Archive | Santé

28 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Pont-l’Abbé. Le comité de défense de l’Hôpital interpelle la députée (LT)

Pont-l'Abbé. Le comité de défense de l'Hôpital interpelle la députée (LT) dans Austérité pont-abad-300x179

28 mai 2013 à 08h57

Dans une lettre ouverte, le comité de défense des Urgences, Smur et services afférents de l’Hôtel-Dieu qui se bat pour le maintien des actes opératoires à Pont-l’Abbé, demande à Annick Le Loch, députée de la circonscription, de prendre « clairement position pour le maintien des actes opératoires ». Dans cette lettre datée du 23 mai, ce même comité lui demande d’intervenir auprès des autorités compétentes.

http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/ouest-cornouaille/pontlabbe/pont-l-abbe-le-comite-de-defense-de-l-hopital-interpelle-la-deputee-28-05-2013-2117353.php

Lire la suite

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale

Manifestation nationale unitaire du 15 juin, pour défendre le droit à la santé, la protection sociale dans Santé solidaires-209x300

La protection sociale, variable d’ajustement des politiques d’austérité :

Comme dans tous les autres pays d’Europe, la crise de la dette, la mise en place de politiques d’austérité sont le prétexte à l’attaque de la protection sociale sous toutes ses formes (santé, action sociale, retraites, politique familiale, systèmes de sécurité sociale, assurance chômage…).

Le gouvernement n’a pas rompu avec la politique de Sarkozy.

Les plans d’économie de la sécurité sociale concernent tous les domaines : une grande partie de la population n’a plus accès aux soins et y renonce. Les dépassements d’honoraires et les déremboursements des soins coûtent de plus en plus cher.  La désertification sanitaire s’amplifie par la fermeture d’hôpitaux et de services de proximité.  Les politiques d’austérités aggravent la précarité et créent une misère croissante. Dans le même temps les réponses sociales, pour garantir les droits de la population, ne sont plus à la hauteur des enjeux (diminution drastique des budgets sociaux). Les premières victimes de la crise : les chômeurs-ses, les jeunes précaires et les retraité-e-s, les malades et les handicapé-e-s, se voient privés de leurs principaux droits à la santé, au logement, à un revenu décent dans tous les cas où ils sont privés des revenus du travail.

La santé, l’action sociale, la Sécurité Sociale, les retraites : c’est l’affaire de tous.

Le droit à la santé et à la protection sociale ne sauraient être l’apanage des seuls professionnel-le-s. C’est l’ensemble de la population qui a le devoir de se mobiliser pour préserver les outils de solidarité. Il y a urgence à agir contre la voracité des assurances privées, des multinationales de la santé (pharmacie, groupe de cliniques privées) et du secteur bancaire !

La santé n’est pas une marchandise, le social n’est pas à vendre !

L’Union syndicale SOLIDAIRES s’inscrit totalement dans la campagne unitaire du collectif Notre Santé en Danger qui regroupe des Associations d’usagers, des comités de défense des hôpitaux de proximité, des syndicats professionnels (Fédération SUD Santé Sociaux, Fédération CGT Santé Action Sociale…), des partis politiques…

Grèce, Espagne, Portugal laboratoires de la marchandisation de la santé et de la protection sociale.

Le FMI, la Banque Centrale Européenne, et tous les gouvernements ont soumis tous les peuples d’Europe à un plan concerté, décliné différemment dans chaque pays qui vise à détruire une protection sociale solidaire et égalitaire, une santé et une action sociale accessible à tous partout et tout le temps.
Depuis des mois, une mobilisation très importante existe dans ces trois pays. Etre solidaires, c’est d’abord construire la mobilisation dans notre pays pour éviter demain la destruction, partout, des principales conquêtes sociales.

Retraites : contre leurs mauvais coups, organisons-nous !

A la grande satisfaction du patronat, le gouvernement annonce une nouvelle contre – réforme des retraites. Allongement de la durée de cotisations, diminution des pensions, décote, … comme en 1993, en 2003, en 2007, en 2010, on va nous dire qu’il faut « sauver les retraites » alors que leur objectif est de diminuer les droits des travailleurs et des travailleuses.  La fin des exonérations de cotisations sociales, le règlement de la dette patronale, l’arrêt de la fraude sociale du patronat, ainsi qu’une autre répartition de la richesse créée, plus favorable aux salarié-e-s, pourrait garantir nos retraites pour très, très longtemps !  Le gouvernement préfère prendre dans la poche des salarié-e-s et des retraité-e-s que de s’affronter réellement au « monde la finance » qui s’alimente en parasite de la richesse créée par le travail ! La mobilisation c’est maintenant !

http://www.solidaires.org/article44664.html

Lire la suite

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Saint-Brieuc. Elle fumait un joint sous l’oeil de la caméra ! (OF)

Saint-Brieuc. Elle fumait un joint sous l'oeil de la caméra ! (OF) dans Jeunes smoke

En jetant un oeil sur les écrans de contrôle de la vidéosurveillance, les policiers de Saint-Brieuc ont aperçu samedi soir un groupe de trois jeunes filles, place de la Madeleine, en plein centre-ville. L’une d’entre elles, 17 ans, fumait ostensiblement un joint. Ils n’ont eu qu’à la cueillir, peu avant minuit. Elle sera convoquée devant le délégué du procureur.Faits divers lundi 27 mai 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Saint-Brieuc.-Elle-fumait-un-joint-sous-l-oeil-de-la-camera-_40771-2196333-pere-bre_filDMA.Htm

Commentaire: Les caméras sont inutiles contre les terroristes, mais pas contre les vrais délinquants! Aux galères!

Lire la suite

27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Morbihan, psychologues, la CGT lance un appel à la grève dans le public (LT)

Morbihan, psychologues, la CGT lance un appel à la grève dans le public (LT) dans Luttes sociales en Bretagne manifestants-hopital-sud

Le syndicat CGT appelle les psychologues des fonctions publiques, hospitalières, territoriales et du secteur médico-social à faire grève demain.

Un rassemblement est prévu devant l’Agence régionale de santé à Rennes. Ce mouvement répond à une situation de précarité (contractuels, temps partiels) dans laquelle serait placée « plus de 60 % de la profession à cause de la politique menée depuis plusieurs années ». Selon le communiqué, les psychologues veulent que « la dimension humaine au sein de la société et des institutions soit prise en compte au même titre que la santé physique ». À cela s’ajoutent des revendications salariales. 27 mai 2013

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/psychologues-la-cgt-lance-un-appel-a-la-greve-dans-le-public-27-05-2013-2115189.php

Lire la suite

25 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le « Canard enchaîné » et l’amiante

Le aubry1 dans Santé

Lire la suite

23 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Après le scandale de l’amiante, le combat des salariés du cadmium (Bastamag)

Après le scandale de l’amiante, le combat des salariés du cadmium (Bastamag) dans Luttes ouvrières cadmium

Les intoxications au cadmium sont reconnues comme des maladies professionnelles depuis 1973.

Ce métal est utilisé dans la fabrication des batteries, des piles ou des accumulateurs. L’inhalation de fumées d’oxydes de cadmium peuvent avoir des conséquences très lourdes : maladies des bronches et des poumons, maladies des reins, ostéoporose… Il est aussi classé comme cancérogène certain. Cela ne semble pas avoir inquiété la direction de l’usine SAFT [1], le « champion français des batteries », à Nersac (Charentes). Les premières mesures de prévention n’y ont été mises en œuvre qu’à partir de 2003 ! L’entreprise y fabrique des batteries au nickel cadmium depuis 1974, avant de produire des batteries Lithium-ion pour véhicules électriques. Et semblait ignorer les effets toxiques d’un composant clef de son activité ! C’est ce que met en évidence une enquête fouillée publiée par Mediapart le 22 mai [2], décrivant un nouveau scandale sanitaire en puissance. Durant 29 années, les salariés ont utilisé sans précaution ce produit, alors que  l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’alarmait des dangers inhérents à son accumulation dans l’organisme dès 1973. Cette même année, les pathologies liées à l’exposition au cadmium font leur entrée dans le tableau des maladies professionnelles de la sécurité sociale.

Filiale « non stratégique » ou une cession opportune ?

En 2006, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’usine de Nersac s’aperçoit que les seuils d’exposition sont différents de l’usine de Bordeaux (10µg/L de sang à Nersac contre 5 à Bordeaux). Le suivi médical des salariés de Nersac est assuré par un « spécialiste » du cadmium, le Professeur Alfred Bernard (Université de Louvain), qui recommande [3] un taux maximum d’exposition de 5µg mais n’utilise étrangement jusqu’en 2011 que le seuil de 10µg, décrit Mediapart. Le changement de seuil rendra 82 salariés (sur les 340 de l’usine) inaptes à assumer un poste exposé. Et un cas de cancer broncho-pulmonaire a déjà été reconnu comme maladie professionnelle. Tout ceci n’est évidemment sans aucun rapport avec le fait que SAFT a décidé de se séparer de cette usine jugée aujourd’hui « non stratégique ». La société française d’investissement Fin’Active a été « sélectionnée comme acquéreur préférentiel » en janvier 2013, pour une somme inférieure à la valeur du site de production. Une reprise que contestent les syndicats : un référé visant « l’interdiction de cette cession au motif qu’elle peut compromettre la santé et la sécurité des salariés », est examiné par le tribunal de Bobigny. « Quand on a su que les patrons voulaient brader 329 salariés pour un euro après 35 ans d’ancienneté, de trois-huit et de pollution, on est devenus fous. (…) Notre espérance de vie, elle ne s’allonge pas contrairement à ce que dit François Hollande. Et la retraite, on n’est pas sûrs de l’atteindre », s’indigne le secrétaire du comité d’entreprise Gérard Quélard (CGT). Si l’absence de mesures de sécurité depuis 30 ans se confirme, la « faute inexcusable de l’employeur » pourrait être reconnue à l’encontre de SAFT et de son ancien partenaire, l’états-unien Johnson Controls, copropriétaire de l’usine jusqu’en janvier.

Par Mathieu Lapprand (23 mai 2013) Notes

[1] Société des accumulateurs fixes et de traction.

[2] A lire ici (accès payant)

[3] D’après un article qu’il publie en 1992.

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs
pour poursuivre son travail, faites un don.

Lire la suite

23 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Brest. La grève des sages-femmes bien suivie au CHRU (LT)

Brest. La grève des sages-femmes bien suivie au CHRU (LT) dans Brest et région sans-sigle

La grève des sages-femmes a été bien suivie à l’hôpital Morvan de Brest mais le mouvement n’a provoqué aucun retard ni annulation de consultations pour les patientes en raison des maintiens en poste. Cette grève nationale avait pour but de revendiquer un meilleur salaire. Il est actuellement de 1.615 € bruts en début de carrière. Après la première année commune aux professions de santé (Paces), quatre ans d’études sont encore nécessaires pour exercer cette profession médicale. 23 mai 2013

Lire la suite

23 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le Comité permanent amiante au service des industriels (LO)

Le Comité permanent amiante au service des industriels (LO) dans Luttes sociales en Bretagne miante7

Les neuf personnes que la juge Bertella-Geffroy avait mises en examen dans l’affaire de l’amiante et qui se trouvent blanchies pour le moment sont au cœur de l’opération mise sur pied par patronat et gouvernement pour protéger les profits des industriels utilisant l’amiante.

Il s’est agi en France d’une véritable conspiration basée sur le mensonge, pilotée conjointement par les industriels et l’État, en particulier lorsque la gauche était au gouvernement, et avec la collaboration d’une partie des centrales syndicales. Cette opération d’ampleur concernait une très grande partie des secteurs de l’industrie : cela allait des sociétés qui possédaient des mines d’extraction comme Saint-Gobain, à ceux qui transformaient l’amiante, comme Eternit, et s’étendait au bâtiment avec le fibro-ciment employé partout, à la métallurgie avec de multiples applications allant des plaquettes de frein aux transformateurs électriques, en passant par les chantiers navals qui en utilisaient à profusion, à la chimie et un peu partout dans les autres secteurs.

Et elle s’est mise en place en 1982, juste après l’arrivée au pouvoir de la gauche avec Mitterrand, et le PS et le PC au gouvernement.

Tout le monde connaissait les risques liés à l’utilisation de l’amiante, les protestations montaient dans le monde. C’est pour les contrer et maintenir l’utilisation de l’amiante par les industriels, pour leur plus grand profit, que le patronat proposa en 1982 la mise sur pied du Comité permanent amiante, réunissant les représentants de toute l’industrie, l’État avec les représentants des principaux ministères, Industrie, Travail et Santé, les centrales syndicales qui acceptèrent d’y siéger au nom de la « défense de l’industrie française », des scientifiques complaisants. La présidence, en toute ironie, fut donnée au président de l’Institut national de recherche et de sécurité, l’INRS, chargé en théorie de promouvoir la protection des salariés au travail. Cet individu allait être le principal activiste en vue d’empêcher l’interdiction de l’utilisation de l’amiante en France.

Le but affiché de ce Comité était de promouvoir l’utilisation de l’amiante, la « bonne utilisation », comme ils disaient. La collaboration au service du patronat était tellement patente et indécente qu’assez rapidement Force Ouvrière décida de s’en retirer. L’action s’intensifia justement après 1984 quand le Bureau international du travail, qu’on peut difficilement classer comme contestataire, préconisa l’interdiction internationale de l’utilisation de l’amiante à cause de ses dangers avérés. C’est là que Martine Aubry oeuvra en tant que directrice générale du travail pour faire obstacle avec le gouvernement français à la décision du BIT. Cette collaboration patronat-État-syndicats allait se traduire par des dizaines de milliers de victimes. Il fallut attendre 1996 pour que le gouvernement Chirac promulgue l’interdiction totale de l’amiante. Le Comité permanent amiante s’était entre-temps éteint sous les feux de la critique. Tous ceux qui, de près ou de loin, ont collaboré à cette opération sont coupables, si ce n’est aux yeux de la justice, en tout cas aux yeux du monde du travail et de toute la société.

P.S.

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2338&id=4

Lire aussi:

Lire la suite

17 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Quimper, hôpital : débrayage en médecine gériatrique (OF)

Quimper, hôpital : débrayage en médecine gériatrique (OF) dans Quimper et pays glazik manifestants-hopital-sud

Une vingtaine de salariés sur 22 que compte le service de médecine gériatrique de l’hôpital de Quimper (Finistère) ont débrayé, ce jeudi, de 14 h à 15 h.

Soutenus par les syndicats Sud et CGT, ils réclament des moyens pour faire face à l’augmentation des entrées directes et à la lourdeur de la prise en charge des patients. « Les personnels, dont la moitié est contractuelle, ont le sentiment d’être abandonnés par la direction, affirme Jean-Paul Sénéchal, porte-parole. C’est actuellement un des services les plus en souffrance à l’hôpital. Cette action est un avertissement. »

Rencontre le 23 mai

Du côté de la direction, on affirme surveiller de près l’activité de ce service. « Nous avons programmé une rencontre avec le personnel le 23 mai, affirme Nicolas Mével, directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Cornouaille. Nous sommes à l’écoute des salariés. Des renforts ont été attribués, notamment le week-end (un poste d’aide-soignant). » Cette unité compte 24 lits. De plus en plus de personnes âgées désorientées y sont admises. Social jeudi 16 mai 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper.-Hopital-debrayage-en-medecine-geriatrique_40820-2193093——29232-aud_actu.Htm

Lire la suite

07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Qui veut la peau du médecin de la centrale nucléaire ? (Rue89)

Qui veut la peau du médecin de la centrale nucléaire ? (Rue89) dans Ecologie & climat couv_hsnu-226x300

Première en France : trois entreprises portent plainte contre des médecins du travail, qui ont lié les pathologies de salariés à leurs conditions de travail.

Le médecin de la centrale nucléaire de Chinon n’est pourtant pas un débutant. Dominique Huez exerce depuis 1978 et ne compte plus ses interventions, prises de position, publications en faveur de la protection de la santé des salariés. Bref, jusqu’à présent, s’il avait dérangé, ni EDF ni aucune entreprise du Chinonais n’avaient voulu le couler. Voilà qui vient de changer. La société Orys a porté plainte contre lui devant le Conseil de l’Ordre des médecins, pour manquement à ses « obligations professionnelles et déontologiques ». Ce sous-traitant d’EDF a estimé que le médecin du travail avait outrepassé ses prérogatives en établissant que la pathologie d’un de ses salariés était liée à ses conditions de travail dans l’entreprise. Une première ? A un jour près, une plainte similaire a été déposée contre un autre médecin du travail, dans le même département, par EDF cette fois. Enfin, dans l’Ain, la même procédure a déjà abouti à un blâme, qui fait actuellement l’objet d’un appel. Ce sont les seuls cas que le Conseil national de l’Ordre des médecins recense jusqu’à présent. Les trois premiers en médecine du travail.

« J’ai fait un truc assez banal en fait »

Le 2 décembre 2011, Vincent Abergel débarque dans le cabinet médical, à la centrale de Chinon, se souvient Dominique Huez :

« Il était effondré, il pétait les plombs. Son état ne nécessitait pas d’appeler les pompiers, mais je suis intervenu en urgence parce que sa santé m’a vraiment inquiété. Quand il s’est senti mieux, je lui ai remis le certificat médical que je venais de rédiger. Ça arrivait régulièrement à Chinon. J’ai fait un truc assez banal en fait. »

Le médecin se souvient d’avoir fait parler le patient comme à son habitude. Selon lui, le salarié avait été muté à Chinon, dans un métier qui n’était pas le sien, en guise de punition : sur un chantier précédent, il avait refusé d’intervenir parce qu’il estimait que la sécurité n’y était pas assurée et, depuis, l’employeur lui faisait subir des vexations. Pour Dominique Huez, la situation l’avait amené à développer « une pathologie anxio-dépressive ». Pour la société Orys, le médecin a développé une analyse qui n’a rien de factuel : il n’a pas respecté, dans son certificat médical, les notions de « prudence » et de « circonspection », comme il est écrit dans la plainte déposée le 19 février et que Rue89 s’est procurée. Or, le patient constituait un dossier contre son employeur pour harcèlement moral et le certificat du Dr. Huez est venu s’y ajouter. La société a donc demandé au Conseil de l’Ordre de convoquer le médecin à une « conciliation et d’engager des poursuites disciplinaires à [son] encontre ». La démarche a de quoi surprendre. D’autant qu’elle ne concerne pas uniquement le Dr. Huez.

Deux autres médecins poursuivis

Depuis qu’il est en préretraite, Dominique Huez est détaché au CHRU de Tours, à la consultation hospitalière de pathologie professionnelle « souffrance au travail ». Or, dans le même service, un autre médecin du travail a été visé par une plainte similaire. Celle-ci a été rédigée par EDF le 18 février, soit un jour avant celle contre Dominique Huez. Le médecin concerné, le Dr. Bernadette Berneron, est accusé lui aussi d’avoir jugé l’entreprise. Elle avait été sollicitée par un confrère généraliste, inquiet pour une patiente secrétaire de direction au Centre national d’équipement de production d’électricité. Le généraliste avait écrit, dans un document que Rue89 s’est procuré :

« Merci de voir en consultation [cette personne], âgée de 49 ans pour angoisse, troubles de I’humeur, troubles du sommeil, en rapport avec un stress professionnel majeur depuis environ novembre 2011. »

Le Dr. Berneron avait confirmé l’analyse, dans une réponse au médecin traitant. La patiente a eu copie de cette lettre et l’a ajoutée au dossier qu’elle constitue en vue d’un procès aux prud’hommes contre son employeur. EDF juge inadmissible qu’elle ait eu accès à la missive, tout comme elle déplore le contenu du courrier. L’électricien a donc saisi à son tour le Conseil départemental de l’ordre (mais n’a pas donné suite à notre demande de précisions). Enfin, dans l’Ain, un médecin du travail de Romorantin a été poursuivi par une étude notariale, et blâmé par le Conseil de l’Ordre. Il a fait appel.

La parade des employeurs

Pourquoi ces trois procédures d’un nouveau type sont-elles déclenchées maintenant ? Pourquoi lancer aujourd’hui la chasse aux écrits des médecins du travail ? Parce que ça peut coûter cher, de plus en plus. L’employeur peut en effet, depuis 2002, être poursuivi s’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés. A deux reprises déjà, les conditions de travail ont été mises en cause par un tribunal, dans des cas de suicides chez Renault. Tandis que France Télécom doit toujours répondre devant le procureur de la République pour « mise en danger d’autrui et harcèlement moral du fait de méthodes de gestion de nature à porter atteinte à la santé des travailleurs ». Mais au-delà des suicides et des cas spectaculaires, cette « obligation de résultat » de l’employeur devrait mener de plus en plus de salariés à faire valoir leurs droits aux prud’hommes, estime François Desriaux, rédacteur en chef de Santé & Travail :

« Auparavant, seules les affaires de maladies professionnelles allaient en justice. Aujourd’hui, la femme de 55 ans qui n’est pas malade, mais usée par des années de travail, s’il elle est licenciée parce que déclarée inapte, comme cela arrive, peut se retourner contre son employeur qui n’a pas veillé à sa santé. »

Alors, du côté des employeurs, on cherche des parades.

Conciliation, piège à con ?

Dominique Huez a déjà prévenu qu’il risquait de ne pas se rendre à l’audience de conciliation qui a lieu mardi 7 mai avec la société Orys :

« Je suis tout à fait d’accord pour m’expliquer avec l’Ordre sur ma pratique déontologique, mais l’Ordre ne peut pas méconnaître que je ne peux pas m’exprimer devant un employeur sur le dossier médical de l’un de ses salariés. Ça m’est interdit par la loi. »

C’est son « droit le plus absolu », commente le secrétaire général de l’Ordre des médecins, Walter Vorhauer. Dans ce cas-là, direction la chambre disciplinaire de premier instance. Là, le magistrat examine la plainte et décide s’il elle recevable ou non, et s’il y a matière à sanction.

Pour Walter Vorhauer :

« Il n’est pas inintéressant de voir arriver cette affaire. C’est important de voir ce que vont dire les juges. Si une jurisprudence est établie en faveur des médecins, les entreprises vont arrêter de les poursuivre. »

Enquête 06/05/2013 à 19h07 Elsa Fayner | Journaliste

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin