Archive | Retraites

27 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

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24 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

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23 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

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20 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

inégalités (le monde)

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Inégalités à la retraite : 64 ans de la vie d’une femme

Les femmes touchent une retraite de 28 % inférieure à celle des hommes en moyenne, pensions de réversion comprises. Une inégalité résultant des interruptions de carrière, des écarts de salaires, de l’orientation des étudiantes vers les métiers moins bien payés, mais aussi des normes et des différences de rapport à l’argent se forgeant dès l’enfance.

Catherine Meunier n’est pas du genre à se plaindre. Dans les années 1970, quand son mari est parti en coopération en Afrique du Nord, elle a posé deux ans de disponibilité pour le suivre. Au retour, elle a enchaîné les temps partiels dans la fonction publique pour s’occuper de leurs quatre enfants. Résultat : « Je touche une petite retraite, 1 100 euros par mois − mais tout va bien, je suis mieux lotie que beaucoup d’autres ! », insiste-t-elle. Quand elle repense à sa carrière hachée, elle reconnaît néanmoins, à demi-mot : « En vérité, je n’ai pas eu le choix. A l’époque, il était impensable que le père fasse de tels sacrifices. »

Claudine Lefebvre non plus n’est pas du genre à se plaindre. A 70 ans, elle travaille encore près de Nice – chaque soir, elle récupère les enfants d’une voisine après l’école – pour compléter sa pension, de 1 000 euros mensuels. « C’est assez pour vivre, mais pas pour me permettre d’aller régulièrement voir mes fils à Paris. » Mère célibataire, ancienne vendeuse, elle s’est arrêtée longtemps de travailler pour élever ses deux garçons, avec l’aide informelle de son frère. « Si j’avais compris plus tôt que cela me ferait une retraite aussi petite, je me serais débrouillée pour travailler plus. Mais comment ? »

Selon les derniers chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les femmes résidant en France ont touché une retraite moyenne de 1 154 euros brut en 2020, de 40 % inférieure à celle des hommes, de 1 931 euros. Certes, cette différence tombe à 28 % (1 401 euros contre 1 955 euros) si l’on prend en compte les pensions de réversion touchées lorsque le conjoint décède. Et surtout, elle ne cesse de baisser depuis les années 1970, grâce à la meilleure insertion professionnelle des femmes. Il n’empêche : « Selon nos différentes projections, cet écart ne sera toujours pas comblé en 2065 », explique Carole Bonnet, de l’Institut national des études démographiques (INED).

Facteurs inconscients

Pourtant, les femmes sont aujourd’hui plus diplômées : 54,2 % des 25-34 ans ont terminé avec succès des études supérieures, selon Eurostat, contre 46 % des hommes du même âge. En outre, les trimestres supplémentaires accordés à la retraite pour chaque naissance, tout comme le rattrapage salarial déployé par les entreprises au retour des congés maternité, compensent les interruptions de carrière liées aux enfants.

« Mais en partie seulement, tranche Brigitte Grésy, ancienne présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. Car les inégalités de retraite ne résultent pas seulement de la vie professionnelle, mais aussi d’un ensemble de facteurs culturels, personnels ou encore patrimoniaux bien plus larges. » Souvent inconscients, ces facteurs creusent les différences de revenus et richesse entre les sexes tout au long de la vie, explique-t-elle encore. « Et ils démarrent dès l’enfance. » Dès l’enfance, vraiment ?

« Absolument », abonde l’essayiste Titiou Lecoq, autrice de Le Couple et L’Argent (Ed. Iconoclaste, 2022). Dans cet ouvrage truculent, elle démontre comment les inégalités dans le rapport à l’argent se forgent dès le plus jeune âge, fruit des conditionnements appliqués plus ou moins consciemment par les parents, l’école et, plus largement, la société. « Les études montrent que les garçons touchent en moyenne 4 euros d’argent de poche mensuel en plus que les filles qui, déjà, se sentent moins légitimes à réclamer plus à et négocier », illustre-t-elle.

« Au sein d’une même filière professionnelle, les filles vont spontanément vers les postes les moins compétitifs » – Anne Boring, économiste

A la fin de leurs études, celles-ci prennent leur indépendance plus tôt : 48 % des femmes de 18 à 24 ans résident encore chez leurs parents, selon l’Insee, contre 58 % des hommes du même âge. « Ce qui les expose plus tôt à la précarité, tandis que les garçons logés et nourris chez les parents commencent déjà à économiser quand ils ont un petit boulot à côté », ajoute Titiou Lecoq.

Surtout, les filles se dirigent massivement vers les filières sociales et littéraires, qui conduisent à des professions moins bien rémunérées – en 2020-2021, elles représentaient 86 % des effectifs en formations paramédicales et sociales, contre 28,9 % seulement des inscrits en écoles d’ingénieurs, selon l’Insee.

« J’étais bonne en maths, mais dès la 2de, profs et parents m’ont encouragée à devenir infirmière, raconte ainsi Sonia, 33 ans, non sans amertume. Ils affirmaient que j’aurais toujours du boulot et pensaient bien faire. Mon frère, lui, est allé vers l’informatique. » Ce n’est pas tout : « On constate également qu’au sein d’une même filière professionnelle, les filles vont spontanément vers les postes les moins compétitifs », ajoute l’économiste Anne Boring, qui dirige la chaire pour l’entrepreneuriat des femmes de Sciences Po.

Pas étonnant, dès lors, que sept ans après l’obtention d’un diplôme d’études supérieures, la proportion de femmes diminue à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie professionnelle : « Elles représentaient près de 55 % des sortants de l’enseignement supérieur en 2010, mais seulement 40 % des manageurs en 2017 », détaille une publication du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), parue en 2020. « Elles accèdent moins à de telles positions, et plus tard, en 17,9 mois en moyenne, contre 15,3 mois pour les hommes », détaille Dominique Epiphane, l’une des autrices.

« Syndrome de la bonne élève »

« Quand mon collègue de cinq ans plus jeune a été promu manageur avant moi, j’ai craqué et fini par demander une explication à mon supérieur, témoigne Lauriane, consultante. Surpris, il pensait que le poste ne m’intéressait pas alors qu’il me semblait évident que j’estimais être la plus légitime pour le décrocher. » Mais son collègue, lui, réclamait cette promotion depuis son embauche. « C’est toujours le même problème : les femmes obtiennent moins car elles demandent moins, souvent convaincues qu’on leur attribuera spontanément ce qu’elles méritent : le syndrome de la bonne élève », résume Catherine Bonneville-Morawski, fondatrice du cabinet de conseil en mixité Eragina.

Selon les derniers chiffres Insee, le revenu salarial des femmes était en moyenne inférieur de 22,3 % à celui des hommes en 2019. Une différence tombant à 16,1 % en équivalent temps plein, sauf pour les plus bas revenus, où l’écart reste de 25 %. Et pour cause : « Les mères sont toujours plus nombreuses que les pères à réduire leur temps de travail ou prendre des temps partiels à l’arrivée d’un enfant », résume Hélène Périvier, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

En 2020, les femmes en emploi étaient trois fois plus nombreuses que les hommes à occuper un temps partiel (27 % contre 8 %). « Par extension, toutes les femmes, même celles qui n’auront pas d’enfant, sont identifiées comme des mères potentielles qui s’investiront moins, et cela contribue à leur moindre progression salariale », ajoute Hélène Périvier. Même si depuis sa création en 2019, l’index Pénicaud, qui contraint les entreprises de plus de 50 salariés à publier les écarts de salaires femmes-hommes, aide à atténuer lentement ces inégalités.

Les détenteurs d’épargne salariale étaient, en mars 2021, à 61,8 % des hommes contre 38,2 % des femmes

Et puis, il y a tout le reste. Tout ce qui, dans la vie personnelle, le couple, l’épargne, contribue à creuser les différences de revenus − et donc, à terme, de pension et de niveau de vie à la retraite. « Au sein des couples que je vois, beaucoup de femmes délaissent complètement la gestion de leur propre patrimoine entre 35 et 50 ans, tandis que les hommes deviennent bien souvent le “directeur financier” de la famille », explique Héloïse Bolle, fondatrice du cabinet de conseil en gestion de patrimoine Oseille et compagnie.

Les exemples qu’elle cite sont éloquents. Carole paie les courses du quotidien, Adam rembourse le crédit de la voiture, qui est à son nom – et lui reviendra en cas de séparation. Julie place ses économies sur un Livret A au nom de chacun de ses enfants, Stéphane investit les siennes en action. Leïla finance les travaux de l’appartement acheté par Lucas, convaincue que leurs deux contributions financières s’équilibrent…

« La plupart des couples n’ont pas conscience de cette répartition “genrée” des dépenses, aux conséquences pourtant lourdes », résume Héloïse Bolle, également autrice de l’ouvrage Aux thunes citoyennes ! (avec la juriste Insaff El Hassini ; Alisio, 256 p., 19,90 €). Parce qu’elles gagnent moins et sont moins attentives, les femmes épargnent moins pour leurs vieux jours : les détenteurs d’épargne salariale étaient, en mars 2021, à 61,8 % des hommes contre 38,2 % des femmes, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF). Pour l’assurance-vie, la différence est de 54,6 % contre 45,4 %.

Compensation sous-évaluée

« De fait, on observe que l’écart de patrimoine individuel moyen entre hommes et femmes est passé de 9 % en 1998 à 16,3 % en 2015 », souligne la démographe Marion Leturcq, autrice d’une étude le sujet pour l’INED, avec Nicolas Frémeaux. Motif : les couples se forment plus tard − avec un patrimoine accumulé déjà plus élevé chez les hommes −, ils se marient moins et optent de plus en plus pour la séparation des biens. Ce qui désavantage les femmes.

« Le niveau de vie des femmes baisse de 19 % lors des séparations, même en tenant compte des prestations compensatoires. » Hélène Périvier, de l’Observatoire français des conjonctures économiques

Au reste, les sœurs sont également moins bien loties que leur(s) frère(s) au moment de l’héritage, lorsqu’il y en a un. Les travaux des sociologues Céline Bessière et Sibylle Gollac, autrices de l’ouvrage Le Genre du capital (La Découverte, 2020), montrent ainsi que les parents ont tendance à transmettre les « biens structurants » (la boulangerie, l’entreprise familiale, la maison) en priorité aux garçons. Bien sûr, les filles touchent une compensation financière en théorie équivalente. Mais la plupart du temps, celle-ci est sous-évaluée par rapport à la valeur réelle du bien.

Souvent, ces inégalités éclatent au grand jour lors des ruptures ou divorces. « Le niveau de vie des femmes baisse de 19 % lors des séparations, soit trois fois plus que celui des hommes, même en tenant compte des prestations compensatoires », explique Hélène Périvier. Or l’essentiel des parents solos sont des mères (80 %, selon l’Insee), dont 36 % vivent sous le seuil de pauvreté, contre 22 % des pères seuls.

« Cela témoigne aussi d’une certaine impréparation, voire d’une naïveté des femmes dans le choix des relations légales du couple », confie Héloïse Bolle. Exemple : le pacs, de plus en plus privilégié au mariage, est bien moins protecteur pour les femmes. Il n’ouvre pas droit à la pension de réversion en cas de décès du conjoint. Ni à la possibilité d’hériter du partenaire en l’absence de testament.

« Autant dire que pour tendre vers l’égalité à la retraite, le nombre de chantiers à mener est vertigineux », soupire Brigitte Grésy, citant pêle-mêle celui des stéréotypes à l’école, de l’éducation financière, de l’orientation, ou encore de la revalorisation des professions féminisées. « Sans oublier la transparence salariale à renforcer et les tabous sur l’argent dans le couple à faire tomber », conclut Titiou Lecoq. Tout en soulignant que les lignes bougent de plus en plus. « Mon fils aîné vient de prendre un congé parental d’un an pour s’occuper de ses jumeaux, s’émeut ainsi Claudine Lefebvre. A mon époque, il serait passé pour fou. Aujourd’hui, on lui demande surtout pourquoi il s’arrête aussi longtemps. »

Marie Charrel 18 janvier 2023

 

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20 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (libération)

pension

Retraites : le président du COR tombe à bras raccourcis sur la com du gouvernement

Silencieux alors que pro et antiréformes citent son rapport à tour de bras, le patron du Conseil d’orientation des retraites, Pierre-Louis Bras, s’est finalement exprimé, jeudi 19 janvier. Et cela ne fait pas franchement le jeu de l’exécutif.
Voilà des semaines que le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) est cité à tour de bras par le gouvernement, les oppositions et les économistes qui, décidant de lui faire dire ce qui les arrange le plus, lui font fatalement dire tout et n’importe quoi.

La «faute» aux différents scénarios prédictifs d’évolution du financement du système présentés dans ce rapport, chacun en privilégiant un plutôt qu’un autre. C’est en partie sur cette base que le gouvernement affirme que sa réforme est indispensable sauf à laisser mourir le système, contrairement à ses opposants qui expliquent qu’elle est totalement inutile.

Une seule voix manquait dans ce concert cacophonique d’interprétations du rapport : celle du COR lui-même. Son président, Pierre-Louis Bras, s’est finalement expliqué jeudi 19 janvier, en audition devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Et ce qu’il a dit, en ce premier jour de mobilisations massives partout en France, n’était pas franchement à l’avantage de l’exécutif.

«Les dépenses ne dérapent pas»

Le patron du COR a notamment expliqué : «Les dépenses de retraites sont globalement stabilisées et même à très long terme, elles diminuent dans 3 hypothèses sur 4. Dans l’hypothèse la plus défavorable [celle retenue par le gouvernement, ndlr], elles augmentent sans augmenter de manière très, très importante [...]. Donc les dépenses de retraites ne dérapent pas, elles sont relativement maîtrisées. Dans la plupart des hypothèses, elles diminuent plutôt à terme et dans l’hypothèse retenue par le gouvernement, elles diminuent très, très peu mais un peu à terme.»

Voilà qui devrait légèrement freiner les ardeurs ministérielles à se prévaloir des conclusions de son institution, mais pas celles de la gauche : l’Insoumis Manuel Bompard ou le socialiste Olivier Faure ont évidemment sauté sur l’occasion de diffuser cette vidéo.

Pierre-Louis Bras a également longuement développé l’idée suivante : «Les dépenses de retraites ne dérapent pas mais elles ne sont pas compatibles avec les objectifs de politique économique et de finances publiques du gouvernement.»

A savoir : faire des économies et réduire le déficit, mais sans augmenter les impôts. Sous-entendu : l’exécutif choisit de réformer les retraites pour coller à ses objectifs, mais il pourrait également jouer sur les autres paramètres de son équation. Ce à quoi il se refuse, décrétant donc sa réforme (rejetée par une large majorité de Français et la totalité des syndicats) comme la seule voie de salut possible.

https://www.liberation.fr/

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20 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (npa)

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Retraites : une mobilisation historique à transformer en victoire contre Macron

Les chiffres des grèves et des manifestations du 19 janvier sont historiques, avec 1,2 million de manifestantEs selon la police, plus de deux millions selon l’intersyndicale, des taux de grève très importants, des mobilisations massives dans les villes, souvent plus importantes qu’en décembre 1995. Dans le privé, la participation est exceptionnelle, avec des grévistes venus de l’agroalimentaire, des métaux, de l’automobile, de l’électronique…

Une colère générale

Le déclencheur de ce mouvement est la « réforme » des retraites, qui contraindrait les salariéEs à travailler deux années supplémentaire, avec une durée de cotisation plus longue… et donc des pensions réduites. Tout cela pour transférer des dizaines de milliards aux grandes entreprises et tenter de passer un cap dans la mise en place de fonds de pension, des complémentaires retraite qui deviendraient nécessaires pour ne pas vieillir dans la misère.

Pourtant on sait que mettre la retraite à 60 ans et à 37,5 annuités, avec retour aux 10 meilleures années de calcul dans le public comme dans le privé, pèse environ 3,5 % du PIB, qui pourraient être récupérés en taxant réellement les riches et les grandes entreprises et en arrêtant les cadeaux fiscaux aux plus aisés. Les « solutions » violentes de Macron ne sont donc pas inéluctables.

Au-delà du refus de cette contre-réforme, c’est un véritable ras-le-bol face à la situation économique et sociale globale qui s’exprime : les pensions étaient déjà faibles suite aux précédentes contre-réformes, et l’inflation actuelle réduit déjà le pouvoir d’achat des catégories populaires. La colère est là, contre Macron, contre ce gouvernement, contre leur mépris, contre leurs politiques injustes.

Construire un mouvement pour gagner

L’ampleur de la mobilisation donne d’importantes responsabilités à toute la gauche sociale et politique. Macron doit retirer sa réforme, il faut rétablir la retraite à 60 ans et augmenter les salaires. Nous allons devoir hausser le niveau de mobilisation, passer d’une journée de grève, même très réussie comme jeudi, à une grève reconduite jusqu’à la victoire, encore plus massive, avec la participation de nouveaux secteurs.

Les organisations syndicales se sont mises d’accord sur un nouvel appel à la grève le mardi 31. C’est bien loin, trop loin : il aurait certainement fallu s’appuyer sur cette première réussite pour annoncer une date plus rapprochée courant de semaine prochaine, accélérer le rythme, organiser une montée en puissance pour que le mouvement passe à la vitesse supérieure.

Il sagit maintenant d’organiser des assemblées générales de discussion sur les lieux de travail et d’études pour renforcer et amplifier la mobilisation, de construire des assemblées interprofessionnelles, de mettre en discussion la nécessité de mettre la barre plus en haut en préparant la reconduction de la grève à partir du mardi 31 janvier, dès le 1er février, et dici là se mobiliser, de construire la grève partout où c’est possible.

Le 21 dans la rue, et après on continue

Cela nécessite aussi de combiner différents cadres et formes de mobilisation car nous ne pouvons pas nous payer le luxe de la concurrence dans notre camp social. C’est pourquoi nous sommes partie prenante de la manifestation nationale de ce samedi 21 janvier à Paris (14h Bastille), à l’appel des organisations de jeunes,

Cette mobilisation est un test : l’ensemble des organisations syndicales et des partis, toute la gauche sociale et politique, s’opposent à la réforme. Si elle passe, le gouvernement va se sentir pousser des ailes et accélérer les attaques. Au contraire, si nous gagnons, nous pouvons renverser la vapeur, arracher le retour de la retraite à 60 ans, des augmentations de salaires, donner confiance pour aller vers la construction d’une alternative politique en rupture avec Macron et son monde, pour un pouvoir du monde du travail contre ce système.

Le 20 janvier 2023

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18 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (npa)

Retraites : ce que défend le NPA

Du boulot pour toutes et tous mais pas de travail forcé au-delà de 60 ans !

Nous voulons la retraite à 60 ans dès 35 ans d’activité et à 55 ans pour les emplois pénibles ou postés. Mais nous sommes opposéEs à des rythmes de travail (travail par équipe en alternance ou de nuit, en discontinu ou par rotation) qui comportent des risques pour la santé et la sécurité des salariéEs, et ne devraient être autorisés que lorsqu’ils sont strictement nécessaires comme par exemple dans les hôpitaux et compensés par des périodes de repos supplémentaires.

Abroger les mesures régressives !

Toutes les mesures des gouvernements successifs, notamment la réforme Touraine et la réforme Balladur. Calculer les pensions sur les 10 meilleures années au lieu des 25. Supprimer les décotes (coefficient de minoration des droits de la pension de retraite) appliqués en raison de maladie, d’accident…

Liquider les retraites après 37,5 annuités !

Il faut être vigilant pour qu’en plus du travail salarié, les périodes d’arrêt de travail à cause du chômage, de la maladie ou d’un accident, de la maternité, de la maladie, et des congés légaux soient maintenues dans le calcul des annuités.

La retraite, c’est la continuité du salaire !

Augmentation de tous les revenus ! Les pensions doivent être financées uniquement par les cotisations sociales, une part de notre salaire socialisée. Le montant du salaire doit donc être maintenu et ne doit pas être inférieur au minimum revendiqué : 1 800 euros net. Les augmentations des salaires doivent être répercutées sur les pensions. Aucune pension ne doit être inférieure au minimum vital donc au SMIC revendiqué.

Une seule modalités de financement : la cotisation !

Non à la fiscalisation (CSG) et à la capitalisation et oui aux cotisations sociales, le salaire socialisé qui finance les retraites. L’augmentation de la part patronale des cotisations sociales est possible, les grandes entreprises réunies au sein du CAC 40 ont versé en 2022, 80 milliards d’euros à leurs actionnaires !

Non aux discriminations hommes-femmes

L’égalité femmes-hommes doit être imposée durant les carrières professionnelles et des dispositifs renforcés de contrôle des employeurs doivent être mis en place. Le dispositif de contrôle dans les entreprises n’est pas efficace, seulement une vingtaine d’employeurs ont été sanctionnés. Il doit être renforcé. Selon une étude de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) cette égalité apporterait un gain annuel de 11 milliards d’euros. Il faut donc prendre des mesures efficaces pour le rattrapage des pensions sous-évaluées en raison du genre et d’autres formes de discriminations (racisme, anti-syndicalisme…)

Des moyens efficaces pour financer les retraites à la hauteur des besoins

Pour plus de cotisations sociales, il faut augmenter les salaires et la part patronale des cotisations, partager le temps de travail entre toutes et tous et embaucher des salariéEs.

Les quatre critères de pénibilité au travail supprimés en 2017 doivent être rétablis

et étendus et doivent permettre des départs anticipés en retraite à 55 ans ou moins si nécessaire. Les moyens des inspecteurEs du travail doivent être développés et le recours des salariéEs à ceux-ci facilité.

La gestion de nos retraites

Elle doit être sous contrôle des représentantEs des retraitéEs éluEs et révocables par les assuréEs sociaux des caisses de retraites de base (les Carsat). Ils doivent disposer de tous les pouvoirs de gestion sans tutelle de l’État ni représentantEs des patrons.

Stop au pillage de la Sécu et de sa branche vieillesse

Par les exonérations des cotisations sociales et les réductions d’assiettes (la base sur laquelle est appliqué le taux de cotisations).

L’unité des caisses est nécessaire

Les batailles pour la défense de la Sécurité sociale et de sa branche vieillesse ont été fréquentes depuis 1945. Mais la multitude des organismes a pesé négativement dans la construction du rapport de forces. La fusion de toutes les caisses de sécurité sociale et des complémentaires des différents régimes est donc souhaitable, mais à la condition impérative de l’alignement des prestations vers le haut.

« La Sécu est à nous »

C’était un slogan des manifestations en défense de la Sécu que l’on n’entend plus dans les manifestations, mais « la démocratie sociale » reste nécessaire, notamment l’élection des administrateurEs représentant les assuréEs sociaux doit être rétablie. Ces éluEs doivent disposer de tous les pouvoirs de décision sur la politique et la gestion des caisses nationales et locales.

La création d’un service public du 3e âge contrôlé par la Sécurité sociale

Il pourrait prendre en charge la gestion des Ehpad et des services d’aide à domicile et serait doté des moyens humains et budgétaires dont ils ont besoin. Il serait sous contrôle des retraitéEs et de leur famille. Les Ehpad privés, et les services d’aide à domicile seraient expropriés et intégrés dans le service public.

Mercredi 18 janvier 2023

https://lanticapitaliste.org/

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17 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

lgbt (npa etc)

Pour une retraite radieuse des LGBTI (tribune unitaire

Publié sur Mediapart et Têtu

Nous, personnalités et organisations LGBTI, nous opposons à la réforme des retraites que vient de présenter le gouvernement pour reporter l’âge de départ à 64 ans et accélérer le passage à 43 annuités afin de bénéficier d’une retraite à taux plein.

Si cette réforme est appliquée, elle sera nuisible pour tou·te·s les futur·e·s retraité·e·s. Elle sera particulièrement néfaste pour les LGBTI, car nous sommes encore plus vulnérables que le reste de la population face à la vieillesse.

En effet, le grand âge est souvent synonyme d’isolement et nous sommes beaucoup à ne pas avoir de soutien à cette étape de nos vies, à cause du potentiel rejet des familles où nous sommes né·e·s mais aussi de la privation du droit de créer nos propres familles.

Or, la famille est une structure d’appui primordiale au moment de la retraite, en particulier en cas de perte d’autonomie. Ses membres, quand ils ont le temps et l’argent, peuvent assister les plus âgé·e·s en les aidant à leurs domiciles, en les accueillant dans leurs foyers ou en finançant l’hébergement en EHPAD. Mais la construction de nos familles a été prohibée pendant des générations avec l’inégalité de nos droits au mariage, à l’adoption et à la procréation et la stérilisation forcée des personnes trans pendant de nombreuses années. De nos jours, ces droits sont encore instables à cause des discriminations dans les procédures d’adoption ou des difficultés d’accès à la PMA, toujours interdite pour les personnes trans.

Avec la nouvelle réforme des retraites, nous allons devoir travailler plus longtemps, ce qui dégradera nos conditions de santé, ou partir avant d’avoir toutes nos annuités, ce qui réduira nos pensions. Face à ces régressions, nous n’avons pas les mêmes possibilités de s’appuyer sur la solidarité familiale, ce qui nous fragilise davantage quand nous arrivons à la retraite.

Le monde du travail a été et est toujours trop souvent un environnement hostile pour les LGBTI : les discriminations persistent et peuvent influer tout au long de la vie sur notre situation professionnelle. Des études démontrent que les inégalités salariales subsistent pour celles et ceux qui font leur coming-out en milieu professionnel et cela se répercute sur les montants de nos retraites.

De l’orientation professionnelle en milieu scolaire aux évolutions de carrière, en passant par les difficultés d’accès à l’embauche, le parcours de vie des LGBTI est jalonné par les violences subies, allant jusqu’à l’exclusion de l’emploi avec des périodes de chômage qui impactent nos durées de cotisation. Les personnes vivant avec le VIH, les personnes trans ou les personnes racisées sont encore plus exposées à ces refus d’embauche, ruptures de carrières et difficultés d’évolution professionnelle. Une retraite à taux plein devient alors presque impossible et nous condamne souvent à nous contenter d’une pension à taux réduit.

Les femmes sont fortement touchées, surtout si elles sont lesbiennes ou bisexuelles : en plus d’être moins bien payées, elles sont davantage concernées par les temps partiels et les pauses dans leurs carrières. Leur retraite, déjà largement inférieure à celle des hommes, s’en verrait encore réduite si la réforme venait à passer. En outre, quand elles en ont eu la possibilité, elles ont quelquefois arrêté de travailler pour s’occuper de leurs enfants.

Tous ses paramètres fragilisent nombre de parcours professionnels mais aussi l’espérance de vie « en bonne santé », entraînant de fortes inégalités sociales au moment d’accéder à la retraite. La nouvelle réforme, si elle venait à être appliquée, renforcerait les effets délétères de ces mécanismes et viendrait accentuer notre précarité.

La retraite est pourtant un stade indispensable de nos vies : temps de repos bien mérité après avoir tant travaillé, elle n’est pas nécessairement une période d’inactivité. Beaucoup d’entre nous n’ont malheureusement pas pu y arriver du fait de de la pandémie de VIH/Sida, ou à cause du taux de suicide qui reste très élevé chez les LGBTI. Il reste donc tant à inventer sur les formes que peuvent prendre la retraite dans nos communautés. Beaucoup de retraité·e·s décident d’avoir un engagement bénévole et nous pouvons par exemple penser cette étape en s’investissant dans une association d’auto-support ou de lutte contre les discriminations.

Par ailleurs, les représentations de personnes LGBTI âgées sont quasiment absentes dans notre société. En vieillissant, nous sommes petit à petit invisibilisé·e·s et nous devons également nous questionner sur nos propres mécanismes internes qui amènent à cette situation.

Il nous faut recréer du dialogue et de la solidarité entre les générations pour participer à la transmission de notre histoire commune, de nos récits de vies et de nos pratiques militantes. Tant d’actions sont à imaginer : pour les réaliser, nous avons besoin d’une retraite en bonne santé, avec suffisamment d’argent pour la vivre dignement et en profiter.

C’est pourquoi nous nous mobiliserons parmi tou·te·s les salarié·e·s, étudiant·e·s, retraité·e·s et sans emploi dans toutes les initiatives pour lutter contre cette nouvelle réforme des retraites en commençant par les manifestations des 19 et 21 janvier.

En combattant tou·te·s ensemble, nous avons la capacité de faire reculer le gouvernement. Nous pourrions même aller plus loin en regagnant la retraite à 60 ans, avec 37,5 annuités afin d’obtenir enfin une victoire et nous redonner espoir dans un avenir désirable.

Mardi 17 janvier 2023

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

Signataires :

Organisations :

Act Up-Paris
arcENSiel
(Lyon)
Assemblée Féministe Montreuil
Association Fransgenre
Barbi(e)turix
bonjour madame, Bar féministe et queer
Centre LGBTQI+ de Paris-IdF
CIEL (Clermont-Ferrand)
Collectif archives LGBTQI+
Collectif Super Saphique
Commission LGBTI du Nouveau Parti Anticapitaliste (etc)

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16 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

dossier (npa)

pension

Pas un jour de plus, pas un euro de moins…

Contre Macron et son monde,

La retraite, c’est 60 ans et 37,5 annuités !

Travailler plus longtemps pour enrichir les capitalistes, non merci !

Macron et Borne nous ont déclaré la guerre. L’âge légal de départ à la retraite passerait de 62 ans aujourd’hui à 64 ans en 2030, et la durée de cotisation serait allongée dès 2027 de 42 à 43 annuités pour une retraite à taux plein. Cette huitième (!) réforme des retraites depuis 1993 obéit à la même logique que les précédentes tout en l’amplifiant : nous faire travailler plus longtemps tout en baissant le montant des pensions.

Pour réduire le déficit ?

Après 2019 et sa réforme prétendument au nom de l’équité, le gouvernement revient cette fois-ci à des discours menaçants et culpabilisants plus classiques, une réforme nécessaire au nom du déficit. Pourtant, dans son rapport de 2022, le Conseil d’orientation des retraites (COR) signalait que, malgré le vieillissement progressif de la population, la part des dépenses de retraites dans la richesse nationale serait stable ou en diminution jusqu’en 2070.

De plus, contrairement à ce que prétend Macron, il existe bien des moyens de trouver de l’argent pour financer les services essentiels, notamment les services publics. La politique de ces dernières décennies, droite et gauche confondues, a consisté à diminuer continuellement les impôts des plus riches, sur le capital et sur les sociétés, et à exonérer à tour de bras les entreprises des cotisations sociales. A nouveau, Macron s’est engagé sur une baisse des impôts de production pour les entreprises (représentant 7 à 8 milliards par an). Au total, selon plusieurs enquêtes, les exonérations de cotisations sociales pour les entreprises représenteraient aujourd’hui 80 milliards d’euros, et l’ensemble des aides publiques pour celles-ci à 167 milliards par an. De l’argent , il y en a !

Se battre contre le gouvernement et le Medef

L’objectif est ailleurs : cette contre-réforme des retraites serait le moyen de diminuer les richesses qui reviennent aux salariéEs pour les transférer au grand patronat. Le gouvernement l’a avoué, il veut s’en servir pour réduire drastiquement l’impôt sur les sociétés. Bruno Le Maire l’avait d’ailleurs annoncé dès le mois de juin: « Nous voulons poursuivre la baisse des impôts et des taxes, pour cela il faut que collectivement nous travaillions davantage, c’est l’objectif de la réforme des retraites, c’était l’objectif de l’assurance chômage, et tout cela va nous permettre de rétablir les finances publiques, baisser la dette, baisser les déficits public. »

Comme les contre-réformes précédentes, celle-ci s’inscrit dans un démantèlement progressif de la retraite par répartition, avec une baisse constante des pensions. Ainsi, la pension brute moyenne des personnes ayant liquidé leur retraite en 2019 est passée sous la pension moyenne de l’ensemble des retraités (1401 euros contre 1430 euros), après avoir diminué au cours des trois années précédentes. Tout cela pour ouvrir la voie à la capitalisation et donc à la privatisation (sur le modèle de la complémentaire santé).

Sans surprise, le Medef, se dit satisfait des « décisions responsables et pragmatiques ». Aucune doute, la guerre sociale est déclarée, et nous allons devoir nous battre et nous mobiliser pour résister à Macron et à ses amis capitalistes.

Dans le public comme dans le privé,

Une réforme aux effets dévastateurs !

Si la mobilisation ne fait pas reculer le gouvernement, les salariéEs devront à nouveau consacrer une part plus grande de leurs vies à bosser. À partir du 1er septembre 2023, l’âge légal de départ à la retraite ne sera plus de 62 ans, mais sera relevé de trois mois chaque année afin d’atteindre 64 ans en 2030. À cette échéance, il faudra avoir cotisé durant 43 annuités (et non plus 42) pour bénéficier d’une pension à taux plein. Sinon une décote (diminution de la retraite variable selon le nombre de trimestres manquant) continuera d’être appliquée jusqu’à ce que la personne retraitée atteigne 67 ans…

Le gouvernement de Macron poursuit et aggrave la politique de ses prédécesseurs de droite et de gauche avec ces mesures et d’autres dispositifs. De plus en plus de personnes n’atteindront pas la durée exigée, ce qui se traduira par des pensions plus faibles puisque calculées au prorata, et en outre diminuées par la décote. De quoi aiguiser l’appétit des capitalistes prêts à nous vendre des complémentaires retraite comme il en existe déjà dans la santé. Pour les amis du président des riches, ce serait donc la réforme en or : nous travaillerions plus, avec un marché qui s’ouvrirait encore plus pour privatiser nos retraites !

Dans le projet de contre-réforme, la règle particulière des six derniers mois pour le calcul des pensions des fonctionnaires sera maintenue… mais les dispositifs annoncés pour les salariéEs et les régimes privés s’appliqueront aussi aux travailleurEs indépendants et aux 5,7 millions de salariéEs de la fonction publique. Cependant des exceptions sont prévues pour les personnes des catégories dites « actives » : les fonctionnaires occupant un emploi présentant un « risque particulier » ou occasionnant des « fatigues exceptionnelles » (policiers, surveillants pénitentiaires, sapeurs-pompiers, égoutiers …). ne seraient pas concernés par le nouvel âge légal de départ.

Encadré 1 – La fin des régimes spéciaux

À l’exception des régimes spéciaux des avocats, des marins, des salariés de l’Opéra de Paris et de la Comédie-Française, tous les autres seraient supprimés. Les nouveaux embauchés seraient affiliés au régime général de retraite dès le 1er septembre 2023. En revanche, les salariéEs déjà en poste conserveraient leurs régimes de retraites, et leurs acquis seraient maintenus au nom de la dite « clause du grand-père ». Le gouvernement espère sans doute limiter l’ampleur d’une mobilisation sociale dans ces secteurs alors que ces « acquis » sont justifiés par des contraintes particulières (horaires de nuit, astreintes…), et devraient donc être maintenus pour toutes les personnes travaillant dans les mêmes conditions. À travail égal, salaire égal !

Encadré 2 – La négation de la pénibilité

En 2017, Macron avait supprimé le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P), jugé trop complexe pour les employeurs, au profit du compte professionnel de prévention (C2P). Quatre des dix facteurs de pénibilité avaient été supprimés : les postures pénibles, les manutentions manuelles de charges lourdes ; les vibrations mécaniques ; les agents chimiques dangereux. Pour les salariéEs exposés à ces risques, impossible de partir plus tôt à la retraite.

En théorie, les salariéEs cumulent des points chaque année pour un départ anticipé. En pratique, depuis 2017, à peine 1 % des deux millions de salariéEs ayant un compte ouvert ont pu bénéficier d’un départ anticipé. Borne a affirmé qu’un plus grand nombre de salariéEs pourraient bénéficier du C2P qui ouvrirait plus de droits en cas de travail de nuit ou d’exposition à plusieurs risques professionnels (un possible congé de reconversion). Mais les facteurs de pénibilité permettant un départ anticipé à la retraite ne seraient toujours pas rétablis…

Encadré 3 – Vivre plus âgé·e·s, oui, mais pas au boulot !

Nous vivons plus vieux, c’est un fait majeur des dernières décennies… et c’est une bonne nouvelle ! Mais avec sa contre-réforme, le gouvernement Borne reculerait l’âge de départ là où s’arrête l’espérance de vie sans incapacité (65,9 ans pour les femmes et 64,4 ans pour les hommes). Il n’y a pas de petits profits !

Une espérance de vie stable : depuis 2014, elle est effectivement stable chez les femmes (85 ans) comme les hommes (79 ans)… mais elle pourrait reculer ces prochaines années au vu des désastres écologiques et des services publics de santé toujours plus dégradés. Par ailleurs, ces indicateurs masquent mal une réalité concrètes : plus on est aisé, plus l’espérance de vie est élevée. Ainsi, l’espérance de vie à 35 ans des ouvriers est inférieure à celle des cadres, de 6,4 ans pour les hommes et de 3,2 ans pour les femmes…

L’emploi des seniors en berne : entre 55 et 64 ans, 56,1 % des seniors avaient un emploi en 2021. Si le taux d’emploi des seniors est en hausse depuis 2000 en raison des réformes précédentes, 28,3 % des plus de 60 ans ne sont ni en emploi ni en retraite et doivent donc survivre avec un RSA, une allocation d’adulte handicapé ou une allocation d’invalidité. La contre-réforme aggraverait encore leur situation, et ce n’est pas l’« index seniors » (qui obligerait les grandes entreprises… à publier le taux de personnes en fin de carrière qui figurent dans leurs effectifs) qui pourrait faire baisser ce chômage.

Encadré 4 – Les femmes en première ligne

Les salariéEs les plus précaires, celles et ceux qui ont connu de longues périodes de chômage, en particulier les femmes, seraient les plus impactées par ce nouveau projet de contre-réforme des retraites. Parce qu’elles vivent les temps partiels imposés ou des interruptions de carrière, les femmes ont des pensions moindres. C’est aussi parce que leurs salaires sont inférieurs en moyenne de 22 % à ceux des hommes, et que leurs pensions de droit direct (c’est-à-dire sans la réversion) sont inférieures actuellement de 40 % à celles des hommes !

Les pensions des dernières générations de femmes parties à la retraite sont supérieures à la moyenne de l’ensemble des retraitéEs parce que les carrières ont été meilleures. Pourtant, l’inégalité reste importante : la pension moyenne de droit direct des femmes de la génération 1953 est encore inférieure de 33 % à celles des hommes. Le montant de la décote est plus important en moyenne pour les femmes. Pour éviter de la subir, 19 % d’entre elles (contre 10 % des hommes) ont attendu l’âge de 67 ans pour partir à la retraite. Une situation que la contre-réforme Borne aggraverait donc pour les « premières de corvées ».

Ce que défend le NPA

Une retraite pour ne pas perdre sa vie à la gagner

A l’opposé de cette contre-réforme, nous défendons le retour à la retraite à 60 ans dès 37,5 ans d’activité, ce qui inclut le travail salarié, les années d’études et de formation dès 18 ans, les périodes sans travail à cause du chômage, de la maladie ou d’un accident, de l’invalidité, de la maternité… Les personnes qui ont vécu la pénibilité au travail doivent bénéficier de leurs retraites dès 55 ans.

L’augmentation de tous les revenus

Sans travail ou en activité, notre combat reste le même. Augmenter les salaires, c’est plus de ressources pour la Sécurité sociale car les cotisations sociales augmentent aussi. Le revenu minimum ne doit pas être inférieur à 1800 euros net. Les salaires et les revenus dits de remplacement, dont les pensions, doivent être revalorisés de 400 euros. S’il est nécessaire d’augmenter les cotisations, cela ne doit pas être réalisé au détriment du pouvoir d’achat des salariéEs : seules les cotisations patronales doivent être augmentées, et à terme, les cotisations salariales supprimées.

Le partage du temps de travail

Travailler moins pour travailler touTEs. Diminuer sans perte de salaire le temps de travail à 32 heures (ou moins si nécessaire) et imposer la retraite à 60 ans, ou moins, afin de donner du travail à touTEs les chômeurEs, c’est aussi donner plus de ressources à la Sécurité sociale et à sa branche retraite.

L’égalité hommes-femmes tout au long de la vie

Les inégalités de rémunérations hommes-femmes se reflètent aussi sur les pensions. L’égalité salariale imposée tout au long de la vie sera un apport supplémentaire aux caisses de la Sécu. Des mesures spécifiques pour le rattrapage des pensions pour les femmes et toutes les victimes de la précarité, notamment du temps partiel imposé, doivent aussi être exigées.

Le refus des régressions consécutives à la disparition des régimes spéciaux

La fusion de toutes les caisses de base et complémentaires et des différents régimes est souhaitable, mais à la condition impérative de l’alignement des prestations vers le haut et sous le contrôle des salariéEs. Les critères de pénibilité doivent aussi être rétablis.

Une sécurité sociale sous notre contrôle

Nous ne confions pas la gestion de nos revenus à des tiers. La part socialisée de notre salaire appartient à nous touTEs, assuréEs sociaux. Les administrateurEs des caisses doivent donc être élus au plus près des assuréEs, dotés de réels pouvoir de décision et révocables si besoin.

Pour nos luttes, pour transformer la société,

Une gauche de combat anticapitaliste, révolutionnaire et unitaire

Comme la récente contre-réforme de l’assurance chômage, mais aussi le projet de loi Darmanin sur l’immigration (avec des visas toujours plus restrictifs et liés aux « métiers en tension »), la contre-réforme des retraites s’inscrit dans une logique globale : il s’agit d’imposer à la majorité de la population d’être à la disposition des entreprises, sous la pression du « marché ». C’est la même logique qui est à l’œuvre dans le refus d’augmenter les salaires malgré l’inflation, ou avec l’allongement de la durée du travail dans de nombreux secteurs. Les capitalistes veulent nous faire payer la crise économique pour garder et même augmenter encore leurs profits !

Nos vies avant leurs profits !

Si Macron et compagnie arrivaient à leurs fins, l’économie capitaliste et ses crises écraseraient encore un peu plus nos vies, en nous contraignant à accepter n’importe quel job, pour n’importe quel salaire, avec des retraites de misère. Il s’agit bien de renforcer l’accaparement des richesses par quelques-uns, sur le dos de celles et ceux qui les produisent, dans des conditions toujours plus difficiles et précaires.

Lutter contre cette contre-réforme des retraites, c’est lutter contre Macron et son monde. Cette nouvelle attaque peut donc servir de déclencheur pour porter l’ensemble de nos colères : des prix qui explosent, des salaires et des revenus trop bas, des conditions de travail qui se dégradent, des services publics qui se décomposent (à commencer par celui de la santé)…

Grèves, blocages, Macron dégage !

Les journées de manifestations, de grèves et de mobilisations intersyndicales, sont essentielles. Pour gagner, il va falloir construire un mouvement d’ensemble combinant différentes formes de mobilisation : sur nos lieux de travail et d’études, dans nos quartiers, dans la jeunesse… Multiplier les espaces de rencontres pour construire ce mouvement, nous organiser en assemblées générales, nous coordonner pour construire une grève reconductible dans la durée et des manifestations de masse afin de bloquer le pays. C’est le seul moyen de gagner, de faire sauter cette réforme et de se débarrasser de ce gouvernement au service des plus riches.

Pour cela, il s’agit d’organiser la riposte par en bas, dans la plus grande unité possible du monde du travail, de l’ensemble des classes populaires et de la jeunesse, et de leurs organisations. L’unité et la coopération pour faire face aussi à la répression de l’État pour protéger les riches et les puissants.

Un autre monde écosocialiste est possible

Deux modèles de société s’affrontent, et aucun compromis n’est possible avec ceux dont la seule préoccupation est d’assurer la survie d’un système en crise, quitte à broyer l’humanité et la planète. À l’heure où la crise climatique causée par ce système productiviste fait rage et où nous sommes pris à la gorge par l’inflation (notamment sur les produits de première nécessité et l’énergie), les capitalistes distribuent 80 milliards de dividendes aux actionnaires du CAC 40…

Contre eux, nous défendons la rupture avec ce système. Pour une société où l’on travaille moins pour travailler touTEs, et où l’on produit mieux, en fonction des besoins et en respectant la planète. Pour en finir avec le capitalisme, il faut donc prendre nos affaires en mains, et nous organiser pour décider par nous-mêmes comment réorganiser la société.

Dès maintenant, il est nécessaire de construire l’outil politique d’une gauche de combat aussi fidèle aux oppriméEs et aux exploitéEs que Macron l’est aux capitalistes et au patrons : un parti pour la transformation révolutionnaire de la société, une force pour contribuer au renversement du capitalisme, vers une société écosocialiste. S’organiser maintenant parce que nos vies valent plus que leurs profits.

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