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23 février 2017 ~ 0 Commentaire

la poste rennes (lutte ouvrière)

 boite postale

Un projet qui ne passe pas

Mercredi 15 février, à 22 h 30, les machines de tri de la plateforme du courrier Rennes-Armorique se sont arrêtées d’un coup. Le silence s’est imposé et la grande majorité de la première équipe de nuit a rejoint la deuxième à son embauche, pour une action commune.

Cela faisait plusieurs jours qu’un projet de la direction concernant les pauses et l’organisation des positions de travail faisait discuter les postiers. La veille, les patrons de la PIC (plateforme industrielle courrier) avaient commencé à les réunir à tour de rôle pour leur faire remplir un questionnaire.

Au vu des questions posées, beaucoup ont très vite compris l’objectif de la direction : pouvoir moduler les horaires de pause et obtenir plus de polyvalence sur les positions de travail. Cela ne passe pas, d’autant que les trois quarts des départs à la retraite ou mutations n’ont pas été remplacés depuis plus d’un an. Comme l’ont dit les postiers ce soir-là au chef de production de nuit : « Vous voudriez qu’il n’y ait plus du tout de temps mort, que toutes les machines tournent en permanence, y compris durant les pauses, vous trouvez que l’on n’en fait pas assez déjà comme ça ? »

Une pétition intersyndicale signée par la grande majorité a donc été remise à ce chef. Mais, avant de reprendre le travail, beaucoup se sont promis de remettre ça au cas où l’avertissement adressé à la direction n’aurait pas suffi.

Correspondant LO 22 Février 2017

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 1 (npa)

zombie

Un système de soins à la croisée des chemins

Passer de l’hôpital public à un service public de santé global

Compromis de 1945, la création de la Sécurité sociale a posé le principe du remboursement à touTEs de l’ensemble des soins. Cela a permis de passer de « l’assistance publique » assurant des soins rudimentaires aux plus pauvres à un hôpital public qui garantit à tous, gratuitement, des soins de qualité.

Un service public limité à l’hôpital

Ainsi, a pu se développer un vaste réseau d’établissements publics, allant du petit hôpital local au CHU avec un plateau technique de pointe, en passant par les centres hospitaliers de proximité ou « généraux », les établissements spécialisés en psychiatrie ou pour personnes âgées (voir encart sur les établissements de santé).

Par leurs urgences, toujours plus sollicitées, les établissements hospitaliers garantissent également l’accès sans délais à des soins gratuits, de proximité et de qualité.

Mais, sous la pression d’un puissant lobby médical, les soins hors hôpital, « en ville », sont restés très largement dominés par les médecins et professionnels libéraux. Et les éléments de service public existant hors des établissements hospitaliers sont limités : dispensaires ou centres de santé dans certaines communes, PMI pour la petite enfance…

Seule la psychiatrie publique fait exception.

À partir de 1960, sous le nom de « psychiatrie de secteur », une réponse publique globale s’y est organisée. Elle met à la disposition d’un « secteur » de la population (60 000 habitantEs) une seule et même équipe de soins travaillant à la fois dans et hors l’hôpital (centres médico-psychologiques, hôpitaux de jour, visites à domicile…). Mais ce modèle est en cours de démantèlement.

Médecine libérale et financement socialisé

La coexistence d’une médecine libérale très majoritaire et d’un financement socialisé n’a cessé d’être conflictuel. C’est avec beaucoup de réticences que les médecins libéraux ont fini par accepter (en 1960 !) le « conventionnement » avec la Sécurité sociale, pour eux synonyme de tutelle « étatique ».

Ils ont continué à défendre avec acharnement la « liberté d’installation », pourtant synonyme de répartition inégalitaire des médecins sur le territoire, de « déserts médicaux », et la liberté tarifaire. Les dépassements d’honoraires sont pourtant une cause essentielle de renoncement aux soins, en particulier chez les spécialistes.

Enfin ils ont tout fait pour bloquer l’application du tiers-payant timidement instauré par Touraine.

Les chemins de la privatisation

L’offensive de privatisation, menée avec constance par les différents gouvernements, notam- ment les lois Bachelot (2009) et Touraine (2015), poursuit un double objectif.

D’un côté, elle diminue la place du financement public et socialisé (la Sécurité sociale) pour les soins de ville. Ainsi, l’assurance maladie n’en rembourse plus aujourd’hui que 54 %…

De l’autre, les missions et les moyens de l’hôpital public sont eux aussi en constante réduction : restructurations et regroupements au sein de Groupements hospitaliers de territoires, fermeture d’établissements de proximité, en particulier des services d’urgence. Sous la houlette des assurances privées et des mutuelles, se prépare la mise en place de réseaux de soins concurrentiels pour les soins hors hôpital.

À l’inverse, la perspective que nous défendons est le renforcement et l’extension du service public, en confortant la place et les financements de l’hôpital public, et en dévelop- pant un service public de santé hors de l’hôpital, financés à 100 % par la Sécurité sociale.

J.C. Delavigne  L’anticapitaliste Hebdo – 15 Février 2017

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 2 (npa)

surmené

Publics et privés : les établissements de santé

En France, il existe trois catégories d’établissements de santé.

Les hôpitaux publics restent le pivot du système de soins.

Ils totalisent 62 % des lits d’hospitalisation à temps plein et 57 % des places d’hospitalisation à temps partiel. Ils forment un réseau très large, allant des hôpitaux locaux et des centres hospitaliers de proximité aux CHU, en passant par les établissements de psychiatrie publique, les établissements pour personnes âgées dépendantes (EPHAD) publiques. Leur personnel médical et non médical a un statut public (mais la précarité – les contractuels – s’y est beaucoup développée). Si les missions et l’activité de l’hôpital public ne cessent d’augmenter, ses moyens régressent : leur part dans les dépenses de santé, qui était de 43 % en 1983, n’était plus en 2010 que de 36 %…

Les établissements privés à but « non lucratif », auxquels appartiennent notamment les centre de lutte contre le cancer, détiennent 14 % des lits d’hospitalisation à temps plein et 18 % des places à temps partiel. Leur statut est associatif ou mutualiste. Ces établissements n’ont pas d’actionnaires. Leur personnel relève de conventions collectives.

Les établissements privés « à but lucratif » (23 % des lits d’hospitalisation, 24 % des places) sont des établissements commerciaux. Ainsi les cliniques privées, qui versent des dividendes à leurs actionnaires. Leur personnel est libéral ou relève de conventions collec- tives. Autrefois propriétés des médecins et chirurgiens qui y intervenaient, les établissements commerciaux appartiennent à de grands groupes. Ils concentrent leur activité sur les actes les plus rentables (actes chirurgicaux bénins), laissant les actes les plus lourds et non rentables aux hôpitaux publics.

Quel service public de santé de proximité ?

La santé, ce n’est pas seulement la possibilité de se soigner. En France, théoriquement, les soins sont les mêmes pour tous, notamment pour les pathologies graves…

Pourtant, un ouvrier a une espérance de vie de 7 ans inférieure à celle d’un cadre.

Le travail, l’alimentation, le stress, la consommation d’alcool et de tabac, la sédentarité, le niveau d’information, le pouvoir sur sa vie… autant de facteurs qui expliquent ces différences. La médecine générale, qui est au plus près des patients, de leur vie quotidienne, de leurs difficultés, devrait être au cœur de cette médecine globale, mêlant médecine de soins, de prévention, sociale et environnementale, avec les habitants comme acteurs de leur santé.

Le choix du paiement à l’acte, de la médecine libérale, tourne le dos à cette obligation pour la santé de tous, renforcée par la montée des pathologies chroniques et sociétales, et le vieillissement de la population. La médecine libérale est en crise. Moins de 10 % des jeunes médecins s’installent en médecine générale. 56 heures par semaine ; une pratique qui fait toucher du doigt les difficultés quotidiennes des patients, mais sans moyens réels d’y porter remède ; des relations difficiles avec la médecine hospitalière ; une pression incessante des caisses pour réduire les dépenses… Et des déserts médicaux ; des difficultés d’accès pour les plus pauvres, à cause du paiement à l’acte, des franchises, des dépassements d’honoraires, des refus de CMU et AME… Bref, ce modèle est à bout de souffle.

Une maîtrise toujours plus comptable…

L’avenir de la médecine générale n’est pas dans le paiement à l’acte et la liberté d’installation. Car demain, avec la retraite des médecins du baby boom, il n’y aura plus de médecin à la campagne ni au pied des tours. Elle n’est pas non plus dans l’ajout au paiement à l’acte d’un étage de « rémunération sur objectif de santé publique », la ROSP, dont les critères ont plus à voir avec la maîtrise comptable des dépenses de santé qu’avec une vraie politique de santé publique. Une ROSP, qui représente entre 12 000 à 15 000 euros par an et par médecin cette année, mais qui de plus en plus demain exigera réduction des arrêts maladie et limitation des prescriptions.

Sans parler des mutuelles et assurances, qui, dans l’optique de l’abandon à la mode Fillon de la couverture par la Sécu du « petit risque », rêvent de conventionner directement les médecins à leurs réseaux de soins, pour rentabiliser leur « investissement santé », même si cela sera synonyme d’exclusion des soins, et de médecine à autant de vitesses que de contrats d’assurance.

Pour des centres de santé publics

Ni paiement à l’acte ni maîtrise comptable, pour le droit à la santé pour touTEs, il faut un service public de santé de proximité. Avec des centres pluridisciplinaires qui rassemblent tous les acteurs de la santé (généralistes, spécialistes, dentistes, labo et radiologie, nutritionnistes, infirmières, kinés, accueil psy… mais aussi usagerEs) pour donner des soins gratuits, réaliser des actions d’information et de prévention, assurer au plus près la permanence des soins pour désengorger les urgences. Des centres intégralement financés par l’assurance maladie, et non laissés au bon vouloir de financements locaux.

Tiers-payant généralisé, interdiction des dépassements, centres de santé publics de proximité assurant soins et prévention, démocratie sanitaire, formation et information médicale indépendante des trusts pharmaceutiques… Un espoir pour l’avenir de la médecine de ville et surtout la santé de touTEs.

Frank Cantaloup

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 3 (npa)

santé

Les centres de santé, chaque jour plus loin du service public

Le concept de centre de santé, coordonnant différents services d’hygiène, de prévention, de soins et de service social, est apparu au début des années 1900, souvent à l’initiative de municipalités…

L’objectif était de répondre à des besoins de santé publique, de prendre en charge la prévention, les soins pour des populations souvent en difficulté économique et sociale. Ces structures se sont toujours heurtées au monde de la médecine libérale, qui dans sa majorité leur est hostile, y voyant des concurrents subventionnés employant des professionnels de santé salariés.

À côté de ce type de centre de santé sont apparues des structures avec des gestionnaires divers : mutuelles, associations, comités d’entreprise.

Les difficultés d’accès aux soins, qu’elles soient d’ordre financier en raison de dépassements d’honoraires, ou géographiques avec l’extension des déserts médicaux, ont fait ressurgir la nécessité de formes d’exercice regroupé des professionnels de santé, certes en recréant des centres de santé dans certaines régions, mais également en favorisant par des mesures incitatives le regroupement de libéraux dans des Maisons de santé pluri-professionnelles.

Au fil du temps, le concept de centre de santé a changé de nature. Des cabinets de consultants ont mis au point un modèle économique de centre de santé qui permet un équilibre financier à condition de combiner certaines spécialités médicales très productrices d’actes techniques rémunérateurs plutôt que de consultations.

Le marché a pris le dessus…

Ce modèle, plus orienté dans la recherche de l’équilibre économique que dans la réponse aux besoins de santé d’une population, a été mis en application dans certains centres de santé gérés par des mutuelles, des associations, allant même jusqu’à la création de centres dits « low cost », notamment dans le domaine dentaire où les techniques de gestion, de management et de soin, ont abouti à des pratiques douteuses.

Les dérives marchandes de certains, aidées par un système de distribution de soin qui rémunère les structures et les professionnels de santé au nombre d’actes effectués, ont éloigné les centres de santé de leurs objectifs de santé publique et d’une prise en charge globale des individus dans leur environnement géographique, biologique, ­économique et social.

Fort de la montée en puissance des assurances complémentaires encouragées par le gouvernement socialiste et sa loi sur les réseaux de soins, le marché a pris le dessus. Il s’est emparé de ces structures, devenues des entreprises de production d’actes de soin, éloignant un peu plus cette possibilité d’un service public de santé libéré du poids des objectifs de rentabilité et consacré au bien-être et au bien-vivre des populations. Pourtant les centres de santé pourraient être des postes avancés de ce service public, proches des populations, adossés à des structures hospitalières et complémentaires des cabinets de ville.

Fred Albi

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 4 (npa)

secu

Secteur 2 : dépassements d’honoraires contre accès aux soins

En 2010, un médecin sur quatre en moyenne exerçait en secteur 2 à « honoraires libres » et facturait des compléments d’honoraires non remboursés par l’assurance maladie.

Cette proportion est nettement plus élevée parmi les médecins spécialistes, avec plus de 4 médecins sur 10. Un chiffre qui varie selon les spécialités : 58 % pour les chirurgiens libéraux, plus de 50 % pour les ORL, ophtalmologues ou gynécologues…Le dépassement moyen facturé est ainsi passé de 25 % à 54 % entre 1990 et 2010. (Source CNAM)

Des migrants exclus des soins

La droite et le Front national attisent le fantasme de milliers de migrantEs et d’étrangers pillant la Sécurité sociale et submergeant les services hospitaliers…

Tout cela est à l’opposé de la réalité : celle d’une très grande difficulté d’accès aux soins pour cette partie de la population. Quant à l’Aide médicale d’État (AME), dont le FN et Fillon demandent la suppression, elle ne représente que 0,7 % des dépenses d’assurance maladie…

Des milliers de migrantEs sans couverture médicale

Il s’agit soit de personnes arrivant pour la première fois et n’ayant pas trois mois de présence sur le territoire, soit de personnes éligibles à l’AME mais pour lesquelles la complexité du dossier à déposer est un obstacle.

Sans couverture médicale, comment se soigner ? Il existe deux possibilités : les centres de soins humanitaires et les PASS (permanences d’accès aux soins de santé) à l’hôpital public.

Les centres de soins humanitaires militants comme ceux du Comède (Comité médical pour les exilés) ou de Médecins du Monde (les Caso, Centres d’accueil de soins et d’orientation, 20 en France) ne font que se substituer aux carences du droit commun et sont tous surchargés.

Les PASS existent en principe dans tous les hôpitaux depuis la loi sur l’exclusion de 1998. En réalité, le tableau est moins idyllique : Ainsi, en Île-de-France, sur 16 PASS, seules 5 ou 6 sont fonctionnelles, avec de nombreux dysfonctionnements…

De plus, il existe une méconnaissance du dispositif au sein même de l’hôpital, l’interprétariat y est limité, et le personnel médical insuffisant et débordé. Les patients ne sont souvent pas prévenus qu’il faut demander un « bon PASS » pour obtenir la gratuité des prescriptions. Enfin, il y a refus de prise en charge immédiate pour des pathologies lourdes, comme des cancers.

Ajoutons que la pression est de plus en plus forte pour se préoccuper des comptes de l’hôpital et de la solvabilité, ce qui serait, paraît-il la nouvelle « éthique » du bon médecin1 !

Même avec l’AME, se soigner n’est pas si simple

Obtenir l’Aide médicale d’État est difficile : outre les trois mois de résidence en France à jus- tifier, il faut avoir des papiers d’identité qui sont souvent perdus au cours du trajet migratoire. Il faut aussi donner une adresse, ce qui est compliqué quand l’hébergement est précaire (à la rue, dans un squatt, etc.).

Même une fois obtenue, l’AME est refusée par 37 % des généralistes et par tous les spécia- listes qui pratiquent les dépassements d’honoraires. Les soins d’optique ou les prothèses dentaires ne sont pas pris en charge, et l’accueil n’est pas toujours bienveillant car la carte d’AME est stigmatisante.

Face aux scandaleuses campagnes du FN et de la droite pour la suppression de l’AME, qui représente pourtant un montant dérisoire des dépenses de santé, nous réclamons au contraire la prise en charge à 100 % pour toute personne résidant en France. Cela relève d’une éthique de solidarité, du respect du droit à la santé égal pour tous, et d’une politique de santé publique efficace.

Christian Bensimon

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 5 (npa)

act

Santé : Du côté des associations

Entretien. Quelle peut être la place des patients et de leurs associations dans le système de santé et dans les luttes pour le défendre ? Nous avons demandé son avis à notre camarade Jacques Giron, médecin hospitalier, à partir de sa pratique avec les militantEs d’Act Up à Toulouse.

Comment as-tu été amené à rencontrer les militantEs d’Act Up à Toulouse ?

Nous nous sommes retrouvéEs dans les combats que nous avons menés ensemble au sein du comité de défense de l’hôpital public, et dans des actions avec la CGT santé et SUD pour la défense de l’IVG. Cela a nourri des discussions.

Comment définissent-ils le rôle de leur association ?

Une association comme Act Up a pour mot d’ordre « information = pouvoirs ». Elle défend la notion d’usagerEs experts de sa pathologie. En effet, l’histoire de la lutte contre le sida a montré la réappropriation du savoir par les malades afin de pouvoir agir tant sur ceux qui ont le pouvoir de voter les lois pour permettre l’accès aux soins et aux droits, que sur le monde médical et sur celui de la recherche pour obtenir par exemple l’accès ­précoces aux molécules.

Comment cela s’est-il traduit à Toulouse ?

Act Up a investi la défense de l’hôpital La Grave et rejoint le comité de défense de l’hôpital public, parce que cet hôpital accueillait le centre de dépistage, les consultations VIH et les PASS1. Du point de vue du patient, il était hors de question de laisser transférer ces services en dehors du centre ville, où ils auraient été beaucoup plus difficiles d’accès. Pour eux, la notion de service public et d’égalité d’accès sur le territoire de proximité des soins est essentielle.

Le comité de défense de l’hôpital public est important parce que c’est un lieu d’expertise, d’échange, qui permet d’acquérir du savoir sur le fonctionnement de l’hôpital, sur le décryptage des lois sur la santé, sur le fonctionnement de la sécurité sociale et de son financement. Pour Act Up, la lutte pour la défense du système de santé en général et de l’hôpital public en particulier doit se mener avec tous les acteurs : usagerEs et personnels soignants et non soignants. Ils refusent aussi de se limiter à la seule défense des services en charge du VIH (le suivi des personnes séropositives se fait à 90 % au sein de l’hôpital) sans tenir compte de la défense de l’hôpital. C’est la globalité de l’hôpital et de la Sécurité sociale qui doit être protégée.

Quels sont leurs modes d’action ?

Les militantEs d’Act Up visent à la fois par leurs actions les centres de décisions politiques nationaux et régionaux, ainsi que les institutions telles que l’Agence régionale de santé (ARS). Ils agissent également sur le terrain auprès des directeurs d’hôpitaux ou des médecins chefs de service. Leur interpellation se fait soit par des réunions avec les personnes concernées, par des communiqués de presse, mais aussi par des occupations, le tout relayé par les médias.

Propos recueillis par un correspondant

L’anticapitaliste Hebdo – 15 Février 2017

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

philippe p

François Fillon et la santé : Faire la même chose… mais sans le dire

Pour François Fillon, l’homme qui prétendait annoncer à l’avance les mesures impopulaires qu’il allait prendre, le déni et le mensonge sont désormais la seule manière de tenter de sauver une campagne en perdition.

Il veut faire croire à ceux qui ont entendu Pénélope Fillon dire qu’elle ne s’occupait jamais des affaires de son mari, qu’ils se sont trompés. Il tente de faire croire aux millions de téléspec-tateurs qui l’ont entendu exposer son projet de santé à deux vitesses, qu’ils ont été victimes d’hallucinations, et qu’il aurait « juste posé une question légitime » (sic !).

C’est prendre celles et ceux pour qui l’accès aux soins est chaque jour plus difficile, pour des gogos et des imbéciles.

François Fillon, est obligé tenir compte du rejet massif de ses propositions. Aussi remplace-t-il les anciennes annonces, précises, de la « primaire à droite », par un nuage de fumée, et quelques mesurettes (remboursement des lunettes pour les enfants, aide à la complémentaire santé pour les retraités…) censées donner un verni « social » à la destruction programmée du système de santé.

Il n’explique à aucun moment comment « le niveau de prise en charge des dépenses de santé, [par la Sécurité sociale] ne diminuera pas », et comment il ramènerait à zéro les dépenses à la charge du patient pour les prothèses auditives et les dépassements d’honoraires, en 5 ans.

En réalité, sans le dire, le projet annoncé lors de la primaire à droite reste en arrière plan : basculer une partie croissante des soins, vers les assurances et les réseaux de soins concurrentiels privés. Il est confirmé par la mise en place d’une « agence de garantie de la couverture des dépenses de santé » commune à la Sécu et aux assurances.

Tout au plus Fillon concède-t-il que les assurances complémentaires n’augmenteraient pas « abusivement ». Mais ou commence l’ « abus » pour le châtelain de Sablé sur Sarthe ?

Par contre, dans sa course à l’échalote derrière Marine Le Pen, Fillon maintient fermement sa proposition honteuse de suppression de l’AME pour les étrangers en situation irrégulière, qui rappelons le représente 0,7% des dépenses de santé !

Face aux manque de personnel, criant dans les hôpitaux, Fillon esquisse un recul qui n’en est pas un : le non remplacement des emplois publics ne concernerait que les agents adminis- tratifs (merci pour les administratifs et les patients qui, par exemple, doivent attendre des mois des comptes rendus d’examens) et le retour aux 39 heures se ferait « progressivement », après négociation…mais aurait quand même bien lieu !

Les personnels hospitaliers ont donc toutes les raisons de ne pas se laisser endormir, et de participer aux grèves, et à la manifestation nationale du 7 Mars à Paris, pour défendre leurs emplois, leurs conditions de travail, leurs salaires, et un service public hospitalier de qualité pour tous.

Bordeaux, le 21 février 2017

https://poutou2017.org/

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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

intervention au meeting poutou (npa 22)

servives pub

INTERVENTION DE LA CAMARADE DU NPA LORS DE LA REUNION PUBLIQUE DE BEGARD LE 15 FEVRIER.

QUELQUES MOTS SUR LES POLITIQUES PUBLIQUES ET LES SERVICES PUBLICS
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Les directives européennes ont privilégié le tout marché, par la priorité donné à la libre concurrence. Ces politiques ont ensuite été déclinées nationalement visant à la destruction des services publics pays par pays.
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Par les choix politiques et budgétaires, les gouvernements successifs droite ou gauche se dissimulant derrière les directives européennes, ont mis à mal le sens premier de l’action publique qui est de servir l’intérêt général. Les discours tenus lors des primaires ne nous ont pas rassurés sur ce point, certains allant jusqu’à annoncer la disparition de 500 000 fonctionnaires. Qui dit mieux?
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Les dernières décennies ont vu l’affaiblissement des services publics.
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Ces services publics sont notre héritage et notre bien commun, ces services accessibles à tous qui permettent à tout un chacun d’accéder à une forme d’égalité. Cette politique de désenga- gement de l’ Etat s’accompagne d’un affaiblissement de la présence territoriale des services. Ceux-ci ont été pour certains démantelés par des privatisations totales ou partielles. Cela a commencé avec France Télécom, La Poste.
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Nous l’avons vu dans nos campagnes avec la fermeture de bureaux de poste et la diminution des horaires d’ouverture.
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La Fonction Publique Hospitalière est largement touchée par cette redéfinition du service public. Nous avons vu apparaître les partenariats Public/Privé notamment pour le financement de centre hospitalier qui sont souvent une catastrophe sur le plan budgétaire. Dans le film sur la sécurité sociale : « La sociale» un exemple est donné de ce type de partenariat. Un  méde- cin expliquant que le coût de la réparation d’une fenêtre, demandé par le partenaire privé ( pas très grande ) avoisinait les 15 000 euros. Et qui paye à votre avis ? Ces partenariats sont faits avant tout pour faire des profits.
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Bon nombre de services publics ont été démantelés par des privatisations totales ou partielles, d’autres ont été totalement désorganisés sous couvert de « rationalisation » et bon nombre d’entre eux ont subi des réductions massives d’effectifs. Et si par ce biais, les services publics deviennent moins efficaces, c’est l’occasion pour les « tenants des lois du marché » de les dénigrer et de déclarer que la privatisation de ces services serait la solution.
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Souvenez-vous des propos de Denis KESSLER N°2 du MEDEF qui disait que les français appréciaient trop leurs services publics. Il faut donc les déprécier et les casser. Et déclarer que la privatisation de ces services est la solution.
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Ce sont ces politiques qui sont encore à l’oeuvre aujourd’hui .
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Après les réorganisations des services de l’ Etat, de la Fonction Publique Hospitalière, c’est à présent les collectivités territoriales qui sont dans la ligne de mire. La réorganisation adminis- trative en lien avec la loi Notre conduit à une bipolarisation Région/ EPCI qui va permettre ce type de réorganisation dans les collectivités territoriales.
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Dans les départements, la baisse des dotations de l’ Etat soit 32 millions d’euros pour le département des Côtes d’Armor conduit les élus « bons élèves»comme le Président du Département à déclarer dans le dernier Côtes d’Armor Magazine «Il est donc essentiel de maîtriser nos dépenses de fonctionnement au regard de la baisse des dotations de l’ Etat » expliquant que les dépenses de fonctionnement, c’est par exemple les factures de téléphone, d’essence et d’eau  pour un ménage! Et il oublie les personnels ! Alors que c’est un des postes les plus importants !
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Sous couvert de réforme, méfions nous ce ce terme car il n’annonce jamais rien de bon. Il annonce pour 2017, la réforme sociale «qui selon lui vise à sauver les services d’aide à domicile, à préserver les 2700 emplois et surtout à garantir une continuité du service pour les usagers» Foutaises, que ce discours! C’est tout le contraire qui se passe, certains services d’aide à domicile sont dans de telles difficultés financières qu’il faut s’attendre à des fermetures ou à une privatisation rampante comme à Plouaret. Exemple de Ti Jikour, service d’aide aux personnes agées. Derrière la mise en place de toutes ces politiques, il y a des femmes et des hommes qui en bavent.
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Derrière « ces restructurations incessantes, ces réorganisations systématiques de services, de recompositions continues de métiers, de fusions, de projets d’externalisation comme à la Roche-Jagu, de réinternalisation comme les CLIC au Département ( Les CLIC ce sont les comités locales de coordination pour les personnes âgées), de redéfinition de mis- sions, de mobilités imposées notamment pour des chefs de service qui connaissaient leurs dossiers et qui sur un autre poste deviennent incompétents, de déménagements, l’objectif est de faire perdre au personnel ses points de repères et cela c’est fondamental.
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Je ne vais pas m’étendre sur cette question car j’ai peu de temps mais je vous invite à prendre connaissance du dernier chapitre du livre de Danièle LINHART, la comédie humaine au travail dans lequel elle décrypte les processus de déstabilisation du salariat notamment par le mana- gement. Perte de sens du travail, perte de repères, attaque des métiers,démantèlement des collectifs de travail, individualisation, perte de solidarités par l’instauration d’une prime indi- viduelle( le CIA), attaque du statut de la Fonction Publique. Merci Madame LEBRANCHU.
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Tout concourt à casser les résistances. En 2020, le département doit disparaître. Il faut donc casser les derniers lieux de résistances dans le social, les routes … Alors pour finir sur une note plus optimiste car il est important de connaître les armes de l’adversaire mais cela ne doit pas nous conduire à baisser les bras.  Cette Présidentielle est l’occasion de se rappeler combien la défense des services publics est importante, que les fonctionnaires ne sont pas des parasites, ni des privilégiés comme certains veulent le faire croire, qu’ils ont une haute idée de leurs missions et que souvent l’on s’aperçoit qu’ils sont utiles quand ils ne sont plus là.
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Nous voulons des moyens humains à la hauteur des besoins et des enjeux. La mise en œuvre des politiques publiques ne sauraient se passer de ces moyens. En effet, les agents publics constituent une richesse productive au service de l’action publique dont la mission est d’assurer un exercice du service public impartial, égal pour tous dans l’intérêt général.
Nous ne voulons pas d’une société inégalitaire au sein de laquelle les plus nantis seront les mieux servis.
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Merci de votre écoute
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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

démantèlement (npa)

nucleaire-grand-soir

Démantèlement des installations nucléaires : un rapport incomplet mais accablant

Selon la députée PS du Doubs Barbara Romagnan, rapporteuse de la Mission d’information relative à la faisabilité technique et financière du démantèlement « le coût du démantèlement du parc nucléaire français serait sous-estimé et, malgré quinze ans d’études, la faisabilité technique ne serait pas assurée. »

Après six mois de travaux, 70 auditions et plusieurs visites, les parlementaires constatent que la filière nucléaire n’a pas anticipé le démantèlement de ses installa- tions et qu’implicitement elle s’appuie sur des hypothèses qui lui sont favorables comme la poursuite du programme électronucléaire.

Ce rapport relève des faits déjà connus mais qu’il est toujours bon de rappeler.

C’est l’ensemble des installations nucléaires construites il y a plus de 40 ans qui est concerné. EDF compte 58 réacteurs à eau pressurisée (REP) en fonctionnement et neuf réacteurs à l’arrêt définitif (à Marcoule, Bugey, Chinon, Saint-Laurent, Chooz…), Brennilis (eau lourde), Superphénix (réacteur au sodium). S’y ajoutent les usines nucléaires Areva comme Georges Besse 1 à Tricastin, FBFC à Romans-sur-Isère, les installations civiles et militaires du CEA ainsi qu’à terme d’autres installations du cycle, comme l’usine Melox à Marcoule et l’usine de retraitement de La Hague…

Le démantèlement de Brennilis, fermé en 1985, est interminable : confié pour partie à une entreprise privée (Onet Technologies), EDF estime aujourd’hui qu’il ne pourra être achevé qu’en 2032. Soit 47 ans après sa mise en arrêt ! Entre-temps, la facture a été multipliée par 20 (482 millions d’euros selon la Cour des comptes en 2005). Et à ce jour, même les parlementaires n’ont pu obtenir une estimation des sommes déjà déboursées.

Quant au démantèlement complet des six réacteurs UNGG (filière uranium naturel graphite gaz) à Bugey, Saint-Laurent et Chinon, EDF vient de le repous- ser à l’an 2115 ; les difficultés techniques sont telles que toutes les entreprises consultées ont décliné les appels d’offre !

EDF et l’État français misent sur l’allongement de la durée de vie des centrales de quarante à soixante ans.

Cette stratégie permet de retarder le démantèlement. Ce pari semble surprenant et audacieux à la députée « car EDF n’a pas reçu l’aval technique de l’Autorité de sûreté nucléaire pour la poursuite et le prolongement de ces centrales. »

Mais surtout ce rapport élude la question de fond… Faut-il démanteler les sites nucléaires ?

Les industriels, Onet Technologies, mais aussi Areva qui a constitué une filière « valorisation des sites » ou encore Veolia associé au CEA,  voient là un nouveau marché juteux de ponction des fonds publics. Julien Aubert, député LR du Vaucluse et président de la mission d’information. « n’exclut pas de mettre EDF en concurrence avec d’autres opérateurs de décontamination si le chantier s’annonçait compliqué. ».

Mais démantèlement signifie création d’une masse considérable de déchets radioactifs, transportés sur toutes les routes de France avec les risques que ça comporte, qui s’ajouteraient aux déchets existants. Leur volume, évalué à 1 320 000 m³ en 2010, devrait passer à 2 700 000 m³ d’ici 2030.

On ne sait déjà plus quoi faire des déchets nucléaires à part les enterrer définiti- vement à 500 m sous terre pour les plus radioactifs (CIGEO) ou dans d’immenses hangars (CSA, dans l’Aube). Pour les plus faiblement radioactifs, les volumes sont tels qu’il est envisagé soit de les disperser dans les 16 ISDD existantes (installations de stockage de déchets dangereux), soit d’élever le seuil de « libération », pour les écou- ler dans l’industrie ou le BTP. À Bure avec CIGEO mais aussi à Bugey avec ICEDA (Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés), des luttes s’organisent parmi la population.

Pour le NPA, l’arrêt nécessaire de toutes les installations nucléaires ne peut se faire en toute sécurité qu’à la condition de tout conserver sur le site lui-même (à l’exception peut-être de quelques sites en zone de tremblement de terre ou d’inon- dation), en interdisant tout transport et toute dispersion des déchets radioactifs. Une fois un site vidé de son combustible, on le condamne, on le sécurise et on le garde sous surveillance. Les terrains où sont implantés des réacteurs sont de toute manière perdus à tout jamais.

Le démantèlement devient un marché attirant pour le capitalisme nucléaire : fabri- cation de remblais routiers, utilisation des métaux contaminés pour… construire de nouvelles installations nucléaires. Il convient donc dès aujourd’hui de s’y opposer avec vigueur.

Commission nationale écologie

Jeudi 9 février 2017

https://npa2009.org/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

7 mars

arton1455

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