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19 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

santé: quand les patrons et les libéraux font « grève »…(npa)

Dans la santé comme ailleurs, l’heure est à la « grève » et à la manifestation chez les patrons et dans les professions libérales. En particulier, entre Noël et le jour de l’an, les cabinets médicaux sont appelés à fermer par les principaux syndicats de médecins libéraux...

À vrai dire, l’opération consiste surtout à appeler « grève »… la semaine de vacances que prennent la majorité des dits praticiens, et s’ils devaient tenir des « assemblées générales », ce serait probablement dans la queue des remonte-pentes de Mégève ou de Courchevel. Pendant ce temps, les hôpitaux publics devront, eux, assurer l’accueil d’un surcroît de patients, avec des personnels surchargés et des services débordés.

Quant aux patrons des cliniques privées commerciales et à la FHP (1) (Fédération de l’hospitalisation privée, adhérente au Medef), ils appellent à une cessation d’activité, totale et illimitée, de leurs établissements à partir du 5 janvier.

« Une bolchévisation de la santé » ? L’objet de cette pantalonnade est « la loi de santé », dont le Parlement doit débattre en début d’année. Pour la FHP, ce « texte liberticide, fondé sur un credo idéologique antilibéral, est un casus belli pour les entreprises de santé que nous sommes ».

Quant aux principaux syndicats de médecins libéraux, leur bête noire est l’instauration du « tiers payant » pour les consultations médicales, qui permettrait pourtant au patient de ne plus faire l’avance de la consultation. Le médecin serait directement payé par l’assurance maladie.

Les difficultés et les impasses auxquelles est confronté l’exercice libéral de la médecine sont ainsi canalisées vers des revendications corporatistes opposées à l’intérêt des patients. Patrons et libéraux dénoncent en chœur « l’étatisation » de la médecine.

Emporté par son élan, le Dr Roger Rua, président du Syndicat des médecins libéraux (SML) va jusqu’à affirmer : « C’est plus qu’une étatisation, c’est une bolchevisation » ! Hollande, Valls et Touraine seraient-ils brusquement passés du social libéralisme à un quasi « bolchevisme », ou du moins à une politique redonnant une place prépondérante à l’hôpital public ?

Il n’en est bien évidemment rien. Non seulement ce gouvernement n’est pas revenu sur les contre-­réformes de la droite, mais le projet de loi Touraine se situe dans la continuité de la loi Bachelot, qu’elle aggrave même en précisant que « le service public hospitalier est assuré par les établissements publics et les établissements privés ».

Ce projet rend aussi obligatoire les regroupements et restructurations d’hô- pitaux au sein d’un « groupement hospitalier de territoire » qui ne sera pas un service public, mais un « service territorial de santé au public ». Son but sera d’œuvrer à la politique d’austérité et de privatisation de la santé.

Le beurre et l’argent du beurre Le gouvernement entend faire piloter cette politique par les Agence régionales de santé (ARS) pour éviter que la disparition du service public n’aboutisse à la création de véritables déserts sanitaires, avec des conséquences dramatiques pour la population. Tous les acteurs, y compris libéraux et privés, sont donc sollicités pour répondre à un minimum de présence dans les territoires.

Mais pour le privé, il n’en est pas question : ils veulent à la fois le beurre, c’est à dire la privatisation de la santé à leur profit, et l’argent du beurre, l’absence de toute contrainte pour répondre aux besoins de santé. Ils ont déjà bénéficié du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi), et sont convaincus que ce gouver- nement capitulera encore devant leurs exigences, comme devant toutes celles des patrons et de la droite.

Ils n’ont pas entièrement tort : aux dernières nouvelles, l’examen du projet de loi de santé serait reporté de plusieurs mois… C’est donc à la fois contre le projet de loi Touraine et contre les exigences du patronat et de ses alliés libéraux que doit s’organiser la riposte pour la défense de l’hôpital public et de la Sécurité sociale, pour un véritable service public de santé.

J.C. Delavigne Vendredi 19 Décembre 2014

1 – La FHP regroupe un millier de cliniques et d’hôpitaux privés employant 154 000 salariéEs et 42 000 médecins.

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15 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

soigner les cours de la bourse… (npa)

medicaments-dangereux
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Ou soigner les patients, il faut choisir !

Entretien. Bruno Toussaint est directeur éditorial de la revue indépendante Prescrire (1). Il dénonce le scandale du prix du Sovaldi et revient sur la politique du médicament en France, théâtre d’opérateurs aux appétits financiers démesurés.

Le Sovaldi, médicament révolutionnaire ou hold-up sur la Sécu ?
Le Sovaldi (sofosbuvir) est un nouveau médicament contre l’hépatite B qui touche en France près de 240 000 personnes, dont 2 600 vont mourir chaque année. Un médicament plus révolutionnaire par le prix exigé par le laboratoire Gilead, qui possède le brevet, que par son efficacité. S’il apporte quelque chose d’utile aux malades, il laisse dans l’ombre bien des interrogations sur ses effets secondaires, notamment chez ceux qui en auraient le plus besoin.

Le prix réclamé par la firme Gilead pour le Sovaldi a provoqué un tollé dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, où le prix du traitement de 12  semaines est de 84 000 dollars par patient. En France, il a été disponible pendant quelques mois dans le cadre d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour un coût fixé par le laboratoire à 5 000 euros pour 12 semaines de traitement, soit 666 euros le comprimé !

Un médicament qui coûte cher à produire ?

Ce prix exorbitant n’est pas dû à son coût de production. Un groupe d’experts universitaires anglais a calculé que le prix de fabrication de ce médicament ne revenait qu’à une centaine d’euros par patient et par traitement… contre 56 000 euros exigés par Gilead initialement, pour un traitement de douze semaines.

Il n’est pas dû non plus au coût de la recherche de la firme. La recherche publi- que, aux USA, en Europe ou en France (ANRS, Inserm, CNRS…), a largement financé le développement des médicaments contre l’hépatite C, ce qui réduit d’autant les coûts de recherche. Il n’est pas dû aux coûts de l’évaluation clinique, qui est limitée au minimum pour passer le cap de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Les essais de phase 3 du dossier d’évaluation ne sont pas impressionnants. En particulier, aucun essai n’a ciblé les patients atteints de cirrhose hépatique, pour cerner la balance bénéfices-risques de ces patients fragiles, ceux qui auraient le plus besoin de ce nouveau traitement.

Qu’est-ce qui justifie le prix demandé ?

Le prix demandé pour le Sovaldi est surtout dû à la spéculation boursière et à des enrichissements personnels démesurés. Un coup boursier amorcé par Phar- masset, la firme qui a développé le sofosbuvir. L’action en Bourse de Pharmasset valait 9 dollars en 2006. En 2011, Gilead a racheté Pharmasset au prix fort, 89 % plus cher que sa dernière valeur boursière, à 139 dollars l’action, soit 11 milliards de dollars au total.

Avec les stock-options, les responsables de Pharmasset ont raflé des millions de dollars. De son côté, le PDG de Gilead est devenu milliardaire en actions grâce à l’augmentation de la valeur boursière de Gilead. Aux responsables politiques, aux professionnels de santé et aux patients de refuser une telle manipulation grossière, qui expose à une dégradation des mécanismes permettant un accès pour tous aux soins.

Face aux exigences de Gilead, qu’a décidé la ministre de la Santé Marisol Touraine ?

Finalement, le prix retenu par le Comité économique des produits de santé (CEPS) sera de 488 euros le comprimé au lieu de 666 euros, soit une diminution de 26 %. Pour un traitement, il en coûtera donc 41 000 euros, au lieu des 54 600 exigés, avec un mécanisme plafond qui sera fixé pour les dépenses allouées aux traitements contre l’hépatite C : 450 millions en 2014, 700 millions en 2015. Si les dépenses dépassent le plafond, les laboratoires devront reverser une contribution à la Sécurité sociale. Traiter 80 000 personnes reviendrait à 4,4 milliards d’euros, la moitié du budget de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP)…

Comment résister à la pression de Big Pharma ? Vous avez repris l’exigence d’une licence d’office…
Une licence d’office, c’est une disposition légale qui permet de produire une version générique d’un médicament à un moindre coût. à l’initiative de SOS hépatites, des associations de patients, Médecins du monde, Act-Up, Aides… ont exigé ensemble que le monopole de Gilead ne soit pas respecté.

L’État français pouvait décider de délivrer cette licence d’office, autorisant des firmes génériques à produire le sofosbuvir à un prix raisonnable. Une disposition légale prévue dans le cadre des flexibilités de l’accord international sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), mais aussi dans le code de la propriété intellectuelle français.

La France n’y a jamais eu recours. Cela aurait fait chuter considérablement les prix et contribué à la lutte contre les inégalités d’accès aux soins, d’autant que le cas du Sofosbuvir n’est pas isolé. Le prix des nouveaux traitements contre le cancer est souvent extravagant. C’est d’autant plus scandaleux qu’une petite minorité seulement apporte de réels progrès, mais que la grande majorité ne fait qu’apporter une espérance de vie majorée de quelques semaines à quelques mois, au prix d’une flopée d’effets secondaires.

Face à ces prix exorbitants qui résultent surtout de la spéculation financière, il faut que les États osent adopter des positions fortes, qui dissuadent les firmes et les spéculateurs de continuer à utiliser le marché des médicaments comme une pompe à forts rendements financiers, au détriment des patients et de la collectivité.

Prescrire, qu’est-ce que c’est ?
C’est une association sans but lucratif, loi de 1901. Mais c’est surtout une revue, Prescrire, qui, depuis 1981, veut donner une information fiable sur les médica- ments et les dispositifs de santé, et qui doit pour cela être indépendante des laboratoires pharmaceutiques, mais aussi des agences de santé et des gouver- nements. Quasiment toute l’information sur les médicaments est aux mains de l’industrie pharmaceutique.

Elle fait la recherche, fabrique, fait les essais cliniques, finance les associations de malades, les revues, congrès, formations médicales. Elle influence les médecins, surtout les spécialistes et les leaders d’opinion médicale, mais aussi les politiques, qui lui laissent le soin de préparer les dossiers d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Elle finance les agences du médicament… Les firmes sont juges et parties. On est dans le conflit d’intérêts massif.

Nous ne vivons que grâce aux abonnements. Pas de lien d’intérêts, pas de publicité, pas de subvention. Il y a un long cheminement, des regards croisés au sein de l’équipe Prescrire et des contrôles qualité pour faire sortir un article. Pour dire si un médicament présente un progrès face à ce qui existe, car près des deux tiers des médicaments qui sortent ne sont que des doublons. Pour dire quel est le meilleur choix dans un contexte d’exercice professionnel, dire si les essais cliniques sont bien construits, les effets secondaires nocifs acceptables au regard de l’efficacité (la balance bénéfices-risques).

Avec Irène Frachon, nous avons contribué à alerter sur les dangers cardiaques du Mediator, un anti-­diabétique de Servier, présenté comme anti-diabétique coupe-faim par les visiteurs médicaux. Des dangers connus pour les molécules de cette classe depuis 1997 aux USA… mais que l’agence du médicament n’a retiré en France qu’en 2009. De même, depuis le milieu des années 90, nous alertons sur les pilules de 3e génération, présentées à tort comme amenant moins d’em- bolies pulmonaires… Jusqu’à ce que le scandale éclate en 2013.

Les anti-inflammatoires de la famille des coxibs étaient présentés, pour tous ceux qui souffrent d’arthrose, comme ayant moins d’effets secondaires digestifs. Petits prix hospitaliers, prix élevés en officine, grande campagne de pub… En fait, on a su qu’il n’y avait pas de bénéfice démontré en terme de complications digestives, mais une augmentation des accidents cardiovasculaires ! Mais comme d’habitude, les pouvoirs publics et les agences du médicament ont fait bénéficier du doute les firmes pharmaceutiques pendant encore des années.

Exiger des preuves de progrès thérapeutique pour toute autorisation de mise sur le marché, déclarer les conflits d’intérêts, interdire la publicité sur les médica- ments, un accès libre aux données cliniques, l’indépendance de l’information et de la formation, l’esprit critique et collectif des patients, une pharmacovigilance active, voilà de quoi améliorer la qualité des soins…

Propos recueillis par Franck Cantaloup
1- www.prescrire.org

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14 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

le géant pharmaceutique bayer perd en inde (levif.be)

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Face à un labo de médicaments génériques contre le cancer

La justice indienne a rejeté la requête de l’entreprise allemande Bayer, qui voulait faire arrêter la production d’une version générique de l’un de ses médicaments contre le cancer.

La justice indienne a rejeté la requête de l’entreprise allemande Bayer, qui voulait faire arrêter la production d’une version générique de l’un de ses médi- caments contre le cancer. Le Haute Cour de Bombay avait refusé en juillet de retirer la licence accordée à l’indien Natco Pharma pour la vente du Nexavar à 140 euros par mois. Bayer facture lui ce traitement à 4.410 euros mensuels.

L’entreprise allemande a fait appel mais a été déboutée vendredi, rapporte The Economic Times. Le Nexavar est destiné aux patients souffrant de cancer du foie et des reins. Quelque 29.000 cas de ces deux maladies sont recensés chaque année en Inde. Bayer s’est dit « déçu » et envisage d’autres actions. Médecins Sans Frontières salue la décision et souligne le rôle de pionnier joué par l’Inde dans l’accès aux soins.

Le Vif 13/12/2014 à 15:56 – Mis à jour à 16:05
Commentaire: Avec les nouveaux traités, on ne passera plus par la justice, mais  par des « tribunaux d’arbitrage » pour éviter ce genre de « désagréments ».

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13 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

douarnenez, carhaix: la santé publique en danger (npa)

manifestants-hopital-SUD

En défense de l’hôpital public menacé, ce samedi 6 décembre, prés de 5 000 personnes ont défilé dans les rues de Douarnenez.

En 2009 est votée la loi HPST de Bachelot, au motif de mieux rationaliser et de mieux coordonner l’offre publique de soins. En 2011, elle donne naissante à l’Union hospitalière de Cornouaille Finistère visant à mutualiser les moyens, en créant des filières de soins… et en regroupant les services.

Soit tendre à rediriger l’offre de soins vers les grands centres d’activités, sans moyens supplémentaires, tout en réduisant ceux des hôpitaux plus modestes.
Ces projets ont pour but de concentrer les activités et donc d’éloigner la population des structures de soins de proximité.

Pour les salariéEs, c’est la perspective d’une mobilité accrue et donc d’une dégradation accentuée de leurs conditions de travail. Une logique d’économies et donc de réduction de la masse salariale, doublée d’une dégradation dans la qualité des soins.

Ce gouvernement Valls-Hollande-Touraine a gardé la loi HPST et accentue la politique de réduction des dépenses publiques avec le Pacte de responsabilité : 3 milliards d’économie sur les hôpitaux. Les conséquences pour les salariéEs et les usagers sont dramatiques.

Construire les convergences À Carhaix, ville symbole de la défense de son hôpital public, des menaces de suppressions de postes, comme au CHU de Brest, ont fait bouillir la marmite et la mobilisation se prépare. D’ores et déjà une manifestation a lieu à Brest le mardi 9 décembre. Un appel à la population a été lancé.

À Douarnenez, sous prétexte d’un déficit de médecins anesthésistes, la direction de l’hôpital aux ordres de l’Agence régionale de santé (ARS) menace de fermer purement et simplement la chirurgie. Or les documents sont là : bien avant ce manque de médecins, l’ARS avait déjà en projet de transformer cet hôpital en service de moyen et long séjours.

Une première réunion a réuni plus de 700 personnes et la manifestation du 6 décembre a rassemblé près de 5 000 personnes (du jamais vu) qui scandaient « Touraine ta réforme on n’en veut pas. Annulation, annulation ».

Comme l’indiquait le tract du NPA distribué pendant la manifestation, toutes ces luttes doivent maintenant s’enraciner et converger, à l’instar de la Conver- gence des hôpitaux en lutte contre « l’hôstérité », en s’appuyant autant sur les luttes des personnels de santé déjà fortes en Finistère que sur l’existence de la coordination des hôpitaux de proximité, très active ici depuis 1999.

Correspondante Vendredi 12 Décembre 2014

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11 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

pénibilité: un « ajustement au réel » au service des patrons (npa)

pénibilité: un « ajustement au réel » au service des patrons (npa) dans Luttes ouvrières giphy

Il est scientifiquement prouvé qu’un certain type de conditions de travail a des incidences sur la santé et réduit la durée de vie (l’espérance de vie, c’est-à-dire le nombre d’années qu’il reste à vivre)…

Ainsi le travail de nuit a pour conséquence des troubles du sommeil, des risques cardiovasculaires accrus et, selon certaines études, une probabilité plus élevée de cancers, notamment du sein et colorectal.

Pour vendre la réforme des retraites de 2013 et l’augmentation du nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein, le gouvernement a annoncé la création en 2015 d’un « compte personnel de ­prévention de la pénibilité ». Cha- que salarié ­travaillant dans des conditions ­pénibles (travail de nuit, températures extrêmes, bruit…) y accumulera des points qui pourront lui donner la possibilité de partir plus tôt.

Le compte pénibilité est donc dans son principe la contrepartie d’une réforme applaudie par le Medef. De la même façon, une autre mesure contre laquelle le patronat part aujourd’hui en guerre, un nombre minimal d’heures heb- domadaires pour les contrats à temps partiel, était prévue dans l’accord flexibilité (ANI) de 2013. Mais négocier avec le Medef est un jeu de dupes : quand il fait une concession, il manœuvre aussitôt pour la reprendre !

La ténacité patronale, une leçon… pour les directions syndicales ! Le compte pénibilité devait entrer en vigueur pour tous le 1er janvier 2015. Le patronat avait été amplement consulté dans son élaboration. Mais, dès le dispositif acté, le Medef a commencé son travail de sape pour lequel il a bénéficié de toute l’attention du gouvernement.

En mai 2014, il obtient le report de la cotisation prévue pour financer le dispo- sitif. En juillet, il obtient le report partiel de la réforme : seuls certains facteurs de pénibilité (quatre au lieu de dix fixés au départ) et une partie seulement des sala- riéEs (les plus de 55 ans) seront concernés en 2015. Le reste du dispositif sera amendé… et reporté à 2016.

Les syndicats protestent. Mais le Medef encouragé par les reculs gouver- nementaux pousse son avantage. Immédiatement, Macron dit qu’il va faire des concessions. Peu importe que ce soit dans le champ d’action de sa collègue Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales : le « boss », c’est bien lui, avec le soutien de Valls.

Peu importe que ça mécontente la direction de la CFDT, fidèle allié du gou- vernement. Peu importe que ce soit prévu par une loi : « il ne s’agit pas de déchi- rer une loi du jour au lendemain mais il ne s’agit pas non plus de dire que tout va bien dans le meilleur des mondes » a-t-il lancé devant un parterre de chefs d’en- treprises françaises et allemandes.

« Il y a un ajustement à faire au réel qui se fera dans les prochains mois. Je peux vous le garantir car c’est la volonté du Premier ministre ». La messe est quasiment dite. En fait, même s’il ne le dit pas encore, le Medef ne veut d’aucun système qui contraigne les patrons à déclarer les risques auxquels sont soumis les salariéEs : il existait déjà des fiches d’exposition… mais elles étaient loin d’être toujours remplies !

En 2006, au moment du CPE (contrat première embauche, contrat au rabais pour les jeunes), il avait fallu un mois de manifestations massives de jeunes et de salariéEs pour que le gouvernement refasse voter une loi abrogeant le CPE. Là, il suffit que Gattaz et quelques patrons de PME sortent leurs sifflets pour que le gouvernement se prépare à reculer.

Pour les directions syndicales, il y aurait au moins une leçon à retenir : ce n’est pas en jouant les interlocuteurs raisonnables qu’on obtient quelque chose d’un tel gouvernement. Surtout quand celui-ci, malgré les effets de manche, est totalement dans le même camp ! Henri Wilno

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10 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

chru de brest, 500 manifestants défilent de la cavale blanche au centre-ville (lt +fr3)

manifestants-hopital-SUD
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Grosse mobilisation ce mardi des personnels du centre hospitalier régional universitaire de Brest-Carhaix :
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quelque 500 personnes de la cité du Ponant et du Poher se sont réunies à la Cavale Blanche avant de partir en cortège, à pied, vers le centre-ville où elles espèrent que la population sera présente à leurs côtés pour défendre « la qualité des soins et l’accueil du public ».
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C’est contre le contrat de retour à l’équilibre présenté par la direction que s’est organisée cette journée de mobilisation des personnels de CHRU de Brest-Carhaix. Pour résorber un déficit prévisionnel de 8,7 millions d’euros en 2014, ce plan prévoit la suppression de 168 postes, dont 150 de personnels non médicaux.
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Des suppressions de postes qui concernent les établissements de Brest, mais aussi de Carhaix. Vers 10h, environ 500 personnes se sont rassemblées dans le hall de La Cavale-Blanche, à l’ouest de la ville, avant de se lancer, à pied, dans un cortège qui doit rejoindre le centre de Brest. Avec un passage par un autre établissement du CHRU, l’hôpital Morvan.
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Les manifestants prévoient d’être à partir de 12h place de la Liberté, face à l’Hôtel de ville. Ils appellent la population à les rejoindre pour entendre leurs arguments contre le plan présenté par la direction. Les manifestants expliquent en effet que ce « contrat de retour à l’équilibre » avec les suppressions de postes envisagées aura non seulement des conséquences sur les conditions de travail – alors même qu’un rapport de la Cour régionale des comptes sur 2013 indique que les salariés du CHU de Brest travaillent plus que la moyenne – mais aussi sur la qualité des soins et l’accueil du public.  9 décembre 2014 à 10h34
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07 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

douarnenez, 4 500 manifestants pour défendre l’hôpital (of + lt)

manifestants-hopital-SUD

Entre 4000 et 5000 personnes ont manifesté ce samedi matin à Douarnenez pour défendre l’avenir de la chirurgie ambulatoire et hebdomadaire à l’hôpital de Douarnenez.

Médecins, patients, élus et population ont répondu présent en masse, ce samedi matin pour défendre l’avenir de l’hôpital de Douarnenez. Ils ont battu le pavé douarneniste au départ de l’hôpital pour rejoindre le centre-ville et la place de la mairie

Dans les rangs des manifestants, on a pu observer une quarantaine d’élus du pays de Douarnenez, du Cap-Sizun, du Porzay, de l’île de Sein et même de Carhaix ceints de leur écharppe tricolore. Au chapitre des slogans, on a notamment pu entendre «Tous ensemble pour le sauver, l’hôpital de Douarnenez!»

L’hôpital, qui comptait quatre anesthésistes, « a été déshabillé au profit de l’hôpital de Quimper», regrette un médecin. Ces derniers n’exercent plus à l’hôpital de Douarnenez. Un anesthésiste a été trouvé en urgence. «Il est d’accord pour rester jusqu’au 1er mars.» Insuffisant pour les médecins qui voudraient voir leur équipe dotée de deux anesthésistes pour maintenir la chirurgie ambulatoire et hebdomadaire à Douarnenez. Car, au-delà de la chirurgie, c’est l’avenir de l’hôpital de Douarnenez qui inquiète.

La manifestation s’est terminée devant la mairie de Douarnenez ou des médecins et le comité des usagers de l’hôpital ont pris la parole. Les manifestants se sont dispersés aux alentours de 13h. Douarnenez – 06 Décembre

http://www.ouest-france.fr/hopital-de-douarnenez-une-manifestation-samedi-pour-la-chirurgie-3029403

 Un cortège de 3.000 à 4.000 personnes a rallié l’hôpital à l’hôtel de ville, hier matin, à Douarnenez (29). (Le Télégramme)
Les médecins étaient en tête de la mobilisation, suivis par tout ce que le territoire compte d’élus locaux, tous bords confondus. À l’exception d’un gwenn ha du flottant au-dessus d’un bonnet rouge solitaire, la consigne de ne brandir aucune bannière politique ou syndicale a été respectée, hier, dans cet impressionnant cortège qui a traversé Douarnenez de part en part derrière cette unique banderole : « Touche pas à mon hosto ».
Organisation fragilisée Sans doute l’une des raisons pour lesquelles la population s’est mobilisée en masse derrière les médecins du centre hospitalier, qui, les jours précédents, avaient organisé des réunions publiques particulièrement bien suivies. À Douarnenez, mais aussi dans les territoires ruraux voisins du Porzay et du Cap-Sizun. Des réunions au cours desquelles ils ont expliqué pourquoi ils sont inquiets. Ils estiment que leur autorité de tutelle, l’Agence régionale de santé (ARS), avec les directeurs des cinq établissements formant le Centre hospitalier intercommunal de Cornouaille (Chic), envisage la fermeture de la chirurgie ambulatoire à Douarnenez pour le début de l’année prochaine.
Le récent courrier adressé au maire de Douarnenez par Marisol Touraine, ministre de la Santé, n’est pas pour les rassurer. Les termes sont diplomatiques mais ils sont clairs : « L’organisation de la chirurgie, mise en place en 2014 sous forme d’une activité programmée et ambulatoire, est aujourd’hui fortement fragilisée, compte tenu des tensions sur les effectifs d’anesthésistes ».
Le début de la fin ? Et pour les médecins, disparition du bloc opératoire est synonyme, à terme, de disparition de l’hôpital tout court. Mais, fidèles au serment d’Hippocrate, ils ont décidé de ne pas laisser la santé du malade se dégrader sans rien faire. « Nous ne sommes pas d’accord et le redirons les prochains jours et semaines. Cette mobilisation n’est qu’une première étape, a clamé une praticienne hospitalière à la fin de la manifestation. Nous restons mobilisés tant qu’une réponse satisfaisante ne nous est pas proposée.
Pour notre santé, nos aînés, les jeunes générations, les générations futures ». Créer le futur « Nous ne pouvons pas prévoir le futur, en revanche, nous pouvons le créer », a enchaîné sa voisine, déclenchant les applaudissements nourris de la foule. Une foule au milieu de laquelle on remarquait, ceint de son écharpe à hermines reconnaissable, le maire de Carhaix (29), Christian Traodec, dont l’hôpital de proximité a été sauvé, à l’issue d’un très long combat. Et si les Douarnenistes ont un trait en commun avec les centre-Finistériens, c’est bien leur caractère frondeur.

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06 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

accès aux soins : ça se dégrade…(npa)

Assurance_maladie

Une étude récente de l’Observatoire Jalma/IFOP sur les difficultés pour la population d’accéder aux soins montre que 65 % des personnes interrogées constatent une dégradation du système de soins.

Soixante pour cent répondent que l’hôpital public se dégrade et 52 % portent le même diagnostic pour les soins en ville. La première cause avancée concerne les délais d’attente pour 64 % des interrogés.

La situation est particulièrement critique pour l’accès aux spécialistes : le délai d’attente est de 51 jours contre 44 en 2011 : 36 jours pour l’ORL, 50 pour un dermato, 57 jours pour un gynéco et 111 jours pour l’ophtalmo ! La deuxième cause est le coût : 46 % des personnes. Pas étonnant quand on sait que la sécu ne rembourse plus que 55 % des soins courants. La troisième cause porte sur l’éloignement géographique et trouve donc ses racines dans la fermeture des établissements de proximité (maternités, centre d’IVG, centres sociaux) et dans les déserts médicaux.

En finir avec le virus de la marchandisation Cette étude illustre les dégâts des politiques de santé successives qui visent à privatiser le système de santé et à chercher dans le marché, inépuisable, des profits considérables. Pour mener à bien cet objectif, il faut faire sauter les deux verrous essentiels du système actuel : l’hôpital public et la Sécurité sociale.

L’hôpital est malmené par des budgets d’austérité, les restructurations et fermetures d’établissements et de services, fragilisé par son financement à la T2A, véritable poison qui favorise le transfert des soins les plus rentables vers les clinique privées.

La Sécurité sociale est attaquée de toutes parts : réduction du périmètre de ses remboursements au bénéfice des assurances privées, cadeaux au patronat qui obtient des réductions de cotisations et qui peut ainsi majorer ses profits sur le dos du salaire socialisé.

Pour un système public de santé débarrassé des virus de la rentabilité et de la marchandisation, pour répondre aux besoins de la population et réduire les inégalités, le préalable passe par un remboursement de tous les soins à 100 % sans avance de frais.

Un véritable service public de santé pourra alors s’articuler autour d’un seul service public d’hospitalisation intégrant les cliniques privées et les Ehpad ; un réseau, dans les villes et les quartiers, de centres de santé pluridisciplinaires, gratuits, lieux de soins et de prévention avec la participation de collectifs d’habitants et des associations ; une industrie pharmaceutique placée sous contrôle public dans le cadre d’une Sécurité sociale autogérée.

C. Bensimon Vendredi 5 Décembre 2014

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28 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

le service de chirurgie ambulatoire de l’hôpital de douarnenez en danger (fr3)

manifestants-hopital-SUD

Le Centre Hospitalier de Douarnenez ne trouve pas de candidat au poste d’anesthésiste à pourvoir en janvier prochain. Le personnel s’inquiète de la possible fermeture du service de chirurgie ambulatoire et de ses conséquences sur le fonctionnement général de l’Hôpital.

Plus de 700 personnes ont assisté hier soir à une réunion d’information organisée par les médecins du Centre Hospitalier de Douarnenez. Tous s’inquiètent de la possible fermeture du service de chirurgie ambulatoire et de l’avenir de l’établissement.

Pas de candidat au poste d’anesthésiste

L’hôpital cherche désespérément un nouvel anesthésiste pour pourvoir le poste qui sera vacant au 1er janvier 2015. Sans nouveau médecin anesthésiste le service de chirurgie ambulatoire est condamné. L’Agence Régionale de Santé et l’Union Hospitalière de Cornouailles envisageraient de concentrer cette activité à Quimper, ce qui obligerait les patients à effectuer plus de 30 km pour réaliser des examens pratiqués aujourd’hui à Douarnenez.

La direction conteste cette volonté de fermeture mais ne trouve pas de candidat. Un problème que connaissent de nombreux autres centres hospitaliers en France. On estime que 27 % des postes d’anesthésistes ne sont pas pourvus aujourd’hui au niveau national.

Le personnel du Centre Hospitalier déjà mobilisé depuis plusieurs semaines a prévu une journée de manifestation. Ce sera samedi 6 décembre, à 11 h, dans le centre de Douarnenez. Maylen Villaverde Publié le 26/11/2014 | 12:51

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2014/11/26/le-service-de-chirurgie-ambulatoire-de-l-hopital-de-douarnenez-en-danger-600672.html

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23 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

avorter en france, les a priori ont la vie dure (le huff’)

merde

 Si le temps des aiguilles à tricoter est terminé, les débats, eux, persistent.

Quand Simone Veil monte à la tribune ce 26 novembre 1974, elle n’imagine pas le rude combat en faveur de l’IVG qui l’attend. Quarante ans plus tard, ce combat n’est pas terminé. Une Française sur trois avortera au cours de sa vie. Si l’acte peut sembler courant, les femmes qui y ont recours doivent parfois surmonter bien des obstacles pour que leur choix soit respecté. Aujourd’hui encore, l’avortement reste un tabou, un acte médical qui dérange.

Vendredi 21 novembre, la ministre de la Santé a d’ailleurs annoncé un plan à venir pour améliorer l’accès à l’IVG sur tout le territoire. L’interruption volontaire de grossesse est « un droit fondamental qu’il faut célébrer et réaffirmer » selon Marisol Touraine qui ajoute dans le magazine Elle, qu’ »il est inadmissible de prendre des libertés avec ce droit ». Des équipes médicales qui cherchent à convaincre leur patiente de ne pas avorter, des femmes laissées seules face à leur culpabilité et la parole des opposants « pro-vie » libérée, Le HuffPost a cherché à comprendre les obstacles que les Françaises devaient encore surmonter pour avorter.

« Un enfant, mieux vaut en avoir un de plus, qu’un de moins »

« On prend les femmes pour des idiotes », s’agace Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning Familial interrogée par Le HuffPost. « Dans l’imaginaire commun, explique-t-elle encore, une femme qui avorte, c’est une femme qui a fait une erreur, une irresponsable. » C’est bien l’impression qu’a eu Annie, 52 ans, mère de deux enfants. En 2004, quand elle découvre qu’elle est enceinte, elle tombe des nues. « Cette grossesse n’était pas du tout prévue, je suivais un lourd traitement médical et j’avais décidé d’arrêter la pilule », raconte-t-elle au HuffPost.

Pour avoir ses deux enfants, vingt ans plus tôt, elle avait dû suivre un traite- ment hormonal. « Quand j’ai arrêté la pilule à 40 ans passé, je ne me suis pas méfiée. » Elle consulte son médecin de famille pour lui faire part de sa décision d’interrompre cette grossesse. Son mari ne veut pas le garder, elle, elle hésite encore. « Mieux vaut en avoir un de plus, qu’un de moins », lui répond son géné- raliste. Même son de cloche chez l’échographe qui lui fait écouter les battements du cœur du fœtus et lui met la photo souvenir de l’échographie dans la main. Annie accuse le coup, difficilement. Mais sa décision est prise : « Je ne pouvais pas garder un enfant qui n’était pas désiré ».

À l’hôpital, une psychologue tente mollement de l’interroger avant l’intervention. Après l’IVG, la vie a presque repris son cours. « J’ai beaucoup culpabilisé pendant cinq ou six ans », avoue-t-elle en dénonçant l’absence de soutien psychologique du monde médical. Après plusieurs années, Annie a finalement passé la porte du cabinet d’une psychologue pour tirer un trait sur cette histoire. « J’aurais aimé qu’on m’écoute, qu’on me parle » déplore-t-elle.

« La Manif pour tous a déculpabilisé la parole des anti-avortement » (…) Un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a demandé, en vain, la suppression de la « clause de conscience » grâce à laquelle un médecin peut toujours refuser de pratiquer cet acte ainsi que la suppression du délai obligatoire des sept jours de réflexion entre les deux premières consultations. De fait donc, la pratique de l’IVG n’est pas la même partout en France.

Plus inquiétant encore, comme le souligne la ministre de la Santé, si « en France l’écrasante majorité est attachée à ce droit, il faut être vigilant parce que la parole des ultras se libère ». Faut-il en conclure que les anti-avortements sont plus nom- breux? « Il n’y a pas plus de personnes contre l’avortement qu’avant, leur parole est simplement plus visible. Il y a eu une vraie bascule au moment de la Manif pour tous », analyse Marie-Pierre Martinet. Internet a aussi été un important relai des idées de la mouvance pro-vie. Une âpre bataille est menée sur Google : le site officiel, www.ivg.gouv.fr, lancé en janvier 2014 et le site du Planning familial tentent de faire reculer les blogs et plateformes farouchement opposés à l’avortement et dont le référencement sur Google est très bon. Des sites anti-IVG qui ressemblent à s’y méprendre à des sites officiels d’information.

Ondine, 24 ans, en sait quelque chose. En 2013, cette jeune femme a voulu se rendre dans un centre de planning familial après avoir découvert qu’elle était enceinte. Après une recherche sur Internet, elle se retrouve finalement dans un « centre de soin mutualiste » où elle est mal accueillie par des médecins très peu coopératifs qui l’ont finalement effrayée et fait fuir. La réputation du centre qu’elle ne veut pas citer le précède sur Twitter, des utilisateurs la mettent en garde contre des professionnels jugés « pro-vie ». « Je suis ensuite allée au planning familial de Paris qui m’a redirigée vers l’hôpital de la Pitié Salpêtrière où j’ai été très bien reçue », raconte-t-elle au HuffPost après avoir publié un récit de son avortement sur son blog.

L’avortement, oui, mais pour les femmes en détresse Pour pouvoir avorter, certaines sont obligées de mentir. Les femmes qui ont recours à l’IVG ne sont pas toutes dans une impasse financière, sans travail, dans une situation personnelle compliquée. Parfois, ce n’est tout simplement pas le bon moment. Morgane est tombée enceinte à 18 ans, en 2004, elle avait un travail, les moyens financiers de subvenir à cette grossesse. Mais cette jeune femme depuis mère, décide de ne pas le garder. Son rendez-vous pour l’échographie obligatoire se passe mal, le spécialiste tente de la faire changer d’avis avec « un discours moralisateur », l’accusant de « tuer un être humain », d’être « inconsciente » selon ses termes.

Les rendez-vous s’enchaînent, « on me demande de réfléchir, raconte-t-elle encore, l’avortement est un acte grave, je serais blessée à vie » lui disent les médecins qu’elle rencontre. Quand elle veut fixer la date de son IVG, il n’y pas de date disponible. « On ose me dire que c’est un signe… », commente-t-elle tristement. La jeune femme va alors tenter de mieux correspondre à l’image que l’on se fait d’une jeune mère en situation de détresse. « J’ai 18 ans, mes parents m’ont mis dehors, je dors sur le canapé des amies, invente-t-elle. J’ai un job mais pas d’ap- partement, je ne me suis jamais occupée d’enfants. Le géniteur? Aucune idée, je bois beaucoup, je fais la fête et j’ai aucune idée de qui je suis tombée enceinte. Je pleure un peu, juste assez, je joue la fille dépassée.

Et là c’est magique on me trouve une place. On me sort un discours sur les MST, les moyens de contraceptions etc… ». Quelle ne fut pas la surprise des médecins lorsqu’ils voient la jeune femme accompagnée par sa mère le jour de l’intervention. Le cauchemar ne va pas s’arrêter là pour Morgane qui tombe enceinte seize mois plus tard alors qu’elle prenait la pilule. Cette fois-ci, elle décide de le garder mais fait une fausse couche après 4 mois, « beaucoup m’ont jugée et ont fait le rapprochement avec l’avortement », se souvient-elle. Dix ans plus tard, Morgane est désormais maman d’un petit garçon et peut le dire haut et fort, « il y a 10 ans j’ai avorté et je vais bien. »

La loi Veil, le paradoxe français Le droit à l’avortement fait consensus en France. Interrogée par l’AFP, Marie-Laure Brival, chef de service obstétrique à la maternité des Lilas se réjouit de cette union, « aucun politique au pouvoir ne s’est hasardé à remettre en cause ce droit, contrairement à d’autres pays comme récemment l’Espagne où on a eu très peur ». Une position que rejoint Marie-Pierre Martinet qui modère cependant, « sans tenter d’abroger la loi Veil, il est toutefois possible d’essayer de la limiter », craint-elle. Ainsi, certaines structures refusent de pratiquer des IVG entre 10 et 12 semaines de grossesse ce qui contraint plusieurs milliers de Françaises « entre 3500 et 5000 par an » selon Véronique Séhier, co-directrice du Planning familial à se rendre aux Pays-Bas, en Espagne ou en Grande Bretagne. Selon la loi pourtant, une femme peut avorter jusqu’à 12 semaines de grossesse.

Lorsque l’Espagne a voulu restreindre les conditions d’accès à l’avortement en 2014, en France, à droite comme à gauche, les politiques ont dénoncé ce projet de loi, à l’exception de Jean-Marie Le Pen. Si l’union a presque été totale pour soutenir la loi Veil en France, le contenu de la loi est plus sujet à la contro- verse. Soixante sénateurs UMP ont ainsi saisi le Conseil Constitutionnel pour s’opposer à l’éviction de la mention de détresse dans la loi. Une mention qui a malgré tout disparu du texte après l’aval du Conseil Constitutionnel. « Une femme qui ne veut pas d’enfant est toujours suspecte », déplore finalement Marie-Pierre Martinet.

Le HuffPost  | Par Sandra Lorenzo
Publication: 23/11/2014 07h39 CET Mis à jour: 23/11/2014 07h39 CET

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