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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

wall street (à l’encontre)

secu

Ce que Wall Street ne veut pas que vous sachiez 

Un premier médecin, le docteur Ming Lin, urgentiste, a été licencié pour avoir dit ouvertement son inquiétude quant à la sécurité défaillante dans les services d’urgence, et au manque de fournitures médicales, au manque de protections pour le personnel hospitalier. Il ne sera pas le dernier.

A l’instar de nombreux hôpitaux aux Etats-Unis, le Centre médical «PeaceHealth St. Joseph Medical Center», de Bellingham (Etat de Washington), où Ming Lin a travaillé 17 ans comme médecin urgentiste, a externalisé la gestion et le personnel de ses urgences.

Le Dr Ming Lin a poursuivi son travail aux urgences de l’hôpital, mais son employeur était désormais une firme de travail intérimaire plaçant des médecins, firme «spécialisée» pour les services d’urgence.

Ces sociétés de travail intérimaire sont souvent à l’origine des factures médicales surprises pour les services d’urgence, factures que les patients reçoivent après que leur compagnie d’assuran-ces a payé l’hôpital et les médecins. A cela peuvent s’ajouter des frais prohibitifs supplémentai-res pour des consultations que les assurances n’ont pas pris en charge.

Environ un tiers des services d’urgence des hôpitaux sont occupées par des médecins payés par deux sociétés de recrutement de médecins – TeamHealth et Envision Health – appartenant à des fonds d’investissement de Wall Street. Envision Healthcare emploie 69 000 travailleurs de la santé dans tout le pays, tandis que TeamHealth en emploie 20 000. Le fonds d’investissement Blackstone Group [1] est propriétaire de TeamHealth. Kravis Kohlberg Roberts (KKR) contrôle Envision.

Mission: Profit

La prise en charge des malades n’est pas leur mission. Leur but? Réaliser d’énormes profits à l’avantage de fonds d’investissement privé et de leurs actionnaires. Il est lamentable qu’elles surtaxent patients et compagnies d’assurances pour des soins médicaux urgents et désespéré-ment nécessaires. Mais il est encore plus inadmissible qu’elles musellent des médecins pour avoir pris la défense de leurs patients et de leurs collègues à l’heure même où la pandémie ravage les Etats-Unis tout entiers.

Et c’est bien ce que vient de faire TeamHealth, propriété de Blackstone. Mais pourquoi donc licencier un médecin urgentiste expérimenté au milieu d’une pandémie? Fréquentant la garde rapprochée du président Trump, le PDG de Blackstone, Stephen A. Schwarzman, craindrait-il pour cette relation si des médecins de TeamHealth informent le public que Washington a mal géré l’attribution des fournitures et des équipements de protection?

Qu’arriverait-il à Schwarzman si Trump estimait n’être pas assez apprécié des médecins de TeamHealth?

Le «PeaceHealth St. Joseph Medical Center» est peut-être le premier hôpital à avoir éjecté un médecin placé par une boîte de placement temporaire pour avoir dit la vérité au public. Peut-être ne sera-t-il pas le dernier. Maintenant, les hôpitaux préviennent les médecins traitant des patients COVID-19 qu’ils seront licenciés s’ils parlent à la presse.

L’«American Academy of Emergency Medicine» (l’Académie américaine de médecin d’urgence) a protesté contre l’éviction du Dr Ming Lin. Elle veut savoir comment TeamHealth a pu être autorisé à fournir des services hospitaliers alors que la loi exige des cabinets médicaux qu’ils appartiennent à un médecin agréé.

TeamHealth contourne la loi. En acquérant des cabinets de médecins, elle s’approprie tous leurs actifs: l’immobilier, les bureaux, l’équipement, les fournitures, l’inventaire et même les comptes débiteurs.

Sur le papier, ces cabinets médicaux appartiennent à une organisation que dirigent des médecins. TeamHealth l’a créée pour se conformer à la loi. Mais que signifie pour un médecin posséder un cabinet si ce dernier est dépourvu de moyens et de toute possibilité d’exister par lui-même?

La fureur des patients qui ont eu la surprise de recevoir ces factures médicales abusives a montré que TeamHealth contrôle la facturation des médecins qu’il fournit aux services urgences des hôpitaux.

Le licenciement du docteur Ming Lin lève le rideau sur un autre scandale: TeamHealth contrôle également les médecins.

(Cet article a été produit par Economy for All, un projet de Independent Media Institute, 7 avril 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

Eileen Appelbaum est codirectrice du Center for Economic and Policy Research. Rosemary Batt est professeure à l’institut Alice Hanson Cook of Women and Work de Cornell University.

[1] Blackstone Group a été mise sur les rangs par la Macronie pour tirer profit de sa réforme des retraites.

Eileen Appelbaum Rosemary Batt 8 avril 2020

https://alencontre.org/

Commentaire:

On voit partout que les USA dépensent plus que la France en santé: un bémol: il versent encore plus au privé!

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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

désastre (essf)

 manu

Un désastre français

Résumons : comme le port de masques, les dépistages massifs sont essentiels.

Une évidence — niée trois mois durant par le gouvernement français, qui n’a pas non plus mobilisé dès janvier l’industrie pour reconstituer les stocks de tenues de protection, de matériel d’intubation ou de tests et passer sans attendre des commandes d’achat massives à l’étranger.

Il héritait certes d’une situation d’impréparation désastreuse, mais il était parfaitement au courant du problème.

Jérôme Salomon, médecin infectiologue, est le directeur général de la Santé publique depuis janvier 2018. Auparavant, devenu haut fonctionnaire, il avait intégré en 2001 le cabinet de Bernard Kouchner dans le pôle se sécurité sanitaire.

Il a été conseiller, chargé de la sécurité sanitaire en 2013-2015, attaché à Marisol Touraine, ministre de la Santé. Proche d’Emmanuel Macron, il devient son conseiller durant la campagne présidentielle (et le prévient que le système sanitaire français n’est pas préparé à faire face à une grave épidémie).

Jérôme Salomon sait donc tout du passé et du présent sanitaire de la France. Emmanuel Macron en est informé. La ministre de la Santé de l’époque Agnès Buzin a avoué que le pouvoir était au courant, dès janvier, qu’il fallait se préparer à une pandémie.

Néanmoins, il court depuis derrière l’épidémie, accumulant ratés et retards en tous domaines. J’ai vécu toute l’histoire de la Ve République. Je n’ai jamais connu de présidence et de gouvernement aussi incapables et lâches qu’aujourd’hui [1].

Terrible paradoxe, la France était probablement l’un des pays occidentaux les mieux préparés à faire face à une épidémie.

De très importants stocks préventifs (matériel, vaccins, etc.), ainsi que des plans d’action en cas d’épidémie avaient été constitués sous l’impulsion, notamment, de Roselyne Bachelot ou Xavier Bertrand (ce dernier a cependant amorcé leur réduction).

Ils ont cessé d’être renouvelés, puis ont été liquidés sous Touraine et la présidence Hollande, distribués aux hôpitaux et aux entreprises, à charge pour eux de les entretenir sans budget assigné… La présidence Macron a maintenu le même cap. La « culture » de la prévention anti-pandémique s’est perdue au sein de l’administration.

A l’arrière-plan, il y a évidemment la politique d’affaiblissement du service public hospitalier à laquelle ont contribué tous les gouvernements, droite et gauche confondus, depuis trente ans. En matière de santé, la France est devenue un pays dépendant. Riche, mais dépendant.

 Une arrogance bien mal venue

Des semaines durant, le discours du pouvoir, et de Jérôme Salomon en particulier, a été d’une arrogance insoutenable à l’encontre des pays asiatiques dont nous avions tant à apprendre. Ils ont leurs cultures, disait-il, mais nous la nôtre et on est plus malin.

Le temps passant, cette arrogance est devenue intenable.

En Asie orientale, Sud-Coréens, Japonais, Vietnamiens se demandent sidérés comment les anciennes puissances coloniale peuvent se retrouver aussi démunies – la France, la Grande-Bretagne (ajoutons les Etats-Unis)… à l’exception de l’Allemagne. Le leadership auquel prétend encore l’Occident en prend un sacré coup !

Le témoignage dans le Nouvel Observateur de Michael Sibony [2], qui séjournait au Vietnam, en dit plus que mille discours. Grâce à une politique systématique de confinement temporaire (pendant deux semaines) des personnes revenant au pays et des personnes contaminées, en testant méthodiquement leur entourage, en favorisant le port du masque et des gestes barrière, le pays a pu limiter radicalement le nombre de cas avérés et, jusqu’à aujourd’hui, n’a pas connu de décès Covid-19.

D’où cette scène tristement désopilante : Sibony, avant son retour en France, achète en gros masques et gels et doit expliquer à une pharmacienne effarée que tous ce qui est à disposition dans son officine s’avère introuvable dans l’ancienne métropole coloniale.

Des arguments « culturels » mal venus ont agrémenté le discours des autorités en France.

Tout d’abord, le port de masque, quand on est contagieux, n’est pas une affaire de culture, mais d’éducation. Il suffirait qu’il soit enseigné à l’école pour entrer dans les mœurs… Ensuite, le Japon n’est pas le pays de la distanciation sociale (physique). Certes, on se salue sans se toucher, mais on se retrouve aussi souvent dans des restaurants serrés épaules contre épaules sur des banquettes, dans une promiscuité bien plus intense qu’autour de nos tables…

La présidence et le gouvernement français n’ont pas voulu avertir immédiatement de la gravité du danger ni en prendre eux-mêmes la pleine mesure. Début mars encore, Macron s’est ostensiblement rendu au concert en disant « la vie continue ». Le premier tour des municipales a été maintenu le 14 du mois… Et l’on nous dit que tout ce qui pouvait être fait l’a été ?

Dans ces conditions, le point de référence du pouvoir français n’est pas la Corée du Sud (ou, humiliation suprême, le Vietnam), il reste le « modèle chinois » à partir duquel il faut réfléchir, en tenant compte de la taille du pays, mais aussi de l’extrême violence qui a accompagné le confinement.

De nombreux témoignages sur Internet (vite censurés) illustrent la fureur d’une partie de la population face à l’incurie du régime et la violente répression qui a accompagné le confinement : portes d’appartement soudées par la police, refus de reconnaître que des malades sont atteints par Covid-19 (conditions de la gratuité des soins), patients incapables de payer et qui meurent dans la rue… Les chiffres officiels de décès en Chine sont massivement sous-estimés.

Dans l’étape qui s’amorce, la Chine (et singulièrement le Hubei, Wuhan) sera le laboratoire du déconfinement. Une période lourde de dangers épidémiologiques (le risque d’une seconde vague de contamination) et politiques pour le PCC. Des semaines cruciales s’annoncent.

mercredi 8 avril 2020 ROUSSET Pierre

https://www.europe-solidaire.org/

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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

pollution (el diario )

air

Coronavirus: la pollution de l’air est liée à des taux de mortalité beaucoup plus élevés
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Pour les patients atteints de coronavirus, la pollution augmente le risque de problèmes respiratoires qui peuvent devenir mortels, selon une étude de l’Université de HarvardLa pollution augmente de 20% le risque d’accident vasculaire cérébral, selon une étude.Selon une analyse scientifique de l’Université Harvard, il existe une relation entre la pollution atmosphérique et des taux de mortalité significativement plus élevés pour les personnes infec-tées par Covid-19..

Développé aux États-Unis, le travail montre comment une augmentation même infime des niveaux de particules polluantes dans les années précédant la pandémie peut être associée à 15% supplémentaires du taux de mortalité. À titre d’exemple, ils expliquent que si l’air de Manhattan avait été un peu plus pur ces derniers temps, des centaines de vies auraient pu être sauvées.Compte tenu des grandes différences de niveaux de pollution entre les pays, l’étude suggère que les personnes vivant dans des zones polluées par l’air sont beaucoup plus susceptibles de mourir des coronavirus que les personnes vivant dans des zones plus propres.

Selon les scientifiques, le risque accru pour les personnes vivant dans des zones contaminées d’acquérir le syndrome de détresse respiratoire aiguë, extrêmement mortelle et l’une des causes de décès associées à Covid-19, en plus d’autres problèmes respiratoires et cardiaques, était déjà connu.

Un autre rapport réalisé par des scientifiques italiens indique que les taux de mortalité élevés dans le nord du pays sont corrélés à des niveaux plus élevés de pollution atmosphérique. Les scientifiques espèrent que leurs résultats seront utilisés pour garantir que les zones à forte pollution atmosphérique prennent des précautions supplémentaires pour endiguer le virus et déployer des ressources supplémentaires pour faire face à l’épidémie.

Alors que la pollution de l’air est déjà au minimum grâce à des fermetures généralisées, les scientifiques soulignent que garantir un air plus pur à l’avenir contribuera à réduire les décès dus à Covid-19.

Développée par des chercheurs de l’école de santé publique TH Chan de l’Université de Harvard, l’étude a examiné les niveaux de pollution atmosphérique et le nombre de décès dans 3 000 comtés (98% de la population) jusqu’au 4 avril et dans 3 000 comtés américains.

« Nous avons constaté qu’avec une augmentation de seulement 1 μg / m3 de PM2,5 [particules], il y avait une augmentation de 15% du taux de mortalité Covid-19″, a conclu l’équipe.Une légère augmentation de l’exposition à la pollution par les particules sur une période de 15 à 20 ans était connue pour augmenter le risque de décès pour une raison quelconque. Selon de nouvelles recherches, dans les décès de Covid-19, le risque est multiplié par 20. »Les résultats sont statistiquement significatifs et robustes », ont-ils déclaré. L’étude a pris en compte de nombreux autres facteurs, notamment les niveaux de pauvreté, le tabagisme, l’obésité, le nombre de tests Covid-19 et les lits d’hôpitaux disponibles. Il a également été mesuré quittant la ville de New York, où il y a eu de nombreux cas de Covid-19, et des comtés avec moins de 10 infections confirmées, hors de l’analyse. »Des travaux antérieurs ont montré que l’exposition à la pollution atmosphérique avait considérablement augmenté le risque de décès par le coronavirus Sars lors de l’épidémie de 2003″, a déclaré Rachel Nethery, membre de l’équipe de scientifiques de Harvard. « Nous pensons donc que nos résultats sont désormais conformes à ces résultats. »

Selon son coéquipier Xiao Wu, « Ces informations peuvent nous aider à nous préparer en demandant aux populations fortement exposées à la pollution atmosphérique de prendre des précautions supplémentaires et d’allouer plus de ressources pour réduire le risque de développements négatifs de Covid-19″

 » Que nous attendions un vaccin ou un traitement, Covid-19 fera probablement partie de notre vie pendant un certain temps; compte tenu de cela, nous devrions envisager des mesures supplémentaires pour nous protéger de l’exposition à la contamination et réduire le nombre de décès dus au Covid. -19 « .Les auteurs soulignent que l’Environmental Protection Agency des États-Unis a suspendu l’application des lois environnementales (le 26 mars) et demandent que les réglementations sur la pollution atmosphérique continuent d’être appliquées. Ne pas le faire, ont-ils dit, pourrait augmenter le nombre de décès dus à Covid-19. L’étude est sur le point d’être publiée dans une grande revue médicale.
Selon le professeur Jonathan Griggs de l’Université Queen Mary de Londres, l’étude est plausible et méthodologiquement solide mais présente certaines limites. Par exemple, ne pas mesurer des facteurs importants tels que le tabagisme au niveau individuel. « Il est clair que nous avons besoin d’urgence de plus d’études, car la pollution particulaire générée localement retrou-vera ses niveaux dès que les restrictions de mouvement seront assouplies », a-t-il déclaré.
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Après l’Italie et l’Espagne, les États-Unis sont le pays où le nombre de décès par coronavirus est le plus élevé. L’autre étude, centrée sur l’Italie, a été publiée par la revue Environmental Pollution et arrivait à la conclusion suivante: « Le niveau élevé de contamination dans le nord de l’Italie doit être considéré comme un cofacteur supplémentaire dans le taux de mortalité élevé enregistré dans la région » .Le nord de l’Italie, note l’étude, est parmi les zones les plus polluées d’Europe et jusqu’au 21 mars, le taux de mortalité dans les régions du nord de la Lombardie et de l’Émilie-Romagne était d’environ 12%, soit plus du double du 4, 5% enregistrés dans le reste de l’Italie.
« Il est bien connu que la contamination endommage la première ligne de défense des voies respiratoires supérieures, de sorte qu’un sujet vivant dans une zone à fort taux de contamination sera plus susceptible de développer des maladies respiratoires chroniques et sera plus encore vulnérable à tout agent infectieux « , dit-il.
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À la mi-mars, des scientifiques médicaux ont averti que l’exposition à la pollution atmosphérique pourrait aggraver Covid-19. Les premières recherches ont suggéré que l’affaiblissement des poumons chez les fumeurs et les ex-fumeurs les rendait plus sensibles au virus.Alors que les mesures de confinement ont considérablement réduit la pollution de l’air, une analyse mondiale complète publiée en 2019 a montré que l’exposition à l’air pollué pendant de longues périodes pouvait endommager tous les organes et pratiquement toutes les cellules du corps.Traduit par Francisco de Zárate  /Damian Carrington

04/08/2020
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Commentaire:
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En Bretagne, la pollution aux particules seraient dues aux épandages agricoles… mais chut!

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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

cgt rennes (ouest france)

cgt masques

Rennes. Pendant le confinement, des militants CGT manifestent… devant l’hôpital

Plusieurs membres de la CGT du CHU de Rennes ont manifesté devant l’hôpital Pontchaillou mardi 7 avril 2020, en début d’après-midi. À l’occasion de la Journée internationale de la santé, ils demandent davantage de moyens.

Malgré le confinement, ils ont tenu à se faire entendre. Quelques militants de la CGT Santé ont manifesté devant l’entrée principale du CHU de Pontchaillou, mardi 7 avril, vers 14 h 30, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé.

« C’est une action symbolique, car nous sommes bien sûr en confinement », reconnaît Nathalie, infirmière au CHU et représentante du personnel hospitalier à la CGT. Ils ont déployé des banderoles réclamant « plus de moyens pour la santé », et assurant qu’ils ne sont « pas des héros ».

« La crise que nous traversons est une épreuve »

« La crise que nous traversons est une épreuve pour le personnel hospitalier, car on manque de moyens pour se protéger et nous sommes en sous-effectifs, c’est très tendu, ajoute Nathalie. On fait ce qu’on a à faire, mais il ne faudra pas oublier nos sacrifices quand ce sera terminé. »

Plus tôt dans la matinée, ils ont accroché une grande banderole à une fenêtre du bâtiment, sur laquelle était inscrit : « On veut des masques, pas des mercis. » Mais elle a été retirée très rapidement. Ils assurent qu’aucune autre action ne sera menée avant la fin de la crise et la sortie du confinement.

Paul GRISOT.  07/04/2020

https://www.ouest-france.fr/

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Réagir maintenant à la catastrophe qui vient

Il est de plus en plus clair que ce gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, porte une lourde responsabilité dans la gestion calamiteuse de la crise sanitaire. Obnubilé par le maintien des profits et la remise en cause de nos acquis sociaux, c’est avec presqu’un mois de retard qu’il commence à prendre de timides mesures pour faire face au virus.

Le revirement du pouvoir ces derniers jours concernant le port de masques - dont la production et l’approvisionnement ont été catastrophiques - illustre cet «amateurisme» aux effets dramatiques.

Confinez-vous, travaillez, consommez…

Voilà le message contradictoire envoyé par le gouvernement depuis le début. Le confinement, réponse d’un pouvoir qui n’a pas anticipé l’ampleur et la dangerosité du virus, est une nécessité pour éviter des centaines de milliers de morts.

Un dépistage précoce et massif et des moyens suffisants pour l’hôpital auraient certainement pu éviter d’enfermer des dizaines de millions de personnes, aggravant de façon dramatique les inégalités sociales.

Ils ont «mis à l’abri» enfants, personnes âgées, encadrement, professions intellectuelles… Mais pour des millions de travailleurs/ses, activités essentielles ou non, il faut aller bosser, les profits n’attendent pas !

Beaucoup de salariéEs se protège, individuellement et parfois collectivement, en restant à la maison, en se battant pour imposer un droit de retrait combattu par les employeurs et le gouvernement. Oui, «nos vies valent plus que leurs profits !» Toutes les activités non-essentielles doivent être stoppées et des protections doivent être fournies pour celles et ceux dont le métier est indispensable durant le confinement.

Ils veulent nous faire payer la crise

Le coronavirus a été le détonateur de la crise économique qui venait. Celle-ci s’annonce extrêmement brutale. Une fois de plus, les capitalistes veulent nous faire payer la facture : temps de travail maximum par semaine à 60 h, remise en cause des congés payés, régression de fait du droit à l’avortement…

Ils vont continuer en infligeant privatisations et austérité pour l’hôpital comme le laisse entrevoir les recommandations de la caisse des dépôts ou les déclarations du directeur de l’Agence régionale de santé de Nancy. Pour les arrêter, nous devons nous préparer dès maintenant, avec notamment l’organisation dès la fin du confinement d’une grande manifestation pour la défense du service public de la santé.

L’État policier se renforce

Ils le savent, leur politique rencontre des résistances. La répression, le contrôle, vont être des éléments centraux pour arriver à leurs fins. Dès aujourd’hui, nous devons nous opposer aux évolutions sécuritaires de la société qui, sous prétexte de santé publique, nous préparent une société totalitaire : couvre-feux, drones pour surveiller les rues, armée pour contrôler la population, géolocalisation, matraque et prison pour les récalcitrantEs, mesures répressives contre les migrantEs…

Toutes ces mesures n’ont pas pour but de faire respecter le confinement, mais préparent l’après, un monde où l’État contrôlera tous les faits et gestes de chacun pour maintenir le pouvoir des capitalistes.

Pas de sortie de crise sans planification démocratique et anticapitaliste

Une autre voie est possible. Tester massivement la population, produire du matériel médical, des médicaments et des protections à la hauteur des besoins est possible en reprenant le contrôle sur les secteurs clés de l’économie, en socialisant les grandes entreprises.

Cela permettrait d’assurer une reconversion de productions inutiles ou aberrantes pour satisfaire les besoins sociaux, sanitaires, écologiques.

Ces mesures anticapitalistes doivent être mises en place sous le contrôle démocratique de celles et ceux qui travaillent et de la population afin de définir collectivement les besoins et comment les satisfaire.

Nous devons les imposer, par nos solidarités et nos luttes, dès maintenant et dans les semaines qui viennent.

lundi 6 avril 2020

https://npa2009.org/

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

l’état du nhs (socialist worker)

boris

Commentaire:

Le « pauvre » Boris est hospitalisé et le choeur des médias s’apitoie. Une petite contribution sur la situation créé par son parti, les « Tories »

Dix ans d’austérité et la réalité brutale du régime conservateur

Une décennie de gouvernement conservateur a réduit les services clés, saccagé la santé sauvages et plongé davantage de personnes dans la pauvreté. S’ils restent, la vie des gens de la classe ouvrière va empirer, rapportent.

La nouvelle que les temps d’attente à la NHS (le système de santé) ont atteint leur plus haut niveau est une condamnation accablante pour les conservateurs. Le mois dernier, quelque 80 000 personnes ont attendu quatre heures un lit. Une personne sur dix suspectée de cancer n’avait pas été vue depuis deux semaines.

Et il y a 43 000 postes d’infirmières vacants dans le NHS.

Les conservateurs ont passé une décennie à taper sur  le service de santé.  Maintenant ils essaient de faire croire qu’ils investiront dans les soins aux patients.

Pour réellement améliorer les services, le budget du NHS en Angleterre devrait augmenter d’au moins 4% par an. Pourtant, la promesse des conservateurs de 20,5 milliards de livres sterling d’ici 2023-24 ne représente que 3,4%. Cela n’annulera même pas les dégâts qu’ils ont causés. Personne ne peut faire confiance à leurs promesses.

Paul est un agent de santé qui gère un service de réadaptation externalisé qui fait partie du NHS. Il nous a déclaré qu’à cause des coupes des conservateurs et de la privatisation  «le personnel fond en larmes, tombe malade de stress ou quitte le travail».

«J’avais l’habitude d’avoir 40 dossiers à voir plus souvent». « J’en ai maintenant 70 à 80 après qu’ils aient dit qu’il devrait y avoir un  » plafond  » de 65 il y a quelques années. « Vous n’avez plus de temps dans une journée, vous ne pouvez pas faire votre travail aussi bien que vous le souhaiteriez. »

Les services de santé ne consistent pas seulement à administrer des médicaments. Les économies des conservateurs ont miné la capacité des travailleurs à veiller au bien-être général des patients. «Normalement, vous alliez les voir pour avoir un entretien approprié, mais vous n’avez plus le temps de le faire. Je fini le travail à 18h30, mais à 19h30 j’ai dû revenir voir le patient à mon propre rythme. »

Ce n’est pas étonnant que le NHS soit un tel gâchis. Depuis que les conservateurs sont arrivés au gouvernement en 2010, les budgets annuels de dépenses du NHS ont été les plus faibles de l’histoire du service.

Sous David Cameron, les augmentations annuelles étaient de 1,4%, contre 6% dans les années 2000. C’est même inférieur aux 2,7% de l’ancienne premier ministre conservateur Margaret Thatcher lorsqu’elle a conduit le NHS au point de rupture dans les années 1980. Et le NHS a besoin de plus d’argent pour répondre aux besoins de santé d’une population vieillissante.

Ce que les conservateurs ont donné d’une main, ils l’ont repris de l’autre.

Ils avaient promis 8 milliards de livres sterling, mais en échange de l’économie de 20 milliards de livres sterling par les patrons d’ici 2020-2021. De nombreux travailleurs du NHS ont salué le «plan de sauvetage» du Parti Travailliste (Labour) de 26 milliards de livres sterling. Les agents de santé voulaient « un changement de gouvernement ».

Leur plan verrait les dépenses annuelles augmenter à 3,9%. Cela comprendrait 24 000 infirmier-e-s supplémentaires, 5 000 places de formation en médecine générale et des médicaments gratuits. Il y aurait 5 milliards de livres pour l’amélioration des bâtiments et plus de 2 milliards pour les services de santé mentale.

Ce serait un coup de pouce bien nécessaire, mais des augmentations annuelles plus importantes seront nécessaires pour réellement améliorer les services. Le Labour doit également revenir sur les privatisations. Jeremy Corbyn a parlé de «renationaliser» le NHS.

«Tout devrait aller au service et au patient.» Pour sauver le NHS, nous devons virer les conservateurs et tous les privatisateurs.

Des chiffres

130 000 «décès évitables» au cours des sept dernières années en raison des baisses des conservateurs dans la santé publique

40 000 postes infirmiers non pourvus en Angleterre.
68 500 le nombre de ces manques d’ici 2024 suite à la décision des conservateurs de supprimer les bourses pour les étudiant-e-s-infirmier-e-s du NHS
10 000 postes de médecins non pourvus en Angleterre
Un mois avant de voir votre médecin généraliste en moyenne
Sarah Bates et Tomáš Tengely-Evans / Sunday 17 Nov 2019
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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

prévisible (essf)

corona

Une épidémie prévisible, la stratégie de la pénurie

Le SRAS (SARS, Severe Acute Respiratory Syndrome CORona Virus) est un syndrome d’atteinte respiratoire grave, observé pour la première fois en 2002 avec SRAS-1, virus à ARN apparu en novembre 2002 en Chine dans le Guandong.

L’alerte avait été chaude mais, in fine, sans rentrer dans les détails, il n’aurait infecté « que » 8 096 personnes dans environ 30 pays, ne causant « que » 774 décès, principalement en Asie.

La contamination se faisait par voie respiratoire. Ce bilan est « faible » comparé, par exemple, aux virus grippaux H1N1, dont les plus connus sont la grippe espagnole – environ 50 millions de morts ! – et le variant H1N1 de 2009 (estimation 2012 : 280 000 morts). Cela « peut » expliquer au tout début un certain retard de perception de la gravité de la maladie.

La pathologie actuelle, de même que la contagiosité extrême, n’a rien à voir avec le SRAS ni avec le H1N1.

Au 25 mars 2020 à 14 heures (on est obligé de dater les chiffres), on avait 416 916 cas confir-més dans le monde et 18 865 décès (Europe : 216 298 dont 69 176 en Italie ; France 25 233 cas et 1 331 décès).

Ces chiffres sont sous-estimés, par exemple, en France où l’absence de dépistage systématique sous-estime le développement et où les morts dans les EHPAD et autres maisons de retraite ne sont pas comptabilisés comme tels.

SRAS-Coronavirus 2 est très souvent appelé Covid-19 (Corona Virus Disease est le nom de la maladie). C’est un nouveau virus de la famille des ribovirus (virus à ARN) appelés « corona » parce que leurs protéines d’attache ressemblent à des pics, ce qui en coupe donne un aspect rappelant une couronne.

Il est officiellement apparu en Chine le 31 décembre 2019, date à laquelle a été signalé un nouveau virus causant une nouvelle variété de syndrome respiratoire aigu (SRAS, rappelons-le). Le signalement a été fait avec un certain retard ; aujourd’hui, la plupart des articles faisant remonter le « cas 0 » au ou aux alentours du 8  décembre 2019.

C’est donc un virus « émergent », comme ceux évoqués plus haut, et il n’est nul besoin d’imaginer un complot de l’armée US ou des laboratoires chinois, etc., comme certains le prétendent.

En fait, l’isolement puis l’analyse extrêmement rapide du virus par les chercheurs chinois ont montré que le « nouveau virus » pour l’homme était présent depuis longtemps chez la chauve-souris puis chez le pangolin. La transmission vient plutôt de la chauve-souris. La séquence du génome l’a montré.

L’analyse suggère une recombinaison entre un virus de la chauve-souris et un virus du pangolin. Des transmissions de ce genre sont connues : par exemple, pour Ebola et pour le sida, les complotistes s’étaient déjà déchaînés alors que les équipes de l’Institut Pasteur, notamment en France et au Cameroun, avaient démontré une présence antérieure chez le chimpanzé ou le singe vert.

De telles transmissions sont historiquement prouvées (la « grippe espagnole », apparue en Chine dans la région de Canton, est partie du canard et est arrivée à l’homme via le porc). De tels phénomènes ne sont pas limités à la Chine (le fameux « virus chinois » de Trump). Tant Ebola que le sida ont une origine africaine. H1N1 a son origine au Mexique, probablement à Perote (Veracruz), dans l’élevage industriel de la Gloria.

Une épidémie prévisible et des réseaux d’alerte

La multiplication des épidémies et des pandémies à intervalles plus ou moins rapprochés est pour beaucoup d’écoscientifiques liée à la mondialisation. Les transports aériens nous transportent n’importe où en quelques heures là ou les galions mettaient plusieurs semaines ; les routes transforestières désenclavent des zones et des villages auparavant isolés – ce qui limitait la propagation.

Ces deux phénomènes se surimposent à l’envahissement et à la destruction d’écosystèmes qui se développent à des fins de profit immédiat (plantations, bois, etc.). Cela provoque inévitable-ment une « confrontation » de l’homme à des virus avec lesquels il n’a eu aucun contact anté-rieur et donc pas d’immunité protectrice [1]. Le risque est similaire avec les marchés d’animaux vivants ou les élevages.

La survenue d’une nouvelle épidémie émergente était inévitable, d’où les réseaux d’alerte internationaux. Pouvait-on avoir une action préventive ? Si on prend l’exemple de la grippe, on « prévoit » les mutations à venir, de sorte que l’on vaccine chaque année contre l’épidémie qui va survenir. Cela n’exclut pas une mutation inattendue. Ça a été le cas du H1N1 (2009-2010), mais l’existence d’équipes en alerte continue sur le sujet a permis de produire très vite un vaccin et de vacciner en masse. Toutefois, la mortalité possible en Europe et aux États-Unis a été estimée de façon excessive, ce qui a nourri les soupçons de collusion entre OMS et industrie pharmaceutique pour écouler une surproduction vaccinale.

Pour les virus SRAS, c’est un peu le contraire et il est difficile de répondre oui à la question de la possibilité d’une action préventive dans la mesure où les travaux ont été arrêtés avant d’aboutir. La structure du virus étant connue et bien caractérisée, il était logique de chercher un « pan-vaccin » actif sur tous les virus SRAS connus ou à venir. Un des meilleurs spécialistes français, Bruno Canard, mérite d’être longuement cité :

« On venait alors de lancer de grands programmes de génomique structurale sur les virus pour essayer de ne pas être pris au dépourvu en cas d’émergence. La démarche est très simple : comment anticiper le comportement d’un virus que l’on ne connaît pas ? Eh bien, simplement en étudiant l’ensemble des virus connus pour disposer de connaissances transposables aux nouveaux virus. Un projet européen lancé à cette fin à l’époque a été suivi d’autres programmes. L’irruption du SRAS-CoV en 2003 a illustré la pertinence de cette démarche. Cela nous a conduits à décrire une première structure cristallographique dès 2004. […]

Je pense qu’énormément de temps a été perdu entre 2003 et aujourd’hui pour trouver des médicaments. En 2006, l’intérêt pour le SRAS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. Nous avons alors eu du mal à financer nos recherches. L’Europe s’est dégagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable. Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheurs de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain. Or, la science ne marche pas comme cela.

Cela prend du temps et de la réflexion. […] J’ai pensé à tous les projets ANR (Agence nationale de la recherche) que j’ai écrits, et qui n’ont pas été sélectionnés. J’ai pensé à ce projet ANR franco-allemand, qui n’a eu aucune critique négative, mais dont l’évaluation a tellement duré qu’on m’a dit de le redéposer tel quel un an après, et qu’on m’a finalement refusé faute de crédits. » [2]

Financements réduits et recherches stoppées

Les travaux sur des « pan-vaccins » ont donc cessé faute de financements. On retrouve ici le problème de la subvention des recherches sur « appels d’offres » qui correspondent aux sujets « en pointe », « prioritaires », « susceptibles de débouchés importants »… On voit aussi ici le danger de la collusion public-privé. Ça prend du temps de rédiger des projets et de les soumet-tre pour ne pas survivre qu’avec de maigres projets sur crédits récurrents, le financement de base d’un laboratoire qui, en biologie représentait 80 à 90% de son financement, quand j’ai débuté dans la recherche. Ensuite, il faut attendre et, en France, les projets retenus par l’Agence nationale de la recherche ne sont qu’une fraction des projets soumis, et c’est la même chose au niveau européen [3].

Il faut rappeler que les crédits récurrents – hormis les grands instruments [4] et les programmes spatiaux – ont été rognés systématiquement d’année en année après Mitterrand, en dépit des promesses d’atteindre le niveau, défini par l’Europe, de 2% puis 3% du PIB [5]. Est venu aussi le temps des financements privés, de la fondation Arc pour la recherche sur le cancer, de la Ligue nationale contre le cancer, des legs à Pasteur ou à Curie, financement privé qui a reçu une nouvelle impulsion avec les téléthon et autres sidaction.

Le slogan syndical « La recherche ne doit pas vivre de quêtes », reste d’actualité ! Puis ce furent les fameux projets ANR (Agence nationale de la recherche). Au départ, caricature, il n’y avait que des appels à projets sur thèmes définis. Ils se sont rendu compte du ridicule et ont introduit 20 à 25% de « projets blancs », c’est-à-dire ne rentrant pas dans un cadre défini. Or, comme disaient les manifestants de « Sauver la recherche » sous François Fillon, « l’ampoule électrique n’a pas été inventée en faisant des programmes sur la prolongation de la vie et l’amélioration de la luminosité de la bougie ». Quant aux postes statutaires, ils n’ont pas cessé de chuter. Le développement de la précarisation est très net en biologie.

Donc, avec une structure misant sur le long terme on aurait peut-être déjà un vaccin ou des traitements prêts… Ça, c’était parier sans certitudes sur l’avenir. Investir sur l’avenir, ce n’est pas toujours à fonds perdu et parfois oui.

 La stratégie de la pénurie

Parlons des machines à amplification génique (PCR pour Polymerase Chain Reaction) qui permettent de détecter le virus. En avoir un nombre apparemment surdimensionné aurait en fait permis une stratégie à la coréenne ou à la taïwanaise, à savoir un dépistage à grande échelle. C’est ce que Jean-François Delfraissy [6] a implicitement reconnu en déclarant que la stratégie actuelle était due à l’absence de machines en nombre suffisant. Ça a irrité Macron… C’est comme la pénurie de masques : ils ne s’usent que si l’on s’en sert…

Alors, bon, comme dit Bruno Canard, des chercheurs vont être mobilisés en urgence sur un crash program… Trop peu, trop tard ! Comme promettre des millions à la recherche pour dans… cinq ans ou un chiffre indéterminé pour les hôpitaux.

On n’a aucun traitement antirétroviral. On en est réduit à la ventilation, aux antibiotiques pour les cas graves comme légers et au Doliprane. Une grande variété de traitements ont été essayés en Chine, y compris contre le Covid-19 pédiatrique, comme le lopinavir ou la fameuse chloroquine. Un article détaille la procédure « Four-Anti and Two-Balance strategy included antivirus, anti-shock, anti-hyoxemia, anti-secondary infection, and maintaining of water, electrolyte and acid base balance and microecological balance [7] ».

Il est possible, mais pas prouvé, que certains autres antiviraux soient actifs, ainsi que la fameuse hydroxychloroquine. Au stade actuel, un essai européen et français est lancé sur plusieurs antiviraux comme le remdesivir, le kaleatra, l’interféron alpha, ainsi que sur l’hydroxychloroquine [8].

Puisqu’il faut consacrer du temps à ce produit, l’auteur assume la responsabilité de dire que tant la première étude chinoise que celle princeps de Didier Raoult ne sont pas statistiquement significatives en raison de la taille des échantillons et de divers biais méthodologiques.

Une étude récente (6 mars 2020) [9] ne montre pas d’effet additionnel par rapport aux autres traitements (antiviraux/infectieux classiques) ; et en fait, pour un patient – mais un, ça ne veut pas dire grand-chose vu la taille du groupe – cela a aggravé le syndrome.

D’autres études chinoises en cours de publication devraient donner la même chose mais il faut attendre. La non-significativité est confirmée sur France Inter par Philippe Klein, qui travaille à Wuhan depuis cinq ans où il a suivi in situ l’épidémie. Ce qui ne veut pas dire que ça ne marche-ra pas en Europe mieux qu’en Chine : c’est possible pour toute une série de raisons génétiques (HLA), environnementales, etc. Un test rigoureux est donc absolument nécessaire (les tests in vitro et chez la souris sont positifs). L’existence d’effets aggravants doit, elle aussi, être recherchée. Il est regrettable que la polémique actuelle retarde paradoxalement l’essai [10].

 Le confinement et les tests

En effet, c’est le traitement préventif et un confinement strict et de longue durée qui a permis en Chine de localiser et apparemment de juguler l’épidémie. Le tout au prix de mesures drastiques que l’on voit mal pouvoir être appliquées en France, particulièrement là où des familles entières vivent dans 20m2, voire moins…

Avec un retard important – le premier cas chinois remonte à début décembre – et le maintien d’un grand banquet (!) le 19 janvier, les autorités provinciales du Hubei, sur injonction de Xi Jinping qui déclare la situation grave, ont bloqué Wuhan, Huanggang et Ezhou (22 millions d’habitants). Le 25 janvier, les autorités élargissaient la quarantaine à presque toute la province de Hubei (56 millions d’habitants) avec confinement strict dans les maisons (cela ira jusqu’à fermer /souder les serrures des appartements de contaminés…).

Mais il faut noter que la reprise du travail expose à présent à une deuxième vague, hors Hubei, dans les zones non infectées, Pékin et Shanghai, par exemple. Pour Benjamin Cowling, épidémiologiste à l’université de Hong Kong, « du fait que la majeure partie de la Chine n’a pas vraiment eu un nombre important d’infections au cours de la première vague, la population demeure très vulnérable et peut être touchée par une épidémie importante. Tôt ou tard, une seconde vague est inévitable. Totalement inévitable » [11].

Cette stratégie n’est pas celle qui a été mise en place en Corée, où il a été choisi, dès la première vague de contamination (7 755 cas au 11 mars), de pratiquer un très grand nombre de PCR [12] : les proches de toutes les personnes contaminées sont ainsi recherchées de façon systématique, avant de se voir « proposer » un test de dépistage.

Les déplacements des malades avant qu’ils ne soient testés positifs sont reconstitués au travers des images de vidéosurveillance, de l’utilisation de leur carte bancaire ou du bornage de leur smartphone, puis rendus publics… On peut douter que ça « passe » en France, mais ce qui compte (comme à Taïwan, autre modèle), ce sont les tests (plus de 10 000 par jour) et plus de quarante cliniques ambulantes. Les foyers ont été isolés, et masques et gants diffusés massivement. Enfin, des désinfections ont lieu dans les bâtiments, les rues, etc.

Car la contamination se fait entre humains par des contacts avec des contaminés ou par les aérosols produits en respirant, que l’on soit symptomatique ou non. Le dépistage puis l’isolement des foyers sont cruciaux (Corée, Taïwan en sont les meilleurs exemples, mais aussi le Hubei) et ce sera forcément le cas en sortie de crise.

Les mesures de protection aussi : les masques, en premier. Citons la Société française d’hygiène hospitalière : « Ne pas dépasser un maximum de quatre heures pour le port d’un même masque chirurgical antiprojection, huit heures pour le type FFP […], ne pas utiliser d’autres types d’écrans à la place des masques chirurgicaux (ex. masques en tissu, masques en papier, chiffons noués derrière la tête) ».

On en est loin… sachant que pour la très grande majorité des EHPAD, ce n’est pas peu, c’est rien pour le personnel, et idem pour beaucoup de médecins de ville. Quant aux blouses jetables en papier… Quant aux caissières (pour lesquelles les protections plastiques ont été tardives et souvent artisanales…), ou aux livreurs…

Rappelons aussi le rôle joué par les élections municipales du 14 mars, alors que, par exemple dans le 20e arrondissement de Paris, elles se sont tenues avec deux bouteilles de gel hydroalcoolique par bureau de vote sans masques ni gants… [13]

Certes, le gouvernement n’a pas forcément été « aidé » et il faut peut-être rappeler les déclarations de Didier Raoult : « Il y a trois Chinois qui meurent et ça fait une alerte mondiale, l’OMS s’en mêle, on en parle à la télévision et à la radio. Tout cela est fou, il n’y a plus aucune lucidité. » [14].

« Ce virus n’est pas si méchant, ce n’est pas un meurtrier aveugle. Le taux de mortalité, estimé aujourd’hui aux environs de 2% c’est-à-dire équivalent à celui de toutes les pneumonies virales présentes à l’hôpital, va probablement diminuer une fois que les cas qui n’ont pas donné de symptômes seront pris en compte. Sans être devin, je doute que le virus chinois fasse augmenter de manière très significative, chez nous tout au moins, les décès par pneumonie. Mais on ne peut pas ne pas tenir compte de l’état de notre société, très émotive. À l’heure de l’hyper-réactivité des réseaux sociaux, les responsables politiques ont peur de ne pas en faire assez, alors ils en font parfois trop. » [15].

Dès janvier, les informations étaient suffisantes pour mettre en œuvre des décisions urgentes. Il fallait vérifier les stocks de masques, de blouses, de gants, de gel, commander des appareils PCR et de la Taq polymérase (produit nécessaire à la pratique de la PCR) et relancer la production de respirateurs. Il fallait alerter toutes les structures les plus à risques, les doter des moyens pratiques pour faire face à cette possible épidémie.

« Si nous disposions de médicaments à l’efficacité démontrée, il serait possible d’appliquer en France une politique testant et traitant immédiatement toutes les personnes chez lesquelles l’infection est découverte. Mais il reste beaucoup d’inconnues scientifiques et de questions sociétales posées.

Pourquoi ne pas avoir mis en œuvre sans attendre cette stratégie ? Parce que nous en sommes incapables et que ce n’est pas l’enjeu dans la phase de montée de l’épidémie. Nous ne possédons pas les capacités de tester à la même échelle que la Corée du Sud. En France, environ 8 000 tests sont réalisés chaque jour. Les laboratoires privés vont s’y ajouter mais nous avons un énorme problème avec les réactifs utilisés dans les tests. Ces réactifs de base proviennent de Chine et des États-Unis. La machine de production s’est arrêtée en Chine et les États-Unis les gardent pour eux. » [16].

Tout est dit (ce paragraphe de l’interview n’a pas été apprécié par l’Élysée… Quelle surprise !)

Et nous ne reviendrons pas sur la politique des lits, sinon que fermer plus de 11 800 lits et réduire les personnels n’était pas la bonne politique, et que les manifestants et manifestantes du personnel hospitalier ont été gentiment gazé·es et matraqué·es. Une partie du bilan de la ministre Buzyn…

Tout au long de cet article, j’ai voulu montrer les manques, les retards (matériels, confinement, tenue des élections municipales…) et l’absence de tout, dans les EHPAD, par exemple, n’en déplaise au Premier ministre, provoqués par une politique à courte vue qui n’a cessé de multiplier les impairs : on se souvient de la ministre de la santé déclarant que le corona ne se manifesterait pas en France, laquelle était de toute façon « prête ». Une France prête à vivre sans masques, puisque d’ailleurs, selon le nouveau ministre de la santé, ils ne servent à rien.

La Chine et Corée le montrent, une sortie de crise ne peut pas se faire sans masques chirurgicaux généralisés et sans une surveillance par tests faits – y compris faits au hasard – pour vérifier la non-diffusion par des « porteurs sains » et l’isolement rapide de tout nouveau foyer possible. Il faudra établir une surveillance (prise de température, dépistage lors des vols revenant de régions « sensibles », veille contre une deuxième vague à l’automne…) en attendant vaccin et pan-vaccin. La gestion de cette crise est un scandale exemplaire de la politique du profit immédiat. À la sortie de crise et la veille post-crise, plus rien ne doit être comme avant !

Gérard Chaouat 5 avril 2020

https://entreleslignesentrelesmots.blog/

https://www.europe-solidaire.org

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

masques (essf)

masque macron

Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat. Janvier-mars 2020

Pénurie cachée, consignes sanitaires fantaisistes, propositions d’importations négligées, stocks toujours insuffisants, entreprises privilégiées :

Basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, une enquête de Mediapart révèle la gestion chaotique au sommet de l’État, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques. Et les mensonges qui l’ont accompagnée. Les soignants, eux, sont contaminés par centaines.

En déplacement, mardi 31 mars, dans une usine de fabrication de masques chirurgicaux, le président de la République Emmanuel Macron a cité beaucoup de chiffres sur les approvision-nements en cours, afin de rassurer les Français qui s’inquiètent de la pénurie de ce matériel médical essentiel pour la protection des soignants.

Beaucoup de chiffres, sauf un : « 1200 ».

« 1200 », comme le nombre officiel de personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le vaisseau amiral des hôpitaux publics français, qui ont été contaminés par le Covid-19 depuis le début de l’épidémie.

« 1200 », comme la preuve de la vulnérabilité des soignants, « au front chaque jour », comme le dit le chef de l’État, mais bien souvent sans protection adaptée contre le virus.

« 1200 », comme le résultat de l’impéritie du pouvoir politique face à une crise sanitaire d’une ampleur et d’une violence inédites.

Mediapart publie aujourd’hui les résultats d’une enquête de plusieurs semaines qui retrace les nombreux dysfonctionnements au sommet de l’État, depuis le mois de janvier jusqu’à ce jour. Un mensonge d’État qui a conduit la France à l’impensable : la pénurie de masques de protection pour ses soignants face au Covid-19 et pour sa population en général.

Basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, auxquels nous avons pu avoir accès, notre enquête démontre que :

• Fin janvier et début février, le ministère de la santé, conscient de la faiblesse des stocks d’État, n’a décidé de commander qu’une très faible quantité de masques, malgré des alertes internes. Le matériel a de surcroît mis plusieurs semaines à arriver.

• Après ce premier fiasco, l’État a créé, début mars, une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques. Mais là encore, le bilan s’est avéré catastrophique : lors des trois premières semaines de mars, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques, soit l’équivalent d’une semaine de consommation au rythme contraint actuel. La cellule a notamment raté plusieurs possibilités de livraisons rapides.

• Le gouvernement a caché cette pénurie pendant près de deux mois et, en fonction des stocks, a adapté ses consignes sanitaires sur le port du masque. Fin février, le directeur général de la santé préconisait un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid. Un mois plus tard, la porte-parole de l’exécutif déclarait que c’était inutile…

• Des entreprises dans des secteurs « non essentiels » de l’économie ont continué à consommer des masques, pour des raisons économiques. Exemple : l’avionneur Airbus, qui semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. Dans le même temps, des personnels soignants continuent à travailler sans ces masques protecteurs, faute de stocks suffisants.

• Le gouvernement tente désormais de renflouer les stocks, avec une stratégie à 180° : il faut préparer la sortie de confinement, « où on sait qu’il faudra massivement équiper » la population, ainsi que l’a admis la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, dans une réunion dont Mediapart a obtenu l’enregistrement.

Voici l’histoire d’une tragédie en sept actes.

jeudi 2 avril 2020, PHILIPPIN Yann, ROUGET Antton, TURCHI Marine

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

épandages (reporterre eaux-et-rivières)

macron chasseurs

Pendant le confinement, les épandages de pesticides autorisés près des habitations

Le ministère de l’Agriculture a permis que les distances de sécurité entre les habitations et les pulvérisations de pesticides soient réduites au minimum possible, dès le début de la saison des épandages. Le tout sans concertation, crise sanitaire due au Covid-19 oblige.

En ce printemps, il n’y a pas que le coronavirus qui essaime. Les plantes aussi se multiplient, et les agriculteurs sortent semences, tracteurs, fertilisants (qui seraient, selon certains, responsa-bles d’une pollution aggravant les effets du Covid 19)… et bientôt pesticides.

Le gouvernement n’a pas décidé de les confiner, au contraire.

Par une série de décisions, notamment justifiées par la crise sanitaire due au Covid-19, le ministère de l’Agriculture a permis que les distances de sécurité entre les habitations et les pulvérisations de pesticides soient réduites au minimum possible, dès le début de la saison des épandages. Et ce sans concertation, comme c’était prévu au départ.

Pour rappel, après un intense débat, le gouvernement avait adopté fin décembre un arrêté définissant ces « zones de non traitement ». Les distances entre les épandages de pesticides et les limites de propriété des habitations bordant les champs avaient été fixées à :

  • Dix mètres pour les cultures hautes tels que les arbres fruitiers ou les vignes ;
  • Cinq mètres pour les autres cultures comme les grandes cultures (blé, maïs, colza, légumes, etc.),
  • Vingt mètres, quel que soit le type de culture, pour les substances les plus dangereuses.

Adopté en même temps, un décret demandait à chaque département d’adopter des « chartes d’engagements des utilisateurs ». Une fois adoptées, elles permettent la réduction de ces distances à :

  • Cinq mètres pour les vignes et l’arboriculture,
  • Trois mètres pour les autres cultures,
  • Les vingt mètres restant de rigueur pour les substances les plus dangereuses.

Le tout à condition que les agriculteurs utilisent des « systèmes anti-dérive » (épandeurs plus précis).

Les distances minimales ont été fixées à cinq mètres pour les vignes.

Ces distances (réduites ou pas) avaient été considérées comme largement insuffisantes par les associations environnementales et de riverains. Mais le gouvernement a décidé de permettre aux agriculteurs d’appliquer les distances réduites avant même l’adoption des chartes. Ce alors que ces documents sont censés être discutés et adaptés au contexte local, et que leur contenu final ne devrait donc pas être connu à l’avance. L’affaire s’est passée en deux temps.

« Tout est fait pour appliquer le minimum réglementaire sous couvert de dialogue »

Tout d’abord, une circulaire du 3 février 2020, passée relativement inaperçue, a introduit une première dérogation : « Les utilisateurs engagés dans un projet de charte soumis à concertation publique (…) peuvent, à titre individuel, appliquer ces réductions de distance ».

En clair : pas besoin d’attendre les remarques et retours de la concertation autour de la charte, ni l’approbation du texte par le préfet. Il suffit que la concertation autour de la charte soit engagée pour que les distances minimales soient appliquées.

Le document, adressé par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agri-culture aux préfets, précise en outre que cette dérogation est valable jusqu’au 30 juin 2020. Il s’agissait de « ne pas pénaliser les agriculteurs qui, dès le 1er janvier 2020, respectaient les conditions réglementaires à même de réduire les distances », nous a expliqué le ministère de l’Agriculture.

Suite logique, l’épidémie et le confinement sont venus offrir une nouvelle occasion de déroga-tion. « Compte tenu de la difficulté à mener la concertation publique, dans le contexte en cours de la crise Covid-19 », a annoncé le ministère de l’Agriculture fin mars, « il suffit pour appliquer les réductions de distance de s’engager à « mener la concertation dès que le contexte Covid-19 le permettra ».

Même plus besoin, donc, d’avoir entamé la concertation autour de la charte, il suffit que la chambre d’agriculture ou le syndicat agricole majoritaire (dans la plupart des cas, la FNSEA) promette au préfet de le faire… dès que possible.

Dans un courriel que Reporterre a pu consulter, adressé à toutes les directions régionales de l’agriculture, la DGAL explique cette décision : il s’agit d’un « arbitrage » rendu à la suite des « demandes de la profession agricole de pouvoir appliquer les réductions de distance même si les chartes ne sont pas soumise à concertation ».

« Les chartes resteront indispensables au-delà de juin 2020. (…) L’objectif du gouvernement est bien d’instaurer ce dialogue, entre riverains et exploitants », assure à Reporterre le ministère de l’Agriculture, en réponse à nos questions.

« De telles combines ne vont pas apaiser les tensions. Tout est fait pour appliquer le minimum réglementaire sous couvert de dialogue », regrette Thibault Leroux, chargé de mission agricultu-re à France Nature Environnement.

Ces chartes avaient été dénoncées par les associations environnementales et de riverains dès le départ. Elles regrettaient qu’elles soient rédigées par les agriculteurs, et rapportaient ne pas être écoutées dans les processus de concertation. Le fait que le gouvernement décide en plus de s’en passer jusque fin juin « donne vraiment l’impression qu’elles sont factices », indique Thibault Leroux.

« Une concertation sans réunions est un non sens ! »

Cependant, certaines chambres d’agricultures ont maintenu la concertation malgré le confinement. En effet, rien n’interdit de tout faire en ligne. Une méthode de concertation tout à fait satisfaisante, d’après les chambres d’agriculture que Reporterre a pu joindre.

« Dès le départ, on n’avait pas prévu de réunion publique, nous précise-t-on dans l’Hérault. Donc le confinement n’était pas gênant ! » « On a fait une publicité dans le journal Sud Ouest. Les gens sont informés », estime-t-on dans les Landes. « Nous avions déjà organisé deux réunions publiques avant le confinement », nous précise-t-on en Indre-et-Loire.

Reporterre a pu constater que des concertations se poursuivaient en ligne également dans l’Indre, le Nord-Pas-de-Calais, le Loir et Cher, le Loiret, en Gironde, dans la Drôme. Autrement dit, des départements ou grandes cultures ou vignes, des cultures consommatrices de pesticides, dominent.

Pourtant, la Commission nationale du débat public invitait, le 1er avril, « à suspendre les concertations car le 100 % numérique permet à tous de participer ».

« Poursuivre les concertations c’est considérer que les jeux sont faits, appuie Gabriel Ullmann, docteur en droit de l’environnement. Dans la concertation, un des aspects importants c’est justement de se concerter. Le faire sans réunions est un non sens ! »

Dans une lettre au Premier ministre, l’association de lutte contre les pesticides Générations futures demande par conséquent le report de ces concertations en attendant la fin du confine-ment. Mais même prise, cette mesure n’aurait pas d’impact sur les distances entre épandages de pesticides et habitations, toujours réduites au minimum par dérogation.

Les riverains de zones agricoles, confinés chez eux, risquent de devoir resté fenêtres fermées.

L’association souligne la difficulté des riverains de zones agricoles, qui confinés chez eux risquent en plus de devoir rester fenêtres fermées et jardin condamné en raison des épandages de pesticides. « Nous suggérons (…) à l’ensemble des syndicats agricoles de s’engager volon-tairement à demander à leurs adhérents d’éloigner les pulvérisations de pesticides des domiciles des riverains des zones cultivées. »

On doute que l’appel soit entendu. Pourtant, les pollutions, entre autres aux pesticides, renforcent notre vulnérabilité face au virus. L’expertise collective de l’Inserm sur les pesticides avait relevé les effets de plusieurs substances sur le système immunitaire.

6 avril 2020 / Marie Astier

https://reporterre.net/

Lire aussi:

Distance de pulvérisation des pesticides réduites sans concertation, la double-peine pour les riverains (Eaux et Rivières)

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06 avril 2020 ~ 0 Commentaire

cuba (combat-ouvrier npa )

cuba
L’aide des médecins cubains

Dans le contexte de crise sanitaire mondiale due à la pandémie de Covid-19, plusieurs centai-nes de médecins et infirmiers cubains ont été envoyés dans les pays les plus sévèrement touchés dont l’Italie. Certains de ces soignants ont combattu l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest en 2014.

Depuis la fin du 19ème siècle, l’île était colonisée par les États-Unis. De grosses firmes sucriè-res américaines y avaient installé leurs usines. Mais en janvier 1959, de jeunes guérilleros, Fidel Castro et Che Guevara en tête, rejoints par des paysans opprimés et la population, ont pris le pouvoir contre la dictature de Batista, pantin des États-Unis, puis contre les firmes américaines.

Malgré le blocus imposé à l’île par les dirigeants américains depuis 1962, l’État cubain a tenu tête notamment grâce à l’aide de l’ex-URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), ensuite grâce à d’immenses sacrifices imposés à sa population. Le régime castriste a remporté des succès incontestables : l’analphabétisme n’est plus qu’un lointain souvenir grâce à l’éduca-tion gratuite. La comparaison est accablante avec la plupart des autres pays latino-américains.

Quant au système de santé de Cuba, il est comparable non à ceux des autres pays sous-développés, mais à ceux des pays industriels. On y trouve partout cliniques, hôpitaux, médecins et l’accès à la santé est gratuit.

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), il faut un minimum de 2,5 médecins pour 1 000 habitants pour assurer un service sanitaire correct. À Cuba, il y a 8,2 médecins pour 1 000 habitants. En France, il y en a 3,2 pour 1 000 habitants. Les États-Unis n’en enregistrent que 2,6. Il y a quelques années, en dépit de sa situation économique difficile, Cuba a engagé sa médecine dans l’aide humanitaire aux pays pauvres avec l’OMS. Plus de 50 000 soignants cubains travaillent dans plus d’une quarantaine de pays.

La révolution cubaine fut une révolution démocratique bourgeoise, populaire et non une révolution socialiste comme on l’entend souvent dire. Mais les choix politiques des dirigeants anti-impérialistes cubains dans le domaine sanitaire font leurs preuves.

Les grandes révolutions politiques et sociales ont toujours été porteuses de progrès. Et même si dans la plupart des secteurs Cuba demeure un pays sous-développé et pauvre, sans la révolu-tion, la médecine cubaine n’existerait pas. Le comble serait qu’aujourd’hui les États-Unis, le geôlier de Cuba, l’appellent à la rescousse contre le Covid-19.

Médecins cubains en Caraïbe

En Guadeloupe et en Martinique, pour faire venir des médecins cubains, des voisins, il faut présenter des textes de loi au gouvernement, à 7 000 km de la Caraïbe, pour tenter de le convaincre.

Pourtant la situation exige du renfort de ces soignants expérimentés et sérieux qui de surcroit se déplacent avec du matériel. À l’époque de la guerre froide, les Cubains, médecins ou pas étaient carrément indésirables. Car le gouvernement faisait croire qu’ils venaient fomenter des guérillas pour le compte de l’URSS ! Pour aller à Cuba en provenance de Guadeloupe ou de Martinique il fallait passer par Prague ou Moscou.

Aujourd’hui l’ennemi n’est plus l’URSS et ses satellites. Ils n’existent plus en tant que tels. C’est le Covid-19.

Contre le coronavirus, sont arrivés 130 médecins au Venezuela qui a déjà plus de 20 000 soignants cubains, 5 à La Grenade, 50 médecins et 90 infirmières spécialisées à la Jamaïque où ils sont déjà 434.

Le 21 mars 113 soignants arrivent à Sainte-Lucie. La République dominicaine, le Honduras, le Guatemala, le Nicaragua, Haïti et Belize ont également fait appel à Cuba. D’autres îles, pour des raisons idéologiques ou sous la pression de Trump qui profite de la situation, ne semblent pas concernées.

La Dominique reçoit l’aide de la Chine qui a fourni du matériel sanitaire à ses hôpitaux. L’ironie de la situation est le rappel du Brésil de ces soignants cubains pour le coronavirus 2020 par le président Bolsonaro qui les accusait d’être des « cellules de guérilla » !

Mais personne n’a remplacé les 8 000 médecins chassés en 2018. Les Cubains appelés les médecins « aux pieds nus » n’hésitent pas à aller dans les quartiers pauvres où d’autres soignants ne mettent pas les pieds.

Cette action est unique au monde aujourd’hui. D’autres pays, riches, ont coutume d’envoyer l’armée… Ce sont quand même ces révolutions, mêmes bourgeoises, comme en Chine (1) du reste, qui ont fait avancer ces pays et qui restent un puissant facteur de progrès

Cuba : quelques chiffres

Depuis 1963, commençant avec l’Algérie tout juste indépendante, Cuba a envoyé plus de 400 000 professionnels de santé dans 164 pays. Cuba a envoyé ses médecins pour aider des pays en sous-développement en Afrique, en Amérique du Sud et jusqu’au Pakistan.

Ils sont intervenus lors d’épidémies (sida, Ebola, choléra) ou de catastrophes naturelles. Fin 2019, ils étaient 29 071 médecins et infirmières dans 63 pays, dont 27 pays pauvres où le programme est gratuit, financé par Cuba. Suite aux pressions de Trump et avec l’apparition de gouvernements d’extrême-droite en Amérique du Sud, 8 000 médecins cubains ont dû quitter le Brésil fin 2018 et 1 000 autres le Salvador, l’Équateur et la Bolivie en novembre 2019.

3Combat Ouvrier c’est « Lutte Ouvrière » aux Antilles

http://www.combat-ouvrier.net/

Lire aussi:

 

Levée de l’embargo contre Cuba !

Il ne s’agit pas de ici faire l’éloge du régime cubain qui, au fil du temps, s’est bien éloigné des espoirs suscités par la chute du dictateur Batista et l’entrée triomphale des guérilleros à La Havane en janvier 1959. Mais, force est de constater que de plus en plus de pays, face à la pandémie du coronavirus, demandent à bénéficier de l’assistance des médecins cubainEs.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a sur l’île 82 médecins pour 10 000 habitantEs, contre 32 en France et 26 aux États-Unis… Cuba a, au fil des années, pour suppléer à des services de santé défaillants ou lutter contre des épidémies, envoyé 25 000 médecins en Amérique latine (les médecins cubains ont dû quitter la Bolivie et le Brésil sur pression des nouveaux régimes réactionnaires), mais aussi en Afrique, au Pakistan ou à Haïti.

Face au Covid-19, Cuba a déjà dépêché en Italie une équipe de 52 médecins et infirmierEs. Aux Antilles et en Guyane « françaises », les médecins cubains sont réclamés par les autorités locales.

Le « socialisme » de Cuba n’est pas le nôtre, d’autant qu’il est, de plus en plus, pénétré par les mécanismes de marché, les inégalités, tandis que sévit la répression des dissidentEs politiques. Il y a certes une « diplomatie médicale » cubaine et les médecins sont une source de devises pour le régime.

Mais, même déformée et pervertie, Cuba montre la supériorité d’une économie planifiée sur l’anarchie du marché capitaliste. Et qu’on ne vienne pas dire que c’est parce que Cuba est une  « dictature » : il y a des dizaines de pays dictatoriaux à travers le monde où les populations ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires tandis que leurs dirigeants vont se faire soigner à l’étranger (à titre d’illustration, le général major Abdelhamid Ghriss, secrétaire général du ministère de la Défense nationale algérien, vient de se faire opérer en Suisse).

Alors, oui, il faut lever de toute urgence tout embargo contre Cuba comme le réclament divers organismes internationaux et, chez nous, en finir avec la dictature du marché sur la santé !

Henri Wilno Mercredi 8 avril 2020

https://npa2009.org/

Dans la lutte contre le coronavirus, Cuba s’impose comme un allié de choix (Slate)

Cuba envoie des médecins au secours de 38 pays… et c’est insupportable pour Trump ! (L’Humanité)

Commentaires:

Quitte à déranger ce concert de louanges! Le blocus américain de Cuba est si dur depuis la fin de l’Urss que le pouvoir en route (difficile) vers le capitalisme cherche des revenus, et les médecins en sont un! Il faut le savoir tout en luttant contre la politique américaine.

Selon José Luis Rodriguez Garcia, ancien ministre de l’économie, ce service permet à Cuba de percevoir plus de 11 milliards de dollars en moyenne par an entre 2011 et 2015. Le régime cubain facture cette activité dans 35 des 62 pays bénéficiaires. Il s’agit de la première source de ressources de l’île loin devant le revenu du tourisme qui a rapporté 2,8 milliards de dollars en 2016. Les autorités cubaines reçoivent directement les salaires des personnels envoyés à l’étranger. Elles prélèvent alors entre 75 à 89 % du montant de ce salaire.

(1) Cuba est différent de la Chine, comme du Venezuela. C’est un pays en transition vers le socialisme, mais bloqué par la bureaucratie « éclairée » qui s’est accaparé l’état et aussi par le blocus américain. Pour la Chine, nous pensons que ce fut une révolution « socialiste » mais déformée dès le début. Nos camarades trotskistes y furent massacrés, comme au Vietnam. Mais cela n’empêchait pas le soutien à ces pays. Depuis Chine et Vietnam sont devenu des pays capitalistes dictatoriaux. Cuba lui est « à part ».

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