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10 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Trois mois de grève des postiers du 92

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Trois mois de grève, et ce n’est toujours pas fini.

Pourquoi ce mouvement des facteurs de Rueil-Malmaison,  La Garenne-Colombes/Bois-Colombes, Courbevoie, Gennevilliers et d’autres centres prend-il l’allure d’un tel bras de fer ?

La grève est partie de manière atypique. Les facteurs de Rueil-Malmaison se sont mis en grève à 87 % pour exiger la réembauche d’une de leurs collègues dont le contrat d’insertion n’avait pas été renouvelé. Alors que la direction faisait la sourde oreille à une revendication pourtant minimaliste, au bout d’une semaine, trois autres précaires récemment congédiés s’impliquaient également dans le mouvement. Des salariés privés d’emplois participent ainsi aux actions, s’expriment et votent dans les AG quotidiennes de grévistes, comme leurs collègues en CDI ou fonctionnaires.

Pourquoi la direction n’a-t-elle pas cédé dès le départ pour désamorcer le conflit ? Parce qu’elle avait en tête un tout autre enjeu que l’embauche de quatre personnes : le bureau de Rueil-Malmaison n’a pas subi de restructuration depuis 1999, et La Poste veut absolument faire cesser ce qu’elle considère comme une dangereuse anomalie. Grâce à des grèves reconductibles de plusieurs semaines en 2005, 2007 et 2009, mais aussi à la participation aux mouvements inter-secteurs de 2006 (CPE) et de 2010 (retraites), les facteurs de cette ville ont en effet empêché l’application de « Facteur d’Avenir », cette vague de restructurations qui s’est traduite par des milliers de suppressions d’emplois sur le territoire et par la mise à mal du principe « une tournée, un facteur ».

Les grèves à la Poste sont habituellement très fragmentées, métier par métier, centre par centre et même service par service. Cette grève-ci, outre l’unité précaires/salariés en CDI, a pu à certains moments franchir ces barrières : deux samedis de mobilisation commune avec les guichetiers de Rueil-Jaurès, qui ont ainsi repoussé de plus d’un an et demi la restructu- ration qui visait leur centre, et deux semaines de grève reconductible à la plateforme colis de Gennevilliers aux côtés des facteurs. Les colipostiers ont repris le travail avant d’avoir pu obtenir gain de cause mais ont fait trembler la direction, étant donné le caractère stratégique de ce centre.

De même y a-t-il eu dix jours de grève et d’AG communes avec les facteurs de Carrières-sur-Seine (78), là-bas à la CGT, donc dans l’unité entre CGT et SUD (dont le syndicat du 92 est au coeur du mouvement). Les grévistes se sont également adressés directement aux facteurs de Paris, en proposant une coordination des postiers de région parisienne pour discuter comment regrouper les luttes.

En menant nombre d’actions en direction des sièges sociaux de La Poste et de ses filiales, en réalisant des actions communes avec les intermittents/précaires en lutte pour leurs propres revendications, les grévistes ont montré leur détermination. La grève tient malgré les retenues sur des salaires déjà très faibles (autour de 1200 euros par mois).

La Poste a fini par accepter de négocier… au bout de 65 jours de grève. Mais après avoir fait traîner les pourparlers pour essayer d’épuiser les grévistes, elle menace aujourd’hui de rompre à nouveau les négociations. Ce mouvement a impliqué jusqu’à 200 grévistes au plus fort et n’est jamais descendu en-dessous de 80 grévistes en reconductible. Il aura dans tous les cas un impact qui dépassera les limites des Hauts de-Seine.

Hosea Hudson Revue L’Anticapitaliste n°54 (mai 2014)

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10 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Le 15 mai, la fonction publique sera dans la rue (sud éduc)

Le 15 mai, la fonction publique sera dans la rue (sud éduc) dans Educ'action arton1450-f9c9f

Trop … c’est trop !

Halte à la régression salariale.

Halte aux suppressions d’emplois.

Halte à la destruction de la fonction publique et des services publics

La politique d’austérité choisie par le gouvernement cible la fonction publique comme « la principale » responsable du déséquilibre budgétaire.

Le Premier ministre a affirmé qu’il fallait poursuivre le redressement des comptes publics « tout au long du quinquennat » et confirmé l’objectif de réduire de 50 milliards d’euros la dépense publique de 2015 à 2017. Sur ces 50 milliards, « l’Etat et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros ; 10 milliards proviendront de l’assurance-maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales », et « le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations ».

S’il est évident que toutes les citoyennes et tous les citoyens seront impactés par ces réductions des dépenses publiques, il est tout aussi évident que les services publics et leurs agents le seront aussi !

A l’Etat, ce sera la poursuite de la politique régressive en matière d’emplois et de restruc-turations sur l’ensemble du territoire. La MAP (modernisation de l’action publique) continuera son travail de sape dans le but d’atteindre l’objectif de réductions budgétaires.

Encore une fois, le monde de la santé ne sera pas épargné et l’hôpital sera en ligne de mire.

La réforme territoriale annoncée (projet de diminution par deux du nombre des régions, disparition des départements et développement de l’intercommunalité) aura de graves conséquences pour l’ensemble des personnels du versant territorial.

Et pour toutes et tous, ce sera la poursuite du blocage des salaires, sans aucune perspective d’augmentation d’ici 2017 !!! Du jamais vu dans la fonction publique !

Le 19 mai doivent, en principe, s’ouvrir les négociations autour des questions des parcours professionnels, carrières et rémunérations (suite du rapport Pêcheur).

Au vu des annonces politiques faites par le Président de la République et le Premier ministre, il est manifeste que la ministre de la fonction publique n’aura aucune marge de manœuvre pour ouvrir de véritables négociations.

Solidaires Fonction Publique appelle tous les agents de la fonction publique à se mobiliser et à construire, dès maintenant, les conditions de la réussite de la journée de grève et de manifestations du 15 mai.

Dans l’unité la plus large, le 15 mai 2014, exigeons …

La hausse de nos salaires

Le rattrapage de nos pertes de pouvoir d’achat

Les créations d’emplois nécessaires à l’accomplissement de toutes nos missions.

http://www.questionsdeclasses.org/?Le-15-mai-2014-La-fonction

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09 mai 2014 ~ 0 Commentaire

1er mai : journée internationale de contestation et de revendications

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Le 1er Mai, jour du muguet et fête du travail institué par Pétain ?

Sans doute. Mais aussi et toujours une journée internationale de lutte, où dans tous les pays du monde, des manifestations, des grèves ont lieu.

Cette journée est née à la suite du mouvement pour la réduction du temps de travail aux États-Unis : le 1er mai 1886, les grèves pour la journée de 8 heures furent sévèrement réprimées et des militants pendus à Chicago. Un autre 1er Mai de répression lui succéda dans la ville industrielle de Fourmies, dans le nord de la France, en 1891.

C’est un jour de commémoration de l’histoire du mouvement ouvrier dans le monde entier. C’est un jour de convergence des luttes qui reste complètement d’actualité : pour les chômeurs et les précaires, pour les travailleurs, les retraités qui revendiquent pour conserver des droits et pour les travailleurs qui veulent en gagner. C’est d’autant plus vrai dans l’histoire du vieux mouvement ouvrier des premiers pays industrialisés, que dans ceux qui construisent leurs organisations en Asie, au Maghreb ou ailleurs. Tous luttent pour leurs droits.

Le slogan « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » n’est pas si obsolète que l’on voudrait nous le faire croire.

Partout en Europe, des manifestations contre l’austérité et la crise. En France, plus de 200 000 personnes ont manifesté contre le plan de compétitivité du gouvernement socialiste et du Medef. En Italie, des défilés ont eu lieu contre la récession. En Espagne, où les jeunes sont pour plus de 50 % au chômage, c’est plus de 70 manifestations, après les marches de la dignité de fin mars contre la politique d’austérité menée depuis deux ans par le gouvernement de droite. Au Portugal, ce sont des défilés pour des augmentations de salaires, pour l’emploi contre les mesures du plan d’austérité mis en place en échange des prêts du FMI. En Grèce, où la politique de baisse des salaires, des retraites et la hausse considérable des taxes a aggravé la récession, ils étaient plus de 20 000.

Répression, interdiction, et difficile renaissance À Istanbul, des heurts entre la police et les manifestantEs ont éclaté, un an après la vague de contestation qui a secoué la Turquie autour de la place Taksim.

Au Cambodge, les manifestations ont eu lieu en soutien aux ouvriers des zones industrielles proches du Vietnam en grève pour des augmentations de salaires et pour la libération des 23 syndicalistes arrêtés en janvier suite aux grandes grèves de l’année dernière. Au Bangladesh, un an après la tragédie du Riazza Plaza qui a fait 1 300 morts, les ouvrières étaient vent debout pour crier leur colère.

Rien à voir évidemment, avec les défilés de la place Rouge, remake des belles heures staliniennes : 100 000 personnes dans la joie et la bonne humeur, Poutine l’avait décidé, comme à l’époque de l’Union soviétique.

En Chine, il n’y avait personne, mais des grèves encore et toujours. En Égypte, pas de manifestations non plus : après les manifestation obligatoires et ritualisées instituées par Nasser et ses héritiers, une nouvelle tradition peine à se reconstruire. Et en Indonésie, 17 ans après la chute de la dictature qui avait massacré plus de 500 000 communistes et anéanti le mouvement ouvrier, des travailleurs commencent à manifester à nouveau.
Rien n’est définitivement perdu.

Christine Schneider Hebdo L’Anticapitaliste – 241 (08/05/2014)

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09 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Des syndicalistes cfdt expulsés et suspendus par leur propre fédération (i-télé)

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Hier, une vingtaine de syndicalistes de la branche commerce d’Ile-de-France de la CFDT se sont vus empêcher l’accès à leurs locaux.

Ils sont désormais suspendus. Pour son secrétaire, c’est leur action contre le travail dominical et de nuit qu’ils paient aujourd’hui. « Faux », répond la fédération qui argue du non-respect du règlement. Une enquête de notre journaliste économique et sociale, Nassira El Moaddem.

Comme tous les matins, ce mardi 6 mai, Alexandre Togormian, secrétaire général du syndicat commerce Ile-de-France de la CFDT, se rend au local de son organisation. Un comité d’accueil l’attend dans le hall. A lui et aux 19 autres militants qui occupent le bureau, on refuse l’accès. « Des personnes des instances de la confédération et de l’union régionale nous ont fait barrage. On ne pouvait pas accéder à nos propres bureaux ! Même les serrures de notre local ont été changées ! ». Un huissier leur signifie leur expulsion et la police intervient.

La Fédération CFDT des services, à laquelle le syndicat commerce d’Ile-de-France est rattaché, décide de suspendre le syndicat. Concrètement, ils n’ont plus ni accès aux bureaux, ni les moyens de travailler, ni la possibilité d’agir au nom de la CFDT jusqu’à nouvel ordre. En cause : le non-respect par le syndicat des règles de fonctionnement interne à la CFDT, comme indiqué par la délibération prise le 5 mai par la Fédération des services, et qu’i>TELE s’est procurée.

Mais pour Alexandre Torgomian, comme pour les autres militants du syndicat, il y a l’officiel et l’officieux. Et l’officieux, c’est peut-être la bataille qu’ils mènent contre l’ouverture dominicale et nocturne. Ils en ont fait un de leur combat principal ces derniers mois alors que dans les instances dirigeantes, le message délivré à ce sujet est plus conciliant. « Notre position sur le sujet n’est pas la même vision que celle de la CFDT. Nous considérons qu’en faisant travailler la nuit et le dimanche, on nous enlève des droits », affirme Alexandre Torgo- mian. Un combat que le syndicat commerce d’Ile-de-France de la CFDT mène d’ailleurs au sein de CLIC-P, cette puissante intersyndicale régionale qui, réunit également CGT, UNSA, CFE- CGC et SUD et qui, depuis plus de trois ans, enchaîne les revendications médiatiques et les batailles juridiques contre le non-respect, selon elle, des repos hebdomadaires et de la législation sur le travail de nuit.

« On savait que ça allait mal se terminer »

Le positionnement politique et la participation à une intersyndicale : deux ingrédients qui, d’après Alexandre Torgomian, déplaisent fortement à la Fédération des Services et par consé- quent, à la CFDT de Laurent Berger. « A la confédération, ils ont décidé de faire la guerre à la CGT, mais nous, militants, ça ne nous regarde pas. On est là pour défendre les intérêts des salariés qui se fichent bien de leurs conflits ».

Pour le secrétaire du syndicat, ils paient aujourd’hui clairement leur positionnement sur la question du travail dominical et de nuit. « On savait que ça allait mal se terminer mais pas à ce point-là! Ce qui est arrivé est inacceptable et choquant! A plusieurs reprises, on nous a fait remarquer que notre discours ne plaisait pas. Lorsque nous nous exprimions dans la presse, on nous demandait parfois de faire des démentis!». Pour Alexandre Torgomian, certes, la suspension est une décision de la fédération des services mais à priori elle n’a pas pu être prise sans l’aval de la CFDT.

Non-respect des statuts Gilles Desbordes, secrétaire général de la Fédération des services de la CFDT, reconnaît la suspension du syndicat et l’impossibilité d’accéder aux locaux mais réfute en bloc les explications d’Alexandre Torgomian. «La décision est d’ordre administrative et statutaire. Les dirigeants du syndicat ont déclaré 3600 adhérents démissionnaires, quasi- ment la totalité de ce syndicat, sans même que les intéressés n’aient demandé quoique ce soit! Dès l’instant où l’on remet en cause la responsabilité de certains c’est plus commode d’invo- quer des questions politiques». «Faux», répond Alexandre Torgomian qui voit en cet argument un faux prétexte. «C’est de la désinformation. Nous apporterons les éléments complémentaires devant les instances compétentes».

Gilles Desbordes reconnaît que la «CFDT n’est pas favorable aux intersyndicales structurées » mais ajoute : «Cela ne suffit pas à constituer un motif déterminant». Le secrétaire général qui indique que la sanction est également dûe à des écarts de comportement dans la prise de parole : elle doit se faire conformément aux règles de la confédération au niveau national». Et de conclure : «On peut habiller cela par des discours politiques mais il y a des règles à respecter».

Cette situation, Karl Ghazi, co-fondateur du Clic-P et ancien militant CFDT de la Fédération des services, dit l’avoir vécue. «Nous étions au courant des vives tensions entre le syndicat commerce d’Ile-de-France de la CFDT et les instances dirigeantes. On sentait que cela prenait une tournure grave et qu’ils finiraient pas exclure le syndicat». Karl Ghazi a fait ses armes syndicales à la CFDT au début des années 1990. En 2000, la CFDT décide de signer une convention nationale collective consacrant des nocturnes dans les grands magasins. Il s’y oppose et quitte la confédération. Il rejoint la CGT Commerce et participe à la création du Clic-P. «Par nos revendications, nos actions sur le travail de nuit et dominical, nous attirons l’attention médiatique et cela déplait à l’ensemble des fédérations». Il partage l’analyse d’Alexandre Torgomian ; pour lui, c’est à la fois l’unité syndicale de Clic-P qui gêne la CFDT mais également la ligne défendue au sein de l’intersyndicale sur le travail dominical et de nuit qui leur pose problème. « Dans le secteur du commerce en Ile-de-France, les réalités du terrain sont très éloignées des fantasmes sur le dialogue social, affirme Karl Ghazi. Le salariat est prolétarisé, les temps partiels banalisés, difficile d’avancer dans le dialogue comme le voudrait la CFDT car les patrons ne se sentent pas dans l’obligation de discuter. Notre démarche avec Clic-P ne correspond pas ni à la ligne politique de la CFDT ni à celle de la fédération des services ».

L’enjeu est important pour la CFDT : la fédération des services est une de leurs plus grosses branches et le syndicat commerce d’Ile-de-France représente près de 3 700 adhérents. A moins d’un mois du congrès de la CFDT à Marseille, cet épisode risque de laisser des traces. «On comptait faire un discours sur le fonctionnement interne de la CFDT, sur le fait de dire que la parole est libre alors qu’on nous punit dès lors que celle-ci ne plait pas», affirme Alexandre Torgomian. Il a décidé d’intenter un référé contre la fédération pour s’opposer à leur suspension. Reçu par un bras-droit de Laurent Berger ce mercredi, le dossier sera sur le bureau lundi du secrétaire général de la Confédération. Nassira EL Moaddem

http://www.itele.fr/france/video/info-itele-des-syndicalistes-cfdt-expulses-et-suspendus-par-leur-propre-federation-81769

Commentaire: La dureté des patrons du commerce parisien (et ailleurs), ne cadre pas avec la volonté de « dialogue » de la Cfdt, cela a provoqué par le passé le passage d’une partie des militants à la Cgt. La direction a apparemment décidé de faire un « grand ménage », pour imposer son syndicalisme de négociation… sans rien à négocier.

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09 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Soutien aux postiers du 92

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Signez la pétition!

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07 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Cfdt: de dérives en ruptures

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Le 1er Mai parisien est assez révélateur de la situation sociale et des politiques des directions syndicales.

Cette année, CFDT, Unsa et CFE-CGC se rassemblent place Stalingrad tandis que la CGT, la FSU, FO et Solidaires appellent à manifester, notamment contre le pacte de responsabilité. Ainsi, à la veille de son 48e congrès coïncidant avec son 50e anniversaire, la direction de CFDT confirme son passage avec armes et bagages du côté de la politique libérale d’un gouvernement mettant en œuvre les desiderata du Medef.

Déconfessionnalisation et réformisme radical Le passage de la CFTC à la CFDT fut le résultat de la montée d’une opposition soutenant à la fois les luttes et la déconfession-nalisation, entraînant 90 % de la CFTC vers une CFDT qui reconnaissait l’existence d’anta-gonismes dans la société et visait à « susciter chez les travailleurs la nécessité de leur émancipation ». Dépourvue d’une colonne vertébrale idéologique, la CFDT va se révéler perméable aux tendances de la société et sensible aux rapports de forces, pour le meilleur et pour le pire…

Face aux Ordonnances gaullistes d’août 1967 démantelant la Sécurité sociale, la CFDT dénonce le passage « d’un système de solidarité à une formule d’assurances privées ». La « disponibilité » idéologique de nombreux militantEs permet de mieux répondre aux préoccu- pations des années 1968 : autogestion, revendications spécifiques des femmes, des immigréEs, des jeunes…

L’accompagnement (déjà) de la politique de la « Nouvelle société » de Chaban-Delmas suscite des débats tendus dont Edmond Maire sort vainqueur en 1970. Il en profite pour réfor- mer structures et fonctionnement : suppression de la représentation directe des syndicats dans les instances nationales et prise en main de celles-ci par une direction dont la cohérence politique sera confortée par la centralisation des moyens financiers.

Pendant 10 ans les débats vont se poursuivre avec des pratiques contradictoires. D’un côté les grèves du Joint Français, de Pennaroya, Nouvelles Galeries, Lip, luttes des soldats ; de l’autre, dénonciation des gauchistes, refus de la candidature Piaget aux prési-dentielles de 1974…

De recentrage en recentrage… Dès 1977, un premier recentrage est engagé : la crise, la dégradation du rapport de forces servent de justification à l’accompagnement des gouver- nements de droite comme de gauche. Oppositions et ruptures se multiplient à partir des exclu- sions des animateurs des luttes dans les PTT (1988) et chez les infirmières (1989) donnant naissance aux SUD.

Après la dénonciation de la mobilisation de l’hiver 1995, les opposantEs ne parviendront pas à infléchir la ligne majoritaire et dissolvent l’association « Tous ensemble » en 1999. L’orientation confédérale est confortée par des progrès des effectifs et des résultats élec- toraux.  Un nouveau pas est franchi avec le soutien apporté, le 13 mai 2003 en pleine mobi- lisation, à la réforme Fillon, suivi par la signature de l’accord sur l’indemnisation des inter- mittents du spectacle. Ceci entraîne le départ de milliers de militantEs vers la CGT, Solidaires ou la FSU.

Au-delà des valses hésitations qui voit la CFDT participer à la lutte contre le CPE, soutenir le TCE (2005) et s’associer à la CGT pour l’accord sur la représentativité syndicale (2008), le positionnement de la confédération se résume à un accompagnement des conséquences de la crise et des politiques gouvernementales.

L’enregistrement des renoncements C’est dans cette logique que s’inscrivent les propo- sitions de modification des statuts au prochain congrès. Elles prévoient « une approche cons- tructive du dialogue social » qui doit devenir « la voie privilégiée pour dépasser les conflits » dans le cadre « d’un mode globalisé en perpétuelle mutation et pour bâtir une Europe qui garantisse la paix et la démocratie et organise la convergence politique économique et sociale ». Des modifications inamendables ! Surtout pas par celles et ceux qui, comme les animateurs de la lutte chez Sanofi, ont été mis sur la touche…

Hebdo L’Anticapitaliste – 240 (01/05/2014) Robert Pelletier

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01 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Le rassemblement pro-europe de la cfdt fait un flop (le huff’)

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Environ deux cents militants de la CFDT et de l’Unsa se sont réunis à la mi-journée à Paris à l’occasion du 1er mai en présence des numéros un de ces organisations, lors d’un rassemblement placé sous le signe de l’Europe. A moins d’un mois des élections européennes, « nous voulons dire que certes, les politiques menées en Europe posent problème, mais que l’Europe peut être une solution », a lancé Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui dit « craindre le rejet de l’Europe, comme le fait notamment l’extrême droite ».

Des militants, arborant des gilets orange et bleus, aux couleurs des deux syndicats, étaient rassemblés devant la rotonde de Stalingrad, dans l’est parisien, où devaient se tenir des débats en présence de représentants syndicaux européens.

Alors que la CGT et FO manifesteront de leur côté dans l’après-midi contre la politique du gouvernement Valls, Laurent Berger a déclaré: « Nous ne portons pas la même vision, nous ne portons pas de propositions communes malheureusement en ce moment ».

http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/01/1er-mai-vivez-defiles-fete-travail-en-direct_n_5244891.html?utm_hp_ref=france

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01 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Un 1er mai marqué par la défiance envers la politique du gouvernement (france tv)

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01 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Congrès de la cgil en italie (avanti.be)

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La gauche syndicale s’organise

Les 6, 7 et 8 mai prochains se tiendra à Rimini le XVIIe Congrès national de la Confederazione Generale Italiana del Lavoro (CGIL), le plus grand syndicat du pays.

Héritier du syndicalisme de classe antérieur au fascisme, du syndicalisme de la résistance antifasciste, il est sans doute celui qui a le plus d’enracinement dans l’histoire de la classe ouvrière italienne. C’est le syndicat qui, après la Seconde Guerre mondiale, a réuni en son sein le travail syndical du Parti communiste et du Parti socialiste et qui, par la suite, a suivi toutes les involutions néolibérales des ces dernières décennies.

L’acceptation du capitalisme comme horizon indépassable, l’évolution réformiste et l’adhésion au modèle de la « concertation », c’est-à-dire au système de cogestion de la politique économique bourgeoise dans la phase du changement néolibéral, constituent les piliers de ce recul.

Ces dernières années, la CGIL a assisté, sans opposer aucune opposition subs- tantielle, à l’agression brutale déclenchée par le patronat et les gouvernements successifs italiens contre les conditions de vie des travailleuses et des travailleurs: le gel des salaires, l’extraordinaire croissance du chômage, l’exacerbation de l’exploitation, la généralisation des contrats précaires, surtout parmi les jeunes, le rétrécissement des droits syndicaux et indi- viduels, le recul de l’âge de la retraite jusque 70 ans… Pendant tout ce temps, la CGIL a fait le choix de ne pas s’opposer à cette politique économique et sociale, abandonnant une orien- tation un peu plus radicale (qui, par ailleurs, avait continué pendant les années 2002 et 2003, parvenant à bloquer jusqu’à un certain point la politique patronale) afin de revenir à « l’unité syndicale » avec les syndicats soumis au patronat ; la CISL et l’UIL.

Au delà de la CGIL, qui compte 5.700.0000 affiliés (pratiquement répartis à parts égales entre actifs et allocataires sociaux) s’est formée depuis les années 1970 une gauche syndicale influencée par la radicalisation de la jeunesse et ouvrière des années 1968-1969. Cette gau- che syndicale a joué un rôle important, surtout dans certains secteurs comme la FIOM (la fédération des métallos) où, à la différence de la Confédération, une orientation syndicale antilibérale a été adoptée, culminant avec la participation de la FIOM au mouvement alter- mondialiste du début des années 2000 et dans la mobilisation de Gênes en 2001. Un autre succès de la lutte de cette gauche syndicale de la FIOM et de la CGIL fut la bataille menée contre le projet autoritaire de la direction de la FIAT qui, en 2010, a imposé aux travailleuses et aux travailleurs de la multinationale de l’automobile une convention dégradant leurs conditions de travail.

Cependant, au cours de ces dernières années, le radicalisme de cette gauche syndicale s’est partiellement affaibli en adoptant une politique à contre courant du passé et en faveur d’une « repacification » avec la majorité de la Confédération. Ce « rapprochement » avec la direction de Susanna Camusso (secrétaire générale de la CGIL – NdT) s’est concrétisé dans l’adhésion (quoique « critique ») de Maurizio Landini, le principal dirigeant de la FIOM (ainsi qu’une grande partie des autres dirigeants de la gauche syndicale de la CGIL) au document de la majorité pour le XVIIe Congrès. Néanmoins, un petit groupe de dirigeants (pour être précis, 6 d’entre eux dans une direction nationale de plus de 150 membres) n’a pas capitulé et a décidé de ne pas souscrire à ce pacte en présentant pour ce congrès un document alternatif significativement intitulé « Le syndicat est autre chose ».

Il s’agit d’un document qui propose une réinterprétation profonde du syndicat et l’ado- ption d’une plateforme de lutte radicale tant par rapport aux objectifs revendicatifs (lutte contre la précarité et contre le chômage par la réduction du temps de travail; défense des salaires avec une nouvelle échelle mobile des salaires; récupération des droits amputés par les contre-réformes néolibérales; défense de la santé et de l’environnement sur les lieux de travail et dans les territoires; lutte contre les privatisations de services publics, surtout dans la santé et l’enseignement, et pour une fiscalité qui grève les grosses fortunes, pour les droits égaux en faveur des immigrés…) que par rapport à la réforme du syndicat lui-même par une profonde transformation démocratique d’un syndicat fortement marqué par une lourde structure bureaucratique (12.000 postes de permanents).

Dans les préparatifs du congrès, face aux coups du groupe dirigeant, le pacte entre Camusso et la (ex) gauche syndicale s’est en grande mesure brisé. Landini et les siens se sont vus forcés de rompre (au moins partiellement) avec le groupe dirigeant central. En même temps, leurs décisions dans ce sens ont été contradictoires et peu claires. Par conséquent, les résultats du congrès national de mai sont encore incertains. La bataille livrée dans les préparatifs du congrès par les signataires du document « Le syndicat est autre chose » a mis en évidence une grande capacité militante. Près d’un millier de camarades, soutenus par à peine plus de 20 permanents syndicaux (sur les 12.000 que compte la Confédération), ont expliqué les raisons du document alternatif dans plus de 10.000 assemblées aux affiliés sur les lieux de travail, obtenant environ 42.000 votes en faveur de ce document.

Il est vrai que ces 42.000 votes ne constituent seulement qu’une très petite partie des 1.800.000 votes déclarés (mais non prouvés) par les dirigeants majoritaires en faveur de leur document. Il faut cependant tenir compte de la grave crise de participation à la base de la CGIL, de sorte que le nombre de votants en faveur du document de la majorité ne mérite absolument aucun crédit, pas plus que celui qu’obtient Poutine dans ses référendums. La bureaucratie se défend en falsifiant les chiffres et les carnets syndicaux mais la force d’un syndicat repose sur sa capacité à protéger et améliorer les conditions de vie et de travail des classes populaires et non à survivre sur base de la tromperie. En tous les cas, les 42.000 votes mettent en évidence la persistance sur les lieux de travail d’un réseau important de syndicalistes qui ne se prêtent pas au collaborationnisme avec le patronat et les gouver-nements à sa solde, et cela en dépit de la propagande massive en faveur de la résignation qu’ont développé les appareils bureaucratiques. Il s’agit d’un patrimoine de classe petit mais fondamental qui pourra contribuer de manière décisive à la relance d’une véritable lutte de classe.  Andrea Martini 1er mai 2014

http://www.avanti4.be/analyses/article/congres-de-la-cgil-en-italie-la-gauche

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29 avril 2014 ~ 0 Commentaire

200 greffiers manifestent à rennes (fr3)

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200 greffiers ont manifesté à Rennes ce mardi.

Une manifestation qui réunit les juridictions de la Cour d’Appel de Rennes. Les greffiers réclament une revalorisation de leur statut et de leur rémunération d’autant plus que leur mission pourrait être élargie avec la réforme de la Justice.

Les principaux syndicats de greffiers ont appelé à la grève ce mardi 29 avril. Il s’agit du premier mouvement national dans la profession depuis 14 ans. Il y a aussi une manifes-tation à à Paris. C’est le grand chantier dit de la « Justice du XXIe siècle », une réforme d’ampleur en gestation, qui a mis le feu aux poudres et déclenché cette grogne venue de la base. Parmi les très nombreuses pistes évoquées pour cette réforme figure la création d’un greffier juri- dictionnel, aux missions élargies. Il pourrait notamment prononcer un divorce par consentement mutuel, compétence qui relève aujourd’hui du seul juge. Beaucoup de greffiers n’y sont pas opposés mais estiment qu’une revalorisation préalable est nécessaire.
Par Sylvaine Sallio Publié le 29/04/2014 | 12:13
Les greffiers en grève : pour de meilleurs salaires et conditions de travail (LO)
Assistant les juges, les greffiers sont chargés de constituer les dossiers avant les procès, transcrire les débats de ces procès, rédiger les décisions du tribunal, archiver les pièces, etc.Mardi 29 avril, ils se sont mis en grève et ont été nombreux à manifester à Paris et dans les grandes villes pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et demander une revalorisation de leur salaire.

Comme tous les autres salariés des services publics, les 9 000 greffiers subissent les conséquences de la politique de restriction budgétaire. Dans leur cas, cela signifie des locaux sous-dimensionnés et mal entretenus, ainsi qu’une pénurie constante de moyens matériels : ils manquent d’encre, de papier, d’ordinateurs, de fournitures de bureau… et même d’exemplaires du Code pénal !

Les tâches qui leur incombent ont aussi augmenté au fil des années, sans que les créations de postes suivent, et ils ont toutes les raisons de craindre que la nouvelle réforme de la justice envisagée par Christiane Taubira, dite « pour une justice du XXIe siècle », aggrave encore la situation. Beaucoup ne comptent déjà pas les heures supplémentaires, ni payées ni récu- pérées le plus souvent, pour faire face aux besoins, alors que leurs salaires frôlent le smic en début de carrière et ne dépassent pas 2 500 euros brut à la fin.

Le mouvement qui a débuté à Agen pour réclamer une réforme du statut et une revalorisation salariale a vite fait tache d’huile. Depuis un mois, les greffiers en colère refusent de faire des tâches qu’ils estiment ne pas leur incomber, et se rassemblent devant leur tribunal au moment de l’embauche ou de leur pause-repas pour dénoncer la situation. Mardi 29 avril, ils se sont mis en grève, ce qu’ils n’avaient pas fait au niveau national depuis 2003, pour se faire entendre de la ministre, juste avant une séance de négociations sur les salaires prévue le même jour. Valérie FONTAINE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2387&id=17

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