Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l’accaparement des terres (BD)

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l'accaparement des terres (BD) dans Altermondialisme atencoba

Pour lutter contre l’accaparement des terres suite aux projets menés par les grandes entreprises, un collectif, « Paysan sans terre » est en train de se mettre en place, en Bretagne et plus largement en France.

Le but ? Rassembler agriculteurs et tout autres sympathisants et faire valoir le droit à la terre. Lors du festival de Mamm Douar, consacré aux résistances écologiques qui se déroulait à Saint Nolff (56) le 29 juin dernier, nous avons rencontré Ignacio del Valle Medina, activiste mexicain qui, de la même manière, lutte contre l’accaparement des terres dans son pays, et notamment contre un projet d’aéroport.

Le collectif « Paysans sans Terre » est en pleine phase de constitution. Dans un appel , les initiateurs expliquent que le collectif « a pour objectif de rassembler et soutenir les porteurs de projets (en agriculture paysanne respectueuse de l’environnement) en recherche de terre face aux lobbies (agro-alimentaires, syndicat majoritaire, banques et autres) et au bétonnage abusif des terres nourricières. » « Il devient de plus en plus difficile pour ces jeunes en projet dit « atypique » d’acquérir un outil de travail et de développer un projet de vie. En se regroupant en collectif, l’idée est d’échanger et de se soutenir et enfin de travailler sur nos projets respectifs avec des structures associatives travaillant sur le soutien aux installations alternatives (GAB, réseaux agriculture durable, CIVAMs, Terre de Lien, confédération Paysanne, RTF, réseaux locaux d’économie sociale et solidaire, etc) », détaillent-ils. Plus d’infos seront disponibles dans les prochaines semaines sur un blog dédié.

Interview d’Ignacio Del Valle Medina, activiste mexicain, rencontré à Saint-Nolff (56) lors du festival Mamm Douar le 29 juin dernier. Il évoque ici la lutte contre l’accaparemment des terres, et son combat contre un projet d’aéroport, qu’il compare à celui mené en France à Notre-Dame-Des-Landes.

Ignacio del valle medina, peux-tu te présenter ? Je viens de San Salvador Atenco (une région du centre sud du Mexique ndlr) et je fais partie d’une organisation qui y défend les peuples sans terre.

Quel problème rencontrez-vous avec votre droit à la terre dans ton pays ? Le problème en particulier à Atenco, c’est qu’on nous impose des projets qui ne répondent pas aux besoins réels de notre pays. Le système de gouvernement caduc, corrompu, insensible aux réels besoins du peuple, impose les lois de l’économie des entreprises. Le gouvernement ne consulte pas les parties concernées, mais concède les permis. La construction de n’importe quel projet d’autoroute sous l’impulsion d’initiatives privées est lancé. Dans le cas spécifique d’Atenco, un projet d’aéroport est en train de voir le jour sur des terres habitées par des communautés ancestrales, une racine historique. Le gouver-nement fait des concessions à des multinationales qui ne portent aucun intérêt pour les populations locales et pour la réalité. C’est le résultats du libre échange où la richesse nationale se voit vendue, sa faune et sa flore sont bradées. Quant aux métaux, à l’eau, tout ce qui peut générer du gain pour les capitalistes, ceux-ci s’en emparent. L’instabilité sociale est très forte. Par exemple, lors des derniers huit mois du gouver-nement actuel, nous comptons quasiment 10 000 disparus sous le prétexte de la lutte contre les narco-trafficants. La protestation sociale dans notre pays est criminalisée. Prenons l’exemple d’Atenco, d’où nous venons. Pour défendre notre terre, ils nous incarcèrent, nous assas-sinent. Ils violent nos femmes… Nous devons dénoncer cela, nous ne pardonnerons pas et nous ne l’oublierons pas. Ce n’est pas une forme de vengeance, mais une lutte pour la justice qui ne se reproduira ni dans notre pays, ni ailleurs. Face à ces représailles à la protestation sociale, Atenco considère que si il y a une raison légitime à défendre, c’est bien la terre.

Que faites-vous pour lutter ? C’est un consentement mutuel du peuple. Cet affront surgit comme une réponse naturelle des peuples qui se disent : pourquoi devrais-je quitter cette terre qui est la mienne ? Pourquoi devrais-je quitter cette terre alors que jamais, ils ne nous ont avisés. De quel droit arrivent-ils en disant : pars, cette terre n’est pas la tienne ? Ils n’ont pas pris en connaissance l’histoire, la culture, nos traditions, nos coutumes, notre mode de vie. Notre manière de nous organiser est efficace parce que nous nous connaissons bien entre communautés. Quitter nos terres nous touche chacun beaucoup, car cela signifie pour nous, quitter notre univers, Et nous défendre est un droit légitime. Dénoncer est également un droit légitime Ce projet d’aéroport sera construit avec une ville futuriste. Nous ont-ils avisés pour mener à bien ce projet ? Jamais, alors que nous sommes les premiers concernés puisque c’est de notre terre qu’il s’agit. Ils nous imposent leurs actions à travers des moyens de communication élaborés.

Je suis ici pour dire que la solidarité internationle, le travail des ONG, fonctionnent, donnent un poids aux luttes des peuples. A Atenco, nous savons reconnaître cette aide internationale. Ici aussi, on s’oppose à un aéroport, Notre-Dame des Landes. Cette lutte, elle est la nôtre. Nous nous y identifions depuis le Mexique, la lutte continue, Atenco ne se vend pas, la terre nous l’aimons et nous la défendons. Par Estelle Caudal le 29/08/2013 à 16h53

http://www.bretagne-durable.info/ecomag/initiative/en-bretagne-et-ailleurs-ils-luttent-contre-laccaparement-terres

03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Rentrée scolaire : où en est-on des inégalités à l’école ? (Odi)

Rentrée scolaire : où en est-on des inégalités à l’école ? (Odi) dans Educ'action

L’école française, pourtant performante, demeure marquée par de fortes inégalités. Pour mieux comprendre où en est le système éducatif français en matière d’inégalités, l’Observatoire des inégalités propose une synthèse et une sélection de données chiffrées et d’analyses.

La rentrée scolaire 2013 est marquée par la mise en place de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, votée le 8 juillet dernier. L’entrée en application de cette loi a pour objectif énoncé par le ministre de l’éducation nationale de « permettre aux élèves de mieux apprendre, pour qu’ils puissent tous réussir, et former les citoyens de demain ». Les mesures mises en place permettront-elles de lutter contre les inégalités toujours présentes à l’école ? (voir le détail des mesures sur le site du ministère). L’accent particulier mis sur l’école primaire est en soi un bon signe car c’est là que les écarts entre les enfants de milieux favorisés et ceux de milieux populaires commencent à se creuser. Il en découle des parcours et des réussites scolaires différenciés selon l’origine sociale. Le décrochage scolaire, les inégalités entre les filles et les garçons, la réussite éducative, font aussi partie des chantiers de cette loi, mais elle ne dit rien, par exemple, de la carte scolaire.

Surtout, la nouvelle loi semble oublier l’essentiel du problème français : la pédagogie, le contenu et les méthodes d’ensei-gnement. Bref, la manière d’enseigner. Pourtant, l’école française doit se réformer dans son ensemble pour lutter contre les inégalités scolaires : revoir les savoirs trop académiques qu’elle dispense, valoriser les savoirs professionnels et techniques, reconsidérer son système d’évaluation permanente, s’adapter à tous les élèves quelque soit leur milieu social et non plus fonctionner pour ceux déjà favorisés par leur environnement social. Une réforme de fond doit être engagée.

L’école : état des lieux L’école n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était dans les années 1950. Elle n’est plus réservée à une élite et toutes les catégories sociales ont bénéficié de l’élévation du niveau d’éducation, grâce à un effort national sans précédent en faveur de l’acquisition du savoir pour tous des années 1950 à la fin des années 1980. Pourtant, les chances de réussite ne sont pas les mêmes selon qu’on est issu d’une famille d’ouvriers ou de cadres supérieurs.

Les premiers seraient-ils moins « capables » que les seconds ? Moins « intelligents » ? Chaque enfant bénéficie en théorie dès l’entrée en maternelle peu ou prou des mêmes structures, des mêmes enseignements, etc. Mais l’école est loin d’être socialement neutre. Les programmes valorisent la culture des catégories socialement favorisées : la culture générale, la maîtrise d’un savoir mathématique théorique et de la langue française. A partir du collège en particulier, le système très académique défavorise ceux qui peinent à entrer dans le moule. Les évaluations à répétition dévalorisent et contribuent à l’échec des plus faibles. Le travail demandé hors temps scolaire est important et profite à ceux qui disposent d’un soutien à domicile (des parents ou par le biais de cours privés). Au bout du compte, la France est l’un des pays où le milieu social influence le plus le niveau scolaire (voir notre article France, le pays où le milieu social influe le plus sur le niveau scolaire).

Deux phénomènes sont à l’œuvre :

1- Une forte élévation du niveau d’éducation Sur une longue période, le niveau global d’éducation s’accroît (voir notre article : Le niveau de diplôme des Français) et le nombre d’élèves qui sortent du système scolaire sans qualification diminue : en 1975, un quart des élèves étaient dans ce cas, contre 5 % aujourd’hui, selon une étude du ministère de l’éducation. Cette tendance est une évolution majeure de nos sociétés : l’accès au savoir constitue un élément déterminant dans l’émancipation des citoyens. A partir des années 1950, la collectivité a investi massivement dans l’éducation, ce qui a profité aux plus défavorisés. Le taux d’accès au bac s’est élevé pour toutes les catégories sociales. Les catégories populaires et moyennes ont notamment eu progressivement accès au collège et une grande partie au lycée, qui était auparavant réservé à une élite. La moitié des jeunes issus d’une famille ouvrière nés au tout début des années 1980 ont obtenu le baccalauréat, contre 10 % de ceux nés dans les années 1950. Au total, près des deux tiers des générations nées entre 1979 et 1982 ont obtenu le bac, contre un peu plus de 20 % de celles nées vingt années plus tôt.

2- Mais les inégalités se sont déplacées vers le haut Le niveau d’éducation s’est élevé pour tous, y compris pour les plus favorisés. Du coup, les inégalités se sont pour partie déplacées plus haut dans le cursus scolaire. La sélection qui se faisait dans les années cinquante en fin d’école primaire s’effectue aujourd’hui en fin de collège. Le ralentissement de l’effort de scolarisation à partir du milieu des années 1990 pénalise les couches sociales les moins favorisées. Si l’on classe les élèves par durée de scolarité, celle-ci a augmenté, au cours de la période 1985-2010, de quatre années pour les 10 % aux scolarités les plus longues, contre 1,3 année pour les 10 % aux scolarités les plus courtes (voir notre article L’allongement inégal des scolarités). Entre 1996 et 2002, les taux d’accès au bac ont même diminué pour les enfants d’employés de services et d’ouvriers non-qualifiés. L’écart de réussite à l’école entre les catégories sociales, et notamment au bac, s’est creusé : en 1996, un enfant d’enseignant avait 8,5 fois plus de chances d’être bachelier qu’un enfant d’employé de service. En 2002, c’était 15,7 fois plus… le 2 septembre 2013  -Observatoire des inégalités

Pour aller plus loin :

De la sixième aux études supérieures : le poids des catégories sociales

L’inégal accès au bac des catégories sociales

L’allongement inégal des scolarités

France, le pays où le milieu social influe le plus sur le niveau scolaire

Pourquoi l’école française est-elle si inégalitaire ?

Dépenses d’éducation : la France dépense-t-elle vraiment trop ?

Ecole : comment rendre les notes plus justes. Point de vue de Pierre Merle

Comment redonner de la confiance aux élèves en difficulté ? Analyse de Benoit Galland

« Il faut repenser la façon de faire l’école », entretien avec François Dubet

« Le système d’évaluation joue un rôle essentiel dans les inégalités scolaires », entretien avec André Antibi

Les causes sociales des inégalités à l’école

notre rubrique Education

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roumanie: manifestations contre une mine d’or et le gaz de schiste (S&A)

Roumanie: manifestations contre une mine d'or et le gaz de schiste (S&A) dans Ecologie & climat rosia

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche dans toute la Roumanie pour défendre l’environnement et dire « non » aux gaz de schiste et à un projet canadien de mine d’or utilisant de grandes quantités de cyanure.

A Bucarest, 4.000 manifestants selon la gendarmerie, 7.000 selon les organisateurs, ont sillonné le centre-ville jusqu’au siège du gouver- nement où ils ont scandé des slogans contre le projet de mine d’or de la société canadienne Gabriel Resources dans le village de Rosia Mon- tana, en Transylvanie (nord-ouest). De retour place de l’Université, point de départ de leur manifestation, ils se sont assis sur la chaussée, bloquant en partie la circulation sur le principal axe routier de la capitale durant quelques heures, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Nous ne voulons pas de cyanure, nous ne voulons pas de dictature » ou encore « Unis, nous sauverons Rosia Montana », scandaient les protestataires, dont de nombreux jeunes et des familles. « Nous espérons sauver Rosia Montana », a expliqué à l’AFP Irina Enea, une créatrice de bijoux venue avec son mari et ses deux enfants. « Le droit à un environnement sain est violé et nous protestons contre le fait que le gouvernement ait approuvé cette semaine un projet de loi spécial déclarant la mine d’intérêt national », a-t-elle ajouté. Ce projet va être soumis au Parlement qui tranchera, a indiqué le Premier ministre Victor Ponta.

Les manifestants ont accusé le gouvernement d’avoir trahi ses promesses en accordant des permis à la compagnie américaine Chevron pour l’exploration des gaz de schiste et en déclarant « priorité nationale » le projet minier. La coalition de centre gauche du Premier ministre Victor Ponta s’opposait à ces projets avant d’arriver au pouvoir. Les manifestants ont aussi critiqué l’oppo- sition et le président Traian Basescu pour leur soutien à ces projets. La mine de Rosia Montana, qui pourrait produire jusqu’à 300 tonnes d’or, serait la plus grande d’Europe, selon la compagnie, et nécessiterait l’utilisation de 12.000 tonnes de cyanure par an en moyenne.

Des manifestations ont également eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays, de Cluj (nord-ouest) à Iasi (nord-est) en passant par Timisoara (ouest).

A Barlad, une petite ville du nord-est de la Roumanie, plus de 3.500 personnes ont défilé, dans deux cortèges, contre le projet d’exploration des gaz de schiste du géant américain de l’énergie Chevron. De nombreux prêtres de l’église orthodoxe, religion majoritaire en Roumanie, étaient dans les cortèges. « Gaz de schiste = mort », ont clamé des manifestants brandissant un cercueil dans le village de Banca, en banlieue de Barlad. « Nous avons hérité de nos ancêtres une terre propre et saine et nous devons la maintenir telle quelle pour nos enfants et nos petits-enfants. Si nous les laissons faire avec les gaz de schiste, ils empoisonneront notre terre », a déclaré Mihai Berlea, un ancien militaire âgé de 86 ans.

Chevron a obtenu en juillet des permis d’exploration des gaz de schiste dans trois villages de la région de Barlad avec l’ambition d’y développer ensuite l’extraction par fracturation hydraulique ou « fracking ». Cette méthode jugée dangereuse par les défenseurs de l’environnement consiste à injecter à très haute pression de l’eau mêlée à du sable et des produits chimiques pour libérer le gaz de la roche. Chevron assure de son côté respecter « les normes les plus élevées en termes de sécurité et d’environnement ». « Beaucoup de manifestants ne sont pas ici aujourd’hui seulement pour des raisons écologiques mais parce qu’ils ont l’impression d’avoir été trompés » par les hommes politiques, a estimé le sociologue Mircea Kivu.  Bucarest (AFP) – Publié le 01-09-2013 à 22h30 – Mis à jour le 02-09-2013 à 13h45

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20130901.AFP3941/roumanie-manifestations-contre-un-projet-canadien-de-mine-d-or.html?xtor=RSS-16

Plus d’infos:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/10/reclaim-the-fields-sans-terre-et-sans-label_3174638_3244.html

http://www.reclaimthefields.org/

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande « piégé » sur la Syrie : mais par qui ? (Rue 89)

Hollande « piégé » sur la Syrie : mais par qui ? (Rue 89) dans International

C’est un des petits bonheurs consolateurs de la rentrée.

Comme on retrouve sa trousse et ses gommes, on retrouve ses éditorialistes préférés, inchangés, intacts, requinqués par quelques semaines de débranchement. Au micro d’Inter, voici Thomas Legrand et Bernard Guetta, se partageant le plat du matin : Hollande piégé par Obama sur la Syrie. Oui, oui, piégé. Hollande était parti sabre au clair pour « punir » Assad après une attaque à l’arme chimique fin août. Là-dessus, le parle- ment britannique se prononce contre la guerre, et voilà Obama se souvenant qu’il existe aussi un Parlement aux Etats-Unis. La punition atten- dra donc le 9 septembre, au plus tôt, ce dont Obama a l’obligeance de prévenir Hollande. Lequel, donc, se retrouve « piégé », dans la position doublement inconfortable de celui qui a dégainé avant d’avoir un fusil, et du seul Président des « démocraties occidentales » à pouvoir s’as- seoir sur son Parlement, ce qui est tout de même un peu voyant.

Feu sur les « grandes démocraties » Croit-on que Legrand et Guetta vont saluer la sagesse d’Obama et la grandeur de la démocratie britannique ? Mais non. Legrand part dans de grandes explications sur la Ve République : elle est ce qu’elle est, et qu’elle a toujours été, aujour- d’hui davantage d’ailleurs que demain.

Guetta est plus net : feu sur Obama, cet « intellectuel », cet « observateur » (deux des défauts les plus épouvantables dans l’échelle Guetta). Feu sur ces « grandes démocraties », qui « paraissent se coucher devant un dictateur ». Que Hollande se soit « piégé » tout seul, en dégainant plus vite que son ombre, en utilisant un vocabulaire qui trahit le flou des buts de guerre (« punir » Assad) n’effleure l’esprit d’aucun des oracles du matin. S’ils sont pris à contrepied, c’est bien parce que les grandes consciences de la presse française sont parmi les premières à avoir « piégé » Hollande, en le sommant d’aller bastonner Assad, sans se soucier particulièrement du Parlement.

Aux avants-postes, Le Monde qui, en multipliant reportages et éditoriaux, tente depuis des mois de chauffer l’opinion française, en déguisant Assad en Hitler, et les rebelles syriens soutenus (notamment) par le Qatar en dépenaillés en sandales. Sans grand succès apparemment, sauf sur Harlem Désir, le seul à ce jour à avoir brandi à la droite l’inusable fantôme de la capitulation de Munich.

Les médias ignorent davantage qu’ils ne savent La presse est-elle dans son rôle en dénonçant des crimes de guerre ? Oui, incontes-tablement. Est-elle dans son rôle en rapportant de Syrie des échantillons pouvant concourir à la preuve de ces crimes (on en parlait dans une de nos émissions du printemps) ? Oui encore. Doit-elle donner ces échantillons au gouvernement français ? Ça se discute.

Ce travail de reportage l’autorise-t-elle moralement à sommer le gouvernement de partir en guerre ? C’est à cet instant qu’elle devrait se souvenir de tout ce qu’elle ne sait pas, c’est-à-dire l’essentiel. A quel niveau du commandement de l’armée syrienne a été donné l’ordre d’utiliser les gaz ? A quelle échelle ont-ils été utilisés ? Les rebelles ont-ils riposté avec les mêmes armes ? Entre Obama et Hollande, qui a poussé qui, qui s’aligne sur qui (tiens, cet article du New York Times vous a peut-être échappé en août. Lecture impérative) ? Autant de points sur lesquels les m« dias, avec les outils forcément imparfaits qui sont les leurs, ignorent davantage qu’ils ne savent. Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

http://www.rue89.com/2013/09/02/hollande-piege-syrie-245354

Commentaire:  Schneidermann se laisse aller à mettre sur le même plan le dictateur, finalement pas si pire, avec le peuple qui se laisse soutenir par le Qatar. Ce n’est pas notre avis!

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bientôt des drones pour traquer squatteurs et travailleurs clandestins ? (Basta!)

Bientôt des drones pour traquer squatteurs et travailleurs clandestins ? (Basta!) dans Justice & libertés gamaniak_degage-cigogne

Un étrange avion a survolé Slough, une ville de la banlieue de Londres, il y a quelques semaines.

Équipé de caméras thermiques, l’aéronef avait pour objectif de détecter, grâce à la chaleur, des traces de vie humaine dans des cabanes ou garages de la ville. Et de dresser ainsi une carte 3D de toutes les constructions, pour recenser les habitations illégales potentielles. Le conseil de la ville de Slough (120 000 habitants) estime que jusqu’à 3 000 personnes pourraient vivre illégalement dans des remises ou des dépen- dances, converties en habitations de fortune pour clandestins ou travailleurs précaires. La municipalité a donc décidé de passer à l’action pour traquer ces locataires non déclarés.

Il s’agit avant de tout de veiller à la sécurité des personnes concernées, ont annoncé les responsables locaux. De nombreux locataires paient jusqu’à 120 euros par semaine pour vivre dans ces conditions insalubres, sans eau ni véritable chauffage. « Ces gens génèrent des déchets, ils utilisent les services de la municipalité, ils ont un coût qui n’est pas compensé car ils ne paient pas d’impôt », poursuit cependant James Swindlehurst, un des élus municipaux. La location de l’aéronef et le traitement des images a coûté 28 000 euros, en partie compensés par les amendes perçues.

La caméra thermique ne peut déceler la chaleur des corps, mais celle de radiateurs allumés au fond du jardin, ou de réchauds dans des remises. Après la cartographie par les airs, une enquête de terrain vient confirmer les éventuels « délits ». Les propriétaires incriminés risquent 200 euros d’amende par jour s’ils ne mettent pas un terme à cette situation, ainsi que la destructions du bâtiment concerné. Les drones de la police viendront-ils bientôt guetter à nos fenêtres ? Par Agnès Rousseaux (2 septembre 2013)

http://www.bastamag.net/article3229.html

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce: l’antisémitisme fait-il la loi ?

Grèce: l’antisémitisme fait-il la loi ? dans Antifascisme 2
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Le 3 septembre prochain aura lieu jeudi le procès de Savvas Michaël-Matsas,intellectuel grec engagé et dirigeant d’une des organisations de la gauche marxiste-révolutionnaire, poursuivi pour diffamation et incitation à la violence à la suite d’une plainte du parti grec néonazi Aube Dorée.Le parquet a retenu comme charges la diffamation (l’Aube Dorée ayant été désignée comme ‘criminelle’), l’incitation à la violence (du fait de l’appel Savvas Michaël-Matsas à lutter contre les nazis), et le trouble de la paix civile (censément menacée par l’appel à manifester contre eux).La plainte de l’Aube Dorée à l’encontre de Savvas Michaël-Matsas inverse les rôles afin d’apparaître comme victime, en le dénonçant dans leurs moyens de communication comme « un agent de la conspiration juive mondiale contre la Nation grecque, pour provoquer une guerre civile et établir un régime judéo-bolchévique »…

Savvas Michaël-Matsas se trouve actuellement poursuivi par la justice grecque pour un tract et notamment un texte mis en ligne contre les nazis tandis que ceux-ci continuent à agresser et poignarder des migrants, des homosexuels et des militants de gauche en toute impunité.
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L’appel à la lutte contre le nazisme deviendrait ainsi un crime passible de prison.
Ce n’est point un hasard si au même moment dans les médias proches de nazis Savvas Michaël-Matsas fait l’objet des attaques nauséabondes et de propos ignominieux et notamment en sa qualité de juif et d’intellectuel marxiste. Le procès est prévu pour le 3 septembre et une confé- rence de presse des solidaires aura lieu jeudi prochain 29 août. Tout geste de solidarité serait le bienvenu.
Pour plus d’info voir l’article de Michael Löwy, Grèce : L’antisémitisme fait-il la loi ?
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Pour le rejet de la plainte déposée par les néo-nazis contre Savvas Mikhail Matsas et Konstantinos Moutzouris, veuillez signer et faire circuler la pétition.  Pour des messages de solidarité, il est possible d’écrire directement à Savvas Mikhail Matsas à l’adresse suivante : savvasmatsas@gmail.com

*http://www.editions-lignes.com/Grece-L-antisemitisme-fait-il-la.html

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Radicalités: contre un féminisme complice du patriarcat (Al.be)

Radicalités: contre un féminisme complice du patriarcat (Al.be) dans Féminisme fem%20tant%20qu%27il%20faudra.preview

Deux formes de militantisme féministe se font entendre : le militantisme lobbyiste et le militantisme « déshabillé » qui cherche à attirer les médias. Il manque aujourd’hui la voix d’un féminisme de combat. Entre féminisme institutionnel et nudité militante, la voie est étroite pour les féministes radicales. Ce texte est écrit avant « les 6 heures pour l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes » qui ont eu lieu le 20 octobre. Il s’agit là d’entendre des chercheuses, des militantes et des travailleuses en lutte pour « mettre au centre du débat sur l’égalité salariale les travailleuses les plus précaires » et exiger l’augmentation des salaires dans « tous les secteurs féminisés ». On ne peut qu’être d’accord sur les objectifs. Et un moment pour se réchauffer ensemble et alimenter nos analyses n’est pas à négliger. Mais pour quelle efficacité ? La loi sur l’égalité des salaires existe, le précariat des femmes est chiffré, analysé et connu.

Comment faire avancer le féminisme ? Le collectif Féministes en mouvement regroupe 21 associations et organisent des rencontres d’été. Cette année le thème était « L’égalité hommes-femmes en chantier ». Les objectifs sont l’échange, la production d’analyses et de propositions pour le pouvoir. Quelle efficacité ? Le mouvement féministe est riche en analyses de la situation. Et le pouvoir s’assied sur ses propositions, en particulier en matière économique. Elles ont également interpellé les candidates aux élections présidentielles. Toute cette énergie ne devrait-elle pas être utilisée autrement ? Ajoutons les rassemblements bi-annuels des 8 mars et 25 novembre, qui rappellent que rien n’est gagné (mais celles et ceux qui ne le savent pas ne seront pas convaincus ainsi), une pétition contre le viol… Internet a sans doute beaucoup facilité l’organisation entre militantes, mais malheureusement il a aussi rendu le « pétitionnage » trop facile. Ce féminisme tradi- tionnel – tout à fait estimable – ainsi que l’échange et l’élaboration, sont utiles mais ce féminisme n’a aucune efficacité, encore moins aujourd’hui où le patriarcat et le capitalisme sont en guerre contre le monde du travail et les femmes en particulier. Les rassemblements revendicatifs qui ont suivi le verdict récent et honteux d’un procès de viols collectifs ont plus fait pour l’appel du parquet que la campagne de pétitions et d’affiches en cours depuis des mois. Le harcèlement des féministes envers DSK a permis que le silence n’ensevelisse pas ses actes. C’est dans la rue, en harcelant les harceleurs, les machos, les violents que nos idées avancent.

Se déshabiller pour lutter : un leurre ! L’autre féminisme visible – beaucoup plus visible – est le féminisme déshabillé. C’est celui des Femen, ces militantes, dont le mouvement est issu d’Ukraine, qui réclament la fin du patriarcat et de la dictature avec des slogans peints sur leurs seins nus. Nous ne nous prononcerons pas sur le militantisme seins nus en Ukraine, mais sur les Femen France. C’est aussi le militantisme des « salopes » qui organisent des marches en tenues sexy et minimales pour réclamer le droit de s’habiller comme elles veulent. Exhiber sa nudité, c’est entrer complètement dans l’idée que le dévoilement est nécessaire et qu’il ne faut plus rien cacher. « La lumière représente, dans notre monde, un déterminant culturel puissant. Nous manifestons une foi profonde et obstinée dans les vertus de l’exposition, au point de nier la violence qu’elle implique. Nous sommes persuadés qu’il est bon d’en montrer le plus possible, que du dévoilement viendra une forme de révélation, de délivrance. Seule la honte paraît pouvoir justifier que l’on veuille garder des choses pour soi ». [1]

C’est une idée qui peut être analysée comme profondément capitaliste. « Une fille doit montrer ce qu’elle a à vendre. Elle doit exposer sa marchandise. […] On croyait avoir compris qu’un droit féminin intangible est de ne se déshabiller que devant celui (ou celle) qu’on a choisi(e) pour ce faire. Mais non. Il est impératif d’esquisser le déshabillage à tout instant. Qui garde à couvert ce qu’il met sur le marché n’est pas un marchand loyal. On soutiendra ceci, qui est assez curieux : la loi sur le foulard est une loi capitaliste pure. Elle ordonne que la féminité soit exposée. Autrement dit, que la circulation sous paradigme marchand du corps féminin soit obligatoire. Elle interdit en la matière – et chez les adolescentes, plaque sensible de l’univers subjectif entier – toute réserve ». [2]

L’utilisation de la nudité ou de l’exhibition de son corps pour militer rend-elle la nudité subversive ou au contraire fait-elle de la subversion un simple avatar de la publicité qui nous écœure de corps de femmes nus ? Cela participe de la pornocratisation de la société. Nous ne critiquons pas les choix individuels de ces femmes, ni ne mettons en doute leur sincérité, nous relèverons simplement que le patriarcat a des pièges profonds et qu’il est complexe d’échapper à son conditionnement. «  Depuis le déchaînement antiféministe orchestré par les industries pornographiques et proxénètes, en particulier à partir des années 1970, le patriarcat s’est assuré par tous les moyens que la seule chose qui passe pour féministe aux yeux et aux oreilles des jeunes femmes soit une image totalement pornifiée de nos luttes. Alors qu’il y a un silence de mort à la fois sur les mouvements féministes qui combattent pour faire cesser ces violences, et les atrocités commises sur les femmes par les hommes, les seuls événements que relaient les médias sont des actions de femmes qui reprennent les insultes misogynes, comportements ou stigmates de notre oppression. En d’autres termes, si les journalistes parlent de la lutte des femmes, c’est pour que les hommes puissent se masturber dessus – une des stratégies antiféministes les plus utilisées actuellement pour humilier notre mouvement et nous déshumaniser publiquement ». [3]

Un féminisme qui s’appuie sur les standards de désirabilité du patriarcat publicitaire, jeunes, minces, épilées et nues… est un féminisme complice du patriarcat. Si le féminisme institutionnel est inefficace à part pour entretenir nos compétences et nos argumentaires (ce qui est déjà bien), le féminisme déshabillé nuit aux femmes et au féminisme. En revanche, le féminisme de type lutte pour le droit à l’IVG est un exemple dont il faut s’inspirer : manifestations de rue, implication de personnalités, action directe (IVG à la maison)… Rosser les hommes violents et les déménager du domicile familial, ne pas taire les violences et protéger les violeurs par le silence, partager les salaires et le temps de travail, occuper, se mettre en grève… être illégales et convaincues… Mais surtout prendre et ne pas quémander, ne pas draguer les médias mais y mettre le feu… Les moyens du féminisme radical sont à retrouver. Par Christine (AL Orne)

[1] Mona Chollet, Beauté Fatale, la Découverte, 2012

[2] Alain Badiou, cité par Mona Chollet

[3] A. Ginva, « FEMEN : cessons de nous déshumaniser » sur http://sandrine70.wordpress.com/2012/10/05/

Source : http://albruxelles.wordpress.com/2013/08/04/radicalites-contre-un-feminisme-complice-du-patriarcat/

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Dix remarques pour les progressistes qui discutent de la Syrie (Essf)

Dix remarques pour les progressistes qui discutent de la Syrie (Essf) dans Antiimpérialisme syrie

Alors que la Syrie est de retour sur la scène médiatique en raison des horribles attaques à l’arme chimique de la semaine dernière [21 août] qui tuèrent des centaines de personnes ainsi qu’en raison des menaces des Etats-Unis d’opérer des frappes militaires, voici quelques remarques pour les militant·e·s et organisations progressistes et radicales aux Etats-Unis alors qu’elles envisagent une réponse adéquate.

1° Ne dites pas ou ne laissez pas entendre, en aucune manière, que les deux côtés ont tort et qu’il n’est pas clair qui devrait être soutenu si nous sommes impliqués militairement. C’est une insulte à tous les Syriens qui sont sortis et continuent à sortir dans les rues et qui protestent autant contre le régime que contre les forces qui cherchent à utiliser cette période de guerre pour affirmer leur propre pouvoir sur d’autres. C’est une honte de voir combien de groupes progressistes aux Etats-Unis sautent dans le wagon « les deux côtés sont mauvais », affirmant que nous ne devrions pas être impliqués. Un million d’enfants sont des réfugiés et c’est de la faute du régime. C’est le régime qui bombarde les villes avec des avions de combat ; c’est le régime qui a dirigé le pays par la force brutale pendant des décennies. Toute déclaration qui ne reconnaît pas cela est, une fois de plus, une insulte envers ceux et celles qui ont tant sacrifié.

2° Ne confondez pas l’Irak avec la Syrie. C’est aussi grotesque que ceux qui regardent le Kosovo comme un exemple d’intervention militaire pour en soutenir une en Syrie. C’est assez pathétique lorsque tant de progressistes et d’activistes de gauche sont obsédés par les affirmations prétendument fausses d’utilisation d’armes chimiques. Plus de 100 000 Syriennes et Syriens ont été tués, la majorité par des armes conventionnelles. Il y a donc mille et une excuses pour que les Etats-Unis interviennent. Des armes chimiques truquées ne sont donc pas nécessaires. Il n’y a aussi aucun élément qui me convainc selon lequel Al-Qaida a accès et utilise de telles armes. Al-Qaida a combattu les Etats-Unis en Irak pendant une décennie et n’a jamais fait usage de telles armes. Mais, subitement, Al-Qaida les utiliserait en Syrie ? Et si les rebelles possédaient de telles armes, le régime se serait effondré, il y a déjà longtemps.

3° Ne soyez pas obsédés par Al-Qaida, les extrémistes islamistes, les djihadistes, etc. Depuis le 11 septembre 2001, les progres- sistes ont justement esquivé l’utilisation de toutes ces étiquettes lorsqu’il était question de la guerre des Etats-Unis contre le « terrorisme », alors que nous les utilisons librement lorsqu’il s’agit de la Syrie et, en fait, nous en sommes convaincus. L’écrasante majorité des Syriens, autant ceux qui ont pris les armes que ceux qui continuent de résister par des moyens non violents, n’ont rien à voir avec les groupes ex- trémistes et se sont soulevés contre toutes les forces qui détruisent leur pays, qu’il s’agisse du régime ou des prétendus groupes « d’oppo- sition » [allusion, entre autres, aux manifestations contre Al-Nosra dans le nord de la Syrie]. Il est aussi important de comprendre que l’Armée syrienne libre (ASL) n’est pas une armée disposant d’un centre de commandement unique dont les ordres viennent d’en haut. Il s’agit d’un groupe dont le système d’affiliation des « bataillons » est lâche et dont quiconque peut affirmer en faire partie.

4° Soulignez tous les échecs des Etats-Unis envers la Syrie et comment larguer des bombes sur le pays n’est pas ce qui est nécessaire. Je ne suis pas personnellement convaincu que les Etats-Unis seront impliqués militairement. Ils ont promis des armes aux rebelles qui doivent encore être fournies. En aucune manière les Etats-Unis ne seront directement [sur le terrain] impliqués parce que, ainsi que cela a été souligné par le général Martin Dempsey [1] et dans une tribune du New York Times [2], il est bien plus utile pour les « intérêts » des Etats-Unis que les Syriens se massacrent les uns les autres. Je pense que prendre position sur le fait que les Etats-Unis ne doivent pas être impliqués par le biais d’une intervention militaire est bien. N’écrivez pas « Hands off Syria » [Bas les pattes de la Syrie] en supposant qu’il s’agit d’un genre de conspiration américaine. N’affirmez pas que cela à avoir avec le fait que les Etats-Unis ne disposent pas du droit de prendre parti dans une guerre civile. Ne faites pas comme s’il s’agissait d’argent pour ici [les Etats-Unis] dans la mesure où nous [Syriens] avons besoin de plus d’aide humanitaire. Faites de telle sorte que ce qui est mis en relief dans vos propos porte sur qui apportera de l’aide pour mettre un terme aux souffrances des Syriennes et Syriens.

5° Soulignez l’hypocrisie des Etats-Unis alors qu’ils jugent la Russie pour envoyer des armes au régime. La semaine dernière uniquement, un reportage est paru selon lequel les Etats-Unis expédiaient des bombes à fragmentation d’une valeur de 640 millions de dollars à l’Arabie saoudite [3]. Les armes [américaines] continuent de se répandre en Egypte, au Bahreïn et en Israël malgré de massives violations des droits humains. Appelez à ce que soit mis un terme à la vente à tous les régimes de la région.

6° Ne laissez pas d’authentiques préoccupations au sujet de l’impérialisme des Etats-Unis, d’Israël, de l’Arabie saoudite, etc. vous faire croire, lorsque vous observez des images et des vidéos d’enfants morts, qu’il s’agit de conspiration. Bachar [el-Assad] est un dictateur autoritaire et ses lettres de noblesse en matière de résistance sont un peu sommaires. Souvenez-vous simplement qu’il collabora avec les Etats-Unis sur des initiatives telles que les transferts [« renditions », le programme de prisons secrètes et de tortures sous-traité à des régimes autoritaires amis] de la CIA [4]. Ce n’est pas parce que la CIA entraîne quelques combattants en Jordanie ou que quelque dirigeant rebelle anonyme est cité dans un journal israélien que le soulèvement syrien contre un régime brutal n’est pas légitime.

7° Insistez sur la bravoure continue du peuple syrien qui descend dans les rues et qui proteste contre le régime, les extré- mistes et tous ceux qui cherchent à détruire leurs luttes pour la liberté et la dignité [5]. Comme c’est le cas partout, la couverture des violences prend le dessus sur les résistances non-violentes continues.

8° Exhortez avec force les gens à donner de l’argent pour l’aide humanitaire [Médecins sans frontières, par exemple]. Entre les morts, les emprisonnements, les déplacements intérieurs de populations et les réfugiés, je pense que 30 à 40% de la population syrienne est d’une façon ou d’une autre déracinée [le HCR estime que d’ici à la fin de l’année près de 10 millions de Syriennes et Syriens – soit presque la moitié de la population du pays – seront réfugié·e·s ou déplacé·e·s intérieurs].

9° Je n’ai pas de solutions réelles à vous proposer dont vous pourriez vous emparer pour encourager les gens à les soutenir. Peut-être que pousser à un véritable cessez-le-feu pourrait être une option, ce qui supposerait une pression sur la Russie pour exiger de Bachar qu’il se rétracte. Je sais que le fait que je ne possède pas de réponse sur ce qu’il faudrait faire est une lacune, mais quelquefois le meilleur moyen d’action est de seulement être en solidarité avec des personnes en lutte en le reconnaissant, tout simplement.

1o° Les Syriennes et les Syriens méritent le même respect pour leur lutte que toutes les autres luttes de la région : en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Bahreïn, au Yémen et, toujours, en Palestine. KUDAIMI Ramah 27 août 2013

* Texte publié le 27 août 2013 sur le site mondoweiss.net ; traduction A l’Encontre.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29625

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Valls : il y a comme un bruit de bottes dans ce pays… (1)

Valls : il y a comme un bruit de bottes dans ce pays… (1) dans Hollandie valls.gueant

L’homme se présente sous un jour volontiers ombrageux. Son propos, sous des dehors tranchants, est sentencieux. Point de salut pour ceux qui ne partagent pas son goût des valeurs dites républicaines.

Des valeurs communes à toute la classe politique, qui transcendent bien entendu ces virtuels clivages « gauche-droite ». Ministre de l’intérieur « socialiste », il est le digne descendant de Jules Moch dont la promptitude à mater les grèves ouvrières par le sang n’avait d’égal que son dévouement à l’ordre établi. Quand un gouvernement ne peut apporter aucune solution au chômage, il lui reste …la matraque. Et le bruit de bottes. Beaucoup de militants s’étonnent de voir et d’entendre des ministres sociaux-démocrates montrer des incisives autoritaires, intensifier la chasse aux sans-papiers et aux Roms, s’en prendre aux grévistes en proie aux licenciements. Ils sont tentés d’en conclure que la social-démocratie n’est plus ce qu’elle était, le gentil agneau réformiste qui se laissait rattraper par la « real-politique » et tentait de nous aménager « le moindre mal ».

Une sale tradition contre-révolutionnaire Depuis un siècle, la social-démocratie est l’agence de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier. En 1914, elle a exhorté les travailleurs à aller se faire massacrer et mutiler pour les marchands de canons et pour le partage du monde entre rapaces impérialistes. En France, comme en Allemagne. En 1919, elle a créé en Allemagne les corps-francs, chargés de décimer l’avant-garde ouvrière spartakiste et a assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, les deux meilleurs représentants de l’authentique tradition socialiste internationaliste en Allemagne. C’est dans ces corps-francs que s’est forgé le terrible parti nazi. En 1948, le ministre de l’Intérieur Jules Moch a fait tirer sur les mineurs de fond en grève. En 1956, le chef socialiste Guy Mollet, placé à la tête du gouvernement, a envoyé les jeunes appelés au service militaire « pacifier » l’Algérie au lance-flammes. C’est lui qui a conféré (avec les voix des députés PCF, ne l’oublions pas) les pleins pouvoirs aux généraux et colonels d’Alger, leur donnant du même coup un permis de torturer et de préparer le putsch d’Alger. Un coup d’Etat militaire qui fut, le 13 mai 1958, l’acte « fondateur » de la V ème République. Quiconque attendrait de la part de la social-démocratie de la mansuétude, de l’humanité et autre chose que de la pusillanimité et des reniements permanents tomberait vite de très haut. Manuel Valls n’est pas, comme on le dit parfois, un « socialiste de droite ». Il s’inscrit pleinement dans la sale tradition contre-révolutionnaire de la social-démocratie. Il s’inscrit dans la lignée de Noske, ce chef de la social-démocratie qui, en 1918, proclamait : «  je hais la révolution comme le pêché ».

Itinéraire d’un enfant gâté Manuel Valls ne jure donc que par l’ordre et l’autorité institutionnelle. Il occupe, sous la Vème République, un ministère clé : le ministère de l’Intérieur. Ministère de premier plan dans un Etat policier. Il est, après le chef de l’Etat et son Premier ministre, le troisième homme de l’Exécutif. La fonction créé l’organe, dit-on. Mais, dans le cas de Valls, l’homme semblait être confectionné sur mesure pour habiter la fonction de « premier flic de France ». Il naît à la politique, sur les bancs de l’Université, comme « jeune rocardien » au tout début des années 80. Rocard incarne alors, face à Mitterrand, le « parler vrai ». Un « parler vrai » qui s’oppose à toute velléité de satisfaire des revendications ouvrières « quantitatives » et qui annonce « l’austérité de gauche »… et les premières attaques contre les retraites par répartition. En 1985, il quitte la Ligue des droits de l’homme qui s’oppose alors à l’extradition par le gouvernement Mitterrand-Fabius de militants d’ETA vers l’Espagne. Cinq ans plus tard, il deviendra l’attaché de Rocard, devenu Premier ministre de son « adversaire » Mitterrand. Puis, en 2001, il est élu maire d’Evry. Dès lors, en l’homme, transparaît le policier. Partisan d’une révision de la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat (rappelant cyniquement qu’elle est « sans cesse contournée »), il proposera que l’esplanade de « sa » ville soit rebaptisée «  Esplanade Jean-Paul II » mais, au nom de la laïcité, il ordonnera la fermeture d’un Franprix Hallal. En 2007, Sarkozy lui propose de participer à son premier gouvernement, au titre de cette « ouverture » avec les « félons » du PS, Kouchner-Besson- Bockel. Valls décline l’offre. Mais, lorsqu’il se présentera aux « primaires » du PS de 2011, son programme sera la copie conforme du plan de l’UMP. Adepte de l’inscription de la « règle d’or budgétaire » dans la Constitution, de la TVA sociale et autres réjouissances réactionnaires, il obtiendra un score inférieur à celui de Ségolène Royal, soit 6%. C’est donc en pleine connaissance de ses options sarkozystes qu’Hollande nommera Valls, ministre de l’Intérieur et des Cultes.

Valls contre les droits de l’Homme Le résultat ne se fait pas attendre : en 2012, le record d’expulsions de sans-papiers est battu. Valls fait procéder au démantèlement des camps de Roms que la gauche, unanime, dénonçait lorsqu’elle était l’œuvre de Sarkozy-Guéant. Il fait extrader la militante basque Aurore Martin vers l’Espagne, dont le seule « crime » est un délit d’opinion. Sur les basques, on le voit, il a de la continuité répressive depuis 1985 ! Il fait poursuivre des gens qui manifestent « sans autorisation préalable » de la préfecture, des syndicalistes de Good Year et de PSA qui s’affrontent aux CRS. Dans les commissariats, tombent des « quotas » d’arrestations de sans-papiers, à en écœurer les pandores eux-mêmes. Dans le concert islamophobe, il est en première ligne. Comme tant d’autres, il a voté la loi interdisant le voile intégral dans la rue. Une loi qui encourage les agressions contre les femmes musulmanes. Une loi qui, comme à Trappes, met le feu aux poudres. Une loi qui, par effet de retour, nourrit la ferveur religieuse. Et maintenant, il envisage l’interdiction du voile à l’Université, au grand dam de sa collègue de l’enseignement supérieur !

Le FN au secours de Valls Islamophobe, Valls ? Ne le criez pas trop fort car, selon lui, le terme même d’islamophobie est sujet à caution. Ecoutons-le : « Je suis ministre de l’Intérieur, il ne m’appartient pas de réglementer l’usage d’un mot. Les mots ont un sens, et le terme suscite la polémique. Moi, je choisis ceux que j’emploie. L’important est de souligner une réalité : les actes racistes et xénophobes exercés à l’encontre de nos compatriotes musulmans ont augmenté de 28% depuis 2012 ! [de 31% selon cet observatoire, NDLR] Mais, derrière le mot « islamophobie », il faut voir ce qui se cache. Sa genèse montre qu’il a été forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour jeter l’opprobre sur les femmes qui se refusaient à porter le voile. » (http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130731.OBS1612/manuel-valls-l-islamophobie-est-le-cheval-de-troie-des-salafistes.html) Il ajoute : « Pour les salafistes, « [l’]islamophobie » est un cheval de Troie qui vise à déstabiliser le pacte républicain. » L’islam n’est pas autre chose que la religion musulmane. L’islamophobie ne désigne pas autre chose que le racisme qui vise les musulmans et qui les vise d’abord et avant tout parce que dans leur grande majorité les musulmans sont arabes ou noirs. Il n’exprime le rejet ou la phobie de cette religion que de façon hypocrite. Valls a comme référence Caroline Fourest, qui a fait de l’Islamophobie son fonds de commerce.

A l’écoute de Valls, le FN se lèche les babines :  « Derrière le mot « islamophobie », il faut voir ce qui se cache. Sa genèse montre qu’il a été forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour jeter l’opprobre sur les femmes qui se refusaient à porter le voile » : Tiens donc ! Enfin une once de vérité dans ce monde d’amalgame et d’instrumentalisation. » commente Louis Aliot sur le site du FN, qui poursuit : « Oui, l’emploi du terme « islamophobie » et la mise en cause infamante de tout un chacun qui critiquerait cette religion est une stratégie dans laquelle les gogos, les démagos ou les complices se retrouvent. Et d’ailleurs, le ministre vend la mèche « les salafistes l’utilisent avec un objectif bien clair : empêcher toute critique de la religion et s’opposer aux principes de la République… Pour eux, « l’islamophobie est un cheval de Troie qui vise à déstabiliser le pacte républicain.» Oui, monsieur le ministre et il n’y a pas que les salafistes sauf à considérer que ceux-ci ont colonisé, au moins idéologiquement, des associations telles que SOS-Racisme, le Mrap ou le CCIF (l’Observatoire contre l’Islamophobie). Car nous sommes poursuivis pour dire cette vérité-là ! ». Il en rajoute encore : « Et effectivement monsieur le ministre, « une autre loi s’impose à des gens qui ne sont pas de culture musulmane ». Ce n’est pas moi qui le dit ! C’est vous ! Cette autre loi n’est pas républicaine ! Il faut donc la combattre par la réaffirmation de nos principes et faire comprendre à ceux qui ne sont pas bien chez nous, d’aller tenter leur chance ailleurs ! » (à suivre)

02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Valls : il y a comme un bruit de bottes dans ce pays… (2)

 Valls : il y a comme un bruit de bottes dans ce pays… (2) dans Hollandie napoleon

« Différentialisme » et totalitarisme Dans le même entretien cité plus haut, Valls croit détenir les coupables :

«  Le nouvel Obs : les mouvements islamistes radicaux exploitent-ils les agressions récentes contre des musulmans?

Valls : A l’évidence. C’est le cas de gens souvent connus de nos services et qui n’hésitent pas, comme à Argenteuil ou à Trappes, à se déplacer dans une ville dont ils ne sont pas originaires pour créer l’agitation. Il s’agit pour eux de conquérir des espaces et des esprits. On observe aussi des intérêts communs entre groupes radicaux, à l’extrême droite et dans une partie de l’extrême gauche que j’appellerai différencialiste, pour créer la confrontation. A nous de tenir bon. » Une partie de l’extrême-gauche, dont nous sommes, considère, dans la lignée de Marx et Lénine, qu’il faut abolir toute mesure policière contre toute religion et, partant, qu’il faut faire cesser la persécution insidieuse qui frappe les musulmans en France. Pour nous stigmatiser, Valls forge un néologisme : le « différentialisme ». Un néologisme dont l’antonyme pourrait être…le totalitarisme.  Nous ne nous sommes pas gargarisé, quant à nous, du « droit à la différence » qui couvrait la différence des droits entre « Français » et « immigrés », entre ceux qui ont des papiers et ceux qui n’en n’ont pas, entre les femmes et les hommes … En laïques authentiques, nous considérons tout simplement que l’Etat n’a pas à interférer sur les pratiques religieuses individuelles, les tenues vestimentaires qui s’y rapportent. Dans le cas d’une religion minoritaire (en France), cette irruption de l’Etat dans les croyances individuelles cache un racisme profond, viscéral qui n’ose pas dire son nom. C’est ce racisme d’Etat dissimulé qui encourage les agressions islamophobes que Valls prétend combattre tout en refusant de les appeler par leur nom. Simple effet de sa duplicité… Notons, par ailleurs, que même parmi ses partisans au sein du PS, des voix s’élèvent contre l’islamophobie et l’appelle par son nom. C’est le cas de L. Carvounas, sénateur-maire d’Alfortville qui, dans un courrier à l’Imam de cette commune, écrit:

« A l’instar de tous les racismes et toutes les discriminations, l’islamophobie est un fléau qui ronge malheureusement notre société. Notre République se doit de défendre les valeurs de tolérance entre les cultures, et nous ne tolérerons jamais un geste ou une parole de haine contre un musulman. La foi est un acte intime, qui ne peut servir de prétexte à une radicalisation des comportements. La République, c’est la possibilité de pratiquer sa religion librement sans subir aucune intimidation. La liberté de pratiquer l’islam en toute tranquillité, en toute sécurité. En toute fierté. » Nous sommes d’accord !

Qui « créé l’agitation » à Trappes ? Reste une question : qui a « créé l’agitation » à Trappes ? Valls répond comme auraient répondu ses illustres prédécesseurs Marcellin dans les années 70 et Pasqua dans les années 80. Nous sommes en effet ici à deux doigts de la théorie du complot international qui déploie des « agitateurs » pour déstabiliser l’Etat. Rien de nouveau sous le soleil caniculaire de Valls, donc. Malheureusement pour lui, à la lueur des faits, ce sont ses contrôles policiers à froid et « bien ciblés » (à l’encontre des musulmans) qui ont « créé l’agitation », la provocation et cette agitation provocatrice a très vite débouché sur une manifestation spontanée, au cours de laquelle un enfant de quatorze ans a été visé en pleine tête et a perdu en œil, au flash Ball. Le tout, pour faire respecter une loi que toute une partie des députés de gauche jugeaient nocive et dangereuse. Une loi contraire à l’idée que bien des démocrates peuvent se faire des « valeurs républicaines ». En effet, comme l’a écrit Carvounas : « La République, c’est la possibilité de pratiquer sa religion librement sans subir aucune intimidation. La liberté de pratiquer l’islam en toute tranquillité, en toute sécurité. En toute fierté. ». Or, à Trappes, tout commence par l’intimidation policière à l’encontre d’une femme musulmane qui pratique librement et tranquillement l’islam. A Trappes, les provocateurs, ce sont les policiers de…Valls le « socialiste » Mais, encore une fois, Valls que l’on présente ici ou là comme le « vice-président », n’a rien d’autre à proposer aux habitants des quartiers populaires que l’intimidation policière. Ni vrai travail, ni vrai salaire.

Dreux ou « le bal des faux-culs » Après l’affaire de Trappes, survient l’affaire de Dreux. Un magistrat remet provisoirement en liberté trois délinquants condamnés à des peines inférieures à deux ans de prison. Cette décision procède du bon sens : comme nombre de prisons, la prison de Chartres est surpeuplée. Il est communément admis que ce surpeuplement favorise les récidives. Dans ce cas précis, le malheureux magistrat n’a pas pris une initiative isolée. Il ne fait que différer l’exécution des peines de trois mois de prison, pour trois « petits » délinquants. Et, il le fait en stricte application de la loi pénitentiaire de 2009. Commence alors le bal des « faux-culs », selon l’expression du président de l’union syndicale des magistrats (syndicat majoritaire des magistrats, peu suspect de « gauchisme » ou « d’angélisme »/ propos cité par La République des Pyrénées http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2013/08/06/un-bal-des-faux-culs-sur-air-securitaire,1145306.php)

Ce magistrat ne fait donc qu’appliquer une loi de droite. Ce qui n’empêche pas le chef de la police de Dreux de s’insurger contre ce magistrat, soudainement accusé de laxisme. Aussitôt, Valls emboîte le pas du policier, allant jusqu’à lui téléphoner personnellement, quitte à mettre Taubira en porte à faux et à provoquer une nouvelle crise au sein de l’Exécutif. Valls n’ignore pas les dispositions de la loi pénitentiaire de 2009. Il est au fait du surpeuplement carcéral. Mais, Valls n’en a cure, il veut flatter « l’opinion publique » et ses « majorités silencieuses », il veut à son tour faire croire aux victimes d’agressions, de vols, que tout cela vient du laxisme de la justice. C’est le langage de Sarkozy et des siens expliquant l’insécurité par l’incurie judiciaire qui sape le travail des policiers. « La sécurité n’est ni de gauche, ni de droite » assène-t-il. Certes. Mais le discours de Valls sur la sécurité est un discours de droite calqué sur Sarkozy et Copé.

Un nouvel homme fort ? A ce propos, le journaliste J.M Herzog de la République des Pyrénées (cité plus haut) commente :

« Quand on se demande ce qui distingue encore la droite de la gauche, il y a un critère : quand la gauche est au pouvoir, la droite se déchaîne sans retenue pour stigmatiser son « laxisme » en matière de police ou de justice, alors qu’à l’inverse la gauche dans l’opposition n’accuse pas la droite au pouvoir d’être timide contre « le crime », mais de s’y prendre en dépit du bon sens en privilégiant aveuglément la répression sur la prévention. La polémique ouverte après la remise en liberté par le parquet de Dreux de trois délinquants arrêtés par la police faute de place dans la prison locale en est une nouvelle illustration qui serait pleinement convaincante si certains à gauche n’avaient pas cédé non plus aux facilités dont la droite est coutumière, qui consiste à soutenir les policiers contre les magistrats dès qu’un incident vient émouvoir l’opinion Valls soutient donc les policiers contre les magistrats. Cette sale démagogie ne sert qu’une cause : celle de l’autoritarisme et de l’édification d’un Etat policier tourné contre toute la population ouvrière et populaire et contre toute les libertés démocratiques, à commencer par le droit de manifester. Un Etat policier qui a également dans sa ligne de mire le principe de l’indépendance de la Justice. Il y a là de quoi paver la route des droites les plus extrêmes. Un cadeau royal au FN…

Mais, face à toute critique, Valls se cache derrière le paravent de la « république ». Mis en cause (assez timidement, du reste) par les « écologistes », le ministre de l’Intérieur s’en prend à « une partie des écologistes qui n’hésite pas à tenir un discours antirépublicain et flirte avec le communautarisme quitte à faire le jeu des extrêmes de tout bord » (cité par Le Parisien 24/07/2013). Ces « écologistes » avaient simplement noté que « l’affection proclamée du ministre de l’Intérieur vis-à-vis des Français musulmans, la veille du ramadan, ne semble pas encore totalement partagée par une partie des fonctionnaires sous ses ordres ». De tels propos seraient donc « antirépublicains » ! En fait, toute remarque, même anodine, qui pourrait porter critique, même à la marge, à l’ordre établi, représente pour Valls un danger. Toute critique du fonctionnement des institutions, selon lui, fait les « jeu des extrêmes ». Quand on entend Valls, on entend comme un bruit de bottes dans ce pays. Hollande lui emboîte le pas …

Valls veut se poser en nouvel homme fort du régime, dans le contexte de la crise de l’Exécutif et de la crise politique généralisée. Ses déclarations bouffies d’anathèmes et d’autoritarisme visent autant à intimider qu’à séduire. Intimider les salariés, les jeunes et tenter de séduire par un discours dit « sécuritaire » une partie de la population, au moment où le gouvernement ne peut promettre aucune amélioration du sort des gens et au moment où il s’attaque à l’ensemble des acquis sociaux. Valls est en réalité un pur produit de cette social-démocratie en décomposition et des institutions prétendument « républicaines » qui perdent toute attache avec la réalité. Il est l’éminent représentant du «  Pouvoir » qui perd pied. Valls, un authentique social-démocrate, autrement dit un anti-ouvrier ennemi de la classe ouvrière. Et qui sera traité comme tel le moment venu par les travailleurs. Pedro Carrasquedo, Jean-Paul Cros, Daniel Petri, Wladimir Susanj 12 août 2013

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