Archive | Retraites

19 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Retraites : contre l’enfumage, préparons la mobilisation

Comme d’habitude, c’est à la mi-juillet que le gouvernement fait ses mauvais coups… Il a décidé de rendre publiques les propositions du haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye qui prépare une baisse générale des pensions pour la très grande majorité des retraitéEs.

Les préconisations du rapport Delevoye n’ont qu’un objectif :

Réduire le « coût » du droit inaliénable à bénéficier de pensions assurant des conditions de vie à la hauteur des richesses produites, en progression constante alors que les pensions sont en baisse régulière.

L’allongement de l’espérance de vie et les évolutions démographiques rendraient trop coûteux notre système de retraite par répartition. 

En réalité, l’espérance de vie en bonne santé ne progresse quasiment plus en raison de l’aggravation des conditions de travail et de vie et des reculs de l’âge de la retraite déjà engagés.

Quant au financement du système de retraite, la suppression de l’ensemble des exonérations de cotisations patronales, la réduction du chômage et l’égalité salariale hommes-femmes l’assureraient sans problème.

Enfin, les régimes « spéciaux » résultent le plus souvent de la prise en compte de particularités de multiples professions, notamment en terme de pénibilité.

Les présenter comme des avantages voire des privilèges n’a comme fonction que de préparer la liquidation de dispositions prenant en compte, en partie, des conditions de travail particulières. 

Le rapport Delevoye est présenté à grand renfort d’enfumage et de mensonges.

Enfumage avec un prétendu maintien de l’âge légal de départ en la retraite, de fait effacé par la mise place d’une décote pour tout départ avant cet âge.

Le « libre » choix de départ, présenté comme âge d’équilibre, sera en réalité reporté à 64 ans dès la mise en place de la contre-réforme avec une évolution à l’allongement de la durée du travail d’ores et déjà prévu. 

Mensonge dans l’affirmation que le remplacement du système de répartition par le système à points améliorera les retraites.

Ce système ne permettrait pas mieux de compenser les aléas des parcours professionnels, notamment pour les femmes ; le niveau des pensions sera soumis à l’arbitrage, au choix, des gouvernements au fil des politiques d’austérité et des avantages maintenus pour les patrons ; la prise en compte de la pénibilité continuera à être combattue par le patronat.

La transformation du système de retraite a pour objectif de verser des pensions a minima pour l’immense majorité et d’ouvrir un large champ de développement pour les logiques assurantielles privées et accessibles seulement à celles et ceux qui en auront les moyens.

Les organisations syndicales, en particulier celles qui s’opposent à la modification globale du système des retraites, doivent refuser toute poursuite de semblant de discussion, aménagement, concertation.

Il faut engager dès maintenant la construction d’un front unitaire syndical, politique, associatif pour favoriser le développement de la mobilisation qui seule peut faire reculer le gouvernement.

Un gouvernement qui d’ores et déjà envisage de ne présenter son projet de loi qu’après les élections municipales de 2020.

Mais c’est dès la rentrée de septembre que la mobilisation doit commencer à se construire. Les Gilets jaunes ont montré que détermination, radicalité et persévérance peuvent reculer le pouvoir. L’enjeu pour toutes et tous mérite de jeter toutes nos forces dans cette bataille. 

Montreuil, le 18 juillet 2019

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23 juin 2019 ~ 0 Commentaire

retraites st agathon ( cgt sud npa)

pension

COMMUNIQUE UNION LOCALE CGT DE GUINGAMP et SOLIDAIRES TREGOR ARGOAT
 
Le député Yannick Kerlogot a annoncé la tenue d’une réunion sur le projet de réforme des retraites engagé par le gouvernement Macron – Philippe
Cette réforme dont le seul objectif est de faire des économies sur le dos des retraités et des salariés prévoit la mise en place d’un système INDIVIDUEL par points en lieu et place du système de répartition solidaire actuel.Même si celui ci n’est pas parfait en tout, il prévoit une couverture collective qui tourne le dos à un système par capitalisation, de type compte notionnel.
 
Surtout le projet fait glisser l’age de départ en retraite à 64 ans, préparant la fin du régime de départ à 60 ans pour les longues carrières, et même à 62 ans pour la majorité des salariés.
Cette réforme dont le contenu est même opaque pour les experts de la Communauté Européenne, c’est vous dire l’usine à gaz, va produire une baisse générale du taux de liquidation des pensions.
Il va encore précariser et appauvrir plus les précaires, les femmes, les personnes porteuses de handicap, les privés d’emploi etc…
Il va avoir par effet domino un impact sur la revalorisation à long terme des pensions versées aux actuels retraités.
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La CGT Guingamp et SOLIDAIRES TREGOR ARGOAT appellent tous les salariés et retraités à venir manifester leur opposition à ce projet en se rassemblant :
 
MERCREDI 26 JUIN à 20H30 devant la salle LA GRANDE OURSE
de Saint Agathon
 
Salle ou doit se tenir ce débat qui sera comme d’habitude un monologue visant à nous intégrer dans un projet dangereux au nom du  » dialogue social’.
 
Après le grand blabla du « grand débat », ne nous laissons pas endormir par les marchands d’illusion.
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14 juin 2019 ~ 0 Commentaire

brésil (france-info al)

CSP Conlutas est proche de Solidaires

Le Brésil se prépare à la grève générale contre Jaïr Bolsonaro

Le Brésil pourrait être en grande partie paralysé, vendredi, en raison d’un appel à la grève générale contre la réforme des retraites initiée par le président d’extrême droite Jaïr Bolsonaro.

Jaïr Bolsonaro dans la tourmente.

L’économie du plus grand pays d’Amérique du Sud (210 millions d’habitants) pourrait bien être à l’arrêt, vendredi 14 juin. La grève s’annonce particulièrement suivie dans les transports et la quasi-totalité des syndicats appellent à cesser le travail. Il faut donc s’attendre à de fortes perturbations dans plusieurs centaines de villes et d’agglomérations. Par exemple, à Sao Paulo, la capitale économique, il pourrait n’y avoir quasiment aucun bus, aucun métro et aucun train de banlieue.

Les chauffeurs routiers, qui sont également mobilisés et qui pourraient bloquer des routes, représentent un lobby très important au Brésil : 700 000 chauffeurs ! Leur fédération syndicale a voté la grève. Il faut aussi s’attendre à des perturbations dans les aéroports et dans les ports, en particulier celui de Santos qui est le plus grand du continent. En résumé, tout semble annoncer une démonstration de force des syndicats.

La réforme des retraites pour tout le monde sauf les militaires

La réforme des retraites est le sujet au centre de toutes les préoccupations. Sur le papier, rien de très original : comme de nombreux autres pays, le Brésil est confronté à un déficit très important et il est au bord de l’asphyxie financière. La priorité est donc de faire rentrer de l’argent dans les caisses, près de 300 milliards d’euros sur 10 ans. Le gouvernement entend donc repousser l’âge de départ à la retraite : 65 ans pour les hommes, 62 ans pour les femmes. De plus, l’État brésilien veut imposer une durée minimale de cotisations de 40 ans et supprimer certaines niches fiscales, par exemple celle des députés, dont la retraite est confortable.

Le débat parlementaire a débuté en février et le vote final est prévu début juillet. Il faut une majorité des 3/5e pour que le texte soit adopté. Les syndicats, quant à eux, estiment que ce sont les plus pauvres qui vont payer les pots cassés de la réforme. De son côté, le président brésilien, Jaïr Bolsonaro, est embarrassé par la situation politique, car il a bâti son succès électoral, en partie, sur le vote des retraités. Il a donc déjà désavoué, en partie, son ministre de l’économie, artisan de la réforme et il en a aussi profité pour exclure tous les militaires du champ d’application du texte. Pour rappel, Jaïr Bolsonaro est très lié à l’armée. Par exemple, son vice-président est un militaire de carrière.

Les attaques répétées contre l’Université et la recherche

Tout cela crée de la confusion, à l’image de ces six premiers mois de présidence d’extrême droite. Le mouvement de demain pourrait d’ailleurs agréger d’autres colères et d’autres protestations : chez les enseignants et des étudiants, par exemple.

C’est la première cible de Jaïr Bolsonaro et il n’y a va pas de main morte : coupes budgétaires pour les universités (jusqu’à 30% pour certains d’entre elles), limitation drastique des bourses d’étude, volonté de suppression des filières de sociologie et de philosophie, qui sont, selon lui, des « fabriques marxistes« .

Il y a un mois déjà, un million et demi de personnes ont manifesté pour s’opposer contre ces attaques en règle contre l’université et la recherche. De nombreux campus restent bloqués aujourd’hui encore et enfin il y a aussi la colère des populations indiennes qui voient leurs droits remis en cause .Tout cela fait du Brésil de Bolsonaro un baril de poudre.

13/06/2019

https://www.francetvinfo.fr/

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Lire aussi:

Grève générale face à l’offensive de Bolsonaro ! (AL)

Greve Geral 14J, un pas en avant dans la guerre contre Bolsonaro (Esquerda)

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13 juin 2019 ~ 0 Commentaire

ehpad (bastamag)

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Des retraités « inquiets » des conditions de vie indignes en Ehpad s’engagent auprès des soignants en lutte

Le gouvernement a annoncé une loi sur la dépendance et le « grand âge » pour l’automne. En attendant, le sort des soignants ne s’est en rien amélioré dans les maisons de retraites.

Ceux-ci bénéficient d’un soutien inédit

Des retraités, via leurs syndicats, se joignent aux travailleurs des établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) pour dénoncer les réductions d’effectifs, le niveau des salaires, et demander des moyens dignes pour les maisons de retraite. Parce qu’il « il y a des professions où les conditions de vie des gens dépendent des conditions de travail des personnels. Et parce que les Ehpad, c’est notre avenir à nous aussi. »

Du personnel en sous-effectif constant, une prise en charge des résidents qui se dégrade en conséquence… La situation dans les maisons de retraite, les « établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes » (Ehpad), est devenue tellement mauvaise que les personnels du secteur se mobilisent au sein d’une large intersyndicale. Début 2018, ils font grève, dans tout le pays. Les soignants sont soutenus par les directeurs des établissements, qui tirent aux aussi la sonnette d’alarme.

« Depuis, la situation n’a pas du tout évolué. Le secteur est toujours en sous-effectif, la souffrance au travail augmente encore », témoigne Malika Berlabi, aide-soignante dans les Hauts-de-Seine et responsable du collectif national de la CGT-Santé « Accueil des personnes âgées ».

Elle est surprise du soutien que leurs mobilisations recueillent : « Je n’ai jamais entendu une famille nous dire “vous nous embêtez avec vos grèves”. Elles sont avec nous. » C’est que l’enjeu dépasse celui des conditions de travail des soignants. « C’est un enjeu humain », pointe-t-elle.

Et la solidarité s’élargit. Aujourd’hui, des retraités qui, demain, pourraient devoir intégrer une maison de retraite, se mobilisent également. Neuf sections « retraités » de différents syndicats [1], s’engagent depuis plusieurs mois sur le sujet.

« Nous sommes de futurs usagers, directement concernés, et il y a de quoi être inquiets »

« Nous nous sommes aperçus que que chacun d’entre nous, chacun dans son syndicat, avions un parent ou un conjoint en Ehpad. Nous avons constaté que partout, il y avait de gros problè-mes, que le personnel se réduit de plus en plus, explique Philippe Damoiseau, ancien garde-champêtre, membre de la section retraités de Sud. Là où est ma mère, par exemple, il y a 80 résidents, dont la moitié ne peuvent pas se déplacer. Pourtant, la nuit, il n’y a que deux personnes qui y travaillent. »

Rachel Knaebel 13 juin 2019

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11 mai 2019 ~ 0 Commentaire

21 mai (ehpad audierne)

Le 21 Mai soirée au Cinéma le Goyen  (Audierne)

avec le personnel en lutte à 20H

audierne

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26 avril 2019 ~ 0 Commentaire

retraités (ouest france)

pension

Après les annonces d’Emmanuel Macron

Les retraités agricoles se sentent « abandonnés de la République 

Après les annonces d’Emmanuel Macron jeudi, la Confédération Paysanne estime ce vendredi 26 avril, que les retraités agricoles sont « oubliés » par le gouvernement.

La Confédération Paysanne a pris acte vendredi de l’annonce la veille par le président Emmanuel Macron d’une retraite minimale de 1 000 € pour ceux qui ont une carrière complète, mais a estimé que les retraités agricoles restaient les « abandonnés de la République ».

« Le Président vient d’acter qu’il fait de tous ces retrait.és des abandonné.es de la République », a estimé le syndicat agricole, positionné à gauche, dans un communiqué.La Confédération Paysanne « regrette de devoir attendre au 1er janvier 2020 la mise en application qui aurait pu être immédiate ».

Fractures

De plus, « alors qu’il y a plus d’un million de retraités agricoles actuellement en France, alors que le niveau de pension agricole moyen est de 740 € mensuel, alors que le niveau de pension pour les retraités des DOM est encore inférieur, le Président de la République a clairement annoncé qu’il n’avait pas l’intention de corriger la situation passée ».

Pour le syndicat, « ce n’est pas en agissant ainsi que l’on corrige les fractures sur le territoire et dans le corps social. La Confédération paysanne demande la revalorisation immédiate à 85 % du Smic pour les « déjà retraités » de l’agriculture ». La Confédération paysanne rappelle égale-ment que le gouvernement « a écarté la proposition de loi allant dans ce sens en mars 2018 ».

26/04/2019

https://www.ouest-france.fr/

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16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

plastique (reporterre cnrs)

Le plastique est une menace pour la santé

Les déchets plastiques polluent, on le sait. Mais c’est dès sa phase de production, au moment de l’extraction du pétrole, que le plastique est une source de pollution. Un rapport récemment publié parle même de « crise sanitaire globale ignorée, bien que sous nos yeux ». Reporterre vous en résume les principales conclusions.

Si l’on sait désormais que les océans sont saturés de plastique, réalise-t-on que nos corps y sont eux aussi constamment exposés par de multiples voies ? Un dense rapport paru en anglais et peu remarqué en France, nous le rappelle à coup de données, études et chiffres glaçants. Intitulé Plastique et santé, les coûts cachés d’une planète plastique, il a été publié par le Center for international environmental law (Ciel) en février 2019.

« Le plastique est une crise sanitaire globale ignorée bien que sous nos yeux », nous avertit-on dès les premières pages.

« Une étude a trouvé des microplastiques dans les selles de sujets habitant dans des régions du monde variées et aux régimes alimentaires totalement différents », dit David Azoulay, directeur du programme santé et environnement du Ciel. « On voit aussi des bébés naître déjà contaminés par certaines substances associées au plastique. »

Et cela ne risque pas de s’arrêter. Car, autre information mise en avant dès l’introduction du rapport, la production mondiale de plastique a explosé depuis 1950, de 2 millions de tonnes en 1950 à 380 millions de tonnes en 2015. Les deux tiers du plastique déjà produit ont été relâchés dans l’environnement… et y restent.

Le rapport entend aussi changer le regard sur le plastique, longtemps vu comme un matériau inerte : « De plus en plus, la recherche démontre que les mêmes caractéristiques qui en font un matériau […] léger et aux liaisons moléculaires incroyablement durables en font aussi une menace omniprésente, et persistante pour la santé humaine et les écosystèmes. »

16 avril 2019  Marie Astier (Reporterre)

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12 avril 2019 ~ 0 Commentaire

lannion retraités

gwe

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10 avril 2019 ~ 0 Commentaire

retraités cgt (regards)

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24 mars 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes (elabe al’e)

isf

Les «Gilets jaunes» la partie émergée de la crise sociale française ?

Les « gilets jaunes » : un mouvement social inédit

Depuis début novembre 2018 et le début de la contestation des « gilets jaunes », la France connaît un mouvement social triplement inédit.

Il est inédit par sa mobilisation en dehors de tout cadre organisationnel existant (syndicats, partis politiques, associations, etc.). Il est inédit par sa longévité puisque depuis le samedi 17 novembre 2018 les manifestations nationales sont hebdomadaires. Il est inédit par les formes multiples de son expression : réseaux sociaux, pose du gilet jaune sur le pare-brise des voitures, manifestations hebdomadaires récurrentes, tentative de constitution de parti politique.

Il bénéficie depuis le début d’une solide approbation dans l’opinion publique (soutien ou sympathie) : elle dépassait les 70 % en novembre et décembre 2018, puis s’est stabilisée autour de 60% jusqu’à début mars [1]. La dernière étude Elabe du 20 mars 2019 montre que, quatre mois après le début de la mobilisation, 53% des Français l’approuvent (soutien et sympathie). Dans le détail, 24% des Français la soutiennent et 29% expriment de la sympathie pour la mobilisation. A titre de comparaison sur une période récente, la mobilisation sociale des syndicats de salariés de la SNCF au printemps 2018 était approuvée par 34 % des Français le 14 mars, 44 % le 4 avril et 36 % le 23 mai [2].

L’organisation horizontale, fragmentée et en dehors de tout cadre institutionnel classique, ainsi que la multiplicité des modes d’actions, rendent difficile l’étude de cette mobilisation sociale. Qui sont les « gilets jaunes » ? Ce mouvement « des ronds-points » est-il plus mobilisateur sur certains territoires, dans certaines catégories de population ou traverse-t-il toute la société française ? Quelles sont les opinions des « gilets jaunes » sur l’impôt, la justice sociale ou l’Union européenne ? A qui font-ils confiance ?

Sur les 10 010 répondants, sur la période d’interrogation, 21 % se disent « gilets jaunes » soit 2 083 répondants, 47 % ne se disent pas « gilets jaunes » mais soutiennent l’action et les revendications du mouvement, 27 % ne sont pas des « gilets jaunes », et 6 % ne se prononcent pas. Cette proportion de « gilets jaunes » (21 %) est en phase avec les données mesurées par les enquêtes hebdomadaires Elabe/BFMTV qui ont montré qu’en novembre et décembre 2018, 20 % des Français se disaient « gilets jaunes ». Si elle correspond à un pic qui n’a cessé de régresser depuis, nous avons considéré que l’analyse devait justement reposer sur le point le plus haut du mouvement.

Sociographie d’une mobilisation sociale

Parmi les 2 083 personnes qui se disent « gilets jaunes », 53 % sont des hommes et 47 % sont des femmes, et parmi les personnes qui soutiennent l’action et les revendications du mouve-ment 55 % sont des femmes et 44 % des hommes. Cette présence des femmes est un phénomène plutôt rare dans les grands mouvements sociaux, mais fait écho à leur visibilité grandissante dans les manifestations.

Les actifs sont au cœur du mouvement 

Les 50-64 ans 30 % (+5 points par rapport à leur poids dans la population française), les 35-49 ans 28 % (+3) et les 25-34 ans 16 % (+1). Les catégories d’âge 18-24 ans (8 %, -2) et les plus de 64 ans (18 %, -6) sont légèrement sous-représentées. Le mouvement est composé à 57 % de personnes en situation d’emploi (+1 par rapport à la moyenne de l’échantillon interrogé), les personnes à la retraite ou en pré-retraite pèsent pour 21 % (-4), les chômeurs pour 11 % (+5) et les personnes en études 3 % (-3).

Un mouvement des classes populaires 

Les « gilets jaunes » sont majoritairement des ouvriers  (26 % sont des ouvriers, +9 par rapport au poids des ouvriers dans la société française), des employés (21 %, +4) et des retraités CSP- (17 %), qui vivent dans les communes rurales (28 %, +5) et les petites villes de 2 000 à 20 000 habitants (21 %, +3), mais aussi dans les villes de plus de 100 000 habitants (26 %, -3). A l’image de la société française, les « gilets jaunes » vivent à la fois en banlieue (32 %, -4), en ville centre (30 %, -4), dans des zones rurales (27 %, +4) et sont peu présents dans les villes isolées (10 %, +2). 50 % des « gilets jaunes » ont un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat, 28 % ont un niveau de diplôme égal au baccalauréat, et 22 % ont un diplôme de l’enseignement supérieur, ces proportions sont respectivement de 54 %, 16 % et 30 % dans l’ensemble de la population en 2017.

La composition familiale des « gilets jaunes » est très proche de celle de l’ensemble de l’échantillon interrogé, la seule sous-catégorie qui est significativement surreprésentée au sein des « gilets jaunes » est celle des femmes vivant seules avec enfants : elles représentent 12% au sein des « gilets jaunes » alors qu’elles ne représentent que 6% de l’échantillon de Français interrogés.

Par contre, la situation économique des « gilets jaunes » est significativement moins bonne que la moyenne. Leur niveau de vie est de 1 486€ par mois contre 1 777€ en moyenne pour l’échantillon de Français interrogés [7].

Géographiquement, les « gilets jaunes » sont présents sur l’ensemble du territoire national mais la fourchette des Français qui se disent « gilets jaunes » varie entre 28 % en Occitanie ou 27 % en Bourgogne-Franche-Comté et 17 % en Ile-de-France.

Les « gilets jaunes » vivent de manière quasi-permanente une véritable crise du pouvoir d’achat :

– 65 % des « gilets jaunes » ont des fins de mois difficiles (+17 points par rapport à la moyenne des Français) ;

– 69 % ont retardé ou renoncé à des soins de santé lors des douze derniers mois (+18) ;

– 51 % ont été à découvert régulièrement lors des douze derniers mois (+13) et ceux qui le sont le sont en moyenne le 17 du mois ;

– 55 % ont le sentiment que leur situation financière s’est dégradée lors des douze derniers mois (+12).

Par ailleurs, la moitié des « gilets jaunes » cherche systématiquement les prix les plus bas lors de ses courses alimentaires et les deux tiers lors de l’achat de vêtements et de chaussures, ce qui est dans les deux cas fortement supérieur à la moyenne des Français (+15 points).

Un peu plus d’un tiers des « gilets jaunes » a régulièrement du mal à payer ses factures d’électricité (+15), son loyer ou prêt immobilier (+13), et ses impôts et taxes (+14). Mais la crise du pouvoir d’achat chez les « gilets jaunes » s’exprime encore plus vigoureusement sur la question des frais de transports et du carburant.

La moitié d’entre eux a régulièrement du mal à payer ses frais de transports alors que cela n’est le cas que pour un quart des Français. Ceci confirme la place centrale qu’occupe l’utilisation de véhicules motorisés (voiture, moto, scooter) pour les « gilets jaunes » : les trois quarts les utilisent tous les jours (75 %, +9), et presque la moitié plusieurs fois par jour (46 %, +9).  Le pouvoir d’achat est de loin le sujet qui les préoccupe le plus (50 %, +10), devant les retraites (30 %, +4), l’emploi (28 %, +3) et l’immigration (27 %, +4).

Cette croissante fragilité économique nourrit un sentiment presque unanime au sein des « gilets jaunes » de vivre dans une société injuste (87 %, +9) et renforce l’idée selon laquelle la réussite sociale est jouée d’avance (68 %, +5). Ils expriment un profond sentiment de déclassement : 69 % (+17) estiment que leurs parents vivaient mieux qu’eux au même âge.

Cette violence sociale ressentie affaiblit le consentement à l’impôt : la moitié des « gilets jaunes » considère que les impôts et les taxes qu’elle paye sont inutiles (51 %, +16). Leur colère sociale se perçoit aussi dans les sujets qui indignent le plus les « gilets jaunes », qui ne sont que des sujets économiques et sociaux : écarts entre hauts et bas salaires (46 %, +8) et inégalités sociales (35 %, +5), mais aussi fraude fiscale (26 %, +1), précarité de l’emploi (26 %, +4), corruption (25 %, +5) et fraude aux aides sociales (24 %, -3). On observe que seulement 7 % (-1) des « gilets jaunes » s’indignent des inégalités territoriales, preuve de la prédominance des fractures sociales sur les fractures territoriales dans la colère exprimée.

Cette pression économique nourrit non seulement un sentiment d’injustice, mais aussi une défiance très prononcée vis-à-vis des acteurs politiques et institutionnels. Politisation des « gilets jaunes » et scrutin européen.

La forte défiance des « gilets jaunes » vis-à-vis des acteurs institutionnels les conduit logique-ment à être une majorité à déclarer n’avoir de préférence partisane pour aucun parti (33 %) ou à se dire proches de partis politiques protestataires, notamment le Rassemblement National (19 %) et dans une moindre mesure La France Insoumise (10 %).

Lors du 1er tour de l’élection présidentielle de 2017, 29 % des « gilets jaunes » ont voté pour Marine Le Pen, 27 % se sont abstenus, ont voté blanc ou n’étaient pas inscrits sur les listes électorales, et 17 % ont voté pour Jean-Luc Mélenchon.

Lors du 2nd tour, 44% des « gilets jaunes » se sont abstenus, ont voté blanc ou n’étaient pas inscrits sur les listes électorales, 34% ont voté pour Marine Le Pen, et 22% pour Emmanuel Macron.

Il est important de noter que 61% des « gilets jaunes » considèrent que l’appartenance de la France à l’Union Européenne induit plus d’inconvénients que d’avantages (+18 par rapport à la moyenne des Français). Ils sont aussi plus de 6 sur 10 à considérer que l’Union européenne ne maîtrise pas les flux migratoires et ne les protège pas des effets négatifs de la mondialisa-tion. Bien que l’Union Européenne ne soit pas (encore ?) au cœur des revendications du mouvement social des « gilets jaunes », celle-ci pourrait devenir la cible de leur colère sociale dans les urnes.

En conclusion

Les données du Baromètre des Territoires révèlent que les opinions des « gilets jaunes » ne sont ni « atypiques », ni spécifiques par rapport au regard qu’une majorité de Français porte aujourd’hui sur notre société, ses injustices et son incapacité à garantir la promesse républicaine d’égalité et d’ascenseur social.

Ils font cependant partie des Français qui vivent le plus violemment la crise du pouvoir d’achat et expriment avec le plus d’intensité le sentiment d’injustice. Ce double phénomène percute de plein fouet leur vie quotidienne et dégrade ce bonheur personnel qui résiste à la crise chez une majorité de nos concitoyens.

Les « gilets jaunes » ne sont que la partie la plus visible d’une souffrance sociale qui traverse désormais de larges pans de notre société et mine à la fois la confiance dans l’avenir et dans l’efficacité du système politique. (Extraits)

21 mars 2019

https://elabe.fr/

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 «La pauvreté et la précarité sont désormais vécues comme une condition pérenne, impossible à inverser, symptômes d’une reprolétarisation rampante» (A L’Encontre)

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