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17 avril 2018 ~ 0 Commentaire

hôpital de cornouaille (côté quimper)

manifestants-hopital-sud

Restructuration de l’hôpital de Quimper : les agents veulent repousser le projet

Mardi 17 avril, les représentants des services de médecine du centre hos- pitalier de Cornouaille et des syndicats ont bloqué la tenue du Comité technique d’établissement.

Le projet de restructuration des services de médecine du centre hospitalier de Quimper-Cornouaille, prévu pour le mois de juin 2018, ne passe pas auprès du personnel et des repré- sentants syndicaux.  Ils l’ont fait savoir, mardi 17 avril 2018, en empêchant, le matin, la tenue du comité technique d’établissement (CTE). Un comité au cours duquel le directeur, Jean- Robert Pautonnier, devait en faire la présentation.

Manque de concertation

« Ce projet est mené sans aucune concertation avec l’équipe soignante. Or, il devrait être mis en place en juin prochain, donc avant l’été, une période particulièrement intense pour le personnel », souligne Pascale Jacq, déléguée du syndicat Sud. Ce projet comprend notam- ment la réorganisation de la médecine post urgence (MPU), un service mis en place pour désengorger les urgences.

Un deuxième service de MPU devrait ouvrir « alors que les problèmes rencontrés actuellement ne sont toujours pas résolus. Il n’est notamment pas adapté aux personnes âgées ou déso- rientées. » Il est prévu que ces deux services de MPU soient regroupés en novembre 2018, « ce qui veut dire 60 lits sur un même étage encadré seulement par un cadre, deux infirmières coordinatrices et l’équipe soignante », précise Laurence Journal, de la CFDT.

Destruction du bâtiment administratif

Autre inquiétude de la part des agents, la destruction du bâtiment administratif qui regroupe 15 services, dont les services sociaux de l’hôpital, les salles de formation, le service accueil familial. Une clinique déambulatoire devrait être créée à la place. « Tout le personnel de ce bâtiment sera dispatché ici et là, dans différents bâtiments de l’établissement, dans des locaux parfois inadaptés, mais également hors les murs, dans des appartements loués. Ce qui aura pour conséquence la désorganisation de ces services ».

Or, selon Karine Goanec, secrétaire générale de la CGT, « il n’y a pas urgence. La clinique devrait voir le jour en 2022. Pourquoi engager ce projet dès maintenant et le faire en accé- léré. » Mener ces projets de restructuration,  » dans la précipitation, sans concertation, en force »,  voilà ce que dénonce les agents et les syndicats. Ce projet est instable, il change régulièrement. Difficile ainsi de se projeter. Les personnes sont usés par des restructurations, par des changements de services sans formation, et surtout sans aucune reconnaissance.

Mardi 17 avril 2018, la cinquantaine d’agents « de terrain » présente a pu faire part à la direction de ses inquiétudes, difficultés, préoccupations. Et rappeler les propositions qui avaient été faites pour accompagner cette restructuration. « La direction a proposé de les étudier et de rencontrer les différents services impactés. Nous espérons, maintenant, non plus être écoutés mais entendus ». Jointe ce mardi en fin de matinée, la direction a indiqué qu’elle devrait communiquer en fin de semaine.

17 Avril 2018

https://actu.fr/bretagne/

 

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16 avril 2018 ~ 0 Commentaire

lorient 19 avril

lor

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15 avril 2018 ~ 0 Commentaire

turbulences 1 (à l’encontre.ch)

privilege

Avril-juin, turbulences prolongées sur tout le parcours

Depuis le 22 mars, le pays est entré dans une phase prolongée de grèves, de mobilisations, d’affrontement avec le gouvernement. Le pilier de ce mouvement est la mobilisation des cheminot·e·s. Les quatre principaux syndicats SNCF (CGT, SUD, CFDT et UNSA) ont démarré une suite de journées de grève depuis le 3 avril (au rythme de deux jours tous les cinq jours).

Le cœur du conflit est toujours la volonté de Macron de porter un coup fatal au service public ferroviaire, devançant les attaques organisées par les dérégle-mentations de l’Union européenne.

Le but annoncé est la transformation du statut de l’entreprise (passer d’un EPIC, établissement public, entreprise d’Etat à une SA société anonyme de droit privé), l’ouverture à la concurrence de l’ensemble des lignes et le désengagement de la SNCF dans au moins 9000 km de ligne dites secondaires et dites non rentables (plus d’un quart du réseau) qui passeraient à la charge entière des régions.

Pour justifier sa réforme réactionnaire et ultralibérale, Macron a pris prétexte depuis deux mois de la dette importante de la SNCF, de près de 55 milliards, et a fait porter la responsabilité de cette dette sur les cheminot·e·s et leur statut.

La mobilisation a permis de faire ressortir une chose claire. Cette dette n’a aucun rapport avec le statut des cheminots, mais est le résultat des importants investissements imposés par l’Etat depuis les années 80 pour les infrastructures du TGV. Au lieu que ces investissements, comme c’est le cas pour le réseau routier, soient pris en charge par l’Etat, c’est la SNCF qui a assumé la charge. Par ailleurs, le gouvernement va être obligé dans tous les cas de figure d’éponger une partie importante de cette dette.

Même les syndicats modérés comme la CFDT et l’UNSA sont dans ce fort mouvement de grève, preuve de la forte détermination des cheminot·e·s de refuser cette réforme, des graves conséquences tant pour les salariés de la SNCF que pour les usagers et du refus de toute négociation de la part d’un gouvernement qui était, jusque-là, sûr de pouvoir frapper sans réaction sérieuse. L’enjeu est évidemment politique pour Macron qui veut pouvoir afficher une victoire totale à la Thatcher contre le secteur le plus organisé du mouvement syndical, au cœur de toutes les principales grèves des deux dernières décennies.

L’enjeu est aussi important du côté du mouvement social car, au-delà de l’affrontement avec les salarié·e·s de la SNCF concernant leur statut qui les protège de la précarité, la réforme envisagée est symbolique du monde que veulent construire Macron et les capitalistes dont il est le maître d’œuvre.

Liquider le secteur public du transport ferroviaire, c’est liquider un des principaux biens communs dont disposent les couches populaires.

Le réseau ferroviaire français a déjà été mis à mal par les gouvernements précédents qui ont liquidé des milliers de kilomètres de lignes. Le but avec cette réforme et la privatisation est d’aboutir au même résultat que dans le fret ferroviaire. Soumis à la concurrence depuis 2003, le fret ne représente plus 15 ans après que 10% du trafic de fret, avec une explosion du fret routier. Le chemin sur lequel s’engage Macron est évidemment, avec la suppression de milliers de km de lignes, un transfert vers les autocars et le recours à la voiture individuelle, ainsi qu’une augmentation des tarifs.

Tout cela au détriment des classes populaires, des zones rurales et des communes périphériques aux grandes métropoles. Avec une croissance automatique de la pollution atmosphérique, 95% des émissions des gaz à effet de serre venant du transport routier. Para- doxalement, noté par le très libéral Boston Consulting Group en 2015 dans une comparaison européenne, le système ferroviaire français était sur le podium européen, classé 3e derrière ses équivalents suisse et suédois (trois réseaux de service public…) selon trois critères: intensité d’utilisation, sécurité qualité des services. Etaient également pris en compte, la ponctualité, le rapport qualité/prix. Tout autant de critères qui amènent les usagers britanniques à exiger la renationalisation du système ferroviaire.

Les usagers français ont aussi pu tester en direct les conséquences des change- ments de statut d’entreprise publique, comme Gaz de France/Electricité de France, depuis 2005 éclatés et partiellement privatisés: 30% d’augmentation des prix pour l’électricité et 80% pour le gaz. De même pour La Poste: sur un total de 14 000, 5 000 fermetures de bu- reaux depuis 2005, là encore une remise en cause radicale d’un service public de première utilité. Autour du conflit SNCF, c’est bien l’existence, la défense et l’amélioration de services publics fondamentaux, devant être gérés non pas comme des unités de rentabilité commerciale mais en fonction des besoins sociaux des classes populaires.

L’enjeu des semaines à venir est toujours le basculement du climat social, l’ouver- ture d’une crise mettant à genoux le gouvernement Macron

Depuis le 22 mars, au côté des cheminots d’autres secteurs de salariés sont entrés en mouve- ment : Le 22 mars et le 3 avril ont été des premières dates de convergences: le 22 mars qui était une journée de grève de 7 fédérations de la Fonction publique, le 3 avril premier jour de la grève SNCF. Ce jour-là les fédérations CGT de l’énergie et des éboueurs avaient aussi lancé un appel à partir en grève pour «un service public national».

Ces dates de convergences n’ont pas été le fait les confédérations syndicales car les derniers jours n’ont pas changé le paysage syndical. Les directions confédérales les plus modérées, CGC et CFTC sont aux abonnés absents, la CFDT refuse toute globalisation des conflits, tout comme Force ouvrière.

Seuls au niveau national, la FSU et Solidaires se sont joints à la CGT pour une nouvelle journée de grève interprofessionnelle le 19 avril.

Mais parallèlement, dans de nombreuses villes, ce 14 avril sera, comme à Marseille et Rouen, l’occasion de manifs interprofessionnelles avec l’appui de plusieurs organisations politiques autour des cheminot·e·s et de la défense des services publics. De nombreux collectifs se créent dans les villes. De même, signe d’un soutien populaire qui s’élargit, le lancement par des intellectuels sur internet d’une «cagnotte» de soutien aux cheminots avait réuni mercredi 11 avril plus de 700’000 euros, les quatre syndicats cheminots ayant créé une structure intersyndicale de gestion de cette caisse.

 Léon Crémieux 15  avril 2018

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15 avril 2018 ~ 0 Commentaire

turbulences 2 (à l’encontre.ch)

monde

C’est donc bien à une mobilisation sociale et politique en construction que l’on assiste, mobilisation qui s’unifie et s’élargit par en bas, non sans difficulté.

Les divisions syndicales et par secteur font que les convergences sont dures à réaliser. Dans les jours et les semaines qui viennent, le chemin sera parsemé de dates diverses de mobili- sations syndicales: outre le 1er mai, le 15 mai journée de lutte «marée blanche» des hospita- liers, le 22 mai nouvelle journée de grève de 7 syndicats de la Fonction publique, le 14 juin manifestation intersyndicale des retraité·e·s.

A côté de ce chapelet, plusieurs phénomènes importants sont à prendre en compte

La grève des salariés d’Air France qui marche par journées successives depuis fin février en parallèle de celle de la SNCF. C’est là une grève emblématique pour les salaires avec l’exigen- ce de 6% d’augmentation générale. Comme dans beaucoup de grandes entreprises, la direc- tion d’Air France s’est attaquée depuis plusieurs années à la masse salariale, par la suppres- sion d’emplois et le blocage des salaires: 0% depuis 6 ans, alors que l’inflation a été de 6%.

Perte de 10 000 emplois de 2010 à 2016, et de 600 millions sur une masse salariale ayant baissé de 11,5%… Pendant cette même période, l’activité aérienne a progressé de 8%, et la rémunération des 13 dirigeants du Groupe a augmenté de 29% (507 692 euros en moyenne). Ces exigences salariales sont présentes dans beaucoup d’autres grèves moins médiatiques. Pour éviter que se consolide un climat de grèves dans les transports, le gouver- nement a sûrement demandé à la Direction d’Air France de négocier… Mais pour l’instant, elle n’a aucune proposition sérieuse à mettre sur la table.

Le phénomène le plus important est la généralisation d’un mouvement de grève et de blocage dans les universités.

Dans la semaine du 8 au 15 avril, 30 universités (presque 1 sur 2) étaient bloquées ou occu- pées. La question de la sélection à l’entrée des facultés avec le projet ORE (Orientation réus- site des étudiants) est au cœur du mouvement. Là encore, face au manque de moyens et d’accès aux facultés, le choix est simplement de supprimer cet accès: 87 000 étudiant·e·s n’ont pas trouvé de place en 2016 (25% des nouveaux entrants).

Avec le projet, cette élimination sera individualisée et les premiers touchés seront les jeunes venant des zones populaires, encore plus mis à l’écart des filières longues. Le mouvement s’est développé depuis quelques semaines. Il a trouvé le renfort d’un appel lancé par 400 professeurs d’université se prononçant contre cette réforme de classe. Pour éviter, là aussi, l’extension de la contestation sociale à la jeunesse scolarisée, la première salve est venue des groupes d’extrême droite qui ont tenté sans succès de s’attaquer à plusieurs occupations. P

renant prétexte de violences venues de ces briseurs de grève, le Ministre de l’Inté- rieur, l’ancien socialiste Gérard Collomb, a lancé les CRS contre les occupations, cherchant à éteindre l’extension avec des interventions très violentes, de nombreuses inter- pellations et mise en examen pour violence à agents… Dans de nombreuses villes, la jonction s’est opérée entre étudiants et cheminots et autres secteurs en lutte.

Enfin, le dernier point de cristallisation est celui de Notre Dame des Landes.

Après avoir préféré se libérer d’un projet inutile de construction d’un nouvel aéroport, dressant contre lui une très large mobilisation, le gouvernement n’a pas voulu donner l’image de trop de concessions face aux zadistes. Aussi, alors que la préfecture est en débat avec les protago- nistes de la ZAD sur le devenir des occupations et exploitations, Gérard Collomb a voulu faire un coup d’éclat policier en plein mouvement social.

2 500 gendarmes se sont attaqués très violemment aux zadistes cette semaine du 8 au 13 avril. Le but était de «rétablir l’ordre», de montrer le visage policier de ce gouvernement, tout comme dans les facultés. Même si le gouvernement voulait éviter que les violences ne provoquent la mort d’un zadiste (comme cela avait le cas avec la mort de Rémy Fraisse sur les lieux du projet de barrage de Sivens en 2014), l’extrême violence utilisée a fait de nombreux blessés. Au lieu d’isoler les secteurs les plus combatifs des zadistes, les violences policières ont soudé le mouvement dans son ensemble, surtout après la destruction par les CRS de la bergerie des cent noms, exploitation agricole collective fonctionnant depuis 5 ans sur le site.

Au total, Macron cultive sa droite.

Il perd comme une peau de chagrin sa popularité à gauche, parmi l’électorat qui y voyait un simple prolongement du social-libéralisme de Hollande et l’avait élu comme barrage contre Marine Le Pen. Signe des temps, ce qui reste du PS se positionne maintenant dans l’oppo- sition à Macron, désavouant ses principales décisions politiques. De même, l’ex-président Hollande cherche à se faire une nouvelle vertu en prenant toutes ses distances avec son ancien protégé.

Macron cherche donc à se restabiliser clairement comme président de droite, cher- chant à regagner une popularité dans les zones rurales et conservatrices. Il a tenu cette se- maine à flatter l’épiscopat catholique en disant vouloir réparer le lien abîmé entre l’Eglise et l’Etat. Dans la foulée, il vient d’annoncer la diminution de 400 à 200 euros du permis de chasse et l’extension des périodes de chasse.

L’enjeu des jours à venir reste le même. Faire que les luttes se développent, que le climat politique bascule en faveur des cheminot·e·s et des grèves. C’est le travail que font tous les jours des dizaines de milliers de militant·e·s. Rien n’est gagné, mais rien n’est perdu et cette convergence se fera essentiellement par en bas, par la détermination militante, par les passe- relles entre secteurs en grève et leurs soutiens, entre étudiant·e·s, cheminot·e·s, travailleurs et travailleuses de la Poste, des hôpitaux… Même les magistrats se mobilisent en ce moment contre les projets de réforme de Macron.

Pour que le mouvement se développe toutes les initiatives sont bonnes. Ainsi, après la démarche lancée à gauche par Olivier Besancenot et l’appel unitaire qui en a résulté, Fran- çois Ruffin, député de la France Insoumise, a lancé un appel pour une manifestation nationale, à faire «la fête à Macron» le 5 mai pour le premier anniversaire de sa présidence.

Dans tous les cas, il est urgent de faire apparaître un pôle politique anticapitaliste qui mette en avant non seulement la centralisation des luttes, la marche vers cette grève générale qui est nécessaire, mais aussi un projet de société qui s’oppose à Macron et à son monde, un projet fait de solidarité, de répartition des richesses, de biens communs, publics, gérés et conçus pour l’intérêt des classes populaires.

Alencontre 15 avril  2018 Léon Crémieux

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12 avril 2018 ~ 0 Commentaire

rennes la poste (lutte ouvrière + npa)

boite postale

La Poste  Rennes : la “tournée des popotes” des facteurs en grève

Depuis trois mois maintenant, des dizaines de facteurs de Rennes et d’Ille-et-Vilaine sont en grève contre la volonté des patrons de La Poste de supprimer des emplois et de dégrader leurs conditions de travail.

Depuis trois mois, les grévistes ont cherché à étendre leur mouvement en faisant ce qu’ils appellent la tournée des popotes.

Tôt le matin, ils se sont adressés à leurs collègues de Rennes et d’Ille-et-Vilaine, bureau après bureau. Cela a débouché sur des grèves et des manifestations de facteurs à Fougères, Saint- Malo, Dol-de-Bretagne, et bien sûr à Rennes, notamment le 22 mars où 300 postiers ont manifesté en tête du cortège de la fonction publique.

De leur côté, les salariés des équipes du matin de la plateforme industrielle de courrier (PIC) de Rennes se sont aussi mis en grève plusieurs fois depuis la fin mars.

Eux aussi sont touchés par une attaque contre leurs horaires et leurs conditions de travail. Et tout naturellement, la tournée des popotes des facteurs en grève s’est orientée vers une prise de contact avec les postiers de la PIC.

Le jeudi 5 avril, à 6 heures, les facteurs ont donc rendu visite au piquet de grève de la PIC. La fraternisation a été rapide.

Une assemblée générale commune de 80 personnes s’est tenue. Les échanges très chaleu- reux ont permis de constater que les patrons de La Poste mènent la même politique de suppressions d’emplois et d’aggravation des conditions de travail dans tous les services. Parmi d’autres interventions révoltées dans l’AG on a entendu : « On est en train de relever la tête. Si ça continue, on sera nombreux à devenir invalides si on les laisse faire » ou : « Il faut leur montrer qu’on n’est pas des esclaves. »

D’ailleurs, le vendredi 6, les salariés de la PIC ont envahi le hall pour dire leur fait à une direction qui ne veut pas revenir sur les dégradations qu’elle veut imposer.

Les grévistes de la PIC, de nouveau réunis en AG, n’excluent pas de nouvelles actions à venir. De leur côté, après cette réussite, les facteurs grévistes ont organisé lundi 9 avril une visite très animée à la poste centrale République de Rennes. Chose notable, l’accueil des usagers était très bienveillant.

Le rassemblement qui s’est tenu le lendemain devant la direction a réuni près de 250 personnes.

Une manifestation a suivi dans les rues de Rennes, aux cris de « Facteurs en colère » et « La Poste, c’est qui ? La Poste, c’est nous ! » La grève continue.

Correspondant LO  11 Avril 2018
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12 avril 2018 ~ 0 Commentaire

rennes la janais (lutte ouvière)

Manara-marre

PSA Rennes La Janais : conditions de sécurité et de travail au rabais

Lundi 9 avril, un accident grave s’est produit dans le nouvel atelier de montage de l’usine PSA de Rennes – La Janais. La directrice de la qualité, qui circulait sur une allée piétonne, s’est retrouvée coincée sous une installation qui sert à transférer les voitures d’une zone à une autre. Elle est blessée gravement à l’épaule et au genou. Le système de sécurité, qui empêche l’installation de se mettre en mouvement quand une personne se trouve sur le passage, n’a pas fonctionné.

Cet accident du travail, qui aurait pu avoir des conséquences bien plus dramatiques, fait suite à toute une série d’incidents techniques depuis la mise en production de cet atelier, il y a deux mois. On ne compte plus le nombre d’essieux, de moteurs, de portières de voitures qui ont chuté aux pieds des ouvriers, à cause de mauvais fonctionnements des appareils manipula-teurs. Début mars, une ouvrière s’est retrouvée coincée entre une voiture et une balancelle. Ce n’est que grâce à la vigilance de ses collègues, qui ont arrêté la ligne à temps, qu’elle n’a pas été blessée.

Ces problèmes de sécurité à répétition ne sont pas le fruit du hasard.

La direction de l’usine a mis en production son nouvel atelier de montage alors que toutes les installations ne sont pas encore au point et qu’il manque beaucoup de matériel. Cet atelier, au financement duquel les collectivités locales ont largement participé, est appelé « l’usine du futur » par la direction.

Il représente en effet le futur des préoccupations des patrons : la productivité. Car pour le reste, c’est un recul. En plus des problèmes de sécurité, ce nouvel atelier est aussi le lieu d’une dégradation supplémentaire des conditions de travail. Tout a été pensé pour diminuer le nombre de salariés et intensifier les cadences.

Les déplacements des ouvriers sont limités au maximum pour que chaque seconde soit consacrée au montage de pièces sur les voitures. Les caristes, remplacés par des véhicules automatiques qui amènent les kits de pièces aux postes de montage, sont devenus des manutentionnaires qui, eux, doivent faire des kilomètres à pied toute la journée dans les magasins de stockage pour préparer les kits.

L’accident qui a touché une cadre de l’usine a créé beaucoup d’émoi dans l’atelier. Chacun se rend compte que personne n’est à l’abri. La dégradation continue des conditions de sécurité et de travail dans les ateliers alimente le mécontentement chez les ouvriers, de plus en plus conscients que le futur que leur réserve les patrons est un grand saut en arrière.

Correspondant LO 11 Avril 2018

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

grève 22 mai (le huffington post)

servive public

Sept syndicats de fonctionnaires appellent à la grève le 22 mai

Deux mois après une première journée de manifestations, l’intersyndicale veut à nouveau mobiliser contre la politique du gouvernement.

Sept syndicats de fonctionnaires ont appelé mardi 10 avril à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 22 mai, deux mois après la précédente, a-t-on appris auprès de plusieurs d’entre eux. Les organisations FO, CGT, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP s’oppo- sent aux projets de réforme de la fonction publique et réclament l’amélioration du pouvoir d’achat des agents. Elles avaient déjà appelé à la grève le 22 mars pour des revendications identiques.

« Les organisations ne partagent pas (…) les objectifs poursuivis par le gouvernement consistant à réduire le périmètre de l’action publique avec la perspective d’abandon, voire de privatisation de missions publiques », écrivent-elles dans un communiqué, réclamant aussi « une réelle amélioration du pouvoir d’achat pour toutes et tous les agents ».

Évoquant « un nouvel acte fort de l’intersyndicale », Baptiste Talbot (fédération CGT des services publics, 1er syndicat représentatif) s’est réjoui que cette dernière « affirme son rejet de la politique du gouvernement et sa volonté de mobiliser pour exiger des réformes de progrès ». L’intersyndicale explique vouloir « inscrire les mobilisations et la grève dans la continuité ».

La CFDT et l’Unsa ne rejoignent pas l’appel à la grève

Également présentes lors de cette réunion intersyndicale de ce mardi, la CFDT (deuxième syndicat en terme d’adhésion dans la fonction publique) et l’Unsa (quatrième) n’ont pas rejoint cet appel à la grève. Interrogé sur la possibilité d’une grève reconductible, Christian Grolier FO (troisième) a précisé à l’AFP que cette éventualité serait « décidée par les personnels », que les syndicats souhaitent réunir pendant « tout le mois d’avril » et « dans tous les secteurs », notam- ment lors d’assemblées générales. « Le gouvernement n’a pas suffisamment appréhendé le mouvement social du 22 mars donc, s’il n’a pas compris, on va recommencer », a-t-il tonné. Pour Bernadette Groison (FSU, cinquième) cette nouvelle mobilisation est « nécessaire ». « On est bien à un tournant dans la fonction publique », a-t-elle estimé.

Troisième journée de mobilisation depuis le début du quinquennat

Une concertation entre le gouvernement et les organisations syndicales pour « refonder le contrat social avec les agents publics » s’est ouverte le 29 mars. Annoncée début février par le Premier ministre, elle porte notamment sur l’extension du recours aux contractuels, une part plus importante de la rémunération au mérite pour les agents et la mise en place de plans de départs volontaires.

Une « attaque contre le statut » de fonctionnaire, dénoncent les syndicats.

Cette journée du 22 mai sera la troisième journée de mobilisation des fonctionnaires depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, après celle du 10 octobre, à l’appel unitaire des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique, puis celle du 22 mars, à laquelle avaient appelé cette fois les mêmes sept organisations.

Les relations entre les syndicats de la fonction publique et le gouvernement sont tendues depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et l’annonce successive de la suppression de 120.000 postes au cours du quinquennat, du report d’un an du plan de revalorisation des carrières des fonctionnaires (PPCR) conclu sous le gouvernement précédent, du gel du point d’indice servant au calcul de la rémunération des agents publics et de la réinstauration du jour de carence (paiement du salaire à partir du deuxième jour d’arrêt maladie).

Les annonces du Premier ministre Édouard Philippe début février ont encore aggravé les tensions. Les sept organisations prévoient déjà un autre « temps fort de mobilisation » à la mi-juin, au moment « du rendez-vous salarial » avec le gouvernement. Initialement prévu à l’automne, celui-ci avait été avancé à leur demande. Elles se reverront en intersyndicale le 3 mai prochain.

https://www.huffingtonpost.fr/

em macron

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Fonctionnaires : la CFDT se joint à l’appel à mobilisation du 22 mai

L’appel à mobilisation des fonctionnaires pour le 22 mai, a été lancé mardi par sept syndicats contre la réforme prévue par le gouvernement et pour le pouvoir d’achat.

La CFDT Fonctions publiques a annoncé jeudi qu’elle se joignait à l’appel à mobilisation des fonctionnaires pour le 22 mai, lancé mardi par sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP) contre la réforme prévue par le gouvernement et pour le pouvoir d’achat.

Huit organisations syndicales sur neuf. Dans un communiqué, la deuxième force syndicale chez les fonctionnaires appelle les agents à se mobiliser, soulignant avoir « fait le choix de participer à la construction de l’unité la plus large possible ». Avec la CFDT, huit des neuf organisations de la fonction publique participeront à cette journée de grèves et manifestations.

12 avril 2018

http://www.europe1.fr/

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

labour 1 (à l’encontre.ch)

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Affiche de la grande victoire de 1945 sur Churchill: les anciens combattants ont voté Labour

Jeremy Corbyn, la reconquête du Parti travailliste par la gauche et ses perspectives gouvernementales

Deux livres sont parus au Royaume-Uni fin 2017, dans des éditions amplifiées, portant sur le net déplacement à gauche du Parti travailliste, qui a désormais tourné la page du New Labour de Blair. C’est le plus important parti socialiste/social-démocrate du monde, fort aujourd’hui de 570,000 membres, son succès électoral en juin 2017 avec un programme clairement anti-austéritaire mériterait déjà qu’on s’intéresse à ces développements.

La possibilité d’une victoire du Labour lors de nouvelles élections auxquelles la crise interne du gouvernement conservateur peut conduire dans un avenir assez proche incite encore plus à en proposer une lecture.

Elle nous aide à comprendre comment un député vétéran qui s’est fait connaître par son appui à un ensemble de causes progressistes: antinucléaire, anti-guerre, anti-apartheid, défense des droits des homosexuels, accueil des migrant·e·s et un constant refus de voter des lois austé-ritaires des gouvernements Blair [mai 1997-juin 2007] et Gordon Brown [juin 2007-mai 2010], est parvenu à faire converger trois processus:

1° celui interne au Labour de résistance croissante des militant·e·s de base au programme thatchériste-blairiste, jamais achevé, de destruction des services publics;

2° la décision des syndicats, dont les deux plus grands, de s’impliquer de nouveau dans l’orientation du parti dont ils sont une composante;

3° le fait, enfin, que des milliers d’étudiant·e·s et de militant·e·ss associatifs se sont tournés vers le Parti travailliste pour en faire un instrument politique dans leur lutte contre le Parti conservateur et la City.

Les élections générales de juin 2017, préparées par celles de 2015 et de 2016 au sein du Labour

Le 8 juin 2017, les élections législatives anticipées, appelées par la Première ministre Theresa May, ont vu le Parti travailliste dirigé par Jeremy Corbyn, tête de proue historique de l’aile anti- blairiste du New Labour, gagner plus de 3,5 millions de voix par rapport aux élections précé- dentes et sauter de 9,6 points dans le pourcentage national, soit sa progression la plus importante depuis les élections de 1945.

En avril, lorsque Theresa May a pris sa décision de tenir ces élections, les enquêtes d’opinion créditaient le Parti conservateur du double des voix des travaillistes. Le score de juin 2017 du Labour a été d’autant plus spectaculaire que son programme clairement marqué à gauche rompait avec plus de deux décennies de blairisme et que Corbyn a été présenté par les médias comme un agitateur irresponsable, soutenu par un appareil politique tombé aux mains de l’extrême gauche. C’est ainsi en effet que les médias caractérisent le courant Labour Representation Committee situé à gauche.

La situation post-Brexit a évidemment pesé lourd dans la déconvenue des Tories et celle de Theresa May en particulier. Mais au moins autant le fait que pour la première fois depuis sa défaite aux mains de Margaret Thatcher en 1979, le Labour s’est présenté avec un programme nettement à gauche et un dirigeant audible par toutes les strates de la jeunesse.

Les résultats sont venus confirmer et conforter le processus qui a d’abord vu en septembre 2015 Corbyn être élu à la tête du Labour, avec 59,5 % des voix dans une élection ouverte aux sympathisants, résister en juin 2016 à une tentative des parlementaires de le forcer à démis- sionner[9], avant d’être élu par 62 % des délégué·e·s lors du congrès du Parti en septembre  2016.

Il faut y ajouter un élément propre à la constitution non écrite du Royaume-Uni, à savoir son système électoral de scrutin uninominal à un tour (first past the post) qui incite très fortement à essayer de faire du Parti Travailliste un instrument de lutte. En raison du mode de scrutin, de petites formations, comme le Parti Vert, sont restées bloquées hors du Parlement. Le parti nationaliste xénophobe, Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) n’y est pas entré avant 2015. La plus grande organisation trotskiste britannique a été celle, The Militant, qui a choisi en son temps de devenir un courant du Labour.[10]

Chez les conservateurs comme chez les travaillistes le mode de scrutin rend les scissions suicidaires. Aujourd’hui les amis de Blair n’y songent pas plus que l’aile gauche autour de Tony Benn ne l’avait fait dans les années 1980. C’est donc au sein du Parti Travail- liste que l’opposition aux politiques néolibérales s’est organisée au cours de luttes internes menées tant par les syndicats qui sont une composante historique que par les adhérents dans les structures de base des circonscriptions d’électorat populaire.

Un parti fondé par les syndicats où ils gardent une forte influence

Lors de cette élection, le vote syndical a été décisif et plus précisément l’appui public que Corbyn a reçu de deux fédérations puissantes, celle de la fonction publique Unison et celle des travailleurs non spécialisés Unite qui compte 3 millions d’adhérents.

Les relations entre syndicalisme et politique en Grande-Bretagne ont été dès l’origine très différentes de celles en France où la Charte d’Amiens a établi une séparation entre syndicat et parti. 

Exactement à la même époque, en Grande-Bretagne, les dirigeants syndicaux œuvraient à la création du Parti Travailliste, dont la fondation leur paraissait indispensable alors que le suffrage censitaire commençait à céder le pas au suffrage universel (il faut attendre 1918 pour que celui-ci soit pleinement établi). Ils se rapprochent d’abord du Parti Libéral qui soutient quelques candidats ouvriers. Cette solution est peu satisfaisante: une représentation politique indépendante des ouvriers s’impose.

En 1899, Thomas Steels, du syndicat des cheminots propose à sa section que l’organisation confédérale Trade-Union Congress (TUC), qui réunit tous les syndicats, convoque un congrès spécial qui aurait comme but l’unification des syndicats et des groupes de gauche au sein d’un organisme unique qui soutiendrait des candidats aux élections. La proposition trouve l’appui nécessaire au sein du TUC.

Le congrès se tient en 1900, les syndicats représentant environ un tiers des délégués.[11] Le congrès adopte la motion du chef du Parti Travailliste indépendant, Kier Hardie, de former «un groupe distinct des travailleurs au Parlement, qui aura ses propres consignes de vote et s’accordera sur ses politiques qui intégreront la possibilité de coopérer avec tout parti qui serait engagé dans la promotion de lois dans les intérêts des travailleurs». Le parti prend le nom de Labour Party en 1906.

Le gouvernement travailliste de 1945 a compté plusieurs ministres ayant commencé leur carrière comme cadres syndicaux. Les réformes sociales des années 1945-1948 marquent l’apogée de l’influence de la classe ouvrière. L’arrivée du New Labour au gouverne- ment en 1997 et le choix réitéré de Blair de ne pas toucher à la législation Thatcher ont provoqué de fortes tensions et un divorce complet avec les syndicats sur le plan social[12], avec des conséquences sur le fonctionnement interne du Parti Travailliste.

Ainsi les syndicats de la marine et des pompiers se sont désaffiliés du New Labour («opt out») alors qu’Unison et Unite y sont restés. L’affiliation comporte des obligations financières lourdes pour les syndicats, mais aussi une source de dépendance du parti. Pen- dant longtemps elle a donné à ses dirigeants un pouvoir considérable qui résultait de la règle du vote bloqué lors des congrès. Après d’âpres batailles les statuts ont été changés. Depuis 2013 les membres des syndicats affiliés ne sont plus automatiquement membres du Parti Travailliste et doivent y adhérer individuellement («opt in»).

En dépit de toutes ces difficultés, l’appartenance des syndicats au Labour a donné à ses structures un degré élevé de solidité et créé l’obligation pour ses dirigeants de venir défendre leur politique.

Blair a pu refuser en 1999 de revenir sur les lois thatchéristes, mais il lui aurait été impossible de faire ce que Thatcher a fait, briser la grève des mineurs et plus tard celle des dockers comme elle l’a fait pour imposer la flexibilisation du travail et la précarisation de l’emploi. Aujourd’hui après plusieurs changements statutaires, la capacité des syndicats de peser sur les positions du Labour dépend moins des sièges qui leur sont attribués d’office dans les instances dirigeantes que de la participation de leurs adhérent·e·s à la vie et aux activités du Parti.

Une structure de base où les adhérent·e·s ont un poids important

Le Parti travailliste est bien moins pyramidal que ne le sont la plupart des partis. Il est même presque bicéphale. Sous le mot Labour on trouve deux structures différentes, même très différentes, le Parliamentary Labour Party où se retrouvent tous les députés et le, ou plus exactement les, «parti de circonscription», Constituency Labour Party (CLP), où se retrouvent les adhérents du parti dans chacune des 600 circonscriptions du Royaume-Uni. Le «parti de circonscription» correspond à peu près à ce qu’est (ou était) la section dans le Parti socialiste en France.

Dans le cas du Labour, le CPL n’est pas un relais, mais une structure jouissant d’une grande autonomie. La forte présence des militants syndicaux y est pour beaucoup. Il est divisé en branches locales plus petites et dirigé par un comité exécutif et un comité général composés de délégués venant des branches, des syndicats affiliés et des associations de gauche dans la circonscription.[14] Dans ces instances, mais aussi en assemblée générale, les CPL s’emparent de toutes les questions qui touchent les citoyens et citoyennes au plan municipal et les salarié·e·s dans leur vie hors usine.

Les CPL se sont toujours situés plus à gauche que le parti parlementaire et sauf en 1945-1951 plus à gauche que les gouvernements travaillistes[15], pas seulement en matière de politique économique et sociale mais aussi sur les questions de politique internationale. L’existence des partis de circonscription a assuré la légitimité des porte-parole de la gauche travailliste, notamment celle de Tony Benn dans les années 1980.

Il a incarné l’opposition à Blair lors de la proclamation du New Labour thatchérisé et aux côtés duquel Corbyn a mené ses premiers combats. Les militants de gauche des «partis de circons-cription» se sont dotés en 1980 d’un bulletin de liaison à parution mensuelle et à tirage impor- tant, Labour Briefing, d’abord entre les sections du grand Londres, puis nationalement. Ce bulletin est devenu l’organe du Labour Representation Committee depuis sa refondation en 2004. Présenté comme un repaire de trotskystes, McDonnell en est la figure la plus marquante.

Le divorce entre le parti de circonscription et le gouvernement a été particulière- ment net depuis le gouvernement Blair. Sur sa politique économique bien sûr, mais aussi sa politique étrangère. La décision en 2003 d’envahir l’Irak aux côtés de George W. Bush a coupé le parti en deux aux Communes, avec 254 votes pour et 153 contre ou en abstention. Jeremy Corbyn était au premier rang de la manifestation du 15 février 2003 qui a réuni trois millions de personnes contre l’invasion de l’Irak, la plus grande manifestation politique jamais connue en Angleterre.[16]

Ce sont les CPL qui désignent les candidats tant aux élections municipales qu’aux élections générales. Le candidat à la députation est choisi en principe sur une liste de pré- candidats approuvés nationalement. S’il est choisi en dehors de cette liste, le comité exécutif national doit ensuite ratifier le choix. Pour apprécier le poids des adhérents dans le choix des élu·e·s, dans sa circonscription Tony Blair s’est vu refuser sa première désignation de candidature à une élection municipale et a eu beaucoup de mal à obtenir celle pour siéger à Westminster.[17]

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

labour 2 (à l’encontre.ch)

nhs

La sécu: la droite a voté contre!

Momentum, réponse à «un mouvement qui cherchait une maison commune»

C’est ainsi que Nunns intitule le chapitre de son livre où il analyse le troisième processus qui a placé Corbyn à la tête du Labour, à savoir le soutien qu’il a reçu depuis quatre ans de dizaines de milliers de jeunes.[20] Ceux-ci se sont politisés hors du Labour dans les combats sociaux originaux qui ont donné lieu à la formation d’organisations qu’on peut qualifier comme «mouve-mentistes».

L’auto-organisation a joué un rôle important dans les processus qui ont abouti à la formation par coagulation d’une sorte de «mouvement des mouvements» et ensuite à la création de Momentum comme organisation. On en situe le point de départ lors des grandes manifesta- tions contre la hausse des droits d’inscription universitaires de novembre et décembre  2010. Elles ont été marquées par de nombreux affrontements entre une police, formée à l’instar de tant de pays à la répression de rue, et les étudiants. Ces affrontements ont abouti à de nombreuses arrestations et à des peines de prison.[21]

Un an plus tard, entre mars et juillet 2011, il y a eu une longue phase d’intense mobilisation allant au-delà des droits d’inscription, contre les coupes budgétaires du gouvernement de David Cameron [mai 2010-juillet 2016], la destruction du système de santé publique et la dimension peu connue contre l’évasion fiscale. Les formes en ont été très variées.[22]

En France, à la même période le mouvement des Indignés de la Puerta del Sol, d’Occupy Wall Street, ou encore la formation de Syriza en Grèce ont attiré beaucoup d’attention. En revanche ce qui se passait au Royaume-Uni est resté presque totalement inaperçu. Pourtant c’est là, plus que dans bien d’autres pays, que le combat contre les politiques d’austérité a su s’installer dans la durée et prendre un caractère de masse grâce à des mouvements comme UK Uncut et surtout à la formation de la People’s Assembly.[25]

Il s’agit d’une modalité de Front commun social et politique entre le courant Labour Represen- tation Committee dont nous avons parlé, les Verts, des militants organisés autour d’une revue très active Red Pepper, la petite formation Left Unity créée par Ken Loach, des députés comme Corbyn et plusieurs grands syndicats. La People’s Assembly a pu appeler de sa propre autorité à des manifestations de dizaines de milliers de personnes (50 000) contre l’austérité en juin 2014, puis en juin 2015 – à la veille des élections internes du Parti travailliste gagnées par Corbyn – jusqu’à 15 ’000.

La victoire sans appel de Corbyn a été due à la participation importante au vote de nouveaux membres politisés dans ces luttes.

Ils/elles ont pu adhérer grâce à la possibilité ouverte de s’inscrire au parti en payant une cotisation de £ 3 (soit 4 euros). Nunns explique que l’idée est venue des blairistes persuadés qu’il y avait un bloc d’électeurs centristes à gagner. Pour le citer: «Ironie du sort, cette réforme interne avait été proposée par la droite du parti: les blairistes, fascinés par le modèle des primaires aux Etats-Unis, faisaient le pari que l’ouverture du vote au grand public affaiblirait l’influence des syndicalistes et achèverait d’ancrer le parti dans le fructueux marais du “centre. Cruelle fut leur déconvenue quand ils s’aperçurent que le mécanisme qui devait leur assurer la victoire servait en fait les intérêts de la gauche, ravie de retourner à son avantage la ruse de ses adversaires.»[26]

En raison des facteurs analysés plus haut, notamment l’appui politique et financier d’Unison et d’Unite, l’élection de Corbyn à la tête du Labour se serait produite en tout état de cause, mais c’est le vote des nouveaux adhérents représentatifs de la jeunesse qui lui a donné son caractère massif.

Afin de les arrimer au Labour une organisation nommée Momentum a été formée dans la foulée de la victoire par un proche de Corbyn, Jonathan Lansman[27]. Momentum offre aux jeunes une structure qui leur permet de militer derrière Corbyn en tenant compte et en tirant parti de leurs modes de militantisme spécifiques.

La place statutaire accordée dans le parti, dès l’origine, aux associations combattant pour l’émancipation (les Fabiens furent les premiers) rendait la chose possible. La forme de structure exacte a donné lieu à des tâtonnements et quelques tensions, mais aujourd’hui l’organisation compte 37,000 membres[28] ayant une carte du Parti travailliste et des représentants au Comité exécutif national.

La disponibilité, l’enthousiasme et la mobilité des jeunes militants ont été un précieux atout pour Corbyn face à l’aile droite du Labour.

S’il a pu gagner l’élection de septembre 2015 grâce aux syndicats, ce sont eux qui lui ont permis de résister à l’aile droite du parti. Lors de la session du parti parlementaire qui a tenté de le pousser à démissionner fin juin 2016, les militant·e·s du grand Londres ont appelé en vingt-quatre heures à un rassemblement de soutien à Corbyn qui a réuni 10 000 personnes et mis fin aux velléités de coup d’Etat de la part des parlementaires. Fort de cette victoire, trois mois plus tard, lors du congrès de Brighton, en septembre 2016, Corbyn a été élu par 62 % des délégués dont une phalange de membres de Momentum[29], améliorant ainsi son score de 2015.

Un an plus tard lors des élections législatives de juin 2017, le travail militant des jeunes de Momentum a été vraiment décisif dans les résultats du Parti travailliste et la consolidation de la position de Corbyn comme potentiel futur premier ministre.

Dans beaucoup de circonscriptions la campagne travailliste a été très molle, une partie des adhérents se montrant peu enthousiastes de voir Corbyn bien s’en tirer. Les équipes de Momentum y ont palié en se déplaçant d’une circonscription à l’autre dans une même région. On estime que l’élection de vingt-cinq députés travaillistes s’est faite grâce à eux.[30] Au congrès de fin septembre 2017, des membres de Momentum ont fait leur entrée dans plusieurs commissions importantes et aider la gauche à emporter différents votes d’orientation, provoquant l’inquiétude du patronat britannique.[31]

Et demain?

La déconvenue de Theresa May qui a perdu treize sièges et donc sa majorité à Westminster, ainsi que l’augmentation spectaculaire des voix du Labour de 2017 ont été pour une large part le fait du militantisme de Momentum et du niveau élevé de participation de l’électorat jeune. Celui-ci n’a pas été capté par les sondages précédant le scrutin, même si l’accueil enthousiaste fait à Corbyn dans les concerts populaires pouvait le laisser entrevoir.

Lors des législatives précédentes, la participation des électeurs entre 18 et 24 ans tournait aux alentours de 40%. En 2017, elle a grimpé à 72%, soit bien plus que le niveau de participation générale (68%), lui-même le plus fort depuis les élections qui ont porté Blair au pouvoir vingt ans plus tôt. Dans cette tranche d’âge, les travaillistes ont devancé les conser-vateurs de 47%.

La presse française y a vu une réponse des jeunes au Brexit où ils ne s’étaient pas engagés. Dans le chapitre qu’il a ajouté à son livre Nunns est assez catégorique en l’attribuant surtout au programme radicalement anti-austéritaire de Corbyn et McDonnell. Celui-ci compre- nait notamment la renationalisation du rail, des investissements élevés dans le système de santé et le secteur hospitalier, la suppression des frais d’inscription universitaire, la recon- struction des droits syndicaux sur les lieux de travail, la construction d’un million de logements à prix ou à loyers modérés sur cinq ans, l’augmentation des salaires minimum au niveau du salaire minimum vital (fixé à 10 livres sterling de l’heure), la suppression des contrats zéro-heures, une batterie de mesures pour palier la dégradation des retraites.

Il n’y a qu’entre 1945 et 1948 lors du gouvernement Atlee que le conseil des ministres a compté une phalange de dirigeants acquis pleinement aux intérêts de la classe ouvrière et possédant une détermination suffisante pour profiter de rapports de force favorables et imposer à la bourgeoisie britannique des réformes qui entamaient quelque peu, momenta- nément, ses positions.

Mais c’est sous le même gouvernement que le Royaume Uni s’est engagé dans l’armement nucléaire contre les positions très majoritairement antinucléaire des adhérents du Parti travailliste.

Le gouvernement Wilson de 1964-1970 a à son acquis l’abolition de la peine de mort, la légalisation de l’avortement et celle de l’homosexualité ce qui n’était pas rien à l’époque, mais c’est lui qui a permis à la City d’entamer le processus de libéralisation financière mondiale. Corbyn et McDonnell sont indiscutablement faits du même métal qu’Aneurin Bevan (Gallois qui a créé la sécu, note du blog) ou Tony Benn, mais même si la bourgeoisie britannique est affaiblie et déstabilisée politiquement par le Brexit et la crise du Parti conservateur, les rapports entre travail et capital restent en faveur du second. L’héritage impérial perdure lui aussi. Corbyn a dû se rallier à la production du Trident (missile).

Pour conclure, au Royaume Uni il n’y a pas de «lendemains qui chantent» en vue, mais à la différence de la France il y règne un climat politique non délétère et même enthousiaste à gauche.

La perspective est celle d’une arrivée de Corbyn et McDonnell au gouvernement qui ouvrirait une période marquée par une vraie volonté de leur part de faire voter et de mettre en œuvre des réformes qui amélioreraient la vie des classes populaires et des classes moyennes et qui réduiraient le chômage des jeunes.

Le degré auquel le futur programme, qui sera une mouture un peu améliorée de celui de 2017, sera appliqué n’est pas donné. Tout dépendra de l’ampleur de la victoire du Labour et du nombre de députés travaillistes prêts à être un tantinet radicaaux, du fait de leurs propres convictions, mais aussi du degré d’intensité de la pression que la jeunesse exercerait sur eux.

(Résumé de morceaux choisis Note du blog)

 Alencontre le 11 – avril – 2018 François Chesnais

(Article envoyé par l’auteur et publié dans la revue Les Possibles, N° 16 Printemps 2018)

http://alencontre.org/

Commentaire: La « Charte d’Amiens » visait moins les « partis » genre Labour, que l’entrée aux gouvernement bourgeois de  « camarades socialistes modérés ».

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

lorient services publics (ouest france)

servives pub

Services publics : 200 manifestants devant la gare à Lorient

L’appel de l’union locale CGT à soutenir la grève des cheminots a tourné, ce lundi à 18 h devant le parvis de la gare, à la convergence des luttes pour la défense des services publics.

Aux côtés de la CGT, le PCF, les Insoumis, Solidaires, Alternative Libertaire ont rassemblé plus deux cents personnes au total, ce lundi soir devant  le parvis de la gare. Tous sont venus affirmer leur détermination à « ne rien lâcher », avec la volonté de démontrer « qu’ensemble on va gagner et faire plier le gouvernement ». Philippe Jumeau, secrétaire départemental du PCF, résume le front uni de ce lundi soir contre la politique de Macron: « On est tous pas contents ici. C’est qui fait le mot d’ordre. »

09/04/2018

https://www.ouest-france.fr

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