Archive | Questions bretonnes etc

06 mars 2016 ~ 0 Commentaire

arnaldo otegi (euronews)

otegi

L’ancien leader de Batasuna, accueilli en héros à San Sebastián

« Il y a une chose que la prison vous offre, c’est beaucoup de temps pour réfléchir. » Il vient de passer six ans et demi derrière les barreaux pour son combat en faveur de l’indépendance du pays basque. Arnaldo Otegi, une ancienne figure du mouvement Batasuna, a été accueilli en héros dans le stade de San Sebastián. Quelque 10.000 personnes ont rendu hommage à celui qui fut aussi l’un des premiers à appeler à la fin de la lutte armée. La paix doit se poursuivre, mais le combat politique continue, a-t-il insisté dans son discours :

“Nous devons réfléchir à ce qui nous est arrivé. A mon humble avis. Car si il y a une chose que la prison vous offre, c’est beaucoup de temps pour réfléchir. Pour réfléchir à la façon de mieux lutter contre l’ennemi. C’est la partie qu’ils ne savent pas. Si après 18 mois de détention à Martutene, nous avons donné naissance à une nouvelle stratégie, il faut qu’ils soient prêts à entendre ce que nous avons peaufiné pendant six ans et demi.

Julien Pavy 06/03

http://fr.euronews.com/arnaldo-otegi-accueilli-en-heros-a-san-sebastian

http://france3-regions.francetvinfo.fr/otegi-accueilli-en-heros-des-independantistes

Commentaire: Otegi sort de prison au moment où « Podemos » a dépassé « EH-Bildu » la coalition dont il est un des leaders avec sont parti « Sortu ». A lui seul, pourra-t-il renverser la tendance et devenir le futur « Lehendakari » (premier ministre) d’Euskadi aux élections autonomiques de novembre?

Pour en savoir plus: un article d’un historique de la LCR basque (LKI) qui fait partie avec son groupe « Alternatiba » (rien à voir avec les écolos) de EH-Bildu:

http://gorripidea.blogspot.fr/2016/02/sobre-patriotismos-y-patrias-1.html

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01 mars 2016 ~ 0 Commentaire

libération d’otegi (l’express)

angela

Les indépendantistes du Pays basque fêtent mardi en Espagne la sortie de prison d’Arnaldo Otegi, ex- »soldat » de l’ETA salué pour son rôle dans le processus de paix, et pourtant honni par des victimes de l’organisation armée qui lui reprochent de ne l’avoir jamais reniée.

Aussitôt après sa libération dans la matinée, Otegi, 57 ans, devrait s’exprimer aux abords de la prison de Logroño (La Rioja) puis regagner sa ville natale basque d’Elgoibar, à 150 km au nord, où il sera reçu par ses partisans dans la joie.

Libéré après six ans et demi de détention pour « appartenance à une organisation terroriste au rang de dirigeant », Otegi sort paradoxalement de prison avec l’aura d’un acteur décisif du processus de paix au Pays basque, où l’ETA a officiellement annoncé « la fin définitive de son action armée » en octobre 2011.

Otegi était déjà détenu lorsque cette annonce est intervenue: la justice l’avait condamné pour avoir tenté de reconstruire la direction du parti Batasuna, interdit en 2003 en tant que « bras politique » de l’ETA. Cette formation est depuis redevenue légale sous le nouveau nom de Sortu et Otegi en est le secrétaire général. Elle vise toujours l’indépendance du Pays basque mais par la voie démocratique.

« Sa condamnation en 2011 avait été injuste et disproportionnée – même des juristes le disaient – alors qu’Otegi brandissait depuis longtemps le drapeau de la fin de la violence », dit à l’AFP le journaliste basque de la revue Cambio 16, Gorka Landaburu, lui-même victime de l’ETA. Même l’ancien juge d’instruction Baltasar Garzon, qui l’avait fait arrêter en 2009, a estimé en octobre qu’il pouvait « faire beaucoup plus pour la paix en dehors (de la prison) que dedans ».

Il est « l’homme qui a le plus contribué à mettre fin à la violence de l’ETA », affirme aussi à l’AFP le journaliste catalan Antoni Batista, auteur de sa récente biographie. Pour lui, si Otegi a passé autant d’années détenu, c’est parce que « le stigmatiser comme terroriste reste une manière de criminaliser l’indépendantisme démocratique ».

‘Le Gerry Adams basque’

Militant actif de l’ETA dès ses 19 ans, Otegi aura passé une quinzaine d’années en détention – notamment pour l’enlèvement du directeur d’une usine Michelin en 1979 – mais jamais pour des crimes de sang. C’est à la quarantaine qu’il fut surnommé « le Gerry Adams basque » par comparaison avec le dirigeant politique du Sinn Fein qui finit par négocier la paix en Irlande du Nord.

A la fin des années 90, Otegi fut l’un des premiers à plaider l’abandon de la lutte armée par l’ETA – née en 1959 pour lutter contre la dictature de Franco et l’indépendance du Pays basque et de la Navarre – accusée d’avoir tué au moins 829 personnes. Puis Otegi fut l’un des acteurs-clefs du dialogue amorcé en 2006 entre le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero et les « etarras » clandestins.

Mais après l’échec de ces négociations – torpillées par les durs de l’ETA avec un attentat meurtrier à l’aéroport de Madrid – le gouvernement adopta une ligne d’extrême fermeté. Des dizaines d’arrestations furent ordonnées, dont celle d’Otegi. Certains ne voient encore en lui qu’un imposteur. « Otegi n’est pas un homme de paix », a protesté lundi le journal El Mundo (libéral, droite): « C’est un défenseur déclaré de l’extorsion, de l’enlèvement et de l’assassinat ».

En 2012, Otegi avait présenté « ses plus sincères excuses ». Partisans et détracteurs lui prédisent un rôle politique important, notamment lors des régionales à l’automne, alors que la gauche « abertzale » (patriote) a besoin d’un chef charismatique pour contrer la montée du parti de gauche radicale Podemos. Il reste en principe inéligible jusqu’en 2022, ce qu’il pourrait contester en justice.

L’Express

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaldo_Otegi

Sortu

Commentaire: Sortu fait partie de la coalition EH-Bildu qui vient d’être dépassée par Podemos. Le NPA a de bonnes relations aussi bien avec Sortu que Podemos-Euskadi.

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24 février 2016 ~ 0 Commentaire

le bund (npa)

bund

Un mouvement révolutionnaire contre l’oppression antisémite et le sionisme

Avant la Première Guerre mondiale, ce ne fut pas le sionisme mais le Bund qui par- vint à organiser des dizaines de milliers de Juifs opprimés dans l’Empire russe…

Tout dans leur situation les amenait soit à l’exil, soit aux sentiments révolutionnaires. On sait à quel point nombre de révolutionnaires du mouvement socialiste russe venaient de cette communauté.

La première organisation ouvrière révolutionnaire significative, constituée à une échel- le nationale sur le sol russe, fut d’ailleurs une organisation juive. Le Bund, «Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie», fut fondé en 1897 à Wilno (Vilnius, en Lituanie). C’était un parti socialiste révolutionnaire. Il n’avait pas au départ l’intention de consti- tuer un «parti juif». Mais il se considérait comme une organisation marxiste, «social-démocra- te travaillant dans le milieu juif». En l’occurrence, il s’adressait à la majorité des Juifs du monde… dans leur langue, le yiddish.

Dans le cadre de sa lutte pour une Russie démocratique et socialiste, sans revendi- quer la création d’un Etat territorial juif, il œuvrait à la construction d’une «nationalité juive de langue yiddish». Les bundistes constituaient des milices d’autodéfense, luttaient pour abattre le régime et obtenir l’égalité des droits, et cherchaient également à développer une vie cultu- relle et coopérative (voire autogestionnaire comme on dirait aujourd’hui) juive, à construire une sorte «d’autonomie nationale-culturelle».

Non sans rompre avec les « traditions », puisque le Bund luttait contre le poids des digni- taires religieux réactionnaires, se proclamait athée, revendiquait l’égalité des hommes et des femmes. Les rabbins s’en indignaient et leur reprochaient de rompre «l’unité juive» en offen- sant la religion et en organisant des grèves contre des patrons juifs.

Si le programme d’émancipation nationale des Juifs du Bund pouvait sembler contradic-toire, Georges Plekhanov leur faisait cependant une mauvaise querelle (grand-russe ?) en les qualifiant de «sionistes qui ont le mal de mer». D’ailleurs, le Bund fut pendant longtemps une composante importante du POSDR (parti ouvrier social-démocrate de Russie), tandis que d’autres militants d’origine juive construisaient ce parti (et ensuite ses fractions bolchevique et menchevique) sans mettre en avant une quelconque spécificité juive.

Contre l’impasse du sionisme D’un côté, les bundistes condamnèrent ainsi le sionisme lors de leur quatrième congrès: «Le sionisme est une réaction de la classe bourgeoise contre l’antisémitisme et la situation anormale du peuple juif. Le sionisme politique érigeant pour but la création d’un territoire pour le peuple juif ne peut prétendre résoudre la question juive (…) ni satisfaire le peuple dans son ensemble. »

C’est que le projet sioniste était à la fois colonialiste dans son essence et profondément inadapté à la situation des six millions de Juifs d’Europe centrale (les deux tiers des Juifs du monde !). Ceux-ci constituaient de plus en plus une véritable « nationalité » particulière, en développant leurs institutions culturelles, leur langue, en tentant même de survivre et se faire respecter contre l’hostilité des Etats nationalistes en cours de construction, autour d’eux et contre eux.

Et ils n’avaient rien à faire du sionisme. Leur existence était en Europe. La césure sociale et culturelle entre sionisme et bundisme était symbolisée par la volonté des sionistes de faire de l’hébreu la langue du futur Etat, soit la langue de la religion que personne ne parlait dans la vie quotidienne, et surtout pas les classes populaires. Le yiddish (parlé par 8 à 10 millions de personnes entre les deux guerres !) était pour eux le « sale jargon de la rue ».

D’un autre côté, un « peuple juif » se développait bien, d’une certaine façon, dans cette partie de l’Europe. Fruit du mûrissement de conditions culturelles particulières, et bien entendu de la puissance des préjugés antisémites et de l’hostilité grandissante de la plupart des Etats. Il y avait bien une question nationale juive, de plus en plus vive, à laquelle le Bund tentait d’apporter des réponses.

Une large partie des militants juifs de l’Empire russe, bundistes et même sionistes socia- listes, se rallièrent à la révolution d’Octobre et souvent rejoignirent les bolcheviks. En 1922, le Bund cessa d’exister comme parti indépendant dans la nouvelle Union soviétique. Beaucoup d’anciens militants du Bund furent les victimes des purges staliniennes des années 1930, alors que le Bund restait un parti important en Pologne. Mais après la guerre il n’eut plus qu’une existence symbolique : nazisme et stalinisme l’avaient pour l’essentiel anéanti.

Yann Cézard Mardi 27 janvier 2015 Revue L’Anticapitaliste n°61 (janvier 2015)

A lire sur le Bund:

Henri Minczeles, Histoire générale du Bund, un mouvement révolutionnaire juif (Ed. Denoël, 1999).

Nathan Weinstock, Le Pain de misère. Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe (La Découverte, 2002).

https://npa2009.org/idees/le-bund-un-mouvement-revolutionnaire-contre-loppression-antisemite-et-le-sionisme

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21 février 2016 ~ 0 Commentaire

rennes: lorentxa (fr 3)

500 manifestants pour la libération de la militante basque Lorentxa Guimon

Quelques centaines de manifestants ont défilé ce samedi dans les rues de Rennes pour demander la libération de la militante basque Lorentxa Guimon, incarcérée à la prison des femmes et atteinte de la maladie de Crohn.

Près de 500 manifestants basques et bretons ont défilé ce samedi après-midi dans les rues de Rennes, pour demander la libération de la militante basque Lorentxa Guimon, atteinte de la maladie de Crohn et incarcérée à la prison des femmes de la ville. Quatre cars du Pays Basque, espagnols et français, ont ainsi rallié Rennes ce samedi pour ce défilé. Ainsi on a pu voir de nombreux drapeaux basques dans cette manifestation, partie du Mail François Mitterrand pour rejoindre la prison.

Des élus bretons et basques ont alerté le ministre de la Justice Cinq députés bretons ainsi que la maire PS de Rennes Nathalie Appéré ont adressé courant février un courrier au ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas pour l’alerter sur la situation de la détenue bas- que, selon son comité de soutien breton. Elle a également reçu la visite en prison, mercredi dernier, des députés Sylviane Alaux (PS – Pyrénées-Atlantiques) et Paul Molac (Régionaliste – Morbihan)

Une militante incarcée depuis 2003 et libérable La militante, âgée aujourd’hui de 46 ans, a été condamnée à vingt ans de réclusion en 2003, dont une peine de sûreté des deux tiers par la cour d’assises spéciale de Paris pour ses activités politiques et son rôle au sein de l’ETA, l’organisation séparatiste basque espagnole.

Depuis le mois de mars 2014, elle aurait pu bénéficier d’une liberté conditionnelle en raison de son état de santé, la maladie de Crohn, une inflammation chronique du système digestif, à un stade très avancé, et dont elle souffre depuis 1991.

Lorentxa Guimon a d’ailleurs dû être hospitalisée récemment. En novembre 2015 un juge avait décidé sa libération conditionnelle et elle aurait pu être libérée le 17 décembre, mais le parquet a fait appel. La décision de la Cour d’appel de Paris sera rendue le 25 février. Krystell Veillard 20/02/2016

http://france3-.francetvinfo.fr/rennes-pour-la-liberation-de-la-militante-basque-lorentxa-guimon

Note: Philippe Poutou du NPA était présent

http://www.anticapitaliste-35.org/LIBERTE-POUR-LORENTXA-GUIMON.html

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19 février 2016 ~ 0 Commentaire

la question nationale (la riposte)

tardi drapeau

Les attentats de 2015, drapés de justifications religieuses et communautaires, étaient en réalité l’œuvre d’une dictature fasciste installée au Moyen-Orient.

L’État français qui, par ses interventions militaires, a contribué à la création de cette dictature, a néanmoins profité des attentats pour exciter le sentiment national des «Français» contre une menace «étrangère» et remettre en cause des droits démocratiques. Ainsi, encore plus qu’a- vant, la «question nationale» et la position des populations «étrangères» présentes en France passe au premier plan de la vie politique du pays.

Par «question nationale», nous entendons toutes les questions relatives au nationalisme, à l’internationalisme, à l’oppression impérialiste de nations ou de minorités nationales. En subs- tance, la question des «étrangers» en France est un prolongement, sur le plan intérieur, de la politique impérialiste conduite par la France dans l’arène internationale.

L’Etat national et l’identité nationale des peuples sont des phénomènes historiques relativement récents.

Les principaux États nationaux du continent européen ont pris forme pendant le siècle qui s’étend de la Révolution française à l’unification allemande, en 1870, même si les révolutions nationales hollandaises et britanniques avaient déjà eu lieu dans la période précédente. Les premiers États capitalistes ne pouvaient poursuivre leur expansion que par l’assujettissement du reste du monde.

La « ruée vers l’Afrique » de l’impérialisme occidental a abouti au découpage du conti- nent africain. Le Moyen-Orient, la Chine, le sud-est asiatique et le sous-continent indien ont subi le même sort. Les États-Unis ont transformé l’Amérique latine en son « arrière-cour ». Les puissances impérialistes s’opposaient par la violence à l’émancipation sociale et nationale des peuples qu’ils opprimaient. Les insurrections et des guerres de libération nationale qui ont jalonné le 20è siècle ont mobilisé des centaines de millions de travailleurs, de paysans et au- tres «esclaves du capital» contre l’oppression impérialiste. Aujourd’hui, malgré l’indépendance formelle des anciennes colonies, beaucoup d’entre elles sont restées sous la domination des grandes puissances. Ainsi, dans un pays « indépendant » comme le Nigeria, avec ses vastes ressources pétrolières, la majorité de la population sombre dans une misère infernale. (…)

De manière générale, on peut dire qu’une nation est une entité sociale et économique plus ou moins stable, prenant forme au cours de l’histoire en se dotant d’un territoire commun et d’une langue commune, même si cette définition générale ne recouvre pas tous les cas de figure. Notre but, en tant que communistes, c’est d’œuvrer dans le sens de la plus grande unité des travailleurs dans une lutte commune, indépendamment de leurs identités nationales spé- cifiques. C’est de ce point de vue que nous défendons le droit des nations à l’autodétermina- tion.

Ce droit n’a d’intérêt que dans la mesure où il renforce la lutte contre le capitalisme et contre le nationalisme. La position marxiste à l’égard des nationalités opprimées est une position négative, c’est-à-dire qu’elle est avant tout contre toutes les formes d’oppression nationale, linguistique ou raciale. Prôner le droit à la séparation ne signifie pas prôner la sépa- ration elle-même. Ce droit vise, au contraire, à faciliter l’union volontaire. Lénine comparait ce droit au droit de divorce. On est pour le droit au divorce et le droit à l’avortement. Mais ceci ne veut pas dire qu’on recommande à tous le divorce ou l’avortement.

La distinction entre ces deux notions est d’une importance primordiale. En défendant les droits et les intérêts particuliers des minorités nationales dans un pays donné, en luttant contre toutes les discriminations et oppressions spécifiques dont elles sont victimes, le mouve- ment ouvrier facilite l’union dans l’action de tous les travailleurs, indépendamment des considé- rations de nationalité, de langue, de couleur ou de religion.

La classe dirigeante et leurs représentants politiques encouragent le nationalisme français.

Ils stigmatisent les «immigrés», les «musulmans» etc. et les exhortent à rejoindre «la commu- nauté nationale», à s’unir, comme le dit Hollande, dans une République prétendument fondée sur les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais cette République-là n’existe que dans l’imaginaire. La République réelle est un instrument du capitalisme, fondée sur l’inégalité et l’exploitation de la majorité par une minorité. Si elle est fondée sur des valeurs, il s’agit plutôt de valeurs boursières.

Les appels «républicains» en faveur de l’«intégration» ne sont qu’une forme de chauvi- nisme français qui tend à nier l’existence d’une «question nationale» en France, où plusieurs nationalités distinctes sont présentes, avec leurs différences culturelles et linguistiques.

Certes, la «question nationale» en France n’a pas d’aspect territorial. Il ne s’agit pas d’indépendance, ni même d’autodétermination, à proprement parler. Mais l’expérience quoti- dienne de plusieurs millions de travailleurs et de jeunes originaires des pays anciennement colonisés, leur rappelle sans cesse leur «différence». Ils ne sont pas sur un pied d’égalité avec les citoyens de la nation dominante. En subissant la discrimination et la marginalisation racis- tes, les travailleurs originaires des anciennes colonies les relient non seulement à l’oppression impérialiste du passé, mais aussi à la politique actuelle de l’impérialisme français au Moyen-Orient et en Afrique.

Cette oppression et la forme de conscience correspondante constituent la substance de la «question nationale» au sein de la société française. Le chômage, la précarité, l’exploi- tation, les autres manifestations de la régression sociale ne concernent pas que les travailleurs traçant leurs origines aux anciennes colonies, mais ceci n’empêche pas la cristallisation, chez certains d’entre eux, d’une forme de conscience politique que l’on pourrait appeler « commu- nautaire » (car il de s’agit pas d’une nationalité spécifique), dans laquelle la source des oppressions est conçue comme étant d’ordre racial, culturel et religieux.

Nous avons dit que lorsque le mouvement ouvrier a su ouvrir une perspective d’éman- cipation sociale aux peuples concernés, la lutte contre l’oppression nationale ou communau- taire a pu contribuer à la cause révolutionnaire. Mais l’histoire de l’Europe nous offre de nombreux exemples où, dans l’absence de cette perspective, la situation faite aux peuples opprimés a été exploitée à des fins réactionnaires et fascistes.

On pourrait citer le recrutement de légions marocaines par Franco, au début de la guerre civile espagnole, ou encore l’utilisation de la question dite « sudète » en vue de l’inva- sion de la Tchécoslovaquie par Hitler, en 1938. La propagande de l’État islamique envers les communautés musulmanes en Europe est un exemple de l’exploitation de la question nationale à des fins contre-révolutionnaires. D’où la fascination qu’exerce Daesh, quoique de façon très marginale, sur l’esprit de certains éléments au sein de ces communautés.

Si la politique du mouvement ouvrier – et nous pensons particulièrement au PCF – se borne à l’exaltation de la République capitaliste, reprenant à son compte la présentation my- thique et mensongère de celle-ci comme une incarnation de la liberté et la justice sociale, il ne pourrait pas lutter efficacement contre ce communautarisme réactionnaire. C’est une posture essentiellement conservatrice qui ne promet aucun changement.

L’égalité formelle des droits n’a pas beaucoup de sens dans une société où six millions de travailleurs sont au chômage et les perspectives d’une vie épanouie et digne sont complète- ment bouchées par le capitalisme. Au mieux, ce serait une égalité dans la précarité. Une politique d’émancipation sociale ne peut se fonder que sur un bouleversement de l’ordre existant, sur la lutte pour une nouvelle République débarrassée du capitalisme, mettant fin au pouvoir économique et politique de la classe qui inflige la régression sociale aux travailleurs de France et la guerre aux peuples du Moyen-Orient. La tâche du PCF et de l’ensemble du mouvement ouvrier est de rassembler tous les travailleurs, quelles que soient leurs origines ethniques, nationales ou culturelles autour de ce projet révolutionnaire.  La Riposte 19 février

http://www.lariposte.org/2016/02/la-question-nationale/

Commentaire: Dans sa définition le camarade évite de parler des autres « questions nationales » : basques, corse, bretonne…

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18 février 2016 ~ 0 Commentaire

apli 22 (le télégramme)

-livraisons-de-lait
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« D’abord nettoyer dans notre cour »
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Face à la crise du monde agricole, l’Association des Producteurs de Lait Indépen- dants des Côtes-d’Armor (Apli 22) veut faire entendre sa voix.
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Aujourd’hui, elle soumet deux propositions : une régulation par les industriels et une législation pour réglementer les coopératives. « Parce que ce n’est pas en faisant du feu sur les ronds-points qu’on va y arriver… Et parce qu’aujourd’hui on pense que la situation est tellement grave que l’on peut avoir un écho… » Voilà pourquoi Audrey Le Bivic, Francis Prigent et Gilles Guillou de l’Apli 22 ont souhaité s’exprimer sur la crise agricole.
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« J’accuse la FNSEA… » « Tout ce que l’on avait annoncé en 2009, vu le changement de cap dans les productions avec un libéralisme à outrance, est arrivé pleine balle. Aujourd’hui, on se rend compte que nos instances dirigeantes – je nomme Xavier Beulin et Christiane Lambert – qui ont ri de nos actions à l’époque, nous ont conduits dans le mur et moi, je les désigne comme responsables.
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J’accuse la FNSEA d’être le fossoyeur de l’agriculture aujourd’hui », dénonce Gilles Guillou. « La fin des quotas pour nous, c’était aller droit au casse-pipe. Sans régulation, ça ne peut pas fonctionner », ajoute Francis Prigent. « Il y a 30 % des éleveurs qui ne vont pas tenir. On est dans une impasse la plus totale. » Pour les trois membres de l’Apli 22, « il y a un ména- ge gigantesque à faire ».
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À commencer, pour eux, par les coopératives « qui s’apparentent à des administrations ». «Aujourd’hui, ce n’est pas la distribution qu’il faut viser, il faut d’abord nettoyer dans notre cour», insiste Francis Prigent. Pour l’éleveur, cela ne peut passer que par la législation. «L’État doit légiférer pour réglementer les coopératives, afin qu’une coopérative soit une identité uni- que et indivisible et qu’elle appartienne aux producteurs et non pas à des financiers.
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« Moi président je m’attaquerai au monde de la finance », avait promis Hollande en 2012 », ironise l’agriculteur. Pour l’Apli 22, il n’est plus acceptable « que des coopératives, qui com- mencent en coopérative avec des avantages fiscaux, finissent en SAS en payant des amendes plutôt que de divulguer leurs profits. »
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Autre cible dans le viseur de l’Apli 22 : les industriels. « C’est contre eux qu’il faut se battre aujourd’hui, car ce sont eux qui nous payent ». L’association propose de mettre en place une régulation par les industriels. « Quand les industriels ne sont plus en mesure de payer aux producteurs un prix couvrant les coûts moyens de production, on enclenche un système pour proposer un prix majoré aux producteurs qui souhaitent baisser leur production.
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Ce système de régulation devra se généraliser au niveau européen et sera financé par une caisse de péréquation entre les éleveurs qui choisissent de réduire leur production et les éleveurs qui choisissent de continuer à produire à outrance ». Et Gilles Guillou d’imager la situation : « Les routes sont un bel exemple. Pourquoi on y trouve des gendarmes ? Parce que sinon ce serait le bazar. Là, c’est pareil, il faut mettre un système de gendarme en place pour réguler ».  17 février 2016

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18 février 2016 ~ 0 Commentaire

quimper lorentxa (lt)

euskadi

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Rennes: manifestation pour la militante basque Lorentxa samedi

Le 25 février prochain, la cour d’appel de Paris se prononcera sur la libération conditionnelle de la militante basque Lorentxa Guimon, détenue depuis 2003 et gravement malade. La mobilisation monte. Une manifestation aura lieu samedi à Rennes où elle est incarcérée.

Ce mardi, à Quimper, le comité de soutien (dont fait partie le NPA Note du Blog) à symboli- quement interpellé le garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas pour qu’il intervienne. Les dépu- tés bretons Jean-René Marsac (35), Chantal Guittet (29), Richard Ferrand (29), Jean-Luc Bleunven (29), Paul Molac (56), tout comme la maire de Rennes Nathalie Appéré, ont écrit au ministère de la justice pour demander sa remise en liberté. Des dizaines de personnalités et d’élus du NPA au Mouvement Bretagne Progrès de Christian Troadec en passant par les Verts et le Parti de Gauche ont signé un appel dans le même sens.

Le dossier de Lorentxa Guimon suscite une mobilisation grandissante tant en Pays Basque où elle est née en 1969 qu’en Bretagne où elle est emprisonnée. Une manifestation aura lieu samedi à Rennes en soutien à la militante basque. Son dossier illustre bien la politique particulière que connaissent les militants indépendantistes basques emprisonnés.

Maladie chronique Lorentxa Guimon a été interpellée en 2003 et condamnée à 20 ans de prison pour sa participation à l’appareil logistique de l’organisation séparatiste basque ETA. Elle peut théoriquement bénéficier d’une libération conditionnelle depuis 2014. Depuis 1991, Lorentxa Guimon souffre de la maladie de Crohn, une maladie inflammatoire chronique du système digestif particulièrement invalidante qui nécessite un suivi médical incompatible avec la détention. La santé de la détenue s’est fortement dégradée ces derniers mois. En novembre dernier, les juges lui ont accordé une libération conditionnelle notamment pour des raisons de santé. Le parquet a fait immédiatement appel.

«Acharnement» « Il y a un acharnement évident, commentait ce mardi Gaël Roblin à Quimper. Le parquet fait appel systématiquement en invoquant un risque de récidive. Or ETA a décidé unilatéralement un cessez-le-feu depuis 2012 et s’est engagé dans un processus de désar- mement ». « Lorentxa Guimon ne peut rester en détention, continue le militant breton. Depuis le 17 décembre elle a été hospitalisée trois fois ».

Tous les déplacements de la malade impliquent la mobilisation du GIGN ou du RAID. Plusieurs rendez-vous médicaux ont été annulés faute de disponibilité de ces unités mobilisées par l’état d’urgence. Cette situation a donc suscité une mobilisation, qui se traduira par une manifes- tation samedi à Rennes à 14h30 place de la Mairie (plusieurs cars du pays basque sont annoncés). Des parlementaires dont Paul Molac, rendront visite à la prisonnière le même jour.

Après l’appel du Parquet une nouvelle audience a eu lieu devant la cour d’appel de Paris le 14¬janvier. Le délibéré sera rendu le 25 février prochain. « Il faut que M. Urvoas, garde des sceaux, intervienne pour une décision juste, humainement et politiquement, dit Gaël Roblin. Car la situation de Lorentxa est dramatique ». 16 février 2016 à 18h32 Ronan Larvor

http://www.letelegramme.fr/manifestation-pour-lorentxa-samedi

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Manif le 20 à Rennes, le 20/2 à 14h30
Lorentxa, prisonnière politique basque, très malade et détenue à Rennes

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17 février 2016 ~ 0 Commentaire

skol vreizh (lt)

Karantez

http://www.skolvreizh.com/

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14 février 2016 ~ 0 Commentaire

il n’est pas de sauveur suprême (anti-k)

iznogood

Ni dieu, ni César, ni tribun … Même pas Mélenchon !

Dans l’interview de JL Mélenchon publié dans Médiapart on ne peut faire l’impasse sur le paragraphe suivant :

« Ensuite, il y a la question de la place de la nation. Comme l’extrême droite s’est approprié le mot, alors qu’il vient de la gauche, il est devenu tabou. La gauche vit, en plus, dans le remords perpétuel de la colonisation et dans la peur, justifiée, du nationalisme parce que le nationa- lisme, comme l’a dit François Mitterrand, c’est la guerre. Du coup, c’est un angle mort de la pensée à gauche.

De cette cécité et de cet auto-empêchement, il faut se guérir. Je m’en suis guéri en allant en Amérique latine, où le nationalisme a un contenu progressiste en étant anti-impérialiste. Il a aussi ses revers. Mais il fait du bien à l’esprit : il permet de comprendre que, pour l’instant, dans les conditions que nous connaissons, il n’y a pas d’autre cadre où les gens ont le sentiment d’appartenir à une communauté légale commune.

Donc la nation participe de la stratégie révolutionnaire. Comme point d’appui, pas comme fin en soi. La nation n’est pas qu’une survivance du passé. Elle correspond à un état de fédé- ration des peuples. Il ne faut pas oublier la belle page de la constitution de la nation à la place du royaume en France. Le royaume aujourd’hui, c’est l’Europe actuelle. Sous d’autres noms, ce sont les mêmes chefferies, baronnies, principautés, des évêques qui dirigent des villes, des princes, des ducs, le fouillis médiéval où est anéantie la force du peuple souverain… »

Ceci traduit un vieux social-chauvinisme bien français qu’exprime aussi la partie concer- nant l’initiative de Varouflakis :  quand on dit « l’extrême droite s’est approprié le mot, alors qu’il vient de la gauche » ou encore « Il ne faut pas oublier la belle page de la constitution de la nation à la place du royaume en France », c’est un certain rapport de continuité depuis la révolution que l’on exprime sans mettre l’accent sur les ruptures nécessaires.

Est ce la France qui est l’objet de la continuité ou la République, les principes républi- cains, la philosophie des Lumières ? Il y a là une certaine confusion qui devrait être clarifiée sous peine d’ouvrir la voie à un cadre d’alliance sur le seul retour à la nation. JLM sous-estime l’hégémonie de la droite et de l’extrême droite sur ce cadre là  et n’évoque que trop brièvement les dangers du nationalisme.

En quoi est il plus facile de combattre cette hégémonie en s’appropriant une thématique qui fait son noyau dur ? Le repli national s’alimente fortement du repli sur soi lié aux peurs de l’autre, de l’étranger … Ce n’est pas en prenant d’assaut la place forte la plus solide que nous aurons le plus de chance de gagner. Il nous faut au contraire déplacer le centre du débat public sur le social, sur l’espace de la lutte des classes  contre notre bourgeoisie nationale.

Nous ne sommes plus dans le moment historique de la Commune où celle-ci portait et la dimension sociale et la dimension républicaine nationale. Nous avons derrière nous la guerre de 14 et les nationalismes du court 20ème siècle pour remodeler l’imaginaire populaire (la coupure de la Résistance n’a pas inversé les choses). Il n’est pas question d’empêcher JL Mélenchon d’aller se guérir en Amérique latine où il y a eu ( il y a encore mais moins) des motifs d’espoir.

Mais là encore il faut se garder de tirer de la dimension anti-impérialiste des gauches latino des leçons directement importables ici : penser  que le rapport  entre les USA et les pays latino  est similaire à celui entre l’UE et les états nations d’Europe serait commettre un erreur d’analyse. C’est sous entendre qu’un Etat européen pourrait seul porter un combat anti-impé- rialiste contre un « Etat européen » qui domine les états peut nous conduire vite à une stratégie de repli sur l’espace national.

Ce d’autant plus que l’on avance que l’état national est l’horizon pour l’instant indé- passable «  il n’y a pas d’autre cadre où les gens ont le sentiment d’appartenir à une commu- nauté légale commune » ou « La nation n’est pas qu’une survivance du passé. Elle correspond à un état de fédération des peuples ». Si l’on suit ce raisonnement il ne peut y avoir d’espace public européen, ce dernier reste étroitement enfermé dans le cadre des traités ? Il ne pourrait fonctionner que soumis aux cadres d’un proto-état européen,  pur instrument de la bourgeoisie et de particulièrement des multinationales.

Voilà qui demande à être un minimum discuté :  en quoi le cadre de l’Etat bourgeois natio- nal est-il moins un instrument de la bourgeoisie ? Existe-t-il encore un espace national : les Etats et les bourgeoisies « nationales » ont construit non pas un Etat européen indépendant et au dessus des Etats nationaux mais une nouvelle forme d’Etat qui articule Etats nationaux et Etat européen. Peut on rejeter ainsi celles et ceux qui participent à cet espace européen, oublier que dans le non français au référendum il y avait beaucoup de partisans d’une « autre Europe » dont nous n’avons pas poursuivi  la démarche.

Si l’on sort de l’hexagone, on ne peut que constater que dans les imaginaires populaires l’Europe ne se réduit pas à l’UE et à sa concurrence libre et non faussée. Le discours des doctes partisans de la sortie de l’euro  et des traités comme préalable à l’émancipation nie cette réalité là que les élections grecques ont rappelé avec force : la sortie de l’euro assimilée à une sortie de l’Europe n’est pas si populaire. Et il nous faut travailler avec cela.

Proposer de faire de la sortie de l’euro et des traités le discriminant de la construction d’un camp politique me semble singulièrement réducteur : c’est accepter une marginalisation et créer des démarcations dont je ne suis pas sûr qu’elles soient pertinentes dans la période. Une telle ligne construite sur les positions des (de certains) experts économistes et des « Lordon -roi » me rappelle  trop les partis guides avec leur ligne scientifiquement prouvée.

Poser de tels préalables politiques ne peuvent que servir à se créer un (petit) espace d’existence pour les futures échéances présidentielles et à se justifier comme candidat naturel : c’est une position que nous ne pouvons partager et nous avons raison de faire de la construc- tion d’un espace de transformation le préalable à tout débat politicien sur les présidentielles. Nous n’avons pas à attendre un quelconque salut d’un tribun médiatique, mais de la capacité des forces populaires à construire une alternative. 14 février 2016

Source: Site Ensemble  Adanet le 09/02/2016

http://www.anti-k.org/il-nest-pas-de-sauveur-supreme-ni-dieu-ni-cesar-ni-tribun

Commentaire: Il y a des paroles qui pourraient plaire aux nationalistes basques, corses, bretons… Mais le nationalisme des petits peuples est forcément nuisible, n’est-ce pas?

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12 février 2016 ~ 0 Commentaire

la poste (lpe)

reuz

Au service du rayonnement de la culture… française !

Devenue société anonyme depuis 2010, l’entreprise La Poste bénéficiait auparavant du mono- pole de l’acheminement et de la distribution du courrier en France. Dans les faits, c’est toujours le cas aujourd’hui ! On pourrait penser que, dans le monde privé, la discrimination se ferait par l’argent. C’est pourtant sur le plan linguistique que Mark Kerrain, enseignant de breton à l’université de Rennes et par ailleurs éditeur (Sav-heol), épingle l’ancien service public sur sa page facebook.

La Poste dispose en effet d’un service « livres et brochures » permettant de disposer de tarifs spéciaux pour l’envoi de colis culturels. Mais, ô surprise, on peut lire au sujet de ce produit est destiné à faire la « promotion de la culture française » et au « rayonnement » de celle-ci. Par conséquent, « les ouvrages doivent être impérativement rédigés en français ». « Cas banal de discrimination linguistique en France », explique Mark Kerrain.

Cette politique de La Poste démontre que, même inscrites dans la Constitution en tant que « patrimoine de la France », les langues bretonne, basque, occitane, corse, alsacienne et toutes les autres langues parlées sur le territoire ne comptent vraiment pour rien au sein de la République. Et quand même le privé se met au diapason du dogmatisme étatique, on est en droit de s’interroger sur ce qui cloche en France… Gael BRIAND 11 février 2016

http://lepeuplebreton.bzh/la-poste-au-service-du-rayonnement-de-la-culture-francaise

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