Archive | Quimper et pays glazik

13 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Saupiquet (FR)

Sardines de la marque Saupiquet, dont la dernière conserverie de poissons à Quimper a été rachetée en 1999 par le groupe italien Bolton.

L’usine Saupiquet de Quimper, propriété des Italiens de Bolton Food, menacée de fermeture. 155 emplois sont en jeu

Cent cinquante-cinq emplois sont menacés par un projet de fermeture de la conserverie Saupiquet de Quimper, a annoncé le groupe italien Bolton Food dans un communiqué diffusé mercredi. L’usine produit des conserves de maquereaux et de sardines, concurrencées par les marques de la grande distribution.

« Ce projet est la conséquence de la baisse du marché des conserves de poissons en France et en Europe qui a entraîné, pour Bolton Food, des baisses de volumes de ventes et de production qui se traduisent par des résultats négatifs », a précisé le groupe propriétaire de l’usine.

La direction a annoncé mardi en Comité social et économique (CSE) « l’ouverture prochaine d’une procédure d’information-consultation » le 20 juin sur ce projet. Le groupe « s’engage à proposer des mesures d’accompagnement » et à travailler « pour identifier d’éventuelles opportunités de reprise du site ».

Baisse des ventes et concurrence des marques de la grande distribution

L’usine produit des conserves de maquereaux et de sardines, essentiellement à destination du marché français, sur lequel « le volume des ventes de Bolton Food a diminué de près de 25%, entre 2020 et 2023″, concurrencé par les marques de la grande distribution. Le groupe italien dit, enregistrer des pertes sur le marché français « depuis 2022, lesquelles ont atteint 5 millions d’euros en 2023″.

« Dans la mesure où les autres principaux marchés européens connaissent la même tendance baissière, tous les sites de production de conserves de poisson de Bolton Food font face à une surcapacité de production importante », souligne-t-il. « Bien que le site (de Quimper) ait poussé ses performances au maximum, il enregistre aujourd’hui l’un des taux d’utilisation les plus faibles de Bolton Food », souligne-t-il.

Investissements et recherche de nouveaux débouchés

Le groupe familial italien met aussi en avant ses « efforts engagés », à savoir 13 millions d’euros d’investissement pour améliorer la productivité du site, ainsi que des « tentatives de développement de nouveaux débouchés internationaux pour le maquereau, qui représente 90% de la production de Quimper ».

  Krystel Veillard   13/06/2024

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14 mai 2024 ~ 0 Commentaire

NPA Kemper

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26 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Hôpital (Côté Quimper)

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À l’hôpital de Quimper, l’absentéisme inquiète

Jeudi 25 avril, les syndicats du Centre hospitalier de Quimper dénonçaient leurs conditions du travail : absentéisme, refus de congés, matériel de qualité inférieure…

Drapeaux à la main, les syndicalistes du Centre hospitalier de Quimper Cornouaille (Finistère) affichent un air soucieux. L’arrivée de Yann Dubois à la direction en janvier 2024 laissait espérer un nouveau management.

« Nous restons sur notre faim », déplore Pascale Jacq de Sud Santé, jeudi 25 avril 2024. Ce « nous », c’est la CFDT, la CGT et Sud Santé.

Grossesses, retraites… mais pas de remplacement

Ils pointent en premier lieu le taux d’absentéisme, estimé à 10% par les syndicats. Les arrêts maladie se multiplient, sans que le personnel ne soit remplacé, relatent-ils. « Alors que les grossesses et les départs à la retraite peuvent être anticipés », fustige Pascale Jacq.

À l’Ehpad Ti Creac’h, qui dépend de l’hôpital, une aide-soignante va partir à la retraite. L’équipe passera de trois à deux personnes… pour 100 patients. C’est clairement dangereux. Laura Le Yeuc’h, Sud Santé.

De son côté, Nathalie Frémin, coordinatrice générale des soins, assure que le recrutement se fait « au fil de l’eau » : « Nous commençons à chercher une solution dès que l’arrêt maladie est annoncé. »

Depuis le début de l’année, 29 infirmières et 34 aides-soignantes ont été embauchées.

Refus de congés

Les syndicats redoutent la saison estivale, où les patients sont plus nombreux. Il a été proposé à plusieurs personnels de changer de rythme, en travaillant le jour et la nuit. « L’idéal serait d’avoir une équipe de nuit autonome. Ce serait physiologiquement mieux. Mais nous sommes obligés de réorganiser, en sollicitant le pool de remplacement », précise Nathalie Frémin.

Ce rythme casse les gens. Désormais, ils peuvent craquer pour une bêtise. Il y a beaucoup de burn-out. Pascale Jacq, Sud Santé.

Autre problème posé par les syndicats : certains employés se seraient vu refuser des congés. « C’est un raccourci, tempère Nathalie Frémin. Lors des réunions d’équipe, nous demandons aux personnels de s’organiser entre eux. Surtout lorsqu’il y a une forte demande sur la même période. »

Un matériel de moins bonne qualité

Enfin, l’intersyndicale mentionne un manque de matériel, voire une dégradation de sa qualité. Elle évoque de nouveaux changes pour les retraités, ainsi que des produits pour la peau qui provoqueraient des rougeurs.

Nathalie Frémin rappelle que ces changements sont nécessaires, afin de « respecter la réglementation sur les produits utilisés », et que ces derniers « font l’objet d’essais ».

Un tel contexte pourrait rebuter les futures recrues, à l’image des stagiaires. C’est ce que craint l’intersyndicale : « Ça risque de les dégoûter, ils ne seront pas prêts de revenir. »

Pas pour Nathalie Frémin, qui préfère voir le verre à moitié plein : « Les étudiants souhaitent revenir travailler ici après l’obtention de leur diplôme », assure-t-elle.

https://actu.fr/bretagne/

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09 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Technival breton (NPA)

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ʟ’ɪᴍᴀɢᴇ ɴᴏᴜs ʀᴀᴘᴘʀᴏᴄʜᴇ NPA Cornouaille Hebdo L’Anticapitaliste – 703 (11/04/2024)
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Technival breton : Du bruit, de la pluie, de la gendarmerie

Sur le tarmac de l’ancien aéroport de Quimper (29) à Pluguffan s’est installé le « Tek’West », une fête gigantesque avec plus de 10 000 participantEs, malgré un temps épouvantable, et ce, pendant tout le long week-end de Pâques.

Comme un pied de nez aux promoteurs de l’avion et du kérosène, le choix de ce lieu fait suite à la fermeture de l’activité de l’aéroport, fruit d’une lutte dénonçant son inutilité et son impact écologique. Il ne contient désormais qu’un modeste aéro-club qui n’a subi aucun dommage.

Du son plutôt que des avions

Alors même que ces anciennes pistes permettaient l’installation des murs de son sans trop de problèmes, la préfecture du Finistère a immédiatement décrété que ce rassemblement était illégal, faisant fi des milliers de jeunes se rassemblant et pour certainEs exprimant clairement leur refus des violences policières et des interdictions.

Dès le samedi, le dispositif policier par des contrôles, chicanes et check-points sur les routes conduisant à l’aéroport a tout fait, en vain, pour empêcher l’afflux impressionnant de toutes et tous les teufeurEs.

Malgré cette présence policière, des milliers de jeunes et moins jeunes, dont nombre de participantEs des alentours, ont contourné les divers barrages pour accéder au tarmac et au teknival.

Bruit, nuisances et répression

Alors certes, les murs de son ont fait trembler le voisinage et la quiétude des riverainEs déshabituéEs du bruit depuis que les avions ne les survolent plus…

Alors certes, des témoins rouspètent contre des jeunes étant passés par leur jardin pour accéder à la fête, mais au-delà, et selon les propos mêmes du maire de Pluguffan, il n’y a pas eu d’incidents majeurs ni de comportements « délictueux ».

Et pourtant, sans être empêchéEs physiquement d’aller sur place, les teufeurEs ont subi une répression financière particulièrement forte.

L’ensemble des festivalierEs ont écopé chacun et chacune de 135 euros d’amende ainsi que 135 euros pour chaque véhicule. La somme vertigineuse atteint 1,7 million d’euros, sans compter les 340 m3 de matériel (sono, éclairage…) saisis et les « 68 personnes auditionnées pour organisation ou complicité d’organisation d’un rassemblement illégal ».

Dégradations et hypocrisie

Selon la Préfecture et la CCI (Chambre de commerce et de l’industrie), le montant des dégradations est évalué à 130·000 euros (plus de 10 fois moins que les amendes récoltées). Les principales dégradations sont les portails et grillages qui empêchaient l’accès libre au tarmac.

On peut sans peine imaginer que si le rassemblement n’avait pas été frappé d’illégalité et l’accès laissé libre aux festivalierEs et au matériel, les dégradations auraient été bien moindres.

En s’entêtant à interdire de tels rassemblements, festifs et gratuits, particulièrement nombreux en Bretagne, les autorités préfectorales et le gouvernement ne font que stigmatiser un monde musical et une jeunesse qui ne s’arrêtera pas là et qui comprend fort bien les régressions en cours et la répression omniprésente.

Ainsi que le dénonçait non sans humour l’un des étendards de la « Tek’West » : « La police peut nuire à vous et à vos proches ». Fin momentanée de l’épisode… jusqu’au prochain.

NPA Cornouaille

https://lanticapitaliste.org/

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03 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Marx ( Ergué Armel )

ludivine

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10 mars 2024 ~ 0 Commentaire

Quimper – Gaza (OF)

Un rassemblement a été organisé à Quimper (Finistère) samedi 9 mars 2024. Près d’une centaine de personnes ont répondu présent à l’appel du collectif pour un cessez-le-feu à Gaza, qui regroupe une vingtaine d’organisations politiques, syndicales et associatives.

À Quimper, près d’une centaine de personnes se rassemblent « pour un cessez-le-feu à Gaza

Dès 10 h 30, samedi 9 mars 2024, un rassemblement s’est tenu place Médard, à Quimper (Finistère) à l’initiative du collectif pour un cessez-le-feu à Gaza, qui regroupe une vingtaine d’organisations politiques, syndicales et associatives.

Près d’une centaine de personnes se sont rassemblées, samedi 9 mars, dès 10 h 30, à Quimper (Finistère), à l’appel du collectif pour un cessez-le-feu à Gaza, qui regroupe une vingtaine d’organisations politiques, syndicales et associatives.

« Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat, total et permanent pour la bande de Gaza, l’arrêt des bombardements et des déplacements forcés des populations. Nous exigeons l’entrée sans restriction de l’aide humanitaire, le rétablissement des financements de l’UNRWA, soit l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, et la levée du blocus de Gaza », précise le collectif.

Ensemble, ils ont rendu hommage aux victimes de la bande de Gaza, l’une après l’autre, rappelant leur identité, avec une photo, et les circonstances de leur décès.

Cette action a été programmée dans le cadre d’une journée d’action nationale organisée par le collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.

Ces manifestations sont régulièrement organisées à Quimper, et dans de nombreuses villes en France, depuis le début de la guerre qui oppose Israël et le Hamas palestinien. Cette dernière a éclaté le 7 octobre 2023.

Samedi 09 mars 2024

https://brest.maville.com/

 

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11 février 2024 ~ 0 Commentaire

marx (quimper)

karl

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09 février 2024 ~ 0 Commentaire

archives du PCI finistère

trotsky

Conférence (trotskistes, lutte contre le nazisme, déportation)

Cette conférence, donnée à la médiathèque de Quimper par Erwan Le Bris du Rest, est centrée sur la lutte contre le nazisme menée par Eliane et Henri Berthomé (et leurs camarades trotskistes), ainsi que sur leur déportation.


“Répétons-le inlassablement, les droits de l’homme, la liberté, ne sont jamais définitivement acquis. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons être vigilants pour sauvegarder les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les piliers de notre démocratie ”                Henri Berthomé

“Je considère comme le devoir de tout citoyen, de toute citoyenne digne de ce nom, que de lutter contre l’injustice, contre les atteintes aux droits de l’homme, dans quelques pays que ce soit, dans quelques parties du monde que ce soit “.                       Eliane Berthomé

Rue du Chapeau-rouge, à Quimper, une petite boutique de modiste tenue par Madame Marie-Annick Ronël-Carnot et sa fille, Eliane ; les Ronël demeurent rue Pen-ar-Steir. Monsieur Louis Ronël est contrôleur des contributions, le père de celui-ci, Louis, est ouvrier typographe (ils sont abonnés à la Bibliothèque municipale).

Les Ronël sont socialistes et libres penseurs, leur fille Eliane (Marcelle, sa sœur aînée, a épousé un instituteur, Jean-François Hamon qui ne cache pas ses sympathies pour le Parti communiste) adhère, dès 1938, aux Auberges de Jeunesse.

En août 1939, à 18 ans Eliane (elle est née le 21 février 1921), mettant à profit ses jours de congés payés, se rend en tant qu’Ajiste en Allemagne, qu’elle visite en vélo, et découvre un pays sous la botte nazie ; elle est choquée par le salut hitlérien, par cette jeunesse en uniforme, embrigadée…

Eliane participe, mais elle se sent isolée, à plusieurs manifestations à Quimper et à Concarneau, celles-ci étant « animées », raconte-telle, par Pierre Guéguen alors maire communiste de cette ville portuaire, en rupture de ban après les accords Molotov-Ribbentrop (pacte germano-soviétique, 23 août 1939), proche des trotskistes.

Toujours isolée, au cours de l’année 1940, elle rédige et compose, sur une petite imprimante offerte par son grand père Ronël des « papillons » antifascistes qu’elle colle sur les affiches de propagande nazie, sur les vitrines de magasins. Les troupes allemandes sont entrées dans Brest le 19 juin au soir, dans Quimper le 20 juin. Des « avis à la population » sont placardés : « […] dès à présent, l’heure allemande est en vigueur. Les montres seront en conséquence avancées d’une heure. »

La résistance s’organise – Le « travail allemand »

1941-1943. La petite boutique, à l’enseigne « Eliane », et le domicile familial des Ronël deviennent une véritable « plaque tournante » de la Résistance trotskiste dans le Finistère.

Alors qu’Eliane adhère, dès 1938, aux Auberges de jeunesse, elle rencontre des Ajistes militants trotskistes, André Calvès, Gérard Trévien, Marguerite Métayer ; celle-ci l’encourage à s’engager dans la vie clandestine des Résistants. Au début de l’année 1941, elle entre dans l’organisation, elle participe alors à la distribution de tracts et de La Vérité clandestine, organe de propagande des Comités français de la IVe Internationale (créé le 30.08.1940), elle organise des réunions clandestines du « Parti » sous couvert des activités des AJ, reçoit chez ses parents, rue Pen-ar-steir, Yvan Craipeau créateur avec Fred Zeller des Jeunesses Socialistes Révolutionnaires-JSR, membre du Parti Ouvrier Internationaliste-POl (créé en 1938).

Sous couvert d’activités professionnelles, elle effectue aussi plusieurs voyages à Paris («souvent») pour prendre (« ramasser ») le « matériel » (La Vérité, tracts) ventilé puis distribué sur Quimper et Brest. A Paris les rendez-vous sont donnés à l’hôtel Lhomond où elle rencontre des « camarades inconnus » d’elle.

A la mi-septembre 1942, rue Lhomond, elle rencontre ainsi Henri Berthomé lui-même venu chercher, pour Nantes, du « matériel.» Henri, qui demeure à Rezé avec sa famille (père cheminot, mère femme au foyer), milite depuis l’âge de 16 ans (il est né le 9 juillet 1923) ; il milite, ainsi que sa sœur aînée, Jeanine, à la section des Jeunesses socialistes animée par leur frère Georges, secrétaire fédéral.

« La décision de non-intervention en Espagne nous avait convaincus, et annonçait d’autres renoncements. » dira plus tard Henri Berthomé. Ainsi, à l’arrivée des Allemands à Nantes (18 juin 1940), la section de Rezé a déjà gagné la clandestinité, et le vote des pleins pouvoirs à Pétain (10 juillet 1940) convainc les deux frères d’adhérer à la IVe Internationale.

Henri, muni d’un CAP d’ajusteur, travaille aux chantiers navals Dubigeon ; en mai-juin Nantes est touchée par plusieurs bombardements, Henri prend alors part à l’évacuation et aux premiers secours aux victimes, avec son frère et sa sœur il distribue des tracts et de nuit colle des affiches. En octobre 1942, devant la réquisition d’ouvriers français pour le travail forcé en Allemagne, les usines et chantiers navals de Nantes débrayent. «[…] j’ai personnellement incité au débrayage avec d’autres camarades des chantiers Dubigeon » note Henri, en marge de l’ouvrage d’Yvan Craipeau, Contre vents et marées- Les révolutionnaires pendant la deuxième guerre mondiale (Savelli, 1977).

Au moment de leur première rencontre rue Lhomond, à Henri et Eliane, celle-ci écrit : «Je revenais […] d’un stage organisé par les camarades de la route en zone sud, à Mollans près d’Orange. L’organisation et l’animation de ce stage étaient menées par des camarades du parti, principalement Henric et Marc Paillet avec lesquelles j’ai eu des discussions politiques […]. Henric était chargé de la formation politique pour notre groupe au cours des matinées de notre stage. »

En octobre 1941, les Auberges Françaises de la Jeunesse-AFJ et les Camarades de la route-CDR (mouvement d’usagers qui rassemble des groupes ajistes) ont ouvert, après Uriage, une école de formation à Mollans. L’activité des CDR commence en août 1941 ; ils se donnent pour objectif la formation des responsables. Sans doute sélectionnée, Eliane, également membre des CDR, est donc appelée à jouer un rôle déterminant dans le mouvement, mais on devine aussi l’orientation politique donnée à la formation de militants déjà engagés ou qui s’engageraient dans la Résistance.

A Quimper, séjourne chez ses parents, fin 1942-début 1943, Jean-René Chauvin, membre du POI, lié à Yvan Craipeau ; Chauvin a participé, à Bordeaux, en pleine mobilisation, à la rédaction et à la diffusion d’un tract contre la guerre, dénonçant aussi le Stalinisme comme ennemi mortel du communisme.

Fin mars 1943, arrivent à Quimper, chez les Ronël, qui les hébergent avant qu’ils ne partent pour Brest, cinq Nantais dont Robert Cruau, postier de 23 ans, il parle allemand, et les frères Henri et Georges Berthomé. « Quelques uns de ces camarades sont réfractaires au départ pour le STO. Tous ont besoin d’une fausse carte d’identité pour mener leur activité clandestine […] Nous envisageons en commun et discutons des formes appropriées d’activités pour la région bretonne et particulièrement le travail allemand. » Dès lors, le groupe se réunit régulièrement le dimanche rue Pen-ar-Steir. « Les réunions régionales groupant 6 à 8 camarades se tiennent le dimanche chez moi »». On y retrouve donc, entre autres, Marguerite Métayer, et les Brestois, Robert Cruau, Georges et Henri Berthomé, Yves Bodénés (Huon), l’un des responsables finistériens du POI.

Les 15 et 16 août 1943, se tient à Daoulas (dans l’une de ses notes Eliane parle non plus de Daoulas mais du Faou) un rassemblement d’une vingtaine de militants auxquels s’est joint Yvan Craipeau. « Le travail était organisé en commissions. Et suivi de discussions communes à toutes les commissions. Au cours de l’une de ces journées nous avons travaillé par équipe de 2. Alice Bourhis a rappelé qu’elle était avec Henri Berthomé […]. Robert Cruau et moi-même traitions du travail allemand. »

Le 5 octobre 1943, se réunissent chez Eliane, plusieurs membres du groupe ; se joignent à eux Marguerite Métayer ainsi que Marcel Baufrère, alias « Marceau » ou « Liber », Odette sa compagne, qui arrive de Paris avec du « matériel », La Vérité et des tracts allemands, ce « matériel » dont va se saisir, deux jours plus tard, la Gestapo. A l’ordre du jour de cette réunion figure, une fois de plus, la réorganisation du parti dans la région, la réorganisation du travail dans les AJ, et le « travail allemand».

Le « travail allemand »

Le « travail allemand » s’est essentiellement développé à Brest avec le Nantais Robert Cruau qui garde un avantage sur ses camarades, il parle allemand et, de ce fait, peut participer à la rédaction au côté de soldats de la Wehrmacht de tracts et de journaux diffusés auprès des troupes d’occupation tel que le Zeitung für Arbeiter und Soldat im Westen (Journal du soldat-travailleur en uniforme), tiré à 150 exemplaires. La ronéo est cachée chez André Calvès qui se charge de taper les tracts. « Les articles se terminaient par des appels : « Ne vous faites pas les chiens de garde du capitalisme et du nazisme. Aidez les jeunes travailleurs français à lutter contre les déportations » (André Calvès, notes)

Le « travail allemand » repose donc essentiellement sur la propagande anti fasciste, anti nazie en direction des soldats des forces d’occupation dans la région brestoise, soldats dont beaucoup sont originaires de Hambourg autre ville portuaire, connue pour son mouvement ouvrier. «Sous chaque uniforme peut se cacher un ouvrier» (Rosa Luxembourg). Plutôt que par l’action armée directe, il s’agit ainsi, par la propagande, en allemand, de gagner à la cause révolutionnaire des prolétaires allemands, des « travailleurs allemands sous l’uniforme », engagés par un régime fasciste dans cette guerre. «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Cette action de résistance, ses objectifs, les moyens à mettre en œuvre, ont souvent été discutée lors des réunions du groupe tant à Quimper que lors du rassemblement de Daoulas (Le Faou ?) à la mi- août 1943.

Le groupe est composé de trotskistes. Ils lisent La Vérité qu’ils diffusent. Ils ont dès octobre 1941 diffusé des tracts ronéotypés et quelques journaux « Front ouvrier », « Le bulletin ouvrier et paysan », « La Bretagne Rouge ».

En octobre 1942, alors que l’autorité allemande décide d’expédier sept cents ouvriers de l’Arsenal de Brest à Hambourg, ils rédigent un tract dont un millier distribué dans des boîtes aux lettres; ils dénoncent, dans ce tract, les déportations d’ouvriers et lance un appel à s’organiser. Les tracts peuvent être remis en main propre aux soldats, ou jetés par-dessus le mur des casernes ou bien encore du haut des balcons des salles de cinéma…

En juillet 1943, paraît Arbeiter und Soldat (Travailleur et soldat/Travailleur-soldat) rédigé à Paris dans une imprimerie clandestine du POI, que le groupe brestois diffuse à 150 exemplaires. « Il faut tout de même souligner que si des copains de Paris publièrent le journal clandestin « Arbeiter und Soldat » ; si des militants de divers points de France agirent pour que ce journal parvienne à des soldats allemands, c’est seulement à Brest qu’il y eut un début d’organisation préparée par de jeunes militants. Tout le mérite en revient au camarade Robert Cruau » rappelle dans ses souvenirs André Calvès. (J’ai essayé de comprendre – Mémoires – 1ère partie 1920-1950, p. 59)

«A (ma) connaissance au moment des arrestations de Brest des copains du travail allemand on a compté au plus une quinzaine de soldats allemands […] » annote Henri Berthomé en marge du chapitre Le travail des trotskistes dans l’armée allemande consacré par Craipeau dans son ouvrage sur Les révolutionnaires pendant la deuxième guerre mondiale (Contre vents et marées). Dans ses souvenirs, André Calvès pensent pouvoir préciser qu’ «Au début de septembre 1943 nous avions 27 soldats dans l’organisation […]. »

L’un de ces Allemands, Heinz, appartient à l’organisation TODT, il se sert alors du cachet de cette organisation pour truquer les cartes de travail des réfractaires au STO. Un autre soldat, de la DCA, Konrad Leplow rejoint le groupe.

Outre cette action, le groupe aurait transmis, semble-t-il à Londres des renseignements concernant, entre autres, la base sous-marine. Par ailleurs, peut-on établir un rapport entre l’action du groupe trotskiste en direction des soldats allemands et la mutinerie de l’équipage d’un sous-marin survenue en septembre 1943 ; les mutins qui ont refusé de prendre la mer, furent d’ailleurs enfermés à la prison Saint-Charles à Quimper ?

Une sympathisante trotskiste arrêtée, interrogée à Rennes, puis libérée au bout de trois mois, rapporte ce propos d’un officier de la Gestapo : « Faire de la propagande à des soldats allemands est le plus grand crime ! » (André Calvès).

Actions / exécutions

Jeudi 7 octobre 1943, les soviétiques lancent leur grande offensive sur le Dniepr, Pétain est à Vichy, Laval est chef du gouvernement et la Gestapo française torture rue Lauriston. Drancy, Rambouillet, Romainville battent leur plein, véritables « camps de transit » pour les camps en Allemagne, en Pologne, en Autriche…

A l’automne 1943, les mesures de répression se multiplient ainsi que les déportations en masse, elles coïncident avec un accroissement de l’action des groupes de résistance et, bien souvent, avec leurs chutes et démantèlements par les services policiers allemands

Brest, mercredi 6 octobre, Yves Bodénès, alias « Huon », 22 ans, électricien travaillant à l’Arsenal, est arrêté.

Jeudi 7 octobre, un nouveau convoi de Juifs de France quitte la gare de Bobigny pour Auschwitz. Une partie des déportés est gazée dès l’arrivée.

Jeudi 7 octobre, Quimper, en fin de matinée, vers 11 heures, un soldat de la Wehrmacht s’est présenté au magasin se recommandant de « Max », Robert Cruau, et de « Ned », André Calvès, deux camarades du groupe de résistants trotskistes de Brest. Eliane Ronël lui a laissé quelques tracts et journaux, « matériel » que deux jours auparavant Odette Baufrère lui a porté de Paris; peu de temps après, Fred Rospars, 17 ans, un autre camarade, élève à l’Ecole normale d’instituteurs, est passé prendre d’autres tracts qu’il distribuerait au lycée et à l’E.N. Il est vrai, que le mardi précédent, rue Pen-ar- Steir, on avait discuté de la réorganisation du Parti dans la région, des actions à conduire dans les AJ, de l’extension à Quimper du « travail allemand. »

Jeudi 7 octobre, Quimper, il est 15 heures, environ, une voiture s’arrête devant la boutique des Ronël, rue du Chapeau-rouge. Eliane sert des clientes. Deux hommes entrent, l’un est en uniforme. Eliane leur demande ce qu’ils désirent, ils lui répondent qu’ils peuvent attendre, elle continue alors à servir ses clientes; l’homme en civil est ressorti puis interpelle les femmes qui montrent alors le contenu de leurs sacs à chapeaux, il revient dans le magasin, il lui demande, brusquement, «Le matériel !» ; Eliane est étonnée : « Le matériel ? Je ne comprends pas… » Les deux Allemands fouillent le magasin, montent aux étages et reviennent des tracts et des journaux en allemand à la main, mais aussi La Vérité. «D’où viennent-ils ?» Eliane leur dit en ignorer la provenance, les avoir reçus par la poste et ne pas connaître l’expéditeur.

A 16 heures, Eliane, est conduite à la prison Saint-Charles, à Kerfeunteun, le Mesgloaguen ne disposant plus de cellule d’isolement.

Brest, jeudi 7 octobre, cour de l’école Notre-Dame de Bonne nouvelle, siège de la Gestapo, Max, 23 ans, feignant une évasion, est abattu par la Feldgendarmerie

Brest, jeudi 7 : arrestation d’Albert Goavec, 21 ans, d’André Le Floc’h, 20 ans.  Tous, des camarades d’Eliane, membres du groupe de résistance trotskistes de Brest conduit par Yves Bodénès et Robert Cruau.

Le 11 octobre Eliane quitte Quimper pour Rennes où elle est internée à la prison Jacques Cartier, interrogée et battue par la Gestapo. On tait la torture on ne la dit pas.

Georges Berthomé

Georges Berthomé

Nantes, mercredi 20 octobre, arrestation d’Henri Berthomé, 20 ans, ajusteur à l’arsenal de Brest. Yves Bodénès fut déporté à Dora, et ne revint pas Georges Berthomé fut déporté à Dora et ne revint pas. Albert Goavec et André Le Floc’h moururent en déportation.

Dans le même temps la Gestapo frappe à Paris.Egalement arrêtés, Gérard Trévien, 23 ans, ouvrier tôlier à l’Arsenal, André Darley, 23 ans, photographe, Anne Kervella, Marcel Baufrère, 29 ans, manœuvre postier; ils furent tous déportés. Déporté à Buchenwald, Marcel Baufrère y participa à la création d’une cellule trotskiste.

André Calvès, 23 ans, marin puis pointeau dans une tréfilerie, alors en Belgique, échappe à la rafle ainsi que Marguerite Métayer, en mission à Paris, arrêtée un an plus tard, à 36 ans, puis déportée à Ravensbrück.

Henri Berthomé, après avoir connu Buchenwald, fut déporté à Dora, l’ « Enfer de Dora », où les Nazis construisaient les V2.

Ils avaient tous été dénoncés par le soldat allemand, Konrad Leplow, soldat qu’ils avaient rallié, « le travail allemand », à la cause qu’ils défendaient, mais qui, semble-t-il, aurait été retourné par la Gestapo, à moins que celle-ci ne l’ait infiltré dans le groupe.

Une quinzaine de soldats allemands furent aussi arrêtés et «sommairement fusillés peu de temps après» note Henri Berthomé en marge de l’ouvrage d’Yvan Craipeau, contredisant d’ailleurs ce dernier.

Le groupe de résistants trotskistes de Brest n’existe plus.

Au cours de l’année 1943, la plupart des membres du POI sont arrêtés.

De la prison Jacques Cartier, à Rennes, Eliane fait passer plusieurs messages à ses parents. Elle les rassure, sa principale préoccupation, quant à sa santé et son moral, elle donne des nouvelles de ses camarades de cellules (de nombreux ajistes, une quarantaine, mais aussi un notaire, un médecin, une jeune fille de seize ans, une vieille dame…), elle demande qu’on lui fasse parvenir des effets personnels « des journaux français (c’est permis) », précise-t-elle et ajoute « Méthode Assimil, l’Allemande (elle est meilleure que l’autre, mais si vous ne la trouvez pas ça ne fait rien). Livres, ce n’est pas la peine de m’en acheter d’autres. J’ai beaucoup aimé Goethe […]

Donnez moi beaucoup de nouvelles politiques -des faits précis. Pour quand peut-on raisonnablement envisager du nouveau… Surtout ne vous en faites pas pour moi car je vous assure que je suis on ne peut mieux à tous points de vue […]. Mon état d’esprit aussi est le même que lorsque je vous ai quitté. Mes idées sont confirmées une fois de plus ici. Les journées sont trop courtes et passent avec une telle rapidité ! Mais chaque jour qui passe nous rapproche du beau temps, de ces journées lumineuses aux longues soirées. « Ô grand soir, plein d’espoir. » Elle précise dans cette même lettre « Le livre Les fleurs du mal est superbe. Il m’a causé un grand plaisir. » (Rennes, 1-2 décembre 1943)

22 janvier 1944, Georges et Henri Berthomé, immatriculés respectivement 42401 et 42421, quittent Compiègne pour Buchenwald.

Eliane quitte, le 10 ou le 11 mars 1944, Rennes pour Compiègne puis Romainville. Le départ pour l’Allemagne a lieu le 17. Un billet jeté du train, et qui parviendra à sa mère («transmettre S.V.P. à : Madame Ronël 5 rue du Chapeau Rouge (Finistère) Quimper ) : «Mes parents chéris, le voyage continue. Nous sommes en ce moment à Vitry-le-François. Je crois cette fois que nous allons directement sur l’Allemagne. Peut-être à Sarrebruck. Si vous ne recevez pas de mes nouvelles adressez-vous à la Croix rouge. Nous sommes environ 430 femmes. Le long du trajet j’agite l’extrémité de mon foulard de laine… et les gens répondent […. Je suis en pleine forme. D’ailleurs vous savez que je m’adapte à toutes les situations. Je serai donc bien partout. Je vous assure que c’est amusant et que c’est une occasion unique pour étudier tous les milieux […]. »

Marcelle Hamon à sa sœur Eliane toujours en Suède, le 23 juin 1945 : « […] Les 2 mots que tu avais griffonnés dans le train en partance pour l’Allemagne nous étaient parvenus : l’un fut porté par une personne qui l’avait trouvé sur la voie ferrée, l’autre fut remis à maman par un inconnu, il n’a jamais été posté. Il existait chez les employés de gare une filière merveilleuse. Il se transmettait ainsi de l’un à l’autre les lettres des déportés jusqu’à ce qu’elles arrivent à destination. Ils étaient ainsi sûrs qu’elles ne soient pas arrêtées en route par la censure. »

Eliane, elle a vingt trois ans, est déportée sous le matricule 35461 ; elle arrive le 22 avril 1944 à Ravensbrück depuis Romainville trente six jours se sont passés. Elle quitte Ravensbrück le 7 juillet pour Watenstedt, son Kommando étant affecté aux usines d’armement.

Transférée le 23 avril 1945, de Ravensbrück en Suède par la Croix Rouge suédoise, elle écrit à ses parents : « En transport, à Watensdet, j’ai rencontré, un jour que je travaillais dehors, un jeune homme de Quimper, Georges Le Bail (il habite, je crois rue du Palais de Justice) il était de la même affaire que la famille Le Guennec. C’était en février [1945] » (Lettre du 26 juin). Henri Le Guennec était responsable quimpérois du mouvement Vengeance, il fut arrêté, ainsi que plusieurs membre de sa famille, le 20 janvier 1944 ; il meurt à Neuengamme. Georges Le Bail, fils d’Albert Le Bail, député ayant refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain, était agent de liaison du réseau de renseignement Georges France puis Vengeance, il fut arrêté en février 1944, et arriva en juillet au camp de Neuengamme puis participa au Kommando Watenstedt dès août. Il fut libéré de Ravensbrück par l’Armée rouge en avril 1945.

Notes d’Eliane : «Dans les camps. Solidarité. Résistance. Essayer de travailler le plus lentement possible aux machines, quelques tours supplémentaires aux obus, contrôle : laisser passer des obus qui ne correspondent pas à la norme. »

Ce furent des hommes et des femmes ordinaires qui construisirent les camps de la mort. Certains y sont morts parce qu’ils étaient tout simplement différents des autres, d’autres y moururent parce qu’ils avaient tout simplement dit non à l’indifférence.

Pour les survivants : ils ne furent pas, après guerre, tous reconnus du fait de leur choix idéologique, du fait de la forme qu’ils avaient donnée à leur combat. Eliane et Henri, dans un premier temps ne furent pas, parce que trotskistes, reconnus en tant que Résistants, ils ne le seront qu’une fois inscrits, pour elle, au réseau de renseignement militaire CND-Castille du colonel Rémy fondé en septembre 1940, et placé par ses fondateurs sous la protection de la Vierge, pour lui, au réseau Cohors-Asturies (l’un et l’autre rattachés au BCRA-Bureau Central de Renseignement et d’Action créé à Londres sous l’autorité du général De Gaulle ).

De retour à Quimper : Eliane et Henri Berthomé  – Fin de l’ « Odyssée »

Le 23 avril, Eliane Ronël quitte Ravensvrück pour la Suède dans un convoi de la Croix rouge suédoise.

Le 29 avril, le cauchemar à Dora se termine pour Henri Berthomé, il est enfin libre. Il fut de retour dans sa famille à Rezé deux mois après sa libération ayant été hospitalisé en Belgique pour une pleurésie contractée à Dora et « soignée » quinze jours durant au Revier du camp.

Rue Georges Berthomé

Son frère, Georges, ne revint pas de déportation ; il avait été transféré à Halberstadt, camp où était décentralisé une partie de la production de Dora ; quelques jours avant la libération de ce camp par l’Armée rouge il s’évada avec deux copains. Ceux-ci écrivirent de retour en France aux parents Berthomé pour prendre de ses nouvelles, mais nul ne savait ce qu’il était devenu… Il ne revint pas.

Le 21 mai, Marcelle Hamon, la sœur d’Eliane : «Ta carte du 27/4/45 (postée en Suède) est venue nous tranquilliser tout à fait : tu vis et tu es en bonne santé. Ta joie exprime une intense joie de vivre, de revivre comme tu le dis. »

Le 23 juin 1945, Eliane est toujours en Suède. Sa sœur Marcelle lui donne des nouvelles de la famille, les noms de nombreux quimpérois déportés, du «massacre du Stangala », des «petits mots» d’Eliane à ses parents parlant de son internement à Rennes puis sa déportation en Allemagne, et fait allusion à son prochain retour à Quimper : « Tu en auras une tragique Odyssée à nous raconter. »

Henri Berthomé, notant sa « conclusion personnelle (au) livre Contre vents et marées », laisse paraître une grande amertume « […] pour n’avoir en définitive pas cessé d’analyser et de contre analyser au lieu de concrétiser, la jeune 4eme Internationale n’a pu porter les espoirs qu’avaient mis en elle les militants révolutionnaires fusillés ou morts en camp de concentration, ou rentrés de ceux-ci physiquement diminués et moralement désabusés. Quant à la classe ouvrière française et internationale au nom de laquelle et pour laquelle tout cela était sensé se faire, elle laisse l’impression pénible de n’avoir jamais perçu les échos. »

Toutefois, malgré cela, Henri et Eliane Berthomé (ils se marièrent le 26 juillet 1947), ne « désarmèrent » nullement et poursuivirent, inlassablement, jusqu’aux derniers instants, sur tous les fronts leur lutte pacifique mais active pour la défense des Droits de l’Homme ; ils s’engagèrent dans l’action militante, cet engagement se retrouve aussi, non seulement sur le terrain des manifestations, mais dans leur bibliothèque, cette bibliothèque qu’ils nous ont laissée.

Odyssée des mots Eliane Berthomé

Eliane nous a consigné quelques notes où elle résume son engagement, leur engagement : 

«Résister ne devrait pas être un choix, c’est un devoir. C’est une dette que nous avons envers tous ceux qui ont lutté pour conquérir leur liberté. La Révolution de 1789.

Tout a toujours été conquis par des luttes. Ce qu’on peut ressentir : la satisfaction de ne pas se sentir lâche, d’être solidaire – à son échelle – de tous ceux qui luttent. Conséquence : pas de regret de ma déportation : expérience enrichissante qui m’a démontré — si besoin était – combien j’avais eu raison de m’engager – expérience qui a renforcé ce que je considère comme un devoir de plus en plus citoyen, de tout(e) citoyenne digne de ce nom, de lutter contre l’injustice, contre l’atteinte aux droits de l’homme dans quelque pays que ce soit, dans quelque partie du monde que ce soit.

Les livres des Berthomé

Nous nous sommes ainsi posé la question « en quoi les choix de lecture, que traduisent deux ou trois cents ouvrages, témoignent-ils pour leur histoire, de leur engagement dans la Résistance, de leur engagement auprès des défenseurs de l’environnement, en passant par leur opposition aux guerres « coloniales » d’Indochine, d’Algérie, du Vietnam, au drame bosniaque ? » Au lendemain de la guerre les Berthomé, n’abdiquant en rien leur idéal, poursuivirent leur Résistance, contre toutes les atteintes aux libertés en militant activement au nom des Droits de l’Homme.

L’intérêt porté par Eliane pour un auteur tel Martin du Gard (« Maman avait une véritable vénération pour lui » nous dit sa fille Martine) nous a un moment interrogé. Rappelons-nous Jacques Thibault, pacifiste, admirateur de Jaurès ; au moment de l’assassinat de ce dernier Jacques se réfugie à Genève et poursuit, auprès de militants révolutionnaires, son combat contre la guerre. Le 10 août 1940, Jacques monte à bord d’un avion pour survoler le front et jette aux troupes des tracts pacifistes français et allemands. Les volumes de la bibliothèque Berthomé ont été lus et relus ; dans le combat mené par Jacques Thibault, les Berthomé retrouvaient sans doute, pour une bonne part en tout cas, cet idéal humaniste de fraternité sans frontière qui était aussi le leur.


La bibliothèque qu’ils nous ont légué n’est pas une bibliothèque « neutre », elle porte leur témoignage de résistance à l’indifférence, elle transmet la leçon de cette résistance et elle devient, dans ce lieu de lecture publique, à son tour, un « outil de résistance contre toute indifférence. » La conserver et la transmettre est aussi leur rendre hommage à eux, à leurs camarades du groupe de Brest, mais aussi à tous leurs camarades qui, avec leurs convictions propres, résistèrent contre la folie nazie et le fascisme.

Remerciements à Martine Berthomé, fille de Eliane et Henri Berthomé pour les documents concernant les Berthomé, visualisables sur ce site. Ici, et là, ainsi qu’ici.

Des documents sont exposés depuis Février 2013 en prêt à la médiathèque de Quimper, et seront sans doute visualisable sur notre site après cette période d’exposition… Le fonds Berthomé est quant à lui consultable à la bibliothèque de Quimper (il comprend la très riche bibliothèque des Berthomé).

https://chsprod.hypotheses.org/trotskisme-lutte-contre-nazisme-deportation

 

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04 février 2024 ~ 0 Commentaire

soirée à Quimper

kempper

Plus de cinquante personnes à  Kemper pour la soirée de présentation du livre »

 » Résistance Antinazie, Ouvrière et Internationaliste de Nantes à Brest les trotskistes dans la guerre » ( 1939-1945)

Robert Hirsch, Henri Le Dem, François Preneau Éditions Syllepse, 2023, 315p., 22€ vendredi 2 février, à 18 h, salle n°1 des halles Saint-François à Quimper.

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10 décembre 2023 ~ 0 Commentaire

quimper (lutte ouvrière)

manif hopital

Hôpital de Quimper : les Urgences à bout de souffle

Depuis plusieurs semaines, le personnel des urgences du Centre hospitalier de Quimper se mobilise pour dénoncer la situation catastrophique de son service.

Alors que sa capacité d’accueil est de 22 personnes, plus d’une cinquantaine de patients y passent souvent la nuit dans des conditions indignes. Plus de la moitié d’entre eux nécessitent une hospitalisation dans un service adapté à leur pathologie. Mais en raison de la fermeture de nombreux lits d’hospitalisation dans les services, en soins de suite et réadaptation (SSR) ou en Ehpad, ils sont contraints de stationner parfois jusqu’à quatre jours aux urgences.

Seuls ceux ayant besoin d’oxygène ou d’isolement pour raison infectieuse ou troubles psychiques disposent d’un box. Les autres se retrouvent dans les couloirs, des réserves, des bureaux, des salles d’attente. Il est impossible de dormir dans les couloirs, des toilettes peuvent y être effectuées au mépris de la dignité des personnes. Dans des salles emplies de brancards, des examens ont dû être réalisés de nuit, à la lumière d’un téléphone portable pour ne pas réveiller les autres occupants.

Le risque d’erreur augmente avec la dégradation des conditions de travail. La charge de travail, la pression psychique de tout le personnel devient insupportable et les départs s’accumulent. Les arrêts de travail se multiplient. Les soignants sont rappelés sur leur repos pour remplacer des collègues en arrêt. Le travail en sous-effectif est la norme. Chaque jour, il manque un à deux médecins SMUR, ce qui rallonge les délais d’intervention. Il manque aussi en permanence un à deux médecins et autant de soignants aux Urgences de Quimper.

Cette situation est aussi la conséquence et le révélateur de la dégradation générale du système de santé. En amont, les médecins généralistes et les professionnels de santé ne sont plus assez nombreux sur le territoire et les patients n’ont souvent d’autre alternative que d’aller aux urgences pour bénéficier d’une consultation médicale. Et en aval, les services d’hospitalisation et d’accueil sont saturés en raison de la pénurie de lits et de personnel. Cela oblige les Urgences à dispenser des soins aux personnes en attente d’une admission. Les responsables du gouvernement et l’Agence régionale de Santé ne peuvent mettre en avant une situation exceptionnelle et passagère comme lors de l’épidémie de Covid. C’est au contraire la recherche permanente d’économies et de rentabilité aux dépens de la santé qui est responsable de ce chaos grandissant.

Une lettre ouverte a été signée par la quasi-totalité de l’équipe du service des Urgences/SMUR de Quimper et Concarneau, dénonçant cette situation, et des reportages ont mis cette affaire sur la place publique.

À Brest et à Morlaix, les Urgences sont aussi mobilisées pour les mêmes raisons. En cas de grève, la direction réquisitionne systématiquement le personnel. Mais elle ne peut empêcher la colère de s’exprimer. Par sa lutte, le personnel des hôpitaux défend non seulement ses conditions de travail mais le droit aux soins et à la dignité pour tous.

Correspondant LO 06 Décembre 2023

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