Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

21 avril 2018 ~ 0 Commentaire

daniel tanuro (anti-k)

 colapase

Daniel  Tanuro: L’effondrement des sociétés humaines est-il inévitable ?

La « collapsologie » et l’écosocialisme présentent certains points communs mais aussi de sérieuses différences. Il faut souhaiter que le débat permette de les aplanir, ou à défaut de les clarifier. C’est dans cet esprit que cette contribution est écrite. Nous sommes d’accord sur un point important : il ne s’agit pas d’une crise, au sens où on parle d’une crise économique ou d’une crise de foie, c’est-à-dire de phénomènes passagers. Ce à quoi nous sommes confron- tés est infiniment plus grave.

Mais l’avenir reste ouvert, malgré tout. C’est la lutte qui est à l’ordre du jour, pas la résignation endeuillée.

Selon le programme international géosphère-biosphère, la soutenabilité de la civilisation humaine dépend de neuf paramètres écologiques. On définit pour chacun une frontière de dangerosité à ne pas franchir. La reconstitution en cours de la couche d’ozone est le seul point positif. La frontière est inconnue pour deux paramètres. Elle est franchie pour trois des six autres : le déclin de la biodiversité, la perturbation du cycle de l’azote et la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre.

Contentons-nous d’une indication concernant le changement climatique 

Les scientifiques situent entre +1°C et +4°C (par rapport à l’ère préindustrielle) le point de basculement au-delà duquel la calotte glaciaire du Groenland se disloquera, entraînant in fine une hausse de sept mètre du niveau des océans. Depuis 2016, le réchauffement est supérieur à 1°C ; nous sommes donc dans la zone dangereuse. De toute manière, sans mesures dras- tiques, une hausse de 60 à 80cm du niveau des océans est fort probable dans les prochaines décennies. Plusieurs centaines de millions de personnes seront alors contraintes de déménager.

Nous ne serions pas dans cette situation tragique si de sérieuses réductions des émissions de gaz à effet de serre avaient été décidées dans le sillage de la Conférence de Rio, en 1992.

Mais les émissions ont augmenté plus vite que jamais. Un record a même été battu en 2017 : 3,7% de hausse ! Au rythme actuel, le budget carbone donnant deux chances sur trois de ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement sera épuisé en 2030 ; celui de 2°C le sera en 2050.

Les « collapsologues » en concluent qu’un effondrement est inévitable et qu’il a déjà commencé [2]. Ils s’inscrivent dans l’analyse de Jared Diamond : la société scie la branche environnementale sur laquelle elle est assise ; elle s’effondrera par conséquent, comme se sont effondrées d’autres sociétés humaines dans le passé (l’île de Pâques, les Mayas, etc.) [3].

Qu’est-ce que cela signifie ? Il ne s’agit pas simplement de l’effondrement d’une structure politico-étatique, comme ce fut le cas avec la chute de l’empire romain, mais d’un « écocide », entraînant le dépassement de la « capacité de charge » et la disparition d’une grande partie de la population, voire de la majorité de celle-ci. Le succès de cette thèse a été assuré par la métaphore de l’île de Pâques. Selon Diamond, les Pascuans se seraient multipliés jusqu’à être 30 000. Ils auraient détruit l’écosystème en coupant les grands palmiers pour déplacer leurs statues, de sorte que 4/5e de la population aurait disparu. La planète d’aujourd’hui serait dans la même situation. Un effondrement global serait sur le point de se produire.

C’est cette vision que reprennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens. Seulement, les choses ne se sont pas du tout passées comme ça à l’île de Pâques. Il est maintenant bien établi que les Pascuans n’ont jamais été plus de 3 500. Les grands palmiers auraient disparu suite à la prolifération de rongeurs importés par les Polynésiens. Le mystère de l’arrêt de la production des statues s’explique par des facteurs sociaux. Le coup de grâce à la civilisation pascuane a été porté par une cause extérieure : les raids esclavagistes, qui ont décimé la population.

Des spécialistes des différents cas cités par Diamond se sont associé.e.s pour produire un livre collectif tout à fait remarquable : Questioning Collapse [4]. Il s’agit d’un ouvrage scientifique, pas d’un livre grand public ; il n’a donc pas eu le retentissement de Effon- drement. Mais pourquoi des scientifiques comme Pablo Servigne et Raphaël Stevens continu- ent-ils à citer Diamond ? Pourquoi ne mentionnent-ils pas Questioning Collapse, qui conclut que la thèse de l’effondrement environnemental des sociétés du passé n’a aucun fondement ?

Ils pourraient le faire parce que, s’agissant du présent, les « collapsologues » ont tout à fait raison : la destruction environnementale fait planer une menace réelle d’effon- drement. Les écosocialistes partagent entièrement cette inquiétude. Par contre, nous sommes en profond désaccord avec la manière résignée de considérer l’effondrement comme un événement à accepter parce qu’il serait inévitable. Pablo Servigne déclare dans une interview que cette inévitabilité se base sur un « faisceau de preuves scientifiques » [5]. Cette affir-mation est extrêmement contestable.

En vérité, quand des spécialistes de la menace environnementale sortent du strict exposé des faits, deux grandes orientations apparaissent.

La première est celle de chercheur.e.s pour qui la croissance est une vache sacrée. Ils croient que des technologies miracles permettront d’éviter la catastrophe, sans rien changer au sys- tème économique. Cette orientation est nettement majoritaire. Dans le 5e rapport du GIEC (qui fait la synthèse des travaux existants), plus de 90% des scénarios visant à rester sous 2°C de réchauffement sont basés sur l’hypothèse d’un déploiement massif de la bio-énergie avec capture et séquestration du carbone (une forme de géo-ingénierie pleine de risques écologiques et sociaux).

La seconde orientation, très minoritaire, émane de chercheur.e.s pour qui la croissance est une calamité mais qui imputent la responsabilité de la catastrophe au genre humain. La technologie et la production sociale, selon eux, seraient productivistes par définition. L’idée que la société actuelle va droit dans le mur parce qu’elle a pour but le profit de capitalistes qui se battent pour des parts de marché ne les effleure même pas. Du coup, réduire la population est pour ces gens la seule solution. Certain.e.s disent carrément que la Terre est malade de l’humanité. La disparition du genre humain leur semble plus facile à imaginer que celle du capitalisme, qui n’existe pourtant que depuis deux cents ans…

D’une manière générale, ces deux orientations ont en commun de faire comme si les rapports sociaux de la société capitaliste relevaient de lois naturelles.

Or, au lieu de critiquer « la Science » sur ce point, les « collapsologues » l’imitent. Dans l’inter- view citée plus haut, Pablo Servigne explique que l’effondrement est inévitable parce que « no- tre société est basée à la fois sur les énergies fossiles et sur le système-dette » : « pour fonctionner, elle a besoin de toujours plus de croissance », or « sans énergies fossiles, il n’y a plus de croissance », « donc les dettes ne seront jamais remboursées », donc « tout notre système socio-économique va s’effondrer », dit-il. La même analyse est développée dans l’ouvrage écrit avec Stevens.

Or, on ne peut pas mélanger ainsi les pommes des combustibles fossiles et les poires de la dette ! Les entreprises fossiles et leurs actionnaires ne veulent pas arrêter d’exploiter les stocks fossiles parce que cela ferait éclater une bulle financière, OK. Mais cette bulle est composée de capitaux fictifs. C’est le produit de la spéculation. Cela n’a rien à voir avec le monde physique. Aucune loi naturelle ne dit que la facture de l’éclatement de la bulle de carbone doit être payée par le reste de la société.

Aucune loi naturelle ne dit donc que cet éclatement doit faire s’effondrer la popu- lation mondiale. Aucune loi naturelle ne dit non plus que la seule manière d’échapper à cette menace est de « faire son deuil » et de se retirer à la campagne pour fonder de petites com- munautés résilientes (des expériences intéressantes par ailleurs, ce n’est pas le débat). Que les actionnaires paient les frais de leur gabegie, et le problème de la dette sera résolu.

Plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre est attribuable aux dix pour cent les plus riches de la population mondiale. Autrement dit : plus de la moitié de l’éner- gie consommée vise à satisfaire les besoins des riches. Ajoutons l’énergie gaspillée à fabriquer des armes (pour défendre les intérêts des riches) et des produits à obsolescence programmée (pour augmenter les profits des riches), ainsi que le gaspillage de près de la moitié de la pro- duction alimentaire mondiale (dû surtout à la course au profit instituée par les riches) et l’ana- lyse change du tout au tout.

La situation est gravissime ? Oui ! Il y a une menace d’effondrement ? Oui. Mais cette issue n’est pas du tout « inévitable ». Elle risque de devenir inévitable si nous n’imposons pas des réponses anticapitalistes. Nuance ! Les pratiques communautaires alternatives, par conséquent, doivent s’articuler sur une stratégie sociale et sur des luttes anticapitalistes, notamment pour bloquer les projets d’expansion du capital fossile.

En refusant de tirer cette conclusion simple, les collapsologues se mettent sur un terrain très glissant : celui de la résignation fataliste face au risque de voir des centaines de millions d’êtres humains payer de leur vie la destruction de l’environnement par la folie de croissance du capital. Dans leur ouvrage, Servigne et Stevens évoquent sans aucune distance critique des pronostics d’effondrement de plus de la moitié de la population mondiale. Leur appel fataliste à « accepter le deuil » pourrait donc prendre une signification sinistre.

Ce risque de dérapage découle précisément du fait que la « collapsologie » naturalise les rapports sociaux à la manière des chercheurs partisans de la deuxième orientation évoquée ci-dessus, dont certain.e.s (Diamond par exemple) sont des néo-malthusiens. Les réponses hésitantes de Pablo Servigne au sujet de Malthus sont d’ailleurs significatives : sa grille de lecture « collapsologique » l’empêche de voir que l’auteur du Principe de population n’est pas un écologiste avant l’heure mais l’idéologue cynique de l’élimination des pauvres au profit de l’accumulation par les riches [6].

Dans un second ouvrage (écrit avec Gauthier Chapelle), Pablo Servigne prolonge la réflexion de Kropotkine sur l’entraide dans le monde vivant [7]. C’est un point impor- tant. En particulier, la coopération est une caractéristique d’Homo sapiens en tant qu’animal social. Le capitalisme, qui est basé sur la lutte de tou.te.s contre tou.te.s, est donc un mode de production contre-nature.

Il faut espérer que ce constat permettra aux « collapsologues » de sortir de leur résignation endeuillée. Mais il ne suffit pas d’appeler la biologie à la rescousse. Car la nature humaine n’existe concrètement qu’à travers ses formes historiques. L’entraide vraie, celle qui se manifeste spontanément mais fugitivement dans les catastrophes, ne peut se solidifier que dans l’auto-organisation de la lutte contre la destruction capitaliste.

En fin de compte, pour prendre le dessus, il lui faudra jeter les bases d’une autre société, basée sur la satisfaction des besoins humains réels, démocratiquement et prudemment déterminés dans le respect des écosystèmes. C’est cette lutte et cette forme historique que nous appelons écosocialisme.  Daniel Tanuro

canard-enchainc3a9-recension-jpg

« Comment tout peut s’effondrer » est le titre d’un ouvrage paru en 2015. Pablo Servigne et Raphaël Stevens, les auteurs, reprenaient la thèse de l’effondrement des sociétés popu- larisée par l’auteur à succès Jared Diamond. Prétendant se limiter au constat d’un effondre- ment inévitable au vu des diagnostics de la science, les deux auteurs créaient le terme de « collapsologie », autrement dit la science de la catastrophe écologique entraînant l’effon-drement de la société humaine. Le terme a eu un certain succès, au point que Le Monde, dans son édition du 14 janvier 2018, a cru pouvoir distinguer la naissance d’une « nouvelle science interdisciplinaire »… Pablo Servigne a bénéficié de nombreuses possibilités médiatiques d’en exposer l’analyse. Voulant en savoir plus et favoriser un débat ouvert sur la « collapsologie » et les « collapsologues », « Moins ! » (un journal d’écologie politique de Suisse romande), a sollicité une contribution de Daniel Tanuro. Tanuro avait déjà proposé une analyse critique de « Comment tout peut s’effondrer », lors de la sortie du livre [1]. Dans le texte ci-dessous (publié avec l’aimable autorisation de la rédaction de « Moins ! »), il approfondit le débat.

Daniel Tanuro vendredi 23 mars 2018

https://www.anti-k.org/

20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

bretagne santé (npa)

dessin-medecine_3731503

Santé : une grande première en Bretagne

Importante mobilisation en défense de la santé publique à Rennes.

À l’initiative des comités de défense des hôpitaux de Brest, Concarneau, Douarnenez, Morlaix, Paimpol, Lannion-Trestel, Guingamp, Port-Louis, Riantec, rejoints par des syndicats de la CGT des Côtes-d’Armor, SUD Santé Sociaux des établissements de santé du Finistère et de l’Ille-et-Vilaine, les Unions locales CGT des Côtes-d’Armor, le collectif de défense des services publics de Cornouaille, Ensemble, le PCF, le NPA et l’UDB, une journée de mobilisation et de grève a eu lieu le 6 avril avec une manifestation devant l’agence régionale de santé (ARS) de Rennes en défense de la santé publique.

Nécessaire convergence des luttes dans la santé

La date de cette journée d’action était en lien avec la journée européenne d’action « Tout pour la santé » du 7 avril. Elle exprimait la volonté d’une politique de santé qui réponde aux besoins de toutes et tous, exigeait des moyens pour les hôpitaux, les EHPAD, les services de soins, les aides à domicile, et réclamait l’amélioration des conditions de travail dans tous les établis- sements de santé.

Pendant qu’une délégation était reçue par le directeur de l’ARS, une assemblée générale s’est mise en place durant laquelle des hospitalierEs ont fait part de la réalité de leurs conditions de travail, de leur mal-être face aux peu de moyens pour s’occuper des patientEs mais aussi des luttes passées ou en cours dans leurs services ou hôpitaux. Une mise en scène réalisée et mise en œuvre par Hélène Derrien, de la coordination de défense des hôpitaux de proximité, faisant le procès du ministère de la Santé, est venue ponctuer cette journée de lutte.

Cette journée a renforcé l’idée de la nécessaire convergence des luttes dans la santé. Tisser des liens, avoir des discussions tout en menant des actions communes ne peut que faire tomber les barrières entre les différentes forces présentes pour construire un « touTes ensemble ». Ainsi peut se préparer une véritable épreuve de force, dans la perspective de grèves reconductibles, vers un mouvement d’ensemble, de convergence avec d’autres secteurs en lutte comme les cheminotEs, seule à même de bloquer le pays et les contre-réformes du gouvernement Macron.

Correspondante

https://npa2009.org/

20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

morlaix hôpital (le télégramme)

hopitla

Hôpital de Morlaix. Vers une fermeture des soins intensifs en cardiologie ?

Un risque de fermeture pèse à nouveau sur l’unité de soins intensifs de l’hôpital de Morlaix. Un CHSCT exceptionnel se tient ce vendredi matin. Direction et syndicats ont prévu un point presse dans l’après-midi.

Si l’information qui a fuité ces derniers jours se confirmait, ce serait un nouveau coup dur pour le Centre hospitalier du pays de Morlaix (CHPM). Ce vendredi matin, à la demande de la direction, un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) exceptionnel se tient à l’hôpital. L’objet de cette rencontre serait la situation au sein de l’Unité de soins intensifs du service de cardiologie (Usic). Selon nos informations, elle pourrait fermer. Reste à avoir s’il s’agit d’une fermeture temporaire ou définitive.

Pénurie de cardiologues

Depuis le coup de gueule du Dr Pascal Cornec, ancien patron de l’Usic, en fin d’année der- nière, rien ne semble avoir véritablement changé au sein du service. Si la direction de l’hôpital espérait « voir la lumière » début janvier, force est de constater que malgré le renfort brestois (concrètement, le service est piloté depuis plusieurs semaines par La Cavale Blanche), les tableaux de garde seraient toujours aussi compliqués à établir, en raison d’une pénurie de cardiologues. Moyennant quoi, les huit lits de l’Usic sont de nouveau sur la sellette.

Nouvelle bataille en perspective

Direction et syndicats ont prévu des points presse dans l’après-midi, ce qui ne laisse rien augurer de bon. La bataille autour du maintien de ce service que tout le monde considérait, il y a encore quelques mois, comme vital pour la population du Pays de Morlaix, pourrait être relancée si cette fermeture était confirmée. Pour mémoire, une fermeture temporaire d’un mois, finalement évitée de justesse, avait mobilisé 1 100 personnes dans les rues de Morlaix le 2  décembre. À l’époque, le mot d’ordre de ce rassemblement citoyen était « Touche pas à mon hosto ! ».

20 avril 2018 Gwendal Hameury

http://www.letelegramme.fr/

dessin-medecine_3731503

Hôpital de Morlaix. La cardiologie sous assistance respiratoire

On savait la situation tendue depuis des mois dans le service de cardiologie du Centre hospi- talier des Pays de Morlaix. Elle est désormais explosive. Et pas seulement au niveau de l’unité de soins intensifs. C’est tout le service qui est concerné.

Sur les trois cardiologues encore en poste (il en faudrait cinq pour faire tourner parfaitement le service), l’un est en arrêt et les deux autres, qui exerçaient en intérim, ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas s’engager de façon durable. Cette semaine, ils ont indiqué qu’ils quitteraient le service et l’établissement à la fin du mois. À compter du 1er mai, il n’y aura donc plus aucun cardiologue au CHPM ! En conséquence, la direction de l’hôpital a annoncé ce vendredi après-midi qu’elle suspendait temporairement le fonctionnement antérieur du service, notamment au niveau des hospitalisations aiguës.

12 lits en moins mais une aide brestoise

Concrètement, les patients relevant d’une prise en charge en réanimation ou nécessitant une surveillance clinique rapprochée, seront désormais orientés vers le service de réanimation ou dans des lits dits de « surveillance continue », placés sous la responsabilité des médecins réanimateurs. La capacité de ces lits est augmentée de quatre places, prises sur le quota de l’unité de soins intensifs de cardiologie, qui disposaient de huit lits et… disparaît. Sur les 25 lits que compte actuellement le service de cardiologie « classique », seuls 17 sont maintenus et confiés aux médecins seniors des services de médecine interne, neurologie, médecine gériatrique, pneumologie, gastro-entérologie et urgences.

Au total, la perte sèche s’élève donc à 12 lits.

« Mais la plus grande partie de l’offre en hospitalisation conventionnelle est préservée », indi- que la directrice, Ariane Bénard. Qui précise par ailleurs qu’un cardiologue brestois sera pré- sent cinq demi-journées par semaine, du lundi au vendredi, afin de garantir les prises en char- ge et d’assurer les examens urgents. Par ailleurs, l’équipe de cardiologie du CHU de Brest sera présente 24 h/24 auprès des équipes du CHPM pour tout avis, notamment grâce à une station de télémédecine dédiée installée aux urgences. En d’autres termes, le CHPM continue à faire un peu de cardiologie mais n’a plus de service de cardiologie. Quant aux patients relevant d’une pathologie cardiologique nécessitant une prise en charge technique spécifique, ils seront orientés directement, ou après passage aux urgences, vers le CHRU de Brest par le Samu 29. Comme c’était déjà le cas.

Une manifestation le 28 avril

À aucun moment la direction n’a employé le mot de « fermeture », estimant que cette nouvelle organisation était réversible. Dès lors qu’il y aura recrutement de cardiologues. Mais la denrée est rare. Seule certitude pour l’instant : le recrutement acté d’un demi-poste en octobre. Insuffisant pour relancer l’activité cardiologie à Morlaix. La direction s’active donc pour recruter au plus vite.

« Les organisations temporaires qui durent et deviennent définitives, on connaît. En ce qui nous concerne, c’est une fermeture pure et simple du service. Et c’est gravissime. Le pays de Morlaix devient une zone blanche en cardiologie. C’est une crise sanitaire grave », se sont emportés les représentants syndicaux de Sud et de la CFDT. Qui n’ont pas mâché leurs mots vis-à-vis de la direction et d’Agnès Le Brun, maire de Morlaix et surtout présidente du comité de surveillance de l’établissement. À la sortie d’un CHSCT particulièrement tendu ce matin, les syndicats ont indiqué que dorénavant, ils traiteraient en direct avec l’Agence régionale de santé (ARS). Ils comptent aussi contacter le préfet voire le ministère de la Santé. Et prévoient déjà une action à Morlaix le samedi 28 avril.

  20 avril 2018

20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

convergences (solidarités.ch)

solidar

Deux France, deux mondes

«A-t-on le droit de bloquer la France? »

De BFMTV à France Inter, les éditorialistes à gages s’indignent au nom des «usagers pris en otages par les cheminots». Le Figaro, entre une interview d’Alain Finkielkraut et des nouvelles de l’héritage de Johnny Hallyday, prouve que le journalisme d’investigation n’est pas mort en énumérant les avantages du statut de cheminot, «monument historique» hérité du Front populaire. Quant au Temps (suisse), il exhorte Macron à user de son «talent de pédagogue» pour «convaincre les usagers des bienfaits de la concurrence» et mener à bien une «indispensable réforme».

Pour les chiens de garde du néolibéralisme, deux France s’opposent.

La France bosseuse travaille plus pour gagner plus et préfère un emploi sous-payé à l’assis- tanat. Elle connaît les dures réalités, ne se plaint pas et accepte son sort. La France pares- seuse, elle, re­chigne à la tâche et préfère toucher des allocations chômage ou manger des saucisses sur les piquets de grève. Cette France privilégiée, celle des nanti·e·s en tout genre, s’arc-boute sur ses acquis au mépris de l’intérêt général. Poussiéreuse, archaïque, elle contemple avec nostalgie un monde perdu.

Toutes les vieilles ficelles de la rhétorique réactionnaire y passent.

On brandit la valeur travail,  il manque la famille et la patrie, mais le ministère de l’Intérieur soigne la seconde avec sa loi sur l’immigration, comme l’a toujours fait une classe oisive dont l’existence dépend du labeur des masses. Mais on oublie de préciser que la part du travail dans le revenu n’en finit pas de baisser par rapport à celle du capital. Et on se garde d’insister sur le nombre de travailleurs et travailleuses pauvres: en Allemagne, modèle des réformes de Macron, le chômage baisse au rythme où croît la pauvreté.

On fustige des miettes d’acquis sociaux comme le statut des cheminots ou le régime de retraite des fonctionnaires.

Mais on jette un voile pudique sur les plus de deux millions d’euros de revenu moyen des patron·ne·s du CAC 40 et sur le régime de retraite des député·e·s. Comme l’UDC avec les migrant·e·s, la droite française accuse les cheminots ou le personnel soignant de tous les maux. Au nom de l’égalité de traitement, le nivellement par le bas sert de boussole, la rancœur et la jalousie de moteur.

On évoque, enfin, l’indispensable adaptation aux évolutions du monde.

On évite d’évoquer les dégâts causés par la «modernisation» des économies britannique, allemande ou suisse: transports publics hors de prix, périphéries désertées par les services de l’Etat, surcharge des hôpitaux. On abandonne au burn-out et au suicide les victimes du New Public Management d’EDF ou France Télécom. Et Macron l’écologiste ne s’émeut pas de la dégringolade du fret depuis la privatisation du rail.

Ce ne sont pas deux France qui s’opposent. Mais deux mondes.

D’un côté, la bourgeoisie et ses alliés tentent d’imposer l’agenda néolibéral et de livrer l’entier de la société à la logique du marché. Macron, pantin du patronat, peut s’appuyer sur un grou- pe de député·e·s dans lequel se bousculent cadres du privé et chef·fe·s d’entreprises. A leurs yeux, toute privatisation est synonyme de nouveau marché et de profit potentiel.

En face, cheminots, étudiant·e·s, mais aussi avocat·e·s ou électricien·ne·s s’opposent à la destruction des services publics et du principe d’égalité qui leur sert de fondement. Et contre cet autre monde, intolérable pour lui et les siens, Macron choisit la répression. Il envoie des centaines de gendarmes mobiles et des blindés (!) évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, à l’abri des regards des journalistes, tenus à l’écart. Le même jour, sa police tabasse et menotte des étudiant·e·s à Nanterre et à Lille. Mais le gouvernement a pris un risque en multipliant les annonces et peut maintenant craindre deux choses.

Premièrement, la convergence des luttes permettrait à la contestation de sortir pour de bon d’une logique sectorielle et de se fédérer autour de la défense d’une vision du monde commu- ne. Faut-il le rappeler, les cheminots se battent alors que la suppression de leur statut s’appliquera seulement aux nouvelles embauches.

Et la sélection à l’entrée de l’université ne concerne pas les étudiant·e·s, en lutte pour celles et ceux qui leur succéderont. Les accusations d’égoïsme et de corporatisme émanant du gouver-nement et des médias aux ordres manquent leur cible, et l’appel à un grand rassemblement le 5 mai offre une belle occasion de les décrédibiliser pour de bon, en montrant l’unité des combats en cours.

Deuxièmement, face à l’offensive tous azimuts de Macron, il ne s’agit plus de défendre un service public réduit à l’état de cendres par 30 ans de réformes. Il faut, avec le sociologue Bernard Friot, «en finir avec les luttes défensives» et redessiner les contours d’un monde plus juste et plus solidaire, en France comme en Suisse et ailleurs.

Manouk Borzakian 12/04/2018

http://www.solidarites.ch/

20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

magdalene indonésie (global voices)

Le magazine Magdalene offre une plateforme en ligne dédiée aux femmes et aux autres communautés marginalisées d’Indonésie

“Je suis Magdalene. Je représente une multitude de personnes.” Depuis 2013, Magdalene publie des articles qui s’adressent aux adolescentes et aux femmes, aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) et aux minorités religieuses d’Indonésie.

Ce magazine en ligne a été lancé pour offrir un espace dédié aux auteurs qui souhaitaient s’attaquer aux sujets tabous dans un pays où les radicaux islamistes poussent avec acharne- ment les autorités à  imposer leurs croyances religieuses à la société.

L’Indonésie est le plus grand pays majoritairement musulman au monde. Les principes fondamentaux qui régissent la nation incluent la promotion du pluralisme et de la modération, ainsi qu’un concept d’harmonie entre religions, connu sous le nom de Pancasila.

Magdalene est le fruit de notre vision d’une publication en ligne qui offre des perspectives nouvelles transcendant les limites classiques relatives au genre et à la culture. Nous faisons entendre les voix des féministes, des pluralistes et des progressistes ou tout simplement de ceux qui n’ont pas peur d’être différents, peu importe leurs genres, couleurs ou préférences sexuelles. Notre objectif est d’impliquer et pas de marginaliser.

Les fondatrices de Magdalene sont d’anciennes journalistes : Devi Asmarani, Hera Diani et Karima Anjani. Elles ont indiqué dans une récente interview que leur objectif de départ était de créer un magazine en ligne qui servirait de plateforme de lecture alternative pour les femmes. Asmarani explique plus en détails : Nous souhaitons aborder des questions importantes… des questions progressistes qui bénéficient d’une faible couverture médiatique grand public entre autres parce que les sujets sont tabous.

Cinq ans après sa création, Magdalene continue à publier des histoires dont on parle rarement dans les médias grands publics. Les sujets délicats abordés incluent les LGBT, le pluralisme, la violence sexuelle et le “body shaming” (harcèlement lié à l’apparence physique). Le magazine a acquis une équipe d’auteurs dévoués ainsi qu’une base de lectorat en constante augmentation qui soutient le manifeste du site internet.

Voici ci-dessous quelques commentaires élogieux de la part des lectrices de Magdalene :

L’un des journaux quotidiens en ligne que j’ai toujours lu, en tant que musulmane je trouve le contenu varié très inspirant.

Un article si important !  C’est bon de savoir que je ne suis pas seule dans cette situation. Je suis une féministe et j’ai du mal avec le concept de religion. “Nous remettons en question notre cercle social. Nous ne nous sentons pas à l’aise quant à la façon dont les membres de notre famille, nos proches et nos amis voient le monde.”

Dans une interview, l’auteure Hera Diani a mentionné que depuis peu 30 à 40 pour cent des lecteurs sont des hommes. Elle a ajouté que de nombreux hommes lisant Magdalene ont exprimé leur gratitude pour les articles instructifs publiés par le magazine. Les lecteurs de la communauté LGBT ont également commenté la façon dont les articles de Magdalene ont ouvert leurs esprits sur les comportements paternalistes, misogynes et hétéro-normatifs qui existent encore dans la communauté.

17 Avril 2018

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

Le Doing Cafe à Séoul : lieu privilégié pour parler féminisme, un sujet toujours tabou en Corée du Sud (GV)

20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

quimper keolis (côté quimper)

 Bus-bondé

Quimper. Peu de bus devraient circuler mercredi 25 avril en raison d’une grève

Les sections syndicales de Keolis Quimper ont déposé un préavis de grève pour mercredi 25 avril 2018. Elles dénoncent les conditions de travail des salariés.

Dans un communiqué, les sections syndicales de Keolis Quimper annoncent avoir déposé un préavis de grève. Elle aura lieu mercredi 25 avril 2018.  « En cause, des conditions de travail déplorables dues à des enchaînements sans concertation de travaux, un manque total d’infras-tructures facilitant le passage des bus et un manque de reconnaissance de la part de la direction du réseau,  notamment lors des négociations annuelles qui sont extrêmement tendues pour la troisième année consécutive », indiquent les sections syndicales CFDT et UNSA QUB. Très peu de bus circuleront mercredi 25 avril, nous indique un salarié.

Mouvement reconductible

« Les salariés sont bien conscients de la gène occasionnée par ce mouvement de grève mais n’ont pas d’autres solutions pour qu’enfin, la collectivité et la direction de Keolis prennent la mesure du mal-être qui prédomine au sein de la Qub. Ce mouvement de grève est recon- ductible jusqu’à ce qu’une vraie concertation soit mise en place. »

19 Avril 2018

https://actu.fr/bretagne/

20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

anti-impérialisme (anti-k)

anti-imper

Le Maroc à la France, l’Egypte aux anglais

L’anti-impérialisme des imbéciles

Une fois encore le « mouvement anti-guerre » occidental se réveille afin de se mobiliser autour de la Syrie. C’est la troisième fois depuis 2011. La première mobilisation a eu lieu au moment où Obama envisageait de frapper les capacités militaires du régime (pour ne finalement rien faire) à la suite de l’attaque chimique de la Ghouta en 2013, considérée alors comme un franchissement de ligne rouge. La seconde s’est développée suite à la frappe ordonnée par Donald Trump sur une base militaire vide en réponse à l’attaque chimique de Khan Sheikhoun en 2017. Enfin, une troisième mobilisation émerge aujourd’hui alors que les États-Unis, l’Angleterre et la France mènent des actions militaires de faible envergure (frappes ciblant les équipements d’armes chimiques) suite à l’attaque chimique à Douma responsable au minimum de la mort de 34 personnes dont des enfants cherchant refuge dans les sous-sols.

Cette gauche affiche de profondes tendances autoritaires, notamment en plaçant les États eux-mêmes au centre de l’analyse politique.

Peu importe qu’il s’agisse de dictatures, la solidarité s’exprime ainsi en faveur d’États (perçus alors comme les acteurs principaux des luttes de libération) plutôt qu’envers les groupes opprimés d’une société donnée. Aveugle à la guerre sociale se jouant au sein de la Syrie elle-même, ce type de vision considère le peuple syrien, quand il est pris en compte, comme un pion négligeable dans une partie d’échec géopolitique.

Cette gauche répète ainsi « Assad est le dirigeant légitime d’un pays souverain » comme un mantra. Assad a pourtant hérité du pouvoir par son père et n’a jamais mené ni gagné d’élection libre et équitable. Face à des rebelles et des civils nées en Syrie, son «armée arabe syrienne» n’a pu regagner les territoires perdus qu’avec le soutien d’un ramassis de mercenaires extra-syriens appuyés par des bombes étrangères.

Combien parmi les sympathisants de cette gauche là, continueraient à considérer comme légitime leur gouvernement élu si celui-ci commençait à mettre en place des campagnes de viols de masse contre ses opposants ? Seule une déshumanisation complète des syriens peut rendre possible une telle position. Considérer les Syriens comme incapables d’obtenir et de mériter mieux qu’une des plus brutales dictatures de notre temps relève clairement du racisme. On remarque tout d’abord que ces trois mobilisations de la gauche occidentale « anti-guerre » n’ont que très peu à voir avec une volonté d’en finir avec la guerre.

Plus d’un demi million de Syriens ont été tués depuis 2011. L’immense majorité des victimes civiles provient de l’usage d’armes conventionnelles. 94 % de ces victimes furent tuées par l’alliance Syrie-Iran-Russie. Il n’y a pas une once d’indignation ou d’inquiétude feinte à propos de cette guerre elle-même qui a éclaté après la répression par le régime de manifestants pacifiques et pro-démocratie. Aucune indignation lorsque des barils d’explosifs, des bombes chimiques ou du napalm sont envoyés sur des communautés auto-organisées démocratiquement, des hôpitaux et des secouristes. Les civils sont mortels, pas les infrastructures militaires d’un régime fasciste génocidaire.

En vérité, le slogan « Pas touche à la Syrie » (Hands off Syria) signifie « Pas touche à Assad » et s’accompagne souvent d’un soutien à l’intervention militaire russe.

Cette orientation était flagrante à la manifestation de la coalition Stop the war UK du 13 avril 2018 où des drapeaux russes et syriens s’affichaient honteusement. Pour cette gauche autoritaire, le soutien à Assad se manifeste au nom de l’anti-impérialisme. Assad est perçu comme appartenant à l’«axe de la résistance» face à l’empire américain et au sionisme. Le fait que son régime ait soutenu la première guerre du Golfe semble ne pas compter, ni le fait qu’il ait participé au programme illégal d’extradition des États-Unis où des terroristes présumés ont été torturés pour le compte de la CIA. Le fait que le régime ait probablement massacré plus de palestiniens que l’État israélien est constamment négligé de même que le fait qu’il préfère user de sa force de frappe pour éliminer l’opposition interne plutôt que pour libérer le Golan occupé par Israël.

Cet «anti-impérialisme» des imbéciles est celui pour qui l’«impérialisme» équivaut uniquement à l’action des États-Unis. Ces derniers bombardent pourtant la Syrie depuis 2014. Lors de la campagne américaine visant à libérer Raqqa de l’emprise de Daesh, toutes les normes internationales de la guerre et les considérations de proportionnalité ont été bafouées. Plus de 1000 civils ont été tués et selon une estimation de l’ONU, 80 % de la ville se trouve maintenant inhabitable. Il n’y a eu aucune protestation organisée par le mouvement «anti-guerre» contre cette intervention, pas d’appels pour s’assurer que les civils et infrastructures civiles seraient protégés.

Cet anti-impérialisme là a préféré adopter le discours de la guerre au terrorisme autrefois promu par les néoconservateurs et repris maintenant par le régime qui qualifie de djihadiste et terroriste toute opposition à Assad. Il a fermé les yeux sur le fait qu’Assad envoyait dans ses goulags des milliers de manifestants laïques, pacifiques et pro-démocratie afin de les torturer à mort tandis qu’il sortait les militants islamistes de prison. De même, les manifestations qui se poursuivaient dans les zones libérées contre les groupes extrémistes et autoritaires tels que Daesh, al-Nosra et Ahrar al-Sham ont été ignorées. Les Syriens sont vus comme incapables d’adopter un large éventail de points de vue variés. Activistes de la société civile (dont des femmes incroyables), journalistes citoyens et travailleurs humanitaires sont insignifiants. Toute l’opposition est réduite à ses éléments les plus autoritaires ou perçue comme une émanation d’intérêts étrangers.

Cette gauche pro-fasciste semble aveugle à toute forme d’impérialisme qui ne serait pas d’origine occidentale.

Cela relève d’une combinaison de politique de l’identité et d’égoïsme. Tout événement est vu via un prisme occidental: seuls les mâles blancs ont le pouvoir d’écrire l’Histoire. Selon le Pentagone, il y a actuellement 2000 soldats américains en Syrie. Les États-Unis ont installé de nombreuses bases militaires dans les zones sous contrôle kurde du nord de la Syrie pour la première fois dans l’histoire du pays. Cette présence américaine devrait préoccuper quiconque se soucie de l’autodétermination du peuple syrien mais fait pâle figure au regard des dizaines de milliers de soldats iraniens et de milices chiites soutenues par l’Iran qui occupent le reste du pays ou des bombardements meurtriers de l’aviation russe en soutien à la dictature fasciste.

La Russie dispose dorénavant de bases permanentes dans le pays et a obtenu un droit exclusif sur les hydrocarbures syriens en échange de son soutien. Noam Chomsky a affirmé qu’on ne pouvait pas qualifier l’intervention russe d’impérialiste dans la mesure où elle répondrait à l’invitation du régime. Selon cette analyse, l’intervention américaine au Vietnam n’était donc pas non plus impérialiste puisque sollicitée par le gouvernement sud-vietnamien.

De nombreuses organisations anti-guerre ont justifié leur silence vis-à-vis des interventions russes et iraniennes en affirmant que « l’ennemi principal est à la maison ».

Cela les dispense d’effectuer une analyse sérieuse des rapports de force afin de déterminer les acteurs principaux engagés dans cette guerre. Pour les syriens, l’ennemi principal est effectivement à la maison. Assad mène ce que l’ONU a qualifié de « guerre d’extermination ». Sans avoir conscience de leurs propres contradictions, plusieurs de ces voix anti-impérialistes se sont exprimées à juste titre contre la répression israélienne lors de la marche pacifique à Gaza. Une des caractéristiques du fonctionnement de l’impérialisme consiste bien sûr à nier les voix indigènes. Dans la même veine, les organisations de la gauche anti-guerre tiennent des conférences sur la Syrie sans inviter d’orateurs syriens.

L’extrême-droite forme l’autre courant politique majeur faisant bloc derrière le régime d’Assad et dénonçant les frappes états-uniennes, britanniques et françaises en Syrie.

Aujourd’hui, les discours fascistes et ceux de cette gauche anti-impérialiste sont impossibles à distinguer. Aux États Unis, le suprémaciste blanc Richard Spencer, le podcaster d’extrême-droite Mike Enoch ainsi que la militante anti-immigration Ann Coulter s’opposent tous aux frappes. En Angleterre, l’ancien leader du BNP Nick Griffin et l’islamophobe Katie Hopkins se sont joints à l’appel. L’alt-right et l’alt-left convergent en relayant et en faisant la promotion de diverses théories conspirationnistes visant à absoudre le régime syrien de ses responsabilités.

Les militants de ces courants présentent les attaques chimiques comme des opérations sous faux drapeau et les travailleurs humanitaires comme des membres d’Al Qaeda, faisant d’eux des cibles légitimes des attaques. Ceux qui diffusent de telles informations ne sont pas sur place et s’avèrent incapables de vérifier indépendamment leurs allégations.

Ils dépendent en dernière instance souvent de la propagande d’État russe et syrienne parce qu’ils ne «croient pas les médias mainstream» ou les syriens directement concernés. Parfois la convergence entre ces bords apparemment opposés tourne carrément à la collaboration. La coalition ANSWER qui a organisé la plupart des manifestations contre les frappes anti-Assad aux États-unis constitue un bon exemple. Ces deux courants véhiculent fréquemment un récit antisémite ou islamophobe. Ils partagent les mêmes arguments et la même imagerie.

Il existe de nombreuses raisons valides pour s’opposer à une intervention militaire étrangère en Syrie qu’elle soit américaine, russe ou turque. Ni les États-Unis, la Russie ou la Turquie agissent dans l’intérêt du peuple syrien, de la démocratie et des droits humains. Ils n’opèrent que pour leur propre compte. L’intervention actuelle menée par les États-Unis, l’Angleterre et la France a peu à voir avec une volonté de protéger la population d’atrocités mais plus avec l’imposition de la norme du droit international rendant l’usage des armes chimiques inacceptable, de peur que celles-ci soient un jour utilisées sur les occidentaux eux-mêmes.(…)

Une chose est certaine, les frappes visant les infrastructures militaires et les centres de productions d’arme chimiques susceptibles d’offrir quelque répit aux syriens face à la mort quotidienne ne m’empêcheront pas de dormir. Et il ne sera plus jamais possible de considérer des gens qui préfèrent les grands discours aux réalités vécues, défendent des régimes brutaux dans des pays lointains, véhiculent racisme, théories du complot et négation d’atrocités comme des alliés.

Traduit de l’anglais par VLSB 35. Paru initialement sur Leila’s Blog le 14/04/2018

La Gauche Anti-capitaliste, 2018-04-19

https://www.anti-k.org/

Source

20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

oliver besancenot (les inrocks)

macron-etat-de-grace-j

Olivier Besancenot : “Ça pourrait partir en vrille très vite dans le camp Macron”

Emmanuel Macron a eu une semaine très médiatique. En sort-il renforcé selon vous ?

Olivier Besancenot - Je ne pense pas. Tous les signaux montrent que le mouvement conti- nue à prendre. Dans les facs, c’est parti. Ce 17 avril il y eu une AG de 1800 personnes à Nanterre. Je me rappelle de ce que j’ai connu en 1995 [il a obtenu sa licence en histoire à Nanterre, ndlr]. S’il y a des AG comme ça, c’est que quelque chose se passe. De plus en plus de facs sont occupées, comme Science Po dernièrement. Chez les cheminots, les taux de grévistes sont plus forts que dans les précédents mouvements. La RATP s’y met. Il n’y a pas de coup d’arrêt. La bataille de l’opinion ne se gagnera pas sur une émission, mais sur la séquence sociale qui est devant nous.

Lors de son interview sur BFM et Mediapart, Emmanuel Macron a reproché à Edwy Plenel de vouloir créer “une coagulation des mécontentements”, alors que pour lui, “il n’y en a pas tant que ça”. A-t-il raison ?

Non, il est dans l’auto-persuasion. De fait, c’est lui qui coagule les colères. Comme souvent dans les conflits, les puissants sont beaucoup plus efficaces que les militants pour ça. C’est lui et son entourage qui ont décidé en conscience d’allumer toutes les mèches en même temps : en persistant sur la réforme d’accès à l’université et sur la réforme du service public ferroviaire, en annonçant une série de réformes supplémentaires sur les retraites, alors que les retraités ont été largement ponctionnés avec la CSG, ou encore en évacuant violemment la ZAD de Notre-Dame-des-Landes… En réalité tout ce qu’il a réussi à faire, c’est à remobiliser : il n’y a jamais eu autant de zadistes qu’aujourd’hui. En détruisant la ferme des 100 Noms, qui était un point de convergence du mouvement, il a fédéré tous les secteurs contre lui. Il pense pouvoir réussir là où les gouvernements précédents ont échoué, dans tous les domaines et au même moment, mais attention à l’excès de confiance.

Au premier tour de la présidentielle seuls 18% des inscrits ont voté pour lui, et pourtant il réforme le pays sans faire de concessions. Pourquoi cela ne suscite-t-il pas plus de contestation dans la rue ?

Pour passer de la non-adhésion à la résistance, il y a une étape très importante, qui se construit en temps et en heure, dans des conditions toujours particulières. Je pense que la société française est en train de répondre présent à son attaque. Et qu’il est trop sûr de lui, à l’image de sa prestation face à Bourdin et Plenel. Cette arrogance de classe qu’il affiche d’habitude avec beaucoup de mépris va peut-être le faire trébucher. Il pense pouvoir faire ce que les autres n’ont pas réussi à faire avant lui, parce qu’ils étaient retenus par leur appar-tenance politique. Mais la société française reste très attachée à son modèle social, à ses acquis sociaux. Certes, ce n’est pas l’embrasement généralisé, mais l’histoire nous apprend que les embrasements ne se produisent pas spontanément : ils se construisent.

En Mai 68, contrairement à ce que prétendait l’édito du Monde, la France ne s’ennuyait pas. Il y a eu plein de signes avant-coureurs, des grèves, des mobilisations. Il serait trompeur de penser que le gros de la bataille se joue en ce moment. D’autres secteurs peuvent s’y mettre. Le rôle des militants dans ce contexte consiste à mettre de l’huile dans les rouages, pour qu’au moment où ça se passe, la convergence ait lieu efficacement. L’enjeu n’est pas simplement de saper la légitimité de Macron, c’est d’obtenir une victoire. On a besoin de gagner.

Dans la bataille culturelle qui est engagée entre le gouvernement qui pointe du doigt le statut “privilégié” des cheminots, et vous qui dites qu’“on est tous le cheminot de quelqu’un”, le rapport de force est-il en train de changer ?

Je pense que ce n’est pas une question d’argumentation, ou d’éducation. Certains pensent à la gauche de la gauche qu’il faut éduquer les masses. Ce n’est pas mon cas. Il y a, dans les nappes phréatiques de la mémoire collective – pour reprendre un expression qu’aimait bien Daniel Bensaïd -, un attachement profond à la protection sociale. La perspective de voir des lignes ferroviaires disparaître, les urgences dans les hôpitaux publics encore plus saturées qu’aujourd’hui, et une sélection assumée dans les universités heurte les gens, bien au-delà de ceux qui se mobilisent.

Entre son discours sur le lien “abîmé entre l’Eglise et l’Etat”, ses déclarations sur les “professionnels du désordre”, et la répression qui s’abat à Notre-Dame-des-Landes, trouvez-vous qu’Emmanuel Macron se droitise ?

Pour moi, il n’y a jamais eu photo : fondamentalement, ça a toujours été quelqu’un de droite. Mais sa stratégie consiste en effet à devenir le leader de la droite. Pour lui, l’espace politique à occuper durablement est celui-là. Il pense avoir fait définitivement le ménage à gauche, et que c’est dans ce camp qu’il faut maintenant le faire. Il fait donc le choix du parti de l’ordre, dans tous les domaines : moral et policier. Mais c’est à double-tranchant. Quand des CRS évacuent des étudiants pacifiques d’un amphi à Nanterre, ça renforce et démultiplie la mobilisation. Et en même temps, ça libère toute la meute qui pense que c’est le moment de cogner, y compris au-delà de son propre camp. C’est ce qui s’est passé à Montpellier. Tous les réactionnaires de service se sentent légitimes à attaquer.

Sur le fronton de Science po, désormais occupé par les étudiants, on peut lire ce message : “Les étudiants de Science po contre la dictature macronienne”. Il y a cin- quante ans, leurs aînés s’opposaient à “la dictature gaulliste”. Vous pensez qu’il y a des points communs ?

Les murs reprennent la parole. J’ai vu une affiche à Tolbiac qui disait : “Ne prenez plus l’ascenseur, prenez le pouvoir”. Cette ébullition est propre à l’air du temps où des milliers de personnes se préparent à l’action politique. Evidemment, on est tenté par les parallèles, mais il ne faut pas faire des copier-coller. La plus belle façon de commémorer Mai 68, ce serait justement de ne pas le commémorer, mais de le refaire dans des circonstances différentes. Mais il faut garder à l’esprit que 68 n’a pas été simplement une grande fête juvénile, c’était aussi 9 à 10 millions de grévistes. C’est ce qui a tout chamboulé.

Le gouvernement défend que la loi Vidal ne va pas entériner la sélection à l’uni-versité, que c’est une contre-vérité colportée en AG. C’est un élément de langage ?

S’ils choisissent de dire que c’est un problème de pédagogie, que les étudiants ont mal compris, ils vont tomber sur un os, car le milieu universitaire – étudiants et enseignants – est bien informé, et sait ce qu’est la sélection. C’était d’ailleurs un des ressorts de Mai 68. Un militant m’a raconté que quand il était étudiant en géographie au tout début de 68 à Censier, sa première image marquante a été celle d’un militant de l’Unef qui est entré dans l’amphi et a dit : “Voilà, à la fin de l’année, un cinquième de cet amphi aura son diplôme, le reste non”. Il n’était pas politisé, mais comme il avait déjà passé son bac deux fois, ça lui a tout de suite parlé. La sélection était déjà très forte du fait des inégalités sociales. Et aujourd’hui encore il y a une sélection non affichée, non avouée et effective dans l’université. Mais inscrire la sélection dans la loi – car c’est de cela dont on parle -, c’est une bombe à retardement.

Des groupuscules d’extrême droite se sont fait remarquer par leurs actions coup de poing dans des facs occupées. Comment expliquez-vous cette résurgence ?

C’est le signe qu’ils comprennent que quelque chose est en train de monter, et c’est leur manière de réagir, par la violence. Au-delà du fait qu’ils seront contrés, ça en dit long sur le risque politique du parti de l’ordre fait par Macron : non seulement il va exaspérer et révolter encore plus ceux qui se mobilisent contre la sélection, mais il va en plus prendre le risque de décevoir dans son propre camp. Il y a toujours plus royaliste que le roi. Il peut perdre sur les deux tableaux.

Depuis le deuxième tour de la présidentielle, le FN a quasiment disparu du paysage politique. Peut-on le mettre au crédit d’Emmanuel Macron ?

Il faut se méfier des effets d’optique. La séquence électorale a certes affaibli Marine Le Pen, mais le FN occupe un espace politique profond. N’oublions pas qu’elle a ramené un paquet de voix. Cet espace politique ne peut pas avoir disparu comme ça, il peut resurgir à n’importe quel instant. Il y a un décalage entre la représentation électorale du paysage politique, et les forces réellement en présence dans la société.

A gauche, il y a une exaspération politique qui dépasse le cadre parlementaire et institutionnel. Elle est certes en partie relayée par certains députés et courants politiques, comme la France insoumise, mais c’est plus profond que ça. Il y a une gauche radicale au sens générique du terme, qui est extraparlementaire. C’est une réalité importante.

Comment concevez-vous le rôle des organisations politiques, révolutionnaires ou simplement progressistes, dans le moment social actuel ?

Leur rôle est de raccorder au maximum le temps politique et le temps social. Quand la vie sociale s’accélère, la vie politique a souvent un train de retard. Il faut que nous soyons à l’unisson, et qu’il y ait une combinaison entre le vieux et le neuf. C’est-à-dire entre ce qui déborde largement le cadre des structures sociales, syndicales et politiques existantes, et les organisations traditionnelles, car on a besoin de leur expérience. Notre rôle, c’est de travailler à cette unité.

Ce cadre unitaire existe [de Génération.s au NPA, en passant par le groupe parlementaire de la France insoumise, Olivier Besancenot est à l'initiative d'un cadre unitaire qui rassemble douze organisations à la gauche du PS, ndlr]. On se voit régulièrement, on appelle à des initiatives communes, et un meeting est dans l’air pour la fin du mois. Notre contribution est cependant modeste, car les organisations politiques, même unies, ne peuvent pas se subs- tituer au rapport de force réel, qui va se cristalliser dans la lutte en tant que telle : les grèves, les occupations, les manifestations, les blocages, et des choses auxquelles on n’a pas encore pensé…

Macron a parlé de “la tyrannie de minorités qui se sont habituées à ce que l’on cède”. Mais sur quoi le pouvoir a-t-il cédé ces quinze dernières années ?

De mémoire, depuis le CPE il n’y a pas eu de victoire sociale forte. Pour gagner, il faut toujours que le mouvement social se renforce à la base, et que parallèlement le pouvoir se divise en haut. Or les ingrédients peuvent être réunis : il se passe quelque chose dans la société, et en haut, ça pourrait partir en vrille très vite dans le camp Macron. On le voit sur la loi asile et immigration [ce projet de loi divise la majorité parlementaire, ndlr]. Faire des conglomérats politiques, c’est bien, mais c’est aussi un nid de contradictions énorme, qui peut exploser à tout moment.

Dans les douze organisations qui font partie du cadre unitaire que vous avez construit, il y a un absent : Lutte Ouvrière. Pourquoi ?

Ils sont venus à la première réunion avant le 22 mars, à notre invitation, mais ont dit qu’ils n’en seraient pas. C’est leur responsabilité. Il s’agit pourtant de construire une unité d’action basique, tout en assumant nos désaccords. On sait ce qui nous sépare, mais on a besoin de se serrer les coudes pour frapper ensemble. On ne perd pas son âme à afficher une unité politique, tout en assumant clairement nos divergences. Dans ce cadre unitaire, on ne se raconte pas d’histoires : entre Hamon et nous c’est limpide. Mais on a la volonté commune d’agir malgré nos divergences, quand on est d’accord pour le faire. C’est pragmatique.

Philippe Martinez a dit qu’il n’irait pas à la manifestation du 5 mai, à laquelle vous avez répondu présent. Comment analysez-vous cette décision ?

Les rendez-vous manqués ont tous pour origine la bataille systématique pour le leadership. Au niveau des organisations politiques, tout le monde en est revenu. C’est pourquoi dans ce cadre unitaire, chacun peut s’impliquer dans les préparatifs, et on appelle à toutes les mobili-sations : le 1er mai, le 5 mai, et après le 5 mai. Non seulement ce cadre unitaire tient, mais il s’élargit, alors qu’on n’avait pas réussi à le faire sur la loi Travail XXL à la rentrée dernière. C’est une bonne chose.

Paradoxalement, c’est dans le temps social que vous apparaissez le plus souvent médiatiquement. Vous appréciez davantage d’intervenir en dehors du temps des échéances électorales ? 

Au NPA, c’est comme ça qu’on agit, on ne fait pas de la politique qu’au moment des élections. La séquence qui s’ouvre sera un moment de politisation qui vaut bien des campagnes électorales. Pour moi les deux temps – social et politique – sont éminemment liés. Je me sens plus libre depuis que j’ai fait le choix de mettre en adéquation ce que je pense, avec ce que je fais. Je me suis offert cette liberté de ne pas être l’éternel candidat de l’extrême gauche aux élections. J’ai cependant mené la campagne pour Philippe [Poutou, ndlr], j’ai battu les estrades, j’ai fait des émissions… Je me sentais tout à fait libre à ce moment là aussi. Mais l’histoire du “retour”, c’est tellement loin de moi que je ne sais pas quoi en dire.

Malgré vos divergences de fond, considérez-vous comme quelque chose de positif que Jean-Luc Mélenchon ai réussi à installer une force politique de gauche dans le paysage politique ?

Je projette toujours mon espoir dans une représentation politique alternative. On avait noté la dynamique de sa campagne. C’était positif, car ces grands rassemblements permettent à des militants et à des non-militants de reprendre confiance en eux. Mais je ne me sens toujours pas représenté par lui aujourd’hui. Cela n’empêche pas qu’on doit pouvoir faire des choses ensemble. Ce qui est notable, c’est que nous ne sommes plus dans la séquence d’avant : chacun a bien compris qu’il ne peut pas incarner à lui seul l’opposition politique de gauche à Macron.

Il y a des anciens du NPA ou de la LCR à l’Assemblée : Danièle Obono, Eric Coquerel… La tribune qu’ils ont acquise vous semble-t-elle utile ?

C’est probablement utile pour une série de conflits qu’ils relayent à l’Assemblée, mais je ne vais pas mentir : mes yeux ne sont vraiment pas braqués sur ça en ce moment. Cela ne relativise en rien ce qu’ils font, et l’énergie qu’ils dépensent. C’est difficile de répondre à cette question : je ne dirais peut-être pas la même chose si nous avions une représentation. Mais j’ai la préten- tion de penser que, quand bien même nous en aurions une, le point d’appui politique dont nous avons besoin pour construire quelque chose dans la séquence qui s’ouvre ne serait pas là. Ils ont une tribune, mais j’imagine qu’eux-mêmes sont conscients du fait que ce n’est qu’une tribune.

Vous pensez que ce point d’appui sera toujours dans le mouvement social ? Vous ne croyez pas à l’interaction entre un mouvement social fort et des députés de gauche, comme sous le Front populaire ?

Cela impliquerait une séquence électorale qui se produirait dans un contexte totalement diffé- rent. Dans celle qui a été soldée, on voit bien que l’Assemblée est un théâtre d’ombres. Je crois que la solution est extraparlementaire d’un point de vue politique, je le crois profon-dément. Ce n’est pas lié à la France insoumise ou à la dernière séquence électorale : je le crois depuis longtemps. Et ça ne fait que se renforcer.

Plusieurs militants du NPA ont fait l’objet de répression, syndicale ou policière ces derniers mois : Gaël Quirante a été licencié de La Poste, Aurélie-Anne Thos  du mouvement étudiant à Toulouse, a été interpellée lors d’une manifestation le 3 avril, Victor Mendès a également arrêté lors de l’évacuation d’un amphi par les CRS à Nanterre… Vous pensez qu’il y a un durcissement policier ?

Tout à fait. On connaît le coût du militantisme depuis plusieurs années, et on n’est pas les seuls. Il y a une volonté de faire peur de la part du gouvernement. Cette politique des conseils de discipline, des procédures, des convocations et des garde-à-vue s’est systématisée. Mais dans les quartiers populaires, c’est bien pire : il n’y a qu’à voir le harcèlement réservé à la famille Traoré. La systématisation de cette politique a libéré des forces que le pouvoir central ne contrôle pas forcément, mais auxquelles il a donné le feu vert. On ne pleure pas sur notre sort, mais c’est une réalité.

Ces persécutions suscitent-elles un élan de sympathie autour de vous ?

Dans les années 70, l’équation “action – répression” était très à la mode. On pensait que la répression générait forcément de la solidarité. Je n’en ferai pas un théorème. Et en plus, on perd beaucoup de temps à faire sortir les gens de prison, de garde-à-vue, à empêcher que les conseils de discipline tranchent par des licenciements… Le bon sens voudrait que tout mouvement ouvrier, syndical, social, associatif, politique, s’unisse pour mettre en place une structure de défense, qui dise : “Vous touchez à un de nos militants, vous touchez à tout le monde”. Ce serait un signal fort, et ce serait plus que nécessaire.

L’affaire de Tarnac, qui s’est soldée le 12 avril par la relaxe des prévenus après dix ans de poursuites, s’inscrit-elle dans le même registre répressif ?

Oui, c’est pour ça que nous nous sommes solidarisés d’eux dès le départ. Derrière le procès de l’ultragauche, un message était envoyé à toute la population : militer a un coût, si tu l’ou- vres, c’est ça qui t’attend. C’est aussi ce qui est arrivé à Gaël [Quirante, ndlr] : après trois avis de l’inspection du travail qui rejettent son licenciement en invoquant une discrimination syn- dicale, la validation de ces rapports par la direction générale du travail, et une décision politique prise par Xavier Bertrand de ne pas autoriser son licenciement, Muriel Pénicaud l’a finalement autorisé. C’est de l’acharnement.

Depuis le début des années 1990, nous vivons une éclipse des grandes utopies. Vous êtes un enfant de cela, un révolutionnaire sans révolution. Qu’est-ce qui vous fait encore courir ? Y a-t-il des expériences qui vous rendent optimiste ?

Je ne pense pas que la séquence se caractérise par la fermeture de l’horizon politique. J’ai effectivement grandi politiquement dans un monde où il n’y a pas de modèle clé en main, mais j’ai l’impression que depuis quelques années, d’autres possibilités s’ouvrent, que nous sommes moins enfermés dans un rôle de résistance. Par exemple, la mobilisation actuelle est l’occasion de parler de ce que pourrait être le service public de façon alternative. Dans les ZAD, on expérimente une autre façon de vivre, un autre type d’agriculture. Quand il y a des licen- ciements, d’Arcelor Mittal aux Fralib, l’idée de faire une Scop surgit. Voilà pourquoi je n’intériorise pas une régression à ce niveau là.

Vous serez à la Fête de l’Huma j’imagine, pour voir NTM ?

(Sourire) Sûrement oui.

Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?

Juste d’être un peu plus nombreux ! (rires)

Alors qu’un meeting unitaire “est dans l’air pour la fin du mois” avec les partis de gauche hors PS (NPA, France insoumise, Génération.s notamment), Olivier Besancenot nous parle d’Emmanuel Macron, de la recomposition du champ politique, et de “l’embrasement” social qui vient. Propos recueillis par Mathieu Dejean

https://mobile.lesinrocks.com/

19 avril 2018 ~ 0 Commentaire

nantes airbus ( lutte ouvrière)

seule-solution-patronat-dereglementation-trav-L-CmuIWN

Airbus Nantes : non aux suppressions d’emplois !

Airbus vient d’annoncer que le groupe va supprimer 3 700 postes en Europe, dont 470 en France. Le site de Nantes sera touché (100 postes en moins) ainsi que celui de Saint-Nazaire (50 postes).

Les raisons officiellement invoquées sont le manque de commandes pour l’A400M, un avion de transport militaire, et l’A380, un des plus gros porteurs de l’aviation civile, qui vient pourtant d’enregistrer récemment des commandes en Chine.

Cette hémorragie d’emplois est d’autant plus choquante que, pour les autres avions, le carnet de commandes est plein à craquer et que la production s’intensifie à coups d’heures supplémentaires, de travail obligatoire le samedi et surtout de cadences qui deviennent infernales.

Une autre solution s’impose pourtant : diminuer le temps de travail, le répartir pour travailler tous et permettre à chacun de garder son emploi et son salaire. Avec 2,87 milliards d’euros de bénéfices déclarés pour 2017, trois fois plus qu’en 2016, Airbus aurait largement les moyens financiers, non seulement de garder les emplois, mais aussi d’embaucher en CDI les intérimaires qui seront les premiers touchés.

Correspondant LO 18 Avril 2018

19 avril 2018 ~ 0 Commentaire

rennes sncf (lutte ouvrière)

affiche_sncf_2018

Rennes : cheminots et postiers, même combat !

Vendredi 13 avril, à Rennes, un peu plus de 200 cheminots se sont réunis en assemblée générale et ont voté à l’unanimité la reconduction de la grève pour le lendemain.

Une partie d’entre eux sont ensuite partis en cortège au centre-ville. La manifestation, composée de cheminots de la CGT, de Sud, mais aussi de la CDFT, de l’UNSA et de non-syndiqués, a défilé aux cris de « Cheminots en colère, on va pas se laisser faire », « Macron, si tu savais, ta réforme… »

Sur le trajet, les nombreux signes de solidarité, coups de klaxon et poings levés, ont fait mentir Macron, qui affirmait la veille que la grève était impopulaire.

Ensuite les cheminots ont rejoint des postiers en grève place de la République, rassemblés devant l’un des principaux bureaux de poste de la ville pour protester contre la casse de leurs conditions de travail.

Des interventions se sont enchaînées pour affirmer que tous menaient le même combat contre la destruction du service public et la précarisation de leurs emplois et de leurs conditions de travail.

Des tracts ont été distribués aux passants et aux usagers, et un repas a été partagé, permettant aux uns et aux autres de faire connaissance. Les postiers et les cheminots reprenant ensemble : « La Poste c’est qui ? La Poste c’est nous », « Les trains c’est qui ? Les trains c’est vous », ou encore « La Poste déraille, le rail riposte ».

Un beau moment de fraternité entre travailleurs en lutte !

Correspondant LO 18 Avril 2018

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin