Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

10 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Plan cancer : des recommandations qui pourraient gêner le gouvernement (Bastamag)

Plan cancer : des recommandations qui pourraient gêner le gouvernement (Bastamag) dans Santé art3539_bisphenol_a_phtalate_perturbateurs_endocriniens

Pour préparer le futur « plan cancer », une série de propositions ont été remises au gouvernement. Au côté de la lutte contre le tabac, figure désormais officiellement le « contrôle de l’exposition aux risques environnementaux ». Comprenez : les pesticides, le diesel, les perturbateurs endocriniens présents dans nombre de produits chimiques, jusqu’aux ondes électromagnétiques. Autant d’enjeux qui risquent de fâcher le gouvernement avec les industriels.

355 350 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés en France en 2012. Une augmentation de 28% en une décennie (278 000 cancers en 2000) et de 109% sur 30 ans (170 000 en 1980) ! Si, aujourd’hui, la maladie est moins souvent fatale pour les générations nées après 1950, le risque de développer un cancer ne cesse de croître. En France, le taux de cancers chez les hommes est plus bas qu’aux Etats-Unis mais plus élevé que la moyenne des pays de l’Union européenne. Pourtant, un cancer sur cinq pourrait être évité, selon Jean-Paul Vernant, professeur d’hématologie à l’Université Pierre et Marie Curie, à Paris.

Celui-ci a remis ses recommandations au gouvernement le 30 août en vue de l’élaboration du 3ème plan cancer. La lutte contre le tabagisme figure évidemment au centre des recommandations, d’autant que la précédente politique de lutte contre le tabac est considérée comme un « échec ». Un nouveau champ d’actions apparaît : le « contrôle de l’exposition aux risques environnementaux », globalement ignoré dans le précédent plan.

Diminuer l’exposition de la population aux pollutions – comme les pesticides et les particules fines émises par les moteurs diesel – constitue ainsi un nouvel axe proposé. Le rapport recommande aussi de « limiter les toxiques polluants des eaux (pesticides) » et de « mesurer les expositions aux perturbateurs endocriniens ». Autre nouveauté : le rapport de Jean-Paul Vernant signale le classement, par le Centre international du cancer, des champs électromagnétiques de radiofréquences – les ondes émises par les antennes relais et les téléphones portables – comme cancérogènes possibles pour l’homme. Ces recommandations sont censées inspirer le troisième plan cancer en prépa-ration, qui couvrira la période 2014-2018.

Léger problème : lors de l’annonce, en décembre 2012, de ce troisième plan cancer, François Hollande n’avait pas évoqué les risques liés à la pollution environnementale. Il faut rappeler que des politiques concrètes en la matière pourrait contrarier certains membres du gouvernement, et élus du Parlement. En mars dernier, Arnaud Montebourg affirmait qu’il fallait « trouver une formule qui n’attaque pas le diesel, car attaquer le diesel c’est attaquer le made in France ». Deux mois plus tôt, Fleur Pellerin, en charge de l’économie numérique, assurait que la nocivité des ondes électromagnétiques n’était pas « scientifiquement étayée ». Le lendemain, le 31 janvier, les députés jetaient aux oubliettes la proposition de loi de leur collègue écologiste Laurence Abeille sur la limitation des impacts de ces ondes.

Quant aux pesticides et perturbateurs endocriniens, il semble que leur future interdiction – souhaitée par l’Europe – ne soit pas d’actualité en France. La feuille de route de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens proposant de soumettre les dits pesticides à des évaluations spécifiques, qui pourraient quand même mener à des autorisations d’utilisation. Une consultation publique a été ouverte le 19 août sur le site du ministère de l’environnement. Elle est jugée peu pédagogique : « Un paragraphe d’explication succinct, deux liens vers le projet de texte et les contributions des parties prenantes, et un formulaire libre pour les commentaires des internautes », commente le réseau environnement santé (RES).

« C’est une première contradiction avec l’enjeu de sensibiliser et d’associer largement la population et de nombreuses professions pertinentes à des questions qui concernent directement notre santé au quotidien, la santé des générations futures, si ce n’est la viabilité même de l’espèce humaine », constate André Cicolella, président du RES, « les enjeux écologiques, la pérennité de notre système de santé plombé par les maladies chroniques, notre capacité à réformer notre économie et à rebondir par l’innovation, voilà pourtant un débat qui mérite d’être au centre du projet gouvernemental ! ».  Par Nolwenn Weiler (10 septembre 2013)

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En savoir plus

Voir le rapport de Jean-Paul Vernant, remis au gouvernement.

10 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bretagne, réforme des retraites: les défilés et mouvements de grève en Bretagne (LT+OF)

Bretagne, réforme des retraites: les défilés et mouvements de grève en Bretagne (LT+OF) dans Luttes sociales en Bretagne retraites-a

Attention aux perturbations dans les services publics, ce mardi, notamment dans les écoles et les transports. CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, NPA… : les appels à la mobilisation contre le projet gouvernemental de réforme des retraites se multiplient. Une journée nationale d’action interprofessionnelle, avec grèves et manifestations est prévue ce 10 septembre. Le point dans l’Ouest.empty dans Retraites

Le projet de la réforme des retraites doit être présenté au Conseil des ministres le 18 septembre puis entamer son parcours parlementaire à partir du 7 octobre. Dans son article 2, le projet de loi modifie le code de la Sécurité sociale pour l’allongement de la durée de cotisation, qui s’appliquera aux personnes nées à partir du 1er janvier 1958 et à tous les salariés, du privé comme du public, fonctionnaires de l’État, de la fonction publique hospitalière et territoriale et salariés des entreprises publiques à régimes dits spéciaux.  Cette augmentation de la durée de cotisation, a été acceptée par les syndicats dits réformistes (CFDT, CFTC, Unsa, CFE-CGC) mais rejetée par les syndicats plus contestataires (CGT, FO, FSU, Solidaires) et quelques organisations de jeunesse, qui appellent à des grèves et des manifestations ce mardi 10 septembre.
Le gouvernement ne s’attend pas toutefois à des défilés aussi imposants que ceux qui avaient contesté, en 2010, la réforme Sarkozy, laquelle reculait l’âge de départ à 62 ans. 10 septembre 2013 à 06h23

Voici les rassemblements lancés par l’intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires, recensés sur leurs sites internet :

Côtes-d’Armor
Dinan : rendez-vous à 10h30 sur l’esplanade de la Résistance
Guingamp : rassemblement à 10h30 place du Champ au Roy
Lannion : rendez-vous à 10h30 parking de la Poste
Saint-Brieuc : rassemblement à 10h30 place de la Liberté

Finistère
Brest : rassemblement à 11h place de la Liberté
Morlaix : rassemblement à 11h place de la mairie
Carhaix : rassemblement à 11h place du Champ-de-Foire
Quimper : manifestation à 11h place de la Résistance
Quimperlé : rassemblement à 11h au Coat-Kaër
A Brest, notamment, la mairie met en garde les familles sur la possibilité d’écoles fermées et de perturbations sur les services périscolaires, notamment la restauration.

Ille-et-Vilaine
Fougères : rendez-vous à 17h30 à la sous-préfecture
Rennes : rassemblement à 11h place de la mairie
Saint-Malo : rassemblement à 11h devant la sous-préfecture
Vitré : rassemblement à 17h30 place de la gare
A noter également un appel commun CGT et FO à La Poste d’Ille-et-Vilaine et de la CGT à PSA La Janais.

Morbihan
Belle-Ile-en-Mer : rassemblement à 10h30 à l’embarcadère, Le Palais
Lorient : rendez-vous à 10h30 maison des syndicats ; départ de la manifestation du boulevard Cosma-Dumanoir.
Pontivy : rassemblement à 10h30 à La Rabine
Vannes : rassemblement à 10h30 à La Plaine

Loire-Atlantique
Nantes : à 10h30, place du Commerce
Saint-Nazaire : place de l’Hôtel de Ville
Chateaubriant-Ancenis : place de la mairie

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/bretagne-greves-et-manifestations-demain-contre-la-reforme-des-retraites-09-09-2013-2227836.php

Vannes. Les syndicats de la défense dans la rue aussi pour les retraites (OF)

Les syndicats Force ouvrière de la base de défense de Vannes-Coëtquidan et CGT inter-établissements Vannes-Coëquidan, créent il y a 3 ans maintenant, ont distribué des tracts de 7 h 30 à 8 h 30 ce matin, à l’entrée du 3e Rima à Vannes et à Coëquidan.

« Nous entendons sensibiliser les fonctionnaires et ouvriers d’Etat » ont indiqué les représentants syndicaux. « C’est une première au 3e Rima. Cela surprend certains… » Leurs revendications ne diffèrent pas de celles que l’on entendra tout à l’heure lors de la manifestation prévue à 10 h 30 à La Rabine à Vannes. « Il est annoncé un allongement à 43, voire 44 ans, de cotisations. Un nouveau concept a été inventé : à chaque fois que l’espérance de vie augmente, il faut partir plus tard en retraite. Que les politiques aillent dire cela à tous les salariés de plus de cinquante ans qui sont en situation de non-activité du fait notamment de la crise économique. » Bien sûr, les jeunes n’étaient pas oubliés : « Pour la génération 1974, c’est 44 ans de cotisations ! Imaginez-vous, maître d’école, agent hospitalier, conducteur routier… en activité à 69 ans. Ce n’est pas possible ! ». Social mardi 10 septembre 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Vannes.-Les-syndicats-de-la-defense-dans-la-rue-aussi-pour-les-retraites_40771-2227271-pere-bre_filDMA.Htm

10 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Mort de Clément Méric, un deuxième militant d’extrême droite mis en examen (LT)

Mort de Clément Méric, un deuxième militant d'extrême droite mis en examen (LT) dans Antifascisme meric-antifa

Nouvel élément dans l’affaire Clément Méric, du nom de ce militant d’extrême gauche ayant grandi à Brest et ayant été victime d’une agression mortelle début juin, à Paris: un deuxième militant d’extrême droite âgé de 19 ans, prénommé Samuel, a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». C’est ce que nous révèle RTL. Jusqu’ici, seul Esteban, qualifié de « suspect n°1″, avait été mis en examen. Mais, comme l’indiquent nos confrères, « les juges d’instruction ont fait un calcul simple : il ne peut pas avoir été le seul à frapper Clément Méric ». En garde à vue, l’apprenti boulanger de 19 ans aurait reconnu avoir participé à la bagarre. N. A. 10 septembre 2013 à 08h42

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/mort-de-clement-meric-un-deuxieme-militant-d-extreme-droite-mis-en-examen-10-09-2013-2229053.php

09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Exposition : Pissarro, les ports et « la sociale »

Exposition : Pissarro, les ports et « la sociale » dans Médias, culture da8a2957385098c76854cd04fdfc68c9

Camille Pissarro : Les débardeurs à l’île des Ravageurs, dessin inédit pour la revue littéraire, artistique et sociale « La  Plume » ( 1893 )

Le musée d’Art moderne du Havre présente jusqu’au 29 septembre un bel ensemble d’œuvres consacrées aux ports industriels normands par le « patriarche de l’impressionnisme », qui se définissait lui-même comme un « prolétaire » aux idées avancées.
«  Belle affaire vraiment d’être bourgeois… sans le sou. Le bourgeois ne peut se concevoir qu’avec des rentes. Tous ceux qui travaillent de leurs mains, de leur cerveau, qui créent le travail, quand ils sont dépendants des intermédiaires, sont des prolétaires !… avec ou sans blouse. »

« L’avenir sera tellement différent, avec l’anéantissement du capital et de la propriété, que l’on ne peut concevoir quel sera l’idéal, ou du moins qu’on ne peut sonder les profondeurs avec nos yeux de myopes. » Les lettres de Camille Pissarro (1830-1903) à son fils Lucien (1863-1944), devenu peintre et graveur lui aussi, ne laissent aucun doute sur les convictions révolutionnaires, et même libertaires, du plus âgé et expé- rimenté des impressionnistes français, que sa nationalité danoise (car né dans une des Antilles qui l’était alors) l’empêchait de trop marquer publiquement, en ces temps de chasse aux républicains, puis aux communards, puis aux anarchistes, puis aux syndicalistes…
« Création du monde social » « Pissarro et les ports » est sans doute l’exposition la plus intéressante et riche du festival d’été « Normandie impressionniste » (que complètent « Un été au bord de l’eau. Loisirs et impressionnisme » à Caen et « Éblouissants reflets. 100 chefs-d’œuvre impressionnistes » à Rouen). Il n’y est pas seulement question du peintre, que sa pauvreté contraignit jusqu’au bout à travailler sans relâche (sur de petits formats se vendant mieux) et à venir solliciter de nouveaux collectionneurs, mais des transformations et des grands travaux d’aménagement dont il fut le témoin, au Havre surtout, mais également à Dieppe et à Rouen, ville dont il avait commencé à peindre les activités portuaires dès 1883, enrichissant sa thématique jusqu’alors surtout centrée sur la vie rurale et sa célébration. À partir de cette date, cette attention neuve à la vie urbaine, à sa dureté et à ses misères se marqua plus encore dans ses gravures et ses dessins — notamment la série secrète des Turpitudes sociales (1889), féroce dénonciation à la Daumier du capitalisme et de la bourgeoisie composée pour ses demi-nièces et restée inédite jusqu’en 1972.
Dans ses vues de ports et de quais peintes entre 1883 et 1903, on admire à la fois la maîtrise de celui qui avait inventé le « pointillisme » avant la lettre, avant de renoncer à la « touche néo-impressionniste » pour reprendre et perfectionner sa manière ancienne, et l’art du cadrage de ce grand paysagiste. L’exposition et son très utile catalogue offrent d’intéressantes comparaisons avec d’autres peintres de ports, contemporains ou postérieurs, et même des photographes, mettant en relief l’originalité de Pissarro. Les autres impressionnistes avaient fui les villes, les bords de mer leur faisaient surtout peindre des plages à la mode, lui s’intéressait de plus en plus à « la création du monde social », comme il l’avait lu dans Proudhon dès 1865. Aucune des œuvres réunies au Havre n’a de caractère politique explicite, pour ne pas rebuter les acheteurs, toutes ont une dimension sociale manifeste, à l’instar des Déchargeurs de bois peints à Rouen en 1898. C’est ce qui, au-delà de leur réussite plastique souvent étourdissante, les rend aussiparticulièrement attachantes.

Lundi 9 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 207 (05/09/2013)

Gilles Bounoure Exposition : Pissarro, les ports et « la sociale »
Musée d’Art moderne André-Malraux – Le Havre, jusqu’au 29 septembre 2013

09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Lutte dans les fast-foods aux USA

Lutte dans les fast-foods aux USA dans International feature_570

Le 29 août dernier, des milliers de travailleurs des fast-foods ont arrêté le travail dans 58 villes américaines.

Un millier de restaurants ont été touchés. Quelques piquets de grève se sont transformés en occupations temporaires, et plusieurs restaurants ont dû fermer. Dans ceux qui n’avaient pas fermé, les managers ont du se débrouiller pour combler les vides. Les salariés ont manifesté dans plusieurs villes.

À Memphis, dans le Tennessee, une travailleuse de McDonald’s a résumé les objectifs du mouvement : « ça fait près d’un an que je travaille ici. 7, 25 $, ça ne permet pas de vivre ». 7, 25 $ (5, 7 €), c’est le salaire minimum fédéral, inchangé depuis 2009… Les luttes dans les fast-foods ont démarré depuis plusieurs mois mais une telle extension géographique simultanée est quelque chose de nouveau. Ainsi en mai-juin dernier, elles n’avaient touché que 8 villes. Le 29 août représente donc un pas en avant. Au début, les dirigeants syndicaux ont fait profil bas mais ces dernières semaines, devant l’écho national du mouvement, leur attitude a changé.
La structure de l’activité rend plus difficile le mouvement. Ainsi, McDonald’s explique ne pas être concerné car la majorité de ses restaurants sont des franchisés (qui lui payent des redevances)… mais, dans les 20 % de restaurants gérés directement par la société, les conditions ne sont guère meilleures. Le discours patronal assure aussi qu’il s’agit de boulots d’appoint occupés par des jeunes, mais c’est de moins en moins vrai.
Les grévistes réclament d’abord un salaire horaire de 15 $. Des revendications portent aussi sur le droit syndical et les conditions de travail. En mars 2013, Obama avait proposé de porter progressivement le salaire minimum fédéral à 9 $ (6, 9 €). Mais cela suppose le vote d’une loi, ce qui est très hypothétique. C’est donc sur leur organisation et leur détermination que les salariés doivent compter pour gagner.

Dimanche 8 septembre 2013Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 207 (05/09/2013)

09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

La grève des PV, forcément « populaire » selon France Inter (Rue 89)

La grève des PV, forcément « populaire » selon France Inter (Rue 89) dans Médias, culture negociations-ps-eelv-a-montreuil Journaliste de France Inter interrogeant son « auditeur moyen »

Qu’importe si ce lundi s’annonce pluvieux sur une grande moitié est : France Inter a le sourire.

Car ce lundi est jour de grève, mais pas n’importe laquelle : une grève des PV, lancée par le syndicat de police Alliance, pour protester contre la loi Taubira. Vous vous demandez de quel droit des policiers s’expriment publiquement contre un projet de loi appelé à être voté (à une date d’ailleurs encore indéterminée) par les parlementaires ? Pas France Inter, qui ne retient qu’une chose : cette grève va être « populaire ».

Le PV, cette invention diabolique La grève des PV, c’est la grève sympa, cool, complice, « en attendant la grève des péagistes, ou celle des inspecteurs des impôts », plaisante l’intervieweuse matinale Clara Dupont-Monod, qui a invité le chef du syndicat Alliance à dire tout le mal qu’il pense de la loi Taubira. C’est vrai ! Vive la grève des PV, qui va inciter les automobilistes à se garer sur les passages piétons, sur les places handicapés, sur les trottoirs, et à obstruer le passage des poussettes.

Vive la grève des PV, la grève sympa qui va les inciter à prendre leur voiture dans les villes, plutôt que les transports en commun ou le vélo. Le PV, comme l’impôt, chacun le sait, ne sont qu’une invention diabolique visant à empoisonner les populations innocentes. Vive la grève des impôts, donc, qui pourrait vider un peu plus les caisses de l’Etat (cet Etat qui, soit dit en passant, paie les cachets de Clara Dupont-Monod).

A la portée de « l’auditeur moyen » Nul ne saurait imaginer un seul instant que Clara Dupont-Monod, journaliste présumée intelligente et éclairée puisqu’elle vient de l’hebdomadaire Marianne, adhère profondément à la niaiserie de son éloge de la grève des PV. Mais alors, pourquoi bêtifier ainsi ?

Risquons une hypothèse : chargée d’une interview matinale sur France Inter, Dupont-Monod a intégré un cahier des charges implicite et inconscient, qui lui impose de se placer à la portée de « l’auditeur moyen ». Et comment l’inconscient « dupontmonesque » se figure-t-il l’auditeur moyen ? Très simple : comme une sorte d’auditeur téléphonique de RMC et RTL (où elle a aussi officié), mais avec un hypocrite bémol de convenance (on est quand même sur le service public). L’auditeur moyen de France Inter ne proteste pas bruyamment contre les PV, mais se contente de se réjouir intérieurement les jours de grève. Qu’il puisse être autre chose qu’un automobiliste grugeur est hors de son espace des possibles. Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

Publié initialement sur  Arretsurimages.net

09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be)

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be) dans A gauche du PS panzer Die Linke se moque du panzer solaire des Verts

Les campagnes électorales des partis établis comme la CDU/CSU (chrétien-conservateur), le SPD (social-democrate), les Verts et le FDP (libéral) reprennent en partie à leur façon, des thèmes pris de l’arsenal de Die Linke (La Gauche).

Die Linke, constitué comme nouveau parti par la fusion de la Linkspartei et du WASG (Alternative Electorale pour la Justice Sociale) en 2007, était entré au Bundestag (le parlement fédéral de l’Allemagne) avec 11,9% en l’an 2009. C’était un succès indéniable, la faiblesse traditionelle de la Linkspartei/PDS dans les „vieux Länder“ à l’ouest de l’Allemagne avait commencé à se relativiser. Et le thème le plus entendu, c’était la justice sociale en général et à plus forte raison encore l’argumentation pour un salaire minimum.

Avec cette revendication, en 2009, Die Linke faisait cavalier seul. Aujour’hui, le SPD et les Verts se font champion du salaire minimum, bien qu’ils parlent seulement de 8,50 Euro par heure. Il est vrais que cela donnerait un progrès réel pour un nombre important de salariés très mal payé. Il y des secteurs, où l’on ne gagne que de 4 à 6  Euros. Mais même la revendication de Die Linke, qui n’a pas changé le montant du salaire minimum revendiqué par elle depuis 2009, c’est-à dire 10 Euro, est insuffisante pour protéger le salarié concerné contre la pauvreté qui l’attend à l’age de la pension.

CDU/CSU et FDP ne polémiquent ouvertement, ni contre la revendication du salaire minimum, ni contre l’agitation pour l’amélioration des pensions et des minimas sociaux. Ils disent, que ce n’est pas l’Etat qui  devrait fixer un salaire minimum, qu’il faut continuer à régler cela par branches, et qu’en dernière analyse – c’est le FDP qui souligne – c’est l’affaire des “partenaires sociaux” (organisations patronales et syndi- cats). Mais les syndicats du DGB, eux, font campagne pour un salaire minimum général de 8,50 tout comme le SPD et les Verts…

La politique néolibérale féroce du SPD et des Verts sous le chancelier Gerhard Schröder avait eu des conséquences très négatives pour les rapports traditionnellement symbiotiques de la direction du SPD avec celle des syndicats du DGB.  La Gauche avait pu renforcer sa présence acceptée au sein des syndicats. Certes, nous ne sommes pas revenu à la situation d’avant Schröder, mais quand-même, les appareils social-democrates politiques et syndicaux on recommencé à mieux s’entendre. Et Die Linke peut se vanter d’avoir influencé l’évolution des positions des autres partis, mais au prix de s’affaiblir du point de vue électoral. Entretemps, elle est tombée jusqu’à 6% dans les sondages d’opinion (en printemps 2012). Dans les récents sondages, elle est quand-même regrimpée à 9% pour l’institut Emnid (un institut lui avait même donné 10% la semaine dernière, d’autres lui accordent entre 8 et 9%).

A la CDU/CSU, qui n’avait obtenu que 33,8% en 2009, les instituts accordent entre 39 et 41% maintenant. Ceci, et la  popularité inébranlée de la chancelière Angela Merkel, montrent bien la force d’une politique ressentie comme favorable  à un bien-être relatif allemand, au détriment des populations des pays  plus faibles au sein de l’UE. Le facteur d’incertitude, c’est le FDP, qui avait obtenu 14,6% en 2009 et qui tourne maintenant autour des 5%, ce qui met en danger la continuité de la coalition conservatrice/libérale.

Le SPD, lui, se trouve à 25% dans les sondages, et les Verts à 11% (leur envolée après Fukushima, c’est du passé). Le candidat à la chancellerie du SPD, Peer Steinbrück, un type froidement technocrate, est peu crédible pour les thèmes sociaux. Et il refuse une coalition  Die Linke-SPD, pour remplacer le gouvernement conservateur-libéral. Une nouvelle “grande coalition” CDU/SPD pourrait doncsortir de ces  élections.

Pour compléter le tableau, la percée des Pirates semble terminée , ils piétinent à 3%, tout comme le AfD  (Alternative pour l’Allemagne), qui veut la sortie de la zone Euro pour ne plus « payer pour les plus pauvres ». Par Manuel Kellner le Dimanche, 08 Septembre 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=3006:allemagne–deux-semaines-avant-les-elections-federales-&option=com_content&Itemid=53

 

09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

« J’ai mis en joue un enfant de 8 ans » (Le Mouv)

Plu­sieurs dizaines de femmes soldats israé­liennes brisent la loi du silence. Elles racontent leur service mili­taire dans les Ter­ri­toires occupés. Inti­mi­da­tions, humi­lia­tions à l’encontre de la popu­lation pales­ti­nienne… Témoi­gnages d’un quo­tidien qui vire parfois à l’absurde.

C’est un geste rare. En Israël, cri­tiquer l’action de Tsahal revient à trahir son pays. Adi et Gil en ont payé le prix, accusées de men­songe et d’anti-patrotisme. Ces deux jeunes femmes d’une tren­taine d’années ont choisi de témoigner publi­quement par le biais de l’association Breaking the Silence. Comme toutes les jeunes israé­liennes, elles ont servi pendant deux ans au sein Tsahal (trois ans de service mili­taire pour les hommes.)

Les anciennes sol­dates évoquent les longues heures de garde dans les Ter­ri­toires occupés. Intifada ou pas, il faut bien tromper l’ennui. Alors on joue avec des pétards. Des gros pétards. « Un jour, on était en patrouille près du mur de sépa­ration près d’un village pales­tinien. On s’ennuyait à mourir, vraiment. Et d’un coup mon com­mandant nous dit : « allez, on a qu’à lancer des gre­nades assour­dis­santes ! » Pour cela, le com­mandant a appelé la base et il a menti et il a dit que des enfants pales­ti­niens nous lan­çaient des pierres et qu’on devait répliquer. Donc on a pris des grandes assour­dis­santes et on les a jetés sur les Pales­ti­niens de l’autre côté du mur. »

A l’époque, Adi avait 19 ans. Elle raconte aussi comment elle a mis en joue un enfant de 8 ans qui refusait de faire reculer son âne et sa cariole, sim­plement sous le coup de l’agacement. Des épisodes qui laissent à ceux qui temoignent un sen­timent de honte et de culpabilité. Au delà de la catharsis, les ex-​​militaires s’interrogent sur le bien fondé de l’action israé­lienne en Cis­jor­danie : entre maintien de l’ordre et vio­lence gra­tuite, où se situe la fron­tière ? L’occupant est-​​il for­cément un oppresseur ? Un cas de conscience résumé par Gil, qui a fait son service mili­taire à Hébron : « Pour la société, il n’y pas d’occupation, les soldats sont juste là pour main­tenir la sécurité. Mais vous êtes sûrs que c’est pour main­tenir la sécurité ? la sécurité de qui ? ». Emilie Baujard, Le Mouv​.fr, lundi 9 septembre 2013

Lecture

Pendant ce temps, à Vera Cruz http://www.lemouv.fr/player/reecouter?play=93634

détail « J’ai mis en joue un enfant de 8 ans »  Cliquez ci-​​dessus pour écouter le Reportage d’Émilie Baujard, cor­res­pon­dante du Mouv’ à Ramallah en Cisjordanie. http://www.france-palestine.org/J-ai-mis-en-joue-un-enfant-de-8

 

09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

La Syrie, terre de mission des conspirationnistes (L’E)

La Syrie, terre de mission des conspirationnistes (L'E) dans International asma-et-bachar-el-assad-4

Au moment où la communauté internationale se déchire sur une éventuelle intervention en Syrie, une partie de l’opinion publique se laisse bercer par la complotite très active des « Bacharophiles ». Pourquoi un tel succès? Eléments d’analyse. Les partisans de Bachar el-Assad voient dans la crise syrienne une machination contre un régime « laïc » et « défenseur des minorités », sans le moindre égard pour les 110 000 morts et les 6 millions de déplacés causés par le régime syrien.

Alors que plusieurs pays dont la France s’interrogent sur l’opportunité d’une action militaire en Syrie après l’attaque chimique qui a fait plus d’un millier de morts le 21 aout, une partie de l’opinion publique est sensible aux sirènes complotistes qui soutiennent plus ou moins objec- tivement le régime de Bachar el-Assad. Ils voient dans la crise syrienne une machination contre un régime « laïc » et « défenseur des minorités », sans le moindre égard pour les 110.000 morts et les 6 millions de déplacés causés par la réponse apportée par le régime syrien à ce qui n’était au départ qu’une demande de réformes.

De l’extrême droite à la gauche de la gauche Cette vision trouve un écho assez « naturel » au sein de l’extrême droite, mais également chez certaines personnalités et organisations qui se réclament de la gauche. « On observe pantois la gauche laïcarde faire des mamours à la droite identitaire et s’émouvoir soudainement du ‘sort des Chrétiens’, s’emporte l’historienne Marie Peltier, tandis que l’on découvre cette même droite subitement férue de laïcité et pourfendeuse de la volonté hégémonique occidentale dont elle a pourtant été l’un des plus fidèles apôtres ». Ces anti-impérialistes, relève Marie Peltier, ne se sont guère manifestés depuis les deux ans que dure la répression orchestrée par ce régime.

Comme il en a l’habitude après chaque massacre, le régime syrien a nié, le 21 août, l’usage d’armes chimiques: « Les infor- mations sur l’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta sont totalement fausses », a réagi l’agence de presse officielle Sana, avant, alors que l’indignation montait, d’accuser les insurgés d’être les responsables de cette attaque. Une lecture des faits aussitôt relayée par une multitude de sites complotistes pro-Assad aux noms évocateurs de cequelesmediasnenousdisentpas, Investig’action ou francaisdefrance. Ils s’empressent de préciser que la Russie a fourni aux Nations Unies des « images satellites, irréfutables, des 2 missiles chargés de produits chimiques qui se sont abattus sur Al Ghouta faisant des centaines de morts, dont la plupart des enfants », précisant que ceux-ci « ont été lancés depuis la région de Douma en Syrie, sous contrôle des rebelles! »

Depuis le début du soulèvement des Syriens contre quarante années de règne des Assad père et fils en mars 2011, Damas a trouvé, dans les pays occidentaux, une multitude de relais veillant à diffuser sa vision de la crise. Aux premières loges, des activistes d’extrême droite ou proches de l’extrême droite comme Frédéric Chatillon. Cette mouvance compte plusieurs figures issues de la gauche de la gauche se proclamant « anti-impérialiste », comme Thierry Meyssan, célèbre pour avoir imputé à une conspiration ourdie par la CIA les attentats du 11 septembre 2001, et fondateur du Réseau Voltaire, aujourd’hui installé à Damas. Mais aussi Alain Soral, qui dirige le site Égalité et Réconciliation, Louis Denghien, fondateur du site Infosyrie (Lire l’enquête de L’Express sur la « légion française d’Assad »), le journaliste Michel Collon, fondateur du site Investig’action, ou l’écrivain Jean Bricmont.

Le rôle démultiplicateur d’Internet L’obsession du complot à l’oeuvre à propos de la Syrie s’est largement développée grâce à Internet. Dans une « époque saturée par l’information, ceux qui tendent vers le conspirationnisme se piquent de pratiquer un hypercriticisme, qui n’est en fait qu’une fainéantise intellectuelle, explique Stéphane François, chercheur spécialisé dans les sous-cultures de la droite radicale. Les publications à connotation paranoïaque/conspirationniste étaient jusqu’à présent confidentielles, très peu lues. Internet, en dématérialisant les supports, a permis une diffusion accrue de ces thèses, au travers notamment de la démultiplication de ces sites ».

Relativiser les exactions du régime Les conspirationnistes, s’ils sont très actifs sur internet, sont certes assez peu nombreux, mais leur activisme est parvenu, bien au delà de leur cercle à instiller le doute sur la réalité des événements en cours en Syrie. Aussi voit-on, notamment sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes et de d’activistes remettre en question la réalité des exactions du régime Assad, ou les rela- tiviser en mettant en balance l’incroyable répression menée par Damas, avec les dérapages, condamnables bien sûr mais d’une ampleur infiniment inférieure, d’une partie des rebelles syriens et des djihadistes qui ont profité du chaos pour avancer leurs pions. Et cette prose sert de justification à de nombreux acteurs politiques en France pour justifier leur rejet de toute idée d’intervention, du Front national au Front de gauche. Pour les « tenants de l’interprétation policière de l’histoire », peste l’éditeur franco-syrien Farouk Mardam-Bey, « les manifestations populaires à travers le pays, les dizaines de milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de réfugiés, les arrestations massives, les tortures, les viols, les pillages, les bombardements des villes et des villages à l’artillerie lourde et à l’aviation de combat ne sont qu’une illusion d’optique, des images fabriquées dans les officines de la CIA et les studios d’al-Jazeera. »

Le passif des pays occidentaux Comme souvent dans la complosphère, l’argumentaire sur lequel s’appuient ceux qui nient ou minimisent les crimes du régime Assad n’est pas dénué de fondement. Les réfractaires à toute intervention en Syrie ont beau jeu de rappeler les menson- ges américains sur les armes de destruction massives qui ont servi de justification à l’intervention en Irak en 2003. Et « comment accorder crédit aux invocations vertueuses des Etats-Unis, dont le Plan Condor a soutenu les tortionnaires d’Amérique latine avant de livrer à Saddam Hussein le gaz destiné à leur ennemi iranien? », fait valoir François Burgat, chercheur à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman. Il est difficile, complète-t-il, de donner crédit au soutien à la démocratie de « ces Européens qui boycottent les urnes arabes chaque fois que les vainqueurs ne leur plaisent pas. »

« Au coeur de tous les malentendus que manifeste la lamentable « complotite » qui paralyse aujourd’hui la solidarité internationale à l’égard de l’opposition syrienne, il y a le fait que des diplomaties occidentales au lourd passé de cynisme impérialiste ont compris, après le désaveu des révoltes tunisienne et égyptienne, les limites tactiques du soutien aveugle qu’elles apportaient à des régimes autoritaires déchus. Et qu’elles ont décidé de « changer », au moins partiellement, leur fusil d’épaule », ajoute encore le chercheur.

Un culturalisme frisant parfois le racisme Derrière la vision tronquée de ceux qui doutent de la véracité des massacres commis par le régime, transpire aussi un « culturalisme qui assigne aux autres peuples, consciemment ou inconsciemment, une culture à jamais différente de la nôtre, et qui leur colle à la peau comme une seconde nature, dénonce Farouk Mardam-Bey. S’il est en France tout à fait naturel, quand on est de gauche, de défendre les acquis sociaux et les libertés individuelles et collectives, il est en revanche impensable, inouï, aberrant, contre nature, selon cette même gauche, de vouloir en Syrie vivre libres et égaux. »

Une partie de la gauche latino-américaine, et notamment la communauté d’origine levantine dans ce continent soutient elle aussi de façon inconditionnelle le régime. Janaina Herrera, ancienne diplomate et consultante relève elle aussi « l’absence d’interrogations sur les causes du soulèvement syrien ». « Tout se passe comme si la souveraineté du peuple syrien, si souvent invoquée contre les ingérences extérieures, était dépourvue de tout volet interne. Le grand absent de ces débats est in fine le peuple syrien lui-même ». Pire, pour ces culturalistes, « les Arabes semblent être un peuple qui favorise la violence comme moyen de résoudre les conflits, s’abreuve au puits de l’extrémisme, dont la capacité à rejeter le fardeau du despotisme oriental et l’aptitude à la démocratie est toujours mise en doute. Vue sous cet angle, la violence qui accompagne la révolution n’est pas exceptionnelle et n’appelle donc pas une action urgente », avance le politologue libanais Ziad Majed.

La défense des minorités contre la majorité sunnite La justification que représente, selon la complosphère pro-Assad la « défense des minorités » par un régime qui les a plus souvent manipulées que véritablement défendues a un aspect paradoxal. Ainsi, ceux qui s’indignent des menaces qui pèsent sur les Chrétiens ou les Alaouites, ne s’embarrassent guère de justifier l’oppression de la majorité sunnite (70% de la popu- lation): « Ils préfèrent la tyrannie exercée sur la majorité afin de préserver la minorité », constate Ziad Majed.  La hantise de l’islam est égale- ment présente chez nombre de détracteurs de l’opposition syrienne qui réunit laïcards de gauche et de droite. Pour une partie de l’opinion et notamment au sein de la gauche arabe, par ailleurs, il est difficile d’accepter le cours des événements depuis le début des printemps arabes alors que les forces islamistes ont distancé les « modernistes » à chaque fois qu’ils ont pu voter librement, observe François Burgat. D’où « la tentation de l’alliance avec ces militaires qui disent vouloir ‘sauver la révolution’, comme en Egypte.

L’obsession du « grand jeu » international Les complotistes ne voient dans la crise syrienne qu’un champ de bataille pour les puissances mondiales et régionales. Les doutes légitimes sur les intentions des parrains de l’opposition que sont les monarchies du Golfe, bien peu démo- crates à domicile, servent aussi de prétexte pour délégitimer le combat des opposants syriens. Ceux qui voient dans la crise en cours une cabale américano-israélo-saoudo-qatarie, « sont obsédés par la lecture géostratégique des événements, au point d’en oublier le sort de millions d’individus, de leurs droits et de leurs dignité », regrette Ziad Majed. Ces conspirationnistes « ne s’intéressent qu’aux frontières, aux ressources et aux intérêts des acteurs externes de la crise », oubliant au passage que  » l’essence même des relations internationales est basée sur la quête des intérêts propres des protagonistes -Iran, Russie et Chine compris », ajoute-t-il.

Ceux qui apportent leur soutien au régime baasiste au nom de la cause palestinienne, oublient que les Assad ont plus fait peser leur bellicisme sur les Libanais les Syriens et les Palestiniens eux-mêmes, que sur « l’ennemi sioniste ». D’ailleurs, « l’Etat hébreu s’accommode fort bien des discours sur la ‘résistance’ baasiste, qui n’a jamais été suivie d’effets par le passé », relève Ignace Leverrier, auteur du blog « Un oeil sur la Syrie ». Bien qu’inquiets de la déstabilisation de la Syrie, les Israéliens préfèrent, jusqu’à aujourd’hui, « le diable qu’ils connaissent », selon l’expression employée par un responsable des services secrets israéliens.

En dernier ressort, il faut souligner ce paradoxe: le soutien occidental aux rebelles syriens, décrié par les conspirationnistes « est d’autant plus absurde qu’ils n’en n’ont, pour l’heure, pas vu grand chose, contrairement à l’effort russe, iranien ou libanais, efficacement concentré sur le maintien de l’écrasante supériorité militaire du régime, déplore François Burgat. « Jalonné d’une longue série d’atermoie-ments, faite de promesses incertaines soumises à des exigences irréalistes (Etes-vous tous vraiment laïques?) il est demeuré jusqu’à ce jour plus proche du baiser de la mort que de la main salvatrice. » Par , publié le 06/09/2013 à 10:47

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/la-syrie-terre-de-mission-des-conspirationnistes_1279058.html

Commentaire: Cet article de l’Express n’est pas du NPA. Il offre un éclairage sur la curieuse union rouge-bruns pour Assad que nous partageons.

09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les médias dominants dé-rappent ? Les rappeurs indépendants répliquent (Acrimed)

Les médias dominants dé-rappent ? Les rappeurs indépendants répliquent (Acrimed) dans Médias, culture tumblr_mksahr0Hw51qdm4tlo1_500

Le rap de la scène indépendante, c’est-à-dire autoproduit, parfois auto-enregistré et auto-diffusé, est souvent très engagé politiquement. Il ne s’agit pas ici de débattre de sa valeur artistique, ni même des positionnements politiques qu’il exprime, mais de se pencher, à partir du travail de deux artistes, ROCé et Keny Arkana, sur la critique parfois virulente des médias dont il peut être porteur.

« Le rap est une sous culture d’analphabète » affirmait Eric Zemmour sur un plateau de France O. Aussitôt, les autres intervenants de l’émission s’empressaient de répondre à la provocation du polémiste en citant les noms d’artistes qui ont l’heur de plaire aux grands médias:   MC Solaar, Abd al Malik ou Grand Corps Malade.

Cette anecdote est révélatrice de la considération dans laquelle est tenu le rap dans les médias dominants, radios spécialisées mises à part. Pour un journalisme culturel qui prétend faire valoir un sens de la critique aiguisé et une sensibilité esthétique fine, le rap serait un mouvement musical globalement sans intérêt, fruste, grossier et illégitime, ne méritant par conséquent aucune médiatisation. Cependant, il y aurait quelques exceptions: les artistes qui vendent beaucoup, bien sûr, et ceux qui, en plus de beaucoup vendre, auraient une « belle langue »… Autrement dit, sont cooptés par le système médiatique les artistes dont les propos conviennent aux exigences (de classe et de format) des présentateurs.

Les rappeurs indépendants semblent avoir pris leur parti ce cette situation et ne pas s’abaisser à mendier un accès aux émissions culturelles de grande écoute. Au contraire, le fait de ne pas collaborer à ce genre d’émission devient un critère d’authenticité artistique sur la scène indépendante, qui cultive une fierté d’être en marge des médias « vendus, qui ne connaissent que la propagande » [1]. Cette position en marge de l’industrie musicale, qui a un accès privilégié aux médias, permet de développer un contenu critique.

Ainsi de ROCé, qui relate son expérience personnelle face aux médias dans La vitesse m’empêche d’avancer, sur l’album Gunz N’ROCé :

« J’arrive en télé, m’pose devant les intervieweurs
J’suis assez stressé, ils m’annoncent direct la couleur
Interview serrée, mes réponses doivent couler
Mais les questions m’ont doublées, j’réponds dans la douleur
Les mecs bavardent, sur d’la merde ils s’attardent
Le débat c’est oui ou non dans cette mascarade
Y’a pas l’temps, ça cavale, raconte tellement d’salade
Toutes les questions m’attaquent, mes réponses font façades
Faut qu’je parle vite, que j’réponde ou que j’abdique
Pas l’temps de m’exprimer, l’présentateur fait l’arbitre
Avec ses préjugés, son humour de sale pitre
Son humeur, ses idées sur les questions des artistes
J’ai mis des années à construire un disque, un discours
Faut que j’en parle entre une bitch et un p’tit four
Je joue le jeu, je suis venu donc j’assume
J’parle vite, j’finis même par jouer ma propre caricature
Ça parle tellement vite qu’y a rien de sensé, c’est trop condensé
Parle avant d’penser, j’me sens violenté
J’espérais transmettre ma vision, mon chemin, mon étude
Entre deux vannes et deux pages de pub. »

La critique porte donc sur les pratiques d’intervieweurs et de présentateurs recherchant avant tout à produire un spectacle divertissant plutôt qu’à faciliter la prise de parole d’un interviewé (en l’occurrence un artiste), éventuellement angoissé ou mal à l’aise sur un plateau. La focalisation sur des détails anecdotiques et la rapidité des échanges, empêcheraient donc l’artiste d’exposer sa pensée et sa démarche afin de les expliciter pour le plus grand nombre, de préciser les conditions de production de son art, et finalement caricatureraient ses intentions et son travail.

On comprend dans ces conditions que le rappeur refuse les invitations à ce type d’émission. La mise en mots (et en musique, l’atmosphère et le rythme du morceau sont presque stressants, le débit du chanteur heurté…) de l’expérience personnelle de ROCé illustre et rend sensible ce que la rappeuse Keny Arkana affirmait dans une interview : « La télé […] tend un micro pour […] décrédibiliser  ». Ne citant aucun nom d’émission ou de présentateur, la critique de ROCé a une portée générale et vise l’ensemble des émissions interchangeables d’«infotainment » où tout invité se doit d’être drôle ou choquant, et où c’est le dispositif de l’émission qui prime et pas ce que les invités ont fait ou ont à dire. Cette critique du spectacle médiatique se retrouve dans sa chanson Mon rap ne tient qu’à un fil où ROCé pointe l’enjeu politique que représente l’uniformité et la pauvreté de contenus et de formes médiatiques qui façonnent en partie les cadres de réflexion des individus : « Prêts à écouter les mêmes radios, lire le même journal […] Nous sommes tous les mêmes pantins faits du même bois ».

Aussi, les « vidéos maison », ces médias autoproduits par les rappeurs constituent-elles une alternative pour faire connaître et diffuser leur musique, à l’image de ce que peuvent être les clips pour des artistes ayant davantage de moyens [2]. La vidéo de la chanson V pour Vérité de la rappeuse Keny Arkana commence comme un journal télévisé crédible : le présentateur, un homme, blanc, environ 45 ans, annonce une « explosion de violence » (il ne s’agit en fait que d’un ralentissement de l’économie, des manifestations et des perturbations du trafic…). Puis la rappeuse et ses amis prennent le contrôle du JT afin de délivrer leur message :

« Mesdames et messieurs, excusez pour la gêne
Coupure momentanée de votre journal télé car notre voix est HS
Besoin d’exprimer notre point de vue aux yeux du pays
[…] Faut dire qu’ils ne veulent pas qu’on vous cause
[…] Nous sommes ces jeunes qu’on ghettoïse »

Ici, la mise en scène vidéo pointe du doigt le conformisme des formats, les paroles soulignent le conformisme des contenus. Alternant entre une « vidéo maison » où elle rappe avec ses amis, et un « clip » faisant voir un JT a priori archétypal, la rappeuse porte ici au moins une double critique des médias. Les contenus des uns étant alignés sur les contenus des autres, la parole médiatique se répète et s’auto entretient : toute voix alternative n’a donc aucun accès à la parole médiatique si elle ne provoque pas un « buzz » rendu spectaculaire qui sera repris par les journaux concurrents.

De plus la critique se place sur un plan à la fois politique et social : le groupe qui prend le contrôle du JT se compose de « ces jeunes qu’on ghettoïse » et qui portent des revendications politiques en dehors des syndicats, des partis politiques et des groupes religieux. Des jeunes en sweat à capuche, devenus les symboles des « classes dangereuses » face à Jean-Pierre Smila (dont le nom n’est évidemment pas choisi par hasard), ainsi est résumé le clivage social dans l’accès aux médias.

La critique des médias diffusée dans le rap, se place donc sur deux plans principaux. Elle porte sur des professionnels des médias qui sont loin de faciliter l’expression des artistes et sur le conformisme de formats qui suscitent nécessairement des propos convenus. D’autre part, elle est une dénonciation de la sélection sociale et politique qui a cours dans les médias dominants qui n’ont d’égards que pour les plus favorisés qui s’expriment dans les canons légitimes [3] et qui exclut des jeunes renvoyés à leurs ghettos sans qu’on prête attention aux opinions qu’ils portent. par Vincent Bollenot, le 9 septembre 2013

Notes

[1] D’après les paroles de Keny Arkana, dans le morceau La rue nous appartient.

[2] Un exemple de l’importance des « vidéos maison » : « On exhume le rap français à coup de vidéos maison ».

[3] Voir ROCé, « Habitus ».

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