Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

27 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Rennes : Carrefour devra payer ! (LO)

Rennes : Carrefour devra payer ! (LO) dans Luttes sociales en Bretagne h-20-2461277-1302417124-287x300

47 salariés des supermarchés Carrefour Cesson et Alma à Rennes viennent d’obtenir gain de cause auprès des Prud’hommes contre leur employeur.

Celui-ci avait décrété, il y a plusieurs années déjà, que le forfait « temps de pause » était déjà inclus dans leur salaire mensuel. Ce forfait temps de pause représente une somme correspondant à 5 % du salaire de base, salaire de base qui ne peut être inférieur au smic. Or les salariés concernés recevaient en salaire mensuel le smic en tout et pour tout, et non le smic plus 5 %. Cela revenait, de la part de la direction de Carrefour, soit à considérer que le salaire de base était inférieur au smic, soit à ne pas payer le temps de pause. Avec l’aide des syndicats CGT et CFDT, les salariés ont donc attaqué leur employeur et exigé leur dû, d’autant que d’autres travailleurs de Carrefour dans d’autres magasins avaient déjà gagné sur le même litige. Il leur aura fallu quatre ans de procédure, l’arbitrage d’un juge départiteur (puisque les conseillers prud’homaux consultés sur cette affaire n’avaient pu dégager de majorité) et surtout une bonne dose de ténacité pour obtenir gain de cause.

Ils ont aussi obtenu que l’employeur prenne en charge l’entretien des tenues de travail. En tout, Carrefour devra verser plus de 160 000 euros aux 47 salariés. Cela représente des sommes de 1 500 à 4 000 euros pour chacun. Ce jugement est aussi une victoire morale contre des patrons qui se croient tout permis et un encouragement à tous ceux qui relèvent la tête en se battant pour faire respecter leurs droits. Correspondant LO  http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2343&id=28

27 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Saint-Nazaire : contre le projet de la mairie, les agents des maternelles en lutte (LO)

Saint-Nazaire : contre le projet de la mairie, les agents des maternelles en lutte (LO) dans Luttes sociales en Bretagne y-en-a-marre

La ville de Saint-Nazaire, de gauche plurielle, a décidé de mettre en place, dès la rentrée de septembre 2013, la réforme des rythmes scolaires.

Faute de moyens, il est évident que la nouvelle organisation du temps de travail n’apportera rien de bon, ni pour les enfants, comme veulent le faire croire les élus de la mairie, ni pour les agents qui s’occupent des enfants. Les agents des écoles maternelles, les Atsem, sont en mou- vement depuis le 4 juin contre le projet de la mairie qui veut les faire passer de 1 505 heures travaillées à 1 569 heures, soit une augmentation de 64 heures, sans être pour autant payés plus. En 2007, les Atsem en lutte avaient obtenu de travailler moins, pour compenser la grande amplitude de leur journée de travail. Passer plus de 9 heures chaque jour auprès des enfants, y compris pendant le repas de midi, chacun comprend que ce n’est pas de tout repos. C’est cet acquis que la mairie remet en question, pour pallier le manque de personnel. Le plan est d’augmenter leur temps de travail, avec l’argument d’égalité entre tous les agents de la mairie. Avec la CGT et FO, les Atsem demandent le report de la réforme à la rentrée de 2014 et le maintien des horaires à 1 505 heures, faisant grève totale certains jours, ou deux heures sur le temps de midi pendant la restauration scolaire, avec occupation des locaux de la mairie, et pique-nique. Sur 83, une cinquantaine d’Atsem participent aux actions. Les décisions se prennent en assemblée générale.

D’emblée, les agents ont vu avec quel mépris les considéraient les élus, l’administration, et aussi certains syndicalistes, tout acquis aux propositions de la mairie. Le PCF, dans la majorité municipale contrairement aux autres années, a soutenu cette fois le conflit des Atsem. Face à leur détermination, le CTP (comité technique paritaire) qui devait entériner le projet de la hausse du temps de travail, reporté sans arrêt, n’a pu se tenir. Les Atsem refusant de sortir de la salle du conseil municipal où se tenait le CTP, l’administration n’avait plus qu’à remballer ses dossiers et à quitter la salle.

Celui du mercredi 12 juin a été particulièrement animé. C’est au son du tambour, des casseroles, d’instruments en tout genre que les membres du CTP ont été accueillis. Une fois de plus, mais cette fois avec une musique endiablée et de nombreux applaudissements, les uns après les autres, les membres ont repris la porte. Dernier coup tordu en date : le CTP du lundi 17 juin, annoncé au foyer des travailleurs à 10 h, a eu lieu en fait à l’hôtel de ville. Quand les grévistes se sont aperçues de la supercherie, elles sont parties en manifestation, avec les ban- deroles, dans les rues de Saint-Nazaire, chantant à tue-tête pour rejoindre la réunion.

Le vote a fini par avoir lieu au CTP du 20 juin. À part la CGT et le PCF (FO n’a pas de représentant), les autres membres, c’est-à-dire aussi la CFDT et l’Unsa, ont voté pour, sous la colère et l’écoeurement des Atsem présents dans les couloirs de la mairie. Cette mobilisation des Atsem, pendant trois semaines, a mis à nu le vrai visage du soi-disant « dialogue social » à la mairie, fait seulement de mépris et d’arrogance à leur encontre. Samedi 22 juin, à l’appel de la FCPE, de la FSU, de la CGT et de FO, un rassemblement avait lieu devant l’hôtel de Ville… au milieu des mariages ! Les Atsem y étaient encore nombreuses et tout le monde s’est donné rendez-vous, au conseil municipal où le projet devrait être entériné, prévu vendredi 28 juin.

Correspondant LO http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2343&id=19

27 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Après l’élection partielle de Villeneuve-sur-Lot : le piège du Front républicain (LO)

Après l'élection partielle de Villeneuve-sur-Lot : le piège du Front républicain (LO) dans Antifascisme front-rep-300x209 Pépé, lui, ne votait pas fasciste!

Le deuxième tour de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, dans laquelle s’affrontaient, après l’élimination au premier tour du candidat du PS, un candidat du FN et un de l’UMP, a vu la victoire de ce dernier.

Mais ce n’est pas cela qui a créé l’événement. Depuis la présidentielle, ce scrutin est le huitième qui voit le représentant du parti de Sarkozy-Copé-Fillon l’emporter. Le plus marquant a été la progression du score frontiste entre les deux tours, qui passe de plus de 8 500 voix (26 % des exprimés) à plus de 15 800 (46,24 % des exprimés). Constatons cependant qu’il y a eu pour ce second tour près de 7,5 % de votes blancs et nuls, sans compter plus de 47 % d’absentions.

Le PS a demandé à ses électeurs de faire barrage au FN en les appelant à voter pour l’UMP, au nom d’une règle dont il est, depuis bien longtemps, le promoteur et devant laquelle s’inclinent ses alliés, le PCF mais aussi le Parti de gauche de Mélenchon. Cette règle dite du Front républicain veut que la gauche rallie la droite pour empêcher l’élection d’un représentant de l’extrême droite. Politiciens et commentateurs s’interrogent aujourd’hui sur l’efficacité et l’utilité de cette pratique. Notons d’ailleurs que la gauche l’applique bien plus souvent vis-à-vis de la droite, qualifiée de républicaine, que cette dernière qui ne s’efface quasiment jamais en faveur de la gauche. Même si on en reste sur un plan arithmétique, ce Front républicain peut tout au plus empêcher l’extrême droite de franchir les obstacles réglementaires et d’avoir des élus. Mais cela ne bloque pas le développement de l’influence de l’extrême droite, on l’a vérifié cette fois encore.

Le pire n’est pas là. Il est dans le fait que cette pratique aboutit à parer des adversaires du monde ouvrier, la droite en l’occurrence, de vertus nullement méritées. Par exemple, en 2002, Chirac a été présenté comme le bouclier contre Le Pen, ce qui a donné Sarkozy, d’abord comme ministre de l’Intérieur, puis comme président de la République. Le nouvel élu qui vient rejoindre le groupe UMP serait-il le héros qui a terrassé le dragon lepéniste ? Personne, même pas lui, n’ose le prétendre. Mais, plus lourd de conséquence, cette pratique laisse croire qu’il y aurait une seule et même catégorie d’électeurs qui réunirait les « républicains », en rassemblant les travailleurs (et en excluant d’ailleurs ceux qui n’ont pas le droit de vote) avec leurs exploiteurs, mêlant les petites gens avec les banquiers et les spéculateurs. Ce n’est pas la meilleure façon d’armer politiquement les travailleurs.

Certains électeurs de gauche, nombre de petites gens, ont sans doute choisi de voter FN pour faire entendre leur colère, sans pour autant approuver les idées réactionnaires et antiouvrières de ce parti. « Cela n’engage à rien » et « On ne les a pas encore vus au pouvoir », peut-on entendre en substance. Mais si ! Cela pèse dangereusement sur l’avenir des travailleurs car cela conforte des gens qui pensent, et disent, qu’il faudra mettre au pas entre autres les syndicats et, au-delà, tous les salariés qui revendiquent de meilleurs salaires ou simplement de meilleures conditions de travail.  Quant à croire qu’on ne les aurait pas vus au pouvoir, c’est tout aussi faux. On les a vus en Italie avec Mussolini, en Allemagne avec Hitler, en Espagne avec Franco. Et actuellement on voit cette extrême droite parader en Hongrie, en Grèce. Ce sont les mêmes, même si depuis quelques mois ils prétendent le contraire. Voir en ces gens-là des sauveurs du peuple, ce serait aider à accéder au pouvoir nos gardes-chiourme, voire nos futurs bourreaux.

Jean-Pierre VIAL http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2343&id=10

27 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Dans le « Canard Enchaîné »

Dans le

http://blog-de-canard.blog4ever.com/blog/articles-cat-442415-743602-le_canard_du_12_06_2013.html

26 juin 2013 ~ 0 Commentaire

La France sur la route du Portugal et de l’Espagne

La France sur la route du Portugal et de l’Espagne  dans Economie 091111-jrmora

La droite et le gouvernement sont en train de jouer au ping pong avec les chiffres du déficit budgétaire pour 2013.

En fait, la France paraît s’engager sur la route du Portugal et de l’Espagne où l’austérité étouffe un peu plus la croissance sans réduire les déficits. Selon les députés UMP de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le déficit public pourrait atteindre au moins 4% du PIB en 2013. Gilles Carrez, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le déficit de l’Etat devrait dépasser les 80 milliards d’euros en fin d’année, au lieu des 61, 6 milliards prévus par la loi de Finances.

Deux arguments sont mis en avant :

- des moindres recettes fiscales qui atteindraient environ 15 milliards d’euros, notamment du fait de recettes de TVA moins bonnes que prévues. Ce qui est logique quand la consommation des ménages, qui a baissé de 0, 4% en 2012 baisserait encore de 0, 1% en 2013 d’après l’INSEE.

- une compression insuffisante des dépenses.

Selon Gilles Carrez, « le déficit public pourrait dépasser 4% du PIB en 2013, au lieu des 3% prévus à l’origine » du fait de l’absence de « mesures d’économies » prises par le gouvernement. Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a répondu mardi, en assurant que les dépenses seraient tenues cette année et que le gouvernement procéderait à des « ajustements » si les recettes sont moins élevées que prévu.. Interrogé sur RTL, le ministre a estimé que «  là où il y a un énorme mensonge de la part de la droite, c’est sur le fait que contrairement à eux, nous tenons les dépenses. » Jean-Marc Ayrault, pour sa part, a annoncé que, en 2014, « Pour la première fois » depuis 1958, les dépenses de l’Etat « vont diminuer. (Elles) seront en diminution de 1, 5 millliard d’euros ».

Droite et gauche se situent sur le même terrain : celui de l’austérité. Les prévisions budgétaires gouvernementales (déficit de 3, 7% du PIB) sont optimistes dans la situation de récession. Quel sera le déficit exact ? Nul ne le sait. L’OFCE (office français des conjonctures économiques) annonçait pour sa part un déficit de 3, 9% du PIB en avril dernier. La crise du capitalisme a des ressorts tenant à la logique du système du profit. Mais la politique suivie dans la zone Euro ajoute la crise à la crise. Le pacte de croissance de Hollande n’a été qu’une annonce publicitaire, la dette publique est le seul poste de dépense qui soit préservé de l’austérité. En fait, la France paraît bien engagée sur la route du Portugal et de l’Espagne où l’austérité casse encore plus la croissance, donc creuse les déficits. Et à cela, Hollande et Ayrault, plus que jamais soumis aux logiques capitalistes et financières, ne voient comme remède que plus d’austérité ! Mardi 25 juin 2013

Le groupe de travail économique du NPA http://npa2009.org/node/37882

26 juin 2013 ~ 0 Commentaire

L’indignation, patrimoine de l’humanité. Maintenant, le Brésil. (Esther Vivas)

 

L’indignation, patrimoine de l’humanité. Maintenant, le Brésil. (Esther Vivas) dans Altermondialisme 130621065939-06-brazil-0621-horizontal-gallery

Inattendue, intempestive et non planifiée, ainsi se présente l’indignation. On l’a vu en Tunisie, en Egypte, en Islande, dans l’Etat espagnol et plus récemment en Turquie. Et aujourd’hui au Brésil. La vague de l’indignation atteint ainsi deux pays géopolitiquement clés. Si, il y a quelques semaines, le Printemps turc surprenait les Turcs eux-mêmes et à l’étranger, aujourd’hui l’histoire se répète avec l’explosion sociale brésilienne.

Le cycle de protestations inauguré par les révoltes dans le monde arabe est toujours ouvert. Et en dépit du fait que tous ces processus de changement, de mécontentement de ceux d’en bas, partagent des éléments communs, ils ne sont pas strictement le décalque des uns et des autres. Chacun d’entre eux répond à ses propres particularités, contextes, expériences et écrivent ainsi leur propre histoire. Cependant, la dynamique de contamination mutuelle est indubitable, d’autant plus dans un monde globalisé, fortement connecté et avec le rôle clé et amplificateur des réseaux sociaux et des médias.

L’indignation qui s’exprime ces jours ci au Brésil signifie son entrée dans le continent latino-américain, qui constituait récemment la référence à l’échelle mondiale en termes de luttes sociales contre le néolibéralisme et l’impérialisme. Les protestations massives des étudiants au Chili en 2011 signalaient déjà le ras-le-bol de la jeunesse vis-à-vis d’une caste politique soumise aux intérêts des marchés. La protestation brésilienne actuelle, avec toutes ses particularités, reproduit et à réinvente à la fois des discours, des instruments 2.0, des acteurs du cycle de protestation indigné global.

Les jeunes des grandes villes, oubliés des politiques des hautes sphères, sont une fois de plus ceux qui impulsent la lutte. Majoritairement non organisés, la plupart d’entre eux expriment pour la première fois leur mécontentement dans la rue, en occupant l’espace public et en faisant entendre leurs voix. Ce qui a commencé comme une protestation contre l’augmentation abusive des tarifs du transport public, dans l’un des pays où ils sont déjà élevés en comparaison au pouvoir d’achat des couches populaires, s’est développé en une mobilisation citoyenne sans précédent, la plus importante dans l’histoire récente du pays.

La corruption, l’inégalité, la mauvaise qualité des services publics, les grands événements « tape à l’œil » et les infrastructures pharaoniques qui vident les caisses de l’Etat constituent seulement une partie des causes. Car c’est aussi le dégoût vis-à-vis d’une caste politique qui renforce ses pratiques de corruption et qui fait la sourde oreille aux revendications sociales, qui s’allie à des banquiers et des technocrates accros à l’usure et au vol et aux conservateurs religieux qui veulent dicter des lois pour « soigner les homosexuels », dans une croisade contre les libertés sexuelles et reproductives. C’est aussi le dégoût des latifundistes assassins des peuples indigènes et des écologistes. Un mécontentement latent contre tout cela qui, finalement, explose. Face à une telle mobilisation sociale, les autorités de dizaines de villes, parmi elles Río de Janeiro et São Paulo, ont annulé l’augmentation des tarifs. Mais cette réaction officielle arrive trop tard. Comme avant à Sidi Bouzid (Tunisie) ou à Taksim (Turquie), la mèche a déjà pris feu. Ce qui a commencé comme une expression de rage face à une injustice s’est entrelacé à un malaise beaucoup plus profond. Et la peur a commencé à changer de camp. La démonstration est faite que l’indignation est un patrimoine de l’humanité. Aujourd’hui, c’est au tour du Brésil. A qui le tour ?

Esther Vivas Mercredi 26 juin 2013 http://npa2009.org/node/37891

*Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://esthervivas.com/portugues/

26 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Le business du gaz lacrymogène : une arme chimique (Avanti.be)

Le business du gaz lacrymogène : une arme chimique (Avanti.be) dans Altermondialisme 818958_protesters-run-from-tear-gas-fired-by-riot-police-in-a-side-street-near-tahrir-square-in-cairo

L’attaque du Parc Gezi à Istanbul et la répression à Rio de Janeiro ont une chose en commun avec la plupart des manifestations de cette année 2013 – bien que leurs causes soient très distinctes ; du viol d’une femme dans le cas de l’Inde aux revendications étudiantes au Chili, en passant par les luttes sociales au Mexique ou contre l’austérité en Europe. Cette chose, c’est le gaz lacrymogène.

Dans le budget de l’Etat espagnol, l’une des rares exceptions aux coupes a été l’achat de matériel antiémeute. Tandis que les dépenses en santé, éducation et sécurité sociale sont réduites, celles en matériel antiémeute ont explosé, passant de 173.000 à 3 millions d’euros en 2013. Au Moyen Orient, le « printemps arabe » est une manne d’or pour l’industrie de sécurité : l’année dernière, le marché de la sécurité dans ces pays à représenté 6 milliards d’euros, soit une augmentation de 18%. Ce marché de la sécurité est caractérisé par les paradoxes et les doubles discours. Au moment où les Etats-Unis approuvent la livraison d’armes aux rebelles en Syrie parce que le régime a utilisé des armes chimiques, personne ne rappelle que le gaz lacrymogène est considéré comme une arme chimique par l’ONU et que ce sont les entreprises étatsuniennes qui dominent ce marché, avec une concurrence croissantes de firmes chinoises et brésiliennes – comme Condor Non-Lethal Technologies. Le Département d’Etat défend ouvertement son utilisation en disant qu’il s’agit d’une arme « non létale » qui « sauve les vies et protège la propriété ». Nous avons interviewé sur cette question Anna Feigenbaum, qui mène des recherches sur l’histoire politique du gaz lacrymogène à l’Université de Bournemouth, au Royaume-Uni.

L’histoire du gaz lacrymogène semble avoir été réécrite ces dernières années. Est-ce une arme chimique ou pas ? Une arme létale ou non-létale ?

Anna Feigenbaum : Dans les protocoles de guerre de l’ONU, il est considéré comme une arme chimique. A la fin de la Première Guerre mondiale, plusieurs pays, et tout particulièrement les Etats-Unis, ont tout fait pour maintenir leur production d’armes chimiques en temps de paix. Les Etats-Unis ont lancé une stratégie de marketing spécifique avec la police et la Garde Nationale, allant jusqu’à organiser des exhibitions spéciales à la Maison Blanche pour démontrer l’utilité du gaz lacrymogène. On a ainsi créé une demande pour le produit. Du côté de l’offre, c’est-à-dire de la production, l’industrie du gaz lacrymogène a modernisé le complexe militaro-industriel qui s’était développé au début du XXe siècle, en huilant la coopération entre les chimistes universitaires, les militaires, la bureaucratie d’Etat et les firmes privées.

Mais aujourd’hui, le produit n’est plus présenté de la même façon ; on ne parle plus « d’arme chimique », comme lors de la Première Guerre mondiale, on parle d’une arme « non létale ».

Ce glissement de sens s’est produit depuis le début. D’une part, on présentait le gaz lacrymogène comme une arme multi-usages, pour attaquer et se défendre, bien que sa principale application fut de briser des grèves. En même temps, on soulignait qu’il n’était pas toxique et qu’il ne produisait aucun dommage durable. Ce fut le fruit d’une grande opération de relations publiques qui fut mise à nu par une enquête en 1939.

A quel moment l’utilisation du gaz lacrymogène s’est-il généralisé pour ce qu’on appelle le « contrôle des foules » ?

C’est dans les années 1930 qu’on commence à l’exporter vers les colonies et les pays de la périphérie. Les Etats-Unis l’ont utilisé aux Philippines et à Panama et le gouvernement britannique en Inde. Ce fut le cas également au Moyen Orient à cette époque, bien que sur ce point les historiens ne sont pas d’accord entre eux.

Dans les années 1960, le gaz lacrymogène faisait partie du paysage habituel des manifestations en Amérique latine…

C’est l’une des choses les plus dangereuses qui se soient produites, parce qu’on a « naturalisé » l’utilisation du gaz lacrymogène alors qu’en réalité il s’agit d’un poison qui, d’un point de vue médial, occasionne une série de dommages bien établis et bien plus sérieux qu’on ne l’admet au niveau officiel, tout particulièrement pour les gens qui ont des problèmes respiratoires ou qui souffrent d’épilepsie, ou pour les personnes âgées. Et il est également très dangereux au niveau politique parce qu’on naturalise un type de réponse répressive à l’encontre du droit à la libre expression et réunion.

L’argument de l’industrie et des gouvernements est qu’il est préférable aux armes à feu pour le contrôle des manifestations et des troubles. Il est classé dans les moyens « non létaux » et le Département d’Etat US affirme qu’il « sauve des vies »…

En Turquie, en Egypte, au Bahreïn ou ailleurs, le gaz lacrymogène est en train d’être utilisé comme une arme, c’est-à-dire qu’on l’utilise dans des lieux fermés et parfois comme munition à tir tendu. L’idée qu’il serait meilleur qu’un autre type d’armes, comme les armes à feu, pose deux problèmes élémentaires. Premièrement, du point de vue des droits civils, on pose comme seule alternative les armes à feu ou le gaz lacrymogène au lieu de se centrer sur la possibilité de la médiation, du dialogue et de la résolution des problèmes qui motivent les protestations. L’option devient alors : ou bien on mitraille les gens, ou bien on les empoisonne avec du gaz lacrymogène. Le second problème est que le gaz lacrymogène s’utilise normalement ensemble avec d’autres formes de contrôle des masses, comme les canons à eau ou les balles en caoutchouc. Cela démontre bien son origine militaire. Lors de la Première Guerre mondiale, le gaz lacrymogène fut conçu dans le cadre d’une tactique d’attaque car il obligeait les soldats à sortir de leurs tranchées et à s’exposer aux autres armes plus létales. La même chose se reproduit dans les manifestations. L’utilisation du gaz lacrymogène créé un chaos, empêche les gens de se mettre à l’abri et les expose à d’autres formes d’attaque.

Vous avez une carte de l’utilisation mondiale du gaz lacrymogène en 2013. Il est notable que dans l’Europe de l’austérité il y a plusieurs pays qui l’ont utilisé, de l’Allemagne à la Belgique, en passant par l’Espagne et la Grèce.

Il y a eu une augmentation des protestations depuis l’éclatement de la crise financière de 2008, et plus encore depuis le début des mesures d’austérité. Parallèlement à cela, nous avons vu que la réponse des autorités à ces protestations est sans cesse plus violente, avec une utilisation accrue du gaz lacrymogène, de balles de caoutchouc et du reste de l’arsenal antiémeute. Nous assistons également à un nouveau glissement sémantique, avec l’importance croissante prise par l’industrie antiterroriste depuis 2001. Il y a eu ces dernières années une convergence entre l’industrie antiterroriste et les méthodes pour mâter les protestations. Récemment, un spécialiste israélien en politiques de maintien de l’ordre m’a commenté qu’on utilisait contre les manifestants israéliens la technologie et le type d’entraînement des forces qui sont utilisées pour des cas de terrorisme. C’est l’utilisation de tactiques militaires pour l’entraînement de la police. Et cela fait également partie de la naturalisation des méthodes de répression. Anna Feigenbaum, Marcelo Justo

Source :
http://brecha.com.uy/index.php/mundo/2024-el-negocio-del-gas-lacrimogeno
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/analyses/article/le-business-du-gaz-lacrymogene-une-arme

26 juin 2013 ~ 0 Commentaire

L’accord de « libre dumping » UE/USA : un faux AMI pire que le vrai

L’accord de « libre dumping » UE/USA : un faux AMI pire que le vrai dans Economie suckers_anti_obama_uncle_sam_middle_finger_poster-p228599595022765467t5wm_400

Tout le monde ne se souvient pas forcément de l’AMI, accord multilatéral sur l’investissement, négocié secrètement par 29 pays de l’OCDE entre 1995 et avril 1997.

Proposant une libéralisation accrue des échanges, il entraîna de vives protestations et fut retiré en octobre 1998. Le projet actuel dit de « partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (PTCI) est bien pire. L’administration Obama pousse très fortement à cet accord, sous la pression des multinationales US actuellement à la peine. Elles ont essuyé un cruel échec en Amérique du Sud, un autre échec avec l’ACTA http://tinyurl.com/k663blt , mais remporté une victoire contre les peuples avec l’ALENA http://tinyurl.com/n2lmfpk . Ce projet est désormais leur grande affaire. Du côté européen, les libéraux qui dominent la Commission et la plupart des chefs d’État, y compris sociaux-démocrates, chantent les louanges d’un tel projet. Au nom de quoi ? Au nom de la croissance ! Toutes les « libéra-lisations » et dérégulations, toutes les suppressions des protections sociales ou écologiques, se font au nom de la croissance, alors que la seule croissance visée est en réalité celle des profits des transnationales, via une exploitation plus « libre » des humains et de la nature. C’est fantastique : cela fait plus de vingt ans qu’ils dérégulent tout ce qu’ils peuvent, et cela fait vingt ans que la croissance diminue en tendance pour devenir quasi-nulle.

Un premier constat doit être fait : l’effet Dracula (il meurt si on l’expose à la lumière) a commencé à opérer, et ce n’est pas fini. Ce combat a toutes chances de voir converger nombre de syndicats et d’asso-ciations écologistes, citoyennes, altermondialistes, mais aussi le monde de la culture, celui de la petite et moyenne paysannerie, et bien d’autres qui ont compris que l’objectif n’est pas la coopération des peuples et le bien commun mais la loi de la jungle mondialisée et le profit privé. Le projet actuel de PTCI figure dans un « projet de mandat » de l’UE en date du 12 mars, à l’intention du Conseil européen. Il devait rester secret, mais il a fuité dès avril. Voir ce lien pour le texte intégral, traduit en français par un site militant. http://tinyurl.com/kbryxod Extrait : « L’accord devrait prévoir la libéralisation progressive et réciproque du commerce et de l’investissement en biens et services, ainsi que des règles sur les questions liées au commerce et à l’investissement, avec un accent particulier sur l’élimination des obstacles réglementaires inutiles. L’accord sera très ambitieux, allant au-delà des engagements actuels de l’OMC. »

LES « BARRIÈRES COMMERCIALES » (1) : LES DROITS DE DOUANE Les « barrières » à lever concernent des droits de douane (DD) et surtout des règles et normes du commerce et de l’investissement, considérées par les néolibéraux comme les « obstacles » majeurs. Commençons par les DD. EN MOYENNE, ils sont faibles : 5,2 % pour l’UE, 3,5 % aux USA. Mais la moyenne est l’arbre qui cache la forêt des écarts. Ainsi, pour les seuls produits industriels, les DD sont en moyenne un peu inférieurs aux USA (2,2 % contre 3,3 %), mais par exemple ils sont proches de zéro aux USA pour les matériels de transport, dont l’automobile, alors qu’ils atteignent 7,8 % pour l’UE. La pénalisation de ce secteur européen serait forte.

L’AGRICULTURE SERAIT TRÈS FORTEMENT FRAPPÉE. Les DD sont nettement plus élevés en Europe dans un grand nombre de secteurs essentiels (viande, produits laitiers, minoterie, sucres et sucreries…). L’agro-économiste Jacques Berthelot écrit ceci, dans un texte à lire intégralement (« La folie furieuse de vouloir intégrer l’agriculture dans un accord de libre-échange transatlantique UEEU ») http://tinyurl.com/oot3574 :« Les propositions du mandat de négociation « d’éliminer tous les droits sur le commerce bilatéral » entraîneraient UN SEISME ECONOMIQUE, SOCIAL, ENVIRONNEMENTAL ET POLITIQUE SANS PRECEDENT. C’est une perspective suicidaire, totalement opposée au développement durable que le mandat prétend se fixer comme objectif, un mensonge évident pour mieux faire passer le seul objectif réel d’ouverture totale des marchés dans le seul intérêt des multinationales et des marchés financiers. » Mais, ajoute-t-il, démonstration à l’appui, « les perspectives d’un tel accord, et déjà de l’ouverture des négociations, seraient désastreuses pour les pays en développement (PED), surtout pour les pays ACP (Afrique/ Caraïbes/ Pacifique) ».

LES « BARRIÈRES COMMERCIALES » (2) : LES NORMES ET RÉGULATIONS C’est le risque majeur, car les normes et règles qui encadrent la production, le commerce et l’investissement dans un pays (ou un groupe de pays lorsqu’il y a des normes communes) sont un bon reflet de ce qu’une collectivité et/ou ses dirigeants considèrent comme juste et bon sur le plan social, écologique et économique. Un reflet des biens communs qu’ils estiment devoir « protéger » des appétits lucratifs. Abaisser ou supprimer des normes qui freinent le « libre » commerce et le « libre » investissement revient le plus souvent à réduire des garanties et des exigences de qualités : du travail et de l’emploi, des services et de l’intérêt général, des produits alimentaires ou industriels, etc.

Pour l’agriculture, il existe en Europe des normes d’un niveau le plus souvent supérieur à celles qui existent aux Etats-Unis. « L’accord exposerait les Européens à laisser entrer les pires productions de l’agro-business états-unien : boeuf aux hormones, volailles lavées au chlore, OGM, animaux nourris aux farines animales. Sans parler du fait que les USA ont des systèmes peu contraignants de traçabilité. Et qu’ils ne connaissent pas les « indications géographiques protégées… Adieu les AOC et tout l’immense et patient travail de valorisation des produits qui vont avec » (Mélenchon).

Et les services (près de 80 % de l’emploi en France) ? Il faut distinguer les services publics et les autres. J’évoquerai plus loin la culture, la finance et les assurances. LES SERVICES PUBLICS SONT DIRECTEMENT VISÉS : « l’accord concernera les monopoles publics, les entreprises publiques et les entreprises à droits spécifiques ou exclusifs ». L’accord vise ainsi « l’ouverture des marchés publics à tous les niveaux administratifs, national, régional et local ». Et il devra lutter contre l’impact négatif de barrières comme les « critères de localisation ». Impossible de promouvoir par exemple les services de proximité, dont ceux des associations, dans la fourniture des collectivités locales. L’enseignement et la santé ? Ce sont de grands marchés à étendre, dans un contexte dominé, aux Etats-Unis, par la puissance des hôpitaux et de l’enseignement privés à but lucratif.

DES NORMES UE/US TRÈS FAVORABLES AUX FIRMES US

Le problème est bien résumé par Mélenchon : « contrairement à ce qu’affirme la Commission… les États-Unis et l’Europe n’ont pas « des normes d’une rigueur analogue en matière d’emploi et de protection de l’environnement ». LES ETATS-UNIS SONT AUJOURD’HUI EN DEHORS DES PRINCIPAUX CADRES DU DROIT INTERNATIONAL EN MATIERE ECOLOGIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE. Ils ne souscrivent pas à plusieurs conventions importantes de l’OIT sur le droit du travail. Ils n’appliquent pas le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique. Ils refusent la convention pour la biodiversité et les conventions de l’Unesco sur la diversité culturelle. Autant d’engagements souscrits par les pays européens… Un marché commun libéralisé avec les États-Unis tirerait donc toute l’Europe vers le bas… L’exemple vient du Bangladesh. Les trusts européens se sont accordé pour discuter des normes à appliquer, selon eux, à l’avenir… Les trusts yankees ne veulent entendre parler ni de ces discussions ni de normes d’aucune sorte. »

Gérard Filoche complète ainsi : « En apparence, il s’agit de deux blocs économiques d’importance équivalente. La réalité est cependant bien différente, la confrontation opposerait un porte-avion et un chalutier. Les États-Unis sont un géant économique, politique et diplomatique, l’Union européenne est un géant économique mais un nain politique… Les Etats-Unis n’hésitent pas à verser toutes les aides publiques nécessaires au soutien de leurs « champions industriels ». Les articles 107 à 109 du traité de Lisbonne interdisent aux États membres de l’UE de verser des aides publiques aux entreprises… Les marchés publics des Etats-Unis sont réservés à 25 % à leurs PME. Un accord de « libre-échange » avec l’UE n’engagerait que l’Etat fédéral, pas les marchés publics des 50 Etats américains. La Commission européenne, de son côté, supprime à marche forcée toute restriction d’accès aux marchés publics des États-membres de l’Union européenne…

Les salariés des États-Unis ont subi les effets de l’Alena, l’accord de libre-échange entre les États- Unis, le Canada et le Mexique. Ce ne sont pas les salaires et les conditions de vie des salariés mexicains qui ont été tirés vers le haut mais ceux des salariés des États-Unis et du Canada qui ont été tirés vers le bas. Les salariés de l’Europe des 15 n’ont pas vu leurs salaires et leurs conditions de travail tirés vers le haut lorsque l’Union européenne a ouvert grand ses portes aux pays de l’Europe centrale et orientale (les PECO) sans approfondissement démocratique et social préalable. Au contraire… L’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’UE soumettrait les salaires et les conditions de travail des salariés européens et américains à une double pression vers le bas : celle du Mexique d’un côté, celle des PECO de l’autre. » Fin de citation.

Même le rapport de Claude Revel, conseillère du commerce extérieur auprès de la Ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq, affirme : « L’accord UE États-Unis à venir sera un accord fondamental par sa portée juridique ; les enjeux en termes de régulation à venir sont énormes. LE RAPPORT DE FORCES EST FAVORABLE AUX ETATS-UNIS ». Ce qui ne l’empêche pas ensuite d’écrire qu’il faut « prendre acte et tirer parti de la tendance vers la délégation de la règle au privé » et de considérer favorablement le fait « que se développe un marché des professionnels de la norme privée ». Comme dans le cas des agences de notation, sauf qu’ici ce sont toutes nos normes de production et de consommations qui leur seraient confiées !

PRODUCTIVISME ET LIBRE DUMPING : ADIEU LA « TRANSITION »

Le projet table sur les exportations comme grand facteur de relance. Il s’oppose donc à toute politique de relocalisation, pourtant écologiquement nécessaire. Il considère même une telle politique comme l’un des « fardeaux réglementaires ». En augmentant le trafic aérien et maritime de marchandises à travers l’Atlantique, la hausse des exportations fera encore grimper les émissions de gaz à effet de serre. La Commission a estimé que cette hausse était à prévoir, mais qu’elle serait limitée : entre 4 et 11 000 tonnes de CO2 par an. On peut en douter. Mais, même limitée, cette hausse va rendre encore plus inatteignables les objectifs officiels de réduction des émissions. « En raison des différences de normes, cet accord sera une incitation au pire productivisme au détriment de la qualité sociale et écologique des produits. Par exemple dans la construction, les normes françaises HQE sont beaucoup plus contraignantes que les normes américaines LEED. Idem en matière de limitation de la pollution automobile ou en matière de production d’énergie. Les constructeurs automobiles français ont d’ailleurs exprimé des réserves sur l’accord. » (Mélenchon)

Pour José Bové : « Ce n’est pas un accord de libre-échange que les multinationales veulent, mais la possibilité de pouvoir attaquer des lois prises par les États qui réduiraient leur profitabilité. Avec la mise en place d’un accord de ce type, les gouvernements et les assemblées se lient elles-mêmes les mains dans le dos. Avec la mise en place d’un accord de ce type, c’est la loi sur la fracturation hydraulique qui sera attaquée et les moratoires sur les OGM qui seront traînés en justice devant un tribunal international hébergé par la Banque Mondiale ».

L’INVESTISSEMENT ET LA FINANCE

En matière d’investissement, le mandat vise à atteindre le « plus haut niveau de libéralisation existant dans les accords de libre-échange ». Des mesures spécifiques de « protection des investisseurs » [ce sont les seuls qu’il faut protéger] devront être négociées, incluant [POINT CRUCIAL] un « régime de règlement des différends entre les États et les investisseurs »…C’était la logique de l’AMI. Mais cette fois, on va plus loin. Car le projet se prononce pour une « LIBERALISATION TOTALE DES PAIEMENTS COURANTS ET DES MOUVEMENTS DE CAPITAUX ». Manifestement, les « investisseurs » des places financières anglo-saxonnes les moins réglementées et les plus spéculatives ont tenu la plume. « Les géants du crédit hypothécaire états-unien pourront ainsi vendre leurs crédits pourris en Europe aux mêmes conditions que dans leur pays d’origine ». (Mélenchon). Autre exemple (Filoche) : « La confrontation entre le secteur des assurances des États-Unis et de notre pays aurait toutes les chances de mettre à mal nos mutuelles et les contrats qui ne peuvent pas (pour bénéficier d’avantages fiscaux substantiels) faire payer les souscripteurs en raison de leur état de santé. »

UNE EXCEPTION (CULTURELLE) QUI CONFIRME LA RÈGLE

Nos champions politiques français en font des tonnes sur l’exception culturelle. Leur idée est de présenter comme une énorme victoire le fait de la préserver, afin de faire passer le reste, soit plus de 95 % des dommages humains sociaux et écologiques prévisibles. Bien entendu, les mobilisations du monde de la culture sont très importantes, comme elles l’ont été pour contrer l’AMI. MAIS ON DEVRAIT CONSIDERER LE CAS DE LA CULTURE et de ses « protections » légitimes (qualité, spécificités nationales et locales, création, diffusion, statuts des personnes, aides publiques, etc.) COMME LE CAS GENERAL. Partout, bien qu’avec des pondérations diverses, il y a des biens communs, donc un besoin de règles écologiques et sociales pour les « protéger ». Les normes de pollution ou d’émissions des véhicules, les normes écologiques des bâtiments, les normes sanitaires, les normes de travail décent et de protection sociale, d’égalité entre les femmes et les hommes dans de nombreux domaines, sont des biens communs au même titre que la « biodiversité » culturelle à préserver. En passant, une lecture féministe de ce projet serait bien utile, car dans de tels cas, ce sont TOUJOURS les femmes qui trinquent le plus. Ce combat est celui des biens communs contre les profits privés d’une infime minorité. Il est vrai qu’en face, « ils ne lâchent rien ». Mais, sur ce coup, il y a de l’espoir. Encore faut-il de larges alliances, en France et en Europe, pour que Dracula s’évanouisse.

Ajout du 15 mai : Les ministres européens du commerce viennent de mandater la Commission européenne pour négocier le PTCI. Comme prévu, l’exception culturelle se trouve pour l’instant exclue des négociations, avec possibilité de rouvrir le dossier. Les choses sérieuses commencent.

Sources  : j’ai utilisé dans ce texte des analyses, accessibles en ligne de : Mélenchon (octobre 2012 http://tinyurl.com/k8wdmzf et mai 2013 http://tinyurl.com/oe2hq49 ), Bové http://tinyurl.com/ldvfkl7 , Jadot http://tinyurl.com/n359e37 , Filoche et Chavigné http://www.filoche.net/ , Attac, Azam dans Politis (30 mai), Thierry Brun dans Politis http://www.politis.fr/Marche-transa…, un super texte de Berthelot sur l’agriculture, repris sur le site de EELV http://tinyurl.com/oot3574 , les Amis de la Terre http://tinyurl.com/plm2vah , la Confédération paysanne http://tinyurl.com/oljpqyc , les sites Médiapart http://tinyurl.com/ll5qvtr , rue89 http://tinyurl.com/qg8v6gp , des syndicats… et quelques autres, plus les textes disponibles eux-mêmes. La position détaillée de la confédération européenne des syndicats http://www.etuc.org/a/11230 est fort intéressante en dépit de son manque de fermeté à mon goût, mais si l’on prend en compte l’ensemble des conditions qu’elle pose pour qu’un tel accord puisse être signé, cela équivaut à refuser à peu près tout ce que vise le projet Obama/Barroso.

http://www.pressegauche.org/spip.php?article14515

26 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Privatisation de l’eau : Bruxelles recule sous la pression citoyenne (Bastamag)

Privatisation de l’eau : Bruxelles recule sous la pression citoyenne (Bastamag) dans Europe arton2975

« C’est notre devoir de prendre en compte les inquiétudes exprimées par tant de citoyens. » L’initiative citoyenne européenne « l’eau est un droit humain », qui a rassemblé 1,5 millions de signatures, vient de remporter sa première victoire politique. Le 21 juin, le commissaire européen au marché intérieur et aux services Michel Barnier, a en effet annoncé sa décision de retirer le secteur de l’eau du champ d’application d’un projet de directive sur les concessions. Et mentionne très explicitement le rôle de l’initiative citoyenne européenne (ICE) dans sa décision, dont l’un des objectifs est d’exclure les services de l’eau de toute libéralisation.

L’objet de la directive, toujours en négociations, est d’encadrer les relations des collectivités européennes et les sociétés privées exploitant des services publics pour rendre les négociations et contrats plus transparents. Or, ces règles pourraient entraîner la mise en concurrence forcée des régies municipales avec les sociétés privées. « Cela fait à présent plusieurs mois que des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que la Commission européenne tenterait de privatiser le domaine de l’eau. Cela n’a jamais été son intention », écrit Michel Barnier. Un courrier de la Commission européenne, décrypté par Basta !, reconnaît pourtant très nettement son soutien à la privatisation des services de l’eau, imposés en Grèce et au Portugal dans le cadre des plans de sauvetage.

La proposition de retirer le domaine de l’eau du cadre de la directive doit maintenant être validée par l’exécutif européen, avant que l’ensemble du texte ne soit soumis au vote au Parlement européen en octobre prochain. Mais d’autres services publics demeurent inclus dans le champ d’application de la directive, comme les soins de santé et les services sociaux, ce qui préoccupe très fortement la Fédération syndicale européenne des services publics. Pour son secrétaire général, « l’avenir de l’Europe ne réside pas dans davantage d’austérité et de concurrence, pas plus que dans le marché intérieur des services publics au profit des entreprises, mais dans la coopération, la solidarité et la construction d’une Europe sociale ». Par Sophie Chapelle (25 juin 2013) http://www.bastamag.net/article3160.html

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26 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Brest. Greenpeace présentera mercredi son expo sur la pêche (OF)

 Greenpeace réclame la fermeture de la pêche au thon rouge

L’association Greenpeace sera présente à Brest dans le haut de la rue de Siam mercredi, vendredi et samedi.

Greenpeace vient présenter à Brest son exposition sur la pêche. Elle s’installe mercredi, vendredi et samedi dans le haut de la rue de Siam, de 10 h 30 à 18 h 30. Greenpeace est en campagne nationale de mobilisation d’adhérents et de donateurs. L’association se revendique « 100 % indépendante financièrement » en refusant les subventions publiques et les soutiens d’entreprises. Pour elle, « c’est le prix de la liberté d’expression ».  Environnement mardi 25 juin 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Brest.-Greenpeace-presentera-mercredi-son-expo-sur-la-peche_40779-2206074——29019-aud_actu.Htm

 

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