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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

pauvres (le parisien + lo + jdd + basta)

Vivre avec 1 000 euros par mois : ils racontent leur galère au quotidien

Alors qu’Emmanuel Macron doit dévoiler ce jeudi son plan pauvreté, nous sommes allés à la rencontre de familles modestes qui peinent à s’en sortir.

L’alimentation, variable d’ajustement

Il s’agit d’abord de faire une croix sur des plaisirs simples comme aller au cinéma, voyager, faire du shopping… Quand cela ne suffit pas, des besoins élémentaires sont sacrifiés : se déplacer, se laver, s’éclairer… Même l’alimentation y passe. « C’est loin d’être un poste de dépense sanctuarisé, auquel on ne toucherait qu’en dernier recours, souligne le Secours Populaire. Au contraire, face aux dépenses contraintes comme le logement et l’énergie, c’est souvent la seule variable d’ajustement. » Selon le dernier baromètre de l’association, paru mardi, un Français sur cinq peine à se nourrir correctement. Un taux qui grimpe à près d’un sur deux quand le revenu mensuel du foyer passe sous la barre des 1 200 €.

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JEAN-FRANÇOIS ET PASCALINE : « On est étiqueté cas soc »

Jean-François, Pascaline et leur fils Florian vivent avec 1 250 € de salaires et 630 € de prestations sociales (allocation enfant handicapé + prime d’activité).

La première nuit, la machine à laver a ronronné jusqu’à l’aube. Plusieurs fois, Pascaline s’est levée et a ouvert la porte du frigo, juste pour être sûre. A la lumière de la petite veilleuse du réfrigérateur, les courses pour les jours à venir étaient bien là. C’étaient bien ses affaires qui tournaient dans la machine. C’était bien son appartement, ce trois-pièces au deuxième étage d’une tour HLM de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

La jeune femme vit ici depuis un peu plus d’un an, avec son mari Jean-François, 42 ans, et leur fils Florian, 7 ans. Pendant des années, le couple a connu la misère, au point de devoir confier le petit à une famille d’accueil pendant onze mois, en 2014. « On a dégringolé tellement vite… Je n’imaginais pas me retrouver à faire la queue aux Restos du cœur », raconte Pascaline, 29 ans, attablée dans son living meublé de l’essentiel.

A la sortie de son lycée pro, elle avait vite trouvé du travail comme opératrice d’atelier dans une usine d’assemblage à Noisy-le-Sec. Elle venait de rencontrer son futur mari, attendait son premier enfant et pouvait espérer obtenir, par son entreprise, un logement et une place en crèche. Mais dix jours après son retour de congé maternité, elle apprend par courrier qu’elle est « licenciée économique » avec pour seule indemnité un chèque de 2 000 €.

« Il fallait choisir entre faire des lessives ou manger »

Le couple et son bébé sont hébergés dans la famille de Jean-François. L’unique salaire du grand-père ne suffit pas, pas plus que les aides que touchent les jeunes parents. « Le 15 du mois, on n’avait plus rien à manger, je piochais dans mon découvert pour acheter des couches et du lait », raconte Pascaline. Ils trouvent refuge dans un foyer et survivent grâce aux aides alimentaires et 180 € par mois. Ils se nourrissent de pâtes et de steaks hachés, s’offrent du café « de temps en temps », et pour tous fruits et légumes, quelques tomates et des bananes « une ou deux fois dans le mois ».

C’est à cette époque que le couple prend l’habitude de faire ses courses dans le coin des bonnes affaires de leur hypermarché. Les autres rayons sont inabordables. Ils n’ont pas d’abonnement téléphonique mais utilisent des cartes prépayées à 5 €. Le Lavomatic est un luxe. « Il fallait choisir entre faire des lessives ou manger, tranche Pascaline. Je lavais à la main mais les vêtements sentaient mauvais, j’avais honte. »

Le budget familial géré au cordeau

Elle se souvient de sentences assassines, jetées par des inconnus : « Vous n’avez pas honte d’avoir fait un enfant alors que vous êtes pauvre ? » Elle n’a pas répondu sur le moment. Mais aujourd’hui, devenue militante d’ATD Quart-monde, elle s’exprime, heureuse d’affirmer dans la dernière campagne télé de l’association qu’elle est « riche » de son amour pour sa famille.

Son mari a, lui, trouvé un emploi dans une entreprise d’insertion d’ATD, TAE. Il touche autour de 1 250 € par mois pour faire du reconditionnement de matériel informatique. Lundi, il a eu droit à la visite surprise d’Emmanuel Macron, venu découvrir l’activité de l’association, trois jours avant la présentation du plan de lutte contre la pauvreté.

« Je lui ai expliqué comment on a eu du mal à s’en sortir avec Pascaline. Aujourd’hui encore, ce n’est pas facile tous les jours », confie-t-il. Sa compagne n’a pas pu reprendre de travail. Elle doit s’occuper de leur fils handicapé, scolarisé seulement quatre demi-journées. Résultat : le budget familial – moins de 1900 € aides comprises — doit être géré au cordeau. Mais ce qui fait le plus mal à Jean-François reste le regard des autres : « On est étiqueté cas soc. »

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MARIE, RETRAITÉE : « Le boucher me dit que le veau est trop cher pour moi »

A 86 ans, Marie Mercier vit avec 900 euros par mois.

Les fins de mois difficiles ? Les problèmes de Marie n’attendent pas le 25. Les 500 € de loyer de son appartement de Compiègne (Oise) viennent entailler plus de la moitié du budget, composé des 850 € de sa retraite et de 50 € supplémentaires d’APL. « Je ne suis pas très forte en orthographe, mais meilleure en calcul, et j’ai appris à bien estimer mes dépenses, préfère sourire l’énergique dame de 86 ans. En même temps, mon argent se compte rapidement… »

Le jour du calcul de sa pension, Marie Mercier a compris que les dernières années de sa vie allaient être compliquées. « C’est là que je me suis rendu compte que mes années de travail dans une maroquinerie de Paris n’avaient pas été déclarées et ne seraient pas comptabilisées, soupire celle qui a passé ses dernières années de labeur à entretenir l’immeuble où elle vit encore. L’assistante sociale m’a prévenu que ma retraite serait compliquée avec ce que j’allais gagner. »

Devant sa collection de statues de chouettes qui orne son appartement, où elle vit seule de-puis la mort de son mari puis de sa mère au début des années 1980, Marie raconte son quoti-dien, semblable à celui de milliers d’autres personnes âgées. « Je voulais mettre de l’eau de toilette pour vous accueillir, nous avoue-t-elle. Mais je ne m’offre plus ça depuis longtemps. »

« Je ne peux pas rendre les cadeaux que l’on me fait »

Des vêtements ? Elle n’en achète presque jamais. Ses chaussures ? Acquises à moindre prix sur le marché. Sa nourriture ? Elle prend peu ou prou la même chose chaque semaine et certains mets lui sont interdits ou presque. « Une fois, j’ai voulu prendre du veau. Mon boucher a dit que c’était trop cher pour moi. Vous savez madame, j’ai l’habitude de dire ça aux retraités, m’a-t-il expliqué. On a regardé le prix : il avait raison. »

Depuis un an et demi, Marie est soutenue par les Petits frères des pauvres. Avec eux, elle a dit adieu aux semaines passées sans croiser personne. Sans eux, elle n’aurait pas pu partir en vacances loin de son appartement. « Ce qui me fait mal, c’est de ne pas pouvoir rendre à ces gens les cadeaux qu’ils me font », glisse-t-elle en étouffant un sanglot.

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SUZANNE, MÈRE CÉLIBATAIRE : « On compte les centimes quand on en a »

Suzanne, mère de 3 enfants, est aidée par le Secours populaire.

Chez Suzanne, on se couche tôt. « Pour économiser la lumière », explique cette mère de famille qui élève seule ses trois enfants. Victime d’un licenciement, cette ancienne vendeuse en boutique, qui a épuisé ses droits au chômage, vit avec 1 100 € de prestations sociales par mois. « Quand je travaillais, on ne manquait de rien. Maintenant, on essaie de survivre avec ce qu’on a », résume-t-elle. Avec un loyer de « 500 € après les allocations » et « plein de charges à côté », cette résidente en HLM doit faire face à des fins de mois extrêmement difficiles. « On se demande toujours comment on va y arriver. On compte les centimes, quand on les a ! », souffle cette trentenaire parisienne.

Elle est épaulée par le Secours populaire qui lui propose, entre autres coups de pouce, de remplir son cabas à des prix plus que d’amis à l’épicerie sociale. « Mes parents veulent aussi m’aider pour les courses mais j’ai dû mal à accepter. Je préfère prendre mes responsabilités. On se cache bien d’être pauvre. On essaie de se dire qu’il y a des gens dans une situation pire que nous, qui sont à la rue, qui font les poubelles », témoigne-t-elle.

« Heureusement qu’il y a la cantine pour les enfants »

Suzanne ne baisse pas les bras. Elle cherche du travail. Pas facile de décrocher un emploi quand, en même temps, il faut « gérer » seule une famille nombreuse. « Si je n’avais pas d’enfant, je trouverais plus facilement, je pourrais prendre un boulot de nuit », lâche-t-elle.

Son budget est ultra-serré. « C’est pâtes, ketchup et du saucisson à deux euros. Heureu-sement qu’il y a la cantine pour les enfants, ils peuvent manger comme les autres. » Elle s’est séparée de sa voiture car elle ne pouvait plus payer l’assurance. Elle coupe elle-même les cheveux de ses « gosses » qui « comprennent bien la situation » mais n’en « parlent jamais à leurs copains ».

« Quand ils vont chez Lidl, ils regardent toujours les prix et prennent le moins cher. Eux aussi font attention à l’argent », décrit-elle. Il n’y a pas de petites économies. La chasse d’eau n’est tirée qu’à l’issue de deux passages aux toilettes. Lors de la séance de brossage de dents, interdiction de laisser le robinet ouvert une seconde de trop. Elle regrette de devoir « sacrifier le plaisir des enfants ». « Il n’y a pas de bonbons, pas de parcs d’attractions, pas d’argent de poche, uniquement des sorties gratuites », énumère-t-elle. « Pour une mère, c’est une grande souffrance de voir qu’ils n’ont pas toujours le nécessaire. Mais ils ne m’en veulent pas et m’encouragent », apprécie-t-elle.

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LYNA, MÈRE CÉLIBATAIRE : « Je fais les fins de marché »

A Paris, Lyna participe à un atelier cuisine au Secours populaire animé par le grand chef Thierry Marx.

Bénéficiaire du RSA, Lyna, 30 ans, qui élève seule ses deux enfants âgés de 3 et 9 ans, a également ses astuces pour réduire au maximum les dépenses. « Je fais les fins de marché, c’est plus économique. Et, dans les magasins, je choisis des produits aux dates de péremption très proches car c’est moins cher », détaille cette maman croisée lors d’un atelier cuisine au Secours populaire animé par le grand chef Thierry Marx.

« Avec les enfants, on va plutôt faire un pique-nique au parc qu’un ciné », poursuit-elle. Avec des prestations sociales d’un montant de 1 080 € et un loyer à 680 €, elle peine à sortir la tête de l’eau. Elle est en permanence dans le rouge. Dans son porte-monnaie, 1 €, c’est beaucoup, « c’est une baguette, un paquet de pâtes ». Cette titulaire d’un BTS de commerce international a du mal à accepter qu’elle est « pauvre ». « Je ne réalise pas. C’est difficile à admettre. J’ai pris une petite claque quand j’ai appris que j’étais en dessous du seuil de pauvreté », confie-t-elle. Ce n’est surtout pas pour elle une fatalité. « J’ai la volonté de rebondir. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Je suis très optimiste… »

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JONATHAN, ÉTUDIANT : « Même pas de quoi payer le RER »

Jonathan, 21 ans, est étudiant en philosophie.

On le croise au hasard, semblable à des dizaines d’autres étudiants sur les marches du Crous parisien de Port-Royal à Paris (XIVe). A la base, on pensait venir échanger sur les galères des jeunes, entendre des histoires de cité U et recueillir les astuces des étudiants pour soulager leurs finances. Jonathan nous prend aux tripes avec son histoire.

Celle de la misère qui s’invite dans les amphis des facs. Aujourd’hui, il n’a aucun revenu. Rien. Zéro. « Je viens justement ici pour candidater à une bourse étudiante. J’ai droit au maximum, soit 550 € par mois, nous explique le jeune homme de 21 ans, qui attaque sa première année de licence de philosophie à la Sorbonne. Pour venir jusqu’ici, je n’ai pas payé le RER. Je n’ai même pas de quoi. »

« Une chambre étudiante, ça serait une dépense supplémentaire »

Hébergé par une association dans le Val-de-Marne, le jeune homme a connu la vie dans la rue à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Comment en est-il arrivé là ? « Je n’ai plus de rapports avec ma famille », coupe-t-il, sans vouloir s’étendre sur la question. Sa priorité ? Obtenir sa bourse, trouver un boulot étudiant et avoir de quoi se payer plus que les deux repas par jour fournis par la structure qui l’accueille.

« Je pense que je vais rester y vivre, nous raconte-t-il, le ton déterminé. Je pourrais peut-être me prendre une chambre étudiante, mais ça serait une dépense supplémentaire. Et j’en suis très loin. » La première « folie », quand il touchera quelque chose, est déjà choisie. Ce sera des livres de philosophie. En attendant, Jonathan reprend sa place dans la file d’attente du Crous. Il n’a pas le temps de se plaindre.

Souvent, rien ne transparaît. Il faut même parfois pénétrer dans le quotidien de ces familles pour le deviner. Plus de 8,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté. Une person-ne seule est considérée comme pauvre quand l’ensemble de ses revenus net mensuels, prestations sociales incluses, est inférieur à 1026 € par mois, 2154 € pour un couple avec deux enfants. Calculée tous les ans par l’Insee, cette somme représente 60 % du niveau de vie médian de l’ensemble de la population. Après cinq années de baisse, le seuil de pauvreté est reparti à la hausse, de quelques euros par mois, sans retrouver son niveau de 2008. A titre de comparaison, le minimum vieillesse s’élève à 833 € et le RSA à 550 €. Comment fait-on pour joindre les deux bouts quand on dispose de si maigres revenus, voire moins ? C’est ce que nous expliquent les ménages (couples avec enfants, mères célibataires, retraités ou étudiants) que nous avons rencontrés. Alors qu’Emmanuel Macron doit présenter ce jeudi matin à Paris son plan contre la pauvreté, tous nous dépeignent un quotidien jalonné de renoncements plus ou moins grands.

12 septembre 2018

http://www.leparisien.fr/

Lire aussi:

Plan pauvreté : le président des riches joue les bonnes âmes (Lutte Ouvrière)

Qu’est-ce qu’être pauvre en France aujourd’hui? (JDD)

Pauvreté : un Français sur cinq a du mal à se nourrir sainement (Bastamag)

Les six chiffres qui montrent l’ampleur de la pauvreté en France (France Info)

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

roumanie santé (global voices)

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Grève générale du 26 avril 2018

La pénurie de pédiatres en Roumanie, signe alarmant d’un système de santé en crise

Depuis son adhésion à l’Union européenne (UE) en 2007, la Roumanie fait face à un immense exode migratoire  de ses médecins, à l’origine d’un manque de capital humain dont les soins de santé infantile sont les premières victimes.

Plusieurs hôpitaux des villes autres que Bucarest, la capitale du pays, sont contraints de fonc-tionner avec un seul pédiatre de garde. S’ils partent en vacances, c’est l’unité entière qui doit fermer, car les remplacements sont de plus en plus difficiles à obtenir. Selon les données de l’Institut roumain des statistiques en 2017 et 2016, le nombre de médecins dans le pays n’a que très légèrement augmenté depuis 2015.

La plupart des médecins ne sont pas disposés à accepter le salaire réduit et les conditions matérielles inadéquates des cliniques des zones rurales. Ils préfèrent donc s’installer dans les grandes villes, ou envisagent les multiples opportunités offertes par l’expatriation. Alors même que le taux de mortalité infantile en Roumanie est le plus élevé de l’Union Européenne, les dépenses de santé par habitant y sont également les plus basses. Un mauvais classement pour lequel le pays est suivi de près par la Bulgarie, qui a également rejoint l’UE en 2007, et qui fait face à des tendances similaires d’émigration de son personnel médical.

En 2016, le taux de mortalité infantile en Roumanie était d’environ 10 décès pour 1 000 naissances vivantes, une baisse significative par rapport aux 15 pour 1 000 enregistrés en 2003, mais qui reste malgré tout bien supérieur au taux moyen de 3,7 pour 1 000 observé au sein de l’UE.

Ioana Moldovan, une photojournaliste ayant travaillé sur la pénurie de pédia-tres, a ainsi écrit sur son site internet l’année dernière :

La Roumanie a une population de près de 20 millions d’habitants. Les médecins des zones rurales sont deux fois moins nombreux que ceux des villes, alors même que la moitié de la population vit à la campagne. Le secteur de la santé est dépassé par les crises et les problè-mes sans fin. Dans les 27 années depuis la révolution anticommuniste de 1989, le pays a vu défiler au moins 25 ministres de la Santé. Aucun d’entre eux n’a jusqu’ici réussi à faire en sorte que les patients aient accès à des soins de qualité équivalente à ceux offerts dans les pays occidentaux.

Dans une déclaration faite à Global Voices, le Dr Constantin Giosanu, pédiatre et coordinateur de la Fondation IMED, a reconnu que la plupart des hôpitaux publics en Roumanie reçoivent des ressources financières provenant de fonds publics, mais : … pas assez pour un fonction-nement normal, les fonds arrivent avec du retard et ne sont parfois pas utilisés de manière adéquate par les gestionnaires de ces hôpitaux.

Pour ne rien arranger, la Roumanie souffre également du plus faible taux d’infirmier(e)s et de sages-femmes par habitant en Europe.

Elles ou ils travaillent souvent dans des hôpitaux ne disposant même pas de l’équipement de première nécessité, et où des traitements particuliers ne peuvent être mis en œuvre que si les patients fournissent eux-mêmes le matériel.

Ces conditions tendues et le bas niveau de salaire ont constitué le terreau qui a permis à la corruption de se développer et de devenir une réalité quotidienne dans les hôpitaux publics.  Les cas de patients s’assurant l’accès à des soins vitaux en offrant argent ou autres « ca-deaux » aux médecins et aux infirmières sont devenus monnaie courante. En 2016, selon une enquête réalisée dans le pays par OpenDemocracy, 77 oncologues ont été accusés de corruption pour avoir prescrit à des patients des médicaments anticancéreux en échange de vacances en Inde.

Un pédiatre pour 200 000 personnes

La ville de Tulcea, qui compte plus de 70 000 habitants, ne dispose que de 361 médecins, soit l’un des taux de médecins par habitant les plus bas de toute la Roumanie. En août 2016, des dizaines de parents ont organisé une manifestation pour protester contre les conditions drama-tiques de l’unité de pédiatrie de l’hôpital du comté. L’hôpital, desservant 200 000 personnes de Tulcea et de ses environs, ne compte qu’un seul pédiatre et doit fermer l’unité chaque fois qu’il part en vacances.

En 2017, l’unité est restée fermée pendant près d’un an du fait de l’absence totale de médecin qualifié. Début 2018, un pédiatre a finalement été embauché, permettant enfin à l’unité de reprendre son activité. Cependant, avec un seul spécialiste disponible, les familles doivent encore attendre des heures avec leurs enfants avant d’être prises en charge Toujours en 2017, l’hôpital a annoncé une pénurie de médecins dans toutes les spécialités. 33 postes étaient à pourvoir, sans qu’aucun candidat ne se manifeste.

Tudor Năstăsescu, directeur de l’hôpital, avait commenté la situation pour F media : La situa-tion est exactement la même que dans le reste du pays … Nous organisons un recrutement et nous faisons tout notre possible pour bien accueillir les candidats et leur éviter tout stress additionnel. Nous offrons même de payer leur loyer, mais ça ne suffit plus aujourd’hui. Je reçois moi-même chaque mois des offres d’emploi à l’étranger.

La situation est similaire dans d’autres comtés comme Calarasi, Giurgiu et Ialomita. Pourtant, au même moment, plus de 12 500 médecins travaillent à Bucarest, la capitale, soit 22% du nombre total de médecins dans le pays. Une histoire semblable a été rapportée dans l’hôpital municipal de Drăgăşani, dans le comté de Valcea  où le département de pédiatrie a dû fermer en juillet 2017 quand le seul pédiatre de l’hôpital est parti deux semaines en congés. Avec seulement deux ambulances en état pour toute la ville, le risque de rester en rade en cas d’urgence était extrêmement élevé.

Comment la Roumanie peut-elle sortir de cette crise ?

Le Dr Giosanu a une idée : Je pense qu’il revient aux médecins et aux médias d’éduquer la population et les patients à ne plus accepter la corruption, la gestion désastreuse du système de santé, et la qualité médiocre des soins. De cette manière, le système se développera pour atteindre le niveau de l’Europe occidentale.

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (le télégramme)

mater

Maternité de Guingamp. Un fest-noz de soutien le 15 septembre à Pabu

Dans un communiqué de presse dimanche soir, le personnel de la maternité de Guingamp explique être « toujours dans l’attente d’un écrit officiel concernant le sursis de 2 ans », tout en espérant « l’obtenir assez rapidement ».

« Nous avons pleinement conscience que cette décision aura été obtenue grâce à la forte mobilisation de la population ainsi qu’au soutien appuyé de plusieurs élus et personnalités. Nous souhaitons donc remercier l’ensemble de ces personnes et nous espérons que tous ces soutiens seront prêts à se remobiliser si aucun document officiel ne venait rapidement confirmer ce sursis », écrivent les personnels.

Concernant la réalisation d’un mur « Kalonig » (qui a pour but de rassembler 500 photos de nouveau-nés de moins de 3 mois nés à Guingamp ou Pabu afin de les exposer sur un grand mur photo dans la ville de Guingamp), le personnel annonce avoir déjà récolté près de 300 clichés (l’adresse pour envoyer les photos : sauvonslamaternitedeguingamp@yahoo.com).

Enfin, le 15 septembre, un fest-noz de soutien est organisé à la salle des fêtes de Pabu, à 21 h.

De nombreux groupes y participent bénévolement : Ifig ha Nanda, Robin/An Intanv, Awen ha Cyril, Meneteau/Lange, Gwenn hag Izaouenn, Urvoy/Malrieu, Veillon/Riou, Klev. Le tarif d’entrée du fest-noz est libre.

09 septembre 2018

https://www.letelegramme.fr/

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

epr/sdn trégor (ouest france)

nuk

« Sortir du nucléaire » en action symbolique à Lannion

Vous avez peut-être aperçu de drôles de combinaisons blanches et des gens au sol, vendredi soir, place du Marc’hallac’h, à Lannion (Côtes-d’Armor). Derrière cette action (toute symbo-lique) : les militants de Sortir du nucléaire. « Aujourd’hui, il s’agit d’exprimer notre indignation face au cynisme de l’industrie nucléaire. Car au moment où le public demande la fin de cette production d’énergie, on nous parle de 6 nouveaux EPR en France ! » Micro en main, Laurent Lintanf fait face à une soixantaine de militants, qu’il invite à s’allonger par terre, place du Marc’hallac’h, vendredi soir.

Une action « non-violente mais déterminée »

Cette action de mort virtuelle a valeur de symbole : « Quand la sirène retentira, ce die-in évoquera les victimes passées et potentielles du nucléaire, civil ou militaire », lance le respon-sable de Sortir du nucléaire Trégor. Cette action, « non-violente mais déterminée », donne l’occasion aux militants de lire la lettre ouverte qu’ils ont adressée au député Éric Bothorel (LREM), pour lui exprimer leur « extrême inquiétude suite à la toute récente annonce de la proposition de construction de ces EPR », au moment où celui en construction à Flamanville accumule les défauts et a vu son coût passer de 3 à 11 milliards d’€.

Dans ce contexte, « la question qui se pose au gouvernement est non pas de savoir combien de centrales il doit ouvrir mais combien il doit en fermer ! »

Ouest-France 0/09/2018

https://www.ouest-france.fr

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (le télégramme)

guing

Maternité de Guingamp. « Toujours rien de concret »

Malgré l’annonce au milieu de l’été d’un moratoire de deux ans décidé par le Président de la République pour la maternité de Guingamp, aucun document officiel n’est venu confirmer la nouvelle.
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« Aujourd’hui, il n’y a toujours rien d’officiel, ni rien de concret. Olivier de Cadeville, le directeur général de l’Agence régionale de la santé, n’a pas pris le moindre arrêté. Nous ne savons même pas quand va débuter ce délai de deux ans. Et nous ne sommes pas davantage au courant de ce qui devra être fait pendant ces deux ans. Le député a annoncé que l’hôpital devra respecter certains critères, augmenter le nombre de naissances, recruter de pédiatres. Mais il n’y a rien d’acté. Nous devions avoir une réunion avec les élus fin août, mais cette rencontre a été annulée, faute d’informations officielles ».

Qu’en est-il des actions judiciaires devant le tribunal administratif ?

 « Même s’il n’y aura sans doute pas de décision avant un an et demi, plusieurs actions ont été entreprises, mais pas par le comité de défense santé du pays de Guingamp qui n’a pas encore de cadre juridique.
Des élus ont attaqué par la voie hiérarchique, en demandant à la ministre de la Santé de réfu-ter la décision de l’ARS de fermer la maternité. Les syndicats ont, eux, attaqué au contentieux la légalité de la décision prise. Nous avons développé de nombreux arguments. Concernant, les problèmes de sécurité, nous considérons, par exemple, qu’il manque des anesthésistes dans tous les hôpitaux costarmoricains, pas uniquement à Guingamp. Nous pensons égale-ment que plus le nombre de kilomètres entre le domicile et la maternité augmente, plus les risques s’amplifient ».

L’été a également été marqué par le courrier de médecins briochins deman-dant la fermeture de la maternité à Emmanuel Macron…

« L’un et l’autre sont membres du comité médical de l’établissement Yves-Le Foll et ce courrier nous fait penser que l’hypothèse de la fermeture est pensée depuis longtemps. Car dans leur lettre, ils réfléchissent entre autres à l’impact sur leur établissement d’une fermeture ici. Mais, nous pouvons aussi nous demander si le directeur de l’hôpital de Saint-Brieuc et celui de Guingamp, qui se connaissent bien et qui étaient juste avant directeur et directeur adjoint à Saint-Malo, ne sont pas arrivés ici avec des choses prédéfinies ».

Toutes ces incertitudes ont-elles un impact sur l’activité et le fonctionnement de la maternité de Guingamp ?

« Il y a autant de naissances que l’an passé. Nous pourrions même terminer 2018 avec plus de bébés qu’en 2017. Concernant le fonctionnement du service, il n’y a pas eu d’incident majeur. Les filles sont encore plus maniaques que d’habitude. Elles ne laissent rien passer car elles savent qu’elles ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le moindre problème donne-rait du grain à moudre à l’ARS. Je pense donc qu’accoucher à Guingamp en ce moment, c’est ce qu’il y a de plus sûr ».

Membre active du comité de défense santé du Pays de Guingamp, l’aide-soignante Flora Bouchet, militante à la CGT, fait le point. Le 19 juillet dernier, le député Yannick Kerlogot annonçait qu’Emmanuel Macron avait décidé d’instaurer un délai de deux ans avant de réétudier la fermeture de la maternité de Guingamp. Un peu moins de deux mois plus tard, où en est le dossier ?

09 septembre 2018

https://www.letelegramme.fr/

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

sécu (le peuple breton)

dentiste breton

C’est vrai qu’en Bretagne, la sécu laisse à désirer!

Tournée bretonne pour promouvoir l’assurance maladie alsacienne

Le Régime Local d’Alsace-Moselle constitue un modèle de protection sociale connu et envié dans le monde entier.

Pourtant, ce régime est menacé par le jacobinisme français associé à une politique néo-libérale qui souhaite à terme privatiser le système de santé. L’Union démocratique bretonne a invité Andrée Munchenbach pour promouvoir l’expérimentation du régime local en Bretagne.

Adossée au régime général de sécurité sociale, la complémentaire santé obligatoire des salariés alsaciens et mosellans, la « Krànkekàss », garantit l’accès aux soins sur le principe de la solidarité. Autogérée, elle présente un bilan financier équilibré.

Elle est cependant menacée par la concurrence des assurances privées, à but lucratif, alors qu’elle devrait inspirer les politiques publiques de santé.

Un tel système de protection sociale, efficace et solidaire, mériterait au contraire d’être étendu et généralisé. Il pourrait inspirer les politiques de santé publique notamment en Bretagne où, comme ailleurs en France, de nombreux étudiants, retraités ou demandeurs d’emploi renoncent trop souvent à se soigner pour des raisons financières.

Dans cette perspective, l’Union démocratique bretonne organise conjointement avec le parti alsacien Unser Land une tournée d’information du 10 au 15 septembre à travers toute la Bretagne.

Responsables politiques bretons, représentants syndicaux ou associatifs, citoyens sont invités à échanger avec la présidente du parti Unser Land, Andrée Munchenbach, qui présentera les avantages du Régime Local d’Alsace Moselle. Dans le cadre du droit à la différenciation des territoires, la Bretagne pourrait en effet expérimenter ce système exemplaire et tendre vers un service public d’assurance maladie unique et généralisé.

Programme

La tournée commencera par une conférence de presse à Rennes, le lundi 10 septembre à 11 heures, au Club de la presse, à Rennes. Par la suite Andrée Munchenbach restera à Rennes pour deux journées de rencontres avec des élus locaux, régionaux, des parlementaires et des représentants politiques.

Le public est invité lundi 10 septembre au local de l’UDB Rennes, rue Paul Bert, à partir de 20h30.

Ensuite, Andrée Muchenbach partira pour Lannion, Quimper, Carhaix et Lorient. Une discussion à Nantes est également prévue.

10 septembre 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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09 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

scorbut (france info)

Santé: le retour des maladies du Moyen-Âge

En France et dans le monde, des maladies que l’on croyait disparues refont surface. Des cas de gale, de scorbut ou encore de peste ont été signalés.

En France, des maladies moyenâgeuses sont de retour. Le scorbut, maladie du XVIIIe siècle, « la maladie des marins », est réapparue en 2015 au CHU de Limoges (Haute-Vienne). Dix cas au moins ont été signalés. « Ce sont des maladies qui se manifestent par des saignements sous la peau, des saignements sous la membrane qui recouvre l’os (…) Cela témoigne d’une sous-nutrition », explique Michel Lecerf, médecin nutritionniste au CHRU de Lille (Nord). Cette maladie est due à une carence en vitamine C et aujourd’hui elle touche en particulier les jeunes, amateurs de junk food.

Le scorbut, la peste et le choléra refont surface

La tuberculose et la rougeole refont surface sur notre territoire. En seulement un an, rien qu’en Nouvelle-Aquitaine, 2 741 cas de tuberculose ont été recensés. Le nombre de gales a augmenté de 10% depuis 2002. Le parasite s’est propagé dans les maisons de retraite et dans les écoles. À travers le monde, les maladies moyenâgeuses réapparaissent : le choléra en Algérie, le scorbut en France, aux États-Unis et en Australie. La peste à Madagascar a fait 200 morts en un an.

07/09/2018

https://www.francetvinfo.fr

Commentaire: C’est bien sûr pour éviter cela que Macron et l’ARS ils se décarcassent à fermer des lits, des services, des emplois et baisser les allocs! C’est pour notre santé!  Merci qui?

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08 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

climatologues (l’écho.be)

PaperBang

Les climatologues, en pleine étuve émotionnelle

Ils étudient chaque jour l’ampleur de la catastrophe climatique, ils font face constamment à son déni. La charge émotionnelle des climatologues est un non-dit pesant.

Mardi, le numéro 3 du gouvernement français était en larmes. Non, pas la larmichette du départ. Nicolas Hulot, maintenant ex-ministre de la Transition écologique et solidaire, était effondré, submergé par la tristesse, la voix étranglée par la déception. Il lui a fallu plusieurs secondes et un peu de chaleur humaine pour reprendre son discours de passation des pouvoirs. Des larmes, il en coule tous les jours sur les joues des environnementalistes: de rage, de frustration, de tristesse, de fatigue, face à l’inaction alors qu’on a le feu aux trousses.

Beaucoup des scientifiques de l’environnement sont pris dans cette tourmente-là.

Ils ne le montrent pas. Comme tous les travailleurs, ils se cachent pour pleurer; comme tous les chercheurs ils enfouissent leurs émotions sous la montagne de la rationalité. Pour les spécia-listes du climat, la charge émotionnelle est particulièrement lourde. Le titre de la carte blanche d’une chercheuse australienne résume bien leur situation: « Quand la catastrophe planétaire est votre boulot quotidien » (« The Monthly », juin 2018). Chaque jour, ils alignent les données sur la vitesse et les conséquences du changement climatique, chaque jour, le rythme des mauvai-ses nouvelles et des sombres découvertes augmente, chaque jour, ils alertent la société civile, mais las, autant remplir d’eau une passoire. Ils sont à peine entendus, encore moins écoutés, alors suivre leurs recommandations…

Noir tableau?

Rappelons qu’il y a 26 ans, 1.700 chercheurs dont 100 prix Nobel, adressaient une première « Mise en garde des scientifiques à l’humanité ». En 2017, pour le deuxième avertissement, ils étaient plus de 15.000. Le traitement médiatique a duré 24 heures, quand la non-sélection de Radja Nainggolan pour la Coupe du monde de football a fait du bruit pendant des jours. « Les signaux ne sont pas à l’orange, ils sont tous au rouge clignotant, souligne Jean-Pascal van Ypersele, sommité internationale de la climatologie. On écoute trop peu les scientifiques qui travaillent sur ces questions-là. Ce sont un peu les vigies en haut du mât qui avertissent de ce que les autres ne peuvent pas voir. On crie depuis 40 ans et le bateau va toujours dans la même direction. »

Abandonner la recherche fondamentale

Face à l’inertie, certains ont quitté la recherche pour tenter de faire bouger les choses plus rapidement et avoir un impact direct. En lançant une start-up ou en rejoignant une organisa-tion. Après sa thèse en biologie, Gauthier Chapelle ne voulait plus faire de recherche fonda-mentale, mais entrer dans l’action directe. Il travaille pour la Fondation polaire internationale où il met en place des outils éducatifs et explore les recherches sur le climat. À la fin de ses confé-rences, « il me fallait remonter le moral de tout le monde, le mien compris ». Alors il jette ses forces dans le biomimétisme (s’inspirer de la nature pour innover). Il crée une ASBL, écrit des livres, cofonde une entreprise. « Pendant quelques années, j’ai cru qu’avec une approche radi-cale, on pouvait changer les choses. Mais les changements ne sont pas faits à fond et le biomi-métisme a été récupéré par le marketing, le business. C’est du biomimétisme de surface. Je n’y crois plus. Je cesse de mettre de l’énergie dans quelque chose qui ne va pas servir. »

Depuis 2015, il se concentre à « préparer au mieux l’avenir, l’après pétrole » et porte cette réflexion dans des livres qu’il écrit ou coécrit, notamment avec Pablo Servigne. Cela paraît pessimiste. Lui se dit lucide. Et puis, il est ainsi sorti de sa « schizophrénie ». Quand il donnait des conférences pour alerter, « à un moment, j’ai senti que ça devenait toxique pour moi: en public, je jouais à ‘on va s’en tirer’ alors que je pensais que le monde, tel qu’il est, ne va pas s’en tirer. »

Réchauffement climatique: la détresse des scientifiques,40 ans à faire la vigie

Une pensée et un masque, assez répandus chez les scientifiques de l’environnement. Pour ne pas décourager ou démobiliser les autres, ils préfèrent taire leurs pensées profondes. Et, partant, les émotions qui vont avec. Jean-Pascal van Ypersele, qui a été vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), donne 100 conférences par an et quantité d’interviews. « Je suis d’un naturel plutôt optimiste, donc je continue à passer beaucoup de temps à alerter, à expliquer, à informer des possibilités d’agir. Je ne supporte pas la question ‘Est-il trop tard pour agir?’ Il n’est jamais trop tard! Même si on a perdu des décen-nies dans l’action climatique. Même si on la commence aujourd’hui ou demain matin, ça permettra au moins d’éviter le pire », assène-t-il.

Les plus fins observateurs remarqueront que son discours se fait plus incisif ces derniers temps

On devrait se sentir « en guerre, ou engagés dans une course pour la vie », il a publiquement critiqué l’idée d’élargir le Ring de Bruxelles, il conclut ou commence ses présentations par « il n’y a pas de planète B », etc. Si, dans notre long entretien, le climatologue belge gardait son calme habituel, sourdait toutefois par vagues une exaspération tangible.

« Depuis tout ce temps, on n’a rien fait de substantiel. C’est ça qui est extraordinairement frustrant. Oui, la prise de conscience du danger climatique a augmenté, et sans cela on serait peut-être dans une situation encore pire. Mais c’est une consolation bien maigre. On entend qu’il faut réduire les émissions de CO2. Mais il faut comprendre, vraiment comprendre, que le problème c’est l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère. Et qu’il ne s’agit pas de diviser les émissions par quatre, il s’agit de stopper totalement les émissions de CO2.

Évidemment, ce n’est pas facile et donc on peut comprendre que ça n’évolue pas rapidement. Mais on n’a pas fait grand-chose pour prendre le problème à bras-le-corps. Je suis de plus en plus convaincu que ce problème menace l’habitabilité de la seule planète du système solaire qui soit habitable. On est littéralement en train de scier la branche sur laquelle on est assis. Et on ne peut pas dire que ce soit au cœur des débats politiques, citoyens, des enjeux entrepreneuriaux. Que cela devienne, s’il vous plaît, un enjeu politique majeur. Pas le seul, mais un des enjeux principaux. Si ce débat reste cantonné au sein d’Ecolo et de Groen (EELV belge Note du blog), c’est une catastrophe », nous dit-il.

Prendre en compte la charge émotionnelle

La frustration, la colère, mais aussi la tristesse et par moments des sentiments de décourage-ment et d’impuissance sont les émotions dont nous ont fait part tous nos interlocuteurs. D’après eux, elles sont partagées par une bonne partie de la communauté des écologues. Si le sujet est tabou (les sciences bannissent les émotions), la question de leur charge émotionnelle commence à affleurer. Une littérature sur le sujet se développe depuis une dizaine d’années, plus récemment quelques scientifiques abordent le sujet publiquement (Lesley Hugues dans la revue « The Monthly »; Camille Parmesan, chercheuse et corédactrice des rapports du GIEC s’est dite en « dépression professionnelle »; David Griggs, ex-directeur de l’Institut du développe-ment durable en Australie a reconnu des périodes de déprime dans un documentaire télévisé; Naomi Oreskes, historienne des sciences, plaide pour que les scientifiques expriment franche-ment leurs inquiétudes, etc.).

Enfin, les études scientifiques elles-mêmes commencent à se pencher sur la charge émotionnelle portée par les spécialistes du climat et des écosystèmes (par exemple, Susan Clayton dans « Nature », 2018; Lesley Head et Theresa Harada, dans « Emotion, Space and Society », 2017).

Découragement et colère ne sont jamais loin

Cette charge émotionnelle n’est pas anodine. Brillante chercheuse du FNRS (en climatologie et océanographie), Célia Julia Sapart a songé, à un moment, à arrêter la recherche pour se consacrer à la communication scientifique. « Il y a un tel manque de reconnaissance de notre métier. On ne nous dit jamais rien de positif, on doit tout le temps se battre, se défendre. On manque tellement de financement. Parfois, je me suis sentie seule, comme abandonnée de tous. ça m’est arrivé d’en pleurer: après une mission de plusieurs mois en Antarctique, où les conditions sont très dures, où on a cumulé les problèmes techniques, où on est loin de ses proches, je suis rentrée et j’ai croisé quelqu’un qui m’a dit ‘Ah ces histoires de changements climatiques, ça me fatigue’. ça nous blesse, personnellement. C’est comme si tout notre investissement ne servait à rien », nous raconte-t-elle.

Elle a dû faire face, aussi, à un fléau (en perte de vitesse) qui touche particu-lièrement les climatologues: la violence des climatosceptiques.

« En 2012, j’ai publié dans la revue Nature un article expliquant que déjà à l’époque romaine, il y avait un impact humain sur l’atmosphère. Pendant des semaines, j’ai reçu des e-mails de mena-ces, d’insultes, qu’on devrait ‘me pendre sur un piquet en Sibérie’. ça m’a énormément touchée. Au point que c’est le webmaster de l’institut qui dépouillait mes e-mails avant moi. Aujourd’hui, je me suis fait une carapace et depuis cinq ans, je suis beaucoup plus solide face à l’agressivité et au manque de reconnaissance, je réponds de façon claire, sans le prendre pour moi », explique-t-elle.

Finalement, Célia Julia Sapart a jeté toutes ses forces dans la bataille: elle continue la recherche en laissant les émotions de côté et elle communique vers le grand public parce qu’elle est convaincue que les changements viendront par la base, plutôt que sous l’impulsion des dirigeants. « Il faut garder espoir, être positif, chacun a un rôle à jouer. Ce métier est très dur, mais si on ne se concentre pas sur le positif, on ne peut plus continuer », assure la climatologue.

Une attitude comparable à celle d’Edwin Zaccai, directeur du Centre d’étude du développement durable à l’ULB. « Mon mandat en tant qu’académique, c’est de délivrer une connaissance correcte pour montrer les enjeux. Et de former des étudiants en leur donnant une vision juste, en leur montrant les vrais déterminants. Partager du savoir, même si c’est une goutte d’eau, pour moi, ce n’est pas un problème. Reste que ça ne rend pas imperméable au décourage-ment: on voit bien que la moitié des espèces vont disparaître, que les forêts vont brûler, que la forêt tropicale va sans doute disparaître avec sa faune, que ce sont les plus pauvres qui vont être les plus vulnérables… Un jour, dans une conférence, je me suis arrêté. J’ai dit à mon auditoire que j’étais désolé de leur expliquer ça, que ce n’était pas mon choix mais que c’était ce que disait la science. Et j’ai conclu sur du positif car je suis contre le fait de culpabiliser, c’est une impasse. Mais ça déstabilise fort. »

Aujourd’hui que l’espoir de vraiment inverser les courbes est très faible, il voudrait trouver des façons de réfléchir à cet échec, à ces perspectives défavorables face à un auditoire. « On doit vivre avec ça et il faut trouver un nouveau narratif. Il y a un travail mental à faire d’une société qui se croyait invulnérable à une société qui se découvre vulnérable », éclaire-t-il.

Que faire de ces émotions?

Pour le psychologue et écothérapeute français Jean-Pierre Le Danff, les scientifiques de l’environnement ont un travail de deuil à faire. « C’est inéluctable. Ils vont faire le deuil d’une trajectoire différente. Et s’il est mené jusqu’au bout, c’est-à-dire en passant par toutes les étapes qui le composent, ce travail de deuil est apaisant. L’acceptation de ce qui est va les rendre plus sereins et mieux placés pour nous aider », explique-t-il.

Pour la psychiatre spécialiste de l’écopsychologie Marie Romanens, il est normal de se sentir en désarroi, en colère, impuissant quand on fait face, comme eux, à un déni du réel de la part des autres. « Il ne faut pas refouler ces émotions, mais se laisser traverser, les vivre. Ensuite, il faut les partager avec d’autres. Cela ne va pas changer le déni mais cela permet de ne pas se sentir seul et de créer du soutien avec les pairs qui ont les mêmes perceptions. Enfin, il faut les écouter: que me disent-elles de faire? », expose-t-elle. Et de rappeler que « l’émotion est motrice d’action. À partir du moment où l’on est pris d’un malaise, de sensations désagréables, cela nous pousse à changer les choses. »

La psychologue américaine Susan Clayton relève que pour faire face à ces émotions, les scientifiques ont l’avantage de la communauté: travailler ensemble pour un objectif commun est source de soutien et de validation.

Et puis ils s’accrochent à l’espoir de faire quand même une différence. « Ce n’est pas facile, mais on n’a pas le choix. On est sur une barque qui est en train de couler et j’ai l’impression d’être là avec ma petite cuiller pour écoper l’eau, alors qu’il faudrait une pompe rapide… », se désole Jean-Pascal van Ypersele. Avant de rebondir dans un sourire et une pirouette adressée au public: « L’énergie que j’utiliserais pour me tordre les mains et me lamenter serait de l’énergie gaspillée. Or, si on a besoin d’une chose, c’est d’efficacité énergétique. »

Cécile Berthaud 07 septembre 2018
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08 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

marche pour le climat (brest + rennes)

 

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À Rennes, la marche pour le climat réunit environ 4 000 participants (Ouest France)

Ce samedi 8 septembre, en famille ou entre amis, plusieurs milliers d’habitants sont venus dans le centre de Rennes pour défendre la planète. Ils ont défilé pendant 1 h 30 dans un esprit bon enfant.

Vélos, landaus, sacs à dos, venus de pays de Rennes, de Saint-Malo ou de Dinan, les participants de la marche pour le climat se sont retrouvés esplanade De Gaulle en début d’après-midi ce samedi. Associations, collectifs environnementaux, syndicats étaient disséminés dans le cortège, mais il y avait peu de banderoles officielles. Ce sont surtout des pancartes bricolées qui attiraient l’œil. « Place aux vélos, c’est plus rigolo ! », « La politique c’est pour cinq ans, le climat pour la vie », « Si on fait rien, ça va chauffer ».

Les jeunes très présents

Le cortège qui a défilé jusqu’à la Place de Bretagne avant de revenir à son point de départ, a duré une heure et demi. L’ambiance dans les rangs était bon enfant. Beaucoup sont venus en famille, beaucoup de petits mais aussi plein d’ados. Ralph, Rennais, est là avec sa fille Liza, 11 ans et Macéo, 16 ans. « Au collège ou au lycée, c’est rare qu’on nous parle de la sauve-garde de la planète », pointe le jeune homme. « Il faudrait sensibiliser les enfants dès le primaire, en faisant des cours et des animations pour comprendre ce qui se passe, et appren-dre les bons gestes. Comme ça, en grandissant, on ne pourrait pas dire qu’on savait pas ! »

Une mobilisation importante

Les forces de l’ordre comptaient environ 3 000 personnes, certains organisateurs avançaient plutôt le chiffre de 5 000 participants. « En tout cas, on était nombreux et ça fait du bien, c’est encourageant », se réjouit Ève, avec Hélène, 8 mois dans le porte-bébé, Alexis, 2 ans et Amaëlle, 4 ans. Devant elle, de nombreux adultes font la queue pour signer la pétition pour sauvegarder la planète.

08 09 2018

https://www.ouest-france.fr/

 

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08 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

bon sauveur bégard (cgt)

manifestants-hopital-sud

Communiqué de presse du syndicat  CGT du centre hospitalier spécialisé de Bégard

La Fondation Bon Sauveur de Bégard à la dérive.

En effet, suite à la fermeture de lits (23 lits service d’admissions et 10 lits service soins prolongés) il est de plus en plus difficile pour les familles de faire hospitaliser leurs proches à la Fondation Bon Sauveur. Les unités de soins sont saturées, l’unité de soins sans consentement, Sainte Camille, a un taux d’occupation de 100,46% sur l’année 2017 et l’unité d’admissions libres, Keravel, de 153,25%. Chose incroyable, décision a été prise que cette unité passe de 37 lits à 14 lits en 2018… 

La durée moyenne d’hospitalisation ne cesse de diminuer pour libérer de la place dans les unités et répondre aux demandes d’hospitalisations, cela occasionne régu-lièrement des ré-hospitalisations de patients n’étant pas suffisamment stabilisés. Dans le même temps la Direction ferme des lits uniquement dans le but de répondre à la logique budgétaire imposée par la « politique de santé »menée depuis de nombreuses années.

Alors que nous vivons dans une région où le taux de suicide est supérieur à 47,7% à la moyenne nationale, où il y a 2,4 décès/ jour en Bretagne par suicide, où le taux d’hospitalisations pour tentative de suicide dans les Côtes d’Armor est le plus élevé de Bretagne ( 23,7 hospitalisations pour 10 000 hommes et 33,3 hospitalisations pour 10 000 femmes), où la capacité d’accueil est de 73 lits pour 100 000 habitants contre 100 lits pour 100 000 habitants pour la moyenne nationale, il semble évident que la Bretagne est sous dotée. Cependant les « têtes pensantes » jugent néces-saire de fermer des lits ! Quelle est la corrélation entre ces taux et la fermeture de lits à la Fondation Bon Sauveur ?

Actuellement le Conseil d’Administration refuse d’intégrer les représentants des salariés à leurs réflexions sur l’avenir de l’hôpital, et ce malgré leur slogan « réso-lument proche, humain et innovant », inscrit en première page du projet d’établis-sement de la Fondation Bon Sauveur. Une demande de Conseil de Surveillance extraordinaire formulée auprès de Mr Clec’h, Maire de Bégard et Président du Conseil de Surveillance, est restée sans réponse.

Puisque les lits sont saturés et les effectifs en constante diminution, les soignants ont le sentiment de ne plus pouvoir prendre en soin convenablement les personnes accueillies, de ce fait les soignants se trouvent en souffrance, plusieurs salariés quit-tent leur travail en pleurs et les arrêts de travail sont en constante augmentation. Dans le même temps la Direction est en réflexion sur la mise en place de nouveaux cycles de travail pour les salariés de la Fondation Bon Sauveur cela dans un unique but de diminuer la masse salariale et ainsi effectuer encore et encore des écono-mies sur ce qui est pourtant essentielle à nos professions : la relation humaine.

Le virage ambulatoire voulu par L’ARS et mis en œuvre aveuglément par la Direc-tion tente d’orienter les patients vers les centres médicaux psychologique, mais ceux-ci sont déjà saturés, 2 mois d’attente pour un RDV avec un psychiatre et parfois plus pour un RDV avec une psychologue. Cela ne répond en aucun cas aux demandes et besoins de la population.

La CGT de la Fondation Bon Sauveur dénonce la politique comptable et économique actuelle au détriment du Soin et du Bien-être des personnes accueillies, ainsi que des salariés.

La CGT de la Fondation Bon Sauveur demande des moyens humains et financiers, la création d’une unité pour adolescents, la réouverture d’une unité spécifique de soins prolongés en psychiatrie et le maintien de deux services d’entrées en hospitalisation libre à la Fondation Bon Sauveur.

 www.npabear.blogspot.fr

 

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