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08 mars 2021 ~ 0 Commentaire

macron pro nucléaire (odn)

Nucleaire-et-Bougie

Relance du nucléaire: Macron se hâte lentement

Placé à l’Élysée par de puissants réseaux industriels et financiers, le dénommé Macron est en toute logique favorable à tout ce qui profite à ses «parrains» et donc à tout ce qui nuit à la population.

Il est donc très logiquement radicalement pronucléaire. C’est ainsi qu’il s’est rendu début décembre au Creusot, haut lieu de l’incompétence atomique française (pour mémoire, c’est là qu’ont été produites des milliers de pièces défectueuses dont la fameuse cuve de l’EPR de Flamanville).

Toute honte bue, les «élites» de l’atome hexagonal attendaient des annonces fracassantes, en particulier le lancement d’un programme de construction de 6 réacteurs EPR, voir même plus.

Mais elles ont été déçues: bien que farouchement atomiste, Macron n’est pas complètement idiot, et il ne peut que constater qu’EDF est depuis 13 ans incapable de construire l’EPR de Flamanville (il devait entrer en service en 2008 !): comment EDF pourrait-elle faire des tas d’EPR alors qu’elle n’arrive pas à en finir un seul?

Du coup, les industriels ont dû se contenter de belles paroles et de promesses, les décisions étant repoussées à 2023… après l’élection présidentielle.

En revanche, ce sont les atomistes militaires qui ont décroché le jackpot, avec l’annonce de la construction d’un porte-avion nucléaire pour succéder en 2038 au Charles-de-Gaulle. Il est vrai qu’au point où elle en est, la France peut encore gaspiller des milliards…

Notons aussi que le «vieux» Macron a décidé de faire de la propagande pronucléaire en direction des jeunes en s’adressant à eux par le biais de Brut ou de Snapchat. Mais, au Creusot, le locataire de l’Élysée a asséné que «Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil».

Or, si les jeunes sont relativement opposés au nucléaire civil, ils sont en revanche radicalement contre le nucléaire militaire. En avouant que les deux sont clairement liés, Macron s’est probablement tiré une balle dans le pied. Tant mieux!

Le Monde, 4 décembre 2020: Le plaidoyer pronucléaire d’Emmanuel Macron

Le Figaro, 8 décembre 2020: Macron: «l’avenir énergétique et écologique de la France passe par le nucléaire»

Nucléaire: «Pour Emmanuel Macron, c’est la filière militaire qui prime»Le Monde, 21 décembre 2020

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08 mars 2021 ~ 0 Commentaire

femmes de palestine (afps)

pal1

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05 mars 2021 ~ 0 Commentaire

8 mars (madrid)

madrid

Pour le 8 mars, Madrid interdite les manifestations et ça fait bondir les féministes

La capitale espagnole n’accueillera pas de rassemblements pour la journée internationale des droits des femmes en raison de l’épidémie de Covid-19.

Madrid privé de célébration le 8 mars. En raison de la situation sanitaire, les autorités espagnoles ont annoncé jeudi 4 mars l’interdiction de toute manifestation pour la Journée internationale des droits des femmes à Madrid, qui est habituellement le théâtre de gigantesques marches le 8 mars.

“J’ai pris la décision d’interdire, pour des raisons de santé publique, tous les rassemblements et manifestations car Madrid reste l’une des zones d’Espagne ayant le plus fort taux d’infections” au Covid-19, a déclaré devant la presse le préfet de Madrid, José Manuel Franco.

Cette décision a entraîné les vives critiques des organisations féministes. “Ils veulent nous faire taire, mais notre cri est déjà mondial”, ont écrit sur Twitter les représentants de la Commission du 8 Mars dans la région de Madrid. “Nous serons présents le 8 mars. Parce que la crise provoquée par la pandémie a affecté tout particulièrement les femmes, ont-ils ajouté, sans donner de précisions sur la forme que prendra leur mobilisation.

Membre du parti de gauche radicale Podemos, la ministre de l’Égalité, Irene Montero, a dénoncé “ceux qui veulent nier notre droit (à descendre) dans la rue”, tout en assurant qu’elle respecterait cette interdiction. Plusieurs ministres du Parti socialiste, qui gouverne en coalition avec Podemos, avaient appelé fin février à ne pas défiler en raison de la situation épidémiologique.

Un rendez-vous incontournable en Espagne

L’an dernier, la manifestation du 8 Mars avait rassemblé plus de 100.000 personnes dans la capitale espagnole. De nombreux membres du gouvernement de Pedro Sanchez, qui se revendique féministe, y avaient participé.

Trois avaient été testés positifs peu après, dont Irene Montero. Le 14 mars, moins d’une semaine après la marche, le pays décrétait l’un des confinements les plus stricts au monde pour freiner épidémie et un rapport de police publié en mai critiquait l’autorisation de cette manifestation au début de la pandémie, enflammant le débat politique.

En Espagne, le 8 mars est devenu un rendez-vous incontournable pour les féministes depuis 2018, lorsqu’une grève massive avait été suivie et des centaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues. Considérée comme pionnière depuis l’adoption de la loi de 2004 sur les violences de genre, l’Espagne compte un puissant mouvement féministe et dispose par ailleurs d’un observatoire public des féminicides.

04/03/2021

https://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire:

Il s’agit de la préfecture de région, socialiste, non du gouvernement régional qui lui est très à droite. Par ailleurs, l’hommage à la « Division Azul » qui a combattu l’URSS avec Hitler, a lui été autorisé. La Russie et Israël avaient protesté.

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04 mars 2021 ~ 0 Commentaire

fukushima (tv5 monde)

sem11mie-Z3-tepco-nucleaire-japon

Dix ans après Fukushima, le nucléaire toujours moribond au Japon

Dix ans après la catastrophe de Fukushima, la filière nucléaire japonaise bat toujours de l’aile, avec une grande partie des réacteurs du pays à l’arrêt ou en voie de démantèlement.

Le gouvernement est cependant favorable à une relance de la filière, pour réduire l’importante dépendance énergétique du pays, et aussi ses émissions de CO2 en vue de son nouvel objectif de neutralité carbone d’ici 2050.

- Où en est le chantier à Fukushima?

Environ 5.000 personnes travaillent quotidiennement sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi, dont les réacteurs 1 à 4 avaient été gravement endommagés après le tsunami du 11 mars 2011.

Des enchevêtrements de ferraille çà et là, comme au sommet du réacteur numéro 1 au toit toujours décapité, rappellent la violence de la catastrophe.

Et avec leurs signaux sonores stridents, les dosimètres mobiles disposés un peu partout ne rassurent guère.Depuis dix ans, les pourtours des réacteurs ont été déblayés, de nouvelles digues construites, des barres de combustible intactes retirées avec des grues géantes.

Mais le plus dur reste à faire: extraire près de 900 tonnes de combustible fondu avec d’autres débris devenus eux aussi hautement radioactifs.

Le développement au Royaume-Uni d’un bras robotique spécial ayant été retardé par la pandémie, le démarrage du retrait du combustible fondu a été repoussé d’un an, à 2022: presque une bagatelle pour un démantèlement devant encore durer 30 à 40 ans, au mieux.

Par chance, le puissant séisme qui a de nouveau secoué le nord-est du Japon le 13 février dernier n’a pas provoqué de tsunami ni causé de dégâts majeurs, y compris à Fukushima Daiichi.

Cela a toutefois accéléré l’écoulement de l’eau de refroidissement dans plusieurs réacteurs, a constaté l’opérateur Tepco. Mais la situation est sous contrôle, assure le groupe, comme cette eau est maintenue en circuit fermé et pompée.

L’eau souterraine des montagnes voisines, devenant radioactive en s’infiltrant dans le sous-sol des réacteurs, a longtemps été un gros problème, désormais atténué par un « mur de glace » de 30 mètres de profondeur et 1,5 kilomètre de longueur sous les réacteurs.

Mais à cause de la pluie également, environ 140 m3 d’eau radioactive par jour en moyenne ont été générées en 2020 sur le site.

Ces eaux contaminées, filtrées mais contenant toujours du tritium, s’accumulent actuellement dans un millier de citernes bleues, grises et blanches sur le site.

Les capacités de stockage sur place arrivant à saturation à l’été 2022, la solution d’un rejet progressif en mer s’est imposée, mais le gouvernement japonais n’a pas encore officialisé cette décision politiquement très sensible.

- Quel rôle joue encore le nucléaire?

Seuls neuf réacteurs nucléaires sont opérationnels actuellement au Japon, contre 54 avant mars 2011, et le démantèlement de 24 réacteurs est déjà acté. Tous les réacteurs japonais avaient été mis à l’arrêt après l’accident, pour renforcer drastiquement les normes nationales de sécurité nucléaire.

La part de l’atome dans la production d’électricité du pays représentait seulement 6,2% en 2019, contre 30% avant 2011, selon des données officielles. L’objectif actuel du gouvernement est de la porter à 20-22% d’ici 2030. Cet objectif, en cours de révision, paraît toutefois impossible à atteindre aux yeux de nombreux experts.

- Pourquoi la relance du secteur patine?

Une majorité de Japonais sont hostiles au nucléaire depuis le traumatisme de Fukushima. Et des dizaines de contentieux, initiés par des riverains de centrales pour s’opposer à leur réouverture, sont toujours en cours. Les nouvelles normes de sécurité nucléaire, les démantèle-ments et la maintenance des centrales entraînent par ailleurs des coûts astronomiques.

Début 2020, l’agence de presse japonaise Kyodo avait chiffré ces coûts à 13.460 milliards de yens (plus de 106 milliards d’euros). Cette estimation n’incluait pas les coûts du démantèlement de Fukushima Daiichi et des travaux de décontamination de la zone, probablement encore plus élevés.

« L’avenir du nucléaire est très sombre » au Japon, a estimé ce mois-ci Takeo Kikkawa, un expert universitaire conseillant le gouvernement en matière de programmation énergétique. Ce sera au mieux une énergie de transition car le renouvellement du parc nucléaire n’est pas prévu, a-t-il ajouté. Les acteurs nippons de la filière préfèrent ainsi davantage investir dans les énergies renouvelables, un secteur bien plus rentable et dans lequel le Japon veut désormais accélérer.

En juin dernier, Tepco a notamment annoncé son intention d’investir environ 2 000 milliards de yens (près de 16 milliards d’euros) sur dix ans pour se renforcer dans les énergies vertes. Toshiba et Hitachi ont quant à eux abandonné ces dernières années leurs projets de centrales nucléaires au Royaume-Uni.

Etienne BALMER 04.03.2021

https://information.tv5monde.com/

-Fukishima-CRIIRAD

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03 mars 2021 ~ 0 Commentaire

vaccins (npa)

nos-vies-valent-plus-que-leurs-profits-vaccins

Contre Macron et les brevets, vaccins biens communs !

Alors que les contaminations à Covid-19 sont en hausse de 8 % en une semaine, les réanimations de 4 %, que dans certaines régions elles explosent comme à Dunkerque, Nice ou en Moselle, Olivier Véran et le gouvernement maintiennent leur stratégie perdante du « stop and go ».

Une stratégie insuffisante face aux variants, qui fait de nos vies, nos amours, notre culture, nos familles, les variables d’ajustement pour faire baisser le taux de reproduction du virus… et pour maintenir coûte que coûte les profits.

Mais qui ne dessine absolument aucune perspective de sortie du covid. Car les confinements du week-end, qui s’ajoutent aux couvre-feux, nous orientent de plus en plus vers un confinement généralisé.

Horizon bouché, y compris côté vaccins

Un tel confinement ne réglera rien tant que des moyens massifs ne seront pas injectés dans la santé ou l’éducation, pour dédoubler les classes et les cantines.

Tant qu’une mobilisation unitaire ne lui imposera pas une politique démocratique où les citoyenEs bâtiront eux-mêmes et elles-mêmes les mesures efficaces pour se protéger, dans les lieux de travail, d’éducation, de loisirs, tant que les mesures de tests et d’isolement se résume-ront souvent à un simple coup de fil, sans donner les garanties de revenus, de logement à ceux qui en ont besoin. Bloquer puis repartir dans l’épidémie, voilà l’horizon qu’ils nous proposent.

Et même côté vaccins, l’horizon est bouché par les pénuries et l’apartheid vaccinal, conséquence des brevets des trusts de la vaccination. Les études en Israël et en Écosse, qui ont déjà vacciné un grand nombre de personnes, confirment pourtant la grande efficacité des vaccins disponibles.

En Écosse, le risque d’hospitalisation est réduit de 85 %, quatre semaines après la première injection du vaccin Astra-Zeneca à 490 000 personnes.

Avec des résultats quasi comparables pour les personnes de plus de 80 ans, ce qui fait qu’en France son utilisation va être étendue aux personnes de 65 à 75 ans atteintes de comorbidités.

Et pour la première fois, une étude démontre une réduction de 67 % de la transmission du coronavirus, chez 17 000 volontaires participant à une étude en Angleterre, au Brésil et Afrique du Sud, avec ce même vaccin.

En Israël qui vaccine sa population, y compris les colons, mais pas les PalestinienEs, des études indépendantes confirment que le vaccin Pfizer a évité 92 % des cas de covid grave chez 600 000 personnes vaccinées.

Les profits valent plus que notre santé

Le code de la propriété industrielle confère aux laboratoires un monopole de fabrication et d’exploitation dans le monde entier.

Cependant des dispositions intégrées dans les lois internationales pourraient atténuer la portée néfaste de cette loi en soumettant les industriels de la santé au régime de la « licence d’office », qui permet aux gouvernements de suspendre un brevet afin de produire les médicaments dont la qualité ou la quantité ne sont pas satisfaisantes lorsque les conditions sanitaires l’exigent.

Et la loi du 23 mars 2020 sur l’état d’urgence sanitaire donne la possibilité au gouvernement de prendre « toute mesure permettant la mise à disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire », de réquisitionner « tout bien et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire » et de prendre « des mesures temporaires de contrôle des prix de certains produits ».

En mai 2020 Macron annonçait que « le vaccin sera un bien public mondial, c’est-à-dire qu’il n’appartiendra à personne, mais [qu’]il appartient à tous ».

En février 2021, ce bonimenteur répète « [qu’]on doit absolument assurer l’accès mondial aux vaccins » mais affirme en même temps « [qu’]il est normal quand quelqu’un innove qu’il ait une propriété intellectuelle ».

Il refuse donc d’imposer aux laboratoires d’abandonner leurs passe-droits, et de les réquisitionner. Appliquer ces deux dispositions permettrait pourtant d’augmenter la production et de réduire la contamination sur toute la planète.

Les pays pauvres demandent aussi la suspension des droits de propriété intellectuelle de l’OMC mais les gouvernements occidentaux préfèrent protéger les profits. L’OMS a ainsi accusé fin février les pays riches d’accaparer de la majorité des doses.

Une campagne pour l’accès universel aux vaccins

La pétition « Brevets sur les vaccins anti-covid, stop. Réquisition ! » a réuni 48 organisations syndicales et associatives et une centaine de personnalités. Son objectif est de créer une forte mobilisation. Ses initiateurEs se sont réunis avec des scientifiques et des militantEs qui ont lancé d’autre appels, comme l’Initiative citoyenne européenne.

Un texte unitaire (« Pour défendre le bien commun, il faut libérer la production des vaccins ») pose la question des brevets et l’exigence de la réquisition.

Le 11 mars sera un premier temps fort de cette mobilisation, avec conférence de presse, débat unitaire sur les réseaux sociaux et probablement un rassemblement à Paris. Des initiatives peuvent être prises aussi au niveau local.

Le 11 mars est en effet la date anniversaire de la déclaration de pandémie par l’OMS, et ce jour-là, à l’OMC, sera de nouveau discutée la demande de levée des brevets déposée par l’Afrique du Sud et l’Inde, soutenue par une centaine d’ONG, à laquelle les représentants de la France de Macron, de l’UE et des USA s’opposent.

S. Bernard 04/03/2021

Pétition en ligne :

https://www.wesign.it/

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03 mars 2021 ~ 0 Commentaire

flambée (presse gauche)

accaparement

Flambée des matières premières agricoles : la crise qui monte dans l’ombre de la pandémie

La FAO alerte sur une « pandémie de la faim » liée aux conséquences du Covid-19.

Blé, soja, maïs, colza… les prix des matières premières agricoles ont flambé en 2020 et la hausse se poursuit cette année.

Si l’appétit de la Chine, qui reconstitue ses stocks à prix fort, explique en partie cette envolée, la pandémie de Covid-19 déstabilise le système alimentaire mondial au détriment des pays dépendants des importations qui ne peuvent supporter cette hausse des prix.

La question de la souveraineté alimentaire et celle de la crise de la faim reviennent plus que jamais sur le devant de la scène.

C’est une véritable flambée. + 20 % pour le blé, 30 % pour le maïs, 50 % pour le soja… l’année 2020 a vu exploser le prix des matières premières agricoles. Les cours agricoles ont progressé de 14 à 19 % en 2020, calcule UBS dans une récente étude citée par l’AFP.

« Il y a une vraie surchauffe », remarque Sebastien Abbs, directeur du Club Demeter et chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Cette envolée est multifactorielle mais pour bien comprendre, il faut se tourner vers la Chine.

Le pays est en train de constituer d’énormes stocks de matières premières agricoles après de mauvaises récoltes. Le but est de reconstituer ses cheptels, notamment de porc, qui ont été décimés par la peste porcine.

La Chine a ainsi importé plus de 100 millions de tonnes de soja et 11,3 millions de tonnes de maïs, soit une explosion de 57 % en un an seulement. Elle cherche à sécuriser son alimentation en cas de résurgences épidémiques, et pour cela, elle achète au prix fort.

« Il y a un effet d’emballement. Certains pays importateurs craignent l’enlisement de la pandé-mie ou le protectionnisme des pays exportateurs. Ils anticipent en surstockant, comme les consommateurs ont suracheté pendant le premier confinement », explique Sébastien Abis.

Les pays dépendants en première ligne

Pour les pays déjà en difficulté avec la crise économique, la flambée des prix n’est pas supportable. Les spécialistes notent une baisse des achats de l’Algérie et du Maroc, pourtant très dépendants.

« L’Égypte, premier importateur de blé tendre dans le monde est également touché », remarque Quentin Mathieu économiste aux Chambres d’agriculture. Le Liban, l’Irak, le Yémen… ces pays où l’insécurité alimentaire est importante ne peuvent suivre le rythme.

En Syrie, le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme. 60 % de la population, soit 12,4 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) affirme que 45 pays ont désormais besoin d’une aide alimentaire extérieure.

Du côté de la France et de l’Europe, l’impact est moins visible.

« La zone a développé des politiques agricoles pour atténuer la dépendance », explique Sébastien Abis. « En France on produit beaucoup et de manière très diversifiée », ajoute-t-il. Reste que l’Hexagone importe de plus en plus.

Au total, selon Quentin Mathieu, la part des importations en valeur, en France, est de 15 % pour le secteur agricole et de 20 % pour les industries alimentaires. « Ces taux étaient respectivement de 10 % et 13 % au début des années 2000 », compare-t-il.

Sans surprise, la hausse des prix se ressent dans les box des négociations commerciales entre distributeurs, industriels et agriculteurs. « La flambée des prix ajoute des tensions », explique-t-il. Les producteurs demandent en effet de faire répercuter la hausse des tarifs des matières premières sur les prix de vente.

L’impact du changement climatique à long terme

À long terme, les tensions pourraient être encore plus vives. En cause : le réchauffement climatique. Ce dernier rend les phénomènes météorologiques extrêmes comme les sécheresses, les canicules, ou les pluies, plus intenses et fréquents.

Or ces évènements ont un impact sur les récoltes. « On peut s’attendre à un emballement des prix, une volatilité, plus intense », note le chercheur associé à l’IRIS, Sébastien Abis. On voit par exemple que le prix du blé à Chicago est reparti à la hausse à cause du froid polaire aux États-Unis qui pourrait conduire à des gels mortels sur les plants.

En 2017, une étude publiée dans les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) évaluait qu’avec une augmentation d’un degré Celsius de la température moyenne mondiale, les rendements de maïs pouvaient baisser de 7,4 %, ceux du blé de 6 % et ceux du riz de 3,2 %.

En janvier, le Forum économique mondial, a d’ailleurs appelé à transformer nos systèmes alimentaires aujourd’hui défaillants pour parvenir à nourrir 10 milliards d’humains.

mardi 2 mars 2021  Marina Fabre Anti-K/Novethic

https://www.pressegauche.org/

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02 mars 2021 ~ 0 Commentaire

édito (révolution)

picsou

« Après nous, le déluge ! »

Un an après le développement fulgurant de la pandémie, les confinements, couvre-feux et restrictions diverses continuent de rythmer le quotidien des peuples du monde entier. Chaque jour, le Covid fait des milliers de victimes directes ou indirectes. Chaque jour, les dégâts économiques et sociaux s’aggravent.

Quand tout ceci prendra-t-il fin ? Nul ne peut le dire, pour cette raison simple que la pandémie échappe totalement – et n’a jamais cessé d’échapper – au contrôle des classes dirigeantes. Il y a bien quelques exceptions (à ce stade), dont la Chine, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

Mais pour le reste, les gouvernements naviguent à vue, titubent d’une décision à l’autre, multiplient les mesures contradictoires – et, au fond, croisent les doigts en espérant un miracle. En France, Jean Castex organise régulièrement des conférences de presse pour nous dire qu’il n’a rien à nous dire.

Chaos vaccinal

La raison fondamentale de cette débâcle est parfaitement claire : le système capitaliste est incapable de prendre les mesures nécessaires pour en finir rapidement avec cette pandémie.

La propriété privée des grands moyens de production et d’échange, la production pour le profit, la lutte féroce pour des parts de marché, les rivalités entre les différentes bourgeoisies nationales – toutes ces merveilles du capitalisme entrent en contradiction directe avec les énormes investissements et la planification mondiale qui, seuls, permettraient de résoudre la crise sanitaire de façon rapide et efficace.

Par exemple, on sait que le rythme et l’extension géographique de la campagne vaccinale sont des facteurs décisifs, notamment face au risque de voir émerger des variants qui résistent aux vaccins.

Les scientifiques parlent d’une « course contre la montre » ; mais les capitalistes, eux, sont engagés dans un autre genre de course, la course aux profits, qui n’obéit pas du tout aux mêmes règles.

Ils ne veulent pas réaliser les investissements nécessaires pour accroître massivement la production de vaccins, car ils redoutent que les infrastructures créées leur restent sur les bras une fois terminée la campagne vaccinale.

Leurs marges de profits risqueraient d’en prendre un coup. Or rien n’est plus sacré, à leurs yeux. Périssent le monde et l’univers plutôt que de sacrifier une belle marge de profits ! Comme Marx le soulignait déjà, la bourgeoisie a toujours et partout pour devise : « Après nous, le déluge ! »

C’est pour les mêmes raisons, bien sûr, que les grandes multinationales de l’industrie pharma-ceutique marchandent la production de « leur » vaccin par des entreprises concurrentes, ce qui permettrait pourtant de multiplier le nombre de doses disponibles.

Les milliers de personnes qui meurent du Covid, chaque jour, peuvent partir le cœur léger : la « propriété intellectuelle » – qui, sous le capitalisme, s’applique aux œuvres d’art comme aux vaccins – est saine et sauve.

Impérialisme sanitaire

Pendant que les puissances impérialistes se débattent dans cet énorme chaos vaccinal, les pays les plus pauvres sont priés d’attendre sagement leur tour. Mi-février, l’ONU signalait que dix pays, seulement, totalisaient 75 % des doses injectées.

Dans 130 pays, aucune injection n’avait été délivrée. Sur les 175 millions de doses injectées, 8 millions l’avaient été en Amérique latine (430 millions d’habitants) et 2 millions en Afrique (1,3 milliard d’habitants).

Certes, l’OMS a lancé le programme Covax, qui annonce vouloir fournir 2,3 milliards de doses à 91 pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Mais d’une part, compte tenu des deux doses requises pour une vaccination complète, cela ne représente qu’un cinquième de la population ciblée.

D’autre part, les responsables de Covax soulignaient eux-mêmes, fin décembre, que ce programme est « très fortement menacé » par le « manque de financements » et les « difficultés contractuelles » (des histoires de gros sous).

Dans une majorité de pays, les campagnes de vaccination sont programmées pour 2022 et 2023.

Les tous derniers servis risquent d’attendre jusqu’en 2025. Voilà ce que disent des responsables de l’OMS et d’autres institutions internationales. Ils soulignent le risque de voir émerger des variants qui résistent aux vaccins – et donc le risque de devoir courir derrière les virus pendant de longues années, y compris dans les pays riches, qui ne pourront pas vivre terrés derrière des frontières nationales hermétiquement closes. Tout le monde le sait. Les classes dirigeantes le savent. Mais elles s’accrochent à leurs profits et à leur devise : « Après nous, le déluge ! ».

Nous ne sommes pas confrontés à une maladie qui dépasserait les compétences scientifiques, technologiques et industrielles de l’humanité.

Les moyens de résoudre la crise sanitaire existent. Mais les rapports de production capitalistes constituent un énorme obstacle à la mobilisation de ces moyens. Il en va exactement de même pour tous les autres maux qui accablent des milliards de personnes à travers le monde.

Par exemple, les moyens de nourrir correctement toute l’humanité existent depuis des décennies. Personne ne le conteste. Pourtant, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim, et plus de 20 000 en meurent chaque jour, en moyenne. On pourrait faire le même constat à propos de la crise climatique, de la crise du logement et, en fait, de toutes les formes de pauvreté et de précarité.

Nationaliser Big Pharma !

En France comme ailleurs, la gauche et le mouvement syndical doivent prendre acte de la complète faillite du capitalisme, qui entraîne l’humanité dans la barbarie. Ils doivent renouer avec l’objectif de renverser ce système et de le remplacer par une société socialiste, dans laquelle les grands leviers de l’économie seront la propriété collective des travailleurs.

A gauche, des esprits chagrins et sceptiques nous répondent que la classe ouvrière « n’est pas prête » à accepter un changement de société aussi radical. Mais comment le savent-ils ? Pour savoir ce que notre classe pense d’un programme révolutionnaire, il faut commencer par le populariser – ce que, précisément, ne font pas les dirigeants officiels du mouvement ouvrier, qui ont pourtant une audience de masse.

Par ailleurs, les marxistes n’ont jamais prétendu qu’il suffisait de lever le drapeau de la révolution socialiste pour que les masses s’y rallient en bloc. Si c’était aussi simple, le capitalisme aurait été renversé depuis longtemps. Mais ce n’est pas aussi simple.

La classe ouvrière est constituée de différentes couches dont le niveau de conscience évolue à des rythmes divers. La masse des travailleurs – sans laquelle aucune révolution n’est possible – développe sa conscience et sa combativité sur la base de sa propre expérience. Ce sont les grands événements historiques, les grands chocs économiques, politiques et sociaux, qui arrachent les masses à leur routine, leurs préjugés et leur passivité.

La crise actuelle constitue précisément l’un de ces chocs. Une fois passé le moment initial de stupeur et d’angoisse, de nombreux travailleurs ont enregistré, dans leur esprit, tous les échecs de la classe dirigeante : sur les masques, les tests, les capacités hospitalières – et maintenant les vaccins.

Au vu de ses résultats, la gabegie financière de la campagne vaccinale est un scandale qui suscite beaucoup d’interrogation et de colère. D’après les calculs de la Fondation Kenup, les entreprises qui ont développé les vaccins ont bénéficié, au total, de 100 milliards de dollars d’aide publique.

Dans ce contexte, le mouvement ouvrier international pourrait lancer une vaste campagne sur le thème : « Nationaliser Big Pharma ! » Nous ne doutons pas un instant de l’écho favorable que rencontrerait une telle campagne, dans la classe ouvrière mondiale, si elle était menée avec énergie par les grands syndicats et partis de gauche de nombreux pays.

Malheureusement, ce genre de campagne n’est mené ni au niveau international, ni même au niveau national. Au moment où le capitalisme craque de tous côtés, les dirigeants réformistes du mouvement ouvrier – y compris ceux de « l’aile gauche » – hésitent, paralysés, au seuil de la grande propriété capitaliste. Ils trouvent mille prétextes pour ne pas y toucher.

Il faudra faire plus qu’y toucher, pourtant, si nous voulons en finir avec l’exploitation et les oppressions. Dans l’immédiat, suivons l’excellent conseil de Marx : « Dans tous (l)es mouvements, les communistes mettent en avant la question de la propriété – à quelque degré d’évolution qu’elle ait pu arriver – comme la question fondamentale. »

1 mars 2021  Jérôme Métellus

https://www.marxiste.org/

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

fermes usines (france insoumise)

carte

1 727 en Bretagne…
Plus de la moitié des fermes usines de France sont chez nous

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

chlordécone 1 (l’humanité)

chlordecone

Guadeloupe. Harry Durimel : « Le chlordécone va nous empoisonner pendant 700 ans »

En tant qu’avocat, comment a débuté votre combat contre le chlordécone ?

Harry Durimel C’est d’abord en tant que citoyen écologiste que ce combat a débuté, puis c’est devenu une affaire en justice.

Dans un premier temps, j’ai été alerté par Gérard Borvon (militant écologiste, président de l’association S-Eau-S en Bretagne – NDLR), à qui je rends systématiquement hommage, car il a fait savoir aux Guadeloupéens qu’ils étaient empoisonnés.

En 2002, il nous a informés que des cargaisons de patates douces en provenance de ­Martinique étaient polluées au chlordécone.

J’ai alors commencé des recherches et pris connaissance du rapport ­Bonan-Prime (rapport de l’Igas remis en 2001 à Dominique Voynet, alors ministre de l’Éco­logie – NDLR). C’est un document incontournable, un véritable réquisitoire contre l’État. Il décrit par le menu l’historique du chlordécone et toutes les alertes qui ont été lancées.

Des pollutions ont été relevées dans les poissons dès les années 1979-1980, jusqu’à 200 fois la dose maximale ! Ce n’est qu’en 2005 que leur consommation a été interdite… Le chlordécone a été utilisé depuis le début des années 1970 et jusqu’en 1994. Les rapports sur sa dangerosité, connue dès 1979-1980, ont été tenus secrets ici…

Quand cette dangerosité devient-elle ­publique en Guadeloupe ?

Harry Durimel En 2002, c’est d’ailleurs la date retenue par le juge d’instruction comme première alerte publique et mé­diatique : cette histoire a été dissimulée aux Guadeloupéens. Tous les rapports publiés ici par des chercheurs, de l’Inserm notamment, datent d’après 2002…

Au début des années 1990, alors qu’en métropole on connaissait le problème, il a donc été encore utilisé ?

Harry Durimel Oui, car les distributeurs ont demandé des dérogations pour écouler leurs stocks. Et l’enquête a révélé qu’en 1992, ils les ont renouvelés.

La population de la ville est-elle sujette aux maladies liées au chlordécone ?

Harry Durimel Oui, comme ailleurs, il y a en Guadeloupe une véritable épidémie de cancers de la prostate. Chaque année, on compte entre 300 et 400 cas. Et ces chiffres sont sous-évalués, car cette maladie touche à l’intime, à la masculinité des hommes concernés. Les gens la cachent et ne sont pas prêts à porter plainte.

Plusieurs plaintes ont été ­déposées, dont la première en 2006 ; comment ont-elles été instruites ?

Harry Durimel La première plainte est déposée après quatre ans de travail. Entre 2006 et 2008, c’est une véritable guérilla judiciaire : le procureur fait tout pour leur barrer la route. Mais nous les avions déposées via quatre associations, et deux ont été déclarées recevables : celle de l’Union des producteurs de la Guadeloupe, affiliée à la Confédération paysanne, et l’autre de l’Union générale des consommateurs.

Puis, le dossier a été dépaysé à Paris, malgré notre opposition. Là, le procureur a tenté de déclarer la plainte nulle. De toute évidence, il était pour les empoisonneurs… Mais la cour d’appel l’a con­tredit. Depuis, nous avons connu trois tandems de juges d’instruction.

L’instruction a-t-elle permis de faire avancer le dossier ?

Harry Durimel Elle nous a permis de lever le voile sur tout ce qui serait resté caché si nous n’avions pas déposé plainte. On connaît aujourd’hui, grâce aux enquêteurs de la brigade de la lutte contre les atteintes à l’environnement, basée à Arcueil, tout l’historique du chlordécone. On a une armoire complète, sauf deux ou trois actes qui ont mystérieusement disparu.

Lesquels ?

Harry Durimel Des procédures menées par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes – NDLR) en Guadeloupe et en Martinique, et qui seraient de nature à interrompre la prescription. Comme par hasard.

Comment interprétez-vous aujourd’hui la volonté des juges de classer l’affaire pour prescription ?

Harry Durimel Je ne sais pas si cette volonté est avérée. Ce que je sais, c’est que depuis vingt ans, nous alertons, et que beaucoup d’élus guadeloupéens et martiniquais ne se réveillent que depuis deux ans, voire maintenant.

Ils arrivent après la guerre, mais elle n’est pas perdue. Nous avons de nouvelles informations qui nous permettent de contester cette prescription. En droit, elle ne court qu’à partir du moment où la partie civile a connaissance du préjudice, et non de 1994, date de la dernière utilisation du chlordécone, comme la justice veut le retenir.

Plusieurs élus et associations veulent ­aujourd’hui obtenir la qualification de crime contre l’humanité afin d’éviter toute prescription. Est-ce viable selon vous ?

Harry Durimel J’avais émis cette idée, qui a été récupérée. Je soupçonne certains élus de vouloir se faire un peu mousser. Mais, juridiquement, ça ne me paraît pas à même d’apporter une réponse au scandale. Je ne pense pas que cette voie soit pertinente.

Quel regard portez-vous sur le comportement de l’État dans ce dossier ?

Harry Durimel Certains indépendantistes parlent d’un empoisonnement volontaire, mais je ne suis pas d’accord, la question est systémique. C’était un choix politique et de société, un choix productiviste et économique, d’autoriser le chlordécone contre le charançon pour être compétitif face à la banane américaine.

Il fallait accroître la production vaille que vaille. C’est pour cela que nous demandons aujourd’hui à Emmanuel Macron, auquel j’ai écrit mi-février, que le principe du pollueur-payeur soit appliqué. On sait qui a pollué, qui s’est enrichi. Ce sont les producteurs, les békés surtout ! Ce sont les vestiges d’une période esclavagiste et coloniale. Ils ont une rente de situation, et cela amplifie le sentiment de souffrance, de domination et de mépris chez les Guadeloupéens.

Ce scandale a donc des répercussions plus larges que le plan environnemental ?

Harry Durimel Les conséquences de cette affaire dépassent les simples pertes économiques, ça réveille les stigmates, le sentiment anti-békés, mais ça occulte le fait qu’ici même des voix se sont élevées en faveur du chlordécone.

Il faut être objectif, de nombreux locaux sont responsables. Certains prennent des accents pseudo-révolutionnaires sur la « lutte anti-France », mais, encore une fois, le problème est systémique. Ils se servent du scandale à d’autres fins.

Quelles sont les prochaines étapes de ce combat ?

Harry Durimel D’abord, il s’agit de démontrer qu’il n’y a pas de prescription, d’autant que l’État n’a jamais réagi avant 2005. Et il continue à nier le problème : Emmanuel Macron a été jusqu’à dire que le lien entre le chlordécone et les cancers n’était pas établi.

Comment expliquez-vous une telle sortie du chef de l’État, à rebours des publications scientifiques ?

Harry Durimel Ses collaborateurs m’ont dit que c’était un « coup mal parti », que le président n’avait pas voulu dire ça. Les chercheurs avaient d’ailleurs vivement réagi. J’attends aujourd’hui qu’il dise que ses propos sont regrettables, qu’il reconnaisse le problème.

Quant à la justice, elle ne peut pas dire que le sujet est prescrit alors que le chlordécone va nous empoisonner pendant sept cents ans. On en boit et on en mange tous les jours. Tous les Guadeloupéens peuvent déposer plainte chaque matin.

Ces plaintes, c’est pour obtenir vérité et justice, que ce soit face à l’État ou aux patrons qui se sont enrichis. Chaque Guadeloupéen concerné doit pouvoir obtenir réparation.

Les graves conséquences sanitaires de ce pesticide ont longtemps été cachées aux habitants de la Guadeloupe. Avocat historique dans le dossier du chlordécone, le maire écologiste de Pointe-à-Pitre, Harry Durimel, se bat pour éviter que les plaintes ne soient enterrées et interpelle le chef de l’État.

Le combat contre le chlordécone, un pesticide aux graves conséquences sanitaires, ­revient en force aux Antilles. La bataille est engagée de longue date, mais depuis que les juges d’instruc-tion  chargés du dossier ont évoqué, fin janvier, la possibilité d’une prescription, la mobilisation est plus que jamais d’actualité. Samedi, des rassemblements à l’appel de collectifs ­citoyens et de syndicats sont organisés en Martinique et en Guadeloupe. L’avocat Harry Durimel, désormais maire de Pointe-à-Pitre, est l’un des fers-de-lance de cette lutte.

Vendredi 26 Février 2021 Benjamin König

https://www.humanite.fr/

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

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Chlordécone aux Antilles : plusieurs milliers de personnes manifestent contre «l’impunité»

Des milliers de personnes contre la chlordecone à Fort-de-France, Martinique, ce samedi.

Des associations et syndicats appelaient la population à se mobiliser en Guadeloupe et en Martinique, mais aussi à Paris, ce samedi pour témoigner de l’exaspération face au «désastre sanitaire et environnemental» engendré par le recours massif à cet insecticide ultratoxique. Ils redoutent la prescription dans ce dossier porté devant la justice.

Des drapeaux rouge, vert et noir, symboles des indépendantistes martiniquais, quelques étendards syndicaux de Force ouvrière ou de la CTGM et un slogan, scandé en créole :

«Pa pou ni preskripsyon ! Jijé yo ! Kondané yo! (Il ne doit pas y avoir prescription ! Jugez les ! Condamnez les !) ».

Ce samedi matin, heure locale, à Fort-de-France (Martinique) mais aussi à Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe) et en métropole, à Paris, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pacifiquement, à l’appel de collectifs citoyens, d’associations et de syndicats antillais, pour refuser «l’impunité» dans le «scandale» sanitaire et environnemental du chlordécone.

A l’origine de la colère et de l’indignation des Antillais ?

La crainte d’un non-lieu dans ce dossier porté devant la justice après le dépôt, en 2006, d’une plainte pour empoisonnement à cet insecticide largement utilisé dans les bananeraies. C’est en tout cas ce qu’ont laissé entendre les juges d’instruction, en raison de la prescription des faits et de la disparition d’éléments de preuves, lors d’une audition des parties civiles fin janvier.

De quoi exaspérer une partie de la population martiniquaise et guadeloupéenne dans l’attente d’un procès et de réparations. «Nous avons de nouvelles informations qui nous permettent de contester cette prescription, a, lui, fait valoir l’avocat et maire écologiste de Pointe-à-Pitre, Harry Durimel, dans une interview accordée vendredi à l’Humanité. 

En droit, elle ne court qu’à partir du moment où la partie civile a connaissance du préjudice, et non de 1994, date de la dernière utilisation du chlordécone, comme la justice veut le retenir.»

Un quatrième plan de lutte jugé insuffisant

Autre motif d’insatisfaction : l’insuffisance des mesures et des moyens déployés dans le quatrième plan du gouvernement pour lutter contre les conséquences de la pollution par le chlordécone, utilisé massivement jusqu’à son interdiction en 1993.

Présenté mercredi par le préfet, il prévoit d’allouer 92 millions d’euros sur six ans «pour réduire l’exposition des populations», mieux sensibiliser dès l’école aux risques liés à ce pesticide,  «renforcer les connaissances» scientifiques ou «accompagner les professionnels affectés». Ce qui n’est pas jugé à la «hauteur du drame» du chlordécone, selon des élus antillais à l’instar du député martiniquais Serge Letchimy.

Massivement utilisé dans les Antilles pour lutter contre le charançon du bananier, le pesticide organochloré, dont les autorités connaissaient la dangerosité depuis la fin des années 60, s’est disséminé dans les rivières, les sols et même dans le milieu marin des deux départements ultramarins.

Et trente ans après son interdiction, la molécule ultratoxique et ultra-persistante dans l’environnement – sur des siècles estime-t-on – a contaminé la chaîne alimentaire et plus de 90% de la population adulte antillaise, selon Santé publique France.

Comme elle est un perturbateur endocrinien et un cancérigène potentiel pour l’homme, elle aurait augmenté les risques de prématurité et de troubles du développement cognitif, mais aussi de cancers de la prostate dans les Antilles.

Un «désastre sanitaire et environnemental», pour lequel un rapport d’information parlementaire  a pointé la responsabilité de l’Etat français en novembre 2019.

Florian Bardou Libération, 27 février 2021

https://www.anti-k.org/

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