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20 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

liban (20mn l’orient-le-jour mee)

liban

Liban : Manifestations d’ampleur contre le pouvoir

Pour la troisième journée consécutive, les Libanais se sont mobilisés, le Parti des forces libanaises a annoncé sa démission du gouvernement

La mobilisation, inédite depuis le soulèvement de 2005, s’étend à différentes villes du pays

Le mouvement conspue la classe politique, accusée de corruption

La troisième journée de manifestation s’est soldée par une démission du Parti des forces libanaises. Le chef du parti chrétien, Samir Geagea, a annoncé samedi soir le départ de son mouvement du gouvernement, sur fond d’intense crise politique et sociale. (Parti de sinistre mémoire pour son rôle dans la guerre civile blog)

Une mobilisation inédite depuis 2005

Plus tôt dans la journée, des dizaines de milliers de Libanais sont descendus dans la rue contre le pouvoir. Le mouvement, inédit depuis des années, a paralysé le pays. Cette nouvelle journée de mobilisation n’était pas sans rappeler le soulèvement populaire inédit en 2005 ayant mis fin à 29 ans de tutelle syrienne sur le Liban.

Au fil des heures, les rangs des manifestants n’ont eu de cesse de grossir aussi bien dans le centre de Beyrouth qu’à Tripoli, deuxième ville du pays, mais aussi à Tyr (sud), dans le Akkar (nord) et à Baalbeck (sud). Fait aussi rare que marquant, le mouvement a gagné plusieurs fiefs du puissant mouvement chiite du Hezbollah et de son allié Amal.

« Les gens veulent la chute du régime », ont martelé les manifestants, qui défilaient en scandant « révolution, révolution », quelques-uns portant une écharpe autour du visage après que des gaz lacrymogènes eut été tirés la veille.

« Voleurs »

Le mouvement de contestation a été déclenché par l’annonce jeudi d’une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications WhatsApp et Viber, annulée dans la foulée. Les manifes-tants conspuent désormais l’ensemble des dirigeants les qualifiant de « voleurs ». A Tripoli (nord), des enseignants et étudiants ont rallié les manifestants. Hoda Sayyour, la cinquantaine, assure ne pas vouloir déserter la rue. « Ils nous exploitent et ne font rien pour améliorer les services », déplore-t-elle.

La classe politique, quasi inchangée depuis la guerre civile (1975-1990), est accusée de corrup-tion et de népotisme dans un pays aux infrastructures en déliquescence, et où, selon la Banque mondiale, plus du quart de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté.

Des tensions avec les autorités

Dans un communiqué, l’armée a appelé samedi les manifestants à « s’exprimer de manière pacifique sans porter atteinte aux biens publics et privés ».

Amnesty International a demandé aux autorités de « mettre fin immédiatement à l’usage exces-sif de la force contre des manifestants pacifiques ». Les forces de l’ordre ont lancé d’« énormes quantités de gaz lacrymogène » contre la foule, « ont poursuivi des manifestants dans les rues (…) et les ont frappés », a indiqué l’ONG dans un communiqué.

A Tyr, où le puissant chef du Parlement et chef du parti Amal, Nabih Berri, avait été accusé d’escroquerie la veille par les manifestants, des dizaines de ses partisans s’en sont pris samedi aux contestataires, selon un témoin. Dans un communiqué, Amal a dénoncé ces agressions, affirmant vouloir « ouvrir une enquête ».

Saad Hariri lance des consultations

Vendredi, écoles, universités, banques et institutions publiques avaient fermé. Les banques étaient encore fermées samedi. Après avoir lancé un ultimatum de 72 heures aux partis repré-sentés au sein de son gouvernement, qu’il accuse d’entraver ses efforts de réformes, le Premier ministre Saad Hariri a mené samedi des réunions de consultation avec des députés, des minis-tres et des économistes.

Le Liban s’est engagé en 2018 à engager des réformes en contrepartie de promesses de prêts et de dons d’un montant total de 11,6 milliards de dollars. Le Premier ministre avait insinué vendredi qu’il pourrait, lui aussi, démissionner.

20/10/19

https://www.20minutes.fr/

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Le Liban est organisé, héritage de la France, ex-puissance mandataire, non pas selon la laïcité, mais selon les communautés. Trois principales: les chrétiens majoritairement représentés par des forces issues du fascisme, les sunnites, par des partis liés à l’Arabie saoudite et les chiites, par des partis liés à l’Iran. La jeunesse refuse ce carcan qui interdit par exemple les mariages mixtes laïques.  Le clivage « droite » et « gauche » ont longtemps été remplacés par « pro palestiniens » et « pro israéliens » et « pro syriens » contre « pro saoudiens ». Le Liban vit une énorme crise écologique: eau et déchets. Il existe à gauche un petit mais actif parti communiste légal, pro Syrie de Assad.

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20 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

chili (rtbf le-monde rp)

Chili : après de violentes manifestations

La hausse du prix des transports suspendue

Cette augmentation est à l’origine, depuis vendredi, d’émeutes qui ont fait trois morts dans la capitale Santiago, où un couvre-feu a été décrété.

Devant l’ampleur des dégâts et du mouvement contestataire, le président chilien a décidé de faire marche arrière. Sebastian Pinera a annoncé, samedi 19 octobre, la suspension de la hausse des prix des tickets de métro à Santiago, qui a été la cause d’une forte contestation sociale dans la capitale depuis deux jours.« Je tiens à annoncer aujourd’hui que nous allons suspendre l’augmentation des tarifs du métro », a déclaré le président depuis le palais présidentiel de La Moneda, peu avant que le général nommé pour assurer la sécurité de la ville n’annonce un couvre-feu total à Santiago en réponse aux « excès qui se sont produits aujourd’hui ».Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont à nouveau éclaté samedi, au lendemain de l’instauration de l’« état d’urgence » dans la capitale, secouée par un mouvement de protestation contre la hausse du prix des transports. Les événements ont fait trois victimes, mortes dans l’incendie d’un supermarché qui a été saccagé dans la nuit de samedi à dimanche.

Des milliers de personnes s’étaient rassemblées pour un concert de casseroles, mode de contestation (des riches blog) apparu avant le coup d’Etat mené par le général Augusto Pinochet fin 1973, mais la manifestation a rapidement dégénéré en affrontements entre des personnes masquées et les forces spéciales. Des heurts ont notamment été signalés sur la grande place d’Italie, épicentre de la contestation, et près du siège du gouvernement, ainsi qu’à Puente Alto, dans la banlieue sud de la capitale. Des autobus ont été incendiés en centre-ville, et les autorités ont décidé dans la journée d’interrompre totalement leur circulation.

Sebastian Pinera avait décrété dans la nuit de vendredi à samedi l’« état d’urgence » pour quinze jours à Santiago et confié au général Javier Iturriaga del Campo la responsabilité d’assu-rer la sécurité. Des militaires patrouillaient ainsi samedi dans Santiago, pour la première fois depuis le retour à la démocratie, en 1990.

« Marre des abus »

Des milliers de personnes sont cependant redescendues dans les rues de la capitale et d’autres villes pour y faire résonner des casseroles. Des manifestations ont aussi eu lieu dans des grandes villes au bord du Pacifique comme Valparaiso. Dans ce port, à 120 km a l’ouest de Santiago, des dizaines de manifestants ont incendié dans la nuit le siège d’El Mercurio (journal pro Pinochet en 1973 blog), le plus vieux quotidien du pays, selon des images de télévision.

A Santiago, face aux militaires déployés sur la Place d’Italie à Santiago, des manifestants ont brandi des photos de personnes disparues sous la dictature militaire (1973-1990), qui s’est soldée par plus de 3 200 morts ou disparus.

Avec des mots d’ordre tels que « Marre des abus » ou « Le Chili s’est réveillé », diffusés sur les réseaux sociaux, le pays fait face à une des pires crises sociales depuis des décennies. Celle-ci a été déclenchée par la simple annonce d’une hausse du prix des tickets de métro, de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro). Les revendications ont ensuite rapidement débordé sur d’autres sujets, comme la santé ou l’éducation.

Le général Iturriaga del Campo a précisé que l’armée patrouillerait dans la capitale, qui compte sept millions d’habitants. Au vu de l’étendue des dégâts samedi, il y a décrété un couvre-feu total de 22 heures à 7 heures locales, sans préciser le nombre de jours pendant lesquels cette mesure s’appliquera. Etat d’urgence et couvre-feu ont ensuite été étendus à la région de Valparaiso (centre) et à la province de Concepcion (sud), ont annoncé les autorités locales.

Un pays « cocotte-minute »

Une photo du président Sebastian Pinera dégustant tranquillement une pizza dans un restaurant tandis que Santiago brûlait a accru la colère de la population, dans ce pays où un calme relatif régnait ces dernières années. Visiblement pris de court par cette crise, M. Pinera avait qualifié son pays, il y a quelques jours seulement, « d’oasis » dans la région.

« C’est triste mais ces destructions ont été la manière que la population a trouvée pour qu’on l’écoute. Le Chili était une cocotte-minute qui a explosé de la pire manière, nous laissant sans métro », a commenté à l’Agence France-Presse, Maria, une fonctionnaire.

Vendredi, au moins seize autobus ont été incendiés et une dizaine de stations de métro totalement détruites, selon les autorités.

« L’ensemble du réseau est fermé en raison des émeutes et des destructions », a annoncé le gestionnaire du métro, après des attaques contre presque l’intégralité des 164 stations.

Le métro de Santiago, le plus étendu (140 km) et le plus moderne d’Amérique du sud, par lequel transitent environ trois millions de passagers par jour, pourrait ne rouvrir progressivement que la semaine prochaine. Le bilan officiel des violences et affrontements est de 308 arrestations, et 156 policiers blessés.

20 octobre 2015

https://www.lemonde.fr/

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Chili, un soulèvement populaire après la hausse du prix des transports (RP)

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20 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

sncf (sud-rail npa)

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Droit de retrait à la SNCF : un mouvement qui fait tache d’huile (NPA)

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18 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

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17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

rennes st jacques (npa 35)

rennes st j

NON AUX CHARTERS EN BRETAGNE ET AILLEURS !

NON AUX EXPULSIONS DES SANS-PAPIERS !

RÉGULARISATION DE TOUTES LES PERSONNES SANS-PAPIERS !

PRÉFÈTE DÉMISSION !

Vendredi 4 octobre, une rafle de sans-papiers a été organisée en Bretagne par la préfète . Un boeing géorgien a décollé de Rennes avec plus de 30 personnes géorgiennes à son bord, encadrées par des policiers français et géorgiens. Elles ont été expulsées du territoire. Deux personnes ont résisté en s’ouvrant les veines. Les chaises de plusieurs lieux scolaires (école, collège, lycée) sont aujourd’hui vides.

Depuis, des manifestations ont eu lieu dans toute la Bretagne pour dénoncer cette expulsion collective. À Redon, à Vannes, à Bégard, à Rennes… L’école Contour Saint-Aubin a organisé une grande chaîne humaine. Le collège du Landry organise une opération chaise vide toute cette semaine à midi.

Samedi 12 octobre, à Rennes, une assemblée générale de rue a réuni plus de 200 personnes à l’appel du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers.

  • Quatre décisions ont été prises : créer un système de communication rapide pour essayer d’empêcher que se remplisse un nouveau charter ;
  • Organiser une manifestation régionale à l’aéroport de Rennes Saint-Jacques ;
  • Profiter de cette manifestation pour faire une nouvelle assemblée générale de rue à Saint-Jacques ;
  • Créer un « comité anti-expulsions » en Bretagne. Trois autres charters sont annoncés dans les semaines à venir. Nous devons empêcher l’État d’organiser ces expulsions collectives qui sont inhumaines, violentes et illégales.

MANIFESTATION À L’AÉROPORT Rennes Saint-Jacques
Samedi 19 octobre 15h

Le Comité anti-expulsions de Bretagne appelle à une grande : MANIFESTATION À L’AÉROPORT Rennes – Saint-Jacques Samedi 19 octobre, à 15h RV devant l’Aire libre (bus n°57, arrêt Aire libre)

La manifestation partira de Saint-Jacques et se dirigera à l’aéroport. Elle n’empêchera pas les voyageurs de prendre leur avion. Elle se terminera par une grande assemblée générale devant l’aéroport.

L’assemblée générale commencera par donner des informations sur ce qui s’est passé à Rennes depuis plusieurs semaines. Puis la discussion s’engagera pour inventer des actions permettant de décourager l’État français d’organiser de nouveaux charters et d’expulser les sans-papiers.

Le Comité Anti-Expulsions de Bretagne

Source NPA 35 

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17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

5 décembre

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17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

retraites (bastamag)

aguela

Madrid mercredi: grand-parents en lutte pour leurs droits

Avec la réforme, les retraites de demain ne seront pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie

Basta !  : Cette réforme, et le passage à un système à points, sera-t-elle plus égalitaire que le système actuel, comme l’assure le gouvernement ?

Michaël Zemmour [1] : Cette réforme veut limiter les dépenses de retraite, c’est-à-dire concrètement faire baisser les pensions des retraités par rapport au niveau de vie des actifs. C’est une trajectoire qui est déjà en partie programmée par les réformes précédentes. La nouveauté de la réforme, avec l’introduction d’un système à points, c’est de rendre cette trajectoire automatique, et moins facilement réversible. Son principe est de définir un taux de cotisation fixe, qui ne bougera pas. C’est donc le niveau des pensions qui s’ajustera, de manière à ce que ce taux de cotisations permette de les payer.

Le rapport de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites [2] propose un taux de cotisation limité à 28% du salaire brut. C’est à peu près le taux actuel, mais comme on sait que la durée de vie va s’allonger, bloquer ce taux va avoir pour conséquence de faire baisser les pensions. L’idée principale du système à points, c’est qu’on gèle le niveau des ressources, et comme les retraites vont durer plus longtemps, puisque la durée de vie s’allonge, les pensions vont baisser. On pousse ainsi les gens à partir plus tard, et avec une pension plus faible.

La grande question qui est devant nous est celle du niveau de pension, ainsi que celle de l’âge de départ en retraite. Là où le débat est biaisé aujourd’hui, c’est que le gouvernement dit : « Nous sommes prêts à discuter de tout, mais avec les mêmes moyens. » Autrement dit l’alter-native ne se joue qu’entre perdre plus de pension, ou partir plus tard.

Ce que cela dessine, d’ici une vingtaine ou une trentaine d’années, ce sont des retraites qui n’auront plus le même rôle qu’aujourd’hui. Les pensions retraites existeront toujours – il est inexact de dire qu’on n’aura plus de retraites. Mais ces retraites qui ne seront pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie. Elles ne constitueront qu’un premier étage. Celles et ceux qui n’auront que cela seront vraiment appauvris. D’autres, qui seront plus aisés, iront compléter par de la capitalisation.

Le système de décote/surcote est aussi profondément inégalitaire, car le fait de pourvoir travailler plus longtemps dépend du métier exercé.

Aujourd’hui, on discute beaucoup de savoir s’il faut calculer la retraite en fonction de l’âge ou en fonction des durées de travail. Le cœur de cette discussion, c’est que les systèmes de retraites, tels qu’ils sont présentés par le gouvernement, font que si vous n’atteignez pas l’objectif qu’on vous fixe, on vous pénalise lourdement.

Le système voulu par Delevoye prévoit que vous accumuliez des points, mais si vous n’atteignez pas soit l’âge pivot, soit la durée de référence, la valeur de vos points est diminuée. C’est une sorte de double peine. D’abord vous avez travaillé moins longtemps donc vous avez moins de points, par exemple si vous avez une carrière à trous. En plus, si vous partez à 62 ans, vos points valent moins cher.

Au cœur de ce principe, il y a une philosophie basée sur l’incitation : les dispositifs sont là pour inciter les gens à avoir des comportements considérés comme vertueux. Ce principe ignore la plupart des gens ne sont pas maîtres de leurs décisions de travailler ou pas.

Ces décisions ne sont pas prises dans un contexte de pure liberté ! Ce n’est pas un menu au restaurant. Il y a des difficultés professionnelles, il y a un contexte de santé, il y a du chômage. Donc, si on vous pénalise pour une décision que vous n’avez pas prise, ou si vous êtes déjà en mauvaise santé et que vous ne pouvez pas continuer à travailler, c’est un faux choix, et une vraie pénalisation.

Vous pointez le fait qu’il est faux que les gens travaillent dans l’ensemble plus longtemps. Les gens prennent leur retraite plus tard, mais selon vous c’est plutôt le temps entre la fin du travail et le début de la retraite qui augmenterait.

Il y a des personnes qui travaillent plus longtemps, à peu près deux ans de plus par rapport à il y a dix ans. C’est le fait des réformes précédentes, et aussi de la chasse aux pré-retraites. Dans le même temps, plus de la moitié des salariés français ne travaillent pas jusqu’à la retraite.

Lorsqu’ils liquident leur retraite, aux alentours de 63 ans, ils ne sont déjà plus en emploi depuis un, deux ou trois ans. Ils peuvent être au chômage – le chômage de longue durée des seniors est important. C’est le chômage qui a tendance à remplacer les pré-retraites, mais de manière moins favorable. Ils peuvent être aussi en invalidité, en arrêt longue maladie, ou aux minimas sociaux. Une période sans emploi ni retraite est en train de se créer, et a tendance à s’allonger avec les réformes.

C’est une illusion de poser les débats comme si, en décidant d’un âge de départ à la retraite, on résolvait le problème de l’emploi des seniors. Ce problème est toujours là, à la fois parce que les entreprises ne sont pas très demandeuses de garder les seniors très longtemps, que les condi-tions de santé dans un grand nombre d’emplois ne permettent pas de travailler plus longtemps, et aussi parce que les personnes ne souhaitent pas travailler plus longtemps.

C’est en lien avec les conditions de travail. Il y a un fossé qui se creuse entre le moment où l’on s’arrête – la moitié des gens s’arrêtent aujourd’hui avant 60 ans –, l’âge légal (62 ans actuelle-ment), et l’âge moyen auquel on touche enfin sa retraite, qui est plutôt de 63 ans pour l’instant.

D’un côté, le gouvernement communique sur des détails très techniques, de l’autre, les économistes, les partenaires sociaux, les citoyens, n’ont pas accès aux données sur lesquelles se base le gouvernement pour calculer les effets de la réforme. Qu’en pensez-vous ?

Nous n’avons pas accès aux données ni au résultats des études. C’est particulièrement archaïque, d’autant plus que le gouvernement communique sur des détails très techniques et qu’il veut absolument parler de cela. Il ne communique pas les simulations sur lesquelles il s’appuie. Le gouvernement assure que notre système sera meilleur que l’ancien, mais nous n’avons pas accès aux données pour le savoir ! Ce qui est clair, c’est qu’on va donner aux cadres supérieurs, aux salariés les plus riches, un bon de sortie du système. Ils pourront sortir du système de base pour la partie de leur salaire qui dépasse 10 000 euros par mois.

Les petites retraites, nous dit-on, seraient de l’autre côté un peu revalorisées. L’éventail des retraites distribuées, sans les plus riches, paraîtra donc plus égalitaire. Mais c’est une loupe déformante. Car les personnes qui en ont les moyens et qui vont voir les retraites de base baisser vont les compléter par la capitalisation. Et la capitalisation accroît nettement les inégalités. Les comparaisons internationales le montrent. Notre système actuel est loin d’être parfait, il contient des formes d’inégalités importantes. Mais en préparant un système où la retraite publique ne sera qu’un premier étage, peut-être que les inégalités seront encore plus fortes entre les retraités.

L’unification des différents régimes aura-t-elle aussi pour effet un nivellement pas le bas ?

Pour y voir plus clair, il faudrait avoir des chiffres. Pour le régime de la fonction publique, il est reconnu publiquement que son intégration au régime général va coûter très cher en droits à la retraite, au moins pour la partie des fonctionnaires qui sont peu payés en prime.

Une autre question dont on parle peu dans cette réforme, est celle de la prise en compte de la pénibilité…

Plusieurs dispositifs de prise en compte de la pénibilité ont été mis en place dans les années 2000 puis ont été dégradés. Aujourd’hui, ce n’est pas mis en avant. Et comme on présente chacun comme le gestionnaire de son compte de points, on ne rend pas compte du fait qu’il y a des métiers qui ont des effets tels sur la santé qu’on ne peut pas les exercer indéfiniment.

C’est quelque chose qui doit se penser pour la retraite, mais aussi se penser au travail, il faut mener de front les deux. Une partie des éléments des régimes spéciaux de retraites reposent sur cette idée de prendre en compte les risques spécifiques. S’il y avait quelque chose à faire pour s’inspirer des régimes spéciaux, ce serait effectivement de reconnaître qu’il y a des professions qui, en tant que telles, méritent un traitement spécifique. (Résumé)

La réforme des retraites voulu par Emmanuel Macron fait basculer le système par répartition vers un système individualisé, à points. Chacun vivra dans l’illusion qu’il reste maître du niveau de sa future pension, mais exercer un métier pénible ou précaire, connaître des périodes de chômage, se retrouver en invalidité sont autant de facteur qui feront baisser les points accumulés. Entretien avec l’économiste Michaël Zemmour.

Propos recueillis par Rachel Knaebel 17 octobre 2019

https://www.bastamag.net/

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17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

pic rennes (lutte ouvrière)

re,nnes

https://journal.lutte-ouvriere.org/

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16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

décrochage scolaire ( actu bzh)

decrochage

3 % des Bretons de 16 à 25 ans sont en décrochage scolaire

Majoritairement issus de la filière professionnelle.

D’octobre 2018 à août 2019, 7 254 jeunes Bretons de 16 à 25 ans ont été identifiés comme potentiellement en décrochage scolaire en Bretagne. Au bout de cette enquête inédite menée par la Région Bretagne, ils sont 2 793 décrocheurs scolaires, soit 3 % de la population de 16 à 25 ans scolarisée dans le secondaire. Leur âge moyen est de 18 ans ; 39 % sont des femmes ; 61 % des décrocheurs scolaires sont issus de la filière professionnelle. Explications.

1 819 jeunes Bretons dans une situation inconnue

La Région Bretagne vient de publier une enquête inédite : 3 % des Bretons de 16 à 25 ans sont en décrochage scolaire, soit 2 793 jeunes. Georgette Bréard, vice-présidente au Conseil régional, en charge de la formation, de l’apprentissage, de l’orientation et de l’emploi, définit précisément le décrochage scolaire.

Les décrocheurs sont des jeunes de 16 à 25 ans qui ne suivent pas de formation et qui n’ont pas d’emploi, qu’ils possèdent ou non un premier diplôme ou une certification. Ils sont issus du second degré et ont quitté leur formation en cours d’année.

D’octobre 2018 à août 2019, 7 254 jeunes ont été identifiés comme potentiellement en décro-chage scolaire en Bretagne dans une étude menée par le GREF Bretagne (Groupement relation-emploi-formation). Au final, 2 793 sont en décrochage scolaire (39 %) ; 2 642 jeunes sont retournés en formation initiale ; 1 819 jeunes sont dans une situation inconnue.

Pour 25 % des décrocheurs identifiés, on ne connaît pas leur situation. Ils ne répondent pas à nos sollicitations, à nos appels. Peut-être ont-ils quitté la région ? Peut-être sont-ils sans aucune solution ? Il faut qu’on continue à creuser de ce côté-là.

Parmi les 2 793 décrocheurs identifiés, 39 % sont des femmes ; leur moyenne d’âge est d’envi-ron 18 ans. 61 % des décrocheurs et décrocheuses sont issus de la filière professionnelle ; le plus souvent, ils ont quitté leur formation durant l’année de terminale en bac pro. Les garçons décrochent plus tôt, vers 16 ans ; les femmes décrochent plutôt après 19 ans.

Difficultés sociales, problèmes de santé, différences territoriales…

Les raisons du décrochage scolaire sont diverses et dépendent d’un ou plusieurs facteurs. Cela va de l’erreur d’orientation aux problèmes de santé, comme le détaille Georgette Bréard. Les raisons sont multifactorielles. Cela peut-être des fragilités socio-économiques, des problèmes sociaux dans les familles, ou bien la formation ne correspond pas aux attentes du jeune.

Mais on oublie souvent les problèmes de santé et psychologiques : les jeunes sont empêchés par des raisons extra-scolaires indépendants de leur volonté. Pour une jeune femme, par exem-ple, ça peut-être une grossesse, nous avons eu ce cas. Mais le décrochage n’est pas toujours négatif : on peut quitter une formation où on ne se sent pas bien pour se réorienter ou travailler.

Il y a aussi les différences entre chaque territoire breton. « Il y a l’opposition classique entre l’urbain et le rural, par exemple. La situation des décrocheurs scolaires est très différente selon où il se trouve, mais nous n’avons pas de zone rouge en Bretagne » détaille Magalie Bibard, directrice du GREF Bretagne.

En-dessous de la moyenne nationale

Cette enquête régionale sur le décrochage scolaire étant inédite (les régions n’en ont eu la compétence qu’en 2015), l’Observatoire du décrochage en Bretagne s’appuie sur les précédents chiffres des sorties des jeunes sans diplôme. À savoir, 6,9 % des Bretons de 16 à 25 ans sortent sans diplôme ; contre 10 % au niveau national.

On est largement en-dessous de la moyenne nationale. Il y a un contexte favorable en Bretagne: la région a un taux de scolarité élevé, tout comme le taux de réussite (diplômes). Cela fait des décennies que c’est comme ça. Les parents bretons sont plus diplômés que le reste de la France, les écarts entre revenus faibles et très élevés sont moins grands en Bretagne. Et nous bénéficions d’un bon maillage du territoire, un maillage à la bretonne, entre villes moyennes et grandes et forte présence des deux réseaux d’enseignement (public et privé).

Après avoir identifié les problématiques du décrochage scolaire, l’un des objectifs, en plus du suivi et de futures études, est « la mise en place de bonnes pratiques pour accompagner les jeunes en décrochage scolaire ». Que ce soit dans les établissements scolaires, les CFA, les centres sociaux, les Missions locales, avec les bailleurs sociaux, etc…

Avec 94,2 % de réussite au bac général, 88,1 % au bac professionnel et 88,6% au CAP en 2018, la Bretagne figue parmi les trois meilleures académies de France en termes de réussite aux examens.

16 Oct 2019

https://actu.fr/bretagne/

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Décrochage scolaire : 100.000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans diplôme

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15 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

convergence (bastamag rp)

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Les pompiers et le mouvement des hôpitaux convergent face à la dégradation du service public

Les pompiers battront le pavé parisien ce mardi 15 octobre, aux côtés de leurs collègues des hôpitaux dont le mouvement continue de s’étendre. Au cœur de leurs inquiétudes : la qualité dégradée de la prise en charge des patients, liée à leurs conditions de travail de plus en plus pénibles.

Les pompiers et personnels des urgences, rejoints par d’autres secteurs hospitaliers, manifes-tent ensemble ce mardi 15 octobre dans les rues de Paris. Ils sont habitués à se côtoyer : « On se voit au travail, à hôpital, tous les jours », raconte Matthieu, pompier à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), et membre du syndicat autonome de la fonction publique (SAFP). Avec ses collègues, il a vu augmenter le nombre de brancards installés dans les couloirs, et les cernes se creuser sous les yeux des soignants.

« Le confort des victimes et la santé des patients passent par le bien-être au travail des agents, poursuit Matthieu. Or, les conditions d’exercice ne cessent de se dégrader. Nos collègues soignants sont de plus en plus nombreux à être en burn-out. » La qualité d’accueil est d’autant plus importante que nombre de gens qui arrivent aux urgences sont sérieusement amochés. Notamment celles et ceux qui sont amenés par les pompiers.

« On laisse là des gens en pleurs, sans pouvoir les aider. C’est très dur »

« Les gens qui ont eu un accident de voiture sont souvent très angoissés, décrit Laure, infirmière et membre du collectif Inter-urgences au sein de l’hôpital local. Mais bien souvent on est obligés d’arrêter les discussions qui leur font tant de bien, parce qu’on n’a pas le temps.

On laisse là des gens en pleurs, sans pouvoir les aider. C’est très dur. » « A Saint-Malo, 41 000 personnes passent aux urgences tous les ans, alors que le service est dimensionné pour en accueillir 20 000, précise Katell, infirmière. À Partir de 21h, il n’y a plus de secrétaire d’admission. Ce sont les infirmières qui doivent tout faire, et nous ne sommes jamais assez nombreux pour assurer les soins. Les gens passent des heures et des heures à attendre, c’est intolérable. Les pompiers sont évidemment impactés par cette très mauvaise organisation. »

« Les temps d’attente ne cessent de s’allonger, même pour nous lorsque nous amenons des patients, alors que nous sommes censés être prioritaires, se désole Matthieu. Nous ne voulons pas laisser des personnes âgées que nous avons ramassées par terre chez elles sur des brancards, dans un couloir, à l’hôpital. »

« Ce n’est pas sécurisant pour les patients, et pour nous non plus, reprend Laure. Nous ne pouvons pas gérer tout le monde. Dans les couloirs, les gens n’ont pas de sonnettes pour nous prévenir. Nous avons des anciens qui ont des soucis de démence et qui se lèvent, se déshabillent parfois, et errent entre les brancards. C’est affreux d’accueillir les gens dans de telles conditions. »

Faudra-t-il grimper à l’échelle de 35 mètres jusqu’à 60 ans, voire plus ?

« Le malaise des établissements hospitaliers nous touche bien évidemment, constate Hervé, pompier depuis plus de 30 ans, et syndiqué à la CGT. Ils sont en train de les démanteler, de les privatiser pour les donner en pâture à des gens qui vont faire de la spéculation. Comme ils ont fait avec la SNCF. »

En plus de dénoncer une dégradation de toute la chaîne de secours, les pompiers tiennent à alerter l’opinion sur deux points qui les concerne plus particulièrement, en premier lieu les mena-ces qui planent sur leur retraite. Bénéficiant d’un régime spécial, dû aux risques inhérents à leur métier, les pompiers ont le droit de partir dès 57 ans à la retraite, moyennant une sur-cotisation, et sous réserve d’avoir travaillé 42 ans. Ce dispositif pourrait prendre fin avec la nouvelle réforme des retraites.

« On commence à nous dire qu’il va falloir continuer à monter à l’échelle de 35 mètres, même passés 60 ans… Ça va être compliqué !, souligne Hervé. Sur le terrain, tant qu’on est suffisam-ment nombreux, on s’organise pour que ce soit les plus jeunes qui y aillent, mais comment fera-t-on demain ? »

Les pompiers demandent également une revalorisation de leur prime de feu, qu’ils aimeraient voir convertie en prime de risque. Leur récente participation à l’extinction de l’incendie de Lubrizol à Rouen, dans des conditions très difficiles, a clairement souligné les dangers auxquels ils peuvent être exposés.

« On intervient aussi de plus en plus souvent sur des scènes d’attentats », ajoute Hervé. D’autres évoquent les agressions qu’ils subissent, en augmentation. « Il s’agit de remettre l’humain au cœur des préoccupations des politiques, affirme Katell, du collectif Inter-urgences. Il faut nous rassembler pour lutter : pompiers, retraités, usagers, soignants des différents services … tous ensemble, nous serons plus forts. »

Nolwenn Weiler  15 octobre 2019

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