Archive | Syndicalisme

26 août 2015 ~ 0 Commentaire

cambodge, les ouvrières du textile continuent de s’évanouir par centaines (libération)

Striking+Cambodian+Garment+Workers+Join+Opposition+7otUbsJGYLOl

Cette semaine, les autorités ont prétendu que ce serait dû à des crevettes avariées. Mais les conditions de travail en sont le plus souvent la cause.

Entre lundi et mercredi derniers, environ 200 travailleuses ont perdu connaissance dans trois usines de textile proches de Phnom Penh, capitale du Cambodge. Si l’on en croit la version officielle du Fonds National de Sécurité Sociale du Cambodge (NSSF), elles auraient été intoxiquées dans au moins l’une des usines… en mangeant des crevettes avariées.

L’argument tient peu : les pertes de connaissance dues à l’épuisement et la chaleur dans les usines textiles cambodgiennes ne sont pas un phénomène exceptionnel, comme l’a montré, en 2012, le reportage Cambodge, salaire de la faim par l’association Ethique sur l’étiquette. Des happenings où des volontaires feignaient un évanouissement avaient ensuite été organisés dans des grands magasins en France, en particulier H&M et Zara, dont certains vêtements sont produits au Cambodge. Le but : dénoncer la participation passive de ces grandes marques à l’exploitation des travailleuses (91% des personnes travaillant dans le textile au Cambodge sont des femmes).

115 euros par mois Depuis 2012, les conditions de travail ne se sont toutefois que très peu améliorées: cadence infernales, locaux calfeutrés empêchant une aération adéquate, inter- diction de prendre des pauses pour aller aux toilettes… sans compter la chaleur de ces entrepôt souvent en tôle.

Le tout pour un salaire de base de 115 euros par mois, alors que, d’après les syndicats de travailleurs, il en faudrait au moins 145. Il est possible de gagner un peu plus en faisant des heures supplémentaires qui, quand elles ne sont pas obligatoires, sont la norme. Offi- ciellement, selon les standards de l’Organisation internationale du travail, les ouvrières ne peuvent travailler plus de 8 heures par jour. Avec les heures supplémentaires, elles font en réalité entre 10 et 12 heures par jour, 6 jours sur 7.

Ces conditions de travail épuisantes ne sont pas niées par le gouvernement. Dans un rapport officiel du 29 mai dernier, le ministère du Travail reconnaît que le secteur «s’est rapidement développé ces dix dernières années, en particulier grâce au travail d’une main d’œuvre peu rémunérée utilisée pour effectuer cette tâche difficile». L’industrie du textile représente aujourd’hui 70% des exportations du pays et 18% de son PIB.

Un projet de loi en préparation Le gouvernement va-t-il quand même réagir ? Le rapport du Ministère annonçait la création d’Instituts de formation pour les travailleurs du textile (CGTI). Ces instituts devraient «permettre d’assurer la pérennité du secteur, dans un contex- te de compétitivité internationale, et de donner l’accès aux Cambodgiens à des postes d’en- cadrement intermédiaire et de direction actuellement occupés par des expatriés asiatiques, faute de qualification suffisante de la main-d’œuvre locale», selon l’Agence française du développement (AFD) qui finance le projet à hauteur de 3,2 millions d’euros.

Un projet de loi pour la protection des travailleurs, en préparation depuis 2008, devrait également «être bientôt finalisé », d’après l’avis publié par le ministère du Travail. Cette loi cherche à «éviter qu’un petit nombre de cercles mal intentionnés ne continuent à utiliser les travailleurs ou les relations industriels du Cambodge pour servir leurs intérêts et ceux de leur groupe, sans prendre en compte les intérêts des travailleurs».

Les ouvrières du textile surveilleront la promulgation et l’application du texte. Depuis 2012, elles ont multiplié les manifestations, malgré la répression. Elles se syndiquent aussi de plus en plus. «Près de 60% des 600 000 travailleurs sont syndiquées», annonçait en 2014 Van Sou Leng de la Fédération Cambodgienne des Employeurs et Entreprises dans le Cambodia Herald. Celia GUILLON 3 juillet 2015 à 18:40

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25 août 2015 ~ 0 Commentaire

crise agricole (libération)

agriculture

On peut s’en sortir sans concentrer la production dans quelques mains

Pour que l’agriculture «retrouve la compétitivité perdue», Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, propose une autre voie que celle de la FNSEA, premier syndicat agricole.

Que pensez-vous des solutions préconisées par Xavier Beulin ?

Elles n’ont rien de surprenant. Pour lui, les fermes ne sont pas assez grosses, pas assez modernes… C’est un discours du passé, exactement le même que celui qu’on entend depuis les années 1950. A l’époque, il était justifié, il fallait effectivement moderniser l’agricul- ture. Mais aujourd’hui, le contexte a changé.

Ce que propose le président de la FNSEA, c’est un plan de licenciements, une prime à la sortie des paysans. C’est une doctrine libérale classique: chaque crise élimine les plus faibles, sauf que le libéralisme ne s’accommode d’habitude pas de l’argent public. La pre- mière économie d’échelle des fermes-usines et de l’agriculture intensive, c’est la disparition de l’emploi paysan. Et même de l’aval de la filière: le nombre d’emplois baisse aussi dans l’agroalimentaire, tout est ultramécanisé. La finalité n’est pas l’emploi, c’est juste de la finan- ciarisation. Cela mène de facto vers un modèle où il y a moins de paysans, pour que ceux qui restent se partagent le gâteau.

Xavier Beulin a intérêt à ce que ce modèle se développe, puisque son groupe Avril-Sofiprotéol en profite, notamment via sa filiale Glon Sanders, leader de la nutrition animale. Mais ce schéma ne marche pas: le nombre de paysans ne cesse de baisser, la qualité des produits se dégrade, les maladies liées à la pollution de l’environnement explosent et les paysages sont détruits.

Il faut pourtant être compétitif…

La notion de compétitivité a été dévoyée. Certains se sont arrogé ce mot. Il faut lui redonner du sens. Qu’est-ce qu’être compétitif? Faire de la valeur ajoutée localement ou du chiffre d’affaires à l’export? Le gouvernement actuel est dans la même logique que les dirigeants de la FNSEA et ne jure que par les exportations en s’alignant sur la concurrence mondiale, quel qu’en soit le prix. Jusqu’ici, l’image des exportations françaises de produits agricoles était plutôt celle de produits de qualité. On se sert de cette image, qu’on détruit, pour accélérer un modèle qui détruit les agriculteurs. C’est du court-termisme absolu.

On parle beaucoup de la compétitivité de la filière porc par rapport à l’Allemagne. Mais l’enjeu n’est pas d’aller faire la guerre aux Allemands en réclamant des prix toujours plus bas au détriment de la qualité. C’est une fuite en avant. D’autant que nous sommes dans le même espace commun, il faudrait plutôt trouver le moyen de mieux répartir les productions. Et pen- dant ce temps, on ne voit pas qu’on est en train de se faire manger le créneau du haut de gamme par les salaisonneries italiennes et espagnoles.

Xavier Beulin réclame un moratoire sur les normes environnementales. Celles-ci vous étranglent-elles ?

Non. Le métier de paysan est de travailler avec la nature. Le jour où elle sera morte, on ne pourra plus exercer notre métier. Imaginer que les sols puissent être réduits à de simples supports physiques ne fonctionnant qu’en étant arrosés d’engrais et de pesticides revient à donner les clés du camion à cette industrie. Mais surtout c’est illusoire, cela ne marchera pas. On voit déjà les dégâts que cette agriculture intensive fait sur l’environnement et sur notre santé. Et ce n’est pas ce que les gens veulent. Ils veulent de la qualité.

Oui, mais la qualité coûte cher…

Il y a une frange de la population qui n’a plus les moyens de s’alimenter correctement. La première politique que nous devrions avoir en Europe, c’est celle de l’alimentation. Est-ce qu’on ne pourrait pas mettre cela en débat? Remettons de l’argent dans le système, pour- quoi pas. Mais pas pour accélérer, pour en sortir! L’enjeu est là. Surtout, il faut réorienter les aides. Pourquoi pas choisir d’aider plutôt les petites et moyennes fermes? Aujourd’hui, elles sont moins subventionnées, alors qu’elles créent plus d’emplois. Et on sait que plus les fermes sont grosses, moins leur production est de qualité.

Est-il normal que les aides aillent principalement à l’agriculture industrielle, à la quantité au détriment de la qualité? Si on redistribuait les dix milliards d’euros de subventions annuelles de la Politique agricole commune (PAC) vers ceux qui produisent de la qualité et du bio, ce qui implique pour eux des coûts de production supplémentaires, ces derniers pourraient proposer leurs produits au même prix que ceux qui font de l’agriculture industrielle. D’autant que la dépollution des eaux chargées en pesticides et en nitrates coûte des fortunes à l’Etat, ce qui représente des coûts cachés pour les contribuables. L’agriculture industrielle est en fait «sur-subventionnée».

Pour que les paysans et les consommateurs s’en sortent, puissent produire et consommer de la qualité sans se ruiner, il faut relocaliser les productions et les adapter à ce que nous consommons. On entend la FNSEA nous répéter: «mangez ce que nous produisons». Il faudrait plutôt produire ce que les gens ont envie de consommer. Par exemple, nous ne produisons pas assez de légumes en France. Nous sommes obligés d’en importer. C’est absurde. Pourquoi pas développer le maraîchage? Alors bien sûr, cela nourrit moins l’agro- business, surtout le bio qui se passe d’engrais et de pesticides chimiques. Il y a beaucoup de filières locales qui ne demandent qu’à se développer. Si on déconcentrait la production porcine, qui a été massée dans l’Ouest avec les dégâts que l’on connaît, cela réduirait la pression sur l’environnement et ferait vivre plus de producteurs sur l’ensemble du territoire national.

La crise de l’élevage a fait la «une» des médias ces dernières semaines. Le plan d’urgence de 600 millions d’euros annoncé par Stéphane Le Foll le 22 juillet suffira- t-il à la résoudre ?

Non. On remet 600 millions au pot sans se poser les questions de fond. Un récent rapport de la Cour des comptes pointait le fait que ce type de plan de crise se faisait toujours à fonds perdu, car on ne remet pas en cause le système. Ce plan présente comme une solution des choses qui ont prouvé leur inefficacité par le passé.

Xavier Beulin réclame notamment des allègements de charges…

C’est fou! A la Confédération paysanne, nous préférons parler de cotisations sociales. Si les agriculteurs cotisent moins, ils auront encore moins de retraite, déjà très maigre dans le secteur. Cela signifie aussi moins de couverture sociale pour les accidents et les maladies. Plutôt que cette logique du plus fort, il faut redistribuer et réadapter le système, vers une agriculture de qualité.

Qu’attendez-vous du conseil européen extraordinaire des ministres de l’Agriculture, qui aura lieu le 7 septembre à l’initiative de Stéphane Le Foll ?

Principalement, deux choses. A court terme, si on veut que les cours remontent, notamment celui du lait, il faut que l’Europe en stocke, ce en quoi nous rejoignons ce que réclame la FNSEA. En revanche, nous demandons qu’on développe en contrepartie un plan d’adap-tation au marché. Celui-ci souffre d’une crise de surproduction, du lait ou du porc. Il faudrait, par exemple, un plan de baisse de la production des porcheries, en commençant par les plus gros élevages. A plus long terme, dans le cadre de la réforme de la PAC qui aura lieu en 2020, il faut réfléchir à la façon de redistribuer les aides pour inciter les agriculteurs à vivre sur des volumes de production plus modestes mais de qualité. De plus en plus de paysans suivent cette voie, et s’en sortent bien.

Nous lançons à partir du 1er septembre des actions pédagogiques, en Vendée et Pays de la Loire puis en Rhône-Alpes. Nous allons distribuer du lait, expliquer ce qu’est la crise, com- ment on peut s’en sortir sans concentrer la production dans quelques mains… Et nous finirons par une grande marche avec nos partenaires européens le 6 septembre en Belgique, pour arriver le 7 à Bruxelles.

L’agriculture souffre d’une image déplorable. Cela me rend malade de voir le fumier déversé devant les grandes surfaces. Ne serait-ce que parce que le fumier, c’est un engrais ! On peut comprendre le désespoir de ceux qui sont coincés, endettés. Je comprends les actions de blocage. Mais après, le fumier, les dégâts, cela va un peu trop loin. Il faut que les gens prennent un peu de recul, de la hauteur, pour trouver des solutions. Les grandes surfaces ne sont pas la cause de tous nos maux: ce sont surtout les politiques, qui sont très soumis aux lobbies agro-industriels. Le système de subventions marche très bien. Il faut juste subventionner une autre agriculture. Coralie SCHAUB 24 août 2015

http://www.liberation.fr/economie/2015/08/24/crise-agricole-on-peut-s-en-sortir-

Pour résoudre la crise du secteur, Beulin, qui préside aussi, entre autres, Avril-Sofipro- téol, une holding regroupant plus de 150 sociétés et pesant sept milliards d’euros de chiffre d’affaires, estime qu’il faut «engager un vaste plan pour moderniser les bâtiments, automa- tiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus pro- ductives». Il propose aussi «un moratoire d’un an sur les normes environnementales» et «une adaptation des règles fiscales aux aléas de l’agriculture». Réaction de Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, le troisième syndicat agricole.

Lire aussi:

http://www.globalmagazine.info/meli-melo/2015/08/21/itw-rene-louail-1440185021

http://www.lutte-ouvriere-agriculteurs sous-la-menace-des-industriels-et-de-la-fnsea

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20 août 2015 ~ 0 Commentaire

crise du porc (of + lt)

porc

porc cul

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18 août 2015 ~ 0 Commentaire

crise agricole (of + lm)

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La Confédération paysanne tacle la FNSEA (Ouest France)

Le syndicat considère que la FNSEA a sa part de responsabilité dans la crise que traverse actuellement l’agriculture. «C’est eux qui ont voulu une libéralisation des marchés.»

«Ils ont orienté le marché vers un marché mondial. C’est eux qui ont fait planter la pro- fession.» Les mots sont durs. Ce sont ceux de Claude Bacle, porte-parole de la Confédé-ration paysanne dans l’Orne, et sont à l’encontre de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), syndicat agricole majoritaire en France.

À l’origine de la crise selon la Confédération paysanne: le syndicat mené par Xavier Beulin. «C’est eux qui ont voulu une libéralisation des marchés et maintenant ils font des contrôles dans la restauration ou dans les grandes surfaces, sourit Claude Bacle. On ne pas peut vouloir envahir le marché intérieur des autres pays et préserver le sien.»

«Ils manipulent leurs manifestants» Le plan d’urgence obtenu après les blocages des agriculteurs fin juillet? «Une bouffée d’oxygène, qui ne résout en rien le problème», explique Michel Chorin, éleveur à Magny-le-Désert et militant à la Confédération paysanne. «Le fond du problème, c’est la politique agricole européenne, souffle Claude Bacle. Il faut harmoniser les normes. Il faut aussi une politique de régulation et de répartitions des volumes de produc- tions…» Jeudi, le syndicat a quitté une réunion organisée à la préfecture de l’Orne sur le thème des contrôles de la viande bovine, estimant qu’elle «ne s’attaquait pas aux vraies causes de la crise».

Absents lors des blocages et des précédentes manifestations, les agriculteurs de la Confédération paysanne se retrouveront le 7 septembre prochain à Bruxelles. Date à laquel- le se réuniront tous les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. Pour ce qui est de la FNSEA: «Ils manipulent leurs manifestants. Un jour, le mouvement va leur échapper.»

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/crise-agricole-confederation-paysanne-tacle-fnsea-16-08-2015-222865

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La Confédération paysanne à la rencontre du préfet (La Montagne)

La rencontre avait pour but d’expliquer au préfet la détresse des agriculteurs. Les responsables de la confédération paysanne du Cantal ont rencontré le préfet le 13 août en préfecture. Il faut retenir la volonté commune d’améliorer les conditions des agriculteurs.

Alors que l’heure est toujours à la tourmente et aux actions diverses dans les grandes zones rurales de France, l’apaisement et le dialogue semblent d’actualité à la Confédération paysanne du Cantal. Les thèmes abordés lors de cette rencontre avec le préfet : la crise de l’élevage qui frappe les activités laitières des agriculteurs du Cantal, et le bilan de la sécheresse et les indemnisations nécessaires pour panser les maux subis.

Des produits à haute valeur ajoutée La Confédération paysanne, qui n’a été que peu active lors des actions contre les supermarchés ou contre certains services publics, ne manque pourtant pas d’idées pour faire sortir le monde agricole d’une crise étouffante. «On est au bout d’un système de forte production mis en place après guerre, autant dire qu’il n’est plus efficace à notre époque, surtout pour les plus petits paysans», introduit rapidement Stéphane Malroux, porte-parole du syndicat.

«Nos adhérents ne sont pas surpris de la crise qui les touche», poursuit-il, considérant que «contrairement à la FNSEA, la Confédération paysanne n’était pas encline à la libérali- sation des marchés agricoles, qui met à terre les petits producteurs». Le syndicat demande alors que le préfet appuie auprès du ministère leur recommandation d’une régulation de la production qui a explosé depuis la fin des quotas européens.

Cela est surtout faisable au sein d’un territoire qui bénéficie d’une AOP comme le Cantal. Pour les membres du syndicat, il est temps de mettre en place une politique de prix et de régulation. Les éleveurs veulent «des prix et non pas des primes», disent-ils. Ils dénon- cent la dérive des politiques de primes dont sont privés les petits paysans pas assez pro- ductifs et compétitifs. «On veut se recentrer sur la production de produits à haute valeur ajoutée pour se différencier sur les marchés ultra-concurrentiels à l’échelle internationale », ponctue le syndicaliste. Gérémy Charrier

http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/cantal/2015/08/17/la-confederation-paysanne-a-la-rencontre-du-prefet_11551326.html

«Le cadran est un outil dépassé» (Confédération paysanne)

Publié le jeudi 13 août 2015 – 17h31

«Le marché au cadran est un outil maintenant dépassé pour confronter l’offre et la demande: c’est un marché qui a pour effet de rapprocher les cours intérieurs des cours mondiaux», fait valoir la Confédération paysanne dans un communiqué du 13 août.

«Par ailleurs, la Confédération paysanne combat l’idée trop souvent répandue que l’avenir est aux grands élevages: leur coût de production n’est pas plus bas. La recher- che de la compétitivité par la taille est un leurre, c’est une autre politique qu’il faut mettre en place. Enfin, cette crise n’est pas que française: même avec un coût de revient inférieur de quelques centimes, les éleveurs allemands, espagnols ou danois souffrent et sont lourdement endettés.»

«Ouvrir l’intervention publique» «La Confédération paysanne demande qu’un travail structurant soit organisé pour la filière porc autour de cinq axes majeurs: travailler à une méthode de fixation des prix permettant une couverture des coûts de production ; réorienter les productions au plus près de la consommation ; mettre en place une stratégie de développement de la qualité des viandes ; mettre en place une stratégie de substitution aux importations (1,59 milliard d’€ de viande de porc importée en France) et, enfin, mettre en place des mesures de prévention des crises qui permettent un ajustement de l’offre à la demande. »

« A court terme, les pouvoirs publics n’ont d’autre choix que d’ouvrir l’intervention publique de manière à encadrer une production européenne qui a très fortement augmenté ces derniers mois », conclut le syndicat.

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/porc-le-cadran-est-un-outil-depasse-confederation-paysanne-108069.html

Et aussi:

http://www.anti-k.org/2015/08/18/confederation-paysanne-lettre-ouverte-a-lattention-de-m-stephane-le-foll/

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

cgt et immigration 1 (npa)

colo

Histoire oubliée, rencontre manquée ?

Les rapports entre mouvement ouvrier et immigration constituent indéniablement un pan oublié d’une histoire de l’immigration qui ne s’est elle-même développée en France que tar- divement, dans la foulée des travaux de l’historien Gérard Noiriel1. Dans l’histoire de la clas- se ouvrière, du mouvement syndical et en particulier de la CGT, on trouve généralement peu d’éléments sur la condition des travailleurs immigrés, leurs luttes mais aussi leurs rapports avec la gauche et le mouvement ouvrier.

Pourtant, dès la fin du 19e siècle, les travailleurs immigrés ont constitué une compo- sante structurelle de la classe ouvrière et de son renouvellement. Si cette dimension a été en grande partie refoulée, voire occultée, non seulement par la République française, mais aussi par le mouvement ouvrier, c’est à la fois en raison de l’emprise en France de l’idéologie assimilationniste, mais aussi du fait de l’adhésion profonde de la majorité des directions syndicales et de la gauche réformiste au modèle d’un «Etat national social»2, fondé en partie sur la coupure entre nationaux et étrangers.

Toutefois, le mouvement syndical, notamment la CGT, s’est adressé à de nombreuses reprises, spécifiquement, aux travailleurs immigrés et a pris en charge, au moins partielle- ment, leurs revendications. Des équipes militantes ont mené des combats contre les discri- minations et des convergences se sont nouées en différentes occasions entre une minorité de militants français et des militants immigrés, par exemple en faveur de l’indépendance de l’Algérie3 ou pour la régularisation des travailleurs sans-papiers dans la période récente.

L’histoire des rapports entre la CGT et l’immigration reflète ainsi les contradictions structurant le mouvement syndical : de plus en plus englué dans les structures d’un Etat orienté vers la mise en valeur du capital national, le syndicalisme a le plus grand mal à met- tre en œuvre une politique active qui s’adresse directement aux travailleurs immigrés et les implique.

«Protéger la main-d’œuvre nationale» ou unifier le prolétariat? Même si la CGT s’est ouverte en 1900 aux étrangers, c’est essentiellement au cours et dans la foulée de la Pre- mière Guerre mondiale que la question de l’immigration et de la place des travailleurs immi- grés dans la classe ouvrière s’est trouvée posée par et dans le syndicalisme. Si l’immigra- tion était alors un phénomène déjà ancien4, le manque de main-d’œuvre industrielle et agri- cole consécutif à la guerre a contraint le patronat et l’Etat à recourir beaucoup plus large- ment à une main-d’œuvre immigrée, que ce soit pour combattre ou pour travailler dans les usines et les champs.

Les années 1920 ont vu l’afflux massif de travailleurs immigrés, divisés par l’Etat entre «étrangers»: italiens, polonais, espagnols, belges etc. et «coloniaux»: notamment algériens), qui venaient effectuer les travaux les plus pénibles des industries du Nord, de Lorraine, de région parisienne et du Sud-est. Les immigrés constituant une fraction de plus en plus importante du prolétariat: ils sont près de 3 millions en France au début des années 1930), le mouvement syndical a été contraint de se positionner sur la question devenue décisive de l’immigration et des travailleurs immigrés.

Divisé entre la CGT et la CGTU sur de nombreuses questions d’orientation générale après la scission de 1921-1922, qui avait suivi de peu la scission politique de 1920 entre la SFIO et le PC, le syndicalisme français s’est également scindé sur ce plan. Plutôt que de chercher à unifier prolétaires français et immigrés, la CGT défendait une approche protec- tionniste et tombait en grande partie dans le piège de la concurrence, considérant que sa mission était «de protéger d’abord les intérêts de la main-d’œuvre nationale»5. Si l’entrée de travailleurs étrangers n’était pas contestée dès lors que l’économie était en phase ascen- dante, les périodes de chômage ont vu la CGT s’aligner de facto sur les couches du proléta- riat les plus sensibles à la propagande xénophobe, légitimant l’idée selon laquelle les travail- leurs immigrés seraient responsables, au moins partiellement, des difficultés subies par les prolétaires français, et non le système capitaliste.

Lors de son 3e congrès à Lille, en 1925, la CGTU révolutionnaire, liée au PC mais aussi à des courants syndicalistes révolutionnaires, du moins dans un premier moment, partait d’un point de vue très différent. Elle considérait que les travailleurs immigrés consti- tuaient «un facteur essentiel des possibilités de lutte et de réalisation ouvrières» et défendait donc une politique d’unification du prolétariat, qui passait notamment par une dénonciation virulente du colonialisme français: la centrale revendiquait ainsi l’abolition du code de l’Indi- génat et, en octobre 1925, appelait à une journée de grève générale contre la guerre du Rif.

La CGTU luttait en outre contre les préjugés xénophobes et les inégalités, de salaires et de droits, syndicaux et politiques, entre travailleurs français et immigrés. C’est dans ce but qu’elle incita ces derniers à s’organiser collectivement dans le cadre d’une organisation spé- cifique qui lui était liée: la Main-d’œuvre étrangère (MOE), créée dans les années 1920, qui devint dans les années 1930 la Main-d’œuvre immigrée (MOI) avant de se muer en groupe armé, les FTP-MOI, sous l’Occupation6.

Le tournant «patriotique» pris par le mouvement communiste stalinisé provoqua un affadissement des positions du PC et de la CGTU concernant l’immigration. Si la CGT et la CGTU parvinrent à s’entendre au moment de la réunification syndicale de 1936, ce fut ainsi au prix de l’abandon des revendications de «liberté complète des frontières» ou d’ «embau- chage libre» antérieurement portées par la CGTU, même si demeuraient celles relatives à l’égalité des droits, notamment syndicaux. Pourtant, le mouvement de grève de mai-juin 1936 et la montée de l’antifascisme provoqua un afflux de nouvelles adhésions, particuliè- rement fort du côté des travailleurs immigrés, notamment italiens et espagnols, qui passè- rent de 50 000 à 350-400 000 syndiqués après le congrès de réunification.

Samedi 15 Août 2015 Hugo Palheta

http://npa2009.org/idees/cgt-et-immigration-histoire-oubliee-rencontre-manquee

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

cgt et immigration 2 (npa)

CGTSansPapiers

De la reconstruction aux années 1980 : les contradictions de la CGT

A la Libération, la CGT, à nouveau réunifiée mais sous la direction du PCF, atteint une puis- sance inédite, comptant au congrès de 1946 près de 5,5 millions d’adhérents. Dans un con- texte de reconstruction de l’économie nationale, le mouvement syndical se trouva de nou- veau confronté à la question de l’immigration et aux dilemmes de la période précédente, avec une donnée nouvelle: une part croissante des travailleurs immigrés venait de pays colonisés par la France, en particulier l’Algérie et le Vietnam, au moment même où se développaient les luttes de libération nationale.

L’histoire de l’immigration allait dès lors se croiser de plus en plus avec celle du racisme structurel, qui s’affirmait en France en continuité avec le système colonial. Dans les entreprises, les immigrés coloniaux puis postcoloniaux étaient ainsi destinés, presque toujours, aux postes de manœuvres et d’ouvriers spécialisés (OS), là où une partie des travailleurs blancs  parvenait à grimper l’échelle ouvrière, c’est-à-dire à accéder aux postes d’ouvriers professionnels (OP) ou du petit encadrement. C’est à cette situation que la CGT eut le plus grand mal à répondre: sur la question coloniale comme sur celle du racisme, le PCF, qui dirigeait alors la CGT d’une main ferme, développait une politique éminemment ambiguë, qui répondait mal aux attentes des immigrés postcoloniaux, et plus tard de leurs enfants.

Etudié en détail par Laure Pitti7, le cas de Renault-Billancourt est significatif: les ouvriers algériens, qui y étaient très nombreux, se rapprochèrent de la CGT au début des années 1950. La CGT mettant en avant des revendications à la fois syndicales et politiques, notamment l’indépendance nationale algérienne, les militants syndicaux parvinrent à nouer dans l’usine des liens avec des ouvriers algériens, souvent organisés dans le cadre du Mou- vement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). La centrale ne contestait guère la gestion coloniale de la main-d’œuvre, en particulier les discriminations systématiques à l’avancement et la non-reconnaissance des qualifications, mais menait alors des combats importants contre les dispositifs d’encadrement spécifiques qui ciblaient les ouvriers algé- riens, mais aussi contre les différences de traitement en matière d’allocations familiales.

La guerre d’Algérie allait changer la donne, quoique ce changement ne s’opérât pas immédiatement: si le PCF dénonça d’emblée l’insurrection déclenchée par le FLN le 1er novembre 1954, c’est surtout le vote des pouvoirs spéciaux par les parlementaires commu- nistes en mars 1956, non critiqué voire justifié par la direction de la CGT, qui modifia la situa- tion et distendit les rapports entre les ouvriers algériens et la centrale (même si la majorité des Algériens membres de la CGT y demeurèrent, sur le conseil du FLN8). Même si des convergences pouvaient s’opérer contre la répression, cette prise de distance se marquait clairement dans la divergence des revendications: paix et lutte antifasciste (contre l’OAS) du côté de la CGT, indépendance nationale du côté des ouvriers algériens.

La période ouverte par les grèves de mai-juin 68 constitua une deuxième source de clivages entre CGT et immigrés. Elle marqua «l’entrée des travailleurs immigrés comme acteurs autonomes des luttes sociales»9. Réduits jusque-là au statut de victimes et soumis à un traitement humanitaire, ils devinrent des acteurs de plus en plus incontournables des mouvements. Dans le cadre de l’usine s’affirmaient ainsi les luttes des OS immigrés, qui se battaient pour l’égalité des droits, le respect de normes d’hygiène et de sécurité, et plus généralement contre le statut d’«OS à vie». Hors de l’usine, c’est contre les «marchands de sommeil» et les taudis auxquels on les condamnait qu’ils luttaient, à travers notamment des mouvements de grève des loyers, mais aussi contre les crimes racistes ou pour la libération de la Palestine.

A la fin des années 1960, la CGT chercha à s’implanter davantage parmi les travailleurs immigrés10, défendant notamment l’extension des droits syndicaux aux immigrés, diffusant des journaux en langues étrangères: arabe, portugais, espagnol et italien etc. En s’appuyant sur les OS immigrés, la centrale syndicale parvint ainsi à reconstruire une implantation dans certaines usines de l’industrie automobile où les syndicats au service des patrons: CFT puis CSL,  étaient parvenus à marginaliser tout syndicalisme combatif. Les conflits très durs du début des années 1980, notamment à Citroën-Aulnay et Talbot-Poissy11, cristallisèrent ainsi un clivage social, racial et syndical, entre des OS immigrés syndiqués massivement à la CGT (mais aussi à la CFDT), et des OP français syndiqués à la CSL12.

Si la CGT parvint en partie à représenter et à canaliser les aspirations des immigrés sur les lieux de travail, elle connut des difficultés à partir des années 1970 en se montrant généralement hostile à toute démarche autonome, notamment sur les questions dépassant le strict cadre de l’usine et apparaissant plus «politiques»: racisme, anti-impérialisme, loge- ment. Ces derniers trouvèrent ainsi davantage de soutien et un respect de l’autonomie de leurs luttes, du côté de la CFDT, de la gauche chrétienne (JOC, FASTI, Cimade) et de l’extrême-gauche.

La CGT face à de nouveaux défis Une nouvelle période s’est ouverte au cours des années 1980, marquée par le chômage de masse, qui s’installait pour longtemps et affectait en particulier les travailleurs venus des anciennes colonies françaises, premières et princi- pales victimes des vagues de licenciement dans l’industrie. Les patrons ont en effet profité de la «crise» pour licencier ceux qui s’étaient montrés particulièrement combatifs durant les conflits ayant secoué l’industrie au début des années 1980: lorsque Talbot a annoncé en juillet 1983 un plan de 2905 licenciements à l’usine de Poissy, c’étaient à 80 % des travail- leurs étrangers qui étaient concernés, avec une forte proportion de travailleurs originaires des DOM-TOM parmi les 20 % restants.

Mais cette période a également vu l’émergence de luttes qui ont bousculé la gauche et le mouvement ouvrier, dont la CGT. A l’automne 1983, la Marche pour l’égalité et contre le racisme mobilisa des dizaines de milliers de jeunes habitants des quartiers populaires et mit au premier plan la situation des descendants de colonisés, cibles de discriminations systé- matiques sur le marché du travail et du harcèlement policier. Or la CGT ne fit guère de la lutte contre les discriminations racistes un véritable combat syndical, laissant se développer du côté des organisations dominées par le PS, notamment SOS-Racisme, un antiracisme moral et orienté vers les blancs «Touche pas à mon pote», plutôt que vers les premiers concernés.

Un nouveau champ de lutte s’est par ailleurs ouvert autour de la cause des travailleurs immigrés en situation irrégulière, progressivement connus dans le débat public sous le nom de «sans-papiers». Même si une grève de sans-papiers éclata dès 197313, c’est dans les années récentes que les sans-papiers se sont fait reconnaître publiquement comme travail- leurs, en usant de l’arme de la grève au cours du mouvement historique de 2008 qui a mobi- lisé plusieurs milliers de sans-papiers. La CGT y a joué, du début à la fin, un rôle décisif et incontournable, mais dans des rapports parfois difficiles avec les grévistes, soucieux de leur autonomie, et les collectifs de sans-papiers, portant une revendication de régularisation déconnectée de l’emploi.

La CGT fut d’abord dirigée par des syndicalistes révolutionnaires en opposition avec la SFIO (PS NdB), qu’elle soit guesdiste ou jaurésienne, sur la plupart des questions d’orien-tation. Les divergences portaient notamment sur l’internationalisme, dont la question de l’im- migration est l’un des corollaires, tant le développement de l’impérialisme, avec son cortège de guerres, d’inégalités et de misère, avait poussé des centaines de milliers de travailleurs hors de leurs pays.

Au fil des crises économiques, sociales et politiques qui ont marqué le 20e siècle, cette opposition s’est rejouée sous différentes formes et la CGT a connu bien des dérives, reprenant parfois à son compte, ou ne combattant pas, la propagande xénophobe. Or, du fait notamment de son intégration croissante à l’appareil d’Etat, elle demeure plus que jamais partagée entre des traditions anti-impérialistes et son adhésion au modèle d’un «Etat natio- nal social», réduisant les immigrés, notamment postcoloniaux, au statut de travailleurs « invités », donc de seconde zone. Ugo Palheta

http://npa2009.org/idees/cgt-et-immigration-histoire-oubliee-rencontre-manquee

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

philippe poutou: cégétiste (npa)

Et candidat révolutionnaire à l’élection présidentielle

Une candidature complètement impensable jusque dans les années 2000 mais qui n’est pas passée inaperçue dans la galaxie CGT…

Quelles ont été les discussions dans ton syndicat avant ta désignation comme candidat du NPA ?

En mai 2011, nous étions en pleine lutte pour la défense de nos emplois et la sauvegarde de l’usine. C’est le 6 mai que Ford Europe annonçait sa décision de nous faire fabriquer une nouvelle transmission automatique. C’était pour nous une drôle de victoire après des années de bataille marquées par des rebondissements: fermeture d’usine programmée, départ de Ford, repreneur bidon, pouvoirs publics baladés, trompés et complices à la fois, mobilisation des salariés, manifestations au Mondial de l’auto, un retour de Ford et enfin du travail à nouveau.

Ma «candidature» se discute dans ce contexte. Dans le syndicat CGT-Ford, certains camarades expriment leur soutien, pensant que cela peut prolonger la lutte, l’amplifier, popu- lariser les luttes pour l’emploi, redonner confiance aux salariés… D’autres sont évidemment surpris ou s’inquiètent des conséquences dans la CGT, notre syndicat étant déjà en conflit avec nos structures.

Et les réactions dans la boîte ?

L’annonce de ma candidature et la campagne qui a suivi ont été des évènements dans l’usi- ne. Les collègues, qu’ils aient été dans la lutte ou pas, qu’ils soient proches ou pas politi- quement, ont pour la plupart réagi positivement. Impressionnés par la chose, avec un senti- ment de fierté car un des leurs était aux «présidentielles». Même des chefs, des cadres réa- gissaient presque en soutien. La campagne a été suivie par une majorité qui n’avait jamais fait  très attention à une campagne électorale.

Mes passages étaient suivis, commentés, critiqués. Certains rigolaient de mes «gaffes», de mes difficultés, de ma timidité, de mes habits mal choisis. Certains me conseil- laient, m’encourageaient à être plus confiant. Des collègues espéraient une marionnette aux «Guignols de l’info». Le fond des interventions n’était pas le plus discuté mais quand même, ça réagissait sur certaines questions. Notamment sur la régularisation de tous les sans- papiers. Comme ils m’entendaient le dire à la télé, cela devenait une idée pas forcément partagée mais qui se discutait sérieusement. Beaucoup pensaient qu’étant candidat, ça met- tait la lumière sur l’usine Ford et cela ne pourrait qu’aider à la sauvegarde de l’usine. En fait j’étais pour eux le candidat des ouvriers Ford ou même celui de tous les ouvriers mais pas celui du NPA.

Quelles ont été les réactions de l’appareil CGT ?

A ce moment-là, j’étais membre de la direction élargie de l’union départementale. Mes rela- tions avec les responsables et les bureaucrates de la structure départementale comme fédérale (métallurgie) étaient, et sont encore, plutôt mauvaises. Beaucoup de tensions, de disputes lors de chaque réunion. Ma «candidature» a changé la relation sur un aspect: il n’y avait plus l’agressivité habituelle dans les échanges, il y avait même parfois des sourires, des petites blagues, des mains sur l’épaule, des questions sympas sur ma campagne, je devenais presque un copain. Ce n’était pas la même chose avec les militants, les cama- rades «d’en bas», des syndicats d’autres boites. Les relations étaient fraternelles, il y avait cette fois-ci la fierté qu’un camarade de la CGT les représenterait quelque part dans ces élections.

Cela a-t-il influé sur la lutte dans la boite ?

Difficile à dire. Cela a porté les regards sur l’usine Ford et renforcé la médiatisation lors de nos actions. Cela a aussi un peu modifié les relations avec les pouvoirs publics, avec le Pré- fet. On prenait un peu d’importance. Du côté de  la direction de Ford, cela a aussi modifié les relations qui étaient très tendues et conflictuelles. Cela s’est «calmé» d’un seul coup. La direction était comme impressionnée, elle était en face de quelqu’un de connu, «vous êtes un personnage officiel de la République». Ford a visiblement fait le choix de me laisser tran- quille. Ce n’était pas rien à l’époque. Une seule fois, la direction est «intervenue» dans la campagne. Elle n’avait pas apprécié ma déclaration comme quoi je refusais d’acheter une voiture Ford parce que je n’avais pas envie d’avoir le logo sous les yeux quand je partais en vacances. Elle m’avait demandé de faire une rectification.

Quel a été impact de l’affaire Lepaon ?

Les médias qui m’oublient peu à peu, le temps passant, m’ont brusquement recontacté au moment de l’affaire Lepaon, se rappelant que j’étais militant CGT. J’ai clairement exprimé la critique des bureaucrates (pas seulement de Lepaon), de l’absence de démocratie, la déconnexion réelle entre des dirigeants sous influence gouvernementale et patronale et les militants de base dévoués, pris dans l’urgence sociale quotidienne.

Ces interventions n’ont pas plu aux «chefs» du syndicat, certains réagissant agressi- vement. Du côté des militants, par contre, même si parfois ils pensent qu’il ne faut pas criti- quer ouvertement notre syndicat, au risque de nous fragiliser un peu plus, beaucoup appré- cient au contraire la dénonciation de la bureaucratie tant la colère existe devant son absence de volonté de construire une véritable riposte. Dimanche 16 Août 2015

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16 août 2015 ~ 0 Commentaire

la cgt et les femmes 1 (npa)

PARIS - FRONT POPULAIRE

Du «familialisme» au féminisme

Des années 1960 à aujourd’hui, l’orientation de la CGT concernant les femmes salariées a profondément changé. Pourtant, des pesanteurs subsistent.

Alors qu’une conception «familialiste», voire nataliste, avait longtemps accompagné l’hostilité syndicale au travail féminin, la syndicalisation des femmes dans les années 1968, tandis que se diffusait le mouvement féministe de la deuxième vague et que les grèves étaient nom- breuses, a provoqué des bouleversements, non sans difficultés et retours en arrière. Près de 50 ans plus tard, la confédération se dit féministe et se pose la question de la place des femmes dans l’organisation ou à la direction.

Une orientation familialiste Dans les années 1960, la CGT dans le giron du PCF, lançait une campagne mettant l’accent sur la «fonction sociale» de la maternité et défendant l’idée de «protection» de la maternité, ce que des féministes dénonçaient comme étant différen- cialiste. Une décennie plus tard, avec l’accès à la contraception et la libéralisation de l’avor- tement (1974-1975), il s’agissait pour les féministes, non plus de s’appuyer sur la maternité, mais de la refuser lorsqu’elle n’était pas désirée. Ce changement de paradigme s’est réper- cuté dans les organisations syndicales, mais avec des contradictions et des nuances. Ainsi, en 1971, tandis que «la CFDT affirme sa volonté de lutter aussi contre les rôles sociaux prédéterminés de l’homme et de la femme», la CGT refusait ce qu’elle appelle «l’égalitarisme intégral».

En 1974, Christiane Gilles, au nom de la CGT, répondait qu’il est nécessaire de recher- cher les «causes de la situation des travailleuses. Il est certain qu’elle découle de la place inférieure des femmes dans la société, mais pour la CGT, ce sont le gouvernement et le patronat qui sont responsables. Il faut s’attaquer à l’adversaire de classe, car la lutte des travailleuses n’est pas contradictoire avec l’intérêt des travailleurs masculins». Ceci dit, «il y a un retard à rattraper» et la «situation des travailleuses doit donc être prise de manière spécifique.»

C’est parce qu’elle est considérée comme «reproductrice du genre humain» que «la CGT envisage la ‘‘spécificité’’ de ‘‘la’’ femme. Il s’agit pour l’organisation syndicale de faire reconnaître cette ‘‘fonction sociale’’ qu’est la maternité». La CGT s’appropria ainsi la fête des mères pour en faire un moment revendicatif privilégié dans les entreprises et ce, sans en critiquer à aucun moment les origines idéologiques, en évoquant simplement la «tradition». Fondamentalement, elle ne cherchait pas à faire évoluer les mentalités concernant la famille ou la natalité et refusait par exemple d’être partie prenante du MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception), considérant qu’il ne s’agit pas d’un cadre suffisamment large. Elle finit par soutenir la loi Veil en 1975, mais du bout des doigts.

L’explosion de la parole féminine: entre féminin et féminisme En 1970, la CGT récusait nationalement une conception «féministe de l’égalité», qu’elle envisageait comme étroite et, en 1973, elle précisait cette analyse: «la conception ‘‘féministe’’ selon laquelle la société aurait été construite ‘‘par les hommes et pour les hommes’’ est erronée». Cependant Made- leine Colin, ancienne membre du bureau confédéral de la CGT et directrice d’Antoinette, écrivait en 1975 qu’elle accepterait l’adjectif féministe à condition de s’en tenir à la définition du Petit Larousse d’alors qui stipulait: «Féminisme: tendance à améliorer la situation de la femme dans la société, à étendre ses droits.» Le mouvement féministe avait pris de l’impor- tance et la CGT ne pouvait pas rester imperméable.

Dans ce contexte, en mai 1977 se réunit la 6e conférence des femmes salariées, où la parole féminine explosait. En effet, dans le contexte de l’insubordination ouvrière et de l’ex- tension des mouvements féministes, une nouvelle génération de femmes syndicalistes se forgeait dans la foulée du mouvement de mai-juin 1968. Dans le textile et l’habillement en particulier, elles avaient «adhéré en masse». La commission des mandats de la 6e confé- rence des femmes salariées, réunie par la CGT en 1977, conclut que 37 % des délégué-e-s avaient adhéré après 1973 et les deux tiers après 19681.

Antoinette, le magazine féminin de la CGT, s’inscrivit pleinement dans cette dynamique. Les thèmes traités étaient alors innovants, voire provocateurs2, tout en cherchant à entrainer les femmes salariées derrière le programme commun auquel il était régulièrement fait réfé- rence pour présenter les revendications de la CGT. Dans cette périodisation générale, des changements d’orientations s’observent dans le magazine en 1974, au moment de l’accord CGT-CFDT sur les femmes salariés, mais surtout en 1977, au moment de la 6e conférence qui engage la confédération dans la «lutte contre le poids des idées transmises»3 : l’orien- tation familialiste est mise en question, les mentalités sont bousculées, ce qui perturbe certains militants de la CGT.

A cette période, les militantes des commissions féminines comme celle de l’UD du Rhône mettaient en œuvre des pratiques et des revendications que Madeleine Colin nom- mait en 1987 une «forme de féminisme que les travailleuses portent en elles et expriment à leur façon»4. Ainsi, même si la majorité des militantes récusaient le féminisme, une conti- nuité pouvait s’établir dans les pratiques de la commission féminine et les pratiques féministes.

http://npa2009.org/idees/la-cgt-et-les-femmes-du-familialisme-au-feminisme

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16 août 2015 ~ 0 Commentaire

la cgt et les femmes 2 (npa)

1-81

Le temps des crises : de Georgette Vacher à Antoinette

Au tournant des années 1980, alors que les mouvements féministes et l’extrême gauche refluaient, la dynamique enclenchée par le 40e congrès de la confédération et la 6e confé- rence des femmes salariées (1977) était interrompue au niveau confédéral au moment de l’arrivée d’Henri Krasucki à la tête de la CGT.

Comme le 40e congrès, la 6e conférence n’était pas suivie des effets escomptés dans la CGT et nombre de militantes du secteur féminin de l’UD du Rhône le regrettaient. La journaliste Catherine Simon était allée à la rencontre de certaines de ces militantes et rendait compte de cette déception dans un article intitulé «Voyage à l’UD-CGT du Rhône: la guerre lente»5. Elle écrivait que si la 6e conférence avait marqué un tournant, il ne s’agissait pas d’une «brèche», et «encore moins d’une percée».

Au contraire, les militantes du secteur féminin rencontraient des résistances crois- santes de la part de la direction lyonnaise. Par exemple, le 25e anniversaire d’Antoinette, le 6 décembre 1980, représentait pour elles «le summum, dans le domaine du Bâton-dans-les-roues» car des militantes du secteur féminin souhaitaient faire de cet anniversaire une initia- tive de grande envergure, ce que ne permit pas le bureau de l’UD. De la même façon, tandis que les militantes souhaitaient faire du 8 mars 1981 une échéance importante pour l’organi- sation syndicale, l’instance locale de la CGT la limitait à un «rassemblement ‘’bien encadré’’ […] en centre ville.»

C’est dans ce contexte tendu qu’intervint le suicide de Georgette Vacher. L’ouvrière syndicaliste et permanente de l’UD du Rhône avait participé au 40e congrès à Grenoble et s’était beaucoup investie dans la 6e conférence des femmes salariées. Elle avait rédigé une brochure localement, organisé des conférences des femmes salariées en 1979 et repris la liberté de ton exprimée dans la 6e conférence, puisqu’elle mettait publiquement en cause le comportement de certains de ses «camarades» lors du 28e congrès de l’UD du Rhône en 1978, durant lequel une demi-journée était consacrée aux femmes salariées. Elle s’inquiétait des retours en arrière qu’elle percevait dans la confédération tant au niveau du secteur féminin qu’au niveau de l’orientation générale.

Un mois avant sa mort, le 28 septembre 1981, la CE de l’UD lui avait retiré ses res- ponsabilités départementales du secteur féminin, tandis qu’une partie de son syndicat Calor l’avait désavouée. Le 21 avril 1981, lors d’une réunion de Bureau de l’UD (qu’elle avait enregistrée clandestinement), la direction lui avait fait part de nombreux reproches tels que, entre autre, ses relations avec l’extrême gauche ou la CFDT ou sa façon de diriger le sec- teur féminin comme «un Etat dans l’Etat», avec remarques personnelles qui la conduisirent à considérer ce bureau comme un « procès ».

La veille du 29e congrès de l’UD du Rhône, tenu du 21 au 23 octobre 1981, Georgette Vacher mit fin à ses jours après avoir préalablement laissé des cassettes audio dans les- quelles elle racontait son histoire et expliquait son geste en mettant en accusation l’UD du Rhône. En plus des cassettes, elle laissait derrière elle plusieurs lettres d’adieu. Elle y dénonçait notamment la reproduction de la domination masculine dans l’organisation syndi- cale et la division sexuée du militantisme. Elle montrait que les deux seules configurations acceptées par les membres masculins de l’UD étaient le déni de la féminité ou son insigni- fiance ; il n’y avait pas de place pour une femme syndicaliste à part entière.

Peu de temps après ce tragique événement, la «reprise en main» du secteur féminin par Henri Krasucki, qui faisait suite aux débats internes ayant secoué l’organisation syndicale autour de l’intervention soviétique en Afghanistan (1979), ou autour du coup de force de Jaru- zelski en Pologne contre Solidarnosc (1981), conduisait au licenciement des rédactrices d’Antoinette6 ainsi qu’à la fin progressive des commissions féminines.

1995 : nouvelles préoccupations féministes et enjeux actuels La CGT a connu une «décennie silencieuse»7 sur la question des femmes salariées après la 7e conférence de 1985, et c’est à partir de 1995 que la question de la place des femmes dans l’organisation syndicale s’est reposée, à l’occasion de la conférence mondiale des femmes de Pékin et de l’importante manifestation pour les droits des femmes du 25 novembre 1995.

Dans ce contexte, le collectif femmes-mixité, relancé en 1993, revendiqua la parité des structures de la CGT, qui fut actée par le congrès confédéral en 19998. Dans le même temps, Maryse Dumas, alors élue au bureau confédéral de la CGT, soulignait qu’il s’agissait de «dépasser la notion de ‘‘spécificité’ »», car, précisait-elle, «parler de spécificité pour les femmes signifie bien que le centre, le global, le majoritaire est masculin»9. Elle ajoutait que «notre syndicalisme est féministe parce qu’il agit pour l’émancipation et la liberté des femmes»10.

Cependant, malgré ces mesures et ces changements d’orientation, c’est toujours «la figure d’un militant désincarné, détaché de toute une partie du monde réel»11 qui domine dans les organisations syndicales en général, ce qui rend difficile l’implication des femmes. L’égalité formelle ne proscrit pas le machisme de certains hommes qui continuent d’adopter un fonctionnement au «masculin neutre» avec quelquefois le souci de préserver des avan- tages. De manière générale, «les syndicats se révèlent peu accueillants pour les femmes et ce en dehors d’une volonté explicite de les exclure.

Des mécanismes internes et externes aux organisations étudiées se cumulent pour rendre l’entrée et la promotion de ces dernières des plus difficiles. La conception du ‘‘bon’’ syndicaliste, les conventions et réseaux sociaux masculins, les rôles familial et profes- sionnel ou les modalités de cooptation des responsables se révèlent particulièrement réfrac- taires à un dépassement du genre.»12 C’est donc dans un militantisme local que les femmes syndicalistes s’impliquent et se forgent souvent une identité de militante valorisante.

Fanny Gallot

http://npa2009.org/idees/la-cgt-et-les-femmes-du-familialisme-au-feminisme

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11 août 2015 ~ 0 Commentaire

de thibault à martinez 1 (npa)

 cgt

Une crise de direction

Si les tensions et crises ont toujours existé dans la CGT, une nouvelle étape a été franchie en 2005, quand le comité confédéral de la CGT a appelé a voter non au référen- dum sur le TCE (Traité constitutionnel européen), contre l’avis de son secrétaire général, Bernard Thibault, qui proposait que sa confédération ne prenne pas position. Pour l’exécutif confédéral, ce camouflet venait confirmer la nécessité d’une réorganisation en profondeur des structures de la CGT.

Des réformes bloquées La réforme du système de cotisation engagée quelques mois plus tôt devait être mis en place dans toutes les structures, malgré les oppositions fortes de fédé- rations et syndicats importants. Dans cette nouvelle phase, il s’agissait de briser le corpo- ratisme à dimension politique des fédérations rebelles, de circonvenir les unions départe- mentales (UD) jugées pour certaines trop politisées, et de réduire au silence des unions locales (UL) dont les plus actives se situaient en opposition aux orientations confédérales.

Une mystérieuse «commission ad hoc» fut mise en place, dont les préconisations étaient: réduction du nombre des fédérations à une dizaine, contre une quarantaine à ce moment; chapeautage des UD par des unions régionales construites depuis l’échelon confé- déral et calquées sur le schéma géopolitique de l’Etat; mise sous tutelle politique et finan- cière des UL; mise en place de structures interprofessionnelles dans les bassins d’emplois, pilotées par la confédération. Mais du fait des résistances des structures visées, pratiquement aucune des ces mesures n’a vu le jour, repoussées de congrès en congrès. La seule structure réellement mise sous tutelle a été le comité des privés d’emploi (syndicat des chômeurs), jugé depuis trop longtemps rebelle.

Par la suite, la signature de la position commune CGT-CFDT sur la représentativité syndicale a largement alimenté les tensions. Cet accord, transformé en loi en 2008, et censé «sécuriser» les accords collectifs, n’a en fait eu que peu de conséquences pratiques. La plus significative a été, comme beaucoup le redoutaient, la perte de représentativité de syn- dicats CGT dans les entreprises où elle est faiblement implantée. L’autre aspect étant la plus grande précarité des représentants de section syndicale, un statut devenu un piège pour celles et ceux qui n’obtiennent pas la représentativité et se retrouvent sans protection juridique.

Une direction contestée C’est ce climat marqué par des oppositions plus ou moins sour- des qui, au-delà des autres enjeux et rivalités affichés, a prévalu lors de la bataille pour la succession de Bernard Thibault, marquant les débats, fractures et votes.

Historiquement, les questions voire les crises politiques et organisationnelles étaient réglées en amont des congrès, à l’intérieur du PCF. Aujourd’hui, affaiblissement organisationnel et affaissement politique se renforcent et s’alimentent. Avec l’effacement de la fraction liée au PCF, l’ancienne hégémonie stalinienne a été peu à peu supplantée par des courants proches du Parti socialiste, à travers un réseau de commissions et d’experts ne rendant aucun compte aux instances régulières de la confédération.

Dans ce contexte, Thierry Lepaon paraissait le moins gênant pour les grosses fédéra- tions surtout soucieuses de préserver leur pré-carré organisationnel et pour des courants internes voulant conserver leur influence. Quand les médias et les politologues ne perce- vaient que des querelles de personnes, mûrissaient en fait les contestations qui allaient exploser. Au lieu de calmer le jeu, le positionnement politique de Lepaon n’a fait qu’exacerber les tensions. L’affichage grossier de son goût du dialogue social, associé à un autoritarisme qui, contrairement à celui de Thibault, ne s’appuyait pas sur une autorité morale, a alimenté des critiques ouvertes et virulentes. Et prêté le flan à des opérations médiatiques sur son mode de vie, qui ont rendu l’air des locaux de Montreuil irrespirable à nombre de militants.

C’est ainsi que s’est constituée une opposition mêlant exigences démocratiques et critiques des aspects les plus voyants du dialogue social (conférences sociales), tout en affirmant une volonté de dépassement du fractionnement des ripostes entre partis, syndi- cats, associations. Cette opposition hétérogène associait des structures de la fonction publi- que, de la chimie, de la région parisienne, du commerce, de certaines UD en régions, de syndicats et de personnalités reconnues.

La plupart de ces protagonistes ont également participé à l’animation des Collectifs «Alternative à l’austérité». Ce sont ces structures que l’on a retrouvé le plus souvent à l’initiative des mobilisations des 12 avril et 16 décembre 2014, dans le secteur du commer- ce, en pointe de la lutte contre la loi Macron, et plus généralement là où la confédération était pour le moins timorée, le plus souvent au  prétexte de l’unité syndicale.

http://npa2009.org/idees/de-thibault-martinez-une-crise-de-direction

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