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12 août 2017 ~ 0 Commentaire

verts (libération)

verts franco allemands

Pour les Verts allemands, la tentation Merkel

De plus en plus d’écolos seraient tentés par un rapprochement avec la CDU de la chancelière. Un boulet de plus pour Martin Schulz, le candidat social-démocrate, à un mois et demi des législatives.

Le Parti social-démocrate allemand (SPD) se serait bien passé de ce nouveau scandale. Début août, une élue Verte du Parlement régional de Basse-Saxe, Elke Twesten, quittait son groupe parlementaire majoritaire en claquant la porte pour aller rejoindre… la CDU d’Angela Merkel.

Ce faisant, l’élue provoquait un tremblement de terre politique à l’échelle régionale, obligeant le parlement de Basse Saxe – où la majorité SPD-Verts ne disposait que d’une courte majorité d’une voix – à se saborder pour convoquer des élections anticipées en octobre. L’épisode aurait pu rester cantonné aux pages locales de la presse allemande, mais il occupe le premier plan des pages politiques depuis près d’une semaine. En effet, à sept semaines des élections législatives du 24 septembre, l’affaire Elke Twesten rappelle que chez les Verts, un certain nombre d’élus ou de militants se sentent plus proches de la CDU que du SPD. Or Martin Schulz, le challenger social-démocrate d’Angela Merkel, aurait forcément besoin des Verts pour parvenir au pouvoir.

Pour l’heure, les chances de Martin Schulz d’accéder à la chancellerie sont des plus faibles : 52% des Allemands souhaitent voir Angela Merkel conserver son poste, contre 38% qui seraient favorables à Schulz. Lorsqu’on leur pose la question autrement, seuls 30% des Allemands seraient prêts à voter pour Schulz si le chancelier était élu au suffrage direct ; 52% voteraient pour Merkel. Les Verts, eux, sont stables, autour de 8% des intentions de vote.

Fréquentables

Depuis qu’Elke Twesten a franchi le Rubicon, la direction des Verts s’efforce de minimiser l’ampleur de l’affaire. «C’est une décision purement individuelle», condamnée par le parti, assure la tête de liste en vue des législatives, Katrin Göring-Eckardt. Reste qu’Elke Twesten est loin d’être la seule à flirter avec les conservateurs au sein des Verts allemands. Le soutien le plus célèbre à un tel rapprochement n’est autre que Winfried Kretschmann, seul ministre président d’un Land – le Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest du pays – et à ce titre l’une des pointures des Verts. Les deux partis ont également formé des coalitions au niveau régional en Hesse et en Saxe-Anhalt, dirigées dans les deux cas par la CDU.

Le temps où les Verts allemands tricotaient sur les bancs du Bundestag, sans cravate et chaussés de baskets blanches, au grand dam des conservateurs du pays, est bien révolu. Les Verts sont devenus fréquentables pour la CDU et à bien des égards, les points de friction semblent moins importants le parti et la CDU qu’avec le SPD.

Les Verts et les conservateurs se sont rapprochés sur les questions de sécurité, partagent un certain nombre de points de vue communs sur les réfugiés, n’ont plus trop de désaccords sur la politique familiale depuis qu’a été adopté le mariage pour tous et sont plutôt unis sur les questions environnementales. Les seules vraies divergences concernent la politique fiscale et, surtout, les relations entre les Verts et la petite sœur bavaroise et ultra conservatrice de la CDU, la CSU.

Nathalie Versieux,Berlin 10 août 2017

http://www.anti-k.org/

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07 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

bacheliers (basta!)

larent wauquiez

Des bacheliers reversent leur « bourse au mérite » accordée par Wauquiez à des associations

Des bacheliers fraîchement diplômés viennent de donner une leçon d’éthique à leur président de région, Laurent Wauquiez (LR). La région Auvergne – Rhône-Alpes accorde une « bourse au mérite » d’un montant de 500 euros aux bacheliers ayant obtenu la mention très bien, sans condition de revenu.

Dans une lettre ouverte publiée notamment sur Rue89 Lyon, une dizaine d’élèves du lycée Antoine de Saint-Exupéry à Lyon ont « décidé d’agir pour une région plus juste ».

« Nous refusons d’utiliser cette prime pour un usage personnel, d’autant que cette distribution de fonds publics se fait en parallèle d’un désengagement massif de la Région du secteur associatif, qui se traduit par un recul des services publics d’intérêt général », écrivent-ils. « Nous avons ainsi décidé de reverser les 500 euros que vous nous accordez à une association d’intérêt général. »

Dans leur lettre, les lycéens soulignent que cette prime est « injuste » dans la mesure où celle-ci est accordée « à des élèves sans doute favorisés dès le départ ».

6 000 lycéens pourraient être concernés par cette bourse, dont le coût est évalué à environ trois millions d’euros pour la région. Les bacheliers altruistes rappellent que de nombreuses associations à but non lucratif ont vu leurs subventions fortement baisser depuis l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence de leur région (notre enquête sur ces coupes budgétaires). Si les structures de promotion de l’agriculture biologique et paysanne sont particulièrement visées par ces baisses, c’est aussi le cas dans le domaine de la solidarité internationale, de la culture, de l’éducation à l’environnement, des droits des femmes… [1]

Les auteurs de la lettre ont décidé de faire don de leur bourse au mérite au Réseau Rhône-Ain-Saône, qui rassemble les MJC de l’Ain, du Rhône et de la métropole de Lyon.

Et appellent l’ensemble des nouveaux bacheliers d’Auvergne – Rhône-Alpes ayant reçu la mention « très bien » à se joindre à leur appel « en reversant eux aussi cette « bourse » illégitime à une des nombreuses associations actuellement mises en danger par la politique régionale ».

Contact des auteurs de la lettre : jeunesaura@gmail.com

Sophie Chapelle 5 juillet 2017

https://www.bastamag.net/

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06 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ivg (npa)

Contraception

Avortement : « La loi de 1975 est une loi de compromis »

Peux-tu revenir sur le contexte – on l’imagine rétrograde – du début des années 1970, au moment même de la lutte qui a abouti ensuite à la loi de 1975 dite loi Veil ?

Au niveau de l’avortement, c’était la loi de 1920 votée par une chambre « bleue horizon » qui était encore en vigueur : interdiction de tout avortement et de toute propagande en sa faveur, afin de repeupler la nation. Toute la droite restait donc très rétive à l’avortement. Les repré- sentations de « la femme » étaient tout à fait traditionnelles : elles devaient rester à la maison pour s’occuper des enfants, la pression de l’église réactionnaire était très importante…

Ce qui était révélateur de la période, c’est que par exemple la loi Neuwirth sur la contraception va être votée en 1967… mais les décrets d’application ne sortiront qu’en 1972. Il y avait évidemment une grande masse d’avortements clandestins. Les femmes qui avaient de l’argent avortaient en Suisse dans de bonnes conditions. Les autres le faisaient dans de bien piètres conditions, avec des conséquences médicales qui pouvaient être graves pour la santé. Mais de toute façon, une femme qui voulait avorter le faisait.

Ces derniers jours, on a à juste titre rendu hommage au courage personnel de Simone Veil qui s’est en particulier affronté à son propre camp, mais on a très peu abordé la mobilisation – pourtant essentielle – en faveur de l’avortement, avec en particulier le rôle joué par le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception)…

On était quelques années après Mai 1968 où il n’y avait pas eu de mouvement féministe à proprement parler. Symboliquement, le point de départ du Mouvement de libération des fem- mes (MLF) est le dépôt d’une gerbe à la femme du soldat inconnu à l’Arc de triomphe en août 1970. En avril 1971 est publié dans le Nouvel observateur le Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté, un premier geste de désobéissance civile : aucune signataire n’est poursuivie.

Il y a ensuite en octobre et novembre 1972 le procès de Bobigny, où une jeune fille de milieu ouvrier, Marie-Claire, est poursuivie pour avoir avorté après un viol, ainsi que sa mère, la « faiseuse d’ange » et deux femmes qui les ont aidées. L’avocate est Gisèle Halimi, et le procès devient un procès politique où est revendiqué l’avortement. Le verdict en demi-teinte est quasiment considéré comme une victoire : Marie-Claire et les deux femmes qui l’ont aidée sont relaxées et personne ne subit de prison ferme. Enfin, en février 1973, sort le Manifeste des 331 médecins qui déclarent avoir pratiqué des avortements, nouveau geste de désobéissance civile.

Dans la foulée, en avril 1973, est constitué le MLAC, en particulier pour assurer une protection au cas où il y aurait des inculpations de médecins. C’est lui qui sera le principal acteur de la mobilisation, une force très unitaire composée de féministes, d’avocates, du Planning familial, d’une bonne partie des organisations d’extrême gauche, de la MNEF, de la CFDT… Il y avait entre 300 et 400 comités, autonomes entre eux, sur tout le pays : on revendiquait le droit à l’avortement, on en pratiquait par la méthode Karman (par aspiration), on organisait des départs collectifs à l’étranger, notamment en Angleterre, pour avorter… Il y a aussi eu un film, interdit mais qui a circulé dans toute la France, Histoire d’A, pour montrer un avortement par la méthode Karman.  Et bien évidemment, il y a eu aussi de grandes manifestations. C’était un grand mouvement social de fond.

Du coup, le pouvoir est obligé de répondre, et donc de changer la loi.

Le 26 novembre 1974, quand Simone Veil prononce son premier discours à l’Assemblée nationale, avant de mettre en avant la question des femmes en détresse, les avortements clandestins, elle dit d’abord que la loi de 1920 est bafouée et qu’il faut rétablir l’ordre. En tant que femme de droite, elle était prise en étau entre un grand mouvement social et la droite réactionnaire. Le pouvoir a donc été obligé de légiférer. C’est dans ce contexte qu’elle a pu affronter, à l’Assemblée et en dehors, les fachos.

La loi de 1975 est une loi de compromis, très restrictive. Elle est votée cinq ans à l’essai et en 1979, il a fallu redescendre dans la rue. L’avortement n’est pas remboursé. Le délai très court est à dix semaines, neuf si on enlève la semaine de réflexion incompressible après les entre- tiens préalables obligatoires. Il y a des restrictions pour les étrangères qui doivent être rési- dentes depuis au moins trois mois pour pouvoir avorter. Pour les mineurEs, il faut l’autorisation des parents, et il y a une clause de conscience spéciale pour les médecins.

Il a donc fallu améliorer cette loi par la suite. On s’est donc remobilisé dans la rue en 1979 pour confirmer la loi, avec deux manifestations (une mixte et une non-mixte), avec un réel risque de retour en arrière. En 1982, il a fallu arracher au gouvernement de gauche le remboursement de l’avortement, Bérégovoy, alors ministre des Affaires sociales, était contre l’avortement. Et plus tard, on a obtenu de nouvelles améliorations en 2001 et 2014.

L’IVG est donc un droit qui existe aujourd’hui en France, mais quelles menaces planent sur celui-ci ?

La menace la plus importante est liée à la restructuration hospitalière, avec la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires). Elle a restructuré l’hôpital public, en fermant notamment des maternités de proximité dans lesquelles se trouvent souvent les CIVG (Centre d’interrup- tion volontaire de grossesse). De fait, cela pose des problèmes pour avorter. On réclame donc l’ouverture de centre IVG, la levée de la clause de conscience des médecins, et un accroissement des délais, même si on est passé à douze semaines.

Il reste aussi évidemment l’épée de Damoclès : les militants anti-­avortement qui n’ont jamais lâché, rentrant dans les CIVG, s’enchainant, détruisant les dossiers… La Cadac (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) a bien obtenu un délit d’entrave à l’IVG, mais dernièrement il y a encore « les Survivants », Xavier Dor et SOS Tout petit, ou Sens Commun. Soutiens de Fillon, ceux-ci sont une émanation de la Manif pour tous et ont choisi dans le cadre de la mobilisation contre le mariage de ne pas affirmer leur opposition à l’avortement… Mais ils sont bien entendu contre. Ceci dit, c’est complexe : Marine Le Pen, pour obtenir des suffrages féminins indispensables, a enlevé dans son programme présidentiel de 2017, toute référence à l’avortement… Tout en disant qu’elle enlèverait le délit d’entrave numérique à l’avortement si elle devenait présidente !

Au-delà de nos frontières, on voit que la mobilisation pour le droit à l’avortement reste aussi une nécessité. Quelles perspectives ?

En 2014, il y a eu une sérieuse menace sur le droit à l’avortement en ­Espagne, avec une riposte d’abord dans le pays puis dans toute l’Europe. À Paris, il y a eu 30 000 manifestantEs le 1er février 2014. Dernièrement, on s’est aussi mobilisé en Pologne où le gouvernement veut réduire une loi pourtant déjà très restrictive. Il y a des pays comme l’Irlande ou Malte où cela reste interdit, et beaucoup de pays où il y a tout types de menaces liées à l’austérité, comme en France. L’avortement n’est pas du ressort de l’Union européenne mais des législations nationales. C’est une question qui n’est pas dans la charte des droits fondamentaux.

De ces manifestations de soutien est né un appel, une pétition internationale, avec, autour du 28 septembre, des mobilisations dans toute l’Europe. En particulier, il y aura une grande manifestation à Bruxelles le 28 septembre, journée internationale de lutte pour l’avorte- ment, avec des délégations venues de toute l’Europe. Au-delà, la question des perspectives, notamment pour 2018, année d’élections européennes, reste posée.

Entretien. Après la disparition de Simone Veil, nous avons rencontré Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, pour parler de la lutte pour le droit à l’avortement et de son actualité.

Propos recueillis par Manu Bichindaritz

Mercredi 5 juillet 2017

https://npa2009.org/idees/

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Simone Veil, une femme libre et engagée, mais les symboles ne suffisent pas pour faire avancer les droits des femmes (NPA)

Disparition de Simone Veil (NPA)

Contraception et avortement : enjeux de luttes féministes 1956-1979 (ESSF)

Irlande du Nord. La loi anti-IVG condamne une femme à accoucher d’un fœtus mort (Révolution Permanente)

Loi Veil : un droit conquis par la lutte des femmes (Lutte Ouvrière)

Simone Veil : du côté de l’ordre social (Lutte Ouvrière)

Simone Veil, pour nous féministes Histoire d’un conquis : le droit à l’avortement (ESSF)

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14 juin 2017 ~ 0 Commentaire

échec (le monde)

lutte-des-classes

Education : « Les responsables de l’échec sont de retour »

L’ancien inspecteur général de l’éducation nationale Jean-Paul Delahaye dénonce, dans une tribune au « Monde », un projet qui reste fondé sur « l’objectif de tri et de sélection des meilleurs ».

TRIBUNE. Aujourd’hui, 44 % des jeunes d’une génération quittent le système éducatif avec un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est plus que nos voisins européens, et plus du double de la génération qui part à la retraite aujourd’hui. Le nombre des sorties annuelles sans qualification qui restait bloqué à 140 000 vient de passer à moins de 100 000. C’est le fruit d’une mobilisation générale et de politiques conduites dans la continuité.

Notre école ne va donc pas aussi mal qu’on le dit. Elle va même très bien pour une partie de la jeunesse. Les évaluations internationales nous montrent que nous avons une très bonne école, mais pour seulement la moitié de nos élèves issus majoritairement des classes moyen- nes et favorisées. Dans le même temps, 30 % des élèves, massivement issus des milieux populaires, sont en difficulté. Nous sommes le pays du grand écart.

La France de l’échec scolaire, terriblement inégalitaire, est dans son immense majo- rité issue des catégories défavorisées. Ce n’est pas le fruit d’un malheureux concours de circonstance. Cette situation est inhérente à un système qui n’a jamais été organisé pour faire réussir tous les élèves, mais qui est tout entier et historiquement concentré, y compris dans certains de ses choix budgétaires, sur l’objectif de tri et de sélection des meilleurs. Cette situation est insupportable, crée des dégâts humains, met le pacte républicain en danger, freine la croissance.

Sous couvert de pragmatisme

D’autres pays concernés par ces inégalités de réussite ont réagi très tôt, ont connu leur « PISA Choc » [Programme international pour le suivi des acquis], et ont vu leur situation s’améliorer de 2003 à 2012, l’Allemagne notamment.

La France a longtemps tergiversé, préférant dénigrer le thermomètre, et a pris de 2002 à 2012 l’exact contre-pied de ce qu’il aurait fallu faire:

En supprimant 80 000 postes y compris en éducation prioritaire, mais en créant les internats d’excellence, action compassionnelle pour les « méritants », ceux que Ferdinand Buisson [(1841-1932), auteur d’un Rapport sur l’instruction primaire en 1873, directeur de l’enseigne- ment primaire du ministère de l’instruction publique de 1879 à 1896, prix Nobel de la paix en 1927] appelait « les exceptions consolantes » ;

En tentant de sortir certains élèves du tronc commun de formation avec l’apprentissage junior à 14 ans ;

En supprimant une matinée de classe en primaire ;

En divisant par trois la scolarisation des enfants de moins de trois ans ;

En supprimant la formation professionnelle des enseignants, mais en dotant les débutants d’un DVD de prise de fonction ; en dénonçant le « pédagogisme », alors que les enseignants français sont les enseignants de l’OCDE qui s’estiment à juste titre les moins formés en pédagogie, pour ne prendre que quelques exemples de politiques ayant aggravé notre situation.

Ce sont les équipes qui ont travaillé à cette régression qui sont aujourd’hui de retour rue de Grenelle. Sous couvert de pragmatisme, sont annoncées des premières mesures prises sans concertation véritable et encore moins d’évaluation de ce qui a été fait précédemment. Ce qui n’empêche pas de se déclarer fier de ne pas passer par la loi et de déclarer vouloir en finir avec les injonctions qui viennent du ministère, ce qui est assez incroyable à entendre compte tenu de ce qui est en train de se passer.

Dysfonctionnements

(…) une loi suscite un débat public (trois mois de concertation en 2012 puis un débat parlementaire pour la loi de refondation de 2013). Ce qui n’est évidemment pas le cas des décisions prises actuellement certes accompagnées d’une communication rassurante, mais qui sont un bel exemple de décisions autoritaires prises au sommet.

(…) la réussite scolaire de tous se heurte inévitablement à des intérêts particuliers qui n’ont pas forcément besoin et donc envie que l’école se transforme. Les dysfonctionnements de notre système éducatif ne nuisent pas à tout le monde.

Pourquoi sommes-nous le seul pays au monde à avoir infligé en 2008 aussi facilement et sans concertation une semaine de quatre jours aux enfants de notre école primaire et pourquoi est-ce si difficile, chez nous seulement, de remettre en place une scolarité sur cinq jours de classe pratiquée partout ailleurs dans le monde ? En réalité, une partie de la population qui peut compléter le travail de l’école grâce à son capital social et culturel, vit très bien avec la semaine de quatre jours. Mais qu’en est-il de tous les autres ?

Priorité au primaire

Comment expliquer que cette avancée démocratique que représente une deuxième langue vivante offerte à tous les enfants en 5e et plus seulement à quelques-uns en 6e soit autant combattue par certains ? Qui cela peut-il gêner ? Peut-être ceux qui utilisaient les langues vivantes pour séparer leurs enfants des enfants des autres dès la classe de 6e, mais qui ne peuvent évidemment avancer cet argument à visage découvert et qui préfèrent parler de nivellement par le bas.(…)

Comment expliquer le fait qu’on ait pu diviser par deux les fonds sociaux des établissements destinés aux élèves des familles populaires de 2002 à 2012 et qu’on ait pu, sur la même période, augmenter de 50 % certains crédits destinés aux classes préparatoires aux grandes écoles ?

Il n’y a pas eu alors de grève, pas de manifestation, pas de pétition pour protester. Alors que la moindre modification des programmes de la série S des lycées affole tous les journaux télévisés de 20 heures.

Qui sont vraiment les assistés et que penser de cette solidarité à l’envers où les économies faites sur les plus démunis servent à préserver les positions acquises par les « élites » ? Peut-on dans ce cas parler d’intérêt général ?(…)

Position dominante

(…) Une des difficultés rencontrées pour réformer l’école vient du fait que les intérêts parti-culiers portés à la conservation d’un système qui fait si bien réussir leurs enfants, se retrouvent sur les deux côtés de l’échiquier politique et s’expriment beaucoup dans les médias, savent se faire entendre, défendent les positions acquises y compris s’agissant des choix budgétaires, et ont un pouvoir de retardement des réformes, voire de blocage.

Le plus désolant sans doute c’est que les mesures annoncées répondent aux demandes de certaines élites sociopolitiques, quel que soit par ailleurs leur positionnement politique, à droite, au centre ou à gauche. Celles-ci veulent conserver leur position dominante dans le système éducatif. Elles visent plus à restaurer pour les leurs qu’à refonder pour tous.

Jean-Paul Delahaye

Ancien directeur général de l’enseignement scolaire et chargé de mission au cabinet du ministre de l’Education nationale Jack Lang de 2001 à 2002.

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13 juin 2017 ~ 0 Commentaire

législatives (anti-k)

merci gauche

Quel impact sur les finances des partis?

Les partis politiques touchent des aides annuelles pour chaque bulletin de vote attribué à leurs candidats au premier tour, puis pour chaque élu. L’abstention record et l’ascension de LREM annoncent de lourdes pertes financières pour le PS et Les Républicains.

Outre la bataille politique, les législatives sont un enjeu majeur pour le financement des partis.

En effet, depuis la loi du 11 mars 1988, l’État accorde chaque année, sous certaines condi-tions, une subvention directe aux formations politiques. Initialement, cette aide était circonscrite aux seuls partis représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat. Son montant était alors déterminé chaque année par la loi de finances et réparti entre les formations politiques propor- tionnellement au nombre de parlementaires déclarant s’y rattacher. Mais depuis la loi du 15 janvier 1990, cette aide a été élargie aux partis dont les candidats ont obtenu, lors du premier tour des élections législatives, au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions. Une fraction minorée en cas de méconnaissance des règles favorisant la parité entre hommes et femmes.

Une prime aux bulletins et au nombre d’élus

Concrètement, cela signifie que pour chaque bulletin déposé dans l’urne au premier tour des élections législatives, les principaux partis politiques français reçoivent chaque année 1,42 euro. Selon le décret paru au Journal officiel le 4 février 2016, cette première aide publique a représenté 28,8 millions d’euros en 2016. Les votes rapportent donc gros aux partis, qui ont tout intérêt à présenter le maximum de candidats possible aux élections législatives.

La seconde partie de cette aide est attribuée proportionnellement au nombre de députés et de sénateurs élus pour chaque parti.

Le rattachement d’un parlementaire ouvre ainsi le droit au versement d’une aide annuelle d’un montant de 37.731,14 euros. Au total, en 2016, les principaux partis ont ainsi bénéficié, via leurs représentants à l’Assemblée, de 34,3 millions d’euros. Une somme qui justifie notamment que les «nouveaux nés» (La République en Marche, La France insoumise) aient pris soin que leurs candidats se déclarent sous leur étiquette à la préfecture. Car si la double investiture est permise, un seul rattachement peut être officiellement déclaré. Une subtilité juridique à l’origine de nombreuses discordes entre groupements politiques, comme l’ont montré les récentes batailles d’étiquetage entre La France insoumise et le Parti communiste, ou la République en marche et le MoDem.

La curée pour le PS

Le Parti socialiste et Les Républicains étaient jusqu’à présent les deux destinataires les plus importants des aides publiques accordées aux partis. Pour l’ancien parti majoritaire, le montant cumulé des deux indemnités atteignait en 2016, 24,9 millions (10 millions d’euros pour la pre- mière fraction, 14,9 millions pour la seconde), pour 398 élus (députés et sénateurs). Chez Les Républicains, ce montant s’élevait à 18,5 millions d’euros (6 millions d’euros pour la première, 12,5 millions pour la seconde), avec 334 élus au total. Le montant cumulé accordé à ces deux partis représentait ainsi 69% de l’aide publique totale versée, les huit autres partis politiques éligibles au plan national se partageant le reste proportionnellement au nombre de parlemen-taires élus et au nombre de voix recueillies lors du premier tour des élections législatives de 2012.

Au vu des premières estimations, la facture s’annonce donc extrêmement salée pour les deux anciens partis majoritaires, qui devraient subir le double impact d’une abstention record (51,29 %, contre 42,8% en 2012) et de l’ascension fulgurante de La République en Marche.

Selon les chiffres définitifs publiés par le Ministère de l’Intérieur, le PS aurait ainsi obtenu 1.685.808 suffrages au premier tour, contre 7.952.895 en 2012. Conséquence: la première part de l’aide publique de l’ancien parti majoritaire devrait passer de 10 millions d’euros par an à environ 2,4 millions par an. Un montant qui pourrait encore être minoré si la parité hommes femmes n’est pas respectée. Quant à la seconde partie de l’aide accordée à l’État, elle devrait donc être largement amputée du fait de la diminution du nombre de sièges obtenus à l’Assem- blée, entre 15 et 25 selon les estimations. Le montant de l’aide devrait donc osciller entre 570.000 et 940.000 euros, contre 10,9 millions en 2016.

Les Républicains touchés dans une moindre mesure

Quoique conséquente, la baisse attendue des aides d’État aux LR devrait être moins specta- culaire. Le parti a obtenu 3.573.398 voix au premier tour, ce qui portera la première fraction de l’aide d’État qui lui est accordée à environ 5 millions d’euros par an, contre 6 millions en 2016, sans compter la minoration induite par le non-respect du principe de parité. L’effet de ces élections devrait davantage se faire sentir sur la deuxième fraction de cette aide. Les estima- tions créditent Les Républicains et leurs alliés: UDI et DV, de 95 à 132 sièges au Palais Bourbon. Le groupe récolterait donc de 3,6 millions d’euros à 5 millions d’euros, à répartir entre les trois factions, contre 7,4 millions en 2016.

Jackpot total en revanche pour le dernier-né, La République en marche, qui devrait désormais très largement profiter des aides accordées par l’État aux partis politi- ques. En récoltant 6.390.871 voix au premier tour, soit 28,21% des suffrages exprimés, le parti d’Emmanuel Macron s’assure une première aide annuelle d’un montant d’environ 9,1 millions d’euros. Selon les estimations du Figaro, la majorité présidentielle, constituée des élus La République en marche et du Modem, pourrait obtenir entre 400 et 440 sièges à l’Assemblée, ce qui représenterait une aide publique oscillant entre 15,1 millions d’euros et 16,1 millions d’euros, à répartir entre le Modem et La République en marche.

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Remboursement des frais de campagne pour celles et ceux qui ont obtenu plus de 5 % des voix

Les dépenses sont plafonnées à 38 000 €, plus 0,15 € par habitant de la circonscription. Ce plafond est actualisé chaque année en fonction de l’indice du coût de la vie. La loi de finances pour 2012 et la loi organique du 28 février 2012 ont gelé ce plafond jusqu’au retour à l’équilibre des finances publiques. Une entreprise ne peut pas contribuer à une campagne et les dons des particuliers sont plafonnés.

L’État rembourse les dépenses de propagande (tracts officiels, affiches sur panneaux électoraux et bulletins), ainsi qu’un forfait des dépenses effectives, limité à la moitié du plafond des dépenses, à chaque candidat ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés au premier tour.

Commentaire:

Même si jlm2017 espérait beaucoup mieux, jackpot pour la France insoumise avec 1,42 euro versé par voix, soit environ 3,5 millions d’euros chaque année sur le compte de la FI sur cette ligne budgétaire… Quelques 550 remboursements de frais de campagne à environ 30 000 euros par candidat permettent d’ajouter : 16,5 millions d’euros. Au moins, l’électoralisme, s’il ne permet jamais d’accéder au « pouvoir » paie ceux qui respectent ses codes… Il  permet de financer une nouvelle bureaucratie, la politique institutionnelle, c’est d’abord un business,

lefigaro.fr  Elena Scappaticci  12/06/2017

http://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Faire de la politique ou vivre de la politique

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08 juin 2017 ~ 0 Commentaire

code du travail (à l’encontre.ch)

tome1

Macron-Philippe-Pénicaud «ordonnent» le détricotage du Code du travail

La présidence jupitérienne d’Emmanuel Macron occupe le terrain médiatique et politique en imposant – au travers d’une dite concertation – une loi El Khomri XXL (Loi travail).

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a du métier.

A l’époque du gouvernement d’Edith Cresson (mai 1991-avril 1992), sous la présidence Mitterrand, Muriel Pénicaud conseillait Martine Aubry, ministre du Travail et de l’Emploi de 1991 à 1993, avant d’occuper le poste de N° 2 de 1997 à 2000, sous Lionel Jospin. Autrement dit «le monde» syndical, elle connaît.

Les entreprises privées de même: elle est de mèche avec le patron de Danone, Franck Riboud, passe chez Dassault Systèmes – la crème de la modélisation, entre autres dans l’armement –, puis revient chez Danone. Un pied dans le public et un dans le privé: donc une icône de la «société civile». Plus simplement il s’agit de non-professionnels de parti qui ont baigné et baignent directement dans le monde de l’entreprise dont la maxime «l’efficacité» est l’efficacité. Ces derniers représentent le vecteur pratique à l’instauration de la gouvernance, c’est-à-dire une gestion entrepreneuriale d’une grande partie du champ étatique.

La participation de la future ministre du Travail au Conseil économique, social et environnemental, présidé par Patrick Bernasconi (secteur de la construction, membre du Medef) a densifié son réseau.

D’autant plus qu’elle fut, depuis 2014, à la direction de Business France – qui dépendait de ministère de Macron, sous Hollande – spécialisée dans la promotion des exportations fran- çaises. Et de même de la «hausse de la rémunération» de sa directrice. Il faut savoir se concerter et se contenter. Muriel Pénicaud a organisé la French Tech Night à Las Vegas, en janvier 2016. Une soirée à 300 000 euros éclairée par la présence du candidat Macron et mettant en lumière les liaisons de travail de la futures ministre: du directeur de la SNCF, Guillaume Pépy – dit Pépoui depuis la récente régénération des TGV en InOui –, au patron de Solvay en passant par celui d’Havas.

• Avec le team Macron-Philippe-Pénicaud la «concertation» est bien partie, avant les législatives.

Pourquoi attendre. Un deuxième tour des législatives – simultanément à «une co-construction» (sic) d’un nouveau «droit du travail» – ne pourrait-il pas alléger la peine d’un «troisième tour social? La politique du clan privé-public Macron consiste à maîtriser au maximum l’agenda et sa pendule sur une question décisive en France: le Code du travail et la Sécurité sociale.

(Rédaction A l’Encontre Alencontre le 8 – juin – 2017

http://alencontre.org/

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01 juin 2017 ~ 0 Commentaire

manifs (amnesty)

fracturation

France. Répression abusive des manifestations sous couvert de lutte contre le terrorisme

Des pouvoirs conçus pour lutter contre le terrorisme ont régulièrement été utilisés de manière abusive pour limiter les manifestations pacifiques, comme l’expose le nouveau rapport d’Amnesty International.

Le rapport Un droit, pas une menace. Restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence en France révèle que des centaines de mesures non justifiées restreignant le droit de circuler librement et le droit à la liberté de réunion pacifique ont été imposées sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

« Les lois d’exception conçues pour protéger la population française contre la menace terroriste ont à la place été utilisées pour restreindre son droit à manifester pacifiquement », a déclaré Marco Perolini, chercheur d’Amnesty International sur la France.

« Sous couvert de l’état d’urgence, des centaines de militants, défenseurs de l’environnement et militants pour les droits des travailleurs ont été privés de leur droit de manifester, lorsqu’il leur a été interdit, sans raison, de participer à des manifestations. »

En réaction aux attentats meurtriers de Paris du 13 novembre 2015, la France a déclaré dès le lendemain l’état d’urgence, qui a depuis été renouvelé cinq fois, normalisant ainsi toute une gamme de mesures intrusives. Celles-ci comprennent le pouvoir d’interdire des manifestations pour des motifs vagues et celui d’empêcher des personnes d’assister à des manifestations. La semaine dernière, le président Emmanuel Macron a indiqué qu’il allait demander au parlement de le prolonger une sixième fois.

L’état d’urgence autorise les préfets à interdire tout rassemblement par mesure de précaution pour le motif très large et vaguement défini de « trouble à l’ordre public ». Ces pouvoirs permettant de restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique ont souvent été utilisés de manière disproportionnée.

Entre le mois de novembre 2015 et le 5 mai 2017, les autorités ont eu recours aux pouvoirs d’urgence pour signer 155 arrêtés interdisant des rassemblements publics, tout en interdisant également des dizaines de manifestations en vertu du droit commun français. Elles ont également imposé 639 mesures interdisant à certaines personnes précises de participer à des rassemblements publics. Sur ces mesures, 574 ont visé des personnes manifestant contre la proposition de réforme du droit du travail (Loi travail). En outre, selon les médias, les autorités ont imposé des dizaines de mesures similaires afin d’empêcher certaines personnes de participer à des manifestations après le second tour des élections présidentielles le 7 mai.

L’un des manifestants contre la Loi travail a déclaré à Amnesty International : « On a l’impression qu’ils se servent de tout moyen à leur disposition pour taper sur ceux qui s’engagent le plus dans le mouvement. »

Charles, jeune étudiant domicilié à Paris, s’est vu interdire de participer à deux manifestations organisées contre la Loi Travail au motif qu’il avait précédemment été arrêté, sans pour autant être inculpé, lors d’une manifestation. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’avaient accusé de faire partie de gens violents… J’avais l’impression d’avoir été traité comme un terroriste, comme quelqu’un de dangereux. »

Ces restrictions bafouent la présomption, en vertu du droit international, selon laquelle une manifestation doit être présumée pacifique à moins que les autorités ne puissent démontrer le contraire. Les manifestations sont ainsi considérées comme une menace potentielle plutôt que comme un droit fondamental.

Nombreux pourtant sont ceux qui ont continué de manifester au mépris des restrictions imposées au titre de l’état d’urgence. Toutefois, les personnes ayant bravé ces restrictions ont souvent été confrontées à un recours à une force non nécessaire et excessive par les forces de sécurité. Des matraques, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène ont été utilisés contre des manifestants pacifiques qui ne semblaient pas menacer l’ordre public.

Si certaines personnes impliquées dans ces rassemblements publics ont effectivement commis des actes de violence, des centaines, si ce n’est des milliers, de manifestants ont souffert de blessures aux mains de la police. Les Street Medics, un mouvement informel de secouristes, estiment que rien que dans la ville de Paris près de 1 000 manifestants ont été blessés par la police au cours de manifestations contre la Loi Travail. Amnesty International a pu visionner des preuves filmées montrant quatre policiers frappant à coups de pieds et de matraque Paco, un élève de 16 ans, avant de l’arrêter. Deux témoins ont déclaré à Amnesty International que Paco n’avait commis aucun acte de violence lorsqu’il a été attaqué par la police.

Jean-François, un étudiant de 20 ans qui a perdu son œil gauche lorsqu’il a été touché par une balle en caoutchouc tirée par la police, a déclaré à Amnesty International : « J’ai beaucoup de colère. Avant je faisais assez confiance à la police. »

« En abaissant considérablement le seuil à franchir pour pouvoir restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique, l’état d’urgence mis en œuvre en France a donné lieu à une utilisation abusive flagrante de ce qui était conçu pour être des mesures d’exception visant à lutter contre le terrorisme. Des personnes qui exerçaient pacifiquement leur droit de réunion ont été prises dans le vaste filet de la lutte contre le terrorisme », a déclaré Marco Perolini.

« Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis de protéger le droit de manifester en France. Maintenant qu’il est président, sa parole doit se concrétiser par des actions. Alors que les lignes de bataille commencent déjà à être tracées entre le nouveau président et les syndicats au sujet de la réforme du droit du travail, le président Emmanuel Macron doit mettre fin à l’utilisation abusive des pouvoirs antiterroristes pour restreindre les manifestations pacifiques et mettre un terme à la spirale dangereuse et vertigineuse vers un état d’urgence permanent dans laquelle la France est en train de s’enfoncer. »

Complément d’information

En France, l’état d’urgence autorise les préfets à interdire tout rassemblement par mesure de précaution pour le motif très large et vaguement défini de « trouble à l’ordre public ». Ces pouvoirs permettant de restreindre le droit à la liberté de réunion pacifique ont souvent été utilisés de manière disproportionnée.

Les interdictions de rassemblements publics ont souvent été justifiées par les autorités au motif qu’elles manquaient d’effectifs pour assurer le maintien de l’ordre. Les autorités avancent qu’elles doivent employer leurs ressources en priorité pour lutter contre la menace d’attentats contre la population. Cependant, l’utilisation de stratégies mobilisant des ressources policières considérables pour confiner des manifestants pacifiques remet en cause cette explication.

Des observateurs d’Amnesty International ont assisté à une manifestation pacifique à Paris le 5 juillet, au cours de laquelle la police a confiné des centaines de personnes sur le pont de la Concorde durant plusieurs heures, une tactique qui demande des ressources policières considérables.

31 mai 2017

https://www.amnesty.org/

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01 juin 2017 ~ 0 Commentaire

législatives (jdd)

en marche

Ces candidats En Marche qui posent problème

Ces derniers jours, plusieurs candidats de La République en marche ont fait parler d’eux car ils ne correspondent pas aux critères stricts défendus par le mouvement d’Emmanuel Macron. Environ 15.000 candidatures à la députation ; une pré-sélection, suivie de plusieurs passages par la commission d’investiture, dirigée par Jean-Paul Delevoye (qui lui-même aurait un poblème NDBlog)…

Des critères stricts : renouvellement avec 50% de candidats issus de la société civile, aucun candidat dont le casier judiciaire n’est pas vierge ou qui a déjà été condamné à une peine d’inéligibilité. Emmanuel Macron affirmait vouloir « changer les usages et les visages ». Impos- sible pour autant de tout contrôler? Plusieurs affaires ont montré ces derniers jours que certaines personnes investies étaient passées entre les mailles du filet. Notamment parmi les candidats moins connus et/ou issus de la société civile. Le mouvement La République en marche doit examiner plusieurs cas. Voici une liste non-exhaustive.

Quand Olivier Serva estimait que l’homosexualité était une « abomination »

« Pour moi, être tolérant, ce n’est pas accepter l’intolérable. » Dans une vidéo de 2012 dénichée par Streetpress, Olivier Serva, candidat aux législatives en Guadeloupe pour La République en marche, qualifie l’homosexualité d’ »abomination ».  »Pour le chrétien que je suis, quand je lis la Bible, l’hétéronomie, il est écrit que quand un homme couche avec un homme ou qu’une femme couche avec une femme, c’est une abomination », développe-t-il dans le cadre d’un débat sur le mariage pour tous diffusé par la chaîne Guadeloupe 1ere.

Contacté par le site de France Info, Olivier Serva est un peu embarrassé : « Ces propos sont sortis de leur contexte [...] A l’époque, j’avais fait valoir mes convictions. » Et d’assurer que « de l’eau a coulé sous les ponts », que « la loi est passée » et qu’il « respecte le mariage pour tous ». Le candidat indique même : « Je n’ai jamais été homophobe, j’ai beaucoup d’amis homosexuels. »

Dans le Var, Emilie Guerel accusée par le candidat de droite d »escroquerie »

Jean-Pierre Colin, candidat aux législatives dans la 7e circonscription du Var sous l’étiquette de « la droite et du centre » (il n’est toutefois pas le candidat LR-UDI), a déposé plainte lundi contre la candidate de la République en marche, Emilie Guerel, pour « escroquerie et fraude à la Sécurité sociale », a-t-on appris mercredi auprès de l’avocat du plaignant.  »Il est avéré des informations que nous avons recueillies que Mme Guerel s’est placée en arrêt maladie pour pouvoir faire campagne, d’abord lors de la présidentielle puisqu’elle a assisté à la plupart des meetings de M. Macron, et ensuite pour sa propre campagne législative », a déclaré à l’AFP Me Lionel Moroni. La plainte déposée auprès du tribunal de grande instance de Toulon est une « plainte contre X avec personne dénommée », en l’occurrence Mme Guerel, a-t-il précisé.

Interrogée par l’AFP, Mme Guerel, 33 ans, professeure d’anglais, reconnaît avoir été en arrêt maladie « de janvier à début mai 2017″, mais réfute avoir participé à tous les meetings d’Emma- nuel Macron comme l’affirme son concurrent. Elle indique avoir effectivement assisté à des meetings, essentiellement le week-end, dans le cadre de sorties autorisées, et précise avoir, « la plupart du temps, exercé une activité bénévole » depuis chez elle pour le mouvement En Marche et non à proprement parler une activité militante sur le terrain.

A Toulouse, Pierre Cabaré déclaré inéligible en 2003

La République en marche a décidé dimanche de suspendre la candidature de Pierre Cabaré, investi dans la 1ère circonscription de Haute-Garonne. La raison? Il avait été condamné en février 2003 à une peine d’inéligibilité d’un an pour ses comptes de campagne de candidat aux législatives de 2002 sous l’étiquette Cap21 ( Mouvement de Corinne Lepage NDB), selon une décision du Conseil constitutionnel. A l’époque, il n’avait ni compte bancaire spécifique, ni mandataire financier.

« Il ne s’agit pas d’un mensonge par omission », s’est défendu lundi soir sur le plateau du 19/20 Midi-Pyrénées Pierre Cabaré, en brandissant son casier judiciaire vierge. « C’est une condam- nation administrative qui est franchement mineure. […] Je n’ai pas volé de l’argent à qui que ce soit, je crois véritablement qu’il n’y a pas eu fraude », a expliqué le candidat, qui ne compte pas arrêter sa campagne. « Je la maintiens bien entendu. » Pierre Cabaré devrait être entendu dans les prochains jours par la commission nationale d’investiture.

A Saint-Denis, Véronique Avril louait un logement insalubre

L’information a été révélée lundi par Mediapart. Investie dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis par La République en marche, Véronique Avril a acheté en 2011, puis loué « à un prix exorbitant », un appartement de 23 m² dans un immeuble « classé depuis des années en état de péril imminent ». « La mairie nous avait dit qu’elle procédait aux travaux », se défend aujourd’hui la candidate. Ce que nie la municipalité. Véronique Avril indique aussi que depuis trois ans, elle ne touche plus le loyer réclamé pour cet appartement. Reste que l’arrêté d’insa- lubrité n’a pas été levé et qu’en vertu de l’article L-521-2 du code de la construction et de l’habitation, les locataires n’ont pas à payer de loyer. Un loyer qui, en plus, était plus élevé (650 euros par mois, charges comprises) que ceux pratiqués dans la ville de Saint-Denis, selon Mediapart. « La famille locataire ne voulait pas partir. Ils ont été violents, ont changé la serrure. Je m’estime victime », plaide la candidate La République en marche.

« Le Président Emmanuel Macron souhaite une grande loi de moralisation de la vie politique. Je partage aujourd’hui cette volonté. Aussi, […] il m’apparaît inimaginable que Madame Avril puisse se maintenir », écrit le député socialiste sortant de cette circonscription Mathieu Hanotin dans un communiqué. Ce dernier a reçu le soutien de Benoît Hamon ou encore des anciennes ministres du Logement Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse.

Dans un communiqué, La République en marche a tenu « à préciser qu’à sa connaissance la candidate n’a pas été condamnée et qu’à ce jour aucune plainte n’a été déposée contre elle ». « Néanmoins, dès qu’elle en a été informée, La République en marche a saisi le comité d’éthi- que qui statuera dans les meilleurs délais sur la situation de Mme Avril », ajoute le parti d’Emmanuel Macron.

Une autres candidate de cette circonscription : Catherine Billard (NPA)

Claire O’Petit a-t-elle sollicité une candidature FN en 2014?

Selon Le Parisien, la candidature de Claire O’Petit dans la 5e circonscription de l’Eure sur- prend au Front national. La chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC avait demandé « d’être investie en position éligible sur la liste de Nicolas Bay en Normandie » lors des élections régionales de 2015, d’après un cadre du FN cité par le quotidien. Mais si Claire O’Petit recon- naît avoir déjeuné avec Gilbert Collard, « un copain » lui aussi chroniqueur aux Grandes Gueules, elle précise que Nicolas Bay « est arrivé inopinément » lors de ce repas. « Jamais nous n’avons parlé d’investiture », assure la candidate.

Le choix de cette dernière par En Marche avait déjà provoqué une levée de boucliers dans la circonscription. Plusieurs militants avaient saisi mi-mai la commission d’éthique et la commis- sion nationale d’investiture estimant que Claire O’Petit ne remplissait pas le critère de renou- vellement, ayant déjà été candidate en 2007 et 2012 sous l’étiquette MoDem. Certains de ses propos sur RMC étaient aussi jugés « outranciers », selon leur lettre publiée par Le Lab.

Par ailleurs, selon les informations de RTL, Claire O’Petit aurait eu affaire à la justice : elle aurait été condamnée en 2016 par le tribunal de commerce de Bobigny à cinq ans d’inter-diction de diriger toute entreprise commerciale ou artisanale après la liquidation judiciaire de son entreprise de défense des commerces de proximité. « Condamnation pour faute de gestion notamment », précise la radio. La candidate a fait appel de cette décision.

30 mai 2017

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Montpellier : la candidate LREM Stéphanie Jannin visée par une enquête (Anti-k)

 

Commentaire: C’est bien sûr pire au FN où il y en a un condamné pour agression armée!

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31 mai 2017 ~ 0 Commentaire

fric (npa)

ferrand 2e tour

Corruption, morale et loi du fric…

Le Canard enchaîné a révélé que Richard Ferrand, ex-député PS soutien de Macron et nouveau ministre, avait employé son fils comme attaché parlementaire pour 8 000 euros brut et aidé les affaires immobilières de sa compagne alors qu’il dirigeait les Mutuelles de Bretagne.

Pour ouvrir un centre de soins à Brest, il a ainsi fait appel à une société immobilière appartenant à sa compagne. Grâce à une promesse de location, cette dernière a pu obtenir un prêt bancaire équivalent à la totalité du prix de ces locaux « en mauvais état ». Outre une rénovation complète des locaux aux frais de la mutuelle – pour 184 000 euros –, la valeur des parts de la SCI « a été multipliée par 3 000 » six ans plus tard. Bref, une bonne opération…

Le porte-parole de La République en marche, Benjamin Griveaux, relativise : « La moralisation de la vie publique concerne l’argent public. Là,c’était de l’argent privé ». Si c’est privé, alors que dire ?

Marielle de Sarnez, elle aussi ministre, à qui un journaliste demandait « Doit-il démissionner ? », a répondu : « C’est son affaire… ». Une solidarité ministérielle plutôt faible de la part de cette amie d’un Bayrou silencieux sur cette affaire… tout occupé qu’il est à préparer sa loi de «moralisation de la vie publique» !

Tout aussi silencieux sur le cas de cette même De Sarnez, soupçonnée par la justice d’emplois fictifs. Elle est visée par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour « abus de confiance », tout comme 18 autres eurodéputés français, cela suite à une dénonciation de l’eurodéputée Front national Sophie Montel. Une petite vengeance du FN mis en accusation, lui, pour un montant de près de cinq millions d’euros…

On apprend aussi au détour de la campagne que la candidate de La République en marche dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui se présente comme une « humanitaire en politique » (!), y a acheté un appartement en 2011 dans un immeuble insalubre classé depuis des années en état de péril imminent, puis a loué son bien – ce qui est en soi illégal – à un prix exorbitant.

La loi sur la moralisation sera bien à l’image de ses auteurs : une pitrerie prétendant poser un voile hypocrite sur la corruption généralisée d’un système où privilèges et sinécures sont le but des luttes politiciennes. Les mêmes qui prêchent l’austérité, et justifient les licenciements, les fermetures d’usines, le chômage et la misère… Leur morale n’a rien à en dire !

Mercredi 31 mai 2017 Yvan Lemaitre

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Affaire Ferrand : « Les relations entre M. Ferrand et la direction des Mutuelles sont toujours très étroites » (Le Monde)

L’affaire Ferrand : un cas d’école (Lute Ouvrière)

La République en Marche se casse la gueule Affaires Ferrand : la justice ouvre une enquête ! (Révolution Permanente)

Meurtres et gros sous Retour sur l’effroyable affaire qui vaut à Balladur une « mise en examen » (RP)

 

parquet

ccaan

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30 mai 2017 ~ 0 Commentaire

oui, pourquoi? (osons causer)

 

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