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10 juillet 2018 ~ 1 Commentaire

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Anne-Clémentine Larroque : «Plus les sociétés deviennent islamistes, plus les individus rompent avec la religion»

A la suite des «printemps arabes», trois pays ont vu les islamistes accéder au pouvoir : la Tunisie, le Maroc et l’Egypte. La chercheuse, Anne-Clémentine Larroque, raconte comment cette expérience a changé ces partis et les a me-nés vers une relative sécularisation.

Pourquoi parlez-vous d’islamismes au pluriel ?

D’abord, parce que la famille islamiste se divise en plusieurs branches dont les ramifications ont évolué depuis 2011. Il y aurait donc plusieurs idéologies islamistes. Dans mon livre, en analysant l’évolution de la dimension politique des partis islamistes élus, j’évoque automa-tiquement le cheminement de la branche originellement quiétiste : les salafistes et l’explosion médiatique des islamistes radicaux appelés jihadistes.

Les trois partis islamistes dont je parle, le PJD au Maroc, les Frères musulmans en Egypte (PLJ) et Ennahdha en Tunisie, même s’ils ont certaines inspirations communes, représentent trois expériences différentes du pouvoir. Chacun des partis a été hissé au pouvoir par les urnes, en revanche, leur maintien n’a pas été expérimenté de la même manière. Si les  islamis-tes l’ont perdu en Egypte, ils sont encore associés au pouvoir en Tunisie, et le partagent au Maroc actuellement. Ajoutons que les dernières élections locales en Tunisie en mai 2018 ont consacré à nouveau le parti Ennahdha comme première force politique en Tunisie, devant Nidaa Tounes, pourtant à la tête de l’exécutif.

En Egypte, les Frères musulmans sont aujourd’hui diabolisés par le pouvoir. Le général Al-Sissi les a qualifiés «d’organisation terroriste». Mais à force de les diaboliser, on oublie les difficultés qu’ils ont eues à gouverner quand ils étaient au pouvoir entre 2012 et 2013 avec Mohamed Morsi à la présidence. Ainsi, aux yeux de la population, l’illusion persiste. Plus il y a de répres-sion et de diabolisation, plus le mythe, le fantasme des Frères musulmans, reste intact.

Vous racontez aussi comment l’expérience du pouvoir divise les mouvements islamistes.

En Tunisie, Ennahdha a fait le choix de couper les ponts avec les jihadistes d’Ansar al-Charia en 2013. Par conséquent, le parti s’est coupé de son électorat jeune qui recherchait justement la transgression des salafo-jihadistes et un idéal d’absolu. Cet exercice du pouvoir crée effecti-vement des divisions au sein des partis islamistes, des ruptures parfois définitives.

L’autre conséquence de l’expérience du pouvoir est que ces partis finissent par se séculariser ?

Les islamistes ont vécu deux phases, le passage de la prédication à la politique, puis de  l’opposition au pouvoir. Ce sont les deux phases de leur sécularisation. C’est notamment le cas pour Ennahdha en Tunisie et le PJD au Maroc. Ainsi, la nouvelle Constitution tunisienne, élabo-rée entre autres avec Ennahdha, proclame la liberté de conscience. Et dans le sud de la Tuni-sie, certains islamistes se réclament aussi de l’ancien chef d’Etat, Moncef Marzouki (au pouvoir de 2011 à 2014), ancien militant des droits de l’homme et représentant de la gauche laïque.

Au Maroc, nous constatons aussi les prémices d’une sécularisation. Le roi et son entourage ont bien conscience que la société marocaine est en train de changer très rapidement. Il y a de plus en plus de porosités avec le monde occidental. Des femmes commencent à se dévoiler. Ce changement est accompagné de façon discrète par le pouvoir, le roi, Commandeur des croyants. Par pragmatisme, mais aussi par intérêt, car il est promoteur de partenariats avec l’Union européenne.

Dans tous ces cas de figure, je cite l’islamologue Adrien Candiard qui explique très bien à quel point toute islamisation de la société s’accompagne forcément d’une sécularisation. Plus les sociétés deviennent islamistes, plus les individus, surtout des jeunes, rompent avec la religion et décident de ne plus pratiquer l’islam. C’est le cas en Egypte, beaucoup de jeunes gens s’éloignent de l’islam face à une salafisation qui vient du Moyen-Orient, et surtout d’Arabie Saoudite.

Malgré tous ces aspects de dialogue, de sécularisation, de démocratisation, la Tunisie reste le pays qui envoie le plus gros contingent de jihadistes à l’extérieur…

C’est l’effet balancier inverse de celui décrit par Adrien Candiard : en sécularisant, on islamise en même temps. C’est aussi la preuve qu’un dialogue se libère en Tunisie. C’est bien le signe d’une démocratisation en cours. Tous les extrêmes peuvent s’exprimer, et c’est toujours mieux de les laisser parler plutôt que de tenter de les étouffer. Ce dialogue ouvert ne peut être que cathartique. Ces oppositions ont lieu au sein même d’Ennahdha, et de la troïka [rassemblant trois partis politiques représentés à l’Assemblée constituante dans le but de former une majo-rité stable, ndlr], des gens qui sont aux antipodes les uns des autres échangent, même si c’est de façon conflictuelle. Ces discours a priori incompatibles ont eu des effets très sains sur l’évolution des mentalités.

La situation sociale reste explosive…

Parce que les réformes économiques et sociales qui étaient attendues ne se sont pas faites. Il y a un décalage en Tunisie sur les deux mots d’ordre de la révolution de 2011 qui étaient «Liberté» et «Dignité». Les progrès concernant les libertés existent mais ceux concernant la dignité, surtout socio-économique, ont été oubliés. Entre 2011 et 2017, les conditions de vie des Tunisiens se sont globalement détériorées, la dette publique est passée de 40 % du PIB à 70 %. D’où la relance de nouveaux mouvements de contestation qui risquent d’être plus extrêmes que ceux de 2011.

L’Egypte rate donc cette expérience cathartique menée en Tunisie et revient presque en arrière avec Al-Sissi ?

Oui, et pourtant nous avons affaire à un peuple beaucoup plus politisé qu’au Maroc ou en Tunisie. Le peuple a plus de poids. Les Egyptiens ont eu le droit de protester avant les autres, même si c’est au sein d’un régime plutôt autoritaire. Ils ont aussi une vision plus géopolitique : ils ont connu le panarabisme, les accords de Camp David… Mais c’est pourtant en Tunisie et au Maroc, qu’on assiste à une libéralisation de la conscience politique. Sissi a gelé cette évolution en 2013 en se faisant le porte-parole du peuple.

Est-ce que cela ne risque pas de tourner aux années noires algériennes après l’interdiction du FIS ?

Sissi ne fait que donner du grain à moudre aux plus extrémistes, ou à ceux qui pensent que l’islamisme politique est la solution. Même s’ils ont été déçus par Morsi. Mais la révolution a été arrêtée, suspendue, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existe plus. Aujourd’hui, des gens conti-nuent de s’organiser dans des quartiers populaires du Caire. Certes, les Frères musulmans se sont massivement exilés en Turquie, et un peu au Qatar. Mais en favorisant une clandestinité du mouvement, Sissi favorise aussi une plus grande radicalité.

Les «printemps arabes» ont donné aux partis islamistes des opportunités pour accéder au pouvoir, notamment en Tunisie, en Egypte et au Maroc. Après plusieurs mois de terrain dans ces trois pays, la jeune chercheuse et historienne Anne-Clémentine Larroque livre un ouvrage dans lequel elle examine comment ces mouvements ont évolué avec l’expérience du pouvoir (1). En Tunisie, elle a étudié les effets du pouvoir sur Ennahdha qui a fait partie du gouverne-ment d’union nationale de 2011 à 2014, et qui se définit aujourd’hui comme un «parti de musul-mans démocrates». Les Frères musulmans, qui influencent tous les mouvements islamistes depuis un siècle, font partie de l’histoire nationale de l’Egypte, où ce mouvement transnational a été fondé. Le 20 janvier 2012, le parti islamiste qui en émane, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), dirigé par Mohamed Morsi, a remporté les élections législatives, son gouverne-ment est renversé par l’armée en juillet 2013. Depuis 2014, le général Al-Sissi réprime dure-ment les Frères musulmans. Enfin, la jeune spécialiste raconte l’histoire plus atypique du Parti de la justice et du développement (PJD), qui a remporté les élections législatives en 2011 au Maroc et doit composer avec le pouvoir du roi qui est aussi Commandeur des croyants. Ces trois partis islamistes ont profité de la même opportunité des printemps arabes pour accéder au pouvoir. Ensuite, ils ont vécu des expériences différentes. Ils ont en commun une certaine sécularisation et du même coup des ruptures souvent définitives avec leur frange la plus extrémiste.

(1) L’ouvrage d’Anne-Clémentine Larroque, l’Islamisme au pouvoir, Tunisie, Egypte, Maroc (éditions PUF) était parmi les trois finalistes du Prix Brienne, prix du livre de géopolitique.

Catherine Calvet  8 juillet 2018

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ANNE-CLÉMENTINE LARROQUE L’ISLAMISME AU POUVOIR. TUNISIE, ÉGYPTE, MAROC PUF, 256 pp., 19 €.
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02 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

laïcité (npa)

brute

« Laïcité » ? Macron drague les cathos et tous les réacs !

C’est donc accompagné de son épouse portant la mantille et de tout un aréopage composé de ministres (dont Collomb, au comportement pourtant fort peu « charitable » avec les migrantEs), de parlementaires et de journalistes de la presse catholique que Macron a rencontré le pape au Vatican le 26 juin.

Macron cherchait peut-être la bénédiction papale avant le sommet européen du 28 juin, consacré à la « crise migratoire », dans un contexte où chaque pays, France en tête, refuse d’accueillir des migrantEs tout en reprochant au voisin de ne pas faire preuve de solidarité.

On nous a rebattu les oreilles avec la durée de l’entretien entre le Saint-Père des cathos et le Jupiter des serviteurs du Medef : 57 minutes, soit plus qu’Obama ou Erdogan… Miracle !

Macron est aussi devenu à cette occasion « chanoine d’honneur de la basilique de Saint-Jean-de-Latran », distinction symbolique qui revient automatiquement au chef de l’État français selon une tradition qui remonte au roi Henri IV… À croire que le costume de président des riches ne suffit plus à Macron et qu’il rêve de porter le manteau des rois de droit divin ! Cela en dit long sur ces dirigeants bourgeois qui nous assomment de discours sur la laïcité républi-caine uniquement lorsqu’il s’agit de dénoncer le danger islamiste mais qui flattent les officines religieuses catholiques, dont les agissements réactionnaires n’ont rien à envier à ceux des autres « sectes qui ont moins réussi ».

La main tendue aux cathos 

Mais derrière ces signes ostentatoires d’un attachement réel ou bien simulé aux à ces vieilles fariboles datant de l’époque où la France était « la fille aînée de l’Église », il y a une véritable opération de séduction,entamée depuis son élection par Macron, à l’égard de l’électorat catho-lique, capté traditionnellement par la droite.

En effet, cette visite s’est déroulée quelques semaines après un discours à la conférence des évêques de France, devant lesquels Macron s’était engagé à « renouer le lien entre l’État et l’Église ».

Comme si celui-ci avait été définitivement rompu, alors que les entorses à la loi de 1905 n’ont jamais cessé, notamment lorsqu’il s’agit de verser des millions de fonds publics chaque année à l’enseignement privé, qui relève à 95% de l’église catholique. Macron a vanté « les liens les plus indestructibles entre la nation française et le catholicisme » et a servi la soupe aux franges les plus radicales de la « cathosphère ».

Il a dit « entendre l’Église lorsqu’elle se montre rigoureuse sur les fondations humaines de toute évolution technique ; j’entends votre voix lorsqu’elle nous invite à ne rien réduire à cet agir technique dont vous avez parfaitement montré les limites ; j’entends la place essentielle que vous donnez dans notre société, à la famille, aux familles »… À l’heure où les promesses de Macron en matière de bioéthique, notamment l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, sont en pleine marche arrière, on mesure bien toute la portée de ce genre de phrases.

Réaction et religion à tous les étages…

Le 27 juin, les députés ont voté, par 109 voix contre 39, l’article 38 du projet de loi de confian-ce entre l’administration et les citoyens qui valide le fait que, désormais, les associations reli-gieuses bénéficieront d’un traitement de faveur!

Elles sont retirées de la liste des groupes d’intérêt qui doivent informer la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) de leurs rencontres et relations avec les autorités, depuis une loi de 2013. Toutes les associations à but cultuel pourront désormais rencontrer des administrations ou des élus, et faire avancer auprès d’eux leurs idées, sans que le public ne soit informé, puisqu’il est maintenant implicitement suggéré par la loi que les religions défendent l’intérêt général.

Plusieurs députés de la majorité ont voulu contrer cette atteinte supplémen-taire à la laïcité en faisant voter un amendement quelques heures plus tard revenant sur cet article.

Finalement, 64 députés macronistes ont souhaité conserver l’inscription des religions au registre des lobbies et 66 s’y sont opposés. Les 13 députés LR présents ont voté contre. Parmi eux Marc Le Fur, Philippe Gosselin et Véronique Louwagie, qui en 2014 avaient proposé de dérembourser l’IVG et qui se sont fait particulièrement remarquer au sein de la Manif pour tous.

Tout comme les deux députées « non-inscrites » qui ont veillé jusqu’à 2 heures du matin pour s’assurer que l’amendement soit rejeté : Emmanuelle Ménard, élue d’extrême droite de l’Hé-rault, et Marie-France Lohro, membre de la Ligue du Sud. Tout ce beau monde s’est donc allié à une courte majorité de macronistes pour accorder un traitement de faveur aux associations cultuelles. Des cathos aux fachos, la sainte alliance est en marche !

Marie-Hélène Duverger Lundi 2 juillet 2018

https://npa2009.org/

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29 juin 2018 ~ 0 Commentaire

crimes (courrier inter)

bank

Lafarge accusé de complicité de crimes contre l’humanité

Le cimentier français a été mis en examen le 28 juin pour des faits survenus en Syrie entre 2011 et 2014. Lafarge aurait versé des millions de dollars à des groupes armés, dont l’État islamique, pour maintenir ses activités sur place.

“Les avocats de Holcim, la multinationale cimentière suisse basée à Jona dans le canton de Saint-Gall, peuvent préparer leurs valises pour Paris. Ils y passeront sans doute beaucoup de temps dans les mois à venir, après la mise en examen de Lafarge”, le jeudi 28 juin, pour “complicité de crimes contre l’humanité”, “financement d’une entreprise terroriste” et “mise en danger de la vie” d’anciens salariés, écrit le quotidien suisse Le Temps.

Les faits remontent aux années 2011-2014, soit avant la fusion du français Lafarge et du suisse Holcim dans le groupe Lafarge-Holcim, leader mondial du secteur. L’entreprise est soupçonnée d’avoir versé près de 13 millions de dollars à des groupes insurgés, dont l’État islamique, afin de permettre le fonctionnement de la cimenterie qu’elle avait construite en 2010 à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Parmi les mis en examen, l’ancien PDG Bruno Lafont

Cette mise en examen de Lafarge SA, la holding actionnaire majoritaire de la filiale syrienne Lafarge Cement Syria, intervient après celle de huit cadres et dirigeants de l’entreprise, dont Bruno Lafont, qui fut PDG de 2007 à 2015.

L’affaire est quasiment unique. La plupart des cas d’entreprises accusées de crimes contre l’humanité dans le monde n’ont pas abouti, souligne le New York Times. La justice belge a par exemple abandonné en 2008 les poursuites intentées contre le groupe français Total par des réfugiés birmans et classé l’affaire.

La décision des juges laisse entendre que les autorités ont en leur possession des “preuves sérieuses” contre Lafarge, relève le quotidien américain.

Une information judiciaire avait été ouverte en juin 2017, après la plainte de l’association Sherpa, spécialisée dans la défense des victimes des crimes économiques, associée au Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR), ainsi qu’à onze anciens salariés de l’entreprise.

29/06/2018

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire: Et ceux qui aident Bachar El Assad à massacrer son peuple?

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30 avril 2018 ~ 0 Commentaire

appel (médiapart)

islamophobie1

Combattre le racisme, l’antisémitisme…. et l’islamophobie

Alors que se développent dans toute l’Europe des propos, actes et agressions racistes, xénophobes et antisémites :

Nous dénonçons, combattons l’antisémitisme, et tout acte criminel ou agression à ce titre, comme nous le ferions pour toutes les formes de racisme quelles qu’elles soient.

Nous savons que se taire aujourd’hui, banaliser ces discours et ces agressions ouvre la porte demain aux pires drames que l’histoire récente ou plus ancienne a fait connaître: qu’il s’agisse du génocide des juifs et des Roms perpétré par le nazisme, de celui des Tutsis, du génocide arménien, de l’épuration ethnique en Bosnie ou du génocide actuel des Rohingyas.

Par les amalgames qu’il fait, le Manifeste contre le nouvel antisémitisme attise et renforce ce qu’il prétend dénoncer.

Le délinquant voleur et meurtrier, nourri des poncifs antisémites sur la richesse supposée de toute personne juive, n’est pas le bras de Daesh ni le compagnon d’arme de Mohamed Mehra, Amedi Coulibaly ou Salah Abdeslam. Les violences antisémites actuelles, aussi insupportables qu’elles soient, sont loin d’être comparables à un pogrom et encore moins à une épuration ethnique !

Assimiler la gauche antisioniste, qui a toujours été au premier rang du combat contre tous les racismes, à une nouvelle forme de l’antisémitisme relève d’une diversion mensongère et scandaleuse. Assimiler ceux qui dénoncent la colonisation israélienne et son gouvernement d’extrême droite à des complices de l’antisémitisme est un amalgame inacceptable.

Au moment où les agressions contre les Français d’origine maghrébine, africaine et contre les Roms se développent, au moment où dans le débat politique générale, les propos stigma- tisants contre les migrants et les exilés se multiplient, au moment où se libère une parole raciste, xénophobe et islamophobe décomplexée :

Nous refusons la notion de responsabilité collective, que cela concerne un peuple ou une communauté religieuse.

Nous refusons l’amalgame entre les actes criminels odieux ou à caractère délirant de certains et les projets ouvertement racistes et antisémites d’exécutions ou de massacres ourdis par d’autres. Nous rappelons que les premières victimes de Daesh et de ses sbires sont d’abord les populations des pays arabes ou africains et des musulmans.

Nous dénonçons un texte qui assimile tout musulman à un intégriste en puissance, le désigne à la vindicte populaire et exige allégeance culturelle et repentance religieuse.

Les exactions atroces commises au nom des intégrismes de tout genre, des dictatures de toutes espèces ont en commun cette capacité à rivaliser dans l’horreur, la mise en scène de la terreur et le refus radical de notre commune humanité. Les politiques laminant la vie de millions de personnes et la démission des forces qui devraient défendre les droits sociaux des peuples nourrissent le terreau d’une désespérance. Elles favorisent les régressions identitaires et les passions funestes du terrorisme.

Nous affirmons qu’il faut relever ce défi mortifère et se mobiliser pour arrêter cet engrenage fatal. Nous affirmons notre solidarité avec toutes les victimes de ces exactions et notre exigence de ne pas refaire ce qui fut fait en d’autres temps : accueillons et défendons toutes celles et ceux qui les subissent.

Publiée par Médiapart. Dans un texte collectif lancé par Alain et Philippe Cyroulnik, plus de deux cents personnalités et militant.e.s appellent à combattre « toutes les formes de racisme quelles qu’elles soient ». Elles affirment que le Manifeste contre le nouvel antisémitisme, « par les amalgames qu’il fait, attise et renforce ce qu’il prétend dénoncer ».

Signataires :

Myriam Martin
Alain Krivine
Élias Sanbar
Christine Poupin
Philippe Poutou
Annick Coupe
Olivier Besancenot
Marcel-Francis Kahn
Enzo Traverso
Julien Salingue
Pierre Khalfa
Dominique Vidal
Pierre Cours-Salies
Laurence De Cock
Michèle Sibony
Paul Alliès
Pierre Stambul
Catherine Samary
Bernard Cholet
Omar Slaouti
André Rosevègue
Pierre Zarka
Jean-louis Griveau
Pierre Rousset
Josette Trat
Les Cinémas Utopia
Dominique Grange
Jacques Tardi etc

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Appel des 300 : les pompiers pyromanes de l’antisémitisme (LNML)

« Manifeste » (Npa)

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

magdalene indonésie (global voices)

Le magazine Magdalene offre une plateforme en ligne dédiée aux femmes et aux autres communautés marginalisées d’Indonésie

“Je suis Magdalene. Je représente une multitude de personnes.” Depuis 2013, Magdalene publie des articles qui s’adressent aux adolescentes et aux femmes, aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) et aux minorités religieuses d’Indonésie.

Ce magazine en ligne a été lancé pour offrir un espace dédié aux auteurs qui souhaitaient s’attaquer aux sujets tabous dans un pays où les radicaux islamistes poussent avec acharne- ment les autorités à  imposer leurs croyances religieuses à la société.

L’Indonésie est le plus grand pays majoritairement musulman au monde. Les principes fondamentaux qui régissent la nation incluent la promotion du pluralisme et de la modération, ainsi qu’un concept d’harmonie entre religions, connu sous le nom de Pancasila.

Magdalene est le fruit de notre vision d’une publication en ligne qui offre des perspectives nouvelles transcendant les limites classiques relatives au genre et à la culture. Nous faisons entendre les voix des féministes, des pluralistes et des progressistes ou tout simplement de ceux qui n’ont pas peur d’être différents, peu importe leurs genres, couleurs ou préférences sexuelles. Notre objectif est d’impliquer et pas de marginaliser.

Les fondatrices de Magdalene sont d’anciennes journalistes : Devi Asmarani, Hera Diani et Karima Anjani. Elles ont indiqué dans une récente interview que leur objectif de départ était de créer un magazine en ligne qui servirait de plateforme de lecture alternative pour les femmes. Asmarani explique plus en détails : Nous souhaitons aborder des questions importantes… des questions progressistes qui bénéficient d’une faible couverture médiatique grand public entre autres parce que les sujets sont tabous.

Cinq ans après sa création, Magdalene continue à publier des histoires dont on parle rarement dans les médias grands publics. Les sujets délicats abordés incluent les LGBT, le pluralisme, la violence sexuelle et le “body shaming” (harcèlement lié à l’apparence physique). Le magazine a acquis une équipe d’auteurs dévoués ainsi qu’une base de lectorat en constante augmentation qui soutient le manifeste du site internet.

Voici ci-dessous quelques commentaires élogieux de la part des lectrices de Magdalene :

L’un des journaux quotidiens en ligne que j’ai toujours lu, en tant que musulmane je trouve le contenu varié très inspirant.

Un article si important !  C’est bon de savoir que je ne suis pas seule dans cette situation. Je suis une féministe et j’ai du mal avec le concept de religion. “Nous remettons en question notre cercle social. Nous ne nous sentons pas à l’aise quant à la façon dont les membres de notre famille, nos proches et nos amis voient le monde.”

Dans une interview, l’auteure Hera Diani a mentionné que depuis peu 30 à 40 pour cent des lecteurs sont des hommes. Elle a ajouté que de nombreux hommes lisant Magdalene ont exprimé leur gratitude pour les articles instructifs publiés par le magazine. Les lecteurs de la communauté LGBT ont également commenté la façon dont les articles de Magdalene ont ouvert leurs esprits sur les comportements paternalistes, misogynes et hétéro-normatifs qui existent encore dans la communauté.

17 Avril 2018

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

Le Doing Cafe à Séoul : lieu privilégié pour parler féminisme, un sujet toujours tabou en Corée du Sud (GV)

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12 avril 2018 ~ 0 Commentaire

macron (lutte ouvrière + essf)

croix

Macron et les évêques : les voix du Seigneur

Invité à sa demande à la conférence des évêques de France, Macron est parti à la pêche aux hommes, comme paraît-il Jésus le recommanda à ses disciples.

Pour ce politicien prosaïque, elle se résume à la pêche aux voix.

Le président a donc délivré un discours propre à séduire la hiérarchie catholique et, derrière elle, ceux qu’elle influence. Vocabulaire théologique, références aux auteurs chéris des uni- versités catholiques, tournures de messe du dimanche, Macron a embarqué Jeanne d’Arc, de Gaulle, Mauriac et le gendarme Beltrame dans sa galère.

Qui sait si, au moment suprême, l’on meurt pour sa foi ou pour la république, s’est-il demandé ? Et qui sait si, passant de la messe à l’isoloir au suprême dimanche, le bon catholique choisira le bulletin LREM ? Pour gagner son auditoire, Macron s’est autorisé quelques accommodements avec la vérité historique, avançant même que les catholiques auraient construit la république.

Il y a certes eu des catholiques républicains, comme il y a peut-être des vampires végé- tariens. Mais l’Église catholique, en tant qu’institution, a été autant que possible anti-républi-caine, bénissant les armées royalistes et les contre-révolutionnaires de tout poil, ourdissant des complots monarchistes, entravant l’école publique, etc. Ce n’est que récemment et de mauvais gré qu’elle s’est déclarée républicaine. En tant qu’institution, elle a été et reste farou- chement opposée au mouvement ouvrier, ce qui est certes un motif de rapprochement avec la république, qui l’est par fonction et de naissance.

Macron a évidemment parsemé son discours d’allusions aux autres religions, aux athées, au fait que l’État se dit garant de la laïcité, répétant tous les poncifs laïcs politiquement corrects. Mais il a affirmé vouloir « renouer le lien en­tre l’État et l’Église », qu’on croyait rompu depuis 1905, et il a demandé aux catholiques d’intervenir dans la vie publique au nom de leur foi, parée de toutes les beautés de la recherche de l’absolu.

La manœuvre politicienne marchera ou non. Comme Macron l’a souligné lui-même, on trouve nombre de catholiques revendiqués parmi les bénévoles des Restos du cœur, les militants qui travaillent aux côtés des migrants et bien d’autres associations. Il n’est pas dit que ces catholiques-là se laissent aussi facilement séduire que des évêques par les discours d’un président qui chasse les migrants, organise la casse sociale et comble les riches de cadeaux.

Il reste que Macron aura délibérément fait sa propagande sur le terrain pourri du discours communautariste, au sens propre du terme. Il s’est adressé à un public défini par son appartenance religieuse, au nom de cette appartenance et pour lui demander d’agir en vertu de cette foi. C’est un indice et une contribution de plus à la régression politique en œuvre.

L’« absolu » au nom duquel Macron demande aux catholiques de s’engager derrière lui a, quoi qu’il en dise, une vieille odeur de fagot, d’oppression des femmes, d’obscurs préjugés et de résignation devant le pouvoir des puissants.

Paul GALOIS 11 Avril 2018
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28 mars 2018 ~ 0 Commentaire

réponse (médiapart)

laicite

En réponse aux signataires de l’Appel contre « le séparatisme islamiste »

Le 19 mars, Le Figaro a publié une tribune intitulée : « L’appel des 100 intellectuels contre le séparatisme islamiste ». Je réagis aujourd’hui : «Sans être d’accord, je pensais que j’allais humer l’air vif des sommets ; je n’ai fait que respirer les remugles d’eaux troubles et grasses, agitées par des poncifs rebattus qui courent comptoirs et rues».

« Il était réservé à notre temps de voir des hommes de pensée ou qui se disent tels faire profession de ne soumettre leur patriotisme à aucun contrôle de leur jugement, (…) déclarer traîtres à leur nation ceux de leurs compatriotes qui gardent à son égard leur liberté d’esprit ou du moins de parole. (…) Ces remarques expliquent la volonté si fréquente chez l’écrivain français contemporain de prendre une posture politique, mais non pourquoi elle est si ponctuellement, encore que plus ou moins franchement, dans le sens autoritaire. C’est ici qu’intervient un second facteur : la volonté, chez l’écrivain pratique, de plaire à la bourgeoisie, laquelle fait les renommées et dispense les honneurs. » Julien Benda, La Trahison des clercs

L’heure est grave !

Que dis-je, idiot utile, inconscient et aveugle au front bas que je suis, elle est extrêmement grave. Oyez bons Français et fiers patriotes : un spectre hante l’Europe et notre beau pays menacé par le « totalitarisme islamiste » qui ne cesse de progresser. Hier, des quartiers populaires sont passés sous la coupe de musulmans radicaux, selon certains qui pensent être des visionnaires éclairés et éclairants.

Aujourd’hui, c’est plus terrible encore, des forces françaises antirépublicaines s’activent pour relayer les actions de ces mahométans et détruire « la paix civile. »

Après les coups de menton, les menaces sans fondement juridique du ministre de l’Education nationale, qui pourrait fort légitimement remplacer l’actuel Sinistre[1] de l’Intérieur, et ses diatribes policières contre SUD Education 93 voué aux gémonies pour avoir osé organiser – crime de lèse-république – une réunion consacrée au « racisme d’Etat » et des ateliers en « non-mixité raciale », les signataires de l’Appel précité s’en prennent de nouveau à cette organisation syndicale.

Original et courageux, n’est-ce pas ? Subtile répartition des tâches. Jean-Michel Blanquer a ouvert les hostilités, avec l’approbation d’une majorité aux ordres, du gouvernement et de Jupiter, les signataires de cet Appel poursuivent la traque, organisent la meute, fouettent les passions en espérant un sursaut de l’opinion publique, comme on dit, et peut-être de nouveaux anathèmes ministériels contre ce syndicat honni.

N’oublions pas Frédéric Potier, récemment nommé délégué à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). En bon petit soldat soucieux de donner des gages de soumission et d’orthodoxie lexicale et politique à ceux qui l’ont désigné à ces nobles fonctions, il a déclaré : « Il n’y a pas de racisme d’Etat. Cette notion, c’est une aberration.[2] » Ivresse du pouvoir et vanité puérile qui font croire à celui qui l’exerce qu’il peut ruiner un concept par quelques phrases prétendument assassines. Dérisoire et risible.

Eu égard à la gravité de la situation, une cohorte d’hommes et de femmes venus d’horizons politiques différents ont donc décidé d’unir leurs forces et de faire fi de leurs divergences.

Formidable courage qui témoigne, laissent-ils entendre, de leur capacité à s’émanciper de leurs opinions singulières pour faire triompher l’intérêt général et la défense de la République menacée. Admirable union sacrée. Plus admirable encore la qualité des signataires. Juristes, avocats, professeurs, philosophes, docteurs, agrégés, essayistes pressés, c’est un pléo- nasme, chroniqueurs divers que réunissent des obsessions communes : l’islam, les quartiers populaires « gangrenés par la charia » et les jeunes « issus de l’immigration », l’inévitable I. Rioufol[3] et la subtile E. Lévy, bien sûr, quelques académiciens, qui pensent que depuis qu’ils siègent sous la coupole, leurs travaux sont devenus immortels, et deux anciens membres de gouvernement.

Un prétendu ami de la sagesse et de la vérité, L. Ferry, qui a oublié qu’on ne peut servir deux maîtres, la philosophie et le(s) pouvoir(s), et qui depuis longtemps préfère le(s) second(s) à la première. Un humanitaire revenu de tout sauf de lui-même, B. Kouchner, prêt à soutenir quiconque lui ouvre les portes du prestigieux Quai d’Orsay comme il en a fait la démonstration servile. Avec raison, l’un et l’autre prennent soin d’exhiber leur titre de ministre car beaucoup de lecteurs n’ont aucun souvenir de leurs fonctions passées. Une loi, une décision ou action mémorables ? Que nenni ! Ils n’ont fait que passer.

Mais qu’importe. L’addition de ces personnalités intellectuelles, et de ces esprits forts et cultivés laissaient augurer un texte puissant, servi par des plumes inventives et brillantes. Sans être d’accord, je pensais que j’allais humer l’air vif des sommets ; je n’ai fait que respirer les remugles d’eaux troubles et grasses, agitées par des poncifs rebattus qui courent comptoirs et rues. Quant au clinquant des titres et des notoriétés affichés, il ne change rien à l’affaire ; il prouve seulement que ceux qui se croient haut pensent bas, quelquefois.

Pensent-ils seulement ? Non. Ils lestent des opinions communes d’une légitimité acadé- mique susceptible de les faire passer pour des réflexions importantes. J’ignore qui a tenu le clavier mais le résultat pourrait laisser croire qu’un communicant affairé, et dépassé par les éléments de langage qui lui ont été imposés, s’est attelé à cette tâche en débitant avec empressement lieux communs, amalgames, raccourcis grossiers, confusions inacceptables que certains professeur-e-s signataires ne tolèreraient pas de leurs étudiant-e-s.

Et les voilà conduits sur cette pente où, pour paraphraser L. Wittgenstein, les savoirs acquis au cours d’études longues et difficiles « n’améliorent en rien » leur « façon de penser (…) les questions importantes de la vie de tous les jours » ce pourquoi ils se font démagogues vulgaires en utilisant « des expressions dangereuses que les gens de cette espèce utilisent pour leurs propres fins. »

SUD Education 93 et quelques autres sont ainsi accusés de favoriser, par leurs initiatives, « le séparatisme islamiste » et de se battre pour « accorder » aux prétendus « dominés » des « privilèges » singuliers en lieu et place des beautés immarcescibles des lois républicaines, celles-là mêmes qui sont au fondement de l’unité de la « communauté nationale. »

En effet, comme chacun devrait le savoir, les dispositions législatives, la justice et les possi- bilités offertes aux citoyens de ce pays sont égales pour tous. Nulle discrimination raciale et/ou religieuse n’affecte l’existence des uns et des autres car tous peuvent s’épanouir librement et également en constatant chaque jour l’effectivité de la sublime devise inscrite au fronton des bâtiments publics.

La police, quant à elle, est au-dessus de tout soupçon puisque républicaine, agissant dans le cadre de la Constitution, respectueuse des lois, des règlements et des circulaires, elle n’effec- tue aucun contrôle au faciès et use de la violence avec discernement, toujours. Admirables syllogismes et puissance de la raison étayée par des connaissances précises et variées ?

Piteux triomphe de la “pensée” défaite qui dégénère en idéologie où les faits, les événements et les nombreuses enquêtes menées depuis longtemps, corroborées par plusieurs institutions indépendantes et sûres – le Défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) – sont traités en chiens crevés dès lors qu’ils sont susceptibles de contredire si peu que ce soit les affirmations péremptoires des signataires.

Les faits sont têtus, affirmait un homme politique célèbre. Présentement il y a plus têtus qu’eux puisque dans le monde enchanté des mêmes, ni dominé-e-s, ni discriminé-e-s n’exis- tent ; seuls demeurent des citoyens vivant dans le subtil éther républicain où tout n’est que liberté, égalité et fraternité.

Les réalités sont autres ? Qu’importe. Au mieux, elles sont euphémisées, au pire elles sont niées. La preuve de l’existence d’un phénomène idéologique ? Son caractère rebelle à toute falsification et sa persévérance quels que soient les éléments factuels et les savoirs mobilisés pour l’infirmer. Les auteurs de cet Appel en font la démonstration probante. Pour eux, les analyses, les catégories et les termes non conformes à leurs présupposés ne sont qu’inven- tions de militants radicaux et irresponsables auxquels des universitaires et des chercheurs, contaminés par la sociologie, l’histoire et/ou la philosophie critiques, ces pauvres filles de la « pensée 68 », apportent leur soutien et leur insupportable « culture de l’excuse. »

Pis encore, ceux qui prétendent combattre le racisme institutionnel et les discriminations, qui n’existent que dans leur imagination, sont les fourriers d’un « apartheid d’un nouveau genre » et d’une « ségrégation à l’envers. » Acmé de l’argumentation ? Echolalie sommaire de la rhétorique réactionnaire et de la thèse bien connue de « l’effet pervers » où « toute tentative pour modifier l’ordre existant produit des effets strictement contraires au but recherché. [4] »

SUD Education 93 et ses alliés supposés deviennent ainsi de dangereux activistes qui encouragent « la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie », et font peser sur la douce France des menaces existentielles. Des adversaires ? Non, des ennemis à bien lire ceux qui souscrivent à ces formulations radicales bien faites pour susciter cette passion souvent mauvaise qu’est l’indignation. Nous ne leur ferons pas l’injure de croire qu’ils ne savent pas ce que les mots veulent dire.

Les signataires de cet Appel s’en prennent de façon toujours plus violente aux femmes, aux hommes et aux organisations diverses qui défendent un antiracisme politique. N’oublions pas les animateurs du « Printemps républicain. » « Hiver » serait plus adéquat pour qualifier cette petite mais influente cohorte conduite par un professeur de sciences politiques reconverti dans la vigilance tweetesque qui lui a permis d’accéder à une certaine notoriété dont il n’avait jamais jouie jusque-là.

Ne négligeons pas la puissance de leur alliance objective et de leur proximité idéologique ; beaucoup d’entre eux ont micros et caméras ouverts dans les médias où ils se répandent à qui mieux-mieux tout en prétendant subir la censure des « bienpensants » et des « islamo-gauchistes. » Les uns et les autres ont déjà gagné de nombreuses batailles et rallié à leur cause des soutiens multiples, conséquents et quelquefois surprenants.

En réponse à leurs attaques passées, réitérées et à venir, notre résistance doit être constante, déterminée, unitaire et conduite sur tous les fronts. En nous stigmatisant, ils veulent nous réduire au silence et à l’inaction. Contre ces nouveaux censeurs emportés par un prurit toujours plus autoritaire, il est urgent d’écrire, de parler et d’agir. Donc acte.

  1. Le Cour Grandmaison, universitaire. Dernier ouvrage paru : L’empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, Fayard, 2014

[1]. A l’attention de celles et ceux qui penseraient qu’il s’agit d’une insupportable et impardonnable faute de frappe, je précise qu’il n’en est rien.

22 mars 2018  Olivier Le Cour Grandmaison

https://blogs.mediapart.fr/

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31 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

curés rouges (alternative libertaire)

spartacus

Claude Guillon : « Les Enragés ont fait la révolution, mais ils ont été faits par elle »

Jacques Roux, surnommé «  le curé rouge  », fait partie de ces anonymes qui ont fait la Révo-lution française et qui ont été victimes de la Terreur. Peu connu, on retient souvent de lui cette phrase, qu’il prononça face à la Convention nationale (l’assemblée législative de la 1ère République)  : «  La liberté n’est qu’un vain fantôme, quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément.  » La biographie que lui a consacré Walter Markov, historien allemand, est enfin traduite et publiée par les éditions Libertalia, 50 ans après sa première publication, après un gros travail d’actualisation mené notamment par Claude Guillon.

Bien que prêtre, Jacques Roux a participé aux événements révolutionnaires dans le courant des « Enragés », considérés comme précurseurs du communisme par Marx. Comment peut-on expliquer ce parcours singulier, d’un ordre privilégié aux révolutionnaires les plus radicaux ?

Claude Guillon  : Roux fait partie du bas clergé, où l’on s’engage quand on vient d’une famille pauvre, pour acquérir un peu d’instruction et un «  état  », un métier. Beaucoup de «  petits  » curés ont joué un rôle dans la Révolution, à commencer par ceux qui représentaient leur ordre aux états généraux, en ralliant le tiers état, et d’autres dans les sociétés populaires, dont ils ont souvent été, au début, les secrétaires.

Obscur enseignant dans un établissement de province, exilé dans la capitale pour échapper aux conséquences d’une histoire confuse, c’est typiquement le genre de personnage dont l’histoire n’aurait pas retenu le nom… si la Révolution ne lui avait ouvert, comme à la choco- latière Pauline Léon ou à l’employé de la poste aux lettres Jean-François Varlet, des horizons nouveaux. Ces gens ont fait la révolution, mais ils ont été faits par elle.

En juin 1793, Jacques Roux prononça un discours célèbre, passé à la postérité sous le nom de « manifeste des Enragés ».

Jacques Roux est le plus âgé de ces militants et militantes, que l’on appellera plus tard les «Enragés». Il a 37 ans en 1789. Devenu curé des Gravilliers, au centre du Paris populaire, il connaît les artisans et les ouvriers, qu’il marie, baptise et enterre. Il connaît aussi le prix des denrées de première nécessité et de la journée de travail, et la misère du peuple. Il est convaincu de l’utilité des femmes dans le processus révolutionnaire, notamment de la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires, que Pauline Léon et l’actrice Claire Lacombe vont rallier aux Enragés, en en chassant les Jacobines plus modérées.

Même s’il est impossible de deviner ses sentiments d’avant la Révolution, il est possible que Roux ait fait partie des curés qui considéraient leur rôle d’un point de vue davantage social que religieux, sans foi et encore moins fanatisme particulier. Souvenons-nous cependant qu’à l’époque la religion imprègne toute la société et que le monarque absolu est censé tenir sa légitimité directement de « Dieu »  !

La constitution civile du clergé (1790) sépare à peu près le clergé français en deux moitiés. La radicalisation du mouvement populaire, l’opposition des curés «  réfractaires  » (au serment que l’on exige d’eux), puis le mouvement anticlérical, dit « déchristianisateur », vont rendre la position d’un Jacques Roux très difficile. Il a bien sûr pris le parti de la révolution, mais il est commode, pour Robespierre par exemple, de l’attaquer comme prêtre. Roux s’en plaint et dénonce les curés comme des charlatans. Il a annoncé son intention d’épouser une « bonne républicaine », peut-être la femme avec laquelle il cohabitait, mais il n’en a pas eu le temps.

Comment définir les Enragés et que peuvent-ils nous apporter aujourd’hui ?

Claude Guillon  : Je dois dire d’abord que l’étude de la Révolution française me paraît utile et rafraîchissante, dans la mesure où la majorité des gens du peuple qui la font sont presque sans bagage intellectuel (même quand ils et elles savent lire et écrire) et, par la force des choses, dépourvus de tout le savoir révolutionnaire qui remplit aujourd’hui nos bibliothèques. Or, non seulement ils mettent à bas un système monarchique pluriséculaire, mais ils inventent immédiatement de nouvelles manières de prendre des décisions, de faire de la politique, le tout sans électricité, sans antibiotiques et sans machines à laver…

Le qualificatif «  Enragés  » a été attribué a posteriori à des militantes et militants dont les revendications se rejoignent, à la gauche des Jacobins et de la Montagne. Ils agissent surtout à Paris, mais aussi à Lyon, avec Chalier (Leclerc y a vécu) et à Orléans (Taboureau de Montigny). Ils et elles veulent pousser la Révolution vers ses conséquences logiques en matière d’égalité des conditions, de démocratie directe (mandat impératif et révocabilité des élus), et de participation des femmes à la vie sociale.

Ils et elles ne constituent pas un parti, avec des adhérents, même si les Républicaines sont une société de 300 femmes, qui peuvent en mobiliser beaucoup d’autres et que les Jacques-routins se réunissent aux Gravilliers. Mais ils sont clairement identifiés par Robespierre comme un courant cohérent, dont il va obtenir en une quinzaine de jours la mise hors circuit, faisant chasser Roux, Leclerc et Varlet du club des Cordeliers et faisant fermer la Société des répu-blicaines, prélude et prétexte à l’interdiction de tous les clubs de femmes. Arrêté et persuadé, à juste titre, qu’il sera condamné à la guillotine, Roux se suicide en prison le 10 février 1794.

Pourquoi traduire cette biographie, déjà vieille de 50 ans, d’un auteur est-allemand ?

Claude Guillon  : À partir du début du 20è siècle, les premiers historiens qui s’intéressent assez aux Enragés pour produire des monographies sur les uns et les autres sont soviétiques: ils passeront par les camps staliniens. En France, Albert Mathiez (qui n’aime pas Roux), Daniel Guérin et Albert Soboul leur accordent une bonne place dans leurs analyses, mais seul Mau-rice Dommanget publie un livre sur Jacques Roux (et Pierre Dolivier, un autre curé radical), et Marie Cerati sur les Républicaines révolutionnaires.

Walter Markov, historien, universitaire d’Allemagne de l’Est a travaillé dix ans sur Jacques Roux et les Enragés. Il a publié quatre li­vres en RDA, dont un gros volume en français regroupant tous les écrits (discours, brochures et journal) de Roux, que nous avons tenu à reproduire sur un CD-Rom qui accompagne le livre. Le lecteur et la lectrice peuvent donc suivre le récit en se reportant aux documents. Markov a aussi traduit des textes en allemand et publié de nombreux articles (nous en reprenons plusieurs).

Markov écrit un allemand difficile, qui a donné du fil à retordre à notre équipe éditoriale: la traductrice Stéphanie Roza d’abord, Jean-Numa Ducange et moi. Par ailleurs, même s’il a été connu des historiens français de la Révolution, et aidé par eux (Soboul, en particulier) pour faire ses recherches en France, son «  héros  » et principal sujet d’étude posait problème  : on craignait en France qu’il ne fasse de l’ombre à Robespierre! Le fait que ce projet de traduction puisse aboutir aujourd’hui est donc d’abord la réparation d’une injustice politique et histo- rienne, à l’égard du «  curé rouge  » Jacques Roux mais aussi à l’égard de son biographe et meilleur connaisseur au monde. Le fait que ce livre paraisse chez Libertalia, un éditeur libertaire, en coédition avec la Société des études robespierristes et à son initiative, est un signe de plus que les lignes ont bougé depuis la chute du mur de Berlin.

Outre la mise en forme du texte, pour le rendre accessible en français, nous avons fait un travail de vérification et d’actualisation des références et de la bibliographie et ajouté un appareil critique, inexistant dans le volume original.

Reste-t-il des choses à découvrir et à faire connaître chez les Enragés  ?

Claude Guillon : J’en suis persuadé ! J’avais publié en 1993 une biographie de Leclerc et Léon (Deux Enragés de la Révolution, La Digitale), complétée depuis par un article sur Pauline Léon dans les Annales historiques de la Révolution française (2005). Dans la deuxième et récente édition de Notre patience est à bout (IMHO, 2016), un recueil de textes des Enragés, j’ai ajouté un texte et une bio-bibliographie de Taboureau de Montigny, qui ne nous est guère plus familier que lorsque Mathiez le surnommait «  l’enragé inconnu  ». Je pense que Varlet, auteur de la fameuse formule «  Pour tout être qui raisonne, gouvernement et révolution sont incompatibles  », mériterait un recueil de ses textes. Quant à la société des Républicaines révolutionnaires, je vais avoir l’occasion d’y revenir puisque je prépare un livre sur les clubs de femmes pendant la Révolution. L’édition française du livre de Markov sur Jacques Roux remet le public francophone au niveau de connaissance du public allemand. J’espère que cette édition suscitera d’autres traductions, et l’ensemble de ces travaux de nouvelles recherches. Et puisque nous parlons d’édition et que Libertalia a republié Bourgeois et bras-nus de Daniel Guérin (dont j’ai rédigé la préface), je souhaite que nous puissions rééditer un jour, sous une forme plus accessible, son gros ouvrage en deux volumes La lutte de classes sous la Première République. Bref  ! historiens et éditoriaux, les chantiers ne manquent pas  !

Propos recueillis par Renaud (AL Alsace)

28 décembre 2017

http://alternativelibertaire.org/

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14 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

teodora salvador (jdd)

feminsite

Salvador : 30 ans de prison pour une fausse couche. Lors d’un premier procès en 2008, Teodora Vasquez, aujourd’hui âgée de 34 ans, avait écopé de la même peine.

Un tribunal du Salvador a confirmé mercredi la condamnation à 30 ans de prison de Teodora Vasquez, victime d’une fausse couche pour laquelle elle a été jugée coupable d’homicide. Dans ce pays, la législation anti-avortement est parmi les plus strictes au monde.

Peine confirmée. Lors d’un premier procès en 2008, Teodora Vasquez, aujourd’hui âgée de 34 ans, avait écopé de la même peine. « Le tribunal a estimé que la (première) condamnation devait être confirmée », a déclaré l’un des juges, qui avait déjà siégé en 2008. Avant le verdict, l’avocat de la défense, Victor Hugo Mata, avait demandé à la cour de « corriger son erreur en la libérant », plaidant que sa cliente n’a commis « aucune faute ». Le tribunal pouvait décider d’an- nuler sa condamnation, ordonner un nouveau procès ou confirmer sa peine de 30 ans de réclusion.

L »accusée avait « caché » sa grossesse. Teodora Vasquez s’est bornée mercredi à rappeler aux trois juges ce qui lui est arrivé le jour où elle a perdu sa fille. La représentante du parquet, qui a requis la confirmation de la peine, a estimé que l’accusée avait « caché » sa grossesse et « qu’elle ne voulait pas d’un bébé ». A l’issue du verdict, la présidente du Centre des droits en matière de procréation, Nancy Northup, a qualifié ce jugement de « gifle », estimant que « l’accusée n’a commis aucun crime ».

Teodora Vasquez était enceinte de près de neuf mois quand elle avait appelé les urgences le 14 juillet 2007, depuis les toilettes du collège de San Salvador où elle était employée. N’obte- nant pas de réponse des urgences, elle avait été victime d’une grave hémorragie et son bébé était mort-né. En découvrant le cadavre de ce dernier, un autre employé du collège avait prévenu la police et la jeune femme, encore inconsciente, avait été arrêtée.

Le code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d’avortement, mais dans les faits, les juges salvadoriens considèrent l’avortement ou la perte du bébé comme un « homicide aggravé », un délit puni de 30 à 50 ans de réclusion.

Par Rédaction Europe1.fr 14 décembre 2017

http://www.europe1.fr/

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09 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

unités laïcité (le huff’ + franceinfo + huff’)

nonon laic

S’il faut porter une barbe laïque, on a skif!

Jean-Michel Blanquer annonce la création d’ »unités laïcité » dans les académies. Pour le ministre de l’Éducation nationale, il s’agit de répondre au sentiment de « solitude » éprouvé par certains professeurs.

Des « unités laïcité » seront créées dans toutes les académies françaises, dont la première samedi en banlieue parisienne, pour pouvoir « intervenir sur le terrain » en cas d’atteinte à cette valeur, a annoncé vendredi 8 décembre le ministre de l’Education nationale.

Jean-Michel Blanquer a fait cette annonce, qui laisse sceptiques certains syndicats d’ensei- gnants, à la sortie du conseil des ministres, à la veille du 112e anniversaire du vote de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, « une des lois les plus importantes dans l’histoire de la République » selon lui.

« Il est extrêmement important de continuer à faire vivre cet esprit de laïcité », or « il arrive qu’en cours certaines convictions conduisent à une volonté de prosélytisme ou la contestation des règles communes », a-t-il souligné, notant que face à ces situations, les professeurs peuvent éprouver un sentiment de « solitude ».

« Définir les règles du jeu de la laïcité »

Le gouvernement a donc décidé la création, au cœur du ministère de l’Education, d’une « unité laïcité ». « Un comité des sages », dont la constitution sera annoncée prochainement, qui « aura une vision sur les problèmes » observés en France et « permettra de définir les règles du jeu de la laïcité » Cette unité « pourra intervenir à l’appui des différentes institutions sur le terrain pour les aider à défendre la laïcité dans les « situations » où elle est contestée.

« Nous aurons l’équivalent de cette unité laïcité à l’échelle de chaque académie de France », a précisé le ministre, indiquant qu’il installerait samedi la première d’entre elle dans l’académie de Créteil (Val-de-Marne), au sud-est de Paris.

Elles seront constituées d’équipes pluridisciplinaires (juristes, psychologues, pédagogues…). « Le but c’est de pouvoir instaurer un dialogue avec les familles quand c’est nécessaire, d’avoir une expertise sur chaque situation, une vision homogène sur chacun des cas », a poursuivi le ministre.

Jusqu’ici, il existait un référent laïcité dans chaque académie et un poste de chargé de mission au ministère.

« C’est plutôt de l’ordre du symbolique », a réagi Jean-Rémi Girard, vice-président du Snalc, syndicat d’enseignants minoritaire interrogé par l’AFP, estimant que « depuis la loi de 2004 (loi sur le port des signes religieux), les problèmes ont beaucoup baissé car ça a cadré les cho- ses ». Pour Liliana Moyano, présidente de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, « tout ce qui permet de renforcer le maillage des interlocuteurs pour ne pas laisser la commu- nauté éducative livrée à elle-même va dans le bon sens ».

De son côté, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, ne voit « pas bien l’intérêt d’ajouter un dispositif au dispositif existant ».

09/12/2017

http://www.huffingtonpost.fr

Lire aussi:

Hommage à Johnny : Mélenchon déplore la présence de Macron à la cérémonie religieuse (FranceInfo)

Hommage à Johnny Hallyday: le geste pas vraiment laïc de Valérie Pécresse (Le Huff’)

Commentaire: La laïcité devient une religion avec ses gardiens! Et les ennemis de la laïcité, on n’en parle jamais! Ce ne sont ni les catholiques, ni les protestants, ni les israëlites, ni les bouddhistes… mais qui alors?

 

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