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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

espagne maroc (pùblico)

refugies

« Mon cas a été envoyé d’Espagne au Maroc parce qu’ils pensaient qu’ici je serais inculpée »

Elle aurait pu être condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir défendu le droit à la vie

Helena Maleno Garzón (El Ejido, 1970) est une défenseuse des droits de l’homme, journaliste et chercheuse sur les mouvements migratoires et les êtres humains.

Il y a 7 ans, l’UCRIF (Unité centrale de l’immigration clandestine et des faux documents) de la police nationale a ouvert une enquête à son encontre après l’avoir liée à la traite d’êtres humains.

La raison en était ses appels au sauvetage des bateaux à la dérive. L’affaire a été classée par la Cour Nationale pour ne pas avoir trouvé de crime dans ses activités. Malgré cela, la police espagnole a envoyé l’affaire au Maroc, où elle réside.

La justice marocaine a classé l’affaire définitivement le 6 mars dernier.

Maleno, qui a fondé le collectif Caminando Fronteras, a consacré sa vie à la défense des droits des migrants et à la lutte contre le racisme institutionnel. Elle a répondu par téléphone depuis Tanger.

Après sept ans, la cour d’appel de Tanger a engagé une action en justice à votre encontre pour un crime présumé de traite des êtres humains. Comment allez-vous?

Soulagée. C’est une nouvelle très importante car elle ratifie le droit à la vie, contre lequel les autorités s’étaient exprimées. En ce qui me concerne l’époque, j’étais au courant de cette accusation, lorsque le Maroc m’en a informée en 2017, alors que l’Espagne enquêtait auparavant sur cette accusation, mais je n’en savais rien.

Je ne savais pas qu’elle avait été abandonnée par la Cour nationale. Je me suis senti effrayée et submergée tout ce temps. Frontex, la police européenne de contrôle des frontières, a également enquêté sur moi. J’aurait pu être condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir défendu le droit à la vie. Dans les enquêtes, la police elle-même a déduit que je n’avais pas tiré de profit de « trafic de personnes » et malgré cela, elle a voulu me codamner.

Pourquoi pensez-vous que l’unité centrale des réseaux d’immigration clan-destine a renvoyé l’affaire au Maroc après que la justice espagnole n’ait pas trouvé de crimes?

L’Unité centrale des réseaux d’immigration clandestine ( UCRIF) était à la recherche d’un cas exemplaire; Me condamner aurait été un précédent pour le reste des gens qui travaillent contre les politi-ques de mort aux frontières.

Mon cas a été envoyé d’Espagne au Maroc parce qu’ils pensaient qu’ici ils m’incrimineraient ici par pur préjugé coloniasliste. Le dossier fabriqué par l’UCRIF est effrayant et comporte des parties où ils m’attaqueent en tant que femme. Je n’avais jamais pensé trouver autant de haine machiste dans un document de police.

Walking Borders, l’organisation à laquelle vous collaborez, veille à ce que vous récupériez vos droits perdus et veut corrigez les dommages causés dans ce cas. Quelles mesures et luttes souhaitez-vous réaliser?

Nous devons mettre fin à la criminalisation des personnes qui défendent le droit à la vie. Les groupes de migrants eux-mêmes sont systématiquement persécutés. Nous devons nous proté-ger collectivement et commencer à proposer des alternatives de vie à la construction des frontières. L’objectif est de travailler en réseau avec les personnes qui migrent; Il faut continuer le combat.

Depuis 2007, vous collaborez avec l’ONU et le médiateur. Après 12 ans, comment voyez-vous la situation de la population immigrante qui tente de fuir son pays, la guerre et la dictature? L’Espagne échoue-elle dans cette affaire?

Ma criminalisation et celle d’autres partenaires est due à la montée d’intérêts économiques aux frontières. Actuellement, il y a un peuple migrant qui bouge et dont les droits sont jugés par chacun de ses mouvements. À l’heure actuelle, certaines sociétés d’armement sont les principaux acteurs et donc il existe des intérêts économiques. Elles créent donc des conflits et bloquent les personnes qui tentent de se déplacer sur le territoire. Cette industrie parvient à manipuler les idées de l’Union Européenne et à imposer des idées racistes et xénophobes.

Votre combat est  pour que personne ne meurt  en mer. Comment l’empêcher et que les migrants aient des droits et des libertés?

Le droit à la vie en mer est l’un des droits les plus anciens, il prime,  quel que soit l’origine et les papiers. Il existe un service de sauvetage maritime qui est excellent et l’une de ces mesures serait que ce sauvetage ne serve pas de contrôle migratoire, mais en tant que défenseur du droit à la vie de quiconque se trouve dans nos mers, d’où qu’il vienne. On doit élaborer des politiques de vie.

Vous vous battez depuis longtemps contre les intérêts économiques qui sous-tendent les mouvements migratoires. Que pourrait faire le gouvernement pour lutter contre ces intérêts?

La première action consiste à construire un discours différent, sans mensonges ni préjugés, en traitant les personnes qui bougent comme êtres humains. Les gouvernements  doivent adopter des politiques qui ne favorisent pas les intérêts économiques. Il faut éviter les politiques de dissuasion imposées par les États-Unis et éliminer l’idée qui prévaut en Europe selon laquelle les immigrants ne sont que de la main d’oeuvre.

Nous vivons à l’ère des réseaux sociaux et, pour le meilleur ou pour le pire, cela fait avancer les idées. Comment cela vous a-t-il aidé dans votre travail?

Les réseaux nous permettent de créer une communauté de contacts de parents à la recherche de leurs proches disparus. Les réseaux sociaux ont été très importants pour mon cas particu-lier, mais également pour la communication des communautés de migrants. Sur Facebook, un grand réseau d’immigrés a été créé via mon compte. Ils décrivent leurs expériences, dévelop-pent des discours politiques, recherchent leurs morts et partagent des informations. De plus, les réseaux sociaux nous permettent de créer une communauté de contacts de parents à la recherche de leurs proches disparus.

L’extrême droite favorise le racisme. Que pensez-vous de ce phénomène en plein essor?

C’est notre faute, c’est tout ce que nous avons semé que nous recueillons maintenant. Nous n’avons pas travaillé pour éliminer le racisme, le colonialisme. Les camarades migrantes l’ont déjà dit lors de la dernière grève du 8 Mars: il faut décoloniser le savoir et l’être.

L’Europe qui prétendait être celle des droits de l’homme est maintenant l’Europe des privilèges. Un exemple en est les travailleurs temporaires du sud de l’Espagne ou de l’Italie, travailleurs bon marché, semi-esclaves, que ces partis tolèrent, car ils ne les considèrent pas comme des personnes. Le meilleur remède est de travailler ensemble, en réseau, pour trouver de nouveaux moyens.

Que diriez-vous au lecteur sur la situation au Maroc et dans d’autres pays?

Nous devons travailler dur contre le racisme institutionnel qui existe en Espagne. Tous les jours, nous devons secouer nos privilèges et faire entendre les voix qui ne se font pas entendre. Dans tous les lieux de nos actions, de la vie quotidienne, au lieu de travail, nous pouvons exiger les mêmes droits pour tous.

Cet article est publié grâce à la collaboration de la Fondation Rosa Luxemburg.

Helena Maleno Garzón est Défenseur des droits de l’homme / Ombudsman du Pays Basque
3 avril 2019 Miriam Martínez

https://ctxt.es/es/

Lire aussi:

La UE blinda sus fronteras con el refuerzo de un ‘ejército’ de 10.000 efectivos (Pùblico)

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19 février 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (jdd)

europeennes

Européennes

La droite populiste en passe de redessiner le visage du Parlement

Les premières projections sur la composition du futur Parlement européen publiées lundi montrent un recul des forces traditionnelles au profit notamment du groupe porté par le RN en France et la Ligue italienne. Si elle arrive à s’unir, la droite eurosceptique pourrait même devenir un bloc majeur à Strasbourg.

Le prochain Parlement européen sera-t-il marqué par une percée des forces populistes et anti-UE?

A trois mois des prochaines élections, ce scénario semble confirmé par les premières projec-tions publiées lundi par le Parlement européen, à partir de sondages réalisés dans les 27 Etats-membres, hors Royaume-Uni. Les groupes actuels composant l’hémicycle européen seraient pour la plupart en recul, à commencer par le PPE de droite actuellement majoritaire, selon cette première vague du baromètre de l’institut Kantar TNS.

A l’inverse, les libéraux de l’ALDE – sans même le possible renfort du contingent macroniste – et surtout les eurosceptiques de l’ENL, porté par le Rassemblement national de Marine Le Pen, progresseraient. Ce dernier groupe compterait 22 membres de plus, grâce à la forte progression de son allié italien de la Ligue dans les sondages, et serait en passe de devenir la 4e force politique à Strasbourg.

Le Brexit peut tout changer

Mais au-delà de cette projection, c’est toute la droite de la droite au Parlement européen qui pourrait se réorganiser. Au RN, on croit même possible la constitution d’un groupe eurosceptique de plus de 100 membres. “L’objectif est d’unir autour de notre groupe les mouvements qui vont très certainement faire leur entrée au Parlement européen le 26 mai prochain mais aussi de s’allier à d’autres aujourd’hui membres des groupes CRE et EFDD”, confirme au JDD Nicolas Bay, eurodéputé RN et co-président du groupe ENL à Strasbourg.

Résumons les rapports de forces actuels au sein de cette droite eurosceptique :

  • L’ECR compte aujourd’hui 75 membres. Il repose principalement sur les élus du Parti conservateur britannique (au nombre de 18) et du parti polonais Droit et justice (14), mais aussi la N-VA belge ou le Parti populaire danois.
  • L’EFDD compte 41 membres, dont 17 venus de l’Ukip britannique (beaucoup l’ont quitté depuis) et 12 du Mouvement 5 étoiles italien. Il faut y ajouter 6 élus français élus en 2014 sur la liste RN, dont 2 sont aujourd’hui à Debout la France et 2 aux Patriotes. L’unique élu de l’Afd allemande est également présent dans ce groupe.
  • L’ENL compte 37 membres, dont la majorité (15) sont issus du RN en France. Sont également présents les 6 élus de la Ligue italienne, 4 du PVV néerlandais et 4 du FPO autrichien.

Voilà pour la situation présente. Sur le papier, la somme de ces trois groupes serait stable, à en croire la projection de lundi (153 élus avant et après les élections). Mais c’est une configuration en trompe l’oeil, avec le départ des élus britanniques. En réalité, le Brexit devrait avoir des conséquences non-négligeables dans ces équilibres actuels.

Concrètement, deux de ces trois groupes se verront amputés d’une partie conséquente de leurs membres. Ce qui pourrait forcer les autres à changer de stratégie. L’ECR restera-t-il ainsi sur une seule jambe, celle constituée par les Polonais conservateurs de Droit et justice (PiS)? Et l’EFDD pourra-t-il survivre avec une alliance de circonstance entre le M5S italien et l’Afd allemande, annoncée en progression? Rien n’est certain, d’autant plus qu’un groupe nécessite d’avoir des élus issus d’au moins 7 pays différents, ce qui est loin d’être assuré dans le second cas.

Un nouveau bloc structuré par le couple RN-Ligue?

Dans ce contexte, l’alliance RN-Ligue pourrait bien s’imposer comme l’axe central de cette droite eurosceptique en reconstruction. Les deux formations compteraient à elles seules près de 50 sièges, selon la projection du Parlement européen. De quoi peut-être poser les bases d’un rassemblement plus large avec notamment les deux autres grandes délégations attendues, le PiS polonais (crédité pour l’heure de 22 sièges) et l’Afd allemande (12 sièges) et une série de forces secondaires, comme Vox en Espagne et les Danois du Parti populaire.

C’est en tout cas le sens de l’appel lancé le mois dernier en Pologne par l’homme fort du gouvernement italien, le patron de la Ligue Matteo Salvini. Le dirigeant d’extrême droite avait auparavant tenté un rapprochement avec Viktor Orban, sans traduction concrète : le dirigeant hongrois reste pour l’heure membre du PPE, au même titre que Les Républicains en France.

« La recomposition politique de la droite de la droite au Parlement européen est tout à fait envisageable, du fait justement du départ des Britanniques et de la forte progression attendue de la Ligue italienne », synthétise Emmanuel Rivière, directeur général de Kantar TNS. « Mais cette recomposition pourrait aussi très bien aboutir sur la constitution de trois nouveaux groupes », prévient toutefois le sondeur, qui reste sceptique sur l’émergence d’une seule force pouvant atteindre 100 à 150 élus :

  • « Il faudrait pour cela additionner des partis pas forcément additionnables, étant donné que d’importantes différences idéologiques persistent entre certains – il n’y a qu’à voir la coalit-ion italienne avec la Ligue et le M5S. De plus, l’unité peut avoir un sens si ce groupe cherche à former une majorité au Parlement européen, ce qui est loin d’être évident. »

A défaut, un tel bloc pourrait sérieusement compliquer le jeu des coalitions, surtout si conservateurs du PPE et sociaux-démocrates du S&D perdent la majorité absolue à Strasbourg.

19 février 2019 Arnaud Focraud

https://www.lejdd.fr/

Commentaire:

Et la social-démocratie? Le PS français (12) va disparaître, (ainsi que le Labour 19 : Brexit) sans être remplacés par d’autres forces.Cela reposera sur les allemands 27, italiens 31 (encore?) et espagnols 14. ( Les 13 roumains sont l’ex-PC corrompu)

Les Verts 52 (avec divers « régionalistes ») pourraient progresser avec les mobilisations climat, sur les bases du « capitalisme vert »?

Quant au groupe de la gauche de gauche où serait le NPA (s’il avait des élus!) ce serait GUE-NGL 52. ( Avec les Verts, ces deux groupes comptent 104 élus sur 705!)

Espagne 10: Podemos, IU, régionalistes /

Irlande 4 : Sinn Fein, SP /

France 5: PCF, Insoumis-PG /

Portugal 4: PCP/ Bloco  /

Allemagne 8: Die Linke.

Grèce 6: KKE-PCG

Chypre 2: PC

Cela présage une assemblée encore plus à droite que d’habitude, alors que les peuples se révoltent pour le climat et contre l’austérité!

 

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07 février 2019 ~ 0 Commentaire

fachos et gj (npa)

kkk

Groupuscules fachos

Et mouvement des Gilets Jaunes

À Paris, lors de l’acte 11 des Gilets jaunes, une cinquantaine de fachos hétéroclites a volontai-rement ciblé le cortège du NPA. Leurs slogans hostiles aux syndicats manifestent une volonté de s’en prendre au mouvement ouvrier. Les extrêmes droites refusent, au sein des gilets jaunes, la présence d’une gauche qui s’affirme. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’attaque du 26 janvier.

Pour autant, ce n’est pas un saut qualitatif de la violence. La dangerosité des groupes radicaux se juge d’abord localement. Plusieurs villes connaissent des cas de violence, parfois depuis longtemps comme à Lyon. La présence du Bastion social ou de groupes proches (Lyon, Strasbourg, Chambéry, Clermont-Ferrand, Angers ou Paris) est souvent corrélée avec des tentatives d’intimidation récurrentes.

Petites frappes 

La bande du 26 janvier(1) est loin de susciter un élan de sympathie des groupes politiques de son camp. Le milieu facho se contente de la regarder, de plus ou moins loin. La réputation de ses membres les cantonnent au rôle de petites frappes utiles quand les bras manquent, à Marseille, Lyon et Paris, du coup de main pour les présidentielles jusqu’à la protection d’un pseudo-journaliste ex-soralien.

Mais l’apparition d’une telle bande n’est pas sans rapport avec l’effet « Manif pour tous », dont les conséquences sont encore sensibles. Certes, le milieu alors mobilisé était politiquement acquis. Mais ce mouvement a favorisé les rencontres et un regain de confiance. L’Action Française (AF) en a le plus profité, avec une dynamique qui persiste.

Une génération de nouveaux militants, souvent gagnée à l’AF, a tissé dans les « Manifs pour tous » des liens d’amitié et côtoyé d’autres courants (identitaires ou GUD). Les connexions avec certains milieux supporters, le goût de la fringue et la fascination pour la violence alimentent l’imaginaire de « l’intellectuel violent » maurrassien. Celles et ceux qui ne restent pas dans le giron royaliste vont s’encanailler ailleurs.

Le RN ne contrôle pas le mouvement

À l’extrême droite, les Gilets jaunes pourraient être vus comme le pendant social de la révolte spirituelle de la « Manif pour tous ». Mais la lutte contre l’immigration peine à s’affirmer face aux préoccupations sociales. Pour la « défense de l’automobiliste », Dupont-Aignan (DLF) et Le Pen sont en pole position.

Tenant de l’ordre et jouant la carte de la respectabilité républicaine, le RN et DLF ne sont toutefois pas à l’aise avec la confrontation contre l’ordre établi, au contraire d’organisations plus radicales. Finalement, le RN n’offre d’autres perspectives que le cadre institutionnel des élections européennes. Ce qui ne minimise pas sa dangerosité !

Le RN ne contrôle pas le mouvement. La mobilisation des Gilets jaunes a pu, comme dans le Gers, écarter les tentatives de mainmise par des cadres du RN. Peu de groupes organisés parviennent à s’impliquer dans des activités locales, sinon les identitaires à Rouen voire à Toulouse. Des groupes d’extrême droite apparaissent plutôt à l’occasion des manifestations, avec plus ou moins de succès, comme à Chambéry, ­Bordeaux, Lyon ou Paris.

Poison nationaliste

Leur solution consiste à dénoncer « l’extrême gauche », avec le fantasme des « blacks blocs », comme fauteurs de troubles dont les « vrais » Gilets jaunes seraient victimes. Pour justifier sa présence à Paris, une frange d’extrême droite cherche à s’implanter dans les services d’ordre, dont l’organisation n’est pas transparente. Il est cocasse de croiser le 26 janvier, avec les « zouaves », d’anciens « mercenaires du Donbass » qui, la semaine d’avant, étaient censés protéger les Gilets jaunes.

On retrouve la bande le 2 février. Expulsés du rassemblement, ces nervis nationalistes inventent une histoire de menaces à l’encontre de Jérôme Rodrigues. Ce mensonge éhonté est relayé complaisamment par Damien Rieu, Gilbert Collard ou Jean-Yves Le Gallou et repris par Sputnik news ou l’Incorrect.

Depuis trois mois, les Gilets jaunes se politisent, sans pour autant trouver une ligne claire. Le risque est grand d’abandonner le mouvement aux extrêmes droites et leur permettre une expérience inédite de construction au sein d’un mouvement de masse motivé par des considérations sociales.

La dénonciation et le rejet des fachos en embuscade nécessitent d’être argumentés, patiemment et fermement, auprès des Gilets jaunes. Il ne s’agit pas de « violences internes » qui diviseraient le mouvement. C’est une condition pour ne pas laisser le poison du nationalisme gangrener les aspirations populaires.

Commission nationale antifasciste Jeudi 7 février 2019

https://npa2009.org/

 

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05 février 2019 ~ 0 Commentaire

usa (npa)

trump

Après les élections de mi-mandat aux États-Unis

Trump entre espoirs et déboires

La victoire de Trump en 2016 était-elle un accident électoral, ou un tournant durable dans la vie politique américaine ? À cette question, les élections de mi-mandat de novembre 2018 ont répondu… un peu. Et c’est leur résultat qui contraint aujourd’hui Trump à tenter l’épreuve de force du « shutdown » pour se relancer.

Si les Démocrates ont gagné l’élection en novembre, en récupérant la Chambre des représen-tants, ils sont loin d’avoir écrasé leurs adversaires, qui conservent le Sénat et y accroissent leur avantage, 53 sièges contre 51 auparavant, et 47 au lieu de 49 pour les Démocrates) et la  majo-rité  des postes de gouverneurs. Puis qu’après tout il est de tradition que les «midterms» soient défavorables au parti du président en exercice,.

Trump semble garder toutes ses chances pour 2020.

C’était d’ailleurs le constat de la presse en général, étatsunienne et étrangère : « Victoire démocrate, mais pas de vague bleue » (couleur des démocrates) ; « Résistance », et même « ancrage électoral » du « trumpisme ». Et pourtant… la vague bleue a bien eu lieu !

Malgré tout, une « vague bleue »

C’est l’élection à la Chambre des représentants qui reflète le mieux les rapports de forces dans le vote « populaire » (le nombre de voix) à l’échelle du pays. La participation a été beaucoup plus forte qu’il n’est de coutume dans ces élections intermédiaires (50% au lieu de 40%). Chaque camp semble avoir davantage mobilisé son électorat que d’habitude, les Démocrates devanceraient les Républicains de quelque 10 millions de voix, soit + 8,5 points en pourcentage environ que leurs adversaires (53,5% des voix contre 45%).

C’est un écart plus important que lors d’autres élections intermédiaires qui avaient sanctionné à mi-parcours un président et à propos desquelles on avait parlé alors… de « vague rouge » (républicaine) ou de « vague bleue » (démocrate) : en 1994 sous Clinton, en 2006 sous Bush, et sous Obama en 2010 et en 2014. En fait les Démocrates tiennent là leur meilleur résultat depuis… 1974.

On aurait certes pu s’attendre à encore plus fort, vu le personnage de Trump, mais on pourrait s’étonner, aussi, de l’ampleur de la défaite si l’on songe que les chiffres de l’économie US favorisaient, après tout, Trump.

Les paris de Trump

Celui-ci ne faisait-il alors que céder à son penchant pour le bluff, quand il tweetait au lendemain de l’élection : « Énorme succès ». Oui et non, car il a de vraies raisons de se frotter malgré tout les mains, en tout cas d’envisager avec un peu d’optimisme son avenir.

L’avance électorale des Démocrates ne s’est pas traduite par un basculement équivalent du rapport de forces dans les institutions. Car le système électoral (« représentatif ») étatsunien est aussi anti-démocratique que celui de la France (mais… différemment).

Dans son principe, avec deux sièges de sénateurs par État quelle que soit sa population, et avec le système des grands électeurs aux présidentielles, qui profite en général au Parti Républicain. Bizarrerie encore accentuée par les tripatouillages des circonscriptions par les gouverneurs républicains Et par le retrait de leur droit de vote à des millions d’électeurEs latinos, noirs, pauvres, via des conditions d’inscription discriminatoires et des radiations abusives.

C’est la chance de Trump : il sait qu’il n’a pas besoin d’être majoritaire pour être élu président.

Il ne l’était pas en 2016, puisque Clinton a obtenu trois millions de voix de plus que lui. George Bush Jr ne l’était pas non plus en 2000. C’est donc avec une attention maniaque que Trump a dû regarder les résultats dans les « swing states » qu’il avait réussi à emporter en 2016, parfois de quelques milliers de voix seulement, comme la Pennsylvanie, le Wisconsin, la Floride, l’Ohio. Et là encore il a quelques raisons d’espérer puisque des gouverneurs et des candidats aux sénatoriales très trumpistes l’ont emporté dans la moitié d’entre eux. Ce qui augure d’une présidentielle incertaine.

Un parti républicain trumpisé

Il compte aussi sur un nouvel atout : il a conquis le Parti Républicain. Il faut se rappeler qu’en 2016 celui-ci menaçait, paraît-il, d’être le plus grand obstacle à la politique de Trump, et de se révolter contre son propre président !

Certains misaient même sur les parlementaires républicains pour neutraliser l’inattendu prési-dent. Deux ans plus tard, on peine même à se souvenir de ces spéculations… Trump a comme domestiqué le Parti Républicain, qui a gobé sa rhétorique nationaliste, ses foucades internatio-nales, ses provocations, sa démagogie raciste, et un certain nombre de ses notables dégoûtés des manières du Donald sont partis…

C’est que Trump a le charme du vainqueur, et qu’il vient en plus de prouver qu’il reste capable de mobiliser puissamment sa base électorale. S’il est aujourd’hui autour des 40% de « satis-faits » dans la population selon les sondages (toujours mieux que tous les derniers présidents français à mi-mandat, et bien mieux que le pauvre Macron), ces « satisfaits » sont pour une partie d’entre eux presque… fanatisés.

Or mobiliser son propre camp est la condition première d’une victoire. Trump a aussi rallié à lui le Parti Républicain, de la base au sommet, parce qu’il lui a offert sa liste de Noël : la baisse massive des impôts sur les riches et sur les entreprises, la levée de nombre de réglementations sociales ou écologiques « nuisibles au business », des juges de la Cour suprême hautement réactionnaires.

Au-delà de ce qui est original chez Trump, le « Mur », les menaces de guerre commerciale, les tweets d’insultes, c’est ce programme républicain traditionnel brutal qui suscite l’adhésion de tant d’électeurs républicains, et le soutien de l’appareil du parti.

L’épisode actuel (au moment où nous écrivons) du « shutdown », ce bras de fer entre Trump et les Démocrates, sur la question du « Mur », qui bloque le financement de l’État fédéral, s’expli-que en partie par la volonté de Trump de continuer à mobiliser le noyau dur de son électorat, et montre à nouveau l’alignement, bon gré mal gré, des parlementaires républicains sur leur chef : alors qu’ils avaient conclu avec les Démocrates un accord sur le budget, ils ont du avaler la décision soudaine de Trump de rejeter cet accord pour provoquer une crise aux effets politiques plutôt incertains…

Un Parti démocrate à l’heure des choix

De son côté, s’il a remporté le « vote populaire », le Parti démocrate a néanmoins quelques soucis à se faire : d’abord, il n’a pas de futur candidat évident (cela dit c’est une situation ordi-naire dans la vie politique US), mais surtout quelle sera sa ligne politique pour la présidentielle ?

Il ne suffit pas de faire de l’anti-Trump. Il faut tenter de récupérer des millions de voix populaires perdues en 2016, notamment dans des « swing states » dévastés (pour certains) par la désin-dustrialisation, soit parce que ces voix furent gagnées par Trump, soit (surtout d’ailleurs) parce qu’elles sont allées à l’abstention.

Il faudrait pour cela que le Parti démocrate « parle » un peu aux ouvrierEs, de leurs emplois, de leurs salaires, de leurs droits, et pas seulement de l’Amérique plurielle, de la tolérance, de l’amour… et de la nécessité de s’éduquer pour prendre le train du progrès. Sans pour autant se fâcher avec Wall Street et la Silicon Valley. Dilemme ordinaire d’un parti qui se veut tout à la fois « le parti du progrès », et l’autre parti de la bourgeoisie étatsunienne.

Pas de « Tea Party » démocrate…

Or ces élections n’ont pas montré, ou ne semblent pas forcément favoriser, au sein du Parti démocrate, une forte poussée à gauche. Alors même qu’elle existe, incontestablement, dans une partie de la société.

Certes la campagne de certains candidats ou candidates dits « progressistes » (de la gauche du parti) a parfois marqué les esprits. Deux candidates démocrates se réclamant du « socialisme », Alexandria Ocasio-Cortez et Rashida Tlaib, ont même réussi à se faire élire à la Chambre des représentants.

C’est, entre autres, ce qui amène des commentateurs (et des militantEs), notamment dans une partie de la gauche « radicale » américaine, à parler d’une « poussée à gauche » dans le pays et dans le Parti Démocrate. D’autant plus que, ces dernières années, la plupart des organisa-tions US classées de « gauche radicale » ont vu progresser leur nombre d’adhérentEs, leur notoriété, notamment DSA, une organisation se réclamant du « socialisme » et intégrée au Parti Démocrate.

Mais le noyau dirigeant du Parti Démocrate, son « establishment », n’a pas été bousculé par une vague de gauche comme le Parti Républicain l’avait été par le Tea Party après l’élection d’Obama en 2008, puis l’irruption de Trump en 2016.

Autant le Parti Républicain s’est radicalisé, toujours plus à droite, toujours plus réactionnaire et ultralibéral, autant le Parti Démocrate garde son centre de gravité au « centre-droit ». Sa direc-tion sort plutôt confortée des élections : elle reste archi-dominante, elle a gagné ces élections, sans avoir bouleversé sa rhétorique ou fait des promesses sociales exagérées (pour elle).

La direction démocrate ne s’est pas non plus contentée d’une campagne « anti-Trump » sans plus de programme concret. Tout en gardant ses thèmes « clintoniens », charité, fraternité, bla-bla sur l’égalité des chances, libéralisme économique bon teint (et dans les faits impitoyable pour les travailleurEs et les pauvres), elle a insisté sur la santé, l’Obamacare, les frais universitaires, etc.

Et comme le pays est en fait un continent, ses candidats se sont passablement adaptés « au terrain ». Alexandra Ocasio-Cortez et même Andrew Gillum, en Floride, ont parlé d’une nouvelle assurance maladie universelle garantie par l’État, du salaire minimum à 15 dollars de l’heure, de la gratuité de l’enseignement supérieur, alors que la nouvelle sénatrice de l’Arizona, elle, s’est carrément vantée… d’avoir voté la réforme fiscale de Trump !

Si la bourgeoisie tremble…

En attendant qu’une orientation se dégage au travers des futures primaires, les dirigeants du Parti Démocrate tirent sans doute une toute autre leçon du vote que leur aile gauche, qui explique que seule une candidature beaucoup plus radicale socialement, du type Bernie Sanders, permettrait de donner envie à des millions de travailleuses et travailleurs de voter à nouveau démocrate et de battre Trump.

La direction, elle, peut constater que, si les démocrates sont sans doute majoritaires dans le pays, il va falloir se battre durement pour gagner les swing states contre Trump.  Pour cela, que ses candidats « centristes » montrent davantage leur capacité à faire basculer une circons-cription en balance.  Les candidats plus à gauche, plus « radicaux », comme Andrew Gillum, a certes échoué de très peu à devenir gouverneur de Floride, mais contre un candidat républicain hyper « trumpiste « , dans un État où les Hispaniques sont très nombreux.

Si la direction démocrate devait choisir elle-même directement son candidat à la présidentielle et le programme qui va avec, nul doute qu’elle choisirait un profil assez « modéré » pour plaire à des Républicains non moins « modérés », quitte à appâter le populaire par quelques promesses sociales non moins « modérées ».

Et quand bien même ? Si la propagande démocrate connaissait une inflexion « à gauche », ce qui est bien possible, il y aurait loin de sa politique réelle en cas de victoire, évidemment. Car le Parti Démocrate reste le Parti Démocrate.

Et Wall Street ne s’y trompe pas. Tous les grands indices boursiers ont augmenté de plus de 2% le lendemain des élections. Comme le disent les analystes de la banque JP Morgan : « Un Con-grès divisé est le meilleur résultat pour les marchés d’actions aux États-Unis et dans le monde ». Parce que les Démocrates sont les amis des « marchés », parce que les Républicains les empê-cheront au Sénat de pousser des mesures sociales pré-électorales, parce que les Démocrates empêcheront Trump, à la Chambre des représentants, de foncer dans de nouvelles aventures protectionnistes !

Décidément, si la bourgeoisie tremble… ce sera parce que le danger vient d’ailleurs que du Parti Démocrate : de la mobilisation et de la radicalisation croissante d’une fraction des travailleurEs et de la jeunesse du pays, révoltée par Trump, sans illusions sur les Démocrates.

Yann Cézard  Mardi 5 février 2019

https://npa2009.org/

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22 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

sondages (jdd)

saint

Emmanuel Macron remonte dans les sondages

C’est grâce à la droite

Emmanuel Macron connait une légère embellie dans les sondages d’opinion, et ses gains viennent des sympathisants de droite. Ça tombe bien, c’est exactement la stratégie du chef de l’Etat.

Mais qu’est-ce qui fait monter Emmanuel Macron?

Pour la première fois depuis avril 2018, le chef de l’Etat enregistre une hausse (certes légère, de 4 points) dans le baromètre mensuel du Journal du dimanche et de l’Ifop. A 27% de personne se disant « satisfaites » de son action, ce n’est pas encore le Pérou, mais la dynamique est enrayée. Et, quand on regarde dans le détail les résultats du sondage, on voit bien pourquoi la cote du Président repart à la hausse, alors qu’il est contesté dans la rue : la droite le soutient davantage.

C’est marquant dans ce que l’on appelle la « ventilation » des résultats de l’étude : sa popularité augmente chez les personnes s’estimant « proches » du MoDem, de l’UDI, des Républicains, chez qui il est passé en un mois de 22% à 29%, plus que son taux chez l’ensemble des Français. A gauche, l’augmentation est bien plus faible (+ 2 points chez Europe Ecologie-Les Verts, stable au PS et +6 points à la France insoumise, mais il est mesuré à seulement 11 % de satisfaction…).

Même constat si on regarde des catégories de la population traditionnellement plus à droite qu’à gauche : Macron augmentent chez les « commerçants, artisans, chefs d’entreprises », chez les « retraités », chez les « employés » également, chez les plus de 65 ans et étonnamment chez les 18-24 ans, qui lui attribuent 10 points de satisfaction supplémentaires.

Un mois de signaux à droite

Mais en résumé, c’est donc la droite qui fait remonter Macron. Et cela semble logique tant le Président a tout fait pour les séduire. En un mois, que retient-on de son action et de ses déplacements? Des petites phrases polémiques :

  • « Il y a des gens en situation de difficulté que l’on va davantage responsabiliser, parce qu’il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent », lors d’une visite « surprise » à un conseil municipal à Gagny, dans l’Eure, mardi 15 janvier.
  • « Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engage-ment au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir », devant des boulangers et une grande galette des rois à l’Elysée, le 11 janvier.

Il y a eu aussi des propositions et des actes politiques :

  • Dans sa lettre aux Français, il évoque l’immigration, les « doutes » qui lui sont liés, et propose à ceux qui vont participer au grande débat de réfléchir à ce sujet et plus précisément à la mise en place d’objectifs annuels, fixés par le Parlement. Une proposition portée par François Fillon lors de la présidentielle. A Souillac, vendredi dernier, il a nouveau évoqué ce « défi d’intégration ».
  • La même lettre aborde, dans son volet sur les impôts, seulement l’idée d’une baisse, ce qui est un sujet plus marqué à droite.

Puis le gouvernement a mis sa pierre à l’édifice :

  • Jean-Michel Blanquer a proposé que les familles d’élèves violents perdent leurs allocations.
  • Edouard Philippe a annoncé une batterie de mesures pour rétablir l’ordre. Un plan anti-casseurs qui arrive mercredi en commission à l’Assemblée. Une proposition de loi initiée par le sénateur Les Républicains Bruno Retailleau.

L’espace politique s’ouvre à droite pour Macron

Si Emmanuel Macron et le gouvernement, après avoir dans un premier temps tenté d’éteindre la colère des Gilets jaunes en augmentant la prime d’activité, penchent à droite, c’est sûrement par tactique. Le chef de l’Etat, s’il veut regagner des soutiens, doit en effet davantage regarder à droite qu’à gauche. A gauche, le seul gros « réservoir de voix » est chez Jean-Luc Mélenchon, mais celui-ci est trop éloigné politiquement de lui.

Par contre, à droite, le style Laurent Wauquiez détonne. Lorgnant beaucoup sur le Rassemble-ment National, le patron de LR peut décourager certains, plus centristes. Ce sont ceux-là que le chef de l’Etat cherche à séduire. Et, en effet, cet espace politique s’ouvre à lui.

Les Juppéistes se rapprochent d’Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez devrait choisir comme tête de liste aux européennes un candidat très conservateur, François-Xavier Bellamy. De quoi faire fuir encore quelques électeurs plus progressistes vers La République en Marche.

  21 janvier 2019 Vivien Vergnaud

https://www.lejdd.fr/

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13 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

la source de macron!

Georges Pompidou, 1er ministre mai 1968

Commentaire:

Repères chronologiques: Mai 1968, De Gaulle est président, Pompidou premier ministre. De Gaulle disparaît, il a fuit un temps à Baden-Baden chercher l’appui de l’armée d’occupation en Allemagne. 1969: De Gaulle perd un référendum  (en fait la droite n’en veut plus) démissionne et meurt en 1970.  Pompidou est élu à sa place, il gagne contre Poher (centriste breton). Le PCF fait son dernier grand score au premier tour. 1973 La gauche échoue aux législatives. 1974 Pompidou meurt et est remplacé par Giscard qui bat Mitterrand, revanche en 1981.

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03 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

vu de suisse (courrier international)

macron

Vu de Suisse.

Macron doit répondre aux “gilets jaunes” s’il veut sauver son quinquennat

Éditorial  La pire des caricatures serait de résumer la colère des “gilets jaunes” français aux inacceptables violences qui ont défiguré samedi [1er décembre] plusieurs rues de Paris et d’autres villes, telle Marseille.

Les images de l’Arc de triomphe aux mains des casseurs ne doivent pas nous faire trébucher dans le fossé des amalgames. Des centaines de milliers de Français expriment depuis trois semaines leur colère, à travers tout le pays, sans confrontation avec les forces de l’ordre et sans jets de pierres. D’où l’importance de savoir, lors de leur comparution immédiate et justifiée devant les tribunaux, qui sont ceux que le monde entier assimile à des insurgés. D’où l’impor-tance aussi de comprendre pourquoi les forces de l’ordre ont été, ce week-end, à ce point débordées. La France n’est pas, comme on le croit souvent, condamnée aux barricades.

La seconde erreur serait de croire qu’à ce stade la réponse à ce mouvement mal contrôlé peut encore être l’affaire d’une audience à Matignon, ou d’une réunion d’urgence à l’Élysée. Les prises de parole successives d’Emmanuel Macron ont montré que le président français n’est plus entendu, tout comme ses ministres.

Plus grave : les Macroniens eux-mêmes semblent aujourd’hui murés dans le silence. Où sont les contre-manifestants ? Où sont les vétérans de la “grande marche” de la campagne prési-dentielle ? Leur silence – hormis celui des élus – est éloquent. Il dit le problème de fond. Cette éruption française n’est plus l’affaire du prix du carburant, du ratio de dépenses, ou du pouvoir d’achat. Il s’agit d’une rupture de confiance. Le chef de l’État se fracasse à chaque embardée sur de nouveaux récifs. Son navire élyséen est, on peut le regretter, frappé à la ligne de flottaison.

S’il ne veut pas que cette rupture de confiance entraîne une rupture des réformes et tue son quinquennat, Emmanuel Macron doit donc agir. Et vite. Comment ? En s’adressant par des gestes forts aux catégories les plus révoltées : retraités, salariés modestes du privé, provin-ciaux blessés par les fractures des territoires. La plaie des “gilets jaunes” ne cicatrisera pas avec des coups de menton ou un état d’urgence. Vu l’ampleur du mouvement et les dégâts causés à l’image de la France, perpétuer le face-à-face n’est plus une solution.

Ce ne sont pas les “gilets jaunes” et leurs revendications qui sont en train d’enterrer l’espoir de réformes, écrit ce quotidien suisse. C’est le manque de confiance généralisé qui paralyse la France. Plus ce pays toujours tenté par la violence s’installe dans la défiance, moins sa transformation est envisageable.

Richard Werly 03/12/2018
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Commentaire: Monsieur Macron, écoutez les bons conseils de la bourgeoisie suisse dans ce quotidien de droite « civilisée »! Nul doute que les classes possédantes européennes commencent à s’inquiéter de l’extension des gilets jaunes!

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05 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

uniforme (le huffington post)

eton-formal-school-uniform

L’uniforme pour les écoliers, le fantasme « d’une école qui n’a jamais existé »

À Provins, en Seine-et-Marne, les élèves des écoles élémentaires pourront venir en classe vêtus d’un uniforme.

  »C’est une blague historique. » Le débat autour du port de l’uniforme à l’école revient encore dans l’actualité à travers la décision d’un maire Les Républicains de Seine-et-Marne. Au retour des vacances de la Toussaint, ce lundi 5 novembre, les élèves des écoles élémentaires de la ville de Provins pourront en effet venir en classe vêtus d’un uniforme. Une décision qui divise les parents et navre les spécialistes de l’éducation.

Pour 137 euros, chaque enfant disposera d’un pantalon coupe droite, d’un gilet bleu ciel, de polos brodés de la devise républicaine et d’un blouson style aviateur. Un trousseau fourni gratuitement aux familles les plus modestes. Non obligatoire, la nouvelle tenue « sera portée par près de la moitié des élèves », assure le maire de cette sous-préfecture de Seine-et-Marne, Olivier Lavenka, à l’origine de la mesure. « C’est une expérimentation, nous ferons le bilan dans quelques années ».

Pas besoin de plus de temps pour les spécialistes qui jugent la mesure au mieux « démagogique », au pire « réactionnaire. »

D’autant que le débat sur la tenue unique déboule dans l’actualité à intervalle régulier. Depuis 2013, trois propositions de loi ont été déposées en ce sens. Pendant la campagne de 2017, deux candidats à l’élection présidentielle, François Fillon et Marine Le Pen, proposaient eux aussi le « retour à l’uniforme ». Mais pour l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, faire penser que l’uniforme était jadis obligatoire dans le primaire et le secondaire est « parfaitement faux. »

Une blouse, pas d’uniforme

« C’est une blague historique à laquelle beaucoup de personnes croient », déplore-t-il auprès du HuffPost avant de poursuivre: « Manifestement, un tas de gens ont une mémoire faussée sur ce sujet. C’est étonnant. »

Malgré ce qu’induit le mythe du « retour » de l’uniforme à l’école, celui ci n’a jamais été obligatoi-re au primaire et était très majoritairement réservé aux écoles huppées dans le secondaire. À l’école, « on portait la blouse, et elles étaient pour la plupart différentes les unes des autres », indique Claude Lelièvre, en précisant qu’elles avaient uniquement une dimension pratique et n’étaient pas portée par tous les élèves.

Sa seule utilité était en effet de protéger les habits,de plus grande valeur à l’époque qu’aujourd’hui, des taches d’encre. Elle a d’ailleurs disparu à la fin des années 60 avec l’apparition du stylo bic.

« Retour » ou non, pour le maire de Provins, le port de l’uniforme dans les écoles de sa ville revêt plusieurs vertus. « Plus pratique le matin pour habiller les enfants », « sentiment d’appar-tenance à la communauté éducative renforcée »: pour l’édile, l’uniforme participe à « un meilleur climat scolaire ». Et il est majoritairement suivi par ses administrés. La mairie avait en effet orga-nisé une consultation en juin dernier. 62% des parents s’étaient prononcés en faveur du port de l’uniforme, approuvant ainsi une mesure qui aurait l’avantage de gommer les « différences sociales » entre les élèves selon ses fervents partisans.

« L’uniforme n’a jamais été un vecteur d’égalité »

Une illusion pour Jean-Yves Rochex, professeur de sciences de l’éducation à l’université     Paris 8  : « C’est de la poudre aux yeux », s’agace-t-il auprès de l’AFP. « On peut mettre tous les uniformes que l’on veut ça ne réglera pas les inégalités dans le milieu scolaire ».

Le chercheur y voit une « mesure démagogique » proposée par certains politiques pour nourrir « une nostalgie réactionnaire d’une école qui n’a jamais existé ». Face à la crise que traverse l’institution scolaire, « le mythe de l’école primaire d’antan » s’est développé, estime-t-il. « Pourtant dans les années 50, l’école était bien plus inégalitaire qu’aujourd’hui ».

Même son de cloche du côté de Claude Lelièvre. L’historien de l’éducation rappelle que dans le secondaire l’uniforme était « très majoritairement » réservé aux écoles huppées et servait « le patriotisme d’établissement » et le sentiment d’appartenance à une élite. « L’uniforme n’a jamais été un vecteur d’égalité », tranche-t-il.Au contraire, il exacerbait la fierté d’appartenir à tel ou tel établissement.

« C’était un trip à l’anglo-saxonne qui servait à manifester le sentiment de se distinguer des autres écoles », explique le spécialiste au HuffPost. Seulement en Grande-Bretagne, la tradition s’étale sur plus de 400 ans… et trouve même écho dans la culture et les mythes nationaux. Harry Potter et son uniforme brodé aux couleurs de Poudlard en est le parfait exemple.

05/11/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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23 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

république (pùblico)

roi

Toute la panoplie du nationaliste catalan: drapeau sur la tête, affiche « liberté presos », ruban jaune et photo de Puigdemont

République ou monarchie

54% de la population est en faveur d’un référendum pour décider selon une enquête de Podemos

Podemos a mené une enquête pour connaître la position de la population sur un référendum pour décider entre Monarchie et République: le résultat 54% sont en faveur de l’organisation de cette consultation, alors que 31% seraient contre un référendum sur le chef d’État. Selon des sources de Podemos, « la même enquête indique que la monarchie est une institution qui représente le passé et que les citoyens associent à la corruption, et seulement 16% des répondants associent la monarchie à la démocratie ».

Le parti pourpre a mené cette consultation interne par manque de données officielles sur la monarchie. Cela fait trois ans que le Centre de recherches sociologiques (CIS INSEE note du blog) ne l’a pas demandé. La dernière fois que le CEI a consulté les citoyens au sujet du chef de l’État, c’était en avril 2015. Ils n’ont même pas demandé la préférence pour la forme de l’État, mais seulement l’évaluation relative à l’institution: 4.34 sur 10. Il n’a pas non plus été confirmé si le Centre de recherche, qui relève directement de la présidence du gouvernement, posera de nouveau des questions sur la monarchie.

Ainsi, faute de données, Podemos a réalisé cette enquête à la fin du mois de juillet dernier. Peu de temps après les irrégularités commises par le roi Juan Carlos Ier, après les révélations de Corinna zu Sayn-Wittgenstein, qui a déclaré avoir des comptes en Suisse.

Les données auxquelles Publico a eu accès montrent que 53,8% sont en faveur du référendum entre la Monarchie ou la République, 31,1% sont contre et 15,1% des personnes interrogées ne savent pas sait ou ne répondent pas

L’enquête a été menée à l’échelle nationale et comportait 1 014 interviews en ligne. Le parti violet, expliquez également que les entretiens ont été menés auprès de la population générale vivant en Espagne depuis 18 ans, avec des quotas par sexe, âge, taille de l’habitat, communautés autonomes et niveau socio-économique, avec une erreur d’échantillonnage de 3,08% , ce qui signifie une confiance de 95,5%.

L’enquête de Podemos coïncide avec une autre étude menée en juillet par Electomanía y Contexto. Dans les résultats, ils indiquent que 6 répondants sur 10 estiment qu’il est nécessaire de voter pour choisir entre la monarchie ou la république. En outre, lors d’une consultation, 53% des jeunes de 35 ans voteront pour une république, alors que ce chiffre tombe à 48% pour les 36 à 55 ans et à 41% pour les plus de 56 ans.

Initiatives de consultations et actes d’aversion envers la Couronne

Ces données coïncident avec les initiatives en cours à Madrid avec des consultations organisées par des habitants de plusieurs quartiers de la capitale. Le 23 juin, 6 490 habitants de Vallecas ont voté pour que l’Espagne soit une république. Et, le 24 novembre prochain, une autre consultation aura lieu dans le district de Vicálvaro. Depuis l’été, les actes d’aversion envers la Couronne émanant de citoyens et d’institutions ont augmenté.

Público a compilé les derniers épisodes qui montrent ce rejet: des étudiants d’excellence à Oviedo qui refusent d’assister avec Felipe VI et Laetizia à la cérémonie de remise des récompenses de la Princesse des Asturies, au jeune homme qui, durant le travail de nettoyage post inondations de Majorque, offre Roi un balai pour le saluer, en passant par la résolution du Parlement catalan condamnant la position du gouvernement central.

Les initiatives du Congrès se sont également multipliées pour enquêter sur la monarchie, en dépit des blocages imposés à la Chambre des députés: mardi, Unidos Podemos et ERC ont présenté à nouveau une commission d’enquête sur les allégations d’activités illégales de Juan Carlos. de Bourbon. Pour éviter les vetos de PP, PSOE et Ciudadanos, ils ont proposé cette fois de limiter l’enquête aux événements survenus après l’abdication de l’ancien chef de l’État, alléguant que l’abdication du roi émérite en 2014 impliquait la renonciation au privilège de l’immunité pour ses actes.

Ce journal a également lancé une pétition en faveur de l’organisation d’un référendum sur la forme du pays. Pour le moment, plus de 140 000 personnes ont signé cette pétition réclamant le droit de se prononcer en faveur de la république ou de la monarchie.

Madrid 23/10/2018

https://www.publico.es/

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17 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

sénat église (le huff’)

wauquierz

Le Sénat rejette la demande d’une commission d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église

Elle avait été demandée par les sénateurs socialistes

 La commission des Lois du Sénat a jugé irrecevable ce mercredi 17 octobre la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les abus sexuels dans l’Eglise demandée par les sénateurs socialistes, a indiqué leur chef de file Patrick Kanner. Cette décision devrait être confirmée, sauf énorme surprise, mercredi soir en conférence des présidents.

« On nous a opposé des arguments juridiques », a expliqué Patrick Kanner, dénonçant cepen-dant « une réponse politicienne ». « La droite sénatoriale, sur un sujet aussi sensible, semble rester sur ses principes », a-t-il regretté, soulignant que le groupe PS « n’est pas sur une logique anticléricale », mais au contraire « dans une logique d’aider l’Eglise ».

« Cette commission d’enquête demandée par de nombreux citoyens, croyants ou non, aurait permis de faire enfin la lumière sur le fonctionnement et les dysfonctionnements qui ont empêché qu’un certain nombre d’affaires soient portées devant la Justice », a affirmé le groupe socialiste sans un communiqué.

Une « mission d’information »

Le groupe socialiste « regrette que le Sénat ne se saisisse pas de cette occasion pour per-mettre à de trop nombreuses victimes d’être enfin collectivement entendues et reconnues comme tel. Ces victimes sont des citoyens qui demandent à comprendre pourquoi la Loi et la Justice n’ont pas été appliquées dans leur cas et qui veulent que leur souffrance ne se reproduise plus pour les enfants d’aujourd’hui ».

Selon Patrick Kanner, le président LR de la commission des Lois, Philippe Bas, proposerait, en lieu et place d’une commission d’enquête, une « mission d’information » commune à la commis-sion des Affaires sociales et à la commission de l’Education.

Un groupe de personnalités réunissant des religieux, d’ex-ministres, des avocats et des victimes avait lancé récemment un appel, publié dans Témoignage Chrétien, réclamant une enquête parlementaire sur les abus sexuels dans l’Eglise en France.

88% des Français (87% des catholiques, 90% des pratiquants) se sont par ailleurs déclarés favorables à une commission parlementaire « enquêtant sur les crimes pédophiles et leur dissimulation dans l’Eglise catholique », selon un récent sondage publié dans Témoignage chrétien.

LUDOVIC MARIN 17/10/2018

https://www.huffingtonpost.fr

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