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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

rohingyas (libération)

Bangladesh garment workers

Bangladesh : Thengar Char, l’île de la relégation pour les Rohingyas

Face à l’afflux de réfugiés musulmans en provenance de Birmanie, Dacca envisage de déplacer ces populations menacées dans la baie du Bengale.

Une vaste galette boueuse et herbeuse qui émerge à une dizaine de mètres au-dessus des eaux limoneuses de la baie du Bengale. Voilà Thengar Char. Sur certaines cartes du Bangladesh, cette île formée il y a une dizaine d’années par les sédiments charriés par la rivière Meghna n’est même pas mentionnée. Les dernières photos prises par l’agence Reuters montrent des buffles y paissant devant des arbustes et un littoral terreux qui va mourir dans la mer. Sinon, rien. Pas de réseau téléphonique, ni d’infrastructures. C’est sur cette île de 2 400 hectares, soumise aux cyclones et aux inondations, que le gou­vernement ban­gladais ambitionne de transférer plusieurs dizaines de milliers de Rohingyas. Ces musulmans privés de citoyenneté fuient l’ouest de la Birmanie, où ils sont victimes d’un apartheid de fait depuis une quarantaine d’années. Le Bangladesh espère ainsi trouver une issue à la pression migratoire qui s’est intensifiée ces dernières semaines. Mais le projet a tout d’une relégation dans un no man’s land terminus pour ces parias de l’Asie.

Depuis ­l’attaque d’un poste de police à la frontière, le 9 octobre, par ce qui ­ressemble à des assaillants islamistes, l’armée birmane a lancé en représailles une offensive qui s’apparente à du nettoyage ethnique dans le nord de l’Etat Rakhine (ouest de la Birmanie), épicentre des exactions contre les Rohingyas. Près de 70 000 d’entre eux ont franchi la frontière du Bangladesh, qui en ­comptait déjà sur son sol ­entre 230 000 et 500 000, arrivés au cours de précédentes crises dans les années 70 et 90, lorsque la junte birmane a encouragé leur fuite. Si en Birmanie les Rohingyas sont parfois moins bien ­traités que des animaux de ­compagnie, ils ne sont pas spécialement bienvenus non plus au Bangladesh. Fin janvier, Dacca a en effet dit redouter des problèmes «de loi et d’ordre», et la propagation de maladies si les réfugiés se mélangeaient à la population.

«Politique de la terreur»

Dimanche, le ministre bangladais des Affaires étrangères, Abul Hassan Mah­mud Ali, a répété que la minorité musulmane était «vulnérable», précisant que «des réseaux sont apparus […] afin de se livrer à des ­trafics d’êtres humains et de la contrebande de stupéfiants». Le gouvernement a donc ressorti du placard son plan de déménagement des Rohingyas à Thengar Char. A deux heures de bateau au sud du village de Hatiya, l’île est «uniquement accessible en ­hiver, et c’est un paradis pour les pirates», selon la description d’un responsable bangladais à l’AFP.

En 2015, alors que la région faisait face à une fuite massive de boat people et à une crise humanitaire d’ampleur, la Première ministre, Sheikh Hasina, avait ordonné le transfert à Thengar Char des Rohingyas établis dans la région de Cox’s Bazar, destination touristique de premier plan que le Bangladesh tente de promouvoir. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait alors alerté sur un projet «très complexe et controversé». Il n’empêche. Dimanche, Abul Hassan Mah­mud Ali est revenu à la charge en le défendant devant le corps diplomatique et les grandes ONG internationales à Dacca. Il s’est engagé à «construire les infrastruc­tures nécessaires – écoles, centres de santé, mosquées, routes – afin de rendre l’endroit habitable». Il a également promis que le transfert n’aurait lieu «qu’après l’achèvement des activités de développement».

Exécutions sommaires

Pour l’heure, seulement 33 000 Rohingyas vivent dans les camps de Kutupalong et Nayapara mis en place par le HCR au Bangladesh, au sud de Cox’s Bazar. Des dizaines de milliers d’autres sont installés dans des campements improvisés et très précaires près des structures du HCR. Tous les jours, ils voient arriver d’autres Rohingyas chassés de l’Etat Rakhine par une opération de répression «généralisée et systématique», comme l’écrivait le 3 février le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans un rapport dénonçant la ­«politique de la terreur» des forces birmanes. Depuis trois mois, des villages ont été rasés et incendiés, des exécutions sommaires et des viols commis à grande échelle, ­faisant «plusieurs centaines de morts». L’ONU a documenté des exactions s’apparentant «très probablement» à des crimes contre l’humanité, qui fragilisent le pouvoir de la «conseillère d’Etat» (équivalent de Première ministre), Aung San Suu Kyi.

Par ailleurs, la question rohingya vire à la crise régionale et divise l’Association des Etats de l’Asie du Sud-Est (Asean) : les autorités bangladaises s’adressent à la communauté internationale, l’appelant à prendre des «mesures significatives pour le rapatriement de cette population vers la Birmanie», tandis que cette dernière n’accepte d’envisager cette solution que pour les personnes parties depuis le 9 octobre, et seulement quand la situation dans l’Etat Rakhine sera revenue «à la normale». Ce que les Rohingyas n’attendent plus.

Arnaud Vaulerin Correspondant au Japon 8 février

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18 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

ivg (topito + fr24)

ivg

Faits alarmants sur le droit à l’IVG dans le monde, ça fait flipper

ALERTE: Des gentils sites à l’apparence bienveillante et à la plume malhonnête s’amusent à diffuser des mensonges et à inciter sournoisement les jeunes femmes en détresse à ne surtout pas se faire avorter. Parce que c’est dangereux, parce que c’est douloureux, parce que ça rend zinzin, et surtout parce que c’est MAAAAL. Ivg.net, sosbebe.org, ecouteivg.org ne sont autres que des sites bidons… En attendant que ces pourfendeurs soient condamnés une bonne fois pour toutes, voici quelques informations sur l’IVG aujourd’hui dans le monde et ça fait FLIPPER.

1. Dans le monde, seulement 61 états autorisent l’IVG

Ce qui signifie que seuls 39,5% des femmes ont la possibilité de se faire avorter. C’est un début. Ca pourrait être pire, ça l’a été, mais il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin.

2. Au Salvador, l’avortement est un crime

Peu importe les conditions de fécondation (viol, inceste, malformations graves), une femme qui se fait avorter encourt huit ans de prison. Ce qui fait grimper l’Amérique centrale tout en haut des zones les plus dangereuses pour pratiquer l’avortement au monde (suivie de près par l’Amérique du sud).

3. Début décembre 2016 l’Ohio adoptait un projet de loi interdisant l’IVG au-delà de six semaines

Etape de la grossesse au cours de laquelle le cœur du fœtus commence à battre. On saura dans quelques jours si la loi est adoptée ou non mais on peut supposer qu’avec un Trump au pouvoir, ça n’annonce rien de bon pour les droits de femmes.

4. 98% des avortements en Afrique ne sont pas médicalisés

Donc pire encore que les restrictions sur l’avortement, c’est surtout que les méthodes d’intervention représentent un danger réel pour la mère.

5. En Irlande, le fœtus a les mêmes droits que la mère

Selon le 8e amendement de la constitution, ce droit “foetal” interdit tout avortement, un crime passible de 8 ans prison. Une loi existe cependant depuis 2014 autorisant l’IVG uniquement en cas de danger avéré pour la mère mais ce n’est pas toujours appliqué dans les faits. C’est pourquoi des milliers d’Irlandaises vont chaque année dans les pays voisins pour se voir accorder, enfin, un droit qui devrait être fondamental.

6. Les lois d’interdiction de l’IVG sont les mêmes à Malte où ce crime est passible de 3 ans de prison

7. En Andorre, à Chypre et en Pologne, il faut être sur le point de clamser pour se faire avorter

L’avortement est donc interdit sauf en cas de viol ou d’inceste (encore faut-il le prouver ma bonne dame) ou de problème médical entraînant un danger pour la mère.

8. En Afrique, seuls la Tunisie, le Malawi et l’Afrique du Sud permettent l’IVG

9. Les IVG en Europe occidentale et en Asie sont principalement dues à la crainte d’avoir une fille.

10. En Italie, les femmes ont le droit de se faire avorter (depuis 1978) mais les médecins ont aussi le droit à « l’objection de conscience ».

En particulier, dans l’Italie du sud où près de 70% des médecins se refusent une telle pratique, un droit que la loi leur permet. (Ils le font dans le privé Note du Blog)

11. En 2014 on comptait environ 56 millions d’IVG dans le monde

Dont 50% étaient dans des conditions à risque pour la mère.

Voilà, voilà, voilà. Il faut noter que les pays où l’IVG est interdite sont par ailleurs peu engagés sur la sensibilisation de leurs citoyens aux différentes méthodes de contraception ce qui n’arrange pas le schmilblick. N’oublions pas que l’IVG en France est autorisée par la loi Veil depuis 1975 dans les douze premières semaines de grossesse, elle n’est pas dangereuse, peut être chirurgicale ou médicamenteuse (jusqu’à la cinquième semaine de grossesse).

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26 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

les cathos sont là!

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18 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

hollandie (npa)

Combattre l’islamophobie au plus haut sommet de l’Etat !

Dans un livre dont L’Express vient de publier des extraits, Un président ne devrait pas dire ça (sic), François Hollande déclare: «La femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain. Parce que, d’une certaine façon, si on arrive à lui offrir les conditions pour son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l’être, capable de porter un idéal ».

Ces propos révèlent non seulement la manière toute coloniale et raciste dont les classes dirigeantes continuent de percevoir les musulman·e·s vivant en France, mais aussi la stratégie politique consistant à les faire passer pour un corps étranger à la société française, une minorité menaçante voire une « cinquième colonne ». Ces déclarations postulent en effet que les femmes voilées ne seraient pas françaises, et ne pourraient le devenir qu’à condition de retirer leur voile.

François Hollande sait parfaitement que la grande majorité des musulmans vivant en France, dont les femmes portant un foulard, sont français(e)s. Affirmant cela, il ne dit donc pas autre chose que le FN, qui de longue date présente les Français·es issu·e·s de l’immigration – particulièrement les descendant·e·s de colonisé·e·s – comme des « Français de papier ». Il défend ainsi une conception essentialiste, racialisante, de la population française, dont seraient exclus a priori les musulman·e·s.

Il affirme en outre que ces femmes seraient incapables de « porter un idéal ».

Mais quel idéal a-t-il porté, lui président, depuis son accession au pouvoir ? La destruction du code du travail et les milliards déversés dans les caisses du patronat, qui n’ont servi qu’à enri- chir les possédants (puisque le chômage n’a cessé d’augmenter) ? La déchéance de natio-nalité et le refus de l’accueil des migrant·e·s fuyant la guerre et la misère ? L’état d’urgence et la répression tous azimuts des mobilisations sociales comme des quartiers populaires ?

Hollande enfonce le clou en affirmant : « Il y a un problème avec l’islam, parce que l’islam demande des lieux, des reconnaissances. Ce n’est pas l’islam qui pose un problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu’elle veut s’affirmer comme une religion dans la République ».

 Là encore, la rhétorique ne se distingue qu’en apparence de celle du FN ou de la droite. Ce qui leur est commun à tous, c’est de faire de l’islam un « problème » et de refuser aux musulman·e·s ce que la loi de 1905 avait permis aux autres religions, à savoir la liberté de culte. Depuis 15 ans, les gouvernements successifs – qu’ils soient dominés par l’UMP ou le PS – ont accumulé les attaques visant les musulman·e·s et imposé une politique de plus en plus discriminatoire et ségrégative à leur égard.

Prenant prétexte du terrorisme, les classes dirigeantes posent les germes d’une politique d’apartheid social mais aussi d’une guerre civile de basse intensité, ciblant les musulman·e·s (ou présumé·e·s tel·le·s), les quartiers populaires, mais aussi tous ceux et toutes celles qui luttent activement contre le racisme, les guerres impérialistes, l’autoritarisme et le capitalisme.

Pour y faire face, il est urgent de reconstruire partout des solidarités antiracistes et de classe, de faire de la lutte contre l’islamophobie une véritable priorité, et de bâtir une tout autre société, fondée sur des valeurs d’égalité et libérée du racisme.

Dimanche 16 octobre 2016

Lire aussi:

Le burkini, la gauche, et les « vrais problèmes: le capitalisme est un système complet de domination sociale. (Daniel Tanuro)

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15 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

allez au cinéma!

Recommandé par le Canard Enchaîné cette semaine

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14 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

hollande (révolution permanente)

croisades

Après la déchéance de nationalité: « Il y a un problème avec l’islam ». Quand Hollande chasse de nouveau sur le terrain du FN

Des extraits des confessions d’Hollande, d’un «président (qui) ne devrait pas dire ça », titre du livre publié par les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, circulent dans les médias. C’est en «privé» qu’Hollande se confie sur son quinquennat, avançant tant bien que mal vers la campagne des présidentielles. Lui qui il y a à peine un mois voulait apparaitre comme le « rassembleur de son camp » avec Sarkozy en ligne de mire, penche toujours plus sur la droite, une droite réactionnaire, raciste, sexiste et islamophobe.

C’est ainsi qu’à côté de ses confidences sur ses relations amoureuses, entre Julie Gayet et Valérie Trierweiler, Hollande avoue qu’ « il y a un problème avec l’islam » et un peu plus tard qu’ « il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là ». Un « problè- me » avec l’islam et les immigrés que la France a depuis bien (trop) longtemps, une islamo- phobie et un racisme qui s’expriment ouvertement au détour d’une conversation entre Hollande et des journalistes, mais qui irriguent profondément la société française.

Un racisme d’Etat qui est véhiculé en premier lieu par ceux qui nous gouvernent et en sont les principaux artisans. D’ailleurs, ce que le Président a à nous confier ressemble de près à la ligne déjà adoptée par Valls : un couple au pouvoir qui se retrouve donc sur la même longueur d’onde.

Opposé fin août aux arrêtés anti-burkini, Hollande voulait apparaître, en contrepied de Valls, comme le garant de la « cohésion nationale » où la « stigmatisation » et la « provocation » n’ont pas leur place. A l’approche du 13 novembre et de l’anniversaire des attentats, il semble qu’Hollande et Valls soient nostalgiques de cette (courte) période où leur gestion « exemplaire » des attentats était saluée, leur police applaudie, leur côte de popularité au plus haut et où ils apparaissaient comme les grands défenseurs de la République.

Hollande est en guerre contre le « sarkozysme » tout en en reprenant très bien l’essence : la rhétorique du tout-sécuritaire et du « problème islamique ».

A son tour, Hollande nous fait le coup du « franc-parleur », qui dit ce qu’il pense et ce que « tout le monde pense » : « Qu’il y ait un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute. [...] Il y a un problème avec l’islam, parce que l’islam demande des lieux, des reconnaissances. Ce n’est pas l’islam qui pose un problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dange- reuse en elle-même, mais parce qu’elle veut s’affirmer comme une religion dans la République. Après, ce qui peut poser un problème, c’est si les musulmans ne dénoncent pas les actes de radicalisation, si les imams se comportent de manière antirépublicaine…  »

Depuis le « je suis Charlie », Hollande et Valls ont adopté, sans trop de difficultés et chacun dans son style, un ton martial, l’air grave, en appelant à la responsabilité de tout en chacun, aux valeurs de la république, à l’ordre. L’injonction permettant de déterminer qui sont ceux et celles qui oeuvrent à la cohésion nationale, qui veulent défendre leur patrie, qui sont du côté de la République, de ses valeurs, de distinguer les « bons » musulmans, les « assimilés », des autres, qui eux encourent le risque d’être suspectés de soutenir les terroristes ou d’en être.

Sur la même longueur d’onde que son premier ministre, Hollande clarifie la position du gouvernement PS : la République n’est pas compatible avec l’islam. Le 29 août, Valls professait que [« Marianne, elle, a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre ! C’est ça la République » Hollande en accord, total, avec le combat ouvert, islamophobe, raciste et sexiste du bonnet phrygien contre le voile islamique, remanie à peine la première déclaration et s’en explique :

« La femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain. [...] Parce que [...] d’une certaine façon, si on arrive à lui offrir les conditions pour son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l’être, capable de porter un idéal. Finalement, quel est le pari que l’on fait ? C’est que cette femme préférera la liberté à l’asservissement. Que le voile peut être pour elle une protection, mais que demain elle n’en aura pas besoin pour être rassurée sur sa présence dans la société. »

Depuis, chacun y va de son interprétation sur la première phrase qui a été isolée du reste. Une chose est sûre c’est que le discours commence à être bien rôdé, et quoi de plus insupportable que ce discours hérité de la France coloniale, civilisateur, qui sous couvert de libérer le corps des femmes de confession musulmane, propage à ses pires heures, racisme et islamophobie.

Hollande s’est gardé de tenir de tels propos face aux français, en direct, pourtant le message envoyé est clair, le président n’en pense pas moins et en dit plus qu’hier. Ce discours qui était l’apanage de la droite se traduit aujourd’hui concrètement à travers des politiques, avancées par la gauche, soutenues par la droite et l’extrême droite qui estiment, elles, que c’est le « strict minimum » : du démantèlement de la « jungle » de Calais, à l’état d’urgence permanent, au renforcement d’une police raciste et qui jouit d’une totale impunité, jusqu’aux lois qui visent à nous exploiter toujours plus durement et particulièrement les couches sociales les plus exploitées qui sont également en grande partie racisées.

Joan Manchette 13 octobre 2016

http://www.revolutionpermanente.fr/

Lire aussi:

Une rentrée islamophobe: Les seins de Marianne ne serviront ni à stigmatiser les musulmanes, ni à renvoyer les femmes à la maternité

Comme c’est pareil dans toute l’Europe:

L’Office de protection de la Constitution de Saxe s’attaque aux « militants d’extrême-gauche »

Que cherche Hollande en chargeant les juges ?

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07 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

colombie (le monde)

gender

Le vatican adore (c’est pas nouveau) regarder dans les culottes!

La paix, les FARC et la « théorie du genre »

Les opposants à l’accord de paix avec les rebelles des FARC, rejeté dimanche par référendum, ont agité un argument surprenant : c’était, selon eux, le risque d’imposer l’« idéologie du genre ».

Le genre a-t-il joué contre la paix ?

La Colombie continue de s’interroger sur les raisons de la victoire du non au référendum du dimanche 2 octobre. Les électeurs qui ont voté contre l’accord de paix signé avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) ont argué de la crainte du « castro-chavisme ». De manière surprenante, l’autre risque invoqué a été « l’idéologie du genre ». Le terme a envahi la campagne et l’imaginaire des croyants, catholiques ou évangéliques.

« J’ai voté non parce que je ne veux pas que la Colombie tombe dans les griffes de l’athéisme, du communisme et du pouvoir homosexuel », a expliqué sur Twitter le pasteur évangélique Marco Fidel Ramirez, conseiller municipal à Bogota. « Je ne veux pas voir les homos arriver au pouvoir », renchérit un chauffeur de taxi à Bogota.

Comme ailleurs en Amérique latine, les Eglises évangéliques sont en pleine expan- sion en Colombie. Elles compteraient aujourd’hui plus de 10 millions de fidèles. De l’avis des observateurs, l’opposition ouverte de la majorité d’entre elles à l’accord de paix a pesé dans le résultat du plébiscite. Le silence de l’Eglise catholique, qui, au nom de la liberté de conscience, a choisi de ne pas prendre parti, aussi.

Mais comment ce sujet s’est-il invité dans le débat sur la fin d’un conflit avec une guérilla dans le maquis depuis cinquante-deux ans ? Deux logiques ont joué. Négocié pendant quatre ans à La Havane, l’accord a été rédigé en langage inclusif : il parle « des guérilleros et des guérilleras », « des paysans et des paysannes », de « tous et toutes ». Il prévoit des mesures spécifiques pour les femmes et évoque les droits de la communauté LGBTI (lesbiennes, gays, bi, trans, intersexués). Le 24 juillet, la communauté internationale avait célébré « le premier accord de paix au monde qui prend en compte la perspective de genre ».

Fascicules dans les collèges

Parallèlement, à Bogota, la publication de fascicules contre la discrimination dans les collèges suscite une mobilisation sans précédent des défenseurs de la famille traditionnelle. Le 10 août, des manifestations ont lieu dans toutes les grandes villes du pays. Pourtant, deux mois plus tôt, le mariage entre personnes du même sexe avait été légalisé dans une relative indifférence par une décision de la Cour constitutionnelle.

Les fascicules, intitulés « Milieux scolaires sans discrimination », ont été élaborés sous l’égide des Nations unies et du ministère de l’éducation. Mais de faux extraits, tirés d’une bande dessinée pornographique belge, enflamment les réseaux sociaux. Un questionnaire adressé aux directeurs d’établissements pour détecter d’éventuelles pratiques discriminatoires s’ajoute au scandale. L’Eglise catholique et ses rivales évangéliques s’insurgent à l’unisson contre « l’idéologie du genre ». Le terme fait mouche.

La ministre de l’éducation, Gina Parody – qui est homosexuelle – gère très mal la crise. Le président Juan Manuel Santos (centre droit) annonce que les fascicules seront retirés. Mais il maintient Mme Parody en poste et lui demande, en septembre, de prendre la tête de la campagne gouvernementale pour le oui.

En campagne pour le non, l’ancien président Alvaro Uribe a fait le lien entre les deux événements. « L’idéologie du genre incluse dans les accords de paix entrera, sans vrai débat, dans notre ordonnancement constitutionnel », a-t-il menacé. Les évangéliques ont ressassé l’argument à satiété. Le 2 octobre, le non a gagné. Le surlendemain, Mme Parody a démissionné.

Marie Delcas (Bogota, correspondante) LE MONDE | 06.10.2016

http://www.lemonde.fr/

pope f

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04 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

anticléricalisme (europe1+ le huff’)

(Ne pas aller jusqu’à Estrosi, à la fin!)

La « théorie du genre » pour les nuls

Tout d’abord la rumeur : une « théorie du genre » serait enseignée à l’école pour nier les différences sexuelles entre filles et garçons, si possible dès la maternelle. Avec quel objectif ? Détruire le modèle traditionnel (hétérosexuel) de la famille et encourager l’homosexualité, la bisexualité et la transsexualité.

D’où un appel à boycotter les salles de classe, relayé par SMS et sur les réseaux sociaux. Facile aujourd’hui de savoir que cet appel et cette rumeur proviennent de personnes proches de l’extrême droite. Mais rien n’y fera : les rumeurs ont la peau dure à défaut d’être fondées. Même à l’heure de la société de l’information il demeure difficile de s’en débarrasser. Au con- traire, les rumeurs se propagent désormais sans aucune limite physique grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. D’où parfois leur nature explosive : d’un jour à l’autre la rumeur surgit et occupe les esprits. Et plus elle gagne du terrain, plus elle peut donner l’illusion de l’objectivité.

Mais de quoi parle t-on au juste dans le cas présent ? D’une théorie du genre qui n’existe pas. Ce qui existe, en revanche, c’est une distinction entre « sexe biologique » et « genre ». Le genre est un concept issu des sciences humaines et sociales pour affirmer l’importance de l’environnement social et culturel dans la construction de l’identité sexuelle de chacun.

En effet, au moment de l’enfance nous ne faisons pas qu’apprendre notre apparte- nance à l’un des deux sexes. Nous intégrons aussi, souvent de manière implicite, les valeurs et les rôles sociaux associés par les adultes à cette appartenance. En gros et pour faire vite : je « joue aux petites voitures et non à la poupée » parce que je suis un garçon. Je « joue à la poupée et non aux petites voitures » parce que je suis une fille. Construites très tôt au cours du développement mental, de telles associations conduisent à la fois à une identité sexuelle (perception d’être soi-même de genre masculin ou féminin) et à des « rôles de genre » qui contrairement au sexe biologique sont socialement et culturellement construits.

De ce fait, les rôles de genre et l’identité sexuelle (ou identité de genre) permettent à l’âge adulte la reproduction de certaines inégalités inscrites de longue date entre hommes et femmes, aujourd’hui encore en matière par exemple de salaire, d’accès à certaines professions et à certains statuts. Et c’est bien là tout le problème et aussi tout l’intérêt des travaux consa- crés depuis une soixantaine d’années aux « constructions genrées » et aux « rapports de sexe » sous l’impulsion historique des « études de genre » (« gender studies ») inspirées notamment de Simone de Beauvoir, et de son célèbre « On ne naît pas femme, on le devient ».

Il ne s’agit pas de nier les différences biologiques entre hommes et femmes, mais de dévoiler l’origine éminemment sociale et donc le caractère en réalité arbitraire de l’inégalité des sexes dans de multiples domaines. De nombreuses connaissances ont été accumulées dans ce cadre dont on s’efforce aujourd’hui de faire la synthèse, avec difficulté en raison de la diversité des disciplines impliquées (historiquement la littérature, la philosophie, l’histoire, la psychologie, la sociologie et l’anthropologie, plus récemment les neurosciences sociales, les sciences politiques, la linguistique, l’éthique, l’esthétique, la géographie, l’économie, le droit). Même morcelés, les travaux sur le genre donnent cependant une vraie légitimité à la lutte contre les inégalités de sexe. (…)

Voyons-en un exemple simple en référence à la question de la sous-représentation des filles et des femmes dans les filières des sciences dites « dures » impliquant de solides compétences en mathématiques.

Adam et Eve seraient-ils donc biologiquement inégaux sur le terrain de Pythagore ? Cette inégalité traduit-elle au contraire l’action d’un stéréotype ? Démonstration : dans plusieurs études conduites en collaboration avec Isabelle Régner de l’Université d’Aix-Marseille, plu- sieurs centaines d’élèves du secondaire devaient mémoriser une figure géométrique complexe, sans signification particulière, pour ensuite la reproduire sous une forme graphique. Cette épreuve leur était présentée soit comme un test de géométrie soit comme un test de dessin (des élèves comparables étaient assignés au hasard à l’une de ces deux conditions).

En condition « géométrie », les filles produisaient une performance inférieure à celle des garçons. Cette différence s’inversait dans la condition « dessin » ! Le test étant strictement le même dans les deux conditions de l’étude, on voit à quel point la perception que les élèves se forgent d’eux-mêmes en fonction de leur appartenance de sexe peut s’avérer déterminante (ce type de phénomène est repérable à l’école non sur les résultats de contrôle continu mais sur les épreuves plus formelles utilisées lors des examens).

Cette perception stéréotypée, qui fait des mathématiques un territoire essentielle- ment masculin, affecte de manière drastique les choix d’orientation des élèves à l’adoles- cence. Pour réussir en mathématiques et s’engager dans les filières de sciences dites dures ou les formations d’ingénieur, les filles doivent donc surmonter un handicap psychosocial (et non biologique) auquel les garçons ne sont pas confrontés.

Comme le montre une étude récente du Centre Hubertine Auclert (financé par la région Ile-de-France), ce handicap est entretenu par les manuels scolaires eux-mêmes. Non seulement les savants et autres découvreurs célèbres évoqués dans ce cadre sont presque toujours des hommes (seulement 3,2% de femmes citées), mais il en est de même pour les personnages de fiction imaginés à l’appui des leçons ou des exercices.

Or, en réalité l’histoire des mathématiques et des sciences est aussi peuplée de femmes, qui manifestement tombent au fur et à mesure aux oubliettes. En outre lorsque des femmes sont citées, elles le sont souvent en référence à une figure masculine, telle Marie Curie toujours associée à Pierre Curie (pour leur prix Nobel de physique partagé avec Antoine Henri Becquerel), alors qu’elle est seule lauréate d’un second prix Nobel, celui de chimie.

N’attendons pas davantage pour introduire véritablement les femmes de science dans les manuels scolaires. Leur absence contribue assurément à renforcer le stéréotype d’une infériorité intrinsèque des filles et des femmes s’agissant de la pensée logico-mathéma- tique et plus généralement de la pensée scientifique. Aussi ne faut-il pas s’étonner de leur désaffection pour les filières scientifiques et techniques à l’adolescence, alors même que tous les indicateurs de la performance scolaire montrent que le vivier est disponible.(…)

Petit test en guise de conclusion : en dehors de Marie Curie, des noms de grandes scientifiques vous viennent-ils facilement à l’esprit ? Et Mozart, saviez-vous qu’il avait une sœur (Maria Anna Walburga Ignatia « Nannerl » de son petit nom) comme lui jugée prodige mais en effet vite reléguée au second plan ? Aussi la lutte contre les stéréotypes de genre est-elle légitime, n’en déplaise aux quelques pourfendeurs d’une « théorie du genre » certes imaginaire mais visiblement utile pour la reprise des hostilités après l’essoufflement des manifestations contre le mariage pour tous. 10/02/2014

http://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

Que veux-tu faire quand tu seras grand ? Devenir une fille « Théorie du genre » prétendument enseignée dans les manuels scolaires selon le Pape François. (Révolution Permanente)

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29 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

pologne ivg (courrier international)

polog

Les femmes se mettent en grève pour défendre l’IVG

Elles sont déjà des dizaines de milliers à avoir répondu en ligne à l’appel à la grève du lundi 3 octobre pour protester contre le projet de loi interdisant l’avortement, sur lequel se penche le Parlement de Varsovie.

Pour manifester leur opposition au projet de loi interdisant l’avortement, les Polo- naises feront grève lundi prochain, annonce ce mercredi 28 septembre le grand journal d’opposition Gazeta Wyborcza. Selon ce projet, actuellement étudié par le Parlement polo- nais, dominé par le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir, toute femme qui avortera, et les personnes qui l’y aideront, sera passible d’une peine de cinq ans de prison.

Actuellement, l’accès à l’IVG est déjà très limité en Pologne. Selon la loi en vigueur, il n’est permis d’y avoir recours qu’en cas de risque pour la vie ou la santé de la mère, d’une grave pathologie irréversible chez l’embryon, et dans les cas de grossesses résultant d’un viol ou d’un inceste. Seuls les médecins qui pratiquent les IVG illégales sont punis. C’est pour protester contre ce projet qu’un appel a été lancé sur Facebook.

Nous annonçons une grève préventive d’une journée. Nous l’avons nommée ‘Grève géné- rale des femmes’. N’allez pas au travail ou à l’université. Prenez une journée libre, prenez une journée pour vous occuper de votre enfant (garantie par la loi sur le travail). Fermez votre commerce”.

L’appel a aussitôt été soutenu par des milliers d’internautes : le 28 septembre, 53 000 personnes avaient déjà indiqué qu’elles participeraient à la mobilisation. Elle a été lancée la semaine dernière par l’actrice Krystyna Janda, notamment connue pour ses rôles dans les films d’Andrzej Wajda. Le 28 septembre, elle a annoncé qu’elle-même ne se produirait pas le 3 octobre, dans son théâtre, et que les tickets seraient remboursés. La maire de Varsovie, Hanna Gronkiewiecz, issue du parti chrétien démocrate Plateforme civique, a pour sa part décrété que les femmes travaillant pour la mairie étaient libres de prendre leur journée.

Lundi noir

A l’initiative du mouvement, Krystyna Janda s’est inspirée d’une grève semblable en Islande, le 24 octobre 1975. “Ce jour-là, 90 % des femmes en Islande ont arrêté de travailler. Les femmes au foyer ont cessé les travaux domestiques, le ménage, la cuisine. Elles étaient 20 000 à défiler à Reykjavik. Elles demandaient l’égalité de traitement et des salaires”, rappelle Gazeta.

“En démocratie, le refus de travailler est la forme la plus radicale de pression politique. Nous estimons que son application est justifiée”, note la rédaction du journal dans son éditorial publié en première page. “En conséquence de la loi, les femmes qui ont avorté seront poursui- vies et pénalisées par la justice. […] Le durcissement de la loi aura pour effet le développement du marché noir de l’avortement”, souligne le quotidien de Varsovie qui propose, pour ce “lundi noir”, un congé payé à toutes ses salariées

De son côté, le journal conservateur Rzeczpospolita critique l’initiative, la qualifiant d’action “peu raisonnable”. Dans un texte intitulé “Les abstractions des féministes” un chroniqueur écrit : “En attisant la guerre sur l’avortement, les milieux pro-choice montrent bien, comme c’est souvent le cas pour les forces politiques en position défensive, qu’elles se laissent emporter par des émotions et commettent des erreurs”.

Portes ouvertes en Biélorussie

D’ici lundi, des protestations contre la loi sont prévues à travers le pays, notamment à Varsovie ce samedi. En outre, les centres médicaux de la Biélorussie voisine seront prêts à accueillir les femmes polonaises si la loi est adoptée, rapporte Bielorousski Partizan. Il suffit pour cela de signer un accord et de se munir de la somme suffisante, à savoir 230 roubles [3,20 euros], pour une IVG médicamenteuse”, explique-t-on à la clinique Horizon de Minsk. Il ne sera pas forcément nécessaire de se rendre dans la capitale : à l’hôpital de Grodno ou à la clinique Medline de Brest, “on ne leur fermera pas la porte au nez”.

Le site d’information ajoute : “Les médecins et les infirmières les plus anciens se souviennent qu’il y a vingt ans, les Polonaises arrivaient en Biélorussie par cars entiers pour faire pratiquer des avortements de façon illégale”. Libre pendant la période communiste, l’avortement a été restreint en 1993 sous l’influence de l’Église catholique.

28/09/2016

http://www.courrierinternational.com/

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23 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

pologne (tv5)

yes pol

En Pologne, le droit à l’avortement définitivement rayé de la législation?

Malgré une mobilisation de tous les instants pendant des mois, le droit à l’avorte- ment déjà réduit au strict minimum, réservé aux urgences thérapeutiques, pourrait être encore rayé des droits des femmes en Pologne, sous l’influence de la très puissante église catholique. Les parlementaires sont en effet invités à se prononcer ce jeudi 22 septembre 2016.
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Ce jeudi 22 septembre sera bien le début d’un sombre automne en Pologne, voire d’un hiver, pour les militantes du droit à l’avortement non seulement dans ce pays de l’Union européenne, mais d’ailleurs. Le Parlement polonais, est invité à se prononcer sur une proposition de loi très controversée interdisant de facto l’avortement, pourtant pratiquement déjà complètement interdit depuis 1993, après la transition politique et la fin de la gouvernance communiste.
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A l’initiative du texte, le comité «Stop Avortement» qui regroupe des organisations pro-vie, désormais, enceinte à l’âge de 11 ans, une jeune fille violée par son propre père n’aurait plus d’autre choix que de mener sa grossesse à terme. De même, une femme qui risque fortement de mourir en couches ou d’accoucher d’un bébé mort-né, ne pourra pas demander d’IVG.Un autre projet, «Sauvons les femmes » et allant dans le sens inverse, celui d’une libéralisation de l’Interruption volontaire de grossesse, figure à la même session. Mais ses chances d’être adopté sont nulles: le parti ultra-conservateur Droit et Justice (PiS), proche de l’église et au pouvoir depuis octobre 2015, détient à lui seul la majorité absolue au Parlement.

Parallèlement, un autre projet de loi, visant à limiter de manière radicale la fécondation in vitro, déjà non remboursée, devrait être adopté. La congélation d’embryons étant qualifiée par les initiateurs de ce texte d’«avortements raffinés».

Mobilisation forte, mais combat à bas bruit

Les Polonaises se sont pourtant mobilisées pendant des semaines, mais dans  un combat à bas bruit, et trop peu relayé, mené au coeur de l’Europe, sur ce Vieux continent dressé en permanence contre les atteintes aux droits humains. En Pologne, l’un des pays les plus restric- tifs à l’interruption volontaire dr grossesse, l’épiscopat aimerait que ses amis ultraconservateurs du PIS, « Prawo i Sprawiedliwość » c’est à dire « Droit et Justice« , au pouvoir depuis 2015, interdisent totalement l’IVG, comme les très catholiques Etats d’Amérique latine, malheureusement en pointe en la matière.

Dans ce pays d’Europe de l’Est, qui a rejoint l’Union européenne en mai 2004, avorter est limité depuis plus de 20 ans à trois cas : quand il existe un risque pour la vie ou la santé de la mère, lors d’une grave pathologie de l’embryon ou quand la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste. Comme en Irlande (qui a tout de même desserré les boulons depuis 2015), à Malte ou à Chypre, les consciences, aux dépens des femmes, semblent verrouillées pour l’éternité.

Pour pouvoir accueillir ces pays liberticides vis-à-vis des droits des femmes, les rédacteurs de la « Constitution européenne » adoptée en 2005 par les Etats membres, en ont banni discrètement le droit à l’avortement, tout comme la Charte européenne des droits fonda- mentaux, en préambule, avait été expurgée… de ce droit fondamental.

Une église polonaise toute puissante

Mais les prélats trouvent, comme la Première ministre Beata Szydlo et le président Andrzej Duda (tous deux membres du PIS), que la législation était encore bien trop laxiste. Les dignitai- res catholiques avaient soigneusement choisi leur date pour promouvoir leur idée : à la veille du lundi 4 avril 2016, « journée de la sainteté de la vie », ils ont lancé un appel au gouverne- ment, l’incitant à légiférer pour l’interdiction totale de l’avortement. Une initiative aussitôt approuvée par la cheffe du gouvernement « à titre personnel« .

« En ce qui concerne la vie des non nés, on ne peut pas en rester au compromis actuel expri- mé dans la loi du 7 janvier 1993, qui autorise l’avortement dans trois cas », écrit l’épiscopat, rejoint par de nombreuses associations de militants « pro-vie » (par opposition aux « pro-choix » favorables à la libre disposition de leur corps par les femmes), irréductibles sur ce sujet.

Face à ce mélange de vox populi et de croisade d’un autre âge, des Polonaises coura- geuses sont décidées à réagir par tous les moyens. Sur la page Facebook de Terriennes, nous avions reçu ce message en forme de SOS de l’une de ces combattantes : « Au nom des femmes polonaises je vous supplie de nous adresser ,un signe de solidarité. » Un appel auquel nous ne pouvions rester insensibles. Nous avons donc parlé avec Alexandra, étudiante de 24 ans à Varsovie. De la génération des réseaux sociaux, elle nous explique que jusque là elle se tenait plutôt à l’écart de la politique et que c’est la première fois qu’elle s’engage ainsi.

« Si on n’agit pas, ce sera de pire en pire. L’Eglise en Pologne est si puissante. Nous vou- drions que de plus en plus de femmes n’aient pas peur de nous rejoindre, mais en dehors des villes, c’est très difficile de se manifester pour elles. Alors nous faisons campagne à travers les réseaux sociaux. » Leur groupe sur Facebook, constitué dès l’offensive de l’Eglise, a réuni 90 000 personnes en quatre jours. Et leur manifestation dimanche 3 avril 2016 a rassemblé, devant le siège du parlement polonais, plusieurs milliers de personnes munies de cintres, cet outil utilisé pour pratiquer des avortements clandestins – 80 000 à 100 000 femmes mettraient un terme à leur grossesse chaque année, dans le secret en Pologne même, ou en se rendant dans d’autres pays européens selon l’association Federa, favorable à l’extension du droit à l’avortement.

Alexandra et ses compagnes (et compagnons) de lutte ont été rejointes par des croy- ants, catholiques, et même par des partisans du PIS, parce que « assez c’est assez ».  « Nous sommes face à un défi, poursuit-elle. Nous voulons organiser une nouvelle énorme manifesta- tion d’ici quelques semaines. Nous voulons aussi agir à tous les niveaux, par exemple sur l’éducation sexuelle afin d’en finir avec les mythologies qui entourent l’avortement.

Les Polonais ne savent rien de sérieux sur ce sujet. On leur met n’importe quoi dans la tête. Nous voulons donner la force aux femmes de sortir dans la rue« . La saisie de la Cour euro- péenne des droits de l’Homme est aussi envisagée. Un enchaînement qui fait écho au mouve- ment espagnol puis européen voilà deux ans contre la tentative, menée la aussi sous l’influence de l’Eglise, de restreindre l’IVG, tentative qui avait… avorté.
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L’usage abusif de la conscience

Alexandra raconte comment, déjà, nombre de médecins polonais invoquent toutes sortes de raisons pour ne pas pratiquer des avortements thérapeutiques. Ils disposent d’une clause de conscience qui leur permet de ne pas s’exécuter même quand la vie de jeunes femmes ou de leurs bébés à venir sont en danger.

En Pologne, l’avortement n’est permis qu’en cas de viol, d’inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du foetus, jusqu’à douze semaines. Mais les médecins peuvent se soustraire à ces cas en mettant en avant leur foi – leur idéologie et leurs croyances devrait-on dire. La jeune femme nous rappelle qu’en 2014, un directeur d’hôpital à Varsovie avait refusé une IVG justifiée par une malformation du foetus, pourtant légale. Le directeur avait invoqué ses convictions religieuses pour justifier sa décision. L’enfant était mort né. Et l’administrateur, face à l’émoi provoqué, licencié.
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Ce ne serait sans doute plus le cas aujourd’hui. L’archevêque de Varsovie Mgr Stanislaw Nycz s’était déclaré «profondément préoccupé» par le licenciement du médecin, estimant que cette mesure était une violation du droit constitutionnel de la liberté de conscience. L’affaire avait choqué Alexandra. L’offensive cléricale conduite deux ans plus tard l’a amenée à franchir le pas de la mobilisation. Pour l’heure celle-ci se mène avant tout sur les réseaux sociaux. Et par les moyens qu’offrent les nouvelles technologies. Ainsi les opposantes à la proposition de loi « trollent » la page facebook officielle de la cheffe du gouvernement Beata Szydło, en postant à jet continu des commentaires qui contiennent la description détaillée de leurs règles, « en remerciement de l’intérêt que notre gouvernement porte à la vie sexuelle des Polonais« , accompagnés d’un hashtag en forme de jeu de mot : #trudnyokres, ce qui signifie « dure période »… pour le gouvernement.

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Enfin des avocats veulent organiser une « initiative citoyenne » pour tenter de faire légalement obstacle à la proposition de loi. Ils  devaient recueillir au moins 100 000 signa- tures… Les espoirs étaient alors encore permis :  d’après un sondage pour le quotidien Dziennik, paru le 4 avril 2016, seuls 23 % des Polonais soutiennent un durcissement de la législation actuelle, alors que 51 % d’entre eux penchent pour une plus grande libéralisation.

Mais les tenants d’un autre âge semblent bien en voie de l’emporter…

 21.09.2016
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