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01 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

islam (joseph daher)

crois

Après les attentats de Barcelone, la même question: «l’Islam est-il responsable des attentats terroristes»?

Chercher les réponses ailleurs que dans le Coran ou la Bible!

Après chaque attentat, qui sont des actes à condamner avec des conséquences tragiques, les médias et politiques concentrent les discussions sur la religion islamique pour tenter d’expli- quer les crimes et violences par les assassins de l’Etat Islamique (EI), cette fois à Barcelone.

Le débat se fait dès lors sur quelle interprétation ou tradition, réformiste ou réaction- naire, du Coran avons nous pour tenter d’expliquer les violences commises au nom de la religion.

La Télévision Suisse Romande a par exemple invité le lundi 21 aout Noureddine Ferjani, imam de la Mosquée de Genève, pour commenter les attentats de Barcelone, savoir si il dispose de moyen de combattre l’extrémisme, comment les auteurs des attentats justifient cela en terme de religion, etc… Le problème de toutes ces discussions, c’est qu’elles axent l’explication et les sources de toutes violences commises au nom de l’Islam (y compris par l’EI) dans la religion islamique et plus précisément le Coran.

Selon moi, les explications qui veulent trouver dans le Coran et dans la religion islamique les raisons des phénomènes tel que les attentats de Barcelone, des actes des combattants de l’EI et autres organisations djihadistes font fausse route, et ne permettent pas d’y voir clair, mais surtout elles renforcent très souvent les amalgames racistes et islamophobes tout en voulant octroyer une nature intrinsèquement violente à l’Islam et plus généralement aux populations musulmanes.

Les phénomènes tel que l’EI et / ou les attentats de Barcelone doivent être analysés dans leurs contextes politiques sociaux et économiques actuels de notre monde, et non dans le Coran.

Prenons par exemple l’EI : ce dernier est le résultat principalement de l’impérialisme occidental, des interventions des différents régimes autoritaires de la région du Moyen Orient en Irak (Iran, Qatar, Arabie Saoudite, etc…), et du régime autoritaire et confessionnel actuel de l’Irak hérité de l’invasion de 2003, sans oublier dans le passé du régime de Saddam Hussein et ses politiques. L’écrasement des mouvements populaires débutés à la fin de l’année 2010 et début de l’année 2011 par des régimes autoritaires a permis à l’EI une deuxième phase d’expansion. [1]

De même, certains tentent d’expliquer les tensions religieuses actuelles entre Chiites et Sunnites au Moyen-Orient dans le Coran ou comme une conséquence du conflit qui est apparu à la mort du prophète et sur sa succession il y a 1400 ans. Cela nie le contexte politique et social actuel hérité de l’invasion américaine et britannique en 2003 et du rôle de ces deux derniers dans la destruction du tissu social irakien et qui ont privilégié l’arrivée au pouvoir de forces politiques confessionnels et réactionnaires. Même si l’EI et autres djihadistes se réclament de l’Islam, la religion n’explique pas leurs comportements et leurs agissements. Ces groupes ou personnes ont des raisons qui s’inscrivent dans l’époque actuelle et non il y a 1400 ans.

Analyse t-on l’invasion américaine de l’Iraq par les paroles et les croyances religi- euses de Bush (qui avait déclaré avoir entendu en rêve Dieu lui dire qu’il avait une mission et qu’il fallait envahir l’Iraq) ou bien selon des motivations impérialistes (politiques et économiques) ?

Allons-nous trouver les raisons de l’invasion américaine dans la Bible ? Allons-nous analyser l’invasion américaine sur la base du comportement des chrétiens il y a 2000 ans ? De même, lors de la tuerie perpétrée en Norvège le 22 juillet 2011 par Anders Breivik, qui affirmait agir pour préserver la chrétienté face au multiculturalisme, a-t-on cherché les raisons de son acte dans le christianisme ou la Bible ?

De manière similaire, récemment une jeune syndicaliste membre des IWW (Industrial Workers of the World), Heather Heyer, a été tuée et une douzaine des manifestant.e.s ont été blessé.e.s par une voiture folle conduite par un militant fasciste. A aucun moment a t’on cherché à savoir la religion de l’assassin ou si elle expliquait son geste ? D’ailleurs on remar- quera qu’il est plus facile pour la majorité des médias mainstream de qualifier de terrorisme, même “terrorisme islamiste”, les actes d’un djihadiste de l’EI, mais pas ceux de groupes et individus fascistes s’attaquant à des minorités religieuses ou manifestant-es de gauche.

Par exemple, les médias au début dans leur grande majorité ont décrit les évène- ments à Charlottesville dernièrement comme une “manifestation d’extrême droite qui a dégénéré”. C’est seulement après la désignation de “terrorisme intérieur” par le ministre de la Justice des Etats Unis, Jeff Sessions, que la rhétorique a changé. L’écrivain arabe, Aziz Al- Azmeh, affirmait que « la compréhension des phénomènes politiques islamiques nécessite l’équipement normal des sciences sociales et humaines, et non leur déni ». Ne pas s’atteler à cette tâche, c’est nous mener vers une essentialisation de « l’Autre », en l’occurrence aujourd’hui « des musulmans ».

Toute religion n’existe en effet pas indépendamment des personnes, de la même manière que Dieu n’existe pas en dehors du domaine de l’action intellectuelle de l’homme. Bien au contraire la religion, comme le pouvoir surnaturel de Dieu, sont une expression mystique populaire des contradictions et des réalités matérielles dont les gens vivent. C’est pourquoi il faut tenter de trouver et d’expliquer les raisons de ces crimes, sans vouloir les excuser ou les justifier, perpétrés par ces groupes ou personnes et comprendre les motivations qui les ont poussé ou les poussent à agir dans ce sens.

Ces raisons ne se trouvent pas en lisant le Coran ou la Bible, mais bien d’abord dans le contexte politique et socio-économique dans lequel se trouvent ces groupes et personnes et aussi dans les dynamiques politiques sur la scène internationale. De la même manière, les « islamologues » qui tentent de définir les sources du terrorisme de l’EI ou autres organisations djihadistes dans un seul fait social limitent la compréhension de ces phénomènes.

Les crimes et le parcours des djihadistes sont à bien des égards et très souvent un reflet des contradictions des politiques internes et externes des pays dans lequel ils ont grandi, tout en prenant compte le climat politique régional et international. Les motivations et le parcours de vie d’un djihadiste français ne sont en effet pas les mêmes que celles d’un syrien ou irakien. Leurs réalités sont complètement différentes. Il est nécessaire d’analyser et de comprendre la complexité et la multitude des raisons des trajectoires et actes des militant-es djihadistes de manière matérialiste.

Le révolutionnaire russe Vladimir Lenine par exemple dans le texte « L’attitude du Parti des travailleurs à la religion » de mai 1909 écrit qu’en tant que marxistes, « devons expliquer la source de la foi et de la religion des masses d’une façon matérialiste ». Il poursui- vait en affirmant que si l’on ne s’attelait pas à cette tâche, nous n’aurions pas une vision différente des classes bourgeoises, qui accusent les masses d’ignorance pour expliquer le phénomène de la croyance religieuse. Le fondamentalisme religieux n’est en fait que l’expression de cette frustration et non sa source.

Il faut comprendre les fondamentalismes religieux, quel qu’ils soient, comme des facteurs et raisons modernes et qui trouvent leurs sources dans des phénomènes actuels et non du passé, même si leur propagande fait référence à un passé mystifié. La barbarie des assassins de Barcelone et des groupes comme l’EI se nourrit en premier lieu des contra-dictions et les différentes formes d’oppressions de leurs sociétés, mais aussi de la barbarie des Etats occidentaux capitalistes et impérialistes qui ont commis beaucoup plus de victimes que les organisations djihadistes.

D’ailleurs, aucune égalité au niveau absolu ne peut égaler la barbarie des Etats occidentaux dans le nombre de victimes qu’ils ont causé à travers le monde.

Ce sont des Etats occidentaux qui ont mené des interventions militaires destructives ces dernières décennies par exemple comme en Iraq en 2003, intervention qui a suivi l’embargo meurtrier contre le peuple irakien pendant plus de 10 ans. Ce sont des Etats occidentaux qui apportent leur soutien sans faille aux dictatures sanglantes au Moyen-Orient, sans oublier un soutien total à l’Etat colonial et d’Apartheid d’Israël qui opprime depuis plus de 60 ans le peuple palestinien. Que dire des politiques néo-libérales imposées par les Etats occidentaux et les institutions monétaires internationales qui on causé l’appauvrissement de sociétés entières, des déplacements de populations, des famines, etc…

Nous devons mener une opposition sans merci aux politiques impérialistes des Etats occidentaux qui assassinent et appauvrissent les peuples de nombreuses régions du monde. Nous devons également opposer toutes les formes d’impérialismes internationales et d’impéria- lisme régionales qui ont tous pour objectifs d’écraser d’autres peuples pour les intérêts politiques de leurs classes dirigeantes. Pour rappel les assassins de Charlie Hebdo avaient dans leurs interviews, vidéos et autres parlé de la souffrance du peuple syrien, irakien, de l’intervention française au Mali des offenses faites aux populations musulmanes en France et dans le monde, etc…

Les bombardements de la coalition internationale contre l’EI sous la direction des Etats-Unis et avec la participation de plusieurs pays occidentaux en Irak et en Syrie on causé la mort de nombreux civils, plusieurs milliers depuis son déclenchement en septembre 2014.

Le mépris pour les victimes civiles et autres dommages causés dans cette « guerre contre le terrorisme » est patent et nourrit le discours des organisations fondamentalistes religieuses tel que l’EI ou al-Qa’ida. En plus son efficacité pour mettre fin aux actions de l’EI au niveau inter- national est à questionner fortement. Bien que l’Etat islamique a perdu de nombreux combat- tants et des large pans de territoires en Irak et en Syrie, l’organisation djihadiste est restée l’organisation la plus meurtrière du monde en 2016, selon un rapport de l’Université du Maryland. Les militant-es de l’État islamique ont mené plus de 1 400 attaques l’année dernière et ont tué plus de 7,000 personnes, soit une augmentation d’environ 20% par rapport à 2015, selon le même rapport.

Encore une fois, sans s’attaquer aux sources, mentionnées plus haut dans le texte, de l’avènement de groupes tel que l’EI, on ne mettra pas fin à ses actes meurtriers uniquement par des solutions militaires et sécuritaires. Cela dit, ce n’est pas pour cette raison qu’il ne faut pas également analyser le discours et pratiques d’organisations tel que l’EI pour tenter de les combattre, mais dans les pays occidentaux il nous faut surtout mettre fin aux raisons qui permettent à ce genre d’organisations de recruter des nouveaux soutiens.

Aucune illusion ne doit exister sur les mouvements islamiques réactionnaires et djihadistes, qui dans le passé (entre les années 50 et début des années 1980) ont reçu le soutien des Etats occidentaux et des dictatures de la région du Moyen-Orient pour affaiblir les mouvements progressistes et nationalistes de la région. Sans oublier le soutien des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite et Pakistan aux organisations djihadistes en Afghanistan durant les années 1980. L’échec politique et économique des régimes du nationalisme arabe et leurs évolutions vers des dictatures patrimoniales ou néo-patrimoniales ont également renforcé les mouvements fondamentalistes islamiques.

Les mouvements djihadistes ont connu une nouvelle expansion suite à la répression des mouvements populaires du Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis 2010- 2011 et ont pu capter les frustrations de certaines tranches des classes populaires, mais ils ne représentent en aucun cas une alternative progressiste ou anti impérialiste, bien au contraire, ce sont des organisations ultra-réactionnaires, anti-démocratiques et anti sociales, certaines comme l’EI sont sans aucun doute des entités totalitaires et meurtrières. Leurs comportements et attaques sur les forces démocratiques et progressistes durant les processus révolution-naires témoignent de cette réalité. Ils sont dans une optique de guerre de civilisation et d’imposition autoritaire de leur hégémonie culturelle et religieuse contre une autre et non une perspective d’émancipation et de libération des classes populaires.

En conclusion et en plus de s’opposer aux politiques impérialistes des Etats occiden- taux, la tâche de la gauche où qu’elle soit est de reconstruire un mouvement progressiste et démocratique large, qui permet l’unité et l’indépendance des classes populaires et travailleu- ses sans distinction ethnique, communautaires et autres qui est la seule voie pour la libération et l’émancipation des classes populaires. Les différences (de genre, “race”, et autres) qui existent aux sein de la classe populaire ne doivent néanmoins pas être nié, mais au contraire incluses et reconnues.

Cela signifie qu’il ne pas faut simplement avoir une approche « économiste », pensant que les luttes ouvrières seront suffisantes pour unir les classes populaires. La gauche radicale doit être bien sûr à la tête de la lutte contre les politiques d’austérité et néolibérales, mais la gauche radicale doit être également le champion de la défense des droits démocratiques dans leur ensemble que ce soit dans la liberté d’expression ou la lutte contre toutes les formes de discriminations comme le racisme, le sexisme, l’orientation sexuelle, etc…

Dans ce cadre, l’islamophobie, comme les autres formes du racisme, très présent dans de nombreux pays européens doit être combattu de manière radicale. L’islamo- phobie n’est pas seulement un instrument des classes dirigeantes racistes pour diviser les classes populaires et les détourner des questions socio-économiques (chômage, élévation de l’âge de la retraite, effectifs et éducation à l’école, etc…), mais entraîne des violences et politiques oppressives envers les populations musulmanes désignées comme responsable principal des problèmes survenant dans nos sociétés.

Pour construire un mouvement progressiste, nous devons comprendre comment, dans les dynamiques capitalistes de notre monde globalisé, les questions de genre, de discrimination basée sur la religion et/ou sur la « race » influencent à la fois la structure et les dynamiques de nos sociétés et de nos lieux de travail et les processus de développement de la conscience. Il s’agit de comprendre comment ces éléments interviennent ensemble dans la production et les relations de pouvoir capitalistes, qui se traduisent par une réalité complexe.

Les discriminations basées sur la race, le genre, l’orientation sexuelle, les oppressions culturelles et idéologiques ne doivent pas être sous-estimées, au risque de perdre de vue la complexité de la tâche, au moment de construire un mouvement progressiste comprenant des travailleurs et travailleuses de tous les horizons. L’absence de prise en compte de ces discriminations dessert la volonté d’unir les classes populaires et le projet politique visant la transformation radicale de la société.

A nous de nous attaquer aux sources des problèmes (le capitalisme, l’impérialisme, les différentes formes d’oppressions, etc…) et donc des politiques des Etats capitalistes occidentaux et autres dans le monde, pour réellement couper l’herbe sous les pieds des forces ultra réactionnaires et les faire disparaître et de construire un projet de société alternatif bénéficiant aux classes populaires dans leurs ensembles.

Joseph Daher vendredi 25 août 2017

https://syriafreedomforever.wordpress.com/

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24 août 2017 ~ 0 Commentaire

edwy plenel à huelgoat

Photo de Ecole des filles.

Voyage en terres d’espoir

L’Été des 13 Dimanches
Rencontre avec Edwy Plenel & Jean-Michel Le Boulanger
« Manifeste pour une France de la diversité »

Face aux chaos du monde, deux solutions se présentent à nous : soit la crispation sécuritaire nourrie par la haine de l’Autre, soit un nouvel humanisme qui assume enfin nos identités plurielles et les ressources de la diversité… Un humanisme de la relation qui accepte l’Autre dans ses différences et qui construit des ponts entre les cultures.

Oui, nous pouvons être Bretons, Corses, Basques, Musulmans, Juifs, de toutes les origines et de toutes les appartenances, sans cesser d’être Français. Assumons les richesses du divers, inventons une République des territoires, une République multiculturelle enfin assumée? Il est grand temps que la France réécrive son roman national en tenant compte de ce multiple, sa vraie richesse.

« De l’air, enfin ! Si longtemps que nous attendions ce Manifeste. Nous ? Toutes celles et tous ceux qui n’en peuvent plus de cette guerre que, d’en haut, l’on invite la France à se faire à elle-même, à son peuple qui est foncièrement pluriel, à son histoire qui est tissée du monde. À l’orée de temps électoraux qui risquent de donner la part trop belle aux semeurs de peurs et aux prêcheurs de haine, Jean­-Michel Le Boulanger fait souffler sur notre politique un vent de Bretagne salvateur. Depuis l’expérience bretonne, il pose la question française. Lisez donc ce Manifeste, offrez-le et partagez-le? » Edwy Plenel

Jean-Michel Le Boulanger est un auteur breton né en 1956. Docteur ès lettres, il est maître de conférences de géographie à l’Université de Bretagne-Sud. Il est également le fondateur du master Métiers du Patrimoine : Politiques patrimoniales et Développement culturel de cette université. Il a participé à de nombreuses publications, ouvrages collectifs, actes de colloques, articles de revue sur l’histoire et la géographie de la Bretagne ou sur les politiques culturelles.

Edwy Plenel est un journaliste politique français, né le 31 août 1952, président et cofondateur de Mediapart. Il fut directeur de la rédaction du quotidien Le Monde de 1996 jusqu’à sa démission en novembre 2004. Edwy Plenel a publié une vingtaine d’ouvrages, présenté dans les médias audiovisuels, délivrait un cours de « Perspectives historiques » ainsi qu’un cours de «Perspectives philosophiques et politiques», puis un cours intitulé «Principes du journalisme» à l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel (Suisse).

http://francoiselivinec.com/

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11 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

tradis (l’obs)

A l’école de la Fraternité Saint-Pie-X : la Révolution, cette imposture satanique

Ils se disent « tradis » mais leur idéologie frise parfois l’intégrisme. La Fraternité Saint-Pie-X, cette communauté de catholiques fondée par Mgr Lefebvre, a été exclue du Vatican en 1988. Dans cette enquête en plusieurs volets, « l’Obs » s’intéresse aux écoles de la « Tradition ». Glaçant.

C’est un chantier qui avait été lancé par Najat Vallaud-Belkacem, lors de son passage au ministère de l’Education nationale : durcir les modalités d’inspection des écoles privées hors contrat, restées longtemps hors des radars de l’institution. Une drôle de galaxie, mêlant école catholiques tradis, écoles privées musulmanes, Montessori ou Steiner. (…)

Les 100.000 fidèles que comptent la communauté sont plutôt bien desservis, car la « Tradition » – comme aime à s’appeler l’univers des catholiques traditionalistes – compte aujourd’hui une soixantaine d’établissements, à peu près donc autant que les nombre d’écoles privées musul- manes. A la différence près que ces écoles ont bien l’intention de rester « hors contrat », bref, en dehors de la sphère tant honnie de l’Education Nationale. Une stratégie qui a été payante, car ces écoles ont pu bénéficier pendant des décennies d’une tranquillité étonnante, et ce malgré des pratiques… hallucinantes, comme nous avons pu le retracer via des témoignages.

« Pendant longtemps, l’institution ne s’est pas intéressée au hors contrat. Il y avait pourtant déjà des abus, dans certaines de ses écoles. J’avais fermé une école catholique intégriste dans les années 1980″, explique Bernard Toulemonde, ancien recteur et bon connaisseur du monde de l’éducation. Plus pour longtemps ? Depuis deux ans, les écoles catholiques de la « Tradition » sont en train d’être passées au crible. « L’Obs » a pu consulter une dizaine de rapports d’inspection, menées ces deux dernières années. Ils montrent que rien n’a vraiment changé. Aujourd’hui, cinq injonctions de mise en demeure ont été transmises au parquet, ce qui revient à un avis de fermeture.

« Il était temps d’aller y regarder de plus près »

Combien d’enfant y sont scolarisés ? La FSSPX nous a donné un nombre de 2.000 enfants scolarisés, mais nos estimations, en additionnant les effectifs des établissements répertoriés sur le site de La Porte Latine – qui référence toutes les « écoles de Tradition », y compris les écoles « amies » et non gérées directement par la FSSPX, nous amènent plutôt au double. A cela se rajoutent les enfants scolarisés à domicile. « Une pratique assez courante dans le milieu, dit Olivier Landron, historien, auteur de « A la droite du Christ » (Editions du Cerf). Il y a une défiance très forte à l’égard de l’Etat et de l’école publique. » En témoigne cette lettre d’une école, adressée aux parents d’élèves, titrée « La perversité de l’Education nationale » :

« Il apparaît toujours plus clairement que l’Education nationale cherche à détruire les cerveaux des petits Français et à avilir leur âme. Nous le savions déjà, mais ces réformes [la réforme des programmes scolaires, NDLR] rendent encore plus efficaces l’entreprise de perversion de la jeunesse menée par l’école. D’où la nécessité des établissements hors contrat. »

Autre fait notoire : les écoles, implantées en pleine campagne, vivent en totale autarcie puis- que les enfants scolarisés y vivent souvent en pensionnat. Les locaux ? Ils sont souvent prêtés ou donnés par des bienfaiteurs de la Fraternité, châteaux, abbayes, ou monastères : la FSSPX, qui a son siège en Suisse, est une organisation internationale. Et riche. Un bon connaisseur du dossier à l’Education nationale constate :

« Avant, ces intégristes étaient marginaux. Aujourd’hui, leur discours identitaire, très réac, est en phase avec un certain air du temps. Cela les conforte. Il était temps d’aller y regarder de plus près. D’autant que certaines écoles n’avaient pas été inspectées depuis plus de trente ans. »

Il s’inquiète de ce « terreau propice aux endoctrinements », pour reprendre le titre évocateur de la note d’une inspectrice de l’Education nationale dans l’académie de Versailles, qui mettait dos à dos les dérives rencontrées dans plusieurs écoles hors contrat, qu’elles soient musulmanes ou de la FSSPX.

Comment reconnaître la race blanche

La dizaine de rapports d’inspection que nous avons pu consulter permettent en tout cas d’aller faire un petit tour de France d’une pédagogie pour le moins… originale. Dans cette école en Bretagne, les polycopiés du cours expliquent que « le judaïsme est réprouvé depuis la mort de Notre seigneur » et fustigent « les sectes juives » qui régnaient au moment « de la venue de Notre Seigneur ». Il critique aussi le Coran qui « veut ruiner le dogme du christianisme » et explique que « la civilisation musulmane est stérile ».

En Alsace, des lycéens commentent des textes de Brasillach et Maurras et l’école fait l’impasse sur la préhistoire et Darwin. Autre dada des écoles de la Fraternité : le maréchal Pétain. Dans cette école des Yvelines, on apprend en cours que « Pétain a sauvé la France », tandis que les « ingrats ont fui en Angleterre ». L’inspectrice note que, depuis son passage, la mention »ingrats » a été remplacé par « résistants ». Un Un proche de la FSSPX, qui connaît bien ses écoles et souhaite rester anonyme, raconte :

« Il y a 20 ans, il y avait une école qui affichait encore le portrait du maréchal Pétain dans les classes. Ils ont dû les retirer, depuis. Mais l’idéologie est restée. »

Ailleurs – un pensionnat près d’Angers – les gamins font l’apologie de la peine de mort dans leurs copies de français. Ânonnent en histoire que la Révolution est une « imposture d’essence satanique », idéologie néfaste qui est « l’essence même de la Déclaration de droits de l’homme » :

« Deux religions s’affrontent : le catholicisme et la religion des droits de l’homme. Reste à s’expliquer comment celle-ci a pu arriver aux horreurs commises par la Révolution et au génocide vendéen. La révolution n’est pas seulement l’auteur du premier génocide des temps moderne, mais elle est aussi responsables de tous les génocides qui suivent. »

En « éducation civique », on apprend à « reconnaître la race blanche ». Extrait d’une copie notée 18/20 : « Ce que je trouve bizarre c’est d’être mélangé à une population multinationale, d’avoir toutes les cultures, sauf la française, car elle disparaît. » Autre perle, ce bout de cours, pris en notes, par un élève de seconde (avec fautes d’orthographe d’origine) sur le romantisme :

« Plus que le romantisme, c’est la révolution elle-même qui est grotesque et risible, puisqu’elle engage l’âme humaine dans la voie de l’erreur et du mensonge. Les philosophes des lumières excercent sur leur sciècle un terrorisme intellectuel, au service de leur idéologie hatée (athée!!!), anti catholique et monarchistes [...] La littérature qu’ils promeuvent est aussi sèche et stérile qu’est sistématique leur pensée. »

Fillettes voilées et manuels édités chez « Clovis »

Les sites web des écoles, avec parfois des vidéos de présentation, ne sont pas moins élo- quents. Ici, l’abbé directeur d’une école en Lorraine rappelle que « le rôle de la femme est d’être mère et épouse ». Là, on déplore « la perversion du monde moderne ». La FSSPX utilise pourtant abondamment internet, que ce soit dans des forums catholiques « tradis », ou sur son site pour promouvoir ses écoles. Exemple, cette vidéo de 2013 vantant une école de Versailles de la Fraternité. Impossible de ne pas remarquer les fillettes et leurs cheveux recouverts d’un foulard, pendant le catéchisme. La tenue des paroissiennes adultes. Normal.

A la FSSPX, on suit à la lettre le précepte de Saint-Paul : « La femme doit avoir sur la tête un signe de soumission ». Pas l’homme, en revanche, car il est « l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme ». Quant à la tenue « immodeste », c’est évidemment un « péché mortel ». Moment croustillant, toujours dans la vidéo, quand l’abbé conspue l’école publique où l’on dispense, selon lui, des « cours sur la théorie du genre dès la maternelle » ou « sur Darwin et l’évolutionnisme », ce qu’il considère comme « une destruction de l’intelligence, un formatage idéologique pour une nouvelle religion, celle de Vincent Peillon ».

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. La Fraternité a donc sa propre maison d’édi- tion, nommée Clovis, qui édite ses manuels. Nous nous les sommes procurés. C’est édifiant. On y explique « pourquoi nous n’étudions pas la préhistoire », on conspue les « francs-maçons » et les « philosophes des Lumières dépravés » qui ont tenté de salir « le bon clergé ». Dans le chapitre sur les Mérovingiens, la naissance de l’islam est évoquée ainsi :

« Alors que les Mérovingiens étaient en pleine décadence, au 7e siècle, un événe- ment très grave survint en Arabie : un conducteur de caravanes, Mahomet, disciple d’un rabbin, marié à une juive, inventa une nouvelle religion démarquée de la Bible. Non content de convertir ses compatriotes à la religion d’Allah, Mahomet prêcha la guerre sainte. [...] Fanatisés, les Arabes se ruèrent sur l’Afrique du Nord, où ils détruisirent toutes les traces de civilisation chrétienne [...] Les Arabes avaient envahi la France. »

Soupir de soulagement, quand enfin survient 732 et Charles Martel ! « La France fut ainsi sauvée de l’esclavage auquel les musulmans soumettaient les chrétiens », peut-on lire… Et de regretter dans l’avant-propos :

« Trop d’enfants ne savent plus qu’être Français, c’est hériter d’une civilisation chrétienne qui a fait de la Fille aînée de l’Eglise, un des plus beaux pays du monde. »

Doan Bu Journaliste 01 juin 2017

http://tempsreel.nouvelobs.com

Lire aussi:

Abus sexuels, emprise… La face cachée de la Fraternité Saint-Pie-X

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08 mai 2017 ~ 0 Commentaire

cathos (libération)

athees

L’Eglise catholique infichue de prendre position contre l’extrême droite

La hiérarchie catholique a refusé de se joindre à une déclaration commune des principaux leaders religieux français – juif, musulman et protestant – appelant à voter Macron pour faire barrage à Marine Le Pen.

Une absence remarquée. Et… regrettée !

Les trois principaux leaders protestant, juif et musulman ont rendu publique, jeudi, une décla-ration commune appelant à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle pour faire triompher, écrivent-ils, «la France généreuse, tolérante, ouverte sur le monde». Mais sans les catholiques ! «Cette déclaration ne correspond pas à la position qui est la nôtre depuis le début de la campagne. On ne s’y reconnaissait pas», explique, à Libération, Vincent Neymon, le directeur de la communication de la Conférence des évêques de France (CEF).

«Nous avons toujours considéré qu’il n’était pas pertinent de créer un front des religions dans le domaine politique», poursuit-il. Sollicité, le président de la CEF, Mgr Georges Pontier, l’archevêque de Marseille, ne s’est donc pas joint à l’initiative. Plusieurs sources indiquent également que le cardinal-archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, avait, lui, donné dans un premier temps son accord, sans finalement donner suite.

«Citoyens responsables»

Lancée en début de semaine, l’initiative réunit le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le président de la Fédération protestante de France (FPF), François Clavairoly et le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech. Après avoir rappelé que «leurs fonctions» les obligeaient à la «neutralité politique», les trois leaders précisent qu’ils agissent avant tout «en citoyens responsables».

«Il ne suffit plus aujourd’hui de « faire barrage au Front national », il est indispensable de rappeler, et d’une même voix, les fondements humanistes qui nous animent et pour lesquels nous œuvrons quotidiennement», estiment les responsables religieux. «Rien n’est acquis pour dimanche», s’inquiète Anouar Kbibech, interrogé par Libération. La même inquiétude est perceptible dans les milieux juifs. «Aucune voix ne doit manquer dimanche prochain pour faire triompher les valeurs de liberté et de tolérance», poursuit le président du CFCM.

Pour donner du poids à leur démarche, les leaders religieux souhaitaient une démarche unitaire. «On aurait aimé que l’ensemble des religions soient présentes, précise Anouar Kbibech. Nous respectons la position des catholiques mais nous ne la partageons pas.» Côté juif, le regret est similaire. «Il appartient aux religions de s’engager au nom des valeurs communes face à une situation historique», déclare le rabbin Moshe Lewin, conseiller du grand rabbin de France.

Depuis le lendendain du premier tour, la position de la CEF suscite des questions et d’intenses débats au sein même des milieux catholiques. Mgr Pontier a clairement redit, mercredi, que l’Eglise ne prendrait pas position. Une petite dizaine d’évêques ont cependant signifié leur opposition au Front National. A Lyon, le cardinal Barbarin a, lui, signé une décla-ration rassemblant les leaders chrétiens de la ville et condamnant un parti «au discours nationaliste dangereux dont la mise en œuvre serait désastreuse.»

Bernadette Sauvaget  4 mai 2017

Lire aussi:

Sans messie, les cathos déchirés (Libération)

Vote FN : les catholiques en pleine radicalisation (Libération)

Les catholiques ont voté à droite, les musulmans largement à gauche (Libération)

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15 avril 2017 ~ 0 Commentaire

alévis (le peuple breton)

alevis-manif-turquie-reuters

Manif des alévis contre Erdogan

Portes ouvertes chez les Alévis à Lanester

En plein cœur de la zone industrielle, à Lanester : un petit local. C’est ici que se réunissent les Alévis du Morbihan (environ 70 membres dans le pays de Lorient pour environ 300000 ressortissants en France et 20 à 25 millions dans le monde). La Bretagne compte trois associations : à Quimper, Lanester et Nantes. Vendredi soir, la communauté organisait une porte ouverte pour faire découvrir leur culture. Patricia Riou et Gael Briand, candidats Oui la Bretagne / UDB aux législatives de juin prochain ont répondu présent à l’invitation.

Les petits plats étaient mis dans les grands pour recevoir le public : un énorme buffet composé de plats alévis avait été préparé par les bénévoles de l’association pour les curieux. Depuis 16 ans, ils se mobilisent pour faire connaître leur culture venue des Hauts Plateaux de l’Anatolie, en Turquie. Présents dans toutes les manifestations sociales, ils cherchent également à nouer des relations avec les associations, notamment l’Établissement Français du Sang.

Souvent considérés comme hérétiques, les Alévis se démarquent de l’Islam du fait qu’ils ne fréquentent pas les mosquées, boivent de l’alcool, ne tiennent pas compte du ramadan ni de la charia, les femmes ne sont pas voilées et sont les égales des hommes (un concept que les Alévis ont d’ailleurs exporté au sein de la révolution kurde). À mi-chemin entre une croyance et une philosophie de vie, la culture alévie n’a pas de dogme : « Quoique tu cherches, cherche le en toi, pas à la mosquée ! ». On imagine d’autant mieux la raison pour laquelle ces populations ont été réprimées et marginalisées durant des siècles et jusqu’à aujourd’hui par les orthodoxes sunnites.

Pour cette porte ouverte, Suleyman Akguc, « responsable diplomatie », était venu de Paris pour faire partager leur désir de reconnaissance : « si vous ne définissez pas votre identité vous-mêmes, a-t-il expliqué, d’autres vous imposent la leur ». « Un air de déjà vu ! s’amuse Gael Briand. Comme la communauté bretonne, les Alévis ne demandent qu’une chose : être reconnus. Il était important que nous participions à cette porte ouverte pour leur signifier que nous faisons partie d’une seule et même société, ici en Bretagne, et que c’est de nos différences que naît le dialogue et le respect. »

Très engagé, Suleyman travaille notamment en contact avec le parlement européen dont il n’a pas manqué de dénoncer le marchandage avec Erdogan : « avec votre argent, on créé des camps en Turquie » a-t-il dénoncé. « Mais on préfère maintenir de bonnes relations commerciales à la Turquie que de dénoncer cette situation » s’est-il indigné. Pour la communauté alévie, comme pour les Kurdes, il est hors de question de donner encore plus de pouvoir à ce « dictateur ». Ils voteront « non » au référendum prévu le 16 avril prochain.

La Rédaction 15 avril 2017

https://lepeuplebreton.bzh/

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11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

le voile (slate)

brernie

Bernie Sanders étreint une étudiante musulmane..

Le voile, un symbole de 3.000 ans de machisme religieux

Depuis des années, tout le monde parle du voile, de plus en plus de personnes portent le voile, pas seulement à Bamako ou au Caire, mais aussi à Londres, Paris ou New York. Symbole religieux ou signe religieux? Que signifie ce carré de tissus qui met la planète en émoi? Intrigué par autant de questions, j’ai décidé de consacrer quelques semaines de mes vacances à compulser  les livres d’histoire religieuse pour remonter aux racines du signe, pour ne pas dire du mal.

Et là, en remontant au plus loin des traces écrites des civilisations antiques, en fouillant dans les annales des histoires sumériennes, j’ai  découvert avec stupéfaction que le voile découle à l’origine d’une illusion optique. En effet, une croyance sémitique très ancienne attestée en Mésopotamie, considérait la chevelure  de la femme comme le reflet de la toison pubienne!

«Les prostituées ne seront pas voilées»

Donc, il a fallu très tôt lui couvrir la tête, afin de lui occulter le sexe! Cette croyance était si répandue dans les pays d’Orient, notamment en Mésopotamie, qu’elle a fini par avoir force de loi. Aussi, le port du voile est-il rendu obligatoire dès le XIIe siècle avant J.-C. par le roi d’Assyrie, Teglat Phalazar Ier: «Les femmes mariées n’auront pas leur tête découverte. Les prostituées ne seront pas voilées.»

C’était dix-sept siècles avant Mahomet et cela se passait en Assyrie, l’Irak d’aujourd’hui.

Dans la Bible hébraïque, on ne trouve aucune trace de cette coutume, cependant la tradition juive a longtemps considéré qu’une femme devait se couvrir les cheveux en signe de modestie devant les hommes.

Le voile comme instrument de ségrégation pour l’Eglise

Il faudra attendre l’avènement du christianisme pour que le voile devienne une obligation théologique, un préalable à la relation entre la femme et Dieu. C’est saint Paul qui, le premier, a imposé le voile aux femmes en avançant des arguments strictement religieux. Dans l’épître aux Corinthiens, il écrit: «Toute femme qui prie ou parle sous l’inspiration de Dieu sans voile sur la tête, commet une faute identique, comme si elle avait la tête rasée. Si donc une femme ne porte pas de voile, qu’elle se tonde; ou plutôt, qu’elle mette un voile, puisque c’est une faute pour une femme d’avoir les cheveux tondus ou rasés.»

Et plus loin:

«L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête: il est l’image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l’homme. Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme, et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance.» L’Eglise s’en servira à l’égard des femmes, pour les considérer comme des créatures inférieures par nature et selon le droit.

On voit qu’à l’origine, le voile est utilisé comme un instrument de ségrégation qui fait de la femme un être inférieur, non seulement vis-à-vis de l’homme mais aussi de Dieu.

Il est intéressant de noter que ce passage des Corinthiens est repris aujourd’hui par la plupart des sites islamistes qui font l’apologie du foulard.

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13 mars 2017 ~ 0 Commentaire

action française (action antifasciste)

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« Montjoie ! St Denis ! »
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Ça ne vous fait pas penser à Godefroy de Montmirail, seigneur bourru du Moyen-Age dans le film Les visiteurs ? Sûrement que oui. Pour d’autres c’est le cri de ralliement qu’ils poussent en espérant le retour du roi ! Okay !
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Ces individus, perdus dans une faille temporelle sans issue existent bel et bien…bon heureu- sement ils ne sont pas bien nombreux et n’ont qu’une faible visibilité (internet n’est pas la rue). On pourrait s’arrêter là sur leur cas mais on va s’y intéresser d’un peu plus prêt quand même.
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Leur nom ? L’Action Française : plus vieux groupuscule d’extrême-droite français né en 1898, nationaliste, monarchiste (pour le coup anti-république, ils participent activement à l’essai de coup d’État du 6 Février 1934, cf. leur autocollant Nique la république).
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Longtemps porté par Charles Maurras à qui ils vouent un véritable culte pour avoir intellec- tualisé leur mouvement, il soutenait le régime de Vichy et a été condamné pour intelligence avec l’ennemi…et avec ça Vive la France hein !
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Cathos jusqu’au bout du béret, ils sont entre autres anti-IVG et contre le Mariage pour tous, c’est sur ce dernier sujet que se réveille la bête. Avant, ils vivotaient avec deux rendez-vous par an, l’anniversaire de la mort de Louis 16 en janvier et début mai pour fêter Jeanne d’Arc à Paris. Depuis les manifestations contre le mariage pour les personnes de même sexe où ils défilent avec la droite réac’ et autres intégristes, ils retrouvent l’odeur du bitume et son goût aussi de temps en temps.
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Par ses sections étudiantes ils font vivre le groupuscule, dans la région avec Nantes et Angers. Et voilà qu’ils arrivent ici-même, à La Roche sur Yon, avec la création d’une mini-mini section étudiante en novembre. Ces jeunes étudiants bourgeois sont pour la plupart à l’ ICES – Institut Catholique d’Études Supérieures, l’université privée de La Roche qui a vu dans ses alentours fleurir récemment de nombreux tags d’extrême droite dont certains royalistes…
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Depuis novembre mis à part deux sessions de collages d’autocollants (contre l’immigration, la république et autres), c’est le calme plat. Mais ce mercredi, ils annoncent la tenue d’une conférence le 3 Mai sur Les querelles dynastiques entre Légitimistes et Orléanistes, tout un programme !
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Le lieu de cette conférence n’est pas dévoilé, un excès de pudeur sûrement. Guillaume Ber- nard, maître de conférences en Histoire des institutions et des idées politiques à l’ICES sera le présentateur… un prof de l’ICES, le monde est petit ! Ce conférencier écrit régulièrement pour le torchon Valeurs Actuelles et le site d’extrême-droite Boulevard Voltaire crée par Robert Ménard.
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La direction de l’ICES n’a pas aimé l’article dans Le Sans-Culotte 85 de décembre qui revenait sur les nombreux tags racistes qui exaspéraient ses voisins et ne donnaient pas une bonne image de l’université créée par Phillipe De Villiers (fan de Jeanne d’Arc lui aussi). On se demande si cette conférence organisée par certains de ses étudiants d’extrême-droite et un de ses professeurs, sera, elle, appréciée à sa juste valeur ?
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niqyue
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Bast’Yon De Résistance (La Roche sur Yon)

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

rohingyas (libération)

Bangladesh garment workers

Bangladesh : Thengar Char, l’île de la relégation pour les Rohingyas

Face à l’afflux de réfugiés musulmans en provenance de Birmanie, Dacca envisage de déplacer ces populations menacées dans la baie du Bengale.

Une vaste galette boueuse et herbeuse qui émerge à une dizaine de mètres au-dessus des eaux limoneuses de la baie du Bengale. Voilà Thengar Char. Sur certaines cartes du Bangladesh, cette île formée il y a une dizaine d’années par les sédiments charriés par la rivière Meghna n’est même pas mentionnée. Les dernières photos prises par l’agence Reuters montrent des buffles y paissant devant des arbustes et un littoral terreux qui va mourir dans la mer. Sinon, rien. Pas de réseau téléphonique, ni d’infrastructures. C’est sur cette île de 2 400 hectares, soumise aux cyclones et aux inondations, que le gou­vernement ban­gladais ambitionne de transférer plusieurs dizaines de milliers de Rohingyas. Ces musulmans privés de citoyenneté fuient l’ouest de la Birmanie, où ils sont victimes d’un apartheid de fait depuis une quarantaine d’années. Le Bangladesh espère ainsi trouver une issue à la pression migratoire qui s’est intensifiée ces dernières semaines. Mais le projet a tout d’une relégation dans un no man’s land terminus pour ces parias de l’Asie.

Depuis ­l’attaque d’un poste de police à la frontière, le 9 octobre, par ce qui ­ressemble à des assaillants islamistes, l’armée birmane a lancé en représailles une offensive qui s’apparente à du nettoyage ethnique dans le nord de l’Etat Rakhine (ouest de la Birmanie), épicentre des exactions contre les Rohingyas. Près de 70 000 d’entre eux ont franchi la frontière du Bangladesh, qui en ­comptait déjà sur son sol ­entre 230 000 et 500 000, arrivés au cours de précédentes crises dans les années 70 et 90, lorsque la junte birmane a encouragé leur fuite. Si en Birmanie les Rohingyas sont parfois moins bien ­traités que des animaux de ­compagnie, ils ne sont pas spécialement bienvenus non plus au Bangladesh. Fin janvier, Dacca a en effet dit redouter des problèmes «de loi et d’ordre», et la propagation de maladies si les réfugiés se mélangeaient à la population.

«Politique de la terreur»

Dimanche, le ministre bangladais des Affaires étrangères, Abul Hassan Mah­mud Ali, a répété que la minorité musulmane était «vulnérable», précisant que «des réseaux sont apparus […] afin de se livrer à des ­trafics d’êtres humains et de la contrebande de stupéfiants». Le gouvernement a donc ressorti du placard son plan de déménagement des Rohingyas à Thengar Char. A deux heures de bateau au sud du village de Hatiya, l’île est «uniquement accessible en ­hiver, et c’est un paradis pour les pirates», selon la description d’un responsable bangladais à l’AFP.

En 2015, alors que la région faisait face à une fuite massive de boat people et à une crise humanitaire d’ampleur, la Première ministre, Sheikh Hasina, avait ordonné le transfert à Thengar Char des Rohingyas établis dans la région de Cox’s Bazar, destination touristique de premier plan que le Bangladesh tente de promouvoir. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait alors alerté sur un projet «très complexe et controversé». Il n’empêche. Dimanche, Abul Hassan Mah­mud Ali est revenu à la charge en le défendant devant le corps diplomatique et les grandes ONG internationales à Dacca. Il s’est engagé à «construire les infrastruc­tures nécessaires – écoles, centres de santé, mosquées, routes – afin de rendre l’endroit habitable». Il a également promis que le transfert n’aurait lieu «qu’après l’achèvement des activités de développement».

Exécutions sommaires

Pour l’heure, seulement 33 000 Rohingyas vivent dans les camps de Kutupalong et Nayapara mis en place par le HCR au Bangladesh, au sud de Cox’s Bazar. Des dizaines de milliers d’autres sont installés dans des campements improvisés et très précaires près des structures du HCR. Tous les jours, ils voient arriver d’autres Rohingyas chassés de l’Etat Rakhine par une opération de répression «généralisée et systématique», comme l’écrivait le 3 février le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans un rapport dénonçant la ­«politique de la terreur» des forces birmanes. Depuis trois mois, des villages ont été rasés et incendiés, des exécutions sommaires et des viols commis à grande échelle, ­faisant «plusieurs centaines de morts». L’ONU a documenté des exactions s’apparentant «très probablement» à des crimes contre l’humanité, qui fragilisent le pouvoir de la «conseillère d’Etat» (équivalent de Première ministre), Aung San Suu Kyi.

Par ailleurs, la question rohingya vire à la crise régionale et divise l’Association des Etats de l’Asie du Sud-Est (Asean) : les autorités bangladaises s’adressent à la communauté internationale, l’appelant à prendre des «mesures significatives pour le rapatriement de cette population vers la Birmanie», tandis que cette dernière n’accepte d’envisager cette solution que pour les personnes parties depuis le 9 octobre, et seulement quand la situation dans l’Etat Rakhine sera revenue «à la normale». Ce que les Rohingyas n’attendent plus.

Arnaud Vaulerin Correspondant au Japon 8 février

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18 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

ivg (topito + fr24)

ivg

Faits alarmants sur le droit à l’IVG dans le monde, ça fait flipper

ALERTE: Des gentils sites à l’apparence bienveillante et à la plume malhonnête s’amusent à diffuser des mensonges et à inciter sournoisement les jeunes femmes en détresse à ne surtout pas se faire avorter. Parce que c’est dangereux, parce que c’est douloureux, parce que ça rend zinzin, et surtout parce que c’est MAAAAL. Ivg.net, sosbebe.org, ecouteivg.org ne sont autres que des sites bidons… En attendant que ces pourfendeurs soient condamnés une bonne fois pour toutes, voici quelques informations sur l’IVG aujourd’hui dans le monde et ça fait FLIPPER.

1. Dans le monde, seulement 61 états autorisent l’IVG

Ce qui signifie que seuls 39,5% des femmes ont la possibilité de se faire avorter. C’est un début. Ca pourrait être pire, ça l’a été, mais il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin.

2. Au Salvador, l’avortement est un crime

Peu importe les conditions de fécondation (viol, inceste, malformations graves), une femme qui se fait avorter encourt huit ans de prison. Ce qui fait grimper l’Amérique centrale tout en haut des zones les plus dangereuses pour pratiquer l’avortement au monde (suivie de près par l’Amérique du sud).

3. Début décembre 2016 l’Ohio adoptait un projet de loi interdisant l’IVG au-delà de six semaines

Etape de la grossesse au cours de laquelle le cœur du fœtus commence à battre. On saura dans quelques jours si la loi est adoptée ou non mais on peut supposer qu’avec un Trump au pouvoir, ça n’annonce rien de bon pour les droits de femmes.

4. 98% des avortements en Afrique ne sont pas médicalisés

Donc pire encore que les restrictions sur l’avortement, c’est surtout que les méthodes d’intervention représentent un danger réel pour la mère.

5. En Irlande, le fœtus a les mêmes droits que la mère

Selon le 8e amendement de la constitution, ce droit “foetal” interdit tout avortement, un crime passible de 8 ans prison. Une loi existe cependant depuis 2014 autorisant l’IVG uniquement en cas de danger avéré pour la mère mais ce n’est pas toujours appliqué dans les faits. C’est pourquoi des milliers d’Irlandaises vont chaque année dans les pays voisins pour se voir accorder, enfin, un droit qui devrait être fondamental.

6. Les lois d’interdiction de l’IVG sont les mêmes à Malte où ce crime est passible de 3 ans de prison

7. En Andorre, à Chypre et en Pologne, il faut être sur le point de clamser pour se faire avorter

L’avortement est donc interdit sauf en cas de viol ou d’inceste (encore faut-il le prouver ma bonne dame) ou de problème médical entraînant un danger pour la mère.

8. En Afrique, seuls la Tunisie, le Malawi et l’Afrique du Sud permettent l’IVG

9. Les IVG en Europe occidentale et en Asie sont principalement dues à la crainte d’avoir une fille.

10. En Italie, les femmes ont le droit de se faire avorter (depuis 1978) mais les médecins ont aussi le droit à « l’objection de conscience ».

En particulier, dans l’Italie du sud où près de 70% des médecins se refusent une telle pratique, un droit que la loi leur permet. (Ils le font dans le privé Note du Blog)

11. En 2014 on comptait environ 56 millions d’IVG dans le monde

Dont 50% étaient dans des conditions à risque pour la mère.

Voilà, voilà, voilà. Il faut noter que les pays où l’IVG est interdite sont par ailleurs peu engagés sur la sensibilisation de leurs citoyens aux différentes méthodes de contraception ce qui n’arrange pas le schmilblick. N’oublions pas que l’IVG en France est autorisée par la loi Veil depuis 1975 dans les douze premières semaines de grossesse, elle n’est pas dangereuse, peut être chirurgicale ou médicamenteuse (jusqu’à la cinquième semaine de grossesse).

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26 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

les cathos sont là!

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