Archive | Syndicalisme

19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

profs polonais (courrier inter)

pologne

Sous-payés, les profs polonais désertent l’école

Découragés par le manque de considération des pouvoirs publics et d’une part importante des parents d’élèves, de nombreux enseignants polonais ne reprendront pas le chemin de l’école en septembre et se tournent vers des métiers qui pourront leur assurer un revenu décent.

En Pologne, pour de nombreux enseignants, ce mois de juin ne marque pas seulement la fin de l’année scolaire, mais leur divorce définitif avec l’école publique. “La liste des causes de leur découragement est longue”, explique le quotidien Gazeta Wyborcza : “chaos consécutif à la réforme de l’éducation, changements permanents, fatigue liée à la nécessité de courir entre plusieurs établissements et, dernièrement, la grève qui n’a pas apporté d’augmentation.”

En avril, malgré un débrayage de trois semaines suivi par plusieurs centaines de milliers d’enseignants et la moitié des écoles du pays, le gouvernement avait refusé d’accorder la revalorisation salariale de 30 % demandée par deux des trois syndicats de la profession, et, à l’usure, il avait convaincu les grévistes de reprendre le travail.

Cette victoire politique a toutefois pour conséquence de pousser à la démission des enseignants désormais convaincus de l’impossibilité d’améliorer la condition de la profession. D’après les témoignages recueillis par le journal, certains optent donc pour l’émigration, notamment vers le Royaume-Uni, quand d’autres partent en retraite anticipée ou changent de métier, comme Agata. Enseignante d’anglais en lycée depuis douze ans, elle ne reprendra pas les cours en septembre et cherche un nouvel emploi, même peu qualifié.

J’ai travaillé au prix de ma santé et de ma famille pour 2 000 zlotys nets [470 euros par mois, soit 60 euros de plus que le SMIC polonais]. J’étais engagée dans la grève, mais les réactions du gouvernement, de la société et de la direction ont été insupportables. Je dois penser à moi-même”, confie-t-elle.

Gazeta souligne que “dans les grandes villes, le salaire d’un enseignant débutant suffit à peine à payer un loyer, c’est pourquoi les candidats manquent. […] À Varsovie, la capitale, 3 000 postes pourraient être vacants, le plus souvent en école maternelle ou bien pour l’enseignement des mathématiques, de l’anglais et de l’informatique.

En réponse à ce déficit, la mairie a déjà introduit des compléments de salaire versés de son propre budget et vient d’inaugurer un programme de formations gratuites pour les aspirants enseignants.

19/06/2019

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi

Mobilisation. En Pologne, grève massive et illimitée des enseignants (CI)

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18 juin 2019 ~ 0 Commentaire

gael (revolution permanente)

gael

Gaël Quirante interpellé à son domicile :

Une attaque très politique contre le droit de grève

L’interpellation de Gaël Quirante, qui mène une dure grève à La Poste avec 150 autres postiers depuis près de 15 mois, a été une attaque contre l’ensemble des travailleurs et contre tous ceux et celles qui se battent.

L’interpellation de Gaël Quirante, secrétaire départemental de Sud Poste 92, dimanche dernier au petit matin ne relevait pas de la répression antisyndicale habituelle. Il s’est agi d’une attaque profondément politique contre la grève des postiers et postières du 92, qui dure depuis presque 15 mois, mais aussi contre l’ensemble des travailleurs qui résistent contre les plans du patronat.

En effet, contrairement à beaucoup de cas de répression antisyndicale ou des mouvements sociaux, l’interpellation de Gaël Quirante n’a pas eu lieu suite à une action mais elle a lieu à son domicile, avec des policiers armés de béliers pour forcer sa porte en cas de besoin et très tôt le matin. Autrement dit, c’est la justice qui ordonne son arrestation l’accusant de « dégradation de biens publics » (même si par la suite les griefs auraient changé). Et le tout couronné par une garde à vue prolongée.

Rappelons que la dernière fois que nous avions vu des salariés interpellés à leur domicile au petit matin, de façon spectaculaire, c’était lors du cas des cinq salariés d’Air France accusés de séquestration et de violence contre leurs chefs lors de l’annonce d’un plan de licenciements massifs. C’est-à-dire une affaire où l’Etat voulait en faire un exemple et taper fort contre des expressions radicales de la colère ouvrière contre le cynisme patronal.

Dans le cas de Gaël, la veille de son arrestation, lui, ses collègues grévistes et leurs soutiens avaient été expulsés brutalement du siège de La Poste qu’ils occupaient. Les images des policiers en train de détruire sauvagement la porte d’une salle où s’étaient réfugiés les grévistes ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux.

Dans le cadre de la très dure grève à La Poste 92, l’arrestation de Gaël Quirante visait à renforcer l’offensive de la direction qui cherche à infliger une défaite humiliante aux grévistes. Alors que les grévistes et la direction étaient sur le point de signer un protocole de fin de conflit, cette dernière a estimé plus intéressant de poser un ultimatum inacceptable afin de démoraliser les grévistes et envoyer un message à l’ensemble des travailleurs : nous avancerons avec les réformes anti-ouvrières quoi qu’il arrive et malgré toute résistance.

La victoire de la direction constituerait un petit « coup de pouce » pour le message et la politique globale du gouvernement Macron-Philippe qui entend continuer avec ses réformes antisociales. Cette petite « aide » de la part de la justice ce n’est pas un hasard. Elle l’est d’autant moins quand on se rappelle que Gaël Quirante lui-même a été licencié de La Poste grâce à l’accord du Ministère du travail contre l’avis de l’inspection du travail. Et Gaël n’est pas le seul dans ce cas, ce qui montre que le ministère du travail est dans une dynamique de briser les travailleurs combattifs.

Une justice de classe

Cette attitude brutale de la police et de la justice à l’encontre de grévistes contraste avec le traitement que cette même justice et police réservent à des personnes telles que Benalla ou le clan Balkany. Au même moment se déroule par ailleurs le procès des dirigeants de France Télécom, dont la responsabilité personnelle est, pour la première fois, mise en cause dans les suicides massifs provoqués par des plans de restructuration brutaux et un management agressif ; à la SNCF encore, la répression syndicale s’abat sur les récalcitrants qui refusent de se plier à la casse du service public et aux plans de Macron. Aux services d’urgence encore, le gouvernement envoie les gendarmes pour réquisitionner les paramédicaux en arrêt-maladie, épuisés par leurs conditions de travail.

Et que dire des grands médias nationaux ? On ne trouve pas un mot sur cette arrestation hautement politique contre un syndicaliste et militant politique connu pour ses combats contre les plans de dégradation des conditions de travail à La Poste ou ailleurs.

La répression contre Gaël Quirante aujourd’hui peut avoir des répercussions pour l’ensemble des travailleurs, notamment pour tous ceux et celles qui se battent et qui font grève. En effet, Gaël est un élu syndical mais aussi membre du Comité Exécutif du NPA.

La Poste et le gouvernement le savent et ont décidé de lancer cette offensive contre lui. Que peuvent attendre des travailleurs qui auraient moins de relais syndicaux et/ou politiques ? Que peuvent attendre des travailleurs sans-papiers qui luttent ou des précaires ?

La très large mobilisation a permis sans doute que Gaël soit libéré plus tôt qu’ils n’auraient voulu. Cependant, il faut continuer à se mobiliser pour exiger la libération des autres soutiens détenus, pour soutenir la lutte des postiers du 92 et que leurs revendications soient entendues, pour exiger l’arrêt de toute poursuite contre Gaël et tous les syndicalistes, travailleurs et soutiens réprimés. L’intimidation de La Poste et de la justice contre les postiers et postières du 92 a d’ores et déjà réveillé une large solidarité de la part de plusieurs partis politiques et structures syndicales. Le résultat de cette offensive pourrait bien provoquer le résultat contraire à celui escompté par la direction de La Poste.

Philippe Alcoy lundi 17 juin

https://www.revolutionpermanente.fr/

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18 juin 2019 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (fr3)

Guingamp : la maternité obtient un répit jusqu’en juillet 2020

Face à la forte mobilisation des Guingampais pour sauver leur maternité, sa fermeture prévue a été annulée. En juillet 2020, le débat reviendra sur la table mais pour l’instant, la maternité continue de fonctionner, surtout que le nombre de naissances est correct.

On ne peut pas la rater. Sur le fronton de la médiathèque de Guingamp, une grande fresque affiche les visages des derniers nés dans la maternité de Guingamp. Ils ont tous moins de trois mois sur leurs photos.

L’établissement menace de fermer, comme bon nombres de maternités en France, par manque de naissances. Pourtant, 485 bébés sont nés à Guingamp. Il en faut 500 pour qu’elle soit maintenue.

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507 visages

Pour s’opposer à la décision de l’Agence Régionale de Santé de fermer la maternité le 1er février 2019, les habitants de la ville avaient créé une page Facebook pour se fédérer contre ce projet. Ils avaient multiplié les actions et courriers adressés aux instances en charge de la procédure.

Le projet le plus important est donc la réalisation de cette fresque, inaugurée le 17 juin en fin d’après-midi. Elle représente les visages des 507 derniers nés dans la maternité. Une manière d’humaniser les personnes dépendantes de son existence, et d’affirmer le côté collectif des revendications.

Avec le soutien de Philippe Le Goff, maire de Guingamp, les opposants à la fermeture ont pu montrer leur travail au plus grand nombre en l’installant sur la médiathèque. La municipalité s’est mobilisée pour sauvegarder ce service public. Si elle ferme, les maternités les plus proches sont celles de Lannion et Saint-Brieuc, voire Morlaix et Carhaix-Plouguer.

Corentin Bélard 18/06/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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18 juin 2019 ~ 0 Commentaire

urgences guingamp (cgt)

cgt

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

urgences (dossier npa)

urgences (dossier npa) dans Austérité

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Urgences : l’étincelle ?

Le 6 juin, alors que se terminait, au Sénat, le débat sur la « loi santé », les personnels des services d’urgences, en grève depuis le mois de mars, manifestaient à Paris. Cette journée symbolique résume la situation dans le secteur de la santé. D’un côté, l’offensive d’austérité et de privatisation du gouvernement se poursuit et s’accélère, de l’autre les résistances sociales à cette politique se développent et tentent de se fédérer. Seule leur généralisation, leur coordination, et leur irruption sur le champ politique permettraient de stopper le rouleau compresseur de l’exécutif.

 dans Crise

Urgences : les usagerEs se mobilisent aussi

Entretien. Les comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité sont nombreux sur le territoire et luttent pour la défense de ce service public depuis longtemps

Dossier préparé par la commission nationale Santé Sécu Social du NPA.

https://npa2009.org/

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

grève (question de classes)

orof

Bac 2019 : révise ta grève…

Apprendre à désobéir, petite histoire de la grève enseignante

« L’aboutissement logique et extrême de ces formes d’action réside dans la grève des examens, c’est-à-dire le refus de laisser les examens se tenir et donc d’y exercer la fonction de décerner des notes ou des crédits.

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Si, en dernière analyse, la fonction sociale des enseignants consiste à participer, via les dispositifs d’examens, à la répartition sélective des individus sur le marché du travail, la suspension de l’activité d’évaluation diplômante ou certifiante peut être considérée comme le cœur de leur désolidarisation avec le reste de la société.

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En ce sens, la grève des examens constitue la quintessence de la grève enseignante et c’est sans doute la raison pour laquelle de telles actions de grève vont rarement jusqu’au bout, parce qu’elles mettent effectivement en cause la finalité du travail enseignant dans les sociétés modernes. »

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« Pour une approche sociohistorique de la grève enseignante », André D. Robert et Jeffrey Tyssens, Éducation et société, n° 20, 2007.

L’appel à la grève des examens lancé à partir du lundi 17 juin par une grande partie des syndicats, des organisations lycéennes et différents collectifs enseignants est l’occasion d’un petit retour historique. De 1905 à 2019, en passant par 1927 et 2003, rappel des faits et réflexion sur le sens de la grève des enseignant.es et sur leur fonction sociale…

Aux origines du syndicalisme enseignant

Au début du 20è siècle, rompant avec les Amicales, les premiers syndicalistes enseignant se revendiquent du syndicalisme révolutionnaire et de l’action directe. Pourtant, ils ne comptent pas utiliser la grève comme moyen d’action (1)…

Deux raisons expliquent ce rejet. La première concerne son efficacité dans le système scolaire : les enseignant.es ne « produisant rien » leur mouvement ne saurait paralyser le pays, selon l’idéal de la grève générale :

« La grève des instituteurs est un moyen si faible de pression sur les pouvoirs publics que rien n’en justifierait l’emploi. Est-ce que les classes ne sont pas fermées deux mois chaque année ? La vie nationale n’en est même pas suspendue. » (article du dirigeant syndical Émile Glay, 10 décembre 1905).

La seconde insiste sur le fait que, en cas de grève générale, le rôle des instituteurs et des institutrices est d’être fidèle à leur poste, en classe, auprès des enfants des insurgé.es, pour éviter au plus jeunes de jouer les gavroches sur les barricades mais aussi pour préparer, en classe, la société de demain qui naîtra de la grève générale expropriatrice (voir le chapitre consacré à l’école par Émile Pouget et Émile Pataud dans leur roman « d’anticipation syndicale » Comment nous ferons la révolution).

« En cas de grève générale, nous estimons que le plus grand service que nous puissions rendre à la classe ouvrière ne serait pas de descendre manifester dans la rue. La place des enfants n’est pas au milieu des mouvements ouvriers : ils constituent un danger pour les uns et pour les autres. Dans une période agitée comme celle-là, notre devoir impérieux serait d’être à notre poste, gardant les enfants pour les soustraire aux dangers de la rue. »  Manifeste du syndicat du Morbihan, en 1907.

1920 – Premier recours à la grève

Le premier fait avéré de grève dans l’EN date de 1920 et ne concerne pas directement les questions scolaires puisqu’il s’inscrit dans un cadre interprofessionnel et politique (pour la « socialisation des moyens de production et d’échanges, le respect de la journée de 8 heures, l’amnistie générale des soldats et détenus politiques et la paix avec la Russie »).

Le Conseil fédéral de la CGT invite les instituteurs et institutrices à participer à la grève générale du 1er mai… Face à l’afflux des protestations émanant des AG syndicales, l’appel à la grève est annulé. Seul le syndicat des Bouches-du-Rhône maintient sa consigne de cessation du travail qui est suivie par deux cents instituteurs marseillais. Les grévistes payent un lourd tribu…

1927  la grève des examens

En 1927, dans le 2nd degré, est organisée la première « grève du bac » : « des professeurs de lycées refusent en juin 1927 de participer aux jurys du baccalauréat (ce qui, à l’époque, était facultatif). . Ce mouvement a contribué à démontrer l’importance sociale des professeurs de l’enseignement secondaire, puisqu’à l’époque, le baccalauréat constituait une “porte d’entrée dans la bourgeoisieˮ » (2)… Mais, à l’époque, enseignant.es du primaire et enseignant.es du secondaire appartiennent à deux mondes totalement différent…

Inspirée probablement par cette action, la Fédération unitaire (CGT-U), qui regroupe les enseignant.es du 1er degré, lance un mot d’ordre d’abstention aux commissions d’examens… Soutenu du bout de lèvre par la CGT réformiste (le SN) qui, à quelques jours de l’échéance suspend son appel, ce mouvement de protestation contre la baisse des salaires des fonction-naires échoue. Finalement, l’action se limite à un appel à l’abstention aux conférences péda-gogiques du mois d’octobre – une grève « à rebours » puisque les instituteurs seront invités ce jour-là à faire classe comme d’habitude.

1933 – 30 minutes de grève…

Novembre 1932, dans un contexte de rigueur budgétaire (crise de 1929) un décret-loi annonce que les instituteurs et les institutrices ne font plus partie du cadre des fonctionnaires actifs et ne peuvent donc plus prendre leur retraite à 55 ans. Les salaires sont autoritairement baissés. Le 20 février 1933 a lieu la première grève enseignante : l’arrêt de travail prend la forme d’une rentrée retardée d’une demi-heure l’après-midi. Psychologiquement, pour la profession, c’est une victoire… revendicativement, un échec !

1965, 1968, 2003… Le tabou de la grève des examens

Après guerre, depuis que le droit de grève est reconnu aux fonctionnaires (3), la puissante Fédération de l’Éducation nationale (FEN) cadre les mobilisations qui se limitent à des journées d’action de 24 heures (avec quelques exceptions, comme la grève parisienne de 1947).

Même si, lors du congrès du SNES d’avril 1965, une consultation individuelle des adhérents est organisée sur la poursuite de l’action en cours (à savoir une « grève administrative » contre la mise en place du système des filières ABCDEFG voulue par le ministre de l’Éducation nationale Christian Fouchet). Le mouvement avorte (4)… l’idée est abandonnée. Le mouvement de 68 ne débouche pas, lui non plus, sur une grève du bac, même si celui-ci est particulièrement désorganisé.

En juin 2003, alors que des AG de grévistes se réunissent quotidiennement depuis des semai-nes, voire des mois, la question de la grève le jour du bac est tabou. Dans ce mouvement contre la réforme des retraites mais aussi contre la décentralisation de l’Éducation nationale, les personnels enseignants sont en pointe et très fortement mobilisés.

Mais l’idée de perturber les épreuves du bac est rejetée par une grande majorité des grévistes. Rares sont les villes, comme à Perpignan, où des actions sont conduites pour empêcher la tenue des examens…  Dès lors, l’échec du mouvement de 2003, pour les militant.es les plus radicalisés, sera régulièrement imputé à ce refus d’aller jusqu’au bout . Analyse qui ne fait pas non plus l’unanimité. Par exemple pour Gérard Aschieri, alors secrétaire national de la FSU,

« Une telle décision [la grève du bac] était en rupture avec la culture professionnelle des enseignants qui s’étaient exprimée dans la grève elle-même. » « La grève de 2003, leçon d’un traumatisme », La grève enseignante en quête d’efficacité

17 juin 2019  Un tournant ?
L’ambiance est toute autre en 2019. Sans présager du succès de la mobilisation le 1er jour des épreuves du bac, force est de constater que les plus engagé.es portent de manière radicale et sans état d’âme l’idée que la grève des examens est l’ultime arme qui pourra faire plier le gouvernement. Un tournant dans la représentation (consciente ou inconsciente) que la profession se fait de son rôle d’agent de tri social.

Grégory Chambat collectif Questions de classe(s)

(1) Ce n’est certainement pas par respect de la légalité (la loi de 1864, autorisant la grève, ne s’applique pas aux fonctionnaires d’État) : la création de syndicat d’instituteurs et d’institutrices est également illégale, ce qui n’empêche pas les militant.es de braver l’interdiction au prix d’une féroce répression.
(2) René Mouriaux, Le Syndicalisme enseignant en France, Que sais-je ?
(3) Le droit de grève est pleinement reconnu dans la Constitution de 1946 : « Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent », alinéa 7 du préambule.
(4) Voir l’article « Un raté historique du boycott des notes d’examens »
de Claude Lelièvre sur son blog

À lire en complément

François Bernard, Louis Bouët, Maurice Dommanget, Gilles Serret, Le Syndicalisme dans l’enseignement, histoire de la fédération de l’enseignement, des origines à l’unification de 1935.
Max Ferré, Histoire du mouvement syndicaliste révolutionnaire ches les instituteurs, des origines à 1922.
Gérard Mollier, Brève histoire du syndicalisme enseignant et de l’École émancipée des origines à nos jours, EDMP, 204.
Loïc Le Bars, La Fédération unitaire de l’enseignement, 1919-1935. Aux origines du syndicalisme enseignant, Syllepse, 2005.
René Mouriaux, Le Syndicalisme enseignant, Que sais-je ? n° 3068
Laurent Frajerman (dir.), La grève enseignante en quête d’efficacité, Institut de recherche FSU, IRHSES, Syllepse.

« Pour une approche sociohistorique de la grève enseignante », André D. Robert et Jeffrey Tyssens, Éducation et société, n° 20, 2007.
« Le syndicalisme enseignant du primaire et la grève en France : une difficile appropriation (1905-1934) », Loïc Le Bars, Éducation et société, n° 20, 2007

16 juin 2019  Collectif Q2C

https://www.questionsdeclasses.org/

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

libérez gael ! (npa)

gael

Gaël a passé la nuit en garde à vue.
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Toutes les motions, communiqués ou expressions publiques de soutien sont évidemment les bienvenus (organisations syndicales, politiques… voir nouvel exemple). Le succès du rassemblement de soutien de demain sera évidemment déterminant pour celles et ceux qui seront sur la région parisienne.
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Gaël et ses 150 collègues en grève depuis bientôt 15 mois ont engagé un bras de fer avec la direction de La Poste, qui dépense tant et plus en huissiers et vigiles pour anéantir cette grève plutôt que de signer un protocole de fin de conflit : 10 millions d’euros ont été dépensés par La Poste pour tenter d’écraser les grévistes… en vain !

Voilà pourquoi P. Wahl le PDG de La Poste et tous ses valets font appel à l’Etat et en l’occurrence à son bras armé la police pour arbitrer un conflit du travail.

Gaël n’a pas été le seul inquiété : les policiers se sont également présentés au domicile d’un deuxième gréviste, et à celui d’un journaliste indépendant, présent sur les lieux au Siège nationale de La Poste vendredi lors de l’évacuation des grévistes qui exigeaient des négociations!

Après plusieurs semaines de négociations, alors qu’un accord était à portée de main, La Poste a choisi mardi dernier d’imposer un ultimatum aux grévistes, en menaçant d’annuler toutes les avancées négociées jusqu’ici, et en voulant imposer la possibilité de sanctionner tous les grévistes et leurs représentants après la grève.

La colère qui nous anime ce soir n’a d’équivalent que notre détermination à faire libérer Gaël ET à gagner cette grève historique.

Gaël, dès demain, tes collègues, tes camarades, toutes et tous les soutiens, tes amiEs seront sur le pied de guerre.

Nous exigeons la libération immédiate de Gaël et l’abandon de toutes les poursuites !

12h30 lundi 17 juin, devant la Sûreté territoriale, 3 rue Riquet 19ème Paris.

(Gael a été libéré à 13H)

Lire aussi:

L’État doit libérer Gaël Quirante, et La Poste céder aux revendications des grévistes du 92 ! (NPA)

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16 juin 2019 ~ 0 Commentaire

gael (npa)

gael

Notre camarade Gaël Quirante interpellé ce matin.

Nous exigeons sa libération immédiat

Aujourd’hui, au petit matin, notre camarade Gaël Quirante, membre du comité exécutif du NPA, a été interpellé et placé en garde à vue. D’après les informations que nous avons, cette arrestation serait liée « à ses activités » d’animateur d’une grève de plus de 14 mois à la poste des Hauts-de-Seine.

Une fois de plus, la police réprime les grévistes pour le compte de la Poste. Une fois de plus, la police montre son vrai visage : un bras armé au service du capital.

Le NPA exige la libération immédiate de notre camarade. Si la direction de la Poste croit pouvoir éviter les négociations et faire plier les grévistes et leurs soutiens en employant la répression la plus brutale, elle se fourre complètement le doigt dans l’œil.

Un rassemblement de solidarité est organisé ce dimanche à 12h devant la Sureté territoriale, 3-5 rue Riquet, Paris 19 (métro Riquet).

Montreuil le dimanche 16 juin 2019 Communiqué du NPA.

https://npa2009.org/

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15 juin 2019 ~ 0 Commentaire

profs (l’humanité)

Ben Hur, Photo 4

La précarité grandit chez les professeurs

Le dernier bilan social publié la semaine dernière par le ministère de l’Éducation nationale montre une forte hausse du nombre d’enseignants contractuels et des démissions…

Jean-Michel Blanquer va devoir ramer pour faire avaler ses éléments de langage sur « l’école de la confiance ». Loin des filouteries de communication, le récent bilan social de l’éducation nationale, publié le 4 juin, livre un regard implacable sur le phénomène de précarisation des enseignants, à l’œuvre depuis une décennie. Publié par le ministère, l’épais document de 300 pages donne un panorama précis de la situation des personnels sur l’année 2017-2018. Et confirme, notamment, une tendance inquiétante : l’explosion du nombre de professeurs contractuels au détriment des titulaires.

Les chiffres sont sans appel. En 2008, ces enseignants, pour la plupart en CDD d’un an (reconductible six fois…), souvent à temps partiel contraint, étaient 24 282 dans les collèges et lycées. À peine dix ans plus tard, on en recense presque 40 000. Longtemps épargnée, l’école primaire suit le même chemin, et compte actuellement plus de 4 000 contractuels. Au total, cette catégorie de personnels précaires représente 8 % des 758 500 enseignants du public, contre 5 % en 2008. À l’inverse, le nombre de professeurs titulaires recule, avec 377 postes qui se sont envolés entre 2016 et 2018… Cherchez l’erreur.

Officiellement, ce recours aux contractuels, notamment dans le second degré, permet de pallier la crise de recrutements qui frappe depuis plusieurs années le métier d’enseignant, sous-payé et régulièrement discrédité par certains discours politiques. Il est aussi, et surtout, parfaitement raccord avec les orientations du gouvernement, dont le projet de loi sur la fonction publique vise à démultiplier ce type de contrats. « Il s’agit clairement de l’inscrire comme une modalité ordinaire de recrutement d’agents publics en concurrence avec l’emploi titulaire », s’inquiète le Snes-FSU, principale organisation du secondaire.

C’est déjà une réalité pour les quelque 230 000 personnels non enseignants de l’éducation nationale, dont plus de la moitié (54 %) sont des non-titulaires. Mais également dans l’enseignement agricole, qui compte environ 12 000 enseignants, dont la moitié de contractuels, souvent payés sur les budgets des établissements. Une situation qui, en général, entraîne un turnover permanent et lassant pour les équipes éducatives. Un modèle pour Jean-Michel Blanquer ?

Au passage, ce dernier devrait également s’arrêter sur l’autre point noir de ce bilan social : la hausse constante des démissions d’enseignants. Dans le primaire, le ministère en a recensé 861 l’an passé, contre 322 en 2011. Sur la même période, dans le second degré, ce chiffre est passé de 447 à 538. Vous avez dit « confiance » ?

Laurent Mouloud L’Humanité, 14 juin 2019

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14 juin 2019 ~ 0 Commentaire

brésil (france-info al)

CSP Conlutas est proche de Solidaires

Le Brésil se prépare à la grève générale contre Jaïr Bolsonaro

Le Brésil pourrait être en grande partie paralysé, vendredi, en raison d’un appel à la grève générale contre la réforme des retraites initiée par le président d’extrême droite Jaïr Bolsonaro.

Jaïr Bolsonaro dans la tourmente.

L’économie du plus grand pays d’Amérique du Sud (210 millions d’habitants) pourrait bien être à l’arrêt, vendredi 14 juin. La grève s’annonce particulièrement suivie dans les transports et la quasi-totalité des syndicats appellent à cesser le travail. Il faut donc s’attendre à de fortes perturbations dans plusieurs centaines de villes et d’agglomérations. Par exemple, à Sao Paulo, la capitale économique, il pourrait n’y avoir quasiment aucun bus, aucun métro et aucun train de banlieue.

Les chauffeurs routiers, qui sont également mobilisés et qui pourraient bloquer des routes, représentent un lobby très important au Brésil : 700 000 chauffeurs ! Leur fédération syndicale a voté la grève. Il faut aussi s’attendre à des perturbations dans les aéroports et dans les ports, en particulier celui de Santos qui est le plus grand du continent. En résumé, tout semble annoncer une démonstration de force des syndicats.

La réforme des retraites pour tout le monde sauf les militaires

La réforme des retraites est le sujet au centre de toutes les préoccupations. Sur le papier, rien de très original : comme de nombreux autres pays, le Brésil est confronté à un déficit très important et il est au bord de l’asphyxie financière. La priorité est donc de faire rentrer de l’argent dans les caisses, près de 300 milliards d’euros sur 10 ans. Le gouvernement entend donc repousser l’âge de départ à la retraite : 65 ans pour les hommes, 62 ans pour les femmes. De plus, l’État brésilien veut imposer une durée minimale de cotisations de 40 ans et supprimer certaines niches fiscales, par exemple celle des députés, dont la retraite est confortable.

Le débat parlementaire a débuté en février et le vote final est prévu début juillet. Il faut une majorité des 3/5e pour que le texte soit adopté. Les syndicats, quant à eux, estiment que ce sont les plus pauvres qui vont payer les pots cassés de la réforme. De son côté, le président brésilien, Jaïr Bolsonaro, est embarrassé par la situation politique, car il a bâti son succès électoral, en partie, sur le vote des retraités. Il a donc déjà désavoué, en partie, son ministre de l’économie, artisan de la réforme et il en a aussi profité pour exclure tous les militaires du champ d’application du texte. Pour rappel, Jaïr Bolsonaro est très lié à l’armée. Par exemple, son vice-président est un militaire de carrière.

Les attaques répétées contre l’Université et la recherche

Tout cela crée de la confusion, à l’image de ces six premiers mois de présidence d’extrême droite. Le mouvement de demain pourrait d’ailleurs agréger d’autres colères et d’autres protestations : chez les enseignants et des étudiants, par exemple.

C’est la première cible de Jaïr Bolsonaro et il n’y a va pas de main morte : coupes budgétaires pour les universités (jusqu’à 30% pour certains d’entre elles), limitation drastique des bourses d’étude, volonté de suppression des filières de sociologie et de philosophie, qui sont, selon lui, des « fabriques marxistes« .

Il y a un mois déjà, un million et demi de personnes ont manifesté pour s’opposer contre ces attaques en règle contre l’université et la recherche. De nombreux campus restent bloqués aujourd’hui encore et enfin il y a aussi la colère des populations indiennes qui voient leurs droits remis en cause .Tout cela fait du Brésil de Bolsonaro un baril de poudre.

13/06/2019

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