Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Australie : la chasse aux immigrés (Lo)

Australie : la chasse aux immigrés (Lo) dans Antiracisme cgrn25l

Trente et un Africains sont morts noyés le 27 juillet avant d’atteindre l’île de Lampedusa, comme cela se produit régulièrement. Mais il n’y a pas qu’en Méditerranée que les migrants venus de pays pauvres sont refoulés, parfois violemment, ni que des migrants périssent avant d’atteindre les côtes de pays leur apparaissant comme un Eldorado.

Au large de l’Australie, de tels drames se produisent également. Dans ce pays, à deux mois des élections et en difficulté dans les sondages, le gouvernement travailliste vient d’annoncer un renforcement des mesures anti-immigrés. Ceux qui arrivent à débarquer sur le territoire australien seront dorénavant renvoyés vers des centres de rétention en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a annoncé le Premier ministre vendredi 19 juillet. Apprenant la nouvelle, des migrants détenus au centre de rétention de Nauru, une île sous tutelle de l’Australie, se sont révoltés et échappés.

Comme les pays européens, l’Australie attire des pauvres de divers pays en quête d’un avenir meilleur. Il s’agit surtout d’Iraniens, d’Irakiens, de Sri-Lankais, d’Afghans ou de Pakistanais. Beaucoup passent par l’Indonésie pour gagner les côtes australiennes, dont celles de la petite île Christmas. Les morts sont nombreux, du fait de la vétusté des embarcations. Depuis le début de l’année, 15 000  de- mandeurs d’asile seraient parvenus en Australie, un pays de 22 millions d’habitants, grand comme quinze fois la France, donc largement sous-peuplé ! Le gouvernement prend ces mesures anti-immigrés par pure démagogie électoraliste, face à une opposition de droite qui le taxe de laxisme. Mais fort de sa fibre travailliste, le gouvernement pousse l’hypocrisie jusqu’à présenter ses mesures, telles les primes pouvant aller jusqu’à 140 000 euros pour la dénonciation de passeurs, comme ayant un caractère humanitaire, puisque visant à éviter les morts de migrants. Personne n’est dupe et Amnesty International a justement dénoncé « le jour où l’Australie a décidé de tourner le dos aux plus vulnérables de la planète ». Frédéric GESROL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2349&id=31

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Ces OGM méconnus que la France produit par millions (Terraeco)

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Décryptage – Des plantes génétiquement modifiées sont produites en France en grande quantité depuis plusieurs années, mais n’ont pas à respecter la législation sur les OGM. Explications.Certains OGM se cachent-ils sous une fausse identité ? Oui, d’après neuf associations qui ont adressé en début de semaine une lettre ouverte à Stéphane Le Foll. Entrainées par la Confédération paysanne, l’Union des apiculteurs de France et les Amis de la Terre, elles pointent du doigt le développement de variétés tolérantes aux herbicides (VTH), qu’elles considèrent être des « OGM cachés ». Le ministre de l’Agriculture leur a répondu que ces variétés ont subit des « mutations de gènes sans qu’il y ait de gènes rapportés » et ne sont donc pas des OGM. Terra eco décrypte cette querelle de langage lourde de conséquence.

  • Comment sont produits ces « vrais-faux » OGM ?

Par la mutagenèse, qui est une technique permettant les mutations génétiques. C’est à l’origine un phénomène naturel : « Dès les formes primitives de l’agriculture, les plantes différentes (ou mutantes) ont été recherchées. Les premiers agriculteurs ont sélectionné, à l’intérieur de la diversité des espèces, les individus qui avaient des caractères particuliers », indique sur son site le Cetiom, le Centre technique interprofessionnel des oléagineux. « C’est le cas des carottes, rappelle Olivier Le Gall, directeur général délégué aux affaires scientifiques de l’Inra, l’Institut national de recherche agronomique. Jusqu’à la Renaissance, les carottes étaient blanches comme des panais. Mais des mutants spontanés, orange, ont été trouvés dans un champ. Les agriculteurs néerlandais l’ont sélectionné en l’honneur de leur prince d’Orange, et c’est désormais la seule couleur qu’on connaisse à la carotte ». C’est ainsi à la suite de la mutation naturelle d’un tournesol sauvage, devenu résistant à un herbicide répandu sur le soja, que l’entreprise BASF a développé une VTH « naturelle » sous l’appellation Clearfield, et qui est cultivée en France.

Mais les mutations pointées du doigt ne sont pas naturelles mais bien provoquées. Il s’agit, dans le cas qui nous occupe, d’introduire intentionnellement un « trait » de tolérance à un herbicide donné dans le génome d’une plante. Actuellement en France, le tournesol (autre que Clearfield) et le colza sont les seules VTH commercialisées. On les a obtenues grâce à des agents mutagènes, soit chimiques, soit physiques (rayons X, gamma, à neutrons rapides). Ces agents sont dirigés de manière à induire une cassure précise dans le gène ciblé. « C’est la réparation erronée de l’ADN qui provoque la mutation », explique Yves Dessaux, directeur de recherche à l’Institut des sciences du végétal (CNRS) et co-auteur d’une expertise collective Inra-CNRS publiée en 2011 sur les effets agronomiques, environnementaux et socio-économiques des variétés végétales tolérantes aux herbicides [1]. Il explique que cette technique « ne crée pas de nouveaux mécanismes de mutation mais ne fait qu’accélérer des mutations qui se seraient produites naturellement, notamment à cause des UV des rayons solaires ».

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  • Pourquoi en parle-t-on maintenant ?

Ce n’est pas la première fois que les ONG signataires de la lettre alertent sur ces variétés artificiellement mutées. Elles protestent depuis 2010, quand les premiers tournesols rendus tolérants aux herbicides (TH) ont été semés. En dépit de quelques opérations de fauchage volontaire, ces tournesols représentent aujourd’hui environ 10% de la production hexagonale. D’ici quelques semaines, c’est le colza que les agriculteurs français vont semer. Pour la première fois, un certain nombre d’entre eux vont épandre des graines d’une variété rendue tolérante aux herbicides. D’où cette lettre.

  • S’agit-il d’OGM ?

Non, dit clairement la FNSEA (communiqué presse). Car par « OGM », le principal syndicat d’agriculteurs entend uniquement les organismes obtenus à partir de la technique de la transgenèse, soit l’introduction d’un ADN provenant d’une autre espèce. C’était aussi le sens des propos de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, quand il a déclaré, le 30 juillet dernier : « Il faut être précis : ce ne sont pas des OGM mais de la mutagenèse ». Toutefois la directive européenne 2001/18/CE en a une autre lecture. Elle considère bien la mutagenèse comme une technique de modification génétique, donc comme un OGM, qu’elle définit en ces termes : « un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». « Dire comme le font les ONG qu’il s’agit d’OGM ’cachés’ n’est donc pas pertinent puisque oui, ce sont bien des OGM, ce dont la directive ne se cache pas », explique Yves Dessaux. Cependant, la réglementation européenne place les organismes obtenus par mutagenèse hors de son champ d’application. Les plantes issues de cette technique sont donc exemptées des obligations que doivent satisfaire celles obtenues par transgenèse en matière d’évaluation, d’autorisation de mise sur le marché, de traçabilité et d’étiquetage.

Pourquoi ? Corinne Lepage, eurodéputée européenne, a son explication : « Les fabricants d’OGM ont réussi à mettre tout le focus sur la transgenèse, de manière à obtenir de la réglementation qu’elle passe complètement à côté de la mutagenèse. En gros, ils se sont laissés un champ d’action, une porte de sortie ». Yves Dessaux avance une autre raison : « la technique de la mutagenèse est utilisée depuis les années 30, bien avant l’adoption de la directive en 2001. Aujourd’hui, plus de 2200 lignées végétales et 175 espèces – dont les trois-quarts sont destinées à l’alimentation -, sont issues de mutagenèse induite. L’orge qui entre dans la composition du muesli ou de la bière, est issu d’une lignée obtenue par mutagenèse, donc est OGM ! Si on faisait rentrer ces lignées dans le champ d’application de la directive sur les OGM, il faudrait revoir entièrement toute notre alimentation. » Olivier Le Gall, de l’Inra, est d’accord : « il n’y a pas lieu d’appliquer les mêmes restrictions qu’aux transgènes ».

  • Est-ce grave de ne pas les traiter comme des OGM en bonne et due forme ?

Oui, estime Guy Kastler, de la Confédération paysanne. « Les mutations dirigées peuvent provoquer des effets non intentionnels et entrainer des recombinaisons génétiques non prévues. Et rien de cela n’est étudié ! », déplore-t-il. Il pointe également les risques de contamination des parcelles voisines de celles où des VTH sont cultivées, notamment pour le colza, qui se disperse à des kilomètres à la ronde. « Et comme ce sont des variétés brevetées, il se pourrait bien qu’un agriculteur qui se retrouve contre sa volonté voire à son insu avec du tournesol ou du colza TH sur sa parcelle, doive payer des redevances aux fabricants ! », gronde-t-il. Pire, estime Yves Dessaux, « Ces VTH, pulvérisées de désherbant, contiendront forcément des résidus d’herbicides, malgré la réglementation mise en place qui vise à diminuer au maximum l’accumulation dans la plante. Mais dans quelle proportion ? Et avec quels effets sur la santé ? » La question reste ouverte. On connait bien en revanche les effets sur l’environnement : apparition de résistances aux herbicides des adventices, d’où le besoin d’épandre de nouvelles molécules en supplément, et donc d’augmenter les quantités de produits phytosanitaires ; pollution des eaux, des sols ; disparition dans les parcelles d’espèces diversifiées que les abeilles venaient butiner.

  • Que peut faire le ministère de l’Agriculture ?

A quelques semaines des semis de colza, et alors que les agriculteurs ont déjà acheté leurs graines, pas grand chose. Et même si ces variétés de tournesol et de colza TH ne sont pas inscrites au catalogue français des variétés, elles sont répertoriées dans le catalogue européen. Donc « le ministre est un peu coincé. Sauf à démontrer un risque immédiat et majeur pour la santé, il ne peut pas interdire ces VTH, puisque l’Europe les autorise. Même si ce n’est pas dans l’esprit de l’agroécologie qu’il souhaite développer », estime Yves Dessaux. Passer en force provoquerait l’ire des agriculteurs, qui voient dans cette technique un moyen de faciliter leur travail : l’herbicide peut être pulvérisé une fois que les semis ont levé, et sans risque de diminuer les rendements, puisque seuls les adventices réagissent au produit… du moins avant d’y résister.

[1] M. Beckert, Y. Dessaux, C. Charlier, H. Darmency, C. Richard, I. Savini, A. Tibi (éditeurs), 2011. Les variétés végétales tolérantes aux herbicides. Effets agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, CNRS-INRA (France)

http://www.terraeco.net/Ces-OGM-meconnus-que-la-France,50776.html

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

La justice chilienne enterre les mineurs une seconde fois (LO)

La justice chilienne enterre les mineurs une seconde fois (LO) dans International

La plainte des 33 mineurs chiliens contre les propriétaires de la mine dans laquelle ils étaient restés bloqués 69 jours à la suite d’un éboulement, a été classée sans suite par la justice chilienne. « Il n’y a pas d’élément pour soutenir une quelconque accusation », a déclaré le procureur d’Atacama. Un scandale, puisque l’entreprise minière n’a jamais pris les mesures de sécurité requises, comme par exemple une échelle dans la cheminée de ventilation, ce qui aurait permis aux mineurs de sortir de la mine après l’accident.

Au Chili comme partout, la justice est du côté des patrons.

http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/breves/#6

Chili : la colère des mineurs de Copiapo

Il y a exactement trois ans, le 5 août 2010, la mine d’or et de cuivre de Copiapo au Chili s’effondrait sur 33 mineurs, les enterrant pendant 69 jours. À l’époque, le sort de ces travailleurs et leur sauvetage avaient ému le monde entier et toutes les télévisions avaient fêté leur libération.

Trois ans après, c’est dans l’indifférence la plus totale que la plainte que les mineurs avaient intentée contre l’État et les propriétaires a été classée sans suite. Pourtant, lors de leur libération, le président de l’État chilien Sebastian Pinera, homme d’affaires milliardaire, avait clamé haut et fort qu’il engagerait des poursuites contre les responsables, s’engageant à améliorer les conditions d’exploitation des mines. Dis- tribuant à qui mieux mieux des morceaux de roches provenant de la mine, il s’efforçait toute honte bue de se forger une popularité sur le drame de ces mineurs.

Trois ans après, à l’issue de ce procès, l’un des mineurs confiait : « Ils m’ont enterré une seconde fois. »... sous des montagnes de papier, pourrait-on ajouter, puisque le ministère public défend le sérieux de ses investigations en se vantant des 112 tomes et des 20000  pages de dossier, mais sa conclusion est un véritable déni de justice. Toutes les preuves, au premier jour, accusaient les propriétaires de la mine ainsi que l’État, principal client et à ce titre coresponsable de la catastrophe. Cette mine avait été fermée en 2007 suite à un accident mortel. Elle avait été rouverte en 2008, de manière irrégulière selon un géologue, car les conditions structurelles avaient été radicalement modifiées par le premier accident. Mais ce sont bien les services de l’État qui ont délivré le permis d’exploitation, alors que les mises aux normes exigées, la ventilation et les galeries de secours n’ont jamais été réalisées. Cet « oubli » a pourtant été la cause principale du drame puisque les mineurs, lors de l’éboulement, n’ont disposé d’aucune sortie de secours.

Les mineurs réclament à l’État 500 000 dollars chacun, soit 376 000 euros. Pour ces rescapés, le retour à la vie normale ne s’est pas fait sans difficulté : seuls quatre d’entre eux sont retournés à la mine, d’autres ont monté un commerce avec les 10 000 dollars accordés par un millionnaire chilien en mal de publicité. Les autres vivotent tant bien que mal, en essayant de surmonter leur traumatisme. Quant aux propriétaires de la mine, ils sont sortis revigorés du procès, prêts à demander des comptes à l’État qui « avait eu le culot », d’après eux, de leur faire supporter 25 % des frais de sauvetage des mineurs. Ces mêmes propriétaires s’étaient dès l’accident présentés comme des victimes, arguant être de petits patrons en difficulté, peinant, après cet accident, à payer les salaires. Ces vautours sortent pour l’instant vainqueurs du procès mais les mineurs ne comptent pas en rester là : leur porte-parole Luis Urzua a annoncé leur intention de faire appel et de saisir l’Orga- nisation internationale du travail (OIT), en ajoutant : « Nous ne nous battons pas pour l’argent mais pour l’exemple ! » Aline URBAIN

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2349&id=30

07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Permanence de la révolution (6)

NPA

Permanence de la révolution (6) dans NPA revolutions

« L’idée d’une autre société est devenue presque impossible à penser, et d’ailleurs personne n’avance sur le sujet, dans le monde aujourd’hui, même l’esquisse d’un concept neuf. Nous voilà condamnés à vivre dans le monde où nous vivons.» écrivait François Furet (1), enterrant ses propres illusions lorsqu’il troquait son conformisme stalinien pour le nouvel air du temps, la soumission au libéralisme. Ces deux dernières années apportent un flagrant démenti à cette idéologie de soumission !
L’idée de révolution, d’intervention des travailleurs et des peuples sur le terrain où se décide leur propre sort, est à nouveau une idée neuve, jeune ! Nous sommes condamnés à penser l’avenir. Des caricatures staliniennes ou maoïstes, il ne reste que des ruines sur lesquelles prospère le libéralisme sauvage. Les travailleurs, les classes populaires ont commencé à écrire une nouvelle page des luttes d’émancipation, et il nous faut adopter le regard de la jeunesse, plutôt que de répéter des formules toutes faites héritées du passé.
Penser un monde en plein bouleversement en nous appropriant cette idée de Marx selon laquelle « le communisme n’est pas un état de cho- ses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état de choses existant ». Notre politique s’inscrit dans ce mouvement, y participe de l’intérieur, y trouve son propre programme, ses propres objectifs et perspectives.

Un mouvement s’affirme Au final, les échecs du passé renvoient à une immaturité des conditions objectives, tant matérielles que cul- turelles. Les révolutions du début du siècle précédent avaient ouvert la voie mais elles ont été étouffées. Les décennies qui ont suivi ont bou- leversé le monde : de gigantesques progrès ont été accomplis sous la domination du capital qui les retourne contre leurs acteurs, les pro- létaires du monde entier, pour tenter de les asservir. « Étant donné la prospérité générale où les forces productives de la société bourgeoise se développent aussi surabondamment que le permettent somme toute les conditions bourgeoises, il ne peut être question d’une révolution. Une telle révolution n’est possible que dans les périodes où ces deux facteurs, les forces productives modernes, et les formes de production bourgeoises, entrent en conflit les unes avec les autres […] Une nouvelle révolution n’est possible qu’en conséquence d’une nouvelle crise. Mais l’une est aussi certaine que l’autre », écrivait Marx dans les Luttes de classes en France.

Les mêmes contradictions produisent aujourd’hui les mêmes effets, à une échelle bien plus large, mondiale, globale. La vague révolutionnaire qui secoue actuellement le monde arabe, ses échos dans les luttes à travers le monde, indiquent que les conditions objectives d’une nouvelle période révolutionnaire mûrissent à travers la concurrence généralisée à l’échelle de la planète. Cette concurrence qui prolétarise des millions de paysans, en ouvrant les frontières, développe les relations internationales, les transports, les nouvelles tech- nologies, et porte les contradictions du capitalisme à un niveau d’exacerbation jamais atteint.

Un programme s’écrit Un mouvement irréversible est engagé. Il connaîtra des hauts et des bas, des victoires et des défaites, de lentes ­accumulations de forces puis de brusques accélérations, des explosions, mais notre stratégie doit s’inscrire dans cette nouvelle période. Dans son affrontement avec l’oligarchie financière, ce mouvement écrit son propre programme.
«  Ce que nous avons tous en commun, c’est que nous sommes les 99 % qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1 % res- tants », écrivaient ceux qui rêvaient de faire de Manhattan une place Tahrir alors que les Indignés de la Puerta Del Sol, à Madrid, exigeaient « une démocratie réelle maintenant ! »

  Les convergences, les solidarités qui se forgent au mépris des frontières expriment les aspirations unificatrices pour en finir avec la dictature des 1 %. Les aspirations au bien-être, le droit à un travail, un logement, à la culture sont indissolublement liées à l’exigence démocratique.
« Non à l’austérité », « annulation de la dette », « aux peuples de décider » deviennent des mots d’ordre quasi universels, ainsi que les exigences écologiques qui donnent au besoin d’une gouvernance mondiale, à celui d’une planification démocratique, un contenu évident, tant il est vrai qu’il n’y a pas de réponse locale ou partielle à la crise écologique planétaire.
Au cœur de cette soif d’égalité, s’affirme la lutte des femmes pour l’égalité, force vivante et motrice des mouvements, avec en corollaire le rejet de tous les intégrismes, l’exigence d’une liberté réelle maintenant.

Une page se tourne Encore balbutiant, en rupture avec les vieilles forces politiques, le mouvement n’a pas eu le temps, la force, les moyens, de construire un programme politique, de forger son instrument, démocratique, révolutionnaire, pour la transformation de la so- ciété. Il a devant lui un vaste chantier théorique et pratique, la question des chemins du pouvoir qui se pose en des termes totalement nou- veaux. Nous sommes toutes et tous appeléEs à y prendre notre place.
Loin des schémas tout faits, la révolution poursuit son œuvre, dressant ses adversaires les uns contre les autres pour mieux déblayer son propre chemin, l’auto-organisation des exploitéEs prenant leurs affaires en main. Elle accumule des expériences, gagne des positions dans les syndicats, les associations, les institutions elles-mêmes. Elle ne se fixe aucune limite ni barrière pour mieux se préparer à la conquête de la démocratie.

Yvan Lemaitre
1- François Furet, le Passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au XXe siècle

http://npa2009.org/node/38413

07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Vieira do Minho: Convivialité, travail et débat entre féministes en autogestion (SG)

Vieira do Minho: Convivialité, travail et débat entre féministes en autogestion (SG) dans Europe 2013rencontreiternationale

Les féministes de plus de 10 pays se réunissent cette semaine à Vieira do Minho au 3è Camp Européen des femmes, organisé par la Marche Mondiale des femmes. Cette rencontre  est le fruit d’une collaboration entre  galiciennes et portugaises. Leur deux  coordinations nationales qui font la même analyse de la réalité politique et sociale dans les deux pays, ont participé dès le début  à la « Campagne européenne contre les politiques d’austérité », développée dans plus de 10 pays,  sous le thème: «La dette des gouvernements, c’est envers les femmes et pas envers banques! ».

Autogérées Les politiques d’austérité, les droits sexuels et reproductifs, la légitime défense féministe ou la conscience de son propre corps et la sexualité féminine,  sont les sujets qui seront abordés. Parallèlement des ateliers de discussion se tiendront sur les  textes que la Marche Mondiale des femmes adoptera lors de sa 9è réunion internationale qui se tiendra du 25 au 31 Août à Sao Paulo (Brésil). Le 3è camp est un espace de femmes, autogéré, dans laquelle les participantes sont responsables des différents repas, de la préservation de l’environnement naturel où il se déroule et ou elles s’organisent pour que les diverses tâches soient le plus conviviales possible pendant ces 8 jours.

http://www.sermosgaliza.com/artigo/social/feministas-todos-paises-unidevos-vieira-do-minho/20130806201003017951.html

07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Linky, compteur électrique dit « intelligent »… pour berner les gogos (Odn)

Linky, compteur électrique dit « intelligent »... pour berner les gogos (Odn) dans Ecologie & climat arton7597-47ac3

Il paraît que, pour économiser l’électricité, nous avons besoin d’un compteur, prétendu « intelligent », pour nous dire comment faire. Il s’agit là d’une des plus gigantesques âneries inventées par le lobby de l’atome. En effet, pour économiser l’électricité, il faut éteindre la lumière dans les pièces inoccupées et déconnecter les appareils en veille. Mieux : il faut limiter le nombre d’appareils électriques qui ont au contraire tendance à se multiplier ces dernières années (box, chargeurs de téléphones, etc).
Au besoin, il faut faire évaluer par un technicien la consommation des appareils électroménagers car certains ont des consommations insensées et méritent d’être remplacés… ou simplement éliminés. En résumé, pour économiser l’électricité, il suffit juste… d’économiser l’électricité ! Pas besoin d’un compteur (intelligent ou stupide). De bonnes campagnes d’information et de formation dans les médias et les écoles auraient d’ailleurs des effets très importants sur la consommation d’énergie.
Cela a d’ailleurs été expérimenté dans les années 70 : loin d’être une blague, la fameuse « chasse au gaspi » avait commencé à donner d’excellents résultats et… a de fait rapidement été stoppée : pour assurer leurs profits, les dirigeants politiques et industriels ont besoin d’une population qui consomme et gaspille !
Mais, s’il ne sert pas à économiser l’électricité, quelle peut être la « justification » de Linky ? En premier lieu, assurer les profits des industriels qui vont construire des millions d’exemplaires de ce machin.  Ensuite, permettre à EDF de supprimer des milliers d’emplois : il n’y aura plus besoin qu’un agent passe chez les gens pour relever la consommation ou couper le courant des « mauvais payeurs », d’autant que ces salariés ont parfois des comportements « inadmissibles », c’est à dire simplement humains, comme ne pas couper l’électricité d’une famille en détresse. Cela va changer : un peu comme les drones permettent aux américains de tuer des afghans (terroristes ou non) depuis un bureau des USA (cf http://bit.ly/W6yyek ), l’électricité sera coupée à distance grâce à Linky, et sans états d’âme. Mais il y a bien pire : Linky est aussi un mouchard qui va récolter des milliers de données sur vous et vos comportements. Bien sûr, au départ, on nous donnera l’assurance « absolue » que ces données ne seront pas exploitées à des fins commerciales. Plus tard, elles le seront bien entendu, mais aussi à des fins policières : big brother sera chez vous.
Enfin, cerise sur le gâteau, Linky va émettre de puissantes ondes wi-fi qui vont démultiplier cette véritable pollution dont sont malades de plus en plus de gens (les «EHS», Electro Hyper Sensible, voir des témoignages par exemple ici : http://bit.ly/11Hr20U ). Alors que faire ? Chacun doit commencer à réfléchir à son positionnement pour le jour où une entreprise (probablement un sous-traitant d’EDF ou de ERDF) se présentera en disant « Bonjour, je viens remplacer votre vieux compteur électrique par un compteur tout neuf et intelligent ».
Le poing dans la figure ou même le coup de fusil serait bien justifié… mais contre les responsables de ce programme criminel, pas contre le pauvre gars envoyé faire le sale boulot. Il faut donc regarder de quelle façon il sera possible de refuser ce changement de compteur, ou alors comment l’entourer d’une « cage de faraday » pour stopper les ondes magnétiques qu’il émettra, et vous protéger ainsi sur le plan sanitaire et sur celui du respect de votre vie privée. Affaire explosive à suivre de près…
Les compteurs seront très verts
Canard enchaîné, 17 juillet 2013 :
http://bit.ly/19kovhN 

Un nouveau compteur électrique trop « intelligent » pour être honnête
Politis, 10 juillet 2013 :
http://bit.ly/12hP3ZD
Stop US and Worldwide Smart Grid
Pétition en ligne :
http://bit.ly/1748WEY
Linky: 3 millions de compteurs intelligents installés d’ici 2016
AFP, 9 juillet 2013 :
http://bit.ly/19lZKlo 
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07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Le lobby nucléaire se réjouit de nous avoir piégé (Odn)

Le lobby nucléaire se réjouit de nous avoir piégé (Odn) dans Ecologie & climat 27a26743654017b3ce3f51dd340bbe3c

Nous avons évoqué dernièrement le cas de la centrale nucléaire de San Onofre (Californie), fermée par son propriétaire tant elle était dans un état déplorable après 40 ans de mauvais service. Aujourd’hui, par l’intermédiaire de son agence de presse World nuclear news, le lobby nucléaire mondial (la World nuclear association) se réjouit des difficultés d’approvisionnement électrique rencontrées par la Californie.

Oui, il faut le dire, sortir du nucléaire est difficile… mais ce n’est absolument pas parce que le nucléaire serait indispensable ou incontournable. Simplement, lorsqu’une puissante source centralisée de production d’électricité cesse de fonctionner et que rien n’a été prévu pour prendre la suite, il y a inévitablement des problèmes. On retrouve la même problématique dans tous les pays nucléarisés lorsque des fermetures de centrales nucléaires sont décidées ou même simplement envisagées.
C’est donc ce qui se passe en Californie, bien que la fermeture de la centrale nucléaire de San Onofre soit totalement justifiée. Le lobby nucléaire se réjouit donc du « prix à payer » pour cette fermeture. C’est du niveau de la cour de récré : « Bien fait pour vous, fallait pas fermer la centrale, na ! ». Mais voilà : le nucléaire coûte très cher dans les deux cas, qu’on laisse fonctionner une centrale ou qu’on l’arrête. Du coup, autant l’arrêter…  Paying the price for San Onofre nuclear power plant closure WNA, 25 juillet 2013 : http://bit.ly/12OazFD

07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Menez Hom, une marche contre l’arme nucléaire (LT)

Menez Hom, une marche contre l'arme nucléaire (LT) dans Antimilitarisme marchemenezhom2008

Comme chaque année, pour commémorer la tragédie de Hiroshima et Nagasaki, le Mouvement de la Paix des comités de Brest et Morlaix organise une randonnée jusqu’au sommet du Menez-Hom, entre Châteaulin et Crozon. Le mot d’ordre : l’abolition des armes nucléaires. Les comités « exigent la rédaction d’un traité d’interdiction des armes nucléaires, à l’image de ceux qui ont déjà été obtenus sur les autres armes de destruction massive (chimiques, bactériologiques, mines antipersonnel, etc.) ». La marche s’ébranlera samedi, à 11 h, de Sainte-Marie du Menez-Hom (environ une heure de marche) avec, à 12 h, un dépôt de fleurs au sommet. 7 août 2013

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/menez-hom-une-marche-contre-l-arme-nucleaire-07-08-2013-2195171.php

07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Terreur atomique

Terreur atomique  dans Antiimpérialisme hiroshimaart

Il y a 60 ans, par les bombardements nucléaires des villes japonaises d’Hiroshima, le 6 août 1945, et de Nagasaki, le 9, les États-Unis ont voulu faire connaître aux peuples du monde entier la terrible capacité de destruction de leur nouvelle arme.

Le jour même de la destruction de Nagasaki, le 9 août 1945, le président des États-Unis, Truman, qui venait de succéder à Roosevelt, déclarait à la radio : « Nous sortons de cette guerre la nation la plus puissante du monde, la nation la plus puissante peut-être de toute l’histoire. » Au- jourd’hui, aux États-Unis, le débat sur les raisons de l’utilisation de la bombe atomique est encore censuré. Seule y prévaut la vérité officielle : il se serait agi d’amener le Japon à capituler le plus rapidement possible, pour épargner la vie de centaines de milliers de soldats étatsuniens.

Que la destruction quasi instantanée de deux villes d’importance, chacune sous l’effet d’une seule bombe, ait accéléré la capitulation du Japon ne peut être mis en doute. Que soit ainsi mis fin à la guerre qui continuait dans le Pacifique, trois mois après la capitulation allemande, non plus. Mais il est aussi certain que le Japon s’apprêtait à capituler et qu’il l’aurait fait avant si les alliés, réunis à la conférence de Potsdam au milieu du mois de juillet, n’avaient pas exigé de lui une « reddition sans condition ». Il n’avait plus, de toute façon, les moyens de continuer la guerre, après la destruction de ses forces aéronavales et les bombardements intensifs qui avaient détruit ses villes les plus importantes.

En réalité, les États-Unis étaient déterminés à utiliser les deux bombes atomiques qui venaient tout juste d’être mises au point pour en imposer l’utilisation au monde et être les seuls vainqueurs dans le Pacifique. Le 9 août, en effet, trois mois après la capitulation de l’Allemagne, comme l’avait prévu la conférence de Yalta en février de la même année, l’Urss devait déclarer la guerre au Ja- pon. Les États-Unis ne voulaient pas d’un partage de cette partie de l’Asie, comme ils avaient dû y consentir en Europe de l’Est.

Le 17 juillet 1945, en pleine conférence de Potsdam, Truman reçut un télégramme, « Babies Satisfactorily Born » (« Les bé- bés sont bien nés »), qui l’informait du succès de la première explosion atomique expérimentale aux États-Unis. Le projet Manhattan qui, depuis septembre 1942, mobilisait des milliers de scientifiques et avait donné lieu à la construction de deux énormes complexes industriels destinés à produire, l’un de l’uranium enrichi, l’autre du plutonium, venait d’aboutir. Aussitôt, un ultimatum fut adressé au Japon, le sommant de se rendre sous peine d’une «prompte et totale destruction ».

Terroriser la population Trois semaines plus tard, une bombe de chaque type était lancée sur Hiroshima (bombe à l’uranium 235) et sur Nagasaki (bombe au plutonium). Pour qu’on pût voir les effets de la nouvelle arme, ces deux cités industrielles avaient été épargnées par les bombardements que menaient de façon intensive les Superfortress (B-29) que la puissante industrie américaine fabriquait à plein régime. Le 9 mars, Tokyo avait été détruite à 60 % par un raid de ces B-29 équipés de bombes incendiaires et explosives, 84 000 habitants y avaient trouvé la mort. Une centaine de villes furent ainsi bombardées et un quart des villes japonaises détruites à 50 %. Au Japon, comme en Allemagne un an auparavant, ces bombardements visant sciemment les civils des cités industrielles avaient pour objectif de terroriser la population afin d’empêcher toute tentative de soulèvement, une fois le régime en place défait. La guerre dite « de libération » n’était en fait qu’une guerre entre impérialismes pour le repartage du monde et leur mainmise sur les peuples. Mais là où des centaines de bombes « classiques » avaient été nécessaires, une seule bombe atomique suffit.

Le 6 août, à 8 heures 15, la bombe est lâchée au-dessus d’Hiroshima. Elle explose 45 secondes plus tard. Le principe en repose sur la transformation de la matière en énergie, qui se libère sous trois formes différentes : énergie thermique, onde de choc et effet de souffle, ra- diations nucléaires. La première, qui se manifeste sous la forme d’une boule de feu d’environ un kilomètre de rayon et de plusieurs millions de degrés, puis d’une onde thermique se propageant à la vitesse de la lumière, brûle tout sur son passage : les corps humains sont pulvérisés, entièrement carbonisés et la ville entière s’embrase dans la demi-heure. L’onde de choc entraîne l’effondrement des bâtiments ; l’effet de souffle fait éclater les poumons et provoque lésions et fractures. Les radiations nucléaires entraînent la mort immédiate jusqu’à un kilomètre de distance, et une mort plus lente, plus loin, sous l’effet de ce qui apparut à l’époque comme un mystérieux « mal des rayons ». Selon les esti- mations, la bombe d’Hiroshima a tué, à la fin de l’année 1945, 140 000 personnes, celle de Nagasaki, 70 000, et des dizaines de milliers de blessés ont succombé les années suivantes.

Socialisme ou barbarie Les États-Unis venaient de faire savoir au monde quelle terrible puissance de destruction ils étaient désormais capables de lancer contre les peuples, et ils firent cyniquement de cette menace terroriste, au lendemain du cataclysme d’Hiroshima et de Nagasaki, un argument pour la paix, alors que s’engageaient des guerres meurtrières destinées à empêcher les peuples de se libérer du joug colonial et impérialiste. La course à l’arme atomique s’est dès lors poursuivie, plusieurs États entrant en sa possession. En 1954, la première bombe H, de capacité mille fois supérieure à la bombe d’Hiroshima, fut expérimentée.

L’effondrement de l’Urss a fait disparaître l’argument fallacieux de « l’équilibre de la terreur », qui était censé garantir la paix au monde. Ce qui a disparu en réalité, c’est le prétexte de la lutte contre le « totalitarisme communiste », sous couvert duquel l’impérialisme me- nait sa guerre contre les peuples, en même temps que son complice, la bureaucratie soviétique, dans le maintien de l’ordre mondial.

Aujourd’hui, c’est la «lutte contre le terrorisme» qui sert d’argument à un développement inégalé du militarisme. L’objectif, comme hier, est la mainmise des trusts impérialistes sur les ressources de la planète, l’accaparement des fruits du travail humain, dans le prolongement de la concurrence capitaliste. En 2002, dans le cadre de leur redéploiement militaire à la suite des attentats du 11 Septembre, les États-Unis ont révisé leur doctrine nucléaire, l’arme atomique cessant d’être considérée comme le dernier recours. À cet effet, les mini-nuke (« mini-bombes ») ont été mises au point. Leur puissance équivaut à celle de… 22 bombes d’Hiroshima. Socialisme ou barbarie ! L’alternative est plus que jamais d’actualité. Galia Trépère Rouge2121, 22/07/2005

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=1388

07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Mythes et mensonges sur Hiroshima et Nagasaki (1)

Mythes et mensonges sur Hiroshima et Nagasaki (1) dans Antiimpérialisme

Différentes thèses s’affrontent pour expliquer les motivations réelles du bombardement atomique d’Hiroshima et de Nagasaki (les 6 et 9 août 1945) par les États-Unis, les amenant ainsi à commettre un crime contre l’Humanité.

La polémique ne doit pas être considérée comme une simple querelle entre historiens: au-delà de la simple question du « pourquoi? », il y a toute l’implication qui se cache derrière la réponse. Implication très actuelle, car les États-Unis sont désormais la seule superpuissance ato- mique capable de frapper où que ce soit dans le monde et ils se doteront bientôt, avec le système de défense anti-missile, d’un outil capable de supprimer toute dissuasion nucléaire.

La thèse officielle, celle que tous les enfants étasuniens apprennent par coeur à l’école et qui, dernièrement encore, a été réaffirmée par le Sénat des États-Unis, explique que l’usage de la bombe atomique en 1945 a permis de précipiter la fin d’une guerre sanglante, de perdre moins d’argent et d’épargner des milliers de vies humaines. Le président Truman, qui prit la décision finale, affirma que son geste avait sauvé la vie de près de 250.000 « boys ». Après la guerre, dans ses « Mémoires », ce chiffre monta à 500.000 (1). D’autres ont été jusqu’à avancer des chiffres de l’ordre de 1… à 3 millions de vies épargnées! Selon les tenants de cette thèse, au cas où les troupes U.S auraient débarqué au Japon, les soldats nippons, fanatiques et partisans d’une guerre à outrance, auraient opposé une résistance suicidaire et jusqu’au-boutiste. De plus, les soldats japonais auraient été épaulés par des millions de civils tout autant fanatisés.

Cet argument est toujours repris actuellement par certains historiens: « Sans aucun doute (sic), la population civile défendra pied à pied le sol de la mère patrie. Les militaires lui confieront des explosifs, des pieux en bois. Tous les moyens seront bons pour tuer des ennemis ». Conclusion ? « Truman n’a pas le choix » (2). Le président Truman nous est ainsi souvent présenté comme un homme sensé, qui a pris une décision difficile mais juste. Et un historien bourgeois de nous le démontrer: « Des soldats américains mouraient par milliers chaque jour (?). L’apitoiement n’était pas de mise. Truman n’avait pas le choix. Sa décision lui a coûté ». (3). Il s’agit ici de l’argument « moral » de la thèse officielle qui accorde à la bombe atomique le mérite paradoxal d’avoir sauvé des vies humaines. Un autre argument nous dit que la bombe atomique a permis aux Japonais de comprendre la formidable capacité de destruction des États-Unis: « Nous détruirons complètement la puissance qui permet au Japon de poursuivre la guerre » menace Truman le 6 août 1945. Sachant cela, les Japonais n’auraient plus eu aucune raison de lutter. Autre élément corollaire; la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki, outre l’impact psychologique de l’événement, aurait permis à l’Empereur Hiro-Hito d’imposer honorablement la paix à ses chefs de guerre « jusqu’au-boutistes ».

Face à cette série de dogmes officiels, plusieurs historiens ont osé les démonter pièce par pièce. Le premier d’entre eux, Gar Alperovitz, politologue étasunien, soutient depuis 1965 que son pays a fait usage de la bombe pour faire peur à Staline, dont les « visées expansionnistes » menaçaient les intérêts (grandissants) des États-Unis dans le Sud-est asiatique et en Europe.

500.000…1.000.000? L’argument des 500.000 (ou plus) vies épargnées ne tient absolument pas debout. Un rapport des stratèges militaires américains prévoyant le coût humain d’une invasion du japon (prévue pour le 1er septembre 45) contient de tout autres chiffres. Rédigé par le Chef d’ Etat-Major, le général Marshall, et daté du 18 juin 1945, il estime avec précision les pertes américaines à… 46.000 hommes au maximum. (4). Ce rapport, qui n’a seulement été rendu public qu’en 1985, était adressé au président Truman, celui-ci a donc sciemment menti.

Les chiffres fantaisistes du président et consorts reposaient sur l’argument que les Japonais, civils et militaires, se battraient jusqu’à la mort. Or, pour ce qui est des soldats, ce fanatisme, réel à une certaine époque du conflit, commençait à se fissurer. Alors que durant les batailles précédentes les soldats japonais se faisaient tuer sur place plutôt que de se rendre, lors de l’importante bataille d’Okinawa au mois de juin 1945, plus de 7.000 d’entre eux se sont constitué prisonniers. Du jamais vu. Suivant en cela le code d’honneur militaire japonais, bon nombre d’officiers étaient effectivement des jusqu’au-boutistes, mais une bonne partie des hommes de troupe était fatiguée des combats.

Quant aux civils, l’argument est tout simplement absurde: le peuple japonais était totalement à bout après presque 13 années de guerre (d’abord avec la Chine, puis avec les Alliés): privations, misère, faim, souffrance et mort sous les tapis de bombes largués par les bombardiers américains (plus de 21 millions de Japonais ont été d’une façon ou d’une autre touchés par ces bombardements massifs), etc. Un tel peuple n’aspirait plus qu’à la paix et l’on peut difficilement se l’imaginer fonçant droit vers des chars étasuniens avec des « pieux en bois » (5).

La Bombe et le sacrifice d’Hiroshima et de Nagasaki ont-ils au moins permis de précipiter la fin de la guerre (d’au moins un an nous dit-on) en démontrant le potentiel destructif des États-Unis? Rien de plus faux. Le Japon avait déjà virtuellement perdu la guerre car il était tout bonnement matériellement incapable de la poursuivre. Le potentiel militaire nippon était pratiquement détruit: 90% des bâtiments de la marine de guerre et de la flotte marchande reposait au fond l’océan, ce qui, pour une île dépourvue de ressources et de matières premières stratégiques indispensable à l’industrie de guerre, comme le pétrole par exemple, équivalait à une agonie rapide.

L’aviation quant à elle ne comportait plus qu’un petit nombre de pilotes adolescents,  peu instruits (du fait du manque de carburant, l’instruction était réduite au-dessous du minimum) et désespérés. La plupart n’étaient d’ailleurs plus assignés qu’à des missions suicides « kamikazes » peu rentables militairement vu la supériorité matérielle des États-Unis.

Enfin, « La défense anti-aérienne s’était totalement effondrée » (6), ce qui explique la facilité avec laquelle des impressionnantes escadres de bombardiers US pénétraient dans le ciel nippon. Ces bombardements terroristes, aveugles et coûteux en vies humaines – c’était leur but ; celui de Tokyo du 9 mars 1945 a ainsi fait plus de 125.000 morts, soit plus de victimes directes qu’à Hiroshima! – avaient complè-tement déstructuré les entreprises et la machine de guerre japonaise. Tokyo était rasée à 50%, Yokohama, le principal port du pays, à 85%, Kobe à 56%. Quarante pour-cent des ouvriers avaient abandonné leur travail pour fuir la ville et ses bombardements. Résultat, l’activité indus- trielle des 5 grands centres nerveux japonais était annihilée à un taux de 80% (7). Imaginer dans ces conditions que le Japon pouvait encore soutenir le conflit pendant une année ou plus relève donc de la pure fantaisie. Par Ataulfo Riera le Jeudi, 05 Août 2010

Voir les notes: http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=637:mythes-et-mensonges-sur-hiroshima-et-nagasaki&option=com_content&Itemid=53

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