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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

il court, il court, le macron… (npa)

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La politique de Macron expliquée aux imbéciles qui le suivent…

Il est évidemment impossible de préjuger du score de Macron à l’élection présidentielle. Mais même si la bulle médiatique finissait par faire « pschitt », sa candidature et sa campagne expriment des tendances à l’œuvre dans le monde politique comme dans la société.

«Les spartakistes, on les aura ! », proclamait fièrement Emmanuel Macron quand il était conseiller de Hollande à l’Elysée, face aux velléités des « frondeurs » du PS de s’opposer aux mesures du « pacte de compétitivité ». En novembre 2016, il n’a pourtant pas craint pas de baptiser « Révolution » son livre publié en défense et illustration de sa personne et de sa candidature présidentielle.

L’homme de main du président Hollande, devenu ministre de l’Economie et défenseur des mesures économiques les plus libérales, avait pressenti que le hollando-vallsisme allait s’effon- drer. Il avait alors choisi de ne pas retourner dans la banque mais de creuser son propre sillon. Il a donc créé en avril 2016 son mouvement « En marche ! », puis démissionné du gouver- nement et décidé de se présenter à la présidentielle sans passer par les primaires du PS.

L’individu (à l’instar d’ailleurs d’un Mélenchon : c’est leur seul point commun) endosse la posture de l’homme providentiel. Macron est sans nul doute un aventurier, qui a compris que la crise du PS et l’incapacité du « centre » à se constituer en force politique indépendante des Républicains ouvraient la possibilité d’une opération mini-bonapartiste. D’autant qu’il a eu les moyens financiers d’amorcer la pompe grâce à une fortune personnelle faite dans la banque Rothschild et au soutien de l’homme d’affaire Abel Hermant, récemment décédé.

Une pluie d’euros Ensuite, les euros ont commencé à ruisseler si l’on en juge par des initia- tives multiples et coûteuses, telles que le meeting parisien du 10 décembre dernier (coût : 400 000 euros). Comment Macron finance-t-il toutes ces dépenses ? Certes, son mouvement se targue de 130 000 membres… mais l’adhésion y est gratuite ! En fait, depuis qu’il a envisa- gé de se lancer dans la politique pour son propre compte, Macron a utilisé toutes les ficelles possibles pour récolter des fonds.

Paris Match a assuré qu’en mai 2016, alors qu’il était encore ministre de l’Economie, Macron « aurait levé près de 10 millions de livres sterling » (environ 12,75 millions d’euros) lors d’un déplacement à Londres. L’ancien ministre a ainsi organisé plusieurs dîners, à Londres ou à New York. Pour y participer, chaque convive a dû débourser 7500 euros, ce qui fait relative- ment cher le plat. Mais ce prix est juste une manière déguisée de récolter le don maximum autorisé par la loi qu’un particulier peut faire à un parti politique, soit effectivement 7500 euros… Cinq millions d’euros auraient été collectés fin décembre, tandis que les sondages favorables permettaient désormais d’emprunter auprès des banques pour financer la présidentielle.

Des comités à un seul adhérent On peut adhérer à « En marche ! » par internet et quand on clique sur « J’adhère », le premier item est « adhérer, c’est gratuit ». Le mouvement se targue, outre de 130 000 adhérents, de 3 293 comités en France et à l’étranger. Une enquête serait nécessaire pour en déterminer la réalité. Le site de « En marche ! » permet de se livrer à une première exploration. Sauf erreur, il y a ainsi sept comités sur le 13e arrondissement de Paris : trois regrouperaient ensemble 88 adhérents et pour les quatre autres, deux ont trois adhérents chacun, deux autres, deux adhérents et un dernier, un seul adhérent. A Saint-Denis, dans le 93, il y aurait quatre comités : un de douze adhérents et trois avec un adhérent chacun…

A priori, donc, beaucoup de comités fantôme, peut-être créés par des personnes qui se sentent des vocations de petits Macron pour les prochaines élections locales. Les adhérents peuvent en effet soit rejoindre un comité existant, soit en créer un nouveau. L’entourage de Macron agglomère plusieurs strates. D’abord, une garde rapprochée composée d’une faune relativement jeune (la trentaine) d’anciens membres de son cabinet à Bercy, de communicants et de consultants. S’y sont adjoints une série de « grosses pointures » : un ex-banquier à la collecte des fonds, un spécialiste chevronné des sondages et l’économiste Jean Pisani-Ferry, compagnon de route de la droite du PS et qui a porté de multiples casquettes officielles, européennes et françaises. Il y a ensuite, relations personnelles de Macron ou soutiens plus ou moins discrets, les hommes d’affaires, tant du côté des start-up que du CAC 40.

Un début d’émiettement du PS Dernière composante, les politiques. Il y a ceux de droite,  dont quelques anciens ministres comme Renaud Dutreil, Serge Lepeltier ou Jean Arthuis, ainsi que des ralliés de moindre importance en provenance de chez Juppé ou du Modem. Du côté de la gauche, il y a depuis la première heure une poignée de députés PS et le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb.

D’autres élus PS commencent à se montrer aux meetings de Macron. Des ralliements importants sont attendus (François Rebsamen, voire Ségolène Royal), mais aussi, après la primaire, un afflux d’élus qui peuvent penser que leur chance de sauver leur siège est plus importante avec Macron qu’avec Hamon. Un processus de scission, ou plutôt d’émiettement du PS, est donc en cours.

Mais l’écho de Macron ne s’explique pas seulement par le soutien d’une partie de l’oligarchie et l’opportunisme d’élus PS déboussolés. Il est aussi représentatif de ten- dances réelles de la société. Trente-trois ans de politiques économiques libérales (depuis le tournant définitif de François Mitterrand en 1983) ont détruit dans une large partie de la popu- lation l’espoir que ces politiques soient un point de passage obligé pour réduire le chômage et donner un avenir plus assuré à la jeunesse. De moins en moins de gens sont prêts à gober le théorème de Schmidt (un ancien chancelier social-démocrate allemand) : « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de de demain et les emplois d’après-demain ».

Or c’était le fond commun des deux grands courants qui alternaient au gouverne- ment. Ce désarroi idéologique force les prétendants au pouvoir à faire du neuf (ou à faire semblant). Fillon et Valls s’accrochent encore au libéralisme mais en mettant au premier plan un « supplément d’âme » : la référence catholique pour Fillon et un autoritarisme-social pour Valls. Marine Le Pen se démarque de la « pensée unique » en présentant la Nation comme le remède et le rejet des étrangers comme la condition et le moyen d’une politique sociale.

L’autre aspect de la situation est que les mouvements sociaux, de 1995 à 2016, n’ont pas réussi à mettre fondamentalement en échec les politiques de réaction sociale. Le « mélenchonisme » essaie de susciter une autre espérance collective fondée sur le changement des institutions par le vote, dans le cadre d’un mélange de social et de référence à une prétendue mission historique progressiste de la France.

La promotion de la réussite individuelle Macron, pour sa part, promeut l’espoir de la réussite individuelle. Il affirme que ceux qui le méritent s’en tireront et qu’il va créer les condi- tions pour qu’il en soit ainsi : « ce que je défends (…) doit permettre à chacun de trouver dans son pays une vie conforme à ses espérances les plus profondes ». « Les pressions corpora-tistes doivent laisser la place aux sécurités individuelles » . « Notre volonté de donner l’autonomie à tous, de permettre à chacune et chacun d’avoir une place ».

La lecture de Révolution est éclairante. Une mise en scène édifiante de sa personne et une dénonciation du « conformisme de caste » permettent à un inspecteur général des finan- ces et ex-banquier de se dépeindre en esprit libre et indépendant, en « démocrate français » (p. 36), contrairement à tous les autres. Il fait des références multiples à la France, mais se démarque habilement de la tentative de Hollande sur la déchéance de la nationalité. L’ouvrage montre d’abord le souci de Macron de se placer au centre de ce qu’il pense être les aspirations de la société. Les raisonnements sont souvent construits sur le modèle « ni, ni » ou « oui, mais », ce qui permet de se garder de tous les côtés.

Son discours sur la République est habile : il rappelle les guerres coloniales, la condam- nation de Dreyfus, l’absence de droit de vote des femmes, ce qui lui permet d’affirmer : « Tout ce qui est bon n’est pas républicain. Et tout ce qui est républicain n’est pas bon ». Il décrit les ravages de la mondialisation (« des dizaines de milliers d’emplois ont été détruits dans le textile (…) il suffit de parler à un éleveur de la Lozère, ou d’ailleurs, pour toucher du doigt l’aberration d’une organisation mondiale. » Cependant, « une sortie ferait encore plus de victimes ». Même balancement sur la finance, avec une conclusion en trompe-l’œil : « lutter contre la finance sans finalité et encourager la finance qui permet d’investir ».

Une stratégie attrape-tout A certains moments, Macron se fait habile : après une phrase générale (« Je veux d’abord garantir que chacun puisse trouver une place sur le marché du travail, quel que soit son parcours scolaire »), il enchaîne : « Lorsqu’on habite Stains en région parisienne ou Villeurbanne en région lilloise – visiblement, il a écrit trop vite –, il est plus simple de créer son entreprise et de chercher des clients que d’avoir un entretien d’embauche. » A partir de la difficulté réelle d’accès à l’emploi des jeunes des banlieues, Macron vend en fait la déréglementation et le modèle Uber.

Plus loin, on doit reconnaître qu’il touche assez juste quand il souligne les faux-sem- blants de la rénovation des logements dans des quartiers populaires qui continuent de souffrir de transports en commun insuffisants et où perdurent les difficultés d’accès à l’emploi. Il se démarque aussi de la seule gestion policière des quartiers et dénonce les débats sur les menus des cantines, les tenues vestimentaires, etc. Paroles creuses, dira-t-on, mais qui sont énoncées dans le cadre d’une stratégie « attrape-tout » qui ne néglige pas les électeurs des banlieues.

Par contre, Macron reste vague sur presque tout ce qui concerne la politique économique et sociale. D’emblée, il annonce qu’il n’écrit pas un programme. Il se contente d’exposer trois priorités générales : l’éducation, le développement durable et le déploiement de la fibre. Il affirme que la réduction du déficit budgétaire est nécessaire et passe par une réduc- tion des dépenses, mais contrairement à Fillon il se garde de préciser. Et dans ses meetings, il ne craint pas d’annoncer des mesures qui se traduiraient par des dépenses supplémentaires, comme le remboursement à 100 % des frais d’optique et des soins dentaires.

Outre l’« assouplissement » des 35 heures, il s’avance sur deux points. La protection sociale doit être reconstruite « autour, et pour l’individu » (p. 149), avec une étatisation de l’assurance-chômage. Enfin, il faut remettre en cause le statut des fonctionnaires. Macron  est habile, il a de l’argent et des appuis. Mais surtout, le « macronisme » a des racines : dans la crise des espoirs collectifs et du mouvement social, s’en tirer individuellement est pour beau- coup le seul horizon crédible. Quel que soit son destin électoral, le « macronisme », avec ou sans Macron, pourrait donc ne pas être dénué d’avenir. En démasquer les impasses et les illusions est une tâche nécessaire.

Lundi 20 février 2017 Henri Wilno

https://npa2009.org/

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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

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Plus d’un Breton sur deux a ressenti de la colère suite à l’affaire Fillon

La Bretagne est la région où les habitants ont le plus ressenti de la colère vis-à-vis de François Fillon, après les révélations du Canard Enchaîné concernant les emplois de son épouse Pénélope Fillon et de ses enfants.

50,3% des Bretons ont ressenti de la colère à la suite des révélations de l’affaire Fillon. La Bretagne est la seule région en France, où plus d’une personne sur deux a exprimé ce sentiment comme le révèle l’enquête réalisée par le Cevipof et l’Ipsos pour les antennes régionales de France 3. A l’échelle nationale, 47,1% de la population ont éprouvé de la colère.

Les Bretons sondés se sont également exprimés sur la question : « selon-vous François Fillon est-il victime d’un complot ? ». Ils ont répondu à 77,2% non, tout comme la majorité des Français (76,5% au niveau national).

Selon les résultats de cette enquête, la Bretagne apparaît donc comme la région la plus défavorable à François Fillon, candidat de la droite pour l’élection présidentielle.  Lors d’une précédente étude de CEVIPOF et Ipsos concernant les intentions de vote des Bretons pour le premier de l’élection présidentielle, François Fillon était crédité de 20,5% des voix en Bretagne (derrière Emmanuel Macron (27,5%) et Benoît Hamon (21%)). Un score plus important qu’au niveau national (18,5%).

Lucas Hobé 20/02/2017

 

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http://france3-regions.francetvinfo.fr

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15 février 2017 ~ 0 Commentaire

fraude

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Commentaire:

Mais c’est plus grave quand ce sont des pauvres! Ils ont intérêt à être honnêtes! On a tous appris : « Qui vole un oeuf vole un boeuf! », mais qui vole un boeuf a droit à un avocat!

 

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15 février 2017 ~ 0 Commentaire

mafia et république” (les inrocks)

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Georges Boucheseiche, du gang des Tractions-avant, utilisé par le Sdece (contre-espionnage français) dans les années 1960
.

Les documentaires édifiants sur une relation trouble

Mafia et République, série documentaire en trois parties de Christophe Bouquet, coécrite par Pierre Péan, explore les relations troubles entre la mafia corse et la vie politique française des années 1940 aux années 2000. Les trois épisodes, disponibles en replay sur Arte, relatent comment les mafias naissent, comment le gaullisme s’est appuyé sur elles à une époque, et comment elles ont réussi à être influentes dans la politique en France.

“De nombreux mafieux deviennent agents du Sdece ou du SAC”

Pierre Péan, que nous avions longuement interviewé à ce sujet, affirmait ainsi à propos des origines de la mafia : “Après 1945, il faut bien comprendre que l’Etat est à reconstruire. Il n’y a plus de police ou de services de sécurité pour maintenir l’ordre. De nombreux mafieux devien- nent agents du Sdece (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) ou du SAC (Service d’action civique police parallèle sous de Gaulle).”

“Pour protéger le nouveau RPF, un service d’ordre comprenant des mafieux est constitué”

Le deuxième épisode est justement consacré à cette période : “Aux services de la France (1945-1975)”. Pierre Péant relate que le pouvoir gaulliste a alors eu recours aux mafieux pour faire face à la pression de l’Organisation armée secrète (OAS) notamment : “Pour protéger le nouveau RPF, un service d’ordre comprenant des mafieux et des gens douteux est constitué. Et, après le coup d’Etat de 1958 mené par les généraux en Algérie, le pouvoir gaulliste, fragile, surtout face à l’OAS, recourt encore plus à des gros bras.”

“Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls ont pris le problème à bras-le-corps”

La dernière partie, “La République gangrenée (1975-2016)”, dresse un constat assez accablant, même si “Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls ont pris le problème à bras-le-corps sans se préoccuper des conséquences politiques” : “Contrairement à l’ex-patron du rensei-gnement intérieur Bernard Squarcini qui, à force de vouloir rendre des services à ses amis corses, a visiblement dépassé la ligne rouge. Aujourd’hui, il peut encore y avoir des relais locaux mais ce n’est plus comparable avec ce que l’on a pu connaître”, conclut Pierre Péan. 

14/02/2017

arte.tv

http://www.lesinrocks.com/

Commentaire: « Après 1945, il faut bien comprendre que l’Etat est à reconstruire » oui mais pas avec les communistes, les FTP et autres résistant armés, trop à gauche et certains intégrés à l’armée et aux CRS. Ne restaient que les truants!

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14 février 2017 ~ 0 Commentaire

fillon nixon (brut)

Richard Nixon (Wikipédia)

Commentaire: Les dirty tricks: (« coups tordus ») comme la pose de micros dans les bureaux d’opposants politiques et de personnes jugées suspectes par Nixon et ses conseillers, lui ont valu le surnom de « Tricky Dicky ».

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13 février 2017 ~ 0 Commentaire

fillon (l’obs + rp)

fillon-martyr

Fillon : saint François, victime de la transparence. 

« Ce n’est pas la dénonciation de pratiques népotiques qui menace la démocratie, ce sont ces pratiques elles-mêmes », rappelle l’essayiste.

Il était digne, propre sur lui, bien élevé, bien habillé, bien coiffé. Son passage dans l’émission « peopolitique » de Karine Le Marchand, en mode réhabilitation du Barbour versaillais et recette de pâtes à la saucisse, avait suscité un orgasme collectif dans nos chaumières droitières. Sa voix posée, sa famille parfaite, son drone, son sourire timide, sa chemise nickel, sa chasse aux « assistés » et son conservatisme revendiqué : tout en lui faisait rêver la France bourgeoise.

Il n’était ni vulgaire comme Nicolas ni empêché comme Alain. Les tristes temps du bonapartisme erratique et de l’orléanisme soporifique étaient révolus, la primaire avait vu triompher un légitimisme assumé et assuré. Toute une classe socioculturelle, rebutée tant par le bling-bling sulfureux du parvenu de Carla que par le néo-centrisme bobo-compatible du géronte girondin, tenait enfin son héros.

Elle allait pouvoir voter pour un homme qui lui ressemble, un homme bien de « chez nous », un homme vivant comme si Mai-68 et Juin-1936 n’avaient jamais eu lieu, se moquant de la couv des « Inrocks » comme d’une guigne, refusant ostensiblement de se marrer aux blagues de France-Inter, osant rabrouer Charline Vanhoenacker en direct sur France 2, recadrant les journalistes sans hausser la voix, comme il convient à un bon père de famille ou un chef d’Etat, bref, un homme de qualité, un gentilhomme, disait-on jadis. Et patatras.

Il aimait l’argent. Trop

L’admirateur de Tante Yvonne aimait donc l’argent. Il ne l’aimait certes pas comme on le fait dans le Sentier, à Deauville ou chez les Balkany (il n’aurait probablement pas fêté sa victoire au Fouquet’s). Il l’aimait discrètement, lui, comme il se doit, comme avant, sans l’afficher, ni le proclamer. Avec pudeur. Secrètement. Mais il l’aimait quand même. Trop. Et les « journalopes » – ces « socialopes » masquées ! ont sauté sur l’occasion. Ils l’ont livré aux loups (l’opinion), lui, sa femme et ses enfants. Et aujourd’hui la fierté retrouvée des conservateurs français laisse place à l’amertume. Voire parfois à la rage.

Les fans de François Fillon crient donc au complot du « système médiatico-politique ». Le ridicule de leur plainte est à la mesure de leur déception, ne remuons donc pas le couteau dans leur plaie. Ses défenseurs avisés, en revanche, nous disent quelque chose de sérieux. Ils souli- gnent que des dizaines de parlementaires font la même chose, puis prennent un ton grave pour nous mettre en garde contre les « pulsions de lynchage » et dénoncer ce fameux « populisme » qui ébranle nos démocraties. En nous « acharnant » sur le candidat LR, nous ferions du tort à la République.

Ils ont, en partie, raison : le nombre d’élus, de gauche comme de droite, employant des proches parents est sidérant et la justice seule peut déterminer la culpabilité ou non du couple sarthois. Mais ils ont, fondamentalement, tort : ce n’est pas la dénonciation de ces pratiques népotiques qui menace la démocratie et nourrit l’antiparlementarisme, ce sont ces pratiques elles-mêmes. Ce n’est pas le « nouveau culte de la transparence » qui est dangereux, c’est la persistance de l’antique opacité dans des institutions évoluant trop lentement et restant encore infiniment trop fermées pour une société ouverte et connectée. Ce n’est pas le « lynchage médiatique » de Fillon qui pose problème, c’est le million d’euros encaissé par le couple sur le dos d’un Etat dit « en faillite ».

« Démonarchisons » l’Etat

En Suède, il s’agirait là d’évidences. Pas en France. A Stockholm, un citoyen peut entrer dans un ministère et obtenir, sur simple présentation de sa carte d’identité, la liste des frais de bouche du ministre. A Paris, la même requête vous enverrait directement à Sainte-Anne. Chez nous, des intellectuels, des politiques et des éditorialistes s’insurgent contre cette « obscénité démocratique » qui voit « un juge s’indigner de ne pouvoir rentrer à l’Elysée comme dans un moulin » (Régis Debray) et qualifient de « populiste » la colère suscitée par les détournements privés de fonds publics auxquels s’adonnent certains de nos représentants.

Il est temps donc d’en finir avec ce mot fourre-tout de « populiste », que l’on emploie tout autant pour qualifier Donald Trump que Michael Moore, Breitbart que Mediapart, le Front national que Podemos. Nos démocraties ne sont pas menacées par le « populisme » en général, mais par le tsunami d’extrême droite qui s’abat sur elles de Varsovie à Washington. Pour résister à cette déferlante nationaliste antiparlementaire, elles doivent se réformer. Et pour les y contraindre, une critique – que certains jugeront « populiste » – de leurs élites est vitale. Pour éviter que la République ne s’ankylose et ne s’effondre, Rome n’avait-elle pas inventé les tribuns de la plèbe ?

Coincée entre des institutions verticales cultivant le secret et l’exigence de transparence et de contrôle des élus par les électeurs, la France est à la croisée des chemins. La chute du très regretté saint François de la Sarthe doit nous pousser à poursuivre la « démonarchisation » de notre Etat et le nettoyage des écuries d’Augias. Avant que le nécessaire étalage public de leur crasse débordante n’ouvre grandes les portes du pouvoir à Marine Le Pen.

Raphaël Glucksmann 11 février 2017

http://tempsreel.nouvelobs.com/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

remboursez!

remboursez

« Tu ne t’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou » : la drôle de messe de François Fillon à La Réunion

En visite à la Réunion, le candidat Les Républicains François Fillon a assisté à une messe dimanche. Il a été confronté à un évangile qui résonnait avec ses récentes affaires… 

Deuxième jour de la visite de François Fillon à La Réunion, dimanche 12 février. Le candidat de la droite et du centre a assisté à la messe à Saint-Gilles. Un moment un peu difficile pour un homme malmené par les révélations sur les emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants, car le hasard du calendrier imposait  la lecture de l’évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 17-37) qui dit notamment :

« Accorde-toi vite avec ton adversaire pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge et qu’on ne te jette en prison. Amen je te le dis, tu ne t’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Un évangile que le prêtre a ensuite commenté. « Si tu commets une faute, même si tu n’en as pas conscience, tu es responsable… » Un sermon jugé « tendancieux » et « très fin » par des femmes qui assistaient à la messe. « C’est le rôle du prêtre… »

franceinfoRadio France 12/02/2017

 

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10 février 2017 ~ 0 Commentaire

le protectionnisme (lutte ouvrière)

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Ne protègera aucun travailleur

À droite comme à gauche, des candidats à la présidentielle entonnent le refrain du protec- tionnisme. Le Pen avec sa taxe de 3 % sur les importations. Mélenchon avec son protec- tionnisme prétendument solidaire, pour limiter les importations des pays où les droits sociaux sont faibles. L’un comme l’autre présentent cela comme un moyen de protéger les travailleurs en France. Le fait de rendre plus chers les produits étrangers, obligeant à acheter français, sauverait par là même leurs emplois.

C’est un mensonge autant qu’une absurdité.

D’abord parce que dans une économie mondialisée, où il faut des centaines de pièces prove- nant de toute la planète pour fabriquer les produits les plus complexes, acheter français ne veut rien dire. Et s’il fallait appliquer une taxe à toutes les pièces étrangères composant une voiture ou un avion aux couleurs de l’hexagone, cela ne ferait sans doute pas baisser leur prix. Quant aux salariés des entreprises étrangères, ils sont près d’un sur huit dans ce pays, employés par les Ikea, Ford, Siemens et autres Toyota. On se demande ce que deviendrait leur emploi si le protectionnisme se généralisait.

Le seul résultat de taxes sur les produits importés serait de faire grimper les prix pour les consommateurs, pas de sauver les emplois.

D’ailleurs, bien des secteurs qui échappent à la concurrence étrangère n’en tirent pas moins les salaires vers le bas, n’en licencient pas moins, en imposant à ceux qui restent des conditions de travail infernales : c’est le cas des travailleurs de la distribution, du commerce ou de l’aide à domicile, qui ne risquent pourtant pas d’être délocalisés.

En réalité, pour amasser toujours plus de profits, les patrons exploitent toujours davantage et justifient leurs sales coups comme ils veulent.

Aujourd’hui, ils licencient, imposent les heures supplémentaires non payées et le blocage des salaires au nom de la concurrence de l’étranger ou des machines ? Demain, ils le feront au nom du protectionnisme, au nom de l’industrie française et de la souveraineté économique qui impliquent des efforts… et justifient aussi la hausse des prix, histoire de se faire avoir aussi en tant que consommateurs !

Ce n’est pas sur des frontières et des droits de douane qu’il faut compter pour défendre, dans ce pays comme ailleurs, le droit des travailleurs à un emploi et à un salaire décent. Pour l’imposer, il faut vouloir s’en prendre aux profits, aux fortunes amassées par les actionnaires de ces grands groupes, quelle que soit leur nationalité. Il faut un programme de défense des intérêts ouvriers, un programme communiste.

Nadia CANTALE 08 Février 2017

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08 février 2017 ~ 0 Commentaire

le nouveau fillon (révolution permanente)

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Où est passé « M. Probité » ? Le nouveau Fillon : du sang, des larmes… et de l’impunité

Acculé par les affaires, avec des accusations supplémentaires qui pleuvent chaque jour ou presque, François Fillon tente le tout pour le tout : mensonges grossiers, remise en cause de la justice, etc. Il paraît déjà bien loin, le temps de la primaire où « M. Probité » attaquait Balkany et Sarkozy sur leurs affaires et promettait de se retirer de la campagne s’il était mis en examen.

Une accumulation d’affaires et de preuves

Ça avait déjà mal commencé, mais depuis quelques jours, c’est une véritable hémorragie pour Fillon. Récapitulons : il y a d’abord l’affaire de l’emploi fictif de sa femme, qu’elle cumulait avec un emploi grassement payé et quasi-fantôme dans la Revue des Deux Mondes, puis l’affaire de ses fils embauchés en tant que collaborateurs, celle de son micro-parti qui aurait permis de détourner les dons des électeurs de la primaire et enfin le détournement de ses indemnités parlementaires à son propre profit personnel.

Ça fait beaucoup, et chaque jour vient apporter son lot de preuves supplémentaires et d’augmentation des sommes engagées. Dernière en date, après la vidéo de sa femme tournée en 2007 où elle explique n’avoir jamais été son assistante, la révélation par Le Canard Enchainé des indemnités de licenciement touchées par sa femme à hauteur de 45 000 euros.

Acculé, François Fillon assume

Face à cette accumulation, François Fillon ne cherche même plus à plaider la calomnie ou le malentendu. Il assume. A propos du détournement de fonds publics quand il était sénateur, celui-ci s’est exprimé ainsi dans sa conférence de presse du 6 février : «  Ce sont les pratiques de la vie politique dont je vous parlais dans mon propos liminaire, qui sont très anciennes. Est-ce que je suis à l’origine de ces pratiques ? Non. Est-ce que je suis poursuivi pour ces pratiques ? Non. Est-ce qu’elles doivent cesser ? Oui. »

Désormais, plutôt que chercher à démentir les accusations, celui-ci se positionne de manière beaucoup plus offensive. Sur le volet juridique, par exemple, alors qu’il avait dans un premier temps expliqué vouloir que la justice fasse son travail et être certain qu’elle finirait par le blanchir, Fillon est désormais passé sur un registre très différent. Dans sa conférence de presse de lundi, il a attaqué le PNF (le Parquet National Financier, créé, rappelons-le, après le scandale Cahuzac), en expliquant que ce n’étaient « pas les bonnes instances qui avaient été saisies » et que ses « avocats [venaient] de signaler au Parquet National Financier qu’il n’était sans doute pas compétent  »). Une manière de noyer le poisson pour gagner du temps et remettre le bateau à flots.

Dans le même temps, celui-ci a également affirmé qu’« en raison de la séparation des pouvoirs, personne n’a le droit de porter de jugement sur le contenu du travail [d’un assistant parlementaire]  ».

Où est passé le candidat de la primaire ?

Ces déclarations et cette stratégie politique tranchent radicalement avec la posture sur laquelle François Fillon avait réussi à gagner la primaire de la droite. Au milieu d’un casting de repris de justice (Copé, Juppé, Sarkozy et Cie), il s’était alors servi de son casier judiciaire jusqu’ici vierge pour surprendre les sondages et l’emporter largement. Lors de son discours de rentrée politique le 28 août à Sablé-sur-Sarthe, M. Fillon avait ainsi lancé en visant M. Sarkozy : « qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?  » et expliqué vouloir « revenir à une conception plus rigoureuse du pouvoir ». Lors des débats de la primaire, il avait promis de « se retirer » de la campagne présidentielle s’il était mis en examen.

Cette mise en avant de la probité correspondait dans le même temps à la ligne de droite dure qu’incarnait Fillon : suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, retraite à 67 ans, casse de la sécurité sociale, fin des 35h. Le discours était clair : il allait falloir se serrer la ceinture, certes, mais ce serait un homme irréprochable qui s’en chargerait, droit dans ses bottes, et surtout qui ne ferait pas n’importe quoi avec l’argent public.

Mais ça, c’était avant. Désormais, il ne fait plus aucun doute que le véritable « assisté », c’est bien François Fillon en personne et qu’il n’a pas grand-chose à envier aux Balkany, Sarkozy, Cahuzac et consorts. Il avait déjà le même rythme de vie (bien que moins médiatisé) : vie de château, amis milliardaires, vacances sur les yachts… Il a maintenant les casseroles judiciaires qui vont avec. Mais surtout le même mépris pour la justice et les électeurs, le même sentiment d’impunité qui caractérise si bien cette caste politicienne. Il en est même devenu le symbole lors de ces élections présidentielles.  7 février 2017

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08 février 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

Non au quadrillage des quartiers populaires, au racisme policier et à la violence judiciaire qui couvre des violeurs

Jeudi dernier, à la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, un banal contrôle de jeunes par des flics soi-disant « spécialisés » dans l’intervention dans les quartiers « difficiles » a dégénéré. Cette fois-ci c’est Théo, un jeune homme de 22 ans, qui se retrouve hospitalisé, avec 60 jours d’Interruption Totale de Travail  suite aux violence des flics qui ont été jusqu’au viol. Son crime ? Ne pas avoir laissé un policier gifler un gamin !

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Alors que les 4 policiers ont été placés en garde à vue pour viol en réunion, le parquet de Bobigny a requalifié, hier, en « violences avec armes par dépositaires de l’autorité publique » sous le prétexte hallucinant que « le coup n’aurait jamais dû être porté, mais il n’y avait en revanche aucune connotation sexuelle, ni volonté d’humiliation », selon une source proche de l’enquête citée par Le Parisien. Depuis quand un viol est-il qualifié par la revendication du violeur ? Comment peut-on oser dire qu’il n’y a pas de volonté d’humiliation quand un jeune homme interpelé se retrouve avec son pantalon sur les chevilles et qu’un coup de matraque est porté horizontalement jusqu’à provoquer une « plaie longitudinale du canal anal, profonde de 10 centimètres, ainsi qu’une section du muscle sphinctérien » (comme on peut le lire dans un article publié sur le site de RTL) ?

La colère est légitime et elle est immense à Aulnay, à tel point que même le maire, pourtant ardent défenseur des policiers, ex « Monsieur Police de Sarkozy », s’est fendu d’une déclaration, affirmant que « cette requalification est vécue par les Aulnaysiens comme un détournement de vérité ».

Finalement, le juge d’instruction chargé de l’enquête a pris en compte cette colère et poursuit un des policiers pour viol.

Comme dans l’affaire Adama Traoré et les poursuites contre ses frères, après tant d’autres, le NPA, avec tous les collectifs qui luttent contre les crimes policiers (presque toujours impunis), exige la vérité et la justice pour Théo. Plus largement, les quartiers populaires ne doivent plus être des zones dans lesquelles les policiers peuvent impunément jouer les cow-boys, assurés d’un paratonnerre judiciaire ! Il faut en finir avec le quadrillage sécuritaire de ces quartiers, ainsi qu’avec le ciblage et les violences racistes de la police !  

Pour le NPA, la police doit être désarmée, au contraire des mesures prises sans cesse ces vingt dernières années. Nous revendiquons également la dissolution de tous les corps spéciaux intervenant et réprimant brutalement dans les quartiers populaires (comme la BAC ou les Brigades spécialisées de terrain). Pour en finir avec les contrôles au faciès, qui sont le support et le prétexte à tant de violences policières, nous réclamons aussi la mise en place d’un récépissé à chaque contrôle (promesse de Hollande en 2012, aussitôt enterrée).

https://npa2009.org/

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