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30 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

misère (france info)

kerity

Distribution de soupe à Kérity Penmarc’h 1913

« Un raz-de-marée de la misère » : le président du Secours populaire particulièrement touché par les retraités qui demandent à manger

En marge de la manifestation des retraités contre la hausse de la CSG, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, a témoigné jeudi 28 septembre sur franceinfo du « drame » des personnes âgées touchées par la pauvreté. Celui qui le touche « le plus ».
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« Un raz-de-marée de la misère »

« Le nombre de personnes âgées qui viennent demander de l’aide au Secours populaire français est en augmentation croissante, a-t-il détaillé. L’année dernière, nous avons aidé trois millions de personnes en France et il y avait parmi elles de nombreux retraités.

C’est un raz-de-marée de la misère. » C’est le drame qui me touche le plus, voir des retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui viennent demander à manger au Secours populaire, c’est vraiment douloureux. Julien Lauprêtre

Julien Lauprêtre a également pointé « le drame de l’accès aux soins » qui est « difficile ». « Nous avons créé les médecins du Secours populaire. Nous avons passé un partenariat avec l’Ordre national des médecins pour essayer de soigner les personnes qui n’ont pas les moyens de le faire », a-t-il expliqué.

« Nous n’appelons pas à manifester mais nous comprenons l’émotion »

Les retraités manifestent jeudi, à l’appel de neuf organisations syndicales et associations, contre la hausse de la CSG. « Nous sommes une association de solidarité. Nous n’appelons pas à manifester mais nous comprenons l’émotion », a réagi Julien Laprêtre.

L’augmentation du minimum vieillesse est « un geste dans la bonne direction » mais, selon lui, « la situation est beaucoup plus grave qu’une augmentation de quelques euros ».

franceinfo  Radio France 28/09/2017
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20 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

france (à l’encontre.ch)

privileges-des-pauvres

«Le portrait d’un pays en voie d’appauvrissement et d’inégalité»

• Le 11e baromètre annuel Ipsos-Secours populaire 2017 dresse le portrait d’une France en voie d’appauvrissement accéléré. Ainsi, en 2017, plus d’un tiers des Français (37 %) ont déjà fait l’expérience de la pauvreté. Et près de la moitié (47 %) des ouvriers et employés, ainsi que les personnes au revenu mensuel net inférieur à 1200 euros (61 %) sont aujourd’hui plus fragilisés.

Au plan de l’alimentation, 44 % des foyers dits modestes assurent avoir du mal à se procurer une nourriture saine et avoir trois repas par jour.

Sans surprise, la place accordée à la culture, aux loisirs et aux vacances reste un luxe rare: près d’un Français sur deux (45 %) déclare avoir des difficultés pour partir en vacances au moins une fois par an. Ce pourcentage augmente à hauteur de 65 % pour les ménages dont le revenu mensuel net est inférieur à 1200 euros.

La peur de basculer dans la pauvreté ne cesse de croître. Les craintes d’un avenir difficile guettent de plus en plus de personnes. L’enquête indique que 57 % des personnes interrogées ont redouté à un moment de leur vie de connaître la précarité. Et une majorité (84 %) pense que les risques que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté sont plus élevés que pour eux. Ce qui crée des conditions subjectives qui devaient être au centre d’une réflexion stratégique de la gauche radicale en terme de formation d’une «conscience» d’une projection dans l’avenir pour un socialisme à-venir.

• Les personnes les plus âgées, disposant de «petites retraites», ne peuvent se soigner et se nourrir de manière adéquate. Les «unités» de ces secteurs sociaux sont souvent isolées, ce qui expliquent l’affluence accrue de ces personnes dans les antennes du Secours populaire. Depuis 2010, l’association a constaté une augmentation de près de 50 % des demandes d’aide, venant particulièrement des femmes de plus de 60 ans.

Les personnes âgées – dites les seniors, «les jeunes seniors» sont des personnes dans la cinquantaine ou la soixantaine, les seniors au-delà de cette limite – les plus modestes sont au nombre de 40 % qui ne disposent les moyens pour se nourrir de manière adéquate (selon eux). Une majorité des retraité·e·s est particulièrement inquiète pour ce qui est de leur aptitude de faire face financièrement à une éventuelle dépendance. Leur fragilisation est un marqueur de taille sur l’état d’une société. Or, cette couche sociale apporte des aides décisives autour d’eux, notamment à leurs enfants et à leurs petits-enfants.

• Le pauvreté prend donc racine et se sur la durée avec les seuils d’affaissement qui en découlent avec passage à l’extrême-droite. En 2017, encore plus d’un tiers des Français (37 %) ont déjà fait l’expérience de la pauvreté. Près de la moitié (47 %) des catégories socioprofessionnelles modestes (ouvriers et employés), ainsi que les personnes au revenu mensuel net inférieur à 1200 euros (61 %) sont aujourd’hui plus exposées à la pauvreté.

france (à l'encontre.ch) dans A gauche du PS infographie01

Ces résultats sont d’autant plus préoccupants qu’ils ne régressent pas. « La lente diminution du niveau de vie des 10 % les moins favorisés constitue un retournement historique de notre histoire sociale », souligne l’édition 2017 du «Rapport sur les inégalités». La crise de 2008 a touché essentiellement et durement les milieux populaires : les plus pauvres continuent à s’appauvrir.

• Plus d’un Français sur deux s’est dit à un moment de sa vie qu’il était sur le point de basculer dans la précarité et cette proportion augmente.

Le seuil de pauvreté subjectif moyen: 1113 euros (plus 45 euros). La CSG est la Contribution social généralisée qui touche tous les revenus, y compris ceux des retraité·e·s. La contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est un impôt créé en 1996 dans le but de résorber l’endettement de la Sécurité sociale.

SeuilPauv dans Austérité

Une hausse importante des demandes d’aides

• Si les récentes études statistiques nationales font référence aux prémices d’une reprise molle de la croissance, l’aggravation de la pauvreté, elle, est constatée par les responsables du Secours populaire français à travers tout l’Hexagone. Aucun signe notable d’amélioration du quotidien des plus démunis. Bien au contraire. Les bénévoles font face à une augmentation des demandes d’aides allant de 15 à 50 % dans certains départements, comme dans la Loire, la Loire-Atlantique, la Haute-Garonne,  l’Hérault…

• La situation se détériore pour les travailleurs précaires, les personnes en fin de droits, les jeunes, les personnes âgées, celles déboutées du droit d’asile…

Dans une France qui compte près de 9 millions de pauvres et où leur nombre a augmenté en dix ans de 1,2 million au seuil de 60 % du niveau de vie médian, les Français ne restent pas indifférents : ils sont 57 % à avoir redouté à un moment de leur vie de connaître la précarité. Encore plus inquiets pour la génération à venir, 84 % pensent que les risques que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté sont plus élevés que pour eux.

• Les sexagénaires affirment à 55 % que les risques pour leurs enfants sont «beau- coup plus élevés». Cette inquiétude est d’autant plus forte que seuls 44 % d’entre eux se disent confiants dans leur capacité financière à aider leurs enfants en cas de besoin. Dans ses permanences d’accueil, le SPF (Secours Populaire Français) perçoit sur le terrain une dégra- dation des conditions de vie des plus précaires. Malgré une lente reprise de l’activité éco- nomique, le sort des catégories populaires est très loin de s’améliorer : près d’un Français sur cinq ne parvient pas à équilibrer son budget à la fin du mois, 36 % déclarent que leurs revenus leur permettent juste de boucler leur budget et 19 % vivent à découvert.

• Les dépenses contraintes ou pré-engagées (notamment le logement) accroissent la pression sur les ménages. En découlent des conduites de restrictions, voire de privation. Les plus pauvres manquent de tout. Dans une France où les écarts entre les riches et les pauvres continuent à se creuser, 44 % des foyers modestes (moins de 1 200 euros net par mois) assurent avoir du mal à se procurer une alimentation saine permettant de faire trois repas par jour. L’accès à la culture, aux loisirs et aux vacances est le plus souvent sacrifié : près d’un Français sur deux (45 %) déclare avoir des difficultés pour partir en vacances au moins une fois par an, 65 % pour les ménages dont le revenu mensuel net est inférieur à 1200 euros.

• Dans ce contexte, les dépenses imprévues sont sources d’appréhension : 57 % des Français sont inquiets, voire très inquiets (20 %) en ce qui concerne leur capacité à faire face à un impondérable. Ils sont 58 % à appréhender à l’idée de ne pas pouvoir assumer la dépen- dance éventuelle d’un proche. En 2017, les Français pensent qu’une personne seule est pauvre quand elle dispose d’un revenu mensuel net inférieur ou égal à 1 113 euros. Ce mon- tant est en hausse par rapport à l’an dernier de +45 euros, se rapprochant du smic qui fait figure de référence (1 149 euros depuis le 1er janvier 2017). Une somme qui reste supérieure au seuil de pauvreté qui est de 1 015 euros.

Sans-titre dans Chômage & précarité

Dossier par la rédaction A l’Encontre
sur la  base de l’enquête SFP/IPSOS

Alencontre le 20 – septembre – 2017

http://alencontre.org/

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27 mai 2017 ~ 0 Commentaire

jeune économiste (anti-k)

npa jeunes

Meilleur jeune économiste: un prix décidément très politique

L’attribution du prix du meilleur jeune économiste à Antoine Bozio, dont les travaux les plus connus portent sur les régimes de retraites à comptes notionnels ne doit rien au hasard. Il s’agit bien évidemment de préparer le terrain le plus favorable possible à la future réforme des retraites envisagée par Emmanuel Macron, alors même que ce type de régime comporte de nombreux dangers.

Chaque année, depuis 2000, Le Monde et le Cercle des économistes décernent, avec la modestie qui les caractérise, rien moins que le prix du meilleur jeune économiste. A lire la présentation de ce prix, il s’agit de distinguer « un économiste français de moins de 41 ans qui allie une expertise reconnue et une participation active au débat public ».

Un examen rapide de la composition du jury ou de la liste des lauréats des précédentes éditions permet pourtant de douter de l’objectivité de cette distinction.

En effet, on compte parmi les membres de ce cercle de nombreuses personnalités habituées des plateaux télés comme Jean-Hervé Lorenzi (administrateur indépendant du Conseil d’admi- nistration de BNP Paribas Cardif), Patrick Artus (Chef économiste de Natixis), Olivier Pastré (Président d’IM Bank et administrateur de CMP Banque), Laurence Boone (Chef économiste du groupe AXA, ex-chef économiste de Barclays Capital France), Jean Pisani-Ferry (conseiller économique d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle) mais aussi, au moins cinq signataires (Philippe Aghion, Yann Algan, Agnès Bénassy-Quéré, Stéphane Carcillo,  Hélène Rey) d’une tribune aussi courte que peu argumentée en faveur de la loi travail[1].

Autant dire que cet aéropage évoque davantage une amicale de la banque et de l’économie la plus orthodoxe plutôt qu’un jury indépendant représentant les différentes tendances de l’économie.

La liste de certains éminents lauréats des éditions précédentes (Agnès Bénassy-Quéré, Pierre Cahuc, Etienne Wasmer, David Thesmar, Augustin Landier), dont certains sont d’ailleurs aujourd’hui membres du Cercle des économistes, ne fait que confirmer cette impression de se trouver en présence d’un des ces nombreux Rotary de l’économie mainstream.

S’agissant de l’édition 2017, si son lauréat, Antoine Bozio, n’est pas forcément un représentant pur et dur de cette école de pensée, il convient néanmoins de souligner le caractère très politique de sa nomination.

En effet, Antoine Bozio est surtout connu pour ses travaux sur les systèmes de retraites, notamment sur les systèmes de retraites à points ou à comptes notionnels. Surtout, ses travaux sur le sujet ne sont pas nouveaux puisqu’il avait publié avec Thomas Piketty, aux éditions de la  rue d’Ulm, un ouvrage sur le sujet en 2008. Ce n’est pourtant que 9 ans plus tard qu’il est distingué, ce qui tombe à pic puisque le dispositif de retraites qu’il appelle de ses voeux correspond justement à celui qu’Emmanuel Macron souhaite mettre en place.

Il se trouve d’ailleurs qu’Antoine Bozio a justement rencontré Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et lui a même fourni une fiche sur ce système de retraites… Ainsi, la future réforme du nouveau Président se trouve-t-elle parée des oripeaux de la science, et de nombreuses vertus, parmi lesquelles « la liberté », Antoine Bozio n’hésitant pas à nous promettre qu’avec les comptes notionnels « chacun part [à la retraite] quand il veut ». Cette affirmation est pourtant largement discutable, tout comme l’est plus généralement ce type de régime de retraites, qui présente de nombreux risques, notamment ceux d’allonger l’âge de départ à la retraite et de réduire le montant des pensions, risques auxquels il convient d’ajouter un autre inconvénient majeur, son caractère bien peu démocratique.

Dans un régime de retraite à points, ou à comptes notionnels, les cotisations retrai- tes versées par les salariés au cours de leur carrière sont converties en points sur un compte individuel fictif.

Au moment de la liquidation du compte, c’est à dire lors du départ en retraite, une valeur est donnée au point, ce qui permet de calculer la pension que va percevoir le nouveau retraité. Or, ce calcul de la valeur du point est réactualisé chaque année et dépend, dans les pays où de tels systèmes ont été mis en place (Suède notamment), de l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient le salarié et de l’évolution de la masse salariale du pays au cours de la carrière du nouveau retraité.

En cas de récession économique (qui pèse négativement sur l’évolution de la masse salariale totale du pays) et/ou d’augmentation de l’espérance de vie (qui est très inégale selon la catégorie sociale à laquelle on appartient et qui s’accompagne de plus en plus d’une absence d’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé), la valeur du point diminue et votre pension se trouve significativement réduite. Dans ces conditions le futur retraité n’a plus d’autre choix, s’il veut maintenir le montant de sa pension à un niveau acceptable, que de travailler plus longtemps…à condition qu’il en ait la possibilité, c’est à dire que son état de santé le lui permette et que son employeur ne l’ait pas déjà licencié, ce qui est malheureusement très souvent le cas.

Dans ces conditions, « la liberté de partir à la retraite quand on veut » ressemble davantage à une liberté sous forte contrainte. En fait, si les régimes à comptes notionnels sont si populaires auprès de certains économistes et chez de nombreux représentants du courant ordo-libéral, c’est qu’ils offrent à leurs yeux l’incomparable avantage d’être auto-équili- brés. En effet le réajustement automatique, à la baisse, de la valeur du point garantit non seulement que le régime ne pourra plus être déficitaire, mais de plus, que cet équilibre pourra être obtenu sans délibération démocratique.

C’est la fameuse « règle d’or » appliquée aux régimes de retraites. Alors que dans le dispositif actuel, chaque modification des paramètres (les fameuses (contre)réformes des retraites) nécessite une loi, avec la retraite à points ce n’est plus nécessaire puisque l’ajuste- ment est automatique. Equilibre budgétaire et déni de démocratie, voilà bien deux des obsessions ordolibérales.

En fin de compte, la relative complexité de ce régime de retraites à comptes notionnels et les nombreux soutiens médiatiques dont il ne manquera pas de bénéficier dans les mois à venir ne doivent pas faire illusion.

Ces régimes sont particulièrement dangereux pour les retraités et futurs retraités car ils ne visent qu’à réduire le poids des retraites dans le PIB, ce qui permettra d’ouvrir un boulevard aux systèmes de retraites par capitalisation.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Italie et la Suède, qui ont adopté un tel régime de retraites par points, ont toutes les deux adossé à ce nouveau régime, un système de retraite par capita- lisation, retraite par capitalisation dont l’OCDE encourageait justement le développement dans un récent rapport[2]. OCDE pour qui travaillent ou ont travaillé plusieurs des membres du Cer- cle  des économistes, Cercle des économistes qui vient justement de distinguer Antoine Bozio.


[1] http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/03/04/projet-de-loi-el-khomri-une-avancee-pour-les-plus-fragiles_4876380_3232.html

[2] http://www.oecd.org/fr/retraites/l-architecture-des-regimes-prives-de-retraite-par-capitalisation-doit-etre-amelioree.htm

Médiapart – 26 mai 2017 – Par NOAM AMBROUROUSI – Blog : Pour une gauche de gauche

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12 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

juppe 1 (libération)

retraite

On dirait que Hollande et Juppé sont d’accord!

La retraite à 65 ans et l’espérance de vie : l’argument vaseux d’Alain Juppé

Dans son livre, le favori de la primaire à droite justifie le report de l’âge de la retraite par l’allongement de l’espérance de vie mais s’emmêle les pinceaux dans les différentes courbes.

INTOX. Voilà un point sur lequel les candidats de la primaire à droite sont d’accord : l’âge légal de départ à la retraite doit être repoussé à 65 ans. Ce serait d’ailleurs, en regardant les courbes de l’espérance de vie, une chose assez indolore, à en croire Alain Juppé.

Dans son livre consacré à l’économie, Cinq Ans pour l’emploi, Juppé écrit ainsi : «Il y a trente ans, compte tenu de l’espérance de vie moyenne de l’époque et avec un départ à 60  ans, on pouvait espérer profiter de la retraite onze ans lorsqu’on était un homme et dix-neuf ans quand on était une femme. Avec l’espérance de vie actuelle, et un départ à la retraite à 65 ans, on profitera en moyenne quatorze ans de sa retraite lorsqu’on est un homme et vingt ans lorsqu’on est une femme.»

DÉSINTOX. Pour résumer : un homme partant à la retraite aujourd’hui à 65 ans vivra trois années de plus en retraite que son père, pourtant parti à 60 ans trente années plus tôt. Une femme partant en retraite à 65 ans aujourd’hui vivrait, elle, en retraite un an de plus que sa mère partie à 60 ans en 1985. Bref, de quoi se plaint-on ?

Le problème est que tout cela repose sur un usage un peu hâtif des statistiques.

Il est facile de voir comment Juppé a calculé son affaire. Il a regardé la courbe de l’espérance de vie à la naissance, qui nous dit ceci : en 1985, l’espérance de vie d’un homme à la nais- sance était de 71,2 ans, celle d’une femme de 79 ans. Trente ans plus tard, elle est respec- tivement de 79 ans et 85 ans. Soit une augmentation – en arrondissant – de huit ans pour les hommes et 6 ans pour les femmes. C’est a priori raccord avec les chiffres cités par Juppé. Bingo.

Mais les choses ne se calculent pas du tout comme ça… Car cette espérance de vie à la naissance, que convoque Juppé à la base de sa démonstration, se calcule en tenant compte de la mortalité à tous les âges, y compris avant la retraite, y compris la mortalité infantile, par exemple. Cette statistique est par conséquent hors sujet pour illustrer le sujet des retraités (qui par définition sont arrivés jusqu’à l’âge de la retraite).

En la matière, l’indicateur pertinent est l’espérance de vie à 60 ans (ou 65 ans), qui mesure le nombre d’années qu’un homme (ou une femme) ayant atteint cet âge peut espérer vivre en moyenne (selon les conditions de mortalité du moment). Depuis 2003 et la loi Fillon sur les retraites, la durée de cotisation est d’ailleurs calculée en fonction de l’évolution de cette espérance de vie à 60 ans. Or cette courbe n’épouse pas celle de l’espérance de vie à la naissance.

En regardant cet indicateur, il y a pour Alain Juppé une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que ses chiffres sont pessimistes. Le candidat LR, qui file douce- ment vers ses 71 ans, sera probablement content d’apprendre qu’aujourd’hui, un homme ayant atteint 60 ans peut espérer vivre en moyenne (selon les conditions de mortalité du moment) 22,9 ans, et non 14 comme il l’écrit dans son ouvrage. Pour une femme, c’est encore dava- ntage (27,3 ans), et non 20 ans.

La mauvaise nouvelle, c’est que sa démonstration tombe un peu à l’eau. Car l’espé- rance de vie à 60 ans, comme on le voit sur les graphiques, a évolué plus lentement que celle à la naissance. Entre 1985 et 2015, l’espérance de vie à 60 ans a évolué de cinq ans pour les hommes, passant de 17,9 ans à 22,9 ans (alors que l’espérance de vie à la naissance que citait Juppé avait, elle, progressé de près de 8 ans). Pour les femmes, l’espérance de vie à 60  ans a évolué en trente ans de 4,3 ans (de 23 à 27,3 ans), contre une hausse de 5,7 ans pour l’espérance de vie à la naissance.

D’où il résulte que Juppé devrait refaire ses calculs. Ainsi, en se basant sur les espéran- ces de vie à 60 ans, un homme partant à 65 ans vivrait autant en retraite (et non trois ans de plus) qu’un homme parti à 60 ans en 1985. Et pour une femme, la vie en retraite d’une partan- te à 65 ans aujourd’hui serait inférieure d’une année à celle d’une femme ayant pris sa retraite à 60 ans il y a trente ans – et non supérieure d’une année.

Patatras.

Cédric Mathiot19 mai 2016

http://www.liberation.fr/

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05 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

grèce (france tv)

Des retraités affrontent la police lors d’une manifestation contre la baisse de leurs pensions

Les retraités grecs qui protestaient devant le Parlement à Athènes ont été secoués par des gaz lacrymogènes et des bombes au poivre lancés par la police anti-émeute, lundi 3 octobre. La manifestation est organisée pour protester contre la décision gouvernementale de diminution de leurs pensions et contre les mesures d’austérité imposées par les créanciers internationaux de la Grèce.

Des plans d’austérité successifs imposés depuis sept ans

Quelque 1 500 personnes, des retraités en grande majorité, ont tenté de se rendre vers le siège du gouvernement avant d’être bloqués par la police anti-émeute. Plusieurs dizaines d’entre eux ont alors voulu renverser un car de la police qui bloquait l’accès aux bureaux d’Alexis Tsipras, le Premier ministre. Ce dernier doit présenter au Parlement lundi le projet de budget pour 2017, dans un pays qui subit encore les conséquences des plans d’austérité successifs imposés depuis sept ans.

http://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Une manifestation de retraités repoussée à coups de gaz lacrymogènes (Révolution Permanente)

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09 août 2016 ~ 0 Commentaire

retraite (anti-k)

old

Avec 1163€ de retraite, vous êtes considéré comme un retraité “riche” !

On parle Souvent des retraités pauvres, mais à partir de quel seuil est-on retraité riche? C’est simple , si vous avez plus de 13 956 € de Revenus Annuels, soit 1163 € par mois vous êtes un retraité privilégié vous allez payeur, attention la liste est longue:

6,6% de CSG, la CRDS et la contribution additionnelle de solidarité autonomie. Bref, avec moins que le smic par mois, vous payez plein pot! Pour être exonéré de Cotisations Sociales, Il faut avoir une pension Inférieure à 890 € par mois. Comment peut-on considérer un retraité comme un privilégié avec seulement 1100 € de pension?

Tout AUGMENTE sauf les retraites. Mais commenter faire comprendre à un retraité qu’avec 1160 € par mois, il est riche?  7 août 2016

http://www.anti-k.org/avec-1163e-de-retraite-vous-etes-un-retraite-riche

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01 août 2016 ~ 0 Commentaire

allemagne retraites (alterecoplus)

retraite

L’impasse des retraites par capitalisation

La question des retraites va être au centre de la campagne électorale allemande de 2017. Après l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, c’est Andrea Nahles, la ministre de l’Emploi et des Affaires sociales, membre d’un Parti social-démocrate (SPD) en perte de vitesse, qui vient d’annoncer des propositions pour une réforme de « grande ampleur » à l’automne prochain.

Les termes du débat ont cependant radicalement changé par rapport aux réformes me- nées depuis trente ans : c’est désormais l’importante baisse programmée du niveau des retrai- tes publiques qui fait problème. Notamment parce que les dispositifs privés d’épargne retraite, subventionnés par l’Etat, mis en place pour prendre le relais s’en sont avérés incapables, pour le plus grand nombre, dans un contexte de taux d’intérêt durablement très faibles.

A première vue pourtant, la situation pourrait sembler bonne pour les retraités alle- mands : après des années de vaches maigres, ils viennent de profiter cette année de la plus forte revalorisation de leurs pensions depuis le début des années 1990 : + 4,25 % à l’Ouest et près de 6 % dans les nouveaux Länder de l’Est. Une hausse qui s’explique principalement par une croissance très dynamique de la masse salariale, sur laquelle les retraites continuent à être en partie indexées.

Des revenus en baisse

Mais cette apparence est trompeuse : entre 2000 et 2012, les retraités ont perdu 17 % de pouvoir d’achat (22 % à l’Est). Le montant nominal moyen des retraites servi aux hommes a constamment baissé de 1999 à 2006 avant de ne retrouver en 2013 que son niveau de… 1999, grâce à la progression des salaires. D’ores et déjà, l’Allemagne figure, en compagnie du Japon, parmi les pays de l’OCDE où les taux de remplacement bruts servis par les régimes publics aux salariés du secteur privé sont les plus bas. Et cela tout particulièrement pour les bas salaires, puisque le montant des retraites est proportionnel à la durée de cotisation et au montant moyen du salaire cotisé.

Déjà au cours de ces dernières années, le taux de remplacement net (avant impôt) avait été ramené de 57,4 % à 52,6 % pour un salarié ayant cotisé de manière ininterrompue pendant quarante-cinq ans en percevant le salaire moyen. Il devrait être abaissé à 43 % d’ici à 2030. A cet horizon, si on perçoit le salaire moyen, il faudra avoir cotisé plus de trente-cinq ans pour bénéficier d’une pension supérieure à la Grundsicherung, l’équivalent allemand du minimum vieillesse.

Et pour recevoir un revenu équivalent à 70 % du salaire moyen perçu sur toute la durée de sa vie professionnelle, il faudra avoir cotisé au moins quarante ans. Or, beaucoup de sala- riés à bas salaires ou à carrières irrégulières, les femmes au premier chef, n’atteindront jamais cette durée de cotisation. Devenu incapable d’assurer un revenu minimum décent à de très nombreux assurés sociaux, c’est la légitimité même du système de retraites qui est atteinte.

Or, les retraites versées par le régime public constituent en moyenne les trois quarts environ des revenus des ménages concernés. Et près d’un ménage de retraités sur deux, ceux qui, dans le secteur privé, ne bénéficient pas de retraite complémentaire d’entreprise, ne dispose aujourd’hui que de cette seule source de revenu. Le taux de pauvreté des personnes âgées de plus de 65 ans a déjà bondi de quatre points entre 2007 et 2014 pour atteindre 17,4 %, soit 1,2 point de plus que la moyenne de la zone euro et 7 de plus qu’en France, alors même que la situation économique a été bien meilleure outre-Rhin. Les femmes en âge d’être retraitées sont les plus touchées : une sur cinq est pauvre.

Pour l’avenir, les perspectives sont encore plus inquiétantes : alors que la part des plus de 65 ans dans la population totale devrait augmenter de 80 % entre 2005 et 2050, la part du produit intérieur brut (PIB) censée leur revenir sous la forme de retraites publiques ne progres- serait que d’environ 15 % sur la même période, ce qui conduira nécessairement à un abais- sement massif du niveau de vie relatif des retraités.

Les réformes successives des retraites ont été conçues en effet de manière à ce que le taux de cotisation, qui a été ramené à moins de 19 % l’an passé, ne soit pas majoré de plus de deux points d’ici à 2030. Soit une hausse d’un peu plus de 10 %, en dépit d’une augmentation du rapport entre le nombre de retraités et celui des cotisants (dit rapport de dépendance) de l’ordre de 80 % entre 2005 et 2050.

Comment en est-on arrivé là ?

La première grande réforme du régime de retraites du secteur privé fut adoptée en 1989, consécutivement à un accord entre partenaires sociaux. Elle modifiait les principaux paramè- tres du système sans en changer la logique.

La modification la plus significative concernait la revalorisation des retraites : la loi prévoyait un passage d’une indexation des retraites non plus sur les salaires bruts mais sur les salaires nets. Elle programmait aussi la disparition progressive d’un certain nombre de dispo- sitifs de cessation anticipée d’activité avant l’âge légal de 65 ans pour les femmes ou les chômeurs. La valorisation de certaines périodes (études, congé maladie, chômage indemnisé, etc.) « assimilées » à des périodes de cotisation fut également modifiée. Le plus souvent à la baisse, mais aussi parfois à la hausse avec notamment l’introduction d’un droit à l’équivalent d’un an, puis de trois ans, de cotisations au salaire moyen pour chaque naissance intervenue après 1992, un dispositif récemment étendu.

En complément, la contribution versée par l’Etat fédéral au régime de retraite des salariés du secteur privé pour couvrir les prestations dites « non contributives » – celles qui ne sont pas versées à proportion des cotisations versées – fut revue à la hausse. Au total, le taux de cotisa- tion, fixé à l’époque à 18 %, devait voir son niveau limité à 24 % en 2040. Alors que, sans réforme, il aurait dû augmenter de 80 % à 100 % à cet horizon.

Même subventionnés, les dispositifs d’épargne retraite sont hors de portée pour beaucoup de ménages à bas revenus

Pourtant, au tournant du siècle, dans le cadre de « l’Agenda 2010″, le chancelier Gerhard Schröder va organiser un changement de paradigme. L’équité intergénérationnelle réclamerait désormais une limitation encore plus forte du taux de cotisation des régimes publics par répar- tition et leur remplacement pour une part substantielle par des retraites financées par capitalisation.

A cette fin, une loi de 2001 mit en place des dispositifs facultatifs d’épargne retraite subven- tionnée par l’Etat, dits « Riester », du nom du ministre du Travail social-démocrate et ancien dirigeant syndical porteur de la réforme. Ces subventions sont certes plus généreuses pour les bas revenus et les familles mais encore faut-il être à même d’épargner suffisamment pour en bénéficier pleinement. En 2004, une nouvelle réforme du mode de revalorisation des retraites introduit un « facteur démographique » : le niveau des retraites devait progresser à l’avenir d’autant moins vite que le rapport entre le nombre de retraités et le nombre de cotisants se détériorait.

Une rentabilité a minima

Les produits Riester vont se diffuser progressivement pour atteindre environ 16 millions de contrats en 2015 sur un public cible de 39 millions. Le rythme annuel de signature de nou- veaux contrats est passé de 2 millions en 2006 à 450 000 en 2013.

Malgré le profilage des aides publiques, la proportion des ménages disposant de produits Riester est plus faible parmi les plus bas revenus (22 %) que chez les revenus les plus élevés (plus d’un tiers). Même phénomène pour les subventions reçues de l’Etat1. Cette proportion est aussi inversement proportionnelle au niveau de diplôme ou encore au temps de travail. Sans parler des chômeurs qui n’y ont guère recours. (…) Arnaud Lechevalier 27/07/2016

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29 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

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Les agriculteurs grecs manifestent contre Tsipras…

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Et ravitaillent les retraités qui n’ont que des pensions de misère…

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22 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

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Le gouvernement de Tsipras (poussé par ses « créanciers ») s’en prend aux retraites.

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30 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

l’âge de la retraite va passer à 63 ans (basta)

retrauite

Alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les seniors

Une nouvelle réforme des retraites est en train de passer en catimini. Plusieurs partenaires sociaux ont conclu un accord de principe qui doit être signé ce 30 octobre : l’âge de départ à la retraite va s’allonger d’un an – à 63 ans – si les futurs retraités ne souhaitent pas subir une dévalorisation de leurs pensions.

Problème : malgré les précédentes réformes, les entreprises n’ont pas fourni d’efforts suffisants pour garder en activité leurs salariés de plus de 55 ans. Ceux-ci sont encore nombreux à être poussés vers la sortie, voire à connaître le chômage de longue durée, même si certains cadres arrivent à rebondir. Dans ces conditions, un nouvel allongement des cotisations aggravera davantage les inégalités.

L’âge de départ en retraite sera encore repoussé. Les organisations patronales et trois organisations syndicales (CGDT, CFE-CGC et CFTC) sont en train de se mettre d’accord pour réformer le système de retraites complémentaires Agirc-Acco. Dans le cadre de cet accord, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein sera allongée d’un an.

A partir de 2019, si un senior préfère partir à 62 ans, soit l’âge légal de départ à la retraite pour le régime général, il perdra 10% de sa retraite complémentaire pendant deux ans. S’il choisit de partir à 63 ans, aucun malus ne s’applique. Cotiser plus longtemps ou accepter une pension plus faible, telles seront les options à choisir. Ce qui aggravera encore davan- tage les inégalités existantes. Car à plus de 55 ans, que l’on soit cadre ou ouvrier, homme ou femme, et sous la menace du chômage de longue durée, les perspectives seront bien différentes.

« L’espérance de vie à 60 ans, c’est-à-dire le nombre d’année qu’il nous reste à vivre à cet âge, progresse constamment. Il faut bien adapter notre système de retraites pour le rééqui- librer financièrement », justifie Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, syndicat qui a signé l’accord de principe le 16 octobre et devrait le valider ce 30 octobre. Si cette espé- rance de vie à 60 ans n’a cessé d’augmenter depuis des décennies, elle diffère selon la catégorie professionnelle [1]. Un ouvrier vivra cinq ans et demi de moins, en moyenne, qu’un cadre. Et pour bénéficier d’une retraite à taux plein, encore faut-il être en activité…

« La France n’a toujours pas résolu la question de l’emploi des seniors » La réforme de 2010 avait déjà abouti à repousser l’âge légal de deux ans : de 60 à 62 ans ou 63 à 65 ans, pour ceux qui n’ont pas cotisé les 43 annuités nécessaires. En parallèle, afin d’éviter que les entreprises ne se séparent de leurs salariés âgés, le gouvernement a démantelé les dispositifs de pré-retraites publics et les niches fiscales et sociales des pré-retraites privées. Il a également imposé une pénalité, de 1% du montant des rémunérations versées aux salariés, aux entreprises qui ne signaient pas d’accords en faveur de l’emploi des seniors.

Les résultats sont-ils au rendez-vous ? Selon les chiffres du Conseil d’orientation des retraites en 2014, le taux d’emploi des 55-59 ans a fortement progressé, atteignant 68 %. Idem pour les 60-64 ans, dont un sur quatre est toujours en activité. Les entreprises auraient donc joué le jeu, arrêtant de licencier massivement leurs salariés quinquagénaires. Ce n’est qu’une apparence statistique.

« Si la France a rattrapé son retard au sein de l’Europe pour le taux d’emploi des 55-59 ans, elle reste très en dessous des niveaux européens pour les 60-64 ans et n’a pas réussi à significativement allonger la vie active. Surtout, le chômage des seniors s’est accru plus vite que pour les autres catégories d’âge depuis 2008 », détaille Anne-Marie Guillemard, sociologue et professeur des universités. Le taux de chômage des 55-64 ans s’établit actuellement de 7%, selon la Dares [2]. « La France n’a donc toujours pas vraiment résolu la question de l’emploi des seniors », conclut Anne-Marie Guillemard.

L’obsolescence programmée du salarié…. (à suivre)

Morgane Remy 30 octobre 2015

http://www.bastamag.net/L-age-de-la-retraite-va-passer-a-63-ans

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