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05 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Italie. Un accord entre patronat et appareils syndicaux qui vise les salarié·e·s et délégués syndicaux de lutte (Al’e)

Italie. Un accord entre patronat et appareils syndicaux qui vise les salarié·e·s et délégués syndicaux de lutte (Al'e) dans A gauche du PS patto

Les chiffres officiels (ISTAT) du chômage en Italie, en avril 2013, viennent d’être publiés fin mai.

Le nombre de chômeurs officiels est de 3,830 millions. C’est une augmentation de 23’000 par rapport au mois de mars. Sur une année, 373’000 tra- vailleuses et travailleurs de plus sont officiellement au chômage. Cette augmentation du chômage concerne aussi bien les hommes que les femmes. Parmi les jeunes de 15 à 24 ans, 656’000 recherchent un travail. Le taux de chômage par rapport à cette tranche d’âge est de 40,5%; c’est une augmentation de 5,9% depuis début mars. Ces chiffres ne reflètent pas la réalité, comme dans tous les pays. Ne sont pas pris en compte les centaines de milliers de femmes qui sont contraintes à un travail à temps partiel, avec un salaire de 500 à 600 euros par mois, que ce soit dans les grands magasins, le nettoyage, les hôpitaux, l’éducation, etc. Ne sont pas pris en compte des dizaines de milliers de travailleurs au chômage technique (Cassa integrazione) qui ne travaillent pas ou quelques jours par mois, et qui reçoivent durant un certain temps leur salaire au travers d’un fonds constitué par des versements patronaux et des salarié·e·s. Pour avoir une idée de l’importance de cette précarisation qui annonce un futur chômage, un chiffre suffit. Dans la région de Turin, les travailleurs de l’automobile et de la métallurgie ont cumulé, en 2012, 143 millions d’heures de chômage technique! Cela indique l’explosion encore à venir du chômage et donc de la pauvreté.

Prenons un exemple concret concernant l’historique province de Turin où se trouve encore une petite partie de l’industrie automobile sous le sigle du groupe Fiat. En 2008, au début de la crise, étaient répertoriées 406 entreprises en difficulté. En fin 2012, 31,7% d’entre elles avaient fermé leurs portes; 12’000 postes de travail étaient perdus. Dans l’entreprise Fiat de Mirafiori, depuis juillet 2012, les travailleurs ne sont «occupés» que trois jours par mois pour produire un seul modèle de Fiat, la Mito. La direction du groupe, symbolisée par l’Italo-Canadien Sergio Marchionne qui a opéré la fusion Chrysler- Fiat, propose comme solution pour l’emploi la création d’un pôle de voitures de luxe: la Maserati à 160’000 euros le prix le plus bas. Les chômeurs pour- ront voyager à l’aise. C’est une vraie provocation et un acte d’arrogance assumée pour des travailleurs qui, avec le chômage technique, reçoivent pour une très grande partie moins de 800 euros par mois, dans une ville où le coût de la vie est identique à celui de Paris ou de Genève.

«Non à l’accord de la honte, non à l’accord des patrons»

Dans ce contexte, dans la nuit du vendredi 31 mai au samedi 1er juin, les directions des trois confédérations syndicales – la UIL (Unione Italiana del Lavoro), la CISL (Confederazione Italiana Sindacati dei Lavoratori) et le syndicat formellement le plus à gauche la CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro) – ont signé un accord portant sur ladite représentation syndicale avec la Confindustria (l’organisation patronale italienne). Y compris la fédération des mécaniciens et métallurgistes, la FIOM, considérée historiquement comme la colonne vertébrale du syndicalisme tradionnel de classe, a signé cet accord. Cet accord a été signé sans avoir été discuté dans aucune assemblée, en particulier de la CGIL, contrairement à tous les statuts.

Sans entrer dans les détails techniques, cet accord institue le système suivant: les conventions collectives de travail à l’échelle nationale adoptées par la majorité des trois syndicats doivent être appliquées dans chaque branche industrielle ou de services et dans chaque usine ou bureau. Les délégués d’entreprise élus par la base ouvrière n’ont pas le droit de s’opposer à ces accords, d’organiser des assemblées dans l’usine, même si 45% des travailleurs refusent l’accord. S’ils le font, leur statut de délégué sera supprimé et ils seront sur une liste noire pour le patronat. En fait, cet accord a pour but de casser le secteur des délégués syndicaux combatifs qui sont le relais de travailleurs de plus en plus exaspérés et qui sont très distants des appareils syndicaux. En éliminant cette couche, la Confindustria et les appareils syndicaux – de vrais «labor lieutenant of the capital», selon la formule du syn- dicalisme de lutte de classe aux Etats-Unis dans les années 1930 –  cherchent à briser l’anneau qui assurerait une jonction entre une toujours possible révolte populaire, face aux plans d’austérité de la Troïka, et une mobilisation dans les lieux de travail. L’éditorial du quotidien financier Il Sole 24 Ore, signé par son directeur Roberto Napoletano, porte-parole de la Confindustria, en date du 1er juin 2013, affirme: «L’accord sur la représentation conclu entre la Confindustria et les syndicats, y compris la CGIL, est un signal fort qui laisse espérer une nouvelle reconstruction du pays. Beaucoup d’autres tabous [comprenez: ce qui reste du Code du travail gagné après les luttes de 1969-70], évidemment, devront tomber… Cela quand chacun aura fait sienne et cela tous ensemble la reconstruction de l’Italie.» C’est de l’unité nationale avec une tonalité de Mussolini soft. Face à cette provocation des appareils syndicaux, le Réseau du 28 avril, animé par l’ancien dirigeant de la FIOM, Giorgio Cremaschi, et de très nombreux syndicats de base (USB, CUB, etc.), organise le 28 juin une assemblée nationale pour riposter immédiatement à cet accord et construire une alternative.

Publié par Alencontre le 4 – juin – 2013 Par Charles-André Udry

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05 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie: le nouveau et l’ancien. Une opportunité pour la gauche radicale de Turquie? (Al’e)

Turquie: le nouveau et l’ancien. Une opportunité pour la gauche radicale de Turquie? (Al'e) dans A gauche du PS nana-istanbul

Le mouvement de masse en Turquie a des traits nouveaux, par rapport à l’histoire des cinquante dernières années en Turquie. Un militant de la gauche de plus de 40 ans déclarait à une journaliste française de Mediapart: «Vendredi matin [31 mai] quand tout le monde marchait en direction de la place Taksim, j’ai dit à l’ami militant qui m’accompagnait: “Nous sommes en train de faire quelque chose de nouveau.» Deux histoires néanmoins cohabitent. Les forces de gauche (et y compris nationalistes) habituées aux manifestations se sont positionnées à l’entrée du parc Gezy, en bordure de la place Taksim. La raison est simple: de là, tout le monde peut voir leurs drapeaux, leurs banderoles. L’éventail politique est large. Les groupes moins politisés, de multiples collectifs, féministes, écologiques, d’artistes, des lycéens occupent des secteurs de la place. D’ailleurs, le lundi 3 juin se trouvent des lycéens en grand nombre et y compris des groupes de supporters d’équipes de football avec leur écharpe. Ils sont habitués aux slogans. Les militants socialistes et communistes historiques se retrouvent parfois, surpris, avec des secteurs actifs dont ils découvrent l’engagement. Les courants et les positions sont très différents. Certains sont kémalistes. D’autres représentent une sorte de kémalisme de gauche. D’autres ont rompu avec le kémaliste et se situent dans une tradition communiste, d’origine plus ou moins maoïste recyclée.

Il est trop tôt pour appréhender la dynamique possible de ce mouvement. Une chose apparaît presque majoritaire. La question de l’organisation de la ville, de la construction du centre commercial, exprime la volonté de pouvoir décider de l’avenir d’une ville, Istanbul, et, de fait, de l’avenir du pays, face à un gouvernement autoritaire et arrogant. C’est cette dernière dimension qui explique l’extension du mouvement à Ankara et à d’autres villes. Il y a une mise en question du fait du pouvoir du gouvernement. Il y a là la base de la brutalité de la répression. Face à cette répression, la dialectique du passé et du présent joue: en quatre jours, les manifestants ont appris, malgré la violence répressive, à s’organiser, avec l’aide des plus expérimentés. Il y a un mélange social et politique qui peut se développer si la gauche radicale (turque, kurde, mixte), très divisée et souvent sectaire, ne reste pas politiquement en marge de cette dynamique nouvelle qui semble la dépasser, mais avec qui elle pourrait fusionner, partiellement.

Ce d’autant plus qu’une grève de deux jours a été déclarée par les travailleurs du secteur public en soutien aux manifestations anti-gouvernementales. La confédération des syndicats des travailleurs du secteur public a dénoncé: «la terreur d’Etat contre les manifestations de masse». Cette confédération, qui réunit 11 fédérations, rassemble, selon ses déclarations, 240’000 travailleurs. Dans une ville comme Ankara, l’appel à la grève a eu un impact significatif, selon divers reportages. Deux manifestants ont été tués, l’un brutalement renversé par un taxi, l’autre a été tué dans la ville frontière avec la Syrie, Antakya. Dans la meilleure tradition, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé le mouvement de masse comme manipulé par des extrémistes et des agents de l’étranger, ce qui est assez étonnant pour quelqu’un qui se déclarait contre la politique d’Assad dont toute la rhétorique vise les extrémistes de tout ordre et surtout «un complot de l’étranger».

Les luttes des années 1960 et 1970 éclairent aussi la place Taksim

Il faut replacer les mobilisations actuelles dans le cadre d’une commémoration de l’histoire du mouvement ouvrier turc, qui sera célébrée les 15 et 16 juin. Dans la seconde moitié des années 1960, une montée des luttes ouvrières s’est affirmée en Turquie. Sur le plan syndical, cela s’est traduit par la création du «Conseil de solidarité entre les syndicats» en 1967 qui a été à l’origine de la création du DISK: Confédération des syndicats ouvriers révolutionnaires. Les militants qui sont à l’origine de cette nouvelle expression du mouvement de classe viennent de l’industrie du verre, de la métallurgie, des pneumatiques et de la presse. L’émergence de syndicats marque une rupture avec une structure syndicale officialiste: le TÜRK-IS, lié aux structures du pouvoir.

Les mesures d’intimidation, les interdictions, la répression n’ont pas pu arrêter une vague de grèves dans les verreries, dans le textile de Kula. Les ouvriers du pétrole de la compagnie nationale vont mener une grève de trois mois. En 1968, les mineurs des mines de charbon de Zonguldak (mer Noire) ont réussi à imposer une convention collective. L’usine de pneumatiques Derby a été occupée. Les mineurs de lignite de la région de Corum ont fait 43 jours de grève. Comme ils n’étaient payés, ils ont organisé eux-mêmes la vente de charbon qu’ils ont extrait lors de la reprise de leur travail. Il a fallu la force militaire pour les faire plier. Les groupes nationalistes d’extrême droite se réorganisèrent dans le Parti du mouvement nationaliste (MHP) du colonel Türkes. Ce sont les célèbres «Loups gris» qui étaient leur bras paramilitaire.

Face à cette montée ouvrière, le gouvernement Demirel prit des mesures pour limiter les droits syndicaux et frapper le DISK qui regroupait 500’000 membres en 1970. Face à ces mesures, une grève fut lancée les 15 et 16 juin 1970. Ce fut un véritable soulèvement contre le pouvoir des patrons et de leur Etat. Le 15 juin, des dizaines de milliers de travailleurs descendent dans la rue. Le 16, le double occupe la rue, malgré la fermeture des routes, le blocage des ponts et l’arrêt des bateaux reliant les rives du Bosphore. Les ouvriers s’attaquent à la fonderie Haymak qui appartenait à un des frères du premier ministre. Des travailleurs sont tués. Des centaines sont blessés. La mobilisation prévue pour le 17 juin doit atteindre un nouveau seuil. La direction du DISK est débordée et son président, Kemal Türkler, lance un appel à la radio comme quoi les travailleurs ne doivent pas s’affronter à «l’honorable armée turque».

Ce coup de frein va donner le feu vert à la réaction qui passe à l’offensive. Les militaires vont renverser le gouvernement Demirel et surtout s’attaquer aux travailleurs et travailleuses. C’est un coup d’Etat contre la classe ouvrière, à la différence des coups d’Etat précédents. S’installe alors un état d’urgence prolongé, où les militaires tiendront le gouvernail, même lorsque le dit social-démocrate Ecevit le parti laïco-kémaliste du CHP (Parti républicain du peuple) seront au gouvernement après les élections d’octobre 1973.

Publié par Alencontre le 4 – juin – 2013 Par Charles-André Udry

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03 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande à Rodez : des syndicats baillonnés

Hollande à Rodez : des syndicats baillonnés dans Hollandie tracts-interdits

Hollande était à Rodez dans l’usine Bosch le 29 mai 2013.
Les images des journaux télévisés ont montré des salariés attentifs à la « bonne parole » présidentielle. L’envers du décor est bien différent. La police veillait au grain : militants syndicaux et politiques se sont vus contrôler aux abords de l’usine, et leurs voitures fouillées par la police. Tracts, affiches, banderoles et mégaphone ont été confisqués. Pas de détail : le syndicat SUD de l’usine pourtant signataire de l’accord d’entreprise a vu ainsi tout son matériel embar- qué. Et pendant ce temps Hollande prenait la pose « ouvrière » pour la presse nationale. Les syndicats de l’Aveyron SUD, CGT et FSU ont protesté contre cette grave atteinte aux droits d’expression syndicale dans le communiqué suivant :

Après Dijon, des syndicats bâillonnés à Rodez

François Hollande avait communiqué sur la volonté d’un dispositif policier « light » pour la visite en Aveyron le 29 mai 2013 . A l’usine Bosch que le pré- sident allait visiter, notamment pour faire la promotion d’un Accord National interprofessionnel fortement contesté, tant localement que nationalement , deux militants syndicaux de SUD Métal/ Bosch se sont vus confisquer manu militari leurs affiches et porte voix : apparemment, il ne fallait pas qu’il y ait de voies dissonantes dans le parcours présidentiel très balisé. La police a également arrêté une autre voiture dont le conducteur n’avait commis aucune infraction au code de la route, juste parce qu’il y avait à l’intérieur du matériel syndical. Le véhicule a été fouillé et les affiches intersyndicales SUD-CGT- FSU, les drapeaux et le mégaphone de Solidaires 12 ont été saisis pour des motifs dont on ne peut comprendre la légitimité quand on se place du point de vue du bon sens démocratique Le discours syndical dans son expression et sa diffusion publiques relèverait il d’un crime ou d’un délit « flagrant », « d’une atteinte grave à la sécurité des personnes et des biens » et d’un danger immédiat pour justifier la fouille d’une voiture, mais surtout la confiscation des tracts syndicaux ? « Je veux saluer le syndicalisme français » aurait précisé François Hollande dans la journée. « On a besoin de ce dialogue, de cette concertation » Ah, tiens ? Ce n’est pas ce que tout le monde a cru comprendre. Hier, force a été de constater que si les gouvernements ont changé, si les discours ont changé, c’est surtout en apparence, car malheureusement certaines pratiques semblent perdurer ! Faut -il y voir un rapport quelconque avec le fait que l’amnistie des militants syndicaux a été refusée ? Les organisations syndicales, Solidaires 12, FSU, CGT dénoncent vivement et solennellement l’entrave qui a été faite à la liberté d’expression et au droit syndical et réaffirment avec force que la loi d’amnistie doit être votée.

Article initialement publié sur notre blog http://www.npa-auto-critique.org/ Dimanche 2 juin 2013

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03 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Le pacs écologique entre la CFDT de Laurent Berger et le Medef (LM)

Le pacs écologique entre la CFDT de Laurent Berger et le Medef (LM) dans Economie esclavage-cfdt-e1358251889314

Ah quelle joie, quel bonheur! Nouveau maire de Kronikékologie-sur-Biosphère, c’est sans réticence que j’ai célébré le premier mariage entre le Medef et la CFDT.

Leur contrat, publié le 28 mai, et titré «Réinventer la croissance», est un trésor d’anticipation imaginative. Bon, nulle part on ne sait de quelle croissance il s’agit. De la culture des escargots, du nombre de Chinois gravissant la tour Eiffel, de la taille des scoubidous réalisés dans les écoles de surdoués? Mais à Kronikékologie, on est malin: on a deviné qu’il s’agissait de la croissance é-co-no-mi-que, la croissance du produit intérieur brut, quoi. Bon, comme tout le monde, les jeunes mariés confondent croissance du PIB et économie, mais ils sont émus, c’est normal qu’ils pataugent un peu.

Ah, ce n’était pas évident, si on réfléchit d’où ils viennent.

Le Medef était un gros plein de soupe, avec un chapeau et un cigare. Il ne pensait qu’à l’argent. Maintenant, il est devenu un fin quadragénaire, un pigeon sacrifié, un organisme quasi caritatif. Quant à la CFDT, imaginez une espèce de barbu avec des fleurs dans les cheveux et un bleu de travail, qui écrivait des livres comme Les Dégâts du progrès (Seuil, 1977) ou Le Dossier électronucléaire (Seuil, 1980), des libelles écolos, quoi! Quelle horreur! Ils n’arrêtaient pas de se chamailler, ces deux-là. Combien de fois j’ai dû envoyer le garde champêtre pour les calmer! Mais là, ils sont doux, ils s’embrassent à pleine bouche, ils s’aiment. Le secret de leur union? Ils se sont découverts dans un club, Le Siècle, où patrons, politiques et journalistes se font des papouilles – la patronne est, depuis 2011, Nicole Notat, ex-secrétaire générale de la CFDT. Enfin, je cause, je cause.

Ah, le contrat ! Ré-vo-lu-tion-nai-re!

Il faut «retrouver une croissance forte dans la durée», «imaginer un nouveau paradigme de croissance»: puissant et réaliste, non? Plutôt qu’une «Europe de la consommation et de l’environnement», il faut construire «une Europe prospère et offensive du travail». Il faut «encourager le dynamisme entre- preneurial, améliorer partout la compétitivité, promouvoir l’esprit d’entreprise dès l’école». Oh, c’est beau, j’en tremble. Quand je pense que ce grand fou de CFDT parlait d’autogestion et de partage du travail! Maintenant, il jure que «les partenaires sociaux doivent devenir des partenaires économiques». Et sur les moyens de la croissance miraculeuse, alors là! Plus modernes que jamais: des biotechnologies, des nanotechnologies, du gaz de schiste, du nucléaire! En avant! J’ai même appris que «les centrales nucléaires sans déchet ne relèvent plus du mythe»! Trop forte, la CFDT. D’ailleurs, les deux tourtereaux parlent d’environnement. Enfin, très peu, je dois dire. C’est une «opportunité de croissance». Bon, je vous quitte, il faut que j’aille voir si les travailleurs et les écologistes, qui boudent toujours chacun dans leur coin, ne voudraient pas se parler. C’est que j’ai pris goût aux mariages!

Publié par Alencontre le 3 – juin – 2013 Par Hervé KempfArticle paru dans le quotidien français Le Monde du 1er juin 2013

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31 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Gaz de schiste, un syndicat du crime écologique ? (Stop au gaz de schiste Rhône-Alpes Nord)

Gaz de schiste, un syndicat du crime écologique ? (Stop au gaz de schiste Rhône-Alpes Nord) dans Ecologie & climat collectif-32

Cet article n’est pas de nous, c’est un emprunt avec lien à la fin, qui nous vaut la réaction de « 20 mn » à la suite…

« Les syndicats tous unis pour défendre les gaz de schiste » titre le quotidien gratuit 20 minutes dans son édition du 29 mai. De quoi s’inquiéter !

Mais 20 minutes n’est pas à une approximation près : «les» syndicats en question sont les mêmes –tiens, tiens- que ceux qui ont signé le fameux accord ANI qui détricote le code du travail pour permettre à ceux qui ont (encore) un emploi de travailler plus pour gagner moins avant de perdre leur travail pour de bon. On y retrouve, à côté des syndicats patronaux (MEDEF, CGPME et UPA), la même brochette de syndicats collaborationnistes : CFDT, CFTC et CFE-CGC. Les «poids lourds» du syndicalisme n’y sont pas ! Ouf !

Mais comment ces syndicats-là, même minoritaires, justifient-ils l’injustifiable ?

D’abord par l’amélioration de la balance commerciale et de l’indépendance énergétique du pays. Les experts du MEDEF n’ont-ils donc pas expliqué aux syndicalistes que, selon le rapport des ingénieurs généraux des mines du CGEIET[1] (Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies), lesquels ne sont pas des opposants à l’extraction, l’exploitation des gaz et huiles de schiste permettrait au mieux d’assurer la moitié de notre consommation actuelle de gaz naturel pendant 25 ans ? Soit en fait moins de 10% des hydrocarbures que nous importons aujourd’hui : pas négligeable en montant, mais on pourrait faire bien mieux avec des économies d’énergie. Rien non plus à espérer avec de tels volumes en termes de prix de l’énergie en Europe, c’est la Commission européenne qui le dit[2]. Quant à l’indépendance énergétique, on en resterait bien loin !

L’autre argument, « décisif » pour ces syndicalistes, ce sont les emplois créés.

Il est vrai que le bureau d’études SIA a affirmé que l’exploitation des gaz de schiste pourrait créer 100 000 emplois en France. Cette évaluation, largement relayée par la presse dominante, est fondée sur des données américaines[3] (volontairement ?) mal interprétées, et s’avère malheureusement plus que fantaisiste[4][5]. Les ingénieurs du CGEIET estiment, dans le même rapport, ces extrapolations inappropriées et chiffrent à «quelques centaines» les emplois (précaires et peu qualifiés pour la plupart) à espérer. Et il faudrait aussi chiffrer les destructions d’emplois dans l’agriculture et le tourisme qu’induirait l’industrialisation massive des régions concernées…Et que dire du coût sanitaire et environnemental qui en résulterait, et viendrait plomber la sacro-sainte quête de compétitivité ? Y- aurait-il eu «un peu» d’intoxication de la part du patronat envers des syndicalistes naïfs ? Ou d’autres intérêts communs inavouables ? Nous ne doutons pas de la réaction indignée de la CGT, de FO et de SUD qui devraient rapidement dénoncer cette assimilation de quelques syndicats minoritaires à TOUS les syndicats français. Nous attendons aussi avec impatience, mais un peu moins de certitude pour certains d’entre eux, leur prise de position contre la recherche et l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels, nocifs pour l’environnement immédiat, le climat planétaire et l’économie, tant française que mondiale.

JC


[1] Les hydrocarbures de roche-mère en France – Rapport du Conseil Général de l’industrie, de l’énergie et des technologies  et du Conseil Général de l’environnement et du développement durable – février 2012
[2] Unconventional gas : potential energy market impact in the European Union -  European Commission Joint Research Centre – 2012
[3] Marcellus shale workforce needs assessment – Marcellus shale education and training centre – juin 2009
[4] Gaz de schiste: SIA et les 100 000 emplois bidons – Octobre 2012

[5] Trois questions à Thomas Porcher – Agir pour l’environnement 2 Mai 2013

« Réinventer la croissance , agir ensemble pour une dynamique économique« , MEDEF, CGPME, UPA, CFDT, CFTC, CFE-CGC mai 2013 : les pages où l’on évoque les gaz de schiste

http://stopgazdeschiste.org/2013/05/30/gaz-de-schiste-un-syndicat-du-crime-ecologique/

Bonjour,

Je viens de découvrir sur votre site que vous reprenez l’un de mes articles publié le 29 mai dernier et intitulé « Les syndicats tous unis pour les gaz de schiste », ce dont je me félicite, étant donné que j’ai lu peu d’articles sur cet angle précis, alors qu’il me semble que c’est un sujet important et que les Français ont le droit de savoir ce que défendent les syndicats sur ce sujet.

Par contre, vous écrivez dès le deuxième paragraphe que « 20 minutes n’est pas à une approximation près : «les» syndicats en question sont les mêmes –tiens, tiens- que ceux qui ont signé le fameux accord ANI qui détricote le code du travail pour permettre à ceux qui ont (encore) un emploi de travailler plus pour gagner moins avant de perdre leur travail pour de bon ». Je tiens à vous dire que vous n’êtes pas à une approximation près, puisque je le précise, évidemment, dans mon article et ce, dès le deuxième paragraphe, lorsque j’écris : « écrivent les syndicats signataires de ce rapport, à savoir le Medef, la CGPME, l’UPA mais aussi la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ». Je rajoute même, pour bien planter le décor à nos lecteurs qui n’auraient pas forcément suivi de très près l’actualité concernant l’ANI : « Rappelons qu’il s’agit des organisations qui avaient signé en janvier dernier l’accord sur l’emploi, désormais transformé en loi ».  Je vous remercie donc d’ôter cette phrase « 20 minutes n’est pas à une approximation près » car nous essayons d’être au contraire le plus objectif et précis possibles.

Cordialement, Céline Boff

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30 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Syndicalistes et libertaires

Syndicalistes et libertaires

En 1976, un groupe de jeunes ouvriers est exclu de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) et fonde l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL). Adeptes du syndicalisme d’action directe, ils se trouvent rapidement engagés dans la résistance au recentrage de la CFDT . Alors que, durant les années 1980, le reflux des luttes sociales est fatal à une partie de l’extrême gauche, l’UTCL survit en liant son destin à cette gauche CFDT qui, fidèle à l’esprit de Mai 68, engendrera les syndicats SUD. Des grandes grèves de 1974 à l’irruption des coordinations de grévistes en 1986, raconter l’histoire de l’UTCL, c’est avoir en toile de fond une tranche d’histoire du mouvement ouvrier. Enquêtant sur l’UTCL, puisant dans des archives jusque-là inexplorées de la confédération CFDT, cette étude cherche à cerner le rôle qu’a joué ce courant révolutionnaire original, à la fois syndicaliste et libertaire.

Théo Rival, Syndicalistes et libertaires. Une histoire de l’UTCL (1974-1991),
éd. Alternative libertaire, 2013, 316 pages, 12 euros

http://boutique.alternativelibertaire.org/produit.php?ref=livre_utcl&id_rubrique=3#

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29 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Côtes-d’Armor: finances publiques, le « cri d’alarme » syndical (LT)

Côtes-d'Armor: finances publiques, le « cri d'alarme » syndical (LT) dans Services publics dukercy-le-superpatriote-d-serteura1-300x298

Les Finances publiques vont mal, on le sait. Et cette réalité concerne également l’administration chargée justement de collecter cet argent que l’État ne sait plus où aller chercher. En pleine campagne de déclarations de revenus 2012, Solidaires, le syndicat majoritaire de la direction générale des Finances pu- bliques, se mobilise pour alerter sur la situation de cette administration qui continue à se dégrader, tant au niveau national que départemental.

103 suppressions d’emplois depuis 2010
Secrétaire départemental de Solidaires, David Cocault rappelle ainsi que les Côtes-d’Armor ont perdu 103 emplois depuis 2010 et que 26 nouvelles suppressions devraient intervenir au mois de septembre. Les 35 sites départementaux de l’administration fiscale fonctionnent à ce jour avec moins de 1.000 agents, qui ont collecté plus de 300 millions d’impôts en 2012 (+18,67 %). Cette pression sur l’emploi a non seulement comme conséquence d’ac- croître la charge de travail des agents en poste mais aussi de mettre en péril certaines implantations, dénonce le responsable syndical. Selon lui, trois trésoreries seraient ainsi menacées de fermeture cette année. Il cite notamment les cas de La Chèze et de Collinée-Merdrignac.

Entre 60 et 80 milliards de fraude fiscale
Solidaires déplore également la baisse du budget de fonctionnement de cette administration. Après une baisse de 8 % en 2011, ce budget, qui s’établit à 4 millions d’euros pour le département, devrait subir une nouvelle érosion de 9 % cette année. Ce qui se traduit par une dégradation des bâtiments qui ne peuvent plus faire l’objet de rénovations et par le non-remplacement du parc informatique, illustre David Cocault. Solidaires, qui a interpellé les parlementaires au sujet de ces différentes préoccupations, a également transmis son rapport annuel qui évalue entre 60 et 80 milliards d’euros par an le montant actuel de la fraude fiscale. Or, pour lutter contre cette fraude, il faut, certes, des textes mais aussi des agents des impôts, défend le syndicat. 29 mai 2013

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarmor/finances-publiques-le-cri-d-alarme-syndical-29-05-2013-2117576.php

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale dans Santé solidaires-209x300

La protection sociale, variable d’ajustement des politiques d’austérité :

Comme dans tous les autres pays d’Europe, la crise de la dette, la mise en place de politiques d’austérité sont le prétexte à l’attaque de la protection sociale sous toutes ses formes (santé, action sociale, retraites, politique familiale, systèmes de sécurité sociale, assurance chômage…).

Le gouvernement n’a pas rompu avec la politique de Sarkozy.

Les plans d’économie de la sécurité sociale concernent tous les domaines : une grande partie de la population n’a plus accès aux soins et y renonce. Les dépassements d’honoraires et les déremboursements des soins coûtent de plus en plus cher.  La désertification sanitaire s’amplifie par la fermeture d’hôpitaux et de services de proximité.  Les politiques d’austérités aggravent la précarité et créent une misère croissante. Dans le même temps les réponses sociales, pour garantir les droits de la population, ne sont plus à la hauteur des enjeux (diminution drastique des budgets sociaux). Les premières victimes de la crise : les chômeurs-ses, les jeunes précaires et les retraité-e-s, les malades et les handicapé-e-s, se voient privés de leurs principaux droits à la santé, au logement, à un revenu décent dans tous les cas où ils sont privés des revenus du travail.

La santé, l’action sociale, la Sécurité Sociale, les retraites : c’est l’affaire de tous.

Le droit à la santé et à la protection sociale ne sauraient être l’apanage des seuls professionnel-le-s. C’est l’ensemble de la population qui a le devoir de se mobiliser pour préserver les outils de solidarité. Il y a urgence à agir contre la voracité des assurances privées, des multinationales de la santé (pharmacie, groupe de cliniques privées) et du secteur bancaire !

La santé n’est pas une marchandise, le social n’est pas à vendre !

L’Union syndicale SOLIDAIRES s’inscrit totalement dans la campagne unitaire du collectif Notre Santé en Danger qui regroupe des Associations d’usagers, des comités de défense des hôpitaux de proximité, des syndicats professionnels (Fédération SUD Santé Sociaux, Fédération CGT Santé Action Sociale…), des partis politiques…

Grèce, Espagne, Portugal laboratoires de la marchandisation de la santé et de la protection sociale.

Le FMI, la Banque Centrale Européenne, et tous les gouvernements ont soumis tous les peuples d’Europe à un plan concerté, décliné différemment dans chaque pays qui vise à détruire une protection sociale solidaire et égalitaire, une santé et une action sociale accessible à tous partout et tout le temps.
Depuis des mois, une mobilisation très importante existe dans ces trois pays. Etre solidaires, c’est d’abord construire la mobilisation dans notre pays pour éviter demain la destruction, partout, des principales conquêtes sociales.

Retraites : contre leurs mauvais coups, organisons-nous !

A la grande satisfaction du patronat, le gouvernement annonce une nouvelle contre – réforme des retraites. Allongement de la durée de cotisations, diminution des pensions, décote, … comme en 1993, en 2003, en 2007, en 2010, on va nous dire qu’il faut « sauver les retraites » alors que leur objectif est de diminuer les droits des travailleurs et des travailleuses.  La fin des exonérations de cotisations sociales, le règlement de la dette patronale, l’arrêt de la fraude sociale du patronat, ainsi qu’une autre répartition de la richesse créée, plus favorable aux salarié-e-s, pourrait garantir nos retraites pour très, très longtemps !  Le gouvernement préfère prendre dans la poche des salarié-e-s et des retraité-e-s que de s’affronter réellement au « monde la finance » qui s’alimente en parasite de la richesse créée par le travail ! La mobilisation c’est maintenant !

http://www.solidaires.org/article44664.html

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al’E)

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al'E) dans Altermondialisme bangladesh

«Prie pour les morts et bats-toi férocement pour les vivants!»
Mother Jones (1837-1930)

Alors que le nombre de morts parmi les travailleuses du textile dans l’effondrement d’un bâtiment au Bangladesh a atteint plus de 1100 personnes, il est temps de commencer à protéger les vivants de prochains «accidents» ainsi que de la pauvreté écrasante de salaires de famine. Déjà, alors que j’écrivais cet article, au moins deux travailleurs ont été tués au Cambodge à la suite de l’effondrement du toit d’une usine de baskets. Lorsque des entreprises transnationales sont prises dans un désastre aussi terrible pour leurs «relations publiques» que la mort des travailleuses au Bangladesh, la réponse classique consiste à annoncer qu’elles vont signer un code de conduite afin d’assurer que cela ne surviendra jamais plus. Ces codes de conduite possèdent généralement deux choses en commun: ils sont inefficaces et n’apportent pas grand-chose si ce n’est rien dans la capacité des travailleuses à se défendre elles-mêmes. Dans les semaines qui ont suivi le désastre du Bangladesh, un groupe d’entreprises transnationales – comprenant Calvin Klein, Tommy Hilfiger et Izod – ont bien entendu annoncé soutenir un nouveau code de conduite dont elles affirment qu’il encouragera des normes de construction sûres en mettant en place des inspections d’usine indépendantes. Elles ne prétendent même pas «allouer» des salaires décents, des conditions de travail sûres ni même le droit d’organiser des syndicats.

Ainsi que deux journalistes du New York Times, Steven Greenhouse et Jim Yardley, l’écrivent la réalité est que «non seulement les salaires sont les plus bas au monde, mais aussi que les syndicats, qui font face à des obstacles à leur organisation, sont largement absents des usines textiles. Certaines travailleuses qui ont tenté d’organiser des syndicats ont été licenciées ou harcelées.»  Mais même ce nouveau code inefficace a pourtant été considéré comme allant trop loin par des entreprises comme Gap et Traget, ainsi que pour Wal-Mart et J.C. Penny, qui vendent des jeans fabriqués dans l’édifice qui s’est effondré. Gap a déclaré qu’elle craignait que des entreprises américaines soient poursuivies en justice si des travailleuses mouraient dans un incendie d’usine ou dans son effondrement.

Il existe des dizaines de ces codes de conduite. Dans son ouvrage Monitoring Sweatshops [littéralement «surveiller les ateliers de sueur»; Ed. Temple University, 2004], Jill Eshenshade cite Enriqueta Soto, une travailleuse du vêtement qui a travaillé dans une entreprise de Los Angeles «soumise» à ces codes: «J’ai travaillé pendant 17 ans dans l’industrie textile. Mon expérience dans cette industrie était vraiment difficile. Dans la plupart des ateliers aucun salaire minimum n’est garanti. Le travail supplémentaire n’est pas payé. Les vacances ne sont pas payées. Il n’y a pas de congés payés. Nous n’avons pas d’assurance-maladie. Selon mon expérience, là où existe un système de contrôle les conditions sont identiques. Nous ne pouvions pas nous plaindre auprès des personnes qui faisaient ces contrôles. Lorsque l’une de mes collègues a décidé de parler aux fabricants, lorsqu’elle a décidé d’élever la voix, ils ont simplement décidé de nous punir, ils nous ont donc retiré le travail. Ainsi 400 d’entre nous avons perdu notre emploi. Ils ont fermé l’usine.»   

La Fair Labor Association (FLA – Association pour le travail juste) soutient le code de contrats d’entreprise le plus connu. Ce code se présente avec un pedigree d’entreprise impeccable puisqu’il a été créé par des entreprises transnationales du vêtement en accord avec le président d’alors, Bill Clinton. La FLA est financée par les mêmes entreprises qu’elle est censée contrôler parmi lesquelles Nike, Reebok et Adidas. Aussitôt que les entreprises signent le code FLA, elles peuvent coudre un label sur leurs vêtements certifiant qu’ils ont été produits dans de justes conditions. Il ne s’agit pas seulement de bonne publicité, mais il y a très peu de risques qu’elles soient attrapées violant le code. Seules 10% des usines d’une entreprise sont inspectées chaque année et les entreprises peuvent sélectionner leurs propres contrôleurs. Dès lors qu’une entreprise sait à l’avance quelles sont les usines qui seront contrôlées, il faudrait être incroyablement idiot ou paresseux pour être attrapé. Bien que le code de conduite comprenne la «reconnaissance des droits des travailleurs à la liberté d’association et à la négociation collective», le FLA protège avec constance les entreprises contre les travailleurs:

• L’entreprise Primo, au Salvador, qui a signé sa participation à la FLA, Eddie Bauer, a licencié et placé sur liste noire les membres syndiqués de son usine de telle sorte qu’aucune autre entreprise ne les emploie.

• Les travailleurs de l’usine mexicaine Kukdong, qui fabrique des chaussures pour Nike, furent battus par la police antiémeute alors qu’ils revendiquaient leurs droits. Nike a fait mention de Kukdong comme d’une usine modèle.

• Des centaines de travailleurs de l’usine PT Victoria, en Indonésie, ont perdu leur emploi après avoir travaillé plusieurs tours de 24 heures afin de terminer des commandes passées par Eddie Bauer. La FLA a accrédité les standards de travail d’Eddie Bauer malgré le fait qu’elle devait plus d’un million de dollars aux travailleurs.

• Gildan Acrivewwear, un autre adhérant de la FLA, a licencié illégalement plusieurs dizaines de travailleurs qui tentèrent d’organiser un syndicat. Cela n’a pas empêché la FLA de garder Gildan comme membre de plein droit.

 La United Students Against Sweatshops (USAS – Etudiants unis contre les «ateliers de sueur») a développé le Workers Rights Consortium (WRC – consortium des droits des travailleurs) comme alternative à ces codes de conduite pro-entreprise. L’USAS a apporté le dynamisme des mouvements étudiants dans les campagnes pour la responsabilité sociale [des entreprises] par des sit-in, des débats publics et des manifestations ainsi qu’en faisant parler dans les universités de véritables travailleurs de sweatshop. Le WRC exige des entreprises qui fabriquent des vêtements pour les collèges et les universités de respecter un code qui comprend des salaires décents, la protection des droits des femmes, une information publique, des contrôles indépendants ainsi que – ce qui est peut-être le plus important de tout – le droit d’organiser des syndicats. Les universités parties achètent des vêtements provenant uniquement des fabricants qui adhèrent à ce code. Les entreprises qui violent le code peuvent perdre leur accord de licence ainsi que, avec elle, l’accès au business lucratif que constitue la vente de vêtements portant le nom et le logo d’universités.

A la différence de la FLA, le WRC contrôle 30% de toutes les usines couvertes par le code et toutes les usines dans un pays dans lequel les droits élémentaires des travailleurs sont inexistants. Les syndicats locaux, des associations des droits humains ainsi que des groupes religieux, et non les entreprises, décident quelles sont les usines à inspecter. Lorsqu’ils discutent avec des travailleurs cela se passe dans des localités éloignées des usines, dans un endroit choisi par les travailleurs eux-mêmes. C’est là une garantie à ce que les employeurs n’interfèrent pas dans les contrôles. L’importance de l’USAS et du WRC va au-delà du nombre de travailleurs couverts par leur code, fabriquant des vêtements pour le relativement petit marché des collèges et universités. Ces groupes font la démonstration que les entreprises peuvent être contraintes à payer des salaires décents et à fournir des conditions de travail sûres plutôt qu’œuvrer dans des ateliers de sueur. Par-dessus tout, en insistant sur le droit d’organiser des syndicats, ils permettent aux travailleurs et travailleuses d’être eux-mêmes en capacité de gagner les changements dont ils ont besoin.

Les travailleurs et travailleuses n’ont pas besoin de contrôleurs indépendants pour identifier les problèmes dans leurs ateliers. Les travailleurs et travailleuses du vêtement qui sont morts dans le bâtiment qui s’est effondré au Bangladesh savaient que la structure était dangereuse: ils-elles ne sont entrés qu’une fois que les employeurs les menacèrent de baisser leurs salaires ou de les licencier. Les travailleurs n’ont pas besoin de statisticiens pour évaluer le montant d’un salaire décent: ils connaissent la réalité quotidienne qui est celle de tenter de nourrir leurs familles. Tout ce dont les travailleurs et travailleuses ont besoin c’est de la capacité de réaliser des changements qui leur soient favorables, des changements qu’ils maîtrisent, au cours de conflits. Cela débute par la reconnaissance des syndicats et la négociation collective, qui est le résultat d’une bataille, un moment de «paix» dans une lutte de longue durée. Les étudiant·e·s du monde et les syndicats ensemble peuvent aider fortement les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie en combattant pour les droits des travailleurs autour de la planète. C’est ce qui fait de la United Students Against Sweatshops et du Workers Rights Consortium un espoir pour l’avenir.

Publié par Alencontre le 27 – mai – 2013 Par Sandy Boyer (Traduction A l’encontre;  article publié le 21 mai 2013 dans SocialistWorker.org)

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

En direct des ondes patronales (Acrimed)

En direct des ondes patronales (Acrimed) dans Médias, culture pla1

Les « matinales » et les « rendez-vous » politiques des grandes radios, bien qu’ils n’aient pas l’impact des JT en termes d’audience, font référence dans le paysage de l’information.

Aussi, la qualité du traitement des grands dossiers socioéconomiques y apparaît-elle particulièrement cruciale. La comparaison, au sein de quelques-unes de ces émissions radiophoniques, du nombre d’invitations réservées aux représentants du patronat et des milieux d’affaires d’un côté, et des syndicats de salariés de l’autre, semblait pouvoir constituer un bon indice du pluralisme qui y a cours. Résultat ? Une victoire par KO des représentants du patronat [1].

Une présence démesurément patronale

Le décompte détaillé des invitations (voir ci-dessous) montre que les « grands rendez-vous » de l’information des principales radios ne s’encombrent pas avec la recherche d’un quelconque équilibre : 151 invitations pour les représentants du patronat et des milieux d’affaires (71,9 %), et 59 seulement (28,1 %) pour ceux des syndicats de salariés. La distorsion devient même vertigineuse lorsque l’on sait que la France compte 2,7 millions d’entreprises, et donc autant d’entrepreneurs, pour… dix fois plus d’actifs (28,4 millions) ! Pis encore : en dehors de Laurence Parisot, ce sont des représentants de la centaine d’entreprises qui dépassent le seuil de 5 000 salariés qui monopolisent la parole, les représentants des petites et moyennes entreprises n’ayant pas droit de cité au micro des «  grands intervieweurs ». Ce qui ne veut pas dire que leur situation n’est pas régulièrement convoquée à l’antenne par les éditocrates pour justifier des politiques toujours plus favorables à toutes les entreprises. RMC s’illustrant particulièrement dans cette exercice (Voir p. , « À quoi sert RMC ? »).

Et comme si cette écrasante domination des employeurs dans les émissions d’information générale ne suffisait pas, la plupart des grandes radios dédient des programmes spécifiques au monde de l’entreprise.

- Sur « Europe 1 soir », entre 22h30 et 23h, presque chaque jour de la semaine, Jean-Michel Dhuez accueille chaleureusement des représentants patronaux à son micro dans son « interview éco » ;

- Sur France Info, Olivier de Lagarde se contente d’une cajolerie hebdomadaire, le samedi matin, sachant que Jean Zeid offre déjà l’hospitalité du lundi au vendredi aux « entrepreneurs du nouveau monde » tournés vers « l’univers high-tech » ;

- Sur France Inter, le samedi matin entre 9h10 et 10h, Alexandra Bensaïd reçoit presque qu’exclusivement des représentants patronaux dans « On n’arrête pas l’éco », tandis qu’à 7h43 le même jour Brigitte Jeanperrin profite de son « interview éco » pour converser courtoisement avec de nombreux représentants des milieux d’affaires.

Encore convient-il de ne pas oublier, , pour que le tableau soit complet, les chroniqueurs économiques emmenés par les Eric Le Boucher et Axel De Tarlé sur Europe 1, Emmanuel Cugny sur France Info, Dominique Seux et Nicolas Beytout sur France Inter, Nicolas Doze sur RMC, Jean-Louis Gombeaud et Christian Ménanteau sur RTL Et c’est peu de dire que leurs chroniques, comme d’ailleurs les lignes éditoriales des émissions consacrées à l’économie, font peu de place aux préoccupations, aux intérêts ou aux points de vue des salariés… Quant aux « experts » et économistes qui irriguent de leur omniscience l’ensemble de ces programmes, il va sans dire que leur « neutralité » nourrie d’orthodoxie libérale ne saurait trop heurter les consciences patronales.

Une déférence assurément bienveillante

Et « les grandes voix » des radios savent faire preuve d’une cordialité toute mondaine lorsqu’ils font face aux représentants des milieux d’affaires. Ainsi de Jean-Jacques Bourdin qui ne cache pas son plaisir immense, mâtiné de fascination et de connivence, de recevoir le 15 février le PDG de Total, Christophe de Margerie : « Merci d’être avec nous, ça me fait plaisir de vous recevoir, c’est la première fois que vous venez sur RMC et BFMTV le matin, c’est vrai qu’on vous surnomme l’oriental ou big moustache ? c’est vrai ça ?[...]Big moustache, c’est plutôt sympa d’ailleurs , dites moi mieux vaut être PDG de Nissan que PDG de Total… Parce qu’on gagne quatre fois moins quand on est PDG de Total Christophe de Margerie ! » Et quand il est fait référence au gigantisme du pétrolier et à ses profits mirifiques, Jean-Jacques Bourdin s’esclaffe d’admiration : « C’est énorme … Etre à la tête d’une entreprise qui fait 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires… » Devant une telle déclaration d’amour, Laurent Bazin ne pouvait pas rester inerte. Le 21 février sur RTL, à la fin d’un entretien déjà très courtois entre Jean-Michel Aphatie et Laurence Parisot, il ne peut qu’adresser un dernier compliment à la présidente du Medef : « Vous reviendrez, on vous accueillera evidement avec plaisir sur RTL comme toujours . »

Confronté à une telle concurrence, le 10 janvier sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach, dont l’obséquiosité à l’endroit des puissants est proverbiale, avait su lui aussi recevoir la présidente du Medef avec tous les honneurs (patronaux) dûs à son rang : « Vous vous rendez compte Bruce[Toussaint], la dernière séance de négociation avec les syndicats commence dans 40 minutes, Laurence Parisot merci d’être là avec nous c’est assez exceptionnel […] Les 45 patrons du conseil exécutif du Medef réunis hier soir vous ont auditionné, d’après ce qu’on m’a raconté, on vous a applaudi . C’est vrai ?. » La suite est à l’avenant. Les quelques questions sont autant de perches tendues à Laurence Parisot pour l’aider à montrer tout ce que l’organisation patronale accepte de concéder aux syndicats et sa générosité envers les salariés – manière d’insiter sur l’unanimité du Medef derrière ses négociateurs et donc de souligner en creux les divisions syndicales.

Quand son invitée du jour, s’empêtre dans des considérations techniques sur la question de la taxation des CDD (en s’efforçant pour montrer que la puissance publique n’est pas plus vertueuse que les patrons et que la demande des syndicats de les taxer est en conséquence plutôt mal venue), Jean-Pierre Elkabbach vole à son secours : « L’État et les collectivités locales utilisent moins, ou est-ce qu’ils utilisent plus de CDD que vous les patrons ? » Laurence Parisot, qui n’en demandait pas tant, n’a plus qu’à remercier son porte-parole : « Vous avez raison de mettre ça en avant, l’essentiel de cette croissance, 60% est de la responsabilité des administrations publiques. » Dans le même registre, le 14 février sur France Info, Raphaëlle Duchemin invitait Philippe Varin, président du directoire de PSA, à « accélérer cette fermeture [de l’usine d’Aulnay] compte tenu des tensions qui s’y déroulent. » Nous ne savions pas que le rôle d’un journaliste était d’organiser des plans de licenciements massifs…

Et quand un « passeur de plats » semble pousser son hôte dans ses retranchements, comme lorsque Jean-Jacques Bourdin sembla acculer Christophe de Margerie sur le gaz de schiste le 15 février, l’animateur se retrancha rapidement derrière un « chauvinisme de terroir » tout personnel : « Vous savez pourquoi vous ne m ’avez pas convaincu ? Parce que je défends mon territoire, je défends mes Cévennes que j’aime tant. » Faut-il comprendre que Total peut continuer ses recherches partout ailleurs dès l’instant où il ne perturbe pas le confort de l’animateur ? Jean-Jacques Bourdin, le « nombril du monde » ? Pas exactement. Sous couvert d’impertinence, il ne s’agissait, finalement que d’entretenir, en toute cordialité, la simulation d’un affrontement, comme l’indique le mot de la fin deJean Jacques Bourdin : « Merci Christophe de Margerie d’avoir joué le jeu.  »

Cette déférence ostentatoire de journalistes (ou du moins de ceux qui appartiennent à l’élite de la profession) à l’égard des éminences patronales n’a rien de surprenant. Le 10 septembre 2007 déjà, sur son blog, Jean-Michel Aphatie exprimait sa grande fascination pour ces grands capitaines d’industrie, et ne manquait pas de cajoler à nouveau le PDG d’une firme automobile, le 15 février 2013, à l’occasion d’un entretien emprunt d’une déférence évidente : « Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan était l’invité du Grand Jury, dimanche. L’occasion de faire avec lui un tour d’horizon des problèmes particuliers de l’activité automobile, abordés avec beaucoup d’assurance et un grand sens de la pédagogie par le constructeur automobile. »

Et Jean- Jacques Bourdin, le 15 février n’oublia pas de faire la révérence de vant son invité : « Mais non, vous n’êtes pas un ennemi Christophe de Margerie. » On respire… Et l’on se souvient alors que l’animateur de la matinale de RMC se plaît à fraterniser avec ses illustres interlocuteurs : la fréquentation assidue de son propriétaire, Alain Weill, dont il est par ailleurs le conseiller, lui a permis de devenir son… ami, comme il l’avait révélé à l’occasion d’une conversation très confraternelle avec Guillaume Erner de France Inter et de Christophe Ono-dit-Biot du Point, le 22 décembre 2010 lors de l’émission de la radio publique « Souriez, vous êtes informés ».

Force est de constater que le contraste est saisissant avec la réception des syndicalistes… pour lesquels les « matraques » (verbales…) sont souvent de sortie ! Que ce soit pour Christian Mahieux (le 16 janvier 2009), Xavier Mathieu (le 21 avril 2009), Mickaël Wamen (les 3 et 12 février), Jean-Pierre Mercier (les 20 juillet 2012 et 3 février 2013) et Edouard Martin (le 3 février 2013 liens) invités t respectivement par Jean-Michel Aphatie, David Pujadas, Pascal Clarke, ’Eric Brunet ou Jean-Pierre Elkabbach. C’est ce que permettent de vérifier, à titre d’exemple les interrogatoires conduits par Pascale Clark et Jean-Pierre Elkabbach.

Benjamin Accardo, Blaise Magnin, Denis Perais

Annexe : Décompte précis par station

- Europe 1 : entretiens matinaux de Bruce Toussaint, Jean-Pierre Elkabbach et leurs remplaçants + « Le Grand-Rendez-Vous » :
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (8) + FO (2) + Union syndicale Solidaires (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 68. Laurence Parisot : 8 ; autres : 60 dont dont Jacques Attali (5) et Alain Minc (3)

- RTL  : entretiens matinaux de Jean-Michel Aphatie et ses remplaçants + « Le Grand-Jury » :
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (10) + FO (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 39. Laurence Parisot : 10 ; autres : 29 dont Jacques Attali (1) et Alain Minc (1)

- RMC : entretiens matinaux de Jean-Jacques Bourdin et ses remplaçants :
- Syndicats : 5. CFDT (2) + FO (2) + CGT (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 13. Laurence Parisot : 4 ; autres : 9

- France Inter : entretiens matinaux de Daniel Cohen et ses remplaçants + « Radio France Politique » devenu « Tous politiques » :
- Syndicats : 11. CFDT (5) + CGT (4) + FO (2)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 18. Laurence Parisot : 1 ; autre : 17 dont Jacques Attali (2)

- France Info : entretiens matinaux de Raphaëlle Duchemin et ses remplaçants :
- Syndicats : 9. CFDT (5) + CGT (2) + FO (2)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 13. Laurence Parisot : 3 ; autres : 10 dont Jacques Attali (1)

- Total  :
- Syndicats : 59. CFDT (24) + CGT (25) + FO (9) + Union syndicale Solidaires (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 151. Laurence Parisot : 26 ; autres 125 dont Jacques Attali (8) et Alain Minc (5) [2]

Notes

[1] Nous avons comptabilisé leurs passages respectifs aux micros matinaux d’Europe 1 (Jean-Pierre Elkabbach et Bruce Toussaint), France Info (Raphaëlle Duchemin), de France Inter (Daniel Cohen), RMC (Jean-Jacques Bourdin) et RTL (Jean-Michel Aphatie) du 18 juin 2012 au 11 mars 2013, Les « Grand-Jury RTL » (du 3 septembre 2006 au 10 mars 2013), « Grand-Rendez-Vous » d’Europe 1 (du 2 janvier 2011 au 10 mars 2013), et « Radio France Politique » devenu « Tous politiques » sur France Inter (du 4 septembre 2011 au 10 mars 2013).

[2] Jaccques Attali et Alain Minc ont été comptabilisés comme représentants du patronat puisqu’ils sont eux-mêmes dirigeants d’entreprise : le premier est président de plaNet Finance, le second d’AM Conseil.

par Benjamin Accardo, Blaise Magnin, Denis Perais, le 27 mai 2013 http://www.acrimed.org/article4051.html

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