Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

20 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Brésil. Le 17 juin 2013 est déjà entré dans l’histoire (Al’e)

Brésil. Le 17 juin 2013 est déjà entré dans l’histoire (Al'e) dans International 3432418_3_7a85_manifestation-de-soutiens-aux-bresiliens-a50fd6e79f77ee59ed100c72a56f6faed

Déclaration du PSTU (Parti socialiste des travailleurs unifié)

100 mille personnes à Rio de Janeiro, 66 mille à São Paulo, 50 mille à Belo Horizonte [Etat de Minas Gerais], 20 mille à Porto Alegre [Rio Grande do Sul], 15 mille à Belém [Pará], 10 mille à Curitiba [Paraná], 10 mille à Brasilia et plusieurs autres dizaines de milliers dans le pays et à l’étranger. En tout, douze capitales d’Etats de la Fédération ont participé à des manifestations et beaucoup d’autres villes ont fait de même. La population de certaines d’entre elles a marché jusqu’aux palais des gouvernements [des Etats] et du Congrès national, essayant ainsi de «s’emparer des bastilles» du pouvoir corrompu de la bourgeoisie brésilienne [Parti des travailleurs, y compris]

Le 17 juin 2013 est déjà entré dans l’histoire. On n’avait pas vu au Brésil de manifestation de cette dimension depuis 21 ans, c’est-à-dire depuis les grandes manifestations pour chasser Collor de Melo du pouvoir [impeachment de Fernando Collor de Mello en décembre 1992, déchu de ses droits civiques pour 8 ans ; il sera néanmoins à nouveau élu gouverneur de l’Etat d’Alagoas avec le Parti rénovateur travailliste brésilien]. Mais pourquoi le Brésil est-il descendu dans les rues ce lundi 17? Sans aucun doute, l’augmentation du prix des billets des transports publics à São Paulo, introduite par Fernando Haddad [du PT maire de São Paulo] et par Geraldo Alckmin [du PSDB – Parti de la social-démocratie brésilienne, gouverneur de l’Etat de São Paulo], en plus de la brutale répression du 13 juin, a été l’étincelle qui a mis le feu aux manifestations. Cependant, les manifestations expriment un mécontentement plus profond, qui va des premiers signes de la décélération de l’économie – avec la reprise de l’inflation qui est sans doute l’élément le plus fortement ressenti – jusqu’à la révolte de la population contre l’abandon et la passivité des services publics face au vol de sommes astronomiques que constituent les travaux gigantesques autour de la Coupe du Monde. Sur toutes ces questions, la faute va au gouvernement Dilma Rousseff, du PT.

La décélération de l’économie, qui se manifeste entre autres par l’inflation, a miné la sensation de «bien-être» provoquée par la stabilité économique et l’augmentation de la consommation à travers le crédit. L’inflation érode le pouvoir d’achat des salaires déjà très bas. En plus de cela, les salaires se voient de plus en plus rabotés par les dettes croissantes qu’ont accumulées les familles. De son côté, le gouvernement Dilma répond en jetant à la poubelle son supposé «développementisme» (qui en vérité n’a jamais été rien d’autre que le vieux néolibéralisme, associé à des politiques sociales compensatoires) pour appliquer les bonnes vieilles recettes social-démocrates qui exaltent les vertus du superavit primaire [solde budgétaire positif avant le paiement des intérêts de la dette], les taux d’intérêt élevés et les taux de changes fluctuants. En d’autres termes, cela signifie plus de coupes dans les budgets de la santé et de l’éducation. Cela signifie plus de baisses salariales et d’endettement. Ce sont là des éléments d’instabilité, mais cela ne signifie pas pour autant que le pays soit au bord d’une récession. Cela signifie qu’il existe des points de vue différents sur l’économie. Il n’y a plus l’«océan de roses» auquel le gouvernement voulait nous faire croire. L’une des expressions de ce processus, c’est la chute de la cote de popularité de Dilma qui est tombée de 8% durant l’ouverture de la Coupe des Confédérations à Brasilia [une Coupe qui s’organise une année avant le Mondial de foot].

Il y a de l’argent pour la Coupe, mais il n’y en a pas pour la santé, l’éducation… Les gouvernements de droite ont privatisé la santé et ont abandonné les hôpitaux publics. Les gouvernements «pétistes» [du PT] on fait la même chose. La majorité de la population (70%) souffre pour obtenir des consultations et passer des examens à cause du SUS [Système unique de santé]. L’autre partie de la population est l’otage des ordres et des contre-ordres de plans de santé privés. L’éducation du pays se trouve en lambeaux. La bourgeoisie condamne des millions d’enfants et de jeunes à ne pas avoir accès à l’éducation. Dans les classements internationaux, le Brésil est au 88e rang sur 126, derrière le Honduras, l’Equateur et la Bolivie. Le salaire des professeurs est une honte, et quand ceux-ci se mobilisent, c’est par la répression que les gouvernements leur répondent. Toute cette situation contraste avec les milliards accordés aux entreprises dans le cadre des négociations que les stades ont entreprises avec eux pour la Coupe. Pour les douze stades, les dépenses dépassent aujourd’hui les 10 milliards de réais. Le pire de tout, c’est que le gouvernement Dilma va faire avec les stades ce qu’il a déjà fait avec le pétrole: il va privatiser le tout pour des clopinettes, comme il l’a d’ailleurs déjà fait avec le Maracanã [stade de football de Rio l’un des plus grands du monde].

C’est une coupe corrompue qui a aussi été marquée par les lâches expulsions d’habitants pauvres en fonction de travaux d’infra- structure. Selon le Comité populaire de la Coupe du monde 2014, ce n’est pas moins de 250’000 personnes qui vont être chassées de leurs maisons. Une Coupe qui a mis la souveraineté du pays dans les mains de la FIFA [Fédération Internationale de Football Association, dirigé par Sepp Blatter. De Viège dans le Haut-Valais suisse; un charmeur de journalistes, un retors qui manie les demi-vérités en syntonie parfaite avec l’ambiance nauséabonde du siège «clean» de la FIFA à Zurich] et entreprises qui la sponsorisent. L’absurde a été poussé jusqu’à l’approbation d’une loi – la Loi générale de la Coupe – qui supprime la législation du pays et impose même la censure. C’est cette que la Troupe de choc a invoquée pour réprimer la manifestation de Belo Horizonte qui indiquait au mineiros:«Ici on n’entre qu’avec l’autorisation de la FIFA», selon la formule d’un colonel de la Police militaire. Qui ne se souvient de la fameuse phrase de Jerôme Valcke, de la FIFA [manager français, secrétaire général de la FIFA à Zurich-Suisse], qui en est venu à dire qu’il faudrait «donner un coup de pied au cul» du Brésil pour rendre plus efficace ladite loi ? Les manifestations du 17 juin ont été la réponse. C’est le coup de pied que le peuple brésilien a donné dans le cul de la FIFA.

Tarif zéro, tout de suite ! Le PT et le PSDB sont totalement otages de la mafia des compagnies de bus. Leurs campagnes électorales sont financées par ces entreprises. Selon des chiffres de la préfecture elle-même, publiés sur la page internet de la revue Exame, la ville de São Paulo, devra dépenser en 2013 près de 1,25 milliards de reais pour subventionner des entreprises de bus privées [l’ex-patron de la FIFA de 1974 à 1988, sous la dictature militaire, le Brésilien Joao Avelange, était propriétaire d’une gigantesque compagnie de bus]. L’augmentation du billet de 3,20 reais a été une rétribution pour cette mafia. Le PSTU défend la suppression de cette augmentation, tout de suite! Nous défendons aussi le Tarif zéro, tout de suite. Ce n’est pas une utopie, comme la bourgeoisie voudrait nous le faire croire. Dans les temps anciens du PT, à l’époque de l’administration à Sao Paulo de Luiza Erundina (maire de cette ville 1989-1992), un projet de Tarif zéro avait été discuté, projet qui aurait été financé par l’augmentation progressive des impôts des plus riches.

La répression augmente dans tout le pays Il existe une offensive visible de la part de la bourgeoisie et des gouvernements contre le droit de manifester et deprotester. Le gouvernement Dilma et les gouvernements fédéraux répriment des grèves de travailleurs (comme celle des ouvriers de Belo Monte), des manifestations indigènes (les Indiens de l’ethnie terena par exemple, dans le Mato Grosso du sud) et maintenant tout type de manifestation contre les coûts de la Coupe et contre l’augmentation du prix des transports. Comme cela a été fait en Afrique du sud, où a eu lieu la Coupe précédente, le gouvernement Dilma tente d’imposer un recul des droits fondamentaux de la population.

Dilma, ça n’ira pas comme ça! Le peuple va continuer à descendre dans la rue! Le peuple va continuer à être dans la rue. De nouvelles manifestations sont déjà fixées dans tout le pays. Le PSTU participera à chacune d’entre elles avec les revendications suivantes:

• Annulation des augmentations du coût des transports publics.
• A bas la répression! Défense du droit à la mobilisation! Sanctions contre ceux qui ordonnent la répression !
• Unifier les luttes en une journée nationale contre l’augmentation du prix des transports et contre la répression!
• Pour des transports publics gratuits! Etatisation des transports!
• Pour la démilitarisation de la Police militaire! En finir avec la troupe de choc!
• Dilma, gèle les prix des aliments et des transports!
• Dilma, reviens sur les privatisations des stades tels que le Maracanã !
• Pour la suspension du bradage du pétrole! La Petrobrás, une entreprise d’Etat à 100%!
• 10% du PIB pour l’éducation!
• 2% du PIB pour les transports !

(18 juin 2013) Traduction A l’Encontre Publié par Alencontre le 19 – juin – 2013

http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-le-17-juin-2013-est-deja-entre-dans-lhistoire.html

20 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Brésil, des manifestations pour « pouvoir vivre en ville » (CI)

Brésil, des manifestations pour

Les manifestations contre la hausse du prix des transports et le gaspillage de l’argent public dans les événements sportifs se sont multipliées dans tout le pays.
En cause : la transformation des villes imposée par les autorités. L’histoire se répète. En avril dernier, à Porto Alegre, les protestations contre la hausse du prix du billet de bus avaient été immédiatement disqualifiées par la presse dite de référence, qui gonflait les épisodes de vandalisme en ignorant les raisons des manifestants [37 millions de Brésiliens ne prennent pas les transports faute de moyens].  Sauf que les rassemblements attiraient toujours plus de mon- de, malgré le durcissement de la répression. Puis cette presse a dû se résoudre à tenter de comprendre pourquoi les jeunes manifestaient.

A São Paulo, le jeudi 13 juin, nous étions encore dans la phase où la presse dite de référence montre qu’elle est incapable de voir ce qui est sous son nez. La police militaire provoque le chaos, arrête des gens pour port de vinaigre, agresse des journalistes et tire des balles de caoutchouc. Ils urinent sur les gens, et la presse nous dit que c’est de la pluie.  A Porto Alegre, la justice a fini par décider la suspension de la hausse et la mairie s’y est pliée. A São Paulo, la même chose peut se produire, mais cela n’a plus guère d’importance. Le coût élevé [selon l’Insee brésilien, le transport est le troisième poste de dépense des familles] et la mauvaise qualité des transports publics dans les grandes villes sont devenus un simple détail.

Les manifestations, qui ont débuté sur cette question spécifique, ont comme toile de fond un processus qui transforme les villes en un lieu toujours plus hostile aux personnes. Gentryfication, élitisation, hygiénisation, peu importe le nom qu’on lui donne : les villes sont en train de devenir un endroit où circulent des véhicules, où les affaires immobilières prospèrent, dont les pauvres sont chassés et où tout le reste est interdit. Les gens suffoquent et réagissent en allant de plus en plus dans la rue – la plus grande tribune du Brésil. Et tout cela est lié à la Coupe du monde 2014 et à la Coupe des confédérations [disputée du 15 au 30 juin et déjà perturbée par plusieurs manifestations].

L’organisation brésilienne de ces méga-événements sportifs n’est rien de moins qu’un catalyseur de ce processus d’exclusion violente des grandes villes. Cela sert de prétexte au nettoyage social et à la mise en place de diverses mesures autoritaires. La tentative d’interdire l’acarajé [beignets de crevettes typiques de la région de Bahia] et les festas juninas [les fêtes de la Saint-Jean, sous la pression de la Fifa] était une broutille. Il y a des choses beaucoup plus graves qui avancent à grands pas dans les sphères du pouvoir.  D’ici le mois d’août, un projet de loi doit être voté qui peut qualifier de terroristes des actions entreprises par des mouvements sociaux. Un autre texte actuellement au Sénat prévoit de répertorier de nouveaux délits pendant la durée du Mondial 2014, avec notamment des “limitations à l’exercice du droit de grève”. La justice de l’Etat du Minas Gerais a déjà interdit à deux syndicats de manifester durant la Coupe des confédérations. Tout cela pour que le pays soit prêt à recevoir la “Coupe de tout le monde”.

Ceux qui continuent à penser que les manifestants des grandes villes brésiliennes sont des vandales ou qu’ils protestent seulement contre l’augmentation du prix des transports ont vraiment des œillères. Ils protestent contre tout ce qui est en train de se passer – contre l’augmentation, contre les expulsions, contre l’abattage des arbres. Les gens manifestent, fondamentalement, pour le droit de vivre en ville.  Toute ressemblance avec ce qui se passe dans d’autres parties du monde n’est pas pure coïncidence. L’indignation, surtout celle de la jeunesse, augmente avec la faillite de la politique traditionnelle, devenue un auxiliaire des intérêts privés et incapable de répondre aux problèmes de la population. Un air de printemps souffle au Brésil. Et, soyez-en sûrs, d’ici à la Coupe du monde, il soufflera encore plus fort.

Daniel Cassol Publié le 14 juin Brasil de fato |

http://www.courrierinternational.com/article/2013/06/19/des-manifestations-pour-pouvoir-vivre-en-ville

20 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Il y a 100 ans, juin 1913, Afrique du Sud : les origines de l’apartheid (LO)

Il y a 100 ans, juin 1913, Afrique du Sud : les origines de l'apartheid (LO) dans Histoire or Couvert d’ or!

Lorsqu’on parle de l’Afrique du Sud, on pense à l’apartheid, ce système de ségrégation raciale institutionnalisée qui fut instauré par le Parti nationaliste au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, après l’indépendance du pays, système qui fut finalement démantelé au début des années 1990, pour désamorcer la situation explosive créée par la mobilisation de la classe ouvrière noire. Mais, en réalité, les promoteurs de l’apartheid n’avaient rien inventé. Ils n’avaient fait qu’ériger en système la politique ségrégationniste menée par le colonialisme britannique depuis le début du siècle, politique qui n’avait été que l’expression directe et brutale de l’avidité des compagnies minières britanniques.

Le pillage britannique de l’Afrique du Sud. Tout commença par la découverte dans le Transvaal (la région entourant Johannesburg) de gisements considérables de diamants en 1870, puis d’or en 1886. L’État britannique, qui n’avait eu jusque-là qu’une présence limitée aux deux régions les plus fertiles (celle du Cap et du Natal), entreprit d’étendre son emprise à l’ensemble du territoire, éliminant d’abord le royaume Zoulou, puis écrasant les républiques formées par la vieille émigration néerlandaise des Boers, au terme d’une guerre qui fut l’une des plus sanglantes du 19e siècle. Le capital britannique eut alors les mains libres pour piller les ressources minières du pays. Dans les années qui suivirent, on enregistra pas moins de 299 nouvelles entreprises minières à la cotation de la Bourse de Londres.

Mais encore fallait-il extraire ces minerais. Les énormes réserves d’or du Transvaal étaient de basse teneur. Pour en tirer assez d’or pour satisfaire l’appétit insatiable des actionnaires, il fallait une main-d’oeuvre très nombreuse. Or la population noire du pays n’avait aucune envie d’abandonner les campagnes, où elle parvenait à subsister de l’agriculture et de l’élevage, pour aller se tuer au travail dans les mines des Blancs. Les compagnies minières eurent donc recours à tous les subterfuges. Elles importèrent des condamnés de droit commun d’Angleterre et de la main-d’oeuvre semi-servile d’autres colonies britanniques et de Chine. Les autorités coloniales essayèrent d’imposer de lourds impôts en argent aux paysans noirs, espérant que, comme dans d’autres colonies africaines où l’argent n’avait pratiquement pas cours dans les campagnes, cela suffirait à contraindre les paysans noirs à aller travailler dans les mines afin de pouvoir payer leurs impôts. Elles instituèrent même un système de passeport intérieur, sous la forme d’un bracelet en métal soudé autour du bras, destiné à faciliter l’arrestation des fuyards. Mais rien n’y fit. L’appareil colonial, centré sur les villes, ne pouvait pas faire la police dans les campagnes, ni donc empêcher les mineurs noirs d’y prendre la fuite. Et ceci d’autant moins que les conditions de travail dans les mines et l’insalubrité des campements étaient si terribles que la Chambre des mines elle-même reconnaissait un taux annuel de décès de 8 à 10 % parmi les mineurs ! Pour convaincre les mineurs de rester au travail, les compagnies durent se résoudre à l’impensable, en augmentant leur salaire…

L’expropriation de la population noire Finalement, à partir de 1910, l’État britannique mit en place une solution radicale au manque de main- d’oeuvre dans les mines. D’abord, les territoires britanniques d’Afrique du Sud furent unifiés dans une Union Sud-Africaine, protectorat britannique placé sous la protection de l’armée coloniale et doté d’un appareil d’État renforcé par une cohorte de fonctionnaires coloniaux. Puis vint toute une série de lois destinées à enfermer la population noire dans un carcan répressif et surtout à la priver de toute possibilité d’échapper à la mine. C’est ainsi que, d’un trait de plume, le Native Land Act (loi sur le droit à la terre pour la population autochtone) de juin 1913 interdit à la population noire toute activité agricole de subsistance sur 88 % du territoire sud-africain. Sur les 12 % restants, un tiers était inhabitable et le reste, constitué de terres très pauvres, fut divisé en « réserves » dans lesquelles toute la population rurale noire dut s’entasser. La seule solution pour échapper à la famine était désormais d’envoyer les hom- mes valides travailler là où les Blancs offriraient un salaire. D’un coup, une importante section de la population noire se trouva incorporée de force dans la classe ouvrière, transformée en travailleurs saisonniers faisant le va-et-vient entre les mines et les réserves où étaient enfermées leurs familles. D’autres lois furent introduites dans la foulée, interdisant aux ouvriers noirs l’accès aux emplois qualifiés ou à toute forme d’apprentissage, et limitant leurs mouvements strictement autour des lieux où ils étaient employés. À peine ces mesures introduites, les salaires des mineurs noirs furent réduits de 30 %. Mais ils ne furent pas les seuls à payer cette note amère. Les patrons profitèrent de l’abondance de la main-d’oeuvre noire pour baisser les salaires de tous les travailleurs, blancs compris. Qui plus est, 47 % des ouvriers du pays furent déchus de la citoyenneté sud-africaine et se trouvèrent soumis à toutes sortes de restrictions dans leurs mouvements.

L’émergence d’une nouvelle classe ouvrière La mise en place de ce système d’oppression par l’État britannique, en expulsant la population rurale noire de ses campagnes, eut pour effet de créer une nouvelle classe ouvrière. Celle-ci, soumise à une exploitation féroce, dut apprendre rapidement à utiliser les armes de la lutte de classe. Jusque-là, le mouvement ouvrier sud-africain avait été centré sur une classe ouvrière blanche peu nombreuse, et animé par des militants d’origine anglaise ayant apporté avec eux les traditions et les préjugés du mouvement ouvrier anglais. Bien que militant, ce mou- vement ouvrier était toujours resté faible, paralysé en particulier par ses réticences à rechercher le soutien des ouvriers noirs. Mais il ne fallut pas attendre longtemps pour que les travailleurs noirs se manifestent à leur tour de façon autonome et, cette fois, sur une tout autre échelle. Dès 1918, les mines d’or du pays connurent une très grande grève. Alors que lors d’une précédente vague de grèves, en 1913, les mineurs blancs n’avaient réussi à mobiliser que 18 000 des leurs, sans vraiment affecter la production, cette fois 71 000 mineurs noirs se joignirent à la grève, forçant à la fermeture les deux tiers des mines d’or de la région du Witwatersrand. La répression fut terrible. Onze grévistes furent abattus et 120 furent blessés dans les affrontements avec l’armée. Mais les grévistes remportèrent néanmoins une hausse de salaire de 11 %. Le président de la Chambre des mines, sir Evelyn Walters, devait exprimer tout le dépit des siens en ces termes : « Cette grève était bien préparée et disciplinée, et pas du tout une « révolte instinctive ». Elle a montré que des milliers d’hommes d’origines régionales très différentes et appartenant à de multiples communautés rurales peuvent unir leurs forces de façon efficace. C’est un phénomène nouveau, la première véritable grève jamais menée par des travailleurs coloniaux. » Oui, une nouvelle classe ouvrière était née. Et, par la suite, elle devait en faire voir de toutes les couleurs tant à la bourgeoisie sud-africaine qu’aux trusts internationaux.

François ROULEAU

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2342&id=41

20 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Côtes-d’Armor : fermeture définitive de Chaffoteaux (LO)

Côtes-d'Armor : fermeture définitive de Chaffoteaux (LO) dans Luttes ouvrières header_article_tmpphpn4qjy5

C’est en partie par la presse que les 25 derniers salariés du bureau d’études de Chaffoteaux à Ploufragan ont appris que le groupe Merloni avait décidé de fermer définitivement l’usine.

En sursis depuis l’arrêt de la production sur le site des Châtelets à Ploufragan en 2009, ils ne pensaient pas voir la fin arriver si vite, d’autant que les locaux où ils sont employés sont toujours à vendre. La direction générale justifie cette dernière restructuration au nom de la compétitivité. Pourtant le groupe Merloni, qui exploite près de 7 000 salariés dans le monde, ne connaît pas de difficultés particulières. Des bénéfices ont encore été réalisés en 2012, ce qui a valu aux salariés une petite prime de participation. Et puis ce groupe prédateur, toujours à la recherche de profits rapides,  n’a pas hésité à faire re- qualifier ses locaux de Ploufragan en entrepôts, réussissant par ce biais à économiser 117 000 euros d’impôts locaux !

Par ailleurs, il bénéficiait de la part du gouvernement de crédits à la recherche lui permettant, selon les délégués du personnel du site, de verser aux employés restant à Ploufragan la moitié des salaires perçus. Rien ne justifie donc cette fermeture définitive. Les salariés ont décidé de s’opposer à ce plan. Ils ont mille fois raison. Quelques jours avant cette annonce, le directeur général de Merloni France était venu se pavaner à la préfecture pour exposer le bilan des emplois prétendument créés à la suite du plan de « revitalisation » succédant aux licenciements de 207 salariés en 2009 (un tel plan est obligatoire pour tout groupe procédant à des licenciements collectifs). Or, sur les 176 emplois qu’il dit avoir créés (sur les 197 prévus initialement), seuls six ex-salariés de Chaffoteaux en ont bénéficié… 82 licenciés de 2009 pouvaient prétendre à la préretraite amiante, 90 pointent toujours à Pôle emploi… et 30 d’entre eux n’ont jamais retravaillé depuis.

Correspondant LO http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2342&id=24

19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Soutien à la mobilisation de la jeunesse brésilienne! A bas la repression!

NPA

Soutien à la mobilisation de la jeunesse brésilienne! A bas la repression! dans NPA h0_w628_m6_otrue_lfalse

Photo: On ne veut pas de la coupe (du monde de foot), de l’argent pour les hôpitaux… (Quels populistes!)

Après une décennie de relative paix sociale sous les gouvernements successifs du Parti des Travailleurs, le Brésil se voit actuellement touché par la mobilisation la plus importante depuis la destitution de l’ex-président Collor en 1992.

L’élément déclencheur du mouvement qui hier a mis dans la rue plus de 200.000 personnes, notamment des jeunes, dans toutes les principales villes du pays, a été la flambée des prix du transport en commun. A titre d’exemple, dans une ville comme São Paulo le prix du ticket de transport dépasse 1 euro alors que le salaire minimum est en dessous de 250 euros. Cependant, la vague de colère qui a engendré des épisodes tels que le siège du Parlement et les violents affrontements notamment à Belo Horizonte et Rio a des causes bien plus profondes.  Derrière l’image de puissance régionale émergente se cache une inflation vertigineuse entraînant une baisse importante du pouvoir d’achat dans un pays qui n’a jamais supprimé ses profondes inégalités ni surmonté l’absence de services publiques de qualité. Les dépenses faramineuses avec la préparation de la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques, ainsi que les scandales de corruption successifs rendent cette réalité encore plus inacceptable aux yeux des travailleurs et des jeunes. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la baisse de popularité de la présidente Dilma Roussef, huée lors de l’ouverture de la Coupe des Confédérations il y a quelques jours. La répression violente déclenchée par une des polices les plus meurtrières au monde, jeudi dernier à São Paulo, n’a fait que légitimer et renforcer la mobilisation. C’est toute une nouvelle génération de militants qui fait ses débuts en s’identifiant spontanément à la jeunesse de Turquie et des pays arabes.

Le NPA condamne la répression contre les manifestants et porte tout son soutien à un mouvement pourrait être en train de marquer les prémisses de l’épuisement du « modèle brésilien » – au même titre que celui de la Turquie – et la rentrée des pays dits « émergents » dans la dynamique convulsive de la lutte de classes qui se développe dans le contexte de la crise capitaliste. Vu l’importance stratégique du Brésil, ce tournant peut faire basculer la situation dans le sous-continent sud-américain. Le NPA appelle au rassemblement solidaire organisé à l’initiative de la communauté brésilienne samedi 22 juin à 17h à la Place Saint-Michel à Paris. Montreuil, le 18 juin 2013

19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

L’Accord de libre-échange transatlantique : négocié dans le secret pour abaisser les protections environnementales (Reporterre)

L’Accord de libre-échange transatlantique : négocié dans le secret pour abaisser les protections environnementales (Reporterre) dans Ecologie & climat 12-hommes-en-colere-1957-10-g

Le projet d’Accord de libre-échange transatlantique entre l’Europe et les Etats-Unis avance dans l’opacité : les documents discutés ne sont pas rendus publics ! Un des buts essentiels de cet accord est d’abaisser les règles environnementales qu’a posé l’Union européenne sous la pression des citoyens.

Le 14 juin, les ministres du commerce de l’Union Européenne ont donné mandat à la Commission pour entamer les négociations d’un Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement, le PTCI (ou ALET, Accord de libre-échange transatlantique). Main dans la main, les négociateurs affichent leur volonté de boucler un accord ambitieux et global [1] à l’horizon 2015, très vite donc. La relance de telles négociations se fait dans la plus totale opacité, puisqu’aucun document n’a été officiellement rendu public. Pourtant, les multinationales (notamment énergétiques et des services), l’industrie financière et les grands cabinets juridiques sont sur le pied de guerre et ont mené une campagne de lobbying intense sur le périmètre des négociations. Au menu bien sûr, l’accès au marché et la question des barrières tarifaires (déjà très faibles des deux côtés de l’Atlantique), une plus grande circulation des biens, des services et des capitaux, une libéralisation plus approfondie de l’investissement… Mais aussi, et c’est là un sujet de préoccupation majeure, un convergence très extensive des réglementation et des barrières « non tarifaires ». Quelques contradictions et voix dissonantes ont vu le jour ces derniers mois, notamment autour des fameuses ’lignes rouges’ tracées par le gouvernement français (très minces au regard des enjeux), en particulier l’exception culturelle, les marchés publics de la défense, et dans une moindre mesure les normes en matière de sécurité alimentaire. Mais en guise de compromis, la France a finalement accepté le seul retrait « provisoire » des services audiovisuels du texte, et renoncé à mettre un veto.

La Commission européenne fait comme à son usage peu de cas des réserves et des oppositions. Le désir affiché est en effet de « contribuer à l’élaboration de règles mondiales », « au-delà de ce que les États-Unis et l’Union Européenne ont atteint dans les accords commerciaux mondiaux » et « au-delà des engagements actuels de l’OMC ». Soit contourner le blocage du cycle de Doha à l’OMC, en étendant progressivement au niveau multilatéral les règles de ce qui serait l’un des plus grands marchés communs au monde [2]. La multiplication des accords commerciaux bilatéraux et la politique de sécurisation des investissements, en particulier concernant les ressources naturelles [3], menée par l’Union Européenne ces dernières années ont témoigné de son manque de volonté d’entamer une transition ambitieuse vers des modes de production et de consommation soutenables. Et ses quelques velléités environnementales sont la cible systématique des investisseurs, telles que la directive sur la qualité des carburants [4]. Le PTCI marque une nouvelle étape dans cette direction, qu’illustrent ces deux éléments :

 L’inclusion de mécanismes de règlement des différends investisseur-État. Ce type d’arbitrage s’est multiplié ces dernières années, avec un record de 58 cas en 2012. Parmi les cas emblématiques de litiges investisseur-État, la plainte de la compagnie suédoise Vattenfall contre l’Allemagne et sa décision d’abandonner progressivement l’énergie nucléaire : Vattenfall réclame 3,7 milliards d’euros en compensation de la perte de profits potentiels liés à deux de ses centrales nucléaires. Ou encore l’attaque de Lone Pine Ressources Inc contre le moratoire sur la fracturation hydraulique adopté par la province du Québec : Lone Pine réclame au Canada 250 millions de dollars US, en vertu du chapitre 11 de l’ALENA sur les investissements [5]. Le géant états-unien de l’énergie Chevron a déjà entamé l’offensive pour que des droits extensifs soient accordés aux investisseurs dans le PTCI, via une lettre adressée au représentant du commerce américain [6]. Chevron argue de son droit à extraire des ressources (!) et de la nécessité d’avoir des recours contre toute protection environnementale pouvant faire obstacle à ses profits présents et futurs.

De tels mécanismes d’arbitrage pavent clairement le chemin pour une capture du pouvoir par les multinationales. Les cabinets juridiques vivent des litiges et partagent avec les multinationales les immenses gains obtenus. Or ils jouent également le rôle de conseiller des gouvernements quand il faut rédiger les clauses sur l’investissement d’un accord [7]…Les multinationales de l’énergie pourraient ainsi facilement entamer des poursuites contre des gouvernements européens sur les restrictions, moratoires et interdictions d’exploitation des gaz et pétroles de schiste.

Pire, les États seraient tenus de garantir un « environnement stable » durant toute la durée de l’investissement d’une multinationale, sous peine de poursuites. Il est certain que de telles clauses rendraient les pouvoirs publics frileux quant à l’adoption de mesures ambitieuses de protection de l’environnement une fois un tel accord signé [8].

L’harmonisation des règles La suppression des barrières non-tarifaires, des réglementations et normes présentant un obstacle au commerce et à l’investissement constitue un pan très important des négociations. Cette « procédure de coopération sur les normes » présentes et à venir, puisqu’il s’agirait là d’un processus continu d’harmonisation, soulève de nombreuses inquiétudes. Dans de nombreux domaines, les préférences collectives et choix de société ne témoignent pas des mêmes degrés d’exigence et de débat des deux côtés de l’Atlantique : politiques alimentaires avec l’exemple des OGM et des viandes hormonées [9], normes sanitaires et phytosanitaires, fracturation hydraulique, nanotechnologies… la liste est longue. On imagine difficilement la standardisation se faire par le haut si elle se mène à l’abri des consommateurs, associations écologistes, mouvements paysans, syndicats et plus largement du débat citoyen. Enfin, le choix de politiques ciblées en faveur de la transition écologique pourrait être condamné car faussant la concurrence. Concrètement, une subvention ou soutien aux énergies renouvelables, à la relocalisation d’une activité, des exigences de contenu local de production dans un marché public, etc., pourraient être pris pour cible. Et ce alors que les énergies fossiles sont par ailleurs largement subventionnées des deux côtés de l’Atlantique et que les engagements pour supprimer ces subventions ne sont pas suivis d’effet.

Le Japon a par exemple contesté en 2010 des mesures prises par le Canada introduisant une ’teneur en éléments nationaux’ pour les producteurs d’énergies vertes [10]. Le PTCI pourrait limiter fortement la capacité des populations à choisir des politiques publiques dans différents domaines, social, environnemental… et privilégier la logique de la réduction des « coûts de transaction » et de l’accès maximal au marché. Nous appelons donc à un large débat sur ces négociations en Europe et aux États-Unis et à une mobilisation de toutes les forces œuvrant pour la justice sociale et environnementale. Sans objectifs sociaux et écologiques clairs, ces négociations ne seront qu’une capitulation supplémentaire du politique face aux multinationales.

Hélène Cabioc’h (ATTAC) et Amélie Canonne (AITEC) mercredi 19 juin 2013

http://www.reporterre.net/spip.php?article4414

19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Holyfest : mariage de pop-rock, évangélisation et argent public (FA56)

Holyfest : mariage de pop-rock, évangélisation et argent public (FA56) dans Religions hlly

Le holyfest est un festival chrétien de rock, pop et variantes de musiques dites actuelles… qui se déroule à Arradon, au sein de l’Uni-versité catholique de l’ouest (UCO), près de Vannes fin juin. La première édition a eu lieu le dernier week-end de juin 2012.

D’emblée constatons qu’il se déroule la semaine qui suit le festival de metal Hellfest basé à Clisson (44) et contre lequel des ligues catholiques, de l’UMP, du MPF (de Villiers) et autres barrés de la même eau bénite, se dressent… au motif d’affront à leur religion, d’apologie du blasphème. Parmi ces gais lurons, on retrouve Riposte catholique, la très à droite AGRIF (Alliance Générale contre le Racisme et pour le respect de l’Identité Française et chrétienne) et, plus surprenant sans doute, le syndicat CFTC habituellement plus modéré… qui se font un film sur les paroles de certains groupes… lesquelles ne sont évidemment pas à prendre au premier degré (même si nous-mêmes ne raffolons pas du délire sataniste)… Rodés à toutes les manœuvres pour arriver à leurs fins (la soumission de l’ensemble du corps social à leur croyance, à leur Morale, et…  à leur clergé), les cathos militants savent jouer sur tous les fronts : la demande d’interdiction d’un côté, l’élaboration « d’alternative » de l’autre. Ainsi, près de Vannes, de jeunes chrétiens entendent, disent-ils, « dépoussiérer l’image de l’Eglise« . Aussi, ont-ils organisé ce holyfest mélangeant, comme son nom l’indique, culte et musique. Ce festival a réuni 1000 participants en 2012. Considéré par ses organisateurs comme un succès, ce nombre est pourtant à mettre en perspective avec celui attendu et déclaré dans la presse les jours précédents : 1500 festivaliers (Ouest-France du 30/6/2012) ! Il leur manque donc un tiers de spectateurs et spectatrices par rapport à l’objectif mais ce serait tout de même un succès… (Télégramme du 2/7/2012). Bizarre… Si Jésus a multiplié les pains, la tendance festivalière actuelle semble être plutôt à la division ou à la soustraction…
Mais cet échec est étonnamment une réussite financière car il n’y a pas eu de déficit malgré une fréquentation espérée surévaluée.

Comment l’expliquer ? Non pas par un miracle mais par une subvention de l’évêché (rien à redire) mais aussi… du Conseil général du Morbihan (!), y compris donc de notre part, contribuables morbihannais… (OF du 1/10/2012) Encore une fois, c’est une collectivité publique qui s’assoit sur la laïcité (on ne le répétera jamais assez, la Loi dit « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte« ). Il serait intéressant de savoir si la décision a appartenu à sa seule présidence (l’UMP F. Goulard) ou, s’il y a eu un débat entre conseillers, quelle fut alors la position de « l’opposition de gauche » (1)… Mystère pour le moment. Or avec ses prières, louanges et messes, comment ne pas y voir une entreprise cultuelle, religieuse ? L’Eglise de France ne s’y trompe d’ailleurs pas car elle suit de près ce que Mgr Centène – évêque de Vannes -  estime rejoindre « l’œuvre de la nouvelle évangélisation »… (payée partiellement avec nos impôts donc). (OF du 5/4/2012). Dans cet esprit, il s’agit bien, pour les organisateurs, de « séduire les non initiés » (Télég 01/10/2012). Nos jeunes font ça bien. Il y a des stands : les très à droite Scouts de France, Scouts d’Europe, les Scouts unitaires de France, mais aussi l’aumônerie du Morbihan et bien d’autres joyeux drilles. Et même des conférences (sont-elles suivies de débats ?) : «Chrétiens en politique, mission impossible ?» avec l’incontournable Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, (cf. notre article), «Les dérives de la culture jeune… Mythe ou réalité ?» avec un « expert reconnu sur la nouvelle religiosité et les courants magiques » (!?) ; «L’Église doit-elle avoir honte de son passé ?»… (Télég du 29/6/2012) Il serait curieux de voir comment sont traitées guerres, croisades, tortures faites au nom de leur Dieu durant de nombreux siècles, sans compter les condamnations et enfermements…

Si on peut en rire, soyons néanmoins vigilant-e-s : le groupe de pop-louange Glorious (tête d’affiche 2012), interviewé dans OF du 29 juin 2012, déclare « Le Vatican ne nous a pas donné de mission, il nous a juste invités pour nous regarder et mesurer le phénomène. Il faut savoir que la France est très regardée par Rome. Tout le monde croit que la religion est morte mais ce n’est pas vrai, elle mute. » Cette année, la messe du festival sera diffusée en direct sur France 2, qui consacrera 1h30 d’émission au holyfest… A défaut d’une intervention divine, un p’tit coup de pouce du « service public » de télévision ne se refuse pas… Mais ne nous inquiétons pas outre-mesure, car l’impiété se glisse partout jusque dans les collèges et lycées cathos : «Dans mon lycée (le foyer Jean-Paul-II à Sainte-Anne-d’Auray), il y a très peu de croyants, constate Sylvain Gilardeau. Rares sont ceux qui savent que Sainte-Anne est un lieu de pèlerinage. » A Saint-François Xavier de Vannes, une lycéenne constate dépitée « dans ma classe de 30 élèves, nous ne sommes que deux à (…) aller » aux « messes proposées par le lycée » ! Que de brebis égarées jusque dans les réserves catholiques morbihannaises ! (Télég du 29/6/2012) Mais on peut néanmoins se demander si nos jeunes vaticanesques sont aussi assidus qu’ils le prétendent. Ainsi, l’ancien directeur d’une école confessionnelle de Vannes s’indigne (OF du 12/07/2012) : « Les jeunes organisateurs ont répété, comme un leitmotiv, dans leurs interviews, qu’ils voulaient dépoussiérer une image de l’Église « un peu vieillotte, celle du chant grégorien ». « Je ne ferais pas l’injure à ces jeunes de penser qu’ils ne mettent jamais les pieds à l’église le dimanche. « Depuis 50 ans au moins – ils n’étaient donc pas nés – dans nos paroisses, on ne chante plus en grégorien, sauf quelques rares îlots « de résistance » (…). « Immortel grégorien qui porte naturellement à la prière, ce qui ne semble pas être le cas de la musique du concert HolyFest, car les jeunes doivent se réunir dans le silence la nuit pour prier. » Et paf, en plein dans l’auréole ! Heureusement – pour les clergés – que nombre d’élu-e-s des différentes collectivités locales jusqu’à l’appareil d’Etat compensent cette désaffection, contournent la Loi sur la laïcité, en leur attribuant des deniers publics.

« Il n’existe qu’une seule chose au monde plus désuète que l’anticléricalisme : le cléricalisme. » Cavanna
(1) On se rappelle qu’en 1996, les conseillers généraux de gauche (PS et PCF) avaient aussi voté les crédits pour la route dite « du Pape », entre Pluneret et Ste Anne d’Auray, à l’occasion de la venue de Jean-Paul 2 à Ste Anne d’Auray…

A Voltaire qui déclarait : « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer« ,

Bakounine répondait « Et si Dieu existait, il faudrait s’en débarrasser« …

complété récemment par Jean-Marc Raynaud : « Ce n’est pas parce que Dieu n’existe pas qu’il ne faut pas s’en débarrasser » !

http://anars56.over-blog.org/article-holyfest-mariage-de-pop-rock-evangelisation-et-argent-public-118503783.html

19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Condamnation de l’Etat : les masques tombent (CV&B)

Condamnation de l'Etat : les masques tombent (CV&B) dans Ecologie & climat algues

Communiqué des associations de la Coordination marées vertes et algues bleues
Qu’ont ils fait de notre République tous ces élus qui la dirigent depuis des dizaines d’années ? La voilà condamnée par la Cour europénne de Justice pour « n’avoir pas pris les mesures nécessaires afin de respecter les obligations qui lui incombent ». Double peine pour nous citoyennes et citoyens français. Nous devons supporter aujourd’hui moralement cette condamnation, et vraisemblablement demain financièrement. Nous subirons toujours les dommages en Bretagne que sont l’eutrophisation des eaux et des concentrations excessives de nitrates. Cyanobactéries dans le Gouessant, marées vertes massives à Douarnenez, eaux de mer de mauvaise qualité dans le Golfe du Morbihan en sont les exemples d’aujourd’hui.
Oui, cette condamnation est fondée. Mais pourquoi faut-il que nous, simples citoyens, nous en soyons toujours les victimes ? Pourquoi les respon- sables clairement identifiés de ce système d’agriculture intensive hors sols ont-ils portes grandes ouvertes dans les préfectures et au gouvernement ? Pourquoi cette injustice que révèle la Cour europénne de Justice ? Et si finalement les gouvernements français successifs et les exécutifs départementaux et régionaux bretons avaient si peu d’égards pour leurs concitoyens qu’ils préféreraient leur faire subir cette injustice plutôt que d’avoir le courage de prendre les mesures qui s’imposent ?
En fait, tout d’un coup les masquent tombent. Les juges européens nous disent implicitement que les plans algues vertes ou de reconquête de la qualité de l’eau sont tous voués à l’échec, malgré les beaux discours et les grandes cérémonies. Ceux qui nous commandent l’austérité font les généreux à coup de millions d’euros avec les pollueurs pour qu’ils continuent à polluer.  Alors souhaitons que la Cour europénne de Justice aille plus loin et oblige ces si mauvais gouvernants à prendre leurs responsabilités en imposant des amendes sévères insupportables pour les contribuables français. Quant à CVB, elle continuera à exercer son action : manifestation et requêtes en justice contre ces exécutifs coupables. mardi 18 juin 2013

19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Halte à la répression en Turquie ! (lcr.be + mrap)

Halte à la répression en Turquie ! (lcr.be + mrap) dans Europe tahrir-taksim1

La LCR et les JAC condamnent la brutale répression du régime de l’AKP contre des manifestant-e-s pacifiques.

Depuis deux semaines, toutes les manifestations sont systématiquement contrées par la manière forte. Un membre des Jeunes Anticapitalistes est sur place en ce moment en Turquie. Ensemble avec les camarades de la section turque de la Quatrième Internationale, Yeni Yol, il a notamment vécu le « nettoyage » de l’occupation pacifique du parc Gezi. Notre camarade témoigne de la brutalité de l’attaque policière, de la destruction du camp de tentes, de l’usage massif des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, ainsi que des assauts lancés contre les hôpitaux de campagne (notamment à l’hôtel Divan). Face à cette violence, il faut saluer la résistance pacifique et exemplaire de plusieurs centaines de milliers de jeunes Turcs. Leurs slogans qui ont retenti toute la nuit du 15 au 16 illustrent leurs revendications démocratiques: « à bas le gouvernement », « tous unis contre le fascisme », « ce n’est qu’un début le combat continue » (quoique le terme « fascisme » ne nous semble pas adéquat pour décrire le régime, nous comprenons que les jeunes l’utilisent pour dénoncer une politique autoritaire, qui s’en prend violemment à toute personne qui ne soutient pas Erdogan, comme si ce soutien était la condition de la citoyenneté). Nous soutenons les mani- festant-e-s dans leur lutte contre la répression et pour une société plus démocratique et appelons à participer aux actions de solidarité en Belgique. Le mouvement ouvrier et la gauche doivent être en première ligne dans cette solidarité!

Par Céline Caudron porte-parole de la LCR JAC (Jeunesses anticapitalistes) Mardi, 18 Juin 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2918:halte-a-la-repression-en-turquie-&option=com_content&Itemid=53

SAMEDI 22 JUIN à 14h : SOLIDARITE AVEC LA RESISTANCE EN TURQUIE

Appel à rassemblement le samedi 22 juin 14 heures, place de la République à Paris. Solidarité avec la résistance en Turquie Solidarité avec Taksim Halte aux violences policières

  Samedi 15 juin, le gouvernement de l’AKP  a opéré une attaque policière très violente alors qu’il n’y avait aucune manifestation sur la Place Taksim et que le Parc Gezi demeurait ce lieu d’un rassemblement pacifiste œuvrant pour le dialogue. Sitôt connue la nouvelle de l’évacuation du parc, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dans toute la Turquie pour protester contre ces violences. Toute la nuit, la police est intervenue à grand renfort de gaz, de canons à eau et de tirs de balles en caoutchouc pour disperser la foule dans différentes villes du pays. Cette attaque contre ce  rassemblement pacifique démontre que le gouvernement AKP se saisit du Parc Gezi comme un prétexte avec comme  objectif d’intimider la population et d’exercer la coercition au point d’étouffer toutes les voix d’opposition revendiquant des droits et ainsi de criminaliser toute opposition. Nous nous préoccupons du niveau de violence de la part de la police, qui s’en prend à la fois de manière ciblée contre des personnes et de façon généralisée et abusive contre des foules. Nous demandons l’arrêt immédiat de toutes les violences policières. Nous demandons aux autorités turques que toutes les victimes soient identifiées et impartialement dénombrées,qu’aucune maltraitance ne soit plus commise lors des arrestations, que les responsables de la police à l’origine de telles violences soient poursuivis en justice. Nous exhortons les autorités turques à faire changer, contrôler et sanctionner les procédés inadmissibles de leurs forces de police, afin que de telles exactions ne puissent plus se reproduire. Nous réaffirmons notre solidarité avec la plateforme « Solidarité Taksim « à l’origine du mouvement pour la protection du Parc Gezi. Nous appelons l’ensemble des organisations, des partis politiques, des syndicats et des citoyens épris des valeurs de démocratie et des droits de l’homme à exprimer à leur solidarité en participant à la manifestation de solidarité avec la résistance en Turquie.

Le SAMEDI 22 JUIN à 14h

Place de la République

TOUS ENSEMBLES

SOLIDARITE AVEC LA RESISTANCE EN TURQUIE ET AVEC TAKSIM

SOLIDARITE AVEC TAKSIM

HALTE AUX VIOLENCES POLICIERES

Premier signataires :

  • L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’ACORT)
  • Collectif de Taksim
  • Ligue des droits de l’Homme (LDH)
  • Assemblée européenne des citoyens (AEC-HCA France)
  • Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM)
  • Initiatives pour un autre monde (Réseau IPAM)
  • Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
  • Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
  • Comité pour le Respect des libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
  • Attac
  • Le Manifeste des libertés
  • La divan de l’oriente et L’occident(Divan)
  • Le MRAP
  • Les Alternatifs
  • Le Parti socialiste
  • Jeunes Radicaux de Gauche
  • Jeunes Écologistes

http://www.mrap.fr/international/asie-et-oceanie/samedi-22-juin-a-14h-solidarite-avec-la-resistance-en-turquie

19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Brésil : La révolte populaire est légitime ! ( PSOL)

Brésil : La révolte populaire est légitime ! ( PSOL) dans International manifestacao-preco-passagens-sp-20130607-31-size-598

Depuis une semaine, le Brésil est secoué par un mouvement social d’« indignés » qui ne cesse de s’élargir contre la hausse des tarifs des transports publics décidée dans plus d’une vingtaine de villes du pays. Mais, comme avec le Parc Gezi en Turquie, ce n’est que la pointe de l’iceberg et le détonateur d’un malaise et d’un mécontentement social beaucoup plus profond. Et comme en Turquie ou ailleurs, la répression policière brutale n’a fait que stimuler le mouvement au lieu de l’intimider. Initiées par un mouvement appelé « Movimiento Pase Libre » (une organisation étudiante qui revendique la gratuité du transport public), les manifestations jouissent d’un large soutien dans l’opinion et le mouvement prend de plus en plus un caractère de masse, avec des manifestations d’une ampleur jamais vue au Brésil depuis 15 ans. Ainsi, ce lundi, 100.000 personnes ont manifesté à Río de Janeiro, 65.000 à Sao Paulo, et plusieurs dizaines de milliers d’autres à Brasilia, Belo Horizonte, Porto Alegre, Salvador, Belén, Vitoria et Curitiba, entre autres grandes capitales régionales. A Brasilia, les protestations se concentrent surtout contre les dépenses pharaoniques de prestige engagées par les autorités pour organiser des événements sportifs internationaux. Le gouvernement dépense des milliards en stades de football alors que les secteurs publics des transports, de l’éducation et de la santé sont en difficulté. Les « indignés » brésiliens exigent donc principalement pour le moment l’amé-lioration des services publics et de plus grands investissement dans ces secteurs, ainsi que la lutte contre la corruption et le gaspillage des ressources publiques. Nous reproduisons ci-dessous une déclaration du PSOL, organisation anticapitaliste brésilienne issue d’une scission du PT (Parti des Travailleurs, au pouvoir). (Avanti4.be)

Le PSOL (Parti du Socialisme et de la Liberté) exprime son soutien le plus total aux mobilisations qui ont lieu dans tout le Brésil contre l’augmentation des prix des transports publics et dénonce avec force la violence policière qui tente de réprimer le droit légitime d’organisation et d’expression.

L’augmentation de l’intensité des protestations – qui touchent les villes de Porto Alegre, Natal, Maceió, Goiania, Río de Janeiro et São Paulo – a brisé le black-out médiatique des grands médias et elles sont devenues un thème central de l’actualité. Les autorités qui « frappent et emprisonnent » ne comprennent pas que la révolte est provoquée par le ras-le-bol de passer six heures par jour dans des transports publics de mauvaise qualité et qui engloutissent un tiers du salaire ; là est la raison principale du soutien populaire aux manifestations. La contestation, qui a été initiée par les jeunes, n’est que la pointe de l’iceberg d’une grande insatisfaction collective. Répondre avec intransigeance, violence et brutalité policière c’est jeter de l’huile sur le feu. Alckmin (gouverneur du PSDB – social-démocrate – dans l’Etat de São Paulo), Haddad (maire du Parti des Travailleurs de la ville de São Paulo), Paes (maire du PMDB – centre-droit – dans la ville de Rio de Janeiro) et Cabral (gouverneur dans l’Etat de Rio de Janeiro) doivent assumer leurs responsabilités dans cette répression répugnante et absurde ainsi que leur inaction. En outre, il ne revient pas au ministre de la justice, Cardozo, de contribuer à stimuler l’agressivité de la Police Fédérale dans la répression des mouvements.

L’augmentation de la violence provoquée par la Police Militaire, surtout lors des récentes protestations dans l’Etat de São Paulo, démontrent que la politique totalitaire des gouvernements locaux et de l’Etat fédéral ne supporte pas la critique et la contestation. Cela les pousse à criminaliser les mouvements sociaux, ce qui est inacceptable dans une société qui se dit démocratique. Nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées. En outre, condamner les activistes à payer des amendes élevées et avec des plaintes pour « conspiration » est inadmissible.

En accusant la totalité de ce mouvement large et légitime de vandalisme, les gouvernements sans scrupules et l’élite brésilienne tentent de manipuler l’opinion publique. Mais leur tentative est vouée à l’échec comme le montre clairement les résultats des sondages qui démontrent un énorme soutien populaire envers les manifestations et le rejet de la coercition et de la violence policière. Il convient de signaler que, récemment, les coûts des transports ont été exemptés d’impôts. Il est absurde de constater que les patrons des entreprises publiques annulent cet avantage fiscal en réajustant les prix à la hausse, avec le consentement des maires et des gouverneurs. Cette collusion entre les entreprises et les gouvernants n’est pas étonnante puisque ces entreprises ont subventionné les campagnes électorales de ceux qui, aujourd’hui, leur « renvoient l’ascenseur » de cette manière.

Dans les villes gouvernées par le PSOL – Macapá et Itaocara –, il n’y a pas eu d’augmentation des tarifs des autobus, par décision politique des maires. Notre logique de gouvernement est d’être au service des travailleurs et de la jeunesse et non des patrons qui transforment le droit au transport public en un vulgaire business. Nous pensons qu’il est possible, avec un budget équilibré et la volonté politique nécessaire, d’avancer des mesures telles que la gratuité pour les étudiants et même la gratuité pour tous. La défense de ces propositions n’a donc rien d’irréaliste ou d’absurde car elle garantit le droit constitutionnel des citoyens à la mobilité. Le PSOL défend le droit à la protestation, le droit au transport public de qualité et dénonce la violence policière. Les mouvements à Goiânia et Porto Alegre ont obtenu des victoires avec la réduction des prix du transport. Il faut poursuivre dans cette voie et arracher d’autres victoires. Et ce n’est qu’en luttant que nous pourrons vaincre.

Brasilia/ Brésil, 14 juin 2013. Source :
http://psol50.org.br/site/noticias/2060/psol-emite-nota-em-apoio-as-manifestacoes-contra-o-aumento-de-passagens-e-repudia-repressao-da-policia Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

 

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