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29 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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Nourrissons : mortalité en hausse

Santé publique France vient de publier un rapport qui montre une augmentation de la mortalité des nourrissons sur une décennie.

Le taux de mortalité néonatale (le nombre de décès avant l’âge d’un mois pour 1 000 naissances) est passé en France de 1,6 en 2010 à 2 en 2019, soit une augmentation de 25 %.

L’évolution de cet indicateur de santé publique est en grande partie le reflet de l’accroissement de la pauvreté. Ainsi, en Outremer, il est le double de celui de la Métropole.

Même en France la situation se dégrade. En région Auvergne-Rhône-Alpes, la proportion de femmes ayant bénéficié d’au moins trois échographies durant leur grossesse a baissé, passant de 96 % à 89 % entre 2010 et 2017. En Île-de-France la proportion de femmes sans abri parmi les accouchements a été multipliée par quatre de 2015 à 2019.

Les progrès indéniables de la médecine de pointe ne peuvent pas cacher que les inégalités de santé progressent, débouchant sur des drames de grossesses malheureuses de plus en plus fréquents.

Lucien DÉTROIT 28 Septembre 2022

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

nucléaire (cqfd)

futur nukl
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Le nucléaire à l’agonie… mais à l’offensive
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La moitié des réacteurs français ont passé l’été à l’arrêt mais le gouvernement voit toujours l’atome comme une filière d’avenir. Vanté comme une solution miracle au dérèglement climatique, le nucléaire y est surtout très vulnérable.

Sale temps pour le nucléaire civil français. Plombée par d’indispensables opérations de maintenance et un problème de corrosion sur plusieurs de ses centrales les plus récentes, EDF a dû mettre plus de la moitié de ses 56 réacteurs en pause forcée.

Le 25 août, 32 étaient toujours à l’arrêt. La baisse de production a été telle que l’Hexagone, habituellement exportateur, a dû acheter de l’électricité à ses voisins pour subvenir à ses besoins. Sur fond de pénurie de gaz russe, l’hiver s’annonce incertain pour le réseau électrique européen.

Y aura-t-il de l’électricité à Noël ?

Figure de proue du secteur, EDF traîne une dette qui dépassera bientôt les 50 milliards d’euros. Et, symbole des errances de la filière, le tout nouveau réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche) ne rentrera en production que fin 2023 au mieux – avec onze ans de retard et un surcoût de près 16 milliards d’euros selon la Cour des comptes (19,1 milliards contre 3,3 prévus initialement).

C’est pourtant sur cette filière à l’agonie que le gouvernement parie pour assurer, aux côtés des énergies renouvelables, l’essentiel de la production électrique du siècle à venir. Le 10 février dernier, Emmanuel Macron a annoncé la mise en chantier prochaine de six nouveaux EPR et le lancement des études préparatoires pour huit autres.

Un milliard d’euros vont par ailleurs être investis dans le développement d’un nouveau type de réacteurs, moins puissants mais en principe plus aisés à construire et gérer : les petits réacteurs modulaires (SMR).

L’argument du bilan carbone

Pour justifier ce retour en arrière (aucune centrale n’a été mise en service depuis 2002), le président a eu recours à un classique du storytelling atomique français : l’« indépendance énergétique » du pays – alors même que l’uranium qui fait tourner les centrales est intégralement importé. Mais il a surtout vanté le faible bilan carbone du nucléaire.

Depuis que le dérèglement climatique fait la une des journaux, tout ce que le secteur atomique compte de communicants et de lobbyistes reprend cet argument ad nauseam. Ça a fini par payer : au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.

Mêlant un discours convaincant sur l’urgence climatique et les limites de la croissance à un solutionnisme nucléaire aveugle, cette « star du climat » a l’oreille des puissants comme du grand public.

Avec ses vidéos qui font un tabac sur internet et sa bande dessinée Le Monde sans fin (Dargaud, 2021) qui s’est déjà vendue à plus de 300 000 exemplaires, Jean-Marc Jancovici a sensibilisé des foules entières au risque d’effondrement qui guette nos sociétés.

Or, « prendre conscience de l’urgence climatique, c’est très déstabilisant émotionnellement. Pour amortir le choc, on a besoin d’une solution. Avec le nucléaire, Jancovici en apporte une sur un plateau », analyse Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire.

Au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.

Aux yeux de cette militante, l’atome est surtout « une fausse solution qui empêche de voir les problèmes en face ». Une option « ni efficace pour les décennies à venir, ni résiliente dans un monde marqué par le réchauffement climatique », mais qui va capter des centaines de milliards d’euros, au détriment des énergies renouvelables et des efforts de sobriété énergétique.

Des centrales déjà touchées par la sécheresse

Parlons efficacité à moyen terme : quand les centrales actuelles auront fini par fermer, les nouvelles seront-elles prêtes ? Au vu du fiasco de Flamanville, il est permis d’en douter. Alors que les deux premiers des six nouveaux EPR annoncés par Emmanuel Macron sont censés être mis en service « à l’horizon 2035 », cette échéance est jugée illusoire… par l’État lui-même.

Dans une version de travail d’un rapport gouvernemental dénichée par le média Contexte 1, on apprend que l’administration vise plutôt une mise en service en 2040. En cas de « scénario fortement dégradé », le démarrage serait même repoussé au-delà de 2045…

Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. Ces dernières années, les réacteurs français commencent déjà à souffrir de la sécheresse.

En août 2018, les centrales du Bugey (Ain) et de Saint-Alban (Isère) ont dû être partiellement arrêtées afin de préserver la faune et la flore du Rhône : recrachée dans la nature, l’eau réchauffée par le refroidissement des centrales aurait dangereusement augmenté la température du fleuve, déjà impactée par une vague de chaleur.

Cette année, c’est dès le mois de mai que le problème s’est posé à la centrale du Blayais (Gironde). Pire : durant l’été, cinq centrales ont été autorisées à rejeter leurs eaux chaudes dans les rivières pour cause de risque de pénurie électrique, en dépit des potentiels dégâts sur la biodiversité aquatique.

« Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. »

À long terme, ce sont surtout des enjeux de sûreté qui vont se poser. Conséquence du réchauffement global, les paysages vont se modifier durablement (montée des eaux marines, par exemple) et les catastrophes climatiques (séismes, tsunamis, inondations, sécheresses, tempêtes, etc.) risquent de se multiplier au cours des prochaines décennies.

Les centrales ont donc des chances de se retrouver confrontées à des situations extrêmes non anticipées au moment de leur conception 2. « Le nucléaire est une industrie dangereuse et complexe, qui nécessite une prévisibilité très forte », pointe Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. Or, le réchauffement climatique, c’est l’inconnu…

Et les déchets ?

Reste la sempiternelle question des déchets, que Jean-Marc Jancovici balaye d’un revers de la main, arguant sur le site d’Orano (ex-Areva) qu’ils « n’ont jamais fait un seul mort ». Les plus dangereux de ces déchets resteront tout de même radioactifs pendant près d’un million d’années…

Sur ce front-là aussi, l’État avance. Début juillet, la future poubelle nucléaire de Bure (Meuse) a été déclarée d’utilité publique. Une étape importante : si le recours que les opposants au projet s’apprêtent à déposer n’aboutit pas, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pourra recourir à l’expropriation pour récupérer le foncier qui lui manque encore.

« Rien ne doit arrêter la relance du nucléaire en France », grimace Charlotte Mijeon, qui dénonce entre autres un projet « pas mûr » technologiquement. Sur place, la résistance continue de s’organiser.

Clair Rivière 16.09.2022

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

Avortement : c’est aux femmes de décider !

Le 28 septembre est la journée mondiale du droit à l’avortement. En France comme ailleurs, des manifestations ont lieu dans de nombreuses villes avec un objectif : se mobiliser pour garantir ou élargir ce droit fondamental.

Ici et ailleurs, un droit remis en question

En France, l’IVG est autorisée et le délai légal d’accès à l’IVG a été prolongé (14 semaines de grossesse). Mais son accès est fortement compromis par la clause de conscience spécifique à l’IVG (qui permet à un·e professionel·le de santé de refuser de pratiquer une IVG), ainsi que par le manque de moyens humains et matériels. Ainsi, près de 8 % des centres pratiquant l’IVG en France ont fermé en dix ans, ce qui rallonge les délais de prise en charge. C’est ce qui pousse 5000 femmes à avorter chaque année à l’étranger car elles ont dépassé les délais. C’est pour cela que la constitutionnalisation du droit à l’IVG serait certes une avancée, mais insuffisante si elle n’est pas accompagnée de nouveaux moyens.

L’extrême droite attaque le droit à l’avortement dès qu’elle en a l’occasion, que ce soit en le pénalisant ou bien en attaquant directement les organisations et militant.e.s féministes. Aux États-Unis, les mesures prises par Trump ont affaibli les droits des femmes et des LGBTI. En juin dernier, la cour suprême a abrogé l’arrêt garantissant le droit à l’avortement dans tout le pays. Et aujourd’hui plus de la moitié des États ont interdit l’avortement. En Hongrie, depuis le 15 septembre, le gouvernement de Viktor Orban oblige les personnes qui souhaitent avorter à écouter les battements de cœur du fœtus…

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les femmes qui ont subi des viols de guerres et ont réussi à fuir en Pologne se trouvent dans des situations dramatiques, sans accès à l’avortement. Et de l’Équateur au Salvador ou à Malte, la liste est longue. Pourtant il y a urgence, car légalement ou non, les femmes avortent, et dans le monde, une femme meurt toutes les 9 minutes d’un avortement clandestin.

Des mesures à imposer pour défendre un droit fondamental

L’avortement est un combat de chaque instant pour toutes les femmes et les personnes qui en ont besoin : pour exercer leur autonomie, avoir un contrôle sur leurs corps, choisir par et pour elles-mêmes quand et comment fonder une famille si elles le souhaitent. L’enjeu est de libérer les femmes du processus de domination masculine et de briser l’oppression patriarcale qui voudrait les enfermer dans la sphère privée et familiale. La lutte pour l’accès libre et sécurisé à l’IVG accompagne donc nécessairement la lutte contre les violences faites aux femmes. Il s’agit de la défense d’un droit fondamental, celui de vivre librement sans craindre pour son intégrité physique ou psychique.

Face aux 97 féminicides commis cette année en France, on peut s’interroger : où est passée la grande cause du quinquennat ? Au moment de la lecture de ce tract, elles sont peut-être 98 à être mortes cette année parce que femmes. Et chaque année dans le monde, 4,7 % à 13,2 % des décès maternels peuvent être attribués à un avortement clandestin.

Le patriarcat tue, et face à cela, notre mobilisation est essentielle pour combattre ce système et les violences multiples qu’il produit. Pour garantir à toutes l’accès à l’IVG, il est urgent de :

• Allonger significativement les délais légaux pour accéder à l’IVG ;

• Supprimer la clause de conscience des professionnels de santé concernant l’IVG ;

• Investir massivement et à hauteur des besoins en moyen humain et matériel pour garantir l’accès à l’IVG ;

• Rouvrir les centres IVG et les lits d’hôpitaux IVG fermés, rouvrir des centres de planification familiale ;

• Garantir la gratuité et la disponibilité des méthodes de contraception pour toutes, même après 25 ans ;

• Informer, dès le collège, les jeunes de leurs droits concernant l’accès à la contraception et à l’IVG ;

• Soutenir toutes les femmes qui se battent dans le monde pour obtenir le droit à l’IVG.

Mardi 27 septembre 2022

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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Nouvelle manifestation à Liffré contre l’installation de l’usine Bridor

L’usine de viennoiseries surgelées utilisera 180 000 mètres cubes d’eau pour sa production et créera 500 emplois dans la zone

Associations écologistes, habitants de la commune et élus ont manifesté ce matin devant la mairie de Liffré contre l’installation d’une usine de production de viennoiseries surgelées. Ils dénoncent un pillage des ressources en eau et l’artificialisation des sols

A Liffré, les manifestations contre l’usine Bridor se suivent et se ressemblent. Début juin déjà, les opposants s’étaient rassemblés durant tout un week-end. Aujourd’hui ils marchent à nouveau contre l’implantation de l’usine de 21 hectares dans la zone de Sévaille 2.

Nouvel élément dans le dossier, la validation du projet par le préfet le 1er juillet dernier.

« Un projet d’un autre âge après la sécheresse de cet été »

« Incompréhensible », « aberrant », « déconnecté du réel », « d’un autre temps », les qualificatifs ne manquent pas dans la bouche des opposants (associations, élus, habitants) pour qualifier ce projet d’usine de viennoiseries surgelées destinées à l’export.

180 000 mètres cubes d’eau par an devraient être nécessaires pour la production et 21 hectares de terres seront artificialisées pour construire l’usine. Des chiffres qui ne passent pas pour les manifestants.

Ca me paraît de plus en plus aberrant de consacrer autant d’eau à une usine et à un modèle de développement vieux et arriéré par rapport à l’actualité et au modèle qu’on nous demande de suivre. Simoné, agriculteur bio sur une commune voisine

« C’est un projet d’un autre âge. Aujourd’hui la priorité écologique c’est l’accès à l’eau et à la nourriture de proximité, pas exporter à l’autre bout du monde des brioches surgelées pour enrichir toujours les mêmes » s’insurge Solène dans le cortège.

L’emploi local comme argument d’implantation

En face, le maire de Liffré Guillaume Bégué, défend le projet d’implantation. « 500 emplois dans la zone seront à pouvoir » explique t-il. « C’est 10% d’emplois complémentaires aux 5 000 déjà existants. Or on sait que ceux qui ont le plus de mal à trouver un emploi, c’est à cause de la mobilité. Donc là on ramène de l’emploi auprès des habitants. »

Pour le maire, la zone de Sevaille 2 est celle sur laquelle l’impact de l’installation de l’usine sera le moins important. Guillaume Bégué reconnaît que l’entreprise sera grosse consommatrice d’eau mais qu’elle a déjà réduit sa consommation sur l’usine de Servon, passant de 50 000 mètres cubes à 30 000.

Le Duff, un groupe breton d’envergure internationale

Le groupe Le Duff, maison mère de Bridor, est un des leaders mondiaux de la boulangerie et de la restauration. Il emploie plus de 35.000 personnes, pour un chiffre d’affaires 2019 de 2,05 milliards d’euros. Il a annoncé en 2019 un investissement de 250 millions d’euros pour construire à Liffré cette usine de produits de boulangerie traditionnelle et de viennoiserie pâtisserie, promettant « 500 emplois non délocalisables« .

Il avait alors reçu le soutien du président de la région Bretagne et ancien maire de Liffré de 2008 à 2017 qui s’était réjouit que le groupe Le Duff ait choisi la Bretagne pour son projet, plutôt que les sites de Lyon ou Düsseldorf, alors envisagés.

L’usine de Liffré viendra donc compléter celles de Servon (Ille-et-Vilaine) et de Louverné (Mayenne). Les habitants et les associations écologistes ne s’avouent pas vaincues. Un recours contre le permis de construire est en cours et un autre contre l’autorisation environnementale sera initié en novembre.

 24/09/2022  Sarra Ben Chérifa  Victoire Panouillet

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22 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

28 septembre

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A Paris, manifestation à 18h30 place de la Bastille.

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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

méthane (basta! splann)

vache

Pollution des rivières, explosions… les méthaniseurs et leur biogaz posent de nombreux problèmes

Les méthaniseurs, qui fabriquent du gaz à partir de déchets, accumulent les incidents. Pollution des rivières, intoxication, voire même explosion.

Deux pollutions recensées, neuf inspections documentées, trois mises en demeure et une condamnation. Le méthaniseur d’Arzal, commune côtière du Morbihan, a déversé plusieurs fois le contenu d’une de ses cuves dans le cours d’eau de Kerollet, asphyxiant les poissons au passage. L’association Eau et rivières de Bretagne a donné l’alerte à plusieurs reprises.

Une inspection de la direction départementale de la protection des populations, la DDPP, constate en 2018 que le méthaniseur, autorisé à absorber 28 tonnes de déchets par jour, en consomme en réalité 43 tonnes, un changement de régime potentiellement illégal. Autre infraction : les contrôles sur la qualité des eaux rejetées dans le milieu naturel n’ont pas été effectués.

Méthaniseur agricole
Les méthaniseurs installés dans certaines exploitations agricoles permettent de produire du biogaz à partir des déchets végétaux et animaux. Une source de revenu complémentaire qui n’est pas sans risques… Patrick Bard / Basta!

Entre 2012 et 2020, l’exploitation passe de 150 à 290 vaches laitières auxquelles s’ajoutent 250 génisses et le méthaniseur d’une capacité de 28 à 76 tonnes. Soit un triplement de volume en moins de dix ans. Ce n’est que lorsque ses travaux sont terminés que l’exploitant demande une régularisation de la situation. Celle-ci est accordée en 2021, mais fait toujours l’objet d’un recours en justice d’Eau et rivières de Bretagne, qui dénonce une manœuvre consistant « à blanchir une situation délictuelle ». « Moralité, si vous êtes agriculteur, allez-y, nous les services de l’État, nous régulariserons et assurerons vos arrières », résume, amer, le juriste de l’association environnementale, Brieuc Le Roc’h. L’exploitation fait l’objet d’une nouvelle mise en demeure de la préfecture depuis juin 2022.

Bruno Calle, gérant de la SARL des Moulins de Kerollet, plaide des erreurs de jeunesse liées à son statut de pionnier de la méthanisation. « Certes, on a fait des erreurs, mais on les a corrigées. Depuis les deux épisodes de pollution, des sécurités ont été installées pour éviter tout nouvel accident. Et le site a été étanché au-delà des exigences de la réglementation actuelle », décrit le producteur laitier.

Des « mésaventures » qui auraient même eu du bon, d’après l’éleveur. Elles auraient évité à des collègues de connaître ces errements. Bruno Calle participe ainsi au tutorat de porteurs de projet avec l’association des méthaniseurs bretons, en association avec la chambre régionale d’agriculture et l’association AILE. « J’en ai accompagné près d’une trentaine depuis cinq ans », s’enorgueillit l’ancien président FDSEA [1] du Morbihan.

Pollutions, explosion et boule de feu…

Plus à l’ouest, les Sud-Finistériens se souviennent avoir été privés d’eau potable en août 2020 pendant près d’une semaine. Le méthaniseur industriel de Châteaulin (29) avait déversé 400 m³ de digestat, le déchet issu de cette production de gaz, dans l’Aulne, affectant l’eau distribué au robinet. Un incident qui s’est aussi produit dans le sud-ouest de la France, dans les Landes, six mois plus tard. Cette fois, 850 m³, deux fois plus, se sont déversés dans les cours d’eau.

En juin 2019, un méthaniseur qui n’est pas encore en fonctionnement explose à Plouvorn, dans le Finistère. Une boule de feu est aperçue au-dessus du site. Une quarantaine de pompiers sont mobilisés et on déplore un blessé léger, deux personnes choquées, un soldat du feu évanoui et une sacrée frayeur.

Le rapport d’incident précise : « Le dossier technique de sécurité, à réaliser avant la mise en service, n’avait pas été transmis à l’administration. […] L’accident révèle une sous-estimation des risques […]. Suite à l’accident, [l’exploitant] souhaite démarrer l’exploitation de l’unité de méthanisation [avec seulement une partie du matériel, NDLR], sans attendre la reconstruction du digesteur [détruit par l’accident] ». La rentabilité avant la sécurité. Ce méthaniseur est le plus important du pays de Morlaix avec 45 000 tonnes de déchets consommés par an. À sa tête, 32 entreprises, agricoles et non agricoles.

Sans contrôle, ni sanction, à quoi bon respecter la loi et envoyer les dossiers techniques exigés ? C’est ce que l’État et la Région reconnaissent noir sur blanc dans un courrier adressé à l’Autorité environnementale, en 2019 : « Les maîtres d’ouvrage, devant l’absence de moyens de contrôle et de suivi de certaines mesures d’évitement, ont choisi de ne pas retenir celles-ci. »

Sans filet de sécurité, les accidents sont légion

Pourtant, la méthanisation est une technologie récente, fragile, qui mérite d’être surveillée. Le service de suivi des risques industriels du ministère de la Transition écologique a publié, en septembre 2021, une synthèse des accidents dans la filière. Il en recense 130 en France, entre 1996 et 2020. Dans 77 % des cas, il y a un rejet de matières dangereuses ou polluantes. « C’est le phénomène majoritaire, suivi par l’incendie », précise l’autrice du rapport, Aurélie Baraër. La faute aux « lacunes dans la gestion du risque et dans la formation des opérateurs ». Elle estime qu’un défaut de matériel est la cause principale de ces incidents.

Un diagnostic déjà posé en 2018 par son service : « Les accidents survenus récemment montrent que l’on est en présence d’une filière en pleine structuration qui n’est pas encore arrivée à maturité. Les erreurs de conception sont le témoin de cette situation. »

Mais ce recensement n’est pas exhaustif, il suffit de lire la presse pour s’en rendre compte. Sur cinq pollutions du méthaniseur d’Arzal, une seule est comptabilisée dans le recensement ministériel. Le Conseil scientifique national sur la méthanisation, le CSNM, qui réunit des scientifiques réservés sur cette technologie telle qu’elle se pratique aujourd’hui, tient ses propres comptes. Il évalue à 315 le nombre d’incidents en France. Presque trois fois plus que les services de l’État, sur la même période.

Pas de mesure sanitaire préventive

Les conséquences de ces incidents sont essentiellement environnementales et touchent en premier lieu les cours d’eau. Cours d’eau par ailleurs pompés pour alimenter la population. À cela s’ajoutent des conséquences sanitaires car le digestat, produit issu de la méthanisation, est épandu comme engrais sur les sols et peut être vecteur de maladies.

Pour éviter ces risques, la réglementation pose des garde-fous. « Il faut la voir comme une aide pour penser son installation et pas comme une contrainte, estime Anne-Marie Pourcher, chercheuse à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), à Rennes, et spécialiste des pathogènes. « Dès que la provenance des différents déchets devient complexe, on ’’hygiénise’’, c’est ce que prévoit la réglementation. » Grâce à cela, on limite les risques sanitaires. Par exemple, les déchets animaux, graisses, intestins, font partie des meilleurs ingrédients pour produire du gaz. Mais ils peuvent aussi faire circuler des pathogènes et propager des maladies.

Pour éviter ce risque, la réglementation peut imposer de traiter ces déchets à 70°C pendant une heure pour éliminer les pathogènes. Mais ce n’est pas obligatoire si le volume global de déchets, animaux et végétaux, est inférieur à 30 000 tonnes par an. Cette dérogation concerne la quasi-totalité des méthaniseurs bretons. Ça tombe bien car ce passage à 70 °C coûte très cher, au point de compromettre la rentabilité d’une installation.

Des méthaniseurs qui doublent de volume

Toutes les unités de méthanisation relèvent du régime des ICPE, les installations classées pour l’environnement. Trois niveaux de réglementation existent. Le régime de « l’autorisation », le plus contraignant et contrôlé, comprend les installations qui consomment plus de 100 tonnes par jour de matières premières. Celui de « l’enregistrement » concerne un volume compris entre 100 et 30 tonnes par jour. Enfin, le plus léger, le régime de la « déclaration » couvre les sites inférieurs à 30 tonnes par jour.

Or, en Bretagne, l’écrasante majorité des projets se situent officiellement sous la barre des 30 tonnes par jour et donc sous le régime de la simple déclaration. Ainsi, pas besoin de passer par la case de la concertation ou de l’enquête publique, qui donnent parfois lieu à des débats houleux dans des salles municipales remplies de riverains inquiets, voire carrément furieux. Un caillou dans la chaussure plus difficile à éviter sous les régimes supérieurs, de l’enregistrement et surtout de l’autorisation, censés garantir l’expression citoyenne, en dépit de récents allègements.

Des contraintes dont certains porteurs de projet parviennent même, de fait, à s’exonérer. Il n’est pas rare de voir les volumes d’intrants augmenter en cours de route, au motif que des « apporteurs de matière » se manifestent ou qu’une banque débloque un crédit.

À Chavagne, en Ille-et-Vilaine, un méthaniseur d’une capacité de 29,8 tonnes par jour est entré en fonctionnement en octobre 2021, soit juste sous la limite du régime de l’enregistrement. Pourtant, la première salve de gaz vient à peine d’être injectée dans le réseau « que d’autres agriculteurs « apporteurs de matière » se sont manifestés pour participer au projet, raconte Romain Marqué, l’un des associés du méthaniseur. Ce n’était pas prévu. »

Une opportunité qui l’a conduit, avec ses associés, à demander à passer à 72 tonnes par jour, entrant dans le périmètre du régime de l’enregistrement. Le conseil municipal n’a pas franchement de marge de manœuvre. Le méthaniseur est déjà là, les investissements – 5 millions d’euros -, déjà réalisés.

Même scénario à Louvigné-de-Bais (Ille-et-Vilaine) avec un méthaniseur qui passe de 29,8 à 48,5 tonnes par jour en l’espace d’un an. Recalibrer un méthaniseur peu de temps après sa mise en service, « c’est peu recommandable et peu recommandé, résume Armelle Damiano, directrice de l’agence locale de l’énergie, AILE. Si on se lance avec une installation à 29,9 tonnes par jour et que six mois après on demande à passer à 40 tonnes, cela peut être difficilement acceptable pour les collectivités et témoigner d’un manque de transparence au stade projet. Une fois l’installation rodée, selon les opportunités, le captage de nouveaux gisements peut alors justifier une augmentation de puissance. »

Mettre la collectivité au pied du mur est une pratique courante. La DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) est le service de l’État chargé de recenser les installations de méthaniseurs en fonction de leur technologie. L’une convertit le méthane en chaleur et électricité, la cogénération ; l’autre l’injecte directement dans le réseau de gaz, l’injection.

En 2020, la DREAL sort la calculatrice : « 28 installations en cogénération [sur un total de 87] ont augmenté de puissance depuis leur mise en service. En moyenne les installations qui procèdent à une augmentation doublent de puissance. » Même chose pour la méthanisation en injection : « Neuf installations de méthanisation en injection [sur un total de 27] ont déjà procédé à une augmentation de [leur capacité maximale]. L’augmentation du débit d’injection intervient beaucoup plus rapidement qu’en cogénération. »

Un tiers des méthaniseurs augmente donc leur capacité en cours de route. Une décision qui ne peut s’improviser en raison des investissements nécessaires. Les augmentations de capacité interviennent ainsi rapidement après la mise en activité. Difficile d’imaginer que nombre d’entre elles ne soient pas étudiées dès le montage du projet.

Si le régime de la déclaration séduit autant, c’est aussi parce que « les ICPE [concernées] ne sont pas soumises à contrôles périodiques et n’ont lieu d’être contrôlées qu’en cas de plainte ou de signalement ou lors de campagnes ’’coup de poing’’ », observe la Cour des comptes dans son rapport de novembre 2021. Pas de signalement, pas de contrôle.

85 % des installations contrôlées ne sont pas dans les clous

Depuis près de dix ans, la réglementation qui encadre ces installations présentant des risques pour l’environnement ne cesse de s’assouplir. Avec son « choc de simplification », François Hollande avait commencé à la détricoter, en 2013. Depuis, d’autres garde-fous ont été supprimés, comme en 2018, sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Modifier des seuils qui font passer une installation du régime le plus contraignant à un régime intermédiaire, miser sur la confiance et l’autocontrôle des porteurs de projet, renvoyer les contrôles à des services de l’État de plus en plus dépeuplés… Gouvernement et législateurs, bien conseillés, savent quels curseurs bouger. D’autant qu’ils savent que sans contrôleur, pas de contrôlé.

Dans son rapport de 2021, la Cour des comptes démontre cette absence de contrôle, d’autocontrôle ou même de sérieux dans le suivi des sites de méthanisation. Les services d’inspection ne sont pas informés de la mise en service d’un nouveau méthaniseur. Difficile alors de contrôler quoi que ce soit. Des subventions publiques sont versées sans contrepartie, sans même celle d’une installation construite correctement. Le contrôle ponctuel des installations n’est quant à lui tout simplement pas fait.

À quoi bon se contraindre à respecter la loi si elle n’est pas appliquée, et que personne ne vient sanctionner ? Les directions départementales de la protection des populations (DDPP), rattachées aux préfets, confirment ce constat. Fin 2020, elles mènent une série de contrôles dans 14 établissements sur les plus de 150 installations existantes en Bretagne à l’époque. Dans 85 % des cas, les aménagements prévus dès le début du projet n’ont pas été réalisés. Il s’agit de cuves de rétention évitant des déversements accidentels dans le milieu naturel, de systèmes d’évacuation d’eaux pluviales, de clôture, d’alerte incendie. Autant de promesses d’aménagements non tenues.

L’État, laxiste

Les méthaniseurs ne sont pas tous très scrupuleux. Les services de contrôle de l’État, pas au rendez-vous. L’État lui-même ne montre pas beaucoup de zèle pour faire appliquer certaines directives européennes prises pour protéger l’environnement. L’une d’elles dispose qu’avant de valider l’implantation d’un méthaniseur, il soit nécessaire de prendre en compte « le cumul des incidences avec d’autres projets existants et/ou approuvés ». Car plus il y a de méthaniseurs, plus les risques augmentent. La France applique cette notion uniquement pour les installations de plus de 100 tonnes par jour, celles soumises au régime de l’autorisation pour les ICPE. Cela concerne seulement dix unités sur les 186 en fonctionnement en Bretagne au 1er janvier 2022.

À l’ouest de Rennes, la capitale de la méthanisation bretonne passe complètement sous ce radar. Sur le secteur d’Iffendic, on compte 14 méthaniseurs en fonctionnement. Quatorze autres le seront bientôt. Soit près de trente méthaniseurs sur une zone stratégique pour l’approvisionnement en eau potable des 450 000 habitants de Rennes métropole. Pourtant, tous ces méthaniseurs sont suffisamment petits pour esquiver la directive européenne et éviter les contrôles obligatoires, imposés aux plus grosses installations.

L’environnement breton pourrait faire les frais du développement de la méthanisation, structuré jusqu’en 2023 par le schéma régional de biomasse (SRB), élaboré en 2019. L’Autorité environnementale, entité indépendante chargée de l’évaluation environnementale, souligne la nécessité de revoir l’évaluation des incidences sur les sites Natura 2000. Dans leur mémoire en réponse, la Région et l’État disent avoir « adhéré à l’idée », mais l’appliquer dans « un SRB ultérieur ». Et quand l’Autorité environnementale leur demande de justifier pourquoi nombre de mesures d’évitement identifiées n’ont pas été appliquées, la Région et l’État sont limpides : c’est à cause de « l’absence de moyens de contrôle et de suivi permettant d’évaluer les incidences réelles de certaines mesures d’évitement ».

Dit sans élément de langage, on développe la filière, mais pour une partie des incidences environnementales, on verra plus tard.

Dans un autre avis, l’Autorité environnementale prévient : « Les pollutions qui découleraient de mauvaises pratiques en la matière pourraient pourtant inverser le bilan positif de la méthanisation. »

Et la question est brûlante : avec le projet de loi du gouvernement portant sur le développement des énergies dites « renouvelables », des associations écologistes s’élèvent déjà contre l’extension de dérogations et de dispenses d’études d’impact qui porteront préjudice à l’environnement. Le « biogaz » développé sans que ses moyens de contrôle ne se structurent, ajoute une menace sur la ressource en eau. Une de plus.

Splann ! est un média d’enquête à but non lucratif, fondé en septembre 2020 par des journalistes de Bretagne, sur le modèle de Disclose, son parrain. Il est reconnu comme service de presse en ligne depuis juin 2022. Son but est de délivrer des informations sensibles et à fort impact sur des sujets d’intérêt général, en français et en breton. Par souci d’indépendance, l’association ne fonctionne que grâce aux dons des citoyens et des associations. Pour les soutenir, c’est par ici.

Des informations à communiquer à Splann ? Écrivez-leur à splann [@] riseup.net et ils vous expliqueront comment leur joindre des documents de façon sécurisée.

13 septembre 2022 par Julie Lallouët-Geffroy

https://basta.media/

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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

élevage (solidarités ch)

Vache

L’élevage, c’est l’exploitation

Si l’élevage intensif est la forme paradigmatique du «système-viande» capitaliste, les enjeux sociaux et environnementaux concernent toute forme d’exploitation animale.

Quelques aspects historiques

Avant de devenir agriculteurice durant la période néolithique, nous étions chasseureuses-cueilleureuses durant 2,5 millions d’années. L’évolution vers l’agriculture qui a débuté vers 8 500 avant notre ère a permis à l’Homo Sapiens d’avoir une alimentation carnée plus fréquente, puisqu’il n’était plus nécessaire de chasser les animaux non-humains.

L’élevage, initialement prévu pour la consommation collective, s’est développé en monnaie d’échange et ensuite en activité lucrative. Depuis le commencement de l’élevage, l’humain utilisait la sélection génétique pour augmenter la production et assurer une disponibilité de nourriture régulière.

Au fil de temps, ce processus de sélection a été progressivement peaufiné et s’est drastique-ment accélérée à partir de la 2e Guerre mondiale. Depuis, la sélection génétique a pour but de maximiser les profits en contrôlant l’agressivité, la sexualité, l’apparence et les liens sociaux des animaux non-humains. Par exemple, les vaches que l’on peut voir dans les champs aujourd’hui sont radicalement différentes de celles d’il y a 8 000 ans. Les mutations apportées sont telles qu’elles engendrent des souffrances aux animaux – mais augmentent la production de viande.

Swissgenetics, l’entreprise leader de la semence de taureau en Suisse pour le commerce national et international, a un chiffre d’affaires annuel de 62,77 millions de francs.

La pratique de l’élevage que nos ancêtres ont initié afin de simplifier leur accès aux protéines contenues dans la chair et le lait des animaux est devenu une industrie pesant des milliards, avec pour but absolu la maximisation du profit.

Élevage et prolétarisation

Au fil du temps, les conglomérats et multinationales se sont substituées aux seigneur·e·s et les serf·es sont devenu·e·s… des prolétaires. Si la position sociale des éleveureuses est loin d’être uniforme, la plupart se rêvant petit·e-bourgeois·es, leur marge de manœuvre face aux distributeurs est nulle.

Pour les plus petites exploitations, la soumission de l’agriculture aux lois du marché pousse les éleveureuses à l’endettement, à de conditions de travail très difficiles, à l’isolement et même au suicide. Le taux de suicide chez les agriculteurices ne cesse d’augmenter depuis 2003, et le risque de suicide est 37% supérieur chez les paysan·ne·s en comparaison avec le reste de la population. Dans le canton de Vaud, pas moins de huit paysan·ne·s se sont donné·e·s la mort en 2016.

La position sociale des employé·e·x·s d’abattoirs, souvent migrant·e·s, est bien plus claire. Les troubles physiques et psychologiques dont iels souffrent est un archétype de l’aliénation. Les mouvements répétitifs pour démembrer le corps des animaux entraînent des douleurs chroniques, l’environnement insalubre provoques des maladies et les horaires de travail sont inacceptables. Une dissociation cognitive constante, l’exposition à la souffrance, la douleur et la mort d’autres animaux provoquent de graves traumas et troubles de comportement chez les travaileureuses de la filière.

Du côté des animaux humains réduit·e·s au rôle de consommateurices, l’impact de la consommation de produits animaliers sur leur santé est non négligeable – cancers, maladies cardio-vasculaires, obésité ou diabète, qu’on nomme pudiquement «maladies de civilisation».

De ce point de vue, l’élevage intensif n’est donc utile qu’aux propriétaires, conglomérats et multinationales de la viande, au détriment de l’ensemble de la population et des animaux non-humains.

Élevage et écologie 

Nous l’avons compris, et c’est d’autant plus vrai des pays industrialisés comme la Suisse, l’élevage n’est finalement qu’une carte de plus dans la main (bien visible) du capitalisme. Mais qu’en est-il des effets de cette pratique sur la planète ? N’avons-nous pas besoin d’élever des vaches pour pâturer nos champs ? Dans un pays montagneux comme la Suisse, avons-nous la surface agraire pour faire pousser tout ce que nous mangerions ?

L’élevage industriel présente un bilan carbone catastrophique. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont massives. Elles sont produites par la rumination des bovins, le transport international des animaux et de leur nourriture et les engrais. Il provoque aussi une déforestation et une dégradation des terres à large échelle. La concentration d’animaux favorise les crises sanitaires mondiales : covid, grippes porcines et aviaires, antibiorésistance – pour n’en citer que quelques exemples.

De plus, la production de l’alimentation destinée au bétail et à l’humain se trouvent actuellement en concurrence puisque l’on cultive du fourrage là où nous pourrions cultiver des denrées alimentaires.

Dans une étude suisse (PNR 69) issue du projet européen FoodBALL, deux scénarios alternatifs pour 2050 sont élaborés, et chacun aboutit à la même conclusion : si la population suisse mangeait plus de légumineuses et drastiquement moins de viande et que la concurrence de ces deux productions cessait d’exister, on aboutirait à une « augmentation de l’autosuffisance nette du secteur alimentaire suisse » et une baisse des dépenses alimentaires des consomma-teurices. Dans un contexte d’haute instabilité géopolitique, que la crise climatique va aggraver, assurer la souvraineté alimentaire doit constituer une priorité.

L’abolition de l’élevage permettrait également un rewilding (réensauvagement) du paysage alpestre suisse. Déjà réalisé dans d’autres pays, il est extrêmement bénéfique pour restaurer les écosystèmes, augmenter la biodiversité, lutter contre l’extinction des espèces, régénérer les sols et prévenir les inondations, entre autres.

Bio et local ?

Si l’abolition de l’élevage industriel ne fait pas débat au sein de la gauche, l’élimination totale de la consommation de produits d’origine animale divise les militant·e·s écosocialistes, qui peinent à y déceler une contradiction fondamentale. Pourtant, les arguments sont multiples. Précisons toutefois qu’ils s’appliquent principalement aux pays industrialisés et aux régions qui ont un potentiel agricole élevé.

En termes sociaux, le risque de contamination et de crise sanitaire persiste et les troubles psychologiques provoqués par le fait de devoir tuer des animaux avec qui les éleveureuses ont créé des liens n’est pas anodin.

Le bilan écologique de l’élevage bio de petites exploitations est déplorable. Une étude de 2020 démontre que la production de viande bio est tout aussi coûteuse pour l’environnement que la production de la viande non-bio en termes d’émissions de GES, d’utilisation d’eau et de surface agricole et de déforestation.

L’écosocialisme prône la sobriété énergétique. Pourquoi cet objectif ne concernerait pas les calories alimentaires ? Il est bien plus efficace de se nourrir directement des plantes, sans passer par l’intermédiaire des animaux.

En effet, pour obtenir 1kg de bœuf, il faut 42kg de nourriture ! Autrement dit, coloniser d’énormes surfaces pour une production inutile !  L’élevage, même bio et à petit échelle, est une passoire calorique. Quel militant·e «internationaliste» peut défendre une telle inefficacité alors que les famines dans le monde vont fortement s’aggraver avec le dérèglement climatique ?

Nous militons également pour abolir la violence, qu’elle se nomme féminicide ou guerre. Que dire alors de la violence inhérente à l’élevage ? Mettre à mort un être vivant qui a des émotions et peut ressentir de la douleur, reste non-éthique, que l’étiquette soit « bio et local » ou non. Peut-on sérieusement considérer que cette pratique à la base de notre système alimentaire n’a aucune influence sur les rapports sociaux ?

Pour la philosophe et militante féministe et antiraciste Angela Davis, « le véganisme fait partie d’une perspective révolutionnaire » justement car il donne la possibilité de construire une praxis cohérente, véritablement solidaire et respectueuse du vivant.

Réorientons-nous ensemble vers une alimentation végétale, respectueuse de tous les animaux (humains et non-humains) et de notre planète !

Lausanne, 27 août 2022 Julia Huguenin

https://solidarites.ch/journal/

Commentaire:

Salut

l’aspect historique ok mais l’émancipation paysanne existe et la lutte progresse
faire l’amalgame entre l’agriculture paysanne et industrielle c’est dégueulasse 
la misère sociale et physique dans les abattoirs c’est vrai un accompagnement est nécessaire
le bilan carbone est totalement différent entre l’industriel et le paysan
manger plus de légumineuses et moins de viande mais qui est contre?
un réensauvagement et c’est les seigneurs qui reviennent 
la mort d’un animal reste un acte pénible pour l »éleveur je ne cherche pas a fuir cette responsabilité
l’écosocialisme prone la sobriété dix petites fermes valent mieux qu’une grande
michel

 

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

cancer (of)

Assurance_maladie

Les cancers chez les adultes de moins de 50 ans augmentent partout dans le monde

Depuis 1990, le nombre de cancers à début précoce, c’est-à-dire diagnostiqués chez des adultes de moins de 50 ans, a augmenté de façon spectaculaire. La cause probable ? Le changement de nos modes de vie, de notre environnement, de notre alimentation…

En 2018, 9,6 millions de personnes sont décédées d’un cancer selon l’Observatoire mondial du cancer. Un chiffre qui risque d’augmenter dans les prochaines années. Car depuis 1990, le nombre de cancers à début précoce, c’est-à-dire diagnostiqués chez des adultes de moins de 50 ans, a augmenté de façon spectaculaire dans le monde entier, selon un article scientifique publié dans la revue Nature Reviews Clinical Oncology, le 6 septembre 2022. Le fait que le nombre de personnes atteintes de cette maladie soit en hausse dans la société moderne depuis les années 1940-1950 n’est pas une découverte mais les cancers à début précoce, si.

Pour l’affirmer, les chercheurs se sont penchés sur les personnes nées dans les années 1950 et 1960 et ont étudié leur taux de cancer à partir des années 1990. Ils ont examiné les données relatives à 14 types de cancer, que ça soit le cancer du sein, du foie, du rein, de la tête et du cou. Ainsi, grâce aux données mondiales, ils se sont aperçus que les maladies étudiées étaient en augmentation chez les adultes de moins de 50 ans entre 2000 et 2012.

Une épidémie mondiale émergente

«Nous avons constaté que ce risque augmente avec chaque génération », explique l’un des chercheurs, Shuji Ogino, pathologiste et épidémiologiste au Brigham and Women’s Hospital de Boston au média ScienceAlert. Il ajoute:« Par exemple, les personnes nées en 1960 ont connu un risque de cancer plus élevé avant d’avoir 50 ans que les personnes nées en 1950 et nous prévoyons que ce niveau va continuer à augmenter dans les générations successives ».

L’objectif des chercheurs était de savoir si le cancer à déclenchement précoce était devenu une épidémie mondiale émergente. D’après les résultats, la réponse est oui, depuis les années 90 notamment.

L’augmentation des dépistages a forcément contribué à ce phénomène. Plus on cherche, plus on détecte. Mais ce n’est qu’une partie de l’explication.

D’autant plus que les chercheurs notent que certains cancers à déclenchement précoce sont en augmentation même dans les pays qui n’ont pas de programme de dépistage… La raison, donc ? Le changement de nos modes de vie, de notre environnement… ou encore de notre alimentation et de l’apparition des aliments ultra-transformés.

Huit cancers en hausse liés au système digestif

« Parmi les 14 types de cancer en hausse que nous avons étudiés, huit étaient liés au système digestif », explique l’épidémiologiste Tomotaka Ugai de la Harvard Medical School à ScienceAlert. Sans parler des boissons sucrées, de l’obésité, de la sédentarité et de la consommation d’alcool qui ont tous significativement augmenté depuis les années 1950. Autre fait notable : contrairement aux adultes qui n’ont pas radicalement changé leur durée de sommeil, les enfants dorment beaucoup moins qu’il y a quelques décennies. Tout cela pourrait interagir avec les susceptibilités génétiques au cancer et le fonctionnement de cette maladie, selon l’étude.

Les chercheurs ne comptent pas s’arrêter là : ils souhaitent poursuivre leurs travaux et mettre en place des études de cohorte suivies dans le temps, afin de pouvoir observer l’évolution de la santé de jeunes enfants sur plusieurs décennies et déterminer ce qui faisait qu’une personne était atteinte d’un cancer dans le passé et aujourd’hui. Ils veulent également sensibiliser davantage le public et les professionnels de santé aux risques de cancers précoces.

 Juliette BROSSAULT.  13/09/2022

https://www.ouest-france.fr/

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15 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

sanofi (npa)

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