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17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

stop islamophobie (édito npa)

npa 29 vertic

Pour une riposte unitaire face aux attaques islamophobes

Depuis plusieurs semaines se multiplient de nouvelles attaques racistes contre les musulmanEs : à la manœuvre l’extrême droite la plus rance, du polémiste islamophobe Éric Zemmour, plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale mais récemment embauché pour une émission quotidienne par CNews (la chaîne du milliardaire Bolloré), à l’élu régional RN Julien Odoul, qui a cherché à humilier une femme voilée devant son enfant au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Le PS, LREM, voire une partie de LR, nous jouent la vertu outragée en critiquant l’attitude de Julien Odoul, mais difficile d’oublier que ce sont aussi eux qui ont propagé le virus islamophobe, notamment depuis le 11 septembre 2001, qui ont voté les lois et circulaires qui tendent à exclure systématiquement les musulmans, et surtout les musulmanes, de l’espace public, et qu’il y a seulement quelques semaines, c’est le « Printemps républicain » qui lançait des attaques islamophobes à propos des affiches de la FCPE.

Ce qu’ils reprochent en fait à Odoul, c’est davantage la forme que le fond 

De dire trop crûment et dans des circonstances qui ne s’y prêteraient pas, ce que tant d’hommes politiques, d’éditorialistes et et de prétendus intellectuels médiatiques, ont déclamé sur tous les tons ces dernières années…

Ainsi le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, d’affirmer que le voile n’était «pas souhaitable» dans la société française : les musulmanEs ne seraient acceptables en France que s’ils se font invisibles…

Quelques jours plus tôt, Christophe Castaner exposait doctement une liste de prétendus «signaux faibles» qui permettrait de reconnaître un processus de «radicalisation islamiste» comme… la barbe ou la pratique régulière de la prière !

Macron est allé plus loin encore en préconisant une «société de vigilance», dans les faits une politique de délation généralisée vis-à-vis des musulmanEs, qui a de toute évidence inspiré les auteurs du fichier de la fac de Cergy.

Cette inquiétante opération de stigmatisation n’est pas indépendante du contexte politique. Sorti carbonisé de la séquence politique ouverte par le mouvement des Gilets Jaunes, Macron a décidé de jouer sur le terrain la xénophobie et de l’islamophobie. Il espère ainsi attirer à lui les électeurs de LR tentés par le vote RN, ouvrant la porte au racisme le plus décomplexé.

Le NPA condamne de la manière la plus ferme l’ensemble de ces propos tenus par l’extrême droite ou par tous les partis qui contribuent à l’instauration d’un climat d’hostilité et de suspicion, voire de haine, à l’égard des musulmanEs.

Plus que jamais, nous revendiquons l’abrogation de toutes les lois et circulaires islamophobes, et appelons à une riposte unitaire de toute la gauche politique, syndicale et associative.

Montreuil, le 15 octobre 2019

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04 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

irak (libération jdd rp essf)

irak
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Irak : la rue s’embrase contre la corruption, au moins 28 morts

Ce jeudi, des jeunes Irakiens ont manifesté une nouvelle fois dans plusieurs ville du pays contre l’inaction du gouvernement. On dénombre 28 morts et 700 blessés depuis mardi.

Une vague de contestation inédite s’est poursuivie pour la troisième journée consécutive en Irak malgré «une répression sans précédent»,selon le titre du site local d’information indépendant Al-Alam Al-Jadid. Le bilan des victimes de tirs à balles réelles par les forces de sécurité s’élevait à au moins 28 morts et plus de 700 blessés depuis mardi (dont deux policiers).

Malgré un couvre-feu total imposé depuis mercredi soir et jusqu’à nouvel ordre à Bagdad et dans plusieurs villes, en particulier dans le sud du pays (où six protestataires ont été abattus jeudi), des manifestants sont descendus dans les rues et de petits rassemblements mobiles ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la capitale.

Sur l’immense et emblématique Place Tahrir, au cœur de la ville, des fumées noires se dégageaient des pneus et du mobilier brûlés par les protestataires. La plupart de ceux-là s’étaient couvert le visage de masques antipollution, à la fois pour se protéger des fumées et pour ne pas être identifiés par les forces de l’ordre.

L’explosion de colère des jeunes Irakiens exprime un ras-le-bol globalisé dans un pays devenu l’exemple de l’Etat failli alors qu’il est le cinquième pays au monde pour ses réserves de pétrole. «Rendez-nous notre patrie», «Le peuple veut un changement de régime», «Non aux partis politiques», «Au nom de la religion les voleurs nous ont pillés», etc.

Les slogans brandis ces derniers jours par les manifestants visent les différents responsables de la faillite de tout le système de gouvernement depuis la chute de la dictature de Saddam Hussein en 2003.

Pénurie d’eau et d’électricité

Les revendications de la contestation vont des services publics de base dans un pays en pénurie d’électricité et d’eau potable depuis des décennies jusqu’aux emplois pour les jeunes alors qu’un sur quatre est au chômage.

Mais c’est la corruption, mère de toutes les plaies d’Irak, qui est dénoncée en priorité. En effet, selon les chiffres officiels, l’équivalent de quelque 410 milliards d’euros d’argent public a été englouti depuis 2004, disparu dans les poches des hommes politiques de tous bords, des chefs de tribus ou d’affairistes. Une somme vertigineuse qui représente quatre fois le budget annuel de l’Etat.

«L’origine du problème est la destruction du marché du travail en Irak», a estimé dans un post sur sa page Facebook le romancier irakien Ali Badr. Le quadragénaire exilé en Belgique rappelle que dans son enfance, tout sur les marchés était de fabrication irakienne, «de l’électroménager aux chaussures en passant par le mobilier et le dentifrice». Ces industries locales assuraient des emplois à une classe ouvrière laborieuse.

«Aujourd’hui la profusion de produits importés a transformé les Irakiens en consommateurs avides exacerbant une nouvelle forme de lutte des classes», écrit l’intellectuel. Il rappelle que les seuls emplois possibles sont ceux de la pléthorique fonction publique qui compte 7 millions de fonctionnaires pour une population de près de 40 millions, soit plus de la moitié des salariés irakiens.

L’influence déterminante de l’Iran dans leur pays est également dénoncée par les protestataires irakiens.

Des drapeaux de la République islamique ont pour la première fois été brûlés au cours de manifestations dans les villes du sud irakien, peuplés pourtant majoritairement de chiites.

C’est d’ailleurs une caractéristique relevée ces derniers jours, les quartiers sunnites de Bagdad comme les provinces du nord et de l’ouest de la capitale, principalement sunnites, restent à l’écart de la contestation. La minorité marginalisée depuis l’éviction du régime de Saddam Hussein craint d’être accusée, comme par le passé, d’être à l’origine des troubles en permettant au gouvernement d’instrumentaliser la révolte comme un mouvement communautaire.

Appel à la «retenue»

Le recours des autorités irakiennes à la répression violente avec tirs à balles réelles, couvre-feu, coupures d’internet et des réseaux sociaux ont encore fait monter la colère. Lors d’une réunion entre les «trois présidents» irakiens comme on désigne sur place le Président de la République, celui du Parlement et le chef du gouvernement, une enquête a été promise sur les violences commises.

Tout en appelant les parties à la «retenue», les autorités ont pointé la responsabilité des  «infiltrés qui cherchent à troubler l’ordre public en faisant dévier des manifestations populaires pacifiques». La décision de former par ailleurs une commission pour examiner les revendications immédiates des protestataires sur les emplois, les logements, etc.. avant de lancer «un dialogue national» est considérée comme peu crédible par les protestataires.

Le mouvement spontané des jeunes Irakiens ne semble dicté par aucun parti ou leader politique ou religieux, tous également rejetés. Il pourrait s’agir de la version irakienne des contestations récentes qu’ont connues d’autres pays arabes comme en Algérie, au Soudan ou en Egypte, contre des systèmes de gouvernement prédateurs et verrouillés depuis des années.

 4 octobre 2019

https://www.liberation.fr/

Lire aussi:

Manifestations en Irak : pourquoi le pays s’embrase (JDD)

Irak. La jeunesse réclame du travail, la police réprime à balles réelles (RP)

Irak : des manifestations contre la corruption réprimées, au moins 40 morts et 700 blessés en quatre jours (Essf)

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28 août 2019 ~ 0 Commentaire

irlande école (the guardian)

ecole b

Trois écoles irlandaises seront les premières à abandonner l’éducation catholique

L’école primaire du Roscommon et deux du Kerry rouvriront en tant que multiconfessionnelles.

Les trois petites écoles primaires rouvriront pour la nouvelle année sous l’égide des conseils locaux d’éducation et de la formation. Trois écoles irlandaises entreront dans l’histoire cette semaine en devenant les premières à abandonner leur philosophie catholique et à devenir des écoles multi-confessionnelles gérées par l’État.

Le transfert de clientèle reflète un recul de la domination de l’Église catholique dans l’éducation – elle gère environ 90% des écoles primaires – et les efforts déployés par les petites écoles rurales pour attirer davantage d’élèves et éviter leurs fermetures.

Les trois petites écoles primaires – Lecarrow dans le comté de Roscommon, l’école nationale de Tahilla et Scoil an Ghleanna, toutes deux dans le comté Kerry – rouvriront jeudi pour la nouvelle année scolaire, sous la houlette des conseils locaux d’éducation et de formation.

Ils proposeront un programme multi-croyances et valeurs plutôt que l’enseignement catholique. La préparation aux sacrements de communion et de confirmation aura lieu en dehors des heures de classe.

Les écoles espèrent retenir et attirer des élèves parmi le nombre croissant d’athées, agnostiques et non catholiques. Les écoles nationales Lecarrow et Tahilla ne comptent que huit élèves. Scoil an Ghleanna en a 14.

«Nous avions un tiers de nos élèves non religieux, nous avons donc dû y réfléchir», a déclaré Sorcha Ni Chatháin, directrice de Scoil an Ghleanna. «Nous devions voir comment nous allions garder les élèves et en attirer les autres. Nous sommes une belle école dans un lieu magnifique et nous pouvons maintenant montrer – officiellement, sur papier – que nous sommes ouverts à tous. ”

Les enseignants, les parents et les religieux catholiques ont reconnu que la transition était essentielle à la survie. «C’est ce que la communauté souhaitait et j’ai été heureux de faciliter ce processus», a déclaré le père Patsy Lynch, curé de la paroisse.

Dans le cadre des structures des conseils d’éducation et de formation, les écoles bénéficieront d’une aide plus importante de la part de l’État pour la dotation en personnel, l’informatique et la maintenance des bâtiments.

L’église catholique avait déjà transféré des bâtiments scolaires inutilisés à un patronage multiconfessionnel, mais il s’agirait du premier transfert direct.

Une vague de libéralisation sociale – mariage homosexuel, avortement, Premier ministre homosexuel – a balayé la tradition catholique conservatrice d’Irlande au moment même où des scandales d’abus sexuels ont submergé l’église catholique. La fréquentation des messes catholiques a diminué. Un afflux d’immigrants – 17% de la population sont nés à l’étranger – a grossi le nombre de non-catholiques.

L’initiative des trois écoles témoigne de la volonté d’enrayer le déclin dans les zones rurales, où les écoles fermées sont fréquentes. La fermeture des bureaux de poste, des banques, des postes de police et des cafés dans les villages et les petites villes a provoqué des signes de crise dans l’Irlande rurale.

Rory Carroll Mar 27 août 2019

https://www.theguardian.com/

Commentaire :

« Laïcité » se traduit par « sécularisme »

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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

macron (émancipation)

macron catho

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Soumission de Macron à l’Église catholique

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La réalité anti-laïque de ce pouvoir apparaît de plus en plus clairement, comme d’ailleurs son caractère réactionnaire dans tous les domaines.

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Lors de sa visite au pape, Macron avait rappelé son point de vue : “La religion est partout dans la société. Nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin de la religion”.

 

Cela fait suite à son discours du 9 avril sur le fait que “le lien abîmé entre l’Église et la République doit être réparé”, et précède son discours de soumission à l’Église catholique du Latran précisant :

 

“La volonté de la France d’approfondir les relations d’amitié, de compréhension, de confiance qu’elle entretient avec le Saint-Siège”.

 

Cela est en lien avec toute une série de mesures actuelles ou en préparation marquant une nouvelle attaque contre la laïcité de l’État, par exemple (liste non exhaustive) :

 

La main tendue à la “Manif pour tous”

 

Notamment en perspective de la révision des lois de bioéthique, l’obligation scolaire à trois ans dont l’objectif réel est d’accroître encore le financement public des écoles privées sous contrat, etc.

 

D’autres forces instrumentalisent la laïcité à des fins xénophobes et racistes, pour diviser les exploitéEs et les oppriméEs. Émancipation combat au contraire pour unifier toutes les luttes pour une égalité réelle.

 

Pour Émancipation, ni paravent de la xénophobie, ni morale de maintien de l’ordre social, ni tolérance des intrusions de forces religieuses dans les services publics, la laïcité est une des conditions pour la liberté de conscience, le vivre ensemble et l’égalité des droits.

 

Il faut donc défendre la loi de 1905

 

Et abroger tous les dispositifs anti-laïques (notamment la loi Debré), et ceux qui financent l’enseignement privé et renforcent ainsi la concurrence scolaire. La politique du gouvernement visant à préparer par étapes la privatisation du système éducatif :

 

Autonomie accrue des établissements,

 

Remise en cause du statut fonctionnaire,

 

Recrutement par les chefs d’établissements,

 

Promotion de l’enseignement supérieur privé via la pénurie de places dans le public, etc…

 

Cela justifie plus que jamais la perspective d’une école émancipatrice et unifiée.

 

Ce qui nécessite la nationalisation laïque de l’enseignement privé sans indemnité ni rachat et sous contrôle des personnels.
Émancipation combat les attaques contre la laïcité de l’État, et contribuera sur ces bases aux initiatives unitaires progressistes contre la politique gouvernementale.

 

http://www.emancipation.fr/

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

kurdes (orient 21)

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Fresque en l’honneur de Kendal Breizh à Carhaix

Internationaliste pour « construire une société nouvelle »

Dans Jusqu’à Raqqa. Avec les Kurdes contre Daech, un jeune Français de 27 ans, de retour de Syrie, fait le récit de ses mois passés aux côtés des Unités de défense du peuple (YPG).

D’emblée, André Hébert – un pseudonyme – joue cartes sur table : « Je m’exprime en tant qu’activiste révolutionnaire, internationaliste, marxiste, soutenant la cause kurde. » Bien sûr, il y a quelque chose du rite d’initiation dans son expérience guerrière.

Pour autant, André Hébert passe les épreuves avec lucidité, les yeux ouverts sur le courage et l’abnégation de ses camarades, comme sur les insuffisances d’une organisation proto-étatique qui peine à embrasser deux tâches prioritaires : venir à bout d’ennemis que l’auteur qualifie de « néofascistes » et construire une société nouvelle, débarrassée du fléau du patriarcat et basée sur l’égalité de tous.

Parti de France en n’ayant, comme il l’écrit, qu’une « vague idée de ce qu’était le mouvement de libération kurde », André Hébert découvre « un peuple et un parti engagé dans une lutte qui est un modèle de progrès pour l’humanité. »

Le volontaire va ainsi mesurer la place prépondérante que, suivant les théories émancipatrices d’Abdullah Öçalan, le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) emprisonné à vie en Turquie, le PYD accorde aux femmes. Ce sont non seulement des combattantes à égalité avec les hommes, les 10 000 soldats qui se sont battus pour reprendre Rakka aux djihadistes étaient placés sous le commandement de Rodja Felat, une féministe de trente ans, mais elles sont les éléments déterminants de la transformation de la société kurde.

C’est près de Hol, ville stratégique sur la route reliant Rakka à Mossoul, qu’Hébert va subir un baptême du feu à grande échelle. Armés clandestinement par la Turquie, ayant récupéré du matériel militaire après la débâcle de l’armée syrienne, possédant les moyens financiers de se fournir auprès de trafiquants de tout poil, les membres de l’OEI (Etat Islamique) possèdent une puissance de feu bien supérieure à celle des YPG et des Unités de protection de la femme (YPJ). Seule l’aviation de la coalition menée par les États-Unis parvient à rétablir un fragile équilibre.

Au sujet de l’aide apportée par les puissances étrangères, Hébert adopte une position sans ambiguïté :

« J’ai entendu des voix déplorant le fait que les YPG acceptent l’appui militaire et diplomatique des Américains et des Russes. Ces critiques viennent de gens n’ayant aucun sens politique pratique, et peu de connaissance de la géopolitique du conflit syrien. Lorsque l’on est responsable de la vie de millions de personnes, les questions de pureté idéologique passent au second plan. »

La prise de Hol coïncide avec les attentats du 13 novembre 2015 du Bataclan et du Stade de France. Une information qui renforce la conviction du jeune combattant que, pour être efficace, il est au bon endroit au bon moment. Après un bref retour en France pour des raisons familiales, Hébert repart en Syrie pour prendre part à la prise de Rakka.

À cette occasion, il confirme que « les Kurdes étaient d’abord réticents à prendre Raqqa. Après la difficile bataille de Manbij, les généraux des YPG refusèrent de sacrifier davantage de cadres du Parti dans la lutte contre Daech. »

C’est donc « sous la pression de la coalition, et en échange d’un soutien militaire, financier et politique durable [que] les commandants des Forces Démocratiques Syriennes finirent par accepter début novembre 2016 de s’emparer de la ville. » Pour atteindre cet objectif, il a fallu sept mois de durs combats contre des djihadistes déterminés, bien armés et empreints d’une foi dévastatrice, assurés que leur lutte était juste et que, quelles qu’en soient les vicissitudes présentes, elle triompherait, emportant dans la tombe les « kouffar ».

Hébert considère que les lourds sacrifices consentis par les Kurdes et les combattants étrangers dont il garde un souvenir vivace, engagent les membres de la coalition, à commencer par les États-Unis, à respecter cet accord et à rendre possible la poursuite de l’expérience conduite au Rojava.

De plus, si la chute de Rakka a fini d’affaiblir l’OEI, elle n’a pas signifié que sa capacité de nuisance était pleinement éradiquée. Rakka a été détruite à 80 % ; d’autres villes syriennes l’ont été tout autant. Dès lors, pour ce témoin engagé, une conclusion s’impose : reconstruire Raqqa est donc « une tâche qui nous concerne tous si nous voulons éviter la résurgence du fondamentalisme islamique. »

Jean Michel Morel  6 juillet 2019

https://orientxxi.info/

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29 juin 2019 ~ 0 Commentaire

islam brest (révolution permanente)

islamophobie1

Attentat contre une mosquée, une émotion médiatique à géométrie variable

Deux personnes dont l’imam de Brest ont été attaquées à l’arme à feu jeudi. Les médias se sont empressés de minimiser l’événement : ce ne serait pas un attentat ! 

Jeudi après-midi, un homme a ouvert le feu sur la mosquée de Brest, blessant grièvement l’imam Rachid El Jay, au ventre et aux jambes ainsi qu’un fidèle aux jambes également. Le tireur s’est suicidé peu de temps après l’attaque.

Peu de temps, c’est également ce qu’il a fallu aux médias pour assurer qu’il ne s’agissait pas d’un acte terroriste, mais de celui d’un déséquilibré, rapidement rejoint par le Parquet, pour qui la lettre laissée par le jeune homme d’une vingtaine d’années, « ne relève pas notamment de ce que l’on voit actuellement des attentats islamistes ou djihadistes », a estimé le procureur Récappé.

Et Le Parisien, France Info, L’Express, Europe1, Le Point de s’empresser de titrer : « Ce n’est pas un attentat ». Nous voilà rassurés !

« Entreprise criminelle perpétrée contre une personne ou contre une communauté, et particulièrement dans un contexte politique », pourtant l’attaque de Brest semble bien correspondre à la définition d’un attentat.

Les médias dominants et le pouvoir sont passés maîtres dans le domaine de l’euphémisme quand le terroriste se trouve être blanc, non-musulman et d’autant plus quand l’attentat concerne des musulmans.

Ces réactions sont symptomatiques d’une islamophobie ambiante qui fait des musulmans des cibles, y compris pour des « déséquilibrés ». Ce genre d’attaque ignoble est le produit extrême de l’islamophobie galopante, qui s’incarne au quotidien – et sur un tout autre plan – par les discriminations à l’embauche, pour la location d’un logement, dans des organisations syndicales, à l’université, même dans des télé-crochets musicaux.

La focalisation qui est faite tous les étés, depuis trois ans sur le burkini, où sur les plages des municipalités les plus réactionnaires de ce pays on envoie les municipaux libérer les femmes en les découvrant (sans hésiter dans le même temps à criminaliser celles qui ne le sont pas assez et qui seraient responsables en cas d’agression).

La couverture médiatique de l’attentat de Brest en est un exemple frappant. Le tireur est vite oublié, un déséquilibré, les médias préfèrent insister sur le profil de la victime, l’imam Rachid El Jay, proche de l’islam radical, comme pour relativiser la gravité de cet acte islamophobe.

Joël Malo vendredi 28 juin

https://www.revolutionpermanente.fr/

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25 mai 2019 ~ 0 Commentaire

antisémitisme (essf le-monde)

changeur

Histoire européenne: aux racines économiques de l’antisémitisme

La remontée de l’antisémitisme dans le monde ces dernières années est souvent habillée dans des discours prétextant des motivations idéologiques.

Depuis des siècles, des antisémites s’appuient sur des fictions plus ou moins grossières pour tenter de justifier leur haine. Il serait pourtant trompeur de penser que l’antisémitisme fleurit uniquement dans un contexte de propagande, ou que ses racines sont uniquement culturelles. Parfois ces fictions se répandent précisément parce que ceux qui les entendent ont des motivations plus cyniquement économiques pour y croire, ou pour faire semblant d’y croire.

Un article fascinant paru ce mois-ci dans une prestigieuse revue américaine analyse six siècles d’antisémitisme pour montrer que, malgré son habillage idéologique, l’antisémitisme a également des racines économiques: « Religion, Division of Labor, and Conflict : Anti-Semitism in Germany over 600 Years », Sascha O. Becker et Luigi Pascali, American Economic Review 109/5, 2019″.

Aux 14è et 15è siècles, l’interdiction du prêt à intérêt par l’Eglise catholique rendait les activités économiques des juifs et des chrétiens complémentaires

L’idée de base est très simple. Aux 14è et 15è siècles, l’interdiction du prêt à intérêt par l’Eglise catholique rendait les activités économiques des juifs et des chrétiens plutôt complémentaires ; les uns avaient besoin des autres et vice versa. D’autant plus que le niveau d’éducation moyen des catholiques était bien inférieur à celui des juifs car le catholicisme offrait peu d’incitations au peuple à poursuivre l’éducation.

La Réforme, au début du 16è siècle, non seulement permettait aux protestants de s’impliquer dans les prêts à intérêt, mais offrait des incitations plus importantes à l’éducation : un protestant lettré pouvait lire la Bible dans sa propre langue sans devoir apprendre le latin. Résultat : les activités économiques des protestants et des juifs n’étaient plus complémentaires mais devinrent substituables, donc concurrentes. Et entre concurrents, les coups les plus bas devinrent envisageables.

Les auteurs de cet article montrent comment, après la Réforme, les manifestations antisémites se sont multipliées dans les régions protestantes d’Allemagne par rapport aux régions catholi-ques. Il s’agit autant d’actes (pogroms, massacres et expulsions de communautés juives) que d’écrits (publications de livres aux titres antisémites).

En soi ces observations seraient compatibles avec une explication purement culturelle de la montée de l’antisémitisme : à cause de serments et de prêches des pasteurs protestants, par exemple (vers la fin de sa vie, Martin Luther s’était livré à de violentes attaques antisémites).

Résurgence de l’antisémitisme après la Réforme

Mais les auteurs vont plus loin. Ils démontrent que la résurgence de l’antisémitisme après la Réforme dans les régions protestantes a été plus forte dans les villes où le commerce fut une activité plus importante au 15è siècle, et encore plus dans les villes où les juifs étaient davan-tage impliqués dans le prêt à intérêt. C’est cette activité économique préalable, et non pas un quelconque attachement à la théologie du protestantisme, qui explique la montée en puissance des actes et des écrits antisémites.

Si la théologie plutôt que la compétition économique était en cause, les villes gouvernées par les disciples de Luther auraient été plus antisémites que les villes gouvernées par les disciples de Calvin, car Luther était plus antisémite que Calvin, et ce dernier était plus tolérant au principe de l’activité du prêt à intérêt. Or c’est précisément dans les villes gouvernées par les disciples de Calvin, où les entrepreneurs protestants se sont mis à exercer des activités financières jusque-là occupées par les juifs, que l’antisémitisme a augmenté le plus.

Les leçons pour nos jours sont évidentes. Si les discours antisémites, comme beaucoup de discours racistes, s’habillent souvent d’un langage idéologique qui évoque des principes grandioses de protection des religions, des cultures ou des identités nationales, ils font en réalité souvent appel à des instincts de jalousie très bassement économiques.

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste Paul Seabright évoque une étude montrant que, à partir du XVIe siècle, la montée de l’antisémitisme en Allemagne est surtout le fait des villes calvinistes où les financiers protestants entrent en concurrence avec les prêteurs juifs.

Paul Seabright (Institut d’études avancées de Toulouse) Le Monde 17 mai 2019

https://www.lemonde.fr/

http://www.europe-solidaire.org/

Commentaire:

On reproche souvent aux marxistes leur « matérialisme vulgaire » qui rejette « l’idéalisme moralisateur ». La preuve que l’analyse matérialiste, çà marche!

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23 mai 2019 ~ 0 Commentaire

antisémitisme (ballast)

antisemitisme

Entretien avec le collectif Juives et Juifs révolutionnaires

En l’espace d’une décennie, Ilan Halimi était assassiné, des enfants juifs étaient abattus dans une école toulousaine et quatre clients de l’Hyper Cacher tombaient à Paris sous les balles de Daech.

En 2018, on enregistrait sur le territoire français plus de 350 actes antisémites : croix gammées, symboles fascistes et suprématistes blancs, profanations de cimetières, etc. Le collectif Juives et Juifs révolutionnaires a vu le jour trois ans plus tôt.

Leurs objectifs ? Que la lutte contre l’antisémitisme s’inscrive au sein de la lutte antiraciste, aux côtés de toutes les minorités discriminées ; que la solidarité à l’endroit de la cause palestinienne s’établisse en toute occasion sur des bases anticolonialistes et jamais racistes ; que le combat contre l’antisémitisme s’ancre au sein de la lutte des classes et désigne pour horizon la révolution sociale. Nous en discutons ensemble.

Vous tenez, de l’intérieur du mouvement social, à faire émerger la lutte contre l’antisémitisme comme lutte antiraciste. La première ne relève donc pas déjà de la seconde ?

Aujourd’hui — et depuis au moins une quinzaine d’années —, nous pouvons constater dans le champ politique deux attitudes dominantes, en apparence opposées (mais qui se rejoignent sur le fond), en termes de traitement de l’antisémitisme.

L’une consiste à le voir comme quelque chose de résiduel, d’une moindre importance, qui ne ferait pas partie — en tant que tel — de l’agenda prioritaire de la lutte antiraciste. L’autre consiste au contraire à le traiter comme quelque chose de complètement à part, sans lien avec le système raciste global.

Pour nous, l’antisémitisme est un des avatars du système raciste, une des formes que prend le racisme, et il n’a rien de résiduel. C’est une forme qui possède bien sûr des particularités spéci-fiques, qui expliquent notamment que certains et certaines peinent à l’identifier aujourd’hui.

Il se fonde sur la racialisation d’une identité religieuse (comme l’islamophobie) mais, à la diffé-rence des autres minorités racisées, les Juifs et Juives sont présenté·e·s comme détenant le pouvoir et l’argent, donc comme pseudo-classe dominante.

Mais l’antisémitisme est lié au racisme systémique : il en est un élément, et pas un phénomène distinct. Il nous semble donc nécessaire de réaffirmer que la lutte antiraciste ne peut éluder la lutte contre l’antisémitisme, et que la lutte contre l’antisémitisme implique de s’attaquer à l’ensemble du système raciste.

Vous entendez également travailler à « la déconstruction des réflexes et des tendances antisémites présentes dans les mouvements révolutionnaires ».

Lorsque nous avions interrogé l’historien Dominique Vidal à ce propos, il semblait surpris. « La gauche a tiré les leçons de la montée du fascisme et du nazisme », nous a-t-il dit, et aucun mouvement ou parti de gauche ne « flirte » avec l’antisémitisme. « Au contraire », ajoutait-il, c’est à gauche, et plus encore à la gauche radicale, que les Juifs ont trouvé « leurs défenseurs les plus héroïques ». Comment entendre ce décalage d’appréciation ?

« Penser qu’une idéologie qui imprègne l’ensemble de la société s’arrête à la frontière de la gauche ou des mouvements révolutionnaires est absurde. »

L’antisémitisme est profondément ancré dans la réalité française. Il possède une dimension structurelle lié au « roman national » français. Penser qu’une idéologie qui imprègne l’ensemble de la société s’arrête à la frontière de la gauche ou des mouvements révolutionnaires est absurde.

Si l’on étudie sans complaisance l’histoire du mouvement ouvrier, de la gauche et de l’antisémitisme, on s’aperçoit qu’il existe, à toutes les époques, une influence de l’antisémitisme. Cela ne signifie pas que l’antisémitisme fasse partie du cœur idéologique de la gauche ou du mouvement révolutionnaire, mais que les uns et les autres ne sont pas immunisés par nature contre l’influence de cette idéologie dominante.

De nombreux Juifs et Juives ont pleinement trouvé leur place au sein du mouvement ouvrier et de la gauche radicale, et celle-ci a effectivement su, à certains moments, jouer un rôle décisif dans le combat contre l’antisémitisme.

Mais elle a aussi connu des errements, parfois, de la part de courants loin d’être marginaux. Les travaux d’historiens comme Zeev Sternhell, Gérard Noiriel ou Michel Dreyfus montrent cette réa-lité. Aujourd’hui encore, à la faveur d’un recul général d’une approche matérialiste, lié notam-ment à un gros déficit de formation, on peut constater un traitement de l’antisémitisme particuliè-rement pauvre. Nous militons dans la gauche révolutionnaire, et avons pu constater de première main ce genre de problèmes.

Vous refusez l’idée d’une coupure entre un antisémitisme « traditionnel » et un « nouvel » antisémitisme. En clair, entre l’antisémitisme de l’extrême droite et celui que nombre d’intellectuels attribuent aux Français de confession musulmane.

Le fait que les auteurs des assassinats antisémites de ces dernières années se revendiquent de l’islam (en en ayant parfois une connaissance plus que rudimentaire) ne fait pas de leur antisé-mitisme un produit d’importation.

Les thèmes qu’ils mobilisent dans leur discours de haine ne sont pas une production musulma-ne, mais bien une production française, qui a ensuite été largement diffusée dans la sphère coloniale. L’influence de ces thèses a bien plus à voir avec le travail politique de Soral et de Dieudonné, et leur diffusion d’une culture antisémite de masse, car les assassins ont grandi en France et se sont socialisés au sein de cette réalité française.

Dieudonné et Soral jouent depuis les émeutes de 2005 le même rôle que jouait Drumont en Algérie : un moyen de dévier une révolte sociale vers une logique pogromiste. Le fait que la grande majorité des émeutes antijuives en terre d’Islam coïncident avec la période coloniale n’a rien d’un hasard. Les théoriciens antisémites takfiris comme Sayyid Qutb sont en réalité profon-dément influencés par l’antisémitisme européen, et la relecture qu’ils font des textes religieux s’effectue à travers le prisme de cette influence idéologique. Il n’y a donc pas deux antisémitis-mes mais un antisémitisme, qui est une vision du monde qui s’est diffusée à partir de la France et de l’Europe à l’échelle mondiale.

Ces dernières années, la lutte contre l’antisémitisme a souvent été médiatisée par les ennemis de l’émancipation. Face à quoi, écrivez-vous, la gauche a déserté le terrain pour ne pas escorter ces gens…

C’est parce que la gauche et la gauche radicale ont globalement déserté le terrain de la lutte contre l’antisémitisme et le travail antiraciste spécifique en direction de la minorité juive, que ce hold-up idéologique a pu se produire. La droite, qui a historiquement joué le rôle de vecteur de l’antisémitisme, a très bien perçu l’opportunité stratégique.

« La nature a horreur du vide », en politique comme ailleurs. Si la gauche radicale et la gauche avaient tenu le terrain de la lutte contre l’antisémitisme, plutôt que de l’abandonner en considé-rant qu’il s’agissait au mieux de quelque chose de résiduel, au pire d’un prétexte invoqué par les réactionnaires, ces derniers n’auraient jamais pu imposer leur discours. (Résumé voir lien)

https://www.revue-ballast.fr/

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01 mai 2019 ~ 0 Commentaire

communisme irak (essf)

irak

PCI le 1er mai 2018

Comment le communisme a façonné le chiisme politique irakien

Longtemps amorphe, affaibli puis muselé, le chiisme politique irakien était resté tapis dans l’ombre. C’était le communisme, très influent dans les années 1950 et jusqu’à la fin des années 1970 qui était implanté dans le sud du pays, jusqu’à devenir une religion de substitution pour une majorité de chiites en quête de réponses sociales et politiques. La famille Sadr inversera la tendance par son activisme inédit.

Au lendemain de la conférence de San Remo d’avril 1920, le Royaume-Uni obtient un mandat de la Société des Nations (SDN) sur l’Irak.

Un mois plus tard, il doit déjà faire face à une violente révolte organisée et relayée par les nationalistes, composés principalement de la bourgeoisie sunnite et des tribus chiites du sud. Les mujtahidin (hommes de religion chiite) appellent également au djihad contre la présence mandataire.

L’enjeu pour les chiites est alors capital, car il s’agit en réalité de s’opposer à la formation d’un État irakien sous tutelle britannique qui les écarte des rouages du pouvoir. Dès lors, les diri-geants religieux chiites prennent la tête de la lutte anticoloniale.

Ils appellent au boycott des élections de l’Assemblée constituante en 1924. Les Britanniques contraignent à l’exil les chefs religieux. Affaiblis par une terrible répression, les milieux cléricaux retournent à leur apolitisme premier. Ce mutisme politique a d’abord entraîné le repli du clergé dans les villes saintes de Najaf et Kerbala, puis sa chute d’influence à partir des années 1930. Le nombre d’étudiants religieux à la hawza (séminaire théologique chiite) diminue considérablement.

Face au repli et au déclin de leur clergé, les chiites irakiens se rallient massivement à des idéologies socialisantes et laïques à partir de 1940.

Ces années connaissent un exode rural des chiites du sud vers Bagdad et Bassora. « Le parti communiste a joué un rôle important dans les protestations des paysans qui demandaient des droits et qui s’opposaient aux mesures de répression de la part des propriétaires terriens », commente Raid Fahmi, secrétaire du comité central du Parti communiste irakien (PCI).

« Il était très bien structuré et très actif sous la royauté », rappelle Hamid Radhi Al-Amin, ancien militant communiste exilé au Koweït. Les paysans pauvres viennent gonfler les nouveaux quar-tiers populaires de Bagdad et s’intéressent rapidement aux idées d’égalité et de justice que prône le Parti communiste. Ils sont les premiers à y adhérer massivement. 

« À Bagdad notamment, l’exode rural a créé des concentrations d’agglomérations très pauvres avec une densité importante de population comme à Madinat Al-Thawra (renommé ensuite Saddam City, puis Sadr City). Là, les communistes étaient très implantés. À cette période, les revendications sociales primaient sur les questions religieuses et donc le parti pouvait fédérer autour de cette crise sociale », ajoute Raid Fahmi.

DEUX MOTS QUASI IDENTIQUES

Les divisions sociales, économiques et confessionnelles favorisent l’implantation du communis-me. En effet, le sud de l’Irak — principalement la région des vastes plaines du Tigre et de l’Euphrate — abrite les milieux ruraux défavorisés qui sont majoritairement chiites. Les milieux aisés se trouvent dans la région du centre, principalement à Bagdad.

Cette répartition socio-économique correspond aux héritages ottoman et britannique où les sunnites jouissaient de privilèges sociaux, économiques et politiques au détriment des chiites négligés par le pouvoir, car taxés de fanatisme. L’autre raison du succès du communisme auprès des chiites tient sans doute à la similarité doctrinale des deux idéologies. Les notions d’égalité, de lutte contre l’injustice, d’opposition au pouvoir, de défense de l’opprimé sont des idées communes au chiisme et au communisme.

« Il y a cette accroche identique entre le chiisme et le communisme de lutte contre l’exploitant », confirme Raid Fahmi.

Les communistes recrutent dans les régions du sud à Bassora, Amarah, Nassiriya, Al-Hillah et Kerbala où ils trouvent un large public. Pour convaincre cette communauté paysanne largement analphabète, les militants mettent en avant les similarités idéologiques, mais aussi la ressem-blance entre les mots « communiste » : shuyu’i et « chiite » : shi’i .

Ils utilisent également la figure de Hussein [1] pour illustrer la lutte contre l’injustice. Si le communisme s’implanta beaucoup plus dans les sociétés chiites que dans les sociétés sunnites, c’est aussi à cause de la présence d’une structure pyramidale. L’organisation cléricale chiite à la tête de laquelle se trouve un marja ayant lui-même ses propres wukala (agents) dans différentes régions fait écho au système politique communiste, construit autour d’un réseau de cellules et de sections.

CONTRE-ATTAQUE DU CLERGÉ

Il faut cependant attendre le 14 juillet 1958, la chute de la monarchie et l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire grâce au coup d’État du général Abdel Karim Kassem pour prendre la mesure de l’influence communiste, y compris chez les officiers.

Mais lorsque les communistes commencent à faire sentir leur influence dans la ville sainte de Najaf et réussissent à recruter des membres de familles de religieux, des fils de sayyid, le clergé se sent défié.

Dhia Al-Assadi, ancien militant politique sadriste et ex-leader du bloc Al-Ahrar, coalition politique islamique chiite, porte la mémoire de cette période : « Les universitaires et religieux chiites étaient inquiets et alarmés par la propagation de ces idéologies non religieuses. De plus, ils étaient presque incapables de les combattre, car ces idées étaient portées par des partis politiques puissants comme le Parti communiste, mais aussi le nationalisme arabe ou encore le baasisme. C’était un sentiment partagé entre la peur, le défi et la légitime défense. »

Les chiites irakiens se devaient de répondre, mais leur hawza est divisée.

Une partie composée des quiétistes accepte de s’impliquer dans la lutte contre le communisme, mais refuse de s’enrôler dans l’activisme politique. Ces oulémas considèrent qu’ils doivent main-tenir un certain état de passivité politique pendant la période de l’Occultation de l’imam [2]. A contrario, une autre partie de la hawzaveut s’ériger contre la propagande communiste de manière politique et lutter contre le sentiment areligieux qui grandit dans le pays.

Dans un premier temps, la réponse du clergé chiite consiste à fonder l’association des oulémas de Najaf, sous l’égide du marja Mohsen Al-Hakim. Sa première action est de promulguer une fatwa contre le communisme.

Cela affaiblit l’alliance de Kassem avec les communistes.

Les oulémas décident par ailleurs de muscler davantage leur enseignement théologique et leurs actions caritatives, convaincus que l’attrait des chiites pour l’idéologie rivale résultait de l’igno-rance de leur religion. L’action de l’association passe par la construction d’écoles et de centres médicaux.

Les oulémas chargent des étudiants de la hawza de la propagande et du travail éducatif, ainsi que de la publication du journal de l’association, Al-Adhwa. Plusieurs étudiants y contribuent alors en tant qu’éditorialistes, à l’instar de Mohamed Bakr Al-Sadr. Ces articles avaient tous pour but de montrer la supériorité de l’islam sur les courants de pensée occidentale. Ils s’adressaient aux jeunes étudiants susceptibles d’être intéressés par le communisme.

LA NAISSANCE D’UNE DYNASTIE SADR

Cette réponse de la hawza, limitée au domaine culturel et caritatif ne satisfait pas certains jeunes clercs, qui, enthousiasmés par l’effervescence de la révolution de 1958, fondent le premier parti politique chiite, Al-Daawa.

Les bases de ce parti sont établies par Mohamed Bakr Al-Sadr. Elles consistent à proposer l’islam comme solution aux problèmes de la vie sociale, à la place du communisme. C’est dans cette optique que Mohamed Bakr Al-Sadr rédige deux des ouvrages majeurs : Iqtisadouna  (Notre économie)  et Falsafatouna (Notre philosophie). Ces deux études visent à mettre en évidence la supériorité de la pensée islamique en matière d’économie et de philosophie sur la pensée matérialiste.

C’est la première fois qu’un clerc présente une vision chiite de la justice sociale et de la philo-sophie en des termes et avec un langage familier aux lecteurs de Karl Marx. La connaissance de Mohamed Bakr Al-Sadr de la pensée des philosophes occidentaux ainsi que des courants de philosophie occidentale comme le rationalisme ou l’empirisme était chose peu commune dans le milieu clérical chiite.

Là réside toute l’originalité de Mohamed Bakr Al-Sadr.

Par sa connaissance et ses études comparatives, il entend mettre le chiisme sur un pied d’égalité avec le communisme, et ainsi lui donner une portée totalisante, c’est-à-dire qu’il va traiter tous les sujets profanes jadis négligés par le clergé et leur donner une dimension religieuse, à l’instar du politique. En tant que juriste du parti, sa première mission était de légitimer religieusement l’action politique, au grand dam des conservateurs de la hawza.

Mohamed Bakr Al-Sadr va plus loin

Présentant un programme politique islamique, au lendemain de la révolution islamique d’Iran de 1979, adressé aux rédacteurs de la Constitution de la jeune République islamique. « La stratégie adoptée par Mohamed Bakr Al-Sadr comportait de multiples facettes : il encourageait ses disci-ples et ses étudiants à s’éduquer politiquement et à se tourner vers l’activisme.

Il a ouvertement défié les régimes de Saddam et des baasistes. Il a ouvertement soutenu la révolution islamique iranienne. Il a écrit des œuvres authentiques et originales qui englobaient sa théorie et sa vision du monde », se souvient Dhia Al-Assadi. Il déclencha ainsi une révolution doctrinale au sein du clergé chiite et contribua largement à sa politisation, à sa victoire sur les communistes. Aujourd’hui, tous les partis politiques chiites se réclament de sa pensée.

jeudi 25 avril 2019

QUENTIN MÜLLER Journaliste. SABRINE LAKHRAM Étudiante en histoire, université Panthéon-Sorbonne, master « Les révoltes chiites en Irak de 1977 à 1980 », 2017.

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https://orientxxi.info/

Commentaire:

Parmi les candidats en 2018 se trouve Mountazer al-Zaïdi, journaliste, connu pour avoir lancé sa paire de chaussures sur le visage de l’ancien président américain, George W. Bush, en décem-bre 2008. Il se présente sur la liste de l’Alliance des révolutionnaires réformistes de Moqtada al-Sadr et du Parti communiste irakien qu’il présente comme « une liste indépendante qui veut casser les reins au confessionnalisme » La coalition a obtenu 54 sièges (dont 3 PCI) sur 329.

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15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

madrid 14 avril (pùblico)

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Le 14 Avril: la 2è République de 1931

A part la Monarchie, il y a la question du concordat avec le Vatican. Signé en 1953 par Franco et ratifié par le roi en 1978.

Outre les terres et bâtiments (certains spoliés sans que l’état réagisse!),  le Vatican contrôle des médias radio-télé, une partie de l’enseignement, des Universités, Caritas (le Secours Catholi-que) au détriment des autres religions et des athées. Les USA avaient râlé pour les protestants et l’église tolère l’islam, mais au Maroc.

L’état (central et périphérique) verse directement des dizaines de millions, mais aussi des subventions à ses activités: écoles privées, santé, culture, patrimoine, caritatives, une somme de 11 milliards d’euros (à vérifier), plus de 1% du PIB. Chaque résident, catholique ou non, verse 240 euros par an à l’Eglise. Certains autres chiffres donnent 250 millions d’euros et 0,7 % du revenu des impôts en Espagne par an. L’église ne donnerait à Caritas que 2,3% des 256 millions reversés par les impôts.

Lire aussi:

Concordat espagnol de 1953 (Wikipedia)

Commentaire:

L’église n’est pas opposée à ce que l’état subventionne les autres religions, mais en plus. Sa somme à elle ne doit surtout pas varier en fonction de la représentativité des autres religions!

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