Archive | Syndicalisme

02 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

sud éducation 29

sardines e

Carte scolaire : CTSD de rentrée mercredi 2 septembre, 14h 

SUD éducation soutien les écoles en lutte et a déposé un préavis de grève pour couvrir les personnels qui voudraient débrayer ce jour là et participer au rassemblement sous les fenêtres de l’IA.

Ce n’est plus une nouveauté de constater que la politique des moyens scolaires aligne ses objectifs et ses critères de réussite sur les dogmes de l’économie dominante. Concentrations, regroupements, économies et rentabilité au service de l’ambition et de la réussite individuelle, telles ont été les notions-clés pour comprendre l’évolution des politiques scolaires depuis des années.

Les prétextes officiels pour les fermetures de petites écoles ont toujours été les mêmes, faisant fi des réalités du terrain: les opposants font preuve d’archaïsme et l’intérêt de l’enfant est au cœur des aménagements en cours.

Pourtant, dès 1991, le département de l’évaluation et de la prospective faisait connaître les résultats de ses travaux sur les résultats des écoles selon leur taille et leur situation, et montrait que les résultats des classes uniques étaient supérieurs à la moyenne nationale. Il a été suivi en cela par l’IREDU (Institut de recherche en éducation, Dijon), le rapport Ferrier de l’Inspection Générale, et aujourd’hui encore l’Observatoire Éducation et Territoires confir- ment l’intérêt des petites structures multi-âges dans le développement cognitif et la socialisation de l’enfant.

Carotte pour les uns, bâton pour les opposants Mais la politique de concentration des moyens scolaires ne s’est jamais vraiment interrompue. Et elle vient d’être relancée au grand jour par Mme Najat Vallaud-Belkacem sous la forme d’un chantage: chaque dépar- tement où la DASEN, le Conseil départemental et les grands élus signeront une charte où ils s’engagent à supprimer les petites écoles rurales et à transformer les RPI éclatés en RPI concentrés, bénéficiera d’un maintien de l’attribution globale de postes sur 3 ans.

Une attaque générale contre les écoles rurales A SUD éducation, nous soutenons les actions des enseignants et parents qui se battent depuis des semaines contre les ferme- tures de classe dans leur école. Nous faisons le triste constat d’une attaque générale contre les écoles rurales, et de la disparition programmée de ce qui constitue un maillage territorial remarquable.

Avec les parents et les enseignant-e-s, avec les élus de petites communes, nous conti- nuons à penser que la démocratie doit permettre de sauvegarder des espaces favorables à l’épanouissement d’enfants heureux sans aucun soupçon de privilège indu et de leur épar- gner les effets destructeurs déjà illustrés sur les petites exploitations agricoles, le maillage ferroviaire, l’habitat ou les secteurs bancaires et industriels, des concentrations au seul service du dogme inhumain de l’équilibre budgétaire.

http://www.sudeducation29.infini.fr/spip.php?article1130

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02 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

rentrée des classes: lutter, se syndiquer! (cnt)

clown

On connaît tous la caricature du prof privilégié aux conditions de travail idylliques et perpétuellement en congé.

Dans le contexte actuel de crise, le ministère de l’Éducation Nationale serait particulièrement préservé et favorisé… Alors tout baigne, et il n’y aurait plus de place pour l’action syndicale ?

Pas vraiment! L’état général de l’École et de nos conditions de travail s’est largement dégra- dé durant la dernière décennie. Des milliers de postes ont été supprimés avec des consé- quences directes sur le taux d’encadrement, le système de remplacement, une pression aux heures supplémentaires dans le secondaire… Les créations de postes depuis trois ans n’ont pas permis de gommer les effets de cette saignée dans un contexte de hausse démo- graphique des effectifs.

Le Ministère de l’Éducation Nationale est aussi touché par la précarisation , particuliè- rement forte dans les emplois de «vie scolaire». Nous n’avons pas non plus été épargnés par la dérive managériale de gestion des personnels: renforcement de la hiérarchie, évalua- tionite, individualisation des salaires: heures sup’, IMP… La mise en concurrence et l’indivi- dualisme exacerbés par cette nouvelle politique dégradent les collectifs de travail.

Les ambitions initialement affichées de «rénovation de l’école» auront fait pschiit face aux impératifs imposés par la logique de rigueur budgétaire. Les principales réformes ont été passé en force, contre l’avis des personnels et des parents.

Il en va ainsi d’une réforme des rythmes scolaires en primaire ayant accentué les inéga- lités territoriales et généré plus de désorganisation que de bienfaits pour l’enfant. La réforme du collège dont on peut dénoncer les mêmes logiques inégalitaires sous couvert d’autono- mie renforcée des établissements, reste aussi fortement à combattre.

Le secteur de «l’éducation prioritaire» aura attendu deux ans pour des mesures limitées, plus financières que pédagogiques, avec un redéploiement de moyens pressurant les autres établissements. Le retour de la formation initiale, toujours handicapée par le maintien de la masterisation, s’avère également décevante.

Au final, elle-même plus inégalitaire et moins efficace, l’école est en première ligne face à la violence d’une société en crise sociale. Le constat est sévère et appelle à une rupture profonde. Il y a du pain sur le planche pour améliorer nos conditions de travail et proposer un service public d’éducation de qualité… Et pour ça, pas de secret, il faut se syndiquer et se mobiliser ! 1er septembre 2015 

http://www.cnt-so.org/Rentree-des-classes-lutter-se

Lire aussi sur la réforme du collège:

http://www.cnt-so.org/Decryptage-de-la-reforme-du

Et encore:

http://www.revolutionpermanente.fr/Interview-d-une-enseignante-en-college-REP-du-93

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27 août 2015 ~ 0 Commentaire

la poste-nantes-bretagne: ras le colis (lo)

http://www.sudptt44.org/images/20150717%203me%20jour%20Grve%20illimite%20Sudptt%20Coliposte%20Nantes022.jpg

Avant le début de l’été, les postiers du centre courrier de Nantes Bretagne ont appris que la direction envisageait de leur faire distribuer une grande partie des paquets de Coli- poste. La Poste, une entreprise de près de 200 000 salariés de statuts divers, cherche en permanence à se débarrasser de son personnel, comme partout. Elle supprime chaque année environ 5 000 emplois.

Et maintenant elle s’attaque aux distributeurs de colis. L’argument est toujours le même, la baisse du trafic. Pourtant selon les chiffres de La Poste, la marque Coliposte, depuis le printemps réintégrée dans le groupe La Poste, est n°1 en France de la livraison à domicile en 48 heures, n°2 en Europe, le chiffre d’affaires progresse: +2,2 %, soit 700 millions d’euros pour le premier semestre 2015. Toujours est-il qu’elle envisage de faire distribuer une bonne partie des colis par les facteurs. Elle prétend que c’est à l’essai dans plusieurs centres dans le pays, dont Nantes Bretagne et Nantes Rollin, en Loire-Atlantique.

Pour s’opposer aux suppressions d’emplois que cela entraînerait, les colipostiers de la région nantaise ont fait massivement grève trois jours de suite, ainsi que contre l’horaire tardif de fin de journée qu’on leur a proposé : finir à 21 heures. Devant la grève, la direction a avancé cette fin de service à 20 h 30.

Les facteurs de Nantes Bretagne, qui avaient chaleureusement accueilli les grévis- tes de Coliposte lors de leur grève, s’attendent à un coup de force de la direction en septembre, visant à leur imposer le transport des paquets, sur les tournées tests, dit-elle. Mais tout le monde a bien compris qu’il s’agit à nouveau d’alourdir la charge de travail des uns, pour supprimer les emplois des autres, et au final pour tout le monde.

S’affronter à nouveau directement aux postiers de Nantes Bretagne, qui avaient fait onze jours de grève contre la dernière restructuration il y a un an, ne réjouit pas la direction du Courrier de Loire-Atlantique Vendée, et elle cherche pour l’instant partout dans les autres centres des volontaires sur ces horaires, sans grand succès dans l’immédiat, car à 21 heures chacun a autre chose à faire. Tout le monde s’attend de la part de la direction à un coup de Trafalgar début septembre… et à la solidarité dans la lutte à venir.

Correspondant LO 26 Août 2015

http://www.lutte-ouvriere-la-poste-nantes-bretagne-ras-le-colis

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26 août 2015 ~ 0 Commentaire

cambodge, les ouvrières du textile continuent de s’évanouir par centaines (libération)

Striking+Cambodian+Garment+Workers+Join+Opposition+7otUbsJGYLOl

Cette semaine, les autorités ont prétendu que ce serait dû à des crevettes avariées. Mais les conditions de travail en sont le plus souvent la cause.

Entre lundi et mercredi derniers, environ 200 travailleuses ont perdu connaissance dans trois usines de textile proches de Phnom Penh, capitale du Cambodge. Si l’on en croit la version officielle du Fonds National de Sécurité Sociale du Cambodge (NSSF), elles auraient été intoxiquées dans au moins l’une des usines… en mangeant des crevettes avariées.

L’argument tient peu : les pertes de connaissance dues à l’épuisement et la chaleur dans les usines textiles cambodgiennes ne sont pas un phénomène exceptionnel, comme l’a montré, en 2012, le reportage Cambodge, salaire de la faim par l’association Ethique sur l’étiquette. Des happenings où des volontaires feignaient un évanouissement avaient ensuite été organisés dans des grands magasins en France, en particulier H&M et Zara, dont certains vêtements sont produits au Cambodge. Le but : dénoncer la participation passive de ces grandes marques à l’exploitation des travailleuses (91% des personnes travaillant dans le textile au Cambodge sont des femmes).

115 euros par mois Depuis 2012, les conditions de travail ne se sont toutefois que très peu améliorées: cadence infernales, locaux calfeutrés empêchant une aération adéquate, inter- diction de prendre des pauses pour aller aux toilettes… sans compter la chaleur de ces entrepôt souvent en tôle.

Le tout pour un salaire de base de 115 euros par mois, alors que, d’après les syndicats de travailleurs, il en faudrait au moins 145. Il est possible de gagner un peu plus en faisant des heures supplémentaires qui, quand elles ne sont pas obligatoires, sont la norme. Offi- ciellement, selon les standards de l’Organisation internationale du travail, les ouvrières ne peuvent travailler plus de 8 heures par jour. Avec les heures supplémentaires, elles font en réalité entre 10 et 12 heures par jour, 6 jours sur 7.

Ces conditions de travail épuisantes ne sont pas niées par le gouvernement. Dans un rapport officiel du 29 mai dernier, le ministère du Travail reconnaît que le secteur «s’est rapidement développé ces dix dernières années, en particulier grâce au travail d’une main d’œuvre peu rémunérée utilisée pour effectuer cette tâche difficile». L’industrie du textile représente aujourd’hui 70% des exportations du pays et 18% de son PIB.

Un projet de loi en préparation Le gouvernement va-t-il quand même réagir ? Le rapport du Ministère annonçait la création d’Instituts de formation pour les travailleurs du textile (CGTI). Ces instituts devraient «permettre d’assurer la pérennité du secteur, dans un contex- te de compétitivité internationale, et de donner l’accès aux Cambodgiens à des postes d’en- cadrement intermédiaire et de direction actuellement occupés par des expatriés asiatiques, faute de qualification suffisante de la main-d’œuvre locale», selon l’Agence française du développement (AFD) qui finance le projet à hauteur de 3,2 millions d’euros.

Un projet de loi pour la protection des travailleurs, en préparation depuis 2008, devrait également «être bientôt finalisé », d’après l’avis publié par le ministère du Travail. Cette loi cherche à «éviter qu’un petit nombre de cercles mal intentionnés ne continuent à utiliser les travailleurs ou les relations industriels du Cambodge pour servir leurs intérêts et ceux de leur groupe, sans prendre en compte les intérêts des travailleurs».

Les ouvrières du textile surveilleront la promulgation et l’application du texte. Depuis 2012, elles ont multiplié les manifestations, malgré la répression. Elles se syndiquent aussi de plus en plus. «Près de 60% des 600 000 travailleurs sont syndiquées», annonçait en 2014 Van Sou Leng de la Fédération Cambodgienne des Employeurs et Entreprises dans le Cambodia Herald. Celia GUILLON 3 juillet 2015 à 18:40

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25 août 2015 ~ 0 Commentaire

crise agricole (libération)

agriculture

On peut s’en sortir sans concentrer la production dans quelques mains

Pour que l’agriculture «retrouve la compétitivité perdue», Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, propose une autre voie que celle de la FNSEA, premier syndicat agricole.

Que pensez-vous des solutions préconisées par Xavier Beulin ?

Elles n’ont rien de surprenant. Pour lui, les fermes ne sont pas assez grosses, pas assez modernes… C’est un discours du passé, exactement le même que celui qu’on entend depuis les années 1950. A l’époque, il était justifié, il fallait effectivement moderniser l’agricul- ture. Mais aujourd’hui, le contexte a changé.

Ce que propose le président de la FNSEA, c’est un plan de licenciements, une prime à la sortie des paysans. C’est une doctrine libérale classique: chaque crise élimine les plus faibles, sauf que le libéralisme ne s’accommode d’habitude pas de l’argent public. La pre- mière économie d’échelle des fermes-usines et de l’agriculture intensive, c’est la disparition de l’emploi paysan. Et même de l’aval de la filière: le nombre d’emplois baisse aussi dans l’agroalimentaire, tout est ultramécanisé. La finalité n’est pas l’emploi, c’est juste de la finan- ciarisation. Cela mène de facto vers un modèle où il y a moins de paysans, pour que ceux qui restent se partagent le gâteau.

Xavier Beulin a intérêt à ce que ce modèle se développe, puisque son groupe Avril-Sofiprotéol en profite, notamment via sa filiale Glon Sanders, leader de la nutrition animale. Mais ce schéma ne marche pas: le nombre de paysans ne cesse de baisser, la qualité des produits se dégrade, les maladies liées à la pollution de l’environnement explosent et les paysages sont détruits.

Il faut pourtant être compétitif…

La notion de compétitivité a été dévoyée. Certains se sont arrogé ce mot. Il faut lui redonner du sens. Qu’est-ce qu’être compétitif? Faire de la valeur ajoutée localement ou du chiffre d’affaires à l’export? Le gouvernement actuel est dans la même logique que les dirigeants de la FNSEA et ne jure que par les exportations en s’alignant sur la concurrence mondiale, quel qu’en soit le prix. Jusqu’ici, l’image des exportations françaises de produits agricoles était plutôt celle de produits de qualité. On se sert de cette image, qu’on détruit, pour accélérer un modèle qui détruit les agriculteurs. C’est du court-termisme absolu.

On parle beaucoup de la compétitivité de la filière porc par rapport à l’Allemagne. Mais l’enjeu n’est pas d’aller faire la guerre aux Allemands en réclamant des prix toujours plus bas au détriment de la qualité. C’est une fuite en avant. D’autant que nous sommes dans le même espace commun, il faudrait plutôt trouver le moyen de mieux répartir les productions. Et pen- dant ce temps, on ne voit pas qu’on est en train de se faire manger le créneau du haut de gamme par les salaisonneries italiennes et espagnoles.

Xavier Beulin réclame un moratoire sur les normes environnementales. Celles-ci vous étranglent-elles ?

Non. Le métier de paysan est de travailler avec la nature. Le jour où elle sera morte, on ne pourra plus exercer notre métier. Imaginer que les sols puissent être réduits à de simples supports physiques ne fonctionnant qu’en étant arrosés d’engrais et de pesticides revient à donner les clés du camion à cette industrie. Mais surtout c’est illusoire, cela ne marchera pas. On voit déjà les dégâts que cette agriculture intensive fait sur l’environnement et sur notre santé. Et ce n’est pas ce que les gens veulent. Ils veulent de la qualité.

Oui, mais la qualité coûte cher…

Il y a une frange de la population qui n’a plus les moyens de s’alimenter correctement. La première politique que nous devrions avoir en Europe, c’est celle de l’alimentation. Est-ce qu’on ne pourrait pas mettre cela en débat? Remettons de l’argent dans le système, pour- quoi pas. Mais pas pour accélérer, pour en sortir! L’enjeu est là. Surtout, il faut réorienter les aides. Pourquoi pas choisir d’aider plutôt les petites et moyennes fermes? Aujourd’hui, elles sont moins subventionnées, alors qu’elles créent plus d’emplois. Et on sait que plus les fermes sont grosses, moins leur production est de qualité.

Est-il normal que les aides aillent principalement à l’agriculture industrielle, à la quantité au détriment de la qualité? Si on redistribuait les dix milliards d’euros de subventions annuelles de la Politique agricole commune (PAC) vers ceux qui produisent de la qualité et du bio, ce qui implique pour eux des coûts de production supplémentaires, ces derniers pourraient proposer leurs produits au même prix que ceux qui font de l’agriculture industrielle. D’autant que la dépollution des eaux chargées en pesticides et en nitrates coûte des fortunes à l’Etat, ce qui représente des coûts cachés pour les contribuables. L’agriculture industrielle est en fait «sur-subventionnée».

Pour que les paysans et les consommateurs s’en sortent, puissent produire et consommer de la qualité sans se ruiner, il faut relocaliser les productions et les adapter à ce que nous consommons. On entend la FNSEA nous répéter: «mangez ce que nous produisons». Il faudrait plutôt produire ce que les gens ont envie de consommer. Par exemple, nous ne produisons pas assez de légumes en France. Nous sommes obligés d’en importer. C’est absurde. Pourquoi pas développer le maraîchage? Alors bien sûr, cela nourrit moins l’agro- business, surtout le bio qui se passe d’engrais et de pesticides chimiques. Il y a beaucoup de filières locales qui ne demandent qu’à se développer. Si on déconcentrait la production porcine, qui a été massée dans l’Ouest avec les dégâts que l’on connaît, cela réduirait la pression sur l’environnement et ferait vivre plus de producteurs sur l’ensemble du territoire national.

La crise de l’élevage a fait la «une» des médias ces dernières semaines. Le plan d’urgence de 600 millions d’euros annoncé par Stéphane Le Foll le 22 juillet suffira- t-il à la résoudre ?

Non. On remet 600 millions au pot sans se poser les questions de fond. Un récent rapport de la Cour des comptes pointait le fait que ce type de plan de crise se faisait toujours à fonds perdu, car on ne remet pas en cause le système. Ce plan présente comme une solution des choses qui ont prouvé leur inefficacité par le passé.

Xavier Beulin réclame notamment des allègements de charges…

C’est fou! A la Confédération paysanne, nous préférons parler de cotisations sociales. Si les agriculteurs cotisent moins, ils auront encore moins de retraite, déjà très maigre dans le secteur. Cela signifie aussi moins de couverture sociale pour les accidents et les maladies. Plutôt que cette logique du plus fort, il faut redistribuer et réadapter le système, vers une agriculture de qualité.

Qu’attendez-vous du conseil européen extraordinaire des ministres de l’Agriculture, qui aura lieu le 7 septembre à l’initiative de Stéphane Le Foll ?

Principalement, deux choses. A court terme, si on veut que les cours remontent, notamment celui du lait, il faut que l’Europe en stocke, ce en quoi nous rejoignons ce que réclame la FNSEA. En revanche, nous demandons qu’on développe en contrepartie un plan d’adap-tation au marché. Celui-ci souffre d’une crise de surproduction, du lait ou du porc. Il faudrait, par exemple, un plan de baisse de la production des porcheries, en commençant par les plus gros élevages. A plus long terme, dans le cadre de la réforme de la PAC qui aura lieu en 2020, il faut réfléchir à la façon de redistribuer les aides pour inciter les agriculteurs à vivre sur des volumes de production plus modestes mais de qualité. De plus en plus de paysans suivent cette voie, et s’en sortent bien.

Nous lançons à partir du 1er septembre des actions pédagogiques, en Vendée et Pays de la Loire puis en Rhône-Alpes. Nous allons distribuer du lait, expliquer ce qu’est la crise, com- ment on peut s’en sortir sans concentrer la production dans quelques mains… Et nous finirons par une grande marche avec nos partenaires européens le 6 septembre en Belgique, pour arriver le 7 à Bruxelles.

L’agriculture souffre d’une image déplorable. Cela me rend malade de voir le fumier déversé devant les grandes surfaces. Ne serait-ce que parce que le fumier, c’est un engrais ! On peut comprendre le désespoir de ceux qui sont coincés, endettés. Je comprends les actions de blocage. Mais après, le fumier, les dégâts, cela va un peu trop loin. Il faut que les gens prennent un peu de recul, de la hauteur, pour trouver des solutions. Les grandes surfaces ne sont pas la cause de tous nos maux: ce sont surtout les politiques, qui sont très soumis aux lobbies agro-industriels. Le système de subventions marche très bien. Il faut juste subventionner une autre agriculture. Coralie SCHAUB 24 août 2015

http://www.liberation.fr/economie/2015/08/24/crise-agricole-on-peut-s-en-sortir-

Pour résoudre la crise du secteur, Beulin, qui préside aussi, entre autres, Avril-Sofipro- téol, une holding regroupant plus de 150 sociétés et pesant sept milliards d’euros de chiffre d’affaires, estime qu’il faut «engager un vaste plan pour moderniser les bâtiments, automa- tiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus pro- ductives». Il propose aussi «un moratoire d’un an sur les normes environnementales» et «une adaptation des règles fiscales aux aléas de l’agriculture». Réaction de Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, le troisième syndicat agricole.

Lire aussi:

http://www.globalmagazine.info/meli-melo/2015/08/21/itw-rene-louail-1440185021

http://www.lutte-ouvriere-agriculteurs sous-la-menace-des-industriels-et-de-la-fnsea

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20 août 2015 ~ 0 Commentaire

crise du porc (of + lt)

porc

porc cul

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18 août 2015 ~ 0 Commentaire

crise agricole (of + lm)

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La Confédération paysanne tacle la FNSEA (Ouest France)

Le syndicat considère que la FNSEA a sa part de responsabilité dans la crise que traverse actuellement l’agriculture. «C’est eux qui ont voulu une libéralisation des marchés.»

«Ils ont orienté le marché vers un marché mondial. C’est eux qui ont fait planter la pro- fession.» Les mots sont durs. Ce sont ceux de Claude Bacle, porte-parole de la Confédé-ration paysanne dans l’Orne, et sont à l’encontre de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), syndicat agricole majoritaire en France.

À l’origine de la crise selon la Confédération paysanne: le syndicat mené par Xavier Beulin. «C’est eux qui ont voulu une libéralisation des marchés et maintenant ils font des contrôles dans la restauration ou dans les grandes surfaces, sourit Claude Bacle. On ne pas peut vouloir envahir le marché intérieur des autres pays et préserver le sien.»

«Ils manipulent leurs manifestants» Le plan d’urgence obtenu après les blocages des agriculteurs fin juillet? «Une bouffée d’oxygène, qui ne résout en rien le problème», explique Michel Chorin, éleveur à Magny-le-Désert et militant à la Confédération paysanne. «Le fond du problème, c’est la politique agricole européenne, souffle Claude Bacle. Il faut harmoniser les normes. Il faut aussi une politique de régulation et de répartitions des volumes de produc- tions…» Jeudi, le syndicat a quitté une réunion organisée à la préfecture de l’Orne sur le thème des contrôles de la viande bovine, estimant qu’elle «ne s’attaquait pas aux vraies causes de la crise».

Absents lors des blocages et des précédentes manifestations, les agriculteurs de la Confédération paysanne se retrouveront le 7 septembre prochain à Bruxelles. Date à laquel- le se réuniront tous les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. Pour ce qui est de la FNSEA: «Ils manipulent leurs manifestants. Un jour, le mouvement va leur échapper.»

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/crise-agricole-confederation-paysanne-tacle-fnsea-16-08-2015-222865

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La Confédération paysanne à la rencontre du préfet (La Montagne)

La rencontre avait pour but d’expliquer au préfet la détresse des agriculteurs. Les responsables de la confédération paysanne du Cantal ont rencontré le préfet le 13 août en préfecture. Il faut retenir la volonté commune d’améliorer les conditions des agriculteurs.

Alors que l’heure est toujours à la tourmente et aux actions diverses dans les grandes zones rurales de France, l’apaisement et le dialogue semblent d’actualité à la Confédération paysanne du Cantal. Les thèmes abordés lors de cette rencontre avec le préfet : la crise de l’élevage qui frappe les activités laitières des agriculteurs du Cantal, et le bilan de la sécheresse et les indemnisations nécessaires pour panser les maux subis.

Des produits à haute valeur ajoutée La Confédération paysanne, qui n’a été que peu active lors des actions contre les supermarchés ou contre certains services publics, ne manque pourtant pas d’idées pour faire sortir le monde agricole d’une crise étouffante. «On est au bout d’un système de forte production mis en place après guerre, autant dire qu’il n’est plus efficace à notre époque, surtout pour les plus petits paysans», introduit rapidement Stéphane Malroux, porte-parole du syndicat.

«Nos adhérents ne sont pas surpris de la crise qui les touche», poursuit-il, considérant que «contrairement à la FNSEA, la Confédération paysanne n’était pas encline à la libérali- sation des marchés agricoles, qui met à terre les petits producteurs». Le syndicat demande alors que le préfet appuie auprès du ministère leur recommandation d’une régulation de la production qui a explosé depuis la fin des quotas européens.

Cela est surtout faisable au sein d’un territoire qui bénéficie d’une AOP comme le Cantal. Pour les membres du syndicat, il est temps de mettre en place une politique de prix et de régulation. Les éleveurs veulent «des prix et non pas des primes», disent-ils. Ils dénon- cent la dérive des politiques de primes dont sont privés les petits paysans pas assez pro- ductifs et compétitifs. «On veut se recentrer sur la production de produits à haute valeur ajoutée pour se différencier sur les marchés ultra-concurrentiels à l’échelle internationale », ponctue le syndicaliste. Gérémy Charrier

http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/cantal/2015/08/17/la-confederation-paysanne-a-la-rencontre-du-prefet_11551326.html

«Le cadran est un outil dépassé» (Confédération paysanne)

Publié le jeudi 13 août 2015 – 17h31

«Le marché au cadran est un outil maintenant dépassé pour confronter l’offre et la demande: c’est un marché qui a pour effet de rapprocher les cours intérieurs des cours mondiaux», fait valoir la Confédération paysanne dans un communiqué du 13 août.

«Par ailleurs, la Confédération paysanne combat l’idée trop souvent répandue que l’avenir est aux grands élevages: leur coût de production n’est pas plus bas. La recher- che de la compétitivité par la taille est un leurre, c’est une autre politique qu’il faut mettre en place. Enfin, cette crise n’est pas que française: même avec un coût de revient inférieur de quelques centimes, les éleveurs allemands, espagnols ou danois souffrent et sont lourdement endettés.»

«Ouvrir l’intervention publique» «La Confédération paysanne demande qu’un travail structurant soit organisé pour la filière porc autour de cinq axes majeurs: travailler à une méthode de fixation des prix permettant une couverture des coûts de production ; réorienter les productions au plus près de la consommation ; mettre en place une stratégie de développement de la qualité des viandes ; mettre en place une stratégie de substitution aux importations (1,59 milliard d’€ de viande de porc importée en France) et, enfin, mettre en place des mesures de prévention des crises qui permettent un ajustement de l’offre à la demande. »

« A court terme, les pouvoirs publics n’ont d’autre choix que d’ouvrir l’intervention publique de manière à encadrer une production européenne qui a très fortement augmenté ces derniers mois », conclut le syndicat.

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/porc-le-cadran-est-un-outil-depasse-confederation-paysanne-108069.html

Et aussi:

http://www.anti-k.org/2015/08/18/confederation-paysanne-lettre-ouverte-a-lattention-de-m-stephane-le-foll/

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

cgt et immigration 1 (npa)

colo

Histoire oubliée, rencontre manquée ?

Les rapports entre mouvement ouvrier et immigration constituent indéniablement un pan oublié d’une histoire de l’immigration qui ne s’est elle-même développée en France que tar- divement, dans la foulée des travaux de l’historien Gérard Noiriel1. Dans l’histoire de la clas- se ouvrière, du mouvement syndical et en particulier de la CGT, on trouve généralement peu d’éléments sur la condition des travailleurs immigrés, leurs luttes mais aussi leurs rapports avec la gauche et le mouvement ouvrier.

Pourtant, dès la fin du 19e siècle, les travailleurs immigrés ont constitué une compo- sante structurelle de la classe ouvrière et de son renouvellement. Si cette dimension a été en grande partie refoulée, voire occultée, non seulement par la République française, mais aussi par le mouvement ouvrier, c’est à la fois en raison de l’emprise en France de l’idéologie assimilationniste, mais aussi du fait de l’adhésion profonde de la majorité des directions syndicales et de la gauche réformiste au modèle d’un «Etat national social»2, fondé en partie sur la coupure entre nationaux et étrangers.

Toutefois, le mouvement syndical, notamment la CGT, s’est adressé à de nombreuses reprises, spécifiquement, aux travailleurs immigrés et a pris en charge, au moins partielle- ment, leurs revendications. Des équipes militantes ont mené des combats contre les discri- minations et des convergences se sont nouées en différentes occasions entre une minorité de militants français et des militants immigrés, par exemple en faveur de l’indépendance de l’Algérie3 ou pour la régularisation des travailleurs sans-papiers dans la période récente.

L’histoire des rapports entre la CGT et l’immigration reflète ainsi les contradictions structurant le mouvement syndical : de plus en plus englué dans les structures d’un Etat orienté vers la mise en valeur du capital national, le syndicalisme a le plus grand mal à met- tre en œuvre une politique active qui s’adresse directement aux travailleurs immigrés et les implique.

«Protéger la main-d’œuvre nationale» ou unifier le prolétariat? Même si la CGT s’est ouverte en 1900 aux étrangers, c’est essentiellement au cours et dans la foulée de la Pre- mière Guerre mondiale que la question de l’immigration et de la place des travailleurs immi- grés dans la classe ouvrière s’est trouvée posée par et dans le syndicalisme. Si l’immigra- tion était alors un phénomène déjà ancien4, le manque de main-d’œuvre industrielle et agri- cole consécutif à la guerre a contraint le patronat et l’Etat à recourir beaucoup plus large- ment à une main-d’œuvre immigrée, que ce soit pour combattre ou pour travailler dans les usines et les champs.

Les années 1920 ont vu l’afflux massif de travailleurs immigrés, divisés par l’Etat entre «étrangers»: italiens, polonais, espagnols, belges etc. et «coloniaux»: notamment algériens), qui venaient effectuer les travaux les plus pénibles des industries du Nord, de Lorraine, de région parisienne et du Sud-est. Les immigrés constituant une fraction de plus en plus importante du prolétariat: ils sont près de 3 millions en France au début des années 1930), le mouvement syndical a été contraint de se positionner sur la question devenue décisive de l’immigration et des travailleurs immigrés.

Divisé entre la CGT et la CGTU sur de nombreuses questions d’orientation générale après la scission de 1921-1922, qui avait suivi de peu la scission politique de 1920 entre la SFIO et le PC, le syndicalisme français s’est également scindé sur ce plan. Plutôt que de chercher à unifier prolétaires français et immigrés, la CGT défendait une approche protec- tionniste et tombait en grande partie dans le piège de la concurrence, considérant que sa mission était «de protéger d’abord les intérêts de la main-d’œuvre nationale»5. Si l’entrée de travailleurs étrangers n’était pas contestée dès lors que l’économie était en phase ascen- dante, les périodes de chômage ont vu la CGT s’aligner de facto sur les couches du proléta- riat les plus sensibles à la propagande xénophobe, légitimant l’idée selon laquelle les travail- leurs immigrés seraient responsables, au moins partiellement, des difficultés subies par les prolétaires français, et non le système capitaliste.

Lors de son 3e congrès à Lille, en 1925, la CGTU révolutionnaire, liée au PC mais aussi à des courants syndicalistes révolutionnaires, du moins dans un premier moment, partait d’un point de vue très différent. Elle considérait que les travailleurs immigrés consti- tuaient «un facteur essentiel des possibilités de lutte et de réalisation ouvrières» et défendait donc une politique d’unification du prolétariat, qui passait notamment par une dénonciation virulente du colonialisme français: la centrale revendiquait ainsi l’abolition du code de l’Indi- génat et, en octobre 1925, appelait à une journée de grève générale contre la guerre du Rif.

La CGTU luttait en outre contre les préjugés xénophobes et les inégalités, de salaires et de droits, syndicaux et politiques, entre travailleurs français et immigrés. C’est dans ce but qu’elle incita ces derniers à s’organiser collectivement dans le cadre d’une organisation spé- cifique qui lui était liée: la Main-d’œuvre étrangère (MOE), créée dans les années 1920, qui devint dans les années 1930 la Main-d’œuvre immigrée (MOI) avant de se muer en groupe armé, les FTP-MOI, sous l’Occupation6.

Le tournant «patriotique» pris par le mouvement communiste stalinisé provoqua un affadissement des positions du PC et de la CGTU concernant l’immigration. Si la CGT et la CGTU parvinrent à s’entendre au moment de la réunification syndicale de 1936, ce fut ainsi au prix de l’abandon des revendications de «liberté complète des frontières» ou d’ «embau- chage libre» antérieurement portées par la CGTU, même si demeuraient celles relatives à l’égalité des droits, notamment syndicaux. Pourtant, le mouvement de grève de mai-juin 1936 et la montée de l’antifascisme provoqua un afflux de nouvelles adhésions, particuliè- rement fort du côté des travailleurs immigrés, notamment italiens et espagnols, qui passè- rent de 50 000 à 350-400 000 syndiqués après le congrès de réunification.

Samedi 15 Août 2015 Hugo Palheta

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

cgt et immigration 2 (npa)

CGTSansPapiers

De la reconstruction aux années 1980 : les contradictions de la CGT

A la Libération, la CGT, à nouveau réunifiée mais sous la direction du PCF, atteint une puis- sance inédite, comptant au congrès de 1946 près de 5,5 millions d’adhérents. Dans un con- texte de reconstruction de l’économie nationale, le mouvement syndical se trouva de nou- veau confronté à la question de l’immigration et aux dilemmes de la période précédente, avec une donnée nouvelle: une part croissante des travailleurs immigrés venait de pays colonisés par la France, en particulier l’Algérie et le Vietnam, au moment même où se développaient les luttes de libération nationale.

L’histoire de l’immigration allait dès lors se croiser de plus en plus avec celle du racisme structurel, qui s’affirmait en France en continuité avec le système colonial. Dans les entreprises, les immigrés coloniaux puis postcoloniaux étaient ainsi destinés, presque toujours, aux postes de manœuvres et d’ouvriers spécialisés (OS), là où une partie des travailleurs blancs  parvenait à grimper l’échelle ouvrière, c’est-à-dire à accéder aux postes d’ouvriers professionnels (OP) ou du petit encadrement. C’est à cette situation que la CGT eut le plus grand mal à répondre: sur la question coloniale comme sur celle du racisme, le PCF, qui dirigeait alors la CGT d’une main ferme, développait une politique éminemment ambiguë, qui répondait mal aux attentes des immigrés postcoloniaux, et plus tard de leurs enfants.

Etudié en détail par Laure Pitti7, le cas de Renault-Billancourt est significatif: les ouvriers algériens, qui y étaient très nombreux, se rapprochèrent de la CGT au début des années 1950. La CGT mettant en avant des revendications à la fois syndicales et politiques, notamment l’indépendance nationale algérienne, les militants syndicaux parvinrent à nouer dans l’usine des liens avec des ouvriers algériens, souvent organisés dans le cadre du Mou- vement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). La centrale ne contestait guère la gestion coloniale de la main-d’œuvre, en particulier les discriminations systématiques à l’avancement et la non-reconnaissance des qualifications, mais menait alors des combats importants contre les dispositifs d’encadrement spécifiques qui ciblaient les ouvriers algé- riens, mais aussi contre les différences de traitement en matière d’allocations familiales.

La guerre d’Algérie allait changer la donne, quoique ce changement ne s’opérât pas immédiatement: si le PCF dénonça d’emblée l’insurrection déclenchée par le FLN le 1er novembre 1954, c’est surtout le vote des pouvoirs spéciaux par les parlementaires commu- nistes en mars 1956, non critiqué voire justifié par la direction de la CGT, qui modifia la situa- tion et distendit les rapports entre les ouvriers algériens et la centrale (même si la majorité des Algériens membres de la CGT y demeurèrent, sur le conseil du FLN8). Même si des convergences pouvaient s’opérer contre la répression, cette prise de distance se marquait clairement dans la divergence des revendications: paix et lutte antifasciste (contre l’OAS) du côté de la CGT, indépendance nationale du côté des ouvriers algériens.

La période ouverte par les grèves de mai-juin 68 constitua une deuxième source de clivages entre CGT et immigrés. Elle marqua «l’entrée des travailleurs immigrés comme acteurs autonomes des luttes sociales»9. Réduits jusque-là au statut de victimes et soumis à un traitement humanitaire, ils devinrent des acteurs de plus en plus incontournables des mouvements. Dans le cadre de l’usine s’affirmaient ainsi les luttes des OS immigrés, qui se battaient pour l’égalité des droits, le respect de normes d’hygiène et de sécurité, et plus généralement contre le statut d’«OS à vie». Hors de l’usine, c’est contre les «marchands de sommeil» et les taudis auxquels on les condamnait qu’ils luttaient, à travers notamment des mouvements de grève des loyers, mais aussi contre les crimes racistes ou pour la libération de la Palestine.

A la fin des années 1960, la CGT chercha à s’implanter davantage parmi les travailleurs immigrés10, défendant notamment l’extension des droits syndicaux aux immigrés, diffusant des journaux en langues étrangères: arabe, portugais, espagnol et italien etc. En s’appuyant sur les OS immigrés, la centrale syndicale parvint ainsi à reconstruire une implantation dans certaines usines de l’industrie automobile où les syndicats au service des patrons: CFT puis CSL,  étaient parvenus à marginaliser tout syndicalisme combatif. Les conflits très durs du début des années 1980, notamment à Citroën-Aulnay et Talbot-Poissy11, cristallisèrent ainsi un clivage social, racial et syndical, entre des OS immigrés syndiqués massivement à la CGT (mais aussi à la CFDT), et des OP français syndiqués à la CSL12.

Si la CGT parvint en partie à représenter et à canaliser les aspirations des immigrés sur les lieux de travail, elle connut des difficultés à partir des années 1970 en se montrant généralement hostile à toute démarche autonome, notamment sur les questions dépassant le strict cadre de l’usine et apparaissant plus «politiques»: racisme, anti-impérialisme, loge- ment. Ces derniers trouvèrent ainsi davantage de soutien et un respect de l’autonomie de leurs luttes, du côté de la CFDT, de la gauche chrétienne (JOC, FASTI, Cimade) et de l’extrême-gauche.

La CGT face à de nouveaux défis Une nouvelle période s’est ouverte au cours des années 1980, marquée par le chômage de masse, qui s’installait pour longtemps et affectait en particulier les travailleurs venus des anciennes colonies françaises, premières et princi- pales victimes des vagues de licenciement dans l’industrie. Les patrons ont en effet profité de la «crise» pour licencier ceux qui s’étaient montrés particulièrement combatifs durant les conflits ayant secoué l’industrie au début des années 1980: lorsque Talbot a annoncé en juillet 1983 un plan de 2905 licenciements à l’usine de Poissy, c’étaient à 80 % des travail- leurs étrangers qui étaient concernés, avec une forte proportion de travailleurs originaires des DOM-TOM parmi les 20 % restants.

Mais cette période a également vu l’émergence de luttes qui ont bousculé la gauche et le mouvement ouvrier, dont la CGT. A l’automne 1983, la Marche pour l’égalité et contre le racisme mobilisa des dizaines de milliers de jeunes habitants des quartiers populaires et mit au premier plan la situation des descendants de colonisés, cibles de discriminations systé- matiques sur le marché du travail et du harcèlement policier. Or la CGT ne fit guère de la lutte contre les discriminations racistes un véritable combat syndical, laissant se développer du côté des organisations dominées par le PS, notamment SOS-Racisme, un antiracisme moral et orienté vers les blancs «Touche pas à mon pote», plutôt que vers les premiers concernés.

Un nouveau champ de lutte s’est par ailleurs ouvert autour de la cause des travailleurs immigrés en situation irrégulière, progressivement connus dans le débat public sous le nom de «sans-papiers». Même si une grève de sans-papiers éclata dès 197313, c’est dans les années récentes que les sans-papiers se sont fait reconnaître publiquement comme travail- leurs, en usant de l’arme de la grève au cours du mouvement historique de 2008 qui a mobi- lisé plusieurs milliers de sans-papiers. La CGT y a joué, du début à la fin, un rôle décisif et incontournable, mais dans des rapports parfois difficiles avec les grévistes, soucieux de leur autonomie, et les collectifs de sans-papiers, portant une revendication de régularisation déconnectée de l’emploi.

La CGT fut d’abord dirigée par des syndicalistes révolutionnaires en opposition avec la SFIO (PS NdB), qu’elle soit guesdiste ou jaurésienne, sur la plupart des questions d’orien-tation. Les divergences portaient notamment sur l’internationalisme, dont la question de l’im- migration est l’un des corollaires, tant le développement de l’impérialisme, avec son cortège de guerres, d’inégalités et de misère, avait poussé des centaines de milliers de travailleurs hors de leurs pays.

Au fil des crises économiques, sociales et politiques qui ont marqué le 20e siècle, cette opposition s’est rejouée sous différentes formes et la CGT a connu bien des dérives, reprenant parfois à son compte, ou ne combattant pas, la propagande xénophobe. Or, du fait notamment de son intégration croissante à l’appareil d’Etat, elle demeure plus que jamais partagée entre des traditions anti-impérialistes et son adhésion au modèle d’un «Etat natio- nal social», réduisant les immigrés, notamment postcoloniaux, au statut de travailleurs « invités », donc de seconde zone. Ugo Palheta

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

philippe poutou: cégétiste (npa)

Et candidat révolutionnaire à l’élection présidentielle

Une candidature complètement impensable jusque dans les années 2000 mais qui n’est pas passée inaperçue dans la galaxie CGT…

Quelles ont été les discussions dans ton syndicat avant ta désignation comme candidat du NPA ?

En mai 2011, nous étions en pleine lutte pour la défense de nos emplois et la sauvegarde de l’usine. C’est le 6 mai que Ford Europe annonçait sa décision de nous faire fabriquer une nouvelle transmission automatique. C’était pour nous une drôle de victoire après des années de bataille marquées par des rebondissements: fermeture d’usine programmée, départ de Ford, repreneur bidon, pouvoirs publics baladés, trompés et complices à la fois, mobilisation des salariés, manifestations au Mondial de l’auto, un retour de Ford et enfin du travail à nouveau.

Ma «candidature» se discute dans ce contexte. Dans le syndicat CGT-Ford, certains camarades expriment leur soutien, pensant que cela peut prolonger la lutte, l’amplifier, popu- lariser les luttes pour l’emploi, redonner confiance aux salariés… D’autres sont évidemment surpris ou s’inquiètent des conséquences dans la CGT, notre syndicat étant déjà en conflit avec nos structures.

Et les réactions dans la boîte ?

L’annonce de ma candidature et la campagne qui a suivi ont été des évènements dans l’usi- ne. Les collègues, qu’ils aient été dans la lutte ou pas, qu’ils soient proches ou pas politi- quement, ont pour la plupart réagi positivement. Impressionnés par la chose, avec un senti- ment de fierté car un des leurs était aux «présidentielles». Même des chefs, des cadres réa- gissaient presque en soutien. La campagne a été suivie par une majorité qui n’avait jamais fait  très attention à une campagne électorale.

Mes passages étaient suivis, commentés, critiqués. Certains rigolaient de mes «gaffes», de mes difficultés, de ma timidité, de mes habits mal choisis. Certains me conseil- laient, m’encourageaient à être plus confiant. Des collègues espéraient une marionnette aux «Guignols de l’info». Le fond des interventions n’était pas le plus discuté mais quand même, ça réagissait sur certaines questions. Notamment sur la régularisation de tous les sans- papiers. Comme ils m’entendaient le dire à la télé, cela devenait une idée pas forcément partagée mais qui se discutait sérieusement. Beaucoup pensaient qu’étant candidat, ça met- tait la lumière sur l’usine Ford et cela ne pourrait qu’aider à la sauvegarde de l’usine. En fait j’étais pour eux le candidat des ouvriers Ford ou même celui de tous les ouvriers mais pas celui du NPA.

Quelles ont été les réactions de l’appareil CGT ?

A ce moment-là, j’étais membre de la direction élargie de l’union départementale. Mes rela- tions avec les responsables et les bureaucrates de la structure départementale comme fédérale (métallurgie) étaient, et sont encore, plutôt mauvaises. Beaucoup de tensions, de disputes lors de chaque réunion. Ma «candidature» a changé la relation sur un aspect: il n’y avait plus l’agressivité habituelle dans les échanges, il y avait même parfois des sourires, des petites blagues, des mains sur l’épaule, des questions sympas sur ma campagne, je devenais presque un copain. Ce n’était pas la même chose avec les militants, les cama- rades «d’en bas», des syndicats d’autres boites. Les relations étaient fraternelles, il y avait cette fois-ci la fierté qu’un camarade de la CGT les représenterait quelque part dans ces élections.

Cela a-t-il influé sur la lutte dans la boite ?

Difficile à dire. Cela a porté les regards sur l’usine Ford et renforcé la médiatisation lors de nos actions. Cela a aussi un peu modifié les relations avec les pouvoirs publics, avec le Pré- fet. On prenait un peu d’importance. Du côté de  la direction de Ford, cela a aussi modifié les relations qui étaient très tendues et conflictuelles. Cela s’est «calmé» d’un seul coup. La direction était comme impressionnée, elle était en face de quelqu’un de connu, «vous êtes un personnage officiel de la République». Ford a visiblement fait le choix de me laisser tran- quille. Ce n’était pas rien à l’époque. Une seule fois, la direction est «intervenue» dans la campagne. Elle n’avait pas apprécié ma déclaration comme quoi je refusais d’acheter une voiture Ford parce que je n’avais pas envie d’avoir le logo sous les yeux quand je partais en vacances. Elle m’avait demandé de faire une rectification.

Quel a été impact de l’affaire Lepaon ?

Les médias qui m’oublient peu à peu, le temps passant, m’ont brusquement recontacté au moment de l’affaire Lepaon, se rappelant que j’étais militant CGT. J’ai clairement exprimé la critique des bureaucrates (pas seulement de Lepaon), de l’absence de démocratie, la déconnexion réelle entre des dirigeants sous influence gouvernementale et patronale et les militants de base dévoués, pris dans l’urgence sociale quotidienne.

Ces interventions n’ont pas plu aux «chefs» du syndicat, certains réagissant agressi- vement. Du côté des militants, par contre, même si parfois ils pensent qu’il ne faut pas criti- quer ouvertement notre syndicat, au risque de nous fragiliser un peu plus, beaucoup appré- cient au contraire la dénonciation de la bureaucratie tant la colère existe devant son absence de volonté de construire une véritable riposte. Dimanche 16 Août 2015

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