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15 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

pôle emploi (basta)

chom

Cela va vraiment être très violent »

Des agents de Pôle Emploi réagissent aux sanctions contre les chômeurs

La loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi.

Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, ou des connexions sur son espace personnel pas suffisamment fréquentes. Du côté des conseillers, c’est la consternation, teintée de colère et de stress.

Les nouvelles instructions sont tombées sur les bureaux des agents de Pôle emploi le 3 janvier dernier. Une dizaine de pages qui décrivent par le menu les obligations des demandeurs d’em-ploi et les sanctions auxquelles ils s’exposent s’ils n’y répondent pas. Et ce, dès le premier man-quement. Une première absence à un rendez-vous entraîne une radiation d’une durée d’un mois. À la seconde absence, la radiation est étendue à deux mois et les indemnités sont suppri-mées pour une durée équivalente. À la troisième absence, on passe à quatre mois.

Ces radiations et suppressions d’indemnités seront également exponentielles en cas d’« insuf-fisance de recherche d’emploi » ou de « refus de deux offres raisonnables d’emploi », le tout laissé à l’appréciation des agents de Pôle emploi. « J’étais en réunion de service le jour de l’an-nonce, se souvient Daniel, conseiller dans le Sud-ouest. Et bien même les collègues les plus enclins à sanctionner les chômeurs ont déclaré que là, quand même, le gouvernement y allait un peu fort et que l’on risquait d’avoir des soucis au niveau de l’accueil. »

Nolwenn Weiler 15 janvier 2019

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15 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

master (le monde)

selection

Même un master n’offre plus la certitude

D’une entrée facile sur le marché de l’emploi 

Comment interpréter les inquiétudes des étudiants en fin de cursus, à la lumière de ce que vous observez du monde du travail actuel ?

La plupart des étudiants sont assez angoissés à l’idée de finir leurs études, et cela est plutôt légitime lorsqu’on sait ce que le marché du travail leur réserve. Le diplôme n’a aujourd’hui plus une valeur en soi, si ce n’est pour une minorité d’étudiants en grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs. La raison étant que, ces dernières années, la croissance continue du nombre de diplômés n’a pas été proportionnelle à celle des emplois disponibles sur le marché.

Il y a trente ans, la bataille se faisait entre ceux qui arrivaient à valider leur bac + 5 et les autres. Dans le contexte actuel, où de plus en plus de jeunes sont archi-diplomés, même un master n’offre plus la certitude d’une entrée facile sur le marché de l’emploi.

Qu’est-ce qui rend l’insertion des jeunes diplômés si difficile ?

Seuls une minorité d’établissements, les facultés de médecine notamment, organisent fortement le placement de leurs jeunes sur le marché du travail. Face au nombre de prétendants, que la plupart des secteurs n’ont pas le débit suffisant pour accueillir, l’accès à un stage professionnel ne découle plus naturellement d’une bonne réussite de ses études.

Ce qui rend plus grande encore la difficulté à se positionner par la suite dans le monde du travail. Avec des études de plus en plus longues, au fur et à mesure desquelles les attentes des étudiants s’accroissent, la connaissance du milieu professionnel s’est, elle, dramatiquement rétrécie. Dans ce contexte, les risques de déconvenue au moment où le marché produit son verdict sont souvent brutaux.

En France, 43% des jeunes diplômés de 25-29 ans considèrent qu’ils ont des difficultés « à joindre les deux bouts », selon des chiffres Eurostat, contre seulement 10% en Allemagne. La brutalité vient donc aussi, une fois dans la vie active, de cette confrontation à un niveau de vie en deça des attentes…

Oui, dès que les parents cessent d’aider leurs jeunes à soutenir leur niveau de vie, les difficultés adviennent. Le contexte actuel se caractérise par une forte croissance du nombre de diplômés par rapport aux postes qualifiés disponibles, un coût élevé de la vie dans les zones urbaines où les jeunes diplômés tentent de trouver des emplois à leur niveau, et bien évidemment de prix souvent prohibitifs du logement. Dans ce cadre, les jeunes diplômés français peinent à payer les dépenses nécessaires habituelles.

Le « reste à vivre » ne leur permet plus d’assumer les dépenses plus élaborées, considérées comme normales dans les classes moyennes (sortie, spectacle, vacances, etc.). Si le diplôme permet généralement d’échapper à la pauvreté, la faible valorisation relative de la jeunesse diplômée pourrait avoir des conséquences dramatiques sur le pessimisme français. Les efforts consentis par les parents pour offrir à leurs enfants de meilleurs diplômes ne permettent pas d’échapper au déclassement socio-économique.

Comment mieux préparer les étudiants à cette transition vers le monde professionnel ?

La valeur théorique des diplômes est bonne, leur valeur pratique dans le monde du travail est extrêmement réduite : c’est sur cela que l’enseignement supérieur français doit travailler. C’est un chemin que les grandes écoles de premier plan ont emprunté depuis longtemps, notamment en entretenant un lien très fort avec leurs réseaux d’anciens. Dans les secteurs plus précaires et universitaires, ces réseaux, très coûteux, sont bien moins étoffés et ne remplissent pas la mission essentielle de placement des étudiants.

Ils choisissent alors parfois de partir au Québec, au Royaume-Uni ou en Allemagne suivre un deuxième master, dans des institutions qui conservent une très forte connexion avec le marché du travail mais qui demeurent particulièrement onéreuses. Ce sont donc les étudiants les mieux armés par leur succès scolaire et par le soutien familial qui échappent le mieux à l’absence de transition en France.

Une citation de Sigmund Freud résume très bien, à mon sens, la situation française : « L’édu-cation pèche en ne préparant pas l’être jeune à l’agressivité dont il est destiné à être l’objet. (…) [Elle] ne se comporte pas autrement que si l’on équipait de vêtements d’été et de cartes des lacs italiens des gens partant pour une expédition polaire. » Il est urgent de fournir un nouvel équipe-ment aux étudiants français pour qu’ils puissent aborder plus sereinement cette expédition qu’est l’entrée dans l’emploi.

Le sociologue Louis Chauvel révèle les inégalités d’accès à une intégration rapide sur le marché du travail et dans la vie d’adulte pour les étudiants. Pour le sociologue Louis Chauvel, professeur à l’université du Luxembourg et auteur de l’essai La Spirale du déclassement (Seuil, 2016), l’accroissement continu du nombre de diplômés ne permet pas une insertion satisfaisante des étudiants sur le marché du travail.

Alice Raybaud

https://www.lemonde.fr/

Commentaire: Et si moins de jeunes faisaient des études? Macron a dû y penser!

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15 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

santé guingamp (ouest france)

guing

Le comité de défense santé du pays de Guingamp rédige une lettre ouverte

Ce lundi 14 janvier 2019, le comité de défense santé du pays de Guingamp a publié une lettre ouverte. Celle-ci fait suite à l’arrêté pris par l’Agence régionale de santé accordant un sursis à la maternité de Guingamp (Côtes-d’Armor).

Le comité de défense santé du pays de Guingamp a rédigé une lettre ouverte « en retour à la décision de l’ARS pour le sursis de la maternité » . Pour le comité, « Le manque de moyens a abouti à une souffrance des personnels […] Le succès de l’idée du Conseil national de la résistance en octobre 1945 doit toujours résonner dans notre tête : chacun cotise selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins » .

Il est écrit : « La mobilisation est nécessaire : « Qui ne se bat pas est sûr de perdre » , mais une mobilisation la plus large possible et faite pour durer car, partout la vigilance reste de mise ! »

Selon le comité, « Les différentes réformes vont aboutir à une concentration des activités autour des centres hospitaliers universitaires, avec un émiettement sur les sites périphériques : mater-nité, médecine, gériatrie… La psychiatrie est profondément remise en cause dans sa spécificité et elle ne sera plus en capacité de faire face aux besoins des patients. »

Aussi : « Dans cette organisation, le secteur privé va se tailler la part du lion en récupérant une partie des activités les plus rentables : chirurgie programmée, oncologie, etc. »

« Pas de réponses satisfaisantes »

Le comité estime que : « Les « solutions » avancées par la ministre dans sa feuille de route n’apporteront pas de réponses satisfaisantes aux besoins de soins. Par exemple, si l’ambu-latoire est intéressant dans certains cas, il ne peut aucunement être LA solution. »

L’enjeu de la télémédecine est abordé. « La télémédecine est un outil intéressant, notamment pour l’interprétation de radios ou d’examens de laboratoire ou pour la mise au point de proto-coles, mais la prise en charge d’un patient exige plus que la présence devant un écran. Quel médecin sera en capacité de répondre à distance vu la pénurie actuelle ? »

« Nous serons attentifs »

Dans cet écrit, il est noté : « Il nous faut donc continuer à nous battre pour défendre un maillage équilibré du territoire, des structures de proximité travaillant en coopération avec des établisse-ments plus spécialisés pour assurer la continuité de la prise en charge. Les groupements hos-pitaliers de territoire (GHT) ou les supra-GHT auront un rôle prépondérant pour restructurer et fusionner les structures hospitalières. »

Le comité interpelle : « C’est le financement de l’hôpital qu’il faut changer ! Car les tarifs des actes hospitaliers sont sous-évalués et ne peuvent « coller » à la réalité de chaque situation de travail. »

En conclusion : « Nous prenons note de la décision de l’ars de renouveler jusqu’au 31 juillet 2020, mais nous nous serons attentifs, a ce qui est pour l’instant un sursis deviennent une décision pérenne, pour toutes les familles du bassin de Guingamp. »

14/01/2019

https://www.ouest-france.fr/

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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

handicap (la salamandre)

salam
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Documentaire
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Defiant Lives est un documentaire qui retrace l’histoire, sur des décennies, d’activistes du handicap. Sarah Barton, elle-même activiste, met en scène leur lutte pour leurs droits et pour leur dignité. Elle revient sur la naissance du mouvement pour les droits des personnes handicapées aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie.
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Le film entremêle des images d’archives inédites avec les histoires personnelles d’hommes et de femmes handicapés qui ont lutté pour leur indépendance et pour avoir le contrôle de leur vie parfois depuis les institutions où ils étaient enfermés.
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Ils se sont attaqués aux grandes organisations caritatives, se sont enchaînés aux transports publics partout dans le monde et ont exigé l’accès «pour aller audacieusement là où tout le monde est allé avant eux». Ils ont fait pression pour obtenir l’aide nécessaire afin de vivre une vie ordinaire, au sein de la société, avec la famille, les amant(e)s, les ami(e)s…
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Séance unique le mardi 15 janvier à 20h30, suivi d’une discussion avec le Collectif anti-capacitiste du Pays de Morlaix
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DEFANT LIVES
de Sarah Barton (Australie – 2018 – 1h30)
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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

élections (alternative libertaire)

FrontPopulaire

Fonction publique

Les élections professionnelles, miroir de l’action de terrain

Entre autres choses, les élections professionnelles sont un test d’audience. Syndicats d’accom-pagnement et syndicats de ­combat : elles permettent de mesurer qui pèse quoi, et où, dans l’esprit des salarié.es. Les élections du 6 décembre dans les trois fonctions publiques ont touché plus de 5 millions d’agents (titulaires ou contractuels). Retour sur leurs résultats et leurs enseignements.

Disons-le tout net

S’il y a une information à retenir de ce scrutin c’est que la CGT reste en tête sur l’ensemble des trois fonctions publiques (hospitalière, d’État et territoriale). Cela témoigne à la fois de son ancra-ge dans des milieux professionnels variés et de la possibilité d’y mener un syndicalisme offensif et revendicatif. À l’heure où les médias relaient avec une satisfaction à peine ­dissimulée la com-munication de la CFDT sur sa première place public/privé « historique », c’est important à rappeler.

Des milliers de scrutins différents

Mais s’il est toujours tentant d’analyser à la serpe le résultat d’un tel scrutin, il convient de bien prendre en compte son hétérogénéité. Car si plus de 5 millions d’agentes et d’agents votaient le même jour, ou presque, il y a bien eu plusieurs milliers de scrutin.

En effet, les travailleurs et travailleuses doivent voter à la fois:

Pour des comités techniques (qui s’occupent des questions générales d’organisation, de fonctionnement et d’emploi) et

Pour des commissions paritaires (qui s’occupent de la carrière des agents : promotions et mutations), et ce à la fois à l’échelon local et à l’échelon national.

Pour calculer la représentativité des organisations syndicales dans la fonction publique, on va regrouper les scores réalisés au niveau des différentes instances des ministères, des collec-tivités territoriales et des établissements hospitaliers. Avant de se livrer à de savantes analyses, il importe donc de bien prendre en compte que ce sont aussi (et parfois surtout) des scrutins de proximité lors desquels on vote, tout bêtement, pour le ou la collègue du service présent.e sur une liste.

Loin des enjeux nationaux

Les positionnements nationaux ne paraissent pas avoir été déterminants. Ni la distance syndi-cale vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes, ni les scandales au sein de FO ne semblent avoir pesé sur le scrutin.

Ainsi, FO (18,1 %) baisse de 0,5 point par rapport à 2014 (mais gagne 1 point dans l’hospitalière et 0,1 point dans la fonction publique d’État) ;

La CGT (21,8 %) baisse de 1,3 ;

Solidaires (6,3 %) de 0,5 point.

Dans le même temps:

La FSU (8,7 %) ­progresse de 0,8 point tout en étant absente de l’hospitalière et en baissant légèrement dans ­l’Éducation nationale, sa principale implantation.

Du côté du syndicalisme d’accompagnement

La CFDT (19 %) qui crie victoire baisse de 0,3 point,

La CFTC (2,9 %) de 0,4 point tandis que

L’Unsa (11,2 %) gagne 0,8 point et

La CFE-CGC (3,4 %) 0,5 point.

Enfin, il faut noter que dans ces résultats globaux sont pris en compte des ministères à la culture syndicale singulière. Ainsi, au ministère de l’Intérieur, qui compte 184 000 inscrit.es, FO arrive en tête avec 34,4 % des voix (+ 2,41 points).

CGT, FO et Solidaires n’ont plus la majorité à eux seuls

Un changement notable tout de même, les trois syndicats: CGT, FO, Solidaires, qui s’étaient opposés à l’accord PPCR (pour « parcours professionnels, carrières et rémunérations ») ne pèsent plus la majorité des suffrages à eux trois. Passés sous la barre des 50 % ils ne peuvent plus bloquer d’accord sans le concours de la FSU [1].

Ainsi, alors que ces trois syndicats avaient réclamé un délai pour se positionner sur le protocole Égalité hommes-femmes qui avait recueilli la signature de CFDT, Unsa, FSU, FAFP, CGC et CFTC, les élections viennent d’offrir à ces organisations la majorité requise.

Une participation qui passe en dessous de 50 %

Difficile d’analyser ces élections sans parler du taux de participation, qui passe sous la barre des 50 % avec une baisse de 3 points depuis 2014. Et si l’on observe quelques exceptions comme à l’Intérieur, on note que plus le vote électronique se répand, plus la participation baisse.

On a pu observer également ce mouvement à la SNCF depuis plusieurs élections, ou à la RATP cette année. Dans l’Éducation nationale, qui l’utilise depuis 2011, la baisse spectaculaire ne se résorbe pas, même après trois scrutins. Mais le mode de scrutin et sa sous-médiatisation, la presse a beaucoup moins parlé de ces élections concernant plus de 5 millions de personnes que ­d’une législative partielle dans l’Essonne qui a mobilisé 12 634 votant.es, ne suffisent pas à expliquer cette baisse de participation. Elle doit interroger les syndicats sur la manière dont ils sont perçus par une partie des salarié.es.

Car plus que de grands enjeux nationaux, c’est l’implantation syndicale qui est mesurée par ce scrutin. Et ce n’est donc pas un hasard si la CGT, bien qu’en baisse, reste en tête, forte de son maillage professionnel et territorial, avec de nombreuses unions départementales investies dans la campagne. La force du syndicalisme, c’est sa proximité avec les salarié.es. Avoir des militan-tes et des militants dans les services, actifs toute l’année, et des adhérent.es en nombre, cela compte davantage qu’un discours idéologiquement pur mais jamais relayé.

Un enseignement à tirer

Ces résultats confirment donc la feuille de route des syndicalistes de combat : développer un outil syndical ancré dans l’interprofessionnel et sur les lieux de travail, présent toute l’année aussi bien sur les enjeux du quotidien que sur les grands enjeux de société. La crédibilité d’un syndicalisme de lutte se construit par la pratique auprès de nos collègues plus que par les dis-cours incantatoires. Et c’est bien dans les secteurs où l’implantation des syndicats combatifs est forte qu’ils réalisent leurs meilleurs scores.

Enfin, pour les communistes libertaires mais aussi pour de nombreuses et nombreux révolution-naires, la question de l’outil syndical est centrale mais doit être débattue loin des sectarismes d’appareil. Les élections passées, des débats ouverts mais sans tabous peuvent être menés dans nos structures sur la construction du meilleur outil pour mener des luttes. La question de la division syndicale y serait sûrement abordée.

Des syndicalistes et communistes libertaires

12 janvier 2019

la poste

SUD-PTT reste la 3e force à la Poste

Les élections professionnelles à la Poste se sont tenues du 3 au 6 décembre.

La CGT baisse légèrement à 24,80 % (– 1,74 point) et est talonnée par une

CFDT à 24,80 % (+ 2,25 points) qui a son bastion dans l’encadrement.

SUD baisse également à 18,84 % (– 1,33 point), talonné par

FO à 18,48 % (– 1,49 point).

Le pôle syndical de résistance (CGT-SUD) recule donc, mais reste à un niveau suffisant (43,64 %) pour organiser les luttes.

L’alliance CGC-CFTC a fait 6,68 % et

l’Unsa 4,84 %.

La CNT, qui s’est présentée en 2011 (1,65 %) et en 2014 (1,1 %) a recueilli 0,75 % des suffrages cette année.

http://alternativelibertaire.org/

[1] Même si en l’occurrence, sur PPCR, le Premier ministre Manuel Valls s’était affranchi des règles qu’il avait lui-même fixées en appliquant un accord minoritaire.

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13 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

transports (l’arène nue)

Sans titre 1

Abandon du service public ferroviaire

Et moins-disant environnemental.

La question des transports est complexe, souvent technique. Qu’est-ce qui vous a conduit à traiter un tel sujet ?

Cela s’est fait un peu par hasard, pour être tout à fait franc. A la suite de mon doctorat en science politique en 2006, j’ai travaillé au service d’élus en charge des questions de transport. Je n’avais pas de compétence ni même d’appétence particulières sur le sujet, mais j’ai fini par acquérir une bonne vision d’ensemble des problématiques du secteur, quoiqu’à un niveau assez macro. J’ai par la suite travaillé pour le compte des CHSCT de la SNCF et j’ai pu y mesurer les incidences directes des politiques élaborées au niveau européen et national sur le travail et l’emploi des cheminotes et des cheminots.

C’est ce qui m’a conduit à écrire cette chronique de la libéralisation des transports. Ce qui se passe en effet dans ce secteur n’est jamais qu’une déclinaison de ce que les politiques néolibé-rales produisent globalement sur l’État social :

Désengagement de l’État, qu’il s’agisse de ses missions régaliennes d’aménagement du terri-toire par la fermeture programmée des petites lignes ferroviaires ; du manque d’investissement dans l’entretien du réseau ferré ; mise en place progressive de la concurrence ; transformation des entreprises publiques par le biais du new public management ; démantèlement des acquis sociaux par l’abandon du statut des cheminots et, enfin, transformation des usagers en «clients» par la marchandisation du service.

De fait, l’un des aspects majeurs de cette histoire, écrite le plus souvent à l’abri du débat citoyen, est la transformation néolibérale du « service public ». Il m’a semblé important de revenir sur cette notion, dans la mesure où elle a un sens particulier en France : historiquement, le « service public à la française », comme l’ont appelé les juristes, a émergé dès la fin du 19è siècle sous l’égide des premières municipalités socialistes et, plus tard, communistes ; ceci avant les gran-des nationalisations du Front Populaire et d’après-guerre, pour se substituer au marché défail-lant mais aussi pour faire contrepoids, au moins idéologiquement, au marché et à ses logiques. C’était le sens de la création de la SNCF le 1er janvier 1938 initiée par le Front Populaire.

Désormais, le service public ferroviaire est traité au prisme de l’efficience, de l’efficacité, de la performance économique. Il n’est plus le « service d’intérêt collectif qui fonde le lien social », selon la formule du juriste Léon Duguit, mais un service soumis à la logique de marché. Cette histoire est le fruit de la construction européenne, mais aussi de la transformation de la puis-sance publique, État comme collectivités, dont le rôle tend de plus en plus à se réduire à celui d’organisateur du marché.

Elle s’est également faite par la dépolitisation du sujet en le noyant sous des enjeux techniques et financiers très complexes qui sont autant d’obstacles à l’émergence d’un débat citoyen. C’est cette évolution profonde, inscrite dans une temporalité longue, la libéralisation des transports est inscrite dans le Traité de Rome, mais accélérée avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, que j’ai tenté de mettre au jour. D’où le titre provocateur de ce livre.

Vous expliquez que la SNCF est passé du statut d’entreprise publique à celui de « multinationale de la mobilité ». Qu’est-ce que cela signifie ? Que doit cette transformation à l’Union européenne ?

La grande transformation de la SNCF directement imputable aux politiques de l’UE est son découpage par activités. C’est tout le sens de la directive 91/440 que d’avoir séparé l’exploitation du service de la gestion de l’infrastructure. Les règles de la concurrence européennes ont poussé cette logique en découpant chaque activité de l’entreprise: TGV, trains Corail, trains régionaux, trains de fret, au nom de la sacro-sainte concurrence libre et non faussée interdisant tout mouvement financier interne. En clair, les bénéfices du TGV ne peuvent plus venir compenser l’activité fret, déficitaire.

Cette logique concurrentielle a précipité la transformation de l’entreprise publique, confortée également par la mise en œuvre du new public management (nouveau management public), c’est-à-dire l’importation de la logique du privé et de sa « gouvernance par les nombres », pour reprendre la formule bien sentie d’Alain Supiot. Cette transformation de type capitalistique a été facilitée par l’action de « patrons d’État » qu’analyse Pierre Bourdieu dans La Noblesse d’État, et dont la mission a consisté ici à mettre les valeurs du service public au service de la création de valeur, c’est-à-dire la recherche du profit.

Guillaume Pepy, pour ne citer que lui, a en effet toujours pris soin de présenter les évolutions managériales de l’entreprise en évitant le langage ordinaire du discours libéral. Il est parvenu depuis son accession à la présidence de la SNCF à achever de la transformer à grande vitesse en une multinationale de la « mobilité », en diversifiant les activités de l’entreprise : au-delà du ferroviaire, la SNCF est en effet particulièrement active dans le transport urbain, les cars Macron, le covoiturage, le transport routier, la gestion de parkings, le digital et l’international. La SNCF n’y réalisait que 12% de son chiffre d’affaires en 2006 ; d’ici quelques années, cette part devrait atteindre 50 %. Et en vingt ans, le nombre des filiales de droit privé est passé de 350 à plus de 1 000, dont plusieurs font directement concurrence aux activités historiques de l’entreprise et donc aux cheminots.

Vous expliquez que « les transports en commun ont longtemps été un support de l’organisation inégalitaire de la société et évoquez un actuel « retour à la troisième classe ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Les inégalités sociales s’objectivent de mille et une façons, mais certaines sautent davantage aux yeux que d’autres. Aux premiers temps de la vapeur jusqu’à la construction de l’État social, le transport a été un moyen d’objectiver ces inégalités sociales, avec l’institution de la 3e classe, caractérisée par un confort rudimentaire et un allongement des temps de parcours. La consoli-dation de l’État social après 1945 va permettre d’introduire plus d’égalité dans l’accès aux trans-ports, notamment via la suppression de la 3e classe et celle de la 1ère classe dans le métro, avant qu’elle ne le soit progressivement supprimée dans les trains régionaux.

La libéralisation des transports, qui va faire son grand retour dès les années 1980 dans le transport aérien, nous renvoie directement aux problématiques héritées du 19è siècle. La 3e classe fait peau neuve, mais sans être jamais nommée de la sorte, les armes du marketing se sont affûtées depuis. Nommée par termes plus feutrés de « classe éco » ou encore de « low cost », elle n’en est pas moins une résurgence directe des pratiques d’autrefois.

À une différence notable près : le transport en 3e classe n’est plus désormais seulement affaire de confort ou de vitesse de déplacement : il se caractérise aussi par la dégradation simultanée de la qualité de service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés. Le cas le plus emblématique de ce phénomène est certainement la compagnie Ryanair, qui défraie régu-lièrement la chronique. Le retour de la 3e classe ne se limite plus désormais à l’aérien, il s’étend à d’autres secteurs du transport.

La SNCF engagée dans une logique concurrentielle ne pouvait en effet s’en désintéresser : c’est ainsi que sont apparus en 2013 les TGV low cost « Ouigo », qui offrent le confort d’un TER et qui desservent essentiellement les gares périphériques des grandes métropoles. Le transport libéralisé par autocar, les « cars Macron « , marque quant à lui l’allongement substantiel des temps de parcours par rapport au train. De sorte que le transport redevient à nouveau un moyen d’objectivation des différences de classe.

Que pensez-vous du processus en cours d’ouverture à la concurrence du secteur des transports ? Faut-il craindre une privatisation de la SNCF ?

Il faut déjà rappeler que les transformations néolibérales des grandes entreprises publiques (SNCF, la Poste, France Telecom, etc.) se font avec l’aval de l’État, qui organise le marché et ses logiques.

Dans le domaine des transports, on assiste du reste à une situation pour le moins ubuesque puisque l’État, via ses compagnies, en est réduit à faire exister un marché qui peinerait visible-ment à exister sans lui. Je prends l’exemple dans mon livre de la concurrence dans les trans-ports urbains, qui est vraiment frappante. Une bataille fait rage entre différents groupes publics : la RATP, via sa filiale RATP Dev, fait concurrence à Keolis, filiale de la SNCF, laquelle fait concurrence à Transdev, filiale de la Caisse des dépôts…

La conséquence « logique » de ce processus est de rendre au marché ce qui lui appartient, et donc d’organiser la privatisation de ces groupes. Les annonces récentes du gouvernement sur sa stratégie de privatisation de différents groupes publics, à l’instar d’Aéroports de Paris, de la Poste ou de la Française des Jeux, est là pour en témoigner. La transformation du groupe SNCF en société anonyme en constitue le premier jalon. Si le Gouvernement et sa majorité parlemen-taire jurent la main sur le cœur qu’il n’est pas question d’une privatisation, une simple modifica-tion législative permettrait de s’engager sur cette voie dans un futur proche.

Il n’y aurait rien de surprenant à voir cette question évoluer dans les années à venir, sauf à imaginer une autre majorité politique que celles qui se sont succédé ces dernières décennies.

Pour finir, alors que Nicolas Hulot vient de démissionner de ses fonctions de ministre de l’Écologie, que pouvez-vous nous dire des conséquences environnementales de l’actuelle politique de libéralisation des transports ?

Le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne sont pas franchement vertueuses… On peut notamment imputer directement à la libéralisation des systèmes de transport la situation quasi hégémonique du transport routier, tout particulièrement dans le secteur des marchandises. La France a du reste été pionnière en la matière, en libéralisant le secteur dès 1986. La concurrence créée va rapidement doper le moins-disant social.

Les chauffeurs routiers, qui ont alors le plus souvent le statut d’artisans, vont progressivement être les sous-traitants des grands groupes, avec tout ce que cela emporte en termes de droit du travail et d’accidentologie. L’élargissement de l’UE va provoquer un second bouleversement du secteur avec le « cabotage », cette règle qui permet aux poids-lourds de charger et de déchar-ger dans un pays tiers dans les conditions sociales du pays d’origine. C’est l’organisation à grande échelle du dumping social. Et le nouveau paquet « Mobilité », actuellement en cours de discussion, n’est pas conçu pour enrayer cette logique.

De sorte que la part du routier dans le transport de marchandises représente aujourd’hui près de 90%, alors qu’elle n’était que de 30 % au début des années 1950 et de 45 % en 1978. Le fret ferroviaire, pourtant le plus écologique, est la grande victime de cette concurrence sauvage, subissant pour sa part des contraintes financières bien supérieures au mode routier. Au passage, sa libéralisation en 2006, présentée à l’époque comme le moyen de restaurer sa compétitivité, n’a en rien permis d’enrayer son déclin.

La concurrence entre le rail et la route a été ensuite instituée dans le transport de voyageurs. Les cars Macron feront ainsi leur apparition dès 2015, permettant des trajets de ville à ville d’un même pays, là où la législation ne permettait auparavant que des liaisons internationales. Ils viennent de fait concurrencer le train. Sur la question de l’impact environnemental de cette concurrence entre la route et le rail, un bilan gagnerait à être réalisé, sachant que, selon l’ADEME, un car émet 18 fois plus de CO2 qu’un TGV et consomme presque 7 fois plus de KEP (kg équivalent pétrole).

En France, le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre n’est autre que le secteur des transports, culminant avec 30% des émissions totales, loin devant l’industrie manufacturière et les déchets ou l’agriculture. Et cette tendance n’est pas à la baisse : la part de la pollution géné-rée par les transports a crû de près de 10 points depuis 1990. Ses émissions proviennent à 95% du transport routier. Le diesel est à lui seul source de 84 % de ces rejets polluants.

J’ai été frappé de constater que ce point n’a pratiquement pas été soulevé à la suite de la démission de Nicolas Hulot, en dépit de la forte mobilisation que l’on a observée pour inciter le gouvernement à changer de cap. J’insiste sur ce point : en matière de lutte contre la pollution, rien de sérieux ne peut se faire en France si l’on ne s’attaque pas vraiment au quasi-monopole du mode routier et si l’on ne remet pas le ferroviaire au cœur des problématiques de transport.

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Entretien avec Laurent Kestel, En Marche forcée. Une chronique de la libéralisation des transports : SNCF, cars Macron et quelques autres, Paris, Éditions Raisons d’agir, 2018.

Cet entretien est paru initialement sur le blog « L’arène nue ».

On pourra également lire un extrait du livre ici. 

Laurent Kestel 12 janvier 2019

http://www.contretemps.eu/

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10 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

chômage (lutte ouvrière)

chom

Les chiffres toujours en hausse

Le dixième anniversaire de Pôle emploi, créé en 2009 à partir de la fusion de l’ANPE et de l’Assedic, souligne combien le chômage a explosé en France.

En dix ans, le nombre de travailleurs officiellement inscrits et comptabilisés par cet organisme est passé de 3,7 millions à 6,2 millions.

Ces chiffres correspondent à l’ensemble des catégories de Pôle emploi. Mais combien de travailleurs sortent des statistiques parce qu’ils baissent les bras devant la difficulté de retrouver un emploi ? Combien sont radiés ? En 2018, chaque mois, plus de 200 000 travailleurs ont renoncé à leur inscription à Pôle emploi et près de 50 000 ont été radiés. Les chiffres officiels du chômage, déjà impressionnants, sont en réalité des sous-estimations.

Beaucoup de politiciens bourgeois, de Marine Le Pen jusqu’à Mélenchon, attribuent le chômage à la concurrence des autres pays, au marché européen et aux délocalisations dans les pays où les salaires sont plus bas. Mais les capitalistes ont toujours mis en concurrence les travailleurs pour faire baisser les salaires, ils ont toujours placé leur capital là où il était censé rapporter le plus, même si c’était à l’autre bout du monde.

La raison première de cette explosion du chômage est ailleurs.

L’économie capitaliste, en France et dans le monde, est plongée dans un marasme grandissant. Les chiffres officiels parlent de croissance, mais il s’agit surtout de celle de la finance et de la spéculation. C’est là que se dirigent les capitaux. Une économie de casino domine les échanges financiers et commerciaux mondiaux.

Des dizaines de milliers de traders à travers le monde parient jour et nuit sur les actions de telle entreprise, sur tel produit financier ou telle monnaie pour qu’une infime minorité de capitalistes, dont ces traders gèrent la richesse, accroisse ses profits malgré la crise de leur propre économie.

Le chômage est un fléau pour les travailleurs. Mais il est aussi l’expression du pourrissement d’une société capitaliste, qui, aujourd’hui, n’est plus capable de développer vraiment l’économie. Pour que l’argent issu du travail de millions d’exploités serve à produire des biens utiles et à améliorer leur vie, il faut l’arracher des mains des capitalistes, c’est-à-dire les exproprier.

Pierre ROYAN 09 Janvier 2019
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08 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

amiante (france info)

amiante

Les victimes de l’amiante lancent une nouvelle action

Pour obtenir un procès pénal

L’AVA va déposer d’ici  »fin février » une citation directe collective devant le tribunal correctionnel de Paris, afin d’obtenir un procès, ont annoncé les avocats Antoine Vey et Eric Dupont-Moretti.

Vingt-trois ans après les premières plaintes, des victimes de la contamination à l’amiante lancent une nouvelle action judiciaire pour faire juger les responsables nationaux du scandale sanitaire, ont annoncé mardi 8 janvier leurs avocats Antoine Vey et Eric Dupond-Moretti. L’association des victimes de l’amiante et des autres polluants (AVA) va déposer, d’ici « fin février », une citation directe collective devant le tribunal correctionnel de Paris. Une première dans ce long feuilleton judiciaire.

L’objectif est d’obtenir d’ici « un an, un an et demi » un procès pénal pour les responsables natio-naux de cette « catastrophe sanitaire » qui fait « 3 000 victimes par an », ont indiqué les avocats lors d’une conférence de presse. Cette procédure permet de saisir directement le tribunal sans passer par une longue instruction pénale. A charge pour les plaignants de collecter et de présenter les éléments de preuve à l’audience.

« Une façon de sortir de l’impasse judiciaire »

Avec ce nouveau front judiciaire, les victimes espèrent organiser « un débat public et contradic-toire sur ces éléments (…) qui établissent selon nous un certain nombre de responsabilités péna-les ayant rendu possible le scandale de l’amiante », a expliqué Antoine Vey. « C’est une façon de sortir de l’impasse judiciaire avec des instructions qui durent depuis plus de trente ans », a-t-il ajouté.

La citation directe visera les protagonistes qui ont « anesthésié » les services de l’Etat dans les années 1980 et 1990 « pour faire reculer au maximum l’interdiction de l’amiante », selon Antoine Vey et Eric Dupond-Moretti. Cette interdiction est finalement intervenue en France en 1997, alors que le caractère cancérogène de l’amiante était connu depuis les années 1970. Les personnes visées par les avocats sont des industriels, des décideurs publics ou des scientifiques qui ont été membres du Comité permanent amiante – dissous en 1995 – décrit comme un « lobby » de l’amiante dans un rapport sénatorial de 2005. Huit d’entre eux ont été mis en examen avant de voir leurs poursuites définitivement annulées.

Pierre Pluta et Michel Parigot, présidents de l’association régionale des victimes de l’amiante Nord-Pas-de-Calais et du Comité anti-amiante Jussieu, réunis au sein de l’AVA, comptent mobi-liser de nouvelles victimes. Ils souhaitent également mettre en cause des protagonistes qui n’ont encore jamais été mis en examen. « Il est inadmissible qu’une catastrophe sanitaire qui fait entre 100 000 et 200 000 victimes à la fin ne débouche pas sur un procès pénal », a commenté Michel Parigot. Dans les mois à venir, les juges chargés d’instruire les affaires de l’amiante pourraient rendre des non-lieux dans plusieurs dossiers.

08/01/2019

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Pollution : l’amiante déchargé en pleine nature par des artisans, « une bombe à retardement »

Scandale de l’amiante : l’annulation de plusieurs mises en examen confirmée

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07 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

complémentaires (npa)

retraite

Complémentaires

Les retraitéEs victimes du gouvernement, du patronat et de complices syndicaux

L’accord sur les retraites complémentaires des salariéEs du secteur privé conclu le 30 octobre 2015 entre le MEDEF, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT est entré en vigueur ce 1er janvier.

Les effets sont immédiats : les actifEs cotisent plus, ils et elles devront travailler plus longtemps pour ne pas toucher une retraite trop misérable, et le montant des pensions diminue. Et d’autres conséquences se feront sentir si la mobilisation ne fait pas échec à la contre-réforme des retraites de base qui pourrait être votée cet été.

Anticipation

Le système des retraites de base (les retraites versées par les régimes de Sécurité sociale) est en annuités : le montant de la pension dépend principalement du montant des salaires soumis à cotisation et de la durée de la durée de la carrière. Les retraites complémentaires fonctionnent selon un système à point. Le montant de la pension dépend du nombre de points accumulés durant sa carrière et de la valeur du point attribuée chaque année par la caisse complémentaire après agrément par le gouvernement.

Le projet qui devrait être débattu au Parlement cet été a pour objectif de faire basculer le système d’annuités en un système à points, satisfaisant ainsi une vieille revendication du patronat.

La fusion entre l’AGIRC (couvrant l’ensemble des salariéEs) et l’ARRCO (spécifique aux cadres) prévue par l’accord de 2015 est effective aussi depuis le 1erjanvier. Cette disposition va égale-ment favoriser l’application du projet Macron-Medef qui prévoit un régime universel et la fusion de tous les régimes actuels.

Régressions sociales

Les signataires de l’accord affirmaient que « personne n’y perdra ». La cotisation « salariale » a augmenté de plus d’un demi-point (0,56%) au 1erjanvier, la cotisation patronale ne change pas.

La revalorisation de la valeur du point est, depuis l’accord de 2015, inférieure d’un point au taux de l’inflation et s’applique au 1ernovembre au lieu du 1eravril, tandis que les pensions des régi-mes de base augmenteront de 0,3% au 1er janvier, alors que l’inflation en 2018 serait de 1,8% selon une estimation de l’Insee.

Jusqu’en décembre 2018, les salariéEs qui bénéficiaient des droits à la retraite de base à taux plein percevaient également l’intégralité de la retraite complémentaire. Depuis cette année  il subissent une diminution de 10% de cette pension pendant trois, et au plus tard jusqu’à 67 ans. C’est un recul de fait de l’âge de départ à la retraite pour toutes celles et tous ceux qui perce-vaient des bas salaires, en majorité des femmes. Les personnes chômeuses au moment de partir en retraite sont très nombreuses, et elles n’auront pas d’autres choix que de subir ce malus.

La seule « avancée »du protocole de 2015 concerne la modification des règles concernant les pensions de réversion versées aux veufs et veuves. Cadres et non cadres pourront en bénéficier dès 55 ans sans minoration, alors qu’auparavant il n’était pas possible de percevoir avant 60 ans sans minoration cette pension versée uniquement par l’AGIRC.  Mais il est à craindre que cette disposition ait été prise dans le but de réduire ou de supprimer la pension de réversion du régi-me de base dans le cadre de sa réforme, le gouvernement restant très flou sur le sujet.

Jaunes, verts ou rouges… la défense des retraites est aussi une raison de se mobiliser !

S. Bernard  Lundi 7 janvier 2019

https://npa2009.org/

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07 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

chômeurs (npa lo)

apl macron

Contrôle des chômeurEs

Macron et Pénicaud vous souhaitent une bonne année

Le décret publié le 30 décembre 2018 annonce la couleur de la politique gouvernementale envers les privéEs d’emploi. Il n’a qu’une seule tonalité : le durcissement impitoyable des sanctions contre les chômeurEs et l’absence totale de moyens supplémentaires pour le conseil et l’accompagnement.

Sous le prétexte d’une « gradation des sanctions plus juste et plus équilibrée », c’est en fait un durcissement puisqu’alors qu’auparavant les allocations étaient « seulement » suspendues le temps de la sanction, elles sont désormais supprimées ! Et Pôle emploi devient juge et partie en prononçant la suppression des allocations, contribuant ainsi à opposer encore plus les chômeurEs et agentEs.

La durée de radiation pour absence à convocation passe de 15 jours à 1 mois.

Et en cas de 2e absence, c’est 2 mois de radiation et une suppression de 2 mois d’allocations (alors que dans le 1er cas le mois perdu était récupéré), puis 4 mois de sanction en cas d’abs-ence à une 3e convocation ! En cas de recherche jugée insuffisante  refus d’offres d’emplois, de formation, de prestation…), c’est un, deux ou quatre mois de sanction (radiation + suppression de revenu) selon la répétition du « manquement ».

Aucun lien avec le salaire antérieur

Pire. L’offre d’emploi prise en compte pour apprécier le refus se basait jusqu’à maintenant sur le salaire antérieurement perçu (en l’occurence 95% de cet ancien salaire). Le décret supprime cette notion et unE chômeurE pourra se voir proposer une offre sans lien avec ce salaire antérieur et donc sanctionné, selon les modalités décrites ci-dessus, s’il se permet de refuser…

Le gouvernement tire ainsi le bilan de l’ORE (« offre raisonnable d’emploi ») mise en place par Sarkozy, qui n’était de fait pas appliquée car répondant à des critères trop « stricts » et faisant l’objet, par ailleurs, d’une résistance passive de la part des conseillerEs Pôle emploi.

Le ministère entend en finir avec ces obstacles en individualisant la définition de l’ORE, entre chaque chômeurE et son conseiller, et en mettant les moyens avec le renforcement des équipes de contrôle (passage de 200 à 600 contrôleurs dans un 1er temps, puis à 1000 …). C’est de conseil et d’accompagnement qu’auraient besoin les chômeurEs, mais le gouvernement choisit de supprimer 800 postes de conseillerEs en 2019…

Le prétexte de la fraude

Pourtant, les chiffres même du ministère du Travail montrent que la fraude est marginale : sur les 625 000 radiations prononcées en 2016, 4% étaient dues à une « insuffisance de recherche d’emploi », 0,4% le fait d’une fraude caractérisée (par ailleurs essentiellement le fait de réseaux criminels organisés) et 0,02% liée à un second refus d’ORE…

Le problème n’est donc pas là… Alors quoi ? L’argument officiel est que le contrôle permet de « redynamiser » la recherche d’emploi. Sauf que dans les pays où ces sanctions existent, ont abouti à une pression à la baisse sur les salaires (ce que confirment les études menées en Angleterre et en Suisse).

Dans un contexte ou, selon Muriel Penicaud, les créations d’emplois repartent, le patronat a besoin de contraindre les chômeurEs à occuper ces postes, en exerçant par la même occasion une pression sur l’ensemble des salariéEs.

Si on ajoute les « négociations » en cours sur la nouvelle convention d’assurance-chômage, qui prévoit 4 milliards d’euros d’économies (contre 800 millions pour la convention actuelle), c’est un message clair envoyé par le gouvernement …

Mobilisation nécessaire 

Ce décret à été présenté le 4 décembre aux confédérations siégeant au CNEFOP (Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle). Celles-ci n’ont visiblement pas jugé utile d’appeler à la mobilisation à ce moment-là…

La mobilisation contre ce texte doit donc s’engager sans délai, le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) demande le retrait immédiat ce décret, mais pour l’instant aucune initiative n’est prévue. Contrairement aux manifestations séparées du 1er décembre, une mobilisation unitaire est indispensable !

Correspondant  Lundi 7 janvier 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Chômage : un décret contre tous les travailleurs (LO)

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