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01 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

jeremy corbyn (ujfp swp)

corbyn

Jeremy Corbyn et sa ceinture de … confitures

Le contrat sur Corbyn

Corbyn n’est pas antisémite. Son vrai péché est de se battre contre l’injustice dans le monde, dont sa version israélienne.

Des Juifs de Grande-Bretagne et la machine de propagande israélienne ont mis un contrat sur le leader du Parti Travailliste, Jeremy Corbin. Ce contrat a été signé il y a longtemps mais il est clair que plus Corbyn s’approche du poste de Premier ministre, plus le conflit devient dur.

Le 26 novembre dernier, il a atteint son apogée avec la publication d’un article du premier rabbin de Grande-Bretagne, Ephraïm Mirvis, dans le Times. Celui-ci a décidé que l’inquiétude des Juifs anglais à l’égard de Corbyn est justifiée et qu’il n’est pas taillé pour être Premier ministre. Il appelle donc la communauté juive à ne pas voter pour lui lors des élections du 12 décembre.

Né en Afrique du sud et diplômé de la yeshiva Har Etzion de la colonie d’Alon Shvut, Ephraïm Mirvis est la voix de la communauté juive britannique. Au Cap, à Johannesburg et Har Etzion, il a dû apprendre ce qu’est l’apartheid et pourquoi on devrait le combattre. Ses parents aussi sûrement, aucun doute sur le fait qu’il a dû tirer une leçon morale de sa vie dans les régions de privation de droits civiques où il a vécu comme l’Afrique du sud ou la Cisjordanie.

Contrairement à l’horrible Corbyn, Mirvis ne voit rien de mal à l’occupation sans fin ; il ne s’identifie pas à la lutte des Palestiniens pour la liberté et il ne voit pas les similitudes entre l’Afrique du sud de son enfance, le Har Etzion de sa jeunesse et Israël en 2019. C’est la vraie raison de son rejet de Corbyn. Des Juifs anglais veulent un Premier ministre qui soutient Israël qui soutient l’occupation. Un Premier ministre qui critiquerait Israël est pour eux l’exemple du nouvel antisémitisme.

Jeremy Corbyn n’est pas antisémite. Il ne l’a jamais été.

Son vrai péché, c’est son combat fervent contre l’injustice dans le monde, dont celle qu’Israël perpétue. C’est ça, l’antisémitisme d’aujourd’hui. Le Hongrois Viktor Orban, le Parti de la liberté en Autriche et l’extrême droite en Europe ne mettent pas les Juifs en danger. Non, c’est Corbyn l’ennemi.

La nouvelle, et très efficace, stratégie d’Israël et des sionistes est d’étiqueter chaque défenseur de la justice comme antisémite et chaque critique d’Israël comme haïssant les Juifs. Corbyn est victime de cette stratégie qui menace de paralyser et de faire taire l’Europe par égard pour Israël.

Ce n’est pas pour dire que l’inquiétude de la communauté juive anglaise n’est pas réelle mais elle amplifie très certainement le danger. L’antisémitisme existe certainement à gauche, simple-ment moins qu’on le prétend. Près de la moitié des Juifs britanniques se disent prêts à fuir si Corbyn est élu. Laissez-les partir. Le sondage qui présente ces chiffres pourrait en fait nourrir l’antisémitisme : les Juifs de Grande-Bretagne sont-ils si anglais ? A qui va leur loyauté ?

L’avenir de n’importe quel Juif britannique est plus garanti que celui d’un Palestinien vivant sous occupation, et même que celui d’un Arabe israélien. Les Juifs sont persécutés et victimes de discrimination et de racisme dans des proportions qui n’ont rien à voir avec la situation des Palestiniens en Israël. Plus encore, l’islamophobie en Europe est bien plus courante que l’antisémitisme sauf que les gens en parlent moins.

Ephraïm Mirvis ne présente aucune preuve de l’antisémitisme de Corbyn.

Il lui suffit de rappeler que le chef du Parti travailliste a appelé « amis » ceux qui « endossent le meurtre de Juifs » – en référence aux propos de Corbyn sur le Hezbollah et le Hamas. Il est vrai qu’il est un infatigable pourfendeur de l’occupation, qu’il soutient le boycott et qu’il compare le siège de Gaza à celui Stalingrad ou de Leningrad.

Ce sont des positions anti-israéliennes mais pas nécessairement antisémites. Des Juifs de Grande-Bretagne jouent de cette différence, de même que de nombreux Juifs à travers le monde brouillent le message, intentionnellement. On peut (et on devrait) critiquer sévèrement Israël sans être antisémite.

Si les Juifs britanniques et leur rabbin étaient plus honnêtes et courageux, ils se poseraient la question suivante : n’est-ce pas la politique brutale d’occupation d’Israël qui constitue le plus sérieux motif d’antisémitisme aujourd’hui ? Il y a un antisémitisme qui doit être combattu mais il faut aussi reconnaître qu’Israël lui fournit moult excuses et motifs.

Les Juifs et les vrais amis d’Israël devraient espérer que Corbyn soit élu. C’est un homme d’État qui peut changer le discours international sur l’occupation et la façon dont il faut la combattre. Il incarne l’espoir d’un monde différent, d’un Israël différent – et que pourrions-nous vouloir de plus.

Traduit de l’anglais par l’AFPS samedi 30 novembre 2019 par Gideon Levy

Source : Publié par haaretz.com

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24 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

iran irak liban (essf àl’e)

irak

Irak: ni Iran,ni USA

Defendre les manifestations en Iran, en Iraq et au Liban

Des protestations à l’échelle nationale ont lieu en Iran ces derniers jours déclenchées par l’augmentation de 50% du prix du carburant ; elles ont été largement réprimées par les forces de sécurité du régime islamique iranien, faisant au moins 200 morts, des centaines de blessés et plus d’un millier d’arrestations.

A l’utilisation écrasante de la force par les organismes de sécurité s’est ajouté un black out d’internet pour empêcher les nouvelles du soulèvement et de sa répression de parvenir au monde extérieur. Les manifestants ciblent le pouvoir islamique et la dictature cléricale, s’atta-quant aux institutions religieuses et aux séminaires, aux banques, aux commissariats de police et aux représentations du leadership clérical.

Les protestations en Iran font suite aux manifestations de masse qui ont eu lieu en Irak et au Liban au cours du mois dernier.

En Irak, plus de 300 personnes ont été tuées et au moins 15 000 blessées. Au Liban, les manifestants ont remporté des victoires en dépit de tentatives de répression violente, dont la dernière fut l’annulation de la session parlementaire pour la deuxième fois d’affilée, après que les manifestants aient bloqué toutes les routes menant au parlement.

Dans les trois pays, les manifestants exigent du travail, de meilleurs services publics, la fin de la corruption, du sectarisme et des interventions du régime islamique d’Iran dans la région. En Irak, beaucoup criaient : ’ ni sunnisme ni chiisme, mais la laïcité’.

En Iran, des slogans proclamaient ’ nous ne voulons pas d’un régime islamique’, et au Liban des manifestants exigeaient la déposition des hommes au pouvoir en criant « ’tous’, cela veut dire ’tous’, Nasrallah en fait partie », en référence au leader islamique. Les manifestations sont profondément laïques, et les jeunes et les femmes y tiennent un rôle dirigeant.

Nous en appelons à toutes et à tous pour faire preuve d’une solidarité et d’un soutien sans faille vis à vis des manifestations et pour défendre les droits et les libertés universels et l’exigence de laïcité.

Nous en appelons aussi au public pour se mobiliser autour de la condamnation des forces gouvernementales – y compris les milices islamiques- qui veulent étouffer les légitimes soulèvements populaires qui tentent de faire advenir un avenir meilleur.

vendredi 22 novembre 2019

http://www.europe-solidaire.org/

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11 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (bfm)

npa

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10 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

islamophobie (ucl)

croisades

Musulmans et chrétiens au Moyen-âge

Riposte populaire face à l’islamophobie

L’attentat perpétré à Bayonne par un ancien candidat FN vient dramatiquement prolonger l’offensive islamophobe menée par des responsables politiques et des journalistes haineux. Face à cette offensive, l’heure est à la construction d’une riposte populaire d’ampleur.

Depuis plusieurs semaines, nous assistons en France à une offensive islamophobe d’une insupportable violence. L’attentat perpétré le 28 octobre par un militant d’extrême-droite proche du Rassemblement national contre une mosquée de Bayonne n’est que l’expression brutale de la frénésie raciste qui se répand à travers toute la société française.

Car il faut le dire très clairement, l’islamophobie n’est pas le domaine réservé de l’extrême droite : elle est désormais largement relayée par les « autorités publiques », par des médias et agitateurs de haine, à travers tout l’échiquier politique institutionnel.

Il ne s’agit pas d’être aveugle face à l’hypocrisie du gouvernement français et de la bourgeoisie qu’il représente. Alors que l’État français fait sans problème des affaires avec l’Arabie saoudite, le Qatar ou les Émirats arabes unis, des monarchies racistes et sanguinaires qui prétendent représenter l’islam le plus pur, il entretient, sur son sol, un climat raciste à l’encontre des musulmans et les musulmanes des classes populaires.

Au sein de ces classes populaires, les personnes musulmanes ou identifiées comme telles sont couramment victimes de discrimination à l’emploi, au logement, et de harcèlement policier. Elles subissent par ailleurs des insultes permanentes au nom d’une laïcité dénaturée, utilisée de façon sélective pour invisibiliser une minorité particulière.

L’offensive islamophobe actuelle est une étape nouvelle dans un processus en cours depuis de nombreuses années. La bourgeoisie française et ses représentants politiques se rapprochent peu à peu de la droite la plus dure au nom de la défense d’un « mode de vie européen » qui encourage à ce qu’une partie de la population se sente plus légitime qu’une autre, et qui est aussi un moyen pour les classes dirigeantes de diviser pour mieux régner.

Construire la riposte

La mobilisation d’aujourd’hui, sans précédent par son ampleur et par l’unité qui se fait autour d’elle, montre que tout est encore possible pour stopper cette offensive islamophobe. Pour gagner, il est certain que les manifestations et les tribunes ne suffiront pas.

Afin de briser la mécanique raciste et de faire reculer les classes dirigeantes, il nous faut nous organiser à la base, dans les entreprises où nous travaillons et dans les quartiers où nous vivons. Reprenant nos luttes en main, nous devons construire et renforcer le pouvoir populaire, loin des calculs politiciens et de la démagogie électoraliste, pour dessiner un avenir émancipé de l’exploitation et de toutes les dominations.

islamophobie

MANIFESTATION UNITAIRE
LE 10 NOVEMBRE 2019

13 heures, gare du Nord, à Paris

POURQUOI LES COMMUNISTES LIBERTAIRES SONT LÀ

Des communistes libertaires aux côtés des musulmanes et des musulmans ? C’est non seulement possible mais c’est plus que nécessaire aujourd’hui. Oui, l’UCL est une organisation athée. Mais ce n’est pas la question quand une minorité religieuse est victime de stigmatisation et d’oppression. L’UCL affirme son soutien aux croyantes et croyants musulmans dénigrés par les politiciens et les médias, assimilés à un « ennemi de l’intérieur ». Contre l’islamophobie et tous les racismes, nous défendons la liberté de culte, la liberté de conscience, la liberté de choix.

9 novembre 2019

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

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09 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

liban (middle east eyes)

liban

Au Liban, les manifestants apprennent à leurs enfants qu’ils ont le pouvoir de changer le système

Nombreux sont les protestataires qui descendent dans la rue avec leurs enfants pour leur expliquer qu’ils doivent exiger plus et mieux de leur classe politique, au-delà du confession-nalisme Pour des centaines de milliers de Libanais, le mouvement de protestation est l’occasion de faire entendre leur voix, d’exiger le changement et de faire preuve de solidarité.

Mais pour de nombreux parents comme Mohamed Hussein, les manifestations sont l’occasion d’apprendre à leurs enfants que la vie au Liban peut et doit changer.

Mohamed emmène ses cinq enfants, habillés en treillis et portant des drapeaux libanais, aux manifestations tous les jours ou presque depuis qu’elles ont éclaté le 17 octobre. Ce peintre en bâtiment âgé de 38 ans est issu d’un milieu ouvrier et analphabète, ce qui ne fait que nourrir son désir de changement. « Je veux de meilleures choses pour mes enfants, je veux qu’ils sachent lire et écrire, et qu’ils apprennent ce qui est vraiment important dans cette vie », déclare-t-il à Middle East Eye sur la place Riad al-Solh, dans le centre de Beyrouth.

Divers griefs de longue date – notamment la corruption, le chômage élevé, le manque de servi-ces et une dette nationale s’élevant à 86 milliards de dollars – ainsi que les augmentations de taxes récemment suggérées ont poussé des centaines de milliers de Libanais à manifester à travers le pays. Ils exigent des réformes et le renouvellement de l’ensemble de la classe politique, accusée d’utiliser le système politique confessionnel pour diviser les Libanais.

Ce petit pays méditerranéen a la réputation d’avoir une société divisée le long de lignes de faille confessionnelles, bien que, comme les manifestations l’ont montré, tous les Libanais sont unis dans la souffrance sous l’administration des mêmes dirigeants.

« Je veux de meilleures choses pour mes enfants, je veux qu’ils sachent lire et écrire, et qu’ils apprennent ce qui est vraiment important dans cette vie » - Mohammed Hussein, peintre

C’est un message que Mohammed veut faire passer à ses enfants. « Je leur parle des différen-tes confessions lors des manifestations. Je suis sunnite de Beyrouth et partisan du Courant du futur [de Saad Hariri], mais je leur dis qu’il y a des chiites qui manifestent à nos côtés pour les mêmes choses », explique-t-il.

Selon lui, la première fois qu’il a emmené ses enfants aux manifestations, sa fille de 9 ans craignait que des manifestants chiites ne les attaquent. « Ils apprennent ce type de raisonne-ment dans les rues et les médias, alors j’ai fait en sorte de dire bonjour à un ami chiite, et il lui a dit que nous étions tous ici parce que nous voulions vivre et être heureux », rapporte le père de famille.

Une génération née pendant la guerre civile

À 43 ans, Mazen Barazi est lui aussi issu d’une génération née pendant la guerre civile libanaise (1975-1990) et a grandi avec les fantômes d’un conflit confessionnel qui hante encore la société. « Mes enfants ont l’impression que le Liban est leur pays une fois par an, pendant le Jour de l’indépendance », déclare-t-il. Ce père de famille emmène ses garçons de 7 et 6 ans aux manifestations chaque fois qu’il le peut. « Pendant des décennies, les gens ont été plus attachés à leurs partis politiques qu’à leur pays. Moi, je veux que mes enfants se sentent patriotes. »

Au cours des manifestations, les plus importantes depuis des années, les protestataires ont fait des efforts pour paraître unis contre le cadre politique qui gouverne sur la base d’une répartition confessionnelle du pouvoir depuis la fin de la guerre. « Que cela nous plaise ou non, notre génération a hérité des penchants politiques de nos parents, mais la génération de nos enfants est différente », déclare une autre manifestante, Rania Garro, alors qu’elle quitte un rassemblement dans le centre-ville de Beyrouth, où quelques heures plus tôt elle offrait gratuitement de la nourriture faite maison aux protestataires.

« Nous avons vu que nous pouvions être unis en tant que peuple, et nous voulons que nos enfants aient ce sens du patriotisme. » Une de ses amies, Carine Assaa, avocate, indique que sa fille de 9 ans se rend avec elle aux manifestations tous les jours. « Ils doivent savoir ce qui se passe. Il faut qu’ils sachent qu’il y a des gens au pouvoir qui nous volent », lance-t-elle.

Carine Assaa raconte à MEE comment dans sa jeunesse, ses parents lui faisaient manquer l’école pour aller à des rassemblements de soutien à Michel Aoun, le général qui a fui le Liban à la fin de la guerre et est revenu en 2005 pour diriger le Courant patriotique libre, avant de devenir président en 2016.

« Il faut qu’ils sachent qu’il y a des gens au pouvoir qui nous volent »

- Carine Assaa, avocate

Mais les choix politiques de l’octogénaire et la détérioration constante de l’économie l’ont conduite à descendre dans la rue. « À l’école, nous avions la mentalité Beyrouth-Ouest vs. Beyrouth-Est », explique-t-elle, faisant référence à la ligne de front qui divisait la capitale entre musulmans et chrétiens pendant la guerre civile.

« Nous étions séparés des musulmans. Mais aujourd’hui, ma fille va dans une école mixte où les enfants fréquentent et se lient d’amitié avec des enfants des autres confessions. Ils n’ont pas cette mentalité et ils ne s’en soucient pas. »

Carine Assaa et Rania Garro estiment qu’il est important pour elles d’enseigner à leurs enfants qu’ils ne peuvent pas changer les choses sans lutter d’une certaine façon contre le système, et que la lutte actuelle est contre la corruption et pour leur propre avenir.

« Nos parents ont vécu la guerre civile et nous l’avons vécue – et ses conséquences – avec eux par défaut, sans vraiment comprendre ce qui se passait », observe pour sa part Mazen Barazi. Pour lui et son épouse, il est donc essentiel d’expliquer la crise actuelle à leurs enfants, dans l’espoir qu’ils seront toujours conscients qu’ils méritent plus que ce que le gouvernement actuel donne au peuple.

Heba Nasser BEYROUTH, Liban Vendredi 8 novembre 2019

https://www.middleeasteye.net/fr/

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Les femmes dans le mouvement de protestation au Libane (MEE)

Au Liban, les réfugiés palestiniens scrutent les manifestations avec espoir et appréhension (MEE)

Liban : structure de classe, néolibéralisme et HezbollahDaher.

« Au Liban, les classes populaires n’ont pas dit leur dernier mot »

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07 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

antiracisme (lutte ouvrière)

racism

Contre les campagnes antimusulmans et contre tous les racismes

Lutte ouvrière appelle à participer aux manifestations organisées le 10 novembre contre le racisme et l’islamophobie.

Depuis plusieurs mois, un concours de démagogie à fond raciste et xénophobe bat son plein dans le monde politicien et médiatique, notamment sous forme d’attaques répétées contre les musulmans.

Pour faire diversion face à la montée du mécontentement social, Macron et ses ministres ont repris à leur compte une partie des thèmes de campagne et du vocabulaire du Rassemblement national, entretenant la confusion entre terrorisme, immigration, islam et question du voile. Ils sont relayés par tous les politiciens qui, à droite et à l’extrême droite, cherchent à capter les voix de l’électorat le plus réactionnaire.

La surenchère odieuse à laquelle se livrent tous ces politiciens ne peut que renforcer les préjugés et les comportements racistes, et encourager les plus violents à passer à l’acte, comme cela a été le cas lors de l’attentat commis contre la mosquée de Bayonne. Il est indispensable de s’opposer à ces pousse-au-crime !

En participant à ces manifestations, Lutte ouvrière tient à affirmer sa solidarité avec tous ceux qui sont injustement pointés du doigt. Plus que jamais, il faut affirmer que les travailleurs, quelle que soit leur origine ou leur religion, constituent une même classe, avec les mêmes intérêts à défendre et un même combat à mener pour s’émanciper et changer la société.

06 Novembre 2019

https://journal.lutte-ouvriere.org/

racism

Mosquée de Bayonne : le choix des mots en dit long

L’homme qui a blessé des musulmans devant la mosquée de Bayonne, qu’il voulait incendier, est un raciste avéré, ancien candidat du Front national. Mais, l’auteur étant également manifestement déséquilibré, Macron et le procureur de la République ont parlé d’attaque, et non d’attentat.

Inversement, bien des actes émanant d’autres agresseurs ont été aussitôt qualifiés de terroristes, même quand l’état mental de leurs auteurs était sujet à caution. Mais là, il s’agissait de meurtriers que leur délire poussait à se revendiquer de la guerre sainte islamiste.

Au-delà de la discussion sur ce qui définit et sépare un attentat d’une attaque, le choix des mots a un sens politique. Au point qu’un Castaner, ministre de l’Intérieur, parle « d’attentats contre la République » lorsque la permanence d’un député macroniste est vandalisée, tandis qu’on entend à longueur d’antenne les commentateurs répéter qu’à Bayonne « il ne s’agit pas d’un attentat ». Autrement dit, aux yeux du gouvernement et des médias qui le relaient, toutes les violences et toutes les victimes ne se valent pas.

N.C. 06 Novembre 2019
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04 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

iran (npa mee)

iran

Il y a 40 ans : la révolution iranienne

En novembre 1979, la prise en otage du personnel de l’ambassade des États-Unis à Téhéran par des étudiantEs demandant l’extradition de leur roi déchu, le Shah Mohamed Reza Pahlavi, suscita un certain enthousiasme dans le mouvement anti-impérialiste du monde entier.

La République islamique d’Iran, née quelques mois plus tôt, avait pourtant déjà commencé à réprimer le mouvement ouvrier, les luttes des femmes et des minorités nationales.

Un vaste mouvement populaire

Le pouvoir du Shah avait été restauré après le coup d’État de 1953, organisé par les Britanniques et les États-Unis contre le Premier ministre Mossadegh, responsable de la nationalisation du pétrole.

Le régime de Pahlavi devint un relais de l’impérialisme au Moyen-Orient. Grâce à la rente pétrolière, l’Iran devint le « gendarme du Golfe », garant de la bonne livraison de l’or noir dans les pays capitalistes.

Le Shah était un acteur de l’économie capitaliste internationale dont l’intérêt était de moderniser l’Iran tout en maintenant une économie de rente. La réforme agraire profita ainsi à l’économie d’exportation et à quelques firmes de l’agrobusiness, l’industrie faisait appel à des cadres et ingénieurs venus des pays développés.

Cette politique, ainsi que certaines réformes modernisatrices, heurta les anciennes classes dominantes et le haut clergé, elle n’améliora pas les conditions de vie des couches les plus pauvres de la société et favorisa un exode rural massif, qui fit s’entasser des millions de chômeurs et de chômeuses dans les bidonvilles.

Le Shah s’était ainsi aliéné la grande majorité de la population. Une répression impitoyable s’abattait sur les opposants de gauche. Le clergé était la seule force indépendante du régime qui parvint à sauvegarder son implantation, avec à sa tête l’ayatollah Khomeiny .

La chute du Shah

Le 8 janvier 1978, sur un fond de contestation de divers secteurs (ouvriers, étudiants, habitants des bidonvilles) et suite à la publication dans la presse gouvernementale d’un article insultant Khomeiny, commença un cycle de manifestations, avec des affrontements de plus en plus durs.

Un tournant eut lieu en septembre, avec le début de la grève du pétrole. Khomeiny lança lui-même un appel à la grève générale, qui donna lieu aux premières élections de comités de grève.

Une auto-organisation soutenue par le clergé qui demanda aux fidèles de verser les impôts religieux aux caisses de grève et encouragea les ouvriers du pétrole à relancer la production sous leur propre contrôle.

La loi martiale et les changements de gouvernement n’y firent rien : le 16 janvier 1979, le Shah quittait le pays pour des « vacances », dont il ne reviendrait jamais. Khomeiny revenu, il fallut trois jours d’insurrection à Téhéran pour que le dernier gouvernement royaliste démissionne. Une insurrection que Khomeiny avait tenté de freiner en appelant au calme, mais qui lui offrit le pouvoir.

L’occasion manquée du mouvement ouvrier

L’unité du mouvement se fragilisa avec les discussions sur le nouveau régime. Le mois de mars fut marqué par les premières agressions de militantes féministes par des religieux, ainsi que par des affrontements avec les minorités nationales kurde et arabe.

Le référendum instaurant la République islamique fut ainsi boycotté par les mouvements nationaux comme par l’essentiel de l’extrême gauche et de la gauche.

Les premiers mois du régime furent néanmoins marqués par un rapport de forces forçant le gouvernement à nationaliser le secteur bancaire ou encore l’industrie, notamment le pétrole.

Dans les usines, les conseils ouvriers, les shoras, obtinrent la réduction du temps de travail, l’augmentation des salaires, l’interdiction des licenciements, le contrôle ouvrier sur les embauches et l’élection des responsables…

Mais dès l’été, les arrestations de militants ouvriers commencèrent et la liberté de la presse fut restreinte.

Dans les entreprises, des shoras islamiques lancèrent la chasse aux communistes. L’incapacité du mouvement ouvrier à prétendre au pouvoir s’explique sans doute par les illusions dans Khomeiny, figure de la lutte contre le Shah, pour la dignité et une certaine justice sociale.

Elle est aussi due à l’absence d’un cadre national pour coordonner les actions dans les entre-prises, les provinces en lutte, les campagnes, les universités, et aux années de répression précédent la révolution.

Pour refermer durablement toutes les poches de liberté et de contestation, le gouvernement de Khomeiny sut saisir les occasions. La prise d’otages à l’ambassade des États-Unis fut la première.

C’est dans ce contexte d’union nationale qu’en mars 1980, le gouvernement annonça la fermeture des universités pour les « purifier » des enseignants et étudiants de gauche et d’extrême gauche.

Le second événement majeur fut la guerre Iran-Irak, de septembre 1980 à 1988. Là encore, l’union nationale permit d’imposer les lois d’exception et le musellement de l’opposition : au cours de la quasi-décennie de guerre, les arrestations et exécutions de militantEs du mouvement ouvrier se comptèrent en centaines de milliers.

Jean-Baptiste Tondu  Samedi 21 septembre 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Arabie saoudite-Iran : de la guerre froide à la guerre chaude ? Entretien avec Gilbert Achcar (NPA)

Le 4 novembre 1979, les révolutionnaires iraniens défiaient l’Amérique (MEE)

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04 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

islamophobie (essf)

islamophobie

Le 10 novembre, à Paris, nous dirons STOP à l’islamophobie !

Plus de cinquante personnalités appellent à manifester le 10 novembre à Paris contre la stigmatisation des musulmans de France. 

Depuis bien trop longtemps, les musulmanes et les musulmans en France sont la cible de discours venant parfois de « responsables » politiques, d’invectives et de polémiques relayés par certains médias, participant ainsi à leur stigmatisation grandissante.

Depuis des années, la dignité des musulmanes et des musulmans est jetée en pâture, désignée à la vindicte des groupes les plus racistes qui occupent désormais l’espace politique et médiatique français, sans que soit prise la mesure de la gravité de la situation.

Depuis des années, les actes qui les visent s’intensifient : qu’il s’agisse de discriminations, de projets ou de lois liberticides, d’agressions physiques de femmes portant le foulard, d’attaques contre des mosquées ou des imams, allant même jusqu’à la tentative de meurtre.

L’attentat contre la mosquée de Bayonne le 28 octobre, en est la manifestation la plus récente et les services de l’Etat savent que la menace terroriste contre les lieux de culte musulmans est grande.

Il a fallu que cette violence jaillisse aux yeux de tous, à travers l’humiliation d’une maman et de son enfant par un élu RN au conseil général de Bourgogne-Franche-Comté, pour que tout le monde réalise ce que des associations, des universitaires, des personnalités, des syndicats, militants et au-delà, des habitants, dénoncent à juste titre depuis des années : l’islamophobie en France est une réalité.

Quel que soit le nom qu’on lui donne, il ne s’agit plus ici de débats d’idées ou de critique des religions mais d’une forme de racisme explicite qui vise des personnes en raison de leur foi. Il faut aujourd’hui s’unir et se donner les moyens de la combattre, afin que plus jamais, les musulmanes et les musulmans ne puissent faire l’objet de tels traitements.

Puisque les discours et déclarations d’intention ne suffisent plus, parce que l’heure est grave : le 10 novembre à Paris nous marcherons pour dire :

- STOP aux discours racistes qui se déversent sur nos écrans à longueur de journée, dans l’indifférence générale et le silence complice des institutions étatiques chargées de lutter contre le racisme.

- STOP aux discriminations qui visent des femmes portant le foulard, provoquant leur exclusion progressive de toutes les sphères de la société.

- STOP aux violences et aux agressions contre les musulmanes et les musulmans, qui se retrouvent progressivement déshumanisés et stigmatisés, faisant d’eux des terroristes potentiels ou des ennemis de l’intérieur.

- STOP aux délations abusives jusqu’au plus haut niveau de l’Etat contre des musulmans dont le seul tort serait l’appartenance réelle ou supposée à une religion.

- STOP à ces dispositifs de surveillance de masse qui conduisent à une criminalisation pure et simple de la pratique religieuse.

Les conséquences, notamment pour des salariés licenciés et des familles déstabilisées, sont désastreuses et ne peuvent plus être tolérées. Cette criminalisation se fait au détriment des libertés fondamentales et des principes les plus élémentaires d’égalité censés guider notre pays.

Nous, musulmans ou non, disons STOP à l’islamophobie et nous serons nombreux pour le dire ensemble le 10 novembre prochain à Paris.

Nous appelons toutes les organisations, toutes les associations, tous les collectifs, toutes les fédérations de parents d’élèves, tous les partis politiques, toutes les personnalités, tous les médias, toutes les personnes solidaires à se joindre à cet appel solennel et à répondre présent à la marche du 10 novembre prochain.

Il en va des libertés fondamentales de tous. Il en va de la dignité et de l’intégrité de millions de concitoyens. Il en va de notre unité à tous, contre le racisme sous toutes ses formes qui, aujourd’hui, menace une nouvelle fois la France.

Un appel initié par Madjid Messaoudene (élu de Saint-Denis), la Plateforme L.e.s. Musulmans ; Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ; le Comité Adama ; l’Union communiste libertaire (UCL) ; l’Union nationale des étudiants de France (Unef), Taha Bouhafs (journaliste).

Premiers signataires :

Action Antifasciste Paris Banlieue (AFA) ;  Ludivine Bantigny, historienne ; Olivier Besancenot, NPA  ; Vikash Dhorasoo, ancien de joueur de foot, parrain d’Oxfam et président de Tatane ;  Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Fianso, artiste ; Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) ; Alain Gresh, journaliste ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ; Jean-Luc Mélenchon et l’ensemble du groupe parlementaire La France Insoumise ; Edwy Plenel, journaliste ; Maryam Pougetoux et Mélanie Luce, Unef ; Jérôme Rodrigues, gilet jaune ; Julien Salingue, docteur en science politique  ; Michèle Sibony et l’Union juive française pour la paix (UJFP) ; Assa Traoré, comité Adama ; Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac ; Union syndicale Solidaires…

Liberation  1 novembre 2019

https://www.liberation.fr/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Le monde éducatif dit «Non à l’islamophobie» (Médiapart)

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31 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

vote musulman (france-info npa)

croisades

« Le vote musulman n’existe pas »

Les listes communautaristes aux municipales ne trouvent pas d’écho

Une partie de la droite souhaiterait interdire l’Union des Démocrates Musulmans de France, accusé de véhiculer un « islam politique ». Pourtant, ce parti reste très marginal, y compris dans ses supposés bastions.

La polémique lui a donné un coup de projecteur inespéré. Une apparition dans un sujet du « 20 Heures » de France 2, une interview en face-à-face avec Jean-Jacques Bourdin dans la matinale de BFMTV…

Depuis quelques jours, Nagib Azergui, le président et fondateur de la très confidentielle Union des Démocrates Musulmans français (UDMF), multiplie les apparitions médiatiques. Ce parti créé en 2012 est au centre de toutes les attentions depuis que plusieurs ténors de la droite alertent sur la possible présence de listes « communautaristes » lors des élections municipales de mars 2020, et réclament leur interdiction pure et simple.

« L’islam politique est en train de s’implanter. Jamais ça ne doit avoir lieu en France. Il faut empêcher ces listes par tous les moyens juridiques », a demandé le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, le 19 septembre lors de l’émission « Vous avez la parole ». Un message entendu par le patron des sénateurs du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, qui a annoncé dans Le Journal du dimanche le dépôt d’une proposition de loi pour interdire les candidatures de « tous ceux qui portent les revendications d’une partie de la population à raison de son appartenance religieuse ou ethnique ».

« Nous sommes un mouvement républicain et laïc »

A travers les déclarations de ces élus de droite, c’est bien l’UDMF qui est visé. L’Union des démocrates musulmans de France est-elle pour autant un parti « communautariste » ? La réponse n’est pas simple. Le qualificatif est en tout cas rejeté en bloc par son fondateur. « Nous ne sommes ni des imams ni des muftis. Nous sommes un mouvement républicain et laïc », assure à franceinfo Nagib Azergui, qui se défend d’être le représentant d’un « islam politique ».

Il faut arrêter de penser que l’on veut faire le ‘grand remplacement’ de la République par la charia. Nagib Azergui à franceinfo

Quant à la présence du mot « musulman » dans le nom de son parti, Nagib Azergui dresse un parallèle avec le Parti chrétien-démocrate fondé par Christine Boutin, « un parti d’opinion qui se base sur un héritage culturel et historique » et favorable à « une laïcité respectueuse ». Dans ses professions de foi, l’UDMF parle bien sûr de la « lutte contre l’islamophobie », son principal cheval de bataille, mais aussi de finances publiques, d’éducation ou d’écologie.

Depuis sa création, le parti a sensiblement édulcoré son discours, comme le note sur son blog le journaliste Laurent de Boissieu. A priori, rien dans les positions affichées aujourd’hui par l’UDMF ne tombe sous le coup de la loi. « Nous n’avons pas vu d’antisémitisme ou d’appels à la haine, mais nous restons vigilants », indique à franceinfo un conseiller ministériel. En l’état, le gouverne-ment ne soutiendra pas la proposition de Bruno Retailleau.

Il paraît difficile d’interdire ce type de listes car personne ne se dira ouvertement communauta-riste. En revanche, on croit beaucoup au combat démocratique, dans les urnes, à la loyale.Un conseiller ministériel à franceinfo

Le combat dans les urnes, c’est justement ce à quoi l’Union des Démocrates Musulmans de France se prépare pour les prochaines élections municipales. Le parti envisage de se présenter dans une cinquantaine de communes en France. De grandes métropoles comme Paris, Lyon, Marseille ou Nice et des villes de banlieue (Gennevilliers, Les Mureaux, Joué-lès-Tours, Vaulx-en-Velin…).

Nagib Azergui affirme sans rire que l’UDMF a de bonnes chances d’accéder au second tour dans nombre d’entre elles. D’ailleurs, les menaces d’interdiction auxquelles le mouvement fait face seraient, d’après lui, le fait de politiciens qui « ont peur pour leurs places et ne seront peut-être pas au deuxième tour en 2020″.

Un score de 0,13% aux européennes

Mais à moins de cinq mois du scrutin, difficile de prendre au sérieux ces prétentions. Un meeting de lancement de la campagne, qui devait se tenir le 5 novembre à Vaulx-en-Velin (Rhône), a été reporté au 1er décembre « en Ile-de-France », officiellement pour des raisons logistiques. Interro-gé, l’UDMF ne communique aucun nom de candidat investi pour mener la bataille aux municipa-les. « Beaucoup de candidats ne veulent pas encore s’exposer, explique Nagib Azergui, qui refuse de « mettre en avant des personnes qui ne sont pas suffisamment prêtes ».

Sur le terrain, l’UDMF semble totalement inconnue du microcosme politique local, y compris dans ses supposés bastions. A Bobigny (Seine-Saint-Denis), le parti avait réussi en 2014 à placer l’un de ses membres sur la liste du candidat UDI Stéphane de Paoli, victorieuse face à la maire communiste sortante.

Hocine Hebbali devait s’occuper de la création d’un musée sur l’histoire de la colonisation française. Mais au bout de quelques semaines, l’élu n’a plus siégé au conseil municipal. « Il a complètement disparu de la circulation. Ici, l’Union des Démocrates Musulmans de France n’a aucune réalité locale », observe une élue d’opposition.

Lors des dernières élections européennes, l’UDMF avait in extremis été autorisée à déposer une liste, après un refus pour vice de forme. Un peu moins de 30 000 voix (soit 0,13%) s’étaient portées sur elles au niveau national, mais avec des pointes au-dessus de 5% dans une dizaine de communes.

A Maubeuge (Nord), l’UDMF a même recueilli 40% des voix dans l’un des bureaux de vote. Un pourcentage à relativiser puisqu’il ne représente, en nombre de voix, que 70 personnes. « C’est un bureau situé dans un quartier qui vote généralement très peu. Il a suffi qu’une ou deux personnes se mobilisent pour arriver à ce résultat », commente le maire UDI de la ville, Arnaud Decagny, sceptique sur le fait que l’UDMF parvienne à réunir les 39 noms nécessaires à la constitution d’une liste aux prochaines élections municipales.

« Tout ce qu’il cherche, c’est créer du buzz »

« Nous ne connaissons pas ici de personnes identifiées se revendiquant de ce parti », relève pour sa part Raphaël Cognet, le maire LR de Mantes-la-Jolie (Yvelines) où deux bureaux de vote du Val Fourré ont affiché des scores supérieurs à 20% en mai. Le constat est le même à Chante-loup-les-Vignes ou encore à Poissy, deux villes des Yvelines où un phénomène similaire a été observé lors du dernier scrutin européen.

« Les gens qui votent pour l’UDMF sont des personnes qui généralement s’abstiennent mais qui ont fait une confiance aveugle au mot ‘musulman’ inscrit sur les bulletins de vote », estime Nizarr Bourchada, un ancien membre du parti qui a claqué la porte après avoir mené la liste de l’UDMF aux élections régionales de 2015 en Ile-de-France.

L’UDMF ne fait pas campagne. Ils sont quelques-uns à faire de la politique derrière une page Facebook et tout le monde tombe dans leur piège ! Nizarr Bourchada à franceinfo

Selon cet ancien membre de l’UDI, actuellement conseiller municipal à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), la démarche de Nagib Azergui tiendrait davantage de l’opportunisme électoral que d’un véritable dessein politique. « Il n’a rien de religieux. Si ça se trouve, il n’a peut-être jamais mis les pieds dans une mosquée, poursuit-il. Tout ce qu’il cherche, c’est créer du buzz autour du mot musulman ! »

« L’interdiction est toujours un aveu d’échec »

Dans les villes où l’UDMF a connu une petite percée aux élections européennes, aucun des élus interrogés par franceinfo ne plaide pour une interdiction de ce type de listes. « L’interdiction est toujours un aveu d’échec », soutient Raphaël Cognet à Mantes-la-Jolie, « pas inquiet » de l’existence de ce parti.

Ceux qui croient pouvoir capter un électorat sur une base religieuse se trompent, car le vote musulman n’existe pas ! Certains votent à gauche (la majotité le blog) , d’autres à droite, certains même à l’extrême droite… Raphaël Cognet à franceinfo

Avant d’espérer rencontrer un succès dans les urnes, l’UDMF devra de toute façon passer un premier test : celui de recruter un nombre suffisant de candidat pour pouvoir constituer des listes, soit une trentaine dans une ville de moins de 20 000 habitants, près de 70 dans une ville de plus de 300 000 habitants et plus de 500 pour le Conseil de Paris et les conseils d’arrondis-sement. Une « mission impossible » selon Nizarr Bourchada, qui se livre au jeu des pronostics : « Nagib Azergui annonce 50 listes aux municipales, mais il n’arrivera pas à en présenter une seule ! »

Ilan Caro  28/10/2019

https://www.francetvinfo.fr/

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Critiques à l’égard du quinquennat (notamment à cause de la personnalité de Manuel Valls), les musulmans demeurent quand même très fidèles à la gauche, sauvant même l’honneur de Benoît Hamon qui récolte 17 % de leurs suffrages. Mais leur chouchou a été sans conteste Jean-Luc Mélenchon qui réalise un score de 37 %. Macron, lui, totalise 24 % des voix. François Fillon est à la traîne avec seulement 10 % des suffrages. Marine Le Pen obtient 5%.

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30 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

attentat (npa ucl)

gauche arabe

Attentat islamophobe à Bayonne :

Un criminel, des responsables

Un homme de 84 ans a tenté d’incendier la mosquée de Bayonne et tiré sur les deux hommes qui essaient de l’en empêcher, les blessant grièvement. Une « attaque odieuse » (Macron), des « faits […] qui émeuvent et indignent » (Castaner)…

Les périphrases gouvernementales se multiplient pour ne pas prononcer le mot qui qualifie ce qui a été commis : attentat. Et aussi pour se dégager immédiatement de toute forme de responsabilité.

Alors bien sûr il y a le criminel, un ex-militaire, ex-candidat du FN et pas du temps du père Le Pen, mais en 2015, dégagé car trop sulfureux mais toujours raciste et violent. Et les témoigna-ges affluent pour le décrire comme menaçant et susceptible de passer à l’acte. Mais ce n’est pas dans n’importe quelles circonstances qu’il a commis son crime. Et c’est bien pour cela qu’on peut parler d’un attentat qui vise à terroriser les musulmanes et les musulmans.

« Un acte inqualifiable absolument contraire à toutes les valeurs portées par notre mouvement » a twitté Marine Le Pen. Bien sûr, celle qui est candidate dans le cadre des institutions n’appelle pas au crime islamophobe. Mais les discours et les actes du RN et de ses représentants s’inscrivent dans une dynamique d’agressions de plus en plus violentes contre celles et ceux qui sont, en tant que musulmanEs, systématiquement suspectés de menace terroriste. Et le RN radicalise d’autant plus son discours que celui-ci pèse sur l’ensemble du débat public.

« Dans certains endroits de notre République, il y a un séparatisme qui s’est installé », déclarait Macron quelques heures avant l’attentat, tandis que Castaner disait « attendre du CFCM un changement de rythme pour qu’il combatte, aux côtés de l’État, le communautarisme et l’islamisme ». Dans la continuité des déclarations au langage martial, voire guerrier, employé par les ministres et les dirigeants de LREM et LR dans une course à l’échalote derrière le RN…

Tous ceux qui entretiennent et développent ce climat islamophobe, qui n’est pas limité au cadre franco-français, lorsqu’un Trump se délecte d’affirmer que le chef de Daesh « est mort comme un chien », sont bien responsables des passages à l’acte criminel des racistes radicalisés.

C’est pour cela que le NPA continuera de dénoncer les dangers de ces discours et qu’il participe aujourd’hui à la construction d’une mobilisation unitaire et massive contre l’islamophobie.

Cathy Billard Mardi 29 octobre 2019

https://npa2009.org/

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