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22 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

képis (cqfd)

vaches

Quand les képis font la loi

« Dans l’affaire Adama Traoré, il n’y a pas que le procureur et la maire de Beaumont-sur-Oise qui ont pris fait et cause pour les gendarmes tueurs, le ministère de l’Intérieur a pesé lui aussi de tout son poids. Quand Bruno Le Roux a été nommé ministre, c’est à la gendarmerie de Persan, où Adama est mort, qu’il a effectué son premier déplacement officiel.

C’est le gouvernement qui en a fait une affaire d’État.

Pour comprendre pourquoi, il faut garder à l’esprit que les forces de l’ordre constituent un pouvoir de plus en plus hostile au gouvernement, qui espère contenir cette rébellion en leur accordant mille faveurs, depuis le droit de porter leur arme même quand ils ne sont pas en service jusqu’à l’extension de l’usage de la légitime défen-se, en passant par la gratuité des transports RATP ou l’équipement de la BAC en fusils d’assaut.

Le 18 mai 2016, lors du rassemblement de flics organisé place de la République à Paris par le syndicat Alliance, Marion Le Pen et Gilbert Collard sont venus s’afficher aux côtés des manifestants.

C’est la première fois qu’on a vu des leaders d’extrême droite aussi chaleureusement accueillis par des policiers aussi nombreux. Dans le même temps, des études indiquaient qu’entre 50 et 70 % des policiers et gendarmes votaient Front National. Là-dessus, t’as des centaines de policiers qui manifestent cagoulés et armés dans les rues de Paris. Quand tu additionnes tout ça, tu ne t’étonnes plus que les dirigeants politiques baissent de plus en plus la tête devant les syndicats de police.

Ce à quoi on assiste, c’est une autonomisation des forces de l’ordre

La police n’est plus seulement le bras armé de l’État, c’est une force qui impose par elle-même son propre agenda politique. Cette évolution s’est d’abord manifestée sur le terrain médiatique : chaque fois que les violences policières font un mort, dans l’heure qui suit les syndicats de flics envahissent les plateaux télé pour marteler leur version, qui devient aussitôt la version officielle, celle que les médias vont relayer en boucle.

La famille ou le comité de soutien de la victime auront beau démasquer les mensonges de la version officielle, leur parole aura du mal à faire le poids.

La puissance des syndicats de flics en France reste un angle mort, on n’en parle jamais, alors que la police constitue un État dans l’État, un ministère dans l’Intérieur. Lors du mouvement social contre la loi Travail, tout se passait comme si le gouvernement laissait sa police réprimer en roue libre.

Des policiers se sont même étonnés publiquement : on ne reçoit pas d’ordres, ils nous laissent faire ce qu’on veut.

Cette autonomisation saute aux yeux quand tu vas sur les comptes Facebook communautaires des flics, où ils se lâchent complètement, sur le mode : laissez-nous faire, on va nettoyer la France.

Exemple, la page Facebook de Robert P, un ancien du Raid qui s’est présenté comme l’un des meneurs des manifs cagoulées d’octobre dernier : il y partage des vidéos ouvertement d’extrême droite. C’est devenu banal.

Quand t’as le directeur général de la police nationale qui se fait huer et mettre la pression par des flics en armes, chauffés à blanc par leurs syndicats, comme en octobre 2016, tu te dis que dans n’importe quel pays cela provoquerait des enquêtes et des mises à pied. Pas en France. Il y a même une vidéo où l’on entend des flics crier “les francs-macs en prison”, à se demander s’ils ne visaient pas leurs propres supérieurs. Tout ça passe comme une lettre à la Poste.

À droite et à gauche, on continue de nous bassiner avec la “police républicaine”, pendant que l’un de ses représentants les plus en vue dans les médias se sent suffisamment à l’aise pour faire l’apologie du mot “bamboula” sur un plateau de télévision. »

Et si la police n’était plus seulement le bras armé de l’État, mais une force d’occupation autonome, capable de dicter sa loi aux politiques ? Éléments d’analyse avec Mohamed, membre du collectif Quartiers 21 et militant aguerri contre les violences policières.

Propos recueillis par Olivier Cyran & Karima Younsi CQFD n°153 (avril 2017)
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22 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

écran total (cqfd sud)

ecran

« L’informatique et la gestion détruisent les métiers »

Les membres du collectif Écran total échangent expériences et réflexions sur l’informatisation de leurs métiers et de leurs vies. Ce qui les conduit logiquement à repenser le rôle et la place du syndicalisme : lutter contre le patronat ne suffit pas, il faut aussi réinvestir la critique du travail.

Quels sont les buts de votre collectif ? Qui regroupe-t-il ?

Écran total réunit des personnes de toute la France travaillant dans l’élevage, l’éducation, le travail social, la médecine, la boulangerie, le maraîchage, l’artisanat ou les métiers du livre, ainsi que des gens au chômage, au RSA ou sans activité.

Toutes et tous constatent qu’une même logique est à l’oeuvre dans leur emploi ou dans leur vie : l’informatique et la gestion détruisent les métiers et dégradent les relations sociales. On n’idéalise pas ce qu’était le travail ou la société aux stades antérieurs du capitalisme, mais il nous semble important de prendre la mesure des transformations actuelles – à cause du numérique, nos moyens d’action et de pression se réduisent.

Nous tentons donc de nous organiser pour résister. Et pour soutenir celles et ceux qui payent le prix de leur opposition à la gestion administrée des bêtes, des élèves, des patients, des usagers, etc… Partager nos expériences (au travail et en dehors) et les luttes qu’elles occasionnent, nous aide à préciser ce à quoi on aspire. Tout cela participe de notre volonté de retrouver de l’autonomie, de redéfinir nos besoins, de nous réapproprier des savoir-faire. Bref, de décider de la forme et du sens de nos activités et de nos vies.

Quelle place occupe l’informatique dans votre réflexion et vos actions ?

L’informatique vise à optimiser le temps productif et prétend nous simplifier la vie. Mais en réalité, elle vole du temps et de l’attention au travail vivant en démultipliant les tâches bureaucratiques.

Saisir des données ou produire des statistiques et des algorithmes revient à découper et standardiser – au final, il s’agit de contrôler le travail. Ce taylorisme assisté par ordinateur transforme la nature de celui-ci, et impose de nouvelles tâches et manières de concevoir nos activités. Le savoir-faire est confisqué, le métier devient l’application machinale de protocoles définis via des logiciels par des experts. Ce qui n’est pas nommable ou quantifiable disparaît, et le travail se déshumanise encore plus.

Faut-il être « en dehors » pour déplorer cette évolution ?

Pas du tout ! Parmi nous, beaucoup sont salariés et portent la critique depuis l’intérieur des organismes ou des institutions. D’autres estiment que leurs marges de manœuvre disparaissent et démissionnent. On aimerait que ces pas de côté ne se résument pas à des sauve-qui-peut individuels et qu’Écran total permette de penser et d’initier ce qu’on veut construire collectivement, notamment hors du salariat.

Comment vous situez-vous par rapport aux syndicats existants ?

Nous regrettons le faible intérêt qu’ils portent à la question du rôle et du contenu du travail. Au-delà de la défense des métiers, il est indispensable de réfléchir au caractère inutile, voire nuisible, de certains boulots et à la misère humaine qu’ils induisent.

Les syndicats se bornent le plus souvent à une défense corporatiste de l’emploi – il s’agit de préserver des statuts et des conditions de travail, sans remettre en cause le sens des productions et des activités des travailleurs. Ces syndicats se font ainsi les cogérants d’une  organisation sociale pourtant à l’origine des maux qu’ils combattent. Rares sont ceux qui se prononcent sur l’impact des nouvelles technologies au travail, soit qu’ils les jugent inévitables, soit qu’ils s’en remettent aux avis de la Cnil [1].

Cela dit, certains d’entre nous sont encartés et tiennent à le rester pour porter notre point de vue au sein des organisations syndicales. D’autres ne voient pas de salut de ce côté-là. Mais toutes et tous partagent une même volonté de repenser le syndicalisme.

Il ne s’agit pas de renoncer à l’entraide ni de rejeter ce que l’histoire du mouvement ouvrier a pu avoir de fécond. Il n’est pas non plus question d’abandonner la défense des travailleurs contre le patronat. Non, nous souhaitons plutôt réinvestir la critique du travail, de ses visées, de son organisation, notamment via sa rationalisation et l’emprise des nouvelles technologies.

Et nous voulons conjuguer cette tâche d’inventaire avec des actions de soutien et des formes nouvelles d’organisation collective hors du salariat. Ces préoccupations n’ont d’ailleurs pas toujours été étrangères au mouvement ouvrier ; quand il n’était pas encore neutralisé par les partis politiques, puis par le stalinisme, celui-ci distinguait son émancipation du progrès technologique. C’est ce syndicalisme que nous voudrions réveiller.

Propos recueillis par Ferdinand Cazalis  CQFD n°149 (décembre 2016) 16/07/2019
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Notes:

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22 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

hong kong (aetr essf)

chine

Révolte contre l’autoritarisme à Hong Kong.

Interview avec Lam, marxiste révolutionnaire hongkongais.

Anticapitalisme & Révolution : Pour Lam et le patronat hongkongais, quels sont les objectifs politiques derrière cette loi d’extradition ?
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Lam: Carrie Lam priorise la satisfaction des revendications du Parti Communiste Chinois, même pas celles des capitalistes de Hong Kong, sur celles du peuple de Hong Kong. Les capitalistes locaux craignent eux aussi de subir l’extradition vers la Chine continentale s’ils froissent la bureaucratie du PCC.
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Carrie Lam a voulu cette loi pour gagner la confiance de Xi Jinping.
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Le régime du PCC a deux objectifs principaux. Le premier est l’extradition vers le continent des bureaucrates et des milliardaires chinois corrompus qui ont fui vers Hong Kong. Avant, le gouvernement chinois envoyait ses agents pour les ramener sur le continent, mais ces méthodes ont été critiquées.
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Deuxièmement, cette loi d’extradition est faite contre les opposants politiques au PCC à Hong Kong. Celles et ceux qui critiquent  les dirigeants et le gouvernement chinois, ou les hongkongais qui ont aidé des militants chinois de la démocratie à s’enfuir vers Hong Kong, se trouveraient en grand danger.
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Fin avril, un libraire de Hong Kong qui a fait plus de 8 mois de prison en Chine continentale, Lam Wing-Kee, a décidé de fuir Hong Kong pour Taiwan. De plus, les militants de Hong Kong qui aident les mouvements sociaux, du travail, pour les droits humains, ou les ONG, peuvent aussi subir l’extradition.
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La ville vit toujours l’arrangement “un pays, deux systèmes” : Hong Kong conserve un système légal et politique distinct de celui de la Chine continentale. Les hongkongais ont la liberté d’expression et de réunion. Ils et elles sont aussi mieux protégés par une justice (relativement) indépendante. La possibilité d’extradition ouvrirait une brèche, des hongkongais pourrait être envoyés en procès en Chine continentale à tout moment.
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A&R : Depuis la France nous voyons que ce mouvement assume un niveau élevé d’affrontement face aux forces de l’ordre et exprime un niveau d’auto-organisation important. Nous avons tous vu avec admiration l’envahissement du Parlement d’Hong Kong. Comment se structure ce mouvement, quels sont ses références idéologiques et les organisations qui le constituent ?
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Lam: La série de manifestations massives qui ont lieu de juin à juillet ont été menées par une organisation de Front Unique, le Front Civil des Droits Humains. Il est composé de plus de 50 partis politiques et groupes de la société civile pan-démocratiques, notamment des syndicats, des organisations pour les droits des femmes, des associations de quartier, des militants étudiants et des partis d’opposition. Cela dit, les deux millions de personnes qui ont rejoint les manifestations ne l’ont pas fait grâce à l’autorité morale du Front Civil des Droits Humains, mais car ils s’identifiaient à la cause anti-extradition.
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La tentative d’occupation du Parlement le 1er juillet et les tentatives précédentes d’encercler le QG de la police ont été organisées par les manifestantes et manifestants les plus jeunes et radicaux via Internet. Cela n’a été le fruit d’aucune organisation politique ou sociale. Pour échapper à la persécution gouvernementale, les jeunes manifestants ont fait exprès de ne pas établir d’organisations, et ont choisi à d’utiliser Telegram pour transmettre l’information à courte portée. Des signes de mains étaient utilisés sur le terrain, dont l’efficacité était augmentée par la forte camaraderie qui lie les jeunes manifestants.
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Ni les citoyens qui rejoignaient les manifestations, ni les jeunes qui participaient aux tentatives de sièges ou d’occupations n’ont d’idéologie définie. On pourrait peut-être les appeler des militantes et des militants de la démocratie, c’est-à-dire contre l’autoritarisme du régime RAS/PCC (1), et pour la défense des libertés et des droits humains à Hong Kong, ainsi que pour des élections démocratiques.
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Les “localistes” d’extrême-droite qui en appelait à “Hong Kong d’abord” ont eu une forte influence pendant le Mouvement des Parapluies de 2014 et durant environ les deux années qui ont suivi, mais ils ont été considérablement affaiblis dans la période précédent le mouvement actuel anti-extradition. Pour autant, ils ont encore une certaine prise idéologique sur les jeunes. Cela s’exprime principalement chez une partie de la jeunesse par une nostalgie du régime colonial britannique, le rejet des chinois du continent, ou des tendances aventuristes lors des actions.
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La plus grande faiblesse du mouvement actuel contre l’extradition réside dans son incapacité à devenir une plateforme de lutte unifiée qui soit démocratiquement coordonnée. Cela empêche les manifestants issus de différents milieux et ayant différentes idées de se coordonner efficacement. Ils et elles ont dû agir seuls. Les différences d’orientation et de stratégie se sont souvent exprimées unilatéralement sur internet plutôt que dans des échanges approfondis en face- à-face qui pourraient clarifier nombre de questions fondamentales.
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Par exemple, depuis le début du mouvement, des personnes ont proposé une grève politique et de solidarité avec la lutte des citoyens du Wuhan contre les incinérateurs et les centrales électriques qui polluent. Les tenants de cette idée cherchaient à gagner le soutien du peuple de Chine continentale au mouvement de Hong Kong. Ces idées n’ont pas été sérieusement discutées.
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Au contraire, certains militants ont utilisé le G20 le mois dernier pour demander à Trump ou à d’autres grands dirigeants mondiaux de “Libérer Hong Kong”. C’est la recherche d’un point d’appui chez les gouvernements des Etats-Unis et d’Europe pour faire pression sur la Chine, subordonnant le mouvement anti-extradition aux jeux de pouvoir politiques cyniques des puissances occidentales. Le mouvement deviendrait ainsi un pion dans des négociations de couloir, à jeter après usage. Cette position fournirait aussi au régime du PCC des arguments pour calomnier le mouvement de masse hongkongais, et diviser le peuple de Hong Kong du peuple de Chine continentale. Ces stratégies divergentes n’ont pas pu être clarifiées par une modalité d’organisation qui rassemble.
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A&R :  La jeunesse était très active en 2014, mais on a constaté une absence importante de la classe ouvrière et des organisations syndicales. Aujourd’hui, quel est le rôle de la classe ouvrière ? Y a-t-il des liens qui se créent entre la jeunesse scolarisée et le monde du travail ?
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Lam: Le mouvement ouvrier de Hong Kong a un passé glorieux. La grève des marins de 1922 et la grève générale de Hong Kong et Canton de 1925-1926 ont ébranlé l’impérialisme britannique, mais le mouvement ouvrier a depuis connu un déclin. A court terme, il ne sera pas facile de lancer une grève assez puissante pour ébranler la société.
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Le syndicat enseignant et le syndicat du travail social ont appelé à la grève le 12 juin. Il y a même des groupes de jeunes qui vont dans les quartiers commerciaux pour créer des piquets de grève. Il existe une organisation étudiante, la “Coalition pour l’Action Ouvrière et Etudiante”, qui appelle les travailleuses et les travailleurs à rejoindre la lutte contre le projet de loi d’extradition.
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Même si la grève ne s’est pas concrétisée, l’idée de grèves politiques a provoqué une vague de discussions en ligne. Ces phénomènes marquent un développement par rapport à ce qu’était la conscience politique du Mouvement des Parapluies de 2014.
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Je pense que les socialistes révolutionnaires de Hong Kong ont une responsabilité cruciale. Ils peuvent approfondir les discussions pour des grèves politiques et la création d’organisations contrôlées par les masses elles-mêmes, ainsi qu’expliquer en quoi la lutte pour une démocratie politique ou civile est inséparable de la lutte pour l’égalité économique.
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A&R : Depuis la crise de 2008 le pouvoir exécutif renforce ses mesures répressives et les mesures antisociales vis-à-vis des exploités. Ce mouvement revendique-t-il aussi des mesures concrètes pour l’amélioration des conditions de travail et d’existence pour les jeunes et les salariés ? Dirais-tu qu’il y a une radicalisation de la jeunesse et du monde du travail à Hong Kong et en Chine ? Cela a-t-il un impact sur l’influence des idées révolutionnaires?
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Lam: Le mouvement actuel reste centré autour d’une question, le retrait du projet de loi d’extradition et la protection des droits humains élémentaires. Cela a évolué récemment, l’exigence d’élections démocratiques est venu s’y ajouter. L’ajout de revendications pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs et de la jeunesse dépendra des militants qui se réclament d’une perspective lutte de classe.
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D’une certaine manière, le mouvement a remporté une victoire partielle, mais le pousser jusqu’à la chute de Carrie Lam ne sera pas facile. Bien que les appels à la grève ouvrière et étudiante ne se soient pas concrétisés, l’idée nouvelle d’une grève politique, ses possibilités et ses implications, fait déjà partie du débat public. Elle fait réfléchir les masses. Si le mouvement veut remporter davantage de succès, il doit rapidement abandonner son manque de structuration, et insister sur son indépendance politique.

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Je pense que la crise socio-économique et les contradictions de classe s’exacerbent rapidement à la fois à Hong Kong et en Chine continentale, sans signes d’accalmie en vue. Même si la crise ne va peut-être pas éclater immédiatement, elle sera extraordinairement aigüe lorsqu’elle viendra.
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A l’heure actuelle, la jeunesse de Hong Kong et de Chine continentale n’est globalement pas politisée, mais une partie d’entre elle a clairement commencé à se tourner vers la politique et réfléchit aux solutions fondamentales dont la société a besoin. Sous la bureaucratie autocratique de Xi Jinping, il est dangereux pour les jeunes et les travailleurs de s’auto-organiser et de communiquer ouvertement entre eux. C’est presque impossible. En revanche, des espaces privés d’échange d’idées existent encore.
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Plus encore, il y a des signes que la jeunesse de Chine continentale s’intéresse de plus en plus aux idées de la révolution et du communisme, dans sa recherche d’une alternative hors du libéralisme bourgeois et du maoisme (le stalinisme chinois). Il y a même une minorité qui approuve les traditions du trotskisme.
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Les socialistes révolutionnaires à Hong Kong ont toujours utilisé la relative liberté de la ville pour diffuser les idées révolutionnaires à la jeunesse de Chine continentale. Le travail le plus précieux que nous puissions faire en Chine continentale à l’heure actuelle est la tâche fondamentale de diffusion des idées du marxisme révolutionnaire. (Résumé voir lien)
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Le 1er juillet, des milliers de jeunes et de travailleurs d’Hong Kong envahissaient le Parlement pour exiger l’abandon du projet de loi d’extradition vers la Chine. L’ampleur, la radicalité et la détermination de ces manifestations ont obligé Carrie Lam, cheffe exécutif de HK, à abandonner son projet. Nous avons interviewé  Lam, militant communiste révolutionnaire hongkongais, afin d’avoir un point de vue vivant sur ce mouvement inédit et sur la politisation qui traverse la jeunesse d’Hong Kong et de Chine.
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Lam Chi Leung est un militant socialiste révolutionnaire basé à Hong Kong.
1 NdT : RAS = Région admnistrative spéciale, nom du système d’exception qui régit Hong Kong.
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Commentaire:
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Anticapitalisme & Révolution est un courant du NPA
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20 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

climat (psl)

climat 27

Leçons de 20 semaines de grèves pour le climat

Le mouvement pour le climat de ces derniers mois fut historique. Dans les médias, certains disent que le mouvement n’a pas réussi. C’est n’importe quoi.  La lutte contre le changement climatique peut revenir plus forte que jamais si nous tirons les leçons des premières actions et si nous nous préparons mieux.

Les grèves et manifestations pour le climat ont changé l’agenda politique pour des mois et des mois. L’incapacité et la réticence de l’establishment à réagir au changement climatique sont devenues plus évidentes que jamais.

L’establishment a également été durement touché : la ministre flamande de l’enseignement a dû démissionner et le gouvernement flamand a été contraint d’investir 75 millions d’euros supplémentaires dans des mesures pour le climat.

Il en faudra beaucoup, beaucoup plus pour stopper le changement climatique.

Des centaines de milliers de jeunes à travers le monde sont entrés en contact avec l’arme de la grève et ont participé aux manifestations. Nous nous sommes rebellés contre la politique domi-nante et c’est très important. Mais nous devons nous organiser et nous battre pour une planète viable et des conditions de travail et de rémunération décentes. Nous n’aurons rien sans nous battre.

C’en est assez !

Lors des premières grèves, l’establishment a fait tout ce qui était en son pouvoir pour minimiser la protestation. Le gouvernement en a rajouté en envoyant des coaches climats expliquer dans chaque école comment vraiment vivre dans le respect de l’environnement et culpabiliser les élèves. Toute notre vie, nous avons été soumis à d’énormes pressions pour vivre le plus écolo-giquement possible, mais l’impact de ces mesures individuelles a été presque nul. La menace écologique ne fait qu’augmenter.

La conclusion scientifique selon laquelle un changement radical est nécessaire a forcé des millions de personnes à descendre dans la rue dans le monde entier.  La lutte devait passer à une nouvelle étape. C’est alors que Youth for Climate a appelé à partir en grève tous les jeudis.

Au cours des premières semaines, le nombre de grévistes pour le climat est passé de 3.000 à 35.000. Des milliers d’autres suivront au cours des 20 semaines, mais cela n’était encore qu’un aperçu de ce qu’il est possible de réunir. Le tarif des billets de train et les intimidations et sanctions des directions d’écoles en ont retenu plus d’un à l’école.

Afin d’éviter que cela ne se produise, des comités ont été mis sur pied dans quelques endroits. Ils ont organisé des actions adaptées aux conditions spécifiques de l’endroit. Là où les comités locaux étaient actifs, cela s’est reflété en de plus grandes manifestations et en grèves réussies.

Les faux amis

Puisque l’establishment n’est pas parvenu à éteindre les flammes de la contestation avec un discours moralisateur, il est parti à la recherche d’autres méthodes. C’est ainsi qu’a été lancé ‘‘Sign for my future’’, avec l’implication de multinationales belges, voire de banques qui investissent des milliards dans les énergies fossiles.

Soudainement, ces gens-là étaient devenus des champions de l’écologie ! La plupart des grévistes pour le climat sont d’accord : ce sont de faux amis. Cela a permis aux politiciens de nous mettre des revendications dans la bouche, comme les taxes antisociales qui sont la norme sous le capitalisme. Les choses n’ont pas pris de la même manière parmi les étudiants du supérieur.

Les défis à relever pour le mouvement

Un appel a été lancé aux syndicats pour qu’ils se mettent en grève pendant la journée interna-tionale de grève. Cela reste un défi : les travailleurs et les jeunes ont les mêmes intérêts, mais nous avons besoin de la force économique des travailleurs pour vraiment changer les choses. Le mouvement syndical organisé peut frapper le système là où ça lui fait mal : à ses profits. Le changement doit être imposé par la lutte !

Rise for Climate et la grève planétaire de septembre

Le 22 septembre, il y aura une nouvelle manifestation de Rise for Climate. Cinq jours plus tard, une grève de la Terre est annoncée. La campagne pour la manifestation doit être utilisée pour organiser autant de grèves que possible cinq jours plus tard, voilà qui pourrait donner une nouvelle dynamique à la lutte pour le climat.

Nous ne devons pas nous laisser démoraliser. Ni à cause du ton pessimiste des médias, ni à cause de l’urgence de réduire nos émissions.

Jeunes et travailleurs solidaires : résistance internationale à la pollution du capital ! (Résumé)

 Arne (Gand) 20 juillet 2019

https://fr.socialisme.be/

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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

solidaires (émancipation)

solidaires

Solidaires fête ses vingt ans

1981 : le syndicalisme face à l’arrivée de la gauche au pouvoir…

Initiative d’un syndicat “autonome” né de la scission CGT/CGT-FO de 1948, la FGSOA (Fédération générale des salariés des organismes agricoles et de l’agroalimentaire) syndiquant à la mutuelle agricole MSA, au Crédit agricole et dans les industries de l’agro-alimentaire.

Il pense que pour conforter des mesures progressistes avec un gouvernement de gauche, il faut “faire comme en 36”, c’est-à-dire occuper les usines, être en grève, pour obliger le patronat et le gouvernement à se mettre d’accord sur des avancées sociales.

Ce syndicat estime que pour développer une lutte syndicale il faut l’unité syndicale, il prend donc l’initiative de contacter la CGT qui lui répond… que l’unité syndicale peut se réaliser en adhérant à la CGT. De la même façon, les responsables de la CFDT lui répondent… que l’unité syndicale peut se réaliser en adhérant à la CFDT.

Par ailleurs, aucun ne développe l’idée de pressions sociales et syndicales envers le nouveau gouvernement élu. Les responsables de la FGSOA prennent alors l’initiative de contacter d’autres syndicats autonomes et non confédérés. Le 10 décembre 1981, les délégations de dix organisations syndicales “autonomes” (G10) se retrouvent dans une même salle pour la première fois.

1989 : contacts du Groupe des Dix (G10) avec SUD PTT

Le Groupe des Dix (G10) contacte SUD PTT qui vient de se créer suite à l’exclusion de militant·e·s de la CFDT Poste et Télécommunications. La “greffe” avec SUD PTT va prendre, marquant ainsi que des syndicats de “culture CGT” peuvent s’associer avec des syndicats de “culture CFDT”.

Un autre syndicat, le CRC (Coordonner Rassembler Construire), qui deviendra SUD Santé Sociaux, se développe dans les mêmes conditions que SUD PTT. En 1989, une très longue grève a lieu aux Finances qui va notamment confirmer l’indépendance syndicale du principal syndicat du G10, le SNUI (Syndicat national unifié des Impôts – aujourd’hui Solidaires Finances publiques), par rapport au Parti socialiste.

Ces éléments vont faciliter l’arrivée de SUD PTT. La politique du PS et du gouvernement Mitterrand-Rocard a des conséquences dans le mouvement syndical et au sein du G10. Certaines organisations syndicales vont se satisfaire progressivement d’un syndicalisme d’accompagnement, d’autres vont maintenir leur indépendance syndicale et demeurer fidèles à leurs revendications, quel que soit le gouvernement en place.

La FGSOA (organismes agricoles), la FAT (transports) et la FMC (maitrise et cadres SNCF) vont ainsi quitter le G10 en janvier 1993 et rejoindre le courant UID, qui vient de faire exploser la FEN, pour créer l’UNSA.

Décembre 1995 : un conflit social majeur…

En décembre 1995, un conflit social important se développe dans le pays, en opposition au “plan Juppé” de réforme de la Sécurité sociale, et notamment de réforme des retraites et de l’assurance maladie. La grève est particulièrement forte dans les services publics chargés des transports en commun (SNCF, RATP, etc.).

La direction de la CFDT soutient le gouvernement. Positionnement qui va provoquer de fortes tensions à l’intérieur de la CFDT, et aussi des divisions au sein de la “gauche CFDT” entre des équipes militantes qui pensent qu’il faut rester à la CFDT et des équipes militantes qui pensent que la bataille est désormais perdue à l’intérieur de la CFDT. Ces dernières quittent la CFDT et constituent de nouveaux syndicats qui vont souvent prendre l’appellation SUD (Solidaires, unitaires, démocratiques) et qui vont demander à rejoindre le Groupe des Dix.

1998 : congrès constitutif de l’Union syndicale Groupe des Dix

Les 14 et 15 janvier 1998 se tient le Congrès constitutif de l’Union syndicale Groupe des Dix. En novembre 1995 s’était tenue une Assemblée regroupant les représentants de treize syndicats et fédérations pour tester des projets de Statuts et de Règlement intérieur, en particulier le fonctionnement au consensus. Le Groupe des Dix et plusieurs de ses organisations membres participent à la création d’ATTAC en 1998.

2001 : le G10 devient Solidaires

Le deuxième Congrès se tient les 21 et 22 novembre 2001 à la Maison des syndicats de Créteil, adoption de l’identifiant “Solidaires”. La page “les SUD et les non SUD” est désormais tournée : nous sommes tous “Solidaires”.

2006 : représentatifs dans la Fonction publique

Solidaires obtient la représentativité dans la Fonction publique fin 2006 par une décision du Conseil d’État, qui va nous permettre de siéger au Conseil supérieur de la Fonction publique d’État par un décret du 1er mars 2007. Pour la première fois, en 2007, Solidaires sera partie prenante des négociations salariales. Cette représentativité nous donne plus de crédibilité.

2008 : un syndicalisme revendicatif et internationaliste

Le 4ème Congrès est perçu par les participants et participantes comme le premier “vrai” congrès de Solidaires. Le travail sur le dossier revendicatif y est largement développé. L’homogénéité de l’organisation “Solidaires” est ressentie par la plupart des participant·e·s. Des délégations invitées nombreuses, syndicales ou du mouvement social, interviennent en tribune. La présence de délégations étrangères marque l’engagement international de Solidaires qui jouera un rôle déterminant dans la constitution d’un Réseau syndical international de solidarité et de luttes dont la première rencontre aura lieu en 2013.

2013 : constitution du réseau syndical international de solidarité et de luttes

Fort de son engagement internationaliste, l’Union syndicale Solidaires a joué un rôle très actif dans la construction du Réseau syndical international de solidarité et de luttes après la rencontre syndicale internationale en mars 2013 de Saint-Denis qui a rassemblé plus de 200 militant·e·s de plus de 60 organisations d’Europe, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie.

Ce réseau mondial rassemble des organisations, courants, tendances ou réseaux syndicaux de tous les continents, avec des histoires, des cultures politiques différentes, mais avec des pratiques assez proches et qui partagent la double volonté d’organiser des luttes pour la défense des revendications immédiates des travailleurs et travailleuses et pour transformer radicalement la société.

2014 : une Union syndicale féministe !

Lors de son 6ème congrès en juin 2014 à Dunkerque, Solidaires adopte une résolution spécifique “Égalité entre les femmes et les hommes : un enjeu syndical” comprenant deux axes :

Plateforme revendicative pour l’égalité femmes/ hommes” et

“Les femmes dans l’Union syndicale Solidaires : des pistes pour avancer !”.

Les statuts actuels disent “le syndicalisme s’inscrit dans une démarche féministe en agissant pour l’égalité entre les hommes et les femmes”. Les inégalités entre les sexes traversent l’ensemble de la société (travail, école, famille, vie publique), le souci de les combattre ne se limite pas au champ professionnel.  L’engagement de Solidaires sur ces questions se traduit également par notre implication sur nombre d’aspects, notamment le développement d’une dynamique pour un 8 mars de luttes et de grèves des femmes, la lutte contre le sexisme et le harcèlement sexuel …

(Résumé, voir lien)

Faut-il oublier le passé pour construire l’avenir ? Voici un rappel de plus de quarante ans d’histoire d’un syndicalisme qui se veut autrement…

lundi 19 novembre 2018

http://www.emancipation.fr/

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17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

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CHRU de Brest : un clip vidéo pour dénoncer les conditions de travail aux urgences

Le personnel des urgences du CHRU de la Cavale-Blanche de Brest (Finistère) a détourné, dans un clip vidéo, une chanson de Matmatah. Objectif : dénoncer les conditions de travail dans leur service.

« Urg’ an Dro », c’est le titre de la chanson qu’ils ont écrite, et cela vous évoque sans doute quelque chose. Le personnel soignant des urgences de la Cavale-Blanche de Brest-Carhaix (Finistère) a, en effet, détourné la célèbre « Lambé an Dro » de Matmatah, avec l’accord du groupe.

Dans la vidéo, 50 personnels soignants (infirmiers, aides-soignants, secrétaires, etc.) affichent clairement leur ras-le-bol. « Si t’as plus envie de poireauter, viens aux urgences manifester« , « Viens aux urgences, tu vas pleurer« , « Ce qu’il nous faut, c’est embaucher, ne pas nous culpabiliser« .

« On voulait vraiment que tout le monde puisse comprendre nos problématiques et ne pas forcer le trait plus qu’il ne l’est déjà« , affirme Morgan Barbi, aide-soignant aux urgences.

Un conflit qui dure

Cette chorégraphie mise en texte et en clip est une manière, pour le personnel, de mettre en lumière les revendications qu’ils clament depuis le 13 mai dernier. Ils dénoncent notamment le sous-effectif chronique qui a pu mener à des scènes de violence : le 10 juin, une patiente s’en était prise physiquement à des membres du personnel soignant.

« On nous parle de chiffres. Nous, on voudrait de l’humain. On veut pouvoir parler avec les gens. Pas juste arriver et dire : ‘Bonjour, prise de sang, échographie, bilan urinaire et au suivant !’ » regrette Erwan Troadec, infirmier aux urgences. Pour pallier ce problème, ils demandent « plus de lits d’hospitalisation, plus de personnel médical et paramédical. »

De son côté, la direction indique avoir mis en place des mesures, parmi lesquelles « l’ouverture de lits supplémentaires pour cet été« , selon Laurence Jullien-Flageul, coordinatrice des soins CHRU Brest.

Le reportage de Julien le Bot et Florence Malésieux

Baptiste Galmiche 17/07/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

élèves migrants (questions de classe)

Migrants

Apprendre, solidaire, aux côtés des élèves migrants

Le nouveau hors-série de la revue N’Autre école, « Apprendre, solidaire, aux côtés des élèves migrants » de Jean-Pierre Fournier est maintenant disponible en librairie et en commande sur notre site.

Comment je suis tombé dans le chaudron

En juin 2004, naît le Réseau éducation sans frontières : l’événement passe à peu près inaperçu, y compris dans les milieux militants. Je suis au courant parce que je connais Richard Moyon, l’initiateur du projet : militant trotskiste en rupture de chapelle, il anime un petit bulletin, Cinquième zone, à destination des jeunes et des enseignants de son lycée professionnel et technique de Châtenay-Malabry.

Il y traite des « questions vives » du quartier – et du monde – dans un style véhément et direct, loin du ton compassé des tracts. Il a découvert avec surprise l’impasse dans laquelle se trouvent certains de ses élèves, du fait de leur « situation irrégulière », et s’est engagé dans leur défense.

Au fil de ses combats, il rencontre un autre enseignant « du technique », Pablo Krasnopolsky, lui aussi syndiqué à la CGT éduc’action. Il y a également Pierre Cordelier, ancien instit de Vitruve, la célèbre école innovante du 20è arrondissement : c’est un chevronné de « l’action qui entraîne l’action », il a su faire rayonner le Comité Tlemcen, qui propage la mémoire des élèves juifs déportés « parce que nés juifs » dans les écoles de l’arrondissement et au-delà.

J’ai appris l’existence de ce Comité par un gamin du quartier, qui m’avait pris par la manche pour me dire : « Eh, tu sais que dans mon école on a tué des enfants seulement parce qu’ils étaient juifs ? » Des non-enseignants les rejoignent, comme Brigitte Wieser, militante de la FCPE au collège-lycée Voltaire, dans le 11è arrondissement de Paris. Leur point commun, outre une rare énergie, c’est la volonté de ne pas s’enfermer dans telle ou telle tendance d’extrême gauche, et surtout le pari sur les capacités de mobilisation de monsieur-madame-tout-le-monde, bien au-delà des cercles d’initiés.

Je ne découvre quant à moi le réseau que quelques semaines plus tard, en me rendant à une réunion où témoignent des jeunes. Leurs paroles sont émouvantes, j’entre à mon tour dans un monde que je ne connaissais pas et je rencontre aussi ces militants qui, au lieu de s’enfermer dans une secte ou de se décourager, veulent rebondir de façon créative et large.

L’un d’entre eux me dit qu’il va m’appeler. Quand il le fait, je suis désarçonné par ce qu’il me dit : « Dans ton collège, il y a deux pères d’élèves chinois qui risquent l’expulsion. » Il me donne les noms, et c’est à peu près tout, fin de l’échange… Le rythme des premières années du RESF est donné : on est dans l’urgence, on agit et c’est à chacun de faire, à chacun de mobiliser très largement, sans appui ni conseil ni mode d’emploi. On y va.

Dès le lendemain, j’informe mes collègues. D’abord l’enseignante du dispositif d’accueil pour les élèves primo-arrivants, puis je m’adresse à toutes et tous à la récréation. Je rédige, à destination de la préfecture, un texte annon­çant que « la communauté éducative sera vigilante… ».

Le lendemain, j’apprends par le camarade qui m’avait alerté que ça y est : l’un a déjà été expulsé et l’autre est « sur la passerelle » – ou tout comme. Je propose alors aux profs de débrayer une demi-heure après la récréation. Unanimité – c’est la première fois que je vois ça.

Je téléphone au commissariat : « Le collège est en grève, tout le monde va être informé. »
Rentré chez moi, une officier de police me rappelle : « Tranquillisez vos collègues, le père d’élève est rentré chez lui. » Victoire. Je suis immensément content – et surpris –, mes collègues aussi ! Gagné à ce combat, et pas prêt de m’en « décrocher ».

16 juillet 2019  Collectif Q2C

https://www.questionsdeclasses.org/

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16 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

quimper conforama ( le télégramme)

confor

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

enseignante gréviste (politis)

blanquer 1

Une enseignante gréviste répond à Jean-Michel Blanquer

Alors que les résultats seront proclamés aujourd’hui, je souhaiterais m’exprimer pour expliquer à vos lecteurs les raisons de mon engagement dans une action qui peut sembler difficilement compréhensible à beaucoup.

Faisant partie des enseignants grévistes traités d’irresponsables, je souhaiterais répondre à monsieur Blanquer qui a refusé de recevoir les membres des collectifs d’enseignants opposés à la réforme.

Pourquoi avons-nous décidé de conserver encore les copies alors que le Blanquer multiplie les mensonges et les illégalités ?

Les raisons de la rétention des notes sont connues : une école de la confiance qui propage la défiance en empêchant les enseignants de s’exprimer librement. Une réforme du bac qui n’est pas faite pour permettre à chacun de s’épanouir, car les élèves devront pas exemple supprimer une de leurs trois de leurs options en terminale par rapport à la première, sauf dans certains établissements privés, qui ont déjà annoncé qu’ils permettraient à leurs élèves de poursuivre les trois matières choisies, pour mieux être préparés à leurs études supérieures.

Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’imaginer que bon nombre de parents qui en ont les moyens enverront leurs enfants dans les établissements qui offrent cette possibilité. Des économies de budget sont faites en dépit du bon sens : moins d’enseignants mais plus de tablettes, ce qui est mauvais pour le commerce extérieur, le climat, la santé des enfants et a un apport pédagogique peu évaluable.

Le service national universel va faire dépenser un argent fou alors que les classes seront surchargées par choix de faire des classes de 35/36 enfants au lycée, mais aussi en maternelle si rien ne change dans certaines écoles.

Et alors que la priorité devrait aller à l’encadrement humain de tous les élèves, le gouvernement fait le choix d’acheter encore des balles d’armes interdites en Europe pour la police, sans doute pour des classes qui se tiennent bien sages, comme à Mantes-la-Jolie en décembre dernier.

Ce n’est pas notre conception de l’Éducation nationale dans une République.

Si les syndicats lycéens ont soutenu une décision lourde à prendre, si les parents ont soutenus aussi cette rétention des notes qui va jusqu’à demander la démission du ministre, j’ai peur que l’on se retrouve dans la même situation que pour la privatisation de la SNCF, d’EDF, de la Poste, de la santé et même des prisons.

En serrant les budgets par idéologie néolibérale, et en le détournant vers d’autres fins :

Plus d’ISF, un CICE qui permet à de grands groupes pharmaceutiques de gagner plus d’argent tout en renvoyant des chercheurs, des aides à l’intelligence numérique qui détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent, ceux qui nous gouvernent étranglent les services publics pour pouvoir dire EN MÊME TEMPS qu’ils ne fonctionnent pas. Mais tout le monde a bien vu que depuis la privatisation de l’énergie les prix de l’électricité ont augmenté.

Pourquoi avoir rendu l’école obligatoire à trois ans, alors que cela va occasionner de grosses dépenses des mairies pour les écoles privées

Sans augmenter le nombre d’élèves scolarisés! L’Éducation nationale doit rester au service des enfants et des parents, non pas au service de l’idéologie de la révolution néolibérale (titre du livre du candidat Macron). Si le statut des fonctionnaires est traité de privilège par la droite classique et par les néolibéraux, c’est pour mieux « diviser pour régner ».

Alors que le service public est au service de la nation, le mouvement « en marche » fait croire qu’il la ruine, alors que l’on voit bien que depuis deux ans, les ordonnances sur le travail et toutes les décisions prises ne vont que dans le sens d’un enrichissement des plus riches au détriment de tous.

Nous ne devrions pas rendre les copies avant les feux d’artifice du 13 juillet si nous étions des citoyens responsables, mais nous ne sommes que des profs, et nous connaissons le stress de nos élèves. Les chiffres auxquels j’ai eu accès par les courriels échangés après les assemblées générales qui se sont tenues un peu partout en France donnaient 27% de notes non rentrées sur le logiciel à l’heure butoir mardi dernier.

Pourtant, bon nombre de collègues ont fini par céder sous la pression et le chantage exercé par le ministre d’une retenue de 15 jours de salaire. Nous nous battons pour nos élèves et nos enfants : ce que nos grands-parents avaient obtenu après la guerre 39-45 grâce au Conseil national de la Résistance disparaît peu à peu, comme si les prétendues Trente Glorieuses et l’économie qui gouverne le monde depuis quelques années étaient plus prédatrices que cette deuxième guerre mondiale.

Alors que beaucoup de Français sont dans des situations économiques précaires, cumulent de petits boulots sans s’en sortir, il est de notre devoir d’enseignants de préserver l’égalité d’instruction, de veiller à entretenir la justice et la fraternité entre des élèves qui viennent de tous les milieux.

Le fait que le président et notre ministre aient fait leurs études dans des établissements privés explique peut-être le peu de cas qu’ils se font du service public. Il s’agit bien d’une attaque dangereuse pour la cohésion nationale et l’égalité des élèves.

 Vendredi 5 juillet, jour des résultats du baccalauréat, une professeure des Yvelines explique le choix de retenir les copies pour s’opposer à la réforme « pour l’école de la confiance » et celle du baccalauréat.

Une professeure gréviste 5 juillet 2019

 

https://www.politis.fr/

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04 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (boursorama)

Maternité-01-854x908

Maternité de Guingamp

La chambre régionale des comptes suggère sa fermeture

La chambre régionale des comptes de Bretagne suggère la fermeture de la maternité de Guingamp (Côtes d’Armor) pour aider le Centre hospitalier (CH) à revenir à l’équilibre budgétaire, a-t-on appris jeudi dans un communiqué de la chambre.

La maternité de Guingamp, menacée de ne plus pouvoir pratiquer d’accouchements à partir du 31 janvier 2019, avait bénéficié d’un sursis de deux ans du ministère de la Santé.

Pendant ces deux ans, l’objectif est d’ »augmenter le nombre de naissances et (de) renforcer la sécurité des parturientes, ces deux objectifs étant liés », avait précisé le cabinet de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, tout en précisant que « pendant cette période, on évaluera la capacité de la maternité à prendre en charge davantage de naissances ».

Le nombre d’accouchements à la maternité de Guingamp a baissé ces dernières années: 635 en 2015, 514 en 2016, 501 en 2017.

La chambre régionale des comptes, à l’origine d’un rapport sur la gestion du CH de Guingamp, pointe du doigt la situation financière « dégradée » malgré les efforts entrepris. « Au 31 décembre 2017, la chambre évalue à 11,5 millions d’euros, après retraitement des aides reçues, le déficit cumulé de l’établissement. Le CH est structurellement déficitaire, malgré des plans de redressement successifs, en raison notamment de charges de personnel en augmentation constante et difficilement maîtrisables », selon ce communiqué.

« Les données tant médicales que financières ne plaident pas en faveur du maintien de la maternité et ont conduit les membres de la commission spécialisée de l’organisation des soins de Bretagne à rendre à la quasi-unanimité, le 17 mai 2018, un avis favorable au non-renouvelle-ment de l’autorisation de la maternité. La fermeture de la maternité, structurellement déficitaire, permettrait à l’établissement de se rapprocher sensiblement de l’équilibre financier », précise la chambre dans ses conclusions.

Malgré la mobilisation de la population et des élus, l’Agence régionale de santé (ARS) avait décidé, avant le sursis accordé par le ministère de la Santé, de l’arrêt des accouchements au 1er février 2019. Après cette date, seul le suivi des grossesses et des jeunes mères devait toujours se faire sur place.

L’ARS avait appuyé sa décision sur la difficulté de disposer des spécialistes nécessaires, en particulier en anesthésie et pédiatrie.

AFP•04/07/2019

https://www.boursorama.com/

Commentaire:

Mais quelle alternative à moins de 100 km? Le mot « déficit » pour la santé est odieux! On paie bien des impôts et des taxes, non?

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