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29 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

l’ufc-que choisir s’inquiète des quantités de médicaments prescrits aux personnes âgées (france tv)

l'ufc-que choisir s'inquiète des quantités de médicaments prescrits aux personnes âgées (france tv) dans Handicap medicament-sympa

L’association estime que certains médicaments prescrits sont « inefficaces », voire « potentiellement dangereux », dans une étude publiée mercredi 28 janvier.

Les personnes âgées au bord de l’overdose. L’association UFC-Que Choisir s’inquiète des fortes quantités de médicaments prescrites aux personnes âgées en France, dans une étude publiée mercredi 28 janvier.

L’association a analysé près de 350 ordonnances contenant au moins cinq lignes de prescription (médicaments et autres dispositifs, comme les appareils pour mesurer le diabète), à destination de patients d’au moins 75 ans. En moyenne, « les ordonnances collectées contenaient 8,6 médicaments, avec un maximum de 21 médicaments pour une seule personne », relève l’UFC-Que Choisir.

Des médicaments « potentiellement inappropriés » Parmi elles, « près de quatre sur dix sont potentiellement dangereuses pour les patients âgés », c’est-à-dire qu’elles contiennent au moins un médicament « potentiellement inapproprié » aux personnes âgées, s’alarme l’UFC.

Ainsi, les somnifères et les tranquillisants retrouvés dans une ordonnance sur quatre, exposent à des « risques de somnolence, des troubles de la mémoire, (…) et des chutes », souligne l’enquête. De même, certains antidépresseurs ou anti- spasmodiques, prescrits dans une ordonnance sur dix, « peuvent nuire gravement au confort de vie, voire aggraver des problèmes existants » chez les seniors.

L’UFC demande ainsi que la « déprescription » soit « incluse dans les critères de rémunération à la performance des médecins, et que la Haute autorité de santé fasse de ce sujet une priorité de travail ». « Au-delà des enjeux sanitaires, la surprescription a un coût pour notre système de Sécurité sociale », fait-elle valoir, rappelant que les dépenses de médicaments ont atteint 33,5 milliards d’euros en 2013. Par Francetv info avec AFP

Mis à jour le 29/01/2015 | 09:48 , publié le 29/01/2015 | 08:47

http://www.francetvinfo.fr/sante/l-ufc-que-choisir-s-inquiete-des-quantites-de-medicaments-prescrits-aux-personnes-agees_809953.html

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26 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la maternité de carhaix malgré ses 252 acouchements n’est pas concernée par les restructurations (fr3)

la maternité de carhaix malgré ses 252 acouchements n'est pas concernée par les restructurations (fr3) dans Carhaix Kreiz Breiz a66b7461642701487c4161e06f863237_QB180712

Le gouvernement doit lancer un plan de restructuration des maternités, recommandent les sages (sic!) de la cour des comptes.

Une petite quinzaine d’établissements sont dans son collimateur dont  la maternité de Carhaix, Ce qui a eut l’effet d’une bombe dans La Citée du Poher. « Une nouvelle étape de restructuration des maternités est à la fois inévitable et nécessaire » estime la Cour des comptes

«La faiblesse des interventions des pouvoirs publics confine à la passivité et revient à attendre des accidents graves pour engager des restructurations ponc- tuelles» Entre les lignes, la Cour des comptes reproche aux gouvernements de ne fermer des maternités déficientes que lorsque des drames surviennent, comme à Orthez en septembre où une mère était décédée lors de son accouchement.

Si la Cour des comptes est si sévère, c’est parce que la situation est critique. « La France est au premier rang en terme de natalité avec deux enfants par femme, mais nous sommes au 17e rang quant au risque de mortalité néonatale » (enfants nés vivants mais décédés), précise le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe.

Depuis 1998, une maternité sur cinq a fermé: celles qui n’effectuaient pas les 300 accouchements annuels minimum fixés dans la loi et garantissant une sécurité sanitaire minimale. Mais les normes sanitaires établies il y a 16 ans sont encore loin d’être «complètement» appliquées, à cause de problèmes de recrutement ou de mise en conformité des locaux.

Contrôler la sécurité Pour la Cour, il faut donc «contrôler la sécurité» au sein de l’ensemble des petites maternités et «les fermer sans délai en cas d’absence de mise en conformité immédiate». Treize maternités sont particulièrement con- cernées dont la maternité de Carhaix et ses 252 accouchements mais l’Agence Régionale de Santé que nous avons joint par téléphone ce matin nous a assuré comme cela est inscrit page 37 du rapport de la Cour des comptes. « La maternité de Carhaix dans le Finistère a pour sa part fusionnée avec le centre hospitalier de Brest et continue à fonctionner dans le cadre d’une équipe médicale mutualisée.
ce qui assure le maintien de la maternité de Carhaix. Par Christophe Molina

Publié le 23/01/2015 | 19:53, mis à jour le 23/01/2015 | 19:55

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2015/01/23/la-maternite-de-carhaix-malgres-ses-252-acouchements-n-est-pas-concernee-par-les-restructurations-638809.html

 

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25 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

douarnenez: dans la rue pour sauver la chirurgie (npa)

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Rien n’est perdu dans le combat pour maintenir le service de chirurgie à l’hôpital de Douarnenez : c’est le message porté ce samedi 17 janvier à Quimper par près de 2 000 personnes.

En tête du cortège, la banderole de la coordination nationale de « Touche pas à mon hosto », suivie des salariéEs et leurs syndicats CGT et CFDT, l’association des maires ruraux et des usagerEs. Venus du Cap-Sizun, du Porzay, du haut Pays bigouden, de Carhaix et bien sûr de Douarnenez, ces manifestants ont défilé en centre-ville rejoint par une délégation de militantEs de SUD Santé des deux hôpitaux de Quimper. Des militantEs quimpérois d’Attac, du PCF et du NPA sont aussi venus grossir les rangs de cette manifestation.

Besoin de radicalité Depuis plusieurs semaines, les Sud-Finistériens se mobilisent : le 6 décembre, ils avaient déjà été plus de 5 000 à défiler dans les rues de Douarnenez. En revanche, on peut déplorer que cette nouvelle manifestation n’ait pas mordu sur le reste du département.

Dans la manifestation, bien des participantEs regrettaient la mollesse de l’action et le peu de mots d’ordre offensifs, car tout le monde a encore en mémoire la radicalité de la lutte pour la défense de l’hôpital de Carhaix et sa victoire. C’est sûrement ce rôle que devront jouer les salariéEs avec leurs syndicats et les comités d’usagers s’ils ne veulent pas rester isolés et perdre ce combat décisif.

Pour faire plier l’Agence régionale de santé, il faudra certainement plus que de simples défilés dans les rues de Quimper. Correspondante

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18 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

médecins : leur grève n’est pas la nôtre (npa)

secu

Après avoir mené une « grève » plus médiatique que réelle, avec la fermeture des cabinets médicaux entre Noël et le jour de l’an, les principaux syndicats de médecins libéraux appellent désormais à une « grève administrative »…

En refusant la « télétransmission », les médecins « grévistes » espèrent pa- ralyser les caisses de Sécurité sociale, avec pour conséquence des retards de remboursement aux patientEs de plusieurs semaines. Ils continuent donc d’être payés, et seuls les patientEs ont à subir les conséquences financières de la «grève».

Médias et politiques de droite et de gauche, toujours prompts à dégainer contre les cheminotEs ou les pilotes en grève (et non payés) qui « prennent en otage la population » restent cette fois silencieux…

Cette grève a pour but essentiel le refus du tiers payant, et le danger « d’étati- sation » contenu, selon les principaux syndicats de médecins libéraux, dans le projet de loi de santé du gouvernement.

Le tiers payant, qui s’applique déjà à la pharmacie et à certains actes de soins, consiste à dispenser le malade de l’avance de fonds, le remboursement étant directement effectué par la Sécurité sociale et l’assurance complémentaire. Alors qu’une personne sur quatre renonce à des soins pour des raisons finan- cières, l’extension du tiers payant aux consultations de médecins libéraux éviterait que des patientEs ne renoncent à des soins ou les diffèrent pour des raisons financières.

Il serait parfaitement légitime que les médecins libéraux exigent du gouverne- ment des garanties quant à l’application du tiers payant : une rémunération rapide, et sans complications administratives. La solution pourrait être un «guichet unique» de l’Assurance maladie. Mais c’est le principe même de la gratuité des soins qu’ils contestent, au nom d’arguments inacceptables : dévalorisation des actes médicaux, consultations injustifiées…

Contre la loi Touraine Rien d’étonnant de la part de syndicats ultra libéraux et très marqués à droite, que sont le SML (syndicat des médecins libéraux) ou la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), mais le glissement sur ces positions de MG France (la fédération française des médecins généralistes, une sorte de CFDT médicale regroupant les médecins plus à gauche) est significatif.

Seul le SMG (syndicat de la médecine générale), très minoritaire, sauve l’hon- neur de la profession en refusant de s’associer à la grève. Si le malaise est bien réel chez les généralistes, ce n’est pas dans la défense d’intérêts corporatistes et réactionnaires, le paiement à l’acte, générateur de course aux actes, le refus du tiers payant, la défense des dépassements d’honoraires et de la liberté d’ins- tallation intégrale (favorisant les déserts médicaux) – qu’il trouvera une solution.

Cette contestation est finalement une aubaine pour le gouvernement, qui peut ainsi présenter sa loi de santé comme progressiste. Il n’en est pourtant rien, le but essentiel de la loi Touraine étant de réduire la place de l’hôpital Public et de transférer ses missions au secteur privé.

Les cliniques privées et les médecins libéraux se mobilisent contre le minimum d’obligations qui leur serait imposées en contrepartie de cette privatisation. C’est ce qu’ils appellent « l’étatisation ». Les patrons des cliniques ont déjà largement obtenu gain de cause. Par leur mobilisation, les syndicats de médecins libéraux espèrent y parvenir.

C’est en effet dans le cadre de la privatisation de la santé que doit être com- prise la généralisation du tiers payant par le gouvernement : rendre acceptable par les patientEs le remplacement des établissements hospitaliers de proximité par des professionnels libéraux.

Le combat des médecins libéraux contre la loi Touraine est donc à l’exact opposé de celui que mènent les défenseurs du service public et de la Sécurité sociale pour l’accès de tous aux soins, ils ne peuvent converger.

J.C. Delavigne  Samedi 17 Janvier 2015

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18 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

quimper: nouvelle manifestation pour l’hôpital de douarnenez (fr3 + of)

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Les défenseurs de l’hôpital public de Douarnenez maintiennent la pression. Après plusieurs grosses manifestations au mois de décembre, ils sont encore plus d’un millier dans les rues de Quimper ce midi.

Le 6 décembre, ils étaient 3 500 à 7 000 dans les rues de Douarnenez, 5000 manifestants s’étaient mobilisés le 20 pour défendre l’hôpital, une pétition a déjà réuni 12.000 signatures… Pour le comité de défense il s’agit de démonter la logique de l’Agence régionale de santé qui annonce la fermeture du service chirurgie ambulatoire de l’hôpital public local Michel Mazéas à Douarnenez, dès le mois de mars faute d’anesthésiste, mais qui refuse de nommer des anesthésistes à Douarnenez.

Plus d’un millier de défenseurs du service de chirurgie ambulatoire

Elus, habitants, médecins, usagers, la mobilisation est toujours là, même si un peu moins forte aujourd’hui, plus d’un millier de personnes défilent en ce moment même dans les rues de Quimper pour demander le maintien de ce service de chirurgie.

« L’ARS fait barrage, et réclame qu’un recrutement d’anesthésiste se fasse non par l’hôpital, mais au niveau du territoire de santé. Dans ce cas on craint qu’il aille travailler à Quimper, ce qui mettrait fin à la chirurgie ambulatoire », a confié Yves Jardin, président du comité des usagers.  »Actuellement le poste d’anesthésiste est occupé par un praticien jeune retraité, en contrat jusqu’à la fin février », après il n’y aura plus d’anesthésiste à Douarnenez car les anesthésistes quimpérois ont refusé de se déplacer, a-t-il ajouté. Selon le comité de défense, l’ARS promet la présence à Douarnenez d’anesthésistes quatre demi-journées par semaine. « C’est insuffisant, qui sera intéressé ? Ça aboutira à la fermeture de services spécialisés et des urgences », selon Yves Jardin.

« Premier employeur de la ville »

Les manifestants ont rappelé que l’hôpital était le premier employeur de la ville, avec 600 emplois plein temps, et qu’il se trouvait au coeur d’un bassin de 70.000 habitants.  »L’hôpital de proximité, c’est un problème d’aménagement du territoire: on agrandit des territoires, et on concentre tout dans les grands centres », a regretté Nadine Kersaudy, présidente des maires ruraux du Finistère.  Par Krystell Veillard

Publié le 17/01/2015 | 12:13, mis à jour le 17/01/2015 | 14:53

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2015/01/17/quimper-nouvelle-manifestation-pour-l-hopital-de-douarnenez-634834.html

http://www.ouest-france.fr/hopital-de-douarnenez-pres-de-1-500-personnes-defilent-quimper-3121993

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08 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

loi touraine et syndicats de médecins libéraux (npa)

secu
Mobilisation réactionnaire pour objectifs réactionnaires

Les principaux syndicats de médecins libéraux, appellent, en ce début janvier à poursuivre leur action, dont l’ampleur est beaucoup plus médiatique qu’effective, contre le projet de loi de santé du gouvernement.

En refusant d’utiliser la carte Vitale, ils contraignent non seulement le malade à débourser le prix des consultations pour être soigné… mais à attendre des semai- nes pour être remboursé. « Curieusement » la meute qui hurle à la «prise d’otage » à chaque grève des cheminots ou des pilotes reste silencieuse cette fois-ci.

Réactionnaire dans ses moyens d’action, la mobilisation des principaux syn- dicats de médecins libéraux l’est aussi dans ses buts : elle entend faire revenir le gouvernement sur la généralisation du « tiers payant », qui permettrait au patient de ne pas faire l’avance de sa consultation, alors qu’une personne sur quatre renonce, en France, à des soins pour des raisons financières.

Il serait légitime que les syndicats de médecins libéraux exigent du gouver- nement des garanties leur permettant d’être payés rapidement et sans compli- cations administratives par la création d’un « guichet unique » de la Sécurité sociale. Mais tel n’est pas l’exigence des principaux syndicats de médecins libé- raux. Contre l’intérêt des patients, ils s’opposent, avec des arguments scandaleux, au principe même de la gratuité des soins, c’est à dire à un droit aux soins pour toutes et tous.

La crise profonde que traverse la médecine générale ne peut trouver d’issue dans la défense d’un exercice libéral à bout de souffle et d’intérêts corporatistes (paiement à l’acte et course aux actes, refus du tiers payant, dépassements d’honoraires, totale liberté d’installation).

Ce tintamarre réactionnaire, rend service au gouvernement, qui peut ainsi présenter sa loi de santé comme une loi « progressiste », en occultant l’essentiel de son contenu.

La « loi Touraine » est en effet d’abord une super Loi Bachelot qui poursuit et aggrave la destruction de l’Hôpital public menée par Sarkozy : Elle rend obligatoire les restructurations hospitalières permettant les regroupements et fermetures d’hôpitaux, et accélère le remplacement de l’Hôpital Public par des établissements privés ou des professionnels libéraux. C’est en réalité, pour rendre acceptable cette privatisation que le projet de loi généralise le « tiers payant », comme l’a reconnu la ministre de la santé.

Le NPA appelle donc à combattre, dans un même mouvement, la loi Touraine qui sera discutée dans quelques semaines au Parlement et la surenchère des cliniques privées et des professionnels libéraux. Il appelle à s’opposer à la privatisation du système de santé, et à se mobiliser

- pour la gratuité des soins, remboursés intégralement par la Sécurité sociale et la généralisation du tiers payant

- pour l’extension de l’Hôpital Public et la fin de l’austérité budgétaire qui le frappe

NPA, Montreuil, le 7 janvier 2015

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34015

secu

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04 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la santé grecque proche de l’agonie (jdd)

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Plus d’un quart de la population ne bénéficie plus de couverture sociale, les hôpitaux publics sont débordés et exsangues. La rigueur budgétaire a désorganisé le système de santé publique et entraîné une crise humanitaire.

Réfugié dans son propre pays. Dinos n’a plus de travail, plus de logement, plus de couverture sociale. À 63 ans, une paire de lunettes de vue accrochée autour du cou, le regard légèrement voilé, cet ancien patron d’une petite entreprise de téléphones portables répète : « Je suis un réfugié économique dans mon pays. » Vendredi matin, Dinos est venu consulter un médecin dans un des centres de Praksis, une ONG grecque.

Créée il y a dix ans, Praksis a démarré en aidant essentiellement les immi- grés et les clandestins. Il y a deux ans, face à la violence de la crise économique, l’ONG s’est rendue à l’évidence : des Grecs aussi n’arrivaient plus à se loger. Impensable pour une société où la solidarité familiale est longtemps restée très forte. L’expression même de « sans domicile fixe » lui était inconnue. En mars 2012, pour accueillir ces Grecs mal logés, Praksis décide d’ouvrir une antenne dans un immeuble près de la place Omonia, dans le centre d’Athènes. « Je me souviens de la troisième personne reçue, raconte Ilianna Baltzoi, travailleuse sociale, un chauffeur routier qui venait de perdre son travail. J’ai été choquée. Il aurait pu être mon oncle, mon père. »

Les débuts sont timides. Les premiers Grecs qui osent prendre l’ascenseur jusqu’au 4e étage boivent un café assis à l’une des tables recouvertes de toile cirée, parlent peu, ne restent guère. Aujourd’hui, les deux étages qu’occupent l’ONG respirent la vie. Être sans logement reste honteux mais il est plus facile d’en parler quand on s’aperçoit qu’on n’est pas seul. Dans la salle principale, deux hommes jouent aux échecs. Dans une autre, trois des huit machines à laver tournent.

Retour de la tuberculose et de la malaria « Les conditions de vie précaire augmentent les problèmes de santé, explique Christos Gkiokas, le médecin de Praksis. Les personnes doivent prendre soin d’elles pour prévenir les maladies. » Retour de la tuberculose et de la malaria, explosion du taux de mortalité infantile, hausse du nombre d’infections par le VIH… Pour certains, se soigner devient un luxe. Surtout quand vous n’avez plus droit à l’assurance maladie.

Trois millions de Grecs, plus d’un habitant sur quatre, n’ont plus de couverture santé. Ici, perdre son emploi, c’est perdre ses droits sociaux. Comme Dinos, l’ancien patron. L’homme sort d’une sévère dépression, souffre d’une maladie musculaire. Il est venu consulter gratuitement le docteur Gkiokas. Dans une pièce enfumée, la télévision crache les dernières informations sur la campagne élec- torale qui démarre. À l’écran, la nouvelle affiche de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir : « Nous, avec la Grèce, on ne joue pas. » Référence à Syriza, le parti de la gauche radicale? Le parti d’Alexis Tsípras est crédité de 29,5% d’intentions de vote pour les législatives du 25 janvier. Une première qui s’explique par le soutien d’une population épuisée par les plans d’austérité imposés pour rembourser la dette abyssale du pays.

Syriza veut rediscuter les accords de plans de sauvetage du pays avec ses créanciers de la troïka (FMI, Commission européenne, Banque centrale euro- péenne). Ceux-ci prévoient notamment une réduction drastique des dépenses publiques de santé. Le gouvernement grec affirme que ces mesures d’austérité ont déjà permis de rationaliser le système de santé, miné entre autres par le clien- télisme. Dans la réalité, elles ont entraîné des violations sans précédent des droits de l’homme, dénoncées par la FIDH dans un rapport publié mi-décembre. « On ne peut pas admettre que 3 millions de Grecs n’aient pas de couverture sociale, insiste Ioannis Baskozos, endocrinologue, responsable santé au sein du secré- tariat politique de Syriza. C’est une question de démocratie et de civilisation. Si on arrive au pouvoir, une de nos premières actions sera de redonner une couverture sociale à tout le monde. »

Syriza promet de réembaucher 3.000 médecins Autre promesse : réembaucher les 3.000 médecins licenciés sur les 6.000 qui pratiquaient dans les centres de santé publics. « On assiste à une privatisation progressive du système dans lequel la santé est devenue un produit qu’on achète, précise Odysseas Boudouris, dépu- té indépendant proche de Syriza. Ceux qui ont de l’argent peuvent se soigner dans le privé, les autres non. » Ce chirurgien, ancien président de Médecins sans frontières en Grèce, n’hésite plus à utiliser l’expression de « crise humanitaire » en parlant de son pays.

Ce vendredi soir, à l’hôpital pédiatrique de Sainte-Sophie, dans le quartier de Goudí, les urgences explosent. Un père y attend depuis six heures. À son arrivée, il a retiré le ticket numéro 164. Sur le panneau lumineux, le numéro 86 venait de s’afficher. L’homme, chauffeur de camion, a décidé de rester. Son fils de 12 ans souffre des jambes. Rien d’urgent apparemment, le garçon marche, s’agite sur le siège, regarde autour de lui. « Je préfère attendre ici et ne pas aller chez le pé- diatre qui exerce en privé, reconnaît le père. Cela me coûterait 50 euros. » Les urgences sont remplies de personnes comme lui qui ne trouvent plus de médecins dans le public et sont obligés, soit de se tourner vers le privé, soit d’engorger les hôpitaux publics.

« C’est le bordel! » Un médecin de l’hôpital Sainte-Sophie Des établissements au bord de l’épuisement. Leur budget a baissé d’un quart ces dernières années. À la sortie de Sainte-Sophie, un médecin, blouse verte sur le dos, lève les bras au ciel : « On n’a pas le droit de parler. Je peux juste vous dire que c’est le bordel! » Départs à la retraite non remplacés, interdiction de soigner les personnes sans couverture sociale, sauf en cas d’extrême urgence, rupture en matériel ou en médicaments…

Situation ubuesque, ce sont parfois les dispensaires solidaires qui pallient ces manques. La clinique communautaire d’Hellinikon dans la banlieue d’Athènes fournit tous les mois des médicaments à des hôpitaux dans le besoin. Ouverte en 2011 pour les exclus du système de santé, la clinique a reçu 4.000 visites en 2012, 35.000 en 2014. Des patients sans couverture sociale mais aussi des sala- riés aux revenus trop justes pour leur permettre de payer la part obligatoire du prix des médicaments. Officiellement de 25%, elle s’élève à 40 ou 60% dans les faits.

Installée sur une ancienne base militaire américaine, la clinique est autogérée par 250 bénévoles dont 115 médecins avec trois principes: refus de toute récu- pération politique, interdiction de publier le nom des donateurs, et de recevoir de l’argent. Yiannis repart avec des antidépresseurs. Avant de découvrir ce dispen- saire, privé d’allocation chômage et de couverture sociale, cet ancien employé prenait sur la retraite de sa mère de 87 ans pour s’acheter ses médicaments. « Depuis que je viens, souffle-t-il les mains tremblantes, c’est comme un poids que j’enlève du dos de ma mère. Elle peut à nouveau s’offrir ses propres remèdes pour son cœur. »

Comme une quarantaine d’autres dispensaires solidaires créés dans le pays, la clinique d’Hellinikon offre des soins. Mais elle mène aussi des actions de « résistance ». Informations sur les droits des citoyens, collecte et publication de témoignages et d’incidents au sein des hôpitaux. « Les gouvernants qui ont détruit le système de santé n’ont pas seulement une responsabilité politique, affirme Giorgos Vihas, cardiologue et fondateur de la clinique. Ils ont aussi une respon- sabilité pénale. Leurs décisions ont tué des gens. On va tout faire pour qu’ils aillent devant la justice pour ça. »

http://www.lejdd.fr/International/Europe/La-sante-grecque-proche-de-l-agonie-710272

Commentaire: Sacrés médias, et à côté ils te disent qu’il n’y a pas d’autres solution!

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04 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

battements de coeur en palestine, film et débat aux studios le 8 janvier (lt)

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 Le réalisateur Mikael Baudu s’est immergé dans le quotidien de l’hôpital de Jénine, en Cisjordanie, avec deux humanitaires Brestois. Le documentaire « Battements de coeur en Palestine » sera projeté jeudi aux Studios.

« La première image du film se déroule dans le bloc opératoire de l’hôpital de Jénine. C’était en mars 2014, nous suivions deux médecins brestois en mission humanitaire », explique Mikael Baudu, dont le documentaire titré en breton « Lammoù-Kalon e Palestina », soit « Battements de coeur en Palestine », a été coproduit par Gwengolo Filmoù et France 3 Bretagne.

Ce documentaire de 26 minutes sera projeté jeudi 8 aux Studios et suivi d’un débat en présence du chirurgien brestois.

Une mission à Gaza

La caméra suit Riwana, une jeune étudiante en médecine, ainsi que les deux humanitaires brestois : Dominique Le Nen, chirurgien, et Jean Branellec, anesthésiste. Tous deux sont des habitués de ces missions, dans des pays variés pour l’anesthésiste, mais toujours en Palestine pour Dominique Le Nen.

« L’action doit s’inscrire dans le temps, j’ai beaucoup de liens avec l’équipe de Jénine. L’un de leurs chirurgiens est venu se former un mois à Brest, avec l’association Amani », précise Dominique Le Nen, auteur du livre « De Gaza à Jénine », vendu au profit d’Amani.

Cette association francopalestinienne pour l’aide et la formation médicale (Amani) a été créée par le Dr Arab Salim, médecin à Lannion.

En novembre, Dominique Le Nen est reparti en mission, à Gaza cette fois, avec Médecins sans frontières, dans leur centre de traitement des brûlés. « Il est plus compliqué de se rendre à Gaza, tandis qu’on peut aller en Cisjordanie avec un visa touriste. Pour Gaza, il faut passer le check point israélien, une forteresse équipée de scanners, c’est long et humiliant. Ensuite, il faut marcher un kilomètre dans un no man’s land et l’on arrive au contrôle palestinien.

Et, nouveauté par rapport à mon dernier séjour, en 2008, il existe désormais aussi un contrôle du Hamas. Cela m’a surpris », raconte Dominique Le Nen. En tant que journaliste, Mikael Baudu a dû passer par le ministère de l’Information israélien pour filmer à Jénine. Dans l’hôpital, mais aussi à l’extérieur, il est allé à la rencontre des Palestiniens dans leur quotidien.

« On a filmé leur vie dans cette fausse paix qui s’est installée depuis quelques années. ». Le combat du théâtre Parmi les belles rencontres de ce séjour, une visite au théâtre, où des jeunes ont décidé de combattre autrement qu’avec des armes à la main, avec l’art. « Le directeur de ce théâtre a été assassiné parce qu’il dérangeait. L’un des jeunes m’a dit qu’il habitait à 30 km de la mer mais qu’il ne l’avait jamais vue.

L’hôpital Kalil Suleiman de Jénine, où nous avons filmé, est à deux pas d’un camp de réfugiés palestiniens qui fut reconstruit après avoir été rasé par l’armée israélienne, en 2002. Quelques interviews ont été faites en arabe, notamment celle d’un homme âgé qui avait vécu la destruction du camp, mais pour les autres, c’était en anglais ».

Pratique Jeudi 8, à 20 h, aux Studios, participation libre au profit d’Amani.

Courriel: contact@assoamani.fr

2015 / Catherine Le Guen /

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31 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

17 janvier 1975, 17 janvier 2015, la loi sur l’avortement a 40 ans!

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Manifestation nationale pour les droits des femmes à Paris.

Nous devons continuer le combat ! En avant tou.te.s !

Le droit à l’avortement,des années de combat

Depuis 1920 : les femmes ont l’interdiction de disposer de leur corps. Leur vie sexuelle se réduit au droit à la reproduction.
1971 : publication du Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté.
1972 : procès de Bobigny.
1973 : publication du Manifeste des 331 médecins déclarant avoir pratiqué l’avortement et création du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Celui-ci se livre à une pratique illégale de l’avortement par la méthode par aspiration.

Le 17 janvier 1975 : promulgation de la loi sur l’avortement (précédée d’une loi autorisant la contraception). Elle est adoptée pour 5 ans à l’essai.
6 octobre 1979 : Nous sommes 50 000 dans la rue pour confirmer définitivement la loi.
1982 : obtention du remboursement de l’IVG après de nouvelles mobilisations.
Durant les années 90 : actions de commandos contre les CIVG.
27 janvier 1993 : obtention par la CADAC du délit d’entrave à l’IVG.
Loi du 4 juillet 2001 : l’ANCIC*, la CADAC* et le MFPF* obtiennent la loi qui reconnaît comme droit unique, le droit à la contraception et à l’avortement. Enfin l’IVG sort du Code pénal !

Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.
Le droit à l’avortement est toujours fragile. En Espagne, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarité internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus accéder à ce droit.
En France, de nos jours, la loi Bachelot sur l’hôpital dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » entraîne, entre autres, la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG.
Ces fermetures compliquent l’accès à l’avortement et tendent à le réduire gravement.

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.
Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail !

Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes.

Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive, réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.
Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande.
A contrario, il reste inflexible sur nos revendications.

C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

  • l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
  • le maintien et le développement des services publics
  • un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
  • des moyens pérennes pour les associations
  • la PMA pour toutes les femmes
  • le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité

En 1975 on s’est battu,on a obtenu des nouveaux droits !
En 2015,il est grand temps de reprendre la rue !

En avant toutes : le samedi 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille !

* CADAC : Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception
* ANCIC : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception
* MFPF : Mouvement Français pour le Planning Familial

Premiers signataires : CNDF, ANCIC, Association de Solidarité avec les Femmes Algériennes, Atalante Vidéos Féministes, ATTAC, CADAC, Collectif 13 pour les Droits des Femmes, Collectif 20è/Tenon, Collectif Droits des Femmes 80, Coordination Lesbienne en France, les éfFRONTé-e-s, L’égalité c’est pas sorcier, Ensemble !, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Féminisme Enjeux -Théâtre de l’Opprimé, Féministes pour une autre Europe, Femmes égalité, Femmes en lutte Bagnolet, Femmes migrantes debout, Femmes solidaires,Fières, Fondation Copernic, FSU, Inter LGBT, Jeunes de l’Union Démocratique Bretonne, Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Maison des Femmes de Montreuil, Mouvement du Christianisme social, MJCF, NPA, Parti de Gauche, PCF, Planning Familial, Rajfire, Regards de Femmes, Réseau Féministe « Ruptures », Si les femmes comptaient, Snuep-FSU, SNUipp-FSU 13, Union Syndicale Solidaires.

Le Planning familial d’Ille-et-Vilaine organise un car au départ de Rennes pour s’y rendre (heure et lieux de départ à confirmer plus tard). Vous pouvez acheter vos places, au tarif de 26 euros, en ligne : https://www.lepotcommun.fr/billet/t…. Il y a des places à 15 euros pour les étudiant.e.s et précaires en appelant au 02.99.56.20.75.

http://www.rennes-info.org/17-janvier-1975-17-janvier-2015-la

http://collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?article428

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26 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

amiante: des crimes sans coupable (al’e)

amiante

Des plaintes par centaines et des enquêtes par dizaines depuis près de vingt ans. Et pas un procès pénal.

Les milliers de victimes de la fibre mortelle? Un crime sans coupable.

Ses dangers mortels sont connus depuis plus d’un siècle. Et son caractère cancérogène a été prouvé au début des années soixante. Pourtant, l’amiante continue de faire des victimes: un millier par an en France, selon les experts les plus réservés; trois fois plus selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

A ce jour, aucun patron ni aucun haut fonctionnaire n’ont jamais comparu devant une juridiction pénale française. Malgré des plaintes pour homicide involontaire déposées, pour certaines d’entre elles, il y a dix-huit ans, et qui constituent l’essentiel du travail du pôle de santé public du tribunal de Paris. Petit aide-mémoire pour une justice amnésique, apathique ou débordée.

Valeo. Fatales plaquettes de frein, enquête

A Condé-sur-Noireau (Calvados), l’amiante a fait vivre des entreprises (Ferrodo, puis Valeo : équipementier automobile), et mourir des centaines de salariés, en près d’un siècle d’existence. Les infractions à la réglementation du travail y étaient fréquentes. Pourtant, durant des décennies, le parquet de Caen (préfecture du département du Calvados) s’est abstenu de toute poursuite.

Par ignorance des dangers? Ils étaient pourtant connus depuis un rapport de l’Inspection du travail locale datant de…1906. La plainte contre Valeo, déposée en 1996, est mal partie. L’instruction menée par la juge Bertella-Geoffroy visait des responsables de l’usine mais aussi des politiques, comme Martine Aubry (du PS), accusée de ne pas avoir fait appliquer la loi lorsqu’elle était directrice des relations du travail (de 1984 à 1987).

Sa mise en examen a été annulée par la Cour de cassation en juin 2014. Egalement dans la ligne de mire, des lobbyistes, industriels et scientifiques réunis au sein du Comité permanent amiante, qui a tout fait pour ralentir l’interdiction de la fibre. Comme le remarque l’avocat Jean-Paul Teissonnière, «le fait d’avoir mis tant de responsables dans le même sac rend la procédure difficilement gérable». 

Jussieu. Juges sans fibre procédurière Ce sont des chercheurs de cette fac parisienne (Jussieu), emmenés par le toxicologue Henri Pézerat (voir sur ce site l’article publié en date du 1er février 2014), qui ont lancé l’alerte en 1974. Bourrés d’amiante, murs et plafonds de l’université rendaient l’atmosphère dangereuse. La plainte a été déposée en 1996, et, depuis, plus de 30 salariés sont morts de maladie professionnelle et environ 200 ont été contaminés.

Le pôle santé du tribunal de Paris traitant l’affaire conjointement à celle de Condé-sur-Noireau, le dossier, passé dans les mains de six juges d’instruction depuis 1996, suit les mêmes méandres. La mise en examen de divers décideurs ayant récemment été annulée, la Cour de cassation tranchera le 2 février 2015. «Si elle confirme cette annulation, l’amiante, et ses milliers de morts, n’aura été qu’une banale affaire « hygiène et sécurité », commente l’avocat Michel Ledoux.

Eternit. «Fautes inexcusables» et patron excusé C’était le plus gros producteur d’amiante en France [transnationale suisse appartenant à la famille Schmidheiny] jusqu’à l’interdiction du minéral, en 1997. Créé en 1927, Eternit était le roi d’un matériau très utilisé dans le bâtiment: l’amiante-ciment. Ses cinq usines du Nord, de Saône-et-Loire, d’Ille-et-Vilaine, du Tarn et des Bouches-du-Rhône ont employé jusqu’à 5000 ouvriers. Dans des conditions de sécurité souvent fantaisistes.

Lors d’un procès civil dans le Nord, l’avocate Sylvie Topaloff mentionnait, en mars, le décès de 157 salariés et rappelait que le groupe avait été condamné 761 fois pour «faute inexcusable». Des jugements qui reconnaissent les négligences de l’employeur, mais sans noircir son casier judiciaire. Une plainte pénale déposée en 1996 contre les dirigeants du groupe n’a pas encore abouti… L’avocate concluait: «Depuis dix-huit ans, jamais un patron n’a été présent sur les bancs du tribunal. Jamais un être de chair n’a (au nom de l’entreprise) répondu de ses actes

Amisol. Soixante ans d’abus, dix-huit d’enquête au bain? Dans cette entre- prise de Clermont-Ferrand où, depuis 1909, l’amiante était filé et tressé pour fabriquer des objets résistant au feu, 270 ouvriers (dont 80% de femmes) tra- vaillaient sans la moindre protection dans un brouillard de fibres en suspension. Des dizaines y ont succombé.

Le pédégé d’Amisol étant décédé en cours d’enquête, c’est son fils et successeur qui est visé par les poursuites, bien qu’il n’ait dirigé la boîte que lors des six derniers mois d’existence de l’usine clermontoise, en 1974. Délai durant lequel des salariés ont été empoisonnés. En 2012, il a obtenu un non-lieu [1], mais le jugement devait être réexaminé à la fin de décembre.

D’autres affaires irrespirables A Aulnay-sous-Bois (dans le 93), les émanations d’une ancienne usine de transformation de l’amiante, fermée en…1975, ont tué plusieurs riverains, sans parler des anciens employés, privés de tout suivi médical. Et 13’000 ex-pensionnaires de l’école toute proche sont activement recherchés …

La tour Montparnasse (à Paris), truffée de tonnes du même minéral, distille des fibres, via les gaines d’aération, depuis sa construction, en 1969. Les chantiers navals de la Bretagne comme du Midi, les entreprises Alstom, Sanofi, Saint-Gobain ont exposé et intoxiqué des centaines d’artisans, de calorifugeurs, d’électriciens, de menuisiers, etc., durant des décennies. Sans qu’aucun responsable ait eu, jusqu’à présent, à en pâtir. (Publié dans Le Canard enchaîné, le 23 décembre 2014) Publié par Alencontre le 26 – décembre – 2014

Par Jean-François Juillard

[1]  Le Monde du 19 février 2013 conclut ainsi un article consacré à Amisol dont l’intertitre est «Crimes industriels»: «La mémoire des faits s’efface» considère la cour d’appel, suggérant que l’ancienneté des faits empêche la tenue d’un procès équitable. «Comment peut-on dire cela», s’insurge Josette Roudaire, ex-salariée d’Amisol et porte-parole du «Comité amiante prévenir et réparer». «Il y a tellement de malades et de morts», ajoute-t-elle en évoquant la centaine de dossiers d’anciens d’Amisol traitée par l’association. «Ce non-lieu ravive notre colère. Il faut demander des comptes pour les crimes industriels.»

http://alencontre.org/europe/france/france-amiante-des-crimes-sans-coupable.html

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