Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Sans-papiers : vers l’unité du mouvement

Sans-papiers : vers l'unité du mouvement dans Sans-papiers arton1409-b570e-300x201

C’est tout un symbole. Ce samedi 13 avril, dans le grand réfectoire du foyer Saint-Just de Paris où habitent de nombreux sans-papiers, le processus d’unification du mouvement des sans-papiers a franchi un nouveau pas. Lors de la deuxième réunion nationale autour de l’appel « Faut-il mourir pour avoir des papiers », une quinzaine de collectifs de sans-papiers ont décidé la création de l’Union nationale des sans-papiers (UNSP)


Le lieu est symbolique parce que cette unification du mouvement exige d’abord l’unité et la remobilisation des sans-papiers. C’est un des objectifs que se donne l’UNSP. La réunion a ensuite associé des représentantEs d’organisations et syndicats – Solidaires, Fasti, ATMF, FUIQP, Droits Devant, NPA… – pour articuler l’autonomie des sans-papiers avec la construction d’un mouvement impliquant beaucoup plus largement autour de la lutte pour la régularisation des sans-papiers et contre le racisme.
Des échéances de mobilisation
L’unité se construira en redonnant une visibilité à la lutte. Des mobilisations nationales ont été décidées, dont une manifestation en décembre, à l’occasion du trentième anniversaire de la marche pour l’égalité de 1983, pour exiger la régularisation de tous les sans-papiers et le droit de vote pour les étrangers. Des manifestations et concerts seront organisées fin août au moment de l’anniversaire de l’occupation de l’église Saint-Bernard et des marches régionales en septembre. L’UNSP va rencontrer la CGT et des associations historiquement partenaires afin de discuter de manière transparente des divergences qui ont divisé le mouvement et de trouver les moyens de mener des combats communs.
Denis Godard

Lundi 22 avril 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 191 (18/04/13)

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Allo, l’Europe? Des enfants grecs et espagnols crèvent de faim… (Express.be)

Allo, l'Europe? Des enfants grecs et espagnols crèvent de faim... (Express.be) dans Austérité angela-merkel-la-femme-la_15-half

10% des écoliers grecs de l’enseignement primaire et secondaire souffrent de ce que les professionnels de la santé publique appellent « l’insécurité alimentaire », rapporte le New York Times.

En d’autres termes : ils souffrent de la faim, ou ils menacent d’en souffrir. « Du point de vue de l’insécurité alimentaire, la Grèce est maintenant tombée au niveau de certains pays africains », affirme le Docteur Athena Linos, une professeur de l’école médicale de l’université d’Athènes qui dirige également une association caritative qui lutte contre la faim, Prolepsis. Un rapport de l’Unicef pour 2012 indique que plus de 26% des foyers avec enfants ont un « régime alimentaire économiquement médiocre ».

L’année dernière, Prolepsis a débuté un programme pilote pour distribuer des repas composés d’un sandwiches, de fruits et de lait aux enfants de 34 écoles publiques dans lesquelles plus de la moitié  des 6.400 familles participantes ont rapporté avoir fait l’expérience d’une faim « modérée à grave».    Après la mise en place de ce programme, la proportion des personnes qui s’étaient déclarées affamées était tombée à 41%. Le programme a été financé par la Fondation philanthropique Stavros Niarchos, et il a depuis étendu pour couvrir 20.000 enfants dans 120 écoles.

Cette semaine, le journal régional La Opinion avait rapporté que les écoles sur les îles espagnoles des Canaries allaient être transformées en refuges pour accueillir 5.700 enfants âgés de 3 à 12 ans qui souffrent de la faim. Ils pourront ainsi bénéficier d’au moins un repas par jour pendant les vacances. Jeudi, El Pais a rapporté que le gouvernement régional de l’Andalousie a annoncé la mise en place d’un plan contre l’exclusion sociale incluant la garantie de fournir 3 repas par jour aux enfants des familles les plus pauvres.

Selon le quotidien, 6% des enfants de l’Andalousie se trouvent dans une situation d’«extrême pauvreté». La moitié des 200.000 écoliers andalous qui mangent à la cantine ont leurs repas pris en charge grâce à des subventions régionales. En 2008, ils n’étaient que 20% à bénéficier de ces repas gratuits.

http://www.express.be/business/fr/economy/allo-leurope-des-enfants-grecs-et-espagnols-crevent-de-faim.htm

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Dette et croissance : une erreur d’Excel à l’origine de l’austérité ? (Avanti.be)

Dette et croissance : une erreur d’Excel à l’origine de l’austérité ? (Avanti.be) dans Economie 20120707-the-economist-juillet-300x288

Dans ce court article, Francisco Louça revient sur l’ « affaire Reinhart et Rogoff », les deux économistes qui ont affirmé, étude à l’appui, qu’un pays ayant une dette élevée ne pouvait connaître une croissance importante.

C’est sur base de leurs travaux que de nombreux gouvernement justifient l’austérité afin de résorber les dettes publiques. Or, une étude récente a démontré que les calculs des deux économistes étaient grossièrement faux, tout comme leurs conclusions. Au-delà de la nécessaire remise en question du concept de « croissance » capitaliste, comme l’écrit l’économiste néo-keynésien Paul Krugman : « Ce que met en lumière l’affaire Reinhart et Rogoff, c’est la manière avec laquelle on nous a vendu l’austérité avec de faux prétextes. » Bien entendu, la source de l’austérité ne provient pas d’une « simple erreur de calcul en Excel » : il s’agit d’un choix politique dicté par les intérêts de la classe dominante et tout est bon pour le justifier (Avanti4.be).

Francisco Louça

Carmen Reinhart, ancien haut fonctionnaire du FMI, et Kenneth Rogoff, universitaire, ont publié un livre influent sur la dette au long de l’histoire (« This Time is Different », traduit dans de nombreuses langues). J’avais mentionné ce livre pour sa démonstration selon laquelle presque tous les pays développés ont renégocié et restructuré leurs dettes de manière unilatérale quand cela était nécessaire.

Mais ce qui attire aujourd’hui l’attention publique aux Etats-Unis c’est un autre argument : que les pays les plus endettés ont une croissance moindre, thèse qu’ils ont résumé dans un article qui a eu un énorme impact : « Growth in a Time of Debt » . Les Républicains ont cité cet article pour justifier leur volonté d’interdire toute augmentation de la dette publique.

Or, il se fait que l’article était erroné. Sa base de données (*) fut mal construite ; la feuille de calcul Excel qu’ils ont utilisé pour faire leurs calculs était mal programmée, la statistique est défectueuse et les conclusions sont erronées. Michael Ash, directeur du département d’économie de l’Université du Massachusetts à Amherst, a publié avec deux collègues une critique dévastatrice du travail de Reinhart y Rogoff.

Ce que cette critique démontre, c’est que les pays étudiés, avec plus une dette de plus de 90% par rapport à leur PIB, n’ont pas eu, entre 1946 et 2009, une croissance moyenne de 0,1% (comme l’avaient calculés Reinhart y Rogoff), mais bien de 2,2%. Cette croissance fut moindre que celle des pays qui n’avaient pas une dette importante (dans ce cas : 4,2%) ; soit approximativement la moitié. Mais il y a bel et bien eu croissance et, par conséquent, une dette élevée ne peut être liée avec l’effondrement de l’économie : cela dépend de la quantité payée, de l’intérêt, du financement futur et des décisions économiques et politiques.

En outre, il y a plusieurs raisons qui expliquent les différences entre les taux de croissance et elles peuvent prendre le contrepied du raisonnement de Reinhart y Rogoff : une croissance faible alimente la dette parce que des revenus fiscaux limités créent du déficit. En conséquence, par son impact sur l’économie nationale, l’hémorragie provoquée par la réduction des fonds public pour payer la dette accentue les difficultés et les récessions.

D’autre part, cet article critique montre comment la croissance (et la dette) varient fortement avec le cycle économique : depuis 1946 jusqu’à aujourd’hui il y a eu une période de grande croissance et plusieurs périodes de récession intense et de crises. Cela renforce donc l’argumentation contre l’austérité, qui provoque la récession de 2013.

Francisco Louça est un économiste marxiste portugais et dirigeant du Bloc de Gauche dont il fut le porte-parole.

Source :
http://www.esquerda.net/opiniao/d%C3%ADvida-e-o-crescimento/27512
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

(*) La Belgique – et d’autres pays similaires avec une dette importante mais ayant tout de même connus un taux de croissance positif – n’aurait pas été reprise dans les pays étudiés. (Note d’Avanti)

http://www.avanti4.be/actualite/article/dette-et-croissance

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Pont-l’Abbé: urgences. Un rassemblement le samedi 8 juin (OF)

Pont-l'Abbé: urgences. Un rassemblement le samedi 8 juin (OF) dans Pays bigouden manifestants-hopital-sud-copie-11
Santé jeudi 18 avril 2013

Le comité de défense des urgences, du Smur et des services afférents de l’Hôtel-Dieu de Pont-l’Abbé a tenu une réunion publique, mercredi soir. Il organise un rassemblement, le samedi 8 juin, pour maintenir les actes opératoires à Pont-l’Abbé.

Le comité affirme, aujourd’hui, détenir 9 000 signataires à sa pétition. Le comité milite pour le maintien des actes opératoires à l’Hôtel-Dieu de Pont-l’Abbé (déplacés en 2014 à Quimper), « avec tous les moyens matériels et humains nécessaires ».

Une audience demandée à l’ARS de Rennes

Il a donc été décidé d’organiser un rassemblement, le samedi 8 juin, à 15 h, place Gambetta. « Le comité demande aux élus bigoudens de venir soutenir officiellement cette demande par leur présence. Le comité rappelle qu’il a demandé à toutes les municipalités de l’ensemble du Pays bigouden leur soutien officiel de cette demande, et réitère cet appel auprès de celles qui n’ont pas encore répondu. »

Une audience a été sollicitée par le comité, auprès de l’Agence régionale de santé, à Rennes.

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Urgences-a-Pont-l-Abbe.-Un-rassemblement-le-samedi-8-juin_40818-2184714_actu.Htm

 

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Guilvinec, Loctudy, recours contre le rejet des vases en mer (OF)

Guilvinec, Loctudy, recours contre le rejet des vases en mer (OF) dans Pays bigouden clappage--300x272
Environnement samedi 20 avril 2013

Le comité régional des pêches a déposé vendredi un référé de mesures utiles au tribunal administratif pour contraindre le préfet du Finistère à réaliser des contrôles de l’opération de rejet en mer des vases issues du dragage du port de Loctudy et à effectuer des analyses des vases.

« Un massacre des fonds »

Son but : que le préfet prenne la mesure des dégâts qui ont été constatés par les pêcheurs et leurs huissiers dans les fonds marins depuis que l’opération a été lancée par le conseil général en mars et qu’il prenne un arrêté pour stopper les travaux.

C’est la troisième action engagée en justice par le Comité départemental des pêches contre le rejet en mer de ces vases. Le premier recours, déposé en juin 2012, risque d’être jugé lorsque les travaux seront achevés. Le second, un référé suspensif, destiné à suspendre les travaux, a été rejeté. Par cette troisième action, le Comité régional compte bien parvenir à ses fins. Vendredi, le préfet maritime s’est engagé à avoir une discussion avec le préfet du Finistère et le président du conseil général. Une délégation de pêcheurs et de leurs représentants a sollicité une entrevue avec le préfet du Finistère.

L’association de pêcheurs langoustiniers, créée pour mettre fin au clapage des vases en mer, effectuera un second trait de chalut dans la zone de rejet, où des macrodéchets portuaires ont été retrouvés collés à des blocs de vase compacte et de grosses pierres. « Inadmissible en 2013 dans une zone Natura 2000 », scandent les pêcheurs qui dénoncent « un massacre des fonds marins ».

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Loctudy.-Recours-contre-le-rejet-des-vases-en-mer_40818-2185568_actu.Htm

Loctudy. Déchets en mer pendant le dragage du port : « Qui va nettoyer ? »

Environnement mardi 16 avril 2013

L’entreprise chargée par le conseil général de draguer le port de Loctudy et de rejeter les vases en mer n’a pas respecté le cahier des charges.

Des macrodéchets ont été retrouvés par les pêcheurs de langoustines et lors d’un trait de chalut expérimental effectué avec un huissier par le Comité départemental des pêches. Le conseil général a fait reprendre les travaux après un recadrage de l’entreprise. Cette décision a entraîné la création de l’Association de pêcheurs professionnels du littoral, qui en cinq jours d’existence, a rassemblé 32 navires de pêche. Leur but : faire stopper définitivement les opérations de rejet des vases en mer « pour éviter de tuer les fonds et empêcher que les zones de rejet ne deviennent un site habituel de clapage des vases ».

Des actions en justice à venir

Les opérations de rejet ont repris, mais les détritus (vase en bloc, cailloux, macrodéchets portuaires) sont restés au fond. En témoigne le contenu du trait de chalut effectué lundi devant huissier par l’association. « Qui va nettoyer les fonds marins ? Et comment fera-t-on par 90 m de profondeur ? », questionne Jean-Yves Biger, le président de l’association. D’autres traits de chalut seront effectués pour étayer le dossier de l’association, dont les avocats préparent des actions en justice.

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Loctudy.-Dechets-en-mer-pendant-le-dragage-du-port-Qui-va-nettoyer-_40818-2184255_actu.Htm

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Quimper. Sans emploi, elle vend ses diplômes sur Internet (OF)

Quimper. Sans emploi, elle vend ses diplômes sur Internet (OF) dans Antiracisme discrimination-232x300

Social mardi 23 avril 2013

Samia (prénom d’emprunt) a 46 ans et ne réussit pas à décrocher un entretien d’embauche. Désarmée, elle a décidé de mettre à vendre ses diplômes. Un geste fort pour cette Algérienne, née en France et habitante de Quimper (Finistère), qui souffre de ses origines.

« Puisqu’ils ne me servent à rien et surtout ne me permettent pas de trouver un emploi, je vends une maîtrise de psychologie clinique et pathologique mention AB, un diplôme universitaire sur les troubles envahissants du développement, un brevet de technicien supérieur (BTS) secrétaire de direction bilingue anglais et le first certificate in english. »

Mère de trois enfants

L’annonce publiée par Samia il y a quelques semaines maintenant sur le site internet Leboncoin.fr est un véritable coup de colère. Cette mère de trois enfants, séparée du père, vit le parcours du combattant. Elle a travaillé avec des enfants handicapés. Une situation professionnelle qui concordait bien avec son parcours scolaire. Oui mais voilà, le jour où il a fallu trouver un nouveau job, la Quimpéroise s’est retrouvée face à un mur et surtout à des préjugés.

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Quimper.-Sans-emploi-elle-vend-ses-diplomes-sur-Internet_6346-2186172_actu.Htm

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Châteaulin, Doux, appel à la mobilisation contre le plan d’épandage (LT)

Châteaulin, Doux, appel à la mobilisation contre le plan d'épandage (LT) dans Châteaulin Crozon Daoulas Le Faou boues

23 avril 2013 à 09h42 -

Alors que l’enquête publique touche à sa fin, l’association Vivre dans les monts d’Arrée invite la population à aller porter ses remarques, concernant le dossier d’autorisation d’exploiter de l’entreprise Doux et le plan d’épandage des boues qui en découle.

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Le dossier est actuellement consultable dans l’ensemble des mairies concernées. Ce plan prévoit d’épandre, sur 815 ha au total, répartis comme suit : 17,2 ha à Brasparts, 44,5 ha à Briec, 183,5 ha à Collorec, 4,2 ha à Dinéault, 28,3 ha à Edern, 71,10 ha à Landeleau, 55,50 ha à Lopérec, 44,70 ha à Loqueffret, 297,30 ha à Plonévez-du-Faou et 68,80 ha à Saint-Rivoal.

D’ores et déjà, l’association Vivre dans les monts d’Arrée émet des réserves : « Nous déplorons l’absence de permanence auprès des citoyens, dans les communes concernées par le plan d’épandage. Nous avons noté des insuffisances dans les données sur les boues, notamment sur le taux de matière sèche et la teneur en phosphore. De plus, la nature des sols des monts d’Arrée et la configuration des parcelles sont impropres à recevoir ce type d’épandage », estime l’association, qui craint « un impact sur la biodiversité de ce site naturel ». La proximité des bourgs et villages fait aussi craindre des nuisances olfactives. L’association a également noté que des parcelles se situent en tête de bassin-versant de l’Aulne. « Certaines sont en pente, voire en limite des zones humides. On accepterait donc de mettre en danger une ressource exceptionnelle par sa qualité et pour la préservation de laquelle communes et populations consentent un effort constant et conséquent », conclut Vivre dans les monts d’Arrée.

À noter :
Dernière permanence samedi, de 8 h 30 à 12 h, à la mairie de Châteaulin.

http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/chateaulin/doux-appel-a-la-mobilisation-contre-le-plan-d-epandage-23-04-2013-2080304.php

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

La Révolution des Oeillets au Portugal (25 avril 1974)

La Révolution des Oeillets au Portugal (25 avril 1974) dans Histoire 25-abril-300x192

La date du 9 septembre 1973 ne dit sans doute rien à personne.

Elle fut pourtant le point de départ d’un événement qui allait secouer toute l’Europe: la révolution portugaise de 1974-1975. Ce jour-là, cent trente-six officiers de l’armée portugaise se réunissent. Ils discutent de revendications professionnelles, dans un esprit de corporation menacée. Mais les circonstances de la guerre coloniale (le Portugal s’essoufflait à défendre un vaste empire colonial contre les guerres de libération au Mozambique et en Angola, notamment) et de la dictature allaient les pousser beaucoup plus loin. Deux mois plus tard ils préparaient un coup d’État contre la dictature du général Caetano. C’était un secret de polichinelle: le commandant de la région militaire d’Evora avait pris note des numéros d’immatriculation des voitures qui avaient amené les participants à la réunion. Mais la police secrète du régime, la Pide, n’avait pas l’habitude d’agir contre ses propres alliés, les militaires, ce deuxième pilier du régime…

La dictature s’efface

Le l4 mars 1974, les généraux jurent fidélité aux chefs de la dictature. Une révolte militaire devait éclater deux jours plus tard. Elle est annulée, mais le contre-ordre tarde à parvenir à Calda da Rainha, de sorte que des militaires marchent sur Lisbonne, où tout se résout sans grandes émotions. La « révolution des oeillets » triomphe. Le dictateur Caetano? Il était déjà en train de tomber, convaincu de l’inévitabilité d’un coup d’État militaire contre son régime. La police secrète mise à part, la dictature s’effaça donc sans grande résistance. Elle était isolée de la population, sans volonté ni initiative, comme dégoûtée de sa propre répression et du machiavélisme jésuitique de son fondateur, le fasciste Salazar. Cette chute allait plonger la société portugaise, atomisée, dépendante, subordonnée dans une crise pré-révolutionnaire que l’on peut découper en trois grandes périodes.

La période des généraux

La première période fut celle des généraux. Le général Spinola, qui avait énoncé ses projets dans un livre, « Le Portugal est l’avenir », occupa le pouvoir comme si celui-ci lui était naturellement destiné. Les capitaines se soumirent, fidèles au sens de la discipline et de la hiérarchie. Mais les discussions sur le programme du Mouvement des Forces Année, le MFA, allaient être rapidement dépassées par les événements.

Très vite, la mobilisation populaire entame en effet la libération de tous les prisonniers politiques et exige la fin des hostilités dans les colonies et le rapatriement des troupes d’outre-mer. Le projet de Spinola était tout différent. Le général voulait barrer la route à un pouvoir multipolaire dans lequel les rapports de forces se seraient décidés entre la junte, le MFA, les initiatives populaires et celles des partis. Son projet était un projet de continuité organique du régime. il visait seulement, par une ouverture temporaire, à lâcher une partie de la pression sociale et politique.

Le discours de Spinola lors de la prise du pouvoir était très clair à ce sujet: le général déclara en effet que « le destin des territoires d’Outre-mer devrait être décidé par tous ceux qui considéraient ces territoires comme les nôtres » et que la présidence allait garantir « la survie de la Nation souveraine comme un tout pluricontinenta1″. Mais ce projet d’État fort échoua, faute de légitimité. Spinola se réfugia en Espagne, d’où il lança une campagne terroriste. Aujourd’hui il est maréchal tandis que son compère Mellos est banquier…

La période des capitaines

Mais n’anticipons pas, la deuxième période fut celle des capitaines. Après l’échec de Spinola, on vit se constituer une étrange pouvoir militaire à géométrie variable. il s’adapta avec souplesse aux accords entre partis, prit des mesures économiques d’urgence, élabora des réponses aux pressions sociales qui se focalisaient autour des occupations de terres par les paysans pauvres et des occupations de fabriques par les ouvriers.  Il prit même des mesures défensives contre le sabotage économique d’un patronat rétrograde, pour pouvoir résister à la montée impétueuse des revendications et des actions populaires. C’est de cette époque que datent toute une série d’acquis tels que les nationalisations de terres et d’entreprises, que les gouvernement ultérieurs s’acharnèrent à démanteler, sous la houlette de la social-démocratie.

La fragilité des structures sociales était le fait dominant dans cette situation sans précédent. Comme le dictateur déchu devait l’expliquer lui-même, dans un livre publié au Brésil où il s’était réfugié: « La bourgeoisie portugaise, habituée à jouir d’un climat de paix durant plus d’un demi-siècle, sous la protection des nombreuses institutions qui lui servaient de tuteur, n’avait pas d’esprit combatif et ne semblait pas agir pour défendre les principes qu’elle disait professer ». Les spinolistes financèrent et impulsèrent des partis bourgeois, le PPD (Parti Populaire Démocratique) et le CDS (Centre démocratique et Social), mais ces partis étaient si marginaux et si mal articulés sur le pouvoir politique qu’ils n’avaient guère de capacité de manoeuvre sociale. De l’autre côté, les partis de la gauche institutionnelle ne canalisaient pas non plus les mobilisations et ne contrôlaient pas la dynamique sociale. Cette déshérence permanente des partis conféra une grande autorité au Mouvement des Forces Armées (MFA) qui, auréolé du prestige du coup d’État, put jouer un rôle de premier plan pour tenter de canaliser les multiples pressions sociales en s’y adaptant.

Le phénomène MFA

Minoritaire au sein de la hiérarchie militaire, sans projet cohérent, le mouvement des capitaines vivait de ses propres illusions. Il ambitionnait de créer « un appareil d’État à base populaire ». Son document programmatique détaillait une véritable géographie des pouvoirs populaires, de la base au sommet, à laquelle aucun signataire ne croyait évidemment. Le MF A discuta en profondeur ces thèses, totalement inédites pour des militaires. A telle enseigne que le conflit social finit par éclater au sein de l’armée.

La période des soldats

Ainsi s’ouvrit la troisième période de la révolution portugaise, celle des soldats. Ce fut la période la plus courte, qui dura l’espace d’un printemps au cours duquel les soldats se manifestèrent tandis que le MFA se dissolvait en diverses fractions. Le Président décréta l’État de siège à Lisbonne. Des centaines de soldats bouclèrent la ville, des centaines d’ordres furent donnés pour tenter de contrôler une armée dans laquelle plus personne ne savait quoi faire.

Mais la bataille pour un changement social en profondeur était déjà perdue, et la stabilisation du Portugal capitaliste sous un régime « démocratique » était déjà en bonne voie. La chance a été manquée par manque de capacité de mobiliser un front uni des travailleurs, et aussi parce qu’il aurait été nécessaire de développer et d’approfondir un processus de mobilisation populaire condensant les expériences concrètes de démocratie directe, de participation et d’action immédiate des habitants des quartiers et des organisations de travailleurs.

Le 25 novembre 1975 marque le point final de la montée pré-révolutionnaire et la victoire de la contre-révolution « démocratique ». La question centrale de la période ouverte par le 25 avril 1974 fut la désynchronisation entre les rythmes de développement de la crise des appareils d’État et de la mobilisation/organisation des classes sociales. Cette distance a marqué tous les conflits, mais elle a aussi donné une légitimité au conflit: la fragilité des appareils de répression et la contradiction entre les organes de décision, décentralisés du fait des luttes de tendance au sein du MFA, a ouvert tout un champ d’action aux mouvements populaires et, dans certains cas, a stimulé les initiatives. Mais elle a aussi aggravé les illusions sur l’appareil d’État, notamment sur certains secteurs des forces années.

Leçons stratégiques

Le problème que cette réalité nous pose aujourd’hui est de comprendre que l’augmentation de la marge d’autonomie réelle de l’État face à la société dans une situation de confrontation généralisée peut être un instrument efficace pour l’absorption des conflits. De la sorte, l’expérience portugaise s’inscrit en faux contre les théories de la gauche réformiste institutionnelle, qui voit l’occupation de parties de l’appareil d’État comme stratégie de la transformation sociale. Elle s’inscrit en faux aussi contre des théories plus sophistiquées, prétendant que l’État, au sens marxiste et léniniste du terme, c’est-à-dire en tant qu’instrument de coercition au service de la dictature plus ou moins ouverte du capital, n’existait plus pendant la révolution portugaise.

L’État portugais n’était certes plus capable de jouer son rôle de coercition et de répression, mais il gardait son hégémonie sur la société, et cette hégémonie faisait barrage à une organisation populaire alternative. Cet État délabré, divisé, n’en montra pas moins sa capacité d’initiative, de résorption des conflits, d’absorption des fractures sociales. Le 25 novembre 1975, qui marque la fin de la période pré-révolutionnaire dans le pays et la victoire de la « contre-révolution démocratique », est la démonstration chimiquement pure du pouvoir propre de la superstructure étatique, et de son rôle décisif dans le maintien du système capitaliste.

Les crises révolutionnaires ne durent pas éternellement. Tant que la classe dominante garde son appareil d’État, et si délabré que soit celui-ci, elle garde en même temps la possibilité de rasseoir son pouvoir dès que la mobilisation de la classe ouvrière s’essouffle. Du coup, elle garde aussi la possibilité de récupérer tous les acquis qu’elle a dû concéder aux masses pour éviter l’irréparable. C’est ce que la classe dominante portugaise s’est employée à faire à partir de l’automne 1975,  jusqu’au jour d’aujourd’hui. Sous la houlette de la social-démocratie d’abord, en se passant des services de celle-ci ensuite.

Par Francisco Louça le Mardi, 04 Juillet 2006

23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Rassemblement 18H30 vendredi à Brest

Rassemblement 18H30 vendredi à Brest dans Brest et région sans-papiers-300x199

Vendredi dernier, un rassemblement d’une trentaine de personnes a eu lieu devant la mairie de Brest afin de dénoncer le non-hébergement des
personnes demandeuses d’asile à Brest. Cette action dénonçait aussi la répression qu’elles et leurs soutiens ont subi le 5 avril, alors qu’elles
occupaient la mairie afin de demander des logements.

Une prise de parole, du côté de l’entrée principale et en direction de la mairie, rappelait la situation et exigeait des logements pour ces personnes.
Comme rien n’a changé ce week-end,

un nouveau rassemblement aura lieu:
vendredi prochain 26 avril à 18h30, place de la Liberté.
Soyons encore plus nombreux-ses à être présent-e-s !
La lutte continue !

Le Cass’ papier

22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Filles garçons : rapport en tous genres

Filles garçons : rapport en tous genres dans Féminisme petite-fille-garcon-manque-10407901vymyj-297x300

Les stéréotypes de genre débutent dès la crèche. Tel est le constat révélé par le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), remis récemment à Najat Vallaud-Belkacem.


Il révèle en effet que l’éducation est sexuée dés la petite enfance, et rappelle que les professionnels de la petite enfance (0-3 ans) sont quasi exclusivement des femmes, donnant déjà une influence à l’apprentissage. Le rapport énumère aussi les différences observées au niveau des sports, des jouets, des habits ou des livres :
–  Les jouets de garçons sont plus nombreux et diversifiés. Associés à l’extérieur, ils favorisent l’exploration et sont une occasion de développer des compétences spatiales, mathématiques et analytiques, alors que les filles restent à l’intérieur avec des jouets domestiques ou maternels.
– Les vêtements et les activités des filles sont cantonnés à la destination d’être jolie et plaire, tandis que les garçons ont des vêtements confortables et pratiques et sont orientés vers le sport de compétition et d’équipe.

– On habitue plus les filles à parler de leurs émotions, alors que les garçons ont plus d’interactions verbales et sont moins interrompus.
–  78 % des couvertures de livres pour enfants présentent un personnage masculin et les hommes sont plus souvent le héros de l’histoire. Les familles sont mixtes (maman et papa). Les mamans le sont à plein temps et ne travaillent pas à côté. Les papas arrivent, eux, à concilier vie de père et travail (trop forts !). Les garçons sont décrits par leurs qualités intellectuelles, les filles par leur physique et émotions (jolies et câlines !).
Ce n’est pas un problème individuel
Ce rapport est déjà un bon point car il met en valeur l’éducation sexuée des enfants, cependant il dispose de nombreuses limites, notamment en terme d’analyse de fond et de solutions proposées.
Pourquoi les enfants de 0 à 3 ans ? Parce que selon le rapport, c’est dès la naissance et à la crèche exclusivement que ces apprentissages se font. Comme si le conditionnement sociétal auquel les enfants font face par la suite n’a aucune influence. La solution pour déconstruire serait donc de « bien » éduquer les enfants dès la crèche et hop, le sexisme disparaîtrait ? Pour cela, il suffirait donc de sensibiliser les professionnels de la petite enfance afin d’accueillir les enfants de manière neutre… Et les parents ­aussi sembleraient soumis à cette formation. Tout serait donc la faute de ces travailleurs qui reproduisent malgré eux, sans y prêter attention, ces différences. Le rapport, évoquant aussi un peu le rôle de la publicité, ne propose pourtant aucune solution concernant ce média social de masse. Serait-il trop sacré pour notre société de surconsommation ?
Il serait illusoire de croire que c’est aux personnes de s’émanciper elles-mêmes. Le sexisme existe car c’est un des fondements du patriarcat rattaché au capitalisme actuel, qui prône ces différences afin d’assurer une reproduction hétérosexuelle éternelle. Ce n’est qu’en sortant du système que l’on pourra s’émanciper. En attendant, c’est à chacunE d’éduquer ses enfants ou ceux des autres, de manière antisexiste.


Pauline Jité et Anastasia Damamme

Dimanche 21 avril 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 191 (18/04/13)

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