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12 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

brexit (npa)

brexit-satire

Instabilité chronique en Grande-Bretagne autour du Brexit

Boris Johnson est Premier ministre du Royaume-Uni depuis fin juillet.

Choisi par quelques dizaines de milliers de membres du Parti conservateur, il a succédé à Theresa May qui avait repris le poste de David Cameron, démissionnaire suite au référendum en 2016.

Encore fort, alors, d’une majorité d’une voix à la Chambre des communes, Johnson a annoncé fin août une fermeture du Parlement pendant cinq semaines afin d’assurer une sortie de l’UE, quoi qu’il arrive, le 31 octobre prochain. Scandale général jusque dans les rangs des conserva-teurs. Vingt et un députés ont été exclus et n’auront donc pas l’investiture du parti lors des prochaines législatives.

En d’autres termes : un ex-journaliste raté, menteur chronique (autrefois renvoyé du Times puis du Daily Telegraph précisément pour cette raison), raciste, islamophobe, sexiste et homophobe assumé et jovial, sans mandat électoral national, sans majorité parlementaire, suspend le Parlement et congédie sommairement ses collègues réfractaires.

Jo Johnson, frère de Boris, député et membre du gouvernement, a démissionné, suivi deux jours plus tard par la ministre du Travail et des retraites, Amber Rudd. À ce stade, on se sait pas encore qui, de Shakespeare ou des Monty Python, serait à même de produire le portrait le plus apte des premières heures du gouvernement Johnson…

Vers de nouvelles législatives ?

Parmi les stratagèmes destinés à imposer une sortie sans accord (après avoir été mis en minorité sur l’échéance du 31 octobre), il y a la mise au vote d’un projet de nouvelles élections législatives anticipées.

Elles sont réclamées par l’opposition travailliste ou le Scottish National Party (SNP) écossais depuis des mois. Mais il est clairement entendu par tous (Labour, SNP, Verts, Lib Dems) que la mise en route du processus électoral offrirait une voie supplémentaire pour suspendre l’activité parlementaire. Impossible alors de contrôler l’avancement de « négociations » avec l’UE…

Pour le gouvernement, ce refus temporaire de l’opposition permet de tenter de faire passer cette dernière pour inconséquente et fuyarde et d’anticiper sa propre campagne sur ce terrain polémique.

Pour l’opposition, il s’agit non seulement d’une précaution technique, mais ce refus permet aussi de prolonger l’enfermement du tyranneau dans sa propre incapacité à mener quelque initiative que ce soit. Les élections législatives ne sauraient cependant tarder et se décideront probable-ment – par une motion de censure – dès la certitude formelle acquise du blocage de la sortie version Johnson.

Surenchères sordides

Ces surenchères sordides ne sont pas exemptes de rationalité. Johnson et son équipe visent le repositionnement de leur parti autour d’un pôle d’extrême droite nationaliste, soit disponible pour une alliance avec le Brexit Party de Nigel Farrage, soit en capacité de gagner son électorat.

À n’en pas douter, ces dirigeants-là ce retrouveraient à merveille dans l’UE d’Orbán, de l’Afd et du RN…

Car c’est bien une possibilité qu’il faut envisager :

Soit l’implosion du Parti conservateur et le grotesque de Johnson finissent par anéantir toute chance de reconduction de la droite au pouvoir et une norme politique et morale se redéfinit autour de la gauche travailliste qui propose le seul compromis viable du moment.

Soit, exactement au contraire, l’épisode en cours vient alimenter une romance ultra-­réactionnaire dans lequel Johnson mène une lutte solitaire héroïque pour le peuple (national) contre les forces, la gauche travailliste, en particulier, qui tentent de faire obstacle à la « démocratie » référendaire.

Dans ce cas, les outrances et bouffonneries d’un Johnson pourraient valoir comme autant d’invitations à passer à un régime inédit d’agression sociale et raciste pleinement et ouvertement assumé, débarrassé du dernier vernis démocratique.

On sait que l’on peut compter sur l’appui sans réserve d’un large secteur de la presse pour cette version qui est depuis longtemps déjà la sienne, en millions d’exemplaires chaque matin.

Thierry Labica Jeudi 12 septembre

https://npa2009.org/

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04 août 2019 ~ 0 Commentaire

brexit 2 (lvsl)

donald trumps boris

Des européennes au Brexit

20 ans de recompositions politiques au Royaume-Uni

De l’introduction du scrutin proportionnel aux Européennes de 1999 à l’irruption du Brexit Party : les scrutins européens ont chamboulé le système politique britannique. Retour sur ces évolutions, accélérées ces cinq dernières années.

Les élections européennes de 1999 sont les premières élections à la proportionnelle au Royau-me-Unis De nouveaux partis percent à cette occasion, comme l’UKIP avec 6,5 % des voix mais aussi les Verts avec 5,3 % des voix.

Grâce au scrutin proportionnel, ces partis obtiennent des élus. Ce que n’avaient pu avoir les Verts en 1989 malgré leur score de 14,5 % des voix. Le vote pour ces partis devient perçu comme utile et fournit des élus européens qui leur permettent d’avoir un noyau dur de professionnels de la politique.

L’effet sur les partis traditionnel est non négligeable.

Le Labour et les conservateurs passent de 59 % des voix en 1999 à 48 % en 2004 puis à 42,6 % des voix en 2009, avant en 2014 de remonter à 47 %. Si on ajoute à ce total les libéraux démocrates, seul autre parti représenté au Parlement britannique, on arrive certes à 71 % en 1999 mais on tombe à 62,5 % en 2004, à 56 % en 2009 et enfin à 53, 6 % des voix en 2014.

On note d’ailleurs que la remontée de 2014 du total des deux partis traditionnels de gouverne-ment s’explique par la cannibalisation des libéraux démocrates.

Les européennes ont donc habitué une proportion non négligeable des Britanniques à voter pour des partis non représentés à Westminter et a renforcé ces partis. Il s’agit de l’UKIP, parti euro-sceptique de droite radicale, du BNP, parti d’extrême droite dure identitaire et raciste et des Verts sur une ligne de gauche libertaire favorable à l’Union Européenne.

Plus habituel au Royaume-Uni, le scrutin majoritaire favorise une offre politique binaire, sauf s’il existe des partis régionalistes assez forts qui peuvent s’implanter. Le Parti National Ecossais (SNP) et le Plaid Cymru gallois ont profité tout à la fois d’une réaffirmation régionaliste celtique et de la création d’une gauche alternative au Labour.

Dès 1974, ces partis ont obtenu quelques élus à la chambre des communes et se sont imposés en Écosse ou au pays de Galles comme un vote utile.

Les élections européennes de 2014 sont marquées par un séisme électoral.

Ce n’est pas lié à la chute du bloc des partis traditionnels. L’important est qu’avec l’effondrement du BNP, l’UKIP franchit un cap et devient le premier parti en termes de voix. Peu après, le réfé-rendum d’indépendance en septembre 2014 obtenu par le parti national écossais, polarise le débat politique en Écosse sur la question de l’indépendance.

Les indépendantistes perdent avec 44.70 % des voix. Le parti national écossais est le seul parti d’importance qui soutient l’indépendance de l’Écosse. Il est donc un débouché naturel pour cet électorat. Le SNP engrange des adhésions massives après le référendum et devient un  parti de masse en Écosse.

2015 ou l’élément déclencheur d’une recomposition en profondeur

Les élections de 2015 marquent un net bouleversement du paysage politique. Certes, le Labour et les conservateurs augmentent légèrement leur pourcentage de voix. Mais les libéraux démo-crates disparaissent quasiment, avec 8 élus et 8 % des voix, alors que le Parti National Ecossais obtient 56 élus. S’il n’obtient que 4,7 % des voix, son électorat est concentré en Écosse où il obtient 50 % des voix. Enfin, l’UKIP n’obtient qu’un élu mais récolte 12,6 % des voix.

Les analyses par classe sont encore plus intéressantes.

En effet, les conservateurs gagnent un point mais en perdent 4 chez les ouvriers non qualifiés et 5 chez les ouvriers qualifiés. Au contraire, ils gagnent 4 points chez les classes moyennes et supérieures.

Le Labour progresse légèrement chez les ouvriers. Enfin, avec 8 % chez les classes moyennes et supérieures, 19 % chez les ouvriers qualifiés et 17 % chez les ouvriers non qualifiés, l’UKIP signale l’émergence d’un parti de droite radicale à l’électorat plus ouvrier que bourgeois.

L’émergence de l’UKIP signe le terme provisoire du clivage de classe comme structurant les clivages politiques en Grande Bretagne.

C’est une première au Royaume Uni pour un parti de droite. On peut relier cette force de l’UKIP dans l’électorat populaire à l’émergence locale antérieure du BNP dans certaines circonscrip-tions ouvrières.

Celle-ci et la percée plus conséquente de l’UKIP peuvent s’expliquer par une opposition plus forte à l’UE et par des excès du modèle communautariste britannique dont témoigne de manière aiguë peu avant 2015 l’affaire de Rotherham.

Si on additionne conservateurs et UKIP, ceux-ci obtiennent 51 % des voix, 53 % des voix chez les classes moyennes et supérieures, 51 % des voix chez les ouvriers qualifiés et 44 % chez les ouvriers non qualifiés. L’émergence de l’UKIP signe bien le terme provisoire du clivage de classe comme structurant les clivages politiques en Grande Bretagne.

Un Brexit qui rebat encore les cartes

Cameron a promis un référendum sur l’appartenance du Royaume Uni à l’aile eurosceptique de son parti. Il l’organise dès après les élections. Le score de l’UKIP inquiète alors les conserva-teurs. La campagne du référendum sur le Brexit bouleverse les appartenances partisanes.

En effet, si les Libéraux Démocrates et les Verts s’engagent pour le Remain et l’UKIP s’engage pour le Leave, les conservateurs et les travaillistes sont profondément clivés. Le Labour prend officiellement position pour le Remain, mais plusieurs députés forment un groupe en faveur du Leave. Corbyn, tout en prenant officiellement position pour le Remainn garde un profil très bas durant la campagne.

Une grande partie des cadres conservateurs soutient un vote Leave, bien que la majorité reste fidèle à la position de David Cameron qui soutient un vote Remain. Les résultats marquent une victoire pour les partisans du départ du Royaume Uni de l’Union Européenne qui obtiennent 51,89 % des suffrages.

Cependant, ils montrent aussi un Royaume-Uni clivé. La métropole du Grand Londres de même que l’Écosse ont voté massivement en faveur du Remain avec respectivement 60 et 62 % des voix. Le clivage par classe réapparaît de manière flagrante avec 55,5 % des classes moyennes et supérieures votant pour le Remain contre 63 % des membres des classes populaires pour le Leave.

Si la majorité de l’électorat conservateur, 59 %, ont voté Leave, 64 % de l’électorat du Labour a voté Remain. C’est presque autant que les 69 % de libéraux démocrates ayant voté Remain. Cela pose un réel problème au Labour d’autant que les deux tiers des circonscriptions ayant voté Labour ont quant à elles voté Leave.

Le retour trompeur d’un système partisan bipolaire classique

Dans ce contexte, les élections de 2017 traduisent une repolarisation paradoxale. En effet, depuis l’élection de Jeremy Corbyn, le Labour a connu un net tournant à gauche. Il s’est traduit par un afflux de jeunes militants qui en refont un parti de masse.

Les résultats aboutissent à une repolarisation très forte avec une augmentation de 9,6 points pour le Labour et de 5,5 points pour les conservateurs. L’UKIP et les Verts s’effondrent avec 1,8 % et 1,6 % des voix.

Cependant, bien que le Labour ait eu une nette évolution programmatique vers un discours plus à gauche, ce sont les conservateurs qui progressent le plus chez les classes populaires. Le Labour obtient 41 % comme moyenne nationale mais 38,5 % chez les classes moyennes et supérieures.

C’est un pourcentage supérieur au score obtenu par le Labour de Tony Blair auprès du même groupe social en 1997. A l’inverse le Labour n’obtient que 41 % chez les ouvriers qualifiés et 47 % chez les ouvriers non qualifiés (contre 49 et 57 % chez ces mêmes groupes en octobre 1974).

Inversement les conservateurs progressent de 12 points chez les ouvriers qualifiés ou non qualifiés et obtiennent 45 % chez les ouvriers qualifiés et 38 % chez les non qualifiés. Ce sont les meilleurs scores jamais atteints par les Tories auprès de ces groupes. Le Labour progresse particulièrement dans les zones ayant voté Remain et les conservateurs dans les zones ayant voté Leave.

Le vote UKIP puis le vote Leave ont pu servir de sas pour des classes populaires passant du Labour aux conservateurs. Cela est montré par les bascules de circonscriptions. En effet, le bastion historique et bourgeois de Canterbury bascule pour la première fois de son histoire au Labour.

Si le Labour ne perd que 6 circonscriptions au profit des conservateurs et leur en prend 28, il s’agit de circonscriptions ouvrières qui furent des bastions du Labour comme Stoke-on-Trent South. Une circonscription que le Labour remportait avec 58.75 % des voix en 1979 en pleine vague Thatcher. Le Labour est donc déchiré entre une aile souvent jeune et assez aisée favora-ble au Remain et un électorat ouvrier traditionnel favorable au Leave. Malgré son virage à gauche, son électorat en termes de classe sociale n’a jamais été aussi blairiste.

Vers l’intégration du Brexit comme élément structurant de la vie politique britannique

Enfin, les élections européennes récentes révèlent de nouveau le potentiel de recomposition de la vie politique britannique qu’avait révélé le Brexit et que l’élection de 2017 avait semblé enrayer. Entre temps, Nigel Farage a quitté l’UKIP, devenue un parti d’extrême droite anti-immigration et anti-islam traditionnel. Il a fondé le Brexit Party, dont le nom indique le programme.

De plus, excédé par l’absence de position pro-Remain affirmée par le Labour et par le virage à gauche de Corbyn, des députés du Labour ont fait scission.

Rejoints par des députés conservateurs , ils ont fondé ChangeUK. Le Labour a en outre été affaibli par des accusations persistantes d’antisémitisme. Dans ce contexte, le Brexit Party a mené une campagne simple et efficace centrée sur Brexit means Brexit. Il cible les électeurs ouvriers du Labour ayant voté Leave ainsi que les conservateurs qui ne comprennent pas pourquoi leur parti n’est pas sorti de l’UE malgré le résultat du référendum.

Les conservateurs ont quant à eux offert un spectacle d’une division permanente, le cabinet de Theresa May étant devenu le lieu d’une guerre de tranchée entre Remainers et Brexiters. Les européennes ont marqué un triomphe pour le Brexit Party. Il obtient 30,5 % de voix, soit 5 248 533 électeurs.

Les partis clairement positionnés en faveur du Remain (libéraux démocrates et verts) s’en sont aussi bien sortis avec 19,6 % et 11,8 % des voix. Inversement, le Labour s’effondre avec -13,6 % et les conservateurs subissent une déroute électorale avec 8,8 % des voix. On peut enfin noter le bon score du SNP avec 37,8 % des voix en Écosse.

Enfin, Change UK fait un score très en dessous de ses attentes avec 3,6 % et semble vouloir fusionner avec les libéraux démocrates. L’UKIP obtient un score équivalent mais ne va pas fusionner avec le Brexit Party car il occupe maintenant le créneau d’un parti d’extrême droite dure.

Certes, nous avons vu que les européennes se traduisaient depuis longtemps par des scores très inférieurs à leurs scores lors des élections générales pour le Labour et les Tories. Mais la différence est que leur base s’est tellement effondrée lors de ces élections européennes que cette fois ci le vote utile pour les élections générales pourrait être perçu comme le vote pour le Brexit Party pour les électeurs du Leave ou pour les Libéraux Démocrates alliés aux Verts pour les électeurs du Remain.

Les européennes ont déjà eu un impact : Change UK a implosé, la moitié des députés le quittant pour rejoindre les Libéraux Démocrates. Mais l’évènement le plus attendu a été l’élection partielle de Peterborough (où l’ancienne députée Labour a du démissionner suite à des affaires judiciaires).

Une circonscription qui avait massivement voté pour le Leave et que le Labour avait remportée de justesse face aux Tories. Finalement et malgré des accusations d’antisémitisme à l’encontre de la candidate du Labour, celle-ci a gagné l’élection avec 31 % des voix et 683 voix d’avance sur le Brexit Party.

Celui-ci a affecté les conservateurs qui n’ont fait que 21 % contre 29 % pour le Brexit Party. Enfin, les Libéraux Démocrates n’ont fait que 12 % (dans une circonscription peu favorable). La recomposition autour du clivage sur le Brexit semble donc se voir opposer un clivage socio économique réactivé par le Labour de Corbyn.

C’est un problème vital pour les conservateurs : ils ne sont positionnés sur aucun des deux clivages. L’élection de Boris Johnson permet cependant aux conservateurs de se positionner sur un créneau favorable à un hard Brexit.

De même, le Labour tente d’imposer un clivage socio économique comme prioritaire. Il est cependant sous la pression de ses militants les plus favorables au Remain pour se positionner définitivement dans le camp du Remain. Cela force Corbyn à faire des concessions à cette aile.

L’élection partielle à Brecon et Radnoshire, dans une circonscription historiquement disputée entre les Libéraux démocrates et les conservateurs se solde par une victoire des libéraux démocrates réduisant la majorité parlementaire de Boris Johnson à un siège.

Mais les conservateurs obtiennent près de 40 % des voix et les libéraux démocrates gagnent en grande partie grâce au soutien des verts, des régionalistes. Boris Johnson dont le parti s’envole dans les sondages pourrait faire jouer le vote utile pour siphonner le Brexit Party. Enfin, le Labour a un score anormalement bas de 5 % (même dans une circonscription où il est historiquement faible) qui devrait inquiéter ses stratèges.

L’avenir de la vie politique britannique a donc 4 options : un quadripartisme aléatoire entre Brexit Party , conservateurs , Labour et libéraux démocrates (avec le SNP ayant aussi un certain nombre d’élus), un tripartisme où les conservateurs absorberaient le Brexit Party et où les libéraux démocrates seraient aussi forts que le Labour et un retour au bipartisme antérieur.

Augustin Herbet 3 août 2019

https://lvsl.fr

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08 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

syriza 2 (npa)

antarsya

La coalition « Antarsya »

Grèce : La défaite de Syriza se fait au profit de la droite

Les législatives du 7 juillet ont réservé une surprise, que n’ont pas comprise les médias français.

Certes, le parti de droite Nouvelle démocratie (ND) obtient une belle victoire (environ 2 250 000 voix et 39,85% (1 526 000 et 28,09% aux législatives de septembre 2015, 1 873 000 et 33,12% aux européennes de mai 2019).

Avec 158 sièges et en tête dans la plupart des régions, il peut former seul le nouveau gouvernement : c’était son objectif. Une belle réussite pour la droite, reposant sur un fort soutien des médias liés au grand patronat pour l’héritier de la dynastie Mitsotakis.

Défaite pour Syriza, mais…

C’est, bien sûr, une défaite pour Syriza, et tous les commentaires sur le « pari perdu du joueur Tsipras » ne peuvent pas cacher la cause fondamentale de la défaite : l’immense déception créée par le renoncement à une rupture avec la troïka, et le maintien, en dépit de quelques améliorations sociales, du chômage, des bas salaires et de la précarité.

Pourtant, après son mauvais score aux européennes (1 343 000 voix, 23,75% des suffrages, contre 1 926 000 voix et 35,46% en septembre 2015), et alors que plein d’ « experts » lui prédisaient une nouvelle chute, c’est l’inverse qui s’est produit.

Avec 1 781 000 voix et 31,53%, Syriza résiste assez fortement, d’où la hargne hier du Pasok (qui sous le nom de Kinal obtient 8,1, en léger progrès) et la mauvaise humeur du KKE (PC grec), qui avec 299 000 voix et 5,30%, continue à perdre et en pourcentages et en voix (en 2009, 517 000 voix et 7,54%).

Syriza arrive en tête dans de nombreux quartiers populaires, et dans plusieurs régions 

Toute la Crète, l’Achaïe (40% contre 32% à ND), les zones ouvrières de l’Attique. Il retrouve la tête dans des mairies perdues par la gauche : Haïdari, Egaleo, Kaisariani. On peut ainsi dire que la défiance populaire vis à vis de Syriza s’est exprimée avant tout par l’abstention, phénomène qui s’accroit.

42,1%, contre 36,1% en janvier 2015. Et surtout les chiffres de participation locale renforcent cette abstention de classe : souvent de 65, voire plus de 70% de participation dans les banlieues bourgeoises, contre 50-55% dans les banlieues ouvrières (à comparer aux 63 à 67% en janvier 2015 !).

Quelles perspectives ?

La ND a fait le plein des voix, siphonnant les groupes centristes et une partie de l’extrême droite: d’un côté Chryssi Avgi (Aube dorée) perd ses députés, mais un autre groupe fasciste, Elliniki Lyssi, fait son entrée (3,7%).

Même si le politicien Mitsotakis répète qu’il gouvernera pour l’union de tous les Grecs (mais les autres ?!), le programme ultra libéral que veut appliquer la ND risque de pousser le curseur très à droite, avec un discours sécuritaire révélateur du poids de l’extrême droite dans les cadres de la ND (plusieurs ont été élus).

Face à cela, la gauche doit en premier lieu faire ses bilans

En particulier la gauche anticapitaliste Antarsya, qui n’obtient que 23 000 voix et 0,41%, et est profondément divisée et la scission de Syriza LAE/Unité Populaire n’obtient que 0,28%…

Mais surtout, il faudra dépasser le paradoxe de voir toute la gauche anti-mémorandum s’affaiblir davantage pendant que de nombreux jeunes et travailleurEs disent leur espoir de résistance en continuant de voter Syriza malgré les politiques menées depuis 2015…

Ce qui est urgent c’est, d’une part, la relance de la construction d’une large gauche antica-pitaliste dépassant le seul cadre d’Antarsya.

D’autre part, mener la bataille, difficile vu le poids du sectarisme, pour lancer des fronts uniques de résistance, associant gauche radicale, gauche révolutionnaire, KKE et Syriza (et même Mera 25, de Varoufakis, qui entre au Parlement).

À Athènes, A.Sartzekis Lundi 8 juillet 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Antarsya (Wikipédia)

Unité populaire (Wikipedia)

Commentaire:

Les partisans de la 4è Internationale dont le NPA est proche, se retrouvent dans Antarsya ou dans l’Unité Populaire

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03 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

municipales (npa)

 elections

Élections municipales

Les grandes manœuvres ont commencé

L’arrivée de Macron au pouvoir en 2017 a dynamité le champ politique « traditionnel ». Les dernières élections européennes ont confirmé ce bouleversement. Et depuis, les grandes manœuvres pour une recomposition politique à droite comme à gauche ont commencé, avec en point de mire les municipales de 2020.

Les dernières élections européennes, première élection à caractère national depuis l’arrivée de Macron au pouvoir, ont confirmé, sans grande surprise, la crise politique et l’effondrement des partis traditionnels. Mais aussi la réussite de Macron et des siens à construire une polarisation LREM-RN. L’effondrement des Républicains et du Parti socialiste, ainsi que l’émiettement de la gauche radicale ouvrent la voie aux grandes manœuvres.

L’extrême droite à l’offensive 

Les Républicains (LR) traversent une crise sans précédent. Cette crise ouvre des perspectives au Rassemblement national qui veut continuer, après entre autres Mariani, de ramener dans ses filets des élus républicains.

C’est ainsi que Marine Le Pen a lancé, le 16 juin, un appel clair « à tous ceux qui, chez LR, n’ont pas envie d’être embrigadés dans l’armée d’Emmanuel Macron. […] Nous sommes prêts à discuter avec eux, à mettre en œuvre des plates-formes d’action communes ».

Et depuis, les opérations s’accélèrent. C’est Mariani qui est chargé de jouer les passerelles avec son ancien parti. C’est ainsi qu’il a annoncé relancer en septembre la « Droite populaire » et, par la même occasion, le débat sur les alliances LR-RN pour les municipales de 2020.

Sans oublier le dîner entre Marion Maréchal et une quinzaine d’élus républicains, qui affaiblit une nouvelle fois LR. Est-ce que cette offensive sera « gagnante » pour le RN ? Les mois qui viennent le diront. Même si  depuis Sarkozy et encore plus depuis Wauquiez, il n’y a pas une feuille de papier à cigarette entre ce que disent, sur de nombreux sujets, LR et RN.

LREM continue le dépeçage 

Les élections municipales de 2020 sont importantes pour LREM, en particulier pour renforcer son implantation locale car à l’heure actuelle, le mouvement de Macron ne compte que 2 000 élus locaux.

La stratégie du parti présidentiel pour ces futures élections est le « cas par cas ». C’est ainsi qu’il soutiendra des candidatEs de LREM tout comme des sortants de droite ou de gauche. À cette heure, Laurent Degallaix (UDI) à Valenciennes, Emmanuel Darcissac (ex-PS) à Alençon (Orne) et Olivier Klein (PS) à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont reçu l’investiture macroniste.

Les investitures actuelles ne sont pas sans poser de problèmes, en particulier au PS. Même si, à cette étape, LREM n’a pas encore finalisé ses investitures, en particulier dans les grandes villes, le parti macroniste continue sa stratégie de construction d’une polarisation avec le RN.

La gauche en ébullition 

Depuis les élections européennes, la « gauche » est aussi en ébullition et, là aussi, les grandes manœuvres ont commencé. Et c’est sans aucun doute dans la « gauche radicale » que cela se bouscule le plus avec le lancement du « big bang » de Clémentine Autain et Elsa Faucillon.

Il se fixe notamment pour objectif de redonner « du sens » à la gauche et d’essayer de s’unir pour les prochaines municipales pour qu’il y ait « moins d’éparpillement ».

Pour notre part, sans nier les désaccords qui existent, par la discussion et la confrontation des points de vue, nous voulons avant tout contribuer, sans arrière-­pensée électorale, à l’unité de notre camp social dans l’action.

Pour se mobiliser sur toutes les questions permettant de défendre les intérêts du monde du travail au sens large, que ce soit contre les licenciements, contre la répression des mouvements sociaux ou dans les quartiers populaires, contre telle ou telle loi gouvernementale ou attaque patronale, pour la justice sociale et climatique, contre l’extrême droite.

Bref, loin d’une focalisation sur les urnes.

Joséphine Simplon Mercredi 3 juillet 2019

https://npa2009.org/

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02 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

sarko (jdd)

prison_sarkozy_hollande

Je peux pas j’ai piscine!

Les Français ne veulent pas d’un retour de Nicolas Sarkozy

Le bilan de Nicolas Sarkozy est contesté par les Français, selon les résultats d’un sondage Ifop pour le JDD.

Les Français ont tourné la page Nicolas Sarkozy. L’hypothèse d’un retour de l’ancien chef de l’État en politique ne suscite guère l’enthousiasme.

Selon notre enquête Ifop, 76% des sondés déclarent ne pas souhaiter qu’il revienne. Sans surprise, les sympathisants des Républicains (LR) sont les seuls à en appeler majoritairement (65%) à l’ex-maire de Neuilly ; et le rejet est massif chez les sympathisants de gauche (88%), chez qui « l’effet repoussoir de Nicolas Sarkozy est encore très fort », commente le directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi.…

30 juin 2019 Sarah Paillou

https://www.lejdd.fr/

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27 juin 2019 ~ 0 Commentaire

medef (france info)

papa sultz

« T’es sûr hein? Elle n’est pas de gauche?

Le Medef invite Marion Maréchal à son université d’été

C’est la première fois qu’une personnalité issue de l’extrême droite est conviée au traditionnel rendez-vous estival de l’organisation patronale. D’autres personnalités politiques, de La France Insoumise aux Républicains, en passant par LREM, ont aussi été invités.

Pour la première fois, le Medef fait le choix d’inviter une personnalité issue de l’extrême droite à son université d’été. L’organisation patronale a en effet confirmé à l’AFP, jeudi 27 juin, que l’ancienne députée RN, Marion Maréchal, avait été « sollicitée » pour participer, les 28 et 29 août à l’hippodrome de Longchamp, à Paris, à son traditionnel rendez-vous estival, rebaptisée « Rencontre des entrepreneurs de France ».

Au total, « 250 personnes ont été sollicitées jusqu’ici afin d’obtenir un panel aussi large que représentatif de l’ensemble des sensibilités politiques, de La France insoumise à Marion Maréchal. Cette dernière fait partie des personnes qui ont été sollicitées, rappelle à l’AFP la première organisation du patronat français. Depuis 2012, l’ensemble des partis ont été auditionnés par le Medef avant les différents scrutins européens ou nationaux. Marine Le Pen a d’ailleurs participé à une audition en 2017 dans le cadre des présidentielles comme tous les autres candidats ».

« Si cette information est exacte, c’est très grave »

Cette annonce n’a pas tardé à faire réagir. A commencer par l’ancienne présidente du Medef. « Si cette information est exacte, c’est très grave », a tweeté Laurence Parisot. Plusieurs députés LREM ont également décidé d’annuler leur présence fin août. Parmi eux, Roland Lescure : « Ce sera sans moi », dit-il sur Twitter.

L’invitation de Marion Maréchal « est une provocation dangereuse qui plus est. Et ce sera le boycott pour ma part », a réagi de son côté la députée LREM Olivia Grégoire. Si des candidats d’extrême droite ont déjà été auditionnés par le passé, jamais ils n’avaient, en revanche, été formellement invités à l’université d’été du Medef.

https://www.francetvinfo.fr/

Commentaire:

Le fascisme ne devient possible que si le patronat finance ses milices…

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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

espagne maroc (pùblico)

refugies

« Mon cas a été envoyé d’Espagne au Maroc parce qu’ils pensaient qu’ici je serais inculpée »

Elle aurait pu être condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir défendu le droit à la vie

Helena Maleno Garzón (El Ejido, 1970) est une défenseuse des droits de l’homme, journaliste et chercheuse sur les mouvements migratoires et les êtres humains.

Il y a 7 ans, l’UCRIF (Unité centrale de l’immigration clandestine et des faux documents) de la police nationale a ouvert une enquête à son encontre après l’avoir liée à la traite d’êtres humains.

La raison en était ses appels au sauvetage des bateaux à la dérive. L’affaire a été classée par la Cour Nationale pour ne pas avoir trouvé de crime dans ses activités. Malgré cela, la police espagnole a envoyé l’affaire au Maroc, où elle réside.

La justice marocaine a classé l’affaire définitivement le 6 mars dernier.

Maleno, qui a fondé le collectif Caminando Fronteras, a consacré sa vie à la défense des droits des migrants et à la lutte contre le racisme institutionnel. Elle a répondu par téléphone depuis Tanger.

Après sept ans, la cour d’appel de Tanger a engagé une action en justice à votre encontre pour un crime présumé de traite des êtres humains. Comment allez-vous?

Soulagée. C’est une nouvelle très importante car elle ratifie le droit à la vie, contre lequel les autorités s’étaient exprimées. En ce qui me concerne l’époque, j’étais au courant de cette accusation, lorsque le Maroc m’en a informée en 2017, alors que l’Espagne enquêtait auparavant sur cette accusation, mais je n’en savais rien.

Je ne savais pas qu’elle avait été abandonnée par la Cour nationale. Je me suis senti effrayée et submergée tout ce temps. Frontex, la police européenne de contrôle des frontières, a également enquêté sur moi. J’aurait pu être condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir défendu le droit à la vie. Dans les enquêtes, la police elle-même a déduit que je n’avais pas tiré de profit de « trafic de personnes » et malgré cela, elle a voulu me codamner.

Pourquoi pensez-vous que l’unité centrale des réseaux d’immigration clan-destine a renvoyé l’affaire au Maroc après que la justice espagnole n’ait pas trouvé de crimes?

L’Unité centrale des réseaux d’immigration clandestine ( UCRIF) était à la recherche d’un cas exemplaire; Me condamner aurait été un précédent pour le reste des gens qui travaillent contre les politi-ques de mort aux frontières.

Mon cas a été envoyé d’Espagne au Maroc parce qu’ils pensaient qu’ici ils m’incrimineraient ici par pur préjugé coloniasliste. Le dossier fabriqué par l’UCRIF est effrayant et comporte des parties où ils m’attaqueent en tant que femme. Je n’avais jamais pensé trouver autant de haine machiste dans un document de police.

Walking Borders, l’organisation à laquelle vous collaborez, veille à ce que vous récupériez vos droits perdus et veut corrigez les dommages causés dans ce cas. Quelles mesures et luttes souhaitez-vous réaliser?

Nous devons mettre fin à la criminalisation des personnes qui défendent le droit à la vie. Les groupes de migrants eux-mêmes sont systématiquement persécutés. Nous devons nous proté-ger collectivement et commencer à proposer des alternatives de vie à la construction des frontières. L’objectif est de travailler en réseau avec les personnes qui migrent; Il faut continuer le combat.

Depuis 2007, vous collaborez avec l’ONU et le médiateur. Après 12 ans, comment voyez-vous la situation de la population immigrante qui tente de fuir son pays, la guerre et la dictature? L’Espagne échoue-elle dans cette affaire?

Ma criminalisation et celle d’autres partenaires est due à la montée d’intérêts économiques aux frontières. Actuellement, il y a un peuple migrant qui bouge et dont les droits sont jugés par chacun de ses mouvements. À l’heure actuelle, certaines sociétés d’armement sont les principaux acteurs et donc il existe des intérêts économiques. Elles créent donc des conflits et bloquent les personnes qui tentent de se déplacer sur le territoire. Cette industrie parvient à manipuler les idées de l’Union Européenne et à imposer des idées racistes et xénophobes.

Votre combat est  pour que personne ne meurt  en mer. Comment l’empêcher et que les migrants aient des droits et des libertés?

Le droit à la vie en mer est l’un des droits les plus anciens, il prime,  quel que soit l’origine et les papiers. Il existe un service de sauvetage maritime qui est excellent et l’une de ces mesures serait que ce sauvetage ne serve pas de contrôle migratoire, mais en tant que défenseur du droit à la vie de quiconque se trouve dans nos mers, d’où qu’il vienne. On doit élaborer des politiques de vie.

Vous vous battez depuis longtemps contre les intérêts économiques qui sous-tendent les mouvements migratoires. Que pourrait faire le gouvernement pour lutter contre ces intérêts?

La première action consiste à construire un discours différent, sans mensonges ni préjugés, en traitant les personnes qui bougent comme êtres humains. Les gouvernements  doivent adopter des politiques qui ne favorisent pas les intérêts économiques. Il faut éviter les politiques de dissuasion imposées par les États-Unis et éliminer l’idée qui prévaut en Europe selon laquelle les immigrants ne sont que de la main d’oeuvre.

Nous vivons à l’ère des réseaux sociaux et, pour le meilleur ou pour le pire, cela fait avancer les idées. Comment cela vous a-t-il aidé dans votre travail?

Les réseaux nous permettent de créer une communauté de contacts de parents à la recherche de leurs proches disparus. Les réseaux sociaux ont été très importants pour mon cas particu-lier, mais également pour la communication des communautés de migrants. Sur Facebook, un grand réseau d’immigrés a été créé via mon compte. Ils décrivent leurs expériences, dévelop-pent des discours politiques, recherchent leurs morts et partagent des informations. De plus, les réseaux sociaux nous permettent de créer une communauté de contacts de parents à la recherche de leurs proches disparus.

L’extrême droite favorise le racisme. Que pensez-vous de ce phénomène en plein essor?

C’est notre faute, c’est tout ce que nous avons semé que nous recueillons maintenant. Nous n’avons pas travaillé pour éliminer le racisme, le colonialisme. Les camarades migrantes l’ont déjà dit lors de la dernière grève du 8 Mars: il faut décoloniser le savoir et l’être.

L’Europe qui prétendait être celle des droits de l’homme est maintenant l’Europe des privilèges. Un exemple en est les travailleurs temporaires du sud de l’Espagne ou de l’Italie, travailleurs bon marché, semi-esclaves, que ces partis tolèrent, car ils ne les considèrent pas comme des personnes. Le meilleur remède est de travailler ensemble, en réseau, pour trouver de nouveaux moyens.

Que diriez-vous au lecteur sur la situation au Maroc et dans d’autres pays?

Nous devons travailler dur contre le racisme institutionnel qui existe en Espagne. Tous les jours, nous devons secouer nos privilèges et faire entendre les voix qui ne se font pas entendre. Dans tous les lieux de nos actions, de la vie quotidienne, au lieu de travail, nous pouvons exiger les mêmes droits pour tous.

Cet article est publié grâce à la collaboration de la Fondation Rosa Luxemburg.

Helena Maleno Garzón est Défenseur des droits de l’homme / Ombudsman du Pays Basque
3 avril 2019 Miriam Martínez

https://ctxt.es/es/

Lire aussi:

La UE blinda sus fronteras con el refuerzo de un ‘ejército’ de 10.000 efectivos (Pùblico)

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19 février 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (jdd)

europeennes

Européennes

La droite populiste en passe de redessiner le visage du Parlement

Les premières projections sur la composition du futur Parlement européen publiées lundi montrent un recul des forces traditionnelles au profit notamment du groupe porté par le RN en France et la Ligue italienne. Si elle arrive à s’unir, la droite eurosceptique pourrait même devenir un bloc majeur à Strasbourg.

Le prochain Parlement européen sera-t-il marqué par une percée des forces populistes et anti-UE?

A trois mois des prochaines élections, ce scénario semble confirmé par les premières projec-tions publiées lundi par le Parlement européen, à partir de sondages réalisés dans les 27 Etats-membres, hors Royaume-Uni. Les groupes actuels composant l’hémicycle européen seraient pour la plupart en recul, à commencer par le PPE de droite actuellement majoritaire, selon cette première vague du baromètre de l’institut Kantar TNS.

A l’inverse, les libéraux de l’ALDE – sans même le possible renfort du contingent macroniste – et surtout les eurosceptiques de l’ENL, porté par le Rassemblement national de Marine Le Pen, progresseraient. Ce dernier groupe compterait 22 membres de plus, grâce à la forte progression de son allié italien de la Ligue dans les sondages, et serait en passe de devenir la 4e force politique à Strasbourg.

Le Brexit peut tout changer

Mais au-delà de cette projection, c’est toute la droite de la droite au Parlement européen qui pourrait se réorganiser. Au RN, on croit même possible la constitution d’un groupe eurosceptique de plus de 100 membres. “L’objectif est d’unir autour de notre groupe les mouvements qui vont très certainement faire leur entrée au Parlement européen le 26 mai prochain mais aussi de s’allier à d’autres aujourd’hui membres des groupes CRE et EFDD”, confirme au JDD Nicolas Bay, eurodéputé RN et co-président du groupe ENL à Strasbourg.

Résumons les rapports de forces actuels au sein de cette droite eurosceptique :

  • L’ECR compte aujourd’hui 75 membres. Il repose principalement sur les élus du Parti conservateur britannique (au nombre de 18) et du parti polonais Droit et justice (14), mais aussi la N-VA belge ou le Parti populaire danois.
  • L’EFDD compte 41 membres, dont 17 venus de l’Ukip britannique (beaucoup l’ont quitté depuis) et 12 du Mouvement 5 étoiles italien. Il faut y ajouter 6 élus français élus en 2014 sur la liste RN, dont 2 sont aujourd’hui à Debout la France et 2 aux Patriotes. L’unique élu de l’Afd allemande est également présent dans ce groupe.
  • L’ENL compte 37 membres, dont la majorité (15) sont issus du RN en France. Sont également présents les 6 élus de la Ligue italienne, 4 du PVV néerlandais et 4 du FPO autrichien.

Voilà pour la situation présente. Sur le papier, la somme de ces trois groupes serait stable, à en croire la projection de lundi (153 élus avant et après les élections). Mais c’est une configuration en trompe l’oeil, avec le départ des élus britanniques. En réalité, le Brexit devrait avoir des conséquences non-négligeables dans ces équilibres actuels.

Concrètement, deux de ces trois groupes se verront amputés d’une partie conséquente de leurs membres. Ce qui pourrait forcer les autres à changer de stratégie. L’ECR restera-t-il ainsi sur une seule jambe, celle constituée par les Polonais conservateurs de Droit et justice (PiS)? Et l’EFDD pourra-t-il survivre avec une alliance de circonstance entre le M5S italien et l’Afd allemande, annoncée en progression? Rien n’est certain, d’autant plus qu’un groupe nécessite d’avoir des élus issus d’au moins 7 pays différents, ce qui est loin d’être assuré dans le second cas.

Un nouveau bloc structuré par le couple RN-Ligue?

Dans ce contexte, l’alliance RN-Ligue pourrait bien s’imposer comme l’axe central de cette droite eurosceptique en reconstruction. Les deux formations compteraient à elles seules près de 50 sièges, selon la projection du Parlement européen. De quoi peut-être poser les bases d’un rassemblement plus large avec notamment les deux autres grandes délégations attendues, le PiS polonais (crédité pour l’heure de 22 sièges) et l’Afd allemande (12 sièges) et une série de forces secondaires, comme Vox en Espagne et les Danois du Parti populaire.

C’est en tout cas le sens de l’appel lancé le mois dernier en Pologne par l’homme fort du gouvernement italien, le patron de la Ligue Matteo Salvini. Le dirigeant d’extrême droite avait auparavant tenté un rapprochement avec Viktor Orban, sans traduction concrète : le dirigeant hongrois reste pour l’heure membre du PPE, au même titre que Les Républicains en France.

« La recomposition politique de la droite de la droite au Parlement européen est tout à fait envisageable, du fait justement du départ des Britanniques et de la forte progression attendue de la Ligue italienne », synthétise Emmanuel Rivière, directeur général de Kantar TNS. « Mais cette recomposition pourrait aussi très bien aboutir sur la constitution de trois nouveaux groupes », prévient toutefois le sondeur, qui reste sceptique sur l’émergence d’une seule force pouvant atteindre 100 à 150 élus :

  • « Il faudrait pour cela additionner des partis pas forcément additionnables, étant donné que d’importantes différences idéologiques persistent entre certains – il n’y a qu’à voir la coalit-ion italienne avec la Ligue et le M5S. De plus, l’unité peut avoir un sens si ce groupe cherche à former une majorité au Parlement européen, ce qui est loin d’être évident. »

A défaut, un tel bloc pourrait sérieusement compliquer le jeu des coalitions, surtout si conservateurs du PPE et sociaux-démocrates du S&D perdent la majorité absolue à Strasbourg.

19 février 2019 Arnaud Focraud

https://www.lejdd.fr/

Commentaire:

Et la social-démocratie? Le PS français (12) va disparaître, (ainsi que le Labour 19 : Brexit) sans être remplacés par d’autres forces.Cela reposera sur les allemands 27, italiens 31 (encore?) et espagnols 14. ( Les 13 roumains sont l’ex-PC corrompu)

Les Verts 52 (avec divers « régionalistes ») pourraient progresser avec les mobilisations climat, sur les bases du « capitalisme vert »?

Quant au groupe de la gauche de gauche où serait le NPA (s’il avait des élus!) ce serait GUE-NGL 52. ( Avec les Verts, ces deux groupes comptent 104 élus sur 705!)

Espagne 10: Podemos, IU, régionalistes /

Irlande 4 : Sinn Fein, SP /

France 5: PCF, Insoumis-PG /

Portugal 4: PCP/ Bloco  /

Allemagne 8: Die Linke.

Grèce 6: KKE-PCG

Chypre 2: PC

Cela présage une assemblée encore plus à droite que d’habitude, alors que les peuples se révoltent pour le climat et contre l’austérité!

 

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07 février 2019 ~ 0 Commentaire

fachos et gj (npa)

kkk

Groupuscules fachos

Et mouvement des Gilets Jaunes

À Paris, lors de l’acte 11 des Gilets jaunes, une cinquantaine de fachos hétéroclites a volontai-rement ciblé le cortège du NPA. Leurs slogans hostiles aux syndicats manifestent une volonté de s’en prendre au mouvement ouvrier. Les extrêmes droites refusent, au sein des gilets jaunes, la présence d’une gauche qui s’affirme. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’attaque du 26 janvier.

Pour autant, ce n’est pas un saut qualitatif de la violence. La dangerosité des groupes radicaux se juge d’abord localement. Plusieurs villes connaissent des cas de violence, parfois depuis longtemps comme à Lyon. La présence du Bastion social ou de groupes proches (Lyon, Strasbourg, Chambéry, Clermont-Ferrand, Angers ou Paris) est souvent corrélée avec des tentatives d’intimidation récurrentes.

Petites frappes 

La bande du 26 janvier(1) est loin de susciter un élan de sympathie des groupes politiques de son camp. Le milieu facho se contente de la regarder, de plus ou moins loin. La réputation de ses membres les cantonnent au rôle de petites frappes utiles quand les bras manquent, à Marseille, Lyon et Paris, du coup de main pour les présidentielles jusqu’à la protection d’un pseudo-journaliste ex-soralien.

Mais l’apparition d’une telle bande n’est pas sans rapport avec l’effet « Manif pour tous », dont les conséquences sont encore sensibles. Certes, le milieu alors mobilisé était politiquement acquis. Mais ce mouvement a favorisé les rencontres et un regain de confiance. L’Action Française (AF) en a le plus profité, avec une dynamique qui persiste.

Une génération de nouveaux militants, souvent gagnée à l’AF, a tissé dans les « Manifs pour tous » des liens d’amitié et côtoyé d’autres courants (identitaires ou GUD). Les connexions avec certains milieux supporters, le goût de la fringue et la fascination pour la violence alimentent l’imaginaire de « l’intellectuel violent » maurrassien. Celles et ceux qui ne restent pas dans le giron royaliste vont s’encanailler ailleurs.

Le RN ne contrôle pas le mouvement

À l’extrême droite, les Gilets jaunes pourraient être vus comme le pendant social de la révolte spirituelle de la « Manif pour tous ». Mais la lutte contre l’immigration peine à s’affirmer face aux préoccupations sociales. Pour la « défense de l’automobiliste », Dupont-Aignan (DLF) et Le Pen sont en pole position.

Tenant de l’ordre et jouant la carte de la respectabilité républicaine, le RN et DLF ne sont toutefois pas à l’aise avec la confrontation contre l’ordre établi, au contraire d’organisations plus radicales. Finalement, le RN n’offre d’autres perspectives que le cadre institutionnel des élections européennes. Ce qui ne minimise pas sa dangerosité !

Le RN ne contrôle pas le mouvement. La mobilisation des Gilets jaunes a pu, comme dans le Gers, écarter les tentatives de mainmise par des cadres du RN. Peu de groupes organisés parviennent à s’impliquer dans des activités locales, sinon les identitaires à Rouen voire à Toulouse. Des groupes d’extrême droite apparaissent plutôt à l’occasion des manifestations, avec plus ou moins de succès, comme à Chambéry, ­Bordeaux, Lyon ou Paris.

Poison nationaliste

Leur solution consiste à dénoncer « l’extrême gauche », avec le fantasme des « blacks blocs », comme fauteurs de troubles dont les « vrais » Gilets jaunes seraient victimes. Pour justifier sa présence à Paris, une frange d’extrême droite cherche à s’implanter dans les services d’ordre, dont l’organisation n’est pas transparente. Il est cocasse de croiser le 26 janvier, avec les « zouaves », d’anciens « mercenaires du Donbass » qui, la semaine d’avant, étaient censés protéger les Gilets jaunes.

On retrouve la bande le 2 février. Expulsés du rassemblement, ces nervis nationalistes inventent une histoire de menaces à l’encontre de Jérôme Rodrigues. Ce mensonge éhonté est relayé complaisamment par Damien Rieu, Gilbert Collard ou Jean-Yves Le Gallou et repris par Sputnik news ou l’Incorrect.

Depuis trois mois, les Gilets jaunes se politisent, sans pour autant trouver une ligne claire. Le risque est grand d’abandonner le mouvement aux extrêmes droites et leur permettre une expérience inédite de construction au sein d’un mouvement de masse motivé par des considérations sociales.

La dénonciation et le rejet des fachos en embuscade nécessitent d’être argumentés, patiemment et fermement, auprès des Gilets jaunes. Il ne s’agit pas de « violences internes » qui diviseraient le mouvement. C’est une condition pour ne pas laisser le poison du nationalisme gangrener les aspirations populaires.

Commission nationale antifasciste Jeudi 7 février 2019

https://npa2009.org/

 

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05 février 2019 ~ 0 Commentaire

usa (npa)

trump

Après les élections de mi-mandat aux États-Unis

Trump entre espoirs et déboires

La victoire de Trump en 2016 était-elle un accident électoral, ou un tournant durable dans la vie politique américaine ? À cette question, les élections de mi-mandat de novembre 2018 ont répondu… un peu. Et c’est leur résultat qui contraint aujourd’hui Trump à tenter l’épreuve de force du « shutdown » pour se relancer.

Si les Démocrates ont gagné l’élection en novembre, en récupérant la Chambre des représen-tants, ils sont loin d’avoir écrasé leurs adversaires, qui conservent le Sénat et y accroissent leur avantage, 53 sièges contre 51 auparavant, et 47 au lieu de 49 pour les Démocrates) et la  majo-rité  des postes de gouverneurs. Puis qu’après tout il est de tradition que les «midterms» soient défavorables au parti du président en exercice,.

Trump semble garder toutes ses chances pour 2020.

C’était d’ailleurs le constat de la presse en général, étatsunienne et étrangère : « Victoire démocrate, mais pas de vague bleue » (couleur des démocrates) ; « Résistance », et même « ancrage électoral » du « trumpisme ». Et pourtant… la vague bleue a bien eu lieu !

Malgré tout, une « vague bleue »

C’est l’élection à la Chambre des représentants qui reflète le mieux les rapports de forces dans le vote « populaire » (le nombre de voix) à l’échelle du pays. La participation a été beaucoup plus forte qu’il n’est de coutume dans ces élections intermédiaires (50% au lieu de 40%). Chaque camp semble avoir davantage mobilisé son électorat que d’habitude, les Démocrates devanceraient les Républicains de quelque 10 millions de voix, soit + 8,5 points en pourcentage environ que leurs adversaires (53,5% des voix contre 45%).

C’est un écart plus important que lors d’autres élections intermédiaires qui avaient sanctionné à mi-parcours un président et à propos desquelles on avait parlé alors… de « vague rouge » (républicaine) ou de « vague bleue » (démocrate) : en 1994 sous Clinton, en 2006 sous Bush, et sous Obama en 2010 et en 2014. En fait les Démocrates tiennent là leur meilleur résultat depuis… 1974.

On aurait certes pu s’attendre à encore plus fort, vu le personnage de Trump, mais on pourrait s’étonner, aussi, de l’ampleur de la défaite si l’on songe que les chiffres de l’économie US favorisaient, après tout, Trump.

Les paris de Trump

Celui-ci ne faisait-il alors que céder à son penchant pour le bluff, quand il tweetait au lendemain de l’élection : « Énorme succès ». Oui et non, car il a de vraies raisons de se frotter malgré tout les mains, en tout cas d’envisager avec un peu d’optimisme son avenir.

L’avance électorale des Démocrates ne s’est pas traduite par un basculement équivalent du rapport de forces dans les institutions. Car le système électoral (« représentatif ») étatsunien est aussi anti-démocratique que celui de la France (mais… différemment).

Dans son principe, avec deux sièges de sénateurs par État quelle que soit sa population, et avec le système des grands électeurs aux présidentielles, qui profite en général au Parti Républicain. Bizarrerie encore accentuée par les tripatouillages des circonscriptions par les gouverneurs républicains Et par le retrait de leur droit de vote à des millions d’électeurEs latinos, noirs, pauvres, via des conditions d’inscription discriminatoires et des radiations abusives.

C’est la chance de Trump : il sait qu’il n’a pas besoin d’être majoritaire pour être élu président.

Il ne l’était pas en 2016, puisque Clinton a obtenu trois millions de voix de plus que lui. George Bush Jr ne l’était pas non plus en 2000. C’est donc avec une attention maniaque que Trump a dû regarder les résultats dans les « swing states » qu’il avait réussi à emporter en 2016, parfois de quelques milliers de voix seulement, comme la Pennsylvanie, le Wisconsin, la Floride, l’Ohio. Et là encore il a quelques raisons d’espérer puisque des gouverneurs et des candidats aux sénatoriales très trumpistes l’ont emporté dans la moitié d’entre eux. Ce qui augure d’une présidentielle incertaine.

Un parti républicain trumpisé

Il compte aussi sur un nouvel atout : il a conquis le Parti Républicain. Il faut se rappeler qu’en 2016 celui-ci menaçait, paraît-il, d’être le plus grand obstacle à la politique de Trump, et de se révolter contre son propre président !

Certains misaient même sur les parlementaires républicains pour neutraliser l’inattendu prési-dent. Deux ans plus tard, on peine même à se souvenir de ces spéculations… Trump a comme domestiqué le Parti Républicain, qui a gobé sa rhétorique nationaliste, ses foucades internatio-nales, ses provocations, sa démagogie raciste, et un certain nombre de ses notables dégoûtés des manières du Donald sont partis…

C’est que Trump a le charme du vainqueur, et qu’il vient en plus de prouver qu’il reste capable de mobiliser puissamment sa base électorale. S’il est aujourd’hui autour des 40% de « satis-faits » dans la population selon les sondages (toujours mieux que tous les derniers présidents français à mi-mandat, et bien mieux que le pauvre Macron), ces « satisfaits » sont pour une partie d’entre eux presque… fanatisés.

Or mobiliser son propre camp est la condition première d’une victoire. Trump a aussi rallié à lui le Parti Républicain, de la base au sommet, parce qu’il lui a offert sa liste de Noël : la baisse massive des impôts sur les riches et sur les entreprises, la levée de nombre de réglementations sociales ou écologiques « nuisibles au business », des juges de la Cour suprême hautement réactionnaires.

Au-delà de ce qui est original chez Trump, le « Mur », les menaces de guerre commerciale, les tweets d’insultes, c’est ce programme républicain traditionnel brutal qui suscite l’adhésion de tant d’électeurs républicains, et le soutien de l’appareil du parti.

L’épisode actuel (au moment où nous écrivons) du « shutdown », ce bras de fer entre Trump et les Démocrates, sur la question du « Mur », qui bloque le financement de l’État fédéral, s’expli-que en partie par la volonté de Trump de continuer à mobiliser le noyau dur de son électorat, et montre à nouveau l’alignement, bon gré mal gré, des parlementaires républicains sur leur chef : alors qu’ils avaient conclu avec les Démocrates un accord sur le budget, ils ont du avaler la décision soudaine de Trump de rejeter cet accord pour provoquer une crise aux effets politiques plutôt incertains…

Un Parti démocrate à l’heure des choix

De son côté, s’il a remporté le « vote populaire », le Parti démocrate a néanmoins quelques soucis à se faire : d’abord, il n’a pas de futur candidat évident (cela dit c’est une situation ordi-naire dans la vie politique US), mais surtout quelle sera sa ligne politique pour la présidentielle ?

Il ne suffit pas de faire de l’anti-Trump. Il faut tenter de récupérer des millions de voix populaires perdues en 2016, notamment dans des « swing states » dévastés (pour certains) par la désin-dustrialisation, soit parce que ces voix furent gagnées par Trump, soit (surtout d’ailleurs) parce qu’elles sont allées à l’abstention.

Il faudrait pour cela que le Parti démocrate « parle » un peu aux ouvrierEs, de leurs emplois, de leurs salaires, de leurs droits, et pas seulement de l’Amérique plurielle, de la tolérance, de l’amour… et de la nécessité de s’éduquer pour prendre le train du progrès. Sans pour autant se fâcher avec Wall Street et la Silicon Valley. Dilemme ordinaire d’un parti qui se veut tout à la fois « le parti du progrès », et l’autre parti de la bourgeoisie étatsunienne.

Pas de « Tea Party » démocrate…

Or ces élections n’ont pas montré, ou ne semblent pas forcément favoriser, au sein du Parti démocrate, une forte poussée à gauche. Alors même qu’elle existe, incontestablement, dans une partie de la société.

Certes la campagne de certains candidats ou candidates dits « progressistes » (de la gauche du parti) a parfois marqué les esprits. Deux candidates démocrates se réclamant du « socialisme », Alexandria Ocasio-Cortez et Rashida Tlaib, ont même réussi à se faire élire à la Chambre des représentants.

C’est, entre autres, ce qui amène des commentateurs (et des militantEs), notamment dans une partie de la gauche « radicale » américaine, à parler d’une « poussée à gauche » dans le pays et dans le Parti Démocrate. D’autant plus que, ces dernières années, la plupart des organisa-tions US classées de « gauche radicale » ont vu progresser leur nombre d’adhérentEs, leur notoriété, notamment DSA, une organisation se réclamant du « socialisme » et intégrée au Parti Démocrate.

Mais le noyau dirigeant du Parti Démocrate, son « establishment », n’a pas été bousculé par une vague de gauche comme le Parti Républicain l’avait été par le Tea Party après l’élection d’Obama en 2008, puis l’irruption de Trump en 2016.

Autant le Parti Républicain s’est radicalisé, toujours plus à droite, toujours plus réactionnaire et ultralibéral, autant le Parti Démocrate garde son centre de gravité au « centre-droit ». Sa direc-tion sort plutôt confortée des élections : elle reste archi-dominante, elle a gagné ces élections, sans avoir bouleversé sa rhétorique ou fait des promesses sociales exagérées (pour elle).

La direction démocrate ne s’est pas non plus contentée d’une campagne « anti-Trump » sans plus de programme concret. Tout en gardant ses thèmes « clintoniens », charité, fraternité, bla-bla sur l’égalité des chances, libéralisme économique bon teint (et dans les faits impitoyable pour les travailleurEs et les pauvres), elle a insisté sur la santé, l’Obamacare, les frais universitaires, etc.

Et comme le pays est en fait un continent, ses candidats se sont passablement adaptés « au terrain ». Alexandra Ocasio-Cortez et même Andrew Gillum, en Floride, ont parlé d’une nouvelle assurance maladie universelle garantie par l’État, du salaire minimum à 15 dollars de l’heure, de la gratuité de l’enseignement supérieur, alors que la nouvelle sénatrice de l’Arizona, elle, s’est carrément vantée… d’avoir voté la réforme fiscale de Trump !

Si la bourgeoisie tremble…

En attendant qu’une orientation se dégage au travers des futures primaires, les dirigeants du Parti Démocrate tirent sans doute une toute autre leçon du vote que leur aile gauche, qui explique que seule une candidature beaucoup plus radicale socialement, du type Bernie Sanders, permettrait de donner envie à des millions de travailleuses et travailleurs de voter à nouveau démocrate et de battre Trump.

La direction, elle, peut constater que, si les démocrates sont sans doute majoritaires dans le pays, il va falloir se battre durement pour gagner les swing states contre Trump.  Pour cela, que ses candidats « centristes » montrent davantage leur capacité à faire basculer une circons-cription en balance.  Les candidats plus à gauche, plus « radicaux », comme Andrew Gillum, a certes échoué de très peu à devenir gouverneur de Floride, mais contre un candidat républicain hyper « trumpiste « , dans un État où les Hispaniques sont très nombreux.

Si la direction démocrate devait choisir elle-même directement son candidat à la présidentielle et le programme qui va avec, nul doute qu’elle choisirait un profil assez « modéré » pour plaire à des Républicains non moins « modérés », quitte à appâter le populaire par quelques promesses sociales non moins « modérées ».

Et quand bien même ? Si la propagande démocrate connaissait une inflexion « à gauche », ce qui est bien possible, il y aurait loin de sa politique réelle en cas de victoire, évidemment. Car le Parti Démocrate reste le Parti Démocrate.

Et Wall Street ne s’y trompe pas. Tous les grands indices boursiers ont augmenté de plus de 2% le lendemain des élections. Comme le disent les analystes de la banque JP Morgan : « Un Con-grès divisé est le meilleur résultat pour les marchés d’actions aux États-Unis et dans le monde ». Parce que les Démocrates sont les amis des « marchés », parce que les Républicains les empê-cheront au Sénat de pousser des mesures sociales pré-électorales, parce que les Démocrates empêcheront Trump, à la Chambre des représentants, de foncer dans de nouvelles aventures protectionnistes !

Décidément, si la bourgeoisie tremble… ce sera parce que le danger vient d’ailleurs que du Parti Démocrate : de la mobilisation et de la radicalisation croissante d’une fraction des travailleurEs et de la jeunesse du pays, révoltée par Trump, sans illusions sur les Démocrates.

Yann Cézard  Mardi 5 février 2019

https://npa2009.org/

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