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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeux dangereux (politis)

Bretagnen Antifasciste

Jeux dangereux

Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre.

On a beau se dire que ces gens sont ultra minoritaires et que c’est pire en Grèce avec Aube dorée ; on a beau se répéter que l’Allemagne en 2018, ce n’est pas ça, on n’échappe pas aux douloureuses résonances de l’histoire. Ces vociférations néo-nazies dans les rues de villes allemandes font un bruit assourdissant. Comment en est-on arrivé là dans un pays qui a pour-tant accompli mieux que la France ce qu’on appelle, avec parfois une certaine emphase, un « devoir de mémoire » ? La vraie question n’est pas de l’existence de ces groupuscules, qui n’ont jamais disparu, mais de leur arrogance aujourd’hui publique.

À Köthen, comme à Chemnitz, ils se sont livrés à ce qui ressemble à des débuts de pogroms, appliquant cette « loi » effroyable du bouc émissaire quand toute une population est tenue pour responsable du crime d’un seul. Des migrants ont été traqués et frappés en raison de leur apparence. Pour trouver une explication, ce n’est pas tant le passé qu’il faut interroger que l’état actuel d’une Europe désespérante d’inégalités. Si ces gens osent aujourd’hui passer à l’acte et invoquer les mânes d’Hitler, c’est aussi que s’est formée à partir de cet embryon de folie une chaîne de complaisances, et de complicités, jusqu’aux plus hauts sommets de l’État. Un continuum qui va du mouvement d’extrême droite AfD, les amis de Madame Le Pen, jusqu’au ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, lui-même.

Certes, ce dirigeant de la CSU, pièce maîtresse de la coalition d’Angela Merkel, n’est pas un néo-nazi, mais en approuvant les manifestations, il légitime ces mouvements.

En affirmant que « l’immigration est la mère de tous les problèmes », il prétend hypocritement « contenir » la percée de l’AfD. En vérité, il espère transférer les peurs et les frustrations socia-les sur le terrain de la xénophobie, et dissimuler les causes profondes du malaise : le chômage et la détresse sociale. Ce n’est plus le résultat de la politique de la coalition dont il est un pilier, mais la faute des migrants. Mais laissons là Seehofer.

Car l’idée selon laquelle il faudrait aller sur les thématiques de l’extrême droite pour « contenir » ses avancées se répand, hélas, jusqu’à la gauche radicale.

Avec d’autres motivations, bien sûr, c’est le calcul inquiétant de l’une des figures de proue de Die Linke, Sahra Wagenknecht, qui vient de fonder un mouvement antimigrants en dénonçant « la bonne conscience » de la gauche.

En France, l’étrange conseiller de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, a défendu sur le site de L’Obs une thèse similaire, en tentant, gauche oblige, de la couvrir d’un vernis «marxiste». Il a d’ailleurs reçu, et sans doute mérité, l’hommage de Valeurs actuelles. Pour lui, l’immigration massive répondrait aux vœux d’un patronat avide de posséder une main-d’œuvre à vil prix. Mélenchon lui-même s’était hasardé quelques jours auparavant dans cette voie qui relève de la vulgate marxiste. On ne sache pas que le Medef, et ses amis politiques, Macron et Wauquiez, soient d’ardents partisans de l’immigration… Pas davantage qu’avant eux Manuel Valls ou François Fillon.

Ce sont aujourd’hui les délocalisations

Et la sous-traitance dans les pays à faible niveau social qui permettent aux patrons d’exacerber la concurrence aux dépens des travailleurs français. Mais, à ce débat, l’historien Roger Martelli a apporté une réponse convaincante, remplaçant la vulgate marxiste par le marxisme lui-même. Plus largement, la question qui transparaît ici est celle de la stratégie électorale. Ce sont des jeux dangereux. Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre. C’est au contraire un terrible facteur de confusion et de désarroi. Tenir le discours de l’adversaire pour capter son électorat, on connaît. C’est ce même raisonnement qui a conduit la social-démocratie, au nom du réalisme, à reprendre à son compte les dogmes budgétaires de la droite.

Dans son dernier ouvrage, Pierre Rosanvallon tire un juste et sévère bilan de ce froid « réalisme » (lire l’article d’Olivier Doubre, ici). La gauche a opéré le tournant de l’orthodoxie budgétaire en 1982-83 pour convaincre la droite qu’elle savait « gérer » aussi bien qu’elle. En 1997, elle a pris le tournant sécuritaire avec le même alibi. C’est ainsi que de petits pas en petits pas, elle a laissé son âme. Nous avons encore, à gauche, quelques mouvements qui ont une âme. Elle est précieuse. Sauvons-là !

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

réfugiés (npa)

refug

La question des réfugiéEs, une ligne rouge pour les internationalistes

En cette rentrée, la question des migrantEs est au cœur des débats du début de campagne des élections européennes.

Et on peut dire qu’il y a du gros temps, et qu’un vent mauvais souffle.

La pression de l’extrême droite raciste et xénophobe a miné le terrain dans toute l’Europe. Il y a urgence à reprendre l’offensive idéologique pour faire entendre une voix internationaliste, soli-daire, sans la moindre réserve, de nos frères et sœurs de classe que les conflits, les catastro-phes climatiques, la misère ou simplement leur choix, transforment en réfugiéEs. Et cela commence par un débat qui s’annonce serré avec les voix qui, à gauche de la social-démocratie, commencent à déraper gravement.

« Il faut être réaliste »

L’espace médiatique ouvert par les déclarations de Sahra Wagenknecht en Allemagne semble avoir provoqué un appel d’air dans les rangs de La France insoumise. Dans le Figaro du 9 septembre, un cadre de la FI déclare : «Il faut être réaliste. Si nous adoptons la même ligne que les formations d’extrême gauche sur l’immigration, dans le contexte actuel, nous sommes morts politiquement.

Contrairement à certaines formations, nous, nous avons vocation à gagner dans les élections ».

À mettre en rapport avec les déclarations de Jean-Luc Mélenchon dans le Monde le 24 août « Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. », et dans son livre paru le 8 septembre « Si on ne veut pas que les gens viennent, il vaut mieux qu’ils ne partent pas. […] Il faut cesser de croire que les gens partent par plaisir. Donc étei-gnons l’une après l’autre les causes de leur départ. Elles sont très simples, c’est la guerre et la misère ».

Bien sûr ce n’est pas un racisme crétin, mais les prétendus intérêts des peuples d’ici et d’ailleurs qui guideraient ces propos.

Ainsi, toujours selon Mélenchon : « Oui, il y a des vagues migratoires, oui, elles peuvent poser de nombreux problèmes aux sociétés d’accueil quand certains en profitent pour baisser les salaires en Allemagne. Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salariés. »

Et l’aboutisse-ment de ce raisonnement est tenu par Djordje Kuzmanovic

(futur candidat de la FI aux européennes) : « La bonne conscience de gauche empêche de réfléchir concrètement à la façon de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires. […] On ne peut pas laisser mourir les gens en Méditerranée, mais si une personne n’est pas éligible au droit d’asile, il faut la renvoyer dans son pays. Et rapidement. »

Pas de fatalité, mais un rapport de forces 

Au NPA, nous défendons l’ouverture des frontières, la liberté de circulation et d’installation pour touTEs, et l’égalité des droits de manière indissociable. Et ce n’est pas l’affaire d’une « bonne conscience » mais d’une compréhension d’appartenir à une classe qui n’a pas de frontière.

Il n’y a pas de logique économique selon laquelle des conditions objectives permettraient d’augmenter ou de diminuer les salaires, de développer un pays ou de l’enfoncer dans le sous-développement.

Il y a des classes sociales qui se battent et créent des rapports de forces politiques.

Si le patronat allemand peut utiliser les réfugiéEs pour faire baisser les salaires, c’est qu’il a déjà créé les conditions qui font que, selon le journal La Tribune, « la prospérité allemande est un cauchemar pour 40 % de ses citoyens ».

Il n’y a pas de fatalité sur le fait qu’un afflux de population provoque une baisse des salaires.

Des historiens ont, par exemple, montré qu’en 1962 et les années suivantes, le retour en catastrophe des 900 000 rapatriéEs d’Algérie a provoqué une baisse ponctuelle des salaires dans les régions d’arrivée avant que ceux-ci ne remontent… après 1968.

Toute la question est de savoir qui est à l’offensive :

Les patrons et leur personnel politique, ou le mouvement ouvrier internationaliste. Diviser le monde du travail a toujours été une arme des classes dominantes. Nous devons donc leur opposer un programme qui réalise l’unité de notre camp.

C’est pour cela que le NPA défendra dans la campagne des européennes :

– L’arrêt des interventions militaires françaises et européennes dans quelque cadre que ce soit ;

– La fermeture des hotspots en Afrique ;

– La régularisation de touTEs les sans-papiers pour en finir avec la clandestinité qui condamne à l’exploitation et à la précarité généralisées ;

– La diminution du temps de travail pour partager le travail entre toutes les mains quelles que soient leur couleur, leur origine, ou leur nationalité…

Plus que jamais convaincuEs que « l’Internationale sera le genre humain » !

Cathy Billard  Mercredi 12 septembre 2018

https://npa2009.org/

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02 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

john mc cain (le huffington post + acrimed)

ecoles usa

Pourquoi John McCain n’était pas un héros mais un va-t-en-guerre

Le choix de l’Establishment politico-médiatique américain d’aduler McCain est une honte.

On connaît la locution latine: De mortuis nihil nisi bonum (des morts ne dire que du bien) et il est certes correct de ne pas affliger les familles des personnes décédées. Cet adage n’est pas respecté dans certains cas. La mort récente du militant pour la paix israélien, Uri Avnery, n’a pas été saluée que par des hommages. La volonté de ne pas heurter la mémoire des morts ne peut cependant oblitérer le devoir de dire la vérité.

John McCain est quasi-uniformément présenté comme un héros, le dernier héros dit le Spiegel par les médias dominants de qualité qui s’autodéfinissent comme progressistes ou aux Etats-Unis comme liberal (de centre gauche).

Le New York Times lui consacre de nombreux articles élogieux.

On le célèbre parce qu’il serait un maverick (non conformiste, penseur indépendant). Surtout, comme l’écrit Le Monde, il serait « un farouche opposant à Donald Trump » et France Culture indique que seuls Trump et les médias russes ne se joindraient pas aux hommages planétaires rendus à ce héros américain.

Les hommages rendus à McCain sont singulièrement sélectifs.

On mentionne le fait qu’il aurait été torturé au Vietnam, ce que ses gardes vietnamiens contes-tent, et explique son statut de héros de la guerre du Vietnam. McCain est resté prisonnier pendant plus de 5 ans au Vietnam mais peut-on être le héros d’une guerre terrible, injuste et meurtrière? Il a été capturé alors qu’il était en mission de bombardement pour tuer des civils.

John Kerry qui avait lui dénoncé les crimes américains au Vietnam n’a jamais eu ce statut de héros et sa défaite à l’élection de 2004 est en partie due à l’action d’un groupe d’extrême droite, le Swift Boat Veterans for Truth, qui l’a accusé de mensonges sur ses actions qui lui avaient valu des décorations militaires. Celui qui est présenté comme un héros de la guerre du Vietnam est donc le militariste qui approuvait cette guerre, pas le pacifiste qui l’a critiquée devant le Congrès en 1971.

Kerry faisait partie alors du groupe qui s’intitulait Vietnam Veterans Against the War qui regroupait les anciens combattants qui avaient compris la nature de la guerre du Vietnam. A l’époque toute la gauche, américaine et mondiale, était opposée à cette guerre. Aujourd’hui une partie d’entre elle vénère un faucon criminel. Il suffit d’écouter le discours de Kerry en 1971 pour comprendre comment nos sociétés ont dérivé vers la droite extrême.

McCain a, par ailleurs, embelli son histoire lors de la guerre du Vietnam, comme le note une historienne, Mary Hershberger.

Le « héros de la guerre du Vietnam » a certes pris des positions contre la torture et été lui-même la cible d’attaques mensongères de la part de George W. Bush ou de Trump mais il n’a jamais renoncé au militarisme et a toujours été un va-t-en-guerre. Il a approuvé les guerres en Irak, en Libye et en Afghanistan, l’intervention au Kosovo, la guerre saoudienne au Yémen avec armes et soutien américain. Il était le chouchou du complexe militaro-industriel.

Il a également soutenu les révolutions orange dans les pays ex-soviétiques et pris une part active au soutien des opposants à Ianoukovytch en Ukraine, il a donc été présenté comme un héros de la liberté, même si ce soutien est parfois allié à des groupes néo-nazis. Il a aussi côtoyé des terroristes d’Al Qaida en Libye. On voit que, si sur le plan rhétorique, il était effecti-vement opposé à Trump et jouait un rôle important dans la critique du président bonimenteur et raciste, notamment en relayant le dossier Steele qui contiendrait des témoignages accablants sur Trump et ses pratiques sexuelles en Russie, il n’était pas vraiment opposé au président-catastrophe là où cela compte. Trump a décidé d’envoyer des armes dites létales en Ukraine, ce qu’Obama avait refusé, et donc sur le plan de l’intervention militaire Trump et McCain sont proches.

McCain s’était fait remarquer par une petite chanson qu’il chantait sur un air des Beach Boys qui disait: « bomb, bomb Iran ». On le voit il n’est pas non plus un opposant à Trump en ce qui concerne l’Iran et la diplomatie. Il soutenait l’agression saoudienne au Yémen, comme Trump et, comme lui, n’avait aucun égard pour les Palestiniens. McCain est à l’opposé de ce que défendent les progressistes véritables. Ses critiques de Trump ne sont pas l’équivalent de celles de Medea Benjamin, la féministe pacifiste fondatrice de Code Pink insultée par McCain, de Spike Lee ou de Chomsky, il a toujours été un hyper-réac militariste.

Il a aussi la misogynie en commun avec Trump ce qui bizarrement ne le disqualifie pas dans ses critiques du président actuel dont la goujaterie sexiste est de notoriété publique. Il a aussi utilisé un vocable raciste pour parler des Vietnamiens. Il ne s’est pas opposé à la réforme fiscale de Trump en décembre 2017 qui fait des cadeaux aux riches et ploutocrates et a voté pour les projets de loi soutenus par Trump plus de 80% du temps l’an passé. Un « maverick » très conformiste dans ses choix réactionnaires, donc.

Ce que dit cette héroïsation d’un va-t-en-guerre réactionnaire, sexiste et raciste par des médias de qualité qui se disent progressistes est grave.

Les esprits trumpisés des médias ne pensent plus qu’en termes manichéens: quiconque critique Trump devient ipso facto quelqu’un de bien ou de recommandable. On l’a vu avec la transformation de John Brennan, menteur patenté et défenseur de la torture, artisan des assassinats ciblés par drones, qui soudain est devenu lui aussi un héros de la résistance à Trump et de la défense de la liberté d’opinion. Il semble impossible aux médias dominants de penser au-delà de ces catégories manichéennes simplistes.

Si l’opposition, bien évidemment nécessaire, à Trump se choisit de tels héros alors nous savons ce qui arrivera après la disparition politique du raciste, sexiste, militariste en chef. Le complexe militaro-industriel continuera à diriger les États-Unis et les criminels de guerre, tortionnaires et réactionnaires seront fréquentables et au pouvoir mais ils ou elles s’exprime-ront de façon légèrement plus polie ou policée, comme au temps de George W. Bush lui aussi un « critique » de Trump, tout aussi dangereux pour la planète.

Le choix de l’Establishment politico-médiatique américain d’aduler McCain est une honte.

Ceci est vrai pour les médias du monde qui suivent la même voie. McCain est le frère ennemi de Trump mais aussi son quasi-clone qu’aucun(e) progressiste, qu’aucune personne décente, ne devrait choisir comme modèle.

01/09/2018 Pierre Guerlain Professeur émérite de civilisation américaine à l’Université Paris Ouest Nanterre

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

John McCain et le Washington Post : un hommage et des omissions (Fair)

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18 juin 2018 ~ 0 Commentaire

jean claude mailly (révolution permanente + le huff’ + libération + lo)

jc mailly

Ce ne sont plus des trahisons.

Officiellement, dans le camp de l’ennemi : Mailly rejoint le cabinet de l’ancien conseiller de Sarkozy

Ce ne sont plus seulement des trahisons et des capitulations en règles. En rejoignant la société de conseil Alixio, dirigée par Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Mailly rejoint officiellement le camp de l’ennemi, le camp de ceux qui organisent et pensent sciemment la stratégie de la bourgeoisie pour défaire le monde du travail. 

L’ex-leader de Force Ouvrière rejoint officiellement la société de conseil Alixio, dirigée par Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy.

Il occupera le poste de « senior advisor » a annoncé l’entreprise, ce 18 juin. « Parallèlement au développement de sa société de conseil, Jean-Claude Mailly consacrera une partie de son temps à Alixio dont il devient senior advisor », affirme le communiqué de la société Alixio. La mission de l’ex-leader de Force ouvrière consistera à travailler sur « les sujets de relations sociales internationales, de responsabilité sociale et environnementale et de stratégie sociale». Outre sa collaboration avec Alixio, M. Mailly va donc créer comme l’indique le communiqué sa propre société de conseil. Il doit aussi rejoindre le comité économique et social européen à partir du 1er août.

Mieux encore, Raymond Soubie, ancien conseiller social de Sarkozy, dont la clairvoyance au service du patronat n’a cessé notamment de s’illustrer dans ses analyses de la bataille du rail, est cité dans le communiqué. Il affirme que M. Mailly va «apporter sa grande expérience des questions sociales». Il continue en affirmant être « rès heureux qu’il ait accepté cette mission».  « L’expert social », ancien conseille de Sarkozy, estimait début juin dans le parisien que l’exé-cutif avait gagné la partie sur la SNCF. Il expliquait, déjà en avril 2016, que « les syndicats ne sont pas adaptés aux nouvelles réalités ».

Après avoir passé le flambeau à Pascal Pavageau lors du congrès de Lille à la fin d’avril, l’ex-leader de Force Ouvrière s’était permis de dénoncer dans un tweet « l’hypocrisie » et la «dupli-cité » de son successeur. Pourtant, Jean-Claude Mailly n’est pas en reste, tant ses trahisons et ses capitulations ont été ouvertes notamment avec les ordonnances XXL. Il avait même été forcé par la base à manifester après s’être payé la tête des militants FO qui veulent manifester le 12 septembre 2017. De capitulation en trahison, l’ex-leader de Force Ouvrière rejoint le camp de l’ennemi, celui de ceux qui conseillent la stratégie de Macron, des gouvernements et du grand patronat.

Lundi 18 Juin

http://www.revolutionpermanente.fr/

Lire aussi:

Jean-Claude Mailly, de la banderole FO au conseil patronal (Libération)

Reconversion : Mailly va conseiller… le patronat (LO)

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20 mai 2018 ~ 0 Commentaire

macron (jdd)

pipeau

Emmanuel Macron à propos de Philippe de Villiers : « J’aime beaucoup ce type »

« Où est Philippe? » À la mi-temps, ce 8 mai où le PSG affronte Les Herbiers sur la pelouse du Stade de France, Emmanuel ­Macron cherche Philippe de ­Villiers. Le Vendéen, que Macron a tenu à inviter dans la loge présidentielle, est en train de prendre un verre avec son frère Bertrand. « Le Président vous appelle… » Et Villiers de rejoindre les Macron dans un coin de la loge à cocktails. « On joue bien! » lui glisse le Président, toutes complicités dehors. Puis : « Super, ta déclaration sur le match allégorique entre le football couillu et le football friqué [dans Le Point]. Tu nous as bien fait rire, avec Brigitte! » Villiers en profite : « T’as regardé ce que j’ai dit sur BFM? » Dans le documentaire Le Casse du siècle, il a, au sujet de sa relation avec Macron, ciselé une de ces petites phrases drôlement perfides qui lui valurent sa réputation, du temps où il attendait encore quelque chose de la politique : « S’il avait une soirée à perdre, il préfére- rait la passer avec moi plutôt qu’avec Christophe ­Castaner. » Réponse de Macron : « Bien sûr! » Brigitte plussoie : « Qu’est-ce qu’on a rigolé! » Ces trois-là étaient ­encore en train de parler quand le match a recommencé.

« Brigitte adore Villiers, raconte un ami du couple présidentiel. Elle a un faible culturel pour les gens de cette droite qui sent la terre, les clochers, les semailles et les moissons. » Monsieur aussi y est sensible : « J’ai un ethos de droite », a-t‑il confié en août à un conseiller. Toujours il précise, quand il parle de Villiers à ses proches : « J’aime beaucoup ce type. » « Aux yeux de Macron, Villiers est un premier de cordée, tout simplement », résume un exégète du macronisme.

20 mai 2018

https://www.lejdd.fr/

Commentaire: Peut-être encore plus à droite qu’on ne le craignait!

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28 mars 2018 ~ 0 Commentaire

réponse (médiapart)

laicite

En réponse aux signataires de l’Appel contre « le séparatisme islamiste »

Le 19 mars, Le Figaro a publié une tribune intitulée : « L’appel des 100 intellectuels contre le séparatisme islamiste ». Je réagis aujourd’hui : «Sans être d’accord, je pensais que j’allais humer l’air vif des sommets ; je n’ai fait que respirer les remugles d’eaux troubles et grasses, agitées par des poncifs rebattus qui courent comptoirs et rues».

« Il était réservé à notre temps de voir des hommes de pensée ou qui se disent tels faire profession de ne soumettre leur patriotisme à aucun contrôle de leur jugement, (…) déclarer traîtres à leur nation ceux de leurs compatriotes qui gardent à son égard leur liberté d’esprit ou du moins de parole. (…) Ces remarques expliquent la volonté si fréquente chez l’écrivain français contemporain de prendre une posture politique, mais non pourquoi elle est si ponctuellement, encore que plus ou moins franchement, dans le sens autoritaire. C’est ici qu’intervient un second facteur : la volonté, chez l’écrivain pratique, de plaire à la bourgeoisie, laquelle fait les renommées et dispense les honneurs. » Julien Benda, La Trahison des clercs

L’heure est grave !

Que dis-je, idiot utile, inconscient et aveugle au front bas que je suis, elle est extrêmement grave. Oyez bons Français et fiers patriotes : un spectre hante l’Europe et notre beau pays menacé par le « totalitarisme islamiste » qui ne cesse de progresser. Hier, des quartiers populaires sont passés sous la coupe de musulmans radicaux, selon certains qui pensent être des visionnaires éclairés et éclairants.

Aujourd’hui, c’est plus terrible encore, des forces françaises antirépublicaines s’activent pour relayer les actions de ces mahométans et détruire « la paix civile. »

Après les coups de menton, les menaces sans fondement juridique du ministre de l’Education nationale, qui pourrait fort légitimement remplacer l’actuel Sinistre[1] de l’Intérieur, et ses diatribes policières contre SUD Education 93 voué aux gémonies pour avoir osé organiser – crime de lèse-république – une réunion consacrée au « racisme d’Etat » et des ateliers en « non-mixité raciale », les signataires de l’Appel précité s’en prennent de nouveau à cette organisation syndicale.

Original et courageux, n’est-ce pas ? Subtile répartition des tâches. Jean-Michel Blanquer a ouvert les hostilités, avec l’approbation d’une majorité aux ordres, du gouvernement et de Jupiter, les signataires de cet Appel poursuivent la traque, organisent la meute, fouettent les passions en espérant un sursaut de l’opinion publique, comme on dit, et peut-être de nouveaux anathèmes ministériels contre ce syndicat honni.

N’oublions pas Frédéric Potier, récemment nommé délégué à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). En bon petit soldat soucieux de donner des gages de soumission et d’orthodoxie lexicale et politique à ceux qui l’ont désigné à ces nobles fonctions, il a déclaré : « Il n’y a pas de racisme d’Etat. Cette notion, c’est une aberration.[2] » Ivresse du pouvoir et vanité puérile qui font croire à celui qui l’exerce qu’il peut ruiner un concept par quelques phrases prétendument assassines. Dérisoire et risible.

Eu égard à la gravité de la situation, une cohorte d’hommes et de femmes venus d’horizons politiques différents ont donc décidé d’unir leurs forces et de faire fi de leurs divergences.

Formidable courage qui témoigne, laissent-ils entendre, de leur capacité à s’émanciper de leurs opinions singulières pour faire triompher l’intérêt général et la défense de la République menacée. Admirable union sacrée. Plus admirable encore la qualité des signataires. Juristes, avocats, professeurs, philosophes, docteurs, agrégés, essayistes pressés, c’est un pléo- nasme, chroniqueurs divers que réunissent des obsessions communes : l’islam, les quartiers populaires « gangrenés par la charia » et les jeunes « issus de l’immigration », l’inévitable I. Rioufol[3] et la subtile E. Lévy, bien sûr, quelques académiciens, qui pensent que depuis qu’ils siègent sous la coupole, leurs travaux sont devenus immortels, et deux anciens membres de gouvernement.

Un prétendu ami de la sagesse et de la vérité, L. Ferry, qui a oublié qu’on ne peut servir deux maîtres, la philosophie et le(s) pouvoir(s), et qui depuis longtemps préfère le(s) second(s) à la première. Un humanitaire revenu de tout sauf de lui-même, B. Kouchner, prêt à soutenir quiconque lui ouvre les portes du prestigieux Quai d’Orsay comme il en a fait la démonstration servile. Avec raison, l’un et l’autre prennent soin d’exhiber leur titre de ministre car beaucoup de lecteurs n’ont aucun souvenir de leurs fonctions passées. Une loi, une décision ou action mémorables ? Que nenni ! Ils n’ont fait que passer.

Mais qu’importe. L’addition de ces personnalités intellectuelles, et de ces esprits forts et cultivés laissaient augurer un texte puissant, servi par des plumes inventives et brillantes. Sans être d’accord, je pensais que j’allais humer l’air vif des sommets ; je n’ai fait que respirer les remugles d’eaux troubles et grasses, agitées par des poncifs rebattus qui courent comptoirs et rues. Quant au clinquant des titres et des notoriétés affichés, il ne change rien à l’affaire ; il prouve seulement que ceux qui se croient haut pensent bas, quelquefois.

Pensent-ils seulement ? Non. Ils lestent des opinions communes d’une légitimité acadé- mique susceptible de les faire passer pour des réflexions importantes. J’ignore qui a tenu le clavier mais le résultat pourrait laisser croire qu’un communicant affairé, et dépassé par les éléments de langage qui lui ont été imposés, s’est attelé à cette tâche en débitant avec empressement lieux communs, amalgames, raccourcis grossiers, confusions inacceptables que certains professeur-e-s signataires ne tolèreraient pas de leurs étudiant-e-s.

Et les voilà conduits sur cette pente où, pour paraphraser L. Wittgenstein, les savoirs acquis au cours d’études longues et difficiles « n’améliorent en rien » leur « façon de penser (…) les questions importantes de la vie de tous les jours » ce pourquoi ils se font démagogues vulgaires en utilisant « des expressions dangereuses que les gens de cette espèce utilisent pour leurs propres fins. »

SUD Education 93 et quelques autres sont ainsi accusés de favoriser, par leurs initiatives, « le séparatisme islamiste » et de se battre pour « accorder » aux prétendus « dominés » des « privilèges » singuliers en lieu et place des beautés immarcescibles des lois républicaines, celles-là mêmes qui sont au fondement de l’unité de la « communauté nationale. »

En effet, comme chacun devrait le savoir, les dispositions législatives, la justice et les possi- bilités offertes aux citoyens de ce pays sont égales pour tous. Nulle discrimination raciale et/ou religieuse n’affecte l’existence des uns et des autres car tous peuvent s’épanouir librement et également en constatant chaque jour l’effectivité de la sublime devise inscrite au fronton des bâtiments publics.

La police, quant à elle, est au-dessus de tout soupçon puisque républicaine, agissant dans le cadre de la Constitution, respectueuse des lois, des règlements et des circulaires, elle n’effec- tue aucun contrôle au faciès et use de la violence avec discernement, toujours. Admirables syllogismes et puissance de la raison étayée par des connaissances précises et variées ?

Piteux triomphe de la “pensée” défaite qui dégénère en idéologie où les faits, les événements et les nombreuses enquêtes menées depuis longtemps, corroborées par plusieurs institutions indépendantes et sûres – le Défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) – sont traités en chiens crevés dès lors qu’ils sont susceptibles de contredire si peu que ce soit les affirmations péremptoires des signataires.

Les faits sont têtus, affirmait un homme politique célèbre. Présentement il y a plus têtus qu’eux puisque dans le monde enchanté des mêmes, ni dominé-e-s, ni discriminé-e-s n’exis- tent ; seuls demeurent des citoyens vivant dans le subtil éther républicain où tout n’est que liberté, égalité et fraternité.

Les réalités sont autres ? Qu’importe. Au mieux, elles sont euphémisées, au pire elles sont niées. La preuve de l’existence d’un phénomène idéologique ? Son caractère rebelle à toute falsification et sa persévérance quels que soient les éléments factuels et les savoirs mobilisés pour l’infirmer. Les auteurs de cet Appel en font la démonstration probante. Pour eux, les analyses, les catégories et les termes non conformes à leurs présupposés ne sont qu’inven- tions de militants radicaux et irresponsables auxquels des universitaires et des chercheurs, contaminés par la sociologie, l’histoire et/ou la philosophie critiques, ces pauvres filles de la « pensée 68 », apportent leur soutien et leur insupportable « culture de l’excuse. »

Pis encore, ceux qui prétendent combattre le racisme institutionnel et les discriminations, qui n’existent que dans leur imagination, sont les fourriers d’un « apartheid d’un nouveau genre » et d’une « ségrégation à l’envers. » Acmé de l’argumentation ? Echolalie sommaire de la rhétorique réactionnaire et de la thèse bien connue de « l’effet pervers » où « toute tentative pour modifier l’ordre existant produit des effets strictement contraires au but recherché. [4] »

SUD Education 93 et ses alliés supposés deviennent ainsi de dangereux activistes qui encouragent « la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie », et font peser sur la douce France des menaces existentielles. Des adversaires ? Non, des ennemis à bien lire ceux qui souscrivent à ces formulations radicales bien faites pour susciter cette passion souvent mauvaise qu’est l’indignation. Nous ne leur ferons pas l’injure de croire qu’ils ne savent pas ce que les mots veulent dire.

Les signataires de cet Appel s’en prennent de façon toujours plus violente aux femmes, aux hommes et aux organisations diverses qui défendent un antiracisme politique. N’oublions pas les animateurs du « Printemps républicain. » « Hiver » serait plus adéquat pour qualifier cette petite mais influente cohorte conduite par un professeur de sciences politiques reconverti dans la vigilance tweetesque qui lui a permis d’accéder à une certaine notoriété dont il n’avait jamais jouie jusque-là.

Ne négligeons pas la puissance de leur alliance objective et de leur proximité idéologique ; beaucoup d’entre eux ont micros et caméras ouverts dans les médias où ils se répandent à qui mieux-mieux tout en prétendant subir la censure des « bienpensants » et des « islamo-gauchistes. » Les uns et les autres ont déjà gagné de nombreuses batailles et rallié à leur cause des soutiens multiples, conséquents et quelquefois surprenants.

En réponse à leurs attaques passées, réitérées et à venir, notre résistance doit être constante, déterminée, unitaire et conduite sur tous les fronts. En nous stigmatisant, ils veulent nous réduire au silence et à l’inaction. Contre ces nouveaux censeurs emportés par un prurit toujours plus autoritaire, il est urgent d’écrire, de parler et d’agir. Donc acte.

  1. Le Cour Grandmaison, universitaire. Dernier ouvrage paru : L’empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, Fayard, 2014

[1]. A l’attention de celles et ceux qui penseraient qu’il s’agit d’une insupportable et impardonnable faute de frappe, je précise qu’il n’en est rien.

22 mars 2018  Olivier Le Cour Grandmaison

https://blogs.mediapart.fr/

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27 mars 2018 ~ 0 Commentaire

gattaz (révolution permanente)

hollande-gattaz

Faut-il ouvrir Pierre Gattaz à la concurrence ? SNCF. Selon Pierre Gattaz, « un peu de concurrence fait progresser les gens. »

Pierre Gattaz s’y connaît en matière concurrence, lui qui a hérité de l’entreprise et de la fortune de son père. Aussi déclarait-il ce matin qu’« un peu de concurrence fait progresser les gens. » Aussi, la question nous semble légitime : faut-il ouvrir Pierre Gattaz à la concurrence ? 

Pierre Gattaz : archétype de l’héritier capitaliste

Derrière des discours vantant les mérites de la concurrence et de l’entrepreneuriat, Pierre Gattaz n’est que le parangon du capitalisme parasitaire. Patron du MEDEF (syndicat des patrons de France), héritier de la société Radial fondée en 1952 par son père, Yvon Gattaz, et son oncle, Lucien Gattaz, sa fortune est estimée à 250 millions d’euros (224è fortune de France) selon Challenges ; favorable aux restrictions salariales et à l’abolition du SMIC, Pierre Gattaz a pourtant reçu en 2013 une rémunération de 426 092 euros au titre de président du directoire de la société Radiall ; enfin, on a récemment pu le voir s’offrir un magnifique château pour la somme de 11 millions d’euros.

Bien que n’étant pas entrepreneur lui-même, Pierre Gattaz s’évertue pourtant à propager les « vertus » de l’entrepreneuriat à travers plusieurs associations. Après « Les Déterminés », association sous l’égide du MEDEF qui avait pour vocation d’encourager l’entrepreneuriat dans la jeunesse des quartiers populaires, le voilà qui annonce la création d’une nouvelle asso- ciation qui cible cette fois plus spécifiquement les régions rurales, et sobrement intitulée « C’est possible ».

Dans ces conditions, et au vu de son coût exorbitant pour l’ensemble de la société, il est évident que c’est bien Pierre Gattaz et non pas la SNCF qu’il faudrait ouvrir à la concurrence. « C’est possible. »

Toutefois, au-delà de l’irritation dont fait montre Pierre Gattaz, c’est toute la fragilité de la base sociale d’Emmanuel Macron qui commence à se révéler. Il n’est en effet pas anodin que le directeur du MEDEF se soit prononcé sur la question. Habituellement discret, le « patron des patrons » est récemment sorti de sa réserve pour vilipender l’action des syndicats. Affirmant qu’il ne s’agit pas d’une « bonne solution », Pierre Gattaz a exprimé ses craintes au sujet des grèves, déclarant qu’elles sont « de nature à déstabiliser des salariés qui vont travailler, une économie ».

Après le 22 mars, des premiers signes de fébrilité au sein de la bourgeoise ?

Le 22 mars fut en effet une véritable démonstration de force, prenant de court tant la bour- geoisie que les directions syndicales. La mobilisation massive des cheminots n’a en effet pas manqué de dérouter une bourgeoisie désormais sur le pied de guerre.

Les principaux médias bourgeois ne s’y trompent d’ailleurs pas, conscients des enjeux qui se nouent autour de la réforme du rail.

Qu’il s’agisse Olivier Auguste, éditorialiste au journal l’Opinion, qui intitulait sa tribune « SNCF, la mère des réformes », ou encore du Figaro qui titrait l’un de ses tribunes « Les divisions syndicales arrangent le gouvernement » (!), la bourgeoisie ne cesse de supputer, avec une appréhension croissante, les possibilités d’une convergence des luttes avec les cheminots en fer de lance.

C’est bien cette éventualité que craint Pierre Gattaz lorsqu’il déclare :

« Je ne comprends pas tellement des grèves qui sont des préalables alors qu’on n’a même pas commencé à discuter ou négocier ». Face à la crainte d’une massification, l’injonction au « dialogue social » représente le meilleur moyen d’étouffer les colères en gestation. Loin d’être des « préalables » à une « discussion » dont on connaît déjà l’issue, les grèves sont bien la seule façon de construire un rapport de force capable de faire plier un gouvernement qui a déjà montré, par le recours brutal aux ordonnances, sa vision du « dialogue social. »

Max Demian lundi 26 mars

http://www.revolutionpermanente.fr/

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20 mars 2018 ~ 0 Commentaire

sarko garde à vue (europe 1 + médiapart)

garde a vue

Financement libyen de la campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy en garde à vue

L’ancien président de la République est entendu mardi matin sous le régime de la garde à vue sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, convoqué par les juges qui enquêtent sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, était entendu mardi matin dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, selon les informations du Monde, confirmées à Europe 1 par des sources judiciaires. A l’issue de cette garde à vue qui peut durer jusqu’à 48 heures, Nicolas Sarkozy pourrait être présenté aux magistrats pour être mis en examen. Le député européen et ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, était lui aussi entendu en audition libre.

Les principales informations

  • Nicolas Sarkozy s’est rendu à une convocation des juges mardi matin
  • Brice Hortefeux est entendu en audition libre
  • De nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicite auraient été livrés

Première audition de Sarkozy dans cette enquête.

Selon les informations du Monde, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque kadhafiste auraient livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicite. Depuis l’ouverture d’une information judiciaire en avril 2013, des soupçons pèsent sur un financement de la campagne présidentielle de 2007 par le régime libyen.

En 2012, le site Mediapart avait révélé un document faisant état de versements illicites en provenance de Libye en faveur de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy. Depuis, les juges enquêteurs ont avancé dans leurs investigations. Mardi, c’est la première fois que les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) entendent l’ancien président dans cette affaire. L’intermédiaire Ziad Takieddine, qui avait révélé avoir versé 5 millions d’euros en liquide à Claude Guéant puis à Nicolas Sarkozy, a, lui, déjà été mis en examen en décembre 2016 – tout comme l’ancien ministre.

Alexandre Djouhri en détention à Londres.

La garde à vue de Nicolas Sarkozy intervient quelques semaines après l’arrestation d’Alex- andre Djouhri à Londres. L’homme d’affaires est une figure clef dans l’enquête. Début mars, une juge anglaise a repoussé l’audience d’extradition, qui devait initialement se tenir en avril, au 9 juillet. La justice française avait émis un mandat d’arrêt européen à l’encontre de l’homme d’affaires de 59 ans, pour vérifier les accusations lancées deux ans plus tôt par l’ancien prési- dent libyen Mouammar Kadhafi et son fils Seif el-Islam, selon lesquelles l’ancien président français avait bénéficié de leurs fonds pour financer sa campagne électorale. La justice française a pu accéder récemment à des documents saisis lors d’une perquisition au domicile suisse d’Alexandre Djouhri.

sarko

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28 février 2018 ~ 0 Commentaire

morano (l’obs)

Rokhaya Diallo traitée de « Française de papier » : Nadine Morano dans les pas de Charles Maurras. En utilisant l’expression « Français de papier », Nadine Morano réactive un imaginaire d’extrême droite, décrypte l’historien Gilles Richard.

Dans la nuit de lundi à mardi, l’eurodéputée LR Nadine Morano a qualifié la militante associative antiraciste Rokhaya Diallo de « Française de papier » sur Twitter. L’intéressée lui a répondu : « Il semblerait que cette femme qui a pourtant été ministre de la République ne me considère pas comme une vraie Française… Je me demande bien pourquoi. »

Sporadiquement exhumée par la fachosphère, le Front national et la droite, cette expression ancienne est « une grande constante du discours nationaliste », décrypte l’historien Gilles Richard, auteur de « Histoire des droites en France (1815-2017) » (Ed. Perrin). Interview.

La nuit dernière sur Twitter, Nadine Morano a exhumé l’expression « Français de papier » pour évoquer Rokhaya Diallo. Une expression controversée, qui était autrefois employée par l’Action française de Charles Maurras pour désigner les naturalisés français… 

Franchement, quand Nadine Morano utilise l’expression « Français de papier », je ne suis même pas sûr qu’elle sache qu’il s’agit d’une expression maurassienne. Dans l’imagerie nationaliste, « Français de papier » renvoie à une identité purement administrative. A l’idée que le papier c’est léger, à la différence des racines. Rokhaya Diallo est née en France. Et les enfants d’étrangers nés en France sont français, ça date de la loi du 26 juin 1889, c’est un principe républicain ! Ça montre bien que les nationalistes ont quelques problèmes avec les principes républicains.

Dans le jargon nationaliste, « Français de papier » s’oppose à « Français de souche ». C’est l’idée, longtemps défendue par le Front national puis réactivée par Jacques Chirac en 1986, que la nationalité française se transmet par le sang… 

Ce langage, cette vision des étrangers, vient du nationalisme à la fin du XIXe siècle et des « Déracinés » de Maurice Barrès. L’expression « Français de papier » fait écho à une vision très barrésienne des choses, l’idée selon laquelle les vrais Français seraient les personnes qui ont des racines françaises, qui sont nées « les pieds dans la glèbe ». L’idée qu’on est français par héritage. C’est très puissant comme image, parce que ça fait référence aux traditions paysan- nes, rurales… Aujourd’hui encore, et parfois même à gauche, le discours sur les racines a une puissance incroyable. Alors que l’identité ne se résume pas à ça.

Dans quel contexte historique s’est propagée cette expression ?

Dans l’entre-deux-guerres, l’expression « Français de papier » est employée pour désigner les personnes qui ont bénéficié de la grande vague de naturalisation à la fin des années 1920, favorisée par une loi en 1927. Sous le régime de Vichy, une commission a ensuite dénaturalisé plusieurs milliers de personnes.

De façon plus générale, l’expression « Français de papier » fait écho à la conception nationaliste de ce qu’est « être français ». Nous vivons dans un pays qui a, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, fait massivement appel à des étrangers pour travailler dans l’industrie. Il y a toujours eu en France une classe ouvrière spécifique et composite sur le plan des nationalités, les travaux de Gérard Noiriel le soulignent. Cela a d’ailleurs favorisé le nationalisme et l’audience, partielle, des nationalistes dans le monde ouvrier. Sur la base du rejet de l’étranger vu comme un concurrent.

Comment interpréter le fait que cette expression puisse être utilisée en 2018 par une ancienne ministre ?

Pour l’anecdote, Nadine Morano avait pris la parole dans la ville de naissance de Maurice Barrès en décembre 2009, à Charmes-sur-Moselle dans les Vosges. A l’époque, elle était  secrétaire d’Etat chargée de la Famille et avait déclaré qu’un bon Français ne devait pas porter sa casquette à l’envers [« Ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers », NDLR]. Bref, sur ces sujets-là, c’est une spécialiste de la politique au ras des pâquerettes !

En parlant de « Français de papier », Nadine Morano a-t-elle conscience qu’elle désigne peut-être aussi certains de ses propres électeurs ? 

L’expression utilisée par Nadine Morano pourrait concerner des millions de gens qui sont des « Français de papier »… Il y a sûrement des « Français de papier » qui votent pour Nadine Morano, de façon assez contradictoire d’ailleurs. Dans les années 1980-1990, j’ai moi-même exercé dix ans en tant que professeur d’histoire dans le lycée technique d’Hénin-Beaumont. Mes élèves étaient français. Mais leurs noms étaient polonais, marocains, italiens… Certains d’entre eux votent peut-être aujourd’hui pour Steeve Briois !

 Propos recueillis par Charlotte Cieslinskii

27 février 2018
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27 février 2018 ~ 0 Commentaire

jlm-wauquiez (le huffington post + npa)

wauquiez

Mais qu’est-ce qu’il lui trouve?

Mélenchon prend la défense de Wauquiez dans un billet enflammé contre la « CIA médiatique » « Wauquiez s’est pris une lourde attaque globale du parti médiatique » pour protéger Emmanuel Macron, assure le chef de file de la France insoumise.

Depuis une décennie, les coups de menton injurieux de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de la presse sont devenus une routine. Le billet de blog publié ce lundi 26 février par le chef de file de la France insoumise dépasse pourtant de loin tout ce qu’il a pu dire ou écrire jusqu’ici.

Dans cette diatribe enflammée intitulée « La semaine où Macron dévisse : bain de boue pour tous », le député des Bouches-du-Rhône affirme que les partis d’opposition, le sien comme celui du président des Républicains Laurent Wauquiez, ont été volontairement pris pour cible par la « CIA médiatique » au moment où le président Emmanuel Macron traversait une zone de turbulences sondagières.

« Le pouvoir médiatique est d’essence complotiste », écrit-il dans un style fiévreux du même acabit, dénonçant pèle-mêle un « coup monté du service public » visant ses comptes de campagne, la « manipulation » de France Inter qui aurait cherché à l’inviter sur son plateau ou bien encore « la lourde attaque globale du parti médiatique » visant Laurent Wauquiez.

« Wauquiez a fortifié son autorité »

« ‘L’affaire’ est ridicule: trois phrases volées dans une conférence. Mais ‘l’affaire’ a tenu cinq jours de médias. Sans aucun contenu, l’opération est destinée à empêcher la droite de se regrouper autour de son parti traditionnel au moment où l’opération ‘Macron chef de toutes les droites’ a du plomb dans l’aile du fait des sondages », écrit Jean-Luc Mélenchon au sujet de la polémique provoquée par l’enregistrement de propos tenus par le chef de file des Républicains devant des étudiants lyonnais.

Pour l’ancien candidat à la présidentielle, « dans l’épisode des ‘écoutes aux portes’, Wauquiez a fortifié son autorité et s’est débarrassé d’une nouvelle poignée de traîtres. De son point de vue il s’est renforcé. Autant de tireurs dans le dos de moins pour le prochain épisode ». Depuis une semaine, le chef de file des Républicains a dû essuyer plusieurs départs, présenter des excuses humiliantes à Nicolas Sarkozy et essuyer les sarcasmes d’Alain Juppé.

S’il prend le parti de Laurent Wauquiez dans son duel avec la presse, Jean-Luc Mélenchon n’en demeure pas moins sceptique sur la stratégie du patron de la région Auvergne-Rhône- Alpes pour contester le leadership de la droite à Emmanuel Macron.

« Wauquiez sait que le problème en France, c’est la grève civique du peuple. [...] C’est pour cela qu’il essaie de reprendre pied dans le peuple profond de droite acquis aujourd’hui au Front National. C’est une stratégie qui comporte un grand risque si elle n’aboutit pas », met en garde le dirigeant insoumis en dénonçant, une fois encore, « le coup monté des ‘écoute aux portes’ à l’école de commerce de Lyon [qui] montre comment le parti médiatique, qui est dans la main des neufs milliardaires, est prêt à le hacher menu ».

« La haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine »

Les médias, eux, en prennent continuellement pour leur grade, avec une férocité particulière- ment marquée, Jean-Luc Mélenchon n’hésitant pas à revendiquer une « haine » à leur égard. Présentant cette « haine des médias et de ceux qui les animent » comme « juste et saine », Jean- Luc Mélenchon estime que ses amis et lui n’ont « pas d’autre adversaire concret que le ‘parti médiatique’. Lui seul mène bataille sur le terrain, en inoculant chaque jour la drogue dans les cerveaux ».

« On ne peut plus nulle part parler librement. La presse est ainsi la première ennemie de la liberté d’expression qui ne se confond pas avec la liberté de ‘tout répéter’ ni avec le délire névrotique de la transparence absolue que réclament les médias (et qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes) », fustige-t-il.

A ses yeux, « le but du parti médiatique est de détruire tous les autres ‘émetteurs’ de pensée : parti, syndicat, autorité morale de quelque nature qu’elle soit.

Tout est bon alors pour atteindre ce but. Tout. C’est un pur effet de système. Le moindre journal comporte au moins chaque jour une ‘révélation’, incontrôlable, destinée à salir quel- qu’un vivant ou mort. [...] La peur et le dégoût comme nourriture quotidienne, c’est le terreau du pouvoir médiatique qui vous ‘révèle’ ce que personne ne veut que vous sachiez. »

Geoffroy Clavel 26/02/2018

http://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

Jean-Luc Mélenchon défend Laurent Wauquiez face au « parti médiatique » (JDD)

Wauquiez et la « trumpisation » de la droite : vers la rupture ? (NPA)

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