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06 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

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Brest : opération anti-OGM des faucheurs volontaires au port

Les Faucheurs volontaires ont bloqué les entrées de l’entreprise Bunge dans le port de commerce de Brest. Dès 6h45, ce vendredi 6 décembre, environ 70 Faucheurs volontaires ont bloqué les accès de l’entreprise Bunge, au port de commerce à Brest. Ils s’opposent aux importations de soja OGM. Les policiers ont évacué les manifestants vers 9h45.

Les manifestants ont été délogés dans le calme par la police nationale, sans opposer de résistance. Ils ont même remis la liste de tous les participants aux forces de l’ordre. Un de leur objectif est que leur action soit suivie d’une procédure judiciaire afin d’accentuer l’écho médiatique.

L’importation de soja OGM visé

Depuis 6h45, 70 manifestants bloquaient une des entrées de la société Bunge, un des poids lourd européen du négoce international de l’agro-alimentaire. Une société importatrice d’oléagineux. Vers 9 h, les camions bloqués commençaient à emprunter la seconde entrée.

Les Faucheurs volontaires dénoncent l’importation de soja OGM (Organisme Génétiquement Modifié).

Ils réclament « l’arrêt des importations d’OGM en France », « une transparence des politiques d’orientation agricole du conseil régional » et « une réelle modification du système agricole avec comme première mesure l’arrêt des subventions à la construction ou l’agrandissement des élevages industriels ».

Thierry Peigné 06/12/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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POURQUOI LES FAUCHEURS VOLONTAIRES BLOQUENT

LE PORT DE COMMERCE DE BREST ET L’ACTIVITÉ DE LA SOCIÉTÉ BUNGE
AU PORT DE COMMERCE BREST, gérée par la Chambre de Commerce et d’Industrie bretonne qui appartient au conseil régional, les principales marchandises importées sont les hydrocarbures et aliments pour bétail.

La principale marchandise exportée : le poulet congelé !LA SOCIÉTÉ BUNGE, leader européen dans le négoce international de l’agro-alimentaire, et pour partie l’import et l’export d’oléagineux, est installée depuis 2016 sur le port de Brest. Elle y stocke et distribue donc une part des 4,5 millions de tonnes de soja OGM-PESTICIDES arrivant chaque année d’Amérique du Nord et du Sud en France.

NOUS DÉNONÇONS :

- Les importations de soja et donc les monocultures OGM-pesticides en Amérique. Sur ce continent, elles génèrent l’accaparement des terres par les firmes de l’agro-business, l’élimination des paysans, la destruction des ressources (eau, sol, biodiversité) et en définitive une crise sanitaire et sociale pour les populations persistant à vivre dans ces zones de
monocultures

- La filière d’élevage industriel mortifère en France et en particulier en Bretagne (dont le poulet congelé destiné à l’export) que ce soja approvisionne. Dans notre région, cette agro-industrie est synonyme de pollutions des ressources, destruction de l’agriculture paysanne, et d’emplois peu rémunérés effectuées dans des conditions néfastes (travail de nuit, non-respect de la santé des travailleurs)

- L’acharnement des différents acteurs économiques et du syndicat majoritaire, la FNSEA, à persister dans cette impasse socio-économique qu’est le marché de l’ « alimentation des masses », avec ses filières export énergivores et destructrices des économies locales bien
plus « sociales et solidaires »

- L’asservissement des politiques qui font le choix de continuer à subventionner l’agro-industrie avec de l’argent public.

NOUS DEMANDONS DONC AUJOURD’HUI

- A rencontrer Olivier ALLAIN, vice-président du conseil régional à l’agriculture et Hervé VASSEUR, président de Nutrinoë, fédération des producteurs d’aliments pour bétail du grand ouest (et donc clients de l’entreprise Bunge). S’ils ne prennent pas de dispositions en cohérence avec l’urgence de la situation que nous dénonçons, ils doivent en assumer la responsabilité
d’élus et de décideurs économiques devant la société civile.

ET « DEMAIN » :

- L’arrêt des importations d’OGM en France et en particulier ceux qui y sont  interdits à la culture en France car ce que nous jugeons dangereux pour notre société nationale l’est également pour l’ensemble de l’humanité.

- Une transparence des politiques d’orientation agricole du conseil régional : ces choix concernent tous les habitants de la région, qu’ils soient agriculteurs ou non, car ils déterminent la qualité de vie de tous.

- Une cohérence du budget régional en accord avec une réelle transition (agro-)écologique. Nous demandons donc que soit rendu publique de manière régulière le budget actualisé aux différentes filières agricoles.

- Une réelle modification du système agricole avec comme première mesure l’arrêt des subventions à la construction ou l’agrandissement des élevages industriels. L’argent ainsi économisé doit être à disposition d’une agriculture respectueuse des travailheur-euses,et de tout les êtres vivants sur cette belle planète

NOUS CONTINUERONS

Nos actions déterminées qui sont un des ultimes remparts à la voracité mortifère des multinationales de l’agro-alimentaire et de leurs valets politiciens locaux et Européens. La désobéissance civique permettra, nous l’espérons, de fendre le silence complice des personnes qui ont trop à perdre pour défendre le bien commun. Le monde a ce qu’il faut pour les besoins de tous mais pas assez pour l’avidité de quelques-uns !

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06 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

saint malo

malo

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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

chlordécone (grs lo)

clordecone

Chlordécone, pesticide assassin : 

« Un crime d’État, un crime colonial »

La chronique d’un empoisonnement annoncé

Le chlordécone est un pesticide utilisé massivement dans les Antilles françaises durant une trentaine d’années à partir des années 1970, en particulier contre le doryphore de la pomme de terre et le charançon du bananier. Entretien avec Philippe Pierre-Charles, membre du Groupe révolution socialiste (GRS) en Martinique, à propos d’un scandale sanitaire toujours en cours.

Christine Poupin- Depuis quand la question du chlordécone est-elle posée ?

Philippe Pierre-Charles - On peut situer le début dans les années 1970 avec une mobilisation des ouvriers agricoles contre l’utilisation de pesticides sans protection, alors qu’ils étaient contenus dans des sacs avec un picto de tête de mort et des inscriptions en anglais.

Aux États-Unis le chlordécone était signalé comme un organochloré, dangereux. L’OMS a classé la molécule comme « cancérigène probable ». Le nom du produit change alors, mais il s’agit de la même molécule. En 1975, un accident aux États-Unis dans une usine de production de chlordécone provoque maladies et dégâts dans une rivière. Le chlordécone y est interdit à la production, à la commercialisation et à l’utilisation.

Pourtant l’utilisation va continuer ?

Oui, il n’y a alors pas d’alerte en France. C’est difficile à comprendre. Alors qu’il n’y a plus de production aux États-Unis, une famille béké obtient l’autorisation de produire le pesticide au Brésil. Il sera interdit en France en 1990. Mais le milieu béké demande une dérogation, relayée par un parlementaire, et l’obtient pour les colonies. Ça provoque un scandale. La dérogation prend fin en 1993, mais sans doute l’utilisation continue. En 2002 éclate un scandale avec la découverte d’un container de patates chlordéconées.

Qu’en est-il des protestations ?

Au cours des années 1970-1980, elles sont limitées à un mouvement comme l’ASSAUPAMA (Association de sauvegarde du patrimoine martiniquais). Elle prend une nouvelle dimension en 2005 à l’initiative de la CDMT [Centrale Démocratique Martiniquaise du Travail] qui propose un Forum social contre le chlordécone et les pesticides en préparation du Forum social caribéen de 2006. Il regroupe, outre les syndicalistes, des écologistes et des agriculteurs.

Il y a ensuite la sortie du livre de Raphael Confiant et Louis Boutrin (aujourd’hui élu à la Collectivité Territoriale de Martinique, CTM), Chronique d’un empoisonnement annoncé, le scandale du chlordécone aux Antilles françaises (1972-2002), et aussi une mission parlementaire menée par Edmond Mariette.

L’État met alors en place un « Plan chlordécone » (on en est aujourd’hui au quatrième). Même après l’interdiction, il reste des stocks de produit. Il sera distribué comme subvention en nature à des petits agriculteurs ou donné à des ouvriers agricoles pour leurs propres cultures !

Plus récemment, les normes sont modifiées dans des conditions troubles. Normalement elles sont fixées à l’échelle européenne, mais là c’est la France qui fixe les limites maximales de résidus (LMR) et qui les fait varier ! Elles augmentent brusquement pour la viande bovine et pour les volailles. Cela provoque une vive émotion. Le responsable CDMT de l’ARS qui avait témoigné à visage couvert lors d’une émission subit des pressions et des menaces.

Une conférence de presse de la CDMT lance la proposition d’un nouveau Forum social « Santé, environnement sans dérogation » pour avril 2018. Une manifestation réunit plusieurs centaines de personnes le 24 mars, anniversaire de l’assassinat de trois ouvriers agricoles en 1961.

Trois soirées du Forum social se sont tenues avec des syndicats ouvriers (CDMT, CGTM et CSTM), une organisation d’agriculteurs (l’OPAM), des marins-pêcheurs victimes de la pollution de l’eau et de l’interdiction de la pêche, des médecins, l’ASSAUPAMA, deux organisation de femmes (l’UFM et Mémoire-Égalité)…

Une nouvelle manifestation début avril sera suivie d’une entrevue avec le représentant du préfet sur la base d’une plateforme de 52 revendications. Le collectif « Lyannaj pou dépolyé Matinik », qui regroupe les différentes composantes du Forum social et des organisations politiques (le GRS et en théorie Peyi-A), est créé.

Douze réunions publiques se tiennent entre septembre 2018 et juin 2019 dans des communes avec plus ou moins de soutien des mairies. En juin 2019 il y a une nouvelle manifestation ; en septembre une nouvelle réunion a lieu en présence du préfet et des différents services de l’État (ARS, DASS, DDE, Direccte….) pour poser les questions précises contenues dans les 52 revendications. Une commission parlementaire est constituée. Lyannaj est reçu. Le sujet est remis sur le devant de la scène sociale et politique avec un écho médiatique.

Quelles sont les perspectives ?

Aujourd’hui il s’agit de passer de la mobilisation des militantEs à celle des concernéEs, qu’ils soient agriculteurs sans terre ou victimes… D’autant que l’État a dû opérer un bougé. Macron reconnaît que l’État doit « prendre sa part de responsabilité » mais il affirme aussi qu’il « ne faut pas dire que c’est cancérigène » !

Les services de l’État ont été obligés de rectifier sans le contredire… Ça devient : « Il ne faut pas se contenter de dire c’est cancérigène, il faut agir ». Les ministres interrogés reconnaissent des responsabilités et la nécessité de réparations, ce qui ouvre des possibilités.

Quelles sont les demandes de Lyannaj ?

Les chiffres des surfaces polluées sont peu fiables, on a des extrapolations à partir des planta-tions de bananes. Nous demandons une cartographie réelle pour éviter la sous-estimation et aussi la stigmatisation. Actuellement il y a trois prélèvements par hectare, ce qui est très insuffi-sant. Nous demandons de multiplier les analyses de sol, elles doivent être obligatoires et gratuit-es afin d’en avoir un nombre suffisant à une bonne estimation.

La durée de vie dans le sol du chlordécone est de plusieurs centaines d’années. Il existerait une molécule permettant de décomposer le chlordécone mais il faut encore faire des tests sur les résultats obtenus et il manque des moyens pour cette recherche.

Il y a un débat sur ce qui est contaminé. La pêche en eau douce est interdite. La pollution serait en profondeur, seules les racines seraient concernées donc ni les tomates ni les fruits. Une étude montrerait que les fruits sont en dessous des LMR, mais les informations sont contradic-toires. Nous demandons une étude indépendante.

Pour la santé des personnes, nous demandons une étude épidémiologique sur les trente dernières années, qui ne doit pas être ciblée sur le chlordécone, mais intégrer toutes les causes environnementales. Il existerait des protocoles de détoxication avec des produits naturels et à bas coût, nous en demandons la validation scientifique.

Renoncer aux pesticides implique une autre organisation de la Martinique. Par exemple, la question des terres en friche. Celles-ci doivent, logiquement, ne pas être chlordéconées. Leur mise à disposition de paysans sans terre permettrait une autre agriculture et une réponse sociale…

La lutte est ancienne, mais l’élément nouveau est la pluralité du mouvement social qui permet d’envisager une alternative systémique : c’est tout l’enjeu de la structure unitaire. Le GRS met en avant la nécessité d’une liaison entre la Martinique et la Guadeloupe. Par exemple sur la question des cancers, en particulier de la prostate, on constate une prévalence plus élevée et une accélération… mais l’étude a été stoppée en Guadeloupe.

Nous faisons aussi le lien avec le mouvement de lutte contre les pesticides sur une orientation « zéro pesticide ». Nous sommes en contact avec les militants de Triskalia en Bretagne qui ont obtenu la condamnation pour faute ­inexcusable de l’employeur.

Un mot de conclusion ?

C’est une crise du système agricole, sanitaire, écologique ; une crise du système économique et social colonial dans lequel les békés produisent pour le profit avec la complicité de l’État. C’est un crime d’État, un crime colonial. Il faut contester ce modèle et mettre en avant un autre modèle de production, de consommation et d’alimentation, un autre modèle de relation entre les citoyens et l’État.

PIERRE-CHARLES Philippe

Propos recueillis par Christine Poupin Lundi 2 décembre 2019

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

bhopal (rebellyon npa)

bhopal

Catastrophe de Bhopal

Depuis le 2 décembre 1984, des décennies de laisser-aller criminel

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 une cuve de produits chimiques explose dans une usine de pesticides à Bhopal, 800 000 habitants, capitale du Madhya Pradesh, au centre de l’Inde.

Cela fait suite à des déficiences récurrentes du système de sécurité, connues mais occultées pour raison d’économie. Ce sont 42 tonnes de gaz mortels qui s’échappent, asphyxiant en premier lieu le bidonville de Khasi Camp où les populations les plus pauvres sont agglutinées, et provoquent la mort de 3 800 personnes le 3 décembre, puis de 8 000 la première semaine, et de 25 000 personnes un peu plus tard dans d’atroces souffrances.

Mais il y a aussi de très nombreux blessés, malades et plus de 200 000 personnes qui sont maintenant gravement handicapées à vie et autant de personnes qui sont nées par la suite avec des malformations importantes.

L’entreprise américaine Union Carbide s’est volatilisée administrativement, puis a été rachetée par la multinationale Dow Chemical qui refuse de dépolluer le site et d’indemniser les victimes comme il se doit. Trente ans après, rien a changé. Un grand nombre d’enfants naissent encore aujourd’hui mal-formés suite à la consommation de l’eau des nappes phréatiques toujours contaminées…

Au sujet du nombre de morts et de blessés à vie, la catastrophe de Bhopal c’est Chernobyl + Fukushima réunies. Trente ans après, les habitants de notre planète ne font rien pour la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire humaine…

La tragédie continue toujours…

Cette nuit-là, de l’eau s’infiltre dans la cuve n°610. La réaction chimique est instantanée : la température atteint 200°C ce qui fait monter en pression la cuve jusqu’à ce qu’elle explose. L’entreprise états-unienne Union Carbide, qui possédait l’usine, s’est volatilisée physiquement et financièrement après l’explosion et n’a jamais pris en charge le nettoyage du site.

Seuls les impacts médicaux avaient été pris en compte, en 1989, pour établir le montant de la compensation financière, qui avait alors été réglée à 470 millions de dollars (alors que la compensation avec la prise en charge du nettoyage du site est estimée à plus de 2 milliards de dollards). Depuis 2001, les actifs financiers et les bénéfices d’Union Carbide ont été repris par la multinationale géante Dow Chemical, qui a toujours refusé de reprendre les responsabilités dans la catastrophe de Bhopal.

Les prémices de la catastrophe de Bhopal

En 1982, déjà, une inspection détaillée fait apparaître dix déficiences sérieuses dans les systèmes de sécurité de l’usine. La population, elle, s’habitue à entendre le signal d’alarme qui, peu à peu, « fait partie du paysage ». De surcroît, elle n’a pas une éducation suffisante pour bien comprendre ce que peut signifier une véritable alerte dans cette usine.

Un autre problème apparaît. À partir de 1982, l’usine devient largement déficitaire à cause de la mévente de ses produits. UCC, la maison mère, envisage sa fermeture mais le gouvernement indien refuse car cela constituerait un très mauvais exemple pour d’autres investisseurs étrangers potentiels, un précédent défavorable.

Pour rééquilibrer ses comptes, la filiale indienne UCIL décide alors de réduire les frais d’exploita-tion et, pour ce faire, licencie progressivement une bonne partie du personnel qualifié, soit pour le remplacer par du personnel de moins bon niveau, soit pour ne pas le remplacer et simplement diminuer les effectifs. De ce fait, chacun s’habitue peu à peu à travailler avec des effectifs réduits. Il est donc probable qu’à partir de cette époque le personnel est conduit à ne plus faire que ce qui est directement contrôlable ou immédiatement nécessaire…

En 1984, après de multiples fermetures temporaires, on constate que deux des dix déficiences signalées en 1982 n’ont toujours pas été corrigées. Mais les directeurs pensent qu’il n’y a pas d’urgence, alors que l’unité de refroidissement du MIC continue à mal fonctionner et fait donc peser une menace permanente sur la sécurité. Il faut savoir que, dans le même temps, la maison-mère, UCC, gère une installation similaire à Institute en Virginie Occidentale ; par conséquent elle devrait être à même de peser très exactement les risques et les conséquences de chaque incident survenant à Bhopal.

La nuit tragique du 2 au 3 décembre 1984 :

Peu à peu les différents éléments du futur drame se mettent en place. Le premier incident significatif a lieu dans la journée du 21 octobre 1984 durant laquelle les opérateurs échouent dans leur tentative d’accroître la pression dans le réservoir 610 pour en extraire le MIC qui y est stocké. Il semble que les causes de cet échec, tout à fait anormal, ne seront pas examinées en profondeur et qu’aucune mesure ne va être prise, probablement par manque de personnel.

Arrive enfin la fatale nuit du dimanche 2 au lundi 3 décembre, alors que l’usine est partiellement fermée et tourne au ralenti avec des effectifs encore plus réduits que de coutume.

La majorité de la population alentour dormait à cette heure-là et sera frappée dans son sommeil par un nuage toxique qui s’abat sur elle, sur une étendue de vingt-cinq kilomètres carrés. Quant aux personnes qui ne dormaient pas, elles n’ont pas réagi car elles sont habituées depuis longtemps à ce signal d’alarme.

Les ouvriers de l’usine, conscients du danger, s’enfuient en courant dans la panique et personne ne songe même à utiliser les quatre autobus garés dans la cour. Comble de malchance, il sera difficile de prévenir les autorités car les lignes téléphoniques de l’usine fonctionnent mal.

La panique s’étend à toute la ville et, dans la plus totale incompréhension, des centaines de milliers de personnes sont prises au piège, errant dans les ruelles étroites du bidonville, cherchant des secours qui tarderont beaucoup à se mettre en place, essayant de sauver un proche agonisant.

Tout cela souvent à l’aveuglette car le gaz attaque d’abord les yeux, entraînant une cécité, provisoire dans les cas favorables, avant de s’engouffrer dans les poumons pour provoquer de graves insuffisances respiratoires.

Les trois cent cinquante médecins de la ville qui peu à peu se mobilisent perdent beaucoup de temps à comprendre ce qui se passe car aucun d’entre eux n’a été informé sur la nature exacte du pesticide et les dangers qu’il présente. Quant aux installations médicales disponibles, déjà insuffisantes en temps normal, il est inutile de préciser qu’elles apparaissent alors très en deçà des besoins.

Dès le 4 décembre, l’Américain Warren Anderson, PDG de l’usine, part sur les lieux avec une équipe d’experts pour essayer de faire la lumière sur le drame. Mais ce déplacement se fera en vain. Anderson est arrêté et emprisonné puis finalement expulsé. Il se soustrait par la suite à toutes les convocations judiciaires en Inde. [1]

Ce n’est que le 20 décembre que les autorités laisseront venir la commission d’enquête sur les lieux. Dès le 6 décembre, l’usine a été fermée et on a juste commencé d’entreprendre son démantèlement.

Les questions qui se posent dans le rôle et le comportement des dirigeants de Union Carbide

Dans cette sinistre affaire, il est utile de se poser d’abord quelques questions. Les intérêts en jeu et les différences de vision sur les développements juridiques, financiers, légaux entre Américains et Indiens font que bien souvent aucune réponse n’a été apportée, ou bien deux réponses contradictoires : l’indienne et l’américaine !

36 ANS APRÈS LA CATASTROPHE DE BHOPAL, DES MESURES SÉRIEUSES DE DÉCONTAMINATION N’ONT PAS ÉTÉ PRISES POUR LA SANTÉ DE LA POPULATION ET LES VICTIMES ATTENDENT TOUJOURS D’ÊTRE INDEMNI-SÉES COMME IL SE DOIT !

Encore aujourd’hui, il y a dans la région autour de Bhopal énormément de naissances avec des malformations, énormément de bébés morts prématurément, ainsi qu’énormément de personnes souffrant de graves problèmes de santé.

Une enquête montre que 90% des habitantes allaitantes de Bhopal présentent du mercure dans le lait maternel, ce qui ralenti le développement normal du foetus. Il semble que boire de l’eau aujourd’hui dans la région de Bhopal entraîne toutes ces malformations, car l’eau est, trente ans après, encore empoisonnée !

Mais on a prouvé d’ailleurs que l’eau était déjà empoisonnée bien avant la catastrophe… Selon une série d’analyses chimiques des sources d’approvisionnement en eau aux alentours de l’usine réalisée par Greenpeace, des métaux lourds ont été décelés dans l’eau : zinc, cuivre, plomb, nickel, mercure, parfois à un niveau jusqu’à six millions de fois supérieur à la présence naturelle de ces éléments dans les sols.

En effet on finit par connaître que des résidus de pesticides produits dans l’usine depuis 1977 étaient carrément déversés à l’époque dans un lac à proximité de l’usine. Et puis les pesticides abandonnés dans cette usine-poubelle depuis 30 ans, et qui ont été lessivés par les pluies, contaminent aussi les nappes phréatiques et donc l’eau potable pour toute la population aux alentours de l’usine d’Union Carbide.

C’est ainsi qu’un certain nombre de substances très toxiques perpétuent encore aujourd’hui la contamination et les impacts sur les populations. Quand cette tragédie va-t-elle être justement prise en compte ?

2 décembre 2019

https://rebellyon.info/

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

violences sexistes (pùblico)

 feminisme

La patrouille de femmes qui colle dans les rues de France contre la violence sexiste

A Paris, Lyon, Marseille … Les murs des principales villes françaises sont remplies d’affiches à la mémoire des femmes assassinées et contre les agressions sexistes.

Tout a commencé avec la mort de Julie Douibs. Elle avait 35 ans et deux enfants lorsque son ex-mari l’a tuée chez elle en Corse. Cela s’est passé dans la nuit du 9 au 10 mars. Puis Corinne, Christelle, Aminata sont venues … Mais le meurtre de Julie a tout changé.

«J’avais déposé jusqu’à cinq plaintes de violence conjugale. Quand une femme est assassinée après avoir dénoncé son ex-mari à cinq reprises, cela montre les faiblesses du système », explique la militante féministe Marguerite Stern, 29 ans.

Avec un ton calme et contenant son indignation, J Stern se souvient de quelques mots qui l’ont marquée de cette femme corse: « Ils ne me croiront que lorsque je serai morte. » Le cas de Julie Douibs ne signifie pas seulement un choc électrique en France, il a également conduit cette activiste à faire un geste apparemment insignifiant: coller son nom sur les murs de Marseille. Neuf mois plus tard, les noms des femmes assassinées envahissent les rues des principales villes françaises.

Ex Femen, Stern a lancé fin août à Paris une campagne puissante et efficace contre la violence sexiste. Son objectif initial était de rendre hommage aux femmes qui ont perdu la vie par leurs partenaires ou de leurs ex-partenaires masculins. «Je ne m’attendais pas du tout à ce que la campagne connaisse un tel succès. 40 filles ont participé à la première réunion », se souvient cette jeune militante féministe.

Environ 300 femmes se sont impliquées dans ce mouvement en septembre. Plus de 250 messages ont été postés au cours de la première semaine dans la capitale française. Une campagne qui a été reproduite non seulement dans le reste de la France, mais également en Belgique, Suisse et même en Turquie.

Bien que Stern s’en soit retirée en octobre, quelques milliers de femmes à travers la France – dont 800 à Paris – sont toujours impliquées. Son principe est très simple. Tous les soirs, par groupes de quatre, cinq ou six personnes, ils vont patrouiller dans la rue à la recherche de murs vides, pour faire des collages contre la violence sexiste et pour se souvenir des femmes assassinées. «Leur sang sur vos murs», «Ils les entendent plus mortes que vivantes», «Féminicides: l’état coupable et la justice complice»…

Voici quelques exemples de messages qui remplissent les rues de Paris, mais aussi de Marseille, Bordeaux ou Lyon . Tous sont exprimé dans des formules loin des euphémismes avec lesquels la violence machiste est nuancée.

« Notre objectif n’est pas de faire des messages choquants, mais de dénoncer une réalité »,  déclare J Stern. En fait, le nombre de femmes françaises tuées par leur mari a augmenté cette année. Selon les associations féministes, 138 sont déjà décédées aux mains de leurs partenai-res ou ex-partenaires, alors qu’elles étaient 121 en 2018.

Un solde de l’Agence France-Presse réduit à 117. Toutefois, ce chiffre est plus important que celui  de l’année dernière. Une femme est tuée tous les trois jours à cause de la violence sexiste. Ce qui fait de la France le deuxième pays européen après l’Allemagne.

«Derrière les chiffres, il s’agit de vies réelles que nous voulons humaniser. Certains d’entre elles ont été tuées devant leurs enfants ou d’une balle dans la tête », explique l’ex-militante des Femen. Une réalité tragique qui provoque l’indignation. C’est cela que veulent refléter les colleuses, c’est ainsi que les membres de ce mouvement se sont désignées, dans l’esthétique de leurs messages.

Tous sont faits avec des lettres majuscules peintes avec de la peinture noire sur un fond blanc. « Nous voulons exprimer notre colère et demander que les femmes soient protégées de toute urgence », explique Pauline Georget, 21 ans, impliquée dans la campagne depuis la fin du mois d’août.

Cette étudiante d’école de communication et de journalisme à Paris souligne un autre avantage de ce style simple et efficace: « Nous voulons que toutes les femmes se réapproprient ce style. » En plus de la plainte, ces collages peuvent avoir une fonction rédemptrice ou même cathartique.

«Avec de la peinture et de la colle, nous ne mettrons certainement pas fin à la violence machis-te. Mais nous voulons dire aux femmes attaquées que nous les croyons, qu’elles ne sont pas seules, qu’elles ne craignent plus de dénoncer leur situation », a déclaré Georget. Elle rappelle l’exemple de Chloé Modesta, membre du collectif qui a imprégné l’espace public avec l’histoire de sa mère, battue à plusieurs reprises par son père alcoolique et violent.

«Plusieurs des personnes impliquées ont été victimes d’agression sexuelle»

« Beaucoup de ceux qui ont participé à cette campagne ont été victimes d’agression sexuelle »,  selon Marion Vander Cruyssen, 21 ans, après avoir collé « Une femme sur dix a été violée ou le sera pendant sa vie ». Jeudi soir, avec six autres femmes, elles collait les rues de l’est parisien, près de la place de la Bastille.

« Nous devons être plus efficaces », répéte l’une d’entre elles. Quelques minutes plus tard, elles collent très rapidement une lettre derrière l’autre avec de la colle liquide, à l’aide de pinceaux. En environ deux heures, ils pu accrocher une dizaine de messages.

Cette activité intense n’est altérée que par les commentaires moqueurs ou les réactions agressives de certains hommes, bien que de nombreux passants photographient leurs messages et les félicitent également.

«Nous rencontrons souvent des filles dans la rue qui décident de nous rejoindre», explique Sabine, rédactrice, après qu’une jeune femme ait joint les affiches après les avoir rencontrées par hasard. « Il est essentiel de faire passer le message sur la violence sexiste, car la plupart de ces agressions ont lieu à la maison et beaucoup de femmes ont honte d’avoir à les dénoncer », explique Lucy, une passante de 46 ans qui félicite le groupe de militants. .

« J’estime qu’il est essentiel d’aller au-delà des réseaux sociaux et que ces féminicides soient rapportés dans la rue »,  déclare J Stern. Une irruption dans l’espace public qui, selon ce militant, entretient des similitudes avec les actions des Femens.

«J’ai passé trois ans avec les Femens. J’ai tout appris d’elles », se souvient cette militante qui avait été emprisonnée pendant un mois en Tunisie en 2013 après avoir demandé torse nu la libération d’Amina Sboui, membre tunisien des Femens. « Elles m’ont appris l’importance d’agir et de se mettre en scène », ainsi que la valeur politique des images, explique-t-elle.

Les annonces « décevantes » de Macron

Avec des actions peut-être moins radicales que les Femens, mais plus accessibles, les colleuses souhaitent sensibiliser à la violence sexiste. «Cette campagne de dénonciation dans la rue a permis de créer des liens très forts entre les femmes et elles sont maintenant organisées pour promouvoir d’autres types d’actions, telles que des manifestations lors de la première du dernier film de Roman Polanski – récemment impliqué dans un nouveau cas présumé de viol en France – ou la chorégraphie chilienne «Le violeur c’est toi» vendredi dernier à Paris.

Après que #MeToo ait eu un impact timide en France fin 2017, le féminisme gagne des positions dans ce pays ces derniers mois.

Cela s’est reflété dans la manifestation massive du 23 novembre contre les violences sexistes à Paris, qui a rassemblé 49 000 personnes, selon un cabinet indépendant. Deux jours plus tard, le gouvernement français a annoncé une batterie de mesures contre les agressions sexistes, après presque trois mois de réunions entre ministres, députés, associations de victimes, avocats, personnel médical et forces de sécurité .

Bien que le président français, Emmanuel Macron, ait promis que l’égalité entre hommes et femmes serait la « grande cause de son mandat », les annonces de l’exécutif ont de nouveau déçu les groupes féministes.

La suspension de l’autorité parentale en cas de féminicide, assouplir le secret médical pour pouvoir dénoncer les violences conjugales, introduir dans le code pénal un facteur aggravant du « harcèlment psychologique » à l’origine du suicide de femmes, la création de 1 000 places supplément dans les refuges pour femmes victimes…

Ce sont quelques-unes des mesures proposées par Macron, qui résiste toutefois à une augmentation significative du budgétaires destinés aux victimes de violences sexistes. L’administration continuera d’allouer environ 316 millions (contre 1 milliard demandé blog) d’euros pour lutter contre ce fléau, un budget qui ne comprend pas uniquement des mesures visant à aider les femmes agressées.

«Nous sommes déçues, même si elles ne nous surprennent pas. La plupart des mesures annoncées existent déjà en France et ne peuvent pas être appliquées en raison d’un manque de budget », explique Georget, qui donne l’exemple« des politiques adoptées dans des pays tels que la Suède ou l’Espagne ».

Plus précisément, la loi espagnole de 2004 ou le milliard de dollars supplémentaire destiné à lutter contre la violence sexiste promis par le Pacte d’État contre la violence sexiste de 2017.

« Ces annonces ont été une grosse déception, mais nous n’abandonnerons pas »,  déclare Vander Cruyssen.  « Nous continuerons de coller des affiches jusqu’à ce que nous arrêtions de compter nos morts ».

12/02/2019 BONET ENRIC

https://www.publico.es/

Commentaire:

Plusieurs militantes ont été conduites au commissariat et ont été  condamnées pour « dégradation »

 

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

retraites (sud éduc)

 

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

insee (npa)

macron

Macron, président des riches… selon l’INSEE

Dans l’édition 2019 de son « portrait social », l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), peu suspect de sympathies anticapitalistes, confirme ce que nous répétons depuis le début du mandat de Macron…

Les politiques, notamment fiscales, de celui qui se présentait comme « et de droite, et de gauche », bénéficient avant tout aux plus riches.

« Le jackpot « des personnes aisées », cette étude de l’Insee qui risque de fâcher l’Élysée » : ce titre du Parisien (18 novembre), s’il peut faire sourire, correspond bien aux conclusions de l’étude de l’INSEE.

On peut ainsi lire dans cette dernière que « les 10 % de personnes les plus aisées bénéficient d’un gain en niveau beaucoup plus important que les autres grâce au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune par l’impôt sur la fortune immobilière et à la mise en place du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du patrimoine ».

Les riches toujours plus riches

En chiffres bruts, et en moyenne, les réformes de Macron, notamment sur la fiscalité du capital, ont ainsi permis aux 10 % les plus riches d’empocher 800 euros de plus par an, contre 130 à 230 euros pour le reste de la population.

Si l’on regarde de plus près, et au-delà de ces chiffres pas forcément très parlants, on apprend dans le rapport de l’INSEE que la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) a, à elle seule, rendu « près de 10 000 euros sur l’année en moyenne aux 350 000 ménages concernés ».

Un joli pactole, auquel viennent s’ajouter les réductions d’impôts permises par le Prélèvement forfaitaire unique (PFU, plus connu sous le nom de « flat tax »), plafonnant à 30 % la fiscalité sur les revenus du capital, qui concerne 8,8 millions de ménages mais dont les bénéfices sont « très concentrés parmi les 5 % de personnes les plus aisées ».

Qui plus est, « la hausse des prélèvements indirects [taxe sur les produits pétroliers et le tabac] en 2018 pénalise l’ensemble de la population, mais davantage les personnes modestes, à comportement de consommation constant » : tandis que les impôts pour les plus riches diminu-ent, on augmente les taxes, injustes par nature puisqu’elles touchent indistinctement les plus riches et les plus pauvres.

En résumé, et s’il était encore besoin de le démontrer, la « théorie du ruissellement » est une fumisterie. Ou, dans les termes plus policés de l’INSEE : « Le gain de niveau de vie est très concentré dans le haut de la distribution ».

Correspondant 27 Novmebre

https://npa2009.org/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

ogm cachés (le monde)

ogm

Des variétés de végétaux devenues tolérantes à un herbicide…

…à cause de ce même herbicide

Qualifiés « d’OGM cachés » par leurs détracteurs, ces herbicides sont exemptés d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché et aucun suivi obligatoire n’existe à ce jour

Et si l’utilisation d’herbicides impliquait, à terme, une plus grande utilisation d’herbicide ? C’est ce qu’a conclu l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses). Les variétés de végétaux agrico-les rendues tolérantes à un herbicide font courir le risque d’un développement de résistances des mauvaises herbes et, donc, d’augmentation de l’utilisation de phytosanitaires, a averti l’Anses, jeudi 28 novembre.

L’agence s’est intéressée aux variétés de plantes rendues tolérantes à un herbicide par des techniques conventionnelles ou génétiques, alias « VRTH ». Utiliser des VRTH permet par exemple à un agriculteur de se débarrasser des mauvaises herbes en traitant son champ de colza résistant avec un herbicide, sans tuer le colza.

« Après analyse des pratiques culturales, l’Anses confirme des risques de développement de résistances des adventices (les plantes nuisibles à la production) aux herbicides et in fine d’augmentation de l’utilisation d’herbicides, déjà mis en avant dans le rapport d’expertise collective INRA-CNRS de 2011 », indique l’agence dans son avis.

« OGM caché »

L’Agence pointe également « l’absence de traçabilité de l’utilisation de ces semences faisant obstacle à l’évaluation de leurs impacts sur les plans agronomique et sanitaire ». Elle recom-mande donc de mettre en place « un dispositif de suivi afin de surveiller les éventuels effets indésirables liés aux VRTH ». En effet, comme toutes les semences cultivables en France, les VRTH ne sont pas soumises à une évaluation des risques avant leur mise sur le marché et, à ce jour, il n’existe aucun suivi obligatoire de ces semences.

En France, la culture de VRTH transgéniques n’est pas autorisée, donc toutes les VRTH cultivées en France ont été obtenues par sélection variétale traditionnelle ou par mutagenèse aléatoire, rapporte l’Anses.

La mutagenèse recouvre un ensemble de pratiques qui visent à introduire volontairement des mutations génétiques chez un organisme vivant. Elle est qualifiée « d’OGM caché » par ses détracteurs. Dans le cadre de la législation sur les OGM, les organismes obtenus par mutage-nèse sont exemptés d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché et aucun suivi obligatoire n’existe à ce jour, rappelle l’Anses.

En France, les surfaces cultivées avec des GRTH en culture d’oléagineux représentaient, en 2017, 27 % des surfaces de tournesol (soit environ 160 000 hectares) et 2 % des surfaces de colza (soit environ 30 000 ha). L’avis de l’Anses s’inscrit dans un contexte plus large de débat sur l’utilisation des biotechnologies en agriculture et d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne susceptible d’avoir des répercussions sur leur encadrement réglementaire.

https://www.lemonde.fr/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

retraites (qdc)

pension

Jusqu’où les laisserons-nous aller ?

En octobre 2007, sous Sarkozy, l’ex-vice-président du MEDEF Denis Kessler déclarait crument dans la revue Challenges :

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…

À y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Le projet de réforme des retraites actuel s’inscrit dans la même logique.

Ce dont il s’agit, c’est de défaire un système fondé sur la solidarité inter-générationnelle pour le remplacer par un système plus conforme aux visées libérales et fondé sur la financiarisation des pensions.

Le système de retraite actuel est un système par répartition. Le salarié n’avance pas d’argent quand il est en activité pour en percevoir l’âge de la retraite venu. Pendant sa période de travail, le salarié perçoit un salaire (salaire direct).

En plus de celui-ci, le patron qui convoque la force de travail verse, sous la forme des cotisations sociales (que les patrons appellent des « charges »), un salaire indirect qui est immédiatement reversé à celles et ceux qui sont retraité-es. En ce sens on peut parler d’un salaire « socialisé », qui constitue une part de la protection sociale.

Avec le système à points voulu par Delevoye et Macron, la valeur du point serait variable en fonction de l’état de l’économie du pays, puisque la réforme limiterait le total des versements consacrés aux retraites à 14 % du PIB.

Nous passerions d’un système où chacun-e peut prévoir ce qu’il ou elle aura comme pension à sa date de départ, à un système où notre durée de cotisation nous octroierait un nombre de points certes défini, mais des points dont le montant pourrait varier. Pire, la retraite deviendrait donc pour toutes et tous variable d’une année à l’autre pour un même parcours professionnel.

Par ailleurs, la prise en compte de l’ensemble de la carrière et non plus des meilleures années pour calculer le montant de nos pensions entrainerait un recul pour toutes et tous, et particu-lièrement pour celles et ceux qui ont des carrières discontinues, des périodes d’emploi précaire et/ou de chômage.

Les réformes de 1992, 2003, 2010 ont toutes provoqué une diminution des pensions et un recul de l’âge du départ en retraite. Cela ne suffit pas à ceux qui entendent pousser les futur-e-s retraité-e-s à capitaliser auprès des fonds de pension s’ils veulent avoir une retraite décente : un système dans lequel des cotisations perçues sont immédiatement reversées sans passer par la case « profit financier » a toujours semblé une aberration pour le libéralisme.

Ce sont là les enjeux de la grève appelée par quasiment toutes les organisa-tions syndicales pour le jeudi 5 décembre.

Il est évident cependant que, face à cette volonté de « défaire méthodiquement » notre protection sociale, c’est ce que nous ferons au-delà du 5 qui sera déterminant : seule une grève prolongée permettra de faire reculer les forces libérales à l’œuvre.

Jusqu’où les laisserons-nous aller ?

27 novembre 2019 Collectif Q2C

https://www.questionsdeclasses.org/

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28 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

théâtre douarnenez (fr3)

douarnenez

« Femme qui parle n’est pas morte »

Une pièce de théâtre féministe à Douarnenez

Pour la journée internationale contre les violences faites aux femme, les militantes du planning familial de Douarnenez ont monté une pièce de théâtre, « Femme qui parle n’est pas morte. »

Sur scène, un chœur de femmes. Elles racontent, elles crient, elles chantent à l’unisson : les aventures de Maïnaloute, une jeune fille mariée de force à 16 ans, qui lutte comme elle peut pour échapper à son destin.

Les pays que l’héroïne traverse sont imaginaires, les épreuves qu’elle endure bien réelles : femme sans papiers, esclave domestique et sexuelle. Ces récits de vie, Florence Madec, auteur de la pièce et militante au planning, les connaît bien. Pour écrire, elle s’est inspirée des histoires que lui ont racontées ses élèves lorsqu’elle était professeure de FLE (Français en Langue Etrangère) à Marseille.

« Un miroir » des témoignages des femmes accueillies au planning

Pendant six mois, les militantes du Planning Familial de Douarnenez ont répété ensemble sous l’œil attentif de Florence. Épaulées par trois comédiennes professionnelles, elles sont montées sur les planches pour la première fois. Elles ont appris à porter la voix haut et fort et à occuper la scène sans peur ni retenue.

Emilie Gaston, militante au planning depuis deux ans, comprend « qu’on puisse devenir accro » à cette énergie que procure le théâtre et le jeu. Elle ajoute qu’en incarnant son rôle « on va chercher des choses en nous dans ce qui se passe au planning, ça c’est sûr je pense ».

Pour la metteuse en scène, la pièce de théâtre agit comme un « miroir » des témoignages de femmes battues ou violentées par les hommes qu’elles accueillent au planning : « Je crois qu’il faut parler, c’est fondamental. Les violences subies par les femmes dans le cadre du foyer, de la famille, ont pu perdurer aussi longtemps car il y avait une espèce de blackout sur ce qui était de l’ordre du privé, de l’intime ».

L’émotion peut porter davantage qu’un discours plus intellectuel, plus politique, là on s’adresse à l’intime (Monique Prévost-Guérer, militante et fondatrice du Planning familial de Douarnenez)

138 féminicides depuis le début de l’année

Chaque année 219 000 femmes sont victimes de violences physique et/ou sexuelle de la part leur conjoint en France selon des moyennes de l’INSEE. Depuis le 1er janvier 2019, le Collectif « Féminicides par compagnons ou ex » a recencé 138 féminicides sur le territoire français. Ces chiffres, les militantes du planning les connaissent par cœur. Cette fois, à travers le théâtre, l’émotion et l’intime, elles veulent alerter autrement.

Sous le feu des projecteurs ne cherchez pas les acteurs, il n’y a que des actrices, même pour incarner les rôles masculins. Pour Florence Madec, c’est un pied de nez au théâtre élisabéthain du 16è siècle où tous les personnages étaient interprétés par des hommes. Sur la petite scène de la maison solidaire de Kermarron, les femmes (se) jouent des hommes car pour l’auteure de la pièce « mettre beaucoup d’humour dans nos vies, pouvoir rire du pire, c’est de là qu’on puise une force aussi ».

Depuis samedi et pendant quatre soirs, ces femmes fortes et puissantes ont fait salle comble et il y a fort à parier que d’autres représentations seront programmées l’année prochaine.

Louise Cognard 27/11/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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