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26 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

macron (essf)

president_macron

En lutte pour les retraites

Le mouvement se poursuit, l’isolement de Macron aussi

Depuis le 20 janvier, le mouvement pour le retrait du projet Macron-Philippe de contre-réforme des retraites est entré dans un deuxième acte.

Malgré, ces derniers jours, l’arrêt de la grève reconductible à la SNCF et à la RATP, la mobili-sation est loin de s’éteindre et les centaines de milliers de manifestant-e-s du 24 janvier ont clairement affirmé dans les rues être déterminé-e-s à se battre encore pendant plusieurs semaines.

En effet, la journée du 24 janvier, appelée par l’intersyndicale a encore été le témoin de cette forte mobilisation avec, dans la plupart des villes, un net regain du nombre de manifestant-e-s une fois et demie supérieur, en moyenne, au 16 janvier.

Même si cette mobilisation a été inférieure aux deux grosses manifestations de décembre 2019, et malgré l’arrêt de la grève reconductible dans les transports, l’ambiance était quasi-ment partout combative, joyeuse et déterminée. Beaucoup de cheminot-e-s et d’enseignant-e-s dans les manifs, mais aussi du reste de la Fonction publique, de l’Energie, des Ports et Docks, de la culture… Et beaucoup d’avocats.

Le gouvernement et les médias dévoués à sa cause voudraient bien faire comme si l’épisode de la contestation de sa contre-réforme était clos. Le gouvernement et le patronat cultivent ces derniers jours la répression patronale et policière contre des animateurs et animatrices du mouvement, et s’insurgent contre les dérives radicales du mouvement.

Mais ni le climat politique ni les nouvelles informations sur le contenu réel de son projet ne lui apportent la moindre sérénité.

Aucun ministre, et encore moins Macron lui-même ne peuvent participer tranquillement à une inauguration ou une manifestation publique sans rencontrer l’hostilité populaire. Emmanuel Macron et sa femme, eux-mêmes, ont dû s’enfuir piteusement du théâtre parisien où ils assistaient à une représentation le 18 janvier : plusieurs dizaines d’opposants à sa réforme s’étaient rassemblés devant le théâtre.

De même, plusieurs permanences de députés En Marche ont été taguées ces dernières semaines, comme il y a un an, lors des importantes mobilisations des Gilets jaunes.

L’hostilité à la contre-réforme ne faiblit pas, bien au contraire, elle progresse dans l’opinion. Plusieurs sondages indiquent que près de 2/3 de la population veut le retrait pur et simple du projet de Macron et l’inquiétude gagne quant aux conséquences de la réforme.

Au fur et à mesure que sont révélés de nouveaux éléments de ce nouveau système, le rejet s’accroît. Purement et simplement, Macron et son gouvernement ont totalement perdu cette bataille politique : leur projet est désormais bien connu et totalement impopulaire.

Cette impopularité, concerne évidemment tous ceux et toutes celles qui, subissant une pénibilité non reconnue, devraient travailler deux ou trois ans de plus pour toucher une retraite dont ils ne connaîtraient pas le montant.

La ministre du Travail a clairement indiqué qu’elle refuserait de rétablir les critères de pénibilité supprimés par Macron en 2017, à la demande du patronat. Ces critères accordaient (de façon très sélective par ailleurs) des départs anticipés pour manutention de charges, postures péni-bles, exposition à des vibrations mécaniques, à des agents chimiques dangereux. Cela concerne des ouvriers et techniciens de l’industrie, des personnels de santé, des salarié-e-s du bâtiment, entre autres.

Ces derniers jours, le ministre de la Fonction publique a clairement annoncé que, tout en accordant des dérogations aux personnels des forces de répression, aux douaniers et aux pompiers, il supprimait purement et simplement les « catégories actives » présents dans les Fonctions publiques (permettant jusqu’à aujourd’hui un départ anticipé), à l’instar des égoutiers, qui ont un taux de mortalité précoce très élevé, et 7 ans d’espérance de vie inférieure à la moyenne des ouvriers (17 inférieures à celle des cadres).

Tout le monde a à perdre. La réprobation est massive chez les avocats, et se traduit par des dizaines de « jets de robe noire », manifestation symbolique dont la ministre de la Justice a fait elle-même les frais à Caen début janvier.

Ces manifestations de jets d’outils, de blouses, d’instruments de travail, se sont multipliées de la part des agents hospitaliers, des contrôleurs du travail, des enseignants. Dans de nombreu-ses manifestations, des groupes de femmes habillées en « Rosie the riveter » (image de l’ouvrière américaine de l’industrie de l’armement pendant la Deuxième Guerre mondiale) organisent des flash mobs et chantent une chanson détournée par l’association ATTAC pour dénoncer les diminutions programmées des retraites des femmes.

Dans un tout autre registre, une critique frontale du projet vient même d’un côté où on l’attendrait le moins, celui de l’armée.

Le Conseil supérieur de la fonction militaire, organisme très officiel de concertation avec le Ministère, vient de publier une lettre catégorique. Alors que les militaires et gendarmes semblaient épargnés par le régime « universel », ce Conseil déclare tout bonnement ne pas pouvoir donner un avis favorable au projet, « la mise en place d’une règle de calcul assise sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les six derniers mois engendrera inexorablement une baisse des pensions », jusqu’à 20% selon leurs calculs.

Nouveau camouflet

Le Conseil d’État, la plus haute instance du droit administratif, devant donner un avis consultatif sur tout projet de loi, vient de rendre un avis très négatif sur le projet de loi des retraites.

Il critique frontalement un projet de loi « avec des projections financières douteuses », un recours ultérieur à des dizaines d’ordonnances non encore écrites. Mais, sur le fond, il indique que le nouveau système ne peut se prévaloir de « l’universalité » et de l’égalité de traitement, puisqu’il prévoit en son sein cinq régimes différents (fonctionnaires, magistrats, et militaires, marins, salariés agricoles et exploitants agricoles) et de nombreuses règles dérogatoires dans ces 5 régimes.

De plus, il lance deux bombes à retardement dans le jardin du gouvernement. Le Conseil rappelle que la loi ne peut pas prévoir des dispositions qui seraient adoptées ultérieurement, dans une autre loi, concernant la revalorisation des salaires des enseignants et il indique aussi que le projet ne peut pas prévoir de subventionner la Caisse de retraite complémentaire des navigants.

Sur ces deux derniers points, ce sont deux piliers de l’échafaudage branlant du gouvernement qui sont sapés : ceux visant à calmer les enseignants et les personnels navigants.

De plus, les gestionnaires de l’actuel système collectif de retraite complémentaire (ARRCO-AGIRC) viennent de calculer que le futur régime, avec l’arrêt des cotisations des hauts salaires ( supérieurs à 1,2 millions euros par an) va générer un déséquilibre de 3,7 milliards annuel pendant 15 ans. Il faudra en effet continuer à payer des pensions élevées pour des cadres retraités, alors que les cadres actifs auront supprimé toute une part de leurs cotisations.

Donc, politiquement, ce gouvernement n’a pas repris son souffle, tout en voulant liquider très vite un dossier qui devait être pour lui un triomphe social.

Un autre piège qu’il s’est lui-même tendu approche aussi à grands pas : celui de la Conférence sur le financement, manœuvre trouvée début janvier pour rompre son isolement et obtenir l’aval de la CFDT et de l’UNSA.

Nous sommes déjà devant un paradoxe : le gouvernement est confronté à un mouvement de grande ampleur et avance sa volonté de négocier… avec les deux seuls syndicats qui ne sont pas partie prenante de la mobilisation !

Mais le piège va se refermer rapidement puisque cette conférence ne pourra que remettre en selle « l’âge pivot à 64 ans » forçant partir en retraite deux ans plus tard, ou allonger le nombre d’années travaillées nécessaires pour partir à la retraite (43 ans aujourd’hui). Deux épées de Damoclès sur les salarié-e-s partant en retraite à partir 2022.

Au total, nous sommes donc bien loin de l’habillage de la propagande gouvernementale vantant un projet de justice sociale et limité à la suppression des « 42 régimes spéciaux ». Mais cet isolement politique, ce rejet majoritaire du projet de Macron, cette mobilisation de centaines de milliers de salarié-e-s et militant-e-s du mouvement social ne créent toujours pas le rapport de force suffisant pour faire céder Macron.

On paye aujourd’hui l’absence de préparation de cette bataille, dès septembre, dans beaucoup de secteurs professionnels, à l’inverse de ce qui a été le cas à la SNCF et à la RATP. Il n’y avait pas, jusqu’à peu une large conscience des conséquences désastreuses de cette réforme, y compris dans des secteurs de la Fonction publique ou de l’Energie, des grandes entreprises de l’automobile, de l’aéronautique ou de la Chimie qui pourraient peser dans le rapport de force.

De nombreux secteurs des ports et de l’énergie sont entrés en mouvement ces derniers jours, mais avec un réel décalage par rapport au ferroviaire. L’enjeu des semaines à venir est d’entretenir et approfondir l’isolement politique du gouvernement, par de nombreuses actions spectaculaires, des blocages, des manifestations, occupant le maximum d’espace politique.

Et propager de façon la plus unitaire possible les solutions indispensables pour en finir avec des vies de précarité et de bas salaires débouchant sur des retraites de misère. Ce travail est celui que mènent systématiquement des dizaines de milliers de militant-e-s, véritable avant-garde politique de ce mouvement, présent dans les interpros et intersyndicales de terrain.

Mais toutes et tous sont aussi conscients de développer des grèves dans des secteurs, du secteur public notamment, qui n’ont pas sur les épaules de nombreux jours de grève ces dernières semaines.

Concernant le renforcement de la mobilisation et du rapport de force, Olivier Besancenot a fait la proposition ces derniers jours que l’ensemble du mouvement ouvrier se mette d’accord pour organiser une montée nationale, une manifestation à Paris organisée à partir de toutes les villes du pays pour imposer la volonté populaire du retrait de cette contre-réforme. Cette proposition va peut-être faire son chemin.

Léon Crémieux dimanche 26 janvier 2020

https://www.europe-solidaire.org/

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

syndicats (npa)

tous ensembel

Les organisations syndicales face à une nouvelle étape

Si l’envahissement des locaux de la CFDT par des grévistes de la coordination SNCF-RATP sature l’espace médiatique en même temps que l’exfiltration de Macron du théâtre des Bouffes du Nord, ce n’est pas seulement parce qu’il fournit un prétexte pour dénoncer des « violences » des grévistes, c’est aussi parce qu’il se produit à l’entrée d’un tournant dans la mobilisation.

Un an après avoir semblé définitivement marginalisées par le mouvement des Gilets Jaunes, les principales organisations syndicales se sont retrouvées en première ligne dans une mobilisation d’ores et déjà qualifiée d’historique contre la «contre-réforme» des retraites.

Désaffiliations

La perte de visibilité et de crédibilité des organisations syndicales est la conséquence d’évolu-tions largement interpénétrées. D’abord, celle de l’organisation de l’appareil économique, productif : externalisations, délocalisations, diminution de la taille des établissements assortis du bouleversement des processus de production et de précarisation de l’emploi.

De l’autre, un vaste processus de privatisations dans des secteurs qui constituaient souvent des bases essentielles des organisations syndicales et où l’introduction des méthodes managériales calquées sur celles du privé a largement contribué à déstructurer des collectifs de travail et briser les résistances sociales, y compris au travers de la répression.

Un ensemble d’évolutions qui ont déstabilisé et affaibli les organisations syndicales dès la fin des années 1970 dans un contexte de montée du chômage et de « disparition » du « socialis-me réellement existant ». Un mouvement syndical que son fonctionnement bureaucratique, plombé par une institutionnalisation centrée sur le dialogue social, a rendu incapable de s’adapter aux changements des conditions d’exploitation du prolétariat.

Ensuite, se placent les positionnements de la bourgeoisie et des partis politiques au pouvoir face aux corps intermédiaires en général et aux organisations syndicales en particulier. Après l’accompagnement des reculs sociaux des gouvernements de « gauche », sous Sarkozy les reculs sociaux s’accompagneront des nouvelles modalités de calcul de la représentativité.

Amorcée sous Hollande avec le significatif refus d’accorder la traditionnelle amnistie pour les militantEs syndicaux, la cassure du dialogue social (hors CFDT et « amies »), avec notamment le boycott des conférences sociales, va s’amplifier avec Macron et sa volonté de faire l’impasse sur les corps intermédiaires et autres partenaires sociaux.

Une stratégie qui semblait payante au regard des échecs des mouvements, mais qui a brutalement été mise en question par les Gilets jaunes, bousculant les rites ­habituels des mobilisations.

Faire face à un affrontement délibéré 

C’est dans cette situation que le gouvernement Macron-Philippe a décidé d’engager la réforme du système de retraites, dans l’espoir que les organisations syndicales seraient incapables de s’y opposer. À tel point qu’il s’est permis de faire l’unanimité contre lui en matière de concertation et de dialogue social.

Son principal atout résidait dans l’acceptation par certaines organisations (CFDT, CFTC et UNSA) du cadre global de la réforme, à l’opposé de FO, la CGT, Solidaires, FSU et la CFE-CGC. Contrairement à 1995, la mobilisation n’a pas été préparée en profondeur par les structures confédérales ou fédérales.

Le départ de la grève le 5 décembre a été initié par l’intersyndicale de la RATP, suite à l’impressionnante grève du secteur en septembre. Dans la foulée, toute une série de structures syndicales, notamment CGT et Solidaires, se sont associées à cet appel.

Les directions de la CFDT et de l’UNSA ont joué les mouches du coche autour de la question de l’âge pivot même si le gouvernement n’a pas valorisé leur attitude en faisant une conces-sion qui paraît largement comme une entourloupe. Mais ceci semble avoir suffi à la plus grande partie des structures et adhérentEs, notamment dans une confédération CFDT où le centralis-me bureaucratique est particulièrement efficace. Seules des structures de la SNCF et de la RATP, sous la pression des grévistes, ont forcé les consignes confédérales.

FO, affaibli par les crises internes, n’a pas été en capacité de structurer en profondeur et dans le long terme sa participation au mouvement, et laisse son secrétaire général en porte-voix soutenu par peu de troupes.

La FSU tente de se reconstruire une légitimité après des années passées à avaler les couleu-vres des gouvernements successifs. De ce fait, alors que les personnels de l’éducation sont parmi les plus touchés par la réforme, c’est lentement que la mobilisation des enseignantEs s’est construite sous le double refus des pseudo compensations financières et le rejet des réformes, notamment celle du bac.

Du côté de la CGT, de Solidaires et de… la CFE-CGC

Si surprise il y a dans cette mobilisation, c’est bien le positionnement de la CFE-CGC. Une confédération généralement au côté de la CFDT, dans une modération respectueuse du dialogue social et d’un libéralisme éclairé.

Les bouleversements dans l’appareil productif et l’organisation de l’économie ont particuliè-rement impacté ceux qu’on désigne sous les vocables d’employéEs ingénieurEs, cadres et technicienEs.

Croissance des effectifs, écartèlement du fait des politiques des directions d’entreprise qui vont d’une taylorisation croissante à une volonté d’intégration aux politiques ultra-libérales, en passant par l’accroissement du rôle de garde-chiourmes.

Dans ce maelström, la CFE-CGC a conquis des positions électorales importantes, qui ne correspondent certes pas à une grande combativité mais à une exigence de représentation des intérêts de ces couches dont la retraite fait partie. Ce qui se traduit par un corporatisme radical.

En ce qui concerne la CGT, moins que toute autre confédération, difficile de se contenter des certitudes globales. Au niveau confédéral, l’existence d’une intersyndicale rend parfois difficile la lecture des positions de chaque syndicat.

Sur le strict déroulé de la mobilisation, on doit pointer la lenteur à rejoindre l’appel « RATP », l’acceptation du trou dans les propositions d’actions entre le 19 décembre et le 9 janvier. Mais, au total, ce qui reste visible, ce sont une dénonciation claire du projet Macron et l’exigence de l’extension à d’autres secteurs.

Quant au soutien à l’auto-organisation, cela est (très) loin de l’ADN cégétiste, y compris (surtout ?) dans certains secteurs parmi les plus radicaux (dockers, raffineries, mines-énergie, certaines UD…).

Mais ce qui domine c’est la grande difficulté à mobiliser largement dans toute une série de secteurs hors RATP et SNCF. En ce qui concerne le privé, globalement, les causes « objec-tives » sont identifiées. Mais, tout de même, l’absence ou la faible présence de secteurs comme le bâtiment, l’agro-alimentaire, la chimie, le commerce interroge car ces fédérations sont généralement perçues comme « radicales ».

Comme dans d’autres secteurs (territoriale, banques, finances publiques… ) pertes de repères, désaffection de militantEs semblent avoir limité les possibilité de mobilisation notamment par la grève.

Pour Solidaires, calée sur un rejet clair du projet Macron-Delevoye, la taille des structures dans beaucoup de secteurs, l’ostracisme du pouvoir, de certains syndicats et des médias, limite la visibilité. Cependant, tant dans les manifestations qu’au travers d’initiative de blocages et autres, les militantEs apportent souvent des savoir-faire et un dynamisme pas toujours partagés.

Comme le pointait Annick Coupé, « nous n’avons pas entretenu collectivement l’idée que la grève générale pouvait être un outil notamment pour bloquer l’économie et établir un rapport de forces pour faire avancer les choses. »(1)

La façon dont les directions syndicales accompagneront, assumeront le passage d’une guerre de position, la grève reconductible, à une guerre de mouvement avec notamment des actions « coup de poing », ciblant davantage les responsabilités politiques (ou syndicales !) et la visibi-lité médiatique, pourrait impacter les bilans qui ne manqueront pas d’être tirés à l’issue du mouvement.

Robert Pelletier  Samedi 25 janvier 2020

https://npa2009.org/

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

classe sauvage (le télégramme)

Après avoir participé à la manifestation interprofessionnelle, une cinquantaine d’enseignants se sont réunis, ce vendredi en début d’après-midi, devant la direction départementale de l’Éducation nationale, à Quimper. Un rendez-vous organisé, sous forme humoristique, à l’initiative de deux collectifs cornouaillais (Concarneau-Rosporden et Quimperlé). L’occasion « de montrer que nous n’avons aucune confiance après les promesses de revalorisation de nos salaires », explique Yannick Lesné, professeur au collège Pensivy de Rosporden, également inquiet de la mise en œuvre du nouveau Bac, comme ses confrères présents à la cité administrative de Ty Nay.

https://www.letelegramme.fr/

 

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

retraites (le télégramme)

incompetents
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Retraites : le Conseil d’État offre des arguments aux opposants

Les syndicats et responsables politiques opposés à la réforme des retraites ont salué ce samedi l’avis du conseil d’État d’une « extraordinaire sévérité », qui justifie le retrait « immédiat » d’un projet « incohérent » et « mal ficelé ».

« Sur la forme et sur le fond, le Conseil d’État confirme en tout point ce que nous exprimons depuis le début. Il y a un vrai problème de consistance juridique du texte », a réagi ce samedi auprès de l’AFP François Hommeril, le président de la CFE-CGC.

Saisie le 3 janvier, la plus haute juridiction administrative française a critiqué vendredi le choix de recourir à 29 ordonnances, ce qui « fait perdre la visibilité d’ensemble » et a pointé des projections financières « lacunaires ».

Le jour même de l’adoption du projet en Conseil des ministres, le Conseil d’État a souligné que l’engagement de revalorisation des enseignants et des chercheurs était condamné à dispa-raître du texte. En outre, il a déploré n’avoir disposé que de trois semaines pour rendre son avis sur les deux projets de loi (organique et ordinaire), qui ont en outre été modifiés à six reprises durant cette période.

« Ils ont quand même pu valider la quasi-totalité des deux textes qui leur ont été proposés et ils ont fait des recommandations au gouvernement que le gouvernement entend », a réagi ce samedi Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État en charge des Retraites, sur France 3 Nord-Pas-de-Calais. « J’entends qu’on puisse se poser des questions », avait dit la veille sur BFMTV le Monsieur Retraites du gouvernement. « Le cadrage budgétaire est clair. Nous ne faisons pas ça pour faire des économies, nous le faisons pour être plus redistributifs, plus solidaires », avait-il ajouté.

« Amateurisme et improvisation »

Mais pour François Hommeril, « aucun travail sérieux n’a été fait. Sur le dispositif de financement à long terme, on n’a aucune visibilité ». Même critique sur Europe 1 d’Yves Veyrier, le secrétaire général de Force Ouvrière, pour qui « le gouvernement ne maîtrise absolument pas son sujet ».

« Le Conseil d’État démonte l’artifice de communication du « un euro donnera les mêmes droits » et du système censé être plus simple, soulignant la complexité et la diversité des règles de cotisation et d’ouverture des droits », écrivait la veille son syndicat dans un communiqué.

FO et la CFE-CGC mènent la fronde syndicale contre la création d’un système « universel » par points des retraites depuis le 5 décembre avec la CGT, Solidaires, la FSU et des organisations de jeunesse, dont l’Unef.

Une nouvelle journée interprofessionnelle nationale est programmée mercredi, après celle de vendredi, le projet devant être transmis à l’Assemblée nationale pour un débat en séance publique à partir du 17 février, en procédure accélérée.

Entre-temps, une « conférence de financement » doit être installée jeudi pour trouver les moyens d’amener le système à l’équilibre en 2017. « Dans des termes polis, le conseil d’État dit qu’il faut mettre ce projet mal bâti à la poubelle. Et ce n’est pas la conférence de financement qui changera les choses », a relevé Éric Beynel (Solidaires).

Dans l’opposition, les appels à retirer le texte se sont multipliés sur les réseaux sociaux depuis vendredi soir. « Sincèrement, j’ai rarement lu un avis aussi négatif », écrit sur son compte Facebook Valérie Rabault, la présidente des députés socialistes. Pour Olivier Faure, premier secrétaire du PS, « on reste sidérés par le niveau d’amateurisme et d’improvisation du gouvernement pour une réforme aussi cruciale »

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a sélectionné un « best-of » de morceaux choisis dans l’avis du Conseil d’État, qui « claquent comme des gifles ». Cet avis « flingue la loi retraites », selon le leader de la France insoumise. Sébastien Jumel (député PCF) évoque un « tacle » au projet d’Emmanuel Macron, une « réforme bâclée visant un socle de notre République ».

Pour Julien Aubert, député LR, « en terme polis, cela veut dire « ce projet de réforme n’est ni fait ni à faire »». «Quand on saisit le Conseil d’État avec désinvolture et que l’Assemblée nationale est traitée comme quantité négligeable, ça donne un texte incohérent et mal ficelé ».

Du côté des avocats, très mobilisés depuis janvier contre le projet de réforme, la sanction est aussi tombée. « « Insuffisance des projections financières effectuées, délais trop courts d’examen du texte, caractère relatif de son universalité ». Mais peut-être que le Conseil Etat n’a rien compris, lui aussi… », a ironisé Christiane Feral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux sur Twitter.

25 janvier 2020

https://www.letelegramme.fr/

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

vu d’espagne (pùblico)

macron

Macron impose une mauvaise réforme des retraites pour les travailleurs

70% des Français sont favorables à la poursuite du mouvement de contestation. « La seule chose que nous ayons compris de ce projet, c’est que nous allons devoir travailler plus dur », explique Philippe Martínez, dirigeant syndical de la CGT.

Le gouvernement du président français, Emmanuel Macron, a approuvé vendredi sa réforme des retraites avec des protestations dans les rues des syndicats opposés qui, bien qu’ils n’aient pas réussi à se mobiliser autant qu’au début du mouvement il y a sept semaines, ont le soutien de l’opinion majoritaire du public

En ce septième jour de manifestations nationales depuis le 5 décembre, la Confédération générale du travail (CGT) qui dirige (en réalité l’intersyndicale le blog)  le mouvement revendiquait 1,3 million en défilés à travers le pays et 350 à 400 000 personnes dans la principale, entre la place de la République et le Concorde.

Dans les transports publics, où les arrêts sont restés ininterrompus pendant 51 jours mais avec beaucoup moins d’impact pendant les dernières semaines, 30% des trains régionaux et 40% de la banlieue parisienne ont été annulés.

De plus, dans le métro de la capitale, deux des 14 lignes (automatiques) fonctionnaient normalement, tandis que les autres étaient en service réduit avec moins de trains que d’habitude et dans certains cas uniquement aux heures de pointe.

Dans les autres secteurs, le pourcentage de grévistes était de 4,42% dans les différentes administrations publiques, contre 2,51% le 16 janvier, dernier jour de manifestations, selon l’exécutif, et 13% dans le collectif des enseignants.

Une population insatisfaite qui veut continuer les manifestations

Macron, par la porte-parole de l’exécutif, Sibeth Ndiaye, ne s’est pas privé de lancer des fléches en direction des syndicats qui s’opposent à lui en dénonçant « des actes de violence et la radicalité de certains blocus » ces derniers jours, des grèves Ils ont perdu leur souffle.

La semaine prochaine, une conférence de financement s’ouvrira le 30 au cours de laquelle les syndicats et les employeurs chercheront une formule pour réduire les quelque 12 000 millions d’euros de déficit que devrait avoir le système actuellement en vigueur en 2027 lorsque sera lancé le système par points

« La seule chose que nous avons compris de ce projet, c’est que nous devrons travailler plus »

Mais la CGT et les autres syndicats demandant le retrait du projet, ne sont pas sûrs de participer, ont déjà annoncé pour la veille une autre journée de mobilisation dans les rues, à laquelle deux autres pourraient s’ajouter les 30 et 31.

 » La seule chose que nous ayons compris de ce projet, c’est que nous allons devoir travailler plus « , s’est plaint le chef de la CGT, Philippe Martínez, qui sait que son principal atout, au-delà d’une capacité de mobilisation en baisse, est l’opinion publique.

Selon l’institut BVA, 70% des Français sont favorables à la poursuite du mouvement de contestation et 61% pensent que Macron devrait écouter cette opposition et retirer son projet, selon une autre enquête.

Deux projets de loi avant l’été

Le Conseil des ministres a approuvé deux projets de loi de réforme qui commenceront à être soumis au Parlement le 3 février (le 17 en session plénière de l’Assemblée nationale) pour approbation avant l’été.

Le point central des deux est la convergence des 42 régimes de retraites actuels dans un système universel à points dans lequel chaque euro donnera les mêmes droits au moment de la retraite. Bien que l’âge minimum de départ à la retraite restera de 62 ans, la notion d ‘«âge d’équilibre» sera introduite pour assurer la règle de l’équilibre financier.

Dans la pratique, ceux qui prennent leur retraite avant d’atteindre cet « âge d’équilibre » – qui variera en fonction de l’espérance de vie – auront une pénalité et un bonus ceux qui restent plus longtemps en activité.

paris 24/01/2020

https://www.publico.es/

Commentaire:

Bien sûr quelques erreurs mais non volontaires comme dans nos médias. Le système n’est pas en danger, même le patronat le reconnaît. La CGT n’est pas seule et les autres syndicats non plus: des tas de secteurs s’autogèrent: artistes, avocats, étudiants, profs, hôpitaux… Les régimes spéciaux ne concernent que 3% des salariés, c’est tout le monde qui va prendre. Enfin l’âge réel de cessation du travail est à 57 ans et la vie en bonne santé s’arrête à 64 ans… comme l’âge avant lequel on sera pénalisé si on arrête… Enfin tout le monde sait que dans certaines professions on perd en espérance de vie (7 ans sur les ouvriers, 17 ans sur les cadres pour les égoutiers) et Macron refuse d’admettre la pénibilité, l’exposition aux produits chimiques, le travail de nuit…

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24 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

vendredi 24 en bretagne

bzh

Les syndicats appellent à une nouvelle journée de grève le 29 janvier

Bretagne

La mobilisation en Bretagne

Nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites 

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Le château enflammé à Guingamp contre la réforme des retraites

Lannion : une journée de mobilisation contre la réforme des retraites

Les opposants à la retraite par points s’invitent aux vœux de LTC

Plus de bruit contre la réforme des retraites à Dinan le 24 janvier

Grève du 24 janvier : une soixantaine de personnes défile à Paimpol

Saint Brieuc : entre 2 000 et 3 000 manifestants dans la rue

Saint-Brieuc. Près de 1 500 manifestants

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Brest, 5 000 manifestants résignés mais toujours là

Environ 5 000 manifestants à Brest

4 000 manifestants à Brest contre la réforme des retraites

Nouvelle opération port mort à Brest ce vendredi

Le port de Brest en partie bloqué par la CGT

Quimper, 1 700 manifestants déterminés contre la réforme

880 manifestants contre la réforme des retraites à Morlaix

300 manifestants contre la réforme des retraites à Carhaix

Carhaix: Ils ont fait du bruit contre la réforme des retraites !

Pont-l’Abbé : les assistants d’éducation en grève

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80 manifestants contre la réforme des retraites à Pontivy

350 manifestants défilent à Vannes

Les femmes se font entendre à Lorient

Lorient. Agglo : la cérémonie des vœux chahutée

Lorient, la contestation conjuguée au féminin

 

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23 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

saint brieuc (ouest france)

lamballe

Saint-Brieuc. Réformes des retraites et du bac : quelles actions dans les prochains jours ?

Les quatre syndicats qui mènent la lutte contre la réforme des retraites, dans les Côtes-d’Armor, diversifient les modes d’actions. Des manifestations sont également prévues contre la réforme du bac.

« Nous avons filtré les voitures dans la zone économique des Châtelets ce matin, 95 % des gens étaient réceptifs et soutenaient notre action. »
.
Les leaders départementaux des quatre syndicats ont fait le point, jeudi midi à Saint-Brieuc, sur le mouvement contre la réforme des retraites. La CGT, FO, Solidaires et la FSU restent mobilisés contre le système de retraite par point et exigent le retrait du projet gouvernemental.

Ils le concèdent : les cortèges ont fondu ces dernières semaines, et une bonne partie des cheminots ont repris le travail. « Les camarades dockers ont pris le relais dans les ports, se félicite Eric Le Courtois (FO). Des navires ont d’ailleurs été déroutés vers les Côtes-d’Armor la semaine dernière. On fera le point au port du Légué en fin de semaine prochaine avant la marée de vives-eaux. »

Les leaders syndicaux espèrent bien une remobilisation ce vendredi, pour la manifestation départementale à Saint-Brieuc (13 h 30, place de la Liberté). Leurs bases multiplient les modes d’action avec des manifestations plus spectaculaires et des actions coups de poing (comme les coupures d’électricité sauvages). D’autres revendications viennent se joindre à celle de la réforme des retraites, notamment la réforme du baccalauréat. À Saint-Brieuc, les lycéens pourraient aussi entrer dans le mouvement. Une assemblée générale est prévue au lycée Rabelais vendredi midi.

Par ailleurs, des conférences, fest-noz, et autres projections en lien avec le mouvement social sont organisées dans les prochains jours.

Vendredi 24 janvier

11 h : rassemblement devant l’inspection académique à Saint-Brieuc (lancer de cartable et de livres)

12 h 45 : assemblée générale de lycéens (Rabelais, Saint-Brieuc)

13 h 30 : manifestation départementale à Saint-Brieuc (place de la Liberté)

Samedi 25 janvier

11 h : rassemblement devant la gare de Saint-Brieuc en soutien aux cheminots

14 h 30 : rassemblement régional des Gilets jaunes à Saint-Brieuc (préfecture) soutenu par Solidaires

Lundi 27 janvier

14 h 30 : « blocage symbolique » des épreuves E3C du baccalauréat devant le lycée Freyssinet à Saint-Brieuc

17 h : occupation du rond-point devant le collège Camille-Claudel à Saint-Quay-Portrieux

Mercredi 29 janvier

16 h : manifestation devant la permanence du député Bruno Joncour à Saint-Brieuc.

Jeudi 30 janvier

(Horaire à confirmer) Journée d’action nationale proposée par la CGT

Thibaud GRASLAND. 23/01/2020

https://www.ouest-france.fr/

st breiuc

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23 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Après le 24 janvier, toujours mobilisé-e-s

Grèves, manifs, blocages, on est encore là !

La semaine qui vient de s’écouler est éclairante sur la réalité de ce pouvoir. Ainsi lundi, Macron et 19 membres du gouvernement ont reçu en grandes pompes le grand patronat international au Château de Versailles : Coca-Cola, Google, Toyota, Rolls Royce…

Une véritable provocation : Macron se prend vraiment pour un nouveau roi de France qui reçoit les grandes fortunes, alors que nous sommes mobiliséEs pour éviter que le montant de nos pensions de retraites ne baisse dramatiquement avec son projet de loi.

Mercredi, on apprenait, énième rebondissement, qu’un témoin met en cause directement des membres de l’Élysée dans la « disparition » fort opportune des deux coffre-forts de Benalla… Quand la raison d’État sert à couvrir les petites frappes à son service.

Cotiser plus et travailler plus longtemps, stop !

Comme le projet de loi le révèle, cette réforme est un cadeau aux grandes sociétés des assu-rances… qui nous fera perdre plusieurs centaines d’euros par mois sur nos pensions s’il est mis en place.

Et l’analyse de l’étude d’impact venue du gouvernement lui-même montre que la réforme pénaliserait les départs avant l’âge pivot et profiterait à ceux qui travailleraient plus tard… En d’autres termes, elle obligera les salariéEs à travailler jusqu’à au moins 66 ans pour avoir une vraie retraite.

Cela montre la nécessité de continuer à se mobiliser si nous ne voulons pas que le slogan « quand tout sera privé, on sera privé de tout » devienne une réalité.

Après le 24, on continue

Malgré l’affaiblissement de la grève à la RATP et à la SNCF, ce qui est normal après plus d’un mois et demi de grève, le mouvement pour le retrait du projet de loi n’a pas dit son dernier mot, y compris par un retour de la grève dans différents secteurs.

Le mouvement est ponctué d’actions de blocages de ports ou d’établissements scolaires, d’occupation de rectorat ou de bibliothèques, d’interventions de grévistes dans les réunions de vœux de tel ou tel représentants ou soutiens du gouvernement…

Cela doit continuer pour entretenir la flamme de la colère contre cette réforme. Ce vendredi 24 janvier, date du conseil des ministres qui examine le projet de loi, la journée de grève nationale s’annonce massive. D’abord dans le secteur des transports, mais aussi dans l’éducation, mobilisée de la maternelle à l’université, dans l’ensemble des services publics et dans des entreprises du privé…

ChacunE doit prendre ses responsabilités. Ces prochains jours, quel que soit notre statut, partout où c’est possible, nous pouvons être en grève, en maladie ou en RTT, pour aller aux manifestations, participer aux actions, exprimer notre colère contre ce gouvernement.

Construire la grève générale

Si ce vendredi 24 est massif, le pouvoir peut être déstabilisé et cela peut donner un nouveau souffle au mouvement, relancer la grève de masse, reconductible, dont nous avons besoin pour gagner.

La colère contre Macron pousse touTEs celles et ceux qui le rejettent à se mobiliser ensemble. Il s’agit de tout faire pour que touTEs les Gilets jaunes, les centaines de milliers de personnes qui ont manifesté l’an dernier, rejoignent les rangs des manifestations, ainsi que toutes les classes populaires qui ont intérêt à dégager Macron.

Les entreprises du CAC 40 ont distribué 60 milliards d’euros en 2019, un niveau qui dépasse celui juste avant la crise en 2007 et qui annonce la prochaine crise économique. L’argent est là, c’est bien à une politique globale et à ceux qui la portent et la mettent en place qu’il s’agit de s’opposer : face à Macron et son monde, tout reste encore possible, à condition de s’y mettre toutes et tous !

jeudi 23 janvier 2020

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23 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

retraites (arc)

pension

Pas de retraite pour l’internationalisme et le socialisme !

Parler des hold-ups des capitalistes sur les systèmes de solidarité au niveau mondial nécessiterait un livre en plusieurs tomes. Mais en nous concentrant sur les attaques sur quelques pays voisins de la France, nous pouvons déjà dégager quelques axes éclairants et quelques propositions…

Une liquidation planifiée des systèmes solidaires de retraites.

En France le gouvernement, et la CFDT…, focalisent sur l’âge pivot qui déterminera la diminution du montant des retraites versées en fonction de l’écart avec l’âge réel de départ.

Si le projet de réforme se met en œuvre, les pensions seront notamment ainsi entamées via l’extension de la prise en compte de l’ensemble des années de travail pour calculer la pension de référence.

Dans les pays voisins, les projets de réformes prévoient de reculer les âges légaux de départ et/ou les âges de départ permettant de toucher la retraite à taux plein.

Au Royaume Uni, l’âge de départ légal est actuellement de 65 ans. L’âge légal sera repoussé d’un an à partir de 2020 et les projets gouvernementaux prévoient de le reculer à 67 ans en 2028 et 68 ans en 2037 (1).

En Allemagne, l’âge de départ légal est aujourd’hui de 65 ans et doit être relevé à 67 ans vers 2019. La banque centrale allemande recommande aussi de passer au-delà de 69 ans…

En Espagne, une loi de 2011 prévoit de repousser l’âge légal de départ de 65 ans à 67 ans d’ici 2017.

En Italie, l’âge de départ est à 67 ans mais le gouvernement expérimente une possibilité de départ à la retraite à 62 ans, approximativement en accord avec l’âge de départ réel à la retraite des Italiens et des Italiennes.

Mais il faut dire que comme en Suède, l’Italie a déjà basculé vers un système contributif à cotisation définie, c’est à dire un système où chacun.e sait ce qu’il cotise mais ne sait pas ce qu’il ou elle touchera comme pension. On retrouve alors le mécanisme du système à points dont la valeur d’achat ou de “restitution” peut varier…

Bref, les réformes dans ces quelques pays ont les mêmes caractéristiques que la réforme que Macron veut nous imposer en France.

Bien innocent.e est celui ou celle qui pense que la réforme des retraites en France a pour but d’équilibrer le système de financement des pensions et que le gouvernement ne touchera pas encore au départ d’âge légal et/ou à l’âge pivot alors que dans les pays voisins, le durcisse-ment des mécanismes pour baisser les montants des pensions est planifié et parfois plus avancé qu’en France !

Derrière la communication gouvernementale et celle des grands médias, les intérêts des vrais privilégiés.

Plutôt que d’assumer de liquider les systèmes de solidarité, le gouvernement Macron organise leur asphyxie pour que s’y substitue “naturellement” les alternatives capitalistes. Bruno Le Maire fait une démonstration de mauvaise foi lorsqu’il dit que BlackRock ne s’occupe pas des pensions de retraites.

Il dit aussi que ceux qui dénoncent l’influence du plus gros gestionnaire d’actifs financiers au niveau mondial sur la réforme, “jouent sur le fantasme”(2). En effet, BlackRock ne gèrera sans doute pas la partie “socialisée” des retraites que les réformes rendront insuffisantes si elles s’appliquent.

Cependant les vautours préparent depuis longtemps des produits financiers pour celles et ceux qui trouveront les moyens de compléter une pension devenue insuffisante, à l’image du Produit Paneuropéen d’Epargne Retraite Individuelle (PEPP) (3) dont le caractère concerté de la mise en place et de l’encadrement au niveau de l’Union Européenne résonne avec les similitudes des attaques des systèmes de retraites dans les différents pays.

L’article publié par “Investigate Europe”(4) donne une leçon de choses sur la manière dont les institutions capitalistes fonctionnent… pour les capitalistes. BlackRock, notamment grâce à sa supériorité financière, dispose notamment d’outils permettant d’établir une cartographie des marchés financiers qui lui donnent le statut d’expert auprès du monde politique.

Le pompier pyromane BlackRock conseillait déjà les Etats pour endiguer les effets de la crise de 2009 et continue depuis à prodiguer ses expertises. Selon Investigate Europe, en février 2015, BlackRock avait annoncé publiquement à la Commission européenne la création d’un “ plan de retraite personnel transfrontalier dans le cadre d’une feuille de route vers l’Union des marchés des capitaux ” qui correspond au PEPP.

Lorsqu’en parlant de sa loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), Bruno Le Maire déclare « La réforme doit redonner toute son attractivité aux produits d’Épargne Retraite dont l’encours est aujourd’hui insuffisant », on comprend mieux sa conception selon laquelle la responsabilité politique serait de traiter avec la raison…

Conflit d’intérêt ou leçon de choses sur le capitalisme ?

Les conflits d’intérêts se multiplient et cela apparait publiquement : les actions de Jean-Paul Delevoye chez BlackRock (5), ou encore la légion d’honneur accordée à Jean-François Cirelli, président de BlackRock France et membre de la Commission Action Publique 2022 donnant les directives pour réformer – pour ne pas dire marchandiser – les services publics.

Mais si les affaires se succèdent sans fin et que rien ne change, c’est bien que le pouvoir politi-que est aux mains du pouvoir économique, et il serait vain de se lancer dans des campagnes anti-corruption sans se lancer dans une remise en question fondamentale du mode de production et de ses institutions.

OMC, FMI, UE, BCE, Etats capitalistes sont construits par les capitalistes et soumis à leurs intérêts. La nécessité de se structurer à l’échelle internationale pour lire les politiques à l’œuvre et y faire face se développe, à l’image de ces camarades qui mobilisent en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Belgique (6) et ailleurs, pour témoigner de leur soutien moral et financier avec la mobilisation contre la réforme des retraites en France.

Dans cette affaire des retraites, l’Union Européenne s’illustre encore une fois comme un instrument au service des capitalistes, et une rupture socialiste avec l’UE est une condition nécessaire pour permettre aux territoires de résister socialement et de construire un véritable internationalisme.

Pour faire face à la coordination des capitalistes pour sauver leur système et accroître l’exploi-tation, nous devons construire une coordination internationale et une organisation ayant pour but de rompre avec les institutions capitalistes, pour y substituer des institutions socialisant les moyens de production, pour sauver notre environnement social et écologique.

Harry Callaghan 22 janvier 2020

https://alt-rev.com/

Commentaire:

ARC est un courant du NPA

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22 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

lorient (bourrasque)

 

lorient

Mercredi 22 janvier :

7H30 rassemblement Inspections de l’Éducation Nationale de Lorient, Rue Jules Massenet.
14H Vannes Rassemblement devant l’Agence régionale de santé (ARS) Bd de la Résistance Vannes (face aux archives départementales)

Jeudi 23 janvier :

18H Retraite aux flambeaux à Lorient, parvis de la gare. Préparez vos flambeaux !

Vendredi 24 janvier :

Nouveau temps fort de la grève appellé par l’intersyndicale ! Plus d’infos à venir sur les actions dont tractage à 7H-7H30

10H manifestation, départ de Cosmao Dumanoir à Lorient. Ce seront nos camarades féminines qui seront en tête du cortège et qui feront les prises de parole. Banderole femme intersyndicale, chorégraphie à réviser.

https://bourrasque-info.org/

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