Archive | Migrants, réfugiés

13 juin 2015 ~ 0 Commentaire

malgré la brutalité policière les migrants hébergés! (npa)

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Les migrants expulsés du boulevard de la Chapelle ont décidé hier soir d’occuper, rue Philippe de Girard dans le 10eme arrondissement, une ancienne caserne de pompiers, désaffectée.

Ils se trouvaient pour la plupart sans solution d’hébergement et contraints de vivre dans la rue. Ils ont décidé de le faire parce qu’ils refusent d’être dispersés, qu’une partie seulement d’entre eux soit prise en charge par les pouvoirs publics.

A l’opposé des accusations de manipulation qui circulent dans les média, ils ont décidé, entre eux, hors de tout soutien, de gérer la négociation avec la mairie et la préfecture et d’accepter les nouvelles places d’hébergement qui leur ont été finalement proposées. C’est une victoire de leur détermination et de la solidarité qui s’est exprimée autours d’eux.

Les forces de police très présentes autour de la caserne ont déployé tout l’arsenal de la brutalité à leur disposition : gaz lacrymogène, bastonnade contre les soutiens présents. Résultat plusieurs blessés dont un grave touché à l’œil. Mairie et préfecture sont contraints d’apporter des réponses à la mobilisation alors que leur premier réflexe c’est la répression policière et la dispersion des migrants.

Le NPA apporte son soutien total aux migrants et exige que la mairie de Paris et l’Etat assurent un hébergement décent à tous les exilés qui le demandent, et garantissent le droit d’asile sans restriction. Montreuil, le 12 juin 2015

Manipulation policière et médiatique

Depuis l’occupation de la caserne de pompiers désaffectée du 10°arrondissement par les migrants on assiste de la part du pouvoir à une campagne dénonçant les manipulations d’organisations politiques notamment le Parti de gauche et le NPA qui seraient fauteurs de violence.

Le comble est atteint par une photo publiée sur le site du Parisien montrant une personne à terre se tenant l’œil, assisté par un policier. La légende «un policier a été sévèrement blessé à l’œil par une pierre». Cette «info» est reprise sur tous les sites d’informations.

​ A trop vouloir prouver la prétendue violence des manifestants, ils se prennent les pieds dans le tapis. En fait de policier, il s’agit de Frédéric Vielle, militant du NPA, syndicaliste CGT, venu soutenir les migrants dans leur combat pour la reconnaissance de leurs droits. Il a de multiples fractures à la face et devra être opéré après la résorption de l’hématome.

La violence est clairement du côté de la police. Les agressions multiples contre les soutiens présents devant la caserne n’étaient absolument pas justifiées. Le pouvoir, une fois de plus tente de discréditer et faire taire la lutte des migrants et la solidarité par la manière forte. Montreuil, le 12 juin 2015

http://npa2009.org/communique/manipulation-policiere-et-mediatique

à Rennes aussi:

http://npa2009.org/actualite/migrants-rennes-la-solidarite-doit-sorganiser

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08 juin 2015 ~ 0 Commentaire

algérie, les enfants migrants clandestins malgré eux (ci)

http://www.atlasinfo.fr/photo/art/default/7213324-11071701.jpg?v=1417045282

De plus en plus de mineurs prennent la route de la migration seuls ou avec leur famille et vivent dans la précarité, privés de leurs droits les plus élémentaires. Le reportage du quotidien algérien El-Watan.

Immobile sur le seuil de la porte de chez lui, Nacer, 5 ans, tend l’oreille. “Mes amis sont dehors, je vais jouer !” s’exclame-t-il à l’adresse de sa mère, Thérèse, assise à l’intérieur. Indécis, le garçon aux grands yeux bruns et au sourire désarmant de malice ne bouge pas, scrutant les alentours de sa “maison”, le squat de Bouchbouk, à Dély Ibrahim [banlieue ouest d'Alger]. Thérèse, dont le garçon a hérité le sourire, ne le quitte pas du regard, tout en rangeant son intérieur. Une table basse, quelques chaises, une télévision et un réfrigérateur.

L’on devine la présence d’une salle d’eau de l’autre côté. La pièce, dont les panneaux de séparation sont peints en bleu électrique, est certes exiguë, mais propre. L’enfant y déboule comme une tornade et en ressort aussitôt en courant. “Ne cours pas dans les escaliers Nacer, fais attention !” crie, affolée, sa mère. Et à raison. Les marches, nues, sont en colimaçon et donnent directement sur le vide. “Il y a souvent des accidents, des chutes. Mon fils est d’ailleurs tombé plusieurs fois, mais heureusement ça n’a jamais été trop grave”, relate-t-elle. Des rires d’enfants qui jouent se font entendre. Le quartier résidentiel, où les villas imposantes côtoient les chantiers, est calme.

Dans ce squat, une carcasse de villa inachevée, ils sont ainsi, entre allées et venues, quelque 400 à s’entasser et à se croiser dans les petits espaces des trois étages. Parmi eux, des dizaines d’enfants grandissent sans se départir de leur insouciance. A l’échelle nationale, ils sont des milliers de mineurs, victimes impuissantes de la folie et de la haine des “grands”, ou involontairement otages des aspirations de leurs parents à une “vie meilleure”. Noyés dans la masse que l’on nomme “les migrants”, il n’est pas aisé de savoir combien vivent dans la clandestinité sur le sol algérien, privés de leurs droits les plus élémentaires.

Dans les locaux du service social intercontinental Rencontre et développement, l’on reçoit une moyenne de 15 à 20 migrants par jour. En 2013 par exemple, ce réseau a dû prendre en charge quelque 870 migrants subsahariens, issus de 25 nationalités différentes. Parmi eux, plus de 200 étaient mineurs à leur arrivée en Algérie, dont une quarantaine, en général des demandeurs d’asile, étaient des enfants seuls. Contrairement aux réfugiés, le statut de ces enfants ne leur ouvre le droit à aucune aide ou prise en charge formelle. Pourtant, dès leur plus jeune âge, ils sont confrontés à toutes sortes de violences.

Le cycle des injustices ne fait que commencer La première étant la migration et la traversée en elle-même. “L’on sous-estime les épreuves que ces personnes, et a fortiori les plus jeunes, ont dû traverser avant d’arriver ici”, rappelle Imène, de Médecins du monde. Les récits font d’ailleurs froid dans le dos. Lorsqu’ils arrivent, enfin, à Alger, c’est dans un état de fatigue et de désespoir extrême, et au prix de mille traumatismes et profonds stigmates.

“De nombreux cas d’abus ont été signalés, même s’ils sont souvent tus. Il n’est pas rare que l’un d’eux ne préfère pas raconter dans le détail ce qui lui est arrivé”, affirme Hamid, de Rencontre et développement. “Il y a par exemple ce cas d’une migrante et de ses quatre enfants. Un gendarme lui a demandé 10 000 DA pour passer, sans quoi elle devait lui laisser son aînée, une fille de 13 ans”, s’indigne-t-il, écœuré. “Il a fallu l’intervention d’un autre Algérien, dégoûté, qui lui a donné la somme demandée”, poursuit-il. Mais il y a plus grave. “Même si elle ne le raconte pas, l’on sait qu’une fillette qui avait à peine 11 ans à l’époque a été enlevée, puis forcée à la prostitution, puis vendue et rachetée, avant d’être ‘libérée’ par l’une de ses compatriotes”, confie un travailleur dans l’humanitaire. Et le cycle des injustices ne fait que commencer pour ces enfants, et ce même lorsqu’ils naissent sur le sol algérien.

“Ici, c’est le restaurant ! Bienvenue en Côte d’Ivoire !” lance-t-on à la cantonade. En fait de restaurant, il s’agit d’une petite pièce aux murs à la peinture défraîchie. L’odeur de nourriture et d’épices sature l’air confiné. L’espace, pourtant très réduit, sert de chambre à coucher, de salle de séjour et de cuisine-restaurant, comme en attestent les réchauds et les grosses marmites autour desquels s’affaire une dame en tablier. Des piles d’affaires s’entassent ça et là, tandis que plusieurs matelas et paillasses sont empilés tout autour de la pièce sombre. Assis en face d’une télévision, des enfants semblent hypnotisés par les aventures de l’universelle Dora l’exploratrice. Ils répètent à l’unisson ce que leur héroïne martèle. “Chut ! Doucement, vous allez le réveiller !” ordonne Dominique, en désignant la petite tête brune qui dépasse d’une couverture. “J’ai quatre enfants. L’aîné a 12 ans tandis que le dernier, celui qui dort là, a 1 an”, dit l’Ivoirienne, qui vit en Algérie depuis plus de deux ans.

En dépit des conditions de vie précaires qui sont les leurs, les femmes sont nom- breuses à fonder une famille, malgré tout. “En 2014, pour les seules villes d’Alger et d’Oran, nos équipes ont enregistré 114 naissances dans les communautés migrantes”, avance Imène, de Médecins du monde. “Cela peut paraître incompréhensible au vu de leur situation. Mais c’est justement leur précarité qui rend précieuse une naissance. De même, les femmes considèrent qu’enfanter est une protection”, explique-t-elle. “Elles vivent dans des milieux de violence, et que cela soit dans leur communauté, dans la rue face aux passants, ou encore vis-à-vis des forces de l’ordre, elles sont rassurées d’avoir des enfants”, tente-t-elle d’analyser. Même si cette idée reçue est constamment contredite, certaines pensent qu’un enfant né sur le sol algérien pourra leur faciliter, un tant soit peu, une régularisation de leur situation. Si les familles s’agrandissent, la gestion de ces grossesses et de ces naissances n’est pas une sinécure.

Accès aux hôpitaux ou centres de soins interdit Médecins du monde aspire ainsi, à travers un programme dédié à cet effet, à permettre à ces femmes de porter leurs enfants et de les mettre au monde dans les meilleures conditions possibles. N’était la sensibilisation, et parfois même le forcing des bénévoles de l’ONG, rares seraient les structures hospitalières à les accueillir. “Il y a encore quelque temps, il arrivait souvent que l’accès aux hôpitaux ou centres de soins leur soit interdit. Il est même arrivé que le personnel soignant, craignant d’avoir des problèmes avec les autorités, appelle les services de sécurité”, rappelle Imène, qui se réjouit que soient dispensés les suivis de grossesse, carnets de vaccination et autres soins pré- et postnatals.

L’autre casse-tête que provoquent ces naissances est la reconnaissance des enfants et leur identification. “Avant, elles ne recevaient qu’une attestation d’accouchement. Les enfants n’avaient donc aucun document établissant leur identité. Aujourd’hui, et après moult explications et orientations, un extrait de naissance leur est délivré à la mairie”, explique-t-elle. Seulement, cela n’épargne pas à certains petits des imbroglios, comme ceux dont les parents sont entrés en Algérie sous une fausse identité. “De même, les couples ne sont généralement pas mariés et n’ont, de ce fait, pas de livret de famille. Ils sont donc affiliés à la maman et non au papa”, ajoute-t-elle.

Au-delà des conditions de vie et de l’insécurité du présent, l’avenir est le spectre commun. La plus grande inquiétude des parents est la scolarisation de leurs bambins. “Non, je ne vais plus à l’école. Avant de venir ici, j’étais en 2e année. Et ça me manque. Mes copines aussi me manquent.” Cynthia, au milieu de l’agitation des adultes du squat de Bouchbouk, est silencieuse. Assise devant des dessins animés, elle est indifférente au brouhaha alentour. Malgré sa jolie robe, la fillette ne sortira pas de la journée. “Je ne fais rien de particulier de mes journées. Je regarde la télévision, je joue parfois”, dit-elle doucement, en ajoutant qu’elle s’ennuie souvent. Les enfants de ce squat ne vont pas à l’école ou à la maternelle. Pourtant, le ministère de la Solidarité nationale avait annoncé, il y a quelques mois, que tous les mineurs sur le sol algérien devaient être scolarisés. “Après avoir pris connaissance de cette sortie médiatique, j’ai entamé les démarches, et ce en demandant une autorisation spéciale auprès du ministère de l’Education nationale”, indique Mireille, mère de deux fillettes, dont l’aînée a 6 ans.

“On m’a dit que c’était trop tard, et que je devais réessayer avant la rentrée pro- chaine”, poursuit-elle. Toutefois, l’un des écueils de taille que rencontrent les enfants subsahariens dans ce volet est le problème de la langue. “Ils sont majoritairement francophones, voire anglophones ou lusophones. Faire des études en arabe leur semble inconcevable ou trop difficile”, estime Imène, de Médecins du monde. Reste alors l’établissement de Descartes ou encore les écoles privées, hors de prix. “Rien que pour la scolarisation de 10 enfants, dont 4 en crèche, et en comptant les formations professionnelles, nous avons déboursé 3 millions de dinars [27 000 euros]”, expliquent Sihem et Hamid, du service social intercontinental Rencontre et développement.

Ce qui est peu au vu du nombre d’enfants en âge d’aller à l’école. “Le nombre d’inscrits dépend des budgets dont nous disposons. En 2013 par exemple, ils étaient 54 migrants à bénéficier de cette prise en charge, dont 23 enfants scolarisés”, ajoutent-ils. Ce qui n’est, malgré tous les efforts de la société civile, qu’une goutte d’eau dans le désert. Alors, quel avenir pour ces enfants ? “Il est clair que nos conditions de vie sont difficiles. Mais il faut aussi comprendre que si nous arrivons à faire avec, c’est tout simplement parce que ‘chez nous’ c’était pire…”, souffle, le regard vague, Fabrice, père de deux enfants. “Nous faisons de notre mieux pour leur prodiguer amour et protection. Mais je n’ai pas de réponse à cette question. La solution est entre les mains des décideurs et des autorités”, conclut-il, amer. En attendant, le petit Nacer, la petite Cynthia et tant d’autres tentent de vivre leur enfance, privés de tout. Et une question prend à la gorge. Lancinante, têtue : et si ces enfants avaient été algériens sur un sol étranger ?

Auteur Ghania Lassal Publié le 08/06/2015 – 07:47

http://www.courrierinternational.com/article/algerie-les-enfants-migrants-clandestins-malgre-eux

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05 juin 2015 ~ 0 Commentaire

réforme de l’asile, arrière toute! (npa)

droit-asile-petition-revendications

La reprise par le Sénat, le 25 mai dernier, du projet de loi sur l’asile voté le 16 décembre par l’Assemblée nationale revient sur les rares point positifs du texte précédent…

Les sénateurs ont introduit une série de clauses répressives dont la plus significative est sans doute la délivrance automatique d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) aux demandeurs dont le recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a été définitivement rejeté. Peu importe qu’une règle aussi sauvage soit inapplicable en droit, puisque, s’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes opportunément publié pendant l’examen du projet, il ne s’agissait que de témoigner d’une détermination inébranlable à enterrer de fait le droit d’asile, dans son essence même.

Pour ce faire, il reste suffisamment d’amendements, malheureusement applicables, portant sur la notion d’« irrecevabilité » d’une demande, les délais de recours contre les transferts Dublin (soit le renvoi vers le premier pays d’Europe où le demandeur a touché terre : garde-côtes, à vos postes !), l’instauration d’un délai pour déposer sa demande, la suppression de l’accès au marché du travail au bout d’une période sans réponse de l’Ofpra…

La loi sur le renseignement étant passée par là, un amendement fait la confusion entre clauses d’exclusion du bénéfice de l’asile, fondées vis-à-vis de génocidaires, de criminels, etc., et la protection de l’ordre public, si la personne a commis «des crimes graves ou représente une menace à l’ordre public ou la sécurité nationale» dont on ne sait jamais qui est en charge de les apprécier, ni comment…

Amalgames et sinistres calculs L’essentiel est en fait de procéder à l’amalgame entre migrantEs et réfugiéEs, ce qui représente la négation même du droit d’asile dans sa spéci- ficité et crée ainsi une brèche quant à sa représentation dans laquelle les médias n’hésitent pas à s’engouffrer. Car en dépit de la présentation de deux projets de loi séparés, l’un sur l’asile et l’autre, retardé, sur les conditions d’entrée et de séjour des migrantEs, c’est très exactement la même logique qui préside aux deux textes : celle, triple, du soupçon, de l’exclusion et de la répression.

En recourant à des notions telles que « l’explosion des demandes d’asile », on tend forcément à la négation d’un droit qui, par définition, relève de situations individuelles géné- rées par des situations générales et non de chiffres : quand les guerres sont là, elles sont là ! Les flots d’exiléEs suivent. Évoquer sans cesse les «abus» relève de la traque obsession- nelle de la fraude, uniquement de la part des dominéEs, bien entendu…

De même avec une autre obsession majeure : celle du «coût constant», qui apparaît tant dans les «dysfonctionnements» du versement de l’allocation due aux demandeurs, la « saturation» des dispositifs d’hébergement, ou l’insuffisance criante des moyens en person- nel de l’Ofpra, ralentissant d’autant le traitement des dossiers. Sans parler de l’ignoble maquignonnage sur le nombre de réfugiéEs que la France est prête à accueillir.

Ce nouveau texte est une aubaine pour le ministère de l’Intérieur qui va pouvoir reprendre la main lors d’un nouveau passage à l’Assemblée, faute probable d’accord de la commission mixte Assemblée/Sénat. Les associations de défense du droit d’asile, elles, n’ont plus que deux mois pour empêcher le vote de cette loi. C’est beaucoup, car elles y sont quasiment toutes opposées. C’est peu, car il leur reste à construire une expression collec- tive forte, la mobilisation unitaire et le rapport de forces qui font défaut depuis plus d’un an.

Maria Puccini Jeudi 4 Juin 2015

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19 mai 2015 ~ 0 Commentaire

contre l’europe forteresse (npa)

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Solidarité internationale !

Les images écœurantes de policiers extirpant des migrants de camions stationnés en attente d’embarquement au port de Calais, les faisant basculer derrière une glissière d’autoroute en les rouant de coups, ont abondamment circulé. Tout en démontrant le sort abject réservé aux migrants, elles participent d’une campagne contre eux orchestrés par le gouvernement lui-même et dont Marine Le Pen fait son fonds de commerce. Cette campagne vise à dédouaner le gouvernement, l’État, l’Union européenne de leur responsabilité dans le drame que vivent des milliers de femmes, d’hommes fuyant la misère, les guerres, le terrorisme engendrés par la politique de ces mêmes États.

L’hypocrisie des quotas La Commission européenne n’a pas trouvé mieux que de proposer d’établir des quotas par pays pour répartir l’accueil des migrants. Elle voudrait faire croire que cet accueil serait une difficulté insurmontable. Les mêmes sont capables de trouver des milliards pour sauver les profits des banques et des patrons, pour faire une guerre hypocrite à un terrorisme qu’ils ont suscité et continuent de susciter, mais ils seraient impuissants face à la détresse de milliers d’hommes et de femmes.

Et pour Valls, c’est encore trop. Il a refusé cette proposition alors que la France est un des pays d’Europe qui accueille le moins de demandeurs d’asile loin derrière l’Allemagne, l’Italie ou la Suède. Il s’adapte aux pressions qu’exercent le FN et le patronat.

Le contrôle migratoire = la réponse des patrons L’attitude du gouvernement est particulièrement hypocrite, elle confond volontairement la question du droit d’asile avec l’immigration pour mieux combattre les deux. Pour les États gangrenés par la xénophobie, en fait, tout ça c’est la même chose ! Et ils n’ont qu’une réponse le contrôle policier au prix de centaines, de milliers de mortEs.

Ils voudraient garder le contrôle de l’immigration qu’ils utilisent pour faire bais- ser le coût du travail, pour mettre en concurrence les travailleurEs à l’échelle inter- nationale tout en défendant leurs frontières pour mieux soumettre leur peuple, pour mieux nous contrôler et nous imposer leur politique qui ne vise qu’à satisfaire leur soif égoïste de profit.

Liberté de circulation Les contrôles policiers, la fermeture des frontières dont rêve Marine Le Pen ne résoudra rien bien au contraire ni pour les migrants ni pour les classes populaires d’ici. La politique absurde des États ne fait qu’aggraver la situation.

La question n’est pas qu’européenne. Le drame des réfugiés sud-asiatiques en perdition ou des immigrés d’Amérique du Sud tentant de rejoindre l’Eldorado des USA obéissent aux mêmes causes. La politique des capitalistes dresse et divise les peuples pour mieux les exploiter.

La réponse est dans la solidarité internationale des travailleurEs pour imposer des mesures d’urgence pour faire face aux drames quotidiens et aussi la coopé- ration entre les peuples pour permettre la liberté de circulation des personnes contre la concurrence mondialisée, conséquence de de la domination des multinationales et de la finance.

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18 mai 2015 ~ 0 Commentaire

des bateaux de réfugiés rohingyas rejetés par la thaïlande, la malaisie et l’indonésie (global voices)

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Des milliers de bateaux de réfugiés Rohingyas en provenance du Myanmar ont cherché asile dans les pays voisins du Sud-Est Asiatique, mais ces pays les ont tous renvoyés chercher de l’aide ailleurs. Le gouvernement du Myanmar a refusé de reconnaître les Rohingyas comme un groupe ethnique et les considère comme des migrants illégaux. La plupart des Rohingyas sont musulmans et vivent à la frontière du Myanmar et du Bangladesh.

Pour échapper à la persécution du gouvernement dirigé par les militaires, de nombreux Rohingyas ont traversé les frontières pour se réfugier et travailler en Thaïlande, en Indonésie et en Malaisie. Certains ont été victimes de groupes de trafic humain. Avant la ‘crise des bateaux de migrants’ actuelle, on a découvert en Thaïlande une fosse commune soupçonnée d’appartenir à un ‘camp de la mort’ de migrants Rohingyas illégaux dans le pays.

Au début du mois, plus de 30 corps ont été extraits de cette fosse dans la jun- gle, et selon l’Agence pour les Réfugiés des Nations Unies la responsabilité en incombe à des trafiquants impitoyables. La semaine dernière, on a su que des bateaux qui transportaient des réfugiés Rohingyas ont été appréhendés par des garde-côtes thaïlandais, indonésiens et malaisiens. Mais au lieu de secourir les réfugiés, les autorités côtières ont renvoyé les bateaux en mer.

En Thaïlande, un hélicoptère a jeté des vivres à la mer près d’un bateau au lieu de les remettre directement aux réfugiés. Peu de temps après, le bateau qui trans- portait environ 300 Rohingyas a été forcé à faire demi-tour. Le Major Général Sansern Kaewkamnerd, porte-parole du gouvernement thaïlandais dirigé par les militaires, a dit que le bateau avait été renvoyé en mer après la réparation du moteur et la distribution d’eau et de nourriture aux réfugiés. Il a justifié la décision du gouvernement de repousser les réfugiés dans ces termes :

Selon la loi thaïlandaise, les migrants illégaux doivent être rapatriés ou ren- voyés dans un pays tiers. Ils ne peuvent pas s’installer en Thaïlande. Nous avons fait tout ce que nous pouvions en termes de principes humanitaires. Si nous devons être critiqués, j’aimerais bien que ceux qui nous critiquent s’interrogent sur ce qu’ils feraient si cela se passait dans leur pays.

Pour sa part, le gouvernement de Malaisie a nié ne pas avoir apporté d’aide humanitaire au Rohingyas malgré son peu de soutien constaté habituellement en matière de protection des réfugiés. M. Wan Junaidi Tuanku Jaafar, adjoint au Ministre de l’Intérieur, dit que les autorités ont traité humainement les Rohingyas bien qu’ils soient entrés illégalement en Malaisie. Il ajoute que les réfugiés et les migrants ne doivent pas entrer dans le pays : Nous devons être clairs, ils ne sont pas les bienvenus ici.

Selon Human Rights Watch, l’Indonésie voisine a admis avoir repoussé un bateau surpeuplé de réfugiés en début de mois et les avoir dirigés vers la Malaisie. Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie, a critiqué le Myanmar qui persécute les Rohingyas ostracisés et condamne les gouvernements de Thaïlande, d’Indonésie et de Malaisie qui refusent de porter secours aux réfugiés boat people :

La Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie empirent les choses par leurs politiques sans coeur qui consiste à repousser cette nouvelle vague de ‘boat people’ et qui met en danger la vie de milliers de personnes

L’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés exprime les mêmes préoccupa- tions. Volker Türk, Haut-Commissaire assistant pour la protection au Haut- Com- missariat des Nations Unies, explique que traverser les mers est un symptôme de désespoir car les gens sont acculés à n’avoir pas d’autre choix que celui de risquer leurs vies :

La principale priorité est de sauver des vies. Au lieu de se rejeter la respon-sabilité, il est primordial que les Etats se partagent la responsabilité de débarquer ces gens immédiatement. Charles Santiago, député malaysien, condamne l’ASEAN, dans une déclaration sur Facebook pour ne pas avoir réussi à s’enten- dre sur une action collective pour régler le problème :

L’ASEAN accuse déjà un énorme retard – les chefs d’Etat auraient déjà dû mettre à plat l’épineux problème de l’exode massif des Rohingyas, qui s’est aggra- vé en juin 2012 à la suite de l’explosion de violence provoquée par l’Etat, comme évoqué dans les conclusions du dernier sommet de l’ASEAN. Ils n’ont pas réussi à discuter de ce problème crucial, ce qui aurait impliqué de considérer les nom- breuses violations des droits humains des Birmans à l’encontre des Rohingyas.

Sur Facebook, un groupe pro-Rohingyas s’en prend au ‘préjugé racial’ des fonctionnaires malaisiens : Le préjugé racial joue un rôle dans la décision de de la Malaisie de ne pas accorder aux réfugiés Rohingyas marginalisés entrés dans le pays protection, nourriture, eau et lieux de culte. Certains secteurs de notre société préfèrent peut-être que les Rohingyas retournent au Bangladesh et au Myanmar pour affronter génocide et persécution.

Traduction publiée le 18 Mai 2015 9:26 GMT

http://fr.globalvoicesonline.org/2015/05/18/186154/

Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rohingya

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04 mai 2015 ~ 0 Commentaire

lausanne: non aux renvois dublin!

9-MAI-5

MANIFESTATION contre les renvois en Italie et contre la loterie du système Dublin! SAMEDI 9 MAI à 11H15
Départ devant l’église de St-Laurent à Lausanne

Face aux tragédies de ces dernières semaines en Méditerranée, face à l’arrivée de 11 000 rescapés en une semaine en Italie, face aux conditions de vie misé- rables des personnes migrantes dans la Botte, face à l’obstination indécente des autorités suisses à y refouler des réfugié·e·s par centaines, un mouvement de résistance dans la société est plus que jamais nécessaire!

C’est pourquoi nous vous invitons toutes et tous à une grande manifes- tation en ville de Lausanne.

Depuis le 8 mars dernier, cinq réfugié·e·s d’Erythrée et d’Ethiopie occupent la Salle de paroisse de St-Laurent. Le 1er avril dernier, une délégation du Conseil d’Etat vaudois les a reçu·e·s et a affirmé vouloir obtenir des garanties sur les conditions d’«accueil» en Italie. Contre toute logique, il a cependant refusé de suspendre les renvois! Manifestement, le Château refuse de comprendre la gravité de la situation et la détermination de notre mouvement.

Plus d’infoshttp://www.desobeissons.ch/

Voir aussi: http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8glement_Dublin_II

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30 avril 2015 ~ 0 Commentaire

quand l’europe accueillait des migrants (lo)

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Difficile d’imaginer qu’il y a de cela seulement 36 ans la France et l’Alle- magne décidaient d’accueillir des dizaines de milliers de Cambodgiens.

Il s’agissait alors de sauver les réfugiés vietnamiens et cambodgiens qui, par centaines de milliers, fuyaient leur pays depuis 1978 en s’embarquant sur des bateaux de fortune. Transformés en boat people, ils erraient sans savoir où aller dans le golfe de Siam. La communauté internationale finit par bouger et, le 25 juillet 1979, une conférence réunit à Genève les représentants de 46 États con- cernés par le problème des réfugiés. Pour dissuader les départs clandestins et favoriser les regroupements familiaux, de nouvelles voies d’accès à l’Occident, moins dangereuses, furent ouvertes aux Vietnamiens.

À la fin 1992, 380 000 auront ainsi pu quitter leur pays par voie aérienne pour l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Australie. La France, elle, a accueilli au total 130 000 réfugiés de l’ex-Indochine, dont 50 000 Cambodgiens. 28 Avril 2015

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/04/28/quand-leurope-accueillait-des-migrants_36977.html

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26 avril 2015 ~ 0 Commentaire

rennes: rassemblement en hommage aux migrants morts en méditerranée (fr3)

austra

Affiche du gouvernement australien…

Une bonne centaine de manifestants se sont donnés rendez-vous ce samedi après-midi sur la place de la mairie à Rennes, pour dénoncer les tragédies vécues par les migrants en Méditerranée. Ils ont procédé à un Die-in, s’allongeant à même le sol en signe de protestation.

« Pour que la Méditerranée ne soit plus un cimetière marin! » c’est sous ce mot d’ordre que plus de cent manifestants se sont rassemblés ce samedi après-midi sur la place de la mairie à Rennes, à l’appel de nombreuses associations: MRAP, RESF, Un toit, c’est un droit, le Conseil des Migrants, La Cimade ou EELV.
Ils ont rappelé que plus de 1000 personnes ont péri noyées en Méditerranée ces derniers jours et que « depuis 2000, les naufrages ont fait 22 000 victimes selon les estimations, des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui fuient des zones de conflit où les droits humains sont bafoués, fuyant la misère et l’absence de perspectives d’avenir ».
« Afin de protester auprès du gouvernement français et de l’Union Européenne contre la tragique incurie des politiques migratoires européennes », le rassemble- ment a pris la forme d’un «die-in», les participants s’allongeant sur le sol pour évoquer la mort, en hommage aux victimes.
Par Krystell Veillard Publié le 25/04/2015 | 16:20
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23 avril 2015 ~ 0 Commentaire

quimper, rassemblement jeudi 23 avril

frontex

Naufrages des migrants en Méditerranée, ce n’est pas une fatalité !

Une hécatombe insupportable: Tous les jours, des migrants trouvent la mort en voulant fuir les pays dévastés par la guerre ou la pauvreté. La Méditerranée est devenue un immense cimetière :

- 800 migrants dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril dans le naufrage d’un cargo,

- 400 morts avaient déjà étaient décomptés la semaine dernière.

- Et combien d’autres dans les jours à venir ?

Des chiffres en augmentation constante. D’après le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ce sont 3419 migrants qui ont perdu la vie en Méditerranée durant l’année 2014, près de 2000 ces premiers mois de 2015. Et chaque jour, ce sont entre 500 et 1000 femmes, hommes et enfants, rescapés d’une traversée aux risques mortels qui sont récupérés par les garde-côtes italiens.

Pourquoi? La raison principale est la fermeture des frontières aux person- nes alors que capitaux et marchandises circulent très librement. Cette fermeture est aussi très inégale et ne concerne que «les pauvres». Si un Français ou un Américain peut circuler très facilement de part le monde, ce n’est pas le cas pour un Syrien ou un Somalien.

Ces migrants prêts à remettre leur vie à des passeurs mafieux, de plus en plus violents et barbares qui les volent et les assassinent, fuient les pays dévastés par les guerres. Mais du Nigéria, à l’Erythrée, de la Syrie au Yémen en passant par la Palestine et le camp de Yarmouk, les dictatures, les bandes armées qui s’affron- tent résultent du chaos produit par les politiques impérialistes des USA et de l’Union Européenne à commencer par le chaos libyen, pays d’où partent les ba- teaux de la mort depuis que Khadafi et sa dictature ne sont plus là pour trans-former le sud de la Libye en immense camp de rétention contre financement de l’UE.

L’explosion du nombre de morts s’explique logiquement par l’explosion du nombre de candidats à l’émigration mais c’est aussi la responsabilité directe de l’UE: la fin de l’opération «Mare Nostrum» (menée par la marine italienne avec des activités de recherche et de sauvetage) et son remplacement par l’opération «Triton», placée sous l’égide de l’Agence de contrôle des frontières extérieures de l’Europe (Frontex). Et, «Triton» n’est pas, elle, une opération de recherche et de sauvetage mais une opération de bouclage des frontières.

Une autre politique est possible! C’est à partir de 1974, qu’a démarré en France, la mise en place d’une politique de contrôle sévère des flux migratoires. Même le directeur adjoint de Frontex,  Gil Arias, suggère aujourd’hui plus de sou- plesse quant aux directives relatives à l’immigration: «Ce qui aiderait, aussi, c’est d’ouvrir de nouvelles possibilités d’émigration légale surtout pour les personnes fuyant les guerres».

Il y aurait des solutions pour éviter ces morts inacceptables :

Mettre en place une intervention internationale dans le cadre de l’ONU en vue de mettre fin aux conflits et de rechercher une solution négociée

Utiliser le profit qu’engendre le pillage de leurs ressources naturelles pour servir en priorité le développement économique de ces pays.

Appliquer le droit d’asile à celles et ceux qui fuient les guerres et garantir à tous la liberté de circulation et d’installation dans les différents pays de l’UE.

Pour protester contre la politique migratoire de l’Union Européenne et de notre gouvernement, nous appelons à un:

Rassemblement à Quimper, place de la résistance à l’angle de la préfecture, jeudi 23 avril à 18h30.

Rassemblement appelé par :
AFPS Cornouaille, Droit d’Asile Quimper Cornouaille, Ensemble Cornouaille, Nouveau Parti Anticapitaliste, PCF

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22 avril 2015 ~ 0 Commentaire

les réfugiés n’ont pas besoin de nos larmes… (the guardian)

les réfugiés n’ont pas besoin de nos larmes... (the guardian) dans Altermondialisme bateau-1 

Ils ont besoin que nous cessions d’en faire des réfugiés !

La politique de facto de l’Union Européenne est de laisser les migrants se noyer pour les décourager de venir. Combien de morts supplémentaires pouvons-nous accepter ?

Dans le désert, les passeurs mettent de l’essence dans l’eau potable pour que les clandestins ne la boivent pas d’un trait, ce qui leur reviendrait plus cher. Parfois, les camions dans lesquels ils sont entassés tombent en panne dans le Sahara; ils doivent en descendre pour pousser et quand le camion repart, ceux qui n’arrivent pas à remonter sont abandonnés.

Dans les camps de transit de Libye avant la périlleuse traversée du désert bleu, ils jouent au football, luttent, et mettent en commun leurs maigres ressources pour qu’un ami plus pauvre encore puisse payer son passage. Un homme raconte que son frêle esquif de bois était entouré de dauphins pendant le voyage, trois de chaque côté, comme des anges gardiens, et c’est ce qui lui a donné de l’espoir.

Ce sont ces gens-là que nous laissons mourir dans la Méditerranée. La de facto politique de l’UE est de laisser les migrants se noyer pour les décourager de venir. L’an dernier, près de quatre mille corps ont été récupérés dans la Méditer-ranée. Ce sont seulement ceux que nous avons retrouvés. Le nombre total des arrivées en Italie en 2014 a augmenté de plus de 300% par rapport à l’année précédente, il s’élève à plus de 170 000. Et la réponse de l’UE, sous l’impulsion du gouvernement britannique le plus cruel de mémoire d’homme, a été de mettre fin à l’opération de sauvetage principale, Mare Nostrum.

Le résultat prévisible est que 500 personnes sont déjà mortes cette année. Le chiffre pour la même période de 2014 était de 15. Il y a un demi-million de personnes en Libye qui attendent de faire la traversée. Combien de morts supplémentaires pouvons-nous accepter ?

L’immigration est le symptôme d’un trait caractéristique de la vie moderne, qui est de faire le mal par procuration. Comme les drones et leurs dérivés, la politique d’immigration permet aux puissant de faire subir des horreurs aux faibles sans se salir les mains. James Brokenshire, le ministre qui a défendu la suppres- sion de Mare Nostrum avec l’argument hypocrite et nauséabond que cela encou- rageait l’immigration, se garde bien de laisser les morts qu’il a causées par cette décision, lui gâcher les couteux déjeuners que lui offrent les lobbyistes. Ces morts ne l’affectent pas.

Mais nous, elles nous affectent. Nous formons aujourd’hui une société mesqui- ne et étriquée, pétrie de crainte et de méfiance de l’autre, tout en prétendant lutter contre la solitude et l’aliénation. Nous respirons l’air vicié de la haine des immi- grants insufflé par Nigel Farage et Katie Hopkins, et cela fait de nous des gens moins humains.

Laissons de côté le fait que cette société ne pourrait pas fonctionner sans émigrés, que personne d’autre n’irait ramasser vos légumes, faire votre latte* et se lever à 4 heures pour nettoyer votre bureau. Laissons de côté la contribution fiscale massive des émigrés au Trésor public. Il n’est pas question ici d’Économie. Bien trop souvent, les décisions, même positives, sur l’immigration sont comman- dées par des considérations financières du type «Que peuvent-ils faire pour nous?». Ce qui est en cause, ici c’est la compassion et la responsabilité.(…) C’est là où nous en sommes dans la situation politique totalement corrompue et sous influence de ce début du 21e siècle. Les puissants se fichent complètement de nous. Tout ce qui nous reste, c’est nous-mêmes.

Mais la question de la responsabilité est tout aussi importante. Dans tout ce déchaînement contre l’immigration, il y a une chose dont on ne parle jamais: il s’agit de ce que nous faisons pour la causer. Un rapport publié cette semaine par le Consortium international des journalistes d’investigation révèle que la Banque mondiale a déplacé la quantité stupéfiante de 3,4 millions de personnes au cours des cinq dernières années**.

En finançant les privatisations, l’accaparement des terres et des barrages, en soutenant des entreprises et des gouvernements accusés de viol, d’assassinat et de torture, et en gaspillant 50 milliards de dollars dans des projets particulièrement risqués avec des impacts sociaux et environnementaux «irréversibles et sans précédent», la Banque mondiale a massivement contribué à l’afflux de personnes réduites à la misère sur les routes de la planète.

La seule chose que nous pourrions faire pour arrêter l’immigration c’est d’anéantir la mafia du développement: la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

La deuxième chose, presque aussi importante, c’est de cesser de bombarder le Moyen-Orient. L’Occident a détruit l’infrastructure de la Libye sans se soucier de ce qui la remplacerait. Cet état désormais sans gouvernement et contrôlé par des seigneurs de guerre est devenu la plaque tournante du trafic d’êtres humains en Méditerranée. Nous arrivons juste derrière le régime de Sissi en Égypte qui éradique le printemps arabe, réprime les musulmans et privatise les infrastructures à toute vitesse, autant d’exactions qui poussent un très grand nombre de personnes à s’embarquer. Ce que nous avons fait en Somalie, Syrie et Irak explique que ces nationalités arrivent en tête de la liste des migrants.

L’occident n’est bien sûr pas responsable de toutes les migrations. Mais il faut que nous ayons une conversation sérieuse sur la partie dont nous sommes responsables. Ayons une vraie conversation sur le vieillissement de notre popu- lation et sur la pénurie massive de talents ici, chez nous, sur ce que cela signifie pour les services publics débordés si nous laissons les migrants entrer (il faudrait lever des fonds pour répondre à la demande accrue, et la manière la plus évidente et la plus juste de le faire serait d’augmenter les impôts des riches), et sur ce que ça a de moral de prélever la crème de ce que produisent les pays pauvres.

L’immigration est un sujet complexe. Mais ne soyons pas lâches et ne faisons pas semblant de croire que les migrants vont cesser d’affluer. Parce qu’ils ne cesseront pas. L’immigration ne cessera jamais.

mardi 21 avril 2015 – 20h:26 Anders Lustgarten – The Guardian

Notes :

* Un latte (de l’italien caffè latte ou caffellatte, approx. café au lait) est une boisson chaude faite avec du café espresso et de lait chauffé à la vapeur (Wikipedia)
** http://www.icij.org/blog/2015/04/ne…
En français : http://www.courrierinternational.co…

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15335

17 avril 2015 – The Guardian – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.theguardian.com/commenti…
Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

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