Archive | Syndicalisme

31 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

allemagne, le salaire minimum arrive, enfin! (ci)

allemands

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8,50 euros brut de l’heure, soit 1 400 euros mensuels : le 1er janvier, le salaire minimum arrive en Allemagne. Une importante avancée sociale, quoique tardive et émaillée d’exceptions, écrit l’hebdomadaire allemand.
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L’Allemagne est lanterne rouge de l’Europe. L’expression est rarement appli- quée à la première économie du continent, citée en exemple dans presque tous les domaines. Le salaire minimum fait exception à la règle. Les syndicats et les responsables politiques ont passé plus de dix ans à s’affronter sur la question. Le débat aura été honteusement long.
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Le Bundestag a adopté ce jeudi le principe du salaire minimum [535 voix pour, 5 contre et 61 abstentions]. L’Allemagne devient ainsi l’un des derniers pays euro- péens à se doter d’une réglementation pour mettre fin aux pires abus en matière de dumping salarial. Enfin ! Les responsables politiques se sont enlisés dans des débats pour déterminer quelles dérogations accorder à cette loi. Divers scénarios catastrophe ont été évoqués pour montrer le nombre d’emplois que cette mesure risquait de coûter si elle était appliquée à l’ensemble des secteurs. Comme si 8,50 euros de l’heure constituaient un salaire exorbitant. A la fin du mois, cela représente tout juste 1 400 euros. Brut.
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Un peu de valeur et de fierté Le salaire minimum s’imposait depuis longtemps. Cela peut sembler pathétique à dire, mais cette décision redonne de la valeur au travail et un peu de fierté au quelque 1,4 million d’Allemands payés moins de 5 euros de l’heure. Si l’on y ajoute tous les travailleurs rémunérés entre 5 et 8,50 euros de l’heure, on peut estimer à près de 4 millions le nombre de bénéficiaires de cette mesure.
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De nombreuses entreprises dans les domaines de la culture et des arts, de la gastronomie ou des services d’entretien ont fondé leur modèle économique sur l’exploitation financière de leurs salariés. Les employés de ces secteurs dépendent presque tous des aides de l’Etat. La collectivité finance donc ce modèle économique douteux depuis des années.Le risque d’une augmentation des prix On ne pleurera pas sur la disparition de ces entreprises qui voient leurs calculs s’effondrer. Il y en aura suffisamment qui seront capables de s’en sortir malgré la mise en place du salaire minimum. Celui- ci a déjà été introduit dans certains secteurs, comme l’industrie de la viande et les métiers de la coiffure, avant l’adoption de la loi.

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D’autres branches se sont dotées de conventions collectives fixant un salaire minimum supérieur à 8,50 euros. On n’y observe pas de bouleversement particulier. Ces secteurs ne comptent pas moins d’emplois, au contraire, leur taux de chômage continue de baisser.

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Certes, le prix de certains produits ou services risque d’augmenter. Ce ne sera que le reflet de leur véritable valeur. Il serait indécent de s’en lamenter. Après tout, le prix des cigarettes, de l’essence ou de la place de cinéma a bien doublé en quelques années et les gens s’y sont habitués. Ils continuent d’acheter ces pro- duits sans se plaindre. Ils feront de même après l’adoption de cette loi, tout en sachant qu’elle permet aussi à des millions d’exclus de retrouver une place dans la société. Der Spiegel Janko Tietz 31 Décembre 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/12/31/le-salaire-minimum-arrive-enfin

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26 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

loi macron: la posture ou la lutte? (npa)

sans dents

Le projet de loi « pour la croissance et l’activité » de Macron serait, selon le Premier ministre, « une loi de progrès et de liberté ».

Progrès et liberté bien capitalistes : la liberté pour le plus fort d’exploiter le plus faible, le progrès pour les profits…

«Libérer », « investir » et « travailler » est le triptyque de la loi « pour libérer le potentiel inexploité de croissance et d’activité ». Il ne s’agit pas de donner du travail aux 5 millions de chômeurs ni de s’attaquer à la précarité… Non, pour les capitalistes, le chômage, la précarité sont les moteurs de leur croissance, celle des profits. Cette loi fourre-tout n’obéit qu’à une seule logique : liquider les acquis des salariéEs qui font obstacle à la liberté patronale.

Patrons et journalistes économiques à leur solde se permettent de dénoncer, au nom de la langue de bois libérale, les insuffisances d’une loi qui n’irait pas assez loin. Une façon pour eux de donner le change tout en poussant l’avantage pour demander la libéralisation totale du marché du travail. Combattre cette loi est d’abord et avant tout engager une campagne contre ces prétendues évidences libérales qui sont de vrais mensonges.

S’opposer, qui ? Et c’est bien là où les « frondeurs » ou EéLV sont paralysés par leur propre capitulation devant les dogmes de l’économie de marché et de la con- currence. Le radicalisme des « frondeurs » ne va pas plus loin que la critique du travail du dimanche. Martine Aubry dénonce une « régression sociale ». Pour Hamon, la « société de consommation s’est immiscée partout dans nos vies. La tâche de la gauche au pouvoir n’est pas de considérer que les Français ne sont que des consommateurs. Le dimanche est un jour pour faire société, pour faire famille, je suis attaché à ce moment-là. […] Donc, si les choses devaient rester en l’état, je voterai contre les dispositions sur le travail dominical et, évidem- ment, je ne pourrai pas approuver cette loi. » Avant même d’engager la bataille, il recule !

Même son de cloche du côté d’Europe Écologie-les Verts. Jean-Vincent Placé est même favorable à ce « qu’on trouve des compromis » sur le nombre de diman- ches où le travail serait autorisé. « Entre 5 et 12, il y a des marges de débat », a lancé Valls. Un débat pour laisser croire que le gouvernement discute avec ses prétendus opposants…

S’opposer, comment ? « L’ensemble des articles visent à la déréglementation sociale » dit à juste titre Pierre Laurent pour proposer « une bataille essentielle que nous devons mener de façon commune ». Commune avec qui ? Les « fron- deurs » ou EéLV qui ne veulent pas se battre contre le gouvernement ? « Il faut tracer une ligne d’arrêt sur laquelle nous pourrions remporter une victoire contre le libéralisme. Ce point d’arrêt, c’est le point Macron », défend Jean-Luc Mélenchon.

« Ce serait aux syndicats de porter cette mobilisation. […] On a vu comment un cadre collectif comme le « 3A » [Alternative à l’austérité] qui a convoqué la manifestation du 15 novembre contre l’austérité, a prouvé une plus grande capacité de mobilisation que les syndicats. Il réunit des associations, des syndicats et des partis. C’est la bonne alchimie pour le succès. » Faudrait-il encore que toutes et tous s’y investissent réellement. Une manifestation aussi réussie soit-elle ne peut suffire, c’est bien un affrontement avec le gouvernement qu’il faut préparer, aller dans le même sens qu’en Belgique ou en Italie, une grève générale qui se fixe l’objectif de faire céder le gouvernement.

S’opposer, quand ? L’intersyndicale du commerce de Paris, Clic-P, a appelé à une première manifestation le 16 décembre contre le travail du dimanche mais aussi pour réclamer le « retrait sans condition » du projet de loi Macron. Une nouvelle manifestation du commerce est appelée le 26 janvier, jour de l’ouverture des débats à l’Assemblée nationale. Le collectif 3A la soutient. C’est une première étape, mais c’est bien l’ensemble du projet qu’il faut mettre en échec.

Syndicats, partis politiques, associations doivent s’engager dans la mobili- sation pour mener une campagne de dénonciation du projet de loi qui ouvre notamment le terrain à la remise en cause du CDI revendiquée par le patronat. C’est bien une véritable campagne militante qui est à l’ordre du jour pour que les travailleurEs, les jeunes, puissent prendre la mobilisation en main.

Macron prétend « remettre la France en mouvement », nous avons l’occasion de lui donner raison : en mouvement pour faire échec à son projet !

Yvan Lemaitre

Voir aussi notre dossier consacré à la présentation du projet de loi Macron en pages 6-7 et notre article sur la mobilisation dans le commerce en pages 8-9.

Vendredi 26 Décembre 2014

 

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26 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

ghislaine tormos : “Les conditions de travail des ouvriers régressent” (les inrocks)

En début d’année Ghislaine Tormos, l’une des figures de la grève du site d’Aulnay de PSA, publiait un témoignage poignant, “Le Salaire de la vie” (éd. Don Quichotte). Elle travaille désormais à l’usine PSA de Poissy. Avec elle nous revenons sur l’année écoulée sous l’angle des rapports entre le pouvoir et le monde ouvrier.

Comment qualifieriez-vous l’année sous l’angle du rapport entre François Hollande, le gouvernement, et le monde ouvrier ?

Ghislaine Tormos - Catastrophique. C’est le mot qui me vient en premier à l’esprit. Il n’a toujours rien compris je crois. Ce qui m’a marqué cette année c’est la façon dénigrante dont le gouvernement agit avec les ouvriers quand des entreprises ferment. C’est devenu une norme, “parce que l’économie”, “parce que la compétitivité”, … La crise sociale dans les abattoirs de Gad illustre bien cette attitude : on trouve normal de reprendre 150 personnes sur 250 ouvriers. Les autres on s’en fout. On considère que c’est quasiment une victoire parce que ça a été racheté et que c’est resté en France. C’est cette résignation qui me dérange, le fait que les gens ne se plaignent pas parce qu’ils ont quand même gardé l’entreprise et quelques-uns des ouvriers. Pour les autres, on nous dit que le gouvernement va assurer, mais nous sommes bien placés pour savoir qu’en réalité il ne se passe rien du tout, que derrière c’est le chômage, la précarité, et que pour retrouver un emploi c’est la galère. C’est cela qui me choque. La façon d’agir du gouvernement est dans le déni.

On a l’impression que le fait que les entreprises ferment va arranger les choses, que c’est simplement un mauvais moment à passer. Moi le message que j’entends c’est : “Pendant une décennie vous allez tous en chier, mais ne vous inquiétez pas, ça va repartir”. Mais on ne se pose pas la question de ce que vont devenir les gens pendant cette fameuse décennie, aussi bien les ouvriers, leurs familles, les enfants, tout ce qui en découle… C’est devenu banal, cela me révolte beaucoup.

Qu’avez-vous pensé des propos d’Emmanuel Macron en septembre dernier sur les ouvrières de Gad, qu’il avait qualifiées d’illettrées ?

Il n’a qu’à lire mon livre, il verra que nous ne sommes pas si illettrées que ça. C’est tout. C’est honteux et en même temps cela ne m’étonne pas, parce que je crois que ce sont des gens qui sont sur une autre planète. Il y a vraiment un énorme fossé entre ce qu’on appelle “la base”, et ces messieurs qui sont là-haut. Ils parlent du “peuple” avec condescendance. Pour qui se prennent-ils ? Je ne leur en veux même pas car je pense qu’ils ne sont même pas conscients de ce qu’ils font et de ce qu’ils disent.

Cette année nous avons commémoré le centenaire de la mort de Jean Jaurès. Lors de sa visite à Carmaux, François Hollande a été hué, et interpellé par une dame qui lui disait qu’il ne parlait pas comme Jaurès. Vous êtes du même avis au fond ?

C’est un décalage total. Quand ils s’approprient ou citent Jaurès, un révolution- naire ou n’importe quelle personne qui a changé le monde ouvrier pour moi c’est de la pub, de la promo. J’ai l’impression qu’ils ont un manque certain de culture à tous les niveaux. Je ne sais pas s’ ils ouvrent un livre. Maintenant ce sont leurs attachés de presse qui leur dictent ce qu’ils doivent dire. Ils ne s’intéressent même pas à ce qu’ils vont sortir comme parole. j’ai l’impression qu’ils sont relativement plus illettrés que nous en fait.

Comment avez-vous vécu la manifestation patronale début décembre ? Il n’est pas courant de voir des patrons défiler dans la rue…

Cela dépend de quels patrons nous parlons. Si l’on parle des petits patrons, il est clair qu’ils en chient. Par contre les gros, non, je n’accepte pas qu’ils demandent au gouvernement des aides pour qu’ils payent moins d’impôts, moins de taxes, qu’ils puissent faire ce qu’ils veulent avec les ouvriers… Concernant les petits patrons qui créent de l’emploi même à un petit niveau, il est vrai qu’ils galèrent. S’ils sont descendus dans la rue c’est qu’ils avaient des raisons de le faire. Mes parents étaient artisans, ils avaient deux employés, et je les ai vu galérer pendant des années, j’ai vu que ce n’était pas évident de se retrouver à payer des charges, des traites, de pouvoir payer un employé quand on n’a pas une aide des pouvoirs publics. Mais les grands patrons c’est une aberration. On se demande si on est dans un gouvernement de gauche.

En comparaison les syndicats sont restés assez silencieux depuis 2012…

C’est le moins que l’on puisse dire. Je travaille dans une grande entreprise, et je vois bien que les gens ne croient plus aux syndicats, il n’y a plus cette fibre syndicaliste.  Quand on essaye de mobiliser les gens qui sont autour de nous lors d’une manifestation, ils nous disent : “Non, il n’y a pas besoin puisque vous y allez”. Ils se contentent de quelques représentants syndicaux, et ils ont bien conscience que dans les syndicats il y a la base, et il y a ce qui se passe au-dessus. On l’a vu à la CGT. Moi je me suis syndiquée à la CGT depuis que je travaille à Poissy, mais ce n’était pas par choix, c’est pour continuer à lutter, pour avoir une représentativité, mais je m’y sens très mal parce que cela ne me représente pas du tout.

L’affaire Thierry Lepaon a fait beaucoup de mal à la CGT ?

Oui je pense. Et je crois que cela a été voulu au sein de la CGT : il fallait dévoiler un pot aux roses pour éventuellement faire de la place à d’autres. Thierry Lepaon n’a jamais été un grand syndicaliste pour moi mais c’est vrai que cela a fait beaucoup de mal, on n’avait pas besoin de cette affaire. Ce qui me dérange à l’heure actuelle c’est le manque de dynamisme des petits syndicats représentatifs de la CGT : pourquoi ne pas avoir fait circuler une pétition auprès des adhérents pour leur demander ce qu’ils voulaient ? Moi j’aurais demandé à ce qu’il démissionne.

On a le même problème au niveau du gouvernement : certains de ses membres sont mêlés à des scandales énormes mais personne ne se barre. Cela alimente un peu les journaux, mais rapidement ces affaires passent à la trappe et les gens restent en place. C’est ce que je reproche aux syndicats à l’heure actuelle. Il n’y a pas eu plus de mobilisation que cela. On a viré le trésorier, on s’est dit que la pilule allait passer, et voilà.

Ce lundi 22 décembre la CGT a appelé les salariés de quatre sites d’Amazon à se mettre en grève. La grève reste-t-elle le seul moyen de lutter pour se faire entendre ?

Oui, c’est le seul moyen de gagner des luttes, parce que malheureusement tous les avertissements que nous lançons avant d’en arriver là sont inefficaces, et je suis bien placée pour le savoir. Les syndicats qui en arrivent à la grève ont tout essayé en amont, cela représente des mois de préparation. La grève est le résultats de la surdité des autorités à leurs demandes. Malheureusement le grand public en subit souvent les conséquences. On a du mal à faire en sorte qu’une grève atteigne la personne que l’on veut – le patron ou le gouvernement -, mais pour se faire entendre c’est le seul moyen dont nous disposons.

Y-a-t-il eu des victoires, des luttes de gagnées en 2014 ?

Oui bien sûr. Les ouvriers de Fralib ont réussi à récupérer leur usine, je les ai rencontrés. A leur niveau ils pouvaient former une coopérative, pas comme à PSA. Mais quand des petites structures se mobilisent, c’est possible. Chapeau ! Cela prouve qu’il n’y a pas forcément besoin d’un patron pour faire tourner une boîte : quand on a l’intelligence et les bras qu’il faut, cela peut fonctionner. Cela montre à tout le monde un point positif. Les filles de Lejaby se sont également battues pour trouver un repreneur [en 2012, ndlr], mais j’ai vu qu’au final elles étaient obligées de licencier, parce qu’il n’y a pas la volonté derrière de les aider financièrement, de les booster. Ce sont de belles victoires mais il n’y en a pas assez. C’est comme les femmes de ménage dans les grand hôtels : chapeau les filles.

Qu’ont-elles obtenu ?

Tout ce qu’elles voulaient. Elles sont en CDI, ont des jours de congés, ne sont plus payées à la tâche, ont une reconnaissance en tant qu’employées de ces grands hôtels qui se mettent des millions dans les poches, et qui les payent avec des cailloux. C’est rare et on n’en parle pas assez. Le problème c’est que la volonté des médias c’est surtout de ne pas dire que les ouvriers gagnent sinon on est mal barré. (rires)

Le journal Fakir a récemment publié une enquête sur le temps de parole des classes populaires sur France Inter. D’après cette étude sauvage, le temps de parole qui leur est accordé sur une journée n’est que de 1,7%. Qu’en pensez-vous ?

On les entend de moins en moins. Je crois que ça dérange. C’est mal venu en ce moment avec le gouvernement, car je pense que les gens qui seraient interviewés se lâcheraient. En ce moment il ne faut surtout pas déranger ce pauvre gouvernement de gauche qui a des misères, qui voudrait bien aider le peuple mais qui n’y arrive pas.

Étiez-vous une auditrice de l’émission de Daniel Mermet, “Là-bas si j’y suis”, qui a été supprimée en juin 2014 ?

Non. J’ai fait connaissance avec ces gens grâce à mon livre, car avant j’étais assez éloignée de tout cela. Je continue maintenant à être invitée dans des librairies qui organisent des débats. Mais ce sont beaucoup de gens militants, qui ont cette fibre de vouloir changer les choses, de vouloir entendre aussi. Ce sont des réunions sympa. J’aime rencontrer les sociologues, ces gens qui nous étu- dient au microscope. Mais je crois qu’on s’éloigne de plus en plus, il y a beaucoup de théorie et très peu de pratique dans tous ces meetings. C’est chouette mais “ça pisse pas loin” comme on dit. On ressort de ces meetings boosté, mais quand il y a des manifestations dans la rue, on s’aperçoit qu’il n’y a personne.

Comment expliquez vous cette faible capacité de mobilisation de la gauche radicale en France ?

Déjà, je suis pour la convergence des luttes – je ne suis donc pas forcément bien vue dans certains milieux – et je pense que c’est là que réside le problème : tout le monde passe son temps à se tirer dessus à boulets rouges, et personne n’arrive à se réunir. Tant qu’on jouera à cela on n’arrivera à rien, au contraire on se fait railler, ça fait marrer tout le monde ! Je suis allée à la dernière manif’ avec Mélenchon avec un copain qui n’était jamais allé en manif’, et il s’est marré ! Il m’a dit : “Déjà, il n’y a que des vieux”, et il y avait très peu de monde alors qu’il s’a- gissait simplement de dire au gouvernement qu’on ne voulait plus de sa politique. A mon avis tout le monde pense cela, mais sous prétexte que c’est un appel de Mélenchon, on n’y va pas. Moi je dis autour de moi que je m’en fous de Mélen_ chon, je veux montrer au gouvernement que je ne veux plus de sa politique, je me bats pour des idées. Si on ne lui montre pas dans la rue, je ne sais pas comment on peut faire.

Que pensez-vous du projet de loi Macron et de ses dispositions sur le travail le dimanche et de nuit ?

Ce que je sais, c’est que j’ai des gosses qui ont eu besoin de travailler pendant leurs études, et moi aussi dans des périodes assez difficiles, et ce sont les seuls moments où c’était possible, où j’avais du boulot. Je suis donc partagée. Je pars du principe que cela ne sert à rien d’être en famille le dimanche si on n’a rien à bouffer, car le dimanche sera triste. par contre il faut que des lois encadrent le travail le dimanche, qu’il y ait des garde-fous. Si le travail le dimanche est un choix personnel, volontaire, qu’il est payé le double, et que le patron ne peut pas enfreindre ces règles, alors il n’y a rien à dire. Il y a des gens qui ont peut être envie de travailler le dimanche. Pour beaucoup d’étudiants ces boulots sont une bouée de secours. C’est la seule solution pour qu’ils puissent payer leur logement et poursuivre leurs études.

Avez vous lu des livres qui vous ont marquée cette année en rapport avec le monde ouvrier ?

J’ai lu L’Etabli, de Robert Linhart. J’ai retrouvé un peu ce que j’ai vécu, j’ai trouvé ça chouette, bien écrit. J’ai aussi lu Des Impatientes, de Sylvain Pattieu, qui est quelqu’un d’engagé. En ce moment je me suis rabattue sur Mille femmes blanches de Jim Fergus, ce qui n’a rien à voir. Mais ce sont toujours des livres qui parlent de luttes, d’expériences, de vécu, j’aime bien tout ce qui est assez autobiographique.

Pour vous c’est important que la culture ouvrière soit représentée dans les œuvres de fiction ?

Oui parce que je me suis aperçue en lisant L’Etabli ou Henri Rollin – le premier cégétiste à Poissy dans les années 1950 – que très peu de choses ont changé par rapport à ce que je raconte dans Le Salaire de la vie. C’est assez aberrant car ces trois livres sur cinquante ans parlent de la même usine, des mêmes impressions de vie, de la même indifférence du patron. On s’aperçoit qu’on n’a pas inventé aujourd’hui les mots “productivité” et “compétitivité”, et que les conditions de travail des ouvriers n’ont pas évolué. Au contraire on régresse même, car aujourd’hui si un ouvrier peut être traité comme un robot, c’est tant mieux. C’est ça qui est intéressant dans ces livres. Notre message n’a toujours pas été entendu.

Propos recueillis par Mathieu Dejean 25/12/2014 | 16h46

http://www.lesinrocks.com/2014/12/25/actualite/ghislaine-tormos-conditions-travail-ouvriers-regressent-11542806/

Commentaire: Nous ne partageons pas son avis sur le dimanche, mais on n’apas coupé!

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22 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

cgt, donner du sens à la crise 2 (npa)

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Mais plus troublante encore fut la faible durée de la campagne des médias, que l’on ne peut s’empêcher de mettre en relation avec les improbables soutiens reçu par le secrétaire général de la CGT. Passons rapidement sur l’erreur de perspective de Gérard Filoche déclarant : « il y des éléments sectaires, néostaliniens au sein de la centrale qui ne supportent pas l’unité que cherche à faire Lepaon ».

Plus significatives sont les craintes exprimées par le député Lellouche (UMP) : « comme le pays va mal, que nous sommes en train de vivre une déprime collective (…)  la chasse aux élites commence. Il y a les politiques, maintenant les syndicalistes, demain les journalistes, etc. Je ne suis pas sûr que cela contribue à la sérénité dans le pays. Moi, ce qui m’importe plus dans le dialogue social français, c’est que notre pays est malheureusement sous- syndicalisé (…) Si nous avions de vrais syndicats qui représentent vraiment l’ensemble des travailleurs, on aurait un dialogue social qui serait quand même beaucoup plus simple et des mesures économiques qui seraient adoptées par les partenaires sociaux. »

Une autre question est soulevée par l’origine de la fuite. S’il ne faut pas exclure que la boule puante ait pu être lancée par des ennemis avérés de la CGT, le sentiment dominant est qu’elle vient de l’intérieur. L’absence de démocratie dans la CGT conduit à ce que les divergences s’expriment par des contorsions, des manœuvres, voire des coups bas. Les attaques régulières contre Lepaon en fournissent quelques exemples.

C’est un problème sur lequel il faudra bien que les débats s’ouvrent. Sous deux aspects. D’abord,  l’expression des divergences bien normales dans une organisation de plusieurs centaines de milliers d’adhérents : l’organisation d’une libre expression régulière, la possibilité de présenter des orientations différentes au moment des congrès, le respect de la démocratie dans toutes les instances élues ; et celui du fonctionnement, posant les questions de la rémunération et de la rotation des permanents, ainsi que de leur lien avec leur entreprise et leur poste de travail.

La question essentielle Mais la question essentielle est celle de l’orientation confédérale. La prise de distance avec le PCF s’est faite en même temps qu’une rupture avec toute référence politique, identifiée à longueur de sondages comme la cause principale de la non reconnaissance de la CGT par une large partie des salariés. Mais selon le célèbre adage « la politique a horreur du vide », c’est l’acceptation du cadre du système capitaliste qui, de fait, prévaut. Avec, en tout premier lieu, l’acceptation du dialogue social.

 Au moment même où Le Canard Enchaîné « sortait » l’affaire, la commission exécutive confédérale approuvait un texte de plusieurs pages sur le dialogue social. Son introduction donne le ton, en déplorant le fait que « l’ouverture d’une réelle négociation n’est pas assurée ». Dans la logique du dialogue social, il s’agit évidemment d’une négociation à froid dans laquelle le donnant-donnant se trans- forme en perdant-perdant pour les salariés, dans un contexte où le gouvernement est complètement aux cotés du patronat.

Sur le fond, la défense des institutions représentatives du personnel (IRP) est présentée comme celle du droit à la représentation, à l’information, à la con- sultation des salariés et non celle d’outils de combat contre le patronat. En guise de conclusion, la formule « contester, proposer, peser sur le rapport de forces pour obtenir un niveau de compromis traduisant des avancées pour les salariés » résume la feuille de route d’un syndicalisme guère différent de celui mis en œuvre par la CFDT et d’autres syndicats que l’on peut qualifier gentiment d’accompagnement.

http://npa2009.org/idees/cgt-donner-du-sens-la-crise

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22 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

cgt, donner du sens à la crise (1) npa

cgt super h

La situation a profondément évolué au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.

Avec d’abord, la scission de la CGT ayant donné naissance à Force ouvrière, organisée en 1947 avec l’aide à l’époque de la CIA, puis avec le développement de la CFTC devenant CFDT.

Une réflexion sur le mouvement syndical français ne saurait se réduire aux seuls appareils syndicaux mais doit prendre en compte leurs multiples appendices souvent pourvoyeurs de moyens matériels et humains : les réseaux assuranciels et mutualistes auxquels ils sont liés, l’ensemble des institutions représentatives, depuis les délégués du personnel jusqu’aux comités de groupes européens voir mondiaux, en passant par les conseils d’administrations, de surveillance (notam- ment dans les secteurs industriel et  bancaire public ou ex-nationalisé), les com- missions paritaires, etc. De même doit-on considérer les systèmes et organismes de formation professionnelle et prud’homaux, les cabinets d’expertise économique et/ou de conditions de travail, ainsi que les financements directs assurés par certains employeurs.

Il faut y ajouter tout le système de « dialogue social », depuis les commissions paritaires départementales ou régionales jusqu’au firmament du Conseil écono- mique, social et environnemental (CESE). On est face à une constellation aux multiples ramifications, dont il est difficile de faire l’inventaire et dans laquelle les conditions de travail des salariés de certaines institutions n’ont rien à envier (ou plutôt à déplorer) au privé ou au public « classique ».

La fin du monopole de la  CGT a imposé un partage des prérogatives. Ainsi, lors de sa création,  Force ouvrière a conservé des positions importantes dans la fonction publique. La FEN puis la FSU ont monopolisé la représentation du per- sonnel et la gestion des organisations associées (MAIF, CAMIF, MGEN, etc.) dans l’Eduction nationale. Le développement de la CFTC et surtout de la CFDT a égale- ment conduit à une redistribution des cartes. La bataille dite d’idées lors des mobilisations de 1995 était en partie une réfraction de cette lutte pour la gestion de l’UNEDIC et plus généralement la reconnaissance par l’appareil d’Etat.

Pour la CGT, l’obligation de partage des moyens et de la sphère d’influence a suscité depuis longtemps des débats et mini-crises internes, tournant autour des questions de radicalité et de rapport au PCF. Le soutien à peine critique apporté aux gouvernements de gauche à partir de 1981 puis la chute du Mur de Berlin ont précipité les débats internes sur fond de démoralisation, d’affaiblissement, de prise de distances par rapport au PCF et à la politique en général. Cette prise de distanciation a libéré à son tour des forces centrifuges tant sur le au plan organisationnel que politique. C’est dans ce contexte que l’on doit analyser les événements actuels dans la CGT.

A la recherche d’un secrétaire général Le projet de réorganisation de la CGT mis en route depuis 2006 visait, dans la foulée de la mise en place de Cogetise (le système informatique de gestion des cotisations), une centralisation, à l’image de celle de la CFDT, limitant les possibilités de critiques : suppression des unions locales, regroupement de fédérations, autant de pistes qui continuent à susciter de fortes oppositions et font que le projet reste à  l’état de projet.

Cette volonté de réorganisation reste un enjeu essentiel des batailles qui se mènent au sein de l’appareil et se sont cristallisées autour de l’élection du suc- cesseur de Bernard Thibault. Les candidats pressentis avant Thierry Lepaon (Aubin, Prigent, Naton) avaient la réputation de porter une vision interventionniste de la confédération.

La cristallisation du débat sur des personnes ne doit pas laisser croire à l’absence de fond politique dans une bataille qui, auparavant, se réglait au sein du bureau politique du PCF, laissant peu de place aux bavures. Affaibli, divisé, fracturé, le PCF est aujourd’hui incapable d’imposer à la CGT des orientations et des dirigeants.

Les experts dont s’entoure la direction confédérale sont plus polarisés par le PS et, de ce fait, en opposition avec les directions des fédérations plus « tradi- tionnelles » (bâtiment, chimie, agroalimentaire…) et/ou de celles développant une critique par rapport au dialogue social.

http://npa2009.org/idees/cgt-donner-du-sens-la-crise

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21 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

dimanche 21 décembre, 13h, manif de soutien aux salarié-e-s de swissport, genève (l’anticapitaliste)

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Rupture des négociations pour le renouvellement de la Convention collective de travail de Swissport !

La direction de cette héritière de Swissair appartenant désormais au groupe PAI BNP Paribas, joue le chantage aux emplois au cas où les syndicats n’accèdent pas à une baisse générale des salaires ! Le personnel organisé refuse d’accepter la perte mensuelle de plusieurs centaines de francs de son salaire.

Les employés de Swissport sont des femmes et hommes qui accueillent les passages avec sourire aux guichets de l’aéroport. Ils travaillent 365 jours par an pour assurer l’enregistrement des bagages, leur transport jusqu’à l’avion, du fret, des litiges bagages, de l’accueil et de l’orientation des passagers. Leur travail est dur et très exigeant et ils sont plus de 1’100 personnes à Genève. Et pourtant ce ne sont pas des privilégiés-es. Salaires de misère pour certains, travail dans les températures extrêmes pour la plupart.

La gourmandise de Swissport international ne tarit pas : 2,1 milliards de francs de revenus pour 2013 en hausse de 11% comparé à 2012, contre une hausse de la productivité du travail de 15% depuis 2010.

Voilà à peine 2 semaines que Swissport annonçait avec fracas son engagement pour recruter de la main d’œuvre locale à Genève. La direction du numéro un mondial de l’assistance au sol brandit désormais la menace de 70 licenciements ou plus encore. Pour crier sa colère, le personnel de Swissport Genève appuyé par le SSP Trafic aérien et Push organise une manifestation :

La GA vous appelle à soutenir la mobilisation ce dimanche des salarié-e-s de l’entreprise Swissport, active sur le tarmac de l’aéroport de Genève. Nous publions, ci-dessous, le communiqué du Syndicat des Services Publics

Dimanche 21 décembre à 13 heure, devant le Fret (entrée ABT), le cortège se rendra ensuite devant l’entrée de l’aéroport au niveau des départs.

19 décembre 2014

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=1195

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20 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

valls à josselin « et Ils font quoi pour l’agroalimentaire? »(of)

y-en-a-marre

Colère, Nadine Hourmant, déléguée centrale FO chez Doux , après la visite-surprise de Manuel Valls à Josselin, chez Gad ce matin. Elle réclame les aides promises pour Doux.

« Et ils font quoi pour l’agroalimentaire ? On nous parle de la RN164, des marins de Brest ou de l’extranet. Tout ça n’a pas empêché la fermeture de Marine Harvest, de Gad, les difficultés de Tilly-Sabco ou Isobox qui ferme. Le Pacte d’avenir pour moi, c’est la casse de l’emploi »

La bouillante syndicaliste veut remettre les pendules à l’heure, après la visite bretonne du Premier ministre. Elle conteste les chiffres avancés par le préfet de Région à propos de Gad, où il annonçait jeudi que les aides du Pacte d’avenir avaient permis à 368 salariés sur 762 de retrouver du travail.  »J’ai les chiffres sous les yeux, que l’on nous a donnés à la commission du plan de sauvegarde de l’emploi de Gad. 116 personnes seulement sur les 889 licenciés ont retrouvé un CDI, 81 un CDD supérieur à six mois, 105 un CDD inférieur à six mois. Pour nous, seuls les CDI comptent ».

« Et la banque publique d’investissement ? »

Elle pointe aussi les promesses non tenues lors de la visite du ministre de l’agro-alimentaire, Guillaume Garot, chez Doux, en décembre 2012.  »Il avait dit que les aides de la banque publique d’investissement seraient débloqués quand Doux sortirait du redressement judiciaire. On en est sortis en novembre 2013, on n’a toujours rien reçu. Doux va investir sur ses fonds propres. Du coup, le volet social va passer à la trappe. Alors que l’on est en train de négocier la formation, l’ajout de compétences, la pénibilité, le contrat de génération, l’égalité hommes femmes. Chez doux, sur 1 010 licenciés, 141 seulement ont retrouvé un CDI. »Châteaulin – 19 Décembre

http://www.ouest-france.fr/valls-josselin-et-ils-font-quoi-pour-lagroalimentaire-3067329

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19 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

santé: quand les patrons et les libéraux font « grève »…(npa)

Dans la santé comme ailleurs, l’heure est à la « grève » et à la manifestation chez les patrons et dans les professions libérales. En particulier, entre Noël et le jour de l’an, les cabinets médicaux sont appelés à fermer par les principaux syndicats de médecins libéraux...

À vrai dire, l’opération consiste surtout à appeler « grève »… la semaine de vacances que prennent la majorité des dits praticiens, et s’ils devaient tenir des « assemblées générales », ce serait probablement dans la queue des remonte-pentes de Mégève ou de Courchevel. Pendant ce temps, les hôpitaux publics devront, eux, assurer l’accueil d’un surcroît de patients, avec des personnels surchargés et des services débordés.

Quant aux patrons des cliniques privées commerciales et à la FHP (1) (Fédération de l’hospitalisation privée, adhérente au Medef), ils appellent à une cessation d’activité, totale et illimitée, de leurs établissements à partir du 5 janvier.

« Une bolchévisation de la santé » ? L’objet de cette pantalonnade est « la loi de santé », dont le Parlement doit débattre en début d’année. Pour la FHP, ce « texte liberticide, fondé sur un credo idéologique antilibéral, est un casus belli pour les entreprises de santé que nous sommes ».

Quant aux principaux syndicats de médecins libéraux, leur bête noire est l’instauration du « tiers payant » pour les consultations médicales, qui permettrait pourtant au patient de ne plus faire l’avance de la consultation. Le médecin serait directement payé par l’assurance maladie.

Les difficultés et les impasses auxquelles est confronté l’exercice libéral de la médecine sont ainsi canalisées vers des revendications corporatistes opposées à l’intérêt des patients. Patrons et libéraux dénoncent en chœur « l’étatisation » de la médecine.

Emporté par son élan, le Dr Roger Rua, président du Syndicat des médecins libéraux (SML) va jusqu’à affirmer : « C’est plus qu’une étatisation, c’est une bolchevisation » ! Hollande, Valls et Touraine seraient-ils brusquement passés du social libéralisme à un quasi « bolchevisme », ou du moins à une politique redonnant une place prépondérante à l’hôpital public ?

Il n’en est bien évidemment rien. Non seulement ce gouvernement n’est pas revenu sur les contre-­réformes de la droite, mais le projet de loi Touraine se situe dans la continuité de la loi Bachelot, qu’elle aggrave même en précisant que « le service public hospitalier est assuré par les établissements publics et les établissements privés ».

Ce projet rend aussi obligatoire les regroupements et restructurations d’hô- pitaux au sein d’un « groupement hospitalier de territoire » qui ne sera pas un service public, mais un « service territorial de santé au public ». Son but sera d’œuvrer à la politique d’austérité et de privatisation de la santé.

Le beurre et l’argent du beurre Le gouvernement entend faire piloter cette politique par les Agence régionales de santé (ARS) pour éviter que la disparition du service public n’aboutisse à la création de véritables déserts sanitaires, avec des conséquences dramatiques pour la population. Tous les acteurs, y compris libéraux et privés, sont donc sollicités pour répondre à un minimum de présence dans les territoires.

Mais pour le privé, il n’en est pas question : ils veulent à la fois le beurre, c’est à dire la privatisation de la santé à leur profit, et l’argent du beurre, l’absence de toute contrainte pour répondre aux besoins de santé. Ils ont déjà bénéficié du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi), et sont convaincus que ce gouver- nement capitulera encore devant leurs exigences, comme devant toutes celles des patrons et de la droite.

Ils n’ont pas entièrement tort : aux dernières nouvelles, l’examen du projet de loi de santé serait reporté de plusieurs mois… C’est donc à la fois contre le projet de loi Touraine et contre les exigences du patronat et de ses alliés libéraux que doit s’organiser la riposte pour la défense de l’hôpital public et de la Sécurité sociale, pour un véritable service public de santé.

J.C. Delavigne Vendredi 19 Décembre 2014

1 – La FHP regroupe un millier de cliniques et d’hôpitaux privés employant 154 000 salariéEs et 42 000 médecins.

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18 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

cgt: quelle sortie de crise? (npa)

le paon cgt

La crise que traverse la CGT met en évidence l’impasse dans laquelle se sont engagées les directions de la confédération au fil du temps, cela quelque soient les positionnements des différentes structures. Lepaon se maintient encore car la tradition et les pratiques de la CGT ne permettent aucune sortie de crise simple, qui réponde aux problèmes soulevés.

Le fonctionnement complètement bureaucratique ne laisse la place à aucune critique, aucune alternative même minimum, que ce soit des équipes dirigeantes ou dans le domaine des orientations. Pour ce qui est des dirigeantEs, les multiples péripéties qui avaient abouti à l’élection par défaut de Lepaon avaient déjà montré qu’une fois abandonné le mode de tri fait par le bureau politique du PCF, les différents appareils ont bien du mal à se mettre d’accord.
En ce qui concerne l’orientation, la pression exercée au cœur de la crise par le patronat et le gouvernement laisse peu de place à une stratégie qui refuse l’affrontement tout en répondant aux colères accumulées.

Des positionnements multiformes
Ces difficultés se retrouvent dans les déclarations qui montent de dizaines de structures de la confédération. Venues de fédérations, unions départementales, unions locales, syndicats locaux, régionaux, nationaux, personnalités, etc. les prises de positions se multiplient, avec des préoccupations et des propositions multiples.
De ces déclarations et du déroulement de la réunion des responsables de structures du lundi 15 décembre se dégagent plusieurs positionnements. Tout d’abord, une partie non négligeable de ces responsables affirment un soutien à Lepaon, avec des motivations différentes faites soit de repli identitaire soit de soutien de fond. Il y a également de nombreuses structures qui se « contenteraient » de la démission du secrétaire général. Mais le plus grand nombre de structures se prononcent ouvertement pour la démission de l’entièreté du bureau confédéral, avec à la clef la préparation d’un congrès extraordinaire posant à la fois les questions de fonctionnement et celles d’orientation.

Une bataille à l’issue incertaine
Ces différentes prises de positions ont au moins le mérite de refléter, même de façon déformée et pour des motivations variables, la multiplicité des réactions et exigences des syndiquéEs. Reste à savoir comment vont évoluer les positionnements dans les semaines qui restent jusqu’au prochain comité confédéral national, instance officielle et décisionnelle qui se déroulera le 17 janvier.
Une préoccupation est largement partagée : ne pas reproduire la cacophonie de l’élection de Lepaon. C’est pour cela que la solution du maintien de l’actuel secrétaire général n’est pas complètement à écarter. L’autre porte de sortie consisterait en la mise en place d’une équipe collégiale provisoire pour préparer un congrès extraordinaire. Il n’est pas sûr que l’absence d’homogénéité des partisans de la démission du bureau confédéral, préalable à cette solution, permettent cette sortie par le haut. Et ce d’autant plus que les problèmes ne feraient alors que commencer : comment débattre démocratiquement de l’orientation de la confédération, d’une orientation stratégique qui permette de sortir de l’attentisme actuel de la CGT ?

Une alternative à partir de la mobilisation ?
Les traditions, les habitudes ancrées dans la CGT rendent l’issue de ces pistes fort aléatoire. Les compromis pour faire bouger les lignes le moins possible, pour préserver les prérogatives de chaque appareil, risquent fort de l’emporter.
La meilleure façon de (re)construire une image de la CGT conforme à celle qu’ont encore une grande partie des syndiquéEs, des salariéEs, celle d’un syndicat qui défend leurs intérêts, serait de se lancer dans la construction de l’affrontement au patronat, au gouvernement. L’organisation du combat contre la loi Macron, véritable provocation antisociale montée par le gouvernement, pourrait être la meilleure façon d’affirmer que la CGT n’est pas morte.

Jeudi 18 Décembre 2014 Robert Pelletier

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17 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

faire comme en belgique et en italie, ce serait le minimum syndical! (ccr)

rouge

Un peu partout en Europe, les politiciens aux commandes continuent à nous livrer une guerre en bonne et due forme.

De gauche comme de droite, de coalition ou monocolores, les gouvernements attaquent sur tous les fronts, secondant les exigences du patronat : Code du Travail, protection sociale, services publics quand ce ne sont pas les salaires qui sont tailladés, comme en Grèce.

Ni la faute à Merkel, ni la faute à Bruxelles Que l’on ne se trompe pas d’ennemis, cependant. Le problème n’est ni «Frau Merkel», comme veut le faire croire Mélenchon, ni Bruxelles. En Europe occidentale en général et en France en particulier, l’offensive est orchestrée à la demande de patrons bien de chez nous.

Que l’on ne se trompe pas non plus de logique. Toutes ces attaques n’ont pas pour objet la «relance» de l’économie ni l’augmentation des profits des actionnaires du CAC 40 (même si les dividendes qui leur sont reversées sont à des niveaux historiques). L’enjeu, pour le patronat, c’est de se s’organiser en vue d’être dans la meilleure position à la moindre lueur de croissance. Pour cela, il lui faut un monde du travail à genoux, prêt à accepter tous les sacrifices, précisément pour relancer avec plus de force encore la machine à profits face à ses partenaires-rivaux impérialistes.

Grève générale du 12 en Italie et du 15 en Belgique Vendredi 12 décembre, c’est toute l’Italie qui a tourné au ralenti. Huit heures de grève, à l’appel, notamment, de la CGIL, la principale confédération syndicale du pays, pourtant liée au Parti Démocrate, au pouvoir. L’enjeu, pour les travailleurs, c’est le «Jobs Act» du gouvernement «de gauche» de Matteo Renzi, qui prévoit l’instauration d’un «contrat unique», cher à Valls, facilitant les licenciements sous couvert d’accorder davantage de garanties aux salariés.

En Belgique, le pays a été complètement paralysé le lundi 15 : aucun avion, aucun train, les ports d’Anvers et de Zeebrugge bloqués, des piquets de grève à l’entrée des zones industrielles. Pour les grévistes, il n’est pas question de laisser au gouvernement de droite de Charles Michel la possibilité de faire 11 milliards d’économies ni de mettre en œuvre une réforme des retraites.

Et nous, c’est pour quand ? Les directions syndicales belges et italiennes ne sont pas plus combatives que les françaises, mais, d’une part, les gouvernements de Michel et de Renzi refusent tout dialogue et, de l’autre, la pression est telle, à la base des organisations, que les confédérations n’ont pas pu se dérober. Du côté hexagonal, en revanche, la situation est pitoyable: les dirigeants syndicaux redemandent du «dialogue social», sont prêts à sacrifier les 90.000 DP des PME, laissent les mains libres à Macron pour opérer sa réforme du Code du Travail sous couvert de «libérer l’économie» quand ils ne bénéficient, à leur façon, de «parachutes dorés» et avouent même toucher 5.000 euros par mois, comme l’a fait Lepaon, le 5 décembre!

Ici, en France, où les attaques sont les mêmes qu’en Belgique ou en Italie, il est urgent d’organiser la riposte, pour défendre nos droits et contrer les attaques. Pour cela, il faudra que qu’en tant que travailleuses et travailleurs, on récupère les syndicats pour notre classe et qu’on en chasse tous les bureaucrates, et pas uniquement Lepaon et son trésorier. Ça aussi, c’est une nécessité pour se mettre en ordre de bataille. 15/12/14

http://www.ccr4.org/Faire-comme-en-Belgique-et-en-Italie-ce-serait-le-minimum-syndical

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