Archive | Migrants, réfugiés

26 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

manif de calais

Liberté de circulation !

Libération immédiate et retrait de toute charge (pour) contre les manifestantEs arrêtéEs à Calais !

Ce samedi 23 janvier 3000 migrants, réfugiés de la jungle, réfugiés et sans-papiers de Paris, de Marseille, de Lille et d’ailleurs, membres de mouvements de solidarité de Calais et sa région et d’autres villes, militantEs,venus d’Angleterre, de Belgique et d’Allemagne ont manifesté à Calais.

C’est la plus grosse mobilisation sur ce sujet ayant eu lieu à Calais.

Au même moment des manifestations du même type ont eu lieu à Evros à la frontière entre la Grèce et la Turquie et à Lampedusa.

Malgré quelques provocations, très peu nombreuses, de l’extrême-droite, la manifestation a eu le visage de la détermination et de la solidarité.

La confiance transmise par cette magnifique manifestation a amené des centaines de migrants à décider d’obtenir ce qu’ils revendiquent légitimement, leur liberté de circulation. Après la fin de la manifestation, débordant les forces de police ils ont manifesté jusqu’au port pour tenter d’embarquer sur un bateau. Plusieurs dizaines ont même réussi à entrer sur un ferry à quai.

Suite à cette action, la police a arrêté au moins 11 personnes solidaires et 24 migrants. La manifestation a été la démonstration que la solidarité est un projet de société qui a bien plus d’avenir que les politiques menées actuellement, qui font de Calais une ville sinistrée et barbelée.

Nous exigeons donc la libération immédiate de touTEs les manifestantEs arrêtéEs quels que soient leur statut ou leur nationalité et le retrait de toutes les charges

Le collectif unitaire d’organisation de la manifestation

Premiers signataires :

ATMF, CNT-RP, CISPM, CSP 75, Droits Devant, NPA, UJFP

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37043

http://www.ujfp.org/spip.php?article4671

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/cest-toujours-mieux-detre-francais/

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25 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

calais (npa)

3792

Retour sur la manifestation 

Il y a comme de l’intox au lendemain de la manifestation de soutien aux migrants à Calais. Les média parlent de ce qui serait soi-disant inacceptable et gravissime: des centaines de migrants ont forcé le passage vers le port pour pénétrer dans un ferry.

Et alors ? Les migrants demandent à aller en Angleterre, objectif de leur long exode, ce qui leur est interdit par l’Etat français et les forces de l’ordre, quoi de plus normal qu’ils tentent jusqu’au bout, si près du but ?

La manifestation juste avant s’était très bien déroulée, nous étions peut être 3 000, avec les migrants de la « jungle » où ils sont parqués dans des conditions indignes, avec des collectifs de soutiens aux migrants, des collectifs anti-racistes, des collectifs de sans-papier, avec des militants anglais, belges… toutes et tous pour exprimer fièrement notre solidarité, notre refus de la haine, des idées racistes et xénophobes, pour la liberté de circulation, pour un accueil digne de tout le monde.

Une chouette manifestation. Il n’y a eu aucune violence, aucun incident sur le parcours (à part deux trois tensions avec des militants d’extrême droite). Il y a eu effectivement le tag de la statue de De Gaule à l’arrivée de la manif. Ce qui a provoqué l’émotion de la maire de Calais, qui ne supporte pas l’expression de la solidarité, qui demande notamment l’intervention de l’armée contre les migrants et leurs soutiens. Les réacs et racistes s’excitent, libèrent leur discours haineux, anti-immigrés. C’est lamentable.

Ce qui est insupportable c’est le traitement fait aux migrants, c’est la politique du gou- vernement, de l’Union Européenne, ce sont les discours des politiciens de droite et d’extrême droite. Il y a une urgence humanitaire, la moindre des choses c’est de donner les moyens pour accueillir, soulager, aider toutes celles et ceux qui fuient la misère, les guerres, les oppressions, venant de Syrie d’Afghanistan d’Irak…

Dans ces conditions, que la solidarité et la dénonciation des politiques anti-immigrées puissent s’exprimer c’est vital. Philippe Poutou Lundi 25 janvier 2016

https://npa2009.org/actualite/antiracisme/retour-sur-la-manifestation-de-calais

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10 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

irlande: les esclaves des chalutiers (ci)

Thai-slavery

Exploités, privés de sommeil, séquestrés, sous-payés…

Les abus dont sont victimes des migrants africains et asiatiques employés sur des bateaux de pêche irlandais sont nombreux, affirme The Guardian. L’industrie de la pêche irlandaise exploite des migrants sans papiers venus d’Afrique et d’Asie, rapporte The Guardian. Selon l’enquête du journal publiée le 2 novembre, certains propriétaires de chalutiers officient mê- me comme passeurs pour amener des personnes en Irlande afin de les exploiter sur leurs bateaux. Il s’agirait notamment de travailleurs migrants venus du Ghana, des Philippines, d’Egypte et d’Inde.

La moitié du salaire minimum irlandais Les migrants interrogés semblent avoir été victi- mes de “toute une série d’abus”, dont des séquestrations, des privations de sommeil ou des journées sans repos. La plupart d’entre eux touchent moins de la moitié du salaire minimum légal irlandais et ne reçoivent pas la formation obligatoire en sécurité. Parfois, les travailleurs sont même “recrutés par des agences qui leur font payer des commissions importantes et illégales”, précise le journal. Ils vivent cachés la plupart du temps – par peur d’être expulsés ou parce que leurs employeurs les y obligent.

Le journal cite plusieurs exemples, dont celui de Demie Omol. Venu des Philippines pour travailler sur un chalutier irlandais au sud de Cork, il était payé 1 000 dollars [920 euros] par mois pour un nombre d’heures indéfinies, alors que des membres irlandais de son équipe ou de pays européens percevaient quatre fois plus: “C’était du travail en continu, nuit et jour. Je n’avais aucun jour de repos ou de congé. Je devais préparer le matériel, réparer des câbles, coudre les mailles de filet… C’était sans cesse, sans cesse.”

“Une faille dans la loi” Certains propriétaires de chalutiers détournent les contrôles d’im- migration irlandais en utilisant “une faille dans la loi sur les navires marchands internatio- naux”, explique The Guardian. Celle-ci permet aux marins non européens d’obtenir un visa de transit pour le Royaume-Uni, valable pour une période de quarante-huit heures maximum, qui les autorise à embarquer sur un navire qui opère dans les eaux internationales.

Toutefois, dans la plupart des cas, les migrants restent sur des chalutiers irlandais qui pêchent dans les eaux irlandaises. “Pour les faire venir en Irlande, les propriétaires de bateaux ou agences de recrutement font passer les travailleurs par l’aéroport de Londres ou de Belfast, puis par l’Irlande du Nord afin de passer la frontière britannico-irlandaise par voie terrestre”, précise le journal.

“C’est de la cupidité” Le recours à des travailleurs clandestins s’explique en partie par le boom économique irlandais, qui a eu lieu entre le milieu des années 1990 et 2002. Le journal explique ainsi : “Pendant cette période du Tigre celtique, les pêcheurs [irlandais] ont renoncé à la vie dure sur mer pour aller travailler dans le bâtiment. Par conséquent, il était de plus en plus difficile [pour les chalutiers] de trouver du personnel local.”

Au fur et à mesure, certains pêcheurs ont découvert qu’il était possible d’embaucher des Asiatiques ou des Africains à moindre coût, qui de surcroît étaient disponibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre puisqu’ils n’ont pas d’autre logement que le chalutier. “C’est de la cupidité”, commente un ancien pêcheur irlandais.

Selon des organisations humanitaires, l’Etat irlandais ne protège pas suffisamment les migrants sans papiers victimes d’abus. Cependant, le ministère de la Justice irlandais, cité par le journal, souligne que “des mesures ont été mises en place pour lutter contre le trafic d’êtres humains” et que “tout soupçon de trafic humain fait l’objet d’une enquête exhaustive”.  9/11/2015

http://www.courrierinternational.com/article/irlande-les-esclaves-des-chalutiers

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09 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

trois cocktails molotov (npa 44)

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COMMUNIQUE DU NPA DE NANTES : Réfugiés agressés au cocktail Molotov à Nantes : appel à manifester mardi 10 novembre

Dans la nuit de samedi à dimanche, les expulsés de la rue des Stocks, ont été l’objet d’une agression violente par le lancer de cocktails Molotov à l’intérieur de leur squat. Nous appe- lons avec les autres organisations antiracistes et antifascistes à un rassemblement Place Royale, mardi 10 novembre à 18h place Royale à Nantes.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les expulsés de la rue des Stocks, réfugiés africains, contraints par l’incurie des pouvoirs publics d’occuper depuis des mois un squat dans le quartier de Chantenay ont été l’objet d’une agression violente par le lancer de cocktails Molotov à l’intérieur du bâtiment.

La volonté de tuer est manifeste. Trois cocktails Molotov ont été lancés, deux sont passés par une fenêtre. Seul le fait que des gens aient été encore éveillés, seule leur présence d’esprit a pu éviter le drame. Mais l’intention était là !

Le laisser-faire, l’inefficacité et le manque de volonté politique encourage le pire de notre société. Ceux qui, lâchement dans l’obscurité de la nuit, ont commis cette attaque raciste et xénophobe en sont un exemple. Est-il vraiment impossible pour une agglomération de plus de 600,000 habitants de trouver une solution pérenne et digne pour quelques 300 réfugiés ?

Le NPA dénonce la fermeture des frontières qui n’empêchera jamais un être humain de tenter de sauver sa vie et celle de sa famille, nous dénonçons aussi la non volonté politique des représentants du Gouvernement, des Élus et des institutions pour trouver la réponse solidaire, humaine et pérenne qu’on doit aux réfugiés et migrants sur notre sol. Nous appe- lons avec les autres organisations antiracistes et antifascistes à un rassemblement Place Royale, mardi 10 novembre à 18h place Royale, pour manifester notre rejet de cet acte odieux et lâche.

http://www.anticapitaliste-35.org/COMMUNIQUE-DU-NPA-DE-NANTES.html

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28 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

solidarité avec tous les migrants (npa)

antik309-couleurs-une

Ce dimanche, s’est tenue à Bruxelles une réunion des représentants de dix Etats de l’Union européenne avec ceux de la Serbie, la Macédoine et l’Albanie. Les dirigeants de l’UE pani- quent devant l’arrivée d’un nombre croissant de réfugié-e-s qui empruntent la «route des Balkans» pour atteindre l’Europe. Refusant de prendre la seule décision que l’urgence impose : l’ouverture immédiate des frontières, ils n’ont d’autre horizon que celui de la répression.

Désastre des guerres impérialistes Des dizaines de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants, se pressent aux frontières de la Slovénie ou de la Serbie, alors que d’autres, tout aussi nombreux, continuent d’arriver par la mer sur les côtes de Grèce ou d’Italie.

Ces hommes et ces femmes n’ont pas le choix. La guerre s’est intensifiée en Syrie avec l’intervention de l’aviation russe en soutien au dictateur sanguinaire Bachar El Assad. La population fuit ces bombardements, les exactions et la dictature obscurantiste de l’Etat islamique, les frappes aériennes des puissances occidentales dont la France. Les grandes puissances, derrière les Etats-Unis, avaient semé la destruction et le chaos dans toute la région, en Afghanistan, en Irak. La Syrie est devenue en outre le terrain des manœuvres et des rivalités de puissances émergentes comme la Russie.

C’est parce qu’ils n’ont plus d’espoir de pouvoir vivre un jour dans leur pays en paix que plusieurs centaines de milliers de Syriens, mais aussi d’Erythréens ou d’Afghans, endurent les dangers et les souffrances de ces migrations.

Larmes de crocodile «On ne peut pas laisser les gens livrés à eux-mêmes, dormir dans les champs en 2015», a dit le président de la Commission européenne, Juncker, dimanche. Mais la déclaration commune sortie de la réunion fait surtout état de mesures pour « restaurer l’ordre » aux frontières de l’UE et « ralentir le flux incontrôlé de personnes ». En France, c’est la même politique, répression et durcissement des mesures d’expulsion.

Le ministre de l’Intérieur Cazeneuve est allé à Calais, suite à la « pétition des 800».  Heureusement, il s’est trouvé ces 800 intellectuels et artistes pour dénoncer « l’indignité » de la « jungle », ce campement où s’entassent, dans la boue et le froid, plus de 6000 femmes, hommes et enfants et le «désengagement de la puissance publique». Mais Cazeneuve ne promet que le doublement des forces de police pour interdire aux migrants les accès vers la Grande Bretagne, 1125 gendarmes ou CRS, plus d’un pour 6 réfugiés et… 200 places sous tentes chauffées pour les femmes et les enfants !

Quel cynisme ! Mais si ces jours derniers, Mario Draghi, qui dirige la BCE, a fait exulter les marchés financiers en envisageant de porter de 60 à 80 milliards d’euros les liquidités ver- sées chaque mois dans l’économie, si chaque gouvernement exonère les capitalistes de son pays de milliards d’euros d’impôts ou de cotisations sociales et en consacre autant à l’achat d’armements, il n’est absolument pas question pour ces représentants des capita- listes de créer les conditions d’une vie décente pour les peuples.

Il n’y a d’issue que dans les mobilisations unies, salariéEs, précaires et retraitéEs, migrantEs et réfugiéEs, pour imposer justice sociale et liberté, une autre répartition des richesses et du travail, des emplois, des logements, des services publics et des papiers pour toutes et tous !

Pour une Europe des travailleurs et des peuples, débarrassée des frontières et du capitalisme ! Mardi 27 octobre 2015

http://npa2009.org/agir/antiracisme/solidarite-avec-tou-te-s-les-migrant-e-s

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23 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

migrant(e)s: la bombe qui n’a pas explosé (npa)

Oh voyageur, où pars-tu ? Tu finiras par revenir
Combien de gens peu avisés l’ont regretté avant toi et moi
Oh voyageur, où pars-tu ? Tu finiras par revenir
Combien de gens peu avisés l’ont regretté avant toi et moi

L’information a fait la une du Monde… et puis ça s’est arrêté là.

Pourtant, le récent rapport de l’INSEE sur les flux migratoires en France tombe en plein dans le mille en ces temps où tous nos dirigeants semblent se soucier de cette question.

Ce rapport est une bombe tant il va à l’encontre de tous les présupposés qui fondent les discours et les politiques de tous les partis et gouvernements. Car il ne se satisfait pas du calcul des entrées migratoires en France, et analyse le solde migratoire, c’est-à-dire la différence entre les entrées et les sorties.

Cela devrait pourtant sembler une évidence : la migration n’est pas un phénomène à sens unique. D’une part parce que les immigréEs ne restent pas tous et toutes définitive- ment en France. D’autre part parce que des FrançaisEs migrent aussi. Mais mettre l’accent sur les entrées est évidemment hautement idéologique : cela nourrit tous les discours racis- tes sur une invasion supposée et fait oublier que les Français sont aussi des migrantEs, mieux accueillis dans d’autres pays que les étrangers ne le sont en France…

Du coup, les nouveaux chiffres publiés par l’INSEE sur les flux migratoires surprendront même les antiracistes. Car depuis 2006, ce solde migratoire présente deux caractéristiques: il diminue régulièrement, et il est devenu presque nul!

En 2006, il y avait 112 000 entrées de plus que de sorties. En 2013, le chiffre est tombé de 33 000. Cette année, 332 000 personnes sont arrivées en France, et 299 000 l’ont quittée. Et pour tordre le coup à un autre stéréotype raciste, ajoutons que pour près de la moitié, l’immigration en France provient d’autres pays européens… et pour moins du tiers d’Afrique.

Les mythes racistes détruits L’explication est assez simple. La tendance est à l’augmen- tation de la mobilité géographique : on ne vient pas seulement en France, on la quitte aussi. Le phénomène est surtout important pour les jeunes adultes (90 % des FrançaisEs partant à l’étranger ont moins de 30 ans). Alors que les entrées sont plutôt stables, ce sont les départs qui ont augmenté, notamment de FrançaisEs nés en France (plus de 70 % du total) mais aussi dans une proportion moindre des étrangerEs. Du coup, l’INSEE estime à 3,5 millions le nombre de FrançaiSEs vivant à l’étranger : ces migrantEs dont on ne parle jamais…

Le phénomène est le même pour l’Union européenne, malgré les disparités entre les pays (le solde a augmenté pour l’Allemagne alors qu’il est devenu négatif pour l’Espagne). Globalement, le solde y a été divisé par deux entre 2006 et 2013 : si le nombre d’immi- grantEs a augmenté de 208 000, le nombre de départs a lui augmenté de 802 000 !

Outre donc le fait que ce rapport détruit une nouvelle fois les mythes sur l’afflux massif d’étrangerEs en France, il est aussi une claire dénonciation du système des fron- tières. Paradoxalement, elles sont un obstacle à la régulation des flux migratoires. Parce qu’il est difficile d’entrer en Europe, les frontières fixent les migrantEs qui y sont entrés. Le sys- tème de fermeture des frontières est hautement discriminatoire : il permet la quasi-libre circulation pour les populations du Nord, mais l’interdit pour les populations du Sud. Au prix de milliers de morts chaque année…

Voilà pourquoi la bombe n’a pas explosé. Il existe un consensus dominant, entretenu par tous les principaux partis, pour maintenir le système des frontières. Quitte à mentir sur la réalité, quitte à tuer. Gageons que la prochaine campagne des régionales l’illustrera. C’est à nous, au côté des migrantEs, réfugiéEs et sans-papiers, de faire entendre une autre voix.

Denis Godard Vendredi 23 octobre 2015

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23 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

slovenie

slovenia

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13 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

calais et au-delà (essf)

prefet

Calais: impunité d’une préfecture qui expulse vers des pays en guerre

« L’impunité de certaines préfectures est devenue telle que les droits des personnes enfermées en rétention sont quotidiennement bafoués et que des personnes fuyant guerres et dictatures sont expulsées »

Dans les centres de rétention administrative (CRA) de France, chaque semaine, des ressor-tissants soudanais, afghans, iraniens, somaliens, irakiens, et même parfois syriens sont enfermés. À coup de dizaines de trajets en avion, la préfecture de Calais opère une stratégie de dispersion des exilés de Calais, en les enfermant dans ces CRA aux quatre coins de la France: au Mesnil-Amelot, à Toulouse, Hendaye [1], Rennes, Metz, Perpignan. Ils risquent l’expulsion sur ordre de de la préfecture du Pas-de-Calais, avec le soutien du ministère de l’intérieur.

Ainsi, depuis juin 2015, plus de 100 personnes provenant de pays en guerre ont été enfermées en rétention au Mesnil-Amelot. Actuellement, 13 d’entre eux y sont privés de liberté. Cinq exilés de Calais sont au centre de rétention de Toulouse, 12 autres ont été libérés du CRA de Rennes, 5 autres du CRA d’Hendaye. Jusqu’aux prochaines interpellations.

La préfecture du Pas-de-Calais semble avoir décidé qu’elle est au-dessus des juridic- tions tant européennes que françaises. Nombre d’interventions dans l’urgence ont été nécessaires pour que cette administration se ravise au dernier moment, généralement la veille ou l’avant-veille du vol.

En juin, la Cour européenne des droits de l’Homme et le tribunal administratif avaient également dus être saisis en urgence de la situation d’une personne reconnue réfugiée en Italie, qui devait être expulsée vers l’Afghanistan. En août, un Afghan a été renvoyé vers Kaboul. Le 24 septembre, deux Soudanais ont été expulsés vers Khartoum.

Dans la même semaine, le tribunal administratif de Lille annule le renvoi vers le Soudan décidé par cette préfecture. Selon la loi, il lui est alors impossible d’expulser ces personnes originaires du Darfour vers ce pays. Mais le préfet passe outre! Il maintient l’enfermement de ces personnes, les présente au consulat soudanais et réserve des vols vers Khartoum. Lors d’une énième audience au tribunal, le représentant du préfet ira même jusqu’à nier la pro- grammation de ces expulsions, ainsi que l’existence de celles de la semaine précédente.

Le 30 septembre 2015, la Cour européenne des droits de l’Homme ordonne la suspen- sion d’une expulsion vers le Soudan prévue deux jours plus tard. Malgré cette intervention, l’intéressé reste derrière les barbelés et ne recouvre la liberté que le 6 octobre, après l’inter- vention d’un juge judiciaire.

Le 5 octobre, le juge des libertés et de la détention chargé de contrôler la procédure pour les personnes enfermées au centre de rétention de Metz, rend une ordonnance rare qui fus- tige les illégalités commises par cette administration [2]: « …les agissements des fonction- naires ayant établi les procédures à la préfecture du Pas-de-Calais constituent ce que l’on pourrait appeler un sabotage et mériteraient des sanctions». En effet, les dossiers sont vides de tout élément permettant de vérifier si les droits des personnes enfermées ont été respectés

Malgré ces tentatives grossières de contournement de la loi, une grande part des person- nes enfermées est cependant libérée. Cela se fait parfois à l’issue d’un neuvième passage devant une juridiction pour que la préfecture se plie, enfin, aux décisions de justice.

Malgré l’intervention de juges français et européens, la préfète du Pas-de-Calais continue à interpeller, à placer en rétention et à expulser des personnes en quête de protec- tion internationale. Plus largement, l’impunité de certaines préfectures est devenue telle que les droits des personnes enfermées en rétention sont quotidiennement bafoués et que des personnes fuyant guerres et dictatures sont expulsées.

Les récentes instructions du gouvernement pour remplir les centres de rétention et augmenter les expulsions conduisent à des pratiques inacceptables, aux limites de l’État de droit. L’enfermement des étrangers en rétention est plus que jamais la face sombre et honteuse de la République. mercredi 7 octobre 2015, par Cimade

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36059

Lire aussi:

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36060

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36058

Commentaire: Une préfète n’est qu’une fonctionnaire qui obéit à son ministre.

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04 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

les faux semblants (npa)

catalino-immigration-26-11-2014 

De la «gauche» de gouvernement

Force est de constater que la gauche de gouvernement est, en matière de politique migra- toire comme en tant d’autres domaines, douée d’un don prodigieux : celui de toujours réussir à décevoir les antiracistes un tantinet conséquents. Ceux-ci s’estimaient pourtant sans illu- sion quand, par défaut, ils s’étaient résolus à voter en 2012, une fois encore, pour ceux qu’ils voulaient encore croire les moins pires…

Ce gouvernement nous le fait éprouver cruellement au quotidien. Mais cela ne date pas d’hier… En remontant de seulement quelques décennies, il s’agit là d’une constante remarquable. Bien sûr, au gré des circonstances, on a pu ne pas se sentir immédiatement floué.

La restitution du droit d’association aux étrangers C’est ainsi qu’en 1981 lorsque, après une très longue éclipse, les forces qui se réclament de la gauche reviennent au pouvoir, un tel chantier leur est ouvert qu’elles n’auront pas trop de difficultés à prendre, à première vue, des mesures pour une fois conformes à ce qu’on est en droit d’attendre d’elles. Parmi celles-ci, on doit sans doute, avec le recul, mettre au premier rang la restitution du droit d’association aux étrangers. Il faut bien lire «restitution» car l’histoire mérite d’être contée.

En 1901, la loi qui pose les bases de la liberté d’association inclut très explicitement les étrangers. Cela durera jusqu’en 1939. C’est alors que le gouvernement Daladier, qui s’était notamment illustré l’année précédente en organisant l’internement des «indésirables étran- gers» rajoute à la loi de 1901 deux articles indiquant qu’«aucune association étrangère ne peut se former ni exercer son activité en France, sans autorisation du ministère de l’Inté- rieur»  et que cette autorisation peut leur être «retirée à tout moment, par décret», étant entendu que sont considérées étrangères les associations dont un quart des membre sont étrangers.

Ainsi en a décidé le gouvernement de l’ancien ministre de la Défense du Front popu- laire qui, en 1957, sera encore président du «Rassemblement des gauches républicaines». Ce sont donc ces articles que la loi du 9 octobre 1981 ne fait qu’abroger.

1981 : régularisation… pour les travailleurs 1981 est aussi l’année de l’opération de régu- larisation en apparence la plus généreuse de l’histoire: 130 000 dossiers, soit près de 90 % des dossiers, reçoivent une réponse positive. Mais attention, si une durée de présence de seulement un an est exigée (on croit rêver), il faut aussi avoir travaillé au moins un an: l’em- ploi irrégulier étant pris en compte, à condition que l’employeur se mette en règle avant la fin de l’année.

Cette régularisation ne connaît donc que les travailleurs et ce sont d’ailleurs les direc- tions du travail et de l’emploi qui instruisent les dossiers. On est donc très loin de la notion de libre circulation, d’autant que la volonté de contrôler les nouvelles entrées est hautement affirmée.

En réalité, le Parti socialiste n’a pas de mal à faire relativement bonne figure en ces temps où le secrétaire général PCF pouvait proclamer: «Il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage». Le communisme municipal fait sou- vent preuve à cette époque d’une exubérante xénophobie, l’exemple le plus emblématique demeurant la destruction au bulldozer (!), Noël 1980, d’un foyer de Vitry-sur-Seine où venaient de s’installer 300 Maliens jugés indésirables.

«Seuil de tolérance» et «misère du monde»… Quoi qu’il en soit, le retour à la gauche telle qu’en elle-même (hélas !) ne tardera pas. Dans les années 80, on entend sur fond de mon- tée, déjà, du Front national, notre actuel ministre des Affaires étrangères, Fabius, déclarer benoîtement que celui-ci ne fait qu’apporter de mauvaises réponses à de «bonnes questions».

Quant au Président Mitterrand, en reprenant un temps à son compte la notion de «seuil de tolérance», il ouvre la voie aux effets dévastateurs de la phrase sur «toute la misère du monde» d’un Rocard qui, se flattant d’avoir refoulé 60 000 personnes et annonçant une performance accrue pour 1989, se jette à corps perdu dans cette politique du chiffre promise à un si bel avenir.

En 1991, Édith Cresson engage une régularisation des déboutés du droit d’asile: 15 000 bénéficiaires pour 50 000 dossiers, mais dans le même temps prive les demandeurs d’asile d’un droit au travail, existant encore en Allemagne… avec cette justification: « Dans un con- texte où les demandes d’asile sont examinées dans des délais très courts, il est apparu dé- sormais possible de revoir les conditions d’accès au marché du travail des demandeurs d’asile ».

De gauche à droite, la «maîtrise des flux» La suite est connue: les cohabitations et alter- nances successives donneront lieu à un alignement progressif, de moins en moins bien dissimulé, de plus en plus assumé, des politiques conduites par les deux grands partis de gouvernement au prix d’un incoercible glissement vers la droite. L’obsession de la «maîtrise des flux», de plus en plus racisée, l’emporte, quoi qu’on en dise à gauche, sur toute autre considération, si ce n’est celle du maintien des conditions de surexploitation de la main-d’œuvre étrangère.

Mais faut-il vraiment s’en étonner de la part d’une gauche dont les racines plongent dans l’histoire d’une République coloniale, impérialiste et productiviste dont elle a forgé les «valeurs»? Rapports sociaux de race rime toujours avec rapports de classes.

François Brun  Samedi 3 octobre 2015

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30 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

rennes avec les régugié(e)s

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