Archive | Retraites

27 mai 2017 ~ 0 Commentaire

jeune économiste (anti-k)

npa jeunes

Meilleur jeune économiste: un prix décidément très politique

L’attribution du prix du meilleur jeune économiste à Antoine Bozio, dont les travaux les plus connus portent sur les régimes de retraites à comptes notionnels ne doit rien au hasard. Il s’agit bien évidemment de préparer le terrain le plus favorable possible à la future réforme des retraites envisagée par Emmanuel Macron, alors même que ce type de régime comporte de nombreux dangers.

Chaque année, depuis 2000, Le Monde et le Cercle des économistes décernent, avec la modestie qui les caractérise, rien moins que le prix du meilleur jeune économiste. A lire la présentation de ce prix, il s’agit de distinguer « un économiste français de moins de 41 ans qui allie une expertise reconnue et une participation active au débat public ».

Un examen rapide de la composition du jury ou de la liste des lauréats des précédentes éditions permet pourtant de douter de l’objectivité de cette distinction.

En effet, on compte parmi les membres de ce cercle de nombreuses personnalités habituées des plateaux télés comme Jean-Hervé Lorenzi (administrateur indépendant du Conseil d’admi- nistration de BNP Paribas Cardif), Patrick Artus (Chef économiste de Natixis), Olivier Pastré (Président d’IM Bank et administrateur de CMP Banque), Laurence Boone (Chef économiste du groupe AXA, ex-chef économiste de Barclays Capital France), Jean Pisani-Ferry (conseiller économique d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle) mais aussi, au moins cinq signataires (Philippe Aghion, Yann Algan, Agnès Bénassy-Quéré, Stéphane Carcillo,  Hélène Rey) d’une tribune aussi courte que peu argumentée en faveur de la loi travail[1].

Autant dire que cet aéropage évoque davantage une amicale de la banque et de l’économie la plus orthodoxe plutôt qu’un jury indépendant représentant les différentes tendances de l’économie.

La liste de certains éminents lauréats des éditions précédentes (Agnès Bénassy-Quéré, Pierre Cahuc, Etienne Wasmer, David Thesmar, Augustin Landier), dont certains sont d’ailleurs aujourd’hui membres du Cercle des économistes, ne fait que confirmer cette impression de se trouver en présence d’un des ces nombreux Rotary de l’économie mainstream.

S’agissant de l’édition 2017, si son lauréat, Antoine Bozio, n’est pas forcément un représentant pur et dur de cette école de pensée, il convient néanmoins de souligner le caractère très politique de sa nomination.

En effet, Antoine Bozio est surtout connu pour ses travaux sur les systèmes de retraites, notamment sur les systèmes de retraites à points ou à comptes notionnels. Surtout, ses travaux sur le sujet ne sont pas nouveaux puisqu’il avait publié avec Thomas Piketty, aux éditions de la  rue d’Ulm, un ouvrage sur le sujet en 2008. Ce n’est pourtant que 9 ans plus tard qu’il est distingué, ce qui tombe à pic puisque le dispositif de retraites qu’il appelle de ses voeux correspond justement à celui qu’Emmanuel Macron souhaite mettre en place.

Il se trouve d’ailleurs qu’Antoine Bozio a justement rencontré Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et lui a même fourni une fiche sur ce système de retraites… Ainsi, la future réforme du nouveau Président se trouve-t-elle parée des oripeaux de la science, et de nombreuses vertus, parmi lesquelles « la liberté », Antoine Bozio n’hésitant pas à nous promettre qu’avec les comptes notionnels « chacun part [à la retraite] quand il veut ». Cette affirmation est pourtant largement discutable, tout comme l’est plus généralement ce type de régime de retraites, qui présente de nombreux risques, notamment ceux d’allonger l’âge de départ à la retraite et de réduire le montant des pensions, risques auxquels il convient d’ajouter un autre inconvénient majeur, son caractère bien peu démocratique.

Dans un régime de retraite à points, ou à comptes notionnels, les cotisations retrai- tes versées par les salariés au cours de leur carrière sont converties en points sur un compte individuel fictif.

Au moment de la liquidation du compte, c’est à dire lors du départ en retraite, une valeur est donnée au point, ce qui permet de calculer la pension que va percevoir le nouveau retraité. Or, ce calcul de la valeur du point est réactualisé chaque année et dépend, dans les pays où de tels systèmes ont été mis en place (Suède notamment), de l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient le salarié et de l’évolution de la masse salariale du pays au cours de la carrière du nouveau retraité.

En cas de récession économique (qui pèse négativement sur l’évolution de la masse salariale totale du pays) et/ou d’augmentation de l’espérance de vie (qui est très inégale selon la catégorie sociale à laquelle on appartient et qui s’accompagne de plus en plus d’une absence d’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé), la valeur du point diminue et votre pension se trouve significativement réduite. Dans ces conditions le futur retraité n’a plus d’autre choix, s’il veut maintenir le montant de sa pension à un niveau acceptable, que de travailler plus longtemps…à condition qu’il en ait la possibilité, c’est à dire que son état de santé le lui permette et que son employeur ne l’ait pas déjà licencié, ce qui est malheureusement très souvent le cas.

Dans ces conditions, « la liberté de partir à la retraite quand on veut » ressemble davantage à une liberté sous forte contrainte. En fait, si les régimes à comptes notionnels sont si populaires auprès de certains économistes et chez de nombreux représentants du courant ordo-libéral, c’est qu’ils offrent à leurs yeux l’incomparable avantage d’être auto-équili- brés. En effet le réajustement automatique, à la baisse, de la valeur du point garantit non seulement que le régime ne pourra plus être déficitaire, mais de plus, que cet équilibre pourra être obtenu sans délibération démocratique.

C’est la fameuse « règle d’or » appliquée aux régimes de retraites. Alors que dans le dispositif actuel, chaque modification des paramètres (les fameuses (contre)réformes des retraites) nécessite une loi, avec la retraite à points ce n’est plus nécessaire puisque l’ajuste- ment est automatique. Equilibre budgétaire et déni de démocratie, voilà bien deux des obsessions ordolibérales.

En fin de compte, la relative complexité de ce régime de retraites à comptes notionnels et les nombreux soutiens médiatiques dont il ne manquera pas de bénéficier dans les mois à venir ne doivent pas faire illusion.

Ces régimes sont particulièrement dangereux pour les retraités et futurs retraités car ils ne visent qu’à réduire le poids des retraites dans le PIB, ce qui permettra d’ouvrir un boulevard aux systèmes de retraites par capitalisation.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Italie et la Suède, qui ont adopté un tel régime de retraites par points, ont toutes les deux adossé à ce nouveau régime, un système de retraite par capita- lisation, retraite par capitalisation dont l’OCDE encourageait justement le développement dans un récent rapport[2]. OCDE pour qui travaillent ou ont travaillé plusieurs des membres du Cer- cle  des économistes, Cercle des économistes qui vient justement de distinguer Antoine Bozio.


[1] http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/03/04/projet-de-loi-el-khomri-une-avancee-pour-les-plus-fragiles_4876380_3232.html

[2] http://www.oecd.org/fr/retraites/l-architecture-des-regimes-prives-de-retraite-par-capitalisation-doit-etre-amelioree.htm

Médiapart – 26 mai 2017 – Par NOAM AMBROUROUSI – Blog : Pour une gauche de gauche

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12 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

juppe 1 (libération)

retraite

On dirait que Hollande et Juppé sont d’accord!

La retraite à 65 ans et l’espérance de vie : l’argument vaseux d’Alain Juppé

Dans son livre, le favori de la primaire à droite justifie le report de l’âge de la retraite par l’allongement de l’espérance de vie mais s’emmêle les pinceaux dans les différentes courbes.

INTOX. Voilà un point sur lequel les candidats de la primaire à droite sont d’accord : l’âge légal de départ à la retraite doit être repoussé à 65 ans. Ce serait d’ailleurs, en regardant les courbes de l’espérance de vie, une chose assez indolore, à en croire Alain Juppé.

Dans son livre consacré à l’économie, Cinq Ans pour l’emploi, Juppé écrit ainsi : «Il y a trente ans, compte tenu de l’espérance de vie moyenne de l’époque et avec un départ à 60  ans, on pouvait espérer profiter de la retraite onze ans lorsqu’on était un homme et dix-neuf ans quand on était une femme. Avec l’espérance de vie actuelle, et un départ à la retraite à 65 ans, on profitera en moyenne quatorze ans de sa retraite lorsqu’on est un homme et vingt ans lorsqu’on est une femme.»

DÉSINTOX. Pour résumer : un homme partant à la retraite aujourd’hui à 65 ans vivra trois années de plus en retraite que son père, pourtant parti à 60 ans trente années plus tôt. Une femme partant en retraite à 65 ans aujourd’hui vivrait, elle, en retraite un an de plus que sa mère partie à 60 ans en 1985. Bref, de quoi se plaint-on ?

Le problème est que tout cela repose sur un usage un peu hâtif des statistiques.

Il est facile de voir comment Juppé a calculé son affaire. Il a regardé la courbe de l’espérance de vie à la naissance, qui nous dit ceci : en 1985, l’espérance de vie d’un homme à la nais- sance était de 71,2 ans, celle d’une femme de 79 ans. Trente ans plus tard, elle est respec- tivement de 79 ans et 85 ans. Soit une augmentation – en arrondissant – de huit ans pour les hommes et 6 ans pour les femmes. C’est a priori raccord avec les chiffres cités par Juppé. Bingo.

Mais les choses ne se calculent pas du tout comme ça… Car cette espérance de vie à la naissance, que convoque Juppé à la base de sa démonstration, se calcule en tenant compte de la mortalité à tous les âges, y compris avant la retraite, y compris la mortalité infantile, par exemple. Cette statistique est par conséquent hors sujet pour illustrer le sujet des retraités (qui par définition sont arrivés jusqu’à l’âge de la retraite).

En la matière, l’indicateur pertinent est l’espérance de vie à 60 ans (ou 65 ans), qui mesure le nombre d’années qu’un homme (ou une femme) ayant atteint cet âge peut espérer vivre en moyenne (selon les conditions de mortalité du moment). Depuis 2003 et la loi Fillon sur les retraites, la durée de cotisation est d’ailleurs calculée en fonction de l’évolution de cette espérance de vie à 60 ans. Or cette courbe n’épouse pas celle de l’espérance de vie à la naissance.

En regardant cet indicateur, il y a pour Alain Juppé une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que ses chiffres sont pessimistes. Le candidat LR, qui file douce- ment vers ses 71 ans, sera probablement content d’apprendre qu’aujourd’hui, un homme ayant atteint 60 ans peut espérer vivre en moyenne (selon les conditions de mortalité du moment) 22,9 ans, et non 14 comme il l’écrit dans son ouvrage. Pour une femme, c’est encore dava- ntage (27,3 ans), et non 20 ans.

La mauvaise nouvelle, c’est que sa démonstration tombe un peu à l’eau. Car l’espé- rance de vie à 60 ans, comme on le voit sur les graphiques, a évolué plus lentement que celle à la naissance. Entre 1985 et 2015, l’espérance de vie à 60 ans a évolué de cinq ans pour les hommes, passant de 17,9 ans à 22,9 ans (alors que l’espérance de vie à la naissance que citait Juppé avait, elle, progressé de près de 8 ans). Pour les femmes, l’espérance de vie à 60  ans a évolué en trente ans de 4,3 ans (de 23 à 27,3 ans), contre une hausse de 5,7 ans pour l’espérance de vie à la naissance.

D’où il résulte que Juppé devrait refaire ses calculs. Ainsi, en se basant sur les espéran- ces de vie à 60 ans, un homme partant à 65 ans vivrait autant en retraite (et non trois ans de plus) qu’un homme parti à 60 ans en 1985. Et pour une femme, la vie en retraite d’une partan- te à 65 ans aujourd’hui serait inférieure d’une année à celle d’une femme ayant pris sa retraite à 60 ans il y a trente ans – et non supérieure d’une année.

Patatras.

Cédric Mathiot19 mai 2016

http://www.liberation.fr/

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05 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

grèce (france tv)

Des retraités affrontent la police lors d’une manifestation contre la baisse de leurs pensions

Les retraités grecs qui protestaient devant le Parlement à Athènes ont été secoués par des gaz lacrymogènes et des bombes au poivre lancés par la police anti-émeute, lundi 3 octobre. La manifestation est organisée pour protester contre la décision gouvernementale de diminution de leurs pensions et contre les mesures d’austérité imposées par les créanciers internationaux de la Grèce.

Des plans d’austérité successifs imposés depuis sept ans

Quelque 1 500 personnes, des retraités en grande majorité, ont tenté de se rendre vers le siège du gouvernement avant d’être bloqués par la police anti-émeute. Plusieurs dizaines d’entre eux ont alors voulu renverser un car de la police qui bloquait l’accès aux bureaux d’Alexis Tsipras, le Premier ministre. Ce dernier doit présenter au Parlement lundi le projet de budget pour 2017, dans un pays qui subit encore les conséquences des plans d’austérité successifs imposés depuis sept ans.

http://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Une manifestation de retraités repoussée à coups de gaz lacrymogènes (Révolution Permanente)

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09 août 2016 ~ 0 Commentaire

retraite (anti-k)

old

Avec 1163€ de retraite, vous êtes considéré comme un retraité “riche” !

On parle Souvent des retraités pauvres, mais à partir de quel seuil est-on retraité riche? C’est simple , si vous avez plus de 13 956 € de Revenus Annuels, soit 1163 € par mois vous êtes un retraité privilégié vous allez payeur, attention la liste est longue:

6,6% de CSG, la CRDS et la contribution additionnelle de solidarité autonomie. Bref, avec moins que le smic par mois, vous payez plein pot! Pour être exonéré de Cotisations Sociales, Il faut avoir une pension Inférieure à 890 € par mois. Comment peut-on considérer un retraité comme un privilégié avec seulement 1100 € de pension?

Tout AUGMENTE sauf les retraites. Mais commenter faire comprendre à un retraité qu’avec 1160 € par mois, il est riche?  7 août 2016

http://www.anti-k.org/avec-1163e-de-retraite-vous-etes-un-retraite-riche

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01 août 2016 ~ 0 Commentaire

allemagne retraites (alterecoplus)

retraite

L’impasse des retraites par capitalisation

La question des retraites va être au centre de la campagne électorale allemande de 2017. Après l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, c’est Andrea Nahles, la ministre de l’Emploi et des Affaires sociales, membre d’un Parti social-démocrate (SPD) en perte de vitesse, qui vient d’annoncer des propositions pour une réforme de « grande ampleur » à l’automne prochain.

Les termes du débat ont cependant radicalement changé par rapport aux réformes me- nées depuis trente ans : c’est désormais l’importante baisse programmée du niveau des retrai- tes publiques qui fait problème. Notamment parce que les dispositifs privés d’épargne retraite, subventionnés par l’Etat, mis en place pour prendre le relais s’en sont avérés incapables, pour le plus grand nombre, dans un contexte de taux d’intérêt durablement très faibles.

A première vue pourtant, la situation pourrait sembler bonne pour les retraités alle- mands : après des années de vaches maigres, ils viennent de profiter cette année de la plus forte revalorisation de leurs pensions depuis le début des années 1990 : + 4,25 % à l’Ouest et près de 6 % dans les nouveaux Länder de l’Est. Une hausse qui s’explique principalement par une croissance très dynamique de la masse salariale, sur laquelle les retraites continuent à être en partie indexées.

Des revenus en baisse

Mais cette apparence est trompeuse : entre 2000 et 2012, les retraités ont perdu 17 % de pouvoir d’achat (22 % à l’Est). Le montant nominal moyen des retraites servi aux hommes a constamment baissé de 1999 à 2006 avant de ne retrouver en 2013 que son niveau de… 1999, grâce à la progression des salaires. D’ores et déjà, l’Allemagne figure, en compagnie du Japon, parmi les pays de l’OCDE où les taux de remplacement bruts servis par les régimes publics aux salariés du secteur privé sont les plus bas. Et cela tout particulièrement pour les bas salaires, puisque le montant des retraites est proportionnel à la durée de cotisation et au montant moyen du salaire cotisé.

Déjà au cours de ces dernières années, le taux de remplacement net (avant impôt) avait été ramené de 57,4 % à 52,6 % pour un salarié ayant cotisé de manière ininterrompue pendant quarante-cinq ans en percevant le salaire moyen. Il devrait être abaissé à 43 % d’ici à 2030. A cet horizon, si on perçoit le salaire moyen, il faudra avoir cotisé plus de trente-cinq ans pour bénéficier d’une pension supérieure à la Grundsicherung, l’équivalent allemand du minimum vieillesse.

Et pour recevoir un revenu équivalent à 70 % du salaire moyen perçu sur toute la durée de sa vie professionnelle, il faudra avoir cotisé au moins quarante ans. Or, beaucoup de sala- riés à bas salaires ou à carrières irrégulières, les femmes au premier chef, n’atteindront jamais cette durée de cotisation. Devenu incapable d’assurer un revenu minimum décent à de très nombreux assurés sociaux, c’est la légitimité même du système de retraites qui est atteinte.

Or, les retraites versées par le régime public constituent en moyenne les trois quarts environ des revenus des ménages concernés. Et près d’un ménage de retraités sur deux, ceux qui, dans le secteur privé, ne bénéficient pas de retraite complémentaire d’entreprise, ne dispose aujourd’hui que de cette seule source de revenu. Le taux de pauvreté des personnes âgées de plus de 65 ans a déjà bondi de quatre points entre 2007 et 2014 pour atteindre 17,4 %, soit 1,2 point de plus que la moyenne de la zone euro et 7 de plus qu’en France, alors même que la situation économique a été bien meilleure outre-Rhin. Les femmes en âge d’être retraitées sont les plus touchées : une sur cinq est pauvre.

Pour l’avenir, les perspectives sont encore plus inquiétantes : alors que la part des plus de 65 ans dans la population totale devrait augmenter de 80 % entre 2005 et 2050, la part du produit intérieur brut (PIB) censée leur revenir sous la forme de retraites publiques ne progres- serait que d’environ 15 % sur la même période, ce qui conduira nécessairement à un abais- sement massif du niveau de vie relatif des retraités.

Les réformes successives des retraites ont été conçues en effet de manière à ce que le taux de cotisation, qui a été ramené à moins de 19 % l’an passé, ne soit pas majoré de plus de deux points d’ici à 2030. Soit une hausse d’un peu plus de 10 %, en dépit d’une augmentation du rapport entre le nombre de retraités et celui des cotisants (dit rapport de dépendance) de l’ordre de 80 % entre 2005 et 2050.

Comment en est-on arrivé là ?

La première grande réforme du régime de retraites du secteur privé fut adoptée en 1989, consécutivement à un accord entre partenaires sociaux. Elle modifiait les principaux paramè- tres du système sans en changer la logique.

La modification la plus significative concernait la revalorisation des retraites : la loi prévoyait un passage d’une indexation des retraites non plus sur les salaires bruts mais sur les salaires nets. Elle programmait aussi la disparition progressive d’un certain nombre de dispo- sitifs de cessation anticipée d’activité avant l’âge légal de 65 ans pour les femmes ou les chômeurs. La valorisation de certaines périodes (études, congé maladie, chômage indemnisé, etc.) « assimilées » à des périodes de cotisation fut également modifiée. Le plus souvent à la baisse, mais aussi parfois à la hausse avec notamment l’introduction d’un droit à l’équivalent d’un an, puis de trois ans, de cotisations au salaire moyen pour chaque naissance intervenue après 1992, un dispositif récemment étendu.

En complément, la contribution versée par l’Etat fédéral au régime de retraite des salariés du secteur privé pour couvrir les prestations dites « non contributives » – celles qui ne sont pas versées à proportion des cotisations versées – fut revue à la hausse. Au total, le taux de cotisa- tion, fixé à l’époque à 18 %, devait voir son niveau limité à 24 % en 2040. Alors que, sans réforme, il aurait dû augmenter de 80 % à 100 % à cet horizon.

Même subventionnés, les dispositifs d’épargne retraite sont hors de portée pour beaucoup de ménages à bas revenus

Pourtant, au tournant du siècle, dans le cadre de « l’Agenda 2010″, le chancelier Gerhard Schröder va organiser un changement de paradigme. L’équité intergénérationnelle réclamerait désormais une limitation encore plus forte du taux de cotisation des régimes publics par répar- tition et leur remplacement pour une part substantielle par des retraites financées par capitalisation.

A cette fin, une loi de 2001 mit en place des dispositifs facultatifs d’épargne retraite subven- tionnée par l’Etat, dits « Riester », du nom du ministre du Travail social-démocrate et ancien dirigeant syndical porteur de la réforme. Ces subventions sont certes plus généreuses pour les bas revenus et les familles mais encore faut-il être à même d’épargner suffisamment pour en bénéficier pleinement. En 2004, une nouvelle réforme du mode de revalorisation des retraites introduit un « facteur démographique » : le niveau des retraites devait progresser à l’avenir d’autant moins vite que le rapport entre le nombre de retraités et le nombre de cotisants se détériorait.

Une rentabilité a minima

Les produits Riester vont se diffuser progressivement pour atteindre environ 16 millions de contrats en 2015 sur un public cible de 39 millions. Le rythme annuel de signature de nou- veaux contrats est passé de 2 millions en 2006 à 450 000 en 2013.

Malgré le profilage des aides publiques, la proportion des ménages disposant de produits Riester est plus faible parmi les plus bas revenus (22 %) que chez les revenus les plus élevés (plus d’un tiers). Même phénomène pour les subventions reçues de l’Etat1. Cette proportion est aussi inversement proportionnelle au niveau de diplôme ou encore au temps de travail. Sans parler des chômeurs qui n’y ont guère recours. (…) Arnaud Lechevalier 27/07/2016

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29 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

pendant ce temps en grèce

greece

Les agriculteurs grecs manifestent contre Tsipras…

grece

Et ravitaillent les retraités qui n’ont que des pensions de misère…

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22 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

pendant ce temps en grèce

greece

Le gouvernement de Tsipras (poussé par ses « créanciers ») s’en prend aux retraites.

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30 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

l’âge de la retraite va passer à 63 ans (basta)

retrauite

Alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les seniors

Une nouvelle réforme des retraites est en train de passer en catimini. Plusieurs partenaires sociaux ont conclu un accord de principe qui doit être signé ce 30 octobre : l’âge de départ à la retraite va s’allonger d’un an – à 63 ans – si les futurs retraités ne souhaitent pas subir une dévalorisation de leurs pensions.

Problème : malgré les précédentes réformes, les entreprises n’ont pas fourni d’efforts suffisants pour garder en activité leurs salariés de plus de 55 ans. Ceux-ci sont encore nombreux à être poussés vers la sortie, voire à connaître le chômage de longue durée, même si certains cadres arrivent à rebondir. Dans ces conditions, un nouvel allongement des cotisations aggravera davantage les inégalités.

L’âge de départ en retraite sera encore repoussé. Les organisations patronales et trois organisations syndicales (CGDT, CFE-CGC et CFTC) sont en train de se mettre d’accord pour réformer le système de retraites complémentaires Agirc-Acco. Dans le cadre de cet accord, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein sera allongée d’un an.

A partir de 2019, si un senior préfère partir à 62 ans, soit l’âge légal de départ à la retraite pour le régime général, il perdra 10% de sa retraite complémentaire pendant deux ans. S’il choisit de partir à 63 ans, aucun malus ne s’applique. Cotiser plus longtemps ou accepter une pension plus faible, telles seront les options à choisir. Ce qui aggravera encore davan- tage les inégalités existantes. Car à plus de 55 ans, que l’on soit cadre ou ouvrier, homme ou femme, et sous la menace du chômage de longue durée, les perspectives seront bien différentes.

« L’espérance de vie à 60 ans, c’est-à-dire le nombre d’année qu’il nous reste à vivre à cet âge, progresse constamment. Il faut bien adapter notre système de retraites pour le rééqui- librer financièrement », justifie Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, syndicat qui a signé l’accord de principe le 16 octobre et devrait le valider ce 30 octobre. Si cette espé- rance de vie à 60 ans n’a cessé d’augmenter depuis des décennies, elle diffère selon la catégorie professionnelle [1]. Un ouvrier vivra cinq ans et demi de moins, en moyenne, qu’un cadre. Et pour bénéficier d’une retraite à taux plein, encore faut-il être en activité…

« La France n’a toujours pas résolu la question de l’emploi des seniors » La réforme de 2010 avait déjà abouti à repousser l’âge légal de deux ans : de 60 à 62 ans ou 63 à 65 ans, pour ceux qui n’ont pas cotisé les 43 annuités nécessaires. En parallèle, afin d’éviter que les entreprises ne se séparent de leurs salariés âgés, le gouvernement a démantelé les dispositifs de pré-retraites publics et les niches fiscales et sociales des pré-retraites privées. Il a également imposé une pénalité, de 1% du montant des rémunérations versées aux salariés, aux entreprises qui ne signaient pas d’accords en faveur de l’emploi des seniors.

Les résultats sont-ils au rendez-vous ? Selon les chiffres du Conseil d’orientation des retraites en 2014, le taux d’emploi des 55-59 ans a fortement progressé, atteignant 68 %. Idem pour les 60-64 ans, dont un sur quatre est toujours en activité. Les entreprises auraient donc joué le jeu, arrêtant de licencier massivement leurs salariés quinquagénaires. Ce n’est qu’une apparence statistique.

« Si la France a rattrapé son retard au sein de l’Europe pour le taux d’emploi des 55-59 ans, elle reste très en dessous des niveaux européens pour les 60-64 ans et n’a pas réussi à significativement allonger la vie active. Surtout, le chômage des seniors s’est accru plus vite que pour les autres catégories d’âge depuis 2008 », détaille Anne-Marie Guillemard, sociologue et professeur des universités. Le taux de chômage des 55-64 ans s’établit actuellement de 7%, selon la Dares [2]. « La France n’a donc toujours pas vraiment résolu la question de l’emploi des seniors », conclut Anne-Marie Guillemard.

L’obsolescence programmée du salarié…. (à suivre)

Morgane Remy 30 octobre 2015

http://www.bastamag.net/L-age-de-la-retraite-va-passer-a-63-ans

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20 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

l’âge de la retraite repoussé de fait (anti-k)

retrauite

Communiqué de la CGT

Manuel Valls s’est «réjoui» vendredi soir de «l’accord de principe» sur les retraites complé- mentaires, assurant que le gouvernement «accompagnera» sa «mise en œuvre». Après avoir appelé cet accord de ses vœux en laissant entendre qu’à défaut le gouvernement prendrait la main, le Premier ministre y voit «la preuve de la capacité du dialogue social dans notre pays à élaborer les compromis équilibrés nécessaires à la réforme et à la consolidation de notre modèle social.»

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Mais de quoi parle Manuel Valls quand il évoque la «consolidation de notre modèle social» alors que les jeunes générations risquent de voir leurs futures pensions baisser de 8,5% ? Où est le progrès social quand on va imposer des abattements les trois premières années de retraite aux salariés qui ne pourraient différer leur départ?

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En sachant que 56 % des salariés ne sont déjà plus en emploi au moment de la liquidation de leur pension. N’en déplaise à Laurent Berger de la CFDT qui conteste cette vision des choses, avec cet accord, le Medef parvient à reculer de fait l’âge de la retraite.
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Avec cet accord, les retraités qui subissent déjà depuis des années le gel de leurs pen- sions essuieraient de nouvelles baisses de leur pouvoir d’achat pendant trois années supplé- mentaires, outre le report au 1er novembre de la revalorisation de leurs pensions.
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Quel sens donne Manuel Valls au dialogue social quand celui-ci se résume à négocier sur le cahier des charges dicté par le Medef encouragé par l’exécutif à refuser de partager les efforts? Avec cet accord en effet, le patronat s’exonère de la plus grande partie des efforts: au total la contribution des salariés actifs et retraités s’établirait à 95 % du besoin de financement contre 5 % pour le Medef: soit 5,7 milliards à la charge des salariés et retraités contre 300 millions pour le patronat.
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Préservé, le modèle social? Quelle blague! Les deux régimes n’en seront pas pour autant équilibrés et le patronat propose donc de mutualiser les réserves des régimes. Il s’ensuivrait un épuisement anticipé de quatre années des réserves de l’ARRCO qui induirait à terme une baisse du niveau des pensions pour tous.
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Le modèle social n’est pas préservé quand on renforce tous les mécanismes destinés à précipiter les actifs et notamment les plus jeunes vers les dispositifs d’épargne pour préparer leur retraite, sans aucune garantie…
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13 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

retraite à 64 ans? (jdd)

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Le gouvernement validera-t-il?

François Hollande appelle le patronat et les syndicats à trouver « toutes les solutions » pour sauver les régimes complémentaires. En jeu : une baisse des pensions et un report de l’âge de départ à la retraite.

C’est un sujet explosif que le gouvernement suit de près. Les syndicats et le patronat achè- vent la négociation d’un plan de sauvetage des retraites complémentaires, dont le « trou » dépasse 5 milliards d’euros. Ils ont rendez-vous vendredi pour une séance sous haute sur- veillance politique. Parmi les mesures envisagées, la plus sensible est une baisse des versements aux nouveaux retraités pendant deux ans. Autrement dit, l’âge de la pension complète serait reporté : il passerait à 64 ans au lieu de 62 ans.

François Hollande a encouragé les négociateurs à chercher « toutes les solutions », comme il l’a souligné mardi lors de son discours pour les 70 ans de la Sécurité sociale. Le gouvernement serait prêt à valider leurs conclusions. « Je souhaite que les partenaires so- ciaux trouvent un accord, pour les Français et pour le dialogue social », insiste Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales.

Le passage à 64 ans, s’il est acté, concernerait les régimes complémentaires obligatoires, dont la gestion dépend des partenaires sociaux. L’enjeu est lourd: l’Arrco sert 12 millions d’anciens salariés pour des montants pesant au moins 30% de leurs retraites; l’Agirc fait vivre 2,7 millions d’ex-cadres et représente jusqu’à 65 % de leurs ressources. Ces caisses complètent celle de la Sécu, pour laquelle l’âge légal n’est pas remis en question.

Une proposition du Medef La retraite à 64 ans est une proposition du Medef, parvenue jeudi aux syndicats. L’organisation patronale a reculé d’un cran: sa précédente revendication allait jusqu’à 65 ans. Dans son scénario, les salariés qui partiraient à 62 ans perdraient 25% de leur pension complémentaire, et 15% à 63 ans. Ceux qui partent plus tard toucheraient des bonifications de même ordre.

Plusieurs syndicats acceptent le principe, sans aller jusqu’à de telles coupes. La CFDT propose que les néo-retraités versent une « contribution de solidarité intergénérationelle » de 4% pendant deux années après la fin de carrière, quel que soit l’âge. La CFTC est d’accord pour une diminution de 5% à 62 ans, puis 4% et 3%. La CGC admet des « abattements tem- poraires raisonnables ». Mais la CGT et FO, dont la position finale sera déterminante, ne veulent pas en entendre parler.

En contrepartie, toutes les centrales réclament que les ­employeurs paient davantage de cotisations. Or le président du Medef, Pierre Gattaz, effectue son mandat, au contraire, sur un programme de baisse des prélèvements.(…) Nicolas Prissette Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/retraites-Le-gouvernement-validera-t-il-la-retraite-a-64-ans

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