Archive | Droite républicaine

03 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

trump (essf)

fired trump

T’es viré!

Déclaration (Etats-Unis) : La défaite de Trump brise l’élan de la droite autoritaire internationalement

• Les élections américaines ont sonné la défaite pour le projet de Trump. Biden a obtenu 80 millions de voix et 306 électeurs au collège électoral, soit une avance de plus de 70 en opposition à Trump. Malgré les difficultés imposées par la pandémie, ces élections enregistrent la plus forte participation depuis 1908. Cette large marge a rendu très difficile pour Trump de continuer à contester le résultat et a ouvert la voie à l’accession de Biden. Nous nous félicitons de la défaite de Trump, qui représente un affaiblissement des forces les plus réactionnaires et autoritaires de la planète.

• Pendant trois semaines, Trump a continué à ne pas reconnaître la défaite et à porter de fausses accusations de fraude. Mais en l’absence de tout plan et de toute organisation, c’était une bataille perdue d’avance pour renverser la procédure électorale. Il a perdu tout soutien, même au sein du parti républicain, et a été forcé d’accepter à demi-mots la victoire de Biden. Cependant, les théories conspirationnistes et la mise en cause dela procédure électorale qu’il continue à répandre ont un grand écho parmi ses électeurs, et contribueront certainement à dégrader davantage la démocratie déjà faible des États-Unis.

• Cela s’inscrit dans une tendance plus large qui voient des idéologies autoritaires, antiscien-tifiques et conspirationnistes se répandre rapidement dans de nombreux pays. Ces idées qui reflètent le désespoir de la situation et la méfiance à l’égard des institutions établies, sont animées et manipulées par les forces de l’extrême droite. En l’absence de mobilisations de masse et de victoires menées par des forces progressistes, ce type d’idées pourrait continuer à se répandre. Il nous appartient de tenter d’isoler ces courants, de les combattre et de les dénoncer par tous les moyens, car ils ouvrent la voie à l’autoritarisme le plus extrême.

• Dans ce contexte, la défaite de Trump est sans aucun doute une bouffée d’air frais, un événement qui brise l’élan de l’autoritarisme qui se répand dans le monde entier en Pologne, en Hongrie, en Turquie, en Inde, aux Philippines et au Brésil, vers l’élimination des plus puissants de ces nouveaux dirigeants autoritaires.

• La nouvelle administration Biden représente le business as usual de la démocratie américaine, où le gouvernement, qu’il soit républicain ou démocrate, sert les intérêts des grandes entreprises et de l’impérialisme américain.

Les premières nominations de son gouvernement montrent qu’il n’a pas l’intention de changer de cap, et qu’il continuera à isoler et à prendre ses distances avec les éléments de gauche émergents au sein du parti démocrate.

En même temps, les luttes sociales aux États-Unis se poursuivent : les infirmières, les ensei-gnants et des travailleurs essentiels des transports, de la distribution alimentaire et d’autres secteurs mènent des grèves, des manifestations et des actions pour protéger leur santé pendant la pandémie qui se propage maintenant de manière incontrôlée dans tout le pays.

Les Noirs et les Latinos, presque toujours soutenus désormais par des Blancs et des Asiatiques, continuent de protester contre la violence policière raciste que subissent toujours leurs communautés. Les énormes manifestations antiracistes ont impliqué environ vingt millions de personnes et ont fortement touché l’opinion publique, tout en suscitant un mouvement international.

• Dans d’autres parties du globe, les mouvements sociaux de masse et certaines victoires nous donnent également des raisons d’espérer que, malgré les revers et la répression, des mouvements populaires défensifs et revendicatifs continueront à voir le jour. Nous avons vu la victoire du MAS en Bolivie, qui a réussi à renverser un coup d’État soutenu par les États-Unis grâce à un soutien et une mobilisation populaires massifs.

Au Chili, le mouvement populaire a réussi à renverser la Constitution de Pinochet, ouvrant ainsi la voie à des changements plus profonds dans la société grâce à la mobilisation de masse. En Pologne, un mouvement de masse sans précédent mené par les femmes remet en question l’hégémonie réactionnaire du pays.

Au Brésil, la gauche a réussi une percée historique lors des élections municipales. En Thaïlande, au Bélarus et à Hong Kong, nous assistons à des mobilisations de masse, qui montrent que la population est prête à s’organiser et à lutter pour un avenir meilleur, malgré les difficultés, les obstacles et la répression de l’État.

• Malgré tout cela, la situation générale reste très difficile pour les classes populaires et les luttes d’émancipation. La deuxième vague de la pandémie frappe durement dans le monde entier, augmentant le nombre de décès et de personnes nécessitant des soins intensifs.

Les mesures imposées pour tenter d’arrêter la propagation du virus sont d’autant moins acceptées par les populations qu’elles sont considérées comme la conséquence de la mauvaise gestion des gouvernements qui n’ont rien fait pour étendre et renforcer les services de santé publique lors de la première vague de la pandémie.

• Le confinement total ou partiel a également des effets profonds sur l’économie, les pires projections devenant les scénarios les plus probables. Le coût de cette crise va être payé par les classes populaires avec une aggravation de leurs conditions sociales et économiques. Comme nous l’avons déjà dénoncé, les plus touchés seront celles et ceux qui sont déjà victimes de l’injustice sociale et économique, à savoir les communautés noires et ethniques, les migrants, les femmes et les LGBT.

• En outre, les gouvernements utilisent les mesures de confinement et les couvre-feux pour limiter et restreindre les libertés démocratiques, ce qui rend l’organisation et la mobilisation plus difficiles.

Néanmoins, même là où il n’y a pas de mouvements de masse comme au Chili ou en Thaïlande, il y a des luttes localisées sur les lieux de travail, dans les quartiers et les communautés qui montrent également le rejet de ces politiques de confinement répressives, ces poliques qui tentent de compenser les échecs des gouvernements à planifier la deuxième vague prévue et prévisible et favorisent de plus en plus clairement les grandes entreprises, même si certains secteurs (notamment l’hôtellerie et les voyages touristiques de masse) ont été sacrifiés dans une certaine mesure.

Là où les dépenses publiques ont été stimulées, c’est par une explosion de la dette publique qui aggrave le problème actuel et qui, en fin de compte, fait supporter tous les coûts à la classe ouvrière.

• Les féministes ont continué à s’organiser, en particulier, mais pas seulement, sur la question des violences faites aux femmes. L’augmentation de la violence domestique pendant les périodes d’enfermement a été évidente et a poussé certains gouvernements à mettre en place des programmes permettant aux femmes de dénoncer les incidents et de quitter un foyer partagé avec un partenaire violent. Ces mesures, comme les autres mesures de lutte contre la pandémie, sont insuffisantes et trop éphémères.

• L’un des secteurs qui concentre les contradictions est celui de l’éducation :il y a d’abord les risques de contamination en rassemblant différentes générations dans des conditions où les mesures de distance et de barrière physiques sont difficiles à mettre en œuvre. C’est aussi le droit pour les jeunes à une éducation décente alors que l’enseignement en ligne est une réponse insuffisante puisque les dispositifs, un accès internet fiable, des conditions de travail appropriées ne peuvent être garantis.

Et le droit pour les enseignants de travailler dans des conditions sûres et en leur fournissant les ressources techniques adéquates pour l’enseignement en ligne. Les gouvernements se servent de l’inquiétude populaire concernant le droit à l’éducation et l’avenir des jeunes pour maintenir les établissements d’enseignement ouverts malgré le danger réel que cela peut représenter dans la propagation du Covid-19.

• Le mouvement contre le changement climatique a continué à s’organiser, en utilisant des réunions virtuelles. Très vivant dans sa radicalité et sa diversité, il est bien placé pour demander des comptes à M. Biden quant à sa promesse que les États-Unis rejoindront la COP sous sa présidence. La lutte pour la justice climatique, pour la fin des émissions de carbone et pour une transformation profonde de notre système énergétique et de production, doit revenir au premier plan pour gagner une véritable alternative au système capitaliste et extractiviste.

• La question de la démocratie est placée au premier plan dans de nombreuses luttes actuelles, qui réclament le droit de décider, contre la montée de l’autoritarisme et contre la déconnexion des classes politiques et néolibérales de la souffrance des classes populaires. Nous travaillons à développer ces luttes en poussant à l’auto-organisation et à l’autodétermination.

• Nous soutenons et luttons avec enthousiasme pour la victoire des luttes et des mouvements, qu’ils soient locaux ou à un niveau plus large, et nous cherchons constamment à montrer leur convergence objective.

Nous dénonçons l’échec de tous les gouvernements capitalistes à répondre de manière adéquate à la pandémie, leur recours croissant aux théories complotistes, à l’idéologie réactionnaire et à l’autoritarisme.

Il est donc urgent de lutter pour des mesures structurelles anticapitalistes (expropriation des banques, big pharma, énergie…) et pour une taxation exceptionnelle des riches et des grandes entreprises : pour une alternative globale basée sur la justice sociale, économique, de genre et écologique.

Le Bureau exécutif de la IVe Internationale

mardi 1 décembre 2020

Lire la suite

22 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

sarkozy (the guardian)

sarko

Nicolas Sarkozy sur le banc des accusés 

Enfin le « procès historique » sur la corruption

L’ancien président français est accusé d’avoir reçu des fonds illicites et de trafic d’influence. Sarkozy a vigoureusement nié toute malversation dans les enquêtes.

Nicolas Sarkozy, l’ancien président français, entrera dans l’histoire lundi lorsqu’il comparaîtra devant le tribunal accusé de corruption et trafic d’influence.

Cette affaire est la première de plusieurs enquêtes menées contre l’homme politique de droite qui a dirigé la France entre 2007 et 2012.  Il se présente devant les juges après des années de tentatives pour faire abandonner ou annuler les accusations.

Dans une affaire connue sous le nom d’ « affaire des écoutes », l’accusation allègue que Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont tenté de soudoyer un haut magistrat, Gilbert Azibert, pour qu’il leur remette des informations secrètes provenant d’une enquête distincte menée contre l’ancien dirigeant français. En retour, Sarkozy est accusé d’avoir proposé à Azibert de l’aider à obtenir un emploi confortable sur la Côte d’Azur.

Sarkozy a fait l’objet d’une série d’enquêtes judiciaires, allant d’allégations de financement illicite de la campagne par feu le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à la réception de prétendus pots-de-vin provenant de ventes d’armes au Pakistan.

Les policiers français ont commencé à surveiller les communications de Sarkozy en septembre 2013 dans le cadre d’une enquête sur des allégations selon lesquelles il aurait reçu un don non déclaré et illégal de 50 millions d’euros de Kadhafi pour financer sa campagne présidentielle de 2007.

Les conversations enregistrées ont cependant orienté les enquêteurs dans une direction entière-ment nouvelle et inattendue. Ils ont révélé que l’ancien président et Herzog communiquaient « secrètement » à l’aide de téléphones portables enregistrés sous de faux noms. Le téléphone de Sarkozy a été attribué à un certain Paul Bismuth.

Des écoutes supplémentaires sur ces téléphones ont permis de capter des conversations suggérant que Sarkozy avait été en contact avec Azibert, alors membre de la Cour de Cassation – la plus haute cour de France – via Herzog pour demander des informations confidentielles sur une enquête séparée visant à déterminer si Sarkozy avait reçu des dons de l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, qui était malade.

Les enquêteurs ont saisi les agendas de Sarkozy dans le cadre de l’enquête Bettencourt, et l’ancien président aurait voulu qu’Azibert lui dise ce qu’ils comptaient en faire. En retour, il aurait promis de glisser un mot pour qu’ Azibert soit nommé dans une sinécure à Monaco.

L’affaire Bettencourt a finalement été abandonnée, mais l’enquête sur la corruption et le trafic d’influence avait alors été ouverte.

Sarkozy a toujours vigoureusement nié toute malversation dans toutes les enquêtes passées et présentes. Il a affirmé que les accusations de Bismuth étaient « une insulte à son intelligence ».

Herzog a également soutenu que l’écoute et l’enregistrement de leurs téléphones enfreignaient les règles de confidentialité avocats-clients, mais ses tentatives répétées pour faire rejeter les preuves ou faire classer l’affaire ont échoué.

Les trois défendeurs: Sarkozy, Herzog et Azibert, sont accusés de « corruption » et de « trafic d’influence ». Herzog et Azibert sont également accusés de « violation de secret professionnel ». Ils risquent tous jusqu’à 10 ans de prison et de lourdes amendes s’ils sont reconnus coupables.

Dans sa réquisition, le parquet national financier (PNF) a accusé Sarkozy de se comporter comme un « délinquant chevronné » et a accusé ses avocats de « paralyser » l’enquête par de nombreux recours.

Les partisans de Sarkozy, dont l’ancienne ministre de la justice Rachida Dati, ont, à leur tour, accusé le PNF, créé sous son successeur, le socialiste François Hollande, de dispenser une « justice politique ».

Fabrice Arfi, rédacteur en chef du site d’information Mediapart, qui a mené plusieurs enquêtes approfondies sur des allégations de corruption politique, a déclaré à l’Observer ( nom du Guardian le dimanche blog) que les tentatives de Sarkozy pour détourner l’attention et pour montrer du doigt le système juridique et politique étaient du « populisme pur ».

« C’est un procès historique pour la justice en France car c’est la première fois qu’un président comparaîtra devant un tribunal accusé de corruption. C’est absolument crucial et probablement le plus grand test auquel les juges anticorruption français sont confrontés », selon M. Arfi.

« Sarkozy est en procès mais, au lieu de répondre aux accusations, ce qu’il a essayé de faire, c’est de montrer du doigt le système judiciaire français et de lui faire un procès. Nous avons un ancien président qui se comporte comme Berlusconi et Trump ».

Sarkozy devrait comparaître l’année prochaine dans une autre affaire, l’ « affaire Bygmalion », dans laquelle il est accusé d’avoir dépensé trop d’argent pour sa réélection en 2012. Aucune date n’a été fixée dans les autres enquêtes liées à Sarkozy.

Kim Willsher  Dim 22 Nov 2020

https://www.theguardian.com/

Lire la suite

12 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

de gaulle (lutte ouvrière)

De Gaulle

De Gaulle : le grand homme du capitalisme français

À l’occasion des cinquante ans du décès de De Gaulle le 9 novembre 1970, une pléthore d’hommages, intéressés de la part de Macron, mais aussi de toute une partie de la classe politique, se sont concrétisés par des émissions spéciales, des feuilletons, etc.

C’était donc la semaine de Gaulle, le « grand homme », reconnu comme tel à droite, certes, mais aussi à gauche.

L’histoire de De Gaulle est celle d’un homme qui a cherché de tous côtés, de l’extrême droite à la collaboration avec le Parti Communiste, à se placer comme serviteur de cette bourgeoisie française quelque peu décrépite.

Après la guerre de 1914-1918, de Gaulle a poursuivi sa carrière militaire. Il fut envoyé en Pologne en 1919 pour aider le gouvernement à combattre les bolcheviks, c’est-à-dire la révolution prolétarienne de Russie qui menaçait de s’étendre à l’ouest.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, ayant entamé une carrière politique, il se plaça pour tenter de représenter la bourgeoisie française auprès de l’alliance anglo-américaine. Pétain se faisait, lui, le représentant de cette même bourgeoisie française, mais auprès de l’impérialisme allemand, vainqueur de la première manche. C’était l’aigle à deux têtes.

C’est le Parti Communiste qui conféra à de Gaulle son image populaire et le crédit dont il avait besoin auprès des Alliés, en collaborant avec lui au travers de la Résistance jusqu’à entrer dans son pré-gouvernement en 1943.

Le ressentiment populaire était ainsi tourné exclusivement contre le régime de Pétain. Il fallait assurer la reconstruction de la France, c’est-à-dire le maintien par la force de l’Empire colonial et la remise sur pied des forces productives au profit des capitalistes français, au prix des sacrifices de la classe ouvrière.

La force de De Gaulle consista à savoir utiliser le crédit du PCF pour défendre les intérêts généraux de la bourgeoisie. Ce n’était pas un coup de génie personnel, mais une politique appliquée avec le même succès de l’Italie au Japon en passant par la Belgique, avec l’accord du grand frère américain et les bons offices de Staline.

Mais le rêve de De Gaulle était de réussir à instaurer un régime autoritaire et anti-ouvrier en France.

C’est pourquoi, dès sa sortie du gouvernement d’union nationale, en 1946, il construisit un parti quasi fasciste, le RPF, faisant la chasse aux communistes. Après d’éphémères succès électo-raux, entre 1947 et 1954, le RPF s’effondra et de Gaulle disparut de la scène.

En 1958, de Gaulle se présentait comme un recours face à une 4è République instable et incapable de donner une solution politique à la guerre d’Algérie. L’armée d’Algérie, insurgée contre le gouvernement le 13 mai 1958, fit acclamer son nom par la foule des Pieds-Noirs. De Gaulle fut alors appelé à constituer un gouvernement et donc, de fait, porté au pouvoir par un putsch militaire.

Après une intensification de la guerre, il allait négocier l’indépendance de l’Algérie en imposant ses conditions. Il profita de ce succès pour instaurer le régime présidentiel fort qui prévaut encore aujourd’hui.

En mai 1968, la grève générale de la classe ouvrière, déclenchée par la jeunesse étudiante, allait précipiter la relégation du grand homme. Il dut partir moins d’un an plus tard, trahi par les politiciens de droite à l’occasion de son dernier référendum.

Mais en 1968, encore une fois, de Gaulle avait su, avec son gouvernement, utiliser la coopéra-tion des dirigeants de la CGT et du PCF pour imposer la fin de la grève au moindre coût pour la bourgeoisie.

Au cours d’une très longue carrière militaire puis politique, sous divers oripeaux et dans des situations délicates, son autorité servit à garantir la stabilité et la continuité du pouvoir de la bourgeoisie française.

Il est logique qu’il soit reconnu aujourd’hui comme un modèle par tous ceux qui font profession de servir les possédants. Pour les travailleurs, il n’aura été qu’un ennemi de classe de plus.

Paul SOREL 11 Novembre 2020

Lire la suite

09 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

de gaulle et mai 68 (pierre franck)

De Gaulle

La crise fondamentale du capitalisme français

Pour comprendre la signification historique de Mai 1968, Il faut exposer à grands traits la crise du capitalisme français. La crise majeure du capitalisme français a commencé après la première guerre mondiale.

Au cours d’une partie du 19è siècle, la France était encore la deuxième puissance économique du monde. Après 1918, en dépit des avantages qu’elle avait retirés du traité de Versailles, elle n’était plus qu’une nation de second ordre, qui avait en outre subi une saignée abondante. Le capitalisme français devait se reclasser aux dépens des travailleurs ou bien ceux-ci devaient l’éliminer.

La crise ainsi engendrée a pris des formes spectaculaires à partir des années1930. On a assisté à une succession de grandes convulsions dans lesquelles le régime politique a plusieurs fois changé.

Citons-les : le 6 février 1934, coup de force de la droite qui porte atteinte pour la première fois au régime parlementaire et à la 3è République ; juin 1936, poussée à gauche, première occupation des usines ; 1939-40 coup de barre à droite, renversement de la 3è République et établissement du régime de Vichy ; 1945-47, nouvelle poussée à gauche au lendemain de la guerre et établissement de la 4è République.

1958, coup de force à Alger, arrivée au pouvoir de de Gaulle et instauration de la 5è République. Dans cette succession, Mai 1968 se situe comme le début d’une nouvelle poussée à gauche qui vise au renversement du régime gaulliste et ouvre la perspective d’une République socialiste.

Dans chacune des poussées à droite, le capitalisme français n’a pas été capable, de conduire son offensive jusqu’à imposer une solution fasciste, comportant un écrasement de la classe ouvrière, l’élimination complète de ses organisations, une décimation impitoyable de ses cadres.

La plus stable d’entre elles a été le régime gaulliste qui a réussi à tromper pendant un temps une partie des masses sur sa véritable nature du fait qu’il a mis un terme à la guerre d’Algérie, qu’il a eu une politique internationale démagogique, qu’il était soutenu par les gouvernements de nombreux pays récemment décolonisés et, aussi, par ceux des États ouvriers, notamment par celui de l’Union Soviétique qui voyait en lui un élément de dislocation de l’alliance atlantique et un allié possible pour la « coexistence pacifique ».

Par contre, dans chacune des poussées à gauche, les ouvriers en premier lieu et les masses laborieuses en général n’ont jamais manqué de militantisme, de combativité. A chaque fois, Ils n’ont pas été jusqu’à renverser le capitalisme, uniquement parce que les directions des organisations de masse ne leur ont pas demandé de le faire.

« Il faut savoir terminer une grève », déclarait Thorez en 1936. Cette fois-ci, en Mai 1968, Séguy (CGT)  n’a pas eu la possibilité chez Renault de poursuivre son discours jusqu’à dire « Il faut savoir terminer une grève » ; il a été obligé de changer d’orientation au cours même de son discours.

Dans chacun des grands mouvements du prolétariat français, un élément a joué le rôle de détonateur pour le déclencher. En Mai 1968, le détonateur a été constitué par la lutte des étudiants. Rien ne serait plus trompeur que de donner à cette lutte la caractéristique de classe « petite bourgeoise » sous prétexte que les étudiants seraient en grande majorité des fils de bourgeois ou de petits-bourgeois.

Par contre, en mai 1968, l’expérience a montré – au Champ de Mars, à la gare de Lyon, à la manifestation du stade Charléty, à la manifestation du Montparnasse à Austerlitz – que les fameux « enragés », « groupuscules », « provocateurs », etc., selon qu’on se réfère au vocabulaire du gouvernement, de L’Humanité ou d’autres, étaient certes encore une minorité, mais pas du tout une minorité insignifiante. Cette minorité était capable de regrouper dans des manifestations des dizaines de milliers de personnes, tenant tête de façon efficace aux forces de répression de l’ordre bourgeois.

La direction bourgeoise

Une situation révolutionnaire est également marquée, selon Lénine, par une incapacité de la bourgeoisie à diriger le pays. Qu’en a-t-il été au cours du mois de Mai 1968 en France ? Il est de notoriété publique que la direction bourgeoise, elle aussi, a été défaillante.

Laissons de côté les voyages à l’étranger de Pompidou et de de Gaulle, qui témoignaient de leur fuite devant la situation. Le mutisme quasi total de ces deux hommes n’a pas été le produit d’un calcul. Le mouvement étudiant, puis celui des ouvriers ont dépassé tout ce que la bourgeoisie avait connu dans son histoire.

On a parlé de divers côtés, notamment dans un journal comme Le Monde, réputé pour le sérieux de ses analyses, des « erreurs » du pouvoir. C’était oublier les leçons de l’histoire qui montre qu’un régime à bout de souffle commet de telles « erreurs » du simple fait que chacun de ses actes se retourne contre lui.

Tout comme les directions ouvrières, la direction du capitalisme français se trouvait dépassée, débordée. De Gaulle a réellement eu la pensée de se retirer. On peut croire son interview à la radio sur ce point. Les déclarations de Mitterrand, de Mendès-France, de Giscard d’Estaing et de plusieurs autres, (le 28 mai, correspondaient également à une telle intention. Le monde politique bourgeois était ces jours-là à la recherche d’une solution de rechange.

C’est seulement lorsqu’il se trouva dans une situation extrêmement difficile, presque désespé-rée, que de Gaulle qui est un tacticien politique d’envergure, décida de procéder avec la plus grande hardiesse.

Le mouvement était près de briser la digue. De Gaulle comprit que, dans ces circonstances, le coup de pouce final ne viendrait que si la direction opposée le donnait. Sur sa seule spontanéité, sur ses forces privées de direction, le mouvement avait avancé beaucoup plus loin que personne ne pouvait l’imaginer.

N’ayant d’autre part que mépris pour les « politiciens au rancart », du type Mollet ou Mitterrand, il décida de les effrayer tous. Il accusa le P.C.F. d’une politique qu’il n’avait pas la moindre inten-tion de suivre, menaça d’une répression qui fit trembler les échines de ces leaders, et leur offrit des élections en échange du torpillage du mouvement. Des élections, ces hommes se retrou-vaient sur leur terrain de prédilection ! C’est ainsi que de Gaulle sauva in extremis son régime.

Il n’y a pas eu de sa part une opération préméditée de longue date. Il a procédé à une improvi-sation de dernière heure, une improvisation très habile qui a produit un effet certain.

Pierre Franck Mai 68  / vendredi 1er janvier 2010

https://www.preavis.org/

Lire la suite

19 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

conflans (révolution permanente)

macron

Conflans. Macron et son unité nationale  

Après l’ignoble décapitation d’un enseignant, le gouvernement n’a pas tardé à instrumentaliser le drame pour tenter de bâtir une « union nationale » réactionnaire.

Après le crime abominable de Eragny, les échos de l’appel à « l’union nationale » de Macron

La décapitation d’un enseignant hier à Eragny, crime abominable, a choqué très largement. D’après les premiers éléments disponibles, l’enseignant aurait été visé par un jeune homme d’origine tchétchène qui aurait appris sur les réseaux qu’il avait montré en classe des caricatures de Mahomet et décidé de l’assassiner.

Cette affaire fait suite à une polémique générée à l’intérieur du Collège du Bois d’Aulne de Conflans-Saint-Honorine, où selon le témoignage de parents d’élèves, le professeur aurait demandé aux élèves musulmans de sortir de son cours pour y montrer deux des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo, suscitant l’indignation de parents qui ont relayé leur colère sur les réseaux sociaux, avant que celle-ci ne leur échappe.

Face à ce drame, l’extrême-droite puis le gouvernement n’ont pas tardé à tenter d’instrumenta-liser. Après les multiples déclarations racistes de figures d’extrême-droite, Emmanuel Macron a pris la parole depuis le lieu du meurtre.

Après avoir rendu un hommage hypocrite aux enseignants pour essayer de leur faire oublier le mépris qu’il leur témoigne au quotidien avec le manque de moyen dans les établissements scolaires, la souffrance au travail, et la répression de ceux qui relèvent la tête malgré tout, le Président de la République a appelé à l’union nationale : « Nous ferons bloc, ils ne passeront pas. Ils ne nous diviseront pas. J’appelle l’ensemble de nos compatriotes à faire bloc, à être unis. »

Un appel qui a résonné dans le champ politique bourgeois, puisque Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat expliquait dès le lendemain sur France Info que « Les Républicains des deux rives doivent se tendre la main », tandis que François Hollande appelait à « l’unité » face « à la barbarie et à l’obscurantisme » et que le Parti Socialiste appelait à « une manifestation d’unité de la Nation » derrière les organisations d’enseignants et de parents d’élèves.

Du côté de l’extrême-droite, c’est pour le moment le déchaînement islamophobe contre « les jeunes musulmans » et la condamnation de « l’inconséquence » supposée du gouvernement qui prime. Au « ils ne passeront pas » d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen a ainsi répondu sur Twitter « ils sont déjà là ». Tandis que, sur BFM TV, Jordan Bardella accusait la communauté musulmane de « communautarisme de conquête pour imposer à l’ensemble de la société française leurs interdits », et demandait la démission d’une députée MODEM qui avait évoqué une « erreur » du professeur après le drame. (…)

Face à un crime abominable, aucune concession au gouvernement et à l’« unité nationale » !

Alors que depuis la rentrée, Emmanuel Macron mène une offensive sécuritaire et islamophobe pour tenter de s’ancrer à droite, l’assassinat d’un enseignant apparaît comme une opportunité pour le pouvoir de tenter de se relégitimer y compris vis-à-vis de l’aile gauche de son électorat de 2017.

De fait, Macron compte bien profiter du symbole que constitue cette attaque perpétrée contre un professeur pour tenter de coopter le corps enseignant, alors même que les travailleurs de l’Education Nationale se sont largement opposés aux réformes successives du gouvernement et dénoncent une rentrée dans des conditions sanitaires indignes.

Dans ce cadre, toute concession à l’appel à l’union nationale du gouvernement conduit non seulement à masquer sa responsabilité dans le climat islamophobe actuel – qu’il a instauré et attisé, alimentant les tensions sociales qui mènent à de véritables drames – mais aussi à appuyer la récupération politique du gouvernement et son opération séduction en direction des enseignants. En n’offrant aucune alternative à gauche, la position de Jean-Luc Mélenchon constitue ainsi un véritable cadeau au gouvernement, en plus d’être inadmissible par principe.

De fait, traditionnellement mobilisée par les classes dominantes au lendemain d’événements traumatisants, à l’image des attentats terroristes, l’« union nationale » est un piège. Cette injonction à l’unité vise en effet à profiter des « chocs », de la guerre, d’événements tragiques, pour mettre sous le tapis les oppositions qui traversent et structurent la société.

L’opposition, par exemple, entre les exploités qui subissent la crise, le chômage, la pauvreté, et le patronat, que le gouvernement n’a cessé de gaver à coup de milliards ces derniers mois. Les oppositions racistes et islamophobes également, celles-là même que le gouvernement alimente par sa campagne récente qui attise la haine des musulmans et les tensions sociales, faisant le lit de l’ultra-violence des fanatiques.

Si les dominants ont intérêt à dissimuler ces divisions qu’ils entretiennent à l’ordinaire, répondre à leur injonction conduit nécessairement, pour ceux qui les subissent, à désarmer et à se rendre incapable de mener la lutte résolue qu’appelle au contraire cette situation.

En effet, ce n’est pas l’union nationale avec ce gouvernement raciste, avec la droite et l’extrême-droite, qui permettra d’en finir avec ces actes mais une politique radicalement différente, pour l’éducation, pour l’emploi, le logement, en complète opposition avec ce qui se fait depuis des décennies, ainsi que d’une lutte résolue contre l’exploitation et les oppressions, notamment l’islamophobie, qui font le lit de la violence.

Une lutte que les organisations syndicales du mouvement ouvrier, de l’éducation et de la jeunesse ainsi que la gauche devraient prendre en charge de façon claire, en toute indépendance du gouvernement et des forces qui ne cessent d’attiser la haine pour mieux instrumentaliser et nous diviser en tirant profit avec cynisme d’événements abominables.

https://www.revolutionpermanente.fr/

Lire aussi:

Rassemblement à République : Blanquer, Valls, LR, à l’unisson pour instrumentaliser l’émoi populaire

Commentaire:

Révolution Permanente est un courant du NPA

Lire la suite

16 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

sarko (anti-k)

sarko

Financement libyen de sa campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy mis en examen pour « association de malfaiteurs »

Dans ce dossier, l’ancien président de la République est déjà mis en examen pour « corruption », « recel de détournements de fonds publics [libyens] » et « financement illicite de campagne électorale ».

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour « association de malfaiteurs », dans le cadre de l’enquête sur le financement de sa campagne électorale de  2007, a annoncé vendredi 16 octobre le Parquet national financier (PNF), confirmant une information de Mediapart.

Dans ce dossier, M. Sarkozy a déjà été mis en examen, en mars 2018, pour «corruption»«recel de détournements de fonds publics [libyens] » et « financement illicite de campagne électorale» et placé sous contrôle judiciaire.

Le PNF a signé fin janvier un réquisitoire supplétif élargissant les investigations à des faits d’« association de malfaiteurs », ouvrant la voie à la mise en examen de nouveaux suspects et à une aggravation des poursuites contre les protagonistes déjà impliqués, dont M. Sarkozy.

Un « complot »

Le 31 janvier, les magistrats ont mis en examen pour « association de malfaiteurs » l’un des ex-collaborateurs de M. Sarkozy, Thierry Gaubert, soupçonné d’avoir touché des fonds provenant du régime libyen qui auraient pu alimenter la campagne pour la présidentielle de 2007.

Mais un arrêt de la cour d’appel de Paris du 24 septembre a permis de relancer l’enquête : la chambre de l’instruction, chargée d’étudier les recours contre les actes d’instruction, a rejeté l’essentiel des arguments du camp Sarkozy qui invoquait des nullités contre ces investigations. Elle a ainsi presque entièrement validé les investigations lancées il y a huit ans dans cette affaire aux multiples ramifications.

M. Sarkozy s’est pourvu en cassation contre cette décision, tout comme Eric Woerth, Claude Guéant et Alexandre Djouhri, a fait savoir une source judiciaire.

Le Monde 16/10/2020

https://www.anti-k.org/

Commentaire:

Ce serait étonnant qu’il fasse un seul jour de prison, les gens qui y vont direct volent beaucoup moins!

Lire la suite

15 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

amis de la commune (comité trégor)

commune

Le Sacré-Coeur classé monument historique, c’est une provocation !

Notre Comité s’associe à la réaction de l’association nationale à cette provocation à la veille du 150è anniversaire de la Commune de Paris.

Le Sacré-Cœur de Montmartre était déclaré d’utilité publique depuis 1873 ; la commission régionale du patrimoine et de l’architecture d’Île-de-France vient de voter son inscription aux monuments historiques, avec le soutien de Madame Bachelot. À quelques mois du cent-cinquantième anniversaire de la Commune, cette décision apparaît comme une véritable provocation.

La basilique du « Vœu national » avait dès 1870 pour objectif avéré d’expier la « déchéance morale » provoquée par les révolutions égrenées depuis 1789. Après 1871, s’y ajoute, dans l’opinion dominante, l’expiation de la Commune de Paris déclenchée le 18 mars 1871 sur la butte Montmartre.

Le pain de sucre de la butte est donc tout à la fois le signe tangible de «l’ordre moral» voulu par l’Assemblée monarchiste élue en février 1871 et le symbole par excellence de «l’anti-Commune».

C’est cet objet que les autorités de la nation décident de valoriser volontairement.

On savait certes que la droite versaillaise n’avait jamais faibli dans sa détestation de la Commune. L’opprobre persistante lancée par la mémoire conservatrice s’est toujours voulue le prolongement des massacres de la Semaine sanglante.

Qu’elle se manifeste à nouveau, avec cette morgue insoutenable, en dit long sur un certain air du temps. Nos dirigeants, manifestement, n’ont que faire des décisions de la représentation nationale.

Le 29 novembre 2016, l’Assemblée nationale a voté une résolution réhabilitant les communar-des et communards condamné-e-s et demandant que des efforts soient consentis pour faire connaître les réalisations et les valeurs de la Commune.

Fin 2020, la réponse est donnée : ce sont les massacreurs que l’on veut mettre en valeur ; c’est la mémoire de « l’expiation » qui devient le bien commun de la nation. Qu’un lieu de culte soit choisi pour ce déni démocratique n’est digne ni de la République, ni d’une part non négligeable du monde chrétien qui aujourd’hui se reconnait dans les valeurs humanistes de la Commune.

En 2021, le Sacré-Cœur sera monument historique, tandis que Paris ne devrait toujours pas avoir sa station de métro, à Belleville, comme le Conseil de Paris l’a demandé. On salue une nouvelle fois les bourreaux et l’on crache une nouvelle fois sur les victimes. Sans doute y a-t-il, dans ce choix, une logique politique : donner des gages à la part la plus conservatrice de la droite française.

La République, déjà bien malade, n’a pas besoin de cette forfaiture. Que tous les héritiers de la Commune, sans exception aucune, se retrouvent donc dans le refus le plus total.

La commission communication.

comm

La Commune n’a duré que soixante-douze jours.

Soixante-douze jours où, dans un bouillonnement d’idées, de joie et de luttes, furent adoptées des mesures novatrices et concrètes pour l’émancipation de tous. Soixante-douze jours qui ébranlèrent le vieux monde lorsque notre superbe drapeau rouge se mit à flotter sur l’Hôtel de Ville après les élections du 26 mars 1871.

Soixante-douze jours qui restent encore pourtant injustement méconnus.

La Commune de Paris ne peut être étudiée comme un simple événement appartenant au passé, elle reste d’actualité, c’est-à-dire qu’elle continue à travailler le présent et le futur non seulement du peuple français mais aussi de tous les peuples de la planète.

Il nous revient donc, non seulement de rétablir la vérité sur cette première expérience ouvrière, mais plus encore de briser le silence imposé autour d’elle. Telle est la tâche principale que s’est donnée notre association.

La Commune de Paris a marqué les mouvements ouvrier et politique des 19è et 20è siècles. Notre association s’est donc donnée aussi pour tâche de faire connaître les combats menés par ceux qui revendiquent son héritage (anarchistes, communistes, francs-maçons, libres-penseurs, socialistes révolutionnaires … ).

https://commune-1871-tregor.monsite-orange.fr/

Lire la suite

05 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

chômeurs (rdf)

assis tes

«  Assistés, fainéants, fraudeurs », les chiffres qui démolissent les clichés sur les chômeurs

Vous en avez marre de votre oncle qui vocifère sur les chômeurs à chaque repas de famille. Votre voisin de bureau vous exaspère à déblatérer ânerie sur ânerie sur les demandeurs d’emplois. Vos amis vous ressortent les clichés les plus affligeants sur les personnes inscrites à Pôle emploi. Rapport de force vient à votre secours. Nous vous proposons un petit guide pour dézinguer les idées toutes faites et changer le regard sur le chômage et les chômeurs.

« Assistés », « profiteurs », « fraudeurs », « pas assez incités à travailler ». Les stéréotypes sur les chômeurs sont toujours les mêmes. Et semblent bien ancrés dans l’opinion publique. À chaque fois que le sujet fait l’actualité, aujourd’hui les concertations sur l’avenir de la réforme d’assurance chômage qui ont démarré fin septembre, les discours à l’emporte-pièce alimentent les idées reçues les plus crasses sur les chômeurs.

La crise du Covid et ses conséquences économiques auraient pu susciter davantage de bienveillance. C’est tout le contraire ! Le regard des Français sur le chômage s’est durci, si l’on en croit le dernier baromètre sur la perception du chômage.

Il a été réalisé après le confinement par l’Unédic, le gestionnaire de l’assurance chômage. 38 % des personnes interrogées entre juin et juillet 2020 considèrent que les demandeurs d’emploi sont des personnes assistées (+5 points par rapport au dernier baromètre), qui perçoivent des allocations chômage trop élevées (36 %, + 4 points) et qu’une partie d’entre eux fraude (35 %, +4 points).

Face aux clichés, opposons donc des faits, rien de que des faits !

Idée reçue n° 1 : « les demandeurs d’emploi ne font rien de leurs journées »

Grosse erreur ! En réalité, un tiers des inscrits à Pôle emploi travaille. On appelle cela « l’activité réduite ». Petits boulots, missions d’intérim, vacations, contrats d’usage… En août 2020, sur 6,4 millions d’inscrits, près de 2,2 millions de personnes ont ainsi travaillé, selon les derniers chiffres de la Dares (l’institut statistique du ministère du Travail).

Dans les publications de la Dares, ces demandeurs d’emploi en activité réduite apparaissent dans les catégories B et C. Quand ils ont travaillé moins de 78 heures dans le mois, ils sont en catégorie B. Au-delà de 78 heures, ils sont en C. C’est d’ailleurs cette dernière catégorie qui est la plus fournie des deux (1,4 million d’inscrits). Preuve, s’il en fallait encore une, que les demandeurs d’emploi préfèrent travailler que rester oisifs !

Idée reçue n° 2 : « les demandeurs d’emploi perçoivent des allocations très confortables ».

C’est une idée reçue très tenace. Les allocations chômage suscitent souvent les fantasmes les plus délirants. On se souvient de Damien Adam, député LREM, qui avait associé chômeurs et vacances aux Bahamas. Et pourtant ! Le montant moyen mensuel de l’allocation chômage plafonne actuellement à 910 € net par mois, selon l’Unédic. À propos des montants plus élevés : 5 % seulement des allocataires perçoivent plus de 1750 € par mois et ils ne sont que quelques centaines en France à toucher le montant maximum de 7 000 € !

Enfin, tous les demandeurs d’emploi ne sont pas indemnisés. Seuls 40 % des inscrits à Pôle emploi ont ainsi perçu une allocation chômage en juin 2019 soit 2,4 millions de personnes sur 6,4 millions.

Idée reçue n° 3 « les chômeurs profitent de leurs allocations pendant deux ans »

Faux ! En moyenne, les demandeurs d’emploi ont des droits ouverts pendant 16 mois et près de la moitié (45 %) des allocataires reprend une activité trois mois après le début de l’indemnisation.

Cette part est encore plus importante chez les allocataires qui une courte durée de droits (5 mois). 63 % d’entre eux reprennent un emploi au bout de trois mois. De quoi contredire l’ancien patron de Medef. En 2017, Pierre Gattaz, avait dénoncé ces chômeurs qui « font de l’optimisa-tion ». Sous-entendu : travailler pour ouvrir des droits, consommer tranquillement tous les droits puis retravailler. Les faits démontrent bien, au contraire, une volonté de reprendre une activité au plus vite.

Idée reçue n° 4 : « les chômeurs sont des fraudeurs »

D’abord, clarifions la notion de fraude. Selon Pôle emploi « un demandeur d’emploi bénéficiant d’une allocation alors même qu’il sait qu’il ne remplit pas les conditions pour les percevoir est un fraudeur ». Il faut donc bien distinguer la fraude aux allocations des autres manquements, comme l’insuffisance de la recherche d’emploi. L’ex ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a souvent fait la confusion (volontaire ?) associant le mot « fraude » au contrôle de la recherche d’emploi. Cela n’a absolument rien à voir.

Quant à la fraude (la vraie), elle a représenté 212 millions d’euros en 2019 soit 0,5 % du montant total des allocations versées par Pôle emploi. Et surtout, 18 368 demandeurs d’emploi ont été impliqués… sur plus de 6 millions d’inscrits.

Idée reçue n° 5 : « les chômeurs sont des assistés »

Il faut avoir travaillé pour ouvrir des droits au chômage. L’assurance chômage n’est pas une aide sociale. C’est une protection qui fonctionne comme une assurance. C’est d’ailleurs, comme le rappelle l’Unédic, « une assurance obligatoire à laquelle cotisent tous les employeurs du privé ainsi que certains du public, pour protéger leurs salariés lorsqu’ils perdent leur emploi. »

En revanche, les cotisations salariales, elles, ont disparu depuis fin 2018. Désormais, c’est l’État qui participe au financement de l’assurance chômage via la CSG. Ce dernier point casse la logi-que assurantielle, côté salariés. Et ouvre la porte à un changement profond de modèle, comme l’ont souvent rappelé (dès 2017 !) nos confrères de Mediapart.

4 octobre 2020 Cécile Hautefeuille

https://rapportsdeforce.fr/

Lire la suite

29 septembre 2020 ~ 0 Commentaire

anticapitalisme (el diario)

ecole freynet

Anticapitalisme

Le gouvernement britannique demande aux écoles d’Angleterre de ne pas utiliser de matériel anticapitaliste dans l’enseignement.

Le nouveau guide du ministère de l’éducation qualifie l’anticapitalisme de « position politique extrême » et l’assimile à une opposition à la liberté d’expression, à l’antisémitisme et au soutien d’activités illégales

Le gouvernement britannique a ordonné aux écoles d’Angleterre de ne pas utiliser de matériel provenant d’organisations anticapitalistes, selon le Guardian. Le guide du ministère de l’éducation, publié jeudi à l’intention des directeurs d’école et des enseignants participant à l’élaboration du programme d’éducation sexuelle et sanitaire, qualifie l’anticapitalisme de « position politique extrême ». Elle l’assimile également à l’opposition à la liberté d’expression, à l’antisémitisme et au soutien d’activités illégales.

« En aucun cas, les écoles ne doivent utiliser des ressources produites par des organisations qui ont des positions politiques extrêmes sur la question », indique le guide. « Ceci est vrai même si le matériel lui-même n’est pas extrême, car l’utilisation du matériel pourrait impliquer l’approbation ou le soutien de l’organisation.

Les lignes directrices du ministère énumèrent plusieurs exemples de ce qui est considéré comme des « positions politiques extrêmes », comme  » publiquement appeler à éliminer ou à renverser la démocratie, le capitalisme, ou à mettre fin à des élections libres et équitables », ainsi que « l’opposition à la liberté d’expression ; l’utilisation d’un langage raciste, y compris antisémite ; l’approbation d’activités illégales ; et l’absence de condamnation des activités illégales menées pour soutenir leur cause.

Le document a suscité beaucoup de critiques. Le porte-parole économique de l’opposition travailliste, John McDonnell, estime que ces mesures interdisent effectivement la référence dans les écoles à des événements clés de l’histoire britannique, et qu’elles symbolisent l’ »autoritarisme » croissant au sein du parti conservateur.

« Selon ce principe, il sera illégal de faire référence à de grandes parties de l’histoire et de la politique britanniques, y compris l’histoire du socialisme britannique, du parti Travailliste et du syndicalisme, qui à différentes époques ont prôné l’abolition du capitalisme », déclare M. McDonnell.

« C’est une nouvelle étape dans la guerre des cultures. La dérive vers un autoritarisme conservateur extrême s’accélère et devrait inquiéter tous ceux qui pensent que la démocratie nécessite la liberté d’expression et une population éduquée.

Pour l’écrivain et militant Tariq Ali (1), le nouveau guide est un signe de « faillite morale et politique », mais il estime que cette démarche sera vaine. « Si vous mettez des choses sur une liste d’interdictions, de nombreux jeunes peuvent y accéder sur internet et les lire. Les interdire dans les écoles ne fonctionnera pas du tout.

28 septembre 2020

https://www.eldiario.es/

Commentaire:

Tariq Ali (1) a quitté le Pakistan où il dirigeait des luttes étudiantes. Il a rejoint la Grande Bretagne et l’IMG (soeur de la LCR) et la « Red Mole » son journal, où il a fait la fameuse interview de John Lennon. Il a ensuite rejoint le Labour, puis l’a quitté et est devenu un grand écrivain. Il joue un peu le même rôle qu’Edwy Plenel chez nous.

 

Lire la suite

25 août 2020 ~ 0 Commentaire

droite (jdd)

640_bureau-politique-crucial-a-l-ump-30366-hd

Pourtant, des jeunes, y en a!

Avec à peine 500 adhérents de moins de 35 ans, la droite cherche désespérément à mobiliser les jeunes

Les Républicains ont placé leur rentrée sous le signe de la jeunesse. Pas sûr qu’elle soit au rendez-vous..

La rentrée 2020 de la droite devait se dérouler sous le signe de l’unité retrouvée et de la jeunesse. Non seulement elle sera une fois de plus dispersée, mais Les Républicains ont eu bien du mal cet été à dénicher le « millier de jeunes » promis au début de l’été pour leur grand raout.

Moins de 500 jeunes à jour de cotisation

Comme c’est désormais une habitude depuis la guerre Copé-Fillon de 2012, les différentes chapelles de la droite organisent cette année leur propre rendez-vous, quitte à faire de l’ombre à la maison mère.

Samedi, les amis du président des sénateurs LR, Bruno Retailleau, seront à La Baule (Loire-­Atlantique), et ceux de la présidente de Libres!, Valérie Pécresse, à Mennecy (Essonne).

Le lendemain, Laurent Wauquiez ­gravira le mont Mézenc avec les militants de la Haute-Loire, quand les députés Julien Aubert et Guillaume Peltier réuniront leurs troupes, respectivement le 5 septembre à ­Lourmarin (Vaucluse) et le 19 septembre dans le Loir-et-Cher.

Qu’importe. Sous la houlette de Christian Jacob, le parti, lui, a donné rendez-vous à ses ténors, dont le très attendu François Baroin les 4 et 5 septembre à Port-Marly (Yvelines).

Une rentrée présentée comme « le rendez-vous de la jeunesse ». Seulement voilà : au fil des crises, le jeune s’est fait rare à LR. De près de 3 000 en 2018, les effectifs des adhérents de moins de 35 ans ont fondu. En juillet, ils étaient moins de 500 à jour de cotisation. D’où un vent de panique au cœur de l’été.

« Quinze jours de phoning »

Le secrétaire général de LR, ­Aurélien ­Pradié, et le député Pierre-­Henri ­Dumont, chargé du sujet au sein du parti, ont donc sonné le tocsin au milieu du mois d’août et mobilisé les salariés du parti pour décrocher leur téléphone. « C’est un vrai pari parce qu’on vient de très loin, explique ­Pradié. On a passé quinze jours à faire du phoning. On a appelé les jeunes un par un. »

Cette semaine, le siège de LR assurait avoir atteint le Graal et franchi le seuil des 1 000 inscrits. Sollicitées par le JDD, les principales fédérations qui fournissent les gros bataillons de jeunes – Paris, Hauts-de-Seine, Alpes-Maritimes et Bouches-du-Rhône – revendiquaient pourtant moins de 400 participants au total. Dans ces conditions, beaucoup de « jeunes » à Port-Marly pourraient bien avoir les cheveux gris.

23 août 2020 Christine Ollivier

https://www.lejdd.fr

Commentaire:

Vu les déclarations des chefs LR, c’est peut-être au RN qu’il faut aller les chercher!

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin