Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Flambée de faits divers dans les JT depuis dix ans (Acrimed)

Flambée de faits divers dans les JT depuis dix ans (Acrimed) dans Médias, culture detective2

En juin dernier, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) révélait dans son « baromètre thématique des JT » qu’entre 2003 et 2013, le nombre de sujets consacrés chaque année aux faits divers dans les journaux télévisés des grandes chaînes généralistes [1] avait connu une augmentation de 73 %.

Alors qu’ils représentaient 3,6% de l’offre globale d’information (1191 sujets) en 2003, les faits divers « pèsent » aujourd’hui 6,1% de cette offre (2062 sujets). Ce qui signifie plus concrètement qu’en moyenne, le nombre de faits divers traités chaque jour dans les JT, toutes chaînes confondues, est passé de 3 à 5. Encore ces chiffres ne donnent-ils aucune information sur la place qui leur est accordée dans les sommaires des JT et la hiérarchie de l’information, sur la durée qui leur est consacrée et sur les modalités de leur traitement.

Quoi qu’il en soit ce résultat chiffré correspond à ce que tout spectateur plus ou moins régulier du JT pouvait mesurer spontanément, et n’en demeure pas moins spectaculaire. D’ailleurs, la plupart des médias ne s’y sont pas trompés, relayant abondamment l’information comme… un fait divers (ainsi que nous l’avions relevé ici même pour les exemples les plus probants) ! Aucune tentative notable d’explication, aucune réflexion sur le sens à donner à cette évolution, aucun débat sur son bien fondé. Un silence d’autant plus surprenant que les journalistes, si prompts à revendiquer une mission démocratique, ne se privent jamais de passer au crible les pratiques des autres professions. Pourtant, il va sans dire que cette inflexion (dérive ?) éditoriale du principal canal d’information du plus grand nombre, recouvre des enjeux cruciaux.

Concurrence et diversion Ce quasi doublement depuis dix ans du nombre de faits divers traités dans les JT est un révélateur de la féroce concurrence que se livrent les chaînes pour l’audimat. La baisse des recettes publicitaires avec la crise économique, la multiplication des chaînes d’information en continu et des canaux d’information sur internet qui rendent les JT moins incontournables, la floraison des chaînes gratuites sur la TNT qui, tout en morcelant l’audience, en captent une part de moins en moins négligeable : tout concourt à accroître la pression concurrentielle sur les producteurs des journaux télévisés. Pour preuve, seules Arte et dans une moindre mesure Canal +, qui pour des raisons différentes ne sont pas en concurrence directe avec les autres chaînes, restent en retrait de cette fuite en avant « fait diversière ».

Alors que les questions internationales ou l’économie, notamment, feraient fuir les téléspectateurs vers des chaînes et des sujets réputés moins rébarbatifs, les faits divers auraient la vertu de retenir leur attention… D’ailleurs, M6 qui vise un public jeune, et France 3 qui joue la carte de la proximité, ont connu les plus fortes augmentations au cours de ces dix années. Les JT de TF1 et France 2, largement dominants en terme d’audience, se marquent de très près et la place qu’ils accordent aux faits divers évolue parallèlement sur la période, à un niveau très élevé – seule M6 en diffuse davantage.

Concurrence pour l’audience, donc. Mais une audience essentiellement quantitative (qui se préoccupe fort peu de la nature même de l’intérêt effectif porté aux informations) et instantanée (qui n’entend pas être renforcée sur une longue période). Dans ces conditions, l’information, pour fédérer les publics les plus larges, doit sinon les captiver, du moins éviter de les faire fuir. La plupart des faits divers répondent à cette exigence. Ce sont, comme le soulignait Pierre Bourdieu, des « faits omnibus », c’est-à-dire des « des faits pour tout le monde ». Ce sont, du moins pour nombre d’entre eux, des faits « qui ne divisent pas, qui font le consensus ». Comment, en effet, les publics pourraient-ils se partager entre les « pour » et les « contre », face à un grave accident ferroviaire (comme celui de Brétigny en cet été 2013), un braquage de banque (surtout s’il est filmé en vidéo…) ou le meurtre d’une enfant (comme la petite Fiona) ? À ce titre au moins, « les faits divers sont aussi des faits qui font diversion ».

« Aussi » : ce qui laisse entendre (mais il convient de le préciser très explicitement) qu’ils ne sont pas ou peuvent ne pas être que cela et qu’ils ne sont pas tous équivalents. Le nombre de « sujets » consacrés aux faits divers, notamment, ne suffit pas à analyser leur rôle. Malgré leur présence de plus en plus fréquente au sommaire des JT – et si l’on ne dispose pas données chiffrées pour l’étayer, tout porte à croire que cette évolution touche aussi la presse écrite dite « sérieuse » –, les faits divers demeurent très en retrait par rapport aux sujets de société, à l’information internationale, ou aux rubriques politique et économie. Ce qui est en cause, ce sont donc la place qui leur est donnée, l’importance qui leur est accordée et leur mode de traitement.

À propos de la place qu’ils occupent (« à la Une des journaux télévisés ») et, particulièrement de leur durée (du moins pour les plus futiles), Pierre Bourdieu, partant du constat que « le temps est une denrée extrêmement rare à la télévision », ajoute que « si l’on emploie des minutes si précieuses pour dire des choses si futiles, c’est que ces choses si futiles sont en fait très importantes dans la mesure où elles cachent des choses précieuses. […] Or en mettant l’accent sur les faits divers, en remplissant ce temps rare avec du vide, du rien ou du presque rien, on écarte les informations pertinentes que devrait posséder le citoyen pour exercer ses droits démocratiques. » [2]

C’est ainsi que dès lors que survient une péripétie dans la vie d’une célébrité (une naissance ou un mariage dans une famille royale, l’arrivée d’un footballeur célèbre dans un club français, etc.), un évènement catastrophique, tragique, ou quoi que ce soit qui excite la curiosité et le sens de l’audimat des responsables des rédactions, le retournement de la hiérarchie habituelle de l’information réduit à la portion congrue le reste de « l’actualité », quelle qu’elle soit.

Le mode de traitement des faits divers est également en cause : leur présentation superficielle (« sur un mode tel qu’ils ne touchent à rien d’important ») ou anecdotique (trois micros-trottoirs pour témoigner qu’un incendie est bien un incendie), d’une part ; leur mise en scène sensationnaliste, d’autre part, qui, dans une recherche permanente du « scoop », s’appesantit sur les aspects les plus sordides en s’adressant à l’émotion des téléspectateurs, brouille de ce fait toute tentative de réflexion et interdit finalement toute mise à distance ou en perspective de « l’évènement ».

Enfin, l’accumulation de faits divers à sens unique sur les actes de délinquance, rassemblés dans la catégorie journalistique d’« insécurité » est plus problématique encore. Les « atteintes aux personnes » d’une part, le « vandalisme » et les « bagarres collectives » que l’INA qualifie de « violences antisociales » (sic) d’autre part, représentaient ainsi en 2012 plus de 60 % de l’ensemble des faits divers traités dans les JT ; soit en moyenne près de 3 sujets par jour relatant agressions, meurtres, enlèvements, viols, etc.

La récurrence de ces sujets, leur cadrage a priori sur le sort des victimes et la désignation plus ou moins explicite et systématique de catégories de coupables (les bandes de jeunes des cités HLM) concourent à une construction médiatique du problème de l’insécurité dont les implications sont d’une autre importance que la seule question de la hiérarchie ou de la qualité de l’information… Ces faits divers, loin de « faire diversion », quittent ainsi régulièrement cette rubrique pour s’inviter au cœur de l’actualité et du débat politique où ils sont l’objet des pires instrumentalisations politiques.

Les faits divers autrement ? Leur mode de traitement et la place croissante qu’occupent les faits divers ne sauraient satisfaire celles et ceux pour qui l’information, en particulier politique, est un droit autant qu’un devoir du citoyen éclairé. Mais ce rapport à l’actualité et cet usage de l’information ne sont sans doute pas majoritaires… et ne le deviendront pas si l’on ne fait rien pour cela.

Encore faudrait-il qu’au mépris social latent des fournisseurs en gros de faits divers qui font diversion, ne réponde pas le mépris social dont une prétendue avant-garde cultivée et politisée accable les publics populaires de la télévision. De la part de ces téléspectateurs, les faits divers font l’objet d’interprétations qui excèdent largement le voyeurisme et le divertissement morbide que des commentaires pétris d’ethnocentrisme et d’arrogance de classe dénoncent sans comprendre.

Ainsi, Vincent Goulet, auteur en 2010 de Médias et classes populaires. Les usages ordinaires des informations [3], montre que l’attention prêtée aux « faits divers » dans les publics populaires ne peut être comprise sans tenir compte de la précarité de leurs conditions d’existence. En effet, les faits divers renvoient au rôle du hasard, des « coups du sort » ou des tragédies dans la vie quotidienne, auxquels celles et ceux qui éprouvent une incertitude matérielle et sociale sont particulièrement exposés, et donc sensibles. De la même façon, les accidents et les crimes dont sont victimes les enfants (qui représentaient en 2012, 30 % des faits divers relatés dans les JT), sont perçus de manière particulièrement exacerbée dans les milieux populaires où les enfants sont souvent le seul et le plus cher des biens, et le seul espoir d’améliorer sa condition.

Si ces grilles de perception des faits divers sont le produit de l’expérience pratique, du rapport à l’existence et au monde social des téléspectateurs issus des classes populaires, il n’en reste pas moins que les médias confortent ces visions, ne serait-ce qu’en donnant une place toujours plus grande à ce type d’informations, sans distinguer entre les faits divers qui ne méritent aucune explication particulière (il neige en hiver !) et ceux qui révèlent des problèmes sociaux et politiques qui méritent une éclairage que l’on ne peut proposer (quand on tente de le faire) en multipliant les stéréotypes.

Un tel constat invite à se pencher attentivement sur le diagnostic de Vincent Goulet qui affirme que la construction d’un média qui réussirait à être à la fois « engagé et populaire » « supposerait de rompre avec tout préjugé intellectualiste, de prendre au sérieux les faits divers, le sport, les potins pour ce qu’ils recèlent d’une forme de conscience politique pour les articuler de façon plus souple avec les discours programmatiques et le jeu politique. » Mais Vincent Goulet signale dans le même temps que le seul titre qui lui semble répondre à cette double exigence est Le Cri du peuple, fondé par Jules Vallès et qui ne parut que pendant quelques mois en 1871, au cours de la Commune de Paris… Autant dire que la difficulté de l’entreprise est à la hauteur de son importance et de son urgence.

Blaise Magnin et Henri Maler par Blaise Magnin, Henri Maler, le 14 octobre 2013

Notes

[1] TF1, France 2, France 3, Canal +, Arte et M6.

[2] Sur la télévision, Raisons d’Agir, 1996, p. 16-17.

[3] Voir aussi son intervention lors du Jeudi d’Acrimed du 27 janvier 2011.

http://www.acrimed.org/article4159.html

14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

On entre clairement dans une nouvelle phase du mouvement ouvrier chinois (Essf)

On entre clairement dans une nouvelle phase du mouvement ouvrier chinois (Essf) dans Altermondialisme honda-china-strike
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Henri Wilno – Pourquoi ce film centré, comme son titre l’indique, autour du «  réveil ouvrier  » en Asie  ? Cela tranche avec les descriptions misérabilistes qui présentent les travailleurs d’Asie comme une masse exploitée sans grande perspective… Michaël Sztanke –L’idée était de faire un documentaire au plus près des ouvriers pour montrer le développement d’une conscience de leurs propres intérêts, notamment en Chine. Dans ce pays, il y a un changement de mentalité chez les ouvriers  : ils prennent conscience qu’ils ont des droits qui doivent être respectés. Malgré un régime répressif qui refuse toute perspective d’un mouvement ouvrier indépendant, il y a un début d’organisation des ouvriers de base surtout dans le sud de la Chine. Ils sont souvent aidés par des avocats, des ONG plus ou moins clandestines ou basées à Hong Kong.Les jeunes ouvriers, nés dans les années 90, n’ont pas le même rapport à l’entreprise et au travail que leurs parents. Ceux-ci étaient arrivés des campagnes et sont restés des déracinés, isolés en permanence, avec comme projet de retourner dans leurs campagnes. Les jeunes, eux, viennent en ville pour rester  : ils se considèrent comme des urbains, leur avenir est là et ils veulent améliorer leurs conditions de vie et de travail. Il faut noter aussi l’importance d’internet et des smartphones  : ces jeunes sont connectés et s’envoient des messages en permanence, ils échangent ainsi des informations sur ce qui se passe dans les différentes usines.

C’est un facteur d’optimisme  ; on entre clairement dans une nouvelle phase du mouvement ouvrier chinois après les réformes économiques et la forte croissance de la production  : celle de la construction de l’autonomie ouvrière et de la formation d’organisations qui représentent ces ouvriers. Cette étape s’accompagne d’interrogations sur les formes d’organisation à développer  : faut-il construire des syndicats indépendants ou bien réformer les syndicats officiels de l’intérieur  ? Certains pensent que cette deuxième option serait plus efficace et présenterait moins de risque de répression Ceci dit, la Fédération syndicale chinoise reste étroitement subordonnée au régime.

On peut être étonné que l’avocat «  aux pieds nus  » de Shenzhen présenté dans le film semble agir pratiquement au grand jour pour organiser des syndicalistes.

Dans le cadre du système répressif, il y a des «  zones grises  ». Des choses peuvent être tolérées pendant un temps mais la situation peut se retourner du jour au lendemain. Les autorités locales peuvent alors se durcir  : fermer les locaux utilisés, fermer des cabinets d’avocat, voire emprisonner ceux-ci. En fait, tant qu’il n’y a pas d’effet «  boule de neige  », il y a une certaine tolérance. La répression arrive quand les autorités jugent que ces initiatives ont trop d’écho, quand des grèves ou des émeutes éclatent.

En fait, le premier objectif poursuivi par ces initiatives est d’aider les ouvriers à obtenir de vraies négociations collectives sur leurs revendications. La grève vient ensuite s’il y a refus des patrons. Parfois, ceux-ci font alors des concessions  : des grèves sont, à des degrés divers, victorieuses. Parfois, avec l’assistance de la police, les patrons choisissent la répression en visant les leaders ouvriers, licenciés, voire emprisonnés. L’attitude des autorités n’est pas tout fait la même quand il s’agit d’entreprises étrangères ou chinoises (d’État ou privées). Dans les entreprises chinoises, la répression arrive plus vite. Il y a plus de marge (au départ des mouvements, tout au moins) dans les entreprises étrangères.

À propos des entreprises étrangères, on peut s’interroger sur l’impact sur la situation des ouvriers des initiatives prises dans le cadre de la «  responsabilité sociale des entreprises  » (RSE) et aussi des contrôles chez les sous-traitants. Disons que ça ne peut pas faire de mal, mais que l’efficacité réelle est limitée  : les inspecteurs annoncent souvent leur passage à l’avance, ils peuvent être corrompus, etc.

Le film porte aussi sur le Cambodge et le Bangladesh. Au Bangladesh, un dirigeant syndical dit que comme les syndicats ne peuvent agir dans les entreprises, il y a des mouvements ouvriers spontanés. C’est ce qui est en train de se passer en ce moment  ?

C’est exactement ça. Le secteur textile est le fer de lance des exportations du Bangladesh. Le gouvernement fait tout pour y attirer les investissements étrangers ou développer la sous-traitance en tirant profit de la hausse du coût du travail en Chine. Et ça marche  ! Dans ce cadre, les syndicats sont interdits d’entrée dans les usines textiles. Quand la situation devient insupportable, les ouvriers se révoltent et manifestent, comme c’est le cas ces dernières semaines.

La liberté syndicale a l’air plus grande au Cambodge, mais cela n’a pas l’air d’effrayer beaucoup les investisseurs étrangers…

Le Cambodge est encore un cas différent. Il y a pléthore de syndicats, ils sont divisés et pas assez représentatifs des ouvrières. Ces femmes viennent des campagnes, elles travaillent dur, envoient de l’argent chez elles et n’ont pas spontanément confiance dans les syndicats qui sont animés par des hommes. Les syndicats organisent des mobilisations, qui peuvent remporter quelques succès. Mais les investisseurs chinois (qui délocalisent au Cambodge pour payer des salaires plus faibles), sud-coréens, taïwanais, savent qu’ils sont en position de force, car des masses de gens sont prêts à prendre les places.

En 2006, vous avez publié avec Aurore Merle un livre sur les étudiants chinois. En 1989, ceux-ci ont joué un rôle important. Que peut-on dire sur les aspirations des étudiants chinois maintenant  ?

En-dehors des enfants des privilégiés, s’ils sont à l’université, c’est parce que leurs familles se sont saignées pour qu’ils y accèdent. Certes, certains sont critiques vis-à-vis du gouvernement, mais la plupart n’aspirent qu’à réussir individuellement. Les études commerciales, la gestion et l’informatique sont valorisées. Ils souhaitent souvent poursuivre leurs études à l’étranger pour éventuellement revenir en Chine en «  conquérants  ». On est effectivement loin de 1989, d’autant qu’ils savent que la répression a été dure. Certains commentateurs pensent que l’avenir de la Chine dépend des «  classes moyennes  ». En fait, le futur du pays dépend aussi beaucoup des ouvriers et du développement de leur organisation. Enfin, il faut noter la prégnance du nationalisme en Chine, pas seulement chez les étudiants, mais aussi chez les ouvriers  : on peut critiquer durement le gouvernement mais pas la Chine…

Propos recueillis par Henri Wilno SZTANK Michaël, WILNO Henri  10 octobre 2013

Entretien. Michaël Sztanke est grand reporter et réalisateur de films documentaires. Sa dernière production, Asie, le réveil ouvrier [1], porte sur trois pays d’Asie (la Chine, mais aussi le Cambodge et le Bangladesh) et montre des travailleurs en mouvement, qui prennent conscience de leurs propres intérêts et s’organisent. Michaël Sztanke publiera en janvier prochain un livre sur un militant syndical chinois Han Dongfang, mon combat pour les ouvriers chinois (éditions Michel Lafon) sur lequel nous reviendrons.

Notes:

[1] Les militantEs qui souhaitent l’utiliser peuvent se le procurer auprès de Baozi Prod  : www.baoziprod.com * Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 212 (10/10/2013). http://www.npa2009.org/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30034

 

14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Vo Nguyen Giap et le combat de libération au Vietnam (Essf)

Vietnam War. One of the most famous pictures from the Vietnam war in .gif form.

Le général Vo Nguyen Giap est mort à Hanoi le 4 octobre 2013, à l’âge de 102 ans. Militant anticolonialiste, puis communiste, depuis les années 1930, il est devenu le responsable politico-militaire vietnamien le plus renommé, connu notamment pour son rôle dans la bataille de Diên Biên Phu qui sonne le glas de l’Empire français.

Après Ho Chi Minh – « l’Oncle Ho » dont il était proche –, Vo Nguyen Giap est le seul dirigeant du Parti communiste vietnamien de renommée internationale. Si bien d’autres cadres du PCV mériteraient d’être mieux connus, ce prestige n’est pas volé : au sein d’une direction collégiale, Giap incarne de par ses fonctions successives le versant politico-militaire d’un combat de libération nationale mené 30 ans durant face aux occupations japonaise, française et états-unienne.

Dès la Seconde Guerre mondiale, il est chargé de constituer les Brigades de propagande armées qui donneront naissance – après la Révolution d’Août 1945, la proclamation de l’indépendance du pays, puis la nouvelle invasion française en 1946 – à l’Armée populaire dont il devient le commandant en chef. En 1954, il joue un rôle majeur dans la victoire vietnamienne de Diên Biên Phu qui sonne le glas de l’Empire colonial français. Après une mise à l’écart dans les années 1960, il occupe à nouveau des responsabilités centrales dans les offensives de 1973-1975 qui conduisent à la chute du régime de Saigon et à une fuite désordonnée des dernières forces US.

Initialement, la pensée militaire vietnamienne et l’organisation de l’armée de libération doivent beaucoup au précédent maoïste et à l’aide de conseillers chinois. Les principes de la « guerre du peuple » sont les mêmes, mais ils ont dû être adaptés à un contexte différent : impossible au Vietnam de jouer comme en Chine sur l’immensité géographique et démographique ou la rivalité entre impérialismes (sauf en 1945). Le PCV a notamment déployé comme jamais auparavant le champ d’action politique et diplomatique international : aider au développement des très divers mouvements de solidarité, réduire le coût de la fracture sino-soviétique, imposer progressivement son autorité propre dans les négociations de paix…

Le lien entre mobilisation militaire en masse, Front de libération nationale et révolution sociale est l’un des principes de base de ladite « guerre du peuple ». En ce domaine, tous les textes de référence vietnamiens soulignent les dangers symétriques du « gauchisme » (réduire le front de résistance nationale par des mesures sociales trop radicales) et « opportunistes » (démobiliser le peuple paysan en ne répondant pas à ses attentes en matière de réforme agraire). L’originalité des écrits de Vo Nguyen Giap est de ne pas s’en tenir à des généralités, mais d’indiquer, fusse brièvement, quand le PCV a commis de telles erreurs.

Marginalisé au bureau politique par le déclin d’Ho Chi Minh – qui meurt en 1969 –, Giap a gardé une rare liberté de parole. Il mène bataille contre le « noyau dur » de la direction du parti et le « modèle chinois », ses erreurs « de gauche » (telle la réforme agraire au Nord Vietnam) ou « de droite » (telle l’ouverture tous azimuts au marché mondial). Il engage encore en 2009 l’un de ses derniers combats, contre un projet gigantesque et destructeur d’exploitation par les Chinois de mines de Bauxites à ciel ouvert sur les hauts plateaux du Sud – avec un certain succès.

Exclut du comité central en 1996, Vo Nguyen Giap n’était pas en odeur de sainteté au sein de la direction du PCV, mais il a gardé un très grand prestige non seulement sur le plan mondial, mais aussi au Vietnam. En témoigne l’affluence considérable aux cérémonies officielles en son honneur, le 13 octobre, dans de nombreuses villes : notamment à Hanoi, dans sa province natale de Quang Binh, à Ho Chi Minh Ville (Saigon). Une affluence spontanée, du Nord au Sud, avec la présence très notable d’une jeunesse qui n’a pas connu les années de guerre.

ROUSSET Pierre * Article écrit pour l’Anticapitaliste, hebdomadaire du NPA (France). Une version plus longue de cet article sera ultérieurement mise en ligne sur ESSF. 14 octobre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30039

Commentaire: Gif: exécution d’un Viet Cong pendant l’offensive du Têt 1968

 

14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Bretagne, vent de fronde, l’accès à l’aéroport de Brest bloqué (LT+OF+FR3)

Bretagne, vent de fronde, l'accès à l'aéroport de Brest bloqué (LT+OF+FR3) dans Brest et région y-en-a-marre

Le vent de fronde qui souffle sur la Bretagne ne fléchit pas. Face aux plans sociaux à répétition et au projet d’écotaxe, plusieurs mobilisations sont encore prévues cette semaine dont une autour de l’aéroport de Brest dès ce matin 7h qui provoque déjà de forts ralentissements sur la RN12 dans le sens Morlaix-Brest.

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09H30. Le trafic perturbé Le trafic de l’aéroport est perturbé : d’ores et déjà, le site internet de l’aéroport indique que le vol en provenance de Paris Orly qui devait atterrir à 10H05 est retardé, et le vol au départ de Brest vers Orly de 12H20 est annoncé annulé.

09H00. L’accès à l’aéroport est désormais bloqué par les manifestants Cinq élus locaux ont rejoint les manifestants.

08H42.  200 salariés de l’agroalimentaire s’installent au rond-point devant l’aéroport Des salariés de Gad, Tilly-Sabco, Doux et Marine Harvest se sont rejoints à Guipavas et opèrent un barrage filtrant au niveau du rond-point devant l’aéroport. Encore accessible…

08H15.De gros ralentissements vers Brest à la hauteur de Landerneau
Une opération escargot des salariés de Gad se déroule en ce moment-même sur la RN12 dans le sens Morlaix-Brest et entraine de forts ralentissements sur plusieurs kilomètres à la hauteur de Landerneau-Guipavas. 14 octobre 2013 à 09h34

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/bretagne-nouvelle-semaine-de-mobilisations-13-10-2013-2266647.php

Landivisiau Gad. Le beau geste d’Yvan Le Bolloc’h

En concert à la salle du Vallon à Landivisiau (29), hier soir, le Brestois Yvan Le Bolloc’h a fait un joli geste en direction des 889 salariés licenciés de l’entreprise Gad, à Lampaul-Guimiliau, en leur offrant la recette des ventes de CD du jour. Très touché, le délégué Force Ouvrière Olivier Le Bras a même été invité à monter sur scène à la fin du concert. 13 octobre 2013 à 12h33

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/morlaix/landivisiau/landivisiau/landivisiau-yvan-le-bolloc-h-offre-la-recette-de-ses-cd-aux-licencies-de-chez-gad-13-10-2013-2266607.php

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Agroalimentaire.-Manifestation-des-salaries-a-l-aeroport-de-Brest-%5Bdirect%5D_6346-2238588_actu.Html

http://bretagne.france3.fr/2013/10/14/brest-400-manifestants-bloquent-l-aeroport-337789.html

13 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

1914-1918, fusillés pour l’exemple : la barbarie impérialiste

1914-1918, fusillés pour l’exemple : la barbarie impérialiste dans Antimilitarisme world-war-one-o

Alors que l’État se prépare à commémorer le centième anniversaire de la Première Guerre mondiale, cette première grande boucherie impérialiste, une commission officielle d’historiens a remis au ministre des Anciens Combattants, Kader Arif, un rapport au sujet de la réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple.
Près de 2 500 condamnations à mort furent prononcées et plus de 600 exécutées dont environ  430 l’ont été en 1914 et 1915 après des conseils de guerre improvisés et sommaires. Sur un front qui n’était qu’un immense charnier, sous les obus et la mitraille, des hommes ont eu peur, ont refusé de partir à l’assaut, de tuer ou encore d’obéir à des ordres absurdes donnés par des officiers paniqués. À ces condamnations sommaires s’ajoutent les exécutions sommaires ou les soldats sacrifiés dans des expéditions sans retour.

Féroces avec les révoltés… En 1917 a lieu une véritable répression contre la vague des mutineries du Chemin des Dames provoquée par la folle et criminelle offensive décidée par le général Nivelle. Face à l’entêtement de l’état-major, des mutineries éclatent et gagnent progressivement toutes les armées le long du front pendant huit semaines. Elles toucheront 68 divisions sur les 110 qui composent l’armée française. À Craonne, lors des sanglants assauts commandés par Nivelle, ce sont 30 000 hommes qui meurent en 10 jours, 100 000 sont blessés. Sur environ 3 500 condamnations prononcées par les conseils de guerre contre les soldats mutinés, il y eut 1 381 condamnations aux travaux forcés ou à de lourdes peines de prison et 554 condamnations à mort, dont beaucoup furent cependant amnistiées par Poincaré.
Cent ans après le début de la première guerre pour le partage du monde entre puissances impérialistes, l’opprobre indigne jeté sur ces soldats n’est pas effacée.

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En 1998, dans un discours prononcé sur le plateau de Craonne, Lionel Jospin avait appelé à ce que « ces soldats fusillés pour l’exemple au nom d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats réintègrent aujourd’hui pleinement notre mémoire collective nationale». Sa déclaration avait suscité une levée de boucliers à droite pour qui la réhabilitation n’était «pas le meilleur exemple à    donner » ! Aujourd’hui encore, il se trouve des associations pour refuser une réhabilitation collective de tous les fusillés. « Une solution inenvisageable » pour l’UNC (Union nationale des combattants). « Sur les monuments aux morts, les noms de violeurs seraient alors au côté des noms de soldats morts pour la France. C’est impensable », ose affirmer le général Schmitt ! L’État de la bourgeoisie, ses serviteurs galonnés ont la haine et la morgue tenaces.

Cléments avec les criminels ! Par contre, ils ont fait preuve de la plus grande mansuétude à l’égard des dirigeants politiques de l’époque, les Clemenceau et autres responsables de « cette guerre infâme ». Ils n’ont jamais songé à sanctionner ces généraux qui, par aveuglement ou pour leur seule gloire personnelle, par mépris des poilus, simples ouvriers et paysans, ont envoyé à la mort des vagues d’assaut entières. Ils étaient pourtant coupables de crimes de masse. Jaurès avait raison quand il disait dans son dernier discours, à Lyon, le 25 juillet 1914, peu avant d’être assassiné : « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. »

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Yvan Lemaitre Samedi 12 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 212 (10/10/2013)

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« Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront, car c’est pour eux qu’on crève. Mais c’est fini, car les troufions vont tous se mettre en grève. Ce s’ra votre tour, messieurs les gros, de monter sur l’plateau, car si vous voulez la guerre, payez-la de votre peau ! » La chanson de Craonne (chanson anonyme de 1917)

 

 

13 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Commerce : nos dimanches et nos nuits ne sont pas à vendre

Commerce : nos dimanches et nos nuits ne sont pas à vendre dans Luttes ouvrières dimanchejpg-f086-07b94

Sephora, le bricolage et maintenant Monoprix :

les médias dominants mettent sous le feu des projecteurs une armée de salariés volontaires pour travailler la nuit comme le dimanche. Cette « mobilisation », largement encouragée par les entreprises en question, doit cependant être ramenée à sa juste proportion.
SalariéEs contre syndicats ? Chez Sephora, qui bafouait depuis 1996 dans son magasin des Champs Elysées la loi interdisant le travail de nuit pour ce type d’activité, c’est une centaine de salariés sur 300 (4 000 sur toute l’enseigne) qui ont été jusqu’à assigner en justice les syndicats à l’origine de la décision judiciaire, alors même que selon les chiffres fournis par la société, moins d’une cinquantaine sont réellement concernés par le travail passé 21 h. À Castorama et Leroy-Merlin, condamnés eux à fermer une dizaine de magasins sous peine d’astreinte suite à la plainte d’un de leurs concurrents, c’est seulement 15 % du personnel qui est concerné par le travail dominical. À Monoprix enfin, c’est la CGT, majoritaire, qui a fait usage de son droit d’opposition suite à un accord qui repoussait la fermeture d’une centaine de magasins à 22 h.
Un tel volontariat s’explique d’abord par la faiblesse des salaires du secteur : un tiers du personnel de Sephora est à temps partiel (l’enseigne a pourtant doublé son chiffre d’affaires en 5 ans) et la majeure partie des salariéEs de ces enseignes de bricolage gagne moins de 1 300 euros net par mois. Pour beaucoup d’étudiants, il est indispensable de travailler le week-end, le plus souvent au détriment de leurs études. Pour autant, il ne s’agit pas d’opposer ces volontaires aux autres, mais il est clair que la masse des salariéEs du commerce est bien décidée à ne pas brader ses dimanches et ses nuits… au nom de la liberté du travail !

Contre ce marché de dupes, la riposte ! Ces employés ne vivent pas sur une île déserte : demain, en banalisant le travail dominical et de nuit, il deviendra un jour de travail comme les autres… et sans majoration ! C’est le cas, par exemple, pour ceux de l’hôtellerie-restauration où le dimanche est considéré comme un horaire ordinaire. Plus encore, le patron sera tenté de ne recruter à l’embauche que les seuls volontaires. Il en était ainsi au Virgin Mégastore des Champs-Elysées, ouvert 7 jours sur 7 et jusqu’à minuit, avec l’effet remarquable sur l’emploi qu’on connaît depuis… Enfin, les travailleurs d’autres secteurs seront entraînés à leur tour pour assurer l’ouverture non-stop des services (crèches, transports, banques, etc.).
Fort du succès de la fermeture de Sephora, l’intersyndicale CLIC-P a entamé une campagne (conférence de presse et affichage) pour répondre à ce bourrage de crânes, prépare de nouvelles assignations d’entreprises contrevenantes ainsi que des manifestations. Le départ de FO du comité, sur une ligne d’auto-affirmation à l’instar des retraites, ne devrait rien changer, tout comme l’affiliation du SECI, exclu de la CFTC car jugé trop combatif, à l’UNSA. La CFDT privilégie elle la voie contractuelle, pourtant désavouée à Monoprix. La CGT, avec sa fédération qui regroupe le plus grand nombre de syndiquéEs du commerce, est, elle, décidée à mettre le paquet sur le sujet, tout comme Solidaires, implanté dans plusieurs entreprises emblématiques (Apple, La Fnac, etc.). C’est en luttant ensemble que nous imposerons à l’ancien PDG de La Poste, le sinistre Bailly, chargé par Ayrault de mettre à plat ce dossier, nos revendications !

LD Vendredi 11 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 212 (10/10/2013)

13 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Hommage à Robert Cruau, fusillé par les nazis le 6 octobre 1943 à Brest (GU)

Hommage à Robert Cruau, fusillé par les nazis le 6 octobre 1943 à Brest (GU) dans Histoire Cruau

A l’initiative du Comité départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et la Résistance en Loire Inférieure, un hommage public sera rendu à Robert Cruau, militant de la IV° internationale, facteur aux Centre de Chèques Postaux puis à la Recette Principale de Nantes, assassiné par les nazis à Brest le 6 octobre 1943. Né à Fégréac (44), le 12 mars 1921, Robert Cruau avait 22 ans.

C’est par les Auberges de jeunesses que Robert Cruau avait d’abord rejoint le PSOP (Parti Socialiste Ouvrier et Paysan de Marceau Pivert), puis la Quatrième internationale. Syndiqué à la Fédération postale CGT, il animait le groupe nantais du Parti Ouvrier Internationaliste qui, notamment, édita le journal clandestin des ouvriers de la région nantaise « Le Front Ouvrier », dont le numéro 1 (juillet 1943) affirme « Il faut que la défaite d’Hitler soit une victoire ouvrière et non la victoire des banquiers anglo-américains ». Ce journal clandestin, imprimé à Couëron, paraîtra jusqu’à la Libération.

Pour les communistes internationalistes (trostskystes), le combat contre les nazis devait unir travailleurs français et travailleurs allemands et la libération nationale être une révolution sociale.

Contraint de quitter Nantes pour échapper au STO (service du travail obligatoire, les nazis déportant les jeunes pour travailler en Allemagne au service des nazis), Robert Cruau rejoint Brest en mars 1943, accompagné notamment de deux militants rezéens d’une vingtaine d’années, les frères Georges et Henri Berthomé. Tous trois s’installent dans un même appartement et reprennent leurs activités militantes avec leurs camarades du Parti Ouvrier Internationaliste.

Ayant appris l’allemand, Robert Cruau prit la responsabilité de l’activité en direction des soldats allemands et notamment de la diffusion d’un journal en langue allemande, « Arbeiter und soldat », Travailleur et soldat, et l’édition d’une édition locale ronéotée à Brest.

Quelques mois plus tard, quelques dizaines de jeunes soldats allemands (27 indiquait André Calvès*) rejoignaient la 4ème internationale, et éditait leur propre bulletin « Travail, Liberté et pain, journal pour le soldat et le travailleur à l’Ouest », tandis que les indications précises « sur l’emplacement des sas d’accès et de sorties des sous-marins » de la base navale de Brest, transmis par deux militants du POI, permettait à l’aviation britannique de frapper avec une grande précision cet équipement militaire ( cité dans « les rezéens dans la seconde guerre mondiale »).

Face à une telle activité, la répression nazie n’allait pas tarder. Trahis, tous les jeunes allemands anti-nazis ayant rejoint la Quatrième internationale à Brest furent immédiatement fusillés. «Faire de la propagande à des soldats allemands est le plus grand crime ! » affirme un officier de la Gestapo au cours des interrogatoires (propos rapportée par une sympathisante libérée de la prison de Rennes).

Arrêté le 6 octobre 1943, Robert Cruau est abattu par la Gestapo, sans doute en tentant de s’enfuir. Onze autre militants du groupe breton du POI furent déportés dans les camps de concentration nazis. Le rezéen Georges Berthomé, proche ami de Robert Cruau, n’en revint pas. Une rue de Rezé porte toujours son nom.

70 ans plus tard, tandis que l’extrême-droite relève la tête un peu partout en Europe, allant jusqu’à assassiner de jeunes militants à Paris et Athènes, nous ne devons pas oublier le souvenir héroïque de Robert Cruau et de ses camarades, français et allemands, et de toutes celles et tous ceux qui ont combattu contre le fascisme et le nazisme.

Pendant des décennies, la place des communistes internationalistes (trostkystes) dans la résistance au nazisme a été tue. L’effondrement du stalinisme, avec ses crimes odieux qui ont défiguré le socialisme, permet qu’aujourd’hui hommage leur soit rendu comme à tous les résistants anti-fascistes et à toutes les victimes du nazisme. Et que le sens de leur sacrifice soit enfin reconnu.

L’engagement de Robert Cruau et de ses camarades contre le nazisme, pour la défense des travailleurs et la fraternité des peuples, reste pour nous un exemple.

C’est pourquoi nous vous invitons à participer à l’hommage public qui lui sera rendu samedi prochain 5 octobre à 14h au cimetière de la Chauvinière à Nantes. Robert CRUAU est inhumé dans le carré des fusillés, section A2, rang 2, tombe n° 11 (à partir de l’allée centrale). Nantes samedi 5 octobre, 14h : hommage à Robert Cruau, résistant communiste internationaliste (trostkyste) fusillé par les nazis le 6 octobre 1943 à Brest.

http://pays-de-la-loire.gauche-unitaire.fr/2013/10/02/hommage-a-robert-cruau-resistant-communiste-internationaliste-trostkyste-fusille-par-les-nazis-le-6-octobre-1943-a-brest/

Commentaire: La phrase « Pendant des décennies… » doit s’apprécier à sa juste valeur, en tenant compte du ralliement de ces camarades au Front de gauche et en particulier comme satellite du PCF…

http://andre-calves.org/

13 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Crédit suisse:

 

Crédit suisse: dans Austérité credit_suisse_global_wealth

Le Crédit Suisse a réalisé un graphique qui illustre la répartition mondiale de la richesse.

32 millions de personnes – une masse légèrement supérieure à celle du Benelux, soit 0,7% de la population mondiale – possèdent  un total de 41% de toutes les richesses de la planète ou 98.700 milliards de dollars.

Basé sur le même graphique, nous apprenons que 3,2 milliards de personnes – 68,7% de la population adulte dans le monde – possèdent 3% de la richesse mondiale ou 7.300 milliards de dollars.

http://www.express.be/business/fr/economy/si-un-graphique-doit-vous-mettre-mal-a-laise-esperons-que-cela-soit-celui-ci/196870.htm

Commentaire: Heureusement qu’il y a des gens qui travaillent à nous faire oublier cela! Hein, Manuel!

 

12 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Quimper, gel de postes: la direction de l’hôpital Gourmelen fait machine arrière (OF)

Quimper, gel de postes: la direction de l'hôpital Gourmelen fait machine arrière (OF) dans Quimper et pays glazik manifestants-hopital-sud

L’hôpital psychiatrique Gourmelen de Quimper (Finistère), qui devrait être déficitaire en 2013, a lancé un plan d’économie. Un poste par pôle devait être « gelé » cette année. Ce jeudi, la direction a décidé de faire machine arrière.

Le mouvement social, initié en mars, a pris une nouvelle dimension la semaine dernière. Une coordination regroupant les représentants de l’ensemble des catégories professionnelles de Gourmelen s’est constituée à la suite d’une assemblée générale. « Nous avons rencontré le directeur ce jeudi. Il y a eu une avancée car il a accepté de retirer la mesure de gel de postes, souligne Gildas Burot, pédopsychiatre. Il a aussi décidé de rouvrir les négociations. » Cette annonce ne signifie pas la fin du mouvement, qui reste « attentif ». «L’objectif était de geler huit postes de mars à décembre, admet de son côté Pascal Bénard, directeur de l’EPSM Gourmelen. Mais nous allons revenir à un fonctionnement classique tout en restant vigilant sur la gestion des ressources humaines.» Santé vendredi 11 octobre 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper.-Gel-de-postes-la-direction-de-l-hopital-Gourmelen-fait-machine-arriere_40820-2237997——29232-aud_actu.Htm

12 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Fougères, débrayage chez Carl Zeiss Vision suite à l’annonce du plan de restructuration (OF)

Fougères, débrayage chez Carl Zeiss Vision suite à l’annonce du plan de restructuration (OF) dans Luttes ouvrières y-en-a-marre-300x182

À l’appel des syndicats CGT et CFDT, environ 150 salariés ont débrayé, ce midi, devant l’entreprise Carl Zeiss Vision, à Fougères (35).

Une centaine de salariés du fabricant de verres de lunettes Carl Zeiss ont débrayé à partir de 11 h ce vendredi, devant leur usine. Ils ont été relayés par une cinquantaine de collaborateurs de l’équipe de l’après-midi, à partir de midi. Les salariés protestent contre le projet de plan de restructuration présenté hier par la direction, qui prévoit la suppression de 150 postes -sur 440- à Fougères et la fermeture du deuxième site de Carl Zeiss Vision France, situé à Aubergenville (Yvelines). Jacques Thiébaut, délégué syndical CGT, regrette que les propositions de diversification présentées par le syndicat à la direction n’aient pas été prises en compte dans le projet de restructuration. Il dénonce une « stratégie aberrante ».

Assemblée générale À l’initiative de la CFDT, une assemblée générale de salariés se tiendra cet après-midi aux Urbanistes, à Fougères. Social vendredi 11 octobre 2013

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Fougeres-Debrayage-chez-Carl-Zeiss-Vision-suite-a-l-annonce-du-plan-de-restructuration_40796-2237987_actu.Htm

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