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07 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

bibus (fr3)

Sur la grille, à l'entrée du siège social de Bibus à Brest, cette banderole qui rappelle qu'un salarié s'est donné la mort ce samedi
Sur la grille, à l’entrée du siège social de Bibus à Brest, cette banderole qui rappelle qu’un salarié s’est donné la mort ce samedi

Brest. Après le suicide de leur collègue, les salariés de Bibus en grève. « C’est le travail qui l’a tué »

Ni bus ni tramway ne circulent à Brest ce 7 novembre. Après le suicide d’un conducteur de bus ce samedi, les salariés du réseau de transport de la métropole brestoise sont en grève. Ils se sont retrouvés au siège social de Bibus pour un hommage à leur collègue. Entre tristesse et colère contre une direction qu’ils jugent « responsable » de la mort de cet homme de 52 ans.

Sur les visages des salariés de Bibus, des larmes. Et dans les têtes, la colère, après le suicide de leur collègue. L’homme, âgé de 52 ans, marié et père de deux enfants, a mis fin à ses jours à son domicile, samedi. « C’est le travail qui l’a tué, affirme Luc Daniel, délégué syndical CFDT. Il l’a d’ailleurs écrit dans un message avant de se donner la mort. Il parle de trahison de la part de notre direction ».

Sur la grille, à l’entrée du siège social du réseau de transport de la métropole brestoise, une banderole claque au vent, sur laquelle sont écrits ces mots : « un homme est mort » . Des bouquets de fleurs ont également été accrochés par les salariés qui opèrent, ce 7 novembre, un débrayage. Ni bus ni tramway ne circulent à Brest.

La direction annonçait, dans un communiqué publié le 6 novembre, la tenue d’un CSE extraordinaire. Ainsi que la mise en place d’une cellule psychologique. « On n’ira pas au CSE, indique Luc Daniel. Là, on a besoin de se retrouver entre nous, de faire notre deuil et de souffler un peu ».

« On prend acte du mouvement, indique Paul Gardey de Soos, directeur de RATP-Dev Brest, le délégataire du réseau. On comprend bien le choc pour tous les salariés ».

« Management violent »

Très éprouvée, la veuve du salarié est venue, ce lundi matin, à la rencontre des collègues de son mari, rassemblés pour un hommage. « Elle est détruite, relate le délégué syndical. La direction voulait la voir, elle a hésité puis y est allée et leur a dit, bien en face : ‘j’ai vu le visage de ceux qui ont tué mon mari’. Et elle a raison. La RATP a déshumanisé notre entreprise. Nous subissons un management violent ».

Comme d’autres conducteurs, le salarié, qui travaillait chez Bibus depuis 30 ans, avait une double fonction : quand il n’était pas au volant de son bus, il était agent d’intervention sur le réseau. Un poste qu’il occupait depuis trois ans. « Cette petite promotion sociale, il en était fier, souligne Luc Daniel. Il aimait la polyvalence. Il s’était formé en conséquence. Et il y a huit jours, la direction lui a dit qu’il devrait retourner à la conduite plein pot. Elle lui a volé sa dignité d’homme ».

« C’était un chouette collègue »

« C’était quelqu’un de juste, de droit » se souvient le délégué syndical CFDT qui constate que, « chez Bibus, il n’y a pas de place pour les gens comme ça dans le management actuel où les plus faibles trinquent. On en veut à la RATP qui est en train de détruire notre entreprise ».

Thierry, conducteur depuis 20 ans, dit son « dégoût » et a du mal à masquer son émotion. « Notre collègue, il faisait bien son travail, il aimait ce qu’il faisait, raconte-t-il. Il était toujours prêt à rendre service ».

Il constate « la dégradation des conditions de travail » depuis l’arrivée de RATP-Dev, filiale de la RATP, à la tête du réseau de bus urbain en juillet 2019. « Avant, quand un conducteur entrait chez Bibus, on savait qu’il y ferait toute sa carrière. Maintenant, il y a des démissions. On a une direction qui a laissé tomber le côté humain ».

« On a un sentiment de tristesse, témoigne Magali, très émue. C’était un chouette collègue. Mais on se sent seuls aujourd’hui. Pourquoi autant d’arrêts maladie chez Bibus ? Pourquoi autant de temps partiels ? Ces questions-là devraient alerter la direction et voilà où on en est. Notre collègue n’est plus là. C’est un choc énorme ».

Grève le 10 novembre

Un préavis de grève, déposé depuis le 24 septembre pour cette semaine, pointe d’ailleurs une organisation qui, selon la CFDT, « met les conducteurs de bus sous pression ». Il y est surtout question des temps de parcours imposés dans une ville où la circulation est difficile. « En gros, on nous demande de rouler plus vite que le tram qui, lui, est en site propre, analyse Luc Daniel. La RATP a modélisé des temps de parcours mais la théorie, c’est bien joli surtout quand elle ne prend pas en compte le réel. On est coincé dans un étau, entre des clients qui veulent des bus à l’heure et une direction qui augmente la cadence sans tenir compte de la réalité de la circulation à Brest ».

« Les conducteurs sont essorés, relève Thierry. Tout va de travers dans cette entreprise ». Le suicide de ce salarié fait grimper la tension d’un cran supplémentaire. « D’autant que nous alertons la direction sur les conditions de travail dégradées depuis longtemps, s’insurge Luc Daniel. Mais elle s’en fout. On a même reçu un message interne ce week-end nous demandant de reprendre le boulot normalement ce lundi matin, alors que notre collègue s’est tué. C’est d’un cynisme ! ».

Le directeur de RATP-Dev Brest estime, pour sa part, que « les clients n’ont pas à pâtir de cet événement-là. D’où l’envoi de ce mail. Nous pensions qu’il y avait moyen d’assurer le service au public tout en faisant notre deuil ».

Le 10 novembre, bus et tramway seront à nouveau à l’arrêt. Cette journée de grève aura un écho particulier puisqu’elle coïncidera avec les obsèques de ce chauffeur de bus de 52 ans.

 07/11/2022   Carole Collinet-Appéré .

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01 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

mouthe (the guardian)

glacier

Le village le plus froid de France enregistre un rare mois d’octobre sans gel.

L’automne tempéré de Mouthe est une preuve supplémentaire de la crise climatique, selon les experts météorologiques. La ville enneigée de Mouthe, est aussi appelée « petite Sibérie » et connue pour être l’une des villes les plus froides de France.

Pour la première fois en 140 ans, le village de Mouthe – officiellement reconnu comme le plus froid de France – a déclaré un mois d’octobre sans gel.

Un automne tempéré qui constitue une preuve supplémentaire de la réalité de la crise climatique, estiment les spécialistes de la météo.

Située à une altitude comprise entre 930 et 1 450 mètres dans le Jura, Mouthe a obtenu le titre de village le plus froid de France après avoir enregistré la température la plus basse du pays le 13 janvier 1968, lorsque le thermomètre est descendu à -36,7°C.

Les archives locales, non vérifiées par l’autorité météorologique française, suggèrent qu’en janvier 1985, la température est tombée encore plus bas, à -41°C.

Dans le passé, Mouthe a enregistré jusqu’à 28 jours de gel en octobre.

François Jobard, de Météo-France, a déclaré que le mois d’octobre sans gel à Mouthe et les températures exceptionnellement chaudes enregistrées dans la ville de Besançon, à 100 km au nord, étaient une preuve supplémentaire du changement climatique.

Il a ajouté que le temps dans la région au cours de la seconde moitié d’octobre était plus chaud que la moyenne des deux dernières semaines d’août des années 1970.

« Depuis le début des mesures en décembre 1884 à Besançon. La deuxième quinzaine d’octobre 2022 semble être une erreur, bien au-dessus de tout ce qui a été observé… En 2022, nous avons changé de braquet », a tweeté M. Jobard.

La météo à Mouthe, dans l’est de la France à environ 5 km de la frontière franco-suisse, est dictée par sa situation géographique particulière, installée dans un creux où le vent froid stagne entre deux massifs montagneux.

« Le froid sibérien qui s’y installe régulièrement en hiver s’explique par le fait que la région de l’est de la France est marquée par un climat continental qui l’emporte sur les influences océaniques en cas d’anticyclone. Le soir, le Val de Mouthe, peu pentu et peu boisé, n’évacue pas le froid. Le microclimat particulier de la tourbière accentue la baisse de température », explique le porte-parole de la mairie.

Cet été a été le deuxième plus chaud en France depuis 2003 ; en septembre, les températures ont atteint un record de 40°C dans certaines régions du pays. Ce mois d’octobre serait globalement le plus chaud depuis le début des relevés.

Kim Willsher  Mar 1 Nov 2022

https://www.theguardian.com/

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01 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

st malo (fr3-npa)

hop1

Une édition démesurée de la Route du Rhum… et très contestée !

La course transatlantique de voile en solitaire qui part tous les quatre ans depuis 1978 de Saint-Malo est cette année très contestée.

Actif depuis une vingtaine d’années sur le pays malouin, notre courant politique n’a jamais été indifférent à la course nautique transatlantique la Route du Rhum qui relie tous les quatre ans Saint-Malo à la Guadeloupe. D’autant que depuis au moins deux éditions, cet événement sportif et festif a pris une ampleur considérable mettant en jeu une débauche d’énergies locales et de moyens financiers et techniques.

Gigantisme de la manifestation

À la fin de l’été, le comité avait décidé de mener campagne contre le gigantisme et le caractère déraisonnable qu’a pris cette manifestation. Plusieurs « chroniques du Rhum » ont été rédigées dans notre bulletin local Rouge Émeraude1 sur ses aspects financiers, commerciaux et environnementaux, mais aussi sur la question mémorielle. Le passé négrier des armateurs malouins et leur participation active à la traite esclavagiste transatlantique ne pouvant plus être occultés localement.

Nous n’imaginions pas alors l’ampleur de la contestation locale et nationale qui s’est levée mêlant aux prises de position des associations environnementales2, celles de professionnels de la voile3, celles de milieux locaux habituellement plus que modérés ainsi que celles de secteurs de gauche (LFI, coordination locale Le Monde d’après), le tout médiatisé par le Canard enchaîné et le Monde.

Impact écologique

Nous ne sommes rétifs ni à la voile ni à la fête, mais jusqu’au départ de la course le 6 novembre nous menons campagne.

Nous dénonçons l’impact écologique de l’événement au moment où on nous serine sur tous les tons l’obligation de sobriété énergétique et de protection de la diversité, et où la surconsommation d’eau potable fait peser une menace de coupures d’eau dans les semaines à venir.

Nous dénonçons la privatisation des espaces publics de la ville, voire de la mer, permettant une marchandisation éhontée par des mercantis et profiteurs locaux, à laquelle s’ajoute un subventionnement public sans contrôle de l’organisateur OCSport.

Nous réclamons que la communauté locale fasse la place qui s’impose, dans les activités patrimoniales, culturelles et éducatives, au crime contre l’humanité que fut cet indigne et raciste commerce du « bois d’ébène » sur lequel quelques dizaines d’armateurs et négociants malouins ont bâti aux 17e et 18e siècles leur fortune…

Si un quadrillage policier et militaire considérable a été mis en place en ville, les effectifs des soignantEs à l’hôpital sont demeurés, eux, très insuffisants pour faire face à l’afflux de patientEs que génère immanquablement un tel événement. De fait, les urgences hospitalières, déjà surchargées d’ordinaire, sont débordées. Une alerte « danger grave et imminent » a été lancée avec dépôt d’un préavis de grève illimitée à partir du 2 novembre à l’hôpital de Saint-Malo.

NPA du pays malouin
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  • 1. Retrouvez et téléchargez Rouge Émeraude : http://www.anticapitalis…
  • 2. France nature environnement Bretagne, AL LARK, Bretagne vivante, Eau et rivières de Bretagne, GEOCA, Viv’Armor Nature.
  • 3. L’Équipe, « notre-sport-magnifique-doit-changer », 9 octobre 2022.

 

Saint-Malo. L’hôpital est au bord de l’implosion. Un appel à la grève illimitée a été lancée en pleine Route du Rhum

Ils dénoncent une situation intenable, un manque de personnel qui met en danger les équipes et les patients. Les syndicats CGT et Sud santé, appellent à une grève illimitée à partir de mercredi 2 novembre et organisent aussi une marche jeudi 3 pour réclamer des moyens supplémentaires. Un mouvement lancé en pleine Route du Rhum pour alerter sur la gravité de la situation.

Un patient vulnérable de 77 ans qui patiente sur un brancard pendant 44h50. Un autre de 75 ans qui décide de fuguer après 61 heures passées sur un brancard. Pour les équipes du service des urgences comme pour de nombreux autres services du centre hospitalier de Saint-Malo, la situation ne peut plus durer.
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Un SOS lancé en pleine tempête

Ce mouvement de grève initié pendant la route du Rhum est un véritable SOS lancé en pleine tempête. Et les représentants syndicaux CGT et Sud santé jouent leur va-tout.

Cela fait des années, qu’ils réclament des moyens humains supplémentaires pour leur centre hospitalier, mais sans succès. Avec le temps, la pandémie et des conditions de travail dégradées, les choses n’ont fait qu’empirer.

Depuis un an et demi, les délégués du personnel de cette intersyndicale tirent la sonnette d’alarme en pointant du doigt de graves dysfonctionnements au niveau des urgences, des Ehpad, de la maternité et bien d’autres services. Mais la direction n’a pas su, jusque-là, répondre aux problèmes.

L’inspection du travail confirme des situations de risques psycho-sociaux

L’inspection du travail a donc été saisie par des membres du comité d’hygiène de sécurité et conditions de travail (CHSCT) pour danger grave et imminent, et ce à trois reprises, en janvier, en avril et en octobre 2022. Cette démarche a pour but de solliciter la mise en place d’actions urgentes pour ne plus mettre en danger la sécurité des personnels. Pour leurs représentants il s‘agit aussi, in fine, de ne plus mettre en danger la vie des résidents et patients.

Les rapports de l’inspection du travail sont accablants. Elle confirme que « des éléments matériels viennent caractériser une situation de risques-psychosociaux » pour le personnel sages-femmes et pour les personnels infirmiers de l’Ehpad. Pour l’inspecteur qui a établi ces rapports, la charge de travail, les horaires à rallonge, la peur de commettre des erreurs et le manque de reconnaissance sont les principales raisons de ce mal être.

75 postes non remplacés

Selon les syndicats CGT et Sud Santé qui ont lancé le préavis de grève « l’absentéisme non remplacé pose d’énormes difficultés de fonctionnement des unités. Sur le CHU de Saint-Malo 75 postes d’infirmiers, aides-soignants, et agents de service hospitalier n’ont pas été remplacés entre le 01 janvier 2022 et le 30 septembre 2022″ . Leurs principales revendications : la contractualisation des personnels vacataires et stagiaires, ainsi que le recrutement de personnels soignants et administratifs. Les syndicats demandent aussi la création d’un service de 20 lits en aval des urgences pour désengorger ce service.

Une marche jeudi 3 novembre à 14h

A ce jour les représentants syndicaux assurent que la direction n’a fait aucune proposition de rencontre pour négocier les revendications.

L’intersyndicale CGT et SUD Santé doit être reçue le jeudi matin à la sous-préfecture à 11h, puis à la mairie. Sans attendre elle appelle à une grande marche jeudi 3 novembre à 14h devant le centre hospitalier de Saint-Malo.

A noter que le syndicat F.O., lui, a décidé de ne pas s’associer au mouvement de grève. Selon sa représentante, ils « préfèrent agir nationalement ».

01/11/2022  Maylen Villaverde .

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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31 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

c’est lula! (jdd – huff’post)

lula

Brésil : Lula élu président pour un troisième mandat

Lula a été élu nouveau président du Brésil dimanche soir après un scrutin serré face au chef d’État d’extrême droite Jair Bolsonaro. Ce dernier n’a toujours pas reconnu sa défaite.

C’est un retour historique au pouvoir. Une victoire que Lula compare à une véritable « résurrection ». Dimanche soir, douze ans après avoir quitté le pouvoir avec une popularité record de 87 %, Lula  a remporté l’élection présidentielle au Brésil face à Jair Bolsonaro, faisant de lui le nouveau chef de l’État, rapporte l’AFP. L’ancien président commencera dès le 1er janvier un troisième mandat. Face à une foule composée de centaines de milliers de sympathisants réunis sur l’Avenida Paulista de Sao Paulo, Lula a plaidé pour la « paix et l’unité ».

Silence de Jair Bolsonaro

« À partir du 1er janvier, je vais gouverner pour les 215 millions de Brésiliens et Brésiliennes, pas seulement ceux qui ont voté pour moi », a déclaré l’icône de gauche. Lula a estimé que « personne » ne souhaitait vivre « dans un pays divisé, en état de guerre perpétuelle ». Pour lui, « il n’y a pas deux Brésil, nous sommes un seul peuple, une seule nation », a-t-il assuré en écho à son opposant d’extrême droite.

Lula s’est d’ailleurs dit « inquiet » du silence de son adversaire Jair Bolsonaro, indique l’AFP. Le président sortant n’avait en effet pas encore reconnu sa défaite quatre heures après le résultat du scrutin. Il a perdu l’élection de peu : Luiz Inacio Lula da Silva a récolté 50,9 % des voix au second tour contre 49,1 % pour le chef populiste.

« Dans n’importe quel pays au monde, le candidat défait m’aurait déjà appelé pour reconnaître sa défaite. Il ne m’a toujours pas appelé », a lancé Lula lors de son discours face à la foule de partisans, se disant à « moitié heureux » et à « moitié inquiet ».

Macron, Poutine et Biden saluent la victoire de Lula

Cela n’a pas empêché certains chefs d’État internationaux de féliciter Lula pour sa victoire. Le président américain Joe Biden a salué son élection « libre et juste », tandis que son homologue français Emmanuel Macron a assuré que cette victoire « ouvre une nouvelle page de l’histoire du Brésil », relate l’AFP. Le président russe Vladimir Poutine a également félicité Lula, souhaitant une « coopération constructive ». Lula a prévenu que son élection était également synonyme « de retour » du pays sur la scène internationale : « Notre pays est trop grand pour être relégué au triste rôle de paria. »

Avant d’évoquer le sujet de l’Amazonie, dévastée par la déforestation et les incendies, qui ont gravement augmenté sous le mandat de Jair Bolsonaro. « Le Brésil est prêt à jouer à nouveau les premiers rôles dans la lutte contre le changement climatique. Le Brésil et la planète ont besoin d’une Amazonie en vie », a enfin lancé Lula.

31 octobre 2022 Marianne Lecach

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Lula vainqueur de la présidentielle au Brésil, la gauche française exulte

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30 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

famine (à l’encontre)

famine (à l'encontre) dans Altermondialisme image1170x530cropped-1024x464
Un garçon collecte le peu d’eau qu’il trouve dans une rivière asséchée en raison de la sécheresse à Dollow, en Somalie.

Le climat a changé. Les famines se déchaînent

L’actualité climatique est plus sombre que jamais. Malgré les ambitions affichées de la communauté internationale, les pays du monde n’ont réduit que de 1% leurs émissions de gaz à effet de serre, selon un nouveau rapport des Nations unies. Ce piètre résultat place la planète sur la voie d’un réchauffement de 2,4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle [l’élévation pourrait même atteindre 2,8 degrés si la politique actuelle est poursuivie], ce qui est en deçà des plus grandes craintes des observateurs du climat, mais toujours au-delà du seuil de sécurité fixé à 1,5 degré Celsius. Cela préfigure un avenir dangereux fait de conditions météorologiques extrêmes, d’élévation du niveau des mers et de «souffrances sans fin», selon les termes mêmes des Nations unies.

Deux autres rapports publiés cette semaine par des agences des Nations unies ont indiqué une aggravation de ces maux. Une analyse de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques [CCNUCC, une des trois conventions adoptées lors du Sommet de la terre de 1992, conjointement à la Convention sur la diversité biologique et à celle sur la lutte contre la désertification] a révélé que peu de pays avaient atteint leurs engagements en matière de climat depuis la grande conférence des Nations unies sur le climat qui s’est tenue l’année dernière [COP26 du 1er au 13 novembre] à Glasgow, en Ecosse.

La conférence de cette année doit se tenir en Egypte le mois prochain [du 5 au 18 novembre à Charm-El-Cheikh: COP27]. Une autre étude de l’Organisation météorologique mondiale a révélé que les émissions de méthane augmentent plus rapidement que jamais. Ces données soulèvent «des questions quant à la capacité de l’humanité à limiter à court terme ce gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le dioxyde de carbone», rapportent d’autres observateurs.

Des progrès ont été réalisés: le monde se détourne du charbon [1], tandis que les gouver-nements des principaux émetteurs, l’Australie et les Etats-Unis, ont récemment adopté des lois importantes pour réduire les émissions. Mais les choses ne vont pas assez vite. «Les engagements mondiaux et nationaux en matière de climat sont lamentablement insuffisants», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un message vidéo cette semaine. «Nous devons combler le fossé des émissions avant que la catastrophe climatique ne se referme sur nous tous.»

Malgré les appels constants d’António Guterres, l’urgence politique nécessaire ne se manifeste pas dans la plupart des pays du monde. Même les gouvernements ayant des programmes climatiques bien conçus ont vu leur attention détournée par la guerre en Ukraine, le bilan de la pandémie et la volatilité des prix de l’énergie et l’inflation qui secouent l’économie mondiale. Comme l’écrivent Steven Mufson et Sarah Kaplan, le 26 octobre dans The Washington Post: «Le monde se dirige vers un avenir fait de chaleur insupportable, des catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes, d’écosystèmes qui s’effondrent, de faim et de maladies.»

Dans certains endroits, cet avenir est déjà là. La Corne de l’Afrique et de nombreuses régions d’Afrique de l’Est sont au cœur d’une sécheresse dévastatrice. Pour la cinquième année consécutive, l’absence de pluie a été enregistrée. Les analystes s’attendent à ce que la sixième – qui débutera en mars prochain – soit également une saison «sans pluie». Alors que les champs sont en jachère et que des millions de têtes de bétail meurent de soif, les pays de la région connaissent une situation d’insécurité alimentaire et humanitaire sans précédent. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, quelque 22 millions de personnes en Ethiopie, en Somalie et au Kenya risquent de mourir de faim.

En Somalie, en particulier, les organisations d’entraide et les observateurs internationaux mettent en garde contre l’apparition imminente d’une famine. Les conditions semblent pires qu’en 2011, la dernière fois que la famine a été déclarée dans ce pays ravagé par la guerre, où quelque 260 000 personnes sont mortes. «A chaque minute de chaque jour, un enfant somalien est admis dans un établissement de santé pour y être traité de malnutrition aiguë sévère», a déclaré un porte-parole de l’agence des Nations unies pour l’enfance (Unicef) mi-octobre. Il existe des récits poignants de mères et de familles qui traversent péniblement des terrains arides à la recherche d’une assistance médicale pour leurs bébés malades. Des milliers de personnes sont peut-être déjà mortes [2].

Près de 8 millions de personnes, soit environ la moitié de la population du pays, ont été touchées par la sécheresse. Jusqu’à 6,7 millions de personnes pourraient être affectées par l’insécurité alimentaire d’ici la fin de l’année. La défaillance successive des cycles de récolte a coïncidé avec les pressions inflationnistes créées par la pandémie et la guerre en Ukraine, ainsi qu’avec l’instabilité actuelle en Somalie, où un gouvernement fragile fait face à l’insurrection bien implantée du groupe extrémiste islamiste al-Shabab.

«Nous ne savons pas où se trouve la fin», m’a confié Michael Dunford, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est, en mettant en garde la communauté internationale contre la crise actuelle, mais aussi contre les futurs cycles de sécheresse et de souffrance à venir. En effet, les effets du réchauffement climatique ont un impact disproportionné sur des régions comme la Corne de l’Afrique. «Il ne s’agit pas du changement de climat – le climat a changé. Et nous ne reviendrons pas en arrière, même une fois que les pluies auront commencé», a-t-il déclaré. «Nous sommes bel et bien au milieu de la crise et je ne sais pas où se trouve le fond.»

La situation est d’autant plus tragique que ces communautés les plus menacées n’ont joué qu’un rôle minime, voire nul, dans la création des conditions qui alimentent le réchauffement climatique actuel. Il s’agit «d’une population qui, de manière importante, ne s’est pas infligé cette situation», a déclaré Michael Dunford. «Ce qui se passe aujourd’hui […] dans la région a un impact sur une population vulnérable qui n’a pas contribué aux gaz à effet de serre.»

«Les Somaliens sont les victimes de notre comportement, les victimes de nos habitudes – pas des leurs», a déclaré cette semaine Martin Griffiths, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU. «Et pourtant, nous n’avons même pas réussi à leur faire parvenir l’argent que nous avons promis de manière louable il y a quelque temps pour exactement ce genre d’objectif!»

Les agences des Nations unies ont indiqué que la Somalie, à elle seule, a besoin de quelque 2 milliards de dollars d’aide pour éviter les pires extrémités. Le PAM, qui a été largement financé par les Etats-Unis, fournit à plus de 4 millions de Somaliens une aide alimentaire et en espèces «vitale». Mais il a besoin de plus de fonds à un moment où les gouvernements nationaux naviguent dans leurs propres vents contraires économiques.

«Nous n’avons jamais vu un tel niveau d’exigence», a déclaré Michael Dunford, faisant allusion aux 345 millions de personnes dans le monde qui souffrent actuellement de faim aiguë. C’est deux fois plus qu’avant le début de la pandémie. Mais le rôle persistant du changement climatique dans la catastrophe en cours, a-t-il ajouté, signifie qu’il y a «un besoin d’équité» sur la scène mondiale. Michael Dunford a souligné la responsabilité du «monde industrialisé, des Etats du Golfe et d’autres pays, qui doivent s’engager et apporter les contributions nécessaires».

La gravité de la crise n’était pas inattendue, mais le système humanitaire international a été contraint de rattraper son retard. «La guerre en Ukraine est arrivée à un moment très inopportun», a déclaré Michael Dunford. Il a ajouté qu’ils avaient constaté que la situation en Somalie continuait à se détériorer et qu’ils avaient commencé à plaider pour les besoins du pays. «Et puis l’attention de tous a été détournée vers l’Europe. Nous avons donc perdu du temps et de l’attention», a-t-il déclaré. «Le financement est arrivé tardivement… et cela signifie que nous commençons plus tardivement dans notre réponse que nous le souhaitions.» Ce retard se mesurera en vies humaines.

(Article publié dans le The Washington Post, le 28 octobre 2022; traduction rédaction A l’Encontre)

 Ishaan Tharoor

https://alencontre.org/

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27 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

esclavage (l’étincelle)

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Un exemple d’esclavage moderne qui mène à la mort

Il avait travaillé plus de 70 heures par semaine. Le jour de son décès, le jeudi 7 juillet 2016, il était resté au volant de sa balayeuse industrielle pendant 14 heures consécutives.

Christian, employé de la société France Balayage, avait travaillé jusqu’à six heures du matin à l’aéroport de Beauvais avant de prendre la route pour se rendre sur un chantier dans la Somme. Il devait y être à neuf heures.

C’est là qu’il a perdu le contrôle de son véhicule. Ni alcool ni stupéfiant n’ont été retrouvés à l’autopsie. Le véhicule ne présentait aucun problème. C’est donc le rythme de travail de Christian qui a été pointé du doigt.

La veille il avait appelé sa femme et lui avait dit, à propos de ses employeurs : « ils veulent ma mort. »

Ces derniers, Pierre Léraillé et son fils Nicolas, s’en tirent plutôt bien. Le tribunal correctionnel de Beauvais a condamné l’un à huit mois de prison avec sursis, l’autre à 24 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire par la violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail.

Ils ont aussi l’interdiction de gérer une entreprise pendant trois ans. Ils le feront sans doute par le biais d’un homme de paille. De plus, leur société va devoir s’acquitter d’une amende de 10 000 euros. Pas cher payé pour la vie d’un travailleur. Quant à la famille ce n’est qu’en février prochain qu’elle connaîtra le montant de l’indemnisation qui lui sera accordée.

27 octobre 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

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27 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

algues vertes (fr3)

algues vertes

Algues vertes. Le rapporteur public écarte la responsabilité de l’Etat dans la mort d’un joggeur à Hillion

La mort de Jean-René Auffray durant un jogging a-t-elle un lien avec les algues vertes ? A qui la faute ? l’Etat, la mairie d’Hillion ? Autant de questions débattues ce jeudi 27 octobre au tribunal administratif de Rennes. La décision sera rendue dans un mois.

Il s’appelait Jean-René Auffray, il avait une famille, des amis… Il y a 6 ans, ce sportif de 50 ans est mort lors de son footing. Son corps a été retrouvé dans l’estuaire du Gouessant à Hillion, en baie de Saint-Brieuc. Dans cette baie, où 36 sangliers et deux chiens ont également trouvé la mort entre 2011 et 2016.

Très vite, tous les regards se sont tournés vers les algues vertes dont cette baie est infestée. Et plus précisément vers l’hydrogène sulfuré (H2S), le gaz mortel qu’elles produisent en pourrissant.

Aujourd’hui, c’est mon père. Il ne faudrait pas que demain, ce soit le père ou la mère de quelqu’un d’autre. Yann Auffray Fils de la victime

Ce jeudi 27 octobre, l’affaire était portée devant le tribunal administratif de Rennes. La famille de la victime souhaitant éclaircir deux points. D’une part la responsabilité de collectivités publiques et d’autre part le lien entre la mort de Jean-René Auffray et la présence d’algues vertes.

« Aujourd’hui, c’est mon père. Il ne faudrait pas que demain, ce soit le père ou la mère de quelqu’un d’autre », avance son fils Yann au sortir du tribunal.

Depuis 30 ans, tout est fait pour que le lien de causalité ne soit pas établi. Quand un accident survient, les analyses qui devraient être faites immédiatement ne le sont pas. Annie Le Guilloux Coprésidente de l’association « Halte aux marées vertes »

Lors de l’audience, le rapporteur public a estimé que le lien de causalité entre le décès et les algues vertes est difficile à établir puisque l’autopsie n’a été réalisée que 19 jours après le décès du joggeur à la demande du parquet de Saint-Brieuc.

« Depuis 30 ans, tout est fait pour que le lien de causalité ne soit pas établi. Quand un accident survient, pour un humain ou un animal, les analyses qui devraient être faites immédiatement ne le sont pas, » dénonce Annie Le Guilloux, co-présidente de l’association « Halte aux marées vertes ».

Devant le tribunal, l’avocat de la famille, Me François Lafforgue s’est appuyé sur des résultats d’analyses établissant des doses de 1000 ppm d’H2S pour démontrer la responsabilité des ulves. « On explose les taux d’hydrogène sulfuré dans le sol à l’endroit précis où M. Auffray est décédé. On est dans un endroit critique et aujourd’hui, on ne retiendrait pas le lien de causalité parce que l’analyse de sang n’a pas été faite dans les délais », s’insurge Me Lafforgue.

La responsabilité des collectivités

Autre point de débat : la responsabilité des collectivités. Le rapporteur public, Dominique Remy, reconnaît que la faute caractérisée de l’Etat pour son inaction à combattre les marées vertes a été maintes fois démontrée. En revanche, « l’Etat ne peut être mis en cause dans le décès de M. Auffray si le lien avec les algues vertes n’est pas établi », estime le rapporteur public.

Saint-Brieuc Armor Agglomération

Quant aux carences des collectivités locales, leur avocat, Me Gaël Collet les rejette. Pour lui, l’agglomération de Saint-Brieuc a pris ses responsabilités en signant une convention avec les communes pour le ramassage d’algues vertes. Un ramassage de toute manière impossible sur les vasières, comme celle où le corps de Jean-René Auffray a été trouvé.

La mairie d’Hillion

Toujours selon les arguments de Me Collet, la mairie d’Hillion ne peut être mise en cause. Le maire avait pris un arrêté avant 2016 pour interdire les activités à l’endroit où le jogger a été retrouvé et des panneaux signalant la présence potentiel d’algues vertes étaient installés dans le secteur.  Faux rétorque Yann Auffray, fils de la victime. « Sur les lieux, le 8 septembre 2016, il n’y avait pas de panneaux, il y en avait à quelques kilomètres mais pas sur les lieux de l’accident. »

Le rapporteur public rejette la demande d’indemnisation

Lors de l’audience de ce jeudi 27 octobre, le rapporteur public a conclu au rejet des demandes d’indemnisation de la famille. « M. Auffray est décédé d’une insuffisance respiratoire brutale qui aurait pu être due à une exposition aux algues vertes ou à un arrêt cardiaque », a-t-il déclaré, faisant courir un murmure dans la salle comble.

Le jugement a été mis en délibéré. La décision du tribunal administratif sera rendue dans un mois.

« Que ce soit une victoire ou une défaite, pour nous la défaite c’était le 8 septembre 2016″, conclut Yann Auffray.

 27/10/2022   Catherine Deunf
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24 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

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19 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

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Le réchauffement climatique en France s’annonce pire que prévu

En adaptant à la France la méthode utilisée par le Giec pour estimer le réchauffement planétaire, des scientifiques viennent de revoir à la hausse les températures qui attendent l’Hexagone. D’ici 2100, cette augmentation serait de 3,8 °C par rapport au début du 20è siècle, et ce dans un scénario d’émissions modérées de gaz à effet de serre.

L’optimisme climatique n’est pas de mise ces jours-ci. Le réchauffement climatique au cours du 21è siècle en France pourrait être 50 % plus intense que ce que l’on pensait. C’est le résultat de nouvelles projections sur le climat futur qui viennent d’être réalisées par une équipe du CNRS, de Météo France et du Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique1. Si les tendances actuelles d’émissions de carbone se maintiennent, la température moyenne de l’Hexagone sera 3,8 °C supérieure à celle du début du 20è siècle. Un chiffre qui pose d’immenses défis d’adaptation et qui promet des changements sévères dans l’agriculture et les écosystèmes français.

Pour arriver à ce résultat, le plus robuste dont nous disposons à ce jour, les chercheurs ont employé une méthodologie nouvelle. Développée par cette même équipe, elle a été utilisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans le premier volet de son sixième rapport, paru en 2021.

L’innovation principale est l’utilisation de données climatiques observées pour contraindre les modèles. En d’autres termes, à partir d’un éventail de simulations climatiques réalisées grâce aux modèles utilisés par le Giec, les chercheurs identifient celles qui sont en accord avec les mesures de température récoltées depuis plus d’un siècle. Ainsi, les chercheurs peuvent identifier les projections les plus robustes sur l’avenir du climat, et réduire les incertitudes.

Le Giec propose des scénarios de réchauffement climatique au niveau planétaire et au niveau de grandes régions comme l’Europe ou le bassin méditerranéen. Mais il ne va pas en-dessous. Or il existe un appétit pour des projections à des échelles plus réduites.

L’autre originalité de ces travaux, publiés le 4 octobre dans la revue Earth Systems Dynamics, est qu’ils offrent des projections à l’échelle française. « Le Giec propose des scénarios de réchauffement climatique au niveau planétaire et au niveau de grandes régions comme l’Europe ou le bassin méditerranéen. Mais il ne va pas en-dessous.

Or il existe un appétit pour des projections à des échelles plus réduites », explique Aurélien Ribes, chercheur au Centre national de la recherche météorologique2 (CNRM). En effet, les grandes décisions politiques se prennent pour l’essentiel au niveau national. Il était donc urgent d’utiliser cette nouvelle méthodologie pour obtenir des scénarios de réchauffement climatique à l’échelle de l’Hexagone. Pour cela, les chercheurs ont utilisé les données récoltées par une trentaine de stations météorologiques réparties sur toute la France. Ces stations sont connues pour avoir enregistré les températures de façon homogène sur de longues périodes. Ainsi, les premières mesures de température fiables dont disposent les chercheurs datent de 1899.

Grâce à ces données, l’équipe a calculé le réchauffement climatique actuel. Ils ont montré que la température moyenne de la France actuelle est 1,7 °C supérieure à celle de la France entre 1900 et 1930. Ce chiffre est bien au-dessus de la hausse moyenne de températures à l’échelle globale, que le Giec évalue à 1,2 °C. Mais pour les chercheurs, il n’y a rien d’anormal là-dessus. « La hausse globale des températures prend en compte les océans qui se réchauffent moins vite que les continents », explique Aurélien Ribes. La hausse moyenne des températures continentales dans le monde étant de 1,6 °C, la France ne fait donc pas figure d’exception.

On n’imaginait pas que les aérosols avaient une telle incidence sur le climat français (…) On observe que, jusque dans les années 1980, leur effet a masqué le réchauffement climatique, au point qu’il n’apparaît quasiment pas dans les instruments.

Sans surprise, les modèles climatiques montrent que la hausse future des températures est directement proportionnelle aux émissions de gaz à effet de serre. N’en déplaise aux négationnistes du climat, l’origine humaine du changement climatique français ne fait aucun doute.

Une chose, en revanche, a surpris les chercheurs : l’impact des aérosols. « On n’imaginait pas qu’ils avaient une telle incidence sur le climat français », affirme Julien Boé, de l’unité ClimatEnvironnement, Couplages et Incertitudes3. « On observe que, jusque dans les années 1980, l’effet des aérosols a masqué le réchauffement climatique, au point qu’il n’apparaît quasiment pas dans les instruments. »

Les aérosols sont les particules en suspension dans l’atmosphère. Les activités humaines polluantes en rejettent de grandes quantités, notamment lors de la combustion des carburants fossiles. Cette pollution a un puissant effet refroidissant. En effet, les particules empêchent les rayons du soleil d’atteindre la surface.

Or, jusque dans les années 1980, pollution et gaz à effet de serre grimpaient de concert. Leurs effets respectifs sur le climat s’annulaient mutuellement. Puis, à la fin du 20è siècle, les nouvelles régulations et les technologies plus propres ont réduit de façon spectaculaire la pollution. Résultat, l’effet des aérosols sur le climat a chuté et la courbe des températures s’est emballée vers le haut à une vitesse qui a surpris les chercheurs.

L’insoutenable été 2100

Dans un deuxième temps, les chercheurs se sont projetés vers l’avenir afin d’anticiper le climat français à la fin du 21è siècle. Ils ont pour cela utilisé les simulations climatiques en fonction de différents scénarios décrivant l’état du monde en 2100. Ces scénarios construits par le Giec vont du plus optimiste – un monde dans lequel un immense effort international a permis d’atteindre la neutralité carbone dès 2050 – au plus pessimiste – un monde divisé par de fortes inégalités et qui continue à carburer au gaz, pétrole et charbon.

Entre ces deux extrêmes improbables, un scénario intermédiaire dans lequel les émissions de carbone n’augmentent ni ne diminuent drastiquement. D’après les experts, c’est ce scénario mitigé qui est le plus en accord avec les tendances actuelles et les engagements climatiques pris par les grands pays émetteurs pour les prochaines années.

Dans le scénario intermédiaire, la France de 2100 pourrait être 3,8 °C plus chaude que celle du début du 20è siècle. Les étés pourraient être en moyenne 5 °C plus chauds par rapport aux décennies 1900-1930.

Sur la base de ce dernier scénario, les chercheurs ont montré que la France de 2100 pourrait être 3,8 °C plus chaude que celle du début du 20è siècle. Une augmentation qui fait frémir.

Une telle hausse des températures serait particulièrement marquée en été. En effet, les étés pourraient être en moyenne 5 °C plus chauds par rapport aux décennies 1900-1930.

« Ceci aura des impacts très forts sur les écosystèmes et les cultures. On aura des pics de chaleur beaucoup plus fréquents et chauds, et des sécheresses plus intenses et prolongées. Dans ces conditions, l’un de points clés sera comment maintenir les ressources en eau et comment les utiliser », annonce Julien Boé.

À 3,8 °C de hausse de températures moyennes, des écosystèmes entiers pourraient disparaître, et le paysage agricole en sera drastiquement modifié.

Ces projections, véritable avertissement, devraient servir à mettre en place des politiques d’atténuation et d’adaptation. À présent, les chercheurs du CNRM veulent descendre encore les échelles et simuler l’avenir climatique des régions françaises.

Par ailleurs, ils espèrent que d’autres équipes à travers le monde adopteront leur méthodologie. « Le code à la base de ces travaux est à la disposition de tout le monde. Il permettra à d’autres équipes ou d’autres services météorologiques de refaire ces calculs facilement pour leur pays ou leur région », annonce Aurélien Ribes. ♦

17.10.2022 Sebastián Escalón

https://lejournal.cnrs.fr/

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15 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

pesticides ( fr3)

eaux et rivieres

Pesticides dans l’eau du robinet. L’inquiétude des associations après la modification de seuils de vigilance

« Un mauvais tour de magie ». C’est ainsi que le Collectif de soutien aux victimes des pesticides qualifie le relèvement des seuils de vigilance pour certaines molécules. La décision de l’ANSES pourrait rendre de nouveau conforme l’eau du robinet dans des milliers de communes.

Comme Eaux et rivières de Bretagne, ou Génération futures, le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest fait part de son inquiétude après la modification du seuil de tolérance de certaines molécules dans l’eau du robinet.

« Il ne suffit pas de changer de thermomètre. Le consommateur va bientôt devoir choisir entre ne plus avoir d’eau ou boire de l’eau de mauvaise qualité sanitaire », dénonce le Collectif.

Le 30 septembre, l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié une nouvelle évaluation de deux molécules très souvent détectées.

Il s’agit de l’ESA-métolachlore et du NOA-métolachlore. Deux métabolites, c’est-à-dire des dérivés, du S-métolachlore, un herbicide largement utilisé dans la culture du maïs.

Un nouveau statut qui pourrait permettre de rendre l’eau du robinet de nouveau conforme dans des milliers de communes, alors qu’elle était jusqu’ici considérée comme polluée.

Un mauvais tour de magie ?

« Les dernières péripéties connues ressemblent en fait à un mauvais tour de magie », dénoncent conjointement dans un communiqué le « Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest », et l’association « l’Arbre indispensable »

« Quand on sait que la durée de rémanence du Métolachlore ESA est de plus de dix ans, on mesure le temps perdu. D’autant que certains élus sont en train de décider, sur la base de ce nouveau classement, de remettre en service les captages suspects et d’arrêter les travaux prévus pour améliorer la qualité de l’eau. Les consommateurs apprécieront ! »

Dans une enquête publiée le 21 septembre, le journal Le Monde avait révélé que la contamination des ressources en eau par les pesticides et leurs sous-produits avait fortement augmenté en 2021.

En France, environ 20% des habitants ont reçu régulièrement ou épisodiquement, une eau non conforme aux critères de qualité », 43% en Bretagne.

15/10/2022  Gilles Le Morvan .

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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