Archive | Sarkophobie

04 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Manif pour tous : grandes et petites manœuvres à droite

Manif pour tous : grandes et petites manœuvres à droite dans Antifascisme ratten

Quelles que soient les polémiques de chiffres, les réacs ont rassemblé 150 000 personnes d’après la police, un million d’après les organisateurs.

Moins de monde que lors des dernières manifs, mais cependant une démonstration de force de tout ce que le pays compte de réacs… La « manif pour tous » , l’UMP (ou une partie d’entre elle à l’appel de Copé), le FN, l’extrême droite fascisante, l’Église ou les intégristes de Civitas… tous étaient là ! Frigide Barjot avait pris prétexte de prétendues menaces de groupes fascisants pour ne pas rejoindre la manifestation qu’elle soutenait bien évidemment sans réserve. Elle souhaitait surtout prendre ses distances par rapport à tous ceux qui essayent de récupérer la mobilisation des milieux réactionnaires au profit de leurs propres ambitions. La meilleure façon de ne pas servir de marchepied à Copé and co était de rester au-­dessus de la mêlée. Frigide Barjot se sent pousser des ailes politiques et ne veut pas se laisser voler son propre succès, pas plus par les vieux messieurs de l’UMP que par les jeunes fachos. Elle veut garder son indépendance pour jouer son propre jeu à l’approche des prochaines élections municipales.

Le leadership de la réaction
Copé s’est démultiplié pour lui voler la vedette, dénonçant les « tentatives inacceptables de pression et d’intimidation » du gouvernement pour annoncer : « le prochain rendez-vous sera dans les urnes ». Rendez-vous donc pour les élections municipales… et à l’UMP : « Il est très important que ces centaines de milliers de Françaises et de Français qui ont eu un engagement sociétal le transforment en engagement politique, au sens noble du terme ». Henri Guaino avait aussi soigné sa propre mise en scène. Il était là pour ne pas donner « un chèque en blanc » au gouvernement et aller « plus loin »… Du côté des amis de Fillon, la pose était tout autre, celle de républicains respectueux de la loi et de l’ordre… Alain Juppé ne « conseillait pas de manifester », pas plus que Fillon, Luc Chatel, Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet…
Marion Maréchal-Le Pen, à laquelle Marine Le Pen avait laissé la place,  s’est félicitée du « succès » de ce « mouvement patriote » qui allait « probablement perdurer sur d’autres thématiques », alors que les groupuscules fascisants essayaient de se faire voir par tous les moyens. Toutes les composantes de la droite et de l’extrême droite considèrent cette manif comme un tremplin vers d’autres actions et mobilisations contre le gouvernement et pour élargir leurs influence tout en se disputant le leadership. «  Cette manifestation vise à contester une loi votée par le Parlement et ratifiée par le Conseil constitutionnel, donc, si chacun a le droit d’aller manifester, on n’en voit pas bien ni le sens, ni le but », avait déclaré Valls dans le même temps qu’il s’adressait « aux familles et aux enfants ». De toute évidence, ses efforts conjugués à ceux d’Ayrault ou d’Harlem Désir pour dissuader de manifester, en dramatisant ou en appelant au respect de l’ordre républicain, ont été impuissants à intimider la droite extrême et l’extrême droite. La seule force capable de les faire reculer est celle du monde du travail, rassemblé et mobilisé pour défendre ses propres intérêts sociaux et démocratiques, ceux de toute la population, contre les forces réactionnaires.

Yvan Lemaitre Jeudi 30 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 197 (30/05/13)

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31 mai 2013 ~ 0 Commentaire

L’UMP contre la transparence des banques dans les paradis fiscaux (Bastamag)

L’UMP contre la transparence des banques dans les paradis fiscaux (Bastamag) dans Crise corruptibles

La réforme bancaire, qui devait réguler le secteur financier en imposant de nouvelles règles, sera discutée les 4 et 5 juin à l’Assemblée nationale, en seconde lecture.

Le gouvernement n’a pas osé irriter les puissantes banques françaises (lire notre enquête) : la réforme concernera seulement 1 % des activités bancaires et n’entérinera pas de réelle séparation entre banques d’affaires et banques de dépôts, contrairement à la promesse du candidat Hollande. Visiblement, c’est encore trop pour l’UMP ! Des députés ont déposé un amendement en Commission des finances pour supprimer l’une des avancées du texte, qui permet d’accroître la transparence et de lutter contre l’évasion fiscale des banques. Le texte de loi prévoit en effet que les banques et fonds d’investissement ayant leur siège social en France devront publier la nature de leurs activités, la valeur ajoutée créée, et leurs effectifs salariés, pour chacun des pays où ils sont implantés. Le Sénat a rajouté l’obligation de rendre publics les bénéfices, le montant des impôts et les subventions reçues. Une transparence dont se seraient bien passées les banques. Les députés UMP se sont empressés d’accourir à la rescousse. « Plutôt que de choisir de défendre la compétitivité de notre industrie bancaire et les 400 000 emplois qu’elle représente dans notre pays, plutôt que de défendre une industrie qui a su faire face à la crise sans pour autant coûter aux contribuables (sic), le groupe socialiste a privilégié un accord politique avec le groupe écologiste et relayé des positions peu responsables de différentes ONG », plaident les députés. Qui proposent… de supprimer tout cet article sur la transparence ! Pourquoi se gêner ?

« La gravité de la situation de l’emploi en France devrait interdire de prendre l’industrie bancaire en otage de théories anti-mondialistes », poursuit l’argumentaire. Qui sont ces valeureux défenseurs de la finance, qui luttent contre les dangereux altermondialistes ayant pris en otage les banques françaises ? Xavier Bertrand, Eric Woerth, Christian Estrosi, Valérie Pécresse, Laurent Wauqiez, Bruno Le Maire, François Baroin, Olivier Dassault [1]… « La publication de ces données va creuser le déficit de compétitivité de nos établissements bancaires rendu inévitable du fait de l’adoption de cet article », défendent ces députés dans un autre amendement, où ils demandent de réduire le nombre d’informations publiées. Le déficit de démocratie et de transparence, la dérégulation financière et la fraude fiscale semblent moins problématiques à leurs yeux. Dans un troisième amendement, ils tentent une autre approche et demandent que ces informations soient « transmises au ministère de l’Économie et des Finances » et non publiées avec les comptes de l’entreprise. Et qu’un arrêté du ministre « spécifie les informations publiables par l’administration » pour « garantir une certaine confidentialité »… Aucun de ces amendements n’a été retenu par la Commission des finances de l’Assemblée nationale.

- Lire le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale.
- Réforme bancaire : comment le gouvernement s’est écrasé devant le monde de la finance
- Paradis fiscaux : les banques françaises enfin contraintes à la transparence

Notes

[1] La liste complète des signataires de l’amendement : M. Mariton, M. Carrez, M. Baroin, M. Bertrand, M. Blanc, M. Carré, M. Censi, M. Chartier, M. Cornut-Gentille, Mme Dalloz, M. Dassault, M. de Rocca Serra, M. Estrosi, M. Goasguen, M. Gorges, M. Francina, Mme Grosskost, M. Le Fur, M. Le Maire, M. Mancel, M. Ollier, Mme Pecresse, M. Wauquiez et M. Woerth. Source : Assemblée nationale.

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28 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Affaire Tapie : un juge arbitre placé en garde à vue (JDD)

Affaire Tapie : un juge arbitre placé en garde à vue (JDD) dans Hollandie bernard-tapie-reussir-sa-vie-300x273

Pierre Estoup, l’un des trois juges arbitres du tribunal arbitral dans l’affaire Tapie-Adidas a été placé en garde à vue lundi, a appris l’AFP mardi de source proche de l’enquête confirmant une information de Mediapart. Le tribunal arbitral avait rendu en 2008 une décision favorable à l’homme d’affaire Bernard Tapie, qui avait touché 403 millions d’euros dans l’affaire l’opposant au Crédit lyonnais sur la vente d’Adidas.

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25 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Mariage pour tous : reprendre la rue aux homophobes

Mariage pour tous : reprendre la rue aux homophobes dans Antifascisme 2003-02-querelle-de-brest-jean-genet

Hollande a promulgué la loi sur le mariage pour tous le 18 mai, au lendemain de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie.

Une « provocation » pour Frigide Barjot, qui manifestera… le jour de la Fête des mères. Pourtant, l’égalité réelle ne naîtra pas de quelques lignes au Journal Officiel.

Le 26 mai, l’ultime « manif pour tous » ?

Pour l’égérie des réacs, le simple droit au mariage et à l’adoption constitue « un bouleversement majeur de civilisation ». Car voyez-vous, les enfants per- dront des repères essentiels : avec deux mères ou deux pères, en rentrant du boulot, qui préparera le repas et qui mettra les pieds sous la table ? Un communiqué de la « Manif pour tous » donne le ton : « Nous continuerons sans relâche à défendre le mariage homme-femme, la filiation père-mère-enfant, et les familles, cellules de base de toute société ». Entre les appels de Boutin à la « résistance » et les propos de Chatel qui ne croit pas « qu’on reviendra en arrière » par rapport à la loi, l’unité des opposants à l’égalité se fissure. Mais un climat nauséabond s’est installé, que seule la mobilisation de la jeunesse et du monde du travail pourra dissiper.

Homophobie et transphobie 365 jours par an
Depuis décembre, l’agitation des réactionnaires et des cléricaux donne une visibilité médiatique à des violences vécues la plupart du temps dans le silence. D’après son rapport annuel1, SOS Homophobie a reçu 1 977 témoignages en 2012, soit une hausse de 27 % par rapport à 2011, qui font état d’insultes, de discriminations, de menaces et d’une agression physique tous les trois jours. Le rapport démontre que l’homophobie est une oppression permanente, qui s’exprime sur internet, dans la famille, dans les lieux publics, à l’école ou au travail. Il y a derrière les statistiques des réalités vécues au quotidien, comme l’illustre le récit d’un jeune qui a tenté de se suicider après avoir été harcelé sur les réseaux sociaux et au lycée, ou celui d’une employée de grande surface licenciée après avoir résisté à des insultes homophobes sur son lieu de travail.  Par ailleurs, l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, menée auprès de 90 000 personnes LGBT, montre que la moitié des répondants se sont sentis discriminés ou harcelés durant les 12 derniers mois.

Marches des fiertés : toutes et tous ensemble !
Dans le monde entier, les marches des fiertés commémorent la révolte de Stonewall en juin 1969, durant laquelle des milliers de LGBT new-yorkais ont refusé de baisser la tête et de se laisser faire. Cette année, les marches auront une importance particulière. Elles nous permettront de poursuivre la lutte, notamment pour l’accès de toutes les femmes à la procréation médicalement assistée. Elles serviront aussi à dénoncer la politique d’austérité du gou- vernement et à exiger que les mesures les plus urgentes contre l’homophobie et la transphobie soient dotées de moyens budgétaires. Ces marches sont notre prochaine occasion de reprendre la rue aux forces politiques situées dans le camp des possédants et des défenseurs de cette société, et de prouver que le combat contre les préjugés de division est l’affaire de toutes et tous. Ne la laissons pas passer !

Gaël Klement et André Slava Samedi 25 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 196 (23/05/13)
1. www.sos-homophobie.org/rapport-annuel-2013

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25 mai 2013 ~ 0 Commentaire

UMP & FN : convergences et rivalités

UMP & FN : convergences et rivalités  dans Antifascisme corruptibles

« Aucun accord d’aucune sorte ne sera accepté avec le Front national.

Tout élu UMP qui viendrait à passer un accord avec le FN se placerait immédiatement en situation d’être exclu de l’UMP » a affirmé François Copé après avoir suspendu Arnaud Cléré qui a mis en place une liste pour les municipales avec le FN dans une petite ville de la Somme. Un geste et une déclaration qui est loin de mettre un terme aux connivences entre droite extrême et extrême droite. Arnaud Cléré a fait le choix de s’allier avec le FN avec l’assentiment des militants et proches de l’UMP « car cela fait trente ans que Gamaches est géré par une municipalité socialo­-communiste ». Et il n’est pas le seul à penser que le discrédit du gouvernement PS-EÉLV devrait permettre à la droite de gagner bien des municipalités. Les ambitions se bousculent, mais tout ce petit monde comprend vite que, seule, l’UMP ne sera pas en mesure de ramasser la mise. Roland Chassain, le maire de Saintes-Maries-de-la-Mer, exprimait les choix de bien des UMP du Sud-Est en déclarant au Figaro : « Si on ne fait pas de listes d’union avec des sympathisants du FN, on ne gagnera pas certaines villes dont Arles, Tarascon, Saint-Martin-de-Crau ou Miramas. » On pourrait en ajouter bien d’autres…

Le baiser de la mort
L’occasion aussi pour le FN de prendre pied dans les institutions municipales. « On pourrait assister de-ci, de-là à un certain nombre d’accords locaux avec des candidats de l’UMP mais aussi avec des candidats divers droite mais aussi, pourquoi pas, avec des candidats divers gauche », Marine Le Pen est prête à saisir toutes les opportunités. Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer haut et fort que son parti était « opposant à l’UMP (…) coresponsable de la situation de notre pays » tout en partageant l’attitude de Brice Hortefeux : « Il n’en demeure pas moins qu’en démocratie, il peut vous arriver de vous retrouver sur une même opinion avec des partis politiques que par ailleurs vous contestez. » Face à cette offensive du FN, l’UMP se défend comme elle peut, Copé, son président, posant à l’intransigeance. Fillon, lui, s’indigne et en profite pour se distinguer, un peu tard, de Sarkozy : « Nicolas Sarkozy pense que le Front national est à combattre parce qu’il affaiblit la droite. Moi, je pense que le Front national est à combattre parce qu’il est hors des limites du pacte républicain ». L’essentiel n’est pas dans ce jeu d’ambitions rivales. À travers leur mobilisation contre le mariage pour tous, les réacs ont fait tomber les barrières. Frigide Barjot a permis aux députés UMP de défiler coude à coude avec Collard, elle est loin cependant de les avoir mariés. Plutôt le baiser de la mort que la bague au doigt.
Les combats de chefs et les rivalités d’appareil rendent impossible tout accord entre l’UMP et le FN. Cette bataille est attisée par les convergences qui travaillent l’électorat de droite que les uns et les autres ambitionnent de conquérir, en s’imposant comme le chef d’un potentiel grand parti de la droite extrême. Dans cette lutte de pouvoir, les municipales sont un rendez-vous important qui dessinera les nouveaux rapports de forces. La menace est bien réelle pour les travailleurs et la population. La réponse ne pourra venir que de ces derniers, de leur intervention pour défendre leurs propres intérêts, les droits sociaux et démocratiques.

Yvan Lemaitre Samedi 25 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 196 (23/05/13)

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16 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Droite et extrême droite : leur « printemps des cons », une saison à combattre !

Droite et extrême droite : leur Février 1934

Le 6 mai dernier, jour anniversaire de l’élection de François Hollande, Jean-François Copé en meeting à Nîmes nous a prédit un « printemps des cons », allusion au « printemps français » des opposants au mariage pour tous, Frigide Barjot en tête, et au « mur des cons » de la magistrature dont la droite s’était offusquée. Derrière la formule choc et la vulgarité, la surenchère…
Surenchère car, sur le bilan économique et social de Hollande, la droite n’a pas grand chose à redire.

La preuve en est qu’elle vote régulièrement avec le PS. En effet, comment critiquer la ratification du TSCG et l’inscription dans le marbre des 0, 5 % de déficit structurel ? Comment s’insurger contre le pacte de compétitivité et ses 20 milliards de crédit d’impôt pour les entreprises alors que la droite elle-même n’aurait osé rêver plus beau cadeau pour le patronat ? Comment désapprouver la transformation de l’ANI en loi, quand le PS apporte la pierre principale au chantier de destruction du code du travail mis en œuvre par les gouvernements précédents, et ce avec l’appui d’une partie des syndicats ?
Copé a beau jeu à Nîmes de dénoncer « le plus grand matraquage fiscal de l’histoire », à croire qu’il n’a pas bien étudié ses dossiers. La tranche d’imposition à 75 % pour les très hauts revenus, qui ne tenait déjà pas compte des revenus du capital, a été retoquée par le Conseil constitutionnel. Certes, l’ISF a retrouvé son niveau d’avant les années Sarkozy, mais en contrepartie un plafonnement dans la logique du bouclier fiscal a été rétabli et la plupart des niches fiscales ont été maintenues. La bourgeoisie peut donc dormir tranquille, ses intérêts sont aussi bien préservés par Hollande qu’ils ne l’étaient sous Sarkozy.

Une droite radicalisée
Difficile donc pour la droite d’attaquer bille en tête le gouvernement sur son bilan sans recourir à l’outrance langagière. La politique néolibérale du PS brouille les cartes avec la droite qui ne peut dès lors se distinguer que sur les questions sociétales. Le mouvement contre « le mariage pour tous » est donc une véritable aubaine pour l’UMP, affaiblie par les luttes fratricides et discréditée par la mise en examen de Sarkozy et les casseroles de Claude Guéant. Dans son discours de Nîmes, Copé appelle à se mobiliser le 26 mai contre « le mariage gay », pour la droite la pierre angulaire de l’opposition au gouvernement, et au-delà pour « exprimer un non global à la politique de François Hollande ». Il est également le vecteur du rapprochement entre la droite et l’extrême droite. Le dimanche 21 avril 2013, 11 ans après l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles, UMP et FN défilaient sous la même banderole contre le « mariage gay ». Mais ce rapprochement ne se fait pas par des discussions d’appareil, comme on aurait pu l’imaginer après les élections présidentielles et législatives. Un rapprochement rendu possible par la radicalisation de la droite sur les questions d’immigration et sur l’Islam et par les tentatives de Marine Le Pen pour polir le discours de l’extrême droite afin de la rendre plus « respectable »… Plus dangereuse, la jonction se fait aujourd’hui par des pratiques militantes et des expériences politiques communes et ce dans la rue, terrain traditionnel de la gauche. Et surtout, cette convergence semble davantage profiter au FN qu’à l’UMP.

Front commun contre la réaction
Avec son « printemps des cons », la surenchère langagière de Copé, lors d’un meeting tenu dans un département où le FN a fait plus de 25 % des voix, semble traduire la volonté de ne pas se laisser déborder par ce mouvement et comme une tentative de le canaliser. Son appel à ceux qui manifestent contre « le mariage pour tous » à rejoindre les listes UMP aux municipales peut être interprété dans ce sens. Face à une droite et une extrême droite qui occupent le terrain et qui nouent de dangereuses convergences, dans un contexte où les attaques homophobes se multiplient, il y a urgence à organiser une riposte spécifique et à reprendre la rue. Face à une droite, qui utilise le mariage pour tous pour se positionner dans l’opposition au gouvernement, et face à un FN, qui surfe sur les reculs sociaux et « les affaires » de la gauche et de la droite pour se présenter comme la seule alternative possible, il y a urgence à changer le rapport de forces et à reprendre la rue. Nous devons porter la nécessité d’une opposition de gauche, c’est-à-dire construire un front commun contre le gouvernement et le patronat, pour développer les mobilisations sociales et politiques afin de mettre un coup d’arrêt à l’offensive des libéraux, des réactionnaires et des fachos.

Camille Jouve et Pierre Baton Mercredi 15 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 195 (15/05/13)

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12 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Danger : La droite sort dans la rue

Danger : La droite sort dans la rue  dans A gauche du PS a_lextreme_droite_de_dieu-3641c-212x300

Ceux qui avaient oublié que la hiérarchie catholique était une force réactionnaire, pour ne se préoccuper que de l’islam, peuvent prendre la mesure de leur aveuglement.

La mobilisation contre le mariage pour tous est là pour le démontrer. Elle a été au départ préparée par l’appareil de l’Eglise catholique qui a recueilli des fonds, affrété des cars, etc.  La liaison avec l’UMP était évidente. Le mouvement a démarré en novembre 2012. En avril 2013, il se poursuit par des mani- festations quasi quotidiennes, au moins à Paris. Cela prouve qu’il faut en finir avec cette laïcité à deux vitesses de ceux qui traquent le moindre foulard et votent sans problème des subventions aux écoles dites libres, voire, au mépris de la loi, s’arrangent pour financer la construction d’églises. Le dossier de notre revue apporte une contribution, à compléter ultérieurement, à l’analyse des rapports entre religions et réaction mais aussi, parfois, résistance sociale. Il est ainsi en phase avec l’actualité. L’offensive réactionnaire a conduit à des agressions contre des homosexuels. A terme, elle peut être porteuse de dangers encore plus lourds. Comme l’écrit Le Monde daté du 17 avril : « Une génération de droite se construit ». Une mobilisation de rue s’est développée, tenace et déterminée, et ce ne n’est pas la gauche qui en est à l’origine mais la droite et l’extrême droite unies à des courants catholiques.

Hollande, l’arroseur arrosé

Certes, le gouvernement s’est piégé lui-même. Hollande, au départ, avait cru faire un bon coup en faisant traîner le débat sur le mariage. Il espérait que la droite parlementaire allait se ringardiser sur un terrain où elle était minoritaire dans l’opinion. D’ailleurs, même le Front national avait hésité : Marine Le Pen n’avait pas participé à la première grande manifestation sur le sujet. Mais la ténacité d’un groupe, au départ restreint, a fait gonfler les mobilisations. Il faut y ajouter que Valls n’a pas été aussi dur et menaçant avec eux que, par exemple, avec les travailleurs de GoodYear. Certains des manifestants font preuve d’un sens tactique remarquable en mettant notamment en avant le mot d’ordre « Hollande arrête avec le mariage, occupe-toi du chômage ». Et effectivement, beaucoup de gens, y compris parmi ceux favorables au mariage pour tous, ont quelque part le sentiment que Hollande a escamoté les débats parlementaires sur le traité budgétaire et l’ANI (accord fl exibilité) et ne fait rien sur le chômage. La crise capitaliste continue. Si on ne peut parler de crise de régime, il existe bien une crise politique. Le discrédit du PS est considérable tandis que l’affaire Cahuzac écarte du devant de la scène médiatique bien d’autres affaires touchant la droite. Travailleurs, chômeurs, retraités n’attendent plus que des coups de ce gouvernement. Dans une telle situation, les hésitants, les déçus, les désorientés, comme l’a montré l’Histoire, tendent à se rallier au camp qui manifeste le plus d’énergie. On ne peut exclure que soit en train de se préparer une relève politique qui amalgamerait la droite et une partie de l’extrême droite. C’est à ces défis qu’il faut faire face.

Construire une opposition de gauche

Cette situation confirme la nécessité de construire une opposition de gauche au gouvernement, à la droite et à l’extrême-droite sur les terrains social et politique. Il faut aussi reprendre la rue. Une mobilisation coordonnée des entreprises en lutte contre les licenciements serait un point d’appui. Mais cela ne se décrète pas. Il faut donc travailler à renforcer des mobilisations sur tous les terrains où des braises existent, avec le plus de visibilité possible, et en prise avec les préoccupations immédiates de ceux et celles qui souffrent de l’austérité. Il faut aussi une propagande unitaire ou de parti largement compré-hensible qui démonte les mécanismes de la crise et la politique gouvernementale. Face au Front national, la priorité est de le dénoncer comme antisocial et pas seulement comme raciste. Il faut enfin expliquer inlassablement que des alternatives existent et pourraient être mises en place par un gouvernement aussi fidèle aux intérêts des exploités que Sarkozy et Hollande le sont aux intérêts des exploiteurs. Ce qui suppose, bien sûr, d’en finir avec la Ve République.

Après celle du 1er mai, le NPA a participé à la manifestation du 5 mai. Mais il ne le fera pas sur le mot d’ordre de VIe République qui déconnecte social et politique. Clémentine Autain, membre de la coordination du Front de gauche, pousse cette logique à l’extrême dans Le Monde daté du 19 avril. Elle énumère une série de mesures à prendre pour « une issue émancipatrice aux désordres actuels » puis conclut : « Le préalable, c’est de lancer un processus constituant pour la VIe République ». Plutôt que de leur organisation et de leurs luttes, les travailleurs, les chômeurs, les retraités, devraient ainsi attendre leur salut d’une hypothétique constituante…

Dimanche 12 mai 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 43 (mai 2013) Par Henri Wilno 

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12 mai 2013 ~ 0 Commentaire

France : droite et extrême droite communient dans l’homophobie (Essf)

France : droite et extrême droite communient dans l’homophobie (Essf) dans Antifascisme droite_extreme1

Incontestablement les manifestations («  Manif pour tous  ») qui se sont succédé depuis novembre 2012 contre ce l’on a improprement appelé le mariage gay ont réuni du monde sur les pavés parisiens. Bien sûr pas autant que les organisateurs le clamaient, souvent de manière extravagante, mais enfin, opposition il y a eu. Nous nous sommes entretenus de cette situation avec Luz Mora, syndicaliste et membre de l’association Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa).

« solidaritéS » – Comment expliques-tu le succès des mobilisations contre mariage pour tous  ? Luz Mora – Le succès des mobilisations contre l’égalité civile de tous et toutes s’explique par plusieurs facteurs. Au préalable, il est important de rappeler que «  la famille  » est un thème essentiel dans la pensée de droite. Il existe évidemment des nuances, mais, de façon générale, toute contestation de la «  famille » (hétérosexuelle et dominée par l’autorité du père) revient, pour la droite, et notamment pour la plus radicale, à tenter d’ébranler le pilier que constitue l’institution familiale. Donc à affaiblir l’ordre naturel ou divin, sur lequel reposerait la société. Ce «  danger pour la civilisation  » qui serait engendré par la simple égalité civile, serait expliqué par le «  bon sens  », ou bien fondé sur des études sociologiques ou psychologiques. En réalité, à bien lire et écouter ces discours, on constate leur profond lien avec la conception catholique de la famille. L’Eglise catholique française a clairement soutenu la contestation de la loi, par la voix de l’épiscopat. Les réseaux catholiques, encore bien implantés dans l’Ouest parisien et dans certaines régions (Ouest de la France, notamment) se sont mobilisés par l’intermédiaire, entre autres, des associations familiales religieuses et en particulier de l’association des familles catholiques. Des réseaux déjà constitués et identifiés comme «  pro-vie  », comme Alliance Vita, ont largement contribué à la réussite des diverses mobilisations.

Les réseaux politiques de droite ont aussi saisi l’occasion pour rassembler leurs militants et sympathisants. A droite, c’est l’UMP et l’UDI (formation centriste de J.-L. Borloo, réd.) qui étaient à la manœuvre. Les réseaux traditionnels, et notamment leur aile la plus réactionnaire (Christine Boutin, les membres de la Droite populaire), ont été largement acteurs de toutes les «  manifs pour tous  » et des actions publiques, à Paris comme en province. L’UMP a saisi l’opportunité politique de se rassembler autour de cette mobilisation antimariage pour tous, au sortir de sa défaite électorale de mai 2012 et de la guerre des chefs qui s’en est suivie pour prendre la tête du parti. Au-delà de cette opportunité, la teneur des discours assumés d’une majorité des responsables de la droite démontre que la ligne la plus réactionnaire, autour de Jean-­François Copé et de courants comme la Droite populaire, fédère la majorité des militants et les sympathisants.

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L’extrême droite, que l’on disait divisée sur la question, était aussi de la partie. Par simple souci tactique  ?

L’extrême droite a aussi tenu toute sa place  : si sa présidente a dénoncé une «  manœuvre  » du gouvernement et n’a pas participé aux cortèges, les députés et cadres du Front national se sont largement investis dans le débat, aux côtés de la droite, tant dans la rue qu’à l’Assemblée. Malgré des divergences stratégiques internes, le Front national s’est placé à la fois en défenseur des valeurs familiales et en opposant au gouvernement socialiste. Il s’est aussi présenté en partenaire acceptable pour la droite  : ce moment d’opposition concrète sur une valeur commune à la droite a clairement permis l’établissement de passerelles entre le FN et la droite.

L’extrême droite la plus radicale, identitaire ou catholique traditionaliste, a fait de cette mobilisation une campagne centrale. Ils ont été particulièrement actifs dans les «  débordements  » à l’issue des manifs pour tous et dans les actions les plus radicales. Ces mois de mobilisation leur ont permis d’avoir une tribune et de tenter de recruter une partie de la jeunesse de droite, dont on constate la radicalisation.  A l’intérieur de la droite, la question du mariage pour tous a créé un clivage certain, même si les défenseurs de l’égalité civile ont été minoritaires. Dans le contexte de la recomposition des droites, il est aussi intéressant de constater que la question de l’alliance avec l’extrême droite, et notamment le Front national, est remise à l’ordre du jour à l’intérieur de l’UMP. A ce stade, la direction de l’UMP et celle du Front national ont certes déclaré que des alliances électorales étaient inenvisageables. Cependant, il est indéniable que les mobilisations anti­mariage pour tous ont rapproché les parlementaires, les cadres et les militants des deux formations.

L’homophobie n’a-t-elle été qu’un dérapage de quelques un·e·s  ?

Des discours de responsables politiques, clairement homophobes, puis appelant à l’insurrection ou à la violence ont été tenus durant ce débat. Le retour de l’expression publique des idées homophobes par des responsables politiques, chose que la France n’avait plus connue depuis le débat sur le PACS à la fin des années 90, a permis la réapparition des discours et des actes homophobes dans la société française. L’homophobie, qui était latente, mais que l’on n’osait pas exprimer, est largement réapparue au grand jour. Il est urgent de retrouver un front large et unitaire autour de la question de la lutte contre toutes les discriminations et pour l’égalité des droits. Cette mobilisation unitaire est la seule réponse politique possible pour faire reculer la banalisation des idées les plus réactionnaires.

MORA Luz 2 mai 2013

* Paru en Suisse dans « solidaritéS », ° 227 (02/05/2013). http://www.solidarites.ch/journal/

* VISA regroupe des militant·e·s syndicaux de la FSU, de la CGT, de la CFDT et de Solidaires (adhérent·e·s de sections d’entreprises, élu·e·s de syndicats nationaux ou représentant·e·s de fédérations professionnelles) qui, depuis 1996, recensent, analysent, dénoncent, les incursions de l’extrême droite et plus particulièrement du Front national sur le terrain social. www.visa-isa.org

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28635

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07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le bal des parrains

Le bal des parrains dans Sarkophobie abruto2

Avec la mort de Giulio Andreotti, sénateur à vie, 7 fois président du conseil et 21 fois ministre la bourgeoisie italienne perd son parrain ultime.

Leader de la démocratie Chrétienne, il a été de tous les compromis, de toutes les compromissions, de ce régime corrompu.

Condamné à 24 ans de prison en 2002 pour assassinat de journaliste il a réussi à être blanchi en 2003.

Une crapule s’en va. Une autre s’est fait réélire. Gaston Flosse, 82 ans, engagé en politique depuis 1965, vient de remporter les élections à Tahiti. Certes à côté d’Andreotti c’est de la petite bière. Seulement condamné deux fois en 2013 à 5 ans pour corruption puis à 4 ans pour détournements de fonds publics, il est menacé directement dans la disparition d’un journaliste qui enquêtait sur ses méthodes de gangster. Andreotti, Flosse, de purs produits de la collusion entre affairisme, pouvoirs politiques et mafia.

Mardi 7 mai 2013

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03 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Besancenot sur Guéant: « casseroles » partout, il faut changer la cuisine (Afp)

Besancenot sur Guéant:

Olivier Besancenot (NPA), interrogé jeudi sur Claude Guéant qui se défend de tout blanchiment d’argent, a assuré qu’avec l’accumulation de « casseroles », il fallait changer « toute la cuisine ».

Comme iTELE lui demandait si l’ex-ministre de l’Intérieur dit la vérité,  l’ancien candidat à l’Elysée a ironisé : « je ne sais pas, je ne m’y connais pas en art belge, ni en art libyen ». « Ce que je sais simplement », a poursuivi M. Besancenot, « c’est que les casseroles de gauche s’accumulent aux casseroles de droite et c’est toute la cuisine qu’il faut changer ». Après une perquisition à son domicile dans le cadre de l’enquête sur un présumé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007, M. Guéant a justifié un versement de 500.000 euros sur son compte par la vente de deux tableaux flamands. Et il a expliqué la découverte de factures réglées en liquide par le versement de primes en espèces du temps où il était proche collaborateur de M. Sarkozy au ministère de l’Intérieur, au début des années 2000.

Jeudi 2 mai 2013 PARIS, 02 mai 2013 (AFP)

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