Archive | Syndicalisme

30 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Syndicalistes et libertaires

Syndicalistes et libertaires

En 1976, un groupe de jeunes ouvriers est exclu de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) et fonde l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL). Adeptes du syndicalisme d’action directe, ils se trouvent rapidement engagés dans la résistance au recentrage de la CFDT . Alors que, durant les années 1980, le reflux des luttes sociales est fatal à une partie de l’extrême gauche, l’UTCL survit en liant son destin à cette gauche CFDT qui, fidèle à l’esprit de Mai 68, engendrera les syndicats SUD. Des grandes grèves de 1974 à l’irruption des coordinations de grévistes en 1986, raconter l’histoire de l’UTCL, c’est avoir en toile de fond une tranche d’histoire du mouvement ouvrier. Enquêtant sur l’UTCL, puisant dans des archives jusque-là inexplorées de la confédération CFDT, cette étude cherche à cerner le rôle qu’a joué ce courant révolutionnaire original, à la fois syndicaliste et libertaire.

Théo Rival, Syndicalistes et libertaires. Une histoire de l’UTCL (1974-1991),
éd. Alternative libertaire, 2013, 316 pages, 12 euros

http://boutique.alternativelibertaire.org/produit.php?ref=livre_utcl&id_rubrique=3#

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29 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Côtes-d’Armor: finances publiques, le « cri d’alarme » syndical (LT)

Côtes-d'Armor: finances publiques, le « cri d'alarme » syndical (LT) dans Services publics dukercy-le-superpatriote-d-serteura1-300x298

Les Finances publiques vont mal, on le sait. Et cette réalité concerne également l’administration chargée justement de collecter cet argent que l’État ne sait plus où aller chercher. En pleine campagne de déclarations de revenus 2012, Solidaires, le syndicat majoritaire de la direction générale des Finances pu- bliques, se mobilise pour alerter sur la situation de cette administration qui continue à se dégrader, tant au niveau national que départemental.

103 suppressions d’emplois depuis 2010
Secrétaire départemental de Solidaires, David Cocault rappelle ainsi que les Côtes-d’Armor ont perdu 103 emplois depuis 2010 et que 26 nouvelles suppressions devraient intervenir au mois de septembre. Les 35 sites départementaux de l’administration fiscale fonctionnent à ce jour avec moins de 1.000 agents, qui ont collecté plus de 300 millions d’impôts en 2012 (+18,67 %). Cette pression sur l’emploi a non seulement comme conséquence d’ac- croître la charge de travail des agents en poste mais aussi de mettre en péril certaines implantations, dénonce le responsable syndical. Selon lui, trois trésoreries seraient ainsi menacées de fermeture cette année. Il cite notamment les cas de La Chèze et de Collinée-Merdrignac.

Entre 60 et 80 milliards de fraude fiscale
Solidaires déplore également la baisse du budget de fonctionnement de cette administration. Après une baisse de 8 % en 2011, ce budget, qui s’établit à 4 millions d’euros pour le département, devrait subir une nouvelle érosion de 9 % cette année. Ce qui se traduit par une dégradation des bâtiments qui ne peuvent plus faire l’objet de rénovations et par le non-remplacement du parc informatique, illustre David Cocault. Solidaires, qui a interpellé les parlementaires au sujet de ces différentes préoccupations, a également transmis son rapport annuel qui évalue entre 60 et 80 milliards d’euros par an le montant actuel de la fraude fiscale. Or, pour lutter contre cette fraude, il faut, certes, des textes mais aussi des agents des impôts, défend le syndicat. 29 mai 2013

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarmor/finances-publiques-le-cri-d-alarme-syndical-29-05-2013-2117576.php

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale dans Santé solidaires-209x300

La protection sociale, variable d’ajustement des politiques d’austérité :

Comme dans tous les autres pays d’Europe, la crise de la dette, la mise en place de politiques d’austérité sont le prétexte à l’attaque de la protection sociale sous toutes ses formes (santé, action sociale, retraites, politique familiale, systèmes de sécurité sociale, assurance chômage…).

Le gouvernement n’a pas rompu avec la politique de Sarkozy.

Les plans d’économie de la sécurité sociale concernent tous les domaines : une grande partie de la population n’a plus accès aux soins et y renonce. Les dépassements d’honoraires et les déremboursements des soins coûtent de plus en plus cher.  La désertification sanitaire s’amplifie par la fermeture d’hôpitaux et de services de proximité.  Les politiques d’austérités aggravent la précarité et créent une misère croissante. Dans le même temps les réponses sociales, pour garantir les droits de la population, ne sont plus à la hauteur des enjeux (diminution drastique des budgets sociaux). Les premières victimes de la crise : les chômeurs-ses, les jeunes précaires et les retraité-e-s, les malades et les handicapé-e-s, se voient privés de leurs principaux droits à la santé, au logement, à un revenu décent dans tous les cas où ils sont privés des revenus du travail.

La santé, l’action sociale, la Sécurité Sociale, les retraites : c’est l’affaire de tous.

Le droit à la santé et à la protection sociale ne sauraient être l’apanage des seuls professionnel-le-s. C’est l’ensemble de la population qui a le devoir de se mobiliser pour préserver les outils de solidarité. Il y a urgence à agir contre la voracité des assurances privées, des multinationales de la santé (pharmacie, groupe de cliniques privées) et du secteur bancaire !

La santé n’est pas une marchandise, le social n’est pas à vendre !

L’Union syndicale SOLIDAIRES s’inscrit totalement dans la campagne unitaire du collectif Notre Santé en Danger qui regroupe des Associations d’usagers, des comités de défense des hôpitaux de proximité, des syndicats professionnels (Fédération SUD Santé Sociaux, Fédération CGT Santé Action Sociale…), des partis politiques…

Grèce, Espagne, Portugal laboratoires de la marchandisation de la santé et de la protection sociale.

Le FMI, la Banque Centrale Européenne, et tous les gouvernements ont soumis tous les peuples d’Europe à un plan concerté, décliné différemment dans chaque pays qui vise à détruire une protection sociale solidaire et égalitaire, une santé et une action sociale accessible à tous partout et tout le temps.
Depuis des mois, une mobilisation très importante existe dans ces trois pays. Etre solidaires, c’est d’abord construire la mobilisation dans notre pays pour éviter demain la destruction, partout, des principales conquêtes sociales.

Retraites : contre leurs mauvais coups, organisons-nous !

A la grande satisfaction du patronat, le gouvernement annonce une nouvelle contre – réforme des retraites. Allongement de la durée de cotisations, diminution des pensions, décote, … comme en 1993, en 2003, en 2007, en 2010, on va nous dire qu’il faut « sauver les retraites » alors que leur objectif est de diminuer les droits des travailleurs et des travailleuses.  La fin des exonérations de cotisations sociales, le règlement de la dette patronale, l’arrêt de la fraude sociale du patronat, ainsi qu’une autre répartition de la richesse créée, plus favorable aux salarié-e-s, pourrait garantir nos retraites pour très, très longtemps !  Le gouvernement préfère prendre dans la poche des salarié-e-s et des retraité-e-s que de s’affronter réellement au « monde la finance » qui s’alimente en parasite de la richesse créée par le travail ! La mobilisation c’est maintenant !

http://www.solidaires.org/article44664.html

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al’E)

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al'E) dans Altermondialisme bangladesh

«Prie pour les morts et bats-toi férocement pour les vivants!»
Mother Jones (1837-1930)

Alors que le nombre de morts parmi les travailleuses du textile dans l’effondrement d’un bâtiment au Bangladesh a atteint plus de 1100 personnes, il est temps de commencer à protéger les vivants de prochains «accidents» ainsi que de la pauvreté écrasante de salaires de famine. Déjà, alors que j’écrivais cet article, au moins deux travailleurs ont été tués au Cambodge à la suite de l’effondrement du toit d’une usine de baskets. Lorsque des entreprises transnationales sont prises dans un désastre aussi terrible pour leurs «relations publiques» que la mort des travailleuses au Bangladesh, la réponse classique consiste à annoncer qu’elles vont signer un code de conduite afin d’assurer que cela ne surviendra jamais plus. Ces codes de conduite possèdent généralement deux choses en commun: ils sont inefficaces et n’apportent pas grand-chose si ce n’est rien dans la capacité des travailleuses à se défendre elles-mêmes. Dans les semaines qui ont suivi le désastre du Bangladesh, un groupe d’entreprises transnationales – comprenant Calvin Klein, Tommy Hilfiger et Izod – ont bien entendu annoncé soutenir un nouveau code de conduite dont elles affirment qu’il encouragera des normes de construction sûres en mettant en place des inspections d’usine indépendantes. Elles ne prétendent même pas «allouer» des salaires décents, des conditions de travail sûres ni même le droit d’organiser des syndicats.

Ainsi que deux journalistes du New York Times, Steven Greenhouse et Jim Yardley, l’écrivent la réalité est que «non seulement les salaires sont les plus bas au monde, mais aussi que les syndicats, qui font face à des obstacles à leur organisation, sont largement absents des usines textiles. Certaines travailleuses qui ont tenté d’organiser des syndicats ont été licenciées ou harcelées.»  Mais même ce nouveau code inefficace a pourtant été considéré comme allant trop loin par des entreprises comme Gap et Traget, ainsi que pour Wal-Mart et J.C. Penny, qui vendent des jeans fabriqués dans l’édifice qui s’est effondré. Gap a déclaré qu’elle craignait que des entreprises américaines soient poursuivies en justice si des travailleuses mouraient dans un incendie d’usine ou dans son effondrement.

Il existe des dizaines de ces codes de conduite. Dans son ouvrage Monitoring Sweatshops [littéralement «surveiller les ateliers de sueur»; Ed. Temple University, 2004], Jill Eshenshade cite Enriqueta Soto, une travailleuse du vêtement qui a travaillé dans une entreprise de Los Angeles «soumise» à ces codes: «J’ai travaillé pendant 17 ans dans l’industrie textile. Mon expérience dans cette industrie était vraiment difficile. Dans la plupart des ateliers aucun salaire minimum n’est garanti. Le travail supplémentaire n’est pas payé. Les vacances ne sont pas payées. Il n’y a pas de congés payés. Nous n’avons pas d’assurance-maladie. Selon mon expérience, là où existe un système de contrôle les conditions sont identiques. Nous ne pouvions pas nous plaindre auprès des personnes qui faisaient ces contrôles. Lorsque l’une de mes collègues a décidé de parler aux fabricants, lorsqu’elle a décidé d’élever la voix, ils ont simplement décidé de nous punir, ils nous ont donc retiré le travail. Ainsi 400 d’entre nous avons perdu notre emploi. Ils ont fermé l’usine.»   

La Fair Labor Association (FLA – Association pour le travail juste) soutient le code de contrats d’entreprise le plus connu. Ce code se présente avec un pedigree d’entreprise impeccable puisqu’il a été créé par des entreprises transnationales du vêtement en accord avec le président d’alors, Bill Clinton. La FLA est financée par les mêmes entreprises qu’elle est censée contrôler parmi lesquelles Nike, Reebok et Adidas. Aussitôt que les entreprises signent le code FLA, elles peuvent coudre un label sur leurs vêtements certifiant qu’ils ont été produits dans de justes conditions. Il ne s’agit pas seulement de bonne publicité, mais il y a très peu de risques qu’elles soient attrapées violant le code. Seules 10% des usines d’une entreprise sont inspectées chaque année et les entreprises peuvent sélectionner leurs propres contrôleurs. Dès lors qu’une entreprise sait à l’avance quelles sont les usines qui seront contrôlées, il faudrait être incroyablement idiot ou paresseux pour être attrapé. Bien que le code de conduite comprenne la «reconnaissance des droits des travailleurs à la liberté d’association et à la négociation collective», le FLA protège avec constance les entreprises contre les travailleurs:

• L’entreprise Primo, au Salvador, qui a signé sa participation à la FLA, Eddie Bauer, a licencié et placé sur liste noire les membres syndiqués de son usine de telle sorte qu’aucune autre entreprise ne les emploie.

• Les travailleurs de l’usine mexicaine Kukdong, qui fabrique des chaussures pour Nike, furent battus par la police antiémeute alors qu’ils revendiquaient leurs droits. Nike a fait mention de Kukdong comme d’une usine modèle.

• Des centaines de travailleurs de l’usine PT Victoria, en Indonésie, ont perdu leur emploi après avoir travaillé plusieurs tours de 24 heures afin de terminer des commandes passées par Eddie Bauer. La FLA a accrédité les standards de travail d’Eddie Bauer malgré le fait qu’elle devait plus d’un million de dollars aux travailleurs.

• Gildan Acrivewwear, un autre adhérant de la FLA, a licencié illégalement plusieurs dizaines de travailleurs qui tentèrent d’organiser un syndicat. Cela n’a pas empêché la FLA de garder Gildan comme membre de plein droit.

 La United Students Against Sweatshops (USAS – Etudiants unis contre les «ateliers de sueur») a développé le Workers Rights Consortium (WRC – consortium des droits des travailleurs) comme alternative à ces codes de conduite pro-entreprise. L’USAS a apporté le dynamisme des mouvements étudiants dans les campagnes pour la responsabilité sociale [des entreprises] par des sit-in, des débats publics et des manifestations ainsi qu’en faisant parler dans les universités de véritables travailleurs de sweatshop. Le WRC exige des entreprises qui fabriquent des vêtements pour les collèges et les universités de respecter un code qui comprend des salaires décents, la protection des droits des femmes, une information publique, des contrôles indépendants ainsi que – ce qui est peut-être le plus important de tout – le droit d’organiser des syndicats. Les universités parties achètent des vêtements provenant uniquement des fabricants qui adhèrent à ce code. Les entreprises qui violent le code peuvent perdre leur accord de licence ainsi que, avec elle, l’accès au business lucratif que constitue la vente de vêtements portant le nom et le logo d’universités.

A la différence de la FLA, le WRC contrôle 30% de toutes les usines couvertes par le code et toutes les usines dans un pays dans lequel les droits élémentaires des travailleurs sont inexistants. Les syndicats locaux, des associations des droits humains ainsi que des groupes religieux, et non les entreprises, décident quelles sont les usines à inspecter. Lorsqu’ils discutent avec des travailleurs cela se passe dans des localités éloignées des usines, dans un endroit choisi par les travailleurs eux-mêmes. C’est là une garantie à ce que les employeurs n’interfèrent pas dans les contrôles. L’importance de l’USAS et du WRC va au-delà du nombre de travailleurs couverts par leur code, fabriquant des vêtements pour le relativement petit marché des collèges et universités. Ces groupes font la démonstration que les entreprises peuvent être contraintes à payer des salaires décents et à fournir des conditions de travail sûres plutôt qu’œuvrer dans des ateliers de sueur. Par-dessus tout, en insistant sur le droit d’organiser des syndicats, ils permettent aux travailleurs et travailleuses d’être eux-mêmes en capacité de gagner les changements dont ils ont besoin.

Les travailleurs et travailleuses n’ont pas besoin de contrôleurs indépendants pour identifier les problèmes dans leurs ateliers. Les travailleurs et travailleuses du vêtement qui sont morts dans le bâtiment qui s’est effondré au Bangladesh savaient que la structure était dangereuse: ils-elles ne sont entrés qu’une fois que les employeurs les menacèrent de baisser leurs salaires ou de les licencier. Les travailleurs n’ont pas besoin de statisticiens pour évaluer le montant d’un salaire décent: ils connaissent la réalité quotidienne qui est celle de tenter de nourrir leurs familles. Tout ce dont les travailleurs et travailleuses ont besoin c’est de la capacité de réaliser des changements qui leur soient favorables, des changements qu’ils maîtrisent, au cours de conflits. Cela débute par la reconnaissance des syndicats et la négociation collective, qui est le résultat d’une bataille, un moment de «paix» dans une lutte de longue durée. Les étudiant·e·s du monde et les syndicats ensemble peuvent aider fortement les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie en combattant pour les droits des travailleurs autour de la planète. C’est ce qui fait de la United Students Against Sweatshops et du Workers Rights Consortium un espoir pour l’avenir.

Publié par Alencontre le 27 – mai – 2013 Par Sandy Boyer (Traduction A l’encontre;  article publié le 21 mai 2013 dans SocialistWorker.org)

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

En direct des ondes patronales (Acrimed)

En direct des ondes patronales (Acrimed) dans Médias, culture pla1

Les « matinales » et les « rendez-vous » politiques des grandes radios, bien qu’ils n’aient pas l’impact des JT en termes d’audience, font référence dans le paysage de l’information.

Aussi, la qualité du traitement des grands dossiers socioéconomiques y apparaît-elle particulièrement cruciale. La comparaison, au sein de quelques-unes de ces émissions radiophoniques, du nombre d’invitations réservées aux représentants du patronat et des milieux d’affaires d’un côté, et des syndicats de salariés de l’autre, semblait pouvoir constituer un bon indice du pluralisme qui y a cours. Résultat ? Une victoire par KO des représentants du patronat [1].

Une présence démesurément patronale

Le décompte détaillé des invitations (voir ci-dessous) montre que les « grands rendez-vous » de l’information des principales radios ne s’encombrent pas avec la recherche d’un quelconque équilibre : 151 invitations pour les représentants du patronat et des milieux d’affaires (71,9 %), et 59 seulement (28,1 %) pour ceux des syndicats de salariés. La distorsion devient même vertigineuse lorsque l’on sait que la France compte 2,7 millions d’entreprises, et donc autant d’entrepreneurs, pour… dix fois plus d’actifs (28,4 millions) ! Pis encore : en dehors de Laurence Parisot, ce sont des représentants de la centaine d’entreprises qui dépassent le seuil de 5 000 salariés qui monopolisent la parole, les représentants des petites et moyennes entreprises n’ayant pas droit de cité au micro des «  grands intervieweurs ». Ce qui ne veut pas dire que leur situation n’est pas régulièrement convoquée à l’antenne par les éditocrates pour justifier des politiques toujours plus favorables à toutes les entreprises. RMC s’illustrant particulièrement dans cette exercice (Voir p. , « À quoi sert RMC ? »).

Et comme si cette écrasante domination des employeurs dans les émissions d’information générale ne suffisait pas, la plupart des grandes radios dédient des programmes spécifiques au monde de l’entreprise.

- Sur « Europe 1 soir », entre 22h30 et 23h, presque chaque jour de la semaine, Jean-Michel Dhuez accueille chaleureusement des représentants patronaux à son micro dans son « interview éco » ;

- Sur France Info, Olivier de Lagarde se contente d’une cajolerie hebdomadaire, le samedi matin, sachant que Jean Zeid offre déjà l’hospitalité du lundi au vendredi aux « entrepreneurs du nouveau monde » tournés vers « l’univers high-tech » ;

- Sur France Inter, le samedi matin entre 9h10 et 10h, Alexandra Bensaïd reçoit presque qu’exclusivement des représentants patronaux dans « On n’arrête pas l’éco », tandis qu’à 7h43 le même jour Brigitte Jeanperrin profite de son « interview éco » pour converser courtoisement avec de nombreux représentants des milieux d’affaires.

Encore convient-il de ne pas oublier, , pour que le tableau soit complet, les chroniqueurs économiques emmenés par les Eric Le Boucher et Axel De Tarlé sur Europe 1, Emmanuel Cugny sur France Info, Dominique Seux et Nicolas Beytout sur France Inter, Nicolas Doze sur RMC, Jean-Louis Gombeaud et Christian Ménanteau sur RTL Et c’est peu de dire que leurs chroniques, comme d’ailleurs les lignes éditoriales des émissions consacrées à l’économie, font peu de place aux préoccupations, aux intérêts ou aux points de vue des salariés… Quant aux « experts » et économistes qui irriguent de leur omniscience l’ensemble de ces programmes, il va sans dire que leur « neutralité » nourrie d’orthodoxie libérale ne saurait trop heurter les consciences patronales.

Une déférence assurément bienveillante

Et « les grandes voix » des radios savent faire preuve d’une cordialité toute mondaine lorsqu’ils font face aux représentants des milieux d’affaires. Ainsi de Jean-Jacques Bourdin qui ne cache pas son plaisir immense, mâtiné de fascination et de connivence, de recevoir le 15 février le PDG de Total, Christophe de Margerie : « Merci d’être avec nous, ça me fait plaisir de vous recevoir, c’est la première fois que vous venez sur RMC et BFMTV le matin, c’est vrai qu’on vous surnomme l’oriental ou big moustache ? c’est vrai ça ?[...]Big moustache, c’est plutôt sympa d’ailleurs , dites moi mieux vaut être PDG de Nissan que PDG de Total… Parce qu’on gagne quatre fois moins quand on est PDG de Total Christophe de Margerie ! » Et quand il est fait référence au gigantisme du pétrolier et à ses profits mirifiques, Jean-Jacques Bourdin s’esclaffe d’admiration : « C’est énorme … Etre à la tête d’une entreprise qui fait 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires… » Devant une telle déclaration d’amour, Laurent Bazin ne pouvait pas rester inerte. Le 21 février sur RTL, à la fin d’un entretien déjà très courtois entre Jean-Michel Aphatie et Laurence Parisot, il ne peut qu’adresser un dernier compliment à la présidente du Medef : « Vous reviendrez, on vous accueillera evidement avec plaisir sur RTL comme toujours . »

Confronté à une telle concurrence, le 10 janvier sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach, dont l’obséquiosité à l’endroit des puissants est proverbiale, avait su lui aussi recevoir la présidente du Medef avec tous les honneurs (patronaux) dûs à son rang : « Vous vous rendez compte Bruce[Toussaint], la dernière séance de négociation avec les syndicats commence dans 40 minutes, Laurence Parisot merci d’être là avec nous c’est assez exceptionnel […] Les 45 patrons du conseil exécutif du Medef réunis hier soir vous ont auditionné, d’après ce qu’on m’a raconté, on vous a applaudi . C’est vrai ?. » La suite est à l’avenant. Les quelques questions sont autant de perches tendues à Laurence Parisot pour l’aider à montrer tout ce que l’organisation patronale accepte de concéder aux syndicats et sa générosité envers les salariés – manière d’insiter sur l’unanimité du Medef derrière ses négociateurs et donc de souligner en creux les divisions syndicales.

Quand son invitée du jour, s’empêtre dans des considérations techniques sur la question de la taxation des CDD (en s’efforçant pour montrer que la puissance publique n’est pas plus vertueuse que les patrons et que la demande des syndicats de les taxer est en conséquence plutôt mal venue), Jean-Pierre Elkabbach vole à son secours : « L’État et les collectivités locales utilisent moins, ou est-ce qu’ils utilisent plus de CDD que vous les patrons ? » Laurence Parisot, qui n’en demandait pas tant, n’a plus qu’à remercier son porte-parole : « Vous avez raison de mettre ça en avant, l’essentiel de cette croissance, 60% est de la responsabilité des administrations publiques. » Dans le même registre, le 14 février sur France Info, Raphaëlle Duchemin invitait Philippe Varin, président du directoire de PSA, à « accélérer cette fermeture [de l’usine d’Aulnay] compte tenu des tensions qui s’y déroulent. » Nous ne savions pas que le rôle d’un journaliste était d’organiser des plans de licenciements massifs…

Et quand un « passeur de plats » semble pousser son hôte dans ses retranchements, comme lorsque Jean-Jacques Bourdin sembla acculer Christophe de Margerie sur le gaz de schiste le 15 février, l’animateur se retrancha rapidement derrière un « chauvinisme de terroir » tout personnel : « Vous savez pourquoi vous ne m ’avez pas convaincu ? Parce que je défends mon territoire, je défends mes Cévennes que j’aime tant. » Faut-il comprendre que Total peut continuer ses recherches partout ailleurs dès l’instant où il ne perturbe pas le confort de l’animateur ? Jean-Jacques Bourdin, le « nombril du monde » ? Pas exactement. Sous couvert d’impertinence, il ne s’agissait, finalement que d’entretenir, en toute cordialité, la simulation d’un affrontement, comme l’indique le mot de la fin deJean Jacques Bourdin : « Merci Christophe de Margerie d’avoir joué le jeu.  »

Cette déférence ostentatoire de journalistes (ou du moins de ceux qui appartiennent à l’élite de la profession) à l’égard des éminences patronales n’a rien de surprenant. Le 10 septembre 2007 déjà, sur son blog, Jean-Michel Aphatie exprimait sa grande fascination pour ces grands capitaines d’industrie, et ne manquait pas de cajoler à nouveau le PDG d’une firme automobile, le 15 février 2013, à l’occasion d’un entretien emprunt d’une déférence évidente : « Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan était l’invité du Grand Jury, dimanche. L’occasion de faire avec lui un tour d’horizon des problèmes particuliers de l’activité automobile, abordés avec beaucoup d’assurance et un grand sens de la pédagogie par le constructeur automobile. »

Et Jean- Jacques Bourdin, le 15 février n’oublia pas de faire la révérence de vant son invité : « Mais non, vous n’êtes pas un ennemi Christophe de Margerie. » On respire… Et l’on se souvient alors que l’animateur de la matinale de RMC se plaît à fraterniser avec ses illustres interlocuteurs : la fréquentation assidue de son propriétaire, Alain Weill, dont il est par ailleurs le conseiller, lui a permis de devenir son… ami, comme il l’avait révélé à l’occasion d’une conversation très confraternelle avec Guillaume Erner de France Inter et de Christophe Ono-dit-Biot du Point, le 22 décembre 2010 lors de l’émission de la radio publique « Souriez, vous êtes informés ».

Force est de constater que le contraste est saisissant avec la réception des syndicalistes… pour lesquels les « matraques » (verbales…) sont souvent de sortie ! Que ce soit pour Christian Mahieux (le 16 janvier 2009), Xavier Mathieu (le 21 avril 2009), Mickaël Wamen (les 3 et 12 février), Jean-Pierre Mercier (les 20 juillet 2012 et 3 février 2013) et Edouard Martin (le 3 février 2013 liens) invités t respectivement par Jean-Michel Aphatie, David Pujadas, Pascal Clarke, ’Eric Brunet ou Jean-Pierre Elkabbach. C’est ce que permettent de vérifier, à titre d’exemple les interrogatoires conduits par Pascale Clark et Jean-Pierre Elkabbach.

Benjamin Accardo, Blaise Magnin, Denis Perais

Annexe : Décompte précis par station

- Europe 1 : entretiens matinaux de Bruce Toussaint, Jean-Pierre Elkabbach et leurs remplaçants + « Le Grand-Rendez-Vous » :
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (8) + FO (2) + Union syndicale Solidaires (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 68. Laurence Parisot : 8 ; autres : 60 dont dont Jacques Attali (5) et Alain Minc (3)

- RTL  : entretiens matinaux de Jean-Michel Aphatie et ses remplaçants + « Le Grand-Jury » :
- Syndicats : 17. CFDT (6) + CGT (10) + FO (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 39. Laurence Parisot : 10 ; autres : 29 dont Jacques Attali (1) et Alain Minc (1)

- RMC : entretiens matinaux de Jean-Jacques Bourdin et ses remplaçants :
- Syndicats : 5. CFDT (2) + FO (2) + CGT (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 13. Laurence Parisot : 4 ; autres : 9

- France Inter : entretiens matinaux de Daniel Cohen et ses remplaçants + « Radio France Politique » devenu « Tous politiques » :
- Syndicats : 11. CFDT (5) + CGT (4) + FO (2)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 18. Laurence Parisot : 1 ; autre : 17 dont Jacques Attali (2)

- France Info : entretiens matinaux de Raphaëlle Duchemin et ses remplaçants :
- Syndicats : 9. CFDT (5) + CGT (2) + FO (2)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 13. Laurence Parisot : 3 ; autres : 10 dont Jacques Attali (1)

- Total  :
- Syndicats : 59. CFDT (24) + CGT (25) + FO (9) + Union syndicale Solidaires (1)
- Patronat, milieux d’affaires et de la finance : 151. Laurence Parisot : 26 ; autres 125 dont Jacques Attali (8) et Alain Minc (5) [2]

Notes

[1] Nous avons comptabilisé leurs passages respectifs aux micros matinaux d’Europe 1 (Jean-Pierre Elkabbach et Bruce Toussaint), France Info (Raphaëlle Duchemin), de France Inter (Daniel Cohen), RMC (Jean-Jacques Bourdin) et RTL (Jean-Michel Aphatie) du 18 juin 2012 au 11 mars 2013, Les « Grand-Jury RTL » (du 3 septembre 2006 au 10 mars 2013), « Grand-Rendez-Vous » d’Europe 1 (du 2 janvier 2011 au 10 mars 2013), et « Radio France Politique » devenu « Tous politiques » sur France Inter (du 4 septembre 2011 au 10 mars 2013).

[2] Jaccques Attali et Alain Minc ont été comptabilisés comme représentants du patronat puisqu’ils sont eux-mêmes dirigeants d’entreprise : le premier est président de plaNet Finance, le second d’AM Conseil.

par Benjamin Accardo, Blaise Magnin, Denis Perais, le 27 mai 2013 http://www.acrimed.org/article4051.html

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24 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Gard, appel : Être syndicaliste n’est pas un délit (AL)

Gard, appel : Être syndicaliste n’est pas un délit (AL) dans Justice & libertés 55110622-300x272

Si le contexte social actuel, gardois et plus généralement national, est marqué par le sceau d’une certaine morosité avec de nombreuses entreprises qui ferment et des chiffres du chômage pour le moins inquiétants, l’avenir s’annonce lourd de conséquences…

Il est, en effet, à prévoir une aggravation de ce contexte social dans les mois prochains avec de nouvelles attaques pour les droits des chômeur-euses mais aussi nos retraites. Le récent accord national interprofessionnel (ANI) sur la sécurisation de l’emploi, enfin, porte à cet égard bien mal son nom puisqu‘il accentuera encore plus de flexibilité et d’insécurité quant aux droits des salarié-es. Dans ce contexte d’attaques répétées contre nos droits, une autre réalité domine : celle de la répression à l’égard de ceux et celles qui organisé-es dans des syndicats défendent les droits de leurs collègues.

Cette criminalisation n’est pas neutre :

il s’agit d’intimider ceux et celles qui n’entendent pas se laisser faire, ceux et celles qui entendent entrer en résistance contre la régression sociale. Et les exemples, hélas, ne manquent pas. Cet hiver, plusieurs militant-es de la CGT-PSA ont été condamné-es pour des actions menées contre la fermeture du site Peugeot d’Aulnay. Cet hiver encore, le tribunal de Nanterre confirmait de lourdes amendes à l’encontre de 16 militant-es de SUD-PTT accusé-es de violences contre des cadres de La Poste lors de l’occupation d’un centre de tri des Hauts de Seine en mai 2011. Le 23 Mars 2013, un militant de la CNT était condamné à 40 000 € de dommage et intérêt pour avoir bloqué la gare de Metz avec 800 autres personnes, dont des militant-e-s socialistes aujourd’hui élu-es, durant le mouvement anti-CPE de 2006 !

Dans notre département, les deux cas les plus significatifs de répression syndicale ont pour noms : Jean Christophe Jolbert de la CGT Haribo et Sébastien Migliore de la CGT Alès.

C’est autour de leurs cas et pour accentuer la solidarité que nous avons, à l’occasion d’une réunion le mardi 7 mai, créé un Collectif unitaire contre la répression antisyndicale. Lors de cette réunion, l’idée a été émise d’étendre le travail du Collectif de soutien à toutes les victimes de la répression syndicale dans le Gard. Nous poserions ainsi les bases d’un espace de solidarité permanente et unitaire qui serait réactif, aujourd’hui comme demain, aux divers cas de répression à l’encontre de militant-es dans le cadre de leurs activités syndicales. Pour l’heure les organisations signataires ci-dessous sont partie prenante de ce Collectif. Nous ne doutons pas que dans les semaines à venir d’autres organisations se joindront à nous tant il est vrai que la solidarité de classe est indispensable face à l’arbitraire patronal et gouvernemental. D’ores et déjà, nous répondrons présent-es à l’invitation de Sébastien Migliore et de la CGT Alès et participerons à leur initiative, le samedi 25 mai à Cendras, qui sera placée sous le signe de la répression syndicale.

Non à la criminalisation du mouvement social ! Unité contre la répression syndicale !

Premiers signataires de l’Appel unitaire gardois « Être syndicaliste n’est pas un délit » :

Solidaires-SUD, CNT, UL CGT Alès, FSU, NPA, Les Alternatifs, Fédération Anarchiste, Alternative libertaire (AL), Gauche Anticapitaliste (GA), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE) et le Comité Chômeurs de la CGT Alès, ATTAC.

Blog AL du Gard : http://alternativelibertaire30.blogspot.fr/

http://alternativelibertaire.org/spip.php?article5357

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21 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Pour quel syndicat votent les permanents des partis politiques ? (Rue 89)

Pour quel syndicat votent les permanents des partis politiques ? (Rue 89) dans Hollandie 220px-cdu_wahlkampfplakat_-_kaspl010-300x241

À quoi ressemble la représentation syndicale chez les permanents des partis politiques ? La base de données MARS ouverte par le Ministère du Travail permet d’y répondre.

Au PS, qui déclare 119 salariés, 107 ont voté lors des élections professionnelles (89 % de taux de participation) et 57 % des voix se sont portées sur la liste de la CGT, contre 26 % sur celle du syndicat maison, le SPPS (Syndicat du personnel du Parti socialiste) et 13 % sur celle de la CFDT qui n’obtient aucun siège. Autrement dit, la CGT, non signataire de l’ANI – l’Accord national interprofessionnel sur l’emploi proposé par le gouvernement socialiste –, est le premier syndicat au PS.

Côté UMP, c’est le syndicat maison baptisé « Unis et mobilités » qui a le monopole de la représentation des 114 salariés déclarés, dont 70 % ont voté (même si FO a bien tenté de présenter une liste).

à lire sur miroirsocial.com 21/05/2013 à 10h00 Signalé par Elsa Fayner

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20 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Afrique du Sud, « Annus horribilis » dans les mines de platine

Afrique du Sud,

L’industrie de platine ne parvient toujours pas à sortir de la crise après les violentes grèves de l’année dernière. La révolte sociale menace toujours le secteur.

« La menace d’une grève à Anglo American Platinum (Amplats) plane toujours », titrait le site d’information sud-africain Daily Maverick. Les mineurs avaient menacé la direction de se remettre en grève à l’appel des syndicats. En debut de semaine, la direction avait annoncé la suppression de 6 000 emplois dans la ceinture de platine au nord-ouest du pays. Finalement, les mineurs étaient toujours au travail, ce vendredi 17 mai. A quelques kilomètres de là, dans les environs de Rustenburg, leurs collègues de Marikana, retournaient, eux aussi, sous terre, après deux jours de grève sauvage. La situation semble être retournée à la normale. Mais jusqu’à quand?  Après les violents mouvements sociaux de l’année dernière dans le secteur qui avaient fait 34 morts en août à Marikana, le Daily Maverick rappelle que « les mineurs d’Amplats ont repris le travail en janvier avec la promesse de pouvoir négocier une hausse de salaires. Ils ont été accueilli avec une autre nouvelle : la suppression de 14 000 emplois ». L’annonce avait déclenché une levée de bouclier des syndicats et de l’ANC (African National Congress), le parti au pouvoir. Amplats avait finalement reculé, mais « après consultation avec le gouvernement, la compagnie est revenue avec un nouveau chiffre : 6 000 licenciements sont prévus ».

Les trois-quarts de sa valeur perdus

Vendredi matin, le quotiden économique Business Day rappelait la terrible crise que traverse le secteur du platine. « Jeudi, le cours des actions d’Amplats ont chuté à leur plus bas niveau depuis huit ans, et se vendent désormais pour 286 rands (24 euros). Il y a cinq ans, elles valaient 1480 rands (123 euros). En plein âge d’or, la compagnie était estimée à 330 milliards de Rands (27 milliards d’euros). Aujourd’hui, elle ne vaut plus que 77 milliards (6,4 milliards d’euros). » Et lorsque le secteur minier est en crise, c’est toute l’Afrique du Sud, ce poids lourd dans l’extraction mondiale de platine et d’or, qui tremble. Le Business Day cite Edna Molewa, ministre des Eaux et de l’Environnement, qui a appelé tous les mineurs au calme : « Nous sommes inquiets que ces nouveaux troubles sociaux n’affectent pas seulement Marikana, pas seulement la ceinture de platine, mais le pays entier, d’un point de vue économique et sur les marchés. » Le cours du Rand ne cesse de s’effondrer.  La situation, dans la province du nord-ouest, est explosive. L’hebdomadaire de référence le Mail and Guardian consacre un long dossier en une sur les rivalités qui opposent les syndicats, responsables selon eux des troubles sociaux. « A Marikana : le NUM (National Union of Mineworkers) et Amcu (Association of Mineworkers and Construction Union) recrutent leurs adhérents, un pistolet sur la tempe », titrait l’hebdomadaire. Mawethu Steven, leader d’Amcu, nouveau syndicat majoritaire, a été abattu le week-end dernier, alors qu’il portait un T-shirt à l’effigie de son organisation.

Des anciennes terres confisquées

Bloomberg rapporte aussi que le massacre de Marikana a déclenché une vague de suicides chez les mineurs. Le 5 mai, l’un d’eux a été retrouvé pendu sur la colline où il avait manifesté l’année dernière et assisté à la tuerie de ses collègues par la police sud-africaine. Sept autres se sont données la mort depuis le mois de janvier. Selon Bloomberg, les mineurs croulent sous les dettes après ces longs mois de grève, et restent traumatisés par cette période douloureuse. David van Wyk, directeur de la Fondation Bench Marks, qui évalue la bonne gouvernance des compagnies minières, estime que « rien n’a été résolu. Tout peut exploser à nouveau. »  Enfin, le Business Day rappelle qu’ »une autre bombe à retardement menace l’industrie de platine » : « Plusieurs mines, en particuliers celle d’Amplats, sont situées sur des terres confisquées pendant la période coloniale et d’apartheid. Leurs anciens propriétaires réclament aujourd’hui des compensations. » Alors que l’Afrique du Sud célèbre cette année le triste centenaire du « Land Act », une loi votée en 1913 pour confisquer les terres à la population noire du pays, le Business Day note que toutes « ces frustrations pourraient précipiter l’industrie de platine dans une crise supplémentaire. » La crise économique mondiale frappe de plein fouet une Afrique du Sud en pleine transformation politique et sociale, vingt ans après la fin de l’apartheid.

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/05/19/annus-horribilis-dans-les-mines-de-platine

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20 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr)

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr) dans Féminisme marion

A Rennes, moins de 10% des lieux publics portent des noms de femmes.

Depuis un mois, une campagne d’affichage sauvage dénonce ce constat. A la tête de l’initiative, un collectif : la Brique. “Trop peu de rues portent des noms de femmes.” Derrière ce slogan se cache le travail de fin de cursus de deux étudiantes en dernière année des Beaux Arts de Rennes. Mathilde, 23 ans, marinière, grandes lunettes et cheveux coupés au carré et Juliette, 24 ans, gilet mauve, foulard rouge et forêt de cheveux rassemblés dans un chignon. Le voilà, le duo créateur de la Brique. “Militantes comme le pavé”, avec l’envie de “construire” quelque chose de nouveau “comme avec des briques”, elles se sont lancées dans l’aventure en avril. “On a eu l’idée pendant l’été. De retour à Rennes, le projet était lancé.” L’ absence de chiffres précis sur leur ville les a incitées à réaliser un décompte manuel. “On a pris une carte de la ville et on a pointé tous les lieux avec des noms de femmes.” Timidement, elles avancent la proportion suivante : “94% des personnalités donnant leur nom aux rues sont des hommes, 6% des femmes”.

“Une fois la preuve sous les yeux, on a réalisé que Rennes se prêtait parfaitement à l’affichage sauvage.

Toutes deux étudiantes en graphisme, elles conçoivent des affiches noires et oranges. Elles tapissent les rues la nuit. “Notre premier essai fut un échec. Le papier n’était pas de bonne qualité. Mais une fois changé, on n’a plus eu de problèmes”, rigolent-elles. En une nuit, Juliette et Mathilde – armées de patience et de force – ont collé plus de 150 affiches dans les rues du centre historique. “On a voulu se concentrer sur le centre historique pour mieux sensibiliser les gens. Certaines affiches sont un peu dégradées, mais elles sont encore toutes là”, soulignent-elles fièrement. Accrochées au même niveau que les yeux des passants, les pancartes sont toutes accompagnées d’une petite biographie de “la personnalité féminine choisie”. Elles ont puisé dans l’histoire locale, repéré les parcours de femmes remarquables. “Elles ont vécu, pour la plupart, entre le XIXe et le XXe siècle.” Comme Odette du Puigaudeau, journaliste et ethnologue, Louise Bodin, femme politique, ou Clotilde Vautier, artiste peintre. Cependant, les deux étudiantes ne manquent pas de souligner les efforts de la ville de Rennes. En effet depuis 1995, le nombre de femmes représentées dans les rues a presque doublé, passant de 47 à 98. Une augmentation constatée notamment au nord ouest de Rennes, dans le nouveau quartier Beauregard. “La parité progresse”, affirment-elles, un soupçon d’ironie dans la voix.

Un phénomène répandu en France

“Rennes n’ est pas la seule ville française à avoir un problème de parité dans les rues. A Toulouse, 9% des rues seraient de sexe féminin”, explique Mathilde. Elle poursuit : “Dans une dizaine de villes de France, l’administration a l’obligation de mener une politique de féminisation de la rue.” Les premières plaques furent accrochées en 1728. Réservées d’abord aux bourgeois, écrivains et hommes de théâtre, elles donneront à partir de 1782 leurs noms aux rues autour de la Comédie Française. Sous l’Empire, les deux premières femmes, Blanche de Castille et Marie Stuart, trouvent leur place dans le paysage masculin parisien. Aujourd’hui, sur les 6 000 voies et places parisiennes, près de 200 portent des noms de femmes. La municipalité de la ville essaye de faire évoluer les choses. A l’occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars, douze femmes ont été célébrées : on a donné leur nom à des endroits de la ville. Le 12 mars dernier la Commission d’attribution des noms de lieux parisiens s’est prononcée en faveur d’une liste strictement paritaire. Cent personnalités sont concernées, dont Romy Schneider pour une rue dans le XVIIIe arrondissement, ou encore Anna Marly pour un jardin dans le XIVe. La Brique risque de ranger ses posters. Le projet de Juliette et Mathilde se termine d’ici fin mai. “On n’est pas sûres de continuer avec l’affichage”. Mystérieuses, elles ajoutent : “En tout cas, c’est le début de quelque chose. La parité homme femme commence dans la rue.”


16/05/2013 | 09h28 http://www.lesinrocks.com/2013/05/16/actualite/grace-a-la-brique-les-rues-de-rennes-se-feminise-11395021/

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le gouvernement grec supprime par décret le droit de grève des enseignants (Avanti.be)

Le gouvernement grec supprime par décret le droit de grève des enseignants (Avanti.be) dans Austérité lacombe160508b-300x297

Le gouvernement grec a remis ce lundi un ordre de « mobilisation civile » à tous les professeurs de l’enseignement secondaire par lequel il interdit la grève dans ce secteur. Les enseignants ont demandé le soutien des deux principaux syndicats afin de pouvoir la mener à bien.

Le conflit ouvert entre le gouvernement et les enseignants s’est durci ce week-end avec la décision de l’exécutif d’empêcher à tout prix une grève enseignante prévue pendant les examens nationaux des étudiants de la fin du secondaire pour leur entrée à l’université. Le Premier ministre Antonis Samaras a signé un décret ce samedi après midi par lequel il ordonne la « mobilisation civile » des enseignants du secondaire, ce qui signifie qu’en cas de désobéissance à leurs obligations professionnelles ils peuvent être emprisonnés et licenciés. Le syndicat des enseignants (OLME) a critiqué la décision du gouvernement et envoyé une demande aux deux plus grands syndicats, la Confédération générale des travailleurs (GSEE) et la Confédération des employés publics (Adedy), pour les inviter à organiser une journée de grève générale ce vendredi, date à laquelle sont prévus les examens.

L’OLME a également annoncé qu’elle a introduit un recours au Conseil d’Etat contre la mesure prise par l’exécutif, en affirmant que ce décret est inconstitutionnel et qu’il contrevient à la législation nationale et européenne en matière de grève puisque la « mobilisation civile » est conçue pour des périodes de guerre ou après des évènements extrêmes comme des catastrophes naturelles. En outre, le syndicat organise aujourd’hui une manifestation face au Parlement qui sera renforcée par une appel de soutien lancé par le syndicat communiste, PAME, et par les marques de solidarités d’organisations sectorielles comme, parmi d’autres, les médecins d’hôpitaux, les employés municipaux et les étudiants.

Le principal parti d’opposition, Syriza, a estimé que l’attitude du Premier ministre est irresponsable et dangereuse car « les explosions sociales se produisent quand on use de méthodes dictatoriales ». Il a exigé la dérogation du décret ainsi que la recherche de solutions négociées entre le gouvernement et les enseignants. Le Parti communiste de Grèce (KKE), pour sa part, a remis en question la légitimité de la décision de Samaras et condamné « l’application de la doctrine préventive de la loi et de l’ordre contre le peuple travailleur ». Il a appelé les citoyens à s’unir contre « les politiques inhumaines dans l’enseignement qui vont de paire avec l’oppression de l’Etat et l’autoritarisme ».

Source : Librered

http://www.librered.net/?p=26677
Traduction française pour Avanti4.be

http://www.avanti4.be/actualite/article/le-gouvernement

Grèce : solidarité avec les enseignants (Essf)

La « Troïka intérieure » a décidé de rallonger de 2h hebdomadaire minimum le temps de travail des enseignants du second degré, et d’envoyer des milliers d’enseignants « combler les trous » loin de chez eux. Motifs de ces mesures anti-pédagogiques : faire travailler plus et gagner moins, mais aussi « dégraisser le mammouth », ce lieu commun du libéralisme, avec comme effet le licenciement de 10 000 profs remplaçants ou à salaire horaire. Et bien entendu attaquer un des syndicats les plus présents dans les mobilisations de rue contre le mémorandum.

Les trois partis du gouvernement ont choisi leur moment pour cette opération :

un peu avant les examens de Terminale, sorte de concours dont la préparation coûte et argent aux familles (cours privés généralisés) et stress aux élèves puisqu’il s’agit d’un concours déterminant pour savoir dans quelle fac du pays on pourra rentrer. Avant même que l’appel de la direction nationale d’OLME ait été approuvé par les structures locales, le gouvernement s’organise pour réquisitionner les enseignants et a déjà transformé les journalistes en petits soldats du discours officiel : samedi 11 mai, sur la chaîne publique, un « débat » opposait 7 journalistes … tous d’accord pour condamner l’action d’OLME ! Et le ministre de l’Éducation ose s’inquiéter des problèmes psychologiques créées chez les élèves par cet appel à la grève… Indécence d’un gouvernement dont la politique pousse des centaines de personnes à des tentatives de suicide.

Du côté d’OLME, le président (tendance parti de la droite) reste ferme sur la grève, pour la dignité des enseignants, ceux qui resteront et ceux qui demain pourraient être licenciés. OLME, qui appelle la confédération du privé GSEE et la fédération du public ADEDY à une grève nationale de soutien le 17 mai, aurait dû préparer cette action plus en lien avec les élèves et les familles. Pour autant il est indispensable de soutenir de toutes nos forces une lutte qui s’annonce dure et aux conséquences très importantes.

SARTZEKIS Andreas

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