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28 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

Eaux (Lutte Ouvrière)

eau e

Eau du robinet plus chère, moins sûre

« Ils polluent, on paie », dénonce l’UFC-Que Choisir dans une campagne sur le prix de la dépollution de l’eau du robinet.

Selon l’association, le taux de conformité de l’eau potable en France est passé de 95 % en 2021 à 85 % en 2025, en raison de la pollution aux nitrates, pesticides et polluants éternels (PFAS) rejetés par l’activité agricole et industrielle et qui sont de mieux en mieux détectés.

Le coût de la dépollution, d’un milliard d’euros en 2025, pourrait exploser pour atteindre 13 milliards d’euros annuels.

Or, le traitement de l’eau est à la charge des distributeurs d’eau. Il existe bien une « redevance pour pollutions diffuses » payée par les vendeurs et les utilisateurs de pesticides, mais elle n’a rapporté que 188 millions d’euros en 2023. Les industriels dont les usines déversent des PFAS dans l’environnement ne sont pas mis à contribution : une loi instaurant une taxe sur les usines rejetant des PFAS a bien été votée en 2025, mais, faute de décrets d’application, elle n’est toujours pas en vigueur.

Lundi 17 novembre, dans le cadre de l’examen du budget 2026, les députés en ont voté une nouvelle version et demandé au gouvernement de l’appliquer l’année prochaine, tandis que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, soutenait sans vergogne un amendement la reportant à 2027. La mise au point du budget 2026 n’étant pas terminée, celle de la taxe sur les PFAS peut encore connaître bien des rebondissements.

Les distributeurs n’ont, en revanche, pas attendu pour répercuter les frais de dépollution sur les factures des particuliers, qui ont grimpé de 16 % depuis 2023.

Les grandes entreprises agricoles et les industries polluantes ont visiblement un adage conforme au fonctionnement de toute l’économie capitaliste : « Après moi, le déluge… d’eau polluée ».

Claire Dunois 26/11/2025
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27 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

Mort au travail (L’Humanité)

macron flics

Derrière les 1 300 victimes recensées en 2024, un bilan tronqué par les accidents non déclarés par les employeurs

Malgré la hausse dramatique des décès au travail, les employeurs minimisent les accidents pour éviter les sanctions.

D’après le dernier rapport de l’Assurance maladie, jamais le travail n’avait autant fait de victimes en France depuis vingt ans. Ces chiffres tragiques masquent toutefois une sous-déclaration massive des accidents, dénoncée par les syndicats.

C’est un « record » dont la France se serait bien passée : en 2024, près de 1 300 personnes (1 297 très exactement) ont perdu leur vie au travail, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré depuis vingt ans, selon le dernier rapport annuel de l’Assurance maladie.

Les tableaux statistiques ne disent rien de la tragédie vécue par les familles de victimes, pas plus qu’ils ne rendent leur identité à des travailleurs tombés dans l’anonymat, mais les professionnels le savent : il faut en passer par cette comptabilité morbide pour faire bouger les lignes.

Une hausse inquiétante de la mortalité au travail sous Emmanuel Macron

Parlons chiffres, donc. 764 salariés ont perdu leur vie lors d’un accident du travail (AT), 318 lors d’un accident de trajet (entre le lieu de travail et le domicile) et 215 sont morts en raison d’une maladie professionnelle (MP). En tout, l’Assurance maladie recense 716 475 accidents du travail reconnus (pour 761 306 déclarés).

Ce sont les manutentions manuelles (transport ou soutien d’une charge) et les chutes…

 25 novembre 2025   Cyprien Boganda

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26 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

HIV Sida (Le Figaro)

macron

La lutte mondiale subit son «revers le plus important depuis des décennies», selon l’ONU

Dans un rapport publié en amont de la Journée mondiale, l’Onusida alerte sur les conséquences d’une baisse « brutale » des financements internationaux aux programmes de lutte contre le Sida.

Des médicaments moins accessibles, des dispensaires contraints de fermer, des programmes de prévention et de dépistage arrêtés… La riposte mondiale contre le VIH subit « son revers le plus important depuis des décennies », a annoncé mardi l’Onusida dans son rapport 2025, publié en amont de la Journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre. La crise de l’aide internationale a provoqué une « onde de choc » dans les pays fortement touchés par la maladie et a « plongé la riposte au sida dans la tourmente », avec «des perturbations massives de la prévention du VIH et des services communautaires, en particulier pour les plus vulnérables».

« Derrière chaque donnée de ce rapport se trouvent des personnes – des bébés et des enfants manqués par le dépistage ou le diagnostic précoce du VIH, des jeunes femmes coupées du soutien à la prévention, et des communautés soudainement laissées sans services ni soins. Nous ne pouvons pas les abandonner », plaide dans un communiqué Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida.

« Les coupes sont dramatiques et généralisées »

En cause, les « coupes budgétaires internationales brutales de nombreux donateurs », à commencer par l’arrêt des financements américains en février. Ce désengagement international a « provoqué une onde de choc dans les pays à revenu faible et intermédiaire fortement touchés par le VIH », avec « des conséquences dévastatrices », a déclaré à Genève Winnie Byanyima.

L’Amérique de Donald Trump n’est pas seule en cause, a-t-elle souligné : d’autres grands donateurs ont également considérablement réduit leur aide publique au développement, et l’OCDE estime que l’aide sanitaire extérieure devrait chuter de 30 à 40 % en 2025 par rapport à 2023. « Les coupes sont dramatiques et généralisées », a déploré Winnie Byanyima.

En outre, le nombre de pays criminalisant les relations sexuelles entre personnes de même sexe et l’expression de genre a augmenté en 2025, pour la première fois depuis que l’Onusida a commencé à surveiller les lois punitives en 2008, perturbant encore l’accès aux services liés au VIH.

Nous savons ce qui fonctionne – nous disposons de la science, des outils et des stratégies éprouvées. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de courage politique. Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida

Winnie Byanyima a estimé que, faute de mesures adéquates, on pouvait redouter « 3,3 millions de nouvelles infections supplémentaires » d’ici 2030, loin des objectifs fixés par la Stratégie mondiale contre le sida. Une menace particulièrement regrettable alors que des innovations médicales permettraient d’éviter des dizaines de milliers de nouvelles infections, à condition qu’elles soient rendues accessibles. « Nous savons ce qui fonctionne – nous disposons de la science, des outils et des stratégies éprouvées, a déclaré Winnie Byanyima. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de courage politique. »

Accords bilatéraux

Face à ces difficultés, certains pays ont néanmoins pris des mesures pour compenser la baisse des financements internationaux. Ainsi, le Nigeria, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et la Tanzanie, cite l’Onusida, se sont engagés à accroître les investissements nationaux dans les services liés au VIH. Par ailleurs, de nouveaux partenariats ont été noués pour « assurer un accès généralisé à des formulations génériques abordables de médicaments vitaux », indique l’Onusida. Les États-Unis ont établi des accords bilatéraux avec environ 70 pays pour continuer le financement tout en assurant un transfert progressif vers des ripostes nationales autonomes.

Quant à la Huitième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, organisée vendredi à Johannesburg en marge du G20, elle a généré des promesses de dons de 11,34 milliards de dollars. Loin cependant « des 18 milliards visés », regrettaient vendredi plusieurs associations de lutte contre le Sida dans un communiqué commun (Action Santé Mondiale, Aides, Coalition PLUS, ONE et le Sidaction).

Le communiqué note que « la France s’affiche en grande absente de la lutte contre les pandémies en ne contribuant pas à la reconstitution des ressources du Fonds mondial ». « Jusqu’ici deuxième contributeur du Fonds, dont elle avait même largement participé à la création », la France n’a cette fois-ci pris aucun engagement. Le Fonds mondial a toutefois précisé que Paris s’était engagé à maintenir en l’état sa contribution (1,6 milliard de dollars en 2022), mais ne sera « en position de confirmer cet engagement que le mois prochain ».

https://sante.lefigaro.fr/

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25 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

PFAS (Inprecor)

biocides

Belgique : Les PFAS, ce poison du capital

On ne les présente plus. De scandales en révélations, les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) se sont faits une place régulière dans les journaux : eaux et sols massivement contaminés, aliments déconseillés à la consommation, et une large part de la population touchée avec des risques pour la santé. Les PFAS sont partout, depuis nos poêles à frire jusqu’à un simple verre d’eau. 

Une bombe à retardement

Ce sont les atouts des PFAS qui en font aussi leur problème. Faciles à produire, résistants à la chaleur, antiadhésifs ou encore antiadhérents, parfaits pour produire moins cher et faire tourner la consommation avec toujours de nouveaux produits au propriétés bien utiles. Mais aussi parfait pour se déposer durablement dans les eaux, les sols, l’air, et la chaire.

Le premier d’entre eux, qui deviendra ce qu’on connaît sous le nom de Téflon, a été découvert suite à une réaction imprévue par un chimiste de l’entreprise Dupont en 1938. Une de ses premières utilisations fut pour la production de … la bombe atomique. Guerre et capital ne sont jamais bien éloignés.

Il faudra cependant attendre 1999, soit plusieurs décennies et après l’apparition de nombreux autres PFAS, pour qu’un avocat enquête sur la contamination des eaux par l’entreprise … Dupont, entamant une série sans fin de révélations sur la toxicité et la contamination des PFAS1.

Entretemps, les PFAS ont eu le temps d’intégrer énormément de produits de consommation : des poêles Tefal jusqu’aux cosmétiques, en passant par la mousse servant aux pompiers pour éteindre les incendies, la fabrication de microprocesseurs, des pesticides, des peintures, des emballages et contenants alimentaires, certains médicaments, des vêtements, ou encore des produits de nettoyage. Ils sont également utilisés lors de processus industriels, et sont relargués en masse de certaines usines.

C’est ainsi que, depuis 2021, les PFAS se sont fait un nom en Belgique : contamination massive jusqu’à 15km autour de l’usine 3M à Zwijndrecht, contamination de l’eau potable à la base militaire de Chièvres depuis 2017 au moins (contaminant notamment l’eau potable de Beauvechain), contamination autour de l’usine Sicli à Uccle, etc.

Le 18 avril 2025, l’ISSEP (institut scientifique de service publique) a publié une étude sur l’imprégnation des PFAS dans les communes surexposées : 46,4% de la population testée ont un niveau de PFAS où il y a un risque accru d’effets indésirables sur la santé2.

Les PFAS sont associés à de nombreuses maladies métaboliques, depuis des problèmes de développement fœtaux jusqu’aux cancers, en passant par la perturbation du taux de cholestérol ou encore de l’immunité (plus faible, moindre réponse aux vaccins), risques de ménopauses et pubertés précoces, atteintes de la thyroïde, diabète, parmi bien d’autres.

Les PFAS ont également des conséquences sur la faune et la flore, notamment sur la biodiversité et les capacités reproductrices des animaux, particulièrement des animaux marins (des effets ont aussi été observés chez les oiseaux). En tant que perturbateurs endocriniens, les PFAS provoquent de nombreux problèmes métaboliques et reproductifs aussi sur les animaux et le vivant.

Selon une estimation, l’inaction vis-à-vis de la pollution des PFAS coûterait entre 52 et 84 milliards par an pour les systèmes de santé de l’ensemble des pays européens3. Dépolluer les PFAS coûterait 100 milliards d’euros par an, selon près d’une trentaine de médias européens4.

L’impuissance relative des institutions néolibérales

Les doutes autour des conséquences sur la santé des PFAS semblent remonter aux années 1970, où des documents industriels confirment que les entreprises savaient les potentiels dégâts des PFAS sur la santé5. Cependant, sur le modèle des cigarettiers et de l’industrie de l’amiante, il aura fallu bien plus longtemps pour que les études scientifiques publiques mettent à jour les conséquences réelles.

Suite à ces révélations et scandales, le monde associatif et les institutions ne sont pas restés immobiles. A ce titre, l’exemple de la France est très illustratif.

En effet, en 2025 la France a adopté une loi à la fois forte et très limitée6 pour restreindre les PFAS. Cette loi fait suite à une assez forte mobilisation citoyenne (notamment autour de la militante Camille Etienne), et a été votée par une majorité alternative au parlement français, contre l’avis du gouvernement mené par le premier ministre français de l’époque, Gabriel Attal, qui désirait porter le débat au niveau européen, notamment le processus en cours au niveau de l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques).

Ce projet de loi n’est donc pas issu du gouvernement en place, et vise l’interdiction des PFAS dans les cosmétiques et les textiles. Les ustensiles de cuisine, comme les fameuses poêles en téflon, ont été retirés du projet de loi avant le vote, notamment suite à l’instrumentalisation de menace de pertes d’emplois par le groupe SEB, producteur des poêles TEFAL, entraînant la mobilisation de son personnel contre le projet de loi7.

Ce simple retrait des ustensiles de cuisine illustre la difficulté du système d’agir de manière globale contre les PFAS. En effet cette loi, bien qu’un bon début, n’adresse qu’une partie du problème, sans régler les contaminations déjà présentes.

La situation belge

En Belgique ce sont les régions qui ont pris les devants notamment par l’élaboration de plans, de biomonitoring et l’application de normes plus strictes.

Un premier exemple de ces politiques a été la condamnation en 2022 de l’entreprise 3M à payer une partie des frais de la dépollution. Alors que l’entreprise 3M a été contrainte de payer 1,8 millions d’euros en compensation aux entreprises agricoles8, et promettait 150 millions d’euros pour l’assainissement du site initial, en plus des 125 millions annoncés pour réduire les émissions de PFAS9, le coût de l’assainissement est finalement estimé à environ 570 millions d’euros10, dont 15 millions iront à la commune de Zwijndrecht11, suite à un accord signé avec le gouvernement flamand.

Cependant, en 2025, l’assainissement n’a même pas encore démarré. Bien que les plans soient prêts, les nombreuses difficultés pratiques (comme la recherche d’un site pour déposer les terres contaminées) et administratives (l’entreprise 3M est ainsi accusée de volontairement ralentir les processus), les citoyens continuent de vivre dans un environnement pollué et il est toujours impossible de reprendre une production agricole12.

En Wallonie, les résultats montrent que, sur 1988 habitants de Chièvres, 28,8% dépassaient le seuil de santé de référence. En réaction à ce résultat, l’asbl citoyenne SOS Notre Santé, formée à partir d’une page Facebook, a porté plainte contre X afin d’obtenir une meilleure reconnaissance des difficultés que ces résultats ont engendré, et d’éviter que le dossier ne s’éternise dans l’immobilité, tout en plaidant pour plus de transparence13.

Aussi, une campagne de la société civile, notamment centrée autour d’Adélaïde Charlier, en miroir de la mobilisation et la sensibilisation faite par Camille Etienne en France, a été lancée. Un des résultats de ce mouvement a été la remise d’une pétition contenant près de 28 000 signatures au ministre fédéral de l’environnement des Engagés Jean-Luc Crucke, et réclamant des actions ambitieuses14.

Suite à cela, le ministre a fait signe de vouloir avancer au niveau national, vu le recul observé au niveau européen : alors que l’interdiction des PFAS figurait initialement dans le Green Deal, la Commission européenne a discrètement abandonner cette proposition en 2023, illustrant la radicalisation vers la droite de la Commission, et l’hégémonie de forces de plus en plus anti-écologistes et réactionnaires au sein des institutions européennes.

Il y a fort à parier que l’éventuel projet de loi fédérale ressemblera à la loi adoptée en France, afin de pousser vers une harmonisation européenne. Mais cela ne sera pas suffisant.

La dépollution permanente : une approche écosocialiste

Que faire ? Cette question est devenue brûlante pour le mouvement écologiste, mais pas seulement. Derrière ce qui semble être un sujet singulier, c’est toute la structure du capitalisme qui est incriminée. Les PFAS constituent un cas d’école pour identifier les mécanismes par lesquels l’intérêt économique de quelques privilégiés empoisonne l’environnement et la population avec l’apparente impuissance des institutions censées nous protéger.

En effet, depuis le tournant néolibéral et l’élaboration de stratégies visant à contrer les mouvements écologistes à la fin des années 197015, la santé et la nature sont en balance perpétuelle avec les intérêts économiques des entreprises. Ainsi, pour retirer un composé nocif du marché, il faut que les bénéfices surpassent les coûts de ce retrait.

Cette balance pose trois grands problèmes. Le premier est l’évaluation des coûts et bénéfices : si les entreprises peuvent facilement évaluer leurs coûts, l’évaluation équivalente, et donc monétaire, de vies et d’années en bonne santé est philosophiquement impossible, politiquement très complexe. Le deuxième repose sur les forces en présence dans cette balance : il y a un déséquilibre net entre la force de frappe mondialisée des entreprises, et celle des associations et organisations citoyennes et environnementales.

Mais enfin, et surtout, le principe même de la balance, mettant en équivalence de purs intérêts commerciaux et la vie, est issu de la volonté claire de pouvoir freiner toute tentative d’interdiction franche, et légitimer l’empoisonnement à grande échelle. Si c’est assez rentable, qu’importe les vies perdues et les milliards à dépenser pour dépolluer. Si c’est le cadre du bras de fer qui est biaisé, c’est la table qu’il faut renverser.

Les institutions étatiques occidentales, telles que l’Union Européenne, jouent ici parfaitement leur rôle de canalisation et de tempérance de lutte des classes, en dirigeant toutes les mobilisations vers ces négociations, et non une remise en question de la balance en elle-même. Cela permet, au mieux, de préserver le statu quo, au pire de gagner du temps.

On peut dresser un parallèle avec l’industrie fossile. Similairement à cette dernière, les PFAS sont au coeur de la production capitaliste contemporaine, et s’en prendre aux PFAS en cherchant à s’en passer à grande échelle – seule manière de résoudre structurellement le problème – implique de faire une incursion au coeur de la machine productive capitaliste et donc d’engager un rapport de force global. On comprend donc pourquoi des problèmes similaires se posent et pourquoi les institutions capitalistes sont incapables d’apporter des solutions tangibles à la crise des PFAS.

Plus que des lois incomplètes, c’est un changement de paradigme qu’il faut opérer. Les choix de société à poser pour sortir de cette situation d’empoisonnement à une échelle inégalée de l’humanité ne peut que se faire qu’en reprenant en main démocratiquement chaque site de production, chaque cours d’eau, chaque lieu de vie, chaque processus de dépollution.

Dès aujourd’hui, un programme de lutte contre les PFAS

Invoquer la socialisation des moyens de production n’est pas un simple coup de baguette magique. Il faut une stratégie qui mobilise à la fois les citoyen·nes touché·es par les PFAS, les travailleur·ses des industries qui les produisent ou en utilisent, et les mouvements écologistes.

Dans un premier temps, nous devons renforcer, massifier et radicaliser les mouvements de sensibilisation et d’éducation aux PFAS en tant qu’exemple terriblement parfait du lien entre capital et destruction du vivant. Dans cette optique, le mouvement écologiste en Belgique devrait davantage s’emparer du sujet : faire le lien avec les collectifs de citoyen·nes contaminé·es qui se sont constitués ces dernières années, leur apporter un soutien dans leur lutte, et engager des discussions sur les revendications et un calendrier d’actions. Nous regrettons que pour l’instant la question des PFAS semblent passer sous le radar des revendications du mouvement écologiste.

Il est également urgent d’accentuer la pression pour obtenir une véritable campagne de prévention et d’accompagnement : il faut poursuivre l’analyse des sols et de l’eau, pour fournir des informations complètes et transparentes aux habitant·es, renforcer les campagnes de prévention au niveau local, et mettre en place un accompagnement médical des personnes contaminées, au frais des entreprises pollueuses.

En parallèle, les mobilisations et victoires illustrées en France, bien qu’incomplètes, sont déjà des avancées que nous pouvons obtenir également et pousser plus loin. : obtenir le maximum de réduction et d’élimination à la source de manière contraignante, tout en instituant le principe de pollueur-payeur. Sur ce dernier point, il s’agit de cesser la logique de collectivisation des coûts pour la privatisation des gains : ce que le capital casse, il doit le réparer à ses propres frais.

Finalement, les organisations syndicales doivent jouer un rôle central pour résoudre cette crise sanitaire. On ne pourra régler le problème à la source sans une intervention directe des travailleur·ses du secteur. Ceux et celles-ci sont les premier·es à subir les conséquences des empoisonnements et il est donc normal que les organisations qui défendent leurs intérêts s’emparent du sujet.

Ensuite, si les réglementations qui encadrent les PFAS sont imposées de l’extérieur sans l’appui des travailleur·ses, alors celleux-ci risquent de se mobiliser contre leur application, comme dans le cas français de SEB (voir plus haut), particulièrement dans un contexte de backlash écologique sur lequel s’appuient les forces réactionnaires, anti-écologistes et d’extrême droite.

Il n’y a qu’en se basant sur l’action des travailleur·ses et dans un processus de délibération démocratique avec la population qu’on sera en mesure de réellement mettre en œuvre une planification écologique et sociale. Seule une mobilisation massive, en Belgique et ailleurs, permettra par ailleurs de construire le rapport de force face aux puissants lobbies industriels qui s’activent en Europe pour tenter d’édulcorer ou d’annuler l’interdiction des PFAS. Et c’est dans ce cadre que pourront être arbitrés d’éventuels besoins résiduels en matière de PFAS, ainsi que la gestion des effets nuisibles de ces derniers et aussi, et surtout, les processus publics nécessaires pour dépolluer notre environnement.

Une approche réaliste sur les PFAS peut se résumer par : éliminer dès que possible, réduire autant que nécessaire. Une telle approche, gérée directement par les travailleurs des entreprises concernées sera beaucoup plus rapide et efficace que toute bataille institutionnelle interminable et épuisante pour arracher des miettes sur un champ déjà contaminé.

Commission écologie de la Gauche anticapitaliste

15 octobre 2025  Gauche anticapitaliste – Belgique

https://inprecor.fr/

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22 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

Aliments (SWP)

 monsanto tomato
Les aliments ultra-transformés nous tuent, selon une revue médicale de référence.
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Le capitalisme nous empoisonne et nuit à notre santé. Un rayon de supermarché regorge d’aliments transformés, notamment des chips et des céréales pour le petit-déjeuner.
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Les rayons des supermarchés sont remplis d’aliments qui nous rendent malades.
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Notre alimentation nous rend malades. C’est la conclusion alarmante d’un rapport important publié cette semaine dans la revue médicale The Lancet.
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Ce rapport indique qu’en Grande-Bretagne et aux États-Unis, les aliments ultra-transformés (AUT) représentent désormais plus de la moitié de notre alimentation. Ce pourcentage est d’autant plus élevé que les personnes sont pauvres.
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Les AUT sont des produits alimentaires industriels fabriqués à partir d’ingrédients bon marché extraits d’aliments entiers broyés. Ils comprennent des en-cas, comme les chips, des plats préparés pour micro-ondes et des sauces prêtes à l’emploi qui permettent de cuisiner rapidement. Ils sont généralement riches en matières grasses et en sucre, sont chimiquement modifiés et contiennent de nombreux additifs qui perturbent notre métabolisme.
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Les AUT sont récents et extrêmement rentables. Et parce que les marges bénéficiaires sont si élevées, l’industrie agroalimentaire est parvenue à supplanter les aliments naturels dans notre alimentation. En système capitaliste, les investissements affluent là où les profits sont les plus importants.
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Mais il en résulte une épidémie massive et soudaine d’obésité, de diabète, d’hypertension, de maladies cardiaques, de maladies rénales, de dépression et de mortalité toutes causes confondues. Les aliments ultra-transformés (AUT) sont addictifs et extrêmement savoureux, altérant notre capacité à ressentir la satiété. Il est donc difficile pour les individus de revenir à une alimentation saine, d’autant plus que celle-ci est plus coûteuse et plus longue à préparer.
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Le rapport souligne comment l’industrie des AUT a pris le contrôle des gouvernements, agissant à l’échelle mondiale pour bloquer toute réglementation. Elle dépense des sommes colossales en lobbying et en financement politique, et poursuit en justice ceux qui la critiquent. Elle identifie et hiérarchise les menaces pesant sur ses profits et alloue des ressources pour les neutraliser.
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C’est exactement ce qu’a fait l’industrie du tabac face aux preuves de plus en plus nombreuses concernant la nocivité des cigarettes. Très peu de pays ont pris des mesures pour limiter la consommation d’AUT. Mais le Chili montre la voie à suivre. Le gouvernement exige que les supermarchés apposent un autocollant octogonal noir sur les aliments ultra-transformés. Il a restreint la publicité, notamment auprès des enfants, et légiféré pour réduire la part des aliments ultra-transformés dans les repas scolaires.
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Mais ce n’est que le début du combat. Les aliments ultra-transformés étant moins chers que les aliments non transformés, une taxation excessive risque de rendre l’alimentation inabordable pour de nombreux travailleurs. Ainsi, une transition juste vers une alimentation saine nécessite, comme le souligne le rapport, des subventions pour les aliments non transformés, afin qu’ils deviennent l’option la plus économique.
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Sans cela, les taxes alimentaires pénaliseront avant tout les plus démunis. Le rapport affirme qu’une transition juste doit également prendre en compte les inégalités de genre, car les femmes restent les principales cuisinières au foyer. Libérée du capitalisme, la préparation des repas pourrait être repensée avec des cuisines collectives et un approvisionnement partagé.
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Pour la première fois, un rapport majeur met en lumière le problème des aliments ultra-transformés comme un problème inhérent au système capitaliste, et non comme un problème individuel pouvant être résolu simplement en incitant les gens à manger plus sainement.
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Il préconise une réglementation et un contrôle de l’industrie agroalimentaire. Mais la probabilité d’une telle réglementation est faible. De même que nous ne pouvons laisser le capitalisme s’autoréguler face au réchauffement climatique, nous ne pouvons le laisser dicter nos choix alimentaires. Ce rapport confirme une fois de plus la nécessité d’abolir le capitalisme avant qu’il ne nous tue.
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Dr Kambiz Boomla  21 November 2025
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Kambiz Boomla est médecin généraliste retraité de l’est londonien.

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22 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

Lannilis (OF)

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15 postes menacés dans les Ehpad des Abers : nouvelle mobilisation à Lannilis

Jeudi 20 novembre, à 14 h 30, la CGT des Abers a organisé un nouveau débrayage devant l’Ehpad de Lannilis (Finistère). En ligne de mire : la suppression annoncée de quinze postes répartis entre les établissements de Lannilis, Plouguerneau et Landéda. Une annonce qui continue d’inquiéter soignants, familles et syndicats.

Jeudi 20 novembre 2025, à 14 h 30, la CGT des Abers a organisé un nouveau débrayage devant l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Lannilis (Finistère) pour protester contre le projet de fusion avec les Ehpad de Plouguerneau et Landéda. Fusion qui induirait la suppression de quinze postes répartis entre les trois établissements.

Malgré un cycle de négociations avec la CFDT, aucune avancée concrète n’a été communiquée. Les incertitudes…

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16 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

Lannilis EHPAD (Le Tél)

soignants-charge-travail

Lannilis, la CGT reste mobilisée pour l’avenir de l’Ehpad des Abers

Jeudi 13 novembre 2025, en soirée, salle Yves-Nicolas, la réunion publique de la section CGT de l’Ehpad des Abers a réuni une quarantaine de personnes. Elle s’est articulée autour de trois impératifs : informer, échanger et mobiliser.

« Informer, pour mieux comprendre l’impact du plan de retour à l’équilibre. Échanger, pour remettre l’humain au centre des discussions. Mobiliser, pour refuser de subir et de défendre la qualité du service aux Ehpad des abers et de Plabennec », comme l’ont précisé les membres de la délégation.

Les échanges ont été nombreux. Les familles présentes se sont montrées intéressées mais aussi inquiètes et se sont interrogées sur l’avenir du projet architectural qui devrait réunir en une seule unité les résidences de Landéda, Plouguerneau et Lannilis, dans cette dernière commune.

La soirée s’est terminée par la diffusion d’un clip réalisé par la CGT de l’Ehpad des Abers, par ailleurs diffusé sur ses réseaux sociaux. « Ce clip est un appel au secours et doit alerter les politiques, parce qu’il est grand temps d’agir ! » Le prochain débrayage est prévu jeudi 20 novembre 2025 devant l’Ehpad de Lannilis. Pour rappel, une réduction des effectifs du personnel de l’Ehpad des Abers est programmée à partir du 5 janvier.

15 novembre 2025

https://www.letelegramme.fr/

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08 novembre 2025 ~ 0 Commentaire

Alimentation (NPA)

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Ordonnances vertes

Associer, sur ordonnance, la délivrance de paniers bio et locaux, pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, à des ateliers d’information sur les pesticides, c’est bon pour la santé, c’est bon pour l’égalité et l’agriculture paysanne !

1 000 jours décisifs 

La période des 1 000 jours entre le début de la grossesse et l’âge de deux ans est d’une importance majeure pour la santé future et le développement cérébral. Durant cette phase, le cerveau d’un enfant triple de volume et les expositions environnementales, qu’elles soient chimiques ou autres, peuvent laisser une empreinte durable.

L’Inserm a établi un lien entre l’exposition à certains polluants chimiques, comme les pesticides, et les cancers, notamment pédiatriques, la prématurité ou certaines maladies neurodégénératives.

Dans le même temps, les études NutriNet-Santé ont démontré que les consommateurs de produits bio présentent un risque réduit de développer ces pathologies. Les familles modestes consomment deux fois moins de fruits et légumes que les plus aisées, et se tournent souvent vers des aliments ultra-transformés, les plus mauvais pour la santé.

En France la hausse de la mortalité néonatale se concentre dans les communes les plus pauvres, avec un risque 1,7 fois supérieur de mourir dans les 28 premiers jours, selon qu’on habite dans les communes les plus défavorisées ou les plus favorisées.

Des ordonnances vertes 

En partant de ce constat largement reconnu par la communauté scientifique, une tribune signée par plus de 1 000 professionnels de santé, et soutenue par Alerte des Médecins sur les Pesticides et les Perturbateurs Endocriniens, propose aux municipalités de mettre en place des ordonnances vertes.

Elles associent un programme d’information (sur les pesticides, l’alimentation, l’alcool, le tabac, la qualité de l’air, la santé au travail, l’activité physique…) et la délivrance de paniers de produits bio et locaux, financés notamment par les communes. C’est bon pour la santé, c’est bon pour l’égalité et l’agriculture paysanne !

Ainsi à Strasbourg, les femmes enceintes ou en parcours de PMA peuvent recevoir, sur prescription médicale, des paniers hebdomadaires de fruits et légumes bio et locaux, tout en participant à des ateliers de sensibilisation à la santé environnementale animés par des professionnels (éco-conseillers, infirmières, sages-femmes, diététiciennes).

Avec un coût moyen de 420 euros par grossesse, cofinancé par la Ville, l’ARS, l’Assurance Maladie et des acteurs locaux, les bienfaits de cet investissement social sont considérables : meilleure santé maternelle et infantile, soutien à l’agriculture bio et aux circuits courts, meilleure cohésion sociale, préservation de l’environnement. 90 % des participantes ont modifié durablement leurs habitudes alimentaires, et maintenu ces comportements après la naissance.

La santé environnementale augmente l’espérance de vie en bonne santé et réduit les inégalités sociales de santé. Elle soutient l’agriculture biologique et locale contre l’agrobusiness. Elle favorise le pouvoir des femmes sur leur vie et la santé, les mobilisations contre l’usage des pesticides et la loi Duplomb, ainsi que le contrôle populaire sur les communes. Alors pourquoi s’en priver !

Frank Prouhet, à partir de la tribune de l’Alerte  Médecins Pesticides

https://lanticapitaliste.org/

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28 octobre 2025 ~ 0 Commentaire

Santé Bretagne (Splann)

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L’hôpital s’effondre et les pouvoirs publics regardent ailleurs, suite de notre grande enquête en Bretagne

En Bretagne aussi, le « droit à la santé pour tous » est en soins palliatifs. C’est le constat amer des trois nouveaux volets de notre grande enquête sur la lente agonie hospitalière. Où les tableurs Excel, les consultants privés, la tarification à l’acte et les médecins « intérimaires » ont pris le pas sur une démarche de soins, à la fois respectueuse des patients et des personnels de santé.

2003-2023. En deux décennies, le basculement vers la « T2A » a mis l’hôpital public à l’os. Cette tarification à l’activité donne un prix à chaque geste médical. Obligeant les hôpitaux à participer à une véritable « course à la rentabilité ». Une course déloyale, tant les efforts demandés au public n’ont d’égal que les avantages accordés au privé.

Des actes médicaux mal rémunérés qui plombent les budgets des hôpitaux, des bâtiments « non conformes à l’accueil du public » et des médecins qui fuient vers le privé : l’hôpital s’effondre et les pouvoirs publics regardent ailleurs.

L’hôpital public rationné… les cliniques privées rassasiées

Tableurs Excel dans chaque service. Consultants privés – voire même publics –, à chaque étage. Des gommettes vertes et rouges validant chaque acte. Ainsi va « la course à la rentabilité », imposée à l’hôpital, depuis une vingtaine d’années. Contraint et forcé d’appliquer la doctrine de la tarification à l’activité ou T2A.

Cette tarification à l’activité, taillée sur mesure pour le secteur privé, impose aux hôpitaux un enfer d’injonctions contradictoires. Notamment pour les maternités, un service tellement mal rémunéré qu’il « creuse le déficit » de nombreux établissements bretons. Exemple frappant à Dinan où la baisse du taux de natalité, cumulée à l’impossibilité de trouver des praticiens, a mécaniquement engendré la fermeture de ce service, en 2020.

Déficits abyssaux, bâtiments vétustes : hôpitaux bretons en péril imminent

Essoré par la T2A, l’hôpital public s’enfonce et les bâtiments partent à vau-l’eau. Risques d’incendies, draps en guise de fenêtres, l’urgence n’est plus tenable. Pour certains hôpitaux, les projets de rénovation dorment pourtant dans des cartons, depuis dix, quinze ans. Empêchant les établissements de développer leur activité. Et donc, de dégager de l’argent.

Un cercle vicieux qui affaiblit d’autant plus l’accès aux soins pour toutes et tous.

Hôpital public cherche médecins, de toute « urgence »

En sous-effectif chronique, l’hôpital n’en finit pas de chercher des médecins et soignants pour assurer un fonctionnement à peu près normal de ses services. La foi dans le service public a toutefois ses limites : en situation d’épuisement, nombre de médecins fuient vers le privé. Et, alors que la loi Neuder du 27 juin 2025 devait permettre l’augmentation du nombre de médecins formés et l’allocation de moyens financiers et humains, François Bayrou déclarait en juillet qu’une « plus grande efficacité sera demandée à l’hôpital ».

Ce n’est pas tout : les soignants doivent se tenir prêts, d’ici mars 2026, à un autre sacrifice en accueillant, « des milliers de soldats blessés en cas de conflit armé généralisé en Europe », selon une note du ministère de la Santé du 18 juillet dernier.

Neuf mois d’enquête au service des citoyennes et des citoyens

Cette enquête de neuf mois est signée par Isabelle Jarjaille et Caroline Trouillet. Raphaël da Silva a réalisé les infographies. Achille Ménard est l’auteur des dessins.

Elle fait l’objet d’un partenariat de diffusion avec Mediapart, Reporterre, Basta!, ainsi qu’en breton, chez Radio Breizh et Ya!.

Splann ! est un média indépendant, adossé à une association à but non lucratif. Nous ne percevons aucune subvention des collectivités locales et ne vendons aucun encart publicitaire à des annonceurs. Seuls vos dons, ponctuels ou mensuels, nous permettent de travailler.

Être financé par nos lectrices et nos lecteurs signifie qu’aucun pouvoir, aucun milliardaire, ne peut nous tordre le bras au moment d’écrire un article ou d’appuyer sur le bouton « publier ». Guidés par l’intérêt public et la déontologie professionnelle, nos journalistes sont libres de documenter le réel, quitte à déranger des personnes influentes et des institutions.

Nos enquêtes sont motivées par un idéal de démocratie et de justice. Elles sont en accès libre pour être lues et partagées par toutes et tous, sans barrière liée à l’argent. Toutefois, l’information a un coût. Cette seule enquête a coûté plus de 15 000 euros.

La Rédaction25 septembre 2025

https://splann.org/enquete-hopital-bretagne-effondrement/

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03 mars 2025 ~ 0 Commentaire

PLERIN ( FR 3 )

Assurance_maladie

Maternité privée de Plérin. « C’est très choquant », l’aide exceptionnelle de 300 000 euros fait débat

Dans les Côtes d’Armor, une subvention de l’Etat fait bondir les élus et responsables syndicaux. 300.000 euros accordés à la clinique de Plérin pour soutenir sa maternité privée. Voilà qui suscite agacement et incompréhension parmi celles et ceux qui sont mobilisés pour l’hôpital public et la réouverture de la maternité de Guingamp.

Même en étant qualifiée d’exceptionnelle, la subvention allouée par l’Agence Régionale de Santé à l’Hôpital Privé de Plérin pour le recrutement de pédiatres, n’a pas fini de faire débat. Une aide qui intervient alors même que l’activité de la maternité de Guingamp est suspendue depuis plus d’an : « Comment l’ARS qui est censée garantir la santé publique attribue une telle somme à une structure à but lucratif qui pratique parfois des tarifs inabordables pour les gens de notre territoire ? », interroge Virginie Le Thuaut, co-secrétaire syndical CGT de l’Hôpital de Guingamp.

« Cet argent aurait dû aller à la maternité de Guingamp »

L’ARS dans un communiqué a motivé son intervention en rappelant que son action vise « à consolider et développer l’offre de santé dans tous les territoires bretons, à la fois publique et privée ».

Une justification qui ne semble pas avoir convaincu la député de l’arrondissement de Guingamp, qui a écrit à la directrice de l’ARS : « En premier lieu, ça me choque dans le sens où on a du mal à financer toute notre politique de santé publique, donc c’est très choquant de voir des établissements privés se faire octroyer des subventions bien sûr. Je pense que cet argent aurait dû aller à la maternité de Guingamp et non pas à la maternité privée de Plérin », Murielle Lepvraud, députée La France insoumise (4e circonscription des Côtes-d’Armor).

« Inaudible et incompréhensible »

Fanny Chappé, Conseillère régionale, maire de Paimpol ne décolère pas et ne comprend pas qu’une telle somme soit fléchée vers un établissement privé et lucratif : « Ce que l’on comprend à travers ces 300 000 euros c’est que quand une structure publique comme la maternité de Guingamp a un problème de recrutement, l’ARS dit qu’on ferme le service, qu’on le suspend, alors que quand une structure privée à but lucratif, rentable, a un problème de recrutement, on lui fait un chèque donc déjà c’est la première chose qui est inaudible et incompréhensible pour un certain nombre d’élus locaux ». 

Dans les hôpitaux publics, l’épisode est très commenté et ne manquera pas sans doute de convoquer sur le sujet de nombreux élus attachés à la permanence d’un système de soin de qualité.

(Avec JM Seigner)  Laurence Postic  28/02/2025

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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