Archive | Retraites

09 février 2023 ~ 0 Commentaire

retraites

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07 février 2023 ~ 0 Commentaire

ouessant (le tél)

Ce mardi, à Ouessant, on manifestait comme partout ailleurs en France.

Plus de 80 personnes s’étaient donné rendez-vous place de la Mairie, sous le soleil hivernal, avant de s’engouffrer dans les ruelles du bourg de Lampaul.

« Macron, t’es foutu ! Ouessant est dans la rue ! ». L’humour est de mise ce mardi, sur l’île posée en mer d’Iroise à 30 km du continent, où plus de 80 personnes se sont retrouvées pour manifester contre le projet de réforme des retraites. « On est fiers de cette mobilisation », glisse Jean Gouzien, adjoint au maire, drapeau de la CGT en main. « En ce moment, on est 600 sur l’île. Ça fait un taux de participation très élevé. Si à Brest, il était équivalent, toutes les rues du centre-ville seraient noires de monde. On n’a vraiment pas à rougir ».

Dans le cortège, on retrouve, bien sûr, des îliens. Mais pas que. « On est en vacances dans le coin », explique un jeune couple originaire de Grenoble. « Comme on se sent vraiment concernés par la réforme, on a rejoint la manifestation. On a eu l’info en consultant un panneau près de l’église. L’autre jour, on était à Rennes. Le cortège était impressionnant. Ça change vraiment d’ambiance ».

« Ici, les emplois sont souvent précaires »

« Si tu nous mets 64, on te remet 68 ». Un retraité hisse bien haut sa pancarte, pas peu fier de son slogan. « J’ai manifesté en 1968 à Paris », souligne-t-il. « J’étais ouvrier du livre. Je préfère les gros mouvements aux petits rassemblements comme aujourd’hui. Mais, bon, hors de question de laisser passer une telle réforme, même si je ne suis pas directement concerné. Je pense aux autres, c’est tout ».

Même constat pour Pierre, un autre sexagénaire, veut être présent pour son fils. « Moi, j’ai eu la chance de partir à temps. Lui a 44 ans. Il ne sait pas à quelle sauce il va être mangé. Je suis là pour le défendre ».

Il n’y a pas que des tempes grisonnantes dans le cortège. On croise aussi pas mal d’actifs. « Les gens sont assez inquiets », commente Denis Palluel, maire de l’île. « Tout le monde pense qu’ici, c’est ambiance vacances toute l’année. C’est faux. Quand on vit réellement ici, il faut conjuguer avec la précarité des emplois qui sont souvent saisonniers et qui ne facilitent pas les carrières pleines ». S’ajoute à cela, le surcoût de la vie estimé à 38 % sur les îles bretonnes. Un chiffre sous-estimé, selon certains habitants.

Une population proche des syndicats

Autre explication à cette forte mobilisation locale, l’histoire de l’île et de ses habitants. « Pendant très longtemps, les hommes ont navigué au commerce », poursuit Denis Palluel. « Un secteur fortement syndicalisé qui a marqué les esprits ».

S’ajoute à cela une réelle motivation à se rassembler, quand le vent tourne du mauvais côté pour les habitants. En septembre 2010, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, alors qu’une précédente réforme des retraites avait été présentée par le ministre Éric Woerth, plus de 200 personnes avaient manifesté à Ouessant. Plus près de nous, en août 2021, plus de 400 personnes s’étaient retrouvées sur le tarmac de l’aérodrome local pour défendre la ligne aérienne quotidienne. Elles avaient obtenu gain de cause.

Dans le cortège de ce mardi, on retrouve parfois les mêmes têtes. « Espérons qu’à Matignon, ils auront vent de notre mouvement », lâche un manifestant en passant près du centre nautique du Kornog. En tout cas, dans les ruelles de l’île, pas l’ombre d’un gendarme qui pourrait établir un rapport en bonne et due forme. « Où sont les forces de l’ordre CRS », plaisante un manifestant. « On m’a dit que les CRS ouessantins étaient les plus féroces ».

Il est un peu plus de midi, les manifestants se dispersent en se promettant de se retrouver samedi  11.

https://www.letelegramme.fr/

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05 février 2023 ~ 0 Commentaire

retraites 44

reunification

LUNDI 6 FÉVRIER
ST NAZAIRE

- À 8h, banderoles sur le pont de Trignac (la passerelle à vélo) pour
appeler à la manifestation du 7

- Le matin, AG des syndiqué·e·s de la raffinerie et réunion avec la
direction l’après-midi pour prévenir de l’action du 8 février à la
raffinerie

- Entrée dans la grève du secteur de l’énergie pour 48h

- Début des actions “Robin des bois” (gaziers et électricité) ; remise
du courant aux précaires

MARDI 7 février : journée de mobilisation nationale

NANTES : AG éducation à 9h en fac de pharmacie (amphi 400, 9 rue Bias)
/ Manifestation à 10h30 au miroir d’eau
ST NAZAIRE: manif 10h place de l’Amérique latine (+ AG éducation à 13h
au Lycée Expérimental)
ANCENIS : manif 10h à la station Esso
CHATEAUBRIANT : manif 10h30 place de la mairie

MERCREDI 8 février

Nantes : 12h30 – Assemblée générale de l’ouest de l’agglomération
nantaise au collège Rosa Parks.

Saint-Nazaire : À 8h, actions à la raffinerie de Donges, rassemblement
“bruit, feux, flammes” devant la porte nord (Astrolab), il y aura de
nombreux secteurs et nous sommes tou·te·s les bienvenus sur cette action
! Il faut être nombreux·ses car c’est une action qui va donner le top
départ à un durcissement de la lutte (restauration possible le midi, des
sandwichs de la CGT). Contacter le SDENpar mail si vous voulez
co-voiturer au départ de Nantes.

20h – conférence gesticulée sur la sécurité sociale et les retraites
avec Bernard Friot (Alvéole 12, base sous-marine).

JEUDI 9 février

À 12h30, rassemblement des salariés d’AIRBUS et espoir d’un
rassemblement sur la journée de grève (reconduite depuis plusieurs
semaine) du vendredi

Assemblée générale du pays de Retz – 17h15 à l’école Delaroche à
Saint-Mars-du-Coutais

Assemblée générale de Nantes-Est (ouverte à toustes, même en dehors du
monde de l’éducation) – 18h30 (lieu à venir)

Assemblée générale du quartier Nantes nord (ouverte à toustes, même en
dehors du monde de l’éducation) – 17h30 lieu à venir

SAMEDI 11 février

NANTES : 14h – manifestation au miroir d’eau
ST NAZAIRE : 11h place de la gare
ANCENIS : 10h Station Esso
CHATEAUBRIANT : modalité à venir

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05 février 2023 ~ 0 Commentaire

paris 20è

20e

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04 février 2023 ~ 0 Commentaire

retraites ( pùblico )

pension

Les Français descendent dans la rue pour leurs retraites

La volonté du gouvernement de faire passer une réforme dure qui augmente l’âge de la retraite suscite les plus grandes manifestations en France depuis 2010.

Quelle mouche a piqué Emmanuel Macron ?

Si les Razzie awards (les anti-Oscars) de la politique existaient, ils devraient en donner un au président français ou à celui qui a eu l’idée de présenter une réforme difficile des retraites en pleine crise énergétique et inflationniste.

L’inconscience du gouvernement macroniste a conduit à la plus grande mobilisation en France depuis 2010. Une vague de protestations qui reflète non seulement le rejet généralisé de l’augmentation de l’âge minimum de départ à la retraite de 62 à 64 ans (avec 42 ou 43 ans de cotisations), mais aussi les difficultés du président français à reprendre le fil de ses réformes néolibérales.

Les syndicats ont réussi à surmonter la léthargie sociale qui règne dans le pays voisin depuis la pandémie. Après un automne marqué par une forte inflation (6,7 % en France) et des manifestations réclamant des hausses de salaires peu étendues – malgré le succès des arrêts de travail dans certaines entreprises, comme Total et la SNCF -, les grèves massives des 19 et 31 janvier ont pris le macronisme par surprise.

Entre 2,8 millions de personnes -selon les organisations syndicales- et 1,27 million -selon la police- ont manifesté lors du second tour de cette impulsion sociale. Même lors des grandes manifestations de 1995 et 2010, le nombre de manifestants n’avait pas été aussi élevé, selon les forces de sécurité.

    72% des Français s’opposent à la réforme

« C’est l’une des plus grandes mobilisations en France depuis les années 1990″, a déclaré à CTXT le politologue Dominique Andolfatto, spécialiste du monde syndical. Le front uni des syndicats, allant de la modérée CFDT aux plus militants CGT et Sud-Solidaires, prépare deux nouvelles grèves générales pour les 7 et 11 février. La deuxième semaine de ce mois devrait être une semaine clé dans la lutte contre cette mesure impopulaire. Jusqu’à 72% des Français s’y opposent, selon le dernier sondage de l’institut Elabe. « Personne ne veut de cette réforme. Plus les jours passent, plus l’opposition grandit », a rappelé le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

« Si nous sommes trop nombreux, ils renonceront à la réforme ».

« Au lieu de toucher aux retraites, Macron devrait s’occuper de la crise énergétique et de la lutte contre le changement climatique », déclare Sabrina, 45 ans, qui a voté pour le leader centriste lors de la dernière élection présidentielle. Malgré cela, ce conseiller clientèle dans une entreprise d’électricité a fait le déplacement du Nord-Pas-de-Calais à Paris pour participer à une manifestation le 31 janvier qui a débordé les rues de la rive gauche. L’une des nouveautés de ces manifestations est leur caractère festif. La violence policière et les émeutes des black-blocs ont, pour l’instant, brillé par leur absence. La force de la foule a prévalu sur les tactiques d’agitation à courte vue.

    L’une des nouveautés de ces manifestations est leur caractère festif.

Pour Sabrine Farouzi, 60 ans, les mobilisations actuelles lui rappellent celles de 1995, lorsqu’une vague de grèves avait contraint le conservateur Jacques Chirac à renoncer à faire passer de 37,5 à 40 ans la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein. « Si nous continuons à être nombreux, ils finiront par renoncer à la réforme », estime cette éducatrice en maternelle, qui serait directement concernée par la mesure, puisqu’elle doit entrer en vigueur progressivement cet été, en repoussant l’âge de la retraite de trois mois chaque année jusqu’à atteindre 64 ans en 2030. .

« Le gouvernement devrait défendre notre système de retraite comme un modèle à imiter pour les autres pays européens, au lieu d’essayer de l’aligner sur celui de ses voisins », ajoute M. Farouzi. Outre le report de l’âge légal de départ à la retraite, le texte exige 43 ans de cotisations pour bénéficier d’une pension complète à partir de 2027. Huit ans plus tôt que dans la législation actuelle (2035).

La réforme mettra fin à l’une des spécificités du système de retraite français. En combinant un âge de la retraite relativement bas (62 ans) et une longue période de cotisation (42 ans), le moment du retrait de la vie active est adapté à la carrière de l’individu. En d’autres termes, ceux qui ne sont pas allés à l’université et qui ont commencé à travailler plus tôt – souvent dans les professions les plus exigeantes physiquement et dont l’espérance de vie est plus courte – peuvent prendre leur retraite plus tôt, tandis que ceux qui sont allés à l’université ont tendance à prendre leur retraite à 65 ou 66 ans. Ou même plus tard.

Réduire les pensions pour diminuer l’impôt sur les sociétés

Le gouvernement justifie ce sacrifice, notamment pour les personnes modestes, par le déficit que le système de retraite accumulera en 2030, de quelque 13 milliards d’euros. « Cela représentera 3 % des dépenses totales en matière de pensions. Ce n’est pas un montant énorme », affirme l’économiste Henri Sterdyniak de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

« La dramatisation d’un tel déficit par le gouvernement est peu crédible, après avoir réduit les impôts de quelque 40 milliards ces dernières années (notamment sur les entreprises et les revenus moyens et élevés) et avoir annoncé récemment une augmentation de 100 milliards des dépenses militaires », ajoute ce membre du groupe keynésien Les Économistes Atterrés.

Selon M. Sterdyniak, considéré comme l’un des principaux experts des retraites en France, cette mesure controversée « est en fait due à la volonté de M. Macron de montrer aux marchés financiers et à la Commission européenne que son gouvernement continue à adopter des réformes ».

En d’autres termes, qu’il continue à réduire les dépenses publiques et sociales, à diminuer les pensions et les allocations de chômage », dont la durée maximale a récemment été réduite de 25%. Le gouvernement estime que la réforme des retraites rapportera environ 12 milliards d’euros aux caisses publiques. Ces ressources, qu’il a reconnues dans la dernière loi de finances, serviront à financer une réduction d’impôt de 15 milliards d’euros pour les entreprises.

En échange de ce sacrifice, le gouvernement promet de porter les pensions les plus basses à 1 200 euros pour ceux qui ont cotisé pendant une carrière complète (42 ou 43 ans). Ce ne sera qu’ »un petit pas en avant ». Sur les 6 millions de retraités pauvres en France, seuls 1,8 million ont une carrière complète », rappelle l’économiste de l’OFCE.

Cependant, cette hausse des pensions les plus basses a été utilisée par le gouvernement, notamment par le premier ministre, Élisabeth Borne, pour vendre la réforme comme une initiative de « justice » et de « progrès social ». Une étrange stratégie de communication qui a échoué. En réalité, la mesure est devenue l’étincelle pour le déclenchement d’une indignation plus généralisée.

La « pédagogie de la servitude » de Macron.

Malgré une pression sociale croissante, Macron reste inflexible. Le relèvement de l’âge minimum de la retraite à 64 ans est « non négociable », selon le Premier ministre Borne. Le gouvernement s’oppose également à la proposition de la gauche d’organiser un référendum sur le texte impopulaire, dont l’examen commencera le 6 février à l’Assemblée nationale. « La motivation du gouvernement avec cette réforme est d’imposer une pédagogie de la servitude », a prévenu l’essayiste Emmanuel Todd dans une interview à la web-télévision QG.

    La France a rejoint le Royaume-Uni sur la liste des pays européens où les mobilisations sont importantes.

La plus grande vague de protestations depuis 2010 laisse Macron à la croisée des chemins. D’une part, s’il cède et retire le texte, il renoncera à son ADN d’incarnation du thatchérisme à la française, d’être le président qui a approuvé les réformes néolibérales que ses prédécesseurs Hollande, Sarkozy et Chirac n’ont pas osé mettre en œuvre. En revanche, s’il maintient la mesure contre la volonté d’une grande majorité de Français, il quittera son second mandat politiquement affaibli, de la même manière que Sarkozy a été affaibli après les manifestations massives contre le passage de l’âge minimum de la retraite de 60 à 62 ans.

Après l’imprudence du leader centriste qui a fait passer cette (contre) réforme en pleine guerre en Ukraine, la France a rejoint le Royaume-Uni sur la liste des pays européens à forte mobilisation.

Malgré des différences évidentes – la situation du NHS est plus dramatique que la précarité des soins de santé français – les deux cas présentent des similitudes significatives : la lassitude de leurs sociétés face à la détérioration du niveau de vie et des services publics, ainsi que la tentative de leurs gouvernements respectifs de revenir sur la voie de l’orthodoxie économique.

Macron et Rishi Sunak ont respectivement 45 et 42 ans, mais ils sont prisonniers de la vieille idéologie néolibérale. Ce sont deux vieillards incapables d’entreprendre le changement idéologique de la deuxième décennie du 21è siècle.

Enric Bonet 4/02/2023

https://ctxt.es/

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04 février 2023 ~ 0 Commentaire

7 février

fin

➡️ BREST : 10h30 pl. Liberté + AG de lutte.

➡️ Morlaix : 10h30 pl. Edmond Puyo.

➡️ Carhaix : 10h30 pl. du champs de Foire.

➡️ Quimper : 10h30 pl. de la Résistance.

➡️ Quimperlé : 10h30 pl. St Michel.

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01 février 2023 ~ 0 Commentaire

petites villes (reporterre)

Retraites : voici pourquoi les petites villes se mobilisentForte mobilisation à Nîmes © Estelle Pereira / Reporterre

Retraites : voici pourquoi les petites villes se mobilisent

Les habitants des petites et moyennes villes seront de nouveau dans la rue le 31 janvier pour s’opposer à la réforme des retraites. Les raisons de leur colère, en cinq points.

Certains l’appellent la France des sous-préfectures. Des petites et moyennes villes. Elle s’est fortement mobilisée le 19 janvier contre la réforme des retraites. Dans les rues, le nombre de manifestants a été « historique » à Rodez (Aveyron), il a « fait date » de Calais (Pas-de-Calais) à Maubeuge (Nord) et a été « sans précédent » à Flers (Orne). Ils seront de nouveau dans la rue le 31 janvier pour la deuxième journée de grève contre la réforme des retraites.

Même s’il faut se rappeler que ces villes drainent des bassins de population plus larges à leur alentour, les chiffres impressionnent. Par exemple, on a compté environ 2 000 manifestants à Mende en Lozère (pour 11 000 habitants), 7 000 à Alès (pour 40 000 habitants), 3 000 à Saint-Gaudens (Haute-Garonne, 11 000 habitants). Autant de noms que l’on n’a pas l’habitude de voir citer dans les médias nationaux. « Ces mobilisations dans les villes petites et moyennes sont le vrai baromètre de la haine de cette réforme », avance Willy Pelletier, sociologue à l’université de Picardie.

Alors, pourquoi la France des bourgs, des petites agglos et des zones rurales qui les entourent a-t-elle manifesté ? Reporterre esquisse cinq explications.

1. Les retraites, la goutte qui fait déborder le vase

« La mobilisation va au-delà de l’opposition à la réforme des retraites, estime Willy Pelletier. C’est l’occasion d’exprimer toutes les amertumes, les colères. » Inflation, hausse du prix des carburants, de l’énergie… « Des gens doivent par exemple choisir entre se chauffer et nourrir leurs animaux domestiques, car le prix des croquettes a beaucoup augmenté », note le sociologue.

« Le gouvernement ne cesse de demander des efforts », confirme Thibault Lhonneur. Conseiller municipal à Vierzon (Cher), il milite à La France insoumise et analyse le vote des villes moyennes. « Il y a eu le Covid, le confinement, puis le couvre-feu, puis on nous a dit qu’il y avait des risques de coupure d’électricité et qu’il fallait encore faire un effort. Les injonctions restrictives données depuis trente-six mois sont respectées, et là on vous dit qu’il va falloir aussi travailler deux ans de plus. Ça ne passe pas ! »

La mobilisation est importante, elle « dépasse le cadre habituel des sympathisants de gauche », poursuit-il. Le vase déborde pour beaucoup de monde. « À Vierzon, j’ai croisé des personnes étiquetées à droite. » La même constatation a été faite par Achille Warnant, doctorant en géographie à l’Ehess (École des hautes études en sciences sociales) et spécialiste des villes moyennes. « Cette réforme des retraites a aussi une opposition à droite et à l’extrême droite. Je pense que les manifestations brassent très large, ce qui explique leur succès. »

2. Un ancrage local des syndicats

Ces manifestations font partie des plus importantes « de ces vingt-cinq dernières années, observe Achille Warnant. Il ne faut pas oublier que ces villes se sont toujours mobilisées, elles ont une tradition de manifestation, même si elles ont été invisibilisées ».

Montluçon et Alès, par exemple, restent marquées par leur passé industriel et une forte tradition syndicale. « On dit beaucoup que les syndicats et les partis politiques n’ont plus d’ancrage territorial, remarque le géographe. Là, on voit qu’ils sont toujours présents et en capacité de mobiliser, même s’ils sont fragilisés. »

Autre trait sociologique : ce sont des villes où les emplois publics sont proportionnellement plus nombreux. « Dans la fonction publique, les gens sont plus syndiqués que dans le reste de la population », précise Achille Warnant. À cela s’ajoute que cette fois-ci, la CFDT appelle à se mobiliser. « Un syndicat très présent dans le public ».

3. Plus d’habitants touchés par la réforme des retraites

La population des petites villes et villes moyennes qui s’est mobilisée est sans doute, aussi, plus touchée par la réforme. Un rapide tour sur le site de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) permet de constater la très faible proportion de cadres dans une grande partie des villes citées dans cet article, en comparaison avec de grandes villes [1]. À l’inverse, la proportion d’ouvriers et d’employés est plus importante.

« On avait peut-être une dizaine d’années avant que vienne la maladie. Ce moment de répit est ôté. » Ici, lors de la manifestation à Nîmes, le 19 janvier 2023. © Estelle Pereira / Reporterre

« Ici, les gens ont un rapport physique au travail plus douloureux, témoigne Thibault Lhonneur depuis Vierzon. On a des aides-soignantes, des auxiliaires de vie scolaire, des accompagnants d’enfants en situation de handicap, des caissières, des ouvriers d’usine : ce sont des boulots éprouvants. » Comme l’a déjà documenté Reporterre, les horaires peuvent être éparpillés ou en décalé, avec du temps partiel, des charges à porter, du travail répétitif, l’exposition aux polluants…

« La retraite était l’anticipation d’un petit peu de bon temps volé pour soi, complète Willy Pelletier. On avait peut-être une dizaine d’années avant que vienne la maladie. Ce moment de répit est ôté. »

4. Un sentiment de mépris plus fort

Cela vient renforcer — s’il en était encore besoin — le sentiment d’abandon et de mépris ressenti par les habitants de ces « territoires ruraux pauvres », estime M. Pelletier, qui étudie le vote du Rassemblement national (RN) dans les territoires ruraux. « Il n’y a plus de médecin, plus d’emploi stable, plus de bus, plus de train », liste-t-il. Les espaces de sociabilité « qui donnent de l’estime de soi sont aussi en voie de liquidation : les sociétés de chasse, les associations de parents d’élèves ».

Au travail aussi, tout s’effondre, poursuit le sociologue : « Le Covid a eu en effet dramatique. Vous vous croyiez indispensable dans votre entreprise, et à cause du Covid vous avez été licencié ou rétrogradé. » Thibault Lhonneur estime également que cette question du rapport au travail est centrale. Notamment parce que pendant le Covid, nous avons été réduits à l’état de « travailleurs ». Or, le travail s’est dégradé.

Dans ce contexte, la façon dont est menée la réforme est violente, selon Willy Pelletier : « On dit aux gens qu’ils vont souffrir plus longtemps, et que face aux chiffres, ils ne comptent pas. Cela redouble le sentiment de mépris, d’autant plus que le gouvernement veut passer en force, et aller très vite. »

5. Une réforme qui touche à la famille

Enfin, Willy Pelletier estime qu’il y a une dimension intime dans cette mobilisation contre les retraites. Quand il n’y a presque plus de services publics, de lieux de sociabilité et de travail, il reste la famille. « Ce sont les seuls liens qui permettent de tenir quand tout fout le camp, un espace de solidarité et d’estime de soi. La réforme des retraites vient percuter cette bulle d’amour. »

Elle le fait en touchant les enfants. « Les parents reportent leurs espoirs de vie non réalisés sur leurs enfants, explique le sociologue. Or la réforme des retraites dit qu’ils auront encore moins de droits, plus de galères au travail. »

À l’inverse, les enfants voient que leurs parents prendront leur retraite plus tard. « Très concrètement, cela veut dire des souffrances supplémentaires pour leurs parents, des gens qu’on aime ».

La mobilisation contre les retraites pourrait donc être l’occasion de « retrouver de la fierté », estime Willy Pelletier. Mais pas certain que les manifestations suffisent. « Pour compter, on sait maintenant qu’il faut déranger. J’entends beaucoup de gens dire “On ne sera pas gentils”. Certains sont à deux doigts de s’en prendre aux élus. »

Thibault Lhonneur, lui, veut voir dans la mobilisation de ces territoires un signe positif. Alors que l’on y vote plutôt à droite, voire à l’extrême droite, « la gauche arrive à s’y faire entendre sur une thématique sociale », souligne-t-il.

1er février 2023 Marie Astier

https://reporterre.net/

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31 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (actu brest)

Grève du 31 janvier : une foule impressionnante contre la réforme des retraites à Brest

La deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites à Brest a rassemblé 30 000 personnes selon l’intersyndicale, 19 000 selon la police, ce mardi 31 janvier 2023.

Dès 10 h 30, une foule impressionnante s’était réunie à Brest pour la deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites.

« C’est historique ! » Les représentants de l’intersyndicale qui organisaient la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, ce mardi 31 janvier 2023 à Brest, sont tout sourire. Selon eux, 30 000 personnes ont pris part à la manifestation. 19 000 selon la police.

C’est plus que jeudi 19 janvier : ce jour-là, la première journée de grève avait réuni plus de 13

Un cortège imposant

Ce mardi, vers 10 h 30, la place de la Liberté débordait de monde. Jusqu’à l’avenue Georges-Clemenceau.

Après les traditionnelles prises de paroles, l’impressionnant cortège s’est élancé à 11 h dans la rue Jean-Jaurès pour bifurquer vers la rue Yves-Collet via la rue Saint-Marc afin de gagner le boulevard Gambetta et l’avenue Clemenceau puis revenir au point de départ.

La queue du cortège a quitté la place de la Liberté vers 12 h 15, soit plus d’une heure après la tête du défilé !

Sur une bonne dynamique

« Aujourd’hui, nous enregistrons 30% de participants de plus que lors de la première manifestation à Brest », se félicitent les représentants de l’intersyndicale.

Ils l’assurent : La dynamique est dans notre camp.

Et promettent de nouvelles journées d’action. Les instances nationales des syndicats doivent se réunir en fin de journée pour décider des suites à donner au mouvement en France.

https://actu.fr/bretagne/

pension

23.000 manifestants à Rennes

Dans un premier bilan la préfecture d’Ille et Vilaine annonce 23.000 manifestants dans les rues de Rennes, soit 6.000 de plus que le 19 janvier. Il y a très longtemps que la capitale bretonne n’avait pas vu une telle mobilisation. Elle n’atteint cependant pas celle du 12 décembre 1995 où 35.000 personnes avaient défilé contre le plan Juppé.

Le pari est néanmoins largement réussi pour les syndicats qui voulaient faire de cette journée une démonstration de force.

Forte mobilisation partout en Bretagne

Mobilisation très forte également dans les autres villes de la région. Près de 20.000 personnes à Brest, entre 12.000 et 16.000 manifestants dans les rues de Quimper, au moins 15.000 personnes à Saint-Brieuc, 14.000 à Lorient.

Mobilisation importante aussi dans les villes moyennes: 9.000 personnes à Vannes, 6.000 à Lannion,  6.000 à Quimperlé, 3.500 à Saint-Malo, 3.000 à Dinan.

Même les iles se sont mobilisées: 300 personnes ont défilé sur Belle Ile et à Groix.

La jeunesse dans les cortèges

Dans les cortèges, on pouvait distinguer des têtes grises, mais des jeunes également. Beaucoup étaient là pour défendre leurs parents, sans trop d’illusions pour leur propre avenir.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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31 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (presse de gauche)

retraites (presse de gauche) dans A gauche du PS

Réforme des retraites en France

Les intersyndicales maintiennent la dynamique

Âge de départ, régimes spéciaux, durée de cotisations. La réforme des retraites est toujours au cœur des débats en France, avec l’indicible bras de fer, à l’heure où se déroule, ce mardi 31 janvier 2023, le second round de la grande manifestation contre ce projet porté d’une main de fer par Élisabeth Borne.

Immensurable ! C’est le moins que l’on puisse dire de cette 2ème mobilisation du 31 janvier contre la réforme des retraites qui sonne le round déterminant du rapport de forces entre le gouvernement d’Elisabeth Borne et les syndicats, à l’origine du déploiement des 200 défilés dans toute la France, empreints du chiffre record de plus de 2 millions de manifestants.

Cette démonstration de force s’élançant de la Place d’Italie à Paris, ne semble pas donner de sueurs froides à la Première ministre qui, forte de ses 11 000 policiers et gendarmes dont 400 à Paris, signe et persiste en entérinant le report de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans, vivement dénoncé par les syndicats et une majorité de l’opposition.

L’argumentaire est tranchant : « Ce report de l’âge n’est plus négociable et ne sera plus remis en question. C’est le compromis que nous avons proposé après avoir entendu les organisations patronales et syndicales. C’est nécessaire pour assurer l’équilibre du système ».

Coup dur pour le front social, en dépit des revers infligés à l’Exécutif par le Conseil d’Orientation des Retraites qui dénonce une manœuvre du chef de l’Etat en vue de « capitaliser 8 milliards d’euros » nécessaires à la mise d’aplomb du déficit budgétaire en augmentant les annuités au détriment des personnes en position de pénibilité et d’âge avancé. Personnes sommées de trimer plus, au grand dam de leur santé.

Dans l’une des banderoles de la CFDT qui espère que la rue sera entendue, il est  consigné : « La Retraite, c’est mieux quand on est encore vivant ! ».

Un mardi noir et, au bas mot, une mise de « plein gaz » irréversible, sont en train de s’inscrire dans la durée. L’ancrage d’un mouvement plus fort et pérenne, n’est plus à démontrer. C’est la réalité de l’instant présent auquel se sont joints récemment les artisans et les commerçants.

Les médias font état de fermeture de mairies, de nombreux établissements scolaires, 50% de professeurs en grève, de blocages et de débrayages dans les entreprises, de fortes perturbations dans les transports (1 train sur 10 et 1 TGV sur 3).

On annonce entre 1 000 et 2 000 gilets jaunes, 100 à 200 Radicaux dans le défilé. Les Hauts de France sont aussi de la partie. La CGT et FO ont procédé à une campagne de mobilisation sur les axes routiers qui a porté ses fruits. L’objectif affiché : dépasser les 2 millions de manifestants (es).

Prenant acte du durcissement du ton d’Elisabeth Borne, le Secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a réagi hier sur les ondes de France Info : « La Première ministre ne peut pas rester sourde à cette formidable mobilisation. J’appelle les salariés à être très nombreux dans les rues partout en France. S’il n’y a pas d’écoute de la part du gouvernement, il aura sans doute un acte 3 » a prévenu le leader du 1er syndicat de France.

A l’Assemblée nationale, le spectre de la dissolution ne plane pas, pour l’instant, de manière ostensible. On joue sur une marge de 20 députés. Mais une perte de la bataille de l’opinion par l’Exécutif serait déjà édictée massivement par la rue. O.H

mardi 31 janvier 2023  Omar Haddadou

https://www.pressegauche.org/

Note:

La « CFDT » premier syndicat c’est discutable. Dans les luttes, c’est la CGT qui gagne!

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30 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

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Réforme des retraites. « C’est beaucoup trop 64 ans ». La mobilisation est-elle partie pour durer ?

A la veille d’une nouvelle journée d’actions contre la réforme des retraites, prévue le 31 janvier 2023, tout indique que la mobilisation sera massive. « Il y a des préavis de grève dans des secteurs peu accoutumés à la grève » constate ce maître de conférence en sciences politiques. Sur ce chantier de travaux publics, à Brest, les ouvriers disent la pénibilité de leur métier et leur opposition au report de l’âge légal de départ à la retraite.

Sur ce chantier de Brest, la réforme des retraites est loin de faire l’unanimité. Les métiers y sont physiques, pénibles et ainsi que le dit Mickaël, le corps a ses limites. Alors repousser l’âge légal de la retraite à 64 ans, pour lui, c’est un non-sens. « J’ai 52 ans, explique cet ouvrier. J’ai déjà des douleurs partout. Vous imaginez à 64 ans ? C’est même pas la peine ».

Louis, qui est encore tout jeune, l’affirme haut et clair : « C’est beaucoup trop 64 ans ! Je ne me vois pas travailler jusqu’à cet âge sur les chantiers. C’est épuisant. Il faudrait changer de métier et faire quelque chose de moins pénible » ajoute-t-il.

Plus loin, le chef de chantier, bien qu’il ne reconnaisse pas la pénibilité du métier, estime que  « si on commence à 16,18 ou 20 ans, comme c’est souvent le cas dans le bâtiment, on a le droit de partir à 60 ans. C’est mérité, souligne-t-il. Je pense que même si on aime son métier, 40-42 ans de carrière, c’est bien. Comme cela on peut profiter de notre retraite ».

« La stratégie des actions saute-mouton »

Une nouvelle mobilisation est prévue, ce 31 janvier, pour dire non à la réforme des retraites. A Brest, la manifestation du 19 janvier avait rassemblé plus de 10.000 personnes dans la rue. Qu’en sera-t-il plus de 10 jours après ?

« Au sein des organisations syndicales, cette stratégie des journées d’action saute-mouton est questionnée et remise en cause par tout un ensemble de fédérations, de syndicats sectoriels qui, eux, plaident pour un durcissement du conflit, une montée en puissance, analyse Pierre Rouxel, maître de conférence en sciences politiques à l’Université de Rennes 2 et spécialiste des syndicats. Ils arguent que ces journées espacées ont, depuis 20 ou 30 ans, largement échoué à faire reculer la position du gouvernement. Comme ce fut le cas en 2010″.

Difficile de dire si le mouvement contre le report de l’âge légal de départ à la retraite est parti pour durer. Bruno, qui a fait grève le 19 janvier, « toute la journée », sera à son poste de travail ce 31 janvier. « Je ne peux pas me priver d’une journée de salaire systématiquement » confie ce jardinier aux Espaces verts. Céline, sa collègue, a l’intention de débrayer « quelques heures » pour participer à la manifestation.

68 % des Français opposés à la réforme

Pierre Rouxel note que, pour la journée du 31, « on peut s’attendre à une mobilisation massive. Le cadre unitaire a tendance à donner confiance aux salariés, relève le maître de conférence. Il y a des signaux faibles qui témoignent de l’ampleur de la mobilisation : je pense par exemple à des préavis de grève dans des secteurs peu accoutumés à la grève. C’est symboliquement marquant et cela montre l’amplitude de cette mobilisation qui risque de s’ancrer dans le temps ».

Louis, lui, n’ira pas manifester. « Même si on descend dans la rue, ça ne va pas changer grand chose, observe-t-il. Ils vont continuer à suivre leur idée d’aller jusqu’à 64 ans ».

Lors de son déplacement dans le Calvados, ce 29 janvier, Elisabeth Borne a déclaré, sur Franceinfo, que l’âge légal de départ à la retraité fixé à 64 ans par la réforme n’était « plus négociable ».

Selon un sondage de l’IFOP, 68 % des Français sont réfractaires à ce projet de loi dont l’examen par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a débuté, ce 30 janvier. Elle a jusqu’au 1er février pour éplucher le texte et les 7.000 amendements qui l’accompagnent, avant une présentation dans l’hémicycle à partir du 6 février.

 

Avec Catherine Aubaile et Myriam Thiébaut) reportage de Catherine Aubaile et Régis Massini  30/01/2023 Carole Collinet-Appéré .

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

 

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