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14 juin 2017 ~ 0 Commentaire

échec (le monde)

lutte-des-classes

Education : « Les responsables de l’échec sont de retour »

L’ancien inspecteur général de l’éducation nationale Jean-Paul Delahaye dénonce, dans une tribune au « Monde », un projet qui reste fondé sur « l’objectif de tri et de sélection des meilleurs ».

TRIBUNE. Aujourd’hui, 44 % des jeunes d’une génération quittent le système éducatif avec un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est plus que nos voisins européens, et plus du double de la génération qui part à la retraite aujourd’hui. Le nombre des sorties annuelles sans qualification qui restait bloqué à 140 000 vient de passer à moins de 100 000. C’est le fruit d’une mobilisation générale et de politiques conduites dans la continuité.

Notre école ne va donc pas aussi mal qu’on le dit. Elle va même très bien pour une partie de la jeunesse. Les évaluations internationales nous montrent que nous avons une très bonne école, mais pour seulement la moitié de nos élèves issus majoritairement des classes moyen- nes et favorisées. Dans le même temps, 30 % des élèves, massivement issus des milieux populaires, sont en difficulté. Nous sommes le pays du grand écart.

La France de l’échec scolaire, terriblement inégalitaire, est dans son immense majo- rité issue des catégories défavorisées. Ce n’est pas le fruit d’un malheureux concours de circonstance. Cette situation est inhérente à un système qui n’a jamais été organisé pour faire réussir tous les élèves, mais qui est tout entier et historiquement concentré, y compris dans certains de ses choix budgétaires, sur l’objectif de tri et de sélection des meilleurs. Cette situation est insupportable, crée des dégâts humains, met le pacte républicain en danger, freine la croissance.

Sous couvert de pragmatisme

D’autres pays concernés par ces inégalités de réussite ont réagi très tôt, ont connu leur « PISA Choc » [Programme international pour le suivi des acquis], et ont vu leur situation s’améliorer de 2003 à 2012, l’Allemagne notamment.

La France a longtemps tergiversé, préférant dénigrer le thermomètre, et a pris de 2002 à 2012 l’exact contre-pied de ce qu’il aurait fallu faire:

En supprimant 80 000 postes y compris en éducation prioritaire, mais en créant les internats d’excellence, action compassionnelle pour les « méritants », ceux que Ferdinand Buisson [(1841-1932), auteur d’un Rapport sur l’instruction primaire en 1873, directeur de l’enseigne- ment primaire du ministère de l’instruction publique de 1879 à 1896, prix Nobel de la paix en 1927] appelait « les exceptions consolantes » ;

En tentant de sortir certains élèves du tronc commun de formation avec l’apprentissage junior à 14 ans ;

En supprimant une matinée de classe en primaire ;

En divisant par trois la scolarisation des enfants de moins de trois ans ;

En supprimant la formation professionnelle des enseignants, mais en dotant les débutants d’un DVD de prise de fonction ; en dénonçant le « pédagogisme », alors que les enseignants français sont les enseignants de l’OCDE qui s’estiment à juste titre les moins formés en pédagogie, pour ne prendre que quelques exemples de politiques ayant aggravé notre situation.

Ce sont les équipes qui ont travaillé à cette régression qui sont aujourd’hui de retour rue de Grenelle. Sous couvert de pragmatisme, sont annoncées des premières mesures prises sans concertation véritable et encore moins d’évaluation de ce qui a été fait précédemment. Ce qui n’empêche pas de se déclarer fier de ne pas passer par la loi et de déclarer vouloir en finir avec les injonctions qui viennent du ministère, ce qui est assez incroyable à entendre compte tenu de ce qui est en train de se passer.

Dysfonctionnements

(…) une loi suscite un débat public (trois mois de concertation en 2012 puis un débat parlementaire pour la loi de refondation de 2013). Ce qui n’est évidemment pas le cas des décisions prises actuellement certes accompagnées d’une communication rassurante, mais qui sont un bel exemple de décisions autoritaires prises au sommet.

(…) la réussite scolaire de tous se heurte inévitablement à des intérêts particuliers qui n’ont pas forcément besoin et donc envie que l’école se transforme. Les dysfonctionnements de notre système éducatif ne nuisent pas à tout le monde.

Pourquoi sommes-nous le seul pays au monde à avoir infligé en 2008 aussi facilement et sans concertation une semaine de quatre jours aux enfants de notre école primaire et pourquoi est-ce si difficile, chez nous seulement, de remettre en place une scolarité sur cinq jours de classe pratiquée partout ailleurs dans le monde ? En réalité, une partie de la population qui peut compléter le travail de l’école grâce à son capital social et culturel, vit très bien avec la semaine de quatre jours. Mais qu’en est-il de tous les autres ?

Priorité au primaire

Comment expliquer que cette avancée démocratique que représente une deuxième langue vivante offerte à tous les enfants en 5e et plus seulement à quelques-uns en 6e soit autant combattue par certains ? Qui cela peut-il gêner ? Peut-être ceux qui utilisaient les langues vivantes pour séparer leurs enfants des enfants des autres dès la classe de 6e, mais qui ne peuvent évidemment avancer cet argument à visage découvert et qui préfèrent parler de nivellement par le bas.(…)

Comment expliquer le fait qu’on ait pu diviser par deux les fonds sociaux des établissements destinés aux élèves des familles populaires de 2002 à 2012 et qu’on ait pu, sur la même période, augmenter de 50 % certains crédits destinés aux classes préparatoires aux grandes écoles ?

Il n’y a pas eu alors de grève, pas de manifestation, pas de pétition pour protester. Alors que la moindre modification des programmes de la série S des lycées affole tous les journaux télévisés de 20 heures.

Qui sont vraiment les assistés et que penser de cette solidarité à l’envers où les économies faites sur les plus démunis servent à préserver les positions acquises par les « élites » ? Peut-on dans ce cas parler d’intérêt général ?(…)

Position dominante

(…) Une des difficultés rencontrées pour réformer l’école vient du fait que les intérêts parti-culiers portés à la conservation d’un système qui fait si bien réussir leurs enfants, se retrouvent sur les deux côtés de l’échiquier politique et s’expriment beaucoup dans les médias, savent se faire entendre, défendent les positions acquises y compris s’agissant des choix budgétaires, et ont un pouvoir de retardement des réformes, voire de blocage.

Le plus désolant sans doute c’est que les mesures annoncées répondent aux demandes de certaines élites sociopolitiques, quel que soit par ailleurs leur positionnement politique, à droite, au centre ou à gauche. Celles-ci veulent conserver leur position dominante dans le système éducatif. Elles visent plus à restaurer pour les leurs qu’à refonder pour tous.

Jean-Paul Delahaye

Ancien directeur général de l’enseignement scolaire et chargé de mission au cabinet du ministre de l’Education nationale Jack Lang de 2001 à 2002.

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13 juin 2017 ~ 0 Commentaire

législatives (anti-k)

merci gauche

Quel impact sur les finances des partis?

Les partis politiques touchent des aides annuelles pour chaque bulletin de vote attribué à leurs candidats au premier tour, puis pour chaque élu. L’abstention record et l’ascension de LREM annoncent de lourdes pertes financières pour le PS et Les Républicains.

Outre la bataille politique, les législatives sont un enjeu majeur pour le financement des partis.

En effet, depuis la loi du 11 mars 1988, l’État accorde chaque année, sous certaines condi-tions, une subvention directe aux formations politiques. Initialement, cette aide était circonscrite aux seuls partis représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat. Son montant était alors déterminé chaque année par la loi de finances et réparti entre les formations politiques propor- tionnellement au nombre de parlementaires déclarant s’y rattacher. Mais depuis la loi du 15 janvier 1990, cette aide a été élargie aux partis dont les candidats ont obtenu, lors du premier tour des élections législatives, au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions. Une fraction minorée en cas de méconnaissance des règles favorisant la parité entre hommes et femmes.

Une prime aux bulletins et au nombre d’élus

Concrètement, cela signifie que pour chaque bulletin déposé dans l’urne au premier tour des élections législatives, les principaux partis politiques français reçoivent chaque année 1,42 euro. Selon le décret paru au Journal officiel le 4 février 2016, cette première aide publique a représenté 28,8 millions d’euros en 2016. Les votes rapportent donc gros aux partis, qui ont tout intérêt à présenter le maximum de candidats possible aux élections législatives.

La seconde partie de cette aide est attribuée proportionnellement au nombre de députés et de sénateurs élus pour chaque parti.

Le rattachement d’un parlementaire ouvre ainsi le droit au versement d’une aide annuelle d’un montant de 37.731,14 euros. Au total, en 2016, les principaux partis ont ainsi bénéficié, via leurs représentants à l’Assemblée, de 34,3 millions d’euros. Une somme qui justifie notamment que les «nouveaux nés» (La République en Marche, La France insoumise) aient pris soin que leurs candidats se déclarent sous leur étiquette à la préfecture. Car si la double investiture est permise, un seul rattachement peut être officiellement déclaré. Une subtilité juridique à l’origine de nombreuses discordes entre groupements politiques, comme l’ont montré les récentes batailles d’étiquetage entre La France insoumise et le Parti communiste, ou la République en marche et le MoDem.

La curée pour le PS

Le Parti socialiste et Les Républicains étaient jusqu’à présent les deux destinataires les plus importants des aides publiques accordées aux partis. Pour l’ancien parti majoritaire, le montant cumulé des deux indemnités atteignait en 2016, 24,9 millions (10 millions d’euros pour la pre- mière fraction, 14,9 millions pour la seconde), pour 398 élus (députés et sénateurs). Chez Les Républicains, ce montant s’élevait à 18,5 millions d’euros (6 millions d’euros pour la première, 12,5 millions pour la seconde), avec 334 élus au total. Le montant cumulé accordé à ces deux partis représentait ainsi 69% de l’aide publique totale versée, les huit autres partis politiques éligibles au plan national se partageant le reste proportionnellement au nombre de parlemen-taires élus et au nombre de voix recueillies lors du premier tour des élections législatives de 2012.

Au vu des premières estimations, la facture s’annonce donc extrêmement salée pour les deux anciens partis majoritaires, qui devraient subir le double impact d’une abstention record (51,29 %, contre 42,8% en 2012) et de l’ascension fulgurante de La République en Marche.

Selon les chiffres définitifs publiés par le Ministère de l’Intérieur, le PS aurait ainsi obtenu 1.685.808 suffrages au premier tour, contre 7.952.895 en 2012. Conséquence: la première part de l’aide publique de l’ancien parti majoritaire devrait passer de 10 millions d’euros par an à environ 2,4 millions par an. Un montant qui pourrait encore être minoré si la parité hommes femmes n’est pas respectée. Quant à la seconde partie de l’aide accordée à l’État, elle devrait donc être largement amputée du fait de la diminution du nombre de sièges obtenus à l’Assem- blée, entre 15 et 25 selon les estimations. Le montant de l’aide devrait donc osciller entre 570.000 et 940.000 euros, contre 10,9 millions en 2016.

Les Républicains touchés dans une moindre mesure

Quoique conséquente, la baisse attendue des aides d’État aux LR devrait être moins specta- culaire. Le parti a obtenu 3.573.398 voix au premier tour, ce qui portera la première fraction de l’aide d’État qui lui est accordée à environ 5 millions d’euros par an, contre 6 millions en 2016, sans compter la minoration induite par le non-respect du principe de parité. L’effet de ces élections devrait davantage se faire sentir sur la deuxième fraction de cette aide. Les estima- tions créditent Les Républicains et leurs alliés: UDI et DV, de 95 à 132 sièges au Palais Bourbon. Le groupe récolterait donc de 3,6 millions d’euros à 5 millions d’euros, à répartir entre les trois factions, contre 7,4 millions en 2016.

Jackpot total en revanche pour le dernier-né, La République en marche, qui devrait désormais très largement profiter des aides accordées par l’État aux partis politi- ques. En récoltant 6.390.871 voix au premier tour, soit 28,21% des suffrages exprimés, le parti d’Emmanuel Macron s’assure une première aide annuelle d’un montant d’environ 9,1 millions d’euros. Selon les estimations du Figaro, la majorité présidentielle, constituée des élus La République en marche et du Modem, pourrait obtenir entre 400 et 440 sièges à l’Assemblée, ce qui représenterait une aide publique oscillant entre 15,1 millions d’euros et 16,1 millions d’euros, à répartir entre le Modem et La République en marche.

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Remboursement des frais de campagne pour celles et ceux qui ont obtenu plus de 5 % des voix

Les dépenses sont plafonnées à 38 000 €, plus 0,15 € par habitant de la circonscription. Ce plafond est actualisé chaque année en fonction de l’indice du coût de la vie. La loi de finances pour 2012 et la loi organique du 28 février 2012 ont gelé ce plafond jusqu’au retour à l’équilibre des finances publiques. Une entreprise ne peut pas contribuer à une campagne et les dons des particuliers sont plafonnés.

L’État rembourse les dépenses de propagande (tracts officiels, affiches sur panneaux électoraux et bulletins), ainsi qu’un forfait des dépenses effectives, limité à la moitié du plafond des dépenses, à chaque candidat ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés au premier tour.

Commentaire:

Même si jlm2017 espérait beaucoup mieux, jackpot pour la France insoumise avec 1,42 euro versé par voix, soit environ 3,5 millions d’euros chaque année sur le compte de la FI sur cette ligne budgétaire… Quelques 550 remboursements de frais de campagne à environ 30 000 euros par candidat permettent d’ajouter : 16,5 millions d’euros. Au moins, l’électoralisme, s’il ne permet jamais d’accéder au « pouvoir » paie ceux qui respectent ses codes… Il  permet de financer une nouvelle bureaucratie, la politique institutionnelle, c’est d’abord un business,

lefigaro.fr  Elena Scappaticci  12/06/2017

http://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Faire de la politique ou vivre de la politique

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08 juin 2017 ~ 0 Commentaire

code du travail (à l’encontre.ch)

tome1

Macron-Philippe-Pénicaud «ordonnent» le détricotage du Code du travail

La présidence jupitérienne d’Emmanuel Macron occupe le terrain médiatique et politique en imposant – au travers d’une dite concertation – une loi El Khomri XXL (Loi travail).

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a du métier.

A l’époque du gouvernement d’Edith Cresson (mai 1991-avril 1992), sous la présidence Mitterrand, Muriel Pénicaud conseillait Martine Aubry, ministre du Travail et de l’Emploi de 1991 à 1993, avant d’occuper le poste de N° 2 de 1997 à 2000, sous Lionel Jospin. Autrement dit «le monde» syndical, elle connaît.

Les entreprises privées de même: elle est de mèche avec le patron de Danone, Franck Riboud, passe chez Dassault Systèmes – la crème de la modélisation, entre autres dans l’armement –, puis revient chez Danone. Un pied dans le public et un dans le privé: donc une icône de la «société civile». Plus simplement il s’agit de non-professionnels de parti qui ont baigné et baignent directement dans le monde de l’entreprise dont la maxime «l’efficacité» est l’efficacité. Ces derniers représentent le vecteur pratique à l’instauration de la gouvernance, c’est-à-dire une gestion entrepreneuriale d’une grande partie du champ étatique.

La participation de la future ministre du Travail au Conseil économique, social et environnemental, présidé par Patrick Bernasconi (secteur de la construction, membre du Medef) a densifié son réseau.

D’autant plus qu’elle fut, depuis 2014, à la direction de Business France – qui dépendait de ministère de Macron, sous Hollande – spécialisée dans la promotion des exportations fran- çaises. Et de même de la «hausse de la rémunération» de sa directrice. Il faut savoir se concerter et se contenter. Muriel Pénicaud a organisé la French Tech Night à Las Vegas, en janvier 2016. Une soirée à 300 000 euros éclairée par la présence du candidat Macron et mettant en lumière les liaisons de travail de la futures ministre: du directeur de la SNCF, Guillaume Pépy – dit Pépoui depuis la récente régénération des TGV en InOui –, au patron de Solvay en passant par celui d’Havas.

• Avec le team Macron-Philippe-Pénicaud la «concertation» est bien partie, avant les législatives.

Pourquoi attendre. Un deuxième tour des législatives – simultanément à «une co-construction» (sic) d’un nouveau «droit du travail» – ne pourrait-il pas alléger la peine d’un «troisième tour social? La politique du clan privé-public Macron consiste à maîtriser au maximum l’agenda et sa pendule sur une question décisive en France: le Code du travail et la Sécurité sociale.

(Rédaction A l’Encontre Alencontre le 8 – juin – 2017

http://alencontre.org/

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01 juin 2017 ~ 0 Commentaire

manifs (amnesty)

fracturation

France. Répression abusive des manifestations sous couvert de lutte contre le terrorisme

Des pouvoirs conçus pour lutter contre le terrorisme ont régulièrement été utilisés de manière abusive pour limiter les manifestations pacifiques, comme l’expose le nouveau rapport d’Amnesty International.

Le rapport Un droit, pas une menace. Restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence en France révèle que des centaines de mesures non justifiées restreignant le droit de circuler librement et le droit à la liberté de réunion pacifique ont été imposées sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

« Les lois d’exception conçues pour protéger la population française contre la menace terroriste ont à la place été utilisées pour restreindre son droit à manifester pacifiquement », a déclaré Marco Perolini, chercheur d’Amnesty International sur la France.

« Sous couvert de l’état d’urgence, des centaines de militants, défenseurs de l’environnement et militants pour les droits des travailleurs ont été privés de leur droit de manifester, lorsqu’il leur a été interdit, sans raison, de participer à des manifestations. »

En réaction aux attentats meurtriers de Paris du 13 novembre 2015, la France a déclaré dès le lendemain l’état d’urgence, qui a depuis été renouvelé cinq fois, normalisant ainsi toute une gamme de mesures intrusives. Celles-ci comprennent le pouvoir d’interdire des manifestations pour des motifs vagues et celui d’empêcher des personnes d’assister à des manifestations. La semaine dernière, le président Emmanuel Macron a indiqué qu’il allait demander au parlement de le prolonger une sixième fois.

L’état d’urgence autorise les préfets à interdire tout rassemblement par mesure de précaution pour le motif très large et vaguement défini de « trouble à l’ordre public ». Ces pouvoirs permettant de restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique ont souvent été utilisés de manière disproportionnée.

Entre le mois de novembre 2015 et le 5 mai 2017, les autorités ont eu recours aux pouvoirs d’urgence pour signer 155 arrêtés interdisant des rassemblements publics, tout en interdisant également des dizaines de manifestations en vertu du droit commun français. Elles ont également imposé 639 mesures interdisant à certaines personnes précises de participer à des rassemblements publics. Sur ces mesures, 574 ont visé des personnes manifestant contre la proposition de réforme du droit du travail (Loi travail). En outre, selon les médias, les autorités ont imposé des dizaines de mesures similaires afin d’empêcher certaines personnes de participer à des manifestations après le second tour des élections présidentielles le 7 mai.

L’un des manifestants contre la Loi travail a déclaré à Amnesty International : « On a l’impression qu’ils se servent de tout moyen à leur disposition pour taper sur ceux qui s’engagent le plus dans le mouvement. »

Charles, jeune étudiant domicilié à Paris, s’est vu interdire de participer à deux manifestations organisées contre la Loi Travail au motif qu’il avait précédemment été arrêté, sans pour autant être inculpé, lors d’une manifestation. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’avaient accusé de faire partie de gens violents… J’avais l’impression d’avoir été traité comme un terroriste, comme quelqu’un de dangereux. »

Ces restrictions bafouent la présomption, en vertu du droit international, selon laquelle une manifestation doit être présumée pacifique à moins que les autorités ne puissent démontrer le contraire. Les manifestations sont ainsi considérées comme une menace potentielle plutôt que comme un droit fondamental.

Nombreux pourtant sont ceux qui ont continué de manifester au mépris des restrictions imposées au titre de l’état d’urgence. Toutefois, les personnes ayant bravé ces restrictions ont souvent été confrontées à un recours à une force non nécessaire et excessive par les forces de sécurité. Des matraques, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène ont été utilisés contre des manifestants pacifiques qui ne semblaient pas menacer l’ordre public.

Si certaines personnes impliquées dans ces rassemblements publics ont effectivement commis des actes de violence, des centaines, si ce n’est des milliers, de manifestants ont souffert de blessures aux mains de la police. Les Street Medics, un mouvement informel de secouristes, estiment que rien que dans la ville de Paris près de 1 000 manifestants ont été blessés par la police au cours de manifestations contre la Loi Travail. Amnesty International a pu visionner des preuves filmées montrant quatre policiers frappant à coups de pieds et de matraque Paco, un élève de 16 ans, avant de l’arrêter. Deux témoins ont déclaré à Amnesty International que Paco n’avait commis aucun acte de violence lorsqu’il a été attaqué par la police.

Jean-François, un étudiant de 20 ans qui a perdu son œil gauche lorsqu’il a été touché par une balle en caoutchouc tirée par la police, a déclaré à Amnesty International : « J’ai beaucoup de colère. Avant je faisais assez confiance à la police. »

« En abaissant considérablement le seuil à franchir pour pouvoir restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique, l’état d’urgence mis en œuvre en France a donné lieu à une utilisation abusive flagrante de ce qui était conçu pour être des mesures d’exception visant à lutter contre le terrorisme. Des personnes qui exerçaient pacifiquement leur droit de réunion ont été prises dans le vaste filet de la lutte contre le terrorisme », a déclaré Marco Perolini.

« Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis de protéger le droit de manifester en France. Maintenant qu’il est président, sa parole doit se concrétiser par des actions. Alors que les lignes de bataille commencent déjà à être tracées entre le nouveau président et les syndicats au sujet de la réforme du droit du travail, le président Emmanuel Macron doit mettre fin à l’utilisation abusive des pouvoirs antiterroristes pour restreindre les manifestations pacifiques et mettre un terme à la spirale dangereuse et vertigineuse vers un état d’urgence permanent dans laquelle la France est en train de s’enfoncer. »

Complément d’information

En France, l’état d’urgence autorise les préfets à interdire tout rassemblement par mesure de précaution pour le motif très large et vaguement défini de « trouble à l’ordre public ». Ces pouvoirs permettant de restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique ont souvent été utilisés de manière disproportionnée.

Les interdictions de rassemblements publics ont souvent été justifiées par les autorités au motif qu’elles manquaient d’effectifs pour assurer le maintien de l’ordre. Les autorités avancent qu’elles doivent employer leurs ressources en priorité pour lutter contre la menace d’attentats contre la population. Cependant, l’utilisation de stratégies mobilisant des ressources policières considérables pour confiner des manifestants pacifiques remet en cause cette explication.

Des observateurs d’Amnesty International ont assisté à une manifestation pacifique à Paris le 5 juillet, au cours de laquelle la police a confiné des centaines de personnes sur le pont de la Concorde durant plusieurs heures, une tactique qui demande des ressources policières considérables.

31 mai 2017

https://www.amnesty.org/

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01 juin 2017 ~ 0 Commentaire

législatives (jdd)

en marche

Ces candidats En Marche qui posent problème

Ces derniers jours, plusieurs candidats de La République en marche ont fait parler d’eux car ils ne correspondent pas aux critères stricts défendus par le mouvement d’Emmanuel Macron. Environ 15.000 candidatures à la députation ; une pré-sélection, suivie de plusieurs passages par la commission d’investiture, dirigée par Jean-Paul Delevoye (qui lui-même aurait un poblème NDBlog)…

Des critères stricts : renouvellement avec 50% de candidats issus de la société civile, aucun candidat dont le casier judiciaire n’est pas vierge ou qui a déjà été condamné à une peine d’inéligibilité. Emmanuel Macron affirmait vouloir « changer les usages et les visages ». Impos- sible pour autant de tout contrôler? Plusieurs affaires ont montré ces derniers jours que certaines personnes investies étaient passées entre les mailles du filet. Notamment parmi les candidats moins connus et/ou issus de la société civile. Le mouvement La République en marche doit examiner plusieurs cas. Voici une liste non-exhaustive.

Quand Olivier Serva estimait que l’homosexualité était une « abomination »

« Pour moi, être tolérant, ce n’est pas accepter l’intolérable. » Dans une vidéo de 2012 dénichée par Streetpress, Olivier Serva, candidat aux législatives en Guadeloupe pour La République en marche, qualifie l’homosexualité d’ »abomination ».  »Pour le chrétien que je suis, quand je lis la Bible, l’hétéronomie, il est écrit que quand un homme couche avec un homme ou qu’une femme couche avec une femme, c’est une abomination », développe-t-il dans le cadre d’un débat sur le mariage pour tous diffusé par la chaîne Guadeloupe 1ere.

Contacté par le site de France Info, Olivier Serva est un peu embarrassé : « Ces propos sont sortis de leur contexte [...] A l’époque, j’avais fait valoir mes convictions. » Et d’assurer que « de l’eau a coulé sous les ponts », que « la loi est passée » et qu’il « respecte le mariage pour tous ». Le candidat indique même : « Je n’ai jamais été homophobe, j’ai beaucoup d’amis homosexuels. »

Dans le Var, Emilie Guerel accusée par le candidat de droite d »escroquerie »

Jean-Pierre Colin, candidat aux législatives dans la 7e circonscription du Var sous l’étiquette de « la droite et du centre » (il n’est toutefois pas le candidat LR-UDI), a déposé plainte lundi contre la candidate de la République en marche, Emilie Guerel, pour « escroquerie et fraude à la Sécurité sociale », a-t-on appris mercredi auprès de l’avocat du plaignant.  »Il est avéré des informations que nous avons recueillies que Mme Guerel s’est placée en arrêt maladie pour pouvoir faire campagne, d’abord lors de la présidentielle puisqu’elle a assisté à la plupart des meetings de M. Macron, et ensuite pour sa propre campagne législative », a déclaré à l’AFP Me Lionel Moroni. La plainte déposée auprès du tribunal de grande instance de Toulon est une « plainte contre X avec personne dénommée », en l’occurrence Mme Guerel, a-t-il précisé.

Interrogée par l’AFP, Mme Guerel, 33 ans, professeure d’anglais, reconnaît avoir été en arrêt maladie « de janvier à début mai 2017″, mais réfute avoir participé à tous les meetings d’Emma- nuel Macron comme l’affirme son concurrent. Elle indique avoir effectivement assisté à des meetings, essentiellement le week-end, dans le cadre de sorties autorisées, et précise avoir, « la plupart du temps, exercé une activité bénévole » depuis chez elle pour le mouvement En Marche et non à proprement parler une activité militante sur le terrain.

A Toulouse, Pierre Cabaré déclaré inéligible en 2003

La République en marche a décidé dimanche de suspendre la candidature de Pierre Cabaré, investi dans la 1ère circonscription de Haute-Garonne. La raison? Il avait été condamné en février 2003 à une peine d’inéligibilité d’un an pour ses comptes de campagne de candidat aux législatives de 2002 sous l’étiquette Cap21 ( Mouvement de Corinne Lepage NDB), selon une décision du Conseil constitutionnel. A l’époque, il n’avait ni compte bancaire spécifique, ni mandataire financier.

« Il ne s’agit pas d’un mensonge par omission », s’est défendu lundi soir sur le plateau du 19/20 Midi-Pyrénées Pierre Cabaré, en brandissant son casier judiciaire vierge. « C’est une condam- nation administrative qui est franchement mineure. […] Je n’ai pas volé de l’argent à qui que ce soit, je crois véritablement qu’il n’y a pas eu fraude », a expliqué le candidat, qui ne compte pas arrêter sa campagne. « Je la maintiens bien entendu. » Pierre Cabaré devrait être entendu dans les prochains jours par la commission nationale d’investiture.

A Saint-Denis, Véronique Avril louait un logement insalubre

L’information a été révélée lundi par Mediapart. Investie dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis par La République en marche, Véronique Avril a acheté en 2011, puis loué « à un prix exorbitant », un appartement de 23 m² dans un immeuble « classé depuis des années en état de péril imminent ». « La mairie nous avait dit qu’elle procédait aux travaux », se défend aujourd’hui la candidate. Ce que nie la municipalité. Véronique Avril indique aussi que depuis trois ans, elle ne touche plus le loyer réclamé pour cet appartement. Reste que l’arrêté d’insa- lubrité n’a pas été levé et qu’en vertu de l’article L-521-2 du code de la construction et de l’habitation, les locataires n’ont pas à payer de loyer. Un loyer qui, en plus, était plus élevé (650 euros par mois, charges comprises) que ceux pratiqués dans la ville de Saint-Denis, selon Mediapart. « La famille locataire ne voulait pas partir. Ils ont été violents, ont changé la serrure. Je m’estime victime », plaide la candidate La République en marche.

« Le Président Emmanuel Macron souhaite une grande loi de moralisation de la vie politique. Je partage aujourd’hui cette volonté. Aussi, […] il m’apparaît inimaginable que Madame Avril puisse se maintenir », écrit le député socialiste sortant de cette circonscription Mathieu Hanotin dans un communiqué. Ce dernier a reçu le soutien de Benoît Hamon ou encore des anciennes ministres du Logement Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse.

Dans un communiqué, La République en marche a tenu « à préciser qu’à sa connaissance la candidate n’a pas été condamnée et qu’à ce jour aucune plainte n’a été déposée contre elle ». « Néanmoins, dès qu’elle en a été informée, La République en marche a saisi le comité d’éthi- que qui statuera dans les meilleurs délais sur la situation de Mme Avril », ajoute le parti d’Emmanuel Macron.

Une autres candidate de cette circonscription : Catherine Billard (NPA)

Claire O’Petit a-t-elle sollicité une candidature FN en 2014?

Selon Le Parisien, la candidature de Claire O’Petit dans la 5e circonscription de l’Eure sur- prend au Front national. La chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC avait demandé « d’être investie en position éligible sur la liste de Nicolas Bay en Normandie » lors des élections régionales de 2015, d’après un cadre du FN cité par le quotidien. Mais si Claire O’Petit recon- naît avoir déjeuné avec Gilbert Collard, « un copain » lui aussi chroniqueur aux Grandes Gueules, elle précise que Nicolas Bay « est arrivé inopinément » lors de ce repas. « Jamais nous n’avons parlé d’investiture », assure la candidate.

Le choix de cette dernière par En Marche avait déjà provoqué une levée de boucliers dans la circonscription. Plusieurs militants avaient saisi mi-mai la commission d’éthique et la commis- sion nationale d’investiture estimant que Claire O’Petit ne remplissait pas le critère de renou- vellement, ayant déjà été candidate en 2007 et 2012 sous l’étiquette MoDem. Certains de ses propos sur RMC étaient aussi jugés « outranciers », selon leur lettre publiée par Le Lab.

Par ailleurs, selon les informations de RTL, Claire O’Petit aurait eu affaire à la justice : elle aurait été condamnée en 2016 par le tribunal de commerce de Bobigny à cinq ans d’inter-diction de diriger toute entreprise commerciale ou artisanale après la liquidation judiciaire de son entreprise de défense des commerces de proximité. « Condamnation pour faute de gestion notamment », précise la radio. La candidate a fait appel de cette décision.

30 mai 2017

http://www.lejdd.fr/

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31 mai 2017 ~ 0 Commentaire

fric (npa)

ferrand 2e tour

Corruption, morale et loi du fric…

Le Canard enchaîné a révélé que Richard Ferrand, ex-député PS soutien de Macron et nouveau ministre, avait employé son fils comme attaché parlementaire pour 8 000 euros brut et aidé les affaires immobilières de sa compagne alors qu’il dirigeait les Mutuelles de Bretagne.

Pour ouvrir un centre de soins à Brest, il a ainsi fait appel à une société immobilière appartenant à sa compagne. Grâce à une promesse de location, cette dernière a pu obtenir un prêt bancaire équivalent à la totalité du prix de ces locaux « en mauvais état ». Outre une rénovation complète des locaux aux frais de la mutuelle – pour 184 000 euros –, la valeur des parts de la SCI « a été multipliée par 3 000 » six ans plus tard. Bref, une bonne opération…

Le porte-parole de La République en marche, Benjamin Griveaux, relativise : « La moralisation de la vie publique concerne l’argent public. Là,c’était de l’argent privé ». Si c’est privé, alors que dire ?

Marielle de Sarnez, elle aussi ministre, à qui un journaliste demandait « Doit-il démissionner ? », a répondu : « C’est son affaire… ». Une solidarité ministérielle plutôt faible de la part de cette amie d’un Bayrou silencieux sur cette affaire… tout occupé qu’il est à préparer sa loi de «moralisation de la vie publique» !

Tout aussi silencieux sur le cas de cette même De Sarnez, soupçonnée par la justice d’emplois fictifs. Elle est visée par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour « abus de confiance », tout comme 18 autres eurodéputés français, cela suite à une dénonciation de l’eurodéputée Front national Sophie Montel. Une petite vengeance du FN mis en accusation, lui, pour un montant de près de cinq millions d’euros…

On apprend aussi au détour de la campagne que la candidate de La République en marche dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui se présente comme une « humanitaire en politique » (!), y a acheté un appartement en 2011 dans un immeuble insalubre classé depuis des années en état de péril imminent, puis a loué son bien – ce qui est en soi illégal – à un prix exorbitant.

La loi sur la moralisation sera bien à l’image de ses auteurs : une pitrerie prétendant poser un voile hypocrite sur la corruption généralisée d’un système où privilèges et sinécures sont le but des luttes politiciennes. Les mêmes qui prêchent l’austérité, et justifient les licenciements, les fermetures d’usines, le chômage et la misère… Leur morale n’a rien à en dire !

Mercredi 31 mai 2017 Yvan Lemaitre

https://npa2009.org/

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parquet

ccaan

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30 mai 2017 ~ 0 Commentaire

oui, pourquoi? (osons causer)

 

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29 mai 2017 ~ 0 Commentaire

bourgeoisie (l’humanité)

les-unes-de-macron-e1486229008755

« Emmanuel Macron incarne la réunification de la bourgeoisie »

Pour le politologue Jérôme Sainte-Marie, Emmanuel Macron rassemble libéralisme économique et libéralisme culturel, satisfaisant un bloc élitaire qui se sent menacé. Entretien.

Vous affirmiez quelques jours avant le second tour que la bourgeoisie avait trouvé son candidat en Emmanuel Macron. Dans le même temps, celui-ci a été considéré comme le rempart de la République face à l’extrême droite. Qui a gagné dimanche dernier ? La bourgeoisie ou la République ?

Jérôme Sainte-Marie C’est en effet ce que j’ai dit même si je suis un peu sorti de mon rôle ! (Rires.) Commençons par le contenu idéologique de l’offre d’Emmanuel Macron, qui est très clair : il s’agit de la réunification de tous les libéralismes, le libéralisme économique et le libéra- lisme culturel. L’illusion que la gauche pouvait promouvoir le libéralisme culturel sans en tirer de conséquences quant au libéralisme économique et inversement pour la droite, vole en éclats.

Hamon et Mélenchon figurent le renouvellement du libéralisme culturel sans le libéra- lisme économique. Fillon, c’est le contraire. Cette réconciliation des deux libéralismes est également inscrite dans les traités commerciaux internationaux, comme le Tafta. Elle est portée sur le plan international par des chefs d’État comme Justin Trudeau.

Les élites des deux bords se retrouvent idéologiquement. Cela correspondant aussi à une pratique politique des gouvernements de droite ou de gauche, dont la convergence, quinquen- nat après quinquennat, était toujours plus éclatante. Mais les alternances divisaient de plus en plus artificiellement le bloc élitaire, que l’on peut appeler plus clairement la bourgeoisie. Cette dernière s’est rendu compte que ses divisions historiques étaient fatales à la mise en œuvre de son projet commun de réformes.

Elle s’est donc réunifiée sous la forme du bloc élitaire. Cette réunification aurait pu se produire entre les deux tours. Cela s’est fait de manière plus brutale et plus rapide, avant même le premier tour, avec la création du mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron. Ce dernier incarne parfaitement cette réunification idéologique et sociale de la bourgeoisie française pour donner aux réformes la plus grande force propulsive possible.

Ce projet est-il majoritaire dans la société française ?

Jérôme Sainte-Marie Soulignons d’abord que le premier tour a révélé un vote de classe d’une puissance inédite, du moins depuis les années 1970. C’est aujourd’hui une réalité aveuglante. On n’avait pas vu cela depuis le référendum de 2005.

On a, d’un côté, les catégories populaires, qui représentent la majorité du salariat, dont le vote s’est divisé entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. De l’autre, François Fillon et Emma- nuel Macron ont rassemblé le bloc élitaire: les chefs d’entreprise, les cadres en général, les détenteurs de patrimoine, donc beaucoup de retraités, et aussi, parmi les jeunes, certaines catégories d’étudiants. Ces deux blocs rassemblent chacun entre 40 et 45 % des suffrages exprimés. Le voile d’illusion idéologique que représentait le clivage gauche-droite est en train de se déchirer.

À cette occasion, la réunification de la bourgeoisie est éclatante. Globalement, le bloc élitaire, c’est la France qui a voté oui en 2005. Cela lui donne un avantage pour gouverner puisqu’il domine sans partage l’appareil de l’État et la direction des grandes entreprises. Plus durable- ment, toutes les structures institutionnelles convergent, y compris les instances de contrôle. La division partisane de la bourgeoisie, notamment dans la haute fonction publique et dans la direction des médias, constituait un garde-fou que ce processus d’unification idéologique pourrait supprimer.

Ce qui est plus embêtant pour elle, d’un point de vue politique, c’est que cela devient visible. Une domination s’affaiblit quand elle avance sans masque. Par exemple, l’alternance sans véritable alternative est la solution optimale pour maintenir l’ordre social. La clarification actu- elle, pour reprendre le mot de Manuel Valls, pourrait s’avérer une mauvaise idée. La disparition de médiation entre le monde des affaires et le milieu politique, avec un président de la Répu- blique directement issu du premier, constitue une transparence redoutable pour un système en crise.

Cette élection présidentielle marque la fin d’un cycle. Quels sont les marqueurs du nouveau cycle ?

Jérôme Sainte-Marie De manière très schématique, la vie politique française a été longtemps structurée par deux grands blocs, la gauche et la droite, subdivisés en leur sein par deux for- ces. C’était le clivage politique qui était essentiel. Aujourd’hui, c’est le clivage sociologique qui est primordial, en ce sens qu’il détermine les opinions des électeurs et le comportement des élus. À l’intérieur de ce clivage, les cultures politiques servent de nuancier.

Ce cycle qui s’ouvre sera marqué par des tensions d’une intensité telle qu’on n’en avait pas connu depuis quarante ans, dites-vous…

Jérôme Sainte-Marie Lorsque vous faites un travail sur la violence politique, vous vous ren- dez compte qu’elle peut intervenir lorsque les clivages se superposent. Pour prendre un exem- ple extrême, la révolte du prolétariat catholique en Irlande du Nord doit beaucoup à la coïnci- ndence des séparations sociales et des séparations religieuses. Cette analogie peut servir pour analyser la situation politique française, en remplaçant les différences religieuses par les oppositions partisanes.

Le premier facteur de tension est donc l’estompement du clivage gauche-droite au profit d’un choc entre libéralisme élitaire et souverainisme populaire. Intérêt social et valeurs politiques coïncident. Le premier tour a ainsi permis une forme de décantation sociologique, facilitée par l’affaissement du PS, qui était devenu un parti interclassiste. Le second facteur est que les Français ont de plus en plus conscience que cette opposition sociale est fondamentale. Les études montrent que leur explication de vote renvoie très souvent à des considérations très matérielles, et antagonistes.

J’ajoute un troisième élément : si nous allons vers des solutions à la Blair ou à la Schröder, même si la situation générale du pays devait s’améliorer, dans ce modèle l’accroissement du bien-être de certains pourrait s’accompagner d’une plus forte précarisation ou paupérisation pour d’autres. Dans un pays de culture égalitariste comme la France, cela générerait des tensions très fortes, qui trouveraient dans le nouvel ordre démocratique une traduction politi- que directe. C’est tout le paradoxe de la « grande réconciliation » qu’incarne Emmanuel Macron.

Christophe Deroubaix
Lundi, 15 Mai, 2017
L’Humanité
Jérôme Sainte-Marie, politologue, est l’auteur de l’ouvrage « le Nouvel Ordre démocratique »

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26 mai 2017 ~ 0 Commentaire

avec le medef (révolution permanente)

farce

Un ex-cadre de FO rentre au gouvernement pour mettre en place la loi Travail 2

Les messages de bienvenue de Jean-Claude Mailly, président de la centrale syndicale de Force Ouvrière, au nouveau président Macron n’avaient rien présagé de bon. La stratégie est désormais totalement assumée avec l’entrée de Stéphane Lardy, ex-cadre de FO, au cabinet du ministère du Travail. 

Quand un syndicaliste partage son bureau avec le Medef, cela n’augure rien de bon

Jean-Claude Mailly avait déjà accueilli le président banquier et son gouvernement de droite avec une douceur inattendue de la part d’un dirigeant syndical. Il avait en effet félicité la ministre du Travail repêchée au CAC 40 pour « sa grande expérience », puis s’était réjoui de la nomination d’un membre du MEDEF (Antoine Foucher) à la direction du cabinet de la ministre (« c’est quelqu’un que je connais, qui aime la négociation collective »), pour enfin affirmer publiquement que légiférer par ordonnances n’était « pas un problème » si « on est d’accord sur le contenu » et qu’il y avait « des marges de manœuvre ».

Tout cela constituait un bel appel du pied à l’exécutif (vous avez dit lèche-botte ?), qui vient d’être récompensé par le parachutage au gouvernement d’un ancien cadre important de la centrale syndicale, Stéphane Lardy, pressenti il y a un an pour être justement le successeur de Jean-Claude Mailly.

Celui-ci prendra donc place à la direction du cabinet ministériel avec Antoine Foucher. Membre du Parti Socialiste, Stéphane Lardy est considéré comme un « réformiste », c’est à dire prêt à accepter les réformes structurelles dont a besoin le patronat pour restaurer et augmenter ses profits sur le dos des travailleurs. Avec le MEDEF et le CAC 40 a ses côtés, il aura donc pour tâche d’élaborer et de mettre en œuvre la loi Travail 2 que nous prépare Macron, mais aussi la réforme de l’assurance chômage, de la formation professionnelle, ainsi que celle de la retraite que Macron souhaite lancer d’ici la fin de l’année. Bon programme pour un prétendu « syndicaliste »…

Un moyen pour mettre la pression sur la CGT ?

L’amabilité de Jean-Claude Mailly envers Macron et la nomination de Stéphane Lardy sont des signes d’un repositionnement de la centrale syndicale en faveur d’une collaboration plus forte avec le patronat. Après la mobilisation contre la loi Travail du printemps 2016 qui ne lui a pas bénéficié dans les urnes (FO a reculé, de 15,94% en 2013 à 15,59% en 2017), le syndicat s’oriente vers une politique plus ouverte de conciliation de classe. D’après Guy Groux, du centre de recherche de Sciences Po Paris, le Cevipof « On a le sentiment qu’il y a chez Mailly une envie de revenir dans un jeu contractuel plus classique et de faire concurrence à la CFDT ».

Une dynamique accueillie avec plaisir par le gouvernement de Macron et Philippe, qui espère ainsi accentuer la pression sur la CGT, en l’excluant d’un dialogue social auquel Martinez a par ailleurs ouvert la porte.

Pour les travailleurs et travailleuses, une chose est sûre, ce n’est pas la présence d’un Stéphane Lardy au gouvernement qui doit nous rassurer sur la politique prévue par Macron, et les échanges fumeux de « bons procédés » entre direction syndicale et gouvernement pro-patronal ne présagent rien de bon !

Sarah Brunel jeudi 25 mai

http://www.revolutionpermanente.fr/

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24 mai 2017 ~ 0 Commentaire

le canard (europe1 + le parisien)

Professions réglementées. Plus de souplesse ? --

Épinglé par Le Canard enchaîné, Ferrand parle de « dénonciations calomnieuses

Selon Le Canard enchaîné, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était le directeur, auraient loué des locaux à une société appartenant à sa compagne.

Dans un communiqué, le ministère de la Cohésion des Territoire Richard Ferrand assure de la probité de Richard Ferrand, après la révélation du Canard Enchaîné.

Le ministre de la Cohésion des Territoires Richard Ferrand a évoqué mercredi des « dénon- ciations calomnieuses » après la révélation dans Le Canard Enchaîné de la location de locaux appartenant à sa compagne par les Mutuelles de Bretagne à l’époque où il en était le directeur.

Ferrand n’a « rien à se reprocher ». « Cette polémique est le fruit de la nomination récente de Richard Ferrand au Ministère de la Cohésion des Territoires », estime le ministère dans un communiqué.  »Cette nouvelle responsabilité a conduit à donner de manière injustifiée de l’écho à des dénonciations calomnieuses qui poursuivent Monsieur Ferrand depuis de longues années, sans qu’il n’ait rien à se reprocher : il est au contraire unanimement reconnu qu’il a su redresser les Mutuelles de Bretagne, sauver 120 emplois et en créer plus de 200″, ajoute-t-il.

Un « choix économique de bonne gestion ». Selon Le Canard Enchaîné, les faits remontent à 2011 : à Brest, les Mutuelles de Bretagne qui souhaitent louer des locaux commerciaux pour ouvrir un centre de soins, choisissent entre trois propositions celle d’une société immobilière appartenant à la compagne de Richard Ferrand.  »Cette décision a été prise dans la pleine connaissance des liens qui unissaient Richard Ferrand et la propriétaire des locaux, dans le respect de toutes les règles en vigueur par le Conseil d’administration, seul décisionnaire, et dont Richard Ferrand n’a jamais été membre », assure le ministère, estimant qu’il s’agissait également d’un « choix économique de bonne gestion pour les Mutuelles ».

Castaner souligne « la probité » de Ferrand. Sur Europe 1 mercredi matin, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a déclaré :  »Ça tombe mal parce que ça crée la suspicion dans un contexte de suspicion, je ne veux pas être langue de bois sur le sujet (…) Ça meurtrit évidemment Richard qui est un homme d’une probité exceptionnelle (…) mais une chose est sûre, il n’y a rien d’illégal, il n’y a rien qui ne serait pas moral », a-t-il certifié.

24 mai 2017

http://www.europe1.fr/

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