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07 mai 2019 ~ 0 Commentaire

9 mai (npa)

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Le 9 mai, touTEs en grève et dans la rue!

Pour les services publics et la justice social

Contre la répression et les manipulations

TouTEs en grève et dans la rue !

Ils ont beau faire, rien n’y fait… Depuis près de six mois, contre la contestation qui s’exprime dans la rue et sur les rond-points, ce pouvoir a tout tenté : salir le mouvement en le traitant de débile, de fasciste ou d’antisémite, l’affaiblir en cédant quelques miettes, l’endormir en lançant durant plusieurs mois un prétendu « Grand débat », et surtout le réprimer, chaque semaine en chargeant violemment les manifestations et en se livrant à des arrestations injustifiées, ainsi qu’en faisant passer une nouvelle loi liberticide contre le droit de manifester.

Un pouvoir autoritaire, violent et menteur

Mercredi 1er mai en a été une nouvelle illustration. Ainsi, après avoir créé un véritable état de siège dans la capitale, après s’être livré à près de 18 000 contrôles préventifs, des charges policières accompagnées de gaz lacrymogène ont été lancées à de multiples reprises contre l’ensemble de la manifestation. Les cortèges syndicaux ont fait les frais de cette violence.

Castaner s’est ensuite livré à des déclarations mensongères afin de présenter quelques dizaines de manifestantEs fuyant les violences policières et cherchant à s’abriter dans l’enceinte de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, comme des « casseurs » se livrant à une « attaque » de l’hôpital au mépris de la santé des patientEs… Une version largement relayée par les grands médias aux ordres, au détriment de toutes les vidéos et de tous les témoignages directs, en particulier ceux des soignantEs de l’hôpital !

C’est eux les casseurs !

Lundi, le pouvoir a réuni à Matignon des représentantEs syndicaux, du patronat ou encore d’associations d’éluEs pour lancer une prétendue « mobilisation générale » pour l’emploi ou l’écologie… La CGT et Solidaires ne sont pas prêtés à cette mascarade qui n’a pour but que d’accompagner l’offensive d’ampleur contre les services publics et les droits du monde du travail.

Car le programme de ces prochaines semaines est clair

Création des maisons de services au public qui vont se multiplier à la place de la défense des véritables services publics ; augmentation de la durée de cotisation pour les retraites ; baisse de l’Impôt sur le revenu pour une partie de la population… financée en contre-partie par le «travailler plus» et/ou la baisse des dépenses publiques ! Bref, Macron et ses amis continuent leur entreprise de casse sociale : ils ne sont toujours pas revenus sur leur projet de supprimer 120 000 emplois dans la fonction publique !

Le 9 mai et après, touTEs ensemble pour les faire reculer !

Après des convergences réussies entre le mouvement social et celui des Gilets jaunes, la journée de grève et de manifestation de l’ensemble de la fonction publique doit permettre de franchir une nouvelle étape. D’abord pour la défense de nos services publics – de l’école aux hôpitaux en passant par la SNCF, La Poste ou les finances publiques – tous en danger mortel : postes supprimés, accumulation des tâches, management destructeur, dématérialisation…

Au-delà de la dénonciation, cela doit être une grande journée de revendication des salariéEs (fonctionnaires ou contractuelEs) et des usagerEs (Gilets jaunes, parents d’élèves, retraitéEs…) pour des services publics répondant aux besoins sociaux.

Réussir ce jeudi 9 mai est la condition nécessaire pour préparer la suite : par la grève qui doit se prolonger, par la mobilisation commune du plus grand nombre, ce printemps doit bien être celui d’une riposte générale contre le mépris et la casse sociale.

Montreuil le lundi 6 mai 2019

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Lire aussi:

9 mai : fonctionnaires et Gilets Jaunes pour construire le rapport de force (RP)

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06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

mesures macron (dossier npa)

mesures macron (dossier npa) dans Antiracisme

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Mesures Macron : effets d’annonce et vrais dangers

Plus de deux heures d’enfumage ! Sans surprise, la conférence de presse de Macron organisée le 25 avril, supposée être la conclusion du « Grand débat » et, par là même, la réponse aux revendications des Gilets jaunes, n’aura été encore une fois qu’une grande comédie. Dès le début, la messe a été dite quand Monsieur Blabla, au bout de quelques minutes, a annoncé que « les orientations menées depuis deux ans sont bonnes. Elles doivent donc être préservées, poursuivies et intensifiées… ». En résumé : ne changeons rien, bien au contraire ! Macron a ainsi rejeté très rapidement les revendications portées depuis près de six mois sur les ronds-points et dans la rue pour plus de démocratie, de justice fiscale et d’égalité sociale.

Rejet en bloc de toute mesure permettant une plus grande démocratie, à part quelques aménagements institutionnels de l’existant… Refus de toute réforme permettant plus de justice fiscale et donc une autre répartition des richesses, avec – cerise sur le gâteau – un plaidoyer en défense de la suppression de l’ISF ! Rien – ou presque – non plus sur le pouvoir d’achat et les revenus, même s’il va réindexer les petites retraites sur l’inflation. Rien de concret sur l’urgence écologique et climatique. Rien sur la répression et les violences policières. Enfin, concernant les services publics, Macron veut nous faire croire qu’il va faire mieux avec moins d’argent et moins de postes…

En revanche, pour Macron, digne exécutant des désirs du Medef, il faudra désormais travailler plus et plus longtemps : une véritable provocation vis-à-vis de celles et ceux qui se mobilisent depuis des mois, et une version à peine relookée du « travailler plus pour gagner (peut-être) plus » d’un certain Nicolas Sarkozy. Et on notera en outre les clins d’œil appuyés à l’électorat d’extrême droite, avec les discours belliqueux contre l’« islam politique » et l’insistance sur la nécessité de se « protéger » derrière des frontières, celles-là même qui tuent des milliers de migrantEs chaque année en Méditerranée.

Retour, dans ce dossier, sur certaines des annonces de Macron, entre enfumage, entourloupes et nouvelles attaques contre nos droits, nos conditions de travail et nos conditions de vie.

 dans Justice & libertés

Politiques migratoires : Macron court après la droite et l’extrême droite

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06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

urgences (npa)

fermeture-des-urgences

Hôpitaux: des urgences à tous les services, vers la grève générale !

Après la victoire, en début d’année des Urgences de Mondor, la grève est relancée à Saint Antoine à Paris en mars, et s’étend. Les urgences de Valence sont mobilisées depuis fin mars.  Au 1er mai ce sont 21 services d’urgences de l’AP-HP qui ont rejoint la mobilisation  : Strasbourg, la Croix Rousse à Lyon, Mantes-la-Jolie, Nantes, Tours, Besançon, Toulouse, Angers, Mulhouse… Une véritable épidémie !

Cela fait des années que, dans les services d’urgence des hôpitaux notamment, les personnels médicaux et non médicaux tirent le signal d’alarme. Les besoins sanitaires de la population ne peuvent plus être assumés par la médecine libérale, les  conditions de travail se dégradent, les effectifs insuffisants, les petits managers  sont parfois arrogants, et les salaires à la traîne : le mélange est explosif. Et pour les patientEs, c’est donc une mauvaise prise en charge avec des heures d’attente sur des brancards dans les couloirs avant de voir un médecin et d’être éventuellement hospitaliséEs.

Loin du compte !

Dans l’espoir d’enrayer la contagion, la direction de l’AP-HP a pour l’instant octroyé une indemnité mensuelle de 65 euros et une prime exceptionnelle de 250 euros, ainsi que 61 postes pour l’ensemble des Urgences. A comparer aux 700 postes recommandés par le référentiel Samu-Urgences de France établi par la collégiale urgentistes et les 300 euros mensuels nets exigés par les grévistes,  nous sommes trèsloin du compte ! Les grévistes, ne demandent pas l’aumône, leurs exigences concernent les conditions de travail indispensables à la sécurité des soins !

Les revendications des urgences concernent tous les hospitalierEs : des effectifs, du matériel et une prime d’urgence.    

Dans son discours Macron a promis qu’il ne fermerait pas d’hôpitaux dans les zones rurales, mais les restructurations et fermetures de services vont se multiplier, et ces hôpitaux labellisés «  hôpitaux de proximité » deviendront de fait des maisons de santé ou des Ehpads. Encore une promesse mensongère !

Quant au délabrement de tous les hôpitaux publics des villes grandes, moyennes et petites, en butte aux suppressions d’effectifs, pas un mot. Aucune promesse pour les services, ni pour le personnel et pour cause : son objectif est de maintenir la saignée à blanc. Rien qu’à l’AP-HP, le directeur général, Martin Hirsh a annoncé 800 suppressions de postes par an pendant 5 ans. Et en province de nombreux services de proximité sont menacés de fermeture.

Les problèmes rencontrés par les urgences sont les mêmes dans tous les autres services et la grève pourrait donner des idées au-delà des urgences. Dans certains hôpitaux, d’autres services ont rejoint le mouvement des urgences comme la pneumologie et les transports à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre.

La détermination des Gilets jaunes depuis près de 6 mois commence à gagner les esprits dans bien des secteurs : contre les licenciements dans l’automobile, la grande distribution, contre la réforme Blanquer chez les enseignants… et désormais dans les hôpitaux ! Le mouvement des urgences redonne confiance à tous les travailleurs de l’hôpital sous pression et l’idée de la grève tous ensemble fait son chemin.

Rejoignons nos collègues des urgences.

Tous ensemble nous pouvons gagner !

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06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

blanquer (npa)

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Profs et parents toujours déter contre les réformes Blanquer !

Lorsque les enseignantEs ont lâché les classes il y a maintenant quatre semaines pour les premierEs, il y a eu comme un pacte tacite : celles et ceux qui restent continuent le boulot, et on prend le relais en rentrant de vacances. Et c’est exactement ce qui est en train de se faire.

Les enseignantEs de région parisienne auront battu le pavé une dernière fois le 18 avril, veille de leurs congés, quand celles et ceux de Nantes ou encore de Rouen, à peine rentrés, avaient déjà un calendrier de mobilisation long comme le bras : réunions d’information avec les parents, assemblées générales et manif du 1er Mai, avec la perspective de la grève Fonction publique du 9 mai.

Les (bons) réflexes reviennent

La bonne nouvelle c’est donc que l’ébullition de ce secteur qui en a étonné plus d’un ne semble pas retomber et qu’au contraire, une fois repris des forces, les réflexes construits avant les vacances reviennent immédiatement, en tout cas là où la lutte s’était significativement ancrée.

Et il y a fort à parier que les énièmes annonces de Blanquer, dans la foulées du discours de Macron, n’auront fait que convaincre qu’ils ne veulent rien d’autre que la destruction des services publics. Le « pas plus de 24 en CP et en CE1 », à moyens constants, c’est-à-dire sans réelle création de postes, aura mécaniquement pour effet l’augmentation des effectifs dans les autres classes.

Et pas la peine de tourner autour du pot 

TouTEs les enseignantEs de France et de Navarre sont convaincus des bienfaits de classes à effectifs ne dépassant pas les 20. Mais ils et elles voient bien aussi qu’on les prend pour le dindon de la farce : sans profs en plus, on aère chez les petits mais on tasse chez les plus grands, sans aucune explication logique autre que l’affichage sur l’apprentissage de la lecture dont les méthodes d’assimilation seraient imposées si la réforme passe.

Aller jusqu’au bout

Au 20/20 pour toutes et tous et autres nombreux actes de résistance des enseignantEs du secondaire, Blanquer répond répression et sanctions administratives, ou bien passage en force avec la deuxième heure supplémentaire imposée en collège et lycée, qui a moins pour objet l’augmentation du salaire des profs que la réduction, encore, des postes.

À la veille d’une nouvelle grève, qui sera probablement de nouveau très suivie, et alors que, depuis près de deux mois, les méfaits des réformes Blanquer auront été exposés sur tous les tons, que les liens entre enseignantEs et parents mobilisés se sont solidement tissés, que des AG ont été massives et que bon nombre de cortèges d’établissements et d’écoles ont fait la démonstration de la détermination et du dynamisme qui animent les profs, il manque l’élément déterminant, celui qui fera pencher la balance du côté du retrait : ne pas reprendre le boulot, jusqu’à satisfaction.

C’est donc bien de cela, dès maintenant, qu’il faut débattre dans toutes les assemblés générales, en ayant conscience que chaque prise de position et action entamée à un endroit peut avoir un effet d’entraînement majeur ailleurs, comme cela fut le cas il y a deux mois quand les enseignantEs de Nantes sont entrés dans la danse et ont donné le signal à l’ensemble.

Mais cette fois-ci, le pas sera forcément plus grand 

Les professeurEs ont largement signifié leur opposition aux réformes Blanquer et, désormais, il s’agit d’aller jusqu’au bout pour obtenir le retrait de ces lois réactionnaires. Ainsi le 9, au côté de l’ensemble des fonctionnaires et des secteurs en lutte mobilisés, les profs témoigneront de leur colère. Mais le 10, il faudra continuer afin que le 13, jour du passage de la loi au Sénat, la balance penche dans le sens du service public d’éducation et pas des cadeaux supplémentaires au privé et à la sélection par le pognon !

Denise Sarraute  Lundi 6 mai 2019

https://npa2009.org/

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06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

câble (ecologistas en accion)

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Le câble de Tarifa contribue au réchauffement climatique de la planète

Ecologists  en Action, dénonce la « transformation » du « câble de Tarifa » – ligne d’interconnexion électrique de 400 000 volts entre l’Europe et l’Afrique. Lorsque ce projet a été lancé, il était justifié de dire qu’il s’agissait de « développer » le Maroc, car l’électricité devait parvenir dans ce pays par son intermédiaire, ce qui contribuerait à la sécurité énergétique…

De nos jours – en réalité – le câble de Tarifa sert au Maroc à vendre de l’énergie «sale» à l’Espagne.

Énergie que le « pool électrique espagnol » achète car elle est moins chère que ce qui est produit ici, puis ils la vendent plus chère aux consommateurs espagnols. Le problème c’est que l’éner-gie produite au Maroc et transportée ici est générée par la combustion du charbon, l’un des principaux producteurs de CO2.

Paradoxe: les centrales thermiques du pays – telles que la centrale thermique de Los Barrios – s’arrêtent une bonne partie de l’année (elles sont actuellement en arrêt) parce qu’elles ont dépassé le quota d’émissions de CO2 qui leur est attribué, mais qu’elles importent une énergie, produisant des quantités supérieures de CO2. Cela s’appelle du cynisme.

Au cours des années 2017 et 2018, l’Espagne exportait 5 690 GWH et 3 515 GWH. Entre novembre 2018 et février 2019, la tendance s’est inversée et 443 GWH ont été importés du pays voisin, principalement de la centrale thermique de Safi d’une puissance de 1 400 MW.

Le CO2 provoque les mêmes dommages que le CO2 provenienne d’une cheminée de Los Barrios ou de Casablanca. Ce CO2 contribue globalement au réchauffement de la planète. Et la réduction des émissions de CO2 n’est pas seulement une priorité pour le mouvement écologiste, mais pour l’ONU (On n’en attend rien blog)

Une des raisons pour lesquelles Ecologistas en Acción s’était opposée à l’installation de ce « câble de Tarifa » à l’époque, était que cela servirait à exporter de l’énergie moins chère du Maroc. Nous étions accusés de ne pas soutenir, de nous opposer au développement du Maroc…

Ce n’est pas que nous ayons la vocation de diseuses de bonne aventure, mais la question était d’une clarté évidente. Nous importons de l’énergie marocaine qui contribue au réchauffement de la planète, de sorte que le « pool électrique espagnol » augmente ses profits en achetant une énergie moins chère que celle produite ici et en la vendant à un prix comparable à celui qu’elle a produit ici.

À notre avis, il est temps de repenser non seulement l’expansion de cette installation, mais également de remettre en question l’installation elle-même. Nous nous sommes adressés au ministre de la Transition écologique pour exiger:

Une explication de cette réalité, à un gouvernement qui est présumé vert.

Paralyser les futures extensions de ce câble.

Immédiatement paralyser l’importation d’énergie sale en provenance du Maroc.

La solution passe par une consommation d’énergie inférieure

Que cette énergie provienne des formes renouvelables non polluantes: photovoltaïque, éolien…

Que les centres de production et de consommation soient aussi proches que possible.

https://www.ecologistasenaccion.org/

Lire aussi:

Ecologistas en Acción: La rupture du «câble de Tarifa» déverse 29.000 litres de liquide «toxique» dans le détroit (La Dépêche.ma)

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06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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https://www.lejdd.fr/

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05 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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05 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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Landivisiau: quelques centaines d’opposants à la centrale à gaz se couchent par terre

Alors que la préfecture avait interdit la manifestation, en raison d’un parcours passant trop près du site, quelque centaines d’opposants à la centrale à gaz de Landivisiau se sont retrouvés dans la ville et se sont couchés à même le sol.

Elles étaient quelque 250 personnes selon la préfecture, 400 selon les organisateurs, ce samedi après-midi à manifester une nouvelle fois leur opposition à la centrale à gaz de Landivisiau, et défendre le droit de manifester, à l’appel du Collectif  « Landivisiau doit dire non à la centrale ».

Les manifestants se sont rassemblés dans le centre ville devant la mairie et ont défilé une heure avant de se coucher à même le sol. Pour eux il s’agissait de « montrer (leur) indignation face aux mesures liberticides et à l’inaction du gouvernement en matière de protection de l’environne-ment » et de rappeler qu« Il est urgent d’arrêter tous les grands projets inutiles et polluants qui mettent en danger notre environnement et notre santé. » Une partie des manifestants, « environ 150, sont venus à un point d’entrée interdit dans le périmètre« , mais il n’y a pas eu d’incident, a indiqué la préfecture.

Manifestation interdite

La manifestation initialement prévue, avait été interdite par la préfecture ce vendredi en raison d’un parcours passant trop près du site de la centrale à gaz de Landivisiau et « des troubles graves à l’ordre public lors de la précédente manifestation, le 23 février 2019″ expliquait le communiqué de la préfecture.

Pour un débat contradictoire

« On est depuis le mois de février dans une très grosse répression et intimidation à Landivisiau », a affirmé Florent Laot, l’un des membres du collectif Landivisiau dit non à la centrale, à l’AFP évoquant « un contexte national d’interdiction de manifester » avec « plusieurs gardes à vue de manifestants »« On nous empêche de développer nos arguments. Cela fait des années qu’on demande à Mme le maire (Laurence Claisse, DVD, NDLR) un débat contradictoire » sur le projet, a ajouté le militant.

Chantier démarré au mois de janvier

Les opposants à la centrale demandent l’abandon du projet de centrale au gaz et manifestent régulièrement depuis fin janvier et l’arrivée des premiers engins de chantier sur le site. A plu-sieurs reprises, ils ont empêché les ouvriers sur place de travailler. La cour administrative de Nantes doit se prononcer en juin sur un recours de l’association écologiste « Force cinq » contre l’autorisation ministérielle au projet, selon le collectif.

Projet phare du Pacte électrique breton

Dépourvue de centrale nucléaire, la Bretagne ne produit qu’environ 10% à 15% du courant qui y est consommé et importe l’essentiel des régions voisines. Pour remédier à cette situation, un Pacte électrique breton conclu en 2010 prévoyait de nouvelles sources de production d’électrici-té, dont la future centrale de Landivisiau, de 400 mégawatts, portée par Direct Énergie. Le projet a cependant pris beaucoup de retard: initialement la centrale devait être mise en service à l’hiver 2016-2017.

Krystell Veillard 04/05/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Landivisiau (Médiapart)

Landivisiau : un pique-nique militant contre la centrale est prévu, le préfet instaure un périmètre d’interdiction (CB)

Landivisiau : un pique-nique militant contre la centrale est prévu, le préfet instaure un périmètre d’interdiction (Côté Brest)

Commentaire:

Pour ne pas développer les énergies alternatives ou se brancher sur l’Irlande, on va brûler du gaz (et de schiste même, il paraît!) et verser un pactole d’argent public…

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04 mai 2019 ~ 0 Commentaire

landi (médiapart)

landi

A Landivisiau, un projet de centrale électrique sous haute tension

Le chantier d’une future centrale à gaz a commencé fin janvier dans le Finistère. Les opposants s’activent pour retarder les travaux. Mais la répression est féroce : militants gardés à vue, amen-des, convocations… et une manifestation prévue samedi qui risque d’être interdite. Sur le front juridique, une audience décisive a lieu vendredi à Nantes.

Landivisiau (Finistère), de notre envoyé spécial.

C’est un face-à-face récurrent depuis quelques semaines : côté route, sur le bas-côté, une dizaine de militants sortent les sardines en boîte et les sandwichs, le café et le jus de pomme pour un pique-nique improvisé ; de l’autre côté du fossé, un maître-chien marche de long en large. Entre les deux : une barrière de deux mètres de haut qui encercle le terrain d’une future centrale électrique fonctionnant au gaz. Depuis la fin janvier, les premiers coups de pelleteuse ont résonné sur le vaste terrain retenu pour le projet. Et depuis ce jour, les opposants n’ont de cesse de montrer leur détermination.

Lundi 29 avril, les militants découvrent éberlués qu’une deuxième rangée de barrière est en cours d’installation. « On dirait les douves d’un château », grince l’un d’eux. « On avait déjà les vigiles, les maîtres-chiens, la vidéosurveillance, et voilà donc qu’ils en rajoutent une couche », ajoute un autre. Un film plastique noir est ensuite tendu sur la seconde barrière – sans qu’on sache si cela sert à masquer aux yeux extérieurs ce qui se passe à l’intérieur ou, au contraire, à cacher à la vue, de l’autre côté, tout rassemblement extérieur. Plus glaçant encore, un panneau fixé à la barrière extérieure annonce : « Chantier interdit au public – Site placé sous vidéoprotection – Traçage ADN – Intervention sur site ».Alors que la France, son président en tête, se veut « championne du climat », les chantiers récents, dénoncés comme non climato-compatibles ou polluants, poussent à l’abri des barrières. Comme à Bure et son futur site d’enfouissement de déchets nucléaires – il s’agit-là d’un mur ; comme en banlieue de Strasbourg – le chantier de l’autoroute du « grand contournement ouest » ; comme à Romainville en banlieue parisienne – une forêt sauvage remplacée par une base de loisir. Il faudrait rajouter l’adjectif « enclos » à l’expression « grands projets inutiles et imposés ».

À Landivisiau, les barrières « protègent » pour l’instant une friche.

Ici devrait voir le jour une centrale à cycle combiné gaz d’une puissance de 446 MW (mégawatts). L’appel d’offres a été remporté en 2012 par Direct Energie, allié pour la circons-tance à l’industriel Siemens. La Compagnie d’électricité de Bretagne (CEB) a été créée pour l’occasion. Le coût estimé de l’opération est d’environ 490 millions d’euros. Mais il faut ajouter à cela un gazoduc de 20 km pour l’alimenter, un autre de 111 km pour renforcer le réseau, et une ligne très haute tension pour acheminer l’électricité produite vers le poste de La Martyre, à 18 km. Direct Energie a depuis été rachetée par Total.

Le début du chantier le 21 janvier, après beaucoup de retard, a réveillé les opposants.

Par petits groupes, ils tentent depuis de ralentir les travaux, en empêchant les camions et autres tracteurs de rentrer ou de sortir. Une manifestation, le 23 février, a rassemblé mille personnes (Landivisiau compte 9 000 habitants). Une partie de la barrière est tombée ce jour-là. Et trois jours plus tard, des militants ont tenté de s’opposer à ce qu’elle soit remise en place.

Jean-Yves Quéméneur est un grand gaillard avec un large ciré rouge. Il est président de Force 5. L’association – environ 160 membres à jour de cotisation – a obtenu depuis peu, devant la justice, la reconnaissance de son droit à agir, qui lui était contesté. Son président se retrouve depuis lors particulièrement visé par la riposte des autorités. Le 20 mars, avec d’autres cama-rades, il a tenté de bloquer la circulation à proximité du chantier. Quelques palettes, une quinzaine de personnes. Les gendarmes ont foncé, à quatre pour l’extraire. Sept heures de garde à vue plus tard – dont deux heures en « chambre de sécurité », dit-il – le voici convoqué au tribunal le 17.

Loïc Le Polles, de l’association « Landi doit dire non à la centrale » (LDDNC, environ 400 adhérents mais une centaine d’actifs et un noyau dur d’une trentaine) : « Le sénateur Jean-Luc Fichet [Finistère, socialiste – ndlr] a appelé le préfet, qui lui a confirmé que Jean-Yves était particulièrement dans le collimateur. »

De fait, il n’est pas le seul dans le collimateur.

Jeudi 2 mai, une réunion à la préfecture en vue d’une manifestation prévue samedi 4 mai ne s’est pas bien déroulée. Arguant que la sécurité du cortège n’était pas bien assurée, la préfec-ture a en effet décidé d’interdire un périmètre autour de la centrale. À 48 heures de l’événement, déjà annoncé, c’est un coup dur pour les opposants. Mais ce n’est pas le seul de ces dernières semaines. Après l’action en mars, outre Jean-Yves Quéméneur, une dizaine de personnes ont été convoquées par les gendarmes. Les convocations tombent parfois un peu au hasard : « Certains, qui étaient là, ne reçoivent rien, d’autres, qui n’étaient pas là, en reçoivent parce que leur plaque a été relevée », s’agace un opposant.

À une demi-heure de Landivisiau, le petit village de Saint-Rivoal dans les monts d’Arrée.

Ici, un autre foyer d’opposants attire particulièrement l’attention gendarmesque. Olivier, 66 ans, les cheveux en bataille et les mains pleines de cambouis, lève la tête du moteur de sa voiture. Il a fait 8 heures de garde à vue pour la manifestation où les barrières sont tombées. Arrêté à Sizun, emmené toutes sirènes hurlantes et à 140 km/h à Plourin-lès-Morlaix, il est accusé de dégradation de matériel et même de violences sur agents.

« Un gendarme dit que je l’ai attrapé par le gilet pare-balles, moi je dis que ce sont eux qui ont chargé. » Pour l’instant aucune suite, pas de convocation au tribunal. Pendant sa garde à vue, une trentaine de personnes se regroupent devant la gendarmerie, donnant lieu à une nouvelle arrestation. « Ensuite le lendemain, ils ont débarqué ici, dans cette maison de Saint-Rivoal. »

C’est G, jeune saisonnier agricole qui habite là, qui poursuit : « Ils ont débarqué le matin à une quinzaine. Comme ils étaient dans le cadre d’une enquête de flagrance, ils sont entrés et ont jeté un œil dans chaque pièce de la maison. Ils ont distribué des convocations à tous les gars qui se trouvaient là, au fur et à mesure que ceux-ci se réveillaient. On nous reproche une dégradation avec la circonstance aggravante d’avoir eu le visage dissimulé. » Depuis, la maison de Saint-Rivoal voit régulièrement passer les gendarmes.

Aujourd’hui la situation est difficile »

Quand il ne s’agit pas de répression judiciaire, les autorités frappent aussi au portefeuille. Une ordonnance a été prise par le tribunal, autorisant un huissier à distribuer des amendes de 5 000 euros pour les personnes tentant de s’opposer au bon déroulement du chantier.

Le 5 avril, un groupe essaie de barrer la sortie à un tracteur. L’huissier est là. Il demande leur identité aux militants qui refusent de la donner. Un contrôle de gendarmerie plus tard, ils sont une dizaine à recevoir le fameux papier et risquent tous d’avoir à payer 5 000 euros d’amende. Sur la liste des personnes visées, des choses étonnent, comme la mention « figure au FPR [fichier des personnes recherchées – ndlr] – ne pas attirer l’attention », à côté du nom d’un militant, ou bien à côté d’une autre, le fait qu’elle est la compagne d’Untel.

Même les rassemblements devant la gendarmerie donnent lieu à un festival d’amendes 

Qui pour un stop glissé, qui pour un clignotant défectueux, qui pour un pneu lisse. « C’est bien pour ça qu’on répare nos bagnoles », se marre Olivier. Une autre militante s’est vu verbaliser pour distribution d’imprimés sur la voie publique. « On découvre des trucs juridiques tous les jours », philosophe G. Une autre encore a pris une amende parce qu’elle n’avait pas ses papiers, elle habitait pourtant à 100 mètres et se proposait d’aller les chercher. Sans succès.

« Ça étonne tout le monde, le poids du judiciaire et du policier dans ce dossier »

affirme C., militante EELV de la région, présente au pique-nique. « L’opérateur veut nous intimider, il a l’État derrière lui », ajoute É.. L., qui gère avec sa femme une production de plantes aromatiques à quelques kilomètres de Landivisiau, insiste quant à lui sur l’unité des opposants après des années de lutte malgré leur diversité .

« Ici, il y a des jeunes avec des vieux, des gens qui viennent là par la santé, d’autres par le climat, d’autres par le gaspillage d’argent public, un communiste pur jus qui fraternise avec un catho convaincu, jusqu’à devenir son meilleur ami. On tient la dragée haute à Total alors qu’on n’est qu’une cinquantaine, on tient quelque chose de fort, là. » « Ça a créé une fraternité, complète Jean-Yves Quéméneur, on est une cinquantaine, d’horizon et de profils divers, face à la gendarmerie, face aux vigiles. »

Lundi soir, une quinzaine d’opposants se retrouvent chez Loïc, autour d’une soupe et d’un verre de bière. Dans la grange en face de la maison, une longue table est installée. Tout le monde prend place. Il y a là Christiane, trésorière de l’association LDDLC – « je suis Picsou ! » – , qui s’est engagée d’abord pour la santé. Tout comme M., qui vient de Lampaul-Guimiliau, « au village, on me prend pour une toquée ».

Il y a A., jeune femme qui « donne un coup de main » depuis janvier parce que sa sœur, Mélanie, habite à Landivisiau. M., elle, a mis un peu de temps à s’impliquer mais est très active depuis quelques mois.  On retrouve A., aperçue au pique-nique et qui « lutte depuis le tout début », d’abord au sein du conseil municipal, où elle était élue d’opposition, puis à partir de 2014 au sein de l’association LDDNLC.

À côté d’elle, Josée, qui était contre ce « projet d’arrière-garde » alors même qu’on ne savait pas encore où il devait se faire et qui est « encore plus d’arrière-garde après toutes ces années ». J., ancien d’EDF, passé par la centrale au charbon de Cordemais, puis par le siège parisien, s’oppose au projet depuis qu’il est sorti « éberlué » d’une séance de présentation au conseil municipal de Landivisiau, choqué que le seul choix offert aux citoyens, soit celui « des arbres et des fleurs qui entoureront la centrale ». Il est depuis peu porte-parole de l’association Bretagne Vivante. Pour lui, c’est clair : « C’est un projet polluant, coûteux et inutile. »

I., a vécu ce projet de centrale « comme une agression ». « Ce que je ne comprends pas, c’est que malgré le fait que ce projet soit en complète contradiction avec ce qu’il faudrait faire aujourd’hui, les décideurs soient capables de continuer », dit-elle. Et d’ajouter : « Aujourd’hui la situation est difficile parce qu’on n’arrive pas à se faire entendre, on passe pour des terroristes. »

Plus jeunes, E. et sa compagne, sont éberlués de voir les politiques tellement décon-nectés. Sa compagne vient de Landerneau, elle parle à qui veut l’entendre de cette centrale, un projet  « vraiment mal connu ». À leur côté se trouvent A., qui habite à 21 km de Landivisiau : lui s’intéresse aux moyens alternatifs de produire de l’énergie, elle, ne comprend pas qu’alors même que la Bretagne est confrontée à des pics de pollution, il se trouve encore des politiques pour défendre le projet.

Présent pour la première fois, B. Fait intéressant, celui-ci vient de monter une branche d’Extinction Rebellion – ce nouveau mouvement pour le climat venu d’Angleterre qui prône la désobéissance civile – à Morlaix. Il est venu pour bâtir des passerelles, réfléchir au mouvement climat et à l’articulation entre « les demandes générales mondiales et les luttes locales ». Une formation à l’action non violente a déjà eu lieu dans le coin il y a quelques jours, l’idée est à présent de savoir quoi en faire.

La lutte se veut aussi politique. En 2014, une liste d’opposants s’est présentée à la mairie de Landivisiau, elle n’a échoué qu’à une centaine de voix. Les opposants rencontrent également les députées, en l’occurrence, Graziella Melchior et Sandrine Le Feur. Toutes deux ont été élues avec l’étiquette LREM, dans la foulée de l’élection d’Emmanuel Macron. Et toutes deux défen-dent la centrale. Une rencontre récente avec Graziella Melchior a d’ailleurs laissé un goût amer, les arguments en faveur du projet paraissant plus que légers.

Manne financière pour Total

Le principal d’entre eux consiste à agiter le spectre du « black-out » en Bretagne : le risque d’une coupure généralisée de courant dans un moment de grande tension. « Le risque du black-out, c’est un mensonge », grince Émile. L’ancien d’EDF sort ses documents : « RTE indique clairement que le réseau n’est pas en danger et qu’il n’y a pas non plus de risque de black-out. » Il a raison.

Dans une note de 2018, Réseau de transport d’électricité écrit : « La mise en service en 2017 du Filet de sécurité Bretagne, une ligne électrique souterraine de forte puissance, contribue forte-ment à l’équilibre des flux dans la zone. Ainsi, malgré la fermeture récente de centrales de pro-duction au fioul sur le site de Cordemais (Pays de la Loire), la consommation électrique ayant cessé de croître, la situation électrique de la Bretagne peut aujourd’hui être considérée comme stabilisée. » C. rappelle également que la France est exportatrice nette d’électricité.

Pourquoi maintenir la centrale de Landivisiau dans ce cas ?

Tout simplement parce qu’elle était prévue. En 2010, l’État, la région Bretagne, RTE, l’Ademe (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et l’ANH (agence nationale de l’habitat) ont signé un « pacte électrique breton ». Celui-ci reposait sur plusieurs leviers : maîtrise de la consommation, développement des sites de production (énergies renouvelables et centrale de Landivisiau) et renforcement du réseau électrique. En 2019, ce pacte s’avère beaucoup moins utile. Le réseau a été renforcé, la consommation d’électricité en Bretagne est stable. Pour Me Alexandre Farro, avocat de l’association Force 5, c’est aujourd’hui « une tarte à la crème ».

L’avocat devait le rappeler vendredi 3 mai devant la cour administrative d’appel de Nantes.

Car la bataille se joue aussi sur le terrain juridique. Après plusieurs péripéties, l’association Force 5 s’est vu reconnaître son intérêt à agir. Vendredi matin, rendez-vous était donné à 10 h 30 aux opposants à Nantes, pour soutenir Me Farro. Celui-ci conteste au nom de Force 5 l’arrêté du 6 mai 2015 pris par le préfet autorisant la CEB à créer et exploiter l’installation de production d’électricité à Landivisiau. En première instance, le 27 octobre 2017, Force 5 a vu sa requête rejetée.

Le recours porte sur l’ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement).

« Sous ce nom barbare se cache la plus importante autorisation à obtenir pour un projet indus-triel. C’est l’autorisation d’exploitation que l’on attaque », explique Me Farro. « Le tribunal va regarder notamment comment s’est déroulée l’enquête publique, l’étude d’impact – sur l’environnement, sur le milieu, le paysage », ajoute l’avocat.

Les opposants ne manquent pas d’arguments.

Ils estiment tout d’abord que le préfet n’a pas pu prendre une décision éclairée puisque, alors que c’est obligatoire, la CEB n’a pas présenté de solution de substitution au projet lors de l’étude d’impact. Or, des solutions existent, et notamment le projet de liaison électrique Finistère-Irlande, dénommé CELTIC Interconnector, qui consiste à créer une liaison souterraine et sous-marine de 700 mégawatts (MW) entre le poste électrique de La Martyre et le poste électrique de Knockraha.

Ce projet avait d’ailleurs donné lieu à une drôle de lettre du préfet de région Bretagne, Patrick Strzoda (oui, le même que dans l’affaire Benalla), en avril 2014, adressée à RTE. Alors que ce dernier voulait lancer des études sur cette interconnexion, Strzoda lui a gentiment demandé de reporter son projet, de peur d’envoyer un « mauvais signal pour l’avenir de la centrale de Landivisiau » (lire notre article de l’époque).

Par ailleurs, les opposants dénoncent le fait que l’enquête publique n’a pas pris en compte un nombre important de courriers parce qu’ils émanaient d’opposants déclarés au projet. D’un point de vue environnemental, ils accusent la CEB d’avoir biaisé ses mesures de pollution en choisis-sant sciemment des périodes de faible pollution.

La ville est en effet sous le coup de plusieurs sources de pollution 

La pollution d’origine agricole, la présence de la base aéronavale, et surtout, la RN12 qui longe la ville. « Landivisiau, bien que commune de petite taille, compte un niveau de pollution équiva-lent à celui d’une métropole comme Brest », rappelle Force 5. Or la CEB n’a pas effectué ses mesures à proximité de la 4 voies, alors que le site de la centrale y sera.

Dans son étude d’impact, l’opérateur estime qu’en fonctionnant 8 000 heures par an, la quantité annuelle de CO2 émise atteindrait quasiment les 1,5 million de tonnes, et près de 1 100 tonnes pour les oxydes d’azote. De quoi inquiéter les familles de Landivisiau, dont les enfants vont faire du sport sur un terrain situé à quelques centaines de mètres à peine de la centrale. Ces niveaux de pollution pourraient par ailleurs avoir une autre conséquence : les paysans bio basés à proximité pourraient se voir retirer leur label.

Les opposants reprochent également à la CEB de n’avoir rien fait pour protéger l’espèce protégée de l’escargot de Quimper. Lors de l’étude d’impact, la société chargée d’évaluer la présence de cet escargot sur le site se serait rendue coupable d’un faux, puisque, en ayant trouvé, elle a sciemment affirmé le contraire, selon le témoignage d’un ancien salarié produit par Me Farro.

Pour l’avocat, joint par Mediapart quelques jours avant l’audience, « si l’on a affaire à un juge qui applique les règles du droit, je suis confiant. Après, je ne connais pas la longueur du bras de Total ». Il ajoute : « Ce que je remarque, c’est que l’on a échangé, avec Direct Energie, quatre mémoires en appel, et que le ministère de l’écologie ne répond plus ! Les juges peuvent inter-préter ça comme un signal : le ministre ne défend plus le dossier. » En cas d’annulation de l’ICPE, tout serait à refaire pour Direct Energie : « On se met au minimum 8 ans dans les gencives. ».

En face, Total Direct Energie n’est cependant pas près de lâcher l’affaire.

Et pour cause : la centrale de Landivisiau, c’est l’assurance de recevoir une manne de l’État pendant au moins 20 ans. L’accord prévoit que la CEB touche 40 millions par an. Pour l’oppo-sante Morgane, « c’est un cadeau à Total point barre, sauf qu’on n’a plus le temps de faire des cadeaux à Total ».

Une autre question reste posée : d’où viendra le gaz brûlé dans la centrale ?

Récemment, l’Observatoire des multinationales a révélé coup sur coup que du gaz de schiste américain était importé en France, puis que Total venait d’annoncer un investissement de 700 millions dans un nouveau projet de gazoducs et de terminal d’exportation de gaz de schiste en Louisiane. Les autorités françaises auront bon dos de vanter le caractère « propre » de la centrale à gaz au vu de ces informations.

Reste une derrière barrière à faire tomber pour les opposants. Mentale celle-ci. Dans une zone de Bretagne sinistrée du point de vue industriel (la fermeture de l’abattoir Gad à Lampaul-Guimi-liau est encore dans toutes les têtes), la question de l’emploi que pourrait créer la centrale – soit directement, soit par appel d’air, selon ses promoteurs – continue de peser dans le débat. Pourtant, rappelle Loïc Le Polles, la centrale elle-même, une fois en fonctionnement, ne nécessiterait que 40 emplois, dont une grosse partie de spécialistes de ce genre de centrale, « ça m’étonnerait qu’ils les trouvent dans le coin ».

« Certes, explique G., il y a dans le coin une situation sociale qu’on ne peut négliger. Mais nous, on a fait des argumentaires sur les retombées en termes d’emploi sur isolation des mai-sons et tout, et ça ne prend pas. Les politiques, ils se disent investis pour développer l’emploi, et pourtant on les a pas beaucoup vus lors de la fermeture de Gad. » O. secoue la tête et lance, un sourire en coin : « Avec tous les vigiles qu’ils ont dû embaucher à cause de nous, on a déjà créé de l’emploi en fait. »

3 mai 2019 Christophe Gueugneau

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03 mai 2019 ~ 0 Commentaire

nantes (ouest france)

hoptiam

En grève, le personnel des urgences bloque les livraisons du CHU

Les infirmiers, aides-soignants, agents d’accueil, en grève depuis mardi 30 avril, réclament plus de moyens pour « assurer une bonne prise en charge des patients. »

Le personnel en grève des urgences a bloqué l’entrée des livraisons ce vendredi 3 mai au matin, au CHU de Nantes, entre 6h30 et 9h. Concrètement, ils empêchaient les camions chargés de matériel divers (plateaux-repas, blanchisserie, fournitures diverses, matériel de chirurgie) d’accéder au quai de déchargement.

En grève depuis mardi 30 avril, les infirmiers, aides-soignants, agents de bio nettoyage et administratifs des urgences à l’accueil réclament plus de moyens. Le flux des patients augmente d’année en année. Et les files et temps d’attente s’allongent. « Dernièrement une personne âgée sous oxygène a dû patienter plus de six heures, allongée sur un brancard entre son admission et sa prise en charge dans une salle », souligne Esther, une aide-soignante.

Pendant la grève, la direction applique le service minimum et assigne du personnel pour faire tourner les urgences. Un service où il y a aussi de plus en plus de contractuels.

Les grévistes sont soutenus par la CGT, FO, SUD. Et aussi, depuis mardi après midi, par la CFDT.

03/05/2019

https://www.ouest-france.fr/

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