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25 mai 2019 ~ 0 Commentaire

antisémitisme (essf le-monde)

changeur

Histoire européenne: aux racines économiques de l’antisémitisme

La remontée de l’antisémitisme dans le monde ces dernières années est souvent habillée dans des discours prétextant des motivations idéologiques.

Depuis des siècles, des antisémites s’appuient sur des fictions plus ou moins grossières pour tenter de justifier leur haine. Il serait pourtant trompeur de penser que l’antisémitisme fleurit uniquement dans un contexte de propagande, ou que ses racines sont uniquement culturelles. Parfois ces fictions se répandent précisément parce que ceux qui les entendent ont des motivations plus cyniquement économiques pour y croire, ou pour faire semblant d’y croire.

Un article fascinant paru ce mois-ci dans une prestigieuse revue américaine analyse six siècles d’antisémitisme pour montrer que, malgré son habillage idéologique, l’antisémitisme a également des racines économiques: « Religion, Division of Labor, and Conflict : Anti-Semitism in Germany over 600 Years », Sascha O. Becker et Luigi Pascali, American Economic Review 109/5, 2019″.

Aux 14è et 15è siècles, l’interdiction du prêt à intérêt par l’Eglise catholique rendait les activités économiques des juifs et des chrétiens complémentaires

L’idée de base est très simple. Aux 14è et 15è siècles, l’interdiction du prêt à intérêt par l’Eglise catholique rendait les activités économiques des juifs et des chrétiens plutôt complémentaires ; les uns avaient besoin des autres et vice versa. D’autant plus que le niveau d’éducation moyen des catholiques était bien inférieur à celui des juifs car le catholicisme offrait peu d’incitations au peuple à poursuivre l’éducation.

La Réforme, au début du 16è siècle, non seulement permettait aux protestants de s’impliquer dans les prêts à intérêt, mais offrait des incitations plus importantes à l’éducation : un protestant lettré pouvait lire la Bible dans sa propre langue sans devoir apprendre le latin. Résultat : les activités économiques des protestants et des juifs n’étaient plus complémentaires mais devinrent substituables, donc concurrentes. Et entre concurrents, les coups les plus bas devinrent envisageables.

Les auteurs de cet article montrent comment, après la Réforme, les manifestations antisémites se sont multipliées dans les régions protestantes d’Allemagne par rapport aux régions catholi-ques. Il s’agit autant d’actes (pogroms, massacres et expulsions de communautés juives) que d’écrits (publications de livres aux titres antisémites).

En soi ces observations seraient compatibles avec une explication purement culturelle de la montée de l’antisémitisme : à cause de serments et de prêches des pasteurs protestants, par exemple (vers la fin de sa vie, Martin Luther s’était livré à de violentes attaques antisémites).

Résurgence de l’antisémitisme après la Réforme

Mais les auteurs vont plus loin. Ils démontrent que la résurgence de l’antisémitisme après la Réforme dans les régions protestantes a été plus forte dans les villes où le commerce fut une activité plus importante au 15è siècle, et encore plus dans les villes où les juifs étaient davan-tage impliqués dans le prêt à intérêt. C’est cette activité économique préalable, et non pas un quelconque attachement à la théologie du protestantisme, qui explique la montée en puissance des actes et des écrits antisémites.

Si la théologie plutôt que la compétition économique était en cause, les villes gouvernées par les disciples de Luther auraient été plus antisémites que les villes gouvernées par les disciples de Calvin, car Luther était plus antisémite que Calvin, et ce dernier était plus tolérant au principe de l’activité du prêt à intérêt. Or c’est précisément dans les villes gouvernées par les disciples de Calvin, où les entrepreneurs protestants se sont mis à exercer des activités financières jusque-là occupées par les juifs, que l’antisémitisme a augmenté le plus.

Les leçons pour nos jours sont évidentes. Si les discours antisémites, comme beaucoup de discours racistes, s’habillent souvent d’un langage idéologique qui évoque des principes grandioses de protection des religions, des cultures ou des identités nationales, ils font en réalité souvent appel à des instincts de jalousie très bassement économiques.

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste Paul Seabright évoque une étude montrant que, à partir du XVIe siècle, la montée de l’antisémitisme en Allemagne est surtout le fait des villes calvinistes où les financiers protestants entrent en concurrence avec les prêteurs juifs.

Paul Seabright (Institut d’études avancées de Toulouse) Le Monde 17 mai 2019

https://www.lemonde.fr/

http://www.europe-solidaire.org/

Commentaire:

On reproche souvent aux marxistes leur « matérialisme vulgaire » qui rejette « l’idéalisme moralisateur ». La preuve que l’analyse matérialiste, çà marche!

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23 mai 2019 ~ 0 Commentaire

antisémitisme (ballast)

antisemitisme

Entretien avec le collectif Juives et Juifs révolutionnaires

En l’espace d’une décennie, Ilan Halimi était assassiné, des enfants juifs étaient abattus dans une école toulousaine et quatre clients de l’Hyper Cacher tombaient à Paris sous les balles de Daech.

En 2018, on enregistrait sur le territoire français plus de 350 actes antisémites : croix gammées, symboles fascistes et suprématistes blancs, profanations de cimetières, etc. Le collectif Juives et Juifs révolutionnaires a vu le jour trois ans plus tôt.

Leurs objectifs ? Que la lutte contre l’antisémitisme s’inscrive au sein de la lutte antiraciste, aux côtés de toutes les minorités discriminées ; que la solidarité à l’endroit de la cause palestinienne s’établisse en toute occasion sur des bases anticolonialistes et jamais racistes ; que le combat contre l’antisémitisme s’ancre au sein de la lutte des classes et désigne pour horizon la révolution sociale. Nous en discutons ensemble.

Vous tenez, de l’intérieur du mouvement social, à faire émerger la lutte contre l’antisémitisme comme lutte antiraciste. La première ne relève donc pas déjà de la seconde ?

Aujourd’hui — et depuis au moins une quinzaine d’années —, nous pouvons constater dans le champ politique deux attitudes dominantes, en apparence opposées (mais qui se rejoignent sur le fond), en termes de traitement de l’antisémitisme.

L’une consiste à le voir comme quelque chose de résiduel, d’une moindre importance, qui ne ferait pas partie — en tant que tel — de l’agenda prioritaire de la lutte antiraciste. L’autre consiste au contraire à le traiter comme quelque chose de complètement à part, sans lien avec le système raciste global.

Pour nous, l’antisémitisme est un des avatars du système raciste, une des formes que prend le racisme, et il n’a rien de résiduel. C’est une forme qui possède bien sûr des particularités spéci-fiques, qui expliquent notamment que certains et certaines peinent à l’identifier aujourd’hui.

Il se fonde sur la racialisation d’une identité religieuse (comme l’islamophobie) mais, à la diffé-rence des autres minorités racisées, les Juifs et Juives sont présenté·e·s comme détenant le pouvoir et l’argent, donc comme pseudo-classe dominante.

Mais l’antisémitisme est lié au racisme systémique : il en est un élément, et pas un phénomène distinct. Il nous semble donc nécessaire de réaffirmer que la lutte antiraciste ne peut éluder la lutte contre l’antisémitisme, et que la lutte contre l’antisémitisme implique de s’attaquer à l’ensemble du système raciste.

Vous entendez également travailler à « la déconstruction des réflexes et des tendances antisémites présentes dans les mouvements révolutionnaires ».

Lorsque nous avions interrogé l’historien Dominique Vidal à ce propos, il semblait surpris. « La gauche a tiré les leçons de la montée du fascisme et du nazisme », nous a-t-il dit, et aucun mouvement ou parti de gauche ne « flirte » avec l’antisémitisme. « Au contraire », ajoutait-il, c’est à gauche, et plus encore à la gauche radicale, que les Juifs ont trouvé « leurs défenseurs les plus héroïques ». Comment entendre ce décalage d’appréciation ?

« Penser qu’une idéologie qui imprègne l’ensemble de la société s’arrête à la frontière de la gauche ou des mouvements révolutionnaires est absurde. »

L’antisémitisme est profondément ancré dans la réalité française. Il possède une dimension structurelle lié au « roman national » français. Penser qu’une idéologie qui imprègne l’ensemble de la société s’arrête à la frontière de la gauche ou des mouvements révolutionnaires est absurde.

Si l’on étudie sans complaisance l’histoire du mouvement ouvrier, de la gauche et de l’antisémitisme, on s’aperçoit qu’il existe, à toutes les époques, une influence de l’antisémitisme. Cela ne signifie pas que l’antisémitisme fasse partie du cœur idéologique de la gauche ou du mouvement révolutionnaire, mais que les uns et les autres ne sont pas immunisés par nature contre l’influence de cette idéologie dominante.

De nombreux Juifs et Juives ont pleinement trouvé leur place au sein du mouvement ouvrier et de la gauche radicale, et celle-ci a effectivement su, à certains moments, jouer un rôle décisif dans le combat contre l’antisémitisme.

Mais elle a aussi connu des errements, parfois, de la part de courants loin d’être marginaux. Les travaux d’historiens comme Zeev Sternhell, Gérard Noiriel ou Michel Dreyfus montrent cette réa-lité. Aujourd’hui encore, à la faveur d’un recul général d’une approche matérialiste, lié notam-ment à un gros déficit de formation, on peut constater un traitement de l’antisémitisme particuliè-rement pauvre. Nous militons dans la gauche révolutionnaire, et avons pu constater de première main ce genre de problèmes.

Vous refusez l’idée d’une coupure entre un antisémitisme « traditionnel » et un « nouvel » antisémitisme. En clair, entre l’antisémitisme de l’extrême droite et celui que nombre d’intellectuels attribuent aux Français de confession musulmane.

Le fait que les auteurs des assassinats antisémites de ces dernières années se revendiquent de l’islam (en en ayant parfois une connaissance plus que rudimentaire) ne fait pas de leur antisé-mitisme un produit d’importation.

Les thèmes qu’ils mobilisent dans leur discours de haine ne sont pas une production musulma-ne, mais bien une production française, qui a ensuite été largement diffusée dans la sphère coloniale. L’influence de ces thèses a bien plus à voir avec le travail politique de Soral et de Dieudonné, et leur diffusion d’une culture antisémite de masse, car les assassins ont grandi en France et se sont socialisés au sein de cette réalité française.

Dieudonné et Soral jouent depuis les émeutes de 2005 le même rôle que jouait Drumont en Algérie : un moyen de dévier une révolte sociale vers une logique pogromiste. Le fait que la grande majorité des émeutes antijuives en terre d’Islam coïncident avec la période coloniale n’a rien d’un hasard. Les théoriciens antisémites takfiris comme Sayyid Qutb sont en réalité profon-dément influencés par l’antisémitisme européen, et la relecture qu’ils font des textes religieux s’effectue à travers le prisme de cette influence idéologique. Il n’y a donc pas deux antisémitis-mes mais un antisémitisme, qui est une vision du monde qui s’est diffusée à partir de la France et de l’Europe à l’échelle mondiale.

Ces dernières années, la lutte contre l’antisémitisme a souvent été médiatisée par les ennemis de l’émancipation. Face à quoi, écrivez-vous, la gauche a déserté le terrain pour ne pas escorter ces gens…

C’est parce que la gauche et la gauche radicale ont globalement déserté le terrain de la lutte contre l’antisémitisme et le travail antiraciste spécifique en direction de la minorité juive, que ce hold-up idéologique a pu se produire. La droite, qui a historiquement joué le rôle de vecteur de l’antisémitisme, a très bien perçu l’opportunité stratégique.

« La nature a horreur du vide », en politique comme ailleurs. Si la gauche radicale et la gauche avaient tenu le terrain de la lutte contre l’antisémitisme, plutôt que de l’abandonner en considé-rant qu’il s’agissait au mieux de quelque chose de résiduel, au pire d’un prétexte invoqué par les réactionnaires, ces derniers n’auraient jamais pu imposer leur discours. (Résumé voir lien)

https://www.revue-ballast.fr/

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01 mai 2019 ~ 0 Commentaire

communisme irak (essf)

irak

PCI le 1er mai 2018

Comment le communisme a façonné le chiisme politique irakien

Longtemps amorphe, affaibli puis muselé, le chiisme politique irakien était resté tapis dans l’ombre. C’était le communisme, très influent dans les années 1950 et jusqu’à la fin des années 1970 qui était implanté dans le sud du pays, jusqu’à devenir une religion de substitution pour une majorité de chiites en quête de réponses sociales et politiques. La famille Sadr inversera la tendance par son activisme inédit.

Au lendemain de la conférence de San Remo d’avril 1920, le Royaume-Uni obtient un mandat de la Société des Nations (SDN) sur l’Irak.

Un mois plus tard, il doit déjà faire face à une violente révolte organisée et relayée par les nationalistes, composés principalement de la bourgeoisie sunnite et des tribus chiites du sud. Les mujtahidin (hommes de religion chiite) appellent également au djihad contre la présence mandataire.

L’enjeu pour les chiites est alors capital, car il s’agit en réalité de s’opposer à la formation d’un État irakien sous tutelle britannique qui les écarte des rouages du pouvoir. Dès lors, les diri-geants religieux chiites prennent la tête de la lutte anticoloniale.

Ils appellent au boycott des élections de l’Assemblée constituante en 1924. Les Britanniques contraignent à l’exil les chefs religieux. Affaiblis par une terrible répression, les milieux cléricaux retournent à leur apolitisme premier. Ce mutisme politique a d’abord entraîné le repli du clergé dans les villes saintes de Najaf et Kerbala, puis sa chute d’influence à partir des années 1930. Le nombre d’étudiants religieux à la hawza (séminaire théologique chiite) diminue considérablement.

Face au repli et au déclin de leur clergé, les chiites irakiens se rallient massivement à des idéologies socialisantes et laïques à partir de 1940.

Ces années connaissent un exode rural des chiites du sud vers Bagdad et Bassora. « Le parti communiste a joué un rôle important dans les protestations des paysans qui demandaient des droits et qui s’opposaient aux mesures de répression de la part des propriétaires terriens », commente Raid Fahmi, secrétaire du comité central du Parti communiste irakien (PCI).

« Il était très bien structuré et très actif sous la royauté », rappelle Hamid Radhi Al-Amin, ancien militant communiste exilé au Koweït. Les paysans pauvres viennent gonfler les nouveaux quar-tiers populaires de Bagdad et s’intéressent rapidement aux idées d’égalité et de justice que prône le Parti communiste. Ils sont les premiers à y adhérer massivement. 

« À Bagdad notamment, l’exode rural a créé des concentrations d’agglomérations très pauvres avec une densité importante de population comme à Madinat Al-Thawra (renommé ensuite Saddam City, puis Sadr City). Là, les communistes étaient très implantés. À cette période, les revendications sociales primaient sur les questions religieuses et donc le parti pouvait fédérer autour de cette crise sociale », ajoute Raid Fahmi.

DEUX MOTS QUASI IDENTIQUES

Les divisions sociales, économiques et confessionnelles favorisent l’implantation du communis-me. En effet, le sud de l’Irak — principalement la région des vastes plaines du Tigre et de l’Euphrate — abrite les milieux ruraux défavorisés qui sont majoritairement chiites. Les milieux aisés se trouvent dans la région du centre, principalement à Bagdad.

Cette répartition socio-économique correspond aux héritages ottoman et britannique où les sunnites jouissaient de privilèges sociaux, économiques et politiques au détriment des chiites négligés par le pouvoir, car taxés de fanatisme. L’autre raison du succès du communisme auprès des chiites tient sans doute à la similarité doctrinale des deux idéologies. Les notions d’égalité, de lutte contre l’injustice, d’opposition au pouvoir, de défense de l’opprimé sont des idées communes au chiisme et au communisme.

« Il y a cette accroche identique entre le chiisme et le communisme de lutte contre l’exploitant », confirme Raid Fahmi.

Les communistes recrutent dans les régions du sud à Bassora, Amarah, Nassiriya, Al-Hillah et Kerbala où ils trouvent un large public. Pour convaincre cette communauté paysanne largement analphabète, les militants mettent en avant les similarités idéologiques, mais aussi la ressem-blance entre les mots « communiste » : shuyu’i et « chiite » : shi’i .

Ils utilisent également la figure de Hussein [1] pour illustrer la lutte contre l’injustice. Si le communisme s’implanta beaucoup plus dans les sociétés chiites que dans les sociétés sunnites, c’est aussi à cause de la présence d’une structure pyramidale. L’organisation cléricale chiite à la tête de laquelle se trouve un marja ayant lui-même ses propres wukala (agents) dans différentes régions fait écho au système politique communiste, construit autour d’un réseau de cellules et de sections.

CONTRE-ATTAQUE DU CLERGÉ

Il faut cependant attendre le 14 juillet 1958, la chute de la monarchie et l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire grâce au coup d’État du général Abdel Karim Kassem pour prendre la mesure de l’influence communiste, y compris chez les officiers.

Mais lorsque les communistes commencent à faire sentir leur influence dans la ville sainte de Najaf et réussissent à recruter des membres de familles de religieux, des fils de sayyid, le clergé se sent défié.

Dhia Al-Assadi, ancien militant politique sadriste et ex-leader du bloc Al-Ahrar, coalition politique islamique chiite, porte la mémoire de cette période : « Les universitaires et religieux chiites étaient inquiets et alarmés par la propagation de ces idéologies non religieuses. De plus, ils étaient presque incapables de les combattre, car ces idées étaient portées par des partis politiques puissants comme le Parti communiste, mais aussi le nationalisme arabe ou encore le baasisme. C’était un sentiment partagé entre la peur, le défi et la légitime défense. »

Les chiites irakiens se devaient de répondre, mais leur hawza est divisée.

Une partie composée des quiétistes accepte de s’impliquer dans la lutte contre le communisme, mais refuse de s’enrôler dans l’activisme politique. Ces oulémas considèrent qu’ils doivent main-tenir un certain état de passivité politique pendant la période de l’Occultation de l’imam [2]. A contrario, une autre partie de la hawzaveut s’ériger contre la propagande communiste de manière politique et lutter contre le sentiment areligieux qui grandit dans le pays.

Dans un premier temps, la réponse du clergé chiite consiste à fonder l’association des oulémas de Najaf, sous l’égide du marja Mohsen Al-Hakim. Sa première action est de promulguer une fatwa contre le communisme.

Cela affaiblit l’alliance de Kassem avec les communistes.

Les oulémas décident par ailleurs de muscler davantage leur enseignement théologique et leurs actions caritatives, convaincus que l’attrait des chiites pour l’idéologie rivale résultait de l’igno-rance de leur religion. L’action de l’association passe par la construction d’écoles et de centres médicaux.

Les oulémas chargent des étudiants de la hawza de la propagande et du travail éducatif, ainsi que de la publication du journal de l’association, Al-Adhwa. Plusieurs étudiants y contribuent alors en tant qu’éditorialistes, à l’instar de Mohamed Bakr Al-Sadr. Ces articles avaient tous pour but de montrer la supériorité de l’islam sur les courants de pensée occidentale. Ils s’adressaient aux jeunes étudiants susceptibles d’être intéressés par le communisme.

LA NAISSANCE D’UNE DYNASTIE SADR

Cette réponse de la hawza, limitée au domaine culturel et caritatif ne satisfait pas certains jeunes clercs, qui, enthousiasmés par l’effervescence de la révolution de 1958, fondent le premier parti politique chiite, Al-Daawa.

Les bases de ce parti sont établies par Mohamed Bakr Al-Sadr. Elles consistent à proposer l’islam comme solution aux problèmes de la vie sociale, à la place du communisme. C’est dans cette optique que Mohamed Bakr Al-Sadr rédige deux des ouvrages majeurs : Iqtisadouna  (Notre économie)  et Falsafatouna (Notre philosophie). Ces deux études visent à mettre en évidence la supériorité de la pensée islamique en matière d’économie et de philosophie sur la pensée matérialiste.

C’est la première fois qu’un clerc présente une vision chiite de la justice sociale et de la philo-sophie en des termes et avec un langage familier aux lecteurs de Karl Marx. La connaissance de Mohamed Bakr Al-Sadr de la pensée des philosophes occidentaux ainsi que des courants de philosophie occidentale comme le rationalisme ou l’empirisme était chose peu commune dans le milieu clérical chiite.

Là réside toute l’originalité de Mohamed Bakr Al-Sadr.

Par sa connaissance et ses études comparatives, il entend mettre le chiisme sur un pied d’égalité avec le communisme, et ainsi lui donner une portée totalisante, c’est-à-dire qu’il va traiter tous les sujets profanes jadis négligés par le clergé et leur donner une dimension religieuse, à l’instar du politique. En tant que juriste du parti, sa première mission était de légitimer religieusement l’action politique, au grand dam des conservateurs de la hawza.

Mohamed Bakr Al-Sadr va plus loin

Présentant un programme politique islamique, au lendemain de la révolution islamique d’Iran de 1979, adressé aux rédacteurs de la Constitution de la jeune République islamique. « La stratégie adoptée par Mohamed Bakr Al-Sadr comportait de multiples facettes : il encourageait ses disci-ples et ses étudiants à s’éduquer politiquement et à se tourner vers l’activisme.

Il a ouvertement défié les régimes de Saddam et des baasistes. Il a ouvertement soutenu la révolution islamique iranienne. Il a écrit des œuvres authentiques et originales qui englobaient sa théorie et sa vision du monde », se souvient Dhia Al-Assadi. Il déclencha ainsi une révolution doctrinale au sein du clergé chiite et contribua largement à sa politisation, à sa victoire sur les communistes. Aujourd’hui, tous les partis politiques chiites se réclament de sa pensée.

jeudi 25 avril 2019

QUENTIN MÜLLER Journaliste. SABRINE LAKHRAM Étudiante en histoire, université Panthéon-Sorbonne, master « Les révoltes chiites en Irak de 1977 à 1980 », 2017.

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https://orientxxi.info/

Commentaire:

Parmi les candidats en 2018 se trouve Mountazer al-Zaïdi, journaliste, connu pour avoir lancé sa paire de chaussures sur le visage de l’ancien président américain, George W. Bush, en décem-bre 2008. Il se présente sur la liste de l’Alliance des révolutionnaires réformistes de Moqtada al-Sadr et du Parti communiste irakien qu’il présente comme « une liste indépendante qui veut casser les reins au confessionnalisme » La coalition a obtenu 54 sièges (dont 3 PCI) sur 329.

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15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

madrid 14 avril (pùblico)

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Le 14 Avril: la 2è République de 1931

A part la Monarchie, il y a la question du concordat avec le Vatican. Signé en 1953 par Franco et ratifié par le roi en 1978.

Outre les terres et bâtiments (certains spoliés sans que l’état réagisse!),  le Vatican contrôle des médias radio-télé, une partie de l’enseignement, des Universités, Caritas (le Secours Catholi-que) au détriment des autres religions et des athées. Les USA avaient râlé pour les protestants et l’église tolère l’islam, mais au Maroc.

L’état (central et périphérique) verse directement des dizaines de millions, mais aussi des subventions à ses activités: écoles privées, santé, culture, patrimoine, caritatives, une somme de 11 milliards d’euros (à vérifier), plus de 1% du PIB. Chaque résident, catholique ou non, verse 240 euros par an à l’Eglise. Certains autres chiffres donnent 250 millions d’euros et 0,7 % du revenu des impôts en Espagne par an. L’église ne donnerait à Caritas que 2,3% des 256 millions reversés par les impôts.

Lire aussi:

Concordat espagnol de 1953 (Wikipedia)

Commentaire:

L’église n’est pas opposée à ce que l’état subventionne les autres religions, mais en plus. Sa somme à elle ne doit surtout pas varier en fonction de la représentativité des autres religions!

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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

mensonges (pùblico)

croisades

Chasse aux mensonges électoraux

Dire qu’il y a une « invasion islamiste » comme Ortega Smith (n°2 de « Vox ») est faux

Envahir c’est entrer de force. « L’invasion islamiste » de l’Europe dont parle le numéro deux de Vox se traduit par le fait qu’en Espagne, la population musulmane a augmenté de 1,4% en 2018.

Mensonge

Le bureau du procureur va enquêter sur les déclarations de Javier Ortega Smith, numéro deux de Vox, au cas où elles pourraient être constitutives d’un crime de haine punissable d’un à quatre ans d’emprisonnement.

Ortega Smith a déclaré lors d’un événement organisé au Casino de l’Agriculture à Valencia que « l’ennemi commun » est « l’invasion islamiste » de l’Europe. L’enquête du Bureau du Procureur s’ouvre après la présentation d’une plainte de l’association Musulmans contre l’islamophobie.
C’est la vérité

Envahir, c’est faire irruption, entrer de force. Dans cette affaire, la prétendue « invasion islamiste » signifie que la population musulmane a augmenté de 1,4% en Espagne en 2018, passant de 1,91 million en 2016 à 1,95 million. en 2017, selon les données recueillies par l’Union des Communautés Islamiques d’Espagne (CIE) et l’Observatoire Andalous dans le cadre de l’étude démographique sur la population musulmane. Les musulmans représentent environ 4% de la population totale en Espagne.

Participez au #CazaMentirasElectoral de Público en nous envoyant des messages sur Twitter ou par courrier électronique à cazamentiras@publico.es  ce que vous considérez être une info mensongère et dites-nous pourquoi vous pensez que c’est un mensonge et ce que vous pensez devoir être la vérité

Nous procéderons aux vérifications correspondantes et les publierons dans notre journal. En outre, nous contrôlerons périodiquement quels sont les partis qui tentent de tromper les citoyens pendant la campagne électorale. Nous comptons sur vous pour connaître la vérité. Alors on se bouge?

Madrid 04/06/2019 LUIS M. GARCÍA

https://www.publico.es/

Commentaire: Expulsez Zemmour en Espagne, là-bas il prend 4 ans!

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20 mars 2019 ~ 0 Commentaire

islamphobie (ujfp)

rassemblementrep22mars

NON A L’ISLAMOPHOBIE !

Vendredi 15 mars 2019, un attentat islamophobe a été perpétré dans deux mosquées de Nouvelle-Zélande.

Cet assassinat de masse a touché enfants et adultes, on compte à ce jour 50 morts et des dizaines de blessés. Ce meurtrier, suprématiste blanc, déclare que son inspiration idéologique prend source en partie dans la théorie du « grand remplacement », née dans l’extrême-droite française puis banalisée plus largement dans une version euphémisée bien au-delà de celle-ci par des politiques, des journalistes et intellectuels.

C’est tout le venin raciste et du soi-disant « choc des cultures » distillé par tous les pouvoirs politiques qui criminalisent une partie des citoyens parce que musulmans, migrants, arabes, noirs, roms, habitants des quartiers populaires, qui autorisent ces passages à l’acte.

Nous avons le devoir de dénoncer tous les islamophobes en responsabilité, l’obligation de refuser toutes les euphémisations et relativisations qui parcourent les grands médias et qui ont fini par banaliser la haine et même à l’institutionaliser.

L’islamophobie a tué hier, tue aujourd’hui et continuera de tuer si nous ne nous donnons pas les moyens de déraciner le mal. Partageons ensemble notre douleur dans un recueillement et notre colère dans nos paroles, et puisque la France a été selon ce suprématiste blanc déclen-cheur du massacre, organisons dans toutes les grandes villes de France un rassemblement ce vendredi à 19h devant les mairies ou autre lieu symbolique.

A Paris et pour la Région Parisienne, Vendredi 22 mars, à 19H République, nous rendrons hommage à la mémoire des victimes, de nos frères et sœurs assassinés par la barbarie islamophobe.

Premiers signataires :

FUIQP (Front Uni des immigrations et des Quartiers Populaires), Comité Adama, UJFP (Union Juive Française pour la Paix), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), Voie Démocratique Paris-Est, CEDETIM, AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), Femmes Plurielles

islamphobie (ujfp) dans Altermondialisme

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Rassemblement

À Paris le 22 mars : NON A L’ISLAMOPHOBIE ! 
  19h00  Place de la République

mercredi 20 mars 2019

http://www.ujfp.org/

Lycéens de Christchurch

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19 février 2019 ~ 0 Commentaire

dominique vidal (fr3 france-info)

« Je ne crois pas qu’une loi pénalisant l’antisionisme soit réalisable parce qu’en France le délit d’opinion n’est pas interdit. Quand bien même cette loi serait adoptée, le Conseil constitutionnel la stopperait, car elle remettrait en cause la liberté d’expression », assure Dominique Vidal, auteur du livre Antisionisme = antisémitisme ?

« L’amalgame qui est fait n’a pas de sens. l’antisémitisme est un délit comme tous les racismes et puis vous avez la critique d’une idéologie, d’un mouvement politique. Imaginez que demain les communistes demandent l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes de l’antigaullisme… », développe l’historien.

« Il ne faut pas affoler les juifs » de France

Pourtant, des députés ont une autre lecture et demandent l’interdiction de l’antisionisme. « De toute évidence, nous n’avons pas la même connaissance de l’histoire des juifs, de l’antisé-mitisme et de l’antisionisme. La majorité des juifs n’ont pas été vivre en Israël. Ceux-là sont-ils antisémites ? », explique Dominique Vidal.

« Ce qui me préoccupe surtout, c’est la montée de l’antisémitisme. Il faut le combattre avec intransigeance et sang-froid. Il ne faut pas affoler la population juive« , affirme-t-il. Et de conclure : « J’espère que la manifestation mardi 19 février montrera la capacité de la société française à refuser tous les racismes ».

https://www.francetvinfo.fr/

vidal doom

Pénalisation de l’antisionisme 

« On met le doigt dans un processus totalitaire » avec un retour du délit d’opinion

franceinfo : Pensez-vous que l’antisionisme doive être condamné au même titre que l’antisémitisme ?

Dominique Vidal : Je ne crois pas, je crois que d’un côté il y a un délit, l’antisémitisme comme toutes les formes de racisme, et de l’autre il y a une opinion que l’on peut partager ou qu’on peut critiquer, mais qui n’est qu’une opinion et ça fait partie de la liberté d’opinion en France.

L’antisionisme est le fait de critiquer la pensée de Theodor Herzl, le fondateur du mouvement sioniste, pour qui d’une part les juifs ne pouvaient pas s’assimiler, s’intégrer dans les sociétés dans lesquelles ils vivent et donc, secondement, il fallait un État pour que tous puissent s’y rassembler. De toute évidence, l’histoire a montré que ce n’était pas ainsi.

D’ailleurs, la majorité des juifs ne vivent pas en Israël, il y en a 6 millions et il y en a 10 millions ailleurs dans le monde. (…) Imaginez, pour être sur la même longueur d’ondes, que les commu-nistes demandent l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes l’interdiction de l’anti-gaullis-me, les libéraux l’interdiction de l’altermondialisme. On voit bien qu’on met le doigt dans un processus totalitaire. Il y a matière à débat, il y a des gens qui approuvent la politique d’Israël, d’autres qui la récusent, qui la condamnent, c’est tout à fait normal dans un pays comme le nôtre qu’on puisse avoir ce débat et un débat qui porte aussi sur les fondements théoriques de tout cela, c’est-à-dire la pensée du mouvement sioniste.

Alain Finkielkraut a-t-il été visé par une attaque antisémite, selon vous ?

Évidemment que c’est une forme d’antisémitisme, une provocation grossière et ceux qui s’y sont livrés méritent d’être poursuivis par la justice. On ne peut pas faire semblant de camoufler l’antisémitisme derrière des paroles antisionistes. Évidemment qu’il faut les condamner. Nous avons des lois antiracistes, la loi de 1881, la loi de 1972, nous avons aussi un Code pénal, nous avons la loi de 1993 contre le négationnisme. Il y a tout un arsenal qui mérite d’être utilisé, mais c’est surtout dans la bataille d’idées qu’il faut faire reculer ces horreurs. Mais, pour être honnête, qui peut s’étonner que dans la France d’aujourd’hui on entende de telles choses lorsqu’on sait que l’extrême droite a fait 33,3% au second tour de la dernière élection présidentielle.

Y a-t-il un regain de l’antisémitisme en France ?

J’entends les chiffres qui ont été donnés. Je constate que nous avions, en 2015, 800 actes de violence antisémite et que nous en avons 541 en 2018. Par rapport à 2015, c’est une diminution. Par rapport à 2016, où les choses avaient reculé, c’est une augmentation. Il faudrait en savoir plus sur ce chiffre qui a été donné [par le gouvernement] de 74% [de hausse des actes antisémites en 2018] pour pouvoir porter une analyse sérieuse.

La seule chose que je voudrais signaler, parce qu’elle me paraît très importante, c’est que depuis plusieurs années, on fait porter aux jeunes issus de l’immigration le poids d’un antisé-mitisme nouveau qui serait le leur. De toute évidence quand on tague « Juden », juif en allemand, sur la vitrine d’un magasin de bagels, ou bien qu’on dessine une croix gammée sur le visage de Simone Veil, on est vraiment dans le vieil antisémitisme bien français.

Alors que certains députés proposent de pénaliser l’antisionisme au même titre que l’antisé-mitisme, le journaliste et historien Dominique Vidal évoque le risque que pourrait représenter la création d’un délit d’opinion. Selon lui, l’arsenal juridique français est suffisant. Avec la propo-sition de certains députés pour pénaliser l’antisionisme au même titre que l’antisémitisme, après les injures antisémites adressées à Alain Finkielkraut,  »on met le doigt dans un processus tota-litaire » avec un retour du délit d’opinion, analyse lundi 18 février sur franceinfo le journaliste et historien Dominique Vidal, auteur de Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron.

18/02/2019

https://www.francetvinfo.fr/

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27 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

la permission (courrier international)

“La Permission”

Le combat d’une Iranienne pour disputer le match de sa vie

Baran Kosari joue Afrooz. “Vous trouvez énormément de figures féminines comme elle dans l’histoire de l’Iran”, dit-elle.

Inspiré d’une histoire vraie, La Permission met en scène une joueuse de futsal à qui son mari interdit de partir à l’étranger pour jouer un match décisif. Rare et osé, ce film a failli être censuré en Iran, nous raconte le site d’information Rooziato. Il sort le 28 novembre en France.

La Permission raconte une réalité douloureuse à propos des droits des femmes en Iran.

La loi stipule qu’elles ne peuvent sortir du pays sans l’autorisation de leur mari. Cette loi a, à de nombreuses reprises, mis en difficulté des Iraniennes. L’histoire du film emprunte ainsi à la mésaventure vécue en 2015 par Niloufar Ardalan, la capitaine de l’équipe nationale féminine de futsal [une sorte de football en salle] : celle-ci a été empêchée par son mari, Mehdi Toutounchi [un présentateur de la télévision iranienne], de se rendre en Malaisie pour le championnat d’Asie de futsal. Cet incident a suscité beaucoup de réactions sur la Toile et le scénariste s’en est grandement inspiré pour faire un film subtil.

Le résultat est tellement polémique que La Permission a failli ne jamais sortir en Iran.

*Le scénario peut, selon certains, paraître “radicalement féministe”, mais il reflète bien la réalité. En Iran, la législation prive les femmes majeures du droit de décider pour elles-mêmes. Et d’autres lois non écrites les discriminent. Par exemple, les bureaux chargés d’enregistrer les mariages requièrent la présence des parents de la mariée quand celle-ci renonce à toute dot [une concession que font souvent les Iraniennes pour que, en échange, leur conjoint leur accorde le droit de travailler et de voyager librement].

Le droit de réaliser un rêve d’enfance

Le long-métrage de Soheil Beiraghi alerte sans ambiguïté sur le sort de femmes comme Afrooz, l’héroïne du film [campée par Baran Kosari]. Depuis onze ans, elle évolue au sein de l’équipe nationale et fait la fierté de ses compatriotes par ses victoires. Elle est la star de l’équipe, toutes les joueuses comptent sur elle.

Afrooz rêve de remporter la Coupe d’Asie des nations. Or tout bascule lorsqu’elle apprend, à l’aéroport, juste avant de s’envoler pour la finale en Malaisie, que son mari Yaser [Amir Jadidi], animateur d’une émission religieuse à la télévision, lui a interdit de sortir du pays. Tous deux vivent séparément depuis un an et Yaser abuse du pouvoir que la loi iranienne lui donne. Il conditionne son autorisation au retour de sa femme à la maison.

L’avocate d’Afrooz, Pantea Aledavood [Leili Rashidi], décide d’étaler cette affaire sur les réseaux sociaux, en Iran et à l’étranger.

Par sa gestuelle, son maquillage et son élocution, elle rappelle la grande avocate iranienne Nasrin Sotoudeh [lauréate en 2012 du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen, cette militante des droits de l’homme a été condamnée à cinq ans de prison en juin 2018, notamment pour avoir défendu des Iraniennes qui contestaient le port du voile obligatoire].

D’un autre côté, la directrice de l’équipe iranienne de futsal, jouée par Sahar Dolatshahi, est une femme extrêmement religieuse qui considère Afrooz comme une rebelle. Afrooz, quant à elle, veut réaliser son rêve d’enfance. L’un des points forts du film est son casting. Par exemple, Baran Kosari a perdu beaucoup de poids et s’est entraînée sérieusement pour incarner Afrooz, une performance qui reste très rare dans le cinéma iranien.

Des points marqués contre la censure

Bien que La Permission soit un film très féministe, il n’est pas possible de le qualifier d’exagéré. Il convoque des émotions très douloureuses et amène les spectateurs à réfléchir au sort des femmes. Il réussit même à susciter l’empathie des hommes. Le comble survient lors de la formi-dable scène du jugement : le spectateur est mis à la place du juge, sommé de décider si oui ou non Afrooz pourra se rendre en Malaisie.

Le film contient aussi quelques scènes délicates et subtiles, inédites dans le cinéma iranien depuis la révolution islamique de 1979 et qui témoignent de l’ingéniosité de l’équipe du film pour contourner les restrictions qui pèsent sur le cinéma iranien [un acteur et une actrice ne peuvent par exemple pas se toucher à l’écran, sauf s’ils sont mari et femme dans la vraie vie].

À un moment du film, il est ainsi fait allusion à la personnalité de Yaser, qui exige de sa femme une obéissance absolue : ce pourrait être un indice de la perversité du personnage et de son caractère dominateur. De même, Afrooz cohabite avec une autre joueuse de l’équipe, et les commentaires négatifs des cadres de l’équipe suggèrent une possible relation amoureuse entre les deux femmes. Quand on connaît la sévérité de la censure iranienne, ces scènes semblent incroyables.

En raison de son sujet, nouveau et polémique, et de la célébrité de ses actrices, La Permission suscite l’espoir que d’autres films verront le jour, aussi subtils et justes, pour faire avancer la cause des Iraniennes. La Permission sort le 28 novembre en France, en partenariat avec Courrier international.

Arash Parsapour
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Repères

LA RÉVOLUTION PAR LE SPORT

La Permission, deuxième long-métrage du réalisateur Soheil Beiraghi, est sorti le 26 septembre en Iran, un mois avant que l’équipe masculine du FC Persépolis ne décroche son billet pour la finale de la Ligue des champions asiatique de football. Le match, organisé à Téhéran, le 10  novembre, a fait l’histoire : s’il s’est soldé par la défaite des Iraniens, il s’est joué en présence de 850 femmes, autorisées à entrer dans le stade pour regarder la rencontre. Du jamais-vu depuis la révolution islamique de 1979.

UN FILM BOYCOTTÉ EN IRAN

Les accents féministes de La Permission n’ont guère plu au distributeur Hozeh Honari, connu pour son conservatisme, qui a refusé de programmer le film dans les 97 salles de son réseau. Dans une lettre ouverte, l’Association des réalisateurs iraniens, une organisation indépen-dante, a dénoncé ce boycottage comme étant “une violation de la loi”, le film ayant obtenu son visa d’exploitation. Face au tollé, Hozeh Honari n’a nullement fait marche arrière et a accusé le film d’être “contre les valeurs familiales”.

27/11/2018

https://www.courrierinternational.com/

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01 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

maçonnerie 2 (anti k)

franc m

Franc-maçonnerie et mouvement ouvrier

Au congrès de la première internationale à Londres en 1871, la même année que la commune, Marx déclare :

« Ce type d’organisation (la franc-maçonnerie) se trouve en contradiction avec le développe-ment du mouvement prolétarien, à partir du moment où ces sociétés, au lieu d’éduquer les ouvriers, les soumettent à leur lois autoritaires et mystiques qui entravent leur indépendance et entraînent leur conscience dans une fausse direction. » Et Engels l’appelait l’« internationale artistocratique-bourgeoise des lumières ».

Répondant au New York World, Marx ironisait sur son interprétation selon laquelle la Commune de Paris de 1871 « pourrait également avoir été une conspiration des francs-maçons car leur contribution n’a pas été petite. Je ne serais vraiment pas étonné si le pape venait à leur attri-buer toute la responsabilité de l’insurrection. Mais envisageons une autre explication. L’insur-rection de Paris a été faite par les ouvriers parisiens. »

« Résolution sur la question française » du quatrième congrès de l’Internationale communiste (1922) :

« L’incompatibilité de la franc-maçonnerie et du socialisme était considérée comme évidente dans la plupart des partis de la Deuxième Internationale (…) Si le deuxième Congrès de l’Internationale Communiste n’a pas formulé, dans les conditions d’adhésion à l’Internationale, de point spécial sur l’incompatibilité du communisme et de la franc-maçonnerie, c’est parce que ce principe a trouvé sa place dans une résolution séparée votée à l’unanimité du Congrès.

Le fait, qui s’est révélé d’une façon inattendue au 4e Congrès de l’Internationale Communiste, de l’appartenance d’un nombre considérable de communistes français aux loges maçonniques est, aux yeux de l’Internationale Communiste, le témoignage le plus manifeste et en même temps le plus pitoyable que notre Parti français a conservé, non seulement l’héritage psycholo-gique de l’époque du réformisme, du parlementarisme et du patriotisme, mais aussi des liaisons tout à fait concrètes, extrêmement compromettantes pour la tête du Parti, avec les institutions secrètes, politiques et carriéristes de la bourgeoisie radicale (…)

L’Internationale considère comme indispensable de mettre fin, une fois pour toutes, à ces liaisons compromettantes et démoralisatrices de la tête du Parti Communiste avec les organi-sations politiques de la bourgeoisie. L’honneur du prolétariat de France exige qu’il épure toutes ses organisations de classe des éléments qui veulent appartenir à la fois aux deux camps en lutte. Le Congrès charge le Comité Directeur du Parti Communiste français de liquider avant le 1er janvier 1923 toutes les liaisons du Parti, en la personne de certains de ses membres et de ses groupes, avec la franc-maçonnerie.

Celui qui, avant le 1er janvier, n’aura pas déclaré ouvertement à son organisation et rendu publique par la presse du Parti sa rupture complète avec la franc-maçonnerie est, par là-même, automatiquement exclu du Parti communiste sans droit d’y jamais adhérer à nouveau, à quelque moment que ce soit. La dissimulation par quiconque de son appartenance à la franc-maçonnerie sera considérée comme pénétration dans le Parti d’un agent de l’ennemi et flétrira l’individu en cause d’une tache d’ignominie devant tout le prolétariat. »

Trotsky, qui connaît le mieux le mouvement ouvrier français au sein de l’Internationale communiste, est chargé de la « question française » en son sein… « Le pourcentage bien infime d’idéalistes honnêtes qu’il peut y avoir dans les loges ne fait qu’accroître le caractère dangereux de la franc-maçonnerie. »

Trois points c’est tout, Léon Trotsky

« La franc-maçonnerie est une plaie mauvaise sur le corps du communisme français. Il faut la brûler au fer rouge. » Léon Trotsky, Communisme et franc-maçonnerie. « La Ligue des droits de l’Homme et la franc-maçonnerie sont des instruments de la bourgeoisie qui font diversion à la conscience des représentants du prolétariat français. Nous déclarons une guerre sans pitié à ces méthodes car elles constituent une arme secrète et insidieuse de l’arsenal bourgeois. On doit libérer le parti de ces éléments. »

« Le Parti communiste français n’était donc pas le seul dans son cas mais ce qui le caracté-risait fâcheusement, c’était l’hypocrisie de nombre de ses dirigeants. Le jour où je devais parler devant la commission, nous venions de recevoir le plus récent numéro du Bulletin communiste où, en ce moment même, on avait l’impudence de reprendre les critiques anciennes de la tactique de l’Internationale.

Ceci me fournit une entrée en matière qui, du coup, liquida les droitiers ; pendant la lecture, ils baissaient la tête, sentant la réprobation unanime de la commission. Aux représentants du centre, je posai la question : “ Vous prétendez exercer seuls la direction et en accord avec l’Internationale. Mais qui peut avoir confiance en vos déclarations ? ” Ici, quelques-uns d’entre eux grognèrent. Parlant en fin de séance, Trotsky prit à partie, nommément, Ker, dont il venait d’apprendre qu’il était franc-maçon, ce que beaucoup d’entre nous ignoraient.

Comment peut-on être communiste et franc-maçon ? demanda Trotsky ; pour lui, c’était absolu-ment incompatible… Après de longues délibérations au cours desquelles furent examinées et discutées l’activité du Parti, les particularités du mouvement ouvrier, les luttes des fractions, la presse, la question paysanne, la politique coloniale, la commission élabora un programme d’action. Elle reconnut unanimement que les membres du Parti adhérant à la franc-maçonnerie et à la Ligue des droits de l’homme devaient immédiatement abandonner “ ces machines de la bourgeoisie créées pour endormir la conscience de classe des prolétaires ”.

Exceptionnellement, et pour permettre au Parti de sortir de l’impasse où il s’était enfoncé, elle proposait que le Comité directeur fût constitué selon la proportionnelle sur la base des votes du congrès de Paris, les titulaires devant être désignés par les délégations elles-mêmes. Les représentants des trois tendances (parce qu’il y avait des tendances? note du blog) déclarèrent alors accepter la résolution sans réserve ; tous protestèrent de leur attachement et de leur dévouement à l’Internationale communiste. »

Rosmer dans « Moscou sous Lénine »

« L’appartenance d’un nombre considérable de communistes français aux loges maçonniques est le témoignage le plus manifeste et le plus pitoyable que notre Parti français a conservé, non seulement l’héritage psychologique de l’époque du réformisme, du parlementarisme et du patriotisme, mais aussi des liaisons tout à fait concrètes, extrêmement compromettantes, avec les institutions secrètes, politiques et carriéristes de la bourgeoisie radicale. »

Document du congrès de Tours du parti communiste, section de France de l’Internationale communiste, reprenant les propositions de Trotsky

« Dans la franc-maçonnerie se réunissent des gens de différents partis, avec des intérêts différents et avec des fins personnelles différentes. Tout l’art de la direction de la franc-maçonnerie consiste à neutraliser les tendances divergentes et à aplanir les contradictions entre les groupes et les cliques (dans l’intérêt de la « démocratie » et de « l’humanité », c’est-à-dire de la classe dominante).

On s’habitue ainsi à parler à haute voix de tout, sauf de l’essentiel. Cette morale fausse, hypocrite, frelatée, imprègne en France, directement ou indirectement, la majorité des chefs ouvriers officiels. Marceau Pivert lui-même est pénétré de l’influence de cette morale. Il lui semble que nommer à haute voix un fait désagréable, c’est une inconvenance.

Nous, nous jugeons criminel de taire les faits qui ont une importance pour la lutte de classe du prolétariat. C’est là la différence fondamentale de notre morale. Pouvez-vous, Guérin, répondre clairement et franchement aux ouvriers ? Qu’est-ce qui lie Pivert à la maçonnerie ? Je vous le dis : c’est ce qui le sépare de la IV° Internationale, c’est-à-dire l’indécision sentimentale petite-bourgeoise, la dépendance à l’égard de l’opinion publique officielle.

Si quelqu’un me déclare qu’il est matérialiste et qu’en même temps il se rende à la messe le dimanche, je dis que son matérialisme est faux. Il peut bien crier que je suis intolérant, que je manque de tact, que j’attente à sa « personnalité », etc., cela ne m’émeut pas. Combiner le socialisme révolutionnaire à la franc-maçonnerie est aussi inconcevable que combiner la matérialisme au catholicisme.

Le révolutionnaire ne peut avoir politiquement deux domiciles : l’un avec la bourgeoisie, pour l’âme, l’autre avec les ouvriers, pour la politique courante. La duplicité est incompatible avec le révolutionnaire prolétarien. Excluant toute stabilité interne, la duplicité engendre la sensibilité, la susceptibilité, la timidité intellectuelle. A bas la duplicité, Guérin ! »

Léon Trotsky, lettre à Daniel Guérin, mars 1939

Source: https://www.matierevolution.fr/

mardi 19 décembre 2017 Robert Paris

https://www.anti-k.org/

Commentaire: Marceau Pivert est un peu le Mélenchon de l’époque. Il sortira du PS pour créer le PSOP (Parti Socialiste Ouvrier et Paysan) rejoint par les trotskistes.

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01 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

maçonnerie 3 (anti-k)

franc mac

Mouvement ouvrier et canaille franc-maçonnique

Une des traditions du mouvement ouvrier a toujours été d’interdire l’appartenance d’un de ses membres à la franc-maçonnerie.

On se demande bien pourquoi, n’est-ce pas ? « Combiner le socialisme révolutionnaire à la franc-maçonnerie est aussi inconcevable que combiner le matérialisme au catholicisme. » (Trotsky) En 1922, lors du 4è Congrès de l’Internationale Communiste (la 3è Internationale) , Trotsky condamnera les dirigeants, cadres et militants du Parti Communiste qui avaient adhéré à la franc-maçonnerie, expliquant que l’appartenance à la franc-maçonnerie était incompatible avec l’appartenance au Parti Communiste, et leur intimera l’ordre de rompre publiquement immédiatement et sans condition toutes relations avec cette organisation qu’il définissait comme « une organisation de l’ennemi de classe »

Il considérait qu’elle constituait un des éléments les plus importants du dispositif mis en place par la bourgeoisie pour corrompre les militants ouvriers, appauvrir leur pensée et affaiblir leur volonté. Il ajoutera que : « La dissimulation par quiconque de son appartenance à la franc-maçonnerie sera considérée comme pénétration dans le Parti d’un agent de l’ennemi et flétrira l’individu en cause d’une tâche d’ignominie devant tout le prolétariat. »

Dans une lettre adressée à Daniel Guérin en 1937, Trotsky reprendra en partie la définition de la franc- maçonnerie qu’il avait déjà donnée en 1922 : « Dans la franc-maçonnerie se réunis-sent des gens de différents partis, avec des intérêts différents et avec des fins personnelles différentes.

Tout l’art de la direction de la franc-maçonnerie consiste à neutraliser les tendances divergen-tes et à aplanir les contradictions entre les groupes et les cliques (dans l’intérêt de la « démo-cratie » et de « l’humanité », c’est-à-dire de la classe dominante). On s’habitue ainsi à parler à haute voix de tout, sauf de l’essentiel. Cette morale fausse, hypocrite, frelatée, imprègne en France, directement ou indirectement, la majorité des chefs ouvriers officiels. »

Trotsky dira dans la même lettre : « Comment peut-on ne pas lutter contre eux ? Comment peut-on ne pas l’expliquer à tous les membres du parti que l’amitié politique avec ces messieurs, c’est une porte ouverte à la trahison ? »

Aujourd’hui, ce sont un certain nombre de dirigeants, de cadres et de militants de gauche qui ont adhéré ou qui entretiennent des liens étroits avec la franc-maçonnerie. Certains camarades me diront que c’est un secret de polichinelle qu’on s’en fout après tout, cela n’a aucune importance. Certes, mais à ceci près que tous les militants sont loin de le savoir, et surtout, ils n’en mesurent pas les implications directes sur la lutte des classes.

Lettre à Daniel Guérin  Trotsky  Oeuvres 1937

Trotsky s’interrogea sur les raisons qui ont conduit des militants à entretenir des relations étroites avec la canaille franc-maçonnique : « Qu’est-ce qui lie Pivert à la maçonnerie ? Je vous le dis : c’est ce qui le sépare de la IV° Internationale, c’est-à-dire l’indécision sentimentale petite-bourgeoise, la dépendance à l’égard de l’opinion publique officielle. Si quelqu’un me déclare qu’il est matérialiste et qu’en même temps il se rende à la messe le dimanche, je dis que son matérialisme est faux. Il peut bien crier que je suis intolérant, que je manque de tact, que j’attente à sa « personnalité », etc., cela ne m’émeut pas.

Combiner le socialisme révolutionnaire à la franc-maçonnerie est aussi inconcevable que combiner le matérialisme au catholicisme. Le révolutionnaire ne peut avoir politiquement deux domiciles : l’un avec la bourgeoisie, pour l’âme, l’autre avec les ouvriers, pour la politique courante. La duplicité est incompatible avec le révolutionnaire prolétarien. Excluant toute stabilité interne, la duplicité engendre la sensibilité, la susceptibilité, la timidité intellectuelle. A bas la duplicité, Guérin ! »

« En premier lieu, il faut rompre avec les francs-maçons (qui sont tous des patriotes) (…) et se tourner vers la IV° Internationale (…) »  L’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec l’appartenance à la IVe Internationale, c’est clair, net et précis.

La conclusion de Trotsky sur la franc-maçonnerie sera sans appel et demeure d’actualité :
« La franc-maçonnerie est une plaie mauvaise sur le corps du communisme français. Il faut la brûler au fer rouge. »

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Franc-maçonnerie (Wikipédia)

Mélenchon franc-maçon : était-ce connu du grand public ? L’assume-t-il ? (Libération)

Commentaire: La menace d’exclusion de JL Mélenchon, nous permet de revenir sur cette organisation (plusieurs en réalité dont la principale est « de gauche »)

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