Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

21 février 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande aux USA

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Obama, Gattaz et le pigeon…

Tout au long de sa visite aux USA, Hollande a affiché son bonheur de côtoyer le président de la première puissance mondiale. Il y était sans première dame mais empressé auprès du nouvel élu de son cœur, Gattaz, lui aussi président mais du Medef, et comblé du plaisir de se mettre dans son rôle d’ami des patrons, des riches et des puissants.

La finance a enfin un visage dont Hollande devient, de toute évidence, de plus en plus familier… Une véritable mise en scène diplomatique. L’empressement, certes amusé voire condescendant, mis par Obama pour accueillir cet inconnu de la population américaine qu’est le french president, a de quoi étonner, mais il est symptomatique des difficultés que connaît la politique étrangère américaine, ainsi que de celle que mène la France à son égard.

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Tant sur le plan économique que sur le plan des rapports de forces internationaux, la domination des USA est contestée par l’émergence de nouvelles puissances, principalement de la Chine. D’où la volonté étatsunienne d’associer d’autres puissances à la défense de sa domination sur le monde, en particulier les puissances européennes. Face à l’Allemagne peu empressée à faire le boulot de gendarme, la France, elle, s’active avec zèle. Sarkozy avait donné le signal en réintégrant le haut commandement de l’Otan et l’intervention en Libye. Hollande accentue cette politique, cher- chant à profiter des difficultés des USA pour jouer son propre jeu en Afrique et au Moyen-Orient. Selon Obama et Hollande, « une alliance transformée »…

Offensive militariste et libérale Cette offensive militariste s’accompagne d’une offensive libérale sur le plan des échanges et du commerce avec l’Europe, offensive dont Hollande se fait, là encore, le champion. L’incident diplomatique provoqué par les pratiques de l’agence de renseignement NSA, révélées par Edward Snowden en 2013, pèse peu au regard des intérêts des amis de la finance et des multinationales.

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Hollande demande l’accélération de la mise en place de l’accord de libre-échange trans­atlantique en négociation. Le futur traité devrait contrebalancer les ravages provoqués par les politiques d’austérité. Ce sera tout le contraire, car ce sont bien les politiques soumises à la course à la rentabilité financière des grands groupes financiers et industriels qui alimentent la crise.

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« Des preuves d’amour »… Hollande a multiplié les gestes à l’égard des patrons français ou américains, sans oublier le FMI… Sans rire, Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Économie numé- rique, a parlé de « preuves d’amour » aux entrepreneurs, à propos de la visite à la Silicon Valley en Californie, et de l’accolade chaleureuse entre Hollande et le leader des prétendus « Pigeons ». Hollande s’est tout aussi chaleureusement félicité d’être accompagné par le patron du Medef qui, pourtant, avait ridiculisé le pacte de responsabilité en annonçant qu’il n’y aurait pas de contreparties dans les discussions. Mais, quand on aime, on n’est pas rancunier…

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« Venez en France ! » a-t-il lancé aux dirigeants de l’économie numérique américaine, après avoir énuméré une série de futurs cadeaux pour donner le moral aux patrons… C’est ce que Fleur Pellerin appelle « la pédagogie du risque» !

Hebdo L’Anticapitaliste – 230 (20/02/2014) Yvan Lemaitre

21 février 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine: une « aile gauche » est-elle possible ? (inprecor)

Manifestants à Kiev en janvier 2014. &copy Chernov

Peut-on caractériser la situation en Ukraine comme révolutionnaire ?

Nous devons nous battre pour y avoir notre place tout en comprenant son hétérogénéité politique et sociale. À la mi-décembre 2013, notre estimation de la crise politique en Ukraine en tant que « situ- ation révolutionnaire » a donné lieu à beaucoup de commentaires critiques. En outre, l’emploi du concept « révolution » dans le contexte ukrainien a été condamné comme une sorte de sacrilège, car les événements de Kiev paraissaient totalement incomparables à la grandeur des révolutions passées.

Il n’y avait pas de proclamations sur le début d’un monde nouveau, ni aucun débat sur la socialisation de la propriété, tandis que l’ordre social établi au cours des deux dernières décennies de régime post-soviétique n’était même pas remis en question. Mais le contenu politique d’une révolution peut ne pas correspondre tout à fait à sa dynamique : l’expérience réelle des masses, leur détermination et leur capacité à s’organiser elles-mêmes peuvent être en avance sur leur « ima- gination politique ». Et si une révolution échoue simplement du fait de l’absence de projets politiques indépendants, elle ne cesse pas pour autant d’être une révolution.

Indubitablement, ce qui définit une révolution c’est l’apparition des masses insurgées — la force motrice de cette histoire. Ceux qui continuent à caractériser les événements en Ukraine comme un « conflit des élites » ou un « affrontement entre les clans bourgeois » oublient ce qui est le plus important : le collectif du Maidan (qui inclut des militants qui contestent l’administration dans la moitié des régions de l’Ukraine) est devenu un facteur politique indépendant, que ni les autorités, ni les chefs de l’opposition parlementaire ne pouvaient manipuler aisément. Sans leur persévérance et leurs sacrifices au cours des mois passés, il y aurait probablement eu des douzaines de scénarios « d’apaisement », depuis celui de la dictature policière jusqu’à une sorte d’accord au détriment des manifestants entre les ennemis de Ianoukovytch — l’un ou l’autre satisfaisant l’aspi- ration de faire tomber Ianoukovytch de la présidence de la République et de le priver de la mainmise sur les fonds monétaires des élites politiques et financières ukrainiennes.

La proposition de prendre la tête du gouvernement, faite le 25 janvier à Arseni Iatseniuk, a été immédiatement suivie par la démission du Premier ministre Mykola Azarov et par l’annulation des scandaleuses « lois du 16 janvier » (1) ainsi que, finalement, par l’aide sincère des partis de l’op- position pour la reprise du contrôle des bâtiments administratifs occupés par les protestataires — autant de signes d’un consensus entre les deux camps. Ianoukovytch, l’opposition, l’Union euro- péenne et Poutine se sont tous unis pour « normaliser » l’Ukraine. Le seul problème, imprévisible et incompréhensible, qui a gêné la négociation d’un accord mutuellement salutaire, c’est que des milliers de protestataires déterminés ont refusé de quitter Maidan.

Leur détermination relève sans aucun doute de quelque chose de plus que d’un instinct démocratique : les citoyens restent des citoyens tant qu’ils sont ensemble et qu’ils peuvent répondre avec violence à quiconque qui tente de briser leur unité armée.

Cette démocratie directe, née d’une expérience directe, n’a aucune suite politique. De plus, ses troupes de choc organisées — qui ont aidé la majorité des protestataires de tenir à distance l’État et la police — sont devenues une force fondamentalement antidémocratique. Paradoxalement, sans les militants d’extrême droite favorables à une « dictature nationale », il n’y aurait jamais eu ne serait-ce qu’une seule barricade sur le boulevard Khrouchtchev, pas plus que de ministères occupés et transformés en « quartier général de la révolution ». Tout simplement, ces événements — qui ont empêché la consolidation d’un « parti de l’ordre » et l’établissement d’un « état d’urgence » par en haut — n’auraient pas eu lieu. On ne peut qu’être terrifié en réalisant ce simple fait : non seulement le mécontentement des masses envers le gouvernement en place, mais encore la volonté de l’extrême droite de renverser ce gouvernement pour établir le sien, monopolisant rapidement l’espace politique et le transformant en une réaction extrême.

Les premiers moments de Maidan font penser à une sorte du monde merveilleux de la politique : il y a les combattants des rues qui affrontent la police, des campings autogérés, des centres d’information, des points d’entraide, des « services d’urgence » auto-organisés, et des repas chauds. C’est l’exemple même d’un soulèvement urbain, dont chaque élément respire la conscience révolutionnaire authentique, mais peinte dans des couleurs étranges, inhabituelles : un kaléidoscope de propagande de tous les partis et sectes possibles de la droite la plus extrême, avec d’innombrables symboles « celtiques » et des signes runiques sur les murs. Cette dissonance incroyablement nauséabonde, entre le contenu révolutionnaire du processus et sa forme réactionnaire, c’est une situation qui exige l’action en vue de modifier cette équation terrible, non une évaluation éthique, marquée par le dégoût.

Bien sûr, dans cette révolution, personne n’a réservé une place pour les militants de gauche, les seuls qui auraient réellement pu proposer une alternative à l’ordre établi. À cet ordre qui a donné naissance à la pauvreté, à la corruption, l’absence de transparence et à la brutalité de l’État. Cet ordre qui a produit les facteurs, sans exception, qui ont conduit les gens à prendre les rues et à commencer la résistance. La crise actuelle en Ukraine est réellement une crise de cette société que nous voulons changer. Une société dégradée, aigrie, qui se désintègre. Une société qui n’éprouve que peu d’optimisme sur son avenir, et encore si rarement.

Les événements révolutionnaires actuels sont le produit de cette société et de son si rare — donc crucial — optimisme. Le nationalisme (qui est encore, à ce moment, plus civique qu’ethni- que), une étrange croyance dans la puissance de « l’intégration européenne », l’idéalisation des institutions parlementaires, le manque de résistance face au chauvinisme, ainsi qu’un désir de découvrir et de neutraliser les virus dans le corps « national » sain : tout cela reflète la conscience actuelle de la société ukrainienne, qui de toute manière n’est pas statique, ni incapable de changer. Malgré le fait que les conditions initiales étaient beaucoup plus favorables à l’expansion de l’extrême droite, le résultat de cette bataille pour la conscience et pour un programme révolutionnaire n’était pas prédéterminé — et même encore aujourd’hui il n’est pas définitif.

Je comprends parfaitement à quel point mon raisonnement sera jugé vulnérable. Mais je pense toujours que ce débat — sur la nécessité et la possibilité d’une « aile gauche » en lutte pour l’hégémonie dans le mouvement — est important non seulement dans le contexte ukrainien contem- porain, mais aussi pour l’avenir… Car nous devrons faire face à des circonstances similaires (voire pires) à chaque fois. Je me souviens très bien, juste après le premier rassemblement, le 5 décembre 2011 sur le boulevard Chistoproudny à Moscou, d’une réunion des représentants de tous les groupes existants de gauche. Après un débat houleux et malgré les différences des traditions politiques et des approches idéologique, la majorité des participants se sont mis d’accord sur les points suivants :

1. Ce début de la protestation était le nôtre et nous y participions ;

2. Nous comprenions parfaitement son hétérogénéité politique et sociale, donc nous devions nous battre pour y avoir notre place.

C’était là le minimum indispensable de l’unité politique, dont le résultat fut la présence systématique de la gauche radicale dans le mouvement de protestation. Et, surtout, ce mouvement percevait que les militants de gauche constituaient une de ses parties organiques. Un « pôle rouge » a émergé dans le mouvement, clairement en contraste avec l’approche conservatrice du Parti communiste russe, qui travaillait pour restaurer la stabilité de la machine politique de la « démocratie dirigée ».

Pour autant que je sache, rien de ce genre n’a eu lieu en décembre 2013 à Kiev. La gauche radicale de l’Ukraine a regardé les protestations naissantes avec scepticisme, se résignant à un rôle passif ou marginal. Ceux de ses militant-e-s, qui ont décidé de soutenir le mouvement et d’y par- ticiper, l’ont fait de manière individuelle, sans se coordonner. Les groupes d’extrême droite peuvent revendiquer d’avoir su mieux profiter de leur potentiel militant — mieux même que ne l’ont fait leurs collègues russes — et donc de toutes les opportunités politiques, dès le début du mouvement. Ils ont expulsé des rassemblements, de manière systématique, les petits groupes de gauche. Que serait-il arrivé si, dès le début, en rassemblant toutes ses forces disponibles (je pense qu’il pouvait s’agir de plusieurs centaines de personnes), la gauche radicale avait affirmé son droit d’être à Maidan et de promouvoir ouvertement sa position ? Il est probable que, face à une telle présence massive de la gauche organisée, la droite se serait abstenue d’un conflit ouvert, craignant un impact négatif sur son image auprès de la grande majorité des protestataires non organisés.

Imposer un espace pour l’aile gauche aurait été crucial non seulement pour la situation actuelle, en rassemblant un courant parmi les centaines de milliers de manifestants. Cela aurait aussi permis de construire des forces de la gauche radicale dans la situation qui suit la révolution — probablement dans le futur proche — lorsque, enfin, le Parti communiste d’Ukraine mettra fin à son existence honteuse. Les protestataires exigent de plus en plus fortement la dissolution du PCU (ainsi que de celle du Parti des régions, russophone). C’est non seulement le produit de la tradition anti-communiste, mais tout autant du programme politique de ce parti, qui a lié inextricablement son destin aux clans oligarchiques et au lobby pro-russe réactionnaire. Dès le début de la crise, le PCU s’est catégoriquement opposé au mouvement de protestation, demandant la répression policière et soutenant de manière inconditionnelle les « lois du 16 janvier ». Une aile gauche, qui aurait été présente dès le départ dans le mouvement de protestation, aurait la légitimité pour contester la confusion, qui domine maintenant, entre les alternatives socialistes et le bâtard parti communiste de Petr Simonenko. Une telle aile gauche aurait non seulement pu renforcer le mouvement de l’intérieur, mais aussi lui offrir une orientation en développant son vecteur démocratique radical et en soutenant, en lui donnant une dimension politique consciente, la création des « conseils populaires » dans les administrations régionales occupées.

Hélas, aujourd’hui cela a déjà été perdu. Les forces de la stabilité l’emportent de toute évidence. L’Ukraine revient vers le fragile modèle de consensus oligarchique entre les clans concurrents et les partis électoralistes. En même temps, rien ne sera plus comme avant : la peur devant les forces du gouvernement a été détruite et le goût de la résistance va marquer une génération politiquement active, qui a expérimenté la construction des barricades sur le Maidan. Et cela signifie que, très probablement, l’histoire offrira un peu plus de chances pour que la gauche radicale puisse apprendre de ses erreurs. ■ Ilya Budraitskis

* Ilya Boudraitskis, journaliste et chercheur, est militant de la section russe de la IVe Internationale. Il a été présent à Kiev en décembre 2013 et a publié cet article sur le site Otkrytaïa Levaïa (Gauche ouverte) : http://openleft.ru/?p=1610 (Traduit du russe par JM).

21 février 2014 ~ 0 Commentaire

Stratégie de tension au venezuela (medelu.org)

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Des casseroles neuves et des tailleurs Chanel , le Chili 1973…

Tout commence, en apparence, dans l’Etat de Táchira.

Le 6 février, au terme d’une manifestation théoriquement convoquée pour protester « contre l’insécurité », un groupe de quelque 80 étudiants cagoulés incendie la guérite de la résidence du gouverneur, brise le portail et s’en prend violemment au bâtiment, avec un solde de onze blessés, dont neuf policiers. Dans les jours qui suivent, réclamant la libération des personnes arrêtées lors de ces désordres, d’autres manifestations se déroulent dans l’Etat de Mérida, débouchant à leur tour sur des actes de violence et de nouvelles détentions. Le 12 février, les événements s’emballent et prennent une tournure dramatique : à Caracas, une nouvelle démonstration se termine, devant l’immeuble du Ministère public (le siège du pouvoir judiciaire), par de violentes échauffourées qui font trois morts par armes à feu et plus de 60 blessés.

Les chocs entre « étudiants » et forces de l’ordre reprennent de plus belle le 15 février, près du Parque del Este, dans la capitale, où la journée de « protestation civique » se termine par de multiples dégradations et la mise à sac, par des groupes de choc, de stations de métro [1]. Le lendemain, c’est sur la place Altamira – bastion emblématique de l’opposition depuis la tentative de coup d’Etat d’avril 2002 contre Hugo Chávez – et devant les locaux de la chaîne nationale Venezolana de Televisión que les contestataires établissent leurs quartiers, avec, en corollaire, pour leur répondre, un classique déluge d’armes non létales – gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc.

Ce qui, quelques jours auparavant, avait débuté comme une banale fronde étudiante a, entre temps, changé de nature. Avec pour chefs de file Leopoldo López, coordinateur national du parti Volonté populaire et ex-maire de Chacao (un quartier chic de Caracas), la députée María Corina Machado, très appréciée dans les secteurs les plus radicaux, ainsi que le maire « social-démocrate » du grand Caracas, Antonio Ledezma, les dirigeants de l’opposition appellent au soulèvement contre le régime « autoritaire », « corrompu » et « incompétent » du président Nicolas Maduro. Ce que d’aucuns nomment déjà avec gourmandise « le printemps vénézuélien » vient-il de commencer ?

Le pays traverse une période délicate, nul n’en disconvient. Insécurité, pénuries (dont la très médiatisée absence de papier toilette dans les rayons des supermarchés), marché noir et surtout inflation galopante (56 % en 2013) y ont, ces derniers temps, semé, selon le camp où le citoyen se situe, l’inquiétude ou l’exaspération.

Un contrôle des changes ayant été instauré en 2003 par Chávez pour empêcher la fuite des capitaux, les Vénézuéliens qui ont besoin de dollars pour importer ou voyager à l’extérieur doivent passer par un organisme d’Etat et les acheter à un prix imposé, nommé « préférentiel ». La quantité de dollars disponibles à ce taux étant restreinte, alors que la demande demeure importante, un marché noir a surgi, sur lequel la monnaie américaine se négocie à des prix faramineux – jusqu’à douze fois le taux officiel de 6,3 bolivars par dollar. « Ce qui a réellement poussé l’inflation, il y a près d’un an, explique l’économiste Marc Weisbrot, co-directeur du Center for Economic and Policy Research, à Washington, fut la réduction de l’octroi de dollars pour le marché extérieur. Ceux-ci ont été réduits de moitié en octobre 2012 et pratiquement éliminés en février 2013. De sorte que beaucoup d’importateurs ont dû acheter davantage de dollars au marché noir. C’est de là qu’est venu le pic d’inflation [2]. »

Dans l’analyse du phénomène, beaucoup en sont restés là, pointant du doigt la respon- sabilité ou l’incompétence des cercles dirigeants au sein desquels, de fait, se déroule un débat – ouverture, poursuite de la même politique, radicalisation ? – sur les mesures à prendre pour mettre un terme à ces distorsions [3]. Mais bien peu ont mis l’accent sur la partie immergée de l’iceberg : comme au Chili, au cours des mois qui ont précédé le renversement et la mort de Salvador Allende, c’est bel et bien une entreprise de déstabilisation économique qui fait tanguer le Venezuela.

En novembre 2013, l’affluence populaire pour acheter « à des prix justes » les produits électroménagers de la chaîne Daka, après que, occupée par le gouvernement, elle ait vu ses biens confisqués à Caracas, Punto Fijo, Barquisimeto et Valencia, a mis un coup de projecteur sur les méthodes utilisées pour spéculer, saboter l’économie, ou les deux à la fois : après avoir obtenu plus de 400 millions de dollars publics, de 2004 à 2012, pour importer ces biens à bas prix, Daka pra- tiquait une surfacturation pouvant aller jusqu’à 1 000 % en les revendant. Au même moment, une inspection du magasin d’électronique et d’audio-visuel Pablo Electronica détectait une augmentation injustifiée des tarifs (de 400 à 2000 %). On pourrait remplir des pages entières d’exemples, tant ils sont légion. Dès lors, dans son offensive contre « la guerre économique », le pouvoir a mis en place un plan ambitieux de régulation des prix des biens et des services, et en a incontestablement récolté les fruits : le 8 décembre, alors qu’on les disait (ou croyait, ou souhaitait) moribondes, les forces chavistes remportaient les élections municipales, prenant ou conservant 76,42 % des mairies du pays (256 municipios) et devançant la Plateforme d’unité démocratique (MUD : 22,69 %, 76 municipios) de plus d’un million de voix. Depuis, la « Loi organique des prix justes », entrée en vigueur le 11 janvier 2014, limite les marges bénéficiaires sur les biens et les services à 30 %.

De quoi augmenter les pénuries s’insurgent les opposants et les économistes libéraux ! Mais quelles pénuries ? Pas un jour ne se passe sans que, comme le 5 février, dans l’Etat de Táchira, les autorités ne découvrent 939,2 tonnes – 939,2 tonnes ! – de riz, sucre, beurre, lait, café, huile, etc., dissimulés dans des entrepôts et soustraits aux rayonnages des magasins. Pas un jour ne s’écoule sans que, comme le 8 février, dans le Département d’Apure, on ne saisisse 32 tonnes d’aliments – et 4 992 rouleaux de papier hygiénique ! – destinées à partir en contrebande vers la Colombie. Ce même 8 février, le superintendant Luis Mota Domínguez informait que venaient d’être trouvés, dans trois dépôts de la Distribuidoras y Ensambles de Venezuela, située à Valencia (Etat de Carabobo), plus de 49 000 appareils électroménagers – machines à laver, cuisinières, réfrigérateurs, etc. – importés depuis plus de trois ans grâce aux millions de dollars « préférentiels » octroyés par le gouvernement. Alors des pénuries, effectivement, et pour cause, il y en a.

L’opinion ainsi travaillée par ces séquences de film catastrophe, l’opposition peut passer (ou re-passer) à l’action. Regroupée au sein de la MUD, elle n’a pas accepté la victoire de M. Maduro à l’élection présidentielle d’avril 2013, avec 50,66 % des voix. Cette marge étroite incita le candidat battu pour la deuxième fois en six mois [4], M. Henrique Capriles Radonski, à refuser de reconnaître le verdict des urnes et à lancer ses partisans dans une campagne de « désobéissance civile » qui provoqua onze morts et des dizaines de blessés. Washington ne donnant plus le « la » dans la région, depuis la naissance de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) et de la Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (Celac), la campagne internationale entreprise sur le thème de la « fraude électorale » ne donna pas les résultats escomptés et cette poussée de violence s’interrompit momentanément.

Toutefois, pariant sur la panique suscitée, y compris au sein des milieux populaires, par la déstabilisation de l’économie, par l’annonce ou l’invention des pénuries, la droite dure pensait pouvoir donner le coup de grâce à la révolution bolivarienne à l’occasion des élections municipales du 8 décembre dernier. Elle les transforma en plébiscite et en vote-sanction contre la gestion de M. Maduro. Pari perdu. Au fil des mois, en gouvernant d’une main ferme, celui-ci a su renforcer sa légitimité. Après cette quatrième défaite en quelques mois [5], la perspective de reprendre le pouvoir se ferme à nouveau pour la droite : dans un pays accoutumé à voir se succéder les scrutins, il n’y aura plus d’élections avant les législatives de fin 2015 et un éventuel référendum révocatoire en 2016 !

Attendre, une fois de plus ? De la démocratie, certains secteurs de l’opposition vénézuélienne ont une conception toute particulière. Tout comme M. Leopoldo López, Mme María Corina Machado considère que, pour provoquer « le naufrage du régime », il n’est plus possible de respecter le calendrier électoral. C’est donc avec le slogan « la salida » (« la sortie ») que l’un et l’autre appellent à l’insurrection. En avril 2002, déjà, M. López a activement participé au coup d’Etat contre Hugo Chávez et figure sur la liste des signataires du décret qui, à l’instigation du bref dictateur, le patron des patrons Pedro Carmona, a alors dissous le Congrès et tous les pouvoirs constitués. Accusé d’irrégularités administratives lorsqu’il était maire de Chacao, il a été jugé en 2008 et s’est vu interdire toute postulation à une charge publique jusqu’en 2014. Comme lui (qui se voit en « prési- dent de transition »), Mme Machado (qui se rêve en « première présidente » du Venezuela), multiplie les contacts, en Colombie, avec l’ex-président Alvaro Uribe ou ses proches, ainsi qu’aux Etats-Unis où la visite qu’elle fit le 31 mai 2005, dans le Bureau ovale, au président George Bush, n’est pas passée inaperçue.

On notera au passage que l’offensive des secteurs extrémistes que l’un et l’autre repré- sentent a, outre l’objectif de chasser M. Maduro du pouvoir, celui de mettre sur la touche M. Ca- priles, deux fois vaincu à la présidentielle et accusé de mollesse dans ses campagnes et la contes- tation des résultats. Dans le cadre de la lutte féroce qui se livre au sein de la MUD pour le contrôle de l’opposition, ce dernier fait le grand écart, se montrant (relativement) critique quant à la tactique de mobilisation de Volonté populaire, afin de conserver l’électorat de droite plus modéré, sans se couper totalement – « Nous sommes différents, mais nous sommes solidaires » – des radicaux. Avec même, parfois, quelques éclairs de lucidité : « Si le peuple humble ne participe pas [aux mani- festations], a-t-il déclaré lors d’une interview donnée à CNN [6], ce serait mentir à ceux qui ont un espoir, à ceux qui sortent pour marcher, ce serait leur mentir que de leur dire qu’ils vont trouver la solution [la fameuse « salida »] du jour au lendemain. »

S’il est parfaitement vrai que comparaison n’est pas raison, et que la paranoïa n’est pas bonne conseillère, on ne peut manquer de noter les similitudes entre l’actuelle escalade et l’enchaînement des événements qui ont mené au coup d’Etat d’avril 2002. En ce sens, les trois morts du 12 février attirent l’attention. D’après les premiers éléments de l’enquête, tous trois, comme nombre des victimes d’il y a douze ans, ont été abattus d’une balle dans la tête ; politiquement aux antipodes, deux d’entre eux, l’opposant Bassil Da Acosta et le militant chaviste Juan Montoya, ont été tués, à proximité l’un de l’autre, par la même arme, dans le quartier de La Candelaría. On se souvient que le 11 avril 2002, des francs-tireurs tirant à la fois sur les manifestants de l’opposition et sur les « bolivariens » avaient chauffé les esprits à blanc, créé la confusion, et permis au groupe d’officiers félons ayant organisé cette opération de type militaire de renverser Chavez, accusé d’avoir donné l’ordre de tirer sur ses opposants [7].

Comme à l’époque on accusait les Cercles bolivariens – organisation populaire, d’essence pacifique, soutenant la révolution – d’être à l’origine de ces assassinats et d’agir comme les chemises noires de Mussolini, les « colectivos » (collectifs), organisations de base issues des quartiers populaires, sont aujourd’hui mis en cause, présentés comme des « bandes de délinquants protégées et armées par le chavisme » – quand ce n’est pas comme des « Tontons macoutes », ainsi que l’a fait El País, le 18 février [8]. (…)

Enfin, mais faut-il le préciser, ce n’est plus le président George W. Bush qui y va de son coup de pouce aux séditieux, mais l’administration de M. Barack Obama. En réponse au secrétaire d’Etat John Kerry, qui a condamné la « violence insensée » exercée contre les mani- festants, le ministre des Affaires étrangères Elías Jaua a notifié le 17 février à trois diplomates américains en poste à Caracas – au… service des visas – qu’ils avaient 48 heures pour quitter le pays au motif de leur participation « à l’organisation et la promotion de groupes qui ont tenté de générer de la violence au Venezuela  ». « Ce sont des fonctionnaires qui vont dans les universités, a précisé le président Maduro. Nous les avons surveillés pendant des réunions dans des universités privées, ces deux derniers mois [11]. »

Alors que, deux jours auparavant, dans le centre de la capitale, des dizaines de milliers de Véné- zuéliens, parmi lesquels des colonnes de jeunes et d’étudiants des Universités publiques, défilaient pour l’appuyer, le chef de l’Etat a assuré qu’il ferait poursuivre de la même manière « les opposants et les chavistes qui recourraient à la violence [12 ». Sous le coup d’un mandat d’arrêt pour celles du 15 février et pour ses appels à la sédition, et passé à la clandestinité, M. López est réapparu le 18 février, à la tête de manifestants « vêtus de blanc », pour aller déposer une pétition au ministère de l’Intérieur et de la Justice. Au terme de cette manifestation non autorisée, qui s’est néanmoins déroulée sans incidents dans l’est de Caracas, il s’est spectaculairement rendu à des fonctionnaires de la Garde nationale, avant d’être emmené dans un véhicule de police, non sans avoir dénoncé « une justice injuste et corrompue ». (…)

En attendant, dans l’après-midi du 18 février, des groupes criminels ont tiré sur une coopérative textile « chaviste », à Los Cortijos (Etat de Miranda), faisant un mort et plusieurs blessés. A Valencia, c’est une marche de l’opposition se dirigeant vers la Plaza de Toros qui s’est terminée avec huit blessés par balles. A Barquisimeto, le central téléphonique a été incendié…

Ce qu’on appelle la stratégie de la tension. 20 février 2014    Maurice Lemoine

http://www.medelu.org/Strategie-de-la-tension-au

21 février 2014 ~ 0 Commentaire

Landi

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21 février 2014 ~ 0 Commentaire

L’antifascisme, c’est l’affaire de toutes et tous (al)

lyon

Vendredi 14 février, deux mineurs ont été attaqués à l’arme blanche dans le quartier Saint-Jean par des militants d’extrême droite. L’escalade de la violence dans ce quartier depuis de nombreuses années et les nombreuses attaques fascistes à Lyon et en France doivent tous et toutes nous mobiliser pour démontrer que l’espace public n’appartient pas aux fascistes.

Depuis plu­sieurs années, nous assis­tons à une aug­men­ta­tion des agres­sions graves com­mi­ses par des mili­tants d’extrême droite dans toute la France. Assassinat de Clément Méric à Paris, atta­que à l’arme à feu à Clermont-Ferrand contre un concert de sou­tien aux sans papiers, atta­ques de bars et lieux asso­cia­tifs (le « vice et versa » à Lille, le « Buck Mulligan’s » à Tours…), mili­tants et sim­ples citoyens pris pour cible pour leurs idées ou leur appa­rence phy­si­que.

Ces agres­sions s’ins­cri­vent dans un contexte de mobi­li­sa­tions réac­tion­nai­res (Manif pour tous, Jour de colère…) décom­plexant les dis­cours d’extrême droite. L’absence de réac­tion concrète des pou­voirs en place ont favo­risé un sen­ti­ment de légi­ti­mité et d’impu­nité à l’ori­gine de l’esca­lade de cette vio­lence.

Lyon n’échappe pas a ce cons­tat : agres­sion de 3 syn­di­ca­lis­tes à St Jean en 2010 ; ten­ta­tive de meur­tre à Villeurbanne ; pas­sage à tabac en bande, avec des barres de fer, d’un ancien mili­tant ; agres­sion phy­si­que d’une jour­na­liste ; agres­sion raciste d’un couple rue Duguesclin.

Vendredi 14 février, deux jeunes ont été poi­gnar­dés par des mili­tants d’extrême droite à St Jean. Cette agres­sion est la der­nière en date d’une longue série dans ce quar­tier. Des grou­pes d’extrême droite ten­tent depuis plu­sieurs années de semer la ter­reur dans celui-ci, qu’ils cher­chent à s’appro­prier. L’exem­ple le plus frap­pant étant l’exis­tence depuis 3 ans du local iden­ti­taire « La Traboule » Montée du Change.

Ces événements sont into­lé­ra­bles et nous dénon­çons la zone de non-droit qu’est devenu le quar­tier Saint Jean. La mairie et la pré­fec­ture res­tent sans réac­tion malgré le fait que nombre de col­lec­tifs et d’asso­cia­tions les aient aler­tés depuis plu­sieurs années.

  • Nous dénonçons l’absence de réaction concrète des pouvoirs publics.
  • Nous dénonçons la complaisance de certaines cours de justice envers les auteurs de ces violences.
  • Nous dénonçons les propos et les politiques racistes de l’État qui entretiennent ce climat nauséabond.

L’espace public n’appartient pas aux fascistes ! Reprenons la rue, reprenons nos quartiers !

MANIFESTATION SAMEDI 22 FÉVRIER

14 heures PLACE DU PONT (Guillotière)

Premiers signa­tai­res : Alternative Libertaire-Lyon, CAR, Coordination des Groupes Anarchistes-Lyon, CGT Educ’Action, CGT Vinatier, Union dépar­te­men­tale CNT 69, COllectif Villeurbannais pour un Rassemblement Anticapitaliste, Génération Palestine, Groupe Antifasciste Lyon et Environ, IMPACT, Nouveau Parti Anticapitaliste, OCFR, Parti de Gauche 69 , Partizan Güney Fransa, PCMF, Pir Sultan Abdal Kültür Merkezi, Ras l’front, Solidaires 69…. (la liste est ouverte et sera mise à jours au fur et à mesure) 19 février 2014 par AL Lyon

21 février 2014 ~ 0 Commentaire

21 février: hommage au groupe manouchian

RETOUR SUR L’AFFICHE ROUGE, AIMER LA VIE A EN MOURIR

Le 21 février 1944, 22 combattants des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) étaient fusillés. La mémoire de leur participation à la Résistance est restée longtemps enfouie…, notamment dans les archives du Parti communiste français.
*
Il y a 60 ans, 22 résistants étaient fusillés. Parmi eux, Missak Manouchian. Le plus jeune, Thomas Elek, avait 17 ans. La seule femme, Golda Bancic, fut décapitée en mai. Le colonel-président du « procès » affirmait alors : « La police française a fait preuve d’un grand dévouement. » Il faisait référence, en l’occurrence, à l’une des brigades spéciales des renseignements généraux qui les arrêta après de multiples attaques de convois militaires et de colonnes de troupes, hold-up, sabotages, attentats (entre autres contre le commandant du Grand Paris et le responsable du Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne.
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Sur les 80 combattants des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) actifs en région parisienne entre juin et novembre 1943 — auxquels appartenait le groupe —, huit seulement n’ont pas été arrêtés ou tués. Il ne restait alors, dans la région, déjà plus beaucoup d’autres FTP, suite à la répression et au départ au maquis des jeunes requis par le STO.
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Il aura fallu du temps avant que cette épopée ne figure dans les manuels du secondaire ; comme celle de l’affiche des occupants — placardée à 15 000 exemplaires — dénonçant « l’armée du crime’, baptisée bien plus tard « L’Affiche rouge », dans un poème d’Aragon chanté par Léo Ferré.Le « procès » avait été monté pour alimenter la xénophobie et l’antisémitisme du régime de Vichy. La Résistance était ainsi le fait d’une « tourbe internationale » (Le Matin), de « terroristes judéo-communistes » (Paris-soir), « l’activité d’étrangers et de Juifs abusant de l’hospitalité française pour créer le désordre dans le pays qui les a recueillis », et dont « le but est l’avènement du bolchevisme international » (1). Internationalistes effectivement, ces Arméniens, Espagnols, Italiens, Hongrois, Polonais, Roumains, dont les familles avaient été souvent exterminées, combattants antifascistes dans leur pays ou/et dans les Brigades internationales de la Révolution espagnole. Beaucoup étaient communistes, bien sûr. Et nombreux étaient Juifs…
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«Vous étiez fait pour la lutte armée? Je ne crois pas, j’étais normal.»  (interview de Raymond, ex-FTP-MOI, par Mosco).
*

Du côté de la résistance gaulliste, Radio Londres n’y fait allusion que deux mois après : il faut se méfier des fausses nouvelles allemandes, les résistants sont avant tout des fonctionnaires, de simples citoyens, des anciens de Verdun. Le Conseil national de la résistance (CNR) va d’ailleurs s’inquiéter de « l’activité des mouvements étrangers sur le territoire français », qui « doit s’interdire toute attitude susceptible de compromettre l’unité ».

*

Dans l’édition du Larousse en trois volumes de 1966, Missak Manouchian est absent. Et il faudra attendre le 40e anniversaire pour un hommage officiel, enfin, mais limité aux Arméniens. Le ministère des Anciens Combattants appose des croix sur les tombes de combattants juifstout autant ignorés par les instances communautaires. Pour le PCF, les actes sont plus facilement revendiqués que les personnes, ces résistants cosmopolites font tache dans le tricolore. De même qu’on passera longtemps sous silence le « travail allemand », dont le responsable était Arthur London etqui n’a pas été le monopole de ceux auquel il a valu l’épithète d’« hitléro-trotskystes ». Officiellement, c’était « A chacun son boche ! » (titre de l’Huma en 1944). Tant pis si, sous l’uniforme, il y avait un travailleur, parfois un communiste…

*

L’heure était au Front national (créé par le PCF comme organisation « large » des FTP, bientôt FTPF, avec un « F » comme Français, dont le journal s’appelait France d’abord !). « Il fallait pouvoir chanter La Marseillaise sans accent ! » (2). André Marty, au bureau politique du PCF, parle à la Libération de « chasser tous les “ski” des directions du parti » (3). A la tête de la MOI, il n’y avait plus que des Français. A Claude Lévy, qui écrit un livre sur son bataillon, Aragon, poète et éditeur, demande de « changer les noms. On ne peut tout de même pas laisser croire que la Résistance française a été faite par des étrangers ». Le 1er mars 1944, d’ailleurs, l’Huma avait consacré 15 lignes à l’exécution du groupe, sans citer le nom d’un seul de ses membres. Il faudra attendre 1951 pour qu’un deuxième article, intitulé « Pages de gloire des 23 », sorte et pour que « le poète du BP », Aragon, écrive Manouchian, en ajoutant certes sa touche patriotarde aux derniers mots écrits par Missak à sa compagne, censurés de 1946 à 1965 de leurs allusions aux trahisons. Est-ce un hasard si, cette année-là, un Comité Manouchian, indépendamment du PCF, s’était mis en place et obtiendra une rue dans le XXe ?

INTERNATIONALISTES DONC TROTSKISTES ?

Après la Libération, une partie des survivants sont repartis dans leur pays pour construire ce qu’ils pensaient être le socialisme. Beaucoup, comme les anciens des Brigades internationales ou des maquis, ont connu la répression stalinienne. Certains même ne quitteront un camp que pour un autre. Le spectre d’une résistance dynamique, sociale, anticapitaliste, échappant aux accords de Yalta (imposés par les impérialismes vainqueurs), mais aussi celui du titisme — qui mènera à l’élimination politique du PCF, entre autres, de Guingouin (responsable des maquis du Limousin), puis de Marty et de Tillon (chefs des FTP) — est un angle d’éclairage pour comprendre l’interrogatoire d’Arthur London.

*

Ce dernier, premier responsable des FTP-MOI, interrogé à Prague en 1951 par ses procureurs staliniens, s’entend demander d’avouer que la MOI était une « section de la Quatrième Internationale trotskyste. » Il est vrai que le mécanicien arménien Arben Dav’tian, bolchevik en Géorgie en 1917, garde rouge puis officier commissaire politique dans l’Armée rouge pendant la guerre civile, exclu ensuite puis déporté comme membre de l’Opposition de gauche, qui s’évade en Iran en 1934 sous le nom de Manoukian, rejoint ensuite, sous le pseudonyme de Tarov, le groupe russe qui travaillait à Paris avec le fils de Trotsky, avant d’être recruté pour son groupe, en 1942, par Manouchian qui n’ignore pas son passé. « Il faut penser également à Manoukian qui meurt avec moi », écrit-il à sa belle-soeur, deux heures avant l’exécution. En août 1943, une note de la section des cadres aurait avisé la direction du PCF que Manouchian était de tendance trotskyste. Confusion de noms ? Quoi qu’il en soit, ils étaient « des nôtres ».

*

Jean-Pierre Debourdeau Rouge n° 2052 du 19 février 2004

1. Cité par le colonel-président du fameux « procès ».
2. Comme le note ironiquement Maurice Rajsfus.
3. Lise London.

Nota :  Je n’hésite pas un seul instant à publier ce remarquable article de Jean-Pierre Debourdeau paru dans Rouge du 19 février 2004. Celui-ci a le mérite de nous rappeler comment le PCF a su si bien nourrir le mensonge et alimenter le révisionnisme sur l’histoire de la Résistance. Il fallait absolument que la Résistance fût française, Manouchian, Rajman, Bancic…, autant de noms qui résonnaient mal aux oreilles « patriotardes » des thuriféraires du stalinisme. Souvenons-nous donc de ce « n’oubliez pas » ; non, n’oubliez pas comment le PCF a avili Guingoin pendant des années jusqu’à ce que Marie-George Buffet lui rende un pathétique hommage lors de ses funérailles, lui présentant des excuses post mortem au nom de son parti.

Oui monsieur Aragon, vous le disiez vous-même : « Onze ans déjà que cela passe vite onze ans », onzelongues années après lesquelles le PCF organisera pompeusement à grand renfort de commémorations la récupération de l’Affiche rouge. Ceux que l’on ne devait pas nommer deviennent subitement des héros, ils ne dérangent plus, ou plus exactement ils servent aujourd’hui d’alibi politique face à la montée de la xénophobie. Après le reniement et la lâcheté, après les insultes et les crimes qui vous donnaient tant d’aplomb, qualifiant d’ »hitléro-trotskistes » ceux qui combattaient pour l’Internationalisme et contre la guerre impérialiste, ceux qui sont morts sans haine pour le peuple allemand, vous continuez à visiter l’histoire avec cette insupportable fourberie, pour rester dans l’euphémisme, reniant aujourd’hui, niant même, ce dont vous êtiez si fiers hier. Patrice Corbin

http://fr.wikipedia.org/wiki/Missak_Manouchian

http://www.arte.tv/guide/fr/024362-000/des-terroristes-a-la-retraite

21 février 2014 ~ 0 Commentaire

La centrale à gaz de toul est à vendre (gaspare)

gaspare

Communiqué :

La centrale à cycle combiné à gaz de Toul (Meurthe-et-Moselle) de 413 MW, inaugurée en juin 2013, cherche preneur ! Le géant russe Gazprom, qui domine le marché gazier mondial, cherche à prendre le contrôle de centrales électriques européennes pour y livrer du gaz russe. Il est sur les rangs !

L’autrichien Verbund, propriétaire du site, confronté à un « environnement économique difficile », évoquant une filière, celle des centrales à gaz, «en danger» semble avoir tranché: à vendre donc …

Rappelons que Poweo, actionnaire de Verbund, en a assuré, avec la contribution de Siemens, la construction. Devenu Direct Énergie en 2012, il en a organisé la promotion auprès du Conseil régional de Bretagne et des élu-e-s de la CCPL – Communauté de communes du Pays de Landivisiau – lors de voyages.

Autrement dit, Direct Énergie, délaisse une centrale flambant neuve à Toul parce que non-rentable et tenterait désormais d’en construire une nouvelle à Landivisiau ! La rentabilité de ce projet-ci, qui représenterait pour Direct Énergie un investissement total de l’ordre de 400 M€, serait notamment assurée par une prime annuelle d’État de 40 M€ pendant 20 ans au minimum.

Alors, qui dit que la centrale à gaz de Landivisiau, devenue un jour moins rentable, ne subirait pas elle aussi le même sort : suspendue, voire vendue à … Gazprom ou à un autre. Dans ce véritable jeu de « Monopoly » mettant en scène les grands énergéticiens européens, laisserons-nous la Bretagne devenir une nouvelle « Place de la Bourse » ? Le Collectif GASPARE

Sources :

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/02/07/la-centrale-poweo-de-toul-serait-a-vendre

http://nord-pas-de-calais.france3.fr/2014/02/07/pont-sur-sambre-gazprom-geant-russe-du-gaz-veut-racheter-la-centrale-thermique-410853.html

http://fr.ria.ru/business/20140207/200414129.html

http://www.lavoixdunord.fr/region/la-centrale-thermique-de-pont-sur-sambre-pourrait-etre-ia12b0n1903577

20 février 2014 ~ 0 Commentaire

La zad sur bfm-tv

20 février 2014 ~ 0 Commentaire

Melisa est morte de l’avancée nette du racisme anti-rom

 Une marche blanche en hommage à Mélisa, le 16 février 2014 à Bobigny

D’avoir habité dans un bidonville

Âgée de 7 ans, Melisa est morte mercredi 12 février dans l’incendie d’un camp roms sur le terrain des Coquetiers à Bobigny (93). Véronique Decker est directrice de l’école où était scolarisée Melisa.

Tu es directrice d’une école qui scolarise beaucoup d’enfants Roms, dont Melisa. On dit pourtant que les populations Roms ne fréquentent pas l’école…
Ce qui empêche en premier les Roms de fréquenter l’école, c’est le refus d’y inscrire les enfants qui est organisé par les administrations qui ont en charge cette question. La justification qui est donnée, c’est que les familles n’ont pas d’adresse et donc n’appartiennent pas à la commune, au dépar-tement… Mais s’ils n’ont pas d’adresse, c’est parce que les CCAS refusent de les domicilier dans l’immense majorité des communes. Bref, il n’y a pas de médiation pour l’accès à l’école, mais bien au contraire, un empilement d’obstacles presque infranchissables.

*
Avec les enfants de l’école, nous avons fait deux films en 2013 pour expliquer la situation et montrer qu’il est possible de surmonter les difficultés avec une mobilisation constante des militants de terrain. On peut trouver ces petits films sur internet en cherchant « Roms Bobigny école ». Le premier s’appelle Scolarité obligatoire. Sous l’onglet « Info » du second film: « Scolarisation : mode d’emploi », il y a un texte qui explique les obstacles et les combats à mener. L’inscription à l’école, ce n’est pas que la possibilité d’apprendre à lire et à écrire : c’est l’inscription dans l’enfance ordinaire, mais nous avons aussi travaillé sur l’inscription au centre de quartier, aux activités sportives, à tout ce qui permet aux enfants Roms de se faire des amis de leur âge dans la ville.

Tu as dit dans une interview que Melisa n’est pas morte d’un incendie, mais de la misère…
Elle est morte de l’avancée nette du racisme anti-Rom, non seulement dans l’ensemble de la droite (mais là, nous étions habitués…) mais dans l’ensemble de la gauche. La majorité des municipalités de gauche ont refusé la scolarisation, la domiciliation, la prise en charge par des assistantes sociales… Les gouvernements de droite et de gauche ont organisé des expulsions sans solution de relogement, et Guéant comme Valls se sont vantés de leurs « résultats ».

*

Jeter à la rue en plein hiver des familles d’êtres humains rapporte des voix, semble- rait-il… C’est la perte des valeurs du militantisme de terrain, par une « gauche » qui ne connaît plus la banlieue que de loin ou qui ne voit pas que tenir la main du racisme pollue la pensée. Melisa est morte d’avoir habité dans un bidonville, pour lequel le collectif de soutien demande depuis des années des solutions, des négociations, l’accès à l’eau, à l’électricité… Nous venions seulement d’obtenir deux toilettes pour 200 habitants.

Dimanche 16 février a eu lieu à Bobigny une « marche blanche » pour Melisa. Peux-tu nous raconter ?
C’est le collectif qui l’a organisée, avec l’aide de la mairie qui a imprimé les tracts d’appel. Les en- seignants ont fait la banderole, la collecte, les parents d’élèves et le collectif ont aidé à la distribution des tracts. Beaucoup de familles de la ville (Roms ou non) sont venues, beaucoup de militants des associations qui soutiennent les Roms aussi.

*
La marche a montré qu’il n’y a pas deux peuples : les Roms et les autres. Il y a une misère qui frappe les plus faibles, et qui nous guette tous. Or, la France est un pays riche, elle devrait avoir éradiqué la misère sur son territoire.

*
La maire vient d’annoncer un rendez-vous avec Cécile Duflot, ministre du Logement. Le collectif avait demandé depuis bien longtemps ces rencontres, afin de parler de la situation de tous les Roms et pas seulement de ceux du terrain des Coquetiers. Il y a trois terrains à Bobigny, et des dizaines dans le 93. Nous n’accepterons pas une opération de communication qui relogerait quelques dizaines sans réfléchir à l’ensemble de la situation de mal-logement. Actuellement, le 115 admet n’offrir d’hébergement qu’à moins de la moitié des appels… Chaque nuit, ici, des femmes et des enfants dorment à la rue.

*

L’Anticapitaliste(20/02/2014) Propos recueillis par Manu Bichindaritz

20 février 2014 ~ 0 Commentaire

Augmenter le salaire minimum de 40% (rue 89)

USA_Seattle City Council member-elect Kshama Sawant_RTX165VA

Débat houleux aux Etats-Unis (C’est 15 dollars, pas 10!)

Obama en a fait l’une des priorités de son second mandat, et pourrait bien, grâce à la mobilisation du camp démocrate, des médias et le soutien d’une large partie de la population, parvenir à augmenter le salaire minimum fédéral de 40% d’ici la fin de l’année : une initiative historique.

La proposition du Fair Minimum Wage Act

Ce fut l’un des thèmes phares de la campagne du président américain en 2012 : l’augmentation du salaire minimum au niveau fédéral, fixé depuis 2009 à 7,25 dollars (5,28 euros) de l’heure, qu’il avait proposé de rehausser à 9 dollars de l’heure (6,50 euros) peu après sa réélection. Le camp démocrate a pris les devants en mars 2013 en proposant une réforme globale « plus juste » des bas salaires avec le Fair Minimum Wage Act qui fixe le minimum horaire 10,10 dollars de l’heure (7,36 euros) – il aurait dû être de 10,74 dollars aujourd’hui s’il avait été indexé sur le taux d’inflation depuis 1968. Un bond de 40% du salaire minimum actuel qui semblait a priori risqué pour le Président et le camp démocrate face à l’opposition systématique des républicains sur ce sujet – qui possèdent par ailleurs la majorité à la Chambre des représentants.

Obama a finalement soutenu la proposition Harkin-Miller (du nom des deux démocrates à son origine) en novembre dernier, espérant rassembler l’ensemble du camp démocrate derrière elle. Lors du dernier discours de l’Union, il a montré sa détermination en promulgant « un ordre exécutif » qui fixe à 10,10 dollars le salaire de tout contracteur employé par le gouvernement fédéral et qui entrera en vigueur en 2015. Il s’agit désormais pour le Président d’essayer de faire passer en force cette proposition historique, avant les élections de mi-mandat en novembre prochain, qu’il doit à tout prix éviter de perdre comme en 2010.

Un enjeu politique crucial pour les démocrates

Aux Etats-Unis, le droit donné aux Etats et aux villes de fixer leur propre salaire minimum (égal ou supérieur au minimum fédéral actuel) a contribué ces dernières années à creuser les écarts des revenus sur l’ensemble du territoire entre les bastions démocrates et les Etats du Sud. Un salarié de 40 heures chez McDonalds va débuter avec un salaire de 1 718 dollars (1 254 euros) à San Francisco (le plus élevé du pays) et de seulement 1 160 dollars (846 euros) en Louisiane ou dans le Mississippi. A l’approche des élections de novembre qui doivent élire ou réélire les gouverneurs de 36 Etats, la hausse du salaire minimum est donc devenue la « plateforme économique populaire » sur laquelle vont jouer les démocrates.

Argument puissant pour les politiques et « intérêt direct » pour les électeurs qui iront voter « pour avoir une augmentation », explique au Huffington post un conseiller républicain. Devant le blocage quasi-systématique du Congrès à faire passer des réformes, l’initiative appartient donc aux gouverneurs et aux maires :

  • l’Etat de Washington a donné l’exemple début janvier en promulguant le record national de 9,32 euros de l’heure (6,79 euros) ;
  • le gouverneur de Californie a signé l’année dernière une augmentation de 8 à 10 dollars de l’heure, qui devrait prendre effet en 2016.

Bénéfique pour 28 millions d’Américains

Aujourd’hui, 4,8 millions d’Américains touchent le salaire minimum, essentiellement dans le secteur des services, l’hospitalité (restaurants, hôtels) et la vente (grandes chaines de vêtements et d’ali- mentation). La seule façon de survivre aujourd’hui aux Etats-Unis avec 1 200 dollars, c’est d’être « jeune, célibataire et de vivre au milieu de nulle part ». Sauf que l’âge moyen d’un salarié à bas salaire est aujourd’hui de 35 ans, à majorité féminine qui participe à près de 50% à la survie du foyer – des statistiques qui contredisent l’argument républicain que les emplois à bas salaires sont surtout des jobs d’été pour étudiants.

Ces « working poors » sont de plus en plus défavorisés par rapport au reste de la population active américaine, qui touche un salaire moyen presque trois fois plus élevé : 19,55 dollars de l’heure (14,26 euros). Un salaire horaire de 10,10 dollars – soit 1 750 dollars (1 277 euros) par mois contre 1 250 dollars (912 euros) auparavant – aiderait à sortir 900 000 familles de la pauvreté. La mesure bénéficierait plus largement à 28 millions de travailleurs : les 17 millions gagnant aujourd’hui entre 7,25 et 10 dollars de l’heure, et ceux dont les salaires un peu plus élevés que 10,10 dollars seraient systématiquement réajustés – soit un cinquième de la force de travail américaine.

Un soutien médiatique et populaire

Cette proposition de loi bénéficie d’un soutien populaire assez rare pour une mesure aux effets redistributifs. Un sondage du Washington Post publié en décembre affirme que 66% des Américains sont favorables à une augmentation du salaire minimum – qu’ils  fixeraient cependant à 9,41 dollars – en dessous de l’actuel projet de loi. Les médias ont également pris part au débat cette semaine, en défendant le « 10,10 » : Bloomberg Businessweek, qui y a consacré sa une, parle « du plancher salarial comme une marque de dignité du travail en lui-même » et la hausse de 40% comme du compromis le plus juste entre « la justice sociale et l’économie ».

Pour le New York Times, c’est désormais au tour des bas salaires de récolter les profits toujours plus importants des entreprises utilisés jusqu’ici pour indemniser les dirigeants et les actionnaires. D’autant, poursuit-il, que « des recherches, des faits, et des preuves montrent aujourd’hui qu’une hausse du salaire minimum est vitale pour la sécurité économique de milliers d’Américains, et bénéfique pour une économie à la peine ».

L’appel des 600

En janvier, ce sont 600 économistes, dont sept prix Nobel d’économie, qui ont apporté leur soutien à la proposition démocrate dans une lettre ouverte à Barack Obama et au président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner. Publiée par l’Economic Policy Institute, un think tank libéral proche des démocrates, la lettre affirme que ces « augmentations auraient peu ou pas d’in- cidence sur l’économie puisque ces salariés seraient amenés à dépenser davantage d’argent, à faire augmenter les demandes et la croissance de l’emploi ».

Deux tiers des employés à faibles revenus travaillent aujourd’hui dans des compagnies de plus de 100 salariés qui ont continué d’engranger des bénéfices malgré la crise. Parmi elles figurent Walmart, MCDonalds, Yum ! , Taco Bell, Pizza Hut et KFC. Un rapport du Nelp (le National Employment Law Project) daté de juillet 2012 souligne que sur les 50 plus grands employeurs de bas salaires (inférieurs à 10 dollars de l’heure) 90% ont réalisé des profits en 2011 et les trois quarts ont perçu davantage de revenus qu’avant la récession. Ces entreprises seraient donc tout à fait capables de financer une hausse des salaires.

Les républicains et les grandes compagnies

A Washington DC, les Républicains soutenus par les entreprises de restauration et de loisirs, et leur puissants lobbies, sont déterminés à enterrer la proposition qu’ils jugent comme « une taxe injuste pour les employeurs », susceptible de freiner la création d’emploi et la croissance, de limiter les marges de manœuvre des petites entreprises. Le bureau du Budget du Congrès américain (CBO) leur a donné raison mardi, en publiant les conclusions de son rapport affirmant qu’un salaire minimum fédéral de 10,10 dollars de l’heure pourrait coûter quelque 500 000 emplois a l’économie du pays d’ici à 2016 – soit 0,5% de sa force de travail.

Mais il a aussi reconnu que ces 40% de hausse pouvaient améliorer le quotidien de 15% des salariés américains – ce qui, au bout du compte, est un plus pour l’économie américaine. Les républicains défendront coûte que coûte l’emploi aux dépens des salaires : « Le chômage est la première préoc- cupation des Américains, et notre objectif est de créer et non pas de détruire des emplois pour ceux qui en ont le plus besoin », affirmait en début de semaine Brendan Duck, le porte-parole du président de la Chambre des représentants, John Boehner.

A quelques mois des élections de mi-mandat, boosté par des sondages favorables et un soutien médiatique important, le camp démocrate est décidé à réaliser un tour de force politique en obligeant le Congrès a voter la loi. Les républicains ont réussi ces dernières années à empêcher toute tentative de réforme de la part d’Obama, et la dernière grande initiative à être passée (dans la douleur) lui a couté une lourde défaite aux élections de mi-mandat en 2010. L’enjeu de ces pro- chaines semaines est donc crucial pour le mandat du Président et pour le bilan politique qu’il va laisser derrière lui. Marie Rousseau Journaliste Publié le 20/02/2014 à 11h08

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/node/227625/2014/02/20/augmenter-le-salaire-minimum-de-40-debat-houleux-aux-etats-unis-232355

Commentaire: Toute cette « prise de conscience » est en fait partie d’une grève massive des travailleur(se)s des « fast-food » qui demandent 15 dollars. Notre camarade Kshama Sawant a été élue à Seattle sur cette revendication. Dans  d’autres villes, les « socialistes » ont aussi fait de bons scores sur ce thème.

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