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03 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

religions (the conversation)

Les « sans religion » : la nouvelle religion ?

Dans les pays où l’on demande aux citoyens d’indiquer leur religion dans les recensements, ou bien dans les sondages questionnant sur l’appartenance religieuse, il a longtemps été courant de proposer une liste de réponses possibles, le dernier item de la liste étant « aucune de ces réponses » (en anglais « none of the above »). C’est donc en tant que nones que ceux qui ne déclaraient pas d’appartenance religieuse ont d’abord été désignés ; en français, on parle de « sans religion ».

Ce groupe a longtemps été un peu laissé de côté par les sociologues des religions.

D’abord parce que le nombre de nones n’était, jusque vers les années 1970 environ, pas très élevé, mais aussi parce que ces sociologues s’intéressaient avant tout aux croyances, et que les nones semblait être un ensemble de personnes sans convictions. Jusqu’à récemment, on concevait en effet ce groupe un peu en creux : c’était le groupe de ceux qui étaient « sans » religion, qui « n’avaient pas » de croyances, qui « n’étaient pas » membres d’une Église. Bref, on le pensait en négatif, par rapport à une appartenance religieuse : le terme « non-religion » fait alors référence à tout ce qui n’est pas « religieux ».

Deux éléments ont conduit désormais les chercheurs à s’intéresser davantage à ces « non-religieux » : l’augmentation du nombre de personnes se déclarant sans religion (plus de 23 % de personnes, en moyenne, déclaraient ne pas appartenir à une religion, dans l’enquête européenne de 2008), mais aussi la prise en compte croissante de la diversité de ce groupe.

religions (the conversation) dans Religions
Carte des « sans religion » par aires géographiques

La religion, un ensemble d’éléments

En effet, lorsqu’on s’intéresse à la religion des personnes, on voit qu’il faut prendre en compte un ensemble d’éléments. Selon le lieu et le temps, les sociologues ont pu inclure dans cette définition les convictions, les visions du monde, les pratiques religieuses individuelles et collec-tives, l’engagement dans des activités liées à la religion, ou encore ce que les personnes disent d’elle-même. Soit, en termes plus techniques : les croyances, les dogmes, les pratiques et rituels, la militance, l’autodéclaration.

S’il est vrai que ces différents éléments sont souvent liés, on constate de plus en plus souvent des variations importantes

On peut être très pratiquant sans avoir des convictions très fortes, on peut être très engagé sans être pratiquant, etc. Ainsi, on va rencontrer de plus en plus fréquemment telle personne se disant chrétienne mais n’étant pas baptisée, très engagée dans sa paroisse mais n’étant pas sûre de l’existence de Dieu ; ou encore telle autre convaincue que Dieu existe et priant régulièrement, mais n’appartenant à aucun groupe religieux.

En France, par exemple, selon un sondage Ipsos de 2010, 2 % de non-croyants affirment lire la Bible au moins une fois par semaine. On a pu également lire récemment le manifeste de Hendrikse Klaas, un « pasteur athée », Croire en un Dieu qui n’existe pas.

Dans la religion, toutes les modalités de combinaison de ces différentes dimensions existent, et on retrouve dans la non-religion les mêmes variations. Cela fait donc en définitive de la non-religion un groupe peu homogène et mal connu. Voilà pourquoi la non-religion a été le sujet principal du colloque annuel de notre réseau de recherche sur les religions en Europe et au-delà, Eurel.

Un large éventail de visions du monde

Comme la religion, la non-religion inclut un large éventail de visions du monde, incluant des nouveaux athées qui « militent » contre la religion, aussi bien que des personnes affirmant qu’on ne peut rien savoir de l’existence ou de la non-existence de Dieu (agnostiques) mais qui peuvent être des pratiquants, ou encore des personnes totalement indifférentes à la religion et à la religiosité.

Pourtant, le plus souvent, la non-religion tend à se former en relation, en opposition et dans différents dialogues avec les formes dominantes de religion. De ce fait, celles-ci prendront aussi des formes différentes. De même, la place que la société accorde à la religion va influer sur la façon dont s’exprime la non-religion.

Dans certains pays comme la France ou l’Espagne par exemple, la non-religion peut être une forme de combat contre la domination d’un groupe religieux très fortement présent, elle est donc assez militante ; alors que dans d’autres sociétés, plus indifférentes sur le plan religieux (comme au Royaume-Uni actuellement), c’est presque la position « par défaut ».

Une majorité silencieuse

Dans de nombreuses sociétés européennes, le groupe des non-religieux est en train de deve-nir une majorité. Cette majorité est souvent silencieuse puisqu’il ne s’agit que rarement de groupes constitués, et qu’il n’y a que très peu de revendications collectives. Ainsi, en 2016, Linda Woodhead a affirmé qu’au Royaume-Uni, « “no religion” is the new religion » (« la nouvelle religion, c’est la non-religion »).

Cette affirmation devient vraie en France également, pays qui se place au 4e rang par l’impor-tance de l’athéisme avec 29 % de personnes se déclarant « athées convaincues », et où l’on enregistre entre 2005 et 2010 une baisse de 21 % du nombre de personnes se disant religieu-ses, selon un sondage RedGallup de 2012. Certains célèbrent la diversité de leur non-croyan-ce lors d’événements fédérateurs comme la Sunday Assembly Church, une « église » sans religion, fondée par deux comédiens britanniques.

Certains chercheurs pensent également qu’il pourrait y avoir une part importante de « non-religieux » parmi les personnes qui déclarent appartenir à une religion majoritaire historique-ment bien implantée, comme l’Église luthérienne dans les pays scandinaves, ou l’Église catholi-que en France, en Espagne ou en Italie. Le politologue Yann Raison du Cleuziou parle ainsi des « catholiques passagers » en France dans Qui sont les cathos aujourd’hui ? (2014) et le sociologue Jörg Stolz des « distanciés » en Suisse, Religion et spiritualité à l’ère de l’ego (2015). Il faudrait cependant étudier de près cette question, pour déterminer à quel point l’appartenance peut aller au-delà de l’adhésion formelle au groupe religieux.

Impacts culturels, sociaux et… économiques

Notre colloque d’Oslo a également cherché à analyser comment les différents contextes natio-naux peuvent influer sur ce rapport au croire, et notamment en quoi et comment le cadre social, historique et culturel de la religion dominante dans un espace géographique donné va contribuer au « formatage », à la définition de la non-religion (voir ainsi les interventions d’Ethan Quillen ou Chris Cotter).

On cherche également comment la non-religion joue sur la perception sociale de la minorité et de la majorité religieuses (comme l’expliquent Cristiana Cianitto et Rossella Bottoni ou encore Atko Remmel. Par ailleurs, quel sera l’impact social et culturel lié à la présence croissante de ces groupes, comme l’analyse Stéphane Papi pour le Maroc par exemple ? Comment cela se manifestera-t-il selon les pays ?

Certains, comme Jorge Botelho Moniz, vont s’interroger sur le rapport entre non-religion et religion : y a-t-il dialogue ou conflit entre les deux, et si oui qui s’exprime, et au nom de qui ? Plus largement, comment la non-religion est-elle représentée sur les plans politique, culturel et social (voir Anne Lancien notamment), quelle place peut-elle tenir et, comme le souligne Nóra Lengyel, quelle influence peut-elle avoir ?

Enfin, l’existence de la non-religion a également des implications juridiques. Il existe en Europe de nombreux pays dans lesquels l’appartenance religieuse a une importance légale ou admi-nistrative. Par exemple, cette appartenance a une incidence sur les impôts en Allemagne ; dans plusieurs pays, les groupes religieux qui bénéficient d’une reconnaissance juridique bénéficient de certaines facilités financières ou juridiques. Comment la non-religion s’inscrit-elle dans ces configurations, par exemple dans le cas du Brésil étudié par André Luiz Pereira Spinieli ou de l’Italie décryptée par Francesco Alicino ?

Cerner les convictions (non)-religieuses

La diversité du groupe, son manque apparent de visibilité, le rendent d’autant plus difficile à cerner pour les chercheurs. Il faut alors se demander comment il est étudié et pris en compte, par exemple comment la population non-religieuse est analysée dans les recensements, comment elle est exposée dans les statistiques sur l’appartenance religieuse, et s’il y a éven-tuellement des zones d’ombre, des lieux non explorés. C’est notamment ce qu’explorent Teemu Taira, Tatiana Podolinska et Juraj Majo ou Sivert Urstad.

En retour, l’étude de la non-religion questionne la façon dont sont saisies et définies les moda-lités de l’appartenance religieuse (voir les travaux de Sofia Nikitaki ou de Timothy Stacey). Pas plus que le « croire », en définitive, le « ne pas croire » n’est facile à mesurer par des enquêtes.

1 octobre 2018 Anne-Laure Zwilling Anthropologue des religions, CNRS, Université de Strasbourg Déclaration d’intérêts : Anne-Laure Zwilling ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

https://theconversation.com/

Le colloque Formatage de la non-religion dans la société post-moderne, perspectives institutionnelles et juridiques, coorganisé par Eurel et le projet « Good Protestant, Bad Religion ? Formatting Religion in Modern Society » (GOBA) de l’Université d’Oslo, s’est tenu à Oslo les 26 et 27 septembre 2018.

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02 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

pologne (courrier le-soleil sud-ouest)

nique

Pologne. Un pays à 90 % catholique ? Un mythe

Les dernières estimations concernant le nombre de croyants et de pratiquants sont sans appel 

De moins en moins de Polonais vont à la messe et un nombre grandissant d’entre eux se déclarent sans religion. Selon une étude récente de l’Institut des statistiques de l’Eglise catholi-que, depuis dix ans la communauté catholique en Pologne a perdu environ 2 millions de fidèles, informe le quotidien Gazeta Wyborcza.

“L’étude effectuée en 2014 auprès de 10 000 paroisses consistait à compter les dominicantes et communicantes, c’est-à-dire des fidèles présents à la messe de dimanche et qui commu-nient. Ils étaient respectivement 39,1 % et 16,3 % de la population polonaise”, explique le  journal.

“La Pologne reste toutefois le pays où le taux de catholiques, ou de ceux qui se déclarent comme tels, reste le plus élevé au monde, soit 92,2 %”, précise le site d’information Natemat.pl, en citant le Pew Research Center (Washington). Et selon le dernier recensement national, ils seraient 97 % à déclarer leur appartenance à la communauté catholique.

Cependant, des déclarations sont une chose et la réalité en est une autre, selon l’éditorialiste Michal Wilgocki de Gazeta Wyborcza.

“Dans toute discussion sur la Pologne, on évoque inévitablement le chiffre de plus de 90 % pour dire que des catholiques dominent en Pologne, explique Wilgocki. En fait, si on regarde les chiffres de plus près, les 16 % de Polonais qui pratiquent et qui suivent les règles de la religion constituent à peine 4 millions de personnes [sur 38 millions d’habitants], ce qui est très loin des prétendus 90 %.

S’ils votaient tous pour des candidats catholiques, avec comme aux dernières européennes une participation très basse d’environ de 7 millions d’électeurs, ils auraient dû obtenir une majorité de 60 %. Assez pour durcir encore plus la législation sur l’IVG, introduire la flagellation pour l’offense religieuse et introniser Jésus roi de Pologne. Alors qu’attendent-ils ?” s’interroge Wilgocki.

18/07/2014

https://www.courrierinternational.com/

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03 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

pape (regards + npa)

pape

Le pape François est-il homophobe ?

La question peut prêter à sourire, et pourtant c’est celle que se sont posé très sérieusement de nombreux journalistes suite aux déclarations du pape le 26 août. 

À un journaliste qui lui demandait ce qu’il fallait dire aux parents qui découvrent que leur enfant est homosexuel, le pape a ainsi répondu : « Je leur dirais premièrement de prier, ne pas con-damner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille. Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité ».

Étonnant, vraiment ?

Le Parisien a même titré « Les propos étonnants du Pape François ». Étonnants pour qui au juste ? Certainement pas pour les centaines de milliers de personnes LGBTI qui subissent dans le monde des thérapies de conversion. Aux États-Unis, ce sont presque 700 000 person-nes qui ont subi des thérapies de ce type, dont la moitié alors qu’ils et elles étaient mineurEs1. Dans les deux tiers des diocèses étatsuniens est implantée l’association Courage, qui promeut des moyens pour contenir l’homosexualité, avec la bienveillance de la hiérarchie catholique2.

Les personnes LGBTI n’oublient pas non plus la « Manif pour tous » et n’oublient certainement pas la position officielle de l’Église catholique qui n’a pas changé depuis 1990, et ce malgré la prétendue ouverture du pape sur le sujet : « Les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (article 2 357 du Catéchisme de l’Église catholique) et « les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté » (article 2 359).

Une « tendance »… à corriger

L’utilisation du terme « psychiatrie » fait écho aux heures sombres des traitements des personnes aux « tendances homosexuelles ». Ce terme a rappelé qu’il y a moins de 50 ans on soignait par électrochocs celles et ceux que l’on considérait comme invertiEs. On en oublierait presque que la psychiatrie est toujours une réalité pour de nombreuses et nombreux mineurEs que les parents veulent « soigner ».

Pour ne pas se donner cette image, dans le compte-rendu du Vatican, le terme « psychiatrie » a disparu pour ne pas dénaturer la pensée du pape. Nous avions mal compris : il voulait en fait parler de « psychologie ». La réalité, c’est que ça ne change strictement rien. Derrière l’idée d’envoyer un enfant voir un psy parce qu’il est homo se cache l’idée bien répandue que l’ordre naturel serait d’être hétérosexuel et qu’être autre chose serait une déviation, qu’on pourrait certes comprendre ou admettre, mais une déviation quand même. C’est aussi ce qu’il faut comprendre avec les termes « tendances homosexuelles » : ce n’est pas une orientation à part entière, mais une « tendance » qui, en s’y prenant tôt, pourrait être corrigée. C’est pour cela aussi que le pape fait la différence entre un adulte et un enfant homosexuel.

Qu’importe donc si François voulait dire psychiatrie ou psychologie, l’homophobie du pape et de l’Église catholique est criminelle, tout comme la position qu’elle a eue en Argentine sur la légalisation de l’avortement. La réaction, l’ordre moral et le patriarcat nous tuent tous les jours partout dans le monde, et nous n’oublions pas que l’Église catholique en est largement responsable.

Correspondante Jeudi 6 septembre 2018,

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14 août 2018 ~ 0 Commentaire

rosière (le huffington post + le peuple breton)

goya

La sorcière, femme libre, suppôt du démon! On progresse!

La fête de la Rosière, basée sur des critères de virginité, fait scandale dans l’Oise

Le maire de Salency songe même à annuler l’événement prévu pour le 2 juin 2019.

Depuis la publication d’un article du Parisien, le mercredi 8 août, les réactions fusent sur les réseaux sociaux. En cause? La réapparition de la fête de la Rosière en 2019 à Salency, dans l’Oise. L’objectif de cette tradition qui remonterait au début du Moyen-Âge est de célébrer la « réputation vertueuse » de jeunes filles âgées de 15 à 20 ans.

Disparue de ce village depuis 1987, la fête de la Rosière fait son retour à l’initiative de la confrérie de Saint-Médard et de son président Bertrand Tribout. Ce dernier organise l’événement depuis 1971 et souhaite revoir cette célébration historique prendre vie.

Mais, les critères de sélection pour élire la Rosière dérangent. En effet, elle doit adopter une conduite irréprochable, de la vertu, de la piété et de la modestie.

Surtout, il faut que la jeune candidate soit vierge.

« C’est un critère qui me gêne et sur lequel il faut sans doute revenir », confiait le maire du village, Hervé Deplanque au Parisien en août 2017. Il n’est pas le seul à douter de la légitimité de cette fête aujourd’hui. Les internautes ont également voulu exprimer leur mécontentement depuis la semaine dernière. Le maire songe même à annuler l’événement. D’après lui, la majorité des habitants de Salency ne veut pas de cette célébration. Pourtant, plusieurs candidates sont déjà pressenties, comme Camille, la fille de la dernière Rosière de 1987.

« La vertu, c’est aussi le fait de ne pas boire, ne pas fumer, ne pas se droguer, explique la jeune de 18 ans à franceinfo, aujourd’hui, la virginité n’est plus un critère pour devenir Rosière. » Un point sur lequel s’accorde Bertrand Tribout: « on ne parle pas forcément de la pureté en tant que virginité, il n’y a pas de critère de ce point de vue-là ». Des paroles que soutiennent certains sur Twitter.

La confrérie de Saint-Médard cherche à honorer la mémoire de cet évêque de Noyon né en 456 dans le village de Salency, qui avait lancé cette tradition dans l’espoir de récompenser la femme la plus « obéissante » et la plus « sage » du village. La Rosière est choisie au hasard parmi trois jeunes femmes sélectionnées par les habitants. Une fois élue, elle reçoit une couronne de fleurs et défile avec un cortège de 12 garçons et filles. Tout un pan du patrimoine selon Bertrand Tribout.

Marie Boetti 14/08/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

« Je songe à tout annuler » : dans l’Oise, le retour annoncé d’une fête honorant la « vertu des jeunes femmes » fait scandale (France Info)

Sois ce que l’on veut que tu sois et tais-toi ! (Le Peuple Breton)

Commentaire: Transmis aux soi disant « laïcairds » et vrai racistes, maladivement anti-islam! Alors chez vous aussi on est wahabite? Plus sérieusement: chassez le naturel, il revient au galop! Les monothéismes ne rêvent que de « dompter » les femmes!

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09 août 2018 ~ 0 Commentaire

ivg argentine (essf + le monde + jdd + anti-k + npa + rp)

Le sénat argentin a refusé de voter la loi sur l’avortement qu’a voté le parlement

Argentine : Le droit à l’avortement maintenant pour ne pas mourir ! (NPA)

Cette nuit, le sénat argentin a voté contre l’ouverture du droit à l’avortement libre et gratuit pendant les 14 premières semaines, avec 38 voix contre, 31 pour et 2 abstentions.
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En définitive l’influence de l’Eglise catholique et des héritiers de la dictature sur le monde politique a été victorieuse, alors qu’hier la mobilisation des féministes était massive dans les rues de Buenos Aires.
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L’ouverture de ce débat et la proposition de loi pour la première fois en Argentine s’est faite entièrement sous pression d’un mouvement féministe de masse qui a permis non seulement de se battre contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l’avortement en Argentine, mais a donné un vrai souffle au mouvement féministe dans le monde entier. Ce sont les fémi-nistes argentines qui ont impulsé ces deux dernières années une grève internationale des femmes.
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Le vote du Sénat argentin montre encore une fois que la vie et le corps des femmes ne leur appartient pas alors qu’on y recense plus de 500 000 avortements illégaux chaque année.
 Mais cette décision ne mettra pas fin à un mouvement qui a mobilisé des centaines de millier de femmes depuis des mois. Il n’y a pas de retour en arrière possible!
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Le combat pour le droit à disposer de son corps, à la contraception et à l’avortement libres et gratuits est un combat international. Le NPA tient à exprimer sa solidarité féministe et internationale à toutes les féministes qui luttent en Argentine : le droit à l’avortement maintenant pour ne pas mourir !
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Montreuil, le 9 août 2018.
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Argentine : les sénateurs rejettent la légalisation de l’avortement (JDD)

Le projet de loi pour légaliser l’avortement a été rejeté par les sénateurs argentins à 38 votes sur 51 après deux semaines de débats intenses.

38 votes contre, 31 pour et 2 abstentions. Le sénat argentin a rejeté ce jeudi le projet de loi qui visait à légaliser l’interruption volontaire de grossesse pendant les 14 premières semaines de grossesse. C’est la septième fois en près de vingt ans qu’il était présenté devant le Congrès argentin, et jamais son approbation n’avait été aussi proche. En juin, le chambre des députés avait adopté ce projet. C’est une énorme déception pour les organisations féministes et les pro-IVG en général qui s’étaient accaparé l’espace public pendant ces semaines de débat.

Depuis mercredi matin, ils étaient massivement rassemblés aux abords du Congrès, brandis-sant les foulards verts, symbole des revendications d’avortement légal, libre et gratuit. A l’annonce des résultats, une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps et lancé des pierres sur les policiers anti-émeutes.

L’avortement toujours considéré comme un délit

Chez les anti-IVG, le vote a été accueilli par des feux d’artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Parlement, où se déroulaient les débats. En juin, les opposants au projet de loi avait reçu le soutien du pape François, de nationalité argentine.  »Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd’hui nous faisons la même chose en gants blancs », avait déclaré le pontife.

La loi en vigueur reste donc celle de 1921 qui considère l’avortement comme un délit et qui le sanctionne entre un et quatre ans de prison.

Seuls deux exceptions sont autorisées. En cas de danger pour la santé ou la vie de la femme et en cas de viol. D’après les estimations, 500.000 avortements sont pourtant pratiqués chaque année en Argentine.

Il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l’avortement puisse de nouveau être examinée par le parlement.

La loi fixe un délai d’un an après un rejet, mais en août 2019, à deux mois de l’élection prési-dentielle, il est peu probable que les partis politiques souhaitent reprendre le débat en pleine campagne électorale. Le député de la coalition gouvernementale Cambiemos (Changeons) Daniel Lipovetzky, évoque la possibilité de convoquer un référendum. « Quand les députés pensent d’une manière et les sénateurs d’une autre. Cela mérite peut-être un système de démocratie directe. C’est possible qu’on le propose ». En Amérique latine, seuls deux pays, Cuba et Uruguay, autorisent l’IVG.

9 août 2018  Alexis Boisselier

https://www.lejdd.fr/

avortement

Lire aussi:

Argentine : malgré d’intenses mobilisations, le Sénat rejette la légalisation de l’avortement (Essf)

Après plus de seize heures de débats, le Sénat rejette la légalisation de l’avortement (Le Monde)

 Droit à l’avortement en Argentine : « Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris » (Le Monde)

Des millions de militants dans les rues en attente du vote des sénateurs sur L’IVG (le Monde)

Le combat des jeunes Argentines pour la légalisation de l’avortement (Le Monde)

Quino dénonce le détournement de son personnage Mafalda par les antiavortement (Le Monde)

«Le système patriarcal pèse sur les structures politiques» (Anti-k)

Grèves de femmes, grèves politiques. (Anti-k)

Argentine. L’avortement restera un privilège de classe (Révolution Permanente)

 

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05 août 2018 ~ 0 Commentaire

carnoët (libération)

grandes-croniques-de-bre

Les sept saints d’est en ouest: Samson-Dol (nom biblique), Saint Malo (ou Maclou), Brieuc-Saint Brieuc,  Paternus-Vannes (gallo-romain), Corentin-Quimper (gallo romain), Tudual-Tréguier et Paul-Saint Pol. Il manque Rennes et Nantes.

Bretagne : ces saints que l’on ne saurait voir

Dans les Côtes-d’Armor, le village de Carnoët accueille des statues géantes représentant les saints bretons qui devrait en compter un millier à terme. Si la région soutient le projet, le critique d’art Jean-Marc Huitorel, y voit une subtile escroquerie qui confond art et idéologie, tourisme et culture.

Au printemps 2018, en Bretagne, on annonce le débarquement à Paimpol de la statue de Saint Piran, patron de la Cornouaille britannique. Pour cette raison sculptée outre manche, et après quelques haltes dignes des saintes reliques, elle achèvera son périple parmi ses semblables sur le site dit de la Vallée des saints, à Carnoët, petite commune des Côtes-d’Armor, en lisière du Finistère.

Ce sera la centième sculpture réalisée à ce jour. Conçu il y a une dizaine d’années par Philippe Abjean, ancien prof de philosophie, le projet consiste à réunir sur la colline Saint-Gildas (drôle de vallée…), à une échéance non précisée (l’éternité étant le plus fréquemment évoquée…), le millier de saints que compterait le panthéon breton, diversement reconnu par l’église de Rome. Philippe Abjean est un fervent catholique, proche des missions africaines, à qui l’on doit la restauration du Tro Breiz (comme à Pierre de Coubertin celle des Jeux olympiques), antique pèlerinage qui reliait les sept évêchés de Bretagne.

Des chiffres récents placent la Vallée des saints sur le podium des destina-tions touristiques les plus fréquentées des Côtes-d’Armor.

Objectif visé : 500 000 voire un million de visiteurs par an. L’esprit d’entreprise de Philippe Abjean ne s’arrête pas là puisqu’il projette d’installer une Cité de la paix, reconstitution d’habi-tats traditionnels des cinq continents, en lien avec les milieux missionnaires, dans le nord du Morbihan. La presse régionale, comme hypnotisée, se pâme d’admiration devant la Vallée des saints que l’on n’hésite pas à qualifier d’«île de Pâques bretonne». Le monde économique, comme la classe politique, n’est pas en reste.

Bref, une impressionnante unanimité réflexe face à quoi les rares voix discor-dantes semblent de peu de poids.

Nul doute que ce projet, si sa montée en puissance se confirme, va bouleverser, mais dans quel sens ? le paysage physique, social et économique d’un Centre Bretagne en déclin et qui, de ce fait, accueille avec reconnaissance toute idée susceptible d’y créer activité et donc emploi. Quoi de plus légitime ?

Sur la page d’accueil du site internet de l’association on lit: «Un projet fou pour l’éternité», dont l’objet est «la sauvegarde, la découverte et la promotion de la culture populaire bretonne liée aux saints bretons sous la forme de création artistique». L’accès au lieu est libre et gratuit, sa rentabilité s’évaluera à l’aune des activités et des produits dérivés. S’agissant de la production (aménagements de l’accueil et des abords, financement des statues, etc.), un maître mot : mécénat. Une fondation est également créée et les pouvoirs publics, le Conseil régional par exemple, soutiennent financièrement l’entreprise.

Chaque sculpture s’estime à environ 15 000 €.

Mais si on utilise les dispositions de la loi mécénat, c’est deux fois moins cher, ce qui fait que, par ricochet, ce sont tous les contribuables qui payent. On peut participer aux commandes, modestement ou très largement, selon sa volonté et ses moyens. Plus de deux mille personnes privées se sont engagées et le fleuron de l’industrie, du commerce et de la banque en Breta-gne ainsi que le lobby du granit, soutiennent matériellement une idée aux prémisses et aux implications qu’il convient de décrire. On sait le commentaire par lequel Althusser approfondit l’articulation que Marx posa entre «base économique» et «superstructure idéologique».

La Vallée des saints illustre parfaitement le stade suivant, marqué par l’intime imbrication de l’idéologie et de l’économie sous la bannière, si l’on peut dire, d’un néolibéralisme à la sauce bretonne qui cache habilement sa véritable nature (c’est bien la caractéristique de l’idéologie même, et du néolibéralisme en l’occurrence, que de se dissimuler sous les habits du pragma-tisme, de l’expertise et de l’évidence).

Le substrat conceptuel et stratégique de la Vallée des saints émane peu ou prou d’un think tank connu sous le nom d’«Institut de Locarn», une localité voisine de Carnoët, et dont l’idée fondatrice est que le développement économique revêt intrinsèquement la forme de la guerre, et que dans cet agôn, il est bon et efficace de s’armer de symboles culturels. Fi donc des distinctions byzantines entre hardware et software. Appliquée à la Bretagne, riche de traditions fort prisées (sa musique, ses danses et ses costumes, ses produits locaux), cette stratégie de fusion de l’économique et du culturel pourrait bien être payante et faire d’une région périphéri-que l’un des nouveaux «tigres celtiques», comme on parlait il n’y a pas si longtemps des «tigres asiatiques», et dont l’Irlande est le symbole.

Il n’est point besoin par ailleurs d’une grande perspicacité pour se convaincre de la teneur éminemment catholique et plus largement chrétienne d’une entreprise qui s’inscrit dans ce vaste mouvement d’affirmation des racines chrétiennes de l’Europe dont on sait et les porteurs et les objectifs : culte des héros, des morts et… des saints, reconstruction d’un passé mythifié, renouveau spirituel, revendication identitaire face aux dangers du multiculturalisme amplifiés par les récents phénomènes migratoires. Vieille antienne. Articulé à l’antique irrédentisme breton, tout cela se plaît à flatter le sentiment d’appartenance, sinon le nationalisme.

Et quid de la proposition «artistique» ?

Une centaine de statues, mesurant entre trois et six mètres de hauteur, est pour l’heure érigée sur la colline, autour d’un tumulus certes fouillé par les services archéologiques, mais fort menacé par l’invasion massive de ces mastodontes et dont le voisinage pourrait receler de nouvelles et intéressantes données. Ces mêmes services archéologiques tirent la sonnette d’alarme quant à la préservation de la zone et se réservent la possibilité d’investigations futures. Mais à la Vallée des saints, on préfère la plasticité des mythes et des légendes à la rigueur de l’histoire, les approximations de l’imaginaire aux recherches scientifiques, hélas moins complaisantes.

Les statues, on l’a dit, sont en granit, en granit breton, ce point est fondamental.

Confiées à une quinzaine de tailleurs de pierre répondant à un strict cahier des charges, elles arborent des styles divers mais que réunit une inclination prononcée pour le «pseudo» (plutôt que pour la copie) : pseudo-médiévales, pseudo-exotiques, pseudo-modernes. Pseudo-médié-vales en priorité. Comme au temps des cathédrales et de l’art chrétien, comme avant, parce qu’avant, c’était mieux. Évidemment aucun lien avec une quelconque histoire de l’art récent, avec la moindre contemporanéité. L’art moderne, ici, n’a jamais existé ou bien par flash de kitsch surgis de l’inconscient des burins ; alors vous pensez bien, l’art contemporain… Non, juste un espoir de photogénie publicitaire (l’île de Pâques, toujours).

Et les voilà fichées en terre (pas si solidement si l’on raisonne en termes de sécurité, comme il commence à se dire ici et là), disposées à la va-comme-je-te-pousse, faisant manifestement davantage confiance à un futur effet de masse qu’à la qualité du rapport d’échelle, qu’à l’archi-tecture paysagère, qu’à l’agencement au sol. Sur ce chapitre, force nous est de constater qu’avant c’était mieux, vraiment mieux… Et quand on apprend que parmi les nombreux projets à sortir des cartons se trouve celui d’une école de sculpture monumentale («la première en Europe»), on en frémit.

Mais ce n’est pas de l’art qu’on vient chercher ici, comme le montre clairement la teneur des visites guidées, ce sont des histoires à entendre, des légendes comme les enfants les aiment. Et par-dessus tout du spectacle, de l’effet spécial, un décor où le granit, paradoxalement, devient carton-pâte. On assiste alors à l’élaboration d’un kitsch qu’on pourrait appeler de seconde génération. Le premier kitsch, celui que décrit Clement Greenberg, avait été produit par la société industrielle et consistait en objets de série massivement répandus et consom-més, souvenirs de vacances, produits dérivés… On le trouvait vulgaire et on s’en délectait. On est comme ça. Il fait toujours florès.

Le second, en revanche, avance masqué et son cheval de Troie se nomme «authenticité», «artisanat», «fait main».

Il puise ses formes et ses modèles dans la banque occulte d’un passé merveilleux : si c’est en granit, c’est forcément authentique. C’est de ce kitsch-là que relèvent les statues de la Vallée des saints. Umberto Eco, dès 1985, dans la Guerre du faux, avait remarquablement analysé cette propension contemporaine, américaine le plus souvent à son époque, chinoise plus récemment, mondiale désormais, à se fabriquer une histoire par l’élaboration d’objets symboliques reconstitués.

Ici, en Bretagne, on atteint des sommets d’illusionnisme ripoliné 

On parvient à produire des faux sur place avec les matériaux locaux ! Jeff Koons apprécierait ! Et si ce ne sont pas des copies, on dirait bien pourtant qu’il s’agit là de répliques en granit dont les originaux seraient en cire ou en plastique. Il en faut pour tous les goûts, nous répète-t-on à l’envi. Certes, n’était ce sentiment diffus d’une subtile escroquerie qui consiste, sous couvert d’un soi-disant art soi-disant populaire, à nous faire prendre les vessies pour des lanternes, l’idéologie pour l’art, l’économie touristique pour la culture, le tout avec la bénédiction admira-tive des diverses représentations économiques et politiques régionales dont on peut légitime-ment se demander ce qu’elles soutiennent et défendent vraiment dans ce type d’initiative.

Jean-Marc Huitorel, critique d’art  4 août 2018

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Lire aussi:
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Commentaire:  Ces saints non reconnus étaient soit des militaires romains, des chefs civils, des guerriers bretons, des religieux fondateurs de paroisses et des ambassadeurs auprès des rois francs, d’origine insulaire ou locale. Hommes (et femmes) politiques, ils méritent d’être mieux connus, mais pas comme des charlatants « faiseurs de miracles »!

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24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

france culte (le huffington post)

curé

France Culture rappelle à l’ordre l’Église après une homélie anti-mariage pour tous et anti-avortement diffusée en direct

Les représentants de l’Église doivent « respecter les valeurs du service public, comme la tolérance, le respect et la non-discrimination ».

La Conférence des évêques de France s’est vue rappeler à l’ordre après la diffusion, sur le service public, d’une homélie qui avait eu du mal à passer auprès de certains auditeurs, révèle Franceinfo ce lundi 23 juillet. Alors que le monseigneur Jean-Pierre Cattenoz s’en était pris à la communauté LGBT, au mariage pour tous et à l’avortement à plusieurs reprises pendant sa messe d’une heure le 15 juillet sur France Culture, la radio a exigé des représentants de l’Égli-se catholique qu’ils « respectent les valeurs du service public, comme la tolérance, le respect et la non-discrimination ».

Dans un courrier envoyé dès le 16 juillet, la radio de service public demande un rendez-vous avec le président de la Conférence des évêques de France monseigneur Georges Pontier pour évoquer l’ecclésiastique qui a cru bon d’estimer que « le mariage pour tous peut bien exister » mais que « ce ne sera jamais qu’une amitié » ou avouer avoir « pleuré il y a quelques semaines en voyant conduire au panthéon de la République le corps de celle qui a permis la légalisation de l’avortement ».

Après ses propos sur Simone Veil, le religieux, choisi Conférence des évêques de France pour célébrer cette messe en direct,  avait poursuivi avec des citations dont une de Jean-Paul II: « l’avortement est le crime le plus abominable qui soit car la victime n’a même pas la possibilité de crier sa propre souffrance ».

D’après le délégué aux programmes de France Culture Vincent Lemerre, interrogé par France-info, l’esprit du courrier de la radio est de « s’associer aux réactions des auditeurs qui ont pu être choqués par les propos de monseigneur Cattenoz ». Et servir de rappel aux intervenants que ces messes « sont diffusées sur une antenne du service public » et que « chacun doit être conscient de cela ».

Le but sera aussi de remettre à plat le cadre de cet exercice, assure-t-on au HuffPost tout en précisant que ce genre de dérapage n’est jamais arrivé depuis la mise en place du programme il y a 50 ans. L’occasion pourrait aussi être saisie entamer une discussion plus large entre Radio France et le bureau des cultes sur le traitement de la religion.

Cette homélie s’était déroulée pendant le 72e Festival d’Avignon dont le thème autour du masculin et du féminin avait déjà fait grincer les dents monseigneur Jean-Pierre Cattenoz, l’archevêque de la ville. Il avait réclamé quelques jours plus tôt que le festival ne soit « plus centré sur l’homosexualité et le transgenre ».

24/07/2018 Rédaction du HuffPost

https://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire: Avec les compliment de Macron qui a dit à la conférence des évêques que « la manif pour tous avait beaucoup souffert » et que  » qu’il faut rétablir les liens entre république et église » (donc revenir sur la loi de 1905! ). Partant de là, pourquoi se gêner!

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24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

nord de l’irlande (courrier inter)

cingles

Coalition de cinglés!

342 Nord-Irlandaises ont eu recours à l’IVG en Angleterre depuis mars

Ce nombre est en forte augmentation depuis la mise en place d’une ligne verte visant à faciliter la prise de rendez-vous avec l’organisme britannique chargé d’accompagner les patientes souhaitant mettre un terme à leur grossesse. La pression s’accentue sur le gouvernement afin d’aligner la législation nord-irlandaise sur celle du reste du Royaume-Uni, où l’avortement est pratiqué jusqu’à la 24e semaine.

Le 25 mai dernier, en validant la suppression du 8e amendement de la Constitution par 66 % des suffrages exprimés, les électeurs irlandais ont ouvert la voie à la légalisation de l’avorte-ment. Le pays s’apprête à quitter un club très fermé de nations de l’Union européenne inter-disant encore l’Interruption volontaire de grossesse (IVG). Mais sur l’île, le Nord reste à la traîne : l’Abortion Act, adopté en 1967 dans le reste du Royaume-Uni, n’y est jamais entré en vigueur, et l’IVG y reste interdit, sauf en cas de danger pour la santé de la femme enceinte.

Dimanche, 170 personnalités politiques de tout bord, britanniques et irlandaises, ont appelé le gouvernement dans le Sunday Times à modifier la législation, afin de “se mettre en conformité avec la Convention européenne des droits de l’homme”, comme le prévoit l’accord du Vendredi saint de 1998, qui avait mis fin aux Troubles en Irlande du Nord. “Le mois dernier, la Cour suprême du Royaume-Uni a estimé que la législation nord-irlandaise [encadrée par une loi de 1861] était ‘intenable’ et nécessitait un ‘réexamen urgent’”, rappellent les signataires.

En parallèle, des chiffres publiés lundi 23 juillet ont laissé apparaître une explosion du nombre de recours à l’IVG émanant de femmes nord-irlandaises en Angleterre. “Un total de 342  personnes ont fait le voyage depuis mars”, détaille le Belfast Telegraph, contre 190 patientes sur les neuf mois précédents et un total de 919 femmes en 2017. Cette forte augmentation coïncide avec la mise en place au printemps d’une ligne verte destinée à faciliter la prise de rendez-vous avec le British Pregnancy Advisory Service, organisme chargé d’accompagner les femmes enceintes souhaitant mettre un terme à une grossesse non désirée.

24/07/2018

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

Comme le dit l’image, une « coalition de cinglés » est derrière tout çà!

Avant l’indépendance de 1922, république depuis 1949 seulement, l’Irlande formait une seule entité: une colonie anglaise sous le joug délégué à deux « sectarismes », celui de l’église catholique au sud (et au nord) et celui des églises protestantes au nord. En partant les anglais ont laissé au sud leurs lois, donc celles de l’église catholique: écoles, santé, morale sexuelle, dépendaient de l’église. Le Nord n’est donc pas sous le joug direct de Londres mais de celui des Unionistes et de leurs églises. L’église catholique, propriétaire terrien au nord, peut par exemple y refuser d’en prêter aux nationalistes pour ouvrir une école « diwan » concurrente.

L’île d’Irlande compte 32 comtés, en 4 provinces historiques: Ulster la plus rebelle (qu’il fallait affaiblir par un surcroit  de colonies) , Munster, Leinster et Connacht. L’Ulster a 9 comtés. Malgré la colonisation, les catholiques-nationalistes y sont majoritaires. Londres n’en a donc pris que 6 qui donnent, miracle!, une majorité aux protestants-unionistes et en a laissé 3 à la république

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22 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

intégristes (lml)

avortement

Sarthe Depuis janvier, l’hôpital du Bailleul ne pratique plus les avortements.

Au centre hospitalier du Bailleul, il n’a pas été pratiqué d’interruptions volontaires de grossesse depuis le début de l’année. En cause ? Un manque de praticiens. Mais pas que…

Depuis six mois, aucune interruption volontaire de grossesse (IVG) n’a été pratiquée au centre hospitalier du Bailleul. « Attention, il ne s’agit pas d’un arrêt de cette activité mais bien d’une suspension ». Le Dr Abdelhadi Maslho, chef du pôle ACME (Anesthésie Chirurgie et Mère Enfant) tient à cette précision. Pourquoi cette interruption ? : « il nous manque un praticien, tant que ce poste ne sera pas comblé, nous ne pourrons pas assurer ce service. ». Au centre hospitalier du Bailleul, sur cinq gynécologues en poste en 2017, trois ont fait valoir leur clause de conscience.

« La clause de conscience, c’est, pour le médecin, le droit de refuser la réalisation d’un acte médical pourtant autorisé par la loi mais qu’il estimerait contraire à ses propres convictions personnelles, professionnelles ou éthiques ».

Suite au départ en retraite d’un praticien, il ne reste donc plus qu’un médecin en mesure de pratiquer l’IVG. Mais l’organisation du service suite à la vacance de ce poste ne permet plus d’assurer les IVG.

19.07.2018

http://www.lemainelibre.fr/

Commentaire: On dirait une victoire des intégistes non?

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10 juillet 2018 ~ 1 Commentaire

islamisme (libération)

laicite

Anne-Clémentine Larroque : «Plus les sociétés deviennent islamistes, plus les individus rompent avec la religion»

A la suite des «printemps arabes», trois pays ont vu les islamistes accéder au pouvoir : la Tunisie, le Maroc et l’Egypte. La chercheuse, Anne-Clémentine Larroque, raconte comment cette expérience a changé ces partis et les a me-nés vers une relative sécularisation.

Pourquoi parlez-vous d’islamismes au pluriel ?

D’abord, parce que la famille islamiste se divise en plusieurs branches dont les ramifications ont évolué depuis 2011. Il y aurait donc plusieurs idéologies islamistes. Dans mon livre, en analysant l’évolution de la dimension politique des partis islamistes élus, j’évoque automa-tiquement le cheminement de la branche originellement quiétiste : les salafistes et l’explosion médiatique des islamistes radicaux appelés jihadistes.

Les trois partis islamistes dont je parle, le PJD au Maroc, les Frères musulmans en Egypte (PLJ) et Ennahdha en Tunisie, même s’ils ont certaines inspirations communes, représentent trois expériences différentes du pouvoir. Chacun des partis a été hissé au pouvoir par les urnes, en revanche, leur maintien n’a pas été expérimenté de la même manière. Si les  islamis-tes l’ont perdu en Egypte, ils sont encore associés au pouvoir en Tunisie, et le partagent au Maroc actuellement. Ajoutons que les dernières élections locales en Tunisie en mai 2018 ont consacré à nouveau le parti Ennahdha comme première force politique en Tunisie, devant Nidaa Tounes, pourtant à la tête de l’exécutif.

En Egypte, les Frères musulmans sont aujourd’hui diabolisés par le pouvoir. Le général Al-Sissi les a qualifiés «d’organisation terroriste». Mais à force de les diaboliser, on oublie les difficultés qu’ils ont eues à gouverner quand ils étaient au pouvoir entre 2012 et 2013 avec Mohamed Morsi à la présidence. Ainsi, aux yeux de la population, l’illusion persiste. Plus il y a de répres-sion et de diabolisation, plus le mythe, le fantasme des Frères musulmans, reste intact.

Vous racontez aussi comment l’expérience du pouvoir divise les mouvements islamistes.

En Tunisie, Ennahdha a fait le choix de couper les ponts avec les jihadistes d’Ansar al-Charia en 2013. Par conséquent, le parti s’est coupé de son électorat jeune qui recherchait justement la transgression des salafo-jihadistes et un idéal d’absolu. Cet exercice du pouvoir crée effecti-vement des divisions au sein des partis islamistes, des ruptures parfois définitives.

L’autre conséquence de l’expérience du pouvoir est que ces partis finissent par se séculariser ?

Les islamistes ont vécu deux phases, le passage de la prédication à la politique, puis de  l’opposition au pouvoir. Ce sont les deux phases de leur sécularisation. C’est notamment le cas pour Ennahdha en Tunisie et le PJD au Maroc. Ainsi, la nouvelle Constitution tunisienne, élabo-rée entre autres avec Ennahdha, proclame la liberté de conscience. Et dans le sud de la Tuni-sie, certains islamistes se réclament aussi de l’ancien chef d’Etat, Moncef Marzouki (au pouvoir de 2011 à 2014), ancien militant des droits de l’homme et représentant de la gauche laïque.

Au Maroc, nous constatons aussi les prémices d’une sécularisation. Le roi et son entourage ont bien conscience que la société marocaine est en train de changer très rapidement. Il y a de plus en plus de porosités avec le monde occidental. Des femmes commencent à se dévoiler. Ce changement est accompagné de façon discrète par le pouvoir, le roi, Commandeur des croyants. Par pragmatisme, mais aussi par intérêt, car il est promoteur de partenariats avec l’Union européenne.

Dans tous ces cas de figure, je cite l’islamologue Adrien Candiard qui explique très bien à quel point toute islamisation de la société s’accompagne forcément d’une sécularisation. Plus les sociétés deviennent islamistes, plus les individus, surtout des jeunes, rompent avec la religion et décident de ne plus pratiquer l’islam. C’est le cas en Egypte, beaucoup de jeunes gens s’éloignent de l’islam face à une salafisation qui vient du Moyen-Orient, et surtout d’Arabie Saoudite.

Malgré tous ces aspects de dialogue, de sécularisation, de démocratisation, la Tunisie reste le pays qui envoie le plus gros contingent de jihadistes à l’extérieur…

C’est l’effet balancier inverse de celui décrit par Adrien Candiard : en sécularisant, on islamise en même temps. C’est aussi la preuve qu’un dialogue se libère en Tunisie. C’est bien le signe d’une démocratisation en cours. Tous les extrêmes peuvent s’exprimer, et c’est toujours mieux de les laisser parler plutôt que de tenter de les étouffer. Ce dialogue ouvert ne peut être que cathartique. Ces oppositions ont lieu au sein même d’Ennahdha, et de la troïka [rassemblant trois partis politiques représentés à l’Assemblée constituante dans le but de former une majo-rité stable, ndlr], des gens qui sont aux antipodes les uns des autres échangent, même si c’est de façon conflictuelle. Ces discours a priori incompatibles ont eu des effets très sains sur l’évolution des mentalités.

La situation sociale reste explosive…

Parce que les réformes économiques et sociales qui étaient attendues ne se sont pas faites. Il y a un décalage en Tunisie sur les deux mots d’ordre de la révolution de 2011 qui étaient «Liberté» et «Dignité». Les progrès concernant les libertés existent mais ceux concernant la dignité, surtout socio-économique, ont été oubliés. Entre 2011 et 2017, les conditions de vie des Tunisiens se sont globalement détériorées, la dette publique est passée de 40 % du PIB à 70 %. D’où la relance de nouveaux mouvements de contestation qui risquent d’être plus extrêmes que ceux de 2011.

L’Egypte rate donc cette expérience cathartique menée en Tunisie et revient presque en arrière avec Al-Sissi ?

Oui, et pourtant nous avons affaire à un peuple beaucoup plus politisé qu’au Maroc ou en Tunisie. Le peuple a plus de poids. Les Egyptiens ont eu le droit de protester avant les autres, même si c’est au sein d’un régime plutôt autoritaire. Ils ont aussi une vision plus géopolitique : ils ont connu le panarabisme, les accords de Camp David… Mais c’est pourtant en Tunisie et au Maroc, qu’on assiste à une libéralisation de la conscience politique. Sissi a gelé cette évolution en 2013 en se faisant le porte-parole du peuple.

Est-ce que cela ne risque pas de tourner aux années noires algériennes après l’interdiction du FIS ?

Sissi ne fait que donner du grain à moudre aux plus extrémistes, ou à ceux qui pensent que l’islamisme politique est la solution. Même s’ils ont été déçus par Morsi. Mais la révolution a été arrêtée, suspendue, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existe plus. Aujourd’hui, des gens conti-nuent de s’organiser dans des quartiers populaires du Caire. Certes, les Frères musulmans se sont massivement exilés en Turquie, et un peu au Qatar. Mais en favorisant une clandestinité du mouvement, Sissi favorise aussi une plus grande radicalité.

Les «printemps arabes» ont donné aux partis islamistes des opportunités pour accéder au pouvoir, notamment en Tunisie, en Egypte et au Maroc. Après plusieurs mois de terrain dans ces trois pays, la jeune chercheuse et historienne Anne-Clémentine Larroque livre un ouvrage dans lequel elle examine comment ces mouvements ont évolué avec l’expérience du pouvoir (1). En Tunisie, elle a étudié les effets du pouvoir sur Ennahdha qui a fait partie du gouverne-ment d’union nationale de 2011 à 2014, et qui se définit aujourd’hui comme un «parti de musul-mans démocrates». Les Frères musulmans, qui influencent tous les mouvements islamistes depuis un siècle, font partie de l’histoire nationale de l’Egypte, où ce mouvement transnational a été fondé. Le 20 janvier 2012, le parti islamiste qui en émane, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), dirigé par Mohamed Morsi, a remporté les élections législatives, son gouverne-ment est renversé par l’armée en juillet 2013. Depuis 2014, le général Al-Sissi réprime dure-ment les Frères musulmans. Enfin, la jeune spécialiste raconte l’histoire plus atypique du Parti de la justice et du développement (PJD), qui a remporté les élections législatives en 2011 au Maroc et doit composer avec le pouvoir du roi qui est aussi Commandeur des croyants. Ces trois partis islamistes ont profité de la même opportunité des printemps arabes pour accéder au pouvoir. Ensuite, ils ont vécu des expériences différentes. Ils ont en commun une certaine sécularisation et du même coup des ruptures souvent définitives avec leur frange la plus extrémiste.

(1) L’ouvrage d’Anne-Clémentine Larroque, l’Islamisme au pouvoir, Tunisie, Egypte, Maroc (éditions PUF) était parmi les trois finalistes du Prix Brienne, prix du livre de géopolitique.

Catherine Calvet  8 juillet 2018

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ANNE-CLÉMENTINE LARROQUE L’ISLAMISME AU POUVOIR. TUNISIE, ÉGYPTE, MAROC PUF, 256 pp., 19 €.
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