Archive | Retraites

15 mars 2022 ~ 0 Commentaire

retraités (jdd)

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« Je suis de la classe du dessous » : À 77 ans, Bernadette peine à joindre les deux bouts

Bernadette a enchaîné les petits boulots. À 77 ans, elle vit avec une pension de 877 euros par mois.

« Dans l’esprit des gens, les retraités mènent forcément la belle vie, ils vont à des thés dansants et n’ont aucun souci. Moi, avec ma pension de 877 euros par mois, je me serre la ceinture. Je vais récupérer des colis alimentaires au Secours populaire un lundi par mois. J’achète le reste dans les rayons promo et les produits bientôt périmés chez Cora. Les fins de mois, je me rabats sur les œufs, les pommes de terre, les pâtes et les lardons. Je fais du troc avec ma copine Adrienne. Je ne voyage pas, je ne vais pas au musée, au ciné ou au restaurant.

Je suis de la “classe du dessous”. J’ai toujours vécu sur le fil. J’ai arrêté l’école à 14 ans et j’ai commencé à travailler en faisant des boîtes de dragées. Toute ma vie, j’ai enchaîné des petits boulots. J’ai été couturière – j’ai d’ailleurs fini par avoir un CAP –, ouvrière dans une usine de petits pois, de pneus de vélo, de cheveux pour poupée, de roulettes pour les meubles, femme de ménage, représentante de lait pour bébé, saisonnière… Et j’ai eu onze enfants, de différentes unions. Quand mon premier mari est parti, l’aide pour les parents isolés n’existait pas. On m’a retiré la garde des cinq premiers car je n’arrivais pas à joindre les deux bouts.

J’ai pris ma retraite à 60 ans. Au début, je touchais 640 euros par mois. Aujourd’hui, je fais partie de ceux que François Hollande appelle les “sans-dents”. J’ai une bonne mutuelle, que je paie 30 euros tous les mois. Mais ça fait quinze ans que je n’ai pas vu un dentiste. Pour moi, le plus important, c’est d’avoir un toit. J’ai toujours payé mon loyer : 277 euros mensuels. J’habite un petit F2 situé au rez-de-chaussée d’un HLM, en bordure de Reims. Et on ne m’a jamais coupé l’électricité. L’an dernier, la facture est passée à 119 euros mensuels. J’attends, avec une peur bleue, la prochaine réévaluation en avril.

 Pour moi, le plus important, c’est d’avoir un toit

En 2017, j’ai voté Emmanuel Macron parce qu’il était beau, jeune et que j’avais envie de changement. Mais j’ai été déçue. Je suis sûre que lui aussi, il pense qu’on ne sert à rien. Un bol de coquillettes et puis voilà !*

J’ai une petite idée du candidat pour qui je vais voter à la prochaine présidentielle, mais je ne le dirai pas. Ce qui m’intéresse, c’est ce que chacun propose, pas pour ceux qui prendront leur retraite dans dix ans mais pour ceux qui y sont déjà. Comme on ne va pas manifester et qu’on ne fait pas de bruit, je crois qu’on va encore passer à l’as. Moi, avec ma pension de 877 euros par mois, je me serre la ceinture. »

*Bernadette a écrit Un bol de coquillettes et puis voilà…, avec Charlotte Leloup, Flammarion.

  15 mars 2022 Marie Quenet

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14 février 2022 ~ 0 Commentaire

philipppe poutou (rostrenen)

pot

En direct de Rostrenen, dans le centre de la Bretagne, le NPA organise une table ronde autour de l’agriculture avec Yves-Marie Le Lay, de l’association sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre, Inès Léraud et Morgan Large, journalistes indépendantes, Jules Hermelin, paysan anthropologue, Jean-Claude Balbot, militant paysan, Michel Kerangueven, militant paysan du NPA, et Philippe Poutou.

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14 novembre 2021 ~ 0 Commentaire

jlm (jdd)

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Présidentielle 2022 : pourquoi Jean-Luc Mélenchon parle davantage aux seniors

Le sociologue Manuel Cervera-Marzal, chargé de recherche au FNRS (Université de Liège/PragmaPolis), décrypte la stratégie de Jean-Luc Mélenchon pour sa troisième campagne électorale. Performant en 2017 auprès des jeunes électeurs, le leader de la France insoumise doit désormais conquérir le vote des seniors.

Se voulant fidèle à la mémoire de celui qu’il aimait appeler affectueusement « le vieux », en référence à la façon dont les partisans de Léon Trotski nommaient ce dernier, Jean-Luc Mélenchon demeure persuadé, dans ce contexte de multiplicité des candidatures à gauche dont le total des intentions de vote se situe à un niveau historiquement bas, qu’il est le seul de son camp à pouvoir accéder à la présidence de la République, et cela à sa troisième tentative, comme François Mitterrand avant lui.

« La victoire est possible », voilà quels furent ses mots pleins d’optimisme, le 17 octobre 2021 à Reims, à l’occasion de son discours de clôture de la Convention de « l’Union populaire », qui devait marquer le début d’une étape nouvelle dans la longue vie politique du  »tribun-poète », qui aura 71 ans en 2022.

Pour réussir là où il échoua en 2017, il a été décidé de s’émanciper de « la France insoumise », le « parti-mouvement » créé le 10 février 2016, jugé aujourd’hui inadapté pour permettre le nécessaire « élargissement » de sa base électorale.

Une « nouvelle stratégie » pour être compétitif sur le marché électoral

Une  »nouvelle stratégie globale » serait donc née en cette année 2021 pour tenter de conférer une majorité électorale à ses solutions qu’il présente comme majoritaires en France. Elle a été baptisée « l’Union populaire ». Celle-ci ne veut en aucun cas s’apparenter à une tactique de  »front unique » d’organisations.

Pour Jean-Luc Mélenchon, crédité entre 8% et 10% selon les enquêtes, « l’unité », aussi désirable soit-elle, ne se fera pas « par en haut » suite à un compromis programmatique audacieux entre les gauches, comme ce fut le cas en juin 1972 avec cette fameuse  »union sans unité «  autour du  »Programme commun de gouvernement ». Elle se fera à la base, autour de la personne du leader charismatique et d’un programme politique, le sien, « l’Avenir en commun », objet incontournable de la transaction entre un candidat et ses électeurs.

En ce sens, si Jean-Luc Mélenchon et les insoumis ont fait le choix souverain de changer de structure organisationnelle, en délaissant la France insoumise au profit d’une « Union populaire » aux contours encore flous, la stratégie demeure en réalité inchangée. Il s’agit en effet de reprendre, en l’actualisant, la stratégie populiste de gauche qui permit de réunir sept millions de voix il y a cinq ans.

Sans le vote des jeunes, point de salut

En prenant ces dernières semaines longuement la parole devant cette jeunesse dite « qualifiée », que ce soit à l’ESCP Business School ou à Sciences Po Paris, ou en défendant récemment la proposition d’une allocation d’autonomie de 1.063 euros pour les jeunes qui étudient à la faculté et en lycée professionnel, le tribun populiste de gauche s’évertue à (re)mobiliser ceux qui avaient largement contribué à sa performance historique au premier tour de la dernière élection présidentielle où « le destin lui passa entre les doigts » à 600.000 voix près.

Pour espérer créer la surprise le 10 avril prochain, et ipso facto se qualifier au second tour, Jean-Luc Mélenchon entend de nouveau s’appuyer sur le vote des jeunes, sur les cinq millions de primo-votants, et plus particulièrement sur la jeunesse étudiante qui n’a jamais été aussi nombreuse qu’en cette rentrée 2021 avec plus de 2.816.000 d’inscrits à l’université.

En 2017, dans un contexte de forte abstention, Jean-Luc Mélenchon pu se réconforter en ce soir de défaite d’avoir progressé de 10 points chez les moins de 35 ans par rapport à 2012 où il avait déjà obtenu des scores significatifs dans ces tranches d’âges : 16% des 18-24 ans avaient voté pour lui en 2012 contre 11% des 25-34 ans.

La catégorie des 18-34 ans constitua 54% de son électorat, soit plus de 3,5 millions de voix. Il obtient 24% chez les 25-34 ans et une percée remarquable dans la catégorie des primo-votants (18-24 ans) où il atteignit la barre des 30%, devançant tous ses rivaux, aussi bien Emmanuel Macron (18%) que Marine Le Pen (21%), pourtant longtemps présentée comme « la candidate favorite des jeunes ».

Les jeunes, une condition pour la suite

Comme le démontre la sociologue Anne Muxel, il n’y avait pas d’écart significatif, en 2017, selon le statut social et le niveau de diplôme des jeunes qui se sont tournés vers le candidat de la France insoumise. Si des zones de faiblesse persistent, notamment auprès des jeunes ruraux de classes populaires, cette « jeunesse peu visible » dont le vote reste davantage orienté vers la droite nationaliste, il n’en demeure pas moins que ce fut sa force d’avoir su rassembler des électeurs jeunes issus de tous les milieux sociaux, ceux-là même qui, habituellement, ne se croisent pas, ne se côtoient pas, ne se fréquentent pas.

Ainsi, la capacité de Jean-Luc Mélenchon à convaincre, autant par son programme que par la restauration de son image aujourd’hui à nouveau abîmée, des pans entiers de cette classe d’âge (les 18-34 ans), qui avait largement contribué aux performances électorales du Parti communiste français dans les années 1970, sera-t-elle a priori une condition nécessaire pour espérer accéder au second tour de l’élection présidentielle de 2022.

Le vote des retraités : un constat éloquent

Si en 2017, au premier tour, il apparaissait clairement que plus on était jeune, plus on avait de probabilité d’accorder sa voix à Jean-Luc Mélenchon, le constat, en revanche, était éloquent en ce qui concerne le vote des seniors. En effet, parmi les plus de 65 ans ayant voté au premier tour de la présidentielle de 2017, seuls 12% plébiscitèrent le candidat de la France insoumise, bien que cela représenta quatre points supplémentaires par rapport à 2012.

Le déséquilibre générationnel au sein de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon n’est pas spécifique à ce dernier. Un phénomène comparable se retrouve dans l’électorat des autres membres de sa famille politique, que ce soit celui de Jeremy Corbyn, de Podemos ou de Bernie Sanders.

La structure générationnelle de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon en 2017 se rapproche par ailleurs sensiblement de celui de Marine Le Pen, qui atteignit 14% des suffrages chez les plus de 65 ans grâce aux suffrages des plus modestes d’entre eux. A contrario, François Fillon dût ses 19,7%, en dépit de « ses affaires », à la surmobilisation d’un électorat du troisième et du quatrième âge dont le tropisme droitier, établi depuis longtemps par les études, se trouva confirmé à cette occasion.

Le pronostic optimiste de ceux qui postulaient que le renouvellement générationnel, autrement dit que l’arrivée progressive à la retraite des cohortes appartenant à la « génération 68″ entraîne un gauchissement profond et durable du vote des seniors semble avoir été infirmé, cette fois-ci.

Pourtant, en 2012, comme François Mitterrand en 1988, le candidat socialiste François Hollande était parvenu à réaliser des performances notables, en se classant deuxième chez les plus de 65 ans avec 30% des voix au premier tour et 45% au second, ce qui contribua à faire battre Nicolas Sarkozy, le même, qui, cinq ans auparavant, l’avait largement emporté face à Ségolène Royale grâce à la mobilisation massive en sa faveur des seniors (2 électeurs sur trois parmi les plus de 60 ans s’étaient portés sur son nom).

L’impossibilité de gagner sans « le pouvoir gris »

Il semblerait qu’il devenu presque impossible d’espérer triompher de la règle majoritaire, et par là même de remporter une élection présidentielle, sans convaincre, sinon la majorité des retraités, au moins une minorité importante d’entre eux.

En effet, le poids démographique des seniors n’a cessé de s’accroître depuis vingt ans autant du fait de l’allongement de l’espérance de vie à la naissance et en bonne santé, que de l’arrivée dans cette classe d’âge des générations issues du « baby-boom ». Ainsi, les personnes âgées d’au moins 65 ans représentaient-elles 20,5% de la population française au 1er janvier 2020. Et cela ne va pas s’arrêter : en 2027, les seniors représenteront 22,5% de la population, et 25% en 2040, tandis qu’ils constituent déjà présentement un tiers des votants.

En s’appuyant prioritairement sur le vote des jeunes gens, Jean-Luc Mélenchon peut, certes, espérer se qualifier pour le second tour (le seuil de qualification risque d’être abaissé du fait de la concurrence entre les deux candidats de la droite nationaliste, Éric Zemmour et Marine Le Pen), mais celui-ci ne saurait suffire pour l’emporter.

S’il décide de poursuivre ses efforts pour rallier à lui cette « plaque sensible de la société », la jeunesse étudiante et diplômée, il devrait, afin d’élargir de façon décisive sa base électorale, s’adresser également aux 60–85 ans, qui, de plus en plus nombreux, constituent la classe d’âge la moins abstentionniste à chaque élection. En 2017, près de 30% des moins de 35 ans ne s’étaient pas déplacés au 1er tour, contre « seulement » 16% des 60-69 ans et 12% des plus de 70 ans.

Bien que le vote senior soit souvent synonyme de vote conservateur, de vote  »libéral-autoritaire », Jean-Luc Mélenchon perdrait énormément à se résigner à cette tendance à  »la droitisation des attitudes politiques au fil de l’âge ».

En dépit de l’existence persistante d’un « effet patrimoine » qui demeure un des facteurs explicatifs du vote à droite, tandis qu’en moyenne le niveau de vie et de patrimoine des seniors a considérablement augmenté depuis 1965, pourquoi une partie significative de ces électeurs âgés et très âgés, serait-elle a priori imperméable aux grilles de lectures du réel et aux propositions réformatrices de Jean-Luc Mélenchon?

Être capable de parler de la vieillesse dans notre société pétrie d’âgisme

Outre sa défense en faveur de l’inscription dans la Constitution  »du droit à mourir dans la dignité », le candidat Jean-Luc Mélenchon a manifesté récemment son vif intérêt pour ceux qu’il évoque d’ordinaire si peu en tant que tels dans ses nombreuses prises de parole, en se rendant, suite à un courrier d’une pensionnaire de 95 ans, à l’Ehpad de Jarny.

Celui qui a toujours voulu assumer le rôle de passeur en s’entourant de jeunes gens, que se soit au temps où il était dirigeant au Parti socialiste, et à présent au sein de la France insoumise, pour s’assurer que le fil de l’histoire ne sera pas rompu une fois son retrait de la vie partisane intervenu, serait sans doute inspiré de s’adresser directement aux femmes et aux hommes de sa génération dans le cadre d’un discours fondateur, comme le fit en son temps le dirigeant socialiste, Jean Jaurès, à destination de la jeunesse.

En se rendant davantage visible, en popularisant des propositions ambitieuses qui viseraient autant à diminuer les inégalités sociales dans la vieillesse) que de transformer les conditions de travail et d’existence des centaines de milliers de femmes qui prennent soin des personnes âgées en perte d’autonomie chez elles (auxiliaires de vie sociale, aides à domicile, aide-ménagères), tout en déconstruisant les nombreux stéréotypes à visée régressive sur les « vieux », le candidat de la gauche radicale pourrait possiblement se rendre davantage audible auprès d’une partie de cet électorat clé.

Il s’agirait, enfin, comme l’énonçait l’intellectuelle et militante féministe Simone de Beauvoir dans son essai sur La vieillesse (1970), de « briser la conspiration du silence » autour de « la situation scandaleuse des vieux dans la société », afin qu’un grand débat s’ouvre à l’occasion de cette campagne présidentielle au sujet des nombreuses conséquences économiques et sociales du fait de la seniorisation accélérée de nos sociétés modernes, et de facto aux besoins humains et matériels qui seraient nécessaires de mobiliser pour répondre, enfin, de façon satisfaisante, juste et humaine à  »l’un des changements sociaux les plus importants du 21 siècle ».

Co-auteur de cet article, Hugo Melchior est chercheur indépendant en histoire politique contemporaine, auteur de plusieurs articles sur la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon.

Manuel Cervera-Marzal vient de publier  »Le populisme de gauche. Sociologie de la France insoumise » (éditions La Découverte)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

12 novembre 2021 Manuel Cervera-Marzal

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26 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

île longue (la croix)

missile

Les irradiés de l’île Longue

Sur la base des sous-marins nucléaires en rade de Brest, les employés de la pyrotechnie ont placé les ogives sur les missiles sans aucune protection contre la radioactivité, jusqu’en 1996.

Plusieurs sont tombés malades ou sont décédés depuis. Un collectif se bat pour la reconnaissance de ce lourd préjudice.

Les irradiés de l’île Longue

À l’atelier de la pyrotechnie, sur l’île Longue en rade de Brest, les ouvriers ont longtemps pris leurs pauses juste à côté des ogives nucléaires. « On restait parfois accoudés aux missiles pour casser la croûte », se souvient un retraité. « On avait même un jeu qui consistait à embrasser les têtes », avoue-t-il, accablé.

Enlacer ces armes stratégiques, d’une puissance oscillant entre 110 et 150 kilotonnes, était comme un défi. De 1972 à 1996, certains des ouvriers portaient des chaussures de sécurité et des gants, plus rarement un casque ou une blouse, et c’est tout.

Pourtant, dans l’atelier voisin, les employés du Commissariat à l’énergie atomique, chargés d’assembler les charges nucléaires sur les ogives, étaient équipés de dosimètres mesurant la radioactivité. Ils manipulaient les charges dans un caisson, avec un bras mécanique.

Rien de tel à la pyrotechnie. Les ouvriers de la Direction des constructions navales (DCN) y réceptionnaient les têtes, une fois chargées et scellées, comme de simples colis pour les monter sur les missiles de 12 mètres de haut. Même absence de protection lorsqu’ils embarquaient ceux-ci à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), ou les débarquaient pour la maintenance. Les activités des différents ateliers étaient strictement cloisonnées pour des raisons de sûreté nationale. Et personne ne s’alarmait face à ces disparités.

« À l’époque, le discours de la DCN, c’était que le nucléaire n’était pas plus dangereux que le granit breton. C’est ce qu’on nous répétait pendant notre formation », témoigne Francis Talec, 74 ans. En sweat vert des Sauveteurs en mer, cet homme est un battant. Ancien représentant de la CGT au comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT) pour la pyrotechnie à l’île Longue, il a créé, dès 1999, à peine en pré-retraite, la première Association départementale de défense des victimes de l’amiante (Addeva) dans le Finistère pour soutenir les nombreux ouvriers de l’Arsenal exposés à ces fibres délétères.

En 2013, il a récidivé pour fonder le collectif des irradiés de l’île Longue, qui regroupe une petite centaine d’ouvriers ayant travaillé à la pyrotechnie ou à bord des sous-marins nucléaires. Défendue par Me Jean-Louis Macouillard du cabinet Teissonnière, cette association vient d’obtenir une victoire devant le tribunal administratif de Rennes. Le 20 mai dernier, 13 membres du collectif, vivant dans l’inquiétude permanente de contracter une maladie grave, se sont vu reconnaître un « double préjudice d’anxiété » pour avoir été exposés à la fois à l’amiante et aux rayonnements ionisants, et l’État a été condamné à leur verser des réparations allant jusqu’à 26 000 € pour trente ans d’exposition.

C’est 10 000 € de plus que les réparations maximales prononcées en 2016 et 2017, lorsque les juges avaient reconnu pour la première fois l’existence de « ce double préjudice d’anxiété » pour 13 irradiés de l’île Longue.

Francis Talec se souvient comme si c’était hier du jour où l’alerte a été donnée. C’était le 19 novembre 1996, la DCN avait convoqué un comité d’hygiène et de sécurité extraordinaire. « Le président nous a déclaré que les têtes nucléaires TN75, livrées sur l’île Longue depuis 1993-1994 émettaient des rayonnements plus élevés que les précédentes TN70 ou TN71. » En cause : des rayonnements neutroniques que n’arrête pas la coiffe blindée des têtes et susceptibles de provoquer des cancers. « On était catastrophés ! On a arrêté le travail pendant trois semaines pour exiger des protections », rapporte ce syndicaliste.

Dès août 1996, le CEA et la DCN semblent avoir suspecté ces risques et ont procédé à des mesures de contrôle autour des têtes TN75. Mais à l’époque, la DCN s’active sur l’île Longue pour terminer la préparation du SNLE Le Triomphant. Elle n’informera le CHSCT que quatre mois après.

« Des dosimètres d’ambiance à la pyrotechnie et les dosimètres individuels portés par certaines catégories d’employés (du CEA, NDLR) ont permis d’établir a posteriori que les doses reçues de 1983 à 1996 étaient inférieures aux seuils définis par les normes internationales », soutient aujourd’hui le ministère de la défense. Sauf que « l’affirmation n’est étayée par aucun élément au dossier », a répondu le tribunal administratif de Rennes, dans son jugement du 20 mai dernier.

Pour expliquer que ces rayonnements neutroniques soient passés si longtemps inaperçus, le président de la DCN affirmera devant le CHSCT que jusque-là « les directives écrites n’imposaient aucune disposition particulière pour les TN 70 et TN 71 » et que « les appareils et films utilisés (au CEA) ne permettaient que de mesurer les rayonnements gamma ». Les anciens de la pyrotechnie restent persuadés, eux, que les ingénieurs de haut niveau du CEA connaissaient le processus de dégénérescence radioactive du plutonium, émetteur de neutrons.

Aussitôt après, l’atelier de la pyrotechnie devient une « zone contrôlée » pour les rayonnements radioactifs. Désormais, les tâches sont minutées et zonées en fonction des risques, des points de retrait sont créés où s’abriter dès la tâche accomplie, une formation à la radioprotection est mise en place, des films et des « dosibulles », hélas assez imprécis (1), distribués à chaque ouvrier pour mesurer les rayonnements neutroniques.

« En 1998, quand je suis arrivé à l’île Longue, le traumatisme était encore très fort. On a aidé trois ou quatre jeunes de la pyrotechnie qui voulaient changer de poste à être réaffectés sur Brest », se souvient Jacques Denniel, ancien chaudronnier-tuyauteur et élu CGT du CHSCT.

« On a dû aussi faire poser des plaques en permali atténuant le rayonnement neutronique sur la cabine des routiers qui transportaient les charges nucléairessans protection », rapporte-t-il. Avec d’autres élus syndicaux, il demande une étude épidémiologique concernant tous les personnels de l’île Longue, y compris ceux travaillant sur les sous-marins, à proximité des missiles ou du réacteur. Elle leur est refusée au motif que les faibles effectifs ne donneraient pas de résultats significatifs.

Las, en 2002, un premier salarié de la pyrotechnie décède d’une leucémie foudroyante à 51 ans. En 2005, un mécanicien est emporté par la même maladie à 48 ans. Un appareilleur est touché deux ans plus tard. « Là, j’ai vraiment commencé à m’inquiéter. Je me suis dit merde : il y a un cluster », confie Francis Talec. Depuis, le collectif des irradiés a recensé six employés du site décédés sur dix au total ayant déclaré des maladies radio induites reconnues. Huit travaillaient à la pyrotechnie, un chaudronnier et un soudeur de la sous-traitance intervenaient directement à bord des sous-marins.

Dans la moitié des cas, les tribunaux ont reconnu une « faute inexcusable » de leur employeur, en l’occurrence le ministère de la défense, ce qui entraîne une majoration des rentes. Ce ministère continue d’affirmer pourtant qu’il a respecté la réglementation en vigueur sur la protection contre les rayonnements ionisants

Selon le collectif, 16 autres salariés de l’île Longue ont déclaré des maladies consécutives à des poly-expositions : aux rayonnements ionisants et à l’amiante ainsi qu’à des solvants divers. La Croix a pu consulter une enquête de 2020, non encore rendue publique, menée auprès des anciens salariés de la pyrotechnie de l’île Longue, sous la direction de Jorge Munoz, maître de conférences en sociologie à l’université de Bretagne occidentale.

Elle confirme cette démultiplication des risques. Sur 200 personnes ciblées au départ, 53 ont été recensées « décédées » dont 35 % ayant une maladie professionnelle reconnue. La moyenne d’âge au décès de cette cinquantaine d’anciens salariés est alarmante : 62 ans, soit quinze de moins que l’espérance de vie d’un ouvrier en France (2).

Curieusement, les médecins militaires chargés à l’époque du suivi de ces travailleurs ont « jusqu’en 2003, centré leurs efforts sur l’alcool et le tabac, puis sur l’amiante (après 1996) en ignorant ainsi les risques radioactifs omniprésents », écrit Jorge Munoz. Selon le témoignage d’un ouvrier, le médecin militaire « ne posait pas beaucoup de questions et nous non plus. On remplissait l’attestation pour continuer à travailler et être catégorisé A (directement affectés aux travaux sous rayonnements) ou B (travailleurs susceptibles de recevoir une dose supérieure à 1 mSv. »

Après 1996, des primes ont en effet été attribuées en fonction de la dangerosité des tâches. Elles se sont ajoutées aux primes de « travail sous béton » et de « traversée » pour prendre chaque jour le bateau pour l’île Longue. « Au total, cela représentait 400 € par mois », a confié un retraité à La Croix.

Cumulées avec les salaires élevés des ouvriers d’État de la DCN (3), elles expliqueraient les réticences de certains irradiés à attaquer leur employeur. « On ne mord pas la main qui nous a donné à manger », ont déclaré plusieurs ouvriers ayant refusé de répondre à l’enquête de Jorge Munoz. Ceux réunis au sein du collectif, eux, se battent aujourd’hui pour obtenir l’élargissement de la liste des maladies professionnelles radio induites reconnues. Le tableau 6 de la Sécurité sociale, établi en 1931 et révisé en 1984, n’en reconnaît que trois : la leucémie, le cancer des os et le cancer bronchopulmonaire par inhalation.

Alors que la loi de 2010 sur les victimes des essais nucléaires, complétée par décret en 2012, en liste une vingtaine. « Il est clair que cette reconnaissance devrait être beaucoup plus large. D’autant que les demandes hors tableau, soumises à l’examen d’un comité régional, nécessitent un taux d’incapacité permanente partielle d’au moins 25 % », insiste le docteur David Lucas au Centre de pathologies et environnementales du CHU de Brest, qui suit des anciens de l’île Longue. « Un collègue, ayant subi l’ablation d’un rein suite à un cancer, cotée sous les 25 % d’IPP, s’est vu ainsi exclu du dispositif », s’insurge un membre du collectif.

Désireux de rester anonyme, cet homme lui-même atteint de deux cancers, non reconnus au titre des maladies professionnelles, s’avoue très amer. « Moi, je fumais pas, je buvais pas. J’avais des projets pour la retraite. J’ai dû y renoncer car je ne peux plus obtenir de prêts bancaires. » Sur son ordinateur, il a ouvert un tableau Excel pour tenir le décompte des anciens collègues malades ou décédés. Et laisse éclater sa colère : « On a participé à la dissuasion nucléaire mais nos morts, tout le monde s’en fout. Les militaires bénéficient au moins de la reconnaissance de la Nation ! Au bout du compte, ces missiles auront causé plus de morts pour leur préparation dans les ateliers que sur le champ de bataille. »

(1) Ils seront remplacés par des appareils plus fiables en 2009.

(2) Selon l’Ined, en 2018 l’espérance de vie des ouvriers était de 77 ans et de 84 ans pour les cadres.

(3) Supérieurs d’environ 20 % à ceux des salariés recrutés sous statut privé qui représentent désormais plus de 80 % des effectifs. En 2003, la DCN devient une entreprise privée, aujourd’hui Naval Group.

Brest (Finistère)

De notre envoyée spéciale Sabine Gignoux, 26/07/2021

https://www.la-croix.com/

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24 avril 2021 ~ 0 Commentaire

irlande (dossier)

ireland

Partition (Socialist Worker)

Emeutes (Socialist Democracy)

Princes (l’Etincelle)

Irlande (Socialist Democracy)

Nord de l’Irlande (A l’Encontre)

Ireland (Socialist-Worker Lutte-Ouvrière)

Nord de l’Irlande (Socialist Worker)

Claims of greater loyalist deprivation not supported by statistics

Où va l’Irlande du Nord ?

Emeutes unionistes en Irlande du Nord (Révolution)

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22 avril 2021 ~ 0 Commentaire

npa (ouest france)

npa 29 vertic

Quimper. Le NPA Kemper appelle à manifester contre la réforme de l’assurance-chômage

​Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de Quimper (Finistère) appelle à manifester ce vendredi 23 avril 2021 contre la réforme de l’assurance-chômage.

Le NPA Kemper se joindra au rassemblement prévu ce vendredi 23 avril 2021, à Quimper (Finistère), contre la réforme de l’assurance-chômage.

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de Quimper se joindra ce vendredi 23 avril 2021 au rassemblement prévu Place Saint-Corentin, à partir de 12 h 30, contre la réforme de l’assurance-chômage.

« Le NPA sera dans la rue aux côtés, en particulier, du secteur de la culture et pour l’abrogation de cette réforme de l’assurance-chômage injuste et inique », a fait savoir le parti par voie de communiqué.

1/04/2021

https://www.ouest-france.fr/

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18 avril 2021 ~ 0 Commentaire

« réforme » (tendance claire)

macron

Réforme de l’assurance-chômage: un avant-goût de la thérapie de choc d’un éventuel second quinquennat de Macron

C’est sans doute la réforme la plus abjecte du premier quinquennat de Macron, car elle frappe de plein fouet les travailleurs/ses les plus vulnérables.

Elle devrait susciter une énorme mobilisation qui malheureusement n’est pour l’instant pas au rendez-vous, mais un espoir de convergence se précise pour le 23 avril.

L’apathie des directions syndicales, le contexte sanitaire, et aussi une certaine indifférence des salarié·e·s les mieux protégé·e·s explique qu’aucun obstacle sérieux n’est mis au travers de la route de Macron. Il est important de revenir sur le contenu de cette réforme, de comprendre ce qu’elle annonce, et de réfléchir à nos moyens de nous y opposer.

Trois dispositifs vont s’appliquer à partir du 1er juillet :

  • Augmentation de la durée de cotisation pour ouvrir des droits, de 6 mois sur les 24 derniers mois au lieu de 4 mois travaillés sur 28 mois précédemment ;
  • Dégressivité de l’allocation pour les moins de 57 ans gagnant plus de 4.500 € bruts ;
  • Et surtout un nouveau mode de calcul du Salaire Journalier de Référence (SJR) : le calcul sera basé sur le salaire mensuel moyen (c’est-à-dire en divisant le salaire par tous les jours du mois, travaillés ou non, et ce pendant 24 mois) alors qu’aujourd’hui, seuls les jours travaillés sont pris en compte. Les travailleurs/ses qui auront été en congé maladie ou maternité seront par exemple lourdement pénalisé.e.s

Selon l’étude d’impact de l’UNEDIC du 24 mars, ce sont 1 150 000 chômeurs/ses qui subiraient une baisse des allocations. Parmi elles et eux, 365 000 privé·e·s d’emploi seraient aussi privé·e·s du quart de leur allocation. Pour l’ensemble des chômeurs/ses indemnisé·e·s, la baisse moyenne serait de 17% par rapport à la situation actuelle.

Cette réforme est justifiée au nom de l’incitation au travail, comme si le chômage de masse était de la responsabilité des chômeurs/ses…

Mais elle se fait aussi au nom de la situation économique (mauvaise). Autrement dit, le gouver-nement assume que l’indemnisation des chômeurs/ses soit une variable d’ajustement de la situation économique.

À l’inverse, c’est le niveau des cotisations qui devraient s’ajuster pour garantir aux privé·.e·.s d’emploi un certain revenu de remplacement. Mais pour Macron, le risque doit être portée par les travailleurs/ses (en l’occurrence les chômeurs/ses), et non par les patrons qui doivent être sécurisés dans leurs profits.

D’ailleurs, la « contrepartie » annoncée à la baisse des allocations, le dispositif de bonus-malus pour les employeurs (pénalisant les patrons ayant le plus recours au travail précaire) est purement et simplement reportée à septembre 2022 !

Macron aura alors tout loisir, s’il est réélu, d’enterrer définitivement cette contrepartie. Pire, le gouvernement s’apprête à prolonger, au delà du 30 juin les mesures “temporaires” prises en 2020 pour “assouplir” le marché du travail : règles dérogatoires pour les CDD et l’interim (sur le nombre maximal de renouvellement de contrats), facilités sur le prêt de main d’oeuvre entre deux sociétés, etc. Et le nombre de jours de congés imposés imposés par l’employeur passerait de 6 à 8 !

Affronter les directions syndicales ! Se réapproprier nos syndicats ! Et construire la journée de mobilisation du 23 avril

Depuis plusieurs semaines, un mouvement d’occupation des théâtres s’enracine et se structure. Il faut dire que les travailleurs/ses de la culture sont particulièrement frappé·e·s par la crise, avec la fermeture des lieux culturels. Ils et elles sont également frappé·e·s de plein fouet par la réforme du chômage.

Le mouvement se construit de façon exemplaire avec des Agoras régulières. Tous les lieux occupés (on pourra lire ici l’excellent appel des occupant·e·s de l’Odéon : https://tendanceclaire.org/, ainsi que la CGT Spectacle et SUD Culture Solidaires, appellent à une journée de mobilisation et de grève le 23 avril contre la réforme de l’assurance chômage.

C’est une date importante qui doit permettre un élargissement de la mobilisation. Dans ce sens, les confédérations syndicales ont une responsabilité importante. Pourtant, elles ne font rien pour œuvrer à l’élargissement.

Elles se contentent de recours juridiques, espérant que la justice bourgeoise déjugera Macron et défendra les droits des travailleurs/ses. C’est pathétique et révoltant. Partout, nous devons intervenir dans nos syndicats pour construire cette date de mobilisation et mettre la pression sur les états majors syndicaux afin qu’ils rompent le dialogue social avec le gouvernement et proposent un véritable plan de mobilisation. Cela devrait commencer par un appel interprofessionnel à la grève le 23 avril.

Un second quinquennat serait un massacre pour les travailleurs/ses

En pleine crise sanitaire et économique, Macron s’attaque à celles et ceux qui ont le moins et mobilise l’argent public pour préserver les revenus et le patrimoine des plus riches. Cela en dit long sur le cynisme du personnage.

Une fois la crise sanitaire derrière nous, Macron a d’ores et déjà annoncé la couleur : les dépenses sociales seront coupées sévèrement afin de réduire le déficit public et stabiliser le niveau de la dette. Le gouvernement a en effet repris à son compte les préconisations de la commission sur l’avenir des finances publiques qui est très claire sur ce point.

Macron et son gouvernement cherchent à constituer un bloc susceptible de le porter au second tour de la présidentielle et à imposer une thérapie de choc au pays. Pour ce faire, LREM ne suffit pas. Des négociations sont engagées avec Sarkozy afin de constituer une alliance LREM/LR qui pourrait prendre forme avant l’élection présidentielle avec la nomination de Baroin comme premier ministre.

C’est ce qu’a révélé le Canard enchaîné. Cela répond à une logique politique parfaitement compréhensible : LR et LREM ont le même programme économique. Il serait donc absurde de se diviser et de risquer d’être absent du second tour de la présidentielle.

Par ailleurs, le patronat le plus conscient poussera certainement à la formation d’un tel bloc bourgeois élargi, qui sera dévoué corps et âme à la satisfaction de ses intérêts, prêt à démanteler le socle de la protection sociale en France.

S’opposer et proposer une alternative communiste

Dans l’urgence, il est essentiel de mettre en échec cette réforme de l’assurance chômage. Ce ne sont pas aux travailleurs/ses les plus pauvres de payer la crise. Bien au contraire, un impôt exceptionnel sur les plus grosses fortunes devrait immédiatement être mis en place pour financer les aides d’urgence à destination de toutes celles et tous ceux qui sombrent dans la pauvreté absolue.

Même cette revendication élémentaire n’est pas portée par les bureaucraties syndicales. De façon pathétique, Martinez s’associe avec Duflot pour réclamer une taxe sur les plus riches https://tendanceclaire.org/… pour rembourser la dette Covid ! Autrement dit, on nous propose de taxer les plus riches pour financer une dette publique détenue (via les banques) par les plus riches !

Au-delà de ces mesures d’urgence pour faire face à la pauvreté absolue, il faut penser une sortie du capitalisme, qui permette à chacun·e d’échapper à la peur du lendemain.

Il faut garantir à chacun·e une sécurité économique minimale et une participation effective à la vie sociale, au travail et dans la cité. Dans le domaine de la culture par exemple, la revendication d’un droit politique au salaire à vie monte en puissance https://www.monde-diplomatique.fr, ce qui permettrait aux travailleurs/ses de la culture d’affranchir leurs activités du capital et des subventions d’État.

Pour garantir à chacun·e un salaire à vie permettant la satisfaction des besoins fondamentaux, il faut sortir du mode de production capitaliste et repenser de nouveaux rapports de production permettant le contrôle effectif des travailleurs/ses sur les moyens de production.

C’est le rôle des militant·e·s communistes révolutionnaires que d’incarner, de populariser, de mettre en débat un tel projet de rupture, condition indispensable à la mobilisation effective de notre classe.

18 avril 2021

https://tendanceclaire.org/

Note:

La Tendance Claire est un courant du NPA

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16 avril 2021 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

theatre
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 Construire dès maintenant et touTEs ensemble le 23 avril

Le mouvement d’occupation des théâtres et lieux de culture ne faiblit pas. Toujours en tête des revendications : l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage. 

Des années que la France n’a pas vu de mouvement massif de chômeurs, chômeuses et précaires. Pourtant, on observe une double dynamique : le nombre de contrats précaires se multiplie et tend à devenir la norme des conditions d’emploi ; et dans le même temps, les droits sociaux qui accompagnaient et compensaient cette précarité sont peu à peu détruits.

Historiquement, les intermittentEs du spectacle ont toujours fait exception en parvenant, mobilisation après mobilisation, à empêcher, au fil des années, la casse de leurs droits.

Mais les dernières années ont vu aussi les assistantEs maternelLEs entrer dans ce combat, ainsi que des saisonniers.

Dans le mouvement actuel, notamment à Paris, de nombreux/euses travailleurEUSEs de l’événementiel sont présentEs, ainsi que des guides-conférenciers.

Mais ces convergences, pour foisonnantes et riches qu’elles soient, n’en demeurent pas moins trop marginales, et pas à la hauteur du rapport de force qu’il nous faut construire. Le risque, en l’absence de convergences “durables” avec d’autres secteurs, en l’absence de mobilisation large et inter-professionnelle, est l’étouffement, peu à peu, du mouvement.

Nos efforts doivent donc aller en ce sens dans les semaines qui viennent.

Le 23 avril prochain, tous les lieux occupés, ainsi que la CGT Spectacle et SUD Culture Solidaires, appellent à une journée de mobilisation et de grève contre la réforme de l’assurance chômage. La CGT Spectacle et SUD ont déposé des préavis de grève (voir le communiqué  CGT).

C’est l’occasion à ne pas manquer pour commencer à impulser un vaste mouvement de chômeurs et précaires.

Cette réforme, rappelons-le, est d’une violence inouïe et elle dénoncée par tous les syndicats, y compris la pourtant très conciliante CFDT.

Cette réforme, si elle passe, aura pour conséquence une baisse en moyenne de 40% des revenus des plus précaires : en effet leur taux d’indemnisation ne sera plus calculé sur la base de leur temps de travail effectué, mais sur la base de toute la période travaillée : selon que l’on aura travaillé 6 mois d’affilé ou 3 fois 2 mois pendant un an, le calcul de l’indemnité ne sera plus du tout le même.

Dans le deuxième cas, cela reviendra davantage un petit à côté pour compléter les « petits jobs », pourquoi pas au noir, que ces travailleursEUSEs précaires ne seront plus en mesure de refuser pour pouvoir tout simplement survivre.

Une telle réforme touche évidemment directement les précaires, mais fragilise par là-même tous et toutes les travailleursEUSEs.

Plus « l’armée de réserve du capital » que représentent les sans emploi est proche de la misère, et plus la pression à la baisse des salaires, à l’augmentation des cadences, et aux heures sup non rémunérées est haute.

Cette réforme de l’assurance chômage est un moyen de nous mettre toujours plus à la merci des patrons.

Alors, partout où nous sommes, depuis nos lieux de travail, via nos UD, nos collectifs interluttes, nos AG interpros : construisons la date du 23 avril et jetons les bases d’un mouvement interprofessionnel, pour combattre la réforme de l’assurance chômage !

Marie Prégeant Vendredi 16 avril 2021

https://lanticapitaliste.org/

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13 avril 2021 ~ 0 Commentaire

retraites (pùblico)

macron retraites

La marée des retraités de Catalogne retourne dans la rue pour défendre le système public de retraite.

Le groupe s’oppose au Pacte de Tolède et demande que l’État s’engage à protéger le droit aux pensions publiques.

La marée des retraités de Catalogne s’est à nouveau mobilisée ce lundi, après Pâques, pour défendre le système public de retraite et contre le pacte de Tolède visant à réformer les retraites. Le collectif a repris les concentrations hebdomadaires sur la place de l’université à Barcelone pour protester, notamment, contre ce qu’ils considèrent comme des tentatives de privatisation du système de retraite.

Dans des déclarations à Efe, Conchita Ribera, porte-parole de la Coordination de l’État pour la défense du système public de pensions (COESPE) et membre de Marea Pensionista, a dénoncé que, dans le Pacte de Tolède, « il y a des recommandations qui vont à l’encontre du système public de pensions ».

M. Ribera a indiqué que sa pétition visant à exiger du gouvernement un audit indépendant de la sécurité sociale, qui a déjà recueilli près de 150 000 signatures sur la plateforme Change.org, a le soutien de partis tels que EH Bildu, la CUP et Esquerra Republicana.

La 16e recommandation du Pacte de Tolède envisage le financement de fonds de pension privés.

Pour sa part, Ramon Franquesa, militant et porte-parole de Marea Pensionista de Catalunya, a déclaré à Efe que la recommandation numéro 16 du Pacte de Tolède, qui envisage le finance-ment de fonds de pension privés, est « une erreur et une menace pour la durabilité du système ». « C’est un retour en arrière qui remet en cause le système public de retraite », a critiqué Franquesa.

Ribera et Franquesa ont toutes deux reconnu que le plan Toledo porte préjudice aux femmes retraitées et contribue à l’écart entre les sexes. « Les femmes, en particulier les veuves, sont dans une situation de misère », a déclaré le porte-parole de Marea Pensionista de Cataluña.

Aussi, les deux militants ont exprimé la volonté du collectif d’organiser une mobilisation comme celle qui s’est tenue en 2018 à Madrid  » lorsque la situation le permettra  » pour remettre les signatures recueillies en faveur des propositions de la Marée des retraités.

Le collectif a annoncé qu’il se réunira avec le PSC ce mercredi au siège du parti pour expliquer les raisons de son opposition au Pacte de Tolède et a déclaré que « nous continuerons à lutter et à descendre dans la rue ».

12/04/2021

https://www.publico.es/

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25 mars 2021 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

une

Occupations dans la culture: «Pas de réouverture sans droits sociaux pour toutes et tous»

Plus de trois semaines après le début du mouvement, parti du théâtre de l’Odéon, le nombre de lieux culturels occupés a connu une véritable explosion : 72 occupations alors que nous écrivons. Une vague puissante et rendue visible, notamment autour des performances de plusieurs artistes et syndicalistes à la cérémonie des Césars.

Lactrice Corinne Masiero, occupante du théâtre Sébastopol à Lille, a ainsi focalisé toutes les attaques sexistes et les procès en bon goût venus de la bourgeoisie réactionnaire. La ministre, ironie suprême, s’est lamentée publiquement de voir les travailleurEs de la Culture « piétiner leur outil de travail » !

La même qui met en œuvre une casse organisée et une précarisation de nos métiers… et qui devrait peut-être commencer par se préoccuper du respect des conditions sanitaires par elle-même et son entourage. Rappelons ici que les occupantEs savent mieux que quiconque, à commencer par le gouvernement, comment prendre soin de leurs outils de travail et de la santé de toutes et tous, car ils et elles le font au quotidien.

Multiplication des occupations et des situations

Une des difficultés aujourd’hui rencontrées par le mouvement est le décalage de temporalité entre les premiers lieux à être entrés dans la lutte et ceux qui en sont à leur première semaine, voire leurs premiers jours. Les discussions y sont évidemment différentes, à la fois en termes d’organisation mais également sur l’appréciation de la situation. Une occupation longue crée le temps des discussions et des élaborations politiques, mais également celui d’une proximité et d’une fatigue physique et émotionnelle.

Les nécessités et les urgences ne sont pas les mêmes… et par ailleurs toutes les occupations ne se ressemblent pas ! Il y a nécessité pour ce mouvement d’avancer à plusieurs vitesses, en tirant vers une centralisation démocratique mais sans pour autant « aller trop vite », en laissant à celles et ceux qui rejoignent le mouvement le temps de la construction.

Malgré les diversités des situations selon les villes, les occupations sont quasi partout consenties par les directions et parfois même impulsées ou organisées par elles en lien avec les mairies. Le rapport de forces traversant nos milieux et les tensions politiques existantes au sein de ce mouvement y sont parfois floues. Une situation par ailleurs à l’image d’une difficulté propre au milieu qui sous prétexte de « la grande famille du spectacle » a tendance à essayer de gommer et réduire au silence les rapports de domination et d’exploitation. Un autre enjeu classique des dernières cérémonies des Césars d’ailleurs !

Au premier rang de ceux qui mènent cette politique du « rassemblement » derrière les directions d’établissement et le gouvernement : le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac). Leur initiative de mobilisation, un rassemblement appelé ce samedi, symboliquement devant le théâtre de la Colline (plutôt que l’Odéon), avait un titre qui laissait peu d’ambiguïté : « Pour une refondation de la politique culturelle : appel à un nouveau contrat républicain. »

Occuper, à tout prix ? 

Les contradictions de ces situations, ainsi que les nombreuses contraintes d’occupation liées à la situation sanitaire, polarisent une attention énorme et un temps logistique considérable, y compris en termes de discussions. Concrètement, le risque que les occupantEs se retrouvent à une poignée à dormir sur place sans que cela puisse être lié à un enjeu d’ouverture du lieu en journée vers l’extérieur est présent.

L’impératif d’élargissement de ce mouvement est-il toujours compatible avec le maintien d’une occupation qui n’est parfois que symbolique ? La question se pose dans un certain nombre de lieux.

Pourtant le potentiel de ce mouvement et ses tâches sont aujourd’hui nombreuses et enthousiasmantes ! Il existe un véritable enjeu de consolidation, d’abord pour nous à la base : comment faire pour relayer ces revendications dans les secteurs culturels pour que le mouvement y devienne majoritaire ?

Il existe par exemple aujourd’hui de nombreuses luttes isolées de précaires de la culture dans les bibliothèques et le secteur patrimonial. Elles ont évidemment toutes leur place au sein du mouvement.

Occupons partout 

La revendication centrale du mouvement, autour du retrait de la réforme de l’assurance chômage, est au cœur de l’enjeu de l’élargissement. Il est d’ailleurs symptomatique de voir les rassemblements et parfois même les occupations d’agences Pôle emploi se développer ! Tout en portant des revendications propres au secteur culturel, la force du mouvement réside en effet dans l’enjeu du retrait de cette réforme.

Toutes les intermittentEs du travail sont évidemment touchées par cette crise et le seront encore plus par cette réforme inique qui vise à réduire encore l’accès aux droits et le montant des indemnisations des plus précaires et pauvres !

Les vendredis de la colère

C’est le sens de l’appel lancé par le collectif constitué de dizaines de lieux d’occupation et d’interluttantEs à travers le pays : les « vendredis de la colère » contre la réforme de l’assurance chômage. Selon leurs propres mots : « Nous, occupantEs des lieux de culture, affirmons que notre lutte dépasse les revendications du secteur culturel et appelons à la mobilisation générale contre le projet de réforme de l’assurance chômage. »

Ils et elles appellent ainsi à des journées d’actions et de mobilisations partout, où pourront converger l’ensemble des secteurs touchés par les licenciements et la crise… Il y a urgence à ce que l’ensemble du monde du travail se saisisse de cette date, et des suivantes. Contre ce gouvernement autoritaire, assassin, plus que jamais : il est temps de cultiver nos luttes !

Manon Boltansky Hebdo L’Anticapitaliste (25/03/2021)

https://lanticapitaliste.org/

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