Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

1848 et la Commune : le double visage de l’idéal républicain

1848 et la Commune : le double visage de l’idéal républicain dans Histoire image002

Contrairement à cette volonté de concorde nationale, manifeste dans l’idéologie républicaine et encore partagée par tous ceux qui s’en réclament aujourd’hui, l’installation d’un régime républicain impliqua, en chaque cas (1792, 1848, 18707), une radicalisation de la lutte entre bourgeoisie et classes populaires, et l’élimination des groupes les plus résolus à contester l’emprise du capital sur l’ensemble de la société, emprise naissante au moment de la Révolution française mais croissante tout au long du 19e siècle.

Il est en effet frappant de constater que chacune de ces républiques n’a pu s’installer véritablement qu’au terme d’une lutte à mort engagée avec les classes populaires.

Après un moment d’effervescence politique, permettant de rompre en 1792 avec le règne des Bourbons, en 1848 avec la monarchie de juillet et en 1870 avec le 2nd Empire, la nouvelle classe dirigeante entreprit de briser la révolte populaire qui prétendait ne pas s’arrêter au simple remplacement d’un personnel dirigeant par un autre. A l’illusion d’unanimité nationale succéda, dans chacune de ces situations historiques, la marginalisation politique des aspirations populaires et l’élimination physique des partis qui les portaient. En 1870 comme en 1848 et en 1792, l’affirmation du régime républicain en France déplaça le conflit, qui ne portait plus que marginalement sur la forme politique de la domination de classe (république contre monarchie, république ou empire), mais sur la question sociale, c’est-à-dire sur le partage des richesses et du pouvoir.

On se souvient du mot de Thiers, selon lequel « la république est le gouvernement qui nous divise le moins », le « nous » désignant les différentes fractions de la classe dominante, qui se trouvaient dès lors contraintes de trouver entre elles des compromis, dans le cadre d’un même régime politique. Mais c’était oublier que l’unification partielle de ces fractions impliquait la rupture de l’alliance passée, aussi bien en 1792 qu’en février 1848 et septembre 1870, entre la bourgeoisie républicaine et les classes populaires. Aussi bien dans la répression violente des mouvements populaires sous la Révolution française, qu’en juin 1848 ou en mai 1871, ce n’est plus le conflit entre les différentes fractions de la classe dominante qui se joue, mais celui entre la classe dominante en tant que telle et les classes populaires, avec un degré d’intensité de plus en plus fort.

Car avec le développement de l’industrie moderne, l’accroissement de la concentration capitaliste et l’affaiblissement des petits propriétaires, se sont développé aussi bien la classe ouvrière au sens de Marx, une classe dépossédée des moyens de production, qu’un mouvement socialiste, revendiquant la socialisation des moyens de production.

La fondation en 1864 de l’Association internationale des travailleurs (la Première Internationale), est ainsi le produit non seulement du développement numérique de la classe ouvrière, mais aussi d’un foisonnement des doctrines socialistes à partir des années 1830 et de la multiplication des organisations populaires (sociétés de secours mutuel, syndicats, etc.). De sorte que, si les révoltes populaires de juin 1848 et mars 1871 mêlent encore de nombreux petits propriétaires (artisans, commerçants) à la masse des travailleurs salariés, elles posent la question sociale d’une manière de plus en plus conséquente, mettant au centre de leurs action et revendications la question de la propriété.

Si les sans-culottes de 1793 se contentaient d’affirmer le « droit à l’existence », sans poser la question de l’organisation de la production et généralement sans remettre en cause en elle-même la propriété privée (foncière ou mobilière)8, les insurgés de 1848 en viennent à revendiquer le « droit au travail » (ce qui pose la question du pouvoir patronal). Les communards iront plus loin puisque, nourris par la pensée de Proudhon (« la propriété c’est le vol ») et, pour une minorité d’entre eux, par celle de Marx (Le Capital restait largement méconnu en France en 1871), ils chercheront à mettre en place une société de producteurs associés, libérée de la propriété capitaliste et de l’Etat bourgeois.

On comprend donc que plus s’affinait et se diffusait la critique socialiste du capitalisme, plus devait être brutale la répression des mouvements populaires qui traduisaient dans l’action cette critique et l’aspiration à une autre société. Or la 3e République – qui se maintint jusqu’en 1940 – s’est érigée sur les cadavres des 30 000 communards massacrés durant la « Semaine sanglante » (sans même parler du système colonial instauré et maintenu par les républicains vénérés par les dirigeants contemporains : Jules Ferry, Georges Clémenceau, etc.). Ce péché originel n’a rien d’anodin ou d’accidentel, car il renvoie à des dimensions structurantes de l’idéologie républicaine, frontalement contredites par la Commune de Paris : la défense de la propriété privée, l’éloge de la démocratie représentative, le culte de la nation, et l’illusion d’un Etat indépendant des classes et de leurs luttes.

http://npa2009.org/node/37704

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Leur République et la nôtre

Leur République et la nôtre dans Histoire presseetpolitique1

L’idéal républicain, dont la signification va bien au-delà de la simple forme du régime politique et des institutions,

est historiquement un produit de la « victoire défaite » de la Révolution française (pour reprendre, là encore, les mots de D. Bensaïd). En effet, si la République est née, pour la première fois en France, de l’accélération révolutionnaire de l’été 1792, elle-même portée par l’auto-organisation des sans- culotte parisiens, l’idéologie républicaine exprime à l’inverse la nécessité – pour les classes dominantes – de dompter l’intervention politique des classes populaires en la fixant sur le terrain des arrangements et agencements institutionnels. C’est cette ambivalence fondatrice qui explique que, tout au long du 19e siècle, les républicains vont être amenés, selon les circonstances et parfois malgré eux, à combattre sur deux fronts : contre les nostalgiques de régimes dynastiques (qu’ils soient monarchistes ou bonapartistes), et contre le mouvement ouvrier socialiste. Si les premiers veulent faire tourner la roue de l’his- toire à l’envers, les seconds portent une critique radicale sur les quatre points notés plus haut.

Ainsi défendent-ils une tout autre République, supposant :

- l’abolition de la propriété privée des moyens de production ;

- l’appropriation de la chose publique (res publica) par toutes et tous, ce qui implique la déprofessionnalisation de la politique ;

- le dépassement du cadre étroit des nations et l’horizon d’une « République sociale universelle » ;

- le dépérissement de l’Etat bourgeois, au profit d’un pouvoir public qui soit l’émanation directe des producteurs associés.

C’est évidemment cet héritage qui est le nôtre, et qu’il importe de populariser en se réappropriant collectivement l’histoire des mouvements révolutionnaires passés, en France et ailleurs. par Ugo Palheta
Vendredi 14 juin 2013Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

Notes

1. D. Bensaïd, Moi, la révolution, Paris, Gallimard, 1989, pp. 93-150.

2. D. Guérin, La révolution française et nous, Paris, Maspéro, 1976, pp. 41-48.

3. Lire : C. L. R. James, Les jacobins noirs, Paris, Amsterdam, 2012.

4. Volontaires issus du peuple et venus de la France entière, qui se sont engagés dans l’armée pour faire face à l’offensive des puissances monarchiques coalisées.

5. Les guillemets s’imposent, tant les groupes organisés qui s’affirment et s’opposent durant la Révolution française ne sont pas encore des partis au sens moderne, même s’ils ne sont déjà plus des cénacles ou coteries d’Ancien régime.

6. C’est ainsi sous la pression des sans-culotte parisiens que furent instaurées – de septembre 1792 à septembre 1793 – plusieurs lois visant à fixer le tarif des denrées alimentaires (le « maximum »), puis que furent passés les décrets de ventôse (février-mars 1794), qui visaient à transférer les biens des ennemis de la révolution vers les indigents (mais qui ne furent guère appliqués).

7 Dates respectives de fondation des trois premières républiques en France.

8 Sur ce point, voir : A. Soboul, « Utopie et Révolution française », in J. Droz (dir.), Histoire générale du socialisme. 1. Des origines à 1875, Paris, PUF, 1972. Babeuf et la Conjuration des Egaux, prônant la « communauté des biens et des travaux », furent sans doute les seuls à saisir le rôle clé que serait amené à jouer la propriété bourgeoise dans la nouvelle société qui s’affirmait avec la Révolution française.

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Pérou. Conga : ni maintenant ni jamais !

Pérou. Conga : ni maintenant ni jamais ! dans Altermondialisme conga-no-va-calajo-207x300

Le samedi 8 juin, a eu lieu à Paris un rassemblement pour demander l’interruption du projet minier Conga que le gouvernement du président Ollanta Humala et la société minière transnationale Newmont-Buenaventura-Yanacocha viennent de relancer. Ce rassemblement était appelé, entre autres, par le Comité de solidarité avec Cajamarca, France Amérique latine (FAL), Fondation Danièle-Mitterrand, Coor- dination Eau Ile-de-France, Mouvement contre le racisme (MRAP), ALDEAH, Association des populations des montagnes de France (APPM), Collectif d’appui aux luttes du peuple argentin (CALPA), Colectivo de Peruanos en Francia, Université populaire Mariategui (Unipoma), Radio Latinos, SUD Solidaires, EÉLV, PCF et NPA. Il a réuni plusieurs dizaines de personnes pour protester contre un passage en force.
La « loi » des multinationales
Le 28 mai, près de 1 500 « comuneros », gardiens des lacs et autres représentants de la population, ont marché dans la montagne pour aller inspecter la relance des travaux. Ils ont été violemment réprimés par la police, qui n’a pas hésité à tirer sur eux. La première victime était un paysan, blessé par un tir de chevrotines. Il y a un an, les tirs de la police et de l’armée avaient tué cinq personnes, et blessé une cinquantaine. Le gouvernement de Lima vient d’adopter des dispositions qui modifient les lois en vigueur et permettent aux multinationales de contourner les règles de protection environnementale et de protection du patrimoine archéologique, tout en se moquant bien sûr du droit à la santé, à la vie et à l’autodétermination de la population affectée. Cette décision est très grave. Outre la grande catastrophe environnementale qu’elle implique et impliquerait dans le futur, elle peut conduire dans l’immédiat à des conséquences humaines tragiques. La destruction et la contamination des sources d’eau à Conga vont affecter le bassin de l’Amazone et les rivières qui se jettent dans l’océan Pacifique. La France et le monde entier sont concernés. Plus que jamais, il faut arrêter Conga.
Correspondante Samedi 15 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Décentralisation : des principes inacceptables

NPA
Décentralisation : des principes inacceptables dans NPA dessein_decentralisation

Après les lois de 1982 et 2004, l’acte III de la décentralisation est un élément clé de la politique du gouvernement.

L’idée est d’assurer la prééminence à des « métropoles » (les principales grandes villes) en matière administrative, pour permettre une réduction signi-ficative des dépenses publiques. Le retour à l’équilibre budgétaire promis par Hollande (2017) nécessite 60 milliards d’économies, et « la fusion des petites communes (…) permettrait de supprimer des doublons, et avec eux 120 000 fonctionnaires territoriaux » (selon le journal l’Expansion).  Cet acte III accentuerait le développement des inégalités face à l’État. Pour la CGT, ce serait « le franchissement d’un nouveau cap dans la concentration des richesses et des lieux de décisions, au service des impératifs de la compétitivité et des intérêts du grand patronat ». Ainsi, la « territorialisation » prévue par les mesures Peillon (et combattues par les enseignants) sont étroitement liés à l’Acte III… Enfin, l’établissement de super-métropoles fragiliserait tous les statuts nationaux, dont celui de la fonction publique territoriale.
Pas si simple…
La mise en œuvre de cet acte III s’avère plus complexe que prévu. Le contexte de diminution des crédits alloués aux collectivités locales (– 3 milliards pour 2014/2015, – 1, 25 %) a abouti à d’innombrables contradictions et protestations d’élus locaux. En conséquence le projet initial de Lebranchu, la ministre de la Fonction publique, a été scindé en 3 parties en avril. Le premier projet, en cours d’adoption, concerne les métropoles. Il serait suivi par un projet de loi « rééquilibrant » les responsabilités entre départements et régions au profit de ces dernières. Enfin un projet de loi relatif à l’intercommunalité pourrait être aussi soumis au Parlement. Après l’Assemblée, le Sénat vient d’adopter le premier projet, non sans l’avoir vidé de l’essentiel de son contenu (les élus UMP choisissant d’affaiblir le gouvernement en mêlant leurs voix à celles du FdG). Le projet de « Grand Paris » a été retoqué. Pour l’essentiel, subsistent les projets de métropole régionales : Lyon, Lille, Marseille… Mais concernant les aspects les plus austéritaires et antidémocratiques du projet, le gouvernement ne renoncera pas. Fort de sa majorité à l’Assemblée, il imposerait son texte lors de son retour à l’Assemblée. Pour Paris, une concertation est d’ores et déjà prévue.  Lors des élections municipales, il conviendra de donner à cette affaire l’importance qu’elle mérite.
Pascal Morsu  Samedi 15 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Michelin : un patron gonflé !

Michelin : un patron gonflé ! dans Luttes ouvrières bastardman-michelin

À la mi-mai, Jean-Dominique Sénard, nouveau patron de Michelin, avait exclu toute fermeture de site ou de réductions de postes.

« Le sujet ne se pose pas aujourd’hui », avait-il assuré. « L’erreur serait de quitter aujourd’hui nos territoires traditionnels ». Et pourtant… C’est avant la réunion du comité central d’entreprise prévu pour mercredi12 juin, que le groupe a officialisé lundi 10 juin la fin de l’activité poids lourds du site de Joué-lès-Tours pour 2015. Le prétexte est toujours le même : mise en péril de la compétitivité. Pourtant l’an dernier, ses bénéfices ont progressé de 24, 5 % à 2, 4 milliards d’euros. Cela impliquerait la suppression de 700 emplois sur les 930 du site. Et les discours sont toujours les mêmes : plan de sauvegarde exemplaire, pas de licenciements secs, reclassements, mutations volontaires, blablabla… D’ailleurs les salariéEs de Joué-lès-Tours savent ce que valent les promesses de Michelin. En 2009, un premier plan social avait touché l’usine avec 340 suppressions de postes et à l’époque la direction de Michelin estimait possible de relancer le site et visait une production de 1 million de pneus par an…
Mettre en commun les colères
Pour le syndicat CGT comme pour les salariéEs, la réalité est tout autre. 300 travailleurEs ne seront vraisemblablement pas reclasséEs et resteront sur le carreau. Ce ne sont pas les déclarations de Moscovici qui rassurent : « Évidemment, j’ai une pensée particulière pour les salariés. Évitons les dérapages. Il s’agit de décisions annoncées pour 2015, il y a du temps encore pour la concertation ». Cette allusion à des « dérapages » vise-t-elle les liquidations d’em- plois de Michelin ou les possibles blocages de la production évoqués par les syndicalistes ? De Goodyear à PSA, nous avons eu des aperçus du sens de ces menaces. Chaque jour, ce sont des centaines de liquidations d’emplois qui sont annoncées : Groupama (800), Ricoh (330), Société Générale (700), Air France (1 000), etc. Plus que jamais, des initiatives doivent être prises pour mettre en commun les colères, des mobilisations pour interdire les licenciements, pour partager le travail entre toutes les mains disponibles.
Robert Pelletier Samedi 15 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Samedi 15 juin, plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Paris (LT)

Samedi 15 juin, plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Paris (LT) dans Santé 2899455_sante-illus-new

Ce samedi, à Paris, plusieurs milliers de manifestants venus de toute la France – 8.000 selon les organisateurs, 3.600 selon la police – ont défilé à l’appel de la CGT et de Sud contre la politique de santé du gouvernement. « Nous exigeons une autre politique sanitaire et sociale définie à partir des besoins des populations pour garantir l’égalité d’accès de tous à des prises en charge de qualité », a lancé Nathalie Gamiochipi, secrétaire générale de la Fédération santé CGT, du haut d’un podium installé place de la Bastille, avant que le cortège ne se dirige vers la place de la Nation.


« Répartir autrement les richesses »
Et d’ajouter : « Pour cela, nous exigeons un financement ambitieux de la protection sociale, pour la consolider (…), pour en finir avec son démantèlement. Cela est possible à condition de répartir autrement les richesses produites par le travail ». Les manifestants ont dé- noncé tout à la fois la politique de financement des hôpitaux, les partenariats public-privé comme à Saint-Nazaire (44) ou à l’hôpital sud-francilien de Corbeil-Essonnes, les restructurations hospitalières, notamment à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Les conditions de travail à l’hôpital ont été particulièrement dénoncées. « Le nombre de tentatives de suicide dans notre secteur est tenu secret. Pourtant, rien qu’à l’AP-HP, ce sont au moins 35 collègues qui sont passés à l’acte depuis 2010, sept collègues ont mis fin à leurs jours sur leur lieu de travail et sept autres ont fait des tentatives », a affirmé Nathalie Gamiochipi. Alors que vont s’ouvrir les premières discussions budgétaires pour 2014, « nous exigeons un moratoire sur toutes les restructurations et l’ouverture de négociations sur le financement des établissements, l’emploi, la formation et les salaires ».


« Du pipeau »
Entre le gouvernement Sarkozy et celui-ci, rien n’a changé dans le domaine de la santé », a déclaré l’urgentiste CGT Christophe Prudhomme, malgré le « Pacte de confiance » pour l’hôpital lancé par Marisol Touraine, ministre de la Santé. « C’est du pipeau, a-t-il poursuivi. Ils en sont à nous proposer des réunions avec la DGOS (Direction générale de l’offre de soins, dépendant du ministère, ndlr), mais il n’y a pas de grain à moudre ». Résultat d’une longue mission de concertation menée par Edouard Couty, le « Pacte de confiance » doit déboucher sur des mesures concernant, notamment, la gouvernance des hôpitaux publics, en redonnant plus de pouvoirs aux commissions médicales par rapport aux directeurs d’établissements. 15 juin 2013 à 18h03

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/politique-de-sante-plusieurs-milliers-de-manifestants-dans-les-rues-de-paris-15-06-2013-2138385.php

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Istanbul

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Belfast le 15 juin

Belfast le 15 juin dans Altermondialisme anti-g8-protests-belfast.si_

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Crise de la dette : La faillite est possible et nécessaire, l’histoire nous le montre

Crise de la dette : La faillite est possible et nécessaire, l'histoire nous le montre  dans Austérité couve-vive-la-banqueroute-202x300

 La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. » Qui théorise cette saine gestion ? Un fantaisiste ? Un pamphlétaire ? Pas du tout : l’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur général des finances de Louis XV. Qu’on imagine alors ses homologues contemporains, un Pierre Moscovici, un François Baroin, un ministre de l’Economie s’exprimant avec pareille audace ! À relire notre histoire de France souscette lumière, on éprouve comme une jouissance anachronique à cette habitude qu’avaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon, aux créanciers… Philippe le Bel ne chipote pas : il chasse d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler « les banquiers de l’Occident »… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours ! Quand le « sieur Barbeite », conseiller du roi, recommande qu’on en revienne au « franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la capitale, on se le représente volontiers sous les traits de Jacques Attali, conseiller spécial de François Mitterrand, persuadant le prince moderne d’accrocher le franc au mark, de ne pas quitter le Système monétaire européen et de désindexer les salaires. Et c’est donc chez Jacques Attali que se déroulerait l’émeute, ouvriers et artisans au rendez-vous, saccageant sa résidence, buvant son vin, cassant ses meubles.

Et si les Grecs et les Espagnols ne remboursaient qu’un créancier sur trois ?

S’avance Henri II, qui emprunte des deniers à s’en faire péter le gosier, qui renverse le « too big to fail » d’aujourd’hui : c’est son royaume de France qui apparaît alors, aux yeux des financiers,« trop gros pour faire faillite », et eux lui prêtent donc par millions, par crainte de tout perdre. Qu’importent, pour ce souverain, les « générations futures » : qu’elles se débrouillent après lui avec l’endettement public.Son fils met en place une loterie : seul un rentier sur trois, tiré au sort, sera dédommagé ! C’est une « alternative », ça, non ? Et si on montait un loto géant, un Euromillions qui permettrait aux Grecs, aux Espagnolsaux Portugais, aux Chypriotes, de ne payer leurs créances qu’au hasard ? Arrive l’honnête Sully: dès son entrée au ministère, il mène « un audit de la dette » comme en rêvent aujourd’hui Attac ou le CADTM. Et le compagnon d’Henri IV écarte les« dettes illégitimes », opère une banqueroute, rejette les plaintes des prêteurs. La trésorerie est ainsi assainie, et il peut lancer un plan de grands travaux digne du New Deal. Colbert fait mieux : il dresse le procès des oligarques. Des clans entiers d’affairistes, 494 d’entre eux, sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés, eux qui vivaient sur l’impôt comme des parasites. Il faut mesurer le choc, à l’époque, la peur qui règne chez les nantis : comme si, en 2013, d’un coup, les gros actionnaires d’EADS, de Veolia, de Dassault, etc., ces sangsues accrochées à la société, étaient emprisonnés, spoliés. Louis XVI rompt avec cette coutume : à l’audacieux abbé Terray, qui s’inscrivait dans une lignée, il préfère le spéculateur Jacques Necker, un genre de « Goldman Sachs boy », le chouchou de la bourgeoisie. Bien mal lui en prit : la crise de la dette, aggravée, conduira tout droit à la Révolution, et le roi à l’échafaud.

Expropriations et confiscations de biens en 1789, pourquoi pas aujourd’hui ? 

Comment Mirabeau, dès lors, à l’Assemblée nationale, envisage-t-il de le combler, « ce gouffre effroyable » ? « Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons ! Ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans les finances, la paix et la prospérité dans le royaume. Frappez, immolez sans pitié ces tristes victimes. » C’est mieux que du Besancenot ! La CGT n’oserait pas signer pareil pamphlet ! Finalement, en cette année 1789, à la place de « deux mille », un seul propriétaire suffira : le patrimoine de l’Église sera confisqué. Et comment Talleyrand, évêque lui-même, justifie-t-il cette mesure extraordinaire ?« Le clergé n’est pas un propriétaire à l’instar des autres propriétaires, puisque les biens dont il jouit et dont il peut disposer ont été donnés non pour l’intérêt des personnes, mais pour le service des fonctions. » À notre tour, qui pourrions-nous exproprier – et sous quels motifs ? Sont-elles bien légitimes, au fond, les fortunes accumulées par cette classe d’inspecteurs des finances, Minc, Messier, Naouri, qui ont tout privatisé, tout libéralisé, avant de passer au privé et de ramasser la mise ? Sont-ils bien légitimes, les tas d’or amoncelés par les PDG des sociétés d’autoroutes, de télévision, de distribution d’eau, de gaz, d’élec-tricité – qui ne doivent leurs prébendes qu’à leur connivence avec les dirigeants politiques ? L’histoire est insoumise. C’est elle, par ses convulsions, par ses solutions hardies, qui nous enseigne la dissidence, voire la violence, c’est elle qui se braque contre les aboyeurs de la rigueur, contre les caniches du « il n’y a pas d’alternative », contre ces intellos toutous postés dans les écrans de télé comme les vigiles dans le sas des banques, protecteurs des coffres-forts, préférant ne plus penser.

Avec Thomas Morel. Par François Ruffin samedi 15 juin 2013 07:38

Extraits du livre « Vive la Banqueroute », par Thomas Morel et François Ruffin aux éditions Fakir.

 

16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Défendre et juger sur le tarmac (Libération)

Défendre et juger sur le tarmac (Libération) dans Hollandie fcpe_avion-mini

Au mois de septembre sera inaugurée une annexe du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny au bord des pistes de l’aéroport de Roissy.

Pourquoi ce lieu incongru pour rendre la justice ? Parce que cet aéroport recèle le plus important lieu de détention d’étrangers (une «zone d’attente» dite Zapi) dans lequel sont enfermés, chaque année, des milliers de personnes (8 541 étrangers ont été placés en zone d’attente en 2011 dont près de 80 % à Roissy) empêchées d’entrer en France, parfois arbitrairement, par la Police aux frontières (PAF). La durée de cet enfermement est de quatre jours et peut être prolongée, à la seule demande de la PAF, par un juge judiciaire, le Juge des libertés et de la détention (JLD).

Faut-il s’en inquiéter pour la justice de notre pays ? Non, répondent, complices, les ministères de l’Intérieur et de la Justice. D’autant moins que cette «délocalisation» a été prévue de longue date par notre législateur et validée, sous réserves, par le Conseil constitutionnel. Non, puisque sera ainsi respectée, dit-on, la dignité du justiciable, que la PAF ne sera plus obligée de transférer en fourgon de sa «geôle» de Roissy au TGI de Bobigny. Non, argue-t-on, car il s’agit de bonne administration de la justice, alliée à des considérations d’efficacité puisque les effectifs de la PAF ne seront plus occupés qu’à la lutte contre les trafics de main-d’œuvre étrangère.

Ces justifications relèvent de la mystification. Car l’indignité du transfert de Roissy à Bobigny – que rien n’interdirait d’humaniser – trouve sa source dans le principe même d’un enfermement dans le quasi secret et l’indifférence générale. Car le transfert d’avocats, de greffiers et de magistrats pour défendre et juger dans des locaux dépendant du ministère de l’Intérieur, constitue une atteinte à l’indépendance de la justice. Ce n’est pas la première fois que la justice tente de se «délocaliser» pour de fausses bonnes raisons. Les salles d’audiences des centres de rétention des étrangers du Canet et de Cornebarrieu ont d’ailleurs été fermées à la suite de la censure de la Cour de cassation.

Mais alors, pourquoi revenir à la charge, avec cette salle d’audience aéroportuaire ? Depuis le milieu des années 90, les ministères de l’Intérieur successifs font pression pour que ces audiences soient organisées à Roissy. Un premier local avait été aménagé à l’intérieur même de la Zapi mais était resté à l’abandon, tous les acteurs du monde judiciaire s’étant élevés contre cette délocalisation. En octobre 2010, un appel d’offres était lancé pour l’extension des locaux préexistants avec une seconde salle d’audience et un accueil du public, pour 2,3 millions d’euros. De toute évidence, le cahier des charges de ce marché était empreint de l’étude attentive des décisions de la Cour de cassation et du Conseil constitutionnel.

A quelques mois de cette inauguration où en sommes-nous ? Le principe fondamental de la publicité des débats, condition absolue de l’indépendance et de l’impartialité de la justice, ne sera pas respecté compte tenu de l’éloignement de la salle d’audience et de son isolement dans la zone aéroportuaire sans, quasiment, aucun transport en commun. Les tribunaux doivent être accessibles aux proches du justiciable, mais aussi au citoyen qui veut voir la justice de son pays ou au collégien qui vient découvrir ses métiers. Les procès de Roissy ne verront ni citoyens ni collégiens. Par ailleurs, le juge des libertés et de la détention et l’avocat seront isolés, à l’écart de leurs collègues, et sous la pression constante de la police, chargée à la fois de gérer la Zapi et de saisir le juge.

Situé dans l’enceinte barbelée de la zone d’attente et au rez-de-chaussée même du bâtiment dans lequel sont enfermés les étrangers, rien ne sépare le futur «tribunal de Roissy» de cette «prison», si ce n’est une porte blindée. Comment avoir confiance en l’impartialité d’une justice implantée dans le lieu même où l’on enferme ? En réalité, cette annexe n’aura, de justice, que l’apparence puisqu’il ne sera rendu de décisions qu’à l’égard d’une seule catégorie de personnes – des étrangers – à la demande d’une seule et même partie – la Police aux frontières – poursuivant inlassablement l’unique objectif de leur enfermement. Ainsi, le rêveinachevé du précédent gouvernement d’intégrer le juge dans une gestion performative des lieux où la France enferme ceux qu’elle entend refouler ou expulser est-il en passe d’être réalisé par des ministres apparemment déterminés à inaugurer ces tribunaux d’exception. Est-il trop tard pour les en dissuader ?

5 juin 2013 à 19:06 Par des magistrats et des militants pour les droits de l’homme 

Signataires : Stéphane Maugendre Président du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), Françoise Martres Présidente du Syndicat de la magistrature, Flor Tercero Présidente de Avocats pour la défense des droits des étrangers (Adde), Pierre Tartakowsky Président de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Patrick Peugeot Président de la Cimade, Anne Baux Présidente de l’Union syndicale des magistrats administratifs (Usma), Jean-Jacques Gandini Président du Syndicat des avocats de France (SAF), Bernadette Hétier Coprésidente du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Didier Ménard Président du Syndicat de la médecine générale (SMG), Anne Perraut-Soliveres Directrice de la rédaction de la revue «Pratiques», François Picart Président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), Didier Fassin Président du Comité médical pour les exilés (Comede), Jean-Eric Malabre Coprésident de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), Claude Peschanski Présidente de l’Observatoire citoyen du Centre de rétention administrative de Palaiseau.

http://www.liberation.fr/societe/2013/06/05/defendre-et-juger-sur-le-tarmac_908572

Pétition:  http://www.avaaz.org/fr/petition/Defendre_et_juger_sur_le_tarmac_stop_a_la_delocalisation_des_audiences/?tERNqeb

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