Archive | Retraites

22 février 2019 ~ 0 Commentaire

9 mars gilets roses (cgt)

cgt3

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07 février 2019 ~ 0 Commentaire

marins pêcheurs (fr3)

retrauite

Retraites

Les marins et leurs veuves victimes de discriminations selon la CGT

Les marins et leurs veuves sont victimes de discriminations face aux maladies de l’amiante par rapport aux salariés du régime général, a dénoncé mercredi l’Union fédérale des pensionnés et veuves de la Marine marchande (UFPVMM), affilié à la CGT.

« On ira jusqu’au bout pour qu’on mette les marins et les veuves sur un même pied d’égalité » que les salariés du régime général, a assuré Christian Le Signe, secrétaire général de l’UFPVMM CGT lors d’une conférence de presse. Les marins et leurs veuves dépendent du régime social de l’ENIM (Etablissement national des invalides de la marine) et non du régime général.

Les marins plus vulnérables

« Il y a une réglementation en France qui est différente en fonction du métier qu’on fait, alors que (l’exposition à l’amiante, ndlr) est une faute professionnelle reconnue. Ce n’est pas normal, c’est inhumain ! » s’est emporté Christian le Signe. Il dénonce notamment le fait que les salariés du régime général peuvent engager une action en justice pour faute inexcusable sans délai de prescription, tandis que les marins ne peuvent le faire que depuis 2011 et avec un délai de prescription de deux ans.

L’UFPVMM (commerce et pêche) réclame en outre la possibilité pour la veuve d’un marin décédé de l’amiante de cumuler pension de retraite anticipée (PRA) et pension d’invalidité pour maladie professionnelle (PIMP).

« Mon mari pour une raison tout à fait indépendante (à l’amiante, ndlr) a été déclaré inapte à la navigation et a obtenu une retraite, mais réduite de 2% par année manquante, soit de 13% inférieure à celle d’une personne ayant eu une carrière normale. Il est décédé d’une maladie professionnelle sans aucune indemnisation« , a expliqué Marie Jo Roudaut, dont le mari est décédé en 2008 à l’âge de 60 ans.

La présence d’amiante à bord des navires français est interdite depuis 1998.

07/02/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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06 février 2019 ~ 0 Commentaire

ehpad (regards of)

« L’Etat ferme des EHPAD publics

Et fait donc de la vieillesse une manne financière pour le privé »

Elle vient de sortir « EHPAD, une honte française » chez Plon. Elle est aide médicopsychologique, militante CGT et elle brigue son premier mandat aux prochaines élections européennes sur la liste de la France insoumise. Anne-Sophie Pelletier est l’invitée de la Midinale.

 Sur la manifestation de mardi 5 février avec les syndicats et les gilets jaunes 

« Enfin, il y a une véritable convergence des luttes. » « Nous avons tous, je ne dirais pas un ennemi commun mais un peu quand même : le gouvernement Macron et ses politiques actuelles. » « Si aujourd’hui, avec les syndicats, les mouvements, les gilets jaunes, on arrive à porter la lutte pour de la justice sociale, de la justice fiscale, de la justice écologique, je pense qu’il y aura un acte 13, 14 et 15 ! »

 Sur la prise en charge de nos personnes âgées 

« Nos personnes âgées sont notre culture commune. » « Il faut prendre en soin les personnes âgées dans la dignité qui leur est due. » « Aujourd’hui, la dignité et l’humain sont sacrifiés sur l’autel de la rentabilité de grands actionnaires. » « Dans les EHPAD comme à domicile, on manque de temps pour s’occuper correctement de nos personnes âgées. » « Les soignants sont aussi maltraités et portent la culpabilité de ne pas réussir à faire leur travail correctement. »
« Les prescriptions de travail sont maltraitantes. » « Il y a tout un système de maltraitance institutionnelle qui se pérennise depuis des années. »

 Sur les responsables de la situation actuelle de nos personnes âgées 

« Les gouvernements successifs sont les premiers responsables puisqu’il n’y a eu aucune politique d’anticipation mise en place pour la vieillesse. » « Les gros actionnaires de certains groupes – qui ne sont pas des philanthropes – malmènent à la fois les soignants, les familles et les personnes âgées : ils sont là pour faire du profit et pas pour s’occuper des gens. » « La vieillesse dépendante fait peur et personne ne veut la voir : les personnes âgées sont soit au domicile soit en EHPAD et, dans les deux cas, on ne les voit pas si on n’y travaille pas. »
« La société est jeuniste donc c’est le regard de la société qu’il faut changer. » « L’Etat ferme des EHPAD publics, laisse la possibilité au privé de s’installer et fait donc que la vieillesse est une manne financière qu’on appelle l’or gris. »

 Sur ce qu’il faudrait faire pour nos personnes âgées 

« Il faudrait plus d’argent pour nos aînés. » « Il faudrait revoir les montants des allocations personnalisées d’autonomie parce qu’elles ont très peu évoluées. » « Il faudrait aussi plus d’argent en termes de moyens humains : les soignants ne sont même pas forcément dans une demande d’une réévaluation de leur salaire mais veulent pouvoir mettre de l’humain dans leurs soins, ce qui est la quintessence même de leur travail au-delà de leur technicité. » « Nos personnes âgées s’habituent [à être maltraitées] et c’est terrible parce que cette habitude ne devrait pas exister. » « Les soignants, eux, ne s’habituent pas à faire leur travail dans les conditions qui leur sont demandées. » « Il faut que les soignants et les familles osent parler. »

 Sur la grève de 117 jours à l’EHPAD des Opalines 

« Le mouvement de grève des Opalines, c’était de regarder dans son rétroviseur de conscience et de se dire “quel est le sens de mon travail aujourd’hui ?” » « Dans les EHPAD, on appelle les personnels soignants “les courants d’air”. » « Cette grève, c’était un mouvement de la dignité aussi bien pour les personnes âgées que pour les aides-soignantes, les aides médico-psycho-logiques qui sont trop souvent considérées comme des invisibles. » « C’était une grève des invisibles. » « Aujourd’hui, la situation s’est un peu améliorée : un laboratoire de bien-être au travail a été mis en place et des postes ont été recrutés. » « Ca n’est jamais assez : à moins de s’appeler Benjamin Button, nos personnes âgées vont vers une régression de la pathologie et, avec un nombre de soignants constant et des pathologies plus lourdes à prendre en charge, il y a un problème. » « Dans les établissements privés à but lucratif, ils pourraient embaucher du personnel sur leurs fonds propres mais ce n’est pas fait car ils ne se basent que sur les dotations de l’ARS. »

 Sur les limites du syndicalisme 

« Les limites du syndicalisme, c’est de se battre avec des lois et un code du travail détricoté par des ordonnances et ne pas y arriver. » « Plutôt que de me battre avec les lois, mon époux m’a dit : change les. »

 Sur ce qu’elle fera si elle est élue députée européenne 

« Si je suis élue, je vais m’acharner à ce que nos services publics ne soient pas démantelés. »
« L’Europe est vieillissante et c’est nombre de personnes âgées qui vont arriver sur le marché – et j’utilise volontairement ce terme parce qu’aujourd’hui, c’en est un. »

http://www.regards.fr/

Lire aussi:

Aide aux personnes âgées. Les syndicats réclament « des mesures immédiates » à l’Élysée (OF)

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28 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

jeudi 31 janvier retraités (of le-tél)

dignas

Finistère. Les retraités

Se préparent à manifester, jeudi 31 janvier à Quimper

Les syndicats de retraités du Finistère appellent à manifester le jeudi 31 janvier 2019, à Quimper. Ils dénoncent la politique fiscale du gouvernement et les réformes sur les retraites.

« Nous sommes toujours en colère ! » En 2019, les syndicats de retraités du Finistère ne lâchent rien. Une manifestation départementale est prévue à Quimper le jeudi 31 janvier 2019, à l’appel de l’intersyndicale, dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation. Le rassemblement est prévu à 10 h 30, place Saint-Corentin.

Des mesures qui ne suffisent pas

Les annonces récentes de l’exécutif n’ont pas satisfait les syndicats. « Le gouvernement a reculé en baissant la CSG pour certains retraités, mais ces solutions ne suffisent pas , déclare Claude Lepage, du syndicat CGT et retraité de la SNCF. Nous voulons que tous les retraités soient exonérés de l’augmentation de la CSG. » Parmi les autres revendications pour les militants : l’indexation des retraites sur les salaires, et non sur l’évolution des prix, et une revalorisation immédiate des pensions de 300 €.

Les syndicats veulent le retour de l’ISF

Les militants dénoncent la politique fiscale d’Emmanuel Macron et demandent également le retour de l’Impôt sur la fortune (ISF). « On taxe les retraités, mais pas les entreprises ou les grandes fortunes , s’indigne Marie-Andrée Bernard, de la CGT. Il faut une redistribution des richesses pour combattre la pauvreté. Ce que nous demandons n’est pas égoïste mais participe à l’économie du pays. »

« Les pensions baissent mais les frais augmentent »

En 2019, la revalorisation des pensions est prévue à hauteur de 0,3 %. Un « mépris » pour les retraités. D’après les syndicats, le gouvernement ne prend pas en compte les frais d’un foyer comme l’eau, le gaz ou l’électricité : « Les pensions baissent mais ces frais augmentent » , déclare Raymond Biger, de Solidaires retraités.

« On souhaite être reconnus »

Les syndicats regrettent un manque de considération de la part des politiques. « Il est temps que le gouvernement accepte d’écouter. Les retraités sont légitimes à négocier ce qui les concerne, on souhaite être reconnus » , déclare Michelle Jézéquel, de CGT-FAPT. Les autres militants ac-quiescent. « Nous avons contribué à la création de richesse en France, la retraite est un droit. »

Yuna COJEAN. 25/01/2019

https://www.ouest-france.fr/

dignas.jpg kemper

Commentaire: FO mobilise aussi

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28 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

audierne ehpad (cgt)

ehpad audierne

A l’Ehpad d’Audierne le personnel débraye 2 jours par semaine depuis le 11 Décembre 2018

Leur direction ne veut rien entendre: elle leur supprime 11 jours de RTT.

Ceci prépare une fusion programmée avec l’Ehpad de Pont-Croix:

Le personnel de Pont-Croix subira le même sort (même si la CFDT minimise et
accompagne la politique de la direction).

Si cela s’applique à Pont-Croix et Audierne, il sera difficile aux personnels de Douarnenez et Chateaulin dépendant de la même direction (ARS et Hôpital de Douarnenez) de ne pas
subir le même sort.

audierne

Appel à manifester pour soutenir le personnel de l’Ehpad,              Jeudi 31 Janvier à 16h Audierne                                                         Place du Général de Gaule (près d’Aquashow, du centre des
pompiers d’Audierne et d’une salle omnisport).

Ehpad de la baie d’Audierne en souffrance (Pétition)

Lire aussi:

Dépendance: «On sous-estime la réalité inimaginable des Ehpad»(A l’Encontre).

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26 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

ehpad (le monde)

Mathilde Basset, infirmière, a récemment quitté son poste au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Elle raconte son expérience dans un livre, J’ai rendu mon uniforme. Il suffit d’en lire un extrait pour saisir la détresse qu’elle a vécu : « Je sens que cette journée va mal tourner, car je suis seule infirmière pour 99 résidents. J’appréhende. Mais je ne dis rien. Nous sommes toutes dans le même bateau. »

Manque de personnel, mauvaise organisation, budgets limités… le travail en Ehpad est difficile pour le personnel soignant. Sous pression et à bout de force, nombreux sont ceux qui, comme Malthilde Basset, craquent. Et les conséquences se font sentir sur les résidents. Le manque de personnel est régulièrement considéré comme l’une des principales causes des cas de maltraitance au sein des Ehpad.

En janvier 2018, le personnel des Ehpad s’est mis en grève. Le but : interpeller le gouvernement sur le manque de moyens et la mauvaise gestion de leurs établissements. Pour répondre à la colère des personnels des Ehpad, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé dès janvier  2018 une série de mesures. Recrutement d’infirmiers de nuit, rénovation d’Ehpad vieillissants, renforcement du nombre d’équipes mobiles de gériatrie… Ces annonces ont été présentées comme une première étape à un plan sur le vieillissement et la dépendance qui devrait aboutir début 2019.

LE MONDE 25 01 2019

https://www.lemonde.fr/

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07 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

retraites complémentaires (npa)

retraite

Complémentaires

Les retraitéEs victimes du gouvernement, du patronat et de complices syndicaux

L’accord sur les retraites complémentaires des salariéEs du secteur privé conclu le 30 octobre 2015 entre le MEDEF, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT est entré en vigueur ce 1er janvier.

Les effets sont immédiats : les actifEs cotisent plus, ils et elles devront travailler plus longtemps pour ne pas toucher une retraite trop misérable, et le montant des pensions diminue. Et d’autres conséquences se feront sentir si la mobilisation ne fait pas échec à la contre-réforme des retraites de base qui pourrait être votée cet été.

Anticipation

Le système des retraites de base (les retraites versées par les régimes de Sécurité sociale) est en annuités : le montant de la pension dépend principalement du montant des salaires soumis à cotisation et de la durée de la durée de la carrière. Les retraites complémentaires fonctionnent selon un système à point. Le montant de la pension dépend du nombre de points accumulés durant sa carrière et de la valeur du point attribuée chaque année par la caisse complémentaire après agrément par le gouvernement.

Le projet qui devrait être débattu au Parlement cet été a pour objectif de faire basculer le système d’annuités en un système à points, satisfaisant ainsi une vieille revendication du patronat.

La fusion entre l’AGIRC (couvrant l’ensemble des salariéEs) et l’ARRCO (spécifique aux cadres) prévue par l’accord de 2015 est effective aussi depuis le 1erjanvier. Cette disposition va égale-ment favoriser l’application du projet Macron-Medef qui prévoit un régime universel et la fusion de tous les régimes actuels.

Régressions sociales

Les signataires de l’accord affirmaient que « personne n’y perdra ». La cotisation « salariale » a augmenté de plus d’un demi-point (0,56%) au 1erjanvier, la cotisation patronale ne change pas.

La revalorisation de la valeur du point est, depuis l’accord de 2015, inférieure d’un point au taux de l’inflation et s’applique au 1ernovembre au lieu du 1eravril, tandis que les pensions des régi-mes de base augmenteront de 0,3% au 1er janvier, alors que l’inflation en 2018 serait de 1,8% selon une estimation de l’Insee.

Jusqu’en décembre 2018, les salariéEs qui bénéficiaient des droits à la retraite de base à taux plein percevaient également l’intégralité de la retraite complémentaire. Depuis cette année  il subissent une diminution de 10% de cette pension pendant trois, et au plus tard jusqu’à 67 ans. C’est un recul de fait de l’âge de départ à la retraite pour toutes celles et tous ceux qui perce-vaient des bas salaires, en majorité des femmes. Les personnes chômeuses au moment de partir en retraite sont très nombreuses, et elles n’auront pas d’autres choix que de subir ce malus.

La seule « avancée »du protocole de 2015 concerne la modification des règles concernant les pensions de réversion versées aux veufs et veuves. Cadres et non cadres pourront en bénéficier dès 55 ans sans minoration, alors qu’auparavant il n’était pas possible de percevoir avant 60 ans sans minoration cette pension versée uniquement par l’AGIRC.  Mais il est à craindre que cette disposition ait été prise dans le but de réduire ou de supprimer la pension de réversion du régi-me de base dans le cadre de sa réforme, le gouvernement restant très flou sur le sujet.

Jaunes, verts ou rouges… la défense des retraites est aussi une raison de se mobiliser !

S. Bernard  Lundi 7 janvier 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Retraites : non à la baisse des pensions ! (LO)

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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

retraites (france info)

retrauite

Nancy : une retraitée lance une pétition en ligne pour le pouvoir d’achat

Et recueille plus de 84 000 signatures

Francine Vergon demande notamment l’indexation des retraites sur l’inflation, et elle est déterminée.

Le 17 décembre dernier, Francine Vergon, retraitée de 68 ans, vivant à Nancy (Meurthe-et-Moselle) avec une pension de 954 euros par mois, a lancé une pétition pour demander l’indexation des retraites sur l’inflation. Elle a déjà recueilli plus de 84 000 signatures, rapporte France Bleu Sud Lorraine Sud.

« Ma situation n’est pas florissante mais je pense surtout aux retraités qui ont moins ou rien du tout », témoigne-t-elle. « Je connais des personnes avec 600 euros par mois qui font les poubelles », a-t-elle confié. Ma fille me propose parfois de me faire un plein de nourriture, mais je n’aime pas ça, j’ai aussi du respect pour moi.Francise Vergnon, retraitée nancéienne

Francine Vergon ne sera pas concernée par l’exonération élargie de la hausse de la CSG. Sont concernés les retraités touchant une pension au-dessus de 1 200 euros par mois et qui avaient vu le 1er janvier 2018 le taux de la CSG augmenter de 1,7 points.

« Moi je parle des petites pensions comme moi, raconte-t-elle. Ces gens-là n’ont rien, même pas une miette ! Ils sont lésés, on a rien du tout, même pas une prime. » La retraitée compte dépo-ser sa pétition sur la table des députés locaux. « Mais s’il faut que j’aille à l’Elysée pour l’apporter, j’irai ! », promet-elle.

25/12/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi

« On ne peut plus suivre » : ils sont retraités mais travaillent encore par nécessité économique (France Info)

Et la finance ruinera les retraités (La Brèche)

 

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12 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

déstabilisation (essf)

happy meal

Le mouvement des gilets jaunes déstabilise Macron

Depuis le 1er décembre, la France est entrée dans une crise politique dont Macron espère être sorti avec la déclaration qu’il vient de faire lundi soir.

Le mouvement des gilets jaunes est allé crescendo depuis la mi-novembre. Le dimanche 1er décembre a été un tournant, opérant un basculement de la crise sociale. Les affrontements sur les Champs Elysées à Paris ont été le symbole de cette journée, mais dans toutes les villes le niveau de mobilisation, en moyenne égal à celui de la semaine précédente, a été à un niveau supérieur d’affrontement. Toulouse, Marseille, Le Puy en Velay où la préfecture a été attaquée par les gilets jaunes….

Partout cette radicalisation a été de pair avec la généralisation des mots d’ordre « Macron démission ».

Les images de la police chassée de l’Arc de Triomphe, tagué et occupé par les gilets jaunes ont fait le tour du monde, cristallisant la crise politique, la déstabilisation personnelle de Macron. Parallèlement, avant le 1er décembre, le soutien au mouvement des gilets jaunes a opéré une polarisation de classe encore plus importante, rassemblant clairement les classes populaires, et se voyant opposé aux classes les plus urbaines et les plus aisées.

Dans les jours précédents le 1er décembre, dans une série de villes s’est affirmée une conver-gence avec des secteurs du mouvement syndical, que ce soit par des rassemblements au moins en partie communs à l’occasion des manifestations du 1er décembre pour les droits des chômeurs prévues de longue date par la CGT, mais aussi par des appels directs de sections syndicales d’entreprises du privé, de la SNCF, de la Poste à rejoindre les manifs des gilets jaunes.

Ainsi, malgré la caricature initiale véhiculée dans les rangs du mouvement syndical, de la gauche sociale et radicale, stigmatisant un mouvement « jaune-brun », petit à petit s’est affirmé le contenu social des exigences du mouvement et son caractère certes mélangé socialement, mais avec une grande prépondérance des classes populaires. Donc des digues se sont brisées dans le camp populaire, ouvrant la voie à une convergence et donc à un changement dans le rapport de force.

La question du « pouvoir d’achat » a progressivement glissé de la seule question de la hausse de la taxe carburant, à la question générale des taxes, à la fiscalité indirecte frappant les clas-ses populaires, mettant en regard la suppression de l’ISF et les cadeaux fiscaux pour les plus riches. Explicitement la question de la répartition des richesses est apparue dans de nombreu-ses déclarations et mots d’ordres des gilets jaunes. La question des pensions, des attaques contre les retraites, celle des salaires, du SMIC sont venus au premier plan, permettant que se fasse le lien explicitement avec les revendications ouvrières.

Donc avant même le 1er décembre, la dynamique était une dynamique de classe, margina-lisant l’extrême-droite, non pas dans son audience parmi une partie des gilets jaunes mais dans l’écart avec ses thèmes de prédilection : l’immigration comme cause de tous les maux, « le matraquage fiscal », mettant dans le même sac les impôts et toutes les taxes payées par les classes populaires ou le patronat et l’attaque démagogique contre les fonctionnaires.

Après le 1er décembre, nous sommes entrés dans une crise politique profonde.

Dos au mur, Macron et les députés de En Marche ont vu fondre le peu de soutien populaire qui leur restait, réduit au dernier carré des possédants. Macron a commencé à craquer, en voyant que son image de président populaire a été détruite au niveau international, et en voyant que même la violence des affrontements du 1er décembre ne réduisait pas le soutien populaire. Le 1er ministre, Edouard Philippe, en panique, annonçait au lendemain du 1er décembre, la suspension pour 6 mois de la taxe carburant, puis son annulation pour 2019.

Mais comme le dit la presse, c’était « trop peu et trop tard » !

Non seulement les gilets jaunes n’ont pas été satisfaits de ces premiers reculs sur les hausses de taxes, mieux cela a encouragé à continuer et toutes les catégories sociales attaquées de-puis au moins deux ans et mises en échec en ordre dispersé ont commencé à entrevoir l’occa-sion de faire entendre leur voix : agriculteurs, chauffeurs routiers, salariés des ports et dock … Aussi le gouvernement, en commençant à reculer, a voulu dramatiser la situation, agitant la menace du chaos, du putsch, évoquant le spectre de l’extrême droite, essayant ainsi de casser le soutien populaire du mouvement et d’éviter une jonction avec le mouvement ouvrier le 8 décembre.

Macron, avant le 8 décembre, a gardé le silence, craignant de cristalliser à nouveau le mécon-tentement, mais a appelé à la rescousse tous les « corps intermédiaires » qu’il s’était lui-même appliqué à mettre à l’écart : députés et sénateurs, maires, directions syndicales, pour qu’elles fassent le boulot de l’appel au calme par de grandes déclarations mettant en avant le « dialo-gue social ».

Les directions syndicales, sauf Solidaires, ont publié une déclaration intersyndicale lamentable « d’appel à l’ordre », déclaration désavouée dans la CGT par un grand nombre de fédérations et d’Unions départementales. Parallèlement, la CGT, sous pression de sa base a appelé à une journée de mobilisation…le vendredi 14 décembre.

Cette tactique a été un échec complet jusqu’au 8 décembre.

Non seulement, les reculs ont été vécus comme un encouragement, mais la jonction a commencé à s’opérer dans les villes et les régions avec des morceaux du mouvement syndical. Ces rapprochements se sont manifestés le 8 décembre dans la rue. Les manifestants ont été aussi nombreux que le 1er décembre, et dans beaucoup de villes se sont mélangés des cortèges de gilets jaunes intégrant des militants du mouvement social et souvent faisant la jonction avec les manifestations climat organisées dans un grand nombre de villes.

Tous ces éléments ont favorisé la radicalisation du mouvement des gilets jaunes sur les exigences sociales, limitant l’impact des éléments d’extrême droite toujours présents dans le mouvement. Parallèlement, entre 100 et 200 lycées sont entrés en grève ou en blocage à la veille du 8 décembre. Ce mouvement, a été la remise en avant des revendications contre la réforme d’accès à l’Université, Parcoursup, et contre une réforme du baccalauréat allant dans le même sens.

Le 8 décembre a donné lieu à de nombreux affrontements dans les villes, notamment autour des préfectures symboles de l’Etat.

La violence et la répression policière ont été décuplées : plus de 1 000 arrestations, donc un grand nombre d’arrestations « préventives », un usage décuplé des agressions des cortèges et des manifestations lycéennes, avec usage systématique des grenades lacrymogènes, des flash balls, blessant des centaines de manifestants. 85 000 policiers ont été déployés contre les manifestants avec des véhicules blindés de police et de gendarmerie.

On est en présence, d’une manière totalement inédite, d’ une offensive générale contre la politique d’austérité et le gouvernement, contre l’ensemble des mesures antisociale, pour des mesures de justice sociale et d’augmentation des salaires, et directement contre Macron. Pour la première fois depuis l’élection de Macron, et même pour la première fois depuis 1995, le rapport de forces a commencé à basculer réellement et toutes les catégories populaires attaquées et souvent entrées en lutte et battues séparément ces dernières années, peuvent voir l’occasion de repartir dans l’action.

Mais, le paradoxe, est toujours que le mouvement ouvrier organisé et même les salarié-e-s, en tant que collectifs dans les entreprises ne prennent pas jusqu’à aujourd’hui le relai par la grève d’un mouvement pourtant très largement populaire et auquel beaucoup de salarié-e-s partici-pent de manière individuelle.

Le 10 décembre, Macron est sorti de son silence pour essayer de donner une image plus « humble » d’un président qui a cultivé la morgue de classe depuis 18 mois et essayer d’étein-dre le feu de la mobilisation. Il a voulu mettre en avant trois mesures spectaculaires sur les pouvoir d’achat : une prétendue augmentation de 100 euros du SMIC, le retour sur la hausse de la CSG pour les retraités ayant un revenu inférieur à 2000 euros, et la suppression de toute fiscalité et soumission aux cotisations sociales sur les heures supplémentaires.

De fait, il n’y a pas même pas d’augmentation du SMIC mais une avance sur une prime complémentaire versée par le budget sous condition de ressources.

Ce qui est spectaculaire est qu’il n’y aucune remise en cause de la politique de classe de ce gouvernement, aucune remise en cause des 40 milliards versés par le budget de l’Etat aux entreprises avec le CICE, ni de toutes les politiques fiscales au profit des plus riches. Aucune remise en cause de la répartition des richesses contres lesquelles s’insurgent les gilets jaunes, les classes populaires les plus touchées par les politiques d’austérité.

De nombreux enjeux vont être sur la table dans les jours qui viennent.

Le gouvernement espère avoir éteint l’incendie et compte sur l’émiettement des gilets jaunes et leur isolement. Tout va dépendre du maintien de sa mobilisation, de sa structuration démocra-tique à la base ; de la jonction et de la mobilisation d’autres couches, dans les quartiers, les entreprises, le mouvement social : arriver à ce que se maintienne la mobilisation, éviter sa divi-sion malgré le matraquage des médias poussant au repli, malgré le silence des directions syndicales confédérales, dépassées par un mouvement social d’envergure, arriver à une offensive générale contre Macron et sa politique.

Léon Crémieux mardi 11 décembre 2018

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

France-débat. «Le fond de l’air est jaune» (Al’Encontre.ch)

Gilets jaunes : « On sent bien qu’Emmanuel Macron n’est pas dans le même monde que nous » (Bastamag)

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02 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

chauffage (révolution permanente)

 crisebox

Quand se chauffer devient un luxe

30% de la population n’a pas les moyens de se chauffer normalement

Avec le retour du froid, le chauffage vient s’ajouter à la liste des dépenses des foyers. 30 % de la population serait contrainte de devoir restreindre leur consommation de chauffage. Pendant ce temps, Engie et EDF ont fait chacun plus d’un milliard de bénéfice net.

Que ce soit au gaz ou à l’électricité, le chauffage représente une dépense considérable pour les ménages.

C’est ce que montrent les chiffres annoncés par le médiateur national de l’énergie, qui révèlent que 15 % des interrogés ont souffert du froid dans leur logement durant l’hiver 2017. Menée sur un échantillon représentatif de 1051 foyers, l’étude montre en effet que 30 % des sondés ont du restreindre leur consommation de chauffage, faute de moyens.

Toujours selon le médiateur, 9 % des foyers ont eu du mal à payer leurs factures d’énergies. Rien de surprenant avec le prix en constante augmentation des énergies fossiles. Le fioul et le gaz naturel entre autres, voient leur prix crever le plafond.

Les causes d’une telle hausse sont notamment la taxation de ces énergies par l’Etat et de mais aussi l’augmentation des tarifs de la part des entreprises distributrices, ainsi qu’une hausse internationale du prix du baril de pétrole qui se répercute sur les consommateurs.

En effet, depuis la privatisation partielle d’EDF/GDF et sa mise en concurrence qu’elle entre-tient elle-même notamment avec Engie et EDF, les deux entreprises vendent toutes les deux de l’électricité et du gaz. Engie a réalisé un bénéfice net de 1,4 milliard d’euros en 2017, EDF de 1,7 milliard en 2017.

Le gouvernement explique l’augmentation du prix du gaz comme un geste de solidarité.

En effet, l’Etat augmente la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) qui est comprise dans le prix de vente du gaz pour financer les chèques énergie. Cette taxe est en hausse de 44 %, voté par le Parlement en 2017, elle va augmenter pendant les cinq prochaines années, pour atteindre 172 % d’augmentation cumulée en 2022.

Les chèques énergie sont sensés permettre aux 4 millions de foyers les plus pauvres de payer leurs factures. Ils s’élèvent à 150 euros mais étant donné que le prix du gaz augmente également pour eux le chèque n’amortit rien du tout.

De fait ce sont encore les plus pauvres qui vont souffrir de l’augmentation des prix et devront encore économiser encore plus de chauffage cet hiver alors que les actionnaires d’Engie et EDF, et les entreprises pétrolières derrière, vont continuer à faire des bénéfices monstres.

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