Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

573 parrainages (npa)

NPA

 victoire

La victoire d’une organisation militante

À la dernière publication au Conseil constitutionnel le mardi 14 mars, nous avions seulement 357 parrainages validés, et nous en avions pour notre part recensé entre 400 et 420. Le vendredi 17 mars, c’est 573 parrainages qui étaient arrivés avant 18 heures rue de Montpensier…

«La mort de l’extrême gauche »

C’est ce que titrait le Figaro il y a quelques semaines devant nos difficultés à réunir les parrainages. Le NPA était bien en difficulté, nous n’avons pas menti, mais nous avons aussi toujours dit que nous n’envisagions pas d’échouer. Ce qui a permis notre victoire, c’est que notre organisation est avant tout une organisation militante, avec des forces certes réduites mais en capacité de mettre plusieurs centaines de militantEs sur les routes, pour des centaines de milliers de kilomètres parcourus… afin de tenter de convaincre les maires des petites communes de donner leur parrainage à Philippe Poutou. Ce militantisme de terrain est bien ce qui nous permet de réussir là où d’autres échouent.

La démocratie selon le Conseil constitutionnel

Nous l’avons dit pendant toute cette recherche des parrainages, ce système est complètement anti-démocratique. Philippe Poutou a failli ne pas y être, mais François Fillon, mis en examen, n’a eu aucun problème de ce point de vue pour être candidat à l’élection présidentielle. Et les candidatures d’extrême droite et de droite extrême pullulent…

Mais cette année, le système est apparu réellement à bout de souffle. Nos discussions avec le Conseil constitutionnel se transformaient instantanément en cette scène mythique des Douze Travaux d’Astérix dans les couloirs de l’administration…

La période de recueil des parrainages devait initialement s’étendre du 23 février au 17 mars, mais à moins d’une semaine de la date d’envoi des formulaires, le Conseil constitutionnel annonçait que la date changeait et que les formulaires seraient envoyés le samedi 25 février, soit deux jours plus tard. Sauf qu’en réalité, ils l’ont été la veille, le vendredi 24 février, cela sans aucune justification…

Le vendredi 3 mars, on nous a validé un seul parrainage supplémentaire, laissant la presse titrer que nous étions très mal partis… alors que nous comptions plus de 60 parrainages qui auraient dû être validés !

Contrairement aux précédentes élections présidentielles, le candidat ne pouvait plus récolter les formulaires et les déposer lui-même au CC, il fallait les envoyer par la poste et qu’ils arri- vent le 17 mars avant 18 heures, seule administration où le cachet de la poste ne fait pas foi, créant ainsi une inégalité entre les différents élus, car en fonction de la commune, la poste n’est pas la même.

Nous avons demandé à de nombreuses reprises si nous pouvions utiliser un système de coursier, le CC nous a toujours répondu par la négative, puis dans leur dernier communiqué ils indiquaient la possibilité d’utiliser certains transporteurs privés… Après consultation de la liste des services postaux agréés par l’ARCEP, nous avons ainsi trouvé un service de coursier. Et à plusieurs reprises, nous avons demandé au secrétaire général du Conseil constitutionnel une confirmation que nous pouvions utiliser ce service, une confirmation qu’il ne nous donnera jamais…

Poutou 2017, c’est parti !

La campagne démocratique autour de l’ouvrier candidat s’est imposée dans cette session des parrainages. Aujourd’hui nous pouvons pleinement démarrer cette campagne pour imposer dans le débat nos revendications : l’interdiction des licenciements, la réduction du temps de travail, l’augmentation des salaires, l’ouverture des frontières et la libre circulation de touTEs, la fin de l’état d’urgence et de ses lois répressives, la justice climatique…

L’équipe « parrainages » du NPA Mercredi 22 mars 2017

https://npa2009.org/

23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

un double mensonge… (révolution permanente)

ouvrier

Le FN, le premier parti ouvrier de France ?

A cinq semaines du premier tour, dans un contexte où Marine Le Pen devrait arriver première au premier tour, les mythes continuent d’exister à propos d’un Front National « ouvrier », qui n’existe que dans la bouche des grands éditorialistes, car l’examen du programme du FN comme de son électorat prouve le contraire. 

Beaucoup le disent, le pensent ou véhiculent cette idée devenue structurante pour penser l’électorat français : le Front National serait monté sur les ruines du Parti Commu-niste, grâce à un fort vote ouvrier, en séduisant la classe ouvrière par un programme industriel qu’il comprenait. Cependant, les quelques études qui traitent de l’électorat FN montrent que les ouvriers votent finalement peu pour le parti des Le Pen ; et pour cause : quand on se penche sur son programme, on se demande comment celui-ci pourrait mobiliser des franges entières des ouvriers.

Un programme pro-patronal particulièrement avantageux pour les patrons des multinationales comme des PME

Dans ses 144 engagements présidentiels, Marine Le Pen propose un programme pour ce scrutin de 2017 peu différent du programme de 2012. Dans ses chapitres « Une France prospère », et « Une France juste », la candidate expose le gros de ses propositions en termes d’emplois et de précarité, qui sont actuellement parmi les questions les plus brûlantes pour cette classe ouvrière qui serait « frontiste ». Et force est de constater qu’à part l’abaissement de la retraite à 60 ans et le retrait de la loi Travail, qui sont évoqués très rapidement et sans explication, toutes les mesures sont avant tout pensées pour satisfaire les intérêts du patronat contre les salariés, que ce soit des grandes multinationales ou des petites et moyennes entreprises.

Un soutien actif au CAC 40

Ainsi, une des parties du programme porte particulièrement sur un Etat pensé comme un soutien aux grandes entreprises du CAC40 : « un plan de ré-industrialisation dans le cadre d’une coopération entre l’industrie et l’Etat-stratège » est évoqué, et Le Pen veut « instaurer un vrai patriotisme économique en réservant la commande publique aux entreprises françaises » et « créer un secrétariat d’Etat dédié aux mutations économiques afin d’anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies (ubérisation, robotisation, partage…) et établir une nouvelle régulation pour préserver une concurrence loyale) ».

En toile de fond de toutes ses propositions, Marine Le Pen souhaite instaurer un protectionnisme à la française comme le fait Donald Trump avec les conséquences que l’on voit poindre : si certaines entreprises ont décidé d’investir aux USA, les nouvelles normes de protection des salariés sont en train d’attaquer durement les conditions de travail. Car à un soutien actif de l’Etat au grand capital, comme l’avait déjà fait Hollande avec le Crédit d’impôt sur la compétitivité des entreprises (CICE), se couple de nouvelles attaques sur le plan social.

Couplé à de nouvelles attaques du droit du travail contre les salariés

Car si le Front National s’est toujours dit opposé à loi Travail, on ne peut que douter de son opposition qui est plus un positionnement opportuniste pour flatter des ouvriers que Le Pen aimerait voir dans son escarcelle qu’un positionnement politique de fond : qui a déjà vu le Front National manifester contre les loi anti-sociales du dernier gouvernement ?

Que ce soit la loi Macron, la loi Travail, le CICE, dans les faits, le FN a toujours soutenu tacitement ces lois. Une proposition pourtant enterrée par Hollande revient dans le programme des Le Pen : la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure qui avait permis à Sarkozy de l’emporter en 2007 Aucune proposition concernant la précarité, les contrats courts, les licenciements, le partage du temps de travail, les augmentations de salaires ou de droits…

Dans ses propositions pour « Garantir la protection sociale », le FN ne propose que « mettre en œuvre une vraie politique nataliste » ainsi que «  renforcer la solidarité intergénérationnelle en permettant de transmettre sans taxation 100 000 euros à chaque enfants pour les cinq ans au lieu de quinze actuellement  » : autant de mesures que les chômeurs qui veulent des réponses à leur précarité entendront sûrement autrement qu’un moyen pour « garantir leur protection sociale ». Quant aux propositions de santé, la majorité d’entre elles ne proposent qu’un statu-quo, quand certaines sont totalement réactionnaires, comme supprimer l’Aide Médicale d’Etat, qui permet aux personnes en « situation irrégulière » de pouvoir se soigner.

Face aux grands patrons, les petits patrons ne sont pas en reste : un programme de soutien aux entrepreneurs

Ne nous méprenons pas : le centre du programme de Marine Le Pen vise à séduire les arti- sans, les petits entrepreneurs, les patrons de PME et de TPE ; en bref, la petite bourgeoisie française et les agriculteurs. Et les salariés des dites entreprises seront sûrement heureux d’apprendre ce que leur prépare celle qui devrait arriver en tête au premier tour ! « Alléger la complexité administration et fiscale pesant sur les TPE-PME » ; « réduire le nombre des obligations administratives liées au seuil social de 50 salariés » ; « abaisser les charges sociales des TPE-PME  » ou encore « maintenir le l’impôt à taux réduit à 15% pour les TPE et réduire le taux des PME de 33% à 24% ».

Autant de mesures qui ont toutes une même philosophie : réduire les coûts du travail, et l’imposition des entreprises. Pour notre camp social, il s’agit tout simplement de plus de travail, pour moins de rémunération et de protection, ainsi que moins d’impôts pour l’État.

Un parti ouvrier ? Le mythe d’un électorat frontiste ouvrier

A chaque élection, depuis quelques années, un petit refrain revient sur les plateaux de télé- vision : le FN serait devenu « le parti des classes populaires », le « parti de la classe ou- vrière ». Pourtant, toutes les études sociologiques viennent contredire cette assertion. En effet, si l’électorat FN est composé pour moitié d’ouvriers, de salariés et de retraités de ces classes sociales, cette portion, élevée, cache cependant une autre donnée : seul un ouvrier sur sept vote pour le FN.

Mais alors, quel est le premier parti de la classe ouvrière ? La réponse, souvent oubliée des classes dominantes plus intégrée, est tout simplement le parti de l’abstention et le parti du désintéressement vis à vis de la politique. De surcroît, comme l’a bien montré l’étude Les classes populaires et le FN, coordonnée par G. Mauger et W. Pelletier, le vote FN ouvrier est beaucoup plus volatile et moins « solide » que le vote FN des beaux quartiers traditionnels, de la Manif pour Tous et de la petite-bourgeoisie :

il y a une différence de niveau de conviction qui explique assez largement la dissonance entre un vote ouvrier et un programme frontiste par essence anti-ouvrier. Ainsi, pas étonnant que toutes les grandes organisations ouvrières, à l’instar de la CGT ou de FO, prennent ouvertement position contre le FN qui représente beaucoup de choses mais sûrement pas un parti des travailleurs.

George Waters vendredi 17 mars

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23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

les paysans malades des pesticides (france culture)

parap

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs, sans aucune culture militante. Ils sont de droite, parfois très à droite. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé graves, liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée. Malades, culpabilisés par les institutions qui leur ont pourtant souvent caché les dangers de la chimie de synthèse, ils se perçoivent à la fois comme victimes et responsables, parfois même comme empoisonnés et empoisonneurs, révélant au travers des contradictions dans lesquelles ils sont pris, aussi bien les enjeux actuels du système capitaliste, qu’une culture singulière oscillant entre fierté et hantise du regard des autres.

Cela se passe à Dôle, dans le Jura, au sein d’une réunion de l’association « Phytovictimes » qui regroupe des paysans utilisateurs de pesticides. L’enjeu à travers leurs témoignages est de dessiner les contours du système tentaculaire pour lequel ils travaillent et de saisir si et comment il serait possible, à leur échelle, de sortir de la chimie pour se tourner vers le bio. « Pour ça j’ai besoin de lui, * dit Denis Camuset en parlant de son fils qui va reprendre l’exploitation, j’ai mené bien des combats, mais le passage en bio est certainement le plus dur ! Ce qui rend difficile le changement du système, c’est tout l’aspect psychologique, on a tellement été bercé dans une autre mentalité. Réduire les pesticides c’est reprendre une formation, c’est changer tout un système, c’est aussi la peur financière je crois, car on ne sait pas où on va. »

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23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

linky lorient + logonna-quimerch (ouest france + le télégramme)

compteurs linky

Les opposants aux compteurs Linky se mobilisent

Dans le cadre de la journée nationale contre les compteurs Linky, une quarantaine de per- sonnes se sont réunies ce mercredi midi devant France 3, à Lorient. Les manifestants dénoncent les risques pour leur environnement et leur santé. « Nous n’avons pas pu monter à Paris pour le grand rassemblement, mais nous voulons montrer que la contestation continue, rappelle Grégoire Le Moal, du collectif Stop Linky en Centre Bretagne. Nous sommes là pour mettre fin au carnage. »

« Les fréquences perturbent notre environnement »

Les slogans fusent. « ERDF, touche pas à mon compteur ! » peut-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.  « Champ magnétique trop fort, procédés coûteux et intrusifs » : les mêmes récriminations sont pointées du doigt. « Les fréquences émises par les compteurs perturbent notre environnement, ce n’est pas acceptable. D’autres rassemblements seront organisés », ajoute Grégoire Le Moal. 22/03/2017

Commentaire: Ce n’est pas qu’une histoire d’ondes!

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23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

mélenchon (npa)

melenchon marque jaune

Marcher jusqu’à République… et après ?

La marche de France insoumise concentre les critiques maintes fois formulées sur la campa- gne de Mélenchon : son nationalisme autour d’un « sauveur suprême » avançant des mots d’ordre justes mais minimalistes et l’impasse de cette campagne…

La manifestation a été massive (130 000 personnes revendiquées, en réalité beaucoup moins), mais le plus frappant, c’est l’interdiction des drapeaux autres que ces milliers de drapeaux bleu blanc rouge distribués aux manifestants. Utiliser le drapeau des Versaillais comme signe de ralliement le jour de l’anniversaire du début de la Commune, il fallait oser ! Que le PCF et Ensemble l’aient accepté donne la mesure de leur paralysie.

Mélenchon a une fois de plus multiplié les références nationalistes :

« La France tendra la main à tous les peuples qui refusent de s’aligner derrière tel ou tel empire », oubliant qu’elle est elle-même une puissance impérialiste de premier plan… Le dirigeant de France insoumise s’adresse à « chaque petite française, chaque petit français, surtout s’il vient de loin », et voit son « Assemblée constituante élue ou tirée au sort parmi les Français », oubliant au passage les millions d’habitantEs qui n’ont pas la nationalité française… et oubliant donc de revendiquer une citoyenneté de résidence.

De Gaulle à la rescousse !

Le point d’orgue du nationalisme visant à effacer les frontières de classes est sans doute la référence à De Gaulle et au rôle historique de la 5e République. Pour indiquer la nécessité d’en finir avec cette « monarchie présidentielle », il nous débite un étonnant discours : « Cette Constitution avait été taillée sur mesure pour un homme exceptionnel, dans des conditions exceptionnelles, pour faire face à un contexte exceptionnel ». Voici donc pratiquement réhabilités dans un même temps le coup d’État de 1958, De Gaulle et l’orientation de l’État français pendant la guerre d’Algérie…

Le One man show permet de faire accepter sans critique ce discours, ces drapeaux et la Marseillaise. On se croirait parfois devant un discours de Macron, lorsque sont acclamés « la règle verte », le « bouclier de Marianne, symbole de la paix », la « dignité animale », des points dont le flou est saisissant… On s’étonne de voir hurler « Résistance ! » à propos de la sortie de l’Otan, sans aucune critique de la politique impérialiste de la France ou de la Russie.

Quelques grammes de radicalité dans un monde pratiquement inchangé

Comme au débat télévisé du 20 mars, Mélenchon égrène diverses propositions élémentaires, mais dont la radicalité semble s’atténuer chaque jour. Pas un mot ce dimanche sur les licen-ciements ou sur les salaires, la « finance » est critiquée sans que le moindre mot d’ordre soit avancé pour l’empêcher de nuire, par exemple la réquisition des banques ou même un moratoire sur la dette. Aucune mesure de coercition contre le grand patronat n’est envisagée.

On retrouve la vieille idée qu’il suffit de voter pour changer les choses. Mélenchon fait hurler « Dégagez ! », défend une Constituante et la fin de la fonction présidentielle (tout en rappelant que « Notre patrie est le point d’appui pour les grands défis que l’humanité univer- selle doit relever. Pour la part qui me reviendrait, j’y suis préparé »…), des référendums… mais il n’a pas un mot pour les ­mobilisations sociales.

Pourtant, la transformation sociale n’est pas essentiellement une affaire d’échanges de points de vue, de votes, mais un affrontement entre les classes, des rapports de forces, une rupture avec l’État et la propriété privée des moyens de production. Esquiver ces ques- tions, cela revient à dénoncer une situation en refusant les moyens réels qu’a le monde du travail pour la bouleverser, dans une période où il y a pourtant urgence à le faire…

Antoine Larrache

https://npa2009.org/

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Mélenchon : prise de la Bastille bis… et après ? (Lutte Ouvrière)

23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

mort d’emmanuelli (révolution permanente)

emmanuellimelenchon2

Histoire du PS:Il paraît qu’il était de gauche ?

C’est avec beaucoup de trémolos que les « camarades » du PS ont tenu à saluer la mémoire d’Emmanuelli, décédé le 21 mars. Un homme de gauche, paraît-il. Ça dépend du point de vue. 

Chez Edmond

Avant d’être socialiste, Emmanuelli était banquier. Pas au guichet. Au sommet. Le fait de pren- dre sa carte, dans le sillage du Congrès d’Epinay, ne l’a pas empêché, d’ailleurs, de continuer à exercer pour Edmond de Rothschild au service de qui il rentre en 1969. Jusqu’en 1977 il sera successivement attaché de direction à la Banque de l’Union parisienne puis directeur adjoint à la Compagnie Française de Crédit et de Banque. Pour un « adversaire du capital financiari- sé », ça se pose là.

Jeune loup

A l’époque, après 1971, la stratégie miterrandienne consiste à recruter de jeunes cadres pro- metteurs issus des meilleures écoles de la bourgeoisie pour secouer le vieil appareil moribond de la SFIO qui ne fait plus peur à personne, et, surtout, aller arracher à la droite des circon-scriptions. Il s’agit de la première étape de son grignotage progressif de la cartographie légis-lative qui culminera avec l’entrée de 285 députés socialistes au Palais Bourbon en juin 1981.

Mitterrand a très rapidement repéré Emmanuelli, dynamique et brillant. Il lui demande de retourner dans son Sud-Ouest natal pour reprendre au vieux chrétien-démocrates Jean- Marie Commenay la troisième circonscription des Landes. Pour cela, Mitterrand lui recom- mande de faire populo, de rappeler ses origines ouvrières et son père cégétiste pour mieux mettre hors-jeu les encombrants alliés du PCF de l’époque, et de faire bon usage de son franc-parler. Sa voix rocailleuse et sa gouaille font le reste. Il gagne les élections en 1978 alors qu’il n’a pas encore 33 ans. De là au premier gouvernement Mauroy, il n’y a qu’un pas.

Rigueur et austérité

Mitterrandien par fidélité autant que par conviction, Emmanuelli va rester au gouvernement jusqu’à ce que Chirac occupe Matignon lors de la première cohabitation, en 1986. Jusqu’à cette date, Emmanuelli aura été sous-ministre, d’abord des DOM-TOM puis secrétaire d’Etat chargé du Budget et de la Consommation, y compris après le tournant de la rigueur de 1983. A l’époque, les socialistes demandent aux travailleurs et aux classes populaires de se serrer la ceinture et, surtout, de ne pas moufter pendant la liquidation de pans entiers de l’industrie dans le Nord et dans l’Est. Emmanuelli souscrit des deux mains. Pour un « homme de gauche », ça se pose là.

Embuscades de Congrès

Emmanuelli continue, par la suite, d’évoluer au sein du PS, à coups de manœuvres et de volte- faces. Tour-à-tour opposé puis complice des fabiusiens, il s’allie à eux pour essayer de liquider Jospin, sans y réussir. Ce n’est qu’au cours de la seconde moitié des années 1990, après qu’on lui a donné le perchoir du Palais Bourbon, qu’il perd en 1993, qu’il se forge cette répu- tation de chef-de-file de la « gauche du PS » et de gardien du temple du mitterrandisme, caractéristique qu’il partage avec Jean-Luc Mélenchon, un autre allié de circonstance qui a salué sa mémoire. Le tournant social-libéral est déjà entamé par Jospin et Martine Aubry et il ne reste plus grand-chose à Emmanuelli pour se distinguer de ses adversaires.

Faux-amis

Hamon, qui a écrasé une larme en apprenant la nouvelle de son décès alors qu’il était en déplacement à Bruxelles, l’a qualifié de « grand frère ». Lorsqu’il était attaché d’Aubry, sous le premier gouvernement Jospin, en 1997, et plus encore lorsqu’il était à la tête du MJS, au début des années 1990 et qu’il réclamait, avec Régis Juanico, un « droit d’inventaire » du mitter- randisme (une façon, à l’époque, pour prendre un chemin de traverse, sur la droite), Hamon était loin d’être le « petit frère » d’Emannuelli. Ils étaient plutôt frères ennemis. Mais, au PS, surtout en phase de pré-Congrès (Grenoble en 2000, Le Mans en 2005, etc.), les passions sont changeantes.

Trafics d’influence

Epinglé, comme Juppé au RPR, dans le cadre des enquêtes sur le financement illégal du PS, Emmanuelli est condamné, en 1997 : deux ans de privation des droits civiques et à dix-huit mois de prison avec sursis. Ses petits camarades le font remplacer dans son fief électoral landais pour lui tenir la place au chaud. Pour quelqu’un ayant la carrure d’un « homme d’Etat », pour reprendre les termes d’Aubry dans son hommage, ça se pose là.

Rabiboché avec Hamon, qui, face au virage social-libéral assumé par le PS, ne pouvait pas exister s’il ne se positionnait pas, à son tour, « à gauche », Emmanuelli restait néanmoins un fervent partisan de Hollande qu’il avait supplié de se présenter à sa propre réélection en 2017. Sans doute avait-il à l’esprit, par fidélité encore une fois, les deux septennats de Mitterrand : catastrophiques pour le monde du travail et les classes populaires mais plutôt « globalement positifs » pour le CNPF, le Medef de l’époque qui était, déjà, présidé par un Gattaz.

Ses rejetons
Si l’on se penche sur les héritiers du personnage, la boucle est bouclée. Parmi les plus fidèles lieutenants d’Emmanuelli, il y avait Richard Ferrand, longtemps conseiller général et actuelle- ment député du Finistère. Ses camarades socialistes locaux le rappellent comme quelqu’un toujours prêt à faire la leçon à ceux qu’il ne considérait comme pas assez « à gauche ».

Ironie de l’histoire, Ferrand a été le premier socialiste à passer, avec armes et baga- ges, à En marche ! dont il est aujourd’hui le secrétaire général. En réalité, il n’a fait que faus- ser compagnie à un ancien de chez Rothschild pour aller dans les bras d’Emmanuel Macron. C’est aussi à ce que l’on laisse derrière soi qu’il est possible de juger ce que l’on a été.

Jean-Patrick Clech mardi 21 mars

http://www.revolutionpermanente.fr/

23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

macron (gala)

macron

Défer­lante sur Twit­ter suite à la bourde d’Emma­nuel Macron

« Je sais ce que c’est de boucler une fin de mois diffi­cile », a déclaré l’ancien banquier

Au lende­main du débat prési­den­tiel orga­nisé sur le plateau de TF1, Emma­nuel Macron a répondu présent à l’invi­ta­tion du média Expli­cite et de Yahoo pour une inter­view en direct sur Face­book. L’une des décla­ra­tions du candi­dat à l’Elysée n’a pas manqué de faire réagir la Toile.

Emma­nuel Macron l’a fait comprendre lundi soir, durant le débat prési­den­tiel orga­nisé sur TF1: il commence à être agacé par le fait d’être ramené en perma­nence à sa condi­tion d’ancien banquier de chez Roth­schild.

Décidé à atté­nuer cette image, l’ex-ministre de l’Econo­mie a accepté de répondre aux ques­tions du média Expli­cite et du site Yahoo au cours d’un Face­book live orga­nisé ce mardi 21 mars à 18 heures. L’exer­cice de commu­ni­ca­tion semble pour­tant lui avoir échappé. Inter­rogé sur son expé­rience de la préca­rité, le candi­dat à la prési­den­tielle a répondu: « J’ai vécu, quand j’étais adoles­cent, avec envi­ron 1000 euros par mois, oui. Quand j’ai quitté ma famille pour venir à Paris, j’ai vécu en donnant des cours parti­cu­liers pendant deux ans. Je sais ce que c’est de boucler une fin de mois diffi­cile. »

Censée le rappro­cher d’un élec­to­rat précaire, cette remarque a eu l’effet inverse de celui initia­le­ment escompté.

De nombreux inter­nautes ont en effet estimé que sa phrase ne faisait que confir­mer sa décon­nexion avec les réali­tés que rencontrent les Français au quoti­dien. De nombreux inter­nautes estiment en effet que peu d’étudiants peuvent se targuer de vivre avec 1000 euros par mois. Un défer­le­ment de commen­taires a alors eu lieu sur Twit­ter.

« Un étudiant actuel à 1000€/mois c’est le roi du pétrole« , estime un premier twit­tos avant qu’un autre ne rajoute que  »1000€ par mois, si c’était les 6500 Francs de l’époque, ça va t’as pas trop souf­fert ».

Au milieu de cette cascade de commen­taires, certains tentent de compa­rer le revenu en ques­tion avec les aides sociales dont béné­fi­cient aujourd’hui certaines familles de l’Hexa­gone. « En 2017 en France une famille de 4 personnes au RSA c’est 963,31 euros/mois », indique un inter­naute avant de recti­fier son calcul, « désolé j’ai fait une erreur c’est 964,91 euros/mois« .

Pour conclure, une twit­tos estime avoir eu le même parcours que l’ancien ministre de l’Econo­mie lorsqu’elle était plus jeune. « Adoles­cente je n’avais qu’une berline avec chauf­feur pour me rendre en cours. J’ai connu la misère comme @Emma­nuelMa­cron »…

Nicolas Deschamps mardi 21 mars 2017

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22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

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olivier besancenot (npa)

22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

NPA

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