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04 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la santé grecque proche de l’agonie (jdd)

greek-austerity

Plus d’un quart de la population ne bénéficie plus de couverture sociale, les hôpitaux publics sont débordés et exsangues. La rigueur budgétaire a désorganisé le système de santé publique et entraîné une crise humanitaire.

Réfugié dans son propre pays. Dinos n’a plus de travail, plus de logement, plus de couverture sociale. À 63 ans, une paire de lunettes de vue accrochée autour du cou, le regard légèrement voilé, cet ancien patron d’une petite entreprise de téléphones portables répète : « Je suis un réfugié économique dans mon pays. » Vendredi matin, Dinos est venu consulter un médecin dans un des centres de Praksis, une ONG grecque.

Créée il y a dix ans, Praksis a démarré en aidant essentiellement les immi- grés et les clandestins. Il y a deux ans, face à la violence de la crise économique, l’ONG s’est rendue à l’évidence : des Grecs aussi n’arrivaient plus à se loger. Impensable pour une société où la solidarité familiale est longtemps restée très forte. L’expression même de « sans domicile fixe » lui était inconnue. En mars 2012, pour accueillir ces Grecs mal logés, Praksis décide d’ouvrir une antenne dans un immeuble près de la place Omonia, dans le centre d’Athènes. « Je me souviens de la troisième personne reçue, raconte Ilianna Baltzoi, travailleuse sociale, un chauffeur routier qui venait de perdre son travail. J’ai été choquée. Il aurait pu être mon oncle, mon père. »

Les débuts sont timides. Les premiers Grecs qui osent prendre l’ascenseur jusqu’au 4e étage boivent un café assis à l’une des tables recouvertes de toile cirée, parlent peu, ne restent guère. Aujourd’hui, les deux étages qu’occupent l’ONG respirent la vie. Être sans logement reste honteux mais il est plus facile d’en parler quand on s’aperçoit qu’on n’est pas seul. Dans la salle principale, deux hommes jouent aux échecs. Dans une autre, trois des huit machines à laver tournent.

Retour de la tuberculose et de la malaria « Les conditions de vie précaire augmentent les problèmes de santé, explique Christos Gkiokas, le médecin de Praksis. Les personnes doivent prendre soin d’elles pour prévenir les maladies. » Retour de la tuberculose et de la malaria, explosion du taux de mortalité infantile, hausse du nombre d’infections par le VIH… Pour certains, se soigner devient un luxe. Surtout quand vous n’avez plus droit à l’assurance maladie.

Trois millions de Grecs, plus d’un habitant sur quatre, n’ont plus de couverture santé. Ici, perdre son emploi, c’est perdre ses droits sociaux. Comme Dinos, l’ancien patron. L’homme sort d’une sévère dépression, souffre d’une maladie musculaire. Il est venu consulter gratuitement le docteur Gkiokas. Dans une pièce enfumée, la télévision crache les dernières informations sur la campagne élec- torale qui démarre. À l’écran, la nouvelle affiche de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir : « Nous, avec la Grèce, on ne joue pas. » Référence à Syriza, le parti de la gauche radicale? Le parti d’Alexis Tsípras est crédité de 29,5% d’intentions de vote pour les législatives du 25 janvier. Une première qui s’explique par le soutien d’une population épuisée par les plans d’austérité imposés pour rembourser la dette abyssale du pays.

Syriza veut rediscuter les accords de plans de sauvetage du pays avec ses créanciers de la troïka (FMI, Commission européenne, Banque centrale euro- péenne). Ceux-ci prévoient notamment une réduction drastique des dépenses publiques de santé. Le gouvernement grec affirme que ces mesures d’austérité ont déjà permis de rationaliser le système de santé, miné entre autres par le clien- télisme. Dans la réalité, elles ont entraîné des violations sans précédent des droits de l’homme, dénoncées par la FIDH dans un rapport publié mi-décembre. « On ne peut pas admettre que 3 millions de Grecs n’aient pas de couverture sociale, insiste Ioannis Baskozos, endocrinologue, responsable santé au sein du secré- tariat politique de Syriza. C’est une question de démocratie et de civilisation. Si on arrive au pouvoir, une de nos premières actions sera de redonner une couverture sociale à tout le monde. »

Syriza promet de réembaucher 3.000 médecins Autre promesse : réembaucher les 3.000 médecins licenciés sur les 6.000 qui pratiquaient dans les centres de santé publics. « On assiste à une privatisation progressive du système dans lequel la santé est devenue un produit qu’on achète, précise Odysseas Boudouris, dépu- té indépendant proche de Syriza. Ceux qui ont de l’argent peuvent se soigner dans le privé, les autres non. » Ce chirurgien, ancien président de Médecins sans frontières en Grèce, n’hésite plus à utiliser l’expression de « crise humanitaire » en parlant de son pays.

Ce vendredi soir, à l’hôpital pédiatrique de Sainte-Sophie, dans le quartier de Goudí, les urgences explosent. Un père y attend depuis six heures. À son arrivée, il a retiré le ticket numéro 164. Sur le panneau lumineux, le numéro 86 venait de s’afficher. L’homme, chauffeur de camion, a décidé de rester. Son fils de 12 ans souffre des jambes. Rien d’urgent apparemment, le garçon marche, s’agite sur le siège, regarde autour de lui. « Je préfère attendre ici et ne pas aller chez le pé- diatre qui exerce en privé, reconnaît le père. Cela me coûterait 50 euros. » Les urgences sont remplies de personnes comme lui qui ne trouvent plus de médecins dans le public et sont obligés, soit de se tourner vers le privé, soit d’engorger les hôpitaux publics.

« C’est le bordel! » Un médecin de l’hôpital Sainte-Sophie Des établissements au bord de l’épuisement. Leur budget a baissé d’un quart ces dernières années. À la sortie de Sainte-Sophie, un médecin, blouse verte sur le dos, lève les bras au ciel : « On n’a pas le droit de parler. Je peux juste vous dire que c’est le bordel! » Départs à la retraite non remplacés, interdiction de soigner les personnes sans couverture sociale, sauf en cas d’extrême urgence, rupture en matériel ou en médicaments…

Situation ubuesque, ce sont parfois les dispensaires solidaires qui pallient ces manques. La clinique communautaire d’Hellinikon dans la banlieue d’Athènes fournit tous les mois des médicaments à des hôpitaux dans le besoin. Ouverte en 2011 pour les exclus du système de santé, la clinique a reçu 4.000 visites en 2012, 35.000 en 2014. Des patients sans couverture sociale mais aussi des sala- riés aux revenus trop justes pour leur permettre de payer la part obligatoire du prix des médicaments. Officiellement de 25%, elle s’élève à 40 ou 60% dans les faits.

Installée sur une ancienne base militaire américaine, la clinique est autogérée par 250 bénévoles dont 115 médecins avec trois principes: refus de toute récu- pération politique, interdiction de publier le nom des donateurs, et de recevoir de l’argent. Yiannis repart avec des antidépresseurs. Avant de découvrir ce dispen- saire, privé d’allocation chômage et de couverture sociale, cet ancien employé prenait sur la retraite de sa mère de 87 ans pour s’acheter ses médicaments. « Depuis que je viens, souffle-t-il les mains tremblantes, c’est comme un poids que j’enlève du dos de ma mère. Elle peut à nouveau s’offrir ses propres remèdes pour son cœur. »

Comme une quarantaine d’autres dispensaires solidaires créés dans le pays, la clinique d’Hellinikon offre des soins. Mais elle mène aussi des actions de « résistance ». Informations sur les droits des citoyens, collecte et publication de témoignages et d’incidents au sein des hôpitaux. « Les gouvernants qui ont détruit le système de santé n’ont pas seulement une responsabilité politique, affirme Giorgos Vihas, cardiologue et fondateur de la clinique. Ils ont aussi une respon- sabilité pénale. Leurs décisions ont tué des gens. On va tout faire pour qu’ils aillent devant la justice pour ça. »

http://www.lejdd.fr/International/Europe/La-sante-grecque-proche-de-l-agonie-710272

Commentaire: Sacrés médias, et à côté ils te disent qu’il n’y a pas d’autres solution!

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03 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la prime de 10.000 euros des recteurs d’académie fait polémique (20 mn)

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Beau cadeau de Noël pour les recteurs d’académie.

Ces derniers ont vu leur «indemnité de responsabilité» revalorisée de 10.000 euros par un arrêté publié dimanche dernier au Journal Officiel. Fixé à 15.200 euros en 2010, le montant annuel de cette indemnité est passé fin 2014 à 25.620 euros… soit plus de 40% d’augmentation pour la part fonctionnelle.

Outre cette part fonctionnelle, les recteurs peuvent aussi avoir droit à une part variable définie par un arrêté publié en 2010 : «Le montant annuel de référence de la part variable susceptible d’être versée aux recteurs d’académie en fonction de leur manière de servir et des objectifs atteints représente 45% du montant annuel de la part fonctionnelle». Un recteur d’académie qui atteindrait tous ses objectifs fixés pour l’année 2015 pourrait prétendre à une prime globale, en plus du salaire, pouvant aller jusqu’à plus de 37.000 euros à l’année.

Contestation syndicale

La publication de ce décret n’a pas été du goût des syndicats d’enseignant, à l’image du SNES-FSU Lille qui a manifesté son mécontentement dès le 28 dé- cembre. Pour le SNES-FSU Lille, «la prime (revalorisée le 28 décembre) cor- respond au salaire annuel d’un certifié conseiller principal d’éducation – pro- fesseur des écoles au dernier échelon de la hors-classe», s’indigne le syndicat. Un autre syndicat du secondaire, l’Unsa, voit dans cette revalorisation un deux poids-deux mesures, comme le déplore sur Twitter son secrétaire général Christian Chevalier:

«Ni une fleur, ni un cadeau fait aux recteurs»

Du côté du ministère de l’Éducation nationale, on estime que cette revalorisation de la prime des recteurs ne devrait pas créer la polémique. Interrogé par le journal Les Echos, l’entourage de la ministre Najat Vallaud-Belkacem explique : «Ce n’est ni une fleur ni un cadeau fait aux recteurs. On rectifie une anomalie, car les recteurs gagnaient moins que leurs subordonnés - inspecteurs d’académie et secrétaires généraux.» Avant de nuancer : «Cela aurait dû être fait il y a un an et demi, mais le dossier a pris du retard.» En tout cas, cette revalorisation ne sera pas passée inaperçue.

Jean-Luc Mounier Créé le 02.01.2015 à 17:54 Mis à jour le 02.01.2015 à 17:54

http://www.20minutes.fr/politique/1508871-20150102-education-nationale-prime-10000-euros-recteurs-academie-fait-polemique

Commentaire: Les « objectifs à atteindre » sont bien sûr les non remplacements, les fermetures ou non ouvertures…

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02 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

éducation prioritaire: en janvier, on continue! (npa)

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Durant un mois et demi environ, de nombreux établissements scolaires d’Île-de-France, de Rouen, de Toulouse ou de Marseille, se sont mis en grève : une fois par semaine ou en reconductible, en alternance, avec quelquefois des blocages par les parents d’élèves…

C’est en tout cas un foisonnement d’actions qui a accompagné le refus de la refondation de l’éducation prioritaire par ce gouvernement, une refondation qui signifie arrêt des aides pour certains, rustines pour d’autres… et poursuite du manque de moyens pour tous !

La colère perdure  Le mercredi 17 décembre, lors d’un comité technique ministériel, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé la nouvelle liste officielle des collèges et écoles désormais classés en éducation prioritaire. Sur la base d’un soi-disant redéploiement qui correspondrait davantage à la réalité, des dizaines d’écoles et de collèges vont donc sortir de l’éducation prioritaire afin de prétendument donner plus à ceux qui en ont davantage besoin.

Mais les suppressions drastiques de moyens alloués à l’Éducation nationale depuis des années, certainement pas compensées par les malheureux 3 900 postes créés par ce gouvernement (au regard des 80 000 supprimés sous Sarkozy et de l’augmentation démographique), justifieraient largement qu’aucun collège ni aucune école ne sortent de l’éducation prioritaire. Et même plus, c’est d’une extension de moyens et de leur pérennisation dont ont besoin les enseignantEs et leurs élèves, pas d’une hypocrite compassion de leur ministre de tutelle !

Face à la mobilisation de ces dernières semaines, 7 réseaux supplémentaires ont été annoncés… Des grains de sable ! Afin d’essayer de calmer les esprits échauffés, le ministère tente de faire signer aux établissements sortants des conventions qui leur donneraient peut-être quelques moyens supplémentaires sur une durée limitée de 3 ou 4 ans. Une aumône…

Pas question d’accepter cette mascarade ! En janvier, les premières dotations en heures pour le secondaire et en postes pour le primaire vont être connues. Elles incarneront cette nouvelle carte de l’éducation prioritaire et la recherche constante du gouvernement de faire des économies. En d’autres termes, suppressions d’heures et augmentation des effectifs par classe seront au menu des vœux du ministère de l’Éducation nationale.

D’ores et déjà, la coordination des établissements mobilisés d’Île-de-France appelle à organiser des assemblées générales sur les villes afin de faire un bilan commun de cette premier étape de la mobilisation et d’anticiper un plan d’action quand Dotation horaire globale (DHG) et cartes scolaires vont paraître. Des grèves académiques sont déjà prévues : le 8 janvier à Toulouse et le 15 janvier à Rouen.

Ce sera alors le moment de tenter de franchir une nouvelle étape dans le renforcement des liens entre enseignantEs du secondaire et du primaire, pour construire une mobilisation d’ampleur dont le point de départ serait une journée de grève nationale dans l’éducation, contre la nouvelle carte de l’éducation prioritaire, pour une augmentation de moyens pérennes dans l’ensemble du secteur.

Denise Sarraute Vendredi 2 Janvier 2015

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26 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

amiante: des crimes sans coupable (al’e)

amiante

Des plaintes par centaines et des enquêtes par dizaines depuis près de vingt ans. Et pas un procès pénal.

Les milliers de victimes de la fibre mortelle? Un crime sans coupable.

Ses dangers mortels sont connus depuis plus d’un siècle. Et son caractère cancérogène a été prouvé au début des années soixante. Pourtant, l’amiante continue de faire des victimes: un millier par an en France, selon les experts les plus réservés; trois fois plus selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

A ce jour, aucun patron ni aucun haut fonctionnaire n’ont jamais comparu devant une juridiction pénale française. Malgré des plaintes pour homicide involontaire déposées, pour certaines d’entre elles, il y a dix-huit ans, et qui constituent l’essentiel du travail du pôle de santé public du tribunal de Paris. Petit aide-mémoire pour une justice amnésique, apathique ou débordée.

Valeo. Fatales plaquettes de frein, enquête

A Condé-sur-Noireau (Calvados), l’amiante a fait vivre des entreprises (Ferrodo, puis Valeo : équipementier automobile), et mourir des centaines de salariés, en près d’un siècle d’existence. Les infractions à la réglementation du travail y étaient fréquentes. Pourtant, durant des décennies, le parquet de Caen (préfecture du département du Calvados) s’est abstenu de toute poursuite.

Par ignorance des dangers? Ils étaient pourtant connus depuis un rapport de l’Inspection du travail locale datant de…1906. La plainte contre Valeo, déposée en 1996, est mal partie. L’instruction menée par la juge Bertella-Geoffroy visait des responsables de l’usine mais aussi des politiques, comme Martine Aubry (du PS), accusée de ne pas avoir fait appliquer la loi lorsqu’elle était directrice des relations du travail (de 1984 à 1987).

Sa mise en examen a été annulée par la Cour de cassation en juin 2014. Egalement dans la ligne de mire, des lobbyistes, industriels et scientifiques réunis au sein du Comité permanent amiante, qui a tout fait pour ralentir l’interdiction de la fibre. Comme le remarque l’avocat Jean-Paul Teissonnière, «le fait d’avoir mis tant de responsables dans le même sac rend la procédure difficilement gérable». 

Jussieu. Juges sans fibre procédurière Ce sont des chercheurs de cette fac parisienne (Jussieu), emmenés par le toxicologue Henri Pézerat (voir sur ce site l’article publié en date du 1er février 2014), qui ont lancé l’alerte en 1974. Bourrés d’amiante, murs et plafonds de l’université rendaient l’atmosphère dangereuse. La plainte a été déposée en 1996, et, depuis, plus de 30 salariés sont morts de maladie professionnelle et environ 200 ont été contaminés.

Le pôle santé du tribunal de Paris traitant l’affaire conjointement à celle de Condé-sur-Noireau, le dossier, passé dans les mains de six juges d’instruction depuis 1996, suit les mêmes méandres. La mise en examen de divers décideurs ayant récemment été annulée, la Cour de cassation tranchera le 2 février 2015. «Si elle confirme cette annulation, l’amiante, et ses milliers de morts, n’aura été qu’une banale affaire « hygiène et sécurité », commente l’avocat Michel Ledoux.

Eternit. «Fautes inexcusables» et patron excusé C’était le plus gros producteur d’amiante en France [transnationale suisse appartenant à la famille Schmidheiny] jusqu’à l’interdiction du minéral, en 1997. Créé en 1927, Eternit était le roi d’un matériau très utilisé dans le bâtiment: l’amiante-ciment. Ses cinq usines du Nord, de Saône-et-Loire, d’Ille-et-Vilaine, du Tarn et des Bouches-du-Rhône ont employé jusqu’à 5000 ouvriers. Dans des conditions de sécurité souvent fantaisistes.

Lors d’un procès civil dans le Nord, l’avocate Sylvie Topaloff mentionnait, en mars, le décès de 157 salariés et rappelait que le groupe avait été condamné 761 fois pour «faute inexcusable». Des jugements qui reconnaissent les négligences de l’employeur, mais sans noircir son casier judiciaire. Une plainte pénale déposée en 1996 contre les dirigeants du groupe n’a pas encore abouti… L’avocate concluait: «Depuis dix-huit ans, jamais un patron n’a été présent sur les bancs du tribunal. Jamais un être de chair n’a (au nom de l’entreprise) répondu de ses actes

Amisol. Soixante ans d’abus, dix-huit d’enquête au bain? Dans cette entre- prise de Clermont-Ferrand où, depuis 1909, l’amiante était filé et tressé pour fabriquer des objets résistant au feu, 270 ouvriers (dont 80% de femmes) tra- vaillaient sans la moindre protection dans un brouillard de fibres en suspension. Des dizaines y ont succombé.

Le pédégé d’Amisol étant décédé en cours d’enquête, c’est son fils et successeur qui est visé par les poursuites, bien qu’il n’ait dirigé la boîte que lors des six derniers mois d’existence de l’usine clermontoise, en 1974. Délai durant lequel des salariés ont été empoisonnés. En 2012, il a obtenu un non-lieu [1], mais le jugement devait être réexaminé à la fin de décembre.

D’autres affaires irrespirables A Aulnay-sous-Bois (dans le 93), les émanations d’une ancienne usine de transformation de l’amiante, fermée en…1975, ont tué plusieurs riverains, sans parler des anciens employés, privés de tout suivi médical. Et 13’000 ex-pensionnaires de l’école toute proche sont activement recherchés …

La tour Montparnasse (à Paris), truffée de tonnes du même minéral, distille des fibres, via les gaines d’aération, depuis sa construction, en 1969. Les chantiers navals de la Bretagne comme du Midi, les entreprises Alstom, Sanofi, Saint-Gobain ont exposé et intoxiqué des centaines d’artisans, de calorifugeurs, d’électriciens, de menuisiers, etc., durant des décennies. Sans qu’aucun responsable ait eu, jusqu’à présent, à en pâtir. (Publié dans Le Canard enchaîné, le 23 décembre 2014) Publié par Alencontre le 26 – décembre – 2014

Par Jean-François Juillard

[1]  Le Monde du 19 février 2013 conclut ainsi un article consacré à Amisol dont l’intertitre est «Crimes industriels»: «La mémoire des faits s’efface» considère la cour d’appel, suggérant que l’ancienneté des faits empêche la tenue d’un procès équitable. «Comment peut-on dire cela», s’insurge Josette Roudaire, ex-salariée d’Amisol et porte-parole du «Comité amiante prévenir et réparer». «Il y a tellement de malades et de morts», ajoute-t-elle en évoquant la centaine de dossiers d’anciens d’Amisol traitée par l’association. «Ce non-lieu ravive notre colère. Il faut demander des comptes pour les crimes industriels.»

http://alencontre.org/europe/france/france-amiante-des-crimes-sans-coupable.html

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21 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

dimanche 21 décembre, 13h, manif de soutien aux salarié-e-s de swissport, genève (l’anticapitaliste)

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Rupture des négociations pour le renouvellement de la Convention collective de travail de Swissport !

La direction de cette héritière de Swissair appartenant désormais au groupe PAI BNP Paribas, joue le chantage aux emplois au cas où les syndicats n’accèdent pas à une baisse générale des salaires ! Le personnel organisé refuse d’accepter la perte mensuelle de plusieurs centaines de francs de son salaire.

Les employés de Swissport sont des femmes et hommes qui accueillent les passages avec sourire aux guichets de l’aéroport. Ils travaillent 365 jours par an pour assurer l’enregistrement des bagages, leur transport jusqu’à l’avion, du fret, des litiges bagages, de l’accueil et de l’orientation des passagers. Leur travail est dur et très exigeant et ils sont plus de 1’100 personnes à Genève. Et pourtant ce ne sont pas des privilégiés-es. Salaires de misère pour certains, travail dans les températures extrêmes pour la plupart.

La gourmandise de Swissport international ne tarit pas : 2,1 milliards de francs de revenus pour 2013 en hausse de 11% comparé à 2012, contre une hausse de la productivité du travail de 15% depuis 2010.

Voilà à peine 2 semaines que Swissport annonçait avec fracas son engagement pour recruter de la main d’œuvre locale à Genève. La direction du numéro un mondial de l’assistance au sol brandit désormais la menace de 70 licenciements ou plus encore. Pour crier sa colère, le personnel de Swissport Genève appuyé par le SSP Trafic aérien et Push organise une manifestation :

La GA vous appelle à soutenir la mobilisation ce dimanche des salarié-e-s de l’entreprise Swissport, active sur le tarmac de l’aéroport de Genève. Nous publions, ci-dessous, le communiqué du Syndicat des Services Publics

Dimanche 21 décembre à 13 heure, devant le Fret (entrée ABT), le cortège se rendra ensuite devant l’entrée de l’aéroport au niveau des départs.

19 décembre 2014

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=1195

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21 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

douarnenez: 12 000 signatures pour le maintien de la chirurgie ambulatoire (fr3)

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Ce matin, environ 300 personnes ont participé à une réunion publique pour la défense de la chirurgie ambulatoire à l’hôpital de Douarnenez. Faute d’anes- thésiste, l’ARS (Agence Régionale de Santé) prévoit de fermer ce service en mars prochain.

Personnels soignants et membres du comité de soutien de l’hôpital portent un pansement à l’oeil pour manifester leur opposition à la fermeture du service de chirurgie.

La réunion publique de ce matin rassemblait médecins, élus, personnels soignants et citoyens soucieux de défendre le service de chirurgie ambulatoire de l’hôpital de Douarnenez. Suite au départ en retraite d’un médecin anesthésiste, l’ARS (Agence Régionale de Santé) envisage de fermer purement et simplement ce service.

En quelques semaines, le comité de soutien de l’hôpital a réuni plus de 12 000 signatures de citoyens protestant contre cette fermeture. Une manifestation de plus grande ampleur est prévue le 17 janvier 2015.

Par Antonin Billet Publié le 20/12/2014 | 19:16

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2014/12/20/douarnenez-29-12-000-signatures-pour-le-maintien-de-la-chirurgie-ambulatoire-617308.html

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20 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

le medef collectionne les points de pénibilité (al’e)

Introduisez la pénibilité au travail dans vos évaluations des risques professionnels !

Qualifiés de «monument de complexité» par Pierre Gattaz, les décrets qui mettent en place le «compte pénibilité» doivent pourtant beaucoup au Medef. Lancées en 2004 par Fillon, alors ministre du Travail de Chirac, reprises par Sarko, les négociations ont duré près de dix ans et accouché de laborieux textes de compromis.

Aujourd’hui, leur application relève du casse-tête chinois. La réforme risque, en outre, de ne pas concerner grand monde, comme en témoignent les dispo- sitions qui concernent le travail de nuit et les entreprises du BTP.

A la demande du patronat, les partenaires sociaux ont renoncé à reprendre la notion légale du travail de nuit. Selon l’actuel Code du travail, elle concerne toute personne qui bosse au minimum deux fois par semaine et durant trois heures entre 21 heures et 6 heures du matin. Mais c’était trop simple. Et surtout trop coûteux, au vu des centaines de milliers de salariés qui auraient pu profiter de cette disposition pour partir plus tôt à la retraite. La définition choisie est à la fois plus restrictive et plus économique. Résultat : les salariés qui bossent de nuit seulement deux fois par semaine et ceux qui commencent leur job juste après 4 heures ou qui le terminent avant 1 heure seront laissés pour compte…

Médaille avec palme et tuba «Finalement, le seul critère qui n’a pas posé de problème au Medef, se marre un dirigeant de la GGT, c’est celui qui porte sur le travail en “hyperbare”, car il ne concerne que 1500 scaphandriers…» Dans le secteur du bâtiment, les ouvriers disposent d’une espérance de vie particu- lièrement courte. Mais la reconnaissance de la pénibilité ne devrait pas leur rapporter beaucoup de rab.

Et d’une, les contrats de moins d’un mois – qui sont monnaie courante sur les chantiers – ne seront pas concernés par la réforme. Et de deux, les ouvriers qui voudraient bénéficier des nouvelles mesures devront en mettre un sacré coup : il leur faudra se fader au minimum près de trois heures par jour de marteau-piqueur ou de concasseur pour être éligibles au critère de pénibilité sur les «vibrations» ! Et de trois, ces dispositions ne concerneront pas les travailleurs détachés, ces salariés sous-payés et maltraités venus des pays de l’Est, qui occupent une place sans cesse grandissante dans le secteur du bâtiment.

Petite chimie patronale En prime, l’application des autres critères s’avère, en l’état, «indémerdable» de l’aveu même des syndicalistes. Il en va ainsi pour l’ex- position au risque chimique. Les textes ont bien prévu l’établissement de «grilles d’évaluation» de chaque substance dangereuse. Mais c’est mission impossible, car de nombreux fabricants refusent de donner la composition exacte de leurs produits…

Les notions de «charges lourdes» et de «postures pénibles» crispent aussi le dialogue social. Comme personne ne songe à compter le nombre de sacs de ciment trimballés chaque jour, la CFDT a proposé une solution plus simple. Il s’agit d’associer les critères complexes à des métiers précis. Par exemple, un ma- nœuvre serait automatiquement considéré comme portant des charges lourdes, un peintre comme exposé au danger chimique, un paveur de rue comme travaillant sous des températures extrêmes, etc. Peine perdue : cette proposition de simplification a été rejetée par le Medef…

Du coup, les syndicats se plaignent de se retrouver bien seuls face aux exigences des employeurs. «Hollande a presque l’air de s’excuser d’avoir mis en place le compte pénibilité», se lamente un ponte de la CFDT.

Sans compter que le ministre du Travail ne cesse de torpiller lui-même la loi. Par exemple, c’est à la demande expresse de la fédération patronale du bâtiment de son fief électoral de Bourgogne que François Rebsamen a décidé de reporter d’un an la prise en compte des températures extrêmes. En attendant, sans doute, de ranger définitivement la pénibilité au congélateur…

Publié par Alencontre le 19 – décembre – 2014 Par Hervé Liffran

(Paru dans Le Canard enchaîné, 17 décembre 2014)

http://alencontre.org/europe/france/france-le-medef-collectionne-les-points-de-penibilite.html

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20 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

pétition sauvons kerichen

Pétition Publique Logotype

QUEL AVENIR POUR KERICHEN ?

La sortie de ZEP du collège
est annoncée.

Quelles conséquences ?

Refonte de la carte scolaire pour diriger les élèves du réseau vers d’autres établissements : trajets augmentés, saturation des classes

Mise en cause de la mixité sociale

Asphyxie organisée du recrutement du collège Kerichen pour en justifier la fermeture

Démantèlement de la cité scolaire, seul établissement public à mener les élèves sans interruption de cursus de la maternelle au supérieur.

Nous exigeons :
– des garanties sur la pérennisation du collège
– une position ferme et nette des élus
Pour que vive Kerichen, signez la pétition
Quel avenir pour Kerichen ?
Les signataires

 http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=kerichen

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19 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

vannes: la grève se poursuit à médiapost (fr3)

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Depuis lundi, prêt de la moitié des effectifs de Médiapost à Vannes, filiale de la Poste, ont cessé le travail.

À l’origine du mouvement, des craintes quant à l’avenir de l’entrepôt et la demande d’une prime annuelle de 150 euros. Sur les 20 salariés de l’entrepôt de Médiapost à Vannes à avoir stoppé le travail ce lundi, deux seulement ont cessé leur mouve- ment ce matin. Pour les autres, la grève se poursuit, après avoir claqué la porte à la rencontre organisée hier avec le directeur régional des ressources humaines. Désormais, c’est avec un représentant du siège national que les grévistes veulent discuter.

Vers une baisse des effectifs ?

Ce que craignent avant tout, les « distributeurs » de l’entrepôt de Vannes, c’est une fermeture de leur site qui ne répondrait plus aux normes de sécurité. À cela s’ajoute, un plan de réorganisation de distribution des prospectus lancé au niveau national par la poste. « Avec cette nouvelle stratégie, on perd beaucoup de travail que récupèrent les postiers. On met beaucoup de pression sur les gens de Médiapost pour qu’ils partent. Chez nous, les salariés ont entre 20 et 78 ans… » , explique Régine Teinturier, déléguée du personnel et membre du comité d’entreprise de Madiapost à Vannes.

Des discussions au point mort

Autre revendication, une prime annuelle de 150 euros. « La direction nous dit qu’elle ne peut statuer, que ces primes font partie des négociations annuelles. Tout ce qu’on nous accordé, c’est la fourniture de chaussure de marche pour un montant de 30 euros et un vêtement de travail. » Ces propositions, les grévistes les ont rejetées, prêts à poursuivre leur mouvement tant qu’ils n’auront pas été entendus.

Médiapost est une filiale de la Poste spécialisée dans la distribution des pros- pectus et des magazines institutionnels qui emploie 13 000 distributeurs. La Bre- tagne compte 11 dépôts. Seul celui de Vannes (une quarantaine d’emplois)  est aujourd’hui en grève. Par Eric Nedjar

Publié le 18/12/2014 | 12:22, mis à jour le 18/12/2014 | 12:22

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15 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

soigner les cours de la bourse… (npa)

medicaments-dangereux
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Ou soigner les patients, il faut choisir !

Entretien. Bruno Toussaint est directeur éditorial de la revue indépendante Prescrire (1). Il dénonce le scandale du prix du Sovaldi et revient sur la politique du médicament en France, théâtre d’opérateurs aux appétits financiers démesurés.

Le Sovaldi, médicament révolutionnaire ou hold-up sur la Sécu ?
Le Sovaldi (sofosbuvir) est un nouveau médicament contre l’hépatite B qui touche en France près de 240 000 personnes, dont 2 600 vont mourir chaque année. Un médicament plus révolutionnaire par le prix exigé par le laboratoire Gilead, qui possède le brevet, que par son efficacité. S’il apporte quelque chose d’utile aux malades, il laisse dans l’ombre bien des interrogations sur ses effets secondaires, notamment chez ceux qui en auraient le plus besoin.

Le prix réclamé par la firme Gilead pour le Sovaldi a provoqué un tollé dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, où le prix du traitement de 12  semaines est de 84 000 dollars par patient. En France, il a été disponible pendant quelques mois dans le cadre d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour un coût fixé par le laboratoire à 5 000 euros pour 12 semaines de traitement, soit 666 euros le comprimé !

Un médicament qui coûte cher à produire ?

Ce prix exorbitant n’est pas dû à son coût de production. Un groupe d’experts universitaires anglais a calculé que le prix de fabrication de ce médicament ne revenait qu’à une centaine d’euros par patient et par traitement… contre 56 000 euros exigés par Gilead initialement, pour un traitement de douze semaines.

Il n’est pas dû non plus au coût de la recherche de la firme. La recherche publi- que, aux USA, en Europe ou en France (ANRS, Inserm, CNRS…), a largement financé le développement des médicaments contre l’hépatite C, ce qui réduit d’autant les coûts de recherche. Il n’est pas dû aux coûts de l’évaluation clinique, qui est limitée au minimum pour passer le cap de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Les essais de phase 3 du dossier d’évaluation ne sont pas impressionnants. En particulier, aucun essai n’a ciblé les patients atteints de cirrhose hépatique, pour cerner la balance bénéfices-risques de ces patients fragiles, ceux qui auraient le plus besoin de ce nouveau traitement.

Qu’est-ce qui justifie le prix demandé ?

Le prix demandé pour le Sovaldi est surtout dû à la spéculation boursière et à des enrichissements personnels démesurés. Un coup boursier amorcé par Phar- masset, la firme qui a développé le sofosbuvir. L’action en Bourse de Pharmasset valait 9 dollars en 2006. En 2011, Gilead a racheté Pharmasset au prix fort, 89 % plus cher que sa dernière valeur boursière, à 139 dollars l’action, soit 11 milliards de dollars au total.

Avec les stock-options, les responsables de Pharmasset ont raflé des millions de dollars. De son côté, le PDG de Gilead est devenu milliardaire en actions grâce à l’augmentation de la valeur boursière de Gilead. Aux responsables politiques, aux professionnels de santé et aux patients de refuser une telle manipulation grossière, qui expose à une dégradation des mécanismes permettant un accès pour tous aux soins.

Face aux exigences de Gilead, qu’a décidé la ministre de la Santé Marisol Touraine ?

Finalement, le prix retenu par le Comité économique des produits de santé (CEPS) sera de 488 euros le comprimé au lieu de 666 euros, soit une diminution de 26 %. Pour un traitement, il en coûtera donc 41 000 euros, au lieu des 54 600 exigés, avec un mécanisme plafond qui sera fixé pour les dépenses allouées aux traitements contre l’hépatite C : 450 millions en 2014, 700 millions en 2015. Si les dépenses dépassent le plafond, les laboratoires devront reverser une contribution à la Sécurité sociale. Traiter 80 000 personnes reviendrait à 4,4 milliards d’euros, la moitié du budget de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP)…

Comment résister à la pression de Big Pharma ? Vous avez repris l’exigence d’une licence d’office…
Une licence d’office, c’est une disposition légale qui permet de produire une version générique d’un médicament à un moindre coût. à l’initiative de SOS hépatites, des associations de patients, Médecins du monde, Act-Up, Aides… ont exigé ensemble que le monopole de Gilead ne soit pas respecté.

L’État français pouvait décider de délivrer cette licence d’office, autorisant des firmes génériques à produire le sofosbuvir à un prix raisonnable. Une disposition légale prévue dans le cadre des flexibilités de l’accord international sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), mais aussi dans le code de la propriété intellectuelle français.

La France n’y a jamais eu recours. Cela aurait fait chuter considérablement les prix et contribué à la lutte contre les inégalités d’accès aux soins, d’autant que le cas du Sofosbuvir n’est pas isolé. Le prix des nouveaux traitements contre le cancer est souvent extravagant. C’est d’autant plus scandaleux qu’une petite minorité seulement apporte de réels progrès, mais que la grande majorité ne fait qu’apporter une espérance de vie majorée de quelques semaines à quelques mois, au prix d’une flopée d’effets secondaires.

Face à ces prix exorbitants qui résultent surtout de la spéculation financière, il faut que les États osent adopter des positions fortes, qui dissuadent les firmes et les spéculateurs de continuer à utiliser le marché des médicaments comme une pompe à forts rendements financiers, au détriment des patients et de la collectivité.

Prescrire, qu’est-ce que c’est ?
C’est une association sans but lucratif, loi de 1901. Mais c’est surtout une revue, Prescrire, qui, depuis 1981, veut donner une information fiable sur les médica- ments et les dispositifs de santé, et qui doit pour cela être indépendante des laboratoires pharmaceutiques, mais aussi des agences de santé et des gouver- nements. Quasiment toute l’information sur les médicaments est aux mains de l’industrie pharmaceutique.

Elle fait la recherche, fabrique, fait les essais cliniques, finance les associations de malades, les revues, congrès, formations médicales. Elle influence les médecins, surtout les spécialistes et les leaders d’opinion médicale, mais aussi les politiques, qui lui laissent le soin de préparer les dossiers d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Elle finance les agences du médicament… Les firmes sont juges et parties. On est dans le conflit d’intérêts massif.

Nous ne vivons que grâce aux abonnements. Pas de lien d’intérêts, pas de publicité, pas de subvention. Il y a un long cheminement, des regards croisés au sein de l’équipe Prescrire et des contrôles qualité pour faire sortir un article. Pour dire si un médicament présente un progrès face à ce qui existe, car près des deux tiers des médicaments qui sortent ne sont que des doublons. Pour dire quel est le meilleur choix dans un contexte d’exercice professionnel, dire si les essais cliniques sont bien construits, les effets secondaires nocifs acceptables au regard de l’efficacité (la balance bénéfices-risques).

Avec Irène Frachon, nous avons contribué à alerter sur les dangers cardiaques du Mediator, un anti-­diabétique de Servier, présenté comme anti-diabétique coupe-faim par les visiteurs médicaux. Des dangers connus pour les molécules de cette classe depuis 1997 aux USA… mais que l’agence du médicament n’a retiré en France qu’en 2009. De même, depuis le milieu des années 90, nous alertons sur les pilules de 3e génération, présentées à tort comme amenant moins d’em- bolies pulmonaires… Jusqu’à ce que le scandale éclate en 2013.

Les anti-inflammatoires de la famille des coxibs étaient présentés, pour tous ceux qui souffrent d’arthrose, comme ayant moins d’effets secondaires digestifs. Petits prix hospitaliers, prix élevés en officine, grande campagne de pub… En fait, on a su qu’il n’y avait pas de bénéfice démontré en terme de complications digestives, mais une augmentation des accidents cardiovasculaires ! Mais comme d’habitude, les pouvoirs publics et les agences du médicament ont fait bénéficier du doute les firmes pharmaceutiques pendant encore des années.

Exiger des preuves de progrès thérapeutique pour toute autorisation de mise sur le marché, déclarer les conflits d’intérêts, interdire la publicité sur les médica- ments, un accès libre aux données cliniques, l’indépendance de l’information et de la formation, l’esprit critique et collectif des patients, une pharmacovigilance active, voilà de quoi améliorer la qualité des soins…

Propos recueillis par Franck Cantaloup
1- www.prescrire.org

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