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13 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Dépendance (Basta)

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La guerre rappelle

La fragilité du modèle agricole dominant

La France importe plus de 80 % de ses engrais, dont les prix s’envolent. La fermeture du détroit d’Ormuz souligne l’urgence à sortir d’un modèle agricole accro aux énergies fossiles. D’autres voies existent, à rebours des orientations du gouvernement.

Certaines régions agricoles sont plus dépendantes aux engrais de synthèse, particulièrement celles en grandes cultures, comme les Hauts de France. Or, la France importe plus de 80 % de ses engrais.

Ces hausses brutales des prix du gazole agricole ont été observées un peu partout dans l’Hexagone ces derniers jours. L’inquiétude gagne le monde agricole car le gazole représente entre 5 à 10 % des charges des exploitations. Les regards sont aussi rivés sur les engrais, dont les prix s’envolent, alors qu’ils constituent de 10 à 20 % des charges.

La cause de ces hausses ? La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz depuis le 28 février, en réponse aux attaques des États-Unis et d’Israël. C’est par ce détroit, situé au large de la côte sud de l’Iran, que circulent bon nombre de marchandises, ainsi qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz transportés dans le monde par voie maritime. La guerre au Moyen-Orient vient ainsi rappeler les fragilités du système alimentaire mondial, dépendant des énergies fossiles.

Dépendance au pétrole et au gaz

Les engrais de synthèse constituent une préoccupation majeure. Entre un quart et un tiers du commerce mondial des matières premières utilisées dans la fabrication des engrais transite par ce détroit, souligne le quotidien britannique The Guardian. C’est notamment le cas de l’ammoniac et de l’azote, deux composants essentiels de nombreux engrais de synthèse.

Le gaz fossile représente également entre 60 % et 80 % du coût de production des engrais azotés. Or, plusieurs usines dans le golfe Persique ont été fermées ces derniers jours. Le Qatar a ainsi fermé Ras Laffan, le plus grand centre industriel de production de GNL (gaz naturel liquéfié) après une attaque de drones.

Le conflit actuel pourrait aussi avoir un impact énorme sur la production d’urée – l’un des engrais les plus plébiscités au monde – qui se fait avant tout à l’aide de gaz naturel, abondant dans les pays du Golfe. L’Iran est le quatrième exportateur mondial d’urée. Et, comme plus d’un tiers (35 %) des exportations mondiales d’urée transitent par le détroit d’Ormuz, le prix de ces engrais est passé de 505 à 580 euros la tonne depuis fin février.

Sortir de la dépendance aux engrais chimiques

Le modèle agricole dominant est un colosse aux pieds d’argile. Environ la moitié de la production alimentaire mondiale dépend de l’azote synthétique. Sans ces engrais, les rendements chuteraient fortement, souligne The Guardian. « Les pénuries qui en résulteraient feraient grimper les prix des produits de base, tels que le pain, les pâtes et les pommes de terre, et rendraient l’alimentation animale plus coûteuse », ajoute le quotidien britannique.

La sécurité alimentaire de la France est « à la merci des aléas mondiaux », alertait déjà l’organisation Les Amis de la Terre, dans un document publié en novembre 2023. La France importe plus de 80 % de ses engrais, constate aussi le gouvernement dans un rapport publié en mars 2024.

Une large part de ces engrais provient de pays hors de l’Union européenne. Cela crée une double dépendance, à la fois aux pays tiers et aux énergies fossiles, qui servent à fabriquer les engrais de synthèse. Le rapport du gouvernement observe également que certaines régions agricoles sont plus dépendantes aux engrais de synthèse, particulièrement celles en grandes cultures, comme les Hauts-de-France, où l’élevage tend à disparaître.

Cette situation met en lumière « l’intérêt agronomique de la présence de l’élevage sur un territoire », ajoute ce rapport. Les déjections animales fournissent en effet de la matière organique, sous forme de fumier par exemple, qui constituent une ressource alternative aux engrais de synthèse. Or, ce sont les fermes d’élevage qui peinent le plus à trouver des repreneurs en France.

D’autres pratiques agricoles possibles

Bonne nouvelle : sortir l’agriculture de la dépendance aux engrais de synthèse est possible. L’agriculture biologique parvient précisément à se passer complètement des engrais chimiques – c’est d’ailleurs l’un de ses fondements.

De nombreuses études montrent qu’il est possible de nourrir l’Europe en quantité suffisante sans recours aux engrais chimiques, comme cet article de la revue scientifique Nature en 2017, le scénario « Ten Years For Agroecology in Europe » (Dix ans pour l’agroécologie en Europe) de l’Institut du développement durable et des relations internationales en 2018, ou bien encore ces études du CNRS en 2021 et en 2022.

Il s’agit donc, à la fois, de soutenir financièrement l’agriculture biologique (comme c’est déjà le cas pour l’agriculture conventionnelle dépendante des milliards d’euros publics) et, plus largement, les pratiques agricoles qui produisent sans engrais de synthèse, d’accompagner les transitions et de donner envie de s’installer. Car relever le défi d’une véritable souveraineté alimentaire ne pourra se faire dans un contexte de précarité économique et sociale des agricultrices et agriculteurs.

Sophie Chapelle  12 mars 2026

https://basta.media/

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12 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Fukushima (SDN)

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À la veille des 15 ans de la catastrophe de Fukushima

Un pas de plus vers l’indécence avec le sommet mondial sur l’énergie nucléaire

Indécence de la date choisie d’abord : un sommet sur le nucléaire civil la veille de la commémoration de la catastrophe de Fukushima, deuxième accident nucléaire le plus grave après Chornobyl, il fallait y penser.

Indécence à parler de nucléaire « sûr » ensuite. Le sommet qui a lieu aujourd’hui promeut « la vision d’un nucléaire civil de confiance, sûr et pacifique ». Un comble au vu des impacts des catastrophes nucléaires sur tout le vivant.

Les parcs nucléaires sont vieillissants donc de plus en plus dangereux. Il est indécent et irresponsable de parler de nucléaire sûr ou d’énergie d’avenir au vu des catastrophes du passé, des incidents à répétition et de la vulnérabilité face au changement climatique toujours sous estimée (comme à Gravelines où la centrale risque de se retrouver les fondations dans l’eau).

En faisant référence à une énergie « pacifique » dans un contexte où la relance de l’atome civil concorde avec la relance de l’atome militaire, les communicants du gouvernement se livrent à un tour de passe-passe extrêmement malhonnête. Le nucléaire civil et le nucléaire militaire n’ont jamais été décorrélés.

Indécence à faire référence aux « usages pacifiques de l’atome » dans le contexte de guerre internationale et de relance du nucléaire militaire.

Les installations nucléaires ne sont pas à l’abri des dangers que font peser sur les citoyens les guerres et les bombardements : à Zaporijia, la centrale nucléaire est occupée illégalement depuis 4 ans et le début de l’invasion globale du pays par la Russie. Les attaques sur l’Iran font craindre qu’une situation semblable se répète. Tandis qu’en France la relance du nucléaire par le E. Macron questionne, « Pour être libre, il faut être craint » assure le Président.

Or, les ogives françaises qui équipent les sous-marins « de la dissuasion » sont environ 30 fois plus puissantes que les bombes qui ont été utilisées à Hiroshima et Nagasaki. Des bombes d’une telle puissance ne peuvent vraisemblablement viser que des cibles civiles. De qui veut donc être craint E. Macron ?

A l’heure où des centaines de familles pleurent encore leurs disparu.es d’il y a 15 ans au Japon, où des pays entiers vivent sous la menace de frappes nucléaires depuis des mois, le World Nuclear Summit est indécent et anachronique.

Promouvoir une énergie aussi chère, militarisée, centralisée, capitaliste et dangereuse est un scandale alors qu’il existe des solutions durables, locales et sûres. Arrêtons de jouer aux seigneurs de la guerre et stoppons le développement des arsenaux nucléaires qui finiront tôt ou tard par décimer des populations civiles.

Pour un avenir durable, (vraiment) sûr et pacifique pour tous les peuples et toutes les générations misons sur les énergies renouvelables !

10 mars 2026

https://www.sortirdunucleaire.org/

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26 février 2026 ~ 0 Commentaire

Agence du bio (OF)

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L’avenir de l’Agence de l’agriculture biologique

A nouveau menacée ?

L’Agence Bio, en charge du développement et la promotion de l’agriculture biologique en France, n’a plus de stand mais un bus au Salon de l’agriculture à Paris. Une procédure a été engagée pour licencier sa directrice, et sa disparition est à nouveau évoquée.

Cette année au Salon de l’Agriculture, l’Agence Bio ne dispose pas de stand, mais d’un bus stationné sur le parvis.

Un bus en extérieur, plutôt qu’un grand stand à l’entrée d’un hall. Croisant les doigts pour que la météo soit clémente. La place de l’Agence Bio cette année au Salon de l’agriculture est-elle le reflet de son état de santé ? Le ciel reste en effet menaçant au-dessus de l’agence chargée du développement et de la promotion de l’agriculture biologique en France.

Sa suppression pure et simple a été évoquée en 2025 à l’initiative du sénateur Laurent Duplomb, et son budget a déjà été raboté par l’État.

« Un démantèlement de l’institution »

Désormais, c’est sa directrice qui est sur la sellette. Le ministère a en effet engagé une procédure de licenciement de Laure Verdeau, dont le travail à la tête de l’Agence est pourtant reconnu par les acteurs professionnels (syndicats, producteurs, distributeurs, transformateurs et consommateurs), de tous bords confondus.

La structure elle-même resterait dans le viseur du gouvernement. Dans sa recherche d’économies auprès des opérateurs de l’État, une des pistes envisagées est de fondre les missions de l’Agence dans d’autres entités, comme FranceAgriMer.

La trajectoire est claire : après avoir coupé les moyens puis la tête, on s’oriente vers un démantèlement de l’institution, estime le syndicat des distributeurs spécialisés bio (Synadis Bio), qui a décidé de quitter l’Agence début février, refusant d’être associé à un système dysfonctionnel, alors que le marché redémarre après deux années difficiles.

Pour la présidente du syndicat, Christelle Le Hir; il ne s’agit plus de sauver l’Agence, il s’agit de sauver le bio lui-même. Alors que la loi d’orientation agricole fixe un objectif de 21 % de surfaces cultivées en bio d’ici 2030, les acteurs de la filière déplorent l’abandon du soutien des pouvoirs publics.

Bruno Martel, le nouveau président de l’Agence Bio, veut encore croire à son avenir. Il assure avoir eu des messages plutôt rassurants de la part du ministère pendant le Salon. Un rendez-vous est programmé prochainement avec la ministre Annie Genevard pour apaiser la situation et clarifier les positions.

25/02/2026

https://www.ouest-france.fr/

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21 février 2026 ~ 0 Commentaire

Glyphosate (Libération)

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Trump vole au secours du glyphosate

«Cancérogène probable» selon l’OMS

Le président américain a pris un décret mercredi pour faciliter sa fabrication, estimant qu’il est indispensable à la sécurité alimentaire du pays.

Peu soucieux de Make America green again, Donald Trump a pris mercredi 18 février un décret visant à soutenir la production de glyphosate aux Etats-Unis, estimant que cet herbicide, soupçonné d’être cancérogène, est indispensable à la sécurité alimentaire du pays.

Les produits désherbants à base de glyphosate, tels que le Roundup, sont les plus utilisés de l’agriculture américaine. Mais il n’y a qu’un seul producteur installé aux Etats-Unis et son activité ne couvre pas les besoins du pays, qui se retrouve obligé d’importer, alerte l’exécutif américain.

Le Président demande donc à sa ministre de l’Agriculture de prendre des mesures, notamment des changements de réglementation, pour faciliter la production sur le territoire américain de glyphosate ainsi que de phosphore, composant chimique nécessaire pour l’herbicide mais aussi pour des équipements militaires. Face à des besoins «dépassant de loin la production actuelle, la menace d’une réduction ou d’un arrêt de la production met gravement en danger la sécurité et la défense nationales, ce qui inclut la sécurité de l’approvisionnement alimentaire», relève la Maison Blanche.

Dans une réaction transmise à l’AFP, le géant agrochimique allemand Bayer, qui produit à travers sa filiale américaine Monsanto le Roundup, a dit qu’il se conformerait à ce décret qui souligne selon lui «l’urgence pour les agriculteurs américains d’avoir accès à des produits phytosanitaires essentiels fabriqués dans le pays, tels que le glyphosate».

La décision du président des Etats-Unis survient le lendemain de l’annonce par Bayer d’un accord de plusieurs milliards de dollars pour régler une pile interminable de litiges américains liés à son herbicide phare. La Cour suprême américaine pourrait par ailleurs être amenée à trancher dans un dossier connexe.

L’Agence américaine de protection de l’environnement ne considère pas le glyphosate comme cancérogène, à l’inverse du Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé, qui le classe comme «cancérogène probable».

La réglementation de cet herbicide, le plus vendu dans le monde, fait débat depuis de nombreuses années. Fin 2025, un journal scientifique a retiré une étude initialement publiée en 2000 qui affirmait que le glyphosate ne présentait aucun risque grave pour la santé. L’étude, qui a guidé pendant des années les décisions politiques sur cette substance, ne mentionnait pas le fait que des salariés de Monsanto ont participé à sa rédaction, et avait omis d’inclure certains volets sur les dangers liés au cancer.

De son côté, la Commission européenne a décidé fin 2023 de renouveler l’autorisation du glyphosate pour dix ans, considérant que le produit n’a «aucun effet nocif sur la santé humaine ni aucun effet inacceptable sur l’environnement». En novembre, la justice européenne avait cependant estimé que Bruxelles aurait dû donner suite aux demandes des ONG de réexaminer un «règlement d’exécution» européen de 2022 prolongeant d’un an l’autorisation du glyphosate.

19/02/2026

https://www.liberation.fr/

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18 février 2026 ~ 0 Commentaire

Bernadette Mc Aliskey (Wikipedia)

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Josephine Bernadette McAliskey (née Devlin le 23 avril 1947), plus connue sous le nom de Bernadette Devlin, est une figure emblématique de la lutte pour les droits civiques et ancienne femme politique irlandaise.

Elle a été députée de Mid Ulster en Irlande du Nord, suite à une élection partielle en 1969, et ce jusqu’en février 1974.

McAliskey a acquis une notoriété nationale et internationale à l’âge de 21 ans, devenant ainsi la plus jeune femme (à l’époque) à siéger au Parlement britannique. Elle a rompu avec la tradition républicaine irlandaise d’abstention et a pris son siège à Westminster. Son mandat de députée a débuté au moment du déclenchement des « Troubles », le conflit qui allait marquer l’Irlande du Nord pendant les trente années suivantes.

Durant la majeure partie de cette période, McAliskey a milité activement pour la création d’une république irlandaise socialiste de 32 comtés, destinée à remplacer les deux États de l’île d’Irlande (26 et 6 comtés). Initialement liée au mouvement (People Democracy / Démocratie Populaire qui finira par adherer à la 4è Internationale), McAliskey fut par la suite l’une des fondatrices du Parti Socialiste Républicain Irlandais IRSP. Elle le quitta un an plus tard, lorsque les membres votèrent que sa branche paramilitaire, l’Armée de libération nationale irlandaise (INLA), n’était pas tenue d’obéir à la branche politique.

McAliskey resta politiquement active, notamment lors de la grève de la faim irlandaise de 1981. C’est durant cette période qu’elle et son mari échappèrent à une tentative d’assassinat perpétrée par des membres infiltrés de l’Association de défense de l’Ulster (UDA), un groupe paramilitaire loyaliste d’Ulster (couvert par l’armée britanniques Blog). Elle fut touchée par neuf balles tirées par des hommes armés devant ses enfants avant d’être transportée par hélicoptère à l’hôpital pour y recevoir des soins d’urgence.

Depuis 1997, McAliskey dirige le Programme d’autonomisation du Sud Tyrone (South Tyrone Empowerment Programme), une ONG basée à Dungannon et axée sur le développement communautaire.

Son père l’éleva dans le respect des idéaux républicains irlandais. En 1968, alors qu’elle étudiait la psychologie à l’Université Queen’s de Belfast, elle s’engagea activement au sein de People’s Democracy, une organisation étudiante de défense des droits civiques. Suite aux plaintes de politiciens unionistes, sa bourse d’études lui fut retirée et elle ne fut pas autorisée à passer ses examens finaux.

L’Université Queen’s n’a jamais présenté d’excuses officielles à Bernadette, mais cette dernière a déclaré qu’elle les refuserait même si elles lui étaient présentées.

Activisme politique

Débuts en politique Elle se présenta sans succès contre James Chichester-Clark aux élections générales de 1969 en Irlande du Nord. À la mort de George Forrest, député de Mid Ulster, elle se présenta à l’élection partielle qui suivit sous l’étiquette « Unité », battant la candidate du Parti Unioniste d’Ulster (UUP), Anna Forrest, veuve de ce dernier, et fut élue au Parlement de Westminster.

Âgée de 21 ans, elle était alors la plus jeune députée et resta la plus jeune femme jamais élue à Westminster jusqu’aux élections générales de mai 2015. Devlin fit campagne sur le slogan « Je prendrai mon siège et je me battrai pour vos droits », marquant ainsi son rejet du principe républicain irlandais traditionnel d’abstentionnisme.

Le 22 avril 1969, la veille de son 22e anniversaire, elle prêta serment d’allégeance et prononça son premier discours une heure plus tard. Bataille du Bogside Après avoir pris part, aux côtés des habitants, à la bataille du Bogside en août, elle fut condamnée pour incitation à l’émeute en décembre 1969 et purgea une peine de six mois de prison. Réélue aux élections générales de 1970, Devlin déclara qu’elle siégerait au Parlement en tant que socialiste indépendante.

Tournée américaine et rencontre avec les Black Panthers
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Presque immédiatement après la bataille de Bogside, Devlin entreprit une tournée aux États-Unis en août 1969, un voyage qui suscita une importante couverture médiatique. Elle rencontra des membres du Black Panther Party à Watts, Los Angeles, et leur apporta son soutien.
Lors de plusieurs conférences, elle établit des parallèles entre la lutte des Afro-Américains pour les droits civiques aux États-Unis et celle des catholiques en Irlande du Nord, parfois au grand embarras de son auditoire. Lors d’un événement à Philadelphie, elle dut inciter un chanteur afro-américain à interpréter « We Shall Overcome » devant un public irlando-américain, dont beaucoup refusèrent de se lever. À Détroit, elle refusa de monter sur scène tant que les Afro-Américains, interdits d’accès à l’événement, n’y seraient pas autorisés.
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À New York, le maire John Lindsay organisa une cérémonie pour remettre à Devlin les clés de la ville. Frustrée par les éléments conservateurs de la communauté irlando-américaine, Devlin quitta la tournée pour retourner en Irlande du Nord et, convaincue que la liberté de New York devait revenir aux Américains pauvres, elle chargea Eamonn McCann de remettre les clés en son nom à un représentant de la section de Harlem du Black Panther Party.
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En septembre 1969, alors qu’elle était encore en tournée, l’unioniste Stratton Mills qualifia Devlin de « Fidel Castro en minijupe ». Devlin répliqua en déclarant que Mills était un lâche d’avoir attendu qu’elle soit à l’étranger pour faire une telle remarque, mais aussi qu’elle était « aussi à gauche que James Connolly et la charrue étoilée ». 
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Dimanche sanglant
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Ayant été témoin du massacre du Dimanche sanglant à Derry en 1972, Devlin était furieuse de se voir systématiquement refuser la parole à la Chambre des communes par le président Selwyn Lloyd, malgré le fait que la convention parlementaire stipulait que tout député témoin d’un incident en discussion devait avoir la possibilité de s’exprimer à ce sujet. Le lendemain du Dimanche sanglant, Devlin gifla le ministre de l’Intérieur conservateur Reginald Maudling lorsque celui-ci affirma faussement à la Chambre des communes que le régiment de parachutistes avait tiré en état de légitime défense ce jour-là.
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Interrogée sur son intention de présenter des excuses à Maudling, Devlin répondit : « Je regrette simplement de ne pas l’avoir pris à la gorge. » Treize ans plus tard, l’ancien Premier ministre britannique Edward Heath se souvenait de l’événement : « Je me souviens très bien du moment où une députée s’est précipitée des bancs de l’opposition et a frappé M. Maudling. Je m’en souviens parfaitement car j’ai cru qu’elle allait me frapper. Elle n’avait pas la force d’atteindre ce point, alors elle a dû se contenter de lui. »
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Elle a fait campagne pour le « non » au référendum sur l’entrée de la République d’Irlande dans la Communauté économique européenne.
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Parti socialiste républicain irlandais
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Devlin a contribué à fonder le Parti socialiste républicain irlandais (IRSP) avec Seamus Costello en 1974. Il s’agissait d’une scission socialiste révolutionnaire du Sinn Féin officiel (pro Moscou) et, plus tard dans la même journée, Costello a créé l’Armée de Libération Nationale Irlandaise (INLA) par scission de l’Armée Républicaine Irlandaise « officielle » (différente des « provisoires »).
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Devlin n’a pas adhéré à l’INLA, elle a démissionné refusant l’indépendance de l’armée vis à vis du parti.
En 1977, elle a rejoint le Parti Socialiste Indépendant, mais celui-ci s’est dissous l’année suivante.
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Soutien aux prisonniers
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McAliskey s’est présentée comme candidate indépendante en soutien aux prisonniers participant à la manifestation des couvertures et à la manifestation contre la saleté à la prison de Long Kesh lors des élections européennes de 1979 dans la circonscription d’Irlande du Nord, et a obtenu 5,9 % des voix.
Elle était une porte-parole de premier plan de la campagne « Smash H-Block », qui soutenait les grèves de la faim de 1980 et 1981. En septembre 1981, McAliskey a effectué une tournée en Europe (avec Alain Krivine) afin de mobiliser le soutien aux grévistes. Elle a été expulsée d’Espagne dès son arrivée à l’aéroport de Barcelone. McAliskey se rendit alors à Paris et appela les syndicats français à imposer un embargo sur les marchandises britanniques jusqu’à la fin des grèves de la faim.
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Tentative d’assassinat
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Le 16 janvier 1981, Devlin et son mari furent attaqués par des membres des Ulster Freedom Fighters (UFF), nom de couverture de l’Ulster Defence Association (UDA), qui firent irruption à leur domicile près de Coalisland, dans le comté de Tyrone. Les tireurs abattirent Devlin de neuf balles devant ses enfants. Des soldats britanniques surveillaient la maison des McAliskey à ce moment-là, mais ils ne parvinrent pas à empêcher la tentative d’assassinat (Humour Blog). 
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Des allégations ont par la suite été formulées selon lesquelles des éléments des forces de sécurité auraient conspiré avec l’UDA pour planifier l’attentat manqué.
Une patrouille de l’armée du 3e bataillon de parachutistes est entrée dans la maison après avoir attendu à l’extérieur pendant une demi-heure. Des soldats du régiment Argyll and Sutherland Highlanders (ASH) sont ensuite arrivés et l’ont transportée par hélicoptère vers un hôpital voisin.
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Les paramilitaires avaient arraché le téléphone et, pendant que le couple blessé recevait les premiers soins de la part des troupes nouvellement arrivées, un soldat de l’ASH a couru chez un voisin, a réquisitionné une voiture et s’est rendu au domicile d’un conseiller municipal pour téléphoner et demander de l’aide. Le couple a été transporté par hélicoptère à l’hôpital de Dungannon, situé à proximité, pour y recevoir des soins d’urgence, puis à l’aile militaire de l’hôpital Musgrave Park de Belfast, en soins intensifs. Ray Smallwoods, Tom Graham (38 ans), tous deux originaires de Lisburn, et Andrew Watson (25 ans), originaire de Seymour Hill, Dunmurry – furent capturés par une patrouille de l’armée et emprisonnés par la suite.[37] Tous trois étaient membres de l’UDA de Belfast Sud. Smallwoods était le chauffeur de la voiture de fuite.
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Élections au Dáil Éireann (Parlement du Sud)
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Elle échoua à deux reprises, en février et novembre 1982, lors de ses tentatives pour se faire élire au Dáil Éireann dans la circonscription de Dublin Nord-Centre.
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Funérailles de Dominic McGlinchey
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En 1994, McAliskey assista aux funérailles de Dominic McGlinchey, ancien chef d’état-major de l’Armée de libération nationale irlandaise (INLA). L’INLA était la branche armée del’IRSP, que McAliskey avait contribué à fonder. McAliskey embrassa le cercueil, porté par elle-même, Sean McGlinchey, Dominic junior et le père O’Daly, qui avait administré les derniers sacrements à McGlinchey à Hardman’s Gardens. Lors de l’oraison funèbre, elle condamna la récente couverture médiatique qui accusait McGlinchey de trafic de drogue et de criminalité, et déclara à propos des journalistes responsables : « Qu’ils pourrissent tous en enfer ! Ils ont sali la réputation de Dominic McGlinchey et ils en répondront. Il était le plus grand républicain de tous. Il n’a jamais déshonoré la cause à laquelle il croyait. Son combat était contre les soldats armés et la police de cet État.»
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Quelques mois après les funérailles, McAliskey expliqua sa position au Guardian. Leur journaliste, David Sharrock, lui demanda si son coup de gueule visait à contrer les articles négatifs récemment parus dans la presse concernant McGlinchey. McAliskey répondit : « Il est très difficile de parler d’une personne dont l’image dans les médias ne correspond en rien à celle que j’ai connue pendant dix ans. Sa pensée était fondamentalement démocratique, et reconnaître l’intelligence de Dominic McGlinchey revenait à reconnaître la réalité de ce conflit.
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Le républicanisme n’est pas simplement anti-partitionniste et ne se limite pas à l’Irlande. C’est une tradition de démocratie laïque et égalitaire. Alors oui, Dominic était le plus grand républicain de sa génération. Quant au reste, je pourrais revenir sur mes propos… Je ne crois même pas en l’enfer. »
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Refus d’entrée aux États-Unis
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En 2003, elle s’est vu interdire l’entrée aux États-Unis et a été expulsée au motif que le Département d’État américain l’avait déclarée comme représentant « une menace sérieuse pour la sécurité des États-Unis » – faisant apparemment référence à sa condamnation pour incitation à l’émeute en 1969 – bien qu’elle ait protesté, affirmant n’avoir aucun lien avec le terrorisme et avoir été autorisée à se rendre fréquemment aux États-Unis par le passé.
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Le 12 mai 2007, McAliskey était l’invitée d’honneur de la première commémoration annuelle de James Connolly organisée par le parti républicain socialiste Éirígí.
Lors des élections à l’Assemblée d’Irlande du Nord de 2016, McAliskey était agent électoral pour Eamonn McCann, candidat du parti People Before Profit dans la circonscription de Foyle. (Parti avec lequel le NPA est en relation). McCann a été élu. Pendant la campagne pour les élections européennes de 2024 en Irlande, McAliskey a apporté son soutien à Clare Daly dans la circonscription de Dublin.
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Opinions politiques Tout au long de sa vie, McAliskey a été associée au républicanisme irlandais et à divers groupes socialistes et communistes. En septembre 1969, le politicien unioniste Stratton Mills a qualifié Devlin de « Fidel Castro en minijupe ». 
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Dans une interview de mai 1969, McAliskey déclara n’avoir « jamais lu Marx », mais affirma : « J’ai lu Connolly et si James Connolly était un socialiste révolutionnaire, alors je le suis aussi. » Elle exprima également son admiration pour la comtesse Markievicz.
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Référendum sur la frontière
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En mars 2017, McAliskey déclara qu’elle ne voterait pas « Oui » lors d’un référendum sur la frontière portant sur la perspective d’une Irlande unie. Elle accusa également  Sinn Féin de ne rechercher une Irlande unie que s’il pouvait contrôler cet État. McAliskey déclara : « Sinn Féin n’a aucune intention d’avancer vers une Irlande unie qu’il ne contrôle pas. » De plus, elle ajouta : « Pensez-vous que les personnes qui représentent l’idéologie politique dominante actuelle – qu’il s’agisse de Fine Gael et de Fianna Fáil, en passant par Sinn Féin, le SDLP, les unionistes et le DUP – devraient être autorisées à diriger un pays ? Non. »
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McAliskey a précisé : « Souhaiterais-je démanteler la République d’Irlande ? Oui. Souhaiterais-je démanteler l’État d’Irlande du Nord ? Oui. Je souhaiterais repartir de zéro et organiser une conférence constitutionnelle, une série de discussions et de débats constructifs, ainsi qu’un processus démocratique pour bâtir une nouvelle république indépendante où chacun se sentirait pleinement intégré. »
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En novembre 2018, lors d’une interview publique en direct à Belfast pour le podcast Blindboy, McAliskey a déclaré qu’elle ne voterait pas pour une Irlande unie à moins que cet État unifié ne soit explicitement socialiste. En août 2019, McAliskey a tenu des propos similaires, réaffirmant qu’elle ne voterait pas pour une Irlande unie lors d’un référendum sur la frontière et demandant, de manière rhétorique : « Qui voudrait rejoindre l’État libre ?»
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Ces déclarations ont incité le magazine politique irlandais The Phoenix à accuser McAliskey d’avoir renié le républicanisme irlandais. En septembre 2023, McAliskey a déclaré : « Je n’ai pas plus d’intérêt que n’importe quel unioniste à être absorbée par l’État libre. Absolument aucun. Je ne peux imaginer de pire sort pour une population que d’être aspirée par le système actuel de la République d’Irlande. Je pense que nous avons besoin d’une nouvelle Irlande, et je pense que cela commence par une nouvelle Constitution ».
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Irlande du Nord
S’exprimant en septembre 2016, McAliskey a déclaré que si les gouvernements irlandais et britannique avaient « été sérieux » quant à la réforme de l’Irlande du Nord après l’Accord du Vendredi saint, ils auraient « insisté sur une stratégie de 20 ans pour la déségrégation du logement, la déségrégation de l’éducation et la fin de notre ségrégation privée et culturelle » 
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En février 2018, Declan Kearney, de Sinn Féin, a affirmé que le mouvement pour les droits civiques en Irlande du Nord avait été influencé par les décisions de l’IRA et de la direction du Sinn Féin. Kearney a déclaré à la BBC : « Les républicains étaient impliqués. Les dirigeants de l’IRA et du Sinn Féin encourageaient leurs militants à s’organiser et à faire campagne sous l’égide du mouvement pour les droits civiques, aux côtés d’autres démocrates et d’autres militants politiques : militants des droits de l’homme, communistes et syndicalistes. Le rôle du républicanisme a donc été central dans l’émergence du mouvement pour les droits civiques, parmi tant d’autres.»
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En réponse, McAliskey a qualifié les propos de Kearney de « délirantes absurdités ».
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Républicanisme
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En septembre 2016, McAliskey a déclaré : « Si le républicanisme consiste à rester fidèle aux idéaux de Thomas Paine et de Wolfe Tone, alors le Sinn Féin est un mauvais républicain », et : « Si l’on considère comme pierre angulaire du républicanisme que l’autorité exercée sur un être humain, sans son consentement et à son insu, constitue une usurpation de ses droits, alors, par définition, le Sinn Féin est-il républicain ?»
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Avortement
McAliskey se décrit comme une « intransigeante » sur la question de l’avortement, affirmant : « Je n’ai pas besoin, et vous n’avez pas le droit, d’explications sur ce que je fais de mon corps. On ne peut pas dire que certains avortements sont acceptables et d’autres non. Soit on est pour le droit à l’avortement, soit on ne l’est pas. Je suis intransigeante et la plupart des gens n’osent pas encore l’affirmer. Ma position est claire et sans équivoque : l’avortement à la demande est une demande légitime. »
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McAliskey est favorable à l’avortement à n’importe quel stade de la grossesse : « Si c’est mon corps et que c’est mon droit, c’est mon droit du début à la fin. Alors ne me dites pas de me contenter des 12 premières semaines, des 24 premières semaines, une situation où le fœtus n’a peut-être aucune chance de survie. Ne me dites pas que ce sera acceptable, mais faire un choix pour moi-même, quelles que soient les circonstances, est mon choix. J’ai toujours cru au droit fondamental de toute femme d’obtenir une interruption de grossesse sûre et gratuite, un avortement, lorsqu’elle le demande – et c’est un point final. »

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Commenaire:
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La jeunesse militante à cette époque au Nord de l’Irlande (et au Sud) se tournait vers le trotskisme,  même dans le Labour. Bernadette était considérée comme une « compagnon de route ». En même temps elle est aussi républicaine d’où sa proximité avec « EIRIGI ».
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« Républicain » en Irlande est un courant politique radical né en référence à la révolution de 1789. Bien que celle-ci soit en interne « contre-révolutionnaire », en externe elle vint à l’aide des irlandais au départ de Brest, en 1796 et 1798 dans le but de nuire aux anglais. Les « Républicains » s’opposent aux « nationalistes » modérés, voire bourgeois: l’establishment du Sud, du Nord et les riches irlandais des USA.
 
 

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06 février 2026 ~ 0 Commentaire

Salon (La Conf’)

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Le Salon à la ferme est de retour !

Le Salon à la ferme du 10 février au 3 mars 2026.

Pour la 6éme année consécutive, le Salon à la ferme se tiendra partout en France du 10 février au 3 mars. Le SAF est co-organisé par la Confédération paysanne, la Fédération Associative pour le Développement de l’Emploi Agricole (FADEAR) et les Amis de la Confédération paysanne.

L’Agriculture Paysanne au menu des communes

La 6e édition du Salon à la ferme (SAF) se tiendra partout en France du 10 février au 3 mars.

Chaque année, le Salon à la ferme met en avant une thématique nationale. Cette année, année d’élections municipales, la Confédération paysanne veut montrer comment les communes et intercommunalités sont un levier pour l’agriculture paysanne. Notamment via la restauration collective, mais pas seulement.

Déjà plus de 60 fermes ouvrent leurs portes dans 11 régions et plus de 30 départements.

Un Salon à la ferme au plus près des habitant·es et de nos territoires afin de nouer un dialogue constructif sur l’avenir du monde agricole.

Un Salon au plus près des réalités de notre métier de paysan·ne. La question de l’alimentation est éminemment un choix de société qui nous concerne toutes et tous !

La ferme « tête d’affiche » est en Haute-Saône à Aboncourt-Gésincourt : l’EARL* de la Motte est l’exemple même du lien qui unit l’agriculture paysanne à la vie politique et sociale d’une commune.
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Le vendredi 13 février : inauguration du SAF 2026 sur la ferme de Kerdudal, située à Riec-sur-Belon dans le sud-est du Finistère. Une ferme en polyculture-élevage de bovin. 
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Le samedi 14 février : fête paysanne de 11h30 à 18h, place de la République à Paris avec la Confédération paysanne d’Ile de France. Les paysan·nes d’Ile de France amènent leurs fermes à la capitale.
Pour que nos communes et intercommunalités redeviennent un levier pour le développement de l’agriculture paysanne

06.02.2026

https://www.confederationpaysanne.fr/

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06 février 2026 ~ 0 Commentaire

Landerneau Abers (OF)

super cgt

Landerneau. La CGT des Abers chez la députée pour les Ehpad

Des membres de la CGT des Abers ont été rejoints par des syndicalistes de l’Union locale CGT devant la permanence de la députée.

Depuis  septembre, nous sommes en conflit avec notre direction car entre quinze et dix-huit postes de soignants en remplacement fixes des Ehpad de Lannilis, Landéda et Plouguerneau seraient supprimés fin mars », note Rosine Calvez, secrétaire générale de la CGT des Abers qui avait fait, hier, avec plusieurs collègues, le déplacement jusqu’à la permanence de la députée Graziella Melchior à Landerneau, rejoints sur place par des membres de l’Union locale CGT.

Absente de sa permanence, Graziella Melchior répond par un communiqué.  (…)

Vendredi 06 février 2026

https://brest.maville.com/

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04 février 2026 ~ 0 Commentaire

Ehpad (Abers)

penibilite
Aux syndicats, sections syndicales et syndiqués CGT du territoire de l’UL de Landerneau

Comme de nombreux EHPAD, celui des Abers (Landéda, Lannilis, Plouguerneau) souffre d’un manque de personnel, de suppressions de postes, de conditions de travail dégradées, qui mettent en grand danger les résidents et qui aboutissent à ne plus être en mesure de les accompagner dans le respect de leur dignité.

C’est contre ces dérives, souvent à but lucratif, que les personnels de l’EHPAD DES ABERS luttent depuis des semaines. Ils veulent pouvoir exercer leurs missions dans le respect des personnes. Pour cela ils ont besoin de plus de personnel et non des 15 à 18 suppressions de postes annoncés par leur direction.

Ils ont sensibilisé et sollicité bon nombre d’élus quant à la situation de leur établissement, dont la députée macroniste de la 5ème circonscription du Finistère, Mme Graziella MELCHIOR. La réponse de celle-ci montre son grand intérêt pour la finance et beaucoup moins pour les personnes âgées dépendantes. Pour elle, le plan social annoncé répond à une nécessité financière et elle exhorte les représentants du personnel à discuter des modalités de suppressions d’emplois avec leur direction.

Le choix de la députée est clair: soutenir les politiques d’austérité et participer à l’asphyxie des établissements, au mépris des soignants et des résidents !

Les personnels de l’EHPAD des Abers débrayeront une nouvelle fois

Jeudi 5 Février

et manifesteront devant la permanence de la députée à Landerneau de 12h à 13h30 (Rond Point du Family).

L’Union Locale Cgt de Landerneau appelle à participer au rassemblement du 5 février à 12h.

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30 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

PFAS (Reporterre)

assez

Les industriels doivent passer à la caisse

Les pollueurs à l’origine des PFAS et de leur omniprésence dans l’eau, l’air ou les produits du quotidien doivent assumer les coûts astronomiques liés aux conséquences, appellent deux rapports publiés le 29 janvier. Une réponse « essentielle et urgente ».

Jusqu’à 1 700 milliards d’euros. Voici ce que pourraient coûter les pollutions dues aux PFAS aux pays membres de l’Union européenne, d’après une étude de la Commission européenne publiée le 29 janvier. À qui revient la charge d’assumer ces coûts astronomiques ? Aux responsables, selon deux autres rapports publiés le même jour, émanant d’organisations civiles. Ils détaillent plusieurs pistes d’application du principe du pollueur-payeur.

Un principe inscrit dans le droit français, mais aussi européen, qui prévoie que « les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur ».

On appelle les PFAS des « polluants éternels » puisque ces substances ne se dégradent pas. On retrouve ainsi des polyfluoroalkylés dans de nombreux objets du quotidien, dans l’eau, mais aussi les sols et l’air. Plusieurs études scientifiques ont révélé les conséquences des PFAS sur les systèmes cardiovasculaire, reproductif et hormonal. Ils entraînent également un risque de cancer, notamment des testicules et des reins.

À Paris, dans les Hauts-de-France ou dans le Nord, des campagnes de mesures montrent combien la contamination de l’eau par ces polluants éternels atteint des niveaux insoupçonnés. Démunies, les communes se retrouvent en première ligne pour absorber les coûts des traitements nécessaires pour continuer à boire une eau potable.

Un Fonds national PFAS

S’appuyant sur la méthodologie réalisée par le Forever Lobbying Project, qui estime le coût de la dépollution en France entre 710 millions et 12,2 milliards d’euros par an, l’association Notre affaire à tous évalue la facture à près de 2 milliards d’euros sur vingt ans dans la « vallée de la chimie », au sud de Lyon.

C’est là que se situent les groupes chimiques Arkema et Dakin, qui ont rejeté des tonnes de PFAS, créant la zone la plus polluée identifiée à ce jour en France. « Penser une prise en charge financière, incluant les acteurs privés à l’origine de ces émissions, apparaît donc essentielle et urgente », insiste l’association Notre affaire à tous.

Intitulé « Donner corps au principe pollueur-payeur pour répondre à la crise des PFAS… et mettre fin à l’impunité industrielle », le rapport de l’organisation fournit plusieurs outils concrets pour financer les conséquences de cette pollution massive.

« Nous menons des actions en justice visant à faire appliquer ce principe du pollueur-payeur, détaille à Reporterre Emma Feyeux, juriste spécialiste des PFAS pour Notre affaire à tous. Au-delà, nous voulions le rendre opérationnel de façon plus étatique en se basant sur des outils déjà existants. »

Réalisé avec l’expertise de la clinique juridique de l’université Paris-Dauphine, le rapport préconise la création d’un Fonds national PFAS qui permettrait le financement des opérations de dépollution des sites condamnés ainsi que l’indemnisation des victimes des préjudices sanitaires.

Sa gouvernance serait confiée à un organisme indépendant réunissant à la fois des représentants de l’État, des collectivités territoriales, mais aussi des associations de victimes et de protection de l’environnement. Des représentants industriels pourraient y siéger, uniquement de façon consultative.

Si la loi sur les PFAS du 27 février 2025 prévoit la création d’une redevance sur les polluants éternels rejetés dans l’eau, elle reste insuffisante pour porter l’ensemble de ces coûts. « C’est un premier pas, mais elle ne concerne qu’un nombre restreint d’installations industrielles, uniquement les plus dangereuses, souligne Emma Feyeux. Cette redevance est également transitoire, elle doit s’arrêter à partir de 2030. Nous avons besoin d’un mécanisme de principe pollueur-payeur prenant en charge les autres types de pollutions, notamment atmosphériques, et celles qui s’étalent dans le temps. »

En guise de solution, Notre affaire à tous prévoit trois types de taxes spécifiques qui permettront d’alimenter directement ce Fonds national PFAS. Tout d’abord, une redevance sur la production et l’importation de polluants éternels dont l’assiette pourrait être « la quantité en kilos de substances PFAS produites sur le territoire national ou importées, qu’elles soient pures ou contenues dans des mélanges ou préparations chimiques ».

Puis une redevance sur l’utilisation des PFAS visant la mise sur le marché de produits contentant intentionnellement ces substances au-delà d’un certain seuil de concentration (certains textiles techniques, les emballages alimentaires en contact direct avec les denrées, cosmétiques…). « Les forces de cette option sont qu’elle cible directement les usages spécifiques, incitant ainsi à la substitution au niveau même de la conception des produits », relèvent les auteurs du rapport. Enfin, l’association préconise d’étendre les redevances eau existantes ou celles visant l’air et les déchets pour y intégrer la question des PFAS.

Un angle mort

Un second rapport vient appuyer ces réflexions : celui rédigé par une coalition de quatre organisations [1] et qui encourage la Commission européenne à mettre en place « une combinaison de politiques et d’outils » afin de faire appliquer le principe du pollueur-payeur.

« Selon les estimations, le coût mondial de la pollution par les PFAS dépasserait le PIB des pays : si les pollueurs devaient supporter l’intégralité de la facture, ils seraient confrontés à la faillite », insistent les auteurs du rapport. C’est pourquoi « les instruments doivent cibler aussi bien les producteurs que ceux qui en utilisent ». Parmi les pistes de réflexion, on trouve l’élargissement des coûts de fin de vie des produits des déchets à ceux liés aux PFAS (textile, emballage, etc.). Ou encore la création d’un fonds de mutualisation des risques pour couvrir les frais en cas de faillite des entreprises visées.

Nul doute que ces deux rapports viendront conforter les élus locaux français. Mi-décembre, une quarantaine d’édiles membres de l’association Amaris — le réseau national des collectivités exposées aux risques industriels — ont signé une tribune pour alerter sur les conséquences de la non-application du principe du pollueur-payeur. « Face aux PFAS, nous n’y arriverons pas seuls », écrivaient-ils en réclamant la création d’une commission d’enquête parlementaire visant à évaluer la situation et les difficultés qu’elle fait peser sur les collectivités.

« Il est urgent d’instaurer sans délai des mesures pour assurer le soutien financier des collectivités confrontées à des restrictions d’accès à l’eau potable, et la prise en charge intégrale de la dépollution des eaux souterraines et des sols », insistaient-ils encore.

Parce que « savoir est un droit mais aussi une nécessité », ces élus appellent « au déploiement d’études scientifiques » permettant ainsi « une connaissance territoriale des impacts sanitaires et environnementaux et à la mise en place d’outils adaptés de surveillance de la qualité de l’eau, de l’air, des sols et de la santé ».

Le texte a bien été envoyé à Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, mais aucune réponse n’a été donnée. « Nous ne comprenons pas qu’il n’y ait à ce jour aucune politique publique sur les conséquences liées aux PFAS, regrette auprès de Reporterre Delphine Favre, directrice générale de l’association Amaris. C’est un non-sujet, aucun moyen n’est mis sur la table, il n’y a pas d’agenda, et encore moins de priorités d’action… »

Force est de constater qu’aucun ministre ne s’est à ce jour attelé à ce qui constitue l’un des plus gros scandales sanitaires de ces dernières années. Le principe du pollueur-payeur dans la crise des polluants éternels demeure un angle mort.

Fanny Marlier  30 janvier 2026

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29 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Rennes (NPA)

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État d’urgence au CHU de Rennes

Ce jeudi 22 janvier s’est tenu un rassemblement pour la défense du CHU de Rennes à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, SUD, UNSA), suite à l’engorgement important des urgences survenu ce mois-ci, durant lequel deux patients sont décédés la même nuit dans le service. 200 personnes ont répondu à l’appel.

Contrairement à ce que défend la direction, cet engorgement était prévisible et pouvait être prévenu ! L’épidémie de grippe qui a précipité la crise survient chaque année et les courbes de l’épidémie étaient connues, la grève des médecins libéraux était annoncée depuis novembre.

L’organisation du chaos

Les causes de la crise sont structurelles et anciennes, le service des urgences est sous-dimensionné depuis de nombreuses années. Prévu pour 150 passages par jour, il en accueille 200 à 250 et doit maintenant accueillir les urgences cardiologiques et psychiatriques sans augmentation de la taille des locaux. Les lits d’aval* d’hospitalisation manquent du fait des suppressions importantes de ceux-ci et des suppressions de postes.

Les services hospitaliers et le service social, mis sous pression par la direction pour raccourcir les séjours avec un manque de moyens humains criant, ne permettent pas d’assurer un retour à domicile fiable et sûr, ce qui entraîne des ré-hospitalisations précoces aux urgences, augmentant d’autant plus le nombre de passages.

Le service social a lui aussi été en grève en fin d’année dernière pour dénoncer le manque de personnel, d’attractivité et la surcharge de travail que cela entraîne. Plus largement, l’absence de places d’EHPAD disponibles, le faible maillage en médecins généralistes, infirmier·es et aides à domicile prolonge les hospitalisations, engorgeant les services.

Grève !

L’intersyndicale réclame donc l’ouverture de 50 lits dans de vraies unités de soins dont les locaux sont actuellement disponibles. Cela permettrait de désengorger les urgences et de limiter la surcharge de lits ditS « hôpital en tension », ouverts dorénavant une grande partie de l’année, entraînant une dégradation de la qualité des soins et des conditions de travail des soignant·es. Elle demande également l’augmentation du personnel paramédical aux urgences et au SAMU pour une meilleure prise en charge des patient·es et mieux répondre à l’augmentation des appels.

Elle a pour cela rencontré la direction et l’ARS les 22 et 23 janvier. Celles-ci ne proposent que l’ouverture de 20 lits de SMR au CHU et des lits d’hospitalisation dans les cliniques privées lucratives de Rennes, qui ont fait défaut en janvier avec des fermetures de lits alors que le CHU était en grande difficulté. Une responsable CGT du centre hospitalier privé de Saint Grégoire, près de Rennes, est d’ailleurs intervenue durant le rassemblement pour dénoncer ces transferts de lits du public vers le privé lucratif.

Les syndicats appellent à la grève de tous les services de l’établissement à partir du 22 janvier pour faire entendre leurs revendications.

CorrespondantEs

https://lanticapitaliste.org/

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