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24 août 2015 ~ 0 Commentaire

1944: la chute 2 (al)

Yann-Goulet--collaborateur-chef-Bagadou---mort-a---la-liberation

Le passage à la collaboration

Trois mois après son lancement, le CNB ne parvient toujours pas à recruter massivement dans la population. En octobre 1940, Mordrel décide de relancer le PNB dont il prend la direc- tion. Le CNB se transforme en une sorte de «Sénat du parti». Le choix de la collaboration avec les nazis semble faire consensus dans les rangs du parti mais Mordrel et Debeauvais s’opposent sur la question d’un accord avec Vichy. Mordrel le refuse et durcit l’orientation politique du parti dans un sens encore plus nazi, séparatiste et germanophile.

Alors qu’en octobre 1940, avec l’entrevue de Montoire, est scellée l’entente entre l’État français et le Reich, Olier Mordrel, plus nazi que les nazis eux-mêmes, critique ouvertement cette politique de collaboration, en mettant en garde les Allemands sur la sincérité de la France. En dérangeant son aile modérée, il ne fait plus l’unanimité au sein du parti et est contraint à la démission. C’est le moins remuant Delaporte qui revient pour le remplacer, jusqu’à la fin de la guerre.

Mordrel, est informé d’une possible arrestation par la police française, qui espère le faire disparaître. Il fuit à Paris et rentre dans la clandestinité. Pour le PNB, l’heure n’est plus au séparatisme résolument antifrançais, mais bien à la politique de main tendue vers Vichy. Les nazis, de leur côté, même après la politique d’alliance avec la France de Pétain, restent bienveillants avec les mouvements autonomistes, susceptibles d’affaiblir le nationalisme français et l’unité nationale.

En septembre 1941, grâce à la protection nazie, Mordrel peut rentrer en Bretagne. Après le retour de Mordrel en Bretagne et tout au long de son histoire Le PNB est donc à nouveau toujours tiraillé entre les tendances du catholique Delaporte et des fascistes Mordrel et Lainé.

Les effectifs du PNB sont estimés à 3.000 adhérents, le chiffre réel est inconnu, ses archives ayant été brûlées avant la Libération. De nombreuses adhésions sont en réalité motivées par l’espoir de faire libérer un parent ou un proche prisonnier en Allemagne. On peut néanmoins tabler sur un noyau dur réellement actif de 300 à 400 militants, guère plus, soit un petit nombre facilement identifiable, ce qui facilite le travail pour la Résistance qui cherche à exécuter ses animateurs locaux. Comme souvent à l’extrême droite, la compo-sition sociologique de l’organisation est familiale, avec de larges familles dont l’ensemble des membres adhèrent au parti.

Le militantisme consiste essentiellement dans la vente du journal L’Heure bretonne*, qui est alors un des rares journaux en vente libre (les articles consistent en une reproduction fidèle des informations pronazies sur le déroulement de la guerre), parfois des distributions de tracts, et dans le recrutement de nouveaux adhérents. Alors que beaucoup de partis poli- tiques sont interdits, le PNB a pignon sur rue. Il est souvent considéré avec méfiance par la population ou même avec une grande hostilité notamment à Carhaix, Guingamp ou Morlaix, traditionnellement rouges, les défilés du PNB, sont parfois tout simplement attaqués.

Le choix des armes De nombreux militants servent d’indicateurs aux forces nazies et des cas avérés de délations pullulent, particulièrement dans la tendance pronazie. Par exemple, la section de Fougères envoie aux nazis une liste des francs-maçons et des Juifs de la ville. Un service de renseignements existe au sein du parti, chargé de débusquer les résistants ou les auditeurs de la radio anglaise. Le parti compte aussi une milice, créée en 1941: les Ba- gadou Stourm, «troupes de combat», en grande partie pour encadrer la jeunesse du parti et contrer les tentatives de débauchage de Célestin Lainé, qui dispose de son propre service spécial.

Progressivement, cette organisation de jeunesse prend l’apparence d’une formation paramilitaire, avec des miliciens armés de barres de fer. Elle organise des manifestations où peuvent défiler une centaine d’hommes, obéissant aux ordres donnés en breton par leur chef, sous des drapeaux à croix noire, avec un triskell [1]. Mais la présence allemande deve- nant de plus en plus dure, ces parades collaborationnistes insupportent la population: à Landivisiau, le 7 août 1943, des pavés et des cailloux s’abattent sur les Bagadou Stourm.

Der Bretonische Waffenverband der SS À partir de 1943, le vent commence à tourner. Les groupes de résistance s’engaillardissent et les maquisards multiplient les actions contre le PNB, répandant l’inquiétude dans les rangs collaborationnistes. De nombreux militants de l’aile extrémiste, parmi les plus actifs, sont abattus. Le 12 décembre 1943, c’est au tour de l’abbé Perrot, personnage très connu du nationalisme breton, d’être tué d’une balle dans la tête. Les démissions se multiplient. C’est dans ce contexte d’attentats et de début de guerre ouverte entre le PNB et la Résistance que s’inscrit la création de la Formation Perrot, fin décembre 1943.

Intégralement sous les ordres de Lainé, la Formation Perrot, Bezen Perrot, qui compte environ 80 miliciens, rémunérés, disposant d’uniformes de la Waffen SS, est armée de revolvers par les nazis. Elle est intégrée au service de sécurité SS sous le nom de Breto-nische Waffenverband. Delaporte, leader du PNB, interdit tardivement la double appartenan- ce aux Bagadou Stourm et à la Formation Perrot. Les militants jusqu’au-boutistes, princi-palement jeunes, qui souhaitent en découdre frontalement avec la Résistance, quittent les Bagadou pour rejoindre Lainé, qui a entretemps relancé la revue Breiz Atao, cette fois-ci totalement pronazie (seuls quelques numéros de cette nouvelle version paraissent).

Totalement soumise aux forces d’occupation, la tâche de la Formation Perrot consiste essentiellement en gardes et surveillances de locaux nazis. Au fur et à mesure, la Formation Perrot évolue vers des missions de représailles dirigées contre les maquis, et après le débarquement allié, vers des assassinats de dizaines de résistants. Les miliciens de la For- mation Perrot, en plus de bien connaître le terrain, peuvent s’appuyer sur le vaste réseau offert par le PNB. La Formation Perrot, qui commet également de nombreux actes de torture, a laissé derrière elle une des pages les plus atroces de l’histoire de Bretagne.

Alors que la défaite allemande ne fait plus aucun doute, la Formation Perrot, minée par les désertions, ne compte plus guère qu’une trentaine de membres et opte pour une retraite pitoyable vers l’Allemagne, en assassinant sommairement sur son chemin les prisonniers politiques qui lui tombent sous la main. Célestin Lainé déserte à son tour, trahissant tous ses compagnons. Il s’exilera en Irlande, comme d’autres nationalistes bretons condamnés à mort en France. Mordrel, l’autre leader de la tendance antisémite pronazie, s’exilera au Brésil, et reviendra en Bretagne en 1971 à la faveur d’une mesure de grâce.

Breiz Atao, boulet de la Bretagne Le PNB était très loin d’être un parti de masse. Malheu-reusement, de l’autre côté de la barricade, le camp antifasciste également était minoritaire (Etonnant! La Bretagne s’est libérée grâce à ces « mino »! Note du blog).Beaucoup de résis- tants étaient organisés au Parti communiste et, a priori, laissaient de côté l’héritage culturel breton. L’espace politique bretonnant semblait alors intégralement occupé par le PNB.

Cela a contribué, comme bien sûr les actions ignobles de la Formation Perrot, à décrédi- biliser et à jeter l’opprobre sur l’ensemble du mouvement breton pendant les années d’après-guerre, facilitant le travail de ­l’État français dans sa destruction de la langue breton- ne, un défenseur de la langue bretonne étant perçu comme un traître, un «Breiz Atao». Cela a heureusement évolué et nombreuses sont maintenant les organisations de gauche actives au sein de l’Emsav, le mouvement breton [2].

On peut noter aujourd’hui la réapparition du terme Breiz Atao, terme qui aurait dû rester définitivement dans les oubliettes de l’histoire, pour désigner un site internet d’ultra- droite « quotidien de l’État national breton » créé en 2000, dans la droite ligne idéologique du Breiz Atao nazi. Le créateur de ce site, Boris Le Lay, a été condamné plusieurs fois en France pour incitation à la haine raciale et a fui… au Japon, et non en Allemagne comme ses misérables prédécesseurs. François (ami d’AL)

http://www.alternativelibertaire.org/?En-1944-La-chute-des-mouvements

[1] Une croix issue de l’art celtique préhistorique qui a l’avantage de ressembler vaguement à une croix gammée

[2] L’actuel syndicat de gauche libertaire SLB allie, dans le même combat, internationalisme prolétarien et défense de la langue et de la culture bretonnes

* Note du blog: il était recommandé d’éviter de vendre près des ponts, pour éviter d’être jetés à l’eau!

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26 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

bugaled breizh: la france tente de faire capoter la procédure britannique (fr3)

bugal

Alors que plusieurs membres des familles des victimes ont décidé de participer à l’ouverture d’une enquête en Grande Bretagne, l’ambassade de France à Londres à écrit au juge (la Coroner) pour dissuader la justice britannique de statuer sur l’affaire. 

Le 17 juillet dernier, Thierry Le Metayer, fils du mécanicien disparu dans le naufrage du Buga- led Breizh, ressortait heureux du tribunal de Truro, capitale de la Cornouaille anglaise: «J’ai le sentiment qu’il n’y a jamais rien eu d’aussi positif en 11 ans. La justice britannique nous a écoutés». L’audience venait de conclure à la possibilité d’ouvrir une enquête en Grande Bretagne.

L’Inquest, une procédure spécifique en Angleterre Spécifique à l’Angleterre et au Pays de Galles, l’enquête judiciaire, ou «inquest» en anglais, n’est pas un procès. Il s’agit d’une procédure visant à déterminer les circonstances de la mort. Il n’y a ni accusé, ni condam- nation. Lors du naufrage du Bugaled Breizh en janvier 2004, 5 marins sont morts. Deux corps ont été repêchés dans les eaux anglaises. C’est cet élément qui permet aujourd’hui l’ouverture de cette procédure laissée en sommeil par la justice britannique le temps de l’instruction française.

Un pourvoi en cassation au mois de mai Après l’arrêt de «non lieu» rendu le 13 mai 2015 par la cour d’appel de Rennes, les familles du Bugaled ont épuisé tous les recours possibles sur le sol Français. Seul un pourvoi en cassation a pu être déposé par une partie des familles du Bugaled. Il porte uniquement sur les aspects juridiques de la procédure et ne peut être considéré comme un appel de fond.

Durant l’audience, une lettre de l’ambassadeur de France à Londres  Mais quelques jours avant la 1ére audience en Angleterre, l’ambassadeur de France à Londres a écrit au juge (la coroner) pour l’informer qu’un appel était toujours en cours en France et que la jus- tice britannique ne pouvait statuer en l’état. Durant l’audience du 17 juillet à Truro, la Coroner a mentionné l’existence de cette lettre et demandé des précisions à Thierry le Metayer, seul membre des familles des victimes du Bugaled présent dans la salle. Il a alors était rappelé qu’un pourvoi en cassation ne pouvait être considéré comme une procédure d’appel. La Coroner a donc rapidement laissé de côté cet aspect et décidé d’ouvrir l’inquest.

L’avocat des victimes révolté Révolté par cette intervention de l’ambassade Française, Maitre Tricaud, l’avocat de Thierry le Metayer, vient d’envoyer une lettre à la garde des Sceaux, Christiane Taubira, au Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et au ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian. Il se dit «très surpris de cette intervention pour le moins maladroite des autorités françaises, qui a donné le sentiment à toutes les personnes présen- tes à l’audience (…) que la France tentait une nouvelle fois de s’opposer à la manifestation de la vérité».

Selon Maitre Tricaud, cela ne fait aucun doute. Les autorités françaises ont cherché à faire pression pour empêcher l’ouverture de l’enquête anglaise.

Adélaïde Castier Publié le 24/07/2015 | 17:34, mis à jour le 24/07/2015 | 18:22

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12 juin 2015 ~ 0 Commentaire

quimper: les salariés de l’entreprise otis en grève (tc)

quimper: les salariés de l’entreprise otis en grève (tc) dans Luttes ouvrières P1D2782685G_px_640_

Des salariés de l’entreprise Otis de l’agence de Brest ont mené une opération escargot, ce jeudi matin, sur la RN165 avant de rejoindre Quimper.

Jeudi matin, une trentaine de salariés de la société Otis de l’agence de Brest ont mené une opération escargot sur la RN165, de Daoulas à Quimper. Ils ont été rejoints par d’autres collègues venant de Caudan. Après un passage dans le centre-ville de Quimper, ils se sont rendus sur la zone de Gourvily, adresse de l’antenne locale de l’entreprise.

Rupture des négociations Ce mouvement national fait suite à la rupture des négociations, entre la direction et les syndicats, concernant la revalorisation des salaires et les conditions de travail. « Nous sommes en grève depuis lundi matin, explique Éric Runarvet, délégué syndical CFDT Otis Ouest. La direction souhaite remettre les discussions sur l’organisation du travail au mois de juillet et la revalorisation salariale en janvier 2016. » Les salariés ne l’entendent pas de cette manière. Une nouvelle rencontre était prévue ce jeudi.

Publié le 12/06/2015 Ouest France, 11 juin 2015
Commentaire: Comme le CCR, la Tendance Claire est un courant du Npa

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08 juin 2015 ~ 0 Commentaire

le fdg et la démocratie en bretagne (bretagne-info)

vaches

Le Front de Gauche (FdG) et une de ses principales composantes le Parti de Gauche (PG) se sont souvent illustrés par une frilosité certaine à l’endroit des revendications linguis- tiques ou territoriales, et ce, singulièrement en Bretagne. Tout étant justifié par le bréviaire républi-cain qui interdirait d’affirmer, de penser que la France est un état plurinational.

Le sujet politique c’est le peuple français, un point c’est tout. La république a tout de même inventé les droits de l’homme et les a exportées notamment lors des guerres colo- niales! Impossible pour beaucoup d’adhérents de ces deux formations de penser dans un autre cadre. Le peuple Breton ça n’existe pas ! Surtout ne lui donnons pas la parole par ce qu’il n’existe pas… Les langues de l’hexagone sont mal en point mais continuent d’exister alors n’accordons aucun droit à leurs locuteurs… et combattons main dans la main avec le Front National l’éventuelle et très symbolique ratification de la Charte Européenne des langues minoritaires.

C’est ce que l’on peut comprendre de la dernière déclaration du brittophobe obses- sionel Jean-Luc Mélenchon porte parole du Front de Gauche et secrétaire du PG à lire ici et à comparer avec celle du militant d’extrème-droite Florian Phillipot.

Jusque là le FdG et le PG en Bretagne , déjà bien isolés et ayant bien du mal à faire croire que leur attelage fonctionne, le PCF (principale composante du FdG) collaborant avec le PS dans tous les exécutifs en Bretagne, se faisait plutôt taiseux sur tous ces sujets, histoire de ne pas se mettre tous le monde à dos.

Il y a quelques mois la section Finistérienne du PG s’était lancée dans une épique et aussi ridicule qu’inefficace campagne pour débarrasser les mairies du Finistère des Gwenn -ha-du au prétexte que ce drapeau serait un drapeau « fasciste »… Ils n’ont pas dû voir ce magnifique film du PCF datant du Front Populaire intitulé « Breiz Nevez » ( Bretagne Nou- velle ) où l’on entend le « Bro Goz ma zadou » ( l’hymne national breton ) joué à une fête du PCF à Pont-Labbé et ils ne doivent pas savoir que que le Gwenn-ha-du fût adopté par le PCF dès 1925 via son association «Les Bretons émancipés» qui regroupait les commu- nistes bretons en région parisienne.

Puis le FdG avait organisé un «Tro Breizh de Podemos» , la nouvelle formation politique Espagnole dont les médias raffolent. J’avoue avoir souri en voyant les bouffeurs de curés du FdG utiliser le terme «Tro Breizh» (Tour de Bretagne) qui est un terme désignant un pèleri- nage célébrant les 7 saints fondateurs de la Bretagne… J’avais souri deux fois en remar- quant que « Breizh » était orthographié comme ça avec un « H » c’est à dire avec la norme orthographique bretonne moderne que Jean-Luc Mélenchon conchie  (Oui, il a un avis là dessus….). Et, une troisième fois, en me rendant compte que le FdG excluait de ce « Tro Breizh » le pays nantais restant fidèle en cela à l’esprit du pèlerinage… qui n’ a pas d’étape obligatoire en « Loire-Atlantique » ( mais peut y passer ).

Car décidément au FdG on est tellement respectueux du cadre administratif français que l’on ne peut imaginer passer outre, ou même, contester les découpages administratifs comme en témoigne la Bretagne moignon que le FdG «Bretagne» impose en visuel à ses adhérents pour promouvoir sa campagne « citoyenne » d’élaboration de liste pour les régio- nales de décembre. Au FdG on est citoyen et pour la démocratie mais pas trop… quand même… car ce matin le FdG de « Auray-Port Louis » s’est fendu d’un texte invitant les habitants de Riantec à ne pas participer à la votation organisé par DIBAB sur l’avenir institutionnel de la Bretagne et le retour de la Loire-Atlantique dans le giron breton. Je vous laisse prendre vous même connaissance de degré de nullité crasse de ce texte.

« Dans un communiqué, le collectif du Front de Gauche des pays d’Auray et Port-Louis exprime son opposition à cette consultation. Pour lui, «la question de la réunification, déjà ancienne, a été tranchée l’année passée avec l’adoption de la réforme territoriale qui a redes- siné la carte des régions», même si cela s’est fait, regrette le collectif, «sans consultation des citoyens». Il dénonce par ailleurs que ce «projet éminemment politique» soit présenté par une association qui annonce une initiative sans enjeux politiciens . Quel intérêt pour les citoyens d’aller voter dimanche (NDLR : aujourd’hui) sur un projet déjà rejeté dans les urnes en 2012, la réforme territoriale a été pensée par l’ancien président de la république Nicolas Sarkozy, si ce n’est d’apporter un soutien indirect à cette réforme? Les électeurs qui se déplaceront dimanche de toute bonne foi ne doivent pas se laisser abuser par cette manoeuvre qui ne vise, une fois de plus, qu’à brouiller davantage les pistes de réflexion et les repères ».1

Bah oui quoi ! Donner la parole au peuple breton… Pardon, aux citoyens de Bretagne, y compris aux étrangers résidant dans la commune issus de la l’union européenne ou non , c’est suspect! C’est pas «citoyen»! S’auto-organiser pour mettre en pratique le droit à l’autodétermination c’est mal pour le FdG d’Auray-Port Louis. Penser , réfléchir, s’organiser, critiquer le gouvernement, donner la parole au peuple alors qu’il ne l’a jamais… Ca va trop loin !

Le FdG c’est la gauche coloniale… Ce que je sais, c’est qu’a Riantec comme dans les 6 autres communes de Bretagne (Loire-Atlantique incluse) où auront lieu les votations aujour- d’hui (07 juin ), il y aura plus de participants à prendre part au vote qu’aux rassemblement citoyens du FdG pour les régionales qui a pour ambition, défense d’hurler de rire! : d’élaborer avec tous: «demain, une autre politique citoyenne, écologique, sociale et solidaire est possible dans notre région Bretagne. »

C’est une certitude. Allez, bon dimanche….

Salutations Communistes et Indépendantistes.

Gael Roblin. Publié par bretagne-info.org.

PS : en écrivant ces lignes j’ai eu une pensée émue pour les adhérents d’Ensemble (ex LCR ou Alternatifs) que je connais et qui ont rejoint le FdG  et qui fût un temps défendaient sincèrement le droit des peuples à disposer d’eux même avant d’aller patauger dans ce brouet nationaliste jacobin tricolore infâme qu’est le FdG.

http://npa2009.org/idees/le-front-de-gauche-et-la-democratie-en-bretagne

Commentaire: A propos du drapeau breton (gwenn ha du) : il a été copié sur le drapeau des USA, comme le basque (ikurriñia) sur l’Union Jack britannique, après la guerre 14-18. L’associer au nazisme arrivé au pouvoir en 1933 est anachronique. Les nazis actuels se servent du drapeau datant des croisades: croix noire sur fond blanc.

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19 mai 2015 ~ 0 Commentaire

roman national: une bataille idéologique engagée il y a 30 ans (rue 89)

congo tintin

Le «roman national» est de retour!

La droite le réclame dans les écoles, et une partie de la gauche, sur la défensive, admet qu’il est nécessaire, même si elle préfère parler de «récit national». L’idée, derrière cette expression, est que notre histoire a un sens. «De Clovis au Comité de salut public, j’assume tout!» disait déjà Napoléon. Dessiné au 19è siècle pour vanter la grandeur de la France, le roman national est une œuvre patriotique et mystique, dans laquelle les événements historiques s’enchaînent logiquement, grâce à l’action de «grands hommes» visionnaires, pour produire l’Etat-nation moderne: chrétienté, unification autour du roi, révolution, progrès industriel, République…

«Tu dois aimer la France» La France est évidemment l’héroïne de ce roman. Michelet la présente comme une «personne humaine» et Lavisse écrit sur la couverture de son célèbre manuel: «Enfant, tu vois sur la couverture de ce livre les fleurs et les fruits de la France. Dans ce livre, tu apprendras l’Histoire de France. Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle et son histoire l’a faite grande.»

Ce roman a vocation à être partagé par tous les Français, et les lier entre eux. Et selon ses défenseurs, l’école doit avoir pour mission de le porter. Pour qu’il fonctionne, il faut surligner ce qui unit et grandit la nation: du baptême de Clovis à l’appel du 18 Juin…, estomper ce qui la divise et l’amoindrit: la colonisation, Vichy…. Evidemment, les historiens, pour la plupart, détestent ce mot de «roman» et les idées qu’il véhicule :

  • celle de «romanesque» : une fiction racontée avec un début et une fin, une progression, des rebondissements, un «story telling» ;
  • celle de «romantisme»: des héros, des ambitions, des états d’âme, des émotions, le tout nimbé d’une transcendance mystique.

Une expression récente J’ai cherché l’origine de l’expression «roman national», et découvert, à ma grande surprise, qu’elle n’était pas si ancienne. Elle ne remon- te pas à Michelet ou au «petit Lavisse»: c’est au début des années 1990 qu’elle est apparue et qu’elle s’est répandue, dans le sens qui est utilisé aujourd’hui.

Le débat sur l’historiographie classique fait alors rage. Pierre Nora a entre- pris l’inventaire des Lieux de Mémoires, entreprise qui s’emploie à déconstruire le récit unitaire par une approche mémorielle, centrée sur des objets très divers. «La nation de Renan est morte et ne reviendra pas», décrète l’historien.

D’autres intellectuels, dans les années 1980, critiquent l’historiographie classi- que qui continue selon eux à présenter l’Etat-nation comme relevant de l’essence et non d’une construction: à la suivre, la nation était déjà là au moment de la Gaule. Suzanne Citron, alors professeure de lycée, elle rejoindra ensuite l’uni- versité, publie en 1987 un livre-pavé dans la marre, «Le Mythe national. L’histoire de France en question», Les Editions ouvrières. Des historiens traquent alors les «trous de mémoire», délaissés par le fameux «roman», comme les mutins de 1917, la guerre d’Algérie, Vichy, les massacres coloniaux, le rôle des femmes.

Le «roman familial» de Freud C’est Nora qui, le premier, utilise l’expression «roman national», en 1992, dans la conclusion d’un des tomes des «Lieux de mémoire». Il est probable qu’il l’ait construite sur le modèle du «roman familial» de Freud, qui renvoie à la propension des enfants à fantasmer leur histoire familiale, afin de résoudre leurs problèmes avec la réalité… Certains suggèrent que Nora a «emprunté» l’expression au sociologue Paul Yonnet, dont il s’apprête à publier chez Gallimard le livre «Voyage au centre du malaise français. L’antiracisme et le roman national» (coll. Le Débat, 1993).

Ce livre, très polémique, dénonce les méfaits supposés des utopies portées par SOS-Racisme qui, écrit-t-il, «détruisent le roman national», faisant gonfler par contre-coup, argue-t-il, divers «identitarismes: nationaux, ethniques ou de commu- nauté». Yonnet, intellectuel iconoclaste, pilier de la revue Le Débat dirigée par Pierre Nora et Marcel Gauchet, est aussitôt accusé de faire le jeu de Le Pen (père). Il est vrai qu’il va très loin dans sa charge: «La formidable dépréciation du roman national, sur laquelle l’idéal antiraciste/immigrationniste va ultérieurement fructifier, prend la forme d’une révision historique, qui est la véritable révision historique de notre temps, car elle a réussi. Ce révisionnisme historique concerne principalement le régime de Vichy et l’attitude des Français durant la Seconde Guerre mondiale.»

Yonnet n’est pas le seul à s’émouvoir contre les menaces portées contre l’idéologie de la Nation: au début des années 90, la France a mis le cap sur l’Europe, c’est le traité de Maastricht; l’heure est à la mondialisation; les militants des droits de l’homme sont pugnaces… Les intellectuels de droite ou de la «gau- che réac» fustigent les initiatives de «repentance», Chirac reconnaissant en 1995 la responsabilité de la rafle du Vel’d’Hiv’ et le «roman national» devient leur étendard…(…)

La polémique fait alors rage. Dans un article titré «A bas le roman national!», publié par L’Histoire en juillet 2009, Nicolas Offenstadt constate d’abord que «l’expression popularisée par Pierre Nora est passée dans le langage courant». Il se félicite que le récit national ait été bousculé, sous l’action de la décolonisation, de l’essor des régions, et de «l’esprit de Mai 68». Mais, déplore-t-il, ce récit conti- nue d’imprégner l’école, la muséographie, la vulgarisation historique, telle une «religion civique». Il conclut en déplorant la tentative, qu’il baptise le «sarkozysme historique» de retrouver les ingrédients de l’idéologie du récit national tout en les modernisant.

Sa conclusion: «Pour faire tenir une société multiple, il faut renoncer au récit unitaire et réfléchir à la manière de construire des récits compatibles juxtapo- sables, audibles par les uns comme par les autres, et accepter aussi la pluralité des récits. Cela ne veut pas dire céder sur le plan intellectuel. Mais le rôle d’un Etat est de faire coexister cette pluralité de récits, plutôt que de tenter à toute force de rebâtir un récit fictif et exclusif.»

C’est ce débat, engagé il y a une trentaine d’année, qui se poursuit aujourd’hui de façon parfaitement désordonnée, en marge de la réforme du collège. Avec le retour du fameux roman, présenté comme l’ultime rempart contre les différents maux de la société française. « Quel méli-mélo lamentable ! » se désole, au téléphone, Suzanne Citron.

Pascal Riché Cofondateur Publié le 19/05/2015 à 10h21

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22 avril 2015 ~ 0 Commentaire

rassemblement contre l’extrême droite adsav à vannes (ri)

fn

Le groupe libertaire Lochu appelle à se mobiliser contre le rassemblement initié par le groupe d’extrême droite bretonne Adsav, samedi 25 avril au port de Vannes.

Sous prétexte de dénonciation du trafic de drogue, leur communiqué montre très vite que leur démarche est xénophobe. Mais, au fond, leur revendication vise à accroître la surveillance déjà installée par la mairie UMP de Vannes de l’ensemble de la population. En ce sens, ils s’inscrivent même dans la continuité de la loi liberticide sur le Renseignement, portée par le gouvernement actuel. Ce contrôle et cette répression montrent que leur projet de société est bien celui d’une dictature.

Benjamin Franklin, qui était venu à Auray en 1776, nous a pourtant alerté « Ceux qui sont prêts à sacrifier un peu de liberté en échange d’un peu de sécurité ne méritent ni l’une ni l’autre. » Et ils n’auront aucune des deux… Pour dire non à l’extrême-droite, rassemblons-nous Place des Lices, à Vannes, dès 13h30.

http://www.rennes-info.org/Rassemblement-contre-l-extreme

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26 février 2015 ~ 0 Commentaire

bretons, auvergnats, italiens, espagnols, arabes et roms: dehors les étrangers qui nous volent notre travail! (debunkers)

cc colom

« La Bretagne est une colonie comme l’Alsace et les Basques, plus que la Guadeloupe  » dira Michelet en 1831.

En France, la Révolution industrielle a provoqué un fort exode rural des provinces vers Paris (Bretons, Auvergnats…). Les classes possédantes parisiennes ont majoritairement développé un profond mépris pour ces nouveaux venus, qui s’est exprimé dans un racisme latent. Une des théories en vogue était alors que les parisiens étaient les fiers descendants des Francs victorieux, tandis que les provinciaux étaient la progéniture dégénérée des Gaulois vaincus.

C’était principalement de la classe dominante, concentrée à Paris, qu’émanait ce racisme. Ainsi le Journal des débats parlait « d’invasion des barbares », le baron Haussmann y voyait une « tourbe de nomades », et Adolphe Thiers une « multitude de vagabonds ».

Et même de nos jours, certains propos restent du même acabit. En effet en 1951 vit la promulgation de la loi Deixonne, (première loi française visant à auto- riser l’enseignement des langues régionales de France, de manière facultative). Un député socialiste réagit, « Comment ! On veut nous apprendre le dialecte des cavernes !  ».

ll nous suffit de réfléchir encore aujourd’hui aux stéréotypes sur les provin- ciaux: «le Breton est têtu», «l’Auvergnat est avare», « le Parisien est arrogant », «le Corse est fainéant», «le chti est alcoolique», «le Normand est indécis», etc…
Les Bretons : incompréhensibles, sales et stupides…
«Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au-dessus de l’homme sauvage. Le paysan y est d’une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d’Hottentots (…) En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois.» (Malte Brun, 1831)
«La Basse-Bretagne, je ne cesserai de le dire, est une contrée à part qui n’est plus la France. Exceptez-en les villes, le reste devrait être soumis à une sorte de régime colonial. Je n’avance rien d’exagéré» (Auguste Romieu, sous-préfet à Quimperlé,1831). Ce même Romieu préconisait d’ailleurs des méthodes origi- nales, «Créons, pour l’amélioration de la race bretonne, quelques-unes de ces primes que nous réservons aux chevaux et faisons que le clergé nous seconde en n’accordant la première communion qu’aux seuls enfants parlant le français».
Croyez-moi, Monsieur, le catalan qui me faisait tant enrager n’est qu’un jeu d’enfant auprès du bas breton. C’est une langue que celle-là. On peut la parler fort bien, je crois, avec un bâillon dans la bouche , car il n’y a que les entrailles qui paraissent se contracter quand on cause en bas breton. Il y a surtout l’h et le c’h qui laissent loin derrière la jota espagnole. Les gens qui parlent cette belle langue sont bons diables, mais horriblement sales(…) On voit dans les villages les enfants et les cochons se roulant pêle-mêle sur le fumier, et la pâtée que mangent les premiers serait probablement refusée par les cochons du Canigou.» (Prosper Mérimée, lettre à Jaubert de Passa, 1835) .

Une remarquable constance de détestation qui survit tout le long du 19ème siècle :

« Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu’il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l’écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas (…) S’il a huit ans d’âge physi- quement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel….» (Poitrineau, inspecteur d’académie à Vannes, Instruction, 1897).
«Les principaux traits de la race bretonne sont la malpropreté, la superstition et l’ivrognerie » Manuel de géo,1929

En 1969 paraissait cette annonce dans l’Agriculteur de l’Aisne :

 «Nous vous demandons de faire connaître, avant le 8 janvier au syndicat betteravier, vos besoins en main d’oeuvre. Préciser la catégorie : Bretons, Italiens, Espagnols, Portugais, Marocains…»

Pour en découvrir plus :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/genes_1155-3219_1996_num_24_1_1406

Pour lire en entier:

http://www.debunkersdehoax.org/bretons-auvergnats-italiens-espagnols-arabes-et-roms-dehors-les-etrangers-qui-nous-volent-notre-travail

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22 février 2015 ~ 0 Commentaire

conférence à saint pol: kerguidu, révolte contre-révolutionnaire en bretagne (skol vreizh)

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Conférence :

« La bataille de Kerguidu et les événements de mars 1793″ par Albert Laot

Lundi 23 février 2015 (14h30) à Saint-Pol-de-Léon (Maison des associations)

Mythe et réalité

La bataille de Kerguidu, en Tréflaouénan, 24 mars 1793, a laissé dans les mémoires des habitants du Léon un souvenir vivace nourri par des publications telle Emgann Kergidu (La bataille de Kerguidu) de Lan Inisan.

Considéré comme une révolte paysanne, il n’est pas associé à la Chouannerie, cet affrontement meurtrier a opposé des paysans contre-révolutionnaires à la troupe républicaine dirigée par le général Canclaux. Les exécutions d’ennemis de la Révolution, la remise en cause de la religion et, surtout, en février 1793, la décision de la levée en masse afin de «défendre la patrie en danger», ont favorisé les révoltes dans toute la France. Le sud-est de la Bretagne et tout le Léon sont concernés.

Aucun historien sérieux ne s’était penché sur cet épisode de la Révolution. Des pertes humaines considérables (jusqu’à 400 morts) furent mises en avant au point que la bataille de Kerguidu est devenue un véritable mythe.  C’est le mérite d’Albert Laot de nous présenter une étude solidement documentée, sur le contexte et sur l’événement lui-même, à partir des registres de décès, des sources historiques ou littéraires. Il rétablit la vérité et nous dévoile ce qu’a été véritablement la bataille de Kerguidu.

Questions à l’auteur

1) Qui êtes-vous ? Albert Laot, retraité, passionné d’histoire, qui ne relève pas de ma formation initiale, au point de profiter du temps libre après la vie professionnelle pour bénéficier des formations universitaires de l’UBO afin de suivre les cours du diplôme universitaire, Langue et culture de la Bretagne, sanctionné par un examen, puis d’enchaîner avec une maîtrise d’histoire dont le mémoire a porté sur la chronique d’une famille rurale léonarde.(…)

2) Quel est le thème central de ce livre ? Comme son nom l’indique La bataille de Kerguidu, relate l’épisode du soulèvement paysan, dans le Léon, en mars 1793, s’opposant à la conscription obligatoire par voie de tirage au sort. Cette révolte spontanée, épisode extrêmement bref et isolé d’une insurrection autrement plus importante développé dans d’autres contrées du grand ouest, a frappé suffisamment les esprits pour créer un véritable mythe se développant jusqu’à nous, et ayant notamment conduit les historiens les plus sérieux à surestimer les pertes paysannes en les chiffrant à plusieurs centaines, là où heureusement, les victimes ne dépassent guère la dizaine.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Ces combattants d’infortune ne se sont pas livrés au pillage, n’ont pas massacrés leurs adversaires: ils se sont défendus contre ce qu’ils estimaient être une injustice à leur encontre.»

4) Qu’aimeriez-vous partager avec les lecteurs en priorité ?  Le souci de sortir de l’ombre ces ancêtres, avec leur qualité et leurs défauts, pour affronter des époques difficiles avec la ténacité conduisant à des temps meilleurs dont nous bénéficions.

« La bataille de Kerguidu et les événements de mars 1793″ par Albert Laot

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18 février 2015 ~ 0 Commentaire

« brug »: une revue libertaire en langue bretonne à la veille de la première guerre mondiale

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« Brug » et son fonctionnement

Comment fait-il donc pour publier – et ce n’est pas sans difficultés – un tel mensuel depuis Pontivy, une petite ville du Centre-Bretagne « qu’on peut qualifier de moderne « , mais qui compte à peine plus de 9 000 habitants au début du 20e siècle ? (…)

Masson peut ensuite compter sur le concours et sur le soutien de son ami, le peintre Jean-Julien Lemordant. Tous deux s’étaient sans doute connus à Rennes lorsqu’ils y étaient étudiants : plus tard, Masson le décrira comme « notre premier, jusqu’ici notre unique peintre breton « . À l’époque de la parution de « Brug », Lemor- dant peint le plafond du Théâtre de Rennes, qui sera inauguré en 1914. Sa con- tribution à la revue de Masson est double : celle-ci paraît en effet avec presque toujours, en couverture, un dessin du peintre, dont la conviction était que « tout en nous efforçant de sauver la langue, nous devons avoir pour but de provoquer une renaissance artistique, et de susciter des caractères, des hommes fiers d’être Bretons ». Lemordant était en outre, en fonction de ses possibilités d’artiste pas toujours bien pourvu, l’un des principaux soutiens financiers de « Brug ».

Pour les articles en breton, Masson fait appel à toute une équipe de colla- borateurs : ce ne sont pas moins de vingt signatures différentes que l’on peut relever au fil des numéros . Plusieurs n’apparaissent qu’à une ou deux reprises. Mais il en est parmi elles que l’on peut considérer comme prestigieuses, même si elles ne sont qu’occasionnelles : c’est notamment le cas de Erwanig, qui n’est autre que le grand Druide Erwan Berthou, ou d’Anatole Le Braz, universitaire, conférencier et écrivain renommé. Il y a surtout plusieurs collaborations sur lesquelles Masson peut compter avec une belle régularité. Il s’agit du cornouaillais Eostig Kerinek et du trégorrois Louis-Napoléon Le Roux.

Mais les collaborateurs les plus présents et les plus convaincus sont deux insti- tuteurs, l’un léonard, Joz Le Braz , l’autre vannetais, Julien Dupuis , dont les signatures apparaissent dans la plupart des livraisons de « Brug ». Estimant avoir découvert en eux de véritables « perles « , Émile Masson est très heureux de les avoir empêchés, selon ses propres termes, de virer vers le bardisme. Chacun de ces collaborateurs bretonnants a, par ailleurs, à ses yeux, l’intérêt de représenter un dialecte ou ce qu’on appellerait aujourd’hui un stantard de breton.

« Brug » étant une publication périodique, le gérant en titre en est François Le Levé, un syndicaliste et militant anarchiste de Lorient. La gestion des abonne- ments est assurée depuis Paris par Pierre Monatte, le fondateur de « La Vie Ou- vrière », l’organe de la CGT. Mais l’intérêt de la présence de ces deux noms dans l’ours de la revue n’est pas tant la contribution sans doute limitée qu’ils apportent à son fonctionnement pratique que le soutien qu’ils lui témoignent du même coup.

Dans « Les Temps Nouveaux » (où Jean Grave avait par ailleurs accueilli plusieurs plaidoyers d’E. Masson), F. Le Levé avoue avoir tout d’abord été indifférent et hésitant à l’égard des projets de Masson : mais il les approuve dès 1912 et se déclare « pour la propagande chez les paysans bretons ». Monatte y met plus de temps et ne le fait finalement qu’en juillet 1914, sur l’insistance de Masson lui- même. Gustave Hervé aussi publie dans « La Guerre Sociale » un article de soutien, tout heureux de signaler « la première traduction en breton d’une œuvre empreinte de l’idéal révolutionnaire du socialisme « .

La revue était imprimée à Guingamp, chez Toullec et Geffroy. Selon le témoignage de l’imprimeur, le nombre d’abonnés était faible. La diffusion était donc assurée de deux manières différentes : la vente au numéro et la distribution gratuite. D’après le témoignage de son fils, E. Masson se déplaçait lui-même autour de Pontivy pour diffuser la revue et il songea à recruter des colporteurs. Mais c’est sans doute la diffusion gratuite qui prédominait, comme l’explique Masson dans un article des « Temps Nouveaux » :

« La devise de Brug est: « E(v)it netra », qui signifie pour rien. L’exemplaire est marqué un sou, mais c’est gratis qu’il doit être remis à tout camarade qui le demande, pourvu que les camarades qui comprennent Brug l’achètent, le paient double, triple, le lisent à haute voix et le répandent gratuitement autour d’eux. Brug devrait être répandu à profusion dans toutes les fermes du Finistère, du Morbihan et des Côtes-du-Nord ».

(…) S’il ne fait aucun doute que Masson a lui-même beaucoup contribué à la publication de « Brug », il n’en est pas moins vrai qu’il a pu bénéficier de sous- criptions. Ces dernières proviennent de deux sources différentes. Les plus nom- breuses et les plus régulières émanent de la Bourse du Travail de Lorient, de l’Union des Syndicats du Morbihan, des étudiants socialistes de Rennes, de la jeunesse syndicaliste de Brest… Des anarchistes connus, comme F. Le Levé et Gustave Hervé, ou le peintre J.J. Lemordant figurent également parmi les dona- teurs. Mais quelques soutiens proviennent aussi parfois de militants breton- nantistes connus comme François Vallée, dont Masson lui-même considère pourtant que les idées sont « aux antipodes » des siennes.

http://www.langue-bretonne.com/articles/BrugRevue.html

https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/870446/filename/2004_La_seconde_mort_da_A_mile_Masson.pdf

http://tempsnoirs.chez.com/EmileMasson.htm

Lire aussi en breton:

« Eun dra bennag a zo da jeñch er bed »

Emile Masson ha « Brug » 1913-1914

Fañch Broudic Emgleo Breiz

 

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26 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

état espagnol : la catalogne et les enjeux du 9 novembre (npa)

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Ce qu’on appelle le «processus souverainiste» catalan s’était déjà heurté au mur autoritaire du régime espagnol en 1978.

Aujourd’hui, le rejet radical du PP et du PSOE d’une consultation le 9 novembre montre leur mépris total du peuple catalan… Le gouvernement de Rajoy a suspen- du la loi catalane en vue de la consultation, et Artur Mas, le président de la Généralité de Catalogne, n’a pas osé défier la légalité espagnole et le pouvoir judiciaire, voire la cour constitutionnelle présidée par un magistrat du PP…

Après des négociations très tendues entre les partis qui ont soutenu la consultation (environ 70 % du Parlement catalan), l’ERC (indépendantistes de centre-gauche, majoritaires en Catalogne aux Européennes) et la CUP, natio- nalistes révolutionnaires,  vont soutenir la proposition du gouvernement de la Généralité de tenir une consultation alternative, mais sans utilisation du recen- sement officiel. L’ICV (gauche antilibérale et verte) n’y est pas favorable, considérant que le compte n’y est pas…

Vers une épreuve de force incontournable Dimanche 19 octobre, l’Assemblée nationale catalane (réseau d’organisations et d’associations indépendantistes) a organisé un rassemblement pour exiger l’unité des partis et l’organisation d’élec- ntions dans un délai maximum de trois mois en vue de l’indépendance si une majorité claire s’exprime en ce sens.

La pression des classes moyennes touchées par la crise est très forte. La nature réactionnaire du PP et les tensions croissantes dues aux coupes budgé- taires ont créé un état d’esprit favorable à l’indépendance. Le gouvernement catalan s’est déchargé de sa part de responsabilité dans les politiques d’austérité sur Madrid, et pour cela a dû surfer sur une vague indépendantiste qu’il ne contrôle pas.

Si cela va si loin, c’est aussi dû à l’absence de victoires du mouvement ouvrier et des mouvements anti-­austérité, ainsi qu’à la faiblesse relative de la gauche anticapitaliste. En effet, dans l’ensemble de l’État espagnol, le basculement des classes moyennes à gauche et son rapprochement avec des secteurs de la classe ouvrière – les marées anti-austérité, l’émergence de Podemos – est partiellement bloqué en Catalogne par le clivage sur l’identité nationale et par le fait que, pour l’instant, la gauche n’est pas capable d’offrir une issue crédible à la fois contre l’austérité et répondant à la question nationale.

Crise politique en Catalogne… et en Espagne Le PS catalan se «pasokise» très vite. Le PP chute dans les sondages au point de devenir presque extra-parle- mentaire. CiU (Convergència i Unió, parti nationaliste bourgeois hégémonique depuis la transition) a perdu son hégémonie à cause de l’austérité et de la corruption et est au bord de la scission…

De plus, la montée de la colère, de l’indignation, de la population, avec un nouveau scandale (des cartes de crédit occultes données à des dirigeants de Bankia), la poussée de Podemos dans les sondages et la récente abdication du roi Juan Carlos montrent que l’on est aux portes d’une crise politique majeure dans toute l’Espagne, mais qui peut se précipiter en Catalogne dans les mois qui viennent.

Hélas, l’incompréhension par le souverainisme catalan du besoin de tisser des liens de solidarité avec la gauche espagnole reste un obstacle majeur pour pouvoir renverser ce régime, tout comme est impossible un changement de régime en Espagne qui n’offre pas une réponse politique aux revendications catalanes.

Il faut construire un front de toutes les forces pour la rupture sur le plan national et social, et être capable de disputer l’hégémonie politique au nationalisme petit-bourgeois d’ERC, complice de l’austérité avec son soutien «patriotique» aux coupes faites par CiU. Il faut le faire avec la gauche indépendantiste, antilibérale et surtout avec les nouveaux sujets issus de l’auto-organisation populaire. Bref, profiter à fond des opportunités qui s’ouvrent.

De Barcelone, Andreu Coll Samedi 25 Octobre 2014

http://npa2009.org/actualite/etat-espagnol-la-catalogne-et-les-enjeux-du-9-novembre

 

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