Archive | Droite républicaine

30 juin 2020 ~ 0 Commentaire

fillon (npa)

poutou1

Et dire que Fillon voulait me « foutre un procès »

Souvenir souvenir… C’était il y a trois ans, en pleine campagne présidentielle. Depuis janvier, le candidat de droite Fillon, si pur, si droit, si froid, s’enfonce dans la tourmente au fil des révélations du Canard enchaîné.

Plus on en apprend, plus ça sent la triche et le vol d’argent public. Costards, emplois fictifs : le scandale prend de l’ampleur mais le type ne lâche pas. Même lors de sa mise en examen, il ne retire pas sa candidature alors qu’il avait dit le contraire quelques jours auparavant. En plus, il ment effrontément. Mais c’est cohérent avec son habitude de piquer dans les caisses publiques.

On se souvient de ce scénario incroyable. Isolé, fragilisé, il reste candidat. De toute façon Juppé, cet autre délinquant expert en emplois fictifs, envisagé un moment comme la roue de secours, refusera de prendre la relève. C’était trop d’ennuis en perspective.

À titre personnel, je me souviens aussi de ce grand débat électoral du 4 avril. Fillon était juste en face et j’avais attaqué sur sa corruption. Il avait serré les dents et lâché un « Je vais vous foutre un procès ». On a attendu, mais le procès n’est jamais venu… Contrairement au sien bien sûr.

La campagne de Fillon avait pris du plomb dans l’aile mais, au total, il ne sera pas si loin du second tour. Preuve qu’à droite, on vit très bien avec ce genre de délinquance et qu’on fait preuve, malgré les discours, d’un certain « laxisme ».

Il y a chez eux un sentiment d’impunité et une arrogance sans limite, à l’image du clan Balkany qui a pourtant fini par payer en partie la note après une longue carrière de voleurs. Il faut reconnaitre que les lois sont bien faites, par exemple la comparution immédiate, ça n’existe pas pour eux. Il faut au contraire beaucoup de temps pour juger.

Mais parfois, ça arrive. Comme cette semaine, avec la condamnation de Fillon à cinq ans de prison (dont deux ferme), à 10 ans d’inéligibilité, à 375 000 euros d’amende, à rendre l’argent. C’est quasi délicieux.

Bon d’accord, il fait appel et il ne paiera pas tout de suite. Mais il est condamné, lourdement, signe qu’il a trompé et qu’il a bien piqué. Comme tant d’autres, bien trop souvent restés impunis. Car derrière ces condamnations individuelles, il s’agit bien d’un système de corruption qui est celui d’une classe sociale, celle des capitalistes, de ces grosses fortunes qui confondent par principe les caisses publiques avec leurs comptes personnels. Mais des fois, il y a un peu de justice.

Mardi 30 juin 2020, Philippe Poutou

https://npa2009.org/

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27 juin 2020 ~ 0 Commentaire

morlaix (france info)

canard

Municipales 2020 : on vous raconte l’histoire de la mystérieuse razzia du « Canard enchaîné » à Morlaix

Il était impossible ou presque, mercredi 24 juin, de trouver l’hebdomadaire satirique dans la petite ville du Finistère après la publication d’un article sur la campagne électorale locale. Des acheteurs anonymes ont fait main basse sur de très nombreux exemplaires.

C’est un « canaricide », comme l’appellent déjà dramatiquement plusieurs internautes. D’autres préfèrent évoquer l’événement avec détachement et humour : c’est « le jour où le ‘Canard’ a réalisé ses meilleures ventes », ironise un autre observateur de « l’affaire ».

Dans la baie morlaisienne (Finistère), la matinée du mercredi 24 juin a été secouée par un phénomène que tous qualifient d’« inédit » : l’achat de plusieurs dizaines d’exemplaires du dernier numéro de l’hebdomadaire satirique par une poignée d’individus.

Mercredi matin, Glenn, lecteur assidu du Canard enchaîné, achète un exemplaire du dernier numéro fraîchement publié et se pose dans un café pour le lire. Jusqu’ici, rien d’anormal. Mais un échange avec le patron du bar-tabac l’interpelle :

« Il m’a dit que ses 47 exemplaires avaient déjà été achetés par une personne. » Un achat groupé surprenant pour ce dernier. « De fil en aiguille, il y a une femme qui arrive et qui me dit : ‘Ah mais vous avez ‘Le Canard enchaîné’ ? Car j’ai fait trois bars et je n’en ai pas trouvé’ », raconte Glenn. L’événement surprenant devient suspect.

« J’ai compris qu’elle avait quelque chose à cacher »

Vérification faite, une grande partie des commerces du centre-ville de Morlaix et des communes environnantes ont bien été dévalisés de leur arrivage tôt dans la matinée. Et Le Canard Enchaîné est le seul journal visé par cette « razzia », comme se plaisent à l’appeler les Morlaisiens.

« Le premier client que j’ai eu a tout acheté : 46, 47 ou 48 exemplaires, je ne me souviens pas très bien, mais il a tout acheté vers 8 heures », confirme à franceinfo une buraliste. « On a vendu les 16 numéros à un homme hier matin, vers 8 heures », affirme un autre. « Trente exemplaires », « 20 journaux d’un coup, vendus à une femme avec un masque et des lunettes de soleil »

Contactés, de nombreux point de vente de presse décrivent une matinée « étrange » durant laquelle une personne – un homme ou une femme, selon les cas, n’étant pas un ou une habituée – a acheté un nombre important d’exemplaires.

C’est la première fois que cela m’arrive en 30 ans de carrière. Les clients peuvent acheter ce qu’ils veulent bien sûr, mais cinq d’un coup, il faut vraiment vouloir l’article.La gérante d’une maison de la presseà franceinfo

Certains kiosquiers ou buralistes ont sondé le mystérieux acheteur sur son intention : « Il a dit que c’était pour une blague, pour faire rire ses collègues », rapporte l’un d’eux. « Je lui ai posé la question mais elle m’a répondu qu’elle avait le droit de le faire. Je n’ai pas insisté, mais j’ai compris qu’elle avait sans doute quelque chose à cacher », se souvient une commerçante, qui déplore de voir ses « clients habitués désemparés ».

Tous les établissements de Morlaix et ses environs n’ont pas pour autant été dévalisés. C’est avec étonnement qu’une kiosquière du centre-ville apprend l’affaire : « Sur les 32 reçus, il m’en reste 24″, constate-t-elle, surprise, jeudi 25 juin. Même observation dans la Halle de la presse du centre commercial de Morlaix, où une dizaine d’exemplaires étaient encore disponibles jeudi matin.

« Un article sur Morlaix, il n’y en a jamais »

Mais l’histoire, largement relayée sur les réseaux sociaux, est remontée à la rédaction du Canard Enchaîné. Pour l’hebdomadaire, ce type d’incident, certes rare, n’est pas une première. « C’est une vieille méthode », commente-t-on du côté du journal satirique. L’ »affaire » rappelle celle de Puteaux en 2011. Mise en cause dans une affaire de pots-de-vin relayée par l’hebdomadaire, la maire de la ville des Hauts-de-Seine, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, avait demandé à son équipe d’acheter tous les exemplaires de l’hebdomadaire en vente dans la ville.

Faut-il voir un lien entre cette  »razzia » et la parution dans le numéro concerné d’un article titré « Drôle de pastis à Morlaix » ? « Un article sur Morlaix, il n’y en a jamais », commente Glenn, lecteur assidu.

Le Canard enchaîné évoque en effet dans son édition du 24 juin la campagne des municipales qui déchire actuellement la cité du viaduc. L’article compare la ville du Finistère à Marseille (où des soupçons de fraude pèsent sur la candidate LR aux municipales) et met en cause la double casquette d’une colistière d’Agnès Le Brun, la maire sortante de Morlaix, « habilitée à aller récolter les procurations grâce à son statut de ‘déléguée tiers’ d’officier de police judiciaire ».(…)

(Achetez le « Canard »! )

Charlotte Causit 26/06/2020 

https://www.francetvinfo.fr/

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18 juin 2020 ~ 0 Commentaire

Juin 1940 (lutte ouvrière)

churchil stal eins

Churchill, Roosevelt, Staline

Pétain et de Gaulle, les deux cartes de la bourgeoisie française

Il y a 80 ans, en juin 1940, la défaite de l’armée française jetait sur les routes des millions de personnes fuyant devant l’avancée des troupes allemandes.

Dans ce qui s’avérait être une débandade de l’armée, le gouvernement en crise se retrouvait à devoir enregistrer la défaite et négocier les conditions d’armistice. Le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs, allait s’en charger, tandis que de Gaulle de son côté lançait sur la BBC un appel à la poursuite de la guerre.

La France et la Grande-Bretagne, jusque-là puissances impérialistes dominantes d’Europe, n’étaient entrées dans la guerre qu’à reculons.

Alors qu’Hitler réarmait, aidait les troupes franquistes espagnoles, s’emparait de l’Autriche, dépeçait la Tchécoslovaquie, aucune des deux n’avait riposté. Il avait fallu que la Pologne soit envahie et partagée entre l’URSS et l’Allemagne pour que la France et la Grande-Bretagne décident de déclarer la guerre, le 3 septembre 1939.

Plus aucun de leurs alliés ne se faisait d’illusion sur leur volonté et leur capacité de les défendre face à l’Allemagne d’Hitler. Leurs atermoiements avaient d’ailleurs conduit l’URSS de Staline à renverser ses alliances et à signer le 23 août 1939 un pacte avec l’Allemagne nazie. Le pacte germano-soviétique avait frappé de stupeur tous les militants communistes, mais il n’allait même pas éviter à l’URSS de subir l’attaque des troupes allemandes, en juin 1941.

Une défaite annoncée

La longue période de préparation militaire de l’Allemagne, après l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, n’avait pas été mise à profit pour préparer une riposte. Critiquées notamment par de Gaulle, les stratégies élaborées par l’état-major ne tenaient pas compte de l’évolution des techniques militaires, qui rendait inopérante la ligne Maginot. (Ligne de défenses enterrées qui avaient coûté des fortunes pendant des années, blog)

La bourgeoisie et l’État français vivaient de l’exploitation des colonies de l’Empire, tout comme la bourgeoisie et l’État britanniques, impérialismes repus espérant que personne ne remette en cause un partage du monde qui ne correspondait plus depuis longtemps à leur puissance réelle.

En revanche, l’Allemagne, étranglée par le traité de Versailles scellant sa défaite de 1918, se battait pour étendre ses marchés, disposer des matières premières indispensables au fonctionnement de son industrie. Remettre en cause le partage du monde était, pour les capitalistes allemands, devenu vital.

Le maréchal Pétain, considéré comme le héros de la Première Guerre mondiale, obtint la présidence du Conseil des ministres le 16 juin 1940. Face à une défaite sans appel, l’État français n’avait plus qu’à négocier sa survie avec les forces allemandes.

Dans la période d’occupation qui s’ouvrait, la bourgeoisie française avait besoin d’un intermé-diaire qui défende ses intérêts. Son objectif était de conserver ses colonies, alors que de son côté l’Allemagne n’avait pas les moyens de prendre en main tout l’Empire.

Le compromis négocié avec la France convenait aux deux parties.

L’état-major et le personnel politique de la bourgeoisie française, unis par leur haine du communisme, marqués par leur frayeur des grèves de 1936, des occupations d’usine et de la révolution espagnole, n’étaient nullement rebutés par un accord avec un pouvoir fasciste, et l’alliance avec Hitler leur apparaissait comme un moindre mal.

Pétain assuma la situation, lui qui avait affirmé quelques jours avant son entrée au gouvernement : « Il est impossible au gouvernement français, sans émigrer, sans déserter, d’abandonner le territoire français. Le devoir du gouvernement est, quoi qu’il arrive, de rester dans le pays, sous peine de n’être plus reconnu comme tel. »

De Gaulle en recours en cas de victoire des Alliés

Cependant, il apparut rapidement qu’une victoire de l’Allemagne ne pouvait être que temporaire. Les États-Unis, alliés à la Grande-Bretagne, ne pouvaient tolérer qu’un concurrent tel que l’Allemagne domine et unifie l’Europe sous sa coupe.

Anticipant la mondialisation du conflit et la probable défaite finale de l’Allemagne, de Gaulle, général fraîchement promu, inconnu du grand public, sous-secrétaire d’État pendant quelques jours, se plaça en recours.

Il s’agissait, après un retournement de la situation militaire, que l’État français continue à dispo-ser d’interlocuteurs politiques auprès des vainqueurs probables. De Gaulle allait expliquer plus tard cette option dans ses Mémoires :

« L’Empire est là qui offre son recours. La flotte est là, qui peut le couvrir. Le peuple est là, qui de toute manière va subir l’invasion, mais dont la république peut susciter la résistance, terrible occasion d’unité. (…) Une question domine tout : les pouvoirs publics sauront-ils, quoi qu’il arrive, mettre l’État hors d’atteinte, conserver l’indépendance et sauvegarder l’avenir, ou bien vont-ils tout livrer, dans la panique de l’effondrement ? »

Cela voulait dire s’affirmer favorable à la poursuite de la guerre, regrouper autour de lui des troupes pouvant lui permettre à la fin du conflit d’être partie prenante des négociations et d’y défendre les intérêts de la bourgeoisie française et avant tout son Empire colonial. De Gaulle allait passer toute la guerre à manœuvrer pour gagner à lui une fraction de l’armée et parvenir à être reconnu par les alliés.

Un appel passé inaperçu

L’appel du 18 juin ne fut entendu quasiment par personne. Seuls 7 000 soldats issus de l’armée française en débandade rejoignirent de Gaulle. La grande majorité de l’administration des colonies suivit Pétain. Devant l’isolement de de Gaulle, le gouvernement britannique ne voulait pas se lier les mains en le reconnaissant comme représentant d’un gouvernement français en exil.

Mais après 1943, alors que les troupes soviétiques avaient battu les armées allemandes à Stalingrad, le ralliement du PCF à de Gaulle devint pour le général un atout important. Il pouvait dès lors arguer qu’après le départ des troupes allemandes il aurait le soutien de l’essentiel des forces politiques en France, y compris de la part d’un Parti Communiste encore suspect de vouloir une révolution, allié de l’URSS mais désormais garant de la remise en place de l’État de la bourgeoisie.

L’appel du 18 juin est commémoré aujourd’hui comme un appel « à refuser la défaite et poursui-vre le combat contre l’ennemi ».

Toute la question pour la bourgeoisie française, au cœur d’un conflit mondial où les fronts et les alliances ne pouvaient que se modifier, et alors qu’elle avait perdu l’essentiel de sa puissance militaire, était de savoir qui il fallait considérer comme l’ennemi.

Au fond, Pétain et de Gaulle permettaient de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Tandis que le pouvoir pétainiste lui servait d’intermédiaire auprès de Hitler, le pouvoir embryon-naire de De Gaulle, intitulé la France libre, se posait en interlocuteur auprès des anglo-américains et même de l’URSS.

En aidant ce général réactionnaire à bâtir son autorité politique, le PCF et Staline participaient à la construction d’un rempart contre tout risque de révolution. Les mêmes États bourgeois qui, en moins d’un quart de siècle, avaient par deux fois provoqué une boucherie mondiale, allaient ainsi reprendre leur place.

Inès Rabah 17 Juin 2020
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04 juin 2020 ~ 0 Commentaire

la république de droite (france 24)

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Municipales 2020 : la République en marche penche sérieusement à droite

Le parti présidentiel a multiplié les alliances avec la droite en vue du second tour des élections municipales du 28 juin, quitte à être en décalage avec les récents discours aux accents sociaux et écologiques d’Emmanuel Macron.

Le 28 mai, de nombreux membres de La République en marche (LREM) poussaient des cris d’orfraie après l’annonce de l’alliance passée par l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avec le candidat du parti Les Républicains (LR), François-Noël Buffet, à la métropole de Lyon. Une semaine plus tard et alors que toutes les listes pour le second tour des élections municipa-les ont été déposées, mardi 2 juin, force est de constater que les alliances entre LREM et la droite sont nombreuses et bien visibles.

À Strasbourg, le candidat LREM Alain Fontanel, arrivé deuxième avec 19,9 % des suffrages, derrière la candidate EELV Jeanne Barseghian (27,9 %), fera alliance le 28 juin avec Jean-Philippe Vetter (LR), qui était arrivé en quatrième position avec 18,3 %.

À Bordeaux, le « marcheur » Thomas Cazenave est arrivé troisième au premier tour, avec 12,7 % des voix, derrière le maire LR sortant Nicolas Florian (34,6 %) et le candidat EELV-PS Pierre Hurmic (34,3 %). Il fera alliance au second tour avec le candidat Les Républicains.

À Clermont-Ferrand, le candidat de La République en marche, Éric Faidy, troisième (15,5 %) au premier tour derrière le maire PS sortant Olivier Bianchi (38,1 %) et le candidat Les Républicains Jean-Pierre Brenas (20,7 %), a finalisé une alliance avec la droite.

Ces trois exemples s’ajoutent à ceux de Lyon, ou encore de Rouen, de Tours ou d’Aurillac. Il faut également ajouter les villes où des accords avaient été conclus dès le premier tour pour favori-ser la réélection d’un maire sortant de droite. Ce fut le cas notamment à Toulouse avec le soutien de LREM au LR Jean-Luc Moudenc, à Nice avec le soutien de La République en marche au maire LR Christian Estrosi ou à Angers avec le soutien du parti présidentiel au maire Agir Christophe Béchu.

« Nous faisons la différence entre la droite Juppé et la droite Wauquiez »

Interrogé mercredi matin sur Franceinfo, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, y a vu « un moment de clarification qui était attendu ». « Partout La République en marche fait alliance avec Les Républicains.

C’est d’ailleurs logique car le Premier ministre en est issu. Et ceux qui dominent la scène du côté de La République en marche, ce sont M. Darmanin (ministre du Budget), M. Le Maire (ministre de l’Économie), qui portent des propositions que portait autrefois la droite. »

Le paradoxe de toutes ces alliances est qu’elles vont à l’encontre des récents discours d’Emma-nuel Macron, qui a mis l’accent sur l’écologie et la nécessité de faire davantage de social dans les mois à venir. Or, dans toutes les villes où La République en marche a fait alliance avec la droite, l’objectif est bien de battre le candidat soutenu par Europe Écologie-Les Verts (EELV).

Le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, y a d’ailleurs vu, mardi 2 juin sur Sud Radio, un « front anti-écolo qui se crée », tandis que son prédécesseur, David Cormand, a affirmé dans un tweet que LREM était « en train d’être absorbée par LR dans des coalitions anti-climat ».

À La République en marche, on répond que ce sont les écologistes qui ont systématiquement refusé la main tendue par les candidats du parti présidentiel. « Nous étions prêts à discuter avec tout le monde, dans une logique de projet, mais les Verts se projettent déjà sur 2022″, tâcle un proche de la direction du parti, contacté par France 24, qui fait par ailleurs valoir que des alliances avec la gauche ont aussi été conclues comme à Auxerre ou Dunkerque.

« Quant à la droite, nous faisons la différence entre la droite d’Alain Juppé, avec laquelle nous partageons des idées, et celle de Laurent Wauquiez, avec laquelle nous refusons de travailler, ajoute cette même source. C’est ce que montrent les retraits de nos investitures à Lyon et à Clermont-Ferrand. »

Une fracture de plus en plus vive entre aile gauche et aile droite chez LREM

Mais un haut cadre du parti présidentiel, cité par l’AFP, regrette toutefois qu’un déséquilibre soit apparu lors des alliances de second tour des municipales. « Il y a quand même quelque chose qui est dangereux : plus encore que perdre les élections, c’est perdre sa cohérence », pointe-t-il, en regrettant le manque de colonne vertébrale idéologique de LREM, qui a eu toutes les peines pendant la campagne à définir le « progressisme municipal ».

Ce sont donc les fondements-mêmes du macronisme et du fameux « et en même temps » qui sont remis en cause. Alors qu’une fracture était déjà apparue au sein du groupe majoritaire de l’Assemblée nationale, avec le départ d’une partie de ses représentants de l’aile gauche, les élections municipales sont une preuve de plus que La République en marche penche à droite.

C’est ce que dénonce le député du Val d’Oise, Aurélien Taché, parti de LREM le mois dernier pour fonder le groupe Écologie Démocratie Solidarité au Palais Bourbon, et qui a récemment apporté son soutien à Anne Hidalgo pour la Mairie de Paris.

« Il y a la nécessité de poursuivre à Paris une politique ambitieuse en matière écologique et en matière sociale autour de valeurs progressistes », a-t-il déclaré le 27 mai sur LCI.

« Aujourd’hui, je ne comprends pas du tout ce que vont faire des gens qui ont défendu la PMA pour toutes, qui ont défendu le mariage pour tous, avec des gens de Sens commun », association née de la contestation du mariage pour tous.

Le député fait ici référence à la tête de liste LREM dans le 5e arrondissement, la maire sortante Florence Berthout, élue en 2014 avec l’étiquette LR. Cette dernière, qui vient de fusionner sa liste avec celle de son ancien parti pour le second tour, n’a jamais caché ses réserves concernant la PMA pour toutes.

04/06/2020 04/06/2020

https://www.france24.com/fr/

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27 mai 2020 ~ 0 Commentaire

onfray (a manca)

tardi drapeau

FRONT POPULAIRE où FRONT POPULISTE?

Non, la dérive politique de Michel Onfray ne doit rien à une sénilité précoce. Elle ne doit rien non plus au hasard. Le courant dans lequel il s’embourbe aujourd’hui plonge ses racines au cœur de l’histoire politique de la France.

L’appel à l’union sacrée de toutes les couches sociales de la nation contre l’ennemi, y a été régulièrement lancé. Ce nationalisme exacerbé au besoin, a toujours convoqué les classes populaires au rendez vous de l’histoire, pour fournir les grands bataillons et dans la réalité des faits, pour encore mieux les contrôler.

Les classes dominantes sont celles qui ont tiré profit de cette union de façade. Une fois leurs objectifs atteints, celles-ci, ont désarmé la plèbe et l’ont renvoyé à un rôle subalterne.

Les vraies nature et fonction du populisme ne sont pas autres choses que des instruments idéologiques destinés à maintenir un ordre garantissant la pérennité de la domination des classes dominantes en détournant la colère des classes populaires des véritables raisons de leur mécontentement.

Les droites et l’extrême droite donnent dans ce registre, mais l’histoire a vu aussi des courants issus de la gauche se compromettre gravement sur fond de nationalisme cocardier. Les réformistes, faux nez du capitalisme, mais véritables contre révolutionnaires, peuvent s’adonner eux aussi, aux « délices » de l’union sacrée.

Ce nationalisme est à combattre, sans concession aucune, car il n’a rien d’émancipateur et son idéologie ne peut que déboucher sur des régimes hyper-autoritaires, voire clairement dictatoriaux.

Alors oui, mille fois oui, le monde du travail a tout intérêt à exercer la plus grande vigilance sur ce qui se passe dans l’hexagone comme sous d’autres cieux de cette Europe en proie aux pires des tentations.

Les Horban, Salvini, Lepen ont ouvert les brèches dans lesquelles s’engouffrent désormais des marionnettes comme Michel Onfray. La concurrence entre tous ces réactionnaires est rude, mais rien ne s’oppose à l’hypothèse d’une conjonction d’intérêt entre ces courants, qui tous sans exception volent aujourd’hui aux secours d’un capitalisme traversé par de nouvelles contradictions.

C’est un Front Populiste que veut forger politiquement Onfray et par un abject abus de langage, il tente de présenter cette entreprise nationaliste sous le couvert d’un Front Populaire. Cette escroquerie intellectuelle mérite d’être dénoncée et plus encore radicalement combattue.

Si vous doutiez encore de la manœuvre en cours, voici les premiers noms et pedigrees de celles et ceux qui saluent l’initiative de ce minable. Entre autres :

– Alain de Benoist, fondateur du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) – cette structure de la« nouvelle droite » à mi-chemin entre le club de pensée et l’association politique, élitiste, antiégalitaire, antidémocratique, qui a toujours eu pour objectif de réarmer idéologiquement la droite et l’extrême droite, et a fait office d’école de formation, à la fin du XXe siècle.
– Patrick Lusinchi, l’un des dirigeants d’Éléments, la revue de ce courant.
– Yann Vallerie, l’identitaire breton
– Claude Chollet, patron d’un observatoire (d’extrême droite) des médias.
– Robert et Emmanuelle Ménard, respectivement maire de Béziers et députée, chantres de « l’union des droites » .
– Philippe Vardon, ancien du Bloc identitaire, désormais membre du bureau national du Rassemblement national (RN).

Alain de Benoist résume l’accueil bienveillant à droite de la droite : « C’est une initiative excellente. Je trouve seulement que le terme de “souverainistes” est un peu limitatif. J’espère que Front populaire tiendra la promesse contenue dans son titre : qu’il soit un lieu d’échanges pour tous ceux qui regardent la notion de peuple comme plus importante encore que celle d’État ou de nation. ».

Même attente concernée du côté de l’identitaire Philippe Vardon, candidat du parti lepéniste aux municipales à Nice : « J’ai trouvé l’initiative intéressante, alors j’ai mis 30 ou 50 euros. Si ça peut participer à décloisonner le débat, c’est très bien. ».

Près de vingt ans après avoir lancé l’Université populaire de Caen pour contrer les idées de Jean-Marie Le Pen, Michel Onfray se voit même adoubé par son héritière, Marine Le Pen, laquelle est allée jusqu’à écrire un Tweet félicitant une « initiative (…) positive » qui « ne peut que [la] réjouir ».

Un hommage parmi d’autres, se défend le philosophe, qui prend soin de se détacher des figures des partis. « Il y a plus de seize mille personnes qui saluent [le lancement de Front populaire], elle en fait partie, très bien, déclarait Michel Onfray sur Sud Radio, le 17 mai.

Une ordure de plus aux poubelles de l’histoire.

Salut et Fraternité

Vandepoorte Serge. Militant Manca. 21 mai 2020

http://www.a-manca.net/

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30 avril 2020 ~ 0 Commentaire

cnr (lutte ouvrière)

resistance

Le programme du CNR : tromperies d’hier et d’aujourd’hui

Devant la crise sociale qui commence, la vague de licenciements déjà programmée, les milliards d’euros de cadeaux aux grandes entreprises « qu’il faudra bien payer » et les situations, compara-bles voire plus explosives encore, dans tous les pays du monde, les références au Conseil national de la Résistance (CNR) se multiplient du côté de la gauche, et pas seulement.

Du PCF au PS, de Mélenchon au porte-parole des Verts, le programme du CNR de 1943 est présenté comme le fondement d’une République sociale, parée de toutes les vertus et qui aujourd’hui encore pourrait tirer le pays d’un mauvais pas.

Le CNR et les gouvernements qui l’ont suivi voulaient d’abord éviter à la bourgeoisie française que la fin de la guerre ne débouche pas sur une crise révolutionnaire.

Formé en 1943, fédérant les divers mouvements de résistance derrière De Gaulle, il voulait constituer l’appareil politique capable de prendre les rênes de l’État, une fois les armées allemandes parties et le régime de Vichy effondré.

La bourgeoisie française, après avoir soutenu Pétain et fait ses affaires avec l’Allemagne, redoutait deux périls.

D’une part, elle voulait garder son empire colonial en dépit de la volonté des peuples colonisés et de la concurrence américaine.

D’autre part, unie en cela avec les impérialismes américain et britannique et la bureaucratie de Staline, elle voulait éviter une révolution sociale au sortir de la guerre et donc s’assurer de la continuité de l’État.

Le souvenir de la période révolutionnaire de 1917-1920 était encore cuisant.

Le CNR réalisait donc l’union nationale de tous les partis de conservation sociale, mis à part les débris accrochés à Pétain qui n’avaient pas su changer d’uniforme à temps. De Gaulle en était la figure de proue, le PCF l’appareil réel, fort du dévouement de dizaines de milliers de militants aptes à influencer la classe ouvrière.

Le CNR, gaullistes compris, ne pouvait pas promettre de revenir aux jours d’avant, c’est-à-dire à une troisième République vermoulue, qui n’avait tenu aucune des promesses de 1936 et s’était honteusement transformée en « État français » sous Pétain.

Il ne pouvait évidemment que promettre des jours heureux, dire qu’il rognerait les dents du capital, qu’il assurerait la liberté de la presse, la retraite des vieux travailleurs et les assurances sociales.

Son programme économique comprenait la nationalisation des industries clés, de l’énergie, des transports, des banques. Faire repartir l’économie le nécessitait et puis quelle meilleure façon de racheter aux grands patrons les secteurs à la fois sinistrés et indispensables et de leur permettre de reprendre leurs affaires avec des capitaux frais dans des secteurs neufs ?

Car les nationalisations furent payées rubis sur l’ongle.

Le CNR se transforma dès 1944 en gouvernement provisoire, avec des ministres du PCF et du PS, puis en gouvernement tout court après le débarquement du 6 juin et la progression des armées américaines.

Grâce à l’Union Nationale, c’est-à-dire avant tout grâce au poids du PCF dans la classe ouvrière, que la transition politique s’effectua sans difficulté.

Les travailleurs furent remis au travail et durent serrer les dents pendant des années avant de retrouver, non pas des jours heureux, mais des horaires normaux, la fin des cartes d’alimentation et des hébergements provisoires.

Non seulement l’ordre social ne fut pas ébranlé, mais les colonies restèrent aux mains du capital français, par le fer et par le feu en Algérie, en Indochine, à Madagascar, pour ne citer que les répressions les plus sanglantes.

Les concessions verbales contenues dans la constitution de 1946, le droit au travail par exemple, n’ont jamais changé quoi que ce soit au sort des travailleurs.

Les concessions, bien maigres à l’époque, comme le statut des fonctionnaires, la place faite aux syndicats dans les institutions et surtout la Sécurité sociale sont en voie d’être détruites.

En revanche la politique du CNR, c’est-à-dire essentiellement le ralliement des appareils ouvriers à la reconstruction du capitalisme, lui a remis le pied à l’étrier pour les décennies suivantes, avec leur cortège de calamités, jusqu’à la crise actuelle.

Alors, ressortir du placard aujourd’hui le programme du CNR, c’est proposer de recommencer ou de poursuivre la même politique pour toute une période, avec les mêmes résultats ou pire encore. Le système capitaliste a fait plus que son temps. On ne peut pas le rapetasser, il faut le renverser.

Paul GALOIS  28 Avril 2020
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27 avril 2020 ~ 0 Commentaire

boris (nueva tribuna)

 boris

 Boris revient aujourd’hui

Luis, Boris et l’ironie:
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Avoir besoin des services publics que vous avez détruits et des professionnels que vous expulsez
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Il était une fois un Premier ministre au Royaume-Uni qui, face à une grande crise qui menaçait le monde et qui, suivant son ton et son style habituels, minimisait le risque que cela comportait du plus haut échelon du podium de la suprématie, il n’avait aucun problème de voir ses vassaux face à face avec une pandémie qui a faisait des ravages dans les nations méditerranéennes plus faibles d’Italie et d’Espagne …
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« Nous avons déjà surmonté deux guerres mondiales, nous étions le plus grand empire, et nous avons remporté la coupe du monde de football en 1966 », pensaient de nombreux électeurs, d’accord avec Boris. (…)
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Il avait la collaboration des médias avec la censure de ce qui est publié: un manque de transparence qui rend difficile de voir des tableaux comparatifs tels ceux que l’Espagne publie quotidiennement dans les médias britanniques.
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Après avoir dirigé le parti au pouvoir depuis 2010 et être l’un des défenseurs les plus fervents des positions les plus ultra libérales, parmi lesquelles les coupes, les attaques contre les couches les moins favorisées de la société (Universal Credit), les réductions des investissements dans l’éducation et la santé, Boris Johnson, au cours de ses premiers mois au pouvoir, a non seulement poursuivi la même tendance, mais aussi engrangé de bons résultats électoraux.
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Le parti conservateur ( les  » tories » blog) a ainsi obtenu qu’en 2019, 47% des hôpitaux du Royaume-Uni se sont retrouvés en déficit, après des années où non seulement les dépenses nécessaires n’ont pas été investies pour couvrir une population croissante et vieillissante, mais aussi des années de «gains d’efficacité» ne sont rien de plus que des coupes dans les coupes.
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Le gouvernement travailliste (et ultra libéral blog) de Tony Blair a augmenté le budget du NHS (National Health Service) de plus de 10% par an pour l’améliorer, couvrant les nombreuses défaillances d’un système de santé au bord de l’effondrement.
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En 2011, avec un gouvernement conservateur, les budgets ont été maintenus et la croissance moyenne a été de 1,1%. Ce n’est pas un hasard, puisque le gouvernement de David Cameron  voulait faire payer le secteur public pour les échecs de son économie.
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Les objectifs de réduction des temps d’attente sont plus importants, et 18 semaines d’attente pour consulter le spécialiste après un rendez-vous avec un médecin généraliste est devenue du passé … tout rendez-vous prend des mois, beaucoup, et quand le rendez-vous arrive, vous faites la fête.
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Et dans cet état de santé, nous sommes confrontés à une pandémie en 2020 qui a enfermé tout le monde à la maison pour protéger ses citoyens … Dans tous les pays? Non, bien sûr que non!
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Avec un NHS qui a été crucial dans les résultats du Brexit et avec ces énormes autobus avec la devise « 350 millions de livres supplémentaires par semaine pour le NHS » comme promesse après avoir quitté l’UE, promesse non tenue,.
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Cette semaine nous avons vu, oh ironies du sort, un Premier ministre, sauvé par le NHS noyé et écrasé au cours de la dernière décennie, avec un personnel en déclin et des problèmes pour attirer des professionnels de santé des autres pays Européens.
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91% était le taux des nouvelles infirmières de l’UE et  91% était la réduction des nouvelles infirmières s’inscrivant au Royal College of Nursing depuis 2016, perdant également des centaines de personnes qui retournent dans leur pays d’origine en raison du changement de l’atttude envers les étrangers.
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Et cerise sur le gâteau de cette histoire,  Boris Johnson, était soigné par Luis, un infirmier, et pas n’importe qui, non. Un infirmier européen, originaire du Portugal.
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A l’hôpital, notre Boris, fan de coupes et d’insultes au secteur public, qui a voté pour ne pas augmenter le salaire des professionnels de santé, et qui attaque les droits des citoyens européens, entre la vie et la mort, comptait sur le professionnalisme et le travail de nombreuses infirmières qui, selon lui, lui ont sauvé la vie.
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Il a félicité 2 infirmièr-e-s: Jenny de Nouvelle-Zélande et Luis du Portugal. Un Luis qui devra convaincre le ministère de l’Intérieur qu’il est un citoyen digne de rester indéfiniment dans ce pays.
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Sinon, le 1er janvier, il pourrait être invité à retourner au Portugal, ou choisir une nouvelle destination parmi les 27 pays de l’Union européenne … et où que vous alliez, vous êtes susceptible de travailler dans de meilleures conditions de travail et avec plus de moyens que le Royaume-Uni n’a jamais eu sous le commandement de Boris, Theresa, David ou Margaret.
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Nouvelle tribune 18/04/20
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Note:
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NHS: National Health Service

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10 avril 2020 ~ 0 Commentaire

infirmier (pùblico)

 hop1

Sud Santé Quimper pour des moyens avant la crise

Guillén del Barrio, infirmier:
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Ils n’ont pas d’arguments, leurs coupes nous ont coûté des vies »
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Quelle est la situation actuelle de votre hôpital?
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Dans la salle d’urgence, cela s’améliore depuis une semaine. Certains services ont été fermés et sont en cours de désinfection. La lumière est au bout du tunnel et commence également à se voir dans les unités de soins intensifs. Certains hôpitaux ont déjà des lits de libres et peuvent éviter d’appliquer les critères de soins valables quand il n’y a pas pour tout le monde.
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Le pire, c’est que nous continuons de ne pas avoir suffisamment d’équipement de protection. De nombreux malades sont arrivés dans divers hôpitaux de la région. Comme il n’y avait pas d’équi-pement de protection pour tout le monde, la priorité a été donnée aux endroits les plus visibles et  les petits hôpitaux, a été laissé sans équipement. C’est une question qui brûlante qui n’est pas résolue.
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En fait, l’Espagne est en tête du taux d’infections parmi les professionnels.
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Oui, il dépasse 14%, contre 4% en Chine et 8% en Italie. Les syndicats ont déposé plusieurs plaintes à ce sujet, mais il est vrai qu’il est très difficile d’obtenir du matériel sur les marchés.
Nous avons fait pression par toutes les voies à notre portée. Les gouvernements le savent à tous les niveaux et il c’est connu depuis le premier jour. Nous insisterons.
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Personnellement, vous êtes attaqué par la droite pour votre critique de la gestion de la santé à Madrid. Ils vous appellent « l’infirmier de Podemos ». Comment le vivez-vous?
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Bof, ils aboient et on avance. C’est normal qu’ils deviennent nerveux. Nous rappelons un problème dénoncé depuis des années par tous les professionnels de la santé: les coupes et les privatisations. Il n’y a aucune réponse possible des privatisateurs que j’ai dénoncé et depuis tant d’années: leurs coupes nous ont coûté des vies. Quand quelqu’un dit cela, il n’y a pas d’argument pour répondre et il n’a  qu’attaquer la personne qui le dit, tuer le messager.
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Y a-t-il du vrai dans ce qu’ils disent de vous?
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Non. Ma relation avec Podemos était de m’inscrire pour quatre jours pour soutenir la campagne d’Isa Serra à la Communauté de Madrid. C’est une relation de travail, mais peu importe ce que je dis parce que les mensonges ne cessent de sortir. Il a été dit que j’allais être l’un des porte-parole de l’équipe gouvernementale pour la gestion du coronavirus, que j’ai été cinq ans en tant que permanent syndicat sans toucher un patient, alors que je n’ai jamais été permanent … Ils n’ont pas d’autre réponse et ils n’ont pas assez de décence pour se taire.
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C’est surprenant qu’un délégué d’un si petit syndicat ait été si présent dans les médias, à quoi est-ce dû?
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A un modèle alternatif de syndicalisme porte ses fruits. Lorsqu’il existe un modèle d’assemblées, sans structures hiérarchiques et alternatives, vous dites ce qui est vrai, peu importe qui le regrette. Un collègue peut parler sans avoir à demander la permission aux chefs.
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Une période de changements brusques est arrivée en peu de temps, et nous avons été une structure agile qui a été en mesure de répondre rapidement à la forte demande de médias qui ont besoin de déclarations, de témoignages et de données sur la santé sous ses nombreux aspects, qui changent en quelques jours et même en quelques heures. C’est pour cela que nous existons et nous l’avons fait.
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Dans vos déclarations les plus controversées, vous déclarez que plus de 2 000 lits d’hôpitaux ont été perdus depuis le début de la privatisation. Ayuso assure que ce sont des mensonges. Ce n’est pas vrai?
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Ayuso mélange intentionnellement deux événements survenus le même jour. Dans sa lettre de protestation à RTVE (la télé d’état) , elle signale une  fausse info pour laquelle la télévision a fait une rectification le même jour, mais que je n’ai pas dite.
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RTVE a affirmé que la santé madrilène avait perdu 3 300 professionnels ces dernières années. En effet, ce n’est pas vrai, mais les données que je donne sont vraies et sont dans les données du service de santé de Madrid. Si on me les demande, je les envoie. De plus, ceux qui vivent à Madrid depuis 12 ans ne doutent pas que nous avons fait l’objet de coupures et de privatisations.
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Le gouvernement de Madrid défend que les dépenses de santé par patient ont augmenté, et c’est l’une des plus élevées d’Espagne. Est-ce vrai?
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C’est génial qu’ils disent cela, même s’ils ne réalisent pas eux-mêmes. La plupart de cet argent a disparu en dépassements de coûts et privatisations. En plus du modèle 100% public, il existe deux autres modèles de financement des soins de santé à Madrid. ( Cela ressemble aux « partenariats public privé » ici blog)
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Celui dans lequel l’entreprise qui construit l’hôpital, gère l’ensemble de son personnel. Cela engendre des coûts supplémentaires effrayants que même la Cour des comptes a signalés. Un autre modèle est que celui qui construit l’hôpital gère également ses services non sanitaires, comme c’est le cas pour la Puerta de Hierro.
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Il a également été démontré qe cela entraîne des dépassements de coûts d’environ 25%. Et puis il y a les subventions aux hôpitaux privés. Le contrat avec la Fundación Jiménez Díaz entraîne des coûts supplémentaires pour le traitement de certaines maladies qui sont six fois supérieurs à ce qu’il en coûte pour traiter cette même maladie à l’hôpital qui est juste à côté.
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En effet, plus d’argent qu’auparavant a été consacré à de nombreuses entreprises qui facturent pour fournir un service. Mais même cela n’a pas amélioré les dépenses de santé par personne, car Madrid a gagné un demi-million d’habitants ces années.
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Vous pouvez torturer sauvagement n’importe quelle statistique pour lui faire avouer ce que vous voulez. Mais la réalité est que Madrid a perdu des lits et des professionnels et a privatisé avec des coûts supplémentaires pour de  mauvais résultats.
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L’un des articles qui a eu le plus d’impact est celui des « infirmières kamikazes » du New York Times. Quelle impression le journal le plus prestigieux du monde donne-t-il de la situation en Espagne?
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Ils auraient dû être horrifiés des scènes similaires qui se produisent déjà à New York. Ces derniers jours, on lisait déjà qu’il y avait des infirmières fabriquant des équipements de protection avec des sacs poubelles aux États-Unis.
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C’est un scandale mondial. La situation en Espagne est particulièrement grave, mais tous les services de santé sont affaiblis par le manque de ressources ou par une structure privatisée, comme aux États-Unis, les problèmes  sont très similaires.(Résumé voir lien)
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Cet infirmier des urgences de l’hôpital La Paz de Madrid a été la cible de la droite pour avoir critiqué la privatisation et les coupes dans la santé du PP de Madrid. Dans cette interview, il répond aux attaques, dément les fakes et maintient que la région a perdu des lits d’hôpital au cours de la dernière décennie. « 
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J’espère qu’après cela, la société se souviendra de l’importance des services publics », souligne-t-il. Guillén del Barrio (Madrid, 1989) est devenu l’un des visages du personnel de santé dans de nombreux médias. Infirmier d’urgence à l’hôpital universitaire La Paz à Madrid et délégué syndi-cal du Mouvement des Assemblées Ouvrières (MATS), il a osé dire en direct sur RTVE que Madrid avait perdu 2 100 lits d’hôpital au cours des dix dernières années, ce qui a fait de lui un ennemi de la droite.
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Le numéro un du PP, n’a pas hésité à tenter de le discréditer, en affirmant qu’il est militant de Podemos et qu’il n’avait pas travaillé ces dernières années. Le harcèlement dans les réseaux a été énorme, admet-il, mais il continue de maintenir sa position.
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Madrid 04/07/2020  jairo vargas
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Lire aussi:
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03 avril 2020 ~ 0 Commentaire

usa (pùblico)

trump
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Le Pentagone avait mis en garde il y a deux ans déjà contre une pénurie de matériel médical et de médicaments face à une pandémie
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Bien que Trump ait déclaré il y a deux semaines que la pandémie de Covid-19 était « impré-visible », un rapport du Pentagone, révélé par « The Nation », avait déjà averti en janvier 2017 que « la menace la plus probable et la plus importante était une nouvelle maladie respiratoire. « Le 20 janvier, un homme de 35 ans est devenu le premier coronavirus positif aux États-Unis. Dix jours plus tard, l’OMS a déclaré une urgence internationale de santé publique.
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Le 11 février, l’OMS a baptisé la nouvelle maladie sous le nom de covid-19, qui, le 29 de ce mois, a causé le premier décès dans le pays d’Amérique du Nord.Malgré cela, le 6 mars, un mois et demi après cette première contagion, le président Donald Trump a déclaré sans honte que c’était « un problème imprévu » qui « venait de nulle part » et huit jours plus tard, lorsque Il avait déjà déclaré une urgence nationale, il a de nouveau affirmé que « c’est quelque chose à quoi personne ne s’attendait ».
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Il s’avère qu’un rapport du Pentagone de janvier 2017 a déjà averti que « la menace la plus probable et la plus importante est une nouvelle maladie respiratoire ».Le document, publié hier par le médias progressiste The Nation, a également averti que, dans ce scénario, tous les pays industrialisés, y compris les États-Unis, manqueraient de respirateurs, de médicaments, de lits d’hôpital, d’équipements de protection et de masques pour faire face à une éventuelle pandémie.
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Bien que lorsque le rapport du Pentagone aborde la « menace la plus probable », il mentionne « en particulier un nouveau type de grippe [le virus de la grippe]« , le document de 103 pages fait plusieurs mentions explicites du coronavirus.Le rapport du Pentagone est intitulé USNORTHCOM Branch Plan 3560: Response to Pandemic Flu and Infectious Diseases. Autrement dit, il s’agit d’un plan qui met à jour un précédent  rapport du ministère de la Défense face à une pandémie de grippe.
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A ce moment le Pentagone note que ce nouveau plan « intègre les données  sur plusieurs épidémies récentes, y compris le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient en 2012″. »La reconnaissance, l’identification et la caractérisation initiales d’un pathogène émergent ou réémergeant peuvent prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois », ajoute le texte, décrivant la situation actuelle, « pendant laquelle des mouvements régionaux et mondiaux d’individus infectés se produiront », ce qui facilitera la propagation de la maladie.
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« Le rapport du Pentagone assure que « l’atténuation de la morbidité et de la mortalité définira comment un pays sortira de la pandémie », et c’est à ce moment où il lance son alerte: « Même les pays les plus industrialisés n’auront pas assez de lits d’hôpitaux, d’équipements médicaux spécialisés comme les ventilateurs et de médicaments facilement disponibles pour traiter adéquatement leurs populations pendant les phases les plus graves de la pandémie. « Dans une interview à The Nation, le chef entre 2014 et 2017 de la division des maladies infectieuses et de leurs contre-mesures de la Defense Intelligence Agency, Denis Kaufman, souligne que les services de renseignement américains « ont mis en garde contre la menace des virus de grippe hautement pathogène depuis au moins deux décennies [et] sur les coronavirus pendant au moins cinq ans. « 
Trump a dissout une équipe médicale en Chine
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L’agence Reuters a révélé fin mars qu’en juillet de l’année dernière, quelques mois avant le début de l’épidémie de Covid-19 à Wuhan, en Chine, l’administration Trump, lors de sa énième action de démantèlement d’institutions publiques, avait éliminé l’infrastructure constituée d’experts américains intégrés dans les établissements de santé chinois pour détecter les flambées de maladies dans ce pays dès leur apparition.Ce sont les experts de l’American Center for Disease Control and Prevention, qui avaient été intégrés à l’Agence chinoise de contrôle des maladies, une initiative lancée par la précédente administration de Barack Obama.
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Peut-être est-ce pour couvrir cela que Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises la Chine pour avoir censuré des informations sur l’épidémie, informations que les États-Unis auraient pu avoir de première main.Les réglementations élaborées par Obamacare pour étendre la couverture sanitaire et les développements institutionnels dans le domaine médical menés pendant les deux mandats de Barack Obama ont été les deux des principaux axes des attaques constantes de Trump lors de son premier mandat. de la Maison Blanche.
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« C’est un mensonge que personne n’aurait pu prévoir »
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Le directeur du groupe de recherche en santé de l’ONG Public Citizen, Michael Carome, assure au public que «l’un des plus grands mensonges de Donald Trump au cours des dernières semai-nes est, comme il l’a assuré, que personne n’aurait pu prévoir que cela se produirait … Pendant de nombreuses années, avant l’élection de Trump à la présidence, le gouvernement fédéral a établi des plans pour une éventuelle pandémie causée par un virus comme ce nouveau coronavirus.
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« «J’ai moi-même travaillé en tant que médecin au sein du Corps du Service de santé publique [un service national] et j’ai participé à des exercices de formation préparatoires à ce type de pandémie», explique Carome. »Le rapport du Pentagone révélé par The Nation n’est qu’un échantillon de plus des mensonges de Trump et l’insouciance de son administration dans la préparation du pays à cette pandémie. En raison de ses échecs, des dizaines de milliers d’Américains vont mourir « .
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« L’histoire montrera que Trump a été responsable de l’un des échecs de santé publique les plus catastrophiques de l’histoire de ce pays. S’il avait écouté les avertissements des services de renseignement et des experts en santé publique il y a des mois au sujet de la grave menace que suppose l’épidémie de coronavirus en Chine, l’explosion actuelle des cas de coronavirus aurait pu être évitée « .
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« Au lieu de minimiser les risques et d’offrir des fausses garanties dès le départ », « Trump aurait dû ordonner le déploiement rapide d’un programme de test complet à l’échelle nationale en combinaison avec une stratégie de confinement en étroite coordination avec les agences, les services de santé publique étatiques et locaux à travers le pays. « 
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Washington 03/04/2020 Manuel Ruiz Rico
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Commentaire:
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The Nation The Nation est un hebdomadaire américain de gauche, fondé en 1865, au départ pour combattre l’esclavage.
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29 mars 2020 ~ 0 Commentaire

épitaphe

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Ces politiciens passés par les jeunesses nationalistes

Extrême droite: Le secrétaire d’Etat aux relations parlementaires est accusé d’avoir milité au sein d’un mouvement d’extrême droite, il ne serait pas le seul…

Hervé Novelli

L’ex député UMP d’Indre-et-Loire n’aime pas qu’on lui rappelle son passé de militant d’extrême droite, là où il a fait ses débuts en politique. C’est pourtant bien lui qui, avec d’autres militants du même bord, crée dans les couloirs de l’université parisienne d’Assas en décembre 1968 le Groupe union droit, qui devient plus tard le Groupe union défense (GUD).

Alain Robert

Ce n’est pas une star, mais c’est un personnage central de l’extrême droite. Dans ses jeunes années, il adhère successivement à différents mouvements nationalistes, dont Occident. Après sa dissolution, en 1968, il cofonde et codirige le GUD. Surtout, c’est lui le véritable fondateur du Front National, lui qui fait appel à Jean- Marie Le Pen en 1972 pour prendre les rênes du parti et fédérer les droites extrêmes, alors éclatées. Le politicien, ex-conseiller municipal et ancien membre du cabinet ministériel de Charles Pasqua, change de couleur politique dès le début des années 80 pour ensuite voguer sous l’étendard du RPR, puis de l’UMP.

Alain Madelin

Dès l’âge de seize ans, il embrasse la cause nationaliste. Etudiant en droit à Assas, il est en 1964 l’un des principaux fondateurs d’Occident. Quand celui qui a occupé trois ministères évoque ses années au sein de ce mouvement, Alain Madelin assure n’avoir été animé que par un «anticommunisme militant, extrême et passionné». Une passion qui le fait condamner à deux reprises. D’abord en 1965, avec son camarade Patrick Devedjian, à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve pour vol et détention d’armes. Puis deux ans plus tard, pour  «violences et voies de fait avec armes et préméditation». Il est soupçonné d’avoir participé à la préparation d’un hold-up.

Philippe Péninque

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais vous savez ce qu’il a fait. Ce conseiller de Marine Le Pen, dont il se dit un «grand ami», a ouvert le compte en Suisse de son autre ami, Jérôme Cahuzac. Ancien avocat spécialisé dans les montages financiers, il est au cœur de ce qu’Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde et auteurs de Le Système Le Pen: Enquête sur les réseaux du Front national, ont baptisé le «GUD business», un lot d’entreprises créées par des anciens «gudards» qui font des affaires entre amis.

Gérard Longuet

Après une scolarité au lycée Henri 4, il prend part, aux côtés d’Alain Madelin, à la création d’Occident. C’est encore à ses côtés, trois ans plus tard, qu’il est con-damné pour complicité de «violence et voies de fait avec armes et préméditation», avec douze autres militants d’extrê-me droite, dont Patrick Devedjian, Alain Madelin et Alain Robert. «Nous étions jeunes et libres, se remémore avec nostalgie le sénateur UMP. Il s’agissait là de rites initiatiques de jeunes gens, un folklore d’aspect paramilitaire».

Patrick Devedjian

L’ex ministre rejoint lui aussi Occident en 1964. Il n’a pas vingt ans, mais scande sans peine le slogan du mouvement: «Tuez tous les communistes où ils se trouvent!». Il  adhère activement jusqu’en 1967 avant de revêtir la robe d’avocat. Lorsqu’il fait ses débuts en politique, il rejoint alors les rangs de L’Union des Démocrates pour la cinquième République (UDR), qui comptera également parmi ses membres le jeune Nicolas Sarkozy.

Claude Goasguen

C’est un passage de sa vie qu’il n’assume pas, mais le député UMP, partisan de l’Algérie française puis soutien de Jean-Louis Tixier-Vignancourt, candidat nationaliste à la présidentielle de 1965, a lui aussi fait partie d’Occident, mais il l’a toujours nié.

Jean-Marie Le Guen et le GUD:

Le secrétaire d’Etat aux relations parlementaires, Jean-Marie Le Guen, n’a pas du tout apprécié le livre de Laurent Mauduit, A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, dans lequel il est accusé d’avoir milité au Groupe union défense (GUD), un mouvement nationaliste étudiant. Il a d’ailleurs déjà déposé plainte pour diffamation. Aucun élément ne prouve ces allégations mais l’engagement de politiciens au sein des jeunesses d’extrême droite à l’instar d’Occident ou du GUD est avéré. Petit tour d’horizon de leurs militants connus.

20/09/2014

http://www.20minutes.fr/

http://npa29.unblog.fr/

fafs 4fafs

Commentaire:

Un article retrouvé dans nos archives par nos lecteurs, merci!

Devedjian est mort, nous ne le regretterons pas ! (A&R)

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