Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

09 août 2013 ~ 0 Commentaire

Allaitement maternel, ces titres qui font frémir! (Bellaciao)

Allaitement maternel, ces titres qui font frémir! (Bellaciao) dans Altermondialisme alliaitment

Frémissement au Parti de la Presse et de l’Argent (PPA), de Libération à El País, du New York Times à RTL : Nicolas Maduro et sa nouvelle équipe menacent la sécurité des États-Unis:

Les femmes bientôt obligées d’allaiter au Venezuela (Le Figaro)

Le Venezuela veut interdire les biberons et forcer à l’allaitement (Le Point)

Allaitement : le Venezuela songe à interdire le biberon (Metronews)

Venezuela : une députée veut obliger les femmes à allaiter (Elle)

L’allaitement bientôt obligatoire au Venezuela ? (Marie-Claire)

Les Vénézuéliennes, bientôt forcées d’allaiter leur bébé ? (Famili)

Allaitement forcé pour toutes les femmes au Venezuela ? (Terrafemina)

Venezuela : les femmes forcées à allaiter ? (Magicmaman)

Et je pourrais continuer d’énumérer, tant ils sont nombreux et presque tous de la même veine, les titres de presse à propos d’un récent projet de réforme de la loi de promotion et protection de l’allaitement maternel de 2007. L’objet n’est pas tant ici d’analyser en détail le contenu de la loi que d’examiner comment la presse internationale, et francophone en particulier, en rend compte. Certains, Le Figaro en tête, ne se donnent même pas la peine de placer un signe d’interrogation en fin de titre, alors qu’il ne s’agit encore que d’un projet de loi. D’autres ont tout de même la décence de mettre le titre au conditionnel, tout en oubliant quelquefois ce conditionnel dans leurs commentaires.

De quoi s’agit-il ? D’un projet de loi qui vient renforcer une loi existante destinée à promouvoir l’allaitement maternel au Venezuela. Si on prend la peine de lire le texte, on se rendra compte qu’il n’est nulle part question d’obliger les mères à allaiter, comme semblent vouloir le signifier la plupart des articles incriminés.

Série de mesures Ce qui est en jeu, c’est le renforcement de l’incitation à allaiter par le biais d’une série de mesures : information des futurs parents sur les bienfaits de l’allaitement maternel par rapport aux alternatives « industrielles » (bienfaits que, soit dit en passant, personne ne remet en cause) ; obligation pour les centres de santé publics et privés de promouvoir l’allaitement maternel et prohibition de donner au nouveau-né d’autres formules, sauf sur indication médicale ; réglementation des étiquetages et interdiction de la promotion et la publicité pour les substituts au lait maternel, etc. Il s’agit en quelque sorte de l’inscription dans la législation vénézuélienne des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. On peut certes s’étonner de lire dans le texte du projet de loi que « l’allaitement maternel est une politique d’État, iniciative humaniste qui vise à garantir la vie et la santé des enfants et des mères ». Les termes de « politique d’État » gênent bien entendu les partisans du libéralisme à tout crin (dont les membres de l’opposition anti-chaviste) qui ne se sont pas privé de le dire. Mais le contexte explique aussi bien des choses.

Portée et enjeux Il faut en effet connaître les réalités vénézuéliennes pour se rendre compte de la portée et des enjeux de cette politique qui se veut « d’État » : au Venezuela, selon les chiffres du ministère de la Santé, seulement 29 % des mères allaitent leur bébé, contre 69 % en France et 98 % en Norvège.

Les causes de ce pourcentage extrêmement bas sont multiples : Une médecine presque toute entière gagnée par le pragmatisme, la facilité et le goût du gain, et ce dès le temps de formation universitaire. Pour preuve, dans un domaine connexe, le taux de naissance par césa- rienne est de 30 % dans le pays, soit deux fois plus que la moyenne mondiale, avec une pointe de 80 % dans le secteur privé ! De même, il est plus pratique et rémunérateur pour une clinique de proposer des substituts en lieu et place du lait maternel.

La (fausse) image de modernité que véhiculent les produits de substitution au lait maternel, grâce entre autres à la promotion qui en est faite.

Une aliénation quasi générale au modèle nord-américain dominant.

Pour le ministère de la Santé, il convient donc, au moyen de la loi, d’effectuer un rattrapage afin d’atteindre, d’ici 2016, le taux de 70 % de mères allaitant leur bébé. Que cela ne plaise pas aux multinationales qui commercialisent les substituts au lait maternel et autres accessoires tels que biberons ou tétines, ainsi qu’aux médecins privés qui s’en font les promoteurs locaux, c’est de bonne guerre…

Haro sur la bête allaitement. En définitive, le projet de loi justifie-t-il les titres abusifs, racoleurs et frauduleux dont nous a abreuvé la presse internationale ? Sans doute pas. La Suède a un projet de loi qui va dans le même sens et nul n’en a entendu parler. Mais n’oublions pas que, dans notre cas, les journalistes avaient affaire au Venezuela, un pays qui n’est pas loin, dans l’imaginaire politico-médiatique occidental, d’être une « dictature », voire un « pays voyou », aux côtés de l’Iran, de la Syrie de Bachar El Assad et de la Corée du Nord. Alors, haro sur la bête, l’occasion étant trop belle de ne pas en remettre une couche ! Et cela a fonctionné, si l’on en juge par le nombre d’articles sur le sujet et les milliers de réactions, féminines surtout, sous forme de commentaires sur les réseaux sociaux : le Venezuela est à nouveau stigmatisé, l’objectif est atteint. Rendons tout de même justice à deux journalistes qui ne sont pas tombés dans le panneau : David Ramasseul dans Paris Match (surprise !), avec son article Les biberons de la discorde : retour sur une polémique, une présentation honnête du projet de loi, en tenant compte du contexte vénézuélien ; et Stanislas Kraland dans le Huffington Post, qui profite de l’occasion pour poser la question Allaitement maternel : faut-il vraiment interdire le biberon ? et entame ainsi un débat plus général –et bienvenu– sur le sujet. 2013. J.-L C.

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com….

* http://venezuelainfos.wordpress.com….

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article136575

09 août 2013 ~ 0 Commentaire

Du Big Mac au hamburger Frankenstein (Esther Vivas)

Du Big Mac au hamburger Frankenstein (Esther Vivas) dans Altermondialisme halloween-recipe-frankenstein

Alors que l’on pensait avoir tout vu dans le monde du hamburger, la réalité nous surprend une fois de plus.

Déjà il y a quelques mois, certains médias ont évoqué la prouesse d’un hamburger de Mc Donald’s en parfait état de conservation 14 ans après avoir été préparé,  avant-hier on a  annoncé le premier hamburger réalisé en laboratoire. On pourrait l’appeler « le Hamburger Frankenstein » tellment il ressemble au « monstre » de Mary Shelley.

Un hamburger qui semble avoir tout pour plaire : sa production ne contamine rien, dépense peu d’énergie, n’utilise pratiquement pas de sol et ne contient en outre aucune graisse. Sa « viande » est produite à partir de l’extraction de quelques cellules mères du tissu musculaire du dos d’une vache. Que dire de plus ? C’est le hamburger light, parfait pour consommer en été…

Petit « hic », son prix ne le rend pas vraiment encore accessible à toutes les bourses. Son élaboration a coûté pas moins de 248.000 euros. L’inclure dans un menu « Happy Meal » prendra semble-t-il encore un peu de temps. Mais cela n’empêche pas qu’on nous annonce déjà que cette avancée scientifique permettra d’en finir avec la faim dans le monde. Les gens doivent manger et puisqu’ils veulent manger de la viande, alors on va leur en donner. Tel semble être le raisonnement des « pères » de cette prouesse.

Mais j’ai deux questions qui me viennent à l’esprit. La première : est-il vraiment nécessaire que nous mangions autant de viande pour nous alimenter ? Avant de produire plus de viande, indépendamment de son origine, ne voudrait-il pas mieux encourager un autre type d’alimentation, plus saine, respectueuse des droits des animaux et soutenable ? Car enfin, qui y gagne avec ce type d’alimentation accro aux bovins et aux porcins ? Smithfield Foods, le plus grand producteur mondial de viande de porc, est l’un de ces grands bénéficiaires. Dans son curriculum s’accumulent les violations des droits du travail, les contaminations environnementales etc. Dans l’Etat espagnol, Smithfield Foods opère au travers de Campofrío.

Deuxième question : un hamburger de laboratoire est-il vraiment nécessaire pour en finir avec la faim ? Selon l’ONU, on produit aujour- d’hui suffisamment de nourriture pour alimenter 12 milliards de personnes alors qu’il y a 7 milliards d’habitants sur cette planète. Mais en dépit de ces chiffres, une personne sur sept dans le monde souffre de la faim. De la nourriture, donc, il y en a.  par contre il n’y a pas de justice dans sa distribution. Il ne s’agit donc pas d’augmenter la production,  d’engendrer des hamburgers en laboratoire, ni de développer l’agricul- ture transgénique. Il s’agit, ni plus, ni moins, de démocratie à l’heure de produire et de distribuer les aliments.

Les solutions « miraculeuses » à la crise alimentaire n’existent pas. Les problèmes politiques comme la faim ne seront jamais réso- lus avec des raccourcis technico-scientifiques. Il ne s’agit pas de rejeter toute recherche scientifique. Au contraire. Il faut encourager une science au service de la majorité sociale, non soumise aux intérêts commerciaux et économiques et qui s’engage à améliorer les conditions de vie des gens. De la « révolution verte » aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), on nous a sans cesse promis d’en finir avec la faim. La réalité crue nous indique que c’est un échec. Bien que, souvent, on nous occulte son plus grand succès : dégager des bénéfices fabuleux  pour l’industrie agro-alimentaire et biotechnologique. Le hamburger Frankenstein ne sera pas une exception.

Source :
http://blogs.publico.es/esther-vivas/2013/08/07/del-big-mac-a-la-hamburguesa-frankenstein/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/du-big-mac-a-l-hamburger-frankenstein

09 août 2013 ~ 0 Commentaire

Palestine, Cisjordanie, Israël approuve la construction de 800 domiciles de colons (OF)

Palestine, Cisjordanie, Israël approuve la construction de 800 domiciles de colons (OF) dans Anticolonialisme 5052293-israel-evacue-les-palestiniens-installes-sur-un-projet-de-colonie

Israël a donné son accord préalable à la construction de plus de 800 domiciles au sein de colonies juives situées en Cisjordanie occupée sur un territoire revendiqué par les Palestiniens, a annoncé ce jeudi un responsable de l’Etat hébreu.

Guy Inbar, porte-parole de l’administration israélienne militaire en Cisjordanie, a précisé que le principe de la construction des nouveaux domiciles avait été approuvé mercredi, mais que le feu vert du gouvernement mené par Benjamin Neta- nyahu était nécessaire pour commencer les travaux.

500 000 israéliens vivent dans des territoires capturés en 1967 Quelque 500 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dans des territoires capturés par Israël au cours de la guerre de 1967, tandis que 2,5 millions de Palestiniens y habitent. Le gouvernement israélien a augmenté dimanche de six le nombre de colonies juives au sein d’une liste de localités classées « priorité nationale », qui sont susceptibles de recevoir des aides publiques supplémentaires. La question des colonies juives en Cisjordanie, à l’existence desquelles s’oppose la majorité de la communauté inter-nationale, a largement contribué à l’échec des précédents pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, interrompus en 2010 avant une reprise le mois dernier. Conflits jeudi 08 août 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Cisjordanie.-Israel-approuve-la-construction-de-800-domiciles-de-colons_6346-2218619-fils-tous_filDMA.Htm

Commentaire: OF ne se mouille pas trop! Et pourquoi la « majorité de la communauté internationale » (c’est à dire sauf les USA et Israel?) l’ONU et tout çà ne font-ils rien et interdisent même le boycott, contrairement au nucléaire iranien?

09 août 2013 ~ 0 Commentaire

Les producteurs cassent leurs oeufs pour faire remonter les cours (francetv)

Les producteurs cassent leurs oeufs pour faire remonter les cours (francetv) dans Carhaix Kreiz Breiz planche-30

Hier soir, à Carhaix (29), des producteurs ont cassé 100 000 oeufs devant l’hôtel des impôts. Ils veulent renouveler l’opération quotidiennement pour tenter de faire remonter les cours.

Un immense gâchis. C’est ce que l’on éprouve en regardant ces images d’oeufs cassés. Mais les producteurs sont exsangues. Il y a surproduction d’oeufs en Europe. La grande distribution achète les 100 oeufs, 4,50 euros environ. Il y a encore quelques semaines, c’était 7 euros… Avec un tel niveau de cours, les producteurs d’oeufs ne rentrent pas dans leurs frais. Ils ont dû se moderniser et investir pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne. Et dans le même temps, ils subissent la concurrence d’autres producteurs européens qui ne respectent pas ces mêmes normes. Résultat : les producteurs bretons vont détruire quotidiennement 5% des oeufs pondus pour tenter de faire remonter les cours !

  • Par Antonin Billet Publié le 08/08/2013 | 12:22

http://bretagne.france3.fr/2013/08/08/les-producteurs-cassent-leurs-oeufs-pour-faire-remonter-les-cours-299661.html

Commentaire: C’est la logique du capitalisme, il faut faire disparaître ces oeufs, raison pour laquelle ils ne peuvent pas les donner aux restaux du coeur. Et encore on a de la chance, quand il y a vraiment trop de chômeurs, pour les faire disparaître, le capitalisme organise une guerre mondiale.

« Les producteurs d’œufs bretons sont les plus fragiles du secteur » (JDD)

INTERVIEW – Vendredi soir, des producteurs d’œufs bretons ont à nouveau déversé 100.000 oeufs devant des bâtiments publics. Christian Marinov, directeur du Comité national pour la promotion de l’œuf, explique au JDD.fr les raisons de cette « crise de l’oeuf ».

Vendredi, pour le quatrième soir consécutif, des producteurs d’œufs ont déversé des dizaines de milliers d’oeufs devant des bâtiments publics de Bretagne. Ils protestent contre la baisse du cours de l’œuf, dont le prix de revient moyen au kilo (95 centimes d’euros) est supérieur de 20 centimes au prix payé. Christian Marinov, directeur du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO*) explique au JDD.fr les raisons de ce mécontentement.

Qu’est-ce qui a causé cette crise de l’œuf? C’est la conséquence de l’application de la directive européenne sur le bien-être des poules, en vigueur depuis le 1er janvier 2013. Il a fallu rénover les élevages, reconstruire certains bâtiments et surtout, changer les cages. Elles sont maintenant beaucoup plus grandes et deviennent un espace de vie pour les poules. Cette adaptation a coûté un milliard d’euros à la filière avicole, répartis entre 2010 et 2012.

Comment la mise aux normes a-t-elle fait chuter le cours de l’œuf? Pendant que les élevages se mettaient aux normes – cela prend six à huit mois – ils étaient vides, ce qui a entraîné une baisse de la production de l’ordre de 20%. Sur le marché,  les prix atteignaient le double de la moyenne. Puis les producteurs ont recommencé à mettre des poules dans leurs élevages entre le milieu et la fin de l’année 2012. La production est alors remontée, et l’offre est légèrement supérieure à la demande, de l’ordre de 5%

«Il y a une surproduction française d’oeufs.»

Tous les producteurs sont-ils concernés? On a principalement deux types de producteurs. 95% de la production est contractualisée, avec des prix fixes. Dans ce cas, les éleveurs sont déconnectés du marché. Pour les 5% restants, il s’agit d’œufs calibrés, produits notamment dans le nord-Finistère et des Côtes d’Armor, par une quarantaine de producteurs qui vendent leurs œufs à des grossistes ou des marchés. Ce sont les plus fragiles du secteur, car ils vendent selon les prix du marché. Lorsque le marché est à la baisse, cela pose problème. C’est ce qui se produit en ce moment.

Quelles sont les solutions possibles? Que peut faire l’Etat? Depuis le mois d’avril, nous imaginons des mesures possibles, et nous sensibilisons les pouvoirs publics, le tout dans le respect de la concurrence. Les professionnels prennent des mesures : l’abattage anticipé des poules, qui a commencé dès juin, la prolongation des vides sanitaires, et une pause dans les investissements. On considère qu’il faut intensifier ces mesures, pour réduire cette surproduction de 5% et faire augmenter cours de l’œuf. Dans le même temps, il faut que l’Etat veille au respect des normes, en France et au niveau européen. On nous dit aujourd’hui que la Pologne, l’Italie et l’Espagne, qui étaient en retard dans l’application de la directive bien-être, devraient se mettre aux normes d’ici mi-octobre.

S’agit-il d’un problème national? Pour l’instant, en France, nous subissons peu la concurrence des autres pays européens. Le commerce extérieur est équilibré, contrairement à l’an passé où l’on avait besoin d’œufs. Il y a une surproduction française. Nos prix sont trop bas pour que notre marché soit intéressant pour les pays étrangers, qui doivent faire face aux mêmes spécificités que nous. A l’échelle régionale, la Bretagne représente 45% de la production française. La situation est préoccupante pour la région, mais le bouleversement est moins structurel que pour la filière porcine ou pour la production volaillère. C’est une inquiétude de plus, qui explique les réactions de désarroi de ces derniers jours.

*Organisation interprofessionnelle, le CNPO a pour mission de développer la consommation d’œufs et de faciliter l’adaptation qualitative et quantitative de la production au marché.


09 août 2013 ~ 0 Commentaire

Fukushima: « On va pomper une partie de l’eau, mais la radioactivité va rester »(francetv)

Fukushima:

Le réseau Sortir du nucléaire alerte sur les conséquences à très long terme des fuites d’eau contaminée de la centrale nucléaire accidentée.

Fuite radioactive au Japon. La centrale nucléaire accidentée de Fukushima relâche environ 300 tonnes d’eau contaminée chaque jour dans l’océan Pacifique. Un chiffre révélé, mercredi 7 août, par le gouvernement japonais, convaincu que les fuites durent depuis deux ans. Pour Jérôme Joly, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, l’impact environnemental des fuites d’eau contaminée reste marginal, comme il le confie à l’AFP. Laura Hameaux ne partage pas cet avis. La porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, livre à francetv info son sentiment sur cette nouvelle évolution concernant le site de Fukushima.

Francetv info : Comment avez-vous accueilli l’information sur les fuites d’eau radioactive quotidienne ?

Laura Hameaux : Pour nous, ce n’est pas une surprise. Nous travaillons avec des experts indépendants depuis le début de la catastrophe. Il ne pouvait pas en être autrement, l’accident de Fukushima ne pouvait qu’empirer. Il ne pouvait pas être réglé en quelques semaines.  L’élément nouveau, c’est que Tepco [l'exploitant de la centrale] change son fusil d’épaule et reconnaît qu’il y a des fuites, après nous avoir dit le contraire pendant deux ans. Tepco a déversé des tonnes d’eau sur les réacteurs, il était impossible que cela reste confiné. Désormais, il existe un nouveau risque, avec le débordement des nappes phréatiques.

Quels dangers engendrent ces déversements ?

Ils sont liés à la radioactivité : d’abord, des dangers importants pour la santé. Le directeur du site, [qui y a passé beaucoup de temps après l'accident], est mort d’un cancer. L’autre risque réside dans la pollution importante pour des dizaines, voire des centaines d’années. Le césium [un élément radioactif] possède une demi-vie de 30 ans [c'est-à-dire qu'il perd la moitié de sa radioactivité en 30 ans], mais cela peut prendre des centaines d’années pour que sa radioactivité soit nulle. Les océans vont être contaminés, et par conséquence toute la chaîne alimentaire de ce milieu aquatique. Les mollusques, notamment, ont la particularité de fixer toutes les matières radioactives, comme les champignons.

Quelle zone géographique pourrait être touchée par cette contamination ?

Il s’agit là d’un autre problème. Les particules radioactives peuvent être transportées sur de très longues distances. Elles suivent les courants et peuvent être véhiculées par les poissons sur leur trajet de migration.  N’oublions pas aussi que la radioactivité porte atteinte au génome, et que les risques peuvent donc se transmettre de génération en génération. Par exemple, en Ukraine, de nombreux enfants sont malades alors qu’ils sont nés après la catastrophe de Tchernobyl [en 1986].

Les solutions envisagées par l’exploitant Tepco vont-elles permettre d’améliorer la situation ?

Non. Tepco a toujours minimisé les risques, c’est sa stratégie de communication. La société a toujours intérêt à laisser penser qu’elle maîtrise la situation. Mais concrètement, injecter des solutions chimiques pour solidifier les nappes phréatiques ou faire croire que l’on peut pomper toute l’eau contaminée, il s’agit là de chimères. Cela ne règle rien. On va pouvoir pomper une partie de l’eau, mais la radioactivité va rester. On ne peut pas la faire disparaître. Il n’y a pas de solution. C’est pour cela qu’on s’est inquiété depuis le début. Les ennuis ne font que commencer.

Par Clément Parro Mis à jour le 07/08/2013 | 18:56 , publié le 07/08/2013 | 18:37

A lire Aussi

http://www.francetvinfo.fr/monde/japon/fukushima-on-ne-peut-pas-faire-disparaitre-la-radioactivite-il-n-y-a-pas-de-solution_386111.html

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

2011/2013 : vers une mondialisation de la « rébellion » ? (1)

2011/2013 : vers une mondialisation de la « rébellion » ? (1) dans Austérité A-Phony-Class-War_wide

Avec l’immolation du jeune vendeur tunisien de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid s’est ouverte une période de révoltes massives dans différentes régions du monde.
D’abord l’ensemble du monde arabe, contre des régimes dictatoriaux captant les richesses au profit des clans, et où la vague révolutionnaire est loin d’être finie. Au Brésil et en Turquie, dans des pays qui ont connu ces dernières décennies des transformations vertigineuses. En Afrique du Sud, dans le secteur minier et parmi les agents publics face à une sanglante répression patronale et gouvernementale. En Europe de l’Ouest, contre les politiques d’austérité et la loi inique de la troïka, avec la levée des IndignéEs espagnolEs, des manifestations massives, des journées de grève générale et d’occupations radicales d’entreprises en Grèce ou au Portugal. Nouvellement intégrés à l’Union européenne, les pays d’Europe centrale ont connu de puissantes mobilisations contre des gouvernements corrompus et austéritaires. L’écho de l’indignation s’est même fait entendre auprès du monde du travail et de la jeunesse d’Israël.
L’Inde a connu une grève générale qui a mobilisé des centaines de millions de salariéEs, et la Chine, des grèves répétées dans les entreprises industrielles tandis que les campagnes sont parcourues d’explosions contre l’accaparement des terres. En Amérique du Nord, le mouvement Occupy Wall Street, les grèves radicales des agents publics dans le Wisconsin et le profond mouvement étudiant québé- cois ont secoué le continent ces deux dernières années… Il n’y a pas une identité unique de tous ces mouvements, les formes et les degrés en sont divers. Mais ils sont l’expression sur le terrain social et politique des bouleversements engendrés par la mondialisation financière et l’é-  puisement d’un système qui se traduit dans une crise économique globale. Dans ce dossier d’été, nous allons modestement essayer de montrer, au-delà de la diversité des conditions et des rythmes, l’émergence d’un nouveau mouvement de contestation social et politique, d’une nouvelle radicalité.
Mondialisation, crises et révoltes Nous vivons une ère de révoltes massives, aux formes et aux degrés divers. Ces révoltes renvoient à deux composantes de la situation économique mondiale : la poursuite de la mondialisation capitaliste et la crise du système.
La globalisation capitaliste ébranle sociétés et liens traditionnels. C’est aujourd’hui que s’accomplissent pleinement les intuitions prophétiques de Marx dans le Manifeste : tous les liens traditionnels sont brisés « pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’hom- me, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant » (…) les eaux glacées du calcul égoïste. Elle [la bourgeoisie] a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale ».

Mardi 6 août 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 206 (01/08/13)

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Approfondissement des inégalités (2)

Approfondissement des inégalités (2) dans Austérité classwarfare
Dans les pays développés, la remise en cause des garanties collectives tend à ramener le rapport salarié-patron à un rapport individuel tandis que les emplois sont ajustés à tous les aléas de l’entreprise, même si celle-ci fait des bénéfices.

En Chine, la couche des salariés qui bénéficiaient du « bol de fer » (garantie de l’emploi et de droits sociaux) a quasiment disparu. Dans un certain nombre de pays du tiers monde, les acquis limités sont passés à la moulinette des prescriptions du FMI et de la Banque mondiale. Le chômage de masse permet de peser sur les revendications de ceux qui ont un emploi, et les jeunes en sont particulièrement victimes. La tendance à faire de la santé et de l’éducation des marchandises est prégnante. Les études de l’OCDE (organisme qui réunit les principaux pays capitalistes) montrent que les inégalités progressent dans les pays qui en sont membres depuis les années 80. Avant la crise, le revenu moyen des 10 % les plus riches représentait environ neuf fois celui des 10 % les plus pauvres. Cet écart était de 8 dans les années 90, et de 7 dans les années 80. Lors des trois premières années de la crise, entre 2007 et 2010, cet écart est passé de 9 à 9, 5…
On constate un enrichissement encore plus grand de ceux qui se situent au sommet : aux États-Unis par exemple, la part des revenus des ménages des 1 % les plus riches a plus que doublé, passant de près de 8 % en 1979 à 18 % en 2007. Aux États-Unis et ailleurs, il est de plus en plus clair que les dirigeants n’agissent que dans l’intérêt de ces « 1 % », pour reprendre la formule d’Occupy Wall Street. D’autant qu’éclatent un peu partout des affaires mettant en cause les liaisons incestueuses des hommes de pouvoir et du capital.

Aggravation de la crise La crise du système montre que « le roi est nu ». Depuis les années 80, les politiques économiques sont structurées autour la formule du chancelier social-démocrate allemand Helmut Schmidt : « Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Les profits, les capitalistes les ont engrangés des années 80 au début des années 2000. Mais ils se sont traduits par un développement exacerbé du capital fictif et de la finance, tandis que le chômage de masse devenait une donnée permanente. Cela a débouché sur la crise actuelle, initiée aux États-Unis en 2007-2008, la plus profonde depuis les années 30. Elle prend des formes différentes selon les continents avec, pour l’instant, une gravité particulière en Europe.
Malgré leurs divergences, les gouvernements de droite et de gauche sont d’accord sur des politiques visant à faire payer la crise aux dominés. Ils ont aussi appris à gérer les crises, tout au moins à éviter ou retarder les dynamiques d’effondrement du type de celle de 1929. En 2008 et depuis, ils ont ainsi ouvert largement les vannes monétaires pour soutenir les banques. Le gouvernement chinois a mis en œuvre, pour sa part, des plans massifs pour éviter un trop fort ralentissement de la croissance. Ces gouvernements ont aussi refusé les replis protectionnistes et accentué les négociations internationales pour élargir encore la liberté de mouvement des capitaux et des marchandises (comme en témoigne le début des négociations sur l’accord de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis).

La vieille taupe continue de creuser… Mais, telle la vieille taupe dont parlait Marx à propos de la révolution, la crise continue de creuser ses galeries souterraines fragilisant le sol sur lequel dansent les capitalistes. Ainsi, autrefois épicentre de l’industrie automobile américaine, la mise en faillite de la ville de Detroit pourrait ne pas être sans incidence pour certaines banques européennes. Selon le Wall Street Journal, ces banques détiendraient pas moins d’un milliard de dollars en certificats de participation, des actifs qui pourraient perdre toute valeur…
Les puissants s’acharnent à rendre ce monde à la fois incompréhensibles aux dominés et à le présenter comme inévitable. Il n’est en effet pas simple de mettre en correspondance les différentes facettes de la réalité, que l’on songe par exemple à l’écart grandissant entre terrain et lieux de prise de décision auxquelles sont souvent confrontés les salariés des entreprises qui licencient. Il n’y a pas besoin de militants anticapitalistes pour que des révoltes se développent. Parfois même, ceux-ci apparaissent marginaux par rapport à des mouvements qui les rejettent dans leur détestation globale des « politiques ». Mais la trajectoire future de ces mouvements dépendent aussi de l’existence de forces organisées se fixant explicitement et résolument l’objectif de « révolutionner la société » et aptes à penser cet objectif dans le cadre du monde transformé qui est le notre. Henri Wilno 

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : « l’esprit de Gezi » bien vivant (3)

Turquie : « l’esprit de Gezi » bien vivant dans Europe fest-noz

Fest Noz (Kurde) à Taksim

Si la « révolte de juin » a constitué une mobilisation sans précédent dans l’histoire de la Turquie, elle fut aussi une première défaite pour le Premier ministre Erdogan, une première brèche dans le projet hégémonique néolibéral-conservateur de l’AKP.
La révolte fut engendrée par le projet de destruction d’un des seuls parcs publics du centre-ville d’Istanbul pour y construire un centre commercial, mais il est évident qu’elle fut le résultat d’un ras-le-bol général. Le rejet des politiques y a été central :
- Politiques néolibérales et écocides. Précarisation et privatisations. « Rénovation urbaine » ayant pour effet le déplacement des couches défavorisées (surtout kurdes et gitanes) vers la périphérie. Construction de centrales nucléaires et hydroélectriques polluant les rivières. Projet de construction d’un troisième pont à Istanbul et d’un canal de 50 kilomètres dévastateurs pour l’environnement…
- Politiques sécuritaires et antidémocratiques. Arrestations arbitraires (envers les Kurdes, les révolutionnaires et des membres de l’armée suspectés d’avoir participé à des réunions de préparation de coups d’État). Longue période de détention préventives et procès interminables. Violences policières. Criminalisation de toute contestation. Impunité des responsables d’actes meurtriers (comme l’assassinat du journaliste arménien Hrant Dink).
- Politiques conservatrices, patriarcales et identitaires (sunnites). Tentative d’interdiction de l’avortement. Sacralisation de la famille. Cours sur le Coran et sur la vie du prophète dans l’enseignement secondaire. Restriction de la vente d’alcool. Refus d’accepter les revendications de la minorité musulmane Alévi…
À cela s’ajoutent le style autoritaire d’Erdogan et la politique interventionniste à l’égard de la Syrie. Les ingrédients de la potion magique qui transforma nombre de citoyens en « résistants ».

Préparer la prochaine vague Lors des manifestations et des affrontements, plus de 2 millions et demi de personnes ont pris part aux événements. La moyenne d’âge des résistants est de 28 ans. Des jeunes travailleurs en entreprise, des « cols blancs » en proie à la préca- risation, des lycéens… Mais le plus exceptionnel et enthousiasmant fut la participation massive de jeunes femmes, plus de la moitié des résistants ! Il faut aussi souligner une présence importante des LGBT tout autant sur les barricades que dans la « commune de Gezi », ce qui a eu comme conséquence une gay-pride de plus de trente mille personnes à Istanbul ! La résistance entraîna ainsi un contact entre différents secteurs de la société. La participation des Kurdes (réticents au début du mouvement) et des musulmans anticapitalistes et révolutionnaires fut aussi important.
Après l’évacuation violente du parc Gezi, le gouvernement a déclenché une véritable chasse aux sorcières : plus de 700 gardes à vue et une quarantaine d’arrestations. Cependant, la mobilisation continue à travers les forums nocturnes dans les parcs de quartiers et diverses activités locales comme les repas de rupture du jeûne (iftar) organisés par les musulmans anticapitalistes. Bien entendu, le risque d’essoufflement du mouvement existe, mais la rentrée et l’ouverture des universités peuvent le ­revivifier. La gauche radicale doit se préparer à la prochaine vague de mobilisation, car quoi qu’il en soit, « l’esprit de Gezi » ne s’épuisera pas facilement. Les murs  de la ville en témoignent : « Rien ne sera plus comme avant ! » D’Istanbul, Uraz Aydin http://npa2009.org/node/38413

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Le vent de la révolte atteint les USA (4)

Le vent de la révolte atteint les USA (4) dans Austérité wisconsin3.banner Sénat local occupé!

Le 17 septembre 2011, environ un millier de personnes manifestent dans le parc Zuccotti près de Wall Street, à New York et érigent des installations de fortune, « occupant » l’endroit.

Au cours des semaines suivantes, plusieurs centaines de manifestants vivent et dorment dans le parc. Le mouvement s’étend à 600 villes puis dans d’autres pays… La brutalité de la police contribua à étendre le mouvement et à lui attirer une très large sympathie. Des militants syndicalistes participèrent aux manifestations ainsi que des travailleurs du rang, et cela dans tout le pays, même s’il ne s’agit que d’une petite minorité. Phénomène minoritaire mais d’une grande importance dans un contexte où la classe ouvrière n’est pas active politiquement. Les manifestants affirmaient les liens de leur mouvement avec ceux de Grèce, d’Espagne ou d’Égypte, mouvement qui prit tout de suite une dimension internationale.
Zuccotti Park se trouve à deux pas de Ground Zero où venait d’être commémoré le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Cette proximité soulignait le sens du mouvement, la rupture avec un décennie marquée par la « guerre contre la terreur », débauche de patriotisme alors que les folies spéculatives des banques préparaient la crise financière de 2008.

Une critique radicale au cœur du système Occupy Wall Street était une réponse au Tea Party, reprenant à son compte les idéaux trahis de la révolution américaine et les références à la Constitution, une contestation aux accents libertaires combinés dans un refus unificateur de la dictature des 1 % contre les 99 %. La contestation a convergé dans la dénonciation de cette prétendue démocratie qui laisse les mains libres à une minorité qui s’accapare les richesses produites par la majorité, qui renfloue les banques mais ne fait rien pour venir en aide aux Amé- ricains surendettés. Victoire politique indiscutable du mouvement, celui-ci a rompu le silence sur les inégalités, sur la scandaleuse accu- mulation de richesses entre les mains d’une minorité, pour exiger la démocratie, le droit pour le plus grand nombre de contrôler et de décider.
Le mouvement avait été précédé durant l’hiver 2011, juste après qu’eut explosé la révolution égyptienne, par la « Bataille du Wisconsin ». Celle-ci fut provoquée par l’offensive anti-ouvrière et anti-syndicale du gouverneur Walker après que les Républicains eu- rent gagné la majorité, en jouant sur la colère et la déception suscitées par l’absence de changement depuis l’élection d’Obama. Travailleurs, enseignants, lycéens se sont mobilisés, mis en grève, et des appels à « taxer les riches ! » se sont fait entendre. La place du capitole de Mil- waukee a été occupée à l’instar de la place Tahrir, un mouvement parti de la base qui a bousculé les bureaucraties syndicales et démocrates, un renouveau d’actions, d’initiatives, de conscience militante. Si la lutte n’a pu imposer le départ de Walker, elle a participé d’un renouveau de l’activité politique des travailleurs comme il y a huit mois la grève victorieuse des enseignants de Chicago, ainsi que les manifestations qui ont suivi à travers tout le pays le scandaleux acquittement de l’assassin du jeune noir Trayvon Martin.
Autant de pas dans le sens d’une rupture avec l’influence des Démocrates sur les Noirs, les travailleurs, une rupture nécessaire pour que les germes de la contestation politique semés par Occupy Wall Street puissent féconder un mouvement politique indépendant représentant les intérêts politiques des 99 %. Yvan Lemaitre http://npa2009.org/node/38413

 

08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Europe : « nouvelle vague » de résistances (5)

Europe : « nouvelle vague » de résistances (5) dans Austérité 718879_manifestation-contre-les-banques-le-12-mars-2012-a-madrid

L’Union européenne demeure aujourd’hui encore le premier bloc économique mondial, devant les USA, le Japon et la Chine.

Mais il s’agit d’un continent en crise à tous les niveaux : la dynamique capitaliste la plus essoufflée et la plus hétérogène, des acquis sociaux pilonnés, des forces politiques dominantes bousculées, et des perspectives d’avenir très sombres aux yeux de populations partagées entre la rage et la sidération.

Depuis l’explosion de la bulle de la finance et du crédit en 2008-2009, les classes dominantes ont basculé dans une logi- que de guerre sociale à outrance.

Pour empêcher l’effondrement du système à court terme, les gouvernements européens ont pris en charge la dette bancaire. Depuis, ils s’appuient sur la mise en exergue de la crise pour imposer deux idéaux/dogmes pourtant mortifères : la « recherche de compétitivité » exacerbée et la réduction rapide de la dette publique des États. Dans les faits, ils amplifient la récession économique, le saccage social et écologique, et tendent à jeter les peuples les uns contre les autres. Ainsi, sous l’égide de la troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI) mandatée pour la réduction des dettes publiques, on a vu depuis trois ans en Grèce, en Irlande, au Portugal ou en Espagne, une destruction sociale sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Licenciements massifs et baisse de 10 à 40 % des salaires des fonctionnaires et des pensions de retraite ; montée rapide du chômage au-delà de 20 % ; liquidation de services sociaux et sanitaires essentiels ; privatisations sauvages de pans entiers du secteur public… Mais les économies étant étouffées par la récession, les dettes publiques continuent de monter, et dans tous les autres pays, membres de l’Euro ou pas, les plans gouvernementaux ont monté de plusieurs crans dans l’austérité.

Renouveau des mouvements de masse Face à un tel saccage social, les réactions d’un mouvement syndical traditionnel et routinier ont été largement insuffisantes. Des mouvements de désespoir sont apparus dans les populations sous pression, marqués par des suicides comme en Grèce, en Bulgarie et même en France. Une extrême droite nationaliste et raciste, protéiforme mais partout péril mortel, surfe sur la crise.
Mais à partir de l’exemple des insurrections en Tunisie et en Égypte début 2011, une nouvelle phase d’explosions sociales s’est ouverte. Les grandes vagues d’occupation de la place Syntagma à Athènes, le mouvement des Indignés ou « 15-M » dans l’État espa- gnol, son équivalent au Portugal, ou les masses qui continuent d’assiéger le parlement en Bulgarie, ont inauguré un nouveau type de mouve- ments de masse, qui s’est redéployé ailleurs dans le monde. Il s’agit de mouvements de citoyens exaspérés par la précarisation sociale, écœu- rés de la vie politique classique, de ses mensonges et de sa corruption, qui demandent ouvertement des comptes au système capitaliste et exigent la démocratie. Ils s’organisent par en bas, à partir de l’occupation permanente et la plus massive possible de la place publique trans- formée en Agora démocratique, et ont permis la mobilisation de millions de citoyens.

De la radicalité sociale au pouvoir politique Ces mouvements sont pour l’instant rarement parvenus à la chute immédiate de gouver-nements arque-boutés à leur pouvoir, et marqués par la complicité de fond entre les partis de droite et la social-démocratie européenne. Mais ils ont permis à de larges masses de reprendre confiance dans le collectif, fait émerger de nouvelles générations et ont pu ensuite struc- turer d’autres mouvements, pour le logement et contre les expulsions dans l’État espagnol, pour la santé en Grèce, etc. Une des faiblesses est que jusqu’à présent ces mouvements ne parviennent pas à se structurer sur les lieux de travail. Or, il s’agit bien des lieux décisifs où se joue la marche ou le blocage du système dominant !
Le deuxième enjeu pour que de tels mouvements débouchent sur une alternative progressiste à la crise, c’est le passage de la grande radicalité des revendications, à leur articulation, pour postuler à remplacer l’oligarchie capitaliste au pouvoir, par le pouvoir démocratique des masses exploitées mobilisées. Ces réflexions pourtant urgentes n’en sont aujourd’hui qu’à leurs balbutiements là où les explosions sociales sont en cours, en Grèce, dans les Balkans ou dans la péninsule ibérique. Dans l’épine dorsale d’une Union européenne discréditée (Allemagne, France, Benelux, Italie, Grande-Bretagne…), ces réflexions devront aussi s’appuyer sur les nouveaux mouvements sociaux, pour relancer la solidarité internationale des peuples et battre un ennemi commun partout à l’offensive.
Jacques Babel http://npa2009.org/node/38413

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