Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Montaigu, Vendée, des parents « vendent » sur internet une classe fermée (OF)

Montaigu, Vendée, des parents « vendent » sur internet une classe fermée (OF) dans Educ'action sardines-e-236x300

Des parents d’élèves de Montaigu, en Vendée, ont mis en « vente », dans une petite annonce en ligne, une salle de classe de leur école maternelle pour protester contre la fermeture d’une classe.

L’annonce, intitulée « Salle de classe avec mobilier – Occasion » et dotée d’une photo, a été postée jeudi sur le site de petites annonces en ligne paruvendu.fr. Elle était toujours visible vendredi midi. « Puisque l’argent prime sur les bonnes conditions d’enseignement, la classe de petite section est mise en vente », précise l’annonce, en soulignant : « Pour le prix, merci de vous adresser directement au Directeur académique de la Vendée »

Fermée deux jours après la rentrée Les parents de l’école publique Jules-Verne de Montaigu, une localité vendéenne de 5 000 habitants, soutenus par la mairie, dénoncent la fermeture de l’une des trois classes de l’établissement, deux jours après la rentrée scolaire. « On voulait une action pacifique pour faire bouger les choses, sans embêter le monde comme si on avait occupé un rond-point. L’idée de l’annonce nous a paru bonne » a expliqué une porte-parole des parents d’élèves, Stéphanie Millet. Le conseil municipal de la localité a voté jeudi soir à l’unanimité une motion de soutien à ce mouvement.

Les moins de trois ans non comptabilisés Sur le fond, « Le nombre minimum d’élèves, 62, est bien atteint pour le maintien de la classe, mais six élèves ne sont pas comptabilisés officiellement car ils ont moins de 3 ans » a détaillé Mme Millet. Avec le regroupement des enfants en deux classes de 31 élèves, « On craint notamment que l’accueil des enfants en situation de handicap et des enfants allophones, d’habitude très bien intégrés, ne puisse pas se faire correctement » a-t-elle ajouté. La direction académique de Vendée n’a pas souhaité s’exprimer dans l’immédiat. Éducation samedi 21 septembre 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Vendee.-Des-parents-vendent-sur-internet-une-classe-fermee_39382-2230693_actu.Htm

Commentaire: Voilà ce qui arrive quand on ne met pas ses enfants dans le privé!

21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Drancy, des wagons de produits toxiques qui inquiètent (LT)

Drancy, des wagons de produits toxiques qui inquiètent (LT) dans Ecologie & climat lac-megantic Lac Mégantic, Québec

Des wagons de chlore gazeuxou d’ammoniac à quelques dizaines de mètres des habitations : le transit de matières dangereuses par la plateforme de Drancy, principale gare de triage de la région parisienne, inquiète élus et riverains.

Dotée de 48 voies ferrées, cette zone de fret longue de trois kilomètres, à cheval sur trois communes de Seine-Saint-Denis (Drancy, Le Blanc-Mesnil et Le Bourget), accueille chaque année près de 250.000 wagons de marchandises dont 13.000 chargés de matières dangereuses. De quoi inquiéter les élus et riverains.« Il y a du chlore, de l’acide sulfurique, et parfois même des convois de déchets nucléaires, qui stationnent sur les voies », détaille Alain Ramos, porte-parole du collectif des riverains de la gare de triage (Corigat). « Ici, on est en pleine zone urbaine. En cas d’accident, ce serait catastrophique. »

Une chaîne humaineaujourd’hui Aujourd’hui, les militants du collectif organiseront une vaste chaîne humaine, en présence d’élus, pour demander l’interdiction du transit de matières dangereuses sur le site. Avant d’aller porter une pétition à Matignon, mi-octobre, pour faire part de leurs préoccupations.

« Beaucoup de gares de triage ont été supprimées en France. Du coup, les wagons dangereux sont concentrés sur quelques sites », explique Alain Ramos, qui pointe les « incohérences » des autorités vis-à-vis du site de Drancy, l’une des trois principales gares de triage de l’Hexagone avec Woippy (Moselle) et Sibelin (Rhône). Au coeur des inquiétudes : un arrêté préfectoral signé en avril 2013, qui interdit toute nouvelle construction dans un périmètre de 620 mètres autour de la gare. Sans pour autant proposer de solutions pour les populations vivant dans le secteur.

« L’État empêche de nouvelles populations de s’installer, mais ne fait rien pour les habitants déjà installés dans le péri- mètre. On marche sur la tête », s’étrangle Didier Mignot, maire PCF du Blanc-Mesnil, dont 20 % du territoire se trouve frappé par l’interdit.  « Soit le danger est avéré et on évacue les habitants, soit le danger n’est pas significatif et on n’empêche pas les constructions dans le secteur », abonde le député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde (UDI). La catastrophe de Lac-Mégantic, au Québec, où 47 personnes ont trouvé la mort après l’explosion d’un convoi de wagons-citernes, début juillet, a ravivé les inquiétudes. « Ce qui est arrivé au Québec pourrait très bien arriver ici, même si le contexte est différent », estime Alain Ramos.

Des effets mortels dans un rayon de 2,6 km  Selon une étude réalisée en mai 2011 par la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (Driee) en 2011, une brèche dans un wagon de chlore aurait des effets mortels dans un rayon de 2,6 km. Soit une zone urbaine de près de 220.000 habitants. Réseau Ferré de France (RFF) se dit « pleinement conscient » du problème. « Il n’y a pas de déménagement planifié. Notre priorité absolue, c’est la maîtrise des risques sur le site », explique toutefois Jean Faussurier, directeur régional de RFF. 21 septembre 2013 à 07h27

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/drancy-des-wagons-de-produitstoxiques-sement-l-inquietude-21-09-2013-2241119.php

21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

«On en a assez que les princes ne fassent rien» (Libération)

«On en a assez que les princes ne fassent rien» (Libération) dans Educ'action fille-avion

Dans une école primaire à Paris, une classe chasse les clichés sur le genre

Placardée sur l’un des murs, une affiche donne le ton de la séance : «Filles/Garçons : cassons les clichés !» Dans la classe de CE1 de l’école polyvalente de la rue de Lancry à Paris (Xe arrondissement), c’est l’heure de la lecture commentée d’un album. Aujourd’hui, c’est Marre du rose. Soit le récit d’une petite fille gavée par cette couleur mais aussi par «les tralalas de princesse, les rubans et les poupées». «Selon vous, pourquoi le personnage en a marre du rose ?» demande Isabelle Cabat-Houssais, l’enseignante. Marwa prend la parole : «Parce que c’est un garçon manqué.» «Qu’est-ce que c’est un garçon manqué ? C’est une fille ratée ?». «Eh ben c’est une fille qui adore les jouets de garçon», répond Françoise. «Ah bon ?, s’étonne la maîtresse. Il y a des activités réservées aux garçons et d’autres aux filles ?» «Ouiii!» répondent les élèves.

Omar tempère : «Des fois, les garçons, ils jouent à la corde à sauter…» Saja ajoute que son père lui raccommode parfois ses affaires. Et Ruben raconte comment, chez sa Mamie, il coud. Sans que cela provoque éclats de rire ou moqueries. A chaque nouvelle illustration, Isabelle Cabat-Houssais les questionne. «Qu’est ce que vous en pensez ?».«Pourquoi ?».«Vous êtes d’accord ?» L’album n’est qu’un prétexte pour engager la discussion sur les couleurs, les jeux, les vêtements attribués aux garçons et aux filles. Combattre les clichés, les compor- tements sexistes et les inégalités garçons-filles dès l’école primaire, c’est l’objectif de l’Education nationale et du ministère des Droits des femmes, qui frappent un grand coup en expérimentant, dans une dizaine d’académies, «les ABCD de l’égalité», des ateliers visant à décons-truire les «stéréotypes de genre», de la maternelle au CM2.

Carnaval. Isabelle Cabat-Houssais, elle, n’a pas attendu que 2013 soit déclarée «année de l’égalité garçons-filles». Voilà dix ans qu’elle «chausse les lunettes correctrices du genre» et qu’elle s’efforce d’enseigner de façon «non sexiste». Elle féminise tous les noms de métiers, s’adresse «à toutes et à tous», n’appelle pas systématiquement les mères des élèves si un enfant tombe malade, parle de «filles courageuses» et de «garçons coquets» dans ses leçons… «J’encourage les filles à s’engager corporellement dans les sports de lutte, par exemple, alors qu’elles sont plutôt éduquées à être dans la retenue. Pour les garçons, il s’agit de les inciter à se concentrer, à s’adonner à la relaxation, eux qui sont considérés comme plus agités», explique cette institutrice qui confesse, sans rire, ne pas savoir combien de filles ni de garçons elle compte dans sa classe. L’année dernière, pour le carnaval, elle a imaginé avec ses élèves quelles pourraient être les revendications des princesses des contes de fée. S’en est suivi un défilé d’écoliers avec des pancartes : «Je ne veux plus porter de robes mais des pantalons !» ; «On en a assez que les princes ne fassent rien.»

«Je réintroduis du féminin là où domine le prétendu « masculin neutre » : il ne s’agit pas de penser séparément les filles et les garçons mais bien de favoriser une réelle mixité, explique Isabelle Cabat-Houssais. Et surtout de ne pas assigner les enfants dans des rôles traditionnels ou une trajectoire prédéfinie par leur sexe.»

«Carcan». Car les faits sont là, toujours aussi désespérants. Selon un rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale (IGEN), remis en juillet à Vincent Peillon, «les stratégies des élèves sont largement influencées par leur appartenance de genre». Et comme un jeu de domino, au fil de leurs orientations, les inégalités en entraînent d’autres, et les filles, qui ont pourtant une meilleure réussite scolaire, se retrouvent à la traîne sur le marché du travail. Si Isabelle Cabat-Houssais est la seule dans son école à introduire le genre dans ses leçons, son initiative n’est pas isolée. Plusieurs enseignants font de même et des syndicats comme le Snuipp, majoritaire dans le primaire, se sont emparés de la question.

L’ambition des ABCD de l’égalité est d’uniformiser ce qui se fait au coup par coup sur le terrain. Et, à terme, de toucher tous les écoliers et de former tous les enseignants. De quoi filer des cauchemars aux membres de la Manif pour tous qui ont pris le genre comme nouvel  épouvantail et incitent les parents d’élèves à créer des comités de vigilance au sein des écoles, à travers leur plan «Vigi-Gender». Pas de quoi effrayer Isabelle Cabat-Houssais. Au cours de ces dix années de «genre», elle n’a jamais reçu de plaintes de parents. «Au contraire, certains m’ont remerciée. Il y a des enfants qui ne se reconnaissent pas dans les stéréotypes sexués et que ces séances aident à s’émanciper de ces carcans. Il s’agit aussi de les éduquer à la différence : en termes de stéréotypes sexistes, ce sont les mêmes mécanismes de discrimination qui sont à l’œuvre dans le racisme.» Dans sa classe, sur les dossiers des chaises, les cartables restent pourtant bien roses avec des paillettes et des princesses pour les filles, et bleus avec des voitures dessus pour les garçons. «Comme pour les jouets, les fournitures scolaires sont sexuées, soupire-t-elle. Difficile d’échapper à cette vision bipolaire du monde.»

Anne-Claire GENTHIALON 17 septembre 2013 à 19:26 (Mis à jour : 20 septembre 2013 à 10:39)

21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

«Pour beaucoup, l’islamophobie est devenu un racisme acceptable» (Libération)

«Pour beaucoup, l'islamophobie est devenu un racisme acceptable» (Libération) dans Antiracisme 0islamophobia-cover

Les sociologues Marwan Mohammed et Hajjat Abdellali publient à La Découverte l’ouvrage Islamophobie, Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman». Interview.

Qu’est ce que l’islamophobie ?

Abdellali Hajjat. Au départ, c’est une expérience sociale, c’est une expérience vécue directement par des présumés musulmans. Pas seulement des actes ouvertement islamophobes, mais le fait d’être ramené à son statut de présumé musulman. Aujourd’hui, même si vous êtes une jeune fille française, élevée en France et dans certains lieux, certains métiers vont vous être interdits. C’est une forme d’altérisation reli- gieuse, où l’on va considérer que les discours ou les comportements d’un individu sont déterminés par son appartenance religieuse. Ce sont aussi des discours hostiles aux musulmans en tant que groupe. Avec, derrière, la question de la légitimité de leur présence sur le territoire. C’est la même question qui se posait pour les Juifs. Les discours antisémites du 19 et 20e avaient pour enjeu la légitimité de leur présence sur le territoire. Il y a une logique analogue pour les musulmans qui sont également considérés comme étrangers.

Comment ce mot d’islamophobie est-il devenu un enjeu politique au point que beaucoup, le ministre de l’Intérieur par exemple, refusent de l’employer?

Marwan Mohammed. C’est l’émergence de cette notion en 2003 qui a amené la journaliste Caroline Fourest ou Pascal Bruckner à s’y oppo- ser, en expliquant que le terme d’islamophobie serait une arme utilisée par les intégristes iraniens pour interdire le blasphème et la critique de l’islam. A partir de ce moment là, ce terme qui visait pourtant à décrire les discours et pratiques hostiles aux musulmans est devenu problé-matique. En réalité, le terme islamophobie n’a jamais été inventé par les mollahs iraniens comme le prétendait Caroline Fourest. Il n’existe pas en persan, on doit son origine à des administrateurs coloniaux français du début du 20ème siècle. Mais cette critique initiale a été prescrip- trice, en obligeant les élites politiques à se positionner à son égard. Qui prendrait le risque de légitimer les stratégies intégristes? Or, ce déni du terme d’islamophobie a durant longtemps laissé dans l’ombre l’expérience de l’islamophobie. Et ceux qui la subissent le vivent très mal.

Selon vous, l’islamophobie est finalement la transformation du racisme anti-maghrébin des années 80…

Marwan Mohammed. Il y a en effet des continuités historiques dans le regard porté sur l’indigène, l’immigré et le musulman, il y a égale- ment des ruptures. Mais attention à ne pas les confondre : tous les musulmans ne sont pas magrébins et tous les magrébins ne sont pas musulmans. En outre, quand on observe les données du ministère de l’intérieur, on observe une stagnation du racisme anti-magrébin, qui a toujours représenté la catégorie la plus importante, contrairement aux actes visant l’islam ou les musulmans, dont la progression est très forte. Il n’y a pas de dynamique commune, bien qu’assez souvent origine et religion s’articulent. Le racisme anti-magrébin est beaucoup moins légitimé que l’islamophobie. Les « débats » sur le voile, sur les prières de rue, etc., ont eu des conséquences sur l’intensité des actes islamophobes.  Pour beaucoup, c’est aujourd’hui une forme de racisme acceptable.

Pourquoi la gauche est-elle mal à l’aise avec cette question ?

Marwan Mohammed. Ce qu’on appelle la gauche aujourd’hui n’est pas un tout homogène. Mis à part l’extrême-droite qui a été remise en selle par la montée de l’islamophobie, tous les partis – de l’UMP au NPA – sont divisés sur la question de l’islam. Il y a du malaise partout, car les discours islamophobes sont moins articulés à une rhétorique nationaliste que progressiste, historiquement portée par les gauches d’ailleurs. Je rappelle en outre que les différentes « affaires » du foulard ont souvent été montées en épingle localement par des enseignants se disant de gauche. La première construction politique du « problème musulman » dans les usines Peugeot et Talbot en 1983-84 est l’œuvre du gouvernement Mauroy. Sur le rapport à l’islam, finalement, la droite et la gauche se rejoignent souvent, autour d’une vision de plus en plus restrictive de la laïcité notamment. S’il y a des clivages aujourd’hui, ils portent avant tout sur des conceptions différentes de la laïcité et de la place à accorder l’islam visible : est-ce qu’il faut l’accompagner, le formater, le discipliner ? Ce ne sont bien sûr pas les termes officiels du débat, mais ce sont les enjeux réels. Enfin, le malaise de la gauche provient également de la donne électorale. Au sein de son électorat réel ou potentiel, la gauche compte beaucoup de musulmans et d’électeurs qui leur sont plus ou moins hostiles…

Vous expliquez que l’islamophobie est une construction des élites…

Abdellali Hajjat. Le rapport des élites aux musulmans est intrinsèquement lié au fait que l’immense majorité des musulmans en France appartiennent aux classes populaires. C’est une des grandes différences avec les Etats-Unis ou le Canada par exemple où, même s’il y a aussi des conflits violents liés à des questions d’islamophobie, le fait qu’il y ait des classes moyennes, voire une bourgeoisie musulmane, change les représentations. L’islamophobie en France s’articule très clairement avec un racisme de classe.

Marwan Mohammed. Ce ne sont pas les classes populaires qui construisent le problème musulman tel qu’il nous est présenté. En terme de discours, d’image. Cela ne veut pas dire que les classes populaires ou moyennes ne font pas preuve d’islamophobie dans leur vie quotidienne.Mais on ne peut pas comprendre les réactions hostiles à une femme portant le hijab sans le mettre en rapport avec vingt ans de discours politique et médiatique sur ce sujet. Alice GÉRAUD 21 septembre 2013 à 09:20 (Mis à jour : 21 septembre 2013 à 09:25)

http://www.liberation.fr/societe/2013/09/21/pour-beaucoup-l-islamophobie-est-devenu-un-racisme-acceptable_933528

21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Un ancien membre d’Aube dorée témoigne (CI)

Un ancien membre d'Aube dorée témoigne (CI) dans Antifascisme robert-de-niro-as-al-capone-in-the-untouchables

Le quotidien grec To Ethnos a rencontré un ancien membre du parti néonazi Aube dorée, deux jours après la mort d’un militant antifascite tué par un membre de la formation d’extrême droite. Extraits.
Un ancien membre d’Aube dorée (AD) révèle l’existence d’un bataillon d’assaut de l’organisation nazie : leur manière d’organiser des attaques, où est-ce qu’ils « cachent leurs armes », les conditions pour entrer dans l’équipe et le respect de la hiérarchie. Ce dernier a appartenu au noyau dur d’Aube dorée durant un an et demi.Pendant cette période, il en a vu beaucoup et a côtoyé de près les hommes qui composent la branche locale du parti, « dont le meurtrier de Pavlos Fyssas était sous-chef », affirme-t-il. Dans ce long entretien qu’il accorde à To Ethnos, il fait sortir de l’ombre cette branche locale dangereuse d’Aube dorée de la ville de Nikaia [ou Nicée], au sud-ouest d’Athènes. Il nous a aussi fourni des documents que nous ne pouvons publier, pour des raisons évidentes.  Ce qu’il nous révèle est plus ou moins ce que nous imaginions, mais les preuves sont choquantes. Le bataillon d’assaut de Nikaia, dirigée par Giorgos Patelis et présidé par le député Ioannis Lagos, dispose d’une hiérarchie, d’une structure et d’une organisation que l’on rencontre seulement dans des équipes paramilitaires criminelles.

Prouver qu’on est digne du parti Leur quartier général est leur bureau. On y donne les ordres pour attaquer les migrants et pour d’autres actions. C’est dans ce bureau que sont gardés les battes, stylets et bâtons télescopiques qu’ils font disparaître quand il y a un contrôle de police. « Quand il fallait les cacher, nous mettions nos armes dans la voiture de Giorgos Pantelis et dans la maison de sa maman », nous dit cet ancien membre du parti. « D’ailleurs, un policier de Nikaia est lui-même membre d’AD et donne des informations quand un contrôle se prépare, ou bien il se charge de nettoyer le casier judiciaire de ceux qui se font prendre en flagrant délit. »

En se confiant au journal, l’ex-membre du parti analyse l’organigramme de la branche d’AD de Nikaia et affirme que s’il se passait quoi que ce soit dans le quartier, « tous en auraient informé Giorgos Pantelis. Ce dernier devait, à son tour, informer Ioannis Lagos qui était le fer de lance de toutes les actions de la branche. Si nous avions son accord, nous pouvions sortir dans les rues. Pour taguer nos slogans sur les murs de la ville, ou s’en prendre à des Pakistanais, il fallait que Pantelis et Lagos soient informés. »

« Pour intégrer le bataillon d’assaut de Nikaia », explique notre témoin, « il faut appartenir à la ‘clique’ de Giorgos Pantelis et être capable de prouver sa valeur. Une fois membre, on entre dans le cercle, et puis, une fois qu’on prouve que l’on est digne du parti, on approche du noyau dur. On te dit, dès le départ, ‘tu n’es rien, tu es nul’. On te dit de faire des pompes et on te donne des coups de pieds dans les côtes devant tout le monde. Une fois dans le noyau dur, on te donne un livret où sont inscrits tous tes services : dans combien de rassemblements tu t’es rendu, combien de fois tu es allé aider à l’organisation du bureau, etc. »

Des profils variés La plupart des membres ont entrepris la protection des rassemblements du parti dans tout le pays. Mais ce ne sont pas que des malabars qui assurent le service de sécurité. « Il y a aussi des hackers qui attaquent les profils Facebook de tous ceux qui ont été renvoyés ou se sont retirés du parti. Certains membres se font passer pour des anarchistes ou des antifascistes, pour pouvoir apprendre ce qui se trame dans le camp adverse. La communication entre membres du parti se fait par des messages Internet prépayés. » Alors qu’ils se présentent comme les sauveurs de la Grèce, qui vont renvoyer les migrants du pays, les masques tombent.

Selon notre témoin, les vêtements que les membres d’AD rassemblent pour prétendument les distribuer aux plus démunis, sur présentation d’une carte d’identité, sont en réalité revendus par des Pakistanais, et les membres du parti prennent une commission sur les ventes. Dans la branche d’AD de Nikaia, il y a aussi des mineurs, des collégiens et des lycéens qui suivent une formation pour diffuser leur idéologie dans les écoles. On appelle ces jeunes « les centaures ». To Ethnos  Lefteris Bintelas 20 Septembre 2013

20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Fête de l’Humanité : sous la pluie…

Fête de l’Humanité : sous la pluie... dans A gauche du PS tJ1ED

Beaucoup de pluie mais aussi beaucoup de monde pour la 78e édition de la fête de l’Humanité.

Le PCF avance le chiffre de 470 000 entrées. Toujours est-il qu’on a retrouvé cette année le même public et à peu près les mêmes impressions.
Un public populaire venu de tout le pays, un public familial, heureux d’être là et souvent de retrouver de vieilles connais- sances. Beaucoup de vieux, fidèles de la fête, mais aussi beaucoup de jeunes notamment attirés par les spectacles. Et comme d’habitude les militantEs du PC étaient presque touTEs occupéEs à faire marcher leurs stands. Peu de mots d’ordre politique, si ce n’est la volonté de faire triompher « l’humain », parfois contre la réforme des retraites. En revanche, si ça discutait politique dans les allées, les débats ont attiré cette année moins de monde.
Les différentes composantes avaient leur stand, notamment la Gauche unitaire et le Parti de gauche, un stand unitaire étant réservé au « troisième pôle » regroupant la Gauche anticapitaliste, les Alternatifs, la FASE et Convergences et alternative. D’après l’Humanité, il n’y a de désaccords au sein du Front de gauche que sur la question des municipales. Cependant, on a pu noter que, durant l’ensemble de la fête, qua- siment aucun militant du « troisième pôle », ni de la Gauche unitaire, ne furent invité aux débats, alors que le PS était présent presque partout. Quant à Mélenchon, il s’était installé dans un camping durant les trois jours de la fête, car « il faut qu’on voit le minotier dans sa farine »… Ainsi le leader du PG n’a cessé d’arpenter la fête, suivi d’une cohorte de photographes, comme si il était chez lui. Pierre Laurent a fait de même de son côté… mais un peu seul !
Le débat doit continuer Au meeting central de dimanche, pas de polémique publique au sein du Front de gauche, mais la seule affirmation du secrétaire général du PCF qu’il fallait « être prêt à participer aux rassemblements les plus larges à gauche si c’est l’intérêt du peuple ». En gros, pour les prochaines municipales, chaque ville fera ce qu’elle veut : plutôt avec le PS, mais sans lui là où l’accord est impossible.
L’essentiel reste de sauver les éluEs et les municipalités.  On notera enfin la faible résonance donnée par les médias à cette fête réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes, par rapport à l’Université d’été du Front national qui se tenait à Marseille. C’est un choix mais certainement pas le nôtre…
Le stand du NPA a connu une bonne affluence, dedans et dehors, avec beaucoup de discussions mais peu de participation à nos débats. Globalement, l’accueil était très chaleureux et les présences d’Olivier Besancenot et de Philippe Poutou très appréciées. Plus de 10 000 tracts ont été distribués avec une dominante dans les discussions : on ne veut plus du PS, on n’a pas confiance dans Mélenchon, mais pourquoi vous ne venez pas vous battre au Front de gauche avec nous ? Les discussions étaient fraternelles, le débat est ouvert…

Alain Krivine  Vendredi 20 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 209 (19/09/2013)

20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Retraites : qui veut construire les suites du 10 septembre ?

Retraites : qui veut construire les suites du 10 septembre ? dans Retraites affiche-retraites.preview-208x300

À la veille des 180 manifestations regroupant 300 000 manifestantEs, les médias se répandaient largement sur la faible mobilisation contre la première contre-réforme de « gauche » des retraites. L’enfumage du rapport Moreau, la proximité des congés, le poids du chômage et des difficultés économiques, la répression dans les entreprises et le déminage du gouvernement en direction des fonctionnaires rendaient la mobilisation compliquée.
Soutiens voyants Dans ce décor, les acteurs syndicaux jouent des partitions différentes. La direction confédérale CFDT avec, en coulisses la CFE-CGC et la CFTC, s’affiche comme un des meilleurs défenseurs du projet gouvernemental, sous couvert de défense des salariéEs et des retraitéEs. Les départs successifs de dizaines d’équipes militantes, notamment à l’occasion des précédentes mobilisations sur la question des retraites, de l’ANI, etc., a considérablement réduit les velléités de nombreuses équipes. Les animateurEs de la lutte des Sanofi ont pu expérimenter encore récemment les risques que comportaient des positionnements radicaux.
Le gouvernement de « gauche » met les directions syndicales critiques en situation délicate. Pour FO dont les liens historiques avec la social-démocratie sont solidement établis, les fanfaronnades de la direction cachent mal l’hétérogénéité des équipes : dans le privé, souvent des instruments des directions et, dans le public, parfaitement intégrés au système de gestion, à l’exception de quelques structures combatives animées par des militantEs d’extrême gauche.
Oppositions mesurées Du côté de l’union syndicale Solidaires, il y a une affirmation claire d’hostilité au projet et une réelle mobilisation même si une partie de ses dirigeantEs, de ses militantEs, se retrouvent dans le projet politique du Front de gauche.
Pour la CGT et la FSU, la volonté politique des directions de ne pas mettre en danger le gouvernement les conduit à des positionnements dilatoires. Les quelques mesures en trompe-l’œil du projet sont présentées comme des « avancées » s’inscrivant dans les préoccupations de ces syndicats. L’accent est mis sur les exigences vis-à-vis du patronat, de la « finance », manière de dédouaner le gouvernement et les partis politiques qui le composent, le soutiennent ou refusent de l’affronter clairement.
L’identité des formules, « la gravité de la situation exige un changement de cap » (déclaration confédérale CGT du 8 juin 2013 à propos de la conférence sociale) et « une étape pour changer de cap » (thème des assises du Front de gauche du 16 juin) met en évidence la proximité des politiques, faites du respect des institutions et du dialogue social. Les équipes militantes « à la base» et même « intermédiaires » tirent souvent des bilans très critiques des mobilisations de 2007, des journées saute-mouton de 2009 (contre la « crise ») ou de 2010 contre la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth.

Le rejet des stratégies syndicales assises sur des projets politiques de « gauche » (à l’œuvre depuis le milieu des années 80) sert de prétexte aux directions et désarme les équipes combatives, orphelines de perspectives globales et ne voyant pas comment reconstruire un rapport de forces plus favorable aux salariéEs.
Prendre nos affaires en main C’est dans ce cadre qu’il nous faut tout faire pour prolonger la journée du 10 septembre. D’un côté, dans les structures syndicales, défendre une autre stratégie de mobilisation : l’idée que seul un affrontement prolongé, assis sur des grèves puissantes, peut faire reculer le gouvernement et aboutir à l’abandon du projet. De l’autre, partout, s’appuyer sur les revendications, les colères, les mécontentements pour engager des luttes, faire naître des échanges, des coordinations.
Le succès relatif de la journée du 10 septembre permet aux directions syndicales de ne pas engager une poursuite de la mobilisation. La journée « jeunes » du 18 septembre ne saurait constituer une réelle étape dans cette voie. Les débrayages répétés dans l’ensemble du groupe PSA, marqué par la liquidation du site d’Aulnay, montrent, entre autres, que les ressorts de mobilisations importantes existent. À nous de faire qu’ils se mettent en action.

Robert Pelletier Jeudi 19 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 209 (19/09/2013)

20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

L’hirondelle Askolovitch : un automne islamophile ? (Rue 89)

L’hirondelle Askolovitch : un automne islamophile ? (Rue 89) dans Antiracisme musul

Que se passe-t-il ? Voici soudain que se déverse, dans les lieux les plus inattendus, un plaidoyer pour les musulmans opprimés. Sur RTL, au micro de Fogiel. A « C à vous », au micro de Patrick Cohen. Et dès le lendemain, à France Inter, à (l’autre) micro de Cohen. Qui est cet islamophile inattendu et survolté, qui rebondit de plateau en plateau ? Le journaliste Claude Askolovitch, qui publie ces jours-ci chez Grasset « Nos mal-aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas ». Askolovitch ? Le même ami de Val, qui avait lancé la fameuse « affaire Val-Siné », en dénonçant sur RTL Siné coupable d’offense au fils Sarkozy ? Le même qui, dans la foulée, avait été embauché par Lagardère à Europe 1  ? Le même qui a fait un passage éclair au Point, après Le JDD ?

Un automne islamophile ? Oui oui, le même. Le revoilà. Et dans un rôle surprenant : celui de défenseur des musulmans de France, brimés par les réglementations sur le foulard. Et à ses côtés sur le plateau de France 5, dans le rôle de la contradictrice-pas-d’accord-avec-tout-mais-il-y-a-du-vrai-dans-ce-que-vous-dites, Caroline Fourest en personne. Que se passe-t-il ? Val n’est plus dans Val, Charlie n’est plus dans Charlie ? L’hirondelle Asko annonce-t-elle un automne islamophile ? Plus vraisemblablement, l’épiphénomène Asko a tout pour être attrayant. D’abord par le personnage du journaliste : pensez donc, un chroniqueur de RTL, un transfuge du temple de l’islamophobie (Le Point) qui tourne casaque et balance, ça ne se trouve pas tous les jours. D’autant qu’il n’a pas rompu avec fracas, mais dans un désaccord avec Giesbert, assumé dans le respect et la fraternité nécessaires (dans les bonnes feuilles de son livre que propose gratuitement la maison Google, Asko raconte son départ du magazine de « l’islam sans gêne »).

Ensuite, ses armes rhétoriques sont celles de l’adversaire, à commencer par le pathos de l’argumentation. Dans cette construction médiatique de mythologies que l’on nomme « le débat sur le voile », les rôles ont simplement été inversés. Hier, dans l’ex-hebdo d’Askolovitch, le rôle du méchant était tenu par « les parents qui obligent les cantines à servir des repas hallal ». Voici sous sa plume un nouveau méchant : le surveillant de cantine qui oblige les enfants à manger du porc.

Rééquilibrage du tintamarre inverse Quant aux gentilles victimes, elles se bousculent : le « môme », le « gamin », le « gosse », pris en otage par les querelles des adultes ; la « maman » qui porte le voile, et à qui l’on interdit d’accompagner « les gosses » dans les sorties scolaires ; la banquière « qui doit aller prier dans le placard à balais », etc. Quand il ne se consacre pas aux polémiques de plateau, et se rend « sur le terrain », Askolovitch a un talent certain pour explorer les complexités de la société, et son éloge d’aujourd’hui du « musulman pratiquant qui ne demande pas mieux que de s’intégrer » sonne vrai, et fait écho à son éloge, dans un précédent livre, du « militant FN qui n’est pas le fasciste qu’on prétend ».

Ce plaidoyer inattendu transpercera-t-il au-delà de Medialand ? On verra bien. Dans l’immédiat, ne serait-ce que parce qu’il rééquilibre le tintamarre inverse, il fait du bien à entendre.

Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

http://www.rue89.com/2013/09/20/askolovitch-islamophilie-acceptable-245895

20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

La doctrine « trop grandes pour être condamnées » ou comment les banques sont au-dessus des lois (Cadtm)

La doctrine « trop grandes pour être condamnées » ou comment les banques sont au-dessus des lois (Cadtm) dans Crise vampires

Dans une période caractérisée par le pouvoir économique et politique croissant du système financier au niveau mondial, l’utilisation de ressources publiques pour sauver des entités bancaires est devenue un lieu commun.

Que ce soit à Chypre, en Grèce, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, les sauvetages bancaires d’institutions impliquées dans des affaires de corruption, de fraude et de spéculation sont, les uns après les autres, justifiés par le fait qu’elles sont trop grandes pour faire faillite (Too Big to Fail). Selon ce raisonnement, la banqueroute de grandes banques menace la stabilité financière et économique de leur pays de résidence, d’où l’utilisation nécessaire de l’argent public afin d’éviter une mise en faillite.

Rabâché inlassablement par tous les médias possibles, cet argument est malheureusement devenu un élément rebattu du discours politique dans une bonne partie du monde. Il n’est dès lors plus surprenant d’entendre un fonctionnaire public en Espagne, au Portugal ou en Irlande signaler qu’il n’y a pas d’alternative à l’application de coupes drastiques dans les dépenses publiques, ceci afin d’assurer la solvabilité et la stabilité des banques. Le comble, c’est que transférer de l’argent public aux banques ne suffit plus, il faut en outre protéger les banques et leurs dirigeants des conséquences légales et juridiques des activités illégales et criminelles menées par nombre d’entre eux. Aujourd’hui, les banques sont non seulement trop grandes pour faire faillite, mais aussi trop grandes pour être condamnées.

Le point clef de la nouvelle doctrine visant à offrir un blanc-seing aux banques, indépendamment des activités illégales dans lesquelles elles sont impliquées et des conséquences sociales de celles-ci, a été résumé par Eric Holder, procureur général des États-Unis. Interrogé au sein du Sénat étasunien sur la position de la Cour des Comptes quant à la condamnation des banques étasuniennes et de leurs dirigeants pour des actes de corruption et de fraude, Holder souligna que « ces institutions sont si grandes qu’il est difficile de les poursuivre en justice, et le faire montre qu’effectivement, si on les inculpe pour activités criminelles, cela peut avoir des répercussions négatives pour l’économie nationale, voire mondiale » |1|.

Les retombées de cette position sont claires. Le fait que les excès et la spéculation financière aient causé la pire crise économique du siècle dernier n’a aucune importance. Que de tels excès soient associés a une épidémie de fraudes |2|, à tous les niveaux d’opérations des entités financières, est insignifiant. Et ce n’est qu’un détail si, suite aux pratiques frauduleuses des banques, 495 000 personnes au moins aux États-Unis ont été expulsées illégalement de leurs logements |3| et les fonds de pensions des pays développés ont perdu près de 5400 milliards de dollars |4|. Le rôle des banques est apparemment si important et indispensable que leur fonctionnement transcende les requêtes légales et constitutionnelles des sociétés modernes. Dès lors, la justice détourne le regard des banques et des dirigeants responsables d’actes de corruption et de fraude pour leur éviter de passer ne serait-ce qu’un jour en prison. En fin de compte, on ne peut tout de même pas poursuivre en justice un dirigeant d’une institution bancaire qui « ne fait que le travail de Dieu » |5|, des mots de Lloyd Blankfein (CEO de Goldman Sachs).

Les arguments ci-dessus pourraient prêter à sourire si les conséquences de la doctrine « trop grandes pour être condamnées » n’étaient pas régulièrement visibles par le biais de plusieurs affaires judiciaires très médiatisées, ces derniers mois, des deux côtés de l’océan. Les affaires se suivent et la justice se borne à des amendes qui représentent bien souvent une maigre fraction des bénéfices issus d’activités illégales, sans qu’aucun dirigeant ne soit inquiété. Trois exemples suffisent pour témoigner de l’absurdité de la situation actuelle : le jugement sur les expulsions illégales de logement (« foreclosures ») aux États-Unis, HSBC épinglée pour blanchiment d’argent des cartels de la drogue également aux États-Unis, et l’affaire sur la manipulation du taux LIBOR au Royaume-Uni. 20 septembre par Daniel Munevar

Lire la suite: http://cadtm.org/La-doctrine-trop-grandes-pour-etre

20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Haro sur la réforme des rythmes scolaires : chronique d’une amnésie médiatique (Acrimed)

Haro sur la réforme des rythmes scolaires : chronique d’une amnésie médiatique (Acrimed) dans Médias, culture la-voix-de-son-maitre_1244103623

La rentrée scolaire fournit chaque année aux médias un « marronnier » dans lequel la recension des « couacs » et autres « fausses notes » est toujours une pièce de choix.

Cette année, les problèmes liés à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires ont largement occupé l’attention de la presse quoti-dienne. Échantillon. En janvier et février 2013, la grève des instituteurs parisiens contre la réforme des rythmes scolaires avait fait l’objet dans les grands médias d’un traitement certes classique, mais non moins cavalier, se contentant le plus souvent de fustiger « le corporatisme enseignant » et un mouvement « incompréhensible et injustifié » . Quelques mois plus tard, sans complexes et en toute amnésie, les mêmes acteurs tancent cette fois l’institution pour son impréparation, sans jamais reconnaître que les craintes des grévistes étaient peut-être fondées. Quant à des excuses…

Du Parisien au Monde   Spécialiste du genre, Le Parisien Aujourd’hui en France trouve dans cette affaire tous les ingrédients pour fabriquer des Unes racoleuses à souhait. Perdant tout sens de la mesure, il commence le 22 janvier 2013 par verser de chaudes larmes sur le sort des pauvres enfants privés d’école par les grévistes :

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Puis, le 2 septembre 2013, soit le jour même de la rentrée, Le Parisien retourne sa veste, anticipe d’éventuels problèmes d’organisation et dénonce un chaos imaginaire :

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Le Monde, qui ne rate jamais une occasion de blâmer la frilosité, voire l’arriération de ceux qui n’applaudissent pas les réformes libérales – quels que soient leur objet, leurs finalités et leurs conséquences –, avait été particulièrement virulent à l’encontre des enseignants qui se mobilisaient contre une réforme qu’ils jugeaient mal pensée. Dès le titre de l’éditorial daté du 22 janvier 2013, le ton était donné : « L’école, ou le triomphe du corporatisme », et la suite se révélait… pire encore : si les instituteurs se mettent en grève, c’est pour éviter « de perdre dans l’affaire un privilège qui remonte à la monarchie de Juillet », ils aggravent de surcroît leur cas en tentant « d’entraîner les parents dans leur combat », bref, le « corporatisme étriqué » dont ils font preuve « est lamentable » !

Pourtant, quelques mois plus tard, Le Monde préfère oublier cette saine colère et, avec un culot certain, titrer sur « Le consensus oublié sur la réforme des rythmes scolaires » avant de demander : « Qui se souvient qu’on parlait encore, il y a un an, d’une réforme faisant « consensus » ? Qu’enseignants, parents, chercheurs, collectivités, associations…, réunis sous les ors de la Sorbonne pour une « grande concer-tation » estivale, semblaient parler d’une même voix pour dénoncer l’ineptie de la semaine de quatre jours ? » Plutôt que d’admettre qu’il s’est égaré, qu’il a induit ses lecteurs en erreur, et que les réticences des enseignants pouvaient être fondées [1], le quotidien du soir préfère donc occulter une mobilisation qui lui fait particulièrement horreur et inventer rétrospectivement un « consensus » qui n’a jamais existé, mais qui a l’avantage de justifier a posteriori sa compulsion réformatrice…

… et de Libération au Figaro À Libération, le volte-face a été à peu près identique. Après un temps d’hésitation, le quotidien de Rothschild avait fini, le 11 février dernier, par rejoindre Le Monde pour étriller « le monde enseignant, ou ses syndicats » qui, écrivait Nicolas Demorand dans un éditorial intitulé « Paralysie », risquent de finir par incarner « l’archétype le plus achevé du conservatisme ». D’ailleurs, pour Libération, un seul enjeu importait dans ce conflit autour des rythmes scolaires, que les enseignants auraient ignoblement ignoré… Le bien être des élèves ? L’efficacité pédagogique ? Que nenni ! La question nodale était résumée ainsi : « Le ministre vaincra-t-il les corporatismes pour imposer une réforme globalement soutenue par les parents d’élèves ? »…

Comme au Monde, sept mois après ces diatribes automatiques pro-réforme, le rétropédalage est complet ! Oublié l’enthou-siasme réformateur, à quelques jours de la rentrée Libération doit bien se rendre à l’évidence : « À Paris, la révision des rythmes scolaires ponctuée de fausses notes ». Et d’égrener l’ensemble des objections (justifiées) et des dysfonctionnements (désormais avérés) que les grévistes partisans d’un report de la réforme en 2014 prévoyaient, mais dont la « maison commune de toute la gauche » n’avait pas daigné faire état : « une mise en œuvre encore approximative », une « organisation [qui] patauge encore », une « cohabitation [qui] commence mal » entre les animateurs de la ville et les associations qui les suppléent, des lieux d’accueil pour les enfants qui constituent « encore un objet de bisbille », bref, une « usine à gaz à 50 millions d’euros ».

Comparativement à celui du Monde et de Libération, le traitement par Le Figaro de ce dossier, qui lui donnait pourtant l’occasion de surenchérir dans un registre qu’il affectionne tout particulièrement, a été… exemplaire [2] ! Qu’on ne s’y trompe pas cependant, ce traitement relativement équilibré peut s’expliquer par la jubilation du quotidien de Dassault à voir un ministre important d’un gouver- nement qu’il combat en difficulté…

Pour preuve, en cette rentrée, Le Figaro insiste plus que lourdement sur des dysfonctionnements qui ne concernent après tout que 20% environ des élèves [3], en se faisant l’écho, avec une belle capacité d’écoute envers les syndicats d’enseignants, de préoccupations qui ne sont pourtant pas toujours au cœur de ses priorités éditoriales, comme le bien être des « personnels d’animation qui, eux, sont “stressés” », ou la capacité de la réforme à gommer « des inégalités périscolaires qui vont de 1 à 10 »… Une sollicitude pour les salariés et un souci égalitariste qui font chaud au cœur !

La couverture de la mobilisation des professeurs des écoles contre cette réforme des rythmes scolaires, puis de sa mise en œuvre par quatre des principaux titres de la presse quotidienne nationale révèlent donc des pratiques journalistiques pour le moins… étonnantes. Avec, des résultats inégaux certes, mais le parti pris systématique du Figaro contre le gouvernement ne vaut de manière générale pas mieux que le suivisme et la versatilité du Parisien, du Monde et de Libération… Et dans tous les cas, l’information sur la réalité du monde de l’éducation est la victime de petits jeux partisans et d’a priori idéologiques.  Par Blaise Magnin, le 20 septembre 2013

http://www.acrimed.org/article4140.html

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