Archive | Migrants, réfugiés

25 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

rassemblement en faveur des migrants samedi 26 lannion (tregor)

A l’appel du collectif des sans papier du Trégor-Goëlo, la population est appelée à un

Rassemblement samedi 26 septembre 11h  mairie de Lannion.

« Le but: soutenir la manifestation en faveur des migrants, qui aura lieu à Rennes le même jour à 15h, et d’avoir une position précise de la ville de Lannion sur l’accueil des migrants « .

Un appel soutenu entres autres par EELV Trégor et l’Union syndicale locale Solidaires Trégor. (Et le NPA note du blog)

http://www.letregor.fr/breves/rassemblement-en-faveur-des-migrants-samedi-a-lannion

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14 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

brest: l’asile c’est un droit !

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Rassemblement citoyen
Mardi 15 septembre
Place de la Liberté à 18H

A l’appel de la Ligue des droits de l’Homme, Confédération Syndicale des Familles, ATTAC, UL CGT, FSU, Union Syndicale Solidaires.

Pour dire notre indignation et exprimer notre solidarité

Par milliers des enfants, des femmes et des hommes meurent sous nos yeux en tentant de rejoindre l’Union Européenne. Ils fuient au péril de leurs vies les guerres, les persécutions et la misère. La France et L’Union européenne doivent accueillir ces réfugiés et respecter la dignité de tous les migrants.

L’Europe ne peut proclamer que ses valeurs reposent sur les droits de l’Homme et traiter ces réfugiés comme des envahisseurs, compatir à leur sort et faire si peu, se les rejeter comme des marchandises illégales. Le destin de ces réfugiés, de ces migrants, c’est notre destin et notre avenir. En niant leur droit à l’asile, c’est notre propre avenir que nous mettons en péril tant nous aurons, tôt ou tard, à rendre compte de notre aveuglement et de celui de nombre de nos gouvernants.

Pour exiger du gouvernement les moyens de les accueillir dignement

En France, nous exigeons du gouvernement qu’il appuie sans équivoque un accueil de ces réfugiés dans tous les pays de l’Union européenne et qu’il prenne toute sa part, ici en France en accroissant considérablement les moyens mis en oeuvre.

Il est temps qu’un grand débat public ait lieu en France sur la question des réfugiés.

Nous appelons tous les hommes et femmes de bonne volonté à combattre ces discours indignes qui refusent à ces hommes, ces femmes et ces enfants leurs droits élémentaires d’êtres humains. Nous appelons toutes les organisations et associations soucieuse du respect de la dignité humaine à diffuser et populariser cet appel.

Ensemble, nous pouvons faire que l’intolérable cesse.

Pour les signataires : Christophe Inizan, président de la section Brest BMO LDH

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10 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

la «crise» migratoire (cadtm)

migrant

L’effet boomerang

Aggraver les inégalités, piller les ressources du tiers-monde, refuser de prendre des mesu- res pour stopper le réchauffement climatique, déstabiliser toute la région du Moyen-Orient, multiplier les guerres et les conflits, tout cela a un coût que paient depuis des décennies les populations, et tout particulièrement celles du Sud.

En nombre de morts, de déplacés, d’affamés, de désespérés. Et cela met des popu- lations sur les routes, à la recherche simplement d’un endroit où survivre. Massivement, puisque l’UNHCR (l’Agence des Nations unies pour les réfugiés) estime à 50 millions le nombre de réfugiés dans le monde.

La plupart du temps, cette route de l’exode s’arrête à la région voisine, au sein du même pays, ou au territoire du pays voisin. C’est ce qui s’est passé lors de la crise du Rwanda ou de la RDC, c’est ce qui se passe en ce moment avec la guerre qui ravage la Syrie.

Pour ne prendre que ce dernier exemple, le nombre de réfugiés est aujourd’hui estimé à environ 4 millions (sur une population totale de 20 millions, 1/5 de la population !) Et plus de la moitié est accueillie dans les pays de la région : Turquie, 2 millions (pour une population totale de 75 millions) ; Liban, 1,1 million (sur une population de 5,8 millions), Jordanie, 500 000. Aux réfugiés syriens proprement dit, il faut ajouter les réfugiés que la Syrie avait accueilli au cours des décennies précédentes : Palestiniens – installés de longue date dans ce pays, ainsi qu’au Liban et en Jordanie et Irakiens – rappelons que la Syrie avait accueilli, après la chute de Saddam Hussein 1,5 million de réfugiés.

L’Europe, les États-Unis devaient bien savoir qu’un tel exode était inévitable. En envahissant l’Irak, en déstabilisant toute la région, en jouant les apprentis-sorciers avec les mouvements islamistes, pensaient-ils vraiment être à l’abri de toute répercussion ? Certes, ils subissent de loin en loin quelques attentats terroristes, amplement médiatisés. Mais qu’est-ce que cela représente par rapport à ce que vivent les populations des pays arabes, devant affronter au quotidien l’obscurantisme ?

Pendant des années, ils ont laissé les pays limitrophes se dépatouiller avec ce problè- me, continuant à lever toutes sortes de barrières tout autour de l’Europe, renforçant de jour en jour le caractère militaire du mécanisme de défense des frontières européennes, appelé Frontex, et sommant les pays limitrophes de l’Union, qualifiés de bons voisins, de relayer la surveillance des frontières européennes, au mépris du respect des droits humains et au mépris de la Convention de Genève et du droit d’asile.

Cela fait des années que la Méditerranée s’est transformée en véritable cimetière humain sans que cela n’émeuve les responsables européens qui continuaient leur politique de blindage du bunker européen. Il aura fallu donc l’arrivée massive de réfugiés sur le terri- toire européen, venant notamment de Syrie, pour que les gouvernements réagissent et nous livrent, le cœur sur la main, des discours lénifiants sur les principes du droit d’asile et la nécessité d’un accueil humain des réfugiés.

Qu’en sera-t-il exactement ? Les prochains jours, les prochaines semaines nous le diront. Mais ce n’est pas l’établissement de quotas par pays, ce n’est pas le tri entre migrants réfu- giés et migrants économiques qui apporteront des solutions durables à cet exode massif de populations ne pouvant plus vivre dans leurs pays.

Preuve en est que de nouveaux fronts de migration sont en train de s’ouvrir. Ainsi, face à la crise, les Grecs sont aussi de plus en plus nombreux à chercher un emploi hors de leur pays. Pas moins de 300 000 se sont exilés depuis les sept dernières années, portant à près de 6 millions la population grecque émigrée. Les Espagnols eux aussi ont repris la route de la migration, au Maroc, dans les pays d’Amérique latine ou ailleurs.

Nul doute : ni les murs, ni les armes ne permettront de résoudre ce que les médias appellent la crise migratoire. Car elle n’est que l’effet boomerang des politiques néolibé- rales imposées depuis des décennies aux peuples du monde. Cet effet, les populations du Sud le connaissent bien, mais voilà, il s’invite aujourd’hui au cœur de l’Europe, qui tout d’un coup se rend compte qu’il n’est pas si facile d’accueillir des réfugiés.

Les solutions de fond, elles résident donc dans l’arrêt des ventes d’armes à des bandes armées de tout acabit, l’arrêt du soutien à des régimes comme celui de l’Arabie saoudite qui après avoir fomenté la création de l’État islamique se voit confier la tâche de son éradication.

Elles résident dans la fin du pillage des ressources des pays du Sud et des confron- tations armées qui n’ont d’autre but que de permettre l’intervention militaire des pays occidentaux.

Elles résident dans l’annulation du système de la dette qui ne fonctionne aujourd’hui que comme mécanisme de pompage des richesses des peuples au bénéfice des banques.

Elles résident dans la dénonciation des accords de libre-échange qui, eux aussi, bafouent la souveraineté des peuples et renforce le pillage des richesses du Sud au bénéfice des banques et des multinationales du Nord.

Et en attendant, l’urgence est dans le respect des droits et des conventions relatifs à la migration et à l’asile, la mise en place de mécanismes d’accueil et d’insertion permettant d’instaurer des rapports d’humanité et de respect de la dignité. 7 septembre Lucile Daumas membre d’Attac/Cadtm Maroc

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09 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

migrant(e)s: une seule solution (al)

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La liberté de circulation

Du Front national au Parti socialiste, tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut verrouiller les frontières et contrôler drastiquement l’immigration. Il y a quelques différences de forme ou de virulence dans les discours, mais tous se retrouvent pour dire que l’immigration et les immigré-e-s déstabilisent l’économie. Cette idée aujourd’hui largement répandue est utilisée pour durcir toujours plus les lois répressives et les dispositifs policiers.

Et pourtant, c’est une idée complètement fausse. L’argument qu’on entend le plus consiste à dénoncer le prétendu «coût» de l’immigration, c’est-à-dire les prestations sociales (RSA, allocations logement ou chômage) versées aux immigré-es. Mais ce qu’on oublie trop souvent de rappeler, c’est que ces mêmes immigré-es cotisent à la Sécurité sociale, achè- tent des biens de consommation, paient des impôts (dont la TVA, qui représente à elle seule la moitié des recettes fiscales de l’État).

De la même manière, les immigré-es cotisent pour la retraite mais ne touchent bien souvent aucune pension de retraite, soit parce qu’ils n’ont pas leur compte de trimestres, soit parce qu’ils rentrent dans leur pays d’origine avant de faire valoir leurs droits. Mais la situation la plus injuste reste encore celle des travailleurs et des travailleuses sans-papiers qui travaillent dans des conditions d’exploitation inimaginables, paient des cotisations socia- les et ne peuvent pourtant bénéficier des prestations sociales auxquelles ils pourraient prétendre.

Ce ne sont pas les immigré-es qui plombent les comptes de la Sécurité sociale, c’est le chômage de masse et l’allègement continu des cotisations patronales. Si le chômage est à plus de 10 %, c’est une conséquence directe des lois du capitalisme, pas autre chose.  Et si la loi du marché continue de diriger nos vies, il y a toujours des patrons prêts à prétexter ce taux de chômage élevé pour faire monter la pression sur les salarié-es et rejeter la faute sur les immigré-es. Ne nous laissons pas entrainer dans les discours qui stigmatisent les immigré-es pour masquer l’action des vrais profiteurs, des vrais parasites: les spéculateurs, les politiciens, les capitalistes.

Halte à la chasse aux sans-papiers! Ce qui coûte cher, par contre, c’est la politique de «contrôle des flux migratoires» et de chasse des sans-papiers menée impitoyablement par l’UMP comme par le PS: quand on sait qu’une expulsion coûte au bas mot près de 20 000€, il y a de quoi réfléchir sur l’affectation des moyens… Et ce n’est pas le déploiement d’un nouveau dispositif sécuritaire entre la France et le Royaume-Uni et le projet honteux de construction d’un mur à Calais qui risquent de faire baisser la note de la guerre aveugle contre les sans-papiers. Quant aux projets de lois déposés par le gouvernement, ils ne font qu’aggraver la réforme du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA).

Contre le mythe de «l’invasion des immigré(e)s» Deuxième argument: celui de l’ «inva- sion» des immigré-es. Pour le contrer, il suffit de rappeler que la majorité des flux migratoires se font à l’intérieur même des pays du Sud et que seule une petite partie va vers l’Occident. Avant 1974, lorsque les frontières étaient ouvertes, aucune invasion n’a eu lieu, alors même que de nombreux pays d’Afrique traversaient de dures épreuves. Quant à toutes les lois votées depuis 1974, de plus en plus féroces et inhumaines, il suffit de voir leurs conséquences:

  • elles jettent dans la clandestinité des dizaines de milliers de personnes  ;
  • elles créent une masse de travailleur-ses sans-papiers, privé-es de tout droit, exploité-es par les patrons du bâtiment ou de la restauration, sans couverture médicale et sociale …

Pour en finir avec le mythe de l’ »invasion étrangère », pour en finir avec le régime de peur et d’exploitation que créent les lois anti-migrations, nous défendons :

  • la liberté de circulation et d’installation ;
  • l’arrêt des arrestations arbitraires ;
  • la fermeture des centres de rétention ;
  • l’arrêt des expulsions ;
  • la régularisation de tous les sans-papiers.

6 septembre 2015

http://alternativelibertaire.org/?Sans-papiers-une-seule-solution

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07 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

mairie et ps de rennes (npa)

npa rennes

Migrants: de l’hypocrisie au cynisme

La mairie PS de Rennes, tout comme le PS35, se sont fendus de communications appelant à l’accueil des migrant-e-s ou se ventant de leurs actions. Le NPA Rennes dénonce cette hypocrisie, exige des solutions de logement pour les somaliens de Thorignée, aujourd’hui dans le parc des Gayeulles et appelle à prendre part à l’organisation de manifestation clamant l’ouverture des frontières.

Le cynisme du PS et de la mairie de Rennes est impressionnant. Le jour même où la mairie de Rennes assigne les migrants somaliens devant le tribunal administratif pour les expulser de leur campement de fortune, la maire de Rennes parle d’un «impératif d’humanité » et d’un «devoir de solidarité».

Ou est la solidarité et l’humanité de la mairie PS qui laisse à l’abandon la quinzaine de migrants somaliens sans ressource et sans logement depuis des années? Les consé-quences de cet abandon sont graves et laissent les migrants dans la plus grande précarité et insécurité; n’oublions pas l’agression raciste du mois d’août sur le campement! Si la municipalité de Rennes se veut solidaire, qu’elle commence par trouver des solutions d’ur- gences immédiates pour ces somaliens. Au lieu de ça, la municipalité de Rennes a réclamé ce jour, que soit imposer aux demandeurs d’asile somaliens, sans ressource, une somme indécente de 1500 euros au titre du campement…

Le NPA Rennes dénonce avec la plus grande fermeté cet acharnement contre ces mi- grants et appelle à amplifier la solidarité en se rendant au parc des Gayeulles pour les soutenir.

Le NPA Rennes rappelle que la seule solution est l’ouverture des frontières et la liberté de circulation et d’installation! Le NPA Rennes appelle à participer à l’organisation de manifestations pour réclamer l’accueil de tous les migrants !

samedi 5 septembre 2015 NPA Rennes

http://www.rennes-info.org/MAIRIE-ET-PS-DE-RENNES-MIGRANT-E-S

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07 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

la france et les réfugiés (ccr)

manifestation-en-solidarite-aux-refugies

La honte de l’Europe?

Ces derniers jours la réalité sanglante des réfugiés et migrants morts dans des tentatives de rejoindre le continent européen a percé l’écran. L’image du petit Aylan, mort sur le sable d’une plage turque a frappé fort et ne permet plus de cacher la catastrophe humanitaire en cours. Face à cela, pas mal de «larmes de crocodile», de discours hypocrites, mais aussi des expressions d’une grande solidarité populaire.

Des exemples à suivre Nous avons pu voir ainsi comment en Autriche, un des pays touchés le plus directement par l’arrivée massive de réfugiés et qui avait été le scénario de la terrible découverte de plusieurs dizaines de corps de réfugiés dans un camion il y a quelques jours, ce sont 20.000 personnes qui sont descendues dans la rue pour témoigner de leur solidarité avec les réfugiés. En Allemagne aussi nous avons vu que la campagne «Refugees welcome» a touché même les supporters de certaines équipes de foot. En Islande ce sont plus de 15 000 personnes qui se sont proposées pour accueillir chez eux des réfugiés.

Et la France dans tout ça? Et voilà que dans le pays des Droits de l’Homme (sic), les sondages d’opinion donnent une majorité de la population opposée à l’accueil d’une partie des réfugiés. Quelle honte!

La France ce pays d’immigrés… C’est frappant de voir à quel point le poison xénophobe du Front National et la démagogie mensongère sur les migrants qui voleraient le travail des français et profiteraient des allocations sociales a fait son chemin dans les cœurs et les esprits! Cette même démagogie qui essaie d’opposer les migrants, qui seraient «trop bien traités», aux paysans, comme le faisait le député du FN Gilbert Collard dans un tweet partagé ensuite par son amie Anne Lalanne, qui s’est avérée être le profil clandestin de Marine Le Pen. Le tout bien évidemment avec la complicité non seulement des Républicains, mais aussi du PS, dont le gouvernement est définitivement passé à une politique de racisme d’Etat ouverte.

Et ce dans un pays où l’immense majorité de la population est issue de l’immigration à un moment ou un autre de l’histoire. Faut-il rappeler que des artistes qui ont fait la richesse culturelle de la France tels que Zola, Apollinaire, Alexandre Dumas, Ionesco, Charles Aznavour, Yves Montand, Jean-Paul Belmondo, Dalida, Gainsbourg n’étaient pas français dits «de souche»? Que parmi les gouvernants, de Napoléon à Manuel Valls, en passant par Sarkozy, plusieurs ne le sont pas non-plus ?

Et il est où le mouvement ouvrier? Difficile qu’il en soit autrement alors même que les organisations politiques et syndicales dont l’obligation devrait être de manifester leur solidarité de classe manquent totalement de réactivité et laissent à des proches de Bernard-Henri Lévi le terrain libre pour chevaucher la légitime émotion populaire et appeler à la seule initiative fixée à Paris jusque-là… C’est la suite tragique des difficultés qui ont été celles de ces mêmes organisations pour faire que le scandale de la répression contre les réfugiés du quartier de La Chapelle à Paris et de leurs soutiens devienne un nouveau Saint-Bernard.

Il est encore temps de rattraper le tir, et même si on a pris beaucoup de retard, la réunion unitaire qui aura lieu mardi prochain à l’appel du NPA est une bonne nouvelle. Surtout si elle peut être à l’origine d’une grande campagne de solidarité et d’une bataille d’opinion pour dire haut et fort, que dans ce pays ce n’est pas qu’il y a trop de migrants, c’est qu’il y a trop de fachos !

Publié le 4 septembre 2015 Daniela Cobet Membre du CE du NPA et directrice de publication de Révolution Permanente

http://www.revolutionpermanente.fr/La-France-et-les-refugies-La-honte-de-l-Europe

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07 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

100 ans après zimmerwald (ccr)

guerres

Les assassins d’hier et d’aujourd’hui: détruire ces frontières qui nous divisent et qui tuent

Le lien entre un petit village suisse du nom de Zimmerwald et une plage de la région de Bodrum, où des migrants s’échouent ? C’est l’ennemi commun, qui est le même. C’est lui qui dresse des frontières, tend des barbelés, en appelle à l’identité et à la patrie, pour défendre le «pays», pour mieux nous faire oublier que l’on a davantage de choses en commun avec «l’autre», avec celui qui est dans ce bateau, ou dans ce camion, de l’autre côté de la ligne de front, qu’avec ceux, bien de chez nous, qui, d’en haut, nous envoient au casse-pipe pendant quarante et quelque annuités quand ils ne nous condamnent au chômage alors que «les autres» sont condamnés à une mort possible sur les routes de la migration vers l’Europe.

Il y a un peu plus d’un siècle, à l’été 1914, dans tous les pays européens où ils siègent au parlement, les députés sociaux-démocrates votent dans leur écrasante majorité les crédits militaires et l’entrée en guerre. La stupeur est générale. Les délégués de l’Internationale socialiste n’avaient-ils pas voté, lors du Congrès de Bâle, en 1912, qu’ils auraient «fait la guerre à la guerre» et qu’ils auraient déclenché la «grève générale pour empêcher tout con- flit?» Sur les différents fronts, la situation bascule rapidement. Même ceux qui étaient partis la fleur au fusil se rendent compte, au fil du conflit, dans les tranchées, que cette guerre n’est pas la leur, mais celle des marchands de canon et des politiciens qui les y ont envoyés.

Une voix nécessaire Il y a tout juste un siècle, entre le 5 et le 8 septembre 1915, dans la banlieue de Berne, en Suisse, Zimmerwald est le cadre d’une première conférence des socialistes de plusieurs pays d’Europe qui ne peuvent se résoudre à considérer cette guerre comme juste, quel que soit leur pays d’origine. Les plus radicaux des délégués et des zim- merwaldiens, parmi lesquels Lénine, Rosa Luxemburg ou encore Pierre Monatte, minori- taires, certes, mais confiants dans la révolution à venir, diront avec force que «l’ennemi est chez nous» et qu’il faut le renverser, lui et son système et ses frontières. Cette voix est ténue, dans un premier temps, mais elle va retentir avec force en 1917, dans les mutineries de soldats, les grandes grèves à l’arrière et, bien entendu, à travers les deux révolutions russes. Tous ces événements sont héritiers de Zimmerwald, lorsqu’une poignée de socia- listes, et parmi eux une minorité de révolutionnaires, avaient fait le choix le plus intransigeant de l’opposition à «leur bourgeoisie» et pris le parti de la fraternité du genre humain.

L’Europe forteresse, l’Europe boucherie Le temps a passé, depuis. Un siècle. Mais les choses ne se sont pas arrangées. On nous avait vendu l’idée d’une Europe de la paix et de la prospérité. Pour ce qui est de la prospérité, les chiffres du chômage et le taux de pauvreté sont là pour témoigner de ce qu’il en est. Pour ce qui est de la paix, les principaux décideurs européens nous ont habitués, ces dernières années, à une intervention militaire extérieure par an, si ce n’est tous les six mois. Et de surcroît, dernièrement, en guise de paix, c’est la paix des cimetières, que ce soit dans la Méditerranée ou sur les autoroutes d’Autriche. Ce sont des dizaines de milliers de migrants, femmes, hommes et enfants, qui laissent leur vie, au cours du calvaire qui les mènent de leur pays, qu’ils fuient en raison des guerres, des violences ou de la misère, en Europe.

Ces femmes, ces hommes et ces enfants ont un visage On voit leur image, tous les jours, à la télévision. Dans la «jungle», à Calais. Dans un train, à Budapest. De l’autre côté des barbelés, en Serbie. Attendant leur tour de passer, sur une dune, en Libye. Mais c’est comme si on ne les voyait pas. Il aura fallu ce cliché insoutenable d’un enfant de trois ans, sur une plage, noyé, après que la barque qui le menait de la Turquie à l’île grecque de Kos, dans l’espace Schengen, distante de seulement dix kilomètres, a chaviré et que la mer l’a vomi sur le rivage. Mort.

Ils sont trop pour qu’on puisse les accueillir? Mais c’est une infime minorité qui arrive jusqu’en Europe. La plupart des migrants, venus «du Sud», restent dans les pays du «Sud». Ceux qui fuient les guerres sont, dans leur immense majorité, des déplacés, chez eux, dans une autres région, que ce soit du Nigéria, de l’Afghanistan, de la Somalie, de l’Irak ou de la Syrie. Quand ce sont des réfugiés, c’est, le plus souvent, parce qu’ils ont fui dans des pays limitrophes. Au Liban, les réfugiés sont un million et demi, soit un tiers de la population de ce petit pays.

Et la France n’aurait pas davantage de moyens pour d’accueillir quelques milliers de Syriens? C’est en rechignant et en se disputant que les décideurs européens évoquent le chiffre de 200.000 réfugiés à accueillir dans les prochains mois. Et tous de faire le distinguo, lorsqu’ils promettent de les recevoir, entre les «demandeurs d’asile» qui auraient vocation à rester en Europe et les «réfugiés économiques» qui devraient être reconduits? Comme s’il existait une frontière absolument étanche entre les guerres générées par l’Occident et la misère qu’il contribue à générer depuis la colonisation.(..)

Notre solidarité C’est la raison également pourquoi nous devons accueillir ces femmes, ces hommes et ces enfants. Ceux qui s’opposent à la guerre de classe qui nous est livrée en interne -cette guerre qui est le pendant, moins sanglant mais qui relève de la même logique, de tous ces conflits qui sont menés à l’étranger- ne peuvent qu’être solidaires de celles et ceux qui les fuient à l’extérieur. Nos organisations, les organisations du monde du travail et de la jeunesse, ne peuvent rester passive ou s’aplatir sur les positions d’une Merkel ou d’un Valls maintenant qu’ils ont décidé «d’agir».

Il ne s’agit pas d’un devoir, mais d’une nécessité. Tous ces morts échoués sur les pla- ges européennes, tous ces hommes et ces femmes réduits à l’état de sans-papier, s’ils ont réussi à passer la frontière mais ont été débouté de leur demande d’asile, tous ceux-là pèse- ront sur la lutte des classes en faveur de «nos patrons». Mais, en revanche, tous ceux qui réussissent à passer, tous ceux qui imposent qu’on leur accorde des papiers, et bien ils renforcent notre classe.

Il n’y a que la montée de la xénophobie, du chauvinisme et du souverainisme, de droite comme «de gauche», qui a gangrené progressivement tout le champ politique européen, y compris notre propre camp social, qui nous a persuadés que ces arrivées de migrants nous affaibliraient et, qu’au contraire, c’est en renfermant les frontières que l’on serait plus fort.

«Le prolétaire, écrit, en 1905, Victor Griffuelhes, dirigeant de la CGT, est attaché au milieu où il est né, où il a grandi, mais il ne peut l’être que par le souvenir. Dès qu’il a l’âge d’homme, il est le plus souvent contraint de s’éloigner, allant à la recherche d’un travail qui le fera vivre. Il s’éloigne parce que la besogne vient à manquer ou parce que, désireux d’améliorer son sort, il a osé réclamer un meilleur salaire. En retour, il est congédié par son patron qui le signale à ses confrères. Il doit fuir le milieu qui l’a vu naître, courir les villes, quémandant de l’ouvrage. Il s’arrête là où un atelier ou un chantier lui est ouvert. Il s’installe, il travaille, il vit, il se fait un foyer, il élève sa famille. Le lieu où l’ouvrier travaille, là est sa patrie !… A-t-il, dans sa course vagabonde et incertaine, traversé une frontière ? Qu’importe ! Il a quitté un lieu inhospitalier pour aller dans l’inconnu, jusqu’au moment où il a trouvé à vendre son travail ».

«Il faut, écrit-il encore, [soi-disant] défendre le sol de la patrie! Je n’y vois pas d’inconvénient. Mais à condition que les défenseurs soient les propriétaires de ce sol. Or c’est le prolétaire qui, comme toujours, est appelé à défendre le sol, malgré qu’il n’en possède aucune parcelle». (…) Jean-Patrick Clech

http://www.revolutionpermanente.fr/100-ans-apres-Zimmerwald-Detruire-ces-frontieres-qui-nous-divisent-et-qui-tuent

https://www.marxists.org/francais/inter_com/1915/zimmerwald.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Zimmerwald

http://blogs.mediapart.fr/blog/tu-guideras-nos-pas-zimmerwald

http://www.rts.ch/info/suisse/zimmerwald-be-commemore-les-100-ans-du-socialisme

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06 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

des milliers de françai(se)s mobilisé(e)s (jdd + lm)

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Pour soutenir l’accueil des migrants

« Pas en notre nom »: plus de 10.000 personnes se sont rassemblées samedi dans toute la France, et notamment à Paris, pour dénoncer les « politiques répressives » à l’encontre des migrants et soutenir les réfugiés en réponse à un appel citoyen lancé sur les réseaux sociaux.

Alors que, d’après un sondage publié mercredi, l’opinion publique reste majoritairement (56%) opposée à l’accueil de migrants et de réfugiés sur le territoire français, 8.500 person- nes ont manifesté à Paris, selon la police, pour « dire non aux politiques migratoires répres- sives qui conduisent à la mort de milliers de personnes et oui à l’accueil », a expliqué à l’AFP l’un des organisateurs, l’auteur et réalisateur Raphaël Glucksmann. Le mouvement a rassemblé plus de 10.000 personnes au total dans toute la France.

« J’en ai marre que les gens aient peur » Ce rassemblement, intitulé « Pas en notre nom – #RéfugiésMigrantsDignité », « est né d’une discussion sur Facebook, de gens qui ne se con- naissaient pas et se demandaient comment faire pour exprimer quelque chose sponta- nément », a précisé le fils du philosophe André Glucksmann.

« Ouvrez les frontières! », « Droit d’asile pour toute personne persécutée », « Charlie, où es-tu? » ou encore « L’accueil pour moi, c’est oui », pouvait-on lire sur des pancartes arborées par les manifestants de tous âges et souvent venus en famille sur la place de la République. Certains brandissaient des drapeaux syriens, d’autres la photo du petit Aylan Shenu, cet enfant syrien de trois ans retrouvé mort noyé sur une plage de Turquie, une image qui a suscité une grande émotion à travers le monde cette semaine. « J’en ai marre que les gens aient peur », a témoigné une participante, Véronique Wattiaux, 60 ans. « La société c’est un brassage permanent. Je veux représenter les 44% qui sont pour l’accueil.

Politiques discrets « Ces réfugiés qu’on assassine, c’est nos enfants qu’on sacrifie », a déclaré Bernard, 71 ans, qui portait une pancarte « papy en colère ». « Il faut un changement total de vision. Il n’y a pas de Français, il n’y a pas d’étrangers, juste des êtres humains. »

L’appel sur Facebook a été relayé par plusieurs associations, comme SOS Racisme ou la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Dans un communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a souligné samedi qu’ »un million de migrants accueillis en Europe, c’est 0,2 % de la population européenne. C’est 120.000 pour la France ». Plusieurs responsables politiques de gauche étaient pré- sents, notamment la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts Emmanuelle Cosse, Cécile Duflot, Jean-Luc Mélenchon ou encore le député socialiste Jean-Marc Germain, mais ils ont adopté un profil bas, conformément à l’appel des organisateurs, opposés à toute récupération politique. Le Front de gauche, le Nouveau Parti anticapitaliste et le syndicat étudiant Unef étaient également présents.

Toulouse, Lyon, Bordeaux, Nantes, Strasbourg Des initiatives similaires étaient organi- sées dans plusieurs autres villes. Ils étaient environ 600 à Toulouse, à défiler derrière une banderole « Refugees Welcome » (réfugiés bienvenus) en scandant « Accueil de tous les réfu- giés », et une centaine à Lyon, principalement des militants du Réseau éducation sans fron- tières (RESF). A Bordeaux, un demi-millier de personnes se sont réunies sur le parvis des droits de l’Homme, à l’appel du collectif « Pas en mon nom », mais aussi « La vague citoyenne ». Brigitte Commard, membre de cet autre collectif citoyen, propose « que nos signataires aillent dans leurs mairies pour faire ouvrir un recensement des ressources de la commune en lieux et en personnes. L’idée est de donner un cadre citoyen à cet élan de solidarité et ne pas laisser les gens seuls face à leur envie d’aider ».

A Nantes, quelques centaines de manifestants, selon les organisateurs, se sont rassem- blées sur une place du centre-ville. A Strasbourg, 150 personnes, parmi lesquels une dizaine de réfugiés syriens, se sont réunies place Kléber. Alix Hardy leJDD.fr samedi 5 septembre

http://www.lejdd.fr/Societe/10-000-personnes-mobilisees-samedi-pour-soutenir-l-accueil-des-migrants-749601

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/09/05/pas-envie-de-voir-d-un-cote-des-riches-de-l-autre-ceux-qui-crevent_4747026_3224.html

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05 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

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05 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

france, réfugiés, migrants… (essf)

frontex
Il faut supprimer le dispositif Dublin, mais il faut surtout supprimer Frontex

Bondy Blog: Lors des nombreux débats autour des questions migratoires, les politiques affirment tout et son contraire. Certaines formules vous ont-elles particulièrement choquées dernièrement?

Danièle Lochak : Je pense par exemple à ce discours qui consiste à dire qu’il faut mettre fin à l’activité des passeurs et que tout rentrera dans l’ordre. C’est l’affirmation la plus stupide et la plus hypocrite qui soit. D’abord, s’il y a des passeurs, c’est que des personnes ont absolu- ment besoin de recourir à leurs services à cause de la fermeture de toutes les routes léga- les et sûres pour venir en Europe. Ensuite, les moyens évoqués pour éradiquer leur activité supposent de livrer une véritable guerre, d’utiliser les armes de la guerre. Enfin, à supposer que l’on stoppe leur activité, cela signifie que les gens qui ont recours à ces passeurs ne pourront plus sortir de là où ils sont. Ils seront torturés, tués et enfermés sur place au lieu de mourir en Méditerranée, puisqu’aujourd’hui c’est le choix qui leur est laissé.

Combien de personnes demandent et se voient accorder l’asile en France chaque année? À votre avis, la France est-elle une terre d’asile?

La France n’est pas une terre d’asile. Si on regarde là encore les statistiques du ministère, en 2014, il y a eu environ 45 000 premières demandes, et 13 000 mineurs accompagnants, qui sont des enfants qui suivent le sort de leurs parents, plus 5 400 réexamens. Cela amène à environ 64 000 demandes. L’OFPRA (Office français des réfugiés et du droit d’asile) a rendu un peu plus de 52 000 décisions, et a donné une réponse favorable dans 8 763 cas. Faisons un petit calcul (elle sort sa calculatrice), cela donne, soyons généreux 17 %. De plus, parmi les personnes concernées, il y en a qui n’ont obtenu que la protection subsi- diaire, qui n’est pas le statut de réfugié et ne donne droit qu’à une carte d’un an renouvelable au lieu d’une carte de résident. Il y a eu 37 345 recours, et dans 5 800 cas, la CNDA (Cour nationale du droit d’asile) a annulé la décision négative de l’OFPRA et attribué l’une ou l’autre des formes de protection: statut de réfugié ou protection subsidiaire. Mais même en ajoutant les deux chiffres, on reste sur un taux de reconnaissance beaucoup plus bas que dans beaucoup d’autres pays. De plus, le nombre de demandeurs est loin d’être parmi les plus importants d’Europe, encore moins si on raisonne non pas en chiffres bruts, mais en rapportant ce nombre à la population du pays.

Les frontières sont-elles plus ouvertes sous François Hollande que sous Nicolas Sarkozy ?

Frontières ouvertes ou fermées, rappelons que c’est une métaphore. Même nous qui plai- dons pour la liberté de circulation et des frontières ouvertes, nous ne demandons pas la suppression de ces dernières. En ce qui concerne l’ouverture ou la fermeture des frontières, il faut distinguer ce qui relève de la France et ce qui relève de la politique européenne, à la définition de laquelle la France participe, bien évidemment. Il y a des entraves physiques et juridiques qui sont mises en place par l’Union européenne, Frontex en est l’exemple par excellence, et la France en est partie prenante.

Concernant la législation française, les entraves les plus importantes à l’accès au territoire français et à la stabilité du séjour ont été globalement le fait de la droite, mais la gauche, une fois revenue au pouvoir, les a le plus souvent laissées subsister. C’est le cas par exemple du regroupement familial, et plus généralement des restrictions apportées à la délivrance de la carte de résident. En 1984, quand la carte de résident a été créée, tous les gens qui avaient des attaches personnelles ou familiales en France obtenaient de plein droit une carte de résidence de dix ans. Par la suite cette grande avancée a été progressivement grignotée, notamment par la loi Pasqua de 1993, avant d’être supprimée par les lois Sarkozy de 2003 et de 2006. Or le projet actuel de réforme du Ceseda, Code de l’entrée et de séjour des étrangers et du droit d’asile, ne prévoit absolument pas de revenir aux principes de la loi de 1984.

Le remplacement du programme de sauvetage Mare Nostrum par un programme de surveillance,Triton, n’est-il pas contraire aux droits de l’homme ?

C’est certain. Du point de vue du droit international, il est vrai qu’aucun état n’est obligé d’ac- cueillir des étrangers sur son territoire, même les demandeurs d’asile. La Déclaration univer- selle des droits de l’Homme (1946) déclare que «devant la persécution» toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile dans un autre pays, mais sans créer une obligation corrélative pour les états d’accueillir les réfugiés. La convention de Genève se borne à énoncer une obligation de non-refoulement vers le pays de persécution, sans non plus obliger les états signataires à accueillir les réfugiés sur leur territoire. Mais il y a aussi l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit la torture et les traitements inhumains ou dégradants et qui inclut ce que l’on appelle dans un langage peu juridique, mais imagé «la protection par ricochet». On viole cet article si l’on renvoie des gens dans des pays où ils seront exposés à subir de tels traitements. Un autre principe fondamental est que toute personne a le droit de quitter un pays y compris le sien; or, sous la pression de l’Union européenne, plusieurs pays pénalisent aujourd’hui l’émigration illégale. Par conséquent, oui : tous ces droits fondamentaux sont aujourd’hui violés.

L’instauration de quotas au niveau européen, refusée au demeurant par Manuel Valls comme par d’autres chefs d’Etat et de gouvernement européens, pourrait représenter une solution?

Une directive européenne de 2001 prévoit l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées. Aujourd’hui, on pourrait l’appliquer. Quand l’afflux massif est constaté par le Conseil, les états membres doivent mettre en œuvre cette protection. Ce que l’on ne dit pas, c’est comment on répartit les personnes à l’intérieur des États membres. Curieusement, personne aujourd’hui n’évoque ce texte.

Ce que propose la Commission européenne: répartir les demandeurs d’asile selon une clé de répartition fondée sur la combinaison de plusieurs critères ressemble fort à un emplâtre sur une jambe de bois. Elle propose aussi d’accueillir 40 000 Syriens sur deux ans, ce qui est dérisoire par rapport aux centaines de milliers de personnes qui ont dû trouver refuge dans les pays adjacents. Le seul aspect positif, pourrait-on dire, des propositions de la Com- mission, c’est qu’elle équivaut à reconnaître que le règlement Dublin ne marche pas. Ce règlement de Dublin interdit à un demandeur d’asile qui vient sur le sol européen de décider dans quel pays il va demander l’asile. Il ne peut pas non plus faire plusieurs demandes dans plusieurs pays. Il y a des critères pour déterminer l’État qui sera responsable de la demande, mais le plus souvent le critère appliqué conduit à désigner l’État par lequel le réfugié est entré dans l’espace Schengen, ce qui veut dire, en pratique, le plus souvent l’Italie ou la Grèce.

Mais même si on accepte des entorses au dispositif Dublin, cela ne résout pas la question de fond: outre qu’on n’est pas certain que les intéressés respecteront l’assignation à résider dans tel ou tel pays, cela ne change pas le problème de fond qui est l’impossibilité pour les migrants, et notamment pour ceux qui ont besoin de protection, d’arriver en Europe par les voies légales. Autrement dit, il faut supprimer le dispositif Dublin, mais il faut surtout suppri- mer Frontex et bien entendu la législation dont il est l’expression par excellence.

Entretien conduit par Mathieu Blard Entretien publié le 10 juin 2015, sur le site Bondyblog hébergé sur Libération.

*Danièle Lochak, professeure émérite de droit public à l’université Paris Ouest — Nanterre La Défense, ex-présidente du GISTI (Groupe d’information et de soutien aux immigrés) dont elle est encore actuellement membre active, revient sur les questions migratoires en France dans un contexte politique et social tendu. L’occasion de donner un éclairage juridique à des débats souvent houleux.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35781

Voir aussi:

http://ddc.arte.tv/cartes/318

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