Archive | Syndicalisme

07 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Le grand bond… en arrière (grs)

GRS guad

Sans coup férir, la CDMT est passée de la deuxième à la première place des centrales et confédérations syndicales martiniquaises. Et pourtant, militant CDMT et ancien secrétaire général de cette centrale, cela ne me réjouit pas.

Pour la bonne raison que cette première place résulte en réalité d’un curieux choix de la CGTM : comme si elle voulait fêter d’une façon très paradoxale le cinquantième anniversaire de la transformation en 1963 de l’Union Départementale de la CGT (U.D. CGT) en CGTM.
Ainsi, la centrale de Ghislaine Joachim-Arnaud vient de décider, sans congrès, de faire le chemin inverse, c’est-à-dire de se …ré-affilier à la CGT de France.

Toute plaisanterie mise à part, cette façon de revendiquer l’héritage de Walter Guitteaud et Victor Lamon en faisant le contraire de leur geste de véritable fondation du syndicalisme martiniquais autonome, est une défaite idéologique grave du mouve- ment ouvrier, du fait même de la place historique et numérique de la CGT dans le paysage syndical de notre pays.

Les raisons de ce virage, aussi discret que lourd de signification, ne sont pas moins décon- certantes que le fait lui-même. «Nous n’avions pas le choix», m’a dit benoîtement un cama- rade exerçant des responsabilités dans la Confédération CGTM. Pas le choix? Voilà une expression qui, a priori, sonne mal dans la bouche d’un syndicaliste dont le réflexe premier doit être de refuser le fatalisme, de se rebeller contre toute soumission aux Dominants !

Mais quel est le problème? Il faut savoir que la modification des règles de la représen- tativité syndicale par une loi d’août 2008 prend pour base les résultats aux élections profes- sionnelles. Cela semble le bon sens même (bien que le but caché de la manœuvre, propo- sée d’ailleurs au départ par la CGT et la CFDT, ne soit autre que l’élimination des «petits syndicats»).

Mais l’affaire se complique quand on ajoute à cette réforme les traditions colo- nialistes de la « métropole ». En effet, le nouveau système comptabilise les résultats au niveau la France (le «national») et au niveau des entreprises, mais pas au niveau de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Réunion.

Ces pays étant « la France », il n’y a pas lieu de tenir compte de la représentativité propre de leurs syndicats puisque cette représentativité n’ouvre aucun droit parti-culier! Nous ne sommes pas sensés exister comme entités propres. Seuls existent la France et l’entreprise.

Cette curieuse théorie a un effet collatéral: pour éviter de perdre le bénéfice des voix obte- nues par les syndicats alliés CGTM, CGTG, UTG, CGTR, la CGT de France a tenté de met- tre en avant les contrats de coopération signés depuis des lustres avec ces organisations «des D.O.M.». Mais les réflexes colonialistes sont tenaces: l’administration dit non.

Pas question de compter ces voix au bénéfice des coopérants CGT de France. Il faut, pour ce faire, que les syndicats «domiens» retournent au bercail de la CGT. Que pen- sez-vous que fit la CGT de France, celle-là même qui est à l’origine de la réforme (bras dessus bras dessous avec la CFDT) ? Elle décréta qu’elle n’avait pas … «le choix» ; elle capitula devant cette administration et demanda aux ouailles des colo- nies de capituler à leur tour et revenir à la maison mère en effaçant plus d’un demi- siècle d’existence indépendante revendiquée et affichée.

Réflexe de dignité de la CGTG, de l’UTG, et même, semble-t-il de la CGTR: c’est non! Nou pa kribich ! Pas question de revenir cinquante ans en arrière! Les conditions se dessinaient alors pour qu’un front syndical uni des confédérations coloniales interpelle vigoureusement les camarades français et leur rappellent que le droit à l’autodétermination commence pour un syndicat de pays colonisé par le droit à une existence indépendante de la Confédération «métropolitaine».

Car si l’internationalisme commande la solidarité réciproque, l’alliance, la coopé- ration, ce grand et beau principe ne saurait se conjuguer ni avec la soumission au diktat de l’État colonial ni avec la complicité passive du grand frère français.

Mais ne voilà-t-il pas que la CGTM, à bas bruit, vient, dans une réunion de sa commission exécutive, de mettre fin à cet espoir en votant…la ré-affiliation à la CGT. Il y a quelques mois, la CGTM présentait une lecture théâtralisée du « Discours sur le colonialisme », dans la cour même de la maison des syndicats. Bravo! Mais quant à appliquer le principe fondamental de ce grand texte en matière syndicale, c’est une autre paire de manches! Dans la pratique les dirigeants de la CGTM nous disent: l’époque des «grands frères» n’est pas finie, «l’heure de nous-mêmes» n’a pas sonné! Plus de 60 ans après le cri césairien!

«Pas le choix», camarade? OUI, on a le choix! Il suffit pour cela de rejeter l’aligne- ment paresseux en échange de quelques petits avantages médiocres, de rappeler à leurs devoirs élémentaires les alliés paternalistes de France, de rejoindre le front des organisations qui exigent de façon conséquente la reconnaissance pleine et entière du fait syndical propre aux pays coloniaux, de secouer «nos élus» aussi impuissants sur ce sujet que sur celui de la protection des travailleurs en général.
C’est ça, le vrai choix! Il reste mon choix. Il reste celui de la CDMT et de bien d’autres camarades.

Félix Relautte |vendredi 6 juin 2014

Groupe Révolution Socialiste(GRS) Section antillaise de la 4ème Internationale. « Ou révolution socialiste, ou caricature de révolution »(Che)

Voir en ligne : http://www.revolutionsocialiste.com/

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06 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Gouvernement: haro sur les seuils sociaux

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Ministre du Travail, François Rebsamen propose de geler le déclenchement des seuils sociaux pour les 3 ans à venir au motif que ces derniers constitueraient « un frein à l’embauche ». Soit pas moins que la disparition de fait des institutions représentatives du personnel…

Ainsi, le gouvernement, dans la droite ligne de celui de Sarkozy, poursuit la destruction méthodique du Code du travail : rien qu’en 2014, le PS a programmé la fin de l’élection prud’homale, celle du repos dominical et de l’inspection du travail. Et il s’étonne ensuite que la majorité du salariat s’abstienne ou vote à l’extrême droite…

Mise en place de déléguéEs du personnel dans les entreprises de plus de 11 salariéEs, d’un comité d’entreprise ainsi que d’un CHSCT dans celles de plus de 50, mais aussi de sections syndicales… la loi de 2008 sur la représentativité lie désormais étroitement la présence syndicale au résultat obtenu aux élections professionnelles. Bref, on veut priver des millions de travailleurEs de la possibilité de faire respecter leurs droits et de défendre collectivement leurs revendications, rien que ça !

Jusqu’où va-t-on descendre? 1936, 1945, 1968 et 1982 : autant de dates importantes dans la construction d’une représentation du personnel, arrachée par les luttes sociales ou par la gauche au pouvoir, du moins quand elle essayait : c’est du passé (ou presque). Le gel des embauches en CDI ? Celui des congés payés ? Vivement la prochaine « réforme » socialiste !

Le patronat cache mal sa satisfaction, lui qui n’exigeait que le rehaussement de ces seuils. Plus encore, Patrick Devedjian, député UMP, félicite le ministre pour son courage, la droite n’ayant jamais osé mettre en œuvre une telle mesure.

Les syndicats, eux, sont vent debout : le secrétaire général de la CGT fustige « une bêtise » car c’est « considérer que les représentantEs du personnel, les droits des sala- riéEs, le syndicalisme sont un frein au développement de l’entreprise, alors qu’au contraire c’est une chance ».

FO estime un tel gel « inacceptable » et même la CFDT juge l’initiative « déplorable ». Solidaires met en avant le fait que de nombreux employeurs ne respectent pas la législation actuelle, voire dissuadent leur personnel d’être candidat ou la contournent tout bonnement en jouant sur l’effectif via le temps partiel (les seuils sont calculés en équivalent temps plein) ou la mise en franchise. Un front syndical uni peut se constituer pour contrer ce recul, voir exiger d’étendre la représentation du personnel aux TPE qui en sont actuellement exclus : travaillons-y !

LD Hebdo L’Anticapitaliste – 245 (03/06/2014)

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03 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Ferme des 1000 vaches, une action de soutien à quimper (of)

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À l’appel de l’UDSEA et de la confédération paysanne du Finistère, une trentaine de personnes s’est réunie à 12 h devant la Préfecture à Quimper (Finistère).

Par cette action, les manifestants ont montré leur soutien aux paysans mis en garde à vue mercredi 28 mai, suite à une action syndicale sur le site de la « Ferme des 1000 vaches » dans la Somme. Depuis, ils ont été libérés sous contrôle judiciaire.

« Si nous sommes là aujourd’hui, c’est en partie pour donner un coup de semonce à la justice et donner un signal d’alarme au gouvernement », raconte Vincent Pennober, porte-parole de la confédération au niveau départemental. Quimper – 02 Juin

http://www.ouest-france.fr/ferme-des-1000-vaches-une-action-de-soutien-quimper-2591909

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02 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Comment les directions d’entreprises entravent l’action collective des salariés (basta)

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Répression anti-syndicale

En matière de respect des droits des travailleurs, la France est plutôt bien placée, comparé aux États-Unis ou à d’autres pays européens, comme la Grèce ou le Royaume-Uni. Mais l’exercice du droit syndical y semble de plus en plus compliqué: discriminations salariales à l’encontre de syndicalistes, licenciements abusifs de grévistes, pressions ou censures se multiplient. Un salarié sur cinq ne dispose pas de représentant du personnel, alors que le gouvernement envisage de remettre en cause les seuils de représentativité. Et plus de 40% des salariés estiment que le fait d’être syndiqué est un inconvénient. Décryptage avec le chercheur Étienne Pénissat.

Basta !  : Qu’entend-on par répression ou discrimination anti-syndicales ?

Etienne Pénissat [1] : La discrimination consiste à pénaliser un salarié par rapport aux autres, par un salaire inférieur, l’absence de promotion ou un licenciement, parce qu’il est syndiqué. Elle fait partie d’un répertoire d’actions patronales qui vise à dissuader l’enga- gement syndical. On peut parler de répression lorsque les directions d’entreprises entravent l’action collective des salariés : restreindre, voire empêcher, l’exercice du droit de grève, ne pas organiser d’élections professionnelles, ne pas réunir les différentes instances de repré-sentation du personnel, interdire la diffusion de l’information syndicale ou refuser d’accorder les moyens requis par la loi (heures de délégations, panneau d’affichage syndical…). Cette répression peut aussi prendre la forme de pressions, voire de menaces, à l’encontre de syndicalistes ou de personnes sollicitées pour se présenter sur une liste. Ce type de pressions se développe en particulier depuis la loi de 2008 sur la représentativité syndicale.

Comment mesurer ces entraves à l’action syndicale ?

Ces pratiques, souvent illégales, sont difficiles à mesurer. Et malheureusement, l’appareil statistique est assez lacunaire. Il n’y a aucun rapport officiel en France sur ce type de discrimination. Avant, nous connaissions le nombre de salariés protégés [délégué du per- sonnel, délégué syndical, ndlr] qui faisaient l’objet d’une demande de licenciement, ainsi que le nombre de recours des employeurs auprès de l’inspection du travail et les arbitrages du ministère.

Depuis 2003, nous ne disposons plus de ces données. Excepté pour les condamnations pénales, nous n’avons pas de chiffres sur l’activité des tribunaux en matière de traitement des infractions aux droits syndicaux et de représentation des salariés. Toutefois, on sait, par exemple, que 25% des établissements de plus de 20 salariés ne disposent pas d’instances représentatives du personnel (IRP). Cela signifie qu’en France, près d’un salarié sur cinq – 17% exactement – n’est pas représenté dans son entreprise ! C’est encore le cas dans 10% des établissements de 50 à 100 salariés. Soit l’employeur n’y a pas organisé d’élections – ce qui est illégal –, soit aucune liste ne s’est présentée. Dans ce dernier cas, l’absence de candidats pour devenir élu du personnel est souvent liée à la peur de représailles [ndlr : à la demande du patronat, le ministre du travail François Rebsamen envisage également la suspension de ces seuils (lire notre article)].

Comment ces pressions s’exercent-elles ?

Quand nous menons des enquêtes qualitatives, des monographies sur des entreprises, certains témoignages reviennent assez souvent. L’étude menée pour la Direction générale du travail sur l’impact des nouvelles règles de représentativité syndicale est assez révé- latrice [2]. Dans une grande entreprise d’intérim, une déléguée syndicale CFDT évoque ainsi des adhérents qui « ont peur de prendre un mandat [syndical] et de ne plus avoir de travail ». Dans une entreprise de distribution de prospectus, un délégué CFTC raconte que les sala- riés qui se présentent sur la liste d’un syndicat plutôt favorable à la direction voient leur temps de travail, et donc leur salaire, augmenter. Ceux qui se présentent sur d’autres listes passent à temps partiel.

Le secteur privé est-il pire que le secteur public ?

Il existe un baromètre sur les discriminations au travail réalisé pour le compte du Défenseur des droits et de l’Organisation internationale du travail (OIT). En 2013, 48% des salariés du privé et 37% des agents de la fonction publique considèrent comme un inconvénient le fait d’être syndiqué. En 2012, ils étaient 34% dans le privé et 25% dans le public. La discri- mination syndicale est perçue comme moins importante que celle liée au handicap ou au fait d’être étranger. Mais elle l’est presque autant que le fait d’être une personne de couleur et plus que l’orientation sexuelle. Et parmi les salariés qui déclarent avoir été victime d’une discrimination (près d’un salarié sur trois), plus d’un sur dix considèrent qu’ils ont été discriminés parce qu’ils sont syndiqués.

Dans la fonction publique, la taille des administrations, les règles d’avancement de carrière différentes de celles du privé et l’ancrage des syndicats, ont pendant longtemps freiné la répression anti-syndicale. C’est différent aujourd’hui. Le développement des contrats pré- caires et le tournant managérial ouvrent la voie à des pratiques de discrimination et de répression plus fréquentes. On l’a vu notamment dans l’Éducation Nationale.

Amazon en Allemagne, ArcelorMittal en Belgique, Ikea en Italie… Dans son rapport sur la violation des droits syndicaux, la Confédération syndicale internationale pointe plusieurs entreprises. Cette répression est-elle plus fréquente à certains endroits ?

Le BTP et le secteur du commerce sont marqués par une attitude relativement anti-syndicale. Dans les entreprises de service où la main d’œuvre est peu qualifiée et très précaires – grande distribution, nettoyage, logistique… –, les directions patronales sont également plus répressives. Proposer une somme d’argent ou un avantage à des syndicalistes pour qu’ils cessent leur activité est une pratique régulière dans la restauration rapide. Nous observons un autre phénomène : dans les anciennes entreprises publiques privatisées ou en voie de privatisation – EDF, La Poste, la SNCF –, le management devient assez agressif vis-à-vis des syndicats.

La Poste a, par exemple, entamé en janvier sept procédures disciplinaires visant des militants du syndicat Sud et une responsable CGT. Il y a aussi eu l’affaire du fichage des salariés et des syndicalistes d’Ikea en France. Ou la répression du mouvement de grève à l’usine Peugeot d’Aulnay l’année dernière. Des syndicalistes de la CGT et de Sud impliqués dans le mouvement ont été mis à pied en vue d’un licenciement. En parallèle, des cabinets spécialisés dans la gestion de conflits se développent. Ils proposent des actions de médiations, mais aussi de repérages et de surveillances. Les DRH sont désormais formés aux techniques d’observation et de contournement de l’action syndicale dans les entreprises. Cela constitue un véritable marché aux États-Unis, et émerge en France.

Certains représentants du personnel et syndicats sont-ils plus touchés que d’autres ?

Les délégués syndicaux sont plus concernés que les élus : ce sont souvent les plus militants et ils sont habilités par leur fédération à négocier des accords au sein de l’entreprise. Les autorisations de licenciement touchent davantage les délégués de la CGT. La répression s’intensifie aussi contre les syndicalistes de Sud. Les délégués syndicaux sont aussi les plus frappés par les discriminations salariales. En moyenne, un délégué syndical perçoit un salaire 10% inférieur à ses collègues. Neuf militants CGT travaillant dans une entreprise aéronautique viennent ainsi d’obtenir gain de cause dans le Lot. Après 15 ans de procédures, la société vient d’être condamnée en appel à leur verser un million d’euros [entre 30 000 et 160 000 euros par plaignant, ndlr (lire ici)] pour rattraper le préjudice financier causé par une discrimination liée à leur activité syndicale. C’est un mécanicien de Peugeot et militant de la CGT, François Clerc, qui a mis au point une méthode permettant de prouver une discrimination syndicale en comparant les carrières et les profils au sein d’une même entreprise. Une méthode qui commence à porter ses fruits devant les tribunaux. Ces victoires imposent aux directions d’entreprises un peu de retenue.

Le contexte de crise et de discours sur la « compétitivité » a-t-il un impact sur l’exercice du droit syndical ?

Dans les enquêtes que nous menons en Nord-Pas-de-Calais, nous constatons un fort chantage à l’emploi auprès des salariés : « Ne menez pas d’actions sinon le site va dispa- raître », leur dit-on. Mais ce chantage fonctionne également auprès des administrations : les services du ministère du Travail ferment les yeux sur des pratiques anti-syndicales et plus généralement sur la mise en souffrance des salariés au nom de la préservation de l’emploi. Nous avons aussi observé une forte augmentation de la répression après le mouvement des retraites de 2010. Il y a également un effet lié à la loi de 2008 sur la représentativité. Pour les directions d’entreprises, l’intérêt est moins d’empêcher l’apparition de syndicats, dont l’existence est nécessaire pour signer des accords d’entreprise, que de disposer de syndicats plutôt conciliants. La répression touche donc davantage les syndicats qui mènent des actions collectives et ne signent pas forcément tous les accords. On assiste d’ailleurs à une résurgence des syndicats « maison », proches des directions. Enfin, avec les refus du fichage ADN, la criminalisation de syndicalistes par l’État est aussi plus forte.

Comment les syndicalistes répondent-ils à cette répression ?

Il n’existe pas encore d’actions concertées et coordonnées entre les confédérations. La CGT et la CFDT ont cependant entamé un gros travail sur les discriminations salariales ; la CGT en s’appuyant sur la méthode de François Clerc. La mise en place de l’Observatoire de la discrimination et de la répression syndicale montre aussi que plusieurs organisations et confédérations [3] considèrent le sujet comme médiatiquement important, dans un contexte où il est difficile de parler de démocratie sociale et de droits des salariés. Recueilli par Ivan du Roy 2 juin 2014

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01 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Les indemnités des prud’hommes dans l’escarcelle de pôle emploi (libération)

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Selon la nouvelle convention Unedic, les chômeurs ayant gagné un procès pour licenciement abusif devront rendre jusqu’à 16 200 euros de dommages et intérêts.

C’est un tour de passe-passe qui doit réjouir le Medef. Alors que la nouvelle convention d’as- surance chômage, signée le 14 mai par le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC et FO), doit être agréée dans les jours qui viennent par le gouvernement, le Syndicat des avocats de France (SAF) vient de soulever un loup qui pourrait faire chuter dangereusement, en matière de licenciements, les recours devant les prud’hommes.

D’ores et déjà, les règles de l’assurance chômage prévoient un «différé d’indemnisation» pour les licenciés touchant un bonus extralégal. Autrement dit, un chômeur ne commence à toucher ses droits qu’après une période de carence, dont la durée est liée au montant de la prime. Concrètement, les indemnités de rupture obtenues au-delà du minimum légal sont converties en jours d’indemnisation par Pôle Emploi, et déterminent ainsi la durée de cette période de différé. Dans la limite, cependant, de 75 jours.

Prime. En résumé, si la somme touchée se traduit par un différé inférieur à 2,5 mois, le salarié épuisera, en théorie, l’équivalent de toute sa prime en jours d’indemnisation avant de commencer à toucher ses allocations. Si cette durée est supérieure à 2,5 mois, le salarié conservera alors ce qu’il reste de son «capital», puisque l’indemnisation commencera quoi qu’il en soit au bout de cette période.

Or ce différé ne joue pas qu’en amont, par rapport à la prime extralégale arrachée par le salarié, mais aussi plusieurs années après, en cas de victoire de l’employé devant les prud’hommes pour licenciement abusif.

Ce qui veut dire que Pôle Emploi peut réclamer aujourd’hui, et de façon rétroactive, tout ou partie des sommes obtenues par le salarié devant les prud’hommes, dans la limite d’un montant correspondant à 2,5 mois d’indemnisation. Problème : la future convention d’assurance chômage va porter cette période de différé à 180 jours, soit près de six mois… Et le calcul sera forfaitaire : 90 euros par jour d’indemnisation. Soit 16 200 euros pour six mois.

Bref, jusqu’à 16 200 euros d’indemnités obtenus devant les prud’hommes pour licen- ciement sans «cause réelle et sérieuse» et à condition d’avoir été indemnisé six mois par l’assurance chômage, Pôle Emploi pourra tout récupérer. Seule exclusion : les licen- ciements économiques, qui continueront d’être soumis à un différé d’indemnisation de 2,5 mois seulement.

«La somme que pourra récupérer Pôle Emploi est telle qu’elle fera hésiter beaucoup de salariés avant de se lancer dans un procès et faire valoir leurs droits en cas de licen- ciement injustifié», s’inquiète l’avocat en droit social Florent Hennequin, qui estime que cer- taines personnes réclameront, du coup, des dommages et intérêts d’autant plus élevés. Pour le SAF, il s’agit aussi «d’un grave détournement de l’objet de ces sommes, qui est d’indemniser le préjudice moral, professionnel et financier subi par le salarié» en raison «de la perte injustifiée de son emploi. Ces sommes n’ont pas à être confondues avec un revenu de substitution».

A Pôle Emploi, on renvoie la balle aux partenaires sociaux : «Ce sont eux qui définis- sent les règles d’indemnisation, nous ne faisons que les appliquer.» Et de rappeler que le but initial de l’allongement du différé d’indemnisation était de limiter les abus liés aux ruptures conventionnelles. Ces ruptures «à l’amiable» qui permettent parfois de partir avec un gros chèque, tout en ouvrant droit – à la différence de la démission -, à l’assurance chômage. Un dispositif qui aurait été détourné par les employeurs et les salariés pour servir de préretraites aux personnes qui n’ont pas encore toutes leurs annuités.

Et qui ferait supporter à l’assurance chômage une indemnisation qui devrait incomber à l’as- surance vieillesse. Bref, le sort subi par les dommages et intérêts liés aux licenciements abusifs ne serait qu’une conséquence indirecte de cette décision liée aux ruptures conven- tionnelles. Du côté de l’Unedic, on précise, enfin, que ce différé «rétroactif» ouvre des droits supplémentaires au chômage, d’une durée égale à celle du différé. Encore faut-il que l’intéressé soit toujours au chômage pour en profiter sur l’instant.

«Trop-perçu». Reste que pour le SAF, Pôle Emploi a d’ores et déjà le pouvoir de récupérer jusqu’à six mois d’indemnités… auprès de l’employeur jugé fautif par les prud’hommes. Et «déplore» que l’opérateur public «n’utilise que trop rarement cette faculté légale». Du coup, estime Florent Hennequin, «on revoit les règles pour aller récupérer le « trop-perçu » sur le dos du salarié plutôt qu’auprès de l’employeur». Et de demander aux partenaires sociaux et au ministère du Travail que «soient exclues des assiettes du calcul des droits à l’allocation chômage toutes les sommes à caractère indemnitaire, qui doivent rester acquises au salarié». Pas sûr que le SAF soit entendu d’ici au 1er juillet, date d’entrée en vigueur de la convention. Luc PEILLON 26 mai 2014 à 19:26

http://www.liberation.fr/economie/2014/05/26/les-indemnites-des-prud-hommes-dans-l-escarcelle-de-pole-emploi_1027490

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30 mai 2014 ~ 0 Commentaire

3 juin, manifestation des retraités (lo)

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Halte aux attaques sur les retraites!

Le mardi 3 juin, l’ensemble des confédérations syndicales appelle les retraités à une mani- festation nationale à Paris, à 11 heures, place Joffre, derrière la Tour Eiffel.

Sauf la CFDT, sans doute par crainte des huées de retraités n’ayant pas oublié que cette confédération a soutenu le gouvernement dans ses attaques contre les retraites en octobre dernier : passage de 41,5 à 43 années de cotisations pour avoir droit à une pension com- plète, report et gel des revalorisations des pensions CNAV et complémentaires.

Les retraités ont mille fois raison de descendre dans la rue. Ces 15 millions de travail- leurs âgés voient de plus en plus leur pouvoir d’achat amputé, certains tombant dans la mi- sère. D’après la CGT, la pension moyenne (de base et complémentaire) est de 1 550 euros pour les hommes et de 899 euros pour les femmes. Quatre millions de retraités ayant des pensions de misère sont secourus par des allocations sociales, minimum contributif pour ceux ayant cotisé tous leurs trimestres ou minimum vieillesse à 792 euros par mois pour ceux qui n’ont pas une carrière complète.

Dernièrement, le gouvernement a instauré une nouvelle taxe de 0,30 % sur les retraites im- posables et il a maintenu la mesure de Sarkozy supprimant la demi-part d’exonération fis- cale pour les retraités ayant élevé seuls un ou des enfants. Cette manifestation de retraités devient pour les confédérations syndicales un rituel annuel.

Sous prétexte de revendications spécifiques, elles saucissonnent les appels à la grè- ve et aux manifestations. Le 15 mai appel à la grève pour les fonctionnaires, le 22 mai pour les agents de la SNCF, le 3 juin manifestation pour les retraités… et demain une marche à part pour les chômeurs ?

Les attaques gouvernementales concernent tous les travailleurs, qu’ils soient salariés, chômeurs ou retraités, c’est donc tous ensemble qu’il faut riposter. Louis BASTILLE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2391&id=58

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29 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Usine seita, les salariés retiennent cinq membres de la direction

Manara-marre

Les salariés de la Seita, qui bloquent leur site de Carquefou depuis lundi 16 h, retiennent, dans le bureau du directeur, cinq membres de la direction.

Les salariés de la Seita, qui bloquent leur site de Carquefou depuis lundi 16 h, retiennent, dans le bureau du directeur, cinq membres de la direction de leur usine de cigarettes. Trois dirigeants étaient retenus depuis le début de l’après-midi et deux autres les ont rejoints. Tous s’apprêtent à passer la nuit dans l’usine.

Trois revendications Cette action est « une réaction à l’escalade de pression » que les salariés disent subir depuis l’annonce de la fermeture du site, le mois dernier. Ils affichent trois revendications : l’effacement des sanctions (jours non travaillés non payés pour l’ins- tant), la levée de la « pression de l’encadrement » et la fin des contrôles d’huissiers. Les salariés ont rassemblé, au milieu de l’usine, 8 000 cartons de cigarettes qui représentent une valeur de 12 millions d’euros, disant que c’est « leur propriété ». Carquefou – 28 Mai

http://www.ouest-france.fr/usine-seita-les-salaries-retiennent-trois-membres-de-la-direction-2576716

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28 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Grève des pompiers morbihannais, vers une sortie de crise? (of)

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Une rencontre entre les syndicats des pompiers professionnels et le Sdis a eu lieu ce mardi soir.

Le Sdis a fait une proposition qui semble « acceptable » à l’intersyndicale. Un accord pourrait bien avoir été trouvé, dans le conflit sur l’application d’un décret sur le temps de travail qui oppose depuis le 12 mai les syndicats de pompiers professionnels au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). Une rencontre a eu lieu ce mardi de 17 h 30 à 19 h 30, entre Henri Le Dorze, conseiller général, le colonel Cyril Berrod, directeur dépar- temental du Sdis, et ses adjoints, plusieurs chefs de groupements et l’intersyndicale CGT- SNSPP-FO.

11 embauches promises Le Sdis s’engage à recruter onze sapeurs-pompiers profes-sionnels d’ici la fin de l’année, en plus des trois postes créés le 1er mars. Il accepte éga- lement de rémunérer 17 h de travail par garde de 24 h, au lieu de 16 h actuellement. « Cela nous semble acceptable, cohérent », a estimé Sébastien Veillon, de la CGT.

Fin de la grève vendredi ? En fin de semaine, les syndicats vont proposer cet accord aux différents centres de secours morbihannais. S’ils l’acceptent, la grève, entamée le 12 mai, s’achèvera vendredi. Lorient – 27 Mai

http://www.ouest-france.fr/greve-des-pompiers-morbihannais-vers-une-sortie-de-crise-2574971

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28 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Fralib, les salariés obtiennent 20 millions d’euros d’unilever (of)

Fralib, les salariés obtiennent 20 millions d'euros d'unilever (of) dans Economie FralibChe

Le conflit entre les Fralib et Unilever est terminé. La multinationale a accepté de leur verser 20 millions d’euros pour un projet de coopérative.

76 ouvriers de l’usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône), en lutte depuis trois ans et demi contre Unilever, ont gagné la bataille.

Délocalisation Ces salariés fabriquaient les thés Lipton et les infusions Eléphant, une marque centenaire créée à Marseille, avant qu’Unilever ne délocalise la production en Pologne. Depuis septembre 2012, les ouvriers ont occupé l’usine pour que les machines ne soient pas démé- nagées et ont également mené la lutte sur le terrain judiciaire, obtenant notamment l’annulation de trois plans de sauvegarde de l’emploi successifs.

« Une victoire symbolique » L’accord qui vient d’être conclu prévoit notamment le versement de 20 millions d’euros aux Fralib pour le démarrage d’une Scop, qui permettra aux 76 salariés de poursuivre leur activité. Selon la direction, la signature de cet accord « met un terme à l’ensemble des litiges et procédures en cours entre les deux parties ». « C’est une victoire symbolique qui doit donner de l’espoir à tous ceux qui luttent pour la sauvegarde de leur emploi », a réagiThierry Pettavino, le secrétaire fédéral de La CGT des Bouches-du-Rhône. France – 27 Mai

http://www.ouest-france.fr/fralib-les-salaries-obtiennent-20-millions-deuros-dunilever-2574793

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26 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Derrière l’image positive du recyclage règne une exploitation souvent sauvage

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Des travailleurs en danger

C’est sous ce titre que le magazine de l’Institut syndical européen publie, dans sa revue «HesaMag» nº 9, un dossier sur un domaine d’activités prétendument «  vertes  ». Deux exemples, pris en Italie et en Grande-Bretagne, montrent clairement que derrière l’image positive du recyclage, et donc de la diminution de la pollution, règne une exploitation souvent sauvage et sanglante.

«Aujourd’hui, en Italie, le travail d’éboueur est plus pénible qu’autrefois: aux charges à porter, aux poussières, aux mouvements répétitifs, au risque biologique est venue s’ajouter une nette intensification du travail. Pour ne pas faire exploser les coûts du tri sélectif, imposé par les exigences de respect de l’environnement, les travailleurs ont été soumis à rude épreuve puisque leur nombre est resté inchangé alors que le travail à accomplir était au moins multiplié par quatre. Bien entendu la qualité du service s’en ressent. ? » Le tableau des conditions de travail des éboueurs dressé par Massimo Cenciotti, responsable national du secteur de l’hygiène environnementale pour le syndicat des travailleurs des services publics de la CGIL, n’a rien de réjouissant.

 Italie : Le coût de l’austérité  «On observe une augmentation des risques et une aggra-vation des conditions de travail », poursuit-il. «En 2011, le syndicat a recensé 12 décès sur le lieu de travail, un fait inimaginable il y a encore quelques années. Les causes sont la par- cellisation du travail, l’augmentation des rythmes et les mouvements répétitifs. Le travaill0- eur se cogne, trébuche, tombe, charge et décharge continuellement. Les déchets sont lourds. La tournée de collecte en porte-à-porte peut s’étendre jusqu’à 600 points différents et l’on arrive ainsi à 1200 sacs ou poubelles par tournée. Aujourd’hui, les éboueurs sont furieux. Réaliser le tri sélectif des déchets en dépensant le même budget qu’autrefois revient à dé- grader fortement les conditions de travail et à mettre en danger la santé des travailleurs, sans que les services publics de prévention interviennent.  »

Le secteur de la collecte des déchets solides urbains (DSU) comprend 90 000 tra- vailleurs parmi lesquels en moyenne 75 % travaillent dans les rues, soit 67 500 travailleurs, dont 15 % sont des femmes. Le secteur compte environ 600 entreprises, publiques et pri- vées. Les entreprises publiques emploient 60 % des travailleurs du secteur, contre 40 % pour le privé. Il s’agit d’un monde très diversifié et complexe, avec un poids important des ser­vices en sous-­traitance, où la prévention est souvent oubliée, ce qui a des répercussions sur la sécurité et la santé des travailleurs. Les statistiques de l’Institut national d’assurance contre les accidents du travail et les mala­dies professionnelles sont éloquentes  : entre 2009 et 2011, en moyenne, chaque an­née, 133 balayeurs sur 1000 ont eu un acci­dent ? ; un taux cinq fois supérieur à celui du total des secteurs.

Royaume-Uni: attention travaux dangereux Il ne fait aucun doute que le recyclage des déchets constitue au Royaume-Uni un travail dangereux. Au cours de ces neuf dernières années, les chiffres officiels montrent que 83 travailleurs ont été tués, souvent en déplaçant des véhicules ou des équipements […]. En 2012-2013, douze personnes ont péri, un chiffre 16 fois supérieur à la moyenne de l’ensemble des secteurs d’activité au Royaume-Uni, selon l’inspection du travail. Chaque année, plus de 3000 travailleurs de l’industrie du recyclage et des déchets sont blessés, un taux quatre fois supérieur à la moyenne de l’ensemble des secteurs. […]

Au moins 140 000 personnes travaillent dans le secteur des déchets et du recyclage, ce qui correspond à moins d’un pour cent de la population active du Royaume-Uni. Pourtant, le secteur représente près de 3 % de l’ensemble des accidents du travail répertoriés. Le sec- teur a connu une croissance de près de 5 % entre 2012 et 2013 et les autorités, centrales comme locales, s’efforcent de recycler plus de 75 millions de tonnes de déchets produits chaque année afin de respecter les objectifs européens de réduction des quantités mises en décharge.

Les travailleurs du secteur du recyclage sont également confrontés à des risques insidieux, à long terme, provenant des poussières, des métaux toxiques et des infections auxquels ils peuvent être exposés.

Les expositions au plomb, au mercure et à d’autres métaux dangereux dans les instal-lations qui recyclent les déchets de ferraille et les déchets électriques «peuvent être suffi- santes pour présenter un caractère toxique», avertissent les auteurs [d’une étude de l’Ins- titut de médecine du travail d’Edimbourg de 2012, réd.] Par ailleurs, «les travailleurs qui sont en contact direct avec les déchets courent potentiellement un risque d’infection en raison de la présence de déchets tels que des aiguilles et des couches jetables». «La mobilité de la main-d’œuvre et le laps de temps important qui s’écoule avant qu’une maladie respiratoire grave puisse se développer signifient qu’il peut exister une problématique cachée en matière de santé associée au fait de travailler dans le secteur des déchets et du recyclage  », préviennent les auteurs de l’étude. […]

Hilda Palmer, qui préside actuellement la campagne britannique contre les accidents du travail, estime que les véritables dommages causés par le secteur seraient encore pires que ce que les statistiques officielles laissent penser, parce que de nombreux accidents et maladies ne sont pas signalés. «  Le secteur dissimule des activités criminelles, en n’hé- sitant pas à payer au noir des travailleurs vulnérables pour des activités de démolition et de ferraillage pour lesquelles les accidents et les maladies ne sont pas signalés  » […]

* Paru en Suisse dans « solidaritéS » n° 248 (15/05/2014) p. 9. http://www.solidarites.ch/

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