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23 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

hôpital du scorff (le télégramme)

manifestants-hopital-SUD.
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Grève aujourd’hui en pédiatrie à Lorient

À l’appel d’une intersyndicale, le service pédiatrie de l’hôpital du Scorff devrait être en grève à partir d’aujourd’hui. Effectifs, heures supplémentaires, condi- tions de travail, augmentation des prises en charge…

Les revendications sont nombreuses.

« Nous avons peur de ne plus pouvoir garantir la sécurité et la qualité des soins de vos et nos enfants ». C’est par ces mots, forts, que l’intersyndicale CGT, CFDT Santé sociaux et Solidarité Sud santé a lancé hier son préavis de grève qui débute ce mercredi matin pour une durée illimitée. Grève qui fait suite à plusieurs négociations préalables avec la direction mais qui n’a pas abouti. « Nous estimons que vous n’avez pas entendu la détresse des personnels de la planète pédiatrie », indique l’intersyndicale.

Contre la suppression de renforts hiver

Que réclament les équipes de pédiatrie, qu’elles soient de jour, de nuit ou d’urgence ? Elles refusent d’abord que le bio nettoyage des sorties soit réalisé à moyens constants. « Les professionnels, devant cette charge de travail supplémentaire pour les auxiliaires de puéri- culture, sont déjà conscients que cela va entraîner des glissements de tâches sur les équipes de nuit, l’engorgement des urgences et par conséquent une dégradation des prises en charge en binôme, impacter comme toujours la qualité des soins pour l’enfant et sa famille et engendrer de l’insécurité pour l’enfant et sa famille mais également pour les personnels ».

L’intersyndicale demande un poste d’auxiliaire de puériculture de nuit aux urgences pédiatri- ques. Elle conteste la suppression de renforts hiver jusqu’en avril prochain et un projet d’adap- tation des effectifs par le déclenchement d’un éventuel renfort selon l’intensité des épidémies. « Même si nous prenons note du maintien du renfort infirmière pour la période endémique, quelle sera sa durée ? ».

« Insécurité la nuit »

Elle s’oppose également aux conditions de travail « très difficiles » la nuit. « Nous dénonçons l’insécurité dans laquelle s’est trouvé un binôme de nuit pendant quatre mois dans le service d’hospitalisation, ainsi que l’absence d’un poste la nuit sur les urgences pédiatriques tout au long de l’année ». L’intersyndicale rappelle les efforts fournis ces derniers temps, et à moyens constants : l’ouverture de trois services tels que les urgences pédiatriques 24h/24h sur un même niveau, l’ouverture d’un service d’hospitalisation courte post-urgences, une unité de soins continus. 23 novembre 2016

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23 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

malamok (le télégramme)

y-en-a-marre
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Deux cents adhérents en soutien
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Hier après-midi, tous les salariés ont accompagné le nouveau président et le directeur du Malamok lors d’une réunion informative sur la grève qui secoue la structure. Hier, les salariés du Malamok ont observé une grève qu’ils entendent poursuivre les quatre après-midi de la fin de semaine.
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Deux cents adhérents soutenant la structure socioculturelle ont pris part à une réunion animée par le directeur et le nouveau président.
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Rayonner avec des moyens… C’est Cédric Boudjema, directeur, qui a ouvert les débats en évoquant le résultat de la pétition lancée par des salariés pour protéger la structure en rupture de trésorerie : « 600 signatures en ligne, autant sur papier ». Il a évoqué « une situation à clarifier, pas pour les mairies mais avec les maires » partenaires (Guilvinec-Plomeur et Treffiagat-Léchiagat).
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Il a souligné la vocation du Malamok à répondre à son « objet : social, culturel d’éduca- tion populaire et de loisirs ». Il fut aussi un temps où seuls existaient le Triskell à Pont-l’Abbé et l’équipement guilviniste : les salles Cap Caval et Avel Dro ont créé une concurrence. Mais le Malamok n’a pas la même mission, ni la même gestion. Trésorerie en berne Il apparaît que régler les salaires de décembre posera un réel problème, même si « Plomeur aurait décidé d’une avance ».
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La réponse des deux autres mairies partenaires est attendue. Mais au-delà, il reste à s’assurer que le Malamok poursuivra sa route: combien de subventions pour 2017? Le prési- dent appelle de ses voeux une convention triennale «pour une lisibilité à moyen terme et le maintien du service à l’enfance». Entre les besoins d’une population jeune et d’une population vieillissante, « il n’est pas simple de satisfaire tout le monde dans un contexte de raré- faction de la ressource financière et de flambée du coût des spectacles pour les petites salles ».
Alain Duchesne doit rencontrer le maire du Guilvinec dans l’apaisement pour trouver une solution à la crise qui secoue le Malamok. Mais des perturbations du prochain conseil municipal ne seraient pas exclues.
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23 novembre
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23 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

epr (observatoire du nucléaire + npa + jdd+ les échos)

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Cuve de l‘EPR et falsifications nucléaires : l’effondrement prévisible et irréversible de l’atome de France

Lorsque des problèmes de conformité de la cuve de l’EPR de Flamanville ont été reconnus par Areva en avril 2015, il s’agissait presque d’une information anodine tant le chantier de ce réacteur a connu – et connait encore – de retards, malfaçons et surcoûts. Mais, peu à peu, au fil des semaines et des révélations, cette affaire a dévoilé ce qui est incontestablement un des pires scandales industriels de tous les temps, tous pays confondus.

Ainsi l’industrie nucléaire française, présentée continuellement comme « triomphante », « exemplaire », « enviée dans le monde entier », est en réalité un repaire d’escrocs qui, depuis des décennies, bâclent la fabrication de milliers de pièces, les couvrent par des certificats de sûreté falsifiés, et les utilisent sans se rendre compte ou sans se préoccuper de leurs déficiences !

Et que dire l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « la plus compétente et la plus intransi- geante du monde » ? Soit elle est totalement déficiente au point de n’avoir jamais rien vu de ce trafic, soit elle en est tout simplement complice. Nul ne peut prédire quelles seront les nouvelles révélations de la semaine à venir, toujours plus incroyables que les précédentes au fur et à mesure qu’est déroulé le fil d’une improbable pelote. Mais, d’ores et déjà, la situation est inextricable.

D’abord, la cuve de l’EPR de Flamanville, déjà installée dans le réacteur en construction, a été mal usinée et présente des faiblesses qui, si les règles normales de sûreté sont appliquées (ce qui serait la moindre des choses !), devrait aboutir à l’interdiction de son utilisation. Rappe- lons que les règles de sûreté prévoient « l’exclusion de la rupture de la cuve ». Cela signifie que cette rupture ne peut, ne doit pas survenir, car alors RIEN n’est prévu et c’est un scénario similaire à Fukushima, voire bien pire encore.

Si l’Autorité de sûreté fait normalement son travail, EDF sera alors obligée de détruire une partie du réacteur (construite avec tant de mal !) pour en extraire cette cuve et la rempla- cer par une autre… qu’il faudra toutefois encore fabriquer et, si possible, de façon correcte ! Ces opérations prendraient au bas mot 3 à 4 ans, sachant que l’EPR a déjà accumulé des retards insensés : débuté en 2007, le chantier devait être achevé en 2012. Le bout du calvaire est annoncé par EDF pour 2018, mais on peut raisonnablement en douter. Et si la cuve est recalée, ce serait pour 2020, 2022, 2025… ou jamais !

Pendant ce temps, EDF perd des milliards, nos milliards ! Annoncé au départ à 2,8 milliards, le coût de l’EPR est désormais estimé au triple, 8,5 milliards, en attendant la facture finale qui sera assurément bien au-delà des 10 milliards, sans compter l’affaire de la cuve.

Mais il y a encore pire : entre temps, Areva a livré aux Chinois deux cuves pour les EPR en chantier à Taïshan, et elles aussi présentent des faiblesses probablement rédhibitoires. Les Chinois attendent le verdict technique pour envoyer à la France la facture incommensurable de deux réacteurs arrêtés pendant des années, détruits en partie pour en extraire des cuves défaillantes en attendant d’éventuelles cuves de rechange…

L’Autorité de sûreté nucléaire, confrontée à cette situation sidérante, et épiée par les observateurs du monde entier, n’a eu d’autre alternative que de demander EDF de lancer des vérifications dans ses réacteurs et à Areva de reprendre les dossiers des pièces usinées dans les forges du Creusot et autres usines, pour voir si des fautes industrielles n’avaient pas été commises sur d’autres pièces que les cuves. Ces vérifications n’en sont encore qu’au début mais l’on sait déjà que ce sont en réalité des milliers de pièces nucléaires qui ont été bâclées et ce depuis… 1965. Nous voilà réduits à attendre que les coupables eux-mêmes veuillent bien faire toute la lumière. Qui peut encore leur faire confiance ?

A l’approche de l’hiver 2016-2017, ce sont néanmoins sept réacteurs dotés de généra- teurs de vapeur suspects qui sont arrêtés, et cinq autres qui doivent l’être selon un calendrier qu’EDF impose à la prétendue « Autorité » de sûreté, alors que celle-ci devrait faire stopper immédiatement tous les réacteurs concernés. A cela, et en attendant d’éventuelles autres révélations, il faut ajouter la chute d’un générateur de vapeur de plus de 500 tonnes dans le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) le 31 mars 2016. Les vibrations et dégâts occasionnés ont gravement endommagé le réacteur qui est arrêté pour longtemps et peut-être pour toujours.

Par ailleurs, le réacteur n°5 de la centrale du Bugey (Ain) subit lui aussi un arrêt de longue durée du fait de l’incapacité d’EDF à remédier à un grave défaut d’étanchéité de l’enceinte de confinement.

En résumé, le parc nucléaire français est en bout de course, délabré et parsemé de pièces déficientes. Dans le même temps, les finances d’EDF sont dans un état si déplorable que l’entreprise pourrait sous peu rejoindre Areva dans la faillite, et est de toute façon dans l’incapacité d’entretenir correctement ses réacteurs. Les dirigeants politiques et industriels français en sont réduits à guetter les prévisions de la météo en priant que l’hiver soit particu- lièrement doux. Car, à la moindre vague de froid, il est fort probable que ce sera la pénurie d’électricité. Peut-être la France sera-t-elle sauvée par les pays voisins, à condition qu’ils aient assez d’électricité pour leur propre consommation et pour lui en envoyer : le pays de l’atome est à genoux.

Cette situation insensée illustre le caractère absurde et dérisoire de l’annonce par EDF de la construction de deux EPR en Grande-Bretagne, à grands coups de milliards… qui n’existent pas.

Les zélateurs de l’atome et les citoyens trop longtemps abusés sont probablement stupéfaits d’assister à l’effondrement de cette industrie supposée triomphante. Or, en réalité, cette situation était parfaitement prévisible. Effectivement, construire un parc nucléaire revient à programmer une situation inextricable pour 30 à 40 ans plus tard. C’est ce qu’à fait la France dans les années 70 avec deux circonstances terriblement aggravantes : la taille surdimen- sionnée de ce parc, qui démultiplie les problèmes, et la rapidité de construction. Ce dernier point est d’ailleurs crucial.

Pendant des décennies, l’édification en quelques années de 58 réacteurs a été présentée comme un exploit extraordinaire, ce qui n’est d’ailleurs pas faux du simple point de vue industriel. Le problème est que tous ces réacteurs arrivent en fin de vie dans un bel ensemble et non de façon échelonnée. Le piège se referme, d’autant qu’aucune alternative énergétique n’a été engagée. Les grands parcs nucléaires – principalement ceux des USA, du Japon, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et bien sûr de la France – ont été construits et financés pendant les fameuses « 30 glorieuses », quand l’argent coulait à flot.

C’est ainsi que des sommes insensées ont été consacrées à l’édification de centai- nes de réacteurs : 100 aux USA, 58 en France, 54 au Japon, etc. Cette opération, ou plutôt ce coup de force dans la mesure où les opinions publiques étaient déjà fortement opposées à l’atome, ne peut (heureusement !) être réédité aujourd’hui car les caisses sont vides.

L’argent n’est même plus disponible pour rafistoler les vieux réacteurs, sans parler de leur démantèlement, et pour s’occuper des déchets radioactifs : le tout est légué aux généra- tions suivantes qui, pourtant, auront probablement bien d’autres problèmes à affronter. Il a parfois été dit que l’aventure nucléaire était comme un voyage en avion… sans piste d’atterris- sage. Les réservoirs sont vides et la descente a commencé. Au mieux elle se soldera par un désastre industriel et financier, au pire ce dernier sera accompagné d’une ou plusieurs catastrophes nucléaires.

Les atomistes les plus obtus osent encore prétendre que Tchernobyl est « de la faute des Soviétiques » et Fukushima « de la faute du Tsunami ». Ces arguties ne trompent plus personne : le nucléaire s’effondre et entraine la France, « royaume de l’atome », dans une chute irréversible. Notre maison est irradiée et nous regardons ailleurs…

Stéphane Lhomme

Directeur de l’Observatoire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org 

Lire aussi:

La fuite en avant des dirigeants d’EDF (Commission Ecologie du NPA)

Nucléaire : « La situation est préoccupante » selon l’Autorité de sûreté (JDD)

ASN: « Nous n’avons jamais connu un tel cumul de problèmes » (Les Echos)

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22 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

caf (côté quimper)

Manara-marre

Les salariés des CAF en grève mardi 22 novembre

Les salariés de la caisse d’allocations familiales de Quimper seront en grève mardi 22 novembre 2016. Dans un communiqué, la CGT demande l’arrêt immédiat des suppressions d’emplois, l’arrêt des heures supplémentaires obligatoires, l’arrêt des mutualisations, externalisations, désengagements et restructurations…

Un rassemblement est prévu à 11h30 devant la CAF 

1 avenue de Ti Douar  Quimper.

21/11/2016  Julien Saliou

http://www.cotequimper.fr/

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21 novembre 2016 ~ 1 Commentaire

brest prison (collectif prison + npa)

prison

Prisons : la fuite en avant (NPA)

L’annonce par le ministre de la Justice d’un plan de dix ans pour de nouvelles prisons est l’occasion d’établir un tableau de l’enfermement carcéral en France et également de faire le point sur les voies d’un renouveau de la conflictualité dans ce champ de la lutte des classes.

Les principaux médias n’ont fait que relayer la communication gouvernementale le 30 septembre 2016, jour de la visite de Jean-Jacques Urvoas à la maison d’arrêt de Fresnes. A l’issue de sa visite, le ministre de la Justice a promis la construction de plus de 10 000 cellules dans les dix ans à venir, afin, selon lui, « d’en finir avec la surpopulation carcérale » et d’assurer l’encellulement individuel, déjà inscrit dans une loi… de 1875 !

Pourtant, une vingtaine d’organisations qui suivent en permanence la situation dans les prisons avaient diffusé un dossier de presse dont est extraite une large part des informations sur lesquelles est fondé cet article. Pour sa part, Laurence Blisson, du Syndicat de la magistrature, n’a eu droit qu’à une poignée de secondes du 20 heures de France 2 pour dire que « plus on construit de prisons et plus on les remplit » au détriment des aménagements de peines et de l’accompagnement des personnes détenues.

L’augmentation du parc pénitentiaire : une fuite en avant inopérante

En 26 ans, près de 22 000 places de prison ont été mises en service : leur nombre est ainsi passé de 37 000 en 1990 à 59 000 en 2016, au grand profit des géants du BTP Bouygues, Eiffage et autre SPIE. Avec près de 70 000 personnes détenues au 1er juillet dernier, la France atteint des taux de détention inégalés.

Sur la même période, le nombre de détenus dépasse constamment le nombre de places disponibles. Le taux d’occupation des établissements pénitentiaires est ainsi toujours resté supérieur à 100 %, moyenne qui masque une réalité contrastée (voir tableau 1).

Les maisons d’arrêt (où séjournent les personnes en attente de jugement, ainsi que des personnes condamnées définitivement et dont le reliquat de peine est inférieur à deux ans) concentrent la surpopulation carcérale, les cellules de 9m2 partagées à trois ou quatre, avec des matelas posés au sol, et des conditions sanitaires scandaleuses. Au 1er août 2016, il y avait en maison d’arrêt un effectif total de 46 700 personnes détenues pour 33 600 places.

L’accroissement considérable du parc pénitentiaire n’a eu aucun effet sur la surpopulation. Plusieurs facteurs ont contribué à remplir les maisons d’arrêt :

la suppression, par Sarkozy, de l’amnistie présidentielle qui libérait d’un coup 6 000 personnes ;

de nouveaux délits passibles d’emprisonnement, entraînant une augmentation des incarcérations : racolage passif, occupation d’un hall d’immeuble, maintien irrégulier sur le territoire ou défaut de permis, etc. ;

l’inflation de la comparution immédiate, qui conduit à un taux plus important de peines fermes (environ 70 %), plus longues que celles prononcées pour la même infraction par la juridiction ordinaire ;

la détention provisoire, qui affecte 20 000 personnes présumées innocentes – plus d’un quart des détenu-e-s.

Les juges sont les premiers responsables directs de l’enfer des maisons d’arrêt : accros à la détention provisoire – dont ils devraient n’user qu’en dernier recours –, rétifs aux aménagements de peine, ils condamnent lourdement. La détention provisoire a augmenté de 11,5 % en un an.

L’OIP (Observatoire international des prisons) a pourtant démontré que l’aménagement des peines des 20 000 personnes condamnées à moins d’un an de prison permettrait au parc pénitentiaire actuel de respecter l’encellulement individuel.

Une évolution sans corrélation  avec celle de la délinquance

L’augmentation de la criminalité sensée justifier l’aveuglement répressif du pouvoir et des juges se nourrit de « la médiatisation des faits divers et la succession d’attentats [qui] donnent l’impression d’une société de plus en plus violente. Pourtant, la part des personnes incarcérées pour homicide n’a cessé de diminuer depuis 1980, représentant moins de 10 % des détenus : les vols arrivent en tête des motifs d’incarcération, suivis par le trafic de drogue et les violences volontaires, puis les viols et agressions sexuelles, en diminution depuis 10 ans » (tribune de 62 universitaires publiée dans Le Monde le 22 septembre 2016).

La population incarcérée est en majorité composée de jeunes prolétaires peu ou pas qualifiés et souvent en grande précarité, ce qui a amené le sociologue Loïc Wacquant à parler de « prisons de la misère ». Le tableau 2 illustre parfaitement son propos : « A la régulation des classes populaires par ce que Pierre Bourdieu appelle « la main gauche de l’Etat », symbolisée par l’éducation, la santé, l’assistance et logement social, se substitue la régulation par sa « main droite », police, justice et prison, de plus en plus active et intrusive dans les zones inférieures de l’espace social. »

Par ailleurs, le taux de suicide parmi la population carcérale est dix fois supérieur à celui de la population générale.

Une résistance permanente

La résistance au système carcéral n’a plus l’intensité des années 1970 à 1975, au temps des révoltes de Toul et Nancy, mais cette résistance n’a pas cessé, malgré une répression sans commune mesure avec celle qui sévit à l’extérieur.

De 2008 à 2010, l’administration a recensé une moyenne de 760 « événements collectifs  » en détention, avec une hausse notable (26 en 2009) des interventions des ERIS (GIGN pénitentiaire). Le plus souvent, la protestation prend la forme d’un refus de remontée de promenade ou d’un rassemblement dans les ateliers.

Le trimestriel L’Envolée a recensé huit établissements où, depuis 2012, des plateformes revendicatives ont été portées par des mouvements collectifs de prisonniers. : « Les prisonnier-e-s y dénoncent la surpopulation, les fouilles à corps, la multiplication des régimes différenciés, le prix des cantines et les salaires imposés par les entreprises privées cogestionnaires, le mitard et les peines de prison supplémentaires. Mais aussi le manque d’activités et de parloirs, le mépris des familles, des règlements intérieurs qui changent d’une prison à l’autre, les aménagements de peine inexistants. Ils exigent la fermeture définitive des quartiers d’isolement, des quartiers disciplinaires et la suppression des régimes fermés, véritables quartiers d’isolement, où l’administration pénitentiaire place les prisonnier-e-s pour une durée indéterminée. Ils demandent le rapprochement familial, ou à défaut des bons de transport pour les familles éloignées, le téléphone gratuit pour les indigents, l’abolition des expertises psychiatriques et que le code du travail s’applique en détention. Et surtout, qu’on leur donne toutes les remises de peine auxquelles ils ont droit. »

Parmi ces revendications, le rapprochement familial est l’une des plus sensibles mais, pour l’administration pénitentiaire, la sécurité l’emporte sur toute autre considération. Elle pratique des transferts de désencombrement (sic) en cas de sur-occupation, des transferts pour raisons disciplinaires après un « événement collectif » (255 pour la seule région de Lyon en 2011), ainsi que le « baluchonnage » en déplaçant en permanence les « guerriers », réfractaires au système carcéral. Ces transferts ont lieu le plus souvent sans préavis et sans tenir compte des situations personnelles. Les transferts sur demande se heurtent, eux, à des refus ou à la lenteur bureaucratique.

Les prises d’otages de Châteaudun et d’Alençon avaient pour cause des refus de transfert ; le blocage de l’autoroute du Nord et les destructions à la gare de Moirans et à la prison de Vivonne, des refus de permissions de sortie.

Des organisations démocratiques opiniâtres

Une vingtaine d’organisations actives sur l’enfermement ont signé un communiqué

(cf. www.oip.org) contre la construction de nouvelles prisons. Au côté des plus connues – la Ligue des droits de l’Homme, l’OIP ou les Syndicats de la magistrature et des avocats de France –, on note la présence d’avocats pénalistes (ADAP), d’A3D( Avocats pour la défense des détenus), de juges d’application des peines (ANJAP), de psys (ASPNP), de Ban public (qui recense les suicides en détention) et du Genepi (association née en 1976, qui pratique la « circulation des savoirs » en détention et se veut « militante, politisée et radicale »).

Cette galaxie constitue un bouclier de la société civile face au rouleau compresseur de l’Etat, lequel a, plusieurs fois, été condamné par le Conseil d’Etat ou la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) à la suite de recours introduits notamment par l’OIP et qui ont permis d’obtenir, par exemple, l’interdiction des fouilles à nu systématiques ou l’assistance d’un avocat devant la commission de discipline.

Des anti-carcéraux abolitionnistes

Composés d’ex-prisonniers ou de proches, le groupe autour du journal L’Envolée milite « pour en finir avec toutes les prisons » et se tient malheureusement, pour cette raison, à distance de la nébuleuse « réformiste ». Il diffuse des lettres de prisonnier-e-s, des récits de procès et coordonne une dizaine d’émissions de radio locales, très écoutées, qui font le lien entre l’intérieur et l’extérieur.

Pour L’Envolée, la prison est le ciment nécessaire à l’Etat qui permet au capitalisme de se maintenir. Prisons et Justice servent principalement à enfermer la misère. L’enfermement carcéral produit une peur nécessaire au maintien de cette société. Ces militants considèrent qu’il n’y aura jamais de mouvement efficace contre l’enfermement sans les enfermés eux-mêmes et que s’attaquer à l’une des modalités de l’enfermement, c’est s’en prendre à l’enfermement lui-même. C’est pourquoi ils appellent de leurs vœux la constitution d’une plateforme revendicative élaborée par les prisonnier-e-s et commune à tous les lieux de détention.

Bibliographie

- Dedans-Dehors, bimensuel de l’OIP.

- Le Passe-Murailles, bimensuel du Genepi.

- Prisonniers en révolte, Anne Guérin, Agone, 2014.

- La révolte de la prison de Nancy, dir. Philippe Artières, Le Point du jour, 2013.

- Les conditions de détention en France et Le Guide du prisonnier, OIP/La Découverte, 2012.

- Pour en finir avec la prison, Alain Brossat, La Fabrique, 2001.

- DVD Sur les toits, film de Nicolas Drolc, 2014.

- http ://multinationales.org/La-privatisation-rampante-des-prisons-francaises

Alex Thérier Mardi 29 novembre 2016

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20 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

mst (france 24 + révolution permanente)

adoptionspa

Bonne pub, mauvaise pub!

MST entre hommes : une campagne de prévention qui « indigne » des associations catholiques

Des associations catholiques ont récemment communiqué leur indignation concernant une campagne de prévention sur les maladies sexuellement trans- missibles entre hommes. Et d’appeler au retrait d’affiches « de propagande idéologique ».

Samedi, les Associations familiales catholiques (AFC) ont publié un communiqué dans lequelle elles « s’indignent » d’une campagne de prévention lancée sur le thème sur les maladies sexuellement transmissibles (MST) entre hommes.

Plus spécifiquement en cause, des affiches montrant des couples d’hommes et qui, aux yeux de ces associations, traduisent une « propagande idéologique du gouvernement ». Comme le rapporte 20minutes.fr, les AFC considèrent que ces affiches « s’imposent sur le chemin de l’école, sans se soucier de l’appréciation par les parents, de la sensibilité des enfants », ajoutant qu’« on se voit contraint brusquement à aborder en famille le sujet des pratiques homosexuelles masculines ».

Les AFC dénoncent une campagne de prévention sur les MST

Ces associations, qui affirment représenter 30.000 familles, estiment d’ailleurs que cette campagne « ciblée dans l’espace public sera sans doute très inefficace puisqu’elle envoie un message dédié à une population restreinte et parfaitement identifiée, disposant de ses propres relais médiatiques ». Plus qu’une appréciation négative de la démarche, les AFC jugent que cette dernière « contrevient à l’article R 624-2 du Code pénal, prévoyant que « le fait de diffuser sur la voie publique ou dans des lieux publics des messages contraires à la décence est puni d’amende’ ».

Un appel aux maires à retirer les affiches

Rien d’étonnant donc à ce que ces associations catholiques requièrent le retrait des affiches, demandant ainsi « aux maires des communes de France de prendre leurs responsabilités en faisant retirer ces affiches qui troublent et indignent les familles tout en dévalorisant l’image des personnes homosexuelles ».

On notera que cette campagne semble avoir de même choqué La Manif Pour Tous, le collectif ayant ainsi interpellé, au sein du réseau social Twitter, la ministre de la Santé Marisol Touraine sur le sujet : « Pourquoi cette campagne anti-Sida inutilement provocante ? Que faites-vous du respect des enfants et de leur pudeur ? » . Peu avant, Mme Touraine avait au contraire appelé au partage de ces affiches, considérant que « le Sida n’est ni raciste ni homophobe, lui ».

Gael Brulin, 20 novembre 2016

http://www.24matins.fr

Lire aussi:

Provocation homophobe : deux maires LR souhaitent retirer des affiches contre le sida (Révolution Permanente)

« Atteintes aux bonnes moeurs »: aujourd’hui à Angers, demain dans toute la France ? (Révolution Permanente)

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19 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

vannes hôpital (le télégramme)

manifestants-hopital-SUD

La CGT manifeste à Vannes
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Lors de cette manifestation, avant le départ à Vannes, les représentants CGT ont tenu à indi- quer qu’« une partie du personnel en grève avait été réquisitionnée et était donc au travail ».
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Pour dénoncer le manque de moyen, les personnels hospitaliers ont manifesté, hier, devant l’Agence régionale de la santé 56, à Vannes, ainsi qu’au conseil départemen- tal.
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En préambule à ce mouvement de protestation, les agents de l’hôpital de Port-Louis-Riantec s’étaient retrouvés, à l’appel de la CGT, à l’entrée du site de Riantec. L’occasion pour Lydia Dréano, secrétaire générale du syndicat CGT de l’hôpital, et Ludovic Bénabès, secrétaire départemental CGT de la fonction hospitalière, de rappeler les revendications et d’expliquer ce regroupement vannetais auquel participaient une trentaine d’agents de Port-Louis – Riantec.
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Assemblée générale extraordinaire en décembre
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« En allant tous là-bas, nous avons plus de poids que si chacun manifeste dans sa commune ou son secteur », ont expliqué les représentants syndicaux qui dénoncent la fusion de tous les hôpitaux du secteur de santé n° 2 et la grave détérioration des conditions de travail avec notamment le non-remplacement des agents lorsqu’ils sont en formation, en arrêt de travail, mais aussi désormais lors de leurs congés.
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« Nous ne pouvons plus exercer notre métier convenablement auprès des malades et ceci alors même que la charge de travail augmente : les personnes âgées entrent de plus en plus dépendantes dans les Ehpad et il y a de plus en plus d’actes administratifs ». Des sujets qui seront évoqués aussi lors d’une assemblée générale extraordinaire, prévue début décembre, et qui pourrait déboucher sur un mouvement de grève.
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18 novembre 2016
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19 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

quimper la poste (le télégramme)

 la poste
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« Stop à la souffrance au travail »
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Près d’une trentaine d’agents de la distribution de La Poste s’est rassemblée, hier, à Ergué-Gabéric, tandis que des guichetiers étaient en grève à Fouesnant et Concarneau…
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Ils dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail.
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Tous les syndicats, à l’exception de la CFDT, avaient appelé les postiers à se rassembler, hier après-midi à Ergué-Gabéric, où se trouve la plate-forme de préparation et de distribution courrier de Quimper. Une trentaine de personnes seulement s’y trouvait à 16 h.
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Pas assez de personnel La CGT, Sud Solidaires, l’Unsa, FO Communication, la CFE-CGC et la CFTC entendaient ainsi protester contre la dégradation des conditions de travail. « On a lancé une alerte sociale à La Poste au niveau du courrier et du réseau parce qu’il y avait de gros problèmes dans la distribution et dans les centres de tri. Il n’y a pas assez de personnel, les gens ne sont pas remplacés. Ça engendre des conditions de travail déplorables et des accidents de service, des arrêts maladies, des burn out…
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La direction ne réagit pas. Au réseau, la direction préfère fermer les bureaux plutôt que d’embaucher du personnel. Elle veut supprimer la brigade de remplacement dans le Finistère et le Morbihan », proteste Elisabeth Seidita, secrétaire départementale de Sud PTT 29. Les syndicats estiment ainsi que La Poste ne parvient plus à maintenir partout un service public de qualité.
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« Elle a pourtant perçu, au titre du CICE, près d’un milliard d’euros en trois ans. Mais au lieu d’embaucher, ce sont des postes qui ont été supprimés », dénoncent-ils. Ils demandent ainsi le gel des réorganisations et l’ouverture de réelles négociations nationales. Ils réclament notamment « l’arrêt des réorganisations, des conditions de travail décentes, l’arrêt des heures supplémentaires imposées, des moyens de remplacement à hauteur de 25 % par l’embauche de tous les contrats pro et précaires… »
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Bureaux de poste fermés Les réorganisations entreprises depuis deux ans sont sources de stress et de fatigue pour les agents. « Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, c’est la catastrophe. Aussi, nous demandons que les négociations nationales soient étendues à toutes les branches de La Poste, car aux guichets notamment, il y a des suppressions d’emplois faramineuses, des guichets qui ferment, des réductions d’horaires, de plus en plus d’agents qui sont seuls derrière leur guichet ce qui pose un problème de sécurité… », dénonce Marie-Annick Le Berre de la CGT.
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À Concarneau et à Fouesnant, une trentaine de guichetiers ont répondu à l’appel à la grève lancé par la CGT. Les bureaux ont été fermés toute la journée, comme à Bénodet, Saint-Évarzec, La Forêt-Fouesnant, Trégunc, Névez ou Pont-Aven.
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18 novembre 2016  Cathy Tymen
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19 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

brest pompiers (ouest france + le tel)

brest cuil

François Cuillandre était énervé ce matin!

Le lancement du téléphérique perturbé par les pompiers

Les pompiers manifestent dans les rues de Brest ce samedi matin, à l’occasion du lancement du téléphérique. Ils ont coupé l’alimentation du téléphérique depuis environ 9 h 15.(Fausse info, c ‘est une panne NDB).

Plusieurs dizaines de pompiers du Sdis de Brest manifestent ce samedi matin à Brest. Au coeur de leur revendication : la suppression annoncée de leur restaurant professionnel. Ce qui engendrerait la suppression de cinq emplois.

Pour protester, ils ont coupé l’alimentation du téléphérique vers 9 h 15. Clairement, celui-ci est dans l’impossibilité de démarrer pour le moment. Une équipe d’ERDF est en cours d’intervention. Le retour à la normale est prévu pour 11 h.

19/11/2016

http://www.ouest-france.fr

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18 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

carhaix urgences (ouest france)

manifestants-hopital-SUD

Pour la défense des urgences, 300 personnes manifestent

Inquiets quant à la situation des urgences à l’hôpital de Carhaix, les syndicats avaient appelé à un débrayage, ce jeudi. Environ 300 personnes ont répondu à l’appel et se sont rendues jusqu’à la mairie de Carhaix.Carhaix.

« Carhaix, Carhaix, Résistance »… Cela faisait un bout de temps que l’on n’avait plus entendu ce chant scandé dans les rues de la Ville. Ce jeudi après-midi, environs 300 personnes, dont beaucoup de personnels de l’hôpital l’ont entonné sur la place de la Mairie.

Appel des syndicats

Le rassemblement s’est formé devant l’accueil de l’hôpital. Les syndicats ont appelé, en début de semaine, au débrayage pour manifester leurs inquiétudes quant au fonctionnement des urgences et du Smur. Tour à tour, les responsables syndicaux ont dénoncé « la mise en danger de la vie d’autrui », lorsque le Smur ne fonctionne pas. Cette situation s’est déjà présentée, faute de deux médecins présents dans le service, l’équipe mobile ne peut, parfois, plus fonctionner.

Reçus en mairie

Les syndicats estiment que « les Brestois et les Centre-Bretons doivent avoir les mêmes droits en termes d’accès aux soins d’urgences », rappelant que « c’était le but de la fusion avec le CHRU de Brest ». Le cortège a ensuite pris la route de la mairie de Carhaix, où la délégation devait être reçue par le maire. Tous reprennent en chœur : « L’hôpital n’est pas une entreprise, la santé n’est pas une marchandise ». Le maire a reçu les quelque 300 manifestants sur le parvis de l’hôtel de Ville et leur a affiché son soutien. Il a lu devant l’assemblé un courrier que lui adresse Philippe El Saïr, directeur du CHRU de Brest estimant que la réponse de ce dernier « semble incomplète ».

« Se battre »

Sa première adjointe Quiltu a estimé qu’il allait « falloir se battre pour garder les deux postes de médecins aux urgences ». C’est ensuite que Christian Troadec a fait entonner le désormais célèbre « Carhaix, Carhaix, Résistance ».  Les délégués syndicaux devaient ensuite être reçu par la direction de l’hôpital, vers 16 h.

17/11/2016 Anaëlle BERRE et Maxime LAVENANT

http://www.ouest-france.fr/

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