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23 mai 2023 ~ 0 Commentaire

logement (fr3)

La Fondation Abbé Pierre rend public ce mardi 23 mai son nouveau rapport sur l’état du mal-logement. Il pointe une crise du logement sans-précédent en Bretagne.
La Fondation Abbé Pierre rend public ce mardi 23 mai son nouveau rapport sur l’état du mal-logement. Il pointe une crise du logement sans-précédent en Bretagne.

Mal-logement : la situation est inédite et « alarmante » selon la Fondation Abbé Pierre

La Fondation Abbé Pierre rend public ce mardi 23 mai 2023 son nouveau rapport sur l’état du mal-logement en Bretagne et alerte sur une « crise du logement sans-précédent » dans la région. Pour la première fois, son baromètre met en exergue des données plus défavorables en Bretagne que sur l’ensemble de l’Hexagone. La qualité et la quantité de logements sont concernées. Décryptage.

Nombre de logements vacants en augmentation, baisse des projets de rénovation, renchérissement des prix… Selon l’agence régionale de la fondation Abbé Pierre : « Tous les indicateurs sont au rouge en Bretagne ».

Dans son 28e rapport sur l’état du mal-logement, la fondation constate que partout, la crise sanitaire liée au Covid-19 a fragilisé de nombreuses personnes sur le fil, mais l’année 2022 a été marquée par une hausse des prix inédite depuis 30 ans, notamment en Bretagne.

Au regard des estimations statistiques, 70.000 personnes seraient mal logées en Bretagne. Une première dans notre région, jusqu’alors plutôt épargnée par le mal-logement.

Des prix « inabordables »

« La Bretagne trustait le podium de tête des objectifs atteints de production de logements sociaux, elle est aujourd’hui dans le peloton de queue, à la 10e place » constate Stéphane Martin, directeur de l’agence régionale de la fondation Abbé Pierre.

Conséquence notamment de la crise actuelle, les logements deviennent inabordables. Tous les portefeuilles sont touchés, mais tout particulièrement les plus modestes et les classes moyennes. Cela se mesure surtout au nombre de recours DALO (droit au logement opposable) qui a augmenté de 86% depuis 2019, alors que ces recours n’ont augmenté que de 3,2% au niveau national.

Comme le parc de logements privés baisse à grande vitesse (la demande est grande et l’offre limitée), les prix grimpent et la pénurie s’accentue : il manquerait, selon la Fondation, 23.000 logements abordables en Bretagne.

Logements sociaux saturés

Conséquence inédite à l’échelle de notre région : les demandes de logement social explosent : 95.000 demandeurs de logement social en Bretagne au 1er mai, soit 40% de plus en 5 ans (ils étaient 66.000 en 2018).

Des demandeurs dont le profil a évolué : « Ils sont de plus en plus jeunes », constate Pauline Urien, la directrice de l’association régionale des organismes HLM de Bretagne. « Ce sont des personnes qui n’accèdent plus au locatif privé, leurs revenus sont plus élevés qu’avant mais comme les prix ont augmenté dans le privé, ils se tournent vers les logements sociaux. »

Résultat, les files d’attente s’allongent (18,5 mois d’attente en Bretagne contre 15,2 mois l’an dernier) et rares sont les « élus » : la fondation a compté 5,2 demandes pour une attribution seulement. La situation est critique dans tous les départements, mais le Morbihan est le territoire breton le plus en tension.

« Avant, le logement social était un tremplin : on y entrait et quand on avait stabilisé sa situation, on en sortait. Maintenant, malheureusement, dans ce contexte économique, les locataires préfèrent rester. Avec aujourd’hui 7% de turn-over seulement, la situation est très critique. On ne peut plus faire entrer de nouvelles personnes ! » Pauline Urien, directrice l’association régionale des organismes HLM Bretagne

Des organismes HLM qui manquent de moyens. « Depuis 2018 et la mise en place de la réduction du loyer de solidarité en 2018, les organismes HLM bretons ont perdu 134 millions d’euros, soit 10% de leur chiffre d’affaires annuel », ajoute Pauline Urien.

Ce à quoi s’ajoutent une flambée des coûts de construction. « En 2000, la construction d’un T3 de 64 m² coûtait 76.500€. En 2022, c’est plus du double : il faut compter 169 000€ pour construire ce même logement ! » explique la directrice de l’ARO HLM. « De fait, les organismes HLM, au lieu d’en construire deux, ils n’en construisent plus qu’un. »

Demandes d’hébergement d’urgence en hausse

L’accès à un logement étant de plus en plus compliqué, de plus en plus de personnes demandent des hébergements d’urgence : +6,5% en 2022, soit 3.200 demandes supplémentaires.

Beaucoup ont recours au 115, mais les réponses positives sont limitées : 32% des demandes seulement aboutissent… De plus en plus de personnes dorment donc à la rue, dans des parcs, dans des campings, ou dans leurs voitures.

La fondation note que a situation du « sans-abrisme » est particulièrement compliquée dans les Côtes-d’Armor où les services constatent « que les personnes isolées n’appellent plus le 115, car elles savent qu’elles ne vont pas être prises en charge. Des inquiétudes sont présentes avec le retour de la période touristique et la disponibilité des hôtels. »

Passoires énergétiques et conditions « indignes »

Le nombre de logements est insuffisant pour répondre à toutes les demandes, mais leur qualité est aussi pointée du doigt par la Fondation qui a comptabilisé 63.000 logements potentiellement indignes en Bretagne.

Cela vaut dans le public comme dans le privé, dont la précarité énergétique est pointée du doigt. Le rapport de la Fondation note « un abandon public des propriétaires les plus pauvres, dans les logements indignes et dans les passoires thermiques ». 224.468 ménages bretons, soit 14,6% de la population, sont en précarité énergétique quand la moyenne en France métropolitaine est de 13,9%.

Hôtels insalubres subventionnés

Des conditions « indignes » dont souffrent notamment les plus précaires. Mathilda (prénom d’emprunt) a accepté de témoigner.

Cette maman de trois enfants âgés de 8 à 13 ans a vécu depuis son arrivée en France dans des logements quelquefois insalubres : pas de toilettes, pas de douche, pas de cuisine…

Durant quatre mois, le 115, faute de place d’hébergement, lui a proposé deux chambres dans un hôtel d’Ille-et-Vilaine : « une horreur » selon cette femme : « Il n’y avait nulle part où cuisiner, pas de table pour manger ou travailler. Les enfants avaient interdiction de jouer… »

« L’État subventionne des hôtels insalubres. Il paie ces structures, mais avec 21 euros par chambre par nuit, il n’y a pas de prestation de nettoyage, de gardiennage et surtout pas d’accompagnement des ménages… Est-ce que c’est suffisant pour apporter de la qualité dans les prises en charge ? Stéphane Martin, directeur de la Fondation Abbé Pierre Bretagne

« À ce prix, ajoute le directeur régional, beaucoup d’hôteliers ne veulent plus aujourd’hui avoir de contrats avec le SIAO (service intégré de l’accueil et de l’orientation)… « 

Malgré tous les inconvénients qu’il présente, le recours aux hôtels est pourtant de plus en plus courant : « 35% des réponses en hébergements d’urgence le sont par le biais des hôtels. Ne faudrait-il pas plutôt envisager des structures avec accompagnement spécialisé, c’est toute la question qu’on se pose ! » poursuit Stéphane Martin.

Réaction attendue du gouvernement

Face à ce constat alarmant, la Fondation Abbé Pierre tire la sonnette d’alarme. « Il est urgent d’agir ! » alerte Stéphane Martin qui attend beaucoup des conclusions du CNR, le centre national de la refondation sur le logement, qui doivent être rendues le 5 juin prochain.

« Il faut que le gouvernement refinance largement la question du logement à hauteur de 2% du PIB. Il est aujourd’hui à 1,5 contre 2,2% en 2010. On demande aussi en urgence de financer les logements abordables dans le parc HLM et privé avec une loi de programmation sur les 5 ans à venir. »

Des choix politiques qui pourraient passer, du moins ils l’espèrent, par la régulation des prix des logements et du foncier, l’encadrement des loyers en urgence, des aides à la construction via notamment une TVA à 5,5% pour les matérieux de conscruction, l’accès élargi aux APL… et « un vrai travail sur la rénovation énergétique et l’habitat indigne avec l’éradication des 60.000 logements indignes par an. C’est un enjeu fort, mais on peut le réaliser et surtout ne plus expulser des personnes sans situation de relogements ! Beaucoup de ménages sont aujourd’hui sans solution et risquent de se retrouver durablement à la rue. »

Une solution réside peut-être dans ce dernier chiffre : le nombre de logements vacants… La fondation en a compté 145.773 en Bretagne en 2019, soit 37% de plus qu’en 2008.

 23/05/2023  Valérie Chopin

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15 mai 2023 ~ 0 Commentaire

profs (the conversation)

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L’électorat enseignant, convoité par les Le Pen

Le monde enseignant a longtemps été considéré comme foncièrement réfractaire au vote en faveur des partis d’extrême droite. Mais, désormais, on n’en est plus assuré, tant s’en faut.

C’est ce qu’avait d’ailleurs pointé à sa façon Marine Le Pen lorsqu’elle a salué la création du collectif Racine rassemblant des enseignants « bleu marine » en déclarant à la fin de son colloque du 12 octobre 2013 qu’une telle initiative « était inimaginable il y a quelques années ».

En réalité, la démarche délibérée des Le Pen vers les enseignants vient de loin, même si le succès n’a pas été au rendez-vous immédiatement.

Les messages des Le Pen adressés aux enseignants

Marine Le Pen s’était déjà adressée aux enseignants lors du colloque du Front national sur l’école de septembre 2011 en leur disant on ne peut plus nettement :

« Nous n’avons pas su vous parler. Longtemps nous avons commis l’erreur de croire que vous étiez complices de la destruction de l’école. Pour l’immense majorité d’entre vous, c’était une erreur et cette époque est révolue. »

Jean-Marie Le Pen lui-même était allé dans le même sens, cinq ans plus tôt, le 12 novembre 2006, lors de son discours au Bourget sur son « projet présidentiel » pour 2007, en se présentant comme « l’espoir de renouveau et la conscience progressiste du pays ». Il avait alors fustigé « le mépris des fonctionnaires, forcément absentéistes, qu’on veut rendre responsables de la destruction des services publics, alors que le plus souvent, fidèles à leur mission, ils en sont les premières victimes ».

Et pour ce qui concerne plus spécifiquement l’école et ses enseignants, Jean-Marie Le Pen avait mis en avant des préoccupations qui peuvent être partagées par nombre d’enseignants sans qu’elles soient des singularités propres au Front national :

« L’école est le véritable et premier lieu où se forge l’égalité, celle des chances. Or la véritable sélection, j’ose le dire, est source de l’égalité véritable […]. Lire, écrire, compter, connaître l’histoire et la géographie de son pays sont des bases essentielles qui aujourd’hui manquent à un élève sur quatre en sortie du primaire. L’école publique doit aussi respecter scrupuleusement la neutralité religieuse, politique et philosophique »

L’aggiornamento des Le Pen ne semble pourtant pas avoir eu un effet sensible immédiat. Quelques mois après son intervention au Bourget d’octobre 2006, Jean-Marie Le Pen n’obtient que 3 % des intentions de vote exprimées chez les enseignants pour le premier tour de la présidentielle de 2007 selon un sondage effectué en février 2007 par l’IFOP pour Le Monde de l’éducation.

Et quelques mois après son intervention de septembre 2011, Marine Le Pen n’atteint que 5 % des intentions de vote exprimées dans le sondage effectué par l’IFOP pour Le Monde de l’Éducation en février 2012. Marine Le Pen reste à l’étiage de ces 5 % selon le sondage effectué par l’IFOP à la mi-avril 2017.

Un vote enseignant en faveur du Rassemblement national minoritaire mais qui s’installe

Si on suit les indications du tableau 5 établi par Luc Rouban dans sa Note de recherche pour l’élection présidentielle 2022 à partir des données de l’enquête présidentielle 2022 par Cevipof et Ipsos, vague 24, d’avril 2021, on aurait eu 10 % de déclarations d’intentions de vote parmi les suffrages exprimés des enseignants, contre 8 % en mars 2017 est-il mentionné.

Il semble bien qu’il y a eu un décollage progressif et continu (avec « effet retard ») du taux de déclarations d’intention de votes exprimées par les enseignants en faveur de Marine Le Pen passant de 5 % en février 2012 à 8 % en mars 2017 puis 10 % en avril 2021. Et cela va dans le sens d’un vote Le Pen qui s’installe dans le paysage enseignant durant ces dernières années, après bien des efforts de leur part.

À cela s’ajoute le taux d’intentions de vote exprimées en faveur de Marine Le Pen par les enseignants au second tour des élections présidentielles de 2022 qui attire l’attention et qui continue à être de nature à frapper les esprits.

Dès le 19 avril 2022, il a été indiqué dans le journal 20 minutes que « selon une enquête du Cevipof pour le second tour, 48 % des enseignants seraient prêts à voter pour Emmanuel Macron et 22 % pour Marine Le Pen ». Puis le 25 avril, sur RTL, il a été mis en avant qu’« un quart des professeurs a voté pour Marine Le Pen au second tout des présidentielles selon une étude du Cevipof ». Même s’il convient sans doute de relativiser (car au premier tour on choisit et au second tout on élimine, ce qui n’a pas le même sens), cela donne quand même à réfléchir.

S’il ne s’agit certes pas d’une vague susceptible d’emporter vraiment le monde enseignant, il n’en reste pas moins que l’on a quitté la place d’un vote dans les marges pour un vote certes foncièrement minoritaire chez les enseignants, mais qui s’installe et fait désormais partie du paysage.

Enseignant-chercheur en histoire de l’éducation, professeur honoraire à Paris-Descartes, Université Paris Cité

11 mai 2023 Claude Lelièvre

https://theconversation.com/

Commentaire:

Un constat, mais quelles raisons?

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15 mai 2023 ~ 0 Commentaire

algues vertes (fr3)

algues-vertes-2

« L’ association de défense des victimes des marées vertes », créée par les piliers de la lutte contre les algues vertes

La Cour d’appel de Rennes devra statuer le 24 mai prochain sur la responsabilité de l’employeur de Thierry Morfoisse, chauffeur décédé après avoir transporté des kilos d’algues vertes en juillet 2009 dans les côtes d’armor. L’accident du travail a été reconnu par le tribunal de Saint-Brieuc en 2018 mais pas la faute inexcusable de l’employeur. C’est dans ce contexte que vient d’être créée  » l’association de défense des victimes des marées vertes », pour leur apporter leur soutien, face à la justice.

Le décès de Thierry Morfoisse est dans toutes les mémoires, comme celui de Jean-rené Auffray, Jogger mort en 2016, le long de la rivière du Gouessant, entre Hillion et Morieux, dans la baie de Saint-Brieuc. Un périmètre où les algues vertes sont présentes depuis des années, avec leur corollaire :  les risques d’exposition aux rejets dans l’air d’hydrogène sulfuré, produits par la décomposition des algues vertes, due aux excédents d’azote d’origine agricole .

Depuis une vingtaine d’années, des associations pionnières comme « Haltes aux marées vertes » et « Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre » montent au front pour dénoncer ce phénomène. Mais c’est jusqu’à présent sur le volet de la défense de l’environnement et de la faune qu’elles menaient leur combat. Une étape à été franchie ce samedi 13 mai,  avec  la création de » l’association de défense des victimes des marées vertes », regroupant plusieurs associations déjà existantes sur la question, mais souhaitant cette fois-ci apporter leur expertise aux victimes.

Avec cette nouvelle structure, on veut se regrouper indépendamment de notre combat pour la protection de la nature. On a vocation à s’occuper des victimes des algues vertes, comme sont soutenues les victimes de l’amiante ou des pesticides. Il est temps de s’en occuper. Yves-Marie Le Lay Secrétaire ‘Association des victimes des marées vertes »

Membre de cette nouvelle association, Alain Plusquellec est un riverain de la plage de la Grandville, sur la commune d’Hillion. Une fois de plus, il constate que les algues vertes sont de retour sur le rivage en ce début mai. Il a autrefois assisté au balai des camions qui chargeaient des remorques remplies d’algues pour dépolluer le site. Il connait les odeurs nauséabondes et la pollution olfactive dû à leur décomposition.

Les algues vertes dénaturent le paysage mais c’est aussi un risque pour la santé des personnes. On le voit encore, quand les touristes arrivent dans le secteur, à cause des odeurs, ils font demi-tour, même si les plages ne sont pas interdites.

Alain Plusquellec Membre « Association de défense des victimes des marées vertes »

Cette nouvelle structure voit le jour quelques mois avant la sortie sur les écrans du film :’ » les algues vertes’ » le 12 juillet prochain .

13/05/2023 Catherine Jauneau

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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15 mai 2023 ~ 0 Commentaire

corée

corree

VOUS TROUVEREZ CI JOINT UN MESSAGE DE LA 4EME CONFERENCE MONDIALE ANTI IMPERIALISTE 

QUI SE TIENT A GWANJU   COREE DU SUD
LES CONGRESSISTES APPORTENT LEUR SOUTIEN A THIERRY PERENNES CONVOQUE CE LUNDI A LA GENDARMERIE DE GUINGAMP (Cote d’Armor, Bretagne)
 
AVEC NOS REMECIEMENTS A NOTRE CAMARADE CHARLES HOAREAU DE MARSEILLE

VIVE LA COMMUNE DE GWANJU

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04 mai 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (jdd)

pension

Retraites : pendant la campagne présidentielle, 77 % des Français souhaitaient déjà le retrait de la réforme

« Le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans » figurait dans le programme d’Emmanuel Macron. Mais déjà, pendant la campagne présidentielle, les Français étaient majoritairement favorables à ce que le candidat retire cette mesure de son programme.

En avril, en marge de son déplacement en Chine, Emmanuel Macron avait réagi à la contestation autour de la réforme des retraites. « Si les gens voulaient la retraite à 60 ans, ce n’était pas moi qu’il fallait élire président de la République ou mettre en tête au premier tour », confiait le Président au Figaro. Ces dernières semaines, le gouvernement le répète pour insister sur la légitimité du dossier : la réforme des retraites faisait partie – contrairement à 2017 – du programme du candidat Macron. En effet, pendant la campagne présidentielle, le chef de l’État promettait de « proposer, dès l’été 2022, le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans ».

Pour autant, déjà à l’époque, la réforme était impopulaire. Selon un sondage Ifop pour le JDD publié le 13 avril 2022 (soit juste après le premier tour du scrutin) dans notre newsletter politique, 77 % des Français estimaient qu’Emmanuel Macron devrait retirer cette mesure de son programme. Sachant qu’à l’époque, il était question de repousser l’âge à 65 ans, et non pas à 64 ans. Concrètement, il y a un peu plus d’un an, le rejet était majoritaire dans la quasi-totalité des catégories de population interrogées.

Les électeurs de Macron majoritairement pour le retrait

Si les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et de Marine Le Pen (Rassemblement national) se montraient unanimement en faveur d’un retrait de ce projet (respectivement 93 % et 89 %), ceux d’Emmanuel Macron n’étaient pas non plus convaincus : 56 % se prononçaient alors pour retirer la retraite à 65 ans du programme. Soit un niveau comparable à celui observé chez les plus âgés (59 % des 65 ans et plus) et les plus aisés (58 %). Finalement, à l’époque, seuls les électeurs de Valérie Pécresse (Les Républicains) y apparaissaient favorables (à 58 %).

Certes, depuis, les choses ont évolué et la loi a été promulguée. Le curseur a notamment été déplacé de 65 à 64 ans. Cette possibilité avait d’ailleurs été évoquée au moment de notre sondage. « Les 65 ans ne sont pas un dogme », avait déclaré Emmanuel Macron dès le 11 avril 2022, lors d’un déplacement dans le Pas-de-Calais, au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. Au même moment, le Président-candidat affirmait ne pas « exclure un référendum sur quelque réforme que ce soit ». 

Anne-Charlotte Dusseaulx 04/05/2023

https://www.lejdd.fr/

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19 avril 2023 ~ 0 Commentaire

dessaler (reporterre)

 eau de emer

Dessaler l’eau de mer : fausse solution, vraie catastrophe écologique

Des communes françaises se sont récemment mises au dessalement de l’eau de mer pour faire face à la sécheresse. Ce procédé a cependant des répercussions écologiques néfastes.

Faute de pluie, boirons-nous bientôt de l’eau dessalée ? L’idée peut sembler tentante, alors que le pays se dirige, lentement mais sûrement, vers une nouvelle sécheresse estivale, et que le changement climatique promet de raréfier nos ressources en eau.

Déjà adopté depuis une cinquantaine d’années sur l’île de Sein, en Bretagne, le dessalement de l’eau de mer a récemment été testé par deux nouvelles communes françaises : le village de Rogliano, en Corse, et l’île morbihannaise de Groix, qui a mis en place l’été dernier une unité — temporaire — de dessalement afin de répondre à l’explosion de la demande durant la saison touristique. Transformer un bouillon de plancton, de chlorure et de sulfate en eau potable se fait cependant à un prix écologique élevé.

Dessaler avec… les énergies fossiles

Premier problème : la consommation d’énergie requise par l’opération. Plusieurs techniques de dessalement existent. On peut grossièrement les diviser en deux : les procédés thermiques, qui rendent l’eau salée potable en la distillant, et l’osmose inverse (aujourd’hui majoritaire), qui récupère l’eau douce contenue dans l’eau de mer en la faisant passer à travers une membrane.

Les premiers consomment entre 7 et 27,3 kWh pour 1 m3 d’eau dessalée, relèvent les chercheurs Marc-Antoine Eyl-Mazzega et Élise Cassignol dans un rapport réalisé pour l’Institut français des relations internationales (Ifri) en septembre 2022. L’osmose inversée requiert quant à elle entre 2,5 et 3 kWh pour produire la même quantité d’eau douce.

De nombreux projets de recherche ont été lancés, ces dernières années, afin d’augmenter la résistance des membranes au sel, et ainsi améliorer l’efficacité énergétique de ce procédé. Il n’en demeure pas moins, comme ses compères thermiques, « très énergivore », note le rapport.

La facture est d’autant plus salée que les usines de dessalement fonctionnent, dans leur immense majorité, grâce aux énergies fossiles. C’est notamment le cas aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Koweït et à Oman, qui font partie des plus gros producteurs d’eau dessalée de la planète.

En 2017, les énergies renouvelables ne fournissaient que 1 % de la demande d’énergie nécessaire aux quelque 20 000 stations opérationnelles à travers le monde, selon une étude publiée dans la revue Desalination. Chaque année, selon les estimations de Marc-Antoine Eyl-Mazzega et Élise Cassignol, le dessalement est responsable de l’émission d’au moins 120 millions de tonnes de dioxyde de carbone. D’après une étude de la Banque mondiale, si rien n’est fait pour rendre le secteur plus durable, il pourrait d’ici 2050 en émettre 280 millions supplémentaires — soit, au total, l’équivalent du volume des émissions françaises en 2021.

« Un cercle de résistance non vertueux, qui amplifie le dérèglement climatique »

Autre péril : les rejets toxiques. Selon une étude publiée sous l’égide des Nations unies en 2019, les usines de dessalement déversent chaque jour dans l’océan 141,5 millions de mètres cubes de saumure, un concentré d’eau de mer plus chaude, plus salée, et surtout bourrée de produits chimiques (anti-tartre, antichlore, anti-mousse…). Ce sous-produit représente un risque écologique majeur.

L’augmentation de la salinité de l’eau peut en effet amplifier, localement, le phénomène de désoxygénation de l’océan. « Si l’eau est moins oxygénée, elle peut capter moins de CO2, explique à Reporterre Christophe Mori, hydrobiologiste et maître de conférences à l’université de Corse. Avec le dessalement, on entre dans un cercle de résistance non vertueux, qui amplifie le dérèglement climatique. »

« Le dessalement devrait être la dernière chose à faire »

Les conséquences peuvent également être catastrophiques pour les organismes marins, notamment les coraux, les algues et certains mollusques. Christophe Mori se dit particulièrement inquiet pour l’avenir des herbiers de posidonie, des plantes à fleurs marines emblématiques de la Méditerranée, déjà très endommagées par les ancres des bateaux de plaisance. « À Chypre, une étude a montré que ce milieu était très détérioré, en partie à cause de la saumure. »

Ces résultats devraient selon lui nous inciter à juger le dessalement avec plus de circonspection. Les herbiers ne sont pas là « que pour faire des jolies couleurs sur la mer », insiste-t-il : « Ils augmentent la biodiversité, oxygènent la mer, stockent le carbone, freinent la houle, ce qui nous protège des tempêtes et ralentit l’érosion… » Si cette espèce venait à disparaître, « tout l’édifice de l’écosystème pourrait être déstabilisé ».

Plutôt que de miser sur le dessalement à grande échelle, l’universitaire recommande de réduire au maximum les fuites du réseau — responsables, en France, de la perte de 1 milliard de mètres cubes d’eau potable par an, soit 20 % de la production —, de réutiliser les eaux usées, et de remettre en question certains de nos usages, notamment les piscines. « Il faut voir au cas par cas : certains pays ne peuvent pas faire autrement, et cela peut également être compliqué pour certaines îles détachées du continent qui n’ont pas de ressources en eau sur place, précise-t-il. Mais globalement, sous nos latitudes, le dessalement devrait être la dernière chose à faire. »

https://reporterre.net/

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16 avril 2023 ~ 0 Commentaire

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10 avril 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (à l’encontre)

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Paris, 6 avril 2023 (Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas)

 «Bataille pour les retraites: les discordances du mouvement»

L’intersyndicale appelle à une nouvelle journée le jeudi 13 avril, mais sans avancer d’autre perspective pour le mouvement que d’attendre les décisions du Conseil constitutionnel. Redonner de la vigueur au rapport de force imposerait de donner des échéances propres, comme une manifestation nationale ou la préparation d’une nouvelle vague de grève reconductible.

Un autre problème est de plus en plus évident.

Si, en creux, le mouvement est un mouvement de classe, rassemblant dans l’action ou le soutien l’immense majorité des salarié·e·s avec, en toile de fond, le refus de continuer à payer pour le maintien d’un système qui frappe les classes populaires, ne se dégage pas dans le mouvement l’expression d’exigences qui dépassent la question des 64 ans.

La dynamique large créée par l’unité de tous les syndicats a comme limite immédiate l’impossibilité d’aller plus loin que la question des 64 ans, la CFDT, même sur la question des retraites, ayant déjà accepté la réforme Touraine de janvier 2014 qui mène aux 43 annuités [Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, sous la présidence de François Hollande].

Dès lors, l’intersyndicale n’avance pas non plus d’exigences sur le financement des retraites, comme la fin des exonérations [exonérations de cotisations sociales qui coûtent environ 20 milliards par an] et l’augmentation des cotisations patronales, ni bien sûr le retour sur la réforme Touraine et celle d’Eric Woerth en 2010 [sous la présidence de Nicolas Sarkozy] qui a décidé de la retraite à 62 ans.

De même, il n’y a pas au niveau confédéral de socle intersyndical commun sur les autres questions sociales urgentes, bien présentes dans les manifestations, sur les allocations chômage ou la lutte pour les salaires et contre les hausses des prix.

La place de l’intersyndicale nationale a servi de point d’appui dans les villes mais a aussi limité l’extension de la plateforme des intersyndicales locales. Cela pourrait sembler une question secondaire qui n’a pas empêché le développement d’une mobilisation d’une profondeur sans doute inédite.

Mais chacun comprend bien que le rapport de forces de classe ne peut se maintenir que si, dans la conscience de celles et ceux qui participent au mouvement ou le soutiennent, est clairement posée la question de à qui on s’affronte.

La question des 64 ans n’est pas la lubie d’un autocrate délirant, c’est bien un choix politique de classe correspondant aux intérêts des groupes capitalistes qui ont fait aboutir des contre-réformes identiques dans les autres pays européens. Il s’agit donc bien de remettre en cause la répartition des richesses et les choix faits dans l’intérêt des capitalistes, choix faits en Europe par les partis soutien du néo-libéralisme, y compris l’extrême-droite de partis similaires au RN, comme Fratelli d’Italia de Meloni qui applique la retraite à taux plein à 67 ans dans le cadre des exigences budgétaires de l’Union européenne.

Combattre la supercherie du RN défenseur des retraites ne peut pas se faire sans appuyer le mouvement sur une plate-forme qui remette en cause les choix capitalistes du gouvernement et avance des exigences conformes aux intérêts des classes populaires. Absent du mouvement, muet sur toute plate-forme politique pour la défense des retraites, à part le natalisme et les mesures anti-immigrés, le RN se positionne pour cueillir les fruits d’une mobilisation sociale qui, objectivement, vise les capitalistes.

Macron et Darmanin, eux, n’ont de cesse de tisser en pointillé des passerelles vers les Républicains et l’extrême droite, tout en criminalisant et diabolisant la NUPES.

D’ailleurs, lors d’une élection partielle en Ariège, le deuxième tour [2 avril] a vu un front commun du parti de Macron, des Républicains, du Rassemblement national derrière une candidate socialiste opposée à la NUPES pour battre la candidate de la France insoumise.

La situation est évidemment aussi rendue difficile par l’absence de construction d’un front commun social et politique au cœur de ce mouvement, par l’absence même, en dehors de l’Assemblée nationale, d’initiative politique unitaire large permettant de mener un débat et d’avancer des propositions unitaires pour construire dans les villes et nationalement des structures unitaires sur les questions sociales et démocratiques de l’heure, en phase avec la mobilisation sociale.

La force du mouvement et des dizaines de milliers de militant·e·s qui le structurent aura peut-être la force de dépasser ces obstacles dans les prochaines semaines.

(Article reçu le 9 avril 2023)

Par Léon Crémieux 9 avril 2023

https://alencontre.org/

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10 avril 2023 ~ 0 Commentaire

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carhaix

Carhaix se soulève à nouveau pour sa maternité

L’annonce de la fermeture de la maternité de Carhaix prévue le 3 avril 2023 a provoqué le soulèvement de la population du Kreiz Breizh (Centre Bretagne) qui s’est déclarée à nouveau « en résistance ». 

Quinze ans après la lutte victorieuse de 27 semaines, contre une première tentative de fermeture des services vitaux de l’hôpital dont la maternité, l’émotion et la colère se sont de nouveau transformées en une impressionnante mobilisation.

Un cortège de 8 000 personnes

Malgré l’annonce, en dernière minute, du report de la fermeture, 8 000 personnes se sont rassemblées le samedi 18 mars à 11 h dans cette ville de 7 200 habitantEs pour affirmer leur détermination à défendre leur maternité. Celle-ci est depuis 2008 le symbole de ces services publics essentiels que les contre-réformes libérales font disparaitre les uns après les autres sur des territoires comme le Centre Bretagne.

Au cours du meeting, notre camarade Matthieu, porte-parole du comité de vigilance, fut ovationné quand il appela à ne rien lâcher, à imposer un « 49.3 de la rue », un « 49.3 sanitaire » et proposa d’aller à nouveau à Kemper manifester autant de fois qu’il le faudrait pour obtenir satisfaction. Catapulte en tête1, le cortège de plus d’un kilomètre de long s’est rendu jusqu’à la gare.

Conséquences de la loi Rist

En 2008, l’attaque avait été franche et ouverte. L’objectif affiché par Perrin, le directeur de l’ARS, était la « rentabilité » des « usines à bébés » au détriment de la proximité et de l’humanité d’une maternité locale. Aujourd’hui l’argumentation est plus hypocrite : la prétendue « impossibilité » pour le CHU de Brest, auquel l’hôpital de Carhaix est désormais rattaché, d’établir, faute d’anesthésistes, un « tableau de garde » pour Carhaix. C’est l’une des premières conséquences de l’application stricte de loi dite « Rist »2. Celle ci plafonne les rémunérations des intérimaires assurant des gardes hospitalières.

Derrière ces arguties la volonté de liquider un service public essentiel pour des raisons d’économies budgétaires n’est jamais loin. La directrice du CHU de Brest n’a d’ailleurs pas hésité à déclarer à la presse que les femmes guyanaises faisant 3 jours de pirogue pour rejoindre la maternité dans ce département, les bretonnes pouvaient bien faire trois quarts d’heure de route pour accoucher à Brest !

Les outils d’une nouvelle lutte collective se mettent en place. Le comité de vigilance (soutenu par la municipalité) rassemble largement toutes celles et ceux qui veulent participer à la lutte, un comité regroupant professionnelEs et usagerEs prépare les dossiers « techniques » et les argumentaires, et le comité des futures mamans fera entendre la voix des premières concernées.

En 2008, la lutte de Carhaix était devenue le symbole national du combat pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité contre les restructurations libérales. Le nouveau combat de la population du Kreiz Breizh pourrait en faire le phare de l’opposition à une nouvelle vague de fermetures préparée par le rapport de l’Académie de médecine qui préconise la fermeture de 131 maternités pratiquant moins de mille ­accouchements par an.

Solution libérale

Le manque d’attractivité du travail dans les hôpitaux publics du fait du niveau des rémunérations et de conditions de travail, les départs de professionnelEs qui en sont la conséquence sont une réalité. La « solution » libérale consistant à fermer les petites structures en aggravant l’engorgement des plus grandes n’en est pas une.

Quant à la « sécurité » de femmes qui risquent d’accoucher sur la route, au stress que génère l’inquiétude de ne pas arriver à temps à l’hôpital, il n’est jamais pris en compte.

Dans le Finistère, après Pont-l’Abbé déjà transformée en « centre de périnatalité » ne pratiquant plus d’accouchements, c’est aujourd’hui Landernau qui se mobilise contre la fermeture programmée de sa maternité, avec aussi en toile de fond l’application de la loi Rist. Les effets de cette loi se font sentir sur tout le territoire.

En Bretagne, Guingamp et Redon sont également menacées et, au plan national, les alertes se multiplient. D’ores et déjà on peut citer les exemples de Fontenay-le-Comte en Vendée, de Romilly-sur-Seine dans l’Aube, de Dole et Lons-le-Saunier dans le Jura, de Brignoles-le-Luc dans le Var, de Rodez dans l’Aveyron qui vont demain se multiplier. Le 18 mars dernier à Carhaix n’était qu’un début !

  • 1. La catapulte avait été le symbole et le point de ralliement des grandes manifestations de 2008.
  • 2. Loi qui doit son nom à Stéphanie Rist, députée Renaissance, loi n° 2021-502 du 26 avril 2021 visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification

CorrespondantEs Kreiz Breizh et Kemper Hebdo L’Anticapitaliste Mercredi 5 avril 2023

https://lanticapitaliste.org/

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27 mars 2023 ~ 0 Commentaire

salle hénaff (paris)

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https://nouveaupartianticapitaliste.org/

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