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07 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Karaes (NPA)

 » Carhaix, Carhaix… Résistance! »

Crédit Photo Auteur NPA Kreiz Breizh

Le NPA l’Anticapitaliste Kreiz Breizh et le NPA l’Anticapitaliste 29

s’associent au mouvement de solidarité avec les convoqué.es du mois de mai, membres du comité de vigilance et syndicalistes, accusé.es de lutter pour défendre les urgences et l’hôpital de Carhaix.

Avec nos porte- paroles, dont Olivier Besancenot et Philippe Poutou, nous dénonçons la criminalisation de l’activité militante et syndicale, l’ autoritarisme en marche et les mensonges visant à faire taire la résistance si nécessaire pour défendre notre système de soins mis en péril chaque jour.

L’unité la plus large et la plus déterminée doit se réaliser pour soutenir et accompagner les convoqué.es sous le régime de la garde à vue au commissariat de Quimper et ce dès le mardi 14 Mai à 9h et les jours qui suivront comme les 23 et 24 Mai. Les ami.es et camarades doivent pouvoir compter sur notre soutien plein et entier.

Le lundi 6 mai 2024

https://npa-lanticapitaliste.org/

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05 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Bulletin d’Avril (LA VIA CAMPESINA)

Bulletin d'Avril (LA VIA CAMPESINA) dans Altermondialisme Newswrap-template-new-website-FR
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2024 | Bulletin d’info d’avril : l’actu des organisations membres de LVC dans le monde

Dans l’histoire des luttes paysannes, avril se dresse comme un mois de mémoire et de mobilisation.

Nous nous souvenons des 21 paysan·nes qui ont perdu la vie dans le massacre d’El Dorado Dos Carajás en 1996, tout en persévérant dans la lutte pour la dignité, la justice sociale et la souveraineté alimentaire, en réponse aux défis globaux.

Du nouveau Groupe de travail des Nations unies pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP), où nous cherchons à traduire ses principes en actions tangibles défendant les droits des paysan·nes dans les législations nationales, à la construction d’un nouveau cadre pour le commerce agricole mondial régulant les marchés pour éviter les abus et les déséquilibres et garantir des revenus et des prix justes pour celleux qui nourrissent les peuples, la voix des paysan·nes rayonne comme un phare d’espoir, promouvant également l’agroécologie paysanne comme solution à la crise climatique.

Dans notre effort pour rendre ces luttes visibles, nous partageons quelques actions remarquables réalisées par nos organisations membres à travers le monde.

Lors d’un webinaire en avril, l’UAWC (Union des comités agricoles de Palestine), avec la participation du rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, a exposé comment les attaques d’Israël, avec plus de 70 000 tonnes d’explosifs, se sont concentrées sur le secteur agricole. Cela a impacté les sources alimentaires et miné la souveraineté alimentaire, essentielle à la survie des Palestinien·nes.

En Tunisie, la persécution et la criminalisation des paysan·nes qui ont récupéré illégalement des terres exploitées par des investisseurs à Siliana en 2021 persistent. Le 17 avril, convoqués pour de nouvelles audiences judiciaires, les paysan·nes ont saisi l’occasion pour revendiquer leur droit à la terre, tel que consacré dans l’UNDROP, lors d’une manifestation devant les tribunaux.

Passant aux nouvelles d’Amérique du Sud, en Argentine, le mouvement national des paysans et des autochtones MNCI – Somos Tierra a signalé dans un report une augmentation de 90 % des prix des aliments sous la gestion de Milei, sans régulation pour les grandes entreprises de l’agrobusiness et de la distribution. Ils dénoncent le soutien de l’Argentine à la Convention UPOV-91, qui favorise la concentration du marché des semences dans des entreprises comme Bayer-Monsanto, également bénéficiaires de la réduction des tarifs pour l’importation d’herbicides comme le glyphosate.

Au Brésil, le MST a initié notre mois de luttes paysannes par des occupations de terres dans tout le pays. Ils ont mené 24 occupations dans 11 États, mobilisant plus de 20 000 familles sans terre, exigeant la réforme agraire dans un contexte de réduction budgétaire pour l’accès à la terre et aux droits fondamentaux.

Le 17 avril, les paysan·nes en Honduras se sont réunis au Congrès national de Tegucigalpa sous forme de foire alimentaire, pour exiger la fin de la criminalisation et des expulsions violentes, ainsi qu’un véritable accès à la terre et un soutien financier. Rien qu’en 2023, 37 expulsions ont été signalées, touchant principalement les entreprises et les coopératives paysannes. Iels ont également demandé l’annulation du Traité de libre-échange avec les États-Unis en raison de la concurrence déloyale résultant de l’importation de produits non taxés.

Dans un nouvel épisode de La Voz de La Via Campesina au Salvador, les paysan·nes ont dénoncé l’accaparement des terres, des semences et de l’eau par des méga-projets. Dans des zones comme Valle el Ángel et San José de Villanueva, le développement immobilier de méga-residences menace l’accès à l’eau dans les zones productives en raison de l’utilisation intensive de cette ressource à des fins commerciales. Ces projets soulignent la lutte paysanne contre un type de développement qui dépasse les capacités du territoire, sapant la durabilité et appauvrissant les communautés locales.

Dans les nouvelles des Caraïbes, le 25 avril en Haïti, un conseil présidentiel avec 7 représentants politiques et 2 observateurs civils a prêté serment pour établir un gouvernement de transition vers des élections dans deux ans. Cette période, marquée par l’insécurité due au trafic illégal d’armes, exige de pacifier la nation, touchée par la violence des gangs, et de revitaliser une économie ébranlée, en abordant l’insécurité alimentaire croissante. La Via Campesina en Haïti espère un gouvernement qui soutienne la production alimentaire et renforce sa participation politique.

L’Organisation Boricuá de Porto Rico a organisé un panel sur l’agroécologie paysanne comme processus éducatif transformateur. Iels ont souligné comment l’agroécologie renforce les communautés et permet aux paysan·nes de rester et de protéger leurs territoires, garantissant une alimentation de qualité pour tou·tes. S’appuyant sur leurs expériences dans les fermes et les écoles d’agroécologie, ils ont reconnu son importance pour l’intégration d’éléments naturels et sociaux, ainsi que pour la récupération des savoirs et des technologies ancestraux en faveur de la souveraineté alimentaire, de la justice sociale et climatique.

En Asie du Sud, à l’occasion de la Journée internationale des luttes paysannes, le Comité Pakistan Kissan Rabita (PKRC) a organisé une marche de paysan·nes à Lakhi Gulam Shah, district de Shikar Pur, province du Sind. Iels ont exigé de meilleurs prix pour les produits agricoles et ont montré leur solidarité avec des manifestations similaires d’agriculteur·rices dans le monde entier. De plus, le PKRC a exprimé sa solidarité avec le peuple souffrant de Gaza, confronté à une violence extrême et à la famine alors que l’assaut génocidaire contre eux se poursuit en toute impunité.

La Fédération des travailleurs agricoles du Bangladesh (BAFLF) a organisé une manifestation à Gazipur, rassemblant les travailleur·euses agricoles pour commémorer la Journée internationale des luttes paysannes, exigeant de meilleurs salaires et conditions de travail. La BAFLF mène des luttes dans tout le pays pour régulariser les travailleurs agricoles employés dans les instituts agricoles d’État.

En Asie du Sud-Est et de l’Est, la Fédération des paysans du Nord (NPF) en Thaïlande a organisé une manifestation en avril pour mettre en lumière plusieurs problèmes de terres communautaires en conflit avec le gouverneur dans la province de Phrae. Selon la NPF, les fonctionnaires du Trésor de la province de Phrae ont annoncé faussement l’annulation des titres de terres communautaires pour les habitants de Ban San Klang, ce qui a provoqué des protestations. Les habitants continuent de résister contre la location forcée de terres, exigeant un traitement équitable et l’accès à des infrastructures de base.

En avril, Nouminren, le mouvement des agriculteurs familiaux au Japon, a émis une déclaration de précaution concernant les efforts en cours pour amender la loi agricole. Les syndicats paysans ont exprimé leur inquiétude que ces amendements soient précipités sans délibération ou consultation adéquates. Le 17 avril, iels ont organisé une protestation près de la Chambre des représentants. Malgré ces protestations, le 19 avril, le gouvernement japonais a approuvé un projet de loi à la Chambre basse pour réviser la loi fondamentale sur l’alimentation, l’agriculture et les zones rurales, prétendument pour améliorer la sécurité alimentaire face aux perturbations de l’approvisionnement résultant de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Passant aux nouvelles d’Afrique du Sud et de l’Est, en Tanzanie, environ 21 réseaux locaux de MVIWATA à Ruvuma, Njombe, Iringa, Morogoro, Dodoma, Shinyanga, Simiyu, Geita et Mtwara se sont mobilisés le 17 avril et ont tenu des dialogues sur les luttes paysannes dans leurs villages. D’autres actions comprenaient la plantation d’arbres dans des zones dégradées, la création et l’apprentissage dans des parcelles de démonstration agroécologiques, des cliniques de santé gratuites, etc.

En Ouganda, ESAFF Uganda a organisé le 17 avril un événement de formation pour les dirigeants du gouvernement local afin de les sensibiliser à la déclaration sur les droits de paysan·nes, l’UNDROP. Cette initiative fait partie de la campagne de l’organisation pour traduire les principes de l’UNDROP en politiques concrètes au niveau du gouvernement national.

En Afrique centrale et de l’Ouest, la CNOP-Mali a organisé des ateliers communautaires en avril dans le cadre de la phase II du projet visant à soutenir la sécurité foncière et forestière à travers des commissions foncières, des mécanismes de règlement des différends entre les communautés rurales. Ces ateliers, réalisés en collaboration avec l’AOPP régionale de Koulikoro, visaient à partager des informations sur le projet et à sensibiliser les parties prenantes sur la diversité des formes de gestion et de prévention des conflits fonciers et des ressources naturelles à travers ce mécanisme.

Au Togo, la Coordination togolaise des organisations d’agriculteurs et de producteurs agricoles (CTOP TOGO) a organisé des séances de sensibilisation du 4 au 19 avril dans toutes les préfectures du pays pour mobiliser les acteurs clés des secteurs du maïs, du riz, de l’horticulture et de l’aviculture. Ces activités visaient à informer les parties prenantes de la chaîne de valeur sur les activités et les avantages offerts par le Projet d’appui au mécanisme incitatif de financement agricole basé sur le partage des risques (ProMIFA), tout en suscitant leur intérêt et leur engagement pour assurer le succès du projet.

Passant aux nouvelles d’Europe, en Belgique, le mouvement paysan a manifesté contre le projet d’Ether Energy, qui vise à installer 22 000 panneaux solaires sur 30 hectares de terres agricoles. La protestation a réuni 150 personnes, dont des agriculteur·rices et des citoyen·nes, exigeant un moratoire sur l’agriculture photovoltaïque en Wallonie et une réglementation du marché agricole. Les manifestant·es ont planté des pommes de terre dans la zone menacée et ont mis en garde contre les dangers de l’accaparement des terres agricoles pour l’installation de panneaux solaires.

En Allemagne, des organisations sociales du Brandebourg ont organisé une rencontre pour commémorer la Journée internationale des luttes paysannes, aux côtés des travailleur·euses de trois fermes collectives paysannes. Pendant l’événement, l’histoire de cette journée d’action a été rappelée, mettant en lumière que ces derniers mois ont été chaque jour un 17 avril. « Les paysan·nes résistent quotidiennement, pas seulement pendant les manifestations d’agriculteur·rices. Iels s’opposent à la logique de la croissance illimitée et défendent leur droit à exister dans la société », a affirmé un représentant de AbL, qui a conclu son discours par un appel à rester sur la terre et à résister quotidiennement.

2 mai 2024

https://viacampesina.org/fr/

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05 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Carhaix (NPA)

Crédit Photo NPA Correspondant.e.s Hebdo L’Anticapitaliste – 706 (02/05/2024)

Répression syndicale : Les convocations au commissariat arrivent plus vite que les urgentistes à Carhaix

Une vague répressive, sans précédent, vient de frapper les défenseurEs de l’hôpital de Carhaix en lutte depuis des mois pour le fonctionnement réel et efficace des urgences de l’hôpital du Centre Bretagne.

Motif ? Le 14 septembre 2023, une centaine de soutiens ont occupé pendant 2 heures les locaux de la Direction départementale de l’Agence régionale de santé après l’échec d’un pseudo-dialogue totalement infructueux.

Convocations et intimidations

Plus d’une dizaine d’entre elles et eux (syndicalistes, soutiens, porte-parole du comité de vigilance) sont convoquéEs au commissariat de police de Quimper dès la mi-mai 2024 sous le « régime de la garde à vue » et accuséEs « de séquestration et violences en réunion sur personnes chargées d’une mission de service public », après la plainte déposée par la ­direction du CHRU Brest/Carhaix.

De toute évidence, on veut faire payer aux soutiens du fonctionnement de l’hôpital de Carhaix, leur combativité et leur détermination historiques pour préserver cet outil sanitaire public si vital pour les populations du Centre Bretagne.

On menace, on intimide, on renie le protocole signé fin octobre assurant le bon fonctionnement des urgences et la fin de la « régulation » qui ne permettait plus l’accueil et le soin 24/24h et 7/7j.

Mensonges et reniements

Ces graves accusations — totalement mensongères puisque ce 14 septembre au sortir des locaux et la fin de l’occupation le préfet du Finistère avait déclaré « aucune violence n’est à déplorer » — se transforment aujourd’hui en séquestrations et violences…

D’ores et déjà, la riposte s’organise contre ce que notre camarade Matthieu, porte-parole du comité de vigilance, nomme « criminalisation de l’action militante » et pour qui «visiblement les convocations arrivent plus vite que les médecins ».

Tout comme la déclaration du maire de Carhaix qui faisait partie de la délégation ce 14 septembre, et qui apporte «sa totale solidarité avec les défenseurEs de l’hôpital qui sont convoquéEs pour des accusations fausses et mensongères ».

Correspondant 29

https://lanticapitaliste.org/

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04 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Ghassan Abu Sitta (NPA)

Crédit Photo Auteur Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)

Ghassan Abu Sitta doit pouvoir venir en France !

Le docteur et chirurgien Ghassan Abu Sitta, internationalement reconnu, anglo-palestinien, vient d’être interdit d’entrer sur le territoire français, refoulé à l’aéroport Charles de Gaulle ce samedi 4 mai. Comble de l’ironie, il se rendait, avec d’autres humanitaires au Sénat à l’invitation à une conférence intitulée : « La France respecte-t-elle le droit international ? »

Il semble que cette décision d’interdire l’entrée sur le territoire du docteur Abu Sitta ait été prise en coordination avec l’Allemagne qui a prononcé une interdiction d’entrée à l’encontre du docteur sur l’ensemble du territoire européen. Rien n’obligeait la France à exécuter l’ordre allemand.

La France ne respecte ni le droit international, ni le droit français, ni même le Sénat. Quand il s’agit de la Palestine et des Palestinien·nes, seul compte le droit des plus forts.

Ghassan Abu Sitta est médecin et était en poste en octobre à l’hôpital Al Shifa à Gaza. Il a reçu et essayé de soigner les victimes de l’horreur, des frappes et des massacres perpétrés par Israël.

C’est en cette qualité de témoin qu’il était invité le mois dernier en Allemagne. Son entrée sur le territoire a été refusée alors qu’il devait parler à une conférence en solidarité avec la Palestine, le 12 avril 2024. Cette conférence n’a finalement pas pu se tenir, la police allemande coupant l’électricité et faisant évacuer les locaux avant la fin.

Récemment nommé recteur de l’université de Glasgow, Abu Sitta est devenu un des professionnels de santé les plus médiatisés et les plus respectés travaillant à Gaza, parlant aux médias à propos des difficultés subies par le peuple palestinien dans l’enclave, notamment en racontant l’amputation des enfants, les opérations sans anesthésie et les brûlures au phosphore.

Il s’agit d’une tentative inacceptable de censure, qui s’ajoutent à tous les actes d’intimidation et de répression en cours. Ghassan Abu Sitta doit pouvoir témoigner des horreurs des crimes israéliens.

Le NPA demande que Ghassan soit admis sur le sol français et puisse venir témoigner partout où il le souhaite.

4 mai 2024

https://npa-lanticapitaliste.org/

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01 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Agent Orange

04mai2024_008

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24 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Perturbateurs Endocriniens (Reporterre)

Perturbateurs endocriniens : «<small class="fine d-inline"> </small>La prévention pourrait stopper la progression alarmante des maladies<small class="fine d-inline"> </small>»Des cellules cancéreuses. Les perturbateurs endocriniens sont associés au développement de plusieurs cancers. – National Cancer Institute / Unsplash

Perturbateurs endocriniens : « La prévention pourrait stopper la progression alarmante des maladies »

Les maladies causées par les perturbateurs endocriniens augmentent, alertent les signataires de cette tribune. À l’occasion de la Journée européenne des hormones, ils appellent à intensifier la lutte et les mesures de prévention.

Trente et une ! Selon les résultats de l’étude PEPS’PE publiés par Santé publique France fin décembre 2023, les perturbateurs endocriniens — ces substances chimiques susceptibles d’induire des effets délétères sur un organisme et/ou ses descendants —, seraient impliqués dans pas moins de 31 maladies chroniques graves, telles que l’asthme, le diabète, l’obésité, certains cancers, et auraient des conséquences néfastes sur la santé reproductive et le développement de l’enfant.

Nous y sommes pourtant quotidiennement exposés, au travers des plastiques, emballages alimentaires, pesticides, cosmétiques, solvants, parfums, retardateurs de flamme, etc., via certains métaux lourds (plomb, cadmium…), en plus des ondes électromagnétiques. Beaucoup de polluants omniprésents dans nos milieux de vie sont des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés.

À l’occasion de la troisième Journée européenne des hormones, initiée par la Société européenne d’endocrinologie, ce mercredi 24 avril 2024, les organisations du Collectif interassociatif pour la santé environnementale (Cise) demandent à la France et à l’Europe de s’engager avec détermination à réduire l’exposition des populations à ces substances dangereuses, qui mettent à mal notre droit fondamental à vivre dans un environnement sain, et de repenser l’approche de la prévention.

La France, premier pays au monde du cancer du sein

Les perturbateurs endocriniens sont à l’origine du développement fulgurant des maladies chroniques hormono-dépendantes (dans lesquelles les hormones participent au développement des cellules cancéreuses).

Ainsi, en France, le nombre de cancers a doublé en trente ans en raison, notamment, de l’augmentation des cancers hormono-dépendants (cancers de la prostate et du sein). Les données pour l’année 2022 du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), ainsi que ses projections jusqu’en 2050, montrent que la France reste l’un des pays les plus frappés au monde par le cancer, avec 484 000 cas et 191 000 décès, en 2022, et 595 000 cas et 261 000 décès attendus en 2050.

Notre pays est aussi devenu le premier au monde pour l’incidence (nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année) du cancer du sein. Si les facteurs comportementaux sont souvent incriminés (le tabagisme notamment), la dimension environnementale de ce cancer reste dans l’ombre. Elle est pourtant établie par de nombreuses données scientifiques : une récente publication identifie ainsi 920 substances chimiques impliquées dans son développement.

Diabète, obésité et cancers pédiatriques

Nous devons également réagir à l’augmentation des cas de diabète et d’obésité, des troubles du développement neurologique, à l’apparition d’hypersensibilités multiples, chimiques et électromagnétiques, mais aussi à la progression inquiétante du nombre de cancers pédiatriques (leucémies, tumeurs du système nerveux central, lymphomes), première cause de mort par maladie chez l’enfant en Europe.

Par ailleurs, la menace que les perturbateurs endocriniens font peser sur la fertilité doit devenir une préoccupation majeure : la baisse de plus de 50 % de la concentration spermatique chez les hommes dans les pays industrialisés depuis 1973 alerte quant à l’état de santé de notre système hormonal.

En Europe, une régression législative dangereuse

Les dangers de nombreux pesticides, en particulier leur impact sur le système endocrinien, ont été mis en lumière dès 2013 par une revue de la littérature scientifique de l’Inserm. Ces résultats ont été confirmés, et étendus de manière inquiétante, à l’occasion d’une actualisation réalisée en 2021. Des liens avec d’autres pathologies ou événements de santé ont ainsi été identifiés, comme la maladie d’Alzheimer, les troubles anxio-dépressifs, certains cancers (leucémies, système nerveux central, vessie, rein, sarcomes des tissus mous) ou encore des pathologies thyroïdiennes.

Malgré ces constats alarmants, les politiques nationale et européenne actuelles sont marquées par la suspension du Plan Écophyto (qui visait à réduire le recours aux pesticides), la réautorisation de mise sur le marché du glyphosate, le rejet du règlement européen SUR qui prévoyait de diviser par deux l’emploi de pesticides en Europe d’ici à 2030, et l’abandon, par la Commission européenne, de la révision du règlement Reach(qui ambitionnait la suppression de milliers de substances dangereuses des produits de grande consommation) dans son programme de travail 2024.

Si nous saluons le premier pas engagé dans la lutte contre les PFAS, polluants éternels, nous regrettons que la proposition de loi votée par les députés ait été affaiblie par l’exclusion des ustensiles de cuisine du périmètre d’application : retarder la substitution de composés préoccupants pour préserver des emplois (alors que les salariés du secteur sont les premiers exposés…) est un argument trop répandu, qui a une nouvelle fois été entendu.

Interdire, prévenir, informer : agir est à notre portée

Pourtant, réduire ou éliminer les facteurs de risque liés aux perturbateurs endocriniens est à notre portée. À l’occasion de la troisième Journée européenne des hormones, nous appelons à tirer tous les enseignements des deux premières Stratégies nationales sur les perturbateurs endocriniens lors du bilan qui en sera dressé à Paris, le 12 juin.

Outre l’importance de reprendre le chemin d’une interdiction des substances les plus dangereuses par famille entière, il faut faire de l’évaluation de la deuxième Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) autre chose qu’une simple formalité : elle se doit d’acter le départ d’une troisième SNPE dotée cette fois d’indicateurs précis de moyens et de résultats, et surtout de moyens humains et financiers pour lancer, entre autres, une grande campagne de sensibilisation de la population sur les dangers des perturbateurs endocriniens, afin qu’elle puisse s’en protéger par des gestes simples et une consommation réfléchie.

Par ailleurs, des actions de prévention primaire pourraient stopper la progression alarmante des maladies citées, insoutenables tant sur les plans humain, social que financier. Concrètement : mieux protéger le fœtus, et plus largement la période des 1 000 premiers jours de la vie — particulièrement sensibles aux agressions environnementales — des expositions aux substances chimiques, tout en accordant une attention particulière à l’environnement des jeunes femmes et des femmes enceintes. Sans de tels instruments, il ne sera pas possible de s’attaquer efficacement aux causes des trente-et-une maladies identifiées par Santé publique France, dans lesquelles les perturbateurs endocriniens jouent un rôle.

André Cicolella (Réseau Environnement Santé), Nicolas Namur (Ligue des droits de l’Homme), Sophie Pelletier (Priartem)

24 avril 2024

https://reporterre.net/

 

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23 avril 2024 ~ 0 Commentaire

chemtrails (Reporterre)

Pourquoi les chemtrails n'existent pas

En anglais, le mot chemtrails signifie « traînées chimiques ». – Flickr/CC BY-SA 2.0 Deed/Dimitrio Lewis

Pourquoi les chemtrails n’existent pas

Les chemtrails n’existent pas. Les traînées blanches laissées par le passage des avions ne répandent pas de produits chimiques mais participent, en revanche, à accentuer l’effet de serre du transport aérien.

Depuis maintenant plusieurs décennies, la théorie des « chemtrails » revient régulièrement dans l’actualité, au gré de l’émergence de rumeurs virales répandues par divers médias ou réseaux sociaux. Ces derniers jours, une vidéo massivement partagée prétendait démontrer l’existence d’une commande à chemtrails dans un cockpit d’avion. Dans la foulée des fortes inondations qui ont touché les pays du Golfe les 16 et 17 avril, la rumeur de la responsabilité des chemtrails a également ressurgi.

Mais de quoi s’agit-il ? Le mot chemtrails est un condensé, en anglais, de « traînées chimiques ». L’expression fait référence à l’idée selon laquelle les longues traînées blanches observées après le passage des avions dans le ciel seraient générées par des produits chimiques épandus à dessein par ces appareils, dans un but caché et malfaisant, dont la nature varie selon les théories.

Certains prétendent que les chemtrails sont utilisés pour contrôler secrètement le climat, d’autres qu’ils servent à stériliser la population, à lui administrer le vaccin contre le Covid-19 à son insu ou à l’empoisonner pour divers autres raisons occultes. Les commanditaires de l’opération varient également selon les occurrences : l’ONU, les nations, le complexe militaro-industriel, les Rothschild, ou la communauté scientifique sont, entre autres, pointés du doigt.

Un fantasme nourri par les projets militaires

Cette théorie complotiste — qualifiée ainsi puisque sa véracité supposerait l’existence d’un vaste complot coordonné à l’échelle mondiale — n’est étayée par aucune donnée sérieuse ni source fiable. Ses origines sont difficiles à retracer, mais remonteraient au moins à la fin des années 1990, lorsque des rumeurs d’empoisonnement apparaissent.

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Plus le trafic aérien est dense, plus les traces sont nombreuses. Leur forme et leur persistance sont variables selon l’altitude, le type d’avion et les conditions météorologiques. Maje Ojala / CC BY-SA 2.0 Deed / Flickr

Les craintes auraient été nourries par la publication en 1996 d’une étude intitulée Le climat comme un multiplicateur de force : posséder le temps en 2025, commandée par l’armée de l’Air des États-Unis. Il s’agissait alors d’évaluer si l’aviation pourrait, à l’avenir, « maîtriser le climat ».

Les études sur la possibilité de manipuler l’atmosphère à des fins stratégiques militaires, en influençant la météo, sont en effet une réalité. Menés notamment à l’époque de la guerre froide, ces programmes alimentèrent nombre de fantasmes, souvent déconnectés des faits.

Plus récemment, des technologies de contrôle de la pluie ont recommencé à susciter l’intérêt d’États comme la Chine, mais son efficacité est encore douteuse.

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Exemple de partage viral, en février 2024, de vidéo affirmant montrer le production de « chemtrails ». Capture d’écran/X (anciennement Twitter)

On voit également se multiplier les initiatives technosolutionnistes cherchant à lutter contre le changement climatique par la géoingénierie. Mais, là encore, ces expérimentations sont balbutiantes et très décriées. Et elles sont, surtout, sans rapport avec les traînées observées tous les jours dans le ciel.

Une théorie peu plausible

On ne peut pas, par définition, démontrer qu’une chose n’existe pas. La science ne peut rien contre les croyances, mais, l’une des rares fois où elle s’est penchée sur la rumeur des chemtrails, cela fut à l’initiative de Ken Caldeira, chercheur au département écologie de l’institution Carnegie pour la science (États-Unis).

Celui-ci sollicita l’avis de dizaines de spécialistes en chimie atmosphérique et autres géochimistes sur l’existence des chemtrails. L’analyse des 77 chercheurs ayant répondu à cette enquête, synthétisée dans une étude publiée en 2016, conclut à l’absence d’éléments probants pouvant justifier la théorie des chemtrails.

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Les traînées de condensation générées par un avion, photographié en 2015. Cyril Hauthier / CC BY 2.0 Deed / Flickr

De manière plus prosaïque, il est difficilement concevable d’imaginer que les traînées générées par les plus de 100 000 avions qui parcourent, chaque jour, le ciel soient le fruit d’une opération orchestrée en secret depuis au moins une trentaine d’années, sans qu’aucun groupe rigoureux d’investigation n’en ait jamais trouvé la preuve.

David Robert Grimes, physicien à Oxford, s’est amusé dans une étude en 2016 à étudier les complots, réels ceux-ci, ayant eu lieu dans l’histoire et ayant fini par être découverts. Il a ensuite calculé combien de temps une conspiration pouvait espérer être tenue secrète en fonction du nombre de personnes impliquées.

Plus il y a de personnes concernées, plus les risques de fuites augmentent. Résultat : au-delà de mille conspirateurs, le secret n’a plus guère de probabilité de tenir plus de quelques années. Ce qui limite la plausibilité de bon nombre de théories complotistes mondiales, de la « fausse » conquête de la Lune à l’empoisonnement aux chemtrails.

Les contrails : des nuages problématiques sans complot

Cette théorie n’est, surtout, pas nécessaire. Car ces traînées s’expliquent de manière bien plus simple : on évoque des « contrails » au lieu des chemtrails pour parler des «  traînées de condensation ». Il s’agit essentiellement de vapeur d’eau, naturellement présente dans l’atmosphère, qui se transforme en petites particules de glace, dans des conditions de température et de pression spécifiques et, en l’occurrence, à cause de variations de pression à l’arrière des réacteurs des avions.

Les avions injectent également de la vapeur d’eau supplémentaire dans l’atmosphère ainsi que des particules de suie, issues de la combustion du kérosène. Autant d’éléments qui participent aussi à la formation de ces glaces, ainsi que cela a été établi dans la littérature scientifique.

De nombreuses équipes de recherche, comme celle de Climaviation, qui associe une trentaine de chercheurs de l’Institut Pierre-Simon Laplace et de l’Office national d’études et de recherches aérospatiales, travaillent encore à comprendre la complexité des mécanismes en jeu.

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Synthèse, réalisée par les chercheurs de l’équipe Climaviation, des impacts de l’aviation sur le climat. Les particules de suie, en noir, favorisent l’apparition de cristaux de glace. © Climaviation

Selon le niveau de saturation de l’atmosphère en humidité, ainsi que selon le modèle d’avion et la nature du carburant, ces contrails, qui se changent en nuages de type cirrus, mettent plus ou moins de temps à apparaître et persistent plus ou moins longtemps. Cette variabilité est aussi à l’origine de la suspicion de certains théoriciens des chemtrails.

La moitié de l’impact de l’aviation sur le climat due aux contrails

Ces contrails ne sont, cela dit, pas non plus anodins. Car ces traînées et cirrus induits participent à accentuer l’effet de serre. Leur influence est difficile à quantifier, mais les traînées et les cirrus générés contribueraient au moins à la moitié de l’impact de l’aviation sur le climat, à égalité avec les émissions de CO₂ issues de ses carburants, voire aux trois quarts de l’impact selon un rapport de synthèse sur le sujet publié par l’Ademe en 2021.

Le problème est d’autant plus prégnant que, même si les projets « d’avion vert » alimentés en carburants durables voyaient le jour à temps – perspective à la crédibilité fortement contestée – cela ne ferait pas disparaître les contrails ni leur pouvoir réchauffant sur le climat. Une étude de février 2024 publiée dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics estimait tout de même que les contrails issus de réacteurs remplis de carburants à base d’hydrogène, n’émettant pas de suie comme le kérosène, pouvaient être réduits de 80 à 90 %.

Mais ils pouvaient en contrepartie se former à plus basse altitude. D’autres études ont des résultats plus mitigés, en raison notamment de la plus grande vapeur d’eau générée par l’hydrogène.

Les études sur ces phénomènes complexes restent à approfondir. En l’état, ce pouvoir de nuisance des contrails n’est en tout cas pas pris en compte dans la comptabilité de l’empreinte carbone des vols. La prochaine fois que vous lèverez les yeux vers un ciel quadrillé de traînées blanches, vous aurez donc raison d’être inquiets. Même si les chemtrails n’existent pas.

Vincent Lucchese 23 avril 2024

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17 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Maison d’Arrêt (Le Tél)

Les professionnels de santé dénoncent les conditions de prise en charge des patients au sein de la maison d'arrêt de Brest.
Les professionnels de santé dénoncent les conditions de prise en charge des patients au sein de la maison d’arrêt de Brest. ©Julien Saliou

Prison de Brest : « la qualité des soins se dégrade, les bagarres se multiplient »

La surpopulation carcérale à la maison d’arrêt de Brest a des conséquences sur le travail des professionnels de santé. Ils dénoncent la dégradation des soins. Les professionnels de santé de l’unité sanitaire de la prison de Brest étaient en grève en fin de matinée.

Le personnel soignant de l’unité sanitaire de la maison d’arrêt de Brest était en grève ce mercredi 17 avril 2024. Un rassemblement était organisé devant la prison de 11 h à 13 h.

Les professionnels dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail en raison notamment de la surpopulation carcérale.

470 détenus pour 256 places

Ce mercredi matin, il y avait 470 détenus pour 256 places, d’après une soignante rencontrée sur place. « Et ils étaient 486 la semaine dernière. »

Une femme, membre de l’unité sanitaire (comprenant des médecins généralistes, psychiatres, addictologues ou encore des dentistes), nous expose la situation à laquelle elle est confrontée :

En ce moment, la prison est comme une cocotte-minute. Je constate une dégradation de la santé mentale de plusieurs détenus. Au sein du centre médico-psychologique, nous avons jusqu’à un mois d’attente en ce moment. Les arrivées étant nombreuses, il faut parfois attendre jusqu’à quinze jours pour voir les nouveaux détenus, alors qu’en principe il faudrait les rencontrer dans les 24 heures.

Une professionnelle de santé

Elle regrette de devoir donner des soins de moins bonne qualité. « Pour les traitements de substitution aux drogues, nous devons voir 50 détenus en une heure. Or, ce moment est censé être un peu privilégié entre le détenu et le soignant, pour discuter de ce qui ne va pas. »

« Les bagarres se multiplient »

La conséquence, selon les professionnels de santé, des tensions qui génèrent par exemple des bagarres dans la prison, « il y en a une par jour en ce moment ».

Des tensions que ressentent forcément les surveillants. Pour l’un d’eux, présent ce matin par solidarité avec ses collègues, « beaucoup de détenus souffrent de problèmes psychiatriques. Tout le monde ne peut pas être vu à l’instant T, les agressions se multiplient. »

Et par ricochet, la charge de travail du personnel ne fait qu’augmenter. Il réclame des conditions de travail plus sereines et dignes.

« Même pour le travail de réinsertion, rien n’avance. Certains sortent de la maison d’arrêt avec des prescriptions de médicaments qu’ils ne peuvent même pas aller chercher car nous n’avons pas eu le temps de faire les démarches pour leur procurer une carte vitale. »

Julien Saliou  17 Avr 2024

https://actu.fr/bretagne/

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14 avril 2024 ~ 0 Commentaire

2 000 à Gwengamp (FR3)

Entre 1500 et 2000 personnes pour défendre l'hôpital public et un service de santé de qualité dans les Côtes-d'Armor.
Entre 1500 et 2000 personnes pour défendre l’hôpital public et un service de santé de qualité dans les Côtes-d’Armor. • © Régis Massini – France Télévisions
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Pour la défense de l’hôpital, plus de 1 500 personnes à Guingamp « L’impression d’être oublié du pouvoir central »

Entre 1 500 et 2 000 personnes se sont retrouvées à Guingamp, dans les Côtes-d’Armor, ce dimanche 14 avril 2024, pour défendre l’hôpital. Un département, où l’accès aux soins est de plus en plus compliqué, avec des fermetures de services.

« On veut du fric pour l’hôpital public, du blé pour le système de santé ! » C’est le slogan qui rythme la marche des manifestants.

Les comités de défense des hôpitaux et les unions départementales des syndicats appelaient ce dimanche 14 avril 2024 à un grand rassemblement sur le stade du Roudourou à Guingamp, avant un défilé dans la ville, pour l’égalité d’accès aux soins.

Ils étaient entre 1 500 et 2 000 à avoir répondu à l’appel. « L’hôpital, on l’a gagné, on va se battre pour le garder ! » les formules s’enchaînent au fur et à mesure de la progression du cortège. Des manifestants qui opèrent un arrêt devant le tribunal, pour un dépôt de plainte fictif : « par la présente, la population dépose plainte contre l’ARS et l’État pour les motifs de vol de notre Sécurité sociale et de mise en danger d’autrui ».

Manque de personnel et fermeture de services hospitaliers

Une manifestation pour dénoncer une situation sanitaire très critique sur l’ensemble du territoire des Côtes-d’Armor, avec de nombreux services hospitaliers en tension, liés au manque de personnel. « C’est compliqué, explique une infirmière, présente avec beaucoup d’autres soignants dans le défilé, on sent bien que les directions sont tenues par les restrictions budgétaires, et nous, on en subit les conséquences au quotidien. »

À l’hôpital de Guingamp dans les Côtes-d’Armor, les accouchements sont suspendus depuis plus d’un an, une suspension à nouveau prolongée pour une durée de six mois. À Dinan, la maternité a définitivement fermé en 2020 et le service des suites de couches doit lui aussi fermer très prochainement. Après plusieurs fermetures, à Lannion, le service des urgences de nuit est régulé depuis le début du mois de mars, ce qui signifie que les patients doivent contacter le 15 avant de pouvoir s’y rendre.

« Il faut que le gouvernement nous écoute au nom du droit à l’égalité d’accès aux soins »

« On n’a plus de toubib, c’est un vrai problème, on n’a plus rien », témoigne une dame dans le cortège, quand une autre confirme : « On ne peut avoir ni généraliste, ni spécialiste. Les urgences rouvrent et ferment, c’est catastrophique ! »

« Moi, je pense qu’on a été complètement négligé, c’est un sentiment partagé par de nombreuses personnes ici, notamment dans les zones les plus rurales, constate Gaël Roblin, conseiller municipal à Guingamp. On a l’impression d’être oublié du pouvoir central et de Paris, Les métropoles passent tout le temps avant nous, parce qu’on est un territoire marqué par la ruralité, par une certaine moyenne d’âge, parce qu’il n’y a pas de métropole dans les Côtes-d’Armor et il n’y en aura jamais, pour des raisons démographiques évidentes.

« Au nom du droit à la dignité, à l’égalité d’accès aux soins, poursuit l’élu, il faut que le gouvernement fasse preuve de volonté politique et nous écoute. Et nous ne parlons plus à l’ARS, on parle au gouvernement. Il faut qu’il vienne discuter avec nous, pour se rendre compte de la situation. » 

Des médecins cubains en renfort : rien de vraiment concret

Un drapeau cubain flotte au-dessus du cortège. Au début de l’année, était en effet évoquée la venue de médecins cubains à Guingamp, pour renforcer les équipes de l’hôpital public. Un pari lancé par des défenseurs de l’hôpital de Guingamp, qui le 16 février avaient rencontré l’ambassadeur de la plus grande des îles antillaises.

Chaque année, en effet, des dizaines de milliers de médecins cubains sont formés pour venir exercer à l’étranger et sont prêts à venir en France. Les élus locaux sont en discussion avec les autorités de l’île, qui se disent prêtes à envoyer des médecins dans les Côtes-d’Armor. Mais la communauté médicale est partagée sur la question, l’ordre des médecins reste très prudent, beaucoup d’obstacles demeurent et rien n’est encore concrétisé.

Krystel Veillard 14/04/2024

Plus de 1 500 personnes à Guingamp « L’impression d’être oublié du pouvoir central »(Avec Bleuenn Le Borgne)

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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12 avril 2024 ~ 0 Commentaire

futur (Reporterre)

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« Hors-la-loi », le gouvernement impose sans débat le futur énergétique de la France

Pour acter le futur énergétique de la France, le gouvernement passe par un décret, plutôt qu’un projet de loi débattu au Parlement. Des ONG jugent cela « peu démocratique » et critiquent un texte peu ambitieux.

De combien doit-on réduire notre consommation d’énergie d’ici 2050 ? Et comment ? Combien d’éolien, de photovoltaïque ou de nucléaire ? Autant de questions fondamentales pour notre avenir climatique, auxquelles le gouvernement français aurait dû répondre avant juillet 2023, via une « loi de programmation sur l’énergie et le climat ». Ce texte ne verra jamais le jour. Le ministre délégué à l’Industrie et à l’Énergie Roland Lescure a annoncé dans le Figaro, mercredi 10 avril au soir, que ces objectifs seront inscrits dans la programmation pluriannuelle de l’énergie. Via un décret, donc, plutôt qu’un projet de loi débattu au Parlement. Un choix qui interroge et inquiète chez les ONG environnementales pour trois raisons.

1 – Une solution « hors la loi » et peu démocratique

En choisissant la voie réglementaire, le gouvernement « se met hors la loi », assure Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat. « Le Code de l’Énergie est très clair : il aurait fallu une loi. » Un texte, donc, qui ne viendra pas. Il y a bien eu un projet de loi relatif à la souveraineté énergétique. Il a été abandonné. Le gouvernement craignait de ne pas trouver de majorité pour le faire passer. « C’est une vision étrange de la démocratie de n’accepter de débattre devant le Parlement que quand on est certain qu’il adoptera les mesures que l’on souhaite », critique Nicolas Nace, chargé de campagne énergie chez Greenpeace France.

« C’est une vision étrange de la démocratie »

Pourtant, un débat parlementaire « est important pour construire une vision partagée », appuie Anne Bringault. Alors que là, le risque est que la trajectoire énergétique de la France soit perçue comme « imposée par le haut, unilatéralement par Emmanuel Macron et Bruno Le Maire », regrette Nicolas Nace. « Ce n’est pas comme cela qu’on va réussir la transition. »

Le cabinet de Roland Lescure assure de son côté que son choix apportera la « solidité juridique nécessaire ». Quant au besoin de débat démocratique, il compte l’assurer via une consultation organisée avec la Commission nationale du débat public. Le résultat serait connu à l’automne, et le décret de programmation pluriannuelle de l’énergie serait publié à la fin de l’année.

2 – Un manque de vision à long terme

Une « solidité juridique » dont doute Nicolas Nace. « N’importe quel futur président ou présidente, n’importe quel gouvernement pourra, dans le cadre d’un simple décret, modifier totalement la stratégie française pour l’énergie et le climat », dit-il. Inscrire de tels objectifs dans un décret est « opposé à l’idée de planification, qui suppose de voir à long terme et sécuriser les acteurs ». C’est notamment nécessaire pour encourager les entreprises à investir dans les énergies renouvelables ou la rénovation des logements. Une loi aurait donné « un signal politique beaucoup plus fort », ajoute Anne Bringault. Le gouvernement assure offrir au contraire « visibilité et efficacité », a insisté le cabinet du ministre Roland Lescure.

3 – Des objectifs peu ambitieux

Sur le fond, le texte suscite également le doute. Le cabinet de Roland Lescure a énoncé une série d’objectifs qu’il compte inscrire dans cette programmation pluriannuelle de l’énergie. Notamment diviser par deux notre consommation d’énergie, et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour cela, il faut diminuer la consommation d’énergies fossiles. « Cela veut dire que l’on va produire plus d’énergie électrique », a détaillé le cabinet de M. Lescure. « Donc augmenter notre production de nucléaire et augmenter notre production d’énergie renouvelable. Il y a une opposition entre les deux. On veut dépasser ces clivages. »

L’idée est d’augmenter la capacité nucléaire « avec une production de l’ordre de 400 TWh, lancer la construction des six EPR2 pour une entrée en production entre 2035 et 2042 », a précisé Roland Lescure au Figaro. Côté énergies renouvelables, l’ambition est de multiplier par cinq la production de gaz renouvelable (méthanisation) d’ici 2035, par cinq également celle du photovoltaïque, par deux celle des éoliennes terrestres et de la chaleur renouvelable.

Pas de quoi impressionner Nicolas Nace, qui note que le gouvernement « se contente d’aller au minimum de ce qui doit être fait au niveau européen et encore, sur les énergies renouvelables, ce ne sera probablement pas suffisant ».

« La France n’est pas un pays moteur sur le solaire »

La production d’énergie photovoltaïque multipliée par cinq ? « Quand on regarde ce qui se passe dans les pays voisins, y compris moins ensoleillés comme les Pays-Bas, on se rend compte que ça ne fera pas de la France un pays moteur sur cette énergie », dit-il.

Multiplier par deux l’éolien ? « C’est continuer comme on faisait les années précédentes », relève Anne Bringault. Surtout, pour l’instant, elle ne trouve pas trace de l’objectif de baisse de notre consommation d’énergie de 30 % d’ici 2030, comme le prévoyait le projet de loi abandonné. « C’est important car on est sur un horizon assez court », insiste-t-elle. « Si ce n’est pas retenu, ce sera un échec grave. » Or, sobriété énergétique et énergies renouvelables « sont les deux seuls leviers que l’on va pouvoir activer rapidement, puisque les nouveaux réacteurs nucléaires n’entreront pas en fonctionnement avant 2035 et plus certainement 2040 ».

Marie Astier 12 avril 2024

https://reporterre.net/

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