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11 mai 2015 ~ 0 Commentaire

guéret, le 13 juin

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11 mai 2015 ~ 0 Commentaire

risques toxiques: comment les cancers des ouvriers sont occultés par les industriels (basta)

une-volonté-clairement-affichée

Corruption de la science

Souvent convoquée pour énoncer des vérités indiscutables, la science n’est pas neutre.

Depuis 50 ans, elle participe même activement au développement incontrôlé des risques industriels: amiante, nucléaire, pesticides ou perturbateurs endocriniens. C’est ce que révèle le livre La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs., écrit par Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste des questions de santé au travail. Elle y défend aussi une autre conception du travail scientifique, ancré dans la réalité des ouvriers, premières victimes des risques industriels. «En 1984, un ouvrier avait quatre fois plus de risques de mourir d’un cancer qu’un cadre supérieur. En 2008, ce risque est dix fois plus élevé», explique-t-elle. Entretien.

Basta ! : Quand, lors de votre carrière scientifique, avez-vous été confron- tée pour la première fois aux collusions entre industriels et chercheurs ?

Ce livre est issu de deux parcours de chercheurs, le mien bien sûr, mais aussi celui d’Henri Pézerat, décédé en 2009, qui fut directeur de recherche au CNRS dans le domaine de la toxico-chimie des minéraux. Il fut le premier chercheur à identifier les mécanismes de toxicité des fibres d’amiante et de bien d’autres pous- sières minérales. Dès les années 1980, nous étions convaincus l’un et l’autre, de la nécessité d’être à l’écoute d’une demande, implicite ou explicite, émanant de collectifs ouvriers aux prises avec les risques du travail, pour élaborer des recher- ches utiles à l’amélioration des conditions de travail. Nous ne savions pas alors à quel point la recherche en santé publique était dominée par les intérêts, lucratifs, des industriels et du patronat.

Ce poids des industriels a permis la définition d’une dose seuil pour les toxiques, en deçà de laquelle une substance serait sans danger. Vous affirmez que cette «dose seuil» est une idéologie… Pourquoi?

Après la seconde guerre mondiale, et notamment à partir des années 1970, les industriels américains font face à des publications de chercheurs qui sont très claires, et très documentées, sur la toxicité de substances comme l’amiante, le plomb, ou la radioactivité.

Ils sont obligés de reconnaître qu’il y a un risque. Ils se disent alors que le moindre mal, c’est de définir une dose en dessous de laquelle il ne se passe rien. Pourtant, dès le début des années 1960, les connaissances acquises dans le do- maine de la biologie, de la biochimie et même de la physique ouvraient à la con- naissance et à la compréhension des mécanismes de cancérogénèse, mettant en question la référence à un quelconque seuil de danger. Rachel Carson, biologiste américaine, qui mena pendant 10 ans une observation rigoureuse de ce que produit dans la nature le recours massif aux insecticides et herbicides, conclut que la seule dose inoffensive, est la dose 0 [1].

C’est pareil pour l’amiante: le mésothéliome, forme de cancer causé notamment par l’exposition à l’amiante, peut se développer à de très très faibles doses. On ne cesse d’accumuler les observations au sujet des faibles doses. Des travaux scien-tifiques établissent même que les très faibles doses peuvent être plus graves en terme de cancer. L’empoisonnement faible blesse les cellules, qui risquent de devenir cancéreuses en s’efforçant de survivre.

Ce que l’on sait des perturbateurs endocriniens va dans le même sens. A fai- ble dose, on observe des mutations cellulaires qui vont conduire, entre autres, au processus de cancérisation. Tout cela contrecarre l’idée selon laquelle les va- leurs limites protègent a minima. C’est pourtant sur cette base de «valeur limite» que fonctionnent toutes les règlementations.

C’est vrai aussi pour la radioactivité, écrivez-vous…

Il est hallucinant que les industriels aient réussi à imposer ce postulat concernant la radioactivité. Les dangers des faibles doses sont en effet bien documentés, et depuis longtemps. Dès les années 1950, Alice Stewart, médecin anglaise, mène une enquête très rigoureuse pour expliquer la croissance des cancers chez les enfants de moins de 5 ans en Grande-Bretagne. Elle s’intéresse notamment aux expositions qu’ils auraient pu subir in utero, en demandant à leur mère si elles ont subi une radiographie au cours de leur grossesse. Les résultats sont sans appel : l’exposition aux rayons X in utero lors d’un seul cliché radio, soit une fraction infinitésimale de la dose alors considérée sans danger, provoque des cancers d’enfants. Elle fait voler en éclat le postulat qu’existe une dose seuil en dessous de laquelle les radiations seraient sans danger.

D’autres chercheurs aboutiront aux mêmes résultats, notamment Thomas Mancuso qui montrera dans les années 1970 les liens entre l’exposition à faible dose des travailleurs du site nucléaire d’Hanford [2] et la mortalité précoce par cancer chez ces travailleurs. Les autorités, mécontentes de ses résultats, ne renouvelleront pas son contrat… (…)

Par Nolwenn Weiler 11 mai 2015

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02 mai 2015 ~ 0 Commentaire

1er mai à guingamp

guigamp

Près de 200 personnes au rassemblement du 1e r mai 

À l’appel de l’intersyndicale (CGT, Solidaires, FSU, FO), près de 200 personnes ont pris part au rassemblement du 1er mai sur le parvis de la gare à Guingamp.

Un rassemblement qui a permis de délivrer un message de solidarité internationale, mais aussi de lancer un appel à manifester, à Paimpol, le 23 mai, pour défendre la ligne de chemin de fer. Deux rails, représentant le tronçon Guingamp-Paimpol, avaient été apposés et ont été ironiquement « inaugurés », hier matin, avant que le cortège ne s’élance dans le centre-ville.

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30 avril 2015 ~ 0 Commentaire

cancer du sein: il faut le 100 % pour tous les soins (lo)

sein

Un rapport de l’Observatoire sociétal des cancers publié le 23 avril dénonce le coût de la prise en charge d’un cancer du sein.

Le traitement de ce cancer est en principe pris en charge à 100 %, et c’est bien la moindre des choses pour le plus répandu des cancers féminins et un des plus graves: il touche 48 000 femmes, avec un nombre important de décès.

Mais, après l’opération du cancer, les malades doivent faire face à des frais non remboursés, qui restent donc à leur charge, comme des séances de kiné- sithérapie, des consultations de psychologie, l’achat de produits d’hygiène et de soutien-gorge adaptés.

En moyenne cela représenterait 456 euros. Mais le traitement d’un cancer du sein peut aussi nécessiter l’ablation totale de celui-ci, une mastectomie, pour ôter une tumeur étendue. 20 000 femmes sont concernées chaque année. Si la mala- de, après l’opération, décide de recourir à une reconstruction mammaire, la note est élevée: 1 390 euros non remboursés.

Le rapport donne le chiffre d’une femme sur quatre refusant cette recons- truction, notamment pour des raisons financières, entre autres les dépassements d’honoraires demandés par les chirurgiens. Pourtant cette opération ne relève pas de la chirurgie esthétique et, pour bien des femmes, elle est évidemment psychologiquement importante.

Pour le cancer du sein comme malheureusement pour bien des maladies, la qualité des soins dépend aussi des revenus des malades et les inégalités se creusent, au détriment bien sûr des femmes les plus pauvres. 28 Avril 2015

Cédric DUVAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/04/28/cancer-du-sein-il-faut-le-100-pour-tous-les-soins_36965.html

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29 avril 2015 ~ 0 Commentaire

nutréa-triskalia: des collectifs de soutien aux victimes d’intoxication aux pesticides (fr3)

pesticide2

Plusieurs « collectifs de soutien citoyen » viennent de voir le jour en Bre- tagne, à Rennes, Redon et Morlaix notamment, pour appuyer le combat d’an- ciens salariés de l’entreprise Nutréa victimes d’une intoxication aux pesticides et ensuite licenciés, ont annoncé lundi leurs initiateurs. Les membres de ces collectifs et du Comité de soutien déjà existant et rassemblant une myriade d’organisations politiques, syndicales ou environnementales, espèrent ainsi « casser le silence » autour du cas de ces salariés. Leur objectif, ont-ils expliqué à la presse, est d’amener les différents protagonistes, au premier rang desquels la toute puissante coopérative Triskalia, dont Nutréa est une filiale, à assumer leurs responsabilités. 
Reconnaissance de la « faute inexcusable » pour deux salariés intoxiqués  Deux de ces anciens salariés de l’usine de Plouisy (Côtes-d’Armor) avaient obtenu, en sep- tembre 2014, la reconnaissance par le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Saint-Brieuc de la « faute inexcusable » de la société de nutrition animale. Malgré cette décision, le marathon judiciaire de Stéphane Rouxel et Laurent Guillou et des autres salariés intoxiqués – au moins au nombre de six – se poursuit pour évaluer les préjudices subis et leur indemnisation.
         
Nouvelle expertise pour d’autres salariés ce mois d’avril Début avril, la cour d’ap- pel de Rennes a ordonné une nouvelle expertise et désigné un expert médical pour réévaluer le taux d’incapacité permanente partielle (IPP) de deux d’entre eux, Claude Le Guyader et Pascal Brigant. Le 4 juin, le TASS de Saint-Brieuc doit à nouveau sta- tuer, cette fois sur un recours déposé par la veuve d’un ex-salarié de Nutréa-Triska- lia, lui aussi intoxiqué, pour faire reconnaître en accident du travail le suicide de son mari dans l’usine.

« Nutréa devait avoir conscience du danger » Dans son jugement, le TASS avait souligné que Nutréa « devait avoir conscience du danger auquel ses salariés étaient exposés et (n’avait) pas pris les mesures nécessaires pour les en préserver ». Il évo- quait les « symptômes graves » dont ils avaient été victimes en 2009 du fait de l’utili- sation d’un produit neurotoxique interdit depuis 2007, le Dichlorvos, pour traiter des céréales destinées à la fabrication d’aliments pour bétail

Un combat exemplaire selon René Louail (EELV) Evoquant « un combat exemplaire », le conseiller régional EELV René Louail a indiqué que son parti, en liaison avec le groupe européen des Verts, allait demander « une commission d’enquête nationale et euro- péenne » sur Triskalia. « Il est inconcevable que cette entreprise soit considérée comme une coopérative et fasse donc partie du réseau de l’économie sociale et solidaire, alors que ses dirigeants se comportent comme des voyous », a-t-il ajouté, souhaitant que « son statut de coopérative lui soit retiré ». Publié le 28/04/2015 | 09:56, mis à jour le 28/04/2015 | 09:58

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2015/04/28/nutrea-triskalia-des-collectifs-de-soutien-aux-victimes-d-intoxication-aux-pesticides-713787.html

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27 avril 2015 ~ 0 Commentaire

brest, carhaix, grève des blocs opératoires annoncée le 27 avril (of)

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La CGT du CHRU Brest-Carhaix appelle le personnel du bloc opératoire et l’ensemble du personnel dépendant de l’activité des blocs à la grève le lundi 27 avril

La CGT du CHRU Brest-Carhaix appelle le personnel du bloc opératoire et l’en- semble du personnel dépendant de l’activité des blocs à la grève le lundi 27 avril. « « Malgré les précédentes mobilisations du personnel, les avis négatifs des instances représentatives du personnel, l’alerte du CHSCT, la direction refuse d’ouvrir des négociations et de modifier son projet d’augmentation des amplitudes opératoires au bloc opératoire de la Cavale Blanche », indique le syndicat qui appelle la population à soutenir le mouvement de grève. Un rassemblement est prévu à 9 h à l’entrée de l’hôpital Morvan, puis une manifestation jusqu’à la place de la Liberté. Brest – 25 Avril

http://www.ouest-france.fr/hopital-de-brest-greve-des-blocs-operatoires-annoncee-le-27-avril-3355961

http://www.ouest-france.fr/hopital-de-carhaix-le-personnel-du-bloc-operatoire-en-greve-3362660

Voir aussi Rennes le 28:

http://www.rennes-info.org/Le-Centre-Hospitalier-Guillaume,7560

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23 avril 2015 ~ 0 Commentaire

sncf brest quimper samedi 14h30 (cgt + cb)

cgt

http://www.cotebrest.fr/2015/04/23/lourdes-menaces-sur-la-ligne-quimper-brest/

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18 avril 2015 ~ 0 Commentaire

mon hôpital va craquer! (npa)

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C’est en tout cas le diagnostic… des Renseignements généraux, qui dans une note confidentielle du 5 mars 2015, révélée par Le Parisien, décrivent entre autres un « service des urgences malade d’un engorgement massif (…) Aussi syndicats et personnels médicaux dénoncent le stress et l’épuisement des équipes de soin, n’hésitant plus à parler de « burn out ». »

Douze ans après la canicule de 2003 et ses 15 000 morts, tous les gouverne- ments n’ont fait qu’asphyxier toujours davantage les hôpitaux, qui crèvent du sous- effectif chronique et de la suppression de toujours plus de lits. Car l’avenir serait à la médecine «ambulatoire»: il faut que les malades restent hospitalisés le moins longtemps possible!

Le socialiste Le Guen avait d’ailleurs justifié la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu, en plein cœur de Paris, en osant affirmer qu’il fallait «rompre avec une conception misérabiliste de l’hôpital» et développer «l’hôpital debout». Après le décès d’une patiente transférée aux urgences voisines de Cochin, et morte faute d’une prise en charge assez rapide, le ministère proposait de «fluidifier davantage les parcours» grâce à des nouveaux logiciels de gestion des accueils. Cet hiver, on a vu les excellents résultats de cette politique, avec l’explosion des urgences face à l’afflux des malades de la grippe, et de nombreuses morts qui auraient pu être évités.

Libéralisme dans la santé: un cancer généralisé Mais si les urgences appa- raissent pour l’instant comme le «maillon faible» de l’hôpital, c’est parce qu’elles sont  le point de convergence de toutes les pathologies de l’hôpital public et au- delà de tout le système de soins.

L’inflation des dépassements d’honoraires et des déremboursements conduit de plus en plus de gens à s’adresser aux urgences, qui peinent ensuite à «reca-  ser» des malades dans d’autres services, car les «actes» destinés à soigner des personnes âgés ou en détresse sociale risquent de ne pas être «rentables» au vu des critères de financement des hôpitaux par le système de la «T2A», la tarification à l’activité…

Alors le bouchon des urgences s’allonge, des patients, parfois très âgés, res- tent sur des brancards pendant plusieurs jours, les personnels sont au bord de la crise de nerfs.

C’est tout le système public de santé qui crève de l’austérité et pourrait véri- fier la conclusion de la note des RG: «ce constat est à l’origine d’un certain mécontentement qui s’est caractérisé par quelques rassemblements dans l’Hexagone. (…) Compte tenu de la fragilité économique des établissements hospitaliers et des annonces de restrictions budgétaires qui devraient être communiquées dans les prochaines semaines (…), quelques mouvements de protestation pourraient prendre corps.»

En effet! Libération a révélé le 8 mars un texte «confidentiel» du ministère de la santé, intitulé «Kit de déploiement régional du plan ONDAM à destination des ARS». Traduction de cette poésie bureaucratique: plan sur trois ans de la baisse des dépenses (l’ONDAM est l’objectif de dépense publique de santé voté par le parlement) orchestrée par les Agences régionales de santé, chargées de coordonner et surtout restructurer les établissements.

L’objectif: 10 milliards d’économies d’ici 2017, dont 3 dans les hôpitaux publics. Il faudrait économiser 1,2 milliard d’euros en mutualisant les achats hospitaliers ; 400 millions en développant la chirurgie ambulatoire; 600 millions en réduisant les durées de séjour; et enfin 860 millions d’euros par «la maîtrise de la masse salariale».  En clair: la suppression de 22 000 emplois dans les hôpitaux!

Une contestation profonde Alors, bientôt l’explosion, partout, de la colère des personnels? En tout cas, à l’heure où nous écrivons, alors que la loi Touraine est en débat et que différentes corporations libérales descendent dans la rue avec des revendications réactionnaires1, il y aussi une montée de la colère des salariés.

Les urgences des hôpitaux du Mans, de Tours, d’Orléans, de Clermont-Ferrand sont dans la grève et dans la lutte. En janvier, plusieurs hôpitaux bretons sont allés manifester et envahir l’ARS de Rennes. Liste non exhaustive.

Sans préjuger de l’avenir, il semble émerger une contestation profonde, qui ne reste pas cantonnée aux revendications d’une corporation, comme les infir- miers et infirmières anesthésistes ou les sages-femmes qui se sont longuement battus pour leur statut, avec la volonté de militants syndicalistes et de personnels non syndiqués (dont certains ont constitué la « Convergence des hôpitaux contre l’hôstérité ») d’élargir leur révolte dans deux directions: mobiliser la population de leur région, faire converger les luttes de tous les établissements de  santé.

Samedi 18 Avril 2015 Yann Cézard

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17 avril 2015 ~ 0 Commentaire

ni responsable ni coupable dans le scandale de l’amiante (basta)

masque-amiante

« Je » « je »… qui décide ce qu’on porte déjà?

Victimes de l’amiante 0, responsables présumés de ce vaste scandale sanitaire 1…

Après 19 ans d’instruction, la Cour de cassation vient d’annuler définitivement les mises en examen dans l’affaire de l’exposition à l’amiante de centaines de salariés et d’habitants, dans ce que l’on a surnommé la Vallée de la mort, en Normandie, autour de Condé-sur-Noireau. Ces mises en examen concernaient des membres du ministère du Travail en poste dans les années 80 (dont l’actuelle maire de Lille Martine Aubry [1]) et divers membres du comité permanent amiante (CPA).

Composé d’industriels, de représentants de ministères, de scientifiques, d’or- ganisations syndicales de salariés et d’employeurs, le CPA a été constitué en 1982, alors que se multipliaient les informations sur les dangers de l’amiante, et les restrictions, voire interdictions, de son usage ailleurs dans le monde. Censé amé- liorer la gestion de l’amiante et prévenir les risques pour la santé, le CPA, hébergé dans les locaux d’une société de communication payée par les industriels (!), a exercé un lobbying très efficace pour que dure le plus possible l’usage de la fibre tueuse [2].

En France, l’amiante n’a été interdite qu’en 1997. L’argument principal avancé par la Cour de cassation le 14 avril, est que dans le contexte des données scien- tifiques de l’époque (les années 80), les personnes mises en examen pouvaient ne pas mesurer le risque d’une particulière gravité auquel les victimes étaient expo- sées. «Ceci est tout simplement faux!», s’insurge l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva). Les premières publications scien- tifiques sur la relation entre amiante et cancer datent des années 1930. Un inspecteur du travail avait même évoqué les dangers de l’or blanc dès 1906.

Une loi pour exonérer les industriels «Avec cette décision de la Cour de cas- sation, le monde judiciaire est sur la même ligne que le personnel politique qui, quelle que soit sa couleur, n’a jamais été favorable à un procès pénal de l’a- miante», poursuit l’Andeva. «Depuis 19 ans que la première plainte a été dépo- sée, le pouvoir exécutif a utilisé toutes les ficelles que la procédure met à sa disposition pour retarder ou empêcher la tenue d’un procès pénal de l’amiante qui aurait permis d’apprécier et de juger l’ensemble des responsabilités de cette catastrophe sanitaire. »

La décision de la Cour de cassation met aussi au jour les limites de la loi Fau- chon. Adoptée en 2000, cette loi définit les délits non intentionnels. Mais il ne fait pas de différences entre la ménagère qui tue quelqu’un en faisant tomber par mé- garde un pot de fleurs et un industriel responsable de la mort de milliers de per- sonnes. Avec une affaire comme l’amiante, «nous avons des industriels qui s’or- ganisent pour cacher les dangers d’un matériau. Il y a tricherie, tromperie. Mais le but du jeu, ce n’est pas de tuer. Simplement de faire un maximum d’argent», détaille François Desriaux, co-fondateur de l’Andeva et ancien président de l’association.

Pour le code pénal, ces employeurs ne sont pas des délinquants. Au moment où la loi Fauchon était adoptée, diverses associations: Andeva, le Comité anti- amiante Jussieu, Fnath, association des accidentés de la vie avaient affirmé que le texte allait permettre d’amnistier par avance la responsabilité des auteurs indi- rects d’homicide ou de blessures involontaires. Donc les dirigeants. Aujourd’hui, pour ces associations, «la véritable nature de cette loi éclate au grand jour: elle n’exonère pas seulement les décideurs, elle empêche tout examen des vérita- bles responsabilités dans les catastrophes sanitaires». Les victimes de l’amiante, qui tombent par milliers chaque année, comptent maintenant sur le Chef de l’État et le Parlement pour réviser cette loi. Seront-elles entendues ?

1] Entre 1983 et 1987, l’actuelle maire de Lille était la directrice des relations du travail au ministère du travail : elle était soupçonné d’avoir tardé à faire appliquer des directives européennes qui auraient pu protéger les travailleurs de l’amiante.

[2] Lire, à ce propos l’ouvrage d’Annie Thébaud-Mony La science asservie, publié par la Découverte, en 2014.

Par Nolwenn Weiler 17 avril 2015

http://www.bastamag.net/La-Justice-favorable-a-l-impunite

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15 avril 2015 ~ 0 Commentaire

marisol touraine et sa loi santé (ccr)

http://www.cgt-sfr.fr/spip.php?action=acceder_document&arg=234&cle=8da7129e72ba73910b967f16db2246d1c9bfb7ab&file=jpg%2Fpas-de-mutuelle.jpg

Quand austérité rime avec…

Depuis 2 semaines, le projet de loi dit «Loi Santé» de Marisol Touraine est examiné, article après article, par l’Assemblée nationale, avant d’être voté dans sa globalité ce mardi 14 avril.

S’abritant derrière sa mesure-phare, le tiers-payant généralisé, une avancée à conserver et à défendre, la loi organise les prémisses de la privatisation, dans sa globalité, du secteur de la santé. Parallèlement, elle prépare le terrain à la politique d’austérité prévue pour les hôpitaux d’ici à 2017. La forte opposition qu’elle a engendré, chez les médecins comme chez les patrons, s’inscrit dans un mouvement réactionnaire de défense de l’exercice privé libéral, loin des préoccupations d’accessibilité et de gratuité de la santé pour tous.

Derrière l’écran de fumée social du Tiers-payant généralisé, vers la privatisation de la santé Volet le plus médiatisé de la loi, le Tiers-payant généralisé, soit le remboursement de la consultation par l’Assurance maladie directement au médecin, sans que le patient n’aie à faire l’avance des frais, est une mesure à défendre quand 30% des français renoncent aujourd’hui à se faire soigner pour raison financière.

Plus qu’un «rempart social», il s’agit pour le gouvernement d’un écran de fumée pour justifier une loi ayant soi-disant pour objectif de favoriser le droit pour tous à la santé, quand elle ne fait qu’organiser la privatisation du système de soins en transférant les financements du secteur public vers le secteur privé, processus déjà entamé avec l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2013. Celui-ci a rendu obligatoire pour toutes les entreprises d’ici le 1er janvier 2016 une «couverture collective minimale des frais de santé» pour leurs salariés, ainsi 98% de la population (en ajoutant les bénéficiaires de la CMU et de l’ACS, Aide pour une complémentaire santé) sera entre les mains d’assureurs privés, contre 78% aujourd’hui.

Le deuxième coup porté contre la Sécurité sociale arrive avec la Loi Touraine, qui prévoit d’amoindrir son rôle au profit d’un nouveau dispositif, les «organismes gestionnaires des régimes d’assurance maladie». Ces entités regrouperont la branche maladie de la Sécurité sociale, les mutuelles et les institutions de prévoyance. Il sera ainsi facile de diminuer pas à pas la part des soins remboursés par la sécu (AMO), au profit de celle remboursée par les mutuelles privées (AMC), sans que les consommateurs ne s’en rendent compte puisqu’ils ne payent plus de leur poche… mais qui verront sûrement leurs cotisations annuelles augmenter, dans une situation où la quasi-totalité de la population aura une mutuelle !

Les réseaux de soins et la logique de l’austérité S’inscrivant dans la continuité de la loi Bachelot de 2009, la Loi Santé de Marisol Touraine s’insère dans une logique de réduction de la place de l’Hôpital public dans un contexte général austéritaire. Dans un document confidentiel du nom de «Kit de déploiement régional du plan Ondam, Objectif national des dépenses maladie, à destination des ARS», il est prévu 10 milliards d’euros d’économies d’ici 2017, dont 3 milliards pour l’hôpital. Cela représenterait une coupe budgétaire énorme pour les hôpitaux, dont 65% des charges sont représentées par les masses salariales. Ainsi ce seront les premières touchées par un plan d’économie prévu de 860 millions d’euros d’ici 2017, soit 22 000 postes supprimés en 3 ans.

Dans ce sens, la loi organise la réduction de la place de l’Hôpital public au profits d’opérateurs privés via deux outils: le «Service Territorial de Santé au Public» STSP et le «Groupement Hospitalier de Territoire» GHT. (…)

Une loi comportementale loin des déterminants de santé Une grande partie des mesures énoncées dans la loi, présentées une à une dans les médias depuis 2 semaines, se veulent «de prévention». Prévenir le développement des pathologies évitables, mais sans agir directement sur les déterminants de santé, c’est-à-dire les causes de la mauvaise santé de la population, soit la mauvaise alimentation, la pollution, les conditions de travail… Car cela reviendrait à s’attaquer à la logique du profit, fondement du système capitaliste. Au lieu de ça, la loi multiplie, à bon compte, les mesures éducatives: étiquetage nutritionnel) et répressives: vente d’alcool aux mineurs, fontaines à sodas en libre-service…

A noter, néanmoins, quelques avancées, qui sont autant de gages donnés à la «gauche» de l’Hémicycle pour se garantir de toute levée de boucliers des frondeurs: expérimentations des salles de consommation à moindre risque « salles de shoot », mise à disposition de la contraception d’urgence dans les établissements scolaires du secondaire, suppression du délai obligatoire de 7 jours pour l’IVG.

Une opposition réactionnaire, des patients victimes La Loi santé a soulevé une opposition massive, aussi bien de la part des médecins libéraux que des pa- trons, mais pour de mauvaises raisons.

Les médecins ont été vent-debout contre cette loi, arguant les complications administratives qu’entraînerait la généralisation du Tiers-payant et «l’aspect éducatif» de l’acte de paiement d’une consultation en même temps que la dévalorisation de la profession. Ce faisant, les médecins libéraux cherchaient surtout à défendre le paiement à l’acte, le dépassement d’honoraire et la liberté d’installation. De leur côté, les patrons de cliniques privées craignent «l’étatisation», par le minimum d’exigences imposées par la loi au moment du transfert du secteur public vers le privé.

Pendant ce temps, ce sont les patients et le personnel de la CNAM qui trinquent, quand les médecins usent de méthodes de «grève» douteuses : fermeture de leur cabinet, embouteillant les services d’urgence, ou leur décision de revenir aux feuilles de soins plutôt qu’à la Carte Vitale, pour encombrer la Sécurité sociale de travail administratif, symbole du travail que représenterait pour eux le passage au tiers-payant généralisé, mais allongeant de ce fait le délai de remboursement pour les patients.

Pour une santé publique et accessible à tous Le Tiers-payant généralisé doit être instauré, afin d’assurer à tous l’accès aux soins sans restriction financière. Mais ceci ne peut se faire que dans le cadre d’un système de santé s’appuyant sur un Hôpital entièrement public, impliqué dans le soin continu, la surveillance et la formation universitaire.

Et travaillant en lien étroit avec des centres de santé de proximité, publics, gratuits, et assurant des services pluridisciplinaires médicaux, paramédicaux et sociaux; un système financé par une sécurité sociale autogérée, indépendante de l’Etat et non-suppléée par des organismes privés, afin d’assurer une santé gratuite et accessible à tous, ce qui impliquerait une nationalisation sous contrôle des salariés et au service des patients de l’ensemble du secteur pharmaceutique, aux mains, aujourd’hui, des requins du privé.

Par delà les belles paroles, la Loi Touraine se situe bien loin de cette perspective. C’est la poursuite et la continuité, «de gauche», de la logique austéritaire de démantèlement de la santé publique à l’œuvre depuis des années.

12/04/2015  Camilla Ernst

http://www.ccr4.org/Marisol-Touraine-et-sa-Loi-Sante

Commentaire: CCR est un « courant » du Npa

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