Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

17 mai 2019 ~ 0 Commentaire

syndicat des artistes (cgt)

Les artistes sommes aujourd’hui dans une précarité toujours grandissante.

On voudrait nous faire croire que nous sommes précaires par essence. Comme syndicat, même si nous défendons au quotidien les conditions de travail des artistes, nous ne perdons jamais de vue qu’il nous faut revendiquer une permanence de l’emploi. A l’échelle confédérale, tout le monde en a parlé, il nous faudra progresser dans notre implantation parmi les plus précaires, nous pensons ça ne pourra pas se faire sans la collaboration avec les UL et les UD, particulièrement bien placées pour s’occuper ces travailleurs/euses isolé.e.s.

Les mobilisations des précaires, nous les connaissons bien, nous, les intermittent.e.s.

Et nous savons que les victoires que nous avons arrachées (la dernière en 2016), nous les avons arrachées aussi grâce au contexte de mobilisation générale, et grâce aussi au spectre de la grève de 2003 au festival d’Avignon, qui est bien présent dans les esprits.

Enfin, les mouvements des intermittent.e.s se font toujours dans la démocratie. Chaque semaine à Paris et ailleurs, la CGT rend des comptes précis sur la manière dont elle mène les négo-ciations, et les décisions concernant les suites du mouvement sont décidé.e.s par ses acteurs/ trices, syndiquées ou non, à la CGT ou non. Oui nous avons besoin de toute la confédération, pour que les attaques qui menacent aujourd’hui tou.te.s les chômeurs/euses et donc tou.te.s les travailleurs/euses soient combattues à la hauteur de leur violence. Moins de droit pour les chômeurs, c’est plus de droits pour les patrons.

Hier les gilets jaunes intermittentes et précaires se sont invité.e.s à la cérémonie des Molières et ont remis un molière d’honneur à tou.te.s les oublié.e.s des cérémonie, et un Molière de deshonneur à Macron et au gouvernement.

Cette action a été construite en collaboration avec la CGT Spectacle et le SFA en particulier. Parce beaucoup de nos syndiquées sont parmi ces gilets jaunes, et parce que nous avons leur confiance. Et il faut bien le dire, nous avons souvent leur confiance malgré leur opinion sur la confédération.

Cela m’amène au rapport d’activité : mon syndicat a décidé de partager ses voix entre le non et l’abstention, parce qu’à la question qui y est posée : « les directions de nos organisations […] ont-elles pris les bonnes décisions ? » , nous répondons NON. Pas seulement, bien que cela joue, pas seulement parce qu’il n’y est, encore une fois, pas question de culture ni d’art.

Mais aussi parce que nous pensons que la remise en question stratégique s’impose. Pour la première fois, un mouvement puissant éclate sans qu’on n’y soit pour rien. Des milliers – des dizaines de milliers – de femmes et d’hommes se sont mobilisé.e.s pour la première fois, ont décidé de prendre leur destin en main, et ont cessé de faire confiance aux politiciens en place, mais aussi, il faut le dire, ont cessé de faire confiance aux directions du mouvement ouvrier.

Alors pourquoi cette méfiance ? Pour Philippe Martinez, elle serait le reflet des déserts syndi-caux. C’est un début de remise en question. Mais tout s’explique-t-il par notre absence ? Est-ce qu’elle n’est pas aussi le fait que nous ayons perdu toutes les luttes nationales que nous engageons depuis des années ?

Est-on crédible, quand face aux journées d’action gilets jaunes du samedi, nous opposons… nos journées saute-mouton en semaine ? Comment convaincre des milliers de gilets jaunes de cette stratégie qui n’en est pas une ? Car nous savons toutes et tous que la grève reconductible, la grève générale, est la condition pour pouvoir arracher de véritables victoires au gouvernement face à la puissance de ses attaques.

Cette grève générale ne se décrète pas, certes – elle ne se décrète pas, mais elle se construit, non ? Nos camarades de Guadeloupe en savent quelque chose.

Voilà notre stratégie : appeler à des journées de grève espacées plus ou moins selon le contexte. Et quand, au bout d’un moment, ces journées d’action jugées stériles et sans lendemain sont de plus en plus désertées, nous disons : « on veut bien appeler à la grève générale, mais vous voyez bien qu’il y a de moins en moins de monde ».

Or ces journées d’action ont été revendiquées hier par notre secrétaire général sortant, qui a hier assumé sans ciller le bilan de 16 journées d’action en 2016.

Mais ce vote Contre le rapport d’activité dont je suis dépositaire, est aussi un vote d’espoir, parce que, ce qu’a prouvé le mouvement des gilets jaunes, c’est bien que tout est possible, que les choses, les consciences, et jusqu’aux réflexes quotidiens, peuvent changer très rapidement et que l’individualisme que l’on veut nous imposer n’est pas une fatalité.

Inspirons-nous de leur audace, de leur imagination, de leur combativité et de leur créativité pour repenser notre outil syndical.

https://tendanceclaire.org/

17 mai 2019 ~ 0 Commentaire

europe (psl rp)

bourge fille

 

Combattre la crise de l’UE et la croissance de l’extrême droite avec une alternative internationaliste et socialiste

Les élections du nouveau Parlement européen à la fin du mois de mai sont caractérisées par le manque d’enthousiasme, la méfiance et même une hostilité ouverte envers l’Union européenne. La saga autour du Brexit n’en est qu’une illustration.

Dans la plupart des pays, la participation sera très faible. En outre, toutes sortes de partis populistes de droite et d’extrême droite vont marquer des points. Il est difficile d’encore trouver de l’optimisme pour le progrès et une plus grande unité du projet européen. Dans toute l’Europe, l’establishment est confronté à un profond discrédit politique.

L’Europe du capital sous pression

Ces dernières décennies, l’establishment a fait tout son possible pour rendre l’UE synonyme de paix, de prospérité et de coopération. On parle encore aujourd’hui souvent des ‘‘valeurs euro-péennes’’ de démocratie et de tolérance, mais toute cette hypocrisie tombe en miettes.

L’UE est une machine d’austérité néolibérale qui ne tolère aucune contradiction. Le peuple grec en a durement fait l’expérience en 2015 lorsqu’il a démocratiquement choisi un gouvernement qui avait promis de rompre avec l’austérité. L’UE a alors agi en véritable tyran pour empêcher que cela n’arrive et forcer le gouvernement Syriza à rentrer dans le rang.

Les promesses de prospérité liées à la coopération européenne n’ont été concrétisées que pour les ultra-riches.

Les multinationales ont bénéficié de l’élargissement du marché intérieur et d’une meilleure position concurrentielle face à d’autres blocs comme les États-Unis, le Japon et, de plus en plus, la Chine. Depuis ses origines, la raison d’être de l’UE est la défense des intérêts des grandes entreprises.

L’UE est donc utilisée pour imposer privatisations, libéralisations et mesures antisociales. Tout cela est présenté comme nécessaire pour la ‘‘compétitivité’’ des entreprises. Ces politiques néolibérales jouent un rôle de premier plan dans l’aversion croissante que suscite l’UE. Le déclin d’enthousiasme est évident au vu du taux de participation aux élections. Lors des toutes premiè-res élections du Parlement européen en 1979, deux tiers des électeurs s’étaient rendus aux urnes ; contre 40% aux élections européennes de 2014.

Les gouvernements nationaux se cachent souvent derrière les diktats de l’UE en déplorant n’avoir d’autre choix que de mener une politique néolibérale.

Ils oublient de préciser que ces mêmes partis sont également au pouvoir à l’UE. Les gouverne-ments nationaux composent d’ailleurs la Commission européenne, l’organe non élu qui prend les décisions les plus importantes.

Le Parlement européen a une fonction plus propagandiste mais, là aussi, ce sont les mêmes familles politiques forment la majorité. Depuis 1979, il y a toujours eu une large majorité en faveur de la ‘‘grande coalition’’ composée des sociaux-démocrates (le groupe Socialistes & Démocrates) et des démocrates chrétiens (le groupe du Parti Populaire Européen). Les élections de cette année menacent de bouleverser les choses pour la première fois. (…)

L’establishment des différents États membres, et donc aussi de l’UE, n’est pas du tout en mesure de répondre à ce que les citoyens considèrent comme des défis majeurs : l’avenir de l’humanité et de la planète. Des centaines de milliers de personnes manifestent pour le climat, mais l’UE n’est pas en mesure de lutter contre la fraude des logiciels automobile…

L’UE n’a-t-elle rien à offrir ?

Qu’en est-il du processus d’unification ? C’est vrai, nous nous n’avons plus besoin de nous arrêter à la frontière pour nous rendre en France ou aux Pays-Bas. Nous n’avons plus besoin de changer d’argent. Parallèlement, la libéralisation du transport ferroviaire international rend les trains à destination d’autres pays, même limitrophes, particulièrement onéreux.

L’envoi d’une lettre ou d’un colis dans un pays voisin est également plus cher en raison de la libéralisation des services postaux. Et même l’unité européenne est sous pression. Le cas du Brexit est bien connu. Mais il existe d’autres sources de tension. La Russie tente d’accroître son influence par l’intermédiaire des pays d’Europe centrale et orientale ; la Chine est également en train d’explorer ses possibilités dans cette région.

Des tensions existent aussi entre pays européens. La France soutient, par exemple, la dictature au Tchad et le chef de guerre libyen Khalifa Haftar qui contrôle le sud de la Libye. Début février, la France a participé à une opération militaire de ces forces et elle a également soutenu de récentes attaques, bien qu’elles visaient des alliés de l’Italie et d’autres pays européens. Il est évident que l’UE n’est pas si unie.

Une Europe en lutte

Nous n’entretenons aucune illusion ni aucun espoir envers le projet capitaliste européen. Mais notre réponse ne réside pas dans le retour à l’État-nation. Nous soutenons la lutte pour l’autodétermination en Écosse et en Catalogne, dans le cadre de la lutte contre l’austérité.

Nous combinons ce soutien à la nécessité de rompre avec le capitalisme pour bâtir des fédérations socialistes dans ces régions et dans l’ensemble de l’Europe. Depuis 2007, dans toute l’Europe, des mobilisations prennent place sous la forme de manifestations, de grèves et même de grèves générales contre l’austérité.

Ces dernières années, les manifestations contre le racisme et le sexisme se sont également multipliées. Plus récemment, une nouvelle génération de jeunes s’est mobilisée autour de la question du réchauffement climatique, ce qui a donné lieu à de grandes mobilisations le 15 mars en reprenant une méthode typique de la classe ouvrière : la grève.

Nous défendons les droits sociaux et démocratiques des travailleurs. Cela signifie que nous exigeons plus de moyens pour le secteur de la santé et de l’éducation ; la réduction collective du temps de travail et, en même temps, une augmentation des salaires.

Il faut aller chercher l’argent dans les poches des riches pour répondre aux besoins de la classe des travailleurs et de la jeunesse. Comme le dit le slogan, nous ne nous battons pas seulement pour une plus grande part du gâteau, nous voulons toute la boulangerie ! Nous exigeons que nos droits démocratiques ne se limitent pas à aller voter à quelques années d’intervalle : nous voulons disposer d’un pouvoir réel sur les richesses de la société et la manière de les produire.

L’UE, ses partis et ses institutions ne sont pas des outils visant à mettre fin au racisme et à la croissance de l’extrême droite. L’UE fait partie du problème et non de la solution. Nous luttons contre l’Europe des patrons, contre les coupes budgétaires, contre le racisme et contre l’extrême droite.

Cela signifie de mettre fin à cette UE, à ses institutions et à sa politique d’austérité. Nous exigeons l’égalité des droits pour toutes les personnes vivant en Europe, la fin de l’Europe-Forteresse et que les richesses des super-riches soient saisies pour permettre à chacun de connaitre une vie décente.

Nous luttons pour une Europe socialiste gérée démocratiquement et constituée sur une base volontaire. Cela signifie que notre solution aux problèmes en Europe ne réside pas dans les États-nations, mais dans la capacité des travailleurs à diriger et contrôler l’économie et la société pour qu’elle réponde aux besoins de tous, et non à la soif de profits de l’élite.

On ne combat pas efficacement l’extrême droite en se limitant à faire appel aux ‘‘valeurs européennes’’. L’attitude des syndicats vis-à-vis de l’UE et de la manière de lutter pour les intérêts des travailleurs doit fondamentalement changer.

Ce combat exige des organisations et des partis de gauche socialistes qu’ils ne tombent pas dans le piège de la défense du ‘‘moindre mal’’ européen face à l’extrême droite, mais qu’ils adoptent une position d’indépendance de classe. Cela nécessite des forces socialistes qui lient la lutte contre l’extrême droite à la lutte contre le capitalisme et pour des États socialistes volontaires, démocratiques et unis d’Europe. (Résumé voir lien)

16 mai 2019

https://fr.socialisme.be/

Lire aussi:

Européennes. Pourquoi Révolution Permanente ne soutient pas La France Insoumise (RP)

17 mai 2019 ~ 0 Commentaire

canada (alter québec)

 aim usa

American Indian Movement (USA)

Canada : le royaume de l’extractivisme

Il semble que le Canada soit impliqué dans les activités minières et les catastrophes environnementales dans Sud. Où se situent ces opérations et qui sont les principaux acteurs de l’entreprise ?

Todd Gordon : Le Canada possède la plus grande industrie extractive au monde, avec des mines en exploitation et des actifs d’exploration sur tous les continents. L’Amérique latine est la région dans laquelle les entreprises canadiennes sont traditionnellement les plus présentes. L’internationalisation de l’industrie a été facilitée par le caractère réglementaire des lois cana-diennes et, partant, par le rôle central que la Bourse canadienne a joué par le passé dans la mobilisation de capitaux d’investissement.

Les sociétés minières canadiennes les plus tristement célèbres au cours des dernières années sont peut-être Barrick Gold et Goldcorp (récemment rachetées par une société américaine), connues pour leur implication dans des violations des droits de l’homme dans plusieurs pays différents. Mais il y a beaucoup d’entreprises canadiennes, y compris des petites entreprises, dont peu de gens auraient entendu parler, impliquées dans des violations des droits de la personne.

ATC : Où sont les plus importantes confrontations avec les peuples autochtones ?

TG : Plusieurs sociétés canadiennes ont été créées au Canada sur des terres autochtones. Ici, ils ont développé leurs compétences en matière de dépossession légale et forcée, de pillage écologique et de contournement des droits des travailleurs.

Sur le plan international, des affrontements importants ont eu lieu avec des peuples autochtones au Mexique, au Guatemala, en Équateur, au Pérou, en Colombie, en Tanzanie, aux Philippines et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, entre autres.

Une étude réalisée dans le cadre du projet Justice et responsabilité des entreprises de la faculté de droit Osgood Hall de Toronto a révélé que, pour la période 2000-2015, des entreprises canadiennes actives en Amérique latine ont été impliquées dans des affrontements qui ont fait 403 blessés.

Les sociétés extractives canadiennes et leurs bailleurs de fonds ne sont presque jamais tenus pour responsables. Ils peuvent exercer une influence dans le pays où les abus se produisent et aucune loi au Canada ne les oblige à rendre des comptes pour les actes de violence perpétrés en leur nom à l’étranger.

À l’heure actuelle, des tribunaux canadiens ont poursuivi contre deux entreprises canadiennes, l’une pour le prétendu recours au travail forcé en Érythrée et l’autre pour son implication présumée dans le viol collectif et le meurtre d’opposants au Guatemala. Les sociétés minières, pétrolières et gazières canadiennes avaient également des liens avec des paramilitaires colombiens.

En cas de catastrophe écologique, telle que des déversements de produits chimiques toxiques, l’entreprise canadienne est rarement pleinement responsable, même si elle est tenue pour responsable. Le défi le plus efficace contre les pratiques prédatrices de ces entreprises ne vient pas des tribunaux, mais des communautés autochtones qui déploient l’action directe et le sabotage. Dans certains cas, ils ont empêché l’exploitation de mines, comme en Équateur.

ATC : Quels types de mouvements et d’organisations existe-t-il au Canada en solidarité avec les mouvements indigènes résistant à ces opérations mondiales ?

TG : Les communautés autochtones sont à l’avant-garde. Les syndicats ont également joué un rôle. Il y a aussi des ONG qui ont fait un travail important de sensibilisation, organisant des tournées à l’étranger pour les Canadiens et essayant de gagner du soutien pour les luttes internationales.

Mais je ne dirais pas qu’il y a un mouvement en soi à ce stade, même si la prise de conscience s’est considérablement accrue au cours des deux dernières décennies. Le Nouveau Parti démocratique ( PS du Canada blog) et les Verts ont formulé des critiques plus cohérentes et le NPD a préconisé une réforme juridique visant les activités internationales des entreprises canadiennes. Les libéraux et les conservateurs n’ont rien fait au gouvernement si ce n’est d’émettre des platitudes autour de la « responsabilité sociale des entreprises ».

ATC : Qu’en est-il du gouvernement libéral Trudeau, avec sa rhétorique respectueuse de l’environnement et ses politiques extractivistes ?

TG : Ce sont des hypocrites qui, contrairement aux conservateurs, essaient d’offrir un vernis progressif à leurs politiques. Ainsi, par exemple, ils prétendent que le gazoduc Trans Mountain, qu’ils ont récemment acheté à Kinder Morgan et qui transportera du gaz naturel de l’Alberta jusqu’à la côte de la Colombie-Britannique via un territoire autochtone, contribuera à réduire les émissions de carbone, car l’Alberta sera plus susceptible de d’accepter des réductions d’émissions si ce pipeline est terminé.

Ils s’efforcent de parler de « réconciliation » avec les peuples autochtones et de reconnaître les injustices du passéMais à un moment donné, ils envoient des paramilitaires pour imposer un blocus sur le territoire autochtone et emprisonner des militants autochtones, comme ils l’ont récemment fait avec les Wet’suwet’en.

À l’échelle internationale, ils parlent d ‘« État de droit » et de « responsabilité sociale des entreprises ». Pourtant, tout comme leurs prédécesseurs conservateurs, ils ont refusé d’intro-duire une loi qui obligerait les sociétés extractives canadiennes à rendre des comptes pour toute violence ou destruction écologique. Les sociétés extractives canadiennes, appuyées par des investisseurs financiers canadiens (et internationaux), ont une présence mondiale importante et les libéraux appuient pleinement le secteur.

Against the Current s’est entretenu avec Todd Gordon, co-auteur (avec Jeffery Webber) de Blood of Extraction : l’impérialisme canadien en Amérique latine sur les activités minières au Canada et à l’étranger. Il est activiste socialiste à Toronto et membre du Toronto New Socialists.

Todd Gordon dimanche 12 mai 2019

http://www.europe-solidaire.org/

http://alter.quebec/

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

pouvoir d’achat (npa)

baisse-pouvoir-achat

Pouvoir d’achat : les mensonges du gouvernement

Dans un entretien au Parisien le 8 mai dernier, Darmanin claironnait : « Plus de 95% des contribuables paieront moins d’impôts ».

Une fake news de plus pour cet habitué du mensonge, qui avait osé dire le 19 mars dernier sur LCI : « Aujourd’hui, le mouvement des Gilets jaunes a détruit plus d’emplois, et il a détruit plus de richesses que la plupart de ce que nous avons connu depuis les dix dernières années, des manifestations, des contestations, des crises économiques, c’est quand même un scandale absolu ».

En réalité, en évoquant les baisses d’impôts, Darmanin parle uniquement de la minorité de foyers (45 %) qui paient l’impôt sur le revenu, et qui seront concernés par la baisse de cet impôt annoncée par Macron le 25 avril dernier en clôture du « Grand débat ». Autrement dit, pour répondre aux Gilets jaunes, Macron a choisi de baisser l’impôt le plus juste, c’est-à-dire celui qui frappe davantage les plus riches en proportion de leurs revenus et qui épargne la moitié la plus pauvre de la population !

Un pouvoir d’achat en hausse ?

Pour financer ce cadeau aux plus aisés, Darmanin annonce qu’il faudra réduire les dépenses publiques et mettre en place « des réformes comme celles de la fonction publique, de l’assu-rance chômage, de l’audiovisuel public ou encore des mesures qui incitent à travailler plus longtemps nous permettront de ne pas creuser le déficit ».

Et pour couronner le tout, il annonce également la suppression de la taxe d’habitation pour les 20 % des ménages les plus aisés qui la paient encore. Autrement dit, après les concessions de décembre dernier où Macron a vraiment eu peur, le gouvernement maintient son véritable cap : faire des cadeaux aux plus riches et démanteler les acquis sociaux.

Face à un gouvernement qui n’a rien à envier à Trump dans le domaine de la « post-vérité », il est important de rétablir les faits.

En décembre 2017, l’Insee avait osé affirmer que les mesures du budget 2018 allaient baisser le pouvoir d’achat début 2018, et le gouvernement avait alors attaqué l’institut. Depuis, les faits ont entièrement donné raison à l’Insee, puisque le pouvoir d’achat a baissé de 0,6 % début 2018…

Dans une toute récente étude1, l’Insee établit que les mesures fiscales du gouvernement ont eu un impact négatif sur le pouvoir d’achat des ménages entre janvier et octobre 2018 : les légers gains liés à la bascule des cotisations vers la CSG sont inférieurs aux pertes liés à la hausse des taxes sur l’essence.

Surtout, ces hausses de taxes ont frappé davantage les ménages les plus pauvres, surtout dans la ruralité. Et même si le gouvernement a suspendu en 2019 les hausses de taxes sur l’essence, ce n’est pas le cas des autres taxes sur la consommation (comme celles sur le tabac) ou des tarifs réglementés (hausse de 6 % du tarif EDF en juin).

Augmentation du coût d’une vie décente plus rapide que l’inflation officielle

Il est important de ne pas fétichiser l’indicateur officiel du pouvoir d’achat (revenu disponible moyen des ménages déflaté par l’indice moyen des prix à la consommation). D’une part, il faudrait distinguer les dépenses « contraintes » (loyers, alimentation, transports, carburant, santé…) et les dépenses « compressibles » (loisirs, restaurants…).

On s’apercevrait alors que la part des dépenses contraintes est beaucoup plus forte chez les plus pauvres, et donc que les inégalités sont beaucoup plus fortes que ce qu’indiquent les indicateurs officiels si on excluait ces dépenses très peu compressibles.

D’autre part, une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales2 montre que le coût des budgets types (panier de consommation permettant à une famille avec enfants de vivre décemment) élaborés par l’Union nationale des associations familiales a augmenté deux fois plus vite que l’indice des prix à la consommation de l’Insee sur la période 2010-2018.

Autrement dit, le coût d’une vie décente augmente bien plus vite que ce qu’indique l’indice de prix officiel à partir duquel l’Insee calcule l’évolution du pouvoir d’achat. Jusqu’au début des années 1980, la CGT construisait et médiatisait un indicateur fondé sur les budgets types : elle y a malheureusement renoncé…

Gaston Lefranc Jeudi 16 mai

https://npa2009.org/

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

L’opposition à Macron : nos mobilisations

La campagne des élections européennes est donc lancée… de la pire des façons. Macron et les siens nous expliquent qu’ils veulent faire de cette élection un référendum anti-Le Pen, en mettant en scène l’affrontement supposé entre « progressisme » et « nationalisme », comme si la seule alternative se posait entre LREM et Rassemblement national.

Ce faisant, la Macronie joue un jeu particulièrement dangereux et rend le plus grand des services à l’extrême droite, qui se réjouit d’ailleurs du cadeau qui lui est offert : passer pour la seule force d’opposition réellement crédible face à Macron.

Plutôt que d’un référendum anti-Le Pen, nous voudrions au contraire que les élections européennes soient l’occasion d’un référendum anti-Macron, contre son projet antisocial et liberticide, contre leur Europe des banques et des barbelés.

Contre Macron, le RN ne sera jamais une solution

La politique du gouvernement est en effet une catastrophe généralisée : maintien d’un haut niveau de chômage, offensive contre les services publics (notamment la SNCF, l’éducation, la santé…), fiscalité injuste, avec entre autres la suppression de l’impôt sur la fortune et les cadeaux aux grandes entreprises, attaques contre les retraites, réduction des cotisations sociales… Un chiffre parmi bien d’autres en dit long sur la situation : une personne sur cinq est frappée par la pauvreté, plaçant ainsi la France, 7e puissance économique mondiale, au même rang que la Slovaquie et la Slovénie…

Marine Le Pen et le Rassemblement national veulent profiter de ce très fort rejet de la politique de Macron. Ils se prétendent anti­libéraux et veulent apparaître comme un soutien aux classes populaires. Mais le programme du RN est en réalité opposé aux besoins de la population : il ne s’oppose pas du tout à la concurrence économique, aux privatisations… mais par contre combat les syndicats, la démocratie, l’égalité entre FrançaisEs et étrangerEs, entre hommes et femmes…

Après avoir prétendu soutenir, pendant quelques semaines, le mouvement des Gilets jaunes, il y est aujourd’hui opposé, en tant que parti de l’ordre, car la mobilisation conteste le système politique et économique, l’ordre social, et les violences policières. Malgré sa pseudo-modernisation et son discours faussement social, le RN reste le pire ennemi du monde du travail, des droits démocratiques.

Un vote anticapitaliste et internationaliste

Lors de ces élections européennes, le NPA appelle à voter pour la liste présentée par Lutte ouvrière, parce que nous estimons que cette organisation propose un programme anticapitaliste et internationaliste et défend les intérêts des classes populaires.

Une singularité à gauche, puisque l’ensemble des autres organisations, même si nous nous retrouvons avec certaines d’entre elles dans les luttes contre les politiques de Macron, refusent de s’inscrire dans une logique résolument anticapitaliste et d’affirmer un point de vue internationaliste, avec notamment la défense de la liberté totale de circulation et d’installation et l’opposition aux expéditions militaires et aux politiques impérialistes françaises et/ou européennes.

Cela n’élimine pas les nombreux désaccords que nous pouvons avoir avec Lutte ouvrière. En particulier, nous portons une critique bien plus forte de l’Union européenne, de ses institutions et de ses traités.

Nous considérons en outre que les revendications écosocialistes, démocratiques, antiracistes, féministes et contre toutes les formes de discriminations, ne peuvent se dissoudre dans une campagne exclusivement articulée autour de la défense des travailleurEs contre le « grand capital ».

Mais nous estimons que, dans une situation de confusion politique de laquelle l’extrême droite et le pouvoir envisagent, chacun à leur manière, de tirer les marrons du feu, il est important de faire entendre, autant que possible, une voix de rupture avec le capitalisme, pour une Europe des travailleurEs et des peuples, de la solidarité, contre celle du capital et de la mise en concurrence généralisée.

C’est dans la rue que ça se passe !

Au vu de l’urgence sociale et démocratique et de l’impossibilité de changer les institutions européennes de l’intérieur, nous demeurons cependant convaincus que ce sont bien l’expres-sion de la colère sociale et la contestation, dans la rue, de ce pouvoir, qui restent la meilleure façon d’obtenir ce que nous voulons.

Après avoir mis un rude coup à la SNCF et aux universités l’an dernier, le gouvernement poursuit en effet son offensive contre les services publics, malgré la forte déstabilisation et le changement de climat qu’a engendré le mouvement des Gilets jaunes. Il s’attaque ainsi à l’éducation avec la loi Blanquer, qui vise à décupler la sélection sociale de la maternelle au lycée, mais aussi au système hospitalier dans son ensemble, suscitant des résistances salutaires, comme dans les services d’urgences de l’AP-HP.

Le pouvoir veut également avancer sur l’augmentation de la durée des cotisations pour la retraite, la privatisation des aéroports, la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique, l’augmentation des frais d’inscription dans les universités, en commençant par ceux des étrangerEs. Avec la stratégie éculée d’attaquer chaque secteur l’un après l’autre, Macron et le gouvernement espèrent que les colères ne vont pas converger. Faisons-le mentir ! Il est temps de mettre un coup d’arrêt à cette casse sociale et de dégager Macron et un pouvoir au service des riches et des multinationales.

Jeudi 16 mai 2019

https://npa2009.org/

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

nathalie lemel (langue bretonne)

commune

Nathalie Lemel : le roman graphique d’une oubliée de l’histoire

On ne dira pas que Nathalie Lemel est une inconnue tout à fait :

Des rues ou des places portent son nom à Brest (où est née Nathalie Duval en 1826) et Quimper (où elle a vécu), à Rennes et Nantes, à Nanterre, Évry, et même à Paris (dans le 3e arrondissement, depuis peu).

Mais 146 ans après les événements de la Commune de Paris, sa notoriété est loin d’égaler celle de sa copine et camarade de luttes, Louise Michel, dont 190 écoles portent le nom dans toute la France. Une fresque monumentale à son effigie a cependant été réalisée l’an dernier au pignon d’un immeuble de la rue Sisley à Brest, dans le quartier populaire de Pontanézen, par deux artistes, Guy Denning et Shoff, l’un d’origine britannique et l’autre tunisienne, tous deux installés en France.

Les écrits sur cette féministe libertaire ne sont pas non plus si nombreux.

Le fait qu’une BD lui soit consacrée avec le titre « Des graines sous la neige » est en soi un événement éditorial : cela la sort d’un  certain anonymat historique. Les détenteurs des droits du journal d’Anne Frank ont effectué la même démarche à une tout autre échelle, forcément : avec l’adaptation qu’Ari Folman et David Polonsky en publient ces jours-ci sous forme de roman graphique, ils cherchent délibérément à le rendre plus accessible au public jeune du temps présent.

Un titre dont la dimension poétique intrigue

La BD qu’ont imaginée Roland Michon et Laëtitia Rouxel autour de la vie et du parcours de Nathalie Lemel se présente aussi comme un roman graphique, de 124 planches s’il vous plaît. Roland Michon m’a avoué avoir travaillé deux journées entières par planche, soit l’équivalent de plus d’une année. Si « Des graines sous la neige » est son premier scénario de BD, il était déjà connu comme universitaire et comme réalisateur de télévision, ayant signé nombre de documentaires pour les émissions en langue bretonne de France 3 Bretagne en particulier.

Quant à la graphiste et illustratrice Laëtitia Rouxel, elle ne travaille, nous dit-on, que sur des logiciels libres et a déjà plusieurs albums à son palmarès et explique qu’elle s’intéresse elle-même beaucoup aux causes féministes et sociales, à celles d’aujourd’hui comme à celles du passé. Mais c’est la première fois qu’elle met en scène des personnages historiques.

Mais d’où provient donc le titre de ce roman graphique ? Les auteurs l’ont repris d’un ouvrage de l’universitaire américaine Kristin Ross, sur « L’imaginaire de la Commune », dont les acteurs, « ces vagabonds socialistes, sans sou ni maille, enfuis vers la Suisse, Genève ou Lausanne, ont conservé leurs idéaux, comme ‘les graines sous la neige’ prêtes à germer à nouveau. »

La dessinatrice préfère à juste raison ce titre dont la dimension poétique lui paraît plus forte que « Nathalie Lemel, féministe et communarde », qui aurait été bien banal en effet. On retrouve toutes les informations essentielles sur la couverture, conçue d’après la maquette du « Cri du peuple », le quotidien publié sous la Commune à l’initiative de Jules Vallès et de Pierre Denis et qui reparaîtra à compter de 1883 avec des tirages énormes pour l’époque de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.

L’empathie des auteurs

Je ne vais pas écrire ici le récit de la vie et des engagements de Nathalie Lemel. Il faut juste savoir qu’elle a été ouvrière dans la reliure après avoir quitté l’école à 12 ans, qu’elle et son mari s’installent ensuite à Quimper comme libraires et relieurs, puis à Paris.

C’est là qu’elle découvre le socialisme, adhère à l’Internationale, participe à des grèves, prend part avec le relieur Varlin et d’autres à l’ouverture de « La Marmite », un restaurant ouvrier. Quand éclate la Commune de Paris en mars 1871, elle s’investit dans les clubs de femmes, avant de se battre sur les barricades pour contrer l’avancée des Versaillais. Elle est condamnée au bagne de Nouvelle-Calédonie, où elle est déportée en même temps que Louise Michel. À sa libération, elle revient en métropole et, presque centenaire, décède dans la misère en 1921 à l’hospice d’Ivry-sur-Seine.

Il y avait là, de fait, matière à un beau roman graphique. Celui de Roland Michon et Laëtitia Rouxel est de ce point de vue une réussite. Ce n’est ni une biographie ni un livre d’histoire. Il relate bien les traits saillants du parcours de Nathalie Lemel. Mais le récit n’est absolument pas linéaire, il y a du suspense dans cette restitution et elle s’inscrit bien dans le contexte des différentes époques concernées. Les variations de graphisme soulignent les ruptures de l’une à l’autre, renforcées de flash-back de temps à autre. Chaque fois, la dessinatrice a choisi des tonalités de trait et de couleur différentes en fonction du lieu, de la période, de l’intensité des événements.

L’originalité de cette BD est également de faire écho à la multiplicité des langues en usage dans  la France du 19è siècle. On a un peu l’impression de se retrouver dans le monde de Jean-Marie Déguignet, ébahi de découvrir la variation diatopique à l’armée, c’est-à-dire les différentes façons qu’avaient les soldats de s’exprimer en français, voire en d’autres langues, en fonction de leur origine.

Nathalie Lemel savait-elle le breton ? Le scénario de Roland Michon fait comme si, bien que rien ne semble l’attester, mais ça reste plausible, vu l’époque. Aurait-elle pu avoir lu le Barzaz Breiz ? Rien ne permet davantage de l’assurer en l’absence d’archive, mais ce n’est malgré tout pas impossible, étant donné la profession de relieur et de libraire de l’intéressée.

La scolarisation de l’héroïne, son itinéraire professionnel, son installation dans la capitale, son engagement social et politique avant, pendant et après la Commune sont en tout cas la marque de sa maîtrise du français. Je note en passant que les renvois en bas de page pour les traductions (tout comme pour les références de citations) sont un peu mal commodes.

Roland Michon et Laëtitia Rouxel n’auraient pas pu concevoir « Des graines sous la neige » sans une réelle empathie à l’égard de cette oubliée de l’histoire qu’a été Nathalie Lemel. Les deux auteurs font d’ailleurs expressément écho aux mouvements sociaux du 19è siècle : le féminisme, le mutualisme, l’économie solidaire, voire les printemps qui se forment ici et là avec plus ou moins de succès à travers le monde… C’est également ce qui peut inciter les lecteurs d’aujourd’hui à découvrir le parcours d’une femme hors du commun.

Pour en savoir plus

  • Roland Michon, Laëitita Rouxel. Des graines sous la neige, Nathalie Lemel, communarde et visionnaire. Châteaulin, éd. Locus Solus, 2017, 144 p.

http://www.langue-bretonne.org/

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

l’inter en breton (trésor du breton)

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1896 L’internationale en breton

Kan Etrebroadel ar vicherourien

Sur des paroles du communard Eugène Pottier, l’Internationale fut mis en musique par Pierre Degeyter en 1888 et adopté par la 2ème internationale socialiste en 1992. Charles Rolland, barde républicain de Guerlesquin, après avoir traduit la Marseillaise en breton, s’attaqua aussi à l’Internationale qu’il publia en 1896 :
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War zao ! Tud daonet deus an douar !
Kent mervel gant an naon, war zao
Ar skiant a gomz hag a lavar
Reiñ an diwezañ taol-chao !
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Littéralement : « Debout les Damnés de la terre ! Avant de mourir de faim, debout !
La science parle et dit de donner un dernier coup de boutoir. »Charles Rolland habitait une maison peinte en rouge sur la place de Guerleskin et se targuait d’être un sosialist dispac’her (socialiste révolutionnaire) et disranner breizat (dissident breton). Ce texte a été chanté sur France Inter en 2013 par Marthe Vassalo.La deuxième version a été écrite par Jean Delalande (Kerlann) en 1937. Second président d’Ar Falz (la faucille), mouvement des instituteurs socialistes partisans du breton et ami de Marcel Cachin, directeur de l’Humanité, il publie une traduction de l’Internationale dans le journal des émigrés bretons de Paris War Zao (Debout) :

Deomp d’an emgann diwezañ
Holl war zao ! ha warc’hoaz
E kerzo unanet
Ar pobloù skoaz ouz skoaz.

Littéralement : C’est la dernière bataille, tous debout ! et demain, les peuples marcheront ensemble , épaules contre épaules.

Cette version est célèbre par un film de propagande montrant des Bigoudenn à une fête du PCF à Pont L’Abbé en 1938. La bande sonore off nous fait entendre la chorale « Labour ha Kan » (travail et chant) des Bretons émancipés de Paris ; Ils chantent l’Internationale version Kerlann.

La dernière version connue est signée Marcel Hamon, député PCF des Côtes du Nord à la libération :

An traou koz a c’hall monet pell
Mevelien kaez, war sav, war zao !
Sklepomp aneze a-benn boell
Skuizh ez omp o vezañ esklav.

Littéralement : « Les vieilles choses peuvent durer longtemps, Pauvres domestiques, debout ! debout ! Jetons les sciemment, Nous sommes fatigués d’être esclaves ».

Cette version fut chantée par la chorale Amzer Nevez (Le temps nouveau) devant 10 000 personnes à la fête de la libération de Quimper le 5 août 1945.

02/04/2017

http://www.tresor-breton.bzh/

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

européennes état espagnol (rp)

elecciones

« Choisissez le représentant du CAC 40″

Elections européennes : quels enjeux dans l’Etat Espagnol ?

Les sondages indiquent un scénario similaire à celui des élections générales, avec un avantage donné aux sociaux-démocrates du PSOE, une accentuation de la chute du Partido Popular et l’entrée de l’extrême-droite de VOX pour la première fois au Parlement européen.

Le Centre de recherches sociologiques de Madrid (CIS) a récemment publié une enquête sur les intentions de vote aux élections du 26 mai dans l’Etat Espagnol. En plus des députés européens, le pays devra élire les représentants des municipalités et des autonomies.

Dans plusieurs pays, les Européennes s’annoncent comme un indicateur anticipant les tendances politiques nationales.

Au contraire, dans l’Etat espagnol, le match le plus important s’est déroulé le 28 avril, avec la victoire des sociaux-démocrates de Pedro Sánchez. La campagne pour le 26 mai apparait ainsi comme une continuation des élections générales, alors que le pays est toujours dans l’attente de la formation d’une coalition gouvernementale.

Bien que les « socialistes » néolibéraux du PSOE affirment qu’ils chercheront à gouverner seuls, Unidas Podemos persiste à faire pression pour un gouvernement de coalition.

Selon l’enquête du CIS, les socialistes devraient réunir 29 à 31% des voix, soit un total de 17 ou 18 sièges à Strasbourg, surpassant leurs 14 sièges actuels.

Le PP pourrait passer de 16 à 12 sièges, et Unidas Podemos pourrait se retrouver avec 8 députés, soit l’équivalent des sièges de Podemos et Izquierda Unida à l’heure actuelle.

La candidature de Lliures per Europa, dirigée par Carles Puigdemont, exilé en Belgique depuis l’automne catalan, concentre quant à elle l’attention internationale dans ces élections. Alors que plusieurs de ses anciens compagnons du Parlement catalan sont toujours en détention provisoire, Puigdemont a de fortes chances d’être élu au Parlement européen.

Il est accompagné sur sa liste de deux autres exilés poursuivis par la justice espagnole : Toni Comín et Clara Ponsatí. Dans une vidéo de campagne, les trois candidats demandent du soutien aux prochaines élections et déclarent : « A tous ceux qui veulent nous faire taire, qui nous veulent vaincus, emprisonnés et oubliés, disons clairement ce 26 mai en Catalogne et en Europe que nous ne nous rendrons pas et que nous gagnerons ».

La Commission électorale espagnole a tenté d’empêcher sa candidature, en réponse à une demande du PP et de Ciudadanos, avant que le Bureau du Procureur général ne réaffirme le droit des trois candidats à se présenter, position qui a également été ratifiée par le Tribunal Constitutionnel.

Puigdemont affirme que, s’il est élu au Parlement européen, il jouira de l’immunité et ne pourra être détenu en Espagne. Cela reste à voir, mais il s’agira sans aucun doute d’un élément de plus dans l’affaire complexe du conflit catalan.

Enfin, VOX entrera pour la première fois au Parlement européen avec environ 4 sièges, rejoignant le bloc des partis populistes d’extrême-droite et xénophobes, qui dans ces élections pourraient atteindre 20% à 25% des sièges, avec un discours de haine, de racisme et d’euroscepticisme.

Ni l’extrême droite, ni l’Europe du capital et des frontières

Les candidats du PSOE, du PP et des citoyens sont totalement alignés sur Bruxelles et l’Europe du capital. Le candidat socialiste, Josep Borrell, a déjà été président du Parlement européen entre 2004 et 2007. La défense des politiques austéritaires et liberticides de Bruxelles, la politi-que étrangère impérialiste comme celle menée à l’encontre du Venezuela et l’augmentation de la xénophobie institutionnelle sont des éléments partagés par l’ensemble du spectre politique espagnol, de la droite aux « progressistes » néolibéraux du PSOE.

Alors que des milliers de migrants continuent de mourir chaque année en Méditerranée, la gouvernance de l’UE et les gouvernements impérialistes renforcent les barrières, les murs et les forces de police pour empêcher le passage ou réprimer les millions de migrants qui vivent déjà dans l’UE, les « colonisés internes », avec la menace pesante de déportation. Les États encou-ragent ainsi les discours racistes et xénophobes sur lesquels l’extrême-droite s’élève.

De la Grèce au Portugal, le néo-réformisme ne passe pas le test

La candidature Unidas Podemos cambiar Europa regroupe Podemos, Izquierda Unida, Catalunya en Comú et Anticapitalistas. María Eugenia Rodríguez Palop, professeure d’univer-sité, a été nommé tête de liste en remplacement de Pablo Bustinduy, après que celui-ci ait quitté ses fonctions en raison de ses affinités avec Errejón, au milieu de la grave crise interne du parti de Pablo Iglesias.

Unidas Podemos se présente comme une alternative au « néolibéralisme et au néofascisme » dans l’Union européenne et dénonce les accords entre le groupe socialiste et le groupe des conservateurs au Parlement européen, qui ont permis d’appliquer les principales politiques néolibérales.

Cependant, en même temps qu’ils dénoncent le PSOE au Parlement européen, ils encouragent un gouvernement commun avec celui-ci dans l’État espagnol. Une situation à l’image de celle du Bloc de Gauche et du Parti Communiste au Portugal, qui soutiennent depuis quatre ans le gouvernement socialiste de Costa qui a maintenu les contre-réformes du code du travail et les privatisations.

Depuis l’échec retentissant de Syriza, devenu l’un des principaux agents des politiques de la Troïka en Europe, la crise des projets néo-réformistes s’est aggravée. Il faut mettre de côté la rhétorique et parler clairement : du PSOE, il ne faut attendre aucune alternative aux politiques néolibérales, les partis sociaux-démocrates étant les principaux garants de l’ordre capitaliste de l’Europe du capital.

Face à la croissance de l’extrême-droite et aux néolibéraux pro-européens défenseurs des grandes multinationales, la seule issue possible est la lutte pour une alternative indépendante, qui contribue à construire une gauche internationaliste, révolutionnaire et de classe, avec un programme anticapitaliste et défendant la perspective stratégique des Etats-Unis socialistes d’Europe.

15 mai 2019

https://www.revolutionpermanente.fr

Commentaire:

Pas un mot de l’autre liste catalane, celle de ERC (qui a gagné en Catalogne) alliés avec Eh Bildu (Basque « radicaux ») et BNG (galiciens) . RP est un courant du NPA

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

congrès cgt (lo npa al rp )

cgt

Congrès CGT : proposer ou lutter ?

Ouvert lundi 13 mai, le 52e congrès de la CGT devait se tenir toute la semaine, réunissant près d’un millier de délégués.

La presse a beaucoup glosé sur l’affaiblissement de la CGT, qui aurait perdu 40 000 adhérents en trois ans et serait passée derrière la CFDT lors des élections professionnelles.

Mais, alors que le capitalisme en crise généralise la misère et la précarité, les militants ouvriers ne peuvent baser leur perspective sur des succès électoraux et des calculs d’appareil. Ils doivent viser à renverser le rapport de force avec le patronat et le gouvernement. Et, malgré son recul, la CGT reste, et de très loin, le principal syndicat en termes d’influence et de nombre de militants capables de jouer un rôle décisif lors de luttes ouvrières.

C’est pourtant cette nécessité que Philippe Martinez, son secrétaire général, a esquivée, mêlant tout au long de son discours des références aussi bien à la lutte qu’à la négociation. « La contestation ne peut se conjuguer qu’avec propositions », a-t-il répété dans son discours d’ouverture du congrès.

Le vocabulaire a un sens.

Alors, à qui sont destinées ces propositions ? Pas aux travailleurs, car on parle alors de revendications, mais évidemment à ceux qui ont le pouvoir : aux patrons et aux gouvernants. Mais la bourgeoisie se moque bien des propositions et autres plans industriels des syndicalistes.

Dans le même registre, dans une interview au Monde précédant l’ouverture du congrès, Martinez affirmait : « Aujourd’hui, comme hier, le rôle d’un syndicat est de négocier à tous les niveaux où cela est possible. Et quand la négociation bloque, il faut créer un rapport de force, dans les entreprises ou dans la rue. Cela a toujours été comme ça.

Ce qui change aujourd’hui, c’est que le gouvernement considère que la négociation interprofessionnelle ne sert plus à rien, et renvoie tout dans les entreprises. Il n’y a aucune raison de changer de ligne. “On ne lâche rien !” sera mon mot d’ordre à ce congrès. »

On le voit, même en en étant privé au niveau national, Martinez veut encore maintenir la fiction de la négociation comme moyen de défense des travailleurs.

Mais la parenthèse d’après-guerre est largement révolue, où le patronat pouvait concéder aux syndicats le fameux grain à moudre, les profits issus de la production étant alors en expansion. Le marasme de l’économie a rendu les profits de la classe capitaliste incompatibles avec l’amé-lioration ou même le simple maintien du niveau de vie des travailleurs. La devise des capitalistes est maintenant : On ne lâche rien et on reprend tout ce qu’on peut.

Face à cette guerre sociale, menée avec la complicité des gouvernements de droite et de gauche depuis quarante ans, la lutte n’est pas une option. Il faut au contraire être persuadé que seule une mobilisation déterminée de l’ensemble du monde du travail peut changer le rapport de force et offrir une issue.

Martinez a pu objecter lors de son discours : « On peut crier haut et fort “grève générale”, mais posons-nous d’abord et surtout la question de l’absence, dans les actions professionnelles ou interprofessionnelles, d’une partie importante de nos syndiqués. »

Évidemment, un tel mouvement ne peut se déclencher sur un claquement de doigts. Les défaites successives pèsent lourd dans la conscience des travailleurs, comme pèsent aussi les trahisons des directions politiques et syndicales du mouvement ouvrier.

Mais le rôle des militants est d’affirmer la nécessité de la lutte de classe et de s’y préparer. Car la brutalité des attaques des capitalistes ne laissera pas d’autre choix et provoquera tôt ou tard la radicalisation des masses populaires. Le mouvement des gilets jaunes en donne un avant-goût.

La classe ouvrière devra se placer à la tête de ces révoltes, leur donner le contenu d’une contestation de la domination du capital sur la société. C’était la perspective des militants qui ont fondé et animé la CGT avant 1914. Elle est d’autant plus valable aujourd’hui.

Christian BERNAC 15 Mai 2019
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Lire aussi:

52e congrès de la CGT : un bilan et une orientation largement contestés (NPA)

Benjamin Amar, le prof du 9-4 qui monte à la CGT (JDD)

Revers pour Philippe Martinez, au troisième jour du congrès de la CGT (Le Monde)

En direct du congrès CGT : l’ombre des gilets jaunes plane sur les débats (AL)

En direct du congrès CGT : Philippe Martinez ne veut froisser personne( AL)

Un Congrès de la CGT qui s’ouvre en pleine crise des Gilets Jaune (RP)

Intervention de Marie (SFA) au 52e congrès de la CGT (TC)

Commentaire du lien ci-dessus:

On comprend que la présence de Berger (CFDT) à la tête de la CES à laquelle la CGT est affiliée ainsi qu’à la CSI dérange. Mais de là aller à la FSM que Le Monde qualifie « d’internationale communiste » sans guillemets? Elle regroupe certains « syndicats officiels » , des nostalgiques des pays « socialistes » et des syndicats du « tiers monde ».

CES

CSI

FSM

Syndicalisme international : Un panorama pour y voir clair (AL)

 

15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

rn (bastamag)

fachos milice

Egalité salariale, santé des travailleurs, droits des femmes : au Parlement européen, le RN vote contre ou s’abstient

Aux élections européennes du 26 mai, le Rassemblement national de Marine Le Pen pourrait arriver en tête, comme en 2014. Il devrait dépasser les 20 % de voix. Dans toute l’Europe, des partis d’extrême droite travaillent à une large alliance pour constituer un groupe qui pourrait dépasser 80 députés au Parlement européen.

Pour quelle politique ?

Que votent les élus du Rassemblement national à Bruxelles et Strasbourg ? Ils se sont certes prononcés contre les récents accords de libres échange, mais aussi, et à chaque fois que cela leur est possible, contre toutes les mesures de protection des travailleurs européens.

Le Front national est arrivé en tête lors des élections européennes de 2014, obtenant près de 25 % des voix et passant de 3 à 24 représentants au Parlement européen. Depuis, le parti a changé de nom, une partie de ses députés l’ont quitté tout en continuant à siéger, comme Bruno Gollnish, Jean-Marie Le Pen ou Florian Philippot.

Marine Le Pen a de son côté abandonné son mandat européen pour devenir députée de l’Assemblée nationale en 2017. Aujourd’hui, 15 députés du Rassemblement national siègent à Strasbourg au sein du groupe appelé « Europe des nations et des libertés ».

L’extrême droite française s’y est alliée avec les élus italiens de la Ligue du Nord – le parti de Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien –, ceux du FPÖ autrichien, de l’Ukip britannique – qui ont fait campagne pour le Brexit – et du PVV néerlandais, ainsi qu’une poignée d’élus d’extrême droite belges, polonais ou allemand.

Pour le scrutin du 26 mai, le Rassemblement national (RN) est crédité de plus de 20 % d’intentions de votes. À jeu égal avec La République en marche (LREM), il pourrait faire élire une vingtaine de députés.

Ils rejoindront probablement la nouvelle alliance d’extrême droite en cours de constitution sous l’égide de la Ligue de Matteo Salvini : l’Alliance européenne des peuples et des nations (EAPN). Grâce à la montée de l’extrême droite presque partout en Europe, de l’AfD allemande au parti espagnol Vox, le groupe pourrait compter près de 90 sièges, contre 37 aujourd’hui (sur 751 sièges, la sortie du Royaume Uni de l’UE ayant été reportée.

Ce pôle des extrêmes droites deviendrait ainsi la quatrième force politique en Europe, après la droite conservatrice, les sociaux-démocrates, juste derrière le centre-droit néolibéral.

Égalité salariale entre hommes et femmes : Le RN vote contre

Ces deux dernières années, les élus du RN ont continué dans la même veine : ils votent systématiquement contre les mesures de protection des travailleurs, encore plus s’il s’agit de travailleuses.

En mars dernier, les députés européens doivent se prononcer sur une résolution en faveur de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes dans l’UE. Dans les faits, il s’agit d’en finir avec les écarts de salaire injustifiés, à postes équivalents.

Le texte incite la Commission européenne à agir contre ces discriminations salariales par le biais d’une directive, et demande la création d’un observatoire européen de la violence sexiste. La résolution est adoptée. Mais les élus du FN votent contre, sauf Louis Aliot, absent.

Rachel Knaebel  15 mai 2019

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