliards d’euros par Challenges (22 % du constructeur automobile PSA, participations dans des entreprises comme Faurecia, Seb, Zodiac, via la holding familiale Foncière et financière de participation). Là est la fortune des licencieurs.
La saignée
Le coût de l’évasion fiscale est énorme pour la société. Rien qu’en France, 60 à 80 milliards d’euros par an. Plus que le budget de l’Éducation nationale. Plus que la charge annuelle de la dette, au nom de laquelle les Cahuzac nous imposent la casse de nos droits sociaux et de nos services publics, et la hausse des impôts sur les classes populaires. Au total, avec la fraude patronale aux cotisations sociales, on arriverait à 95 milliards, soit l’équivalent du déficit public en 2012 (98 milliards).
Sans rire, Hollande disait : « Le monde de la finance est mon adversaire » Faux, il l’a placé au cœur de son gouvernement et de sa politique. « Il n’a pas de nom, il n’a pas de visage. » Faux, des visages et des noms, il en a, quelques dizaines de milliers. C’est même son ministre­-baudruche, Montebourg, qui l’a dit le mieux, dans un entretien au Monde daté du 10 avril 2013 : « Ce que nous visons à présent à travers l’échange automatique de renseignements, ce sont des noms. Les noms des dizaines de milliers de ressortissants français et d’entreprises logés dans les paradis fiscaux que la France doit ­obtenir. »
Socialiser les banques
Donc des noms, pour récupérer l’argent planqué, volé ? Mais les rodomontades ne suffisent pas. Il faut mettre au pas la finance. Montebourg, toujours plus clair quand il fait mine d’oublier qu’il fait partie du gouvernement, s’énerve : « Les banques ont provoqué la crise en obligeant les États à se porter à leur secours. Et voilà qu’elles ralentissent les efforts de rétablissement des comptes publics en favorisant les paradis fiscaux. Il faut prendre des sanctions contre les établissements financiers qui organisent le blanchiment de fraude fiscale et la dissimulation des avoirs, comme le retrait de licence ou l’embargo sur les activités de filiales dans les paradis. »
Mais alors… il est donc possible d’agir ? Surprise ! Qu’attend alors ce gouvernement pour mettre ainsi le couteau sous la gorge des banques suisses, luxembourgeoises, mais surtout françaises ? Celles-ci d’ailleurs ne vivent-elles pas tout simplement aux crochets de l’État ? Ne les a-t-il pas sauvées avec notre argent ?
Des annonces ont été faites récemment au niveau européen. Mais on a toutes les raisons de se méfier. Il faut arrêter tout net l’austérité. Il faut récupérer les fortunes dérobées au fisc et les mettre au service de la société. Pour cela, il faut lever le secret bancaire, et mettre les banques sous la tutelle des salariés et de la population. Autrement dit : chasser leurs administrateurs, exproprier leurs actionnaires, et les ­socialiser.
C’est ce coup de balai-là qui s’impose.
Yann Cezard

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Paradis fiscaux : tout le monde savait !

Paradis fiscaux : tout le monde savait !  dans Economie banquier-300x300

Bien sûr Cahuzac est un vilain menteur, mais il ne faudrait pas oublier qu’il a été sérieusement aidé à arranger ses petites affaires.

Car il ne s’agit en rien d’un cas individuel. Depuis les années 80 et la déréglementation financière mondiale, dont la France de Mitterrand et Bérégovoy a été pionnière, toutes les banques, françaises et étrangères, ont des filiales offshore afin de répondre à la demande de particuliers et d’entreprises recherchant la discrétion et l’impunité fiscale.


Un excellent document du CCFD-Terre solidaire datant de décembre 20101 rassemble et analyse les informations disponibles sur une soixantaine de paradis fiscaux. Ces territoires sont un lieu privilégié d’implantation de filiales de banques et d’entreprises. Beaucoup de ces filiales sont de simples boîtes à lettres destinées à localiser des bénéfices. Ainsi, dans les îles Vierges britanniques, petit territoire des Caraïbes, il y a 34 entreprises enregistrées par habitant… (contre 0, 04 en France, nombre d’entreprises divisé par le nombre d’habitants).
Le document du CCFD est centré sur les principaux clients de ces paradis fiscaux : une cinquantaine de grandes banques et entreprises multinationales. Si l’on se restreint aux filiales d’entreprises françaises dans ces pays, on constate du côté des banques que la BNP a 347 filiales (oui, 347 !), le Crédit agricole 107, la Société générale 40, AXA 30 et Dexia 29. Du côté des entreprises, Carrefour 82, Saint-Gobain 58, Peugeot 37, France Télécom 42, GdF-Suez 18, EdF 14. Ferodo, fabricant de pièces automobiles (et membre du groupe PSA), a une filiale dans un autre île des Caraïbes : la Barbade. Gageons qu’il n’en sort pas beaucoup de pièces pour les usines !
Mécano financier
Au-delà des milliardaires qui veulent y cacher leur magot à l’abri du fisc, les paradis fiscaux sont un rouage essentiel de la mondialisation. Plus que la délocalisation de la production physique des biens, il s’agit pour les grandes entreprises de délocaliser des services et des revenus. Par exemple, une filiale est créée aux îles Vierges et devient propriétaire de tous les brevets du groupe (c’est beaucoup plus facile et rapide de délocaliser des actifs immatériels comme les brevets ou les marques). Ensuite, les autres entreprises du groupe qui produisent avec ces brevets doivent payer de fortes redevances, ce qui diminue voire annule leurs bénéfices imposables, alors que la filiale brevet localisée aux îles Vierges n’est pas soumise à l’impôt sur les sociétés…
Il faut aussi souligner que le document du CCFD date de 2010, que les gouvernements, français et étrangers, de droite ou « de gauche », en connaissaient (ou auraient pu et dû en connaître) les informations, mais depuis, à part des discours lors du G20 d’octobre 2011, il ne s’est rien passé. Il semble que l’affaire Cahuzac va peut-être les obliger à bouger un peu, mais on ne peut pas être très optimiste en voyant la façon dont le puissant lobby bancaire a fait adopter en France une loi dérisoire sur la séparation des activités de dépôts et d’investissement (à peine 2 % des actifs seront distingués au sein de la même banque…).
Jacques Cherbourg
1. http://ccfd-terresolidaire.org/e_upload/pdf/ed_110110_bd.pdf

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Paradis fiscaux : et maintenant, paroles, paroles, paroles…

Paradis fiscaux : et maintenant, paroles, paroles, paroles... dans Economie ca-va-chier-300x272

Depuis la crise, les grandes puissances économiques rassemblées dans le G20 ou l’OCDE ont proclamé leur volonté d’en finir avec les paradis fiscaux.

« L’ère du secret bancaire est terminée » décrétaient ainsi les pays du G20 en 2009, en s’engageant à « prendre des mesures à l’encontre des juridictions non-coopératives, y compris les paradis fiscaux ».
Dans la foulée, des listes de pays ont été établies. Certains territoires n’y ont jamais figuré, d’autres en sont sortis au fur et à ­mesure qu’ils donnaient des preuves plus ou moins réelles de leur volonté de coopérer. L’ONG CCFD-Terre solidaire souligne les traitements de faveur dont ont bénéficié certains territoires liés directement ou indirectement aux pays du G20, comme l’État du Delaware aux USA ou la City de Londres, qui figurent pourtant parmi les centres financiers les plus importants de la planète.
De bons conseils…
L’origine du problème de la fraude ou de l’optimisation fiscale internationales se trouve d’abord dans les sociétés et individus qui jugent bon de placer ou dissimuler une partie de leurs capitaux ou activités dans les institutions financières qui les aident. Le cœur du problème se trouve chez nous avec cette kyrielle d’intermédiaires, banques ou grands cabinets d’audit ou de conseil en optimisation fiscale. Le Monde daté du 10 avril dernier a publié l’édifiante histoire de l’avocat Alain Maillot, « apporteur d’affaires » pour la banque genevoise Reyl & Cie, celle de Cahuzac. Il conseille aussi des entreprises françaises (Eads, Lagardère) pour des opérations diverses et boucle ses fins de mois en travaillant à l’occasion pour l’État français, tant sous la droite que sous la gauche. Bien sûr, il ne connaît personne et surtout pas Laurent Fabius, même si son associé est un ami et l’avocat de ce dernier…
Outre les listes de pays, le G20 a poussé à la conclusion de traités fiscaux bilatéraux devant permettre l’échange d’informations entre les administrations de deux pays. Là aussi, c’est de l’ordre de l’affichage, comme l’a montré justement l’affaire Cahuzac, car, pour que cela marche, il faut que le pays demandeur d’informations sache que l’individu soupçonné a un compte dans un pays précis, voire dans une banque particulière… Le ministère des Finances français a ainsi – de bonne foi ? – interrogé la Suisse sur un compte Cahuzac. Chou blanc ! La banque incriminée n’était pas la bonne, la période était trop restreinte et, de toute façon, l’argent avait déjà migré à Singapour !
Faire ou faire semblant ?
À la suite d’une série de scandales mettant en cause des banques, les États-Unis ont adopté une loi (« loi sur l’acquittement des obligations fiscales relatives aux comptes à l’étranger » : FATCA pour Foreign Account Tax Compliance Act) qui oblige les institutions financières étrangères établies aux USA à effectuer un rapport périodique et automatique aux autorités fiscales américaines sur les comptes de leurs clients US à l’étranger.
Comme leurs banques veulent rester sur le marché américain, certains paradis fiscaux européens, comme le Luxembourg ou l’Autriche, ont dit vouloir faire des concessions. Dans la foulée, Pierre Moscovici et ses homologues allemand, britannique, italien et espagnol ont proposé aux pays européens de mettre en place par étapes une telle réglementation. « Le secret bancaire est passé de mode » a déclaré sans rire Pierre Moscovici. Et la question de l’évasion fiscale sera à l’ordre du jour du prochain Sommet des chefs d’État le 22 mai. Reste à savoir ce qui sera effectivement décidé.
Car derrière tout ça, il y a la nécessité de faire au moins semblant de faire quelque chose quand les peuples sont de plus en plus scandalisés. Impôts et cotisations sociales accrues pour la masse de la population, alors que les « gros » y échappent.
Le problème des paradis fiscaux, c’est accessoirement le problème d’îles exotiques des Caraïbes. Il s’agit avant tout du comportement de « nos » banques et de « nos » capitalistes. L’expérience nous a appris à ne pas faire confiance aux gouvernements bourgeois, de droite ou de gauche, pour les mettre au pas.
Henri Wilno

Dossier réalisé par le groupe de travail économique du NPA

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

La psychiatrie en Bretagne sacrifiée (Sud santé)

La psychiatrie en Bretagne sacrifiée (Sud santé) dans Quimper et pays glazik bergerie-de-la-blaquiere-larzac-entonnoir-de-debre-300x225

vendredi 19 avril 2013 Sud Santé Sociaux 35

Alors que l’Objectif National de Dépense de l’Assurance Maladie (ONDAM) 2013 prévoyait une Dotation Annuelle de Financement (DAF) en progression nationale de 2.07% pour la psychiatrie, le ministère vient de changer les règles.

Plus question d’appliquer uniformément cette augmentation. A partir d’un objectif national, il y aura une répartition différenciée au niveau régional, puis au niveau de chaque établissement. Un nouveau critère domine tous les autres : la consommation d’euros par habitants pour prendre en charge les soins psychiatriques. La Bretagne, avec un coût de 170 € par habitant est largement au dessus de la moyenne nationale et se verrait donc imposer un taux de progression de l’ONDAM psychiatrie de…. 0%. Que la Bretagne soit une des régions où le taux de suicides et d’addiction est un des plus élevés de France importe assez peu dans l’affaire

Précision : ce coût est évalué en tenant compte du privé lucratif et non lucratif.

Dans le secteur 5 (L’Ille et Vilaine moins la région de St Malo) le privé représente un tiers des capacités d’hospitalisation. Mais en Bretagne tout le monde ne serait logé à la même enseigne. Si l’objectif de 0% d’augmentation sera maintenu, des établissements pourraient avoir une Dotation en baisse et d’autres une Dotation en légère progression en fonction du cout de prise en charge par habitant instaurant ainsi une concurrence entre établissements. Le ministère n’indique pas comment sera traité le privé. Cette façon de concevoir la prise en charge des besoins de santé publique à l’aune du coût par habitant est une aberration mais s’inscrit dans le contexte de contraction de la dépense publique pour atteindre les 3% de déficit censé amadouer les marchés financiers.

Cela va servir de prétexte à une accélération des attaques contre les acquis sociaux, va accentuer les restructurations avec des fermetures de services, des suppressions de lits, des suppressions d’emploi comme c’est déjà le cas au Ch. de Gourmelen à Quimper où la nouvelle direction prend prétexte d’un hypothétique déficit en fin d’année pour supprimer des postes dans chaque service, supprimer des RTT aux agents… Le syndicat SUD Santé Sociaux va tout mettre en œuvre pour monter une mobilisation qui fasse échec à la casse programmée du service public de psychiatrie. Des contacts sont d’ores et déjà pris avec les établissements concernés pour des actions communes.

Sud Santé Sociaux 35

http://www.sudsantesociaux35.org/

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