Archive | Syndicalisme

10 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

royaume-uni: contrats «zéro heure»(al’e.ch)

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Ils flambent!

Selon l’Office national des statistiques (ONS) britannique, l’augmentation du nombre de contrats «zéro heure» au Royaume-Uni entre avril-juin 2014 et avril-juin 2015, a été de 19%. Dans son Rapport publié le 2 septembre 2015, l’ONS dénombre officiellement 744 000 contrats de ce type, soit 2,4% de la population active.

Les contrats «zéro heure» sont très précaires dans la mesure où ils ne garantissent ni volume horaire ni salaire minimum. Le salarié est susceptible d’être appelé la veille au soir pour travailler et son activité peut s’arrêter tout aussi brutalement. Une clause d’exclusivité peut aussi être imposée au titulaire d’un tel contrat, même si le rapport note que les entrepri- ses interrogées n’ont pas eu recours à cette pratique. Ces contrats, dont la flexibilité est poussée à l’extrême, sont un frein pour trouver un logement, voire pour accéder à un crédit.

Et ils se concentrent sur les mêmes catégories de travailleurs [1]. 54% de ces con- trats sont occupés par des femmes, contre 47% pour ce qui concerne tous les autres con- trats (CDI, CDD…). L’ONS estime aussi à 20% la part des étudiant·e·s dans les contrats «zéro heure». Enfin, 64% de ces contrats concernent une activité à temps partiel.

On note une surreprésentation des jeunes dans les contrats «zéro heure», ainsi que des plus de 65 ans. 34% des personnes en contrat «zéro heure» sont âgés de 16 à 24 ans et 6% ont plus de 65 ans, contre respectivement 12% et 4% pour les personnes employées sous d’autres formes de contrats.

La précarité des contrats «zéro heure» se ressent aussi sur la durée de ces contrats. Sur les 744 000 personnes recensées par l’ONS, près de 300 000 ont passé moins d’un an chez le même employeur. Ce chiffre passe à 146 000 pour une durée d’un à deux ans et à 158 000 pour deux à trois ans «au service» du même patron. [Dans un document datant de mars 2015, le syndicat UNISON recensait – à partir du Labour Force Survey – la hausse du nombre de contrats n’assurant pas un minimum d’heures de travail: ils sont passés de 1,4 million en janvier 2013 à 1,8 million en août 2014.]

Certes, si l’on considère le stock de contrats zéro heure (2,4% de la population active), «il ne faut pas conclure à un raz-de-marée», nuançait, juste avant les élections britanniques de juin 2015, un économiste à l’OFCE et spécialiste du Royaume-Uni. Outre-Manche, l’em- ploi précaire est surtout alimenté par les self-employed (indépendants, auto-entrepreneur), qui représentent 15% de l’emploi total. Mais tout comme ces cohortes de non-salariés qui n’ont pas accès aux droits élémentaires des salariés: épargne retraite, assurance-chômaget qui ont vu leur revenu diminuer en moyenne de 20 à 25% depuis la crise économique de 2008, les salarié·e·s en contrats zéro heure ne bénéficient ni de congés payés, ni d’indemnité maladie.

L’évolution à la hausse de ces contrats zéro heure soulève des interrogations dans un contexte où les clignotants de l’économie britannique sont passés au vert. Alors que sur la même période (avril 2014/avril 2015), le Royaume-Uni enregistrait une croissance de 3% de son PIB et voyait son taux de chômage chuter de 6,4% à 5,6%, ce type d’emploi précaire ne s’est pas résorbé, ni transformé en emploi durable. Bien au contraire. Une mauvaise nouvelle pour les droits sociaux des salariés […]. Publié dans Alteréco du 9 septembre

Publié par Alencontre le 9 – septembre – 2015 Par Jérémy Hebras
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10 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

brest la cavale blanche (lt)

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Un « hôpital sous tension » selon la CGT

Après avoir reçu les données de l’année 2014, la CGT de l’hôpital de la Cavale-Blanche a décidé de ne pas participer à l’élaboration du projet social qui doit être finalisé en février 2016. Pour le syndicat, il s’agit d’une solution « à la va-vite » : « Travailler dans l’urgence n’a pas de sens, estime Thomas Bourhis, infirmier et responsable CGT.

Ni les moyens ni les conditions ne sont réunis pour faire quelque chose de bien ». Le représentant syndical énonçait hier plusieurs problèmes, à commencer par la suppression de 168 postes dans les deux ans à venir, dans le cadre du plan de retour à l’équilibre.

« À cela s’ajoutent les 49 postes déjà supprimés en 2014, par non-renouvellement de contrats », calcule l’infirmier. En plus de la diminution des effectifs, la CGT a noté une aug- mentation de l’absentéisme du personnel. Un « signal d’alarme inquiétant » puisque, chez les aides-soignants, l’absentéisme est passé de 10,7 % en 2013 à 12,4 % en 2014. Thomas Bourhis dénonce également l’augmentation du travail en services de 12 heures, qui aura un impact sur la santé du personnel et sur la qualité des soins.

Une situation qui touche deux infirmiers, actuellement en arrêt maladie. Si leurs dossiers ont été validés par le comité médical, ils ont ensuite été refusés par le directeur de l’établis- sement. Le syndicat a donc décidé de porter le dossier devant le tribunal administratif. En bref, c’est un « hôpital sous tension » que le syndicat décrit, puisque l’établissement a connu trois fois plus de grèves en 2014 qu’en 2013. 9 septembre 2015

http://www.letelegramme.fr/finistere/brest/la-cavale-blanche-sous-tension-selon-la-cgt-

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05 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

communiqué de l’intersyndicale second degré

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Alors qu’en cette rentrée les conditions de travail des personnels continuent de se dégrader (effectifs alourdis, services partagés, moyens insuffisants…), les organisations syndicales du second degré SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, SFSDPEP-FO, CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SNALC-FGAF, SUNDEP Solidaires, SUD Education, SIES-FAEN, SNCL-FAEN, CNGA CFE-CGC réaffirment leur rejet d’une réforme du collège qui n’apportera aucune amélioration, ni pour les élèves, ni pour les personnels.

Elles constatent que la circulaire d’application publiée le 2 juillet ne fait que confirmer les orientations auxquelles elles s’opposent :

mise en concurrence des personnels, des disciplines et des établissements, inégalités accrues entre les élèves et nouvelle aggravation des conditions de travail des personnels.

Les organisations syndicales restent déterminées à combattre cette réforme, à obtenir son abrogation et la réouverture de discussions sur d’autres bases.
Elles appellent les personnels à refuser toute anticipation de la réforme, quelle qu’elle soit.
Elles dénoncent la mise en place d’une formation obligatoire à la réforme, qui ne répond nullement aux demandes des personnels.

Alors que le ministère repousse de mois en mois la publication du bilan du lycée Chatel, elles soulignent le danger d’une nouvelle réforme du lycée s’inspirant de celle du collège et qui ne ferait que renforcer les logiques précédentes.

Les organisations syndicales dénoncent le refus de la ministre de tout dialogue réel, et sa volonté d’imposer sa réforme du collège contre l’avis de la grande majorité des personnels concernés.

La ministre persiste à vouloir passer en force et porte la responsabilité du conflit.

Face à ce blocage les organisations SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, SFSDPEP-FO, CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SNALC-FGAF, SUNDEP Solidaires, SUD Education, SIES-FAEN, SNCL-FAEN CNGA CFE-CGC appellent les personnels à la grève nationale le 17 septembre.
Elles les invitent à se réunir en assemblée générale, en heure d’information syndicale pour la préparer et l’organiser ainsi qu’à s’adresser aux parents, notamment en faisant signer la pétition intersyndicale [1].
A défaut du retrait des textes relatifs à la réforme du collège, l’intersyndicale organisera une manifestation nationale en octobre. Le 3 septembre 2015

http://www.sudeducation.org/Reforme-du-college-appel-6011.html

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05 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

crise des agriculteurs (20 mn)

agriculture

Ce n’est pas aux contribuables de payer pour nos exploitations

Josian Palach, secrétaire national de la Confédération paysanne, revient sur les annonces de Manuel Valls…  Ils n’ont pas manifesté ce jeudi à Paris. Et pourtant, les adhérents de la Confédération paysanne sont en colère, mais surtout contre la FNSEA. 20 Minutes fait le point avec Josian Palach, secrétaire national du mouvement.

Comment réagissez-vous au nouveau plan d’aide annoncé par le Premier ministre ?

Certaines mesures répondent à l’urgence de la crise. Je pense notamment à l’année blan- che pour le remboursement des emprunts bancaires. En clair, les agriculteurs en difficulté ne payeront pas les intérêts de leurs prêts, ils seront pris en charge par l’Etat, et le rembour- sement du prêt sera décalé d’un an. Cette mesure allégera les trésoreries, mais nous ne savons pas encore à qui elle s’adressera… En revanche, les aides à l’investissement, 350 millions d’euros par an sur trois ans, sont totalement absurdes. Cette crise est liée à l’endet- tement trop élevé des paysans et le gouvernement les encourage à s’endetter encore davantage. Plus globalement, ce plan prouve que nous ne profitons pas de cette crise pour nous poser les vraies questions et changer d’orientation agricole en France et en Europe.

Dans votre communiqué de presse, vous êtes très critiques envers Xavier Beulin, le président de la FNSEA. D’après vous, il ne défend pas les intérêts des agriculteurs…

Il est à la tête d’activités agro-industrielles dont la holding s’apparente au fonctionnement d’une multinationale… Ses préoccupations n’ont pas grand-chose à voir avec celles des paysans de base. D’après ce que je sais, son discours a été mal accueilli place de la Nation. Mais pourquoi? Parce que les agriculteurs présents là-bas attendaient davantage d’aides financières de l’Etat? Mais on ne peut pas tout le temps demander aux contribuables fran- çais de prendre en charge les frais de nos exploitations. Notre système agricole perçoit déjà 10 milliards d’euros d’aides de l’Europe à travers la Politique agricole commune (PAC)!  Demander plus d’aides ne servira à rien. La seule solution est de changer de modèle.

Quelles solutions préconisez-vous ?

Nous voulons une réorientation des aides de la PAC. Elles sont affectées selon la surface des exploitations, ce qui revient à favoriser les plus grosses. Nous voudrions que ces aides soient réparties en fonction de l’emploi, des actifs réellement présents dans les fermes, avec un plafonnement dans le but de ne pas inciter les agriculteurs à devenir toujours plus grands. Ensuite, il faut en finir avec cette vocation exportatrice de l’agriculture française, qui est destructrice d’emplois et de territoires. Nous devrions relocaliser la production et nous préoccuper d’alimenter correctement la population européenne. Il faut également harmoniser les règles, notamment sociales, au sein de l’UE.

Justement, qu’attendez-vous de la rencontre de lundi à Bruxelles ?

Les paysans veulent une hausse des prix, mais la seule façon de l’obtenir, c’est en relevant les seuils d’intervention, le fait que la Commission européenne achète des produits pour les stocker. Pour ne pas engorger les frigos européens, nous souhaiterions que les entreprises demandant à bénéficier de cette intervention voient leur volume de production abaissé. La régulation des volumes est le seul moyen de sortir de la crise actuelle, mais elle peut être seulement ponctuelle. A l’heure actuelle, nous sommes dans une logique de compétition entre paysans européens et à chaque nouvelle crise, des paysans disparaissent, alors que les volumes produits restent toujours les mêmes. Les responsables européens doivent bien réfléchir : s’ils laissent la situation en l’état, ils ne feront que renforcer les nationalismes. Il est temps de proposer une nouvelle vision pour l’Europe qui ne soit pas celle du marché ultra-libéral et non accompagné. Propos recueillis par Céline Boff Publié le 03.09.2015

http://www.20minutes.fr/economie-crise-agriculteurs-contribuables-payer-exploitations

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04 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

crise du porc (le monde)

retomanipulation

La FNSEA occupe le terrain, mais c’est un leurre

Pourquoi n’êtes-vous pas à Paris pour manifester jeudi ?

Je ne vais pas à cette manifestation, car c’est la FNSEA qui l’organise et on n’est pas sur les mêmes revendications. Ils demandent des réductions de charges, la mise en place du pacte de compétitivité présenté par le gouvernement, mais c’est du court terme, et cela ne résou- dra pas les fondamentaux de la crise. Les 3 milliards d’euros réclamés par le président de la FNSEA, Xavier Beulin, ne sont rien comparé aux pertes des agriculteurs. Ce qu’il faut, ce sont des régulations pour que les paysans ne puissent pas vendre leurs produits en des- sous du prix de revient. Aujourd’hui, un éleveur perd entre 10 et 15 euros par cochon. Les paysans continuent de faire faillite et de se suicider.

La FNSEA mobilise ses troupes et occupe le terrain car les gens sont énervés dans les campagnes quand ils consultent leurs comptes. Il faut bien canaliser cette colère, cette mo- rosité, mais ce n’est qu’un leurre. Ce n’est pas en se promenant en tracteur que la FNSEA changera les choses. On va embêter sur les routes des citoyens qui n’y sont pour rien.

Selon vous, quelle est la cause de la crise de l’élevage porcin ?

La crise de l’élevage est liée à une crise de dérégulation au niveau européen. L’Europe avait des outils de financement à l’exportation et des moyens de stockage en cas de surpro-duction. Tout a été supprimé et l’excédent de production se retrouve sur le marché.

La seule solution durable serait un mécanisme d’adaptation de l’offre à la demande. Par exemple, lorsque la Russie ferme ses frontières, il faudrait réduire la production à l’échelle européenne, en mettant des truies à l’abattoir. Cela mettrait un an environ, avec un peu de stockage. Si on réduit de 10 % la production et que le prix remonte de 25 %, les éleveurs seraient gagnants. Mais il faudrait de la volonté politique. Depuis trente ans, on constate que les crises de la filière se sont toujours résorbées lorsqu’il y a eu des baisses de production dues à des problèmes sanitaires (peste porcine, maladie de l’oreille bleue).

Il faut mettre des protections aux frontières européennes pour éviter que le marché soit inondé de produits à bas prix. Regardez ce qui s’est passé avec le textile : toutes les usines d’Europe ont fermé. Le schéma peut se transcrire à l’agriculture. C’est un peu irresponsable de livrer notre alimentation à tout vent.

Pour concurrencer les autres pays européens, ne faut-il pas plutôt développer des élevages industriels, plus grand et plus rentables ?

Nous nous inscrivons en faux sur ce point. Ce sont des élevages qui ont bénéficié de beau- coup d’aides, mais ce ne sont pas toujours les plus performants. Si on leur imputait les effets néfastes sur l’environnement, comme le traitement du lisier, ils ne seraient pas com- pétitifs. Cela pose aussi des questions sanitaires et sociales. En mécanisant l’élevage, on détruit des emplois.

En France, on a peu d’élevages de plus de mille truies. Jusqu’à présent, l’élevage français est lié à des paysans propriétaires de leurs capitaux, alors qu’en Espagne ou au Royaume- Uni, il est aux mains des financiers. Mais en Grande-Bretagne, lorsqu’ils ont vu que ce n’était pas rentable, ils ont presque tout arrêté. D’ailleurs, les Allemands et les Espagnols ne sont pas payés plus cher que les Français, ils peuvent souffrir aussi. Tout le monde est dans la panade et on espère tenir le plus longtemps possible. On est dans un système suicidaire.

Quelles sont les alternatives? La vente directe ou le passage au bio sont-ils des solutions?

Quelques éleveurs font de la vente directe mais la généralisation est inenvisageable. J’en connais qui ont essayé de changer d’orientation et de passer en bio, mais ils traînent leurs dettes antérieures. Certains s’en sortent, mais aujourd’hui, avec 70 % de la production dans l’Ouest et la majorité des consommateurs en région parisienne, la vente directe ne peut pas être un phénomène de masse. Ça ne peut être que des niches.

A nos yeux, le plus compétitif, c’est l’élevage lié au sol. Dans ce système, un éleveur possè- de une truie pour un hectare de terre. Il produit des céréales qu’il donne à ses animaux, et les déjections sont épandues sur ses terres. Le paysan est autonome et le lisier, qui est un déchet à traiter pour les autres éleveurs, devient pour lui un engrais, donc une richesse. Il faut limiter la taille des élevages, et mieux les répartir sur le territoire. Si on avait développé cela, on n’aurait pas les problèmes de qualité de l’eau qu’on a aujourd’hui. La bonne taille, c’est d’avoir 200 truies par élevage, pour que les gens puissent travailler à deux ou à trois sur une exploitation, se relayer et prendre un peu de vacances.

Anne-Aël Durand Journaliste au Monde Le Monde.fr  03.09.2015

Lire aussi: Crise porcine : le coût de l’alimentation en question

Après un été marqué par la crise des producteurs laitiers, puis des éleveurs de porcs, con- frontés à une baisse des cours, les agriculteurs ont convergé jeudi 3 septembre à Paris, à l’appel de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes agriculteurs (JA).En revanche, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole en France, n’appel- le pas au rassemblement, car elle a une vision différente de la crise, comme l’explique Pierre Brosseau, éleveur en Loire-Atlantique et responsable de la commission porc à la Confédération.

http://www.lemonde.fr/economie/crise-du-porc-la-fnsea-occupe-le-terrain-mais-c-est-un-

Voir aussi:

http://www.anti-k.org/2015/09/03/lagriculture-malade-du-capitalisme/

http://www.anti-k.org/agriculteurs-la-confederation-paysanne-deplore-un-enterrement-

http://www.anti-k.org/2015/09/04/oui-au-camembert-qui-pue-non-a-lagriculture-qui-pollue

http://www.anti-k.org/2015/09/04/crise-de-lelevage-le-gouvernement-a-la-botte-de-la-fnsea/

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04 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

le plan de xavier beulin (reporterre)

porc ecolo

Qui va faire disparaitre les petits paysans

Modernisation, investissements, compétitivité, exportations, moratoire sur les normes envi- ronnementales. Voici la recette prônée par le patron de la FNSEA, Xavier Beulin, pour sortir de la crise de l’élevage. Reporterre a décrypté ce «plan de sauvetage  de l’élevage alors que ce jeudi 3 septembre, le syndicat agricole rassemble plus de mille tracteurs à Paris et que le gouvernement promet des annonces.

Depuis le début de l’été, les chiffres alarmants se succèdent. Un éleveur de porcs abandonne son activité chaque jour, alerte Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), principal syndicat agricole français, et du groupe agro-industriel Avril-Sofiproteol. Quant au ministère de l’agriculture, il estime que 10 % des élevages (laitiers, porcins, bovins) seraient au bord du dépôt de bilan.

Face à cette crise de l’élevage, le gouvernement a mis en place un premier plan de sauve- tage, le 22 juillet dernier : 600 millions d’euros pour restructurer les dettes et alléger les charges sociales. Insuffisant, selon la FNSEA, qui lance une nouvelle charge. Le 23 août, à la veille d’une réunion avec le Président de la République et le Premier ministre, Xavier Beulin demande dans le Journal du Dimanche un grand plan de trois milliards d’euros pour «sauver l’élevage». Le lendemain, à la sortie de la réunion, il annonce la venue de mille tracteurs à Paris pour ce jeudi 3 septembre. Une façon de faire pression sur l’exécutif… et il semble que ça fonctionne, puisque que François Hollande a justement réservé l’annonce de nouvelles mesures d’aide à l’élevage pour aujourd’hui.

«Ce n’est pas un plan de sauvetage que propose Xavier Beulin. C’est un plan d’industria-lisation de l’agriculture  rétorque Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysan- ne. «Cela fait longtemps que les paysans disparaissent, rappelle-t-il. Ils ne s’en rendent compte que maintenant? On agite des chiffres pour justifier des plans d’urgence. J’ai l’im- pression qu’on est à un tournant, poursuit-il. Toutes les crises ont fait grossir les exploita- tions, et la seule solution que l’on nous propose est d’accélérer encore. On est très inquiets.»

«Relancer l’industrie agricole» A la FNSEA, on ne récuserait pas le terme d’industrialisa- tion. Premier axe du «plan de sauvetage», la modernisation des bâtiments agricoles et l’automatisation des abattoirs. «Quand on fait un grand plan de relance dans un pays, on construit des routes. Là, il faut relancer l’industrie agricole, dit à Reporterre Christiane Lam- bert, vice-présidente de la FNSEA. On doit planifier sur quinze ans, regarder de quelles productions on aura besoin, et donc de quels outils.» Pour le syndicat, la France n’est plus «compétitive» face à ses voisins européens. «On constate un retard d’investissement dans l’agriculture, affirme Christiane Lambert. En porcs et volailles, l’âge moyen des bâtiments est de vingt-cinq ans. On a chiffré que sur la seule filière porcine, 2,7 milliards d’investissement sont nécessaires pour se mettre à niveau!»

«Nous n’avons pas besoin de cela, conteste Pierre Brosseau, responsable de la com- mission porcs à la Confédération paysanne. Les éleveurs de porcs français ont des résul- tats techniques aussi bons que les Allemands ou Espagnols. Notre coût de production est même plus bas que la moyenne européenne.» Pour lui, la crise est due à une surproduction de porcs en Europe. «Vous avez beau moderniser, le prix payé aux éleveurs sera toujours en-dessous des coûts de production», déplore-t-il.

Et puis, même si le gouvernement donne les trois milliards d’euros demandés, où iront-ils? Pas aux petits producteurs, assure le paysan: «Il y a toujours des seuils d’exclu- sion. Par exemple, il y a quinze ans, sur mon département il y a eu des aides pour les éle- veurs en difficulté financière. Nous étions 250 producteurs. Les huit plus gros ont empoché 51 % de l’enveloppe d’aides. Dedans, il y avait des présidents de syndicats et de coopéra- tives. Ils s’étaient servis. Voilà leur philosophie: ils pensent que les petits producteurs n’ont pas d’avenir donc que cela ne sert à rien de les aider.»

Moins de charges, moins de normes environnementales Autre cheval de bataille de la FNSEA, les normes environnementales, dénoncées comme plus sévères en France qu’ail- leurs. Xavier Beulin a plaidé pour leur suspension pendant un an. «Sur les directives euro- péennes oiseaux, nitrates, habitat, la France fait plus que ce que demande l’Europe», déplo- re la vice-présidente de la FNSEA. La bête noire du syndicat est l’obligation d’enquête publi- que pour ouvrir un élevage de taille importante. Le gouvernement a déjà allégé la procédure pour les porcs et les volailles. «Il faut le faire pour les bovins maintenant», demande-t-elle. La FNSEA réclame aussi un assouplissement des règles pour la création de réserves d’eau et l’irrigation. Côté pesticides, elle souhaite que la France cesse de réduire la liste de ceux autorisés.

«Si un tel moratoire est mis en place, les conséquences pourraient être dramatiques, s’inquiète Laurent Pinatel à la Confédération paysanne. Si l’on suspend la directive nitrate, c’est une autorisation à polluer plus, à détruire les sols. Le jour où l’on n’aura plus qu’un sol mort pour cultiver, on ne pourra plus compter que sur les produits chimiques pour le nourrir. On sera à la merci de l’agriculture industrielle. Ce n’est pas en polluant les rivières que l’on va régler l’avenir de l’agriculture porcine», rassure le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, interrogé par Reporterre en conférence de presse le jeudi 27 août. Il promet tout de même une «simplification des normes».

La disparition programmée des petits éleveurs Enfin, troisième axe du plan de Xavier Beulin, le «regroupement des exploitations». L’idée est que les agriculteurs puissent mettre en commun du matériel et des tâches. Mais regroupement n’est-il pas synonyme d’agrandis-sement, pour la FNSEA? «L’agrandissement est un choix personnel. Ceux qui veulent le faire doivent pouvoir le faire, répond Christiane Lambert. Mais tendanciellement, on va vers une augmentation de la taille des exploitations.» Le président de l’interprofession porcine INAPORC, Guillaume Roué, va encore plus loin. Pour lui l’agrandissement n’est pas un choix, c’est un fait. «Le nombre d’exploitations va diminuer par trois d’ici quinze ans, il n’y a plus personne pour reprendre! Et donc leur taille va être multipliée par trois.»

Au-delà, il prédit carrément une disparition des éleveurs. «L’agrandissement va s’ac- compagner d’une conversion au végétal, car c’est plus rentable et il y a moins de contrain- tes, estime-t-il. La France fera des céréales et l’élevage sera produit dans des industries comme en Allemagne, en Espagne ou en Amérique. »

Un scénario qui n’est pas loin de celui que redoute la Confédération paysanne. «Ce que dessine ce plan, c’est une agriculture sans paysans, dénonce Laurent Pinatel. On aura des fermes usines destinées à l’export, qui seront subventionnées parce que pas rentables. Même Hollande l’a admis, quand on l’a vu la semaine dernière. Et à côté de ça, on gardera une agriculture de niche qui fera joli dans le paysage et servira d’alibi au reste…Leur pari avec ce plan, c’est de calmer les gros éleveurs en attendant que les petits producteurs disparaissent », complète Pierre Brosseau.

Est-ce le choix que fera aujourd’hui le gouvernement? Selon Laurent Pinatel, «le gou- vernement a très peu de marge de manœuvre.» Le porte-parole n’est pas très optimiste : «Quand on écoute les déclarations de Manuel Valls et Emmanuel Macron qui ne cessent de répéter qu’il faut produire et être compétitifs, si on replace cela dans la perspective de l’agriculture, ça fait peur..»3 septembre 2015 / Marie Astier (Reporterre)

Lire aussi : Le maître caché de l’industrialisation de l’agriculture française

http://www.reporterre.net/Le-plan-qui-va-faire-disparaitre-les-petits-paysans

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03 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

xavier beulin, le céréale-killer de la fnsea (libération)

Souvent présenté comme le «véritable ministre de l’Agriculture», le tout puissant patron du premier syndicat agricole français mobilise ses troupes aujourd’hui à Paris. Mais l’agrobusinessman est loin des préoccupations des petits éleveurs.

Costume impeccable, chaussures fines, Breitling au poignet, «petit pied-à-terre» en Tunisie, Xavier Beulin a la rutilance et le train de vie d’un PDG de multinationale. Et pour cause. A 56 ans, celui qui dirige la FNSEA depuis fin 2010 et que d’aucuns qualifient de «véritable ministre de l’Agriculture» tant il obtient tout ce qu’il veut de François Hollande comme de son précédesseur, est aussi et surtout un redoutable homme d’affaires.

Coiffé de multiples casquettes, l’influent syndicaliste tire en toute discrétion les ficelles de l’agro-industrie française… celle-là même qui entraîne la disparition des agriculteurs. Contrairement à ce qu’il avait promis lors de son accession au sommet de la FNSEA, il a conservé la plupart de ses autres mandats, une bonne dizaine en tout. En plus de quantités de responsabilités dans différentes instances clés du monde agricole, en province, à Paris ou à Bruxelles, il préside toujours le port de commerce de La Rochelle, deuxième port français pour l’exportation de céréales, ou le conseil économique et social régional (CESER) du Centre. Et s’est même emparé, en sus, de celle de l’IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen), un think tank fondé par Jean-Louis Guigou, mari de l’ex-ministre socialiste Elisabeth Guigou.

L’homme qui pesait 7 milliards Surtout, il est à la tête d’un empire agro-industriel et finan- cier aussi puissant que peu connu du grand public: le géant céréalier Sofiprotéol, récemment rebaptisé Avril pour «symboliser la force du renouveau». Ce mastodonte pèse 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, regroupe plus de 150 sociétés et se dit présent dans 22 pays, dont, ô surprise, ceux du Maghreb, l’une des terres que l’agriculture tricolore doit absolument conquérir, ne cesse de répéter Beulin. La raison d’être d’Avril-Sofiprotéol, ce «maître caché de l’agriculture française», comme titrait le site Reporterre.net en… avril ? Assurer un maxi- mum de débouchés à la filière des huiles et protéines végétales (colza, tournesol, pois…).

La holding de Beulin est partout. Dans nos assiettes, avec les huiles Lesieur et Puget ou les œufs Mâtines, marchés qu’elle domine. Dans celle des porcs, de la volaille ou du bétail, avec Glon Sanders, numéro 1 français de l’alimentation animale. Dans la «santé» et la géné- tique animale. Dans nos moteurs, avec Diester Industrie, champion européen du biodiesel (une vraie «rente de situation», dixit la Cour des comptes en 2012). Dans nos cosmétiques, peintures ou matelas en mousse polyuréthane, puisqu’ Avril est aussi leader européen de l’oléochimie. Dans le financement de l’agriculture industrielle. Dans la presse agricole. Dans l’huile de palme, dans les semences ou dans les OGM (avec Biogemma)… N’en jetez plus !

Ruralité en col blanc Compte tenu de toutes ses activités de col blanc, on a du mal à imaginer Beulin dans un champ. Quand a-t-il le temps de s’occuper de son exploitation de 500 hectares de blé, orge, colza, tournesol, maïs et pois protéagineux, cultivés avec son frère et deux cousins dans le Loiret? Interrogé par Libération en 2011, le gros céréalier, fait rarissime à la tête de la FNSEA, avait bondi : «J’y vais deux week-ends par mois. Le dernier, j’ai fait dix-sept heures de tracteur ! Et quand je vais à l’étranger, la première chose que je fais, c’est sentir la terre.» Depuis son fauteuil des beaux quartiers parisiens, l’homme au discours bien rodé multiplie les gages de ruralité.

Il ne se départit de son charisme onctueux et ne montre de signes d’agacement que lorsqu’on lui parle des dégâts environnementaux et sociaux causés par l’agriculture indus- trielle, son modèle absolu. Il est mort, le sol, il ne produit plus que sous perfusion, alarment des agronomes. Une fuite en avant, dopée à la pétrochimie, dont les agriculteurs sont les premières victimes. «Des clichés !». Bien.

Reste une question : comment peut-on prétendre défendre les éleveurs quand son propre intérêt vise à faire grandir les exploitations pour leur vendre toujours plus de tourteaux de colza ? Plus un troupeau grandit, moins il est facile de faire pâturer les vaches, plus c’est juteux pour le fournisseur Avril. L’herbe, gratuite, n’est bonne que pour les comptes des éleveurs. Vous avez dit conflits d’intérêts ? Beulin s’en moque. Plus c’est gros, plus ça passe…  Coralie SCHAUB 3 septembre 2015

http://www.liberation.fr/economie/xavier-beulin-le-cereale-killer-de-la-fnsea

 

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03 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

les 5 mensonges de la fnsea (le huff’)

meatrix

1- Les FDSEA de Bretagne défendent l’emploi. Faux, elles défendent la « productivité ».

Elles ont présenté en 2014 le « Plan Lait Bretagne 2020″, en se réjouissant de la baisse à venir du nombre d’élevages laitiers, de 13.000 à 9000 en 7 ans, et de la hausse de leur pro- ductivité. En août 2015, Xavier Beulin, avec l’assentiment des FDSEA de Bretagne, a demandé la même chose pour l’élevage en général. Pour sortir de la crise, il faut « organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus productives. » La Bretagne perd déjà 600 emplois par an au niveau des fermes.

Précisément, pour 1000 emplois familiaux détruits lors du regroupement d’exploitations, seulement 400 emplois de salariés sont créés. Pour la FNSEA, ce rythme de destruction d’emplois n’est pas assez rapide pour garantir la « productivité ». Faut-il revenir au rythme du début des années 2000, 1800 emplois perdus chaque année au niveau des fermes bretonnes? Ce que demande la FNSEA, c’est que le tiers des manifestants d’aujourd’hui ne soient plus éleveurs en 2020.

2- Trois milliards sont nécessaires pour sauver l’élevage. Faux, donner trois milliards d’euros à la FNSEA pour sauver l’élevage, c’est donner de la confiture à des cochons.

Il y a 10% des éleveurs au bord de la faillite, et c’est dramatique, ils pourraient cesser leur activité dans les deux ans. Et qu’est ce que veut la FNSEA? Regrouper les exploitations, pour n’en conserver que les deux tiers d’ici 2020. Eh bien, un tiers d’exploitations en moins d’ici 2020, c’est près de 5% d’élevages en moins par an, 10% en 2 ans. 3 milliards d’euros pour arriver au même résultat qu’en ne faisant rien, si ce n’est pas du gaspillage. À moins que les exploitations qui survivent ne soient pas celles que la FNSEA voudrait conserver… En effet, parmi les fermes qui sont tombées ou au bord du précipice, il y a beaucoup de gros élevages « productifs » tels que les défend la FNSEA.

Le modèle qu’elle défend ne serait-il qu’un dogme appliqué partout indépendamment de la géographie? Les fermes « productives » coûtent singulièrement cher en argent public. En fait, ce que demande la FNSEA, c’est 3 milliards d’euros pour modifier les règles du jeu et tuer des exploitations qui survivraient sans cela et mettraient en péril le modèle qu’elle défend.

3- Les FDSEA de Bretagne défendent la qualité à la française pour nourrir les Français. Faux, elles veulent une diminution des normes pour développer leur « vocation exportatrice ».

Pour ce qui est de la qualité des produits, les FDSEA de Bretagne ne perdent pas une occasion de ressortir leur leitmotiv: « moins de normes », pas de « diarrhée réglementaire », « et que l’on ne nous parle pas de diversification! Et que l’État arrête de parler de changement ». En d’autres mots, les FDSEA de Bretagne veulent que les produits d’élevage de demain soient moins exigeants à produire que ceux d’aujourd’hui.

« Achetez français pour nous sauver! », qu’ils nous exhortent. Comment faire? Un exemple: la demande nationale croissante en porc de qualité, une production plus rémunératrice, n’est même pas satisfaite! Le silence des FDSEA de Bretagne sur le sujet est assourdissant. Au lieu de s’inquiéter de l’autosuffisance dans les produits que veulent acheter les Français, elles disent: « Achetez ce que nous produisons, même si c’est du minerai et si cela ne correspond pas à vos attentes. Point barre. » En traduisant: « Payez plus cher pour que nous puissions produire plus et vendre le reste moins cher sur le marché mondial ». Attention, ne prenons pas nos clients les plus naturels et les plus solvables pour des pigeons.

4- Les FDSEA de Bretagne basent leurs demandes sur une analyse de marché. Faux, elles répètent les même demandes depuis les années 1970, comme si le monde n’avait pas changé depuis.

Les FDSEA de Bretagne se voient « à la tête du monde ». Leur analyse économique: la demande mondiale est en hausse, nous allons produire plus pour la satisfaire. C’est de l’économie du 19e siècle. La demande mondiale en porc et en lait est effectivement en hausse. Mais quel prix ces nouveaux consommateurs sont-ils prêts à payer et qui sont nos concurrents pour les satisfaire? Ces questions, pourtant parmi les premières de tout busi- ness plan, ne sont pas posées. En lait comme en porc, il y a des concurrents sur le marché mondial capables de produire 10% moins cher que nous sur la durée, et pas seulement à cause des « normes » et des « charges », mais aussi et surtout parce que leur géographie est plus favorable que la nôtre.

Si les FDSEA de Bretagne l’ignorent, ce sont des bisounours de la libéralisation. Si elles le savent et le cachent aux éleveurs, alors elles sont manipulatrices. Si c’est les deux, alors ce sont des bisounours manipulateurs. En ce moment, la FNSEA fait miroiter aux éleveurs son pouvoir sur le marché alors qu’elle disait encore en 2014: « Ne perdons jamais de vue que les prix sont le résultat des marchés. Les décideurs des prix mondiaux n’existent pas. » Tant que personne ne conteste, la FNSEA soutient l’ouverture des marchés. Quand les agriculteurs se rebiffent, elle leur ment le temps que les choses se calment…

5- Il n’y a pas d’alternative. Faux, donner la priorité à l’emploi agricole et à l’auto- suffisance alimentaire permettrait de ne pas retomber dans la crise dans quelques années.

Peu le savent mais sans la Confédération paysanne (Conf’), beaucoup des éleveurs qui manifestent aujourd’hui n’existeraient déjà plus. En effet, l’échec de la libéralisation de l’agri- culture mondiale, qui nous aurait mis en concurrence avec tous les pays à bas coûts, est le fait de Via Campesina. Ce regroupement mondial de syndicats agricoles, auquel appartient la Conf’, est de loin le plus grand mouvement international de la société civile. En tant que tel, il a du pouvoir. Plus que d’autres… La Confédération paysanne n’est pas contre l’élevage standard et ses membres savent défendre les éleveurs contre certaines dérives écologistes. Les jeunes de la Conf’ du Finistère ont, par exemple, agi sur les réseaux sociaux lorsqu’un élevage breton de lapins a été attaqué avec des méthodes lamentables par l’association vegan L214, en 2014. Quand la Conf’ dit qu’elle défend 95% des agriculteurs, ce n’est pas un vain mot.

Et notre position est basée sur une vraie analyse de marché. La solution pour sauver les éleveurs, c’est la défense avant tout de la souveraineté alimentaire. Le marché européen suffit à rémunérer tous les éleveurs de 2015, inutile de dépenser 3 milliards pour le plan social le plus cher de l’histoire de France! S’il y a 3 milliards à dépenser pour l’élevage en France, que ces sommes soient dirigées avant tout vers les premiers litres et les premiers animaux produits par actif. La priorité absolue doit être l’emploi. L’export hors Union Europé- enne peut évidemment exister mais il ne doit pas devenir indispensable pour des produits sur lequel il existe des concurrents plus forts que nous. Sinon, c’est le drame au moindre accroc, comme aujourd’hui. C’est avant tout en écoutant et en analysant la demande que l’on gagne des clients prêts à nous payer nos produits à un niveau qui couvre nos prix de revient. L’économie du 21e siècle, c’est cela.

Asseyons-nous sur le désespoir et retrouvons l’espoir, l’avenir peut être radieux pour l’élevage

La FNSEA et les FDSEA de Bretagne sont le syndicat du désespoir. Elles sont responsables de la situation actuelle. C’est pour cela qu’aucune solution de long terme n’est proposée, un pompier pyromane ne peut pas jouer ce rôle. Le futur? Il y aura encore des crises si elles sont suivies, car ce qu’elles défendent, c’est la disparition du tiers des éleveurs d’ici 2020, sans doute de la moitié d’entre eux d’ici 2025. Comme les éleveurs ne se laisseront pas faire, il y aura encore des manifestations, avec ce que cela coûte d’argent public pour éteindre le feu. C’est dommage car il y a des solutions de long terme et l’avenir pourrait être radieux pour tous les éleveurs. Pour remédier à la crise, il est temps d’écouter ceux qui travaillent pour 95% des éleveurs, pas seulement pour la moitié d’entre eux. Le syndicat de l’espoir et de la qualité à la française pour nourrir les Français, c’est la Confédération paysanne.

Point subsidiaire – La FNSEA représente les éleveurs. Cela se discute.

La Confédération paysanne du Finistère a demandé en 2015 à avoir une page d’expression dans le magazine de la Chambre d’agriculture, magazine financé par la chambre, donc par et pour tous les agriculteurs. Réponse: pas question. Ce n’est que le dernier exemple en date parmi beaucoup d’autres: la FNSEA noyaute toutes les institutions et tous les finan-cements agricoles. Cela s’apparente au fonctionnement d’une dictature. Dans une dictature, le dirigeant obtient entre 80 et 99% des voix. La FNSEA atteint péniblement 50%. La Coordination rurale est dans la même situation que la Confédération paysanne.

Stéphane Brélivet: Éleveur de porcs en Bretagne, membre du syndicat d’agriculteurs Confédération paysanne 02/09/2015

La crise de l’élevage donne lieu depuis plusieurs mois à des manifestations. Le syndicat du désespoir, la FNSEA, demande 3 milliards d’euros pour sortir de la crise et sauver l’élevage. Elle vous ment. Elle prend les éleveurs pour des ânes et les consommateurs pour des pigeons. Voici pourquoi en cinq points, à partir de l’exemple breton.

http://www.huffingtonpost.fr/stephane-brelivet-les-5-mensonges-de-la-fnsea

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03 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

personne n’a encore fait mieux pour combattre le chômage (basta)

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Réduire le temps de travail!

A en croire Emmanuel Macron et les grands patrons, les 35 heures seraient devenues le handicap économique absolu. Or, aucun dispositif n’a contribué à créer autant d’emplois. Alors que le chômage et la recherche d’emploi concerne 5,4 millions de personnes, plu- sieurs syndicats, collectifs et élus appellent à relancer le débat autour du partage du temps de travail et de ses revenus, en abordant aussi les problèmes que cela pose auprès des salariés.(…)

C’est en tous cas l’avis de la CGT. À peine élu à la tête de la Confédération, Philippe Martinez affirmait en début d’année son soutien à une nouvelle réduction collective du temps de travail vers une semaine de 32 heures. «La réduction du temps de travail fait partie des éléments qui peuvent recréer de l’emploi, de la croissance, et une dynamique de négociation telle qu’on les a connus au moment des 35 heures, estime Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral à la CGT.(…)

35 heures, pacte de responsabilité, emplois d’avenir: quel bilan? Assouplies à plu- sieurs reprises depuis les lois Aubry [2], régulièrement attaquées par le patronat, la droite, et même par une partie du gouvernement [3], les 35 heures ont pourtant à leur actif un bilan positif en termes d’emplois. «Entre 1997 et 2001, le chômage a diminué en France, dans des proportions inédites, en particulier entre 1999 et 2000, après l’entrée en vigueur de la loi Aubry1», souligne la députée socialiste Barbara Romagnan dans son rapport parlemen- taire [4] sur les 35 heures.

Entre 1997 et 2001, deux millions d’emplois sont créés dans le secteur marchand en France, «un niveau sans précédent depuis les années 1950», précise le rapport. Les 35 heures ne sont certes pas la seule cause de ces bons chiffres. L’économie française se trouve aussi dans une phase ascendante. Mais selon les conclusions du rapport, la réduc- tion du temps de travail à 35 heures conduit à elle seule à la création de 350 000 emplois. Pour un coût pour les caisses publiques de 12 800 euros par emploi créé. Un coût «à com- parer avec l’indemnisation nette moyenne d’un chômeur qui s’élèverait à 12 744 euros par an en 2011», souligne la députée Barbara Romagnan.

Un bilan à mettre en balance avec les 60 000 euros par emploi créé de la politique d’allègement de charges patronales du récent pacte de responsabilité, censé générer un demi million d’embauches d’ici 2017… (Lire notre article). Quant aux emplois d’avenir, des contrats aidés subventionnés par l’État à hauteur de 75% du Smic pendant trois ans, lancés en 2012, ils ont permis fin 2014 l’embauche de 113 000 jeunes. La grande majorité a été recrutée par le secteur non marchand: associations et collectivités.

Partager le travail: un tabou idéologique Dans ce contexte, la diminution du temps de travail constitue «la politique en faveur de l’emploi la plus efficace et la moins coûteuse qui ait été conduite depuis les années 1970», concluait la députée dans son rapport, tout en évo- quant l’horizon des 32 heures. Un bilan que la CGT n’est pas loin de partager. Pour Moham- med Oussedik, «la réduction du temps de travail n’est pas seulement un objectif sociétal. Les 35 heures ont eu un effet positif sur la création d’emplois. Et, cerise sur le gâteau, cela a permis de créer un élan de dialogue social comme jamais vu auparavant.»

«La lutte contre le chômage devrait être une priorité. La réduction du temps de travail est un point essentiel pour y arriver, explique Barbara Romagnan à Basta!. On peut ne pas être d’accord, mais ce qui me surprend, c’est que presque personne n’en parle!» déplore l’élue. Un blocage qui profite de certains effets négatifs liés à l’application des 35h. «Pour beaucoup de gens, c’est allé de pair avec un durcissement des cadences de travail. (…)

Pourtant, des centaines d’entreprises françaises sont déjà passées aux 32 heures. La possibilité avait été ouverte dès la loi Robien de 1996, adoptée sous un gouvernement… de droite. Elle a ensuite été reprise par les lois Aubry. La mutuelle Macif est l’une de ces entreprises qui est même passée à 31 heures 30. C’était en 2000. (…)

Les Français travaillent plus que les Allemands ou les Scandinaves Les entreprises comme la Macif font figure d’exception. Même si les think tanks néolibéraux ou patronaux se plaisent à dire le contraire, le temps de travail effectif moyen de France est loin d’être le plus faible d’Europe. (…)« La durée de travail effective des salariés à temps complet est de 1661 heures en France, soit 239 heures de moins que les Britanniques, 186 heures de moins que les Allemands et 120 heures de moins que les Italiens », déplorait l’Ifrap. Mais le calcul faisait totalement l’impasse sur les salariés à temps partiel. Qui sont à 80 % des femmes.

Si l’institut Coe-Rexecode avait pris en compte les temps partiels, qui concernent en France près d’un tiers des femmes salariées, et près de la moitié en Allemagne, il serait arrivé à un temps de travail effectif moyen d’environ 35,6 heures par semaine dans l’Hexa- gone, contre 35,3 heures en Allemagne, et encore moins en Scandinavie et aux Pays-Bas  [5]. Le temps de travail effectif n’est donc pas inférieur à celui des Allemands. Il y est aussi un peu moins inégalitaire, avec une moyenne de 40 heures par semaine pour les hommes et 34 heures pour les femmes, soit six heures d’écart [6]. Chez notre voisin allemand, qui fait tant rêver les conservateurs, cet écart entre hommes et femmes est de neuf heures. Une différence qui se répercute ensuite sur le niveau des retraites.

Le fantasme patronal d’une Allemagne où les 35 heures feraient crier au scandale et à l’aberration économique ne tient pas. La semaine de 35 heures existe aussi outre-Rhin, dans certaines conventions collectives. Et depuis plus longtemps que chez nous. Elle a été adoptée pour les secteurs de la métallurgie et de l’industrie du livre en 1995, soit trois ans avant la première loi Aubry. Le temps de travail légal est aussi de 35 heures dans l’industrie du bois et du plastique, et de 34 heures par semaine dans les Télécoms [7].

Le grand constructeur automobile Volkswagen a même mis en place une semaine de 28,8 heures dès 1993, avant de revenir partiellement sur cette diminution il y a quelques années. Aujourd’hui, le temps de travail chez Volkswagen varie entre 25 et 35 heures par semaine. Une réalité soigneusement oubliée par les tenants ici du «modèle» allemand. Patronat, et éditorialistes, français évitent aussi de se faire l’écho des débats sur le temps de travail qui agitent régulièrement l’Allemagne. L’actuelle ministre (sociale-démocrate) de la Famille a ainsi lancé des discussions sur la mise en place d’une semaine de travail à temps plein de 32 heures pour les jeunes parents, sans perte de salaire. (…) Par Rachel Knaebel 3 septembre  (Extraits)

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03 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

inde, 150 millions de salariés en grève paralysent le pays (ci)

india

Dix centrales syndicales ont appelé à des manifestations dans tout le pays pour dire “non” à la réforme du droit du travail annoncée par le gouvernement Modi.

L’appel à la grève générale lancé par dix centrales syndicales a été très largement suivi en Inde mercredi 2 septembre. Quelque 150 millions de salariés ne sont pas allés travailler, avancent les organisateurs de ce mouvement destiné à dénoncer la réforme du droit du travail annoncée par le gouvernement Modi.

Seuls “le Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), proche du parti au pouvoir, et le National Front of Indian Trade Unions (NFITU) n’ont pas pris part à la grève”, relève l’Hindustan Times, qui précise que les secteurs les plus touchés sont “les transports et la banque”.

Selon The Economic Times, la mobilisation dans l’énergie et la logistique “produit elle aussi un effet sismique sur l’économie du pays” et le coût de cette journée pourrait s’élever à “250 milliards de roupies” (3,3 milliards d’euros), d’après une estimation de l’association patro- nale Assocham.

Le quotidien Mint s’étonne quant à lui que le ministre du Travail, Bandaru Dattatreya, se soit envolé le jour même pour la Turquie pour assister à une réunion du G20. “Cela montre l’état d’esprit du gouvernement, ce dernier est totalement indifférent à la grève”, s’insurge le leader du All India Trade Union Congress, syndicat affilié au Parti communiste d’Inde. Publié le 02/09/2015

Faire travailler les enfants sera plus facile

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/inde-150-millions-de-salaries

Lire aussi:

http://www.humanite.fr/linde-au-rythme-de-la-greve-generale

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