Archive | Syndicalisme

11 février 2014 ~ 0 Commentaire

Il faut soutenir la grève des postiers de rueil et du 92

la poste

Une grève offensive
La grève reconductible de Rueil-Malmaison est partie pour défendre une collègue précaire, dont la direction refusait le renouvellement du contrat d’insertion. La revendication de départ était pour le moins minimaliste : renouveler son CDD, pour lui permettre ensuite de signer un contrat de professionnalisation. Pour autant, les direction locale et départementale en ont fait une question de principe : « Vous n’empiéterez pas sur notre sacro-saint pouvoir de direction ». La grève a dès le début été « ultra majoritaire » avec un taux de grève entre 80% et 90% depuis le 29 janvier.
 
Une grève qui fait le lien entre chômeurs et travailleurs
La détermination des collègues a même permis de donner confiance à d’autres salariés privés d’emploi qui étaient récemment passés par le bureau de poste de Rueil. Cette confiance s’est retranscrite par une participation active à la grève. Transformant la revendication individuelle autour d’un agent à une revendication collective autour de quatre ex-agents. Ce qui est donc demandé aujourd’hui, c’est l’embauche au sens large des précaires.
 
Une grève exemplaire à plus d’un titre
Il s’agit donc à une petite échelle d’une grève exemplaire : à la fois offensive, car les collègues de Rueil ne défendent pas des acquis (nombre de tournées, repos de cycle ou organisation du travail) et par ce qu’ils mènent une lutte conjointe dans l’action entre des travailleurs avec ou sans emploi. Cette grève met par ailleurs en lumière le business bien juteux des contrats aidés. La Poste ne paie pas le salaire indirect et peut être subventionnée jusqu’à hauteur de 80% du salaire net.
Par ailleurs, elle perçoit tous les mois entre 230 et 320 euros par tuteur encadrant chaque contrat précaire. On comprend mieux alors pourquoi la direction de La Poste procède au « turn over » de contrats aidés afin de bénéficier de cet argent public sans devoir pour autant embaucher derrière. C’est tout bénef ! Cette grève permet –toujours à une petite échelle- de mettre le doigt sur ces ca- deaux faits au patronat sans contrepartie d’emplois. On voit là de façon concrète la réalité de la politique du « pacte de responsabilité » proposée par Hollande.
 
Comment contribuer à la victoire de cette grève ?
Les Postiers du 92 ont l’habitude des grèves longues, et c’est bien ce scénario d’un conflit sur la durée qui risque de se réaliser une fois de plus. D’autant plus que la direction va sûrement vouloir briser une grève exemplaire et une équipe militante qui s’accroche malgré la répression. Le calcul pour la direction peut être fort simple : tout détruire ! Et cela d’autant plus à l’approche des élections pro- fessionnelles. Pour autant ce pronostic peut aussi se transformer en son contraire et tourner en la faveur des Postiers et postières du 92.
Pour ce faire nous allons tout faire pour stabiliser et élargir la grève. Cela implique d’établir une plateforme revendicative qui permette de se donner des objectifs qui combinent à la fois les préoccupations et réalités locales avec des revendications unifiantes au niveau dépar- temental. Impulser une structuration en comité de grève qui permette de donner une direction à la grève et un maillage plus large. Prendre dès maintenant des contacts avec d’autres départements de la région parisienne pour dans un premier temps populariser notre grève, mais aussi pouvoir envisager dans un second temps son extension au-delà des frontières du 92.
 
L’argent reste le nerf de la guerre
Une caisse de grève est mise en place. La Poste ne joue pas avec les jours de grève. Elle procédera chaque 20 du mois à la retenue du maximum de jours de grève jusqu’à ne laisser que le minimum vital sur la paie, soit un peu plus de 400 euros. Tout le monde comprend donc bien ce que cela peut avoir comme conséquence pour les postiers. Tout ce qui ira dans le sens de motions de soutien, de chèques et virements de solidarité seront donc les bienvenus.
Nous nous donnons l’objectif de collecter 15000 euros d’ici le 20 février, afin de maintenir une partie des salaires. Les collègues organiseront bien sûr une fête de soutien au postiers en grève pour collecter des fonds. La participation la plus large est souhaitée ainsi que la popularisation de ce type d’initiative dans nos réseaux respectifs. Ne pas hésiter à relayer le facebook du syndicat : « Sudposte Hauts de seine »

Donc tous à vos claviers pour les motions de soutien et à vos chèquiers pour la caisse de grève.

Chèques à l’ordre de Sud Poste 92
51 rue Jean Bonal
92250 La Garenne Colombes
(avec la mention solidarité grève au dos du chèque)

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10 février 2014 ~ 0 Commentaire

Vigo, répression syndicale

Vigo, dimanche 9 février, contre la condamnation à trois ans de prison ferme, pour participation à un piquet de grève en 2008:  « Indulto », amnistie!

Source: http://www.diarioliberdade.org/

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05 février 2014 ~ 0 Commentaire

Brest, le 6 février la cgt appelle à manifester (of)

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Jeudi 6 février, l’appel du syndicat sera national. A Brest, le rassemblement se fera devant Jabil, touchée par un plan de licenciements.

Jeudi 6 février, au niveau national, la CGT appelle à manifester contre la politique du gouvernement actuel, jugée trop favorable aux chefs d’entreprises. « Des cadeaux au patronat sans contrepartie, dénonce Olivier Le Pichon, secrétaire de l’Union locale CGT du pays de Brest. Pour sortir de la crise, il faudrait plutôt augmenter les salaires et recréer de l’emploi. Il est temps que les salariés se mobilisent !  »

À Brest, à 11h, par solidarité, un rassemblement est prévu devant l’entreprise Jabil, touchée par un nouveau plan de licenciements (97). « On peut s’étonner que, depuis des années, il n’y ait pas eu de politique plus offensive pour anticiper sur les éventuels licenciements. On a besoin d’industries à Brest.  » Olivier Le Pichon rappelle qu’il y a 18 286 chômeurs dans le Pays de Brest. Brest 03 Février

http://www.ouest-france.fr/le-6-fevrier-brest-la-cgt-appelle-manifester-1903793

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02 février 2014 ~ 0 Commentaire

Solidarité jabil!

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Jabil : les salariés en colère investissent la mairie de Brest (cb)

90 personnes manifestaient jeudi 30 janvier. Elles ont engagé le dialogue avec le vice-président de BMO chargé de l’économie et le directeur de cabinet du maire.

Le vice président de BMO chargé de l’économie et le directeur de cabinet du maire ont écouté pendant près d’une heure les revendications des salariés de Jabil Brest, et des syndicats (FO, CGT). Ils ont annoncé une réunion vendredi 31 janvier en présence du maire.
« Vous vous fichez de nous, pensez-vous réellement que cette entreprise existera encore dans les années à venir ? » a martelé une salariée. « Il faut que la mairie nous soutienne pour que la situation redevienne normale parce que là, elle ne l’est pas. » Jeudi 30 janvier, quelque 90 salariés de Jabil Brest (fabricant de circuits électroniques) et les syndicats (FO, CGT) ont manifesté leur colère pendant près d’une heure dans le hall d’accueil de la mairie de Brest. L’objet de leur colère, c’est l’annonce faite vendredi 10 janvier d’un nouveau plan de suppression de 97 postes sur le site Jabil Brest. Un véritable coup dur pour cette entreprise qui a employé jusqu’à 1 000 salariés par le passé . À défaut de pouvoir sauver ces emplois, les syndicats espèrent limiter au maximum les dégâts…

« Nous suivons de près le dossier Jabil »

Face aux manifestants, le directeur de cabinet du maire Marc Mathieu et le vice-président de BMO chargé de l’économie, Fabrice Huret, étaient tous deux quelque peu décontenancés. « Pour discuter, il faut que nous ayons tous les éléments en notre possession, mais c’est vous qui les avez », a affirmé Marc Mathieu. « Malgré tout c’est un dossier que nous connaissons et que nous suivons de près. Nous sommes au courant que vous êtes très dépendants de la société Alcatel. Nous savons tout cela », a renchérit Fabrice Huret, vice président de Brest Métropole Océane. Ce que reprochent surtout les salariés et les syndicats aujourd’hui, c’est la certaine passivité dont a fait preuve, selon eux, la Municipalité. « Nous voulons que le maire nous apporte son soutien par écrit, et fasse pression sur la direction de Jabil pour limiter au maximum les suppressions de postes, a soutenu Thierry Milin, chef des délégués de la CGT. Nous n’avons jamais eu de communiqué présentant le soutien des collectivités locales. »

« Un ras-le-bol général »

Pour ces employés menacés de chômage, l’heure n’est pas vraiment à la détente. « C’est un ras-le-bol général que nous exprimons, a glissé l’un d’entre eux. L’entreprise ne sera jamais fiable avec seulement 20 ouvriers de production, il faut arrêter de se leurrer...  »  Une réunion aura lieu à la mairie vendredi 31 janvier à 16 h. Une poignée de salariés épaulés par les syndicats rencontreront le maire François Cuillandre pour exprimer leurs revendications. Franck Martin Dernière mise à jour : 30/01/2014 à 15:49

http://www.cotebrest.fr/2014/01/30/jabil-les-salaries-en-colere-investissent-la-mairie-de-brest/

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26 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Schneider électric: l’usine bloquée, la cgt obligée de suivre!

Ladies_tailors_strikers Piquet de grève 1910

Depuis le début du mois, la pression monte dans les ateliers de l’usine de Petit-Quevilly qui à la fin de la procédure ne comptera plus que 86 personnes sur 311.

Les salariés se plaignent de l’immobilisme syndical.

Pour répondre à cette fronde, CGT et CGC ont organisé un rassemblement de 120 personnes devant la préfecture, puis une montée au siège social de Schneider Electric à Rueil-Malmaison (92). Sur place, très vite les grilles d’entrée ont sauté et le hall a été envahi par 150 salariés, avec percussions improvisées et trompettes de stade. Quatre heures de bruits pour ne rien obtenir… Colère et déception.

Au retour sur le site, nouvelle déception: les syndicats n’ont pas discuté d’actions pour le lendemain. Les salariés rentrent chez eux dépités et en colère. Surprise le lendemain matin : sans consignes syndicales, au retour de Rueil, un groupe de filles a organisé le blocage de l’entrée du site par téléphone. Un grand feu est allumé, des barbecues fabriqués.

Les femmes en pointe de la mobilisation La CGC se désolidarise du mouvement, la CGT est contrainte de participer. Pendant deux jours, l’usine est bloquée, les femmes étant à la pointe de la conduite du mouvement. En l’absence d’avancées, de plus en plus de voix, surtout de filles, se plaignent de la passivité des élus CGT, de leur absence de perspectives. Face à cela, la CGT concède l’ouverture de la conduite de la lutte à deux filles extérieures aux négociations.

*
Devant des propositions de la direction considérées comme largement insuffisantes par celles et ceux qui vont être mutés ou licenciés et la criante absence de perspectives syndicales, le délégué syndical CGT est interpellé et un débat s’instaure autour du barbecue puis en AG entre celles et ceux qui veulent durcir le mouvement et ceux qui prônent l’attente. Des actions sont retenues pour contraindre la direction à revoir sa copie. La direction contactée considère les négociations comme terminées.

*
Vendredi 17 janvier, les salariéEs ont envahi le bureau du directeur. Ils l’ont relâché vers 12h30 contre l’engagement de rouvrir, puis de suspendre le CE, sans garantie de négociations à venir. « Cela ne dépend plus de lui, mais de la DG… ». Le soir même, une cinquantaine d’ouvrierEs, avec la CGT, se sont invitéEs aux vœux du maire de Petit-Quevilly. Il a peu apprécié… D’autres initiatives sont prévues la semaine prochaine. À suivre.

Correspondant Hebdo L’Anticapitaliste – 226 (23/01/2014)

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24 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Manifestations: dans la rue contre le gouvernement du medef

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«  On a le sentiment que le Premier ministre, c’est Pierre Gattaz et les ministres chargés de cette nouvelle gestion de la France sont des employeurs…

C’est la première fois dans notre histoire qu’un président de gauche touche au socle du financement de la protection sociale issu du Conseil national de la Résistance. Pour François Hollande, le travail ne peut plus payer le hors travail »… C’est Thierry Lepaon qui le dit.

Cette déclaration du secrétaire de la CGT dans une interview au journal le Monde du 20 janvier pourrait passer pour une déclaration de guerre. Mais quelques lignes plus loin, il réajuste le tir : « Pour la CGT, la nation doit aider les entreprises qui en ont besoin… Dire à des électeurs de gauche qu’ils ont cru voter pour un Hollande de gauche et qu’ils ont un Hollande de droite, cela conduit à des impasses ».

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Question forces politiques, Mélenchon et le Parti de gauche claironnent toujours plus fort qu’il faut s’opposer au gouvernement… tout en affichant un rabibochage avec Pierre Laurent dont le parti se prépare à faire liste commune et soutenir le Parti socialiste et ses alliés dans les élections municipales.

On reste sur sa faim Dans les faits, pas vraiment de proposition de mobilisation. Côté syndical, après la calamiteuse séquence bretonne, on reste plus que sur notre faim. En premier lieu avec la déclaration intersyndicale (CFDT, CGT,  FSU, UNSA) qui se contente d’exiger de discuter des contre-parties aux cadeaux faits au patronat, et surtout ne propose aucune échéance de mobilisation.

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Au niveau politique, il y a bien l’appel à la manifestation unitaire du 8 février, centré sur la hausse de la TVA et les questions fiscales, mais sans élargissement à la dénonciation de l’ensemble de la poli- tique du gouvernement PS-Medef. Le NPA ne l’a pas signé, mais sera bien présent à cette mani- festation. Enfin, il reste comme échéance rapprochée la journée de mobilisation initiée par la CGT le jeudi 6 février. Mais comment sortir du brouillage des discours confédéraux sur le positionnement face au gouvernement et l’acceptation du dialogue social ?

À Marseille, d’autres pistes… Les équipes militantes des Bouches-du-Rhône tentent de prendre ces questions un peu différemment. La direction de l’Union départementale CGT 13 avait décidé de ne pas attendre la date nationale du 6 février pour mobiliser les salariéEs des entreprises en difficulté et les militantEs qui piaffaient d’impatience. Après plusieurs initiatives ponctuelles avec ces équipes, l’occupation de la mairie des 1er/7e arrondissements de Patrick Menucci, candidat socialiste à la mairie, ou les états généraux de la santé, la CGT 13 avait arrêté la date du samedi 18 janvier pour une manifestation contre l’austérité. Une réunion à la Bourse du travail s’est tenue le 8 janvier avec toutes les organisations politiques (sauf le PS) et associatives, pour préparer la manifestation. Le NPA y était invité, comme pour la cérémonie des vœux de la CGT 13. Pas de déclaration unitaire mais un tract avec en-tête commun et liste des appelants. Chaque organisation développait son message et ses mots d’ordre dans une conférence de presse commune.

En vedette, les salariéEs en lutte Samedi 18 janvier, sous une pluie battante, 5 à 6 000 manifestantEs ont donc défilé derrière la banderole de tête, avec des représentants de chaque syndicat et parti. Le temps exécrable avait certes découragé beaucoup de monde, mais l’essentiel était que cette initiative se tienne et surtout, comme l’a souligné Marthe, militante NPA, que ce ne soit qu’une première étape dans la coordination des luttes et dans la contre-offensive. Si Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ont aussi participé à cette manifestation, les véritables « vedettes » en étaient les salariéEs de Fralib, qui, le matin même, avaient encore mené une action « Boycott Unilever », ceux des Moulins Maurel, de Kem One, de la SNCM, de LFoundry… Toutes ces boîtes menacés de fermeture ou de licenciements, et qui refusent de baisser la tête.

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Après ce premier succès de la mobilisation, une rencontre de bilan doit se tenir à l’UD pour décider des suites. Le 6 février, et après ? Marseille : une démarche et des modalités de mo- bilisation, dont vont s’inspirer les responsables nationaux ? Construire la riposte au gouvernement du Medef devra s’appuyer sur les luttes, toutes les luttes : contre les licenciements, les fermetures de sites, les accords compétitivité, les attaques contre la protection sociale.

Hebdo L’Anticapitaliste – 226 (23/01/2014)

Robert Pelletier et Jean-Marie Battini

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24 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Engagement syndical et engagement politique (lcr.be)

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Les élections sont proches. A cette occasion, comme lors de chaque scrutin,  des syndicalistes seront candidats sur les différentes listes en concurrence.

Certains s’en offusqueront, au nom d’une stricte séparation entre « le social » et « le politique ». Comme si l’engagement syndical retirait à ses acteurs leur statut de citoyens, comme si cet engagement se situait en dehors du monde et du réel !  Il est en réalité très sain que des travailleurs et militants syndicaux prolongent leurs combats quotidiens sur le terrain institutionnel. Il n’y a aucune raison que la sollicitation des suffrages des électeurs soit une prérogative exclusive d’avocats, de notaires, d’universitaires ou de politiciens professionnels !

D’autres évoqueront « l’indépendance syndicale »,  comme si  ce principe (essentiel) devait être synonyme d’apolitisme !  Certes, l’autonomie implique qu’une organisation syndicale ne soit  pas  la courroie de transmission d’un parti. Ses prises de position ne peuvent donc être déterminées  par un état major politique quelconque. Mais cette « indépendance » ne signifie  pas le bannissement des discussions  politiques. Comment serait-il d’ailleurs possible que les syndicats  puissent ignorer les confrontations concernant la « vie de la Cité » , alors qu’ils se positionnent quotidiennement sur toutes les matières socio-économiques (emploi, salaires, fiscalité…), ou sur de nombreuses autres « questions de société », qui vont de la défense de l’environnement à la lutte contre le racisme ?

Le mouvement syndical élabore son propre programme,  définit ses propres objectifs et avance ses propres revendications face aux partis politiques, à charge pour ces derniers d’entendre ses exigences. Naturellement, dans le cadre du pluralisme démocratique,  chaque syndicaliste est entièrement libre d’adhérer ou d’appuyer  telle ou telle formation de sa préférence.

Pour autant, il n’y a pas de démocratie politique sans un débat politique, et celui-ci autorise à interpeller chacun sur ses choix. Car on s’étonne parfois de certaines démarches paradoxales.

En effet, comment peut-on, d’une part,  défendre chaque jour les intérêts collectifs des travailleurs et contester fermement les politiques « austéritaires » du gouvernement et, d’autre part, soutenir les partis gouvernementaux qui impulsent ces politiques de régression sociale qui frappent durement le monde du travail ? Serait-il donc légitime de tenir des discours « à géométrie variable » en fonction du type de « casquettes » que l’on endosse à tel ou tel moment ?

Il n’est dès lors pas incongru  de questionner la cohérence des engagements des uns ou des autres.

Concrètement :

  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, combattre la politique socialement régressive d’un gouvernement  en participant à des manifestations de masse ou à des grèves générales et, dans le même temps, soutenir cette même coalition gouvernementale ou des partis qui la composent !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, défendre le secteur public et, simultanément,  soutenir politiquement des partis favorables aux privatisations des entreprises publiques !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, défendre le système d’indexation des salaires et, simultanément, soutenir politiquement des partis qui le remettent en question !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, défendre la sécurité sociale et, simultanément, soutenir politiquement des partis qui souhaitent son démantèlement !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, défendre la nécessité d’un impôt sur la fortune et, simultanément, soutenir politiquement des partis qui ne veulent pas en entendre parler !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, défendre l’urgence d’une lutte radicale contre la fraude fiscale et, simultanément, soutenir politiquement des partis qui n’en ont que faire !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, défendre l’emploi et, simultanément, soutenir politiquement des partis qui organisent la chasse aux chômeurs et imposent une dégressivité accrue de leurs allocations !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, défendre les libertés syndicales et, simultanément, soutenir politiquement des partis qui veulent instaurer le service minimum, interdire les piquets de grève ou imposer la personnalité juridique aux syndicats !
  • On ne peut pas, en tant que syndicaliste, combattre le racisme et, simultanément, soutenir politiquement des partis qui propagent la haine et la xénophobie !

Ou plutôt, si, «on peut »!  Et beaucoup ne s’en privent pas. Mais ils fragilisent ainsi leur crédibilité, et peut-être aussi la crédibilité du mouvement syndical, tant les contradictions ici à l’oeuvre sont fortes ! A chacun, naturellement, de prendre ses responsabilités.

Mais il n’est interdit à personne d’éviter des choix qui relèvent de la schizophrénie…

23 janvier 2014 par Alain Van Praet Source : Rouge Ecarlate

http://www.lcr-lagauche.org/engagement-syndical-et-engagement-politique/

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23 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Lepaon au monde: quand le dirigeant de la cgt critique hollande…(lo)

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Tout en le défendant !

Dans une interview au journal Le Monde, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a critiqué la collusion du gouvernement avec le patronat : « On a le sentiment que le Premier ministre, c’est Pierre Gattaz, et les ministres chargés de cette nouvelle gestion de la France sont des employeurs ! », a-t-il déclaré.

Et dans la même interview, le secrétaire général de la CGT dénonce la pseudo-concertation organisée par le gouvernement. On s’attendrait donc à ce que Lepaon conclue à la nécessité de ne pas se prêter à ce jeu et de lutter contre le patronat et le gouvernement qui fait sa politique. Mais non, il affirme aussitôt dans la foulée que son organisation ne pratiquera pas la politique de la chaise vide dans ces pseudo-négociations.

Que peut-il sortir de réunions organisées pour discuter exclusivement sur le terrain du patronat et en l’absence d’un rapport de force favorable aux travailleurs ? Rien, on le sait à l’avance. Ce n’est pas le nombre d’heures passées par les représentants syndicaux à négocier qui peut y changer quelque chose, à moins que la mobilisation des travailleurs à l’échelle du pays change le rapport de force avec le patronat. Mais cela, Lepaon ne l’envisage pas.

Enfin, et ce n’est pas le moins grave, le secrétaire de la CGT déclare qu’il se refuse à mettre un signe d’égalité entre Hollande et Sarkozy : « Jamais je ne mettrai un signe égale. Je sais où cela mène, cela mène au Front national. » Et de poursuivre : « Dire à des électeurs de gauche qu’ils ont cru voter pour un Hollande de gauche et qu’ils ont un Hollande de droite, cela conduit à des impasses. »

Ce qui conduit à l’impasse, ce n’est pourtant pas de dire aux travailleurs ce qui n’est que la stricte vérité, c’est de continuer à leur faire croire qu’il y aurait quelque chose à espérer de ce gouvernement « socialiste ». Pour défendre leurs emplois et leurs conditions de vie, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur leur propre lutte. Quant à favoriser le Front national, ceux qui y contribuent sont ceux qui lui permettent de se présenter comme le seul opposant à la politique des gouvernements, qu’ils se disent de droite ou se prétendent de gauche. Marc RÉMY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=15

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17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Syndicalisme: stratégie(s) perdante(s)

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Le 6 janvier, la CGT, la CFDT, la FSU et l’UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu’elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes.

Mais ces dernières sont divisées sur le nouveau « pacte de responsabilité » de Hollande, rendant ainsi difficile de futures mobilisations unitaires à la hauteur de l’attaque annoncée. Le 25 novembre dernier, à l’initiative de la CGT et de la CFDT, une intersyndicale nationale réunissant six orga- nisations syndicales (CGT, CFDT, UNSA, CFTC, FSU et Solidaires) s’est réunie alors que cela faisait plus de deux ans qu’il n’y avait pas eu d’intersyndicale aussi large (et pourtant  les attaques n’ont pas manqué…).
Suite à cette première réunion, une déclaration commune a vu le jour engageant les organisations signataires à travailler ensemble sur différents sujets (emploi, justice fiscale, pouvoir d’achat, services publics) pour voir si il était possible de porter des revendications communes. Une déclaration non signée par Solidaires puisqu’aucun débat n’était possible sur les questions de mobilisations. Pire, la CFTC, avec l’aval des cinq autres organisations, a  fait retirer du texte initial une phrase qui disait « la responsabilité des syndicats est de mobiliser les salariés »…

Des revendications communes, mais pour faire quoi ? 
Suite à plusieurs réunions, les cinq organisations syndicales indiquent début décembre que « cette démarche de confrontation des analyses vise à parvenir à des propositions communes sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les politiques salariales, la fiscalité et le financement public, les services publics et enfin le plan d’investissement européen proposé par la Confédération européenne des syndicats (CES) ».

*
Au final, seules la CGT, la CFDT, la FSU et l’UNSA se sont mises d’accord sur des revendications communes en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de fiscalité qui seront détaillées dans une déclaration dans les jours qui viennent.

*

La CFTC ne sera pas signataire du texte car pour eux « il y a des divergences entre organisations syndicales », notamment sur la politique familiale. Mais on peut se demander à quoi va servir ce « programme commun  syndical », puisque dès le départ (texte du 25 novembre), les directions des organisations syndicales se sont limitées à un appel « aux responsables économiques et politiques », et non à un appel pour construire la confrontation, à des mobilisations larges contre ce gouvernement.

Divisions face au « pacte de responsabilité »
Dans le même temps, et au risque de brouiller encore plus leur message, les mêmes se retrouvent divisés face au « pacte de responsabilités » proposé par Hollande lors de ses vœux télévisuels. Les directions sont incapable de proposer une réaction unitaire à la hauteur de cette énième future attaque.

*

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, se déclare hostile à un « mano a mano entre le gouvernement et le patronat ». Il veut que les syndicats soient associés aux négociations… à la proposition claire et nette de Hollande de baisse du coût du travail. Il veut des « contreparties d’abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l’embauche des jeunes, le type de contrat » ainsi que sur les salaires et l’investissement. L’UNSA a plus ou moins la même position.

Seules la CGT et FO ont fortement critiqué ce « pacte de responsabilité », Thierry  Lepaon jugeant même que Hollande avait « répondu point par point au programme revendicatif du Medef »… et appelant seul à une manifestation le 6 février prochain.

*
Il faut être clair : la baisse du coût du travail n’est pas négociable. Pour être à la hauteur, il est nécessaire de préparer la mobilisation la plus unitaire et large possible, en n’ayant pas peur de se confronter réellement à ce gouvernement. L’absence de stratégie de lutte des directions syndicales pèse aujourd’hui lourdement sur la situation, mais pèsera également demain sur l’avenir du syndicalisme.

Hebdo L’Anticapitaliste – 225 (16/01/2014) Sandra Demarcq

http://npa2009.org/content/syndicalisme-strat%C3%A9gies-perdantes

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10 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

quand le gouvernement bricole avec le repos dominical

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Encore un cadeau pour les patrons…

Le 31 décembre (!) est paru un décret autorisant, au plus tard jusqu’au 1er juillet 2015, les magasins de bricolage à ouvrir le dimanche.

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Ce décret scélérat est le premier avatar du rapport Bailly sur le travail dominical remis au Premier ministre le 2 décembre dernier. Les ministres du Commerce et du Travail assurent eux le service après-vente en mettant en avant les « engagements » obtenus de la part de la fédération des magasins de bricolage sur le nombre de magasins concernés, ainsi qu’en matière de volontariat des salariéEs et de contreparties salariales…

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Franchement, qui peut croire que ce décret transitoire n’aura pas force de loi d’ici cette date ? Plus encore, alors que son champ d’application est national, pourquoi des magasins qui n’é- taient pas déjà ouverts le dimanche ou seulement le matin s’interdiraient désormais de le faire ? Enfin, le doublement du salaire ce jour-là, promis par les employeurs, s’appliquera-il bien à l’en- semble des salariéEs en dehors de ceux des ­mastodontes du secteur ?

Pour une riposte unitaire La CGT, majoritaire dans la branche, FO et Solidaires ne décolèrent pas contre cette mesure qui constitue, en outre, un blanc-seing donné aux enseignes du commerce qui voudraient, à leur tour, passer outre le repos dominical. Sans surprise, la CFDT privilégie, elle, la négociation qui s’ouvre le 9 janvier au sujet des compensations à ce dernier.

*
La partie n’est cependant pas finie : CGT et Solidaires développent leur campagne inter- professionnelle contre l’extension des horaires d’ouverture. FO et d’autres organisations comptent aller en justice contre le dit décret qui bafoue la convention 106 de l’OIT sur le repos hebdomadaire ratifiée par la France.

*
Il est vraiment temps que s’engage une campagne unitaire pour mettre en échec cette régression sociale car, après le dimanche, ce sera nos nuits et nos jours fériés ! LD

Hebdo L’Anticapitaliste – 224 (09/01/2014)

http://npa2009.org/content/travail-quand-le-gouvernement-bricole-avec-le-repos-dominical

Note: C’est du breton: « Travail du dimanche: travail nul! » (et sul se prononce « zul »).

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