Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

La france de nouveau épinglée à cause des nitrates (fr3)

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La France n’a toujours pas correctement transposé dans sa législation la loi européenne sur les nitrates et s’expose ainsi à de lourdes sanctions financières, a estimé jeudi l’avocat général de la Cour de justice de l’UE, Juliane Kokott.

« Cette directive (loi européenne) est très importante pour la qualité de l’eau dans l’Union européenne« , a souligné Mme Kokott dans ses conclusions. Or, a-t-elle déploré, malgré la mise en place de plusieurs plans d’actions, le nombre de communes françaises polluées ou sous la menace d’une pollution aux nitrates continue de progresser. Près de 19.000 communes françaises sont considérées comme des zones vulnérables aux nitrates. La Commission européenne a engagé des poursuite contre la France en 2012 pour non conformité à la directive de 1991 sur les nitrates, qui est contestée par plusieurs syndicats d’agriculteurs dont la FNSEA.

Une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros

A plusieurs reprises la Commission européenne a demandé à la France de garantir  »la mise en oeuvre correcte et complète » de toutes les exigences de la directive dans les zones vulnérables polluées par les nitrates ou susceptibles de l’être. Mais la France fait la sourde oreille, a relevé Mme Kokott dans ses conclusions. Elle considère que la France n’a pas correctement transposé la directive nitrates. Elle a donc proposé de « condamner la République française aux dépens« . La Cour de justice de l’UE (CJUE) doit trancher dans les mois à venir. La France risque une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros. Sylvaine Salliou (avec AFP)

Publié le 16/01/2014 | 14:40, mis à jour le 16/01/2014 | 14:40

http://bretagne.france3.fr/2014/01/16/la-france-de-nouveau-epinglee-cause-des-nitrates-396319.html

Commentaire:  Des dizaines de millions d’euros? Rien n’est trop beau pour la Fnsea!

17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Quimper: les salariés d’alkopharm s’enchaînent aux grilles de leur usine (fr3+cq))

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Des salariés d’Alkopharm et Pharminvest à Quimper (29) se sont enchaînés aux grilles de leur usine ce vendredi matin pour protester contre les retards de salaire malgré les décisions de justice.

76 des 85 salariés d’Alkopharm, groupe pharmaceutique, attendent un jugement du conseil des Prud’hommes, le 31 janvier prochain. Douze salariés ont déposé des demandes de résiliations judiciaires de contrat de travail au tort de l’employeur, 54 autres, demandent le paiement d’une retenue sur salaire, dont ils contestent la légalité. Ils dénoncent encore le passage de 35 à 38h hebdomadaire sans compensation salariale.
Ce vendredi, ils se sont enchaînés aux grilles de l’entreprise afin d’alerter sur leur situation. Une action symbolique pour démontrer qu’ils sont pris en otage par leur entreprise, avec laquelle il n’y a plus aucun dialogue. Par Krystell Veillard

Publié le 17/01/2014 | 10:13, mis à jour le 17/01/2014 | 11:53

http://bretagne.france3.fr/2014/01/17/quimper-29-les-salaries-d-alkopharm-s-enchainent-aux-grilles-de-leur-usine-396825.html

Quatre salariés s’enchaînent aux grilles d’Alkopharm à Quimper (CQ)

Nouvelle action, vendredi 17 janvier, des salariés d’Alkopharm à Quimper pour exprimer leur ras-le-bol.

Les semaines et les mois passent et ont tendance à se ressembler. L’année 2014 s’ouvre sur une nouvelle période de tensions entre les salariés et la direction des entreprises Alkopharm, US Chemical, Pharminvest et IRQ Bios (anciennement Girex et Mazal) de Quimper. Vendredi 17 janvier, une trentaine de salariés ont manifesté dès 8 h devant l’entrée de l’usine, zone de Kernévez à Quimper. La veille, ils avaient assisté à une audience en référé au conseil des prud’hommes de Quimper pour réclamer le paiement de leur salaire de décembre.Ils contestent également le mode de calcul de leur rémunération depuis que les quatre sociétés font l’objet de chômage partiel. « Dans plusieurs cas, certaines personnes se retrouvent avec un salaire amputé de 200 euros; d’autres avec un salaire négatif, pointe Joël Le Dantec, représentant syndical CFDT. Cela prouve encore une fois que nous sommes face à un employeur qui fait n’importe quoi. »

Lassitude et colère

Vendredi 17 janvier, les manifestants ont tenté d’obtenir des explications de Jean-Pierre Levry, le directeur du site quimpérois d’Alkopharm. Ce dernier a invité les représentants du personnel à discuter dans son bureau. Ce qu’ils ont refusé. Jean-Pierre Levry s’est vu refuser l’accès à l’usine et a dû rebrousser chemin. Parmi les salariés, certains dénoncent également le non paiement du 13e mois en fin d’année dernière mais aussi l’interruption de leur mutuelle. « Mon sentiment, aujourd’hui, c’est beaucoup d’écoeurement, beaucoup de lassitude et beaucoup de colère et j’aimerais désormais passer à autre chose… », lâche un salarié d’Alkopharm.

Pour rappel, 21 employés des entreprises Alkopharm, US Chemical, Pharminvest et IRQ Bios ont demandé la résiliation judiciaire de leur contrat de travail. Dans ce dossier, le juge départiteur du conseil des prud’hommes de Quimper doit rendre son jugement, le 31 janvier.

Dernière mise à jour : 17/01/2014 à 10:10 Par Matthieu Gain

http://www.cotequimper.fr/2014/01/17/quatre-salaries-senchainent-aux-grilles-dalkopharm-a-quimper/

17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Gaz de schiste: 250 organisations appellent l’europe à un «sursaut de sagesse» (basta)

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L’Union Européenne va-t-elle rester sourde aux mobilisations citoyennes contre les gaz de schiste ?

Sous la pression du Royaume-Uni et de la Pologne, la Commission européenne a abandonné son projet de directive contraignante sur les hydrocarbures de schiste pour préférer une série de recommandations et de bonnes pratiques qui seront présentées le 22 janvier. Quant à la directive sur les études d’impact environnemental, actuellement en cours de révision, elle ne s’appliquerait pas aux projets d’extraction de pétrole et de gaz de schiste.

Les réactions se sont multipliées dans les pays européens où des industries pétrolières et gazières prévoient d’exploiter des « hydrocarbures non conventionnels » (gaz ou pétrole de schiste, gaz de houille…). Blocage de Chevron en Pologne, barricades de Pungesti en Roumanie, résistances au Royaume-Uni, bataille juridique en France… Toutes ces mobilisations, ancrées sur les territoires, portent une série d’exigences comme la demande d’interdiction de la fracturation hydraulique, seule technique disponible pour exploiter ces hydrocarbures.

« Aveuglement des décideurs politiques »

Près de 250 organisations et groupes citoyens, sociaux et environnementaux viennent de publier une lettre ouverte interpellant l’ensemble des institutions européennes – Commission, Conseil et Parlement européens – et Etats membres. La situation juridique actuelle « ne garantit pas l’application de règles obligatoires visant à protéger l’environnement, la santé publique dans tous les États membres » écrivent-ils. Et de déplorer l’aveuglement des « décideurs politiques » alors que de nombreux rapports démontrent l’impact sanitaire et environnemental de cette extraction. Face à « la prédominance du discours du lobby industriel et financier », ils réclament une évaluation d’impact environnemental obligatoire pour tout usage de la fracturation hydraulique.

Plus largement, soucieux du maintien de la réglementation Reach encadrant l’utilisation de produits chimiques sur le sol européen et de la possibilité de limiter les agissements des industries pétrolières et gazières, ces groupes et organisations pointent les dangers des accords commerciaux et d’investissement actuellement négociés entre l’Union européenne et les Etats-Unis (voir notre enquête), et entre l’UE et le Canada. Ils craignent que les investisseurs, en cas de conflit [1], contestent la législation environnementale au prétexte qu’elle est un obstacle à leurs investissements. Ils appellent les membres du Conseil Européen et les plus hauts représentants de la Commission à un « sursaut de sagesse ». Par Maxime Combes 17 janvier 2014

17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Argentine: coup de chaud !

flyer tarifazo

Les derniers mois ont été calamiteux pour le gouvernement de Cristina Kirchner.

Après son revers électoral de novembre, il a subi d’autres secousses, dont les effets se feront sentir tout au long de 2014.

D’abord, la grève de la police qui a plongé le pays dans le chaos et débouché sur des pillages, comme en 1989 et en 2001. Ensuite, une vague de chaleur qui a fait sauter les systèmes électriques, laissant des millions de personnes sans lumière ni climatisation. Alors que le gouvernement et les prestataires privés se rejetaient la faute, la population désespérée occupait les rues et y brûlait des pneus.

Pour apporter un démenti à tous ceux qui évoquaient sa «  fin de règne  », Cristina avait remplacé en novembre ses ministres les moins présentables… avant de poursuivre la même politique. Elle a ainsi versé 11 milliards de dollars aux entreprises privées responsables de la panne électrique, 5 milliards au pétrolier espagnol Repsol en compensation de la nationalisation des ses actifs en 2012, et s’est déclarée fière de la baisse des réserves de change à 30 milliards de dollars, comme conséquence du paiement des intérêts de la dette extérieure. Pendant ce temps, pour éviter que ces réserves ne continuent à diminuer, la vente de dollars au taux officiel (6,67 pesos) reste interdite, alors que le dollar parallèle s’échange à 10,83 pesos. Que se passera-t-il en mars, au retour de ceux qui peuvent (encore) partir en vacances  ?

Vers la mobilisation

Selon des calculs non officiels, l’inflation a été en 2013 de 25 % tandis que les aliments ont augmenté de 43 %. Le plan du gouvernement était de négocier avec les supermarchés les prix de 200 articles de première nécessité, puis d’appeler à des négociations collectives des salaires. Mais les négociations avec les distributeurs n’avancent pas et celles sur les salaires s’annoncent problématiques. Le gouvernement veut limiter les augmentations à 18 ou 20 %, alors que les gouvernements provinciaux ont relevé les salaires de leurs policiers de 40 à 60 %, et qu’aucun syndicat n’accepte de discuter en dessous de 25 %. Les enseignants ont déjà menacé de ne pas reprendre les classes à la rentrée de mars.

Si tous les salariés du public obtenaient, comme ils l’exigent, des augmentations égales à celles de la police, de nombreuses provinces ne pourraient plus payer les salaires. On voit ainsi réapparaître le spectre des monnaies provinciales, mises en place durant la grande crise de 2000-2001.

Même si beaucoup commencent à faire le parallèle avec 2001, la situation reste différente. À l’époque, le poids des défaites des années 1990 et la crainte du chômage avaient empêché que le mouvement ouvrier intervienne en tant que tel dans la semi-insurrection. Aujourd’hui, avec un taux de chômage à 7,2 % et des négociations collectives en vue, seule une trahison des bureaucraties syndicales pourrait empêcher que les travailleurs se mobilisent. D’autant que le développement d’une nouvelle couche de syndicalistes d’avant-garde, ainsi que le poids croissant de l’extrême gauche, peuvent avoir des effets dynamisants. Voilà en tout cas qui renforce les responsabilités du FIT (Front de la gauche et des travailleurs) et des partis qui le composent. 16 janvier 2014

Virginia de la Siega Paru dans Hebdo L’Anticapitaliste – 225 http://npa2009.org/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30857

16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot sur canal+

NPA

16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Emploi et licenciements: de la colère à l’action

cgt

Vendredi 17 janvier, un rassemblement de soutien aux Goodyear se tiendra sur le site de l’usine d’Amiens Nord.

Un pas dans le bon sens, celui de la convergence des mobilisations contre les plans patronaux de casse de l’emploi avec le soutien du gouvernement.

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Les choix de Hollande et du gouvernement sont clairs et s’inscrivent dans la suite politique des « sociaux démocrates » allemands, grecs ou espagnols ou des travaillistes anglais : la logique d’une gestion sans états d’âme du capitalisme, dans cette phase où l’austérité est sa seule ligne de conduite et les attaques contre les travailleurEs sa seule ambition.

Dans social-libéral, il y avait social…
Même si l’on ne peut parler de tournant dans la politique de Hollande, il faut reconnaître qu’il y a une nouveauté dans le discours : la reprise sans hésitation ni honte des poncifs de la droite libérale. Si, en matière de « sécurité », la politique mise en œuvre par Valls se plaçait déjà sur ce terrain, en matière économique c’est l’affirmation que les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain, et dans le domaine du social, l’affirmation que les difficultés de la protection sociale sont le résultat des « excès » et des « abus ». Des groupes pharmaceutiques ?
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Il ne manque plus que l’accusation envers les chômeurs d’être des profiteurs et des fainéants pour refermer la page de l’argumentation libérale. En attendant, la politique du gouvernement est en total accord avec celle du Medef qui ne se prive d’ailleurs pas de manifester son contentement.
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C’est ainsi qu’après les cadeaux aux patrons du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en progression constante, c’est maintenant le pacte de responsabilité qui va être l’occasion de nouvelles largesses aux licencieurs. Parce que, côté protection de l’emploi pour les salariéEs, on ne voit rien venir. Au contraire. De moins en moins de contraintes, avec la réduction des possibilités des institutions représentatives du personnel, des droits individuels des salariéEs. La seule (mauvaise) nouvelle, c’est le report au 1er juillet de l’obligation d’un minimum de 24 heures pour les temps partiels. Qui ne peut pas le plus ne veut même pas le moins…

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Arrêter le massacre social
Pourtant, plus que jamais, l’urgence sociale et politique est là. Dans ces dernières semaines, La Redoute : 1 200 suppressions de postes, Mory Ducros : au moins 3 000, Stora Enso : fermeture et 350 emplois supprimés, LFoundry : 600 emplois menacés, Chapitre : plusieurs centaines d’emplois en suspens, EADS : plan de 5 000 suppressions de postes, dont 1 700 en France. Et toujours Alcatel Lucent, Fagor Brandt qui ne sont que deux exemples des 1 000 plans « sociaux » comptabilisés en 2013, soit une progression de 14 % par rapport à 2012.
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Pas étonnant que le chômage ne diminue pas, surtout si l’on se souvient que les plans « sociaux » ne sont qu’une faible partie des suppressions d’emplois et de postes de travail, beaucoup plus largement alimentés par les licenciements « invisibles » des CDD, intérimaires, prestataires et dans le cadre des ruptures individuelles. Et, au moment où les Goodyear se réinvitent dans les mobilisations, Montebourg crève une nouvelle le mur du çon : « Je lance un appel aux parties belligérantes, Goodyear, CGT maintenant ça suffit, faites un effort et allez l’un vers l’autre. La République, c’est la compréhension mutuelle, ce ne sont ni les insultes ni la violence, que nous ferons cesser immédiatement si cela se reproduit. » Une seule menace : contre celles et ceux qui sont sur le point d’être licenciéEs !

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Construire la mobilisation
Dans cette situation, il est plus que dommageable que l’intersyndicale à petite voilure (CGT, CFDT, FSU, UNSA) n’ait pas eu un mot contre les projets de Hollande et que, même ainsi, elle n’ait aucune proposition commune et encore moins d’initiatives de mobilisation. Exercice difficile, il faut en convenir, quand les uns (CFDT, UNSA) ne demandent que des contreparties, pendant que les autres (CGT, FSU) s’opposent… dans le dialogue avec le gouvernement et le Medef.
*
Plus que jamais, les équipes militantes engagées dans la lutte contre les plans de licenciements ne doivent compter que sur leurs propres forces pour faire reculer le patronat. C’est d’elles que doivent venir les initiatives qui permettront d’additionner les colères, de coordonner les actions. L’interdiction des licenciements, la réduction du temps de travail, ne sont pas dans les projets du gouvernement ni dans les préoccupations des directions syndicales. À nous de les mettre à l’ordre du jour.

16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande baisse les salaires (prométhée)

Super-Hollande d

Le MEDEF est aux anges, l’UMP fait la gueule.

Sarkozy l’avait rêvé, Hollande va le faire. D’ici 2017, les cotisations pour les allocations familiales seront supprimées. Soit la bagatelle de 35 milliards d’euros par an que les travailleurs devront payer d’une façon ou d’une autre (TVA, CSG, impôts, écotaxe, réduction des prestations sociales, diminution des retraites, etc…).

Du point de vue de l’économie politique bourgeoise c’est le Capital qui règle les salaires. Ce qui justifie la propagande sur les « charges », le « coût du travail » et la tendance générale à tirer les salaires vers le bas. La décision de Hollande représente un gain brut pour le Capital.

Du point de vue du Travail, c’est lui qui rémunère le Capital une fois défalqué le salaire direct et le salaire socialisé (les cotisations sociales y compris la part dite « patronale »). La décision de Hollande représente, en réalité, une baisse de salaire.

Et si l’on n’attendait pas 2017 pour mettre un terme à cette catastrophe !

Publié le 16 janvier 2014

http://www.promethee-1871.com/hollande-baisse-les-salaires/

16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

la façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes (basta)

Volavautours

La dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire, estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents actuellement.

Les pays pauvres et les personnes endettées sont aujourd’hui enchainés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale, décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste actuel. Entretien.

Basta ! : A quel moment dans l’histoire le crédit est-il apparu ? Qu’est-ce qu’une dette ?

David Graeber [1] : La dette est une promesse, qui a été pervertie par les mathématiques et la violence. On nous a raconté une histoire : « Il était une fois des gens qui utilisaient le troc. Voyant que cela ne marchait pas très bien, ils ont créé la monnaie. Et l’argent nous a amené le crédit. » Du troc au crédit, une sorte de ligne droite nous amènerait donc à la situation actuelle.

Si on regarde plus attentivement l’histoire, cela s’est passé bien différemment !Le crédit a d’abord été créé. La monnaie physique est apparue quelques milliers d’années plus tard. Cela permet de poser les questions différemment : comment sommes-nous passés d’un système où les gens disaient « je vous dois une vache », à un système où l’on peut mesurer la valeur exacte d’une dette ? Ou l’on peut assurer, formule mathématique à l’appui, que « 340 poulets sont équivalents à cinq vaches » ? Comment une promesse, une obligation de remboursement, est devenue une « dette » ? Comment l’idée que nous devons une faveur a-t-elle été quantifiée ?

En quoi quantifier une dette est-elle un problème ?

Quantifiable, la dette devient froide, impersonnelle et surtout transférable : l’identité du créancier n’a pas vraiment d’importance. Si je promets de vous rencontrer à cinq heures demain, vous ne pouvez pas donner cette promesse à quelqu’un d’autre. Parce que la dette est impersonnelle, parce qu’elle peut être exigible par des mécanismes impersonnels, elle peut être transférée à une autre personne. Sans ces mécanismes, la dette est quelque chose de très différent. C’est une promesse qui repose sur la confiance. Et une promesse, ce n’est pas la négation de la liberté, au contraire, c’est l’essence de la liberté ! Être libre, c’est justement avoir la capacité de faire des promesses. Les esclaves ne peuvent pas en faire, ils ne peuvent pas prendre d’engagements auprès d’autres personnes, car ils ne sont pas sûrs de pouvoir les tenir. Être libre, c’est pouvoir s’engager auprès d’autrui.

Au contraire, le « remboursement de la dette » est devenu un dogme moral…

La dette a été transformée en une question d’arithmétique impersonnelle, en l’essence même de l’obligation morale. C’est ce processus que nous devons défaire. Il est fascinant aussi de voir le lien entre la notion de dette et le vocabulaire religieux, de constater comment les premières religions débutent avec le langage de la dette : votre vie est une dette que vous devez à Dieu. La Bible par exemple commence avec le rachat des péchés… (…)

Vous citez l’exemple de la mafia…

Parler de dette devient un moyen pour décrire des relations inégales. Les mafieux ont compris cela : ils utilisent souvent le terme de dette, même si ce qu’ils font est en réalité de l’extorsion. Quand ils annulent ou reportent certaines dettes, cela passe pour de la générosité ! C’est comme les armées qui font payer un tribut aux vaincus : une taxe en échange des vies épargnées. Avec le langage de la dette, on dirait que ce sont les victimes qui sont à blâmer. Dans de nombreuses langues, dette, culpabilité et péché sont le même mot ou ont la même racine.

La monnaie, qui permet de quantifier précisément la valeur d’une dette, apparaît d’ailleurs dans les situations de violence potentielle. L’argent est aussi né du besoin de financer les guerres. La monnaie a été inventée pour permettre aux États de payer des armées professionnelles. Dans l’Empire romain, la monnaie apparait exactement là où stationnent les légions. De la même façon, le système bancaire actuel a été créé pour financer la guerre. Violence et quantification sont intimement liés. Cela transforme les rapports humains : un système qui réduit le monde à des chiffres ne peut être maintenu que par les armes.

Il y a aussi une inversion : le créancier semble être devenue la victime. L’austérité et la souffrance sociale sont alors considérées comme un sacrifice nécessaire, dicté par la morale…

Absolument. Cela permet par exemple de comprendre ce qui se joue en Europe aujourd’hui. L’Europe est-elle une communauté de partenaires égaux ? Ou y a-t-il une relation de pouvoir entre entités inégales ? Est-ce que tout peut être renégocié ? Quand une dette est établie entre égaux, elle est toujours traitée comme une promesse. Nous renégocions des promesses tout le temps, car les situations changent : si je vous promets de vous voir demain à cinq heures, si ma mère meurt, je ne suis pas obligé de tenir ma promesse.

Les gens riches peuvent être incroyablement compréhensifs concernant la dette des autres riches : les banques états-uniennes Goldman Sachs et Lehman Brothers peuvent se concurrencer, mais quand quelque chose menace leur position générale de classe, soudain elles peuvent oublier toutes les dettes contractées si elles le veulent. C’est ce qui s’est passé en 2008. Des trillions de dollars de dettes ont disparu, parce que cela arrangeait les puissants. De la même façon des gens pauvres vont être très compréhensifs les uns envers les autres. Les prêts que l’on fait à des proches sont finalement souvent des cadeaux. C’est lorsqu’il y a des structures d’inégalités, que soudain la dette devient une obligation morale absolue.

La dette envers les riches est la seule à être vraiment « sacrée ». Comment se fait-il que Madagascar soit en difficulté quand il doit de l’argent aux États-Unis, mais que lorsque ce sont les États-Unis qui doivent de l’argent au Japon, c’est le Japon qui est en difficulté ? Le fait notamment que les États-Unis ont une puissante armée change le rapport de force…

Aujourd’hui, on a l’impression que la dette a remplacé les droits : les droits à la formation ou au logement se sont transformés en droit au crédit ?

Certains utilisent leur maison pour financer leur vie en contractant de plus en plus de prêts hypothécaires. Leurs maisons deviennent des distributeurs de billets. Les micro-crédits pour faire face aux problèmes de la vie se multiplient, en substitution de ce qui était auparavant assuré par l’État-providence, qui donnait des garanties sociales et politiques. Aujourd’hui, le capitalisme ne peut plus offrir un bon « deal » à tout le monde. On sort de l’idée que chacun pourrait posséder un bout du capitalisme : aux États-Unis, chacun était censé pouvoir investir dans les entreprises, qui en fait exploitent chacun. Comme si la liberté consistait à posséder une part de notre propre exploitation.  Par Agnès Rousseaux 16 janvier 2014

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16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

à Burgos, le boulevard de la colère (lo)

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Le mouvement de colère qui depuis le 9 janvier a secoué le quartier populaire de Burgos, le Gamonal, vient d’imposer un recul au maire de la ville, un notable du Parti populaire, le parti de droite au pouvoir.

En effet ce mouvement de protestation a paralysé les travaux destinés à transformer en boulevard la rue principale de ce quartier où le stationnement deviendrait interdit, sauf dans des parkings privés dont les tarifs sont prohibitifs pour les habitants..

Manifestations, blocage des chantiers dès l’aube, affrontements avec la police étaient devenus le quotidien des jeunes et moins jeunes du quartier, ouvriers, employés ou chômeurs et aussi petits commerçants étroitement liés à leurs clients modestes.

Mais au-delà de ces faits, les raisons profondes de la colère qui a éclaté sont que le maire a choisi comme entrepreneur une société « amie » en acceptant les prix exorbitants qu’elle imposait. Une ardoise d’autant moins acceptable qu’elle concernait l’un des quartiers les plus déshérités de cette ville.

Les autorités ont répondu en réprimant violemment les manifestations affirmant qu’elles étaient organisées par des groupes politiques étrangers au quartier et à la ville. Pourtant, tous les jeunes ou moins jeunes arrêtés lors des manifestations étaient des résidents du Gamonal ou de la ville, soutenus par leur famille et leurs amis qui ne voulaient pas que leur quartier soit plus gravement marginalisé.

Mardi 14 janvier, le maire a donc dû faire un pas en arrière. Provisoire, peut-être. Mais les manifestations de Burgos sont significatives de la tension politique et sociale qui continue de régner dans différentes régions d’Espagne et sur différents terrains. En tout cas ces manifestations sont largement suivies par la population. Henriette MAUTHEY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2372&id=27

Commentaire: Cela ressemble furieusement à Istanbul tout çà!

16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

seattle ne jure que par une socialiste (essf)

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Partout aux États- Unis cette semaine , les nouveaux maires et les membres des conseils municipal prêtent serment comme dirigeants des villes qui les ont élus en Novembre .

Les intronisations de maires attirent l’attention locale et , dans des cas comme celui de maire de New York Bill de Blasio , une bonne mesure de l’attention nationale, il est généralement moins mis l’accent sur les membres du conseil municipal .

Sauf à Seattle

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Kshama Sawant , est sans doute la plus importante de socialiste élue depuis Bernie Sanders devenu maire de Burlington, au Vermont , il ya trente -trois ans, a inspiré un niveau remarquable de curiosité . Les fonctionnaires ont déplacé la prestation de serment de Sawant et du premier maire ouvertement gay  – Ed Murray -  de la salle du conseil de la ville pour le  grand hall de l’ hôtel de ville , et les médias locaux ont décrit  » le plus grand taux de participation jamais vu pour une cérémonie d’inauguration à Seattle .  »
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Des journalistes de tout dans le pays et du monde ont interviewé Sawant , qui en Novembre a bousculé un membre  vétéran du conseil par une campagne qui promettait de se battre pour un salaire minimum de 15 $ l’ heure . Ils ont également interrogé d’autres socialistes , comme le par- lementaire irlandais Joe Higgins, venu à Seattle pour fêter l’événement et venir dire aux journalistes que  » l’élection de Kshama a été un événement majeur à l’échelle internationale . C’est un  été un énorme encouragement parce que les États -Unis sont la citadelle du capitalisme mondial « . C’est une circonstance grisante pour Sawant , qui a pris son nouveau poste avec cette déclaration: «Je porte avec honneur l’étiquette de socialiste .  »
*
«Ici, à Seattle , les politologues se demandent à mon propos: va-t-elle se compromettre?  Peut-elle travailler avec d’autres?  Bien sûr, je vais rencontrer et discuter avec les représentants de « l’establishment ». Mais quand je le ferais , je mettrai en avant les besoins et les aspirations de la  classe ouvrière à chaque table où je serais assise, peu importe qui est assis en face de moi. Et laissez- moi vous dire une chose tout à fait claire : il n’y aura pas de tractations avec des sociétés ou leurs serviteurs politiques, il n’y aura pas de compromis pourri aux dépends des gens que je représente . ».

La foule manifesta sa joie. (…)

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Sawant fait valoir que  » les conditions sociales qui ont fait que les gens vivent dans une situation d’énorme inégalité dans le pays le plus riche dans le monde  » ne sont pas différentes  à Seattle . À une époque où « la pauvreté monte en flèche , avoir un logement est  inaccessible « , le chômage et le sous-emploi sont des problèmes graves  à travers le pays, il ne devrait pas être étonnant que  » près de 100.000 personnes aient voté pour une socialiste à Seattle .  »

En raison du nombre de votants et de la curiosité au sujet de son élection , Sawant a pu influencer la politique de Seattle , avant même son entrée en fonction . La semaine dernière , le maire Murray a ordonné aux administrateurs de la ville pour élaborer des plans pour payer tous les employés municipaux au moins 15 $ l’heure , un mouvement qui va conduire à des augmentations de salaire pour au moins 600 travailleurs de Seattle. Et Sawant travaillera au conseil et s’il le faut par l’inter- médiaire d’ un référendum pour ‘établir une base de 15 $ de l’ heure dans toute la ville.

Elle  n’ aucun doute que cela va se répandre dans tout le pays.

*
 » Je dirais que c’est tout simplement la première vague dans une tempête qui est sur ​​le point de naître aux États-Unis sous [ la forme ] d’une demande de changement social « , affirme la nouvelle élue   du conseil . «Quand salon.com me nomme l’un des cinq  politiques de 2013, ma première réaction a été : « Pourquoi suis-je là … Pourquoi pas les travailleurs des fast-foods qui se sont battus  coura- geusement lors ​​d’une journée de grève partout dans le pays ? Ils sont les vrais héros politiquesautant que que moi. Et il est important de les mentionner parce que c’est le signe que nous nous dirigeons vers une période de changement politique » .

Cette période de changement politique a des racines.

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 » Ce n’est pas sortis de nulle part . Les conditions se sont accumulées pendant des décennies. Elles se sont beaucoup aggravées en raison de la récession » , dit-elle. «Occupy a rompu le silence sur les inégalités . Et je ne pense pas que nous devrions pas perdre de vue [ les mobilisations de masse des travailleurs dans le Wisconsin , l'Ohio et d'autres Etats ] … Il ya eu une série d’événements qui nous disent que les gens en ont assez du statu quo et qu’ils veulent quelque chose de différent  » . John Nichols sur Janvier 6 , 2014  15:00

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30843

Commentaire: Aux Usa, « socialiste » englobe tous les opposants au système, pas nos « socialistes » qui sont eux plutôt « libéraux », comme Hollande!

 

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