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02 février 2022 ~ 0 Commentaire

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D’où vient l’obsession identitaire dans l’histoire politique française?

La problématique de l’identité nationale n’a pas toujours été l’apanage de l’extrême droite mais un long processus qui a accompagné la construction de la République.

En ce début de campagne présidentielle française, le débat politique s’est surtout focalisé sur les thématiques identitaires, aux dépens d’autres sujets qui, tels la crise sanitaire ou l’urgence climatique, semblaient pourtant davantage correspondre au contexte de l’élection. Cette obsession identitaire est l’aboutissement d’un processus séculaire, au cours duquel le concept d’identité s’est progressivement imposé d’abord au sein de l’extrême droite intellectuelle, puis plus largement dans l’ensemble du champ politique.

La problématique de l’identité nationale n’a pas toujours été l’apanage de l’extrême droite. Tout au long du 19è siècle, l’idée de Nation a été portée par les forces révolutionnaires et démocratiques. En France, elle a accompagné la construction de la République, autour d’une idéologie intégratrice et universaliste.

Comme l’a souligné l’historien Raoul Girardet dans une étude pionnière , c’est au moment de la crise boulangiste et plus encore de l’affaire Dreyfus , au tournant des19 et 20é siècles, que le nationalisme français se transforme et bascule à droite, voire à l’extrême droite. La Nation française est alors perçue comme une réalité menacée aussi bien par des forces extérieures (l’Allemagne) que par les ennemis de l’intérieur : les Juifs, les étrangers, les francs-maçons.

Un thème émergeant progressivement à l’extrême droite

L’œuvre d’une nouvelle génération d’intellectuels, marquée notamment par Maurice Barrès et Charles Maurras constitue le socle idéologique de forces politiques d’extrême droite qui, tout au long du 20è siècle, défendent la France contre les ennemis qui l’assaillent et contestent le parlementarisme républicain et le modèle de la démocratie libérale.

Les ligues nationalistes qui, le 6 février 1934, manifestent à proximité de la Chambre des députés pour protester une République inefficace et corrompue entendent rendre « la France aux Français ». La Révolution nationale, lancée en 1940 par le régime du maréchal Pétain, entend restaurer, à l’ombre de l’Allemagne nazie, une identité française intemporelle et en grande partie fantasmée, marquée notamment par le catholicisme et la ruralité.

Les compromissions de la collaboration jettent durablement l’opprobre non seulement sur le régime de Vichy, mais aussi sur l’extrême droite et les thématiques nationalistes et identitaires dont elles se réclament. La sensibilité nationaliste est alors récupérée par le gaullisme , qui en développe une version compatible avec les valeurs de la République et confiante dans la grandeur de la France.

C’est lorsque décline le gaullisme historique, à la fin des années 1960 que l’extrême droite identitaire réapparaît, dans le champ intellectuel d’abord. Elle s’appuie sur le sentiment d’un déclin de la France, marqué notamment par la perte de son empire colonial et le risque d’une dilution dans une Europe de l’Ouest dominée par les États-Unis.

Elle exploite également l’angoisse suscitée par la mondialisation des flux économiques et migratoires. Structurée autour d’organisations intellectuelles (comme le GRECE, créé en 1969) et de groupuscules politiques (Ordre Nouveau, également créé en 1969), cette extrême droite entend défendre l’identité française, en rappelant l’enracinement des individus dans une communauté nationale elle-même inscrite dans une civilisation européenne millénaire, menacée notamment par l’immigration arabo-musulmane.

C’est sur ce socle idéologique que s’appuie le Front national, créé en 1972 par Jean‑Marie Le Pen qui, significativement, remet à l’honneur l’épithète « national ».

Le Front national en caisse de résonance

Pendant les dix premières années de son existence, le Front national (FN),ne parvient d’abord pas à sortir de la situation marginale dans laquelle semble cantonnée l’extrême droite française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est à l’occasion des élections européennes de 1984 qu’il s’impose sur la scène politique, en recueillant près de 11% des voix.

Cette progression soudaine s’inscrit dans un contexte de crise politique et sociale, marquée notamment par l’avènement du chômage de masse, la désindustrialisation, le fossé grandissant entre les catégories populaires et les élites politiques.

Le FN parvient à capter les inquiétudes provoquées par cette crise en faisant de l’immigration le point de cristallisation des difficultés françaises. L’immigration est responsable à la fois de l’insécurité, symbolisée notamment par les violences qui embrasent les banlieues à partir de « l’été chaud » de 1981, et du chômage : en 1978 déjà, le FN lançait une grande campagne d’affiche autour du slogan « 1 million de chômeurs, c’est 1 million d’immigrés de trop », slogan qu’il actualise en 1982 en portant le chiffre à 3 millions de chômeurs et d’immigrés…

Les discours du FN exploitent alors de façon quasi obsessionnelle le péril de l’immigration, en recourant volontiers à des provocations. Jean‑Marie Le Pen prophétise ainsi, en janvier 1984 :

« Demain, les immigrés s’installeront chez vous, mangeront votre soupe et coucheront avec votre femme, votre fille ou votre fils ».

Le succès de ces diatribes hostiles à l’immigration conduit le FN à développer de façon cohérente une thématique à la fois identitaire et populiste, nourrie notamment par les travaux du Club de l’Horloge . Ce think tank qui, depuis les années 1970, relaie les réflexions de la Nouvelle Droite au sein de la droite modérée fournit d’ailleurs au FN une nouvelle génération de dirigeants, notamment Bruno Mégret, numéro 2 du parti à partir de 1988.

Mégret lance en 1989 la revue Identité et présente en 1991 « cinquante mesures pour régler le problème de l’immigration » et met en exergue la notion de « préférence nationale » qu’il entend d’ailleurs appliquer dans la ville de Vitrolles dont sa femme est élue maire en 1997.

Son exclusion du FN, en 1998, relègue au second plan ces thématiques identitaires, au profit de la rhétorique plus tribunitienne de Le Pen. De nouveaux groupes d’extrême occupent alors l’espace politique ainsi libéré, tel le Bloc identitaire, créé en 2002.

Une extension vers l’ensemble du champ politique

Jusqu’au début du 21è siècle, le thème de l’identité nationale reste malgré tout marginal dans le champ politique français et se cantonne à l’extrême droite.

Au cours de l’élection présidentielle de 2002, les débats se focalisent d’abord sur la souveraineté nationale, défendue par Jean‑Pierre Chevènement à la tête de son « pôle républicain » qui regroupe les souverainistes de gauche et de droite en vue de défendre l’indépendance et les valeurs de la République française, puis celui de l’insécurité, dont s’emparent ceux qui se combattront au second tour (Jacques Chirac et Jean‑Marie Le Pen).

Cinq ans plus tard, Nicolas Sarkozy fait de la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale une proposition emblématique – et particulièrement clivante – de sa campagne, autour de laquelle vont devoir se positionner ses concurrents, y compris la socialiste Ségolène Royal. L’immigration s’inscrit dans une thématique plus large, la question identitaire, qui permet à Sarkozy d’attirer plus du tiers des électeurs habituels du Front national et de remporter l’élection .

Une banalisation de la question identitaire

Cette banalisation de la question identitaire s’explique par de multiples facteurs. La montée du terrorisme islamiste, marquée par des vagues successives en France (en 1985-1986 d’abord, puis au milieu des années 1990 et enfin à partir de 2012), a déplacé les termes du débat politique sur l’immigration. Ce qui est en jeu, ce n’est plus le chômage des « Français de souche » ou leur sécurité au quotidien, c’est bien l’intégrité d’une identité française, façonnée par le christianisme et menacée à la fois par le terrorisme islamiste et par un communautarisme d’origine religieuse qui s’exprime publiquement, depuis « l’affaire du foulard » porté à l’école par des jeunes lycéennes à Creil en 1989.

La lutte contre cette double menace, terroriste et communautariste, permet à la thématique identitaire de dépasser le cadre de l’extrême droite et de nourrir de nouvelles thématiques : la laïcité, devenue le point central d’un modèle républicain qui intègre l’ensemble des particularismes dans une communauté nationale une et indivisible ; et l’affirmation de la fierté d’être Français, que Nicolas Sarkozy exprime en promouvant une conception de l’histoire qui réconcilie les Français avec le « roman national », loin de tout sentiment de repentance, notamment par rapport au passé colonial de la France.

Les attentats de 2015 n’ont fait que renforcer cette polarisation sur les thématiques identitaires, même s’ils n’entraînent pas forcément une radicalisation de l’opinion publique. Le Front national dépasse 27 % des voix aux élections régionales de décembre 2015. Le président de la République François Hollande propose alors la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation. Certains refusent toutefois de céder à cette surenchère.

Lors des primaires de la droite et du centre, en 2016, Alain Juppé fait campagne sur « l’identité heureuse ». Quant à Emmanuel Macron, il est élu en 2017 contre Marine Le Pen, sur un projet délibérément européen et tournant le dos au nationalisme.

L’influence de la mouvance identitaire

Même si elle marque un coup d’arrêt à la progression électorale du Front national, la victoire d’Emmanuel Macron ne met pas fin à l’activité d’une mouvance identitaire, très présente sur les réseaux sociaux.

Esquissée dès le milieu de l’année 2021 et annoncée officiellement fin novembre, la candidature présidentielle de l’essayiste Eric Zemmour récupère les principales propositions du Front  national des années 1990 devenu Rassemblement national en 2018, (arrêt de l’immigration et du regroupement familial, préférence nationale, abrogation du droit du sol), en en faisant les éléments clefs d’un combat pour la civilisation.

Le nom qu’il donne à son mouvement, Reconquête, fait d’ailleurs explicitement référence à la Reconquista de l’Espagne arabo-andalouse par les catholiques, à la fin du Moyen-âge. L’historien Laurent Joly a d’ailleurs démontré qu’Eric Zemmour falsifie l’histoire de la France au service d’un nationalisme ethnique et identitaire qui renoue avec la Révolution nationale du maréchal Pétain.

Le succès médiatique de la candidature d’Eric Zemmour montre l’influence d’une culture politique qui mêle défense de l’identité nationale, crainte de l’étranger et plus particulièrement du musulman, hantise du déclin voire de la dilution de la nation française et de la civilisation européenne.

On retrouve ces thèmes dans le discours du Rassemblement national et, de façon plus atténuée et moins homogène chez Les Républicains ou même dans la mouvance macroniste, comme en témoignent notamment les propos de plusieurs ministres (Gérald Darmanin, Jean‑Michel Blanquer, Frédérique Vidal) contre « l’islamo-gauchisme ». Cette évolution est l’un des symptômes de la droitisation du champ politique et de l’opinion publique française depuis le début du 21é   siècle.

1 février 2022 Mathias Bernard, Université Clermont Auvergne (UCA)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original .

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22 janvier 2022 ~ 0 Commentaire

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Présidentielle : selon un sondage, la gauche peine de plus en plus à rassembler dans les quartiers populaires

L’Ifop a publié vendredi une étude sur les intentions de vote dans les banlieues à moins de trois mois du premier tour de la présidentielle. Pas plus de 36% des voix se porteraient vers la gauche.

La gauche perd des points dans les banlieues populaires. C’est le constat principal de la dernière étude de l’Ifop pour Ecran de veilles, la revue du site GlobalWatchAnalysis, publiée vendredi. Les intentions de vote pour les divers candidats de gauche à la prochaine présidentielle ne dépassent pas 36%. Un score relativement bas si on le compare à 2012 où plus de la moitié des électeurs habitant dans les quartiers populaires avaient voté à gauche. A moins de trois mois du premier tour, le paysage plus que divisé semble déboussolé dans les fiefs historiques de cette famille politique hétérogène.

Un mouvement « cohérent avec le reste du pays », commente le géographe et cartographe, Sylvain Manternach. Cet électorat « est peut-être dubitatif devant la multiplication des candidatures, le Covid et le fait que la gauche ait un peu de mal à se raccrocher au pouvoir », poursuit-il.

La gauche voit ses territoires s’envoler au profit de l’extrême droite

La tendance n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue. Les figures de gauche ont du mal à mobiliser dans ces territoires marqués par le chômage et la pauvreté au profit des candidats d’extrême droite. Les électeurs résidant dans des quartiers populaires seraient 35% à diriger leur vote vers Marine Le Pen , Eric Zemmour ou encore Nicolas Dupont-Aignan contre 28,4% en 2017 et à peine 21,9% en 2012, selon cette même étude.

Une partie de l’électorat cède à ces représentations très négatives sur les gens issus de l’immigration

Pour Sylvain Manternach, une partie des habitants des quartiers populaires « se retrouvent dans ce discours » national populiste. « Dans ces quartiers, il y a une population issue de l’immigration souvent assez nombreuse. Une partie de l’électorat cède à ces représentations très négatives sur les gens issus de l’immigration, sur leur rôle supposé dans la délinquance, dans le déclin de la nation ou leur peu de respect ou d’amour pour la France… Ce sont des discours qui reviennent souvent dans les rangs de Marine Le Pen », explique le chercheur.

Le vote Mélenchon résiste

Le vote de gauche, s’il n’a pas complètement disparu, se dirige progressivement vers des positions plus radicales. Ainsi, près de 26% des électeurs pencheraient pour des candidats tels que Jean-Luc Mélenchon , Fabien Roussel, Philippe Poutou ou encore Nathalie Artaud. Ils ne sont que 10% à opter pour des idées plus modérées incarnées par Yannick Jadot ou bien Anne Hidalgo .

Dans cette famille politique désunie, le candidat de la France Insoumise apparaît comme étant le plus courtisé. Plus précisément dans les quartiers prioritaires, encore plus touchés par la pauvreté. Le vote y est majoritairement ancré à gauche avec 56% des intentions et 37% uniquement pour Jean-Luc Mélenchon.

« En 2012, François Hollande réalisait des scores astronomiques. En 2017 avec l’effondrement du PS, Jean-Luc Mélenchon en a profité. Je ne vois pas de rapport à la radicalité, mais plus un vote considéré comme utile à gauche », explique Sylvain Manternach.

Selon le géographe, le discours de l’écologiste Yannick Jadot peut également être inaudible dans les quartiers populaires où les enjeux sociaux sont prédominants. « On a parlé au moment des gilets jaunes des ‘fin du mois’ contre les ‘fin du monde’, dans ces quartiers là, c’est une formule qui a malgré tout un peu de sens », affirme-t-il.

Le pouvoir d’achat en tête des préoccupations

Les habitants interrogés sur ces territoires ont généralement de fortes attentes en ce qui concernent les services publics, notamment dans le domaine de la santé au regard de la crise sanitaire du Covid-19.

Mais les électeurs se disent également préoccupés par des besoins matériels : le pouvoir d’achat, la hausse des salaires et la lutte contre le chômage. La précarité et l’éducation sont aussi prégnants à la différence des questions de sociétés (lutte contre le sexisme, le racisme et la haine contre les LGBT) qui mobilisent beaucoup moins.

Mais en troisième position arrive un thème de campagne cher à la droite et à l’extrême droite : l’insécurité. Plus de 74% des sondés se disent concernés par le sujet.

21 janvier 2022 Manon Bernard

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10 janvier 2022 ~ 0 Commentaire

sondages (huff’)

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Tous les sondages de la présidentielle 2022 dans notre compilateur

Macron-Le Pen, le match retour au printemps? Les intentions de vote à 3 mois du 10 avril 2022 n’infirment pas cette possibilité.

 Un président en campagne, mais toujours pas officiellement candidat. À exactement trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, et si on laisse de côté l’éventuelle entrée en jeu de Christiane Taubira, il reste une inconnue: savoir quand Emmanuel Macron entrera vraiment dans la course à sa succession. S’il ne fait guère de doute qu’il sera sur la ligne de départ le 10 avril, l’actuel chef de l’État garde un malin plaisir à faire durer le suspens.

Et cela lui réussit plutôt bien. Enfin jusqu’à présent. Car on a vu en fin de semaine dernière dans l’enquête YouGov pour Le HuffPost que les Français lui ont fait payer cash sa sortie sur les non-vaccinés qu’il veut “emmerder”. Cela finira-t-il par se traduire aussi dans les intentions de vote? C’est d’autant moins certain qu’il jouit d’un socle de fidèles qui ne semble pas bouger depuis cinq ans.

Comme on peut le voir dans notre compilateur de sondages, Emmanuel Macron bénéficie en effet d’une stabilité aux alentours de 24%, son score de premier tour en 2017. En ce début janvier, il est même -dans notre outil- à 25,3% en moyenne, soit son total le plus élevé depuis la fin octobre.

Si Emmanuel Macron est accroché très solidement à la première place, la deuxième est nettement plus disputée. A un trimestre du vote, deux femmes se détachent. Avec un chassé-croisé par rapport à notre dernier article du mois de décembre.

Marine Le Pen redouble Valérie Pécresse

Si avait capitalisé sur sa victoire au Congrès LR pour faire un bond et s’imposer sur l’affiche, Valérie Pécresse fléchit à présent. De 17,4% elle est passée à 16,1% en moyenne. Et comme dans le même temps Marine Le Pen (qui avait décroché au dernier trimestre 2021) retrouve des couleurs, la donne est inversée. Avec 16,6%, la présidente du RN retrouve la deuxième place qui était la sienne en 2017 et à laquelle elle semblait promise à la fin de l’été.

C’était à une époque où Eric Zemmour n’avait pas encore surgi. L’ancien journaliste du Figaro et de CNews continue de plafonner (12,5%, sa plus mauvaise moyenne depuis fin septembre) mais avec son positionnement à l’extrême droite, il empêche toujours Marine Le Pen d’atteindre la barre des 20%. Voilà donc pour la droite et l’extrême droite.

A quand une dynamique pour la gauche?

Et la gauche? L’analyse est désespérément la même depuis que nous publions ce compilateur. Divisée comme elle l’est, elle n’arrive pas à peser dans la compétition pour accéder au second tour de la présidentielle. Janvier devait s’annoncer comme le mois de l’éclaircie mais en ce lundi 10, il est impossible de dire qui sera bien sur la ligne de départ.

Engluée à moins de 5%, Anne Hidalgo avait tenté un coup de poker en réclamant une primaire. Résultat: aucun autre candidat à part Arnaud Montebourg (et Christiane Taubira qui s’est invitée à la surprise générale) n’a pas daigné lui dire oui. Et dans les sondages, aucune amélioration n’est visible: la maire de Paris reste sous les 4%.

Devant elle, Yannick Jadot fait bien le double de son score. Mais avec 7,3% en moyenne, le candidat écologiste peine à séduire et il se raccroche à l’idée que sa candidature décollera quand la campagne débutera vraiment.

C’est aussi ce qu’espère Jean-Luc Mélenchon, qui continue de faire la course en tête de ce côté de l’échiquier politique. Mais le leader de la France insoumise qui promet un meeting inédit ce dimanche ne connaît pas non plus de percée fulgurante. Avec 9,4% en moyenne, il est environ 3 points en deçà de son score de janvier 2017.

10/01/2022 Alexandre Boudet

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16 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

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Covid-19 : 60% des Français trouvent « justifié » que les ministres soient poursuivis sur la gestion de la crise

Notre enquête Ifop montre qu’une majorité de Français est favorable à ce que les ministres soient jugés sur leur gestion de la crise du Covid-19.

Alors que la mise en examen d’Agnès Buzyn par la Cour de justice de la République pour « mise en danger de la vie d’autrui » sonne comme un coup de tonnerre pour la gestion de la crise sanitaire par l’exécutif, cette décision apparaît aujourd’hui validée par une large majorité des Français : 60% considèrent qu’il est « justifié » que des ministres soient poursuivis par la justice sur leur gestion de la crise sanitaire, alors même que celle-ci n’est pas finie – ils sont même un tiers (33%) à voir ces poursuites comme « tout à fait » justifiées.

Fait rare : cette justification prêtée aux poursuites est majoritaire dans la quasi-totalité des catégories de population, à l’exception notable des sympathisants de La République en Marche (25%) et les électeurs d’Emmanuel Macron (45%) au premier tour de l’élection présidentielle de 2017.

Sans surprise, les proches de La France Insoumise (85%, dont 55% « tout à fait ») et ceux du Rassemblement national (72%, dont 48% de « tout à fait ») apparaissent comme les plus virulents à l’égard des ministres, comme les 25-34 ans (70%) et les catégories populaires (74%).

16 septembre 2021 Jean-Philippe Dubrulle, directeur d’études à l’Ifop

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14 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

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Des « jet-skis » pour lutter contre les réfugiés dans la Manche

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06 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

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Départementales : le choc pour le PCF

Dimanche amer pour le Parti communiste… Le Val-de-Marne, dirigé en continu par un communiste depuis 1976, passe à droite. C’est un nouveau coup dur pour la « banlieue rouge ».

Il y a certes les élections régionales. Le PCF avait 28 conseillers sortants sur les 1 726 sortants, répartis dans cinq régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Ile-de-France, Occitanie et Normandie).

Il va entrer dans cinq nouvelles régions, sans que l’on sache quel sera le nombre final de ses conseillers : Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France, Nouvelle Aquitaine et Pays de la Loire. Dans la semaine, Fabien Roussel ajoutait officiellement, à ce constat, que le PC aurait plus de 150 sièges de conseillers départementaux.

Il faudra attendre un peu pour avoir un bilan complet de la représentation communiste départementale : on trouve des candidats du PCF dans les binômes effectivement classés comme « communistes », mais aussi sous les étiquettes de « divers gauche », « union de la gauche » ou « union de la gauche avec des écologistes ».

Les analyses qui suivent portent donc sur un effectif limité de 110 cantons : 88 où un communiste au moins avait été élu en 2015 et 25 autres où un binôme classé « communiste » était présent au second tour.

Sur cet ensemble, les chiffres bruts sont les suivants.

Sur les 88 cantons « sortants », 65 cantons ont maintenu leur représentation communiste et 23 l’ont perdue, soit un quart environ.

Sur les 25 cantons « non sortants », 7 ont été gagnés (soit un peu moins d’un sur trois). Les gains sont dans les Alpes-de-Haute-Provence (Château-Arnoux-Saint-Auban), les Bouches-du-Rhône (Marseille-11), les Hautes-Pyrénées (Bordères-sur-l’Echez), le Pas-de-Calais (Lillers), la Seine-Maritime (Dieppe-2), le Vaucluse (Avignon-3) et le Loiret (Orléans-3).

Mais les gains de second tour n’effacent pas l’amertume de pertes souvent symboliques, dans 15 départements.

Dans l’Allier, le PC perd quatre cantons, dont Montluçon-2 et Bourbon l’Archambault (même si c’est de justesse). Dans les Alpes-Maritimes, c’est le cas de Contes, communiste depuis 1970. Il en est de même pour Arles et Gardanne, pour Firminy dans la Loire, pour un canton d’Alès dans le Gard ou pour Étain dans la Meuse.

Mais le plus dur concerne bien sûr la petite couronne parisienne, une fois de plus écornée.

Les dégâts sont limités en Seine-Saint-Denis, où les communistes conservent quatre cantons (Saint-Denis-Stains, Bobigny, Montreuil-2, Tremblay-en-France), mais perdent Aubervilliers. Le coup de tonnerre est la perte – annoncée et réalisée – du Val-de-Marne, 13 ans après celle du « 93 ».

On sait que le profil des deux départements les plus emblématiques du communisme municipal a en fait toujours été bien différent.

La Seine-Saint-Denis a été longtemps un territoire d’hégémonie incontesté : en 1977, les 27 communes administrées par le PC regroupaient à elle seules près de 80% de la population du département et en 1978 les neuf députés du « 93 » sont tous communistes. Il n’en fut jamais de même dans le Val-de-Marne.

Quand le département est créé, au milieu des années 1960, ses concepteurs ont en effet décidé de regrouper la partie nord « rouge » ‘appartenant à l’ancien département de la Seine) et la partie sud venue de l’ancienne Seine-et-Oise, plus ruralisée et vouée à l’expansion des villes nouvelles.

Les communistes administraient certes près de la moitié de la population départementale, mais la droite est restée toujours à l’affût (elle dirigea même le département entre 1970 et 1976). La perte de nombreuses municipalités en 2020 laissait entrevoir un basculement, mais sans que l’on puisse conclure à son inéluctabilité.

Si l’équilibre municipal est depuis 2020 au net avantage de la droite (29 communes contre 15 pour la gauche), l’écart est moins net en termes de population (57% administrés par la droite, 43% par la gauche).

Mais à l’arrivée le constat est sans appel. La droite ne perd aucun canton et ravit au PCF les deux de Champigny et celui de Choisy, les écologistes (qui font partie de la majorité départementale) enfonçant un peu plus le clou en s’emparant du deuxième canton de Vitry. La majorité a donc exactement basculé : 28 pour la droite et 22 pour la gauche. Évincés de la direction du département, les communistes ne sont même plus majoritaires dans le groupe de la nouvelle opposition.

Dans le match global des départementales, la droite est gagnante : elle dirigeait 67 départements, elle perd la Charente, les Côtes-d’Armor et peut-être la Seine-Maritime, mais gagne les Alpes-de-Haute-Provence, le Finistère, le Puy-de-Dôme et le Val-de-Marne.

Les communistes font les frais de cette dynamique : le PCF ne gère plus aucun département. Le « communisme municipal » s’accroche, mais il ne s’appuiera plus sur le modèle de ses deux départements phares.

Roger Martelli 28 juin 2021

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Lire aussi:

Élections régionales et départementales : les faux-semblants

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24 juin 2021 ~ 0 Commentaire

droits des femmes (el diario)

femme ecrivain

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Les fonds destinés à supprimer les droits des femmes et des LGBTI en Europe ont quadruplé en dix ans

Le rapport du Forum parlementaire européen sur les droits sexuels et reproductifs (EPF) intitulé « The Tip of the Icerberg » (la pointe de l’iceberg) a chiffré l’augmentation des groupes qui tentent d’imposer un programme ultra-catholique par le biais d’une « stratégie soigneusement orchestrée » qui « produit des résultats concrets », comme le détaille le rapport.

707,2 millions de dollars pour tenter de renverser les droits sexuels et reproductifs. Ce sont les chiffres qu’une récente enquête du Forum parlementaire européen sur les droits sexuels et reproductifs (EPF) attribue à l’agenda ultra-catholique en Europe avec lequel un conglomérat de fondations et d’ONG opère pour saper les lois sur l’avortement, l’éducation sexuelle et les LGTBI et empêcher la promulgation de nouvelles lois.

Le forum est un réseau de parlementaires de tout le continent qui a surveillé l’activité d’une demi-centaine de groupes et l’argent qu’ils ont dépensé pour cet agenda, qu’il qualifie d’anti-genre. Le rapport « The Tip of the Iceberg Extremist Religious Funders Against Sexual and Reproductive Rights » révèle qu’il a quadruplé en une décennie, passant de 22,2 millions en 2009 à 96 millions en 2018. Au total, ils ont totalisé 707,2 millions en dix ans, selon une approximation « sous-estimée », souligne-t-elle.

Les chiffres illustrent la montée en puissance, ces dernières années, des mouvements opposés au féminisme et aux droits des femmes, à l’avortement et au collectif LGTBI. Parmi eux, l’association espagnole HazteOír ou sa filiale internationale CitizenGo, à laquelle l’étude attribue une dépense de 32,7 millions d’euros sur cette période, et tout un conglomérat d’acteurs ayant un poids au sein de l’Union européenne, où ils tentent d’exercer une influence politique. Mais aussi à l’intérieur de ses frontières.

L’étude souligne que la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la Pologne sont les pays de base des fondations les plus « importantes ». Dans notre pays, HazteOír s’est fait connaître pour avoir affrété le bus transphobe et lancé des initiatives ultraconservatrices. Ses liens avec Vox, une formation avec laquelle elle partage des discours et des idées, mais aussi des noms sur les listes électorales, sont bien connus.

« L’image qui se dessine est celle d’une communauté transnationale d’extrémistes religieux et d’acteurs d’extrême droite partageant les mêmes idées et prenant des décisions stratégiques de financement par-delà les frontières internationales », conclut l’enquête, qui décrit une « stratégie soigneusement orchestrée » contre l’avancement des droits qui « produit déjà des résultats concrets. »

Il s’agit notamment de l’interdiction quasi-totale de l’avortement et des « zones sans LGTBI » en Pologne ou des lois anti-LGBTBI en Hongrie, qui vient d’interdire de parler d’homosexualité dans les écoles dans une règle qui l’assimile à la pédophilie. Aujourd’hui, ces groupes s’efforcent de renverser le « rapport Matic » sur les droits sexuels et reproductifs des femmes, qui doit être voté jeudi par le Parlement européen.

Le rapport note que l’opposition à ces évolutions a été considérée pendant un temps comme une « réaction naturelle » au progrès ou « une excentricité locale contenue dans quelques pays conservateurs » et que la résurgence actuelle « a été initialement sous-estimée [...] jusqu’à ce qu’elle commence à mobiliser le soutien populaire, à influencer et à façonner le paysage politique ».

Les analystes ont depuis longtemps averti que cette toile d’acteurs s’incarne dans des formations politiques qui se sont développées ces dernières années. L’étude cite l’Espagne et l’Allemagne comme pays où ces groupes ont créé des mécanismes « pour canaliser l’activisme » contre les droits sexuels et reproductifs « et transformer les participants en acteurs politiques » par le biais de partis tels que Vox, citent les experts.
Un réseau international coordonné

L’EPF a identifié trois origines géographiques importantes de ces organisations : Europe, États-Unis et Russie. C’est la première qui contribue le plus au montant total grâce à l’activité de fondations privées  » engagées  » dans le programme  » anti-gender « .

Au total, une vingtaine d’organisations ont dépensé 437,7 millions de dollars au cours des dix dernières années, selon l’étude. Ils le font par le biais de nombreuses activités, telles que la création de médias, la collecte de signatures en ligne, l’organisation de marches ou la tenue de forums et d’événements. L’étude prévient que les données de ces acteurs européens « sont les plus incohérentes » et présentent « des lacunes importantes qui conduisent à une sous-estimation ».

L’étude décrit HazteOír/CitizenGo comme « l’une des organisations les plus importantes de l’extrême droite de l’échiquier politique international » et lui attribue des stratégies fructueuses telles que le « astroturfing », qui consiste à lancer des initiatives en les faisant passer pour une expression populaire et spontanée.

Tous deux se définissent sur leur site web comme « une communauté de citoyens actifs qui cherche à promouvoir la participation de la société à la politique » par le biais de pétitions de signatures. Le dernier demande à Pablo Casado de faire appel de la loi sur l’euthanasie qui entrera en vigueur dans deux jours.

De cette manière, « ils fabriquent de l’indignation sociale pour canaliser leurs objectifs vers les partis politiques de droite et d’extrême droite », détaille l’étude.

L’étude cite également One of Us, une fédération européenne fondée en 2013 par l’ancien ministre populaire Jaime Mayor Oreja dans le but de défendre « les valeurs basées sur les racines judéo-chrétiennes » ; la Fundacio Provida Catalunya, ou encore la fondation française Jérôme Lejeune, également présente en Espagne. Les fondations en France, en Allemagne, en Italie et en Pologne complètent la carte des acteurs plus actifs qui n’agissent pas de manière isolée du reste, mais s’organisent et se coordonnent entre eux et également avec les formations politiques et les églises et acteurs religieux de premier plan.

Cette « collaboration internationale », derrière laquelle se cache une stratégie d’action formelle, prend la forme d’initiatives collectives telles que l’Agenda Europa, un réseau créé en 2013 auquel appartiennent nombre de ces organisations, ou encore le Political Network for Values, une plateforme « de représentants politiques pour travailler en réseau, dans un échange global et local, en promouvant et en défendant activement un décalogue de valeurs partagées, dont la protection de la vie humaine, le mariage, la famille et la liberté de religion et de conscience ».

Parmi ses membres figurent le maire Oreja, l’ancien sénateur Luis Peral et près d’une vingtaine d’autres hommes politiques venus du monde entier. Le conseil est présidé par la ministre hongroise de la famille, Katalin Novák, et Ignacio Arsuaga, président et fondateur de HazteOír, en est membre.

L’utilisation du contentieux « pour porter atteinte aux droits de l’homme ».

L’étude chiffre à 81,3 millions d’euros le montant qui provient d’une douzaine d’ONG et de think tanks aux États-Unis qui « bénéficient à leur tour de fondations conservatrices produites par des milliardaires ayant des liens avec le Parti républicain et l’extrême droite », affirment-ils.

Les acteurs de ce groupe sont passés de huit à dix au cours de la dernière décennie et parmi eux se distinguent ADF International et ECLJ, activement engagés dans des litiges stratégiques et qui, selon le rapport, « ont construit une infrastructure juridique en Europe » avec des bureaux « dans tous les centres de décision » du continent d’où ils ont participé « à plus de 30 affaires » devant les tribunaux européens « pour porter atteinte aux droits de l’homme ». Cette dernière est une technique utilisée en Espagne par l’organisation ultra-catholique Christian Lawyers (avocats), qui a porté devant les tribunaux des dizaines d’affaires liées à l’avortement ou à l’éducation sexuelle.

Une autre des organisations de la droite chrétienne américaine actives en Europe que l’enquête identifie est le Leadership Institute, fondé dans l’État de Virginie en 1987 et connu « pour former des militants » du mouvement ultraconservateur Tea Party et pour organiser en Europe, indique le rapport, « des formations pour des publics ultraconservateurs et d’extrême droite tels que le HazteOír espagnol », notamment « en les aidant à professionnaliser les opérations de collecte de fonds ». Arsuaga, a en effet été récompensé en 2012 par un conglomérat d’acteurs dont ce collectif pour avoir fait de HO « l’un des mouvements de la société civile les plus influents d’Europe occidentale ».

Le dernier point de mire a été la Fédération de Russie, d’où proviennent 188 millions de dollars pour financer le « programme antisexiste ».

Principalement d’entités « liées à deux oligarques russes : Vladimir Yakunin et Konstatin Malofeev » et de quatre agences gouvernementales. Le rapport souligne également l’existence d’argent « noir » provenant de blanchisseries en Russie.

Le Forum parlementaire européen sur les droits sexuels et reproductifs affirme que c’est ainsi que les fonds ont été acheminés vers les partis d’extrême droite sur le continent.

Marta Borraz 23 juin 2021

https://www.eldiario.es/

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17 juin 2021 ~ 0 Commentaire

départementales 2015

regionales

Les dernières départementales de 2015, les 2 rouges sont régionalistes (Troadec à Carhaix)

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2015 dans le Finistère

cotes ar

Côtes d’Armor en 2015

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25 mai 2021 ~ 0 Commentaire

langues (l’express)

langues hum

La France veut-elle vraiment tuer ses langues régionales ?

La question se pose après la censure des dispositions essentielles de la loi Molac par le Conseil constitutionnel. De fait, la France ne subit pas la perte de sa diversité culturelle, elle l’organise.

On aimerait en rire si ce n’était à en pleurer. Le 21 mai correspondait, selon l’ONU, à la Journée mondiale de la diversité culturelle. Et c’est ce jour qu’a choisi le Conseil constitutionnel pour signer ce qui ressemble à l’arrêt de mort des langues dites régionales (1) en censurant l’essentiel de la loi Molac dans des conditions on ne peut plus troubles. Vous pensez que j’exagère ? Alors lisez ceci.

· Le raisonnement est assez simple. Depuis des décennies, la France a fait en sorte que la transmission des langues dites « régionales » s’interrompe dans les familles (je reviendrai sur ce point prochainement). Dès lors, seul l’enseignement peut encore « créer » de nouveaux locuteurs.

Mais pas n’importe quel enseignement. Il va de soi que, dans une société désormais totalement francophone, suivre trois ou six heures de cours par semaine ne suffit pas. La seule technique efficace est celle de « l’immersion », dans laquelle la majorité des cours a lieu en langue régionale.

Or c’est cette méthode qui vient d’être déclarée inconstitutionnelle. Pire encore : non seulement elle ne sera pas étendue à l’école publique, comme le proposait la loi Molac, mais, selon le Conseil constitutionnel, elle est désormais interdite là où elle existait, notamment dans les écoles associatives : Ikastolak au Pays basque, Diwan en Bretagne, Calendretas en Occitanie, Bressolas en Catalogne, etc. Fin de la transmission dans les familles, interdiction de l’enseignement immersif : la boucle est bouclée.

· Certes, Jean-Michel Blanquer minimise les effets de cette décision. « La France encourage les langues régionales », assure-t-il ainsi dans un entretien accordé à Ouest-France. S’il reconnaît être opposé à l’immersion, il se dit favorable au « bilinguisme », technique qui consiste à travailler dans deux langues en même temps, mais dans un volume horaire bien moindre. Ce faisant, le ministre de l’Education nationale joue sur les mots car il le sait parfaitement : cette méthode pédagogique ne permet pas de créer de bons locuteurs.

· La manière dont cette décision a été prise mérite aussi que l’on s’y arrête, et ce aussi bien politiquement que constitutionnellement. Commençons par la politique. Aucune loi n’avait été votée sur ce sujet depuis soixante-dix ans – ce qui en dit long sur la volonté réelle de la France de sauver son patrimoine linguistique. Or voilà que Paul Molac, un député régionaliste breton et opiniâtre (pléonasme ?), parvient à vaincre tous les obstacles, en réunissant sur son texte une écrasante majorité aussi bien au Sénat (253 pour, 59 contre) qu’à l’Assemblée nationale (247 pour, 76 contre).

· Mais la bataille n’était pas terminée, on vient de le voir. Jean-Michel Blanquer – il l’a reconnu – a fait rédiger par son propre cabinet la saisine officiellement déposée par 61 parlementaires – étrange conception de la séparation des pouvoirs. Phénomène tout aussi inédit : alors que la majorité du groupe LREM avait approuvé le texte, une minorité de ce groupe a saisi le Conseil sans en avertir le reste de ses collègues !

· A l’évidence, ce stratagème a également reçu l’aval d’Emmanuel Macron. En effet, la Constitution ne laisse que quinze jours au chef de l’Etat pour promulguer une loi définitivement adoptée. Ce délai expirait le 22 avril au soir ? La saisine est intervenue le… 22 avril à 18 heures.

· Quatre des 61 députés ont publiquement affirmé que leur signature leur avait été arrachée par une série de mensonges et ont écrit au Conseil constitutionnel pour la retirer. Si leur demande avait été entendue, le nombre de signataires serait tombé sous la barre fatidique des 60 et la saisine aurait été déclarée irrecevable. Sans surprise, le Conseil a estimé que leurs signatures devaient être tout de même comptabilisées.

· Ce n’est pas tout. Les « sages » n’étaient saisis que sur un article, concernant le financement par les communes de l’enseignement des langues régionales, article qu’il ont validé. Ils auraient pu s’en tenir là, comme ils le font d’ordinaire, mais il ont décidé de leur propre chef d’examiner deux autres articles du texte. Une pratique tout à fait exceptionnelle, selon les connaisseurs de l’institution.

· Venons-en à l’argumentation juridique. Pour censurer le principe de l’enseignement immersif, le Conseil s’est référé à un complément de l’article 2 de la loi fondamentale : « la langue de la République est le français ».

Or de nombreux spécialistes contestent cette interprétation pour la raison suivante. Votée en 1992, cette phrase était destinée à lutter contre… l’anglais, comme en témoignent les débats de l’époque (voir « Lire aussi »).

Plusieurs parlementaires, méfiants, avaient publiquement exigé que ledit article ne soit jamais utilisé contre les langues régionales, ce à quoi le gouvernement s’était explicitement engagé. Ajoutons qu’à aucun moment il n’est écrit que le français est la « seule » langue de la République. Ajoutons encore qu’un article 75-1 a été introduit en 2008 pour y faire figurer les langues régionales et pouvoir ainsi les défendre. Et pourtant : le Conseil ne cesse depuis bientôt trente ans de se référer à l’article 2 pour s’opposer aux langues minoritaires.

· Admettons cependant que l’article 2 ne soit pas clair et que l’on puisse de bonne foi hésiter sur son interprétation. Traditionnellement, dans les cas litigieux, le Conseil consulte les travaux préparatoires qui ont amené à sa rédaction.

« En cas de doute, il se réfère aux intentions du législateur », confirme la juriste Anne Levade. Or, on l’a dit, celles-ci étaient explicites : non à l’anglais, aucune conséquence pour les langues régionales. Eh bien, le Conseil le reconnaît sans fard : il ne s’est pas rapporté aux débats de 1992 ! La raison ? « Selon lui, cet article est parfaitement clair. Il impose le français partout, et le français seul », souligne un spécialiste.

Notons pour terminer que le Conseil constitutionnel a également invalidé la disposition prévoyant dans les documents d’état-civil l’utilisation des signes « diacritiques » propres aux langues régiona-les, comme le ñ (qui figure pourtant dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts). Signalons enfin qu’au cours des dernières semaines, le gouvernement a lancé avec force flonflons le « Pass culture » – sans e – et créé des cartes d’identité bilingues anglais-français.

Oui, on aimerait en rire si ce n’était à en pleurer.

(1) En tout cas en métropole. Les taux de locuteurs sont bien plus élevés outre-mer.

Michel Feltin-Palas 25/05/2021

https://www.lexpress.fr/

bzg

Lire aussi:

Langues régionales : une journée d’action le 29 mai

 

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23 mai 2021 ~ 0 Commentaire

régionales (jdd)

carmba--encore-trop-a-droite

SONDAGE RÉGIONALES.

En Ile-de-France, Valérie Pécresse écrase le match au premier tour

Créditée de 33% des intentions de vote aux régionales, la présidente sortante de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, compte 17 points d’avance sur le Rassemblement national, en deuxième position, selon un sondage de l’Ifop pour le JDD et Sud Radio.

Mais pourquoi donc devrait-elle s’acoquiner avec les macronistes pour s’assurer une large ­réélection à la tête de l’Île-de-France? À en croire notre sondage Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio, Valérie Pécresse n’en a nul ­besoin. Avec 33% des intentions de vote, l’ancienne membre des ­Républicains (LR), à moins d’un mois du premier tour des régionales, le 20 juin, sème ses poursuivants. Le ­Rassemblement national (RN) et La République en marche (LREM) n’atteignent pas la moitié de son score, respectivement mesurés à 16 et 15 %. Quant aux listes de gauche, elles risquent la disqualification pour le second tour : celle d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) est à 11 % ; les deux autres, le Parti ­socialiste (PS) et La France insoumise, (LFI) à 10 %, le seuil minimal pour exister au-delà du premier round.

Pas de vote utile à gauche

La situation est bien plus désespérante pour la gauche, qui paie sa division. L’équilibre entre les trois listes n’augure rien de bon : ni Clémentine Autain (LFI), ni Julien Bayou, ni Audrey Pulvar (PS) ne capte un vote utile qui viserait à sanctionner Pécresse. Faute de dynamique en faveur de l’une des listes et à l’approche du seuil critique des 10%, l’électorat de gauche pourrait se démobiliser. Et condamner tout ou partie de ces listes à l’élimination.

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