Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Lutte des classes: Monique Pinçon-Charlot: «La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps» (basta)

Lutte des classes: Monique Pinçon-Charlot: «La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps» (basta) dans Austérité e14ceb70-28c8-11e2-9c70-bc84a3d4c660-493x328

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ?

Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3 000 euros.

Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres… Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car malgré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses intérêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ?

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – capital économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra… Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’association des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6ème fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37ème fortune de France avec sa famille) [2]…

A cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage… Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches…

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revue Challenges. Il possède 370 fois la fortune du 500ème de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le Smic à 1120 euros, le revenu médian à 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote [3] ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ?

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intériorisations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société. Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail [4], en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction. Notre livre est un cri d’alerte face à ce processus de déshumanisation. On imagine souvent que l’humanité est intemporelle, éternelle. Mais on ne pense pas à la manipulation des cerveaux, à la corruption du langage qui peut corrompre profondément la pensée. Le gouvernement français pratique la novlangue : « flexi-sécurité » pour ne pas parler de précarisation, « partenaires sociaux » au lieu de syndicats ouvriers et patronat, « solidarité conflictuelle ». Le pouvoir socialiste pratique systématiquement une pensée de type oxymorique, qui empêche de penser. Qui nous bloque.

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports… Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan [5] : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ». C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations…) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

Depuis que le parti socialiste est au pouvoir, qu’est-ce qui a changé ? Y a-t-il eu des améliorations concernant cette violence des riches que vous dénoncez ?

On ne peut pas parler d’amélioration : nous sommes toujours dans un système oligarchique. Nos dirigeants sont tous formés dans les mêmes écoles. Quelle différence entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy ? Je ne suis pas capable de vous le dire. L’histoire bégaye. Un exemple : le secrétaire général adjoint de l’Élysée est actuellement Emmanuel Macron, qui arrive directement de la banque d’affaires Rothschild. Sous Nicolas Sarkozy, ce poste était occupé par François Pérol, qui venait aussi de chez Rothschild. Les banques Lazard et Rothschild sont comme des ministères bis [6] et conseillent en permanence le ministre de l’Économie et des Finances. La mission de constituer la Banque publique d’investissement (BPI) a été confiée par le gouvernement à la banque Lazard… Et la publicité sur le crédit d’impôt lancé par le gouvernement a été confiée à l’agence Publicis. Qui après avoir conseillé Nicolas Sarkozy conseille maintenant Jean-Marc Ayrault. On se moque de nous !

Pierre Moscovici et François Hollande avait promis une loi pour plafonner les salaires de grands patrons [7]. Ils y ont renoncé. Pierre Moscovici a annoncé, sans rire, qu’il préférait « l’autorégulation exigeante ». Des exemples de renoncement, nous en avons à la pelle ! Le taux de rémunération du livret A est passé de 1,75 % à 1,25 %, le 1er août. Le même jour, Henri Emmanuelli, président de la commission qui gère les livrets A [8], a cédé au lobby bancaire, en donnant accès aux banques à 30 milliards d’euros supplémentaires sur ces dépôts. Alors qu’elles ont déjà reçu des centaines de milliards avec Nicolas Sarkozy ! Elles peuvent prêter à la Grèce, au Portugal, avec un taux d’intérêt de 8 ou 10 %… Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), entré en vigueur le 1er janvier 2013, c’est encore 20 milliards d’euros de recettes fiscales en moins chaque année, offerts aux entreprises, et qui plombent le déficit public de façon absolument considérable.

Le Front national a un discours virulent contre les « élites » françaises. N’avez-vous pas peur que votre analyse soit récupérée par l’extrême-droite ?

Nous ne disons pas que les politiques sont « tous pourris », comme le fait le FN. Nous proposons une analyse en terme de classes, pour donner à voir des mécanismes sociaux. Nous cherchons à dévoiler le fonctionnement de cette caste qui casse le reste de la société, dans une logique de prédation qui va se poursuivre dans une spirale infernale. Le Front National désigne comme bouc émissaire l’immigré ou le Rom, donnant en pâture ce qui est visible. Le Rom est d’ailleurs devenu un bouc émissaire transversal à l’échiquier politique, depuis la gauche libérale avec Manuel Valls jusqu’au Front National. Si on doit pointer précisément un responsable à la situation actuelle, c’est plutôt une classe sociale – les riches – et un système économique, le néolibéralisme. Puisqu’il faut des formules fortes : le banquier plutôt que l’immigré !

Vous parlez dans votre ouvrage d’une guerre des classes qui n’est pas sans visage. N’y a-t-il pas un enjeu justement à « donner des visages » à cette classe, comme vous le faites ?

C’est une nécessité absolue. Il faut s’imposer d’acheter chaque année ce bijou sociologique qu’est le palmarès du magazine Challenges. Et s’efforcer d’incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie… C’est une curiosité nécessaire, les gens doivent être à l’affût de cette consanguinité, de cette opacité, de la délinquance financière. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel, empêcher ce sentiment d’impunité qu’ils ont aujourd’hui, car ils savent que personne n’ira mettre son nez dans leurs opérations financières totalement opaques.

Nous avons aussi expérimenté des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos « timidités sociales ». Se promener dans les beaux quartiers, leurs cinémas, leurs magasins, leurs cafés, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l’humilité pour accepter d’être remis à sa place, ne pas se sentir à l’aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bière à six euros. Mais c’est une expérience émotionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de dévoilement de cette violence de classe. Par Agnès Rousseaux 5 novembre 2013

http://www.bastamag.net/article3432.html

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Une autre vision des bonnets rouges (actualutte)

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Le tea-party à la française, des identitaires, nazis, fascistes, des chiens du patronat, des esclaves qui défendent leurs maîtres, et ci et ça.

Que de haine face au peuple qui était dans la rue samedi à Quimper, des personnalité-e-s politiques jusqu’aux citoyens de gauche, le risible n’a pas manqué de côtoyer le pitoyable.

Les médias aussi n’étaient pas en reste dans cette course à l’absurde, pendant et après la manifestation ils ne parlaient que des « casseurs ». Là-dessus il faut dire qu’on commence à avoir l’habitude, mais notons au passage que les « casseurs » n’ont rien cassé, pas de pillage, pas de mobilier urbain détruit si ce n’est quelques morceaux de trottoirs qui ont servi à faire des projectiles pour attaquer la préfecture. Par contre, le plus inquiétant est le traitement du mouvement des bonnets rouges avant la manifestation. Une sainte alliance s’est formée de Rue89 et l’Huma en passant par Le Monde jusqu’au Figaro, pour critiquer un mouvement qu’ils disent de droite et/ou d’extrême droite, à la solde du patronat, etc. Étrange comme alliance non ?

Sur la manifestation Rue89 a ainsi publié un article qui compare les bonnets rouges à la manif pour tous (Ils se sont rattrapés avec Camille ci-dessous NDB) . Avec quelques camarades nous sommes allés à Quimper samedi et nous n’avons pas vraiment la même vision des choses, en même temps ce témoin se dit PS et nous anars. Mais au-delà de ça, il raconte être arrivé sur le lieu de rassemblement en longeant des rangées de 4×4. Nous, nous sommes arrivés sur la place de la résistance avec un cortège de salarié de Lampaul-Guimiliau qui se battent pour leurs emplois, sous des drapeaux Force Ouvrière et qui scandaient « Breton, français, un patron reste un patron ».

Ensuite une fois sur place nous avons noté quelques points de détails qui peuvent tout de même avoir leur importance. Comme d’habitude en manif, une sono envoyait de la musique avant les prises de paroles. Qu’est ce qu’on écoute donc dans les manifestations « du patronat et de l’extrême droite » ? Keny Arkana, Gilles Servat1, Manu Chao, les Ramoneurs de Menhirs qui reprennent la Bellaciao avec le chant de l’Armée Révolutionnaire Bretonne. Très fasciste tout ça en effet… A noter aussi que pendant la manifestation on a entendu chanter bien fort «la jeunesse emmerde le front national ».

Autre détail, les couleurs affichées: en plus des nombreux drapeaux breton il y avait donc FO, Lutte Ouvrière, CGT, Front de Gauche, UDB, Breizhistance, SLB (trois organisations de la gauche bretonne), NPA, Les Alternatifs. Le plus à droite que nous avons vu était le Parti Breton. Pas de drapeaux français, sauf un qui a été déchiré devant la préfecture, pas de l’UMP, pas de FN. Pas de signe non plus des groupuscules fachos d’Adsav et Jeunes Bretagne, s’ils étaient là ils devaient être bien cachés. En même temps vu les antifascistes présents c’était peut être pas plus mal pour eux. La grande, et très ridicule, banderole « Hollande démission » était apparemment celle de fascistes, on le saura pour la prochaine fois. Des témoignages racontent aussi que les discours de gauche étaient hués pendant les prises de paroles. Aucune idée, nous pendant ce temps on essayait de forcer le passage vers la préfecture. D’ailleurs pour l’anecdote on a même vu un vieux au lance-pierre qui nous disait que ça lui rappelait Mai 68. Par contre quand le représentant du collectif pour l’emploi a fait un discours en fin de manifestation, pour réclamer plus de liberté d’entreprendre et pour cracher sur l’écologie et la décroissance, il se faisait huer aussi.

Sur le mouvement des bonnets rouges Alors oui, c’est un mouvement complexe, mais non ce n’est pas qu’un mouvement de droite, tout comme il n’est pas malheureusement que de gauche. Le seul trait idéologique commun est sûrement l’hostilité face à l’Etat jacobin centralisateur et la demande d’un pouvoir plus local, donc plus proche du peuple. Vous semblez nombreux à craindre ou à croire que ce mouvement soit de droite, mais pourquoi donc n’avez vous pas espoir qu’il devienne de gauche ? Mes camarades et moi qui étions à Quimper sommes de ceux qui ont cet espoir. Cinq heures d’affrontements pour attaquer une préfecture, symbole du centralisme et de la répression d’État, c’est quand même pas tous les jours dans une manif. Sans compter que ce n’était pas « une dizaine de casseurs » mais des jeunes, des vieux, des ouvriers, des pêcheurs, des paysans, des étudiants, etc. Le risque si cet espoir se perd, et c’est déjà le cas avec la contre manifestation de Carhaix, est de voir une prophétie-autoréalisatrice qui en effet servira le patronat. C’est à dire que les forces de gauche en disant que ce mouvement est de droite déserte la mobilisation, laissant la place aux forces de droite pour qu’il devienne de droite.

Sur les raisons de notre engagement A ceux qui disent que tous les bonnets rouges défendent l’agroalimentaire, le patronat et les paysans accrocs à la monoculture et gavés de subventions, NON. Avec mes camarades nous étions de ces manifestants hostiles à ces façons de produire, mais nous avons vu qu’il faut faire une différence entre le court et le long terme. Nous étions mobilisés samedi car il y a des milliers de travailleurs qui vont perdre leurs emplois en Bretagne, des familles entières qui vont plonger dans la misère. Il y a une véritable urgence sociale, l’écotaxe n’en est pas la responsable mais elle ne va faire qu’accentuer ce phénomène. A long terme nous sommes nombreux à réclamer une autonomie politique et économique locale pour tourner la page de ce système capitaliste destructeur en vie humaines et en richesses naturelles. C’est évidement à long terme pour cela que nous nous battons, hier à Quimper et demain de nouveaux aux côtés des Zadistes de Notre Dame des Landes, comme de nombreux bretons de gauche. Mais à court terme nous refusons de voir des milliers de travailleurs, qui triment au quotidien, être condamnés à la misère, c’est avec ces gens là que nous sommes allés manifester samedi, pas aux cotés du patronat.

Sur notre colère Nous nous demandons donc : depuis quand le peuple de gauche se drape-t-il dans une pureté idéologique -aussi exécrable que la pureté ethnique- qui l’empêche de se battre aux cotés des classes laborieuses sous prétexte qu’elles s’opposent à une mesure dite écologique ( ce qui n’est pas le cas). Nous, et je pense que nous pouvons parler au nom de tous ces bonnets rouges de gauche, nous en avons assez de ces réflexions de petits bourgeois qui pensent avoir les plus belles idées sur la meilleur des sociétés à mettre en place et qui ne voient pas la misère à leurs pieds. Descendez donc de vos tours d’ivoires et détruisez les à coup de masse ! Oui à l’idéalisme mais n’oubliez pas les réalités du peuple au nom duquel la gauche porte un idéal.

Cette révolte des bonnets rouges est peut être le moyen de créer un vaste mouvement contre les politiques d’austérités. Peut être même cela va-t-il aboutir, comme la révolte de 1675, sur la contestation des privilèges de la noblesse, non plus de sang mais économique. Nous l’avons dit ce mouvement est complexe, rien n’y est joué, tout y est donc possible. Peut être ne fait il que commencer, c’est alors à nous peuple de gauche de s’en saisir au lieu de le critiquer en relayant les idées nauséabondes des chiens de garde médiatiques. Si vous voulez vous abstenir d’y prendre part, abstenez-vous donc par la même de nous traiter de capitalistes et de fachos, car pour les bonnets rouges qui sont comme nous bien à gauche et antifascistes c’est difficile à entendre.

Nous savons bien que tous les bonnets rouges n’ont pas nos idées, ainsi en va de la diversité populaire, mais nos idées ont leur place dans ce mouvement. Le fait est tout de même que les bretons sont aujourd’hui en révolte et nous souhaitons ardemment que ce feu dans la lande ne devienne pas feu de paille, mais au contraire un vaste incendie qui brûlera le patronat et l’État centralisateur. Nous souhaitons continuer le combat et nous vous invitons à le rejoindre pour y faire grandir ses forces de gauche. Vive les bonnets qui sont profondément rouges et que vive l’insurrection !

 Des révoltés bretons. 4 novembre 2013

1) Avec le morceau très connu ici La blanche hermine, que des fafs ont essayé de récupérer dans le passé, d’où la réponse de l’auteur dans Touche pas à la blanche hermine, chant révolutionnaire et antifasciste.

http://actualutte.com/une-autre-vision-des-bonnets-rouges/

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Témoignage: Fdg et écolos, vous avez insulté les Bretons, faudra pas venir pleurer (rue 89)

Témoignage: Fdg et écolos, vous avez insulté les Bretons, faudra pas venir pleurer (rue 89) dans Luttes sociales en Bretagne becassine

A Quimper, dimanche, à la manifestation dite des bonnets rouges, il y avait des organisations politiques, syndicales et militantes, de la gauche au centre : le NPA et le NPA jeunes, l’UDB et l’UDB jeunes, Breizhistance, le Parti breton, le SLB, le MBP, Breizh Europa, Kevre Breizh, Attac, Les Alternatifs, les marins-pêcheurs CGT, et FO. Il y avait aussi des agriculteurs, des patrons et quelques fachos.

J’y étais.

Encartée nulle part mais sensible à la question de l’autonomie bretonne, elle se retrouve souvent dans les rangs de l’extrême gauche en manif.  Il y avait aussi le Medef, en l’occurrence des patrons bretons qui tenaient des discours plutôt centristes ou « UMPS ». Ils en ont après le « dumping social », on y a eu droit dans chaque discours. Ils ont aussi parlé du consortium italien qui profitera de l’écotaxe, ils remettent en question le partenariat public-privé, même si ça n’est pas dit clairement. Oui, ce sont les « patrons voyous qui ont plongé la Bretagne dans le lisier » comme on me l’a fait remarquer, mais pourquoi ont-ils fait cela ? Qui leur a fait croire que ce système productiviste était l’avenir ?

Requins de l’agriculture Et puis il y avait la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), des paysans de droite, dont certains n’hésitent pas à racheter les terres de petits paysans en difficulté pour une bouchée de pain, aux enchères. Je l’ai vu dans mon bled quand j’étais gamine. Heureusement qu’une petite asso issue de la Confédération paysanne se battait pour empêcher ça en leur prêtant de l’argent à taux zéro le temps qu’ils se remettent debout, et d’éviter les suicides, très fréquents dans le monde paysan. Mais après avoir parlé à un paysan retraité sur le chemin du retour, j’ai compris qu’il n’était probablement pas le seul à être à mille lieux des clichés de la FNSEA. Après tout, c’était une manifestation populaire : 30 000 personnes ont fait le déplacement depuis toute la Bretagne. Oui, les paysans de la FNSEA vivent de ce système productiviste qui les a transformés en requins de l’agriculture, mais à eux aussi, qui leur a fait croire que c’était l’avenir ?

Un doigt d’honneur à la campagne Ça aide de venir de la cambrousse et d’avoir côtoyé des paysans de droite et de gauche pendant toute son enfance. Dans mon bled, il est coutume de faire un signe de tête au paysan qu’on croise en tracteur, pour le remercier de manœuvrer afin qu’on puisse se croiser sur les petites routes. J’ai vu mes parents – des hippies de gauche – le faire. J’ai imprimé ce compor- tement, et je le fais, même si je sais parfois que le type que je croise est un militant de la FNSEA ou de « l’UMPS ». Si on commençait à leur faire des doigts d’honneur en pleine pampa juste parce qu’on est pas d’accord avec eux, ce serait vite le bordel. A la campagne, on vit ensemble, en bonne intelligence. Même si parfois on n’en pense pas moins, en croisant le mec du hameau d’à côté sur son tracteur. C’est contre ce système que notre colère à tous est dirigée. D’un côté, les patrons se sont enrichis dessus. On leur a vendu un rêve qui les a fait vivre pendant plusieurs décennies, mais qui a aussi fait vivre des milliers de salariés, qui nous a tous indirectement fait vivre, si on arrête la mauvaise foi deux secondes.

Contre Paris et ses bureaucrates Ils ont embauché des milliers de personnes et sont responsables de leur sort. Ils cultivent peut-être un « humanisme gaulliste » ces patrons de droite, après tout ils ont clairement dit que les idées puantes des fachos n’étaient pas les bienvenues samedi. Et ils savent mieux que quiconque que sans l’immigration, ils ne pourraient pas embaucher les Polonais ou les Turcs qui les sortent bien du pétrin quand même. Mais ils sont en train de tout perdre et d’entraîner leurs salariés dans leur chute. Ils n’ont pas encore bien réalisé que tout cela ne tenait pas vraiment la route quand on y pense – et quand on sait que 50% de la nourriture part à la poubelle chaque jour dans le monde, vu qu’on produit bien trop. Leur colère et la nôtre étaient dirigées vers Paris et ses bureaucrates, jugés inaptes à décider du sort de la Bretagne, qu’ils ne connaissent pas, en oubliant les belles promesses sur le projet de décentralisation. Là-dessus on se rejoint, comme quoi.

Combien étaient-ils au final les fachos ? Oui, l’extrême droite était bel et bien présente. Une quinzaine d’identitaires arborant la croix noire, le drapeau breton historique, qui ont cristallisé l’attention dès le départ en caillassant les flics qui défendaient la préfecture. Et le FN, qui a déroulé une énorme banderole avec la tête de Hollande et une URL pointant vers un de leurs sites (Il semble que c’était « la manif pour tous » NDB) . « Où étaient les antifas ? » ai-je pu lire. On était quelques-uns à leur chanter « La Jeunesse emmerde le Front national » et « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers », les majeurs bien tendus, ce qui les a fait remballer leur matos. Des gens souriaient en faisant des signes de victoire avec leurs doigts dans notre direction. Combien étaient-ils au final les fachos ? Bonne question. Dur de savoir si untel vote PS ou UMP, Mélenchon ou Le Pen dans la foule dense. Certains codes vestimentaires laissent songeurs et donnent parfois une impression étrange, mais on ne sait jamais, tout cela est complètement subjectif. J’ai peut-être bien mis du sérum physiologique dans les yeux larmoyants d’un quinquagénaire du FN, qui sait, il prenait juste aussi cher que moi avec les lacrymos.

Mélenchon nous a traités d’esclaves Et évidemment, il y avait les salariés. Mais on y reviendra après avoir fait le point sur la manif de Carhaix, parce que c’est ce qu’ils retiendront de ces deux manifs qui comptent. Les salariés sont les premières victimes des dommages collatéraux du système produc-tiviste actuel. A Carhaix, étaient présents Europe écologie-Les Verts, le Front de Gauche, le PC et la CGT. Entre 3 000 (CGT) et 600 personnes (préfecture) ont manifesté sans heurts. Voilà, le point est fait. Davantage de salariés en galère étaient présents à Quimper, aux côtés du patronat, de la FNSEA et des fachos auxquels ces organisations ne voulaient pas se mêler, choisissant d’aller à Carhaix. Comme s’il était nécessaire de garder une bonne distance géographique pour montrer sa désapprobation, comme si les fachos ne vivaient pas déjà dans nos quartiers. Peut-être même qu’un de nos proches voisins en est un, et qu’on lui dit bonjour en allant acheter le pain. Et les salariés, que retiendront-ils de la manif de Carhaix, celle où ils n’étaient pas ? A qui profitera la manif à Quimper ? Certainement pas au Front de Gauche. Mélenchon nous a traités d’esclaves alors que les salariés de ces usines qui ferment veulent juste « vivre, décider et travailler en Bretagne », et ne peuvent pas se payer le luxe de perdre leur emploi. Certainement pas à EELV, qui voulait se tenir bien loin de leurs patrons, de la FNSEA et des fachos.

D’EELV, on retiendra qu’ils n’étaient pas là Pourtant, c’était pour eux une occasion en or de contrer le FN à l’approche des municipales, et de montrer leur soutien à des personnes dont l’avenir est incertain. Ils auraient tous pu nous distribuer des stickers et des flyers. Le salarié qui manifestait pour la première fois de sa vie samedi, il vote peut-être PS, UMP, FdG, NPA, EELV, FN, il a peut-être voté Mélenchon mais hésite à voter pour la fille Le Pen. Ce qu’il aura retenu, c’est peut-être le message du NPA sur le sticker qu’il garde dans la poche, celui de Breizhistance, de l’UDB ou d’une autre orga’ présente, ou dans le plus inquiétant des cas, l’URL du site des fachos. D’EELV, il retiendra qu’ils n’étaient pas là, et que par conséquent, son sort les laisse indifférents. Et qu’ils la voulaient, cette écotaxe Ecomouv© qui fait déborder le vase. Ils n’ont aucune trace d’EELV ou du FdG dans les poches. Quand ces deux partis feront des scores ridicules à Quimper et partout en Bretagne, faudra pas s’étonner. Seuls le FN et les partis d’extrême gauche, de gauche et centriste autonomistes/indépendantistes leur ont manifesté leur soutien sous le slogan unitaire qu’ils n’ont pas rallié, eux.

Un mépris snob, bobo, parisien du prolétariat C’est (à mon humble avis) une erreur de stratégie politique monumentale, qui dévoile une certaine forme de mépris du prolétariat très snob, très bobo, très parisienne. Ce sont les gens qui auraient pu voter pour vous et vous n’avez rien fait pour les toucher, vous avez juste réussi à vous en éloigner ! Il faut savoir ce qu’on veut : faire de la politique et parler à ses potentiels électeurs pour mieux les représenter, ou faire de la figuration à distance en disant « oh naaan, y a que des affreux, nous on y va pas » pour ensuite se plaindre de la montée du FN ? «Bouh,   va y avoir de la violence », a dit Ayrault, et puis ils sont cons ces salariés qui ne se rendent pas compte qu’on a raison en les traitant d’esclaves. Mais dans quel monde vous vivez ? Vous vous faites enfler par le PS et vous en redemandez. Vous venez de vous couper des salariés et des Bretons venus apporter leur soutien en toute bonne foi, des jeunes excités à l’idée de vivre leur première manif, de tous. Trois mille (au mieux) contre 30 000, et vous ne vous dites pas qu’il y a un souci, que c’est peut-être vous les manipulés dans l’histoire ? La bonne distance géographique à tenir avec les fachos, c’est le degré zéro de l’antifascisme, la forme de protestation la plus inutile qui soit.

Vous vous êtes coupés de la Bretagne Vous ne les avez pas touchés, par contre ils se souviennent du message du FN, venu les soutenir. Leur présence hantait les esprits, des milliers de regards inquiets étaient tournés vers eux, dont le mien. Je vous accorde une chose, vous aviez raison, c’était pas bien du tout que le FN soit là. Leur présence plombait l’atmosphère. Vous deviez être bien mieux au rassem-blement festif de Carhaix, pour soutenir les salariés dans la joie et la bonne humeur, mais de loin. En ne venant pas, vous avez laissé le FN grapiller des voix que vous auriez pu avoir, qui sait. Vous vous êtes coupés de la Bretagne pour faire de la figuration au nom de Paris, tout en combattant le système pro- ductiviste actuel de manière bancale, aidés par les réseaux sociaux et quelques blogueurs politiques jacobins.

Mais vous étiez peu nombreux, et les salariés se souviendront de votre snobisme et de vos déclarations putassières. Ils n’oublieront pas et ne pardonneront pas, ils sont légion les prolétaires, pas comme les quinze identitaires dont vous aviez peur. Un grand nombre de manifestants portaient des badges anti- aéroport Acipa, des « ZAD PARTOUT [zone à défendre, ndlr] » ou « Nukleel ? N’em bo ket ! » ( Nuclé- aire?  Non merci ! »), on pouvait lire un tag « ZAD » sur un des ponts que j’ai traversés.

Samedi, Quimper était une ZAD qu’il fallait défendre face aux fascisme. EELV et le FdG ont juste brillé par leur absence et leur promptitude à semer le trouble et la division. Vos actes ne seront pas sans répercussion lors des prochaines municipales. Et faudra pas venir pleurer. J’espère juste qu’ils profiteront surtout à la gauche autonomiste et indépendantiste, au NPA, et aux valeurs portées par les autres organisations de gauche présentes, la seule gauche qui a contré le FN samedi à Quimper, celle qui ne veut pas d’une Bretagne repliée sur elle-même, mais solidaire des Bretons et ouverte à l’Europe et au monde. Camille, zadiste bretonne

http://www.rue89.com/2013/11/04/front-gauche-eelv-etes-coupes-bretagne-247208

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Une idéologie rance et raciste abritée derrière un masque humaniste (lm)

Une idéologie rance et raciste abritée derrière un masque humaniste (lm) dans Antiracisme ya-bon-banania-2013-tad-guineelibre-cope-genest_

En cet automne 2013, on a pu croire que l’ère du déni était terminée.

Après la série d’agressions antimusulmanes de cet été, deux livres venaient rappeler que l’islamophobie n’est pas un fantasme: celui du journaliste Claude Askolovitch, dont le titre, Nos mal-aimés. Ces musulmans que la France ne veut pas (Grasset, 280p., 18 euros), indique que son auteur, jadis moins lucide, a rompu avec le petit milieu qui prospère sur la haine des musulmans; et celui des sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman » (LaDécouverte, 300p., 21 euros), qui fait le point sur les recherches menées depuis une dizaine d’années, en France et ailleurs, sur ce racisme New Age.

On dut pourtant rapidement déchanter. Car la machine islamophobe, si puissante, si violente, se remit immédiatement en branle. Après avoir reconnu qu’il existait un « racisme antimusulman », la polémiste Caroline Fourest précisa sur France Culture que ce racisme était l’exclusivité de quelques excités et nia toute validité au concept d’« islamophobie », qu’elle incarne pourtant parfaitement.

Les hebdomadaires ressortirent de leurs tiroirs leurs éternels « intégristes » qui, coupables de tout, permettent aux éditorialistes de rameuter les troupes. Il est urgent de « combattre », exhorte Christophe Barbier en préambule du énième dossier que L’Express consacre au « communautarisme » (8 octobre).

L’événement qui peut être considéré comme l’acte de naissance de l’islamophobie en France s’est produit en janvier 1983. Confronté à un vaste mouvement social dans une industrie automobile en crise, le gouvernement « socialiste », décidé à ne rien céder aux ouvriers, discrédita les grévistes, dont beaucoup étaient immigrés, en les assimilant aux mollahs iraniens. « Des grèves saintes d’intégristes, de musulmans, de chiites! », s’enflamma le ministre de l’intérieur.

Le stratagème provoqua quelques remous à gauche. Le Nouvel Observateur dénonça cet « anti-islamisme indistinct » qui « conduit à voir en chaque musulman un complice virtuel de Khomeyni ». Quant à Libération il y vit le prélude d’un raz-de-marée « raciste ». Malgré ces avertissements, l’entour- loupe fonctionna. La presse obéissante fit ses choux gras des « intégristes » en col bleu. Satisfaites, la droite et l’extrême droite constatèrent qu’il était plus efficace, pour insulter les « bougnoules » de les appeler « musulmans ».

Car telle est la fonction de l’islamophobie: encoder le racisme pour le rendre imperceptible, donc socialement acceptable. C’est cette machine à raffiner le racisme brut, lancée par les socialistes en 1983, qui tourne à plein régime depuis trente ans, à gauche comme à droite. On ne parle jamais de « bou- gnoules » à la télévision et dans la presse, et assez peu d’Arabes et de Noirs.

Mais on diffuse à flux continu des reportages où se déverse un magma confus de « mu- sulmans », d’« islamistes » et autres « communautaristes ». Rien de raciste, bien sûr! C’est sim- plement que ces gens-là posent « problème », nous dit-on, car ils menacent la « République », la « laïcité », le « féminisme », le « vivre-ensemble ».

Ainsi encodé, ce racisme raffiné, produit dans les beaux quartiers, imprimé dans les jour- naux, mis en scène à la télévision, propagé sur Internet, se dissémine dans toute la société. Laquelle, ainsi habituée à vivre dans un mélange de peur identitaire et d’angoisse sécuritaire, est sommée de traquer les voiles litigieux, de mesurer les poils de barbe et de signaler le moindre « colis suspect ». Attentifs ensemble! Alimentée depuis trois décennies par des bataillons d’éditocrates, l’islamophobie est devenue une arme psychologique redoutable. Les premières victimes sont bien sûr « musulmanes », ou supposées telles. Suspectées, disqualifiées, déshumanisées par la propagande néo-raciste, elles sont d’autant plus « légitimement », et parfois légalement, discriminées, exclues, arrêtées ou agressées qu’on en a fait des « objets phobogènes », comme disait le psychiatre Frantz Fanon.

Mais derrière les musulmans, la cible est plus large: l’islamophobie est devenue l’arme secrète d’une guerre sociale diffuse. Par effraction, ce racisme sans race, cette haine respectable, installe dans nos têtes l’idée d’une société assiégée, allergique à la nouveauté, à l’étrangeté, à la pluralité. Derrière son masque « humaniste », parfois même « antiraciste », cette idéologie rance ne rejette pas seulement les musulmans, elle chasse aussi les Roms, fabrique des « clandestins », protège les privilégiés contre les « parasites », quels qu’ils soient.

En 1984, un an après la manœuvre anti-ouvrière du gouvernement socialiste, le Front national remportait ses premiers succès électoraux, lors des scrutins municipaux et européens. En 2014, le parti lepéniste est déjà assuré d’un nouveau triomphe. Mais ceux qui nourrissent la bête depuis trente ans n’y sont pour rien. C’est la faute aux « intégristes »!

Le Monde.fr | 01.11.2013 à 12h00 | Par Thomas Deltombe (Editeur et journaliste)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/01/une-ideologie-rance-et-raciste-abritee-derriere-un-masque-humaniste_3506988_3232.html

 

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce, quelles perspectives pour Syriza?

Grèce, quelles perspectives pour Syriza? dans A gauche du PS grece

Le 1er novembre 2013, l’assassinat par deux tueurs « au comportement professionnel » de Giorgios Fountoulis, 27 ans, et de Manos Kapelonis, 22 ans, ainsi que les graves blessures infligées à Alexandros Gerontas, 29 ans – qui gardaient le siège de l’organisation néonazie Aube dorée dans le quartier de Neo Irakleio, au nord-est d’Athènes – a modifié partiellement le climat politique.

De suite, le gouvernement d’Antonis Samaras a pu remettre à jour sa théorie de « la lutte contre les deux extrémismes », de gauche et de droite. Celle-ci avait été fortement écornée suite à la protestation massive antifasciste qui s’est manifestée après l’assassinat du rappeur Pavlos Fyssas dans la nuit du 17 au 18 septembre. Ce qui avait conduit le gouvernement Samaras à arrêter quelques dirigeants reconnus d’Aube dorée.

SYRIZA, DEA, les organisations antifascistes – telle Expulser le racisme – ont condamné fermement l’assassinat des deux membres d’Aube dorée.

Le gouvernement Samaras tente de modifier l’agenda politique en mettant l’accent sur « le maintien de la loi et de l’ordre », ce qui représente, de fait, une continuité de sa politique. L’autoritarisme consubs-tantiel à l’application des mesures dictées par les Mémorandums a d’ailleurs trouvé une nouvelle concrétisation dans l’article 458A, un amendement au Code pénal grec. Cet amendement vise à criminaliser les protestations, les objections, les oppositions aux décisions adoptées par le parlement grec. Le ministre grec de la Justice déclare que cette modification du Code pénal découle d’une directive de l’Union européenne. Ce qui n’est pas faux.

Si les deux assassinats du 1er novembre sont à condamner, il serait grave de ne pas saisir que de nombreuses autres formes d’assassinats sont aujourd’hui le résultat des inhumaines mesures d’austérité, entre autres dans le domaine hospitalier, sans même mentionner les crimes commis contre les immigré·e·s. Ils restent dans l’ombre et ont été évoqués, brièvement, lors des arrestations et de l’enquête contre Aube dorée.

Les dirigeants d’Aube dorée multiplient les déclarations visant à polir leur image publique et à effacer les traces laissées par la première étape de l’enquête pénale engagée contre des membres des cercles dirigeants, accusés de constituer « une organisation criminelle terroriste » (art. 187 et 187e de la Constitution). Les rapports publiés par la presse (Ta Nea), reprenant des dossiers des services secrets (EYP), donnent un « curriculum vitae » de certains députés qui est parlant : « chantage », « détention illégale d’armes », « trafic de femmes en vue de la prostitution »… Et cela concernant par exemple un député, Nikos Lagos, responsable des groupes d’assaut d’Aube dorée. Il est vrai que des ex-ministres et responsables sont accusés, eux, de détournements de fonds considérables. Deux mondes se rejoignent ici.

Les tentatives du gouvernement Samaras, avec l’appui des médias, d’utiliser la conjoncture créée par l’assassinat des membres d’Aube dorée ont pour fonction de faire passer à l’arrière-fond les nouvelles mesures d’austérité en cours et qui seront confirmées si ce n’est péjorées par la délégation de la Troïka qui « négociera » avec le gouvernement dès le mardi 5 novembre.

Un jour de grève générale a été appelé par la confédération syndicale du secteur privé (GSEE) et celle du secteur public (ADEDY) le mercredi 6 novembre. Une partie des transports publics (métro, ferry, train) entreront en grève le 5 novembre.

Publié par Alencontre le 4 – novembre – 2013

http://alencontre.org/europe/grece/grece-quelles-perspectives-pour-la-gauche-de-syriza-resolution-du-congres-de-dea.html

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Mali: un combat déterminé et solidaire contre l’accaparement des terres et les injustices (essf)

Mali: un combat déterminé et solidaire contre l’accaparement des terres et les injustices (essf) dans Altermondialisme thomas-sankara

Fanny Métrat Comment est gérée la terre au Mali ?

Massa Koné Au Mali, 80% de la population est paysanne et, même si le gouvernement refuse de la prendre en compte, l’agriculture paysanne représente 45% du PIB* et nourrit à 65% le pays. Aujour- d’hui, la terre est à 85 % administrée par le droit coutumier, via les chefs de terre et de village. Plus une famille est grande, plus elle a de terres. La surface correspond aux besoins et à la capacité de la famille à l’exploiter. La terre n’est pas un moyen de spéculation : il est impossible de la vendre ou de la louer. Dans un fonctionnement traditionnel, tout le monde y a normalement accès. Son usage est collectif, partagé entre l’agriculteur qui la cultive pendant les cinq à six mois de la saison des pluies, l’éleveur qui vient ensuite avec son troupeau manger les tiges et fumer le sol, et les femmes du village qui récoltent pendant la saison sèche les fruits des arbres, noix de karité ou autres.

Comment est-il possible alors que les paysans se fassent expulser de leurs terres ?

Il faut revenir à l’histoire du pays. Le droit coutumier perdure dans le temps mais n’a pas été matéria- lisé. Il a été respecté par l’administration coloniale, alors même qu’elle avait apporté et imposé son droit moderne et sa conception de la propriété privée. A l’indépendance, le régime communiste a banni la propriété privée et mis en place une législation domaniale, qui, tout en reconnaissant le droit coutu- mier, a rendu l’État seul « propriétaire » du foncier. A l’époque, nos parents ont applaudi, parce qu’ils pensaient encore que l’État, c’était le peuple.

Mais en 1968, le régime a été renversé. Quand, dans les années 80, il y a eu de grandes sécheresses, le Mali s’est engouffré dans la politique néolibérale imposée par la Banque mondiale et le FMI à travers son programme d’ajustement structurel. Nous sommes alors devenus ultra-dépendants, les entreprises d’État ont été bradées et ça a été le début de la montée d’une « petite bourgeoisie » [1].

Après les grèves et la révolution de 1991, la 3e République a mis en place la décentralisation, avec la création des communes et le développement des territoires. Des nouvelles lois sont apparues, favo- risant l’entreprenariat. Les maires ont créé des agences immobilières avec l’instauration de titres fonciers. En s’octroyant ou vendant des titres, ils volaient la terre aux paysans, transformée en hypothèques auprès des banques afin que les nouveaux « petits bourgeois » puissent emprunter. En 2002, un décret donnant la possibilité aux maires d’expulser des paysans a même été voté pour ratifier le phénomène. Et ceci, malgré une loi toujours en vigueur qui reconnaît le droit coutumier. C’est dans ce contexte de contradictions terribles et d’urbanisation galopante que les « déguerpissements » (expulsions) ont commencé, en particulier en périphérie des villes.

Aujourd’hui, on parle de plus de 800 000 hectares accaparés au Mali par des investisseurs. Comment a évolué le phénomène et quelles ont été les conséquences pour les paysans ?

Une zone immense de terres fertiles et irrigables existe dans le delta du Niger. Datant de la colonisation, le barrage de Markala permet d’irriguer deux millions d’hectares. A l’indépendance, ces terres ont été nationalisées et l’Office du Niger a été créé, véritable « grenier à riz » du pays. Or, dans les années 2000, sous l’incitation de la Banque Mondiale, le Mali a sauté sur cette l’occasion pour mettre les terres de l’Office du Niger sur le marché international.

En signant des baux emphytéotiques auprès du gouvernement malien, des gouvernements ou multi- nationales déguisés en opérateurs économiques investissent les terres maliennes pour mettre en place des cultures d’exportations : agrocarburant, blé, pomme de terre….

Du jour au lendemain, les terres sont bornées et on vient dire aux paysans qu’ils n’ont plus accès à leurs champs. Des engins débarquent et commencent à aménager la zone, détruisant les maisons et villages qui gênent… Et à part quelques rares cas, il n’y a ni relogement, ni dédommagement, ni rétribution de terres.

Comment les paysans se sont-ils organisés pour faire face ?

Les paysans n’ont pas renoncé. Pour eux, la terre, c’est leur identité, leur vie et la survie de leurs enfants. Mais faire face aux investisseurs, c’est aussi faire face aux forces de l’ordre. On a vécu des moments extrêmes. Des hommes ont été battus à mort, des femmes ont avorté sous les coups des gendarmes, et des centaines de paysans ont été emprisonnés. Ces événements n’étant pas médiatisés, nous avions l’impression d’être isolés dans notre détresse. Nos premières actions ont été de saboter les machines, ça nous donnait l’impression d’agir concrètement et nous aidait à décharger notre colère. Mais très vite, on a compris qu’il fallait s’organiser et monter manifester au cœur de la capitale, parce que les décisions sont prises à Bamako. Les paysans des campagnes se sont constitués en groupements et ont convergé vers les associations de victimes d’expulsion des zones urbaines et péri-urbaines. Nous avons alors créé l’Union pour amplifier la lutte.

Nous avons organisé des forums pour connaître les problèmes de chacun, construit des revendications communes et organisé des grandes marches à Bamako pour montrer la force de notre résistance. Le gouvernement a vite compris qu’il fallait négocier avec nous. Sous la pression, il a mis en place une commission interministérielle spécifique au foncier, et l’Union a soumis un mémorandum dressant l’inventaire de tous les litiges rencontrés. Plus tard, avec des associations de la société civile et des organisations paysannes, nous avons lancé la Convergence malienne contre les accaparements de terre, afin de peser plus fort encore. Fin 2011, avec les menaces qui s’accentuaient au Nord, ne pouvant pas se permettre de laisser éclater une révolution issue des paysans, le gouvernement a commencé à régler certains de nos problèmes, ce qui a fait fuir des multinationales chinoises et sud africaines. Certaines ont même porté plainte contre l’État.

Gonflés d’espoir par ces victoires, nous sommes les derniers à avoir manifesté à Bamako avant le coup d’état de mars 2013. Ces événements sont venus bouleverser notre combat, mais quel que soit le gouvernement en place, la stratégie est la même et on continue de leur mettre la pression en créant un vrai rapport de force.

Comment faites-vous face aux emprisonnements, aux procès, à la justice ?

Actuellement, au sein de l’Union, nous avons plus de 150 dossiers en justice ! On a bien été obligés d’être confrontés aux tribunaux, comment faire autrement ? La lutte politique s’accompagne forcément de la lutte juridique. Bien sûr, ça n’a pas été facile, surtout dans un milieu traditionnel et majoritairement analphabète, où la tradition orale pèse fort. On s’est formés au droit sur le terrain de la lutte, il a fallu apprendre à ne plus avoir peur des « papiers », à les conserver et à les utiliser comme preuves. Apprendre aussi à démystifier l’appareil judiciaire. Nous sommes obligés aussi de se défendre par nous-mêmes parce que nous n’avons pas les moyens de payer les services des avocats et juristes. Un avocat proche de notre cause nous aide bénévolement, mais aujourd’hui, il est submergé par nos demandes.

Quels sont les objectifs et les projets de l’Union ?

Les objectifs sont de récupérer les terres accaparées, de se faire dédommager des préjudices subis, et de faire en sorte que nos terres soient immatriculées tout en continuant à être régies par le droit coutumier. Parce qu’on sait maintenant qu’il ne faut pas se laisser leurrer par le piège que constitue la propriété privée.

Grâce aux amis paysans de la Conf’, j’ai entrepris des études de droit pour devenir juriste, parce que nous devons être capables de nous défendre sur tous les fronts. La découverte du Comité d’action juridique en Ardèche a aussi été décisive [2]. Au sein de l’Union, nous souhaitons mettre en place un CAJ parce que son fonctionnement et l’esprit dans lequel il a été pensé correspondent à nos besoins et attentes. Nous ne pouvons pas laisser nos droits aux seules mains des universitaires qui ne connaissent pas nos réalités, ni cautionner le fait que les plus démunis deviennent victimes à cause de leur ignorance. Nous devons les former, les accompagner à revendiquer leurs droits et à en acquérir de nouveaux. Et pour cela, nous devons réveiller les consciences. Propos recueillis par Fanny Métrat, paysanne en Ardèche 31 octobre 2013

L’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis au Mali

Plus communément appelée « l’Union », l’organisation représente à ce jour le plus grand mouvement de lutte du pays, elle est membre du réseau international No Vox, les Sans Voix.

Depuis notre rencontre en novembre 2011 à Nyéléni lors du forum organisé par la Via campesina pour dire non aux accaparements de terres, nous sommes restés en lien. Nous avons organisé sa venue cet été en France afin de faire connaître son combat, de lui faire découvrir le nôtre et de réfléchir ensemble à la construction de projets communs. Massa a participé aux journées d’été des Amis de la Conf’ sur le Larzac, au festival Africajarc dans le Lot et à diverses rencontres en Ardèche avec les paysans de la Confédération paysanne et les représentants du Comité d’action juridique.

Massa Koné est un des responsables de l’Union, organisation luttant au Mali pour la convergence, la reconnaissance et la défense des droits des victimes d’injustices, dont de nombreux paysans expulsés de leurs terres (cf. encadré). De passage dans le Sud de la France cet été, il a témoigné de son combat.

Notes

[1] dixit Thomas Sankara, président du Burkina Faso, assassiné en 1987.

[2] Un Comité d’action juridique est une association de bénévoles et de permanents qui apporte un appui juridique et humain aux ruraux dans une démarche participative et militante – Cf dossier CS n° 237 – www.comite-action-juridique.fr

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30234

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Châteaugiron(35), l’usine de saumon Marine Harvest fermera le 28 mars (of)

Châteaugiron(35), l’usine de saumon Marine Harvest fermera le 28 mars (of) dans Economie marine-harvest

Marine Harvest, l’usine de saumon fermera le 28 mars 2014 : 101 personnes seront licenciées

En juin dernier, les salariés de l’usine de transformation de saumon Marine Harvest, à Châteaugiron, avaient appris avec stupeur le projet de fermeture de leur site (avec celui de Poullaouen, dans le Finistère) décidé par l’entreprise norvégienne Marine Harvest, dans le cadre de sa réorganisation.

A Châteaugiron, l’usine cessera son activité le 28 mars 2014. « L’annonce en a été faite aux salariés au cours d’une réunion avec le comité d’entreprise vers la mi-octobre », explique Serge Deschamps, le directeur du site de Châteaugiron depuis sa création en 1997. Cette fermeture entraînera la suppression de 101 postes, sur 109 contrats à durée indéterminée. Pour rappel, Marine Harvest est le deuxième employeur de Châteaugiron, après l’Hyper U qui vient de s’agrandir. Château giron – 08h19

http://www.ouest-france.fr/chateaugiron-lusine-de-saumon-marine-harvest-fermera-le-28-mars-1689833

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Harvest, un barrage filtrant en préparation sur l’axe Roscoff-Lorient (lt+of)

Marine Harvest, un barrage filtrant en préparation sur l'axe Roscoff-Lorient (lt+of) dans Carhaix Kreiz Breiz marine-h

Le blocage de l’usine Marine Harvest de Poullaouen se poursuit et se poursuivra jusqu’à vendredi, date de la visite de Stéphane Le Foll en Bretagne.

Un ministre de l’agriculture dont les salariés de l’entreprise de saumon menacée de fermeture réclament la venue. Pour l’heure, ils ont passé la nuit devant le site pour bloquer tous les camions de marchandises.

09H46. Le soutien des élus aux salariés de Marine Harvest  Après le maire de Poullaouen, Didier Goubil, hier soir, les salariés ont reçu la visite ce matin de Christian Troadec et du maire de Plounévézel et vice-président de Poher communauté, Xavier Berthou. Yann Le Boulanger, attaché parlementaire de Richard Ferrand, est également sur place et a indiqué que le député devrait venir en fin de matinée

09H40. Barrage filtrant sur l’axe Lorient-Roscoff  Alors que le comité pour le maintien de l’emploi en Centre Bretagne essaie de contacter les médias norvégiens pour les alerter « du com- portement du groupe Marine Harvest Kristen », les salariés se préparent à mettre en place un barrage filtrant sur l’axe Lorient-Roscoff.

09H10. Réunion vendredi 18h00 à l’appel du Comité pour le maintien de l’emploi en Centre-Bretagne

09H08. L’intendance solidaire se met en place Un chapiteau monté avec l’aide des services municipaux, un petit-déjeuner livré par le Comité pour le maintien de l’emploi en Centre-Bretagne : les salariés se préparent à un siège. 5 novembre 2013 à 09h41

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/carhaixregion/poullaouen/poullaouen-les-salaries-de-marine-harvest-debrayent-04-11-2013-2291871.php

http://www.ouest-france.fr/marine-harvest-les-rangs-des-grevistes-grossissent-poullaouen-1690535

http://www.ouest-france.fr/poullaouen-le-personnel-de-marine-harvest-en-greve-illimitee-1689714

http://www.ouest-france.fr/marine-harvest-les-salaries-de-poullaouen-continuent-leur-action-1689886

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Ecotaxe, le contrat Ecomouv’ fait polémique (lt)

Ecotaxe, le contrat Ecomouv' fait polémique (lt) dans Droite républicaine eva-j-300x215

Taxe collectée par une société privée, retour sur investissement juteux, « scandale d’État »…

Les conditions du contrat signé entre Écomouv’ et l’ancien gouvernement Fillon pour la collecte de l’écotaxe cristallisent désormais les critiques, de droite comme de gauche. Ce matin, c’était au tour de Copé de critiquer le montage et le calendrier.empty dans Ecologie & climat

Ardents défenseurs de la philosophie du « pollueur-payeur », les écologistes ont tiré à boulets rouges, hier, contre les modalités de mise en oeuvre de cette taxe. L’eurodéputée Eva Joly juge qu’il « faut dénoncer ce contrat et faire une enquête ». Le député EELV des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert, est, pour sa part, allé jusqu’à décrire les germes d’un « scandale d’État » derrière le partenariat public-privé avec Écomouv’, société montée par une compagnie italienne (Autostrade per l’Italia, détentrice à 70 %) pour mettre en oeuvre et collecter l’écotaxe.

Le sénat devrait enquêter  Le dispositif doit rapporter 1,15 milliard d’euros par an, dont 20 % (250 millions annuels) doivent tomber dans l’escarcelle d’Écomouv’. « C’est énorme », reconnaît-on dans l’entourage de l’actuel ministre des Transports, Frédéric Cuvillier. À droite, certains ex-ministres se sont désolidarisés de leurs anciens collègues : Rachida Dati et Xavier Bertrand se sont ainsi étonnés « qu’une entreprise privée et étrangère soit en charge de collecter l’impôt en France ». Au sénat, le groupe socialiste veut créer une commission d’enquête sur la création d’Écomouv’. Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère, souhaite en faire partie.

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/ecotaxe-le-contrat-ecomouv-fait-polemique-05-11-2013-2292832.php

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Tilly-Sabco, assemblée générale ce mardi à 10 h (lt)

Tilly-Sabco, assemblée générale ce mardi à 10 h (lt) dans Luttes ouvrières tilly-300x154

Après la forte mobilisation de lundi, journée au cours de laquelle les salariés de Tilly-Sabco ont occupé la sous-préfecture de Morlaix pour exiger une rencontre avec Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, une assemblée générale est prévue ce mardi matin à 10 h sur le site de Guerlesquin. 

9H30. Assemblée générale sur le site de Guerlesquin Les salariés de Tilly-Sabco tiennent une assemblée générale ce mardi matin à 10 h sur le site de l’entreprise agroalimentaire, à Guerlesquin. Ils devraient décider des prochaines actions à mener. Pour le moment, ils ont obtenu une promesse de Stéphane Le Foll. Le ministre de l’agriculture doit tenter de leur obtenir un rendez-vous à Bruxelles.

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/tilly-sabco-assemblee-generale-ce-mardi-a-10-h-05-11-2013-2292870.php

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