Archive | Migrants, réfugiés

27 février 2014 ~ 0 Commentaire

Municipales 2014 brest, lettre ouverte du collectif casss-papier aux listes

refugies

Lettre ouverte aux candidat-e-s à l’élection municipale brestoise

Brest : métropole ouverte et solidaire ?
Pour qui ? Pas pour les personnes pauvres en tout cas !

A travers cette lettre ouverte, nous vous interpellons sur la situation des personnes sans logement vivant sur Brest, ou dit plus clairement des personnes vivant et se retrouvant à la rue sur Brest.

Il y a quelques années, environ 3 ans, nous avons découvert que des personnes, notamment des familles avec des enfants et nouvellement arrivées se retrouvaient à la rue à Brest; en été comme en hiver. Alors que depuis toujours la ville de Brest ne laissait jamais des personnes à la rue dans un esprit de solidarité et d’entraide qui la caractérisait, puisque le simple fait d’envisager des personnes à la rue, des familles a la rue, c’est-à-dire des enfants dehors, sans toit sur la tête, ce simple fait était inadmissible et inhumain.

Au départ la plupart des institutions politiques et administratives (Mairie, Conseil Général, Pré- fecture à travers la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, DDCS) ont bien pris en charge ces populations sans sourciller, chacune y répondant avec ses compétences propres.

Puis, devant un «désordre public» qui perdurait sur la voie brestoise, ces mêmes institutions ont commencé à se dégager et à vouloir se refiler le «bébé».

Le résultat fut un rapide changement d’attitude et de pratiques, les collectivités locales (Mairie et Conseil Général) se déchargeant totalement sur les services de l’État, oubliant leur propre pouvoir en la matière :
- pour le Conseil général, la protection de l’enfance en danger, ( des enfants vivant à la rue ne sont-ils pas en danger ? )
- pour le maire de Brest, agent de l’État sur sa commune et ayant des pouvoirs de police, veilleur social, (le bon ordre, la sûreté, la salubrité et la sécurité des populations sur son territoire).

Mais, à force de faire le singe «qui ne voit pas, qui n’entend pas et qui ne parle pas», à force de rejet de compétence en rejet de compétence… qui sera compétent lors de la mort de la première personne dans les rues de Brest ?

La mairie ou la préfecture ? Et dérives et oubli des lois les plus élémentaires en terme d’égalité et de solidarité envers toutes personnes.

Petit à petit, nous avons pu remarquer un glissement de toutes ces parties, la Préfecture qui a res-n treint l’accès du 115 (numéro d’Urgence Sociale anonyme et gratuit), en donnant des critères de plus en plus durs. De tout le monde logé, on est passé aux consignes de loger uniquement les personnes malades avec certificat et aux familles ayant des enfants de – 12 ans puis les familles ayant des enfants de moins de 4 ans … à plus de prise en compte du tout de ces personnes migrantes quelle que soit leur situation !

Pour interpeller tout à chacun-e, le CASSS-paPIER avec des citoyen-ne-s, d’autres structures bres- toises associatives, syndicales et politiques, avons occupé l’espace public pour dénoncer ces dérives insupportables. Notamment, nous avons occupé (de quelques heures à quelques jours) différents bâtiments publics appartenant à la Préfecture, au Conseil Général, à la Mairie de Brest… le local du Parti socialiste…

Au début de ces actions, nous étions reçu-e-s, écouté-e-s et nos interlocuteurs et interlocutrices alertaient, comme c’est leur devoir, les services d’État concernés. Puis, nous avons vu petit à petit des huissiers suivis de la police nationale qui nous évacuaient de plus en plus violemment (une des dernières fois dans le hall de la mairie de Brest, une femme enceinte, après avoir été bousculée, se retrouvait aux urgences).

Devant ce glissement inacceptable, pouvons-nous rappeler que dans le préambule de sa constitution de 1958, la République française dit son attachement aux principes de la déclaration des Droits de l’Homme de 1789 et au préambule de la constitution de 1946 qui stipule entre autres : «…le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. »

Mais aussi : «La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travail- leurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »

Que de ce fait, les différentes autorités publiques doivent se soucier et garantir à ces personnes les droits les plus élémentaires que sont un toit, une alimentation… ?

Au regard de la préférence nationale mise en place par les services de l’État (consigne de la DDCS au 115 de ne plus prendre en charge les personnes migrantes) et non contestée par les différent-e-s édiles municipaux ou départementaux, doit-on comprendre que les personnes migrantes sont des sous-êtres humains ? De plus, nous souhaitons rappeler que le droit en la matière est clair, et notamment, le Code de l’Action Sociale et des familles dans son article L.345-2-2 stipule que :

« Toute personne sans abri en situation de détresse mentale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. »

Devant cette situation dramatique, nous vous rappelons aussi, que selon l’art. L. 2212 du Code général des collectivités territoriales, l’art. L642 et suites du Code de la construction et de l’ha- bitation, issu de l’ordonnance du 11 octobre 1945, et en vertu des pouvoirs de police, le ou la maire a la possibilité de prendre un arrêté de réquisition des logements vacants, comme l’a fait le maire de Saint-Denis en février 2009.

C’est l’une des demandes que porte notre collectif.

L’autre réponse récurrente est le manque de moyen, quand on sait que les solutions proposées sont majoritairement des chambres d’hôtel, qui ont forcément un coût exorbitant, alors que de nombreux logements vides (appartenant à des institutions publiques comme la ville de Brest, comme Brest Métropole Habitat,…ou à des personnes privées) existent sur l’agglomération brestoise.

Selon l’INSEE, le nombre de logements vacants sur Brest en 2009 est de 6.225, que l’on peut mettre en parallèle, à une stabilité et une régularité de personnes à la rue qui oscillent entre une cinquan- taine de personnes à un maximum d’une centaine ! Aujourd’hui, de nouveau, des personnes se retrouvent sans logement, vivant dans des conditions d’extrême précarité (dans des couloirs, des lieux publics…), dans la rue.

Considérant le constat énoncé ci-dessus sur les personnes à la rue,
Considérant les pouvoirs du ou de la maire comme garant-e des lois de la République sur sa commune, comme officier-e de police judiciaire,
Considérant les nombreux logements vides sur Brest et les pouvoirs donnés au maire pour des réquisitions (loi Dalo confortée par la loi Duflot) :

Quelle position avez-vous face à ces situations de détresse humaine ?

Quelles propositions concrètes feriez-vous si vous étiez élu-e-s pour permettre à ces personnes et/ou familles de ne plus vivre ces catastrophes humanitaires à Brest même ?

En vous remerciant de l’attention portée à cette lettre ouverte et des réponses que vous nous ferez parvenir, nous vous prions de recevoir l’expression des nos cordiales salutations.

Le CASSS-paPIER  cassspapiers.gwiad.org

cassspapier@no-log.org

C/O Le CLAJ
2, rue du Dr Gestin
29200 Brest

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25 février 2014 ~ 0 Commentaire

Familles kosovares à mayenne, les enfants témoignent (of)

refugies

8 enfants de 3 familles kosovares sont menacés d’expulsion car leur père est sans papiers, et l’un a l’obligation de quitter le territoire.

Les deux familles Sadiku et la famille Hajra, qui vivent à Mayenne depuis plus de 4 ans, fuyant des intégristes qui les menaçaient, ne sont toujours pas régularisées. Elles sont pourtant intégrées, parlent français et répondent au mieux aux conditions nécessaires pour rester en France. Un des pères avait trouvé un travail mais a l’obligation de quitter le territoire. Son frère a une promesse d’embauche. Mais pour la Préfecture ce n’est pas encore assez. Il leur manque quelques mois de présence en France pour justifier une régularisation.

Les enfants, eux, sont scolarisés, pour ceux qui sont en âge de l’être. Ils parlent tous français et jouent en français entre frère et sœur et cousins cousines. L’aînée a même oublié comment lire l’Albanais et parfois ne comprend plus tous les mots de sa langue maternelle. Ils ont peur, chaque soir, chaque nuit, que les gendarmes arrivent pour les reconduire au Kosovo.

Un rassemblement bruyant aura lieu ce mardi soir devant la Préfecture de Laval à 18 h 30. Covoiturage depuis le centre social Agitato à 17 h 30.

Le 12 février, sous une pluie battante, 150 personnes s’étaient mobilisées pour soutenir les trois familles. Mayenne – 10h01 Sophie DELAFONTAINE.

http://www.ouest-france.fr/familles-kosovares-mayenne-les-enfants-temoignent-1957721

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25 février 2014 ~ 0 Commentaire

Paris 18è: liste des sans voix (télé bocal+le monde)

Pour les municipales à Paris, le  NPA  soutient  les listes du NPA dans les arrondissements où il est présent (20 arrondissements, note du blog ). Dans le 18ème, il soutient et participe à la « liste des sans-voix ». Cette initiative rassemble des militants et habitants, travailleur-se-s avec ou sans papiers, français-es et étranger-es, y compris en-dehors de l’Union Européenne, au risque de voir notre liste invalidée.

A Paris, les « sans-voix » revendiquent le droit de vote des étrangers aux municipales (le monde)

Chaque dimanche depuis deux semaines, la place Jules-Joffrin à Paris (18e) prend des allures de permanence en plein air. La Liste des sans-voix, ces habitants du 18e arrondissement venus défendre le droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections municipales, plante sa tente devant la mairie d’arrondissement. Ils ont décidé, symboliquement, de se réunir et de prendre la parole, celle qu’ils ne peuvent exprimer dans les urnes.

En cette fin de matinée, ils sont une petite dizaine à s’affairer sous un modeste chapiteau de couleur rouge où les effluves d’un thiep, plat national sénégalais, finiront bientôt par attirer le chaland. Distribution de tracts, interventions au micro et invitation à signer une pétition en ligne : le but du collectif est de créer une cohésion entre tous les habitants du quartier, au-delà de leur nationalité. « Ensemble, nous vivons ici, nous envoyons nos enfants à l’école ici, nous nous soignons ici, nous payons nos impôts ici, nous prenons les transports ici. Paris, c’est nous ! » peut-on lire sur le site officiel des « sans-voix ». « On vit ici, on vote ici ! » scandent-ils à l’adresse des curieux approchant leur stand.

« POUR UNE CITOYENNETÉ DE RÉSIDENCE »

Lancée par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui ne présente pas de candidat officiel dans cet arrondissement, la liste se compose également de membres du Front de gauche et d’indépendants. « Cette liste est destinée à souligner la promesse trahie depuis 1981 par les socialistes », explique Ugo Palheta, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Lille-III et militant NPA, gérant l’image numérique des sans-voix. « Nous sommes pour une citoyenneté de résidence. Plus largement, nous posons ici la question de l’exclusion sociale et politique », ajoute-t-il. Les sans-voix dénoncent le mode de scrutin qui ne donne le droit de vote qu’aux Français et aux citoyens de l’Union européenne résidant sur le territoire.

Un sentiment partagé par Sissoko Anzoumane, Malien âgé de 49 ans, présent en France depuis vingt et un ans. Ancien sans-papier, il a été régularisé en 2006. Entre-temps, il est devenu le porte-parole de la Coordination parisienne des sans-papiers (CSP 75). Grande figure du quartier et tête de liste, il est le maire officieux des sans-voix. « Si je veux participer à la vie politique en France, je n’en ai pas le droit. Impossible aussi de le faire au Mali puisqu’il faut résider sur le territoire au moins six mois dans l’année », souligne-t-il, en rappelant l’engagement numéro 50, non tenu par François Hollande, deux ans après son élection. Le futur président avait alors promis d’accorder « le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans ». Le silence de l’Elysée et du gouvernement sur la question est vécue ici comme une grande déception.

L’EXEMPLE DU CANADA

Lorsque les sans-voix s’expriment au micro, ils assènent des chiffres lourds de sens dans un arrondissement depuis longtemps favorable au droit de vote des étrangers : à la votation citoyenne de 2011, sur la question du droit de vote et de l’éligibilité des étrangers aux élections locales, le « oui » l’avait emporté à près de 94 % des 4 800 votants. « Dans le 18e, plus de la moitié des mineurs ont des parents qui n’ont pas le droit de vote », rappelle l’un des membres du collectif. Sans oublier l’abstention, qui risque d’aggraver ce déficit de représentativité.

La petite équipe aimerait changer la donne et susciter l’appétit citoyen. Pour Nancy Hamilton, Canadienne installée depuis vingt ans en France, la classe politique devrait prendre exemple sur son pays d’origine : « Cela fait vingt ans que je suis en France et je n’ai toujours pas le droit de vote, ce n’est pas normal. Au Canada, c’est différent. Là-bas, il suffit d’habiter sur le territoire pendant un certain nombre d’années prédéfinies pour pouvoir participer à des élections locales », lance cette professionnelle de la santé, en continuant de tendre des tracts imprimés sur feuilles A4. « On entend certaines personnes tenir un discours contre le droit de vote, d’autres totalement racistes. Nous tentons de discuter avec eux pour leur prouver que leurs arguments ne tiennent pas », conclut-elle.

« REPOLITISER LES CITOYENS AU-DELÀ DES ÉLECTIONS »

La récente reconnaissance du vote blanc, effective à partir des prochaines élections européennes, laisse les sans-voix indifférents. Tout comme les personnes qu’ils rencontrent. « Lorsque nous faisons le tour des marchés pour parler de notre initiative, on nous dit souvent que le fait de voter ne change pas grand-chose », raconte Viktoria, une Hongroise habitant en France depuis dix ans qui distribue les mêmes tracts que Nancy, de l’autre côté de la place. Les municipales ne représentent en réalité qu’un point de départ pour une bonne partie des sans-voix comme Viktoria, qui se verrait bien « repolitiser les citoyens au-delà des élections ».

Pour l’heure, les sans-voix travaillent à la constitution d’une liste, qu’ils savent invalide. Martine Tessard, retraitée de l’éducation nationale et membre du comité du 18e arrondissement du NPA, est chargée de rassembler les 45 candidats prêts à siéger au conseil d’arrondissement. L’objectif est déjà pratiquement atteint. « Nous avons trouvé 38 candidats pour l’instant, huit à dix nationalités différentes sont représentées, précise-t-elle. La question que l’on se pose maintenant est de savoir si nous présentons des candidats sans papiers sur cette liste. Au-delà des risques d’expulsion, certains veulent en être car ils se disent déjà fichés partout, avec leur passe Navigo, par exemple. » Les sans-voix comptent tenir leur stand de campagne au moins jusqu’au premier tour, dimanche 23 mars.

Maxime Vatteblé Le Monde.fr | 23.02.2014 à 10h28 • Mis à jour le 23.02.2014 à 13h16.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31187

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20 février 2014 ~ 0 Commentaire

Melisa est morte de l’avancée nette du racisme anti-rom

 Une marche blanche en hommage à Mélisa, le 16 février 2014 à Bobigny

D’avoir habité dans un bidonville

Âgée de 7 ans, Melisa est morte mercredi 12 février dans l’incendie d’un camp roms sur le terrain des Coquetiers à Bobigny (93). Véronique Decker est directrice de l’école où était scolarisée Melisa.

Tu es directrice d’une école qui scolarise beaucoup d’enfants Roms, dont Melisa. On dit pourtant que les populations Roms ne fréquentent pas l’école…
Ce qui empêche en premier les Roms de fréquenter l’école, c’est le refus d’y inscrire les enfants qui est organisé par les administrations qui ont en charge cette question. La justification qui est donnée, c’est que les familles n’ont pas d’adresse et donc n’appartiennent pas à la commune, au dépar-tement… Mais s’ils n’ont pas d’adresse, c’est parce que les CCAS refusent de les domicilier dans l’immense majorité des communes. Bref, il n’y a pas de médiation pour l’accès à l’école, mais bien au contraire, un empilement d’obstacles presque infranchissables.

*
Avec les enfants de l’école, nous avons fait deux films en 2013 pour expliquer la situation et montrer qu’il est possible de surmonter les difficultés avec une mobilisation constante des militants de terrain. On peut trouver ces petits films sur internet en cherchant « Roms Bobigny école ». Le premier s’appelle Scolarité obligatoire. Sous l’onglet « Info » du second film: « Scolarisation : mode d’emploi », il y a un texte qui explique les obstacles et les combats à mener. L’inscription à l’école, ce n’est pas que la possibilité d’apprendre à lire et à écrire : c’est l’inscription dans l’enfance ordinaire, mais nous avons aussi travaillé sur l’inscription au centre de quartier, aux activités sportives, à tout ce qui permet aux enfants Roms de se faire des amis de leur âge dans la ville.

Tu as dit dans une interview que Melisa n’est pas morte d’un incendie, mais de la misère…
Elle est morte de l’avancée nette du racisme anti-Rom, non seulement dans l’ensemble de la droite (mais là, nous étions habitués…) mais dans l’ensemble de la gauche. La majorité des municipalités de gauche ont refusé la scolarisation, la domiciliation, la prise en charge par des assistantes sociales… Les gouvernements de droite et de gauche ont organisé des expulsions sans solution de relogement, et Guéant comme Valls se sont vantés de leurs « résultats ».

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Jeter à la rue en plein hiver des familles d’êtres humains rapporte des voix, semble- rait-il… C’est la perte des valeurs du militantisme de terrain, par une « gauche » qui ne connaît plus la banlieue que de loin ou qui ne voit pas que tenir la main du racisme pollue la pensée. Melisa est morte d’avoir habité dans un bidonville, pour lequel le collectif de soutien demande depuis des années des solutions, des négociations, l’accès à l’eau, à l’électricité… Nous venions seulement d’obtenir deux toilettes pour 200 habitants.

Dimanche 16 février a eu lieu à Bobigny une « marche blanche » pour Melisa. Peux-tu nous raconter ?
C’est le collectif qui l’a organisée, avec l’aide de la mairie qui a imprimé les tracts d’appel. Les en- seignants ont fait la banderole, la collecte, les parents d’élèves et le collectif ont aidé à la distribution des tracts. Beaucoup de familles de la ville (Roms ou non) sont venues, beaucoup de militants des associations qui soutiennent les Roms aussi.

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La marche a montré qu’il n’y a pas deux peuples : les Roms et les autres. Il y a une misère qui frappe les plus faibles, et qui nous guette tous. Or, la France est un pays riche, elle devrait avoir éradiqué la misère sur son territoire.

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La maire vient d’annoncer un rendez-vous avec Cécile Duflot, ministre du Logement. Le collectif avait demandé depuis bien longtemps ces rencontres, afin de parler de la situation de tous les Roms et pas seulement de ceux du terrain des Coquetiers. Il y a trois terrains à Bobigny, et des dizaines dans le 93. Nous n’accepterons pas une opération de communication qui relogerait quelques dizaines sans réfléchir à l’ensemble de la situation de mal-logement. Actuellement, le 115 admet n’offrir d’hébergement qu’à moins de la moitié des appels… Chaque nuit, ici, des femmes et des enfants dorment à la rue.

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L’Anticapitaliste(20/02/2014) Propos recueillis par Manu Bichindaritz

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19 février 2014 ~ 0 Commentaire

Très compliqué d’aller à l’école avec les évacuations de camps (jdd)

modele

Avec d’autres jeunes, Cosmin, un Rom de 23 ans, participe depuis novembre dernier au programme « Romcivic », un projet pour l’accès à la citoyenneté.

Chaque semaine, il tente d’améliorer les conditions de vie de sa communauté et de changer le regard sur cette population.

Quel est votre parcours?
Je m’appelle Cosmin, j’ai 23 ans. J’habite avec ma famille dans un bidonville à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne). Avec mes sœurs, mes frères, mes parents et ma femme. Je n’ai pas d’enfant. Je suis arrivé en France en 2001. Avant j’étais en Roumanie. En France, nous avons habité sur plusieurs terrains : à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), puis aujourd’hui à Champs-sur-Marne. Nous sommes venus en France pour nous intégrer, pour trouver du travail. En Roumanie, c’était très difficile.

Comment avez-vous appris le français?
Je ne suis pas allé à l’école. Avec les évacuations successives, c’est très compliqué. J’ai appris à parler le français en discutant avec mes amis.

Comment avez-vous connu le programme « Romcivic »?
Des associations qui sont sur le terrain m’en ont parlé. J’ai décidé de m’inscrire pour m’intégrer. C’est très important pour moi. Je souhaite avoir un travail comme tout le monde. Je voulais aussi amé- liorer les conditions de vie de ma communauté. J’ai commencé mon service civique en novembre (pour une durée d’un an, Ndlr). Depuis, nous avons accompagné des personnes à l’hôpital, essayé de faire des domiciliations, mettre en place des jeux avec des enfants… Je travaille sur le camp de Montgeron (en Essonne, 35 à 40 familles expulsables au 30 mars 2014, Ndlr). Je suis sûr que le regard sur les Roms va changer avec le service civique. Cela va nous aider.

Comment voyez-vous l’avenir?
Je n’y ai pas pensé. Je n’ai pas de rêve. Je souhaite avoir un logement stable. Une évacuation est bientôt prévue à Champs-sur-Marne.

Combien en avez-vous vécu?
Je ne me rappelle plus. Trop.

Lire aussi : Quand des jeunes Roms s’engagent

Anne-Charlotte Dusseaulx – leJDD.fr mardi 18 février 2014

http://www.lejdd.fr/Societe/Tres-complique-d-aller-a-l-ecole-avec-les-evacuations-de-camps-653659

 

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19 février 2014 ~ 0 Commentaire

Expulsion pour moscou, 18 février, famille ingouche avec 5 enfants (gdb+of)

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Le MRAP d’Ille et Vilaine et RESF 35 s’indignent de l’expulsion pour Moscou par la Préfecture d’Ille et Vilaine ce matin 18 février d’une famille Ingouche avec 5 enfants dont un bébé né en avril 2013 à Fougères (35). C’est la première fois que l’Ille et Vilaine procède à une telle expulsion.

Réveillés par la police aux frontières à 6h, malgré les protestations et les pleurs, ils ont été embar- qués pour Roissy dans un avion qui les attendait à St Jacques. Il s’agit d’une famille qui avait demandé l’asile, et vivait en France depuis mars 2008. Sur le tarmac, ils ont réexprimé leur refus de partir. De crainte sans doute des réactions à bord de l’avion, on ne les a pas contraints à partir et ils ont été conduits au Centre de rétention du Mesnil Amelot : 5 enfants, dont un bébé de 10 mois, y dormiront ce soir. Quel traumatisme pour ces enfants qui ne connaissent que la France!

Déboutés du droit d’asile, puis de leur demande de régularisation, les parents avaient contesté l’obligation de quitter le territoire devant le Tribunal administratif, puis devant la Cour d’appel administrative de Nantes qui n’a pas encore rendu sa décision : certes cet appel n’est pas suspensif, mais, en d’autres temps, la Préfecture d’Ille et Vilaine respectait le droit à l’effectivité du recours et attendait une décision.

Les parents maîtrisent parfaitement le français, les enfants sont scolarisés avec succès en collège et école primaire : tous les critères de la circulaire Valls du 28 novembre 2012 étaient réunis pour une régularisation qui leur a été refusée. Comment oser reprocher à ces parents de n’avoir pas de res- sources quand la préfecture a refusé voici deux ans une autorisation de travail au père qui avait obtenu une promesse d’embauche ?

Quand on connaît la situation de violences dans la République de Tchetchénie-Ingouchie et le « respect des droits de l’homme » manifesté par le pouvoir russe, comment ne pas redouter une expulsion vers la Russie ? Quel sort leur sera réservé si l’expulsion est conduite à son terme ?

18 février 2014 Galères De Brest

21:00 Après avoir refusé d’embarquer, ils ont été conduits au Centre de Rétention Administrative du Mesnil Amelot, et viennent d’être libérés.

http://www.galeresdebrest.fr/2014/02/18/expulsion-pour-moscou-prefecture-dille-et-vilaine-18-fevrier-famille-ingouche-avec-5-enfants/

http://www.ouest-france.fr/demandeurs-dasile-la-famille-ingouche-liberee-hier-soir-paris-1940187

 

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23 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Belgique: la marche des afghans pour leur régularisation (lo)

afghans

Le collectif des demandeurs d’asile afghans de Belgique avait commencé le 20 décembre une marche pour demander leur régularisation, parcourant notamment la Wallonie. Le 11 janvier, ils ont décidé de continuer leur marche en Flandre, pour y faire connaître leur situation et leur combat. Il s’agit de prendre au mot les politiciens belges qui, à leurs revendications, répondent en prétendant que les Flamands sont plus hostiles à leur cause que les Wallons.

Les réfugiés afghans demandent à bénéficier du droit d’asile pour échapper à leur pays en guerre. Bien sûr, ils ont rencontré, en Flandre tout comme en Wallonie, des réactions hostiles à leurs revendications, mais leur action a aussi fourni l’occasion à de nombreuses personnes de leur exprimer leur sympathie et leur intérêt. Dans chaque ville traversée, des témoignages de solidarité et de respect sont venus de jeunes, de familles, d’organisations syndicales ou humanistes. Des repas, des couvertures, des chaussettes sèches leur ont été fournis par des anonymes qui savent ce que solidarité veut dire.

À Merchtem, les 200 marcheurs afghans ont fait une halte devant le domicile de la secrétaire d’État à l’Émigration, la libérale flamande Maggie De Block, qui assume une ligne intransigeante face aux demandes d’asile des Afghans en leur déclarant que « la région de Kaboul est sûre ». Les marcheurs ont symboliquement déposé dans sa boîte aux lettres un billet d’avion pour la capitale afghane, où les soldats belges eux-mêmes sont contraints de vivre dans un camp retranché.

Pendant que les partis politiques au pouvoir étalent leur pleutrerie ou se vautrent dans la démagogie anti-étranger, des Wallons et des Flamands ont pu vérifier qu’ils n’étaient pas si seuls à désapprouver la politique inhumaine du gouvernement à l’égard des réfugiés. Correspondant LO

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=45

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10 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

rennes, le squat de l’église saint marc sera évacué le mardi 14 janvier (ri)

refugies

Après des mois d’errance et de lutte depuis l’expulsion du squat de Pacé en novembre 2012, une cinquantaine de migrants soutenus par l’association « Un Toit, c’est Un Droit », réquisitionnait l’Eglise Saint Marc le 25 avril 2013. Face à l’indifférence des pouvoirs publics malgré une série d’occupations de gymnases d’école et de centre sociaux, les migrants ont trouvé refuge dans ce lieu de culte désaffecté. L’archevêché, propriétaire des lieux, a d’emblée déclaré « Pas question d’expulser les migrants. L’église doit remplir ses missions de solidarité habituelle. »

Rassurés les migrants ont enfin posé leurs bagages et se sont appropriés le lieu pour quelques mois de répit, pendant que les expulsions continuaient : Rue de Chateaugiron, Contour Saint Aubin, Saint Jacques de la Lande, Rue de Lorient, La Mézière…

Aujourd’hui près de 150 personnes occupent l’Eglise Saint Marc, dont 50 enfants.

Dès l’été les négociations ont débuté entre l’association « Un toit, c’est un droit » et le secours-catholique en lien avec la Préfecture d’Ille et Vilaine. Les 2 organisations sont tombées d’accord sur 2 exigences : des relogements pour tous et pas de tentative d’éloignement du territoire avant la fin de l’année scolaire.

Après négociation, les engagements pris par le secrétaire général auprès de l’évêque sont les suivants :

Les personnes seront relogées au minimum jusqu’à la fin de la période hivernale et aucune mesure d’éloignement ne sera mise en oeuvre avant cette date.

Les familles avec enfants scolarisés bénéficieront d’un logement stable jusqu’à la fin de l’année scolaire et aucune mesure d’éloignement ne sera mise en œuvre avant cette date.

Comme après l’expulsion du squat de Pacé, la Préfecture a choisi d’orienter les migrants vers des gîtes ruraux éloignés de Rennes. La destination ne sera connue que le 14 janvier, jour de l’évacuation, où les migrants sont invités à se présenter dès 7h du matin à la préfecture pour être conduits en bus vers les différents lieux qui leur seront attribués.

Les objectifs ne sont que partiellement atteints, car ces propositions de relogement ne concernent pas tous les migrants de Saint Marc. Certains ont été exclus par la préfecture selon leur situation administrative. Une quarantaine de personnes risquent à nouveau de se retrouver à la rue au cœur de l’hiver ? Alors que le caractère inconditionnel du 115 est sans cesse remis en cause par la Préfecture, nous rappelons au secrétaire général ses engagements dans Ouest-France le 12 novembre 2013 (lien : http://www.ouest-france.fr/la-prefe… ). « Nous avons totalement réorganisé les services de l’hébergement d’urgence en Ille et Vilaine. Personne ne restera dehors. *C’est l’honneur de la République ». *jeudi 9 janvier 2014

Un Toit, c’est Un Droit.

http://www.rennes-info.org/Le-squat-de-l-Eglise-Saint-Marc

 

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20 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

La décision de François Hollande est honteuse, incohérente, révoltante

La décision de François Hollande est honteuse, incohérente, révoltante dans Antiracisme logo-horizontal1-300x153

En conformité avec la commission d’enquête François Hollande ose valider l’expulsion de Léonarda. Conforme à la loi dit-il s’appuyant sur l’ensemble des lois répressives adoptées contre l’immigration depuis Chevènement, Chirac, Sarkozy, Besson. Que son gouvernement s’est bien gardé de modifier.

En même temps qu’il valide l’expulsion, il décide, du fait du prince, que Léonarda, seule, pourrait revenir en France poursuivre ses études. Comment peut-il la forcer à choisir entre sa famille et ses études ? Qu’en est-il des frères et des sœurs, qui ont été scolarisés, eux aussi, jusqu’à maintenant en France ? Que reste-t-il donc du droit de vivre en famille ? Le scandale de l’expulsion de Léonarda n’est pas seulement une question de forme. Son expulsion, comme celle de sa famille, est inacceptable.

Hollande espère, avec sa décision honteuse et en comptant sur les congés scolaires, mettre fin à la mobilisation lycéenne. Il refuse d’entendre que la revendication des manifestants se dresse tout autant contre l’expulsion de Léonarda que contre celle de Khatchik, et de tous les autres. C’est toute la logique de la politique du gouvernement qui est en cause.

Les lycéenNEs qui sont descenduEs dans la rue ne se laisseront pas abuser par une manœuvre aussi minable. Le NPA apporte tout son soutien à leurs mobilisations qui prévoient de reprendre massivement dés la rentrée scolaire.

Montreuil, le 19 octobre 2013

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11 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Lampedusa: Qui sont les coupables ?

Lampedusa: Qui sont les coupables ? dans Antiracisme 42282_couronne-fleurs-migrants-lampedusa_440x260

On en est toujours à compter les morts de l’immense tragédie de Lampedusa. Ils sont probablement plus de 300. Et sans doute 500 disparus. Il s’agit d’un gigantesque massacre annoncé. Tout au long des confins de l’Europe, la Méditerranée s’est en effet littéralement transformée en cimetière.

Ils sont des milliers à s’être noyés dans ces eaux. Ils n’ont souvent pas de nom. Ce sont des femmes, des hommes, des enfants qui fuient la misère d’un continent africain dans lequel le capitalisme, hier sous sa forme colonialiste, aujourd’hui sous sa forme néolibérale et post-coloniale, se manifeste dans toute sa barbarie, en produisant continuellement des guerres, en pillant et en détruisant des territoires entiers. En ce moment, il convient de rappeler la responsabilité de l’Italie dans les affrontements de Somalie et d’Erythrée, les deux pays d’où provenaient la majeure partie des naufragés.

Par contre, nous connaissons les noms des coupables. Ceux-ci se trouvent au cœur des institutions de cette Europe. Ce sont ceux qui ont élaboré et construit la « Forteresse Europe » ; eux qui financent les coûteux projets sécuritaires comme Frontex, eux qui financent les polices de l’autre rive qui tentent de réprimer les révolutions en cours.

Les coupables occupent aussi les principales institutions italiennes. Ceux là mêmes qui versent en ce moment les larmes de crocodiles habituelles. Comme le président Napolitano qui, à l’ époque Ministre de l’Intérieur, a introduit en 1997 en Italie la détention administrative des étrangers soupçonnés du « délit » d’immigration clandestine. Mesure inscrite ensuite dans la Loi Bossi-Fini toujours en vigueur et qui considère même comme criminel ceux qui prêtent assistance en mer au bateaux de réfugiés en perdition.

Les coupables sont ceux qui ont propagé le racisme le plus vulgaire dans le but de diviser les travailleuses et les travailleurs. Les coupables sont ceux qui secondent et gèrent un système qui, au nom du profit, admet la libre circulation des marchandises, des services et des entreprises, mais qui empêche par la force la libre circulation des personnes et offre ainsi au patronat une main d’œuvre bon marché qu’on peut facilement soumettre au chantage.

En outre, il y a aussi le droit pénal car, comme le disait Marx en son temps, « le criminel ne produit pas seulement le délit, mais aussi le droit pénal ». Et en ce moment, tandis que la droite la plus raciste spécule sur l’énorme tragédie, les membres du gouvernement se disent prêts à abroger la Loi Bossi-Fini, considérée comme inadéquate par les institutions européennes. Pour faire quoi ? Pour préserver la défense du coupable.

Ainsi s’est exprimée à chaud la Commissaire de l’Intérieur de l’Union Européenne, Cecilia Malmstroem : « Il faut redoubler les efforts destinés combattre les trafiquants qui profitent du désespoir humain ». Et c’est dans le même sens qu’abondent les principaux représentants du centre-gauche et de la droite du gouvernement en parlant d’augmenter les moyens pour obtenir les « instruments les plus adéquats ». Bien entendu, il s’agit de moyens policiers.

Ils savent pourtant tous parfaitement bien que c’est grâce aux politiques répressives que des milliers de personnes courent le risque de mourir chaque jours afin d’échapper à la faim et à la guerre. Toute autre voie est rendue impossible pour eux.

La réponse à cette immense tragédie qui frappe la Méditerranée ne peut pas être un contrôle sans cesse plus renforcé des frontières internes et externes de l’UE. Une gauche digne de ce nom doit se rebeller contre ces lois injustes et criminelles ; elle doit se consacrer à reconstruire un vaste mouvement pour la libre circulation à travers les frontières et pour un droit d’asile plus large, tout en pointant les véritables coupables.

Une gauche digne de ce nom ne peut être qu’internationaliste et ne reconnaître qu’une seule frontière : celle qui sépare les exploités et les exploiteurs. Gippò Mukendi Ngandu

Source : http://anticapitalista.org/2013/10/04/lampedusa-chi-sono-i-colpevoli/ Traduction française pour Avanti4.b

http://www.avanti4.be/actualite/article/lampedusa-qui-sont-les-coupables

 

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