Nouveau Parti Anticapitaliste 29

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22 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

L’autodéfense de Bernard Tapie, meilleur spectacle médiatique d’un festival d’été ?

L’autodéfense de Bernard Tapie, meilleur spectacle médiatique d’un festival d’été ? dans Médias, culture bernard-tapie-reussir-sa-vie-545x550

Depuis plusieurs semaines, Bernard Tapie occupe la devanture des médias : une autodéfense spectaculaire propre à séduire les amateurs… de spectacle. Or il s‘en trouve, parmi nos très grands journalistes, manifestement plus préoccupés de mise en scène que d’information. Retour sur les premières représentations de la tournée de Bernard Tapie.

Serge July, amateur de feuilletons L’un des premiers à avoir flairé le « bon coup » n’est autre qu’un vieux routier de l’éditocratie, Serge July qui, dans son édito du 30 juin sur RTL, a humé l’humeur médiatique du moment et perçu avant ses augustes confrères toute l’importance et l’intérêt qu’il convenait d’attribuer, non pas aux méandres politico-financiers de cette bien austère et scandaleuse histoire d’arbitrage, mais… à l’épopée et à la personne de Bernard Tapie ! Il montre ainsi toutes les vertus divertissantes que peut receler cette affaire, pour peu qu’on la recentre sur son acteur principal et que l’on souligne à quel point il est captivant de voir un habile manœuvrier flouer doublement l’État et ses finances chancelantes :

- Serge July : « Écoutez, Tapie c’est un incroyable feuilleton qui dure depuis plus de 30 ans et qui tient ce personnage dix fois triomphant, tombé dix fois, qui se relève, qui ose tout, qui rechute, va en prison , accomplit sa peine et revient comme un vengeur. L’homme est un méga bonimenteur… Ce qui manque à Tapie, c’est Balzac et Zola pour le raconter , avis aux amateurs, si vous cherchez à écrire une série télé, je vous conseille les aventures de Bernard Tapie , voilà une série certaine de faire un malheur. Bernard Tapie dans ce cas devra rembourser, mais ce provocateur est prévoyant puisque toutes ses invraisemblables propriétés, à une exception près, sont toutes domiciliées dans des paradis fiscaux. Si l’Etat veut se rembourser, Tapie rejouera la combine à Nanard, quasi insolvable, quel animal et quel feuilleton !  »

- Présentateur : « Je vous trouve un poil admiratif au fond de vous-même Serge July… »

- Serge July : « Mais, je trouve que c’est un très beau feuilleton, j’ai envie de le voir à la télé très vite…  »

Dès le lendemain, l’envie de Serge July fut satisfaite, au-delà de toute espérance…

David Pujadas, juge d’instruction Le 1er juillet, en effet, David Pujadas réalisait un « coup » en recevant, en exclusivité dans le 20h de France 2, Bernard Tapie, qui venait alors, à l’issue de quatre jours d’une garde-à-vue, d’être mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » dans l’affaire de l’arbitrage Adidas-Crédit Lyonnais.

Le juge d’instruction étant tenu au silence qui, mieux que David Pujadas, pouvait donc le remplacer ? Pour remplir cet office improvisé, David Pujadas offrit donc à l’homme d’affaires 27 min, soit plus de la moitié d’un JT « ordinaire », rallongé de 10 min pour l’occasion. Le « reste » de l’actualité fut donc traité en moins de 25 min … Mais il faut croire qu’un tel scoop valait bien qu’un journal du service public expédie en quelques minutes les dernières révélations sur l’espionnage américain établissant que l’ambassade de France à Washington était écoutée, ou l’ultimatum lancé par l’armée égyptienne au président Mohamed Morsi.

D’autant plus que l’entretien ne fut même pas précédé d’un historique des faits qui aurait pourtant été indispensable pour cadrer la discussion et comprendre une affaire dont l’origine (le mandat donné par Bernard Tapie au Crédit Lyonnais pour la revente d’Adidas, qui lui appartenait alors) remonte aux années 1990. Par ailleurs, David Pujadas n’est pas spécialement connu pour ses compétences en droit des affaires, il ne s’appuyait sur aucune enquête de la rédaction de France 2 et ses questions ne reposaient que sur des éléments déjà publiés par d’autres médias. Bernard Tapie avait alors beau jeu de réfuter les éléments à charge que son intervieweur tirait de ces révélations médiatiques, en s’autorisant du dossier que lui seul sur le plateau avait consulté – et pour cause… –, et auquel, en tout cas, Pujadas ne pouvait avoir accès.

Bernard Tapie, prince du folklore Comme on pouvait s’y attendre, l’interview se transforma rapidement en un one-man-show et permit à l’homme d’affaires d’écrire lui-même un épisode de plus de « saga » qui réjouit tant Serge July. Le présentateur du 20h espérait sans doute briller en montrant qu’il pouvait se mesurer, tenir tête, voire même, par la magie de son seul verbe, obtenir les aveux contrits d’un orateur rompu à la joute télévisuelle… il n’y parvint évidemment pas et comme on pouvait s’y attendre, la valeur informative de cette interview fut nulle. Finalement, Tapie parvint globalement à mener l’entretien à sa guise afin d’imposer sa version de l’affaire [1], pendant que Pujadas tentait d’imposer son propre tempo et d’obtenir des réponses aux questions qu’il  posait – et que se posent aussi les policiers et les juges. Il a suffi que Bernard Tapie esquive et tonne et que les deux hommes s’interrompent mutuellement pour laisser, à l’issue de 27 minutes aussi longues que pénibles, une impression de grande confusion.

Mais peu importe qu’au cours de cette interview rien n’ait été dit de nouveau et d’un tant soit peu établi sur ce possible scandale républicain. La truculence de Tapie racontant les aventures de Tapie, la gouaille de Tapie associant Pujadas à « la France des aigris » lorsque ce dernier envisage l’annulation de l’arbitrage et la restitution des 400 millions d’euros, ou encore la verdeur du vocabulaire de Tapie lançant par trois fois à Pujadas qui lui demande s’il pense être victime d’acharnement, « est-ce que vous vous foutez de ma gueule ? », le tout avec le frisson du direct, valent bien toutes les informations et les enquêtes du monde. Que fallait-il espérer d’autre d’un « débat » pensé pour tourner à la confrontation entre un journaliste qui se prend pour un justicier et un mis en examen cherchant à mettre « l’opinion » de son côté ? De l’audimat bien sûr ! Lequel fut au rendez-vous puisque ce 20h aura réalisé un score en hausse de 2,5% par rapport aux éditions précédentes. Le pire étant que Pujadas n’est même pas dupe du rôle qu’il permet à Tapie de jouer – et que Tapie a tout intérêt à jouer – devant des millions de téléspectateurs…

Débriefé dès le lendemain dans « Le Grand direct des médias » sur Europe 1, Pujadas joue les modestes, et, généreusement donne les clés de ce coup d’éclat professionnel – ou de ce que lui-même et nombre de médias semblent considérer comme tel [2] : « Il y a beaucoup de mise en scène, de folklore dans tout ça. La prise à partie du journaliste est désormais une figure classique […] Ça fait presque parti du genre. C’est un piège […] Il faut rester sur son credo, rester sur les faits, rester sur les interrogations [...] À certains moments j’avais plus envie de sourire que de partir en courant. » Si Pujadas avait envie de sourire, la façon dont il exerce son métier donne plutôt envie de grimacer…

Le Point et BFMTV au spectacle, Jean-Jacques Bourdin à la corrida Dès le lendemain, l’entretien a un grand retentissement auprès de certains journalistes qui se délectent de l’aplomb, des emportements et des rodomontades du nouveau propriétaire de La Provence. Bernard Tapie se voit alors dérouler le tapis rouge par une cohorte de grands intervieweurs autoproclamés, sans doute alléchés par la perspective d’un pic d’audience. Il pourra ainsi déployer sa stratégie de communication, son point de vue et sa défense – et par la même occasion faire la promotion du livre qu’il vient de publier pour plaider sa cause – sur toutes les antennes de France, sans qu’aucune de ces interviews n’éclaire en quoi que ce soit le fond d’une affaire d’une grande complexité, bien au contraire. …

- Revenant dès le lendemain sur l’évènement politico-médiatique du moment dans sa chronique politique matinale sur BFMTV, Anna Cabana, « grand reporter » au Point, ne sourit pas, elle se pâme devant un « grand moment de télévision », sans autre préoccupation que la qualité du spectacle. Certes, elle concède qu’à « la fin, on n’en savait pas plus – presque moins, même… – sur la vérité de cette affaire », mais peu lui chaut, puisque « c’était physique, c’était viril » et qu’elle pense savoir (au moins) « une chose : Tapie est un des plus grands communicants de notre époque ! »

Anna Cabana, elle, apporte la preuve qu’elle est une grande analyste politique de notre époque, ou qu’elle est en passe de le devenir. Et elle s’en donne les moyens. Un hommage obligé à la pugnacité de son aîné, puis elle poursuit avec audace et enthousiasme sa critique dithyrambique du spectacle dont elle s’est délectée sur France 2 la veille : « Pujadas ne s’est pas laissé faire, pas une seconde, c’est pour ça que c’était un formidable spectacle. Parce que le journaliste avait du répondant. Et il fallait être sacrément chevronné pour résister aux assauts de cette bête de scène qu’est Tapie. Le clou du spectacle, c’est quand Pujadas lui demande pourquoi il se sent persécuté. […] Une réplique de théâtre. On était au spectacle. Un spectacle électrique. » Et une analyse foudroyante !

- Si Anna Cabana ne joue pas encore dans la même cour que David Pujadas, Jean-Jacques Bourdin, l’animateur vedette de RMC, évolue pour sa part dans les mêmes hautes sphères médiatiques. Et il pouvait à bon droit se sentir jaloux du succès de son confrère de France 2 et vexé d’avoir raté cette exclusivité. D’autant que débatteur réputé intraitable, amoureux de l’entreprise et des patrons, Bourdin pouvait se sentir des affinités avec Bernard Tapie – et s’estimait sans doute plus à même que le présentateur du 20h d’affronter la nouvelle terreur des plateaux. Chevaleresque, il commence d’abord par lui lancer… un défi sur Twitter : « Monsieur Tapie, ayez le courage de venir sur BFMTV et RMC info. Pourquoi dites-vous non ? » ! N’obtenant pas de réponse, il interprète en toute modestie le silence de Tapie dans un entretien pour le supplément télévision du Figaro : « Ses raisons, je ne les connais pas et, comme il ne me répond pas, je ne peux pas les connaître. Je sais simplement qu’il a confié à un proche que l’on ne pouvait pas “ mettre deux taureaux dans la même arène ”. Moi, je ne me considère pas comme un taureau. Ni d’ailleurs comme un matador. Il n’y a pas de mise à mort. » Pas de mise à mort sans doute, mais Bourdin semble tout de même considérer son émission comme une corrida : « Je lui propose un chiffon rouge dans l’arène pour qu’il me rejoigne à 8h35 durant vingt-cinq minutes quand il veut. » C’est donc toujours bien de spectacle dont il est question…

Elkabbach et TF1 raflent la mise Le 10 juillet, alors que la justice vient de décider de mettre sous séquestre une grande partie de ses biens, Tapie reprend sa tournée de médias qui n’ont jamais cessé de le courtiser en espérant obtenir à leur tour un « clash » et le « buzz » qui va avec. Jean-Pierre Elkabbach vedette d’Europe 1, accompagné d’un confrère d’ITélé, Mickaël Darmon, et Gilles Bouleau, présentateur du 20h de TF1, seront les heureux élus. Pour l’anecdote, Elkabbach ne se départira pas de sa complaisance proverbiale envers les puissants pour s’attacher avec son compère à déterminer si l’affaire cache, ou non, un « complot » – manière d’alimenter leurs fantasmes de journalistes politiques avec une question à laquelle seule la justice pourra répondre, et à laquelle leur interlocuteur avait déjà répondu. Gilles Bouleau, de son côté, récoltera des lauriers de quelques-uns de ses confrères pour avoir, alors que Tapie maugréait contre la procédure de saisie conservatoire et affirmait qu’elle n’existait qu’en France, réussi à lui faire admettre que les États-Unis aussi la pratiquaient – quel exploit journalistique et quelle victoire pour la vérité [3] ! Et quelles que soient les différences de styles des intervieweurs, ces deux entretiens, pas plus que le face-à-face avec Pujadas, n’apporteront la moindre information utile pour éclairer l’affaire…

Pourtant, des commentateurs trouveront que par rapport à sa performance du 1er juillet, Tapie avait perdu de sa superbe lors de ces deux prestations, et que son numéro s’usait déjà [4]. Le cauchemar de tout promoteur de spectacle en quelque sorte… Heureusement, Laurent, le fils Tapie, au prétexte qu’il a créé un site internet pour défendre son père, est déjà est là pour prendre le relais et étancher la curiosité médiatique pour la famille – avec une mention spéciale pour Paris Match, sa couverture et son dossier de la semaine du 4 juillet, et l’interview-photo de madame Tapie, Dominique, qui « passe à l’attaque » depuis son hôtel particulier, flanquée de ses deux chiens… Et le show désormais familial peut continuer… L’information, dans les médias à grand spectacle, attendra.

par Blaise Magnin,  (avec Henri Maler) le 22 juillet 2013

Notes

[1] En quelques mots, il se dit la victime collatérale d’un règlement de compte politique visant à accuser Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde d’avoir participé à une escroquerie au détriment de l’État en autorisant de recourir à un arbitrage dont l’issue aurait été scellée d’avance au (plus grand) bénéfice de Bernard Tapie.

[2] Ces importantes déclarations de David Pujadas auront même les honneurs du site de Jean-Marc Morandini (qui gagne à être consulté)…

[3] Même Arrêts sur images congratule le présentateur de TF1…

[4] Voir par exemple le verdict de Bruno Roger-petit Nouvel Observateur.

22 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Des casseroles déposées devant le siège de l’UMP

Des casseroles déposées devant le siège de l'UMP dans NPA 589578871
Les militants du NPA ont voulu dénoncer les comptes de campagne de Sarkozy, rejetés par le Conseil constitutionnel. Des vieilles casseroles feront l’affaire.

Les militants du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ont installé une batterie de casseroles sur les marches de l’UMP, vendredi soir. Clin d’œil à l’actualité. Ils n’étaient qu’une poignée. Mais ils s’affichent comme le poil à gratter de la politique castelroussine. Leur dernier coup d’éclat, sans tambour ni trompette, remonte à vendredi, en fin d’après-midi. Les militants du NPA ont, en effet, déposé une batterie de casseroles sur les marches du siège de l’UMP, situé avenue Charles-de-Gaulle à Châteauroux. « Des casseroles et un autocuiseur que nous avons récupérés dans une déchetterie », se marre Gérald Prévot. Le porte-parole du NPA assume cet acte : « De quoi faire mijoter les consciences. Cette idée nous est venue lorsque le Conseil constitutionnel a rejeté les comptes de campagne de Sarkozy pour fraude électorale. »

Également une plainte contre le maire Pour les sympathisants du NPA, la « soupe politicienne » a mauvais goût. Gérald Prévot s’en explique et s’insurge : « En plus, l’UMP lance une souscription et a déjà récupéré près de 5 M€ alors que c’est la disette pour les Français. Et, cerise sur le gâteau, cette somme sera déductible à 66 % des impôts comme les autres dons effectués aux œuvres caritatives ou aux syndicats. »
Sur ce point, le NPA trouve la recette douteuse : « Car indirectement, ce sont les Français qui participent et financent cette fraude électorale. » Le Parti anticapitaliste surfe sur les affaires. « Bettencourt, Tapie, La Libye ou Karachi, l’UMP est bourrée de casseroles. » Et un coup de canif à gauche : « La première grosse casserole du Parti socialiste, c’est de nous faire croire qu’ils sont de gauche. Pour cette action, nous avions invité les partis de gauche, aucun n’a répondu. »
Gérald Prévot fait le rappel : « L’UMP à Châteauroux, ce n’est pas mieux. Nous avons déposé une plainte contre le maire pour ses propos tenus à l’encontre des gens du voyage. Plainte sans suite. Et que penser du terrain de La Martinerie, cédé à bas prix à l’école religieuse sans estimation des Domaines ? » Finalement, quelques militants de la CGT ont rappliqué vendredi soir. Le petit NPA s’est soudain senti moins seul.

Jacky Courtin 21/07/2013 05:46

21 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Transport aérien : quand la sécurité décroche

Transport aérien : quand la sécurité décroche dans Austérité wtf-is-this-low-cost-airlin

Le crash d’un B777 d’Asiana Airlines le 6 juillet à San Francisco (3 mortes et près de 200 blesséEs)reposent une série de questions sur la sécurité aérienne.
Les rapports ne sont pas encore complets pour déterminer les causes du crash et comme toujours dans ces cas-là , il n’y aura pas de cause unique. Compagnies et constructeurs feront le maximum pour reporter la responsabilité sur les erreurs de pilotage. Mais même sur ce point, il faut souligner que le commandant de bord en fonction n’avait que 43 heures de vol sur B777, et qu’il était sur ce vol avec un formateur qui faisait son premier vol d’instruction sur B777…
Cette situation reflète la gestion de ses équipages par la compagnie. Les économies de tout ordre sont les conséquences des politiques de rentabilisation financière. Depuis trois ans, les grandes compagnies aériennes se sont toutes lancées dans des économies de coûts permettant d’atteindre de 7 à 8 % de retour sur capital investi. IATA, l’Association internationale du transport aérien, prévoit que, malgré « la crise », les compagnies aériennes réaliseront plus de 10 milliards d’euros de bénéfices en 2013. Des articles de la presse spécialisée vont insister sur les spécificités coréennes : pendant plusieurs années, les compagnies du pays étaient dans le rouge question sécurité et formation. Beaucoup d’anciens militaires, forts rapports hiérarchiques… Une tendance accélérée par le besoin de nombreux nouveaux pilotes, avec le développement important du transport aérien en Asie.

La logique financière… Mais la question n’est pas celle des spécificités coréennes. Le transport aérien étant réputé très sûr, la tendance mondiale actuelle est d’abaisser au minimum certains paramètres. Ainsi, avec le développement des « avions intelligents » bourrés de systèmes automatiques, les temps de formation ont été largement réduits… À tel point que l’administration du transport aérien américain, suite à plusieurs accidents, vient de décider de refaire passer de 250 à 1 500 le nombre d’heures de formation des pilotes. Les compagnies aériennes, Air France en tête, diminuent au maximum le nombre d’hôtesses et stewards dans les avions, augmentent le temps de vol des équipages et diminuent les heures de repos. Pourtant, après bien d’autres exemples, celui d’Asiana montre que c’est la réaction de l’équipage de cabine qui a lancé l’évacuation de l’appareil.
La même logique financière pousse aussi à d’importantes économies sur la maintenance. Ainsi, Air France développe la sous-traitance des chantiers Airbus au Maroc et au Portugal, après avoir systématisé la sous-traitance des Boeing 747. Là encore, cela se fait au prix de prise de risques, en exerçant la pression maximale sur les salaires et les conditions de travail. Après bien d’autres, l’accident d’Asiana montre que faire sauter toujours plus de cliquets de sécurité n’est pas sans conséquence…

Laurent Carasso Jeudi 18 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Fukushima : alerte, eau contaminée !

Fukushima : alerte, eau contaminée ! dans Ecologie & climat china

Alors que depuis plusieurs mois les autorités japonaises encouragent voire imposent le retour des populations dans les zones contaminées, les fuites d’eau radioactive se multiplient à la centrale nucléaire.
Le 10 juillet, une nouvelle augmentation alarmante du taux de césium radioactif et un taux astronomique de strontium 90 ont été mesurés dans un forage situé entre la centrale de Fukushima et la mer. Pas étonnant quand on sait qu’en 2011, lorsque les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu dans les heures qui ont suivi l’accident, le corium (magma extrêmement toxique, radioactif, corrosif résultant de la fusion des réacteurs) s’est agrégé au béton avec sa charge de plus de 300 radionucléides dont les césiums 134 et 137, libérant ainsi des produits extrêmement dangereux.

Et ça continue… Or, depuis deux ans, plusieurs centaines de tonnes d’eau sont injectées quotidiennement dans les trois réacteurs pour les refroidir. L’eau injectée finit par s’infiltrer dans la nappe phréatique en la contaminant. Mais elle s’écoule aussi vers la mer faisant courir le risque d’une nouvelle contamination radioactive de l’océan. Et ce ne sont pas les propos du directeur de Tepco qui pourront rassurer les populations : « Nous ne sommes pas pour le moment en mesure de dire si l’eau contaminée s’écoule ou non dans la mer ».
C’est dans ce contexte de dangerosité et d’incertitude que François Hollande, en visite au Japon, a joué le VRP apprenti sorcier, en renforçant le partenariat franco-japonais dans le nucléaire, permettant ainsi à Areva de conclure un accord pour la construction d’une usine de fabrication de Mox, alors que presque aucun réacteur ne fonctionne. Ignorant le refus du nucléaire par une majorité des Japonais traumatisés et meurtris, Hollande et les industriels sont venus dealer leur came !
Combien faudra-t-il de Fukushima et de Tchernobyl pour qu’ils comprennent que le nucléaire n’est pas l’énergie de l’avenir ? Agissons hors des salons dorés de la République pour faire entendre notre volonté de sortir du nucléaire.

CorrespondantEs de la commission nationale écologie

Samedi 20 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Pma: les couples lesbiens sont-ils moraux ?

Pma: les couples lesbiens sont-ils moraux ? dans LGBT 6013301-gay-pride-cette-annee-il-fallait-absolument-etre-la

Telle est la question qui semble si difficile à trancher pour le Comité consultatif national d’éthique, qui préfère reporter son débat à 2014…
Nous avons vu les interminables tergiversations sur la possibilité ou non d’intégrer la PMA, en tant qu’amendement, dans le projet de loi pour l’égalité des droits. Nous avons vu cette possibilité finalement refusée par le PS. Nous avons entendu l’annonce, par le Premier ministre lui-même, que la PMA serait utilisée comme lest pour calmer les réactionnaires. Il est donc malheureusement évident que quand le gouvernement prétend attendre l’avis du CCNE, il s’agit d’une mesure dilatoire !

Des engagements… qu’il faudra imposer ! Le gouvernement n’a absolument aucune nécessité légale de passer par l’avis du CCNE. Le simple fait de supposer qu’il s’agit d’une étape obligatoire est insultant pour toutes les lesbiennes et pour toutes les femmes. Qu’y a-t-il de si peu éthique à permettre à un couple de femmes d’avoir accès à un donneur anonyme, quand les couples hétéros y ont droit ? Et même, pourquoi les femmes seules auraient-elles l’obligation d’être en couple pour y avoir accès, alors que 5 millions de mères élèvent seules leurs enfants en France, dans l’indifférence générale ? La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) semble favorable aux revendications des personnes transgenres, en préconisant le 27 juin la facilitation du changement d’état civil. Si cette annonce est positive, il ne faut pas oublier que l’ouverture de la PMA est elle aussi une revendication des trans, également concernéEs !
Le Parti socialiste s’était engagé, lors du passage de la loi sur le mariage pour touTEs, à permettre de combler l’absence de la PMA par un nouveau texte. La perspective de n’avoir aucun mouvement de masse pour le lui imposer semble avoir fortement réduit cette bonne volonté…
La conclusion s’impose d’elle-même : il nous faut reconstruire un rapport de forces suffisamment puissant pour contraindre le gouvernement à tenir ses promesses. Pour cela, les organisations et militantEs LGBTI qui se déclarent insatisfaitEs de la loi actuelle se sont, dès le lendemain de la Marche des Fiertés, réuniEs pour mettre en place un réseau de coordination et de mutualisation. Les lesbiennes ne lâcheront pas l’affaire !

Chloé Moindreau Samedi 20 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Taxe sur les transactions financières : banquiers, vos désirs sont des ordres

Taxe sur les transactions financières : banquiers, vos désirs sont des ordres dans Austérité full_metal_jacket_07_cris1

« Mon adversaire, c’est la finance », déclamait François Hollande à son meeting du Bourget le 22 janvier 2012.

Et le 7e engagement de sa campagne comportait la phrase suivante : « Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières. » Et pourtant, de taxe sur les transactions financières, il n’y en aura pas, ou alors complètement vidée de sa portée. En effet, Pierre Moscovici, ministre de l’économie, a déclaré ce jeudi 11 juillet devant un parterre de banquiers que la proposition de taxe avancée par la Commission européenne était « excessive ». Pourtant, la proposition de la Commission est déjà extrêmement limitée : elle exclut la taxation des transactions sur le marché des changes (entre l’euro et d’autres devises) car ce marché pèse 4 000 milliards de dollars par jour, soit près de la moitié des transactions financières dans le monde. Et de socialisation des banques, il n’en est bien entendu pas question.

De bons exécutants… Le même Moscovici avait parlé en janvier de « décision historique » et déclamait fin mai à l’Assemblée nationale : « Nous voulons aller vite, nous voulons aller fort. C’est un objectif politique majeur [qui] est soutenu par toute la majorité. » Mais banquiers et patrons ont su se faire entendre : le Medef, la Fédération des banques et celle des sociétés d’assurance, etc. ont ensemble dénoncé « un coût de plus de 70 milliards d’euros et des délocalisations d’activités massives, qui menacent 30 000 emplois à brève échéance ». Ceci sur la base d’estimations auxquelles pas grand monde ne croit. Et en oubliant, bien sûr, que la crise financière de 2007-2008 a coûté bien plus de 30 000 emplois et a fait perdre bien plus de 70 milliards !
Comme d’habitude, patrons et banquiers ordonnent, et Hollande et ses seconds couteaux exécutent. Le 18 juillet, le Parlement va voter le texte définitif de la loi bancaire, elle aussi en rupture avec l’engagement de séparer banques de dépôt et banques d’affaires. Le lendemain, vendredi 19 juillet, le président de la République a prévu de recevoir le comité exécutif de la Fédération bancaire française, qui regroupe les dirigeants des principales banques. Il pourra leur dire « Mission accomplie. Vos désirs sont des ordres ».

Henri Wilno Samedi 20 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal : la troïka à la manœuvre

Portugal : la troïka à la manœuvre dans Austérité suicidio_espa%C3%B1a-rescate-sacrificio_troika_europa-euro

Les derniers événements au Portugal ont mis à nu les véritables rapports démocratiques et politiques et souligné la fragilité du gouvernement.
Vitor Gaspar, ministre des Finances (et haut fonctionnaire officiellement en congé de la BCE), a remis sa démission pour la troisième fois consécutive, prétextant notamment du peu de moyens qui étaient les siens pour mettre en œuvre les réformes demandées par la troïka. Le Premier ministre, Passos Coelho, nomme alors à sa place Maria Luis Albuquerque, secrétaire d’état au trésor, confrontée depuis des mois à un énorme scandale en raison de son implication dans des opérations financières toxiques. Le jour suivant, nouvelle bombe : Paulo Portas, ministre des Affaires étrangères, qui devait présenter un plan de 4,7 milliards d’euros de réduction des dépenses sociales, et qui défendait l’idée d’assouplir la politique promue par Vitor Gaspar de « l’austérité à tout prix », remettait sa démission au Premier ministre. Barroso réagit alors en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes. Plus tard, le Premier ministre Coelho s’adressait au pays et annonçait qu’il ne démissionnerait pas et qu’il refusait de même le départ de Portas.

Les pantins de la troïka Avec l’aggravation du krach boursier et l’augmentation de la dette publique, les signaux d’alarme ont retenti partout dans le secteur bancaire et les milieux bourgeois. Une campagne de peur a été orchestrée, annonçant l’imminence d’un deuxième plan de sauvetage. Avec un taux de chômage officiellement de 17, 6 % (25 % en réalité), un déficit budgétaire passé de 7,1 % en 2012 à 10,6 % du PIB, la dette publique prévue fin 2013 est de 138 % du PIB, un record. Et la récession (- 3,2 % fin 2012) s’aggrave avec – 3,9 % au premier trimestre. L’austérité est en train de détruire l’économie. Après plusieurs réunions pour tenter de sauver une coalition moribonde, les partis de la coalition se sont rencontré dans un hôtel à Lisbonne. Le Premier ministre a tenu une conférence de presse. Debout et silencieux à ses côtés, Portas est devenu vice-Premier ministre… cinq jours après avoir démissionné. La ministre récemment nommée aux finances garde son poste et est même promue ministre d’État. António Pires de Lima, homme d’affaires, est nommé ministre de l’Économie. L’accord devait être soumis au président de la République. En quittant l’hôtel, les voitures officielles, cernées par des manifestants, furent obligées de s’enfuir à contre-sens sous la protection de la police.

Antisocial et antidémocratique Le hold-up démocratique surréaliste de la troïka se déroule sous les yeux de la population pour qui l’illé-gitimité d’un gouvernement moribond, rafistolé comme le monstre de Frankenstein, est une évidence. Bruxelles et Berlin avaient tous deux donné leur accord au remaniement proposé par la coalition CDS-PSD. Le président de la République a cependant proposé, dans la nuit du 10 juillet, un gouvernement d’union nationale des trois partis qui soutiennent le mémorandum de la troïka (incluant le PS actuellement dans l’opposition) autour de trois points : un calendrier pour de futures élections, l’engagement de soutenir le programme de la troïka et de garantir le paiement de la dette, et le soutien de ces trois partis au futur gouvernement issu des urnes, afin de lui garantir une majorité absolue per- mettant non seulement le remboursement de la dette publique et un contrôle serré des comptes publics, mais aussi la poursuite de l’austérité au-delà même du plan de la troïka. Le PS a déjà dit qu’il ne soutiendrait qu’un gouvernement issu des urnes. L’exclusion d’emblée des partis représentés au Parlement qui ne soutiennent pas la troïka – Bloc de gauche et PC – en dit long sur le mépris du président pour une démocratie qui se réduit à la sphère des partisans de la troïka. La crise politique est loin d’être terminée et le jeu de marionnettes de la troïka ne fait sans doute que commencer.

De Lisbonne, João Camargo (1) (traduit par Raymond Adams)
1- Militant d’une association de travailleurs précaires et militant anti-troïka.

Vendredi 19 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Tallinn devient la «capitale des transports publics gratuits»

Tallinn devient la «capitale des transports publics gratuits» dans Services publics trans-gratuis1

Le 1er janvier 2013, Tallinn, en Estonie, est devenue la première capitale européenne à étendre les transports publics gratuits à tous ses habitants.

Les résultats enregistrés jusqu’à présent sont encourageants. Les autorités de Tallinn sont d’avis que, s’ils sont bien conçus, les systèmes de transports publics gratuits peuvent encourager un transfert des véhicules particuliers vers les bus et les trams, réduire les embouteillages et les émissions des véhicules à moteur et doper le développement économique. L’introduction des transports publics gratuits à Tallinn fait suite à plusieurs systèmes mis en place dans d’autres pays, généralement dans des villes de plus petite taille. L’un des pionniers en la matière était la ville belge d’Hasselt, qui, en 1997, a décrété la gratuité de tous les bus dans les limites de la ville. Ce système est parvenu à persuader les habitants d’utiliser les transports publics – le nombre de passagers est passé de quelque 1 000 par jour en 1997 à 12 600 dix ans plus tard. Le coût de ce service a toutefois grevé le budget et Hasselt a indiqué qu’il serait mis un terme à ce système à la fin de 2013.

Pour Tallinn, la motivation découlait d’une prise en considération soigneuse des implications budgétaires, mises en balance avec les avantages sociaux, environnementaux et budgétaires. Allan Alaküla, directeur du bureau de Tallinn pour l’Union européenne, déclare que le budget annuel consacré par la ville aux transports publics s’élevait à 53 millions d’euros, mais que les recettes tirées de la vente de tickets ne repré- sentaient que 17 millions d’euros, dont 5 millions étaient apportés par des personnes n’habitant pas la ville. En introduisant la gratuité des transports pour les habitants de Tallinn, la ville encourrait donc des frais supplémentaires de 12 millions d’euros. Ce prix a été estimé raisonnable comparé aux avantages du système.

L’enjeu était la mobilité pour tous, déclare M. Alaküla. Les retraités et les jeunes bénéficiaient déjà de la gratuité des transports publics à Tallinn, mais la ville voulait qu’il soit plus facile pour ses habitants de circuler à la recherche d’un travail, de même que pour les travailleurs à bas salaires, qui pouvaient préférer refuser un emploi impliquant pour eux des trajets si le coût du transport le rendait financièrement peu intéressant. Les premières impressions sont que le développement économique s’est globalement accéléré. «Nous stimulons réellement l’économie locale. Nous avons déjà observé que les habitants avaient tendance à dépenser davantage si leur mobilité était gratuite. Ils sortent plus le soir et le week-end», affirme M. Alaküla.

Un air plus pur dans la ville Les transports publics gratuits étaient supposés produire des avantages environnementaux grâce au transfert modal au détriment des voitures, qui réduit les embouteillages et la pollution. La réduction escomptée des émissions de dioxyde de carbone s’élève à 45 000 tonnes chaque année. L’atténuation du bruit est un autre avantage. Tallinn dispose déjà de quelques véhicules de transport public électriques – des trolleybus et des trams – et s’emploie à améliorer son système de voies réservées aux bus, afin que le transport public circule plus facilement et que les émissions dues au trafic stationnaire soient réduites au minimum. Il est trop tôt pour quantifier pleinement les avantages environnementaux, mais, durant le premier trimestre 2013, les embouteillages dans le centre de Tallinn ont diminué de 15 % par rapport à la fin 2012. Depuis la mise en place du système, l’utilisation des transports publics a augmenté de 12,6 %, l’utilisation des voitures dans toute la zone de Tallinn a été réduite de 9 % et un déclin a également été enregistré au niveau des piétons et des cyclistes, ce qui indique que des habitants que les prix des tickets auraient auparavant dissuadés utiliseront désormais les transports publics gratuits.

Les avantages sont aussi d’ordre budgétaire. M. Alaküla indique que, depuis l’annonce de la gratuité des transports publics, 10 000 nouveaux habitants se sont domiciliés à Tallinn. Selon les estimations, la ville compterait 30 000 habitants supplémentaires non domiciliés. Le système de transports gratuits pourrait les inciter à se domicilier. Pour 1 000 nouvelles domiciliations, la ville reçoit environ 1 million d’euros supplémentaires par an en recettes fiscales, indique M. Alaküla.

Des fondements solides La domiciliation est importante, parce que le système fonctionne via la distribution de cartes de voyage sans contact aux habitants de Tallinn. L’utilisation des transports publics gratuits continue d’être surveillée et mise en place, et, pour l’heure, les non-résidents continuent de payer les frais de transport. Le système de Tallinn couvre environ 426 000 personnes et 480 véhicules de transport public, ce qui en fait le plus grand d’Europe. M. Alaküla formule plusieurs recommandations à l’intention des autorités publiques qui envisageraient des systèmes semblables.

La première est de garantir la légitimité. La gratuité des transports publics à Tallinn n’a été introduite qu’à l’issue d’un référendum au cours duquel 75,5 % des habitants ont voté pour le système et 24,5 % contre. Il existait dès lors un mandat public solide pour la gratuité des transports publics, ce qui a permis à la ville d’investir dans le système, notamment dans l’introduction du système de cartes de voyage sans contact afin de collecter des données. La popularité évidente du système, associée au résultat du référendum, implique aussi qu’il sera difficile de supprimer les transports publics gratuits pour des raisons politiques, à moins d’un soutien public d’un niveau similaire. M. Alaküla indique que plusieurs responsables politiques de Tallinn étaient sceptiques et considéraient l’idée trop onéreuse ou irréalisable. Néanmoins, depuis l’introduction du système, il s’est produit un «revirement politique». M. Alaküla ajoute que, pour l’instant, «aucun parti ne promet d’abolir les transports gratuits pour les habitants de Tallinn». Du fait de la plus grande mobilité apportée par le système, l’impression est qu’il a profité à Tallinn en termes de compétitivité. «C’est toute la raison d’être de la municipalité: se battre pour la population», déclare M. Alaküla.

Le deuxième point que les autorités municipales doivent prendre en considération, ajoute-t-il, est le niveau de subvention publique que la municipalité apporte déjà aux transports publics.Si la subvention est supérieure à la moitié des coûts totaux, «alors vous avez de bonnes raisons» d’introduire la gratuité des transports publics. Dans des villes comme Londres, par exemple, «il n’y a prati-quement pas de subvention» et rendre les transports publics gratuits aurait un impact budgétaire colossal, fait remarquer M. Alaküla. Pour Hasselt, en Belgique, la pierre d’achoppement ultime était le coût. Tallinn examine pour l’instant comment elle pourrait étendre son système, au moyen d’accords avec les municipalités voisines, voire d’une extension à l’échelle nationale. «Nous y travaillons», déclare M. Alaküla.

Tallinn regarde aussi vers l’est. Elle a noué des contacts avec la ville chinoise de Chengdu (14 millions d’habitants), qui teste pour l’instant la gratuité des transports publics combinée à des limitations de la circulation dans le centre-ville. Les deux villes ont instauré un dialogue sur la question et des représentants de Chengdu seront présents à l’université d’été «Capital of free public transport» (Capitale des transports publics gratuits) que Tallinn accueillera du 22 au 24 août 2013. Le commissaire de l’UE en charge des transports, Siim Kallas, figurera parmi les orateurs.17/06/2013

http://ec.europa.eu/environment/ecoap/about-eco-innovation/good-practices/estonia/20130617-capital-of-free-public-transport_fr.htm

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Liberté immédiate pour Amina!

Liberté immédiate pour Amina! dans Féminisme tumblr_mk8lqycujm1qavmuuo1_12802

Amina Sboui, la première Femen tunisienne, a été arrêtée le 19 mai dernier alors qu’elle venait de taguer, seule, les cinq lettres du mot FEMEN sur un muret d’enceinte du cimetière de Kairouan.

D’abord inculpée pour détention illégale d’un aérosol d’autodéfense et écrouée à la prison de Messaadine, elle voit depuis les inculpations les plus fantaisistes tomber les unes après les autres : « association de malfaiteurs », « outrage public à la pudeur », « profanation de sépulture » (pour le tag, alors qu’il a été écrit à l’extérieur et non à l’intérieur du cimetière), puis « diffamation et outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », toutes accusations qui, si elles étaient retenues, seraient passibles de longues années d’emprisonnement. La liberté provisoire lui a été refusée en raison de « la gravité du crime imputé ». Elle répondra de la dernière accusation lors d’une audience prévue le 22 juillet. Amina Sboui a dix-huit ans. En Tunisie, un comité de soutien s’est constitué et elle a reçu la solidarité de l’Association Tunisienne des Femmes démocrates, de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ou encore du Parti Pirate. Au niveau international, Amnesty International, Human Rights Watch, l’OMCT et la FIDH se sont d’ores et déjà mobilisées à des degrés divers. Reste que face à ce harcèlement judiciaire pour un simple délit d’opinion et d’expression, Amina a besoin d’une campagne de soutien au niveau international.

Le NPA exige sa libération immédiate et l’abandon des charges retenues contre elle.

Montreuil, le 19 juillet 2013

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Non, les OGM ne sont toujours pas une solution à la faim dans le monde (Reporterre)

Non, les OGM ne sont toujours pas une solution à la faim dans le monde (Reporterre) dans Altermondialisme dessin-famine-031

La World Food Prize Foundation (Fondation du Prix mondial de l’alimentation), fondée par l’homme d’affaires américain John Ruan vient d’octroyer son prix annuel à trois scientifiques spécialistes des OGM dont deux employés par les multinationales agroalimentaires Monsanto et Syngenta. Face au lobbying toujours puissant des biotechnologies agricoles, il faut rappeler… que les OGM ne peuvent pas résoudre la question de la faim, qui est d’abord un enjeu politique.
Les OGM se trouvent au centre de multiples polémiques, dont la plus récente est la conséquence de l’étude menée par le professeur Séralini sur l’effet de la consommation du maïs NK603 de la firme Monsanto sur la santé. Les partisans des OGM soulignent leur potentialité en terme de lutte contre les ravageurs, résistance aux herbicides, à la sécheresse, amélioration de l’assimilation des éléments (phosphore, azote) ou amélioration de la valeur nutritive du produit. Les opposants aux OGM insistent sur les risques environnementaux (par exemple l’utilisation accrue de pesticides) et de santé publique que ces organismes peuvent créer ainsi que sur la question de l’appropriation du vivant par des intérêts privés (par exemples les semenciers tels que la firme Monsanto).

Du point de vue de la faim dans le monde, il s’agit de voir si les OGM peuvent constituer une solution. Sachant que la faim est essentiellement une question de répartition des richesses, de difficultés d’accès à l’alimentation par une proportion importante de la population mondiale du fait de sa pauvreté, et qu’une partie importante de la population sous-alimentée vit de l’agriculture, on peut dire :

- Il est fort peu probable que les OGM puissent constituer une solution pour les populations vivant de l’agriculture qui souffrent de la faim. En effet, les OGM sont accessibles uniquement par achat de semences dans le commerce, ce qui nécessite des moyens financiers que les popu- lations concernées n’ont pas. Et elles sont bien plus chères que les semences conventionnelles. Ainsi les semences de coton OGM coutaient 41€ le sac au Burkina Faso début 2012 contre 1,2€ pour les semences conventionnelles.

- De plus, la plupart des semences d’OGM ne sont utilisables que sur une saison (les semences éventuellement récupérées à partir d’une récolte d’OGM n’ont en général pas les caractéristiques qu’ont les semences initialement achetées – dans le cas contraire, le producteur devrait payer une redevance puisque les OGM font l’objet de brevets appropriés par les firmes privées). Le coût d’utilisation des OGM est donc rédhibitoire pour les paysans les plus pauvres.

- La généralisation éventuelle de l’utilisation des OGM par les producteurs capables de les acheter risque d’entrainer une baisse des prix des produits alimentaires. Les producteurs les plus pauvres auront donc plus de mal à vendre leurs produits à un bon prix et verront leur revenu diminuer, les enfonçant davantage dans la pauvreté, ou les poussant à accélérer leur mouvement de sortie de l’agriculture.

- Pour ceux des personnes souffrant de la faim et ne vivant pas de l’agriculture, la baisse des prix découlant de la généralisation éventuelle des OGM aurait un effet positif sur leur revenu réel (pouvoir d’achat), mais au risque d’effets négatifs sur leur santé.

Il ne parait donc pas que l’utilisation des OGM soit une solution à la faim, bien au contraire !

Source : La faim expliquée

Première mise en ligne sur Reporterre le 1 juillet 2013. samedi 20 juillet 2013

Lire aussi : Les OGM ne sont pas la solution à la faim dans le monde

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