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18 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

réfugiés (jdd)

refugies

Et qui a fourni les armes que fuient ces gens?

« La crise des réfugiés n’est pas finie »

171.000 personnes sont arrivées en Europe par la mer en 2017, contre 363.000 en 2016, selon l’Organisation internationale pour les migrations. La crise des réfugiés est-elle finie?

Voici une question très européenne! Les crises des réfugiés ne sont pas derrière nous ; elles sont partout dans le monde! Peut-être qu’il y a eu, en Europe, une baisse temporaire des arrivées, mais la crise est toujours là et elle est globale. Rappelons que 85% des 22 millions de réfugiés se trouvent dans des pays à faibles ou moyens revenus. J’entame donc cette année avec appréhension.

Le mini-sommet européen qui s’est tenu à Rome mercredi entre les pays du Sud a-t-il répondu à vos attentes?

J’espère que la réinstallation des réfugiés de pays tiers vers l’Europe pourra conti- nuer. En août, j’avais demandé 40.000 places spécifiques pour la situation de la ­Méditerranée. Or nous en sommes à 13.000, loin de cet objectif pourtant minime! Les chefs d’Etat doivent prendre conscience que ces voies légales sont essen- tielles pour la protection de ces personnes. Ils doivent aussi continuer à nous appuyer dans nos actions en Libye, au Niger et au Tchad et avec des efforts politiques pour résoudre le conflit en Libye.

1.400 réfugiés sortis des centres de ­détention en Libye

Quelles avancées avez-vous obtenues en Libye?

J’étais à Tripoli en mai 2017. Nous avons fait de réels progrès depuis. Nous avons pu sortir 1.400 réfugiés des centres de ­détention et évacuer 400 personnes hors de Libye. Nous espérons atteindre 1.000 personnes fin janvier. Même si les besoins sont considérables, c’est mieux que rien. Il faut aussi souligner que le renforcement des gardes-côtes libyens doit s’accompagner de celui de toutes les institutions en Libye, et c’est un vrai défi.

Que pensez-vous du projet de loi « asile et immigration » du gouvernement français, dénoncé par les associations qui y perçoivent un « tri » entre les réfugiés et les migrants?

Le président Macron m’a dit le 9 octobre que le HCR serait impliqué dans la discussion technique de cette loi. Concernant l’accueil, nous continuons à deman- der au moins 20.000 places d’hébergement supplémentaires. Or les plans que nous avons vus sont plus modestes… Emmanuel Macron a bien cerné ce pro- blème. Il faut maintenant des mesures concrètes, par exemple investir plus systé- matiquement dans l’enseignement de la langue française. Dernier point à souli- gner – même si cela peut parfois paraître difficile à entendre -, il faut, pour garantir un système d’asile efficace et solide, s’assurer que les personnes qui, au terme d’un processus juste et équitable, sont déboutées de leurs demandes, puissent rentrer chez elles si aucune possibilité de les régulariser n’existe. Cela doit bien entendu se faire dans le respect de leurs droits fondamentaux et dans la dignité.

Y a-t-il un message que vous aimeriez faire passer en ce début d’année?

Je suis préoccupé par la xénophobie, dont sont notamment victimes les réfugiés. Les dirigeants politiques ont une responsabilité particulière, celle d’expliquer et de faire baisser les tensions. La peur de l’étranger peut se comprendre et a des racines profondes, avec la crise économique et une crise d’identité, notamment chez les personnes exclues de la globalisation. Mais elle a été exacerbée par des politiciens, et leur responsabilité à cet égard est gravissime. Pour des raisons humanitaires, morales, mais aussi de stabilité, il faut lutter contre ces tensions. C’est une grande bataille qui nous concerne tous.

Menez-vous des discussions pour ouvrir la frontière turque aux civils qui fuient Idlib et la Ghouta, sous les bombes du régime de Bachar Al-Assad?

Les frontières de la Syrie restent malheureusement très difficiles à franchir pour les Syriens en ­détresse. Il est important que nous puissions accéder à toutes les zones à l’intérieur du pays, et que nos opérations soient soutenues. Nous ne lâcherons rien. Car lorsque nous n’avons pas d’accès, les gens meurent à cause des combats, du manque de soins médicaux ou de produits vitaux. La Syrie a été mise à l’écart dans l’opinion publique. Comme les Syriens n’arrivent plus en Europe, on a tendance à les oublier… mais l’urgence humanitaire demeure.(…)

Le Bangladesh entend renvoyer 100.000 Rohingyas en Birmanie, où des charniers ont été découverts cette semaine. Ces réfugiés sont-ils en danger?

Le chiffre de 100.000 retours a été mentionné de manière hypothétique. Le Bangladesh a ouvert ses portes malgré ses ressources très limitées et son espace contraint. Nous discutons actuellement avec Dacca des modalités de retour. La situation est plus complexe côté birman. Nous demandons que le HCR soit impli- qué dans ce processus et ait accès aux zones où ils vivent. Un accès qui est aujourd’hui proche de zéro.

A l’occasion de la Journée mondiale des migrants et des réfugiés dimanche, Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), analyse la situation actuelle en Europe. « Les crises des réfugiés ne sont pas derrière nous », assure-t-il, en dépit de la baisse des arrivées de migrants sur le sol européen, baisse qu’il juge « temporaire ». Le diplomate onusien estime qu’Emmanuel Macron a bien « cerné le problème » mais attend désormais des « mesures concrètes ». Exemple : « Investir plus systématiquement dans l’enseignement de la langue française. »

16 janvier 2018

http://www.lejdd.fr/

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17 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

irrationalité (libération)

envahisseurs

Politique migratoire: l’irrationalité au pouvoir ?

Comme celle de ses prédécesseurs, la politique migratoire d’Emmanuel Ma- cron, en visite ce mardi à Calais, refuse d’entendre ce que disent les cher- cheurs depuis des années: les dispositifs répressifs créent le «problème migratoire» qu’ils prétendent pourtant résoudre.

Très loin du renouveau proclamé depuis l’élection du président Macron, la politique migratoire du gouvernement Philippe se place dans une triste continuité avec celles qui l’ont précédée tout en franchissant de nouvelles lignes rouges qui auraient relevé de l’inimaginable il y a encore quelques années. Si, en 1996, la France s’émouvait de l’irruption de policiers dans une église pour déloger les grévistes migrant·e·s, que de pas franchis depuis: accès à l’eau et distributions de nourriture empêchées, tentes tailladées et couvertures jetées, familles traquées jusque dans les centres d’hébergement d’urgence en violation du principe fondamental de l’inconditionnalité du secours.

La loi sur l’immigration que le gouvernement prépare marque l’emballement de ce processus répressif en proposant d’allonger les délais de rétention administrative, de généraliser les assignations à résidence, d’augmenter les expulsions et de durcir l’application du règlement de Dublin, de restreindre les conditions d’accès à certains titres de séjour, ou de supprimer la garantie d’un recours suspensif pour certain.e.s demandeur·e·s d’asile. Au-delà de leur apparente diversité, ces mesures reposent sur une seule et même idée, jamais démontrée et toujours assénée, de la migration comme «problème».

Des idées reçues bien tenaces

Cela fait pourtant plusieurs décennies que les chercheurs spécialisés sur les migrations, toutes disciplines scientifiques confondues, montrent que cette vision est largement erronée.

Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas eu d’augmentation drastique des migrations durant les dernières décennies. Les flux en valeur absolue ont certes augmenté mais le nombre relatif de migrant·e·s par rapport à la population mondiale stagne à 3% et est le même qu’au début du 20è siècle. Dans l’Union Européenne, après le pic de 2015, qui n’a par ailleurs pas concerné la France, le nombre des arrivées à déjà chuté. Sans compter les «sorties» jamais intégrées aux analyses statistiques et pourtant loin d’être négligeables. Et si la demande d’asile a connu, en France, une augmentation récente, elle est loin d’être démesurée au regard d’autres périodes historiques.

Au final, la mal nommée «crise migratoire» européenne est bien davantage une crise institu- tionnelle, une crise de la solidarité et de l’hospitalité, qu’une crise des flux. Car ce qui est inédit dans la période actuelle c’est bien davantage l’accentuation des dispositifs répressifs que l’augmentation de la proportion des arrivées.

La menace que représenteraient les migrant·e·s pour le marché du travail est tout autant exagérée.

Une abondance de travaux montre depuis longtemps que la migration constitue un apport à la fois économique et démographique dans le contexte des sociétés européennes vieillissantes, où de nombreux emplois sont délaissés par les nationaux. Les économistes répètent inlas- sablement qu’il n’y a pas de corrélation avérée entre immigration et chômage car le marché du travail n’est pas un gâteau à taille fixe et indépendante du nombre de convives. Ils s’échinent à faire entendre qu’en Europe, les migrant·e·s ne coûtent pas plus qu’ils/elles ne contribuent aux finances publiques, auxquelles ils/elles participent davantage que les nationaux, du fait de la structure par âge de leur population.

Imaginons un instant une France sans migrant·e·s. L’image est vertigineuse tant leur place est importante dans nos existences et les secteurs vitaux de nos économies: auprès de nos familles, dans les domaines de la santé, de la recherche, de l’industrie, de la construction, des services aux personnes, etc. Et parce qu’en fait, les migrant·e·s, c’est nous : un·e Français.e sur quatre a au moins un·e parent·e ou un grand-parent immigré·e.

Les migrants ne sont pas des fardeaux !

En tant que chercheur·e·s, nous sommes stupéfait·e·s de voir les responsables politiques successifs asséner des contre-vérités puis jeter de l’huile sur le feu. Car loin de résoudre des problèmes fantasmés, les mesures que se sont empressées de prendre chaque nouvelle majorité, n’ont cessé d’en fabriquer de plus aigus.

Les situations d’irrégularité et de précarité qui feraient des migrant·e·s des «fardeaux» sont précisément produites par nos politiques migratoires:

la quasi absence de canaux légaux de migration (pourtant préconisés par les organismes internationaux les plus consensuels) oblige les migrant·e·s à dépenser des sommes consi- dérables pour emprunter des voies illégales. Elle les dépossède des ressources financières nécessaires pour prendre place dans les sociétés d’arrivée.

La vulnérabilité financière mais aussi physique et psychique produite par notre choix de verrouiller les frontières (et non par leur choix de migrer) est ensuite redoublée par d’autres pièces de nos réglementations: en obligeant les migrant·e·s à demeurer dans le premier pays d’entrée de l’UE, le règlement de Dublin les prive de leurs réseaux familiaux et communau- taires, souvent situés dans d’autres pays européens et si précieux à leur insertion.

A l’arrivée, nos lois sur l’accès au séjour et au travail les maintiennent, ou les font basculer, dans des situations de clandestinité et de dépendance.

Enfin ces lois contribuent paradoxalement à rendre les migrations irréversibles: la précarité administrative des migrant·e·s les pousse souvent à renoncer à leurs projets de retour au pays par peur qu’ils ne soient définitifs. Les enquêtes montrent clairement que c’est l’absence de «papiers» qui empêche ces retours. Nos politiques migratoires fabriquent bien ce contre quoi elles prétendent lutter.

Contrairement à une idée largement répandue, les migrant·e·s ne sont pas «la misère du monde». Ce sont précisément nos choix politiques qui font basculer une partie d’entre eux/elles dans la misère. Comme ses prédécesseurs, le gouvernement signe donc aujourd’hui les conditions d’un échec programmé, autant en termes de pertes sociales, économiques et humaines, que d’inefficacité au regard de ses propres objectifs.

Imaginons une autre politique migratoire.

Une politique migratoire enfin réaliste. Elle est possible, même sans les millions utilisés pour la rétention et l’expulsion des migrant·e·s (qui ne les empêchent par ailleurs pas de revenir), le verrouillage hautement technologique des frontières (qui ne les empêchent pas de passer), le financement de patrouilles de police et de CRS (qui ne les empêche pas de résister), les sommes versées aux régimes autoritaires de tous bords pour qu’ils retiennent, reprennent ou enferment leurs migrant·e·s.

Une politique d’accueil digne de ce nom, basée sur l’enrichissement mutuel et le respect de la dignité de l’autre coûterait certainement moins cher que la politique restrictive et destructrice que le gouvernement a choisi de renforcer encore un peu plus aujourd’hui. Quelle est donc sa rationalité: ignorance ou électoralisme?

16 janvier 2018

http://www.liberation.fr/

Karen Akoka Maîtresse de conférence à l’Université Paris Nanterre et chercheuse à l’Institut des Sciences sociales du politique (ISP).

Camille Schmoll Maîtresse de conférence à l’Université Paris Diderot, membre de l’Institut universitaire de France et chercheuse à l’umr Géographie-cités.
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06 janvier 2018 ~ 1 Commentaire

quimper migrants (le télégramme + npa)

refug

Jeunes migrants. Un collectif les épaule à Quimper

Le collectif Le Temps partagé a été créé, il y a quelques semaines, afin d’épauler les mineurs isolés étrangers. Pour Olivier Hobé, son coordinateur, «il y a urgence à rompre l’isolement» de ces mineurs, «à ne pas laisser certains seuls à la rue».

« Nous vous demandons de mettre un terme aux expulsions de l’hôtel Dupleix avant l’appré- ciation minutieuse de chaque dossier et des possibilités qui s’offrent aux mineurs, en con-certation avec les familles quimpéroises que nous représentons », a écrit, le 3 janvier, le collectif Le Temps partagé à la présidente du conseil départemental du Finistère.

Six à sept familles quimpéroises et d’autres du Centre-Bretagne composent, actuellement, ce collectif qui, depuis deux mois, apporte un soutien humain et matériel à des jeunes migrants pour la plupart venus d’Afrique de l’Ouest et de l’Est. « Nous nous sommes mobilisés parce que nous ne pouvons pas admettre que des mineurs se retrouvent seuls, potentiellement en danger, dans les rues de Quimper, quand ils sortent du dispositif d’aide à l’enfance parce que leur minorité est mise en doute par les services du Département ou la justice », expose Olivier Hobé, coordinateur du Temps partagé.

« Rompre l’isolement »

« Derrière ces décisions administratives que ces jeunes ne comprennent souvent pas, à cause de la barrière de la langue, c’est le trou noir pour eux. Le plus urgent pour nous, c’est de rom-pre leur isolement physique et psychologique, en les accueillant dans nos familles », signifie-t-il.

« On est là pour les aider, les rassurer, les accompagner dans leurs démarches parce que les transports en commun ne leur sont pas accessibles, les emmener se changer les idées à la plage, à la patinoire, au musée, les orienter vers des cours de français au Moulin Vert, tenter de leur faire intégrer un cursus scolaire ou faire en sorte qu’ils s’impliquent dans la vie associative », poursuit le porte-parole.

Certaines familles prennent un jeune une semaine ou un week-end, d’autres, une semaine sur deux. « Il n’y a pas d’engagement. On a organisé, en urgence, des plannings », décrit Olivier Hobé, qui lance un appel aux Quimpérois pour que d’autres les rejoignent face à l’ampleur de la tâche. « Rien que la semaine dernière, on s’est occupé de six enfants sortis de la prise en charge. Ces cas se multiplient », assure-t-il.

« Être des partenaires »

Le collectif fait donc le lien avec un avocat « lorsque la minorité de ces jeunes est mise en doute, pour des motifs pas toujours lisibles, au bénéfice d’une faille, d’une prétendue incohé- rence de parcours », signale son représentant. « On sait que les services du Département sont  débordés, que le conseil départemental fait des efforts importants mais on lui demande de ne pas expulser, on veut lui dire que nous pouvons être des partenaires pour trouver des solutions », insiste Olivier Hobé.

Le 31 décembre, 25 à 30 mineurs étrangers ont participé au fest-noz Vras Kalanna, au Pavillon, grâce à l’accueil de Ti ar Vro et Evel Just !, aux soutiens du Secours populaire et de la Ligue des droits de l’Homme. « Certains, sur scène, ont souhaité aux participants la bonne année en breton. On a aussi dit qu’il était illusoire que ces jeunes retournent chez eux car ils seraient mis en échec », émet Olivier Hobé.

06 janvier 2018  Bruno Salaün

Contacts: 

letempspartage@laposte.net

 Facebook

http://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

MigrantEs : passer de l’indignation humanitaire à la contre-offensive ! (NPA)

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04 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

lettre ouverte (acat)

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Crédits photos : ©MaxPPP
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Migrants : lettre au président de la République

Dans une lettre commune, la présidente du Secours Catholique/Caritas France, Véronique Fayet, et le président de la Fédération de l’Entraide Protestante, Jean-Michel Hitter, inter- pellent le président de la République Française, Emmanuel Macron, sur les récents choix du gouvernement en matière de politique d’immigration. Ils s’inquiètent d’« un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République ».

Monsieur le Président de la République,

Les mesures envisagées par le ministère de l’Intérieur pour transformer la législation relative à l’Immigration et au droit d’asile suscitent les plus vives inquiétudes.

En voulant accélérer à outrance les procédures d’asile, en rendant quasiment impossible l’accès aux procédures sur le territoire national, en mettant sous le contrôle du ministère de l’Intérieur toutes les structures d’accueil dans le but d’éloigner du territoire tous les étrangers non autorisés à y séjourner, en visant à généraliser les mesures de privation de liberté et d’éloignement par la contrainte, l’économie générale du projet constitue un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République.

La méthode est inédite : jamais, sur un sujet aussi sensible, une telle réforme n’avait été aussi avancée dans son contenu sans qu’à aucun moment le Gouvernement ne se soucie d’ouvrir une réelle concertation avec les acteurs de la société civile concernés.

Une vision binaire

La vision simpliste du projet, opposant de façon binaire les réfugiés aux migrants économiques, fait totalement l’impasse sur la réalité actuelle de milliers de migrants qui, sans pour autant relever du statut de réfugié, ont connu de tels traumatismes – du fait des causes de leur exil ou des routes périlleuses qu’ils ont dû emprunter durant des années – que leur extrême vulnérabilité rend indispensables des mesures de protection et d’accueil.

La poursuite aveugle de la mise en œuvre du « règlement Dublin » est un déni des faits. Par sa construction irréfléchie en 1990, dépassée, ce règlement génère des inégalités criantes entre les Etats européens quant à leurs responsabilités. Il provoque, dans sa mise en œuvre, un désordre général laissant des dizaines de milliers de personnes réfugiées sans la moindre protection, sans statut ni accueil, errant de frontières en frontières européennes.

Si sa remise à plat sera complexe, il n’en reste pas moins qu’il est plus que temps de poser le diagnostic que « Dublin » n’a jamais répondu à l’objectif d’une harmonisation européenne, qu’il n’y répond pas et n’y répondra jamais.

Le projet d’introduire dans la législation la notion de « Pays tiers sûrs » constituerait un renoncement majeur au « droit d’asile sur le territoire de la République ». En rejetant « notre part » de l’accueil des demandeurs d’asile vers les pays frontaliers de l’Union Européenne – et notamment sur la rive Sud de la Méditerranée et plus loin en Afrique – la mise en œuvre d’une telle disposition – par la France comme par les autres Etats membres – ne ferait qu’aggraver encore les difficultés rencontrées par ces pays et viderait de son contenu la notion de « solidarité internationale ».

Une analyse erronée

Ces quelques sujets suffisent à nous convaincre que ce projet de réforme est prématuré, mal pensé, mal construit, et qu’en reposant sur une analyse erronée, construite en vase clos dans les cabinets ministériels, il ne peut que provoquer de nouvelles atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes les plus fragiles.

La lutte contre la précarité et pour le respect de la dignité des plus pauvres est incompatible avec l’exclusion et le déni de droits d’une partie d’entre eux. Nous vous appelons donc à surseoir à toute réforme de cette nature, et à engager enfin la large concertation que nous attendons depuis des mois et à laquelle vous n’avez pas jusqu’à maintenant souhaité donner suite. Dans l’immédiat, le pragmatisme impose que des réponses concrètes soient apportées à la situation de milliers de personnes auxquelles les droits élémentaires sont refusés.

Des milliers de « personnes déboutées » dont des familles avec enfants, ont entamé une vie en France et survivent dans un déni de droits et de dignité inacceptable. Affirmer qu’elles seront éloignées du territoire est un mensonge : c’est pratiquement irréaliste et humainement inconcevable.

La raison emporte naturellement à demander qu’elles soient admises à poursuivre légalement leur intégration dans notre société. Il peut être délicat de l’assumer politiquement, mais l’intérêt général justifie qu’une parole de vérité soit assumée clairement.

Réalité kafkaïenne

Des milliers de personnes « dublinées » sont suspendues sans droits ni accueil dans l’attente qu’un pays européen daigne accepter d’examiner leur demande d’asile. Cette réalité kafkaïen-ne, conséquence des vices de conception du règlement Dublin, peut être provisoirement réso- lue si la France décide, ce qui lui est possible sans délai, de suspendre la mise en œuvre des « procédures de réadmission » et d’autoriser ces personnes à entrer dans la procédure d’asile.

Nous vous appelons à ordonner ces deux mesures de bon sens, comme nous vous appelons, dans l’attente de la large concertation que nous espérons, à faire en sorte que la France refuse la mise en œuvre de la notion de « pays tiers sûrs » qui marquerait un renoncement historique à notre tradition de l’asile. En cette journée internationale des migrants, nous nous permettons de rendre publique cette lettre.

Veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre parfaite considération.

Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique – Caritas France ; Jean-Michel Hitter, président de la Fédération de l’Entraide Protestante*
*dont fait partie l’ACAT France
21 / 12 / 2017

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30 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

bloavez mad aux migrants!

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29 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

facho de service (révolution permanente)

collomb

Migrants : l’humanité s’arrête à la frontière, Gérard Collomb en a « marre de passer pour le facho de service »

Pour Gérard Collomb, à la tête de la politique anti-migrants meurtrière de Macron, les critiques sont disproportionnées. Et surtout, il se sent un peu seul à les assumer. 

« J’en ai un peu marre de passer pour le facho de service. Lorsque je me retourne, j’ai l’impression qu’il n’y a personne derrière moi, se désole le ministre de l’intérieur. J’ai plutôt l’impression qu’Édouard Philippe compte les points, reçoit les associations, mais ne se mouille pas. »

Collomb se fâche et il n’a pas tort :

Vaillant soldat au service du président de la République, il est envoyé au front seul pour défen-dre le texte dûment promis par Macron lors de son élection. Il se plaint d’être sous le feu des critiques des associations de droits des migrants, Cimade en première ligne, et d’être lâché par certains députés de sa majorité, alors qu’il ne fait rien d’autre qu’obéir à l’agenda d’Emmanuel Macron.

Lequel, en effet, avait annoncé un durcissement en matière d’immigration.

Le voici presque prêt à passer au vote : doublement de la durée possible de rétention jusqu’à 90 jours, raccourcissement de moitié du délai légal pour un recours contre un refus de la demande d’asile (deux semaines désormais), violation des conventions sur les droits des enfants puisque pour les mineurs, c’est maintenant la qualité d’étranger qui prime sur la considération de leur minorité, enfin, durcissement de l’application du règlement de Dublin, qui autorise les États européens à se renvoyer les uns les autres leurs migrants en fonction du pays d’entrée dans l’UE.

Tous les États de l’UE pratiquent de manière silencieuse mais consciente une gestion des flux migratoires depuis plusieurs années, mais Macron va encore plus loin

Derrière le masque de Collomb, qui se plaint d’être tout seul à s’en prendre plein la figure – en décidant d’installer des bureaux administratifs en Afrique, sur les principales routes de l’exil, comme une réminiscence des comptoirs coloniaux.

Gérer les flux suppose de contrôler les voies d’entrée, ce que nos dirigeants savent faire depuis des années, en calculant cyniquement les pertes en fonction des fermetures de frontières maritimes ou terrestres.

Et les enregistrer administrativement, puisqu’il faut aussi, d’après Collomb, recenser les étran- gers en centre d’hébergement d’urgence, pour « protéger les migrants ». Une manière de plus de sélectionner les migrants qui ont survécu au trajet en fonction de leur pays d’origine. Un scandale sur le plan moral et une politique qui s’enfonce plus que jamais dans la seule considération comptable du fait migratoire.

Collomb a raison de se plaindre : il n’est pas le seul « facho » au pouvoir aujourd’hui en France.

Philippe Müller jeudi 28 décembre

http://www.ccr4.org/

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25 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

dureté sans précédent (le monde)

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La «ligne Macron-Collomb»: en France, une politique migratoire d’une dureté sans précédent

Pour la première fois, le ministère de l’intérieur met un pied dans l’hébergement d’urgence géré par les affaires sociales.

Au fil des jours, la « ligne Macron » devient plus nette et dessine une politique migratoire d’une rudesse sans précédent.

Vendredi 15 décembre, en fin de journée, une réunion interministérielle sur le projet de loi immigration, qui arrivera en discussion au printemps 2018, a révélé que les tenants de la ligne dure avaient la main. La même philosophie prévalant déjà sur le terrain et dans les textes ministériels.

A Calais (Pas-de-Calais), alors que la ville grelotte, les couvertures des 700 exilés sont jetées au gré des opérations policières, les abris détruits.

A Paris, les petites toiles de tente des plus chanceux des 800 migrants vivant dans les rues ont été lacérées cette semaine. Dans ces deux départements, la consigne donnée aux forces de l’ordre d’éviter la reconstitution de campements efface toute autre considération.

Dans la Roya ou l’arrière-Briançonnais, la frontière se gère à coups de « refus d’entrée » notifiés en série.

Et, dans les terres, les centres de rétention administrative se referment chaque soir sur de nouveaux prisonniers – de plus en plus souvent des familles –, comme dans celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), où un homme, marié avec une femme ayant obtenu le statut de réfugiée et père d’une petite fille, a entamé une grève de la faim et de la soif début décembre.

Outre cette dissuasion policière, les dernières semaines ont été marquées par la publication de circulaires signant une volonté d’expulser massivement.

Dans un texte daté du 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a demandé à chaque préfet de multiplier les renvois et d’élaborer un plan de bataille départemental. Les déboutés du droit d’asile, mais aussi des « dublinés », ces demandeurs qui ont laissé trace de leur passage dans un autre pays d’Europe avant d’arriver en France, sont dans la ligne de mire du ministère.

 Glissement vers l’option sécuritaire

Pour parvenir à expulser, l’intérieur va même désormais prendre la main sur l’hébergement d’urgence qu’il sait être une réserve de sans-papiers. Une autre circulaire, en date du 12 décembre, instaure la création de « brigades mobiles » envoyées pour contrôler les personnes hébergées dans les hôtels sociaux.

Jamais un gouvernement n’était allé aussi loin.

C’est la première fois, en effet, que le ministère de l’intérieur met un pied dans l’hébergement d’urgence géré par les affaires sociales. Depuis la création du ministère de l’identité nationale, au début du quinquennat Nicolas Sarkozy en 2007, l’immigration glisse doucement vers l’option sécuritaire, donc sous la coupe de la Place Beauvau.

Le quinquennat Hollande n’a pas mis de coup d’arrêt à ce transfert. Et un nouveau pas est désormais franchi. C’est d’ailleurs l’analyse du Conseil de Paris, qui rappelle dans un vœu voté lundi 11 décembre « qu’un débat de nature comparable [sur les contrôles dans les centres d’hébergement] a déjà été ouvert en 2007 à l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’immigration ».

M. Sarkozy y avait renoncé. Emmanuel Macron ira-t-il plus loin ?

La question s’invite dans le débat alors qu’au vu de sa campagne présidentielle la France s’attendait à une politique plus nuancée. Le candidat d’En marche ! avait parlé d’« honneur de la France à accueillir les réfugiés » et avait cité l’Allemagne en modèle. Cet été, le président avait ouvert un autre espoir, promettant qu’à la fin de l’année plus personne ne dormirait « dans les rues, dans les bois ».

Une stratégie en trois temps

Dans la pratique, depuis l’élection de M. Macron, la Place Beauvau et son ministre d’Etat, Gérard Collomb, ont la main sur la gestion territoriale, l’Elysée se penche sur les flux africains et se garde les opérations à haute portée symboliques comme la réinstallation de réfugiés venus d’Afrique ou de Turquie. Dans le fond, MM. Macron et Collomb semblent partager la même vision de la politique migratoire et s’accordent sur une stratégie en trois temps.

D’abord ils souhaitent limiter les arrivées en France.

Ce qui explique la politique menée en Afrique et notamment en Libye. Ensuite, M. Collomb déploie beaucoup d’énergie pour monter des dispositifs permettant de renvoyer tous ceux qui n’obtiennent pas l’asile. Et, dans un troisième temps, une fois les deux premiers points mis en place, il s’agira de mieux accueillir des réfugiés, qui, de fait, seront bien moins nombreux compte tenu de la politique de dissuasion migratoire appliquée.

« On semble surpris, mais, en quelques phrases prononcées devant la Cour euro- péenne des droits de l’homme à Strasbourg, M. Macron avait déjà tout dit », remarque Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et à l’Institut Jacques-Delors. Ce 31 octo- bre, il avait rappelé qu’il souhaitait une « petite révolution » qui consiste à donner le statut de réfugié « dès le pays d’origine », puis à « être intraitable avec celles et ceux qui ne relèvent pas du droit d’asile, accélérer nos procédures de manière drastique pour qu’en six mois, recours compris, nous puissions y voir clair, que la décision prise soit notifiée ». La raison était simple : « pouvoir efficacement reconduire dans leur pays celles et ceux qui n’ont pas ces titres à l’issue de la procédure ».

 Craintes des associations

Sept mois après l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron, plus question donc de penser qu’il y aurait deux lignes sur ce sujet. Le chef de l’Etat et Gérard Collomb semblent au diapason. Ce qui laisse d’autant moins de marges de manœuvre au secteur associatif, qui pallie quotidienne- ment ce que l’Etat n’offre pas en termes d’hébergement et de nourriture, et s’inquiète de la suite.

« Le contrôle dans les hôtels sociaux va casser ce lien de confiance établi avec des popula- tions en difficulté dans ces lieux sanctuarisés. Je reste très dubitatif sur les résultats, car les gens auront peur de nous et on risque de renvoyer à la rue des personnes qu’on en avait sorties », observe Bruno Morel, le directeur d’Emmaüs Solidarité.

Une crainte partagée par Laurent Giovannoni du Secours Catholique, pour qui les mesures annoncées révèlent « un manque criant de pragmatisme ou de réalisme ». Selon lui, « des milliers de personnes et de familles seront à la rue dont les pouvoirs publics ne sauront que faire, malgré ce qu’ils prétendent ». Preuve que personne ne croit vraiment à la possibilité de renvoyer très massivement.

Occuper le terrain

Dans le silence des bureaux, certains observateurs évoquent quand même une possible ouverture pour les sans-papiers non expulsables auxquels il manquait juste un titre de séjour pour prendre le chemin de l’intégration. La circulaire qui autorise les recensements dans les foyers va concentrer l’attention sur eux. Rien n’empêchera demain les préfets de regarder les dossiers au plus près pour régulariser au cas par cas. Une vague de régularisations massives comme la France en a connu ces dernières décennies n’est plus dans l’air du temps. Mais il existe des manières moins voyantes de parvenir au même but.

Si les associations comptent bien faire entendre leur voix sur ce point, elles espèrent aussi occuper le terrain lundi 18 décembre. La Journée internationale des migrants devrait marquer un temps fort dans leurs états généraux des migrations.

Une initiative portée par 470 collectifs locaux ou nationaux qui ont envie, comme le rappelle Jean-François Dubost, d’Amnesty International, « de remettre au cœur des choix du gouvernement le respect des droits des migrants et des réfugiés, quel que soit leur statut, comme l’exigent les textes internationaux de protection des droits humains ». Et de montrer qu’il existe bien une France de l’accueil.

Maryline Baumard* LE MONDE | 16.12.2017

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25 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

quimper ldh (ouest france)

oeuil

Quimper. La LDH détourne le panneau Voisins solidaires

La LDH installe le panneau détourné par-dessus le panneau Voisins solidaires, à l’angle des rues du Couédic et rue de Salonique.Pour protester contre le dispositif Voisins solidaires, la Ligue des droits de l’homme a installé ce vendredi 22 décembre à Quimper (Finistère) des panneaux détournant le message de base.

« Comment peut-on représenter la solidarité par cet œil ? ! Se rendent-ils compte du symbole que cela représente ? » s’exclame Dominique Brunel, le président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) à Quimper (Finistère).

Zone de bienveillance

L’association a installé, ce vendredi après-midi 22 décembre, un panneau détournant le message du dispositif Voisins solidaires, lancé mardi 5 décembre à Quimper. « Habitant.e.s solidaires, zone de bienveillance, pour une ville plus humaine », peut-on y lire. Le message original était : « Voisins solidaires, zone de vigilance, en liaison avec la police nationale ». L’œil des Voisins solidaires est remplacé par une main, « symbole du lien social et de la solidarité » et un cœur, « pour l’empathie, l’amour, la fraternité ».

« Nous demandons le retrait des panneaux actuels, dit Dominique Brunel. Ainsi que la tenue d’un débat citoyen sur la question de la sécurité. C’est un sujet trop important pour que la municipalité s’en empare seule. Il faut que ce dispositif soit encadré juridiquement, ou, à défaut, que la société civile soit là. » La LDH a sollicité la mairie sur cette question. Elle n’a pas eu de réponse.

Flora CHAUVEAU  22/12/2017

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23 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

climat (le monde)

 UN-CLIMATE-INDIA-WEATHER-FLOODS

Le réchauffement climatique va accentuer la pression migratoire aux portes de l’Europe

Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent de progresser à leur rythme actuel, les Vingt-Huit pourraient être confrontés à un flux massif de réfugiés.

En plein débat sur la politique migratoire européenne, l’article de Science corrélant l’évolution de la température mondiale et le nombre de demandes d’asile auprès des vingt-huit pays membres de l’Union européenne (UE) devrait susciter quelques réactions.

Publiés jeudi 21 décembre, les travaux d’Anouch Missirian et de Wolfram Schlenker, de l’université Columbia (New York), se fondent sur l’analyse croisée, pour les années 2000-2014, de plusieurs bases de données : chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, critères météorologiques, données socio-économiques, etc. Sur cette période, l’UE a réceptionné, en moyenne, 351 000 dossiers de demandeurs d’asile par an.

A partir des informations collectées dans cent trois pays de départ, les chercheurs ont évalué l’impact de la température moyenne enregistrée dans les zones agricoles sur le phénomène migratoire.

« Lorsqu’elle dévie de l’optimum de 20 °C pour tendre vers des [moyennes] plus basses ou plus élevées, les demandes d’asile s’accentuent », constate Anouch Missirian, précisant que « ces effets sont plus visibles en cas d’élévation de la température. » « Etablir un lien entre variable de température et flux migratoire n’est pas une approche nouvelle, juge François Gemenne, expert en géopolitique de l’environnement, mais l’effort de quantification et de projection proposé par cette étude est, en revanche, assez inédit. »

Poussant plus loin leur réflexion, les deux universitaires ont revisité les modèles de réchauf-fement climatique élaborés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à partir de leurs observations. Et leurs résultats jettent une lumière crue sur l’ampleur des migrations à laquelle l’UE va devoir faire face.

Deux scénarios possibles

Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent de progresser à leur rythme actuel et soumettent la Terre à une augmentation de température de l’ordre de 4,5 °C à 5 °C, les dossiers de demandes d’asile pourraient bondir de 188 % d’ici à 2100, soit 660 000 dossiers de plus que sur la période 2000-2014.

Si, en revanche, grâce aux efforts combinés des Etats et des acteurs non étatiques (collec-tivités locales, entreprises, société civile), l’espèce humaine parvient à stabiliser ces émissions et à contenir la surchauffe planétaire autour d’un seuil d’environ 2° C, les demandes d’asile ne devraient progresser que de 28 %.

« Dans le premier cas, on se retrouverait en plein scénario catastrophe, avec des hausses de température extrêmes et une explosion démographique qui nous entraînerait dans un monde inconnu, avance Anouch Missirian. En tout état de cause, cette interaction entre climat et migration est un sujet sensible, qui doit interpeller le monde politique, au-delà de la communauté des chercheurs. »

A commencer par les instances européennes, puisque l’étude se focalise sur l’espa- ce communautaire. L’UE est un ensemble géographique pertinent à examiner : il est confronté depuis les années 2010 à une crise migratoire majeure.

« Ceux que l’on qualifie de “migrants économiques” sont aussi des migrants environnementaux ou climatiques »

En 2015, les Vingt-Huit ont accordé le droit d’asile à quelque 333 000 demandeurs, un chiffre en hausse de 72 % par rapport à 2014, d’après les données diffusées par l’office statistique européen, Eurostat. Mais les taux d’acceptation varient fortement d’un pays à l’autre. Et sur- tout, plus d’un million de migrants ont rejoint l’Europe, et plus de 3 700 personnes sont mortes en traversant la Méditerranée, au cours de cette même année 2015.

« La Commission européenne considère que, en dépit de la baisse des arrivées observée ces derniers mois au sein de l’UE, les facteurs de dynamique migratoire – changement climatique ou démographie à l’intérieur et aux marges de l’UE –, vont continuer à représenter un défi durant des décennies », a réagi l’un de ses porte-parole après lecture de l’article de Science.

« Myopie des gouvernements »

« La question migratoire est une priorité absolue pour l’UE, assure François Gemenne. En ce sens, l’étude est intéressante car elle peut nous aider à corriger la myopie des gouvernements actuels, qui font encore la distinction entre les bons réfugiés politiques d’un côté, les méchants migrants économiques de l’autre ! » Il poursuit : « La moitié de la population africaine, par exemple, tire l’essentiel de ses revenus de l’agriculture de subsistance. Elle est très vulnérable au dérèglement du climat. Autrement dit, ceux que l’on qualifie de “migrants économiques” sont aussi des migrants environnementaux ou climatiques. »

Selon les projections de Missirian et Schlenker, c’est en Afrique et au Moyen-Orient que pour- raient apparaître les plus forts taux de demandes d’asile à la fin du siècle, au Niger, au Sou- dan, en Mauritanie, au Koweït et en Irak. Autant de pays soumis à d’importantes élévations de température ; victimes aussi, pour certains, d’une instabilité politique chronique.

La température n’est qu’un argument parmi d’autres dans la décision d’émigrer.

Une approche multifactorielle de la réalité migratoire s’impose donc, mais aussi une analyse dépassionnée des chiffres brandis par les chercheurs de l’université Columbia. L’hypothèse de 188 %, la plus significative, ne devrait pas voir le jour si l’UE, comme elle s’y est engagée, renforce la coopération et le soutien aux pays tiers et si des stratégies d’adaptation sont mises en œuvre dans les régions les plus sensibles au réchauffement climatique. « Un tel chiffre peut avoir un effet à double tranchant, prévient M. Gemenne. Il peut pousser à l’action ou, au contraire, effrayer les gouvernements et les conduire à un renforcement de leurs frontières. »

LE MONDE | 22.12.2017

http://www.lemonde.fr/

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22 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

arsid chaptal (change)

lyceens-sans-papiers

Pour qu’Arsid ne soit pas expulsé: MOBILISONS-NOUS !

Comité de soutien des personnels du Lycée Chaptal Quimper

Le comité de soutien des personnels du lycée Chaptal de Quimper se mobilise pour Arsid MASHI, élève de 1ère STL (Sciences et Techniques de Laboratoire spécialité biotechnologies).

Arsid est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français depuis le 13 décembre car il est albanais et vient d’avoir 18 ans. Une procédure d’appel a été lancée.

Arsid montre une volonté d’intégration sans faille, maîtrise le français, et suit depuis la classe de seconde une brillante scolarité au lycée. Il est très assidu et a un parcours scolaire exem- plaire; excellent élève, il joue un rôle moteur au sein de sa classe. L’équipe enseignante est certaine qu’il obtiendra son baccalauréat (avec mention !) et poursuivra de brillantes études supérieures.

De plus, comment, dans cette situation, les cours peuvent-ils se dérouler dans de bonnes conditions sachant qu’à tout moment un de nos élèves est menacé d’expulsion ? Comment nos élèves peuvent-ils travailler sereinement ? Quel message leur est transmis si Arsid est renvoyé en Albanie ? Un élève n’est pas un individu isolé mais aussi un membre de la communauté scolaire dont nous faisons tous partie, élèves, étudiants, enseignants, personnels du lycée.

Nous trouvons inacceptable que ce jeune homme ne puisse pas poursuivre ses études en France et  pensons qu’il mérite d’avoir la chance de voir aboutir son brillant parcours scolaire en toute légalité.

Aidez nous à faire en sorte qu’Arsid puisse rester !

https://www.change.org/

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