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15 août 2018 ~ 0 Commentaire

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Le 2 septembre, manifestation de masse contre le relèvement de l’âge de la retraite!

Contrairement à l’opinion de 90% des citoyens de Russie, la Douma d’Etat (parlement) a adopté le 19 Juillet en première lecture, un projet de loi pour relever l’âge de la retraite de 8 ans pour les femmes (63 ans) et de 5 ans pour les hommes (65 ans).

Nous avons déjà récolté 2,5 millions de signatures contre l’augmentation de l’âge de la retraite qui ont été envoyées à la Douma par la Confédération du travail de Russie. Des centaines de milliers de citoyens ont déjà manifesté dans les rues des villes russes. Mais seules des manifestations massives dans la capitale peuvent arrêter la réforme honteuse et injuste.

Dans cette situation, le quartier général de Moscou de la campagne « Le Peuple contre le relèvement de l’âge de la retraite » a décidé de tenir le 2 Septembre un rassemblement de masse dans la capitale pour exiger d’arrêter l’adoption du projet de loi scélérat. L’itinéraire exact et l’heure seront connus après la demande aux autorités. Mais il est nécessaire de préparer l’action aujourd’hui. Nous avons besoin d’agitation et de mobilisation.

Impliquez-vous dans notre travail!

Les objectifs immédiats de la campagne:

1. Développer le réseau de coordination de la campagne de protestation dans chaque district de Moscou.
2. Informez rapidement les Moscovites de l’heure exacte et du parcours du cortège
3. Attirer des dizaines de milliers d’habitants de la capitale en septembre.

Source

Lire aussi:

Russie : l’impopulaire réforme des retraites passe en première lecture (Capital)

En Russie, une réforme des retraites fait chuter la popularité de Vladimir Poutine (le Monde)

En Russie, le rejet de la réforme des retraites finit par mobiliser (La Croix)

soc russes

Facebook de nos camarades russes

Commentaire: L’espérance de vie est de 66 ans pour les hommes et 70 pour les femmes!

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15 août 2018 ~ 0 Commentaire

ogm monsanto 1 (le monde diplo)

 monsanto

Comment Monsanto vend les OGM

Enquête sur une stratégie de communication

Habituées à dicter leur loi aux gouvernements, les sociétés transnationales doivent maintenant compter avec un éveil civique susceptible de contrecarrer leurs projets. D’où la prolifération des « codes de bonne conduite » et autres « chartes éthiques » dont elles se dotent pour occulter ce qui reste leur unique objectif : garder les mains libres à l’échelle planétaire en vue de créer toujours plus de « valeur » pour l’actionnaire.

C’est dans le secteur de l’agrochimie qu’elles rencontrent le plus d’obstacles :

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne « passent » pas dans l’opinion, tout parti-culièrement en Europe, aucune étude scientifique n’ayant pu conclure ni à leur innocuité ni à l’absence de risques pour la biodiversité liés à leur dissémination accidentelle, ni même se prononcer sur leurs prétendus bienfaits.

Les grandes firmes du domaine, en premier lieu Monsanto, ont donc déployé une stratégie de contournement.

Il ne s’agit pas de prouver que leurs produits ne présentent aucun danger, mais de les promou-voir comme autant de remèdes aux problèmes de malnutrition et de santé publique du tiers-monde et, surtout, comme une solution de rechange à un péril, certes bien réel, celui des pesticides, avec des campagnes publicitaires minutieusement élaborées et massivement financées, elles espèrent bien « retourner » les esprits récalcitrants.

Etat d’urgence à Monsanto 

Après une alerte à la bombe sur son site français de Peyrehorade, dans le département des Landes, le numéro deux mondial des semences agricoles lance sur son réseau Intranet un protocole de sécurité en cas d’attaque cybernétique ou physique de ses employés. Ces derniers sont sommés de signaler tout comportement suspect, tout appel téléphonique non identifié et toute personne non badgée, ainsi que de fermer à clé toutes les portes, de verrouiller l’accès aux écrans d’ordinateur par des mots de passe et de ne pas utiliser de modem connecté à l’extérieur.

Quant aux entretiens avec des journalistes, ils sont interdits sauf aux personnes expressément mandatées. Cette culture du secret n’est, du reste, pas complètement étrangère à l’actuelle directrice de la communication de Monsanto-France, Mme Armelle de Kerros, une ancienne de la Compagnie générale des matières atomiques (Cogema). Ce qui n’empêche pas Monsanto d’afficher une volonté de « transparence »…

Depuis le scandale de Terminator, première plante tueuse de l’histoire de l’agriculture (1), l’entreprise est partagée entre paranoïa défensive et agressivité. Les ennuis commencèrent lorsqu’elle racheta la firme Delta & Pine Land pour la somme de 1,8 milliard de dollars. Monsanto récupérait à cette occasion un brevet qui permettait un « verrouillage » des semences grâce à une ingénierie génétique inhibant leur repousse d’une année sur l’autre, ce qui conduisit l’organisation RAFI (The Rural Advancement Foundation International) à surnom-mer « Terminator » cette technique de stérilisation. Devant le tollé international qu’elle provo-qua, le président de Monsanto, M. Bob Shapiro, annonça le retrait du produit, avant de donner sa démission.

Depuis lors, la multinationale a abandonné son slogan d’autrefois, « Nutrition, santé, avenir » et elle cherche à se reconstituer une notoriété. Produire des OGM (on parle pudiquement de biotechnologies) est, en effet, une entreprise à hauts risques, aussi bien en termes d’image que d’investissements. Sans parler des accidents biologiques possibles : menaces sur la biodi-versité et apparition d’insectes mutants, résistants aux insecticides incorporés dans les plantes transgéniques (2). Aux Etats-Unis, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a d’ores et déjà encouragé les agriculteurs à consacrer au moins 20 % de leurs terres à des plantations conventionnelles afin que des insectes non résistants au transgène Bacillus thuringiensis puissent se développer.

Autant d’aléas qui expliquent que, dans la valse des fusions-acquisitions et des restructu-rations, l’agrochimie, qui comprend les biotechnologies végétales (c’est-à-dire les OGM), soit systématiquement isolée des autres secteurs, de manière à compartimenter le risque trans-génique. C’est dans cette logique qu’Aventis cherche à se désengager de CropScience, sa branche agrochimique.

La firme avait en effet commercialisé le maïs transgénique Starlink, susceptible de provoquer des allergies chez les humains. Bien qu’il fût exclusivement destiné à l’alimentation animale, ce maïs s’était massivement retrouvé dans les chips et les corn-flakes des consommateurs améri-cains, ainsi que dans les gâteaux de la marque Homemade Baking vendus au Japon. C’est également dans ce contexte qu’est né, en octobre 2000, le premier groupe mondial d’agro-chimie, Syngenta, résultat de la fusion du suisse Novartis et de l’anglo-suédois Astra-Zeneca, qui réalisera un chiffre d’affaires d’environ 8 milliards d’euros.

Monsanto, après avoir fusionné avec la grande firme pharmaceutique Pharmacia & Upjohn, ne s’occupe désormais plus que d’agriculture, avec un chiffre d’affaires de 5,49 milliards de dollars en 2000. Elle a cédé à Pharmacia son médicament phare anti-arthritique, le Celebrex, pour se spécialiser dans la production de produits phytosanitaires, de semences agricoles et, plus particulièrement, de semences génétiquement modifiées.

Monsanto est maintenant le deuxième semencier mondial (après Pionneer),

Le deuxième phytosemencier après Syngenta et le numéro un en herbicides avec le Roundup, herbicide le plus vendu au monde (2,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2000, soit près de la moitié de celui du groupe). Son objectif est de faire accepter ses produits transgé-niques en persuadant l’opinion qu’il vaut mieux consommer une plante génétiquement modifiée qu’une plante aspergée de pesticides (3). Pour faire sauter les derniers obstacles, cette stratégie se pare d’atours philanthropiques et écologiques.

Ne lésinant pas sur l’« éthique », Monsanto a ainsi adopté en janvier 2001 une nouvelle charte contenant cinq engagements : « dialogue », « transparence », « respect », « partage » et « bénéfices ». Selon le directeur général de Monsanto-France, M. Jean-Pierre Princen, les consommateurs européens – les plus réticents aux OGM – doivent comprendre qu’un organis-me génétiquement modifié n’est rien d’autre qu’un organisme génétiquement amélioré. D’où la naissance du nouveau Monsanto, dit « projet M 2 » en langage interne : ses semences sont écologiques et bonnes pour la santé. Ceux qui en doutent sont simplement mal informés. Du passé faisons d’ailleurs table rase : qui se souvient que Monsanto produisait le défoliant, dit « agent orange », utilisé par les bombardiers américains pendant la guerre du Vietnam ?

Aujourd’hui, les équipes de la multinationale se réunissent à Hô Chi Minh-Ville pour y vendre leurs herbicides et pour y nouer des relations privilégiées avec les médias, les scientifiques et les membres du gouvernement vietnamien. Des Philippines à l’Argentine, il s’agit de disposer d’une latitude d’intervention sans limites : « Free to operate » carte blanche ») en jargon maison.

Un kit semence-herbicide

Pour la consommation externe, il conviendra donc de mettre en avant les vertus écologiques des OGM, dont le groupe commercialise deux variétés. Le gène Bt, d’abord, issu de la bactérie Bacillus thuringiensis, qui diffuse ses propres toxines insecticides, ce qui évite la vaporisation de pesticides supplémentaires : une récolte de coton dite « Bt », en subira seulement deux, au lieu de six à huit. Deuxième variété : le Roundup Ready, conçu pour résister à l’herbicide Roundup. L’agriculteur achète ainsi en kit à la fois la semence et l’herbicide ! Le Roundup est présenté par la firme comme un produit biodégradable, ce qui lui vaut un procès intenté par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de Lyon pour publicité mensongère.

Aux Etats-Unis, l’EPA estime que le volume annuel de glyphosate répandu se situe entre 20 et 24 mille tonnes (4).

Il est massivement utilisé pour la production de soja, de blé, de foin, dans les pâturages et les jachères. Depuis 1998, son utilisation a augmenté de quelque 20 % par an. Contenu dans le Roundup, il est l’herbicide le plus vendu au monde et rapporte chaque année à Monsanto environ 1,5 milliard de dollars. Le brevet a expiré en l’an 2000, mais la firme va conserver une partie du monopole grâce aux plantes génétiquement modifiées, conçues pour être tolérantes au glyphosate.

En Bretagne, le glyphosate figure parmi les polluants importants et réguliers 

Jusqu’à 172 fois la norme en octobre 1999 dans l’Elorn, qui alimente en eau potable le tiers du Finistère, « ce qui prouve que le Roundup, dit biodégradable, est une imposture », explique le docteur Lylian Le Goff, membre de la mission biotechnologies de l’association France Nature Environnement.

La pollution du sol, de l’eau et de l’eau de pluie, de l’ensemble de la chaîne alimentaire et de l’air par les pesticides est devenue un sérieux problème de santé publique que l’administration française a tardé à prendre en considération. D’où, pour le docteur Le Goff, « l’impérieuse nécessité d’appliquer le principe de précaution par une remise en cause de l’incitation à utiliser des pesticides, particulièrement lorsque celle-ci est encouragée par une publicité mensongère vantant l’innocuité et la biodégradabilité des produits à base de glyphosate ».

L’ingestion des pesticides par le consommateur serait nettement plus forte si les plantes génétiquement modifiées devaient se répandre, tant elles en sont imprégnées.

Comme les dioxines, les pesticides, dont le glyphosate, ne sont pas biodégradables dans le corps humain, et ils constituent une pollution invisible (5). Leurs molécules cumulent des effets allergisants, neurotoxiques, cancérigènes, mutagènes et hormonaux en altérant la fertilité des mâles. Leurs propriétés sont comparables à celles des hormones femelles, les oestrogènes : globalement, ces actions hormonales seraient responsables d’une baisse de 50 % du taux de spermatozoïdes durant ces cinquante dernières années. Si ce déclin spermatique devait continuer, le clonage s’imposerait à l’espèce humaine vers 2060 !

Outre leurs prétendues vertus de biodégradabilité, les semences transgéniques compatibles avec le Roundup sont présentées par Monsanto comme « amies du climat » (climate friendly), puisque leur usage permettrait aux agriculteurs de réduire, voire de cesser tout labourage, permettant le stockage dans la terre de doses massives de gaz carbonique et de méthane, ce qui réduirait de 30 % les émissions du gaz carbonique des Etats-Unis. Reste à expliquer en quoi une mise en culture non transgénique serait moins efficace…

Une seule certitude 

Les profits seraient moindres, notamment parce qu’une culture ordinaire se passerait de l’herbicide Round-up. La soudaine vocation écologique de Monsanto et le zèle de son « président pour le développement durable », M. Robert B. Horsch, convergent avec l’intérêt des vendeurs de droits à polluer, tels ces propriétaires terriens du Montana, d’ores et déjà rassemblés en une Coalition pour la vente de droits d’émission de gaz carbonique (6).

Si la phraséologie à usage externe du Nouveau Monsanto est centrée sur « la tolérance », « le respect » et « le dialogue », le vocabulaire stratégique se fait nettement plus cru en interne. La « philosophie » de la firme, telle qu’exposée par M. Ted Crosbie, directeur du programme de développement végétal, devant une assemblée de cadres de Monsanto-Amérique latine en janvier 2001, ne s’embarrasse pas de nuances : « Livrons en même temps le pipeline et l’avenir. » En clair, il s’agit d’inonder d’OGM les surfaces agricoles disponibles pour occuper le terrain, et de manière irréversible. L’Amérique latine est, de ce point de vue, « un environne-ment gagnant » : Monsanto évalue à 100 millions d’hectares les surfaces restant à « dévelop-per » dans le seul Brésil.

 Coauteure de Sauver la Terre, Fayard, Paris, 2003, d’une série documentaire, Terriens amers, paradis perdus, diffusée sur Arte en 2006, ainsi que d’un documentaire, Planète en otage, disponible auprès des Films du Village.

Juillet 2001 Agnès Sinaï

https://www.monde-diplomatique.fr/

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15 août 2018 ~ 0 Commentaire

plastique (l’obs)

plastique

Pourquoi il est urgent de faire sortir le plastique de votre vie

On le trouve dans l’eau, la terre et même dans l’air. Omniprésent, il pourrait perturber notre système hormonal, altérer la croissance, la fertilité, et le QI. Exposé des griefs

Le plastique, est-il dangereux pour la santé ? Pour les animaux marins, il est mortel : il suffit de regarder les photos chocs de tortues étranglées, de dauphins étouffés, et d’oiseaux ayant gobé ce matériau non biodégradable. Mais rien de tel chez l’homme. Pas de sacs, de bou-chons, ou de filets de pêche dans nos solides estomacs ! Et pourtant… Le plastique s’attaque aussi à nous. Mais cette fois, la menace est invisible, et on en connaît très mal les effets.

Microparticules envahissantes

A l’automne dernier, deux études américaines relayées par Orb Média ont révélé la présence quasi systématique de microparticules de plastique (moins de 5 millimètres) dans l’eau miné-rale (Evian, Nestlé, San Pellegrino…) et dans celle du robinet. Les sources de contamination sont nombreuses, depuis l’abrasion de nos vêtements synthétiques en machine à laver (polaires, gore-tex…) jusqu’aux poussières de bouchon émises lors du processus d’embouteillage. « On les retrouve dans les eaux de pluie, dans les lacs alpins, à des tailles toujours plus petites. »

Pas de doute : elles atterrissent aussi dans notre assiette.

Et une fois avalées, jusqu’où s’infiltrent-elles ? « Plusieurs études sur les poissons montrent que les microplastiques sont ingérés, mais qu’ils sont ensuite rejetés sans passer dans les chairs », rassure Johnny Gasperi. Mais dans son labo Evolution, écologie et paléonthologie de l’univer-sité de Lille, la chercheuse Virginie Cuvillier obtient des résultats plus inquiétants chez les invertébrés (insectes, crustacés, mollusques) :

« Ces microplastiques obstruent leur système digestif, altèrent leur croissance et traversent les tissus cellulaires. Et comme tout corps étranger dans un organisme, ils provoquent inflamma-tion et affaiblissement du système immunitaire. Ils ne sont donc pas neutres. On ignore pour l’heure si l’homme s’en sort mieux.

Perturbateurs endocriniens

Autre danger : exposés à la chaleur ou par simple contact, certains plastiques perturbent notre système hormonal, favorisant, quelle que soit la dose, cancers hormonodépendants (tels ceux du sein, de la prostate, des testicules), puberté précoce, baisse de la fertilité masculine, obésité ou encore baisse du QI.

C’est le cas du bisphénol A, interdit dans les biberons et tous les contenants alimentaires depuis 2015. Mais le polycarbonate (marqué du sigle PC accompagné ou non du chiffre 7) reste utilisé et on trouve encore des résidus de polyépoxyde dans des boîtes de conserve.

C’est le cas aussi des phtalates, « plastifiants » ajoutés à presque tous les plastiques pour leur donner souplesse et brillant. Certains sont interdits dans les jouets, mais ils restent omni-présents dans notre vie quotidienne (PVC, vernis à ongles, parfums, ustensiles avec revê-tement antiadhésif…). Et dans les jouets provenant de Chine, où l’on observe des taux élevés de phtalates interdits.

« Chez les animaux mâles qui subissent une féminisation des organes génitaux, on parle même de ‘syndrome phtalate’ ! », s’alarme André Cicolella, chercheur et lanceur d’alerte du Réseau Environnement Santé. Les substituts les plus courants ne sont pas plus rassurants, comme l’explique Alain Lenoir, chercheur émérite à l’université de Tours :  « Les phtalates interdits sont remplacés par d’autres pour lesquels aucun risque n’a été démontré pour la santé… Puisqu’on ne peut mener aucune expérience sur l’homme ! Il faudra attendre dix ou quinze ans pour observer d’éventuels effets. »

Gros pollueur

Troisième effet indésirable et invisible : le plastique est un énorme consommateur de pétrole et de gaz naturel, à la fois comme matière première et comme énergie nécessaire à sa fabrication et à son recyclage. La production de plastique pèse pour 3% dans les émissions de CO2 mon-diales, « l’équivalent des émissions du trafic aérien sur un an », a calculé Jean-Yves Wilmotte, à la tête de l’entreprise Carbone 4. C’est pas rien !

Précisons que le recyclage fait une nette différence : « 25 bouteilles de plastique neuf inciné-rées émettent jusqu’à 6 kilos de CO2, l’équivalent de 30 kilomètres en voiture. Mais si ces bouteilles sont issues de plastique recyclé et sont elles-mêmes recyclées, leur empreinte carbone chute à 235 grammes. »

Le bioplastique en revanche, n’a pas encore fait ses preuves

« Nous manquons d’études indépendantes sur le cycle du bioplastique », observe Jean-Yves Wilmotte. Les résultats diffèrent selon qu’elles proviennent de l’une ou l’autre des filières ! » Une chose est sûre : issu du blé, du maïs ou de la pomme de terre, il pourrait à terme entrer en concurrence avec la production alimentaire. Conseil de notre expert : « Au lieu de substituer du bioplastique au plastique, recyclons ! »

Morgane Bertrand 13 août 2018

https://www.nouvelobs.com/

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14 août 2018 ~ 0 Commentaire

oleg sentsov (courrier international)

sentsov-kolchenko

La mauvaise pente russe

“Je ne suis pas un serf”, expliquait en 2015 Oleg Sentsov aux juges du tribunal militaire russe qui l’interrogeaient au cours de la parodie de procès qui l’a condamné à vingt ans en prison.

À 42 ans, le cinéaste ukrainien, accusé de “complot terroriste”, est, après trois mois de grève de la faim, entre la vie et la mort. Dix ans après la disparition d’Alexandre Soljenitsyne, son combat, il réclame la libération de 70 prisonniers politiques ukrainiens, l’inscrit dans la longue liste des artistes et écrivains dissidents, héros solitaires des libertés perdues. Car la Russie de Vladimir Poutine est sur “la mauvaise pente”, reconnaissait récemment le journaliste Alexandre Podrabinek au micro de la chaîne suisse RTS.

Cet ancien dissident sait de quoi il parle 

Il fut condamné à la fin des années 1970 à l’exil en Sibérie, puis à la détention dans une colo-nie de rééducation par le travail. Certes, le goulag russe a officiellement fermé ses portes au milieu des années 1980. Mais la férocité du système carcéral, le déni des droits humains et l’autoritarisme du pouvoir de Vladimir Poutine en disent long sur l’érosion des libertés et l’état de peur qui règne en Russie.

La chancelière Angela Merkel, le président Emmanuel Macron, des artistes et intellectuels du monde ont beau réclamer depuis plusieurs semaines la libération d’Oleg Sentsov, le maître du Kremlin s’est jusqu’à présent montré inflexible.

Aujourd’hui ou demain, il sera trop tard.

Comme il fut trop tard pour Anatoli Martchenko, qui a obtenu il y a trente ans le premier prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Une reconnaissance à titre posthume : deux ans plus tôt, cet écrivain dissident russe s’était éteint dans la prison de Tchistopol à l’âge de 48 ans après une grève de la faim de trois mois. Il réclamait la libération de tous les prisonniers d’opinion soviétiques. “Il n’a jamais hissé le drapeau blanc de la reddition”, avait dit de lui sa femme, Larissa Bogoraz. On peut en dire autant d’Oleg Sentsov.

Eric Chol  14/08/2018
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13 août 2018 ~ 0 Commentaire

monsanto 5 (courrier international + sciences et avenir + fi )

monsanto tomato

Agrochimie, l’avenir s’assombrit pour Monsanto

La spectaculaire condamnation de Monsanto par la justice californienne, ce week-end, pourrait n’être que le prélude à des centaines de procès susceptibles de coûter des milliards de dollars au géant de l’agrochimie, tout juste racheté par l’allemand Bayer.

Le verdict est tombé “comme une bombe”, raconte Le Temps (Suisse). Vendredi soir, après huit semaines de procès et trois jours de délibérations, un jury californien a condamné Monsanto, “Monsatan”, pour ses nombreux détracteurs, à payer “289 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier américain de 46 ans”.

“Atteint d’un lymphome non hodgkinien en phase terminale, ce dernier avait attaqué Monsanto en 2016, estimant que les herbicides de l’entreprise à base de glyphosate, qu’il avait vaporisés régulièrement, étaient responsables de son cancer”, poursuit le quotidien suisse. La cour lui a donné raison, affirmant qu’il y avait un lien de causalité “considérable” entre le glyphosate et son cancer, et que Monsanto avait agi avec “malveillance” vis-à-vis de ses clients.

Un “coup dur” pour l’entreprise, qui perd “son premier procès sur le glyphosate aux États-Unis”, observe El País (Espagne), rappelant au passage que “le plus grand producteur de semen-ces transgéniques” est aussi “l’une des entreprises les plus controversées” du monde.

Monsanto, également fabricant du tristement célèbre agent orange, le défoliant utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, dans un communiqué cité par le Los Angeles Times : “Toute notre sympathie va à M. Johnson et sa famille”, mais la décision de justice “ne change rien au fait que plus de 800 études scientifiques et revues […] affirment que le glyphosate n’est pas cancérigène”.

Jurisprudence

De fait, les plusieurs organismes officiels soutiennent Monsanto, résultat de son intense travail de lobbying, assurent ses adversaires. L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), notamment, répète à l’envi que le glyphosate est inoffensif quand il est utilisé avec précaution. Mais la Californie l’a mis sur la liste des produits cancérigènes, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a conclu qu’il était “probablement cancérigène pour les humains”.

Le verdict californien, qui va faire jurisprudence, fait passer ce débat scientifique au second plan, selon Le Soir (Belgique). “Monsanto entre dans une phase de turbulences” et “l’ardoise pourrait s’élever à plusieurs milliards de dollars”, assure ainsi le quotidien belge. Car derrière M. Johnson, “ils sont plusieurs milliers de plaignants sur le territoire américain à fourbir leurs armes et à réclamer des indemnités”.

La BBC (Royaume Uni) estime elle aussi que “les implications du verdict se feront ressentir bien au-delà du siège de Monsanto” à Creve Cœur, dans le Missouri. L’un des avocats de M. Johnson, Brent Wisner, cité par le média britannique, a déclaré que cette décision n’était que “le fer de lance” de futurs procès.

Selon un décompte de CNN (USA), “plus de 800 patients ont traîné Monsanto en justice en 2017, affirmant souffrir d’un cancer provoqué par le Roundup. Depuis, des centaines d’autres plaignants : des malades atteints de cancer, leur conjoint ou leurs héritiers, ont également poursuivi Monsanto pour des raisons similaires.” La chaîne américaine cite un autre avocat de M. Jonhson, Timothy Litzenburg, pour qui “4 000 cas similaires sont en attente de procès dans les tribunaux de plusieurs États. C’est une grande victoire pour la santé humaine dans le monde”, dit-il.

13/08/2018

https://www.courrierinternational.com/

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Monsanto 2

Monsanto 3

Monsanto 4

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12 août 2018 ~ 0 Commentaire

monsanto 4 (fr3 + huff + of + rp)

Les réactions bretonnes à la condamnation de Monsanto aux États-Unis

Décision historique : le géant de l’agrochimie Monsanto est condamné à payer 289 millions de dollars de dommages à un jardinier américain atteint d’un cancer.

Selon les jurés, le Round Up a considérablement contribué à la maladie du plaignant. Les associations environnementales saluent la décision.

La décision d’un jury populaire américain est historique

La condamnation aux États-Unis du géant de l’agrochimie Monsanto à payer 289 millions de dollars de dommages à un jardinier américain atteint d’un cancer incurable. Les jurés ont estimé que l’utilisation de l’herbicide Round Up avait considérablement contribué à la maladie du plaignant, âgé de 46 ans. Une décision saluée par les associations environnementales bretonnes et les victimes de ces produits.

De nombreux agriculteurs concernés

Christian Jouault, est à la retraite aujourd’hui, pas très loin de Rennes. Il a passé toute sa vie dans les champs et avec ses animaux. Cet éleveur laitier et sa femme ont terminé leur carrière dans l‘agriculture bio, mais pendant plus de 20 ans ils ont manipulé de très nombreux pestici-des sans protection. C’est à ces produits que Christian attribue le décès de son épouse, morte d’un lymphome mais aussi le cancer de la prostate, que les médecins lui ont diagnostiqué il y a 4 ans. La décision du tribunal californien est une avancée pour l’agriculteur breton, même si cela reste insuffisant. « Ça veut dire qu’on va dans le bon sens, estime t-il, tôt ou tard ce sont des produits, qui seront interdits, mais ça n’est pas tout, ça continue d’être épandu et il y a encore des gens qui vont souffrir de l’utilisation de ces produits. »

« Un signal très fort envoyé aux politiques »

Pour Henri Busnel, du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, qui voit chaque mois la liste de victimes des pesticides s’allonger, la condamnation de Monsanto est une bonne nouvelle. Il attend désormais que les politiques agissent. « On espère que ça va donner un signal très fort aux politiques, qui continuent de faire comme si les choses pouvaient attendre encore 2 ans, 3 ans… Bien-sûr, c’est moins que ce que l’Europe voudrait accorder comme délai, mais c’est énorme pour les personnes, qui sont gravement malades ». Côté juridique, les avocats de victimes de produits phytosanitaires estiment que la décision du tribunal américain ouvre des perspectives intéressantes pour les professionnels intoxiqués.

Après les collectivités locales, les particuliers auront l’interdiction d’utiliser du glyphosate à partir de janvier 2019. Les professionnels eux peuvent continuer jusqu’en 2021.

Maylen Villaverde Thierry Bréhier Krystell Veillard  11/08/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Le glyphosate, une substance sur le banc des accusés à travers le monde (Le Huff’)

Procès Monsanto. « Beaucoup d’espoir » pour les victimes, selon l’agriculteur Paul François (Ouest France)

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12 août 2018 ~ 0 Commentaire

cancer (pùblico.es)

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Le blocus israélien interdit les traitements contre le cancer dans un hôpital de Gaza

Un nouvelle conséquence du blocus de Gaza par Israël

Un hôpital de la bande de Gaza a dû annuler le traitement des patients cancéreux en raison du manque de médicaments. L’hôpital Rantisi de la bande de Gaza, a été contraint de suspendre les traitements du cancer en raison du manque de médicaments pour chimiothérapie, conséquence directe du blocus par Israël, selon le ministère de la Santé de l’enclave.

« La mise en œuvre de la chimiothérapie pour les patients atteints de cancer à l’hôpital spécialisé de Rantisi sera suspendue dimanche matin », a indiqué un communiqué ministériel. La note assure qu’ils ont épuisé les réserves de médicaments pour chimiothérapie ainsi que du « Nubogen », utilisé pour augmenter l’immunité des patients.

Le ministère palestinien prévient que la vie de centaines de personnes atteintes de cancer est en danger. Le système de santé publique de Gaza, territoire palestinien isolé par onze années de blocus israélien, aggravé par le peu de passages vers l’Egypte ces dernières années, souffre d’une limitation des approvisionnements et donc de médicaments.

Il dépend également du ministère de la Santé de l’Autorité nationale palestinienne (ANP) de Cisjordanie, qui paye une partie du budget. Pour sa part, la Coordination santé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a récemment déclaré que le nombre élevé de victimes des manifestations depuis Mars (17 000, plus de la moitié par balles), augmente encore les besoins.

08/12/2018

https://www.publico.es/

Lire aussi:

“Collective punishment” of Gaza cancer patients denounced by human rightsorganisations (MAP)

Gaza. Les craintes d’une nouvelle guerre réveillent d’anciens traumatismes (Al’Encontre.ch)

Gaza. «Nous avons peur, mais nous n’avons pas peur en même temps», dit un Gazaoui (Al’Encontre.ch)

‘L’art est une forme de résistance’ : Des frappes aériennes israéliennes détruisent le centre culturel de Gaza (AMP)

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

monsanto 3 (ouest france)

pesticides

Condamnation de Monsanto. « Il faut sortir des pesticides », réclame la Confédération paysanne

La lourde condamnation du géant agrochimique américain Monsanto, vendredi aux États-Unis, pour ne pas avoir informé de la dangerosité du Roundup est « la preuve qu’il faut sortir des pesticides », a estimé samedi le porte-parole de la Confédération paysanne Laurent Pinatel.

« Ce jugement, c’est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu et donc des paysans et des paysannes, et puis par ricochet aussi de ceux qui consomment les produits », a indiqué M. Pinatel.

Un jury d’un tribunal de San Francisco a condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson. Ce jardinier américain de 46 ans estimait que les produits de Monsanto, et notamment le Roundup qu’il avait vaporisé pendant des années, avaient entraîné son cancer et que la multinationale avait sciemment caché leur dangerosité.

« Sortir de cette dépendance »

« Il faut absolument se donner les moyens de sortir des pesticides, de cette dépendance », a jugé Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne. Ceci nécessite selon le porte parole du troisième syndicat agricole français « des moyens techniques avec la recherche et puis des moyens économiques aussi, car les pesticides, c’est un outil de compétitivité dans la guerre économique ». « J’ai déchaumé chez moi cette semaine, je n’ai fait qu’un hectare et j’ai mis une journée », a-t-il témoigné. « Si j’avais passé un coup de Roundup, j’en aurais eu pour une heure ! »

Appel à la mise en place de politiques publiques

« Il y a cette promesse d’Emmanuel Macron de sortir du glyphosate », l’herbicide commercialisé entre autres sous le nom Roundup, a rappelé le responsable syndical. «Mais, de façon globale» , il appelle le gouvernement à « (accompagner) par des politiques publiques le passage d’une agriculture aujourd’hui avec béquille chimique vers une agriculture […] où on arrête d’utiliser des produits qui sont en train de tuer les paysans et les paysannes ».

Le groupe pharmaceutique et chimique Bayer, propriétaire de Monsanto depuis peu, a estimé samedi que le glyphosate était « sûr et non cancérogène ». Le gouvernement a promis en mai que le glyphosate, classé « cancérigène probable » depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), serait interdit « dans ses principaux usages » d’ici 2021, et « pour tous les usages » d’ici cinq ans.

11/08/2018

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

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Procès Monsanto. « Beaucoup d’espoir » pour les victimes, selon l’agriculteur Paul François

Après la condamnation de Monsanto aux États-Unis, l’agriculteur français Paul François, lui-même en procès contre le géant de l’agrochimie, estime que cela va donner « beaucoup d’espoir » pour les victimes. L’agriculteur Paul François, figure en France du combat contre Monsanto, a ressenti « beaucoup de joie » pour tous ceux qui se battent à travers le monde après la condamnation aux États-Unis du géant agrochimique.

« J’ai pensé à eux en me disant que cette décision allait les aider et leur donner beaucoup d’espoir », déclare samedi à l’AFP le président de l’association Phyto-victimes et auteur du livre « Un paysan contre Monsanto ».

« Le délibéré est fort »

Un tribunal de San Francisco a condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup à l’origine du cancer de Dewayne Johnson, un jardinier américain. En apprenant cette décision, le céréa-lier, lui-même en procès contre Monsanto, explique avoir pensé aux victimes des épandages de glyphosate en Argentine « souvent désespérées » « qui n’ont que leur courage pour se battre », aux Burkinabés « avec moins que rien » ou encore à « tous les agriculteurs qui ont développé les mêmes pathologies que ce jardinier américain ».

« La décision américaine ne pourra pas faire jurisprudence en France mais les avocats pourront s’en servir dans leur argumentation », car « la décision américaine est argumentée », explique l’agriculteur. Même si « cette condamnation n’est pas définitive », « le délibéré est fort et stipule que Monsato a manqué à son devoir de bienveillance vis-à-vis de ses clients, à son devoir d’information sur les risques », ajoute-t-il.

Son dossier toujours en cours

Paul François, agriculteur charentais, avait lui été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto qu’il utilisait dans sa culture du maïs. Après des années de procédure, Monsanto a été reconnu responsable de l’intoxication de cet agri-culteur devant la cour d’appel de Lyon en septembre 2015 mais cette décision a ensuite été annulée à l’été 2017 par la Cour de cassation. Son dossier sera à nouveau débattu le 6 février 2019.

« Je pense que cette décision va donner un argument de poids à Nicolas Hulot pour dire à ces collègues européens qu’il est urgent de mettre en place un calendrier de sortie du glyphosate en Europe », ajoute Paul François qui attend « que les gouvernements prennent leur responsabilité ».

11/08/2018

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

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Comment Monsanto a toujours tout fait pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs

Une enquête du « Monde » a montré comment le géant des produits phyto-sanitaires a contré les études sur la dangerosité du glyphosate, composant de l’herbicide Roundup. Et ce n’est pas la première fois que la firme américaine utilise ce type de méthodes très controversées. 

Un géant des produits phytosanitaires à la réputation sulfureuse. En 2016, Monsanto a dégagé un chiffre d’affaires de plus de 13 milliards de dollars. Notamment grâce à son produit phare : le glyphosate, présent dans le désherbant Roundup. Un puissant herbicide de plus en plus décrié, et qui a valu à la firme américaine d’être condamnée, vendredi 10 août, à verser près de 290 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier malade d’un cancer causé par l’utilisation de pesticides commercialisés par Monsanto.

Mais Monsanto ne se résume pas seulement au glyphosate.

Le groupe, fondé à Saint-Louis dans le Missouri (Etats-Unis), en 1901, s’est d’abord distingué en devenant le numéro 1 mondial dans la production de la saccharine, un édulcorant artificiel. Rapidement, l’entreprise s’est diversifiée dans la fabrication d’herbicides, puis les biotechno-logies. Et les scandales ont commencé à fleurir. Franceinfo revient en cinq histoires sulfu-reuses sur la trajectoire de cette firme américaine en passe d’être rachetée par un autre géant de l’agrochimie, l’allemand Bayer.

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1/ Le scandale de « l’agent orange »

Dans les années 1940, Monsanto fabrique l’herbicide 2,4,5-T. Ce produit contient des dioxines et intéresse dans les années 1960 l’armée américaine, qui y voit une arme chimique poten-tielle. Les forces américaines sont, à l’époque, tenues en échec au Vietnam. Entre 1965 et 1973, des avions de l’US Air Force déversent, au-dessus des forêts du pays, 80 millions de litres du puissant herbicide, appelé désormais « l’agent orange ». Il est fabriqué par Monsanto, ou encore Dow Chemical. L’objectif : éliminer la végétation où se cachent les combattants du Vietcong.

Les conséquences sont désastreuses pour la nature et pour des millions habitants, mais aussi pour des milliers de vétérans du Vietnam : cancers, malformations congénitales, maladies du système nerveux. Les dégâts se font sentir plusieurs années après les épandages, car « la dioxine [présente dans "l'agent orange"] étant une molécule très stable, elle tend à rester dans l’environnement », explique France Inter. « Personne à l’époque n’imagine que tout cela était dû aux poisons venus du ciel », confie à la radio Tran To Nga, française d’origine vietnamienne. D’ailleurs, la propagande américaine distribue à cette période des tracts affirmant l’innocuité du produit.

Or la dangerosité de l’herbicide était connue des géants de l’agrochimie depuis les années 1940. Les premières victimes étant les ouvriers des usines fabriquant l’herbicide. « Ils ont souffert d’inflammations cutanées, de douleurs inexplicables des membres, des articulations et d’autres parties du corps, d’affaiblissement, d’irritabilité, de nervosité, de baisse de la libido », selon Peter Sills, auteur de Toxic war : the story of agent orange.  Les notes internes montrent que la compagnie savait que ces hommes étaient malades, mais qu’elle en dissimulait les preuves.

En 1949, une usine de Monsanto à Nitro, en Virginie (Etats-Unis) est touchée par une explo-sion. Plus de deux cents ouvriers développent à leur tour des chloracnés. La cause de ce trouble : les dioxines contenues dans  « l’agent orange ». Dans les années 1970, des vétérans américains du Vietnam ouvrent une class action (une action collective) contre les producteurs de l’herbicide. Durant ce procès, Monsanto présente des études scientifiques censées prouver l’absence de lien entre l’exposition à la dioxine et les maladies des soldats.

Or, au début des années 1990, il est démontré que ces études étaient biaisées, poursuit Le Monde. Au final, Monsanto et six autres producteurs de l’herbicide sont condamnés « pour empoisonnement » à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains. Aujourd’hui, la firme se dédouane de toute responsabilité. Elle souligne que le produit était fabriqué pour le gouvernement. « C’est lui qui a déterminé quand, où et comment l’utiliser », précise-t-elle dans un communiqué.

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2/ Les grandes dissimulations autour des PCB

Autre époque, autre produit chimique. En 1935, Monsanto rachète la Swann Chemical Com-pany, qui a mis au point les polychlorobiphényles (PCB). Pendant plus de quarante ans, Mon-santo a déversé des milliers de tonnes de déchets contaminés, issus de son usine de fabrica-tion des PCB, dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur d’un quartier de la ville d’Anniston peuplé de Noirs, en Alabama (Etats-Unis), comme l’a montré le documentaire de Marie-Monique Robin Le Monde selon Monsanto.

En 2001, 3 600 habitants de la ville, qui souffrent de cancers, attaquent le géant de l’agrochi-mie. Pendant le procès, des notes confidentielles révèlent que Monsanto a dissimulé la dan-gerosité du produit. « En 1966, des responsables de l’entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s’ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l’ont dit à personne ».

Par ailleurs, une étude menée par Monsanto en 1975 montre que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. Mais la firme change les conclusions, de  »légèrement tumorigènes » à « n’apparaît pas cancérigène ».

« Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar ». Mémo interne de Monsanto.

La firme connaissait donc la dangerosité de son produit, dès la fin des années 1960. Mais l’entreprise a arrêté totalement de commercialiser les PCB seulement en 1977, rappelle The Guardian (anglais), qui s’est penché sur plus de 20 000 mémos internes, mis en ligne début août. Contacté Scott Partridge, le vice-président de la stratégie de Monsan-to a rétorqué  »qu’à l’époque où Monsanto fabriquait des PCB, c’était totalement légal et approuvé. Monsanto n’a donc aucune responsabilité dans la pollution causée par le rejet par ceux qui ont déversé des PCB dans l’environnement ».

La firme a été reconnue coupable en 2002 d’avoir pollué « le territoire d’Anniston et le sang de sa population avec les PCB ». La multinationale a été condamnée à verser 700 millions de dollars de dommages et intérêts à la ville d’Anniston.

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3/ Les pressions pour défendre l’hormone de croissance bovine

Si Monsanto n’aime pas les scandales, la firme déteste encore plus ceux qui les provoquent. Les deux journalistes américains Jane Akre et Steve Wilson, de Fox News, en ont fait les frais. Après avoir enquêté sur les dangers du Posilac, l’hormone de croissance bovine, rBGH, fabriquée dans les années 1980 par Monsanto, les deux journalistes du groupe Murdoch ont été licenciés. Leur reportage n’a jamais été diffusé, comme le raconte Marie-Monique Robin dans Le Monde selon Monsanto.

Quel est le problème avec la rBGH ?

Cette hormone transgénique, injectée aux vaches, permet d’augmenter la production laitière de 15 à 20%. La vente de cette hormone, sous le nom de Posilac, est autorisée aux Etats-Unis en 1994. Mais rapidement, des mammites chez les vaches (infection des pis), des fragilités osseu-ses et des malformations chez les veaux, sont constatés, détaille Marie-Monique Robin. Pour faire face à ces symptômes, les éleveurs multiplient les traitements à base d’antibiotiques sur leurs bêtes. Conséquences : des traces de ces antibiotiques sont retrouvées dans le lait.

Le Canada est le premier pays à refuser la commercialisation du Posilac en 1999 malgré les pressions de Monsanto. Le documentaire raconte en effet comment la firme américaine  a  proposé un à deux millions de dollars à des agents de l’agence gouvernementale, Health Canada, pour qu’ils homologuent le produit.

Un an après, l’Europe lui emboîte le pas.

L’hormone de croissance bovine y est interdite définitivement. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) établit que les résidus dans les viandes de bovins traités aux hormones présentent des risques pour la santé humaine. Monsanto a long-temps défendu son hormone de croissance, assurant qu’il n’y avait  »aucune différence entre le lait des vaches recevant un complément de Posilac et le lait des vaches qui n’ont pas reçu de Posilac ». Finalement au courant de l’année 2008, la firme renonce à la fabrication du Posilac. Monsanto justifie alors cette décision par son souhait de se concentrer sur les semences agricoles.

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4/ Des procès pour protéger ses OGM

Dans les années 1990, Monsanto reçoit les autorisations pour commercialiser ses semences génétiquement modifiées et résistantes au glyphosate. Parmi elles : le soja Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready. « L’emprise de Monsanto est déjà quasi-totale aux Etats-Unis : plus de 90 % du soja et 80% du maïs sont produits à partir de ses semences. Les agriculteurs sont ainsi prêts à payer deux fois plus cher que pour des graines normales, avec la promesse d’obtenir une meilleure résistance aux insectes, à la sécheresse… et aux herbicides produits par Monsanto ! »

Les semences sont protégées par les brevets pendant vingt ans.

Durant cette période, Monsanto conserve son monopole et peut engranger un maximum de bénéfices. C’est pourquoi la firme va défendre ardemment ses OGM aux dépens parfois de petits agriculteurs. « Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d’avoir utilisé ‘frauduleusement’ ses semences transgéni-ques brevetées, c’est-à-dire de les avoir replantées ».

Ainsi en 2013,  la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison à Monsanto, dans un litige qui l’opposait à un petit fermier de l’Indiana. Ce dernier était accusé d’avoir enfreint ses brevets dans l’utilisation de graines de soja transgéniques. Le fermier de 75 ans a été condamné à verser 85 000 dollars au géant de l’agrochimie.

Monsanto justifie sur son site ses différentes actions en justice : « Sans la protection des brevets, les entreprises privées n’auraient guère intérêt à poursuivre dans cette voie et à réinvestir dans l’innovation. Monsanto investit plus de 2,6 millions de dollars par jour en recherche et développement, investissements qui bénéficient en dernier ressort aux agriculteurs et aux consommateurs. » 

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5/ Des rapports scientifiques manipulés sur les effets du glyphosate 

Le désherbant Roundup, mis sur le marché en 1974, a également fait la fortune de Monsanto. En 2014, 826 000 tonnes de glyphosate ont été vendues sur la planète, selon une étude de  l’Environmental Sciences Europe, ce qui en fait le numéro 1 mondial des herbicides. Et pour implanter son produit, le géant de l’agrochimie n’a pas lésiné sur la publicité. En 1990, un spot publicitaire met en scène un agriculteur qui explique que « Roundup il y a pas mieux pour désherber » et qu’il « n’hésite pas à en mettre partout » dans les champs.

Sept ans plus tard, un autre clip publicitaire a envahi les écrans de télévisions. Le Roundup est présenté comme le premier désherbant « biodégradable », qui « ne pollue ni la terre, ni l’os de Rex ». Pour cette dernière publicité, Monsanto a été condamné deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour « publicité mensongère », comme le rappelle Le Monde. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé officiellement en 2015 le glyphosate comme cancérogène pour l’animal et  « cancéro-gène probable » pour l’homme.

Mais Monsanto n’a pas tardé à répliquer. Sa stratégie ? Le « ghost-writing », ou « écriture fantô-me ». « Nous sommes face à un énorme scandale sanitaire », estime Marie-Monique Robin, dans son documentaire, Le Roundup, diffusé sur Arte. Des scientifiques, rémunérés par la multina-tionale, ont signé des textes montrant que le glyphosate n’est pas cancérigène. Or les grandes agences réglementaires (EPA aux Etats-Unis, EFSA et ECHA en Europe), chargées d’évaluer la dangerosité d’un produit avant et après sa mise sur le marché, se sont basées sur les données fournies par Monsanto. Monsanto France assure que « dans la situation où des scientifiques Monsanto ont pu être impliqués pour aider à la rédaction de ces documents, leur participation était complètement appropriée, circonscrite et clairement énoncée. »

La firme refuse par ailleurs systématiquement de venir s’expliquer sur le glyphosate devant les députés européens.

« Les eurodéputés essayent de faire le procès du glyphosate », a expliqué Monsanto France. Mais en coulisses, les soutiens s’activent. A commencer par la Glyphosate Task Force qui regroupe des industriels. Certains syndicats agricoles sont également des partisans de ce produit. En septembre dernier, la FNSEA (premier syndicat agricole français) a ainsi organisé une manifestation sur les Champs-Elysées, à Paris, pour défendre l’herbicide. Les Etats membres de l’Union européenne doivent se prononcer le 25 octobre sur un prolongement, ou non, de dix ans de mise sur le marché du glyphosate.

Carole Bélingard 11/08/2018
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