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31 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

curés rouges (alternative libertaire)

spartacus

Claude Guillon : « Les Enragés ont fait la révolution, mais ils ont été faits par elle »

Jacques Roux, surnommé «  le curé rouge  », fait partie de ces anonymes qui ont fait la Révo-lution française et qui ont été victimes de la Terreur. Peu connu, on retient souvent de lui cette phrase, qu’il prononça face à la Convention nationale (l’assemblée législative de la 1ère République)  : «  La liberté n’est qu’un vain fantôme, quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément.  » La biographie que lui a consacré Walter Markov, historien allemand, est enfin traduite et publiée par les éditions Libertalia, 50 ans après sa première publication, après un gros travail d’actualisation mené notamment par Claude Guillon.

Bien que prêtre, Jacques Roux a participé aux événements révolutionnaires dans le courant des « Enragés », considérés comme précurseurs du communisme par Marx. Comment peut-on expliquer ce parcours singulier, d’un ordre privilégié aux révolutionnaires les plus radicaux ?

Claude Guillon  : Roux fait partie du bas clergé, où l’on s’engage quand on vient d’une famille pauvre, pour acquérir un peu d’instruction et un «  état  », un métier. Beaucoup de «  petits  » curés ont joué un rôle dans la Révolution, à commencer par ceux qui représentaient leur ordre aux états généraux, en ralliant le tiers état, et d’autres dans les sociétés populaires, dont ils ont souvent été, au début, les secrétaires.

Obscur enseignant dans un établissement de province, exilé dans la capitale pour échapper aux conséquences d’une histoire confuse, c’est typiquement le genre de personnage dont l’histoire n’aurait pas retenu le nom… si la Révolution ne lui avait ouvert, comme à la choco- latière Pauline Léon ou à l’employé de la poste aux lettres Jean-François Varlet, des horizons nouveaux. Ces gens ont fait la révolution, mais ils ont été faits par elle.

En juin 1793, Jacques Roux prononça un discours célèbre, passé à la postérité sous le nom de « manifeste des Enragés ».

Jacques Roux est le plus âgé de ces militants et militantes, que l’on appellera plus tard les «Enragés». Il a 37 ans en 1789. Devenu curé des Gravilliers, au centre du Paris populaire, il connaît les artisans et les ouvriers, qu’il marie, baptise et enterre. Il connaît aussi le prix des denrées de première nécessité et de la journée de travail, et la misère du peuple. Il est convaincu de l’utilité des femmes dans le processus révolutionnaire, notamment de la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires, que Pauline Léon et l’actrice Claire Lacombe vont rallier aux Enragés, en en chassant les Jacobines plus modérées.

Même s’il est impossible de deviner ses sentiments d’avant la Révolution, il est possible que Roux ait fait partie des curés qui considéraient leur rôle d’un point de vue davantage social que religieux, sans foi et encore moins fanatisme particulier. Souvenons-nous cependant qu’à l’époque la religion imprègne toute la société et que le monarque absolu est censé tenir sa légitimité directement de « Dieu »  !

La constitution civile du clergé (1790) sépare à peu près le clergé français en deux moitiés. La radicalisation du mouvement populaire, l’opposition des curés «  réfractaires  » (au serment que l’on exige d’eux), puis le mouvement anticlérical, dit « déchristianisateur », vont rendre la position d’un Jacques Roux très difficile. Il a bien sûr pris le parti de la révolution, mais il est commode, pour Robespierre par exemple, de l’attaquer comme prêtre. Roux s’en plaint et dénonce les curés comme des charlatans. Il a annoncé son intention d’épouser une « bonne républicaine », peut-être la femme avec laquelle il cohabitait, mais il n’en a pas eu le temps.

Comment définir les Enragés et que peuvent-ils nous apporter aujourd’hui ?

Claude Guillon  : Je dois dire d’abord que l’étude de la Révolution française me paraît utile et rafraîchissante, dans la mesure où la majorité des gens du peuple qui la font sont presque sans bagage intellectuel (même quand ils et elles savent lire et écrire) et, par la force des choses, dépourvus de tout le savoir révolutionnaire qui remplit aujourd’hui nos bibliothèques. Or, non seulement ils mettent à bas un système monarchique pluriséculaire, mais ils inventent immédiatement de nouvelles manières de prendre des décisions, de faire de la politique, le tout sans électricité, sans antibiotiques et sans machines à laver…

Le qualificatif «  Enragés  » a été attribué a posteriori à des militantes et militants dont les revendications se rejoignent, à la gauche des Jacobins et de la Montagne. Ils agissent surtout à Paris, mais aussi à Lyon, avec Chalier (Leclerc y a vécu) et à Orléans (Taboureau de Montigny). Ils et elles veulent pousser la Révolution vers ses conséquences logiques en matière d’égalité des conditions, de démocratie directe (mandat impératif et révocabilité des élus), et de participation des femmes à la vie sociale.

Ils et elles ne constituent pas un parti, avec des adhérents, même si les Républicaines sont une société de 300 femmes, qui peuvent en mobiliser beaucoup d’autres et que les Jacques-routins se réunissent aux Gravilliers. Mais ils sont clairement identifiés par Robespierre comme un courant cohérent, dont il va obtenir en une quinzaine de jours la mise hors circuit, faisant chasser Roux, Leclerc et Varlet du club des Cordeliers et faisant fermer la Société des répu-blicaines, prélude et prétexte à l’interdiction de tous les clubs de femmes. Arrêté et persuadé, à juste titre, qu’il sera condamné à la guillotine, Roux se suicide en prison le 10 février 1794.

Pourquoi traduire cette biographie, déjà vieille de 50 ans, d’un auteur est-allemand ?

Claude Guillon  : À partir du début du 20è siècle, les premiers historiens qui s’intéressent assez aux Enragés pour produire des monographies sur les uns et les autres sont soviétiques: ils passeront par les camps staliniens. En France, Albert Mathiez (qui n’aime pas Roux), Daniel Guérin et Albert Soboul leur accordent une bonne place dans leurs analyses, mais seul Mau-rice Dommanget publie un livre sur Jacques Roux (et Pierre Dolivier, un autre curé radical), et Marie Cerati sur les Républicaines révolutionnaires.

Walter Markov, historien, universitaire d’Allemagne de l’Est a travaillé dix ans sur Jacques Roux et les Enragés. Il a publié quatre li­vres en RDA, dont un gros volume en français regroupant tous les écrits (discours, brochures et journal) de Roux, que nous avons tenu à reproduire sur un CD-Rom qui accompagne le livre. Le lecteur et la lectrice peuvent donc suivre le récit en se reportant aux documents. Markov a aussi traduit des textes en allemand et publié de nombreux articles (nous en reprenons plusieurs).

Markov écrit un allemand difficile, qui a donné du fil à retordre à notre équipe éditoriale: la traductrice Stéphanie Roza d’abord, Jean-Numa Ducange et moi. Par ailleurs, même s’il a été connu des historiens français de la Révolution, et aidé par eux (Soboul, en particulier) pour faire ses recherches en France, son «  héros  » et principal sujet d’étude posait problème  : on craignait en France qu’il ne fasse de l’ombre à Robespierre! Le fait que ce projet de traduction puisse aboutir aujourd’hui est donc d’abord la réparation d’une injustice politique et histo- rienne, à l’égard du «  curé rouge  » Jacques Roux mais aussi à l’égard de son biographe et meilleur connaisseur au monde. Le fait que ce livre paraisse chez Libertalia, un éditeur libertaire, en coédition avec la Société des études robespierristes et à son initiative, est un signe de plus que les lignes ont bougé depuis la chute du mur de Berlin.

Outre la mise en forme du texte, pour le rendre accessible en français, nous avons fait un travail de vérification et d’actualisation des références et de la bibliographie et ajouté un appareil critique, inexistant dans le volume original.

Reste-t-il des choses à découvrir et à faire connaître chez les Enragés  ?

Claude Guillon : J’en suis persuadé ! J’avais publié en 1993 une biographie de Leclerc et Léon (Deux Enragés de la Révolution, La Digitale), complétée depuis par un article sur Pauline Léon dans les Annales historiques de la Révolution française (2005). Dans la deuxième et récente édition de Notre patience est à bout (IMHO, 2016), un recueil de textes des Enragés, j’ai ajouté un texte et une bio-bibliographie de Taboureau de Montigny, qui ne nous est guère plus familier que lorsque Mathiez le surnommait «  l’enragé inconnu  ». Je pense que Varlet, auteur de la fameuse formule «  Pour tout être qui raisonne, gouvernement et révolution sont incompatibles  », mériterait un recueil de ses textes. Quant à la société des Républicaines révolutionnaires, je vais avoir l’occasion d’y revenir puisque je prépare un livre sur les clubs de femmes pendant la Révolution. L’édition française du livre de Markov sur Jacques Roux remet le public francophone au niveau de connaissance du public allemand. J’espère que cette édition suscitera d’autres traductions, et l’ensemble de ces travaux de nouvelles recherches. Et puisque nous parlons d’édition et que Libertalia a republié Bourgeois et bras-nus de Daniel Guérin (dont j’ai rédigé la préface), je souhaite que nous puissions rééditer un jour, sous une forme plus accessible, son gros ouvrage en deux volumes La lutte de classes sous la Première République. Bref  ! historiens et éditoriaux, les chantiers ne manquent pas  !

Propos recueillis par Renaud (AL Alsace)

28 décembre 2017

http://alternativelibertaire.org/

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14 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

teodora salvador (jdd)

feminsite

Salvador : 30 ans de prison pour une fausse couche. Lors d’un premier procès en 2008, Teodora Vasquez, aujourd’hui âgée de 34 ans, avait écopé de la même peine.

Un tribunal du Salvador a confirmé mercredi la condamnation à 30 ans de prison de Teodora Vasquez, victime d’une fausse couche pour laquelle elle a été jugée coupable d’homicide. Dans ce pays, la législation anti-avortement est parmi les plus strictes au monde.

Peine confirmée. Lors d’un premier procès en 2008, Teodora Vasquez, aujourd’hui âgée de 34 ans, avait écopé de la même peine. « Le tribunal a estimé que la (première) condamnation devait être confirmée », a déclaré l’un des juges, qui avait déjà siégé en 2008. Avant le verdict, l’avocat de la défense, Victor Hugo Mata, avait demandé à la cour de « corriger son erreur en la libérant », plaidant que sa cliente n’a commis « aucune faute ». Le tribunal pouvait décider d’an- nuler sa condamnation, ordonner un nouveau procès ou confirmer sa peine de 30 ans de réclusion.

L »accusée avait « caché » sa grossesse. Teodora Vasquez s’est bornée mercredi à rappeler aux trois juges ce qui lui est arrivé le jour où elle a perdu sa fille. La représentante du parquet, qui a requis la confirmation de la peine, a estimé que l’accusée avait « caché » sa grossesse et « qu’elle ne voulait pas d’un bébé ». A l’issue du verdict, la présidente du Centre des droits en matière de procréation, Nancy Northup, a qualifié ce jugement de « gifle », estimant que « l’accusée n’a commis aucun crime ».

Teodora Vasquez était enceinte de près de neuf mois quand elle avait appelé les urgences le 14 juillet 2007, depuis les toilettes du collège de San Salvador où elle était employée. N’obte- nant pas de réponse des urgences, elle avait été victime d’une grave hémorragie et son bébé était mort-né. En découvrant le cadavre de ce dernier, un autre employé du collège avait prévenu la police et la jeune femme, encore inconsciente, avait été arrêtée.

Le code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d’avortement, mais dans les faits, les juges salvadoriens considèrent l’avortement ou la perte du bébé comme un « homicide aggravé », un délit puni de 30 à 50 ans de réclusion.

Par Rédaction Europe1.fr 14 décembre 2017

http://www.europe1.fr/

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09 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

unités laïcité (le huff’ + franceinfo + huff’)

nonon laic

S’il faut porter une barbe laïque, on a skif!

Jean-Michel Blanquer annonce la création d’ »unités laïcité » dans les académies. Pour le ministre de l’Éducation nationale, il s’agit de répondre au sentiment de « solitude » éprouvé par certains professeurs.

Des « unités laïcité » seront créées dans toutes les académies françaises, dont la première samedi en banlieue parisienne, pour pouvoir « intervenir sur le terrain » en cas d’atteinte à cette valeur, a annoncé vendredi 8 décembre le ministre de l’Education nationale.

Jean-Michel Blanquer a fait cette annonce, qui laisse sceptiques certains syndicats d’ensei- gnants, à la sortie du conseil des ministres, à la veille du 112e anniversaire du vote de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, « une des lois les plus importantes dans l’histoire de la République » selon lui.

« Il est extrêmement important de continuer à faire vivre cet esprit de laïcité », or « il arrive qu’en cours certaines convictions conduisent à une volonté de prosélytisme ou la contestation des règles communes », a-t-il souligné, notant que face à ces situations, les professeurs peuvent éprouver un sentiment de « solitude ».

« Définir les règles du jeu de la laïcité »

Le gouvernement a donc décidé la création, au cœur du ministère de l’Education, d’une « unité laïcité ». « Un comité des sages », dont la constitution sera annoncée prochainement, qui « aura une vision sur les problèmes » observés en France et « permettra de définir les règles du jeu de la laïcité » Cette unité « pourra intervenir à l’appui des différentes institutions sur le terrain pour les aider à défendre la laïcité dans les « situations » où elle est contestée.

« Nous aurons l’équivalent de cette unité laïcité à l’échelle de chaque académie de France », a précisé le ministre, indiquant qu’il installerait samedi la première d’entre elle dans l’académie de Créteil (Val-de-Marne), au sud-est de Paris.

Elles seront constituées d’équipes pluridisciplinaires (juristes, psychologues, pédagogues…). « Le but c’est de pouvoir instaurer un dialogue avec les familles quand c’est nécessaire, d’avoir une expertise sur chaque situation, une vision homogène sur chacun des cas », a poursuivi le ministre.

Jusqu’ici, il existait un référent laïcité dans chaque académie et un poste de chargé de mission au ministère.

« C’est plutôt de l’ordre du symbolique », a réagi Jean-Rémi Girard, vice-président du Snalc, syndicat d’enseignants minoritaire interrogé par l’AFP, estimant que « depuis la loi de 2004 (loi sur le port des signes religieux), les problèmes ont beaucoup baissé car ça a cadré les cho- ses ». Pour Liliana Moyano, présidente de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, « tout ce qui permet de renforcer le maillage des interlocuteurs pour ne pas laisser la commu- nauté éducative livrée à elle-même va dans le bon sens ».

De son côté, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, ne voit « pas bien l’intérêt d’ajouter un dispositif au dispositif existant ».

09/12/2017

http://www.huffingtonpost.fr

Lire aussi:

Hommage à Johnny : Mélenchon déplore la présence de Macron à la cérémonie religieuse (FranceInfo)

Hommage à Johnny Hallyday: le geste pas vraiment laïc de Valérie Pécresse (Le Huff’)

Commentaire: La laïcité devient une religion avec ses gardiens! Et les ennemis de la laïcité, on n’en parle jamais! Ce ne sont ni les catholiques, ni les protestants, ni les israëlites, ni les bouddhistes… mais qui alors?

 

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04 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

islamo-gauchisme (anti-k)

marxisme

Lénine, un précurseur de l’« islamo-gauchisme » ?

Voici un livre que devraient lire tous ceux qui, à longueur de colonnes, dénoncent « l’islamo-gauchisme » et chargent ses adeptes d’avoir troqué leur foi en la classe ouvrière contre une adoration des musulmans, nouveaux damnés de la terre.
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Un peu plus, tous ces éditorialistes, qui n’ont pourtant aucune sympathie, c’est le moins qu’on puisse dire, pour le communisme, accuseraient leurs adversaires d’avoir trahi les idéaux d’Octobre 1917 et de la révolution prolétarienne mondiale.
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Et si, au contraire, Lénine était le premier révolutionnaire européen à avoir pris la dimension de l’ère de l’impérialisme et de la nécessaire alliance entre le prolétariat européen et les peuples de ce que l’on ne nommait pas encore le tiers-monde, en premier lieu les peuples musulmans ? 
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A avoir rompu avec le dogmatisme de la 2ème Internationale qui ne voyait dans l’Orient que des pays archaïques, des peuples arriérés, des coutumes barbares.  Dans un ouvrage[1] bien documenté, dense et clair, Mathieu Renault, tout en récusant l’idée, anachronique, d’un Lénine décolonial: « il n’y a chez lui, note-t-il, aucune trace d’un quelconque désir de rupture-déconnexion avec l’Occident »;  montre la place majeure qu’occupe chez le dirigeant bolchevik la question de l’articulation entre la lutte du prolétariat européen et celle des peuples opprimés, en premier lieu musulmans. de la nécessité vitale de leur alliance contre l’impérialisme.
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Dès le lendemain de la révolution d’Octobre, Lénine lance un appel 
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Musulmans de Russie, Tatars de la Volga, Kirghizes et Sartes de Sibérie et du Turkestan, Trucs et Tatars de Transcaucasie, Tchétchènes et montagnards du Caucase ! Vous tous dont les mosquées et les maisons de prière ont été détruites, dont les croyances et les coutumes ont été piétinées par les tsars et les oppresseurs de Russie !
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Désormais, vos croyances et vos coutumes, vos institutions nationales et culturelles sont libres et inviolables ! » Et le texte se poursuit en exhortant les Perses et les Turcs, les Arabes et les Indiens à s’unir au gouvernement révolutionnaire bolchevik. Et, « dans un geste de haute portée symbolique, selon Matthieu Renault, (Lénine) ordonne la restitution à Tachkent du Coran d’Othman, l’une des plus anciennes copies du livre sacré », dont les Russes s’étaient emparés lors de la conquête du Turkestan et qui était conservé à Saint-Pétersbourg.
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Cet appel et ce geste rendent compte de la longue évolution de la pensée de Lénine, entamée depuis la révolution de 1905 et qui l’amène d’abord à disséquer le caractère colonisateur de la présence russe aux marges de l’empire, de l’Asie centrale au Caucase, colonisation qu’il rapproche de celle menée par la France en Algérie.
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Il va aussi, notamment après l’éclatement de la première guerre mondiale, approfondir sa réflexion sur l’impérialisme, son développement inégal et conclure que la révolution n’est pas seulement à l’ordre du jour en Europe, mais également dans le monde colonisé.
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Au premier congrès de Bakou des peuples d’Orient, convoqué en 1920 par les bol- cheviks, au mot d’ordre « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » est substitué celui de « Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés unissez-vous ! », tout un symbole. Et la place que Lénine assigne à ces peuples n’est en rien mineure, ni subalterne : Nous savons, écrit-il en substance, que les masses populaires d’Orient interviendront comme « une force révolutionnaire indépendante », comme des sujets politiques à part entière. Et, pour cela, il ne faut pas refuser l’adaptation de la théorie communiste, comme lui-même l’avait fait en étudiant le développement du capitalisme en Russie. Il faut égyptianiser le marxisme expliqueront les communistes égyptiens dans les années 1940.
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Pour Lénine la Russie soviétique doit devenir le fer de lance de l’anti-impérialisme, d’où l’importance de rompre avec le passé « tsaristo-impérialiste ». Or, et Lénine en prendra conscience très tôt, les dirigeants bolchevik eux-mêmes ne sont pas exempts d’un comportement de supériorité grand-russe à l’égard des peuples autochtones. Il tente donc, comme le note Matthieu Renault, « une stratégie de contrôle du centre sur “ses” périphéries orientales » visant « à limiter l’appétit de pouvoir des organisations communistes (russes) locales, trop promptes à endosser les vieux habits du colonialisme et à priver les masses indigènes de tout possibilité de décider de leurs destinées ».
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L’auteur déroule les épisodes de ce combat, depuis la création de la république du Bachkor- tostan jusqu’aux conflits autour de la création d’un Turkestan indépendant, des débats internes aux bolcheviks, dont Lénine ne sort pas toujours victorieux. Et qui doivent être replongés « dans l’histoire des péripéties, quasi-quotidiennes, de l’expansion du processus révolutionnaire en Russie musulmane », mais aussi dans l’histoire concrète des premières années de la révolution marquée par la guerre civile, le délitement de l’Etat, les interventions étrangères.
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Que Lénine y ait consacré tant de temps et d’énergie, en dit toutefois long sur l’importance qu’il leur accordait. Le livre de Matthieu Renault nous permet de mesurer pourquoi et « d’interroger la portée décoloniale » de la révolution soviétique. Et si les islamo-gauchistes n’étaient, en fin de compte, que les petits-filles et petites fils de Lénine ?
Voici un compte rendu de livre que j’ai écrit pour Politis et qui est paru aujourd’hui
amitiés Alain Gresh Directeur du journal en ligne OrientXXI.info
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http://orientxxi.info

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[1] Matthieu Renault, L’empire de la révolution. Lénine et les musulmans de Russie, Syllepse, Paris, 2017.
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01 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

islam (joseph daher)

crois

Après les attentats de Barcelone, la même question: «l’Islam est-il responsable des attentats terroristes»?

Chercher les réponses ailleurs que dans le Coran ou la Bible!

Après chaque attentat, qui sont des actes à condamner avec des conséquences tragiques, les médias et politiques concentrent les discussions sur la religion islamique pour tenter d’expli- quer les crimes et violences par les assassins de l’Etat Islamique (EI), cette fois à Barcelone.

Le débat se fait dès lors sur quelle interprétation ou tradition, réformiste ou réaction- naire, du Coran avons nous pour tenter d’expliquer les violences commises au nom de la religion.

La Télévision Suisse Romande a par exemple invité le lundi 21 aout Noureddine Ferjani, imam de la Mosquée de Genève, pour commenter les attentats de Barcelone, savoir si il dispose de moyen de combattre l’extrémisme, comment les auteurs des attentats justifient cela en terme de religion, etc… Le problème de toutes ces discussions, c’est qu’elles axent l’explication et les sources de toutes violences commises au nom de l’Islam (y compris par l’EI) dans la religion islamique et plus précisément le Coran.

Selon moi, les explications qui veulent trouver dans le Coran et dans la religion islamique les raisons des phénomènes tel que les attentats de Barcelone, des actes des combattants de l’EI et autres organisations djihadistes font fausse route, et ne permettent pas d’y voir clair, mais surtout elles renforcent très souvent les amalgames racistes et islamophobes tout en voulant octroyer une nature intrinsèquement violente à l’Islam et plus généralement aux populations musulmanes.

Les phénomènes tel que l’EI et / ou les attentats de Barcelone doivent être analysés dans leurs contextes politiques sociaux et économiques actuels de notre monde, et non dans le Coran.

Prenons par exemple l’EI : ce dernier est le résultat principalement de l’impérialisme occidental, des interventions des différents régimes autoritaires de la région du Moyen Orient en Irak (Iran, Qatar, Arabie Saoudite, etc…), et du régime autoritaire et confessionnel actuel de l’Irak hérité de l’invasion de 2003, sans oublier dans le passé du régime de Saddam Hussein et ses politiques. L’écrasement des mouvements populaires débutés à la fin de l’année 2010 et début de l’année 2011 par des régimes autoritaires a permis à l’EI une deuxième phase d’expansion. [1]

De même, certains tentent d’expliquer les tensions religieuses actuelles entre Chiites et Sunnites au Moyen-Orient dans le Coran ou comme une conséquence du conflit qui est apparu à la mort du prophète et sur sa succession il y a 1400 ans. Cela nie le contexte politique et social actuel hérité de l’invasion américaine et britannique en 2003 et du rôle de ces deux derniers dans la destruction du tissu social irakien et qui ont privilégié l’arrivée au pouvoir de forces politiques confessionnels et réactionnaires. Même si l’EI et autres djihadistes se réclament de l’Islam, la religion n’explique pas leurs comportements et leurs agissements. Ces groupes ou personnes ont des raisons qui s’inscrivent dans l’époque actuelle et non il y a 1400 ans.

Analyse t-on l’invasion américaine de l’Iraq par les paroles et les croyances religi- euses de Bush (qui avait déclaré avoir entendu en rêve Dieu lui dire qu’il avait une mission et qu’il fallait envahir l’Iraq) ou bien selon des motivations impérialistes (politiques et économiques) ?

Allons-nous trouver les raisons de l’invasion américaine dans la Bible ? Allons-nous analyser l’invasion américaine sur la base du comportement des chrétiens il y a 2000 ans ? De même, lors de la tuerie perpétrée en Norvège le 22 juillet 2011 par Anders Breivik, qui affirmait agir pour préserver la chrétienté face au multiculturalisme, a-t-on cherché les raisons de son acte dans le christianisme ou la Bible ?

De manière similaire, récemment une jeune syndicaliste membre des IWW (Industrial Workers of the World), Heather Heyer, a été tuée et une douzaine des manifestant.e.s ont été blessé.e.s par une voiture folle conduite par un militant fasciste. A aucun moment a t’on cherché à savoir la religion de l’assassin ou si elle expliquait son geste ? D’ailleurs on remar- quera qu’il est plus facile pour la majorité des médias mainstream de qualifier de terrorisme, même “terrorisme islamiste”, les actes d’un djihadiste de l’EI, mais pas ceux de groupes et individus fascistes s’attaquant à des minorités religieuses ou manifestant-es de gauche.

Par exemple, les médias au début dans leur grande majorité ont décrit les évène- ments à Charlottesville dernièrement comme une “manifestation d’extrême droite qui a dégénéré”. C’est seulement après la désignation de “terrorisme intérieur” par le ministre de la Justice des Etats Unis, Jeff Sessions, que la rhétorique a changé. L’écrivain arabe, Aziz Al- Azmeh, affirmait que « la compréhension des phénomènes politiques islamiques nécessite l’équipement normal des sciences sociales et humaines, et non leur déni ». Ne pas s’atteler à cette tâche, c’est nous mener vers une essentialisation de « l’Autre », en l’occurrence aujourd’hui « des musulmans ».

Toute religion n’existe en effet pas indépendamment des personnes, de la même manière que Dieu n’existe pas en dehors du domaine de l’action intellectuelle de l’homme. Bien au contraire la religion, comme le pouvoir surnaturel de Dieu, sont une expression mystique populaire des contradictions et des réalités matérielles dont les gens vivent. C’est pourquoi il faut tenter de trouver et d’expliquer les raisons de ces crimes, sans vouloir les excuser ou les justifier, perpétrés par ces groupes ou personnes et comprendre les motivations qui les ont poussé ou les poussent à agir dans ce sens.

Ces raisons ne se trouvent pas en lisant le Coran ou la Bible, mais bien d’abord dans le contexte politique et socio-économique dans lequel se trouvent ces groupes et personnes et aussi dans les dynamiques politiques sur la scène internationale. De la même manière, les « islamologues » qui tentent de définir les sources du terrorisme de l’EI ou autres organisations djihadistes dans un seul fait social limitent la compréhension de ces phénomènes.

Les crimes et le parcours des djihadistes sont à bien des égards et très souvent un reflet des contradictions des politiques internes et externes des pays dans lequel ils ont grandi, tout en prenant compte le climat politique régional et international. Les motivations et le parcours de vie d’un djihadiste français ne sont en effet pas les mêmes que celles d’un syrien ou irakien. Leurs réalités sont complètement différentes. Il est nécessaire d’analyser et de comprendre la complexité et la multitude des raisons des trajectoires et actes des militant-es djihadistes de manière matérialiste.

Le révolutionnaire russe Vladimir Lenine par exemple dans le texte « L’attitude du Parti des travailleurs à la religion » de mai 1909 écrit qu’en tant que marxistes, « devons expliquer la source de la foi et de la religion des masses d’une façon matérialiste ». Il poursui- vait en affirmant que si l’on ne s’attelait pas à cette tâche, nous n’aurions pas une vision différente des classes bourgeoises, qui accusent les masses d’ignorance pour expliquer le phénomène de la croyance religieuse. Le fondamentalisme religieux n’est en fait que l’expression de cette frustration et non sa source.

Il faut comprendre les fondamentalismes religieux, quel qu’ils soient, comme des facteurs et raisons modernes et qui trouvent leurs sources dans des phénomènes actuels et non du passé, même si leur propagande fait référence à un passé mystifié. La barbarie des assassins de Barcelone et des groupes comme l’EI se nourrit en premier lieu des contra-dictions et les différentes formes d’oppressions de leurs sociétés, mais aussi de la barbarie des Etats occidentaux capitalistes et impérialistes qui ont commis beaucoup plus de victimes que les organisations djihadistes.

D’ailleurs, aucune égalité au niveau absolu ne peut égaler la barbarie des Etats occidentaux dans le nombre de victimes qu’ils ont causé à travers le monde.

Ce sont des Etats occidentaux qui ont mené des interventions militaires destructives ces dernières décennies par exemple comme en Iraq en 2003, intervention qui a suivi l’embargo meurtrier contre le peuple irakien pendant plus de 10 ans. Ce sont des Etats occidentaux qui apportent leur soutien sans faille aux dictatures sanglantes au Moyen-Orient, sans oublier un soutien total à l’Etat colonial et d’Apartheid d’Israël qui opprime depuis plus de 60 ans le peuple palestinien. Que dire des politiques néo-libérales imposées par les Etats occidentaux et les institutions monétaires internationales qui on causé l’appauvrissement de sociétés entières, des déplacements de populations, des famines, etc…

Nous devons mener une opposition sans merci aux politiques impérialistes des Etats occidentaux qui assassinent et appauvrissent les peuples de nombreuses régions du monde. Nous devons également opposer toutes les formes d’impérialismes internationales et d’impéria- lisme régionales qui ont tous pour objectifs d’écraser d’autres peuples pour les intérêts politiques de leurs classes dirigeantes. Pour rappel les assassins de Charlie Hebdo avaient dans leurs interviews, vidéos et autres parlé de la souffrance du peuple syrien, irakien, de l’intervention française au Mali des offenses faites aux populations musulmanes en France et dans le monde, etc…

Les bombardements de la coalition internationale contre l’EI sous la direction des Etats-Unis et avec la participation de plusieurs pays occidentaux en Irak et en Syrie on causé la mort de nombreux civils, plusieurs milliers depuis son déclenchement en septembre 2014.

Le mépris pour les victimes civiles et autres dommages causés dans cette « guerre contre le terrorisme » est patent et nourrit le discours des organisations fondamentalistes religieuses tel que l’EI ou al-Qa’ida. En plus son efficacité pour mettre fin aux actions de l’EI au niveau inter- national est à questionner fortement. Bien que l’Etat islamique a perdu de nombreux combat- tants et des large pans de territoires en Irak et en Syrie, l’organisation djihadiste est restée l’organisation la plus meurtrière du monde en 2016, selon un rapport de l’Université du Maryland. Les militant-es de l’État islamique ont mené plus de 1 400 attaques l’année dernière et ont tué plus de 7,000 personnes, soit une augmentation d’environ 20% par rapport à 2015, selon le même rapport.

Encore une fois, sans s’attaquer aux sources, mentionnées plus haut dans le texte, de l’avènement de groupes tel que l’EI, on ne mettra pas fin à ses actes meurtriers uniquement par des solutions militaires et sécuritaires. Cela dit, ce n’est pas pour cette raison qu’il ne faut pas également analyser le discours et pratiques d’organisations tel que l’EI pour tenter de les combattre, mais dans les pays occidentaux il nous faut surtout mettre fin aux raisons qui permettent à ce genre d’organisations de recruter des nouveaux soutiens.

Aucune illusion ne doit exister sur les mouvements islamiques réactionnaires et djihadistes, qui dans le passé (entre les années 50 et début des années 1980) ont reçu le soutien des Etats occidentaux et des dictatures de la région du Moyen-Orient pour affaiblir les mouvements progressistes et nationalistes de la région. Sans oublier le soutien des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite et Pakistan aux organisations djihadistes en Afghanistan durant les années 1980. L’échec politique et économique des régimes du nationalisme arabe et leurs évolutions vers des dictatures patrimoniales ou néo-patrimoniales ont également renforcé les mouvements fondamentalistes islamiques.

Les mouvements djihadistes ont connu une nouvelle expansion suite à la répression des mouvements populaires du Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis 2010- 2011 et ont pu capter les frustrations de certaines tranches des classes populaires, mais ils ne représentent en aucun cas une alternative progressiste ou anti impérialiste, bien au contraire, ce sont des organisations ultra-réactionnaires, anti-démocratiques et anti sociales, certaines comme l’EI sont sans aucun doute des entités totalitaires et meurtrières. Leurs comportements et attaques sur les forces démocratiques et progressistes durant les processus révolution-naires témoignent de cette réalité. Ils sont dans une optique de guerre de civilisation et d’imposition autoritaire de leur hégémonie culturelle et religieuse contre une autre et non une perspective d’émancipation et de libération des classes populaires.

En conclusion et en plus de s’opposer aux politiques impérialistes des Etats occiden- taux, la tâche de la gauche où qu’elle soit est de reconstruire un mouvement progressiste et démocratique large, qui permet l’unité et l’indépendance des classes populaires et travailleu- ses sans distinction ethnique, communautaires et autres qui est la seule voie pour la libération et l’émancipation des classes populaires. Les différences (de genre, “race”, et autres) qui existent aux sein de la classe populaire ne doivent néanmoins pas être nié, mais au contraire incluses et reconnues.

Cela signifie qu’il ne pas faut simplement avoir une approche « économiste », pensant que les luttes ouvrières seront suffisantes pour unir les classes populaires. La gauche radicale doit être bien sûr à la tête de la lutte contre les politiques d’austérité et néolibérales, mais la gauche radicale doit être également le champion de la défense des droits démocratiques dans leur ensemble que ce soit dans la liberté d’expression ou la lutte contre toutes les formes de discriminations comme le racisme, le sexisme, l’orientation sexuelle, etc…

Dans ce cadre, l’islamophobie, comme les autres formes du racisme, très présent dans de nombreux pays européens doit être combattu de manière radicale. L’islamo- phobie n’est pas seulement un instrument des classes dirigeantes racistes pour diviser les classes populaires et les détourner des questions socio-économiques (chômage, élévation de l’âge de la retraite, effectifs et éducation à l’école, etc…), mais entraîne des violences et politiques oppressives envers les populations musulmanes désignées comme responsable principal des problèmes survenant dans nos sociétés.

Pour construire un mouvement progressiste, nous devons comprendre comment, dans les dynamiques capitalistes de notre monde globalisé, les questions de genre, de discrimination basée sur la religion et/ou sur la « race » influencent à la fois la structure et les dynamiques de nos sociétés et de nos lieux de travail et les processus de développement de la conscience. Il s’agit de comprendre comment ces éléments interviennent ensemble dans la production et les relations de pouvoir capitalistes, qui se traduisent par une réalité complexe.

Les discriminations basées sur la race, le genre, l’orientation sexuelle, les oppressions culturelles et idéologiques ne doivent pas être sous-estimées, au risque de perdre de vue la complexité de la tâche, au moment de construire un mouvement progressiste comprenant des travailleurs et travailleuses de tous les horizons. L’absence de prise en compte de ces discriminations dessert la volonté d’unir les classes populaires et le projet politique visant la transformation radicale de la société.

A nous de nous attaquer aux sources des problèmes (le capitalisme, l’impérialisme, les différentes formes d’oppressions, etc…) et donc des politiques des Etats capitalistes occidentaux et autres dans le monde, pour réellement couper l’herbe sous les pieds des forces ultra réactionnaires et les faire disparaître et de construire un projet de société alternatif bénéficiant aux classes populaires dans leurs ensembles.

Joseph Daher vendredi 25 août 2017

https://syriafreedomforever.wordpress.com/

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24 août 2017 ~ 0 Commentaire

edwy plenel à huelgoat

Photo de Ecole des filles.

Voyage en terres d’espoir

L’Été des 13 Dimanches
Rencontre avec Edwy Plenel & Jean-Michel Le Boulanger
« Manifeste pour une France de la diversité »

Face aux chaos du monde, deux solutions se présentent à nous : soit la crispation sécuritaire nourrie par la haine de l’Autre, soit un nouvel humanisme qui assume enfin nos identités plurielles et les ressources de la diversité… Un humanisme de la relation qui accepte l’Autre dans ses différences et qui construit des ponts entre les cultures.

Oui, nous pouvons être Bretons, Corses, Basques, Musulmans, Juifs, de toutes les origines et de toutes les appartenances, sans cesser d’être Français. Assumons les richesses du divers, inventons une République des territoires, une République multiculturelle enfin assumée? Il est grand temps que la France réécrive son roman national en tenant compte de ce multiple, sa vraie richesse.

« De l’air, enfin ! Si longtemps que nous attendions ce Manifeste. Nous ? Toutes celles et tous ceux qui n’en peuvent plus de cette guerre que, d’en haut, l’on invite la France à se faire à elle-même, à son peuple qui est foncièrement pluriel, à son histoire qui est tissée du monde. À l’orée de temps électoraux qui risquent de donner la part trop belle aux semeurs de peurs et aux prêcheurs de haine, Jean­-Michel Le Boulanger fait souffler sur notre politique un vent de Bretagne salvateur. Depuis l’expérience bretonne, il pose la question française. Lisez donc ce Manifeste, offrez-le et partagez-le? » Edwy Plenel

Jean-Michel Le Boulanger est un auteur breton né en 1956. Docteur ès lettres, il est maître de conférences de géographie à l’Université de Bretagne-Sud. Il est également le fondateur du master Métiers du Patrimoine : Politiques patrimoniales et Développement culturel de cette université. Il a participé à de nombreuses publications, ouvrages collectifs, actes de colloques, articles de revue sur l’histoire et la géographie de la Bretagne ou sur les politiques culturelles.

Edwy Plenel est un journaliste politique français, né le 31 août 1952, président et cofondateur de Mediapart. Il fut directeur de la rédaction du quotidien Le Monde de 1996 jusqu’à sa démission en novembre 2004. Edwy Plenel a publié une vingtaine d’ouvrages, présenté dans les médias audiovisuels, délivrait un cours de « Perspectives historiques » ainsi qu’un cours de «Perspectives philosophiques et politiques», puis un cours intitulé «Principes du journalisme» à l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel (Suisse).

http://francoiselivinec.com/

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11 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

tradis (l’obs)

A l’école de la Fraternité Saint-Pie-X : la Révolution, cette imposture satanique

Ils se disent « tradis » mais leur idéologie frise parfois l’intégrisme. La Fraternité Saint-Pie-X, cette communauté de catholiques fondée par Mgr Lefebvre, a été exclue du Vatican en 1988. Dans cette enquête en plusieurs volets, « l’Obs » s’intéresse aux écoles de la « Tradition ». Glaçant.

C’est un chantier qui avait été lancé par Najat Vallaud-Belkacem, lors de son passage au ministère de l’Education nationale : durcir les modalités d’inspection des écoles privées hors contrat, restées longtemps hors des radars de l’institution. Une drôle de galaxie, mêlant école catholiques tradis, écoles privées musulmanes, Montessori ou Steiner. (…)

Les 100.000 fidèles que comptent la communauté sont plutôt bien desservis, car la « Tradition » – comme aime à s’appeler l’univers des catholiques traditionalistes – compte aujourd’hui une soixantaine d’établissements, à peu près donc autant que les nombre d’écoles privées musul- manes. A la différence près que ces écoles ont bien l’intention de rester « hors contrat », bref, en dehors de la sphère tant honnie de l’Education Nationale. Une stratégie qui a été payante, car ces écoles ont pu bénéficier pendant des décennies d’une tranquillité étonnante, et ce malgré des pratiques… hallucinantes, comme nous avons pu le retracer via des témoignages.

« Pendant longtemps, l’institution ne s’est pas intéressée au hors contrat. Il y avait pourtant déjà des abus, dans certaines de ses écoles. J’avais fermé une école catholique intégriste dans les années 1980″, explique Bernard Toulemonde, ancien recteur et bon connaisseur du monde de l’éducation. Plus pour longtemps ? Depuis deux ans, les écoles catholiques de la « Tradition » sont en train d’être passées au crible. « L’Obs » a pu consulter une dizaine de rapports d’inspection, menées ces deux dernières années. Ils montrent que rien n’a vraiment changé. Aujourd’hui, cinq injonctions de mise en demeure ont été transmises au parquet, ce qui revient à un avis de fermeture.

« Il était temps d’aller y regarder de plus près »

Combien d’enfant y sont scolarisés ? La FSSPX nous a donné un nombre de 2.000 enfants scolarisés, mais nos estimations, en additionnant les effectifs des établissements répertoriés sur le site de La Porte Latine – qui référence toutes les « écoles de Tradition », y compris les écoles « amies » et non gérées directement par la FSSPX, nous amènent plutôt au double. A cela se rajoutent les enfants scolarisés à domicile. « Une pratique assez courante dans le milieu, dit Olivier Landron, historien, auteur de « A la droite du Christ » (Editions du Cerf). Il y a une défiance très forte à l’égard de l’Etat et de l’école publique. » En témoigne cette lettre d’une école, adressée aux parents d’élèves, titrée « La perversité de l’Education nationale » :

« Il apparaît toujours plus clairement que l’Education nationale cherche à détruire les cerveaux des petits Français et à avilir leur âme. Nous le savions déjà, mais ces réformes [la réforme des programmes scolaires, NDLR] rendent encore plus efficaces l’entreprise de perversion de la jeunesse menée par l’école. D’où la nécessité des établissements hors contrat. »

Autre fait notoire : les écoles, implantées en pleine campagne, vivent en totale autarcie puis- que les enfants scolarisés y vivent souvent en pensionnat. Les locaux ? Ils sont souvent prêtés ou donnés par des bienfaiteurs de la Fraternité, châteaux, abbayes, ou monastères : la FSSPX, qui a son siège en Suisse, est une organisation internationale. Et riche. Un bon connaisseur du dossier à l’Education nationale constate :

« Avant, ces intégristes étaient marginaux. Aujourd’hui, leur discours identitaire, très réac, est en phase avec un certain air du temps. Cela les conforte. Il était temps d’aller y regarder de plus près. D’autant que certaines écoles n’avaient pas été inspectées depuis plus de trente ans. »

Il s’inquiète de ce « terreau propice aux endoctrinements », pour reprendre le titre évocateur de la note d’une inspectrice de l’Education nationale dans l’académie de Versailles, qui mettait dos à dos les dérives rencontrées dans plusieurs écoles hors contrat, qu’elles soient musulmanes ou de la FSSPX.

Comment reconnaître la race blanche

La dizaine de rapports d’inspection que nous avons pu consulter permettent en tout cas d’aller faire un petit tour de France d’une pédagogie pour le moins… originale. Dans cette école en Bretagne, les polycopiés du cours expliquent que « le judaïsme est réprouvé depuis la mort de Notre seigneur » et fustigent « les sectes juives » qui régnaient au moment « de la venue de Notre Seigneur ». Il critique aussi le Coran qui « veut ruiner le dogme du christianisme » et explique que « la civilisation musulmane est stérile ».

En Alsace, des lycéens commentent des textes de Brasillach et Maurras et l’école fait l’impasse sur la préhistoire et Darwin. Autre dada des écoles de la Fraternité : le maréchal Pétain. Dans cette école des Yvelines, on apprend en cours que « Pétain a sauvé la France », tandis que les « ingrats ont fui en Angleterre ». L’inspectrice note que, depuis son passage, la mention »ingrats » a été remplacé par « résistants ». Un Un proche de la FSSPX, qui connaît bien ses écoles et souhaite rester anonyme, raconte :

« Il y a 20 ans, il y avait une école qui affichait encore le portrait du maréchal Pétain dans les classes. Ils ont dû les retirer, depuis. Mais l’idéologie est restée. »

Ailleurs – un pensionnat près d’Angers – les gamins font l’apologie de la peine de mort dans leurs copies de français. Ânonnent en histoire que la Révolution est une « imposture d’essence satanique », idéologie néfaste qui est « l’essence même de la Déclaration de droits de l’homme » :

« Deux religions s’affrontent : le catholicisme et la religion des droits de l’homme. Reste à s’expliquer comment celle-ci a pu arriver aux horreurs commises par la Révolution et au génocide vendéen. La révolution n’est pas seulement l’auteur du premier génocide des temps moderne, mais elle est aussi responsables de tous les génocides qui suivent. »

En « éducation civique », on apprend à « reconnaître la race blanche ». Extrait d’une copie notée 18/20 : « Ce que je trouve bizarre c’est d’être mélangé à une population multinationale, d’avoir toutes les cultures, sauf la française, car elle disparaît. » Autre perle, ce bout de cours, pris en notes, par un élève de seconde (avec fautes d’orthographe d’origine) sur le romantisme :

« Plus que le romantisme, c’est la révolution elle-même qui est grotesque et risible, puisqu’elle engage l’âme humaine dans la voie de l’erreur et du mensonge. Les philosophes des lumières excercent sur leur sciècle un terrorisme intellectuel, au service de leur idéologie hatée (athée!!!), anti catholique et monarchistes [...] La littérature qu’ils promeuvent est aussi sèche et stérile qu’est sistématique leur pensée. »

Fillettes voilées et manuels édités chez « Clovis »

Les sites web des écoles, avec parfois des vidéos de présentation, ne sont pas moins élo- quents. Ici, l’abbé directeur d’une école en Lorraine rappelle que « le rôle de la femme est d’être mère et épouse ». Là, on déplore « la perversion du monde moderne ». La FSSPX utilise pourtant abondamment internet, que ce soit dans des forums catholiques « tradis », ou sur son site pour promouvoir ses écoles. Exemple, cette vidéo de 2013 vantant une école de Versailles de la Fraternité. Impossible de ne pas remarquer les fillettes et leurs cheveux recouverts d’un foulard, pendant le catéchisme. La tenue des paroissiennes adultes. Normal.

A la FSSPX, on suit à la lettre le précepte de Saint-Paul : « La femme doit avoir sur la tête un signe de soumission ». Pas l’homme, en revanche, car il est « l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme ». Quant à la tenue « immodeste », c’est évidemment un « péché mortel ». Moment croustillant, toujours dans la vidéo, quand l’abbé conspue l’école publique où l’on dispense, selon lui, des « cours sur la théorie du genre dès la maternelle » ou « sur Darwin et l’évolutionnisme », ce qu’il considère comme « une destruction de l’intelligence, un formatage idéologique pour une nouvelle religion, celle de Vincent Peillon ».

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. La Fraternité a donc sa propre maison d’édi- tion, nommée Clovis, qui édite ses manuels. Nous nous les sommes procurés. C’est édifiant. On y explique « pourquoi nous n’étudions pas la préhistoire », on conspue les « francs-maçons » et les « philosophes des Lumières dépravés » qui ont tenté de salir « le bon clergé ». Dans le chapitre sur les Mérovingiens, la naissance de l’islam est évoquée ainsi :

« Alors que les Mérovingiens étaient en pleine décadence, au 7e siècle, un événe- ment très grave survint en Arabie : un conducteur de caravanes, Mahomet, disciple d’un rabbin, marié à une juive, inventa une nouvelle religion démarquée de la Bible. Non content de convertir ses compatriotes à la religion d’Allah, Mahomet prêcha la guerre sainte. [...] Fanatisés, les Arabes se ruèrent sur l’Afrique du Nord, où ils détruisirent toutes les traces de civilisation chrétienne [...] Les Arabes avaient envahi la France. »

Soupir de soulagement, quand enfin survient 732 et Charles Martel ! « La France fut ainsi sauvée de l’esclavage auquel les musulmans soumettaient les chrétiens », peut-on lire… Et de regretter dans l’avant-propos :

« Trop d’enfants ne savent plus qu’être Français, c’est hériter d’une civilisation chrétienne qui a fait de la Fille aînée de l’Eglise, un des plus beaux pays du monde. »

Doan Bu Journaliste 01 juin 2017

http://tempsreel.nouvelobs.com

Lire aussi:

Abus sexuels, emprise… La face cachée de la Fraternité Saint-Pie-X

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08 mai 2017 ~ 0 Commentaire

cathos (libération)

athees

L’Eglise catholique infichue de prendre position contre l’extrême droite

La hiérarchie catholique a refusé de se joindre à une déclaration commune des principaux leaders religieux français – juif, musulman et protestant – appelant à voter Macron pour faire barrage à Marine Le Pen.

Une absence remarquée. Et… regrettée !

Les trois principaux leaders protestant, juif et musulman ont rendu publique, jeudi, une décla-ration commune appelant à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle pour faire triompher, écrivent-ils, «la France généreuse, tolérante, ouverte sur le monde». Mais sans les catholiques ! «Cette déclaration ne correspond pas à la position qui est la nôtre depuis le début de la campagne. On ne s’y reconnaissait pas», explique, à Libération, Vincent Neymon, le directeur de la communication de la Conférence des évêques de France (CEF).

«Nous avons toujours considéré qu’il n’était pas pertinent de créer un front des religions dans le domaine politique», poursuit-il. Sollicité, le président de la CEF, Mgr Georges Pontier, l’archevêque de Marseille, ne s’est donc pas joint à l’initiative. Plusieurs sources indiquent également que le cardinal-archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, avait, lui, donné dans un premier temps son accord, sans finalement donner suite.

«Citoyens responsables»

Lancée en début de semaine, l’initiative réunit le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le président de la Fédération protestante de France (FPF), François Clavairoly et le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech. Après avoir rappelé que «leurs fonctions» les obligeaient à la «neutralité politique», les trois leaders précisent qu’ils agissent avant tout «en citoyens responsables».

«Il ne suffit plus aujourd’hui de « faire barrage au Front national », il est indispensable de rappeler, et d’une même voix, les fondements humanistes qui nous animent et pour lesquels nous œuvrons quotidiennement», estiment les responsables religieux. «Rien n’est acquis pour dimanche», s’inquiète Anouar Kbibech, interrogé par Libération. La même inquiétude est perceptible dans les milieux juifs. «Aucune voix ne doit manquer dimanche prochain pour faire triompher les valeurs de liberté et de tolérance», poursuit le président du CFCM.

Pour donner du poids à leur démarche, les leaders religieux souhaitaient une démarche unitaire. «On aurait aimé que l’ensemble des religions soient présentes, précise Anouar Kbibech. Nous respectons la position des catholiques mais nous ne la partageons pas.» Côté juif, le regret est similaire. «Il appartient aux religions de s’engager au nom des valeurs communes face à une situation historique», déclare le rabbin Moshe Lewin, conseiller du grand rabbin de France.

Depuis le lendendain du premier tour, la position de la CEF suscite des questions et d’intenses débats au sein même des milieux catholiques. Mgr Pontier a clairement redit, mercredi, que l’Eglise ne prendrait pas position. Une petite dizaine d’évêques ont cependant signifié leur opposition au Front National. A Lyon, le cardinal Barbarin a, lui, signé une décla-ration rassemblant les leaders chrétiens de la ville et condamnant un parti «au discours nationaliste dangereux dont la mise en œuvre serait désastreuse.»

Bernadette Sauvaget  4 mai 2017

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15 avril 2017 ~ 0 Commentaire

alévis (le peuple breton)

alevis-manif-turquie-reuters

Manif des alévis contre Erdogan

Portes ouvertes chez les Alévis à Lanester

En plein cœur de la zone industrielle, à Lanester : un petit local. C’est ici que se réunissent les Alévis du Morbihan (environ 70 membres dans le pays de Lorient pour environ 300000 ressortissants en France et 20 à 25 millions dans le monde). La Bretagne compte trois associations : à Quimper, Lanester et Nantes. Vendredi soir, la communauté organisait une porte ouverte pour faire découvrir leur culture. Patricia Riou et Gael Briand, candidats Oui la Bretagne / UDB aux législatives de juin prochain ont répondu présent à l’invitation.

Les petits plats étaient mis dans les grands pour recevoir le public : un énorme buffet composé de plats alévis avait été préparé par les bénévoles de l’association pour les curieux. Depuis 16 ans, ils se mobilisent pour faire connaître leur culture venue des Hauts Plateaux de l’Anatolie, en Turquie. Présents dans toutes les manifestations sociales, ils cherchent également à nouer des relations avec les associations, notamment l’Établissement Français du Sang.

Souvent considérés comme hérétiques, les Alévis se démarquent de l’Islam du fait qu’ils ne fréquentent pas les mosquées, boivent de l’alcool, ne tiennent pas compte du ramadan ni de la charia, les femmes ne sont pas voilées et sont les égales des hommes (un concept que les Alévis ont d’ailleurs exporté au sein de la révolution kurde). À mi-chemin entre une croyance et une philosophie de vie, la culture alévie n’a pas de dogme : « Quoique tu cherches, cherche le en toi, pas à la mosquée ! ». On imagine d’autant mieux la raison pour laquelle ces populations ont été réprimées et marginalisées durant des siècles et jusqu’à aujourd’hui par les orthodoxes sunnites.

Pour cette porte ouverte, Suleyman Akguc, « responsable diplomatie », était venu de Paris pour faire partager leur désir de reconnaissance : « si vous ne définissez pas votre identité vous-mêmes, a-t-il expliqué, d’autres vous imposent la leur ». « Un air de déjà vu ! s’amuse Gael Briand. Comme la communauté bretonne, les Alévis ne demandent qu’une chose : être reconnus. Il était important que nous participions à cette porte ouverte pour leur signifier que nous faisons partie d’une seule et même société, ici en Bretagne, et que c’est de nos différences que naît le dialogue et le respect. »

Très engagé, Suleyman travaille notamment en contact avec le parlement européen dont il n’a pas manqué de dénoncer le marchandage avec Erdogan : « avec votre argent, on créé des camps en Turquie » a-t-il dénoncé. « Mais on préfère maintenir de bonnes relations commerciales à la Turquie que de dénoncer cette situation » s’est-il indigné. Pour la communauté alévie, comme pour les Kurdes, il est hors de question de donner encore plus de pouvoir à ce « dictateur ». Ils voteront « non » au référendum prévu le 16 avril prochain.

La Rédaction 15 avril 2017

https://lepeuplebreton.bzh/

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Commentaire: L’alévisme est issu du chiisme mais est rejeté aussi bien par les sunnites majoritaires que par les chiites. Un tiers des alévis sont kurdes, 1 million est arabe.

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11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

le voile (slate)

brernie

Bernie Sanders étreint une étudiante musulmane..

Le voile, un symbole de 3.000 ans de machisme religieux

Depuis des années, tout le monde parle du voile, de plus en plus de personnes portent le voile, pas seulement à Bamako ou au Caire, mais aussi à Londres, Paris ou New York. Symbole religieux ou signe religieux? Que signifie ce carré de tissus qui met la planète en émoi? Intrigué par autant de questions, j’ai décidé de consacrer quelques semaines de mes vacances à compulser  les livres d’histoire religieuse pour remonter aux racines du signe, pour ne pas dire du mal.

Et là, en remontant au plus loin des traces écrites des civilisations antiques, en fouillant dans les annales des histoires sumériennes, j’ai  découvert avec stupéfaction que le voile découle à l’origine d’une illusion optique. En effet, une croyance sémitique très ancienne attestée en Mésopotamie, considérait la chevelure  de la femme comme le reflet de la toison pubienne!

«Les prostituées ne seront pas voilées»

Donc, il a fallu très tôt lui couvrir la tête, afin de lui occulter le sexe! Cette croyance était si répandue dans les pays d’Orient, notamment en Mésopotamie, qu’elle a fini par avoir force de loi. Aussi, le port du voile est-il rendu obligatoire dès le XIIe siècle avant J.-C. par le roi d’Assyrie, Teglat Phalazar Ier: «Les femmes mariées n’auront pas leur tête découverte. Les prostituées ne seront pas voilées.»

C’était dix-sept siècles avant Mahomet et cela se passait en Assyrie, l’Irak d’aujourd’hui.

Dans la Bible hébraïque, on ne trouve aucune trace de cette coutume, cependant la tradition juive a longtemps considéré qu’une femme devait se couvrir les cheveux en signe de modestie devant les hommes.

Le voile comme instrument de ségrégation pour l’Eglise

Il faudra attendre l’avènement du christianisme pour que le voile devienne une obligation théologique, un préalable à la relation entre la femme et Dieu. C’est saint Paul qui, le premier, a imposé le voile aux femmes en avançant des arguments strictement religieux. Dans l’épître aux Corinthiens, il écrit: «Toute femme qui prie ou parle sous l’inspiration de Dieu sans voile sur la tête, commet une faute identique, comme si elle avait la tête rasée. Si donc une femme ne porte pas de voile, qu’elle se tonde; ou plutôt, qu’elle mette un voile, puisque c’est une faute pour une femme d’avoir les cheveux tondus ou rasés.»

Et plus loin:

«L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête: il est l’image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l’homme. Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme, et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance.» L’Eglise s’en servira à l’égard des femmes, pour les considérer comme des créatures inférieures par nature et selon le droit.

On voit qu’à l’origine, le voile est utilisé comme un instrument de ségrégation qui fait de la femme un être inférieur, non seulement vis-à-vis de l’homme mais aussi de Dieu.

Il est intéressant de noter que ce passage des Corinthiens est repris aujourd’hui par la plupart des sites islamistes qui font l’apologie du foulard.

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