Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

23 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

quand l’agro-industrie étrangle l’agriculture… (la terre)

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Nous reprenons ce texte du magazine La Terre proche du PCF.

Nous avons trouvé qu’il illustrait bien les problèmes auxquels étaient confrontés nos petits agriculteurs. On voit bien comment les « normes » ne sont pas là pour protéger le consommateur de risques sanitaires mais bien pour éliminer les petits au profit de vastes usines qui n’auront d’agricole que le mot exploitation, usines qui génèreront de nouveaux problèmes sanitaires etc etc

Quand l’agro-industrie étrangle l’agriculture de montagne

Ardèche. Une technicienne du Groupement de défense sanitaire (GDS) évoque les contrôles tatillons sur les paysans. Parallèlement, les industriels sont libres d’importer comme ils veulent du caillé congelé d’Espagne pour faire baisser le prix du lait de chèvre.

Fille d’agriculteurs et technicienne au Groupement de défense sanitaire (GDS) du cheptel en Ardèche, Sylvie Gleize observe le monde paysan avec sympathie et inquiétude. Sa sympathie va à ce métier qu’elle connaît bien.  « Ici on voit des femmes faire leurs foins à la motofaucheuse. Je n’observe que du travail bien fait dans ce département. Les éleveurs aiment leurs animaux et ils sont malheureux chaque fois qu’une bête doit être éliminée, raconte-t-elle.

Et de poursuivre : « Des agriculteurs bretons sont venus visiter des fermes ardé- choises. Ils se demandaient comment on pouvait tirer quatre sous de son activité agricole sur les terres que nous avons ici. En réalité, ceux et celles qui transforment leur production avant de la vendre directement sont assez satisfaits de leur situation. Mais c’est énormément de travail que d’être agriculteur, comptable et commerçant en même temps. »  Et tout cela « sans compter que les papiers pour les dossiers annuels de la Politique agricole commune (PAC) sont de plus en plus compliqués à remplir° ».

IMPORTER DU CAILLÉ D’ESPAGNE POUR PESER SUR LES PRIX

Sylvie observe avec inquiétude qu’il devient de plus en plus difficile d’être à jour sur tout, qu’il s’agisse du bouclage des animaux ou des normes sanitaires en tous genres, bien plus strictes en France que dans d’autres pays de l’Union européenne. Surtout quand tout est fait, parallèlement pour ne pas payer les produits agricoles à leur juste valeur. Le département ne compte plus que 450 producteurs de lait de vache, et la production de lait de chèvre est désormais revue à la baisse par les industriels de la transformation laitière.

A ce propos, Sylvie Gleize raconte une histoire assez révélatrice. « Au plus fort de la peste porcine, les Pays-Bas ont converti des porcheries en ateliers d’élevage de chèvres pour une production laitière hors-sol. Mais cette concentration a vite débouché sur une nouvelle maladie chez les chèvres. La production de lait a donc chuté énormément, explique la technicienne. Du coup, les grands élevages hors-sol espagnols se sont développés rapidement pour récupérer le marché. Maintenant, comme l’Espagne n’est pas loin, des laiteries industrielles ardéchoises importent depuis l’Espagne du caillé de chèvre congelé comme matière première à travailler. Ils se donnent ainsi une nouvelle arme pour imposer une baisse du prix du lait aux éleveurs locaux. »

DIFFICULTÉS D’ABATTAGE

Bref, de même que les importateurs de pommes remplissent leurs chambres froides de produits importés pour faire chuter les cours au moment de la récolte chez nous, les industriels laitiers importent du caillé congelé dans le même but. Que deviennent alors la production locale, l’entretien des paysages sacrifiés pour les profits à court terme de Lactalis et consort° ? L’abattage des animaux constitue un autre handicap pour les éleveurs ardéchois. L’abattoir d’Aubenas tourne à 3 000 tonnes par an, celui d’Annonay à 1 000 tonnes et celui de Privas à 450. 60 % des bêtes abattues à Privas sont vendues sur l’étal du meilleur boucher de la ville. En réalité, les bouchers ne veulent plus venir prendre les animaux à la ferme. L’éleveur qui veut vendre au boucher ou pratiquer la vente directe doit conduire lui-même ses bêtes à l’abattoir. Et disposer d’un véhicule agréé pour le transport des animaux vivants.

QUAND LES NORMES POUSSENT À LA MAGOUILLE

Toutes ces exigences cumulées au niveau des normes et dispositions en tous genres à respecter dans un contexte de pression permanente sur les prix payés aux producteurs conduisent finalement au découragement et aux comportements clandestins. Ainsi, il n’y a plus de primes pour les élevages de brebis au cheptel inférieur à 50 unités. Sauf que ces petits troupeaux chez des pluriactifs participent à l’entretien des paysages. Du coup, à quoi bon déclarer ses animaux, se disent certains éleveurs. Du coup aussi, on sait que certains petits éleveurs réalisent 50 % et plus de leur chiffre d’affaires au moment de la fête musulmane de l’Aïd-el-Kebir. Notons, enfin, que les chevreaux des élevages laitiers se vendent si mal que certains se posent désormais la question de les sacrifier à la naissance. « Un crève-cœur de plus pour les éleveurs », regrette Sylvie Gleize. Gérard Le Puill

Le travail du Groupement de défense sanitaire

Employant 8 salariés, le Groupement de défense sanitaire (GDS) du cheptel de l’Ardèche est une association régie par la loi 190. Elle regroupe les éleveurs des principales espèces animales du département qui paient une cotisation annuelle. Sont également représentés en son sein les différentes organisations professionnelles agricoles, le Conseil général, l’administration (DSV), la profession vétérinaire et les négociants en bestiaux. Les éleveurs sont majoritaires au conseil d’administration. Le GDS gère par convention le fichier des éleveurs (attribution des numéros d’exploitation) ainsi que les opérations d’identification des animaux avec l’édition et l’expédition des documents de traçabilité. Il participe techniquement et financièrement à la bonne exécution des opérations de prophylaxie contrôlées par la Direction des services vétérinaires (brucellose, leucose, tuberculose, FCO, maladie d’Aujesky). Dans ses nombreuses missions figurent aussi le suivi des élevages laitiers hors normes ainsi que le contrôle et le suivi des installations de traite mécanique. G.L-P.

par Gérard Le Puill http://www.laterre.fr/

23 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

le cadtm dénonce l’action de la banque mondiale aux philippines (essf)

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Et appelle à une suspension immédiate du remboursement de la dette du pays

Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan, dénommé Yolanda aux Philippines, a dévasté une partie du pays en emportant tout sur son passage. C’est le typhon le plus violent jamais enregistré sur terre mais aussi la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’histoire récente des Philippines. Les morts officiellement recensés approchent les 10.000 dans un pays déjà soumis à une pauvreté généralisée. Les conséquences matérielles témoignent aussi d’une violence rare : 70 à 80% des constructions et des structures situées sur sa trajectoire ont été détruites.

Face à cette situation intenable, la Banque Mondiale vient d’accorder un prêt de 480 millions de dollars qui vient s’ajouter au prêt d’urgence de 500 millions de dollars annoncé au lendemain de la tragédie dans le but de donner un “appui immédiat à la population pour la reconstruction des infrastructures locales ou de subsistance”.

Il est inacceptable que cette « aide » prenne la forme de prêts. Ces prêts de la Banque mondiale vont encore alourdir la dette des Philippines qui consacrent déjà 8 milliards de dollars par an au remboursement des intérêts, ce qui équivaut à 20% de revenus annuels de l’État. Depuis le typhon Haiyan, 900 million de dollars ont déjà été payés sur le dos des Philippins. C’est plus du double de l’ « aide » accordée par les pays riche pour la reconstruction !

Le CADTM exige la suspension immédiate de la dette philippines avec gel des intérêts pour donner la priorité aux besoins de la population. Pendant la durée de ce moratoire, il est nécessaire de réaliser un audit de cette dette pour enquêter sur les origines de l’endettement et les impacts des prêts sur la population. Cet audit permettra ainsi d’identifier et d’annuler la partie odieuse de la dette philippine comme celle contractée sous la dictature de Marcos.

Le CADTM rejoint l’appel lancé par Jubilee Debt Campaign, Freedom from debt Coalition, Jubilee South, Jubilee USA et Christian Aid [1] pour l’annulation de la dette odieuse contractée sous le régime du dictateur Ferdinand Marcos (1965-1986) qui a gouverné le pays par la violence et la corruption et est accusé d’avoir détourné des milliards de dollars du Trésor philippin.

L’annulation de ces dettes permettra de libérer des ressources vitales pour la reconstruction du pays et pour prendre des mesures contre les effets du changement climatique. Rappelons que le pays doit faire face à une moyenne de 20 typhons par an.

Le CADTM soutient les mouvements et les organisations citoyennes philippines qui s’opposent aux prêts des institutions internationales et qui œuvrent à la reconstruction du pays [2].

CADTM International 22 décembre 2013

Notes

[1] Sur ESSF (article 30680), Philippines after Haiyan/Yolanda : Life before debt et :
http://jubileedebt.org.uk/actions/p…

[2] Le CADTM International soutient la la campagne de solidarité initiée par Mi-HANDs. Pls d’infos sur cette campagne ici : http://cadtm.org/Les-Philippines-un… et http://www.europe-solidaire.org/spi…

22 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

portugal: désobéir à la troïka!

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Adriano Campos est membre de la direction nationale du Bloc de gauche.

Nous lui avons ouvert nos colonnes pour qu’il nous parle de la situation sociale et politique du Portugal, un pays marqués ces dernières années par de puissantes mobilisations contre l’austérité.

Deux ans et demi après l’entrée de la troïka au Portugal, tout a échoué. Les objectifs de réduction de la dette et de la croissance se sont révélés un leurre et la politique des coupes n’a résolu aucun problème structurel.

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L’économie portugaise présente aujourd’hui plus de faiblesses et d’insuffisances. Les résultats mettent en évidence une situation de catastrophe sociale dont on ne voit pas la fin. On estime que plus d’1, 3 million de travailleurs se trouvent au chômage (15, 7 % de la population dont 30 % parmi les jeunes). La multiplication des faillites et le recul de l’État dans les secteurs essentiels qui a déjà conduit à la suppression de plus de 30 000 postes de fonctionnaires ont aggravé la précarité : un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

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Pendant cette période, le gouvernement à majorité de droite (formé par les conservateurs du PSD et par les minoritaires démocrates-chrétiens du CDS) s’est montré un excellent élève et a appliqué avec zèle les mesures d’austérité imposées par le FMI, la Banque centrale et la Commission européenne.
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Réformes structurelles ou changement de régime ?

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L’asphyxie financière à laquelle ont été soumis les pays du sud de l’Europe ces dernières années a été très tôt présentée par les gouvernements et par les responsables de l’Union européenne comme une conséquence du gaspillage de l’argent public et des familles.

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Les réformes structurelles se sont traduites par deux grandes transformations qui, de fait, s’apparentent à un véritable changement de régime social et économique.

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La première concerne les entreprises publiques. L’octroi des entreprises de production et de distribution d’électricité à des capitaux chinois et la vente des aéroports à la société Vinci sont venus s’ajouter à la privatisation totale de la poste. Il ne reste plus qu’à démanteler le service public de l’eau et la banque publique. Le pays a ainsi perdu sa souveraineté économique dans les secteurs clés, tandis que prospèrent les capitaux étrangers dans l’économie, notamment les capitaux angolais.

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La deuxième transformation a conduit au chômage, à la précarité et aux salaires de misère une grande partie de la population. La modification du code du travail, un des grands objectifs revendiqué par la troïka et le gouvernement a eu pour conséquence de faciliter les licenciements, l’augmentation du temps de travail (passage de 35 à 40 heures dans la fonction publique) et l’augmentation du travail précaire. Comme l’a affirmé récemment un important chef d’entreprise dans le domaine des télécommunications, « le Portugal rassemble le meilleur de deux mondes : des salaires relativement bas, une nouvelle génération hautement qualifiée et travailleuse, une bonne infrastructure et l’absence de conflits. »

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La baisse des salaires, la casse des services publics, et en particulier les attaques contre la sécurité sociale, appauvrissent les travailleurs au profit du capital.
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La dette et la Constitution au centre des décisions

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Le Bloc de gauche continue d’affirmer que ce gouvernement est hors-la-loi. En effet, aucun des budgets présentés par le Premier ministre Passos Coelho n’a été totalement approuvé par la Cour constitutionnelle. Les nombreux avis défavorables de la Cour ont conduit la droite et quelques dirigeants du Parti socialiste à demander une révision constitutionnelle qui inscrive dans la loi toutes les mesures d’austérité possibles. La Commission européenne a même mis en garde la Cour constitutionnelle sur les conséquences qu’entraînerait un nouvel avis défavorable sur le budget de l’État.

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Le leader du PS continue dans une position attentiste, alors qu’il est évident que le Portugal ne recouvrera pas sa souveraineté d’ici l’été 2014 (date prévue par la troïka). Mais s’il est certain que quelques manifestations de défense de la Constitution trouvent un écho dans une grande partie de la classe politique – depuis le Bloc de gauche jusqu’à l’ancien président de la République Mario Soares – c’est à travers la question de la dette que des majorités de transformation peuvent se constituer.

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La spéculation financière a entraîné une telle augmentation des taux d’intérêt qu’il est impossible à l’État portugais d’honorer sa dette. L’alternative à la politique de destruction menée par la troïka passe par une renégociation radicale de la dette, quant à ses montants, intérêts et échéances.
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Construire une alternative : rassembler des forces pour désobéir à la troïka

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Après la crise politique du mois de juillet, lorsque le leader du CDS (droite) a présenté sa démission du gouvernement mais a été obligé de faire machine arrière suite à la pression exercée par Angela Merkel, le gouvernement continue donc d’être pieds et poings liés aux décisions de la troïka. L’unification annoncée de la droite – PSD et CDS se présenteront sur une liste commune aux élections européennes – n’occulte pas les contradictions d’un gouvernement qui a failli sur toute la ligne et continue à chuter dans les sondages.

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Le fait que le Parti socialiste, parti qui a sollicité la troïka en 2011, continue à être en tête des sondages, montre l’ampleur de la tâche à accomplir pour la gauche en termes de mobilisations sociales. Après la gigantesque mobilisation du 2 mars, les mouvements anti-troïka se sont vu confrontés à des difficultés pour organiser des résistances d’un autre type, alors que l’on assiste à des mobilisations importantes dans les secteurs des transports, de l’enseignement et des chantiers navals.

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Les prochains mois qui nous séparent des élections européennes et de la décision de la poursuite de l’intervention de la troïka seront décisifs pour organiser une alternative populaire capable de se transformer en une majorité de gauche pour gouverner et changer l’ordre des choses.

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Le Bloc de gauche défend la nécessité de larges convergences afin de rompre avec la troïka. Ce choix doit être assumé avec toutes ses conséquences. À défaut de renégociation, le Portugal doit imposer un moratoire unilatéral sur la dette détenue par le capital financier, en préparant le pays à toutes les épreuves qui pourraient advenir. Cet engagement aura d’autant plus de force que la pression populaire s’exercera afin de former un gouvernement de gauche capable de désobéir à l’Europe de la troïka.
Cette lutte commence à peine.

(traduction Alain Eléonore)
Samedi 21 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 222 (19/12/2013)

22 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

commerce: «nous avons sauvé l’omc»

BuffyGentlemen

C’est par ces mots que Karel De Gucht, le commissaire européen au commerce, a salué l’accord négocié à Bali par les 160 pays membres de l’OMC.

Une façon de se rassurer…
En effet, les échanges commerciaux stagnent (+ 0, 02 % en 2012), et surtout cet accord ne concerne qu’une fraction de l’agenda du « cycle de développement » initié à Doha il y a 12 ans, et pas du tout le développement.

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L’accord de Bali concerne les subventions à l’agriculture des pays émergents, no- tamment un programme indien destiné fournir à 800 millions d’Indiens pauvres des denrées alimentaires de base à prix accessibles. Selon les règles de l’OMC, de telles pratiques sont assimilables au dumping, faussant la concurrence, et sont donc strictement limitées.

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Pourtant, selon l’OCDE, les subventions agricoles au sein des pays développés sont passées de 350 milliards de dollars en 1996 à 406 milliards en 2011.  Intitulé « clause de paix » (!) par le gouvernement américain, l’accord finalement trouvé,  se contente de se donner quatre ans… pour trouver un accord, l’Inde s’engageant entre-temps à ne pas exporter ses produits alimentaires qu’elle va continuer à subventionner. Négociation absurde car aucun pays ne devrait renoncer à l’obligation de garantir le droit à l’alimentation.

Et qui sont les gagnants ? L’accord de Bali porte également sur la « facilitation des échanges », en fait des mesures de standardisation et de simplification des procédures douanières.  Elles impliquent l’achat d’équipements coûteux par tous les pays, mais elles profiteront à quelques grandes multinationales.

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Le Rapport sur le commerce mondial 2013 de l’OMC indique que 1 % des entreprises d’import-export concentrent 80 % des exportations américaines, que 85 % des exportations européennes sont dans les mains de 10 % de grands exportateurs et que les 5 plus grandes entreprises d’import-export des pays en développement sont en charge de 81 % de leurs exportations.

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L’accord de facilitation des échanges va donc surtout profiter à ces multinationales et au secteur privé, alors que sa mise en œuvre va terriblement peser sur les budgets des pays les plus pauvres.

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Un point positif : au prix d’une longue négociation, Cuba a réussi à faire intégrer dans la déclaration ministérielle le rappel du principe de non-discrimination commerciale, violé par les États-Unis avec l’embargo contre Cuba.

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Il est temps que les peuples imposent des règles commerciales défendant non pas les multinationales, mais les droits des êtres humains et de la nature. J.R.

Vendredi 20 décembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 222 (19/12/2013)

22 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

insigne nazi: plusieurs militaires sont concernés (lp)

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Une photo montre un soldat français en mission à Bangui portant un écusson frappé de la devise des SS. L’armée enquête.

Voilà qui fait tache après le précédent du soldat français arborant un foulard représentant une tête de mort lors de l’opération Serval au Mali. L’armée est cette fois confrontée à des clichés montrant un ou plusieurs militaires engagés dans l’opération Sangaris en Centrafrique, arborant à l’épaule un écusson tricolore scratché ou cousu sur leur tenue kaki, frappé de l’énigmatique chiffre « 32 ». Et surtout de cette citation en allemand de prime abord peu visible : « Meine Ehre Heisst Treue » (« Mon honneur s’appelle fidélité »). Or, il s’agit de la devise des SS de l’Allemagne nazie…

Mis en ligne sur une page Facebook officielle de l’armée, un de ces clichés a été retiré vendredi. Mais il existe toujours une autre photo de l’AFP prise lors d’une patrouille à Bangui, montrant un soldat français portant ce même macaron. Sans que l’on puisse déterminer précisément s’il s’agit ou non du même homme. Hier, un soldat a été identifié comme appartenant au 8e RPIMa de Castres (régiment de parachutistes d’infanterie de marine). Ce régiment avait déploré la mort de deux militaires dans une embuscade à Bangui le 10 décembre.

Ce n’est pas un acte isolé

Selon nos informations, il ne s’agirait pas d’un acte isolé puisqu’il y aurait plusieurs militaires en cause. « Il y a d’autres soldats qui ont ce patch », assure une source officielle, qui évalue le nombre d’hommes concernés à « moins de dix a priori », mais relève que, « comme il y a enquête, les gars ne sont pas idiots et l’ont tous retiré ». De même source, on relativise en mettant l’affaire sur le compte de la jeunesse des soldats déployés sur le terrain — âgés d’une vingtaine d’années — et d’une « vieille tradition idiote ». Et pas, balaie-t-on, d’une adhésion à l’idéologie nazie. Quant au chiffre 32, il pourrait désigner l’unité combattante. Signe que l’armée prend toutefois l’affaire très au sérieux, une enquête de commandement a été diligentée par le grand patron des armées, l’amiral Edouard Guillaud : le niveau le plus élevé en matière d’investigation militaire. Elle a été confiée au général Francisco Soriano, qui commande Sangaris.

Porte-parole de l’état-major des armées, le colonel Gilles Jaron condamnait hier un acte « inadmissible » et « blessant » qui « ne reflète pas l’image générale des armées ». Et promettait une « suspension immédiate ». Pour les 1 600 soldats français engagés à Bangui, où les exactions ont repris de plus belle, le coup est rude. « Ils vont se dire : on dort trois heures par nuit, on va au carton et on nous em… pour un écusson », soupire un officiel, dépité par un geste qui peut « bousiller l’image de l’armée ». Nathalie Schuck | Publié le 22.12.2013, 11h18

http://www.leparisien.fr/international/insigne-nazi-plusieurs-militaires-sont-concernes-22-12-2013-3431699.php

22 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

état espagnol: face à la réforme de la loi sur l’avortement (ia)

españa tiempos de franco mujer falangista pura copia de las chicas de hitler may 13

Nous devons à nouveau expliquer où se situe réellement le débat.

L’Eglise et les secteurs les plus réactionnaires se dressent à nouveau contre celles d’entre nous qui exerçons notre liberté et pour nous criminaliser. Il ne s’agit pas de savoir quand commence la vie. Pour ce faire, la science a plus à nous dire que l’Eglise.

Ils ne défendent pas la vie. Ils ne se préoccupent pas des femmes qui meurent en pratiquant un avortement clandestin, ni des femmes qui ne peuvent se permettre de tomber enceinte parce qu’elles sont sans emploi. Ils ne se préoccupent pas du droit à l’éducation, à la santé, à un logement, à une vie digne pour ceux qui sont déjà au monde. Et ils se taisent face aux politiques d’austérité et de démantèlement des conquêtes sociales.

Car ce n’est pas la vie qui les intéresse : c’est le contrôle du corps des femmes, de leur capacité de reproduction. Il s’agit pour eux de remettre en question la capacité de décision des femmes sur leur propre corps et leur sexualité ; de réinstaurer les rôles traditionnels dans lesquels la femme doit être soumise ; d’imposer un modèle de sexualité lié à la reproduction et de réduire la sexualité au seul modèle hétérosexuel.

Nous ne voulons ni revenir en arrière ni continuer comme maintenant

Le PP nous menace avec une nouvelle loi – proposée par le Ministère de la Justice et non par celui de la Santé – qui éliminera les 14 semaines d’avortement libre et établira un système de pré-requis plus restrictif que la loi actuelle datant de 1985. Mais dans la situation actuelle, l’avortement n’est déjà que partiellement dépénalisé. Le PSOE avait fait quelques pas en avant mais il n’a pas osé s’opposer frontalement à l’Eglise, ni rompre avec la logique de privatisation.

  • 98% des avortements sont réalisés en dehors du secteur de la santé publique, dans des cliniques privées et concertées. Certaines Communautés Autonomes n’en pratiquent pas, dans d’autres il faut payer mais avorter dans un autre centre de santé, dans une autre ville, en cachette, comme s’il s’agissait d’un crime.
  • Dès que tu as prévenu ton médecin, tu as trois jours pour réfléchir, avec un document d’information dont le contenu est loin d’être impartial (avantages fiscaux, adoption…). On remet constamment en question le choix de la femme, comme si nous étions des hystériques et des impulsives, incapables de prendre toutes seules une décision.
  • Il n’y a pas d’accès gratuits aux contraceptifs. Or, la prévention est fondamentale ; c’est un droit élémentaire.
  • Il n’existe pas non plus d’éducation sexuelle et affective qui apporte des réponses à la réalité. L’unique information donnée concerne les maladies sexuellement transmissibles et les aspects biologiques de la reproduction. Or, la sexualité fait partie de notre identité et cela va bien plus loin que la reproduction.
  • Beaucoup de médecin qui se déclarent publiquement « objecteurs de conscience » pratiquent des avortements en privé. La morale passe au second plan quand on peut faire de bonnes affaires, mais eux seuls en bénéficient. Pour les autres, on nous impose une moralité absurde qui punit ce qui ne cadre pas dans leurs définitions réductionnistes de la sexualité, de la famille, etc.
  • Les coupes dans les aides éducatives, l’assistance sociale, aux personnes dépendantes, les licenciements, les expulsions de logement, etc. limitent nos droits dans tous les domaines. Des coupes et des mesures qui frappent bien plus les femmes parce qu’elles partent d’une situation déjà désavantageuse et parce qu’elles sont les principales bénéficiaires des services publics.

Nouvelle loi du PP, nouveau tour de vis

Le PP menace de convertir à nouveau en délit le choix des femmes sur leur maternité, en nous forçant à devenir mères, sauf si nous pouvons démontrer que nous avons été violées ou si nous courrons un risque grave. Cette loi peut condamner à la mort des femmes qui ne peuvent pas voyager jusqu’à Londres pour avorter. Elle place les mineures sous tutelle en les considérant comme capables de devenir mères, mais pas pour décider de ne pas l’être, alors qu’elles peuvent avoir ce choix lorsqu’il s’agit d’une autre opération chirurgicale.

Cette nouvelle attaque n’est pas isolée des autres mesures que nous subissons : les coupes, les licenciements et la précarité font partie de la même logique. Le capitalisme a besoin de contrôler nos corps pour survivre et sortir de cette crise, pour tirer profit de la situation de la femme sur le marché du travail, pour générer plus de précarité du travail en l’élargissant à toute la classe travailleuse, en chargeant sur le dos des femmes le travail domestique, l’éducation des enfants, les soins aux personnes malades et dépendantes. Pendant ce temps, on coupe dans les budgets publics et on précarise encore plus les conditions de vie des femmes et des autres catégories sociales.

La nouvelle loi est un nouveau tour de vis. Le droit de décider fait partie des droits et des conquêtes sociales et politiques qui entravent les profits du capital et c’est pour cela qu’ils veulent les démanteler. Nous qui luttons au quotidien pour défendre notre dignité, nous devons prendre conscience de ce qui est en jeu. C’est en descendant dans la rue que nous devons faire notre la lutte féministe pour le droit de décider.

Avortement libre et gratuit ! Des droits reproductifs et sexuels pour tous et toutes !

  • Droit à l’autodétermination sur notre propre corps et notre sexualité ; sans intromissions de l’Etat ni de l’Eglise. Reconnaissance de notre capacité à décider si nous voulons être mères ou pas et quand nous le souhaitons, sans tutelles, sans période de réflexion, que nous soyons mineures ou majeures d’âge.
  • Dépénalisation de l’avortement : retrait de l’avortement du code pénal et droit à décider sur notre corps sans aucune limitation. Décider n’est pas un délit, c’est un droit.
  • Avortement libre et gratuit. Pour en finir avec la valse des cliniques privées. Interruption volontaire de grossesse pour toutes dans la santé publique.
  • Accès gratuit aux contraceptifs ; dans les centres éducatifs, dans les centres de santé, dans les centres de services sociaux.
  • Education sexuelle pour jouir de notre propre sexualité, sans risques, avec autonomie et responsabilité, en rompant avec l’hétéronormativité. Le plaisir n’est pas un péché.
  • Droits reproductifs pour toutes : retrait de la restriction sur la reproduction assistée pour les femmes célibataires et lesbiennes. Il n’existe pas qu’un seul modèle de famille.
  • Défense de la vie face à l’austérité et la précarité. Nos vies valent plus que leurs profits !

Source :
http://www.anticapitalistas.org/spip.php?article29240
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/etat-espagnol-face-a-la-reforme-de-la-loi-sur-l

Chez nous aussi:

http://lci.tf1.fr/politique/ivg-pas-a-l-etat-de-reparer-l-inattention-des-femmes-selon-marion-7580580.html

21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

avortement: le droit des femmes se prend une grande claque en espagne (rue 89)

la mujer

En Espagne, le Conseil des ministres a approuvé (après cinq tentatives ratées) ce vendredi la réforme de la loi sur l’avortement.

Le nouveau texte s’appellera « loi organique de protection de la vie de la personne conçue et des droits de la femme enceinte ». Si le texte est adopté par le parlement, il s’agira d’un extraordinaire retour en arrière de 30 ans. La grossesse ne pourra être interrompue volontairement que dans deux cas :

  • si elle présente un grave danger pour la santé physique et psychique de la mère constaté par (le délai est de 22 semaines)
  • ou si elle est le fruit d’un viol (il faut qu’il fasse l’objet d’une plainte et le délai est alors de 12 semaines)

Le fait que le fœtus soit atteint d’une malformation grave ne sera plus un motif d’avortement. « Il n’y a pas de première ou seconde catégorie », selon le gouvernement. La loi autorise en revanche l’objection de conscience pour les médecins du secteur public qui refuseraient de pratiquer l’intervention pour des raisons idéologiques. Les mineures de 16 et 17 ans n’auront plus la possibilité de passer outre la volonté parentale et devront avoir leur accord pour demander une interruption de grossesse.

Un retour en arrière de 30 ans

L’avortement ne sera donc plus un droit de la femme mais un « délit régulé ». Cette régression était une promesse électorale du gouvernement conservateur du premier ministre Mariano Rajoy. Jusqu’à présent, une femme en Espagne pouvait demander l’interruption de sa grossesse jusqu’à quatorze semaines sans avoir à justifier sa décision.

« La vie de l’enfant à venir [“el concebido”, le conçu, ndlr] et pas encore né représente une valeur fondamentale, » a expliqué le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon. « Et l’Etat est obligé de la défendre. » Pour lui, ce projet de loi permet de rééquilibrer les droits de la femme et ceux de l’enfant à venir.

Les mouvements de gauche et féministes se préparent à une mobilisation exceptionnelle avant le débat devant le parlement pu le parti populaire au pouvoir détient la majorité absolue. Si elle est votée, la loi « la plus restrictive depuis le retour de la démocratie “selon El Pais, renverra l’Espagne 30 ans en arrière. Dans une déclaration qui enflamme déjà les progressistes espagnols, le ministre de la Justice a dit : ‘La femme n’est jamais coupable, la femme est toujours victime.’Signalé par
Blandine Grosjean

http://www.rue89.com/2013/12/20/avortement-droit-femmes-prend-grande-claque-espagne-248502

21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

le front national ne dupera jamais les français (ci)

LE-PEN

Marine Le Pen peut toujours changer le nom de son parti, les Français ne perdront jamais de vue le côté « répugnant » du FN, écrit le journal conservateur londonien The Times.
Durant les deux années qui se sont écoulées depuis qu’elle a hérité du parti de son père, Marine le Pen s’est efforcée de redorer l’image de sa formation d’extrême droite. Agée de 45 ans, la nouvelle dirigeante du Front national (FN) n’en fait pas mystère : la dédiabolisation* est son objectif principal, et elle a transformé le vilain parti de Jean-Marie le Pen en une force plus apaisée et moins misogyne.Il est donc logique que, le FN s’attendant à réaliser une percée en 2014 [élections municipales et européennes], Le Pen fille* souhaite se débarrasser de son nom sulfureux et de son flamboyant logo tricolore. Le FN, créé en 1972 et issu du mouvement fasciste Ordre nouveau, a trop tendance à rappeler le temps des gros bras en veste de cuir, des catholiques intégristes et des nostalgiques de l’Algérie française.La nouvelle appellation, qui pourrait comporter le mot « patriote », doit être susceptible de séduire aussi bien les fonctionnaires que les femmes à des postes de responsabilité qui envisagent de voter pour elle lors des prochaines échéances.

Quant au logo, le « Front » pourrait se doter de sa version de la croix de Lorraine, symbole utilisé par Charles de Gaulle pour rallier à lui ses compatriotes pendant la guerre. Le parti s’emploie à faire main basse sur l’héritage gaulliste depuis le jour où Jean-Marie Le Pen a commencé à piétiner les plates-bandes de Jacques Chirac dans les années 1980. [Le vice-président du FN, Florian Philippot, utilise le symbole gaulliste pour sa campagne municipale à Forbach.]

Le Pen père* n’est pas enthousiaste à l’idée de dire adieu* au FN, même si lui-même n’a parfois pas hésité à user d’appellations moins douteuses. Lors de l’élection de 1986, il l’avait ainsi rebaptisé : Rassemblement national.

Ce n’est pas la première tentative de Marine Le Pen pour ravaler la façade de sa formation. En 2012, s’étant retrouvée troisième au premier tour de la présidentielle, elle avait aligné les candidats du FN aux législatives sous la bannière du Rassemblement bleu Marine. Le but n’en était pas seulement d’échapper à l’image attachée au FN, mais aussi au caractère dynastique de son nom de famille, ce qui est révélateur. Le Pen fille* sait qu’il est bien plus facile aux gens de dire qu’ils sont « avec Marine » que « je vote Le Pen ».

Elle soutient que son mouvement, qui réclame la sortie de l’euro, la fin de l’immigration et une diminution des importations, n’est ni de gauche, ni de droite. La perspective de voir des maires « marinistes » faire irruption dans les municipalités et une phalange de députés entrer au Parlement européen inquiète les partis traditionnels. Toutefois, ceux qui gardent la tête froide soulignent que les électeurs français ont toujours fait preuve de bon sens. Le vote Front national a toujours été avant tout un vote de protestation, et le choix d’un nouveau nom ne suffira pas à masquer le côté répugnant d’un parti que la majorité des Français continue d’exécrer. Note :* En français dans le texte. The Times  Charles Brenner 19 Décembre 2013

http://www.courrierinternational.com/article/2013/12/19/le-front-national-ne-dupera-jamais-les-francais

Commentaire: La droite anglaise n’a pas de passerelles avec le FN!

21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

centrafrique: un soldat français arbore une devise nazie sur son uniforme (bfm.tv)

nazi-dog Souffrance animale

Une photo montrant un soldat français en Centrafrique avec un insigne nazi sur le bras a été publiée puis retirée de la page Facebook des services de communication de l’armée.

Après le scandale provoqué par le foulard tête-de-mort porté au Mali par un soldat, l’armée française va faire face à une autre polémique d’ampleur. Un soldat de l’armée française porte, accroché sur son uniforme, en opération, un patch aux références nazies explicites.

Une série de neuf photos visant à montrer le bon déroulement des actions de patrouille durant l’opération Sangaris en Centrafrique a été publiée sur la page Facebook des opérations extérieures de l’armée. Parmi ces clichés, postés par l’Etat-major des armées, une image montre un homme en gros plan, l’arme à la main, et le patch, sorte de macaron velcro, accroché sur la manche. Elle a depuis été retirée, mais certains visiteurs de la page ont pu la conserver.

L’armée parle d’une  »initiative personnelle »

On y voit précisément un soldat arborant la devise SS: « Meine Ehre heißt Treue » (Mon honneur s’appelle fidélité). Dans le cercle, la devise et la mention RCA (Centrafrique, ndlr) 2013. Au milieu, un drapeau français frappé d’un énigmatique « 32″.

Sur ce chiffre, plusieurs interprétations sont possibles. Il pourrait s’agir de la 32e division des SS, mais elle n’a rien de significatif. Fondée sur le tard, en 1945, elle n’a duré que quelques semaines avant d’être anéantie.

Gilles Jaron, porte-parole de l’Etat-major des armées, a confirmé à BFMTV.com l’existence de cette photo: « Nous l’avons retirée, non pas pour cacher une situation mais pour prendre à bras-le corps une affaire. » Il s’agirait, selon l’Etat-major, d’un acte isolé. L’instruction est en cours et aucune mesure de sanction n’a encore été prise.

La rédaction avec O. Laffargue et M. Rangin

20/12/2013 Mis à jour le 20/12/2013 à 18:00

http://rmc.bfmtv.com/info/555281/centrafrique-un-soldat-francais-arbore-un-signe-nazi-uniforme/

nazi afrik e L’autre cas

Commentaire: Initiative personnelle? Mon oeil! Le souci du détail, c’est çà l’armée! Disons plutôt que son chef n’a tout simplement plus assez d’autorité (ou l’envie) pour s’opposer aux nazis. Inquiétant!

21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

charte d’amiens

Casoar_p._3

Le cas d’Edouard Martin nous permet de revenir sur cette mystérieuse « charte » (note du blog)

Syndicalisme révolutionnaire

Rarement un texte voté dans un congrès syndical aura connu une notoriété aussi importante et aussi durable. À tel point que, depuis 100 ans maintenant, le mouvement ouvrier français a connu de multiples confrontations au nom de la « défense de la Charte d’Amiens ».

La Charte d’Amiens reconnaît « l’entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors ». Elle poursuit par l’affirmation que le syndicat n’a pas « à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale ». La revendication d’indépendance du syndicat par rapport aux partis est sans ambiguïté. Mais rien – et surtout pas l’histoire de son adoption – n’autorise, comme cela a trop souvent été le cas, à donner une traduction simpliste, du genre « le syndicat ne doit pas faire de politique ».

Lorsque la Confédération générale du travail (CGT) se réunit en congrès à Amiens, en octobre 1906, l’organisation syndicale existe déjà depuis onze ans. En 1902, elle s’est renforcée avec l’intégration en son sein de la Fédération nationale des bourses du travail.

Stratégie

La majorité de ses animateurs se réclament de l’anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révo- lutionnaire. Et si ses militants sont extrêmement méfiants par rapport aux partis qui se réclament de la classe ouvrière et du socialisme, ce n’est pas tant par refus abstrait de la politique « en général » que par opposition à l’orientation politique particulière des différents courants socialistes. Ceux-ci se sont unifiés, en 1905, au sein de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Et ce que conteste la CGT, c’est très précisément la prétention d’une SFIO déjà largement marquée par les tentations électoralistes, municipales et parlementaires, à jouer un rôle dirigeant pour l’éman-cipation ouvrière.

De fait, le congrès d’Amiens ne va pas « inventer » l’indépendance de la CGT, déjà intégrée à ses statuts adoptés dès 1902. Mais il va la réaffirmer avec force. Des délégués proches du Parti socialiste, emmenés par Victor Renard, dirigeant de la fédération du textile, proposent que « des relations s’établissent entre le comité confédéral et le conseil national du Parti socialiste [...] pour faire plus facilement triompher ces principales réformes ouvrières ».

Après un débat où s’expriment longuement les trois principaux courants de la CGT – réformistes, révolutionnaires et pro-SFIO – cette motion sera très largement repoussée : 34 pour, 724 contre et 37 abstentions. Ce score sans appel voit l’addition des voix des délégués révo- lutionnaires – le courant le plus important – et des réformistes. Ils divergent sur l’objectif : les uns veulent renverser le capitalisme et changer radicalement la société, les autres pensent plutôt à améliorer la condition ouvrière, quel que soit le système. Mais, pour tous, le seul instrument fiable pour atteindre le but qu’ils se fixent, c’est la l’autonomie ouvrière et la lutte syndicale contre les patrons et l’État. Et sûrement pas le rapprochement avec les partis politiques !

Une fois écartée cette dernière orientation, le congrès va adopter une motion – la future Charte d’Amiens – par 830 voix pour, 8 contre et 1 abstention. Ce document ne se contente pas de confirmer que « la CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat », ce qui n’est déjà pas rien.

Il définit un véritable programme pour le syndicalisme : « reconnaissance de la lutte de classe » et « réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. ». Mais, pour les congressistes d’Amiens, le rôle du syndicat va bien au-delà : « Il prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale. »

Voilà qui explique la postérité de la Charte : en quelques mots… tout est dit ! Le syndicalisme a un point de départ : la lutte des classes et la bataille pour des améliorations immédiates. Il a un horizon : une société débarrassée des capitalistes et reposant sur l’association des producteurs. Et une stratégie : la grève générale expropriatrice. Pas un refus de la politique, donc. Mais l’adoption d’une politique révolutionnaire !

Débat récurrent

La suite de l’histoire ne fut pas à la hauteur de ces ambitions : en 1914, comme ceux de la SFIO, les dirigeants de la CGT rejoignirent l’Union sacrée contre l’Allemagne et des millions de travailleurs périrent pour le seul profit de leurs patrons. Mais, en 1915, lors la conférence de Zimmerwald regroupant, autour de Lénine et de Trotsky, une poignée d’internationalistes opposés à la guerre impérialiste, la délégation française était constituée de syndicalistes révolutionnaires de la CGT. Après la naissance du Parti communiste en 1920, Trotsky s’efforça de convaincre Pierre Monatte et Alfred Rosmer de rejoindre celui-ci. Pour les dirigeants bolcheviques, seule l’adhésion des syn- dicalistes révolutionnaires pouvait réellement le transformer en un authentique parti révo- lutionnaire.

La référence à la Charte d’Amiens, majoritaire dans le mouvement syndical français, ne l’a pas prémuni contre la subordination aux stratégies politiques des partis réformistes. Pendant plusieurs dizaines d’années, la CGT a été soumise aux orientations du PCF, tandis que les directions de FO, de la CFDT ou de la défunte Fédération de l’Éducation nationale avaient partie liée avec le PS. Mais cette référence fut assez puissante pour que, aujourd’hui encore, les dirigeants socialistes – notamment ceux, de moins en moins nombreux, qui s’intéressent encore à l’histoire du mouvement ouvrier – lui attribuent leur incapacité à construire un grand parti social-démocrate adossé à un syndicat, comme c’est le cas dans de nombreux pays d’Europe du Nord.

Périodiquement, le débat resurgit. Dans les années 1960, la CFDT vit s’affronter partisans de la « stratégie autonome » et partisans de la « stratégie commune » avec les partis de la « gauche non communiste ». Les grèves de novembre et décembre 1995 ont remis au goût du jour la discussion sur « l’autonomie du mouvement social ». Fondamentalement, ce débat récurrent ne porte pas sur la forme : rapports entre partis et syndicats. Comme en 1906, il porte sur le fond : transformation révolutionnaire de la société ou soumission aux stratégies d’occupation des institutions.

François Duval Rouge2154, 13/04/2006

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=2348

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