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21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

«Pour beaucoup, l’islamophobie est devenu un racisme acceptable» (Libération)

«Pour beaucoup, l'islamophobie est devenu un racisme acceptable» (Libération) dans Antiracisme 0islamophobia-cover

Les sociologues Marwan Mohammed et Hajjat Abdellali publient à La Découverte l’ouvrage Islamophobie, Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman». Interview.

Qu’est ce que l’islamophobie ?

Abdellali Hajjat. Au départ, c’est une expérience sociale, c’est une expérience vécue directement par des présumés musulmans. Pas seulement des actes ouvertement islamophobes, mais le fait d’être ramené à son statut de présumé musulman. Aujourd’hui, même si vous êtes une jeune fille française, élevée en France et dans certains lieux, certains métiers vont vous être interdits. C’est une forme d’altérisation reli- gieuse, où l’on va considérer que les discours ou les comportements d’un individu sont déterminés par son appartenance religieuse. Ce sont aussi des discours hostiles aux musulmans en tant que groupe. Avec, derrière, la question de la légitimité de leur présence sur le territoire. C’est la même question qui se posait pour les Juifs. Les discours antisémites du 19 et 20e avaient pour enjeu la légitimité de leur présence sur le territoire. Il y a une logique analogue pour les musulmans qui sont également considérés comme étrangers.

Comment ce mot d’islamophobie est-il devenu un enjeu politique au point que beaucoup, le ministre de l’Intérieur par exemple, refusent de l’employer?

Marwan Mohammed. C’est l’émergence de cette notion en 2003 qui a amené la journaliste Caroline Fourest ou Pascal Bruckner à s’y oppo- ser, en expliquant que le terme d’islamophobie serait une arme utilisée par les intégristes iraniens pour interdire le blasphème et la critique de l’islam. A partir de ce moment là, ce terme qui visait pourtant à décrire les discours et pratiques hostiles aux musulmans est devenu problé-matique. En réalité, le terme islamophobie n’a jamais été inventé par les mollahs iraniens comme le prétendait Caroline Fourest. Il n’existe pas en persan, on doit son origine à des administrateurs coloniaux français du début du 20ème siècle. Mais cette critique initiale a été prescrip- trice, en obligeant les élites politiques à se positionner à son égard. Qui prendrait le risque de légitimer les stratégies intégristes? Or, ce déni du terme d’islamophobie a durant longtemps laissé dans l’ombre l’expérience de l’islamophobie. Et ceux qui la subissent le vivent très mal.

Selon vous, l’islamophobie est finalement la transformation du racisme anti-maghrébin des années 80…

Marwan Mohammed. Il y a en effet des continuités historiques dans le regard porté sur l’indigène, l’immigré et le musulman, il y a égale- ment des ruptures. Mais attention à ne pas les confondre : tous les musulmans ne sont pas magrébins et tous les magrébins ne sont pas musulmans. En outre, quand on observe les données du ministère de l’intérieur, on observe une stagnation du racisme anti-magrébin, qui a toujours représenté la catégorie la plus importante, contrairement aux actes visant l’islam ou les musulmans, dont la progression est très forte. Il n’y a pas de dynamique commune, bien qu’assez souvent origine et religion s’articulent. Le racisme anti-magrébin est beaucoup moins légitimé que l’islamophobie. Les « débats » sur le voile, sur les prières de rue, etc., ont eu des conséquences sur l’intensité des actes islamophobes.  Pour beaucoup, c’est aujourd’hui une forme de racisme acceptable.

Pourquoi la gauche est-elle mal à l’aise avec cette question ?

Marwan Mohammed. Ce qu’on appelle la gauche aujourd’hui n’est pas un tout homogène. Mis à part l’extrême-droite qui a été remise en selle par la montée de l’islamophobie, tous les partis – de l’UMP au NPA – sont divisés sur la question de l’islam. Il y a du malaise partout, car les discours islamophobes sont moins articulés à une rhétorique nationaliste que progressiste, historiquement portée par les gauches d’ailleurs. Je rappelle en outre que les différentes « affaires » du foulard ont souvent été montées en épingle localement par des enseignants se disant de gauche. La première construction politique du « problème musulman » dans les usines Peugeot et Talbot en 1983-84 est l’œuvre du gouvernement Mauroy. Sur le rapport à l’islam, finalement, la droite et la gauche se rejoignent souvent, autour d’une vision de plus en plus restrictive de la laïcité notamment. S’il y a des clivages aujourd’hui, ils portent avant tout sur des conceptions différentes de la laïcité et de la place à accorder l’islam visible : est-ce qu’il faut l’accompagner, le formater, le discipliner ? Ce ne sont bien sûr pas les termes officiels du débat, mais ce sont les enjeux réels. Enfin, le malaise de la gauche provient également de la donne électorale. Au sein de son électorat réel ou potentiel, la gauche compte beaucoup de musulmans et d’électeurs qui leur sont plus ou moins hostiles…

Vous expliquez que l’islamophobie est une construction des élites…

Abdellali Hajjat. Le rapport des élites aux musulmans est intrinsèquement lié au fait que l’immense majorité des musulmans en France appartiennent aux classes populaires. C’est une des grandes différences avec les Etats-Unis ou le Canada par exemple où, même s’il y a aussi des conflits violents liés à des questions d’islamophobie, le fait qu’il y ait des classes moyennes, voire une bourgeoisie musulmane, change les représentations. L’islamophobie en France s’articule très clairement avec un racisme de classe.

Marwan Mohammed. Ce ne sont pas les classes populaires qui construisent le problème musulman tel qu’il nous est présenté. En terme de discours, d’image. Cela ne veut pas dire que les classes populaires ou moyennes ne font pas preuve d’islamophobie dans leur vie quotidienne.Mais on ne peut pas comprendre les réactions hostiles à une femme portant le hijab sans le mettre en rapport avec vingt ans de discours politique et médiatique sur ce sujet. Alice GÉRAUD 21 septembre 2013 à 09:20 (Mis à jour : 21 septembre 2013 à 09:25)

http://www.liberation.fr/societe/2013/09/21/pour-beaucoup-l-islamophobie-est-devenu-un-racisme-acceptable_933528

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20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

L’hirondelle Askolovitch : un automne islamophile ? (Rue 89)

L’hirondelle Askolovitch : un automne islamophile ? (Rue 89) dans Antiracisme musul

Que se passe-t-il ? Voici soudain que se déverse, dans les lieux les plus inattendus, un plaidoyer pour les musulmans opprimés. Sur RTL, au micro de Fogiel. A « C à vous », au micro de Patrick Cohen. Et dès le lendemain, à France Inter, à (l’autre) micro de Cohen. Qui est cet islamophile inattendu et survolté, qui rebondit de plateau en plateau ? Le journaliste Claude Askolovitch, qui publie ces jours-ci chez Grasset « Nos mal-aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas ». Askolovitch ? Le même ami de Val, qui avait lancé la fameuse « affaire Val-Siné », en dénonçant sur RTL Siné coupable d’offense au fils Sarkozy ? Le même qui, dans la foulée, avait été embauché par Lagardère à Europe 1  ? Le même qui a fait un passage éclair au Point, après Le JDD ?

Un automne islamophile ? Oui oui, le même. Le revoilà. Et dans un rôle surprenant : celui de défenseur des musulmans de France, brimés par les réglementations sur le foulard. Et à ses côtés sur le plateau de France 5, dans le rôle de la contradictrice-pas-d’accord-avec-tout-mais-il-y-a-du-vrai-dans-ce-que-vous-dites, Caroline Fourest en personne. Que se passe-t-il ? Val n’est plus dans Val, Charlie n’est plus dans Charlie ? L’hirondelle Asko annonce-t-elle un automne islamophile ? Plus vraisemblablement, l’épiphénomène Asko a tout pour être attrayant. D’abord par le personnage du journaliste : pensez donc, un chroniqueur de RTL, un transfuge du temple de l’islamophobie (Le Point) qui tourne casaque et balance, ça ne se trouve pas tous les jours. D’autant qu’il n’a pas rompu avec fracas, mais dans un désaccord avec Giesbert, assumé dans le respect et la fraternité nécessaires (dans les bonnes feuilles de son livre que propose gratuitement la maison Google, Asko raconte son départ du magazine de « l’islam sans gêne »).

Ensuite, ses armes rhétoriques sont celles de l’adversaire, à commencer par le pathos de l’argumentation. Dans cette construction médiatique de mythologies que l’on nomme « le débat sur le voile », les rôles ont simplement été inversés. Hier, dans l’ex-hebdo d’Askolovitch, le rôle du méchant était tenu par « les parents qui obligent les cantines à servir des repas hallal ». Voici sous sa plume un nouveau méchant : le surveillant de cantine qui oblige les enfants à manger du porc.

Rééquilibrage du tintamarre inverse Quant aux gentilles victimes, elles se bousculent : le « môme », le « gamin », le « gosse », pris en otage par les querelles des adultes ; la « maman » qui porte le voile, et à qui l’on interdit d’accompagner « les gosses » dans les sorties scolaires ; la banquière « qui doit aller prier dans le placard à balais », etc. Quand il ne se consacre pas aux polémiques de plateau, et se rend « sur le terrain », Askolovitch a un talent certain pour explorer les complexités de la société, et son éloge d’aujourd’hui du « musulman pratiquant qui ne demande pas mieux que de s’intégrer » sonne vrai, et fait écho à son éloge, dans un précédent livre, du « militant FN qui n’est pas le fasciste qu’on prétend ».

Ce plaidoyer inattendu transpercera-t-il au-delà de Medialand ? On verra bien. Dans l’immédiat, ne serait-ce que parce qu’il rééquilibre le tintamarre inverse, il fait du bien à entendre.

Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

http://www.rue89.com/2013/09/20/askolovitch-islamophilie-acceptable-245895

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08 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Vive le Québec… laïque ! (CI)

Vive le Québec… laïque ! (CI) dans Religions 0509-dessin

Pauline Marois, chef du gouvernement québécois ( classé » à gauche » Note Du Blog). Dessin de Bado paru dans Le Droit

La charte des valeurs québécoises, dite aussi charte de la laïcité, suscite un débat passionné dans le Belle Province.

Cette charte – qui est l’une des promesses électorales du Parti québécois (PQ), désormais au pouvoir, entend bannir les signes religieux (voile, kippa, niqab, burqa, turban sikh, croix apparente) dans la fonction publique et parapublique. « Des milliers de personnes viennent vivre au Québec pour ce que nous sommes : une terre de liberté dont le cœur bat en français, où les droits des gens sont protégés, où les femmes et les hommes sont égaux et où la religion n’intervient pas dans les affaires publiques », avait affirmé Pauline Marois, chef du PQ et désormais Première ministre du Québec, lors de sa campagne électorale. La charte devrait être officiellement présentée dans les jours qui viennent, et le projet de loi discuté cet automne.

http://www.courrierinternational.com/dessin/2013/09/05/vive-le-quebec-laique

Commentaire: Ils sont des nôtres! Aussi faux-culs que des français « de gauche »!

 

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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

« Manif pour tous » : Une vague réactionnaire pilotée et encadrée par l’Eglise (1)

« Manif pour tous » : Une vague réactionnaire pilotée et encadrée par l’Eglise (1) dans Religions pope

Les partisans de « la manif pour tous » ont, dans la dernière étape de leur mobilisation, multiplié les références à un « Mai 68 à l’envers », un « contre-Mai 68 » ou encore un « Mai 68 de droite »1.

En réalité, la manifestation nationale du 26 mai 2013 a plutôt marqué le chant du cygne de leur mouvement. Mais quelles en ont été réellement les forces motrices ? Quelques instants suffisaient pour saisir la nature de classe des manifestations : messieurs et dames des beaux quartiers de Paris ou Versailles, mocassins haut de gamme et foulards Hermès, bourgeois moyens et petits de nos bonnes provinces et de nos banlieues « calmes », familles au complet hésitant entre discipline et encanaillement, jeunes des patronages et des grandes écoles aussi viru- lents que bien propres sur eux… La diversité sociale tant vantée par les organisateurs se réduisait à celle de la vieille société conservatrice et réactionnaire (et à l’occasion contre-révolutionnaire), à nouveau réunie dans une croisade pour ses prétendues valeurs morales.

Une « droite d’en bas » Les animateurs de ce « mouvement social » de droite ont su habilement usurper et détourner des références de gauche ou progressistes : non seulement à Mai 68 mais aussi aux Lumières, à 1789, à la Résistance, et jusqu’aux luttes récentes du mouvement ouvrier (« on ne lâche rien ») ou aux révolutions arabes (le « printemps français »). Là s’arrête cependant toute comparaison avec les mobi- lisations des travailleurs et de la jeunesse. Au-delà des emprunts démagogiques, les vraies revendications étaient celles de la «famille», la  « dignité humaine  », « la civilisation chrétienne de notre pays »… Et puis les paroisses et groupes de prière, sous l’autorité de monsieur le curé ou monsieur l’aumônier, c’est tout de même autre chose que les entreprises, les facs et les lycées.

Plus pertinente que la référence à Mai 68 est l’analyse soulignant l’apparition d’une « droite d’en bas ». Il est un fait qu’aucun parti de droite (UMP, UDI) ou d’extrême droite (FN) n’a orienté ou dirigé le mouvement. D’abord, parce que la droite connaît elle-même une crise de direction, que l’affrontement Copé-Fillon avait mis spectaculairement en relief (2) ; de nombreux manifestants se reconnaissaient d’ailleurs comme des « déçus de la droite d’en haut », descendant dans la rue en réaction à leur frustration. Ensuite, parce que les divers partis réactionnaires ont été eux-mêmes très divisés.

L’UMP et le FN divisés Si Copé et les sarkozystes se sont investis à fond, Fillon, Juppé et d’autres dirigeants de l’UMP ont eu une position beaucoup plus réservée, appelant même à ne plus manifester après la promulgation de la loi. Une expression de leur conflit a été l’appel – infructueux – du vice-président copéiste, Peltier, à sanctionner Kosciusko-Morizet pour son abstention sur la loi en la faisant battre dans la primaire UMP de Paris.

De fortes contradictions se sont aussi manifestées dans le FN, recoupant en partie les deux camps d’une autre « guerre des chefs », celle du congrès de janvier 2011(3). Le perdant, Gollnisch, et en général l’aile traditionnaliste du FN, ont été aux premiers rangs de la protes- tation – avec les deux députés, Maréchal-Le Pen et Collard. Mais cela n’a pas été le cas de Marine Le Pen et de son équipe rapprochée : centrés sur leur stratégie consistant à disputer au PS l’électorat ouvrier et populaire, ils n’ont eu de cesse de prendre leurs distances, ne participant à aucune manifestation et dénonçant même la controverse comme une « diversion » de « l’UMPS ». Rien de progressiste pour autant dans un discours qui suggérait en permanence que le « problème principal » n’est pas l’homosexualité mais l’immigration musulmane…

Ce positionnement a accru les marges de manœuvre d’une galaxie de groupes plus « radicaux », néonazis ou autres. Le plus médiatique d’entre eux, le « Printemps français », a réuni «  quelques nervis de la mouvance identitaire, sans doute, mais beaucoup plus sûrement les lointains descendants d’un catholicisme de combat né à la fin du XIXe siècle en réaction à l’anticléricalisme d’Etat », selon l’historien et universitaire spécialiste de l’extrême droite, Grégoire Kauffmann, qui ajoute que sa porte-parole, Béatrice Bourges, « a subi la forte influence d’Ichtus, émanation de l’association maurrassienne la Cité catholique. »(4 )

Samedi 31 août 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 45 (juillet 2013)

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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

« Manif pour tous » : Une vague réactionnaire pilotée et encadrée par l’Eglise (2)

« Manif pour tous » : Une vague réactionnaire pilotée et encadrée par l’Eglise (2) dans Religions pecole

La hiérarchie catholique et ses réseaux Les intégristes catholiques ont en effet été très actifs dans cette éruption réactionnaire. Parmi eux, les dissidents « lefébvristes » de Civitas, liés à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, tout comme ceux, reconnus par le Vatican et plus influents, de la Fondation Jérôme Lejeune (dont la responsable de la communication, Ludivine de la Rochère, présidait la « manif pour tous ») et de l’Alliance Vita de Christine Boutin et Tugdual Derville, autre porte-parole national du mouvement.

Mais c’est l’Eglise de France tout entière qui s’est mise en mouvement. Ce sont ses paroisses, son réseau associatif très dense, avec la Confédération nationale des associations familiales catholiques et Familles de France, qui ont au premier chef structuré les mobilisations. Il est notable que nombre des animateurs du mouvement, à l’instar de la « modérée » Frigide Barjot, avaient fait leurs premières armes dans l’organisation des JMJ (les Journées mondiales de la jeunesse initiées par Jean-Paul II).

C’est la hiérarchie catholique en tant que telle qui a été aux manettes, du début à la fin. A commencer par ses deux figures principales, le « primat des Gaules » Philippe Barbarin et l’archevêque de Paris, président (jusqu’en avril) de la Conférence des évêques de France, André Vingt-Trois. Dans sa dernière allocution devant cette assemblée, prononcée après l’adoption de la loi, Vingt-Trois affirmait que « ce passage en force » peut contribuer « à paralyser la vie politique » et provoquer une montée de la « violence » ! Le Figaro du 16 avril commente : «  Alors que le président des évêques aurait pu lancer un appel au calme face à la crispation et au ton des manifestants anti-mariage pour tous, il les a encouragés à ne pas baisser les bras et à pratiquer une sorte d’objection de conscience ».

Les responsabilités du gouvernement et du PS Beaucoup se posent la question : pourquoi l’opposition au mariage et à l’adoption pour tous a-t-elle pris une telle ampleur, alors que des lois similaires ont été adoptées avec moins de difficultés dans des pays réputés ultra catho- liques, tels que l’Etat espagnol ou l’Argentine ? Pour commencer, n’oublions pas que du fait de la complicité ouverte de l’Eglise catholique avec le franquisme et la dictature militaire argentine, elle fait toujours dans ces deux pays l’objet d’un discrédit et d’un rejet très forts, qui malheu- reusement n’existent pas ou plus à un tel niveau en France. Au-delà, les causes sont liées à la crise, qui exaspère aussi les frustrations des secteurs moyens et petits de la bourgeoisie, et surtout à la politique du gouvernement et du PS. Les réactionnaires leur doivent beaucoup.

Comme effrayés de leur propre audace, le gouvernement et le PS n’ont en effet pas cessé de reculer, en particulier sur la PMA, reléguée aux oubliettes. De Jospin pour qui « l’idée fondamentale » est que « l’humanité est structurée entre hommes et femmes » et « pas en fonction des préférences sexuelles », à Royal qui « n’aurait pas donné le nom de mariage », sans oublier Hollande évoquant une « liberté de conscience » des maires, ils ont multiplié les signes d’indécision qui ont encouragé les opposants. Tentant cyniquement d’utiliser leur seule réforme un peu progressiste pour faire oublier une politique économique et sociale entièrement au service du patronat, ils ont choisi sciemment de faire traîner le processus législatif en longueur. Du pain-bénit pour les réactionnaires qui ont eu tout le temps de se mobi- liser et ont pu lancer des slogans tels que « la priorité, c’est Aulnay, pas le mariage gay » ou « on veut du boulot, pas du mariage homo ».

D’autant que la décision avait été prise au plus haut niveau de leur laisser le monopole de la rue. Après la manifestation du
27 janvier en soutien au projet de loi, l’Inter-LGBT, contrôlée par le PS et disposant d’un pouvoir de convocation incontournable, a brutale- ment stoppé la mobilisation au prétexte de laisser se dérouler sereinement le processus parlementaire. Face aux agressions homophobes qui se multipliaient, les quelques réactions de rue, minoritaires, ont été lancées à l’initiative d’associations telles qu’Act-Up – sans oublier le rôle des militant-e-s du NPA.

Reste la question de savoir à qui pourrait profiter, au plan politique, cette vague réactionnaire à travers laquelle on dit que se serait forgée une « nouvelle génération de droite ». A l’UMP, qui se trouverait requinquée et relégitimée par le premier grand mouvement de contestation du gouvernement « de gauche » ?(5) Au FN, dont des responsables ont pu s’afficher au côté de représentants de la droite traditionnelle, et qui tentera aux municipales d’enfoncer dans celle-ci de nouveaux coins ? Voire aux groupes identitaires et néo-nazis qui, sans croître vraiment en nombre, se sont singulièrement enhardis, un effet dramatique en ayant été le meurtre de Clément Méric ?

La menace de la droite et de l’extrême droite est réelle. Le mouvement ouvrier, les travailleurs et la jeunesse ne pourront y faire face que s’ils parviennent à sortir de la semi-paralysie que le gouvernement « de gauche » leur a jusqu’à présent imposée. Pour commencer à combattre frontalement, pour leurs propres revendications, ce gouvernement et sa politique. Jean-Philippe Divès

Pour les notes: http://npa2009.org/node/38509

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12 août 2013 ~ 0 Commentaire

Birmanie, les rockeurs punks s’élèvent contre la violence des moines (LP-Ca)

Kyaw Kyaw, chanteur du groupe Rebel Riot.... (Photo: AP)

Les rockeurs punks sont habitués à attirer l’attention, mais cette fois cela n’est pas dû uniquement à leurs cheveux roses, leurs vestes de cuir ou leurs tatouages de crânes:

ces jeunes rebelles n’hésitent pas à dénoncer les moines bouddhistes qui incitent à la violence contre les musulmans, alors que le reste de la société birmane garde le silence. «S’ils étaient de vrais moines, je ne dirais rien, mais ce n’est pas le cas», a dit Kyaw Kyaw, le chanteur du groupe Rebel Riot, pendant que son batteur reprenait le rythme d’une nouvelle chanson qui dénonce l’hypocrisie religieuse et un mouvement antimusulman baptisé 969.

«Ce sont des nationalistes, des fascites. Personne ne veut l’entendre, mais c’est vrai», a-t-il ajouté. Les moines radicaux se trou- vent au premier rang d’une campagne sanglante lancée contre les musulmans, et rares sont ceux qui acceptent de les dénoncer au sein de cette société de 60 millions d’habitants principalement bouddhistes. Pour plusieurs, le bouddhisme est une composante fondamentale de leur iden- tité birmane et les moines, les membres les plus vénérables de la société, sont au dessus de tout reproche. D’autres refusent tout simple- ment de se rendre à l’évidence ou croient ceux qui racontent que les «étrangers» musulmans représentent une menace à leur culture et à leurs tra- ditions. Ce silence est aussi dangereux que les foules qui détruisent des mosquées ou qui applaudissent pendant que les musulmans sont pour- chassés et battus à mort, a dit Michael Salberg, le directeur des affaires internationales pour la Ligue antidéfamation, un organisme américain.

«Ce ne sont pas les auteurs de ces crimes qui posent problème, a-t-il affirmé, en évoquant les conditions qui ont mené à l’Holocauste en Allemagne ou au génocide rwandais. Ce sont les témoins qui ne font rien.»

Après un demi-siècle de règne militaire impitoyable, un gouvernement quasi-civil arrivé au pouvoir il y a deux ans a mis en place de vastes réformes, libérant la dissidente Aung San Suu Kyi de son assignation à domicile, relâchant les restrictions contre les rassemblements paci- fiques, libéralisant les médias et abolissant la censure.

Ces mêmes libertés ont permis à des moines comme Wirathu, un orateur charismatique partisan de 969, de se faire enten- dre. Il récolte de plus en plus d’adeptes alors qu’il traverse le pays pour appeler à un boycott des commerces musulmans, pour demander une interdiction des mariages entre musulmans et bouddhistes et pour prévenir que les musulmans pourraient bientôt représenter la majorité en Birmanie – même s’ils ne forment actuellement que 4 pour cent de la population. «Tout ce que je peux dire, c’est que les gens devraient étudier les enseignements du Bouddha et se demander, est-ce que c’est ce qu’il voulait dire?», a lancé Ye Ngew Soe, le chanteur de 27 ans de No U Turn, le groupe de punk rock le plus populaire du pays.

Il a écrit la chanson Human Wars quand la violence dont faisaient l’objet les musulmans rohingya dans l’État de Rakhine a commencé à se propager ailleurs au pays. «Quand je visite des régions urbaines, j’entends parler de 969, de haine contre les musulmans, de violence. Ça ne devrait pas se passer comme ça», a-t-il dit.

Rares sont ceux qui osent dénoncer la situation. Le président Thein Sein a interdit la distribution au pays d’une copie du magazine Time qui présentait Wirathu comme «le visage de la terreur bouddhiste». Il a ensuite émis un communiqué dans lequel il déclare son appui à 969 et affirme considérer le moine extrémiste comme «un fils du seigneur Bouddha». Pour sa part, l’opposante Aung San Suu Kyi se fait dis- crète à l’approche des élections de 2015, par crainte qu’elle ne soit punie lors du scrutin si elle est perçue comme étant antibouddhiste.

Il ne reste donc que les rockeurs punks, qui sont familiers avec l’isolement et la persécution. Sous le régime militaire, ils ne pouvaient que chanter en privé ou loin des regards. Pendant que les menaces d’arrestation ou d’incarcération en réduisaient plus d’un au silence, ils dénonçaient les exactions de l’armée et demandaient pourquoi des hommes d’affaires bien branchés s’enrichissaient pendant que tous les autres souffraient. Ils ont aujourd’hui un nouveau champ de bataille, celui de la persécution religieuse. Kyaw Kyaw, de Rebel Riot, se plait à dire que s’il ne peut pas changer le monde, ou la Birmanie, ou même Rangoon, il peut au moins avoir une influence sur ceux autour de lui. «Ils peuvent nous arrêter, on s’en fout, a dit le jeune homme de 26 ans, le fils d’un policier. Ou nous pouvons être attaqués par certains groupes. On s’en fout, nous sommes prêts à affronter cette mentalité. Mais nous voulons dire ce que nous pensons.»

Robin McDowell Associated Press Rangoon, Myanmar

http://www.lapresse.ca/arts/musique/201308/05/01-4677160-les-rockeurs-punks-selevent-contre-la-violence-des-moines.php

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05 août 2013 ~ 0 Commentaire

Pourquoi Valls n’aime pas le mot « islamophobie » (Rue 89)

Pourquoi Valls n’aime pas le mot « islamophobie » (Rue 89) dans Hollandie meneurs

Devinette: nos ennemis sont dans notre pays, mais ce ne sont pas les étrangers!

Dans une interview, le ministre attribue l’origine du mot « islamophobie » aux intégristes Iraniens. Un choix contestable, expliquent des sociologues.

Dans une interview publiée jeudi dans Le Nouvel Observateur, Manuel Valls a repris à son compte la théorie controversée selon laquelle l’islamophobie était un concept utilisé par ceux qui cherchent à empêcher toute critique de l’islam. Une idée défendue par Caroline Fourest ou Pascal Bruckner, et qui est loin de faire l’unanimité. Le ministre de l’Intérieur, également chargé des Cultes, préfère parler d’actes « anti- musulmans » : « Derrière le mot “islamophobie”, il faut voir ce qui se cache. Sa genèse montre qu’il a été forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour jeter l’opprobre sur les femmes qui se refusaient à porter le voile. [...] Pour les salafistes, “[l’]islamophobie” est un cheval de Troie qui vise à déstabiliser le pacte républicain. » Rue89 est allé demander à plusieurs sociologues spécialistes de la perception de l’islam ce que cachait la déclaration de Manuel Valls.

Une invention d’ethnologues… français

Pour Raphaël Liogier, auteur du « Mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective » (éd. Seuil) : « En réutilisant l’argumentaire erroné de Caroline Fourest, Manuel Valls adresse un signe à ceux qui ont peur de l’islam. » Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, a coécrit avec Abdellali Hajjat « Islamophobie : comment les élites françaises fabriquent le “problème musulman” » (à paraître le 26 septembre aux éditions La Découverte). Pour cet ouvrage, il a assisté à beaucoup de mobilisations organisées ces dernières années contre l’islamophobie. Selon lui, il est faux d’affirmer que ce combat serait le « cheval de Troie des salafistes » :  « Parmi les composantes de l’islam pratiqué, il sem- blerait que ceux qui se revendiquent du “salafisme” soient parmi les moins mobilisés contre l’islamophobie. » La datation avancée par Manuel Valls serait tout aussi inexacte. Le néologisme « islamophobie » a en réalité été inventé en 1910, par un groupe d’ethnologues-administrateurs français, Alain Quellien, Maurice Delafosse et Paul Marty. Dans leurs ouvrages, ce mot était utilisé pour expliquer que traiter différemment les musulmans sur la base de leur religion risquait de nuire à l’administration coloniale, explique Marwan Mohammed : « Ces spécialistes de l’islam ouest-africain ont inventé le terme pour dénoncer une frange de l’administration coloniale qui affiche ouvertement son hostilité à l’encontre des musulmans et de la religion musulmane. Ce qui, selon eux, tend à fragiliser la domination coloniale française. »

Fourest : « Empêcher toute critique féministe et laïque »

Contactée, la journaliste Caroline Fourest affirme que la véritable acception du terme n’est pas là : « Il y a peut-être une occurrence dans les années 20, mais ce sont bien les mollahs iraniens, à la fin des années 70, qui en feront la vraie première utilisation publique et politique, en accusant les féministes qui se battaient contre le voile, d’être islamophobes. » Elle poursuit : « L’objectif de ces intégristes est de faire croire que critiquer l’islam, c’est être antimusulman. Cela leur permet d’empêcher toute critique féministe et laïque de la religion. » Une manœuvre qui n’aurait pas cessé depuis. Caroline Fourest en veut pour preuve la fatwa lancée en 1989 à l’encontre de Salman Rushdie, dont le livre « Les Versets sataniques » a été jugé blasphématoire par l’ayatollah iranien Khomeini. Ou celle visant depuis 1993 Taslima Nasreen. Cette féministe bangladaise a dû fuir son pays après que sa tête ait été mise à prix pour avoir critiqué le fondamentalisme religieux au Bangladesh. Et c’est la sémantique de la notion d’islamophobie qui permet de couper court à toute tentative de critique, selon la journaliste : « C’est comme si on disait de quelqu’un qu’il était “marxismophobe”. L’islam c’est une religion, un corpus de croyances que certains choisissent d’adopter. Alors avec le terme islamophobie, on fait le jeu des intégristes, en acceptant de ne pas critiquer une idéologie. Et ça, c’est la fin du débat public. »

Liogier : « Lutter contre l’islamophobie, c’est lutter contre un rejet phobique »

Un argumentaire que ne comprend pas le chercheur Raphaël Liogier : « Je ne vois pas en quoi combattre l’islamophobie empêche la libre critique de l’islam. On peut très bien discuter de ses aspects misogynes par exemple. Lutter contre l’islamophobie, c’est précisément lutter contre un rejet phobique – c’est-à-dire émotionnel, non réfléchi – de l’islam. » Et permettrait d’élever le débat en forçant l’argumentation : « La généralisation du terme islamophobie a aussi conduit plein de gens à se déclarer islamophobes. Mais pour cela, ils sont obligés d’exposer des raisons précises, réfléchies. Ceux qui veulent critiquer l’islam ne peuvent plus se contenter de mettre tous les musulmans dans le même sac. » Surtout, pour le sociologue, ceux qui continuent à contester la sémantique du terme islamophobie « tentent de noyer le poisson et, par là, essayent de faire croire que ce phénomène n’existe pas » : « En affirmant que le terme a été créé par des fanatiques, Manuel Valls ou Caro_ line Fourest essayent de rendre le concept inopérant. Mais l’islamophobie c’est une réalité sociale. Depuis le 11 Septembre, l’hostilité à l’égard des musulmans n’a pas cessé d’augmenter. Aujourd’hui, trois Français sur quatre déclarent avoir une image négative de l’islam. » C’est pour répondre à ce nouveau climat d’animosité que le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a proposé en 2008 une définition de l’islamophobie : « L’ensemble des actes de discrimination ou de violence qui vise des institutions ou des individus, en raison de leur appartenance réelle ou supposée à l’islam. »

Marwan Muhammad : « Valls continue à chercher à nous infantiliser »

Selon le porte-parole du CCIF, Marwan Muhammad (à ne pas confondre avec le sociologue cité plus haut), les termes qualifiant les discri- minations ne sont jamais vraiment satisfaisants : « Mais quand la genèse d’un mot pose problème, c’est l’usage, en l’occurrence le fait de l’associer à des faits de violence et de discrimination existants, qui lui donne sa légitimité. » Selon lui, puisque les musulmans se sont désor- mais approprié ce terme qui leur sert à définir les agressions dont ils sont victimes, le débat sémantique sur le terme « islamophobie » n’aurait plus lieu d’être. Et c’est précisément ça qui poserait problème à ceux qui « sont mal à l’aise avec le fait musulman » : « En voulant placer le terme “islamophobie” sur liste noire, Manuel Valls continue à chercher à nous infantiliser en nous imposant de l’extérieur des termes pour dire notre indignation. Depuis le début des années 2000, il y a une volonté de la part de l’Etat de contrôler les musulmans en leur dictant leur organisation. Car c’est toujours quand les minorités se saisissent de leur combat qu’elles obtiennent des droits. »

Une autre définition

Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat proposent dans leur ouvrage à paraître le 26 septembre une définition de l’islamophobie non pas comme toute forme de critique de la religion musulmane, mais comme la conséquence de la construction du « problème musulman » – du nom de ce processus historique de racialisation qui assigne à des individus une identité religieuse (« origine musulmane », « musulman d’apparence ») et qui est en train de faire passer les musulmans d’un groupe religieux hétérogène (socialement, politiquement, spirituellement ou ethniquement) à un groupe homogène. Ce processus débouche sur un régime juridique d’exception et des multiples formes de violences symboliques (discriminations) et physiques (agressions). Les descendants d’immigrés sont beaucoup plus sensibles aux discriminations que ne l’étaient leurs parents, ajoute le sociologue Marwan Mohammed. Et cette nouvelle génération aurait retenu la leçon des échecs des précédentes luttes menées par les personnes issues de l’immigration : « La génération qui se mobilise contre l’islamophobie mise sur l’indépendance, se saisit de l’arme du droit et de la communication. Ce sont ces acteurs, notamment le CCIF, qui sont la cible de Manuel Valls, de Caroline Fourest mais également du Figaro ou du responsable de l’Observatoire de l’islamophobie. A défaut d’un dialogue ou d’une emprise sur ces mouvements, ils préfèrent les disqualifier par l’accusation somme toute classique d’être “salafistes” ou des intégristes. » Dans la construction de son personnage politique, Manuel Valls vient donc de donner une indication claire de son choix sur une question-clé du débat actuel. Tiphaine Le Liboux | Journaliste

A lire, l’entretien avec Marwan Mohammed.

http://www.rue89.com/2013/08/04/debat-lislamophobie-manuel-valls-a-choisi-camp-244732

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05 août 2013 ~ 0 Commentaire

Algérie, des centaines de personnes ont mangé en public en plein ramadan (OF)

Algérie, des centaines de personnes ont mangé en public en plein ramadan (OF) dans International

Plus de 500 Algériens ont mangé et bu en public en plein ramadan, samedi dans la ville « rebelle » de Tizi Ouzou. Une action collective pour marquer leur « liberté de conscience » face à l’« islamisation » du pays.

Ce déjeuner était une véritable provocation. Samedi, près de 500 Algériens se sont réunis, en plein ramadan, avec bouteilles d’eau, pains, cigarettes et bières. Leur but était de protester contre l’« islamisation » du pays.

« L’instrumentalisation de la religion » Le président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït Chebib, a revendiqué « l’attachement ancestral » des Kabyles « à la liberté de conscience ». « Nous voulons dénoncer l’inquisition des autorités », « l’instrumentalisation de la religion », lance-t-il, applaudi par les manifestants postés devant la préfecture sur le principal axe routier de cette ville de quelque 150 000 habitants, sans le moindre contrôle apparent de forces de sécurité. Il a, par ailleurs, annoncé que des manifestations similaires sont prévues à Bejaïa, ville portuaire kabyle, et même en France et au Canada, où vivent d’importantes communautés kabyles.

« Musulman de tradition mais pas jeûneur » « Il y a un climat de terreur qui règne contre ceux qui ne jeûnent pas » durant le mois de jeûne sacré musulman du ramadan, dénonce l’un d’eux, Ali, la quarantaine, un technicien de cette ville kabyle située à 100 km d’Alger. Tahar Bessalah, un entrepreneur en climatisation kabyle venu d’Alger, acquiesce. « Il faut que la religion reste du domaine du privé », dit-il en s’affir- mant « musulman de tradition mais pas jeûneur ». Parmi les participants à cette action, figurent des citoyens sans affiliation et des militants politiques, surtout berbères, qui n’hésitent pas à afficher le drapeau berbère. « Quelque 80 % des Algériens sont d’accord avec ceux qui pro- testent contre le pouvoir grandissant des religieux dans le pays », déclare le technicien Ali. Pour Hamid, un retraité de Tizi Ouzou venu ex- primer son soutien au mouvement, « il faut bien mettre un holà à tout cela : on ne peut pas forcer tout le monde à aller au paradis », la fin ultime « promise » à tout pratiquant.

« L’islamisation rampante » Pendant le ramadan durant lequel les musulmans s’abstiennent de boire, de manger, de fumer et d’avoir des relations sexuelles du lever jusqu’au coucher du soleil, les restaurants sont ouverts seulement dans les hôtels de luxe, et les autorités tout autant que les religieux incitent la population à respecter le jeûne, l’un des cinq piliers de l’islam. Jusque dans les années 1980, dans les villes au moins, les restaurants étaient ouverts et ne jeûnaient que ceux qui le voulaient. La guerre anti-islamiste de plus de dix ans (à partir des années 1990) a changé la donne. Depuis, la société civile et nombre de partis d’opposition dénoncent ce qu’ils appellent « l’islamisation rampante » de l’Algérie, accentuée avec le Printemps arabe qui a vu l’arrivée au pouvoir d’islamistes dans plusieurs pays. Faits de société dimanche 04 août 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/international_detail_-Algerie.-Des-centaines-de-personnes-ont-mange-en-public-en-plein-ramadan_55257-2217737_actu.Htm

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28 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Des « salopes » chez les cathos (Jdd)

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23 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Trappes, les musulmans et le racisme d’Etat (Noël Mamère)

Trappes, les musulmans et le racisme d’Etat (Noël Mamère) dans Antiracisme

Trappes, la ville de Jamel Debbouze et d’Omar Sy, ne rigole plus avec ses humoristes. Des centaines d’habitants ont attaqué le commissariat, à coups de pierres, symbole pour ces jeunes Français, issus de la colonisation, de l’atteinte à leur dignité. Le motif de cette poussée de violence ? L’exigence de libérer un homme qui avait osé protester contre l’interpellation de sa femme par des policiers ; elle portait le voile intégral, les policiers voulaient contrôler son identité.

Ces faits posent d’emblée trois questions :

  • Où est passée la police de proximité promise par la gauche qui devait remplacer les BAC et autres compagnies de CRS dans les quartiers dits sensibles ?
  • Pourquoi interpeller en plein ramadan une jeune femme voilée, sachant que durant cette période, un tel geste peut être interprété comme une provocation à l’égard des populations musulmanes ?
  • Enfin, la loi sur le voile intégral est-elle pertinente ?

Des lois productrices de discriminations

J’ai fait partie des rares députés qui ont toujours considéré les différentes lois sur le voile comme productrices de discriminations et de vio- lences potentielles. Nous y sommes. Si l’on ajoute à cela le refus de Manuel Valls d’appliquer la promesse de François Hollande d’en finir avec le contrôle au faciès, une telle conjonction ne pouvait que produire le type d’émeute à laquelle nous venons d’assister. Les déclarations mar- tiales du ministre de l’Intérieur, les vociférations de Christian Estrosi, Hortefeux et Le Pen n’y changeront rien. La révolte de Trappes nous oblige aussi à réfléchir sur la vague d’islamophobie qui s’est emparée de notre pays. Le ministre de l’Intérieur, cette dernière semaine, dénon- çait la multiplication des faits anti-musulmans dans plusieurs villes de la périphérie parisienne, à Chanteloup-les-Vignes et à Argenteuil. A Marseille, la question du voile revient au centre de l’actualité et avec elle, celle de la place des musulmans dans la société.

Le boomerang du racisme d’Etat

Au nom de l’universalisme, on a trop longtemps eu tendance à nier le rôle de la religion dans la société française. L’Etat a fait de l’Islam – deuxième religion de France – un culte discriminé sans que le législateur tente de résoudre les problèmes vécus au quotidien par les fidèles (comme les carrés musulmans au sein des cimetières, la régulation du marché de la viande hallal ou la construction des mosquées). Sous prétexte de combattre les signes religieux ostentatoires, on a privilégié la seule lutte contre le voile et inventé de nouvelles discriminations pour des femmes qui se voient doublement mises à l’index : en tant qu’arabe et musulmane, ne pouvant plus travailler dans certains établis- sements, et stigmatisées dans tous leurs actes quotidiens. De fait, un racisme d’Etat, utilisant l’amalgame entre musulmans, islamistes, terro-ristes et immigrés, s’est lentement insinué dans la société française, préparant le terrain à des conflits de civilisations à l’échelle des territoires. Le moment est venu pour la France de prendre cette question à bras-le-corps. Si on ne lui donne pas de réponse autre que répressive, elle va nous revenir au visage comme un boomerang.

Trente ans après la marche pour l’égalité

Le problème que nous rencontrons se joue dans le cadre franco-français, dans un pays qui a érigé la laïcité en dogme. Mais – et c’est là toute la difficulté – il est marqué par un contexte international où l’islam politique a pris le pouvoir dans plusieurs sociétés musulmanes, à la faveur des printemps arabes. Dans ces sociétés, comme la Tunisie ou l’Egypte, les classes moyennes refusent à juste titre ce qu’elles considèrent comme un dévoiement théocratique de leur révolution. Elles ont raison et nous les soutenons. Mais cette solidarité ne doit pas nous faire oublier qu’en France, ce sont des populations discriminées qui se revendiquent de l’Islam. Il faut donc refuser tout amalgame entre les deux situations et tracer les chemins d’un dialogue pour parvenir à apaiser les tensions. Malheureusement, en temps de crise morale, économique et sociale, il est tellement plus facile pour de nombreux responsables politiques d’utiliser les musulmans comme des boucs émissaires, que de trouver les mots d’apaisement et de prendre le temps de comprendre pourquoi on en est arrivés là. Mais Trappes, trente ans après la marche pour l’égalité et contre le racisme, nous oblige aussi à reconsidérer la politique de la ville menée par les gouvernements de droite et de gauche. Depuis novembre 2005 et les révoltes urbaines généralisées, rien n’a été fait pour répondre aux préoccupations des habitants des quartiers populaires.

L’américanisation des banlieues françaises

L’Etat a démontré son incapacité à apporter des réponses à la lutte contre le chômage des jeunes, aux questions d’éducation et de formation, à l’enclavement des quartiers et à la relégation des habitants. Cette inertie a favorisé la fuite d’une partie de ses habitants a créé, malgré le dis- cours ambiant sur la mixité sociale, des ghettos où sont concentrées des populations en fonction de leur appartenance ethnique et reli- gieuse. Or, de nouveaux conflits urbains dessinent le portrait d’une France séparée. Cette américanisation des banlieues françaises est en contra-diction absolue avec le rappel intangible des principes républicains, rabâchés par ceux qui croient encore vivre sous la Troisième République.

La vulgate anticommunautariste n’est qu’un prêt-à-penser inutile pour comprendre notre société multiculturelle. Il faudra un jour dépasser cette contradiction :

  • ou accepter une certaine logique communautaire, en s’appuyant sur les forces vives de « l’empowerment », c’est à dire la capacité des populations à faire surgir en leur sein de nouvelles élites urbaines, comme aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud ;
  • ou appliquer l’égalité réelle des droits, ce qui suppose un investissement sans commune mesure avec nos capacités actuelles. Mener les deux de front, c’est possible et cela porte un nom : la société du bien vivre ensemble.
Noël Mamère Député de Gironde Publié le 22/07/2013 à 18h09

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