Archive | Syndicalisme

03 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

les 5 mensonges de la fnsea (le huff’)

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1- Les FDSEA de Bretagne défendent l’emploi. Faux, elles défendent la « productivité ».

Elles ont présenté en 2014 le « Plan Lait Bretagne 2020″, en se réjouissant de la baisse à venir du nombre d’élevages laitiers, de 13.000 à 9000 en 7 ans, et de la hausse de leur pro- ductivité. En août 2015, Xavier Beulin, avec l’assentiment des FDSEA de Bretagne, a demandé la même chose pour l’élevage en général. Pour sortir de la crise, il faut « organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus productives. » La Bretagne perd déjà 600 emplois par an au niveau des fermes.

Précisément, pour 1000 emplois familiaux détruits lors du regroupement d’exploitations, seulement 400 emplois de salariés sont créés. Pour la FNSEA, ce rythme de destruction d’emplois n’est pas assez rapide pour garantir la « productivité ». Faut-il revenir au rythme du début des années 2000, 1800 emplois perdus chaque année au niveau des fermes bretonnes? Ce que demande la FNSEA, c’est que le tiers des manifestants d’aujourd’hui ne soient plus éleveurs en 2020.

2- Trois milliards sont nécessaires pour sauver l’élevage. Faux, donner trois milliards d’euros à la FNSEA pour sauver l’élevage, c’est donner de la confiture à des cochons.

Il y a 10% des éleveurs au bord de la faillite, et c’est dramatique, ils pourraient cesser leur activité dans les deux ans. Et qu’est ce que veut la FNSEA? Regrouper les exploitations, pour n’en conserver que les deux tiers d’ici 2020. Eh bien, un tiers d’exploitations en moins d’ici 2020, c’est près de 5% d’élevages en moins par an, 10% en 2 ans. 3 milliards d’euros pour arriver au même résultat qu’en ne faisant rien, si ce n’est pas du gaspillage. À moins que les exploitations qui survivent ne soient pas celles que la FNSEA voudrait conserver… En effet, parmi les fermes qui sont tombées ou au bord du précipice, il y a beaucoup de gros élevages « productifs » tels que les défend la FNSEA.

Le modèle qu’elle défend ne serait-il qu’un dogme appliqué partout indépendamment de la géographie? Les fermes « productives » coûtent singulièrement cher en argent public. En fait, ce que demande la FNSEA, c’est 3 milliards d’euros pour modifier les règles du jeu et tuer des exploitations qui survivraient sans cela et mettraient en péril le modèle qu’elle défend.

3- Les FDSEA de Bretagne défendent la qualité à la française pour nourrir les Français. Faux, elles veulent une diminution des normes pour développer leur « vocation exportatrice ».

Pour ce qui est de la qualité des produits, les FDSEA de Bretagne ne perdent pas une occasion de ressortir leur leitmotiv: « moins de normes », pas de « diarrhée réglementaire », « et que l’on ne nous parle pas de diversification! Et que l’État arrête de parler de changement ». En d’autres mots, les FDSEA de Bretagne veulent que les produits d’élevage de demain soient moins exigeants à produire que ceux d’aujourd’hui.

« Achetez français pour nous sauver! », qu’ils nous exhortent. Comment faire? Un exemple: la demande nationale croissante en porc de qualité, une production plus rémunératrice, n’est même pas satisfaite! Le silence des FDSEA de Bretagne sur le sujet est assourdissant. Au lieu de s’inquiéter de l’autosuffisance dans les produits que veulent acheter les Français, elles disent: « Achetez ce que nous produisons, même si c’est du minerai et si cela ne correspond pas à vos attentes. Point barre. » En traduisant: « Payez plus cher pour que nous puissions produire plus et vendre le reste moins cher sur le marché mondial ». Attention, ne prenons pas nos clients les plus naturels et les plus solvables pour des pigeons.

4- Les FDSEA de Bretagne basent leurs demandes sur une analyse de marché. Faux, elles répètent les même demandes depuis les années 1970, comme si le monde n’avait pas changé depuis.

Les FDSEA de Bretagne se voient « à la tête du monde ». Leur analyse économique: la demande mondiale est en hausse, nous allons produire plus pour la satisfaire. C’est de l’économie du 19e siècle. La demande mondiale en porc et en lait est effectivement en hausse. Mais quel prix ces nouveaux consommateurs sont-ils prêts à payer et qui sont nos concurrents pour les satisfaire? Ces questions, pourtant parmi les premières de tout busi- ness plan, ne sont pas posées. En lait comme en porc, il y a des concurrents sur le marché mondial capables de produire 10% moins cher que nous sur la durée, et pas seulement à cause des « normes » et des « charges », mais aussi et surtout parce que leur géographie est plus favorable que la nôtre.

Si les FDSEA de Bretagne l’ignorent, ce sont des bisounours de la libéralisation. Si elles le savent et le cachent aux éleveurs, alors elles sont manipulatrices. Si c’est les deux, alors ce sont des bisounours manipulateurs. En ce moment, la FNSEA fait miroiter aux éleveurs son pouvoir sur le marché alors qu’elle disait encore en 2014: « Ne perdons jamais de vue que les prix sont le résultat des marchés. Les décideurs des prix mondiaux n’existent pas. » Tant que personne ne conteste, la FNSEA soutient l’ouverture des marchés. Quand les agriculteurs se rebiffent, elle leur ment le temps que les choses se calment…

5- Il n’y a pas d’alternative. Faux, donner la priorité à l’emploi agricole et à l’auto- suffisance alimentaire permettrait de ne pas retomber dans la crise dans quelques années.

Peu le savent mais sans la Confédération paysanne (Conf’), beaucoup des éleveurs qui manifestent aujourd’hui n’existeraient déjà plus. En effet, l’échec de la libéralisation de l’agri- culture mondiale, qui nous aurait mis en concurrence avec tous les pays à bas coûts, est le fait de Via Campesina. Ce regroupement mondial de syndicats agricoles, auquel appartient la Conf’, est de loin le plus grand mouvement international de la société civile. En tant que tel, il a du pouvoir. Plus que d’autres… La Confédération paysanne n’est pas contre l’élevage standard et ses membres savent défendre les éleveurs contre certaines dérives écologistes. Les jeunes de la Conf’ du Finistère ont, par exemple, agi sur les réseaux sociaux lorsqu’un élevage breton de lapins a été attaqué avec des méthodes lamentables par l’association vegan L214, en 2014. Quand la Conf’ dit qu’elle défend 95% des agriculteurs, ce n’est pas un vain mot.

Et notre position est basée sur une vraie analyse de marché. La solution pour sauver les éleveurs, c’est la défense avant tout de la souveraineté alimentaire. Le marché européen suffit à rémunérer tous les éleveurs de 2015, inutile de dépenser 3 milliards pour le plan social le plus cher de l’histoire de France! S’il y a 3 milliards à dépenser pour l’élevage en France, que ces sommes soient dirigées avant tout vers les premiers litres et les premiers animaux produits par actif. La priorité absolue doit être l’emploi. L’export hors Union Europé- enne peut évidemment exister mais il ne doit pas devenir indispensable pour des produits sur lequel il existe des concurrents plus forts que nous. Sinon, c’est le drame au moindre accroc, comme aujourd’hui. C’est avant tout en écoutant et en analysant la demande que l’on gagne des clients prêts à nous payer nos produits à un niveau qui couvre nos prix de revient. L’économie du 21e siècle, c’est cela.

Asseyons-nous sur le désespoir et retrouvons l’espoir, l’avenir peut être radieux pour l’élevage

La FNSEA et les FDSEA de Bretagne sont le syndicat du désespoir. Elles sont responsables de la situation actuelle. C’est pour cela qu’aucune solution de long terme n’est proposée, un pompier pyromane ne peut pas jouer ce rôle. Le futur? Il y aura encore des crises si elles sont suivies, car ce qu’elles défendent, c’est la disparition du tiers des éleveurs d’ici 2020, sans doute de la moitié d’entre eux d’ici 2025. Comme les éleveurs ne se laisseront pas faire, il y aura encore des manifestations, avec ce que cela coûte d’argent public pour éteindre le feu. C’est dommage car il y a des solutions de long terme et l’avenir pourrait être radieux pour tous les éleveurs. Pour remédier à la crise, il est temps d’écouter ceux qui travaillent pour 95% des éleveurs, pas seulement pour la moitié d’entre eux. Le syndicat de l’espoir et de la qualité à la française pour nourrir les Français, c’est la Confédération paysanne.

Point subsidiaire – La FNSEA représente les éleveurs. Cela se discute.

La Confédération paysanne du Finistère a demandé en 2015 à avoir une page d’expression dans le magazine de la Chambre d’agriculture, magazine financé par la chambre, donc par et pour tous les agriculteurs. Réponse: pas question. Ce n’est que le dernier exemple en date parmi beaucoup d’autres: la FNSEA noyaute toutes les institutions et tous les finan-cements agricoles. Cela s’apparente au fonctionnement d’une dictature. Dans une dictature, le dirigeant obtient entre 80 et 99% des voix. La FNSEA atteint péniblement 50%. La Coordination rurale est dans la même situation que la Confédération paysanne.

Stéphane Brélivet: Éleveur de porcs en Bretagne, membre du syndicat d’agriculteurs Confédération paysanne 02/09/2015

La crise de l’élevage donne lieu depuis plusieurs mois à des manifestations. Le syndicat du désespoir, la FNSEA, demande 3 milliards d’euros pour sortir de la crise et sauver l’élevage. Elle vous ment. Elle prend les éleveurs pour des ânes et les consommateurs pour des pigeons. Voici pourquoi en cinq points, à partir de l’exemple breton.

http://www.huffingtonpost.fr/stephane-brelivet-les-5-mensonges-de-la-fnsea

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03 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

personne n’a encore fait mieux pour combattre le chômage (basta)

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Réduire le temps de travail!

A en croire Emmanuel Macron et les grands patrons, les 35 heures seraient devenues le handicap économique absolu. Or, aucun dispositif n’a contribué à créer autant d’emplois. Alors que le chômage et la recherche d’emploi concerne 5,4 millions de personnes, plu- sieurs syndicats, collectifs et élus appellent à relancer le débat autour du partage du temps de travail et de ses revenus, en abordant aussi les problèmes que cela pose auprès des salariés.(…)

C’est en tous cas l’avis de la CGT. À peine élu à la tête de la Confédération, Philippe Martinez affirmait en début d’année son soutien à une nouvelle réduction collective du temps de travail vers une semaine de 32 heures. «La réduction du temps de travail fait partie des éléments qui peuvent recréer de l’emploi, de la croissance, et une dynamique de négociation telle qu’on les a connus au moment des 35 heures, estime Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral à la CGT.(…)

35 heures, pacte de responsabilité, emplois d’avenir: quel bilan? Assouplies à plu- sieurs reprises depuis les lois Aubry [2], régulièrement attaquées par le patronat, la droite, et même par une partie du gouvernement [3], les 35 heures ont pourtant à leur actif un bilan positif en termes d’emplois. «Entre 1997 et 2001, le chômage a diminué en France, dans des proportions inédites, en particulier entre 1999 et 2000, après l’entrée en vigueur de la loi Aubry1», souligne la députée socialiste Barbara Romagnan dans son rapport parlemen- taire [4] sur les 35 heures.

Entre 1997 et 2001, deux millions d’emplois sont créés dans le secteur marchand en France, «un niveau sans précédent depuis les années 1950», précise le rapport. Les 35 heures ne sont certes pas la seule cause de ces bons chiffres. L’économie française se trouve aussi dans une phase ascendante. Mais selon les conclusions du rapport, la réduc- tion du temps de travail à 35 heures conduit à elle seule à la création de 350 000 emplois. Pour un coût pour les caisses publiques de 12 800 euros par emploi créé. Un coût «à com- parer avec l’indemnisation nette moyenne d’un chômeur qui s’élèverait à 12 744 euros par an en 2011», souligne la députée Barbara Romagnan.

Un bilan à mettre en balance avec les 60 000 euros par emploi créé de la politique d’allègement de charges patronales du récent pacte de responsabilité, censé générer un demi million d’embauches d’ici 2017… (Lire notre article). Quant aux emplois d’avenir, des contrats aidés subventionnés par l’État à hauteur de 75% du Smic pendant trois ans, lancés en 2012, ils ont permis fin 2014 l’embauche de 113 000 jeunes. La grande majorité a été recrutée par le secteur non marchand: associations et collectivités.

Partager le travail: un tabou idéologique Dans ce contexte, la diminution du temps de travail constitue «la politique en faveur de l’emploi la plus efficace et la moins coûteuse qui ait été conduite depuis les années 1970», concluait la députée dans son rapport, tout en évo- quant l’horizon des 32 heures. Un bilan que la CGT n’est pas loin de partager. Pour Moham- med Oussedik, «la réduction du temps de travail n’est pas seulement un objectif sociétal. Les 35 heures ont eu un effet positif sur la création d’emplois. Et, cerise sur le gâteau, cela a permis de créer un élan de dialogue social comme jamais vu auparavant.»

«La lutte contre le chômage devrait être une priorité. La réduction du temps de travail est un point essentiel pour y arriver, explique Barbara Romagnan à Basta!. On peut ne pas être d’accord, mais ce qui me surprend, c’est que presque personne n’en parle!» déplore l’élue. Un blocage qui profite de certains effets négatifs liés à l’application des 35h. «Pour beaucoup de gens, c’est allé de pair avec un durcissement des cadences de travail. (…)

Pourtant, des centaines d’entreprises françaises sont déjà passées aux 32 heures. La possibilité avait été ouverte dès la loi Robien de 1996, adoptée sous un gouvernement… de droite. Elle a ensuite été reprise par les lois Aubry. La mutuelle Macif est l’une de ces entreprises qui est même passée à 31 heures 30. C’était en 2000. (…)

Les Français travaillent plus que les Allemands ou les Scandinaves Les entreprises comme la Macif font figure d’exception. Même si les think tanks néolibéraux ou patronaux se plaisent à dire le contraire, le temps de travail effectif moyen de France est loin d’être le plus faible d’Europe. (…)« La durée de travail effective des salariés à temps complet est de 1661 heures en France, soit 239 heures de moins que les Britanniques, 186 heures de moins que les Allemands et 120 heures de moins que les Italiens », déplorait l’Ifrap. Mais le calcul faisait totalement l’impasse sur les salariés à temps partiel. Qui sont à 80 % des femmes.

Si l’institut Coe-Rexecode avait pris en compte les temps partiels, qui concernent en France près d’un tiers des femmes salariées, et près de la moitié en Allemagne, il serait arrivé à un temps de travail effectif moyen d’environ 35,6 heures par semaine dans l’Hexa- gone, contre 35,3 heures en Allemagne, et encore moins en Scandinavie et aux Pays-Bas  [5]. Le temps de travail effectif n’est donc pas inférieur à celui des Allemands. Il y est aussi un peu moins inégalitaire, avec une moyenne de 40 heures par semaine pour les hommes et 34 heures pour les femmes, soit six heures d’écart [6]. Chez notre voisin allemand, qui fait tant rêver les conservateurs, cet écart entre hommes et femmes est de neuf heures. Une différence qui se répercute ensuite sur le niveau des retraites.

Le fantasme patronal d’une Allemagne où les 35 heures feraient crier au scandale et à l’aberration économique ne tient pas. La semaine de 35 heures existe aussi outre-Rhin, dans certaines conventions collectives. Et depuis plus longtemps que chez nous. Elle a été adoptée pour les secteurs de la métallurgie et de l’industrie du livre en 1995, soit trois ans avant la première loi Aubry. Le temps de travail légal est aussi de 35 heures dans l’industrie du bois et du plastique, et de 34 heures par semaine dans les Télécoms [7].

Le grand constructeur automobile Volkswagen a même mis en place une semaine de 28,8 heures dès 1993, avant de revenir partiellement sur cette diminution il y a quelques années. Aujourd’hui, le temps de travail chez Volkswagen varie entre 25 et 35 heures par semaine. Une réalité soigneusement oubliée par les tenants ici du «modèle» allemand. Patronat, et éditorialistes, français évitent aussi de se faire l’écho des débats sur le temps de travail qui agitent régulièrement l’Allemagne. L’actuelle ministre (sociale-démocrate) de la Famille a ainsi lancé des discussions sur la mise en place d’une semaine de travail à temps plein de 32 heures pour les jeunes parents, sans perte de salaire. (…) Par Rachel Knaebel 3 septembre  (Extraits)

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03 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

inde, 150 millions de salariés en grève paralysent le pays (ci)

india

Dix centrales syndicales ont appelé à des manifestations dans tout le pays pour dire “non” à la réforme du droit du travail annoncée par le gouvernement Modi.

L’appel à la grève générale lancé par dix centrales syndicales a été très largement suivi en Inde mercredi 2 septembre. Quelque 150 millions de salariés ne sont pas allés travailler, avancent les organisateurs de ce mouvement destiné à dénoncer la réforme du droit du travail annoncée par le gouvernement Modi.

Seuls “le Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), proche du parti au pouvoir, et le National Front of Indian Trade Unions (NFITU) n’ont pas pris part à la grève”, relève l’Hindustan Times, qui précise que les secteurs les plus touchés sont “les transports et la banque”.

Selon The Economic Times, la mobilisation dans l’énergie et la logistique “produit elle aussi un effet sismique sur l’économie du pays” et le coût de cette journée pourrait s’élever à “250 milliards de roupies” (3,3 milliards d’euros), d’après une estimation de l’association patro- nale Assocham.

Le quotidien Mint s’étonne quant à lui que le ministre du Travail, Bandaru Dattatreya, se soit envolé le jour même pour la Turquie pour assister à une réunion du G20. “Cela montre l’état d’esprit du gouvernement, ce dernier est totalement indifférent à la grève”, s’insurge le leader du All India Trade Union Congress, syndicat affilié au Parti communiste d’Inde. Publié le 02/09/2015

Faire travailler les enfants sera plus facile

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/inde-150-millions-de-salaries

Lire aussi:

http://www.humanite.fr/linde-au-rythme-de-la-greve-generale

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02 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

sud éducation 29

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Carte scolaire : CTSD de rentrée mercredi 2 septembre, 14h 

SUD éducation soutien les écoles en lutte et a déposé un préavis de grève pour couvrir les personnels qui voudraient débrayer ce jour là et participer au rassemblement sous les fenêtres de l’IA.

Ce n’est plus une nouveauté de constater que la politique des moyens scolaires aligne ses objectifs et ses critères de réussite sur les dogmes de l’économie dominante. Concentrations, regroupements, économies et rentabilité au service de l’ambition et de la réussite individuelle, telles ont été les notions-clés pour comprendre l’évolution des politiques scolaires depuis des années.

Les prétextes officiels pour les fermetures de petites écoles ont toujours été les mêmes, faisant fi des réalités du terrain: les opposants font preuve d’archaïsme et l’intérêt de l’enfant est au cœur des aménagements en cours.

Pourtant, dès 1991, le département de l’évaluation et de la prospective faisait connaître les résultats de ses travaux sur les résultats des écoles selon leur taille et leur situation, et montrait que les résultats des classes uniques étaient supérieurs à la moyenne nationale. Il a été suivi en cela par l’IREDU (Institut de recherche en éducation, Dijon), le rapport Ferrier de l’Inspection Générale, et aujourd’hui encore l’Observatoire Éducation et Territoires confir- ment l’intérêt des petites structures multi-âges dans le développement cognitif et la socialisation de l’enfant.

Carotte pour les uns, bâton pour les opposants Mais la politique de concentration des moyens scolaires ne s’est jamais vraiment interrompue. Et elle vient d’être relancée au grand jour par Mme Najat Vallaud-Belkacem sous la forme d’un chantage: chaque dépar- tement où la DASEN, le Conseil départemental et les grands élus signeront une charte où ils s’engagent à supprimer les petites écoles rurales et à transformer les RPI éclatés en RPI concentrés, bénéficiera d’un maintien de l’attribution globale de postes sur 3 ans.

Une attaque générale contre les écoles rurales A SUD éducation, nous soutenons les actions des enseignants et parents qui se battent depuis des semaines contre les ferme- tures de classe dans leur école. Nous faisons le triste constat d’une attaque générale contre les écoles rurales, et de la disparition programmée de ce qui constitue un maillage territorial remarquable.

Avec les parents et les enseignant-e-s, avec les élus de petites communes, nous conti- nuons à penser que la démocratie doit permettre de sauvegarder des espaces favorables à l’épanouissement d’enfants heureux sans aucun soupçon de privilège indu et de leur épar- gner les effets destructeurs déjà illustrés sur les petites exploitations agricoles, le maillage ferroviaire, l’habitat ou les secteurs bancaires et industriels, des concentrations au seul service du dogme inhumain de l’équilibre budgétaire.

http://www.sudeducation29.infini.fr/spip.php?article1130

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02 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

rentrée des classes: lutter, se syndiquer! (cnt)

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On connaît tous la caricature du prof privilégié aux conditions de travail idylliques et perpétuellement en congé.

Dans le contexte actuel de crise, le ministère de l’Éducation Nationale serait particulièrement préservé et favorisé… Alors tout baigne, et il n’y aurait plus de place pour l’action syndicale ?

Pas vraiment! L’état général de l’École et de nos conditions de travail s’est largement dégra- dé durant la dernière décennie. Des milliers de postes ont été supprimés avec des consé- quences directes sur le taux d’encadrement, le système de remplacement, une pression aux heures supplémentaires dans le secondaire… Les créations de postes depuis trois ans n’ont pas permis de gommer les effets de cette saignée dans un contexte de hausse démo- graphique des effectifs.

Le Ministère de l’Éducation Nationale est aussi touché par la précarisation , particuliè- rement forte dans les emplois de «vie scolaire». Nous n’avons pas non plus été épargnés par la dérive managériale de gestion des personnels: renforcement de la hiérarchie, évalua- tionite, individualisation des salaires: heures sup’, IMP… La mise en concurrence et l’indivi- dualisme exacerbés par cette nouvelle politique dégradent les collectifs de travail.

Les ambitions initialement affichées de «rénovation de l’école» auront fait pschiit face aux impératifs imposés par la logique de rigueur budgétaire. Les principales réformes ont été passé en force, contre l’avis des personnels et des parents.

Il en va ainsi d’une réforme des rythmes scolaires en primaire ayant accentué les inéga- lités territoriales et généré plus de désorganisation que de bienfaits pour l’enfant. La réforme du collège dont on peut dénoncer les mêmes logiques inégalitaires sous couvert d’autono- mie renforcée des établissements, reste aussi fortement à combattre.

Le secteur de «l’éducation prioritaire» aura attendu deux ans pour des mesures limitées, plus financières que pédagogiques, avec un redéploiement de moyens pressurant les autres établissements. Le retour de la formation initiale, toujours handicapée par le maintien de la masterisation, s’avère également décevante.

Au final, elle-même plus inégalitaire et moins efficace, l’école est en première ligne face à la violence d’une société en crise sociale. Le constat est sévère et appelle à une rupture profonde. Il y a du pain sur le planche pour améliorer nos conditions de travail et proposer un service public d’éducation de qualité… Et pour ça, pas de secret, il faut se syndiquer et se mobiliser ! 1er septembre 2015 

http://www.cnt-so.org/Rentree-des-classes-lutter-se

Lire aussi sur la réforme du collège:

http://www.cnt-so.org/Decryptage-de-la-reforme-du

Et encore:

http://www.revolutionpermanente.fr/Interview-d-une-enseignante-en-college-REP-du-93

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27 août 2015 ~ 0 Commentaire

la poste-nantes-bretagne: ras le colis (lo)

http://www.sudptt44.org/images/20150717%203me%20jour%20Grve%20illimite%20Sudptt%20Coliposte%20Nantes022.jpg

Avant le début de l’été, les postiers du centre courrier de Nantes Bretagne ont appris que la direction envisageait de leur faire distribuer une grande partie des paquets de Coli- poste. La Poste, une entreprise de près de 200 000 salariés de statuts divers, cherche en permanence à se débarrasser de son personnel, comme partout. Elle supprime chaque année environ 5 000 emplois.

Et maintenant elle s’attaque aux distributeurs de colis. L’argument est toujours le même, la baisse du trafic. Pourtant selon les chiffres de La Poste, la marque Coliposte, depuis le printemps réintégrée dans le groupe La Poste, est n°1 en France de la livraison à domicile en 48 heures, n°2 en Europe, le chiffre d’affaires progresse: +2,2 %, soit 700 millions d’euros pour le premier semestre 2015. Toujours est-il qu’elle envisage de faire distribuer une bonne partie des colis par les facteurs. Elle prétend que c’est à l’essai dans plusieurs centres dans le pays, dont Nantes Bretagne et Nantes Rollin, en Loire-Atlantique.

Pour s’opposer aux suppressions d’emplois que cela entraînerait, les colipostiers de la région nantaise ont fait massivement grève trois jours de suite, ainsi que contre l’horaire tardif de fin de journée qu’on leur a proposé : finir à 21 heures. Devant la grève, la direction a avancé cette fin de service à 20 h 30.

Les facteurs de Nantes Bretagne, qui avaient chaleureusement accueilli les grévis- tes de Coliposte lors de leur grève, s’attendent à un coup de force de la direction en septembre, visant à leur imposer le transport des paquets, sur les tournées tests, dit-elle. Mais tout le monde a bien compris qu’il s’agit à nouveau d’alourdir la charge de travail des uns, pour supprimer les emplois des autres, et au final pour tout le monde.

S’affronter à nouveau directement aux postiers de Nantes Bretagne, qui avaient fait onze jours de grève contre la dernière restructuration il y a un an, ne réjouit pas la direction du Courrier de Loire-Atlantique Vendée, et elle cherche pour l’instant partout dans les autres centres des volontaires sur ces horaires, sans grand succès dans l’immédiat, car à 21 heures chacun a autre chose à faire. Tout le monde s’attend de la part de la direction à un coup de Trafalgar début septembre… et à la solidarité dans la lutte à venir.

Correspondant LO 26 Août 2015

http://www.lutte-ouvriere-la-poste-nantes-bretagne-ras-le-colis

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26 août 2015 ~ 0 Commentaire

cambodge, les ouvrières du textile continuent de s’évanouir par centaines (libération)

Striking+Cambodian+Garment+Workers+Join+Opposition+7otUbsJGYLOl

Cette semaine, les autorités ont prétendu que ce serait dû à des crevettes avariées. Mais les conditions de travail en sont le plus souvent la cause.

Entre lundi et mercredi derniers, environ 200 travailleuses ont perdu connaissance dans trois usines de textile proches de Phnom Penh, capitale du Cambodge. Si l’on en croit la version officielle du Fonds National de Sécurité Sociale du Cambodge (NSSF), elles auraient été intoxiquées dans au moins l’une des usines… en mangeant des crevettes avariées.

L’argument tient peu : les pertes de connaissance dues à l’épuisement et la chaleur dans les usines textiles cambodgiennes ne sont pas un phénomène exceptionnel, comme l’a montré, en 2012, le reportage Cambodge, salaire de la faim par l’association Ethique sur l’étiquette. Des happenings où des volontaires feignaient un évanouissement avaient ensuite été organisés dans des grands magasins en France, en particulier H&M et Zara, dont certains vêtements sont produits au Cambodge. Le but : dénoncer la participation passive de ces grandes marques à l’exploitation des travailleuses (91% des personnes travaillant dans le textile au Cambodge sont des femmes).

115 euros par mois Depuis 2012, les conditions de travail ne se sont toutefois que très peu améliorées: cadence infernales, locaux calfeutrés empêchant une aération adéquate, inter- diction de prendre des pauses pour aller aux toilettes… sans compter la chaleur de ces entrepôt souvent en tôle.

Le tout pour un salaire de base de 115 euros par mois, alors que, d’après les syndicats de travailleurs, il en faudrait au moins 145. Il est possible de gagner un peu plus en faisant des heures supplémentaires qui, quand elles ne sont pas obligatoires, sont la norme. Offi- ciellement, selon les standards de l’Organisation internationale du travail, les ouvrières ne peuvent travailler plus de 8 heures par jour. Avec les heures supplémentaires, elles font en réalité entre 10 et 12 heures par jour, 6 jours sur 7.

Ces conditions de travail épuisantes ne sont pas niées par le gouvernement. Dans un rapport officiel du 29 mai dernier, le ministère du Travail reconnaît que le secteur «s’est rapidement développé ces dix dernières années, en particulier grâce au travail d’une main d’œuvre peu rémunérée utilisée pour effectuer cette tâche difficile». L’industrie du textile représente aujourd’hui 70% des exportations du pays et 18% de son PIB.

Un projet de loi en préparation Le gouvernement va-t-il quand même réagir ? Le rapport du Ministère annonçait la création d’Instituts de formation pour les travailleurs du textile (CGTI). Ces instituts devraient «permettre d’assurer la pérennité du secteur, dans un contex- te de compétitivité internationale, et de donner l’accès aux Cambodgiens à des postes d’en- cadrement intermédiaire et de direction actuellement occupés par des expatriés asiatiques, faute de qualification suffisante de la main-d’œuvre locale», selon l’Agence française du développement (AFD) qui finance le projet à hauteur de 3,2 millions d’euros.

Un projet de loi pour la protection des travailleurs, en préparation depuis 2008, devrait également «être bientôt finalisé », d’après l’avis publié par le ministère du Travail. Cette loi cherche à «éviter qu’un petit nombre de cercles mal intentionnés ne continuent à utiliser les travailleurs ou les relations industriels du Cambodge pour servir leurs intérêts et ceux de leur groupe, sans prendre en compte les intérêts des travailleurs».

Les ouvrières du textile surveilleront la promulgation et l’application du texte. Depuis 2012, elles ont multiplié les manifestations, malgré la répression. Elles se syndiquent aussi de plus en plus. «Près de 60% des 600 000 travailleurs sont syndiquées», annonçait en 2014 Van Sou Leng de la Fédération Cambodgienne des Employeurs et Entreprises dans le Cambodia Herald. Celia GUILLON 3 juillet 2015 à 18:40

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25 août 2015 ~ 0 Commentaire

crise agricole (libération)

agriculture

On peut s’en sortir sans concentrer la production dans quelques mains

Pour que l’agriculture «retrouve la compétitivité perdue», Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, propose une autre voie que celle de la FNSEA, premier syndicat agricole.

Que pensez-vous des solutions préconisées par Xavier Beulin ?

Elles n’ont rien de surprenant. Pour lui, les fermes ne sont pas assez grosses, pas assez modernes… C’est un discours du passé, exactement le même que celui qu’on entend depuis les années 1950. A l’époque, il était justifié, il fallait effectivement moderniser l’agricul- ture. Mais aujourd’hui, le contexte a changé.

Ce que propose le président de la FNSEA, c’est un plan de licenciements, une prime à la sortie des paysans. C’est une doctrine libérale classique: chaque crise élimine les plus faibles, sauf que le libéralisme ne s’accommode d’habitude pas de l’argent public. La pre- mière économie d’échelle des fermes-usines et de l’agriculture intensive, c’est la disparition de l’emploi paysan. Et même de l’aval de la filière: le nombre d’emplois baisse aussi dans l’agroalimentaire, tout est ultramécanisé. La finalité n’est pas l’emploi, c’est juste de la finan- ciarisation. Cela mène de facto vers un modèle où il y a moins de paysans, pour que ceux qui restent se partagent le gâteau.

Xavier Beulin a intérêt à ce que ce modèle se développe, puisque son groupe Avril-Sofiprotéol en profite, notamment via sa filiale Glon Sanders, leader de la nutrition animale. Mais ce schéma ne marche pas: le nombre de paysans ne cesse de baisser, la qualité des produits se dégrade, les maladies liées à la pollution de l’environnement explosent et les paysages sont détruits.

Il faut pourtant être compétitif…

La notion de compétitivité a été dévoyée. Certains se sont arrogé ce mot. Il faut lui redonner du sens. Qu’est-ce qu’être compétitif? Faire de la valeur ajoutée localement ou du chiffre d’affaires à l’export? Le gouvernement actuel est dans la même logique que les dirigeants de la FNSEA et ne jure que par les exportations en s’alignant sur la concurrence mondiale, quel qu’en soit le prix. Jusqu’ici, l’image des exportations françaises de produits agricoles était plutôt celle de produits de qualité. On se sert de cette image, qu’on détruit, pour accélérer un modèle qui détruit les agriculteurs. C’est du court-termisme absolu.

On parle beaucoup de la compétitivité de la filière porc par rapport à l’Allemagne. Mais l’enjeu n’est pas d’aller faire la guerre aux Allemands en réclamant des prix toujours plus bas au détriment de la qualité. C’est une fuite en avant. D’autant que nous sommes dans le même espace commun, il faudrait plutôt trouver le moyen de mieux répartir les productions. Et pen- dant ce temps, on ne voit pas qu’on est en train de se faire manger le créneau du haut de gamme par les salaisonneries italiennes et espagnoles.

Xavier Beulin réclame un moratoire sur les normes environnementales. Celles-ci vous étranglent-elles ?

Non. Le métier de paysan est de travailler avec la nature. Le jour où elle sera morte, on ne pourra plus exercer notre métier. Imaginer que les sols puissent être réduits à de simples supports physiques ne fonctionnant qu’en étant arrosés d’engrais et de pesticides revient à donner les clés du camion à cette industrie. Mais surtout c’est illusoire, cela ne marchera pas. On voit déjà les dégâts que cette agriculture intensive fait sur l’environnement et sur notre santé. Et ce n’est pas ce que les gens veulent. Ils veulent de la qualité.

Oui, mais la qualité coûte cher…

Il y a une frange de la population qui n’a plus les moyens de s’alimenter correctement. La première politique que nous devrions avoir en Europe, c’est celle de l’alimentation. Est-ce qu’on ne pourrait pas mettre cela en débat? Remettons de l’argent dans le système, pour- quoi pas. Mais pas pour accélérer, pour en sortir! L’enjeu est là. Surtout, il faut réorienter les aides. Pourquoi pas choisir d’aider plutôt les petites et moyennes fermes? Aujourd’hui, elles sont moins subventionnées, alors qu’elles créent plus d’emplois. Et on sait que plus les fermes sont grosses, moins leur production est de qualité.

Est-il normal que les aides aillent principalement à l’agriculture industrielle, à la quantité au détriment de la qualité? Si on redistribuait les dix milliards d’euros de subventions annuelles de la Politique agricole commune (PAC) vers ceux qui produisent de la qualité et du bio, ce qui implique pour eux des coûts de production supplémentaires, ces derniers pourraient proposer leurs produits au même prix que ceux qui font de l’agriculture industrielle. D’autant que la dépollution des eaux chargées en pesticides et en nitrates coûte des fortunes à l’Etat, ce qui représente des coûts cachés pour les contribuables. L’agriculture industrielle est en fait «sur-subventionnée».

Pour que les paysans et les consommateurs s’en sortent, puissent produire et consommer de la qualité sans se ruiner, il faut relocaliser les productions et les adapter à ce que nous consommons. On entend la FNSEA nous répéter: «mangez ce que nous produisons». Il faudrait plutôt produire ce que les gens ont envie de consommer. Par exemple, nous ne produisons pas assez de légumes en France. Nous sommes obligés d’en importer. C’est absurde. Pourquoi pas développer le maraîchage? Alors bien sûr, cela nourrit moins l’agro- business, surtout le bio qui se passe d’engrais et de pesticides chimiques. Il y a beaucoup de filières locales qui ne demandent qu’à se développer. Si on déconcentrait la production porcine, qui a été massée dans l’Ouest avec les dégâts que l’on connaît, cela réduirait la pression sur l’environnement et ferait vivre plus de producteurs sur l’ensemble du territoire national.

La crise de l’élevage a fait la «une» des médias ces dernières semaines. Le plan d’urgence de 600 millions d’euros annoncé par Stéphane Le Foll le 22 juillet suffira- t-il à la résoudre ?

Non. On remet 600 millions au pot sans se poser les questions de fond. Un récent rapport de la Cour des comptes pointait le fait que ce type de plan de crise se faisait toujours à fonds perdu, car on ne remet pas en cause le système. Ce plan présente comme une solution des choses qui ont prouvé leur inefficacité par le passé.

Xavier Beulin réclame notamment des allègements de charges…

C’est fou! A la Confédération paysanne, nous préférons parler de cotisations sociales. Si les agriculteurs cotisent moins, ils auront encore moins de retraite, déjà très maigre dans le secteur. Cela signifie aussi moins de couverture sociale pour les accidents et les maladies. Plutôt que cette logique du plus fort, il faut redistribuer et réadapter le système, vers une agriculture de qualité.

Qu’attendez-vous du conseil européen extraordinaire des ministres de l’Agriculture, qui aura lieu le 7 septembre à l’initiative de Stéphane Le Foll ?

Principalement, deux choses. A court terme, si on veut que les cours remontent, notamment celui du lait, il faut que l’Europe en stocke, ce en quoi nous rejoignons ce que réclame la FNSEA. En revanche, nous demandons qu’on développe en contrepartie un plan d’adap-tation au marché. Celui-ci souffre d’une crise de surproduction, du lait ou du porc. Il faudrait, par exemple, un plan de baisse de la production des porcheries, en commençant par les plus gros élevages. A plus long terme, dans le cadre de la réforme de la PAC qui aura lieu en 2020, il faut réfléchir à la façon de redistribuer les aides pour inciter les agriculteurs à vivre sur des volumes de production plus modestes mais de qualité. De plus en plus de paysans suivent cette voie, et s’en sortent bien.

Nous lançons à partir du 1er septembre des actions pédagogiques, en Vendée et Pays de la Loire puis en Rhône-Alpes. Nous allons distribuer du lait, expliquer ce qu’est la crise, com- ment on peut s’en sortir sans concentrer la production dans quelques mains… Et nous finirons par une grande marche avec nos partenaires européens le 6 septembre en Belgique, pour arriver le 7 à Bruxelles.

L’agriculture souffre d’une image déplorable. Cela me rend malade de voir le fumier déversé devant les grandes surfaces. Ne serait-ce que parce que le fumier, c’est un engrais ! On peut comprendre le désespoir de ceux qui sont coincés, endettés. Je comprends les actions de blocage. Mais après, le fumier, les dégâts, cela va un peu trop loin. Il faut que les gens prennent un peu de recul, de la hauteur, pour trouver des solutions. Les grandes surfaces ne sont pas la cause de tous nos maux: ce sont surtout les politiques, qui sont très soumis aux lobbies agro-industriels. Le système de subventions marche très bien. Il faut juste subventionner une autre agriculture. Coralie SCHAUB 24 août 2015

http://www.liberation.fr/economie/2015/08/24/crise-agricole-on-peut-s-en-sortir-

Pour résoudre la crise du secteur, Beulin, qui préside aussi, entre autres, Avril-Sofipro- téol, une holding regroupant plus de 150 sociétés et pesant sept milliards d’euros de chiffre d’affaires, estime qu’il faut «engager un vaste plan pour moderniser les bâtiments, automa- tiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus pro- ductives». Il propose aussi «un moratoire d’un an sur les normes environnementales» et «une adaptation des règles fiscales aux aléas de l’agriculture». Réaction de Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, le troisième syndicat agricole.

Lire aussi:

http://www.globalmagazine.info/meli-melo/2015/08/21/itw-rene-louail-1440185021

http://www.lutte-ouvriere-agriculteurs sous-la-menace-des-industriels-et-de-la-fnsea

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20 août 2015 ~ 0 Commentaire

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18 août 2015 ~ 0 Commentaire

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La Confédération paysanne tacle la FNSEA (Ouest France)

Le syndicat considère que la FNSEA a sa part de responsabilité dans la crise que traverse actuellement l’agriculture. «C’est eux qui ont voulu une libéralisation des marchés.»

«Ils ont orienté le marché vers un marché mondial. C’est eux qui ont fait planter la pro- fession.» Les mots sont durs. Ce sont ceux de Claude Bacle, porte-parole de la Confédé-ration paysanne dans l’Orne, et sont à l’encontre de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), syndicat agricole majoritaire en France.

À l’origine de la crise selon la Confédération paysanne: le syndicat mené par Xavier Beulin. «C’est eux qui ont voulu une libéralisation des marchés et maintenant ils font des contrôles dans la restauration ou dans les grandes surfaces, sourit Claude Bacle. On ne pas peut vouloir envahir le marché intérieur des autres pays et préserver le sien.»

«Ils manipulent leurs manifestants» Le plan d’urgence obtenu après les blocages des agriculteurs fin juillet? «Une bouffée d’oxygène, qui ne résout en rien le problème», explique Michel Chorin, éleveur à Magny-le-Désert et militant à la Confédération paysanne. «Le fond du problème, c’est la politique agricole européenne, souffle Claude Bacle. Il faut harmoniser les normes. Il faut aussi une politique de régulation et de répartitions des volumes de produc- tions…» Jeudi, le syndicat a quitté une réunion organisée à la préfecture de l’Orne sur le thème des contrôles de la viande bovine, estimant qu’elle «ne s’attaquait pas aux vraies causes de la crise».

Absents lors des blocages et des précédentes manifestations, les agriculteurs de la Confédération paysanne se retrouveront le 7 septembre prochain à Bruxelles. Date à laquel- le se réuniront tous les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. Pour ce qui est de la FNSEA: «Ils manipulent leurs manifestants. Un jour, le mouvement va leur échapper.»

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/crise-agricole-confederation-paysanne-tacle-fnsea-16-08-2015-222865

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La Confédération paysanne à la rencontre du préfet (La Montagne)

La rencontre avait pour but d’expliquer au préfet la détresse des agriculteurs. Les responsables de la confédération paysanne du Cantal ont rencontré le préfet le 13 août en préfecture. Il faut retenir la volonté commune d’améliorer les conditions des agriculteurs.

Alors que l’heure est toujours à la tourmente et aux actions diverses dans les grandes zones rurales de France, l’apaisement et le dialogue semblent d’actualité à la Confédération paysanne du Cantal. Les thèmes abordés lors de cette rencontre avec le préfet : la crise de l’élevage qui frappe les activités laitières des agriculteurs du Cantal, et le bilan de la sécheresse et les indemnisations nécessaires pour panser les maux subis.

Des produits à haute valeur ajoutée La Confédération paysanne, qui n’a été que peu active lors des actions contre les supermarchés ou contre certains services publics, ne manque pourtant pas d’idées pour faire sortir le monde agricole d’une crise étouffante. «On est au bout d’un système de forte production mis en place après guerre, autant dire qu’il n’est plus efficace à notre époque, surtout pour les plus petits paysans», introduit rapidement Stéphane Malroux, porte-parole du syndicat.

«Nos adhérents ne sont pas surpris de la crise qui les touche», poursuit-il, considérant que «contrairement à la FNSEA, la Confédération paysanne n’était pas encline à la libérali- sation des marchés agricoles, qui met à terre les petits producteurs». Le syndicat demande alors que le préfet appuie auprès du ministère leur recommandation d’une régulation de la production qui a explosé depuis la fin des quotas européens.

Cela est surtout faisable au sein d’un territoire qui bénéficie d’une AOP comme le Cantal. Pour les membres du syndicat, il est temps de mettre en place une politique de prix et de régulation. Les éleveurs veulent «des prix et non pas des primes», disent-ils. Ils dénon- cent la dérive des politiques de primes dont sont privés les petits paysans pas assez pro- ductifs et compétitifs. «On veut se recentrer sur la production de produits à haute valeur ajoutée pour se différencier sur les marchés ultra-concurrentiels à l’échelle internationale », ponctue le syndicaliste. Gérémy Charrier

http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/cantal/2015/08/17/la-confederation-paysanne-a-la-rencontre-du-prefet_11551326.html

«Le cadran est un outil dépassé» (Confédération paysanne)

Publié le jeudi 13 août 2015 – 17h31

«Le marché au cadran est un outil maintenant dépassé pour confronter l’offre et la demande: c’est un marché qui a pour effet de rapprocher les cours intérieurs des cours mondiaux», fait valoir la Confédération paysanne dans un communiqué du 13 août.

«Par ailleurs, la Confédération paysanne combat l’idée trop souvent répandue que l’avenir est aux grands élevages: leur coût de production n’est pas plus bas. La recher- che de la compétitivité par la taille est un leurre, c’est une autre politique qu’il faut mettre en place. Enfin, cette crise n’est pas que française: même avec un coût de revient inférieur de quelques centimes, les éleveurs allemands, espagnols ou danois souffrent et sont lourdement endettés.»

«Ouvrir l’intervention publique» «La Confédération paysanne demande qu’un travail structurant soit organisé pour la filière porc autour de cinq axes majeurs: travailler à une méthode de fixation des prix permettant une couverture des coûts de production ; réorienter les productions au plus près de la consommation ; mettre en place une stratégie de développement de la qualité des viandes ; mettre en place une stratégie de substitution aux importations (1,59 milliard d’€ de viande de porc importée en France) et, enfin, mettre en place des mesures de prévention des crises qui permettent un ajustement de l’offre à la demande. »

« A court terme, les pouvoirs publics n’ont d’autre choix que d’ouvrir l’intervention publique de manière à encadrer une production européenne qui a très fortement augmenté ces derniers mois », conclut le syndicat.

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/porc-le-cadran-est-un-outil-depasse-confederation-paysanne-108069.html

Et aussi:

http://www.anti-k.org/2015/08/18/confederation-paysanne-lettre-ouverte-a-lattention-de-m-stephane-le-foll/

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