Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Le Pen non grata en Martinique:

Marine Le Pen non grata en Martinique:  dans Antifascisme extincteur

Le NPA soutien l’appel de nombreuses personnalités et militantEs contre la visite de Marine Le Pen en Martinique.

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Cette fois, la rejeton Le Pen n’a pas choisi la méthode discrète. Confortée par une atmosphère nauséa- bonde de montée des groupes néo-nazis dans divers pays européens, elle annonce urbi et orbi qu’elle visitera les colonies avant la fin de l’année.
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Elle pousse la provocation jusqu’à prétendre que les problèmes des Le Pen avec nous seraient de l’his- toire ancienne à ranger dans les souvenirs désuets.
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Nous, soussigné-e-s, répondons au contraire que tout dans le contexte prouve la mal- faisance des thèses et des pratiques développées par les groupes d’extrême droite : aux assassinats odieux de Grèce s’ajoutent ceux de Paris ou d’ailleurs.
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Aux propos racistes de telle lepéniste même désavouée pour outrance maladroite, s’ajoutent les dérives des personnages contaminés par la vague bleu marine.
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Il y a quelque chose de pourri dans le monde du capitalisme en crise et Marine Le Pen en est la sécrétion caricaturale: sur les côtes italiennes, des milliers de victimes de la faim et de l’oppression, prennent le risque de perdre la vie et les institutions et forces dominantes européennes n’ont, au delà de l’hypocrisie de la pitié, qu’une réponse : rendre plus imperméables les frontières pour barrer la route aux plus démuni-e-s. Plus près de nous, quand ce n’est pas l’ONU qui sème le choléra par ses troupes d’occupation en Haïti, c’est la cour suprême de République dominicaine qui jette dans le néant juridique des centaines de milliers de Dominicain-e-s qui ont le malheur d’être d’ascendance haïtienne.
La venue de Le Pen chez nous serait un coup de pouce donné à ces manifestations de la honte sans frontières.
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Marine Le Pen prétend faire oublier les déconvenues de son père en Martinique et en Guadeloupe, mais n’a jamais dénoncé son racisme éhonté. Elle n’a jamais désavoué son approbation de la torture prati- quée contre nos frères et sœurs algérien-e-s pendant la guerre de libération.
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Elle ne s’est jamais démarquée de ses propos scandaleux sur le génocide des juifs «un détail dans l’his- toire de la deuxième guerre mondiale». Elle prétend fouler le sol martiniquais, mais n’a jamais daigné reconnaître le peuple qui l’habite comme un peuple spécifique.
Elle refuse de dénoncer l’esclavage comme un crime contre l’humanité appelant répara- tions. La démagogie «sociale» dont elle s’affuble ne trompera que les naïfs. Elle prétend défendre les travailleurs, mais ses deux députés n’ont jamais fait un seul geste politique en ce sens.
L’histoire nous a montré les nazis hitlériens et les fascistes mussoliniens se déguisant en «national-socia- listes», «amis des pauvres contre la ploutocratie apatride». En réalité les Le Pen et autres apprentis   fascistes servent toujours les intérêts du grand capital.
Pour cela ils veulent tromper les plus crédules en divisant les peuples, en dressant les tra- vailleuses et les travailleurs les uns contre les autres au nom du rejet de l’immigré, de l’étranger, du Röhm, du musulman et finalement, quoiqu’ils disent, du rejet du nègre.
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Le Pen c’est pas la peine ! fou kan avan’w rivé !
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Appel de nombreuses personnalités et militantEs  Lire la liste
Samedi 9 novembre 2013

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Maël-Carhaix, inquiétude des salariés de l’abattoir Penalan (bellaciao)

 Maël-Carhaix, inquiétude des salariés de l’abattoir Penalan (bellaciao) dans Carhaix Kreiz Breiz y-en-a-marre-300x182

Inquiétude des salariés de l’abattoir de Penalan, à Mael-Carhaix.

Les salariés de l’abattoir de Penalan se sont rassemblés devant leurs entreprises avec le soutien de la CGT, vendredi. Ce vendredi, à 13 h, ils se sont rassemblés devant leurs entreprises avec le soutien de la CGT, syndicat majoritaire. Une manière pour eux d’exprimer leurs craintes liées au fait que le tribunal de commerce de Saint-Brieuc doit statuer sur l’avenir de l’abattoir de Saint-Caradec. Comme ils sont sur le même marché, leur crainte est de voir les clients happés par Saint-Caradec, condamnant par le fait Maël-Carhaix. « Nous, on ne demande pas des sous, on veut des dindes », clament les salariés qui constatent que l’approvisionnement actuel vient de Pologne.

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article138091

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Orvault, les salariés d’Alcatel-Lucent résistent dans leur bastion 4 G (po+lm+of)

Orvault, les salariés d'Alcatel-Lucent résistent dans leur bastion 4 G (po+lm+of)  dans Luttes sociales en Bretagne y-en-a-marre-300x182

Sacs de sable empilés à la manière d’une tranchée, guérites et chevaux de frise installés, barrière humaine formée : le site d’Alcatel Lucent Orvault avait des allures de camp retranché, vendredi matin au Mail.

L’œuvre des salariés de l’entreprise, opposés au plan Shift synonyme de fermeture du site orvaltais à l’horizon 2015 et qui avaient décidé d’agrémenter leur débrayage d’une action symbolique : faire de leur lieu de travail un bastion, « comme Alcatel est un bastion 4G ». « On est en résistance », a justifié Catherine Oger-Louët, secrétaire du comité d’entreprise. vendredi 08 novembre 2013

http://www.presseocean.fr/en-images/orvault-les-salaries-dalcatel-lucent-resistent-dans-leur-bastion-4g-photos-et-video-08-11-

Des salariés d’Alcatel retranchés dans un « bastion 4G » (le Monde)

Le Monde.fr avec AFP | 08.11.2013 à 12h48 • Mis à jour le 08.11.2013 à 14h27

Les salariés du site Alcatel d’Orvault, près de Nantes, ont symboliquement transformé vendredi leur usine en « bastion 4G », pour protester contre la fermeture programmée du site.

Le site d’Orvault, qui emploie 483 personnes, doit fermer d’ici à fin 2014 dans le cadre d’un plan de restructuration de l’équipementier télécoms qui prévoit au total 900 suppressions d’emploi dans l’Hexagone. Des salariés d’Orvault pourront être redéployés, mais 128 suppressions de postes sont prévues, selon les prévisions de la direction, communiquées fin octobre de source syndicale. Plusieurs guérites en bois fabriquées à l’aide de caisses de matériel « Alcatel Lucent » étaient disposées devant l’entrée du site, ainsi que des barrières confectionnées avec des supports de câbles électriques. Quelque 250 salariés, selon les syndicats, des ingénieurs informaticiens pour la plupart, ont rempli pendant plus d’une heure avec du sable des sacs blancs puis ont fait la chaîne pour construire des fortifications de part et d’autre des guérites.

PRÊTS À « ENTRER EN RÉSISTANCE » Massés bras croisés derrière leurs remparts après que le panneau « Alcatel Orvault » eut été recouvert d’un tissu noir sur lequel était inscrit en blanc « Bastion 4G », du nom de la technologie de transmission téléphonique développée sur leur site, les salariés en colère se sont dit prêts vendredi à « entrer en résistance ». « Nous entrons en résistance, il faut que le site d’Orvault soit maintenu dans le groupe et que la 4G reste à Orvault », a expliqué Gaël Clément, délégué CFDT. « Il n’est pas question de rentrer en négociation tant que la direction n’aura pas dit qu’on ne ferme pas le site d’Orvault », a renchéri Daniel Rondeau pour la CGT. Les salariés ont indiqué vouloir rester sur le site, derrière leurs défenses, toute la journée.

Alcatel-Lucent a annoncé début octobre la suppression de 10 000 postes dans le monde, dont 900 dès 2014 en France, où l’entreprise entend recentrer ses activités sur ses sites de Villarceaux (Essonne) et de Lannion (Côtes-d’Armor). La direction a indiqué qu’aux 900 postes supprimés s’ajouteraient les redéploiements internes et externes (cessions de sites, mobilités internes) de 900 autres postes. Alcatel-Lucent emploie 72 000 salariés dans le monde, dont plus de 8 000 en France.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/11/08/alcatel-orvault-les-salaries-transforment-le-site-menace-en-bastion-4g_3510698_651865.html

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/alcatel-salaries-barricadent-leur-entreprise-orvault-44-08-11-2013-117155

 

 

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

La guerre et la social-démocratie russe (Lénine)

La guerre et la social-démocratie russe (Lénine) dans A gauche du PS 1914-tardi

La guerre européenne, préparée durant des dizaines d’années par les gouvernements et les partis bourgeois de tous les pays, a éclaté.

La croissance des armements, l’exacerba­tion de la lutte pour les débouchés au stade actuel, impé­rialiste, du développement du capitalisme dans les pays avancés, les intérêts dynastiques des mo- narchies les plus arriérées, celles d’Europe orientale, devaient inévitable­ment aboutir et ont abouti à cette guerre.

S’emparer de territoires et asservir des nations étrangères, ruiner la na­tion concurrente, piller ses richesses, détourner l’attention des masses laborieuses des crises politiques intérieures de la Russie, de l’Allemagne, de l’Angleterre et des autres pays, diviser les ouvriers et les duper par le men- songe nationaliste, et décimer leur avant‑garde pour affaiblir le mouvement révolutionnaire du pro- létariat : tel est le seul contenu réel, telle est la véritable signification de la guerre actuelle. La social‑ démocratie est tenue, en premier lieu, de dévoiler cette véritable signification de la guerre et de dénoncer im­placablement le mensonge, les sophismes et les phrases « patriotiques » que répandent en faveur de la guerre les classes dominantes : les grands propriétaires fonciers et la bourgeoisie.

La bourgeoisie allemande se trouve à la tête de l’un des groupes de nations belligérantes. Elle trompe la classe ouvrière et les masses laborieuses en les assurant qu’elle fait la guerre pour dé- fendre la patrie, la liberté et la culture, pour libérer les peuples opprimés par le tsarisme, pour dé­truire le tsarisme réactionnaire. En réalité, c’est précisément cette bourgeoisie qui, servilement prosternée devant les hobereaux prussiens avec à leur tête Guillaume II, a toujours été le plus fidèle allié du tsa- risme et l’ennemi du mouvement révolutionnaire des ouvriers et des paysans de Russie. En réalité, cette bourgeoisie alliée aux hobereaux fera tous ses efforts, quelle que soit l’issue de la guerre, pour soutenir la monarchie tsariste contre la révolution en Russie.

En réalité, la bourgeoisie allemande a entrepris une guerre de rapine contre la Serbie pour la soumettre et étouffer la révolution nationale des Slaves du Sud, tout en portant le gros de ses forces militaires contre des pays plus libres, la Belgique et la France, afin de piller un concurrent plus riche. La bourgeoisie allemande répand la fable d’une guerre qui serait défensive de son côté ; en fait, elle a choisi le moment le plus propice, de son point de vue, pour déclencher la guerre, en utilisant les derniers per- fectionnements de son matériel de guerre et en devançant l’emploi des nouveaux armements déjà envisagés et décidés par la Russie et la France.

A la tête de l’autre groupe de nations belligérantes se trouve la bourgeoisie anglaise et française, qui dupe la classe ouvrière et les masses laborieuses en les assurant qu’elle fait la guerre pour la patrie, la liberté et la culture, contre le militarisme et le despotisme de l’Allemagne. En réalité, cette bourgeoisie a, depuis longtemps, acheté de ses milliards et préparé, pour attaquer l’Allemagne, les troupes du tsarisme russe, la monarchie la plus réactionnaire et la plus barbare de l’Europe.

En vérité, la lutte de la bourgeoisie anglaise et française a pour but de mettre la main sur les colonies allemandes et de ruiner une nation concurrente, qui se distingue par un développement économique plus rapide. Et c’est pour ce noble but que des nations « avancées », « démocratiques », aident le tsarisme barbare à opprimer plus encore la Pologne, l’Ukraine, etc., à écraser encore plus la révolution en Russie.

Les deux groupes de pays belligérants ne le cèdent en rien l’un à l’autre, dans cette guerre, qu’il s’agisse des pillages, des actes de sauvagerie, ou des innombrables atrocités. Mais pour duper le prolétariat et détourner son attention de la seule guerre véritablement libératrice, c’est‑à‑dire de la guerre civile contre la bourgeoisie, celle de « son propre » pays comme celle des pays « étrangers », pour atteindre ce noble objectif, la bourgeoisie de chaque pays  cherche, par des phrases mensongères sur le patriotisme, à exalter la portée de «sa» guerre nationale et assure qu’elle veut triompher de l’en- nemi, non pour piller et conquérir des territoires, mais pour « libérer » tous les peuples, sauf le sien.

Mais plus les gouvernements et la bourgeoisie de tous les pays s’évertuent à diviser les ou- vriers et à les dresser, les uns contre les autres, plus on applique férocement, dans ce noble but, le ré- gime de la loi martiale et de la censure militaire (qui, même aujourd’hui, en temps de guerre, vise bien plus l’ennemi « intérieur » que celui du dehors),  et plus le prolétariat conscient est impérieusement tenu de sauvegarder sa cohésion de classe, son internationalisme, ses convictions socialistes, contre le déchaînement du chauvinisme de la clique bourgeoise « patriotique » de tous les pays. Renoncer à cette tâche, ce serait, pour les ouvriers conscients, renoncer à leur idéal de liberté et de démocratie, sans parler de leurs aspirations au socialisme.

Force est de constater, avec une profonde amertume, que les partis socialistes des prin- cipaux pays européens n’ont pas accompli cette tâche qui leur incombait, et que l’attitude des chefs de ces partis ‑ du parti allemand surtout ‑ confine à la trahison pure et simple de la cause du socialisme. En cette heure d’une portée historique capitale, la plupart des chefs de l’actuelle, de la II° Internationale socialiste (1889‑1914), cherchent à substituer le nationalisme au socialisme. En raison de leur com- portement, les partis ouvriers de ces pays ne se sont pas opposés à l’attitude criminelle des gouver-nements, mais ont appelé la classe ouvrière à aligner sa position sur celle des gouvernements impé- rialistes.

Les leaders de l’Internationale ont trahi le socialisme en votant les crédits de guerre, en reprenant les mots d’ordre chauvins (« patriotiques ») de la bourgeoisie de « leurs » pays, en justifiant et en défendant la guerre, en entrant dans les ministères bourgeois des pays belligérants, etc., etc. Les plus influents des chefs socialistes et des organes de la presse socialiste de l’Europe contemporaine pro- fessent un point de vue bourgeois chauvin et libéral, et nullement socialiste.

Si le socialisme se trouve ainsi déshonoré, la responsabilité en incombe avant tout aux social‑démocrates allemands, qui étaient le parti le plus fort et le plus influent de la II° Internationale. Mais on ne saurait justifier pour autant les socialistes français acceptant des postes ministériels dans le gouvernement de cette même bourgeoisie qui avait trahi sa patrie et s’était alliée à Bismarck pour écra- ser la Commune.

Les social‑démocrates allemands et autrichiens essaient de justifier leur soutien de la guerre en prétendant lutter ainsi contre le tsarisme russe. Nous déclarons, nous social-démocrates russes, que cette justification est un simple sophisme. Ces dernières années, le mouvement révolu-tionnaire contre le tsarisme a de nouveau pris de vastes proportions dans notre pays. La classe ouvrière de Russie a toujours été à la tête de ce mouvement. Les grèves politiques qui se sont déroulées ces dernières années, et auxquelles ont participé des millions de travailleurs, avaient pour mot d’ordre le renversement du tsarisme et l’instauration de la république démocratique.

A la veille même de la guerre, le président de la République française, Poincaré, a pu voir de ses propres yeux dans les rues de Pétersbourg, au cours de la visite qu’il fit à Nicolas II, des barricades dressées par les mains des ouvriers russes. Le prolétariat de Russie n’a reculé devant aucun sacrifice pour délivrer l’humanité de cette honte qu’est la monarchie tsariste. Mais nous devons dire que si quel- que chose peut, dans certaines conditions, retarder la chute du tsarisme, si quelque chose peut aider le tsarisme dans sa lutte contre tout le mouvement démocratique de Russie , c’est précisément la guerre d’aujourd’hui, qui met les coffres‑forts de la bourgeoisie anglaise, française et russe au service des buts réactionnaires du tsarisme. Et si quelque chose peut entraver la lutte révolutionnaire de la classe ou- vrière russe contre le tsarisme, c’est précisément l’attitude des chefs de la social‑démocratie allemande et autrichienne, attitude que la presse chauvine de Russie ne cesse de nous donner en exemple. (…)

La faillite de la II° Internationale est celle de l’opportunisme, qui a grandi sur le terrain spécifique d’une époque historique révolue (dite « pacifique ») et qui, en ces dernières années, domina pratiquement dans l’Internationale. Les opportunistes ont préparé de longue date cette faillite, en répudiant la révolution socialiste pour lui substituer le réformisme bourgeois ; en répudiant la lutte des classes et la nécessité de la transformer, le cas échéant, en guerre civile, et en se faisant les apôtres de la collaboration des classes ; en prêchant le chauvinisme bourgeois sous le nom de patriotisme et de défense de la patrie, ‑et en méconnaissant ou en niant cette vérité fondamentale du socialisme, déjà exposée dans le Manifeste du Parti communiste, que les ouvriers n’ont pas de patrie ; en se bornant, dans la lutte contre le militarisme, à un point de vue sentimental petit‑bourgeois, au lieu d’admettre la nécessité de la guerre révolutionnaire des prolétaires de tous les pays contre la bourgeoisie de tous les pays ; en faisant un fétiche de la légalité et du parlementarisme bourgeois qui doivent nécessairement être mis à profit, et en oubliant qu’aux époques de crise, les formes illégales d’organisation et d’agitation deviennent indispensables. Le courant anarcho‑syndicaliste ‑ « complément » naturel de l’oppor-tunisme, non moins bourgeois et non moins hostile au point de vue prolétarien, c’est‑à‑dire marxiste ‑ s’est manifesté, non moins honteusement, par une paraphrase béate des mots d’ordre chauvins au cours de la crise actuelle. (…)

Dans la situation actuelle, on ne saurait dire, du point de vue du prolétariat international, quel est le groupe de nations belligérantes dont la défaite serait le moindre mal pour le socialisme. Mais pour nous, social‑démocrates russes, il est hors de doute que, du point de vue de la classe ouvrière et des masses laborieuses de tous les peuples de Russie, le moindre mal serait la défaite de la monarchie tsariste, le plus réactionnaire et le plus barbare des gouvernements, qui opprime le plus grand nombre de nations et les masses les plus larges de l’Europe et de l’Asie.

Le mot d’ordre politique immédiat de la social‑démocratie d’Europe doit être la forma- tion d’Etats‑Unis républicains d’Europe. Mais à la différence de la bourgeoisie, prête à « pro- mettre » tout ce qu’on voudra pourvu qu’elle puisse entraîner le prolétariat dans le flot général du chau- vinisme, les social‑démocrates montreront tout ce qu’il y a de mensonger et d’absurde dans ce mot d’ordre si les monarchies allemande, autrichienne et russe ne sont pas renversées par la révolution.

Pour la Russie, les tâches des social‑démocrates, vu l’immense retard de ce pays qui n’a pas encore achevé sa révolution bourgeoise, doivent être, comme par le passé, les trois conditions fondamentales d’une transformation démocratique conséquente :

république démocratique (avec l’égalité complète des nations et leur droit à disposer d’elles‑ mêmes),

confiscation des terres des grands propriétaires fonciers et

journée de travail de 8 heures.

Mais, dans tous les pays avancés, la guerre met à l’ordre du jour la révolution socialiste, mot d’ordre qui s’impose d’autant plus impérieusement que les charges de la guerre pèsent plus lour- dement sur les épaules du prolétariat et que le rôle de ce dernier devra être plus actif dans la recons- truction de l’Europe, après les horreurs de la barbarie « patriotique » actuelle, multipliées par les gi- gantesques progrès techniques du grand capitalisme. (…)

C’est seulement en s’engageant dans cette voie que le prolétariat pourra s’arracher à l’influence de la bourgeoisie chauvine et avancer résolument, d’une manière ou d’une autre, avec plus ou moins de rapidité, sur le chemin de la liberté réelle des peuples et du socialisme.

Vive la fraternité internationale des ouvriers contre le chauvinisme et le patriotisme de la bourgeoisie de tous les pays !

Vive l’Internationale prolétarienne, affranchie de l’opportunisme !

Le Comité central du Parti ouvrier social‑démocrate de Russie

Ecrit avant le 28 septembre (11 octobre) 1914. Paru dans le n°33 du Social-Démocrate (1.11.1914)

http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1914/11/vil19141101a.htm

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le 9 novembre 1938, la « Nuit de Cristal »: la marche au génocide (lcr)

Le 9 novembre 1938, la « Nuit de Cristal »: la marche au génocide (lcr) dans Antifascisme magasin_juif-239x300

 La politique raciale du IIIe Reich trouve là son parachèvement. Ce pogrom ouvre la voie à l’extermination des Juifs.

Prenant prétexte de l’assassinat, à Paris, le 7 novembre, du conseiller d’ambassade du Reich par un jeune Juif polonais réfugié d’Allemagne, Hershl Grynzpan, l’appareil nazi lance un gigantesque pogrom. Un appel en ce sens est lancé, le 8 novembre, dans le journal du parti, le Völkischer Beobachter.

Le 9 novembre, en Allemagne, des agents provocateurs, aidés des chefs nationaux-socialistes et des organisations qui leur sont liées (Jeunesses hitlériennes, SA, SS) se ruent sur les synagogues (267 d’entre elles sont pillées, incendiées), les centres communautaires, les institutions juives encore en activité. Des maisons et des appartements sont saccagés, 7 500 magasins sont dévalisés ou détruits, près d’une centaine de Juifs sont assassinés, des centaines sont blessés, des femmes sont violées, les enfants juifs sont chassés des orphelinats. En Autriche, 42 synagogues sont détruites, 27 Juifs sont tués, une centaine est blessée. Dans l’« ancien Reich », près de 30 000 hommes sont arrêtés, dont 11 000 sont envoyés à Dachau et autant à Buchenwald. En Autriche, près de 6 500 personnes se retrouvent à Dachau. C’est le premier internement massif de Juifs en tant que tels…

Indifférence internationale Ces événements sont suivis, pour « réparer les dégâts », d’une « amen- de » d’1 milliard de marks prélevés sur les 7 milliards d’avoirs juifs bloqués par le régime à partir de 1938. Ils accélèrent l’exode des Juifs (en 1938-1939, 120 000 d’entre eux quittent l’Allemagne et 126 000 partent d’Autriche). Surtout, ils ouvrent la voie, quelques années plus tard, à la politique nazie d’extermination. Au lendemain de la « Nuit de Cristal », Hitler confie ainsi à Göring la responsabilité de la « question juive ».

Le 30 janvier 1939, il annonce au monde le génocide à venir : « Si la juiverie internationale réussissait, en Europe ou ailleurs, à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, le résultat n’en serait point une bolchevisation de l’Europe et une victoire du judaïsme, mais l’extermination de la race juive en Europe. » L’historien Léon Poliakov écrit à juste titre : « Ainsi s’ouvrait l’ère des violences phy- siques. Dans la perspective hitlérienne, ces violences présentaient l’avantage supplémentaire d’habi- tuer les militants et les futurs combattants à obéir sans sourciller, au nom du Führer bien-aimé, à des ordres sadiques et insensés. »2

Ce faisant, le national-socialisme parachève la politique raciale engagée avec l’accession de Hitler au pouvoir. C’est, en effet, dès 1933 que l’égalité légale des Juifs comme citoyens du Reich s’avère abrogée. Les lois de Nuremberg, deux ans plus tard, séparent physiquement les Juifs des autres Allemands. L’expropriation de la communauté juive, sous couvert d’« aryanisation » de l’économie, suit et elle s’accélère à mesure que la conflagration planétaire se rapproche. Les persécutions n’attendent pas novembre 1938 et, dès l’été, les synagogues de Munich, Nuremberg et Dortmund sont dynamitées.

Cette entreprise est facilitée par la xénophobie imprégnant la politique des gouverne- ments d’Europe et des États-Unis. À la fin des années 1930, le droit d’asile est restreint un peu partout, les frontières se ferment aux réfugiés juifs3, la Suisse va jusqu’à faire apposer par l’Allemagne la mention « Juif » sur le passeport des candidats à l’exil, l’opinion américaine se prononce à 87 % pour le refus d’accueillir les réfugiés européens …

Le monde se prépare donc à connaître l’« indicible », la destruction scientifiquement conçue et méthodiquement planifiée des Juifs d’Europe4. Auschwitz, dont l’abominable irrationalité apparente créera tant de difficultés d’interprétation à la pensée progressiste et marxiste, systématise certains des traits de la grande industrie. Il s’alimente de la montée du racisme et des nationalismes ethniques au xixe siècle. Il procède de la férocité des expansions coloniales et des concurrences entre puissances. Ces phénomènes se catalyseront dans la brutalisation inouïe des relations internationales, à l’occasion du premier conflit mondial, puis des termes léonins du Traité de Versailles imposé à l’Allemagne défaite. Hannah Arendt le soulignera magistralement5. Plus précisément, on suivra ici Enzo Traverso, lorsqu’il recherche « l’ancrage du nazisme, de sa violence et de ses génocides, dans l’histoire de l’Occident, dans l’Europe du capitalisme industriel, du colonialisme, de l’impérialisme, de l’essor des sciences et des techniques modernes, dans l’Europe de l’eugénisme, du darwinisme social, bref l’Europe du “long” XIXe siècle achevés dans les champs de bataille de la Première Guerre mondiale »6.

La bête aux aguets À 75 ans de distance, il convient autant d’entretenir la mémoire d’une barbarie passée que d’être conscient des dangers du présent. La haine des Juifs, renouvelée en permanence par l’histoire, représente un phénomène singulier. Des pogroms russes de 1881-1882 et de l’Affaire Dreyfus à la même époque, aux récentes saillies délirantes d’un Le Pen ou aux prêches enflammés de l’intégrisme islamique, l’antisémitisme contemporain a constamment reproduit le rejet et la diabolisation des Juifs. Sous des formes qui ne se résument pas, loin de là, à la racialisation nazie. Le soupçon, par exemple, d’un rapport particulier des Juifs à l’argent – à l’image de Shylock, le riche usurier du Marchand de Venise, de Shakespeare – ou d’une différence irréductible qui les rendrait dangereux, resurgit sans cesse. Les plus récents sondages attestent ainsi que le « tabou » né de la révélation des horreurs de la Shoah tend à être progressivement levé. Ce qui n’est pas sans expliquer la récrudescence d’actes anti-Juifs, ces dernières années.

Le contexte présent – celui d’une crise historique du capitalisme, des désastres sociaux qu’elle est de nature à engendrer, des discriminations qui affectent notamment la société française, des politiques d’exclusion visant l’immigration, de l’offensive néoconservatrice qui postule à un « choc des civilisations », sans parler de la violence meurtrière de gouvernants israéliens se prétendant garants des intérêts du judaïsme mondial – est de nature à exacerber les fragmentations communautaires, les différentes formes de racisme et, donc, l’antisémitisme. S’il est désastreux de les instrumentaliser pour tenter de justifier le déni de justice dont les Palestiniens sont victimes, comme le font certains, rien ne serait plus grave que de négliger ces tensions montantes. Le racisme, cette « bête immonde » dont parlait Brecht, n’attend qu’un prétexte pour flamber de nouveau… ■ Rouge2274, 13/11/2008

C Picquet http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=8859

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

La nuit sanglante du 9 novembre 1932 à Genève

La nuit sanglante du 9 novembre 1932 à Genève  dans Europe

Il y a septante et un ans, le parti fasciste local, l’Union nationale de Georges Oltramare, se met en tête de « juger », lors d’une réunion publique, ses adversaires politiques :

les dirigeants socialistes Léon Nicole et Jacques Dicker. La gauche convoque une contre-manifestation. Ce soir-là, l’armée tirera sur la foule, tuant treize personnes et en blessant 65 autres, dans les rangs antifascistes et parmi les curieux. A l’époque, comme partout en Europe, la crise économique sévit, le chômage est important (8 000 chômeurs à Genève), les scandales politiques et financiers nombreux (à l’instar de la faillite de la Banque de Genève), la classe moyenne s’appauvrit et la classe ouvrière connaît la misère.

Appel au meurtre Le 5 novembre 1932 fleurissent sur les murs de la ville des affiches de l’Union nationale annonçant pour le 9 une « mise en accusation publique des sieurs Nicole et Dicker » à la salle communale de Plainpalais. Des tracts les accusent de préparer la guerre civile et concluent : « Abattons-les ! » Le Parti socialiste demande l’interdiction de ce « procès », requête déclinée par les autorités municipales et cantonales. Dès 19h, les rues environnantes du meeting sont bouclées. Quelque 5 000 manifestants affluent. Ils sont empêchés de pénétrer dans la salle communale. A la rue de Carouge, un barrage commence à céder. Des bagarres éclatent, mais la police contient la foule.

Confondant échauffourée et insurrection, le conseiller d’Etat libéral Frédéric Martin demande alors l’intervention de la troupe. La I re Compagnie, des recrues inexpérimentées, se fraie un passage à travers la foule ; quelques soldats sont désarmés, des fusils cassés, des appels à fraterniser lancés. L’or- dre leur est donné de se replier. Les soldats se retrouvent alors dos au mur du Palais des Expositions, encerclés par un certain nombre de manifestants. Personne n’a compris les sommations. Ni ne sait que les balles à blanc ont été remplacées par des balles réelles. A 21 h 34, la troupe ouvre le feu : 150 coups sont tirés en douze secondes. Le premier à être abattu est Henri Fürst, président du Parti communiste genevois. Parmi les treize morts, également des curieux comme ce fraiseur de 54 ans, dont le fils faisait partie des recrues.

« L’ordre est rétabli » Ce fut une tragédie et un immense gâchis. Mais « l’ordre est rétabli », comme l’affirmera le lendemain le président de la Confédération, Giuseppe Motta, en déplacement à Genève. Le jour même, le Conseil d’Etat interdit tout rassemblement sur la voie publique « jusqu’à nouvel ordre » et Léon Nicole est arrêté, puis sera condamné à six mois de prison pour émeute.

samedi 8 novembre 2003, par Christiane Pasteur, Tribune de Genève

http://www.lescommunistes.org/spip.php?article330

Lire aussi:

http://npa29quimper.over-blog.fr/article-9-novembre-1932-l-ordre-regne-a-geneve-treize-morts-et-une-centaine-de-blesses-par-balle-112117269.html

 

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pont-de-Buis, débrayage à l’entreprise de transport Transeo (of)

Pont-de-Buis, débrayage à l’entreprise de transport Transeo (of) dans Châteaulin Crozon Daoulas Le Faou y-en-a-marre-300x182

Une partie du personnel de l’entreprise de transport Transeo, sur la zone de Kergaeric à Pont-de-Buis, a débrayé vendredi.

La vingtaine de salariés présents sur le site réclament le paiement de leur salaire d’octobre, toujours pas viré malgré la réception des bulletins de salaire, le paiement des heures de nuit en septembre, les coupures successives de cartes téléphone ou de péage d’autoroute, etc. Une délégation est reçue ce vendredi matin par le PDG René Legrand. L’entreprise compte une cinquantaine de salariés et une quarantaine de camions. Installée depuis six mois à Pont-de-Buis, elle était auparavant basée à Quimper sous le nom de Frigo-Express. Pont-de-Buis-lès-Quimerch – 08 Novembre

http://www.ouest-france.fr/pont-de-buis-debrayage-lentreprise-de-transport-transeo-1697519

10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Harvest, assemblée générale des salariés lundi (lt)

Marine Harvest, assemblée générale des salariés lundi (lt) dans Carhaix Kreiz Breiz bras

Ce samedi, les salariés du site Marine Harvest Kritsen de Poullaouen (29) mènent leur sixième jour de blocus de leur usine dont la fermeture est prévue en mai.

La CGT vient de faire savoir qu’une nouvelle assemblée générale aura lieu lundi, à 14 h, dans la salle de pause de l’entreprise. Dans ce communiqué, le syndicat indique également que « les salariés remercient chaleureusement toutes les municipalités, associations, commerçants et particuliers qui, d’une façon ou d’une autre, leur apportent du soutien dans le cadre de l’action qu’ils mènent ces derniers jours ».                     9 novembre 2013 à 14h07

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/marine-harvest-assemblee-generale-des-salaries-lundi-09-11-2013-2297464.php

09 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le système français de gestion de l’eau se dégrade rapidement (reporterre)

Le système français de gestion de l’eau se dégrade rapidement (reporterre) dans Services publics GIF-SORCERER-MICKEY-BOOK

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Le rapport d’évaluation de la politique de l’eau en France, publié par le député Michel Lesage, dresse un bilan accablant de la situation.

Mais les mesures proposées restent cosmétiques face à la crise structurelle du modèle français de l’eau. En juin 2013, le député Michel Lesage (PS, Côtes d’Armor), a publié un rapport sur la politique de l’eau en France. Dès la préface, il pose les limites de son exercice. Exemple significatif, « les activités agri- coles, note le rapporteur, sont à l’origine de pollutions dans certaines régions et mobilisent les réserves d’eau l’été pour irriguer les cultures ». Mais ce constat posé, il renvoie dos à dos deux positionnements antagoniques : « ceux qui souhaitent conditionner les aides agricoles aux changements de pratiques » et « ceux qui considèrent que les agriculteurs en situation de crise subissent déjà des règles, normes et zonages environnementaux excessifs ».

Lire le rapport

Cette absence de choix ne débouche sur rien de tangible : « affirmer une volonté et une mobilisation collective » en prenant… la Bretagne comme le bon exemple à suivre ! Pourtant la qualité de l’eau est particulièrement dégradée dans cette région où de nombreux captages d’eau potable ont dû être fermés ces dernières années. C’est la manifestation criante de l’échec du modèle français de l’eau, dénoncée par ailleurs par M. Lesage. Celui-ci envisage cependant « une plus grande conditionnalité des aides et une fiscalité incitative » avec des propositions qui concernent les engrais azotés mais ne s’attaquent… ni aux pesticides, ni aux porcheries industrielles (dont le gouvernement a allégé le régime d’autorisation). A la décharge de M. Lesage, on notera qu’il est député des Côtes d’Armor, un département comptant neuf fois plus de cochons que d’habitants humains : ceci explique-t-il cela ?

Le modèle français de l’eau a atteint ses limites La crise du modèle français de l’eau tient en trois constats mis en évidence par M. Lesage et un quatrième qu’il occulte et sur lequel nous reviendrons.

Premier constat : « la qualité de l’eau ne cesse de se dégrader et les pollutions de se multiplier » dénonce le rapport. Et côté quantité, ce n’est pas mieux : « les conflits d’usages s’intensifient ». La deuxième partie du rapport, consacrée à la mise en œuvre de la directive cadre sur l’eau, constitue un brûlot. Selon l’engagement contenu dans la loi Grenelle 2, deux tiers des masses d’eau devraient atteindre un bon état écologique en 2015, mais ce ne sera le cas que pour 41,5% des eaux de surface. En outre, les résultats présentés par la France sont sujets à caution : la Commission européenne y relève des lacunes importantes, souligne le rapport. A rapprocher de la quasi absence de contrôle concernant les nitrates, pointée par un autre rapport en février 2013 : dans les zones sensibles, seulement 1% des exploitations par département font l’objet d’un contrôle !

Deuxième constat, le financement est en crise. « Les déséquilibres structurels dans le financement de la politique de l’eau ne sont pas tenables à terme ». Les recettes reposent quasi exclusivement sur la facture des usagers et sont en régression du fait de la baisse de consommation d’eau potable. Alors que les besoins de financement sont considérables : la production d’eau potable à partir d’eaux de plus en plus polluées, le traitement plus lourd des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel, la prise en charge des eaux pluviales, la préservation de la ressource, la protection contre les inondations accroissent les dépenses.

Le rapporteur raisonne dans le cadre du système actuel, il n’envisage pas d’alternatives qui pourraient renverser la donne en matière de production d’eau potable, d’eaux pluviales ou d’assai-nissement… Les charges des services publics de l’eau et de l’assainissement reposent en majorité sur les consommateurs (69 %), pour l’essentiel les usagers domestiques, puis sur les contribuables (13 %) via les subventions accordées et enfin sur les générations futures (18 %) via l’emprunt. La facture des ménages ne pourra pas indéfiniment tout financer, surtout s’il s’agit de payer la dégradation de la qualité des eaux et le retraitement des eaux usées.

Le recouvrement intégral des coûts, qui comprend les dividendes versés aux action- naires des multinationales de l’eau, n’est pas remis en cause par le rapporteur, qui souhaite toutefois qu’il ne soit pas supporté exclusivement par l’usager. Quelques constats bien sentis concernent les agences de l’eau et le principe du pollueur payeur qui n’est pas appliqué aux activités agro-industrielles. Les rééquilibrages opérés par les comités de bassin pour la période 2013-2018 demeurent dérisoires. Ceux qui prélèvent le plus, qui plus est au moment où la ressource eau est la plus rare, payent la redevance la plus faible ! (En Adour Garonne, c’est huit fois moins que l’usage domestique.)

Mais là encore, ces pages impitoyables ne débouchent sur rien. « Il faut repenser notre modèle économique… ces questions doivent être débattues » ; « un grand débat national doit être lancé »… Des orientations très générales pour « encourager les mesures préventives, développer une fiscalité écologique, rechercher des dispositifs innovants » sont relèvent d’un catalogue de bonnes intentions plus que d’un programme de mesures. La réflexion sur le financement se termine par une attaque en règle contre toute tarification progressive, derrière un pauvre argumentaire « technique » qui cache mal son parti pris idéologique.

Démocratie ou État fort ? Troisième constat, « la démocratie de l’eau reste à construire ». Non seulement les usagers citoyens et leurs associations sont marginalisés dans la gestion de l’eau, un constat que les associations font depuis longtemps, mais le rapport met en évidence que les élus ne s’y retrouvent pas non plus. Le rapport pointe le hiatus existant entre l’organisation par bassins hydrographiques et l’organisation politique territoriale. Concernant plus particulièrement les usagers citoyens, la création d’un quatrième collège au sein des agences de l’eau est proposée, une mesure qui va dans le bon sens mais qui ne change pas grand chose au système. Des mesures de toute autre nature et ampleur sont nécessaires.

Actuellement, à tous les niveaux, de la commune aux agences de l’eau, les représentants des usagers sont désignés… par l’autorité (maire, président d’agglo ou préfet selon les cas). Du coup, la tendance générale est à placer ses amis ou en tout cas, les moins gênants. Il y aurait là matière à une belle réforme… Autre exemple, les grandes décisions qui impactent l’eau (privatisation ou retour en régie, construction d’un barrage ou d’une centrale nucléaire…) ne devraient-elles pas faire l’objet d’une consultation systématique de tous les habitants concernés ? De nombreux exemples existent en Europe : du référendum contre les lois de privatisations de l’eau en Italie, aux multiples référendums locaux et votations citoyennes à Berlin et dans d’autres villes allemandes, à Madrid, etc. A chaque fois, les citoyens répondent massivement présents pour défendre le bien commun.

De façon étonnante, malgré une ode à la démocratie, le rapport plaide pour… un État fort ! Pourtant on a vu avec le scandale de l’ONEMA en début d’année, l’incapacité de l’État à assurer la collecte et l’organisation des données sur l’eau. Si on considère que ces données font doublement partie du bien commun, car elles relèvent à la fois des connaissances et de l’eau, il faut envisager que d’autres acteurs (citoyens, associations, collectivités) soient associés à leur gestion, plutôt que renforcer encore le rôle de l’État, responsable de leur perte. Concrètement le renforcement de l’État se résume pour M. Lesage à la création d’une « autorité nationale de l’eau » ! Un genre d’autorité qui sert à réguler la marché quand l’État renonce à réglementer. Plus que d’un État fort, il s’agit de la consécration du marché. En outre, cette proposition semble désuète, à l’heure où la pléthore d’autorités administratives indépendantes en France, conduit au regroupement voire à la suppression de certaines d’entre elles.

Un constat occulté Enfin le dernier constat, occulté par notre rapporteur, la privatisation à la française qui consiste à confier l’exploitation des services publics de l’eau et de l’assainissement à des entreprises, et qui a fait la fortune des deux multinationales Veolia et Suez, est mise à mal. Au départ porté par des associations d’usagers ulcérés par les hausses de tarifs exorbitantes, la contestation s’est étendue à de nombreux citoyens et élus et à des sujets nouveaux : transparence, gestion saine des collectivités, démocratie… Paris, siège des deux multinationales, est revenu à une gestion publique en régie, le 1er janvier 2010, pour le plus grand bien de ses habitants. Et de nombreuses villes ont fait de même, en France et dans le monde.

Il s’agit bien de politique de l’eau, car la privatisation s’est faite au niveau local, sur décision des maires, et se défait aujourd’hui de la même façon, sous la pression des citoyens. Mais visiblement, cela reste encore tabou pour une évaluation officielle de la politique de l’eau.

La crise du modèle français de l’eau est patente, ce ne sont plus seulement les activistes de l’eau bien commun qui le disent, mais un rapport officiel au premier ministre ; il faut dorénavant partir des constats critiques et partagés qui sont faits, pour favoriser des alternatives de fond. Jean-Claude Oliva

samedi 9 novembre 2013 Source : Jean-Claude Oliva pour Reporterre. Jean-Claude Oliva participe à la Coordination eau Ile-de-France.

Dessin : Street Télé virtuelle

Lire aussi : L’Etat opère un hold-up sur les ressources de la protection de l’eau

http://www.reporterre.net/spip.php?article4971

09 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

“Beaucoup d’arguments du FN sur l’immigration reposent sur des mensonges et des fantasmes” (les inrocks)

“Beaucoup d’arguments du FN sur l’immigration reposent sur des mensonges et des fantasmes” (les inrocks) dans Antifascisme bd_nazi_fun_klub41

Le 26 octobre dernier dans l’émission Salut Les Terriens, François Gemenne a déstabilisé Florian Philippot, vice-président du FN dans un débat sur l’immigration.

Ce chercheur en sciences politiques, spécialisé sur les questions de gouvernance mondiale des migrations et de l’environnement (à Sciences Po et à l’Université de Liège et Versailles), a accepté de revenir dans un long entretien sur les mythes entourant le discours du Front national sur l’immigration.

Lors de votre passage dans Salut les terriens! le 26 octobre dernier, Florian Philippot, a semblé perdre pied face à vos arguments concernant l’immigration. Considérez-vous que le programme du FN sur ce sujet ne soit pas assez analysé dans les médias ?

François Gemenne -  Beaucoup des arguments du FN, en matière d’immigration en tout cas, reposent sur des mensonges et des fantasmes. Il y a évidemment un défaut d’analyse des médias, mais c’est aussi notre responsabilité, à nous chercheurs, d’informer ces débats de société. Et donc nous portons une part de responsabilité dans ce défaut d’analyse, et nous devons intervenir plus souvent dans les médias pour apporter un éclairage scientifique à ces questions et montrer où sont les mensonges et les fantasmes. Mais plus fondamentalement, je pense que ce défaut d’analyse renvoie aussi à la faillite absolue du politique concernant le FN : ce dernier, au fil des ans, est parvenu à imposer son discours, son agenda, ses thèmes, comme éléments centraux du jeu politique. En réalité, d’une certaine manière, le FN est déjà à l’Elysée.

Sur l’immigration, la démission de la classe politique date des années 1980 : tant la gauche que la droite ont alors intégré le postulat central de l’idéologie du FN, à savoir que l’immigration était un problème, auquel il fallait trouver des solutions. Dès l’instant où l’on accepte cela, le FN a gagné. Je récuse avec force l’idée que l’immigration soit un problème, et les chiffres sont là pour le montrer. Je ne suis pas naïf ou aveugle non plus : je sais qu’il y a des problèmes liés à l’immigration, notamment dans certains quartiers; je sais qu’il y a des problèmes d’intégration, de discriminations, de délinquance… Mais je réfute absolument l’idée que ce soit l’immigration elle-même qui soit un problème. La gauche comme la droite, pourtant, ont peu à peu accepté cette idée, et depuis, le discours sur l’immigration n’est plus qu’un discours purement idéologique, qui est complètement détaché des faits et des réalités empiriques. C’est notre responsabilité à tous de remettre la réalité, les faits, au coeur du débat. C’est la responsabilité des chercheurs et des journalistes, bien sûr, mais aussi des politiques et des citoyens.

La réduction en 5 ans de l’immigration légale de 200 000 entrées par an à 10 000 entrées par an telle que le préconise le Front national est-elle réalisable ?

Même avec beaucoup d’imagination et de bonne volonté, j’ai du mal à imaginer une politique qui puisse être à ce point absurde et dévastatrice. En exagérant à peine, ça voudrait dire qu’on ne garderait que les footballeurs de la Ligue 1, les danseuses du Crazy Horse et les fonctionnaires de l’UNESCO ! Regardons les chiffres pour voir ce que cette proposition signifierait réellement : en 2012, selon l’INSEE, la France a délivré un peu moins de 200 000 permis de séjour (ça représente 0,003% de la population !). 91 000 de ces titres de séjour ont été délivrés au titre du regroupement familial, c’est à dire pour permettre aux époux et aux enfants d’immigrés de les rejoindre en France : c’est simplement une question de droits de l’homme, et si la France abandonnait cette politique, non seulement elle séparerait des milliers de familles, mais elle se mettrait au ban de la communauté internationale. Ensuite, 59 000 titres de séjour ont été délivrés à des étudiants : se passer des étudiants étrangers serait une catastrophe pour les universités et les grandes écoles. Au contraire, je crois que nous devons nous réjouir que tant d’étudiants étrangers veuillent encore faire leurs études en France. Puis il y a 19 000 titres de séjour pour des raisons humanitaires, il s’agit des réfugiés et de personnes déplacées par des guerres, des violences ou persécutées dans leur pays : si la France voulait réduire ce chiffre, elle devrait dénoncer la Convention de Genève de 1951 sur le statut de réfugié, une des plus anciennes conventions humanitaires, dont la France a été l’une des principales puissances instigatrices. Je vous laisse imaginer les conséquences à l’international. Enfin il y a eu 16 000 titres de séjour pour des raisons économiques, c’est-à-dire des immigrés qu’on a fait venir en France pour travailler dans des secteurs où on ne trouvait pas assez de main-d’oeuvre. J’imagine que c’est sur ce chiffre que le FN veut surtout jouer, mais cela veut dire que des secteurs entiers de l’économie seraient en grande difficulté : la construction, la restauration, la santé… Enfin il y a une catégorie résiduelle, avec 13 000 titres de séjour : ce sont surtout des visiteurs pour de longues périodes, ou des mineurs présents sur le territoire qui atteignent leur majorité. Passer de 200 000 titres de séjour à 10 000 serait non seulement tout à fait irréaliste, mais aussi catastrophique pour l’économie et la société françaises. Quand le FN fait cette proposition, il prend ses électeurs pour des imbéciles, il n’y a pas d’autre mot.

L’immigration est-elle responsable de la montée du chômage tel que l’affirme le FN depuis les années 70 avec son slogan « Un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés en trop » ?

C’est comme si vous disiez : “s’il y a trop de jeunes chômeurs, c’est parce qu’il y a trop de jeunes !”. C’est aussi absurde que cela. Toutes les études, d’abord, montrent que l’impact de l’immigration sur le taux d’emploi (et donc de chômage) des populations autochtones est quasi nul. Par contre le taux de chômage de la population immigrée est plus important, c’est un fait : c’est dû notamment aux discriminations dont les immigrés font l’objet sur le marché de l’emploi, mais aussi à des politiques migratoires contre-productives, comme cette loi de 1991 qui interdit aux demandeurs d’asile de travailler pendant que leur dossier est en attente – ce qui prend parfois des années.

L’argument de l’immigration responsable de la montée du chômage n’est donc pas vérifié dans les faits, mais est de surcroît vicié à la racine, d’un point de vue économique : il repose sur l’idée qu’il y ait un stock  fixe d’emplois disponibles, et donc que tout accroissement de la population crée du chômage. D’abord, l’immigration ne compte que pour moins d’un cinquième dans l’accroissement de la population française. Mais surtout, nous vivons dans une économie tertiaire, c’est-à-dire une économie de services aux personnes, donc l’accroissement de la population crée aussi des emplois. Les immigrés, quand ils n’occupent pas des emplois dont les Français ne veulent pas, et dont les salaires ou les conditions de travail sont souvent indécents, ont aussi souvent créé leurs propres emplois, et des emplois pour les Français. Ils ont créé des sociétés, développé le commerce et les relations avec leurs pays d’origine, investi en France et dans leurs pays, souvent avec d’énormes capacités d’innovation. Les immigrés sont aussi des créateurs d’emploi et des investisseurs – l’immigration en elle-même, d’ailleurs, est souvent un investissement très lourd et très risqué pour les migrant(e)s.

Le FN continue de s’appuyer sur le rapport de Jean-Paul Gourévitch et de Pierre Milloz pour affirmer que l’immigration représente un coût économique pour la société française. Quel regard portez-vous sur ces rapports ?

Il faut distinguer les deux, qui ne disent d’ailleurs pas exactement la même chose. Pierre Milloz a longtemps été militant du Front National, et son rapport de 1990 sur le coût de l’immigration a été réalisé directement pour le Front National. Il en a ensuite publié plusieurs variantes, aux “Editions Nationales” puis aux “Editions Godefroy de Bouillon”, un éditeur d’extrême-droite spécialisé dans ‘les livres sur la religion musulmane’. Chacun en tirera les conclusions qu’il voudra quant aux conclusions du rapport. Pour ma part, je trouve cela relativement cohérent que le FN s’appuie sur un rapport qu’il a lui-même commandé et publié.

Le rapport de Jean-Paul Gourévitch est un peu différent, puisqu’il a été réalisé pour les “Contribuables Associés”, un collectif de militants qui se battent ‘contre l’oppression fiscale’. Il était peu vraisemblable, dans ces conditions, que le rapport estime que l’immigration a un impact fiscal positif. Jean-Paul Gourévitch, soit dit au passage, a depuis révisé ses chiffres, et estime désormais le coût de l’immigration à 5,5 milliards d’euros.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces deux rapport ne sont pas des rapports de recherche. Ce sont des rapports d’expertise, de consultance, réalisés pour un commanditaire particulier, dans un but précis. Je ne veux pas jeter l’opprobre sur les activités de consultance en général, mais il faut bien comprendre que ce n’est pas de la recherche effectuée dans l’intérêt général, ce sont des recherches effectuées pour un commanditaire spécifique – dans notre cas, le FN et les “Contribuables Associés”, respectivement.

Dans vos travaux, vous affirmez que contrairement aux Etats-unis, l’immigration représente un coût en France. Comment l’expliquez-vous ?

Ce ne sont pas vraiment mes travaux, mais plutôt ceux de l’OCDE et d’autres économistes. Selon les coûts pris en compte, on arrive généralement à un coût compris entre 4 et 10 milliards. Certains travaux – ceux de Xavier Chojnicki notamment – mentionnent même un impact fiscal positif. Mais la plupart des travaux s’accordent pour dire que ça représente un coût, assez léger mais un coût quand même. Mais la France est une exception en la matière. Aux Etats-Unis, mais aussi dans l’immense majorité des pays industrialisés, l’immigration rapporte bien plus qu’elle ne coûte. Pourquoi ne parvient-on pas, en France, à maximiser les bénéfices de l’immigration ? Avant tout parce que le taux de chômage des immigrés est plus élevé qu’ailleurs, notamment en raison des discriminations dont il font l’objet sur le marché du travail – quand on ne les empêche pas carrément de travailler, comme c’est le cas des demandeurs d’asile ! Et on sait le rôle essentiel que joue le travail dans l’intégration, outre ses bénéfices fiscaux évidents.

La France accueille t-elle davantage d’immigrés que ses voisins européens ?

Tout dépend des voisins dont on parle. Elle en accueille davantage que le Luxembourg ou la Belgique, certes – dans ce cas-là, le flux migratoire va plutôt dans le sens de l’évasion fiscale. Mais si on compare la France à des pays européens de taille comparable, on constate qu’elle accueille beaucoup moins d’immigrés. En 2011 par exemple, selon la base de données officielle de l’Union européenne (Eurostat), la France a accueilli 267 000 immigrés. Le Royaume-Uni, en comparaison, en a accueilli 566 000, l’Allemagne 490 000 et l’Italie 385 000. Et la France est d’ailleurs le pays qui affiche le solde migratoire (c’est-à-dire la différence entre les entrées et les sorties) le plus faible : 54 000 personnes. En 2011, il y a également 213 000 personnes qui ont quitté la France. Au Royaume-Uni, elles étaient 350 000, 249 000 en Allemagne et 82 000 en Italie. Sans l’immigration, la France perdrait chaque année plusieurs dizaines de milliers d’habitants.

Propos recueillis par David Doucet  08/11/2013 | 08h32

http://www.lesinrocks.com/2013/11/08/actualite/gemenne-11442808/

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