Archive | Migrants, réfugiés

25 août 2015 ~ 0 Commentaire

rennes: des migrants dans l’impasse (fr3)

somal

18 somaliens campent sur une terrain de sport, faute de logements

A Rennes, depuis le début de l’été,  une vingtaine de demandeurs d’asile somaliens est sans solution de logement. Ils campent sur un terrain de sport de la ville qui a demandé leur expul- sion devant le tribunal administratif le 4 septembre 2015. Alors que François Hollande s’est envolé pour Berlin où il a discuté avec la chancelière allemande de l’afflux de migrants en Europe.

Cette question s’invite aussi dans notre région. A Rennes, le sort de 18 Somaliens est en suspens depuis le début de l’été. Expulsés à deux reprises déjà, ils ont trouvé refuge dans un parc de la ville. Ces migrants ont fui les violences de l’islam radical somalien. Ils sont 18 jeunes célibataires, pas suffisamment vulnérables, selon la préfecture pour leur offrir un toit.

Des associations s’indignent de ces expulsions. La Ville de Rennes comme les services de l’état refusent de s’exprimer devant nos caméras. Les Somaliens expulsés s’installeront ailleurs.  C’est sans doute dans d’autres sphères,  européennes celles là, que se décident leur avenir. Par Emilie Colin Publié le 24/08/2015

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/rennes-des-migrants-dans-l-impasse-792677.html

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24 août 2015 ~ 0 Commentaire

méditerranée: sauvetage en cours (anti-k + ci + amnesty)

APTOPIX Spain Migrants

Des milliers de migrants à la dérive sur 22 bateaux

Les garde-côtes italiens ont porté secours à des milliers de migrants à la dérive, ce samedi, en Méditerranée, au large des côtes libyennes, après avoir reçu des SOS provenant de 22 embarcations. La marine italienne a secouru, ce samedi, plusieurs milliers de migrants qui se trouvaient à bord d’une douzaine d’embarcations en Méditerranée, après avoir reçu des appels de détresse, a annoncé un porte-parole de la garde-côte.

Les opérations de sauvetage en mer se poursuivent car les garde-côtes ont reçu au total des appels de détresse venant de 22 embarcations. Au moins sept bâtiments  six italiens et un norvégien participaient à cette vaste opération de secours de quelque 4.000 personnes. Plus de 104.000 migrants d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie du Sud ont atteint les ports d’Italie méridionale depuis le début de cette année après avoir été secourus en Méditerranée. Quelque 135.000 autres sont arrivés en Grèce et plus de 2.300 sont morts en mer après avoir tenté de rallier l’Europe grâce à des passeurs.

24 août 2015 by Ludo Rossi TF1  avec AFP

http://www.anti-k.org/2015/08/24/mediterranee-des-milliers-de-migrants-a-la-derive-sur-22-bateaux-sauvetage-en-cours/

Europe. Débordée, la Macédoine laisse entrer les migrants (CI)

Face à l’afflux de migrants à la frontière avec la Grèce, la Macédoine les a tous laissés entrer. Dans un édito, le journal serbe Politika estime que l’Union européenne, par égoïsme, finit par perdre son humanité.

Les heurts entre les migrants originaires de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan et les forces de police macédoniennes ont continué une bonne partie de la journée de samedi pour se calmer dans la soirée. Durant cette journée, les policiers macédoniens ont fait usage de matraques et ont tiré des grenades assourdissantes pour contenir le flux. Au moins quatre personnes ont été légèrement blessées.

Les migrants ont enfoncé le cordon de police macédonien”, titre le quotidien serbe Politika.  Ils ont pénétré en Macédoine en passant par un no man’s land à la frontière gréco-macédonienne et y sont restés bloqués à partir de jeudi. Au moment où la police a autorisé les groupes des migrants les plus vulnérables (les familles avec enfants) à se rendre sur le territoire macédonien (le territoire de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, ou Fyrom), un millier de migrants y sont entrés de force.

Etat d’urgence Débordées par la vague migratoire, les autorités de Skopje ont renoncé samedi soir à empêcher les migrants de passer la frontière. Toutefois, le gouvernement de Skopje, qui a décrété jeudi l’état d’urgence en raison de la plus grande crise migratoire de son histoire, a souligné qu’“il laisserait passer un nombre limité de migrants, conformément à ses capacités d’accueil”.

“Par son égoïsme, l’UE est en train de créer à sa périphérie une zone tampon, de peur d’être submergée par les immigrés illégaux, par la terreur extrémiste et par une culture qu’elle croit difficilement adaptable aux valeurs européenne, s’indigne le quotidien de Bel- grade. La plus grande crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale dévoile que les principes de la tolérance, de la liberté et des droits de l’homme ne valent que pour l’Europe. Celle-ci refuse de les appliquer aux migrants, exilés et réfugiés, les trois noms qu’on donne aux gens malheureux qui fuient les théâtres de guerre moyen-orientaux”, estime Politika. D’où le titre de son éditorial: “L’Europe protège ses frontières en oubliant les gens.”

Chaque jour, 2 000 migrants passent de la Grèce à la Macédoine. Au mois de juillet 2015, 40 000 d’entre eux ont traversé le territoire macédonien afin de poursuivre en direction de l’Occident, via la Serbie. Publié le 23/08/2015

http://www.courrierinternational.com/article/europe-debordee-la-macedoine-laisse-entrer-les-migrants

https://www.amnesty.org/fr/press-releases/2015/08/frontex-report-underscores-urgent-need-for-safe-and-legal-routes/

Commentaire: Quand des milliers ont quitté Vietnam et Cambodge, appelés « boat people » ils furent bien accueilli, solidarité, bienvenue. Ceux-ci fuient des guerres où nos gouvernants sont responsables et là tous derrière: « On n’en veut pas », étonnant!

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21 août 2015 ~ 0 Commentaire

l’allemagne à l’épreuve des réfugiés (ci)

misere

Immigration: 800 000 migrants en 2015

Jamais dans l’histoire du pays il n’y a eu autant de demandes d’asile. Les moyens d’ac- cueil manquent. Pour l’Allemagne, c’est la plus grande vague de réfugiés de son histoire. Chaque jour du mois d’août, 3 000 personnes ont demandé l’asile dans la République fédérale. Et d’ici la fin de l’année, le gouvernement estime le total à 800 000 demandes, rapporte Die Welt ce 20 août.

Face à cette situation inédite, le point de vue du ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, est cité dans toute la presse, avec une interprétation variable selon les titres. 800 000 migrants, “c’est trop”, affirme Die Welt. Mais la Süddeutsche Zeitung se veut plus rassu- rante: “Nous allons gérer cette situation”. Le 20 août, enfin,  le ministre a déclaré: “Nous accueillons 43 % des réfugiés dans l’UE. Pour cette année, nous allons faire face, mais sur le long terme, 800 000 c’est trop pour un pays comme l’Allemagne.”

Effectivement, il manque de tout : “D’hébergements, de personnel, d’argent pour les municipalités débordées”, note la Süddeutsche Zeitung, de Munich. Les 45 000 places de premier accueil sont occupées depuis longtemps. Et selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les dépenses des Länder allemands pour la prise en charge des réfugiés augmenteront jusqu’à la fin de l’année pour atteindre près de 10 milliards d’euros. Un sommet sur la politique d’asile est prévu le 26 septembre.

Traitant la question des réfugiés à sa une comme toute la presse nationale, la Tageszeitung, quotidien de gauche berlinois, tente de relativiser en montrant le rapport entre le nombre de réfugiés et les 80 millions d’Allemands: “1 réfugié pour 107 habitants, c’est quand même faisable, n’est-ce pas?” .“C’est une mission importante par laquelle l’Allemagne, un des pays les plus riches du monde, ne devrait pas être débordée. Elle devrait plutôt se préparer au fait que beaucoup de ces personnes resteront pour toujours et les aider à s’enraciner. Sur le long terme, l’Allemagne et l’Europe vont en profiter.” Publié le 21/08/2015

Commentaire: Et en France, 3000 à Calais c’est la cata!

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

cgt et immigration 2 (npa)

CGTSansPapiers

De la reconstruction aux années 1980 : les contradictions de la CGT

A la Libération, la CGT, à nouveau réunifiée mais sous la direction du PCF, atteint une puis- sance inédite, comptant au congrès de 1946 près de 5,5 millions d’adhérents. Dans un con- texte de reconstruction de l’économie nationale, le mouvement syndical se trouva de nou- veau confronté à la question de l’immigration et aux dilemmes de la période précédente, avec une donnée nouvelle: une part croissante des travailleurs immigrés venait de pays colonisés par la France, en particulier l’Algérie et le Vietnam, au moment même où se développaient les luttes de libération nationale.

L’histoire de l’immigration allait dès lors se croiser de plus en plus avec celle du racisme structurel, qui s’affirmait en France en continuité avec le système colonial. Dans les entreprises, les immigrés coloniaux puis postcoloniaux étaient ainsi destinés, presque toujours, aux postes de manœuvres et d’ouvriers spécialisés (OS), là où une partie des travailleurs blancs  parvenait à grimper l’échelle ouvrière, c’est-à-dire à accéder aux postes d’ouvriers professionnels (OP) ou du petit encadrement. C’est à cette situation que la CGT eut le plus grand mal à répondre: sur la question coloniale comme sur celle du racisme, le PCF, qui dirigeait alors la CGT d’une main ferme, développait une politique éminemment ambiguë, qui répondait mal aux attentes des immigrés postcoloniaux, et plus tard de leurs enfants.

Etudié en détail par Laure Pitti7, le cas de Renault-Billancourt est significatif: les ouvriers algériens, qui y étaient très nombreux, se rapprochèrent de la CGT au début des années 1950. La CGT mettant en avant des revendications à la fois syndicales et politiques, notamment l’indépendance nationale algérienne, les militants syndicaux parvinrent à nouer dans l’usine des liens avec des ouvriers algériens, souvent organisés dans le cadre du Mou- vement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). La centrale ne contestait guère la gestion coloniale de la main-d’œuvre, en particulier les discriminations systématiques à l’avancement et la non-reconnaissance des qualifications, mais menait alors des combats importants contre les dispositifs d’encadrement spécifiques qui ciblaient les ouvriers algé- riens, mais aussi contre les différences de traitement en matière d’allocations familiales.

La guerre d’Algérie allait changer la donne, quoique ce changement ne s’opérât pas immédiatement: si le PCF dénonça d’emblée l’insurrection déclenchée par le FLN le 1er novembre 1954, c’est surtout le vote des pouvoirs spéciaux par les parlementaires commu- nistes en mars 1956, non critiqué voire justifié par la direction de la CGT, qui modifia la situa- tion et distendit les rapports entre les ouvriers algériens et la centrale (même si la majorité des Algériens membres de la CGT y demeurèrent, sur le conseil du FLN8). Même si des convergences pouvaient s’opérer contre la répression, cette prise de distance se marquait clairement dans la divergence des revendications: paix et lutte antifasciste (contre l’OAS) du côté de la CGT, indépendance nationale du côté des ouvriers algériens.

La période ouverte par les grèves de mai-juin 68 constitua une deuxième source de clivages entre CGT et immigrés. Elle marqua «l’entrée des travailleurs immigrés comme acteurs autonomes des luttes sociales»9. Réduits jusque-là au statut de victimes et soumis à un traitement humanitaire, ils devinrent des acteurs de plus en plus incontournables des mouvements. Dans le cadre de l’usine s’affirmaient ainsi les luttes des OS immigrés, qui se battaient pour l’égalité des droits, le respect de normes d’hygiène et de sécurité, et plus généralement contre le statut d’«OS à vie». Hors de l’usine, c’est contre les «marchands de sommeil» et les taudis auxquels on les condamnait qu’ils luttaient, à travers notamment des mouvements de grève des loyers, mais aussi contre les crimes racistes ou pour la libération de la Palestine.

A la fin des années 1960, la CGT chercha à s’implanter davantage parmi les travailleurs immigrés10, défendant notamment l’extension des droits syndicaux aux immigrés, diffusant des journaux en langues étrangères: arabe, portugais, espagnol et italien etc. En s’appuyant sur les OS immigrés, la centrale syndicale parvint ainsi à reconstruire une implantation dans certaines usines de l’industrie automobile où les syndicats au service des patrons: CFT puis CSL,  étaient parvenus à marginaliser tout syndicalisme combatif. Les conflits très durs du début des années 1980, notamment à Citroën-Aulnay et Talbot-Poissy11, cristallisèrent ainsi un clivage social, racial et syndical, entre des OS immigrés syndiqués massivement à la CGT (mais aussi à la CFDT), et des OP français syndiqués à la CSL12.

Si la CGT parvint en partie à représenter et à canaliser les aspirations des immigrés sur les lieux de travail, elle connut des difficultés à partir des années 1970 en se montrant généralement hostile à toute démarche autonome, notamment sur les questions dépassant le strict cadre de l’usine et apparaissant plus «politiques»: racisme, anti-impérialisme, loge- ment. Ces derniers trouvèrent ainsi davantage de soutien et un respect de l’autonomie de leurs luttes, du côté de la CFDT, de la gauche chrétienne (JOC, FASTI, Cimade) et de l’extrême-gauche.

La CGT face à de nouveaux défis Une nouvelle période s’est ouverte au cours des années 1980, marquée par le chômage de masse, qui s’installait pour longtemps et affectait en particulier les travailleurs venus des anciennes colonies françaises, premières et princi- pales victimes des vagues de licenciement dans l’industrie. Les patrons ont en effet profité de la «crise» pour licencier ceux qui s’étaient montrés particulièrement combatifs durant les conflits ayant secoué l’industrie au début des années 1980: lorsque Talbot a annoncé en juillet 1983 un plan de 2905 licenciements à l’usine de Poissy, c’étaient à 80 % des travail- leurs étrangers qui étaient concernés, avec une forte proportion de travailleurs originaires des DOM-TOM parmi les 20 % restants.

Mais cette période a également vu l’émergence de luttes qui ont bousculé la gauche et le mouvement ouvrier, dont la CGT. A l’automne 1983, la Marche pour l’égalité et contre le racisme mobilisa des dizaines de milliers de jeunes habitants des quartiers populaires et mit au premier plan la situation des descendants de colonisés, cibles de discriminations systé- matiques sur le marché du travail et du harcèlement policier. Or la CGT ne fit guère de la lutte contre les discriminations racistes un véritable combat syndical, laissant se développer du côté des organisations dominées par le PS, notamment SOS-Racisme, un antiracisme moral et orienté vers les blancs «Touche pas à mon pote», plutôt que vers les premiers concernés.

Un nouveau champ de lutte s’est par ailleurs ouvert autour de la cause des travailleurs immigrés en situation irrégulière, progressivement connus dans le débat public sous le nom de «sans-papiers». Même si une grève de sans-papiers éclata dès 197313, c’est dans les années récentes que les sans-papiers se sont fait reconnaître publiquement comme travail- leurs, en usant de l’arme de la grève au cours du mouvement historique de 2008 qui a mobi- lisé plusieurs milliers de sans-papiers. La CGT y a joué, du début à la fin, un rôle décisif et incontournable, mais dans des rapports parfois difficiles avec les grévistes, soucieux de leur autonomie, et les collectifs de sans-papiers, portant une revendication de régularisation déconnectée de l’emploi.

La CGT fut d’abord dirigée par des syndicalistes révolutionnaires en opposition avec la SFIO (PS NdB), qu’elle soit guesdiste ou jaurésienne, sur la plupart des questions d’orien-tation. Les divergences portaient notamment sur l’internationalisme, dont la question de l’im- migration est l’un des corollaires, tant le développement de l’impérialisme, avec son cortège de guerres, d’inégalités et de misère, avait poussé des centaines de milliers de travailleurs hors de leurs pays.

Au fil des crises économiques, sociales et politiques qui ont marqué le 20e siècle, cette opposition s’est rejouée sous différentes formes et la CGT a connu bien des dérives, reprenant parfois à son compte, ou ne combattant pas, la propagande xénophobe. Or, du fait notamment de son intégration croissante à l’appareil d’Etat, elle demeure plus que jamais partagée entre des traditions anti-impérialistes et son adhésion au modèle d’un «Etat natio- nal social», réduisant les immigrés, notamment postcoloniaux, au statut de travailleurs « invités », donc de seconde zone. Ugo Palheta

http://npa2009.org/idees/cgt-et-immigration-histoire-oubliee-rencontre-manquee

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17 août 2015 ~ 0 Commentaire

merkel: la question des migrants (levif.be)

migrants

 …va nous occuper plus que la Grèce

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé dimanche que la question des migrants dans l’UE, confrontée à une crise humanitaire sans précédent, allait occuper les Européens « bien plus que la Grèce et la stabilité de l’euro ».

« Cette question de savoir comment nous agissons avec les migrants (…) va nous occuper bien, bien plus que la Grèce ou la stabilité de l’euro », a jugé la dirigeante conser- vatrice sur la chaîne publique ZDF. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU a appelé vendredi à une action d’urgence devant l’afflux de réfugiés en Europe, qui fait face à la plus grave crise des migrants depuis la Seconde guerre mondiale.

« Nous avons besoin d’une politique commune européenne en matière d’asile », a-t-elle insisté alors que l’Allemagne aussi est débordée par le flot de demandeurs d’asile, qui pourraient, selon certains responsables politiques, dépasser les 600.000 cette année et constituer ainsi un record. La chancelière a indiqué vouloir s’entretenir du problème avec le président français François Hollande.

La situation en Allemagne, où les migrants sont souvent hébergés sous des tentes ou dans des containers d’habitations, « n’est absolument pas satisfaisante », pour la chance- lière. Elle a souhaité que l’établissement d’une liste de pays dits sûrs, c’est-à-dire où les citoyens ne sont pas persécutés, soit effectué si possible au niveau européen. Parmi les migrants arrivant en Allemagne figurent de nombreux ressortissants des pays des Balkans qui ne peuvent pas obtenir le statut de demandeur d’asile et cherchent surtout un avenir économique meilleur que dans leurs pays d’origine.

L’Allemagne étudie actuellement les moyens d’accélérer les procédures pour ces ressortissants pour se consacrer davantage aux réfugiés nécessitant une aide, comme les Syriens, les Irakiens ou les Afghans. La thématique de l’asile « pourrait être le prochain projet européen où nous verrions si nous sommes vraiment capables d’agir ensemble », a-t-elle plaidé. L’ONU a également dénoncé la situation des migrants et des réfugiés qui débarquent en masse sur les îles grecques en provenance de la Turquie comme étant « absolument honteuse ». Le Vif  16/08/15

http://www.levif.be/actualite/international/merkel-la-question-des-migrants-va-nous-occuper-plus-que-la-grece/article-normal-410765.html

Commentaire: Conservatrice mais plus lucide que le PS! Mais n’oublions pas la respon- sabilité de l’Allemagne dans le chaos des Balkans! Sans parler de celui de l’Irak!

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08 août 2015 ~ 0 Commentaire

l’onu demande à la france d’ouvrir ses casernes (jdd)

APTOPIX Spain Migrants

Migrants à Calais

Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies a appelé vendredi la France à présenter un plan d’urgence « global » pour traiter la crise des migrants à Calais. Le HCR rappelle à la France ses devoirs en termes de droits de l’Homme.

L’ONU hausse le ton. Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies a appelé la France à présenter un plan d’urgence « global » pour traiter la crise des migrants à Calais avec les moyens mobilisés lors des catastrophes naturelles. « Le HCR réitère son appel de l’été 2014 pour une réponse urgente, globale et durable en premier lieu par les autorités françaises », souligne un communiqué du HCR diffusé à Genève.

Le texte rappelle à la France ses devoirs en termes de droits de l’Homme face à quelque 3.000 migrants qui cherchent depuis Calais à se rendre en Angleterre. »Traitez le comme une urgence civile », a affirmé Vincent Cochetel, responsable de la division Europe du HCR, soulignant que cette crise est tout à fait « gérable ». Mais il appelle à ne pas se limiter à des « mesurettes », rappelant que ce problème se pose depuis 14 ans et qu’il « va continuer », car « on ne peut pas changer la géographie ».

« Personne ne prend les mesures adéquates pour mettre fin à cette situation », a-t-il dit, demandant notamment que soient utilisées des casernes inoccupées en France pour loger ces réfugiés et leur fournir des conditions de vie adéquates. Le responsable de l’agence de l’ONU demande également une révision du processus des demandes d’asile en France, qui exige sept semaines avant de pouvoir enregistrer ces demandes alors que cette opération est réalisée le jour même dans de nombreux pays d’Europe.

Le HCR critique par ailleurs le manque de coopération de la Grande-Bretagne qui refuse notamment de considérer les demandes de personnes qui ont des liens avérés avec le royaume et qui lui sont transmises par les autorités françaises. « Nous appelons le Royau- me Uni et les autres pays de l’Union Européenne à travailler en collaboration avec les autorités compétentes françaises », souligne la déclaration du HCR. (…)

leJDD.fr Vendredi 07 août 2015

http://www.lejdd.fr/Societe/Migrants-a-Calais-l-ONU-veut-un-plan-d-urgence-de-la-France-745677

http://www.revolutionpermanente.fr/France-Grande-Bretagne-A-Calais-Hollande-s-est-trouve-un-nouveau-job-douanier

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26 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

une perspective réaliste (npa)

plantu-France

La liberté d’installation et de circulation

Les quelques-uns qui exercent la gouvernance du monde et qui, uniquement soucieux de préserver les intérêts de leur classe, fabriquent conjointement avec «médias-service» les idées reçues, tiennent tout particulièrement à celle-là: « La libre circulation ou la libre implan- tation des personnes, c’est une utopie», avec des déclinaisons du type «on ne peut pas accueillir toute la misère du monde»…

Ils trahissent là pourtant une caractéristique propre aux classes décadentes qui est, dans le désir de tirer le meilleur profit immédiat de leur position de domination, de ne se préoccuper que du court terme et de nier toute alternative. Car sans cela, ils ne pourraient ignorer qu’au- delà du cynisme et de l’inhumanité dont ils font preuve une fois de plus, ils nourrissent un rêve rien de moins qu’insensé en prétendant endiguer éternellement les forces accumulées par la misère de milliards d’êtres humains sur notre planète. Et même dans l’immédiat, comment pourraient-ils imaginer les maîtriser sans dégâts majeurs ?

Pas d’autre issue que la survie Car la puissance des hommes et des femmes, qui ne présentent pas d’autre exigence que de pouvoir vivre ailleurs que dans les frontières où le hasard les à fait naître, est à terme sans limite. Ils la tiennent de la conscience aiguë que c’est là une question de survie, alors que les guerres se multiplient, que la pression de l’exploitation néocoloniale se fait toujours plus sentir, que la catastrophe climatique s’approfondit.

Cette situation qui ne leur offre pas d’autre issue que de prendre une route souvent mortelle est bien entendu explosive. Quant à l’issue de cette explosion, tout est possible. L’enjeu est historique, les voies du futur indéterminées. Entre brusque révolte d’esclaves qui aurait tout lieu de ne pas faire dans la dentelle et pourrait bien ouvrir une longue période barbare, et soulèvement des damnés de la terre à même d’engager un authentique proces- sus révolutionnaire, l’histoire n’a pas tranché. De même, un jour, l’inéluctable fin de l’ordre capitaliste ne doit pas nous rendre aveugles : le système a déjà fait la preuve de ses capacités de résilience.

Un nouvel ordre contre les frontières Il reste que l’objectif affiché de «maîtrise des flux migratoires», indépendamment de l’exécrable vision du monde qu’il reflète et des consi- dérations morales qui autoriseraient à le mettre en cause, tient de moins en moins la route.

La seule alternative est donc d’imposer la reconnaissance des principes de libre circulation et libre implantation. Nous disons bien imposer puisque nous ne doutons pas que seul l’enclenchement d’un processus révolutionnaire, sous une forme ou sous une autre, permettrait d’y parvenir : en effet, il ne s’agit de rien de moins que l’instauration d’un nouvel ordre mondial.

Car il faut bien avoir en tête que seul l’ultralibéral le plus échevelé ou le libertaire le plus déjanté pourraient imaginer que libertés de circulation et d’implantation ne s’organise- ront pas. Le jour où la liberté de circulation sera instaurée, un code de la route sera néces- saire comme sur n’importe quelle voie de circulation.

Quand la liberté d’implantation sera reconnue, la répartition des terrains disponibles se fera à l’instar de ce qui se passe par exemple avec des plans d’occupation des sols. Et il n’appartiendra pas à des États, moins encore aux marionnettistes, grands maîtres de l’économie mondialisée qui en contrôlent aujourd’hui les chefs, d’y pourvoir. Ce nouvel ordre ne pourra être mis en place que sous couvert d’organisations supra-étatiques réellement démocratiques qui seraient autre chose que le hochet de 5 grandes puissances disposant à leur gré d’un droit de veto.

Nos mobilisations au quotidien Nous n’y sommes pas encore mais, en nous situant dans cette perspective, nous sommes tout de même plus respectueux des droits fondamentaux mais également au bout du compte plus réalistes que ceux qui s’arc-boutent contre un mur déjà fissuré de partout et condamné tôt ou tard à s’effondrer dans le bruit et la fureur… pour le pire ou pour le meilleur.

Et il n’est pas de jour où nous ne pouvons contribuer, par nos mobilisations, à avan- cer dans la bonne direction en luttant contre des gouvernements illégitimes (et au fond déboussolés), contre les exploiteurs de tout acabit, en ne mégotant pas sur notre soutien à leurs victimes et en nous engageant avec détermination aux côtés de celles et ceux qui – réfugiéEs, migrantEs, avec ou sans papiers – ne revendiquent en franchissant nos frontières rien de moins que le droit de vraiment vivre. Élémentaire, non ?

François Brun

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35514

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26 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

immigration: l’importance des mots (npa)

im migres

Les étrangers Un étranger est une personne qui réside dans un pays mais n’en possède pas la nationalité. La qualité d’étranger ne perdure pas forcément car on peut obtenir la natio- nalité d’un pays. Au-delà de l’approche juridique, l’acception commune du terme et son ambivalence entretenue reviennent de façon révélatrice à assimiler l’étrangeté au danger, à présenter l’étranger lui-même comme menaçant et envahissant, et débouchent sur des pratiques excluantes, répressives et anxiogènes.

Les immigrés Un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant dans un autre pays que le sien. La qualité d’immigré est permanente: un individu continue à appar- tenir à la population immigrée même s’il obtient la nationalité française. L’usage du terme permet ainsi de stigmatiser une part importante de la population, non seulement ces étrangers devenus français, mais également leurs enfants.

La manipulation fondamentale consiste à opérer un glissement où les immigrés passent toujours pour des étrangers, donc envahissants et dangereux à perpétuité. Ils font ainsi fonction d’ennemi intérieur, une fonction indispensable à la classe dominante.

Assimilation et intégration Cette manipulation repose particulièrement en France sur le recours à une double notion perverse : l’intégration, ou dans sa forme brutale, l’assimilation. Dans les deux cas, il s’agit de se soumettre aux normes édictées par les dominants du pays d’accueil.

Dans le cas de l’intégration, il s’agirait seulement de « jouer le jeu » en étant sage et discret, idéalement invisible.

Dans le second, on demandera des preuves de la liquidation consciente et volontaire de toute distinction. L’une et l’autre sont reliées par l’injonction insoutenable et sans cesse plus exigeante qu’elles représentent et contribuent donc à maintenir les populations concernées dans leur position d’étrangeté, d’infériorité et enfin d’oppression subie.

Les migrants Le terme est a priori plutôt neutre et technique. Il n’en tend pas moins à gom- mer la diversité des origines, causes et modalités d’émigration, statuts juridiques et sociaux, destinations… et conduit ainsi à une unification factice, voire à une confusion entre des populations ainsi dépouillées de leur existence propre en tant qu’individus autonomes et agissants.

Les demandeurs d’asile Un demandeur d’asile est une personne qui a fui son pays où elle était persécutée ou menacée. Elle butte sur trois obstacles : l’impossibilité fréquente (règles européennes aidant) de déposer sa demande, le non respect de leurs droits de demandeurs (notamment en matière de logement) et un traitement policier qui, pour un peu, les identifierait à des sans-papiers !

Les réfugiés Si le demandeur d’asile obtient gain de cause, il devient un réfugié. En dépit de la référence théorique à la seule convention de Genève, les politiques des États en matière de reconnaissance de ce statut sont pour le moins diverses. Elles reflètent le degré de xéno- phobie, voire de racisme de ces États, ainsi que le cynisme dont procèdent des considé- rations, souvent économiques mais aussi de politiques internationales, qui n’ont rien à voir avec l’examen objectif du dossier.

Les déplacés Il s’agit d’une catégorie qui inclut les «déplacés internes» qui ont été con- traints de quitter leur lieu de vie mais n’ont pas franchi de frontière et demeurent donc en théorie sous la seule « protection » (mais on devrait plutôt dire sous la coupe) de leur propre gouvernement. Du fait de la multiplication et de l’aggravation des causes de déplacement (conflits, désastre climatique…), leur augmentation est exponentielle, et l’UNHCR (l’agence des Nations unies pour les réfugiés) est conduite à leur apporter une aide, même si cela ne relève pas strictement de son mandat.

Les déportés Un déporté est une personne dont le déplacement a été contraint et organisé par une institution étatique, généralement dans le cadre d’une opération de masse.

Les sans-papiers Un sans-papiers est une personne vivant et travaillant dans un pays mais sans statut légal. Sa situation découle d’un jeu bureaucratique opaque et de la manipulation de prétendus critères au service d’une politique d’ensemble. Il est le travailleur idéal pour les patrons et l’une des pièces majeures du dispositif libéral de division socio-ethnique du travail. Il est en pratique surexploité, empêché d’accéder aux droits les plus élémentaires, et racketté par l’État puisqu’il ne saurait avoir un retour sur ses impôts et ses cotisations.

L’immigration choisie La rhétorique sarkozienne a «popularisé» ce terme en France… comme si le choix par les États des «bons» et «mauvais» migrants au «bon» et «mauvais » moment était une innovation! La réalité, c’est qu’avec la mise en avant de cette notion cyni- quement euphémique, la voie était ouverte à une politique de droite extrême balançant cons- tamment entre la tentation du proto apartheid de la « préférence nationale » façon FN et le pragmatisme libéral-raciste pratiqué d’ordinaire, avec une bonne ou mauvaise conscience à géométrie variable, par l’ensemble des partis de gouvernement. Ce sont peu ou prou les mêmes «choix» qui sont faits par la même classe sociale dans l’ensemble d’une Union européenne qui ne cesse de dériver à droite.

Migrants « politiques » et migrants « économiques » L’une des ruses favorites des États, soucieux de garder la main et de «choisir» à leur gré leurs immigrés, est quelquefois d’opposer le gentil et pauvre migrant «politique» (un tout petit peu légitime donc) au redou- table migrant « économique », au mieux le représentant de toute cette «misère du monde » qu’on ne peut pas accueillir, au pire un clandestin venu voler le travail des autochtones.

Mais au contraire, quelquefois, il s’agit aussi d’utiliser le migrant «économique» dûment choisi contre la masse terrifique des damnés de la terre prête à déferler. Ce faisant, on fait semblant d’ignorer que, dans tous les cas, le réfugié politique devra chercher du travail ou que les migrants « économiques » viennent souvent de pays en proie à la guerre, au chaos ou soumis à des régimes sanguinaires, ou encore qu’à l’instar des Roms, ils ont été réduits à la misère par l’apartheid. En tout état de cause, l’enjeu est toujours de bien enfoncer dans la tête des autochtones (y compris quelquefois de migrants déjà installés) les notions de seuil de tolérance, surnombre, et autres billevesées…

Pourquoi toutes ces catégories? Elles ne sont que la traduction d’une gestion étatique discriminatoire des individus, notamment à l’encontre des migrants. Elles ne sont pas seule- ment un rouage de la machine à fabriquer des sans-papiers, mais en créant de toutes pièces des hiérarchies et des conflits d’intérêts, elles assoient les rapports sociaux de domi- nation tant de classe que de race (comme dans d’autres domaines, elles assoient les rapports sociaux de genre). C’est la négation même de la citoyenneté de résidence, seule à même d’assurer l’égalité des droits et que ne pourrait garantir à terme que la reconnaissance des principes de liberté de circulation et d’implantation.

Sylvain Madison

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35514

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08 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

ces enfants qui émigrent seuls (cnrs)

http://static2.lavoixdunord.net/sites/default/files/imagecache/vdn_photo_principale_article/articles/ophotos/20150204/1825273167_B974695777Z.1_20150204150737_000_GOJ3PTJMU.1-0.jpg

Ils seraient 7 600 mineurs étrangers isolés sur le territoire français, plusieurs dizaines de milliers en Europe.
Du fait de leur jeune âge, ces migrants arrivés seuls sur le Vieux Continent bénéficient de la protection des États, qui leur doivent éducation et soin. Certains se retrouvent pourtant en grande précarité.

C’est un imbroglio juridique qui a mis le phénomène des mineurs migrants dans la lumière dans les années 1990 : des adolescents étrangers maintenus en zone d’attente à Roissy se retrouvaient dans l’impossibilité de faire appel de cette décision comme n’importe quel migrant adulte, parce qu’ils avaient moins de 18 ans et qu’ils n’avaient ni parent ni tuteur à leurs côtés pour endosser la responsabilité de cette démarche…

Une situation illégale, comme il s’est ensuite avéré. En tant que signataire de la Con- vention internationale des droits de l’enfant, comme tous les autres pays européens, la France se doit en effet de protéger tous les mineurs en danger qui se trouvent sur son sol, qu’ils soient nationaux ou étrangers ; les mineurs migrants isolés en font partie. En France, ils relèvent comme les autres mineurs du Code civil et du Code de la protection de l’enfance ainsi que des services de l’aide sociale à l’enfance, qui doivent veiller à leur prise en charge (en foyer ou en famille d’accueil) et à leur scolarisation.

La suspicion plutôt que l’accueil La règle est simple… sur le papier seulement. Car l’augmentation du nombre de ces mineurs étrangers non accompagnés depuis dix ans a en partie changé le regard que l’administration portait sur eux. Un premier rapport rédigé en 2002 dans l’Hexagone évaluait à 2 000 le nombre de mineurs étrangers pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance,  un chiffre parcellaire puisqu’à l’époque seuls 70 départements avaient accepté de répondre à l’enquête, la protection de l’enfance étant une compétence départementale.

Entre le 1er juin 2013 et le 31 décembre 2014, 7 600 mineurs étrangers isolés auraient été évalués en tant que tels selon la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse. « En dix ans, on est passé progressivement de la question de savoir comment les accueillir au mieux pour se focaliser sur la preuve de leur minorité, dans un esprit de suspicion à la fraude », décrit Daniel Senovilla Hernandez, juriste au laboratoire Migrinter1. Démontrer que le jeune n’est pas mineur, c’est en effet faire disparaître l’obligation d’assistance de l’État et le renvoyer dans les catégories de migrants « classiques » : sans papier ou demandeur d’asile, selon les cas.

« La présomption de minorité se fonde d’abord sur un entretien, conduit soit par l’admi- nistration soit par des associations ayant une délégation de service public, explique Daniel Senovilla Hernandez. Ses papiers d’identité, quand il en a, ne sont pas toujours pris en compte. L’apparence du jeune – est-ce qu’il est de grande taille, est-ce qu’il est pubère ? –, sa façon de s’exprimer, permettent de donner une première appréciation, qui n’a pas de valeur juridique définitive. » Si on l’évalue comme « non mineur », le jeune migrant peut saisir le juge pour enfants qui va demander une expertise documentaire ou médicale : un test osseux pratiqué dans la plupart des pays européens, et dont la fiabilité a été plusieurs fois remise en cause.

Ce test dit de Greulich et Pyle consiste à comparer les os de la main et du poignet gauches aux tables élaborées aux États-Unis dans les années 1930 sur une cohorte d’enfants blancs nord-américains. Un test dont la marge d’erreur a été estimée à dix-hui mois par l’Académie nationale de médecine, rappelle le chercheur, qui alerte : « Le risque est réel de priver de protection des enfants qui n’ont pas 18 ans. »

Des démarches sans fin Autre problème non négligeable : ces démarches à rallonge prennent du temps, jusqu’à plusieurs mois pendant lesquels le jeune n’est pas pris en charge et encore moins scolarisé. « Certains dorment dans des foyers ou des structures d’urgence, mais d’autres se retrouvent tout simplement à la rue et se débrouillent comme ils peuvent en attendant la décision définitive », indique Daniel Senovilla Hernandez. Une péripétie de plus dans le parcours semé d’embûches de ces enfants venus d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb, pour ce qui est de la France, de République démocratique du Congo, du Nigeria, d’Érythrée…, mais aussi d’Égypte ou encore du Bangladesh si l’on élargit à tous les pays d’Europe.

Si une partie de ces jeunes a émigré après une décision familiale, soit pour échapper à un conflit, soit pour des raisons économiques, la majorité a pris la route sans en informer ses parents : pour venir en aide à leur famille, parce qu’ils ne se voient aucun futur dans leur pays, ou encore pour échapper à un mariage forcé dans le cas de certaines jeunes filles… « Quel que soit le motif du départ, tous font preuve d’un courage et d’une détermination hors du commun, rappelle Nelly Robin, géographe au laboratoire Centre population et développe- ment (Ceped), en accueil à Migrinter. Ceux qui viennent d’Afrique de l’Ouest, par exemple, entreprennent un voyage qui dure de trois à quatre mois, dans le meilleur des cas, à plus d’un an. Ils montent vers le nord le long des routes nationales, traversent le Sahara en ayant recours à des passeurs, une traversée aussi terrible que celle de la Méditerranée, de leur propre aveu, reprennent la route jusqu’en Lybie ou au Maroc notamment, où ils s’embarquent à bord d’embarcations de fortune… »

Sur le chemin, les garçons survivent en faisant des travaux agricoles et arrivent parfois à envoyer un peu d’argent aux familles durant le voyage ; les jeunes filles sont pour partie « happées » par les réseaux de prostitution et arrivent en Europe par ce biais… L’une des raisons pour lesquelles on les retrouve si peu dans les structures d’accueil des mineurs migrants isolés.

La plupart ont entre 14 et 17 ans. « Les plus jeunes que j’ai pu rencontrer avaient 8 ans pour les garçons et étaient partis avec deux ou trois copains, 12 ans pour les filles », racon- te Nelly Robin. Ils suivent généralement les traces d’amis ou de voisins partis en Europe avant eux, et dont ils ont des nouvelles via le téléphone et les réseaux sociaux. « Ce sont aussi des jeunes du monde, qui ont les mêmes envies que tous les adolescents de la planète… La paire de baskets qu’ils voient sur les photos envoyées par les copains arrivés en Europe en fait partie », décrypte Francesco Vacchiano, psychologue clinicien et anthropologue à l’Institut de sciences sociales de l’université de Lisbonne, qui a exploré le sujet en Italie, en Espagne et au Portugal.

Des déménagements à répétition Une chose est sûre : les politiques migratoires des pays européens ont un impact direct sur l’âge de ces mineurs migrants. « En 2006, quand l’Espagne a commencé à reconduire à la frontière les Marocains de plus de 16 ans, une pratique qui sera finalement jugée illégale par la Cour constitutionnelle , on a aussitôt vu des enfants plus jeunes arriver », raconte Francesco Vacchiano. Même chose en Italie, où la signature avec l’Égypte d’un accord de renvoi des migrants adultes a provoqué une forte augmentation de la migration égyptienne adolescente. « Les enfants et les familles sont généralement bien informés », explique le chercheur.

En France, la manière d’accueillir les mineurs migrants et de traiter leurs demandes continue de faire débat. Les départements les plus sollicités, Île-de-France, Seine-Saint-Denis, se sont plaints de voir leurs structures d’accueil débordées et ont demandé une redistribution de cette «charge» à l’ensemble des départements métropolitains. Demande entendue en 2013.

Résultat : c’est désormais la Mayenne, la Vienne…, qui refusent aujourd’hui d’accueillir les jeunes migrants au motif qu’elles n’ont pas assez de places disponibles. Or ces démé- nagements à répétition ne sont pas sans conséquences pour les mineurs. « En dehors du fait qu’ils sont ballotés d’un endroit à un autre, ils doivent souvent recommencer toute la procédure de preuve de minorité quand ils arrivent dans un nouveau département », expli- que Daniel Senovilla Hernandez. Pas idéal pour retrouver un semblant d’existence et vivre, enfin, comme des enfants de leur âge.

Notes

  • 1. Migrations internationales, espaces et sociétés (CNRS/Univ. de Poitiers).

07.07.2015, par Laure Cailloce

https://lejournal.cnrs.fr/articles/ces-enfants-qui-emigrent-seuls

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08 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

balkans (amnesty)

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Des réfugiés et des migrants frappés par la police, laissés dans un flou juridique et abandonnés par l’Union européenne

Des milliers de réfugiés, de demandeurs d’asile et de migrants, dont des enfants, qui effectuent un voyage dangereux à travers les Balkans sont victimes de violences et d’extor- sion de la part des autorités et de bandes criminelles, et sont honteusement abandonnés par l’Union européenne (UE), dont le système d’asile et de migration défaillant les piège, sans aucune protection, en Serbie et en Macédoine, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport. Intitulé Europe’s borderlands: Violations against migrants and refugees in Macedonia, Serbia and Hungary, ce rapport constate qu’un nombre croissant de personnes vulnérables se retrouvent bloquées dans une situation juridique incertaine dans les Balkans. Cette situation est exacerbée par les renvois sommaires ou expulsions aux différentes frontières, l’accès limité à l’asile dans les pays de transit et le manque de voies d’immigration légales vers l’UE.

« Les réfugiés qui fuient la guerre et les persécutions traversent les Balkans dans l’espoir de trouver la sécurité en Europe, et ils se retrouvent au contraire victimes de violences et d’exploitation et à la merci de systèmes d’asile défaillants », a déclaré Gauri van Gulik, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« La Serbie et la Macédoine sont devenues une cuvette dans laquelle se retrouve piégé le trop-plein de réfugiés et de migrants que personne dans l’UE ne semble vouloir accueillir. »

Ce rapport s’appuie sur quatre missions de recherche menées en Serbie, Hongrie, Grèce et Macédoine entre juillet 2014 et mars 2015 et sur des entretiens avec plus de 100 réfugiés et migrants. Leurs témoignages révèlent les conditions choquantes auxquelles sont confrontés ceux qui tentent d’emprunter l’itinéraire passant par l’ouest des Balkans – qui a supplanté la Méditerranée au rang de première voie d’entrée illégale dans l’UE. Le nombre de personnes appréhendées alors qu’elles tentaient de passer la frontière entre la Serbie et la Hongrie a, à lui seul, augmenté de plus de 2 500 % depuis 2010 (passant de 2 370 à 60 602).

La route des Balkans, qui conduit les réfugiés et les migrants en Grèce par la mer depuis la Turquie, puis leur fait traverser la Macédoine et la Serbie pour atteindre la Hongrie, est moins meurtrière que la traversée de la Méditerranée depuis la Libye, mais compte néanmoins son lot de dangers et d’obstacles. Depuis janvier 2014, 123 réfugiés, demandeurs d’asile et migrants se sont noyés en tentant d’atteindre la Grèce, et 24 ont été tués sur des voies ferrées.

« Nous fuyons la mort pour trouver une autre mort »

Ceux qui arrivent sur les îles grecques – dont des enfants – se retrouvent confrontés à des conditions d’accueil catastrophiques, et la plupart se rendent à Athènes avant de tenter la traversée de la Macédoine vers d’autres pays de l’UE.

À la frontière gréco-macédonienne, ainsi qu’à la frontière entre la Macédoine et la Serbie, les réfugiés et les migrants sont régulièrement soumis à des renvois sommaires illégaux et à des mauvais traitements par la police des frontières. Un grand nombre d’entre eux sont obligés de payer des pots-de-vin. Un témoin a dit à Amnesty International que, à proximité de la frontière hongroise, la police des frontières serbe avait menacé de renvoyer son groupe en Serbie s’ils refusaient de payer chacun 100 dollars.

Un réfugié afghan a raconté à l’organisation que la police macédonienne avait renvoyé sommairement en Grèce le groupe dans lequel il se trouvait. « J’ai vu des hommes se faire violemment frapper. Mon fils de 13 ans a reçu des coups et moi aussi », a-t-il déclaré.

Certaines des personnes interrogées par Amnesty International avaient été renvoyées à plus de 10 reprises, à la suite d’opérations souvent menées en plein cœur de la Macédoine, loin de la frontière.

Des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile victimes de renvois sommaires ont indiqué que, près de la frontière avec la Hongrie, des policiers serbes les avaient giflés, frappés et leur avaient donné des coups de pied. Un réfugié afghan a déclaré qu’« une femme enceinte de cinq mois [avait] été frappée ».

Les réfugiés et les migrants sont aussi vulnérables à l’exploitation financière par les passeurs et aux attaques de groupes criminels. Deux hommes nigérians ont raconté à Amnesty International qu’ils avaient été détenus en Macédoine : « Neuf hommes nous ont attaqués avec des couteaux. Nous sommes allés à la police pour demander de l’aide […] mais ils nous ont arrêtés. »

« Si vous mourrez ici, personne ne se souciera de savoir ce que vous êtes devenus »

De nombreux réfugiés et migrants sont arrêtés arbitrairement par les autorités. Des centaines d’entre eux, dont des familles, des femmes enceintes et des mineurs non accompagnés, sont détenus pendant de longues périodes en Macédoine, au Centre d’accueil des étrangers – couramment appelé Gazi Baba – sans aucune garantie juridique ni possibilité de demander l’asile. Beaucoup sont détenus illégalement pendant des mois dans des conditions inhumaines et dégradantes afin de pouvoir être entendus comme témoins dans les poursuites judiciaires engagées contre les passeurs.

« Quand nous sommes arrivés à Gazi Baba, il y avait déjà environ 400-450 personnes […] Des gens dormaient même dans les escaliers, la surpopulation était terrible. Il y avait des matelas par terre et dans le couloir », a raconté un réfugié syrien à Amnesty International.

D’anciens détenus ont dit à l’organisation qu’ils avaient été frappés ou avaient vu d’autres personnes se faire frapper par les policiers à Gazi Baba. L’un d’eux a raconté que, lorsque des Syriens avaient menacé de se mettre en grève de la faim, un policier leur avait déclaré : « Si vous mourrez ici, personne ne se souciera de savoir ce que vous êtes devenus. Nous jetterons vos cadavres dehors. »

Des systèmes d’asile défaillants

Les personnes qui tentent de demander l’asile en Serbie ou en Macédoine se heurtent à d’importants obstacles. En 2014, seuls 10 demandeurs d’asile ont obtenu le statut de réfugié en Macédoine, et un seul en Serbie. Découragés par la lenteur du traitement des demandes d’asile, la plupart poursuivent leur voyage vers la Hongrie, où ils sont confrontés à de nouvelles violations de leurs droits.

Ceux qui sont identifiés comme étant entrés illégalement en Hongrie sont régulièrement placés en détention, souvent dans des conditions dégradantes et de surpopulation, ou maltraités par la police. En 2014, la Hongrie a accordé l’asile à 240 personnes – soit une toute petite minorité de ceux qui en avaient fait la demande.

Si la majorité des demandeurs d’asile détenus sont ensuite libérés et placés dans des centres d’accueil ouverts, ceux dont les autorités considèrent qu’ils risquent de s’enfuir restent en détention. Ceux qui ne veulent pas demander l’asile en Hongrie – parmi lesquels de nombreuses personnes qui espèrent demander l’asile dans d’autres pays de l’UE – sont généralement expulsés en Serbie ou, dans certains cas, en Macédoine. Ils se retrouvent alors sans statut légal, protection ni soutien et sont vulnérables à d’autres violations des droits humains.

Les failles des politiques migratoires de l’UE Le nombre sans cesse croissant de migrants et de réfugiés qui empruntent la route des Balkans est une conséquence de l’échec plus général de la politique d’asile et de migration de l’UE, sur laquelle la Serbie et la Macédoine n’ont aucun contrôle. En donnant au premier pays d’entrée dans l’UE la responsabilité de traiter les demandes d’asile et en limitant les voies d’entrée sûres et légales, l’UE a placé une pression insupportable sur les pays qui forment sa frontière extérieure, ainsi que sur les pays voisins.Plutôt que de chercher en priorité à améliorer les systèmes d’asile des pays qui se trouvent sur la route des Balkans, l’UE a investi massivement dans ses efforts visant à renforcer leurs systèmes de « gestion des frontières ». « Face au nombre croissant de réfugiés, de demandeurs d’asile et de migrants vulnérables qui se retrouvent piégés dans le no-man’s land des Balkans, la Serbie et la Macédoine sont soumises à une pression de plus en plus forte. Pour soulager cette pression, ainsi que celle qui s’exerce sur l’Italie et la Grèce, il n’y a pas d’autre solution que de repenser beaucoup plus largement les politiques de migration et d’asile de l’Union européenne. »

Complément d’information Les chiffres recueillis par Amnesty International révèlent que, entre le 1er janvier et le 22 juin 2015, 61 256 migrants, demandeurs d’asile et réfugiés sont arrivés en Italie, et 61 474 en Grèce. Sur les plus de 21 000 réfugiés et migrants qui ont emprunté la route des Balkans en 2014, plus de la moitié étaient syriens ; les autres venaient d’Afghanistan, d’Égypte, d’Érythrée, d’Irak, du Nigeria, de Somalie, du Soudan et de Tunisie.

Depuis mars 2015, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères hongrois ont multiplié les discours anti-immigration, menaçant notamment d’adopter une législation permettant le placement en détention et le renvoi immédiats de tous les migrants en situation irrégulière et de construire une barrière le long de la frontière afin d’empêcher l’entrée des réfugiés, demandeurs d’asile et migrants en provenance de Serbie. Le 30 juin, le Parlement hongrois a donné au gouvernement son feu vert pour qu’il établisse une liste des pays de transit « sûrs » où, selon lui, les réfugiés auraient pu demander l’asile avant d’arriver en Hongrie. Cette liste a toutes les chances de contenir la Serbie, où il n’existe aucune garantie d’accès à l’asile et où le risque d’expulsion est important. 7 juillet 2015, 00:01

Pour en savoir plus :

Carte de la route des Balkans

Grèce. La crise humanitaire s’intensifie face à un système de soutien aux réfugiés arrivé à son point de rupture (article du 25 juin 2015)

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/07/balkans-refugees-and-migrants-beaten-by-police/

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