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18 février 2015 ~ 0 Commentaire

« brug »: une revue libertaire en langue bretonne à la veille de la première guerre mondiale

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« Brug » et son fonctionnement

Comment fait-il donc pour publier – et ce n’est pas sans difficultés – un tel mensuel depuis Pontivy, une petite ville du Centre-Bretagne « qu’on peut qualifier de moderne « , mais qui compte à peine plus de 9 000 habitants au début du 20e siècle ? (…)

Masson peut ensuite compter sur le concours et sur le soutien de son ami, le peintre Jean-Julien Lemordant. Tous deux s’étaient sans doute connus à Rennes lorsqu’ils y étaient étudiants : plus tard, Masson le décrira comme « notre premier, jusqu’ici notre unique peintre breton « . À l’époque de la parution de « Brug », Lemor- dant peint le plafond du Théâtre de Rennes, qui sera inauguré en 1914. Sa con- tribution à la revue de Masson est double : celle-ci paraît en effet avec presque toujours, en couverture, un dessin du peintre, dont la conviction était que « tout en nous efforçant de sauver la langue, nous devons avoir pour but de provoquer une renaissance artistique, et de susciter des caractères, des hommes fiers d’être Bretons ». Lemordant était en outre, en fonction de ses possibilités d’artiste pas toujours bien pourvu, l’un des principaux soutiens financiers de « Brug ».

Pour les articles en breton, Masson fait appel à toute une équipe de colla- borateurs : ce ne sont pas moins de vingt signatures différentes que l’on peut relever au fil des numéros . Plusieurs n’apparaissent qu’à une ou deux reprises. Mais il en est parmi elles que l’on peut considérer comme prestigieuses, même si elles ne sont qu’occasionnelles : c’est notamment le cas de Erwanig, qui n’est autre que le grand Druide Erwan Berthou, ou d’Anatole Le Braz, universitaire, conférencier et écrivain renommé. Il y a surtout plusieurs collaborations sur lesquelles Masson peut compter avec une belle régularité. Il s’agit du cornouaillais Eostig Kerinek et du trégorrois Louis-Napoléon Le Roux.

Mais les collaborateurs les plus présents et les plus convaincus sont deux insti- tuteurs, l’un léonard, Joz Le Braz , l’autre vannetais, Julien Dupuis , dont les signatures apparaissent dans la plupart des livraisons de « Brug ». Estimant avoir découvert en eux de véritables « perles « , Émile Masson est très heureux de les avoir empêchés, selon ses propres termes, de virer vers le bardisme. Chacun de ces collaborateurs bretonnants a, par ailleurs, à ses yeux, l’intérêt de représenter un dialecte ou ce qu’on appellerait aujourd’hui un stantard de breton.

« Brug » étant une publication périodique, le gérant en titre en est François Le Levé, un syndicaliste et militant anarchiste de Lorient. La gestion des abonne- ments est assurée depuis Paris par Pierre Monatte, le fondateur de « La Vie Ou- vrière », l’organe de la CGT. Mais l’intérêt de la présence de ces deux noms dans l’ours de la revue n’est pas tant la contribution sans doute limitée qu’ils apportent à son fonctionnement pratique que le soutien qu’ils lui témoignent du même coup.

Dans « Les Temps Nouveaux » (où Jean Grave avait par ailleurs accueilli plusieurs plaidoyers d’E. Masson), F. Le Levé avoue avoir tout d’abord été indifférent et hésitant à l’égard des projets de Masson : mais il les approuve dès 1912 et se déclare « pour la propagande chez les paysans bretons ». Monatte y met plus de temps et ne le fait finalement qu’en juillet 1914, sur l’insistance de Masson lui- même. Gustave Hervé aussi publie dans « La Guerre Sociale » un article de soutien, tout heureux de signaler « la première traduction en breton d’une œuvre empreinte de l’idéal révolutionnaire du socialisme « .

La revue était imprimée à Guingamp, chez Toullec et Geffroy. Selon le témoignage de l’imprimeur, le nombre d’abonnés était faible. La diffusion était donc assurée de deux manières différentes : la vente au numéro et la distribution gratuite. D’après le témoignage de son fils, E. Masson se déplaçait lui-même autour de Pontivy pour diffuser la revue et il songea à recruter des colporteurs. Mais c’est sans doute la diffusion gratuite qui prédominait, comme l’explique Masson dans un article des « Temps Nouveaux » :

« La devise de Brug est: « E(v)it netra », qui signifie pour rien. L’exemplaire est marqué un sou, mais c’est gratis qu’il doit être remis à tout camarade qui le demande, pourvu que les camarades qui comprennent Brug l’achètent, le paient double, triple, le lisent à haute voix et le répandent gratuitement autour d’eux. Brug devrait être répandu à profusion dans toutes les fermes du Finistère, du Morbihan et des Côtes-du-Nord ».

(…) S’il ne fait aucun doute que Masson a lui-même beaucoup contribué à la publication de « Brug », il n’en est pas moins vrai qu’il a pu bénéficier de sous- criptions. Ces dernières proviennent de deux sources différentes. Les plus nom- breuses et les plus régulières émanent de la Bourse du Travail de Lorient, de l’Union des Syndicats du Morbihan, des étudiants socialistes de Rennes, de la jeunesse syndicaliste de Brest… Des anarchistes connus, comme F. Le Levé et Gustave Hervé, ou le peintre J.J. Lemordant figurent également parmi les dona- teurs. Mais quelques soutiens proviennent aussi parfois de militants breton- nantistes connus comme François Vallée, dont Masson lui-même considère pourtant que les idées sont « aux antipodes » des siennes.

http://www.langue-bretonne.com/articles/BrugRevue.html

https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/870446/filename/2004_La_seconde_mort_da_A_mile_Masson.pdf

http://tempsnoirs.chez.com/EmileMasson.htm

Lire aussi en breton:

« Eun dra bennag a zo da jeñch er bed »

Emile Masson ha « Brug » 1913-1914

Fañch Broudic Emgleo Breiz

 

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26 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

état espagnol : la catalogne et les enjeux du 9 novembre (npa)

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Ce qu’on appelle le «processus souverainiste» catalan s’était déjà heurté au mur autoritaire du régime espagnol en 1978.

Aujourd’hui, le rejet radical du PP et du PSOE d’une consultation le 9 novembre montre leur mépris total du peuple catalan… Le gouvernement de Rajoy a suspen- du la loi catalane en vue de la consultation, et Artur Mas, le président de la Généralité de Catalogne, n’a pas osé défier la légalité espagnole et le pouvoir judiciaire, voire la cour constitutionnelle présidée par un magistrat du PP…

Après des négociations très tendues entre les partis qui ont soutenu la consultation (environ 70 % du Parlement catalan), l’ERC (indépendantistes de centre-gauche, majoritaires en Catalogne aux Européennes) et la CUP, natio- nalistes révolutionnaires,  vont soutenir la proposition du gouvernement de la Généralité de tenir une consultation alternative, mais sans utilisation du recen- sement officiel. L’ICV (gauche antilibérale et verte) n’y est pas favorable, considérant que le compte n’y est pas…

Vers une épreuve de force incontournable Dimanche 19 octobre, l’Assemblée nationale catalane (réseau d’organisations et d’associations indépendantistes) a organisé un rassemblement pour exiger l’unité des partis et l’organisation d’élec- ntions dans un délai maximum de trois mois en vue de l’indépendance si une majorité claire s’exprime en ce sens.

La pression des classes moyennes touchées par la crise est très forte. La nature réactionnaire du PP et les tensions croissantes dues aux coupes budgé- taires ont créé un état d’esprit favorable à l’indépendance. Le gouvernement catalan s’est déchargé de sa part de responsabilité dans les politiques d’austérité sur Madrid, et pour cela a dû surfer sur une vague indépendantiste qu’il ne contrôle pas.

Si cela va si loin, c’est aussi dû à l’absence de victoires du mouvement ouvrier et des mouvements anti-­austérité, ainsi qu’à la faiblesse relative de la gauche anticapitaliste. En effet, dans l’ensemble de l’État espagnol, le basculement des classes moyennes à gauche et son rapprochement avec des secteurs de la classe ouvrière – les marées anti-austérité, l’émergence de Podemos – est partiellement bloqué en Catalogne par le clivage sur l’identité nationale et par le fait que, pour l’instant, la gauche n’est pas capable d’offrir une issue crédible à la fois contre l’austérité et répondant à la question nationale.

Crise politique en Catalogne… et en Espagne Le PS catalan se «pasokise» très vite. Le PP chute dans les sondages au point de devenir presque extra-parle- mentaire. CiU (Convergència i Unió, parti nationaliste bourgeois hégémonique depuis la transition) a perdu son hégémonie à cause de l’austérité et de la corruption et est au bord de la scission…

De plus, la montée de la colère, de l’indignation, de la population, avec un nouveau scandale (des cartes de crédit occultes données à des dirigeants de Bankia), la poussée de Podemos dans les sondages et la récente abdication du roi Juan Carlos montrent que l’on est aux portes d’une crise politique majeure dans toute l’Espagne, mais qui peut se précipiter en Catalogne dans les mois qui viennent.

Hélas, l’incompréhension par le souverainisme catalan du besoin de tisser des liens de solidarité avec la gauche espagnole reste un obstacle majeur pour pouvoir renverser ce régime, tout comme est impossible un changement de régime en Espagne qui n’offre pas une réponse politique aux revendications catalanes.

Il faut construire un front de toutes les forces pour la rupture sur le plan national et social, et être capable de disputer l’hégémonie politique au nationalisme petit-bourgeois d’ERC, complice de l’austérité avec son soutien «patriotique» aux coupes faites par CiU. Il faut le faire avec la gauche indépendantiste, antilibérale et surtout avec les nouveaux sujets issus de l’auto-organisation populaire. Bref, profiter à fond des opportunités qui s’ouvrent.

De Barcelone, Andreu Coll Samedi 25 Octobre 2014

http://npa2009.org/actualite/etat-espagnol-la-catalogne-et-les-enjeux-du-9-novembre

 

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06 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

soutien aux kurdes de syrie (akb)

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A Rennes, plusieurs centaines de Kurdes, auxquels s’étaient jointes les Amitiés kurdes de Bretagne, avaient manifesté le 27 septembre leur soutien aux Kurdes de Syrie et rendu hommage aux Kurdes victimes de la barbarie, auxquels ils avaient associé Hervé Gourdel, lâchement assassiné par les mêmes barbares.

Ils se sont relayés toute la semaine place de la mairie pour aller à la rencontre des Rennaises et Rennais et les inviter à signer des pétitions.

Vendredi soir a été un temps fort avec prises de paroles des présidents d’Amara – Maison du Peuple kurde et des AKB. La présence nombreuse de femmes a été remarquée. Des femmes kurdes, mais aussi des représentantes de l’UDB et des AKB. On pouvait lire, sur une pancarte dénonçant le trafic d’esclavage sexuel mis en place par le prétendu «Etat islamique»: « Les femmes du monde entier s’unissent contre l’EI ».

Des manifestations de soutien sont organisées dans les différentes parties du Kurdistan mais aussi en Europe, où les Kurdes de la diaspora sont particulière- ment actifs. Les organisations réunies dans la Coordination nationale Solidarité Kurdistan (parmi lesquelles l’UDB et les AKB) ont lancé une pétition.

samedi 4 octobre 2014   Amitiés kurdes de Bretagne

http://www.amitieskurdesdebretagne.eu/spip.php?article855

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05 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

nantes en bretagne (skol vreizh)

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Nantes et la Bretagne du Moyen Âge à nos jours

Dans un État aussi centralisé que la France, il n’est pas étonnant que la réforme territoriale en cours, qui vise à réduire le nombre de régions et à redistribuer les compétences entre les différentes collectivités, ne suscite guère de débats.

Elle agite la classe politique mais passionne assez peu les citoyens sauf en quelques rares régions à forte identité comme la Bretagne.

Il est vrai que, depuis des décennies, l’intégration de la Loire-Atlantique dans la région Pays de la Loire est perçue comme une véritable amputation par la plupart des élus bretons qui multiplient les motions en faveur d’une Bretagne à 5 départe- ments alors que des dizaines de milliers de citoyens pétitionnent, manifestent régulièrement pour la réunification de la Bretagne historique.

Nantes en Bretagne? Une évidence pour beaucoup. Le château des ducs de Bretagne et leurs archives ne s’y trouvent-ils pas? Ce livre de Dominique Le Page retrace 1500 ans d’histoire d’une ville indissociablement liée à l’histoire de la Bretagne, il contribuera, nous l’espérons, à mieux comprendre les enjeux et à alimenter les débats actuels.

TABLE DES MATIERES
1. Le temps de l’intégration de Nantes et du comté nantais à la Bretagne (5e-14e siècle)
2. 14e-16e siècle: de la «bonne ville» à la métropole ducale
3. Le comté nantais dans la province de Bretagne: le temps de la rivalité entre Nantes et Rennes (16e-18e siècle)
4. La renaissance de la question régionale à Nantes (19e siècle-Seconde Guerre mondiale)
5. De 1945 aux années 1990: le temps des renouveaux
6. Nantes et la Bretagne: une question toujours en suspens au XXIe siècle

http://www.skolvreizh.com/

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25 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

manifestons pour l’unité et la démocratie! (bretagne info)

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Le 27 septembre

La Gauche Indépendantiste bretonne (Breizhistance-IS) appelle à manifester à Nantes le samedi 27 septembre pour la réunification de la Bretagne.

Nous regrettons cependant vivement que des revendications essentielles, comme l’Assemblée de Bretagne ou le référendum, aient disparu des mots d’ordres officiels.

En axant son discours sur la peur de «l’éradication de la Bretagne et de son identité», Bretagne Réunie, principal organisateur, souhaite avant tout mobiliser les mouvements politiques et culturels breton, au risque de se couper d’une grande partie de la société bretonne.

En prenant pour mots d’ordre «l’histoire, le sentiment d’appartenance, l’iden- tité, la culture», elle prête le flanc aux détracteurs de la réunification qui jugent le projet «passéiste et identitaire».

En présentant le pays nantais comme «un dû historique à la Bretagne», ou en écrivant «le gouvernement refuse (aux bretons) la force et l’environnement néces- saire pour vivre…», Bretagne Réunie légitime ceux qui présentent la réunification comme une «annexion» ou un «Anschluss» breton. En se retrouvant seul véritable organisateur de la manifestation du 27 septembre, Bretagne Réunie, se coupe donc d’un travail collectif et de revendications qui ont pourtant construit l’unité et proposés une stratégie commune depuis maintenant deux ans en Bretagne.

En effet, c’est en 2012 que la Gauche indépendantiste s’est retrouvée autour de «l’appel de Pontivy» avec Bretagne Réunie, le collectif 44=Breizh, Ai’ta, Kevre Breizh, le Parti Breton, le MBP, l’UDB et EELV Bretagne autour de 4 revendica- tions fondatrices.

Parmi celles-ci, outre la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires, un service public télévisuel régional en breton et la réunification, se trouvait celle d’une Assemblée de Bretagne dans le cadre d’une nouvelle collec- tivité unique. D’ailleurs, cette dernière revendication disposait jusqu’alors d’une certaine assise politique, puisque reprise par la majorité du Conseil Régional de Bretagne et des personnalités influentes du parti au pouvoir tel que Jean-Jacques Urvoas auteur d’un ouvrage récent intitulé «Pour l’Assemblée de Bretagne».

Suite à cet «appel de Pontivy» fut constituée une plateforme appelée «Libérons les énergies en Bretagne» qui organisait un premier et unique forum en juin 2013 à Nantes. Ce forum proposait une stratégie commune autour des exemples des référendums citoyens organisés en Catalogne et au Pays Basque nord.

C’est donc avec une certaine cohérence que nous nous retrouvions à défiler en décembre 2012 à Morlaix et en avril 2014 à Nantes, derrière les mots d’ordre unitaires: «Démocratie et Réunification». Cette stratégie s’affinant même en juin 2014 autour de la revendication d’un référendum proposé quelques semaines plutôt, mais sans conviction, par le président du Conseil Général de Loire-Atlantique lui-même, Philippe Grosvalet.

Le contexte actuel des référendums en Écosse et en Catalogne offre d’ail- leurs de formidables exemples pour conscientiser la société bretonne et construire le rapport de force nécessaire à une possible réunification de la Bretagne, premier pas sur la voie de l’autodétermination du peuple breton.

La réunification ne surviendra jamais d’un simple décret tombé d’on se sait où. Elle est légitime et se construit, non dans des positions de repli, mais par l’édi- fication d’un projet politique et démocratique rassembleur. La revendication d’un référendum, l’appel à des votations auto-organisées, doivent être le ferment d’une proposition qui donnera aux bretonnes et bretons l’espérance d’une alternative face au sentiment généralisé d’impuissance et de dégoût du système politique actuel.

La manifestation du 27 septembre, même si beaucoup pensent qu’elle ne pourra changer le cours des choses, sera une mobilisation peut-être réussie d’un point de vue quantitatif, ceci, grâce au travail de mobilisation de Bretagne Réunie et à une réelle volonté populaire en faveur de l’unité territoriale de la Bretagne, mais elle ne pourra inverser rapport de force. Nous avons un besoin irrémédiable d’une stratégie commune pour le futur.

Une stratégie qui se construise sur la base de notre agenda politique en tant que bretons et non en se basant sur le calendrier parlementaire français. Une stratégie inclusive et s’adressant au plus grand nombre sans rabaisser le débat à une simple défense d’une certaine vision de l’identité bretonne.

La Gauche Indépendantiste bretonne (Breizhistance-IS) appelle donc à se mobi- liser pour le droit à décider en Bretagne, pour la démocratie, pour une alternative politique bretonne. La Gauche Indépendantiste appelle toutes celles et ceux qui se retrouvent dans nos revendications à les reprendre à leur compte, sur des pan- neaux, par des slogans… Les revendications démocratiques pour lesquelles nous défilions le 28 juin dernier, pour un referendum auto-organisé sur la réunification, pour une Assemblée de Bretagne.

Réunification de la Bretagne,
JE VEUX DÉCIDER,
JE VEUX VOTER !

La Gauche Indépendantiste bretonne (Breizhistance-IS)

http://www.bretagne-info.org/2014/09/23/le-27-septembre-manifestons-pour-lunite-et-la-democratie/

Commentaire: Ce communiqué n’engage en rien le Npa, il constitue un éclairage sur la manif du 27 de la part de notre allié aux européennes

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18 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Impôt, illettrés: alors, heureux, les «sans-dents»? (rue 89)

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«Je ne m’en excuserai jamais assez»

On n’en a pas fini avec le délicieux décomplexé Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et des Gaffes. Après avoir, le matin, évoqué les salariées «pour beau- coup illettrées» de l’abattoir Gad, en Bretagne, et devant l’avalanche de réactions outrées, il est venu dans la journée se défoncer la coulpe à l’Assemblée.

«Je ne m’en excuserai jamais assez»: mais de quel crime exactement? Macron, à bien l’écouter, ne dit pas que son assertion était fausse. Il dit qu’elle était «mala- droite». Autrement dit (traduction libre du matinaute) :

«J’ai évidemment raison, mais puisqu’il faut s’excuser, dans ce pays, d’appeler les “sans-dents” par leur nom, alors voilà, prenez-les dans la figure, mes excuses. » Combien de temps va-t-il tenir ?

Le potentiel explosif d’une information La phrase de Macron ne sort pas de nulle part. Dans la journée, le site d’Europe 1, à l’origine en décembre dernier de l’estimation, non sourcée, de 20% d’illettrés chez Gad, réitérait son estimation, «de source syndicale» cette fois. De source syndicale toujours non précisée: nos propres sources syndicales chez Gad n’ont jamais entendu parler de cette estimation.

Au printemps, insistait Le Lab, site appartenant à Europe 1, le ministre Michel Sapin et la sénatrice du Finistère Maryvonne Blondin avaient d’ailleurs avancé au Sénat des affirmations comparables. Aucun tollé à l’époque. Il est vrai que c’était dans le confortable huis clos de fait d’un débat sur la formation professionnelle au Sénat.

Il est vrai que ce n’était pas Macron. Comme quoi, le potentiel explosif d’une information dépend étroitement du lieu, et du locuteur. Ce qu’on savait déjà. Pro- pos faux ou propos maladroits? Si c’est vrai, pourquoi ne pas le reconnaître sur- tout, comme Macron, dans une phrase censée venir à la rescousse des salariés sans permis de conduire, refusant des réaffectations trop éloignées de leur domi- cile? Question qui se subdivise en deux: est-il décent, est-il utile de le dire?

Ce pouvoir a un problème avec le peuple Au «20 heures», France 2 était à la sortie des abattoirs, donnant la parole à des ouvrières outrées. «Nous au moins, on paie nos impôts» disait l’une, en une amicale salutation à l’ex-ministre et tou- jours député Thomas Thévenoud.

Les impôts, donc. Au même moment où Macron trébuchait sur les ouvrières des abattoirs, Valls annonçait la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu. Subrepticement, à la fin de la matinale de France Inter. Ah oui les gars, j’allais oublier de vous dire, on supprime la première tranche de l’impôt. Alors, heureux, les «sans-dents»?

Comment la mesure, apparemment annoncée sans qu’il en ait prévenu aucun de ses ministres, sera-t-elle financée? Par une hausse de l’impôt des plus riches ? Oui. Non. Peut-être. On va voir. On va étudier. Ce qui est certain, c’est «qu’il n’y aura pas de perdant». Apparemment, et sans trop vouloir s’avancer, on peut constater que ce pouvoir a comme un problème avec le peuple.

Arrêt sur images 18/09/2014 à 10h55
Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

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17 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Emmanuel macron: réactions (of)

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Emmanuel Macron a eu des propos étonnants, ce mercredi, sur les salariées de l’abattoir Gad.

Le ministre de l’Economie a eu une remarque plutôt maladroite ce mercredi sur Europe 1, en affirmant que les employées de l’abattoir Gad sont « pour beaucoup illettrées ».

Interrogé sur le pouvoir d’achat par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie a cité l’exemple de Gad, avec une sortie déconcertante :

«Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad. Vous savez? Cet abattoir. Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Pour beaucoup on leur explique: «vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomè- tres». Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien et ça ce sont des réformes qui créent de la mobilité et de l’activité».

«Une insulte aux femmes de Gad» Des propos qui ne passent pas, pour Annick le Guével, déléguée syndicale CFDT de Gad Josselin. «Je suis choquée, je ne sais pas d’où M. Macron tient ces propos», s’étonne la syndicaliste. «Déjà, il n’y a pas une majorité de femmes dans l’entreprise, nous ne sommes que 40%», souli- gne-t-elle, «Et puis, en tant que responsable de la commission d’égalité profes- sionnelle chez Gad, je peux vous dire que nous faisons attention à ce que tout le monde puisse avoir accès à la formation et à la connaissance. De toute façon, manque de formation ne veut pas dire illettrisme! C’est une insulte aux femmes de Gad et aux femmes de l’agroalimentaire en général.»

Très remontée, elle «invite Emmanuel Macron à se rendre sur le site de Gad et à échanger avec les femmes de l’entreprise. Il verra qui elles sont». France – 11h47

http://www.ouest-france.fr/emmanuel-macron-les-salariees-de-gad-sont-pour-beaucoup-illettrees-2830730

Salariées de Gad illettrées. Les réactions d’élus finistériens (of)

Bretagne – 17 Septembre

La sortie maladroite du ministre de l’Economie sur « l’illettrisme des salariées » de Gad, ce mercredi matin, sur Europe 1, fait réagir les élus finistériens.

Christian Troadec, porte-parole des Bonnets rouges, maire de Carhaix.

« Emmanuel Macron, résume hélas le sentiment d’une grande partie de la classe politique parisienne, emplie de mépris et de suffisance à l’égard des salarié(e)s de l’agroalimentaire bretonne qui ne demandent pourtant qu’une simple chose: gagner leur vie, au Pays. [...] Au-delà de ce grave mépris affiché par les technocrates de Paris à l’égard des salariées de chez Gad, il est aussi navrant de constater qu’au lieu de se battre en premier pour la réouverture ou la poursuite des activités des abattoirs concernés, aussi bien celui de Josselin que de Lampaul-Guimilau, ce que chacun reconnaît possible, le ministre préconise la mobilité ! Mais pour trouver du travail où ? Avec 50 % de chômeurs en plus en cinq ans dans le Finistère ce n’est pas le travail qui court les rues. À moins qu’il ne préconise de partir à Paris peut être… Paris et le désert breton. Tout cela est inacceptable. Nous voulons vivre, décider et travailler au Pays ! »

Matthieu Guillemot, porte-parole du NPA Finistère, conseiller municipal de Carhaix :

« Déjà lors du grand mouvement de l’Automne dernier en Bretagne, les ouvrières et ouvriers en lutte avaient été stigmatisés, certains n’hésitant pas à les traiter de nigauds et d’esclaves. Aujourd’hui, l’insulte provient du plus haut niveau de l’Etat, c’est-à-dire du nouveau ministre de l’Economie du nouveau gouvernement Valls. Cette insulte est une infamie et dénote le mépris de classe de ce gouvernement à l’égard de celles et ceux qui vivent difficilement de leur travail. Comme le fut la charge contre les chômeurs.  Valls, qui a obtenu de justesse la confiance des godillots du PS, doit sanctionner ce ministre et le virer séance tenante. »

http://www.ouest-france.fr/salariees-de-gad-les-reactions-delus-finisteriens-2830813

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16 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

A ramallah, des cornemuses pour l’indépendance écossaise


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14 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Bretagne: les licenciements continuent, la résistance doit reprendre! (npa)

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Le grand mouvement de lutte dans l’agroalimentaire en Bretagne, les fameux Bonnets rouges, est encore dans toutes les mémoires…

Aujourd’hui, la majorité des licenciéEs est encore au chômage et des menaces fortes pèsent sur nombre d’entreprises, dont Tilly-Sebco à Guerlesquin (29) et Gad à Josselin (56). Quelque mille employéEs de l’abattoir Gad sont menacés par la liquidation de l’entreprise, cela après les 889 de l’abattoir de Lampaul-Guimiliau, jetés à la rue, malgré une mobilisation qui les a conduits à être parmi les moteurs du mouvement des Bonnets rouges et à participer à la manifestation du pôle ouvrier durant cet automne de luttes.

Scénario catastrophe à Josselin Si les Gad de Josselin ont manifesté le mois dernier lors du Festival interceltique de Lorient avec leur syndicat CFDT, ils n’étaient malheureusement pas dans le mouvement de l’automne dernier, se croy- ant prémunis contre la crise de l’agroalimentaire. Pire, non seulement ils refusè- rent toute convergence avec leurs collègues du Finistère, mais à l’instigation de leur patron et des cadres, ils se sont même affrontés physiquement à une déléga- tion de ces ouvriers venus chercher leur solidarité et tentant de bloquer les camions sortant de l’abattoir de Josselin.

« Des ouvriers tapent sur des ouvriers »... Manipulés par leur direction, ils pen- saient pouvoir s’en sortir seuls. Aujourd’hui, pour ne pas avoir lutté quand il était encore temps, ils se retrouvent au bord du précipice… la dignité en moins!

Ceux qui ne luttent pas se mettent à table En janvier dernier, le Pacte gouver- nemental d’avenir pour la Bretagne, adoubé par le conseil régional PS/PCF et les syndicats CFDT et CGT, devait rétablir la situation grâce au «dialogue social». Malgré les 2 milliards d’euros du plan et les diverses subventions, la situation ne cesse ­d’empirer. Ce sont évidemment les ouvrierEs de l’agro mais aussi les petits artisanEs, commerçantEs et paysanEs qui paient la facture par la dégradation des conditions de travail, les licenciements, les fermetures et la baisse de leurs maigres revenus.

Crise capitaliste, crise du productivisme Le Foll,ministre de l’Agriculture, a reçu la CFDT de Josselin et a promis une reprise de l’abattoir par Intermarché… Mais quid des conditions de reprise, des emplois à préserver, de toutes les subventions que la Cecab, maison mère de Gad et n°1 français des légumes en conserve, a reçu et des 2,4 millions d’euros qu’elle va recevoir par anticipation du CICE «pour que l’activité se maintienne»?

La crise économique, sociale et environnementale du productivisme dans l’agriculture et l’agroalimentaire qui s’annonçait a explosé et se poursuit. Les entreprises, qui se sont gavées de subventions publiques et européennes pendant des années, crient aujourd’hui à la faillite et font payer aux travailleurEs, qu’elles ont honteusement exploités, le prix de leur gabegie et leur refus de rompre avec un modèle économique qui conduit les ouvriers et les paysans dans le mur.

Une politique pour tous ceux d’en bas: ouvriers et paysans Pour sortir de cette crise, la seule solution est une politique à l’opposé de tout ce qui est fait depuis des années: suspension immédiate de tous les licenciements et une loi cadre les interdisant ; réelle transparence des comptes ; contrôle par les travailleurs.

Nous nous opposons aux méfaits du capitalisme agro-industriel qui détruit la paysannerie, l’environnement et mène la vie très dure aux salariés des usines. L’agriculture doit cesser cette course au gigantisme, baisser drastiquement sa consommation d’énergie et de produits chimiques. Elle doit s’orienter vers des fermes de taille raisonnable, développer les circuits courts en produisant une nourriture de qualité et en diversifiant et relocalisant les ateliers de transformation. De tout cela, le capitalisme en est bien incapable.

Une perspective anticapitaliste pour un mouvement de révolte Le NPA a tou- jours fait le choix de lutter et de résister unitairement au côté des ouvrierEs en lutte et avec la petite paysannerie. Les pressions médiatiques, politiques ou syndicales, le mépris ou les insultes n’ont jamais fait plier notre action.

La quasi-désertion des syndicats et d’une grande partie de la gauche politique durant le mouvement fut lourde de conséquences, laissant la colère légitime d’une bonne partie de la population sans perspective, fragilisant tous ceux qui étaient prêts à lutter.

Le mouvement finira bien par reprendre car rien n’est réglé et le niveau de vie continue de diminuer dramatiquement. Un mouvement à préparer et à construire, avec, comme l’année dernière, un pôle ouvrier de résistance si nécessaire.

Matthieu Guillemot, Gérard Mas et Philippe Poutou

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09 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

L’Ecosse est un cas particulier: personne ne nie qu’il s’agit d’une nation (rue 89)

ecos cata

Rue89: Les séparatistes écossais ne ressemblent pas aux autres mouve- ments identitaires: ils sont ouverts à l’Europe, aux immigrés… Ils considè- rent que tout résident en Ecosse est un Ecossais en puissance. Retrouve -t-on cette ouverture chez les autres mouvements autonomistes ou indé- pendantistes ?

Vincent Laborderie : C’est ce qu’on appelle le «nationalisme civique»: c’est un nationalisme ouvert et intégrateur. Ces mouvements sont observés depuis une dizaines d’année, et ne ressemblent pas aux mouvements nationalistes classiques, de type Front national en France ou Vlaams Belang en Belgique, marqués par une dimension ethnique. Même en Flandre, la N-VA se revendique du nationalisme ou- vert et affirme que quiconque accepte de parler flamand n’aura aucun problème à s’intégrer dans la société. C’est peu connu, mais la N-VA s’est construite quasi- ment contre le Vlaams Belang, parti classique d’extrême droite.

En Catalogne, les ressortissants de l’Union européenne non espagnols pourront voter lors de la consultation qui est organisée, à condition d’être présents depuis un an en Catalogne. En Ecosse aussi, les Européens peuvent voter pour le référendum. Ces nationalistes sont également pro-européens. Ils n’envisagent l’indépendance de leur région que dans le cadre de l’UE: cette volonté est parta- gée par les Flamands, les Ecossais ou les Catalans.

De quand date-t-on l’apparition de ces mouvements ?

La N-Va est apparue au tout début des années 2000. Il était sur des positions in- dépendantistes, mais il a compris que cela n’arriverait pas dans un avenir pro- che, les partisans de l’indépendance, dans les sondages, reste autour de 15%, comme c’est le cas depuis vingt ans: il est sur des positions moins radicales; il veut seulement plus d’autonomie, un système confédéral avec très peu de compé- tences au niveau fédéral.

Le SNP écossais est très ancien, il date des années 30; ils ont commencé à avoir des élus dans les années 70; mais c’est depuis 1997, c’est-à-dire depuis le référendum de «dévolution», comme ils disent, qui a débouché sur la création d’un parlement écossais, qu’ils vont de succès en succès.

En Catalogne, il n’existe pas un seul parti représentant le «catalanisme» ; le mouvement d’Arthur Mas, CiU, n’était pas indépendantiste jusqu’à une date récen- te. Il l’est devenu suite au refus espagnol de renégocier le statut de la Catalogne. Depuis quatre ans, il est passé de positions autonomistes à des positions indé- pendantistes.

Comment explique-t-on l’émergence de ces mouvements ?

Une des raisons tient à la construction européenne et à l’existence de l’Otan. Le fait que l’Europe soit une zone de paix depuis longtemps a affaibli la légitimité des Etats, dont l’une des missions principales est de protéger ses citoyens contre une invasion étrangère. Ce risque a disparu dans une grande partie de l’Europe, mê- me s’il peut subsister en Pologne ou dans les pays baltes. Jusqu’à la chute du mur de Berlin, l’Europe vivait avec la peur de la guerre.

Au-delà, avec l’Union européenne, qui s’est approfondie jusqu’au début des an- ,nées 2000, l’échelon étatique devient moins pertinent. Tous ces mouvements veu- lent d’ailleurs s’inscrire dans l’Union européenne, qui offre un cadre global, une sécurité, voire une monnaie. L’Etat national ne sert plus à grand-chose: tout ce qu’il gère aujourd’hui peut être «rapatrié» à leur niveau ou passer à l’échelon européen.

La panne actuelle de l’Union européenne et les tensions internationales devraient pousser dans l’autre sens et dissuader ces mouvements sépa- ratistes…

Oui, ce n’est pas exclu. Mais jusque-là, dans le grand public, on a le sentiment d’être en sécurité.

La crise économique, l’accélération de la globalisation ne jouent pas égale- ment un rôle? Les régions dont on parle sont plutôt riches, Flandre, Catalo- gne ou disposent d’une ressource naturelle, le pétrole pour l’Ecosse…

L’Ecosse n’est pas plus riche que le reste du Royaume-Uni. Même s’ils deviennent indépendants, il n’est pas certain qu’ils recevront toute la manne pétrolière. La différence ne sera pas énorme.

Je vois pour ma part trois arguments pour devenir indépendant:

  • le premier est purement nationaliste, basé sur une différence de langue, de religion, de culture très différentes de celles de l’Etat central. Cela existe depuis des siècles
  • le second est économique: on s’intéresse moins aux grands idéaux, plus à ce qu’on a dans le portefeuille. Les régions riches ne veulent pas partager avec le reste du pays. Leur argumentaire n’est pas purement égoïste, bien sûr. Ils disent que la Wallonie ou l’Espagne «ne gèrent pas la situation comme il leur faudrait», que «malgré leurs conseils répétés, ils n’écoutent pas». Et ne veulent plus «payer pour tout cela».
  • le troisième argument, plus pertinent peut-être, c’est que ces régions-là, sou- vent, votent différemment du reste du pays, et de façon structurelle. C’est le cas de la Flandre, de l’Ecosse, du Québec…

L’Ecosse vote beaucoup plus à gauche que l’Angleterre. L’un des objectifs du SNP est de construire un système social démocrate qui ressemble au Danemark ou à la Norvège voisins. Ils ne se reconnaissent pas dans le néo-thatchérisme à la Cameron. Le Royaume-Uni est le quatrième pays en termes d’inégalités dans l’OCDE et sera le premier dans quelques années: ils refusent cette évolution.

En Flandre, c’est l’inverse: la N-VA veut une politique de droite. Ils vont l’avoir, d’ailleurs, ce qui va couper l’herbe sous le pied des indépendantistes.

En Catalogne, c’est un peu différent: cette société apprécie la gestion par con- sensus, le parti d’Artur Mas est de centre droit, et le système politique espagnol est fondé sur l’alternance entre PP (droite) et PSOE (socialiste). Les Catalans sont d’une autre culture politique, à la belge ou à l’allemande, avec des coalitions. Il y a des questions éthiques qui divisent également les Catalans des autres ré- gions espagnoles. Ils ont ainsi interdit la corrida et acceptent mal la remise en cause du droit à l’interruption de grossesse.

Le fait que Tony Blair ait donné beaucoup plus de pouvoirs aux régions n’a-t-il pas, paradoxalement, attisé le désir d’indépendance ?

D’habitude, quand un pays fait un pas vers le fédéralisme, cela coupe l’herbe sous le pied des indépendantistes. On compte de nombreux exemples de ces stra- tégies dans l’histoire: Inde, Malaisie, Allemagne, Mexique, Russie… et cela fonc- tionne. Et pourtant, vous avez raison, cela n’a pas fonctionné cette fois, au con- traire: la légitimité des indépendantistes a été renforcée. Et ils ont acquis un pou- voir qu’ils n’avaient pas. Avant, ils se contentaient d’envoyer quelques députés à Westminster, alors que maintenant, ils ont une région à gérer.

Mais il ne faut pas généraliser: l’Ecosse, avec sa culture extrêmement forte, est un cas très particulier, car c’est la seule région en Europe qui est aussi considérée par tout le monde comme une nation. Y compris par les tenants du «non».

Si le «oui» l’emporte en Ecosse, quelles seront les conséquences pour les autres régions où l’on croise des séparatistes, catalans, basques, corses, bretons, etc.?

A l’exception de la Catalogne, ces mouvements ne sont pas forcément en expan- sion, si l’on examine la situation à travers le temps.  En Ecosse, ils étaient plutôt en diminution dans les années 2000, jusqu’à ce qu’un parti indépendantiste, le SNP, soit porté au pouvoir par des électeurs de gauche déçus du virage blairiste et don- ne au projet d’indépendance une traduction politique. Je ne dirais pas que le sen- timent indépendantiste est plus fort dans ces régions, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a de plus en plus de partis qui arrivent à articuler le processus vers l’indé- pendance. A l’exception des Catalans et des Ecossais, tous les mouvements d’en- vergure sont autonomistes et pas indépendantistes.

Mais si les indépendantistes écossais gagnent cette élection, ou même s’ils la perdent de très peu, cela démontrera qu’on peut mobiliser la population autour de l’idée d’indépendance, et cela donnera des idées à d’autres. Un «oui» en Ecosse risque de rendre la situation encore plus tendue en Catalogne. A la différence de l’Ecosse, c’est sans l’accord du pouvoir central que la Catalogne entend organiser sa consultation. L’escalade verbale est déjà très forte. Si le «oui» l’emporte en Ca- talogne, les Catalans essaieront d’internationaliser la question pour faire recon- naître leur indépendance. Même si ce n’est pas le scénario le plus probable, il n’est pas exclu qu’il y ait de la violence, voire une intervention de l’armée.

Pascal Riché | Cofondateur

A quelques jours de l’échéance, entretien avec Vincent Laborderie, spécialiste des indépendantismes. Quelles conséquences le référendum écossais aura-t-il sur les séparatismes catalans ou basques ?

Jusque-là, l’affaire du référendum en Ecosse n’affolait pas grand monde: selon les sondages, les partisans de l’indépendance étaient moins nombreux que les défen- seurs du statu quo unioniste. Genre 40-60. Mais depuis quelques jours, les cour- bes se croisent dans certaines enquêtes et c’est la panique à Londres. L’éventua- lité d’une rupture de la Grande-Bretagne, après trois siècles d’union, est très sérieuse.

La montée du «oui» en Ecosse ravive les velléités d’indépendance d’autres régions européennes. Une consultation de la population est prévue en Catalogne, sans l’aval de Madrid; en Flandre, la N-Va, parti autonomiste, est devenue la prin- cipale force politique du pays. Ces mouvements ont pris leur essor après la chute du mur de Berlin. Mais pour Vincent Laborderie, chercheur à l’université catholi- que de Louvain, spécialiste des processus indépendantistes, il ne faut pas exagé- rer leur importance récente: «A l’exception de la Catalogne, ils ne sont pas forcément en expansion.»

http://rue89.nouvelobs.com/2014/09/09/lecosse-est-cas-particulier-personne-nie-quil-sagit-dune-nation-254589

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