Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale dans Santé solidaires-209x300

La protection sociale, variable d’ajustement des politiques d’austérité :

Comme dans tous les autres pays d’Europe, la crise de la dette, la mise en place de politiques d’austérité sont le prétexte à l’attaque de la protection sociale sous toutes ses formes (santé, action sociale, retraites, politique familiale, systèmes de sécurité sociale, assurance chômage…).

Le gouvernement n’a pas rompu avec la politique de Sarkozy.

Les plans d’économie de la sécurité sociale concernent tous les domaines : une grande partie de la population n’a plus accès aux soins et y renonce. Les dépassements d’honoraires et les déremboursements des soins coûtent de plus en plus cher.  La désertification sanitaire s’amplifie par la fermeture d’hôpitaux et de services de proximité.  Les politiques d’austérités aggravent la précarité et créent une misère croissante. Dans le même temps les réponses sociales, pour garantir les droits de la population, ne sont plus à la hauteur des enjeux (diminution drastique des budgets sociaux). Les premières victimes de la crise : les chômeurs-ses, les jeunes précaires et les retraité-e-s, les malades et les handicapé-e-s, se voient privés de leurs principaux droits à la santé, au logement, à un revenu décent dans tous les cas où ils sont privés des revenus du travail.

La santé, l’action sociale, la Sécurité Sociale, les retraites : c’est l’affaire de tous.

Le droit à la santé et à la protection sociale ne sauraient être l’apanage des seuls professionnel-le-s. C’est l’ensemble de la population qui a le devoir de se mobiliser pour préserver les outils de solidarité. Il y a urgence à agir contre la voracité des assurances privées, des multinationales de la santé (pharmacie, groupe de cliniques privées) et du secteur bancaire !

La santé n’est pas une marchandise, le social n’est pas à vendre !

L’Union syndicale SOLIDAIRES s’inscrit totalement dans la campagne unitaire du collectif Notre Santé en Danger qui regroupe des Associations d’usagers, des comités de défense des hôpitaux de proximité, des syndicats professionnels (Fédération SUD Santé Sociaux, Fédération CGT Santé Action Sociale…), des partis politiques…

Grèce, Espagne, Portugal laboratoires de la marchandisation de la santé et de la protection sociale.

Le FMI, la Banque Centrale Européenne, et tous les gouvernements ont soumis tous les peuples d’Europe à un plan concerté, décliné différemment dans chaque pays qui vise à détruire une protection sociale solidaire et égalitaire, une santé et une action sociale accessible à tous partout et tout le temps.
Depuis des mois, une mobilisation très importante existe dans ces trois pays. Etre solidaires, c’est d’abord construire la mobilisation dans notre pays pour éviter demain la destruction, partout, des principales conquêtes sociales.

Retraites : contre leurs mauvais coups, organisons-nous !

A la grande satisfaction du patronat, le gouvernement annonce une nouvelle contre – réforme des retraites. Allongement de la durée de cotisations, diminution des pensions, décote, … comme en 1993, en 2003, en 2007, en 2010, on va nous dire qu’il faut « sauver les retraites » alors que leur objectif est de diminuer les droits des travailleurs et des travailleuses.  La fin des exonérations de cotisations sociales, le règlement de la dette patronale, l’arrêt de la fraude sociale du patronat, ainsi qu’une autre répartition de la richesse créée, plus favorable aux salarié-e-s, pourrait garantir nos retraites pour très, très longtemps !  Le gouvernement préfère prendre dans la poche des salarié-e-s et des retraité-e-s que de s’affronter réellement au « monde la finance » qui s’alimente en parasite de la richesse créée par le travail ! La mobilisation c’est maintenant !

http://www.solidaires.org/article44664.html

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al’E)

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al'E) dans Altermondialisme bangladesh

«Prie pour les morts et bats-toi férocement pour les vivants!»
Mother Jones (1837-1930)

Alors que le nombre de morts parmi les travailleuses du textile dans l’effondrement d’un bâtiment au Bangladesh a atteint plus de 1100 personnes, il est temps de commencer à protéger les vivants de prochains «accidents» ainsi que de la pauvreté écrasante de salaires de famine. Déjà, alors que j’écrivais cet article, au moins deux travailleurs ont été tués au Cambodge à la suite de l’effondrement du toit d’une usine de baskets. Lorsque des entreprises transnationales sont prises dans un désastre aussi terrible pour leurs «relations publiques» que la mort des travailleuses au Bangladesh, la réponse classique consiste à annoncer qu’elles vont signer un code de conduite afin d’assurer que cela ne surviendra jamais plus. Ces codes de conduite possèdent généralement deux choses en commun: ils sont inefficaces et n’apportent pas grand-chose si ce n’est rien dans la capacité des travailleuses à se défendre elles-mêmes. Dans les semaines qui ont suivi le désastre du Bangladesh, un groupe d’entreprises transnationales – comprenant Calvin Klein, Tommy Hilfiger et Izod – ont bien entendu annoncé soutenir un nouveau code de conduite dont elles affirment qu’il encouragera des normes de construction sûres en mettant en place des inspections d’usine indépendantes. Elles ne prétendent même pas «allouer» des salaires décents, des conditions de travail sûres ni même le droit d’organiser des syndicats.

Ainsi que deux journalistes du New York Times, Steven Greenhouse et Jim Yardley, l’écrivent la réalité est que «non seulement les salaires sont les plus bas au monde, mais aussi que les syndicats, qui font face à des obstacles à leur organisation, sont largement absents des usines textiles. Certaines travailleuses qui ont tenté d’organiser des syndicats ont été licenciées ou harcelées.»  Mais même ce nouveau code inefficace a pourtant été considéré comme allant trop loin par des entreprises comme Gap et Traget, ainsi que pour Wal-Mart et J.C. Penny, qui vendent des jeans fabriqués dans l’édifice qui s’est effondré. Gap a déclaré qu’elle craignait que des entreprises américaines soient poursuivies en justice si des travailleuses mouraient dans un incendie d’usine ou dans son effondrement.

Il existe des dizaines de ces codes de conduite. Dans son ouvrage Monitoring Sweatshops [littéralement «surveiller les ateliers de sueur»; Ed. Temple University, 2004], Jill Eshenshade cite Enriqueta Soto, une travailleuse du vêtement qui a travaillé dans une entreprise de Los Angeles «soumise» à ces codes: «J’ai travaillé pendant 17 ans dans l’industrie textile. Mon expérience dans cette industrie était vraiment difficile. Dans la plupart des ateliers aucun salaire minimum n’est garanti. Le travail supplémentaire n’est pas payé. Les vacances ne sont pas payées. Il n’y a pas de congés payés. Nous n’avons pas d’assurance-maladie. Selon mon expérience, là où existe un système de contrôle les conditions sont identiques. Nous ne pouvions pas nous plaindre auprès des personnes qui faisaient ces contrôles. Lorsque l’une de mes collègues a décidé de parler aux fabricants, lorsqu’elle a décidé d’élever la voix, ils ont simplement décidé de nous punir, ils nous ont donc retiré le travail. Ainsi 400 d’entre nous avons perdu notre emploi. Ils ont fermé l’usine.»   

La Fair Labor Association (FLA – Association pour le travail juste) soutient le code de contrats d’entreprise le plus connu. Ce code se présente avec un pedigree d’entreprise impeccable puisqu’il a été créé par des entreprises transnationales du vêtement en accord avec le président d’alors, Bill Clinton. La FLA est financée par les mêmes entreprises qu’elle est censée contrôler parmi lesquelles Nike, Reebok et Adidas. Aussitôt que les entreprises signent le code FLA, elles peuvent coudre un label sur leurs vêtements certifiant qu’ils ont été produits dans de justes conditions. Il ne s’agit pas seulement de bonne publicité, mais il y a très peu de risques qu’elles soient attrapées violant le code. Seules 10% des usines d’une entreprise sont inspectées chaque année et les entreprises peuvent sélectionner leurs propres contrôleurs. Dès lors qu’une entreprise sait à l’avance quelles sont les usines qui seront contrôlées, il faudrait être incroyablement idiot ou paresseux pour être attrapé. Bien que le code de conduite comprenne la «reconnaissance des droits des travailleurs à la liberté d’association et à la négociation collective», le FLA protège avec constance les entreprises contre les travailleurs:

• L’entreprise Primo, au Salvador, qui a signé sa participation à la FLA, Eddie Bauer, a licencié et placé sur liste noire les membres syndiqués de son usine de telle sorte qu’aucune autre entreprise ne les emploie.

• Les travailleurs de l’usine mexicaine Kukdong, qui fabrique des chaussures pour Nike, furent battus par la police antiémeute alors qu’ils revendiquaient leurs droits. Nike a fait mention de Kukdong comme d’une usine modèle.

• Des centaines de travailleurs de l’usine PT Victoria, en Indonésie, ont perdu leur emploi après avoir travaillé plusieurs tours de 24 heures afin de terminer des commandes passées par Eddie Bauer. La FLA a accrédité les standards de travail d’Eddie Bauer malgré le fait qu’elle devait plus d’un million de dollars aux travailleurs.

• Gildan Acrivewwear, un autre adhérant de la FLA, a licencié illégalement plusieurs dizaines de travailleurs qui tentèrent d’organiser un syndicat. Cela n’a pas empêché la FLA de garder Gildan comme membre de plein droit.

 La United Students Against Sweatshops (USAS – Etudiants unis contre les «ateliers de sueur») a développé le Workers Rights Consortium (WRC – consortium des droits des travailleurs) comme alternative à ces codes de conduite pro-entreprise. L’USAS a apporté le dynamisme des mouvements étudiants dans les campagnes pour la responsabilité sociale [des entreprises] par des sit-in, des débats publics et des manifestations ainsi qu’en faisant parler dans les universités de véritables travailleurs de sweatshop. Le WRC exige des entreprises qui fabriquent des vêtements pour les collèges et les universités de respecter un code qui comprend des salaires décents, la protection des droits des femmes, une information publique, des contrôles indépendants ainsi que – ce qui est peut-être le plus important de tout – le droit d’organiser des syndicats. Les universités parties achètent des vêtements provenant uniquement des fabricants qui adhèrent à ce code. Les entreprises qui violent le code peuvent perdre leur accord de licence ainsi que, avec elle, l’accès au business lucratif que constitue la vente de vêtements portant le nom et le logo d’universités.

A la différence de la FLA, le WRC contrôle 30% de toutes les usines couvertes par le code et toutes les usines dans un pays dans lequel les droits élémentaires des travailleurs sont inexistants. Les syndicats locaux, des associations des droits humains ainsi que des groupes religieux, et non les entreprises, décident quelles sont les usines à inspecter. Lorsqu’ils discutent avec des travailleurs cela se passe dans des localités éloignées des usines, dans un endroit choisi par les travailleurs eux-mêmes. C’est là une garantie à ce que les employeurs n’interfèrent pas dans les contrôles. L’importance de l’USAS et du WRC va au-delà du nombre de travailleurs couverts par leur code, fabriquant des vêtements pour le relativement petit marché des collèges et universités. Ces groupes font la démonstration que les entreprises peuvent être contraintes à payer des salaires décents et à fournir des conditions de travail sûres plutôt qu’œuvrer dans des ateliers de sueur. Par-dessus tout, en insistant sur le droit d’organiser des syndicats, ils permettent aux travailleurs et travailleuses d’être eux-mêmes en capacité de gagner les changements dont ils ont besoin.

Les travailleurs et travailleuses n’ont pas besoin de contrôleurs indépendants pour identifier les problèmes dans leurs ateliers. Les travailleurs et travailleuses du vêtement qui sont morts dans le bâtiment qui s’est effondré au Bangladesh savaient que la structure était dangereuse: ils-elles ne sont entrés qu’une fois que les employeurs les menacèrent de baisser leurs salaires ou de les licencier. Les travailleurs n’ont pas besoin de statisticiens pour évaluer le montant d’un salaire décent: ils connaissent la réalité quotidienne qui est celle de tenter de nourrir leurs familles. Tout ce dont les travailleurs et travailleuses ont besoin c’est de la capacité de réaliser des changements qui leur soient favorables, des changements qu’ils maîtrisent, au cours de conflits. Cela débute par la reconnaissance des syndicats et la négociation collective, qui est le résultat d’une bataille, un moment de «paix» dans une lutte de longue durée. Les étudiant·e·s du monde et les syndicats ensemble peuvent aider fortement les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie en combattant pour les droits des travailleurs autour de la planète. C’est ce qui fait de la United Students Against Sweatshops et du Workers Rights Consortium un espoir pour l’avenir.

Publié par Alencontre le 27 – mai – 2013 Par Sandy Boyer (Traduction A l’encontre;  article publié le 21 mai 2013 dans SocialistWorker.org)

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

En direct des ondes patronales (Acrimed)

En direct des ondes patronales (Acrimed) dans Médias, culture pla1

Les « matinales » et les « rendez-vous » politiques des grandes radios, bien qu’ils n’aient pas l’impact des JT en termes d’audience, font référence dans le paysage de l’information.

Aussi, la qualité du traitement des grands dossiers socioéconomiques y apparaît-elle particulièrement cruciale. La comparaison, au sein de quelques-unes de ces émissions radiophoniques, du nombre d’invitations réservées aux représentants du patronat et des milieux d’affaires d’un côté, et des syndicats de salariés de l’autre, semblait pouvoir constituer un bon indice du pluralisme qui y a cours. Résultat ? Une victoire par KO des représentants du patronat [1].

Une présence démesurément patronale

Le décompte détaillé des invitations (voir ci-dessous) montre que les « grands rendez-vous » de l’information des principales radios ne s’encombrent pas avec la recherche d’un quelconque équilibre : 151 invitations pour les représentants du patronat et des milieux d’affaires (71,9 %), et 59 seulement (28,1 %) pour ceux des syndicats de salariés. La distorsion devient même vertigineuse lorsque l’on sait que la France compte 2,7 millions d’entreprises, et donc autant d’entrepreneurs, pour… dix fois plus d’actifs (28,4 millions) ! Pis encore : en dehors de Laurence Parisot, ce sont des représentants de la centaine d’entreprises qui dépassent le seuil de 5 000 salariés qui monopolisent la parole, les représentants des petites et moyennes entreprises n’ayant pas droit de cité au micro des «  grands intervieweurs ». Ce qui ne veut pas dire que leur situation n’est pas régulièrement convoquée à l’antenne par les éditocrates pour justifier des politiques toujours plus favorables à toutes les entreprises. RMC s’illustrant particulièrement dans cette exercice (Voir p. , « À quoi sert RMC ? »).

Et comme si cette écrasante domination des employeurs dans les émissions d’information générale ne suffisait pas, la plupart des grandes radios dédient des programmes spécifiques au monde de l’entreprise.

- Sur « Europe 1 soir », entre 22h30 et 23h, presque chaque jour de la semaine, Jean-Michel Dhuez accueille chaleureusement des représentants patronaux à son micro dans son « interview éco » ;

- Sur France Info, Olivier de Lagarde se contente d’une cajolerie hebdomadaire, le samedi matin, sachant que Jean Zeid offre déjà l’hospitalité du lundi au vendredi aux « entrepreneurs du nouveau monde » tournés vers « l’univers high-tech » ;

- Sur France Inter, le samedi matin entre 9h10 et 10h, Alexandra Bensaïd reçoit presque qu’exclusivement des représentants patronaux dans « On n’arrête pas l’éco », tandis qu’à 7h43 le même jour Brigitte Jeanperrin profite de son « interview éco » pour converser courtoisement avec de nombreux représentants des milieux d’affaires.

Encore convient-il de ne pas oublier, , pour que le tableau soit complet, les chroniqueurs économiques emmenés par les Eric Le Boucher et Axel De Tarlé sur Europe 1, Emmanuel Cugny sur France Info, Dominique Seux et Nicolas Beytout sur France Inter, Nicolas Doze sur RMC, Jean-Louis Gombeaud et Christian Ménanteau sur RTL Et c’est peu de dire que leurs chroniques, comme d’ailleurs les lignes éditoriales des émissions consacrées à l’économie, font peu de place aux préoccupations, aux intérêts ou aux points de vue des salariés… Quant aux « experts » et économistes qui irriguent de leur omniscience l’ensemble de ces programmes, il va sans dire que leur « neutralité » nourrie d’orthodoxie libérale ne saurait trop heurter les consciences patronales.

Une déférence assurément bienveillante

Et « les grandes voix » des radios savent faire preuve d’une cordialité toute mondaine lorsqu’ils font face aux représentants des milieux d’affaires. Ainsi de Jean-Jacques Bourdin qui ne cache pas son plaisir immense, mâtiné de fascination et de connivence, de recevoir le 15 février le PDG de Total, Christophe de Margerie : « Merci d’être avec nous, ça me fait plaisir de vous recevoir, c’est la première fois que vous venez sur RMC et BFMTV le matin, c’est vrai qu’on vous surnomme l’oriental ou big moustache ? c’est vrai ça ?[...]Big moustache, c’est plutôt sympa d’ailleurs , dites moi mieux vaut être PDG de Nissan que PDG de Total… Parce qu’on gagne quatre fois moins quand on est PDG de Total Christophe de Margerie ! » Et quand il est fait référence au gigantisme du pétrolier et à ses profits mirifiques, Jean-Jacques Bourdin s’esclaffe d’admiration : « C’est énorme … Etre à la tête d’une entreprise qui fait 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires… » Devant une telle déclaration d’amour, Laurent Bazin ne pouvait pas rester inerte. Le 21 février sur RTL, à la fin d’un entretien déjà très courtois entre Jean-Michel Aphatie et Laurence Parisot, il ne peut qu’adresser un dernier compliment à la présidente du Medef : « Vous reviendrez, on vous accueillera evidement avec plaisir sur RTL comme toujours . »

Confronté à une telle concurrence, le 10 janvier sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach, dont l’obséquiosité à l’endroit des puissants est proverbiale, avait su lui aussi recevoir la présidente du Medef avec tous les honneurs (patronaux) dûs à son rang : « Vous vous rendez compte Bruce[Toussaint], la dernière séance de négociation avec les syndicats commence dans 40 minutes, Laurence Parisot merci d’être là avec nous c’est assez exceptionnel […] Les 45 patrons du conseil exécutif du Medef réunis hier soir vous ont auditionné, d’après ce qu’on m’a raconté, on vous a applaudi . C’est vrai ?. » La suite est à l’avenant. Les quelques questions sont autant de perches tendues à Laurence Parisot pour l’aider à montrer tout ce que l’organisation patronale accepte de concéder aux syndicats et sa générosité envers les salariés – manière d’insiter sur l’unanimité du Medef derrière ses négociateurs et donc de souligner en creux les divisions syndicales.

Quand son invitée du jour, s’empêtre dans des considérations techniques sur la question de la taxation des CDD (en s’efforçant pour montrer que la puissance publique n’est pas plus vertueuse que les patrons et que la demande des syndicats de les taxer est en conséquence plutôt mal venue), Jean-Pierre Elkabbach vole à son secours : « L’État et les collectivités locales utilisent moins, ou est-ce qu’ils utilisent plus de CDD que vous les patrons ? » Laurence Parisot, qui n’en demandait pas tant, n’a plus qu’à remercier son porte-parole : « Vous avez raison de mettre ça en avant, l’essentiel de cette croissance, 60% est de la responsabilité des administrations publiques. » Dans le même registre, le 14 février sur France Info, Raphaëlle Duchemin invitait Philippe Varin, président du directoire de PSA, à « accélérer cette fermeture [de l’usine d’Aulnay] compte tenu des tensions qui s’y déroulent. » Nous ne savions pas que le rôle d’un journaliste était d’organiser des plans de licenciements massifs…

Et quand un « passeur de plats » semble pousser son hôte dans ses retranchements, comme lorsque Jean-Jacques Bourdin sembla acculer Christophe de Margerie sur le gaz de schiste le 15 février, l’animateur se retrancha rapidement derrière un « chauvinisme de terroir » tout personnel : « Vous savez pourquoi vous ne m ’avez pas convaincu ? Parce que je défends mon territoire, je défends mes Cévennes que j’aime tant. » Faut-il comprendre que Total peut continuer ses recherches partout ailleurs dès l’instant où il ne perturbe pas le confort de l’animateur ? Jean-Jacques Bourdin, le « nombril du monde » ? Pas exactement. Sous couvert d’impertinence, il ne s’agissait, finalement que d’entretenir, en toute cordialité, la simulation d’un affrontement, comme l’indique le mot de la fin deJean Jacques Bourdin : « Merci Christophe de Margerie d’avoir joué le jeu.  »

Cette déférence ostentatoire de journalistes (ou du moins de ceux qui appartiennent à l’élite de la profession) à l’égard des éminences patronales n’a rien de surprenant. Le 10 septembre 2007 déjà, sur son blog, Jean-Michel Aphatie exprimait sa grande fascination pour ces grands capitaines d’industrie, et ne manquait pas de cajoler à nouveau le PDG d’une firme automobile, le 15 février 2013, à l’occasion d’un entretien emprunt d’une déférence évidente : « Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan était l’invité du Grand Jury, dimanche. L’occasion de faire avec lui un tour d’horizon des problèmes particuliers de l’activité automobile, abordés avec beaucoup d’assurance et un grand sens de la pédagogie par le constructeur automobile. »

Et Jean- Jacques Bourdin, le 15 février n’oublia pas de faire la révérence de vant son invité : « Mais non, vous n’êtes pas un ennemi Christophe de Margerie. » On respire… Et l’on se souvient alors que l’animateur de la matinale de RMC se plaît à fraterniser avec ses illustres interlocuteurs : la fréquentation assidue de son propriétaire, Alain Weill, dont il est par ailleurs le conseiller, lui a permis de devenir son… ami, comme il l’avait révélé à l’occasion d’une conversation très confraternelle avec Guillaume Erner de France Inter et de Christophe Ono-dit-Biot du Point, le 22 décembre 2010 lors de l’émission de la radio publique « Souriez, vous êtes informés ».

Force est de constater que le contraste est saisissant avec la réception des syndicalistes… pour lesquels les « matraques » (verbales…) sont souvent de sortie ! Que ce soit pour Christian Mahieux (le 16 janvier 2009), Xavier Mathieu (le 21 avril 2009), Mickaël Wamen (les 3 et 12 février), Jean-Pierre Mercier (les 20 juillet 2012 et 3 février 2013) et Edouard Martin (le 3 février 2013 liens) invités t respectivement par Jean-Michel Aphatie, David Pujadas, Pascal Clarke, ’Eric Brunet ou Jean-Pierre Elkabbach. C’est ce que permettent de vérifier, à titre d’exemple les interrogatoires conduits par Pascale Clark et Jean-Pierre Elkabbach.

Benjamin Accardo, Blaise Magnin, Denis Perais

Annexe : Décompte précis par station

- Europe 1 : entretiens matinaux de Bruce Toussaint, Jean-Pierre Elkabbach et leurs remplaçants + « Le Grand-Rendez-Vous » :
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (8) + FO (2) + Union syndicale Solidaires (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 68. Laurence Parisot : 8 ; autres : 60 dont dont Jacques Attali (5) et Alain Minc (3)

- RTL  : entretiens matinaux de Jean-Michel Aphatie et ses remplaçants + « Le Grand-Jury » :
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (10) + FO (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 39. Laurence Parisot : 10 ; autres : 29 dont Jacques Attali (1) et Alain Minc (1)

- RMC : entretiens matinaux de Jean-Jacques Bourdin et ses remplaçants :
- Syndicats : 5. CFDT (2) + FO (2) + CGT (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 13. Laurence Parisot : 4 ; autres : 9

- France Inter : entretiens matinaux de Daniel Cohen et ses remplaçants + « Radio France Politique » devenu « Tous politiques » :
- Syndicats : 11. CFDT (5) + CGT (4) + FO (2)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 18. Laurence Parisot : 1 ; autre : 17 dont Jacques Attali (2)

- France Info : entretiens matinaux de Raphaëlle Duchemin et ses remplaçants :
- Syndicats : 9. CFDT (5) + CGT (2) + FO (2)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 13. Laurence Parisot : 3 ; autres : 10 dont Jacques Attali (1)

- Total  :
- Syndicats : 59. CFDT (24) + CGT (25) + FO (9) + Union syndicale Solidaires (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 151. Laurence Parisot : 26 ; autres 125 dont Jacques Attali (8) et Alain Minc (5) [2]

Notes

[1] Nous avons comptabilisé leurs passages respectifs aux micros matinaux d’Europe 1 (Jean-Pierre Elkabbach et Bruce Toussaint), France Info (Raphaëlle Duchemin), de France Inter (Daniel Cohen), RMC (Jean-Jacques Bourdin) et RTL (Jean-Michel Aphatie) du 18 juin 2012 au 11 mars 2013, Les « Grand-Jury RTL » (du 3 septembre 2006 au 10 mars 2013), « Grand-Rendez-Vous » d’Europe 1 (du 2 janvier 2011 au 10 mars 2013), et « Radio France Politique » devenu « Tous politiques » sur France Inter (du 4 septembre 2011 au 10 mars 2013).

[2] Jaccques Attali et Alain Minc ont été comptabilisés comme représentants du patronat puisqu’ils sont eux-mêmes dirigeants d’entreprise : le premier est président de plaNet Finance, le second d’AM Conseil.

par Benjamin Accardo, Blaise Magnin, Denis Perais, le 27 mai 2013 http://www.acrimed.org/article4051.html

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le nucléaire détruit le cerveau : la preuve définitive est enfin apportée (Odn)

Le nucléaire détruit le cerveau : la preuve définitive est enfin apportée (Odn) dans Ecologie & climat bens

On s’en doutait fortement : le nucléaire attaque directement au cerveau.

C’est désormais définitivement prouvé « grâce » au dénommé Jans Bens, directeur général de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), l’autorité de « sûreté » nucléaire de la Belgique. Pour « justifier » sa décision de remise en service des réacteurs fissurés, ce triste sire n’a rien trouvé de mieux que d’affirmer que « Les éoliennes sont plus dangereuses que les centrales nucléaires ». Cela dit, si Jans Bens est grassement rémunéré pour mettre la population en danger et se moquer du monde, il n’est finalement qu’un symptôme de la déliquescence de nos sociétés « modernes ».  En effet, avant de diriger la prétendue « sûreté » nucléaire, Jans Bens était directeur de la centrale nucléaire de Doel… où l’on trouve justement un des deux réacteurs fissurés. Le contrôlé est donc devenu contrôleur, preuve que la Belgique n’est plus qu’une pauvre république bananière à la démocratie factice. On se croirait en France !

Cerise sur le gâteau : entre Doël et l’AFCN, Jans Bens a été directeur adjoint de la World Association of Nuclear Operators (WANO), regroupement de la plupart des exploitants de centrales nucléaires. Sur son site web, la Wano explique elle-même les raisons de sa création en 1989 : « Suite à l’accident tragique survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl, les exploitants nucléaires dans le monde étaient déterminés à travailler ensemble pour s’assurer qu’un tel accident ne se reproduise jamais. » (cf http://bit.ly/Z1HaZO )  Or, il s’est reproduit, à Fukushima, signant la totale déconsidération des gens de la WANO… ce qui ne les empêche pas de parader et, entre autres forfaitures, de placer un des leurs à la tête de la « sûreté » nucléaire belge, pour relancer les réacteurs fissurés. On comprend alors mieux le rire ignoble de Jans Bens : http://bit.ly/18ROQli
Article de RTL Belgique : http://bit.ly/18ROQli  « Les éoliennes plus dangereuses que les centrales nucléaires »

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Enfouissement criminel des déchets radioactifs : le projet prend l’eau ! (ODN)

Enfouissement criminel des déchets radioactifs : le projet prend l'eau ! (ODN) dans Ecologie & climat 1357538026-s8a-300x240

Que des opposants courageux et motivés sabotent pacifiquement le pseudo débat public sur l’enfouissement des déchets radioactifs, on pouvait s’en douter.

Ce fut fait et bien fait, l’Est-Républicain reconnaît d’ailleurs qu’ « aucun manifestant ni membre des forces de l’ordre n’a reçu le moindre coup hier soir à Bure ». Bravo !Par contre, ce que les enfouisseurs n’avaient pas prévu, c’est que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) jette un pavé dans la mare (ou un fût dans l’océan). Il est vrai qu’il est plus facile pour les inspecteurs de pointer les tares d’un projet lointain que de faire fermer par EDF un réacteur actuellement en fonction. L’ASN précise donc que « si la création d’une installation de stockage géologique profond est autorisée, le décret d’autorisation devra comprendre un inventaire définissant en nature et en volume maximal les déchets pouvant y être stockés ». Or les exploitants (EDF, Areva, CEA) n’ont aucune envie de reconnaître qu’ils veulent se débarrasser à Bure d’incommensurables quantités et volumes de cochonneries radioactives : cela ferait exploser la facture officielle du projet. Selon la bonne vieille habitude du lobby de l’atome, les surcoûts doivent être annoncés plus tard, au fur et à mesure, et lorsque le projet est « trop avancé pour s’arrêter maintenant ». Si l’on oblige ces braves gens à avouer d’emblée la réalité de la facture, c’est plus du jeu ! Le crime de l’enfouissement prend l’eau au figuré, comme c’est le cas au « propre » (façon de parler) en Allemagne à Asse (rappel par exemple : http://bit.ly/19ajG8P ). Pas sûr que cela suffise à stopper les fous de l’atome, mais il est toujours permis d’y croire…

Article d’Actu-environnement : http://bit.ly/184kFbK
« ASN : réévaluer l’inventaire des déchets nucléaires destinés à l’enfouissement »
Reportage de France-Info :
http://bit.ly/14Z7ogm
« Le débat sur l’enfouissement des déchets nucléaires tourne court à Bure »
Article de l’Est-Républicain :
http://bit.ly/18mNKNk
« Bure : le coup de force des opposants »
Article de Médiapart :
http://bit.ly/133bK4H
« Déchets radioactifs contre argent frais : l’équation de Bure »

Observatoire du nucléairehttp://www.observatoire-du-nucleaire.org

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Saint-Brieuc. Elle fumait un joint sous l’oeil de la caméra ! (OF)

Saint-Brieuc. Elle fumait un joint sous l'oeil de la caméra ! (OF) dans Jeunes smoke

En jetant un oeil sur les écrans de contrôle de la vidéosurveillance, les policiers de Saint-Brieuc ont aperçu samedi soir un groupe de trois jeunes filles, place de la Madeleine, en plein centre-ville. L’une d’entre elles, 17 ans, fumait ostensiblement un joint. Ils n’ont eu qu’à la cueillir, peu avant minuit. Elle sera convoquée devant le délégué du procureur.Faits divers lundi 27 mai 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Saint-Brieuc.-Elle-fumait-un-joint-sous-l-oeil-de-la-camera-_40771-2196333-pere-bre_filDMA.Htm

Commentaire: Les caméras sont inutiles contre les terroristes, mais pas contre les vrais délinquants! Aux galères!

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Morbihan, psychologues, la CGT lance un appel à la grève dans le public (LT)

Morbihan, psychologues, la CGT lance un appel à la grève dans le public (LT) dans Luttes sociales en Bretagne manifestants-hopital-sud

Le syndicat CGT appelle les psychologues des fonctions publiques, hospitalières, territoriales et du secteur médico-social à faire grève demain.

Un rassemblement est prévu devant l’Agence régionale de santé à Rennes. Ce mouvement répond à une situation de précarité (contractuels, temps partiels) dans laquelle serait placée « plus de 60 % de la profession à cause de la politique menée depuis plusieurs années ». Selon le communiqué, les psychologues veulent que « la dimension humaine au sein de la société et des institutions soit prise en compte au même titre que la santé physique ». À cela s’ajoutent des revendications salariales. 27 mai 2013

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/psychologues-la-cgt-lance-un-appel-a-la-greve-dans-le-public-27-05-2013-2115189.php

26 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Dossier : Le PS au gouvernement, du socialisme comme référence historique au néolibéralisme comme politique

Dossier : Le PS au gouvernement, du socialisme comme référence historique au néolibéralisme comme politique dans Economie

Il y a trois semaines, Tout est à nous ! tirait dans son dossier un premier bilan du tandem Hollande-Ayrault, en constatant la mise en œuvre d’une austérité brutale, d’une politique néolibérale telle qu’elle existe dans tous les pays européens. Mais est-ce nouveau ?


Le PS a gouverné au cours des trente dernières années la moitié du temps, alors sa politique actuelle marque-t-elle une évolution significative ? Les capitalistes ne sont plus inquiets de la gestion des affaires gouvernementales par les socialistes, soutenue ou non par le parti communiste. Ils savent que leurs profits et leur pouvoir ne sont pas en danger. Pour autant, tout n’est pas équivalent : qu’un gouvernement accorde des améliorations ridicules ou continue les attaques, amplifie la dégradation de la situation de ceux d’en bas, ce n’est pas la même chose.


Évidemment l’ampleur de la crise économique limite les marges de manœuvres « sociales », et impose pour n’importe quelle amélioration, même minime, de la situation des exploitéEs et des oppriméEs un affrontement très important avec les capitalistes, y compris à l’échelle européenne. Pour ne serait-ce qu’envisager ce type d’affrontement, il faudrait que le PS au gouvernement souhaite des réformes progressistes. Or, elles n’étaient pas dans le projet électoral de Hollande, et ne se trouvent pas non plus dans les perspectives du Parti socialiste.


Cela nous semble une évolution, bien sûr avec les socialistes des années 30 pour lesquels l’objectif affirmé de leur action était l’établissement du socialisme, mais aussi avec les politiques menées tant par les gouvernements des septennats Mitterrandiens que par le gouvernement Jospin entre 1977 et 2002. Ne serions-nous pas en train de vivre une évolution du type de celle qui a transformé le parti travailliste en « New Labour » sous l’impulsion de Tony Blair, qui a entériné les destructions de Thatcher et consolidé l’État fort et l’économie de marché, ou de celle qu’a connu la social-démocratie allemande en 2003 avec l’adoption de l’« Agenda 2010 » par Gerhard Schröder ?

Dimanche 26 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 196 (23/05/13)

26 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande, le néolibéralisme à l’œuvre

Hollande, le néolibéralisme à l’œuvre dans Austérité francois-hollande-enterre-ses-promesses-electorales

L’analyse des décisions du gouvernement actuel met en évidence l’évolution politique à droite des socialistes, y compris depuis les années Mitterrand. Les quelques mesures symboliques, comme l’abrogation de la circulaire Guéant contre les étudiantEs étrangerEs, la suppression des tribunaux correctionnels pour les mineurs et la loi sur le mariage homosexuel n’y changent pas grand-chose.
Alignement sur le Medef
Le coup de pouce promis pour le SMIC est ridicule : 0, 6 % en plus de l’augmentation légale pour partie sous forme d’avance sur l’augmentation de janvier 2013, soit une hausse de 6 centimes de l’heure ! Le décret qui ramène la retraite à 60 ans ne concerne en réalité que les personnes travaillant depuis l’âge de 18 ou 19 ans, quasiment sans interruption, qui ont cotisé tous leurs trimestres (soit au final peu de monde… et encore moins de femmes) et confirme pour l’essentiel la loi combattue dans les rues par des millions de personnes à l’automne 2010. Sans parler des maigres promesses de campagne non tenues, rien ne remet en cause les effets de la politique de Sarkozy. Les décisions néolibérales s’accumulent sur tous les sujets, en faveur des patrons et des possédants, contre les exploitéEs et les oppriméEs. Les envolées des meetings de campagne électorale contre la finance ne se traduisaient par aucune mesure dans le programme. La réalité est tout simplement l’inverse. Quand l’objectif est de réduire les déficits, concrètement, il est de rembourser la dette à ce « monde de la finance ». Quand Hollande se satisfait du pacte de croissance qui ne prévoit rien de neuf, il ne renégocie pas le traité « Merkozy ». Quand il ratifie le Pacte budgétaire européen qui instaure une obligation de déficit structurel inférieur à 0, 5 % du PIB, il inscrit dans le marbre le remboursement de la dette et l’institutionnalisation de l’austérité. Et les décisions s’accumulent : budget, ANI, loi de sécurisation de l’emploi, maintenant le dossier des retraites, tout y passe ! Ce gouvernement est bien celui du Medef, et on est bien loin des critiques sur le faible nombre de nationalisations sous Mitterrand, ou même des débats sur les effets nocifs de la loi des 35 h de Jospin…
Croyant et pratiquant…
En pratique, le gouvernement Hollande s’aligne sur les évolutions de la social-démocratie européenne. Fini pour les gouvernements socialistes la re- cherche d’un compromis entre le travail et le capital, il s’agit d’accompagner, voire d’anticiper, les transformations du capitalisme globalisé, de baisser le « coût du travail », de remettre en cause le modèle social issu de la libération. Il fait aujourd’hui en pratique le pas de la conversion néolibérale. Nous sommes dans un système d’alternance sans changement social véritable, dans lequel la différence entre la droite et la gauche s’exprime actuellement sur le « mariage pour tous » parce qu’elle n’a rien d’autre. Il faut donc rendre crédible l’idée qu’une autre politique est possible. Il n’y a pas de remède sans s’attaquer aux racines du mal : la domination du capital à travers des rapports d’exploitation et la concurrence dans la course au profit et à la rentabilité financière.

Il en est de même pour apporter des réponses à la crise écologique planétaire sans précédent dont le productivisme capitaliste est responsable : dérè-  glement du climat, catastrophe nucléaire, effondrement de la biodiversité, crise de l’eau, érosion et dégradation des sols, pollution chimique… L’urgence aujourd’hui est de construire une opposition de gauche à ce gouvernement, pour combattre la droite et l’extrême droite qui cherchent à dévoyer le mécontentement populaire pour mieux le museler. Nous nous adressons à toutes les organisations du mouvement ouvrier qui ne participent pas au gouvernement pour agir ensemble dans ce sens, en posant la question de l’alternative politique nécessaire pour sortir de la crise, un gouvernement contre l’austérité qui ne peut venir d’accords parlementaires en dehors d’un rapport de forces imposé par les luttes.

http://npa2009.org/node/37354

26 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Jospin, l’affirmation du social-libéralisme

Jospin, l’affirmation du social-libéralisme dans Histoire

Lionel Jospin a cru bon d’intervenir dans le débat sur le mariage pour tous et çà n’a pas loupé… hors-jeu!
En 1997, Lionel Jospin devient le Premier ministre d’un gouvernement de « gauche plurielle », avec le Mouvement des citoyens, les Verts et le PCF. Il prend quelques mesures qui visent à le situer dans la continuité de Mitterrand.
Le gouvernement Jospin met en place le PACS, les premiers textes sur la parité, allonge le droit à l’IVG à quatorze semaines, crée la Couverture maladie universelle, le congé paternité. Bien qu’insuffisante, l’instauration de l’Allocation pour la perte d’autonomie visant à renforcer la prise en charge des per- sonnes âgées en perte d’autonomie, est encore une amélioration. À l’inverse d’autres pays européens, il n’engage pas de processus de remise en cause des retraites, probablement en tenant compte de la grande mobilisation de 1995. Enfin sa « grande œuvre » est la loi des 35 heures sans perte de salaire, au- jourd’hui tant attaquée. Mais cette instauration se fait dans de telles conditions qu’elle n’a qu’un impact limité sur l’emploi (entre 20 et 400 000 emplois créés). Et surtout elle instaure une flexibilisation du temps de travail qui aggrave les conditions de travail de millions de salariéEs. Sur les questions économiques, la politique de ce gouvernement revendiquera clairement le choix du social-libéralisme. Henri Weber donne le ton : « Ce gouvernement n’affichera ni nostalgie volontariste à la mode de la gauche socialiste ni abandon aux sirènes trop libérales du blairisme. » Le risque de grand écart, que pourrait laisser supposer la phrase, n’existe pourtant pas. L’acceptation des critères européens de Maastricht et des décisions du sommet de Barcelone contre les retraites et les services publics confirment la profondeur de ces choix. C’est clairement la politique que la droite ne peut conduire elle-même que vont développer les ministres de gauche, chacun dans sa compétence.
Libéral et sécuritaire
Le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement fait prendre à la gauche gouvernementale un réel tournant sécuritaire, en plaçant l’ordre sécuritaire au dessus des intérêts antagonistes de classe. Affirmant que « la sécurité n’est ni de droite ni de gauche », il stigmatise les parents « démissionnaires » et les « sauvageons », et remet en cause la justice des mineurs. Il appelle à la mobilisation de toutes les institutions et des éluEs contre l’« insécurité », devenue enjeu national, et les « zones de non-droit », c’est-à-dire les quartiers populaires… Une politique qui ne s’attaquera jamais aux causes profondes de la délinquance, ni surtout aux auteurs et circuits de la « grande » délinquance, une politique que la droite accentuera par la suite de plus en plus dangereusement.

Les Verts ne feront pas progresser les questions environnementales et écologiques dans cette période. Les ministres communistes appuient toutes les politiques de la période. Jean-Claude Gayssot, ministre PCF des Transports, lance la privatisation de secteurs entiers, en phase avec l’Union européenne alors dirigée par une majorité de gouvernements socialistes. Au mépris des résistances, il amorce les privatisations d’Air France, de l’Aérospatiale, de France Télécom, de La Poste, du fret SNCF, d’ASF, pendant que sont privatisés le Crédit lyonnais ou le groupe d’assurances GAN. Si on pouvait se plaindre du faible nombre de nationalisations de Mitterrand, on ne peut que constater que Jospin est lui le champion des privatisations ! La défaite électorale de Jospin en 2002 était inscrite dans ces reculs : il n’est pas présent au second tour de l’élection présidentielle, devancé par Le Pen.

http://npa2009.org/node/37354

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