Archive | Syndicalisme

26 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Hôpital (Côté Quimper)

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À l’hôpital de Quimper, l’absentéisme inquiète

Jeudi 25 avril, les syndicats du Centre hospitalier de Quimper dénonçaient leurs conditions du travail : absentéisme, refus de congés, matériel de qualité inférieure…

Drapeaux à la main, les syndicalistes du Centre hospitalier de Quimper Cornouaille (Finistère) affichent un air soucieux. L’arrivée de Yann Dubois à la direction en janvier 2024 laissait espérer un nouveau management.

« Nous restons sur notre faim », déplore Pascale Jacq de Sud Santé, jeudi 25 avril 2024. Ce « nous », c’est la CFDT, la CGT et Sud Santé.

Grossesses, retraites… mais pas de remplacement

Ils pointent en premier lieu le taux d’absentéisme, estimé à 10% par les syndicats. Les arrêts maladie se multiplient, sans que le personnel ne soit remplacé, relatent-ils. « Alors que les grossesses et les départs à la retraite peuvent être anticipés », fustige Pascale Jacq.

À l’Ehpad Ti Creac’h, qui dépend de l’hôpital, une aide-soignante va partir à la retraite. L’équipe passera de trois à deux personnes… pour 100 patients. C’est clairement dangereux. Laura Le Yeuc’h, Sud Santé.

De son côté, Nathalie Frémin, coordinatrice générale des soins, assure que le recrutement se fait « au fil de l’eau » : « Nous commençons à chercher une solution dès que l’arrêt maladie est annoncé. »

Depuis le début de l’année, 29 infirmières et 34 aides-soignantes ont été embauchées.

Refus de congés

Les syndicats redoutent la saison estivale, où les patients sont plus nombreux. Il a été proposé à plusieurs personnels de changer de rythme, en travaillant le jour et la nuit. « L’idéal serait d’avoir une équipe de nuit autonome. Ce serait physiologiquement mieux. Mais nous sommes obligés de réorganiser, en sollicitant le pool de remplacement », précise Nathalie Frémin.

Ce rythme casse les gens. Désormais, ils peuvent craquer pour une bêtise. Il y a beaucoup de burn-out. Pascale Jacq, Sud Santé.

Autre problème posé par les syndicats : certains employés se seraient vu refuser des congés. « C’est un raccourci, tempère Nathalie Frémin. Lors des réunions d’équipe, nous demandons aux personnels de s’organiser entre eux. Surtout lorsqu’il y a une forte demande sur la même période. »

Un matériel de moins bonne qualité

Enfin, l’intersyndicale mentionne un manque de matériel, voire une dégradation de sa qualité. Elle évoque de nouveaux changes pour les retraités, ainsi que des produits pour la peau qui provoqueraient des rougeurs.

Nathalie Frémin rappelle que ces changements sont nécessaires, afin de « respecter la réglementation sur les produits utilisés », et que ces derniers « font l’objet d’essais ».

Un tel contexte pourrait rebuter les futures recrues, à l’image des stagiaires. C’est ce que craint l’intersyndicale : « Ça risque de les dégoûter, ils ne seront pas prêts de revenir. »

Pas pour Nathalie Frémin, qui préfère voir le verre à moitié plein : « Les étudiants souhaitent revenir travailler ici après l’obtention de leur diplôme », assure-t-elle.

https://actu.fr/bretagne/

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23 avril 2024 ~ 0 Commentaire

1er Mai (Québec)

quebec

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20 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Olivier Cuzon ( Sud Education)

Olivier Cuzon, en 2013. Image d'illustration.

« Une atteinte à la liberté d’expression » : le syndicat brestois Olivier Cuzon visé par une plainte de Gérald Darmanin

Le syndicat est visé par une plainte pour diffamation à l’encontre de la police et la gendarmerie, après la publication d’un article. À sa sortie du commissariat de Brest vendredi 19 avril après-midi, le professeur et syndicaliste a dénoncé une « plainte intolérable. »

Le professeur et syndicaliste brestois Olivier Cuzon est visé par une plainte pour diffamation à l’encontre de la police et la gendarmerie. Plainte déposée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, indique Olivier Cuzon dans un communiqué. L’homme a été entendu ce vendredi 19 avril après-midi au commissariat de Brest.

« C’est la publication d’un article sur le site de Sud éducation 29, dont je suis le « directeur de publication du journal » qui est à l’origine de cette plainte, lit-on dans le communiqué.

Le paragraphe sur lequel est fondé la plainte est le suivant : « Ce questionnement est important quand on connait la culture droitière, misogyne et homophobe sous de trop nombreux képis. Les enquêtes de Médiapart révélant l’existence de groupuscules nazis dans certaines casernes, les groupes de discussions racistes des policiers et gendarmes, ou la participation récente de militaires en civil à la répression des dernières émeutes de banlieues ne plaident pas en faveur du républicanisme des militaires. ».

Olivier Cuzon poursuit : « Il y a dans cette plainte une atteinte intolérable à la liberté d’expression d’un journal syndical, qui par principe a une expression engagée. » Et conclut : « Au delà, cette plainte s’inscrit dans un contexte plus global de tentatives de mettre un coup de pression contre des militant.es qui s’expriment librement pour faire connaître leurs analyses des politiques gouvernementales. »

  • France Bleu Breizh Izel

Vendredi 19 avril 2024

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17 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Maison d’Arrêt (Le Tél)

Les professionnels de santé dénoncent les conditions de prise en charge des patients au sein de la maison d'arrêt de Brest.
Les professionnels de santé dénoncent les conditions de prise en charge des patients au sein de la maison d’arrêt de Brest. ©Julien Saliou

Prison de Brest : « la qualité des soins se dégrade, les bagarres se multiplient »

La surpopulation carcérale à la maison d’arrêt de Brest a des conséquences sur le travail des professionnels de santé. Ils dénoncent la dégradation des soins. Les professionnels de santé de l’unité sanitaire de la prison de Brest étaient en grève en fin de matinée.

Le personnel soignant de l’unité sanitaire de la maison d’arrêt de Brest était en grève ce mercredi 17 avril 2024. Un rassemblement était organisé devant la prison de 11 h à 13 h.

Les professionnels dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail en raison notamment de la surpopulation carcérale.

470 détenus pour 256 places

Ce mercredi matin, il y avait 470 détenus pour 256 places, d’après une soignante rencontrée sur place. « Et ils étaient 486 la semaine dernière. »

Une femme, membre de l’unité sanitaire (comprenant des médecins généralistes, psychiatres, addictologues ou encore des dentistes), nous expose la situation à laquelle elle est confrontée :

En ce moment, la prison est comme une cocotte-minute. Je constate une dégradation de la santé mentale de plusieurs détenus. Au sein du centre médico-psychologique, nous avons jusqu’à un mois d’attente en ce moment. Les arrivées étant nombreuses, il faut parfois attendre jusqu’à quinze jours pour voir les nouveaux détenus, alors qu’en principe il faudrait les rencontrer dans les 24 heures.

Une professionnelle de santé

Elle regrette de devoir donner des soins de moins bonne qualité. « Pour les traitements de substitution aux drogues, nous devons voir 50 détenus en une heure. Or, ce moment est censé être un peu privilégié entre le détenu et le soignant, pour discuter de ce qui ne va pas. »

« Les bagarres se multiplient »

La conséquence, selon les professionnels de santé, des tensions qui génèrent par exemple des bagarres dans la prison, « il y en a une par jour en ce moment ».

Des tensions que ressentent forcément les surveillants. Pour l’un d’eux, présent ce matin par solidarité avec ses collègues, « beaucoup de détenus souffrent de problèmes psychiatriques. Tout le monde ne peut pas être vu à l’instant T, les agressions se multiplient. »

Et par ricochet, la charge de travail du personnel ne fait qu’augmenter. Il réclame des conditions de travail plus sereines et dignes.

« Même pour le travail de réinsertion, rien n’avance. Certains sortent de la maison d’arrêt avec des prescriptions de médicaments qu’ils ne peuvent même pas aller chercher car nous n’avons pas eu le temps de faire les démarches pour leur procurer une carte vitale. »

Julien Saliou  17 Avr 2024

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Maison d’Arrêt

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16 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Salaire minimum (Basta)

macron pauvres

Balayer les négociations collectives et déroger au salaire minimum : une lubie qui pourrait devenir loi

Casse du salaire minimum et des accords de branche : des parlementaires de la majorité ambitionnent de s’attaquer violemment aux droits des salariés. Dans la droite ligne des dernières politiques menées en matière de droit du travail.

« Rendre des heures aux Français », c’est l’ambition affichée d’un rapport rendu par cinq parlementaires de la majorité présidentielle, le 15 février. Ces parlementaires semblent confondre « les Français » et les directions d’entreprises. Les quatorze propositions formulées dans le rapport ambitionnent de « simplifier la vie des entreprises ».

Il ne s’agit donc pas de réduire la durée du temps de travail des salariés ou d’alléger certaines lourdeurs administratives pesant sur les citoyens. Sous ce prétexte de simplification pour « libérer le potentiel de croissance », si plusieurs mesures visent à réduire la complexité administrative, d’autres s’attaquent frontalement aux droits des salariés et en particulier au salaire minimum. Plusieurs de ces propositions figurent déjà dans le « projet de loi de simplification » annoncé par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui devrait être présenté en Conseil des ministres le 24 avril. D’autres pourraient y être intégrées sous forme d’amendements, ou inspirer la future Loi travail annoncée par le Premier ministre Gabriel Attal.

La mesure n°3 propose ainsi que certaines entreprises puissent déroger aux accords de branche – ces accords et conventions collectives qui régissent la grille des salaires, le temps de travail, les jours de repos ou les congés payés par grand secteur d’activité (BTP, restauration, commerce, etc.).

Ces dérogations seraient permises aux entreprises de moins de 50 salariés créées depuis moins de cinq ans, au prétexte que ces « jeunes et petites entreprises » n’auraient pas les moyens de respecter les conventions pourtant négociées préalablement entre patronat et syndicats du secteur d’activité.

La ou le salarié en position de refuser ?

« La mise en place de salaires minimums conventionnels pèse sur leur capacité à créer des emplois », arguent les parlementaires. Un nouveau restaurant ou une jeune start-up d’e-commerce pourraient donc embaucher à un salaire inférieur au minimum prévu. Pour y déroger, l’employeur n’aura qu’à obtenir l’accord individuel du salarié concerné.

Difficile d’imaginer que ce dernier sera en position d’opposer un refus à son (futur) patron, d’autant plus si sa place dans l’entreprise est menacée. Les entreprises de moins de 50 salariés sont en général des déserts syndicaux, les possibilités de négociation des salariés y sont donc réduites. Une mise en conformité, par un rattrapage salarial, est censée se faire « au bout d’un délai de cinq ans »… si le salarié n’a pas été licencié avant.

« Envisager une dérogation, c’est fragiliser de suite les entreprises de moins de 50 salariés, pour lesquelles les grilles de salaires des minima de branche sont d’autant plus essentielles que la négociation collective d’entreprise y est en principe absente, explique Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT. C’est aussi ouvrir une brèche pour l’ensemble des entreprises », souligne le syndicaliste. Jusqu’à maintenant, les minima salariaux restaient du domaine des accords de branche, auxquels les employeurs ne pouvaient, sous aucun cas, déroger, sauf à mettre en place au niveau de leur entreprise des politiques sociales plus avantageuses.

Autre dérogation possible préconisée par les cinq parlementaires : pouvoir baisser la durée minimale de travail hebdomadaire pour les temps partiels, actuellement fixée à 24 heures par semaine. Des dérogations existent pourtant déjà, notamment pour les CDD très courts (moins de 7 jours), les contrats d’insertion, certains métiers saisonniers ou si les salariés en font la demande.

Le rapport ne cache pas sa volonté de multiplier les temps partiels : « Un recours accru aux contrats à temps partiel » aurait un « impact positif pour l’emploi et la croissance », est-il écrit. Près d’un salarié sur cinq est déjà à temps partiel – principalement des femmes. Et, près d’une personne en emploi sur dix est en contrat précaire, CDD ou intérimaire. Cette proportion de salariés précaires dépasse les 20 % chez les 15-24 ans et même les 50 % si on y ajoute les stagiaires et les alternants.

Désmicardiser ou précariser la France ?

Ce rapport n’est pas une simple lubie de parlementaires macronistes. Il sert de base au « projet de loi de simplification » annoncé pour le 24 avril et pourrait inspirer une future réforme du droit du travail dans la continuité des ordonnances Macron de 2016. « La simplification a depuis longtemps servi de prétexte pour raboter les acquis des citoyens, en particulier des salariés », s’agace Thomas Vacheron.

Depuis une décennie, les lois s’enchaînent pour affaiblir les capacités de négociation collective des salariés face à leurs employeurs et permettre à ces derniers de toujours davantage déroger au Code du travail. « Le dialogue social est pensé exclusivement pour la compétitivité des entreprises », note Baptiste Giraud, sociologue et co-auteur de Un compromis salarial en crise. Que reste-t-il à négocier dans les entreprises ? (Éditions du croquant, 2023).

Déroger aux salaires minimums de branche et au temps de travail hebdomadaire minimum va pourtant à l’encontre de l’annonce du Premier ministre Gabriel Attal, fin janvier lors de son discours de politique générale, de « désmicardiser » la France. Un quart des salariés du privé sont au Smic (1400 euros nets) ou en restent proches, avec moins de 1670 euros net par mois pour un temps plein.

Ces mesures prennent cependant tout leurs sens alors que se prépare un nouvel affaiblissement de l’assurance-chômage. Il faudra bien recaser les centaines de milliers de personnes qui, une fois leurs droits chômage plus rapidement épuisés, seront probablement obligées d’accepter des emplois payés en dessous des conventions collectives, et à des temps très partiels, au prétexte que leurs employeurs viennent de créer leur activité.

La fin d’une certaine paix sociale dans l’entreprise

L’institutionnalisation de la négociation au sein d’une entreprise, et pas seulement au niveau d’une branche professionnelle, a historiquement d’abord été une avancée sociale. En 1984, le ministre du Travail Jean Auroux (PS) soutient plusieurs lois, qui porteront son nom, pour faciliter la négociation d’accords par les représentants syndicaux au sein même de leur entreprise. Celui qui a été syndicaliste à la CGT avant de se lancer dans la politique porte alors une tout autre philosophie que celle qui inspire les ordonnances Macron jusqu’à ce récent rapport parlementaire.

« Avant les lois Auroux, la négociation collective dans l’entreprise existe, mais seulement du fait des syndicats après des mouvements de grève, explique Baptiste Giraud. La démarche des lois Auroux, c’est de généraliser dans toutes les entreprises ce qui se fait dans les grosses. La négociation doit servir à améliorer l’existant. » Le milieu patronal y est alors farouchement opposé.

En 2004, la loi Fillon change la logique de la négociation d’entreprise en permettant aux employeurs de déroger aux accords de branche sur certaines thématiques. Le patronat y voit alors une possibilité d’utiliser la négociation d’entreprises pour servir ses propres intérêts, au détriment de ceux des salariés, en particulier sur la flexibilité du temps de travail. « 99 % des accords sur les heures supplémentaires ont été défavorables aux salariés », cite à titre d’exemple Thomas Vacheron, de la CGT.

Malgré toutes les possibilités ouvertes par ces différentes lois, peu d’entreprises ont sauté le pas et signé de tels accords plus défavorables, notamment les plus petites d’entre elles. « Ces employeurs savent qu’ils sont bien représentés par les organisations patronales négociatrices. Par ailleurs, c’est plus simple et plus sécurisant juridiquement d’appliquer un accord de branche.

Enfin, l’application d’un accord de branche favorise une certaine paix sociale dans l’entreprise et évite les conflits inutiles », explique Thomas Vacheron. Un constat que rejoint Nabil Azzouz, chargé des négociations pour Force ouvrière (FO) pour la branche des hôtels, cafés et restaurants : « Nous sommes dans un secteur où les conditions de travail sont déjà dégradées. S’ils dégradent encore, les employeurs n’auront plus personne. »

Des parlementaires plus patronaux que les patrons

De nombreuses entreprises font ainsi le choix de s’en tenir au niveau de la branche professionnelle pour fixer les conditions de travail de leurs salariés, par facilité, mais également pour éviter un dumping social sans fin qui pourrait finir par pénaliser les plus petites d’entre elles. « En dépit des réformes menées depuis plus de 40 ans pour promouvoir la négociation au niveau de l’entreprise, on n’observe pas, du moins jusqu’en 2020, de déplacement uniforme de la branche vers l’entreprise. Il existe des configurations d’articulations entre branche et entreprise spécifiques à des contextes socio-économiques. Et ces contextes prennent le pas sur le juridique. Dans certains secteurs, il y a même un attachement très fort à la branche », explique Noélie Delahaie, chercheuse à l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). Par exemple, dans le secteur de la propreté sur lequel elle a travaillé, les entreprises ont bien identifié leur intérêt à négocier les conditions de travail de leurs salariés au niveau de la branche.

« Depuis 1990, la convention collective nationale de la propreté garantit l’emploi et la continuité du contrat de travail du personnel en cas de changement de prestataire  », note la chercheuse dans un article. D’où l’importance de fixer des règles communes, sous peine pour l’entreprise venant de remporter un marché de ne pas avoir le contrôle sur les conditions de travail de ses nouveaux salariés.

Certaines organisations patronales en sont bien conscientes : l’U2P (Union des entreprises de proximité) et la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), qui représentent toutes les deux les TPE-PME, tout en se montrant largement favorables aux propositions du rapport parlementaire, ont émis des réserves par rapport à cette possibilité ouverte aux entreprises de déroger aux accords de branche après l’accord individuel des salariés.

« Si [cette proposition] peut être séduisante sur le papier, [elle] est à manier avec précaution. Non seulement cela recréerait un effet de seuil, mais cela pourrait potentiellement se retourner contre les entreprises concernées, considérées comme moins attractives », souligne la CPME dans un communiqué. L’U2P alerte, elle, sur une « fausse bonne idée ». « Les conventions collectives de branche sont absolument indispensables pour organiser une profession […]. Permettre à certaines entreprises de s’exonérer des règles communes risque de mettre à mal l’ensemble de la vie conventionnelle […]. Autrement dit, les petites entreprises seraient les premières victimes d’une mesure censée libérer leur potentiel. »

L’Udes, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, confie également ses réticences. « Nous sommes convaincus qu’une convention collective est nécessaire pour une saine concurrence et pour rendre la branche attractive. Nous ne pensons pas qu’une disparité entre les entreprises soit souhaitable », souligne sa branche « relation sociale », tout en rappelant que « 95 % des structures de l’économie sociale et solidaires ont moins de 50 salariés. » Et d’ajouter : « C’est ce qui nous distingue assez largement du Medef qui a des orientations qui prennent en compte les grosses entreprises. »

Faire des économies de main d’œuvre

Pas impossible que certains patrons cèdent cette fois à la tentation. « Je pense que ce sera massivement utilisé, pronostique Simon Picou, membre du bureau national de la CGT ministère du Travail. Actuellement, cela nécessite quand même en partie des syndicats pour mettre en place des accords d’entreprises. » En renvoyant la décision à l’approbation individuelle du salarié, cette proposition pourrait ainsi faire sauter le dernier verrou aux réticences des dirigeants d’entreprises désirant faire des économies sur leur main-d’œuvre. Dans les petites entreprises, la liberté de prendre ou non ce type de décisions est d’ailleurs toute relative.

« Il y a une contradiction : on n’a jamais autant renvoyé la négociation dans l’entreprise alors que le pouvoir n’est plus dans l’entreprise. Il est chez les actionnaires, les groupes ou chez les donneurs d’ordres des sous-traitants pour les petites entreprises. Et dans certains secteurs, notamment associatifs, les employeurs sont soumis aux contraintes budgétaires de l’État. Dans beaucoup d’entreprises, les deux parties prenantes [représentants de salariés et d’employeurs, ndlr] ont peu de marge de manœuvre », explique Baptiste Giraud.

Les employeurs rencontreront d’autant moins de résistance que le rapport des parlementaires prévoit également de modifier à la hausse les seuils à partir desquels il est obligatoire pour une entreprise de se doter d’un Comité social et économique (CSE). Celles qui comptent entre 50 et 250 salariés pourraient ainsi s’en passer. Cela individualisera encore davantage la relation entre patron et salarié.

« C’est une très mauvaise idée une fois de plus, idéologique, mais pas du tout pragmatique, car elle va aboutir à des conflits frontaux entre salariés et employeurs comme au 19e siècle. C’est un sacré retour en arrière », regrette Thomas Vacheron tout en alertant sur un risque de « gilet-jaunisation » de la colère dans les entreprises.

Pour justifier sa loi Travail, Myriam El Khomri assurait en 2016 vouloir « que le pays passe enfin d’une culture de l’affrontement à une culture du compromis et de la négociation ». L’inverse pourrait se produire si certaines mesures de ce rapport inspiraient une future loi.

Victor Fernandez, avec Ivan du Roy 6 avril 2024

https://basta.media/

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08 avril 2024 ~ 0 Commentaire

pommes (basta!)

pommes (basta!) dans Ecologie & climat

Chute de production de pommes : des agriculteurs soupçonnent les herbicides épandus par les voisins

Des arboriculteurs bretons voient leurs récoltes baisser depuis 2020. Ils n’utilisent pas de pesticides dans leurs vergers, mais des analyses révèlent la présence d’herbicides épandus par le voisinage. En témoignant, ils espèrent briser l’omerta.

Que se passe-t-il dans les vergers de Bretagne ? Depuis trois ans, plusieurs producteurs de pommes voient leur récolte chuter sans trouver d’autres explications que les contaminations accidentelles de leurs arbres par les désherbants chimiques épandus par leurs voisins – alors qu’eux-mêmes n’en utilisent pas. Deux d’entre eux ont décidé de prendre la parole : Christophe Bitauld, dont nous avons déjà publié le témoignage, mais aussi Benoît Bancel. Tous deux espèrent que cette année, leurs vergers seront épargnés.

Zéro récolte en 2023

D’ici peu, les pommiers à cidre seront en fleurs. Christophe Bitauld et Benoît Bancel espèrent qu’une majorité d’entre elles deviendront des fruits. Mais ils sont inquiets, car ces dernières années ont été difficiles. « En 2020, j’ai perdu un tiers de ma récolte, explique Benoît Bancel. Et en 2023, je n’ai pas eu de pommes du tout. J’ai fait zéro chiffre d’affaires. »

Chez Christophe Bitauld, la dernière récolte n’a pas été bonne non plus, même s’il a pu ramasser quelques pommes. Il est actuellement en redressement judiciaire, avec une entreprise en sursis. Quant à Benoît Bancel, il a dû trouver un emploi salarié pour joindre les deux bouts. Cela ne lui était jamais arrivé en 20 ans d’arboriculture.

Chez lui, les ennuis ont commencé en juillet 2020. « Je m’apprêtais à aller broyer l’herbe au pied de mes vergers et j’ai eu la désagréable surprise de trouver tous mes arbres marron. Je n’avais jamais vu ça. On se serait cru en automne. Cette année-là, beaucoup de fruits n’ont pas grossi. J’ai perdu un tiers de ma récolte. » Plusieurs des techniciens qui se succèdent dans les rangs de ses vergers y voient « un effet phyto », c’est-à-dire un grillage des feuilles suite à un mésusage de désherbant. Mais Benoît Bancel n’utilise pas de désherbant. Il est en « zéro pesticide », suivant un cahier des charges propre à la coopérative « les celliers associés » à laquelle il livre ses pommes.

Son regard se tourne donc vers son voisin, qui fait pousser du maïs et qui épand régulièrement des pesticides. L’hypothèse est renforcée par les résultats d’analyses effectuées sur les feuilles de ses arbres qui font notamment apparaître de la terbuthylazine, une molécule qui entre dans la composition d’un désherbant du maïs.

On retrouve ce produit dans les analyses réalisées en 2023, mais aussi de la pendiméthaline, utilisée dans les champs de pommes de terre. « Chez moi, on a retrouvé du bénoxacor, de la mésotrione et du S-métolachlore ; trois molécules contenues dans des désherbants du maïs », intervient Christophe Bitauld.

Un tiers des vergers disparu

« Autour de chez moi, il y a 15 hectares de maïs, explique Benoît Bancel. Les premiers rangs sont à moins de cinq mètres de mon verger. » « C’est vrai que t’es cerné, constate Christophe Bitauld, alors que son collègue lui fait visiter sa propriété, un jour de janvier 2024. C’est quand même dingue de passer de 1 100 tonnes [volume de récolte les bonnes années, ndlr] à zéro. En plus, ils sont en pleine force de l’âge tes pommiers. » « Il y en a qui sont très affaiblis, corrige Benoît Bancel. Dans certains endroits ils ne poussent plus. Les herbicides utilisés près de chez moi sont des produits systémiques, qui s’attaquent à la totalité de l’arbre. Ce n’est pas le cas chez Christophe. »

En 2023, l’arboriculteur a arraché trois hectares de ses pommiers « cuits à 80 % ». Il a poursuivi cet hiver, arrachant sept hectares. Au total, un tiers de la surface de ses vergers a disparu. « Ça me fait quelque chose, tous ces arbres par terre, je les avais plantés avec mon père quand j’avais douze ans », dit-il en faisant le tour de ses parcelles lacérées par les ornières des pelleteuses.

Des pesticides épandus par un voisin peuvent-ils vraiment avoir un tel effet destructeur ? Certains techniciens arboricoles en doutent, d’autres en sont convaincus. Ceux qui se sont succédé dans les vergers de Benoît Bancel (au moins trois d’après notre enquête) sont même unanimes pour affirmer que l’état des feuilles présente toutes les caractéristiques d’une « phytotoxicité », c’est-à-dire la marque d’une atteinte par des pesticides.

En octobre 2020, encouragé par ces divers avis convergents, Benoît Bancel décide d’assigner son voisin en justice. L’expert qui est désigné « estime que les symptômes décrits ont très certainement été causés par une ou plusieurs molécules d’herbicides systémiques ». Il ajoute que l’origine « la plus probable » de la terbuthylazine sur les feuilles des vergers « se trouve dans le désherbage [du voisin] ». Mais il ajoute ensuite qu’il ne peut pas « attribuer avec certitude une quelconque responsabilité au désherbage évoqué ».

« Je me suis bien fait avoir, grince Benoît Bancel. Parmi les explications de l’expert : la terbuthylazine ne serait pas assez volatile pour venir depuis mon voisin jusque chez moi. Mais elle pourrait apparemment venir de plus loin… D’où ? » Pourtant, si l’on en croit le dernier rapport de l’observatoire de la qualité de l’air breton, la terbuthylazine est plutôt connue pour être volatile. De même que la pendiméthaline, qui a été retrouvée sur les vergers de Benoît Bancel.

Ça n’est pas la seule contradiction à laquelle s’est heurté l’arboriculteur. « En novembre 2023, j’ai déposé plainte à l’Office français de la biodiversité (OFB) contre mes voisins [le producteur de maïs et le producteur de pommes de terre, ndlr], mais ils m’ont dit que les échantillons de feuilles que j’avais amenés n’étaient pas recevables, car je les avais recueillis moi-même. Pourtant, en 2020, cela semblait fonctionner. » Contactée, l’OFB n’a pas répondu à nos questions.

Plusieurs producteurs concernés

« Le problème est connu, mais il y a une grande omerta sur ces sujets au sein des organisations agricoles », pense Étienne Lehuger, producteur de pommes, installé en bio en Bretagne et membre de la Confédération paysanne. De fait, aucun des techniciens que nous avons contactés n’a souhaité s’exprimer. Pas plus que les chambres d’agriculture, qui sont pourtant informées de ce problème depuis plusieurs années.

« Plusieurs producteurs sont concernés par les baisses de production, décrit Pierre Magnan, directeur de la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre. Nous réalisons un état des lieux pour savoir qui, où, et jusqu’à quel point. » Concernant les causes de ces chutes inexpliquées de production, il reste prudent. « Nous n’avons pas de preuve que ce sont les pesticides, on essaie de réfléchir globalement. La filière va mener des expérimentations. Un protocole est en cours de construction. L’idée, c’est de prendre en compte un maximum d’hypothèses, et d’avoir des arbres témoins pour savoir s’ils sont impactés différemment. »

Des vendeurs de produits phytosanitaires, responsables d’organisations agricoles et autres experts avancent que les carences du sol en potasse ou en calcium pourraient expliquer la dégradation des pommiers. L’affirmation arrache un sourire triste à Benoît Bancel. Mais aussi à tous ceux et celles qui connaissent un peu les sols bretons, plutôt bien dotés en potasse.

« De toute façon, même s’il y avait des carences dans le sol – chez moi c’est le calcium qui a été évoqué – il faudrait attendre plusieurs années pour voir un tel effet sur le feuillage », répond Benoît Bancel. Le sel de la mer, située à environ 50 kilomètres de chez l’arboriculteur, a également été avancé comme une piste à explorer. Il est aussi question de la façon dont les arboriculteurs tiennent et entretiennent leurs vergers, même si des techniciens affirment qu’ils sont de très bons professionnels.

« Pour le prosulfocarbe, c’était plus simple parce qu’on en retrouve dans les fruits, explique Étienne Lehuguer. Et c’est épandu au moment des récoltes. Si on a affaire aux désherbants du maïs, qui sont épandus au moment de la floraison, c’est beaucoup plus compliqué, car on ne rend compte du problème que bien après. Retrouver les traces d’une molécule qui aurait brûlé la floraison, ce n’est pas évident. Il faudrait faire des analyses des fleurs à l’instant T. »

Le protocole sur lequel travaillent les organisations professionnelles prévoit de tenir compte de cet impératif. Mais d’après les réflexions en cours, il faudrait aussi considérer la situation géographique des vergers, leur âge, la façon dont les sols sont amendés voire l’évolution du climat. « Depuis 2020 en Bretagne, on a beaucoup de vents d’Est. Avec la chaleur, les produits s’évaporent plus facilement. Cela pourrait expliquer pourquoi ces difficultés ne sont apparues que depuis peu », explique un spécialiste de la profession qui tient à rester anonyme.

Le nombre d’exigences est tel qu’on peine à comprendre comment un protocole pourra être mis en place d’ici le mois de mai, période de floraison des pommiers à cidre, et avec quel argent. Interrogée sur ces délais, la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre est restée évasive. Certains industriels des pesticides, comme Syngenta (qui vend au moins un des produits soupçonnés de porter atteinte aux vergers : le Calaris), ont proposé de payer une partie des analyses. Contactés, ils n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Pour les deux arboriculteurs Christophe Bitauld et Benoît Bancel, leur seul espoir est aujourd’hui que les préfets acceptent d’interdire les pesticides soupçonnés d’abîmer leurs vergers sur les parcelles qui jouxtent les pommiers. Tous deux ont déposé des demandes en ce sens. Ils attendent la réponse avec anxiété.

Nolwenn Weiler Photo de Une : Christophe Bitauld, à gauche, et Benoît Bancel, en janvier 2024/©Nolwenn Weiler.

Christophe Bitauld a lancé une cagnotte pour le soutenir et sauver sa ferme biologique : cliquer ici.

8 avril 2024  Nolwenn Weiler

https://basta.media/

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29 mars 2024 ~ 0 Commentaire

sécu alimentation

 Finistère : Soirée sécurité sociale de l’alimentation, jeudi 18 avril, à 18h30 salle des Syndicats, à Brest

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L’intersyndicale brestoise et la Confédération Paysanne vous invitent à une soirée débat :  » Sécurité sociale de l’alimentation, une proposition pour changer le travail  » le 18 avril, à 18h30 salle des Syndicats.

Des travailleurs et travailleuses de la production, de la transformation et de la distribution témoigneront sur leurs conditions de travail et le sens du travail.

La Confédération paysanne évoquera la Sécurité sociale de l’alimentation

La soirée se clôturera par un repas (saucisses, frites, fromage) préparé par la Confédération Paysanne et offert par les organisations syndicales.

Les inscriptions se font via le QR Code qui est présent sur l’affiche ou par ce lien :

https://forms.office.com/ Avec la présence de Bénédicte Bonzi, chercheuse en anthropologie à l’EHESS et autrice de La France qui a faim (Seuil).

https://yonnelautre.fr/

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24 mars 2024 ~ 0 Commentaire

FR3 (Redon)

Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le centre hospitalier de Redon-Carentoir ce samedi 23 mars. Elles dénoncent le projet de réhabilitation de l'établissement proposé par l'Agence régionale de santé.
Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le centre hospitalier de Redon-Carentoir ce samedi 23 mars.

« Pas d’hôpital au rabais !  » À Redon, 2500 personnes réclament la construction d’un nouvel hôpital

Deux mois après une première mobilisation, élus, soignants, syndicats et usagers manifestent à nouveau ce samedi 23 mars devant l’hôpital de Redon. Alors que leur territoire souffre d’une surmortalité importante et d’un manque d’accès aux soins, ils estiment que le projet de réhabilitation proposé par l’Agence régionale de santé ne peut pas répondre à leurs besoins.

L’appel du comité d’appui du centre hospitalier de Redon a visiblement été entendu : après une première mobilisation rassemblant 1 000 opposants le samedi 27 janvier devant le centre hospitalier de Redon-Carentoir, plus de 2 500 personnes ont à nouveau manifesté ce samedi 23 mars.

Une mobilisation qui ponctue une série d’une quinzaine de réunions publiques organisées depuis un mois sur tout le territoire.

Composé des représentants syndicaux de l’hôpital, des représentants d’usagers et d’élus, ce comité dénonce depuis plusieurs semaines l’abandon du projet de construction d’un hôpital neuf dans le quartier populaire de Bellevue, qui devait réunir la chirurgie, la médecine et l’obstétrique.

Trois ans plus tard, plusieurs millions d’euros supplémentaires

Après trois ans d’étude, ce projet a finalement été refusé en décembre 2023 par le Comité national d’investissement pour la santé (CNIS). En cause, des surcoûts liés à de nouvelles contraintes techniques identifiées par l’assistant à la maîtrise d’ouvrage : alors qu’en 2021 la construction de ce nouveau bâtiment était évaluée à 55 millions d’euros, elle aurait finalement coûté « plusieurs dizaines de millions d’euros » supplémentaires, expliquent l’Agence régionale de santé et la Préfecture d’Ille-et-Vilaine dans une lettre adressée aux élus locaux la semaine dernière.

À la place, le CNIS préconise une solution mixte et moins couteuse : la construction d’un bâtiment neuf sur le parking de l’établissement actuel accueillant les hospitalisations et, dans un second temps, la rénovation du bloc central existant en le reliant avec une passerelle.

Une solution qui ne convainc pas les élus venus aujourd’hui du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine et de Loire atlantique  : « Nos revendications ne sont pas prises en compte, martèle aujourd’hui Jean-François Mary, maire d’Allaire et président de Redon agglomération. Les derniers travaux immobiliers remontent à 40 ans. Le bâtiment historique a 50 ans, sa vétusté représente un surcoût de fonctionnement de deux millions d’euros par an à l’ARS et au budget centre hospitalier. »

Une rénovation sous avis défavorable de la commission de sécurité

Le comité d’appui de l’hôpital de Redon relève aussi que la rénovation des 2503 m² de locaux existants est « sous avis défavorable de la commission de sécurité depuis le 29 septembre 2015« .

Dans une pétition en ligne qui a déjà récolté près de 5 000 signatures, il dénonce la vétusté du bâtiment central qui « met en difficulté les personnels, les patients, nuit à son attractivité, représente un gaspillage et un handicap budgétaires majeurs. » Et d’ajouter : « Nous ne pouvons plus attendre. La construction d’un nouvel hôpital est une nécessité absolue ! »

Alors que l’ARS et la Préfecture assurent que le projet concerne « une surface totale de 14 000 m², supérieure à ce que prévoyait le scénario initial de 2021« , le comité d’appui de l’hôpital estime que construction neuve et réhabilitation ne représenteraient qu’une surface de 8 310 m², « ce qui ne permettrait pas d’assurer toutes les missions prévues par le projet médical. »

« Nous faisons partie de la zone en Bretagne où les critères de santé sont les plus dégradés, rappelle Jean-François Mary. Il est inacceptable aujourd’hui que le territoire de Redon, soit abandonné ! »

Selon la Caisse primaire d’assurance maladie, dans le Pays de Redon, 11 % des adultes n’ont pas de médecin traitant. Ils sont 9,8 % à l’échelle régionale. Les chiffres de l’observatoire régional de santé montrent aussi une surmortalité importante et des patients plus malades que dans les autres territoires.

Manon Le Charpentier 23/03/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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22 mars 2024 ~ 0 Commentaire

pro-bassines (Basta)

pro-bassines (Basta) dans Altermondialisme
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« L’eau qui atteint la mer est perdue » : les arguments des pro-bassines battus en brèche

Alors que la bataille autour des mégabassines fait rage, des arguments mensongers parsèment les réseaux sociaux au sujet du cycle de l’eau. Voici le top 5 de ces contre-vérités, analysées et décortiquées.

Argument bidon n°1 : « Le retour des pluies marque la fin de la sécheresse »

« Ce n’est pas parce qu’on a une flaque dans son jardin que la sécheresse est derrière nous » rappelle Serge Zaka, agrométéorologue. Trois types de sécheresse doivent être distingués. Il y a d’abord la sécheresse météorologique qui consiste en un manque de précipitations par rapport à la normale.

Vient ensuite la sécheresse agricole qui se traduit par une humidité faible des sols – jusqu’à deux mètres de profondeur – et qui peut conduire à une baisse des rendements des cultures. Enfin, la sécheresse hydrologique se définit par un manque durable de précipitations avec une baisse du niveau des cours d’eau et des nappes phréatiques.

« Grâce aux pluies de ces derniers jours, 90 % de cours d’eau sont dans un état satisfaisant et les sols agricoles sur les 40 premiers centimètres se gorgent d’eau », indique Serge Zaka à partir des données du site de veille Info-sécheresse. Avec des nuances : des départements comme l’Aude et les Pyrénées-Orientales continuent d’avoir des sols agricoles très secs en raison d’une pluie encore trop rare. En cette fin d’hiver, l’Hexagone est plutôt sorti de la sécheresse agricole. Cela laisse espérer pour les agriculteurs la réussite de leurs semis de printemps et la récolte de fourrage dans les prochaines semaines. La sécheresse n’est pourtant pas derrière nous, bien au contraire.

« La bombe à retardement ? Ce sont les nappes pour la production estivale », ajoute l’agrométéorologue. En dépit des récentes pluies, 80 % des nappes phréatiques sont encore déficitaires. Les pluies infiltrées durant l’automne sont très insuffisantes pour compenser les déficits accumulés durant l’année 2022 et améliorer durablement l’état des nappes. « Il faut se préparer à passer un été avec des nappes basses », alerte Serge Zaka. La sécheresse hydrologique est toujours d’actualité.

Argument bidon n°2 : « L’eau qui atteint la mer est perdue »

En période de pénurie vient l’idée de stocker l’eau quand elle est en excès. L’eau douce qui va la mer est-elle perdue ? « Les précipitations sont en partie issues de la vapeur d’eau formée au-dessus des océans », rappelle Florence Habets, directrice de recherche CNRS en hydrométéorologie. « On pourrait considérer que les volumes d’eau dans les océans sont bien suffisants pour pouvoir ne pas restituer toute l’eau douce reçue sans affecter trop fortement ce cycle de l’eau », note-t-elle. Mais ce n’est pas sans conséquence.

« Sur le bassin méditerranéen, qui est une mer quasi fermée, les apports d’eau douce à la mer ont été réduits de plus de 20 % du fait de la construction de barrages ayant créé des réservoirs et de l’utilisation de cette eau pour les activités humaines », illustre Florence Habets. Cette drastique réduction des apports à la mer Méditerranée a eu de nombreux impacts sur la circulation de l’eau dans le bassin méditerranéen, avec des modifications de sa salinité et de sa biodiversité.

La mise en service du barrage d’Assouan, dans les années 1960 en Égypte, a par exemple fortement modifié les débits du Nil et conduit à une réduction drastique de la prise de sardines. Sur la côte du delta du Nil, cette dernière est passée d’environ 15 000 tonnes en 1964 à 4600 tonnes en 1965, année du début de la mise en eau du barrage, puis à seulement 554 tonnes en 1966 [1]. Soit une division des prises de sardines par 27. « Les rivières apportent à la mer de l’eau, des sédiments, et de nombreux autres composants chimiques et minéraux qui sont importants pour la biodiversité des écosystèmes marins et estuaires », rappelle Florence Habets.

Argument bidon n°3 : « Seule “l’eau en excès” est captée dans les mégabassines »

Les mégabassines ne se remplissent pas en captant l’écoulement de l’eau, mais uniquement par pompage en nappe et en rivière. L’idée d’« eau en excès » est au fondement de ces mégabassines, appelées réserves de substitution par ses promoteurs. La notion de « substitution » consiste précisément à « prélever l’excédent d’eau l’hiver pour la réutiliser l’été » [2]. « Quand il tombe 100 mm en une demi-journée, cette eau-là file directement à la mer et ne vient pas remplir les nappes. Donc, il faut prélever les excès d’eau », argumentait Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture, en août 2022.

Quand peut-on considérer l’eau de la nappe « en excès » ? Ce serait a priori lorsque la nappe déborde sur des zones inhabituelles, ce qui peut favoriser les inondations. En réalité, les mégabassines ne prélèvent pas l’eau lorsque il y en aurait trop. Comme le relève Florence Habets, les « excès d’eau » concernés pour le remplissage des mégabassines ne concernent visiblement pas les épisodes conduisant à des inondations par débordement de nappe. Les seuils fixés par la préfecture autorisent ce remplissage même lorsque la nappe est extrêmement basse, souligne le mouvement des Soulèvements de la Terre en s’appuyant sur des cas précis dans les Deux-Sèvres.

« Les niveaux de nappe choisis pour les prélèvements de substitution sont bien inférieurs au niveau de débordement », constate également Florence Habets. Dans le cas du marais poitevin où des retenues de substitution prélèvent dans la nappe, « les niveaux choisis sont plus proches du minimum observé en hiver que de la cote de débordement ».

Argument bidon n°4 : « En prélevant moins d’eau en été, les bassines améliorent les niveaux des nappes »

Le rapport du Bureau des ressources géologiques et minières (BRGM), publié en juin 2022 sur le sujet, est régulièrement cité par les promoteurs des mégabassines. Il mentionne qu’en prélevant moins en été, on améliore le niveau des nappes au printemps et en été de l’ordre de 6 %. Certaines rivières pourraient avoir un débit estival 40 % supérieur.

Cette base scientifique est contestée par les collectifs opposés aux bassines, dans une contre-expertise publiée fin janvier. D’après Anne-Morwenn Pastier, autrice d’une thèse en hydrologie et géologie, le modèle numérique utilisé manque de précision sur les niveaux de nappe minimum et maximum. La marge d’erreur serait bien trop élevée pour prendre cette étude au sérieux [3]. Impossible dès lors d’affirmer que les bassines amélioreraient l’état des nappes et des cours d’eau. Autre élément, le rapport ne prend pas en considération le réchauffement climatique.

Suite aux critiques, le BRGM précise, dans un communiqué publié mi-février, que ses simulations ne montrent qu’une « tendance [...] à prendre avec précaution ». Il ajoute que « la prise en compte des évolutions climatiques, non simulées dans l’étude, est importante : en effet, la récurrence de périodes de sécheresse hivernale pourrait conduire de manière répétée à des niveaux de nappe inférieurs aux seuils réglementaires, compromettant le remplissage des réserves certaines années ».

Peut-on comparer sur ce point la situation française à ce qui se joue déjà aux États-Unis ? « La Californie revient régulièrement dans l’actualité avec ses incendies et ses barrages à moitié vide : c’est ce à quoi on peut s’attendre dans nos régions si on continue à émettre à ce point des gaz à effet de serre », estime Florence Habets [4]

Argument bidon n°5 : « Les bassines sont adaptées au changement climatique »

Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau défend becs et ongles les réserves de substitution. Il n’hésite d’ailleurs pas à s’appuyer sur les rapports du Groupement intergouvernemental des experts du climat (Giec) pour faire état de l’accentuation des sécheresses dans les années à venir.

Or, que dit précisément le Giec à ce sujet ? « Les réservoirs coûtent cher, ont des impacts environnementaux négatifs, et ne seront pas suffisants partout pour des niveaux de réchauffement élevés » [5].

« Vouloir compter sur de grosses retenues artificielles pour faire face aux sécheresses, c’est vraiment une solution de maladaptation », juge Agnès Ducharne, hydrologue et directrice de recherche au CNRS.

La « maladaptation », terme utilisé dans la littérature scientifique, renvoie à des changements engagés contre le réchauffement climatique, mais qui ne font qu’accroître la vulnérabilité de la société face à ce risque. Pour la chercheuse, « ce type de retenue va favoriser la persistance de pratiques agricoles très demandeuses en eau, alors qu’on sait très bien que les ressources en eau vont diminuer ».

Sophie Chapelle 23 mars 2023

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13 mars 2024 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

édito (npa) dans A gauche du PS .
Crédit Photo Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas
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 Pour partager les richesses, le 19 mars et après, en grève et mobiliséEs !

Mardi 19 mars, les travailleurEs de la fonction publique sont appeléEs à la grève par un large arc intersyndical. Dans un contexte de coupes budgétaires féroces, le partage des richesses, qui passe par la défense du bien public et des salaires, est un enjeu fondamental.

Coupes sombres et cure austéritaire

Éternel optimiste de la croissance capitaliste, le ministre de l’Économie a pourtant dû revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année, de 1,4 % à 1 % du PIB. Une façon de justifier de nouvelles « économies » présentées comme nécessaires : 10 milliards, dont la moitié proviendrait d’annulations de crédits dans les budgets des ministères. « L’État va se serrer la ceinture », a résumé Le Maire…

Personne n’est dupe des conséquences qu’auront ces coupes supplémentaires sur le fonctionnement et le développement des services publics, l’accueil des usagerEs, les conditions de travail et de rémunération des salariéEs de la fonction publique. D’autant plus qu’il y a quelques jours, le ministre des Comptes publics, Cazenave, a annoncé aux parlementaires « porter notre effort de 12 à 20 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour l’année 2025 »… Condamné à l’austérité à perpétuité ?

A peu près au moment où Le Maire annonçait sa potion amère étaient publiés des chiffres étourdissants sortis des livres de comptes des entreprises du CAC40 : 25 de ces entreprises ont annoncé 123,9 milliards de bénéfices réalisés l’année passée. De l’argent il y en a, reste à aller le prendre afin de le mettre au service de la collectivité !

En lutte pour nos salaires et la défense des services publics

Tout augmente… sauf les revenus ! Même si elle a un peu diminué, l’inflation continue et les prix augmentent, de près de 3 % sur une année selon l’Insee : l’énergie, l’alimentation, les services… Dans le même temps, les salaires et autres revenus ont durablement décroché. En particulier, le nombre de travailleurs au SMIC a augmenté de plus d’un million sur deux ans !

Face à la hausse des prix, la mobilisation est nécessaire pour gagner des mesures immédiates et urgentes : l’augmentation des salaires de 400 euros net ; un revenu minimum à 1800 euros net ; la suppression de la TVA (l’impôt le plus injuste) ; l’indexation des revenus (salaires, allocations, retraites) sur les prix.

Dans les services publics, à la question de la rémunération des salariéEs qui les font tourner s’ajoutent celles de la précarité de plus en plus importante des personnels et d’une privatisation plus ou moins rampante qui met au cœur la question de la rentabilité. L’accès à ces services doit être réellement gratuit, contrairement à ce qu’essaient par exemple d’instituer les gouvernements successifs pour la santé.

Riposter ensemble

Après la journée de grève réussie du 1er février, une mobilisation d’ensemble du monde du travail reste à construire. Il y a un an, nous n’avons pas réussi à faire battre en retraite le gouvernement et sa contre-réforme des retraites, mais la combativité et la radicalité sont toujours là. Ainsi, dans le 93, un grand mouvement de grève reconductible se développe dans l’éducation depuis deux semaines pour obtenir un plan d’urgence : 358 millions d’euros chiffrés par les personnels eux-mêmes pour donner au service public d’éducation les moyens de fonctionner correctement.

Ces travailleurs montrent la voie. Le mardi 19 mars ne doit pas rester sans lendemain : il doit être une étape, et pour cela, la grève doit être la plus importante possible, les manifestations les plus massives, et les assemblées générales les plus fréquentées.

Dans le contexte d’un capitalisme de crises, la voracité du système et de ceux qui le dirigent est sans limite. Notre camp social peut les arrêter ! Nous devons nous organiser, c’est une nécessité.

Le 13 mars 2024

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

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