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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 1 (npa)

zombie

Un système de soins à la croisée des chemins

Passer de l’hôpital public à un service public de santé global

Compromis de 1945, la création de la Sécurité sociale a posé le principe du remboursement à touTEs de l’ensemble des soins. Cela a permis de passer de « l’assistance publique » assurant des soins rudimentaires aux plus pauvres à un hôpital public qui garantit à tous, gratuitement, des soins de qualité.

Un service public limité à l’hôpital

Ainsi, a pu se développer un vaste réseau d’établissements publics, allant du petit hôpital local au CHU avec un plateau technique de pointe, en passant par les centres hospitaliers de proximité ou « généraux », les établissements spécialisés en psychiatrie ou pour personnes âgées (voir encart sur les établissements de santé).

Par leurs urgences, toujours plus sollicitées, les établissements hospitaliers garantissent également l’accès sans délais à des soins gratuits, de proximité et de qualité.

Mais, sous la pression d’un puissant lobby médical, les soins hors hôpital, « en ville », sont restés très largement dominés par les médecins et professionnels libéraux. Et les éléments de service public existant hors des établissements hospitaliers sont limités : dispensaires ou centres de santé dans certaines communes, PMI pour la petite enfance…

Seule la psychiatrie publique fait exception.

À partir de 1960, sous le nom de « psychiatrie de secteur », une réponse publique globale s’y est organisée. Elle met à la disposition d’un « secteur » de la population (60 000 habitantEs) une seule et même équipe de soins travaillant à la fois dans et hors l’hôpital (centres médico-psychologiques, hôpitaux de jour, visites à domicile…). Mais ce modèle est en cours de démantèlement.

Médecine libérale et financement socialisé

La coexistence d’une médecine libérale très majoritaire et d’un financement socialisé n’a cessé d’être conflictuel. C’est avec beaucoup de réticences que les médecins libéraux ont fini par accepter (en 1960 !) le « conventionnement » avec la Sécurité sociale, pour eux synonyme de tutelle « étatique ».

Ils ont continué à défendre avec acharnement la « liberté d’installation », pourtant synonyme de répartition inégalitaire des médecins sur le territoire, de « déserts médicaux », et la liberté tarifaire. Les dépassements d’honoraires sont pourtant une cause essentielle de renoncement aux soins, en particulier chez les spécialistes.

Enfin ils ont tout fait pour bloquer l’application du tiers-payant timidement instauré par Touraine.

Les chemins de la privatisation

L’offensive de privatisation, menée avec constance par les différents gouvernements, notam- ment les lois Bachelot (2009) et Touraine (2015), poursuit un double objectif.

D’un côté, elle diminue la place du financement public et socialisé (la Sécurité sociale) pour les soins de ville. Ainsi, l’assurance maladie n’en rembourse plus aujourd’hui que 54 %…

De l’autre, les missions et les moyens de l’hôpital public sont eux aussi en constante réduction : restructurations et regroupements au sein de Groupements hospitaliers de territoires, fermeture d’établissements de proximité, en particulier des services d’urgence. Sous la houlette des assurances privées et des mutuelles, se prépare la mise en place de réseaux de soins concurrentiels pour les soins hors hôpital.

À l’inverse, la perspective que nous défendons est le renforcement et l’extension du service public, en confortant la place et les financements de l’hôpital public, et en dévelop- pant un service public de santé hors de l’hôpital, financés à 100 % par la Sécurité sociale.

J.C. Delavigne  L’anticapitaliste Hebdo – 15 Février 2017

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 2 (npa)

surmené

Publics et privés : les établissements de santé

En France, il existe trois catégories d’établissements de santé.

Les hôpitaux publics restent le pivot du système de soins.

Ils totalisent 62 % des lits d’hospitalisation à temps plein et 57 % des places d’hospitalisation à temps partiel. Ils forment un réseau très large, allant des hôpitaux locaux et des centres hospitaliers de proximité aux CHU, en passant par les établissements de psychiatrie publique, les établissements pour personnes âgées dépendantes (EPHAD) publiques. Leur personnel médical et non médical a un statut public (mais la précarité – les contractuels – s’y est beaucoup développée). Si les missions et l’activité de l’hôpital public ne cessent d’augmenter, ses moyens régressent : leur part dans les dépenses de santé, qui était de 43 % en 1983, n’était plus en 2010 que de 36 %…

Les établissements privés à but « non lucratif », auxquels appartiennent notamment les centre de lutte contre le cancer, détiennent 14 % des lits d’hospitalisation à temps plein et 18 % des places à temps partiel. Leur statut est associatif ou mutualiste. Ces établissements n’ont pas d’actionnaires. Leur personnel relève de conventions collectives.

Les établissements privés « à but lucratif » (23 % des lits d’hospitalisation, 24 % des places) sont des établissements commerciaux. Ainsi les cliniques privées, qui versent des dividendes à leurs actionnaires. Leur personnel est libéral ou relève de conventions collec- tives. Autrefois propriétés des médecins et chirurgiens qui y intervenaient, les établissements commerciaux appartiennent à de grands groupes. Ils concentrent leur activité sur les actes les plus rentables (actes chirurgicaux bénins), laissant les actes les plus lourds et non rentables aux hôpitaux publics.

Quel service public de santé de proximité ?

La santé, ce n’est pas seulement la possibilité de se soigner. En France, théoriquement, les soins sont les mêmes pour tous, notamment pour les pathologies graves…

Pourtant, un ouvrier a une espérance de vie de 7 ans inférieure à celle d’un cadre.

Le travail, l’alimentation, le stress, la consommation d’alcool et de tabac, la sédentarité, le niveau d’information, le pouvoir sur sa vie… autant de facteurs qui expliquent ces différences. La médecine générale, qui est au plus près des patients, de leur vie quotidienne, de leurs difficultés, devrait être au cœur de cette médecine globale, mêlant médecine de soins, de prévention, sociale et environnementale, avec les habitants comme acteurs de leur santé.

Le choix du paiement à l’acte, de la médecine libérale, tourne le dos à cette obligation pour la santé de tous, renforcée par la montée des pathologies chroniques et sociétales, et le vieillissement de la population. La médecine libérale est en crise. Moins de 10 % des jeunes médecins s’installent en médecine générale. 56 heures par semaine ; une pratique qui fait toucher du doigt les difficultés quotidiennes des patients, mais sans moyens réels d’y porter remède ; des relations difficiles avec la médecine hospitalière ; une pression incessante des caisses pour réduire les dépenses… Et des déserts médicaux ; des difficultés d’accès pour les plus pauvres, à cause du paiement à l’acte, des franchises, des dépassements d’honoraires, des refus de CMU et AME… Bref, ce modèle est à bout de souffle.

Une maîtrise toujours plus comptable…

L’avenir de la médecine générale n’est pas dans le paiement à l’acte et la liberté d’installation. Car demain, avec la retraite des médecins du baby boom, il n’y aura plus de médecin à la campagne ni au pied des tours. Elle n’est pas non plus dans l’ajout au paiement à l’acte d’un étage de « rémunération sur objectif de santé publique », la ROSP, dont les critères ont plus à voir avec la maîtrise comptable des dépenses de santé qu’avec une vraie politique de santé publique. Une ROSP, qui représente entre 12 000 à 15 000 euros par an et par médecin cette année, mais qui de plus en plus demain exigera réduction des arrêts maladie et limitation des prescriptions.

Sans parler des mutuelles et assurances, qui, dans l’optique de l’abandon à la mode Fillon de la couverture par la Sécu du « petit risque », rêvent de conventionner directement les médecins à leurs réseaux de soins, pour rentabiliser leur « investissement santé », même si cela sera synonyme d’exclusion des soins, et de médecine à autant de vitesses que de contrats d’assurance.

Pour des centres de santé publics

Ni paiement à l’acte ni maîtrise comptable, pour le droit à la santé pour touTEs, il faut un service public de santé de proximité. Avec des centres pluridisciplinaires qui rassemblent tous les acteurs de la santé (généralistes, spécialistes, dentistes, labo et radiologie, nutritionnistes, infirmières, kinés, accueil psy… mais aussi usagerEs) pour donner des soins gratuits, réaliser des actions d’information et de prévention, assurer au plus près la permanence des soins pour désengorger les urgences. Des centres intégralement financés par l’assurance maladie, et non laissés au bon vouloir de financements locaux.

Tiers-payant généralisé, interdiction des dépassements, centres de santé publics de proximité assurant soins et prévention, démocratie sanitaire, formation et information médicale indépendante des trusts pharmaceutiques… Un espoir pour l’avenir de la médecine de ville et surtout la santé de touTEs.

Frank Cantaloup

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 3 (npa)

santé

Les centres de santé, chaque jour plus loin du service public

Le concept de centre de santé, coordonnant différents services d’hygiène, de prévention, de soins et de service social, est apparu au début des années 1900, souvent à l’initiative de municipalités…

L’objectif était de répondre à des besoins de santé publique, de prendre en charge la prévention, les soins pour des populations souvent en difficulté économique et sociale. Ces structures se sont toujours heurtées au monde de la médecine libérale, qui dans sa majorité leur est hostile, y voyant des concurrents subventionnés employant des professionnels de santé salariés.

À côté de ce type de centre de santé sont apparues des structures avec des gestionnaires divers : mutuelles, associations, comités d’entreprise.

Les difficultés d’accès aux soins, qu’elles soient d’ordre financier en raison de dépassements d’honoraires, ou géographiques avec l’extension des déserts médicaux, ont fait ressurgir la nécessité de formes d’exercice regroupé des professionnels de santé, certes en recréant des centres de santé dans certaines régions, mais également en favorisant par des mesures incitatives le regroupement de libéraux dans des Maisons de santé pluri-professionnelles.

Au fil du temps, le concept de centre de santé a changé de nature. Des cabinets de consultants ont mis au point un modèle économique de centre de santé qui permet un équilibre financier à condition de combiner certaines spécialités médicales très productrices d’actes techniques rémunérateurs plutôt que de consultations.

Le marché a pris le dessus…

Ce modèle, plus orienté dans la recherche de l’équilibre économique que dans la réponse aux besoins de santé d’une population, a été mis en application dans certains centres de santé gérés par des mutuelles, des associations, allant même jusqu’à la création de centres dits « low cost », notamment dans le domaine dentaire où les techniques de gestion, de management et de soin, ont abouti à des pratiques douteuses.

Les dérives marchandes de certains, aidées par un système de distribution de soin qui rémunère les structures et les professionnels de santé au nombre d’actes effectués, ont éloigné les centres de santé de leurs objectifs de santé publique et d’une prise en charge globale des individus dans leur environnement géographique, biologique, ­économique et social.

Fort de la montée en puissance des assurances complémentaires encouragées par le gouvernement socialiste et sa loi sur les réseaux de soins, le marché a pris le dessus. Il s’est emparé de ces structures, devenues des entreprises de production d’actes de soin, éloignant un peu plus cette possibilité d’un service public de santé libéré du poids des objectifs de rentabilité et consacré au bien-être et au bien-vivre des populations. Pourtant les centres de santé pourraient être des postes avancés de ce service public, proches des populations, adossés à des structures hospitalières et complémentaires des cabinets de ville.

Fred Albi

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 4 (npa)

secu

Secteur 2 : dépassements d’honoraires contre accès aux soins

En 2010, un médecin sur quatre en moyenne exerçait en secteur 2 à « honoraires libres » et facturait des compléments d’honoraires non remboursés par l’assurance maladie.

Cette proportion est nettement plus élevée parmi les médecins spécialistes, avec plus de 4 médecins sur 10. Un chiffre qui varie selon les spécialités : 58 % pour les chirurgiens libéraux, plus de 50 % pour les ORL, ophtalmologues ou gynécologues…Le dépassement moyen facturé est ainsi passé de 25 % à 54 % entre 1990 et 2010. (Source CNAM)

Des migrants exclus des soins

La droite et le Front national attisent le fantasme de milliers de migrantEs et d’étrangers pillant la Sécurité sociale et submergeant les services hospitaliers…

Tout cela est à l’opposé de la réalité : celle d’une très grande difficulté d’accès aux soins pour cette partie de la population. Quant à l’Aide médicale d’État (AME), dont le FN et Fillon demandent la suppression, elle ne représente que 0,7 % des dépenses d’assurance maladie…

Des milliers de migrantEs sans couverture médicale

Il s’agit soit de personnes arrivant pour la première fois et n’ayant pas trois mois de présence sur le territoire, soit de personnes éligibles à l’AME mais pour lesquelles la complexité du dossier à déposer est un obstacle.

Sans couverture médicale, comment se soigner ? Il existe deux possibilités : les centres de soins humanitaires et les PASS (permanences d’accès aux soins de santé) à l’hôpital public.

Les centres de soins humanitaires militants comme ceux du Comède (Comité médical pour les exilés) ou de Médecins du Monde (les Caso, Centres d’accueil de soins et d’orientation, 20 en France) ne font que se substituer aux carences du droit commun et sont tous surchargés.

Les PASS existent en principe dans tous les hôpitaux depuis la loi sur l’exclusion de 1998. En réalité, le tableau est moins idyllique : Ainsi, en Île-de-France, sur 16 PASS, seules 5 ou 6 sont fonctionnelles, avec de nombreux dysfonctionnements…

De plus, il existe une méconnaissance du dispositif au sein même de l’hôpital, l’interprétariat y est limité, et le personnel médical insuffisant et débordé. Les patients ne sont souvent pas prévenus qu’il faut demander un « bon PASS » pour obtenir la gratuité des prescriptions. Enfin, il y a refus de prise en charge immédiate pour des pathologies lourdes, comme des cancers.

Ajoutons que la pression est de plus en plus forte pour se préoccuper des comptes de l’hôpital et de la solvabilité, ce qui serait, paraît-il la nouvelle « éthique » du bon médecin1 !

Même avec l’AME, se soigner n’est pas si simple

Obtenir l’Aide médicale d’État est difficile : outre les trois mois de résidence en France à jus- tifier, il faut avoir des papiers d’identité qui sont souvent perdus au cours du trajet migratoire. Il faut aussi donner une adresse, ce qui est compliqué quand l’hébergement est précaire (à la rue, dans un squatt, etc.).

Même une fois obtenue, l’AME est refusée par 37 % des généralistes et par tous les spécia- listes qui pratiquent les dépassements d’honoraires. Les soins d’optique ou les prothèses dentaires ne sont pas pris en charge, et l’accueil n’est pas toujours bienveillant car la carte d’AME est stigmatisante.

Face aux scandaleuses campagnes du FN et de la droite pour la suppression de l’AME, qui représente pourtant un montant dérisoire des dépenses de santé, nous réclamons au contraire la prise en charge à 100 % pour toute personne résidant en France. Cela relève d’une éthique de solidarité, du respect du droit à la santé égal pour tous, et d’une politique de santé publique efficace.

Christian Bensimon

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 5 (npa)

act

Santé : Du côté des associations

Entretien. Quelle peut être la place des patients et de leurs associations dans le système de santé et dans les luttes pour le défendre ? Nous avons demandé son avis à notre camarade Jacques Giron, médecin hospitalier, à partir de sa pratique avec les militantEs d’Act Up à Toulouse.

Comment as-tu été amené à rencontrer les militantEs d’Act Up à Toulouse ?

Nous nous sommes retrouvéEs dans les combats que nous avons menés ensemble au sein du comité de défense de l’hôpital public, et dans des actions avec la CGT santé et SUD pour la défense de l’IVG. Cela a nourri des discussions.

Comment définissent-ils le rôle de leur association ?

Une association comme Act Up a pour mot d’ordre « information = pouvoirs ». Elle défend la notion d’usagerEs experts de sa pathologie. En effet, l’histoire de la lutte contre le sida a montré la réappropriation du savoir par les malades afin de pouvoir agir tant sur ceux qui ont le pouvoir de voter les lois pour permettre l’accès aux soins et aux droits, que sur le monde médical et sur celui de la recherche pour obtenir par exemple l’accès ­précoces aux molécules.

Comment cela s’est-il traduit à Toulouse ?

Act Up a investi la défense de l’hôpital La Grave et rejoint le comité de défense de l’hôpital public, parce que cet hôpital accueillait le centre de dépistage, les consultations VIH et les PASS1. Du point de vue du patient, il était hors de question de laisser transférer ces services en dehors du centre ville, où ils auraient été beaucoup plus difficiles d’accès. Pour eux, la notion de service public et d’égalité d’accès sur le territoire de proximité des soins est essentielle.

Le comité de défense de l’hôpital public est important parce que c’est un lieu d’expertise, d’échange, qui permet d’acquérir du savoir sur le fonctionnement de l’hôpital, sur le décryptage des lois sur la santé, sur le fonctionnement de la sécurité sociale et de son financement. Pour Act Up, la lutte pour la défense du système de santé en général et de l’hôpital public en particulier doit se mener avec tous les acteurs : usagerEs et personnels soignants et non soignants. Ils refusent aussi de se limiter à la seule défense des services en charge du VIH (le suivi des personnes séropositives se fait à 90 % au sein de l’hôpital) sans tenir compte de la défense de l’hôpital. C’est la globalité de l’hôpital et de la Sécurité sociale qui doit être protégée.

Quels sont leurs modes d’action ?

Les militantEs d’Act Up visent à la fois par leurs actions les centres de décisions politiques nationaux et régionaux, ainsi que les institutions telles que l’Agence régionale de santé (ARS). Ils agissent également sur le terrain auprès des directeurs d’hôpitaux ou des médecins chefs de service. Leur interpellation se fait soit par des réunions avec les personnes concernées, par des communiqués de presse, mais aussi par des occupations, le tout relayé par les médias.

Propos recueillis par un correspondant

L’anticapitaliste Hebdo – 15 Février 2017

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

philippe p

François Fillon et la santé : Faire la même chose… mais sans le dire

Pour François Fillon, l’homme qui prétendait annoncer à l’avance les mesures impopulaires qu’il allait prendre, le déni et le mensonge sont désormais la seule manière de tenter de sauver une campagne en perdition.

Il veut faire croire à ceux qui ont entendu Pénélope Fillon dire qu’elle ne s’occupait jamais des affaires de son mari, qu’ils se sont trompés. Il tente de faire croire aux millions de téléspec-tateurs qui l’ont entendu exposer son projet de santé à deux vitesses, qu’ils ont été victimes d’hallucinations, et qu’il aurait « juste posé une question légitime » (sic !).

C’est prendre celles et ceux pour qui l’accès aux soins est chaque jour plus difficile, pour des gogos et des imbéciles.

François Fillon, est obligé tenir compte du rejet massif de ses propositions. Aussi remplace-t-il les anciennes annonces, précises, de la « primaire à droite », par un nuage de fumée, et quelques mesurettes (remboursement des lunettes pour les enfants, aide à la complémentaire santé pour les retraités…) censées donner un verni « social » à la destruction programmée du système de santé.

Il n’explique à aucun moment comment « le niveau de prise en charge des dépenses de santé, [par la Sécurité sociale] ne diminuera pas », et comment il ramènerait à zéro les dépenses à la charge du patient pour les prothèses auditives et les dépassements d’honoraires, en 5 ans.

En réalité, sans le dire, le projet annoncé lors de la primaire à droite reste en arrière plan : basculer une partie croissante des soins, vers les assurances et les réseaux de soins concurrentiels privés. Il est confirmé par la mise en place d’une « agence de garantie de la couverture des dépenses de santé » commune à la Sécu et aux assurances.

Tout au plus Fillon concède-t-il que les assurances complémentaires n’augmenteraient pas « abusivement ». Mais ou commence l’ « abus » pour le châtelain de Sablé sur Sarthe ?

Par contre, dans sa course à l’échalote derrière Marine Le Pen, Fillon maintient fermement sa proposition honteuse de suppression de l’AME pour les étrangers en situation irrégulière, qui rappelons le représente 0,7% des dépenses de santé !

Face aux manque de personnel, criant dans les hôpitaux, Fillon esquisse un recul qui n’en est pas un : le non remplacement des emplois publics ne concernerait que les agents adminis- tratifs (merci pour les administratifs et les patients qui, par exemple, doivent attendre des mois des comptes rendus d’examens) et le retour aux 39 heures se ferait « progressivement », après négociation…mais aurait quand même bien lieu !

Les personnels hospitaliers ont donc toutes les raisons de ne pas se laisser endormir, et de participer aux grèves, et à la manifestation nationale du 7 Mars à Paris, pour défendre leurs emplois, leurs conditions de travail, leurs salaires, et un service public hospitalier de qualité pour tous.

Bordeaux, le 21 février 2017

https://poutou2017.org/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

démantèlement (npa)

nucleaire-grand-soir

Démantèlement des installations nucléaires : un rapport incomplet mais accablant

Selon la députée PS du Doubs Barbara Romagnan, rapporteuse de la Mission d’information relative à la faisabilité technique et financière du démantèlement « le coût du démantèlement du parc nucléaire français serait sous-estimé et, malgré quinze ans d’études, la faisabilité technique ne serait pas assurée. »

Après six mois de travaux, 70 auditions et plusieurs visites, les parlementaires constatent que la filière nucléaire n’a pas anticipé le démantèlement de ses installa- tions et qu’implicitement elle s’appuie sur des hypothèses qui lui sont favorables comme la poursuite du programme électronucléaire.

Ce rapport relève des faits déjà connus mais qu’il est toujours bon de rappeler.

C’est l’ensemble des installations nucléaires construites il y a plus de 40 ans qui est concerné. EDF compte 58 réacteurs à eau pressurisée (REP) en fonctionnement et neuf réacteurs à l’arrêt définitif (à Marcoule, Bugey, Chinon, Saint-Laurent, Chooz…), Brennilis (eau lourde), Superphénix (réacteur au sodium). S’y ajoutent les usines nucléaires Areva comme Georges Besse 1 à Tricastin, FBFC à Romans-sur-Isère, les installations civiles et militaires du CEA ainsi qu’à terme d’autres installations du cycle, comme l’usine Melox à Marcoule et l’usine de retraitement de La Hague…

Le démantèlement de Brennilis, fermé en 1985, est interminable : confié pour partie à une entreprise privée (Onet Technologies), EDF estime aujourd’hui qu’il ne pourra être achevé qu’en 2032. Soit 47 ans après sa mise en arrêt ! Entre-temps, la facture a été multipliée par 20 (482 millions d’euros selon la Cour des comptes en 2005). Et à ce jour, même les parlementaires n’ont pu obtenir une estimation des sommes déjà déboursées.

Quant au démantèlement complet des six réacteurs UNGG (filière uranium naturel graphite gaz) à Bugey, Saint-Laurent et Chinon, EDF vient de le repous- ser à l’an 2115 ; les difficultés techniques sont telles que toutes les entreprises consultées ont décliné les appels d’offre !

EDF et l’État français misent sur l’allongement de la durée de vie des centrales de quarante à soixante ans.

Cette stratégie permet de retarder le démantèlement. Ce pari semble surprenant et audacieux à la députée « car EDF n’a pas reçu l’aval technique de l’Autorité de sûreté nucléaire pour la poursuite et le prolongement de ces centrales. »

Mais surtout ce rapport élude la question de fond… Faut-il démanteler les sites nucléaires ?

Les industriels, Onet Technologies, mais aussi Areva qui a constitué une filière « valorisation des sites » ou encore Veolia associé au CEA,  voient là un nouveau marché juteux de ponction des fonds publics. Julien Aubert, député LR du Vaucluse et président de la mission d’information. « n’exclut pas de mettre EDF en concurrence avec d’autres opérateurs de décontamination si le chantier s’annonçait compliqué. ».

Mais démantèlement signifie création d’une masse considérable de déchets radioactifs, transportés sur toutes les routes de France avec les risques que ça comporte, qui s’ajouteraient aux déchets existants. Leur volume, évalué à 1 320 000 m³ en 2010, devrait passer à 2 700 000 m³ d’ici 2030.

On ne sait déjà plus quoi faire des déchets nucléaires à part les enterrer définiti- vement à 500 m sous terre pour les plus radioactifs (CIGEO) ou dans d’immenses hangars (CSA, dans l’Aube). Pour les plus faiblement radioactifs, les volumes sont tels qu’il est envisagé soit de les disperser dans les 16 ISDD existantes (installations de stockage de déchets dangereux), soit d’élever le seuil de « libération », pour les écou- ler dans l’industrie ou le BTP. À Bure avec CIGEO mais aussi à Bugey avec ICEDA (Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés), des luttes s’organisent parmi la population.

Pour le NPA, l’arrêt nécessaire de toutes les installations nucléaires ne peut se faire en toute sécurité qu’à la condition de tout conserver sur le site lui-même (à l’exception peut-être de quelques sites en zone de tremblement de terre ou d’inon- dation), en interdisant tout transport et toute dispersion des déchets radioactifs. Une fois un site vidé de son combustible, on le condamne, on le sécurise et on le garde sous surveillance. Les terrains où sont implantés des réacteurs sont de toute manière perdus à tout jamais.

Le démantèlement devient un marché attirant pour le capitalisme nucléaire : fabri- cation de remblais routiers, utilisation des métaux contaminés pour… construire de nouvelles installations nucléaires. Il convient donc dès aujourd’hui de s’y opposer avec vigueur.

Commission nationale écologie

Jeudi 9 février 2017

https://npa2009.org/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

7 mars

arton1455

cgt1

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10 février 2017 ~ 0 Commentaire

vaccins (bastamag)

humourlabo

Marisol Touraine va-t-elle faire respecter la loi ou satisfaire les labos ?

C’est une décision qui pourrait bien venir bouleverser les pratiques vaccinales. Et l’on ne sait pas encore dans quel sens : un vaccin DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) sans aluminium sera-t-il prochainement accessible, comme le demandent plusieurs associations ? Ou l’obligation vaccinale sera-t-elle étendue, de trois à onze maladies, comme le suggère la controversée concertation citoyenne sur la vaccination (lire notre article) ?

La décision qu’a rendue mercredi 8 février le Conseil d’État est claire : dans les six mois qui viennent, le gouvernement doit s’assurer de la mise à disposition d’un vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, sans autre valence, c’est à dire sans molécules supplémentaires concernant d’autres maladies. Ce vaccin est aujourd’hui introuvable : il est associé à la coqueluche (au minimum), à l’hépatite B, et l’haemophilus influenzae de type b, un germe qui provoque des méningites.

Pourtant, seul un vaccin est obligatoire, en France, chez les enfants de moins de 18 mois : le DTP.

Depuis 2008, l’entreprise Sanofi qui produisait ce vaccin sans adjuvant aluminique l’a retiré de la commercialisation, arguant d’une hausse des effets indésirables. Cette hausse serait due à des manipulations statistiques, estime de son côté l’association E3M, qui regroupe des victimes de la myofasciite à macrophages et qui dénonce les effets des sels d’aluminium dans les vaccins. Les données récupérées par E3M ont été portées devant la justice. En attendant, les parents sont obligés de faire vacciner leurs enfants avec des vaccins tétravalents ou hexavalents, plus chers donc plus rentables pour les laboratoires… et qui contiennent de l’aluminium.

L’argument de la dangerosité de l’aluminium, évoqué par les plaignants, a été réfuté par le Conseil d’État.

Mais la juridiction administrative a tout de même décidé d’obliger le gouvernement à mettre en concordance l’offre de vaccins avec l’obligation vaccinale définie dans la loi. La ministre de la Santé, Marisol Tourraine, l’avait jusqu’alors refusé, entraînant la saisie du Conseil d’État par les associations.

Deux options s’offrent désormais à la ministre.

La première consiste à faire appliquer la loi et exiger des laboratoires qu’ils produisent à nouveau ce vaccin DTP. Impossible dans les six mois, jurent des experts dont certains sont liés à l’industrie. Si les laboratoires ne peuvent s’en charger, le vaccin pourrait être acquis, produit ou importé par l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus).

Deuxième option : à défaut de la respecter, le ministère de la Santé pourrait proposer de changer la loi pour accroître le nombre de vaccins obligatoires. Ce qui alimenterait encore un peu plus la méfiance des Français envers la vaccination.

Simon Gouin 10 février 2017

A lire sur Basta ! : Comment les conflits d’intérêt et l’intransigeance des labos minent la réputation des vaccins

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06 février 2017 ~ 0 Commentaire

sécu (npa)

chat eaulin

Combattre le rabotage permanent!

Depuis quand et comment la Sécu est-elle remise en cause ?

La Sécurité sociale est née au sortir de la Seconde Guerre mondiale avec un objectif simple : « garantir les travailleurs et leurs familles contre les aléas de la vie ». C’est ainsi que la Sécu a largement contribué à améliorer l’état de santé de la population et à allonger l’espérance de vie.

Isolé et déconsidéré en raison de ses pratiques de collaboration durant l’occupation, le patronat n’a pas osé s’opposer ouvertement à sa création en 1945. Mais dès 1952, il produira des rapports traçant avec constance la voie des contre-réformes qui jalonneront l’histoire de la Sécu.

Denis Kessler, alors vice-président du Medef, expliquera en 2007 la méthode : « Prendre tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception (…), et le défaire méthodique- ment ». Mais Fillon vient d’en faire l’expérience, il est risqué d’annoncer de brutales attaques contre la Sécu, car l’attachement de la population à son égard reste aujourd’hui encore très fort. Les attaques ne sont donc pas globales mais morcelées, afin d’en saper les différents piliers.

Pourquoi la Sécu est-elle attaquée ?

Elle est financée par la cotisation sociale, un salaire socialisé, prélevé sur la richesse produite. C’est l’aspect le plus inacceptable pour la bourgeoisie. En 1991, Michel Rocard franchira le premier pas en créant la CSG financée par un prélèvement sur les salaires et les revenus de remplacement (retraites, indemnités chômage et maladie…).

Depuis le 1er janvier 2016, ce n’est plus le travail qui ouvre des droits au régime général de la Sécu mais la présence sur le territoire. Cette autre logique  préfigure l’étatisation de la Sécu et sa fiscalisation par la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu.

Ensuite, le principe fondamental « chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » n’entre pas dans la logique capitaliste de la rentabilité et du profit. Juppé a donc instauré en 1996 les lois de financement de la Sécu. Les dépenses sanitaires ne répondent plus aux besoins de santé mais sont limitées à une enveloppe fixée à priori.

Enfin la Sécu devait être indépendante de l’État et des patrons.

Or, dès 1945, l’essentiel, le choix et le montant du financement et des prestations, sera fixé par l’État. La caisse nationale aura un statut d’établissement public dès l’origine, et son contrôle sur les caisses locales de droit privé se renforcera constamment. Un budget plus important que celui de l’État ne peut échapper à son contrôle.

Pour cette même raison, la démocratie sociale ne pouvait perdurer.

En 1945, les conseils d’administration sont constitués de deux tiers de représentants syndicaux élus par les assurés sociaux, et d’un tiers d’élus patronaux. Les ordonnances en 1967 impo- seront la suppression des élections et la désignation des représentants patronaux et syndicaux à parité.

Le patronat allié avec FO puis la CFDT devient majoritaire et approuve presque toujours le budget et les orientations des caisses qui, de toutes façons, ne peuvent que se conformer aux directives de la caisse nationale élaborées sous le contrôle étroit des ministères.

Y a-t-il une privatisation de l’assurance maladie ?

Les centres de proximité ferment, les CPAM commencent à être démantelées, les dossiers sont traités dans des « réseaux de l’assurance maladie ». Les soins de ville sont remboursés à moins de 50 % en moyenne par la Sécu en raison des déremboursements, de la progression des dépassements d’honoraires, des franchises sur les actes et consultations, des forfaits sur les médicaments et sur les journées d’hospitalisation.

Le choix du gouvernement Hollande est clair 

En rendant obligatoire l’adhésion des salariéEs à une complémentaire santé, il privilégie l’inégalité et la privatisation. Guillaume Sarkozy, ex-PDG de Malakoff Médéric, prévoit qu’il ne restera d’ici quelques années que 4 à 6 réseaux de complémentaires. Les assureurs gagnent des parts du « marché des complémentaires »et se préparent à concurrencer ou à se substituer à la Sécu.

Que propose le NPA ?

Pour que l’ensemble de la population ait droit, sans conditions ni restrictions, aux « services préventifs, curatifs, palliatifs, de réadaptation et de promotion de la santé dont elle a besoin » (définition de l’OMS), la Sécu doit rembourser à 100 %, intégralement (sans forfait, ni fran- chises), tous les soins et actes médicaux utiles.

Les dépassements d’honoraires doivent être interdits.

Les pertes de salaires en raison de son état de santé doivent être indemnisées totalement par la Sécu. Le commerce de « l’assurance santé » par les banques et les assureurs doit être interdit et les mutuelles intégrées à la Sécu avec leurs personnel et biens. La Sécu doit être unifiée en un seul régime autogéré par des représentants élus des assurés sociaux et financé par la cotisation sociale.

En bref, il faut se battre pour la reconquête et le développement de la Sécu !

https://poutou2017.org/

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