Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

22 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie: alliance entre la gauche et les Kurdes pour les élections de 2014 ? (orient21)

turc

Le député et cinéaste Sırrı Süreyya Önder, leader d’un nouveau parti

Sırrı Süreyya Önder est un personnage atypique dans le paysage politique turc. Député et cinéaste reconnu, il est l’une des figures du mouvement Gezi, la vague de protestation lancée en mai 2013 dans le parc d’Istanbul du même nom. Il vient d’adhérer à un nouveau parti, le Parti démocratique des peuples, soutenu par la gauche libérale et par les Kurdes. Önder pourrait se présenter à la mairie d’Istanbul aux élections municipales de mars 2014.Portrait. Il s’appelle Önder, qui signifie « leader » en turc. Une prédestination ? Peut-être. En tout cas, Sırrı Süreyya Önder vient de faire peur à beaucoup de monde en déclarant qu’il était candidat aux élections municipales du 30 mars 2014 à Istanbul, avant de préciser qu’il faisait de l’ironie.

S’il décidait finalement de se présenter, ce personnage très populaire et atypique — à la fois député, journaliste, écrivain, musicien et cinéaste — pourrait bouleverser le jeu politique. Sırrı Süreyya Önder est l’une des figures de proue d’une nouvelle formation, le Parti démocratique des peuples (Halkların Demokratik Partisi, HDP)1 qui rassemble une partie de la gauche et les Kurdes.

Le HDP se veut le représentant du « mouvement Gezi »2. Il inquiète le principal parti d’opposition, le très kémaliste Parti républicain du peuple (Cumhuriyet Halk Partisi, CHK) qui espère ravir en 2014 la mairie d’Istanbul au parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkınma Partisi, AKP). Cette mairie avait marqué le début de l’ascension des islamistes conservateurs quand en 1994, elle avait été gagnée par Recep Tayyip Erdoğan, alors président de l’AKP, aujourd’hui premier ministre.

Le héros des manifestants du parc Gezi Le parti laïciste se prétend lui aussi l’héritier du mouvement Gezi. Il aimerait surfer sur la vague de contestation, mais il sait très bien que la grande majorité des manifestants n’étaient pas, eux, kémalistes. Bien au contraire, dès le début des pro- testations, c’est ce personnage hors du commun, Sırrı Süreyya Önder, qui est devenu le héros des manifestants quand il s’est dressé devant les bulldozers venus arracher les arbres. La gauche libérale aimerait capitaliser sur Gezi à travers la figure d’Önder, à la fois proche des Kurdes, des milieux intellectuels, des jeunes et des démocrates.

Le parcours de cet homme aux multiples talents est singulier. Né en 1962 à Adıyaman au sud-est de la Turquie, au milieu d’une province à majorité kurde, il se dit issu d’une famille turque, voire turkmène3. Selon ses dires, il a subi une « assimilation inverse » depuis son enfance : alors que les Kurdes de Turquie étaient soumis à une absorption forcée dans la « turcité », notamment à travers la langue, Önder, du fait de sa proximité sociale et politique, a été vite sensibilisé à la question kurde. Cette proximité sociale était double. D’une famille modeste, mais très politisée — son père, barbier, était un des militants du Parti ouvrier turc4 dans les années 1960 — il a souffert de la répression contre les Kurdes, mais aussi contre la gauche en général. Dès son plus jeune âge, il a dû travailler pour subvenir aux besoins de la famille, son père étant décédé en 1970. C’est en tant qu’apprenti chez le photographe du village qu’il s’est pris de passion pour cet art qui le conduira par la suite vers le cinéma.

Une éducation politique de gauche Önder connaît la prison en 1978, à l’âge de 16 ans, lorsqu’il est arrêté après une manifestation condamnant les pogroms de Maraş de la même année, où cent cinquante alévis5 furent tués et plus de deux cents maisons brûlées. Après sa libération, il entame des études de sciences politiques dans la prestigieuse université d’Ankara, devenant une des figures de la jeunesse socialiste. Lors du coup d’État militaire de 1980, il est de nouveau arrêté et empri- sonné par la junte, sans pouvoir terminer ses études. Condamné à douze ans de prison pour « ac- tivités illégales », il purge sept années dans diverses geôles de Turquie, ponctuées de grèves de la faim et d’insubordinations aux règles pénitentiaires. À sa sortie, il s’installe à Istanbul, où il exerce divers petits boulots, y compris ceux d’ouvrier en bâtiment et de chauffeur de camion, tout en militant activement dans des mouvements révolutionnaires et en écrivant.

Il adopte alors pour devise l’aphorisme d’une chanteuse, entendu lorsqu’il jouait du saz 6 dans les bas-fonds d’Istanbul : « s’il ne regarde pas vers toi, mets-toi là où il regarde, il entendra ce que tu dis ». C’est ainsi qu’il explique son engagement dans l’art et le journalisme, pour se faire entendre, parce qu’en tant que socialiste et humaniste, il avait des choses à dire. Il écrit dans Birgün, un quotidien socialiste, puis dans Radikal, temple de la gauche libérale à la fin des années 2000 et enfin dans Özgür Gündem, quotidien kurde rédigé en turc.

Önder se fait aussi cinéaste, avec le même succès. Il rencontre le grand public en 2006 dès son premier film, L’Internationale (Beynelmilel) dont il a écrit le scénario pendant quatre ans, et qu’il réalise. Le film, qui raconte d’une manière douce-amère les aventures d’une fanfare provinciale au lendemain du coup d’État de 1980 remporte plusieurs prix dans les festivals nationaux et internationaux7. Il introduit son auteur dans les cercles intellectuels d’Istanbul. À partir de cette date, ses interviews, ses articles, ses apparitions médiatiques font de l’homme une des figures incontournables de la gauche libérale, qui avait commencé à contester ouvertement la répression étatique des Kurdes.

La vie du cinéaste change en 2011 quand il se lance en politique. Le Parti de la paix et de la démocratie (Barış ve Demokrasi Partisi — BDP), branche politique du PKK8 décide de soutenir des candidats indépendants à l’ouest du pays, afin de contourner le seuil national de 10 % établi par la junte militaire pour empêcher les Kurdes d’accéder à l’Assemblée nationale9. Önder est l’un de ces candidats. Il est élu à Istanbul avec les voix des Kurdes et d’un front de gauche ad hoc. Il rejoindra ensuite officiellement le BDP.

Négociateur avec le leader emprisonné du PKK On lui prédit une existence ennuyeuse de parlementaire, loin de sa vie trépidante d’auteur et de metteur en scène. Il n’en sera rien. C’est juste au moment de son élection que commencent les négociations ouvertes entre le gouvernement et Abdullah Öcalan, leader du PKK, emprisonné sur l’île İmralı, au milieu de la mer de Marmara. C’est ainsi qu’Önder se retrouve dans la délégation envoyée auprès d’Öcalan, à la demande de ce dernier. Le député cinéaste commence à faire la navette entre Ankara, İmralı et Kandil, base des militants armés du PKK dans le nord de l’Irak. Une vie à la James Bond dans un Proche-Orient en ébullition, en ferry et en 4×4 blindé, car il a peur de l’avion. On commence à le surnommer « SSÖ », ses initiales évoquant un agent secret.

L’adhésion récente de Sırrı Süreyya Önder au nouveau parti de gauche, le HDP, procède encore une fois d’une stratégie destinée à unir la gauche libérale et les Kurdes. Alors que les négociations entre le PKK et le gouvernement sont entrées dans une phase moins dynamique, le BDP a préparé un plan en vue des élections municipales et locales de mars 2014 : à l’ouest du pays, là où les Kurdes sont minoritaires, et dans les grandes villes, les Kurdes et les divers mouvements de gauche (socialistes, mouvement LGBT10, les Verts, etc.) se sont réunis sous le « parapluie » du HDP. Le BDP et Öcalan lui-même ont donné leur aval, et c’est avec leur accord qu’Önder a rejoint le HDP. Ses détracteurs l’accusent de saper les fondements de la République ou de faire des compromissions pour une carrière politique. Quoi qu’il arrive, Sırrı Süreyya Önder semble parti pour rester sur le devant de la scène politique et intellectuelle de la Turquie pendant encore un bon moment.

Samim Akgönü http://orientxxi.info/magazine/turquie-alliance-entre-la-gauche,0408

22 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Appel pour une conférence écosocialiste européenne (essf)

ecolo

La crise écologique, dont le changement climatique est l’expression la plus inquiétante, représente une menace sans précèdent pour l’humanité et l’environnement.

A la racine de cette catastrophe écologique se trouve une civilisation – le capitalisme occidental – fondée sur l’accumulation illimitée du profit, le consumérisme et le fétichisme de la marchandise. La logique d’expansion sans bornes de ce système s’est révélée incompatible avec la protection de la nature.

Nous pensons que les réponses avancées par le système capitaliste (capitalisme vert, développement durable, marché du carbone, énergie nucléaire, etc..,) sont inacceptables et ne sont pas à la hauteur de l’urgence écologique et sociale à laquelle l’humanité se trouve confrontée.

L’écosocialisme est une tentative originale d’articuler les idées fondamentales du socialisme avec les avancées de la critique écologique. Son objectif est une nouvelle civilisation, un mode de vie alternatif, fondé sur des nouvelles valeurs sociales et éthiques. L’écosocialisme n’est pas compatible avec le capitalisme.

Notre écosocialisme est anticapitaliste et féministe.

Pour avancer ensemble dans la construction de cette alternative, et à l’initiative du groupe écosocialiste de solidaritéS (Suisse), nous vous proposons des

Rencontres écosocialistes à Genève
les 24 au 26 janvier 2014

Nous participerons et appelons à participer toutes les organisations, mouvements, collectifs et personnes qui s’inscrivent dans cette démarche. Le but de cette rencontre est de partager des expériences, élaborer et approfondir notre conception de l’écosocialisme, faire un programme commun et proposer des campagnes communes.

Liste des premières et premiers signataires

Daniel TANURO (LCR),  Mari-Carmen GARCIA (SAT Andalousie), Fédérico PACHECO (SOC Andalousie), Jaime PASTOR,  Esther VIVAS,  Christophe Aguiton,  Janette Habel, Michel Husson (ATTAC), Michael Löwy, Christine Poupin (NPA), André Rosevègue (GA 33), Pierre Rousset (ESSF), Catherine Segala (NPA), Roseline Vachetta (NPA), Gérard Voinnet (Parti de Gauche Haut-Doubs), Sophie Zafari (FSU), Jean BATOU (solidaritéS), Joseph DAHER (solidaritéS) etc.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30386

Alternatiba : un immense succès pour relever le défi climatique et poser les jalons de la transition (Attac)

Alternatiba fut une journée magnifique et un immense succès. Attac France s’en félicite et salue les centaines de bénévoles et militants de Bizi ! qui l’ont rendue possible. Ce sont plus de 10 000 personnes qui ont occupé les rues de Bayonne ce dimanche 5 octobre, avec des centaines d’initiatives et expériences alternatives exposées, des dizaines de débats et conférences de qualité, et de très nombreuses activités artistiques et culturelles qui ont rythmé la journée. Il s’agit maintenant de consolider et étendre le mouvement pour la transition et la justice climatique et sociale. Comme l’annonce la déclaration finale, « ce sont 10, 100, 1000 Alternatiba dont nous avons besoin d’ici 2015 ! »

Alors que les dérèglements climatiques s’aggravent, des milliers d’associations, de collectivités locales, d’individus inventent, expérimentent un large éventail d’alternatives concrètes, qui entament une bifurcation et donnent à voir ce que pourrait être la transition écologique et sociale dont nous avons besoin. Ces alternatives rendent visibles des activités créatrices d’emplois, un sens du travail retrouvé, une inventivité pour aller vers des sociétés conviviales, justes, solidaires et réconciliées avec la nature. Loin d’être dérisoires ou secondaires, ces initiatives mettent en œuvre concrètement des points de rupture avec un modèle qui mène dans le mur. Elles opposent à l’inertie politique leur détermination à affronter concrètement les intérêts des lobbies et des transnationales qui ont décidé de ne rien changer.

A la sidération et au sentiment d’impuissance, Alternatiba et le processus qui s’ouvre désormais substituent l’implication et l’énergie citoyennes, la prise de conscience et la réappropriation individuelle et collective du présent et de l’avenir, l’exigence de la démocratie. La déclaration finale invite l’ensemble des organisations de la société civile, et chacun.e d’entre-nous, à se saisir de la réussite d’Alternatiba pour organiser d’ici 2015 d’autres villages des alternatives au changement climatique et à la crise sociale et écologique. Attac, le 8 octobre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30397

 

 

22 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pression du FN, guerres des chefs : la droite plus désarticulée que jamais (essf)

homme-prehistoire

Il est clair désormais que le projet fondateur de l’UMP, celui d’un parti unique de la droite et du centre à vocation hégémonique, a échoué.

La pression du FN et la guerre des chefs se combinent pour accentuer sa crise, alors que l’extrême droite s’installe dans un paysage politique qui se remodèle. Le 8 septembre, Fillon faisait scandale en se démarquant du « ni, ni », ni vote PS ni vote FN au second tour, défendu par Copé et la plupart des dirigeants de l’UMP, pour préconiser un « ou, ou » : dans un tel cas, il faudrait «  voter pour le moins sectaire », en sachant que la possibilité qu’un candidat PS soit le plus sectaire « peut arriver, je ne dis pas que c’est toujours le cas, mais ça peut arriver. »

Quelques jours après avoir ainsi brisé le tabou de l’appel au vote pour des candidats Front national, l’ancien premier ministre s’affichait à Moscou avec Poutine pour critiquer la position de Hollande sur la Syrie. Un mois plus tard, dans les colonnes du très réactionnaire Valeurs actuelles, il se dressait contre Sarkozy, se présentant comme « en compétition » avec lui et pré- cisant : « quand on perd une élection, il est impossible de dire qu’on a fait une bonne campagne. (…) On a le devoir d’en analyser les raisons. On est obligé de se remettre en cause, sinon c’est un bras d’honneur aux Français. » S’ensuivait l’appel à une véritable « rupture », celle que Sarkozy avait promise mais non réalisée, passant notamment par le retour à la semaine de 39 heures comme à la retraite à 65 ans.

Quelle mouche a piqué le critique de la droitisation de la campagne de 2012 ? Celui qui, il y a encore quelques mois, pour justifier sa « différence d’approche irréconciliable » avec Sarkozy, déclarait le FN « en dehors des limites du pacte républicain » ? Qu’est-il arrivé au dit gaulliste social formé à l’école de Séguin ?

« La survie de l’UMP est en jeu » L’impétrant estime que pour parvenir à s’imposer comme le candidat de l’UMP pour 2017, il doit montrer ses muscles, en cassant l’image du « collaborateur » lisse et falot ayant besogné cinq ans dans l’ombre de Sarkozy. Mais le plus notable est qu’il le fasse de cette manière-là, aussi brutalement à droite. Les responsables de La Droite forte, courant de l’UMP le plus ouvertement réactionnaire, n’ont d’ailleurs pas manqué de le remarquer et de s’en féliciter.

Difficile de dire s’il y a chez Fillon un changement de l’ordre des convictions, ou bien s’il s’inspire de la méthode de la « triangulation », inventée sous Tony Blair et visant à reprendre le discours de ses adversaires pour mieux les neutraliser. Devant le tollé provoqué au sein même de l’UMP par ses propos sur le vote pour « le moins sectaire », il déclarait le 17 septembre (selon l’AFP) « qu’il continuerait de ‘‘combattre’’ le Front National et les ‘‘alliances’’ avec ce parti, tout en défendant la nécessité de ‘‘s’adresser à ceux qui sont tentés de voter’’ FN. »

Alors, une « habile manœuvre » finalement pas si habile ? Ce qui dans tous les cas pré- domine, c’est l’adaptation au climat réactionnaire dominant qui s’est installé depuis le mouvement de « La manif pour tous » et qui se prolonge maintenant à travers la montée électorale du FN. Car le résultat inévitable de telles prises de position est, à la fois, d’aggraver les divisions à droite et de légitimer l’extrême droite. Celui qui fait maintenant figure de « vieux sage » de l’UMP, Juppé, le souligne en lançant l’avertissement : « Devant tant de défaillances [du gouvernement], l’opposition devrait avoir un boulevard pour reconquérir la confiance des Français. A condition de leur proposer une alternative convaincante.

Mais, au lieu de travailler ardemment au projet qu’attendent nos concitoyens, que faisons-nous ? Nous nous complaisons dans les chicaïas internes et les rivalités de personne. C’est désastreux et c’est désormais la survie même de l’UMP qui est en jeu. D’un côté, nous perdons sur le flanc centriste qui s’efforce de reconstituer l’ancienne UDF. De l’autre, en nous précipitant dans le piège de nos relations avec le Front national, nous décomplexons notre propre électorat qui cède de plus en plus aisément à la tentation de préférer l’original à la copie. Et j’entends souvent cette complainte : ‘‘Après tout, pourquoi ne pas essayer autre chose… c’est-à-dire Le Pen’’ » [1]

Le projet UDI-MoDem Voyons ce qu’il en est du « flanc centriste ». Il y a un an, l’UDI (Union des démocrates et indépendants) était lancée par regroupement de neuf formations issues pour la plupart de l’ancienne UDF de Giscard d’Estaing. Avec pour ambition déclarée (selon Morin du Nouveau centre) « de ne plus être le strapontin de la majorité future avec l’UMP » mais un « par- tenaire obligé et demain l’acteur majoritaire (…) Redevenir la première force politique française comme l’était l’UDF au début des années 90 : voilà notre objectif. »

Un nouveau pas a été franchi le 29 septembre 2013 avec l’annonce du regroupement UDI-MoDem, dont le premier acte électoral devrait être la présentation de listes communes aux européennes. La base d’accord est celle qui avait présidé au lancement de l’UDI : opposition au gouvernement PS-EELV, alliance avec l’UMP mais dans l’indépendance et la concurrence. Bayrou, qui au second tour de 2012 avait appelé à voter Hollande, n’a pas eu trop de mal à s’adapter à cette nouvelle donne.

La création de l’UMP en tant que parti unique de la droite et du centre visait à conjurer toute possibilité d’un « 21 avril à l’envers ». Ce projet ayant désormais clairement échoué, il est logique que la « famille centriste, libérale et européenne » tente de se reconstituer. Son espace reste encore réduit, mais il pourrait s’élargir si l’UMP continuait à évoluer sur une pente de plus en plus droitière ; d’autant que cela s’accompagne de la reprise d’accents anti-UE qui inquiètent les milieux dirigeants du patronat. Mais là aussi, rien n’est simple et les ambitions personnelles peuvent fragiliser le mariage de raison. La « charte » qui doit l’officialiser était annoncée pour le 15 octobre, mais sa publication a été retardée. L’entourage de Bayrou s’est répandu en confidences prédisant une OPA de son chef sur une UDI qui dispose d’élus mais reste en manque de leadership. Borloo (président de l’UDI) a répliqué en déclarant qu’il voulait laisser à Bayrou le temps d’« expliquer son virage à droite »…

Et pour l’instant, le gagnant est… Le Pen, bien sûr. L’éditorialiste du Monde, Françoise Fressoz, résume la situation avec une clarté qui justifie une citation un peu longue : « Mais, avant [Fillon], Nicolas Sarkozy avait fait la même chose : il avait ‘‘nommé’’ les problèmes, au point de les exacerber, mais sans pour autant les résoudre. Si bien qu’aujourd’hui, c’est le même procès qui est fait aux deux partis de gouvernement et dans tous les domaines : celui de l’impuissance. Et cette accusation est un poison pour la droite. Elle pousse l’UMP dans une incroyable fuite en avant. Affolée de ne pas thésauriser sur les difficultés de François Hollande, ce parti promet désormais de rompre avec tout : le bilan ‘‘trop tiède’’ de Nicolas Sarkozy et l’Europe mal aimée qu’il a contribué à façonner.

« L’UMP se méfie de Schengen et veut ériger des frontières. Elle dénonce l’Etat providence et s’en prend au modèle social. Elle veut jeter aux orties les 35 heures et annonce une lutte im- placable contre l’assistanat. Elle fait siens certains mots du FN et plus elle le fait, plus Marine Le Pen police son discours, y compris sur l’euro, qui était son talon d’Achille. A en croire ses proches, il n’est plus question d’en sortir du jour au lendemain, mais de poser des conditions. Et tout cela crée une incroyable porosité entre la droite et l’extrême droite sans qu’un leader soit capable de dire ‘‘stop’’, car à l’UMP, la guerre des chefs bat son plein. » [2]

Une question cruciale   Savoir si l’on est aujourd’hui confronté avec le FN à un danger « fasciste », et par conséquent comment combattre sa progression, est évidemment pour nous une question cruciale. Le NPA en débat et une série de points de vue s’expriment, que cette revue a commencé à refléter. On n’abordera ici, très brièvement, qu’un aspect du problème.

Selon Léon Trotsky en 1938, le fascisme représentait avec les « fronts populaires » « la dernière ressource politique de l’impérialisme dans la lutte contre la révolution prolétarienne ». Il s’agit d’une modalité de domination très spécifique, qui est lourde de périls y compris pour des secteurs de la bourgeoisie. C’est pourquoi celle-ci ne l’appelle au pouvoir qu’en toute dernière extrémité. Un tel choix (qui n’est pas équivalent à celui de dictatures militaires ou de régimes très autoritaires) ne s’est d’ailleurs plus répété en Europe depuis les années 1930, quand il avait coûté aux classes dominantes rien moins qu’une guerre mondiale.

Le fascisme implique, entre autres, une mobilisation extra-parlementaire de la petite-bourgeoisie et des secteurs déclassés de la société, dirigée à la fois contre les organisations du mouvement ouvrier et contre les formes démocratiques de l’Etat bourgeois, qu’il veut détruire les unes et les autres. L’Aube dorée, ainsi, est clairement fasciste (néonazie). On vient de voir comment, après l’avoir longtemps tolérée et utilisée, la bourgeoisie grecque lui a donné un coup d’arrêt, en répondant de cette manière à la pression insistante de l’Union européenne et du FMI [3]. Tel n’est pas le cas du FN, quand bien même beaucoup de ses dirigeants sont des fascistes dans l’âme et ce parti pourrait, dans une autre situation, servir de base à l’émergence d’un mouvement de type fasciste.

La bourgeoisie, ses représentations politiques traditionnelles ont avec le FN un pro- blème sérieux. Mais nous aussi, et bien plus encore. Le danger, réel et croissant, réside dans sa capacité à répandre le poison d’un nationalisme xénophobe et raciste, simultanément à faire reculer encore davantage l’indépendance de classe des travailleurs, en exploitant le désarroi qui existe profondément parmi eux face à l’absence de perspective collective d’émancipation.

En cette mi-octobre, l’irruption de la jeunesse contre les expulsions de lycéens sans papiers nous indique en tout cas une des voies indispensables à la riposte : pour combattre le FN, il faut lutter contre la politique du gouvernement.

DIVÈS Jean-Philippe http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30400

22 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bonnets rouges. »Non à la manipulation de l’histoire ! » (lt+of)

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Nous avons reçu de trois historiens éminents, Alain Croix, André Lespagnol et Fanch Roudaut, cette tribune qui entend préciser la dimension sociale de la « révolte des Bonnets rouges » du XVIIe siècle qui trouve actuellement une certaine acuité.

« Depuis un mois, on assiste à une manipulation de l’histoire de la Bretagne, à un degré rarement atteint. Nous avons des choix citoyens différents mais, historiens, nous pensons qu’on ne peut pas dire et écrire n’importe quoi, et en particulier en matière d’histoire : trop d’exemples tragiques nous l’ont rappelé, dans un passé parfois très récent, y compris en Europe. Dans le cas des Bonnets rouges, cet épisode de l’histoire bretonne, déformé, est utilisé à des fins bien précises et pour le moins douteuses.

Qu’est-ce que « les Bonnets rouges » ? Nous sommes en 1675, sous le règne de Louis XIV. Dans les campagnes de Basse-Bretagne : une large part du Finistère actuel, une partie des Côtes-d’Armor et du Morbihan. À un moment où, par ailleurs, de nombreuses villes à l’est de la province, Rennes surtout, connaissent aussi une révolte dite « du Papier timbré ».

Pourquoi cette révolte des Bonnets rouges ? Alors que la Bretagne connaît, pour la première fois depuis près d’un siècle, de sérieuses difficultés économiques, les charges qui pèsent sur les paysans s’alourdissent : versements aux seigneurs surtout, taxes royales aussi, dont la multiplication donne une impression d’accablement fiscal.  Ces taxes, réelles (sur le tabac, par exemple) ou imaginaires (l’instauration de la gabelle sur le sel) sont même ce qui met le feu aux poudres.

Les révoltés s’organisent de manière assez remarquable : rédaction de « codes », ancêtres des cahiers de doléances de 1789, élection de députés défrayés et dotés d’une chemise et d’un bonnet rouge.  Le mouvement rencontre un écho européen pour plusieurs raisons : Louis XIV est de nouveau en guerre (contre la Hollande), et la mobilisation des troupes aux frontières permet à la révolte paysanne bretonne de durer quatre mois, chose inouïe dans la France du roi absolu et dans une province réputée pour sa tranquillité.

Il est facile d’établir des parallèles avec notre époque, et aussi des différences : l’essentiel n’est pas là.  La révolte, en effet, vise tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent être perçus comme des exploiteurs : seigneurs, agents du fisc, clergé même. Les codes paysans réclament la suppression des corvées (seigneuriales surtout), la diminution des prélèvements sur les récoltes (les seigneurs encore, le clergé aussi), et un juste tarif pour divers services du quotidien : les messes et le vin, les actes devant notaire et le tabac… Ils ne s’en prennent jamais, bien au contraire, à un roi supposé ignorer les abus que connaît son royaume.

Cette révolte, qui oppose des paysans bretons à leurs exploiteurs bretons, est avant tout sociale : il est symbolique que le révolté le plus connu, Sébastien Le Balp, soit assassiné par un seigneur, le marquis de Montgaillard.

Gommer cette fondamentale dimension sociale est un travestissement de l’histoire, et débouche vers son instrumentalisation. Délibérément, certains au moins des animateurs du collectif Bonnets rouges veulent détourner la très légitime colère des victimes (agriculteurs, éleveurs en particulier, salariés d’une partie de l’industrie agro-alimentaire) contre « Paris », responsable de tous les maux.

Alors qu’une part essentielle de responsabilité incombe à certains chefs d’entreprise et à certains syndicalistes agricoles qui n’ont pas voulu voir venir l’effondrement d’un modèle éco- nomique devenu dépendant de subventions européennes, ou qui l’ont très bien vu venir sans réagir, sans chercher à faire évoluer manières de produire et types de production. Selon une recette hélas tant de fois éprouvée, ils tentent de détourner une profonde et légitime colère sociale vers « les autres », tous les autres mais pas eux. Avec la connivence de quelques élus.

Nous ne sommes pas les seuls à dénoncer cette escroquerie intellectuelle : syndicats de salariés, désormais unanimes, un syndicat agricole comme la Confédération paysanne, certains partis politiques, certains journalistes, certaines personnalités. Nous voulons leur apporter notre soutien. Manipuler l’histoire, tomber dans le populisme, n’a jamais aidé à résoudre de vrais problèmes. La preuve en est dans les efforts de récupération du mouvement par l’extrême droite, ce qui devrait faire réfléchir.

Oui, il y a de quoi « Lakaat e voned ruz », « mettre son bonnet rouge », c’est-à-dire piquer une colère noire, selon l’expression imagée du breton. Encore faut-il tourner sa colère vers les vrais responsables. » 22 novembre 2013 à 06h30

Alain Croix (Nantes), André Lespagnol (Rennes), Fañch Roudaut (Brest)

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/bonnets-rouges-non-a-la-manipulation-de-l-histoire-22-11-2013-2311167.php

http://www.ouest-france.fr/bonnets-rouges-non-la-manipulation-de-lhistoire-1731887

22 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Lannion, près de 300 salariés « à la rencontre » de leur PDG (lt)

alcael lannion

Les salariés d’Alcatel-Lucent manifestent depuis 9 h, ce vendredi, à l’entrée du site lannionnais, à l’occasion de la visite de Loïc Le Grouiec, P-DG de la filiale française.

Près de 300 salariés d’Alcatel-Lucent à Lannion se sont rassemblés ce vendredi, vers 9 h, et ont marché en cortège jusqu’à l’aéroport, où ils ont réservé une ironique haie d’honneur à Loïc Le Grouiec, P-DG de la filiale française, à sa descente d’avion.


Des silhouettes noires devant leur visage
Les manifestants ont placé devant leur visage des silhouettes noires, qui symbolisent les emplois menacés en France, où le groupe de télécoms prévoit de supprimer 881 postes et de muter ou d’externaliser près d’un millier d’autres salariés.

Ce vendredi matin, Loïc Le Grouiec rencontre les organisations syndicales, puis l’ensemble des salariés à partir de 11 h. Une réunion avec les élus locaux est prévue cet après-midi, à la sous-préfecture. Le P-DG d’Alcatel-Lucent France s’est refusé à toute déclaration et a annoncé qu’il ne répondrait pas aujourd’hui aux questions des journalistes. 22 novembre 2013 à 10h53

http://www.letelegramme.fr/local/cotes-d-armor/lannion-paimpol/ville/alcatel-lucent-rassemblement-ce-matin-pour-la-visite-du-p-dg-22-11-2013-2311415.php

21 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Crise politique: Hollande-Ayrault face à « l’exaspération et la colère » (npa)

chute-libre

La note d’octobre des préfets, supposée confidentielle, a atterri sur un ordinateur du Figaro qui l’a rendue publique.

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Elle dessine une « société en proie à la crispation, l’exaspération, la colère ». Ce « sentiment d’accablement », c’est aussi la chute libre de Hollande-Ayrault dans les sondages, un record dans l’histoire de la Ve République : 15 % d’opinions favorables.

*
La défiance est générale et on voit mal comment l’exécutif pourrait reprendre la main. Remaniement, changement de Premier ministre, dissolution, avant, après les municipales… Quoi que décide ou non Hollande, ce sera perçu comme un désaveu de sa propre politique et du gouvernement, l’expression d’une faiblesse, un recul qui ne changera rien.

*
La logique à l’œuvre obéit à des ressorts profonds qu’aucune manœuvre ne pourra enrayer. Le pouvoir est bien incapable de changer de politique. Au contraire, il s’enferre dans sa soumission aux intérêts des patrons et des banques dont les travailleurs et la population paient le prix.

La croissance devait revenir… mais le PIB a reculé de 0, 1 % au troisième trimestre. La courbe du chômage loin de s’inverser continue de se dégrader. Les impôts frappent les classes populaires de façon particulièrement injuste, en particulier par le jeu du gel du barème de l’impôt sur le revenu.

La réforme scolaire concentre tous les ressentiments, mais Ayrault n’en a cure : elle « devait être faite et serait faite »… « Dans la tempête, les Français jugent leurs dirigeants à leur capacité à tenir le cap, à faire preuve de sang-froid et de fermeté, de fermeté d’âme et ne pas se laisser ballotter au fil des événements comme un bouchon sur l’eau », affirme-t-il sans rire… Et, avec cynisme, il se félicite de la hausse de la TVA : « elle va permettre de financer la baisse du coût du travail dans toutes les entreprises […] Cela ne s’est jamais fait ».

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Effectivement, et c’est bien cette servilité vis-à-vis du patronat et des riches, cette arrogance et ce mépris des classes populaires et des plus faibles, l’hypocrisie et le double langage, qui unissent le Président et son Premier ministre dans le même rejet populaire.

Changer de cap ou changer les rapports de forces ? Son propre camp exprime à haute voix ses doutes. Malek Boutih appelle à « remplacer d’urgence » Ayrault, suivi par Anne Hidalgo. À droite, Roger Karoutchi s’en réjouit : « des parlementaires PS demandent le remplacement d’urgence de Ayrault sur le thème il y a le feu à la maison. Si eux mêmes le disent…  Pour Malek Boutih, il faut un remaniement pour donner l’impression au pays qu’il est écouté… Tout est dit. La vraie solution : dissolution » rétorquent Philippot et le FN.

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Mélenchon, quant à lui, ironise sur Ayrault: « une erreur de casting » pour refuser « un changement cosmétique en remplaçant ce pauvre Ayrault par je ne sais qui d’autre ». Et Pierre Laurent revendique de changer de cap. Un changement de politique ? Un changement de cap ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Comment croire que ce gouvernement, cette majorité, pourraient mener une autre politique, même si le Front de gauche la rejoignait, même si Mélenchon réalisait son rêve, devenir Premier ministre ?

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Un changement de politique ne pourra venir que des luttes et des mobilisations pour changer le rapport de forces, construire une opposition à ce gouvernement et contre la droite et l’extrême-droite. Ouvrir la perspective d’un gouvernement qui en finisse avec l’austérité, en rupture avec le capitalisme.

Yvan Lemaitre Jeudi 21 novembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 218 (21/11/2013)

21 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Capitalisme ou démocratie (esther vivas)

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Le capitalisme est le meilleur garant de la démocratie.

C’est du moins ce qu’on nous a toujours dit. Mais la réalité, elle, contredit cette affirmation. La crise nous le démontre chaque jour.

Aujourd’hui, alors que les gens descendent dans la rue et manifestent face au Parlement (dans l’Etat espagnol, NdT) occupent des logements vides, chahutent les responsables politiques, se mettent en grève et cherchent à porter la démocratie jusqu’au bout, le discours du pouvoir déclare que ceux qui se lèvent en faveur de la justice sociale sont des anti-démocrates, des putschistes et des philo-fascistes. La démocratie actuelle est incapable d’assimiler les aspirations pleinement éman- cipatrices et démocratiques des gens. La disqualification et l’insulte est le recours de ceux qui ne convainquent déjà plus avec leurs tromperies. Ils ont menti au dessus de leurs moyens et leur crédit s’est épuisé.

Plus de capitalisme, c’est plus de marché et moins de démocratie. Nous avons ainsi pu le constater en novembre 2011 avec les coups d’Etat effectués par les marchés en Italie et en Grèce. En Italie, ce ne sont pas les citoyens qui ont eu « l’honneur » de se débarrasser du Premier ministre Silvio Berlusconi, ce furent les marchés qui l’ont expulsé du gouvernement et l’ont remplacé par Mario Monti, un ancien de Goldman Sachs. En Grèce, Yorgos Papandréou a été remplacé en un tour de main par Lucas Papademos, ex vice-président de la Banque Centrale Européenne. Des hommes de Goldman Sachs occupent des postes clés dans toute l’Union Européenne. Des banquiers déguisés en politiciens toujours disposés à nous faire payer la facture de leur crise.

Avant de perdre son poste, Papandréou, comme tout politicien professionnel qui se respecte, a tenté par tous les moyens de se maintenir, allant même jusqu’à prévoir un référendum sur les mesures d’ajustement (à la bonne heure !). Mais le mot référendum a rendu très nerveux les marchés and co. (Il suffit de relire les titres des journaux de cette période) : « Qu’est-ce que c’est que ces Grecs qui veulent donner leur avis sur les mesures de la Troïka ! » Finalement, la consultation n’a pas eu lieu.

Pour reprendre une analogie : quand les marchés entrent par la porte, la démocratie s’enfuit par la fenêtre. Le capitalisme veut une démocratie de salon, une démocratie à exhiber les jours de fête, une démocratie décorative qu’elle place sous une vitre. La démocratie, cependant, est prise de conscience, mobilisation, rue, protestation, désobéissance. Rien à voir avec la « loi et l’ordre » que veut le capital. La démocratie réelle est aux antipodes du capitalisme réel.

Ils nous disaient également que le capitalisme est le meilleur garant de la justice. Mais les prisons sont pleines de pauvres. L’Etat pénal avance à chaque millimètre que recule l’Etat social. Et la minorité qui occupe le pouvoir politique et économique a transformé la judicature en une marionnette à son service. La justice pour ceux d’en haut n’a rien à voir avec celle de ceux d’en bas. Les exemples sont nombreux, et nous en avons vu plusieurs cas ces derniers jours : du naufrage du Prestige, qui n’a aucun responsable, à une infante royale qu’il est impossible d’inculper jusqu’à une gifle considérée comme un attentat contre l’autorité et pour laquelle le procureur demande cinq ans de prison. Il est vrai que les baffes font mal, surtout pour l’image.

Capitalisme ou démocratie, that is the question. Opter pour la démocratie et la justice implique de s’opposer au capitalisme. Les droits de la majorité ne seront seulement effectifs qu’en abolissant les privilèges de quelques uns. La crise, au moins, permet de voir les choses telles qu’elles sont. Les mesures d’austérité minent la légitimité du système politique et de la politique représentative. Chaque jour, il y a de moins en moins de gens qui croient au conte de fées avec lequel ils nous ont endormis pendant des années. Leurs mensonges mis à nu, il reste désormais à accomplir la tâche de nous convaincre que ce monde injuste peut changer. De savoir que oui, nous pouvons le faire.

Source :
http://blogs.publico.es/esther-vivas/2013/11/19/capitalismo-o-democracia/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/capitalisme-ou-democratie

21 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Action 1000 vaches du 12 septembre, notre porte-parole en garde à vue (la conf’)

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On le savait, Michel Ramery avait porté plainte pour vol et dégradation suite à l’action syndicale de la Confédération paysanne, le 12 septembre sur le site de la ferme-usine des 1000 vaches.

Aujourd’hui, des militants ont été convoqués à la gendarmerie d’Abbeville pour être entendus dans le cadre de l’enquête préliminaire. Au même moment, Michel Kfoury, président de l’association de riverains Novissen était entendu dans une autre gendarmerie.

Cette nuit-là, la Confédération paysanne a réalisé un tag 250m de long et 20m de haut « Non aux 1000 vaches », et des engins de chantier ont été immobilisés. Les travaux ont ainsi pu être stoppés pendant plusieurs jours. Cette action syndicale a permis de mettre en évidence le risque que ce projet fait peser sur l’avenir des paysans, entrant ainsi en résonance avec la crise de l’agro-alimentaire breton.

La procédure judicaire engagée par Michel Ramery ne fera pas plier la Confédération paysanne dans sa détermination. Au contraire. L’Etat doit faire en sorte de stopper ce projet, et de mener une politique cohérente pour l’agriculture. Il s’agit aujourd’hui d’enrayer la disparition des paysans, notre disparition. Qu’avons-nous à perdre ? 21.11.2013

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2095&PHPSESSID=19d83rd5tvv4l6phqi62vll2p0

21 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le Sénat déroule l’arsenal législatif pour interdire aux paysans d’exercer leur métier (la conf’)

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Ce mercredi 20 novembre, les sénateurs discuteront et voteront en séance publique une proposition de loi « tendant à renforcer la lutte contre la contrefaçon ».

Le lendemain, ils devront se prononcer sur un projet de loi autorisant la ratification de l’accord relatif à une juridiction européenne unifiée du brevet (BUE). Ces deux textes formeront ensemble le carcan dans lequel sera enfermée la possibilité pour les paysans de simplement faire leur métier. Si ces deux textes sont approuvés, nulle semence, nulle récolte, et aucun animal ne pourra échapper au contrôle des industriels.

Tous les agriculteurs qui produisent et utilisent leurs propres semences sont aujourd’hui considérés par la loi comme des contrefacteurs (en dehors du blé tendre où les royalties sur les semences de ferme sont directement prélevées sur la récolte). Qu’ils aient reproduit leurs propres sélections contaminées par des gènes brevetés, qu’un brevet ait été déposé sur un gène déjà présent naturellement dans leurs semences, ou qu’ils aient utilisé des semences commerciales pour produire leurs propres sélections, ils sont toujours contrefacteurs. Mais, depuis 40 ans, l’industrie n’a pas les moyens de le prouver et donc de les poursuivre.

Avec ces nouvelles lois, les services de l’État seront obligés de saisir leurs récoltes à la moindre injonction de l’industrie, de la détruire s’ils cultivent une espèce pour laquelle les semences de ferme sont interdites, ou de la confisquer jusqu’à ce que l’agriculteur paye des royalties s’il s’agit d’une espèce dérogatoire. A moins qu’il ne puisse prouver qu’il n’a utilisé aucune semence protégée par un droit de propriété industrielle (DPI), ce qui devient aujourd’hui impossible puisque plus de 90 % des semences commerciales le sont.

La police pourra même se déguiser et inciter les paysans à pratiquer des échanges de semences interdits afin de mieux les piéger. Et le tribunal international, seul apte à juger en cas de litige, échappera au contrôle des États pour être placé directement sous l’influence des industriels procéduriers qui financeront ses activités

Ainsi, tout semis devra avoir été précédé de l’achat de semences (évidemment protégées par un DPI, les seules sur le marché), car c’est bien le but de la manœuvre.  Ce même piège pourra aussi se renfermer autour des éleveurs contraints d’acheter la semence d’un mâle reproducteur certifié, ou sur les paysans ayant utilisé leurs propres ferments, levures ou préparation naturelles pour élaborer leurs productions fermières ou soigner les plantes et les animaux.

Voila comment, en deux jours, les sénateurs pourront signer la fin du métier de paysan, et tirer un trait sur l’ambition légitime des citoyens à voir préservée la biodiversité et la qualité de leur alimentation. Cela au profit d’une industrie prédatrice qui ne rêve que de revenir à la dîme du moyen âge.

Leur responsabilité est énorme. Nous espérons qu’ils en ont conscience. C’est pourquoi nous leur demandons de voter mercredi en faveur de l’amendement proposé par le collectif « semons la biodiversité » et de ne pas ratifier le texte qui leur sera proposé jeudi. 20.11.2013

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2088&PHPSESSID=19d83rd5tvv4l6phqi62vll2p0

21 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Chili: le retour de Michèle Bachelet et la continuité néolibérale (essf)

miranda
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A 40 ans du coup d’Etat de Pinochet

Dimanche 17 novembre a eu lieu au Chili le premier tour des élections présidentielles et parle- mentaires, après 4 ans de gouvernement de droite.

Bref tour d’horizon. Depuis des mois, l’affaire semblait entendue : Michèle Bachelet serait la prochaine présidente de la République, initiant ainsi un second mandat après quatre années du gouvernement de Sebastián Piñera, entrepreneur multimillionnaire, regroupant derrière lui droite libérale et ex-partisans du dictateur Pinochet. Finalement, Bachelet devra attendre le 15 décembre prochain et un deuxième tour pour savourer sa victoire, mais les plus de trois millions de voix qu’elle engrange (presque 47% des votes), lui donnent une longueur d’avance écrasante face à sa principale adversaire, Evelyn Matthei (25% des voix). De plus, les élections parlementaires lui offrent la majorité au sein des deux chambres du congrès.

Social-libéralisme, abstention massive et intégration du PC Alors que la droite est au pouvoir depuis 2010, la campagne de Matthei a été un large fiasco. Après plusieurs erreurs de « castings » dans la sélection des candidats, c’est finalement cette ministre de Piñera, fille d’un général de la dictature, qui a déployé jusqu’à la lie un discours catholique ultra-conservateur.

En face, Bachelet, dotée d’un budget de campagne démesuré et du large soutien des classes dominantes, est revenue des Etats-Unis (où elle dirigeait « ONU Femmes »), avec une popularité incontestée. Gommant au passage le fait qu’elle est le plus pur produit de la Concertation, coalition de sociaux-libéraux et démocrate-chrétiens, qui a dominé la vie politique pendant 20 ans (1990- 2010) et approfondit le modèle néolibéral forgé en dictature (1973-1989).

Les communistes ont pourtant choisi d’intégrer la coalition, rebaptisée « nouvelle majorité » pour l’occasion, et appelé à voter dés le premier tour pour Bachelet. Ils ont ainsi pu bénéficier de quelques circonscriptions leur permettant de doubler le nombre de leurs députés (avec 6 sièges). Parmi ceux-ci l’ex-dirigeante des jeunesses communistes, Karol Cariola ou encore la leader étudiante, Camila Vallejo.

Mais au prix fort: malgré le mécontentement de nombreux militant-e-s, le parti redore le blason de la Concertation, jusque là dénoncée comme un instrument du capitalisme et devient une sorte de faire valoir « de gauche » du futur gouvernement au sein des syndicats (dont la CUT, dirigée par une militante communiste)…

Néanmoins, la majorité des classes populaires ne se sent pas représentée par Bachelet et un système institutionnel façonné par la dictature. Sur les quelque 13 millions d’électeurs et alors qu’une récente modification électorale a abolit le vote obligatoire, seuls 50% se sont déplacés aux urnes : un record historique !

Si certains secteurs militants ont appelé consciemment à la « grève électorale », c’est surtout l’apathie et le désenchantement qui dominent encore, dans une société marquée par l’atomisation néolibérale. C’est également ce que confirme le résultat -marginal- des candidatures à gauche. Sur les neuf candidats, deux ont tenté de mettre en avant un discours anti-néolibéral, revendiquant un programme de rupture avec le consensus établi. Marcel Claude, économiste présenté par le Parti Humaniste, et soutenu par un mouvement large regroupant notamment plusieurs petits collectifs issus de l’extrême-gauche, ne rassemble que 180.000 voix (2,8%), malgré une percée médiatique réussie. Quant à Roxana Miranda, du Parti Egalité, elle a su incarner l’irruption d’une femme combative et décidée, issu du peuple et des quartiers pauvres. Mais son discours de dignité, ouvertement anticapitaliste, n’a pas percé (1,2%).

Le spectre des luttes Cependant, la conjoncture pourrait être agitée dans les mois qui viennent. Les années précédentes ont été celles de grandes mobilisations : luttes massives des étudiants, grèves des salariés de plusieurs secteurs, luttes écologistes et régionalistes. Il y a bien un réveil de celles et ceux « d’en bas », avec en ligne de mire l’héritage de la dictature.

Bachelet a d’ailleurs dû tenir compte de l’irruption des thématiques imposées par le mouvement social. Ainsi est apparu dans son programme, le retour « graduel » à la gratuité dans les universités subventionnées par l’Etat, la réforme fiscale et la réforme de la constitution (mais sans s’engager en faveur d’une assemblée constituante), la création d’une caisse de retraite étatique ou encore le mariage pour tous.

Une manière aussi d’anticiper de futures mobilisations : à tel point que les principaux représentants du patronat ont applaudi. A 40 ans du coup d’Etat, « tout changer pour ne rien changer » ? A moins qu’un troisième tour social ne vienne, à nouveau, remettre les ruptures anticapitalistes à l’ordre du jour.

Franck Gaudichaud depuis Santiago du Chili

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30385

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